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19 janvier 2007

Eloge de la sélection

Eloge de la sélection



Depuis que René Haby et Valéry Giscard d’Estaing, ces deux gauchistes impénitents, ont découvert l’égalitarisme en 1975, en imposant le collège unique, « égalité des chances » est devenu le slogan le plus répété, le lieu commun le plus éculé de l’école de la République.
N’importe quel enseignant, n’importe quel parent, sait que c’est une fiction. Ce serait déjà très beau d’imposer l’égalité des droits — on en est loin : nous avons ces dernières années, via les ZEP et certaines formes de régionalisation, inventé une école à deux (ou trois) vitesses qui propulse les « héritiers » bien plus directement qu’autrefois, et abandonne dans des ghettos scolaires soigneusement aménagés les défavorisés du système. Chacun sait que la sélection sociale a sournoisement remplacé une sélection scolaire qui n’ose plus se montrer — alors que c’est la clé d’un système d’enseignement digne de ce nom.
Sans vouloir pousser le paradoxe — chacun sait que ce n’est pas mon genre —, il faut bien dire, une fois pour toutes, que la sélection, à l’école, est le meilleur rempart contre les inégalités de fortune. Et, corollaire, que l’idéologie de « l’égalité des chances » fabrique plus d’injustices et d’inégalités que jamais n’en suscita l’élitisme le plus impitoyable.

Au passage, rien d’absurde à ce que le mot « élite » soit abhorré des pédagogistes qui ont réinventé une école à leur image : la médiocrité y a remplacé la concurrence, et, ce faisant, renforcé les inégalités de condition. La fortune, bien plus que le talent, est aujourd’hui la clef de la réussite scolaire — et rien d’étonnant à ce que les meilleurs établissements, ceux pour lesquels la loi d’égalitarisme est suspendue de facto, soient installés dans les beaux quartiers, comme aurait dit Aragon. Depuis que l’on passe sans redoubler dans la classe supérieure, on reste confiné dans sa classe d’origine…
Et les fils de Bourdieu, l’apôtre de la Reproduction, l’homme qui vilipendait les « héritiers », sont l’un et l’autre Normaliens et agrégés de philo. Comme si la passation des fortunes impliquait l’héritage des QI.

Les élèves, les enfants ne sont pas tous égaux — c’est le secret de Polichinelle de tout enseignant en toute classe. Peu importe le vocabulaire — « cancres », « gros nuls », ou « élèves en difficulté » (et je renvoie les enseignants à leur miroir et au vocabulaire réel utilisé par eux en salle des professeurs, loin du « politiquement correct » des conseils de classe…) Nous avons tous des « apprenants » plus ou moins doués, plus ou moins rapides, plus ou moins adaptés. Quand nous corrigeons des copies, nous avons peu de surprises, au bout de deux ou trois mois.
C’est une vérité d’évidence aujourd’hui occultée sous un vocabulaire « citoyen » qui rappelle le Manifeste des Egaux de Babeuf : la Révolution, qui héritait des Lumières et venait d’inventer l’égalité de droit(s), n’avait pas de temps à perdre en considérations égalitaristes. Et la tête de Babeuf est allé rejoindre toutes les autres.
Mais nous sommes plus malins, et nous laissons Meirieu et sa clique prospérer sur un fumier idéologique qui réclame à grands cris l’égalité pour mieux imposer, in fine, une reproduction sociale stratifiée — une société immobile.
Et une société immobile aujourd’hui est une société en déclin. La vraie baisse de niveau est là — et nous n’avons au fond que l’école que réclame notre incompétence globale.

Je n’ai qu’un slogan, que j’ai répété de livre en livre : l’école doit permettre à chacun d’aller au plus haut de ses capacités — et non, comme aujourd’hui, de stagner dans le marigot moyen, le marais statistique dont la pédagogie se fait le héraut inlassable. Je rêve d’un système éducatif qui tordrait le coup au Principe de Peter, et amènerait chacun à son plus haut niveau de compétences. Ce qui exclut l’uniformité, et suppose un e attention particulière à chaque enfant, à ses capacités réelles, à ses difficultés propres, à ses talents éventuels. Il faut aider les plus humbles, et inciter les plus doués. Donner plus à ceux qui ont moins, et donner encore davantage à ceux qui ont déjà l’essentiel.
Bien sûr, cela passe par un rétablissement de classes de niveau — ou de « groupes de compétence », si votre pudeur préfère une phraséologie moins marquée. Cela se fait déjà en Langues, par exemple — car il est absurde de vouloir imposer le même exercice à ceux qui balbutient des borborygmes et à ceux qui sont déjà bilingues. On ne peut d’ailleurs le faire qu’en descendant encore le niveau de l’exercice — alors qu’il faut le moduler. Une dictée difficile est un défi pour un bon élève, c’est un instrument de terreur pour celui qui n’a pas encore percé les lois implacables de l’accord de l’adjectif ou du verbe — pour ne pas parler de celui du participe…
Encore faut-il consentir à les enseigner, ces lois du « bon usage », comme dirait Grévisse… Et comme ne dit pas Evelyne Charmeux, la prêtresse incontournable du crétinisme triomphant.

La diversification suppose une extension de la dotation en heures des établissements, seuls à même d’évaluer les besoins réels de leurs élèves. On y vient — par force : certains de mes élèves de BTS bénéficient de soutien, en petits groupes, en maths — ou en français.
Mais en BTS, est-ce bien le moment ? Que d’énergie, de sueur gâchées, de découragements entassés dans les années antérieures ! Que d’escroqueries assénées, en donnant aux élèves des diplômes — le Bac Pro par exemple — qui sous couleur d’ouvrir indifféremment aux formations supérieures, dévaluent l’enseignement technique qu’ils étaient censés promouvoir — sans leur permettre de faire carrière dans le Supérieur : 97% d’échecs en Première année d’Université pour les Bacs Pro, dit le récent rapport Hetzel. « Non : chez moi, 100% », me disait il y a quelques jours un président d’université du Languedoc-Roussillon. Et plus de 70% pour les Bacs STG / STI.
L’urgence commande de réinventer cette année de « propédeutique » qui permettait jadis d’évaluer, et de former, des étudiants incertains. Le proviseur du lycée Henri IV a proposé, dans le même esprit, un « Prépa année zéro » pour des lycéens méritants, issus de lycées plus problématiques que le sien : je préfère cette béquille-là, qui s’appuie sur le mérite de chacun, plutôt qu’une « discrimination positive » dont les critères paraissent bien flous — ou trop évidents. Trier, ce n’est pas exclure — bien au contraire. Je ne suis pas un fanatique du redoublement, mais qui a un jour tenté d’évaluer la souffrance du « mauvais élève » passé automatiquement dans la classe supérieure, et frottant soudain son absence de savoirs aux compétences de ses petits camarades ? Qui s’est un jour demandé dans quelle mesure le laxisme pédagogique induit rapidement des conduites à risque — pour soi et pour les autres ?
Et cela, dès les premières années… La « racaille » est tout autant le fruit du désespoir scolaire que de la désespérance sociale. Et ce n’est certainement pas en caressant les jeunes dans le sens du poil, de la "liberté d'expression" et du laisser-faire qu’on obtiendra la paix — en classe ou dans la rue. C’est en exigeant de chacun d’eux le meilleur de lui-même — ce qui se fait rarement sans larmes ni grincements de dents.
Et cela suppose une redéfinition des programmes, non dans l’esprit d’un « socle » minimaliste, mais dans une esthétique du « toujours plus ». « À chacun selon ses besoins » est une nécessité sociale — qu’il s’agisse du logement ou de la Santé. « À chacun selon son mérite » est la règle complémentaire.

« Elitisme », « méritocratie » : j’ai prononcé les mots interdits par la Vulgate pédagogiste. Mais qui ne voit que ce sont les deux piliers de ce qui pourrait être, demain mieux qu’autrefois, un enseignement vraiment soucieux d’égalité ?

Jean-Paul Brighelli

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Commentaires

Si vous pouviez en convaincre les candidats à l'élection présidentiel !

Pourquoi ne pas faire comme Nicolas Hulot, présenter aux candidats un programme pour l'Education nationale et leur demander de prendre position par rapport à celui-ci ?

Je crains le pire si Bécassine (SR) est élu. Iznogoug (NS) ne me rassure qu'à peine plus.

Ecrit par : tibo | 19 janvier 2007

Aïe ! Pas sur la tête, Professeur ! Aïe !

J'ai oublié un "e" à élue et je ne peux corriger ...

Ecrit par : tibo | 19 janvier 2007

Le collége uniqe.....la plus efficace machine à broyer les pauvres....à fabriquer des crétins....malgré eux, des crétins qui, dns d'autres circonstances eussent trouvé leur voie. Des crétins qui auraient été heureux, secondés et accomplis. Des crétins qui auraient fait un métier dans lequel lils se fussent épanouis. Des crétins, enfin, qui auraient été des hommes (homo et non vir) dignes.
Au lieu de quoi, le collège unique a fabriqué des chapelets de désespoirs individuels, de détresses, de vides abyssaux, de vies sans espoir, sans lueur, sans chaleur...et je sais de quoi je parle, puisqu'au Collège de Saint-mard, dans le Nord de la Seine-et-Morne, où j'ai sévi pendant 20 ans, j'en ai vu défiler de braves mômes, capabales comme tous les mômes de humer la lune, de gribouiler sur leurs mans, de rigoler....et qui furent littéralement fauchés par l'imbécilité marchande du collège de Haby, concocté par la gauche. Des adolescents s'écrasant contre les platanes de la route de leur vie. Comme des merdes. Et personne pour les aider. Simplement de filandreux adultes armés d'une langue de bois, garantie 100% chène...
Consternant.....
Au risque de passer pour un cinglé, j'affirme que le collège unique est UN CRIME CONTRE L'HUMANITE. Un crime par bêtise, par mépris, par condescendance, par considérations marchandes et économiques, par mépris des élites. Trente ans plus tard, on voit ce que le système a enfanté: une société pré-nazie. Mais déjà naze.
Bonne journée à tous ,grands et petits, gros et maigres, noirs et blancs, chiens et chats, 110 et 220 volts xétéra, xétéra....

Ecrit par : montaigneàcheval | 19 janvier 2007

Bravo, Jean-Paul, c'est le bon sens même! Ce sur quoi s'accordent tous ceux qui n'ont pas chaussé les lunettes déformantes de l'idéologie!
Pour en revenir un instant aux dernières interventions sur le sujet précédent, dont certaines paraissaient quelque peu désabusées, je précise qu'il est évident que ce n'est pas parce que nous sommes bien obligés de prendre acte d'une défaite provisoire - la prise du pouvoir par le lobby "pédago"qui, pour l'instant, triomphe - que nous renonçons à nos convictions - la joie profonde de faire cours et de transmettre à des jeunes esprits qui ne demandent que cela (Aristote, "Tout homme désire par nature savoir."), ce que nous-mêmes avons reçu.
Hier soir, à Haguenau, brillantissime conférence de Marc Le Bris, lequel a expliqué, en présence des députés UMP Frédéric Reiss, rapporteur de la loi Fillon, et André Schneider qui l'avaient invité, que les bonnes intentions des ministres (notamment François Fillon, qu'il avait rencontré à maintes reprises, mais aussi Gilles de Robien) sont systématiquement neutralisées par "la Nomenklatura qui occupe tous les échelons de la hiérachie de l'Education nationale depuis le deuxième bureau en-dessous du ministre jusqu'au petit IEN breton local qui s'obstine à faire sur lui, Marc Le Bris, des rapports défavorables". Notre pugnace instituteur a expliqué que cette Nomenkatura recrute ses membres, de l'Inspecteur général jusqu'au formateur IUFM, sur un seul critère, qui est éliminatoire, "l'adhésion au dogme socio-constructiviste". A méditer. Peut-être par Nicolas Sarkozy, en complément à ses déclarations sur l'école. Car du côté de Mademoiselle Royal (c'est sa véritable identité), on prendra les mêmes et on continuera... à détruire, c'est sûr. Frackowiak piaffe...

Ecrit par : Jean | 19 janvier 2007

Sur le site de l'Ecole Alsacienne, en particulier sur la page Histoire, et sur celles qui traitent de l'organisation de l'Ecole, vous trouverez un compromis très intéressant entre le meilleur des idées de la pédagogie moderne et le souci d'exigence et de transmission des humanités.
Ainsi que cette idée magnifique : respect des instructions officielles dans leurs grandes lignes, devoir de s'en écarter lorsqu'on estime qu'elles sont néfastes...
Et aussi : latin obligatoire en 6° et 5°....

C'est une école privée sous contrat - contrairement à ce qui se dit assez souvent.

Ecrit par : Milady | 19 janvier 2007

Toujours cette "pédagogie moderne" dont on nous rebat les oreilles! Car enfin n'y a-t-il pas "la" pédagogie, point à la ligne - comme on dit - c'est-à-dire l'art de transmettre des connaissances, art qui, en définitive, est propre à chaque professeur? Pourquoi faut-il absolument que cet art se qualifie comme étant "moderne"? Quant au "respect des instructions officielles", ce qui est un peu gênant, c'est que lesdites sont inspirées par le socio-constructivisme.

Ecrit par : Jean | 19 janvier 2007

comme j'aimerais écrire une idée forte, un passage qui ne serait pas vous paraphraser, mais ce serait, euh... narcissique, et je reconnais être sacrément ravie de trouver sur votre blog ce que je cherche en vain : une analyse non victimisante de la situation d'enseignant(e)s que nous partageons tous. c'est vraiment la crise, les élèves n'écoutent que si on déploie un show intellectuel impossible à renouveler heure après heure, les collègues sont épuisés, sensibles, vite agacés, je les trouve austères ces dernières années. Les parents ne savent plus où caser leurs gosses, privé, public ? sûrs de rien. à tout problème, une solution, c'est ce que l'on dit, je ne trouve pas de solution, existe-t-il un problème ? en tout cas, je n'aime pas être dans le brouillard, dans le sombre, dans l'incompréhension... alors, on fait quoi ?

Ecrit par : Nadia | 19 janvier 2007

On fait quoi? On recommence à transmettre des connaissances, on fait des cours un peu plus "magistraux" - les élèves adorent qu'on leur explique -, on explique soi-même au lieu de demander aux élèves de tout trouver par eux-mêmes, on arrête immédiatement de faire des "séquences", on interdit le bavardage en classe, bref on redevient "professeur", c'est d'ailleurs ce que les élèves attendent de nous. Et immédiatement les choses se remettent en place et vont mieux. Chacun est de nouveau dans on rôle, et heureux d'y être.

Ecrit par : Jean | 19 janvier 2007

MERCI!!! JPB depuis le temps que j'essayais d'aborder ce problème de la sélection sur votre blog et que personne ou quasi ne me répondait!
Par ailleurs, l'idée de Tibo est intéressante. Pourquoi pas un programme sur l'EN " à la manière de Nicolas Hulot"? Vous en pensez quoi? On pourrait vous donner un coup de main?

Ecrit par : Thalie | 19 janvier 2007

Vous voulez faire faire du saut en hauteur à des gens, inutile de leur proposer à tous de sauter 1,50m

Si vous voulez obtenir des progrès, il faut proposer 1,05m à ceux qui ne sautaient qu'1 m, et il faut proposer 2m à ceux qui sautaient déjà 1,90m.

La solution actuelle des pédagogos pour montrer qu'avec eux tout le monde réussit: mettre la barre à 50cm. Et ça pose déjà des difficultés à certains, car avant d'apprendre à sauter on leur ne leur apprend qu'à marcher à quatre pattes, et on condamne toute personne voulant faire apprendre la marche "bipédique" au combien rétrograde, pensez donc, ça fait des centaines de milliers d'années qu'on fait ça. Place à la nouveauté ! De plus c'est vachement ludique et constructeur de savoir la quadrupédie, il n'est qu'à voir l'envie du très jeune enfant de se mettre à quatre pattes !

Pour ne plus ramper verticalement :
Votez Meirieu, quatre pattes c'est mieux que deux !

Pas tout à fait sans rapport : la très intéressante psychologie de l'engagement :
http://www.crcom.ac-versailles.fr/article.php3?id_article=57

(lire l'intervention de RV-Joule, et particulièrement le passage sur les ménagères américaines, c'est édifiant :
"Seconde guerre mondiale. Les ménages américains doivent modifier leurs habitudes alimentaires. L’économie de guerre étant ce qu’elle est, certaines denrées se font rares et pour prévenir les risques de malnutrition il est impératif de les remplacer par d'autres. Il convient, par exemple de remplacer les pièces nobles de boucherie par les bas morceaux. (…)

La première stratégie testée par Kurt Lewin - une stratégie persuasive pourtant bien pensée - se révéla catastrophique. Malgré tous ses efforts (démonstration éloquente, arguments pertinents, distribution de recettes ronéotypées, etc.) le conférencier ne put guère amener que 3% des ménagères l'ayant attentivement écouté à servir chez elles des bas morceaux. Autant dire personne. (…). Une nouvelle stratégie fut alors testée. Lewin remplaça le conférencier par un animateur qui avait pour consigne de communiquer aux ménagères toutes les informations contenues dans la conférence avant de leur remettre les recettes ronéotypées. Mais il avait surtout pour consigne d'inciter les ménagères, au terme de la réunion, à prendre publiquement la décision de cuisiner des abats dans les prochains jours. Ainsi, furent-elles conduites à lever la main pour témoigner de leur décision. Ce petit acte, il est vrai réalisé au vu et su de tous, allait avoir une extraordinaire portée puisque 32 % d'entre elles servirent effectivement des bas morceaux. Dix fois plus qu’avec la stratégie persuasive, donc !"

Ecrit par : fred | 19 janvier 2007

JPB

Vous avez enfin osé le mot tabou par excellence, celui-là même qu'avait prononcé un jour le général de Gaulle en conseil des ministres à propos de l'école : "sélection". Mais après, il y a eu mai 68, l'intermède Pompidou, histoire de construire une usine à gaz dans un quartier historique de Paris, de bétonner les rives de la Seine et de déverser des hordes de camionneurs sur les routes...et puis la "société libérale avancée" de Giscard, la Réforme Haby et le collège unique dans lequel les pédagogues se sont installés peu à peu comme des rats dans un fromage...Et 14 années de mitterrandisme durant lesquels Meirieu prospéra dans l'ombre du Tonton flingueur en attendant le jour éclatant, son Austerlitz à lui qui fut le Waterloo de l'Ecole, où il devint conseiller de Monsieur Jospin.

Et voilà pourquoi vos enfants, à défaut d'être muets (Plût au ciel qu'ils le soient !) et faute d'avoir été un peu "sélectionés" sont devenus peu à peu de gentils crétins ou des crétins hargneux...mais crétins quand même. Comme disait Trostsky "Tout est politique".

Ecrit par : Robin | 19 janvier 2007

...Et qui aura le courage politique de revenir en arrière, de faire face à des hordes de demi intellectuels brallards, compassionnels et égalitaires ?


J'ai enseigné pendant près de trente ans, depuis la Réforme Haby précisément et j'ai assisté impuissant et consterné à la dérive qui nous a mené là où nous en sommes : suppression des 4ème CPPN, des orientations après la 5ème, des 4ème et 3ème technologiques, passages automatiques en classe supérieure, disparition du certificat d'études, dévalorisation du brevet, puis du BAC, expérimentation tous azimut sur les élèves de systèmes mortifères : méthode global, enseignement en séquences. Tout ceci a été voulu, prémédité, organisé...d'en haut.

La violence et l'anarchie qui règnent actuellement dans les établissements scolaires est une conséquence inéluctable de l'absence de sélection et du "collège unique".

Quel homme (ou quelle femme !) politique aura le courage de revenir en arrière, malgré la horde prévisible des braillards égalitaristes faussement compassionnels ? Qu'il ou qu'elle (?) se nomme. Il (elle?) aura ma voix.

La langue française ne comportant pas de point d'ironie comme l'eût souhaité Marcel Proust, j'ai mis un point d'interrogation après le pronom au féminin.

Ecrit par : Robin | 19 janvier 2007

globale avec un e !

Ecrit par : Robin | 19 janvier 2007

JPB, votre message est le bon sens même. Il faudrait entre autres rétablir la sélection à l'entrée des facs, au lieu de laisser tout le monde entrer. Cela dit, mes professeurs me disaient déjà tout cela du temps où j'étais élève ! Je n'ai pas grand espoir que ça se réalise, d'autant que l'OCDE, si je ne m'abuse, préconise exactement le contraire.
La question que personne ne résoud : que fait-on des élèves dont on voit bien qu'ils n'ont pas les capacités ni la volonté de bien faire ? Que devienent-ils ? Et avant qu'ils ne disparaissent dans les affres du non-emploi, les collégiens ou lycéens qui ne veulent pas faire telle ou telle matière doivent-ils subir des cours qui ne leur serviront jamais à rien ?

Ecrit par : Jeremy | 19 janvier 2007

Pas tout à fait sans rapport : la très intéressante psychologie de l'engagement :

Très intéressant, Fred. Merci pour le lien...

Une petite question "désobligeante" : Le discours électoral d'un homme (ou d'une femme) politique relève-t-il de la psychologie de "l'engagement" (on peut toujours rêver, mais comme disait l'autre, les promesses rendent les fous et les enfants heureux et quand elles sont électorales (dixit Chirac), elles sont faites pour être violées) ou des techniques de manipulation de ceux qui étudient par exemple "la psychologie de l'engagement" ?

Mais "vous êtes libres de choisir entre les deux !"

Ecrit par : Robin | 19 janvier 2007

La sélection à laquelle je pense n'est un "darwinisme social" (élimination des moins aptes), mais un système qui permette à chacun d'aller au maximum de ses capacités. L'idée de "groupe de niveau" (Réforme Legand) n'était pas si mauvaise que cela, à condition de faire deux niveaux (lents/rapides) et non trois (lents/moyens/rapides)avec possibilité de passer de l'un à l'autre. L'expérience prouve que les "moyens" ne progressent pas.

J'ai eu plusieurs années de suite avec le passage automatique en classe supérieure des élèves qui ne savaient ni lire, ni écrire et qui traînaent leur handicap et leur souffrance d'année en année, des élèves au sujet desquels on me disait "vous ne pouvez pas refaire le travail des instituteurs (pardon, "professeurs des écoles"), vous devez vous occuper des autres) et je les voyais de gentils au départ devenir de plus en plus aigris et "méchants". C'est cela le collège unique. changez le u initial et remplacez-le par un i, vous avez le mot "inique". Merci Monsieur Meirieu !

Ecrit par : Robin | 19 janvier 2007

Lire : "n'est pas un darwinisme social"

Ecrit par : Robin | 19 janvier 2007

Laissez-moi donc raconter mon témoignage, si vous le voulez bien.

Mon cursus scolaire est tout ce qu’il y’a des plus classiques. J’ai passé la première partie de ma vie en Seine-Saint-Denis au Bourget, une ville sans histoires. J’ai donc tout naturellement commencé ma scolarité par l’école maternelle, qui je dois dire ressemblait plus à une garderie géante qu’à un lieu d’enseignement mais soit, puis ai ensuite rejoint l’école primaire en 1993 (après la loi Jospin donc).
La lecture m’a été enseignée avec une méthode syllabique. Je n’ai eu aucunes difficultés à apprendre à lire ou à écrire, et ma vingtaine de camarade dont les parents ne parlaient souvent pas un mot de français non plus.
Paradoxalement, c’est ici que je reçus la meilleure instruction de toute ma scolarité pré-baccalauréat.
Je suivis donc une scolarité dans cette école primaire jusqu’en CE2 avant de déménager sur Lyon et de rejoindre la classe de CM1.
Je ne préfère pas trop parler de cette période dans un souci d’objectivité – un minimum du moins – car ma mémoire me fait défaut.
Je me rappelle par contre très bien des affectations pour le collège. La carte scolaire étant ce qu’elle est, les trois quarts de notre classe étaient destinés à rejoindre un même collège ayant une réputation qui laissait à désirer. C’est pourquoi, la majorité des prétendants (80%) à ce collège demandèrent une dérogation pour en rejoindre un autre, tout en sachant bien qu’elle n’aurait que très peu de chance d’aboutir. Etant « nouveaux » sur Lyon, mes parents et moi même n’avions pas connaissances des réputations des établissements et ne comprenions pas du tout ces démarches. Je n’en pris conscience que bien plus tard.

Arrivé au collège, il s’agissait en fait d’un collège-lycée, je ne reconnu que trois de mes anciens camarades sur la quinzaine destinée à le rejoindre. Ils avaient tous trouvé un moyen de contourner le système (écoles privées, etc.).
Je n’appris que plus tard, pendant mon année de sixième, que ce collège-lycée – même pas classé en ZEP alors qu’il remplissait largement les critères – avait une mauvaise réputation due à des « perturbateurs » venant des banlieues Lyonnaise.
L’établissement acceptait pratiquement n’importe qui et été qualifié de « poubelle », à juste titre d’ailleurs.
En effet, il était dans un tel état de délabrement que les murs fissurés, tags, lampes, tables et chaises cassées étaient la norme. Je me souviens d’ailleurs très bien d’une classe qui regorgeait de cartouches vide accrochées au plafond (une trentaine), ou encore des tables si vieilles qu’il était devenu impossible de distinguer le bois d’origine entre les chewing-gum collés, les dessins et messages anti-français.
Cependant, il n’y avait pas trop de violences, juste énormément de « bordel », ce qui rendait bien évidement l’enseignement déjà bien médiocre à l’origine, impossible à dispenser correctement. Je n’ai pas le souvenir d’avoir réussi à terminer, ne serait-ce que la moitié du programme imposé en Histoire-Géographie entre la sixième et la quatrième.

Je n’avais pas conscience du désastre que cet enseignement aller avoir sur ma formation, personne n’en avait pris conscience d’ailleurs. Sans compter que certains n’étaient là que pour s’amuser et le Principal les y aider.
En effet, avec du recul je me rends compte que cette situation n’a été rendue possible que par une incompétence et un laxisme généralisé de l’équipe pédagogique. Je n’ai jamais, ne serait-ce qu’aperçu le Principal du collège. Le conseiller principal d’éducation quant à lui ne sanctionnait jamais et se contentait de petites remontrances bien inutiles.
Les surveillants étaient considérés comme des « potes » et non comme l’autorité. Ils venaient presque tous du même milieu que les élèves.
Les enseignants étaient dans leur globalité incompétents et n’avaient même pas le niveau d’un nouveau bachelier, c’est dire. Certains d’entre eux étaient par ailleurs très fervents des arrêts maladies.

Arrivé en troisième, il y’eu du changement. C’est toute l’équipe pédagogique qui fut changée de fond en comble, c'est-à-dire un nouveau principal, un nouveau C.P.E., et même de nouveaux surveillants.
Des travaux titanesques ont été commencés. Toutes les tables ont été remplacées par du neuf, de même pour les chaises et lampes, les plus gros perturbateurs ont été « expulsés », les tags furent remplacés par une immonde mais respectable peinture jaune, des faux plafonds installés pour cacher les fissures des plafonds, etc.

On pourrait penser légitimement qu’il suffisait de changer l’atmosphère du collège pour que tout se passe correctement. C’est malheureusement une très grosse erreur. L’établissement était en apparence devenu normal, mais il ne l’était pas. Nous avions donc l’illusion d’être revenu dans la normalité, mais le fait est que nous étions toujours dispensés d’un enseignement au-rabais.
Aucuns des enseignants ne furent changés et les seuls professeurs compétents qui se retrouvaient ici par malheur ne restaient guère plus d’une année.

En fin de troisième il fallait choisir pour la première fois de notre vie une orientation voulue, en apparence du moins. Notre professeur principal nous encourageait à nous orienter en B.E.P. après nous avoir rabâché toute l’année qu’il était très difficile d’y trouver une place et qu’envisager une seconde générale était inconcevable pour la plupart d’entre nous.
Nous étions tous ignorants et ne connaissions pas du tout les orientations possibles et leurs débouchés, et ce n’est certainement pas le conseiller de désorientation qui y aurait changé quelque chose. D’ailleurs, un ami et moi-même – nous faisions parti des premiers de la classe – nous sommes vue expliquer par un professeur d’espagnol que nous ne « survivrons » pas en première scientifique.

Finalement, je rentrais au lycée en classe de 2nd générale. Quel ne fut pas ma surprise de voir qu’une grande partie de la minorité de mes anciens camarades de collège qui avaient finalement réussi à passer en 2nd ne continuaient plus leur scolarité dans ce collège-lycée. Ils exploitèrent une fois de plus les « failles » de la carte scolaire en prenant des options totalement inutiles tel que grecque ancien, russe, ou parfois tout de même des options légitimes tel que l’initiation aux sciences de l’ingénieur qui leur donnait le droit d’accès à des lycées beaucoup plus prestigieux. Seulement, même cette dernière n’était pas prise dans le cadre d’un projet professionnel réfléchi, mais dans l’optique de fuir ce lycée.

C’est ici que j’ai commencé à prendre conscience de l’ampleur du désastre.
Je me retrouvais donc en compagnie d’élèves venant tous de collèges de banlieue, c'est-à-dire qu’ils n’étaient pas mieux lotis que je ne l’étais, ou presque.
Je pris petit à petit conscience de l’incompétence généralisée de ceux qui étaient censés détenir le savoir. Je me décourageais donc très vite, ayant l’impression et la conviction qu’on ne m’apprendrait rien ici, et ne faisais plus que le strict minimum qui fut tout de même amplement suffisant pour passer en 1ère scientifique.
L’année de première se passa comme l’année de seconde. Mes camarades et moi même étions en majorité conscients de l’inutilité des cours dispensés par nos enseignants.
J’avais personnellement le sentiment profond qu’on se foutait de moi et que les enseignants étaient tous aussi coupable les uns que les autres de leur incompétence. D’ailleurs, ils en étaient eux même conscient et ne cessaient de fuir leurs responsabilités.

Arrivé en terminale, les choses ne s’améliorèrent pas. J’accumulais les lacunes, que ce soit en mathématiques ou en sciences physiques, et ne recopiaient même plus mes cours dans certaines matière tellement le niveau des enseignants étaient déplorable.
Je me souviens encore mot pour mot de ma professeur principale de 1ère (de terminale également), enseignante de sciences physiques qui n’était bonne qu’à recopier le très mauvais livre distribué, qui n’arrivait pas à intégrer la fonction 1/x² et nous fis remarquer qu’elle irait demander à notre professeur de mathématique si ce qu’elle marqua été correct.

Comment voulez-vous avoir confiance en de telles personnes ? Moi je voulais aller à l’école pour apprendre la rigueur, apprendre des choses justes et tout ceci hors des clivages politiques et sociaux. Or, quand était-il ? Tout l’inverse.

Il y’avait une propagande incroyable dans ce lycée. Je m’en souviens encore, en classe de terminale, lors des manifestations anti loi Fillon des professeurs encourageaient les élèves à aller manifester en leur assurant que de toutes les façons ils ne les mettraient pas absents et que nous ferrions mieux de tous y aller.
Je me souviens également des enseignants d’Histoire-Géographie faisant l’apologie de l’extrême gauche (cours orientés politiquement, affiches en classe…). Je crois que le mot propagande est encore faible devant l’ampleur du phénomène.
Je me souviens également des problèmes liés aux absences de longue durée ou répétées de certains professeurs qui n’ont jamais étés remplacés. Nous n’avions, par exemple, suivis que cinq semaines de cours d’espagnol en 2nd, et une heure par semaine au lieu de deux en terminale à cause de soi-disantes réunions syndicales très fréquentes.

Bref, je pourrais en parler pendant des heures, mais ce n’est pas le réel problème.
Non, le pire dans tout ceci est que nous étions tous totalement ignorant des possibilités post-baccalauréat qui s’offraient à nous. Je n’avais personnellement jamais entendu parler des CPGE avant le milieu du premier trimestre de terminale.
Par ailleurs, les enseignants se faisaient une joie de nous désinformer sur le sujet, et nous rabâchaient que nous n’avions aucunes chances d’y entrer car elles étaient réservées à une « élite », à la « crème de la crème », dont manifestement nous ne faisions pas parti et n’avions aucunes chances de faire parti, même pas en rêve.
Ce confinement dans la médiocrité est probablement la pire des choses que j’ai vécu au lycée.
A force de vous prendre pour plus stupides que vous ne l’êtes et d’être entouré d’incompétents, vous finissez par ne plus croire en rien et pensez que vous ne pourrez jamais devenir compétent.
On vous force à faire des études courtes, on vous force à rester « petit », à ne pas réfléchir et à appliquer bêtement le peu de chose qu’on vous apprend (et mal en plus de ça) tel un animal de cirque.
C’est comme si vous étiez prédestiner à ne rien faire de votre vie. Surtout qu’à ce sentiment là s’ajoute un sentiment d’injustice lorsqu’on sait qu’il ne s’applique que dans les pires établissements et que c’est tout le contraire qui se passe dans les établissements privés renommés ou les grands lycées.

La disparité entre ces deux types d’établissements est énorme.
Là où on ne vous apprend et que très difficilement, à cause de professeurs se renvoyant la responsabilité de leur incompétence au grand désespoir de l’élève, un programme scolaire d’un niveau très faible et illogique (j’y reviendrai), il faut savoir qu’il existe des lycées qui ne se contentent pas des programmes officiels.
Un ami à moi ayant passé la majorité de sa scolarité dans le privé me racontait que tous leurs professeurs avaient l’agrégation, qu’ils avaient plus d’heures de cours que dans les lycées publics et que le hors programme était de rigueur, je dirais même une nécessité.
De plus, la non-admission dans une CPGE était perçue là-bas, et l’est toujours, comme une véritable honte.

Il est alors évident que les étudiants sortant de ce type d’établissement sont beaucoup plus qualifiés que leurs homologues des lycées dit « normaux » et qu’ils soient par conséquent privilégiés en ce qui concernent les admissions dans les meilleures CPGE, et donc nécessairement dans les intégrations des grandes écoles.
Il existe donc un véritable clivage entre les étudiants du privé et du public. D’un coté, les étudiants sont confinés dans une ignorance totale et en sont presque à s’y complaire tandis que de l’autre, il existe également un confinement dans « l’excellence », ou tout du moins ce qu’il en reste.
La plus grosse différence ne se fait pas seulement sur le niveau mais surtout sur la connaissance et la compréhension du système éducatif français.
Les élèves des établissements « normaux » sont totalement ignorant des possibilités offertes par celui-ci et n’ont pas conscience de la nécessité de rejoindre une formation acceptable qui n’est même plus dispensée dans les universités, tandis que les élèves des établissements renommés en sont eux parfaitement conscient et sont souvent prédestinés à suivre ce chemin de par une connaissance parfaite de ce système.
L’expression « reproduction des élites entre elles » n’est, d’après moi, plus une légende.

Quand j’affirme que le niveau général des universités n’est même plus « acceptable », j’exagère un peu.
En fait, c’est surtout le remplacement de matières nécessaires à une bonne formation par des enseignements transversaux qui est une abomination.
L’école n’a pas à éduquer toute une population, elle se doit de l’instruire. Seulement actuellement, j’ai le sentiment qu’elle est divisée en deux parties qui s’ignorent ; l’une composée de ceux qui auraient reçu une « bonne » éducation de la part de leurs parents et qui serait donc logiquement épargnée des enseignements transversaux ; l’autre qui, de par une « mauvaise » éducation, se doit de subir tous ces enseignements transversaux pour être remise dans le « droit chemin ».

Par exemple, moi qui suis étudiant en deuxième année de licence de physiques, je dois subir des enseignements tels que « Projet Etudiant Licence » qui consiste à présenter notre « projet professionnel » à un professeur, ou encore « Développement Durable ».
Il est certes honorable de vouloir faire prendre consciences aux étudiants de tout ceci, mais pourquoi ne pas plutôt nous enseigner les mathématiques ? Notre niveau en mathématique n’est pas à la hauteur de notre enseignement en physique. L’étudiant se voit donc dans l’obligation d’appréhender des concepts mathématiques parfois assez poussés pour son niveau sans aucunes aides extérieure. Il lui est donc difficile de les comprendre parfaitement et impossible de les maitriser.

C’est d’ailleurs depuis le lycée que l’enseignement des mathématiques est déficient et n’est plus en adéquation avec certaines matières parallèles. Les sciences physiques de terminale S se résument à du bachotage bête et méchant et non pas à une réelle compréhension du phénomène. La résolution des équations différentielles linéaire d’ordre deux n’est pas enseignée alors que le programme portant sur les bases l’électricité le nécessite. C’est d’ailleurs pour cela qu’on demande aux lycéens d’apprendre par cœur des formules tombées du ciel, tout ceci sans aucunes démonstrations, qu’ils ne seraient pas en mesure de comprendre.
La terminale S SI serait encore bien pire.

Je pense sincèrement que l’enseignement des mathématiques est insuffisant et est très mal mis en œuvre. Les bases de la logique mathématique ne sont pas enseignées avant le supérieur alors qu’elles sont universelles.
Beaucoup trop de temps est consacré à des matières annexes nécessitant des bases que l’élève n’a pas encore acquis. L’apprentissage d’une langue étrangère alors même que l’élève ne maîtrise pas la grammaire de sa propre langue et ne comprend pas réellement son fonctionnement est tout simplement stupide.
D’ailleurs bien souvent la grammaire de la langue étrangère est très mal enseignée, lorsqu’elle l’est.

Il faudrait d’après moi favoriser la maîtrise de la langue française dès le plus jeune âge pour ainsi être plus à même de comprendre des concepts mathématiques qui eux même favorisent la compréhension du monde. En bref, donner plus d’importances aux matières les plus négligées actuellement.

Tout ce que je vous dis dois vous sembler évident, mais sachez que ça ne l’est ni pour les étudiants, ni pour la majorité des enseignants.

Pour finir, je suis intimement persuadé que le niveau des élèves est avant tout représentatif de leurs enseignants. J’ai probablement côtoyé les plus mauvais enseignants du Rhône, et les résultats au baccalauréat ne mentent pas. Soixante pourcent de réussite pour une section scientifique, c’est minable pour un lycée sans histoires.

Maintenant en ce qui concerne la sélection, je crois que vous vous trompez lourdement.
Avant d’envisager une quelconque sélection, encore faudrait-il assurer une instruction minimale de qualité.
Les capacités innées des individus n’interviennent que lorsque le niveau acquis est déjà très proche de la perfection. Or, jusqu’à preuve du contraire l’instruction actuelle est médiocre et ne pousse pas les élèves ne serait-ce qu’à utiliser les capacités dont ils disposent tous.
La société sous-estime largement les capacités de nos enfants et les confinent dans leur ignorance. Ajouté à ceci une éducation défectueuse des parents, et vous obtenez inévitablement la situation catastrophique que nous connaissons tous.

Il faut donc réformer l’instruction depuis la maternelle jusque dans le supérieur, et peut être même prendre en considération le fait que les parents ne sont pas en mesure de bien éduquer leurs enfants.
Bref, tout est à revoir. A savoir que pour la majorité des personnes, être instruit est synonyme d’être alphabétisé. C’est dire à quel point la complaisance et le confinement dans la médiocrité sont ancrés dans les esprits.

Ecrit par : #1 | 19 janvier 2007

Merci dièse 1.

Décidément la lecture de ce blog m'aura fait monter plusieurs fois les larmes aux yeux. Il serait souhaitable que votre témoignage tombe sous les yeux de Monsieur Philippe Meireu, ancien directeur de l'IUFM de cette bonne ville, lui le lecteur des Héritiers de Bourdieu et Passeron et l'un des principaux responsables de la mise en place de ce système où seuls les habiles et les nantis qui connaissent le système s'en sortent au détriment des moins nantis, des pauvres et des "innocents". Il y aurait de quoi en mourir de honte.

Je vous souhaite une réussite à la mesure de votre valeur, de votre courage et de votre lucidité.

Ecrit par : Robin | 19 janvier 2007

Bourdieu, apôtre le Reproduction...

écrit par: JPB

Tout en appréciant votre verve stylistique, je trouve une certaine injustice dans la manière dont vous traitez Bourdieu. D'abord il n'est pas "apôtre", il ne prêche pas la reproduction sociale, il la critique sévèrement et d'une facon convainquante. Puis - vous le savez bien - il n'a pas seulement écrit "Les héritiers", livre auquel il est souvent réduit par les enseignants sur ce blog, mais son oeuvre est tellement enrichissante que je trouve vraiment regrettable qu'on fasse de lui une "bête noire".

Ce qui m'amène à une autre remarque critique. J'ai un peu peur que la guerre "juste" que vous menez contre les pédagogistes vous empêche de voir les adversaires qui comptent actuellement. Ce sont ceux pour qui la notion d'"élite" n'a plus aucune connotation négative, ceux qui parlent de facon offensive de "sélection", qui établissent la concurrence dans les universités et dans les écoles (et entre celles-ci). Mais ce sont pas des défendeurs d'une culture vraiment littéraire et historique - comme vous -,loin de là! Ces "décideurs" économiques et politiquesont réussi un véritable changement de paradigme. Ce qui compte pour eux, c'est le "ranking". Ils demandent, think tanks à l'appui, l'économisation de l'école. Pour ces gens-là, la culture est une culture de marché. Fini le rousseauisme des pédagogues qui est imputé aux 68ards. L'efficacité au pouvoir! Les entreprises veulent des salariés flexibles et obéissants. S'il y a encore des vieux pédagogues (au sens de JPB) ou des pédagogistes parmi les profs, des inspecteurs vont venir pour les "identifier et isoler" (Mme Sommer, minstre de l'enseignement en Rhénanie du Nord-Westphalie). Plus question de SCHOLÉ.

Et surprise! Qui est partisan de ce changement? Les pédagogistes des années 70, devenus professeurs d'universités, maintenant émérites, mais chéris par les médias (et les syndivats).

Mais ce qui me semble important, c'est que ces gens-là ne sont pas les décideurs "primaires". Il ne font qu'accompagner de leur musique pédago-idéologique un néo-libéralisme pour qui les jeunes gens ne sont que les travailleurs efficaces et les consommateurs dociles de demain. Lutter contre les pédagogistes et leurs idéologèmes est donc nécessaire, mais ce combat est un peu "passéiste". Il y a d'autres chats á fouetter!

Cordialement

Wolfgang

Ecrit par : wolfgang | 19 janvier 2007

Merci Numero uno, votre histoire est celle de millions de vos congénères mais je voudrais vous dire que Brighelli ne se trompe pas et je ne prends pas de risque en affirmant qu'il il n' envisage rien d'autre dans le cadre sélectif qu'il suggère qu'une instruction de grande qualité et surtout pas minimum...
Je vous renvoie aux livres d'Elisabeth Nuyts, notamment "L'école des illusionnistes" (prix (Enseignement et Liberté 2002) et aux travaux de la Garanderie sur les "profils pédagogiques" des enfants. Vous y verrez que c'est vous qui vous trompez en affirmant que "Les capacités innées des individus n’interviennent que lorsque le niveau acquis est déjà très proche de la perfection".
C'est l'inverse, ces capacités se développent au mieux en adaptant l'enseignement au profil de chacun, mais ce qui est crucial c'est de ne pas rater la période des grands apprentissages initiaux, quand, comme disait Hugo, "la page de la conscience est encore vierge" Si cette phase est ratée, c'est irrattrapable.
Et cela n'a rien a voir ou si peu avec le QI.
La lecture de votre commentaire est d'ailleurs édifiante à ce propos: jamais vous n'auriez pu vous exprimer avec tant de clarté, ni mener votre réflexion aussi loin si vous n'aviez pas reçu dans vos toutes premières années un solide enseignement des fondamentaux. C'est là que tout se joue.

Je m'intéresse , depuis 25 ans,aux problèmes de l'école que j'ai identifiés dès que ma fille aînée est arrivée dans un college lambda parisien . Le primaire était encore préservé à l'époque. Du moins dans la petite école en face de chez nous.

C'est depuis ce moment là que j'affirme que les instituteurs devraient être payés au moins autant que professeurs d'université car de leur talent dépend l'avenir d'une société.

Ecrit par : Danièle | 19 janvier 2007

wolfgang

Enfin quelqu'un qui répond à ma question sur le libéralisme. Hanna Arendt croyait à la "coexistence pacifique" entre une école relativement traditionnelle et une économie de marché concurentielle. Vous nous parlez, si j'ai bien compris, d'une mainmise de la logique du marché sur le système scolaire en Allemagne. Pouvez-vous nous expliquer comment les choses se passent pour que nous ne soyons pas, comme vous le dites, en retard d'un combat.

Ecrit par : Robin | 19 janvier 2007

Dièse 1, vous savez, j'ai une classe avec laquelle je passe pour l'incompétent de service... Essayez de faire un commentaire composé sur un extrait de Vigny avec une classe qui joue à se lancer des bouchons quand vous vous retournez pour écrire au tableau.. Heureusement ce n'est le cas que pour une classe, mais si tout le lycée était comme ça, on nous taxerait d'imbéciles.
Il y a des profs imbéciles, il y en a qui font de leur mieux, il y en a qui sont privilégiés... Il faudrait surtout revoir tous les contenus d'enseignements, du primaire à la fac, et supprimer les modules "découverte", "initiation de spécialité choisie", "complément de découverte progressive", etc. Les profs aussi sont d'anciens élèves mal formés.

Ecrit par : Jeremy | 19 janvier 2007

Wolfgang, personnellement je ne pense pas que le combat face aux pédagogistes soit passéiste, bien au contraire...

Je suis même d'avis qu'il faut lutter jusqu'au bout et jusqu'à la dernière force vive contre cette fameuse secte qui a réduit le savoir et notre mémoire collective à néant.

Il est grand temps de remettre l'école au premier rang de tout et avant tout même la culture, La Vraie Culture. Il est plus que temps de réétudier tous les grands penseurs et au plus vite.

Voyez-vous Wolfgang, sur un forum destiné aux étudiants de bts, alors que nous rendons hommage aux Justes en France pour avoir lutté contre la tyrannie et l'oppression, l'absurdité et l'horreur de la guerre, le terme "Nazi" ou "Nazisme" a été censuré afin de caresser les âmes jeunes et sensibles dans le sens du poil....

Permettez-moi juste d'affirmer que je trouve cela très grave puisque l'on occulte volontairement et sciemment une réalité historique qui a touché la majeure partie de l'Europe durant le 2ème conflit mondial et sous l'entre deux guerres avec pour résultat la mort de 6 millions de juifs et 60 millions de personnes au total. Par ailleurs, d'autres dictatures ont aussi contribué à cette catastrophe, notamment celle de Mussolini et la France a lâchement collaboré. Loin l'idée d'affirmer que seule l'Allemagne est responsable de ce désastre mais il n'empêche que je n'ai qu'un mot à la bouche lorsque j'entends le mot guerre : quel gâchis !!!!

Sincèrement je suis bien heureuse que des personnes comme Jean Moulin ont existé aussi bien en Allemagne qu'en France et si j'étais juive, descendante d'une personne déportée durant le conflit, j'aime autant préciser que cette façon de faire m'aurait littéralement vexée et choquée. Elle aboutit en réalité à une action inverse, elle consiste à mépriser tout simplement...En évitant justement à l'école d'enseigner l'histoire comme il se doit et notamment sans vision manichéenne mais avec beaucoup d'esprit critique, nous courrons tout simplement à la catastrophe. Et j'ai bien peur que nos pédagos ne transforment à force de théories létales, notre société actuelle en une poudrière avec une montée vertigineuse de la xénophobie, d'actes racistes et d'antisémitisme, tout cela à cause de l'ignorance de plus en poussée au sein de la jeunesse...

Pour ce qui est de la sélection cela ne relève que du bon sens puisque désormais un jeune n'est non pas jugé de part son origine sociale, éthnique ou géographique mais sur ses résultats scolaires.

Place au mérite avant tout et place au travail, au sens de l'effort....

Ecrit par : SW | 19 janvier 2007

Tout en appréciant votre verve stylistique, je trouve une certaine injustice dans la manière dont vous traitez Bourdieu. D'abord il n'est pas "apôtre", il ne prêche pas la reproduction sociale, il la critique sévèrement et d'une facon convaincante.

Oui Wolfgang, je suis bien d'accord sur le fait que Bourdieu critique la sélection sociale et qu'il ne la prêche pas, mais il faut bien comprendre le PARADOXE...C'est au nom de cette critique de la sélection sociale, au nom de l'égalité, de la justice sociale que l'on a instauré en France dans les années 70 le "collège unique"...Et aussi pour des raisons moins nobles et plus pragmatiques qui sont liés aux besoins d'un système économique.

...Mais ce collège unique n'a pas du tout rempli le rôle qui lui était dévolu au départ. Il est devenu en réalité, au fil des années générateur d'exclusion, d'échec, d'ignorance et d'une sélection sociale accrue.

Comme en témoigne notre ami dièse 1, le collège unique est devenu un collège inique à plusieurs vitesses : un collège d'excellence pour les nantis, les "héritiers" qui connaissent les "trucs" pour y échapper et un "collège poubelle" pour les autres.

Même la candidate socialiste aux élections présidentielles, Madame Ségolène Royal a fini par s'en apercevoir.

Mais entre s'apercevoir de quelque chose et y porter remède...et surtout les bons remèdes, il y a un monde.

C'est ici qu'intervient Monsieur Philippe Meirieu et ses émules : leur seule raison d'être a été justement de chercher à porter remède aux dysfonctionements flagrants de ce système qu'ils avaient appelé de leurs voeux. Les médicaments miracles s'appellent "remédiation", "pédagogie par objectifs", "travail en
groupe", "transversalité", "méthodologie", " approche séquentielle "....J'en passe et des meilleurs. Le problème c'est que ces remèdes n'ont rien arrangé du tout et que l'état du malade n'a fait qu'empirer.

Pourquoi ? Parce que cette injection massive de pédagogie a accompagné un renoncement généralisé à la transmission de SAVOIRS...On a mis l'lève au centre du système, on a privilégie les "savoir être" et les "savoir faire" et on a beaucoup réfléchi sur la façon de transmettre quelque chose qui, telle la peau de chagrin de Balzac existait de moins en moins. Les remèdes pédagogues ont tué le savoir...là où ils s'exerçaient, c'est-à-dire dans les établissements "fragiles" auprès des élèves qui auraient eu le plus besoin de connaissances précises, claires, détaillées, riches, progressives.

Dans les autres établissements, les collèges et les lycées d'excellence (Fénelon, Henri IV, Du Parc à Lyon etc.) situés en général dans les centre villes, on a continué à transmettre des savoirs "purs et durs" comme dit JPB et a on laissé la pédagogie au vestiaire.

Résultat : accroissement des inégalités

L'histore de l'éducation en France depuis trente ans se lit comme l'Ethique de Spinoza ou la critque de la Raison Pure de Kant, c'est d'une logique imparable. Le problème, ce sont les prémisses du raisonnement.

Ecrit par : Robin | 19 janvier 2007

Bijour,

tu ne donnes pas assez d'infos Jeremy,

par ex:
1) ils avaient quoi comme cours avant ? (6 heure s de maths ;)
2) c'est quoi leur spécialité (S, cap coiffure )
3) il était quelle heure (18h)

j'image que toi aussi des fois tu as envie de lâcher la soupape....
Je ne cherche pas d'excuses, hein, je dis juste que parfois les emplois du temps sont à 'suer' ;)


Merci dièse Le hun.... Juste une question (pour mes stats ;) ) tu te souviens du nom de ta méthode de lecture au CP ?

"Décidément la lecture de ce blog m'aura fait monter plusieurs fois les larmes aux yeux"
Il n'y a pas qu'avec ce bloug que je chiale moi ..... ;)

La lutte continue ;)

ps: J'adôôôôre le :
"Et comme ne dit pas Evelyne Charmeux, la prêtresse incontournable du crétinisme triomphant." ;)

Ecrit par : toto | 19 janvier 2007

Wolfgang et son anti-libéralisme rejoint les propos de Thalie (sur made in USA) et je me permets de contredire ici à la fois la plaidoirie pro-bourdivine du premier ( car le sociologue est aussi un bourgeoisophobe… invertébré ☺) et j’affirme à mon tour à la seconde que ni l'histoire des idées politiques, ni l’histoire tout court, ni surtout celle de l’éducation, ne permettent de dire que "la bourgeoisie libérale s'est toujours moquée de l'école et de la culture, ce n'est pas une nouveauté." C’est même tout le contraire. Flaubert signait "bourgeoisophobus" mais c’était par regret des largesses du mécénat aristocratique. Il avait quelque excuse…

Puisque le libéralisme est une doctrine inconnue en France mais diabolisée, et qui suscite la curiosité de certains blogueurs, je voudrais remettre quelques pendules à l’heure.
Historiquement, les premiers défenseurs de la classe ouvrière furent les Libéraux, par intérêt bien compris, certes, mais pour l'ouvrier du temps c'est quand même bien l'amélioration immédiate de sa condition qui compte. Les premières lois sociales furent toutes d'inspiration libérale et c'est la même bourgeoise libérale qui a créé l'école républicaine en 1880-81. Avant cela, nous eûmes Victor Duruy et avant Guizot, dont notre mémoire collective n' a retenu, pour le malheur de notre pays, que son "enrichissez-vous", instrumentalisé hors contexte. Au lieu de l'écouter on a voulu enrichir les pauvres en appauvrissant les riches et ...guess what?, surprise! ça n'a pas marché. (Certains, comme Hollande, n'ont toujours pas compris)

Je reviens toujours à Condorcet car lui aussi est inconnu ou presque au bataillon or sa lecture illumine de bon sens les maux actuels de l’école. (Bon sang, mais c’est bien sûr, disait l’inspecteur Bourrel…) Il avait théorisé l’école de la république "enseignante" et inventé cet élitisme, républicain et méritocratique, qui en fit au milieu du 20eme un ascenseur social incomparable : 25% d'une promotion de Polytechnique étaient fils d'ouvriers d'agriculteurs ou d'employés, il y a quarante ans, contre 1% aujourd'hui ; ces derniers chiffres sont cités dans un livre collectif, lui aussi, et qui vient de paraître au Seuil: "La France prépare mal l'avenir de sa jeunesse".

Alors que le reste du monde reconnaît le dernier philosophe des Lumières et disciple de Turgot comme un des fondateurs de la pensée libérale, il ne figure pas dans "L'anthologie du libéralisme" livre de référence, écrit Pierre Manent. Cherchez l'erreur.

La quasi-totalité des Français et surtout leurs dirigeants ignorent au mieux, et pour la plupart diabolisent la connaître, la doctrine libérale. Depuis deux siècles, les observateurs étrangers sont perplexes devant cette phobie incurable qui leur paraît surtout une tragique persévérance dans l’erreur. La destruction des apprentissages et des savoirs et l’attachement viscéral au jacobinisme en sont deux expressions particulièrement marquantes. Une troisième, c’est l’exode cerveaux que connaît la France actuellement, le pire depuis la révocation de l'édit de Nantes. Et je ne parle pas de celui des capitaux, dont l'ampleur n’a pas non plus de précédent.

Certains d’entre vous s’expriment ici dans des termes que ne renieraient pas les rares libéraux français. L’important n'est pas l'étiquette, c'est d’être cohérent et comme je le disais ailleurs de « savoir changer de parti pour ne pas avoir à changer de conviction ( Cardinal de Retz) » . Je comprends le malaise de ceux qui vont découvrir qu'ils font du libéralisme comme monsieur Jourdain découvre qu'il fait de la prose.

La phobie antilibérale de la France lui vaut les quolibets du reste du monde et même ses plus indulgents critiques raillent ce côté Musée Grévin, Jurassique Parc, attendrissant mais destructeur, à plus ou moins long terme. Cette pathologie est pourtant dénoncée et décrite depuis plus de trente ans par Alain Peyrefitte: "Le mal français", ou Michel Crozier: "La société bloquée", et tant d'autres moins connus. Tandis que dans tous les autres pays, Espagne et Italie et Pologne comprises, même les socio-démocrates, car il n’y a plus de socialistes, et depuis belle lurette, ailleurs que chez nous, pratiquent le libéralisme sans état d'âme, la France fait toujours et encore de l'adjectif libéral une insulte, et il "s'accompagne généralement d'une précision qui grossit l'épithète. On n'est pas seulement "libéral", mais ultra-libéral", écrit Alain Wolfelsperger, professeur à Sc-Po, dans le dernier nº de "Commentaire".

Il me semble pourtant qu'il est aussi difficile d'être ultra-libéral qu'...à moitié enceinte. Proférer cette incohérence c'est avouer son ignorance de la doctrine libérale, mais avoir conscience de cette ignorance est un progrès, un pas décisif dans la bonne direction.
Ce n’est pas la girouette qui tourne c’est le vent ( E. Faure)

Alain et Arendt avaient compris, il y a 55 et 80 ans, respectivement, la dimension totalitaire de l'idéologie égalitariste et collectiviste que nos doctrinaires chargés des programmes allaient institutionnaliser, avec la complicité de syndicalistes qui en firent leurs choux gras. Cette idéologie animait déjà Jean Zay, initiateur du collège unique et ministre de l'éducation de Léon Blum, deux hommes fort estimables et courageux, but nobody is perfect et le second, surnommé "ministre de l'intelligence" avait certainement celle du coeur, mais trouva ses limites dans son admiration immodérée pour les divagations de l'Émile...

Les trois livres de JPB ( enfin, surtout la "fabrique" ) illustrent, tout comme celui sur la destruction du français de Lecherbonnier, cette méconnaissance non seulement de la doctrine libérale mais aussi du principe de la laïcité scolaire, tel que Condorcet l'avait conçu, c'est à dire, en excluant tout endoctrinement, même républicain, tout enseignement dogmatique, dans l'école publique. Sa lecture convainc que la politisation à outrance des enseignements n’est pas pour rien dans la destruction de l’école.

La prégnance de l’idéologie, (colbertiste, jacobine, égalitariste, collectiviste) oblitère la curiosité intellectuelle. Il faut de la constance pour aller étudier par soi-même une doctrine qui brille par son absence dans nos universités. J’ai fait un DES de droit public et de droit communautaire ( Assas et Panthéon) or je ne me souviens pas avoir lu Tocqueville... pour mon cours d’Histoire des idées politiques, quant à celui d’économie politique n’en parlons pas. Il m'a fallu attendre d'aller faire un LLM anglo-saxon pour apprendre que le libéralisme était une invention au moins aussi française qu' écossaise...

Ainsi, comme l'intellectuel de gauche est un pléonasme depuis la Libération et que la droite expie toujours sa collusion vichyssoise ( celle-là même qui n'a pourtant pas barré la route à Mitterrand), le libéralisme a pu rester jusquà ce jour en France victime de la pire reductio ad hitlerum…à l'ouest de la ligne Oder-Neisse.

La première chose à comprendre du libéralisme, avant d'aller sur le site indiqué ici par Albert Li, qui en donne une excellente définition, c'est que, contrairement aux autres -ismes, il ne s'agit pas d'une idéologie, et sur ce sujet voir l'argumentation de Revel, dans La Gde Parade. (pages 62-71).

Quand Revel écrit p. 98, que "le trait de génie du communisme a été d'autoriser la destruction de la liberté au nom de la liberté", on peut ajouter que nos pédagogistes en firent autant détruisant l'éducation au nom de l'éducation.

Méconnaissant la doctrine libérale dans " La fabrique du crétin", JPB désigne sous ce dernier vocable une sorte de deus ex machina tirant les ficelles d’un vaste complot libéral qui affaiblit son propos car cette dimension « parano » fausse son diagnostic et lui masque par conséquent le chemin vers les remèdes au chaos pédagogique. Lecherbonnier et lui ont bâti leur argument sur l'existence de ces escadrons « libéraux/libertaires » de la mort, celle de l'école en général pour l'un, et du français pour l'autre, or il me semble qu'il y a là une erreur d'interprétation. Ces équipes de démolition armées par le capitalisme libéral auraient alors partie liée avec les pédagogistes qui sont tout sauf des libéraux ? Ça ne couche pas ensemble. L'éducation libérale est à l'opposé de ce que ces cinglés de la rue de Grenelle, ces Khmers rouges, comme dit Laurent Lafforgue, nous ont imposé et quiconque dénonce leurs théories fumeuses se retrouve ipso facto ( ou veut-veut pas, comme dit le Québec traduisant willy-nilly) défendre l'approche libérale, puisqu’elle en est le négatif, d'où ma référence au grand Mamamouchi, mais cela suscite un sentiment de trahison à gauche et une incompréhension à droite tant le libéralisme est diabolisé depuis deux siècles dans la conscience collective des Français, d'abord par l'Église catholique, puis par les cléricatures séculières, tout aussi dogmatiques à gauche qu' à droite...

(Un autre point : la laïcité scolaire avait un sens particulier pour les pères fondateurs de l'école de la IIIème République, en majorité des Protestant. Beaucoup, comme Condorcet, étaient aussi francs-maçons.)

Communistes et fascistes ne sont pas libéraux, ça n’est pas un scoop, et une omertà a longtemps interdit de souligner les connivences intellectuelles que ces deux mouvements totalitaires partagent d’ailleurs aussi avec l'islamisme radical, ainsi que leur matrice commune (Traités de Versailles et autres banlieues)… c'est un autre sujet ou une variation sur le même thème.

Illibérale depuis deux siècles, la France est mûre pour un monde orwellien. L’électeur mithridatisé par Mary Poppins s’exécute quand clignote le signal « applaudissez », il tombe dans le panneau de son slogan vide de sens, incapable de mesurer la carence programmatique de son « désir d’avenir ».

Ecrit par : Danièle | 19 janvier 2007

"Qui aura le courage de revenir en arrière? Qu'il (qu'elle?) se nomme. Il (elle?) aura ma voix."
Vous pouvez tranquillement supprimer "qu'elle?" et "elle?", car tous les pédagogues les plus fanatiques sont regroupés autour de Mademoiselle Royal, attendant le Grand soir où ils mettront définitivement à bas tout ce qui reste de correct dans le système éducatif.

Ecrit par : Jean | 19 janvier 2007

1 ) d'accord avec Danièle, le libéralisme c'est comme le FN. Dites de quelqu'un qu'il est libéral c'est comme dire qu'il est FN il est exclu, vous êtes tranquille un moment.

2 ) Le libéralisme politique et économique ne sont tout de même pas tout à fait la même chose.

3 ) Néanmoins d'accord avec vous tous sur la sélection.

4 ) Pour ceux que ça intéressent : les résultats des éval ce1 de début d'année, qui en gros servent à évaluer le niveau en lecture : 25 % d'élèves en profil 1 ( 1= difficultés lourdes, 2= difficultés légères/passagères, 3= pas de problème), avec 22 % hors zep/rep et jusqu'à 42 % dans les zones en question. Je vous cite l'analyse ( ça vaut son pesant de cacahuètes ) :
"Ce constat chiffré ne signifie pas qu'un quart des élèves de début de ce1 soit en difficulté lourde d'apprentissage de la lecture. Ce groupe est composé d'élèves dont certains ont des difficultés telles qu'ils risquent de ne pas maîtriser les compétences attendues en fin d'année ( ils sont estimés entre 5 et 10 % de l'effectif) alors que d'autres manifestent des difficultés que la différenciation pédagogique permettra de réduire dans le cadre normal de la classe de ce1, dans le courant de l'année scolaire."

Bon alors pas de quoi s'inquiéter hein ?n Le nivo monte de plus en plus vite.

Je crois que je vais me reconvertir en libraire spécialiste des méthodes de lecture. Je crois qu'il y a là un bon filon commercial à exploiter. Certains veulent-ils investir ?
Aux collègues du secondaire: courage.

Ecrit par : Ronin | 19 janvier 2007

Merci Danièle pour votre commentaire sur le libéralisme. Le mot "libéralisme" vient pourtant du mot "liberté" et "libéral" est un synonyme de "généreux" (o dit aussi "libéralités")...Alors pourquoi tant de haine envers cette doctrine ?

Je pense que le problème vient du fait que certains entretiennent une confusion entre le libéralisme et une économie de marché dérégulée à laquelle tout serait inféodée, y compris l'école.

Dites-moi que c'est pas ça le libéralisme et je me déclare à 100% pour. Je n'oublie pas qu'en lisant la biographie de l'un de mes poètes préférés, Federico Garcia Lorca, j'ai eu la surprise de découvrir qu'il était né dans une famille catholique libérale (oxymore?), ce qui était extrêmement rare en Espagne à cette époque-là.

Ecrit par : Robin | 19 janvier 2007

Aux collègues du secondaire: courage.

On en a besoin ! Merci !

Ecrit par : Jeremy | 19 janvier 2007

"Je crois que je vais me reconvertir en libraire spécialiste des méthodes de lecture. Je crois qu'il y a là un bon filon commercial à exploiter. Certains veulent-ils investir ?"

Oui, moi, pourquoi pas ? Mais pas auteur, hein, ni éditeur...

Ne pensez-vous pas qu'une des raisons du "capotage" de la circulaire en faveur d'un retour à un départ syllabique de l'apprentissage de la lecture vient aussi du fait qu'une fois que deux ou trois auteurs et éditeurs ont produit un livre démarrant par l'acquisition des voyelles puis des consonnes les plus fréquentes, on se rend compte que les premières pages se ressemblent étonnamment (papa a vu le rat... etc.) ?
Pas motivant pour un éditeur, déjà vu chez les autres, et quand en plus on vous dit qu'il vaut mieux qu'il n'y ait que très peu d'illustrations pour être sûr que l'enfant lise et non pas devine, ça devient carrément sans intérêt.
Parlez-moi plutôt d'un bon gros contrat bien juteux du style deux manuels + deux cahiers d'exercices par élève + deux fichiers du maître + 150 fiches photocopiables pour la remédiation + 5 séries de 25 albums pour la lecture cursive + éventuellement une ou deux séries de 25 affiches format 55x65 + pourquoi pas, ne lésinons pas, une cinquantaine d'affichettes (un par graphème) pour afficher aux murs de la classe que, nous, on leur apprend les lettres.
Moi, si j'étais éditeur, j'aurais vite choisi.

Ecrit par : catmano | 19 janvier 2007

Je me moque totalement de ce qu'est le libéralisme en théorie : dans la pratique, dans le réel, dans le quotidien, c'est une horreur, "l'horreur économique", et la pensée unique ressassée tous les matins par J.-M. Sylvestre sur Inter. Le communisme aussi, en théorie, c'était beau ! Mais dans le réel... Alors, s'il vous plaît, messieurs-dames, arrêtez de nous fourguer votre salade libérale, et revenez-en à la situation présente : c'est de la déréglementation qu'on crève, et de la démission du politique devant les soi-disant contraintes du marché. Quand je pense que le général de Gaulle disait que "la politique de la France ne se fait pas à la corbeille" !!! Heureusement que les Français, riches de la tradition gaulliste comme de celle de la gauche anticapitaliste, dans leur bon sens politique, ont dit non au libéralisme et à L'Europe qui va avec ! Et si le monde entier se moque de nous pour cela -- ce qui m'étonnerait, quand j'entends mes amis étrangers nous féliciter, au contraire, quant à notre lucidité sur la question --, ce n'est pas pour autant qu'il nous faut capituler, sauf à être des cyniques et des vendus. Alors, de grâce, n'allez pas nous raconter que vous voulez sauver l'Ecole et la culture, par pitié. Soyez au moins cohérents, et laissez se fabriquer les crétins qui cireront vos pompes et vous serviront à table... Mon personnage préféré, c'est Antigone, voyez-vous. Mais je crois vraiment , à lire certain-e-s, que je suis ringarde. Tant pis...

Ecrit par : FGuichard | 19 janvier 2007

"Dites-moi que c'est pas ça le libéralisme et je me déclare à 100% pour."

Il me semble néanmoins que certains libéraux du 19ème siècle étaient hostiles à toute règlementation concernant le travail des enfants...

Il me semble aussi que le néo-libéralisme inspiré d'Hayek, qui triomphe actuellement, n'est pas exactement le "libéralisme" de Condorcet ou de Tocqueville.

Ecrit par : Candide | 19 janvier 2007

Wolfgang

De grâce, je sais que l'herbe paraît toujours plus verte dans le jardin du voisin (comment dit-on ça en allemand ?) mais regardez-y à deux fois avant de vous inspirer du système scolaire français. On m'a dit qu'il en avait été question à un moment donné. Ne faites surtout pas cette erreur,vous iriez droit vers la catastrophe !

Votre système éducatif d'après ce que j'en sais, est ouvertement sélectif, comme celui des Hollandais et des Autrichiens je crois, avec trois niveaux d'enseignement et une orientation précoce vers la formation professionnelle pour cetains élèves, soit, mais avec des perspectives d'emploi, alors que le nôtre est apparement égalitaire, mais en réalité sournoisement et férocement sélectif avec chômage programmé au bout de la route pour le plus grand nombre.

Je pense qu'il y a une relation entre le système éducatif d'un pays et sa santé économique et je constate que vous avez 30% de PMI en plus que nous et que la balance de votre commerce extérieur est excédentaire, contrairement au nôtre et que vous êtes très présents sur les marchés des pays émergents et en Europe de l'Est, alors que nous avons manqué le coche ( à cause en particulier de notre manque de maîtrise des langues étrangères)

On peut me raconter ce que l'on veut, je suis allé en Allemagne il y a deux ans à Cologne et à Bonn et j'ai bien vu la différence, en particulier la qualité de l'éducation musicale dans votre pays. C'est également un point très important pour moi. Je trouve que les matières artistiques ne sont pas assez valorisées dans le système français.

Je pense également que votre système qui libère les élèves l'après-midi pour des activités artistiques est plutôt bien.

Ecrit par : Robin | 19 janvier 2007

Bourdieu a simplement dénoncé le fait que la réussite scolaire à son époque passait par des connaissances "bourgeoises" que l' école valorisait très fortement dans ses critères d'appréciation, mais qu' elle ne transmettait pas. ( connaissances culturelles extra scolaires dans le domaine de l'art, par exemple).
Bourdieu ne disait pas, au début de la divulgation de ses théories, que pour arriver à l'"égalité" il fallait supprimer la culture bourgeoise, voire la culture tout court.
Ce sont certains soixante huitards qui, ne l'ayant pas lu, sont arrivés à ces conclusions totalitaires.
Par la suite Bourdieu n'a pas contredit cette interprétation qui lui conférait une aura d intellectuel révolutionnaire.
Les pédagogos de la bande à Meirieu, n'ayant ni lu Bourdieu ni les soixante huitards ont poussé ces conclusions jusqu'à la caricature.
Au passage il se sont emparés de l'Education Nationale en la noyautant à la façon d'une secte et en traitant de réactionnaires tout ceux qui émettaient quelques réserves.
Dans leur système, léchec scolaire n'est pas une scorie qu'il faudrait éliminer, il est LE BUT de leurs élucubrations.
Ojectifs : - éliminer les savoirs et la culture ce qui est, à leurs yeux, un acte révolutionnaire.
- renforcer leurs pouvoirs dans le système puisque, plus il y d'échec, plus ils proposent des remèdes couteux pour la nation,( remédiations, soutiens, parcours individualisés etc...) mais fromages très juteux pour eux. ( Il parait que les futurs professeurs devront passer trois ans en IUFM !!!!)
La droite a encouragé ce système qui met ses enfants à l'abri de la compétition que pourrait lui faire subir les enfants des classes modestes si l'école était un levier de réussite sociale pour tous ceux qui le méritent. ( Le mérite, quelle horreur réactionnaire ! )

Ecrit par : Adrien Fleuret | 19 janvier 2007

"Dites-moi, me demande Robin, que c'est pas ça le libéralisme et je me déclare à 100% pour", eh bien je vous renvoie si vous pouvez vous le procurer, à l'article du dernier numéro de Commentaire que je cite plus haut (" L'ultra-antilibéralisme ou le style paranoïde dans la critique", de Alain Wolfelsperber. pp 909-918) mais je vous en livre tout ce suite cet extrait qui devrait apaiser vos craintes.

L'auteur stigmatise la paranoïa qui inspire la dénonciation du libéralisme comme une conspiration, laquelle coïncide d’ailleurs avec la culture du soupçon bourdivine, si chère aussi aux tenants de la textique et du champ lexical. Tout se tient.

L'article expose donc comme suit les mantras de l'ultra-antilibéralisme :
1) "La prépondérance actuelle des thèses libérales en matière économique" s'expliquerait par le succès d'un "plan machiavélique de manipulation des esprits mis impitoyablement en application par un petit groupe de doctrinaires fanatiques... ayant mené à bien une entreprise secrète de prise de pouvoir intellectuel", (Cf. le JPB de la "Fabrique" et Lecherbonnier)
2) "La prévision de la catastrophe d’ampleur planétaire à laquelle nous conduirait inexorablement et à brève échéance la poursuite de ces thèses. […]
3) la révélation terrifiante de l’essence cachée du projet libéral qui n’est rien moins que la mise en place d’un nouveau système totalitaire à l’échelle mondiale »
Donc marché mondial = catastrophe mondiale. CQFD.

L’auteur cite des auteurs comme la «structuraliste» Susan George qui me rappelle le livre de Daniel J. Flynn « Intellectual morons or how ideology makes smart people fall for stupid ideas» bien qu’elle ne soit pas assez célèbre ici pour y figurer.

Dans la plus pure logique de la désinformation et de la diabolisation, armes favorites du terrorisme intellectuel sous toutes les latitudes, et «préférant l’idée, conforme aux préjugés qu’ils se font du libéralisme, à l’étude des textes de ses représentants les plus qualifiés et les plus influents, les ultra-antilibéraux lui attribuent des caractéristiques très largement imaginaires. […]Hayek est souvent considéré par eux comme l’auteur dans lequel on retrouverait aujourd’hui l’expression la plus achevée de la pensée économique qu’ils abhorrent. Il suffit pourtant de parcourir les trois tomes de son livre principal pour constater que cet « extrémiste » ne caresse nullement le rêve d’une société intégralement marchande. À plus forte raison rien de tel n’est à attendre des économistes qui n’ont qu’une conception purement pragmatique des solutions libérales.

Suit en note (18): "Friedrich Hayek, Law, Legislation and Liberty ( Tomes I-III : 1973-1979). Voir, par exemple, l’importance qu’il attache aux ‘associations volontaires’ ( Tome II, p-150-152) et à ce qu’il appelle le ‘secteur indépendant’ du marché (Tome III, p. 49-51) et de l’État. Quant au rôle qu’il attribue à l’État, il est facile de constater qu’il va très au-delà des fonctions régaliennes classiques, puisqu’il implique, notamment, que l’État, dans une société idéale se charge de la fourniture des biens collectifs pour l’ensemble de la population et d’un revenu minimum pour les plus pauvres." [...]

La marchandisation qui effraie tant nos anti-libéraux leur parait particulièrement terrifiante quand elle concerne "la modification intervenue dans les attitudes des familles à l'égard du système éducatif. celui-ci tendrait `a se "marchandiser" en pratique tout en restant public et gratuit, du seul fait que les famillesle concevraient maintenant de plus en plus comme, horribile dictu, un 'prestataire de services" . Cela signifie que les familles assigneraient à l'école une finalité aussi aberrante que celle "consistant à préparer les enfants à la vie active", et chercheraient à établir avec cette institution les mêmes relations qu'elles auraient avec une entreprise quelconque sur le marché. En d'autres termes, tout service public doit être considéré comme en voie de "marchandisation" s'il prend à ses "usagers" jusque-là passifs et confiants en la sagesse supérieure de l'État et de ses agents, la fantaisie un peu vicieuse non de demander sa privation au sens juridique du terme mais de se transformer en "clients" désireux de dire directement leur mot sur son fonctionnement et de faire en sorte qu'il réponde mieux à leurs attentes".

Pour finir, et dans la même veine, je vous livre ces paroles iconoclastes de Mirabeau dans un discours qu'il n'a jamais prononcé, mais qu'il a néanmoins écrit...« Enseigner, soutenait-il, est un genre de commerce ; le vendeur s’efforce de faire valoir sa marchandise ; l’acheteur la juge et tâche de l’obtenir au plus bas prix ; le pouvoir public, spectateur et garant du marché, ne saurait y prendre part, soit pour l’empêcher, soit pour le conclure ; il protège tout acte qui ne viole le droit de personne ; il n’est là que pour les laisser agir librement, et pour les maintenir en paix. » Mirabeau, Travail sur l’éducation publique, publié par P.-J.- G. Cabanis, docteur en médecine, Paris, Imprimerie Nationale, 1791. 18-19.

Je viens de retourner sur le blog avant d'envoyer mon texte, et mes remarques répondent par anticipation à la vulgate ultra-antilibérale, et à sa caricature des présupposés de la doctrine libérale qui s'exprime bien à propos dans ce nouveau post:
""Il me semble aussi que le néo-libéralisme inspiré d'Hayek, qui triomphe actuellement, n'est pas exactement le "libéralisme" de Condorcet ou de Tocqueville."

Ecrit par : Danièle | 19 janvier 2007

N'oubliez pas, tous, de signer et de faire signer l'Appel pour la refondation de l'école (sur www.refondation-ecole.net).

Ecrit par : Jean | 19 janvier 2007

LE NABOT

Deux collègues bavardent politique. Je m'approche et j'entend parler de NS en termes de "nabot". Et dire que certains croient avoir le monopole de la tolérance et du respect, et moi, pauvre petit imbécile qui n'ai jamais rien dit d'autre que Ségolène Royal, ou au pire "Ségo". Les gens sont ils encore libres de leurs pensées, politiques et autres, ou sont ils irrépressiblement soumis à leur condition ?

Quel lien entre la politique et l'éducation quand même ...

LA SELECTION

J'enseigne en collège, et je suis parfaitement d'accord avec vous M. Brighelli. Votre texte sur la sélection est (encore une fois) un constat criant de la réalité.

Je suis POUR la sélection telle que vous la proposez. Une telle sélection est VALORISANTE pour l'élève car, que ce soit pour l'élève comme pour le professeur, savoir, c'est savoir ce que l'on sait et ne pas savoir ce que l'on ne sait pas.
C'est en sélectionnant que l'élève sait où il en est, et qu'il est ainsi mis en situation de réussite.

LA CHARTE

L'idée d'une charte de l'éducation calquée sur le modèle de la charte écolo n'est pas du tout absurde ; et la priorité est exactement la même. Une telle charte permettrait de voir qui est réellement soucieux de l'avenir.

Salut à tous.

Ecrit par : D | 19 janvier 2007

Bourdieu ne disait pas, au début de la divulgation de ses théories, que pour arriver à l'"égalité" il fallait supprimer la culture bourgeoise, voire la culture tout court.
Ce sont certains soixante huitards qui, ne l'ayant pas lu, sont arrivés à ces conclusions totalitaires.

C'est exact Adrien, Bourdieu parlait d'expliciter les implictes de la culture bourgeoise, pas de la supprimer. J'ai passé une année entière sur les deux bouquins La Reproduction et les Héritiers à Nanterre dans les années 70 si vous voyez le contexte. Pourquoi n'a-t-il pas désavoué l'interprétation "nihiliste" alors qu'il a tout de même bien profité, lui et ses deux fils, de cette même culture bourgeoise ? Je vais vous le dire ; pour une raison rarement mise en avant pour expliquer les motivations des intellectuels, gens comme chacun sait si purs, si désintéressés, si au-dessus de la conduite des gens du commun...Tout simplement par snobisme. Comme vous le dites si bien "l'aura révolutionnaire", c'est mieux qu'une auréole, ça vous posait un intellectuel dans ces années-là, fût-ce au risque d'un léger ridicule (cf. Sartre) mais sans celui de l'engagement réel. C'était tout bénéfice. Quelle mascarade Enfin il y a eu quelques beaux moments (l'accueil de Léonid Plioutch, la réconciliation entre Sartre et Aron, la solidarité avec la Pologne)...La Gauche n'aura pas tout à fait démérité. Mais je ne me souviens pas que Bourdieu ait été très présent dans ces moments-là.

Ecrit par : Robin | 19 janvier 2007

Pourquoi D???? NS (Nazional-Sozialistische Partei) au demeurant, n'est pas un Nabot??? pas un Nabotléon? Mais si. C'est un sinistre Louis de Funès, l'humour en moins, le fascisme, comme pavois de son élévation, en plus. C'est un misérable petit arriviste, un VRP vendeur de paillassons à Belleville, en 196à, atteint de tubardise et méchant, méchant...un chien toxique. Maintenant, vous les Frankaouis, si vous voulez "ça" comme Président, c'est votre blot. Moi, je me casse. J'ai de la famille à Auckland (Nouvelle-Zélande) passque les manchots, eh bien , ils sont quand moins cons, moins obscurcis du bulbe.

Ségolène, Miss Chabichou 1955, premier prix, une Quatre-Chevaux, c'est la honte du sexe féminin. Michelle Bachelet et Angela Merkel, gênées aux entournures devant cette IPR promue. Méchante aussi. Cruelle et conne. Du concentré de vilénie. On peut détester le pitre magyar et aussi la catholarde pondeuse poitevine. Pas incomaptible.
En fait, ce sera les Kerguelen. Et je trinquerai à votre naufrage. Vive Pindare! Vivent les profs de grec, de latin!!!!!!
Et, pour ne pas attirer des ennuis à l'ami Brighelli,je persiste et signe ce que je viens d'écrire:

Jean-Philippe Goldschmidt, professeur d'hist-géo au Collège Georges Rouault, Paris XIX, Collège "Ambition Cornet-de-Frites"

Ecrit par : montaigneàcheval | 19 janvier 2007

Encensé comme l'a été P Meirieu... A quand les critiques constructives de JPB pr que l'on ne refasse pas les mêmes erreurs??
Merci JPB, pour votre clairvoyance mais à quand l'auto-critique ainsi que despropositions... un peu moins romancées et dissimulées par de vastes frasques littéraires..
Enfin, quelle statut accorder aux disciplines artistiques ainsi qu'à l'Education Physique et Sportive?

Ecrit par : Rachid | 19 janvier 2007

Couillu MAC

Chapeau bas ....

Ecrit par : toto | 19 janvier 2007

Au fait, la citation de Mirabeau.....Pas étronnant. Quand il fut crevé, et que Louis le Gros éternua dans le sac on ouvrit la fameuse "armoire de fer" des Tuileries, et, surprise!!!!!!, on vit l'ampleur de la trahison, du double, triple, quadruple, quintuple, sextuple de cette vieille vérole de marquis. Alors pas étonnant....

Ecrit par : montaigneàcheval | 19 janvier 2007

Z'avez remarqué, j'ai tapé "étronnant" pour "étonnant"....étronnant, on ne saurait mieux dire en effet, hein, Papa Sigmund??????

Ecrit par : montaigneàcheval | 19 janvier 2007

Pour en revenir à la sélection et à Bourdieu et mettre (peut-être) tout le monde d'accord : la sélection, oui, mais fondée sur des critères objectifs et explicites.

Ecrit par : Robin | 19 janvier 2007

" mes remarques répondent par anticipation à la vulgate ultra-antilibérale, et à sa caricature des présupposés de la doctrine libérale qui s'exprime bien à propos dans ce nouveau post:
""Il me semble aussi que le néo-libéralisme inspiré d'Hayek, qui triomphe actuellement, n'est pas exactement le "libéralisme" de Condorcet ou de Tocqueville."

Merci de vos lumières, Danièle ! Ma candeur naturelle me faisait donc voir des désastres politiques, sociaux et écologiques, quand tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. C'est décidé, je troque ma vulgate ultra-antilibérale contre votre sagesse ultrapronéo-libérale.

Ecrit par : Candide | 19 janvier 2007

Pourquoi D???? NS (Nazional-Sozialistische Partei) au demeurant, n'est pas un Nabot??? pas un Nabotléon? Mais si. C'est un sinistre Louis de Funès, l'humour en moins, le fascisme, comme pavois de son élévation, en plus. C'est un misérable petit arriviste, un VRP vendeur de paillassons à Belleville, en 196à, atteint de tubardise et méchant, méchant...un chien toxique.

Que voulez-vous, Montaigne, il y a des gens qui s'arrangent toujours pour être du bon côté du manche. Nous avons une amie d'une intelligence très fine qui travaille dans la formation médicale à haut niveau et qui s'intéresse à la morpho-psychologie ; elle dit qu'il y a quelque chose qui cloche chez lui. Mais elle n'arrive pas à préciser. C'est dommage. C'est ça le problème avec NS : "il y a quelque chose qui ne va pas, mais on n'arrive pas à préciser. C'est embêtant cette imprécision quand on est dans l'isoloir et que la vie vous a désappris l'optimisme.

Chapeau pour le "outing"...mais faites gaffe quand même !"

Ecrit par : Robin | 19 janvier 2007

N'entre pas qui veut dans les habits du général de Gaulle...Et puis toute question de taille mise à part, il y a une différence entre "servir la France " et se servir de la France"...Je crois du moins...C'est peut-être ça le malaise indéfinissable : une certaine absence de "désinteressement" et de sens du "service inutile"...Mais je peux me tromper.

Ecrit par : Robin | 19 janvier 2007

N.S cloche en tout , n'avez vous pas donc pas remarquer qu'il sonne le vide?
affublé d'un grand imper il ferait une illustration très réaliste de pervers pépère mais il n'en a sans doute pas les attributs...c'est pourquoi la S.R, sérénissime sainte ...nitouche continue de sourire béatement...

Ecrit par : garance | 19 janvier 2007

a fantaisie un peu vicieuse non de demander sa privation au sens juridique du terme mais de se transformer en "clients" désireux de dire directement leur mot sur son fonctionnement et de faire en sorte qu'il réponde mieux à leurs attentes".

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Sauf qu'on ne vient pas dire au boulanger quelle farine il doit choisir, à quelle température il doit cuire son pain, on lui demande du bon pain ( et on en n'a pas d'ailleurs )

Sauf qu'on ne vient pas dire au pilote de ligne à quelle altitude il doit voler, à quel angle doivent être sortis les aérofreins pour atterrir et à quelle vitesse se poser. On lui demande d'arriver entier et à l'heure si les conditions météo le permettent.

Sauf qu'on ne dit pas à son avocat qu'il doit potasser tel article de loi plutôt que tel autre, qu'il doit à la fois connaitre un tout petit peu du droit des entreprises, un tout petit peu de droit fiscal, un chouia de droit constitutionnel et un soupçon droit militaire pour défendre son client. Non, on choisit et on prend un avocat qui s'y connait dans son domaine en fonction du type d'affaire à juger.

Mais on dit au professeur de maths d'enseigner de la physique, au prof de français d'enseigner de l'allemand, on lui dit de ne pas donner de travail à la maison, de ne donner que tel type d'exercice, on lui dit de ne pas mettre de punitions, de faire des séquences, de partir du complexe pour aller vers le simple, on l'empèche de faire redoubler les élèves qui en ont besoin, on conteste ses notes.

Bref les 'libéraux' ne considèrent pas que le professeur est un professionnel avec des clients, ils considèrent que le professeur est un larbin avec des maitres.

Normal de ne pas obtenir des résultats dignes de professionnels.

Ecrit par : fred | 19 janvier 2007

Tout à fait d'accord fred.

Ecrit par : Robin | 19 janvier 2007

fred

Ce que vous dites-là est une des conséquences de la Loi d'orientation de 89 et de l'entrée des parents dans les conseils de classe, d'établissement, de discipline...

Ecrit par : Robin | 19 janvier 2007

Il fallait peut-être le faire, mais de cette façon-là. Dans l'Etablissement privé où est mon plus jeune fils les parents ne siègent pas dans le conseil de la classe où est leur propre enfant. Je trouve que c'est bien...Et ils ne se mêlent pas non plus de la gestion de l'Etablissement et je trouve que c'est très bien comme ça également.

Ecrit par : Robin | 20 janvier 2007

rectificatif : "pas de cette façon là"

Ecrit par : Robin | 20 janvier 2007

Je me demande si le concept de "démocratie participative" cher à Ségolène ne viendrait pas de la Loi d'orientation de 89. La France entière gérée comme un collège public, vous voyez un peu le tableau ?

Ecrit par : Robin | 20 janvier 2007

Ce que vous dites-là est une des conséquences de la Loi d'orientation de 89 et de l'entrée des parents dans les conseils de classe, d'établissement, de discipline...
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Tout à fait, et la loi de 89 étant elle même une conséquence du ras-le-bol d'une certaine élite ( pas celle que JPB appelle de ses voeux) d'avoir une concurence venant de la "France d'en Bas", vous savez celle qui gagne 4100 euros en fin de carrière (quoi ? comment ? Même pas 3000 en fait ? Oh les gueux ! ), celle qui est "respirante de bravitude".

Je sais que vous connaissez tous ça par coeur, mais je crois que de temps en temps il est bon de rappeler certains propos : (je ne mets pas de guillemets, car je cite de mémoire )

Dutreil, (ministre FP, en 2002 ?) : le problème avec les services publics, c'est que les Français en sont globalement satifsaits.

OCDE 1997? (cahier 13) : les gens ne se révolteront pas si on diminue la qualité des services (par ex. d'éducation), mais ils manifesteront leur colère si on restreint l'accés à ces services.

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"Je me demande si le concept de "démocratie participative" cher à Ségolène ne viendrait pas de la Loi d'orientation de 89. La France entière gérée comme un collège public, vous voyez un peu le tableau ?"

Alors que franchement, développer les référendums d'initiative populaire aurait été une excellente idée. Mais trop dangereuse à terme, donc on va se taper de la pseudo "démocratie participative", histoire de bien montrer que ça marche pas de demander son avis au peuple ( ce crétin qui a voté non au TCE ! Pff, on va être obligé de leur refaire voter jusqu'à ce qu'ils comprennent qu'ils ont le choix entre OUI et OUI, pas NON bordel ! )

J'imagine déjà la gueule des premièrs thèmes de démocratie participative :
"Souhaitez-vous que vos enfants soient mieux encadrés pour mieux réussir leur scolarité ?" Réponse : 90% de OUI ! Allez, on fout les profs à 35h illico, c'est le peuple qui le veut

"Souhaitez-vous un système postal de qualité, plus proche des demandes de l'usager ? " OUi : 92% , allez, appliquons la directive européenne. Ah dommage maintenant vous devez payer 50% plus cher vos timbres, et ils ne sont pas valides pour la France entière, vous comprenez on va pas non plus livrer le courrier dans les petits patelins, alors qu'il est si facile de venir le chercher soi-même à 30km d'ici, avec un accueil superbe garanti par un automate hi-tech à reconnaissance vocale et rétinienne. Ah, non , pas de ligne de bus ou de SNCF pour aller à la ville. Trop cher. Prenez votre voiture, c'est tellement plus écolo. N'oubliez pas de faire le plein au bio-carburant subventionné par l'Europe, qui nous prive de cultures maraichères, pollue presqu'autant que le pétrole.

"Souhaitez vous un système de santé plus proche de vous et performant, sans file d'attente ?" Oui, 100% : très bien, faites donc de l'automédication un art de vivre, et composez le 1515 pour obtenir des renseignements immédiats 34 centimes d'euros la minute, hors coût d'un SMS ) de l'un de nos médecins bac moins 10 formés par l'école de vos rêves.


Tout bien-votant est un suicidaire qui s'ignore.

Ecrit par : fred | 20 janvier 2007

A tout le monde !.....

Notez le colloque sur l'enseignement primaire (fondation de tout le reste de l'Instruction Publique) qui aura lieu à Paris le mercredi 7 février. C'est le moment de se manifester en cette période pré électorale. Et il faudra bien ensuite questionner aussi bien les candidats que les futurs élus locaux sur leur point de vue concernant l'avenir du pays, exigenat d'autres réponses que les phrases creuses comme nous pouvons en composer avec le Meirieutron. Ensuite, n'ayons pas peur d'effrayer l'opinion, car il y a bien lieu d'avoir peur.

http://www.lire-ecrire.org/index.php

AT

Ecrit par : at | 20 janvier 2007

Vous pouvez lire et éventuellement signer l'Appel de la Maison des Ecrivains, rédigé par A.-Marie Garat, professeur et romancière, pour la défense de la littérature et des études littéraires, sur le site :
http://www.maison-des-ecrivains.asso.fr/derniere.asp.
P.S. ( pour post-scriptum, évidemment) : Chapeau, Montaigne, vous avez fait très fort... Mais je crois qu'il n'est plus tellement utile, mm si ça fait du bien, de dire du mal de madame Royal : ses amis se/lui tirent assez bien des balles dans le pied comme ça. Mon indignation n'a d'égale que mon contentement : la reine est nu(ll)e, et ça commence à se voir. Tous les nunuchons qui se sont jetés de manière hystérique et aveugle dans les bras de cette cruchette commencent à réaliser qu'ils ont commis une boulette. Trop tard, caramba !
Et plus que jamais, ni Sarko ni Ségo !

Ecrit par : FGuichard | 20 janvier 2007

FGuichard.....Nunuchons......Cruchettes........Boulette.....

Damned !!!!! Vous êtes en plein dans le mille!!!! La Ségo, c'est
"les cloches de Corneville"......

Ecrit par : montaigneàcheval | 20 janvier 2007

Plutôt bien vu, la « démocratie participative » à la Marie-Ségolène assimilée au fonctionnement du conseil d’administration d’un collège. Avec les représentants du personnel minoritaires et sans pouvoir réel : un « machin » pseudo démocratique ! Un foutage de gueule comme on en voit tous les jours dans notre chère Éducnat, voir le message des IPR d’histoire-géo que j’ai posté dans « made in USA » le 16/01.

Pour le coup, c’est bien de l’illibéralisme, cette idée que le meilleur système politique correspond à une dictature souriante et bienveillante, incarnée par la Maldonne du Poitou. Elle ressemble de plus en plus à une IPR en mission chez les « pauvres cons du front ». Toujours 14-18 !

Ecrit par : Lariba | 20 janvier 2007

Je voudrais tenter de répondre au très long et intéressant post de Dièse 1, en parlant de mon expérience d'élève dans le privé. Toute une scolarité là-dedans, scolarité sans problèmes (ni scolaires, ni disciplinaires), tout cela pour me rendre compte que, élève consciencieuse, j'aurais été mieux lotie dans le public.
Il y a privé et privé, surtout dans l'Ouest, où je suis : il y a, bien sûr, le privé d'excellence, sainte-geneviève, l'école alsacienne, les frères maristes et d'autres. Mais ce privé-là, à quelques exceptions près (les écoles dominicaines hors contrat, par exemple, souvent dans des villages), n'existe que pour les citadins, et encore uniquement ceux des grandes villes. J'habite à la campgne : le privé y est souvent aussi médiocre pédagogiquement et scolairement que le public, tout simplement parce que, dans les terres catholiques, il y a presque autant d'élèves dans le privé que dans le public. Et il n'y a pas en Bretagne plus qu'ailleurs 50% de bons élèves.
Dans mon lycée (collège-lycée également), nous étions mille trois cents. J'y ai passé sept ans, totalement anonyme comme tous les autres, seuls quelques professeurs dans les matières où nous étions bons nous connaissaient vraiment. Je les vois toujours, d'ailleurs, cinq ans après, mais j'imagine que ces bons enseignants existent aussi dans le public. Dans ce lycée, les classes de niveau étaient bannies, dommage pour moi, bonne élève plutôt vive, grande lectrice, vite dégoûtée par l'inanité de certaines leçons... Mais, avec un camarade connu d'avance, nous avons vite instauré une sorte de "petit concours", bien entendu inconnu des profs qui ne classaient pas les élèves : nous étions trois à briguer la première place. Trois, parce que, sur vingt-huit, nous n'étions pas plus nombreux à pouvoir l'obtenir, ce qui est un peu triste car nous sortions tous des mêmes écoles primaires rurales et privées... Inexistence aussi des tableaux d'honneur, des félicitations, de tous les systèmes qui permettaient de distinguer les bons élèves. De notre triumvirat amical de sixième, un seul a continuer à travailler comme si on lui demandait le meilleur de lui-même, tous les jours : nous, les deux autres, nous avons concentré nos efforts sur autre chose, notre faible travail nous suffisant pour être "tranquilles", comme on dit dans ces classes.

Résultat de ces années gâchées : j'ai appris à traviller en entrant en prépa, prépa que j'ai ratée puisque la première année n'est pas redoublable. Il m'avait fallu deux mois pour apprendre à travailler : trop long, j'avais pris trop de retard que je n'ai pas pu rattraper. La méthode n'est pas perdue, je l'ai gardé pour l'université, mais j'ai du mal à comprendre comment j'ai pu passer près de quarante heures de cours chaque semaine sur les chaises du lycée sans y apprendre grand-chose d'utile.
Dans ma région, les établissements d'excellence sont publics. Pas privés : ceux-là se contentent, à Nantes surtout, d'être BCBG.

Ecrit par : Claire | 20 janvier 2007

OCDE 1997? (cahier 13) : les gens ne se révolteront pas si on diminue la qualité des services (par ex. d'éducation), mais ils manifesteront leur colère si on restreint l'accés à ces services.



Ecrit par : fred | 20 janvier 2007

Ce qui résume bien la situation! Inutile de commenter...

Ecrit par : dobolino | 20 janvier 2007

L’OCDE, encore un bidule anti-démocratique.
La célèbre citation sur comment détruire l’enseignement en douceur c’est :

« Si l’on diminue les dépenses de fonctionnement, il faut veiller à ne pas diminuer la quantité de service, quitte à ce que la qualité baisse. On peut réduire par exemple, les crédits de fonctionnement aux écoles ou aux universités [...]. Les familles réagiront violemment à un refus d’inscription de leurs enfants, mais non à une baisse graduelle de la qualité de l’enseignement et l’école peut progressivement et ponctuellement obtenir une contribution des familles, ou supprimer telle activité. Cela se fait au coup par coup, dans une école mais non dans l’établissement voisin, de telle sorte que l’on évite un mécontentement général de la population. »
Christian Morrisson, La Faisabilité politique de l’ajustement, Centre de développement de l’OCDE, Cahier de politique économique n°13, OCDE 1996.

Ce document parle de ce qu’on a fait dans les pays pauvres qui devaient suivre les « thérapies » conseillées par le FMI et autres bidules si humanistes et qui ont été causes de désastres ! Il paraît que ce genre de conseils en « gouvernance » était prisé par l’inoubliable Raffarin avant qu’il tombe dans la « merdance ».

Ecrit par : Lariba | 20 janvier 2007

Lariba, excellent, votre "Maldonne du Poitou"....et très pertinent.
Quant à ce qui nous attend, nonobstant l'optimisme béta et benoît de certains - en vertu de l'idée qu'il est plus facile d'être optimiste- c'est proprement la capilotade.....la claque.

Ecrit par : montaigneàcheval | 20 janvier 2007

À propos d’optimisme obligatoire, Màc, un livre excellent à signaler qui complète la LQR de Hazan :
Armand Farrachi, Petit lexique d’optimisme officiel, Fayard.

Ne dites pas « précarité », dites « flexibilité ». Ne dites pas « antitechnicien », dites « obscurantiste ». Ne dites pas « réforme », dites « modernisation ». Ne dites pas « empoisonner » ni « polluer », dites « fertiliser ».
Nier l’évidence, rassurer à tout prix, même et surtout quand l’incendie fait rage, tel semble être l’objectif du pouvoir et des « communicants » face aux questions soulevées par des situations ou des risques de plus en plus inquiétants. En particulier dans le domaine sensible de l’« environnement », la réponse est toujours la même : tout va bien, les mauvais signes apparents sont trompeurs, anodins, inexistants.
Dans un monde où les paysans sont devenus « exploitants agricoles » et les patrons « entrepreneurs », où la charité se déguise en « action humanitaire », où derrière un « plan social » se cache un licenciement massif, ce Petit lexique nous aide à saisir comment la sémantique officielle s’applique à ne pas voir la réalité, à minimiser les périls, à désigner en termes positifs les phénomènes qui le sont le moins. Il relève à la fois les « faux amis » et les paradoxes qui signifient autre chose que ce qu’ils désignent, voire le contraire (abondance, liberté, croissance, bonne nouvelle…), les conduites aberrantes constituées en véritables syndromes (de l’autruche, du Père Noël…) ou en directives (s’obstiner dans l’erreur, jouer avec le feu…) et la contamination du langage par l’économisme (gérer ses relations, optimiser…). L’« élimination des mots indésirables » (et donc des concepts interdits) que craignait Orwell est-elle en train de triompher ?

Ecrit par : Lariba | 20 janvier 2007

"Quant à ce qui nous attend, nonobstant l'optimisme béta et benoît de certains - en vertu de l'idée qu'il est plus facile d'être optimiste- c'est proprement la capilotade.....la claque.
montaigneàcheval"

"Plus facile d'être optimiste" est un sujet à discuter! Regardez les petits commerçants, - jamais rien de bon en ce bas monde! :)

... la claque. Oui. Plus dure que celle prévue, semble-t-il, mais annoncée depuis longtemps maintenant. Parce qu'empêcher d'accéder au savoir n'a jamais, jamais, empêché personne de comprendre qu'il était exploité. Et l'a toujours, toujours, précipité vers des actions qui sont brutales, nocives et si tellement dangereuses !
Regardez les blogs politiques en ce moment.

Tiens, pour l'évolution de l'éducation, un petit exemple historique et extra-territorial.
En Algérie, dans les années 70,( gouvernement marxiste ), les gouvernants avaient fait appel à la coopération - française en particulier- pour les aider à monter leur système éducatif. ( primaire, secondaire, supérieur ).
Au mitan de ces années-là, se posèrent de graves problèmes: figurez-vous qu'on ne pouvait payer pour obtenir des diplômes. Que les français, décidément incorrigibles, s'obstinaient à noter en fonction de la valeur des copies.
N'étant point chez eux, 'on' leur passa allègrement dessus, et 'on' obtint ce qu'on voulut : un beau diplôme.
Dans le même temps, on décida d'éliminer cette tutelle ignoble de la France et du français. On imposa donc une éducation en langue arabe. Arabe classique. Faut-il dire que l'arabe classique est à l'arabe parlé ce que le latin est au français? Et voilà lancée une école dans laquelle les professeurs ne comprenaient pas ce qu'ils disaient et les apprenants ne comprenaient pas ce qu'ils entendaient.

Ce qui permit à tous d'obtenir le diplôme-papier qu'ils voulaient. Allez donc chercher la valeur d'un écrit d'une langue que vous ne comprenez pas, rédigée par un étudiant qui ne la comprend pas mieux que vous! Plus aucune contestation sur la valeur des notes n'était possible, c'était une solution miraculeuse.

Maintenant, dites-moi donc ce qui arriva 20 ans plus tard en Algérie ? ( d'ailleurs, il est curieux que les médias n'évoquent jamais la guerre civile d'Algérie pour expliquer l'extraordinaire emballement de l'émigration algérienne dans les années 90. Bref. )

Il est très possible de refuser ( sans le montrer ) l'accès à la culture. Par contre, il est utopique de lier cette culture à la capacité de se révolter.
La révolte croît d'autant plus vite que tous savent qu'on les floua.
Par contre, personne n'a rien à proposer. Alors la révolte sombre de plus en plus dans le sang. (Mais, évidemment, avant cela, on optera pour les solutions annexes, religieuses, fanatiques etc. )

Le FN monte.... monte... monte... et les autres partis extrêmes montent, montent, montent... à chaque élection un peu plus.

Claque? Si ça n'était qu'une claque...

Ecrit par : Milady | 20 janvier 2007

"Adresse à l'ami Pendariès.....le grand résistant Pendariès, du gropupe du Commandant Berthier/Jean-Pierre Vernant est-il de votre famille. Si oui, vous brillerez au firmament des justes.....

Ecrit par : montaigneàcheval | 15 janvier 2007"

Ma seule justice, MàC, aura été d'avoir participé à un concours de Grec ancien, de mythologie et d'écriture, quand j'étais au collège, en 4ème, d'avoir été lu, entre autres, par J. Worms de Romilly et d'avoir fini 7ème dans la liste nationale. En ce moment je lis Hésiode et "Une histoire du chat" de Laurence Bobis. La grippe m'a foutu à plat; et je viens bien moins souvent sur le site de JPB - de plus en plus de redites.

Ecrit par : Pendariès | 20 janvier 2007

A propos de l'absence de sélection voici deux extraits du PARADOXE DE LA PRECOCITE INTELLECTUELLE (page92)
1) citation de Marie Duru-Bellat dans LES INEGALITES
SOCIALES A L'ECOLE:"Le système éducatif va, paradoxalement, dans le sens des inégalités existantes et les aggrave".
2) citation de M.D-B dans la LETTRE DU MONDE DE L'EDUCATION du 14 octobre 2002:"Les difficultés peuvent apparaître dans des matières qui n'ont aucun rapport avec la transmission culturelle comme le calcul à l'école primaire. Les familles ont peut-être des pratiques éducatives inégalement stimulantes, mais c'est l'école qui laisse s'accumuler ces inégalités depuis la maternelle".
3)Citation du professeur P.Debray-Ritzen à propos de l'autisme(page 23):"Constater que l'Ecole n'est pas la promotrice universelle mais la révélatrice des inégalités était contraire à l'opinion la plus répandue".
C'était en 1978 et les ministres giscardiens n'avaient pas envie d'écouter quiconque oserait avancer que physiologiquement, neurobiologiquement, nos élèves n'étaient pas égaux.
On était encore marqué par le postulat définitif de Lucien Sève:"Et quand bien même la physiologie du cerveau nous révèlerait-elle un jour l'existence de différences intimes de structures et de fonctionnement entre les cerveaux humains, cela ne changerait rien à la question car, de toute façon, l'activité intellectuelle n'est pas déterminée directement par les domaines biologiques".
Voilà, c'est comme pour le tabac, avant on pouvait dire que c'est pas sa faute parcequ'il savait pas. Maintenant on sait, mais on continue à faire comme si la reproduction sociale était la plus influente quant au succès scolaire et que de toute façon, comme disait L.Sève, tous les élèves doivent être gavés à la même farine jusqu'en fin de troisième.
Les résultats des établissements (taux de passage, examens, cahiers d'évaluation etc... sont examinés à la loupe par les services académiques et rectoraux (IIO et CSAIO) pour établir la valeur ajoutée (ou perdue) par chaque établissement. On compare les taux de réussite observés au taux de réussite attendus. Et ces taux "attendus" sont définis en fonction -entre autres- de critères sociaux tels que le nombre de parts de bourses ou la répartition des catégories socioprofessionnelles (CSP) de l'établissement.
Autrement dit un enfant de chômeur (même doué d'une belle intelligence) a moins de chance de réussir qu'un fils de bourgeois (même s'il souffre d'un handicap intellectuel quelconque non répertorié).
Dernière petite précision à propos du QI cité hier sur ce blog; il arrive que le Service Public accepte de se pencher sur les capacités intellectuelles d'un enfant et que les copsy pratiquent le test de Weschler pour obtenir un QI. Ce résultat chiffré n'est qu'une partie des éléments qui permettent un diagnostic et ne suffit pas à lui seul pour avoir du sens.

Ecrit par : dj | 20 janvier 2007

Pour avoir enseigné pendant 21 ans dans un lycée public en Vendée, je confirme en tout points le témoignage de Claire sur le niveau du privé dans l'académie de Nantes, globalement faiblichon (euphémisme). Si bien que notre pauvre et vaillant petit lycée laïc, plein de jeunes et brillants (si si) agrégés venus du sud et dont c'était la première affectation, accueillait les enfants des familles de droite, qui répugnaient à envoyer leurs chères têtes blondes chez les Ignorantins -- à la différence des agriculteurs qui n'auraient jamais mis leurs gosses à l'école du diable, tant on avait l'impression que 1789 et 1905 n'avaient jamais eu lieu sur ces désolants et marécageux territoires. Je me souviens en particulier d'un pharmacien extraordinaire, une véritable armoire à glace avec des doigts de fée pour les prises de sang, un ancien d'Indo, et à côté duquel Le Pen était quasiment Olivier Besancenot : il nous avait envoyé tous ses enfants, et m'aimait bcp parce que je tenais son plus jeune fils, une vraie tête à claques, d'une main de fer dans un gant de fer. "Voyez-vous, chère madame, me disait-il, je n'allais tout de même pas le mettre à Sainte-***, là-bas c'est rien que des nuls et des béni-oui-oui". Toujours d'accord avec Claire sur le privé BCBG, comme l'institution Blanche de Castille à Nantes,sans doute un des seuls lycées de France d'où l'on voit sortir des élèves en loden -- à moins que la boîte ait bien changé depuis 9 ans. Bref, on y est "entre soi"... Mais si vous cherchez un véritable lycée d'excellence à Nantes, allez dans le public, à Clémenceau ou à Guisth'au : c'est le top, vraiment.

Ecrit par : FGuichard | 20 janvier 2007

Rectificatif : "je confirme en tout point"...

Ecrit par : FGuichard | 20 janvier 2007

Ma fille a toujours eu un excellent niveau, elle a eu droit aux félicitations á chaque trimestre depuis qu´elle a commencé l´école ( 3 ans). En CE2 elle a été en classe double niveau ( elle était avec les élèves de CM1), cette année là a été la seule pendant laquelle elle ne se soit pas ennuyée. Pour le CM1 et le CM2, nous avions opté pour qu´elle ait toujours dans son cartable un cahier réservé á ce qu´elle voulait, qu´elle utilisait pour meubler le temps lorsqu´elle finissait le travail demandé avant les autres.

Aujourd´hui elle est en 4e, son niveau est toujours aussi excellent mais elle se sent mal dans sa classe depuis 2 ans, car elle est rejetée par ses camarades. Nous avons tout tenté, avec l´aide de ses professeurs pòur tenter de connaître la cause de ce rejet auprés de ses camarades, á ce jour nous n´avons pas eu de réponses.

Le problème est que nous vivons á l´étranger et que notre fille est dans un lycée français oú il n´y a qu´une classe par niveau, donc une 4e, nous n´avons donc pas la possibilité de la changer de classe, alors aprés avoir consulté certains de ses professeurs, nous avons pris la décision de la faire passer en 3e.

Aucun des professeurs interrogés n´ont émis de réserve quant au succés de l´entreprise car n´oublions pas qu´il y a le brevet dans 4 mois 1/2, il s´agit de privilégier d´abord le confort moral d´une enfant qui déprime car elle passe 8 heures seule dans son collège tous les jours, repas compris.

Nous, ses parents avons longuement réfléchi á la situation et nous préférons qu´elle ait, si nécessaire, un niveau un peu moins élevé, dans une classe supérieure, plutôt de la voir abandonner l´école trop tôt car dégoutée du système par l´ambiance dans laquelle elle évolue.

Nous avons également discuté avec elle du surcroit de travail que cela va rerpésenter pour elle,du moins au départ, elle est d´accord pour s´investir.

Nous allons donc proposé cela á la directrice cette semaine, nous n´avons pas de rejet de la part de ses professeurs mais nous craignions avoir á faire un peu de "forcing" avec la directrice car elle est totalement opposée au fait que l´on fasse sauter des classes, nous aimerions donc savoir quelles sont les démarches á entreprendre en cas de refus de celle-ci.


Amicalement

Ecrit par : Michelle | 21 janvier 2007

Comment discuter des mérites respectifs du privé et du public sans tenir compte du fait que la France n'a pratiquement pas d'écoles réellement privées, hors contrat? Les dysfonctionnements du public plombent le privé et ce n'est un secret pour personne que les "bonnes" écoles, publiques ou sous contrat, sont celles qui font de la résistance aux inepties pédagogistes.


SW déplore, ô combien à juste titre, qu'à l'occasion de la célébration des Justes, « le terme "Nazi" ou "Nazisme" [ait] été censuré afin de caresser les âmes jeunes et sensibles dans le sens du poil ». Au delà de cette pathétique euphémisation, le déni inexcusable de l’Histoire est l'une des innombrables manifestations de l’abdication quasi-générale devant l’éloge de la paresse intellectuelle. Elle est favorisée, ainsi que le mépris pour le savoir qui l’accompagne, par la « Grande Nurserie» ,version française (écrite par Mathieu Laine) du Nanny State ( dixit R. Huntington) aux effets autrement plus néfastes que ceux de la version US, notamment en raison d’un centralisme indécrottable depuis Colbert. Ceux qui refusent d’être ainsi infantilisés et assistés n’ont d’autre choix pour garder la tête haute que de résister ou de voter avec leurs pieds. ( voir la courbe des expatriations sur les 25 dernières années)

L' État providence (que Condorcet fut le premier à théoriser) avait permis le redressement d’après-guerre avant de se pervertir dans le non-sens économique et fiscal, la spirale de l'endettement et de l'irresponsabilité, et l’abandon progressif des valeurs qui avaient jusqu’ici permis à la France de se sortir de calamités qu’elle avait le chic de se tricoter. Qu’est-ce qui en a réduit à néant les bienfaits? Certainement pas le libéralisme, puisqu'en France il n’y a pas eu un seul gouvernement véritablement libéral depuis …un siècle, pas plus d’ailleurs qu'un vrai gouvernement de droite depuis… Pétain, et de celui-là elle se serait bien passée. Pourtant la menace frontiste n'est pas une fantaisie d'esprits chagrins.

La plupart des députés UMP, Sarkozy compris, sont perçus par les Démocrates américains comme étant plus à gauche que la majorité d'entre eux, et ils sont sans la moindre équivoque des « Libéraux », au sens classique du terme, mais pour mieux brouiller les cartes, chez eux « liberal» veut aujourd’hui dire de gauche... et la « trouille » qu’inspire Sarkozy à l’électorat de gauche français les fait sourire sans les surprendre, car d’un pays où les dirigeants socialistes ont pu, si longtemps, continuer à croire que Tony Blair était des leurs, incohérence, autisme ou nombrilisme font partie du paysage.

SW fait un constat indéniable: “La montée vertigineuse de la xénophobie, d'actes racistes et d'antisémitisme, tout cela à cause de l'ignorance de plus en plus poussée au sein de la jeunesse”. Pour y remédier, il faut arrêter de se tordre les mains de désespoir et agir. On en revient ici à la résistance, et on ne saluera jamais assez celle de tous ces enseignants courageux qui ont refusé de se plier aux oukases des apprentis-sorciers de Grenelle, mettant le plus souvent leur avancement et leur carrière en péril. Ce sens admirable de leur mission eut cependant un effet pervers : leur résistance a ralenti la chute des apprentissages et elle a donc bénéficié aux pédagogistes et à leurs théories bidon, dont elle a atténué ou retardé la fonction destructrice. Tous ces ouvrages, comme l’inénarrable « Invention de l’illettrisme » , la non moins grotesque « Invention de la violence scolaire » , qui comme chacun sait est une fabrication médiatique, ou encore ce poisson d’avril intitulé « Le niveau monte », sont des exemples supplémentaires de désinformation et de malhonnêteté intellectuelle.
Deux citations illustrent cette situation et expliquent pourquoi elle reste sans issue: Laurent Lafforgue démissionna du Haut Conseil de l'Education parce que son président voulait s'adjoindre des experts choisis parmi cette Nomenklatura qu'il accuse d’avoir mis l’éducation en coupe réglée et « sur la voie d’une destruction totale. [Ils] n'ont aujourd'hui qu'un but: dégager leur responsabilité et donc masquer par tous les moyens la réalité du désastre. […] C’est exactement comme si nous étions un Haut Conseil des Droits de l’Homme et envisagions de faire appel aux Khmers rouges pour constituer un groupe d’experts pour la promotion des Droits Humains ». (Le Point, 22-29 décembre 2005, et www.ihes.fr. )
La deuxième citation a déjà paru sur ce blog mais on ne la répètera jamais assez : « De même qu'un apparatchik était jadis incapable fût-ce d'envisager que l'improductivité de l'agriculture soviétique pût provenir du système même de la collectivisation, ainsi les bureaucrates du ministère de l'éducation nationale ne peuvent pas concevoir que l'écroulement de l'école puisse être dû au traitement idéologique qu'ils lui infligent depuis trente ans. POUR UN IDEOLOGUE OBTENIR DURANT DES DECENNIES LE RESULTAT CONTRAIRE A CELUI QU'IL RECHERCHAIT AU DEPART NE PROUVE JAMAIS QUE DES PRINCIPES SOIENT FAUX OU QUE SA METHODE SOIT MAUVAISE". Revel, La Grande Parade, p.337.)

Ces contempteurs de l’école républicaine sont imperméables au verdict de la réalité quotidienne des salles de classes et continueront à cautionner, avec le soutien de forces syndicales tout aussi puissantes que militantes, des réformes dites progressistes et démocratiques.
Attendre dans ces conditions que se déjugent les supporters des Pangloss ministériels devient une vue de l’esprit tant que ces fonctionnaires coupables de forfaiture n'auront pas été jugés.

Le BON remède au chaos pédagogique c’est celui qui va prendre le mal à sa source. Il ne faut donc pas se tromper de diagnostic. Comment remédier à l’emballement des dysfonctionnements dont l’école est le théâtre sans identifier en amont comment et par qui fut orchestré « l’enseignement de l’ignorance » (Michéa) ? La situation est inextricable tant que à gauche on défend la thèse du complot libéral/libertaire, destiné à fabriquer des ilotes, et un discours contre la marchandisation de l’éducation, qui ne résistent pas plus à l’analyse que les bouquins cités plus haut, et auxquels on peut ajouter ceux de Forrester ou de Meyssan, de la même farine car de la même obédience. Et à droite, comme on s’autocensure depuis des lunes, et que la nature a horreur du vide, le FN a pu tranquillement récupérer le sujet…

Pourtant, les remèdes sont connus et déjà éprouvés dans les pays qui, soit ont connu les mêmes errances mais se sont donné les moyens d'en sortir, soit qui ont su ou pu les éviter.
La France ne s’en sortira pas tant qu’elle continuera à ringardiser ces solutions ou à les caricaturer par reductio ad hitlerum, une des armes favorites de ce terrorisme intellectuel qui fonctionne à merveille depuis soixante ans et interdit de dénoncer les racines intellectuelles du chaos pédagogique.

Si prof et intello de gauche sont des pléonasmes, prof de droite est un oxymore. Pour sortir de cette impasse idéologique il faut en abandonner les attributs : l’activisme, le militantisme, la manipulation, pour redonner la parole au bon sens, au devoir de réserve, et à un enseignement apolitique. il faut aussi arrêter de brider les cracks pour faire gagner les toquards. C’est donc bien l’éloge de la sélection au mérite, quintessence de l’idée républicaine, qu'il faut faire contre celui de la paresse et de l’ignorance, qui fut de toute éternité l'antichambre de la disparition des civilisations.

JPB l'a dit dans son dernier livre : les barbares sont déjà dans nos murs.

Ecrit par : Danièle | 21 janvier 2007

Michelle,
Quand un enfant visiblement intéressé par l'étude s'ennuie en classe il faut s'assurer qu'il n'est pas précoce, mais sans doute l'avez vous fait. Dans un système égalitariste une telle chose est inconcevable donc irrecevable. Si le pays ou vous habitez est plus réceptif, et c'est quand même la majorité, tant mieux, car les solutions existent.

Ayant été dans cette situation, j'ai eu la chance de pouvoir commencer par faire sauter une classe à ma dernière fille. La suite est peu banale car on a pu lui faire faire un cursus double, franco-américain, mais avec des absences prolongées et bien-sûr autorisées (avec enthousiasme par l'école US et la française) pour passer de un mois à un trimestre en France, quasiment tous les ans, du CP à la troisième, soit à la rentrée soit en mai-juin et sans nuire jamais à son cursus. Elle est en Terminale et TVB, RAS. Elle a parfois ramé pour maintenir le cap, et échapper à la schyzophrénie...mais cela en valait la peine.

Nous sommes donc d'horribles parents d'enfants martyrs, je l'avoue, nous sommes abusifs, ringards, des vrais nazis, puisque nous croyons en la selection ... par le mérite, en la valorisation de l'effort, sans parler des dictées, des récitations, tables de multiplications et tutti quanti... L'ainée a 33 ans et la plus jeune 16 ans et depuis 1979, ( date d'un premier retour en France) je n'ai pas cessé de me battre contre le système. C'est possible, mais c'est à plein temps.

Ecrit par : Danièle | 21 janvier 2007

Je crois que ce sera le mot du jour, et même de la semaine, chère Danièle : la résistance est possible, mais c'est à plein temps. Et il n'est même pas sûr que nous décroicherons une quelconque victoire, tant les forces réactionnaires — au pur sens du terme — sont nombreuses et actives, tant l'immobilisme est partagé.

Pour revenir à ce qui était dit plus haut par Danièle, Michelle et tant d'autres, le cas de enfants intellectuellement précoces est la pierre de touche des dysfonctionnements du système. On les abîme, on les noie aprfois, au nom d'un égalitarisme qui nous fait perdre le sens même de notre intérêt.
Parce qu'il ne s'agit pas même d'équité : nous avons intérêt à sélectionner les meilleurs à chaque étape, à chaque niveau — à pousser chaque gosse, le plus alerte comme le plus lent, au bout de ses capacités. Nous avons intérêt à promouvoir le travail, le coup de collier, l'effort. Sinon nous sommes un pays fini — et peut-être sommes-nous déjà finis : "Mais c'est bien plus beau lorsque c'est inutile…"
JPB

Ecrit par : brighelli | 21 janvier 2007

En tant que maman d'un enfant doté d'un QI de plus de 150, -- et quoi qu'on pense de ces tests qui ne sont sans doute pas la science exacte -- , je dois dire que j'ai eu de la chance : l'institutrice de CE2 de l'école publique où était scolarisé mon fils nous a convoqués (c'était en 1989) en nous expliquant : "Ce gosse s'ennuie, il faut lui faire sauter des classes". Et le fiston est passé à Toussaint de CE2 en CM2, sans accroc. Comme quoi il ne faut pas désespérer, jamais ;-)
Quant à la maîtresse du CM2 en question, elle avait expliqué aux parents qu'elle allait avancer les gosses en maths, jusqu'à la 4eme. Ce qu'elle fit, d'ailleurs, et elle fit bien. Non, ce n'était pas le centre ville de Nantes, mais Saint-Herblain, si vous connaissez (la banlieue ouest, et pas du genre Neuilly...).
En tant qu'enseignante, maintenant : j'ai pu constater que l'échec scolaire est, la plupart du temps, fabriqué par le système même qui prétend le combattre par des "remédiations" (quel horrible mot) toutes plus inappropriées les unes que les autres : on commence par mettre la tête des gosses à l'envers, et une fois qu'on les a rendus fous, on essaie d'arranger les choses. Comment voulez-vous que ça marche ? On se croirait dans "Les Shadoks"...
Par ailleurs : s'il y a peu de "surdoués", il y a une grande majorité d'enfants intelligents, qui pourraient bien réussir, mais mal appris et/ou qui ne savent pas travailler. Pour ce qui est des gamins en très grande difficulté, j'ai souvent pu observer qu'ils avaient des problèmes de santé lourds, parfois psychiatriques, mais aussi et assez fréquemment la surdité, ou encore des histoires familiales telles qu'ils ne pouvaient décemment pas travailler (inceste, alcoolisme). Bref, l'échec scolaire, ça se soigne aussi, socialement et médicalement.
Dire qu'il n'y a des solutions que pédagogiques est une erreur, la même que celle des pédagos, justement. Bien sûr qu'il faut renoncer au constructivisme, qui ne forme que des ignorants et condamne les enfants des milieux poplulaires à y rester ad uitam. Mais voyons aussi la situation sous tous ses aspects : grâce à la politique néolibérale (que certains ici aiment tant, sans doute parce qu'ils la voient de loin) de la droite et du PS, nous n'avons plus de médecine scolaire digne de ce nom, et les assistantes sociales scolaires sont débordées. Résultat, telle qu'elle existe, la sélection ne se fait ni sur le travail, ni sur le mérite, ni sur l'intelligence : ce sont les plus fragiles, physiquement, socialement, psychologiquement ou culturellement, qui sont éliminés. Vae uictis. Qui a dit "égalité des chances" ?
Bien sûr que c'est "plus beau lorsque c'est inutile…". Antigone et Cyrano, même combat !

Ecrit par : FGuichard | 21 janvier 2007

Lu sur www.lire-écrire: on dit maintenant à l'IUFM le "scripteur traçant" pour le stylo. Ces gens sont véritablement givrés.
"Mais j'aimerais mieux être au rang des ignorants
Que de me voir savant comme certaines gens." (Clitandre s'adressant à Trissotin, dans les Femmes savantes)
Le problème, pour nous : comment débarrasser l'Educatriion nationale de la Nomenklatura en place (du deuxième bureau en-dessous du ministre jusqu'au petit IEN minable local qui persécute ses instituteurs)? Une chose est sûre: ce n'est pas de Mademoiselle Royal que viendra cet assinissement puisque ce sont ses amis. Autre chose sûre: la droite ne les a pas inquiétés, du moins jusqu'à présent : Bruno Racine, le président du HCE, a effectivement fait appel aux "khmers rouges" (Meirieu a fait partie des personnalités consultées - il fait toujours partie des "personnalités consultées", comme si cet insignifiant bavard était une "personnalité"). Il y a juste eu les menaces de sanctions de Gilles de Robien à l'égard de Frackowiak, vite remballées, mais c'était un premier frémissement d'espoir. Qui, de Bayrou ou de Sarkozy, va s'engager dans cette "vraie" réforme de l'Education nationale, qui est exclusivement pédagogique?

Ecrit par : Jean | 21 janvier 2007

Merci, FGuichard. Voir toutes les données du problème, et ne pas se polariser sur certaines me paraît une remise au point indispensable. On a parfois trop tendance ici à considérer que le système scolaire est seul responsable des difficultés que les enseignants peuvent éprouver dans leurs classes et, sous couvert de défendre ces derniers, on les enfonce.

Ecrit par : Christophe Sibille | 21 janvier 2007

Je ne sais plus qui a dit ici que la formation à l'IUFM allait durer trois ans... Ni où il est aller pêcher cette information. A moins que trois semaines de formation au cours de la première année de titularisation, et quinze jours au cours de la deuxième, puissent être considérés comme une formation d'un an... Comme quoi la désinformation, elle, à bon dos... Et vous-même, Jean-Paul, prétendiez dans "la fabrique..." que la formation en IUFM pouvait durer trois ans...

Ecrit par : Christophe Sibille | 21 janvier 2007

J'ai depuis fait amende honorable — en fait, une faute de frappe et une erreur fidèle de transcription d'un chiffre arabe en chiffre écrit…
Qu'en revanche certains appellent à un prolongement de la formation en IUFM, je l'ai entendu hier de mes propres oreilles, à l'occasion de la manif parisienne — à laquelle je n'étais pas : cet amalgame inconcevable entre des revendications particulièrement justes (la modification des décrets de 1950) et un agenda pédagogiste pur et dur (refus du b-a-ba, refus de la grammaire, refus de toute modification du programme de maths, sous prétexte que c'est Robien qui le propose / impose) me fait gerber.

Quant à savoir qui serait au mieux d'infléchir la politique solaire des trente dernières années… Je rappelle que nous attendons tous des propositions concrètes sur le sujet (rien de changé depuis ma note "Programmes et candidats" du mois dernier) — et pour ce qui est du PS royalisé, nous pouvons toujours attendre.

Au passage, que pensent les militant(e)s du PS de passage de la réaction de la Sainte Vierge à la boutade de Montebourg — le côté "sanction juste", comme dit la Madone des masochistes ?(1)
JPB
(1) Cela soit dit sans vouloir offenser les vrai(e)s masochistes, qui ont bien le droit de jouir comme ils l'entendent…

Ecrit par : brighelli | 21 janvier 2007

Pour confirmation de l'amlgame que j'évoquais ci-dessus, voir

http://www.vousnousils.fr/page.php?P=data/autour_de_nous/l_actualite_du_jour/depeches_de_l_educat/&key;=20070121&key2;=070120202150.jd2984dq.xml

JPB — et merci à Françoise P. pour le lien.

Ecrit par : brighelli | 21 janvier 2007

Le système scolaire actuellement aux mains de la Nomenklatura "pédagogistes", Christophe, est seul responsable de l'ignorance crasse des élèves. Ils savent à peine lire et écrire en sortant de l'école primaire, ils ne savent strictement rien de plus en sortant du collège après une cure de quatre ans de "séquences". Quant à l'état des bacheliers, vous n'allez pas, je suppose, soutenir qu'après neuf ans d'école, il est normal qu'un bachelier ignore les règles de grammaire les plus élémentaires et ne sache pour ainsi dire rien ni en histoire littéraire de base ni en histoire tout court. Les "difficultés que les enseignants peuvent éprouver dans leurs classes" sont dues à ce que les bons apôtres des IUFM leur expliquent qu'il faut qu'ils se débarrassent de la conception archaïque qu'ils ont de leur fonction, celle qui leur fait croire qu'un "professeur" doit "professer". Non, non, dans le Monde Nouveau "pédagogiste", la pédagogie du coude à coude remplace celle du face à face, car l'enseignement frontal, c'est vieux-jeu, "c'est comme les curés" (citation d'Allègre de sinistre mémoire - il a diminué le taux de rémunération de nos heures supplémentaires de 17%), l'élève est au centre et le professeur n'est plus nulle part, il est interdit d'interdire, il faut "expliquer", "négocier", inviter l'élève a signer un "contrat" au terme duquel il s'engage à être sage, il ne faut pas punir mais "comprendre", il ne faut pas que des "notes" fassent apparaître une hiérarchie entre les élèves en fonction de leur intelligence, etc. Avec de tels principes, Christophe, qui sont contraires à la psychologie de l'enfant la plus élémentaire, vous précipitez dans le mur vos jeunes, ou moins jeunes, collègues et vous créez de toutes pièces les "difficultés" que vous évoquez! Il est aussi difficile de faire classe avec de tels principes que de faire pousser du coton sur la mer d'Aral. Mais pour la Nomenklatura de l'Education nationale, le niveau monte! Comme les chiffres enthousiastes sur la production de coton qui remontaient à Moscou...

Ecrit par : Jean | 21 janvier 2007

La formation en IUFM, Christophe, police de la Pensée oblige, ce sera une "formation tout au long de la vie". Allons donc, prendre le risque que le jeune professeur découvre que tout ce qu'on lui raconte à l'IUFM n'est que contre-vérités... Pour cela, il ne faut plus le lâcher d'une semelle.

Ecrit par : Jean | 21 janvier 2007

Je tenais à vous signaler que pour régler les problèmes d'apprentissage au collège et expliquer les carences trop voyantes de beaucoup d'élèves, les pédagogols ont eu un coup de génie : le recours à la psychologie voire même à la médecine. Je m'explique, dans les classes de collège favorisé où j'enseigne règnent des maladies terribles qui frappent 25 % des enfants de certaines 6e et qui sont apparues en même temps que les pédagogols. Quand les enfants n'ont pas appris à lire ( la célèbre dyslexie), quand ils sont nuls en maths (disaryhtmétie), ne cherchez pas dans quelques années il y aura une maladie pour chaque matière. Désormais à chaque début d'année nous faisons moult réunions pour parler cas médicaux avec un médecin pour mettre en place des ppre, des pps et plein d'autres sigles incompréhensibles. Les actions proposées commencent en février et ont des objectifs très élevés (apprendre à l'élève à remplir son cahier de texte, aller discuter avec le psychologue tous les trimestres ). Nous sommes abreuvés de rapports médicaux sur les profils psychologiques des élèves ( phobie scolaire, enfant précoce ...) et on nous propose des solutions délirantes ( acheter des ordinateurs à reconnaissance vocale pour les dyslexiques). Les élèves et les parents eux ont compris l'astuce, une difficulté c'est pas ma faute je suis malade c'est marqué dans mon dossier. Un élève avec un très mauvais dossier de 3e si il est noté dyslexique passe aisément en appel en seconde. On construit une génération de victimes et de frustrés qui ne tardera pas à demander des cartes de handicap à l'avenir pour des maladies délirantes mystérieusement apparues il y a une 20 aine d'années et qui n'existent que dans les quartiers riches peuplés de psychologues.

Ecrit par : hyo | 21 janvier 2007

Je vous suggère, à tous les deux, de relire le message de Fguichard.
Jean-Paul, les professeurs stagiaires demandent tout simplement une formation plus complète! Je suis étonné que cela vous "fasse gerber". Et je vous assure que cette formation comporte bien d'autres composantes que celles que Jean et quelques autres, (dont vous-même, parfois) considèrent, de manière implicite ou non, comme étant les seules pratiquées. Et il me semble que ma légitimité pour les défendre soit aussi défendable que la vôtre pour les attaquer.

Ecrit par : Christophe Sibille | 21 janvier 2007

Vous pouvez défendre, Christophe, tout ce que vous voulez,y compris l'indéfendable, ce à quoi vous consacrez beaucoup d'énergie. Ce que veulent les stagiaires en IUFM, c'est surtout qu'on les laisse enfin enseigner, puisque c'est le métier qu'ils ont choisi, sans leur bourrer le mou avec des bêtises. Ils sentent d'instinct que ce qu'on leur raconte dans ces instituts de déformation des maîtres n'est que du vent. Ils savent aussi que c'est en enseignant qu'on apprend à enseigner , que c'est un art personnel à chacun. Soyez certain que si on leur donnait le choix entre fréquenter vos instituts ou ne pas les fréquenter, vous auriez devant vous des chaises vides. Le cri du coeur des stagiaires à l'évocation du seul mot "IUFM", c'est le dégoût!

Ecrit par : Jean | 21 janvier 2007

Bien sûr, bien sûr! Ne projetez pas vos fantasmes sur eux, s'il vous plaît!

Ecrit par : Christophe Sibille | 21 janvier 2007

C'est une bonne idée - supprimer le coup du 'public captif ' !
Qui risque quoi?
Puisqu'on part du postulat : que les uns veulent apprendre - et que les autres ont à leur apprendre.
Et qu'en plus ils sont tous adultes.
Il n'est pas justifié de leur imposer la présence. C'est même à l'opposé des théories constructivistes - il faut créer le désir d'apprendre - sans jouer sur l'obligation.

Tous les étudiants emballés par l'IUFM seront là.
A priori, tous. Où serait le problème?

Ecrit par : Milady | 21 janvier 2007

Ce que dit Hyo ci-dessus est si vrai qu'hier soir, aux infos de la 3 (ce me semble), une manifestabnte blourrée de convictions, et de bonne sintentiosn — mélange létal s'il en fut — appelait à la nomination de psychologues dans les école spour prendre en charge les "difficultés relationnelles" des enfants.
À moins que ce ne soit une tentative pour écluser ces dizaines de milliers de psychologues actuellement formés dans les facs — 40% des tous les étudiants en psycho européens sont français : sans doute est-ce cela le problème ?
Je me rappelle un slogan de mes années folles : "Quand nous aurons pendu tous les psychologues avec les tripes de tous les sociologues, aurons-nous encore des problèmes ?"
Bonne question…
Si Roger F. veut tenter d'y répondre… (1)

Christophe, personne n'a jamais dit que les enseignants devaient être moins formés — et moi moins que tout autre : j'ai réclamé (dans "À bonne école") plus de stages sur le terrain, dans plusieurs types d'établissements, combinés à davantage de savoirs fondamentaux. Mais qu'on laisse tomber ces cours imbéciles des sciences de l'éducation !

Et au passage, revaloriser le salaire des enseignants, qui ont offciellement perdu 20% de pouvoir d'achat en vingt ans (mais que font les syndicats ? Serait-il possible qu'ils ne servent absolument à rien, sinon légitimer les décharges horaires dont bénéficient leurs dirigeants, cadres et sous-cadres, toute une hiérarchie loin du terrain — et dont l'(engagement n'avait peut-être pas d'autre objectif que de ne pas y retourner…) serait un puissant incitatif, non ?
JPB
(1) Il m'arrive d'utiliser en classe, pour expliquer tel ou tel texte littéraire, de faire appel à tel ou tel concept mis au point par Freud ou l'un de ses épigones. Mais je n'arrive pas à me figurer qu'une psychanalyse (une psychothérapie, une expertise quelconque dans ce domaine…) ait un jour fait du bien à quelqu'un — et j'ai en magasin quelques exemples durs à oublier qui m'ont violemment prouvé le contraire.

Ecrit par : brighelli | 21 janvier 2007

Jean-Paul, sauf votre respect, votre (1) est une bêtise! Et je vous confirme que cela relève, en tous cas, de l'opinion. (Rappelez-vous simplement, pour parler de quelqu'un qui avait osé évoquer cette cure psychanalytique à une époque où ce n'était pas tellement de bon ton de le faire, de Françoise Giroud).
Par ailleurs, je sais parfaitement que vous ne militez pour plus de formation! Mais tout, dans l'argumentaire implicite de quelques blogueurs d'ici, tend à faire croire que les sciences de l'éducation sont le fondement de la formation dispensée aux futurs enseignants! Retrouvons un minimum d'objectivité! Et, pour répondre à la fois à Milady et à Jean, j'ai informé de l'existence de votre blog à l'IUFM où j'enseigne. A ce que je sache, les personnes à qui j'en ai parlé ne se sont pas précipité en rangs serrés pour vomir ici sur leur formation.

Ecrit par : Christophe Sibille | 21 janvier 2007

Ce que veulent les stagiaires en IUFM, c'est surtout qu'on les laisse enfin enseigner, puisque c'est le métier qu'ils ont choisi, sans leur bourrer le mou avec des bêtises. Ils sentent d'instinct que ce qu'on leur raconte dans ces instituts de déformation des maîtres n'est que du vent. Ils savent aussi que c'est en enseignant qu'on apprend à enseigner , que c'est un art personnel à chacun. Soyez certain que si on leur donnait le choix entre fréquenter vos instituts ou ne pas les fréquenter, vous auriez devant vous des chaises vides.

Je me retrouve parfaitement dans ce texte , moi, il ya 5 ans.
Ceci devrait être placardé dans tous les IUFM car les gens s'y retrouveraient et l'esprit critique a tendance à s'émousser, alors autant qu'il soit bien aiguisé au départ. Combien de mes JEUNES collègues finissent par dire des IUFM : "il y a à prendre et à jeter". Ce qu'il y a à prendre pourraît être distribué sous forme d'une revue ou d'une publication; TOUT LE RESTE EST A JETER ! Les IUFM ne sont qu'un cadre d'endoctrinement des jeunes profs, qui a des conséquences dramatiques sur l'instruction de la population française.

Voila pour le coup de Gueule du jour.

Ecrit par : D | 21 janvier 2007

Alors, pardon Christophe, mais vous ne répondez nullement à ma proposition - et encore moins à ma question : pourquoi ne pas supprimer la dimension obligatoire des cours de l'iufm?

Il n'y a là rien d'ironique de ma part.
Rien d'absurde non plus - si on veut bien considérer qu'un enseignant doit aussi et surtout travailler en-dehors de ses heures de présence en cours. Aussi lui proposer des cours à l'iufm, soit, les lui imposer pourquoi ? Sinon parce qu'on le soupçonne a priori de vouloir tirer au flanc???? ce qui induit du coup l'idée qu'il tirera au flanc toute sa vie et se contentera de 18 heures de présence.

Quant au fait que les étudiants ne viennent pas vomir ici - ... comme ancienne étudiante d'iufm, j'avoue que je me serais bien gardée de ce genre de sport. N'oubliez pas que vos étudiants n'ont qu'une chose en tête : obtenir la titularisation.

Si vous voulez, je peux le faire : un cours d'iufm sur la langue >> où le formateur culpabilise d'entrée toutes ( lettres ... ) les candidates sur leurs savoirs : elles ont réussi à apprendre les règles parce qu'elles sont des privilégiées.
>> où le formateur explique sans rire que l'orthographe n'est pas une question de règles mais de volonté.
Qu'il est inutile d'apprendre les règles aux élèves.
Que les exercices sont abêtissants ( et aucun humour d'ailleurs, la "pitresse" , qui a fait remarqué que notre formateur nous considérait donc comme des abrutis 'abêtis' vu que nous avions réussi à apprendre avec ces exercices, s'est vue rabrouée durement et sans aucune pédagogie ! )

Laissez donc les étudiants choisir leurs cours. Vous verrez, vous 'perdrez' les formateurs qui ne sont pas des aides pour les étudiants, et vous gagnerez de bons formateurs. Et tout le monde sera content....
Le meilleur de la formation étant la partie "travail avec tuteur" ... là c'est formateur...

Ecrit par : Milady | 21 janvier 2007

Ca, c'est de l'argumentation!

Ecrit par : Christophe Sibille | 21 janvier 2007

Je parlais évidemment pour le message précédent, celui de D!

Vous savez, Milady, les stagiaires ne sont pas idiots, et savent souvent parfaitement ne pas assister à des cours qu'ils considèrent comme inintéressants, que ceux-là soient obligatoires ou non! Maintenant, je dis: chiche!, à votre proposition! Et je gage qu'à part quelques tire au flanc, (de plus en plus rares, il faut bien l'avouer), une bonne partie des cours sera suivie avec une relative assiduité! Au moins autant que, souvent, à l'université.

Ecrit par : Christophe Sibille | 21 janvier 2007

Mon article sur l'exposition qui évoque l'origine de l'alphabet est paru hier dans l'hebdomadaire régional auquel je collabore. J'ai beaucoup pensé aux réflexions des uns et des autres sur les méthodes d'apprentissage et sur l'idéologie des tenants de la méthode globale. Je me suis mieux rendu compte que cette méthode et l'idéologie qui la sous-tend (le langage n'est qu'un "outil de communication") va à l'encontre de toute l'histoire de l'Humanité depuis l'invention de l'écriture par les Egyptiens, puis par les Hébreux (et non les Phéniciens comme on le dit souvent) qui transcrivirent les hiéroglyphes en caractères alphabétiques.

Je me suis appuyé dans mon article sur une citation de Frank Lalou dans son ouvrage sur les lettres hébraïques qui rejoint l'intuition de Victor Hugo et d'Arthur Rimbaud sur l'origine sacré du langage humain ("Honneur des hommes, saint langage" disait de son côté Paul Valéry) : "Pour la tradition juive, les lettres ne se réduisent pas à des outils graphiques pour transmettre une langue. Les 22 signes hébreux sont comme 22 entités, 22 symboles, 22 personnes aux personnalités complexes. Elles invitent toutes à nous poser les questions essentielles. Elles renvoient à l'origine de l'univers et des hommes. La métaphysique, la cosmogonie, la philosophie, l'anthropologie passent par le canal de l'alphabet...Les lettres créent le monde."

Comment ne pas penser également à cette méthode très peu "globale" des rabbins d'Europe centrale qui apprenaient à lire aux petits enfants en leur faisant lécher des lettres enduites de miel ? je pense aussi à ces alphabets en pâtes que nos grand-mères nous faisaient manger dans la soupe du soir.

Avant d'envoyer promener les "traditions", ne faudrait-il pas d'abord s'efforcer de les comprendre ?

Ecrit par : Robin | 21 janvier 2007

Ce qui m'étonne toujours, c'est qu'on présente les stagiaires IUFM comme des stagiaires classiques (type stagiaire en entreprise), confrontés à un univers qu'ils ne connaissent pas. Or, on sait bien que tous ces jeunes gens ont derrière eux des années passées à l'école, au collège et au lycée, ce qui fait une sacré expérience, et de nombreuses occasions d'observer le fonctionnement d'un cours ! Ne croyez-vous pas qu'ils ont eu, durant leur scolarité, tout le loisir de distinguer l'enseignant efficace de celui qui ne l'est pas ?
Il faudrait peut-être partir de cette expérience et leur demander leur propre définition de ce qu'est un "bon" prof : celui qui met l'élève au centre et parie sur la pédagogie active et le travail de groupe, ou celui qui maîtrise sa discipline et transmet des connaissances précises dans un cours bien structuré ? (Et on n'est pas obligé de se limiter, bien sûr, à cet antagonisme simplificateur !)

Ecrit par : Candide | 21 janvier 2007

Il faudrait, Christophe, pour que votre test soit concluant, que toutes les séances de votre IUFM soient déclarées facultatives, ce qui n'a aucune chance de se produire! Faute de cela, on est en pleine supputation, alors que le dégoût des stagiaires pour l'IUFM est une réalité."Ils viendraient quand même, dites-vous, parce que cela les intéresse, sauf quelques tire-au-flanc". J'ai plutôt l'impression que ce sont les gens sérieux qui s'empresseraient de vous fausser compagnie, comme ce stagiaire de Lettres classiques de mon collège, qui, à cause de ses nombreuses absences aux mirifiques séances de l'IUFM de N....., n'a pas été titularisé! Le pauvre, il avait pourtant été félicité pour son mémoire professionnel, qu'il avait intitulé: "De la nécessité pédagogique du bavardage en classe", et que l'IUFM -qui n'y avait vu que du feu - avait mis en ligne comme travail modèle.

Ecrit par : Jean | 21 janvier 2007

Depuis quelques semaines, jétais dans l'impossibilité de consulter ce blog. Peut-être avez-vous déjà évoqué cet ouvrage ?
L'école ou le chaos de Jean Pierre Charles aux éditions Golias.
A lire et à faire lire !

Ecrit par : Sylviane | 21 janvier 2007

l'anecdote légèrement roamncée qu'Eric Orsena livre dans un de ses ouvrages("Les turlupinades pédagogiques
de l'inspectrice Jargonos"
http://ecoledelaculture.canalblog.com/archives/p50-20.html explique mieux qu'un quelconque discours les ravages de ce pédagogisme triomphant et verbeux qui règne depuis 30 ans à l'Education nationale. Les « sciences de l'éducation » en voulant entrer dans le domaine théorique et jargonnant ont totalement détruit le plaisir de la découverte des mots et de leur sens. On a voulu théoriser la grammaire en en faisant non un vecteur de compréhension des subtilités nombreuses de la langue française mais un autel baroque recouvert d'un tapis de prières incantatoires et grandiloquentes : « construction narrative, continuité textuelle, progression thématique composantes de la situation d'énonciation ». Encadrant leur vacuité d'une belle carrosserie verbeuse, les tenants du pédagogiquement correct on voulu imposer leurs lubies de charlatans (a-t-on vu un seul professeur de terrain parmi ces inspecteurs et experts de l'éducation, qui en général ont fui les uns leurs responsabilités d'ancien chefs d'établissements, les autres leur responsabilité devant les élèves qu'ils n'arrivaient en général pas à tenir). Scripteur traçant, surface scriptural à usage multiple, référentiel bondissant, l'apprenant du vécu, un géniteur d'apprenant ?.... Comment ? Vous n'avez pas reconnu immédiatement un stylo ? Un tableau noir ? Un ballon ? Un élève ? Un parent d'élève ? Voici le résultat de leur recherches « scientifiques » pour impressionner l'étudiant et futur professeur, pardon, enseignant, conditionné dans l'immense machine à décérébrer que sont les IUFM et dont Mérieu, Charmeux, et autre Frackowiak (actuel conseiller à l'éducation du projet socialiste) sont les grands prêtres omnipotents. Alors il y a certes depuis une dizaine d'année un mouvement de révolte de plus en plus fort qui souffle sur le landerneau de l'éducation avec la publication de centaines d'ouvrages de professeurs (Le Bris, Brighelli, Boutonnat, Capel) allant pratiquement tous dans le même sens en brocardant ces pseudos sciences de' éducation, baudruches gonflées de leur importante mission, grenouilles marécageuses qui, voulant se faire aussi grande que Jules Ferry exploseront en plein effort, emportant hélas avec elles des générations d'enfants détruits par ces Trissotins. Ah il nous manque en France un Molière qui féraille avec ces nouveaux Jésuites laïcs qui tels leur prédécesseurs encadrent l'enfance en les gavant de forme tout en oubliant soigneusement le fond, l'important étant n'est ce pas de faire de notre jeunesse de parfaits crétins uniquement occupés à jouir de l'immédiat consumériste sans se soucier des leçons d'hier et des lendemains qui déchantent. Monsieur Mérieu, qui s'ennuya à l'école paraît il (d'aucuns ont écrit de très belles lignes sur la vertu de l'ennui et de l'esprit qui vagabonde dans les champs fertiles de l'imagination), proposait il y a quelque temps déjà (il est vrai qu'il s'est contredit depuis), d'apprendre aux élèves à lire en utilisant le mode d'emploi d'un téléviseur.. Un inspecteur m'a un jour dit en face et clairement que je pouvais donner des contrôles de connaissances si ca me faisait plaisir, mais qu'il ne s'agissait pas de faire des élèves des historiens. Il suintait un tel mépris du savoir et par extension, un tel mépris des élèves qui n'avaient donc pas le droit de recevoir les connaissances que LUI avait en revanche bien acquises dans sa jeunesse que je compris immédiatement que ma mission serait d'enseigner exactement à l'inverse que ce que ce triste sire et sa clique néfaste encourage. Je sais également, pour finir sur une note positive que dans mon collège et dans beaucoup d'autres heureusement, beaucoup de professeurs continuent malgré vents et marées (sinistres embruns moisis) , à transmettre les valeurs de connaissances et du vrai savoir, celui qui construit et fait voir plus loin et plus haut que ceux qui nous précèdent.

Ecrit par : guedbralec | 21 janvier 2007

Quelqu'un de plus jeune et de plus au fait des évolutions actuelles pourrait-il me dire si la méthode du tutorat existe encore actuellement pour la formation des professeurs après le CAPES ou l'AGREG. ?

Ecrit par : Robin | 21 janvier 2007

Candide, je souscris totalement à votre dernier message, et surtout à votre dernière phrase!
Quand à Jean, bravo pour vos arguments, toujours pleins de mesure.

Ecrit par : Christophe Sibille | 21 janvier 2007

Le soi-disant chantage à la titularisation, et l'institution bétasse roulée dans la farine par un stagiaire plus malin qu'elle... Il y avait au moins deux semaines que vous ne nous aviez pas servi cet argument? Vous baissez, Jean, vous baissez.
Capel et Boutonnet comme rebelles... Effectivement, nous vivons dans un monde bien malade.

Ecrit par : Christophe Sibille | 21 janvier 2007

Christophe, vous contestez à Boutonnet ou Capel l'appellation de Rebelle, dans l'acceptation nobel du terme, comme probablement nombre de collabos envers de Gaulle, le rebelle, non? ... Cessez toujours de présenter les sciences de l'éducation comme le nec plus ultra de la modernité gauche caviardée

Ecrit par : guedbralec | 21 janvier 2007

Vous niez, Christophe, les faits qui vous gênent.
Quant à la "mesure" de mes "arguments", je trouve au contraire que c'est être très mesuré que de dire que dans les IUFM c'est la Bêtise à front de taureau qui s'épanouit. C'est un habillage métaphorique, d'une texture résolument humaniste, qui me paraît assez seyant pour une vérité que ne songent plus à contester aujourd'hui que ceux qui ont un intérêt quelconque à l'existence de ces institutions. Il n'y a en effet rien de récupérable dans l'institution appelée "IUFM" , pour la raison que c'est la tribune édifiée à dessein pour les thèses socio-constructivistes. Les IUFM répartis à travers le territoire national, ce sont les "missi dominici" de la Nomenklatura "pédagogiste" qui, selon Marc Le Bris, tient l'Education nationale. Raison pour laquelle la Société des agrégés, qui n'a d'autre objectif que de faire appliquer la Constitution de la République française en ce qu'elle stipule qu'"enseigner est un devoir de l'Etat, s'instruire est un droit"), réclame leur suppression depuis leur création en 1990.

Ecrit par : Jean | 21 janvier 2007

Le livre en ta pensée entre, il défait en elle
Les liens que l'erreur à la vérité mêle,
Car toute conscience est un noeud gordien.
Il est ton médecin, ton guide, ton gardien.
Ta haine, il la guérit ; ta démence, il te l'ôte.
Voilà ce que tu perds, hélas, et par ta faute !
Le livre est ta richesse à toi ! c'est le savoir,
Le droit, la vérité, la vertu, le devoir,
Le progrès, la raison dissipant tout délire.
Et tu détruis cela, toi !

- Je ne sais pas lire.

Victor HUGO (juin 1871), L'année terrible, Poésie/Gallimard, 1985, p. 172-173.

Ecrit par : Robin | 21 janvier 2007

Je vais me faire traiter de "crypto-UMP", mais je trouve certains d'entre vous un peu sévères vis-à-vis de Nicolas Sarkozy. Je l'ai écouté sur la 5 dans l'émission de Franz Olivier Gisbert et je l'ai trouvé finalement assez sympathique...Je n'ai pas eu l'impression d'être en présence d'un "dictateur en puissance"...Je m'arrête avant de me ramasser une volée de bois vert.

Très intéressant ce que disait Michel Tournier auquel il était confronté sur l'accueil de son roman Vendredi ou la vie sauvage dans les pays africains. Je l'avais déjà remarqué avec les élèves issus ou pas de l'immigration (j'étudiais le roman en 5ème). Il a expliqué que les jeunes africains n'appréciaient pas du tout le comportement de Vendredi et n'avaient pas une lecture "rousseauïste" du roman.

D'ailleurs le thème principal du roman n'est pas celui du racisme et de la "différance" pour parler comme Derrida, mais celui du langage et de l'intersubjectivité ; c'est plus apparent dans la verion "pour adultes": Vendred ou les limbes du Pacifique préfacé par Gilles Deleuze.

Ecrit par : Robin | 21 janvier 2007

Bien sûr, Jean, et la société des agrégés est aussi assez connue pour être un repaire de rebelles! Non?
guedbralec, votre message est une illustration parfaite de la mesure de certains des blogueurs présents ici... Si vous trouvez un de mes messages, ici ou ailleurs, qui défende immodérément les sciences de l'éducation, je suis (presque) prêt à affirmer que Marc Le Bris est la personne la plus sympathique de la terre.

Ecrit par : Christophe Sibille | 21 janvier 2007

Ravi, Christophe de vous savoir modéré sur ce sujet. J'avoue ne plus pouvoir l'être. Car autant les auteurs cités et les intervenants de ce blog dans leur grande majorité pestent contre ce pedagogisme tout puissant, autant cette même toute puissance empêche toute discussion à l'intérieur de l'EN et notamment dans les collèges (encore plus dans le primaire d'ailleurs). Le Diktat du pédagogiquement correct n'est hélas pas prêt d'être eradiqué au profit du choix libre de la pédaogie et après tout c'est la seule chose que nous réclamons tous.

Ecrit par : guedbralec | 21 janvier 2007

Tous ceux qui se dressent aujourd'hui contre la dictature du "pédagogiquement correct" sont des rebelles.
Or la Société des agrégés se dresse contre la dictature du "pédagogiquement correct". Donc la Société des agrégés est "rebelle".
Allègre, qui s'affligeait en 1998 que le lycée "fût encore un lieu où l'on transmettait des connaissances" et qui entendait bien le mettre au goût pédagogiste du jour, n'avait pas du tout apprécié, mais alors pas du tout, les "Observations de la Société des agrégés sur le Rapport Meirieu", lesquelles faisaient voler en éclat ledit rapport. Si ce n'est pas être "rebelle"...

Ecrit par : Jean | 21 janvier 2007

Le problème avec "rebelle" : c'est un adjectif utilisé à toutes les sauces et qui a perdu tout son sens ... "Moi chuis un rebelle", vous sortiront X ados boutonneux vissés à leur i-pod, si vous leur demandez de réfléchir, ou, pire encore, d'ouvrir un livre. "Rebelles" sont les supporters violents du PSG entre autres, parce que cela sonne mieux que "nazi". "Belle et rebelle", titra ELLE à propos d'Emmanuelle Béart. Et ne parlons pas des cheveux rebelles domptés par le gel Kikoltoo, des pellicules rebelles (beurk), et des poils rebelles, éliminés quant à eux par la lame Ginette !
Bref, rendons aux mots leur sens et utilisons-les avec parcimonie lorsqu'ils ont été touchés par la suie de l'universel reportage... Suivant le contexte, je préfère "indigné", "révolté", "dissident" voire même "à contre-courant", ce qui me paraît plus clair que ce "rebelle" publicitaire et vide, et qui peut parfois servir à justifier des réactions épidermiques (je ne parle évidemment pas de nos collègues Le Bris et Boutonnet, que je qualifierais plutôt de dissidents). Quant à la société des agrégés, permettez-moi tout de même de sourire, ô très gentiment mais tout de même, à propos de sa "rebellion". Elle est simplement dans son rôle, et c'est déjà beaucoup.

Ecrit par : FGuichard | 21 janvier 2007

En allant sur le site conseillé par notre ami guedbradec j'ai lu attentivement les analyses de Michel Renard concernant les dérives observées dans certains IUFM. Michel Renard fait une distinction entre "l'autorité pragmatique", celle des maîtres à l'ancienne mode liée à la nécessité de transmettre des connaissances objectives et l'autorité idéologique liée à l'autojustification d'un système de pensée.

Michel Renard constate le fait assez inquiétant d'un retour à un autoritarisme pur et dur chez certains formateurs et, ce qui est logique à certains "produits" des IUFM qui vont jusqu'à se réclamer d'un psychanalyste catholique italien, Tony Anatrella, auteur de Non à la société dépressive qui, je vais peut-être vous surprendre est assez controversé dans les milieux catholiques eux-mêmes en raison de la confusion qu'il opère entre la Foi et la morale (qu'il réduit à la morale sexuelle) et le caractère intégriste de ses idées qui ne sont pas du goût de tout le monde (du mien en particulier).

Et là, vraiment, nous nageons en plein paradoxe.

Ecrit par : Robin | 21 janvier 2007

Merci une fois de plus à vous, Fguichard... C'est assez agréable de voir (et de presque entendre) des modérés ici, et j'emploie ce mot, (du moins j'essaie), "stricto sensu".
guedbralec, la prochaine fois, vous ferez attention à ce que vous écrivez! Et, puisqu'on parle de la liberté pédagogique, réexaminons ensemble le dossier d'Erwan, injustement brimé par son IEN pour avoir, (entre autres) voulu pratiquer la pédagogie Freinet.

Ecrit par : Christophe Sibille | 21 janvier 2007

FGuichard, pardon.

Ecrit par : Christophe Sibille | 21 janvier 2007

pas dissidents,FGuichard, mais resistants à l'entreprise d'abêtissement et de médiocratisation programmée. Ceci dit, je suis assez d'occord avec l'utilisation abusive aujourd'hui du mot rebelle. Indigné, révolté conviennent mieux à ce que nous ressentons. Contre courant est bien trop neutre et il faut le dire, faible.

Ecrit par : guedbralec | 21 janvier 2007

A propos de sélection et de la réforme des IUFM, ce communiqué de Reconstruire l'Ecole :

Intégration des IUFM dans les Universités

En cédant aux pressions de la CDIUFM, Gilles de Robien a dénaturé son propre projet d’arrêté tel qu’il avait été approuvé par le Haut Conseil de l’Education.
Il avait d’abord été prévu de transformer les IUFM en écoles d’application, chargées d’accueillir les professeurs stagiaires après leur réussite aux concours de recrutement. Dans ce contexte, la préparation aux concours revenait à l’Université, ce qui supprimait enfin cette prétendue « première année d’IUFM » que ces établissements n’ont jamais été capables d’assumer et qui a donné lieu à de multiples dysfonctionnements. La situation n’a cessé en effet de se dégrader depuis la mise en place des IUFM en 1991 et, à l’heure actuelle, 80% des candidats au concours des professeurs des écoles sont privés de préparation alors qu’ils ont les titres requis. Réduits à préparer les concours par eux-mêmes, avec des chances infimes de réussite, ou à s’adresser à des instituts privés fort onéreux, ces « candidats libres malgré eux » sont si nombreux qu’ils finissent par obtenir la moitié des places aux concours. La situation n’est guère plus brillante pour les IUFM en ce qui concerne les différents concours du secondaire.
Après avoir reçu l’approbation du HCE, le texte de l’arrêté a donc été modifié à plusieurs reprises. Une version intermédiaire donnait entièrement satisfaction aux IUFM en leur confiant à nouveau la mission d’assurer l’année de préparation. Puis le Ministère a eu recours à une formule plus ambiguë : désormais les IUFM « participeront » à la préparation des concours. Cette demi-mesure ne nous satisfait guère car elle risque de perpétuer un statu quo dont l’inefficacité et l’injustice ne sont plus à démontrer.
L’Association « Reconstruire l’Ecole » espère cependant que dans le cadre de l’intégration des IUFM dans les Universités, ces dernières sauront imposer la seule mesure susceptible d’assurer l’égalité de tous les candidats devant les concours : accueillir l’ensemble de ceux qui souhaitent bénéficier des préparations. Il serait en effet paradoxal que les Universités, tenues d’inscrire une masse de pseudo-bacheliers incapables de suivre des études supérieures, soient ensuite obligées d’exclure leurs propres licenciés. Il va également de soi que, dans le nouveau cadre juridique, le budget dévolu à cette préparation doit être intégralement versé aux Universités, à charge pour elles de compenser financièrement les IUFM pour leur éventuelle « participation ».
Nous dénonçons enfin les fantasmes de la « professionnalisation » auxquels ont cédé à la fois le Ministère et le HCE. Imposer des stages à la fois en licence et pendant l’année de préparation est une mesure irrationnelle et inapplicable. Irrationnelle car, compte tenu du taux d’échec en licence et du ratio postes/candidats aux concours, elle suppose de préprofessionnaliser en pure perte un nombre considérable d’étudiants dont à peine 10 ou 12% exerceront le métier d’enseignant : c’est comme si on formait dix fois plus de médecins, de juristes ou d’ingénieurs qu’il n’y a de débouchés possibles pour ces carrières. Inapplicable, car on ne trouvera jamais assez de conseillers pédagogiques, ni même d’établissements scolaires, pour accueillir une telle masse de futurs professeurs purement virtuels.
Les concours impliquent un mode de formation « consécutif » qui est logiquement incompatible avec le modèle « par alternance ». Ce dernier ne peut s’appliquer qu’à des étudiants déjà sélectionnés : ou bien par le concours ou bien dès la première année d’université. Nous rappelons qu’en Finlande, où existe le modèle par alternance, les universités n’acceptent dans cette filière que 10% des étudiants qui le souhaitent : la sélection y est donc deux fois plus forte que celle des concours français.
En n’osant pas trancher entre ces deux modèles incompatibles pas plus qu’il n’ose trancher entre les Universités et les IUFM pour la préparation aux concours, l’arrêté de Gilles de Robien met en place un système bancal dont les effets pervers ne tarderont pas à se manifester et qui débouchera sur une situation encore plus conflictuelle et ingérable que celle d’aujourd’hui.

Ecrit par : Pedro Cordoba | 21 janvier 2007

Tout est catastrophique dans l'EN aujourd'hui.

Voici un message de Guillaume :

Le Canard enchaîné nous a encore bien amusés cette semaine. Dans une lettre envoyée aux proviseurs, le rectorat de Clermont-Ferrand demande aux enseignants de "ne pas se laisser enfermer dans une appréciation purement sommative de la notation qui doit être formative. C'est un critère fondamental pour que la note mise en place puisse respirer dans le contexte éthique qui doit être le sien : celui de l'apprentissage de l'autonomie dans le cadre d'une intersubjectivité et non de la sanction pavlovienne des comportements".

(Je rappelle que Goigoux, l'auteur des "méthodes intégratives", sévit également à Clermont-Ferrand.)

Anne-Marie Valette.

Ecrit par : Anne-Marie Valette | 21 janvier 2007

Pour hyo, qui se plaignait de la "médicalisation "des enfants en difficulté scolaire, et de son corollaire, l'absence de médecins scolaires.

Education. (Figaro Magazine du 15 juillet 2006 .)

L'échec scolaire, ça se soigne.

Il n'y aurait pas de cancres. Mais le plus souvent , des élèves dont les mauvais résultats ont pour origine des causes médicales. Des spécialistes dépistent ces troubles. Reportage. (Martine Betti-Cusso).

« Docteur, c'est pas de ma faute. Mes parents voudraient qu'j'aie d'bonnes notes, mais j'y arrive pas ».

Joël, 9 ans, semble bien désemparé. Son bulletin scolaire est catas trophique.Il a redoublé son CE1, et le voilà en difficulté en CM1. Agité, il ne parvient pas à se concentrer en classe. Ses parents, à bout de nerfs, sont parvenus, après quelques mois de patience, à obtenir une consultation au centre des troubles de l'apprentissage de l'hôpital neurologique de Lyon.

Le centre est dirigé par le Dr Olivier Revol, 47 ans, pédo psychiatre, auteur d'un livre édifiant, « Même pas grave ! L'échec scolaire, ça se soigne. »
Formé au Canada, ce médecin considère que le carnet scolaire est intimement lié au carnet de santé. « Un enfant sur cinq connaît des difficultés scolaires. Je ne crois pas à la paresse, au désintérêt de ces écoliers.Il y a toujours une cause derrière le refus de travailler.A nous de la découvrir pour mettre fin à cette spirale de l'échec scolaire. »

Durant cinq jours, Joël restera sur place et subira une batterie de tests. (..) A-t-il une bonne vue ? Entend-il correctement ? Son développement physique correspond-il à son âge ? A-t-il un trouble de la motricité, du langage ? Comment fonctionne son cerveau ? Joël sera pesé, mesuré, analysé. Bilan sanguin, pédiatrique, intellectuel, orthophonique, psychomoteur, et même électroencéphalogramme, dans le but de dépister une éventuelle anomalie de la vision, de l'audition, de la motricité ou une déficience intellectuelle.

Le docteur Revol poursuit : « L'enfant peut disposer de toutes les compétences sans parvenir à s'en servir. Ses aptitudes sont entravées par un problème dont l'origine est psychologique.Ce peut être une anxiété ou une dépression. »

Joël est conduit au cinquième étage. (.) « Avant l'adolescence, nous recevons cinq garçons pour une fille.Ils nous sont souvent adressés pour hyperactivité ou déficit de l'attention. »

Viennent ici des des hyperactifs, des dyslexiques, des dyspraxiques, des dysphasiques. Sans omettre ceux qui ne parviennent pas à acquérir les règles de l'orthographe (dysorthographie) ou les premiers éléments de calcul (dyscalculie).

Aurèle, enfant précoce, a un TOC. (Trouble obsessionnel compulsif). Ses notes sont désastreuses. Une situation courante pour près de 50 % de ces surdoués qui s'ennuient à l'école.

(.) La dépression est également un facteur important d'échec scolaire.Elle frappe 1% des enfants et 5% des adolescents.

« Les enfants dépressifs sont mieux repérés.Les plus petits, en maternelle, se montrent aggressifs et instables. En primaire, ils répètent qu'ils sont nuls. Et chez l'adolescent, la dépression se manifeste par l'abandon des loisirs et par une forte irritabilité à tout moment et avec tout le monde. »

Joël a ensuite des « entretiens cliniques » avec une psychologue clinicienne.Il subit des tests d'attention, des tests de la personnalité, des tests de QI.

D'autres épreuves attendent notre jeune sujet. (.) « On observe une grande souffrance chez ces enfants en échec scolaire, constate le Dr Marion Strehl.Ils craignent de ne pouvoir réussir, de décevoir leurs parents.Ces enfants se dévalorisent, perdent l'estime de soi. »

A la fin de la semaine, tous les intervenants se réunissent pour établir un diagnostic.

(.) « S'il s'agit de troubles du langage, de la lecture, de la motricité, nous proposons une rééducation pour l'enfant, et des aménagements pédagogiques que nous transmettons aux enseignants : enrichir le programme scolaire d'un enfant précoce, voire l'envoyer dans une classe supérieure.

Ne pas demander à un enfant dyslexique de lire devant sa classe. Lorsque la cause est psychologique, nous conseillons un suivi adapté avec, le cas échéant, un traitement médicamenteux.
Dans le cas de l'hyperactivité,nous prescrivons éventuellement de la Ritaline, associée à un suivi psychologique et à une guidance parentale. »

Peu nombreux - ils sont une quarantaine créés depuis cinq ans - les centres de traitement des troubles de l'apprentissage croulent sous les demandes.
(5 à 10% des appels chez le Dr Revol sont satisfaits.) Alors qu'il y a urgence à agir au plus tôt. Les cas les plus difficiles à traiter sont ceux enkystés depuis plusieurs années.

Parvenu à l'adolescence, l'enfant qui traîne ses handicaps refuse de travailler, pour justifier son échec scolaire. Il en veut à son école, à ses parents, à la terre entière. Alors qu'un diagnostic efficace permet de corriger le tir."

La relecture de ce texte me rend malade. L'enfant ainsi traité sera-t-il récupérable ?

Amitiés.

Anne-Marie.

Ecrit par : Anne-Marie Valette | 21 janvier 2007

Mais vous avez raison, Anne-Marie! Comment ne pas y avoir pensé plus tôt! Ni la société, ni les parents ne portent aucune responsabilité devant les difficultés que les enfants peuvent rencontrer à l'école! Un seul responsable, l'IUFM et le socio-constructivisme, qui déforment à plaisir les futurs enseignants pour les aider à en apprendre le moins possible à nos chères têtes blondes! C'est tellement simple, et beau comme l'antique!

Ecrit par : Christophe Sibille | 21 janvier 2007

sauf, Christophe, que vous êtes de mauvaise foi, il ne s'agit pas ici bien évidemment de nier le rôle des parents "démissionnaires" (la société de consommation les ont transformés en has been dépassé par le tout technologique uniquement décodable par l'enfant roi, s'il faut en croire les multiples publicités où l'adulte est pris pour un crétin), ni celui d'une société post soixantehuitarde engluée dans la crise économique. Mais il faut reconnaître que bien des problèmes "trouvés" aux enfants pourraient être résolus avec un peu plus de bon sens, de pragmatique et un retour à des valeurs de mogique, de travail et d'effort. Que l'école primaire rededvienne ce lieu d'excellence qu'elle fut autrefois. Vous avez beau manier l'ironie facile, elle ne vous donne pas raison pour autant.

Ecrit par : guedbralec | 21 janvier 2007

Désolé Mr Sibille mais si l'IUFM n'est bien sûr pas l'unique responsable de la situation, il y est pour quelque chose tout de même. Pour ma part, si j'ai eu de bons profs en maths et en anglais à l'iufm, les autres se sont montrés incompétents en ce qui concerne la formation des futurs "professeurs des écoles" que nous étions. Et puis, désolé mais j'ai effectivement eu droit à chaque fois à la méfiance envers le savoir, la culture.Et puis toujours ce recours à la psycho, à la socio... alors que souvent le bon sens, l'expérience, font l'affaire. La primauté à l'innovation pédagogique amène à des aberrations incroyables.
Enfin, en ce qui concerne le travail en groupes et la construction de son savoir, nous étions presque toujours réunis en groupes, à confronter nos idées ou nos observations puis à nous trouver nos solutions. Rien de plus énervant, de plus ennuyeux. Donc, on parlait sport, voitures, filles...comme des étudiants ou les collégiens que nous semblions encore être. Et à chaque fois que l'on avait une question précise ou pointu "on ne peut y répondre", " vous trouverez par vous-même"... ok, alors à quoi bon nous envoyer à l'iufm ?
Pour ma part les cours les plus intéressants que j'ai eu sont les cours dans lesquels les profs nous apprenaient quelque chose de nouveau, nous amenaient à réfléchir.
Je crois volontiers que vous soyez un modéré qui cherche à aider les stagiaires, mais la majorité des formateurs que j'ai eu étaient au mieux inintéressants et carriéristes, au pire voulaient nous forcer à adopter leur point de vue sous peine de nous considérer comme des arriérés ou des fortes têtes à "mater". En fait, l'iufm c'est un peu comme le service militaire, si vous la fermez et ne posez pas de question, ça peut se passer correctement, si vous la ramenez c'est peloton disciplinaire avec des sergents-chefs de l'intellect. Pourquoi croyez-vous que la grande majorité des sortants n'ont qu'une hâte: ne jamais y remettre les pieds voire les détruire ?

Ecrit par : Ronin | 22 janvier 2007

Prêcher « modération », c’est faire l’autruche quand le bateau coule et laisse un goût de déjà vu, notamment « L’étrange défaite » de Marc Bloch. Pour 9/10 des intervenants, ce blog se distingue par le franc-parler, la « bravitude » d’enseignants qui vont à contre-courant de la doxa imposée depuis tant de décades, sous couvert des sciences de l’éducation, et peaufinée à l’extrême dans les Instituts de décervelage des Maîtres, par les maniaques de l’innovation à tout crin et de la socio-psycho…allô, maman dolto. Éducateurs ratés, ils prêchent pour leur paroisse quand ils font l’éloge de l’ignorance, dans un contresens de l’Émile qui n’a d’égale que l’ampleur de leur persistance à réinventer le fil à couper le beurre ou la machine à courber les bananes, (Voir made-in-USA).

Curieusement, enfin pas vraiment, cette modération n’est prêchée sur ce blog que par les épigones de Bourdieu et les adeptes du psycharabia constructiviste. Quelques éléments de philosophie politique et d’histoire des idées et une petite dose d’honnêteté intellectuelle placent cette idéologie au premier rang des courants criminogènes qui ont tissé la trame de tous les totalitarismes. Prêcher la modération, quand les barbares sont dans nos murs, c’est comme Ghandi conseillant aux Juifs allemands de se coucher devant les nazis. Le pacifisme ne réussit que lorsqu’en face on a une démocratie. ( Luther King ,Mandela, Ghandi)
Face aux Soviets de Grenelle, la modération c’est courage fuyons, c’est la peur d’affirmer ses convictions, c’est l’autocensure devant la pensée unique, c’est le refus de l’aggiornamento, celui de reconnaître qu’on s’est fait bourrer le mou, comme le PCF, toujours orphelin du Grand soir, quand tous les autres partis communistes occidentaux ont fait amende honorable, et c’est ce dernier mot qui compte. La modération dans le cas présent c’est l’étoffe dont on a fait Munich, comme le prédisait Churchill à Chamberlain. Quand on a à choisir entre la guerre et le déshonneur et qu’on choisit le second, on récolte, sans coup férir, à la fois la guerre et le déshonneur. Par certains côtés nous sommes en 1938, et pour Roger-Gérard Schwatzenberg, l’énarchie irresponsable et la persistance du “mal français” nous ont même ramenés en 1788. Jamais depuis un siecle, le fossé entre les have et les have not n'a été si grand...
Le Bris et Boutonnet sont alors bien des « dissidents » : ils réfutent la doxa, et refusent de hurler avec les loups constructi-cuistres (Dubet, Durut-Bella, Viala, et consorts). Mais citons encore parmi les Soljenitsyne de l’EN, Evelyne Tschirhart ( L’école à la dérive) , Christine Champion ( La désinformation par l’EN) et toute une Armée des ombres, ces anonymes mais non moins courageux, qui surtout ne concourent pas par pour un prix de l’Humour, n’en déplaise à qui s’accroche au sarcasme pour ne pas avoir à questionner ses certitudes.

Les pacifistes munichois sont ainsi les prédécesseurs des ANTI-mondialistes. Alter- est une mascarade, une escroquerie intellectuelle, un repentir (mais au bout de combien d’années ? ) quand la sottise de l’anti- est enfin apparue, comme la vierge à Bernadette Soubirous. Les antimondialistes, disais-je, attribuent au seul libéralisme « des désastres politiques, sociaux et écologiques », comme dit Christophe, mais alors, si je le suis bien, l’URSS devait être un champion du libéralisme puisque les Soviets furent les champions de la désertification….Allez donc voir ce qui reste de la mer d’Aral.

Tony Anatrella, prêtre et psychiatre, ce qui lui donne quelques circonstance exténuantes, est tout aussi français que Sarkozy ou Brighelli, et le qualifier simplement d’« italien » c’est au mieux de l’ignorance, encore et toujours, et au pire, …. inutile d’élaborer. Le fait qu’il soit controversé n’enlève rien à la justesse de certains de ses propos, mais il écrit dans le Figaro, ce qui le disqualifie d’emblée.

En lisant ceci: “il nous manque en France un Molière qui féraille avec ces nouveaux Jésuites laïcs qui tels leurs prédécesseurs encadrent l'enfance en les gavant de forme tout en oubliant soigneusement le fond…” je pense à un film, sorti depuis peu ici, et tiré d’un livre collectif intitulé : “Freedom Writers’ Diary”. Ses auteurs ne sont pas Molière, loin de là, mais lorsque le film arrivera en France, ne le manquez pas, car vous y verrez qu’ici aussi nous avons des IUFM et des Meirieu. En l’occurrence, dans ce film, ils s’opposent au travail d’une jeune prof d’anglais qui refuse le pipo de la reproduction bourdivine et ose vouloir sortir une bande d’élèves de 3eme et de seconde de l’enfermement dans la violence et l’ignorance.

Robin, sur l'approche syllabique, Condorcet écrit la même chose dans l’Esquisse. C’est aussi la base des travaux de La Garanderie, G. Wettstein-Badour et Élizabeth Nuyts, qui partent de cette observation, et comme vous, « lient méthode et l'idéologie qui la sous-tend (le langage n'est qu'un "outil de communication") va à l'encontre de toute l'histoire de l'Humanité depuis l'invention de l'écriture".

Ecrit par : Danièle | 22 janvier 2007

Robin, sur l'approche syllabique, Condorcet écrit la même chose dans l’Esquisse.

Les grands esprits se rencontrent, Danièle. Shakespeare est mort, Einstein est mort, Condorcet est mort...Quant à moi, je ne me sens pas très bien !

Ecrit par : Robin | 22 janvier 2007

Danièle

C'est moi qui parlais de Tony Anatrella, "psychanalyste catholique italien", mais je disais simplement cela pour le situer. Loin de moi l'idée de m'en prendre à sa nationalité. J'aime beaucoup l'Italie et les Italiens (surtout les Italiennes). Je ne savais pas qu'il était prêtre. Je suis un vieux réac à certains égards, mais j'ai mes contradictions, comme tout le monde. On n'a pas eu impunément 18 ans en mai 68 et j'appartiens, que je le veuille ou non, à la génération Dolto. Je trouvais simplement un peu bizarre qu'il serve de référence dans certaines IUFM (selon Michel Renard) ; je n'arrive pas à voir la cohérence. Je ne suis pas non plus d'accord pour un retour pur et simple "aux bonnes vieilles méthodes" et je fais une différence entre "autorité" et "autoritarisme"...Mais c'est peut-être parce que je vais bientôt avoir l'âge d'être grand-père et que je deviens un peu bête avec les enfants ("Jeanne était au pain sec...").

Ecrit par : Robin | 22 janvier 2007

Danièle, les stagiaires que j'ai le bonheur d'avoir en face de moi à l'IUFM seraient assez amusés de lire votre "pamphlet". La modération, pour moi, pourrait être synonyme, en l'occurrence, de bonne foi, même si, de temps en temps, une certaine dose de mauvaise foi peut être assez satisfaisante pour l'esprit qui l'emploie, (je pense à Jean-Paul, qui manie cela avec beaucoup de brio; dernière intervention en date sur la psychanalyse). Mais, dans certains cas, cette mauvaise foi peut faire tenir des propos assez abjects, qui n'honorent pas vraiment leurs auteurs... Mais qu'attendre de mieux de la part de quelqu'un qui prône l'ultralibéralisme à tous crins?
Ronin, je suis assez d'accord avec vous, sauf sur le fait que les enseignants que vous dénigrez sont loin d'être la majorité. Evidemment qu'il faut amener les gens à réfléchir, évidemment qu'il faut leur apprendre des choses... Qui peut s'élever contre ça?
Quand à la philosophie et aux réflexions de haut niveau qu'elle implique, si c'est pour amener à trouver un personnage comme Sarko recommandable, alors là, je tire la bride! A quoi sert l'intelligence si c'est pour nous faire intégrer des principes aussi simplistes que: "les ennemis de mes ennemis sont mes amis"? Mais ce sont les limites du bon sens bien d'cheu nous, (qui n'a pas grand-chose à voir avec la philo).
Bonne journée à tous.

Ecrit par : Christophe Sibille | 22 janvier 2007

L'infamie munichoise des IUFM. L'ordure délétère des sectes pédagomaniaques. Bravo Danielle et Robin. Inutile de préciser que je souscris à fond. La modération, c'est ignoble, vomitif. En fait, on appelle modération la COUARDISE, la LÂCHETE, la SERVILITE. Et les Meirieux, les GOIGOUX et autres cruels charlatans, Roussanovs de dixième choix, petits julots-casse-croûte de la République, en sont des esprits serviles, bas et médiocres.
Mais le plus affligeant, c'est qu'il suffit d'entrer dans une salle des profs et voir la plupart de nos collègues effarouchés devant un coup de gueule, serviles, pires que Louis de Funès, devant la soupe qu'on leur sert, parfait petits fonctionnaires vichystes, dociles, lèche-bottes, cons. La meilleure preuve: la dégradation ,en 30 ans de notre statut social. Jamais les profignards ne se mobiliseront pour une réelle augmentation de salaires et pour deux raisons:
-les profs syndiqués pratiquent une affligeante langue de bois, pur chêne.
-les jeunes collègues sont tellement formatés IUFM et tellement en proie à des problèmes matériels qu'ils n'ont pas la force de lutter
- "les marie-chantal", ces inénarrables mamies Nova profs de ce que vous voulez qui, tailleur chanel et foulard Hermès, montrent ostensiblement que ce métier n'est pour elles que de l'argent de poche (et croyez-moi, cette engeance existe encore bel et bien)

Le corps enseignant est munichois, vous avez raison d'avoir ressorti ce qualificatif. On frémit d'horreur en imaginant tous ces chiens couchants face à l'occupation nazie.....QUELS BEAUX COLLABOS EUSSENT-ILS FAIT!!!!!

Pour ma part, je continuerai à être irrespectueux de la hiérarchie, à pisser sur les géraniums du recteur et à calomnier les IUFM, cette saloperie scientologue, ce cochon d'abrutissoir populaire. C'est la fameuse "machine à décerveler" de Jarry. Tiens, interdit de programme, celui-là aussi.

Ecrit par : montaigneàcheval | 22 janvier 2007

"Tony Anatrella, prêtre et psychiatre... il écrit dans le Figaro, ce qui le disqualifie d’emblée."
Ce qui le disqualifie, le cher homme, c'est le fait qu'il se retrouve, depuis décembre dernier, "pris dans la tourmente d'une affaire de moeurs", avec une affaire de détournement de séminaristes sur les bras : deux de ses anciens patients l'accusent d'abus sexuels. L'humoriste Patrick Font a fait quatre ans de taule pour moins que ça. Voir les précisions sur l'excellent blog de Pro-Choix ou encore sur Golias,
http://golias.ouvaton.org/spip.php?article1213
Par ailleurs, le père Anatrella est complètement homophobe, ce qui est tout de même comique si on rapproche cette obsession avec le malheureux dérapage que je viens de signaler. Faites ce que je dis, pas ce que je fais...
A moins que l'homophobie ne fasse partie de la "rebellion" contre le "politically correct", en quel cas vous me permettrez de ne pas vous suivre sur ce point, toute irritée que je puisse être parfois par les petits marquis de la gaytitude branchée et le look cuir-chaînes à la mode du Marais ...
Qu'Anatrella écrive dans "le Figaro" m'est indifférent, dans la mesure où on ne m'oblige pas à le lire. Mais c'est un personnage plus que douteux, dont il vaut mieux, dans l'intérêt des causes que l'on veut défendre, ne pas se recommander. Idem pour le Pr Debray-Ritzen, dont les sympathies frontistes sont bien connues de ceux qui font un peu l'effort de se renseigner, -- ce qui me paraît le minimum quand on a la prétention de réfléchir sur l'instruction et l'éducation. Quel est l'intérêt de se réclamer de gens si peu irréprochables, si ce n'est de se déconsidérer et finalement de nuire aux thèses que l'on prétend soutenir ? Une "auctoritas", par définition et par étymologie, c'est un garant, pas une mauvaise fréquentation. Nous ne serons crédibles face aux pédagogistes que si nous sommes intransigeants sur ce point.

Ecrit par : FGuichard | 22 janvier 2007

Quand à la philosophie et aux réflexions de haut niveau qu'elle implique, si c'est pour amener à trouver un personnage comme Sarko recommandable, alors là, je tire la bride!

Christophe, je n'ai pas dit que Sarkozy était recommandable j'ai dit que je l'avais trouvé assez sympathique au cours de l'émission de Franz Olivier Gisbert. J'ai trop de respect pour les gens sur ce blog pour essayer de les influencer. Dailleurs , j'ai déjà dit ma préférence pour Bayrou...Mais le problème, c'est l'hypothèse d'un deuxième tour Sarkozy/Royal. Ca ne vous pose peut-être pas de problème à vous, mais à moi si. Je ne veux pas que la France s'enfonce encore pendant cinq ans dans la situation dramatique dans laquelle est elle est actuellement (taux d'endettement, déficit du commerce extérieur, accroissement des inégalités, crise du logement, etc.) Je ne veux pas imaginer un seul instant que, dans le domaine de l'éducation, nos souffrances (je pèse bien ce mot qui n'est pas excessif en ce qui me concerne) et nos combats n'aient servi à rien.

Ecrit par : Robin | 22 janvier 2007

Mais c'est un personnage plus que douteux, dont il vaut mieux, dans l'intérêt des causes que l'on veut défendre, ne pas se recommander. Idem pour le Pr Debray-Ritzen, dont les sympathies frontistes sont bien connues de ceux qui font un peu l'effort de se renseigner, -- ce qui me paraît le minimum quand on a la prétention de réfléchir sur l'instruction et l'éducation.

Vous m'apprenez quelque chose FGuichard concernant Anatrella. Je m'explique mieux maintenant le malaise que m'avait procuré la lecture de son livre sur la "société dépressive".

Ecrit par : Robin | 22 janvier 2007

Christophe remerciant FGuichard pour la volée de bois vert qu'elle lui a administrée pour l'usage abusif du terme de "rebelle"! Très amusant!
Cela dit, FGuichard, il faudrait peut-être préciser que le "rebelle", c'est la personne qui refuse d'obéir à une autorité légitime. La "rébellion" au sens propre, c'est la contestation armée d'un pouvoir politique et militaire. Le sens figuré, qui est celui dans lequel Christophe a introduit ce terme dans nos débats, est chargé d'une connotation d'"illégitimité" et de "minorité" suffisante pour en rendre l'application délicate, inappropriée, en tous cas, à notre lutte "républicaine et argumentée" contre le socio-constructivisme et ses valets.
Quand je mettais la Société des agrégés du côté des "rebelles", FGuichard, c'était pour répondre à Christophe en reprenant le mot qu'il employait, mais j'avais bien conscience de son impropriété. Christophe reprenait du reste un préjugé assez courant contre la Société des agrégés, selon lequel cette association n'aurait pour but que de sauvegarder les privilèges d'une caste. La réalité n'est pas exactement celle-là. Car si la Société défend, évidemment, le concours de l'agrégation, c'est parce qu'elle estime que les grands concours sur épreuves anonymes appréciées par un jury collégial indépendant et comportant une série suffisante d'épreuves écrites et orales sont la façon la plus juste et la plus sûre de recruter des professeurs qualifiés - cela vaut tout aussi bien pour le CAPES. Ce mode de recrutement est donc tout simplement de l'intérêt même de la nation. N'est-il pas préférable, en effet, à celui que l'IUFM trépigne d'impatience de mettre en place, le recrutement des professeurs par un "entretien" qui vérifie l'allégeance du candidat au dogme socio-constructiviste? Pour ce qui est de la doctrine pédagogique de la Société des agrégés, elle s'inscrit dans l'héritage des Lumières et de la République qui en est issue. Elle se résume dans le passage de la Constitution que j'ai déjà cité: "Enseigner est un devoir de l'Etat, s'instruire est un droit." : la République confie donc aux professeurs la mission de transmettre aux élèves toutes les connaissances rationnelles (sans oublier l'initiation aux arts et l'éducation physique) nécessaires pour qu'ils puissent former leur esprit et leur sensiblité et se préparer ensuite à leur vie professionnelle. Car c'est par la connaissance seule que l'élève peut "s'élever", notamment au-dessus des déterminations sociales. Toute doctrine pédagogique qui relativiserait l'importance de l'acquisition du savoir dans l'éducation serait donc combattue pied à pied par la Société des agrégés. Raison pour laquelle Meirieu a toujours trouvé la Société des agrégés en face de lui comme son principal adversaire.

Ecrit par : Jean | 22 janvier 2007

Les stagiaires que j'ai le bonheur d'avoir en face de moi à l'IUFM", écrit Christophe. Les stagiaires en question sont-ils aussi heureux d'être là? Simple question.

Ecrit par : Jean | 22 janvier 2007

Au sujet de Tony Anatrella. Je ne savais pas qu'il exerçait dans le diocèse de Paris. Je viens de l'apprendre en allant sur le site indiqué par FGuichard (Golias)... Je croyais qu'il était de nationalité italienne et qu'il exerçait en Italie.

Ecrit par : Robin | 22 janvier 2007

Au sujet de Tony Anatrella. Je ne savais pas qu'il exerçait dans le diocèse de Paris. Je viens de l'apprendre en allant sur le site indiqué par FGuichard (Golias)... Je croyais qu'il était de nationalité italienne et qu'il exerçait en Italie.

Ecrit par : Robin | 22 janvier 2007

Jean, soyons sérieux! Relisez bien ce qu'écrit FGuichard à propos de l'emploi abusif du mot : "rebelle"... J'ai nettement l'impression que vous vous trompez quand à celui à qui la "volée de bois vert" était administrée!
Robin, comment peut-on se réclamer de Spinoza et trouver Nicolas Sarkozy sympathique, voire crédible? Il y a là un tour de passe-passe sémantique qui échappe à ma petite intelligence.

Ecrit par : Christophe Sibille | 22 janvier 2007

Montaigneàcheval, ce n'est pas moi qui ai employé le mot de "calomnie". Est-ce votre inconscient qui vous a dépassé?

Ecrit par : Christophe Sibille | 22 janvier 2007

Oui, FGuichard, Patrick Font a fait quatre ans de prison pour moins que ça. Je confirme.

Ecrit par : Christophe Sibille | 22 janvier 2007

Bonjour,

Robin évoque la tradition .

Me vient sous les yeux cette citation de Martin Buber :

" Débarrasé des oripeaux dont on l'a si souvent paré , la tradition est la plus noble des libertés pour la génération qui l'assume avec la conscience claire de sa sigification mais elle est aussi l'esclavage le plus misérable pour celle qui en recueille l'héritage par simple paresse d'esprit "

A lire peut être ou à survoler :

http://www.snuipp.fr/IMG/pdf/294.pdf

On y parle des finauds finnois (je crois que JPB a écrit sur ce point)
On a un énième propos de P.Meirieu etc et on fête les 40 ans des sciences de l'éducation .

Mon père était ouvier, j'ai travaillé en entreprise . Le syndicalisme est un élément (parmi d'autres) du fonctionnement démocratique ...mais je me suis toujours demandé en quoi une structure syndicale pouvait m'éclairer sur mon métier au sein de ma classe ou sur la pédagogie en général .

Cordialement

Ecrit par : Patrick(instit) | 22 janvier 2007

Patrick, je lis peu la revue du SNUIPP, étant dans le secondaire. On dirait celle du SNES : tout en couleur, le papier doit être glacé je parie. Les subventions doivent bien servir à des choses aussi importantes... Et l'article avec l'avis obligatoire de Meirieu !

Je me demande à quoi sert ce genre de revue remplie de vide, effectivement on pourrait s'attendre à y trouver par ex. des trucs qui concernent le « métier »plutôt que ces catalogues de discours pour candidates à Miss France.

Ecrit par : Lariba | 22 janvier 2007

C'est bien Christophe qui a employé le mot "rebelle" sur ce blog en l'appliquant à Mesdames Capel et Boutonnet, même si c'était pour leur dénier cette qualité. Donc, pour être compris de lui, il fallait bien reprendre son terme. Quitte à faire une mise au point sémantique ensuite.

Ecrit par : Jean | 22 janvier 2007

Jean, vous vous enfoncez! Relisez bien qui a employé sérieusement le mot de "rebelle" en premier en l'appliquant à Capel et Boutonnet! C'est vous! Si vous ne voyiez pas que mon message précédent était ironique. Il me semblait que votre réponse à mon message tenait compte de cette dimension.
Par ailleurs, votre remarque, (simple question, dites vous) comme quoi vous vous demandiez si les PE2 qui sont en cours avec moi s'ennuient, le mieux serait de leur poser la question! Je les ai mis au courant de l'existence du blog et, quoi que vous pourriez en penser dans votre manichéisme anti-IUFM, ils ne se sont pas bousculés au portillon pour venir abonder dans votre sens. Pourtant, d'après vous, et la foi que vous ayez en le fait que tous les gens confrontés à cette formation devraient la haïr, ils devraient tous squatter ici depuis longtemps!
Ceci-dit, je trouve cette remarque assez petite de votre part. Malgré votre côté un peu caractériel, vous valez mieux que ça.

Ecrit par : Christophe Sibille | 22 janvier 2007

Il y en a que je trouve un peu vé"nères, en ce moment — pour parler un instant la langue de certains…

Alors, aujourd'hui, détente. La blague quyi suit est connue, archi-connue, mis elle me faiut toujours rire…

"En voyant la foule des gens, Jésus alla sur la montagne. Et lorsqu’il fut assis, les douze vinrent à lui. Il leva les yeux sur ses disciples et dit :
« Bienheureux en esprit sont les pauvres, car le royaume des cieux leur appartient.
Bienheureux ceux qui souffrent, car ils seront consolés,
Bienheureux les doux car ils possèderont la terre.
Bienheureux ceux qui ont faim et soif de justice, car ils seront rassasiés.
Bienheureux les miséricordieux, car ils recevront la miséricorde.
Bienheureux ceux qui ont le cœur pur, car ils contempleront Dieu.
Bienheureux les pacificateurs, car ils seront appelés enfants de Dieu.
Bienheureux ceux qui seront persécutés pour avoir choisi la juste cause,
Car le royaume de Dieu leur appartient »

Alors Simon Pierre dit : « est-ce qu’on doit apprendre tout ça ? »
Et André dit : « est-ce qu’il fallait l’écrire ? »
Et Philippe dit : « j’ai pas de feuille »
Et Jean dit : « les autres disciples n’ont pas eu à l’apprendre, eux ! »
Et Thomas commença à faire des exercices de mathématiques.
Et Barthélémy dit : « est-ce qu’on l’aura en devoir ? »
Et Jacques dit : « est-ce qu’on sera interrogé sur tout ?
Et Marc dit : « ça sera donné ? »
Et Mathieu quitta la montagne sans attendre et dit : « je peux aller aux toilettes ? »
Et Simon le zélote dit : « quand est-ce qu’on mange ? »
Et Jude dit enfin : « Vous avez dit quoi après pauvres… ? »

Alors le grand prêtre du temple qui était présent à l’arrière s’approcha de Jésus et dit :
« quelle était ta problématique ? Quels étaient tes objectifs de savoir-faire ?
Pourquoi ne pas avoir mis les disciples en activité de groupe ?
Pourquoi cette pédagogie frontale ? »

Alors Jésus s’assit et pleura."

JPB

Ecrit par : brighelli | 22 janvier 2007

Alors Jésus s’assit et pleura.
Jésus pleura...ce qui ne lui arriva qu'une seule fois, à la mort de Lazare. C'est dire sa tristesse éprouvée à l'injonction du grand prêtre (à propos , quel est son nom?) de laisser ses disciples s'auto-instruire! On le comprend!

Ecrit par : buntovchik | 22 janvier 2007

Certes, j'arrive après la bataille, mais je voudrais réagir à la passe d'armes en Brighelli et Sibille. Parler de "cure psychanalytique" est une ânerie, car, de l'aveu même de Freud, "la guérison vient par surcroît" : peut-on vraiment considérer comme curative une méthode qui ne cherche pas à guérir ?

Ecrit par : Claire | 22 janvier 2007

Alors le grand prêtre du temple qui était présent à l’arrière s’approcha de Jésus et dit :
« quelle était ta problématique ? Quels étaient tes objectifs de savoir-faire ?
Pourquoi ne pas avoir mis les disciples en activité de groupe ?
Pourquoi cette pédagogie frontale ? »

Alors Jésus s’assit et pleura."

JPB

Ecrit par : brighelli | 22 janvier 2007

...Alors Judas s'approcha de lui et lui glissa à l'oreille : "Qu'est-ce que tu as dit après pauvre ? "

Ecrit par : Robin | 22 janvier 2007

Si phil ne l'a pas encore collé...

http://www.sauv.net/kevjournal.php ;)

Ecrit par : toto | 22 janvier 2007

toto, très amusant, je suis ...mort de rire ... en ce jour de quasi deuil national! (il paraît que le président de la république en personne a versé aussi sa larme!)

Ecrit par : buntovchik | 22 janvier 2007

Vous êtes décevant Buntovchik, votre sarcasme n'est pas à la hauteur de votre spiritualité!

Ecrit par : garance | 22 janvier 2007

Garance, vous avez sans doute un peu beaucoup raison! C'est aux Etats Unis d'Amérique qu'il m' a été expliqué que secourir les pauvres étaient la meilleure façon d'entrenir en l'institutionnalisant et la naturalisant la misère.
Un peu comme dans notre système scolaire qui, comme nous le disait hier hyo médicalise, psychologise, naturalise les difficultés des élèves consécutives bien souvent à des apprentissages désastreux. Et hyo d'écrire: "On construit une génération de victimes et de frustrés qui ne tardera pas à demander des cartes de handicap à l'avenir pour des maladies délirantes mystérieusement apparues..."
Il est difficile de nier cette "logique thérapeutique" au coeur des institutions...Elle au principe de cette idée ahurissante sortie du cerveau d'un jésuite selon laquelle, les humains étant nés dans le malheur il convient de les secourir. La France s'en est même fait par la suite une spécialité en inventant l'Etat Administratif centralisé, qui gère à peu près tous les actes de la vie...avec le consentement volontaire des citoyens asservis à cette pratique des choses.

Ecrit par : buntovchik | 22 janvier 2007

Claire, est-ce qu'un traitement qui peut permettre d'aller mieux ne peut réellement pas être considéré comme une cure? Et, même si "la guérison vient de surcroît", elle est bien consécutive au traitement! Je ne vois pas où est la contradiction.

Ecrit par : Christophe Sibille | 22 janvier 2007

Je me marre aussi! Hier, un peudésœuvrée suite à la fermeture de la chasse, je crée avec le meirieutron ce texte :

"Fidèles aux objectifs fondamentaux et interpellés par la capacité de faisabilité en ce début de XXIe siècle, il est vital, dans le souci des apprenants, de poser ponctuellement la somme des remédiations des groupes de pilotage. Pour enfin en terminer avec l’archaïsme et constatant la définition de la nouvelle citoyenneté face au défi des nouvelles technologies, il faut dans l’intérêt des nouveaux publics poser ponctuellement la somme des capacités et compétences s’adaptant à la demande des jeunes et de leurs familles. Compte tenu des attaques dont la réforme est l’objet et cette crise de l’élitisme bourgeois à l’heure de la mondialisation, nous nous sommes équipés d’outils diversifiés et on doit élargir l’horizon de tous les partenaires éducatifs à un référentiel obligatoire des situations-problèmes du rapport du jeune au corps et à l’espace. Pour enfin en terminer avec l’archaïsme et constatant la violence causée par l’école elle-même et persuadés que le jeune est un apprenant potentiel, il est vital, dans le souci des apprenants, de mutualiser une mise en oeuvre se référant à des transversalités sur le principe de l’hétérogénéité maximale. Examinant toutes les pesanteurs du corps enseignant et l’individualisation des apprentissages dans la logique obligée des handicaps socioculturels, il faut dans l’intérêt des nouveaux publics élargir l’horizon de tous les partenaires éducatifs à un référentiel obligatoire des situations-problèmes au sein du groupe-classe."
Puis je le poste sur le site désirsdavenir.Il passe par les modérateurs, est publié et récolte cinq étoiles de la part des lecteurs, ce qui signifie texte très intéressant et d'une grande portée.
Vous ne riez pas? Moi, si!
Bon, à part ça, ayant laissé tomber le forum de France2, je vais sur désirsdavenir où je publie des bouts de textes ad hoc que je pique ici. Etes-vous d'accord?

Ecrit par : dobolino | 22 janvier 2007

Rions un peu (suite) mais de rage...
Le dernier numéro de "Télérama" a eu l'idée saugrenue de demander à quatre écrivains de parler des livres qu'ils n'ont pas lus. Dans cette société de faux-semblants, où on parvient à nous faire croire que Mme Royal est une femme politique sérieuse et Sarkozy le nouveau de Gaulle, ce n'est guère étonnant.
Mais passons, voyons voir, et venons-en au (for)fait...
C'est donc ainsi que S. Audeguy parle fort bien de "Vanity Fair" : "La puissance d'un chef-d'oeuvre est telle qu'il nous lit, à livre ouvert, quand bien même nous ne le lisons pas". Joli, non ? Dominique Noguez rend compte avec talent de sa non-lecture des "Essais" de Montaigne, expliquant que c'est "le livre qu('il) a le plus ouvert de (sa) vie, dont (il) a le plus attentivement parcouru les pages, lu, relu, médité et recopié le plus de passages avec le plus d'émerveillement" : mais "quant à l'avoir lu de A à Z, nenni." Patrick Grainville raconte quant à lui comment, ayant longtemps été le sosie de l'ingénieux hidalgo, il n'a jamais lu Don Quichotte, qui pourtant "(lui) collait tant à la couenne".
Le quatrième écrivain (???) est François Bégaudeau (.......), qui franchit allègrement le mur du çon avec "La Divine Comédie". Je vous cite intégralement ce festival de niaiserie prétentieuse.
"Je n'ai pas lu "La Divine Comédie", et ce pourrait être un gros problème, vu qu'il ne se passe pas un déjeuner ou un dîner, un cocktail sans qu'il en soit question. J'en sais cependant assez sur le livre pour faire bonne figure au milieu de ces débats récurrents et acharnés.
Je sais par exemple que l'auteur, prénommé Dante, avait lu "La Comédie humaine" et entendait frapper encore plus fort que Balzac, car l'invention des pâtes al dante (à la Dante) n'avait pas suffi à combler sa vanité. Il s'est donc inspiré de son groupe de pop anglaise préféré, The Divine Comedy, pour titrer ce qui demeure, à ce jour, son grand oeuvre.
Restait à décider s'il s'agirait de démontrer que la comédie était un genre absolument divin, ou que les dieux étaient de sacrés comiques. Ayant eu vent du fait que certains des habitants de l'Olympe avaient un grand sens de la déconne, Dante opta pour la seconde voie conceptuelle. C'est ainsi qu'à la page 321 de "La Divine Comédie", Jupiter demande à Athéna de dire "camion". Passablement surprise mais pas bégueule, la divine déesse (sic) s'exécute, et c'est alors que l'impayable dieu des dieux pince un sein de sa vis-à-vis en criant "pouet !" Camion, pouet, c'est divin, c'est comique, c'est dans "La Divine Comédie".
Voilà donc un personnage infiniment vulgaire, qui pense que la culture littéraire ne sert que pour dîner en ville, qui étale son ignorance avec complaisance, et qui ne résiste pas à un petit jeu de mots raciste contre les Italiens, dont il connaît manifestement à peine mieux la pasta que la littérature. Et ça se dit écrivain ? Et c'est à ça qu'on confie nos enfants ? Et il se croit drôle ?
Il y a des gens qui salissent tout ce qu'ils touchent, même les livres qu'ils n'ont pas lus.
Il faudrait inventer un nouveau cercle de l'Enfer, exprès pour lui.

Ecrit par : Dulcamara | 22 janvier 2007

Comment, mais , Dobolino, songez-vous à ce que vous dites? Vous moquer ainsi de Meirieu, qui a eu le mérite insigne de concevoir les IUFM, qui nourrissent plein de gens qu'on n'aurait pas su caser ailleurs, qui a bien failli, à la demande de son ami Claude Allègre, vider le lycée de sa substance - de ces connaissances "fossilisées" avec lesquelles les professeurs ne songeaient qu'à opprimer les élèves, ce qui lui aurait valu un nouveau titre de gloire parfaitement mérité, qui est l'ami de l'illustre écrivain français François Bégaudeau - et qui s'en honore, à moins que ce ne soit l'inverse, voyons, Dobolino, quel manque singulier de modération, et qui dépare sur ce blog toujours de bonne tenue - et gris souris - grâce à la vigilance de notre ami Christophe! Quoi? Ne pas trouver Meirieu "intelligent"? Estimer que c'est un bavard creux et bouffi de vanité ( c'est d'ailleurs la même idée!)? En faire l'objet de la risée générale? Vous êtes épouvantablement "excessive", Dobolino!

Ecrit par : Jean | 22 janvier 2007

Oui Buntovchik, soyons Nietzschéen...
Que les politiques versent une larme aujourd'hui, ce n'est pas de tristesse mais de rage, de crainte de voir une fondation qui leur rend bien service disparaitre... Ignorons la misère il y aura toujours de braves bougres pour se dévouer n'est-ce pas!
une garance qui vire au rance ce soir

Ecrit par : garance | 22 janvier 2007

Je vois que le débat sur les IUFM est toujours aussi idéologique et, par suite, inutile : tous les arguments ont déjà été dits, écrits, redits et récrits, à quoi bon continuer de tourner en rond ? Mais quand on essaie d’aborder les problèmes par le bout du concret, cela n’intéresse plus personne. Les experts s’en foutent, les politiques s’en foutent, les journalistes s’en foutent. Comme Luc Cédelle, qui est capable de faire une pleine page du Monde sur l’arrêté ministériel sans tenir le moindre compte des deux lièvres que soulève le communiqué de Reconstruire l’Ecole : qui doit désormais préparer aux concours ? la préprofessionnalisation tous azimuts est-elle rationnelle ou, plus simplement encore, possible ? Et les participants à ce blog continuent à s’en prendre à Christophe Sibille qui, lui-même, refuse de voir les problèmes autrement que comme une généralisation de sa propre expérience. Il y a beaucoup de choses inutiles et nuisibles dans les IUFM mais pas les cours de préparation au concours de professeur des écoles. Comment pourrait-on réussir un concours, même aussi mal foutu que celui-là, sans le préparer ? Cela ne vous fait donc rien, Christophe, que 80% des candidats n’aient pas droit à ces cours parce que les IUFM refusent de les accueillir ? Je reviendrai sur tout cela mais pour l’instant j’aimerais, avec cet exemple, faire le lien avec la note initiale de Jean-Paul Brighelli. Car cette présélection arbitraire opérée par les IUFM concerne au plus haut point la question de l’égalité.

Or il y a plusieurs choses qui me gênent dans l’opposition que fait Jean-Paul entre « égalité des chances » et « égalité des droits ». Et d’abord qu’elle est utilisée par les pédagos pour en tirer la conclusion opposée : il faut se débarrasser de la vieillerie républicaine de l’égalité des chances, qui aboutit à l’inégalité des parcours, et la remplacer par l’égalité des droits, ie le droit à la réussite pour tous. Conclusion : aucune sélection. Voir par exemple :
http://www.cafepedagogique.net/expresso/index081106.php
http://65.snuipp.fr/article.php3?id_article=56
http://www.cahiers-pedagogiques.com/article.php3?id_article=513
Contrairement à ce que dit le dossier du Monde sur ce sujet (mais c’est normal, les journalistes sont l’emblème de l’ignorance), l’égalité des chances n’est pas du tout une invention de Chevènement. Cette notion est d’usage courant dans toute la littérature sur l’école depuis les années 60 (avec les thèses contradictoires de Bourdieu et de Boudon). Il faudrait faire toute une archéologie de cette idée depuis le XIX ème siècle, ce sera pour une autre fois.

L’égalité des droits n’a pas à être prônée ou défendue. Elle figure à l’article 1 de la Déclaration des droits de l’homme de 1789, explicitement repris dans le préambule de la Constitution en vigueur. Elle se trouve donc au fondement de l’organisation politique de notre pays : « les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits » (le verbe « demeurent » est essentiel). Mais cette formule demande évidemment à être explicitée. C’est la notion de droit qu’il faut d’abord définir. On distingue en philosophie politique les « droits à » et les « droits de ». Un enfant par exemple a le droit à l’instruction mais il n’a pas le droit de vote. Or dans la déliquescence de la pensée qui caractérise notre époque, on confond les deux. Cf la Charte des droits de l’enfant dont la France devrait retirer sa signature (encore une campagne à mener en cette période électorale). C’est ce qui a permis la reconnaissance dans la loi Jospin de « droits de » aux élèves : droits de manifester leurs opinions et leurs croyances, droits d’intervenir dans la vie de l’école, etc. Dans le discours pédago (et encore aujourd’hui dans une tribune du Monde signée par Dubet), cela devient le « droit de réussir » sans en foutre une rame. Car par abus de langage le « droit A la réussite » (expression qui ne veut rien dire du tout) signifie le droit DE réussir. Droit « opposable », apparemment aux professeurs qui mettent de sales notes.

Il y a aussi, bien sûr, la question de l’égalité elle-même. Aucune société n’a jamais été égalitaire. Les néolibéraux proposent de remplacer l’égalité par l’équité (John Rawls). Les progressistes imaginent que l’égalité est un objectif, qu’il faut se battre pour une société de plus en plus égalitaire. Je ne suis ni néolibéral ni progressiste. Avec les deux derniers philosophes communistes en France (Jacques Rancière et Alain Badiou), je pense que l’égalité n’est pas un objectif mais un axiome. Un axiome communiste justement. Mais aussi un axiome « républicain » puisque l’égalité figure dans la devise de la République et dans l’article 1 de la Déclaration déjà citée. Dire que l’égalité est un axiome, qu’elle est même l’axiome de la politique, c’est la poser en principe et en déduire les conséquences. En faire non pas un idéal à atteindre (toujours plus tard) mais le point de départ de toute réflexion et de toute action politiques. Contrairement à ce que nous serinent les pédagos, la vieille école républicaine était égalitaire (contrairement à celle d’aujourd’hui). Car son axiome était que tous les enfants peuvent mêmement devenir des élèves et recevoir donc le même enseignement. Qu’on habitât dans un centre ville ou dans la plus reculée des pacoules (argot marseillais), qu’on parlât parisien, une langue régionale ou un patois, peu importait : il y avait des programmes uniques et une pédagogie unique. C’est cela, l’égalité comme axiome. On en est fort loin aujourd’hui. Tout le problème consiste à déterminer le moment où l’enseignement ne peut plus être unique parce que tous les élèves ne sont pas aptes à le recevoir. La République avait dit : 11 ans. Il est possible que l’on puisse aller un peu plus loin. Ce qui est certain en revanche, c’est que si on ajoute le collège unique à la destruction de l’enseignement élémentaire, alors aucune égalité n’est possible ni avant ni après 11 ans. Et c’est bien ce qui s’est passé : aujourd’hui l’école est inégalitaire dès la maternelle et les inégalités ne font que se creuser au fur et à mesure qu’on avance dans les cursus.

Ecrit par : Pedro Cordoba | 22 janvier 2007

M. Pedro Cordoba, je suis heureux de pouvoir vous lire de nouveau sur ce forum.

Ecrit par : Jeremy | 22 janvier 2007

C'est dire sa tristesse éprouvée à l'injonction du grand prêtre (à propos , quel est son nom?)

Caïphe

Ecrit par : Robin | 23 janvier 2007

Pedro, je suis parfaitement d'accord avec vous, et nous en avons déjà parlé! Les "tests d'aptitude" destinés à "sélectionner" les candidats "dignes" de préparer le concours de prof des écoles dans les instituts sont, n'ayons pas peur des mots, absolument nuls.

Ecrit par : Christophe Sibille | 23 janvier 2007

Christophe a écrit:"absolument nuls"!
Pas possible! Quel manque de "modération"!
- Je vous taquine, Christophe...

Ecrit par : Jean | 23 janvier 2007

Il faut appeler les choses par leur nom.

Ecrit par : Christophe Sibille | 23 janvier 2007

Bien je n'ai pas pu insérer ces articles dans programmes et candidats alors je le fais ici car ces derniers me semblent bien pertinents et à mon humble avis les élections ne se rémuseront probablement pas à un duel entre Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy..

Le show politique nous réserve bien des surprises :

http://www.monde-diplomatique.fr/1995/12/BIHR/2077.html

http://www.monde-diplomatique.fr/dossiers/extdroite/

Ecrit par : SW | 24 janvier 2007

"ne se résumeront pas".

Ecrit par : SW | 24 janvier 2007

Christophe:
Bien entendu vos stagiaires n'abondent pas dans le sens de JPBrighelli!C'est vous qui les évaluez!!!!
De même je suis certaine qu'ils pensent tous que le manuel que vous avez écrit est le meilleur au monde!!!

Ecrit par : Claudine | 26 janvier 2007

Bravo, Claudine! Je n'y aurais pas pensé! C'est une intervention de très haut niveau. Très fine.
Par ailleurs, je ne fais aucune publicité pour mes "manuels". Il sont d'ailleurs épuisés depuis un certain temps mais "mes" stagiaires, comme vous dites, (je n'ai personnellement jamais employé cette expression) peuvent les consulter au centre de ressources documentaires de l'établissement dans lequel j'enseigne... Ce qu'ils semblent faire régulièrement, et j'en suis, ma foi, très flatté.
Au fait, les avez-vous lus?

Ecrit par : Christophe Sibille | 28 janvier 2007

Pour Robin, à propos de l'extrait du poeme tiré de "L'année terrible" d'Hugo.

J'ai mes petites faiblesses, et l'une d'entre elles est le roman policier - et je puise volontiers dans la collection "Grands détectives" de 10/18.

On y touve cependant quelques jolies choses de temps à autre, divertissantes sans être débilitantes. C'était le cas, justement, d'un bouquin que je lisais il y a quelques mois.

Le héros est un jeune libraire, dans le Paris de la Belle-Époque ; dans ce volume-là, l'intrigue faisait remonter à la surface les évenements de la Commune et de sa répression. Et le poème de Victor Hugo, reproduit intégralement en annexe, y jouait un rôle tout particulier.

Je l'ai ainsi découvert à cette occasion. C'était en Novembre 2005, en pleine vague des émeutes de nos banlieues.

Le hasard nous offre parfois de ces télescopages…

Ecrit par : Argo | 30 janvier 2007

Ce soir, vous ne faites RIEN.C'est un ordre. Pas de petites fifiches, pas de prépârâtions de coucours. Vous allez sur ARTE et vous regardez l'emission sur VIKTOR KLEMPERER.......bon sang de bois!!!!!

Ecrit par : montaigneàcheval | 31 janvier 2007