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05 janvier 2007
Made in USA
Une "honorable correspondante" installée aux Etats-Unis m'a fait parvenir un résumé de cette pédagogie à l'américaine qui a si fort inspiré les pédagogues français — qui n'ont effectivement de français que les appâts rances, comme disait jadis Bérurier… D'où peut-etre cette obstination à promouvoiir ces "cultures plurielles" qui, en mélangeant tout, permettent de plafonner le la culture de la République — et, à terme, la République.
Je livre cette note à l'attention des blogueurs de passage. J'attire leur attention sur l'existence de contre-pouvoirs, aux Etats-Unis, qui ont permis de résister localement aux déferlantes de "nouvelle pédagogie", et au poids du privé qui se plie globalement aux desiderata des parents — ce qui présente d'ailleurs, sur certains points, bien des dangers…
Bref, le système américain était à même de digérer les lubies pédagogistes — et je rappelle qu'il l'a fait : ce qui est évoqué ici est de l'histoire, — un anglicisme qu'on me pardonnera pour dire que c'en est aujourd'hui fini de ces belles théories fracassantes : il est essentiel que chaque pays (regardez donc les Scandinaves, qu'on ne cesse de nous donner en exemple) comprenne qu'on n'emprunte pas un système éducatif clés en main, et qu'il est de notre devoir de réinventer une Education qui colle au plus près du génie national, et de nos institutions.
Sur ce, je laisse la parole à Danièle S.
"L’histoire de l’éducation, hors de l’hexagone, fait état d’un ensemble de théories fumeuses qui ont porté les pseudo "sciences de l’éducation" sur les fonds baptismaux, outre-Atlantique, il y a plus de cent ans. La Progressive Education qu’elles ont enfantée y commença ses ravages dans l’entre-deux guerres. La France, (comme la Suisse, et en fait toute l’Europe occidentale à l’exception de la Scandinavie) a cinquante ans de retard, mais elle a mis les bouchées doubles. Elle n’a pas non plus de secteur vraiment privé, ce qui aux Etats-Unis a un peu minimisé les dégâts, notamment grâce aux écoles catholiques très peu chères et un système de bourses très répandu. Mais l’école publique a connu le même désastre que chez nous. Lilane Lurçat (voir http://www.sauv.net/lurcat1.htm) est l’un des rares auteurs français à avoir analysé cette similitude dans « La destruction de l’enseignement élémentaire et ses penseurs » (1889).
Parmi les gourous-fondateurs de la Progressive Ed, ces ancêtres de nos Diafoirus pédagogistes, voici par exemple G. Stanley Hall, né en 1846 au Massachusetts, et qui aimait un peu trop les éphèbes, ce qui lui valut quelques bricoles… Il fut le premier Américain auquel Harvard décerna un doctorat en psychologie, en 1878 et un pionnier de la psychologie génétique, celle-là même qui sera promise à un bel avenir en URSS (Langevin et Wallon le portaient aux nues). Sa philosophie de l’éducation est un mélange de rousseauisme et de darwinisme et repose sur l’apologie de l’ignorance et de l’illettrisme, et sur la diabolisation de l’instruction : « We must overcome the fetichism of the alphabet, of the multiplication table, of grammars, of scales, and of bibliolatry » proclamait-il, la redondance ne l’effrayant point. L’école avait pour mission première d’exaucer les desiderata des enfants : « What children love to do, are curious to know and the things they most want ». Il eut pour disciple un certain…John Dewey et William Heard Kilpatrick, professeur de mathématiques au Teacher’s College de Columbia, où l’on professait une foi indéfectible dans les vertus insurpassables du puérocentrisme. ( child-centered education). Les premiers défenseurs de la Progressive Education étaient des pacifistes post14-18, admirateurs de la révolution russe et du Grand soir, défenseurs du prolétariat et de la lutte des classes, bourgeoisophobes et membres d’un mouvement « anti-intellectualiste »,
Les critiques à l’encontre de ces théories ineptes ne tardèrent pas et William Bagley fut le premier à mettre en cause la validité des analyses "scientifiques" et de la « recherche » sur lesquelles reposaient leurs affirmations péremptoires. « The evidence for these sweeping indictements has, so far as I know, never been presented, disait-il en 1914… et Alain en dira autant vingt ans plus tard dans ses Propos sur l’éducation, et Arendt en 1953, dans The Crisis of Education.
Bagley adjurait ses contemporains de sauver les apprentissages de la destruction par les membres de cette nouvelle secte, et ce pauvre élève si malmené, sous prétexte de faire son bien, il voulait « rid his mind of superstition and error, and energy-destroying forces that reduce strong men to the helplesness of infancy ». Ce langage, Condorcet ne l’aurait pas renié, — mais peut-être Bagley l’avait-il lu ?
Il ne fut pas écouté car la nouvelle idéologie (Thoughtworld ou pensée unique) avait déjà investi les bastions de l’éducation américaine, par le biais du Teachers’ Collège et d’autres institutions similaires à travers le pays, d’où essaimeront pendant plusieurs décennies les armées de pédagogues en chef des School Boards, réformateurs de programmes, et enseignants, tous bien intentionnés, pétris de bonne conscience, et tous persuadés que l’égalitarisme est la panacée de la démocratisation de et par l’école. Pour la suite se reporter à la version française, cinquante an plus tard, les même causes produisent les mêmes effets.
Un système scolaire qui était en 1880 le plus performant au monde, (avec celui de ces Allemands dont ils s’étaient considérablement inspirés et qui nous avaient flanqué la pâtée à Sedan car leurs soldats savaient lire et pas les nôtres — un constat qui ne fut pas pour rien dans la déccision de la IIIe République d'universaliser l'Instruction obligatoire) et notamment grâce à un certain Horace Mann (leur Jules Ferry), bref ce système s’est effondré en l’espace de quelques années , avec un petit sursaut entre 1945 et 1960 : mais dès le milieu des années soixante, l’idéologie progressive est repartie de plus belle, et pendant 20 ans.
Jusqu’au rapport alarmiste commandé par Reagan : « A nation at risk ».
Seulement c’est beaucoup plus facile de descendre la pente que de la remonter. Et les universités avaient quand même pris le relais pour combler les abysses d’ignorance des élèves des highschools. Et l’Amérique est un pays ultra décentralisé, cela n’avait pas empêché la catastrophe mais ça aide quand on veut ne pas faire comme le voisin. Certains état s’en sortent plus vite que d’autres et savez-vous d’où vient la résistance, et pourquoi c’est si dur de remonter la pente ? Il y bien sûr nombre de raisons — par exemple le fait que leurs syndicats sont au moins aussi puissants que les nôtres…
A lire pour creuser la question : Diane Ravitch : Left Back, a Century of Battles over School Reform, ED Hirsh « The Schools We Need and Why We Don’t Have Them, et des centaines d’autres ( comme Dumbing Down Our Kids, qui rappelle le « Crétin ») Il y a une version US de nos Maschino, Milner, Boutonnet, Brighelli and Co…
Et ils ont une palanquée de Meirieu, et comme leur dieu c’est Bourdieu ( sans parler des autres French theorists, Derrida, Foucault, etc….) Ils ne sont pas sortis de l’auberge."
Danièle S.
JP Brighelli
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Commentaires
Je reçois à l'instant une note complémentaire de Danièle S., et le parcours de ses enfants éclaire singulièrement la note ci-dessus.
"Merci, JPB pour cette prompte réponse et bien sûr vous pouvez mettre mon texte sur votre blog, c'est vraiment the tip of the iceberg, tant les similitudes sont proprement effarantes; l'histoire renouvelle la tragédie avec d'autres acteurs, elle ne repasse pas les plats en farce, ou du moins si farce il y a, c'est la "minced meat" qu'elle fait avec nos espérances...on se la prend dans le croupion, et avec des "marrons" autour, pour faire bonne mesure ;-)
Cette similitude, notamment la persévérance transatlantique dans l'erreur, m'a dicté le sujet de ma thèse. J'ai appris sur le tas, avec deux enfants qui ont fait toute leur scolarité en double commande, scolarisées dans une école privée franco-américaine, elles passaient chaque année un mois ou deux en France, dans l'école de Bretagne (Ploumanach') où je les avais fait démarrer en maternelle et au CP, elles eurent une madame Le Sire, connue dans toute la région ( Perros-Guirec, Pleumeur-Bodou, Trégastel) pour son activisme pro-syllabique, du coup la petite école craquait aux coutures car la sectorisation était un concept assez souple pour son accueillant directeur.( On était en 1995)
Quand l'aînée était en 6ème ( l'autre en CM2) à l'école bilingue de Boston, elle eut une prof de français sans autre qualification qu'un vague diplôme d'anglais qu'elle enseignait à Montréal à des adultes chez Berlitz... Elle écrivait "vous faisez, vous disez"au tableau et ignorait que les participes passés n'étaient pas tous invariables, quand elle ne les mettait pas carrément à l'infinitif.
Bref, avec les parents on a rassemblé un dossier, gros comme un bottin, des preuves écrites de son incompétence et mon mari m'a offet un billet d'avion pour aller à Paris, plaider au près de L'AEFE pour qu'on nous en délivre. Notre école était à l'époque homologuée, Danièle F. était payée par le ministère, et protégée par son syndicat: l'école privée de droit américain n'a rien pu faire. Et j'ai reçu une lettre de blame du consul ( je l'ai encadrée) pour avoir porté atteinte à un fonctionnaire dans l'exercice de ses fonctions. Deux inspecteurs sont venus et l'ont déclarée bonne pour le service!!
Cette année là, on est rentrés en France en avril et les filles ont fini l'anneee au collège des Sept Iles..
Comme en septembre Mme F. allait avoir les 6ème et 5ème, donc mes 2 filles, je les ai mises à l'école publique américaine.On payait 20.000$ par an pour qu'elles désapprennent le français et je refusais de passer encore une année à photocopier tous les jours, et pour deux cette fois, le Bescherelle, le Larousse ou une grammaire, pour corriger les fautes du prof et expliquer à toute la classe les règles de grammaire enfreintes
et on n'avait pas encore d'email à l'époque. Sur les 28 ou 30 élèves que comptaient les classes de CM2 et 6ème cette année-là 16 ont quitté l'école. Sont restés les boursiers de l'état français, ceux dont les frais de scolarité étaient payés par les employeurs des parents et ceux dont les parents faisaient l'autruche.
L'année suivante, l'école demandait l'annulation de son homologation...et madame F est rentrée en France, avec une dépression nerveuse. je ne sais où elle sévit. Elle avait une quarantaine d'années.
À l'école publique américaine, et dans un quartier pas du tout huppé, mes filles ont fait une scolarité qui leur a permis de passer un mois ou un demi trimestre en France, chaque année, jusqu’en seconde, où les profs n'en revenaient pas:
1) qu'elles puissent suivre sans encombre ( juste un pb de méthodologie, en maths, réglé avec un prof particulier, pas difficile à Lannion...)
2) de ce qu'elles leur racontaient sur la réalité de leur école: discipline, classes de niveau, « dress code » ( pas de bandanas, minijupes, capuchon sur la tête, etc)... ah oui et interdiction de fumer dans le périmètre scolaire, qui inclut la rue à 300m où les élèves prennent le bus .Il y a aussi 3 ou 4 filles voilées, dans l’indifférence générale.
Comme leur niveau de français excédait de loin celui du prof de la highschool, elles furent admises à suivre ( gratuitement) les cours de littérature française à Tufts University, à deux pas de chez nous, avec des élèves de 20-22 ans. Cela leur a épargné les affres infligées aux élèves français et à leurs parents par les adeptes de la dissection textico-stylistique que vous connaissez
Mes filles sont revenues, l’une après l’autre, en 1ère, dans leur ancienne école (devenue école internationale de Boston) pour faire le BI (Genève)La benjamine est maintenant en Terminale, l’autre a l’université, ici.
Mais au début, il a fallu à nouveau se battre avec la prof habituée au programme du bac français pour lui expliquer que le BI n’est pas soumis aux oukases de la secte susvisée. Cette fois, on a eu de la chance, madame Benali, ( Kabyle venue en France enfant) est une excellente enseignante, à la fois par sa maîtrise de la discipline et ses qualités de pédagogue, et elle a semblée soulagée, après quelque résistance pour l’honneur, de revenir à un enseignement qui ne dégoûtait pas les enfants de la littérature."
D.S.
JPB
Ecrit par : brighelli | 05 janvier 2007
Mouhahhahaha.
Oups. Pardon.
Il ne reste que cela à faire et à aiguiser ma lame par la suite. J''ai lu La crise de la culture d'Hannah Arendt la première année où j'ai enseigné. J'ai eu peur puis cela s'est calmé.
Je continue d'informer les parents.
Merci pour ce témoignage.
Ecrit par : Ordrade | 05 janvier 2007
Généraliser à partir d'un cas? Si c'est moi qui faisais ça... Il y a des nullards parmi les tenants d'une pédagogie trop "laxiste", comme vous dites. Il y en a aussi chez les pourfendeurs des sciences de l'éducation et les tenants du tout magistral. Il y a des excellents enseignants qui tiennent compte de ce qu'est l'élève en arrivant à l'école, et également des mauvais. On peut être excellent avec le Bled, et nul avec le même Bled. On peut être excellent avec le syllabique pur, et également excellent avec une méthode intercalant syllabes et textes. On peut être également excellent en travaillant alternativement sur une fable de la Fontaine et une recette de cuisine... En marquant bien la différence entre les deux, évidemment!
Par ailleurs, faire de manière implicite et pernicieuse l'amalgame entre défenseur des sciences de l'éducation et pédophile, comme vous le faites dans votre préambule, Jean-Paul, n'est pas très honorable! Et, encore une fois, je ne suis pas spécialement, loin s'en faut, un défenseur à tous crins des mêmes sciences de l'éduc.
Ecrit par : christophe sibille | 05 janvier 2007
JPB, je crois qu'il serait bon de faire disparaître le nom complet de madame F., incriminée par votre correspondante, et qui n'a pas été caviardé partout. Ce blog est là pour poser des problèmes et en débattre, pas pour servir de pilori...
Ecrit par : FGuichard | 05 janvier 2007
Les premiers défenseurs de la Progressive Education étaient des pacifistes post14-18, admirateurs de la révolution russe et du Grand soir, défenseurs du prolétariat et de la lutte des classes, bourgeoisophobes et membres d’un mouvement « anti-intellectualiste »,
Intéressante, ce rappel des racines idéologiques des tenants de l'éducation nouvelle.
Les illusions ont la vie dure, bien qu'elles s'écroulent parfois du jour au lendemain, comme le mur de Berlin, alors qu'on les croyait indestructibles.
En ce qui concerne le niveau des écoles publiques américaines il y a une trentaine d'années, je me souviens qu'il y en avait une à Saint-Cloud dans laquelle certains d'entre nous avaient des amis et qu'il y avait environ deux ans de différence entre classes de même niveau (une classe de troisième "américaine" = une classe de 5ème française.)...Et évidemment, ils étaient dispensés de faire du grec et du latin. Eh bien, bizarrement, ça ne nous faisait pas envie.
Ecrit par : Robin | 05 janvier 2007
Et ils ont une palanquée de Meirieu, et comme leur dieu c’est Bourdieu ( sans parler des autres French theorists, Derrida, Foucault, etc….) Ils ne sont pas sortis de l’auberge."
C'est vrai qu'ils ont fait du mal...Mais parfois à leur corps défendant. Je pense par exemple à la fameuse phrase de la leçon inaugurale de Roland Barthes au Collège de France "Toute langue est fasciste", phrase volontairement provocatrice, à comprendre au second degré, "cum grano salis", mais interprétée au pied de la lettre par les néo-pédagogues : il faut lutter contre le fascisme en supprimant les règles (grammaire, orthographe...) Roland Barthes voulait simplement parler des règles du bon usage de Vaugelas et de la Logique/grammaire de Port-Royal, du fait qu'au XVIIème siècle, il s'est agi de fixer des règles et que des règles, c'est effectivement contraignant. On oublie un peu facilement le contexte politique des guerres de religion dont il s'agissait de sortir (le "communautarisme" de cette époque-là)...précisément en fixant les règles d'une langue commune et comme le dit Descartes d'une "pensée claire et distincte".
Ecrit par : Robin | 05 janvier 2007
Cela fait bien longtemps qu'on sait qu'il y avait à peu près 2 ans d'écart entre un élève américain de "niveau bac"et un français, sauf que l'écart est en train de diminuer à toute allure étant donné l'effondrement de notre enseignement.
La différence tout de même est que les Etats-Unis ont quelques excellentes facs, qu'ils continuent à avoir un programme de recherche fondamentale très important, et que le privé n'hésite pas à investir pour ces facs et pour la culture. Là où ils sont moins cons aussi, c'est qu'ils ne laissent pas tomber les études littéraires au nom d'une soi-disant rentabilité. On peut faire beaucoup de choses avec un doctorat de lettres aux USA. Pas en France. Alors toutes les analyses que je lis sur: "l'éducation en France s'écroule à cause des directives européennes et de la loi du marché" me laissent rêveuse.
Ecrit par : Thalie | 05 janvier 2007
Tout à fait d'accord Thalie, les Américains ont un enseignement supérieur de qualité, investissent dans la recherche et se gardent bien de mépriser les "littéraires". Alors pourquoi imitons-nous ce qui n'allait pas chez eux et à quoi ils rémédient dans l'enseignement primaire et secondaire et pas ce qui va bien et qu'ils développent dans les universités ?
Ecrit par : Robin | 05 janvier 2007
"L'art de la prose est solidaire du seul régime où la prose garde un sens: la démocratie. Quand l'une est menacée, l'autre l'est aussi." Sartre. Ce Monsieur que je n'aime pas beaucoup a dit parfois des choses bien, quand même.
Ecrit par : Thalie | 05 janvier 2007
Alors toutes les analyses que je lis sur: "l'éducation en France s'écroule à cause des directives européennes et de la loi du marché" me laissent rêveuse.
Oui, mais aux Etats-Unis, les Etats ont une certaine autonomie...C'est de moins en moins le cas avec l'Europe. Il semblerait que les Américains, malgré tous les défauts que nous leurs trouvons (certains sont réels, d'autres moins) aient réussi à concilier la croissance économique dans une économie de marché et une école qui reste relativement indépendante vis-à-vis de l'économie (comme le souhaitait Hannah Arendt). Je ne sais pourquoi, en France, tant de personnes continuent soit à vouloir plier l'école aux impératifs économiques (stages en entreprises dès la classe de 4ème, multiplication des BAC ultra spécialisés, projet de faire faire des stages en entreprises aux futurs enseignants...), soit à s'en prendre à ces impératifs en refusant l'économie de marché.
Ecrit par : Robin | 05 janvier 2007
ben oui, les pédagogies centrées sur l'enfant sont un truc de vieux marxistes. Marine Le Pen ne dénonçait pas autre chose ce matin sur France Inter. Au fait, elle ne vous a pas seulement lu, JP, elle vous a appris par coeur.
Ecrit par : guy | 05 janvier 2007
Eh bien, elle n'a donc pas que de mauvaises lectures…
Vous pouvez vous féliciter que son menhir de père ait un tel sens féodal qu'il veuille encore une fois y aller : elle serait bien plius dangereuse que lui — bien plus extrême-centre, si je muis dire.
JP
Ecrit par : brighelli | 05 janvier 2007
Dangereuse ? Mais son programme pour l'école est calqué sur le vôtre ! Seriez-vous dangereux ?
Ecrit par : guy | 05 janvier 2007
Les idées de Marine Le Pen ne se résument peut-être pas qu'à son "programme pour l'école"...
Ecrit par : Candide | 05 janvier 2007
Nous y voilà. Les gens qui ne sont pas socialistes sont forcément d'extrême-droite. JPB est d'extrême droite comme d'ailleurs le SNALC. J'y ai eu droit pendant des années avec le SNALC. Je suis vacciné contre ce genre de terrorisme intellectuel. Le totalitarisme, j'en ai plutôt souffert jusqu'à présent sur ma gauche que sur ma droite.
C'est une erreur stupide de diaboliser Le Pen et ça n'empêche pas les gens de voter pour lui. Je ne suis pas un "bobo" et j'essaye d'avoir le courage de regarder la vérité en face : abolition des frontières, augmentation du prix de la vie avec le passage à l'euro, politique monétaire, mainmise de l'Europe sur la politique scolaire que JPB a raison de dénoncer...J'en passe et des meilleurs. Le Pen ne dit pas que des bêtises (de Villiers non plus).
Je préfère encore Marine Le Pen à la sainte vierge (l'autre, pas celle de Fatima) ; j'ai toujours eu horreur des faux-culs au masculin, comme au féminin. Et je me fiche éperdument ce que les gens bien-pensants peuvent en penser.
Maintenant, moi aussi je me suis fait avoir en avril 2002 au deuxième tour avec la "carte forcée" Chirac...On sait ce que ça a donné et je n'ai pas l'intention de me refaire avoir en 2007.
Ecrit par : Robin | 05 janvier 2007
Il est pas socialiste, JPB ??? Ben il est quoi ???
Ecrit par : guy | 05 janvier 2007
En ce qui concerne le SNALC, il ne faut tout de même pas oublier qu'il y a eu il y a qq années dans certaines régions des dérapages frontistes très nets, en particulier en PACA -- ce qui a donné jour au syndicat académique SIAES, (scission anti-FN du SNALC local, noyauté par les fafs), et qui rassemble des gens très bien comme M. Jacques Mille -- je précise que je dis cela en toute objectivité puisque je suis à la FSU, nobody's perfect. A présent le ménage est fait, dit-on, mais le SIAES n'a pas pour autant regagné la maison-mère. Pour Jean : le SIAES a signé en tant que tel la pétition refondation.
Et dans la série "toc dans les gencives", un extrait plutôt encourageant du dernier édito du bulletin mensuel "SNES-Aix-Marseille" appelant à la manif nationale du 20 janvier à Paris : "Demain, des enseignants présents 35 h dans les établissements pourront tout faire, sauf enseigner évidemment, sauf aider la jeunesse à trouver les chemins de la liberté. Il est vrai que pour beaucoup la mise en place d'une école comme lieu de pacification sociale tient lieu d'ambition". Non, ce n'est pas moi qui l'ai écrit. Mais je suis heureuse qu'il ait été écrit !
Ecrit par : FGuichard | 05 janvier 2007
"Parmi les gourous-fondateurs de la Progressive Ed, ces ancêtres de nos Diafoirus pédagogistes, voici par exemple G. Stanley Hall, né en 1846 au Massachusetts, et qui aimait un peu trop les éphèbes, ce qui lui valut quelques bricoles…"
Ha, être pédagogiste, c'est une tare; mais en plus être pédé, alors là, on atteint les summums de l'immonde. Connaître ce point biographique était plus qu'utile, vous en conviendrez tous, pour reconnaître la bête dans toute sa splendeur. Mouais... Attaque basse.
Ecrit par : Pendariès | 05 janvier 2007
A C.Sibille
Il n'y a chez moi aucun amalgame entre défenseur des sciences de l'éducation et pédophile. Je considère d'ailleurs l'amalgame comme une figure de rhétorique malhonnête, au même titre que la diabolisation ou la caricature. Ce sont les armes du terrorisme intellectuel que nous combattons tous ici. L'amalgame vous est venu pour des raisons qui me sont étrangères. Je ne citais le penchant pour les petits garçons du précurseur ( et donc pas défenseur) des sciences de l'education que pour l' anecdote, Ce qui n'est hélas pas anectdotique c'est l'effet ravageur des théories fumeuses qu'il a conçues il y a 130 ans. Remontons encore plus loin, avec une autre anecdote :
"Grimm rapporte que Jean-Jacques rencontra à Strasbourg, en 1765, un M. Agar qui le salua en lui disant: Vous voyez, Monsieur, un homme qui a élevé son fils suivant les préceptes qu'il a eu le bonheur de puiser dans votre Émile. Jean-Jacques a répondu à Monsieur Agar: "Tant pis, Monsieur, pour vous et pour votre fils, tant pis". (Raymond Trousson, Jean-Jacques Rousseau, page 444). Trousson poursuit son illustration des effets dramatiques du zèle des disciples de JJ qui n'ont rien compris à l'aspect "roman" de l'Émile, pour le malheur de nos sociétés démocratiques. "Le célèbre médecin Bichat est une autre victime de cette incompréhension: son père le plongeait en novembre, quelques jours après sa naissance, dans le bassin d'une source, et l'éleva à la dure; Bichat en mourut tuberculeux à trente ans: l'esprit vivifie, la lettre tue, disait dagement Saint Paul."
Amen
DS
Ecrit par : Danièle | 05 janvier 2007
"Et ils ont une palanquée de Meirieu, et comme leur dieu c’est Bourdieu ( sans parler des autres French theorists, Derrida, Foucault, etc….) Ils ne sont pas sortis de l’auberge."
M'sieur Brighelli, ça fait un bail que ces auteurs ne sont plus très étudiés avec sérieux dans les facs sérieuses des US...
Ecrit par : Pendariès | 05 janvier 2007
"Et ils ont une palanquée de Meirieu, et comme leur dieu c’est Bourdieu ( sans parler des autres French theorists, Derrida, Foucault, etc….) Ils ne sont pas sortis de l’auberge."
M'sieur Brighelli, ça fait un bail que ces auteurs ne sont plus très étudiés avec sérieux dans les facs sérieuses des US...
Ecrit par : Pendariès | 05 janvier 2007
oops, Pardon, "sagement" disait Saint-Paul.
Ecrit par : Danièle | 05 janvier 2007
oops, Pardon, "sagement" disait Saint-Paul.
Ecrit par : Danièle | 05 janvier 2007
Je considère d'ailleurs l'amalgame comme une figure de rhétorique malhonnête, au même titre que la diabolisation ou la caricature.
Et ils ont une palanquée de Meirieu, et comme leur dieu c’est Bourdieu ( sans parler des autres French theorists, Derrida, Foucault, etc….)
Jeter pêle-même dans le même panier des auteurs aussi différents que le sont Bourdieu, Derrida, Barthes, Foucault, Lacan etc... et les comparer aux épigones d'un certain Meirieu ne participe-t'il pas de l'amalgame et de la caricature, un sport national typiquement français.
Ecrit par : buntovchik | 05 janvier 2007
je renvoie Pendariès sur n'importe quel French Studies Department de n'importe quelle université américaine pour prendre la mesure de la vénération qu'ils sucitent encore et toujours.
Ecrit par : Danièle | 05 janvier 2007
Et dans la série "toc dans les gencives", un extrait plutôt encourageant du dernier édito du bulletin mensuel "SNES-Aix-Marseille" appelant à la manif nationale du 20 janvier à Paris : "Demain, des enseignants présents 35 h dans les établissements pourront tout faire, sauf enseigner évidemment, sauf aider la jeunesse à trouver les chemins de la liberté.
FGuichard L'année où j'ai fait le plus grand nombre de jours de grève, je l'ai fait avec des gens du SNES, alors que j'étais sympatisant du SNALC (j'ignorais qu'il y avait une tendance lepéniste au SNALC et je n'en suis pas), Madame Royal et Monsieur Claude Allègre étant tous deux aux affaires scolaires. Au-delà des divergences politiques, nous défendions la même chose : notre dignité.
Ecrit par : Robin | 05 janvier 2007
oops bis: "suscitent"...décidément cet instrument vous trahit aussi souvent qu'il vous conforte
Ecrit par : Danièle | 05 janvier 2007
Christophe,
Le "tout magistral" n'existe que dans votre imagination ( sauf dans les classes d'examen - lycée et fac - où personne ne songe à protester, parce que le cours magistral y est absolument nécessaire).
Quant à "travailler alternativement sur une fable de La Fontaine et une recette de cuisine"... Je n'aime pas beaucoup, ou plutôt je déteste l'expression à la mode et fort imprécise "travailler sur". Une fable de La Fontaine, cela s'"explique", cela s'"apprécie", cela "se goûte". Remarquez, une recette de cuisine aussi... La conjugaison des deux me paraît tout de même quelque peu saugrenue: je ne vois pas, en effet, ce que l'on peut tirer du rapprochement entre "100 grammes de beurre, une pincée de sel, trois oeufs" et
"Ce Roi fit toutefois un tel bruit en tombant
Que la gent marécageuse,
Gent fort sotte et fort peureuse", etc.
" Ce qu'est l'enfant en arrivant à l'école" dites-vous? Un être de raison et de sensibilité, et c'est cela qui lui permet, grâce à l'école, de s'élever au-dessus des déterminations sociales. Ainsi la meilleure façon d'en tenir compte n'est-elle pas de l'instruire?
A propos, j'ai fini par trouver dans une médiathèque et le CD et la grille de "Je suis seule ce soir". Merci encore à vous.
Ecrit par : Jean | 05 janvier 2007
Pensez à consulter ( et à signer s'il vous plait) le pacte écologique
http://www.pacte-ecologique-2007.org/nicolas-hulot/index.php
je vous conseille aussi le site de Jean-Marc Jancovici:
http://www.manicore.com
et vous pouvez aussi voir le film d'Al Gore :
http://www.dailymotion.com/video/xmymz_une-verite-qui-derange
Si on s'intéresse à l'instruction des enfants, on ne peut pas ne pas s'intéresser au monde dans lequel ils vivront, donc j'espère que vous serez nombreux à consulter ces sites et à les faire connaitre.
Merci
Ecrit par : Fred | 05 janvier 2007
Buntovchik
Le lien, c'est un FAIT pas une opinion, c'est l'autel qui leur a été dressé en Amérique et la dévotion qu'ils suscitent et que je constate au quotidien, hélas, car c'est au détriment d'une richesse philosophique et littéraire laissée en friche.
Donc pas le moindre amalgame( voir le sens de ce mot) à l'horizon. S'il y a eu quelque connivicence idéologique entre Bourdieu, Derrida, Barthes, (que je ne cite d'ailleurs pas) Foucault, Lacan ( que vous rajoutez aussi au panier), il n'y a pas la consanguinité intellectuelle qui est indéniable entre Bourdieu et Meirieu et a produit les résultats que l'on sait...
Barthes, Foucault et Derrida,( mais pas Bourdieu, ni Lacan) ont fait avant de mourir d'honnêtes mea culpa, revenant sur certaines positions inconsidérées, et surtout exploitées, d'où ces mises au point indispensables car ils furent instrumentalisés, tout comme ce pauvre Tobin, Nobel d'économie, dont la taxe éponyme, oeuvre de pure théorie, exigeait un minimum d'entendement dont les anti-mondialistes étaient si visiblement dépourvus.
La récupération fallacieuse d'oeuvres par ailleurs séminales est une constante. Avec l'amalgame, elle nourrit l'arsenal du terrorisme intellectuel.
Ecrit par : Danièle | 05 janvier 2007
Ca m'amuse le coup de l'enseignante AEFE nullissime...
J'ai quitté l'enseignement, las des directives pédagogistes, mais j'avais essayé de m'éloigner doucement en demandant un poste à l'étranger à l'AEFE, ce qui m'a été refusé. Je suis quand même à l'étranger, mais je fais autre chose de plus valorisant.
«l'école mène à tout, à condition d'en sortir,... même pour les profs».
Ecrit par : zero | 05 janvier 2007
Merci pour le lien vers le film d'Al Gore que je n'ai pas eu le temps d'aller voir. C'est vrai qu'à côté des problèmes évoqués par le documentaire, nos petites histoires politiques franco françaises paraissent un peu dérisoires. Les élections américaines ont vérifié le principe de Murphy. C'est Bush qui a été élu et pas Gore...Alors, je me dis qu'en France, il faut peut-être aussi s'attendre au pire.
Il paraît que Claude Allègre nie l'existence du réchauffement planétaire et de l'effet de serre. Commmentaire d'Al Gore sur ce genre d'attitude : "Le danger ce n'est pas pas ce qu'on ignore , mais ce dont on est certain et qui ne l'est pas."
Pöurquoi c'est jamais les types intelligents qui gagnent ?
Ecrit par : Robin | 05 janvier 2007
Zéro, l'école plait à un prof! il ne la quitte pas car il a la vocation
c le métier le plus valorisant du monde avec médecin
Ecrit par : thomy | 05 janvier 2007
"Le danger ce n'est pas pas ce qu'on ignore , mais ce dont on est certain et qui ne l'est pas."
C'est une citation de Mark TWAIN
A propos de Bourdieu. J'avais choisi d'étudier ses deux livres les plus connus : la Reproduction et les Héritiers à Nanterre dans les années 70 avec un maître assistant dont je ne dirai pas le nom et qui était membre du Parti communiste. Il voulait rendre l'étude de Bourdieu obligatoire pour tous les élèves de première année de philo. "Liberté, j'écris ton nom!"
Connnaissez-vous la profession des deux fils de Bourdieu : philosophe et sociologue...ce n'est pas de la reproduction, c'est du clonage.
Maintenant pour ceux qui douteraient du caractère profondément idéologique de l'engagement de Meirieu, il faut savoir que La Reproduction est toujours resté son livre de chevet...On est très loin de la pédagogie, c'est de la création de "l'homme nouveau" qu'il s'agit, ni plus ni moins, n'en déplaise aux naïfs qui s'imaginent que ces gens-là ne font pas de politique...Mais ils ne font que cela !
L'important est de faire marcher ses petites cellules grises et de rassembler, à l'instar d'Hercule Poirot les morceaux du puzzle : Loi d'Orientation de 89 + collège unique + FCPE + SNES + Claude Allègre + Ségolène Royal + Bourdieu + Meirieu + Charmieux + pédagogisme + lecture globale + séquences + amenuisement du "socle commun" + dévalorisation des diplômes + IUFM + alignement sur les normes néo-libérales européennes d'adaptation au marché = Fin de l'école de Condorcet et de Jules Ferry mais exaltante éclosion de l'homme nouveau et de l'école nouvelle ! (la "maison de verre" de Dostoïevski)...On en frémit d'extase !
Je n'ai pas mis le PS dans les pièces du puzzle à cause de Chevènement, mais maintenant qu'il s'est ralié...
Ecrit par : Robin | 05 janvier 2007
@ Thomy : il n'y a que ceux qui ne son pas profs qui peuvent dire que c'est un métier valorisant. Je l'ai été une quinzaine d'années, et je n'ai aucun regret d'être parti, c'est justement parce que j'avais une certaine idée de ce métier que j'ai préféré partir vers autre chose. Une vocation se ternit quand tu voies qu'on te demande de sacrifier des générations entières, ou que des incapables te passent devant parce qu'ils font ce qui plaît à la hiérarchie mais démolit les élèves.
Il n'y a pas que les rats qui quittent le navire, il y a aussi les marins consciencieux qui comprennent que le capitaine ne vaut pas le coup qu'on se fatique pour lui.
Ecrit par : zero | 05 janvier 2007
pardon «sont» à la première ligne, oups...
Ecrit par : zero | 05 janvier 2007
Merci à JPB et à Danièle pour cette vision de notre avenir possible ou probable (si la Maldonne du PS gagnait, que pèserait un Chevènement face aux copains pédagogistes ?).
On peut trouver un résumé des idées de Hirsch ici en VO : http://www.nychold.com/hirsch-termin.html
En français chez Sauver les lettres : http://www.sauv.net/terminologie.php
Pour les anglicistes, de Rita Kramer : “Ed School Follies: The Miseducation of America’s Teachers” ou un an à visiter les IUFM américains ! Constat : “épouvantables” selon l’auteur.
Est paru un livre de l’écrivain Pierre Bergounioux (professeur de lettres en collège) : École : mission accomplie. Édition : les prairies ordinaires, 203 pages, septembre 2006. 16 €. Le titre est ironique...
« Le propos, radical découle d’une analyse d’inspiration marxiste, l’auteur rappelant la prégnance de la lutte de classe comme moteur de l’histoire.
Sortir du politiquement correct, expliquer que l’égalité des chances n’existe pas, tout ce parti pris n’implique pas que l’auteur se désintéresse de son métier d’enseignant.
« “L’enfance, dit Montesquieu, est une maladie”. Nous n’avons pas à en feindre les symptômes. Les élèves ont à nous rejoindre, par effort, sur les hauteurs de l’âge. C’est là qu’ils deviendront eux-mêmes. Je parle, en classe, un français soutenu. »
Voici là une démarche qui rompt avec celle, très usuelle qui consiste à s’adapter au niveau de l’élève.
Pierre Bergounioux s’en prend aux mythes qui ont la vie dure comme celui de l’égalité des chances et de l’école libératrice.
Avec vigueur mais aussi avec talent, il dénonce un autre mythe lié au précédent, celui du Collège unique, réducteur des inégalités. »
Ecrit par : Lariba | 06 janvier 2007
"Il n'y a que ceux qui ne sont pas professeurs [s'il vous plaît!] qui peuvent dire que c'est un métier valorisant".
Pas tout à fait d'accord! Il me semble qu contraire que c'est un métier valorisant à partir du moment où on l'exerce comme la mission qui nous est confiée par la Nation de transmettre des connaissances. L'autre condition est évidemment de ne tenir aucun compte des consignes officielles pour peu qu'elles nous paraissent incompatibles avec l'heureux accomplissement de cette mission. C'est dire qu'il ne faut jamais, par exemple, lire la moindre ligne de Meirieu: sauf si l'on tient vraiment à perdre son temps et à se brouiller les idées que l'on a naturellement claires - pas lui! Je ne sais pas si l'on a déjà fait remarquer sur ce blog que de ses études de philosophie Meirieu a gardé la mauvaise habitude de truffer ses développements (déjà interminables et creux) de citations de philosophes qui sont toujours pompeuses et la plupart du temps inappropriées au contexte. Mais cela permet de constater que Meirieu est savant! Pédant, peut-être plutôt...
Ecrit par : Jean | 06 janvier 2007
Prof, professeur, quelle importance ? Seuls les pédants en prennent la mouche.
C'est bien de croire à une mission, encore faut-il qu'elle ait un sens, on n'enseigne pas dans une bulle idéale, on est face à des élèves qui ont un passé pédagogique, il n'y a pas que Meirieu qui parasite cette fonction, il y a les hiérarchies et les examens. Mais je connais suffisamment les profs pour savoir qu'ils trouvent leur compte dans l'obéissance routinière, les meilleurs m'ont souvent déçus par leur volonté d'une carrière et la défense d'un métier qui est loin de l'idée qu'il s'en faisait en débutant.
Jean, pinaillons sur ce qui est utile : vous feriez bien de revoir les recommandations de l'Imprimerie nationale sur les espaces autour de « ! » et des « : », c'est plus important que de se révolter sur l'usage du vocable « prof », sans parler des guillemets...
Ecrit par : zero | 06 janvier 2007
Petites nouvelles supplémentaires sur Bourdieu : ses deux enfants, Jérôme et Emmanuel, ont tous les deux fait l'ENS. Le premier est sociologue, et il est au comité de rédaction de la revue Actes de la recherche en sciences sociales — créée par son père. Le second est agrégé de philo comme Papa, puis sociologue et cinéaste (Vert paradis) — c'est qu'un nom ouvre bien des portes, toute question de talent mise à part.
C'est ça, la Reproduction.
Tiens, que font les enfants de Philippe Meirieu ?
Je ne sais pas si c'est ou non valorisant d'être prof. Je sais seulement qu'au niveau indiciaire, un prof des années 60 avait rang de colonel, et qu'il a aujourd'hui rang de capitaine, dans le référentiel administratif.
Bientôt sous-off' ?
Cela dit, je m'en tape : je fais cours parce que j'adore ça. À la fois parce que j'aime transmettre, et aussi parce qu'une estrade (qu'elle y soit ou non, il est des estrades virtuelles bien plus hautes que les estrades réelles) est une formidable tribune à ego — et je ne vois pas pourquoi je ne le dirais pas. C'est peut-êrtre ce qui explique que l'on trouve souvent, dan ce métier, des gens à ego hypertrophié (j'en connais…), ou à ego sous-développé : les premiers s'étalent, les seconds se confortent. La classe est une tribune pour les uns, un cocon pour les autres.
Les frictions de salles des profs n'ont souvent pas d'autre origine.
Le pédagogisme est révulsé par les premiers, parce que leur narcissisme va à l'encontre de la consigne de "l'élève au centre", mais s'appuie résolument sur les seconds, qui trouvent dans les recettes, consignes et principes de la "doctrine Meirieu" de quoi conforter une personnalité un peu molle.
Quand on y pense, c'est le principe de fonctionnement de toutes les sectes et de tous les fascismes. N'avez-vous pas remarqué qu'une inspeciton, jadis, vous demandait d'être conforme une fois tous les cinq ou six ans — mais que les conseils d'enseignement, les conseils pédagogiques, les formations rectorales et autres joyeusetés modernes et envahissantes permettent désormais un contrôle bien plus prégnant ? Et qui le sera encore davantage lorsque vous serez présent 35 heures dans votre établissement. La police de la pensée est à l'œuvre — exactement comme Orwell l'avait décrite…
Et je ne suis pas sûr que les résistances qui se font jour ici ou là parviennent à mieux subvertir les tendances lourdes que la révolte stérile de Winston dans 1984. La majorité silencieuse, au fond, adore aller dans le sens de la pente — tout comme elle votera pour la Sainte Vierge, si elle parvient à maintenir jusqu'en mai cette image apaisante de mère universelle, "laissez venir à moi les petits votants", qu'elle appelle "démocratie participative" — un truc aussi démocratique que le vote des militants communistes à l'époque Thorez.
Et puis après mai, après juin — après avoir conforté l"élection de l'Immaculée avec des législatives complémentaires, on s'apercevra, trop tard comme toujours, que l'on a installé au pouvoir la dictature de la bien-pensance — Pétain-bis.
JPB
Ecrit par : brighelli | 06 janvier 2007
Zero,
"Prof" est une apocope dépréciative. C'est comme "flic" , "dirlo" ou "cureton". Si un journal autre que satirique disait "les flics" en parlant des policiers, vous en seriez; je suppose, le premier choqué. Le respect de la fonction passe aussi par le respect de sa dénomination. Il n'y a donc aucune raison de se laisser appeler "prof", et pour ma part, je fais rectifier mes élèves chaque fois qu'ils s'expriment de cette manière. Quant à l'expression, la "salle des profs", elle relève d'une familiarité un peu boy-scout qui est tout à fait trompeuse et d'une camaraderie parfaitement fictive ,puisque vous savez bien que la cordialité entre professeurs n'est souvent que relative, comme dans toutes les professions. Personnellement, cela m'a toujours gêné de parler ainsi. Mais bon, c'est entre nous.
Meirieu ne "parasite pas cette fonction", comme vous dites. Depuis vingt ans, il fait tout pour la détruire. Sa haine des "professeurs" est spectaculaire - peut-être aussi le fait de n'avoir réussi ni CAPES ni agrégation.
Avec votre "passé pédagogique des élèves", je vous trouve, pardonnez-moi, un peu grotesque. Car ledit "passé pédagogique des élèves" est vite contrôlé en début d'année: en français, vous faites une petite dictée, une rédaction sur un sujet simple, quelques vérifications de conjugaison, et vous en avez une idée largement suffisante pour pouvoir orienter ensuite votre cours de l'année... Par ailleurs, quand vous dites qu'on n'enseigne pas dans une "bulle idéale", vous découvrez le fil à couper le beurre! Vous ne vous êtes jamais aperçu, par hasard, que vous aviez en face de vous, dans votre classe, des étres vivants, bien vivants même? Allons, allons...
Ecrit par : Jean | 06 janvier 2007
"Maintenant pour ceux qui douteraient du caractère profondément idéologique de l'engagement de Meirieu, il faut savoir que La Reproduction est toujours resté son livre de chevet...On est très loin de la pédagogie, c'est de la création de "l'homme nouveau" qu'il s'agit, ni plus ni moins, n'en déplaise aux naïfs qui s'imaginent que ces gens-là ne font pas de politique...Mais ils ne font que cela !
Robin, 5 janvier 2006
"Mais que signifie maintenir et étendre la dictature ? C'est inculquer aux millions de prolétaires l'esprit de discipline et d'organisation ; c'est créer dans les masses prolétariennes la cohésion et un rempart contre l'influence corrosive de l'élément petit-bourgeois et des habitudes petites-bourgeoises ; c'est renforcer le travail d'organisation des prolétaires en vue de rééduquer et de transformer les couches petites-bourgeoises...."
J. Staline in "Les questions du Léninisme", Editions politiques d'état, Moscou, 1951
Moi, je dis ça, mais il n'y a sans doute aucun rapport...
Ecrit par : D'Enguell | 06 janvier 2007
Bonjour,
Pour votre information, Meirieu a été nommé au conseil scientifique de l'ADEME qui est notamment chargé du recyclage des déchets bien de chez nous.
http://www2.ademe.fr/servlet/KBaseShow?catid=13757
Ecrit par : dk | 06 janvier 2007
"... les conseils d'enseignement, les conseils pédagogiques,les formations rectorales et autres joyeusetés modernes et envahissantes permettent désormais un contrôle bien plus prégnant "
Oui, j'avais remarqué et comme cela me cassait vraiment les pieds je demandais que l'on me laissât du temps pour faire correctement mon travail à savoir : préparer mes cours et corriger les devoirs, surveiller de près les abonnés absents aux contôles sur table, reprendre ce qui n'avait pas été compris. Un adjoint de direction me fit comprendre avec diplomatie que j'étais un peu trop exigeante. Trois à quatre devoirs par trimestre quand même ! Etait-ce bien nécessaire ? Le bac français pour des élèves de sections STT après tout ne constituait pas une priorité. J'ai répondu qu'un sportif se soumettait à un entraînement soutenu et régulier, qu'on devenait forgeron en forgeant, qu'une culture solide, une expression correcte, un esprit critique aiguisé et bla bla bla... et que STT ou S ou L ou tout ce qu'on voudra, cela ne changeait rien à ma détermination. Tout de même j'étais bien sévère. Coupable évidemment? mais ça ne marchait plus depuis longtemps.
Quelques mois plus tard, j'appris par des élèves croisés dans la rue que les résultats au bac avaient été satisfaisants dans l'ensemble , pour ne pas dire plus comme diraient les DUPOND et DUPONT.
J'avais quitté le navire pour sauver ma peau car sincèrement je n'en pouvais plus et physiquement je l'ai payé. Comme tout finit par des chansons, je ne regrette rien. Bonne journée.
Ecrit par : CHARPENTIER Hélène | 06 janvier 2007
C'est vrai, Meirieu est à l'ADEME ?
Le président est Bernard Cabaret, ex-directeur du BRGM (Bureau des Recherches géologiques et mnières), où il a succédé à Claude Allègre en 97, lorsque celui-ci a été noimmé ministre — avec un conseiller du nom de Philippe Meirieu.
À en croire un livre signé Jean-Ckaude Gawsewitch (Yanacocha, chez Michel Lafon), et un autre de Jean Montaldo (Main basse sur l'or de la France, Albin Michel), Allègre puis Cabaret n'ont pas peu contribué à faire perdre à la France de près de cinq milliards de dollars — à ce jour — dans l'affaire Yanacocha — une mine d'or péruvienne découverte par le BRGM, auquel reveniat untiers des bénéfices, et à laquelle nous avons ingénieusement renoncé — l'histoire ferait un beau film…
Il en a, de jolies relations, notre hérault de la pédagogie…
JPB
Ecrit par : brighelli | 06 janvier 2007
« et tous persuadés que l’égalitarisme est la panacée de la démocratisation de et par l’école. Pour la suite se reporter à la version française, cinquante an plus tard, les même causes produisent les mêmes effets ».
Nous pouvons nous interroger sur ce type de démocratisation qui à mes yeux n’en est pas une, car elle reflète exclusivement l’idéologie de la pensée unique.
Comme cette pensée nous dirige obligatoirement vers cette idiote idéologie du sens unique, elle tire obligatoirement l’enseignement vers le bas.
L’On peut se demander si la fabrique de crétins que tu illustres n’est pas préméditée ?
Bonne année
Marc.Rode
Ecrit par : Marc.Rode | 06 janvier 2007
Merci, Fred , pour les liens que vous avez donnés.
Ecrit par : Thalie | 06 janvier 2007
A Danièle S
Votre post apaise totalement mes craintes...Il se trouve que j'ai eu l'occasion de fréquenter quelque temps dans les années 90 une High school américaine à Freeport puis à Massapequa (Long Island). Une parente y tentait alors d'y enseigner le français et l'espagnol. Cette personne a eu comme professeur à l'Université de NYC Jacques Derrida et m'en parle souvent comme de quelqu'un qui lui a ouvert une fenêtre sur la culture européenne.
D'une façon générale je ne vous apprendrai rien à propos de cet étrange rapport qu'ont les intellectuels américains avec le vieux continent. Je pense par exemple à H. James et plus proche de nous à un Russel Banks... Et réciproquement. Cette relation, passionnelle bien souvent, entretient beaucoup de malentendus difficiles à lever ici.
Il en est de même à propos du thème du "libéralisme" que vous avez abordé et qui mériterait en soi une étude approfondie et non pas des jugements expéditifs comme l'impose le cadre de ce blog.
Il se trouve que je connais assez bien aussi le fonctionnement de l'école russe dont je dirai simplement qu'elle s'enracine comme toute autre école profondément dans la culture et l'histoire de l'Empire. Si bien qu'en résulte une organisation, des méthodes pédagogiques, des hiérarchies des disciplines etc. inexportables qui ont seulement le mérite de nous rappeler que notre école française elle aussi s'enracine profondément dans l'histoire nationale.
Il nous manque à ce propos une étude sérieuse (peut-être existe-t'elle?) qui établirait les caractéristiques du système scolaire français en rapport avec la nécessité historique toujours active d'affronter à chaque génération l'absolutisme porté par des institutions multi-séculaires.
Cette idée m'a été soufflée par un observateur étranger (russe) et connaisseur de notre système scolaire. A ses yeux et pour l'anecdote, J-P Brighelli représente la tradition bien française de lutte contre le pouvoir absolu d'essence pontifical en France. Un combat historique que les Lumières ont activé, que la Grande Révolution a enflammé et qui est loin d'être éteint.
Ecrit par : buntovchik | 06 janvier 2007
Pantouflage en attendant ... la charentaise !
Intéressant ce conseil scientifique de l'ADEME avec MEIRIEU....
J'ai enfin trouvé mon intervenant pour ma séquence (cycle 3) sur la valorisation des déchets pour l 'éveil de mon écocitoyen !
Ce matin, sur France Inter Mr BENTOLILA qui faisait sa pub... Ne vous précipitez pas encore. Comme l'a si bien dit la présentatrice (peut-on encore parler de journaliste) le livre ne sort que jeudi en librairie.
Achetez -le ... vu à la télé ! Pardon ! Promotionné sur France Inter.
Dans la même rubrique sur France Info ... Un livre sur le savoir-être commenté par une psychanalyse. Le thème : la sanction chez le jeune enfant.
A quand la sortie de la maternité de maman et de son petit avec comme cadeau : la boîte de lait en poudre sponsorisée par la maison CHARMEUX sans oublier le super DVD MEIRIEU : " Comment éduquer votre enfant entre la tarte et la couche culotte ADEME "
On n'arrête pas le progrès.
Ecrit par : Patrick(instit) | 06 janvier 2007
"Meirieu chargé du recyclage des déchets", dites-vous, dk? Il pourrait commencer par y mettre les quinze mille pages dont il est l'auteur.
Bon mot un peu facile, je le reconnais, mais tellement tentant étant donné l'infini pouvoir de nuisance du personnage sur les demi-intelligents...
Ecrit par : Jean | 06 janvier 2007
Voir aussi l'interview de notre bon Todorov (Svetan, le structuraliste) sur France Culture (les matins du 05/01/2007 vers 8h45) à propos des excès textuels. Dans le genre "on a déconné mais pas tant que ça" c'est pas mal...
http://www.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions/matins/index.php?emission_id=25060143
Ecrit par : dk | 06 janvier 2007
Pour ceux et celles qui douteraient encore de l'omniprésence du pouvoir monarchique en France en 2007:
"La plus haute juridiction administrative a annulé vendredi une décision du tribunal administratif de Paris autorisant une association d'extrême droite à distribuer aux sans-abris de la capitale cette nourriture à base de porc".
Qu'est ce que ce Conseil d'Etat sinon une résurgence au début de la troisième république du discours monarchique et absolutiste. Un discours toujours actif comme on peut voir et tout à fait compatible avec le discours libéral du Ministre de l'Intérieur.
Ecrit par : buntovchik | 06 janvier 2007
En vous lisant, Patrick(instit), je me fais des réflexions sur l'humour auquel nous pouvons nous livrer à propos de Meirieu. Il y a, je crois, à son sujet, un humour qui est bien gentil et qui en définitive risque de contribuer à la popularité du personnage, comme votre idée des couches-culottes ADEME ( sur un autre blog je l'ai entendu appeler "notre Philou", ce qui est presque affectueux...). Or il ne faut jamais perdre de vue que l'objectif de Meirieu, c'est d'en finir une bonne fois avec "le professeur qui transmet des connaissances". C'est donc quelqu'un de dangereux au sujet duquel il ne faut pas plaisanter à la légère. Car pendant que nous , nous instruisons nos élèves, conformément à la mission qui nous a été confiée par la Nation s'exprimant dans la Constitution ("enseigner est un devoir de l'Etat, s'instruire est un droit"), pendant que nous, nous leur apprenons ce qu'est un "complément du nom" parce qu'ils en auront besoin pour comprendre le génitif en allemand et donc pour s'exprimer utilement dans cette langue de nos voisins européens, Monsieur Meirieu bavarde, Monsieur Meirieu cause, Monsieur Meirieu pérore, juge, édicte, pontifie, Monsieur Meirieu passe son temps, à nos frais, à expliquer que nous nous y prenons de la mauvaise façon, que ce n'est pas ainsi qu'on fait la classe, que nous ne cherchons qu'à faire "trébucher nos élèves"(sic). Stratège en chambre, comme disaient les Grecs.
Ecrit par : Jean | 06 janvier 2007
Je suis très honoré, comme disait Mme Hanska quand elle couchait avec l'agent OO O1, d'être un descendant des Lumières…
Je rappelle à tous la dernière (enfin : l'une des dernières, le bougre en avait constitué tout un stock) phrase de Victor Hugo : "C'est ici le coimbat du jour et de la nuit." Et Goethe mourant : "Encore un peu de lumière…"
Eh oui, depuis toujours, il y a la tentation d el'ombre, et le combat pour la lumière.
Prométhéen, tout ça…
Si on en revenait à des choses plus terre à terre…
Aux enseignants de passage ici : quel sera le sujet de votre premier cours lundi à huit heures ?
Enfin — ceux qui bossent le lundi, puisque grâce à Ségolène, tout le monde sait désormais que c'est une profession de feignasses qui passent leurs loisirs à enseigner dans le privé pour gagner encore plus d'argent — chez Acadomia, par exemple, à huit euros de l'heure : mais c'est résevé aux enseignants-hommes, les enseignantes préfèrent, intelligemment, faire des ménages pendant leurs loisirs, c'est mieux payé.
JPB
PS. "Il nous manque, écrit Buntovchik, une étude sérieuse (peut-être existe-t'elle?) qui établirait les caractéristiques du système scolaire français en rapport avec la nécessité historique toujours active d'affronter à chaque génération l'absolutisme porté par des institutions multi-séculaires."
C'est une bonne idée. Si ça n'existe pas, écrivez-la, mon cher.
Ecrit par : brighelli | 06 janvier 2007
A dk :
N’est-il pas quelque peu réducteur de désigner Todorov par la seule expression (péjorative à vos yeux) : « le structuraliste » ? Il y a longtemps que cet homme a prouvé par ses écrits que le structuralisme et l’obsession de la forme étaient fort éloignés de ses préoccupations (Voir par exemple « Le Jardin imparfait »).
On peut s’en convaincre en lisant au moins une de ses interventions, qui me paraît très sensée, disponible sur le site Eduscol :
http://eduscol.education.fr/D0033/actfran_todorov.htm
A Buntovchik :
Vous avez bien sûr oublié d’ajouter à votre fine critique du Conseil d’Etat que, malgré tout, vous vous réjouissiez d’une telle décision, qui condamne une initiative clairement raciste.
Ecrit par : Candide | 06 janvier 2007
A propos de penseurs français aux Etats-Unis, il y en a un dont on ne parle, à mon avis, pas suffisamment, c'est René Girard, qui fut professeur de littérature comparée à l'université de Stanford. Lisez "Mensonge romantique et vérité romanesque" (Ed. Grasset) où il revisite les oeuvres de Cervantès, de Stendhal de Proust, de Dostoïevski...à la lumière de son intuition fondamentale sur le caractère "mimétique" des comportements humains.
Ecrit par : Robin | 06 janvier 2007
A propos de penseurs français aux Etats-Unis, il y en a un dont on ne parle, à mon avis, pas assez, c'est René Girard, qui fut professeur de littérature comparée à l'université de Stanford. Lisez "Mensonge romantique et vérité romanesque" (Ed. Grasset) où il revisite les oeuvres de Cervantès, de Stendhal de Proust, de Dostoïevski...à la lumière de son intuition fondamentale sur le caractère "mimétique" des comportements humains.
Ecrit par : Robin | 06 janvier 2007
De "feignasses qui ne songent qu'à faire trébucher leurs élèves". Royal-Meirieu, même combat!
Ecrit par : Jean | 06 janvier 2007
A dk :
N’est-il pas quelque peu réducteur de désigner Todorov par la seule expression (péjorative à vos yeux) : « le structuraliste »
Loin de moi l'idée de mettre une nuance péjorative dans le terme "structuraliste". C'était uniquement pour situer le Todorov en question! Il faut résister à la sur-signification permanente et parano ! L'important est ce qui est dit dans l'interview.
Ecrit par : dk | 06 janvier 2007
Pour JPB et collègues
Ce lundi 8 janvier pour mes CM1 CM2
*************************
MATIN :
Voeux rituels !
*********
Proverbe du jour sur cahier jour
(Un proverbe qui remplace la morale !)
Je dicte un proverbe . la parole circule pour le sens puis dictée.
Correction . Si erreur l'élève le copie 5 fois pour le lendemain
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Ecoute musicale
Une oeuvre (classique ou jazz) suivie d'un Petit propos de ma part pour situer le compositeur
*******************
Anglais
Une moitié de ma classe part en Anglais :-( ....... avec Vidia :-) une jolie étudiante indienne. Je profite avec le reste de la classe pour faire de la manipulation géométrique (compas, équerre sur des figures variées)
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récréation
************************
Retour classe .
Calcul mental à l'ardoise
tables et fractions
*********************
Géométrie : Nous commençons les angles . Cours , manipulation ....
******************
Midi Cantine
******************
APRES-MIDI
Français
grille orthographique que je conçois selon thème orthographique ou grammaticale voir ma page sur
http://doumanescau.free.fr/page4.html
15 mn pour remplir cette grille
puis correction individuelle et collective
rappels des règles !
*************
Histoire
Nous commençons les grandes découvertes et inventions
************************
Récré :-)
*********************
Dictée.
je dicte au hasard 5 phrases de la GO précédente (Grille orthographique du début d'après midi ) : phrase modèle ou celle d'un élève. (Mémorisation immédiate )
Correction
*****************
Poésie de V. Hugo
une nouvelle pour cette nouvelle semaine , assez longue à écrire ... Mais cela fait du bien !
" Elle avait pris ce pli dans son âge enfantin
de venir dans ma chambre un peu chaque matin
j e l'attendais ainsi qu'un rayon qu'on espère .......
à vous la suite !
****************
Les enfants adorent. Si si !!!
Donnez- leur de l'or, pas du sable .....me disait un prof d'IUFM (Il y en a de bons parfois )
Devoirs (chut ! je sais depuis 1955 ! )
Poésie jusqu'à ... arabesque folle
5 opérations (divisions)
proverbe à copier 5 fois
Bonne journée !
Ecrit par : Patrick(instit) | 06 janvier 2007
« Si on en revenait à des choses plus terre à terre…
Aux enseignants de passage ici : quel sera le sujet de votre premier cours lundi à huit heures ? »
Ecrit par : brighelli | 06 janvier 2007
J’attaque avec la déclaration de guerre de Merteuil à Valmont.
Dans l’après-midi, quand sera fini le tohu-bohu de la reprise, j’ai rendez-vous sur la lande avec trois charmantes créatures, afin d’y rencontrer… Macbeth.
Ecrit par : candide | 06 janvier 2007
A propos du structuralisme...A tout seigneur, tout honneur...Cette appréciation de Girard page 130-131 dans "Des choses cachées..." sur Claude Lévy-Strauss :
"On ne souligne pas assez le caractère invraisemblable, proprement fantastique de la conception lévi-straussienne. Il n'est pas raisonnable, il n'est pas même pensable d'attribuer à la mythologie tout entière le projet de Paul Valéry dans La Jeune Parque : décrire le pensée naissante, la conception première - immaculée bien sûr - de la pensée humaine...Si surprenant qu'elle paraisse d'abord, la thèse du lynchage fondateur est bien plus vraisemblable que celle de Lévy-Strauss. La mythologie, pour moi, n'a nullement le projet poético-philosophique incroyable que lui attribue le structuralisme. Son vrai projet, c'est de se remémorer les crises et le lynchage fondateur, les séquences événementielles qui ont constitué ou reconstitué l'ordre culturel (...)
Mais un hommage, tout de même : "Ce qui rend Lévi-Strauss précieux (et la méthode structuraliste en général)...c'est qu'il (elle) nous apporte tous les éléments de la genèse vraie sans jamais comprendre à quoi il (elle) a affaire : "élimination radicale"..."action positivement qualifiée"..."fragment négativement qualifié", etc. Rien ne manque à l'exception de l'essentiel, bien sûr, de ce mimétisme des rapports humains qui, après avoir décomposé violemment les structures de la communauté, déclenche le mécanisme de "bouc émissaire" qui assure leur recomposition.
C'est ce que je disais à MGuichard l'autre fois à propos de l'exclusion du "référent" dans la critique d'inspiration structuraliste : une extraordinaire habileté (on peut même parler de génie chez Derrida) à suivre le jeu des signifiés et des signifiants mais on voudrait bien savoir exactement de quoi ils parlent.
Ecrit par : Robin | 06 janvier 2007
Dans l’après-midi, quand sera fini le tohu-bohu de la reprise, j’ai rendez-vous sur la lande avec trois charmantes créatures, afin d’y rencontrer… Macbeth.
Seraient-elles capables de lire dans leur chaudron l'issue des élections présidentielles de 2007 ?
Ecrit par : Robin | 06 janvier 2007
Jean-Paul, je suis un feignant! Je ne commence qu'à dix heures lundi... (Avec les PE1). Mais j'y serai bien avant pour "chauffer la salle".
Ecrit par : christophe sibille | 06 janvier 2007
Seraient-elles capables de lire dans leur chaudron l'issue des élections présidentielles de 2007 ?
Ecrit par : Robin | 06 janvier 2007
Je le leur demanderai, mais vous savez qu'il faut se méfier de ces prophétesses imprécises.
Quoi qu'il en soit, tout le problème est de savoir ce que chaque "thane" est capable de faire pour se hisser sur le trône !
On peut au moins rassurer Lady Macbeth : peu de prétendants me semblent avoir cette "nature trop pleine du lait de la bonté humaine pour aller droit au but".
Ecrit par : Candide | 06 janvier 2007
" Elle avait pris ce pli dans son âge enfantin
de venir dans ma chambre un peu chaque matin
j e l'attendais ainsi qu'un rayon qu'on espère .......
à vous la suite !
...Elle entrait, et disait: Bonjour, mon petit père ;
Prenait ma plume, ouvrait mes livres, s'asseyait
Sur mon lit, dérangeait mes papiers, et riait,
Puis soudain s'en allait comme un oiseau qui passe.
Alors, je reprenais, la tête un peu moins lasse,
Mon oeuvre interrompue, et, tout en écrivant,
Parmi mes manuscrits je rencontrais souvent
Quelque arabesque folle et qu'elle avait tracée,
Et mainte page blanche entre ses mains froissée
Où, je ne sais comment, venaient mes plus doux vers.
Elle aimait Dieu, les fleurs, les astres, les prés verts,
Et c'était un esprit avant d'être une femme.
Son regard reflétait la clarté de son âme.
Elle me consultait sur tout à tous moments.
Oh! que de soirs d'hiver radieux et charmants
Passés à raisonner langue, histoire et grammaire,
Mes quatre enfants groupés sur mes genoux, leur mère
Tout près, quelques amis causant au coin du feu !
J'appelais cette vie être content de peu !
Et dire qu'elle est morte! Hélas! que Dieu m'assiste !
Je n'étais jamais gai quand je la sentais triste ;
J'étais morne au milieu du bal le plus joyeux
Si j'avais, en partant, vu quelque ombre en ses yeux.
Et plus que tous les mots, que bénies soient les larmes.
Ecrit par : Robin | 06 janvier 2007
On peut au moins rassurer Lady Macbeth : peu de prétendants me semblent avoir cette "nature trop pleine du lait de la bonté humaine pour aller droit au but".
Alors tant mieux. Mais espérons que "le lait de la bonté humaine", ne se transforme pas, à l'instar de celui de Lady Macbeth... en fiel.
Ecrit par : Robin | 06 janvier 2007
Oh! que de soirs d'hiver radieux et charmants
Passés à raisonner langue, histoire et grammaire,
Mes quatre enfants groupés sur mes genoux, leur mère
Tout près, quelques amis causant au coin du feu !
Victor Hugo faisait donc de la grammaire avec ses enfants...S'ils apprennent ça, les "pédagos" vont le traîner dans la boue !
Ecrit par : Robin | 06 janvier 2007
j"e renvoie Pendariès sur n'importe quel French Studies Department de n'importe quelle université américaine pour prendre la mesure de la vénération qu'ils sucitent encore et toujours."
Oui, pour les French studies.... Les Français parlent aux Français. Mais quant aux autres sections beaucoup plus intéressantes, la French theory, elle est complètement mise à part, voire oubliée. J'irai voir par moi-même à Standford en février.
Ecrit par : Pendariès | 06 janvier 2007
Heureux lascar qui a le temps de visiter les grandes universités américaines, pendant que ses aînés bossent !
JPB, mort de jalousie - enfin, pas trop, vu le nombre de pattes blanches qu'il faut montrer pour entrer aux USA en ce moment. Ça dissuade.
Ecrit par : brighelli | 06 janvier 2007
Je le leur demanderai, mais vous savez qu'il faut se méfier de ces prophétesses imprécises
Ce n'est pas de leurs prophéties imprécises qu'il faut se méfier, mais de leurs très précises suggestions !
Ecrit par : Robin | 06 janvier 2007
Pour moi lundi matin c’est… TPE !
Ces bidules étaient censés changer tout, blablabla… vus du haut des chaires des sciences de l’éducation.
Au bahut, nous appelons ça « regarder pousser l’herbe » tellement ces deux heures sont palpitantes, pour les trois professeurs (!) ainsi que pour les zaprenans.
Ecrit par : Lariba | 06 janvier 2007
A lire de toute urgence... Un texte délicieux, écrit par Célestin Freinet en... 1959! http://education.blogs.liberation.fr/carnet/files/freinetglobale.pdf
Ecrit par : christophe sibille | 06 janvier 2007
« Ma vie à son déclin
Ne garde que des feuilles jaunies et desséchées.
A tout ce qui devrait entourer la vieillesse,
Honneur, amour, respect, et des légions d’amis,
Je ne dois pas m’attendre ; (…) »
Signé Mac B. ou Jacques C. ?
Ecrit par : Candide | 06 janvier 2007
Patrick et Robin, merci pour cette belle poésie de V.H.
Je cherche depuis toujours de qui peuvent bien être ces vers retenus depuis mon enfance.
"Quand j'étais jeune comme toi, ma petite fille si belle,
On mettait le soir de Nôël
Dans l'âtre un beau rondin de bois".
Anne-Marie
Ecrit par : Anne-Marie Valette | 06 janvier 2007
Eh bien, j'ai lu, on dirait du Goigoux revu par Meirieu.
Je ne vois pas ce que ce texte a de "délicieux".
Il contient toutes les idées du pédagogisme.
Effectivement, la méthode globale a commencé à sévir dès l'après guerre, mais à petites doses, la plupart des enseignants du primaire faisant de la résistance. A cette époque, on osait prononcer ces mots, méthode globale, puis il y a une trentaine d'années, il s'est transformé en "mixte", "semi-globale", "naturelle " (Freinet), et depuis peu a été rebaptisée par l'inéfable Goigoux "intégrative". On entend dire fréquemment : "La méthode globale n'a jamais été enseignée", ce qui est une escroquerie intellectuelle.
Dans les IUFM, dont la plupart sont tenus par des gens issus des fameuses sciences de l'éducation, on ne présente même pas aux futurs "maîtres" les méthodes alphabétiques, qui ont appris à lire à des millions d'enfants (dont Freinet, moi-même, et vous-même, Christophe ) si ce n'est pour s'en moquer, et voilà où on en est.
Les maîtres qui utilisent des méthodes alphabétiques ne le font souvent que tardivement, ayant lu par hasard un livre comme "La dyslexie, une vrai-fausse épidémie", de Colette Ouzilou, ou le livre de Marc Le Bris, ces livres ayant un tel accent de vérité qu'ils ont entraîné leur adhésion.
De plus, les bons "instituteurs", qui souvent revendiquent ce titre, sont sanctionnés, menacés, mal notés, déplacés, brimés, reçoivent des pressions intolérables des inspecteurs qui marchent la plupart du temps la main dans la main avec Meirieu et compagnie. Fracko est une véritable terreur dans l'Académie de Lille.
Franchement, je mets dix coudées au-dessus le texte de Mme Wettstein-Badour, que vous n'avez probablement pas lu.
Mais selon ses paroles prophétiques, une chose mettra à mal les pédagogues : les progrès attendus de l'IRM : je sens que des grands chercheurs comme Franck Ramus sont en train de préparer leur retournement de veste.
Anne-Marie.
Ecrit par : Anne-Marie Valette | 06 janvier 2007
Anne-Marie le futur directeur du laboratoire spin du CEA (situé à Saclay) est très clair sur les méthodes de lectures - même si les neurosciences dénient la spécificité de la nature humaine en nous assimilant à des rats de laboratoire.
Bonne lecture. Philippe
Portrait
Stanislas Dehaene, des maths plein la tête
LE MONDE | 05.05.06 | 15h39 • Mis à jour le 05.05.06 | 15h40
Benjamin de l'Académie des sciences, professeur au Collège de France et patron d'un laboratoire de 35 personnes : à 40 ans, Stanislas Dehaene n'a pas perdu son temps. En psychologie expérimentale, c'est sans précédent. Seuls des mathématiciens ont été plus précoces - chez eux, l'équivalent du Nobel n'est pas remis après cet âge limite. Justement, Stanislas Dehaene a d'abord été mathématicien. Cette discipline est restée au coeur de sa recherche, montrant que les nombres font partie des catégories mentales présentes dès la naissance qui organisent notre perception du monde. Au même titre que l'espace et le temps. "C'est une idée kantienne. Le sens des nombres est un paramètre aussi simple à extraire que celui des couleurs", avance-t-il.
Encore fallait-il le prouver. C'est pourquoi ce collectionneur de casse-tête se tient, dans son laboratoire du service hospitalier Frédéric-Joliot, à Orsay, à la croisée de la physique - pour les instruments d'imagerie cérébrale -, de la psychologie expérimentale - pour l'étude du comportement -, de la médecine - pour les cas cliniques - et de la théorie - pour proposer des modèles explicatifs.
Avant d'être un objet d'étude, les maths ont été pour lui un véhicule : "En France, dit-il, être bon en maths permet d'accéder aux grandes écoles. On voit ensuite ce qu'on veut faire." Admis dans cette discipline à l'Ecole normale supérieure, il bifurque donc vers le laboratoire de sciences cognitives et psycholinguistiques de Jacques Mehler.
C'est que, depuis l'adolescence, il nourrit une passion pour le cerveau. "Peut-être parce que l'époque baignait dans l'intelligence artificielle." C'était aussi les débuts de l'informatique individuelle, avec le Tandy TRS80 familial sur lequel lui et ses trois frères ont fait tourner leurs premiers programmes. Il ne nie pas l'influence de son père, chef du service de pédiatrie à Roubaix et spécialiste du syndrome alcoolique foetal.
Laurent Cohen, qui préparait une thèse chez Jacques Mehler et est aujourd'hui son collaborateur à la Pitié-Salpêtrière, se souvient du jour où "Stan" est arrivé : "Il m'a posé deux bonnes questions, difficiles", se souvient-il. Le novice contacte bientôt Jean-Pierre Changeux. "J'avais lu L'Homme neuronal. J'avais 19 ans et j'étais très impressionné." Le neurobiologiste a besoin d'un matheux pour développer des modèles neuronaux. Il est aussitôt "fasciné par la rapidité d'analyse" du jeune homme.
Le dialogue se poursuit aujourd'hui, à raison d'une ou deux réunions par mois, et Stanislas Dehaene sait que son "maître" n'est pas étranger à sa nomination au Collège de France. Mais il la doit aussi à son flair. Dans les années 1980, des passerelles s'établissent entre biologie, mathématiques et physique théorique. "On avait le sentiment que s'ouvrait une nouvelle voie, vers la conception d'un cerveau théorique, raconte le physicien Gérard Toulouse (ENS). Stanislas a très bien vu l'ensemble des pistes possibles. Il a fait le bon choix en s'orientant vers le champ expérimental." C'est l'époque où les pionniers de l'imagerie cérébrale commencent à montrer le cerveau pensant, grâce à l'IRM (imagerie par résonance magnétique). Stanislas Dehaene passera lui-même des IRM pour découvrir qu'il fait partie des 4 % de droitiers dont l'aire du langage se trouve dans l'hémisphère droit. "Dans les courbes, je suis souvent un point anormal", dit-il.
Entré à l'Inserm, l'Institut national de la santé et de la recherche médicale, en 1989, il rejoint le service d'imagerie du Commissariat à l'énergie atomique (CEA) à Orsay, après avoir passé deux ans à Eugene (Oregon), dans le laboratoire de Michael Posner : "Une sorte de Mecque de ce qui allait former la psychologie cognitive expérimentale." Il y apporte rapidement sa pierre, avec son épouse Ghislaine, membre de son laboratoire et cosignataire de nombre de ses articles. Ses équipes touchent à tout : l'intuition mathématique chez les Indiens d'Amazonie, la capacité à visualiser les lettres en couleurs (synesthésie), comme Rimbaud dans "Voyelles", ou encore les troubles du calcul ou la dyslexie.
Ces travaux le mènent à l'étude de la conscience. Les derniers montrent que, sans le percevoir consciemment, le cerveau peut traiter le sens des mots. Rien, selon lui, qui permette de jeter un pont vers la psychanalyse. "L'inconscient sur lequel nous travaillons est extrêmement simple. Les grands anciens avaient vu qu'une immense part du traitement cérébral était non consciente, mais ils n'avaient pas envie de mettre à l'épreuve leurs conceptions, lâche-t-il. C'est là que nous nous séparons." La récente expertise collective de l'Inserm sur les troubles de conduite chez l'enfant et l'adolescent lui a parfois paru "maladroite" dans ses formulations. Mais il ne fait pas de doute pour lui que certains enfants peuvent être aidés "y compris par des moyens pharmaceutiques". La querelle actuelle viendrait du dualisme à la Descartes, qui a la vie dure : "Il y a un peu d'angélisme à penser qu'on peut prendre le dessus sur notre propre cerveau, regrette-t-il. En réalité, l'ensemble de notre personnalité est un état de notre cerveau."
Voyant en celui-ci un organe plastique, son équipe travaille à la mise au point de logiciels ludiques visant à améliorer l'appréhension des nombres par des enfants menacés de "dyscalculie". Passionné de pédagogie, père de trois garçons - "des matheux" -, il donne raison au ministre de l'éducation Gilles de Robien d'avoir banni la méthode globale des salles de classe. "La lecture globale est une illusion : le cerveau décompose le mot et le recompose. Et ça, il faut l'apprendre."
Il ne s'est pas mêlé du mouvement des chercheurs. Au contraire, il fait partie du comité de pilotage de la nouvelle Agence nationale de la recherche (ANR), qui évitera, selon lui, "le saupoudrage des moyens". Il reconnaît que son équipe n'est pas à plaindre. Elle devrait emménager à la fin de l'année dans Neurospin, un nouveau laboratoire du CEA près de Saclay, entièrement consacré à l'imagerie cérébrale. Cette perspective l'a guéri de la "tentation d'Harvard", qui touche parfois certains cerveaux français.
Hervé Morin
Ecrit par : Philippe Delarouzée | 06 janvier 2007
Anne-Marie Valette, voici les dix arguments principaux qu’utilisent les « pédago-globalistes » pour se justifier ou comment balader les parents avec des slogans. Il s’agit d’une liste “made in USA” par des parents qui résistent :
1. « Tout va pour le mieux ».
2. « Nous enseignons la syllabique ».
3. « Aucune méthode n’est la meilleure ».
4. « Le français n’est pas phonétique ».
5. « Lire un mot à haute voix ce n’est pas lire »
6. « Votre enfant n’est pas prêt ».
7. « Votre enfant est handicapé ».
8. « C’est la faute des parents ».
9. « Trop de télévision ».
10. « Nous, nous enseignons à tous les enfants sans distinction ».
Ecrit par : Azimont | 06 janvier 2007
On peut croire à la fable de la mort de la French Theory et aller à Standford en février. Les orphelins de la cause du peuple croient encore à celle du Grand Soir et sont inconsolables
Non seulement en ce Jour des Rois 2007, mais depuis 17 ans, à Harvard et à Boston University, après Penn et NYU, j'ai vu naître et prospérer la political correctness, cadeau empoisonné d'une spécialité française exportée sur les campus US et infiniment plus nuisible que le foie gras: Le "démon de la théorie". ( titre du livre d'Antoigne Compagnon, traduit par "Literature, Theory and Common sense", qui exprime en un raccourci saisissant la destruction du francais par la secte constructiviste stylisto-textique) .
Ce démon, c'est Rosemary's baby et il n'a pas été nourri au "milk of human kindness". Il recrute parmi les Champagne Socialists ( GB) et Radical chic ( US) qui propagent la culture du soupçon, l'obsession du complot, et la haine du succès, de l'Amérique et du bourgeois. ( voilà pourquoi Girard et tant d'autres ne sont pas du nombre)
Je préfère un Flaubert qui signait Bourgeoisophobus parcequ'avec la disparition des mécènes de l'aristocratie les génies littéraires du 19e siècle crevaient de faim.
Malgré des repentirs du bout des lèvres, le triangle Sollers-Todotov-Kristeva est bien membre fondateur et toujours actif de la secte susnommée
mais c'est comme Jospin, qui n'est pas et n'a jamais été trotskyste. Voyons, puisqu'on vous dit que c'est son frère...
Dans le même registre, un autre titre qui se passe de commentaire: Daniel Flynn, "Intellectual Morons: How ideology makes smart people fall for stupid ideas" (2004).De Chomski à Kinsey, de Howard Zinn à Betty Friedan, une belle brochette, où on retrouve bien sûr aussi les inévitables gourous du pédagogiquement correct, ou pédagogos...
Ecrit par : Danièle | 06 janvier 2007
Lettre au gouvernement, aux partis d'opposition au gouvernement, aux syndicats de l'Education nationale, aux media
Montpellier, le 7 janvier 2007
Je présente mes meilleurs voeux aux destinataires de cette lettre dont le sujet est l'opposition entre le discours gouvernemental de communication médiatique et la réalité des actes politiques telle qu'elle apparaît dans la manière dont sont considérés les professeurs appartenant au corps des PEGC.
Les professeurs PEGC, pour beaucoup issus des écoles normales d'instituteurs -symboles de méritocratie républicaine- enseignants bivalents dans les collèges, ont été ou sont traités avec mépris par les gouvernements des législatures présente et précédente, et aussi par certains syndicats politisés de l'éducation -ce qui exclut SNCL et SNALC- et certaines chaînes du groupe France Télévisions.
D'abord le Ministre de l'Education nationale, Gilles de Robien, refuse de répondre à la question suivante:
"Monsieur le Ministre, étant donné que vous évoquez fréquemment l'intérêt de la bivalence des professeurs dans l'enseignement secondaire ainsi que la rémunération des fonctionnaires au mérite, considérez-vous comme juste que les enseignants PEGC n'aient en pratique pas le droit d'atteindre l'échelon 5 de la classe exceptionnelle des PEGC correspondant à l'indice terminal de rémunération des enseignants certifiés, alors que leur compétence n'est pas inférieure à celle des enseignants certifiés formés aujourd'hui dans un contexte de dévalorisation des diplômes -de nombreux professeurs de classes préparatoires aux grandes écoles dénoncent le faible niveau du CAPES- et qu'ils accomplissent un travail plus difficle que les certifiés à cause de leur bivalence qui contribue à des économies de gestion dans le Ministère?
Entendez-vous prendre des mesures avant la fin de la législature pour mettre fin à cette discrimination?
Pour précisions un enseignant certifié au déroulement de carrière moyen atteint cet indice de rémunération alors qu'un enseignant PEGC à la carrière exemplaire avec un surcroît d'années travaillées à la suite de la nécessaire réforme des retraites, ne peut l'atteindre en pratique: seuls 13 enseignants PEGC sur 45.000 à la retraite ont atteint cet indice car le délai de passage entre échelons de rémunération est de 3 ans pour les certifiés en fin de carrière là où il est de 4 ans pour les PEGC, la réduction de ce délai à un an entre échelons 4 et 5 de la classe exceptionnelle des PEGC constituerait une mesure d'équité au coût 150 fois inférieur environ aux largesses gouvernementales accordées aux buralistes."
Les louanges vantant la bivalence des professeurs de la part d'un Ministre de l'Education appartenant à une droite se disant sociale ne constituent qu'affichage masquant mal la réalité d'un profond mépris: Gilles de Robien a le temps de parader dans des programmes télévisés participant de la mediocratie et même d'y rire à des propos dont le niveau éthique et intellectuel est pathétique mais n'a pas le temps de répondre à un professeur qui lui adresse une question.
Que doit penser le peuple lorsque ses dirigeants n'ont plus le courage ni de faire des réformes ambitieuses ni de répondre précisément aux questions que les citoyens leur adressent à travers leurs représentants?
Hélas, Gilles de Robien n'est pas seul en cause;
Le Parti Socialiste défendant prétendument l'équité sociale a refusé l'égalité de traitement entre enseignants PEGC et enseignants certifiés par un arbitrage du Premier Ministre Lionel Jospin; la démagogie anti-professeurs de Claude Alègre et de Ségolène Royal, outre le fait qu'elle manque de la dignité la plus élémentaire que tout citoyen est en droit d'attendre de la part de personnalités occupant des fonctions éminentes, empêche la réforme au lieu de la favoriser: les réformes ne sont possibles que si ceux à qui il est demandé de consentir des efforts sont respectés et au terme d'une négociation sociale reçoivent des contreparties, la réforme du système universitaire sera possible si en échange de l'autonomie, de l'évaluation, de la sélection, de la concurrence, l'Etat double le budget affecté aux universités; la proposition de Ségolène Royal sur le soutien scolaire ignore qu'un élève pas assez attentif aux cours à 8 heures du matin au collège le sera encore moins à 17 heures en fin d'après-midi: "parents, vous n'aurez plus rien à faire, on va s'occuper de vos enfants du matin jusqu'au soir"; ces réformettes proposant des heures "bidon" sont de la poudre aux yeux dissimulant la diminution de l'horaire hebdomadaire en enseignements fondamentaux, par exemple en classe de 6e l'horaire de français est passé de 6 heures à 4 heures et demie; cette démagogie participe de la décadence d'une société dont certaines pseudo élites flattent les bas instincts du peuple en le déresponsabilisant, espérant recevoir des voix en échange pour arriver au pouvoir et s'y maintenir, c'est la méthode mitterrando-chiraquienne où une certaine idée de soi-même prime sur une certaine idée de la France.
François Bayrou se complait à dénoncer la faillite du système politique en restant au niveau des généralités, or en tant que Ministre de l'Education il n'a fait aucune des réformes de structure indispensables à la survie de l'Education nationale comme institution élevant le peuple au lieu de fabriquer des crétins que quelques trotskystes croyaient par une pédagogie infantilisante modeler selon leur idéologie alors que les "crétins" deviennent des esclaves de la société de consommation: dévalorisation des diplômes -instructions données pour surnoter Brevet et BAC, menaces sur les professeurs de philosophie de supprimer leur matière s'ils ne surnotent pas, le BAC ne sanctionne plus un niveau d'études mais un objectif de pourcentage de réussite en fonction duquel sont établis des barèmes- absence d'autonomie des universités, aucun gouvernement UMPSDF n'a cherché à sauver le système éducatif de ces facteurs majeurs de médiocrité nivellant par le bas alors que pléthore de rapports et d'expériences à l'étranger unanimement indiquent les réformes à faire, dont ce que fait Tony Blair outre Manche, mais Tony Blair est travailliste et non socialiste et il préfère le libéralisme politique de citoyens éclairés exerçant leur responsabilité individuelle plutôt que la soumission à des idéologies neo/post-marxistes dont l'expérience a prouvé l'échec.
La responsabilité des syndicats politisés est la même, d'ailleurs politiques et syndicats ont cogéré l'Education nationale, en particulier lorsque François Bayrou était Ministre; ils défendent des revendications quantitatives au lieu de privilégier le qualitatif, niant que la productivité s'applique à l'éducation sous prétexte qu'il serait difficile de la mesurer, pourtant il suffit de faire le rapport entre la baisse du niveau en langue française des élèves entrant en sixième et l'explosion des dépenses du système éducatif pour trouver que la productivité du système a baissé -Ségolène Royal propose de faire encore baisser la productivité du système en payant des professeurs à donner d'inefficaces cours de soutien, mais pour la mediocratie l'important est que le peuple ait l'impression que les problèmes sont traités par l'agitation médiatique, au lieu d'indispensables réformes de structure; les étudiants ou diplômés de l'enseignement supérieur dont les écrits comportent de nombreuses fautes d'orthographe n'ont ni mémoire -pour se souvenir de l'orthographe des mots- ni logique -les règles d'orthographe sont logiques- ni ne comprennent la structure des mots -l'étymologie est utile à l'orthographe; pourquoi une personne qui n'a pas les capacités de concentration, de mémoire, de logique, d'assimilation, pour écrire correctement aurait ces capacités pour n'importe quelle discipline intellectuelle, qu'il s'agisse de mathématiques abstraites ou de technologie?
Les syndicats politisés non seulement ne défendent pas mais aussi cherchent à décrédibiliser les enseignants PEGC: lorsqu'à juste titre Gilles de Robien a défendu l'intérêt pédagogique et financier pour l'Education nationale de l'existence de professeurs bivalents -essentiellement les PEGC- la chaîne de télévision France 2 a convoqué un militant de la LCR qui a émis un jugement de valeur discréditant les PEGC sans argument, comme s'il s'agissait de l'avis d'un expert, sans qu'il soit précisé à l'antenne son appartenance à la LCR, et le médiateur de France Télévisions m'a refusé un droit de réponse; France 3 Sud a invité un membre de la FSU qui a discrédité les professeurs bivalents en mettant en doute leur compétence sans argument non plus; ce genre de personnes politisées incapables de justifier leurs jugements par le moindre argument donnent de l'institution Education nationale l'image déplorable d'une institution incapable de former des citoyens à la raison critique, libre de toute idéologie.
Une équipe du magazine Envoyé Spécial de la chaîne France 2 venue filmer la réalité du collège dans lequel j'enseigne français et anglais a conçu un reportage à partir d'un abus de confiance: après avoir annoncé par surprise qu'ils venaient pour une simple prise de vue des élèves entrant dans la salle de classe, les reporters sont restés pendant la durée du cours et ont monté des images pour orienter le reportage en fonction du scénario qu'ils avaient fabriqué à l'avance, il s'agit de manipulation déformant la réalité, et le droit de réponse m'a été refusé également.
Quand des politiques, syndicalistes et media qui par leur lâcheté politique sont responsables de l'effondrement du système républicain méprisent voire discréditent un corps de professeurs issu du système républicain méritocratique tel qu'il a existé et tel qu'il n'existe plus, il convient de s'interroger sur l'avenir de la nation.
J'appelle les media qui se veulent indépendants de tout pouvoir idéologique et politique à stimuler plus encore l'esprit critique des citoyens et en particulier à poser à Gilles de Robien la question devant laquelle il se dérobe.
S. Durand, professeur dans l'Académie de Montpellier
Ecrit par : S. Durand | 07 janvier 2007
1. « Tout va pour le mieux ».
2. « Nous enseignons la syllabique ».
3. « Aucune méthode n’est la meilleure ».
4. « Le français n’est pas phonétique ».
5. « Lire un mot à haute voix ce n’est pas lire »
6. « Votre enfant n’est pas prêt ».
7. « Votre enfant est handicapé ».
8. « C’est la faute des parents ».
9. « Trop de télévision ».
10. « Nous, nous enseignons à tous les enfants sans distinction ».
Ecrit par : Azimont | 06 janvier 2007
Voilà encore une fois l'art de mélanger le sensé et le l'absurde!
-Tous les gens un peu sérieux reconnaissent, par exemple, que l'excès de télévision, (et surtout de l'usage de certains programmes) nuit gravement aux apprentissages (et à l'éducation, soit dit en passant).
-Le défaut d'éducation fréquent rend également, dans les premières années d'école, la tâche des instits extrêmement difficile, mais ce n'est pas exactement:
-"la faute des parents", comme il l'est dit de manière extrêmement abusive et caricaturale dans cette espèce d'inventaire à la Prévert, un peu ridicule à défaut d'être "ridiculisant", (et qui se veut certainement drôle) présenté ci-dessus.
-Personne n'a dit: "tout va pour le mieux".
-Effectivement, la plupart des instits enseignent la syllabique.
-Venez dans les classes pour prendre conscience du fait que la lecture à haute voix y est couramment préconisée...
Etc. Quel mélange!
Ecrit par : christophe sibille | 07 janvier 2007
"Une équipe du magazine Envoyé Spécial de la chaîne France 2 venue filmer la réalité du collège dans lequel j'enseigne français et anglais a conçu un reportage à partir d'un abus de confiance: après avoir annoncé par surprise qu'ils venaient pour une simple prise de vue des élèves entrant dans la salle de classe, les reporters sont restés pendant la durée du cours et ont monté des images pour orienter le reportage en fonction du scénario qu'ils avaient fabriqué à l'avance, il s'agit de manipulation déformant la réalité, et le droit de réponse m'a été refusé également."
écrit S. Durand…
Pouvez-vous être plus explicite, cher (chère ?) collègue. Le reportage de France 2 a-t-il été diffusé ? Quand ? Avec quelles intentions — que "scénario fabriqué à l'avance" ?
Attentivement vôtre…
JPB
Ecrit par : brighelli | 07 janvier 2007
Bonjour
La télévision : quel impact sur nos enfants ?
A lire si vous le souhaitez ce petit sondage local sur 550 enfants de primaire et secondaire. Une action et réflexion , ici et maintenant.
http://parolesdinstit.blog.lemonde.fr/category/television/
Cordialement
Ecrit par : Patrick(instit) | 07 janvier 2007
1. « Tout va pour le mieux ».
2. « Nous enseignons la syllabique ».
3. « Aucune méthode n’est la meilleure ».
4. « Le français n’est pas phonétique ».
5. « Lire un mot à haute voix ce n’est pas lire »
6. « Votre enfant n’est pas prêt ».
7. « Votre enfant est handicapé ».
8. « C’est la faute des parents ».
9. « Trop de télévision ».
10. « Nous, nous enseignons à tous les enfants sans distinction ». Azimont.
Hélas Christophe, j'aimerais vous croire mais je peux vous présenter dès demain (ou même dès aujourd'hui, un petit tour sur le forum de france 2, rubrique éducation) de nombreux collègues qui raisonnent ainsi.
Ecrit par : catmano | 07 janvier 2007
11. attendez les vacances de noël/pâques/etc, il va avoir le "déclic".
12. Nous sommes des professionnels
13. Laissez nous faire
Zont pas encore compris que c'est certains parents qui refont tout (plus ou moins bien, avec le minimum de temps par jour) à la maison. Les autres font confiances...
Mais ils sont de moins en moins nombreux tous les jours ;)
Ecrit par : toto | 07 janvier 2007
reportage diffusé dans l'émission Envoyé Spécial au début de l'année 2003 sur France 2 dont une partie du scénario oppose une pédagogie dite moderne à une pédagogie dite classique au mépris de la réalité
le sujet principal du reportage est la BD Titeuf, utilisée par une de mes collègues dans son enseignement -ce que je ne cautionne pas!- et mon enseignement a été caricaturé comme traditionnel par opposition, ce qui est faux
ma collègue était prévenue du reportage ce qui n'était pas mon cas, les reporters sont venus à l'improviste filmer ce qui les arrangeait pour illustrer leur scenario bâclé
mediocratie: mediocrité qui gouverne dans les mass media dont la télévision publique
l'Etat français obèse voulant s'occuper de tout en déresponsabilisant les citoyens ne s'occupe bien de rien, en particulier de sa télévision dont certaines émissions font honte à l'idéal universaliste
Ecrit par : S. Durand | 07 janvier 2007
"La lecture globale est une illusion : le cerveau décompose le mot et le recompose. Et ça, il faut l'apprendre."
L'Astuce dans Léo&L;éa, c'est que le gamin aura le cerveau qui 'composera' le mot 'directement', sans avoir besoin de le décomposer ET donc de le recomposer ensuite.... Moi je trouve ça un peu fastidieu...
Je vous laisse réfléchir à ça :)
Ecrit par : toto | 07 janvier 2007
Il faut beaucoup de "bravitude" pour franchir les grilles de certains établissements scolaires et aller y enseigner.
Ecrit par : Thalie | 07 janvier 2007
L'Astuce dans Léo&L;éa, c'est que le gamin aura le cerveau qui 'composera' le mot 'directement', sans avoir besoin de le décomposer ET donc de le recomposer ensuite.... Moi je trouve ça un peu fastidieu...
Je vous laisse réfléchir à ça :)
Je ne sais pas toto ; Je ne connais pas le manuel de lecture Léo et Léa. Tout ce que je sais, c'est que tout ce qui vaut un peu la peine dans la vie est "fastidieux" (avec un x, ça vient du latin "fastidiosus", qui provoque le dégoût)...surtout au début. L'alternance du goût et du dégoût, de la peine et du plaisir, de la joie et de la tristesse, de l'effort et du repos...C'est une Loi de la vie, personne n'y peut rien et les pédagogues ont tort de l'ignorer avec leur pédagogie du plaisir, du jeu...
On se lasse très vite de ce qu'on a obtenu sans effort. C'est le "bonheur obligatoire " qui est "fastidieux".
Ecrit par : Robin | 07 janvier 2007
...Evidemment, ça n'empêche pas de "mettre du miel au bord de la coupe" et de faire des récréations.
Ecrit par : Robin | 07 janvier 2007
Bonjour,
D'abord je tiens à vous féliciter de votre admirable "esprit de révolte" qui nous manque tellement en Allemagne, où les dominants (politiciens, bureaucrates ...) peuvent nous imposer n'importe quoi, sûrs qu'on leur obéira, surtout les profs. Et des syndicats, n'en parlons plus!
Mais il y une chose sur votre blog qui me paraît peu sérieux. Je constate une tendance vers des règlements de comptes. Vous n'analysez pas assez la "structure", vous vous en prenez trop souvent aux "structurants", pour reprendre les expressions de Bourdieu. Et ainsi vous avez recours aux arguments "ad hominem". C'est la structure sociale, économique etc. qui "produit" des Meirieu, des Royal, des Sarkozy ou des Merkel. Si M. Meirieu n'existait pas, vous auriez un autre maître à penser pédagogiste! D'ailleurs, le portrait que quelques collègues dessinent de Bourdieu est beaucoup trop simpliste. Et les professions de ses fils ne disent rien sur la validité de ses thèses.
Ce qui m'a choqué un peu, c'est qu'un collègue a écrit sur ce blog préférer Mme le Pen à Mme Royal. Vous savez, chez nous, en Allemagne, on s'y connaît en fachismes, et j'ai beaucoup de difficultés à comprendre qu'un enseignant pourtant très cultivé et aimant sa profession puisse écrire une telle "bêtise" (excusez, mais je ne trouve pas d'autre expression) a-politique et dangereuse.
Cordialement
Wolfgang Walkiewicz
Ecrit par : wolfgang walkiewicz | 07 janvier 2007
Ce qui m'a choqué un peu, c'est qu'un collègue a écrit sur ce blog préférer Mme le Pen à Mme Royal. Vous savez, chez nous, en Allemagne, on s'y connaît en fascismes, et j'ai beaucoup de difficultés à comprendre qu'un enseignant pourtant très cultivé et aimant sa profession puisse écrire une telle "bêtise" (excusez, mais je ne trouve pas d'autre expression) a-politique et dangereuse.
Cher Wolfgang (quel beau pseudonyme ou quel beau prénom !)
Ne prenez pas tout ce que nous disons sue ce blog au pied de la lettre. Nous avons en France le "politiquement correct", comme vous, sans doute aussi en Allemagne et il y a des moments où on a envie de faire un peu de provocation. Je sais bien que votre pays s'y connaît en matière de fascisme. Mais pour avoir voyagé un peu dans les pays de l'Est et en particulier dans l'ex Allemagne de l'Est avant la chute du mur de Berlin, j'ai eu l'occasion de m'apercevoir qu'il existait aussi...un fascisme de gauche, tout aussi redoutable, sinon plus que l'autre et qui a duré beaucoup plus longtemps (de 1933 à 1945 pour l'un et de 1917 à 1999 pour l'autre, faites les comptes). Je sais qu'il faut dire fascisme pour le régime de Mussolini et nazisme pour celui de Hitler...je pense en écrivant ces lignes à mon ami le poète roumain Radu Marès qui a cessé brusquement de m'écrire dans les années 80 et je n'ai pas envie de m'étendre sur ce sujet...Il y a des choses qui font trop mal.
Je maintiens ce que j'ai dit au sujet de Ségolène Royal, toutes idées politiques mises à part, je trouve Marine Le Pen plus sympathique, humainement parlant, et plus "franche du collier". L'avenir nous dira laquelle des deux est la plus "dangereuse" comme vous dites...Mais le problème, comme vous le savez, est que Marine Le Pen n'a aucune chance de devenir, du moins dans l'immédiat, présidente de la République.
En ce qui concerne le primat de la structure sur les "sujets", il s'agit-là d'une pétition de principe structuraliste à laquelle il n'est pas obligatoire d'adhérer. L'une des caractéristiques du structuralisme, comme nous l'expliqua un jour Mickaël Dufresne étant de nier la liberté humaine et l'autonomie du sujet....Même Michel Foucault, à la fin de sa vie est revenu, comme vous le savez, sur les conséquences éthiques et politiques de son épistémologie.
Je crois, en ce qui me concerne, au primat des personnes sur les structures.
Ecrit par : Robin | 07 janvier 2007
Merci à Wolfgang pour cette remise au point indispensable!
Catmano, il faudrait quand même qu'on m'explique comment on peut raisonner, (je dirais plutot: "résonner", en l'occurence) sur, simultanément:
-Tout va pour le mieux
et
-C'est la faute à la télévision.
Ne serait-ce que sur ces deux point, l'inventaire suscité me paraît pour le moins bizarre!
Thalie, j'ai effectivement entendu Mme Royal parler de sa "bravitude". Et je suis à peu près persuadé que, de sa part, ce n'était effectivement pas humoristique! (Je soupçonne cette brave candidate toujours primée d'être d'ailleurs totalement dépourvue de cette qualité primordiale).
Ecrit par : christophe sibille | 07 janvier 2007
Je réponds au lien de Patrick sur la télévision ( lien que je viens de visiter ).
Je confirme le fait que la télévision n'est en rien une occupation majeure des jeunes gens ( au hasard, ni mes élèves ni mes enfants ne s'en soucient ) . Son rôle majeur date du temps où elle était le seul moyen de divertissement 'moderne' . La télévision dans les chambres ( là c'est une expérience restreinte de mère de famille qui me guide ) sert à brancher la console de jeu vidéo, largement plus qu'à regarder des programmes. Ceci dit, .... tiens , je ne commente pas la télévision dans la chambre!
Mais cela m'amène à un autre sujet, puisqu'à la télévision est toujours lié le fameux problème de la violence.
Je dois bien avouer que cette thèse m'agace un peu.
Ne serait-ce qu'en lisant des romans, on peut constater que la violence a toujours été présentée dans les fictions.
On peut aussi constater qu'en mettant des élèves face à des textes épiques ( Homère, évidemment, ou La chanson de Roland, par exemple ), ils vont trouver ces textes largement plus violents que ce qu'ils trouvent à la télévision et au cinéma.
Je ne vois pas quel est l'intérêt de cacher les yeux des enfants sur les problèmes de violence, au motif que cela leur donnerait des idées. Les idées, ils n'ont besoin de personne pour les trouver. La violence est le premier moyen d'expression de l'humain contrarié dans ses désirs, n'est-il pas vrai? La violence, ils la trouvent chez eux, à l'école, entre eux.
C'est une composante de leur vie. Tout ce que l'école peut faire, c'est leur donner des moyens de dépasser la violence brute pour en arriver à une violence médiatisée par le langage.
N'est-il pas vrai?
Ecrit par : Milady | 07 janvier 2007
Thalie, j'ai effectivement entendu Mme Royal parler de sa "bravitude". Et je suis à peu près persuadé que, de sa part, ce n'était effectivement pas humoristique! (Je soupçonne cette brave candidate toujours primée d'être d'ailleurs totalement dépourvue de cette qualité primordiale).
Si au moins cette brave candidate qui brave la correction en disant "bravitude" à la place de bravoure était une brave fille.
Ecrit par : Robin | 07 janvier 2007
Avec sa « bravitude », la Sainte Vierge nous replonge dans la foire aux cancres avant même que nous les ayons retrouvaillés.
Il faut faire preuve d’indulgencitude avec la Maldonne du PS, la Grande Muraille c’est quand même émotionnisant. Les mal-pensants qui la critiquent ne sont que des falotscrates ! C’est sûr, tout ce tapage est fait pour faire oublier les fortes réflexitudes de la candidate sur l’améliorement des rapports franco-chinois.
J’ai un comme un doutage : à force de vivre entourée de publicitaires, la Maldonne finit par parler comme eux. Comme le dit son slogan « ça va changer » ! Encore un vrai morceau de bravitude.
Ecrit par : Lariba | 07 janvier 2007
"Personne ne dit tout va pour le mieux." (C.Sibille)
Celui-là le dit quand même. J'ai du mal à croire que même ses fans lisent ce fatras indigeste et incompréhensible.
"Petit problème pour matheux.
"Le niveau général ne cesse de monter, et en même temps, le niveau que les professeurs constatent dans leurs classes ne cesse de baisser!
C'est pourtant une évidence arithmétique indiscutable! Prenons, pour nous en convaincre,un exemple arbitraire parmi d'autres. En 1960, moins de 10% de la tranche d'âge
des jeunes de 15-16 ans sont en classe de Seconde de Lycée.
Ce sont pour la plupart des jeunes issus des classes moyennes et supérieures. Bien entourés, bien dirigés, ces élèves ont un bon niveau en orthographe, savent réiger un texte correctement, et obtiennent une moyenne de 12/20 en dissertation de français...
Quarante- cinq ans plus tard, plus de 70 % de la même tranche d'âge est en Seconde : issus de milieux sociaux et culturels bien plus diversifiés, sans doute plus inégalement suivis par leurs familles et moins systématiquement stimulés par leur environnement, ils n'obtiennent, sur la même dissertation, qu'une moyenne de 8/20...Le niveau des jeunes Français a-t-il vraiment baissé? Petit calcul .
En 1960, un élève de Seconde a, en moyenne, 12/20 à sa dissertation; donnons aux autres une note forfaitaire,
pour le papier et le temps passé, de 2/20 : la moyenne de la tranche d'âge est de 3/20. Aujourd'hui, avec les mêmes modes de calcul, la moyenne de la même tranche d'âge sur le même exercice est de 6,2/20 : elle a plus que
doublé!
Hausse spectaculaire du niveau général, tandis que le professeur de seconde voit, lui, les résultats de sa classe baisser de 4 points!
Dans le même temps, le nombre d'élèves ayant 12 et plus a augmenté, mais ces élèves sont proportionnellement moins nombreux que jadis!
Reste évidemment la seule vrai question : comment faire pour que l'accès aux études s'accompagne d'une hausse correspondante du niveau des élèves qui y accèdent? Comment transformer "la démocratisation de l'accès" en "démocratisation de la réussite"? C'est évidemment affaire de pédagogie."
( Lettre à un jeune professeur, Philippe Meirieu.)
Anne-Marie.
Ecrit par : Anne-Marie Valette | 07 janvier 2007
"On se lasse très vite de ce qu'on a obtenu sans effort.."
Bisoir Robin,
tout à fait d'accord avec ça, seulement quand tu pousses un peu trop le 'fastidieux' (boschervitevitemalfait) tu engendres des chtits problèmes de décollage/recollage, que même un "nul" ne provoquera pas avec L&L;, qui n'est pas une méthode ludique (bien au contraire)...
Tu devrais aller regarder la méthode L&L; ou aussi la méthode Alpha, et comparer avec les méthodes Ribambelle/Ratus/etcetc si tu veux comprendre pourquoi les gamins sont devenus fous ....
Ecrit par : toto | 07 janvier 2007
En 1960, un élève de Seconde a, en moyenne, 12/20 à sa dissertation; donnons aux autres une note forfaitaire,
pour le papier et le temps passé, de 2/20 : la moyenne de la tranche d'âge est de 3/20. Aujourd'hui, avec les mêmes modes de calcul, la moyenne de la même tranche d'âge sur le même exercice est de 6,2/20 : elle a plus que
doublé!
"La bêtise est la mesure de toutes choses."
Ecrit par : Robin | 07 janvier 2007
Tu devrais aller regarder la méthode L&L; ou aussi la méthode Alpha, et comparer avec les méthodes Ribambelle/Ratus/etcetc si tu veux comprendre pourquoi les gamins sont devenus fous ....
Toto, à force d'essayer de les récupérer en 6ème, c'est moi qui ai failli devenir fou. Le problème ce n'est pas que les gamins soient devenus fous, le problème, c'est que la majorité des gens s'en foutent et que les autres pensent qu'on n'y peut rien.
Mais je ne demande qu'à retrouver mon optimisme et ma "bravitude".
Ecrit par : Robin | 07 janvier 2007
"Avec sa « bravitude », la Sainte Vierge nous replonge dans la foire aux cancres avant même que nous les ayons retrouvaillés.
Il faut faire preuve d’indulgencitude avec la Maldonne du PS, la Grande Muraille c’est quand même émotionnisant. Les mal-pensants qui la critiquent ne sont que des falotscrates ! C’est sûr, tout ce tapage est fait pour faire oublier les fortes réflexitudes de la candidate sur l’améliorement des rapports franco-chinois.
J’ai un comme un doutage : à force de vivre entourée de publicitaires, la Maldonne finit par parler comme eux. Comme le dit son slogan « ça va changer » ! Encore un vrai morceau de bravitude."
Ecrit par : Lariba | 07 janvier 2007
Excellent, Lariba! On ne rit pas souvent ici!
Ecrit par : christophe sibille | 07 janvier 2007
Vous nous donnez la preuve, Anne-Marie, qu'un texte de Meirieu est illisible. Et cela non pas parce qu'il contiendrait une pensée profonde et d'un abord ardu mais parce qu'il ne contient aucune pensée du tout sinon l'éternelle pétition de principe meiriolique "J'ai raison parce que j'ai raison et la meilleure preuve c'est que j'ai raison."
Ecrit par : Jean | 07 janvier 2007
le sujet principal du reportage est la BD Titeuf, utilisée par une de mes collègues dans son enseignement
La BD Titeuf, chef d'oeuvre de l'humour suisse, n'intéresse plus personne et mon plus jeune fils m'a dit l'autre jour que c'était débile. J'ai été un peu vexé car je lui avais acheté la dernière pour son anniversaire en pensant lui faire plaisir. Je dois cependant admettre qu'il a raison.
Courage, chère collègue,vous aussi vous avez raison, non les crétins "d'Envoyés spécieux".
Ecrit par : Robin | 07 janvier 2007
Relions les fils : dans la série "bravitude", mes deux premiers cours de l'année seront consacrés à rendre leurs concours blancs aux hypokhâgneux, en français ET en latin (fromage ET dessert, Roux ET Combaluzier, bois ET charbons, Fasolt ET Fafner, Meirieu ET Charmeux, etc., etc.). Bref, il y en a pas mal à qui je vais faire de la peine, peuchère, et je pense même qu'il y aura des larmes et des grincements de dents, -- et j'ai une sainte horreur de faire pleurer les gens, car il n'a a pas moins sadique que moi ;-) Alors, j'écoute "La Belle Hélène " en boucle (Minkowski Lott Naouri) pour me donner du courage ! Allez, bonne reprisation à tous...
Ecrit par : FGuichard | 07 janvier 2007
1. « Tout va pour le mieux ».
2. « Nous enseignons la syllabique ».
3. « Aucune méthode n’est la meilleure ».
4. « Le français n’est pas phonétique ».
5. « Lire un mot à haute voix ce n’est pas lire »
6. « Votre enfant n’est pas prêt ».
7. « Votre enfant est handicapé ».
8. « C’est la faute des parents ».
9. « Trop de télévision ».
10. « Nous, nous enseignons à tous les enfants sans distinction ». Azimont.
Je m'explique donc, à la première entrevue avec des parents soucieux, on répond :
1. « Tout va pour le mieux ».
S'ils se font du souci au sujet de la méthode d'apprentissage de la lecture, on répond :
3. « Aucune méthode n’est la meilleure ».
S'ils insistent, on peut ajouter selon la "tournure" que prend la conversation :
2. « Nous enseignons la syllabique ».
ou :
4. « Le français n’est pas phonétique ».
ou encore :
5. « Lire un mot à haute voix ce n’est pas lire"
ou même :
10. « Nous, nous enseignons à tous les enfants sans distinction ».
ou en cas d'extrême difficulté (mais là, il va falloir préciser sa pensée et ce n'est pas toujours de bonne politique) :
6. « Votre enfant n’est pas prêt ».
et même :
7. « Votre enfant est handicapé ».
Les formules suivantes étant plutôt réservées aux collègues, au psychologue scolaire ou aux rééducateurs :
8. « C’est la faute des parents ».
9. « Trop de télévision ».
Ecrit par : catmano | 07 janvier 2007
"Je suis jeune il est vrai, mais aux âmes bien nées
La bravitude n'attend point le nombre des années."
Bonne nuit et bonne reprenitude !
Ecrit par : Robin | 08 janvier 2007
Je pense que nous devrions nous aussi organiser un pélerinage sur la muraille de Chine ( à chacun sa Mecque).
Pour assumer notre "profitude", nous aurons sans doute besoin de cette "bravitude" dont parle l'oracle des sondages ...
Citation à l'usage des futurs profs-bi itinérants extraite de la chanson Kiri le clown :
"Nous irons de ville en ville porter la joie de vivre..."
Vu sur Prof-bi, le site de demain :
http://motstocsin.autonomie.org/html/actions/profbi3.htm
Sur la même page, les goûters pédagogiques, pas mal non plus, sans parler des autres fariboles...
Ecrit par : Eric | 08 janvier 2007
"Toto, à force d'essayer de les récupérer en 6ème, c'est moi qui ai failli devenir fou. Le problème ce n'est pas que les gamins soient devenus fous, le problème, c'est que la majorité des gens s'en foutent et que les autres pensent qu'on n'y peut rien."
Ceux qui parlent du problème sont considérés comme des extra-terrestres un peu bargeots ou des empêcheurs de danser en rond. J'en ai la triste expérience dans ma propre famille.
Christophe, vous avez l'art et la manière de ne pas donner votre avis sur les messages un peu trop dérangeants, comme celui que j'ai mis sur le vide de la pensée de Meirieu.
Vous trouvez qu'on ne rit pas beaucoup sur ce blog : le sujet n'est pas vraiment drôle, sauf si on se met la tête dans le sable... en disant que les choses ne vont pas si mal que ça.
Pour rire un peu. Un mien beau-frère, en prépa HEC à Louis Le Grand, avait eu un professeur principal qui avait énoncé cette belle phrase:
"HEC est le triomphe de la médiocrité travailleuse, mais la médiocrité seule ne suffit pas."
Remplacez "HEC" par "Meirieu", et vous comprendrez pourquoi il a écrit laborieusement 5.000 pages pour expliciter sa fumeuse pensée. On ne peut en tout cas lui refuser (hélas!) le qualificatif de grand travailleur! Depuis trente ans qu'il hante les coulisses des ministères.
Merci, Lariba, pour votre "décortication " de la pensée de Pierre Azimont.
Anne-Marie.
Ecrit par : Anne-Marie Valette | 08 janvier 2007
Pardon: merci Catmano.
Anne-Marie.
Ecrit par : Anne-Marie Valette | 08 janvier 2007
A n'en pas douter, il y a convergence entre ceux qui déplorent la "fabrication des crétins" et ceux qui voudraient bien qu'on cesse de gâcher la matière grise qui nous est confiée.
On peut se reporter au "PARADOXE DE LA PRECOCITE INTELLECTUELLE" édité par le CRDP de Haute Normandie, ou, en attendant voir le blog:
www.surdoues-canalblog.com
dj
Ecrit par : dj | 08 janvier 2007
Ségolène toujours plus forte, elle fonde un nouveau courant à gôche : « Socialisme ou Barbarisme ».
Ecrit par : Lariba | 08 janvier 2007
Décidément, la région lilloise n'est pas gâtée en ce qui concerne la pédagogie. (Fracko, encore lui).
" Quelques "remédiations" préconisées par le PRL de
Lille (Plan Réussite Lecture)pour les petits élèves en échec scolaire.
Dans la classe, par le maître:
Dans le cadre des activités proposées à tous les élèves :
- En différenciant mieux les démarches pédagogiques dès le début de l'apprentissage : découverte d'un album avec l'aide des illustrations pour construire du sens, travail sur des écrits prescriptifs plus concrets pour les enfants.
- En les sollicitant constamment, en les valorisant.
- En gérant mieux l'hétérogénéité : l'enfant en difficulté a une place centrale dans le groupe / diversité des modes de regroupements selon le rôle des interactions.
- Découverte d'un écrit à partir du dictionnaire Elmo International.
Dans le cadre des activités de soutien :
- En réinvestissant rapidement dans des activités de structuration les mots rencontrés et ce, pour faciliter la mémorisation.
- En mettant mieux en place les activités de structuration (utilisation rapide des référents individuels pour retrouver un mot).
- En proposant d'autres situations pour recontextualiser les mots rencontrés, (textes écrits par le maître par exemple).
- En présentant différemment les écrits (sous forme de pictogrammes, par exemple).
- En proposant des situations de réinvestissement de leurs connaissances des différents types d'écrits (fiches techniques, recettes et poésies).
Ce blablabla confondant donne une idée de ce qui se passe à Lille. Est-il besoin de préciser que monsieur Frackowiak est adepte du mouvement Freinet et cite les "grands spécialistes "contemporains de l'école : Meirieu, Dubet,Morin, Giordan..."
Anne-Marie.
Ecrit par : Anne-Marie Valette | 08 janvier 2007
elle fonde un nouveau courant à gôche : « Socialisme ou Barbarisme ».
Aux dernières nouvelles, un nouveau courant plus radical a été fondé par des pédagogues affiliés au du parti : "Socialitude et Barbaritude"...Chevènement ne décolère plus et parle de reposer sa candidature. Plus ils fondent de courants et plus le niveau baisse. C'est la "barbare attitude".
Ecrit par : robin | 08 janvier 2007
Découverte d'un écrit à partir du dictionnaire Elmo International.
Le dictionnaire Elmo International permet-il de traduire les écrits de Monsieur Fracko ?
Ecrit par : robin | 08 janvier 2007
En sous-traitant la méthode globale avec de la remédiation "globale", le sieur Francko ne risque pas de se retrouver au chômage. Il y aura de plus en plus de boulot pour lui et pour ses émules. Ce pédagogue lillois ne perd pas le nord. Ce sont les enfants et leurs parents qui risquent dêtre un peu déboussolés.
Ecrit par : robin | 08 janvier 2007
Bijour Fouroum,
"Toto, à force d'essayer de les récupérer en 6ème, c'est moi qui ai failli devenir fou"
Parce que tu ne savais pas où étaient les soucis ...
Ceux qui sont "hs", ont de bonnes raisons de ne pas pouvoir comprendre, il faut reformater 'correctement' le petit souci de vision. Celui qui fait qu'ils ne lisent pas:
1) toutes les lettes dans un mot
2) tous les mots dans une phrase
3) toutes les phrases dans un paragraphe etc ...
Cei est dû essentiellement à la 'folie' de certains d'obliger les enfants à "lire"(*) des mots/phrases sans faute et d'un seul trait... ALORS QU'ILS NE SAVENT PAS ENCORE LIRE 'SUFFISAMMENT'.
Après pour le sens .... bonjour...
Pour corriger ce souci une bonne solution : L&L; (de 5 à 99 ans) :) Une fois qu'ils sauront lire 'correctement', ils résoudront 80% de leur problème orthographique sans aide externe ;)
(*)réciter/deviner
Ecrit par : toto | 08 janvier 2007
"ils résoudront 80% de leur problème orthographique "
Sauf bourrés/déchirés/fatigués (of course de MACheval ;) )
Ecrit par : toto | 08 janvier 2007
IMPROMPTU.
Bastien, notre petit fils âgé de quatre ans et demi est venu passer deux jours avec nous. Il joue avec un camion pendant que nous churlupons notre café brûlant. ( Il suffit de prononcer ce verbe pour deviner sa signification.) Il nous déclare soudain que ce camion est à lui puisque son nom est écrit dessus. Nous savons qu'il reconnaît son pénom, inscrit sur son cahier de vie de l'école, sur le porte -manteau et sur la porte de sa chambre. En fait , sur ce petit camion nous lisons : BANK. Je prends un morceau de carton sur lequel j'écris BASTIEN (il reconnaît aussi son prénom écrit en lettres majuscules) et je lui demande de bien observer si tout est pareil. Il constate que seules les deux premières lettres sont identiques et nous demande de lui apprendre les autres.
Il écoute et répète. Je découpe alors des carrés de 2 cm de côté et j'écris les lettres de son prénom sur chaque carré. Nous mélangeons les carrés et lui demandons de construire son prénom en regardant le modèle. Gagné. Même exercice sans modèle. Encore gagné. Il demande à recommencer mais il dissimule habilement dans sa main gauche la lettre S et nous faisons semblant de n'avoir rien remarqué. Il dispose de nouveau les lettres et demande à papy de vérifier.Papy déchiffre et s'étonne: BATIEN, ça ne va pas, il manque une lettre. Où est-elle passée ? Triomphant, Bastien ouvre sa main gauche et place son "S serpent" au bon endroit. Il demande alors à jouer avec les prénoms de ses parents. Pourquoi pas ? LISE et SEB ce n'est pas difficile ,mais tout de même le "S serpent" de papa SEB et celui de maman LISE ne sifflent pas de la même façon. Quant à celui de "bébé frère JULES" on ne l'entend pas du tout. Celui de Servin par contre, on l'entend. Qui est Servin ?" Un petit garçon qui vient quelques fois à l'école et qui lit avec ses doigts. Il ne voit pas clair, mais moi je vois clair et quand on joue il faut faire attention. Et d'abord maintenant je veux jouer avec mon camion. " Tu as raison Bastien, notre café est à point.
Ecrit par : CHARPENTIER Hélène | 08 janvier 2007
Ceux qui sont "hs", ont de bonnes raisons de ne pas pouvoir comprendre, il faut reformater 'correctement' le petit souci de vision. Celui qui fait qu'ils ne lisent pas:
1) toutes les lettes dans un mot
2) tous les mots dans une phrase
3) toutes les phrases dans un paragraphe etc ...
"D'accord toto, je n'ai pas besoin de dictionnaire pour comprendre, votre méthode doit être meilleure que celle de M. Fracko : "ce qui se conçoit bien..."
Mais si vous voulez réussir à enseigner en IUFM et à passer pour un génie, un petit conseil, ne dites pas les choses aussi simplement, entourez-les d'un mystère et d'une complexité de bon aloi. Par exemple, tenez :
"La synthitude herméneutique de la déchifralitude suppose la constructitude d'un dispositif guidé dans la contextualitude d' une méthodologie analytique d'extensitude .graphémo-conceptuelle."
Ecrit par : robin | 08 janvier 2007
"Mais si vous voulez réussir à enseigner en IUFM "
"La synthitude herméneutique de la déchifralitude suppose la constructitude d'un dispositif guidé dans la contextualitude d' une méthodologie analytique d'extensitude .graphémo-conceptuelle."
Je suis juste P4 moi, je crois que cela ne va pas être possible. :)
Ecrit par : toto | 08 janvier 2007
Tu as tout dit Hélène :(''''
pfffff.....Marre des zânes...
Il faut leur parler comment pour qu'ils comprennent ...
Ecrit par : toto | 08 janvier 2007
"La synthitude herméneutique de la déchifralitude suppose la constructitude d'un dispositif guidé dans la contextualitude d' une méthodologie analytique d'extensitude .graphémo-conceptuelle."
Je crois qu'il faut plutoniser tous ces gens là..."
http://fr.news.yahoo.com/08012007/5/plutonise-elu-mot-de-l-annee-2006-par-une-association.html
Ecrit par : Fred | 08 janvier 2007
Il écoute et répète. Je découpe alors des carrés de 2 cm de côté et j'écris les lettres de son prénom sur chaque carré. Nous mélangeons les carrés et lui demandons de construire son prénom en regardant le modèle. Gagné.
Hélène, ça ne va pas du tout :
1°) Vous n'appliquez pas la méthode progressiste globale de Madame Charmieux et de Monsieur Fracko.
2°) Vous appliquez la méthode analytique réactionnnaire.
3°) Vous n'avez pas le droit de réussir. Vous dépassez les bornitudes.
Ecrit par : robin | 08 janvier 2007
"Socialisme ou barbarisme", dites-vous? On croit rêver devant une telle méconnaissance du vocabulaire français! Car "barbarisme" ne signifie pas "barbarie" , mais "faute très grossière commise sur un mot", comme "je prena le train, je le vus arriver, etc.". Il faut être singulièrement inculte pour ne pas faire la différence.
Ecrit par : Jean | 08 janvier 2007
Témoignage d’une blogueuse de passage à propos des contre-pouvoirs pédagogiques aux USA. Le meilleur exemple en est à mon avis la Core Knowledge foundation, créée en 96 par ED Hirsch Jr, l’auteur de « The schools we need and the reasons why don’t have them » entre autres. Hirsch n’a pas fait qu’une excellente analyse de la situation, mais il est allé jusqu’au bout de ses convictions en mettant en place un réseau d’écoles. Il lui a fallu du temps et beaucoup d’énergie mais le résultat est là. Pour en savoir plus, voyez donc le site http://coreknowledge.org/CK/
Vous pouvez aussi suivre ce lien http://appy.ecole.free.fr/3evoie.htm pour avoir une idée sur les travaux made in USA. Je suis bien d’accord pour dire qu’on n’emprunte pas un système éducatif clés en main. (mais au fait, d’où sont venues les fumantes idées pédagogistes ?) Il n’en reste pas moins qu’il serait stupide de se priver de l’expérience des uns quand elle est positive. De la même façon qu’il serait stérile de vouloir reproduire à l’identique l’école de la IIIème République, il serait également stupide de reproduire tout un système éducatif contemporain étranger. Il y a des spécificités nationales aussi bien sur le plan des mentalités, de la culture que de la langue ; utiliser une idée pédagogique étrangère impliquerait que l’école sache l’adapter, la faire sienne.
Pour donner un exemple plus précis, quand les Canadiens et les Américains mettent au point l’enseignement explicite ou instruction directe, je trouve que c’est une bonne chose, qu’il y a dans cette pratique des pistes très intéressantes et je déplore que sous prétexte d’anti-américanisme imbécile on n’en parle jamais en France, ou au pire, on dise d’un air supérieur : « Mais nous on le fait déjà ! », sans vraiment savoir de quoi il s’agit. Idem pour toutes les enquêtes lourdes réalisées aux Etats-Unis, comme le projet Follow Through par exemple ou même en Europe comme l’enquête belge sur la lecture en 96 (Braibant). Les exemples sont multiples.
Enfin pour finir, quelques mots de Hirsch : « Our educational failures reflect reality’s revenge over inadequate ideas ». La réalité nous rattrape toujours à un moment donné que cela nous convienne ou pas. Alors il serait peut-être temps d’élargir nos points de vue dans un réel souci d’efficacité.
Françoise A
Ecrit par : Françoise A | 08 janvier 2007
Salut à Françoise A.…
J'"ai recommandé dix fois le site de Bernard Appy, http://appy.ecole.free.fr/
Salut ) Fred, et excellente idée : nous allons plutoniser Ségolène…
JPB
PS. Il semblerait que la côte de Bayrou monte singulièrement, en ce moment. Quelqu'un s'est-il penché sur les idées de cet homme sur l'école ? Ce n'est pas parce qu'il est ancien ministre de l'Education et Béarnais que je suis prêt à avaler n'importe quelle généralité…
Ecrit par : brighelli | 08 janvier 2007
"Plutonisé" a été élu "Mot de l'année 2006" par la Société américaine des dialectes lors de sa réunion annuelle vendredi. "Plutoniser" signifie "rétrograder ou dévaloriser quelqu'un ou quelque chose", en référence au triste destin de Pluton, destituée de son statut de planète par l'Union astronomique internationale (UAI) l'année dernière.
"Plutonisé" a remporté le dernier tour du vote contre "canari climatique", formule dont la définition est la suivante: "un organisme ou une espèce dont la mauvaise santé ou le nombre décroissant suggère une importante catastrophe environnementale à l'horizon".
Il faut plutoniser les drôles d'oiseaux qui apprennent à lire aux "canaris climatiques".
Ecrit par : Robin | 08 janvier 2007
Je reproduis ici un texte de joseph Siquier, instituteur retraité né en 1933, fils d'ouvrier agricole , et auteur de quelques ouvrages .( deux romans, un essai et une étude historique en cours.) Domicilié dans le Cantal où il a enseigné.
EST-IL VRAI QUE .. ?
Les livre(...) les chacals pissent au bas et les bourgeois montent dessus. Gustave FLAUBERT.
Est-il vrai que..?
Non, l'histoire que je vais vous conter ne peut être vraie.
Ecoutez plutôt :
Au mitan du siècle dernier, Aurillac n'avait plus d'Ecole Normale. Les boursiers complets qu'étaient les normaliens étaient hébergés , de plus ou moins bon gré, par le bourgeois lycée Emile Duclos. La seule différence, d'importance, entre les lycéens et eux était...la bibliothèque de l'E.N, logée dans l'annexe. Chaque semaine, ils avaient le droit d'y choisir un ou deux livres dans son catalogue fourni et éclectique.
Me souvient d'un camarade, par exemple, qui s'y passionna pour les" Mémoires de guerre" de Churchill. Quant à moi, je plongeai avec délices dans la littérature française ( découverte de Giono ou des "Confessions" de Rousseau ) ou étrangère ( américaine, en particulier: Hemingway, Steinbeck, Faulkner,etc). J'y gagnai la passion de la culture.
Puis se construisit, la-haut sur la colline, une belle Ecole Normale.
J'y passai trois années en tant que surveillant - et me remis avec constance et application à fureter dans les rayons de la bibliothèque qui constituait le coeur (au sens propre comme au figuré)de l'établissement. On y trouvait quelques trésors comme "Les beaux draps" de Céline, jamais réédités ( et pour cause...). Mais tous les compartiments offraient des livres incontournables : pédagogie,évidemment ( dans une E.N ! ), philosophie, ( Descartes, Voltaire, Rousseau,Marx, H.Lefèvre, Politzer, Sartre, Freud...)l'histoire ( Mathiez, Soboul, Fèbvre, Marc Bloch...) la littérature ( tous les classiques, mais aussi la" Correspondance"- délectable de Flaubert , et les contemporains : Péguy, Gide, Cendrars, Léautaud, Nizan, Brecht, Aragon...) Inépuisable.
Quelques décennies plus tard moururent les Ecoles Normales.
Et naquirent les IUFM.
Un institut universitaire , ma chère, n'avait que faire de la plébéienne bibliothèque de l'EN. On descendit, pour faire place nette, ses milliers de volumes, en vrac , au sous-sol.
Ils y restèrent quelques années, et puis on eut besoin de la place qu'ils occupaient, et on les fit grimper au grenier. Toujours entassés comme chiffons sales et sans intérêt.
Et puis le grenier fut mobilisé à son tour.
Que faire de cet amoncellement de livres ? De cet encombrement ?
On aurait pu - que sais-je ? - les proposer à d'autres bibliothèques, de collèges, par exemple, ou d'écoles, ou de communes. Ou alors, si celles-ci n'avaient besoin de rien ( chacun connaît la richesse de la plupart), les offrir à des particuliers; A ces gens , pourquoi pas, qui n'ont pas peut-être pas assez à manger, mais qui n'auraient pas dédaigné des livres qu'ils n'ont pas les moyens d'acheter ?
Mais c'est sans doute trop compliqué, et administrativement difficile à mettre en place.
Alors, on aurait fait venir une benne, et, comme on se débarrasse de gravats, et dans les mêmes conditions, on aurait déversé ces milliers de livres aux ordures.
A Aurillac. En février 2006.
Vous avez bien lu:"aurait" - au conditionnel.
Car je suis sûr qu'on va démentir aussitôt cette histoire.
Ce cauchemar qui m'a empêché, cette nuit, de dormir.
Car si Hitler brûlait les livres, c'était pour des raisons idéologiques.
Dans la France de 2006 - qui ne serait plus celle de Voltaire, et Hugo, d'Apollinaire et d'Aragon - pour quelle(s) raison(s) oserait-on l'imiter ?
Le 14 décembre 2006. Joseph SIQUIER.
Serait-il opportun de faire paraître ce texte sur d'autres sites ?
Ce témoignage ne m'a pas étonnée. En 2003, je suis retournée dans l'EN de ma jeunesse pour les besoins d'un travail à rédiger. Je me souvenais d'une plaque rappelant le souvenir de la fille d'une ancienne élève exécutée par les Allemands pour acte de Résistance. Au jour anniversaire, la Directrice déposait un gerbe et nous restions quelques secondes silencieuses avant d'aller en cours. La plaque n'était plus là et personne ne put ou ne voulut me renseigner. On me fit comprendre que je dérangeais. Seule la concierge accepta de répondre. A l'occasion de travaux de réfection , la plaque avait été enlevée. Elle faisait partie de l'ancienne EN et non de l'IUFM . Elle était donc au sous-sol ou au grenier. Je suis partie bien triste en songeant à ceux et à celles qui avaient donné leur vie pour que je puisse étudier dans un pays libre.
Ecrit par : CHARPENTIER Hélène | 08 janvier 2007
Jean, vous plaisantez, j’espère ?
Sinon, j’ai écrit volontairement « Socialisme ou barbarisme », pour rire de Ségolène et de sa « bravitude » (en référence à « Socialisme ou barbarie » de mes maîtres Castoriadis et Lefort).
Bon, quand on doit expliquer une blague, c’est beaucoup moins drôle…
Je me replonge dans mes corrections et tombe sur la « cultivation » et « dans les pays riches, l’agriculture est moderne, il y a des bœufs pout tirer les machines » (sic).
Au moins Ségolène est en phase avec les djeunz.
Ecrit par : Lariba | 08 janvier 2007
On me fit comprendre que je dérangeais. Seule la concierge accepta de répondre. A l'occasion de travaux de réfection , la plaque avait été enlevée
Eh oui, Hélène, on brûle les livres parce que les livres, c'est de la mémoire, (Mnémosumé, mère des muses)...c'est comme les plaques "commémoratives"...Pour créer "l'Homme nouveau", il faut commencer par reprogrammer la mémoire....Tous les régimes totalitaires savent cela. Et la reprogrammation, ça commence à l'école et en amont, dans les IUFM.
Ecrit par : Robin | 08 janvier 2007
D'accord Robin, mais les pédagocrates n'ont rien à faire dans la sphère privée. Quand on a la bonheur d'être grands-parents et que vos petits enfants normalement observateurs et curieux vous posent des questions, il est tout à fait normal d'y répondre le plus simplement possible sans chercher de midi à quatorze heures.
Nous avons churlupé le café et savouré un instant de complicité avec notre petit fils.Cela n'a pas de prix. Allez, bonsoir car je deviens envahissante.
Ecrit par : CHARPENTIER Hélène | 08 janvier 2007
Toujours made in USA, l’histoire de l’école “la plus heureuse du monde”, celle de Celebration, la ville idéale fondée par Disney en Floride, vue par Ed. Hirsch de Core Knowledge.
« L’école de Celebration de Disney semblait être un nouveau conte de fées créé par les auteurs de la Petite Sirène et du Roi lion. Elle était censée être l’école idéale, implantée dans la communauté nouvellement fondée par Disney en Floride : Celebration. Selon le New York Times, l’école devait suivre les méthodes d’enseignement les “plus avancées”. En fait ces nouvelles méthodes étaient des resucées de méthodes progressistes datant d’au moins cent ans – comme Diane Ravitch l’a démontré dans son livre récent Left Back – des méthodes telles que les groupes d’âges mélangés dans lesquels chaque enfant va à son propre rythme ; des évaluations individualisées au lieu de tests objectifs ; des enseignants plus entraîneurs que savants ; des projets plutôt que des manuels.
De telles méthodes, bien qu’utilisées depuis des décennies, ont rarement bien marché. L’école de Celebration n’a pas fait exception. Comme le disait le titre du Times, il y avait “des difficultés dans l’école la plus heureuse de la Terre”. L’article commençait ainsi : “La rentrée ne date ici que de quelques jours, et c’est donc une surprise que des parents fassent la queue pour retirer leurs enfants”. Les parents affirmaient qu’ils étaient mécontents du manque d’objectifs clairement scolaires et du manque de mesures de la réussite aussi bien que du manque d’ordre et de structure qui accompagnaient les méthodes progressistes”.
L’échec de l’école de Celebration était totalement prévisible. Dans les années 1980, le distingué sociologue James Coleman a conduit une recherche de grande ampleur, soigneusement mise en œuvre, qui a démontré l’inefficacité des méthodes progressistes en ce qui concerne la réussite scolaire générale et la réduction de l’écart entre élèves favorisés et défavorisés. Coleman a découvert que les écoles catholiques américaines arrivent à plus d’équité scolaire que les écoles publiques car elles suivent un programme riche et exigeant ; elles fournissent un environnement structuré, ordonné ; elles offrent beaucoup d’enseignement explicite, y compris des exercices et de l’entraînement ; et elles attendent de chaque enfant qu’il atteigne des buts minimaux dans chaque matière à la fin de l’année. Tout ceci se trouve en parfait contraste avec les idéaux progressistes de l’enseignement implicite non structuré et avec l’enseignement adapté à chacun qui prédomine aujourd’hui dans les écoles publiques. Par conséquent, les enfants défavorisés réussissent scolairement dans les écoles catholiques et ces écoles réduisent les écarts entre races et entre classes sociales.
Quand il a été critiqué pour avoir condamné les écoles publiques, Coleman a fait valoir que les mêmes résultats de démocratisation étaient atteints dans les rares écoles publiques qui s’opposaient à la doctrine progressiste. Mis en rapport avec des comparaisons internationales à grande échelle, le travail de Coleman est l’ensemble de données le plus fiable que nous avons concernant la validité des idées progressistes et il n’a jamais été réfuté. »
Ecrit par : Lariba | 08 janvier 2007
Hélène, à l'IUFM de mon département, il y a cinq ou six ans, les livres de l'ancienne bibliothèque servaient au professeur d'Arts Plastiques, pour faire composer à ses apprenants des oeuvres d'art. J'ai demandé l'autorisation d'en emprunter un, un exemplaire de la "Revue pédagogique" reliée datant de 1884. J'ai bêtement oublié de le rapporter à la fin de mon stage, si j'avais su, j'en aurais emporté un par jour.
Ecrit par : catmano | 08 janvier 2007
J'ai fait preuve d'une bravitude exceptionnelle! J'ai tout lu et votre logorrhée ne s'est pas calmée avec la rentrée.
En parlant de logorrhée ( "verbale"... au point où on en est), avez-vous remarqué que faux toto s'est calmé?
Ecrit par : dobolino | 08 janvier 2007
Il semblerait que la côte de Bayrou monte singulièrement, en ce moment. Quelqu'un s'est-il penché sur les idées de cet homme sur l'école ? Ce n'est pas parce qu'il est ancien ministre de l'Education et Béarnais que je suis prêt à avaler n'importe quelle généralité
Je corresponds de temps en temps avec lui par courrier électronique et je lui ai laissé un message à ce sujet. J'attends la réponse.
Ecrit par : Robin | 08 janvier 2007
Coleman a découvert que les écoles catholiques américaines arrivent à plus d’équité scolaire que les écoles publiques car elles suivent un programme riche et exigeant ; elles fournissent un environnement structuré, ordonné ; elles offrent beaucoup d’enseignement explicite, y compris des exercices et de l’entraînement ; et elles attendent de chaque enfant qu’il atteigne des buts minimaux dans chaque matière à la fin de l’année.
C'est parfaitement exact. Et en plus elles ne sont pas très chères. Cette spécificité des écoles catholiques américaines a été signalée par Hannah Arendt dans son essai sur la crise de l'éducation aux Etats-Unis. J'ai passé deux années et demie aux Etats-Unis, de 1957 à 1959 et j'allais dans une école catholique, le collège de la cathédrale Saint-Thomas More à Arlington (Virginie). Je mettrais, en ce qui me concerne deux bémols, en espérant qu'ils ne seront pas "grattés" (clin d'oeil à une anecdote d'Hector Berlioz) : une certaine étroitesse "protestante" dans l'enseignement de la morale, et le manque de variété dans la provenance sociale et ethnique des élèves. Mais c'était il y a 40 ans et les choses ont changé en bien depuis.
J'ai eu récemment un échange de correspondance avec la directrice actuelle qui essaye de concilier une approche plus compréhensive des enfants avec les richesses d'un enseignement traditionnel. On ne peut pas faire de synthèse si on a exclu l'un des deux termes.
Ecrit par : Robin | 08 janvier 2007
"Plutoniser"? Quid?
Bayrou? Il faut voir ce qu'il pense de l'Appel pour la refondation de l'école
La "troisième voie" de Monsieur Clermont Gautier? Alors là je dis un "Non merci!" poli mais ferme, pour la raison que nous ne nous sommes pas débarrassés de l'idéologie meiriolioque pour faire allégeance à quelque autre doctrine quelle qu'elle soit. L'art vivant de la pédagogie se fait, ou plutôt se crée, plus qu'il ne se raconte. Il ne supporte pas d'être figé en fiches et en théories. Voyez comme les quinze mille pages de Meirieu sont, au total, parfaitement vaines, pour ne pas dire ridicules.
Ecrit par : Jean | 08 janvier 2007
Pour ce qui me concerne, j'aurais certainement moins honte de voter pour le Bayrou, bien qu'il soit catho et pro-européen (càd a priori pas vraiment ma sensibilité...) que pour le minuscule mégalo mégapyge et communautariste, sans parler de l'immaculée apologiste de la bravitude en escarpins. F. Bayrou est un homme de culture et un défenseur des langues anciennes et des humanités; il a beaucoup et favorablement évolué sur les questions de moeurs, où il était un peu coincé, et surtout, reconnaissons-le, ce fut avec feu le Che le moins mauvais ministre de l'éducation nationale que nous avons eu à supporter depuis plusieurs lurettes. Dans l'état actuel et désolant du débat, je crois que c'est pour lui que je pencherais, sans grand enthousiasme certes, mais au moins avec l'impression ni de me déshonorer ni de me tirer une balle dans le pied.
Ecrit par : FGuichard | 08 janvier 2007
Pour Lariba : sur « Socialisme ou Barbarisme », il y a vraiment des gens à qui il faut tout expliquer, et cela est bien affligeant. Par les temps qui courent cela ne me surprend pas trop
Ecrit par : Dom | 08 janvier 2007
Voyez comme les quinze mille pages de Meirieu sont, au total, parfaitement vaines, pour ne pas dire ridicules.
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On ne se moque pas de la meirieuitude, puisqu'elle fait partie de la positivattitude. Il faut avoir la positivattitude, ce doit être une posture (postitude ?) propre aux deux chèvres.
Ecrit par : fred | 08 janvier 2007
Hélène, c'est affreux cette histoire de livres qui finissent dans une benne à ordures. On va devoir encore supporter combien de temps ces ex-maoïstes et trotskistes qui sont à tous les étages des ministères et des lieux de pouvoir? Ils vont bien finir par partir à la retraite ces affreux jojos qui n'ont pas digéré leurs conneries de 68 grâce auxquelles l'enseignement est devenu ce qu'il est.
Cette volonté d'effacer le passé est effrayante et rappelle de tristes souvenirs.
Dernière chose, pauvre Bayrou, certes il tente de remonter la "côte" malgré sa "cote" qui n'est pas bien haute. Ca c'est pour le maître de maison qui a sûrement fait de l'humour, personne n'oserait en douter.
Ecrit par : Thalie | 08 janvier 2007
On ne se moque pas de la meirieuitude, puisqu'elle fait partie de la positivattitude. Il faut avoir la positivattitude, ce doit être une posture (postitude ?) propre aux deux chèvres.
Ecrit par : fred | 08 janvier 2007
et puis merde! Ségo, elle a le droit d'avoir appuyé un peu fort sur l'eau de riz ou saké... Que celui qui n'a jamais péché lui jette la première pierre. Vous auriez fait quoi, après un dîner bien arrosé, sur la Muraille de Chine? Chirac aurait roté sa bierre... et vous? Et deubel you?
Ecrit par : dobolino | 08 janvier 2007
Pour votre information, discours de F. Bayrou en clôture d'un colloque sur l'Education en 2006
http://www.udf.org/participer/colloques/education/bayrou_110306.html
Refus de la suppression de la carte scolaire mais rétablissement de classes d'excellence dans les établissements les plus difficiles, création d' internats spécifiques pour les élèves ingérables (pris en charge par des éducateurs et psychologues), généralisation des études dirigées, transformation de la classe de terminale en une année de transition vers les études supérieures avec plus d'autonomie, voilà à ma connaissance quelques propositions du candidat Bayrou, qui par ailleurs est favorable à l'uniforme à l'école !! Dans le projet de l'UDF "La France ensemble" paru fin novembre, on peut lire : "L'école est une institution qu s'appuie sur une hiérarchie (celui qui sait et celui qui apprend) et sur des règles (...) L'école n'est donc pas un lieu comme les autres, un espace banal pratiquant la confusion des genres et la spontanéité. (...) C'est donc l'autorité du professeur et la discipline qu'il faut restaurer. Or celles-ci ont été mises à mal, depuis quelques décennies, sans qu'on en mesure les effets dévastateurs. L'école a été l'objet d'une critique radicale, lui reprochant d'assurer la domination d'une classe et la reproduction d'une élite (...) Elle a subi aussi les contrecoups d'un pédagogisme naïf prétendant que les savoirs ne se transmettent pas mais sont découverts par l'élève lui-même. L'institution, accablée de toutes parts, s'en est retrouvée "délégitimée" (R.Rémond), perdant une part de l'estime qu'on lui portait." Plus loin on lit encore : "Laisser entrer en 6e un enfant qui ne possède pas les apprentissages fondamentaux, c'est de la non-assistance à élève en danger".
Au passage, bravo pour votre blog, Monsieur Brighelli. Il ressemble parfois à un fortin et voilà qui ravit le professeur-résistant que je suis !!!
Myriam
Ecrit par : Myriam | 08 janvier 2007
Que celui qui n'a jamais péché lui jette la première pierre
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Ah mais moi je ne prétends pas représenter tous les Français, je ne me présente pas aux présidentielles. Je ne viens pas dire aux enseignants comment et combien de temps ils doivent être en cours. Et d'ailleurs je me fous aussi de la gueule de Raffarin dans mon message si vous pensiez que mon attitude était sexiste.
Et puis merde quand on n'est pas foutu de reconnaitre qu'on a fait une bourde et qu'on prétend par la bouche de Lang qu'il s'agit "de lutter contre la langue de bois par une inventivité lexicale", on mérite d'être moquée sur les blogs !
Allez donc sur le blog de Ségo, vous verrez qu'elle a déjà bien assez d'idolâtres décérébrés qui jouissent rien qu'en attendant son nom, et pour qui chaque parole de la réincarnation du Christ et de Bouddha réunis doit être répétée et sanctifiée pour des siècles et des siècles.
Alors merde, si j'ai envie de me foutre 3 fois de suite de sa connitude, je m'en priverais pas. On a une chance sur 2 de se taper sa tronche de catho fourbe tous les 14 juillet et 31 décembre pendant 5 ans. Permettez moi d'exprimer ma vomitude et ma gerbitude rien qu'à cette idée.
Mais l'anti-racaillitude ne me séduit pas plus.
Ecrit par : fred | 08 janvier 2007
Mais c'était il y a 40 ans et les choses ont changé en bien depuis.
Lapsus, ça fait plus que ça. Mince, ça ne me rajeunit pas ! Vous connaissez la phrase de Jean Cocteau ; je n'aime pas trop le bonhomme, mais il disait parfois des choses justes : "le drame de la vieillesse, ce n'est pas qu'on vieillit, c'est qu'on reste jeune."
Ecrit par : robin | 09 janvier 2007
Aucune excuse à la Royal pour sa bêtise. Quand on se targue de représenter son pays à l'étranger, on essaie de maîtriser sa langue maternelle, et sa tendance à arroser ses repas, si c'est l'excuse en cours, sinon on reste chez soi dans son parti et on la ferme.
Je propose d'urgence un PPRE pour Royal, de Robien lui doit bien ça. Elle permet comme tous les cons du PS de faire avancer des" réformes "que la droite n'aurait jamais osé faire.
Ecrit par : Thalie | 09 janvier 2007
"Vous auriez fait quoi, après un dîner bien arrosé, sur la Muraille de Chine?"
Pipi ? (désolé j'va au coin :( )
Ecrit par : toto | 09 janvier 2007
Dernière chose, pauvre Bayrou, certes il tente de remonter la "côte" malgré sa "cote" qui n'est pas bien haute. Ca c'est pour le maître de maison qui a sûrement fait de l'humour, personne n'oserait en douter.
La cote du "pauvre François Bayrou" n'est pas aussi haute que celle de Madame Royal, mais son "organisation intellectuelle" me paraît un peu plus solide que celle de la visiteuse de la Grande Muraille de Chine et ses idées pour l'avenir de notre pays plus intéressantes. Mais ce sont des détails sans doute sans importance pour les tenants de la "politique spectacle". Je ne sais pas si JPB faisait de l'humour. Ce que je sais, c'est que Ségolène Royal à 52% (sondage du Parisien Libéré), moi, ça ne me fait pas rire du tout.
Ecrit par : robin | 09 janvier 2007
Merci à Thalie d'avoir gentiment rectifié ce ^ qui me taquinait les côtes. Mais que celui qui n'a jamais pêché ......(hum).
Pour dire un mot de Meirieu, il est venu au Havre avant Noël invité par la grande librairie du coin, pour promouvoir son dernier bouquin (il a vraiment beaucoup de temps libre pour écrire autant). Les élèves de l'IUFM occupaient une large place dans l'amphi. Le seul contradicteur qui se soit exprimé assez durement (un ancien proviseur de lycée) a surpris Meirieu qui ne s'y attendait pas. L'état délabré de notre système dépeint par Meirieu lui a été renvoyé en lui rappelant qu'il avait eu sa part de responsabilité. L'ancien proviseur a exprimé sa lassitude du discours (fort bien exposé verbalement il faut le reconnaître) des "pédagogues en chambre" qui perdent le sens des réalités. Pour se défendre (en particulier sur la difficulté de construire les emplois du temps en tenant compte de ses propositions), Meirieu a rappelé qu'il avait été principal adjoint. Il a fait tellement de choses qu'il n'a pas dû les faire longtemps.
Mais la contradiction la plus nette fut celle de Meirieu avec lui même. Il redoute l'intention ministérielle d'orienter vers des voies professionnelles des élèves qu'il préférerait garder dans une filière d'enseignement général le plus longtemps possible. Non seulement il la redoute mais il la caricature. A l'en croire on va retrouver des enfants de 12 ans (des mineurs?) dans les mines.
Et un quart d'heure après il vante les mérites incomparables des centres d'apprentissage qui, eux, font du bon boulot avec des élèves motivés et qui s'épanouissent.
Bon, si vous êtes sages, je vous raconterai un jour, le passage de Ségolène à Rouen quand elle était la secrétaire (d'Etat) d'Allègre pour un grand colloque national sur les ZEP et les petits souvenirs qu'elle a laissé aux organisateurs du Rectorat.
dj
Ecrit par : dj | 09 janvier 2007
Je sais qu'il est de bon ton de se moquer des cathos, mais ce sont eux qui risquent le moins de prendre Ségolène Royal pour l'Immaculée Conception.
Ecrit par : robin | 09 janvier 2007
Information pour Christophe et ceux qui aiment la musique vocale . Le site des cenelles a été mis à jour : images du concert Mozart et programme de novembre 2007. Berlioz y figure et la consultation du blog a aiguisé ma curiosité à son sujet. je ne vais pas tarder à le lire et mon travail sur François Boyer n'en souffrira pas puisqu'une série télévisée a été réalisée en partie par ce Marnais sur le musicien en 82 avec Daniel Mesguish dans le rôle de Berlioz. Je signale au passage que François Boyer est né à Sézanne, qu'il a écrit six romans, une pièce de théâtre , participé à une trentaine de films et à plusieurs séries télévisées. Dans les années 2000 quand le cinéma de Sézanne fut rénové,on songea tout naturellement à donner le nom d'une nouvelle salle à l'enfant du pays qui était resté fidèle à l'association des anciens élèves du lycée. Il accepta. Malheureusement, gravement malade et âgé il dut prévenir qu'il serait absent à l'inauguration officielle. Alors on le remplaça par JJ Annaud et rien, au cinéma de Sézanne n'évoque le souvenir de François Boyer, décédé en 2003. Fermons la parenthèse et revenons à notre propos.
http://les-cenelles. ovh.org
Quant à l'orchestre avec lequel nous avons travaillé, voir à symphonie du trocadéro ( orthographe à vérifier)
Bonne journée.
Ecrit par : CHARPENTIER Hélène | 09 janvier 2007
Pardon : mesguich.
Ecrit par : CHARPENTIER Hélène | 09 janvier 2007
Que ce soit Sarko ou la Sainte-Vierge, puisqu’il semble acquis que l’un des deux sera élu, ma crainte est d’installer au pouvoir un George W. Bush n°2, entouré non de conseillers mais d’idéologues avec une vision du monde simpliste, prenant donc ses décisions à l’emporte-pièce. Heureusement, la France est bien moins puissante que les Etats-Unis et fera moins de dégâts dans le monde. La « bravitude » nous montre une autre ressemblance de l’Immaculée Conception avec W : la parfaite maîtrise de sa langue natale.
Un article paru ces jours-ci dans le Monde parlait de son attachement indéfectible à François Mitterrand. Elle serait alors bien inspirée de s’exprimer aussi bien que lui…
Robin, Fred a écrit « catho fourbe », il sous-entend donc que tous ne le sont pas. Mais je suis tout à fait d’accord avec vous pour dire que catho, ce n’est pas un défaut en soi.
Japhet
Ecrit par : Japhet | 09 janvier 2007
JPB, je quitte votre blog en vous remerciant pour vos livres et en voussouhaitant beaucoup de réussite dans vos nouveaux projets (en évitant que le grand cric ne vous croque).
Salutations très cordiales aux blogueurs et en particulier à d'enguell, dobolino, toto, Catmano, Anne-Marie Valette, Hélène Charpentier, Christophe Sibille, FGuichard et robin.
bon courage à tous.
Ecrit par : utile baron | 09 janvier 2007
Toutes mes amitiés utile baron et revenez quand vous voulez.
Ecrit par : robin | 09 janvier 2007
à bientôt Baron ;)
Ecrit par : toto | 09 janvier 2007
Bon, si vous êtes sages, je vous raconterai un jour, le passage de Ségolène à Rouen quand elle était la secrétaire (d'Etat) d'Allègre pour un grand colloque national sur les ZEP et les petits souvenirs qu'elle a laissé aux organisateurs du Rectorat.
dj
Ecrit par : dj | 09 janvier 2007
dj, ne nous faites pas languir !
Ecrit par : Robin | 09 janvier 2007
Oui, racontez-nous vite, dj, les vilenies perpétrées par Madame Royal! Quant à Meirieu, que vous évoquez dans ses oeuvres creuses et vaines comme toujours, c'est un fanatique feutré, mais d'autant pus dangereux.
Ecrit par : Jean | 09 janvier 2007
abracabrantesques , les esprits se voulant fort intelligents qui tremblent devant Ségo
Ecrit par : marie angèle | 09 janvier 2007
abracabrantesques , les esprits se voulant fort intelligents qui tremblent devant Ségo
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Amen, vous serez sanctifiée et le paradis vous est promis.
Alors, heureuse ?
Ecrit par : fred | 09 janvier 2007
Enfin, un espace de liberté ! Je suis un instituteur ( j'aime pas "professeur des écoles") et moi aussi j'en ai bavé à l'iufm où l'on m'a reproché de "remettre en cause la formation" ce qui a manqué me coûter cher. Tout ceci pour dire que sur 67 pe2 de ma formation, 66 étaient déçus ( ou révoltés) par cette formation théorique et inutile et proche à mes yeux du totalitarisme le plus sournois possible. Bref, il y a effectivement du boulot et pour un jeune c'est décourageant !
Ecrit par : Ronin | 09 janvier 2007
Bref, il y a effectivement du boulot et pour un jeune c'est décourageant !
Oui, Ronin, c'est décourageant dans un sens, mais dans un autre c'est encourageant que vous vous soyez révolté et que vous veniez sur ce blog.
Ecrit par : Robin | 09 janvier 2007
Io, utile baron ! Peut-être dans une autre vie... ;) Au plaisir.
"totalitarisme le plus sournois possible"
Ronin
Soylent Green, on y revient... "Pour la survie de tous, on recycle même les..."
Ecrit par : D'Enguell | 09 janvier 2007
Ronin,
Le "bon sens", comme le dit Descartes, étant "la chose du monde la mieux partagée", il n'est pas étonnant que 66 de vos collègues d'IUFM sur 67 aient été révoltés de l'endoctrinement que tentait sur vous ledit IUFM. Mais les caciques de l'IUFM, eux, en sont singulièrement dépourvus, de ce "bon sens", car pour affirmer aux stagiaires que "le professeur n'est pas là pour transmettre des connaissances", pour interdire aux futurs instituteurs de faire figurer les mots "grammaire", "conjugaison", "orthographe" dans leur cahier de textes au motif que ces mots symbolisent l'école d'autrefois alors que l'IUFM bâtit l'école de demain, il faut être franchement un peu cinglé.
Au fait, avez-vous signé, Ronin, et fait signer autour de vous l'Appel pour la refondation de l'école (www.refondation-ecole.net)?
Ecrit par : Jean | 09 janvier 2007
Pour tout dire il y a déjà deux ans que j'ai lu Marc Le Bris, Rachel Boutonnet, etc dont j'ai prété à l'époque les ouvrages à mes pauvres condisciples, mais j'ai dû me faire discret étant à l'époque pe2 et m'étant déjà fait remarquer par une trop grande liberté de parole...Je continue à penser qu'il s'agit d'un métier magnifique mais effectivement je vomis tout la théorie pédagogiste qui est souvent le fait de cinglés qui en veulent à l'Ecole et à la méritocratie républicaine ou, au mieux, à des arrivistes qui ont trouvé un bon moyen d'échapper aux élèves réels. Ceci étant je n'ai pas non plus la moindre confiance dans les IEN ( on m'a déjà reproché en stage d'avoir "trop de savoirs savants" !!!). Bref, sans certains collègues et dieu merci la complicité de certains parents loin d'être dupes le quotidien serait franchement déprimant. ( Au fait moi aussi en ce1-ce2 je fais dictée, conjugaison, grammaire, analyse grammaticale...même si je me garde de le clamer trop fort).
Il est tout de même réconfortant de constater qu'un certain nombre de collègues partagent les mêmes idées.
Je n'ai pas encore signé l'appel pour la refondation de l'Ecole mais je vais sans doute le faire de même que me renseigner sur les associations pour y apporter ma modeste contribution.
Ecrit par : Ronin | 09 janvier 2007
Tiens, un professeur a fait une tentative de suicide dans sa classe ce lundi matin. Grièvement blessé, il a été conduit à l'hôpital le plus proche.
Tiens, l'enseignement est la 2eme CSP pour le taux de Tentatives de Suicide.
Et tiens, personne n'en parle.
Ah sinon on a sorti les chiffres des prévisions pour l'année prochaine : des milliers de postes non remplacés dans le Second degré pour l'année prochaine.
On peut commenter tout ça aussi ?
Ecrit par : Jérémy | 09 janvier 2007
Jérémy
Je vais vous dire le fond de ma pensée :
1°) Sur le problème du suicide des enseignants : Etant donné la situation actuelle, ce qui est étonnant c'est qu'il y ait encore des enseignants qui "tiennent le coup".
2°) Sur la question du remplacement des postes : Etant donné tout ce que l'on sait, il est encore plus étonnant qu'il y ait encore des gens qui aient envie de devenir professeurs.
Je sais, ça n'est pas une "positive attitude", mais que vous dire d'autre ? Il y a des gens, dont je suis, qui se sont arrêtés pendant qu'il en était temps (en mauvais état, mais vivants), il y a ceux qui tiennent le coup et que je salue et puis il y a les autres, les victimes trop humaines d'un système de plus en plus inhumain.
N'oublions pas non plus les enfants victimes de ce système comme le petit Karl.
Ecrit par : Robin | 10 janvier 2007
Trouvé sur le site de Marc Le Bris :
Michel Le Normand : en guise de conclusion, je voudrais rappeler le manifeste des instituteurs syndicalistes de 1906, texte qui nous a été transmis par notre camarade Paul Barbier :
« notre enseignement n'est pas un enseignement d'autorité. Ce n'est pas au nom du gouvernement même républicain ni au nom de l'Etat, ni même au nom du Peuple français que l'instituteur confère un enseignement. C'est au nom de la vérité. Les rapports mathématiques, les règles de grammaire non plus que les faits d'ordre scientifique, historique, moral qui le constituent ne sauraient dès lors être soumis aux fluctuations d'une majorité. Il découle de ces principes que le corps des instituteurs a besoin de toute son autonomie et les instituteurs eux mêmes de la plus large indépendance ».
Jean Sébastien Pierre : ce qui vaut pour l'ensemble des enseignants à tous les niveaux de l'enseignement.
Ecrit par : Robin | 10 janvier 2007
Chirac fait tout actuellement pour favoriser Ségolène Royal contre Sarkozy, comme il avait tout fait pour aider Mitterand contre Giscard et on voit hélàs se dessiner actuellement le spectre d' un second tour entre Ségolène Royal et Jean-Marie Le Pen avec le même résultat qu'en avril 2002 ; mais cette fois-ci ce sera une candidate socialiste qui risque d'être élue avec plus de 80% des voix et les pleins pouvoirs économiques, pédagogiques, etc.
Il ne faut pas se faire d'illusion, ce sera le retour en force de la secte des pédagogue et l'étouffement du mouvement actuel représenté par Le Bris, Boutonnet, Laforgue, Brighelli, "sauver les Lettres"...
Chevènement aura-t-il son mot à dire, osera-t-il le dire ? On peut sérieusement en douter étant donné les circonstances et les motifs de son ralliement.
Ecrit par : Robin | 10 janvier 2007
Toto
Maintenant, grâce à vous, je sais ce que c'est que le manuel Léo et Léa...La seule méthode contemporaine d'apprentissage de la lecture par la méthode syllabique. Je regrette beaucoup de ne pas m'être suffisamment intéressé jusqu'à présent à ce qui se passait à l'école primaire. Je pensais que les instituteurs faisaient leur travail comme ceux qui m'avaient formé dans les années 60. Je voyais des symptômes chez les élèves (dysorthographie, dyslexie...), mais je ne comprenais pas vraiment les causes. Pourquoi a-t-on attendu si longtemps pour les identifier, pour dénoncer des méthodes culturellement mortifères et aberrantes ? Etes-vous nombreux dans l'enseignement primaire à réagir ? Est-ce qu'on vous laisse utiliser la méthode syllabique, faire de l'orthographe, de la grammaire, du vocabulaire (pour éviter que les futurs éventuels candidats à une élection présidentielle dans 20 ans disent "bravitude" au lieu de "bravoure" ou pire encore). Je me rends compte que finalement, tout repose sur vous, je veux dire sur les enseignants du primaire puisque tout se joue au CP. Nous, on aide à construire les étages, mais si maison est construite sur du sable mouvant...
Ecrit par : Robin | 10 janvier 2007
Mais Robin, ce que vous dites sur Chirac, si c'est vrai, est absolument abominable!
Ecrit par : Jean | 10 janvier 2007
Pour tout dire au primaire les effets du pédagogisme rampant sont sans doute plus terrible que dans le secondaire. Pour ma part, sur mon emploi du temps je ne fais que 1 h 30 de grammaire, conjugaison et orthographe par semaine et puis en réalité...par exemple on ne doit plus voir les compléments circonstanciels en cm2, l'année dernière mes cm1 y ont eu droit et merde à l'ien !
Ecrit par : Ronin | 10 janvier 2007
Bonjour et merci pour" le manifeste des instituteurs Syndicalistes de 1906" transmis par Paul Barbier. Ce qui se conçoit bien s'énonce clairement.
Toujours plongée dans la biographie de Marie Pape- Carpantier, je constate que dans les années 1870, il n'était pas facile d'enseigner . Les emmerdeurs qui n'y connaissent rien trouvent toujours quelquechose à dire et quand on veut tuer son âne morveux ( un âne ? ) on dit qu'il a la rage. Bref, cette brave et dévouée enseignante à l'origine de nos écoles maternelles , a été destituée. Que lui reprochait-on au juste ? Les pricipes d'un certain Fröbel appliqués dans les Kindergarten présentaient d'étranges similitudes avec ses propres pratiques , ce qui n'allait pas du tout avec le chauvinisme ambiant. Bonne catholique, elle manifestait une certaine sympathie pour les libres penseurs de son époque. En fait, elle pensait librement et elle en prenait trop à son aise avec ses conseils donnés aux institutrices et instituteurs . Un journaliste de l'époque ne craint pas d'affirmer:" Dans l'éducation des bébés d'une salle d'asile la qualité principale n'est pas l'art de leur frotter des tartines de beurre ou de rattacher leurs culottes, mais de leur apprendre à aimer Dieu, à l'aimer et à le servir." Mieux encore: " avec de la littérature sans Dieu (...) on empoisonne le peuple." Nous sommes à l'époque où les bibliothèques poupulaires de la Sociiété Franklin n'ont pas été reconnues d'utilité publique, l'époque où Monseigneur Dupanloup condamnait "Eugénie Grandet", "la petite fadette", ou "Gargantua"
. Protestations indignées. L'impopularité de la disgrâce parvient aux oreilles de l'entourage du Président Mac-Mahon dont l'épouse souhaiterait "réparer dans la mesure du possible". Marie Pape-Carpantier sera réintégrée dans des conditions humiliantes et décédera peu après. On songera à lui élever un monument mais l'idée de cet hommage ne correspondant pas à ses volontés, on se contentera de consulter son oeuvre, oubliée certes. Mais non, pas tout à fait.
Ecrit par : CHARPENTIER Hélène | 10 janvier 2007
Bijour fouroum,
attention Robin .... L&L; n'est pas une méthode "syllabique", c'est une méthode qui va "du simple vers complexe" (dans tous ses domaines.. police de caratère couleur présentation etc etc etc etc etc, bcp bcp bcp, plein, TRèS IMPORTANT).
"Je voyais des symptômes chez les élèves (dysorthographie, dyslexie...), mais je ne comprenais pas vraiment les causes. "
Maintenant tu vas pouvoir expliquer à tes élèves leurs petits soucis, simplement, sans te(leur) frapper la tête contre les murs ;) .
"Je me rends compte que finalement, tout repose sur vous, je veux dire sur les enseignants du primaire puisque tout se joue au CP."
Même avant (et encore avant), mais, si le travail n'est pas fait 'correctement' par certains "practicien chercheur" ("auteur", sisi c'est vrai) en crèchePSMSGSCP, on peut toujours renverser la vapeur... Encore faut-il comprendre où le bât blesse ;) ... Poser les bonnes questions ;) .
Et je te rejoins, c'est un boulot de professionnel d'une importance immense.
ps: Attention, cela ne sert à rien d'opposer syllabique et global C'EST LA MÊME CHOSE... si c'est vrai, c'est goigoux qu'il l'a dit ;) .
Par contre tu peux opposer une méthode POURRIE RIBAMBELLE (du complexe vers le mur ;) ) à Léo&L;éa (du simple vers le complexe) .... tu prends la première leçon de chaque bouquin ça saute aux yeux ;)
Ecrit par : toto | 10 janvier 2007
attention Robin .... L&L; n'est pas une méthode "syllabique", c'est une méthode qui va "du simple vers complexe" (dans tous ses domaines.. police de caratère couleur présentation etc etc etc etc etc, bcp bcp bcp, plein, TRèS IMPORTANT).
D'accord Toto, j'ai compris. Du simple au complexe. C'est donc une méthode qui se met à la place de l'enfant, qui ne les considère pas comme des adultes en réduction. Il ne viendrait à l'esprit de personne de lancer un petit bonhomme de cinq ans qui n'aurait jamais fait de ski sur une piste noire...Et c'est pourtant ce que l'on fait.
Ecrit par : Robin | 10 janvier 2007
Mais Robin, ce que vous dites sur Chirac, si c'est vrai, est absolument abominable!
Ecrit par : Jean | 10 janvier 2007
Abominable, certes, mais vrai, comme on disait (presque) dans ma jeunesse dans les devinettes des malabars
C'est un secret de Polichinelle en ce qui concerne Giscard, mais il l'a révélé récemment lui-même dans une interview à la télévision et dans son dernier livre. Il raconte que ses proches n'arrêtaient pas de lui expliquer que Chirac faisait tout pour le "dessouder" (c'était l'expression employée à l'époque dans les permanences du RPR) et lui, il n'y croyait pas, alors pour vérifier il décida (c'est lui qui raconte) d'employer un vieux truc qu'il avait lu dans un roman policier...Déguiser sa voix en mettant un mouchoir sur le combiné du téléphone et il appela la permanence la plus proche. La personne au bout du fil ne le reconnut pas (peut être parce que Thierry Le Luron en avait un peu trop fait ou à cause du mouchoir)...Dialogue :
"- Madame, (ou "Badame") je suis un électeur du RPR. Je suis très ennuyé et je voudrais savoir pour qui voter.
- Votez pour Miterrand !"
En ce qui concerne Sarkozy et Royal, ce n'est pas aussi explicite, mais enfin l'Affaire Clearstream, l'attitude de Villepin et de la ministre des armées, sans parler des peaux de banane genre "droit opposable".
Autre chose. Miterrand s'en est défendu et il ne devait pas avoir la conscience tranquille à ce sujet ou que la chose commençait à un peu trop se dire, mais enfin la montée du Front national, c'est un phénomène qui s'est produit durant son deuxième septennat.
Je suis un grand lecteur de romans policiers (ceux du jeune écrivain alsacien Paul Halter sont des chefs d'oeuvres dignes de John Dickson Carr)...Le roi du désordre par exemple. En politique, comme ailleurs, par exemple dans les affaires, il faut toujours poser la question : "A qui profite le crime ?"
Ecrit par : Robin | 10 janvier 2007
La question exacte de Giscard n'était pas exactement "Pour qui dois-je voter ?", mais "Dois-je voter pour le candidat de droite ou pour le candidat socialiste ?
Mais la réponse est la même : "Votez pour Mitterrand !"
Ecrit par : Robin | 10 janvier 2007
Vous vous souvenez de ce défilé du 14 juillet sur les Champs- Elysées où ils étaient côte à côte pour la "passation de pouvoir"...Il avaient l'air de s'entendre comme larrons en foire ! Mitterrand lui en avait fait voir à Chirac (sur l'affaire de l'ambassade d'Iran en particulier), mais il savait aussi qu'il lui devait son élection en 81.
Ecrit par : Robin | 10 janvier 2007
La question exacte de Giscard n'était pas exactement "Pour qui dois-je voter ?", mais "Dois-je voter pour le candidat de droite ou pour le candidat socialiste ?
Mais la réponse est la même : "Votez pour Mitterrand !"
Décidément, ça ne va pas moi aujourd'hui. Je reprends :
"- Dois-je voter pour le candidat UDF ou m'abstentir ?
- Votez pour Mitterrand !"
Ecrit par : Robin | 10 janvier 2007
Je voulais poster ce texte sur IUFM mon amour, mais je ne sais comment le faire.
Donc, je le mets ici, ne sachant si je l'ai déjà posté, et en tout cas, en le faisant, j'ai une pensée affectueuse pour Christophe, qui défend corps et âme cette noble institution.
Je retrouve ce texte, écrit par un formateur d'IUFM de Lorraine, (si vous voulez lui écrire pour le féliciter, son adresse est : jean-[email protected] ), formation AIS, Professeur d'EPS.
Changer de héros
Nous partirons de l'idée que l'acte d'apprendre est dangereux pour le sujet et qu'il peut être rapproché pour certains des "travaux" et "épreuves" relatés par la mythologie[1] et pour d'autres de "la quête"[2] ou de "la métamorphose"[3] comme il en est souvent question dans les contes.
Dans cette perspective, qu'en est-il de la posture d'aide ?
Nous l'interrogerons sous l'aspect du changement, faisant ainsi l'hypothèse que cette posture pédagogique ne va pas de soi.
1. Changer de héros
D'ordinaire, ce sont le savoir, les compétences, les programmes, les référentiels qui sont au centre des préoccupations pédagogiques. D'ailleurs le "Savoir" ne fonde-t-il pas l'école, la relation pédagogique et l'expertise du rapport au savoir ?
Dans notre perspective et en cohérence avec la loi d'orientation de 1989 ( Nouvelle Politique pour l'Ecole ) ; c'est l'élève dans sa quête de connaissance et de réussite qui prend la place du "Héros".
Notre souci de pédagogue est caractérisé par les questions suivantes :
" Comment s'y prend-il pour avancer, réussir, renoncer, échouer, hésiter .?"
La posture d'aide nous conduit à devenir "adjuvant".
2. Changer de point de vue
Généralement la relation pédagogique s'organise en une suite de face à face fondés par le savoir autour duquel enseignant et élève se toisent voire pire lorsque le savoir (ou la référence au savoir) disparaît et laisse place à des conflits directs.
Il est possible de valoriser "l'attention conjointe" ("regarder ensemble dans la même direction" comme dit le poète). Cette notion est issue des travaux concernant le développement de la communication intentionnelle chez le jeune enfant.
Il est donc question de porter ensemble et en même temps son attention sur ce qui fait difficulté à l'élève ayant besoin d'aide (spécial needs éducation). L'objet de la relation n'est plus entre les protagonistes, il est en point de mire pour chacun.
3. Changer de rôle
Plus qu'enseigner, c'est alors accompagner qui devient le geste professionnel de référence.
Nous pourrions faire allusion à la posture d'effacement favorable aux apprentissages en maternelle.
Il s'agit alors de laisser du temps à l'élève pour s'engager réellement dans l'action, agir pleinement et aller au bout de la tentative en garantissant son intégrité physique, morale, psychique et symbolique.
Il s'agit aussi d'être persuadé qu'en le laissant agir, nous lui permettons de comprendre à sa façon.
Permettre l'achèvement c'est favoriser la "reprise", la lecture de l'écart entre ce qui était prévu et ce qui s'est vraiment réalisé.
L'adulte en posture d'aide invite l'élève à dire comment il s'y prend, à réélaborer l'objet en point de mire (objectif de savoir, de méthode, d'attitude) et à se renseigner sur lui-même en train d'apprendre (sujet, objet de son propre apprentissage).
Enfin c'est accepter la vision de l'élève, son point de vue en posant celui de l'adulte en équivalence.
En conclusion, la posture d'aide est une composante de la pédagogie du détour mutuellement consenti.
Changer de héros - Jean-Marc PARAGOT - Février 2001
[1] Serge BOIMARE "Pédagogue avec des enfants qui ont peur d'apprendre et de penser", in "Penser, apprendre, la cognition de l'enfant, ", Ph. MAZET et S. LEBOVICI, ESHEL , Genève, 1988.
[2] Schéma narratif de AJ.GREIMAS : Héros, adjuvant, quête .
[3] André GIORDAN : "Apprendre", collection débat.
Anne-Marie.
Ecrit par : Anne-Marie Valette | 10 janvier 2007
Nous partirons de l'idée que l'acte d'apprendre est dangereux pour le sujet et qu'il peut être rapproché pour certains des "travaux" et "épreuves" relatés par la mythologie[1] et pour d'autres de "la quête"[2] ou de "la métamorphose"[3] comme il en est souvent question dans les contes.
Anne-Marie,
Parmi tous les contes de fées, il y en a de terrifiants et il y en d'amusants, comme celui de Jacques le Niais que j'ai parfois étudié avec des élèves de 6ème (schéma narratif et actantiel pour faire plaisir à Messieurs Todorov et Greimas).
Jacques le Niais, ce héros qui condense tous les pôles du schéma actantiel : héros, adjuvant et opposant malgré lui et qui enchaîne bêtises sur bêtises en croyant à chaque fois bien faire me fait penser à l'auteur de cette laborieuse méditation.
C'est vrai que dans le conte, le héros finit pas triompher malgré tout et on est bien content pour lui et surtout pour sa pauvre maman, mais dans la réalité, on finit par se lasser.
Je suis d'accord avec Monsieur Paragot lorsqu'il dit qu'il serait temps de changer de héros.
Ecrit par : Robin | 10 janvier 2007
"En conclusion, la posture d'aide est une composante de la pédagogie du détour mutuellement consenti."
C'est très beau, mais est-il besoin d'autant de discours pour dire clairement que l'élève doit apprendre et qu'on peut l'y aider ?
Et n'est-il pas dangereux " d'accepter la vision de l'élève, son point de vue en posant celui de l'adulte en équivalence. " ?
Tout dépend de quoi l'on parle, mais un le point de vue d'un collégien qui lit un extrait du Conte du Graal ne peut pas être mis en équivalence avec celui du professeur sur le meme texte. Pareil pour les systèmes d'équations ou les dissections de grenouilles.
Ecrit par : Jeremy | 10 janvier 2007
Il est possible de valoriser "l'attention conjointe" ("regarder ensemble dans la même direction" comme dit le poète).
Le poète en question est Antoine de Saint-Exupéry et la citation exacte est : "L'amour, ce n'est pas se regarder l'un l'autre, mais regarder ensemble dans la même direction." C'est une belle définition, mais qui ne s'applique pas à la transmission de connaissances à moins que le maître n'en sache pas plus que l'élève.
Ecrit par : Robin | 10 janvier 2007
Je me demande si on ne fantasme pas trop sur la consigne donnée par Chirac de voter Mitterrand en 1981. Qu'elle ait pu être suivie par quelques personnes d'accord, mais de là à faire basculer le scrutin...
D'autant que, dans le même temps, Marchais demandait en douce aux communistes de voter Giscard. Ce qui a également dû n'être suivi que par une petite minorité.
Les deux phénomnes ont dû s'équilibrer, non ?
Et dans l'hypothèse d'un second tour Royal-Le Pen, je doute que le score soit de 80-20, je crois que pas mal d'électeurs de droite répugneront à voter pour un candidat de gauche, et, au mieux, s'abstiendront. Je verrai plus du 60-40.
De toute manière, qui peut dire de quoi le second tour sera fait. On n'est plus en 2002, où sans aucun doute, il était évident que Jospin et Chirac se retrouveraient face à face.
Par ailleurs, Robin, ne fantasmez-vous pas non plus sur l'élection de Royal et "le retour en force des pédagogistes et l'étouffement des Brighelli-Boutonnet-Le Bris" ? Les pédagogistes sont toujours là, en dépit des dérisoires gesticulations de Robien, qui essaie de faire oublier que n'importe qui ne peut pas enseigner n'importe quelle matière en se cachant derrière la grammaire et le calcul mental. Et je doute, qu'au lendemain d'une éventuelle élection de Royal, les élèves et les enseignants de l'IUFM de Montpellier accourent chez JPB pour brûler sa maison et l'attacher par les pieds à la queue de son cheval, avant d'effaroucher celui-ci.
Par contre, j'imagine bien ce que sera la politique de Sarkozy en matière d'éducation : les professeurs bivalents en collège et lycée auront la liberté de choisir les textes qu'ils feront en dictée ou des nombres qu'ils feront ajouter lorsqu'ils remplaceront n'importe lequel de leur collègue au pied levé...
Vous l'aurez compris, je trouve étrange la fascination qu'exerce Sarkozy sur certains d'entre vous, et quelles que soient vos raisons, parfois légitimes, d'en vouloir à Royal, je doute que la politique du pire soit le meilleur des choix.
Ecrit par : Pat | 10 janvier 2007
Les pauvres Iufmiens, si c'est ça qu'on leur inflige à longueur d'année, je les plains. Je comprends mieux ce que disait Rachel Boutonnet sur la nécessité de trouver une activité de substitution pour tenir le coup (pour elle, ce fut son "Journal d'une institutrice clandestine").
Je connais des gens qui sont allés à l'Iufm et qui ont apprécié ces dogmes... La pratique de leur métier les a ramenés à plus de réalisme et ils sont progressivement revenus à des choses de bon sens. Mais quelle perte de temps ! Les gens en question ayant un engagement remarquable dans leur métier, je ne peux m'empêcher de penser que c'est Mozart qu'on assassine.
J'avais demandé des références d'ouvrages pédagogo mais je ne sais pas si j'aurai le courage d'avaler un livre complet.
Japhet
Ecrit par : Japhet | 10 janvier 2007
"C'est très beau", dites-vous, Jeremy? Moi, pourtant agrégé de Lettres et donc rompu aux discours les plus abcons, je trouve cela résolument insupportable! C'est Diafoirus, c'est Trissotin, c'est Sganarelle (du Médecin malgré lui), c'est Acis (des Caractères), bref c'est tout le pédantisme et toute la cuistrerie du monde dans toute leur nullité épatée et étalée! C'est Meirieu s'écoutant parler et s'auto-admirant sur quinze mille pages de méditation sur le vide de sa propre pensée! Sans compter qu'on n'en a franchement rien à f... de leur "posture d'aide", de leur "pédagogie du détour", de leur "composante"! Ils sont véritablement à gerber, ces formateurs d'IUFM! Encore plus quand ils se mêlent, comme celui-là, de pontifier dans une discipline qui n'est même pas la leur! "Notre souci de pédagogue", dit celui-là. Il est fou ou quoi?
Ecrit par : Jean | 10 janvier 2007
Pat, Je vous trouve délicieusement angélique...
Ecrit par : Jean | 10 janvier 2007
Généralement la relation pédagogique s'organise en une suite de face à face fondés par le savoir autour duquel enseignant et élève se toisent voire pire lorsque le savoir (ou la référence au savoir) disparaît et laisse place à des conflits directs.
C'est ce qui s'appelle se tirer une balle dans le pied. L'auteur de cette phrase ne pouvait pas mieux dire que c'est la disparition de l'objectivité des savoirs qu'il préconise à travers ses conceptions constructivistes qui engendre les conflits.
Ecrit par : Robin | 10 janvier 2007
D'ordinaire, ce sont le savoir, les compétences, les programmes, les référentiels qui sont au centre des préoccupations pédagogiques. D'ailleurs le "Savoir" ne fonde-t-il pas l'école, la relation pédagogique et l'expertise du rapport au savoir ?
Dans notre perspective et en cohérence avec la loi d'orientation de 1989 ( Nouvelle Politique pour l'Ecole ) ; c'est l'élève dans sa quête de connaissance et de réussite qui prend la place du "Héros".
Il y a des moments, j'imagine, ou Philippe Meirieu doit en avoir assez de ses disciples..."Seigneur délivrez-moi de mes amis !" L'élève au centre du système ou les aventures de Jacques le Niais...Monsieur Paragot ou le pavé de l'ours.
Ecrit par : Robin | 10 janvier 2007
D'ordinaire, ce sont le savoir, les compétences, les programmes, les référentiels qui sont au centre des préoccupations pédagogiques. D'ailleurs le "Savoir" ne fonde-t-il pas l'école, la relation pédagogique et l'expertise du rapport au savoir ?
Dans notre perspective et en cohérence avec la loi d'orientation de 1989 ( Nouvelle Politique pour l'Ecole ) ; c'est l'élève dans sa quête de connaissance et de réussite qui prend la place du "Héros".
Il ne faut pas expliquer les tours des prestidigitateurs, ça leur ôte du prestige.
Ecrit par : Robin | 10 janvier 2007
Je vous trouve, Robin, vraiment trop bon pour Meirieu, car c'est lui qui a mis en marche tout ce délire "pédago". Il règne en patriarche ( "le Pédagogue que Je suis"...) sur ce troupeau bêlant d'admirateurs tétanisés. S'il n'avait pas cette cour ovine de zélotes, qui s'intéresserait à lui? Quant à des tours de prestidigitateurs de cet acabit, mieux vaut ne même pas les regarder et prendre une fuite préservatrice.
Ecrit par : Jean | 10 janvier 2007
Vous l'aurez compris, je trouve étrange la fascination qu'exerce Sarkozy sur certains d'entre vous, et quelles que soient vos raisons, parfois légitimes, d'en vouloir à Royal, je doute que la politique du pire soit le meilleur des choix.
Je ne suis pas du tout fasciné par Nicolas Sarkozy dont on devine bien les faiblesses cachées. Je préfère François Bayrou. Remarquez Chirac le favorise aussi indirectement...Alors un duel Le Pen/Bayrou au deuxième tour ? Voilà qui ne manquerait pas de piment.
Pat, avec tous les égards que je vous dois, je vous assure que ces gens-là ne décolèrent pas en ce moment et qu'ils ont la rancune tenance. Ils ne sont angéliques que dans leurs idées, pas dans leur comportement et ils ont les dents très très longues. Celles de Monsieur Meirieu ont rayé les planchers de plusieurs ministères, ne l'oubliez pas. Je ne sais pas s'ils iraient jusqu'à brûler la maison de JPB et à l'attacher à la queue de son cheval, comme vous dites. Je crois qu'ils n'en auraient pas le courage, ils n'agissent pas de cette façon-là...Mais il agissent.
Ecrit par : Robin | 10 janvier 2007
Tout en goûtant peu la sauce pédagogique actuelle, je dois cependant ici reconnaître que, pour une fois, tout n'est pas totalement stupide dans le texte du formateur de Lorraine.
On retrouve ce phénomène d'association professeur/élèves dans les classes d'examen, ce qui permet d'ailleurs de faire avaler de fort amers morceaux de connaissance sans coup férir. C'est le seul moment en effet où les élèves travaillent vraiment pour eux et non pas pour leur professeur.
Ce qui est idiot, c'est de ne trouver cette situation que dans les classes d'examen.
En effet, prétendre construire le binôme monstrueux du professeur et de l'élève, regardant ensemble vers un horizon vide, me semble relever de la plus parfait crétinerie.
Il s'agirait de redonner un horizon visible à nos têtes blondes. Un enjeu ponctuel. Pour l'instant, "on" suppose qu'ils sont capables de comprendre qu'ils travaillent pour leur avenir ( or cela leur passe au-dessus de la tête, ce que je comprends très bien et ils n'ont aucune raison spéciale de travailler. Donc ils ne travaillent pas. Et ils ont raison. Ce n'est pas à des enfants de porter seuls le poids de la responsabilité de leur avenir si lointain. Au passage, cela explique aussi la différence sociale qui s'installe - cette responsabilité revient maintenant entièrement à la charge des parents. Ce sont eux qui poussent, ou pas, pour qu' "on" travaille.)
L'enjeu ponctuel le plus simple est le gain du passage dans la classe supérieure ( je sais, c'est le comble du mal pour un formateur !) -
Nous leur avons ôté cela ( une si terrible lame pesant sur de si jeunes têtes ! ) - et nous leur avons ôté avec toute la complicité qu'ils pouvaient créer avec un enseignant soucieux de les aider 'à passer'.
Donc, demander aux enseignants de créer artificiellement une association sans but est un non-sens. ( au mieux ).
Mais sur le principe de créer une association, oui, c'est efficace.
Me semble-t-il.
En toute humilité.
Ecrit par : Milady | 10 janvier 2007
Je vous trouve, Robin, vraiment trop bon pour Meirieu, car c'est lui qui a mis en marche tout ce délire "pédago".
Ce que je voulais dire, Jean, c'est que Meirieu n'aurait pas cherché à expliquer aussi naïvement cette phrase en disant que dans l'école nouvelle "l'apprenant se substitue aux savoirs", ce qui est pourtant l'exacte vérité... Il est bien trop malin pour ça, mais pas ses disciples qui manient ses idées comme l'ours de La Fontaine. Elle ne doivent pas fonctionner comme des idées, mais comme des incantations, des formules magiques qui ne peuvent qu'emporter un assentiment servile et hébété. Si on commence à expliquer, elles deviennent discutables. Et ça, ils n'en veulent à aucun prix puisqu'ils possèdent la vérité.
Ecrit par : Robin | 10 janvier 2007
"Il ne viendrait à l'esprit de personne de lancer un petit bonhomme de cinq ans qui n'aurait jamais fait de ski sur une piste noire...Et c'est pourtant ce que l'on fait.
Ecrit par : Robin | 10 janvier 2007 "
J'ai enfin compris qui était le père de la petite fille de trois ans qui était effectivement toute seule sur une piste de ski ( rouge, seulement ). C'est une histoire vraie! La petite pleurait, pleurait, évidemment, n'osait plus bouger un cil - et le père était quelques arbres plus bas, bien en peine de récupérer sa petite fille....
Etant donné que lui non plus ne savait pas skier.
Je suis en train de me rendre compte que j'ai sans doute sauvé la fille de Meirieu! Bon, elle était mignonne, la petite, et traumatisée.
Ecrit par : Milady | 10 janvier 2007
Donc, demander aux enseignants de créer artificiellement une association sans but est un non-sens. ( au mieux ).
Mais sur le principe de créer une association, oui, c'est efficace.
Me semble-t-il.
En toute humilité
Oui, Milady, vous avez raison...Pour les grands "apprenants" des classes préparatoires, c'est valable et même souhaitable. Mais le pédagogue ne précisait pas. Il doit penser que sa démarche est valable pour tous les élèves, quel que soit leur âge, leurs savoirs, leurs aptitudes...Tout le monde sur la piste rouge !
Ecrit par : Robin | 10 janvier 2007
Et je doute, qu'au lendemain d'une éventuelle élection de Royal, les élèves et les enseignants de l'IUFM de Montpellier accourent chez JPB pour brûler sa maison et l'attacher par les pieds à la queue de son cheval, avant d'effaroucher celui-ci.
Pat, demandez à Laurent Lafforgue ce qu'il en coûte de dire la vérité et à JPB lui-même de vous expliquer l'épisode du jury du CAPES.
Ecrit par : Robin | 10 janvier 2007
On avait appris avant les vacances qu'Eveline avait craqué pour les beaux yeux d'Adonis.
J'avais donc commandé par curiosité la brochure d'Adonis, boite de préparation aux concours de P.E qui compte dans ses rangs notre chère Eveline.
Voici les tarifs pour préparer un concours (ce qui était pourtant à la charge des formateurs d'IUFM) :
La formule complète A : 2350 € + frais de dossier 85 €
La formule complète A renforcée: 3050 € + frais de dossier 85 €
La formule complète B (cours du soir) écrits : 900 € + frais de dossier 85 €
La formule complète BO (oraux) : 490 € + frais de dossier 45 €
C'est ce qu'on appelle la démocratisation du savoir...
Petite note savoureuse :
Notre chère Eveline travaille dans une boite qui remet aux élèves ...un bulletin de note :
Je cite :
A intervalle régulier, nous vous remettons un bulletin individuel de notes faisant apparaître vos notes, la moyenne des notes de votre promotion, la note la plus élevée et la plus basse.
Les commentaires sont directement annotés sur chacune de vos copies par votre formateur.
Donc, Eveline met des notes ...quand ça lui rapporte. Mais dites donc, c'est pas un peu rétrograde de mettre des notes ?
Quand on connait toute l'aversion contre les notes qu'ont ses petits amis pédagos, on en reste pantois.
Ecrit par : Guillaume | 10 janvier 2007
COMITE DE SOUTIEN A LAURENT LAFFORGUE
Halte à la pensée unique pédagogiste
Suite à la demande de M. Racine, Président du HCE, et M. Seban, conseiller du Président de la République pour l'Éducation, M. Laurent Lafforgue, mathématicien français, professeur permanent à l'Institut des Hautes Études Scientifiques (IHES) depuis 2000, Médaille Fields 2002, a démissionné du HCE lundi 21 novembre 2005. M. Laurent Lafforgue avait rédigé un courrier exposant ses réticences devant la qualification des experts autoproclamés du Ministère de l'Education Nationale pour mener à bien le travail du HCE.
Nous soussignés demandons la réintégration de M. Laurent Lafforgue au nom de ses qualifications professionnelles et de sa connaissance du dossier de l'Education Nationale.
Le communiqué de presse commun à plusieurs organisations
La première liste des signataires de la pétition, jusqu'au 30 novembre (706 signatures)
La deuxième liste, du 1er au 12 décembre (724 signatures)
La troisième liste, à partir du 12 décembre
Ecrivez en texte brut vos
Nom Prénom, Qualité
à : Rec_lecole-[email protected] avec l'objet "Lafforgue"
Ecrit par : Robin | 10 janvier 2007
Robin, Paragot n'a aucune culture. Cette citation de Saint EX est très célèbre, n'est-elle pas dans " Terre des hommes"?
Tout l'effondrement actuel vient hélas des IUFM, puisqu'on n'y fait que du bourrage de crâne, du lavage de cerveau, etc. On y montre rarement les méthodes alphabétiques, qui ont appris à lire à des millions d'enfants, avant qu'on ne décrète à l'EN "Du passé faisons table rase", et si ce n'est pour les tourner en dérision. Il n'y a donc pas de liberté pédagogique, puisque les jeunes issus de l'IUFM ne connaissent que les "méthodes intégratives". (Goigoux) Ce n'est pas Ronin qui me contredira.
Si vous avez lu le livre de Rachel Boutonnet, ou celui de François Vermorel, vous y verrez que les stagiaires ou étudiants des IUFM en savent souvent plus long que les "formateurs" et se font pourtant coller par eux, s'ils osent ne pas être politiquement corrects.
Ma propre fille, maîtresse en CP-CE1 en ZEP, qui utilise "Lire avec Léo et Léa", a eu une tentative d'intimidation de la part de son inspectrice. Elle a eu la surprise de recevoir une épaisse missive de l'inspection, contenant la critique imbécile formulée par Eveline Charmeux sur cette méthode, avec surligné en rouge : "L'outil utilisé nuit gravement à la santé de l'apprenti lecteur. Qu'on se le dise ! " Ce qui ne l'empêche pas de poursuivre son petit bonhomme de chemin. C'est bien vrai que si on leur donne du travail interessant, beaucoup d'enfants le font sans rechigner. Ma fille leur donne une page d'exercices à faire à la maison, et ils en font souvent deux.
Pour ceux qui connaissent Marc Le Bris ou son livre, il passe en principe sur TF1 aux infos de 20 H demain soir, sur le calcul, dont Robien a récemment parlé.
Anne-Marie.
Ecrit par : Anne-Marie Valette | 10 janvier 2007
" 1) Etes-vous nombreux dans l'enseignement primaire à réagir ?
2) Est-ce qu'on vous laisse utiliser la méthode syllabique, faire de l'orthographe, de la grammaire, du vocabulaire (pour éviter que les futurs éventuels candidats à une élection présidentielle dans 20 ans disent "bravitude" au lieu de "bravoure" ou pire encore).
3) Je me rends compte que finalement, tout repose sur vous, je veux dire sur les enseignants du primaire puisque tout se joue au CP. écrit par Robin "
1) Dans mon canton rural, aucun bruyamment, mais quelques uns tranquillement dans leur petit coin. Ce matin, nous avons assisté à une conférence sur la "conscience phonologique", l'intervenant a clairement prescrit en l'argumentant un démarrage alphabétique dès le début du CP et même en GS, pas de réaction dans le public.
2) Notre IEN étant très peu interventionniste, oui. J'utilise la méthode syllabique Borel Maisonny depuis 10 ans maintenant. J'ai été inspectée une fois et je n'ai eu aucune "interdiction" ni écrite, ni orale.
Monsieur l'Inspecteur n'ayant assisté à aucune de mes séances quotidiennes de grammaire, conjugaison, orthographe ou vocabulaire (en GS/CP/CE1), je n'ai donc eu aucun souci de ce côté-là. Il n'a pas eu l'occasion de se rendre compte des dictées quotidiennes de mes CE1, donc ne m'en a jamais fait le reproche.
3) Merci. Je me permettrais de souligner l'intervention de Toto : ce qui se passe avant le CP (donc en maternelle et dans les familles) est en effet très important ; on se rend très vite compte dans les premiers jours de CP que certains enfants n'ont strictement rien compris des enjeux de l'apprentissage au sortir de trois (ou quatre) ans de scolarisation. Il est à mon humble avis fondamental d'éclaircir le rôle de l'enseignant en maternelle et d'établir clairement les méthodes qui permettent aux enfants d'acquérir les prérequis nécessaires à un bon démarrage des apprentissages fondamentaux, car beaucoup d'entre eux sont persuadés que "la posture d'effacement [est] favorable aux apprentissages en maternelle" pour le plus grand malheur des enfants dont le milieu familial n'offre pas toutes les possibilités de s'ouvrir au monde (pour eux, c'est piste noire tous les jours dans tous les domaines).
Ecrit par : catmano | 10 janvier 2007
Pas relu et dernière phrase vraiment pas clair. Ce sont évidemment les enseignants de maternelle et non leurs élèves qui "sont persuadés que "la posture d'effacement [est] favorable aux apprentissages en maternelle" pour le plus grand malheur des enfants dont le milieu familial n'offre pas toutes les possibilités de s'ouvrir au monde (pour eux, c'est piste noire tous les jours dans tous les domaines)". Avec toutes mes excuses.
Ecrit par : catmano | 10 janvier 2007
clairE. Il est temps que je me repose.
Ecrit par : catmano | 10 janvier 2007
Robin, Meirieu est très dangereux parce qu'il est insinuant. C'est un fanatique feutré. Quant à Paragot, je ne comprends pas pourquoi vous persistez à l'appeler un "pédagogue".¨Car pour moi, on n'est "pédagogue" que si on est effectivement "professeur". Et à partir du moment où l'on enseigne effectivement, on ne parle plus jamais de soi comme d'un "pédagogue" mais comme d'un "professeur". Conclusion: un "pédagogue" pur, ça n'a aucune existence, c'est du vent, du vide, une forme creuse. Meirieu!
Ecrit par : Jean | 10 janvier 2007
Merci, Pat, pour votre message plein de bon sens, (vertu cardinale et sans doute considérée par la première d'entre toutes par la plupart des habitués de ce blog).
Mais, quelquefois, et avec tout le respect que je leur dois, les propos de certains d'entre eux flirtent un tantinet avec une certaine forme de délire paranoïaque! Jean-Paul nous a redit que son blog était énormément lu, (je ne me rappelle pas les chiffres exacts de fréquentation dont il nous a parlé). J'aimerais sincèrement que d'autres profs stagiaires viennent parler de manière un peu objective, (c'est à dire avec un discours moins partial que les quatre ou cinq qui se sont déjà exprimés ici) de l'ensemble de leur formation, afin que l'on puisse avancer de manière raisonnable. Et que, quand ils ont autre chose qu'uniquement du mal à en dire, comme cela s'est également produit, on ne les renvoie pas dans les cordes extrêmement sèchement, voire méchamment, en leur assénant qu'ils sont dangereusement manipulés!
Merci pour eux.
Ecrit par : christophe sibille | 10 janvier 2007
Le grand malheur de l'Education nationale, c'est l'existence des "pédagogues"!
Ecrit par : Jean | 10 janvier 2007
Le "pédagogue" étale avec complaisance un ego phraseur. Le "professeur" a le souci de ses élèves, c'est toute la différence.
Ecrit par : Jean | 10 janvier 2007
Monsieur Brighelli
Vous jouissez du privilège d'avoir une grande liberté de propos et d'avoir pour vous l'oreille des grands.Il n'en est pas partout pareil. Il y a Aix-Marseille une administration terrible qui entend mettre au pas les enseignants. Les décisions administratives arbitraires pleuvent. Je tiens à vous alerter ici et dénoncer la décision prise par l'IA de suspendre Erwan Redon . Qu'a-t-il fait? Nul outrage: il est responsable syndical et fait partie de l'RESF pour aggraver son cas c'est un enseignant qui pratique la méthode Freinet dans sa classe. Pour plus de détail sur l'affaire www.cnt-f.org. Tout cela me fait penser à la magnifique fable de La Fontaine, l'Homme et la Couleuvre qui a pour morale, je cite ici de mémoire.
On en use ainsi chez les grands
La raison les offense
Ils se mettent en tête
Que tout est né pour eux
Quadrupède, serpent et gens
Si quelqu'un desserre les dents
C'est un sot, j'en conviens
Mais que faut-il faire ?
Parler de loin ou bien se taire...
Ecrit par : elgreco | 09 janvier 2007
Je suis en train de me rendre compte que j'ai sans doute sauvé la fille de Meirieu! Bon, elle était mignonne, la petite, et traumatisée.
Ecrit par : Milady | 10 janvier 2007
Tant que vous n'avez pas descendu Meirieu dans vos bras, on vous pardonne Milady. Vous êtes une héroïne. Quelle magnanimitude !
Ecrit par : Robin | 10 janvier 2007
Vous reconnaissez, Christophe, que les divagations de Paragot rapportées ci-dessus par Anne-Marie Valette sont du pur délire. Enfin, je suppose.
Ecrit par : Jean | 10 janvier 2007
Petite histoire sympathique lue sur le forum de France2 :
Dans ces quelques lignes vous résumez toute la différence entre l'école "poussièreuse", "l'école de papa", l'école "réac de années 1950" (qui a fait de moi l'être adorable que je suis ) et l'école "réformée" post-soixante-huitarde, pour faire bref (entre 1970 et aujourd'hui).
Apprenez à votre fils à multiplier 125 par 125 mentalement. S'il y parvient (après avoir appliqué la méthode que je vais exposer), il pourra s'entraîner avec des choses plus faciles : calcul des carrés de nombres entiers se terminant par 5, tels que 15; 25, 35, etc.
On enlève le 5 final et l'on calcule mentalement (pas forcément facile non plus !) le carré du nombre qui reste : vous avez 125 ; vous retirez le 5 à droite et vous avez 12 ; vous calculez mentalement le carré de 12, ce qui fait 144 (je le sais par coeur, mais je sais le calculer mentalement) ; alors, vous ajoutez au résultat - 144 - le nombre 12 restant après effacement du 5, mentalement : cela fait 156 ; vous écrivez maintenant (mentalement) 25 à droite de 156 : vous avez le résultat.
15625
Ce n'est pas un tour de magie. Je peux démontrer qu'il en est ainsi avec tout autre nombre se terminant par 5. (Vérifiez avec votre calculatrice, si vous êtes pressée ; sinon, faites cela mentalement en commençant par des choses faciles, avec 15 par exemple, puis 25, etc.) Exemple : 25 au carré = ? Vous enlevez le 5 ; il reste 2 ; 2 au carré cela fait 4 ; vous ajoutez 2 à 4, ce qui fait 6, puis vous écrivez 25 à droite de 6, ce qui fait 625.
Vers 1995, en donnant la solution d'exercices sur les circuits électriques à l'aide des nombres complexes, j'ai eu l'occasion d'écrire au tableau, "125 x 125", et, sans regarder mon document, je poursuivis la correction et écrivis 15625. Un élève attentif me dit alors :"Monsieur, vous n'avez pas regardé votre document, vous savez par coeur que 125 au carré ça fait 15625 ?"
C'était le cas, car tous les ans je donnais cet execrcice-là, particulièrement bon sur le plan pédagogique. Mais, je fis mine d'être vexé : "Pas du tout ; quelle serait l'utilité d'encombrer ma mémoire avec des choses pareilles aussi peu pourvues d'intérêt ? Je le calcule mentalement !"
Éclat de rire général ! Mes élèves, pour la plupart, ont cru que je fanfaronnais. (Probablement pas les plus brillants qui savaient quel homme sérieux et prudent je suis, surtout prudent.) L'un d'eux dit :" Mais c'est pas possible, m'sieu ! Vous le savez par coeur, avouez-le !"
Sourire du maître (oui, c'est de moi que je parle !) Je dis, "Oui, je le sais par coeur à force de refaire cet exercice tous les ans. Mais je sais le calculer mentalement." Alors l'un d'eux dit, "Et le carré de 135, ça fait combien, m'sieu ?"
Silence total dans la salle. Je regarde l'élève dans les yeux et au bout de dix secondes j'annonce : "18225". Aussitôt les élèves de vérifier sur leurs calculatrices et de s'exclamer, tout ébaubis, toujours dubitatifs quand même :"Ah, ouais ! c'est bien ça, comment y fait ?"
La question m'est posée. Je dis :"Un magicien ne dévoile jamais ses secrets."
Un élève dit alors :"Il a appris par coeur tous les carrés jusqu'à 200 !"
"Non, dis-je, je calcule mentalement, c'est tellement simple ! Tenez, le carré de 145 vaut... 21025." Nouvelle vérification désabusée (ils savaient que j' "avais bon" ).
Alors, ce que je redoutais arrive :"Monsieur, vous avez calculé les carrés de trois nombres se terminant par 5, mais est-ce que vous pourriez faire ça s'ils se terminaient par un autre chiffre ?" Silence total dans la classe. Je regarde l'élève et dis :"Oui."
Et l'élève de dire :" Eh bien, quel est le carré de 126 ?" Je souris , me concentre et... annonce un résultat faux !!! Les élèves vérifient, se consultent du regard et, ravis, éclatent de rire :"Vous avez faux, m'sieu !"
Ils s'attendent alors à me voir déconfit, mais je reste de marbre et attends le silence qui vient vite (il leur tardait de savoir comment j'allais me sortir de là) et je dis alors sur un ton doctoral :" Messieurs [il n'y avait que des garçons, hélas !], vous avez compris que c'était plus facile si le nombre se terminait par 5. Cependant je peux faire le calcul avec 126, mais comme c'est plus compliqué, il me faut un silence total pour me concentrer. Je vous demande de faire ce silence et je pense pouvoir vous donner le bon résultat dans quarante-cinq secondes."
Chers lecteurs du forum, vous aurez peut-être remarqué ma prudence (et ma modestie) : j'ai bien dit, " ---je pense pouvoir ---", mais cela leur a fait croire que je n'étais pas sûr de moi, et espérer que je me planterais de nouveau (surtout ceux qui ne m'aimaient pas : les fainéants, les bavards que j'engueulais aussi souvent que requis dans la classe d'un professeur qui enseigne et ne fait pas d'animation ni de garderie). De plus, afin que je ne pusse me prévaloir d'un bruit de fond gênant pour justifier un nouvel échec, ils firent un silence exemplaire. Je pris mon temps cette fois, et nul n'a une la mesquinerie de me mettre sous pression en me chronométrant ostensiblement, puis, sûr de moi, je dis :"126 au carré égale 15876." Je reçus, après quelques secondes de surprise mêlée d'incrédulité et d'admiration (ils avaient vu le résultat bien avant que je le trouve), d'une ovation à rendre jaloux les vedettes du show-biz (d'ailleurs je chante mieux qu'elles, mais pas dans le même genre musical ; moi, c'est l'opéra, comme Roberto Alagna, le célèbre ténor français, mais pas dans le même registre ; j'ai une voix de basse).
Cependant, comme je vous l'expliquerai éventuellement plus tard, il n'est guère difficile de calculer le carré de 126 quand on connaît déjà le carré de 125.
Cela vous a-t-il plu ? Cela trouve-t-il grâce à vos yeux ?
Ecrit par : Guillaume | 10 janvier 2007
Il n'y a pas lieu d'imposer une unique méthode d'enseignement de la lecture
Les récents débats sur les méthodes d'enseignement de la lecture ont conduit un certain nombre de chercheurs en psychologie cognitive, neuropsychologie et sciences de l'éducation à rappeler les résultats des études d'évaluation de l'efficacité des différentes méthodes, et à formuler notamment les recommandations suivantes:
Il faut enseigner les relations graphèmes-phonèmes (entre les lettres et les sons) de manière systématique et explicite, dès le début du cours préparatoire.
Il existe de nombreuses manières d'enseigner les relations graphèmes-phonèmes: des approches synthétiques, combinant les phonèmes pour construire les syllabes et les mots; des approches analytiques, décomposant les mots en syllabes et en phonèmes; et des approches combinant à divers degrés les deux précédentes. Les études d'évaluation ne font pas ressortir de différences significatives d'efficacité entre ces différentes approches.
Les résultats scientifiques actuels suggèrent donc d'écarter les méthodes qui n'enseignent pas les relations graphèmes-phonèmes, ou qui ne les enseignent pas de manière explicite et systématique, ou qui ne les enseignent pas suffisamment tôt (souvent appelées "méthodes globales", ou selon les acceptions, correspondant à une partie des méthodes globales). Toutes les autres méthodes semblent acceptables.
L'arrêté de mars 2006 modifiant les programmes d’enseignement de l’école primaire a précisé les programmes de 2002, en restreignant l'éventail des méthodes d'enseignement de la lecture recommandées précisément à celles suggérées par les travaux scientifiques. Il s'agit donc là d'une évolution positive.
Conformément aux résultats scientifiques, les nouveaux programmes laissent aux enseignants le choix entre les nombreuses méthodes utilisant des approches synthétiques, analytiques, ou une combinaison des deux, dans la mesure où, quelle que soit la méthode choisie, l'enseignant prend soin d'enseigner les correspondances graphèmes-phonèmes, afin de développer l'automatisation de la reconnaissance des mots et la compréhension.
Compte tenu des textes de loi définissant les programmes, et compte tenu des travaux scientifiques qui les inspirent, il n'y a donc pas lieu d'exiger des enseignants le recours à une méthode unique. Il n'y a notamment pas lieu de leur imposer l'usage d'une méthode exclusivement synthétique (parfois appelée "la méthode syllabique").
Franck Ramus, Chargé de Recherches au CNRS, et Rémi Brissiaud, Maître de Conférences à l'IUFM de Versailles
Ecrit par : Robin | 10 janvier 2007
"Mais, quelquefois, et avec tout le respect que je leur dois, les propos de certains d'entre eux flirtent un tantinet avec une certaine forme de délire paranoïaque! "
Christophe, "Qui se sent morveux, qu'il se mouche."
Certes, certes, au temps pour ma pomme, et celle de tous les antipédagogistes de ce blog, et surtout ceux qui ont eu à souffrir de l'IUFM.
Mais désolée, vous manquez de culture anti-pédagogique.
J'ouvre l'excellent livre d'Elizabeth Altschull, "L'école des Egos, Contre les gourous du pédagogiquement correct",
au chapitre intitulé "La grande mystification pédagogique".
J'ai entendu ce matin aux infos que Chirac remettait cela avec "l'égalité des chances".
Liliane Lurçat dit : "le constructivisme amène les enfants à être des autodidactes scolaires. Il obscurcit volontairement la présentation des connaissances en obligeant l'enfant à deviner au lieu de comprendre. "
Elle a cette phrase terrible, "au total, l'égalité des chances a été remplacée par la généralisation des malchances".
Suivent 4 ou 5 pages sur Meirieu...gratinées. (Apprendre...oui, mais comment , écrit quand il était conseiller de Claude Allègre . Les ministres passent, tel la peinture Soudée, Meirieu demeure.)
J'en tirerai à l'occasion quelques extraits, mais j'arrête un moment.
Anne-Marie.
Ecrit par : Anne-Marie Valette | 10 janvier 2007
Tiens...une petite note lue d'une Québécoise :
L'Office de la langue Française, à la suite du Conseil supérieur de la langue française de France, pour ne pas décourager voire "traumatiser" notre belle jeunnesse qui ne sait pas écrire une phrase sans faire 5 fautes dedans, a décidé de procéder à une "réforme" de la langue Française en acceptant de modifier certains mots qui étaient jadis considérés comme des fautes d'orthographe et de les réhabiliter comme bons (les anciennes formes demeurent bonnes...) ! Par exemple en éliminant le trait d'union pour certains mots, en supprimant l'accent circonflexe sur le i et le u lorsqu'il n'a pas pour fonction de distinguer des sens ou des temps de verbes : connaitre, voute, par exemple... arghhh !! Tous les efforts que nous avons mis pour apprendre toutes les exceptions, les richesses de notre belle langue ne valent plus rien puisque c'est maintenant la loi du moindre effort qui mène. Si un pourcentage de la population écrit un mot avec toujours la même faute d'orthographe, la faute devenant la norme, on change les règles pour rendre la faute acceptable... ridicule...
P.S Ne pas oublier qu'ils se battent aussi contre les mêmes pédagos :
http://agora.qc.ca/ceq
Ecrit par : Guillaume | 10 janvier 2007
Le grand helléniste et remarquable être humain J.-Pierre Vernant est mort mardi 9 janvier, à son domicile, à Sèvres (Hauts-de-Seine), quelques mois après Pierre Vidal-Naquet. Je me souviendrai toujours de sa chemise hawaïenne à fleurs à l'oral de l'agreg 1976, près de Robert Mauzi suffoquant dans son costard-cravate... Mais ce soir, triste est mon âme.
http://www.portique.net/spip.php?breve388
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1- href="mailto:0@2">0@2-3382,36-853661@51-853647,0.html
Ecrit par : FGuichard | 10 janvier 2007
D'ordinaire, ce sont le savoir, les compétences, les programmes, les référentiels qui sont au centre des préoccupations pédagogiques. D'ailleurs le "Savoir" ne fonde-t-il pas l'école, la relation pédagogique et l'expertise du rapport au savoir ?
Dans notre perspective et en cohérence avec la loi d'orientation de 1989 ( Nouvelle Politique pour l'Ecole ) ; c'est l'élève dans sa quête de connaissance et de réussite qui prend la place du "Héros".
Et maintenant, Mesdames et Messieurs, retenez votre souffle. Vous allez assister à un tour exceptionnel qui nous vient tout droit des Etats-Unis, le pays des grands espaces et de la liberté. Un tour extraordinaire, ahurissant. Sous vos yeux ébahis le grand Meyrioli, diplômé de l'université de prestigitation de Milan et d'ailleurs va faire disparaître cette boîte remplie de savoir et faire apparaître...Quoi ? Je vous ne le donne pas en dix, je ne vous le donne pas en cent, je vous le donne en mille...Un élève ! Un élève en chair et en os. Attention ! Abracadabra...
Maintenant, je vous le demande. Où est passé le savoir ? Le savoir a disparu mesdames et Messieurs disparu purement et simplement. Et si vous pensez que c'est impossible, vous n'avez qu'à interroger l'élève.
Ohhhhhhhhhhhhhh!!!!!!!!!!
Ecrit par : Robin | 10 janvier 2007
"-Alors mon garçon . Où est passé le savoir ?
-Moi pas savoir ! "
Ecrit par : Robin | 10 janvier 2007
Le petit jeu des citations...
"La véritable école du commandement est la culture générale...Au fond des vctoires d'Alexandre, on retrouve toujours Aristote."
Qui est l'auteur ?
Ecrit par : Robin | 10 janvier 2007
Je suis tombé cete après-midi par hasard sur le dernier livre de Christian Bobin, que j'ai acheté les yeux fermés comme tous les autres et dont j'extrais ces lignes :
"Au Creusot l'ange de la vie dort dans les remises à outils au fond des jardins ouvriers. Son coeur est chiffonné comme une pivoine. Il a la douceur sidérante de ceux qui ne prétendent plus à rien.
Après que le Christ eut ressuscité, l'Eglise entreprit de l'ensevelir plus profondément que ne l'avaient fait les Romains. Elle fit de lui ce qu'il n'a jamais prétendu être : un fondateur de religion. A petits coups d'encensoir, elle le poussa dans son nouveau sépulcre devant lequel elle fit rouler la lourde pierre des dogmes et des beaux-arts. Mais ce tombeau, comme le précédent, est vide : le roi des pauvres a préféré filer de nuit dans le jardin du poète Jean Grosjean. Il loge dans une des merveilleuses cabanes que sont ses livres.
En revenant du parc de la Verrerie et en passant sous les fenêtres du château qui a si longtemps été la demeure des princes de la méallurgie, j'ai entendu un moineau pépier. Chacun de ses pépiements rinçait le ciel. Un rosier en terrasse lui répondait par les murmures de son parfum. Je m'éloignai, comblé, du château dont le roi était un moineau..."
Ecrit par : Robin | 10 janvier 2007
lire : métallurgie
Ecrit par : Robin | 10 janvier 2007
Il n'y a pas lieu d'imposer une unique méthode d'enseignement de la lecture
Les récents débats sur les méthodes d'enseignement de la lecture ont conduit un certain nombre de chercheurs en psychologie cognitive, neuropsychologie et sciences de l'éducation à rappeler les résultats des études d'évaluation de l'efficacité des différentes méthodes, et à formuler notamment les recommandations suivantes:
Il faut enseigner les relations graphèmes-phonèmes (entre les lettres et les sons) de manière systématique et explicite, dès le début du cours préparatoire.
Il existe de nombreuses manières d'enseigner les relations graphèmes-phonèmes: des approches synthétiques, combinant les phonèmes pour construire les syllabes et les mots; des approches analytiques, décomposant les mots en syllabes et en phonèmes; et des approches combinant à divers degrés les deux précédentes. Les études d'évaluation ne font pas ressortir de différences significatives d'efficacité entre ces différentes approches.
Les résultats scientifiques actuels suggèrent donc d'écarter les méthodes qui n'enseignent pas les relations graphèmes-phonèmes, ou qui ne les enseignent pas de manière explicite et systématique, ou qui ne les enseignent pas suffisamment tôt (souvent appelées "méthodes globales", ou selon les acceptions, correspondant à une partie des méthodes globales). Toutes les autres méthodes semblent acceptables.
L'arrêté de mars 2006 modifiant les programmes d’enseignement de l’école primaire a précisé les programmes de 2002, en restreignant l'éventail des méthodes d'enseignement de la lecture recommandées précisément à celles suggérées par les travaux scientifiques. Il s'agit donc là d'une évolution positive.
Conformément aux résultats scientifiques, les nouveaux programmes laissent aux enseignants le choix entre les nombreuses méthodes utilisant des approches synthétiques, analytiques, ou une combinaison des deux, dans la mesure où, quelle que soit la méthode choisie, l'enseignant prend soin d'enseigner les correspondances graphèmes-phonèmes, afin de développer l'automatisation de la reconnaissance des mots et la compréhension.
Compte tenu des textes de loi définissant les programmes, et compte tenu des travaux scientifiques qui les inspirent, il n'y a donc pas lieu d'exiger des enseignants le recours à une méthode unique. Il n'y a notamment pas lieu de leur imposer l'usage d'une méthode exclusivement synthétique (parfois appelée "la méthode syllabique").
Franck Ramus, Chargé de Recherches au CNRS, et Rémi Brissiaud, Maître de Conférences à l'IUFM de Versailles
Ecrit par : Robin | 10 janvier 2007
Théorie...personnellement j'ai eu droit en pe2 a UNE heure de cours sur l'apprentissage de la lecture qui consistait à regarder une sénace de lecture filmée dans une classe d'imf, laquelle travaillait avec un groupe de ...8 élèves. C'est tout. Et un tiers de mes copains de promo ont eu des cp ou des cp-ce1 en 1er poste.
Après ça que certains s'étonnent encore de la haine que l'on voue à l'iufm...
Je n'ai aussi eu le droit sur les deux années de PE1-PE2 qu'à 20 heures pour réviser l'orthographe, la grammaire et la conjugaison. Je dois dire que notre enseignante était compétente, mais 20 heures en tout et pour tout lorsque l'on a des lacunes à combler...
Ecrit par : Ronin | 10 janvier 2007
Théorie...personnellement j'ai eu droit en pe2 a UNE heure de cours sur l'apprentissage de la lecture qui consistait à regarder une sénace de lecture filmée dans une classe d'imf, laquelle travaillait avec un groupe de ...8 élèves. C'est tout. Et un tiers de mes copains de promo ont eu des cp ou des cp-ce1 en 1er poste.
Après ça que certains s'étonnent encore de la haine que l'on voue à l'iufm...
Je n'ai aussi eu le droit sur les deux années de PE1-PE2 qu'à 20 heures pour réviser l'orthographe, la grammaire et la conjugaison. Je dois dire que notre enseignante était compétente, mais 20 heures en tout et pour tout lorsque l'on a des lacunes à combler...
Ecrit par : Ronin | 10 janvier 2007
C'est scandaleux. Mais que diable vous faisait-on faire pendant ces deux années moins les vingt heures consacrées à l'apprentissage de l'orthographe, de la grammaire et de la conjugaison et l'heure consacrée à l'apprentissage de la lecture à travers le visionnage d'un film ?...Du tricot ? Ah non ! Laissez-moi deviner...De la pédagogie ? C'est ça non ?
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Ecrit par : Ronin | 10 janvier 2007
Ecrit par : robin | 10 janvier 2007
C'est extra,c'est extra ah ah !
PARIS (AP) - Le ministre de l'Education Gilles de Robien annonce, dans un entretien publié jeudi dans "Le Figaro", que les élèves auront désormais à l'école "au minimum trois heures hebdomadaires de grammaire et une heure et demie au collège".
"Elles seront consacrées à l'enseignement de la conjugaison, de la grammaire, de l'orthographe et du vocabulaire", ajoute le ministre, en précisant que "ce seront des cours bien spécifiques et structurés au sein des heures habituelles consacrées au français".
Gilles de Robien, qui doit signer jeudi une circulaire sur la grammaire dans une école parisienne, accompagné de Bernard Pivot, souligne que de nombreux enseignants font des exercices de grammaire, mais que "c'est loin d'être le cas partout". "Désormais, il s'agira de repérer les règles et de les apprendre par coeur", observe-t-il.
Concernant ses détracteurs, qui l'accusent de remettre au goût du jour une école passéiste, Gilles de Robien assure qu'il n'est pas "un obsédé du plumier mais un passionné des nouvelles technologies". "Posséder les fondamentaux, c'est une vision d'avenir et non une vision passéiste", remarque le ministre, avant d'ajouter: "Les pédagogistes fumeux, eux, ont en revanche fait prendre beaucoup de retard à beaucoup d'élèves".
Pour Gilles de Robien, "la grammaire, la langue, c'est le patrimoine commun de tous les Français". "Avec la citoyenneté, le respect de la République, la langue, c'est ce qui nous rassemble", poursuit le ministre, en assurant qu'"il est important de bien la posséder pour tracer un trait d'union entre nous tous". AP
Ecrit par : bernard | 10 janvier 2007
Je prends le train en marche et un peu en retard. Lundi matin 8h 30... Le doux froissement de ma couette me joue encore son air nocturne. Reprise à 13h.. Oui parce que dans mon collège, on a trouvé un nouveau jeu : multiplier les cours de 13h à 14 h. "Indispensable pour gérer au mieux la cantine" nous serine-t-on.. c'est à croire qu'avec 300 élèves en plus il y a de cela 8 ans, et aucun cours à 13h, certains enfants devaient être privés de pitance! Bref.. Reprise donc, à 13h et trois heures de suite avec le même programme pour trois classes de cinquième. L'Eglise au Moyen Age, un des pivots de cette année en histoire. J'aime assez d'ailleurs ce lien avec le français qui nous permet une vraie transdisciplinarité, pour peu que l'entente soit cordiale entre les collègues... Pas de mise en activité avec mes adorables béotiens. Du lourd. Une double page avec l'essentiel de ce qu'il faut savoir sur le sujet, du rôle social, politique de l'église, du printemps des pierres aux croisades en passant par les ordres mendiants et même la Renconquista. Une double page lexicale des définitions indispensables à savoir par coeur. Trois petits contrôles de connaissances sur ce cours seront nécessaires. Moins de 8, on recopiera deux fois le cours. Après viendra le temps des applications, des mots croisés sur le thème, d'une visite virtuelle à Conques et son magnifique tympan du jugement dernier. Endormi ces élèves qu'on "assomme" d'un cours magistral? Non. Emportés par la curiosités, ils boivent la légende de la tête de saint jacques ralliant à force d'oreille l'Espagne en traversant toute la Méditerranée (fort le bonhomme!), les coquilles que l'on accroche à sa pèlerine pour prouver sa visite, la trêve de Dieu imposant aux nobles de se battre du lundi matin au mercredi soir (plaisant d'ailleurs, ça me rappelle ce passage d'Astérix chez les Bretons où la bataille s'arrête pour l'heure du thé). J'aime leur donner de la matière, du savoir, de la substance et j'aime à croire que certains pourront se percher sur mes épaules, et voir plus loin..
Ecrit par : guedbralec | 10 janvier 2007
Pour JP BRIGHELLI
Voir Articles de TRIBUNE JUIVE
http://doumanescau.free.fr/page9.html
http://doumanescau.free.fr/paga10.html
Jean Paul BRIGHELLI : une question . Vous dites à un moment." Sarkosy s'est déclaré favorable à un assouplissement , mot élégant pour dire ABROGATION de fait de la loi 1905. Une généralisation du concordat qui régit l'Alsace-Lorraine"
Ne pensez vous pas, que dans le contexte de la campagne présidentielle cherchant à concilier la majorité des Français , Nicolas Sarkosy pourrait changer d'avis , rebrousser chemin ? ... d'autant plus que les milieux laïques dans leurs diversités ont des prépositions assez simples et réalistes pour ne pas toucher à loi de 1905 qui à mon avis représente dans l'inconscient collectif ... un socle commun et bien ancré !
cordialement
Ecrit par : Patrick(instit) | 10 janvier 2007
Je vois que des jeunes de l'IUFM investissent ce blog....
Voici un article tiré du JDI de décembre à méditer.
http://doumanescau.free.fr/page8.html
Je vous avais parlé de l'EDITO de décembre de ce même JDI (journal des instituteurs) On y parle de Mr Lafforgue et de ses interventions au "colloque"Nathan.
http://doumanescau.free.fr/page6.html
Je vous propose un peu d'ORL avec une conseillère pédagogique (IUFM de Reims)
http://doumanescau.free.fr/page7.html
Pour les enseignants du second degré , vous pourrez ainsi consulter la PRAVDA (ce JDI)
Le mot paraît un peu fort certes mais quand il n'ya qu'un son de clôche à entendre même si le Noël orthodoxe est encore proche ,on peut parler de PRAVDA !
Ecrit par : Patrick(instit) | 10 janvier 2007
Mercredi pédagogique. En effet ce matin conférence de Béatrice POTHIER
http://www.yodawork.com/webcc/sej_retz_pedagogie/notice_auteur.html?F_auteurid=8839
Conférence intéressante par quelques aspects qui a séduit bon nombre d'instits d'un âge certain mais lassé les jeunes sortis de l'IUFM .... Beaucoup d'éloges pour E Charmeux au cours de cette conférence.
J'ai pensé à vous !
Discours assez culpabilisateur sans sans oublier son côté commercial. .. La maison RETZ était là !
J'en ai profité pour distribuer quelques tracts de mon bricolage (sur voiture) : copié -collé et remanié selon le public du jour :
http://doumanescau.free.fr/page4.html
http://doumanescau.free.fr/page5.html
J'ai souhaité à un moment intervenir devant les centaines d'instits mais je me suis dit que mon IEN n'apprécierait sans doute pas.
Pour rappeler tout simplement la baisse horaire du Français depuis 1976 sans rentrer dans le contenu de sa conférence . Et peut être interpeler mes collègues sur cette évidence qui ne semble pas être partagée par tous
Et puis je me suis dit cela n'apportera rien ... Elle était l'invitée du jour . Tu t'attireras les foudres de ton IEN
Ecrit par : Patrick(instit) | 10 janvier 2007
C'est moi la cloche !
Ecrit par : Patrick(instit) | 10 janvier 2007
Cher Robin,
eh oui j'ai fait de la pédagogolgie, en bref je me suis beaucoup emmerdé et j'ai regretté mes chers professeurs d'université qui eux savaient me passionner trois heures durant sans verbiage aucun au point que j'ai eu l'impression grâce aux cours de certains d'entre eux et à leur culture partagée de naître une deuxième fois et de comprendre le monde.
Par contre à l'IUFM que d'ennui et de déception.
Ecrit par : Ronin | 10 janvier 2007
Erreur
Pour lire suite de l'article de JP BRIGHELLI
voir
http://doumanescau.free.fr/page10.html
cordialement
Ecrit par : Patrick(instit) | 10 janvier 2007
Je dis :"Un magicien ne dévoile jamais ses secrets."
---
Un mathématicien si, et j'aurais trouvé important d'utiliser ce moment de calcul mental pour montrer l'utilité de l'algèbre, du calcul littéral, et SURTOUT montrer ce qu'est une preuve mathématique, et ce que ce n'est pas ( à savoir une série d'exemples "qui marchent" )
Soit à calculer le carré d'un nombre à 3 chiffres se terminant par 5, on peut donc l'écrire AB5
AB5*AB5 = (AB*10 + 5)(AB*10+5)
= (AB)²*100 + 2*5*AB*10 + 25 ( identité remarquable vue en 3° )
= (AB)²*100 + AB*100 + 25
= ((AB)² + AB ) *100 + 25
On voit bien apparaitre : le carré du nombre formé des deux premiers chiffres du nombre de départ, auquel on ajoute ce même nombre, on décale de deux crans ( multiplication par 100) ce qui permet de justifier la juxtaposition finale du nombre 25.
Il me semble très important de JUSTIFIER rigoureusement les astuces mathématiques. Beaucoup trop d'adultes, dont de nombreux enseignants, ignorant ce que veut dire réellement PROUVER, et que mille exemples NE sont PAS une preuve, contrairement à ce que veulent nous faire avaler les pédagogos et les politiciens.
Ecrit par : fred | 10 janvier 2007
"C'est extra, c'est extra , ah!ah!"
Bernard, vous êtes ironique? Vous avez bien tort, car Gilles de Robien est le premier de tous les ministres de l'Education nationale qui ait osé appeler un chat un chat et les "pédagos" des esprits fumeux, ce qu'ils sont en effet - voyez Meirieu, qui, au bout de quinze mille pages de vent ( mauvais...), cherche encore à rattraper ses idées en fuite. Pour ma part, j'ai la plus grande admiration pour ce premier vrai ministre de l'Education nationale, et je n'en trouve que plus grotesque et désolante la réserve émise par Sauver les Lettres ("ni Meirieu ni de Robien"), comme si on pouvait mettre sur le même plan un charlatan passé maître en brouillage des idées et un élu de la Nation aux idées claires et saines!
Ecrit par : Jean | 11 janvier 2007
Il me semble très important de JUSTIFIER rigoureusement les astuces mathématiques. Beaucoup trop d'adultes, dont de nombreux enseignants, ignorant ce que veut dire réellement PROUVER, et que mille exemples NE sont PAS une preuve, contrairement à ce que veulent nous faire avaler les pédagogos et les politiciens.
Ecrit par : fred | 10 janvier 2007
Fred (et Guillaume)...Je lis toujours avec beaucoup d'intérêt les contributions des mathématiciens sur ce blog. J'ai l'impression que les sciences mathématiques sont encore un peu à l'abri des manipulations et des "allégements" des illusionnistes. Parce qu'en mathématiques, on peut sans doute moins tricher. Je n'oublie pas, en tant que philosophe à l'origine que tous les gens qui ont marqué ma formation intellectuelle (Platon, Descartes, Spinoza, Kant, Leibnitz, l'inventeur du calcul infinitésimal, Pascal...) étaient des mathématiciens. J'ai eu un excellent professeur de mathématiques en classe de 4ème. Il était d'origine corse, comme JPB...J'en ai déjà parlé sur ce blog. Sa pédagogie était basée sur l'effet Pygmalion et ça marchait du tonnerre. J'ai enseigné la philo pendant plusieurs années en classes de terminales et les meilleurs éléments étaient les scientifiques. La combinaison de l'esprit de finesse et de l'esprit de géométrie caractérise les intelligences vraiment supérieures (Pascal en philosophie, Robert Musil en littérature, Teilhard de Chardin en théologie).
Il y a dans la démarche scientifique et mathématique une incontournable humilité face au réel qui touche à l'éthique.
Ce n'est pas un hasard si, à l'heure actuelle, les fers de lance du retour à l'enseignement des savoirs et les pourfendeurs des "méthodes de survol" sont des scientifiques.
Ecrit par : Robin | 11 janvier 2007
Lisez le dernier livre de Christian Bobin Prisonnier au berceau, c'est une merveille. (Folio Gallimard) . IL parle de son enfance et des liens mystérieux qui le rattachent à sa ville natale du Creusot qu'il n'a pratiquement jamais quittée.
On aurait envie de tout recopier. Voici quelques lignes (page 34):
"Parce que Dieu est le plus faible, il lui faut se mettre à l'abri de notre force et l'univers n'est fait que de ses cachettes. C'est derrière la petite flamme sautilllante du rouge-gorge et dans la lassitude qui ravine les yeux des pauvres qu'on le devine le plus."
Ecrit par : Robin | 11 janvier 2007
Je suis ironique,Jean,c'est vrai.
Mais bon je vais préciser.
Je suis entièrement d'accord avec le Ministre.
J'espère que le futur Président continuera dans cette voie.
Si j'en suis sûr,il aura ma voix .
Ecrit par : bernard | 11 janvier 2007
"C'est extra, c'est extra , ah!ah!"
Bernard, vous êtes ironique? Vous avez bien tort, car Gilles de Robien est le premier de tous les ministres de l'Education nationale qui ait osé appeler un chat un chat et les "pédagos" des esprits fumeux, ce qu'ils sont en effet - voyez Meirieu, qui, au bout de quinze mille pages de vent ( mauvais...), cherche encore à rattraper ses idées en fuite. Pour ma part, j'ai la plus grande admiration pour ce premier vrai ministre de l'Education nationale, et je n'en trouve que plus grotesque et désolante la réserve émise par Sauver les Lettres ("ni Meirieu ni de Robien"), comme si on pouvait mettre sur le même plan un charlatan passé maître en brouillage des idées et un élu de la Nation aux idées claires et saines!
Ecrit par : Jean | 11 janvier 2007
Entièrement d'accord avec vous Jean. Je ne vais plus avoir besoin de me cacher pour faire de la grammaire et de la conjugaison et pour faire des exercices comme les pianistes font des gammes. Je suis effectivement déçu que sauver les lettres ne lui reconnaisse pas le mérite de revenir à un peu de bon sens.
Ecrit par : Ronin | 11 janvier 2007
Salut à tous...
D'abord, un point d'Histoire, à l'intention de Pat.
Ne me demandez pas comment je le sais, mais, de source sûre (l'entourage très proche du Grand, comme ils disent), c'est Pasqua qui a payé la facture des affiches Mitterrand du second tour de la présidentielle en 1981. Et ses troupes ont aidé les gens du PS à les coller.
Le pacte tenait en une phrase : Chirac aidait Mitterrand, et c'était lui au prochain tour (1988). Mais "l'invention" du Front National par le vieux grigou a modifié la donne, et Chirac n'a rien vu venir.
Ce que c'est que de s'être brouilléavec Marie-France Garaud et Pierre Juillet...
Pour ce qui est des mathématiques;
D'abord, je suis ravi de l'arrivée de mathématiciens sur ce blog. J'ai trouvé la démonstration de la mise au carré très intéressante...
Quant à qui s'imaginerait que les mathématiques sont restées relativement préservées... Qu'il aille voir sur le site de Sauver les maths, ou mieux encore sur celui de Michel Delord - qui inspire en ce moment la réfection des programmes de maths du collège, qu'a lancée Robien (pour la pureté de la langue, on dit "Robien" - comme on dit "Saint-Simon" ou "Châteaubriand" - et non "de Robien", sauf si vous ajoutez son prénom ou "Monsieur" avant).
Bonne journée à tous...
JPB
PS. J'étais hier soir dans une réunion publique avec le président de l'université de Nîmes, un "bayrouiste" (c'est très embêtant, en politique, de ne pas avoir un nom que l'on peut suffixer aisément...) qui m'a assuré que le détail des mesures de son candidat sur l'Education était dans les tuyaux, et devrait paraître prochainement. Dans l'attente...
Ecrit par : brighelli | 11 janvier 2007
Merci Patrick pour votre article "régalant" sur le pain et le sel. La coutume de l'offrande du pain et du sel existait également en Afganistan et j'espère qu'elle existe toujours. C'est d'ailleurs le titre d'un des livres du père dominicain Serge de Beaurecueil : "Nous avons partagé le pain et le sel".
Ecrit par : Robin | 11 janvier 2007
Bonjour,
Pour alimenter le débat, je voudrais juste vous inviter à relire un texte qui date un peu (1987), mais qui illustre bien les propos tenus dans cette rubrique.
Voici ce que disait cet article tiré du journal "Le Monde":
Le Monde, 27 octobre 1987
Joseph Urbas
CE LYCÉE que Lionel Jospin, Claude Allègre et Philippe Meirieu appellent de leurs vœux, espace de convivialité et -accessoirement- d'enseignement, je l’ai déjà vécu. Comme élève. Lycéen moyen d'un établissement moyen aux Etats-Unis dans les années 70, j'ai déjà entendu tous les slogans répandus à l’heure actuelle en France par les apôtres des «sciences de l’éducation» : «travailler en équipe», «mettre rélève au centre de l’école», «alléger les programmes», «adapter les connaissances au monde contemporain».
Tiens, je me rappelle : la mode était, outre-Atlantique, à la «méthodologie» («skîlls») plutôt qu'à «l’empilement des contenus» («facts, dates and formulas»), à l’enseignement «light», «performant», «branché», aux professeurs en phase avec leurs élèves, partageant les mêmes goûts, les mêmes valeurs, les mêmes expériences communautaires.
C'est vers cette époque que Renseignement du latin a complètement disparu de l’enseignement secondaire américain. Ce fut aussi Répoque, dans bien des régions (décentralisation oblige), de la suppression des exercices «artificiels» ou «archaïques» (grammaire, rédaction) ainsi que des examens de fin d'études, jugés trop traumatisants pour les jeunes esprits et vite remplacés par des «activités culminantes» choisies par l’élève (évideittment, comment l’intéresser, sinon?): décorer un tableau d'affichage, par exemple (ce que je fis au lieu d'un examen de maths).
Adieu, Pythagore, Çicéron et Shakespeare (trop ringards, trop élitistes), on allait maintenant apprendre quelque chose de vraiment utile» Comme la sociologie («social studies» ou, pour les élèves afro-américains, «black studies»).
Ce fut, enfin, la période de l’introduction systématique, dans le contrôle continu, d'une «courbe de bonne distribution» des notes (dite «grading curve»). Le procédé est simple : indépendamment de la qualité du travail effectué, le professeur ajoute un pourcentage aux résultats réels de la classe afin de donner la moyenne au plus grand nombre, disons à 80 % des élèves, et le tour est joué, tout le monde est content, enseignants, élèves et parents. Voilà une école de la réussite pour tous et de la quête du sens !
De quoi faire rêver plus d'un réformateur français d'aujourd'hui.
Or, les résultats furent, comme on aurait pu s'y attendre, désastreux. A telle enseigne que certains observateurs américains lucides et bien informés appelaient déjà, dans les années 80, à un renforcement des contenus, à des exigences plus strictes pour passer en classe supérieure et à une journée scolaire plus longue.
Bref, vu de France aujourd'hui : le monde à l’envers. Ayant enseigné par la suite en première année dans une université américaine (établissement moyen accueillant des bacheliers moyens, et pas le «Cal Tech» que fréquente Claude Allègre), j'ai pu mesurer moimême Retendue des. dégâts. Les étudiants là-bas sont, certes, bien intégrés socialement, grâce aux lycées conçus comme autant çle «lieux de vie», mais beaucoup ^vent à peine écrire. D'où la nécessité, pour certaines universités peu sélectives comme la mienne, de mettre en place des cours obligatoires de rédaction, parfois sur deux ans.
Et ne parlons pas des connaissances en histoire, géographie, sciences et arts. Dans ce contexte, on ne peut guère parler de «culture générale». C'est à l'univérsité qu'on apprend, et à marche forcée, tout ce que le lycée a, par pure démagogie, renoncé à enseigner à ses élèves. Quel gâchis ! Et c'est cette démission qui fait de l’école américaine une des moins égalitaires qui soient.
Est véritablement démocratique l’école qui donne la formation la plus solide et la plus complète au niveau Ie plus bas, et non point celle, fruit d’un cynisme politique déguisant la gestion scolaire et universitaire du chômage de masse en progrès social, qui allège les contenus tout en prolongeant la durée des études.
Il est évident que, dans la théorie comme dans la pratique («gestion des flux», création des instituts universitaires de formation des maîtres, déconcentration), le réformes Jospin-Allègre-Meirieu et celles des dix dernières annés sont d'inspiration américaine. Et tout porte à croire que les mêmes causes finiront bien par produire les mêmes effets. Si ce n'est pas déjà le cas : car dans une large mesure, comme Danièle Sallenave 1’a si justement remarqué un jour dans ces colonnes, le lycée d'aujourd'hui est déjà le lycée de Philippe Meirieu, le «scientifique de l’éducation» le plus lu et le plus écouté dans les cercles ministériels depuis au moins une décennie.
On le sait : l’école française va mal, elle est de moins en moins égalitaire (voir «Ecoles riches, écoles pauvres, les écarts ne cessent de s'aggraver», Le Monde du 12 février 1998). Mais à qui la faute ?
Aux professeurs, qui -conséquence directe des réformes successives- n'ont plus aucun pouvoir réel sur l'orientation des élèves, sur le passage en classe supérieure ou sur la vie dans les établissements (où la même loi de Lionel Jospin qui les rend minoritaires aux conseils d'administration y fait entrer, fatalement, les élus du Front national) ?
Aux professeurs, qui se voient obligés, du fait d'une politique de massification pseudo-démocrarique menée tambour battant depuis les «80 % au bac» de Jean-Pierre Chevènement et la loi d'orientation de 1989, de prendre tous les élèves «tels qu'ils sont», dans une même classe, quel que soit leur niveau, quel que soit leur comportement ?
Aux professeurs, qui ne peuvent que constater, impuissants, le résultat prévisible de cette vaste escroquerie dont les parents les plus avisés refusent, tout naturellement, d'être les dupes : la ségrégation géographique et sociale croissante, la fuite massive des bons élèves vers les bons lycées phénomènç que, là encore, j'ai pu observer moi-même pendant cinq ans d'enseignement dans quelques-uns des établissements les plus difficiles de la Seine-SaintDenis ?
Non, que les choses soient claires : la faute n'est pas aux professeurs de l’école républicaine, lesquels sont parmi les meilleurs au monde (eh oui !), et ce grâce, non pas aux instituts universitaires de formation des maîtres (IUFM), mais à des concours de recrutement de qualité. Est-ce un hasard si, pour faire pendant à sa réforme du secondaire, Claude Allègre envisageait d'abaisser le niveau scientifique du Capes de langues vivantes ?
Il est bien temps de rétablir la vérité : les vrais coupables sont ailleurs. La responsabilité de la situation actuelle incombe à ceux, ministres ou conseillers, qui sont aux commandes de Réduçation nationale depuis plus de quinze ans, autrement dit à ceux qui ont déjà «réformé» Récoîe à plusieurs reprises et qui cherchent maintenant à profiter de Ragitation lycéenne pour parachever Rœuvre. Vite, arrêtons les casseurs avant qu'il ne reste plus rien!
Joseph Urbas est maître de conférences d'anglais à l'université Paris X-Nanterre
Le Monde, 27 octobre 1987
Joseph Urbas
CE LYCÉE que Lionel Jospin, Claude Allègre et Philippe Meirieu appellent de leurs vœux, espace de convivialité et -accessoirement- d'enseignement, je l’ai déjà vécu. Comme élève. Lycéen moyen d'un établissement moyen aux Etats-Unis dans les années 70, j'ai déjà entendu tous les slogans répandus à l’heure actuelle en France par les apôtres des «sciences de l’éducation» : «travailler en équipe», «mettre rélève au centre de l’école», «alléger les programmes», «adapter les connaissances au monde contemporain».
Tiens, je me rappelle : la mode était, outre-Atlantique, à la «méthodologie» («skîlls») plutôt qu'à «l’empilement des contenus» («facts, dates and formulas»), à l’enseignement «light», «performant», «branché», aux professeurs en phase avec leurs élèves, partageant les mêmes goûts, les mêmes valeurs, les mêmes expériences communautaires.
C'est vers cette époque que Renseignement du latin a complètement disparu de l’enseignement secondaire américain. Ce fut aussi Répoque, dans bien des régions (décentralisation oblige), de la suppression des exercices «artificiels» ou «archaïques» (grammaire, rédaction) ainsi que des examens de fin d'études, jugés trop traumatisants pour les jeunes esprits et vite remplacés par des «activités culminantes» choisies par l’élève (évideittment, comment l’intéresser, sinon?): décorer un tableau d'affichage, par exemple (ce que je fis au lieu d'un examen de maths).
Adieu, Pythagore, Çicéron et Shakespeare (trop ringards, trop élitistes), on allait maintenant apprendre quelque chose de vraiment utile» Comme la sociologie («social studies» ou, pour les élèves afro-américains, «black studies»).
Ce fut, enfin, la période de l’introduction systématique, dans le contrôle continu, d'une «courbe de bonne distribution» des notes (dite «grading curve»). Le procédé est simple : indépendamment de la qualité du travail effectué, le professeur ajoute un pourcentage aux résultats réels de la classe afin de donner la moyenne au plus grand nombre, disons à 80 % des élèves, et le tour est joué, tout le monde est content, enseignants, élèves et parents. Voilà une école de la réussite pour tous et de la quête du sens !
De quoi faire rêver plus d'un réformateur français d'aujourd'hui.
Or, les résultats furent, comme on aurait pu s'y attendre, désastreux. A telle enseigne que certains observateurs américains lucides et bien informés appelaient déjà, dans les années 80, à un renforcement des contenus, à des exigences plus strictes pour passer en classe supérieure et à une journée scolaire plus longue.
Bref, vu de France aujourd'hui : le monde à l’envers. Ayant enseigné par la suite en première année dans une université américaine (établissement moyen accueillant des bacheliers moyens, et pas le «Cal Tech» que fréquente Claude Allègre), j'ai pu mesurer moimême Retendue des. dégâts. Les étudiants là-bas sont, certes, bien intégrés socialement, grâce aux lycées conçus comme autant çle «lieux de vie», mais beaucoup ^vent à peine écrire. D'où la nécessité, pour certaines universités peu sélectives comme la mienne, de mettre en place des cours obligatoires de rédaction, parfois sur deux ans.
Et ne parlons pas des connaissances en histoire, géographie, sciences et arts. Dans ce contexte, on ne peut guère parler de «culture générale». C'est à l'univérsité qu'on apprend, et à marche forcée, tout ce que le lycée a, par pure démagogie, renoncé à enseigner à ses élèves. Quel gâchis ! Et c'est cette démission qui fait de l’école américaine une des moins égalitaires qui soient.
Est véritablement démocratique l’école qui donne la formation la plus solide et la plus complète au niveau Ie plus bas, et non point celle, fruit d’un cynisme politique déguisant la gestion scolaire et universitaire du chômage de masse en progrès social, qui allège les contenus tout en prolongeant la durée des études.
Il est évident que, dans la théorie comme dans la pratique («gestion des flux», création des instituts universitaires de formation des maîtres, déconcentration), le réformes Jospin-Allègre-Meirieu et celles des dix dernières annés sont d'inspiration américaine. Et tout porte à croire que les mêmes causes finiront bien par produire les mêmes effets. Si ce n'est pas déjà le cas : car dans une large mesure, comme Danièle Sallenave 1’a si justement remarqué un jour dans ces colonnes, le lycée d'aujourd'hui est déjà le lycée de Philippe Meirieu, le «scientifique de l’éducation» le plus lu et le plus écouté dans les cercles ministériels depuis au moins une décennie.
On le sait : l’école française va mal, elle est de moins en moins égalitaire (voir «Ecoles riches, écoles pauvres, les écarts ne cessent de s'aggraver», Le Monde du 12 février 1998). Mais à qui la faute ?
Aux professeurs, qui -conséquence directe des réformes successives- n'ont plus aucun pouvoir réel sur l'orientation des élèves, sur le passage en classe supérieure ou sur la vie dans les établissements (où la même loi de Lionel Jospin qui les rend minoritaires aux conseils d'administration y fait entrer, fatalement, les élus du Front national) ?
Aux professeurs, qui se voient obligés, du fait d'une politique de massification pseudo-démocrarique menée tambour battant depuis les «80 % au bac» de Jean-Pierre Chevènement et la loi d'orientation de 1989, de prendre tous les élèves «tels qu'ils sont», dans une même classe, quel que soit leur niveau, quel que soit leur comportement ?
Aux professeurs, qui ne peuvent que constater, impuissants, le résultat prévisible de cette vaste escroquerie dont les parents les plus avisés refusent, tout naturellement, d'être les dupes : la ségrégation géographique et sociale croissante, la fuite massive des bons élèves vers les bons lycées phénomènç que, là encore, j'ai pu observer moi-même pendant cinq ans d'enseignement dans quelques-uns des établissements les plus difficiles de la Seine-SaintDenis ?
Non, que les choses soient claires : la faute n'est pas aux professeurs de l’école républicaine, lesquels sont parmi les meilleurs au monde (eh oui !), et ce grâce, non pas aux instituts universitaires de formation des maîtres (IUFM), mais à des concours de recrutement de qualité. Est-ce un hasard si, pour faire pendant à sa réforme du secondaire, Claude Allègre envisageait d'abaisser le niveau scientifique du Capes de langues vivantes ?
Il est bien temps de rétablir la vérité : les vrais coupables sont ailleurs. La responsabilité de la situation actuelle incombe à ceux, ministres ou conseillers, qui sont aux commandes de Réduçation nationale depuis plus de quinze ans, autrement dit à ceux qui ont déjà «réformé» Récoîe à plusieurs reprises et qui cherchent maintenant à profiter de Ragitation lycéenne pour parachever Rœuvre. Vite, arrêtons les casseurs avant qu'il ne reste plus rien!
Joseph Urbas est maître de conférences d'anglais à l'université Paris X-Nanterre
Le Monde, 27 octobre 1987
Ecrit par : Henri | 11 janvier 2007
Lire : Afghanistan
Ecrit par : Robin | 11 janvier 2007
Je reviens au sujet initial de ce post, à savoir l'enseignement made in USA et je relève:
La différence tout de même est que les Etats-Unis ont quelques excellentes facs, qu'ils continuent à avoir un programme de recherche fondamentale très important, et que le privé n'hésite pas à investir pour ces facs et pour la culture. ...
Ecrit par : Thalie | 05 janvier 2007
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Tout à fait d'accord Thalie, les Américains ont un enseignement supérieur de qualité, investissent dans la recherche et se gardent bien de mépriser les "littéraires". Alors pourquoi imitons-nous ce qui n'allait pas chez eux et à quoi ils rémédient dans l'enseignement primaire et secondaire et pas ce qui va bien et qu'ils développent dans les universités ?
Ecrit par : Robin | 05 janvier 2007
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Voici quelques chiffres tirés de mon expérience personnelle de l'enseignement supérieur américain, de 1984 à 2001 pour mon mari et moi même et jusqu'à présent pour ma fille professeur d'architecture à l'université du Michigan.
La seule partie de l'enseignement américain qui marche très bien est l'université au niveau 3ème cycle (grad school). Les programmes sont excellents et les étudiants aussi. Le seul bémol en ce qui concerne l'enseignement général américain est que ces cours sont beaucoup trop difficiles pour l'étudiant ou l'enseignant américain moyen. La proportion d'étrangers, aussi bien étudiants qu'enseignants est en moyenne 50%. Dans les universités renommées et publiques (donc nettement moins chères) cette proportion atteint 75-80%. C'était le cas à l'Institut for Astronomy de l'université de Hawaii où nous étions professeurs ou le cas du département d'architecture navale de Berkeley où l'un de mes fils a fait son PhD. C'est certainement aussi le cas dans beaucoup d'autres endroits mais je ne me risque pas à donner des chiffres dont je ne suis pas sûre.
Quant à l'enseignement secondaire américain, ma description serait absolument semblable à celle de Danièle S.
J'ai commencé cette description, en particulier "le projet d'école" ( http://www.comite83.org/agora_ecole/?p=20 ) mais je me suis arrêtée, assez découragée de voir que l'école française que fréquentent maintenant mes deux petites filles est devenue semblable à cette école américaine.
Ecrit par : Claude Roddier | 11 janvier 2007
Tiens, un truc qui vaut son pesant de cacahuetes: hier, comme je travaille dans un Collège EP1 (vous savez, Ambition Cornet de Frites) et que nous sommes la lie de la lie de la lie de l'EN, on nous a envoyé toute la matinée une brochette d'IPR et d'IA de l'Académie de Paris. On a fait des zateliers par matières, puis par "pôles pédagogiques" (on ne rit pas siouplé) et nous les zistoriens, nous étions dans le pôle "HUMANITES" achetez, lisez, l'Huma??????
Inénarrable....outre la langue d'ébène habituelle (ou de chène, je ne sais pas lequel de ces deux bois est le plus dur...) on a assisté à des fontaines commisératoires, à des jérémiades sur nous pauvres pêcheurs d'EP1.....
Comme je posai des questions qui fâchent, en particulier, à la superbe pouliche de la haute, inspectrice de Lettres (ou du néant, plutôt, une femme de quarante-cinq ans, racée, portant en elle des siècles d'aristocratie française) la question suivante, faussement benoîte: pourquoi, puisque nous faisons partie d'un dispositif censé remédier à la vérole qui s'abat sur le pauvre monde, notre DHG était passée de 740 à 626 heures!?
On se regarda, gênés, entre pingouins inspecteurs et l'on bredouilla que quoi, ce n'était pas une question de moyens et gnagna et gnagnagni.....air connu.
Puis rentrant chezz moi et regardant les infos sur LCI, je lus la bande défilante: 5000 postes d'enseignants supprimés en Septembre 2007......
Alles l'ultralibéralisme, encore un effort.....
Et quand je pense à l'autre, là, à la Castafiore et sa bravitude,
ça me laisse tout chose.....
Ecrit par : montaigneàcheval | 11 janvier 2007
Qu'il aille voir sur le site de Sauver les maths, ou mieux encore sur celui de Michel Delord
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C'est d'ailleurs grâce à Michel Delord que j'ai pu me rendre compte que mon impression du massacre des mathématiques dans mon collège était hélas une quasi-généralité française.
Son analyse de DEP 95 me semble un incontournable.
Depuis l'an dernier la présentation des nombres relatifs à encore perdu un an, mais ce n'est pas grave, maintenant on étudie le "cerf-volant" dans le cours sur les symétries axiales, ça doit compenser.
On n'a pas le droit d'apprendre de méthodes rigoureuses de mise au même dénominateur de deux fractions (PPCM), interdiction de faire de vraies démonstrations ( et pourtant on parle pompeusement d'introduction au raisonnement déductif en 5°, mais en terminale S on pose des QCM au Bac...), et de toutes façons les élèves sont tellement largués en Français qu'ils sont incapables de faire la différence entre cause et conséquence, et je pense qu'on paye aussi l'apprentissage trop tardif des conjugaisons ce qui a un effet désastreux sur les représentations temporelles des élèves ( parvenir à faire la différence entre une figure qui n'est qu'un quadrilatère tant qu'on a rien démontré dessus, et qui ne 'devient' un carré qu'après la démonstration et que par conséquent on ne peut pas commencer par utiliser les propriétés archi-connues du carré, ben c'est pas simple quand le seul temps qu'on maitrise intérieurement est le présent.
Ecrit par : fred | 11 janvier 2007
Pour JP BRIGHELLI et vous tous.
Voici une causerie de P MEIRIEU qui se livre à notre PRAVDA (Journal des Instituteurs )
http://doumanescau.free.fr/page11.html
C'est l 'événement !
J'attends vos réflexions :-)
Quant à la formation en IUFM , à lire cet article .....
http://doumanescau.free.fr/page12.html
Mr JP BRIGHELLI
Pourriez vous répondre à ma question concernant la loi 1905 sur l'article de TRIBUNE JUIVE . Merci
(voir commentaires précédents )
cordialement
Ecrit par : Patrick(instit) | 11 janvier 2007
Puis rentrant chezz moi et regardant les infos sur LCI, je lus la bande défilante: 5000 postes d'enseignants supprimés en Septembre 2007......
Alles l'ultralibéralisme, encore un effort.....
Et quand je pense à l'autre, là, à la Castafiore et sa bravitude,
ça me laisse tout chose.....
On ne peut pas dire mieux les choses...JEAN, vous qui admirez le ministre actuel de l'EN comment réagissez-vous à ces sages paroles de Montaigneàcheval?
Ecrit par : buntovchik | 11 janvier 2007
montaigneàcheval ça fait vraiment plaisir de vous lire. Vous avez un style "régalant", encore plus alerte que celui de Montaigne quand il évoque ses chevauchées italiennes. sa "gravelle" , il est vrai, était une circonstance atténuante.
"Ambition cornet de frite"...et la description de la pouliche racée"... Ce que ça fait du bien de rire un peu et c'est pas souvent qu'on en a l'occasion.
Ecrit par : Robin | 11 janvier 2007
et de toutes façons les élèves sont tellement largués en Français qu'ils sont incapables de faire la différence entre cause et conséquence, et je pense qu'on paye aussi l'apprentissage trop tardif des conjugaisons ce qui a un effet désastreux sur les représentations temporelles des élèves ( parvenir à faire la différence entre une figure qui n'est qu'un quadrilatère tant qu'on a rien démontré dessus, et qui ne 'devient' un carré qu'après la démonstration et que par conséquent on ne peut pas commencer par utiliser les propriétés archi-connues du carré, ben c'est pas simple quand le seul temps qu'on maitrise intérieurement est le présent
Autant pour moi, c'était rassurant de penser que les maths résistaient encore. Mais je préfère le savoir que de me bercer d'illusions. C'est vrai que "de mon temps" on a eu les maths modernes.
Très intéressant ce que vous dites sur les liens entre la maîtrise de la langue française et en particulier sa grammaire et la pensée mathématique. Ce n'est pas un hasard si l'ineffable Eveline Charmeux (encore elle) s'en est pris à la grammaire de Lhomond (qu'elle qualifie de "vieille" car pour ces gens-là tout ce qui est vieux est évidemment bon à flanquer à la poubelle...Vive la jeunesse ! comme disait le chancelier du grand Reich...grammaire héritée de la Logique de Port-Royal, ce compendium de la philosophie de Pascal et de Descartes qui ont jeté les bases, avec quelques autres, de la pensée scientifique moderne. A défaut de changer le monde, on défait la pensée. On a les victoires qu'on peut.
Ecrit par : Robin | 11 janvier 2007
"On ne peut pas dire mieux les choses...JEAN, vous qui admirez le ministre actuel de l'EN comment réagissez-vous à ces sages paroles de Montaigneàcheval?"
Ecrit par : buntovchik | 11 janvier 2007
Oui, tiens, c'est vrai... Et même, comment pouvez-vous, pour les mêmes raisons et bien d'autres, essayer de nous convaincre de voter Sarko?
Ecrit par : christophe sibille | 11 janvier 2007
Et quand je pense à l'autre, là, à la Castafiore et sa bravitude,
ça me laisse tout chose.....
Ecrit par : montaigneàcheval | 11 janvier 2007
Le capitaine Haddock (Ad hoc ?) l'a traité de "moule à gaufres" et en a avalé sa casquette !
Ecrit par : Robin | 11 janvier 2007
je trouve de Robien ( ou plutôt ses conseillers) particulièrement habile :
- il continue d'un côté la destruction de l'instruction publique
- il prétend de l'autre chatier les " pédagogues fumeux"
Résultats :
- les syndicats ralent, ce qui entraine dans l'esprit des gens mécaniquement la défense des pédagogols.
Bilan dans quelques mois : vous avez vu, les enseignants veulent les théories pédagogiqes "modernes"! Donnons leur donc ce qu'ils veulent : de l'IUFM à profusion, de l'élevaucentre, et supprimons les cours de grammaire !
Très fort.
Ecrit par : fred | 11 janvier 2007
et de toutes façons les élèves sont tellement largués en Français qu'ils sont incapables de faire la différence entre cause et conséquence,
On ne doit pas abattre la moindre haie sans se demander si c'est vraiment nécessaire (Chesterton)...oui un vieux réac., catho et anglais (tous les défauts !)... et ami de Winston Churchill.
On a vu ce que ça a donné en Normandie le "remembrement" à tout crin et la suppression des "bocages"...Vite fait bien fait qu'on les a replantés.
Mais à l'Education nationale, on est plus long à la détente.
Le principe d'identité, de non contradiction, de tiers exclu, l'avant et l'après, la cause et la conséquence...Tout ça c'était déjà dans la logique d'Aristote et même Hegel n'y a pas touché (il introduit l'"aufheben" et le dépassement des contraires dans la catégorie du "devenir" mais ne supprime pas le principe de non contradiction lui-même)...La Logique de Port-Royal reprend au XVIIème siècle les catégories de la scolastique médiévale issues d'Aristote et y en intégrant la démarche analytique de Descartes ("diviser chacune des difficultés en autant de parcelles qu'il se pourra pour les mieux résoudre") et la concaténation hypothético-déductive. Une véritable merveille ! Les "Messieurs" de Port-Royal écrivent un manuel de grammaire à l'usage de leurs élèves (contrairement à ce qu'affirme Madame Charmeux, il n'y a pas que des enfants de la noblesse) inspiré de cet ouvrage de Logique.
Lhomond, une dizaine d'année avant la Révolution (et non pas au XVIIème siècle comme se l'imagine Madame Charmeux) s'inspire de la grammaire de Port-Royal et rédige un ouvrage plus simple, choisi par la Convention parmi des dizaines d'autre, l'abbé Grégoire et Condorcet en tête, qui servira de modèle jusqu'à la venue de nos chers pédagogues qui trouvent tout cela poussiéreux et dépassé.
Et voilà pourquoi nos enfants, faute d'être grammairiens (et logiciens) ne sont pas non plus géomètres.
Ecrit par : Robin | 11 janvier 2007
Pour JP BRIGHELLI et vous tous.
Voici une causerie de P MEIRIEU qui se livre à notre PRAVDA (Journal des Instituteurs )
http://doumanescau.free.fr/page11.html
C'est l 'événement !
J'attends vos réflexions :-)
Quant à la formation en IUFM , à lire cet article .....
http://doumanescau.free.fr/page12.html
Apparemment les parents et les futurs enseignants éprouvent le besoin de remédier en recourant aux services du CNED aux "événements pédagogiques" de Monsieur Meirieu.
Ecrit par : Robin | 11 janvier 2007
La guerre est une chose trop sérieuse pour être laissée aux militaires." (Georges Clémenceau)
"L'instruction est une chose trop sérieuse pour être laissée aux pédagogues." (Pas si bête !)
Ecrit par : Robin | 11 janvier 2007
Pardonnez au jeune ignare que je suis, pourriez vous cher Robin m'en apprendre un peu plus sur la grammaire de Lhomond histoire que je me couche moins bête?
Merci d'avance ( ils m'ont rendu stupide mais j'essaye de me soigner)
Ecrit par : Ronin | 11 janvier 2007
Patrick,
j'étais absent eux jours et je ne retrouve pas, dans le flot, vos commentaires sur l'interview de Tribune juive — a fortiori vos questions. Pouvez-vous les répéter ?
JPB
Ecrit par : brighelli | 11 janvier 2007
Pardonnez au jeune ignare que je suis, pourriez vous cher Robin m'en apprendre un peu plus sur la grammaire de Lhomond histoire que je me couche moins bête?
Merci d'avance ( ils m'ont rendu stupide mais j'essaye de me soigner)
Ecrit par : Ronin | 11 janvier 2007
Ce n'est pas grave Ronin. Ce qu'il faut comprendre c'est que nous sommes face à une entreprise idéologique concertée de destruction pure et simple des règles de la langue de la part de Madame Charmeux, inspectrice de l'enseignement primaire et formatrice en IUFM et de quelques autres. Elles et eux ne décolèrent pas depuis qu'ils ont été désavoués pour la première fois par leur ministre de tutelle, Gilles de Robien, dont on dit tantôt du mal, tantôt du bien, mais qui a au moins le mérite de remettre les pendules à l'heure. D'habitude ils s'avancent masqués ("larvati prodeunt"), mais cete fois-ci, ils écrivent noir sur blanc leurs présupposés idéologiques et c'est très révélateur. Madame Charmeux écrit qu'il ne faut pas enseigner la grammaire, que les règles de grammaire sont arbitraires et que les grammairiens sont tous des ânes et des cuistres, à commencer par Lhomond (c'est le seul qu'elle cite). C'est pourquoi je parlai de Lhomond.
Excusez-moi, je dois aller cuisiner le repas de ce soir, je vous cherche ensuite toutes les références sur Lhomond, ainsi que le point de vue de Madame Charmeux. Vous allez comprendre pourquoi vous avez tant de mal à enseigner les mathématiques, pourquoi les élèves confondent l'avant et l'après, la cause et la conséquence etc.
Ecrit par : Robin | 11 janvier 2007
Une histoire d'âne, de bonnet, d'enfant et d'instituteur, ou : toute la vérité sur le bonnet d'âne:
"Doux et tendre, serein et courtois, organisé et montrant avec ses congénères un sens certain de la convivialité, l'âne est aussi intelligent. L'histoire du bonnet d'âne a toujours été prise à l'envers. En réalité, le bonnet d'âne était mis sur la tête des cancres pour leur faire passer l'intelligence de l'âne !
"J'estime l'âne bien plus intelligent que le cheval, car il a plus de personnalité. Ce n'est pas un animal de cirque, c'est au propriétaire de le comprendre" indique Daniel Laguna, éleveur d'une trentaine d'ânes et qui tente de recréer des variétés qui existaient autrefois. Même constat pour Béatrice Michel et Hanno Wurbel, deux ethnologues suisses ayant baigné plusieurs années dans l'univers asin : "L'âne est moins soumis que le cheval. Sa structure sociale lui permet de s'adapter à tous types de situations", déclarent-ils dans un communiqué.
Les témoignages ne manquent pas. En fait, il apparaît que l'âne semble têtu parce qu'il n'avance plus ou lent parce qu'il est hésitant, son comportement traduit en réalité prudence, attention et circonspection. Eh bien oui! Avant de se lancer en terrain inconnu douteux, l'âne réfléchit, flaire, tâte du sabot, évalue la faisabilité et la sécurité du parcours. Intelligence, prudence et personnalité font de l'âne un insoumis. Il n'obéit jamais, et même "a horreur des despotes", comme le dit Pascal Fontenelle, éleveur et organisateur de randonnées. Il fait ce qu'on lui demande parce qu'il le veut bien, pour le plaisir de partager, parce que vous êtes devenu pour lui un membre de sa "famille", de son troupeau. Mais il intervient toujours dans ce que vous lui demandez, parce qu'il s'intéresse à ce qu'il fait, qu'il est attentif et prudent, pour lui-même et aussi (surtout ?) pour vous.
Il est tellement attentif à vous que n'importe quel âne qui part seul en promenade avec moins de 5-6 personnes s'arrête systématiquement dès que l'une des personnes est éloignée du groupe. Il attend qu'elle se soit suffisamment rapprochée pour redémarrer. Il s'arrête également si un bout de son paquetage tombe. Quand on pense qu'un cheval ne s'arrête pas toujours quand il perd son cavalier !
Une étude scientifique réalisée en 1982 par le professeur Béat Schantz, durant plus d'une année, confirme que les ânes aiment vivre en société, se rencontrer et sont très conviviaux entre eux et avec l'homme. Cette étude montre également qu'ils usent de subterfuges pour atteindre leur objectif. Devant une difficulté, leur réflexion les amène souvent à contourner le problème. Un âne prendra le temps, mais trouvera à la longue le moyen de s'échapper de son enclos ou de son écurie pour aller retrouver la ou les ânesses dont il est violemment amoureux.
Mais on peut faire l'éloge du comportement de l'âne, ce "bon à tout faire" depuis plus de trois mille ans, simplement au vu de sa gentillesse et de sa patience. Ce trait de caractère lui permet d'être utilise, aujourd'hui, auprès des enfants, notamment handicapés. Quelle que soit la nature du handicap, il est toujours possible de trouver une activité adaptée. Même si l'on fait monter des enfants sur le dos des ânes, il n'est pas question de parler d'équitation, ni de sport. En conséquence, les activités avec ânes ne sous-entendent aucune compétition, ce qui est particulièrement apprécié par les enfants handicapés. Il devient un confident après des jeunes autistes et autres enfants "à problème" et leur permet de trouver un peu de bonheur au contact de sa douceur. L'âne bête et méchant ? Moi, connais pas ! "
Trouvé sur : Les Asineries du Net
Ecrit par : Milady | 11 janvier 2007
LHOMOND Charles François (l’abbé)
Grammairien et érudit français, né à Chaulnes, Picardie en 1727, décédé à Paris en 1794. Entré dans les ordres, il se consacra essentiellement à l’enseignement et laissa plusieurs ouvrages de grammaire, d’histoire romaine et d’histoire sainte, qui furent longtemps utilisés en France " De vivis illustribus urbis Romae ver 1775, Éléments de grammaire latine en 1779 , et Epitome historiae sacrae, en 1784 ". Ayant refusé de prêter serment à la constitution civile du clergé, l’abbé Lhomond fut incarcéré en 1792, mais libéré peu après sur l’intervention de son ancien élève Tallien
Ecrit par : Robin | 11 janvier 2007
De vivis illustribus
Il y a une faute de frappe, il faut lire évidemment "de viris illustribus"
Ecrit par : Robin | 11 janvier 2007
Loin de moi l'idée de dire du mal des quadrupèdes aux longues oreilles ! C'est mille fois plus intelligent qu'un cheval — presque autant qu"un poney.
D'ailleurs le nom de ce blog, "bonnet d'âne", ce n'est pas moi qui en ai eu l'idée — elle m'a été imposée par le Midi-Libre qui m'héberge… J'aurais préféré sans doute autre chose — "Père fouettard", pour faire plaisir aux dames…
Non, allez, je galège… Bonnet d'âne il y a et bonnet d'âne je laisse…
Et ça permet aux imbéciles de dire avec l'humour de plomb qui les caractérise que c'est moi l'âne — ou moi le crétin.
On tient à faire de moi iun demeuré de la Nostalgie… Eh bien, tant qu'à faire, revendiquons ! C'est comme en Angleterre, "tory", qui doit vouloir dire "rebelle", si je ne m'abuse, était au départ une insulte — et les conservateurs l'ont prise à leur compte avec une certaine audace…
JPB
Ecrit par : brighelli | 11 janvier 2007
Voici le début du texte de madame Charmeux où elle évoque Lhomond et la Logique de port-Royal :
Règles de grammaire ou maîtrise de la langue ?
Un texte d’Eveline Charmeux
professeur honoraire de l’IUFM de Toulouse
Où il apparaît que la nouvelle croisade du ministre est peut-être plus dangereuse encore que la première.
Explications
Il faut savoir, pour comprendre la situation, que les programmes de 2002, prenant en compte les travaux de nombreux chercheurs en didactique du français, ont proposé de remplacer le terme de « grammaire », par la formule « observation réfléchie de la langue ».
Ce remplacement de terme n’est pas une simple question de vocabulaire. Il s’agissait en fait de redonner à l’enseignement des « savoirs sur la langue » toute sa valeur formatrice, pour le placer au cœur du dispositif d’aide à la maîtrise de la langue, objectif fondamental de l’enseignement du français, langue maternelle.
Il faut reconnaître, en effet, que les habitudes scolaires sur ce point n’étaient guère satisfaisantes : à l’ennui profond qu’inspiraient aux élèves les séances de grammaire - il n’est qu’à interroger la première personne venue sur ses souvenirs en ce domaine, pour en être convaincu -, s’ajoutaient les plaintes des enseignants, du primaire comme du collège, devant le peu de retombées de cet enseignement sur les performances langagières, orales ou écrites, de leurs élèves.
Pourquoi ?
D’abord, parce que le principe même de l’enseignement de la grammaire, le même depuis la grammaire de Lhomond et celle de Port Royal, est d’enseigner des règles à appliquer dont la légitimité est nulle. Aucune instance ne les a posées, ne les a écrites : rien de commun avec les lois qui régissent notre vie sociale. Celles-ci sont écrites ; elles sont le résultat du travail de personnes élues pour cela, dont je peux vérifier la légitimité.
Ecrit par : Robin | 11 janvier 2007
Les lycées aux USA, je ne sais pas ce qu'ils valent. Mais alors, les lycées français... et je n'ai pas fréquenté un des pires. Oh, bien sûr, en maîtrise de Lettres, j'avais quand même entendu le nom de Tocqueville avant la leçon d'analyse politique de ce semestre (à ceux qui se demanderaient ce que vient faire une leçon d'analyse politique dans un cursus de lettres, je répondrais volontiers pour peu qu'il me le demandent), mais jamais étudié, jamais même lu. Pour être honnête, le pauvre Alexis de Tocqueville était à mes yeux d'inculte profonde un philosophe français du XVIIIe siècle. Quand j'ai appris qu'il était un sociologue du XIXe, je me suis sentie bête. Bac plus trois, quand même... Enfin, n'étant pas boursière, je peux me dire que tant de temps pour en arriver là n'aura au moins pas coûté trop cher à la nation. Quand j'étais lycéenne, on disait que 50% de ce que l'on apprenait à l'école, c'était de la culture générale. Maintenant, cinq ans plus tard, je suis bien en peine de comprendre où ceux qui m'ont dit ça ont pu voir de la culture.
Ecrit par : Claire | 11 janvier 2007
"Loin de moi l'idée de dire du mal des quadrupèdes aux longues oreilles ! C'est mille fois plus intelligent qu'un cheval — presque autant qu"un poney."
Ecrit par : brighelli | 11 janvier 2007
... je sais bien! J'avoue, j'ai trouvé amusante l'idée du renversement: dire d'un élève qu'il est un âne revient à lui dire qu'il est fort intelligent, n'est-ce pas magnifique?
Ecrit par : Milady | 11 janvier 2007
Vous avez bien lu Ronin, Madame Charmeux dit que les règles de la langue française n'ont aucune légitimité parce que les Français n'ont pas voté pour elles !!!!!
C'est d'une sottise confondante, n'est-ce pas ? Eh bien, il faut savoir que Madame Charmeux qui veut remplacer la grammaire par "'observation réfléchie de la langue" est également une fervente adepte de la méthode globale.
Un grand nombre de règles de la vie sociale sont des conventions pures et simples et n'ont pas fait l'objet d'un vote (par exemple les feux de circulation) et pourtant ces règles s'appliquent de façon contraignante.
A quelques exceptions près que Madame Charmeux monte évidemment en épingle (le genre des mots) les règles de grammaire ne sont pas de pures conventions. Elles sont fondées en raison dans leur très grande majorité.
Madame Charmeux confond les "nomenclatures grammaticales "...La manière de désigner les natures (nom, verbe, adjectif...) et les fonction des mots (sujet, complément, attribut...) et ce que désignent ces nomenclatures.
Ce n'est pas parce que les nomenclatures sont conventionnelles, qu'elles sont arbitraires. Ferdinand de Saussure que Madame Charmeux ne connaît apparemment pas a bien expliqué la différence.
Il est aberrant de dire que la grammaire ne repose sur aucune règle, à la différence des sciences mathématiques ou les lois scientifiques, comme le fait Madame Charmeux dans ce même article. Il suffit d'ouvrir un livre de mathématiques pour s'en apercevoir.
Mais c'est vous qui êtes le plus à même de le faire en tant que professeur de mathématiques et c'est ce que vous faites quand vous expliquez que les élèves qui ne maîtrisent pas les connecteurs logiques (car, pourquoi, parce que, avant, après, par conséquent...) ou les temps verbaux sont incapables de résoudre un problème de géométrie.
Ecrit par : Robin | 11 janvier 2007
En voilà encore sur Eveline Charmeux.
Voici ce qu'a écrit Madame Eveline Charmeux, « célèbre conseillère pédagogique dont l'influence fut déterminante au cours de ces trente dernières années. »
(Citation de Madame Wettstein-Badour)
« J'ajoute que l'analyse des mots en syllabes pose aux enfants de graves problèmes, dans la mesure où on ne peut définir les syllabes qu'à partir de la compréhension des mots. »
C'est sidérant d'entendre dire que l'analyse, qui est pourtant un préalable indispensable à la compréhension (face à la réception d'un message donné), est un problème. C'est ce type de pensée pédagogique qui a conduit à une place dérisoire accordée à l'analyse grammaticale et à l'analyse logique à l'école et au collège ; conséquences : faute de pouvoir analyser correctement l'information tant orale qu'écrite et son contenu, les enfants ont du mal à comprendre, ce qui participe des sources des difficultés et des échecs des apprentissages scolaires d'aujourd'hui. (W-B)
Enseignant chercheur, Eveline Charmeux affirme avoir travaillé avec son équipe “en supprimant purement et simplement le passage par la syllabe dans leur apprentissage de la lecture”. Sa biographie fait état par ailleurs d'une carrière qui a duré pendant 26 ans ainsi que de la formation notamment des instituteurs.
Or, c'est au cours de cette période précisément que les pratiques pédagogiques et méthodologiques de lecture de type global ont connu leur plus grand essor et se sont généralisées dans l'ensemble de tous les établissements scolaires ; c'est également pendant la même période que le phénomène d'illettrisme a fait son apparition et poursuit inexorablement son extension.
« La conclusion de tout ceci, c'est que la syllabe n'a rien à faire dans l'apprentissage de la lecture en français. »
Hallucinante naïveté dont les graves conséquences en termes de résultats scolaires n'échappent désormais à personne : taux d'échecs très élevés en lecture dont la répercussion s'étend à l'enseignement supérieur, amplification du phénomène d'illettrisme curieusement traité au moyen des méthodes mêmes qui en sont les sources génératrices, grosses difficultés en orthographe chez les écoliers et les élèves, difficultés orthographiques importantes chez les étudiants voire chez des enseignants !
Le travail d'Eveline Charmeux, comme ceux de bien d'autres enseignants chercheurs, tend à montrer à travers ses faiblesses que la situation de crise que traverse le système éducatif à l'heure actuelle n'est pas une génération spontanée. La cause première réside en aval dans la formation en général dispensée dans le système éducatif et en amont dans la formation des formateurs et des enseignants.
Anne-Marie.
Ecrit par : Anne-Marie Valette | 11 janvier 2007
Cher Robin, vous n'y êtes pas du tout ! Voilà comment vous devez évaluer vos élèves.
Il faut pratiquer l'évaluation comme une décontextualisation systématique et un moyen d'identifier les acquis. Décontextualiser, c'est faire jouer une connaissance dans une autre situation, en rupture par rapport à la situation d'acquisition, avec d'autres exemples, dans un autre cadre, un autre contexte intellectuel mais aussi socio-affectif, voire avec d'autres personnes; identifier les acquis, c'est savoir les nommer, les poser en extériorité, être capable de les mettre à l'épreuve, en particulier à l'épreuve du temps.
Bon courage.
Anne-Marie.
Ecrit par : Anne-Marie Valette | 11 janvier 2007
Mon dieu !
J'ai cherché dans une librairie de ma bonne ville et l'on m'a juste trouvé la possibilité de commander un livre d'histoire avec une traduction latine. Foin de grammaire, en fait, j'étais curieux je l'avoue.
Il faut reconnaître, en effet, que les habitudes scolaires sur ce point n’étaient guère satisfaisantes : à l’ennui profond qu’inspiraient aux élèves les séances de grammaire - il n’est qu’à interroger la première personne venue sur ses souvenirs en ce domaine, pour en être convaincu -, s’ajoutaient les plaintes des enseignants, du primaire comme du collège, devant le peu de retombées de cet enseignement sur les performances langagières, orales ou écrites, de leurs élèves.
Pourquoi ?
D’abord, parce que le principe même de l’enseignement de la grammaire, le même depuis la grammaire de Lhomond et celle de Port Royal, est d’enseigner des règles à appliquer dont la légitimité est nulle. Aucune instance ne les a posées, ne les a écrites : rien de commun avec les lois qui régissent notre vie sociale. Celles-ci sont écrites ; elles sont le résultat du travail de personnes élues pour cela, dont je peux vérifier la légitimité.
Ecrit par : Robin | 11 janvier 2007
L' ENNUI PENDANT LES SEANCES DE GRAMMAIRE ? et l'ennui pendant les deux années à l'iufm ?
Observation réfléchie de la langue ? mince moi qui me pensais incapable en français quand j'ai découvert ce terme...
Ecrit par : Ronin | 11 janvier 2007
rien de commun avec les lois qui régissent notre vie sociale. Celles-ci sont écrites ; elles sont le résultat du travail de personnes élues pour cela, dont je peux vérifier la légitimité.
Madame Charmeux confond les Lois de la vie sociale dont certaines sont conventionnelles, comme le fait de conduire à droite et les "Lois naturelles" qui ne le sont pas (cf. Montesquieu, l'Esprit des Lois), les Lois votés par les députés et les Lois de la pensée fondées sur le principe d'identité A=A, de non contradiction A différent de B et de tiers exclu Si A alors non B et celles qui régissent le domaine de la science.
Et elle prétend, malgré cela que ses conceptions sont plus justes, plus vraies, alors qu'elle n'est même pas rigoureuse dans ses définitions de départ, ce qui est la base même des mathématiques et des sciences. "La science est un langage bien fait." disait, si je me souviens bien, le mathématicien Poincarré.
Ecrit par : Robin | 11 janvier 2007
JP BRIGHELLI
Articles de TRIBUNE JUIVE de ce mois de janvier
http://doumanescau.free.fr/page9.html
http://doumanescau.free.fr/paga10.html
Vous dites à un moment." Sarkozy s'est déclaré favorable à un assouplissement, mot élégant pour dire ABROGATION de fait de la loi 1905. Une généralisation du concordat qui régit l'Alsace-Lorraine"
Dans le contexte de la campagne présidentielle, ne pensez vous pas que Nicolas Sarkozy, cherchant à concilier une majorité de Français, soit poussé à changer d'avis, à rebrousser chemin ? ... d'autant plus que les milieux laïques dans leurs diversités ont des propositions pour répondre à un problème de société et ceci sans toucher à loi de 1905.
Loi qui représente dans l'inconscient collectif français ... un socle commun, une « exception culturelle ». Nicolas Sarkozy ne souhaitant pas créer là, une vraie rupture , n’ira pas, je pense à l’encontre d’une tradition républicaine pour qui le mot laïcité a encore un sens et un contenu.
Cordialement.
Ecrit par : Patrick(instit) | 11 janvier 2007
erreur pour Suite article lire
http://doumanescau.free.fr/page10.html
Cordialement
Ecrit par : Patrick(instit) | 11 janvier 2007
Pour ceux qui ne vont pas à la messe... du 20 h de PPDA, visionnez tout de même cet extrait avec un Marc Le Bris au mieux de sa forme :
http://tf1.lci.fr/infos/media/jt/0,,3380152,00-calcul-guerre-methodes-.html
P.S Dans laquelle des deux classes auriez-vous mis votre enfant ?
Ecrit par : Guillaume | 11 janvier 2007
Ronin
"L'observation réfléchie de la langue" ou en abrégé ORL c'est ce que Madame Charmeux veut substituer à l'enseignement traditionnel de la grammaire, celui qui nous a permis aux uns et aux autres, moyennant peut-être parfois un peu d'ennui, comme elle dit, de nous exprimer à peu près correctement et de nous faire comprendre des autres.
ORL : de quoi s'agit-il ? De prendre un texte relativement long (pardon, un "discours", il ne faut plus parler de texte, il n'y a que des discours et tous se valent (une notice de machine à laver est un discours technique, le Sonnet des voyelles de Rimbaud est un discours poétique et la notice égale le sonnet)...Donc, on prend un discours et on "observe" des effets de langage par ci par là, mais de façon très superficielle et en employant une terminologie différente pour que les parents ne puissent surtout pas s'y retrouver pour éventuellement donner un coup de main à l'enfant. Par exemple Madame Charmeux ne dit pas un nom, comme tout le monde, elle dit "un embrayeur de conjugaison", ce qui est une double incongruité :
1°) Le mot embrayeur n'existe pas dans la langue fraçaise (pas plus que le mot "bravitude")
2°) Elle confond ce que tout professeur de français digne de ce nom s'acharne à distinguer et à faire distinguer aux élèves, à savoir la nature d'un mot (la catégorie grammaticale à laquelle il appartient) et sa fonction (le rôle qu'il joue dans la phrase). En effet non seulement un nom,mais aussi un pronom, un verbe à l'infinitif et même une subordonnée peuvent être des "embrayeurs de conjugaison", c'st-à-dire des "sujets".
Contrairement à ce que dit Madame Charmeux, de nombreux professeurs se sont aperçus de l'inefficacité de l'ORL et sont revenus (à leurs risques et périls) à un apprentissage systématique et en partie "par coeur" (horreur suprême pour Madame Charmeux qui prétend que la mémoire n'a rien à voir avec l'intelligence) des règles et des "outils de langage" en grammaire, orthographe, et conjugaison et des exercices d'application.
Seuls la mémorisation des règles (honnies par Madame Charmeux qui prétend qu'il n'y en a pas ou qu'elles sont arbitraires) et des exercices répétés d'application permettent d'une part de saisir le sens du texte avec un minimum de risques de se tromper et d'autre part de "produire" un texte compréhensible.
N.B. : "A leurs risques et périls" : il faut savoir que les idées de Madame Charmeux, aussi aberrantes qu'elles puissent paraître se sont imposées dans l'éducation nationale comme des dogmes indiscutables aussi bien aux instituteurs (méthode globale, ORL) qu'ux professeurs de collège (enseignement dit "en séquences"). Et jusqu'à la réaction de l'actuel ministre de l'éducation nationale, les autres méthodes étaient "hors la Loi".
Ecrit par : Robin | 11 janvier 2007
P.S Dans laquelle des deux classes auriez-vous mis votre enfant ?
Ecrit par : Guillaume | 11 janvier 2007
Je retiens la conclusion du reportage : "l'éducation nationale n'ose pas lancer d'évalation scientifique qui pourrait les départager."
Ecrit par : Robin | 11 janvier 2007
Ronin
"L'observation réfléchie de la langue" ou en abrégé ORL c'est ce que Madame Charmeux veut substituer à l'enseignement traditionnel de la grammaire, celui qui nous a permis aux uns et aux autres, moyennant peut-être parfois un peu d'ennui, comme elle dit, de nous exprimer à peu près correctement et de nous faire comprendre des autres.
Malheureusement Robin, je suis plus pessimiste que vous. Je n'ai pas trente ans et je suis l'un de ces premiers enseignants qui ont eu droit à toutes les premières conneries pédagogiques. Ce qui veut dire concrètement que j'ai de nombreuses lacunes en français. Et moi comme un benêt, je croyais qu'avec deux années d'iufm j'aurai une sorte de propédeutique du français. Je m'étais presque réjoui à l'idée d'en baver mais en me disant qu'en sortant de là je pourrai enseigner le français comme le faisaient les instituteurs du 19 ème. Il faut avoir été Pe dans les années 2000 pour comprendre la déception, le désarroi puis la colère et enfin la haine que je ressens. Il n'y a aucun enseignant dans ma famille, mon père est gaulliste et travaillait dans le privé. A priori je suis du modèle enseignant. Mais quand j'ai annoncé à mes parents que je voulais devenir instituteur, mon père a été ravi et m'a raconté ému ses souvenirs d'enfance, puis le lycée et les humanités classiques. Et bien qu'homme de droite et gaulliste il était fier et heureux pour moi parceque pour lui et les gens de sa génération, même de droite et catholiques et autoritaires et tout ce que l'on veut, les enseignants c'est quelque chose. Alors moi qui croyait pouvoir transmettre des connaissances et mon goût pour la lecture...
Pour finir un appel aux enseignants d'un certain âge qui lisent ce blog : NE LAISSEZ PAS LES JEUNES COMME MOI SANS AIDE. Je veux dire : ne partez pas à la retraite sans nous donner vos tuyaux, écrivez des livres, donnez-nous des bibliographies que l'on ne perde pas tout. Nous avons besoin de vous pour la propedeutique, en tout cas moi.
Pour conclure, je n'ai pas envie que mes jeunes élèves sortent de ma classe en étant "pommés" par l'observation de truc, donc je fais des leçons que je donne à apprendre par coeur, je fais des exercices de conjugaison... et je vérifie dans le Bled et le bescherelle que je ne fais pas trop de bêtises, du moins j'essaie. Que de temps et d'énergie perdue néanmoins et quelle désillusion pour mon père qui cinquante après se remémore avec plaisir les versions qu'il a eu la chance de faire. Moi je suis obligé de me transformer en autodidacte pour éviter d'être trop ignare.
Comprenez ma désillusion. Quelle chute après les excellents et passionants cours de l'université : on m'a fait goûter au nectar intellectuel et maintenant c'est coca-cola pour 40 ans...
Ecrit par : Ronin | 11 janvier 2007
Je te comprends parfaitement cher Ronin pour avoir parcouru le même chemin.
On réalise le temps gâché : par exemple c'est une dame de service de mon école qui m'a enseigné la technique de la division sans pose de la soustraction. Impressionnant !
Mes élèves apprennent plus vite ainsi, Bernard Appy la montre aussi sur son site.
Fais les bouquinistes (du moment que tu n'es pas dans mon secteur). Achète ce que tu trouveras avant le début des années 70 : en maths personnellement je ne jure que par le Vassort (Calcul vivant) ou le Calcul quotidien de Bodard.
En français, la grammaire Berthou est pas mal et surtout ... rééditée ( CM1 et CM2).
Le Bled en conjugaison, il n'y a pas mieux sur le marché (la progression en regardant les différents niveaux : CE CE-CM CM 6 5)
Et puis prends contact avec les résistants du Grip, Slecc etc.
Ecrit par : Guillaume | 11 janvier 2007
Merci Guillaume pour les infos j'ai déjà récupéré quelques livres mais c'est tout de même lamentable d'en arriver là.
Au fait j'ai lu quelques articles sur Mr Krackoviak...ça fait froid dans le dos...
Tout cela me fais penser Au "Passé d'une illusion" de françois furet ou à la "Grande parade" de Jean-François Revel. Au fait je vous conseille "Les maîtres censeurs" d'Elisabeth Lévy, ce livre traite du politiquement correct et des bien-pensants, beaucoup de similitudes avec les pédagogistes.
Ecrit par : Ronin | 11 janvier 2007
Ronin
J'avais écrit un massage, mais il s'est effacé. Ca n'est pas grave. Je recomence. Le Bled, c'est bien, le Besherelle aussi, surtout pour les conjugaisons.
En grammaire, j'utilisais la Grammaire française parue chez Bordas en deux volumes : rose pour les 6ème-5ème et vert pour les 4ème-3ème. Je n'ai jamais rien trouvé de mieux. Il y a aussi la série des Guion pour l'orthographe.
Je préparais les dictées au tableau en écrivant et en faisant écrire les mots difficiles, en explicitant les difficultés grammaticales, avant de faire la dictée (dictées préparées)
Sinon, évitez les manuels "Tout en un" pour travailler en séquences. essayez de trouver deux manuels bien distincts, un pour la lecture expliquée et l'expression écrite et un pour les "outils de la langue".
Sinon, j'avais rédigé à l'attention de parents un texte de deux pages précisant 1°) ce que je faisais en classe 2°) Ce que je demandais aux élèves de faire 3°) Ce que les parents pouvaient et ne pouvaient pas faire pour aider efficacement leur enfant. Je vais essayer de remettre la main dessus. Ca représente une ou deux heures de travail, mais plusieurs années d'expérience.
Ecrit par : Robin | 12 janvier 2007
"message", pas "massage"...Et pourquoi pas "thaïlandais", tant qu'on y est !
Ecrit par : Robin | 12 janvier 2007
Allez à la page 335 de "La Grande parade".
Merci pour la référence du bouquin de Lévy.
Ecrit par : Guillaume | 12 janvier 2007
Je recommence avec deux M !
Ecrit par : Robin | 12 janvier 2007
Merci pour les références.
J'ai un livre pour les dictées, Clr chez nathan, un manuel pour les leçons en grammaire-orthographe-conjugaison et les exercices d'application, et des livres pour la lecture, des petits romans, des albums, des textes pris dans d'autres manuels. En poésie je suis à la bourre on a fait fable d'Esope et un peu de v. Hugo. Et bien sûr comme beaucoup d'entre nous je fais plus de français que préconisé officiellement...
Ecrit par : Ronin | 12 janvier 2007
Il faut bien sûr "mettre en synergie" la lecture expliquée et l'expression écrite. Par exemple, si vous étudiez un dialogue, expliquez la technique du dialogue et faites-leur rédiger un dialogue...Donnez des consignes très précises en expression écrite. Vous pouvez même les faire rédiger sur la première page de la rédaction par les élèves (pas plus de cinq). Je leur laissais commencer la rédaction en classe au brouillon et ils pouvaient venir me voir à tour de rôle pour que je leur dise si ça allait ou pas (il faut montrer ce qui ne va pas, pas corriger à leur place). On peut être à la fois traditionnel en ce qui concerne les savoirs et "pédagogue" sur la façon de les transmettre.
Ecrit par : Robin | 12 janvier 2007
" Dans le contexte de la campagne présidentielle, ne pensez-vous pas que Nicolas Sarkozy, cherchant à concilier une majorité de Français, soit poussé à changer d'avis, à rebrousser chemin ? ... d'autant plus que les milieux laïques dans leurs diversités ont des propositions pour répondre à un problème de société et ceci sans toucher à loi de 1905.
Loi qui représente dans l'inconscient collectif français ... un socle commun, une « exception culturelle ». Nicolas Sarkozy ne souhaitant pas créer là une vraie rupture , n’ira pas, je pense à l’encontre d’une tradition républicaine pour qui le mot laïcité a encore un sens et un contenu"
écrit Patrick…
Je fais allusion, dans l'article sus-cité de Tribune juive, à certaines déclarations de NS dans "La République, les religions, l'espérance", livre d'entretiens avec Thibaud Collin, et Philippe Verdin paru l'année dernière au Cerf — voir en particulier la dernière partie, la République et l'Islam. Ça avait fait bondir certains membres du "Comité Laïcité République", comme Jean-Louis Debré — ça n'a fait que conforter en fait l'opposition entre le Président de l'Assemblée et le ministre de l'Intérieur (et des Cultes, faut-il le rappeler…). J'avais même avec eux organisé un débat au Sénat sur ce thème.
Je vous renvoie à mon dernier livre : la laïcité ne s'aménage pas, parce que toute brèche dans la séparation absolue entre la sphère privée et la sphère pubique se fera au détriment de la liberté : c'est le paradoxe de cette phrase qui est pour moi la plus hypocrite formulation de la terreur, "la liberté des uns s'arrête là où commence celle des autres" : si vous mettez les libertés en inter-dépendance, vous n'avez, très vite, plus de liberté du tout. Si les croyants "libéraux" ne comprennent pas ça, tant pis — c'est qu'ils ne sont pas si libéraux que ça.
Maintenant, que NS s'amende, parce qu'il est au fond un pragmatique qui tente de se concilier les votes des Huns et des autres…
Mis justement, on ne transige pas, on ne pactise pas avec les barbares.
JPB
Ecrit par : brighelli | 12 janvier 2007
Ronin
Je les faisais beaucoup travailler sur les temps. Le verbe est l'élément clé de la langue (verbum en latin veut dire langage). Evitez de parler de "situation d'énonciation" et d' "énonciation ancrée ou non ancrée", ça les embrouille. Il vaut mieux dire "système du présent" (présent, passé composé, imparfait) et "système du passé" (passé simple, imparfait, plus-que parfait, irréel du futur ou futur dans le passé, uneautre merveille du français). ll faut passer beaucoup de temps à leur expliquer l'altenance de l'imparfait et du passé smple dans le récit ; c'est une des autres merveilles de la langue française...Le passé simple surtout.
Ne jamais dire que le passé simple évoque des actions brèves et l'imparfait des actions longues. Ce n'est pas exact... (ex V. Hugo "Il marcha trente nuits, il marcha trente jours") passé simple : actions "de premier plan à durée déteminée", passé simple : actions de second plan à durée indéterminée...
Ecrit par : Robin | 12 janvier 2007
Ronin, si vous enseignez dans les petites classes (CP, CE1, CE2), essayez de trouver plutôt des anciennes éditions des Guion (ORTH, chez Hatier), les nouvelles sont beaucoup moins fournies, de nombreuses leçons ont été enlevées et il n'y a plus de dictées dans celui de CE1.
Ecrit par : catmano | 12 janvier 2007
JPB
Excusez-moi, JPB, effectivement, "je ne suis pas aussi libéral que ça" et je ne suis pas d'accord. Les choses ne sont pas aussi simples. Il y a une expression publique de fait de la Foi et des convictions religieuses, je n'y peux rien. La religion est la chose la plus publique qui soit. Le caractère privé de la Foi est une invention récente. Vous ne pouvez pas empêcher les gens de se réunir (liturgie en grec veut dire assemblée, comme synagogue) et de s'exprimer sur des sujets de société. Le problème n'est pas, à mon avis, de réduire l'expression de la Foi à la vie privée, le problème est de faire en sorte que l'expression de la Foi ne devienne pas attentatoire aux libertés, que les convictions religieuses s'expriment dans le cadre de la Loi. Le problème est essentiellement avec l'Islam parce que l'Islam n'a pas fait son "aggiornamiento".
Ecrit par : Robin | 12 janvier 2007
Ronin
Il y a "séquence" et "séquence". Le principe en lui-même n'est pas mauvais : il faut lier les notions ; par exemple si vous travaillez sur l'alternance récit/dialogue dans une texte, il est bien de travailler en même temps sur les temps du présent et du passé (morphologie et emploi) et sur la maîtrise des techniques respectives des deux types de textes à l'écrit. Ce qu'il faut éviter c'est l'autre conception (à mon avis erronée et pédagogiquement inefficace) qui consiste à prendre un texte comme prétexte pour faire quelques observations d'ordre gramaticale et/ou orthographique. Le problème de l'introduction de l'enseignement en séquences au collège, c'est que ca s'est accompagné d'une renonciation à l'étude systématique des "outils de la langue" (il n'y a qu'à jeter un coup d'oeil sur certains manuels) exactement comme ce qui s'est passé en primaire avec l'ORL.
Ecrit par : Robin | 12 janvier 2007
En conséquence, les activités avec ânes ne sous-entendent aucune compétition, ce qui est particulièrement apprécié par les enfants handicapés. Il devient un confident après des jeunes autistes et autres enfants "à problème" et leur permet de trouver un peu de bonheur au contact de sa douceur. L'âne bête et méchant ? Moi, connais pas ! "
Trouvé sur : Les Asineries du Net
Ecrit par : Milady | 11 janvier 2007
merci Milady de votre belle contribution sur l'âne...Mon animal préféré depuis mon enfance.
Ecrit par : Robin | 12 janvier 2007
Le problème est essentiellement avec l'Islam parce que l'Islam n'a pas fait son « ggiornamento».
Signé Robin.
Robin vous devriez voir une évidence, le coran étant incréé, il ne peut être modifié d'une virgule. Même si l'on nous propose un moratoire c'est de la poudre aux yeux pour nous faire croire qu'il y a deux islams. Donc pour un «aggiornamento» vous pouvez toujours attendre. Mais il faut savoir si nous voulons accepter qu'un groupe vive avec des préceptes ou des « statuts » qui contreviennent à au moins dix points de nos constitutions occidentales.
mabiche
Ecrit par : mabiche | 12 janvier 2007
Robin,
Le mot "pédagogue" est tellement connoté "malhonnêteté intellectuelle", "fausse science", "haine du savoir", "haine du professeur", "destruction de l'école" depuis qu'il a été usurpé par des délireurs patentés comme Meirieu que nous devrions, je trouve, ne plus l'employer pendant un certain temps, le temps qu'il se débarrasse de la gangue de pédantisme et de confusion mentale (voyez le texte de Paragot, ci-dessus!) dont ces individus, qui se servaient de ce titre exclusivement pour faire leur carrière, l'ont maculé.
Du reste, si l'on oppose, comme vous le faites, "traditionnel" et "pédagogue", on fait le jeu de ces gens-là. Car il n'y a pas, me semble-t-il, d'un côté un "enseignement traditionnel" et de l'autre un autre qui ne le serait pas, il y a l'enseignement tout court, et tout professeur qui enseigne à de vrais élèves (pas comme les stratèges en chambre du genre de Meirieu) a en lui un "pédagogue", c'est-à-dire cette petite voix qui lui inspire la meilleure façon d'expliquer. Le "démon de Socrate", si vous voulez... Car qu'est-ce que la pédagogie sinon l'art d'expliquer?
Ecrit par : Jean | 12 janvier 2007
Le petit jeu des citations...
"La véritable école du commandement est la culture générale...Au fond des vctoires d'Alexandre, on retrouve toujours Aristote."
Qui est l'auteur ?
Ecrit par : Robin | 10 janvier 2007
Bon, je donne la réponse avec un clin d'oeil au père de Ronin : Charles de Gaulle.
Ecrit par : Robin | 12 janvier 2007
Eh oui la culture générale, les militaires et les grandes écoles d'ingénieurs considèrent toujours que c'est important eux !
Soit dit en passant, je m'exerce l'été au maniement des planeurs et je peux vous dire que les instructeurs qui m'ont appris et maintenu en vie se foutent bien de pédagogie, ont un enseignement structuré, et tant que l'on ne sait pas faire un aterrissage correct on recommence...il n'y a pas de redoublants, il y a les pilotes morts et les vivants...on sait rapidement si les enseignants sont bons. Le mien m'a fait travailler et répéter et m'a parfois, souvent, engueulé, mais je suis en vie. Meirieu chef-pilote et 20000 morts chaque année chez les pilotes...
Ecrit par : Ronin | 12 janvier 2007
Meirieu chef-pilote et 20000 morts chaque année chez les pilotes...
Sans compter les dégats collateraux !
Du haut de mon bac-3, je trouve les "pédagogies modernes" d'une stupidité sans nom.
Demander à des enfants de "découvrir" et non seulement une perte de temps mais une régression à l'état animal. C'est faire fi de l'expérience accumulée.
L'exemple de Ronnin est explicite et s'applique à tous les domaines professionnels et de la vie de tous les jours. Il suffit de réfléchir deux secondes pour trouver d'autres exemples.
Je me demande parfois ce que je serais devenu, si dans mes années collèges 67-71, ces inepties avaient existé... Et ça me fait pas rire !
Ecrit par : marideprof | 12 janvier 2007
ça NE me fait pas rire, me semble-t-il !
Ecrit par : marideprof | 12 janvier 2007
Merci à Françoise Guichard de faire connaître le témoignage de Joseph Siquier concernant le triste sort de la bibliothèque de sa défunte Ecole Normale. Il est particulièrement bien placé pour être convaincu "que le savoir est le capital du pauvre" et veuillez m'excuser, Monsieur JPB, si je ne vous cite pas au mot près. La formule est au début de "A bonne école" si mes souvenirs sont bons. Je n'ai plus votre ouvrage sous les yeux car je l'ai prêté. On aimerait que le conditionnel de son récit laissât subsister un doute, un espoir... Et puis quoi encore ?Non mais,ça va pas?
Hier matin, mon quotidien régional annonçait la nouvelle en première page : 262 postes profs en moins dans l'Académie de Reims. Tout va très bien Madame le Marquise...
On pourrait penser que les retraités demeurent indifférents .
Pas toujours. J'ai prêté "La fabrique du crétin " à Joseph Siquier ( nous échangeons des livres et nos impressions par la poste depuis quelques années, ben oui, ça se fait encore) et il m'a confié qu'il n'avait pas dormi de la nuit après l'avoir lu. Quelques mois plus tard il a appris le sort de la bibliothèque de ses jeunes années et de nouveau ...il n'a pas dormi de la nuit. Alors il écrit. Et comme il n'a pas internet je lui ai demandé la permission de lrecopier son texte. Voilà toute l'histoire. Bonne journée à tous.
Ecrit par : CHARPENTIER Hélène | 12 janvier 2007
Pas beaucoup de temps pour tout lire. Le témoignage de Ronin est impressionnant. Votre appel aux enseignants plus âgés que vous est important. Si vous êtes en primaire, tentez de récupérer l'ensemble de ce que Catmano a décrit de son expérience passée. Il y en a" un paquet "et cela devrait être lumineux pour vous, car si mes souvenirs sont bons vous ne deviez pas être encore sur ce blog.
Vous voyez, Catmano, il faut publier vos textes... Mais c'est peut-être en cours.
Je peux essayer de scanner les deux vieilles grammaires Bordas dont parle Robin. Ce sont celles que j'utilise principalement. Car depuis, Bordas a donné dans la pédago et ce n'est pas terrible.
Bon courage à Ronin et aux nouveaux qui essaient de s'en sortir. Ah! si un truc que je suis en train de faire et je découvre des trésors. Je demande à mes élèves de collège de chercher dans leur grenier ou débarras les vieux livres de grammaire des frères et soeurs voire des parents. Je suis tombée sur des choses assez intéressantes.Cela peut être une solution transitoire pour les jeunes professeurs qui arrivent et qui n'ont rien sous la main. En plus, les élèves sont très fiers de ramener leurs livres de la maison. Ils se sont pris au jeu et faire des exercices dans des bouquins "anciens" les a beaucoup amusés même si le vocabulaire représentait une plus grande difficulté encore que la grammaire elle-même.
Ecrit par : Thalie | 12 janvier 2007
J'ai vu hier soir le reportage comparatif entre une classe de Marc Le Bris et son contraire. Le reportage se voulait..... équilibré. Le plus convaincant c'est Le Bris mais suis-je objectif? Dans mon PARADOXE DE LA PRECOCITE INTELLECTUELLE j'indique combien les petits précoces ont besoin d'explicite plutôt que d'implicite, et de transmission du savoir plutôt que de sa découverte qui pour eux est une perte de temps.J'indique aussi que chez les e.i.p. tout est exacerbé mais que ce qui vaut pour eux est aussi vrai pour les autres .Je ne suis pas sûr de trouver sur ce blog beaucoup de collègues prêts à creuser cette question.
On peut commencer en douceur (pour un premier contact) à regarder www.surdoues-canalblog.com
dj
nb: Patrick, béatrice Pothier que vous citez est-elle ma collègue proviseur d'un lycée "haut normand"?
Ecrit par : dj | 12 janvier 2007
Bonjour à tous,
J - 26 concernant le procès Charlie-Hebdo versus UOIF, autrement dit "le procès des caricatures de Mahomet". Où les organisations religieuses aimeraient bien traîner les athées de tous poils en justice pour "délit de blasphème" et "racisme anti-religieux". Ce procès fera vraisemblablement jurisprudence et, quelle qu'en soit l'issue, celle-ci est capitale pour la liberté totale à critiquer les religions.
Ecrit par : christophe sibille | 12 janvier 2007
Pas beaucoup de temps pour tout lire. Le témoignage de Ronin est impressionnant. Votre appel aux enseignants plus âgés que vous est important. Si vous êtes en primaire, tentez de récupérer l'ensemble de ce que Catmano a décrit de son expérience passée. Il y en a" un paquet "et cela devrait être lumineux pour vous, car si mes souvenirs sont bons vous ne deviez pas être encore sur ce blog
Thalie
Oui Catmano, publiez, pitié.
En ce qui concerne l'exemple des pilotes je pourrai rajouter celui des médecins: imaginons la scène dans une salle d'opérations "professeur où dois-je couper ? eh bien, cherchez, essayez, faites des hypothèses..." Appel aux patients prêts à avoir des chirurgiens constructivistes, peut-être Merieu ?
Ecrit par : Ronin | 12 janvier 2007
ou Meirieu je sais pas et je m'en moque.
Ecrit par : Ronin | 12 janvier 2007
Communiqué de presse du SNALC
4, rue de Trévise, 75009 Paris
www.snalc.fr
Le SNALC-CSEN tient à exprimer sa très vive inquiétude à la suite de l'annonce, par le ministre de l'Education, de l'organisation d'un entretien d'orientation personnalisé pour les 790 000 collégiens.
Annoncé sans concertation préalable avec les organisations syndicales, ce dispositif constituera une énième "usine à gaz" qui alourdira considérablement la charge de travail des professeurs, sans aucune contrepartie, dans un contexte où le gouvernement s'acharne à réduire les traitements et à supprimer massivement les postes.
Le SNALC-CSEN aimerait savoir si le ministre a conscience du fait qu'un tel dispositif se mettra en place au détriment des heures de cours, à moins de contraindre les enseignants à une présence supérieure à 35 heures au sein des établissements...
Le SNALC-CSEN fait remarquer, pour finir, que la seule suppression du collège unique et du passage automatique dans la classe supérieure, rendrait inutiles les dispositifs coûteux d'assistance individuelle.
Paris, le 11 janvier 2007
Ecrit par : Robin | 12 janvier 2007
"Il paraît que Claude Allègre nie l'existence du réchauffement planétaire et de l'effet de serre. Commmentaire d'Al Gore sur ce genre d'attitude : "Le danger ce n'est pas pas ce qu'on ignore , mais ce dont on est certain et qui ne l'est pas."
La terre se réchauffe, et les apprentis sorciers scientifiques americains font joujou avec la ionosphère militaire, ci joint une vidéo de vulgarisation qui date de Clinton :
documentaire
HAARP - Des trous dans le ciel?
http://www.dailymotion.com/visited/search/haarp/video/xj5xm_les-archives-oubliees-haarp
Bonne journée
Ecrit par : Danielle | 12 janvier 2007
"Il paraît que Claude Allègre nie l'existence du réchauffement planétaire et de l'effet de serre. Commmentaire d'Al Gore sur ce genre d'attitude : "Le danger ce n'est pas pas ce qu'on ignore , mais ce dont on est certain et qui ne l'est pas."
La terre se réchauffe, et les apprentis sorciers scientifiques americains font joujou avec la ionosphère militaire, ci joint une vidéo de vulgarisation qui date de Clinton :
documentaire
HAARP - Des trous dans le ciel?
http://www.dailymotion.com/visited/search/haarp/video/xj5xm_les-archives-oubliees-haarp
Bonne journée
Ecrit par : Danielle | 12 janvier 2007
Désolée pour le doublon, je réclame l'indulgence du jury ; un problème de chiffres et de lettres..
Ecrit par : Danielle Ventresque | 12 janvier 2007
SNALC-CSEN
4, rue de Trévise, 75009, Paris
www.snalc.fr
COMMUNIQUE DE PRESSE
MANIFESTATION DU 20 JANVIER : le SNALC Y SERA...
Le SNALC-CSEN, deuxième syndicat le plus représenté chez les professeurs de lycées et collèges, s'est réuni ce jour en commission administrative, instance statutaire représentant les académies de métropole, d'outre-mer et les professeurs travaillant à l'étranger.
Le SNALC-CSEN a décidé à l'unanimité de participer activement à la manifestation nationale du 20 janvier 2007, sur les mots d'ordre issus du mouvement unitaire du 18 décembre 2006 : retrait du projet de modification des décrets de 1950 et 1992 régissant les tatuts des professeurs, refus de la bivalence imposée...
Le SNALC-CSEN exifgera, para ailleurs, l'abrogation du dispositif inique condusant à supprimer plus de 5000 postes, dans un contexte rendu difficile par l'absence de toute réforme sérieuse du système éducatif.
ET ENSUITE...
Le SNALC-CSEN a également décidé :
- de proposer à l'intersyndicale une journée nationale de la bivalence, durant laquelle les professeurs enseigneront dans une discipline diffférente de celle de leur recrutement, ceci afin de sensibiliser l'opinion publique et les parents d'élèves en particulier, aux dangers d'un enseignement au rabais,
- de maintenir son appel à la grève reconductible afin d'encourager les initiatives locales.
Le SNALC-CSEN réaffirme par son action son souci d'uinité de l'intersyndicale : il demande que cette dernière se réunisse d'urgence pour jouer pleinement son rôle décisif dans la lutte contre la mise à mort de l'Ecole républicaine.
Paris, le 10 janvier 2007
Ecrit par : Robin | 12 janvier 2007
dj,
on peut trouver votre site à
http://www.surdoues.canalblog.com/ et non pas à
http://www.surdoues-canalblog.com/.
Il y a des tas de choses interessantes dedans, je vais mieux regarder.
Pour les jeunes profs d'allemand qui utilisent le "aufwind", je signale qu'on peut trouver à la librairie http://www.chapitre.com/ la vieille série des livres de Michéa (est-il de la famille du Michéa qui a écrit l'enseignement de l'ignorance?) "ich erzähle". Ma petite fille était totalement perdue en allemand et depuis que je la fais travailler avec cette méthode ses progrès sont impressionnants.
Ecrit par : Claude Roddier | 12 janvier 2007
Le SNALC-CSEN a également décidé :
- de proposer à l'intersyndicale une journée nationale de la bivalence, durant laquelle les professeurs enseigneront dans une discipline diffférente de celle de leur recrutement, ceci afin de sensibiliser l'opinion publique et les parents d'élèves en particulier, aux dangers d'un enseignement au rabais,
Ca ce serait vraiment intelligent pour le coup. Et ca ne permettrait pas de retrait de salaire.
Ecrit par : Jeremy | 12 janvier 2007
Per testimoni : J'ai vécu ma scolarité enfantine dans un CEG languedocien jusqu'en classe de troisième, avec des PEGC, c'est à dire deux matières par prof et j'en garde un très bon souvenir, même si on n'a jamais eu droit aux cours de musique à part la Marseillaise puisque c'était le prof de math qui avait hérité de l'heure de couture hebdomadaire de juste avant la mixité, que personnellement je n'ai connu qu'en Terminale.
Ecrit par : Danielle de Trencavel | 12 janvier 2007
Allez donc, chers amis, faire un tour sur le blog de Roger Felts (http://rogerfelts.blog.lemonde.fr/ , un antipédagogiste irréductible. C'est pétillant d'intelligence et de malice.
Ecrit par : Jean | 12 janvier 2007
Je ne comprends pas pourquoi le politique devrait être absent de débat (cf. "les naïfs croyant que Meirieu ne fait pas de politique") puisque toute péda est nécessairement politique dans la mesure où elle s'inspire d'une conception de la citoyenneté.
Quant aux aspérités sur Bourdieu, je ne comprends pas non plus, si aujourd'hui seulement 42% des enfants d'ouvriers accèdent au lycée, l'école a pour fonction latente d'asseoir la légitimité des dominants. Il en parlait dès 1964 non?
Quels sont les naïfs ne percevant pas les logiques de classes?
Ecrit par : henry | 12 janvier 2007
Entre parenthèses si l'air était de l'eau et qu'il suffise de retirer sa main comme si de rien n'était, ça se saurait en physico-chimie expérimentale prouvée, et on en conclurait que l'air et l'eau c'est pareil !
Ecrit par : Danielle | 12 janvier 2007
Je ne suis pas sûr, Robin, que le principe même de la séquence ne soit pas mauvais. Je suis même sûr du contraire! Car la "séquence" nous vient de la théorie de la "pédagogie par objectifs", laquelle est censée remplacer l'enseignement de "programmes". C'est bien joli de "travailler sur " - une expression dont j'ai horreur - l'articulation dialogue/récit et à cette occasion de "travailler sur" - encore !- l'emploi des temps. Le seul "hic", c'est qu' avant de pouvoir en commenter l'emploi, il faudrait qu'ils en eussent une connaissance sûre. Or de ce point de vue, c'est le désert complet, la "tabula super rasa"! Quand ils m'arrivent en 4ème après deux ans de "séquences" ( en 6ème et en 5ème), on peut vraiment dire qu'ils ne savent strictement rien en français, et en plus ils en ont perdu le goût. Il faut dire que si je devais , moi, étudier le français dans les manuels que les didacticiens (les cuistres, plutôt...) leur ont mitonnés, je me détournerais au plus vite de cette étude-là et ce serait un sursaut de bon sens: car les textes sont sans intérêt, et la façon dont est présentée la grammaire ("L'énoncé est-il ancré ou non ancré dans la situation d'énonciation?" Une pareille question, qui préoccupe les didacticiens, est littéralement à vomir) est parfaitement dissuasive. J'ai donc invité mes élèves à déposer délicatement sur une étagère les deux manuels de français de 4ème (en plus il y en a deux, pour distribuer la même soupe indigeste qui est à l'enseignement du français ce que le "pédagogiste" est au vrai "professeur", c'est-à-dire de la contre-façon), à les dépoussiérer de temps en temps et à les rapporter le 30 juin. Je confectionne mon cours de grammaire moi-même à partir des souvenirs que j'ai de la grammaire qui m'avait été enseignée en 3ème au lycée, et qui est très exactement celle que Gilles de Robien entend rétablir dans ses droits, ce en quoi il a tout à fait raison et mérite notre reconnaissance même si par ailleurs il prend des décisions qui peuvent nous inquiéter.
J'ajoute à l'intention d' henry que si les "pédagogistes" n'avaient pas ruiné l'enseignement des matières fondamentales, à commencer par le français, où les "séquences" ont été particulièrement mortifères, si l'école avait continué à transmettre des connaissances solides aux enfants au lieu de leur faire perdre leur temps en activités pseudo-pédagogiques qui avaient moins pour objectif l'intérêt des enfants que la satisfaction bouffie et vaniteuse de l'enseignant à la page, ce n'est pas 42% des enfants d'ouvriers qui auraient accédé au lycée, mais peut-être 80%, du moins tous ceux qui en auraient manifesté le goût et les capacités. Si la prédication "pédagogiste" de Meirieu n'avait pas trouvé des oreilles attentives et complices chez certains "politiques", notamment chez les socialistes, depuis vingt ou trente ans, l'ascenseur social fonctionnerait encore grâce à l'école, à commencer par les ZEP, où la demande de connaissances est d'autant plus vive que les familles n'ont pas les moyens de suppléer aux carences d'une école que des apprentis-sorciers irresponsables et pontifiants ont dévoyée de sa mission.
Ecrit par : Jean | 12 janvier 2007
Je ne suis pas sûr, Robin, que le principe même de la séquence ne soit pas mauvais. Je suis même sûr du contraire! Car la "séquence" nous vient de la théorie de la "pédagogie par objectifs", laquelle est censée remplacer l'enseignement de "programmes".
Jean, vous êtes un "fils du tonnerre", comme l'Evangéliste...Quelle fougue ! C'est la "furia francese"...dès qu'on agite le chiffon rouge pédagogique...A la bonne heure !
Vous avez raison en ce qui concerne les séquences. J'ai bien
distingué entre "fausse" et "vraie" séquence. les notions de "situation d'énonciation ancrée (système du présent) et non ancrée (système du passé) ne viennent pas, il me semble, des pédagogiste mais de l'analyse stylistique.
Tout à fait d'accord avec vous sur la nécessité d'un enseignement systématique et approfondi de la grammaire, de l'orthographe, du vocabulaire et des conjugaisons au collège.
Ecrit par : Robin | 12 janvier 2007
En train de lire le livre-programme de Nicolas Dupont-Aignan, j'ai eu la bonne surprise -dans le passage consacré à l'Ecole- d'y découvrir de solides références à Laurent Lafforgue et d'autres lignes qui moquent notamment la proposition de suppression des notes d'Adré Antibi.
J'ai comme l'impression que JPB est passé par là...
Ecrit par : David | 12 janvier 2007
Quant aux aspérités sur Bourdieu, je ne comprends pas non plus, si aujourd'hui seulement 42% des enfants d'ouvriers accèdent au lycée, l'école a pour fonction latente d'asseoir la légitimité des dominants. Il en parlait dès 1964 non?
Quels sont les naïfs ne percevant pas les logiques de classes?
Henry,
C'est tout le paradoxe de la situation actuelle qui a été bien souligné par JPB dans La Fabrique du crétin. La Reproducton de Bourdieu dénonçait dans les années 60, à travers une analyse d'inspiration marxiste, la "fonction de classe" d'une l'école" relativement élitiste et très certainement sélective (on se souvient du coup d'éclat du général de Gaulle en conseil des ministres à ce sujet), mais qui permettait cependant une certaine promotion des "éléments les plus méritants". Cette analyse qui a inspiré en partie la Loi d'orientation de 89 et qui a été le "livre de chevet" de Meirieu a abouti aujourd'hui à une situation paradoxale d'un système soi-disant "démocratique" dans lequel les "enfants du peuple" n'ont désormais presque aucune chance de promotion sociale à cause de l'effondrement de l'enseignement des savoirs.
Les autres, les favorisées, les "héritiers" comme disait Bourdieu s'en sortent mieux que jamais parce qu'ils ont les moyens de contourner la carte scolaire et de choisir les "bons" établissements et les bonnes filières où on travaille vraiment.
Ecrit par : Robin | 12 janvier 2007
Avez-vous lu "Le chaos pédagogique" de philippe nemo ? ( 1994 - albin michel )on trouve déjà sur les réformes pédagogiques et leurs liens idéologiques et politiques une analyse intéressante. Les historiens et les lecteurs de george orwell rient jaune.
"Tout les animaux sont égaux mais les cochons sont plus égaux que les autres"
Oui ils ont transformé la société. Ils ont fait des jeunes des ignares fiers de l'être et qui le revendique et sans mémoire un peuple est manipulable, les masses corvéables et le peuple guidé comme un mouton au bord du précipice. Et comme par hasard nous voyons arriver de nouveaux dirigeants politiques encore plus démagogiques que leurs prédécesseurs sainte sego et napo sarko.
J'ai l'impression, peut-être est-ce la jeunesse, d'être dans un combat de rue pour sauvegarder un minimum de culture et d'objectivité. Heureusement Krakoviak viendra bientôt m'expliquer comment renoncer à mon encéphale de manière citoyenne...
Vous vous rappelez le sketch des inconnus sur les sectes ?
L'intelligence est un souci qui nous retient et les pédagos sont là pour nous ôter tout nos soucis...
Ecrit par : Ronin | 12 janvier 2007
Vous vous rappelez le sketch des inconnus sur les sectes ?
Ô Krakoviak, grand gourou global d'une totale liberté de pensée cosmique vers le nouvel âge réminescent des pédagos gagas, conduis-nous vers la bienheureuse ignorance ..Nous avons confiance en toi !
Ecrit par : robin | 12 janvier 2007
De Ronin :
" Oui ils ont transformé la société. Ils ont fait des jeunes des ignares fiers de l'être et qui le revendique et sans mémoire un peuple est manipulable, les masses corvéables et le peuple guidé comme un mouton au bord du précipice. "
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Je vous lis, je vous ai lu, vous vous dites jeune et je vous crois sans peine - il y a dans votre fureur la fougue de la jeunesse et son aveuglement ( vous me pardonnerez, j'espère ). Car enfin vous êtes là, et lucide. Tout n'est donc pas perdu.
Attention - je ne fais pas du tout partie de ceux qui pensent que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes ---- mais j'aime la mesure.
C'était aussi une remarque pour détendre un peu ce débat qui va nous conduire tous à une guerre fraticide et donc dramatique... car il y a des professeurs convaincus des méthodes modernes et qui font du bon travail. Mais pour y arriver ils y passent un temps considérable, effarant, effrayant. Mais, je le répète, ils ont de très bons résultats. ( comme je ne parle pas de moi du tout, je me permets de le répèter une fois encore ).
Jean, Robin, je vous rejoins aussi, hélas, sur le fait qu'on nous demande de faire trouver des sens bien fins sur des points de grammaire qui n'existent pas dans les consciences frêles de nos petits... et que donc Ubu n'est pas loin, d'ailleurs n'avons-nous pas, au pouvoir de l'EN, Père Ubu et Mère Ubu, en pleine forme et exercice de tyrannie?
Ecrit par : Milady | 13 janvier 2007
Milady,
Je sais je suis jeune, je découvre et, sans doute,j'exagère. Néanmoins, moi, je suis un pur produit de la loi de Jospin de 89 ( cm2 en 89 ) et de l'iufm et je maintiens ce que je dis.
Ceci étant, je suis d'accord avec vous, j'ai un collègue 100 % iufm qui travaille tous les soirs jusqu'à 23 h avec les dites méthodes et je crois que cela ne marche pas si mal. Ceci étant il adapte quand même un peu.
Mais permettez moi de vouloir défendre la liberté pédagogique. Si d'autres sont heureux de toutes les innovations pédagogiques, c'est leur droit et loin de moi l'idée de leur sauter dessus. Mais moi j'ai subi les théoriciens pendant 2 ans et je me sens muselé par rapport à mes choix et à mes observations concernant le travail de mes élèves.
Bref, je n'ai pas voulu la guerre, elle a été déclenchée il y a déjà trente ans par ces gens-là. Et moi je n'ai pas une vocation de messie, j'ai dû tendre la joue (un peu ) à l'ioufm, je ne tendrai pas l'autre maintenant. J'ai même plutôt envie de mettre des coups de boule. La jeunesse sans doute...
Ecrit par : Ronin | 13 janvier 2007
Ce qui me plait quand je viens lire ce blog (et cette fois comme j'ai mis deux commentaires je reçois les commentaires dans mon courrier et les lis avec grand plaisir), c'est le souvenir de tous ces devoirs de français où les professeurs me mettaient "hors sujet". Monsieur Brighelli, pourquoi n'écririez vous pas un texte sur n'importe quel sujet, sauf l'école, la grammaire, la pédagogie,.... Vous verriez. En moins de dix commentaires votre sujet serait aussi oublié que l'enseignement "made in USA" et la discussion serait la discussion habituelle, passionnée comme toujours.
Ecrit par : Claude Roddier | 13 janvier 2007
" Mais permettez moi de vouloir défendre la liberté pédagogique. Si d'autres sont heureux de toutes les innovations pédagogiques, c'est leur droit et loin de moi l'idée de leur sauter dessus. Mais moi j'ai subi les théoriciens pendant 2 ans et je me sens muselé par rapport à mes choix et à mes observations concernant le travail de mes élèves."
>> Je vous rassure tout de suite : moi aussi , j'ai subi - un an, l'année de titularisation, le capes je l'ai passé toute seule comme une grande, et surtout surtout, hors IUFM.
"Et moi je n'ai pas une vocation de messie, j'ai dû tendre la joue (un peu ) à l'ioufm, je ne tendrai pas l'autre maintenant. J'ai même plutôt envie de mettre des coups de boule. La jeunesse sans doute..."
Là, je vous rejoins - je ne me sens, pour moi, rien de commun avec Sainte Thérèse. Les coups de boule sont plus tentants.
Le tort des pédagotrucs se situe d'ailleurs pour l'essentiel dans leurs méthodes d'application très ... très... de temps qu'on a cru révolus... n'est-ce pas?
D'ailleurs, pour rebondir, vous avez vu qu'ils ont repris et adapté le concept du crypto-communiste d'antan?
Maintenant, place au crypto-umpiste! Je suis au regret d'ailleurs d'annoncer à tous les blogueurs ci-céans qu'ils sont tous, sans exception aucune, d'infâmes crypto-umpistes... on raconte même au village que d'aucuns seraient des torpilles fnistes déguisées en crypto-umpistes.... comme quoi l'extrême gauche ne se défait pas sans mal de ses vieilles obsessions paranoïaques non-critiques! c'est pour ça qu'on les aime quand même ( je dois vous dire, Ronin, qu'ayant quitté l'iufm, ayant été inspectée il y a peu, je me contrefiche bien des consignes pédagotruc et que cela fait un bien terrible d'envoyer tout cela promener ! - du coup, une certaine indulgence peut même me poindre ! )
Ecrit par : Milady | 13 janvier 2007
"Monsieur Brighelli, pourquoi n'écririez vous pas un texte sur n'importe quel sujet, sauf l'école, la grammaire, la pédagogie,.... Vous verriez. En moins de dix commentaires votre sujet serait aussi oublié que l'enseignement "made in USA" et la discussion serait la discussion habituelle, passionnée comme toujours"
écrit Claude Roddier…
C'est une idée. D'ailleurs, j'y viens tout doucement : il n'y a plus que deux choses qui m'intéressent réellement, désormais, ce sont les propositions effectives — nous avons dit sur les pédagogistes tout ce que nous pouvions en dire — et la réflexion politique à tous les sens du terme…
À propos de Bourdieu, ce fragment d'une chanson d'Evariste (qui se souvient d'Evariste ?) enregistrée en juin 68 — dialogue entre un père et son fils :
"- Mais si tu continues coimme ça j'ai peur
Que tu ne passes pas dans la classe supérieure…
- Les différences de classe nous les abolirons
C'est pour ça qu'on fait la révolution…"
Tout est là. L'échec de 68 est aujourd'hui patent dans le renforcement des strates sociales à l'école. Il y a encore moins de diversification sociale que dans les années 60 à ceci près qu'on n'apprend plus la culture "bourgeoise" qu'à une poignée de privilégiés, alors qu'on la dispensait à l'époque à tous ceux qui intégraient le système scolaire. J'en arrive logiquement à me dire qu'il faut se battre pour assurer le droit de tous les humbles à partager cette culture — ils se bâtiront une culture révolutionnaire après, si ça leur chante : Marx a prouvé abondamment qu'il n'y a pas d'autre culture que celle de la classe dominante — et par la faute d'idéologues bornés, les déshérités n'ont même plus le droit de partager cette culture-là.
JPB
Ecrit par : brighelli | 13 janvier 2007
— et par la faute d'idéologues bornés, les déshérités n'ont même plus le droit de partager cette culture-là.
JPB
Tout est dit, "ite blog est".
mabiche
Ecrit par : mabiche | 13 janvier 2007
Bonjour,
Merci, Milady pour votre exposé sur l'âne qui n'est pas hors sujet sur ce blog. J'ai enregistré,il y a quelques années toute une émission sur le sujet. L'âne revient en force: foire aux ânes ici et là, ouvrages, revues, randonnées...peut-être sur la trace de Stevenson dans les Cévennes à moins que l'âne culotte ne nous invite à découvrir son paradis...
Anne-Marie, je cherche l'auteur des vers cités mais je n'ai pas encore trouvé pour l'instant.
Ecrit par : CHARPENTIER Hélène | 13 janvier 2007
Quand on est ambitieux et qu’on on manque de génie, il faut caresser les puissants, et acquérir un savoir faire hors pair dans l’art de tailler des saint-claudes.
Quand Meirieu écrit une lettre "A un ami ministre", ça donne ceci (désolé c’est un peu long, l’article paru dans le Monde du 24 janvier 2004 permet de cerner le personnage, et le bougre est fier de ce qu’il a écrit, puisque le texte est a disposition sur son blog, mais on sait depuis Audiard : « que les cons ça ose tout et que c’est même à ça qu’on les reconnaît. »):
http://www.meirieu.com/POLEMIQUES/LUCFERRY.pdf
Sans aucun doute Meirieu est le serpent de la Génèse condamné par Dieu à ramper jusqu’à la fin de ses jours.
Philippe.
Ecrit par : Philippe Delarouzée | 13 janvier 2007
"Marx a prouvé abondamment qu'il n'y a pas d'autre culture que celle de la classe dominante..."
Le paradoxe est que la culture et la civilisation occidentales se sont construites (mettant ainsi en mouvement le principe généalogique, articulant la loi de reproduction des générations) contre les cultures païennes existantes alors dans l'Empire. Le mot culture désigne au départ dans le jargon des idéologues de l'église les rites et pratiques des peuples non encore christiannisés et pour tout dire civilisés.
Il suffit de lire quelques pages d'un Tertullien, ( fils de flic de Carthage) par exemple, tirées des "prescriptions contre les gentils" ou de 'l'ornement des femmes" pour se rendre compte que les intervenants (et les inter-disants) sur ce blog sont animés de la même passion pédagogique et militante que notre brave Quintus Septimus.
Au départ, sinon au fondement de "l'attitude culturelle" il y a la négativité su sujet civilisé, limité, instruit par les lois et en premier lieu par celles de sa langue. D'où l'importance de l'enseignement institué de la grammaire, le code civil de la première institution entre toutes, la langue patriotique.
Ensuite vient la possibilité ou non (et donc le pouvoir) de trouver une scène sur laquelle se donner en représentation à l'image du danseur venant éteindre sa dette.
A ce titre la "blogosphère" constitue une scène d'expression publique et de représentation dotée de caractéristiques propres.
On sait que cette possibilité et ce pouvoir sont réservés sous nos latitudes à une caste, les artistes, les leaders, les experts seuls autorisés à voir et dire la Vérité. Les autres de l'assistance (publique) se contentant de l'admirer ou de s'y enlacer une fois extraite et exposée.
La question torturante qui se pose très souvent ici sur ce blog est la suivante: dans quelle mesure l'institution patriotique scolaire (on aurait dit à une autre époque l'Appareil Idéologique d'Etat) permet à la nouvelle génération d'accéder à son tour au droit à la rebellion, au droit de dépasser dialectiquement le maître, de tuer symboliquement le père.
Ces trentes dernières années la génération de 68 dont le mot d'ordre inscrit sur les murs était "il est interdit d'interdire" a équipé la génération de ses enfants de droits spécifiques (la fameuse Charte des enfants), l'a constituée en "minorité dominée" et donc l'a privée du droit à recevoir la limite, la séparation (et donc la justice), le droit de se rebeller pour, l'ayant intégrée, la dépasser et lui succéder.
La montée en puissance ces dernières années de l'injustice sociale doit beaucoup à l'inféodation pratique de notre école à la mythologie de l'enfant-Roi.
Bien évidemment les choses ne sont pas si simples dans la réalité. Massivement les enseignants que nous sommes et parce que quotidiennement confrontés au effets désastreux des discours pédago promoteurs de la figure de l'élève-Roi crétinisé et auto-éduqué sont rappelés par le bon sens généalogique, par la Raison. Peut-être suis-je encore trop optimiste en ce jour du sabbat?
Bon week-end studieux à tous!
Ecrit par : buntovchik | 13 janvier 2007
Berlle analyse à laquelle je souscris pour l'essentiel.
Anne-Marie, pouverz-vous me contacter directement ? Vous aviez écrit il y a quelques jours :
"Ma propre fille, maîtresse en CP-CE1 en ZEP, qui utilise "Lire avec Léo et Léa", a eu une tentative d'intimidation de la part de son inspectrice. Elle a eu la surprise de recevoir une épaisse missive de l'inspection, contenant la critique imbécile formulée par Eveline Charmeux sur cette méthode, avec surligné en rouge : "L'outil utilisé nuit gravement à la santé de l'apprenti lecteur. Qu'on se le dise ! " Ce qui ne l'empêche pas de poursuivre son petit bonhomme de chemin."
Et un ami aimerait en savoir plus…
JPB
Ecrit par : brighelli | 13 janvier 2007
Merci à Claude Roddier qui a détecté une faute typographique bien fâcheuse. En effet la bonne adresse c'est
www.surdoues.canalblog.com
mais moi, je suis pas très....doué.
Merci encore.
dj
Ecrit par : dj | 13 janvier 2007
Alors là......je vous signale que la Ventresque, sur le blog d'Assouline, se répand en propos d'un antismétisme tel que même Drummont en aurait avalé son potage de traviole.
Changeons de sujet: Jean-François Copé, le porte-coton de l'ump, a déclaré tout à trac, heir, après que cet abruti de Hollande ait fustigé les salauds de riches .....à 4000 euros par mois (on se pince pour voir si c'est vrai) que les enseignants certifiés en fin de carrière percevaient "à peu près 4000 euros....
Ben pas moi.
Plus tous ce gens flinguent les classes moyennes, plus Le Pen se rapproche du pouvoir. La France est en voie "weimarisation"....et c'est volontaire. Ainsi vont les exigences de la société bancaire et boursière.
Ecrit par : montaigneàcheval | 13 janvier 2007
après que Hollande A fustigé..... pardon...
j'irai porter un cierge à Sainte-Bescherelle.....
Ecrit par : montaigneàcheval | 13 janvier 2007
Ce qui me gêne c'est de voir opposés un "avant" offrant la culture à tous et un "maintenant"qui n'offre plus cette culture à tous. Je partage le constat d'échec de l'ascenseur social. C'est évident.
Par contre, je trouve qu'il n'est pas honnête de présenter le passé sous des formes aussi généralisantes.
La culture était accessible à une petite poignée d'enfants des classes sociales défavorisées. Ceux qui avaient intellectuellement la possibilité de suivre des études, ceux qui le méritaient et à qui on reconnaissait ce mérite intellectuel.Et la sélection était dure d'autant plus dure qu'on appartenait à un milieu défavorisé, mais juste. C'est grâce à cette sélection que des enfants de milieux défavorisés ont pu s'en sortir et faire de bonnes étude supérieures.
Et c'est bien lorsqu'on a abandonné toute sélection visible, reconnue, officielle, en feignant de donner tout à tout le monde que l'on a privé les enfants défavorisés d'avoir une chance de s'en sortir.
On ne pourra jamais refaire fonctionner l'ascenseur social tant qu'on ne mettra pas sur pied un système de sélection clair et lisible par tous. Sans hiérarchisation, sans graduation, sans système de valeurs clairement établi, ce sera toujours la sélection par l'argent et les relations, la pire pour les enfants défavorisés.
Proposer le meilleur à tous, oui, mais dire seulement cela est à la limite de la malhonnêteté. Le meilleur pour tous mais dans un système de sélection visible pour que chacun puisse aller au bout de ses possiblités en admettant que tout le monde ne peut pas forcément faire de le recherche en physique nucléaire et en ne faisant pas croire aux élèves, comme le font les pédagos, que tout le monde peut en faire.
Ecrit par : Thalie | 13 janvier 2007
Philippe
je viens de le "morceau d'anthologie de cirage de pompes" de Philippe Meirieu...Sa lettre adressée à Luc Ferry. Quelle suffisance sous la fausse humilité flatteuse (Moi je suis un pur, moi je sais bien que je ne sois qu'un "modeste" directeur d'IUFM, ô grand ministre !) quelle auto-satisfaction, quel manque de dignité...Et surtout quelle trouille de perdre son pouvoir on décèle entre chaque ligne. C'est curieux, mais j'ai été CPE pendant un certain temps et ça m'a fait penser aussi aux dénégations confondantes de sincérité de certains élèves quand on les prend sur le fait ("C'est pas moi, m'sieur, j'vous jure sur la tête de ma mère que c'est pas moi !"). Je n'ai pas le temps tout de suite, mais je voudrais parler de deux passages particulièrement gratinés de cette lettre, l'un concernant la formation professionnelle des élèves et l'autre concernant la formation des maîtres en IUFM.
Ecrit par : Robin | 13 janvier 2007
Lire : Je viens de lire
Ecrit par : Robin | 13 janvier 2007
Bonjour
Comme on est en pleine "MEIRIEUmania " voici un autre article ou le Grand Sage s'exprime:
http://doumanescau.free.fr/page11
Je signale à tous que courant Mars 2007, Madame Eveline CHARMEUX fera une conférence publique pour les enseignants du primaire ...à une centaine de Kms de Montpellier.
On se fait un petit groupe pour porter la contradiction !
Cordialement
Ecrit par : Patrick(instit) | 13 janvier 2007
Meirieu n'a jamais eu d'autre motivation que sa carrière. On le voit bien dans cette lettre qui est d'une bassesse rare. Les quinze autres mille pages qu'il a commises ne parlent, à vrai dire, que de lui. C'est lui, parce qu'il avait un verbe racoleur qui avait réussi à regrouper autour de lui quelques milliers de demi-intelligents brûlant de se plier aux lubies d'un gourou, parmi lesquels la plupart des cadres du PS, qui porte l'entière responsabilité de la dégradation du système éducatif. Car il ne faut jamais oublier qu'il a consacré toute sa carrière à nous expliquer, à nous les "vrais" professeurs, que nous ne savions pas "faire la classe", que nous transmettions des connaissances "fossilisées", qu'en enseignant à notre façon, nous faisions "trébucher nos élèves". Il a passé son temps à nous attaquer et à essayer de nous discréditer. A défaut d'être un grand professeur, il a déployé des efforts titanesques pour se donner l'image d'un grand pédagogue.
Ecrit par : Jean | 13 janvier 2007
"Je suis au regret d'ailleurs d'annoncer à tous les blogueurs ci-céans qu'ils sont tous, sans exception aucune, d'infâmes crypto-umpistes..."
Ecrit par : Milady | 13 janvier 2007
Mais non!
Ecrit par : christophe sibille | 13 janvier 2007
Pour Jean-François Copé, un professeur certifié en fin de carrière gagne 4100 Euros par mois. « Si, si, c’est vrai, si je vous le dis ! Et même que mon premier valet de chambre en a croisé un, il y a quelques mois ! »
Plus c'est gros, plus ça marche! Et dire qu'il y en a peut-être ici qui vont voter pour ces gens-là...
Ecrit par : christophe sibille | 13 janvier 2007
Les grands esprits (!) se rencontrent, Montaigne… J'utilise dans mon dernier opus cette même référence à Weimar — et demain, le déluge : les ilotes que nous sommes sommés de ne plus former, dans les écoles, forme l'avant-garde des futurs SA d'un futur fascisme à la sauce XXIe siècle — le triomphe de la Bêtise à front de taureau, comme dit l'autre…
JPB
Ecrit par : brighelli | 13 janvier 2007
Bonjour
Ecrit par : elgrieco | 13 janvier 2007
Christophe, je ne voudrais surtout pas avoir l'air de défendre JF Copé, qui a bien l'air de l'être superlativement, si je puis dire… %ais je crois que c'est plus bêtise et ignorance que malice. J'ai appris il y a un mois, à Bordeaux, , dans une réunion publique sur l'Ecole où s'agitaient des amis du même, que je gagnais aux environs de 6 000 euros par mois. Ayant rectifié la vérité, et annoncé qu'en ce moment, après trente ans d'exercice, j'en gagnais un peu moins de 3000, j'ai vu les visages consternés de divers chefs d'entreprise présents, qui sont venus après m'expliquer qu'ils avaient honte que les enseignants soient aussi mal payés — patati, patata…
À vrai dire, ils auraient pu aussi me verser une obole… Mais bon, ce n'était pas une soirée de charité…
JPB
Ecrit par : brighelli | 13 janvier 2007
Petits meutres au soleil.
[Marseille ] REPRESSION ANTI SYNDICALE : Un cas...d’école !
Soutien à Erwan Redon, professeur des écoles suspendu de ses fonctions : une journée de mobilisation avec préavis de grève est prévue le 12/01/07
A l’heure où c’est le ministre lui- même qui dicte la méthode de lecture et la façon unique d’enseigner la grammaire, au moment où, dans le primaire, on remet sur le tapis le statut des directeurs d’école et, dans le secondaire, on installe les conseils pédagogiques qui limitent sévèrement la liberté des profs et où on met en place des hiérarchies intermédiaires (« profs ressources »), quoi de plus étonnant de voir sur le terrain une multiplication de conflits entre la hiérarchie et les personnels ? Notre camarade Erwan, professeur des écoles, vient d’en faire les frais : il a été suspendu sans motif du jour au lendemain et fait l’objet d’une procédure disciplinaire pour « insuffisance professionnelle ». Il risque, à terme un licenciement.
A lire aussi sur le site : un témoignage d’une parent d’élève de l’école d’Erwan
Tout commence par un refus d’inspection en 2005. C’est mal vu par la hiérarchie, évidemment, mais parfaitement légal. D’autant qu’à ce moment là, le collègue s’appuie sur une expérience en cours dans un département voisin où les modalités traditionnelles d’inspection sont mises en cause... par l’inspecteur d’académie lui- même !
Mais l’inspecteur local, lui, fait état de faute professionnelle dans son rapport. Dans l’impossibilité d’avancer des arguments pédagogiques, le rapport va donc mentionner des éléments à charge sur la base du témoignage...de la directrice de l’école : mise en danger des enfants (ils sont autorisés à retourner en classe pendant la récréation et jouent sur la cursive), accusation grave que contestera notre collègue. Puis l’inspecteur fait appel à ces souvenirs : le collègue chercherait à « mettre en difficulté les personnes et l’institution » ! En gros, Erwan complote contre la direction et organise des « réunions politiques » dans l’établissement (contre notamment la loi d’orientation, quelle audace !). Pour couronner le tout, Erwan est « perçu par ses collègues comme partisan d’une pédagogie permissive » (toujours selon la directrice).
Toutes les étapes suivantes de cette malheureuse affaire sont du même tonneau : 2 lettres de dénonciation de la directrice, une nouvelle inspection refusée qui se termine par un rapport incendiaire qui fait état de « connivence avec certains parents d’élèves pour organiser des manifestations qui nuisent à la sérénité de l’école », de manquements au devoir de réserve, on soupçonne même cet enseignant d’être un « fin stratège », on constate un non respect des règles de fonctionnement de l’institution et de l’école. L’inspection s’est déroulée en l’absence du maître et le rapport fait mention de « conclusions inquiétantes pour l’apprentissage des élèves ». Des problèmes de sécurité « sous d’autres formes » sont reprochés, les relations avec la hiérarchie « ne sont pas celles qu’on attend d’un fonctionnaire », le maître se sert de l’école pour « défendre des positions syndicales et politiques qui n’y ont pas leur place ». L’installation matérielle (qui n’avait suscité aucun commentaire négatif dans le rapport précédent) devient un dossier à charge : Tout y passe, même l’écriture du maître au tableau qui « n’est pas normée ». Un questionnaire sur le concept d’immigration amène l’inspecteur à s’interroger : « Quelle est la place des actions militantes de l’enseignant dans sa classe, lui qui tapisse de tracts les murs de la salle des maîtres ? » Enfin, tout en reconnaissant le caractère « de type Freinet » de la pédagogie, l’inspecteur déplore que l’écrasante majorité des activités se fassent sur des « fiches standardisées ». Les dossiers d’évaluation (remplis avec soin dans le précédent rapport) sont « très partiellement remplis » et d’usage « complexe », même les fautes d’orthographe ne sont pas toutes corrigées ! A cela s’ajoute une multitude de reproches techniques (classeurs, manuels, fiches etc.)
En conclusion, l’inspecteur estime que le maître doit « être rappelé fermement à l’ordre ». Erwan est informé qu’une procédure disciplinaire est en cours contre lui et qu’il lui est possible de consulter son dossier, accompagné s’il le souhaite, des défenseurs de son choix.
Les choses s’enveniment encore plus avec l’affaire de la classe de neige, projet mis en forme par Erwan avec ses élèves et les parents depuis la rentrée : l’IA émet un jugement défavorable car « les compétences pédagogiques du maître n’ont pas pu être évaluées dans le cadre d’une inspection ».
Les parents s’opposent à la décision de l’IA dans une lettre où ils affirment leur solidarité avec les choix pédagogiques d’Erwan, et leur refus de voir leurs enfants « pris en otage » et « pénalisés pour des querelles de clocher » . Pour concilier les choses et permettre aux enfants de partir en classe de neige, Erwan accepte (en accord avec les parents) une visite pédagogique de l’inspecteur dans sa classe qui, on pouvait s’y attendre, se passe mal : divers reproches sont adressés au maître, essentiellement sur certains textes libres d’élèves qui sont jugées inacceptables. L’inspecteur, très virulent, considère qu’il a assisté à « un mauvais centre aéré ». à un « désert cognitif et intellectuel » et maintient son avis défavorable.
Faute de réponse satisfaisante sur le projet classe de neige, et faute de réponse de la directrice qui « n’est pas au courant », les parents s’invitent à l’école et occupent la classe d’Erwan (qui continue à faire cours) pour obliger l’inspecteur à une décision officielle : ils redoutent qu’on joue la montre pour enterrer l’affaire. La presse est prévenue. L’inspecteur débarque. Il signifie aux parents son refus de la classe de neige au motif que l’enseignant est jugé par lui « indigne de l’éducation nationale ». Les parents contestent ce point de vue, ils ont assisté aux progrès de leurs enfants et à leur épanouissement grâce au cadre éducatif mis en place par le maître. Ils déclarent également qu’ils ne sont pas dupes du dossier à charge monté contre l’enseignant pour ses méthodes pédagogiques « actives » et son engagement syndical et de citoyen en faveur des sans papiers dans le cadre du RESF. Le ton monte vite et l’affaire se termine par une série de pugilats qui conduira à l’intervention de la BAC dans l’école et la convocation au commissariat de parents d’élèves. Ils apprennent qu’ils font l’objet d’une plainte pour entrée illégale dans l’école, outrage et violence volontaire sur agents du service public. Un parent est placé en garde à vue.
L’inspecteur, qui se plaint de s’être fait bousculer, jeter à terre et piétiner bénéficie d’un arrêt de travail de 6 jours (alors qu’il participe le jour même à une commission paritaire). Suites judiciaires de l’affaire en janvier. Le jour même, Erwan est averti par fax qu’il est suspendu. La lettre ne porte aucun motif. Il est contraint de déménager ses affaires dans l’urgence et de remettre les clés en partant.
Une centaine de personnes se rassemblent le lendemain devant l’école qui devait accueillir l’IA en personne. Celui- ci ne fera pas le déplacement mais une délégation sera reçue par l’IEN présent dans l’établissement. Pas moins de 6 syndicats et la FCPE font part de leur indignation, et exigent la réintégration d’Erwan. Ils demandent une audience auprès de l’IA.
Réponse leur est faite...d’adresser un courrier en bonne et due forme. Un nouveau rassemblement a lieu le lendemain, cette fois devant l’IA ; un accueil policier disproportionné témoigne probablement d’une prise de conscience de la part des autorités académiques de la poudrière que pourrait représenter cette situation. Une délégation est reçue et cette fois- ci, on joue l’apaisement. Il n’est pas question de licenciement à terme, il s’agit d’un simple rappel à l’ordre etc.
Le SNUIPP 13, qui avait programmé une grève le 12 janvier, inclut dans ses motifs le soutien à Erwan. SUD Education appelle à se joindre à la grève du 12 pour exiger la réintégration d’Erwan (une lettre au Ministre a été envoyée par la secrétaire fédérale). Nous serons présents nous aussi : notre fédération a déposé un préavis reconductible de semaine en semaine pour « couvrir » toutes les actions nécessaires à la défense d’Erwan.
source CNT Education 13
Ecrit par : elgrieco | 13 janvier 2007
[Marseille ] REPRESSION ANTI SYNDICALE : Un cas...d’école !
Soutien à Erwan Redon, professeur des écoles suspendu de ses fonctions : une journée de mobilisation avec préavis de grève est prévue le 12/01/07
A l’heure où c’est le ministre lui- même qui dicte la méthode de lecture et la façon unique d’enseigner la grammaire, au moment où, dans le primaire, on remet sur le tapis le statut des directeurs d’école et, dans le secondaire, on installe les conseils pédagogiques qui limitent sévèrement la liberté des profs et où on met en place des hiérarchies intermédiaires (« profs ressources »), quoi de plus étonnant de voir sur le terrain une multiplication de conflits entre la hiérarchie et les personnels ? Notre camarade Erwan, professeur des écoles, vient d’en faire les frais : il a été suspendu sans motif du jour au lendemain et fait l’objet d’une procédure disciplinaire pour « insuffisance professionnelle ». Il risque, à terme un licenciement.
A lire aussi sur le site : un témoignage d’une parent d’élève de l’école d’Erwan
Tout commence par un refus d’inspection en 2005. C’est mal vu par la hiérarchie, évidemment, mais parfaitement légal. D’autant qu’à ce moment là, le collègue s’appuie sur une expérience en cours dans un département voisin où les modalités traditionnelles d’inspection sont mises en cause... par l’inspecteur d’académie lui- même !
Mais l’inspecteur local, lui, fait état de faute professionnelle dans son rapport. Dans l’impossibilité d’avancer des arguments pédagogiques, le rapport va donc mentionner des éléments à charge sur la base du témoignage...de la directrice de l’école : mise en danger des enfants (ils sont autorisés à retourner en classe pendant la récréation et jouent sur la cursive), accusation grave que contestera notre collègue. Puis l’inspecteur fait appel à ces souvenirs : le collègue chercherait à « mettre en difficulté les personnes et l’institution » ! En gros, Erwan complote contre la direction et organise des « réunions politiques » dans l’établissement (contre notamment la loi d’orientation, quelle audace !). Pour couronner le tout, Erwan est « perçu par ses collègues comme partisan d’une pédagogie permissive » (toujours selon la directrice).
Toutes les étapes suivantes de cette malheureuse affaire sont du même tonneau : 2 lettres de dénonciation de la directrice, une nouvelle inspection refusée qui se termine par un rapport incendiaire qui fait état de « connivence avec certains parents d’élèves pour organiser des manifestations qui nuisent à la sérénité de l’école », de manquements au devoir de réserve, on soupçonne même cet enseignant d’être un « fin stratège », on constate un non respect des règles de fonctionnement de l’institution et de l’école. L’inspection s’est déroulée en l’absence du maître et le rapport fait mention de « conclusions inquiétantes pour l’apprentissage des élèves ». Des problèmes de sécurité « sous d’autres formes » sont reprochés, les relations avec la hiérarchie « ne sont pas celles qu’on attend d’un fonctionnaire », le maître se sert de l’école pour « défendre des positions syndicales et politiques qui n’y ont pas leur place ». L’installation matérielle (qui n’avait suscité aucun commentaire négatif dans le rapport précédent) devient un dossier à charge : Tout y passe, même l’écriture du maître au tableau qui « n’est pas normée ». Un questionnaire sur le concept d’immigration amène l’inspecteur à s’interroger : « Quelle est la place des actions militantes de l’enseignant dans sa classe, lui qui tapisse de tracts les murs de la salle des maîtres ? » Enfin, tout en reconnaissant le caractère « de type Freinet » de la pédagogie, l’inspecteur déplore que l’écrasante majorité des activités se fassent sur des « fiches standardisées ». Les dossiers d’évaluation (remplis avec soin dans le précédent rapport) sont « très partiellement remplis » et d’usage « complexe », même les fautes d’orthographe ne sont pas toutes corrigées ! A cela s’ajoute une multitude de reproches techniques (classeurs, manuels, fiches etc.)
En conclusion, l’inspecteur estime que le maître doit « être rappelé fermement à l’ordre ». Erwan est informé qu’une procédure disciplinaire est en cours contre lui et qu’il lui est possible de consulter son dossier, accompagné s’il le souhaite, des défenseurs de son choix.
Les choses s’enveniment encore plus avec l’affaire de la classe de neige, projet mis en forme par Erwan avec ses élèves et les parents depuis la rentrée : l’IA émet un jugement défavorable car « les compétences pédagogiques du maître n’ont pas pu être évaluées dans le cadre d’une inspection ».
Les parents s’opposent à la décision de l’IA dans une lettre où ils affirment leur solidarité avec les choix pédagogiques d’Erwan, et leur refus de voir leurs enfants « pris en otage » et « pénalisés pour des querelles de clocher » . Pour concilier les choses et permettre aux enfants de partir en classe de neige, Erwan accepte (en accord avec les parents) une visite pédagogique de l’inspecteur dans sa classe qui, on pouvait s’y attendre, se passe mal : divers reproches sont adressés au maître, essentiellement sur certains textes libres d’élèves qui sont jugées inacceptables. L’inspecteur, très virulent, considère qu’il a assisté à « un mauvais centre aéré ». à un « désert cognitif et intellectuel » et maintient son avis défavorable.
Faute de réponse satisfaisante sur le projet classe de neige, et faute de réponse de la directrice qui « n’est pas au courant », les parents s’invitent à l’école et occupent la classe d’Erwan (qui continue à faire cours) pour obliger l’inspecteur à une décision officielle : ils redoutent qu’on joue la montre pour enterrer l’affaire. La presse est prévenue. L’inspecteur débarque. Il signifie aux parents son refus de la classe de neige au motif que l’enseignant est jugé par lui « indigne de l’éducation nationale ». Les parents contestent ce point de vue, ils ont assisté aux progrès de leurs enfants et à leur épanouissement grâce au cadre éducatif mis en place par le maître. Ils déclarent également qu’ils ne sont pas dupes du dossier à charge monté contre l’enseignant pour ses méthodes pédagogiques « actives » et son engagement syndical et de citoyen en faveur des sans papiers dans le cadre du RESF. Le ton monte vite et l’affaire se termine par une série de pugilats qui conduira à l’intervention de la BAC dans l’école et la convocation au commissariat de parents d’élèves. Ils apprennent qu’ils font l’objet d’une plainte pour entrée illégale dans l’école, outrage et violence volontaire sur agents du service public. Un parent est placé en garde à vue.
L’inspecteur, qui se plaint de s’être fait bousculer, jeter à terre et piétiner bénéficie d’un arrêt de travail de 6 jours (alors qu’il participe le jour même à une commission paritaire). Suites judiciaires de l’affaire en janvier. Le jour même, Erwan est averti par fax qu’il est suspendu. La lettre ne porte aucun motif. Il est contraint de déménager ses affaires dans l’urgence et de remettre les clés en partant.
Une centaine de personnes se rassemblent le lendemain devant l’école qui devait accueillir l’IA en personne. Celui- ci ne fera pas le déplacement mais une délégation sera reçue par l’IEN présent dans l’établissement. Pas moins de 6 syndicats et la FCPE font part de leur indignation, et exigent la réintégration d’Erwan. Ils demandent une audience auprès de l’IA.
Réponse leur est faite...d’adresser un courrier en bonne et due forme. Un nouveau rassemblement a lieu le lendemain, cette fois devant l’IA ; un accueil policier disproportionné témoigne probablement d’une prise de conscience de la part des autorités académiques de la poudrière que pourrait représenter cette situation. Une délégation est reçue et cette fois- ci, on joue l’apaisement. Il n’est pas question de licenciement à terme, il s’agit d’un simple rappel à l’ordre etc.
Le SNUIPP 13, qui avait programmé une grève le 12 janvier, inclut dans ses motifs le soutien à Erwan. SUD Education appelle à se joindre à la grève du 12 pour exiger la réintégration d’Erwan (une lettre au Ministre a été envoyée par la secrétaire fédérale). Nous serons présents nous aussi : notre fédération a déposé un préavis reconductible de semaine en semaine pour « couvrir » toutes les actions nécessaires à la défense d’Erwan.
CNT Education 13
Ecrit par : elgrieco | 13 janvier 2007
Peut on leur faire un procés pour diffamation et publicité mensongère sur l' EN salariée de la part d'un élu ministre et parole d'evangile du gouvernement, aux droits de l'homme europeen à Bruxelles ? C'est votre crédibilité qu'on assassine O enseignants...
Ecrit par : Danielle Ventresque | 13 janvier 2007
réponse de Henry à Robin.
tout à fait d'accord avec vous.
Duru-Bellat et Van-Zanten ( 1999) le montrent, (horreur! des sociologues!).
Mais alors Bourdieu n'est peut être pas responsable de ce que la gauches caviar a fait!
Mais bon Dupont Haignan et sa charité bien droitière nous sortira de là alors ça va! Je suis rassuré!
La droite, petit mère du peuple, mais bien sûr!
Ouvrez les livres d'histoire, Relisez le Figaro du début du siècle et vous verrez que le Savoir n'est pas pour le prolo mais plutôt les bas salaires !
Ecrit par : henry | 13 janvier 2007
Sauf erreur, ce sont les socialistes qui, à partir de 1981, ont tiré les gens des "sciences de l'éducation" des officines obscures où ils avaient croupi jusque-là et leur ont conféré le privilège exorbitant de dire le seul vrai en matière de pédagogie. C'est à ce moment que la fonction de pédagogue et celle de professeur sont devenues distinctes dans l'Education nationale. Avant, on était "pédagogue" sans le dire: en était tout simplement "professeur". Après, on l'a dit sans l'être: on est devenu "chercheur en pédagogie" à temps complet... Avant la "pédagogie" était l'art, personnel à chacun, d'expliquer, un art fait de recherche et de tâtonnement. On respirait dans l'Education nationale un air de vraie liberté. C'était l'époque où les divagations de Bourdieu n'étaient pas encore devenues vérité: un enfant de classe sociale archi-modeste pouvait devenir ministre après avoir fréquenté l'école, puis le collège de son quartier archi-populaire (j'en connais un qui siège actuellement à Bercy...). Après, la "pédagogie" est devenue l'objet de dogmes auxquel le futur enseignant était tenu de souscrire On a créé en 1989, pour mieux l'en convaincre, des instituts de police de la pensée pédagogique dans lesquels s'est précipitée toute une piétaille de transfuges de l'enseignement de terrain. C'est l'époque où l'ascenseur social s'est arrêté, et où Bourdieu, qui disait strictement n'importe quoi en 1968, s'est mis à avoir raison: l'école des "pédagos" n'a plus reproduit, dès lors, que les inégalités sociales existantes.
On a vu ce que c'était que cette école "nouvelle" sur TF1 cette semaine, lors du reportage sur le cours de calcul à la façon Le Bris et à la façon "pédago"! Pauvre gosse que celui à qui on avait appris à dire, mécaniquement et l'air légèrement effaré: "J'apprends par mes erreurs." Les idéologues intoxiquent même les enfants. Si ce n'est de la manipulation mentale...
Ecrit par : Jean | 13 janvier 2007
"à tous les blogueurs ci-céans qu'ils sont tous, sans exception aucune, d'infâmes crypto-umpistes..."
Ecrit par : Milady | 13 janvier 2007
Mais non!
Ecrit par : christophe sibille | 13 janvier 2007 "
Mais si - avec une nuance - les cuistres déclinologues qui se targureraient d'origines modestes sont eux affectés au parti d'extrême -droite.
C'est la seule ligne de défense des pédagogues actuels. L'attaque politique forcenée.
Lisez les charmantes oeuvres Charmesque, elle commence par dire qu'un bon enseignant est un enseignant de gauche ... puis que ceux qui veulent enseigner autrement que selon le dogme sont d'extrême-droite ( c'est limite littéral - elle est d'une sottise à faire tomber les murs ! ).
Cela s'est du terrorisme intellectuel, pur et dur, cas d'école.
C'est ainsi que j'ai découvert avec stupeur que j'étais de droite sans le savoir.
Déjà que j'avais prosé toutes mes jeunes années sans le savoir non plus, cela suffisait!
Qui diable m'a fermé les portes du savoir ?!!!!
Christophe, j'ai cru lire que vous n'étiez pas pour une charge absolue contre la pédagogie moderne. Moi non plus. Il y a des éléments positifs dans ces idées. Mais l'endoctriment aveugle des uns et des autres, l'incapacité de produire un vrai travail scientifique, conduit à des dommages effarants.
Ils s'affirment 'chercheurs' en 'sciences molles'. Or, plus la science est molle, plus la rigueur serait de rigueur.
De fait, il n'en est rien - on est même à l'opposé de toute espèce d'esprit d'objectivité et de recherche impartiale. Cela seul discrédite de fait tous leurs travaux.
Ecrit par : Milady | 13 janvier 2007
Est-ce que cela a vraiment un sens d'opposer une pédagogie qui serait "moderne" à une autre qui serait dépassée et dont on ne saurait trop comment la qualifier? N'y a-t-il pas tout simplement "la" pédagogie, qui n'est rien d'autre que l'art d'expliquer et qui est avant tout une affaire de talent personnel? Les élèves de Marc Le Bris, dans le reportage de TF 1 de l'autre soir, étaient-ils moins actifs que ceux de l'allumée "pédago" dont TF 1 attendait manifestement qu'elle discréditât pour le compte le pauvre Le Bris? Le prétendre serait stupide. Et de quel cours les élèves ont-ils le mieux profité? De celui où on leur a appris effectivement quelque chose où de celui où ils se sont regardé le nombril en se répétant sans comprendre cette phrase magique et d'une tristesse affligeante:"J'apprends en faisant des erreurs"? Le procès fait à la pédagogie normale, banale, habituelle, spontanée, naturelle ( appelons-la comme on voudra) par les pédagogistes fait très "procès de Moscou" et n'a d'autre objectif que d'imposer par la force un dogme dont personne, spontanément, ne voudrait.
Ecrit par : Jean | 13 janvier 2007
Je dis pédagogie moderne, parce que cela renvoie clairement à 'eux'.
Le fait est que, du coup, le mot s'en trouve fort galvaudé.
Quant au côté stalinien des-dits, il ne m'avait pas échappé! D'ailleurs, il faudrait être fort aveugle et fort sourd pour ne pas le remarquer.
A ce propos, sur ce reportage de TF1, avez-vous relevé ce commentaire sublime de perfidie, qui dit, en gros, que, chez Marc Le Bris, "les élèves n'ont pas le droit de se tromper!" ?
Comme si.... ils risquaient le fouet, le coin, le bonnet d'âne, la pancarte dans le dos et la règle sur les doigts! Et voilà comment faire remonter les vieux fantasmes des curés à soutane et badine ! Dans le reportage, c'est ce qui m'a le plus marquée : cette ignoble argumentation par la calomnie implicite.
Cependant, je profite pour ma part des 'avancées' actuelles dans les programmes de français, pour faire sur-étudier les méthodes d'argumentation à mes élèves.
Et si je ne peux plus leur apprendre à trouver un présent, je peux ( et j'y parviens ) leur apprendre à débusquer sans erreur les arguments d'autorité, les trucages de chiffres, les procédés emphatiques, l'absence de raisonnement, la différence entre objectivité et subjectivité et mille autres ruses de la rhétorique appliquée.
Tout ceci, si j'allais m'amuser ( et d'ailleurs je me tente ) à le leur faire appliquer à un texte de Mme C, de Mr M ou de son compère aux propos est-allemand, leur permettrait de trouver sans peine les sordides trucages rhétoriques des professeurs-chercheurs-pédagogues-disent-ils-eux-mêmes.
Comme quoi, tout n'est pas à jeter !
Ecrit par : Milady | 13 janvier 2007
C'est vrai qu'il serait bien d'entendre davantage JPB sur les questions de l'enseignement de la grammaire et de l'orthographe. Je pense que les bases doivent être enseignées avec rigueur, car sans cela, les outils nouveaux apportés par la stylistique, la linguistique sonnent totalement creux (énonciation, typologies, etc.) Ceci dit, tout n'était pas merveilleux avant les programmes de 89'. Ayant été élève à une époque où l'on -tait 'entre deux eaux' (années70 90 ) je regrette parfois de ne pas avoir eu des maîtres et des profs sachant enseigner les bases avec conviction. La méthode était à mon sens tantôt trop brutale, tantôt trop laxiste, et le contrôle assuré par l'enseignant toujours insufisant. Je ne me souviens pas d'avoir appris sérieusement les règles d'accord des participes passés avec les verbes pronominaux, et que dire du fatras de la terminologie grammaticale assénée mais non maîtriser.... il m'a fallu attendre jusqu'en jusqu'en seconde pour qu'un prof d'espagnol m'apprenne de façon très magistrale à distinguer pour de bon nature et fonction... Bref, ce n'est pas 'le bon vieux temps'.
Ecrit par : Dom | 13 janvier 2007
Jean, le gamin ne dit pas "j'apprends par mes erreurs" mais "j'ai compris mon erreur", ce qui est tout de même sensiblement différent...
Le reportage est court, forcément un peu caricatural ("c'est très bien d'avoir fait zéro faute" contre "j'ai compris mon erreur") mais malgré tout équilibré en cela qu'aucune des deux méthodes n'est présentée comme étant la plus efficace (voir la dernière phrase du reportage).
Pardonnez ma naïveté, je ne connais pas bien l'école primaire, mais peut-on afrirmer qu'il existe deux méthodes complètement cloisonnées ("l'élève construit ses savoirs" contre "le maître sait et apprend à l'élève" ; c'est en gros ce que dit la 1ère phrase du reportage) ? J'ai l'impression que si la question est "six fois sept", la réponse est 42, "c'est très bien d'avoir fait zéro faute", et il n'y a pas d'erreur à comprendre, il y a des tables à apprendre. Si on a un problème, en revanche, j'imagine qu'il y a des "erreurs pédagogiquement exploitables" desquelles un élève peut apprendre, en ne les refaisant pas (et je pense que ça existe aussi chez Marc Le Bris, non ?).
De toute manière, de ce point de vue là, je pense que je suis assez libéral, je ne crois pas utile d'injurier "l'allumée pédago", j'aimerais simplement, comme le suggère JPB dans un de ses livres, que les professeurs soient inspectés en début et en fin d'année, et évalués sur le progrès que les élèves ont fait, quelle que soit la méthode employée.
Sur deux points soulevés par mon dernier message :
- Je ne nie pas l'activité voire l'activisme des chiraquiens en faveur de Mitterrand entre les 2 tours. Je doute simplement qu'on puisse en faire une cause déterminante du résultat final.
- A ceux qui estiment que l'éviction de JPB du jury du Capes est une preuve de la toute-puissance des pédagogistes, j'opposerais que sa réintégration dans ce même jury quelques jours plus tard permet de relativiser cette toute-puissance.
Bon week-end à tous.
Ecrit par : Pat, toujours angélique | 13 janvier 2007
Dom,
C'est vrai que la grammaire officielle a commencé à patauger dans les années 75. On était en plein triomphe de la linguistique structurale et Saussure régnait sur les sciences humaines. C'est à cette époque qu'on (certains professeurs , malgré tout, ne se sont pas laissé impressionner) a abandonné l'étude systématique des natures et des fonctions au profit des "arbres", des "groupes fonctionnels", etc." Mon cours de grammaire actuel au collège, depuis pas mal d'années, c'est 1) "les natures des mots", 2) les fonctions des mots. Avec la conjugaison et un début d'analyse logique, on en a pour l'année, largement. Les exercices, il faut les fabriquer soi-même.
Milady,
Connaîtriez-vous par hasard les "Observations de la Société des agrégés sur le "Rapport Meirieu" 28 avril - 18 mai 1998", un texte qui a littéralement "explosé " ledit rapport et qui a mis Allègre dans un état de fureur tel qu'il a essayé aussitôt de supprimer la mise à disposition de la présidente de la Société des agrégés de l'époque Geneviève Zehringer? C'était l'époque où ledit Allègre ( dont je rappelle à tous nos amis enseignants qu'il a diminué de 17% le taux de rémunération des heures supplémentaires - pas étonnant que nous allions compléter notre maigre salaire chez Acadomia! Il paraît même que les plus astucieuses de nos compagnes vont faire des ménages...dont il se dit que ce serait plus lucratif), ledit Allègre, disais-je, s'affligeait que "le lycée transmît encore des connaissances". Il avait chargé Meirieu de la basse besogne. On trouve ces Observations (d'une argumentation impitoyable qui devrait vous mettre en joie) dans le numéro 373 de l'"Agrégation", juin-juillet 1998.
Ecrit par : Jean | 13 janvier 2007
Laisser toute sa place au désir de l'enfant, tel est le principe fondamental de Summerhill. A l'origine de ce principe, Neill s'inspire d'une sorte de rousseauisme pragmatiste et coloré de la théorie psychanalytique de son ami Wilhelm Reich : présupposer, contre Freud, que la pulsion première de l'enfant est bonne et non agressive. Qu'une fois les conditionnements sociaux écartés, rendus à la liberté de leur désir, les enfants retrouvent nécessairement leur nature positive. Ouvrez la cage, ils seront bons : « Pourquoi l'homme hait-il et s'épuise-t-il en guerres, alors que les animaux ne le font pas ? », s'interroge Neill, qui n'hésite pas à le dire carrément : « Les livres sont ce qui compte le moins à l'école. »
« Pourquoi l'homme hait-il et s'épuise-t-il en guerres, alors que les animaux ne le font pas ? », s'interroge Neill, qui n'hésite pas à le dire carrément : « Les livres sont ce qui compte le moins à l'école »
http://pauillac.inria.fr/~lang/ecrits/latrive/www.lemonde.fr/article/0,2320,43294,00.html
Peut-être parce qu'il descend du Singe qui est un sous produit lui meme du vacuum coloré de la proto-paramecie stellaire pré Bang Bing ...
Ecrit par : Danielle | 13 janvier 2007
buntovchik, la lecture de Pierre Legendre rend intelligent.
Attention, à ne pas trop répendre sa pensée, les pédagogues pourraient s'en inspirer...
Philippe.
Ecrit par : Philippe Delarouzée | 13 janvier 2007
J'ai eu, Pat, l'impression très nette que les élèves de la "pédagogiste" étaient manipulés, et c'est ce que je ne tolère pas de la part d'un soi-disant pédagogue: de toute évidence, on les avait 'chauffés" avant le reportage et on leur avait dit de dire que grâce à cette façon géniale et moderne de faire du calcul, "ils comprenaient leurs erreurs". La réponse de l'élève était téléguidée, et je trouve cela passablement écoeurant. Cela me rappelle un reportage extasié de Davidenkoff sur "la main à la pâte", dans lequel on entendait un bambin de CE 1 expliquer que gràce à cette méthode il "découvrait par lui-même les vérités scientifiques". Une telle réflexion était largement au-dessus de son âge et ne pouvait que lui avoir été soufflée. Vous ne trouvez pas cela révoltant?
Ecrit par : Jean | 13 janvier 2007
Je voudrais revenir sur le communiqué de la CNT-éduc, qu'un collègue qui signe "el Grieco" a fait suivre sur ce blog, concernant la répression qui touche un jeune instit marseillais. Enseignante à Aix, je suis un peu au courant de ce qui a été entrepris contre cet instituteur freinetiste, auquel il est surtout reproché, de facto, de participer activement au RESF qui protège les enfants de familles étrangères expusables. Nous avons été un certain nombre ici, -- dont JPB lui-même je crois --, à signer le texte du RESF "Nous les prenons sous notre protection". Il serait bon de dire et de répéter, si nous en avons l'occasion, que nous soutenons Erwann, et que, même si sa pédagogie n'est pas "exactement" la nôtre (sourire), la manière dont il est malmené par l'institution n'est absolument pas convenable (euphémisme). Il faut réaffirmer la liberté pédagogique de tous les enseignants : c'est ce qui nous distingue de Monsieur Zakartchouk-bis-Touron et de ses affidés ejusdem farinae.
Ecrit par : FGuichard | 13 janvier 2007
Philippe Delarouzée, vous pensez que les pédagogues ont sinon le temps, du moins la faculté de lire d'autres livres que ceux qu'ils écrivent et publient entre eux?
Il est vrai que l'oeuvre de Pierre Legendre constitue pour nous autres enseignants une source d'éclairage et de réflexion très féconde.
Ecrit par : buntovchik | 13 janvier 2007
Hé bien, merci à Pat, et merci aussi à elgrieco! votre message va donner une occasion à certains des bloggers ici présents de se mettre en mouvement pour un instit vraiment brimé par sa hiérarchie, et brimé pour des raisons clairement identifiées! La mobilisation pour Erwan va être ici, n'en doutons pas un seul instant, franche, massive et rapide!
Jean-Paul, je suis surpris de votre analyse concernant les derniers propos de Copé. Cet homme a, n'en doutons pas, des conseillers extrêmement au fait. Ce n'est, à mon sens, pas un dérapage, mais une continuation de l'entreprise de dénigrement des enseignants aux yeux de l'opinion publique. S'il avait osé, il aurait même pu dire: "quand même, je trouve que 4100 euros pour dix-huit heures de travail hebdomadaire, c'est cher payé, par rapport à vous, gens normaux qui faites trente-cinq heures par semaines, qui n'avez que cinq semaines de congé par ans, et qui ne la ramenez pas toutes les trois semaines avec des grèves qui prennent en otage les usagers que vous êtes." Mais peut-être ira t-il jusque-là dans ses prochaines déclarations... Affaire à suivre, je prends les paris.
Ecrit par : christophe sibille | 13 janvier 2007
mes amis
Pour recouvrer un peu de sérénité :-)
je vous passe un mail de notre ami et frère en humanité :
Le Dalaï lama
qui m' a envoyé ses vœux de vie, via e-mail qui qui valent la peine d'être lus et partagés, même si l'on est pas bouddhiste.
Ne conservez pas ce message. Il veut qu'il circule. Ce mantra doit quitter vos mains dans les 96 heures. Vous aurez une surprise très agréable. Ceci est véridique même si vous n'êtes pas superstitieux. :-)
CONSEILS POUR MENER VOTRE VIE :
1. Tenez compte du fait que le grand amour et les grandes réussites impliquent de grands risques.
2. Lorsque vous perdez, ne perdez pas la leçon.
3. Suivez les trois R : Respect de soi-même, Respect des autres, Responsabilité de tous vos actes.
4. Souvenez vous que ne pas obtenir ce que vous voulez est parfois un merveilleux coup de chance.
5. Apprenez les règles pour savoir comment les transgresser
correctement.
6. Ne laissez pas une petite dispute meurtrir une grande amitié.
7. Lorsque vous réalisez que vous avez commis une erreur, prenez immédiatement des mesures pour la corriger.
8. Passez un peu de temps seul chaque jour.
9. Ouvrez vos bras au changement, mais ne laissez pas s'envoler vos valeurs.
10. Rappelez vous que le silence est parfois la meilleure des réponses.
11. Vivez votre vie d'une façon bonne et honorable. Ainsi, lorsque vous vieillirez et que vous regarderez en arrière, vous en profiterez une deuxième fois.
12. Un foyer aimant est la fondation de votre vie.
13. Dans les désaccords que vous avez avec ceux que vous aimez, ne vous occupez que de la situation actuelle. Ne réveillez pas le passé.
14. Partagez votre savoir. C'est une manière d'atteindre l'immortalité.
15. Soyez tendre avec la terre.
16. Une fois par an, allez quelque part où vous n'êtes jamais allé auparavant.
17. Souvenez-vous que la meilleure des relations est celle dans laquelle l'amour que chacun porte à l'autre dépasse le besoin que vous avez de l'autre.
18. Jugez vos succès d'après ce que vous avez dû sacrifier pour les obtenir.
19. Approchez l'amour et la cuisine avec un abandon insouciant.
TRANSMETTEZ CE COURRIER MANTRA A AU MOINS 5 PERSONNES ET VOTRE VIE S'AMELIORA. peut être !
Salutations
Dalaï lama.
Ecrit par : Patrick(instit) | 13 janvier 2007
Une secousse sismique de 3,1 sur l'échelle de Richter s'est produite samedi dernier à 07h19 TU dans la région de Bâle (Suisse) et a été ressentie jusqu'en Alsace (France) sans faire de dégâts, mais provoquant une vive émotion. Elle fait suite à un premier séisme de magnitude 3,4 survenu le 8 décembre, suivi d'une première réplique de magnitude 2,5 le 15 décembre suivant.
Ces tremblements de terre sont liés à la construction par la société Geopower d'une centrale géothermique unique au monde, dont les responsables reconnaissent que l'injection d'eau sous haute pression à 5000 mètres de profondeur avait provoqué la première secousse. Geopower a pris la décision de suspendre les travaux. Les techniciens de la firme reconnaissent qu'ils s'attendaient à percevoir de légers frémissements de l'écorce terrestre suite à cette opération, mais avouent avoir été surpris par l'ampleur du séisme.
http://www.futura-sciences.com/news-secousses-sismiques-provoquees-activite-humaine_10211.php
Ecrit par : Danielle | 13 janvier 2007
JP, ma fille ne risque pas d'ennuis, ayant été inspectée l'année dernière et ayant obtenu 12, la meilleure note donnée par l'IEN étant 13,5. (??) L'IEN de l'année dernière lui avait été assez sympathique, bien qu'elle eût mis à la porte de la classe les deux trublions habituels dès le début de l'inspection, ce que l'inspecteur académique mis au courant avait trouvé "inadmissible".
N'ayant eu aucune formation à l'IUFM sur la tenue de classe, ma fille n'avait pas encore construit son savoir sur ses erreurs.
(Le directeur de l'école, qui est très favorable à ma fille, lui avait dit : "Ne t'en fais pas, elle est inspectrice car elle était incapable de tenir une classe : elle mettait tout le monde dehors pour pleurer.")
Cette année, donc, elle a reçu une visite de cette nouvelle inspectice, qui traînait dans l'école, en pleine lecture avec "Lire avec Léo et Léa". Celle-ci lui a dit que la méthode ne lui plaisait pas, à cause des lettres bleues pour les consonnes, rouges pour les voyelles. Ma fille ne s'est pas gênée pour lui dre qu'elle désapprouvait le fait qu'à l'IUFM, il n'y avait pas de liberté pédagogique, puisque les seules méthodes de lecture étudiées étaient la semi-globale (quelques heures), la méthode Jolly (alphabétique) citée uniquement pour la tourner en dérision. Boscher inconnue.
Donc, pour l'instant, elle n'a pas besoin d'aide. Je vous remercie.
Anne-Marie.
Ecrit par : Anne-Marie Valette | 13 janvier 2007
je vais peut-être faire un peu tâche ici mais je n'ais pas trouvé d'endroit pour ce commentaire.
je viens d'achever la lecture de "La Fabrique du Crétin" et j'ais adoré. Je comprends enfin ce qui me tracassait: j'ais eu mon bac il y a un an et demi et je sentais bien que quelquechose clochait dans le système éducatif...
Mais l'objet de ma présence est plutôt une petite erreur que vous avez commise dans le prologue: il faut croire que le 80% vous a marqué car vous affirmez que 80% de ma classe d'âge a le bac. c'est faux! (c'est 56% environ! je vous laisse trouver pourquoi)
Ecrit par : pawutan | 14 janvier 2007
Anne-Marie, je me doute que votre fille se débrouille toute seule… Ce que je voudrais en privé, c'est le nom de l'inspectrice…
Pour Pawutan…
Les 80% d'une classe d'âge, cela remonte à Chevènement, vers 86. Mais le "Che" avait dit "80 d'une classe d'âge au niveau du Bac" — et non "au Bac". Et c'est diablement différent : toutes sortes d'apprentissages pouvaient s'insérer dans la nuance. Les pédagogues qui contrôlaient déjà la Rue de Grenelle en ont fait le slogan que nous connaissons, et inventé pour y parvenir les Bac pro, auxquels par abus de langage — un Bac en vaut un autre… — ils ont accordé l'entrée automatique en Fac. J'étais mercredi à Nîmes, où le président de la Fac a déclaré que dans son université, le taux d'échec des Bac pro en première année était de 100% — et non les 97% du rapport Hetzel remis à Villepin en novembre. Les deux chiffres donnent la mesure de l'escroquerie.
JPB
Ecrit par : brighelli | 14 janvier 2007
JPB, vous abordez ici encore et toujours des problèmes qui nous ramènent à la politique éducative.
Tout comme le collègue dont vous releviez les propos, je suis vraiment impatient de lire (d'une façon plus précise que vous ne l'avez exprimé dans vos livres) ce que doit être selon vous l' 'étude de la langue'.
Ecrit par : Dom | 14 janvier 2007
Pour en revenir à J.-P. Vernant, dans l'un des articles que Libé lui a consacrés, il est indiqué que France-Culture va (re)diffuser ce dimanche, de 16 heures à 22 h 10, des entretiens de Vernant avec différents interlocuteurs : J. Le Goff, F. Hartog, R. Aubrac, P. Vidal-Naquet, J. Lacarrière, J. Bollack.
À vos caffettes , comme aurait dit le regretté J.-C. Averty.
Pour connaître le programme détaillé de cette journée spéciale et retrouver des émissions passées, consultez le site de France Q sous ce lien : http://www.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/dossiers/2007/vernant/emissions.php
Bon dimanche à tous
Ecrit par : FGuichard | 14 janvier 2007
d'après le quid:
Taux d'accès en classe terminale de la classe d'âge concernée (en %). 1990 : 54 ; 94 : 67,1 ; 95 : 63,7 ; 96 : 63,6 ; 97 : 62,8 ; 98 : 68 ; 2000 : 69,9 ; 04 : 69,3. Proportion de bacheliers dans une génération (en 2004). Aix-Marseille 61,5, Amiens 56,3, Besançon 63,9, Bordeaux 61,6, Caen 62,2, Clermont-Ferrand 64,1, Corse 59,4, Créteil 57, Dijon 63,4, Grenoble 67, Lille 58,5, Limoges 66, Lyon 61,2, Montpellier 57, Nancy-Metz 62, Nantes 64,4, Nice 59,4, Orléans-Tours 59,7, Paris 78,6, Poitiers 62,1, Reims 59,7, Rennes 70,6, Rouen 70,6, Strasbourg 58, Toulouse 64,2, Versailles 62,4 ; total 62.
(le calcul que j'ais fait: 70%*80%=56% est approximatif mais on voit bien que même paris n'atteint pas les 80%)
Ecrit par : pawutan | 14 janvier 2007
Oui, pawutan, mais ce n'est pas nouveau , et, si on s'amuse à superposer cette carte à celle de l'hérédo-alccolisme, de l'occurence des incestes , des parricides et celle de la misère économique, on a une presque parfaite corrélation.....
Ecrit par : montaigneàcheval | 14 janvier 2007
Pawutan, votre résultat est inexact.
Pour le calcul de la proportion de bachelier, il n'est pas tenu compte uniquement des élèves de terminale, mais de l'ensemble des individus composant cette génération.
Vous confondez avec le taux de réussite à l'examen.
Pour Paris en 2004, il y a donc bien 78,6% d'une génération qui a obtenu le bac.
Ecrit par : Tika | 14 janvier 2007
Merci à F Guichard qui parle enfin de quelque chose d'interessant. C'est vrai que l'hellenisme est en deuil: Nicole Loraux, Vidal-naquet, Vernant....et Jacqueline de Romiully qui est si âgée. Le temps des géants se termine.
Et heureusement que j'ai gardé des caffettes claffiques. J'ai enregistré deux heures hier après-midi de difcuffion entre Vernant...et Jean-Luc Godard..... passionnant.
Ce qui est rigolo, c'est de comparer cet aigle immense que fut Vernant et ce cloporte aptère et enroué de Meirieu.
On a les dieux que l'on mérite.....
Ecrit par : montaigneàcheval | 14 janvier 2007
cloporte aptère... c'est une belle image pour cette engeance!
Ecrit par : Dom | 14 janvier 2007
Réponse à Tika:
je n'ais pas été assez clair: le livre "La Fabrique du Crétin" parle de 80% d'une classe d'âge obtenant le bac.
Moi je me base sur le Quid pour dire que c'est faux: je parle bien du pourcentage d'une classe d'âge et pas du taux de réussite.
Si Paris (intra-muros) a diplomé 78,6% d'une géneration c'est du à la ségrégation sociale dénoncé dans le livre mais en moyenne ce résultat est 62% pour la france (cf fin du tableau 5 notes plus haut)
J'avais annoncé 56%
pour expliquer mon erreur je suppose que les 70% (Taux d'accès en classe terminale de la classe d'âge concernée) ne prend pas en compte ce qui arrive avec au moins un an de retard en terminale. il me faudrait 10% d'élève trop vieux en terminale.
Ecrit par : pawutan | 14 janvier 2007
Ce qui me gêne c'est de voir opposés un "avant" offrant la culture à tous et un "maintenant"qui n'offre plus cette culture à tous. Je partage le constat d'échec de l'ascenseur social. C'est évident.
Par contre, je trouve qu'il n'est pas honnête de présenter le passé sous des formes aussi généralisantes.
La culture était accessible à une petite poignée d'enfants des classes sociales défavorisées. Ceux qui avaient intellectuellement la possibilité de suivre des études, ceux qui le méritaient et à qui on reconnaissait ce mérite intellectuel.Et la sélection était dure d'autant plus dure qu'on appartenait à un milieu défavorisé, mais juste. C'est grâce à cette sélection que des enfants de milieux défavorisés ont pu s'en sortir et faire de bonnes étude supérieures.
Et c'est bien lorsqu'on a abandonné toute sélection visible, reconnue, officielle, en feignant de donner tout à tout le monde que l'on a privé les enfants défavorisés d'avoir une chance de s'en sortir.
On ne pourra jamais refaire fonctionner l'ascenseur social tant qu'on ne mettra pas sur pied un système de sélection clair et lisible par tous. Sans hiérarchisation, sans graduation, sans système de valeurs clairement établi, ce sera toujours la sélection par l'argent et les relations, la pire pour les enfants défavorisés.
Proposer le meilleur à tous, oui, mais dire seulement cela est à la limite de la malhonnêteté. Le meilleur pour tous mais dans un système de sélection visible pour que chacun puisse aller au bout de ses possiblités en admettant que tout le monde ne peut pas forcément faire de le recherche en physique nucléaire et en ne faisant pas croire aux élèves, comme le font les pédagos, que tout le monde peut en faire.
Pourquoi personne ne veut aborder franchement le problème de la sélection? Car le" meilleur" pour tous sans sélection, cela devient le "même" pour tous, c'est-à- dire ce que tous peuvent et veulent absorber, c'est-à-dire pas grand-chose et c'est ce qui a amené les pédagos là où l'on est avec dans le fond le même raisonnement que celui des non-pédagos qui ne veulent pas entendre parler de sélection. Je sais ce n'est pas politiquement correct mais je trouve que les non-pédagos en refusant de parler de sélection raisonnent de manière hypocrite et inefficace.
Ecrit par : Thalie | 14 janvier 2007
cloporte aptère... c'est une belle image pour cette engeance!
Ecrit par : Dom | 14 janvier 2007
Le cloporte étant aptère par définition, c'est un peu redondant mais joli quand même.
Si on leur greffait des ailes, ils deviendraient des papillons.
Pourquoi personne ne veut aborder franchement le problème de la sélection? Car le" meilleur" pour tous sans sélection, cela devient le "même" pour tous, c'est-à- dire ce que tous peuvent et veulent absorber, c'est-à-dire pas grand-chose et c'est ce qui a amené les pédagos là où l'on est avec dans le fond le même raisonnement que celui des non-pédagos qui ne veulent pas entendre parler de sélection. Je sais ce n'est pas politiquement correct mais je trouve que les non-pédagos en refusant de parler de sélection raisonnent de manière hypocrite et inefficace.
Ecrit par : Thalie | 14 janvier 2007
J'approuve: le problème de notre monde, c'est qu'il est formellement interdit de dire autre chose que: "tout le monde il est beau, gentil et intelligent...". Dans le cas contraire on est un élitiste. Pourtant, en quatrième, en maths, on aborde le fameux x inconnu et certains êtres humains sont incapables de le concevoir. INCAPABLES à vie. On n'y peut rien!
Attention, je ne dis pas qu'il faut les éliminer ou les envoyer extraire du charbon mais il faut trouver des solutions pour eux au lieu de se bercer de doux mensonges politiquement corrects qui les envoient sur des voies de garage type BEP de gestion-comptabilité après qu'ils aient encombré jusqu'à souvent seize ans les bancs du collège unique.
Ecrit par : dobolino | 14 janvier 2007
Le communisme ne se mettra en place que lorsque les prolétaires, trop exploités par un régime inique, se révolteront, dans les pays capitalistes industrialisés.
Dommage, les capitalistes ont évité l'écueil au 20°, en mettant en place leur fameux ascenseur social, qui a fait rêver jusqu'aux plus pauvres de pouvoir obtenir une petite place au soleil. Certains y sont parvenus.
Il n'y a pas eu de révolution communiste...
Alors pour qu'on y arrive quand même, une seule solution : détruire cet ascenseur et recréer des classes sociales étanches. Les uns n'y voyaient guère d'inconvénients ( cf une dame qu'a peur du 19° arrondissement ) - les autres se sont laissés lanterner par une morale walt disney ( cf Duende et consorts ). N'oublions pas que la guerre froide ne s'est pas terminée il y a si longtemps, et qu'un de ses principes était de torpiller les états capitalistes de l'intérieur.
Délire parano? non non. Histoire personnelle -je suis d'origine de l'Est. Lorsque mon grand-père est décédé, il y a peu, nous avons appris avec surprise qu'il était, en France, un membre actif du KGB. Lui s'occupait de la partie : noyautage des milieux catholiques, ( très précisément expansion des réseaux intégristes durs, type Opus Dei. ) Evidemment il n'était pas seul. Evidemment c'était fait foort intelligemment, et il est mort en jurant qu'il haissait les communistes. Sauf qu'il était directeur de la banque polonaise sise à Paris, banque coco of course, avec des gens 'sérieux' aux commandes.... Dites-moi donc quand les Charmeux Mérieu sont arrivés aux commandes, hum?
....
Allez, on dira que c'est du délire parano.
Ecrit par : Milady | 14 janvier 2007
Il est certain, Milady, que ce n'est pas un délire parano. J'approuve.
Ecrit par : dobolino | 14 janvier 2007
Milady,
J'appartiens à une généraltion de vieux shnocks qui savent ce qu'est le totalitarisme. Votre témoignage ne m'étonne pas.
Je passe un peu du coq à l'âne pour parler de l'Avare (la pièce de Molière) qui semble très à la mode en ce moment. C'est une des seules pièces en prose de Molière. Je l'étudiais en 4ème quand on avait encore le droit d'étudier une pièce en entier et après je passais le film de et avec Louis de Funès...Oui je sais ça n'est pas toujours très "fin", mais, bon. Idem avec les Fourberies de Scapin en 5ème et le film de Coggio (très bon le film de Coggio, on n'a rien fait de mieux, à mon avis)...
Où est-ce que je veux en venir ? A ceci : contrairement à ce que l'on pourrait croire, le "vrai" sujet de la pièce n'est pas l'avarice, mais la rivalité père/fils...L'argent est un moyen de pouvoir et cette pièce n'a rien de vraiment comique, c'est l'une des plus sombres de Molière...Beaucoup plus sombre que Le Bourgeois Gentilhomme par exemple. Mais les élèves n'ont aucun moyen de s'en rendre compte si on n'étudie qu'une seule scène de la pièce.
L'argent moyen de pouvoir... Ca ne vous dit rien ? Les salaires plafonnés, les suppressions de postes...Oui, je sais, il ya aussi l'idéologie pédagogiste reprise par certains inspecteurs qui interdisent d'étudier une pièce en entier : l'Education nationale entre Harpagon et les Précieuses ridicules.
Ecrit par : Robin | 14 janvier 2007
Et puis il y ceux, comme Lubitsch qui torpillent les états communistes de l'extérieur.
Votre grand-père n'a-t-il pas connu Ninotchka ?
Cordialement, Philippe.
Ecrit par : Philippe Delarouzée | 14 janvier 2007
Je viens de recevoir ce texte, extrêmement intéressant, et que l'on peut signer sans se déshonorer. Georges Hage est député PCF du Nord.
Manifeste progressiste
pour la défense
de la langue française
Georges Hage, député du Nord, doyen de l’Assemblée nationale,
et Georges Gastaud, philosophe, auteur de la
Lettre ouverte aux bons Français qui assassinent la France (Temps des cerises, 2005)
et 145 militants politiques et syndicaux, anciens résistants, écrivains, ouvriers et employés, artisans, étudiants, écrivains, enseignants, ingénieurs, chercheurs…
appellent les travailleurs manuels et intellectuels, les étudiants et les démocrates à la résistance sociale, politique et… linguistique !
Défendons
la langue française
contre la langue,
la pensée, la politique
et l’économie uniques !
Si incroyable que cela paraisse, la langue de Molière et de Racine, de Descartes et de Pascal, de Diderot et de Rousseau, de Victor Hugo et de Rimbaud, de Proust et d’Aragon, de Jeanne d’Arc et de Louise Michel, de Prévert et de Brassens, de Lavoisier et de Langevin, de Piaget et de Lacan, d’Aimé Césaire et de Mouloud Feraoun, la langue dans laquelle furent écrits le Discours de la méthode et la Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen, la langue native de la Marseillaise et de L’Internationale, la langue française est en danger.
Non seulement elle est de plus en plus privée des moyens nécessaires à son rayonnement international, mais elle est assiégée en France, en Europe et dans nombre de pays francophones par des groupes politiques, économiques et idéologiques liés au grand patronat; c’est que ainsi le Baron Seillière, l’ex-patron du MEDEF devenu président de l’UNICE (le syndicat patronal européen) a fait officiellement part à Bruxelles de sa décision de promouvoir l’anglais comme unique « langue des affaires et de l’entreprise » ; relayant ce choix patronal, des forces puissantes, qui ont la haute main sur la direction de l’UE, s’acharnent à faire de l’anglais la langue officielle unique de l’Europe des 30. En France même, cer-tains états-majors du CAC 40 communiquent en anglais « à l’interne »… en attendant de pouvoir imposer la chose à l’ensemble de leur personnel !
Le français est menacé par l’industrie américaine de la chanson et du spectacle qui impose ses normes unilingues jusque dans les titres jamais traduits des films made in Hollywood avec l’objectif d’unifier linguistiquement le marché mondial de la culture et d’en éliminer les productions non anglophones.
Le français est menacé par une bonne partie de la « France d’en haut », qui répudie la nation républicaine, déchire son « modèle social » et vomit tout ce qui évoque les luttes passées et présentes pour une République sociale, laïque et démocratique. Fascinée par ce que le monde anglo-saxon a de pire, cette « élite » méprise son peuple, coupable de garder au c½ur l’héritage des Lumières et de la Révolution, de la Commune et du Front populaire, de la Résistance et de Mai 68 ; en adoration devant l’Europe supranationale et la mondialisation néo-libérale, ladite « élite » veut anéantir tout ce qui, de la langue nationale à l’histoire commune, permet aux travailleurs et aux citoyens de s’unir pour résister au néolibéralisme prédateur.
Le français est menacé par un Conseil constitutionnel qui autorise les transnationales à submerger le marché français de produits dont l’emballage et le mode d’emploi sont exclusivement rédigés en anglais.
Le français est menacé par un Conseil Supérieur de l’Audiovisuel complaisant, qui laisse les chaînes publiques et privées ignorer la création française et internationale non anglophone tout en multipliant les publicités en anglais destinées à la jeunesse.
Le français est menacé par la direction de l’Education nationale qui réduit les horaires de français, marginalise les langues anciennes et régionales et qui impose de fait l’anglais utilitaire comme unique langue étrangère première.
Le français est menacé par le snobisme de ceux qui cherchent à se placer au-dessus de leur peuple en faisant parade de ce qu’ils croient être de l’anglais et qui n’est en fait que du globish ou pire, du franglais, ce sabir qui ridiculise ceux qui l’emploient auprès des vrais anglophones. Le français est menacé par l’aliénation de nombreux consommateurs qui n’écoutent que de la chanson anglo-saxonne et qui ignorent tout ce qui se crée dans les parties non anglophones du monde.
Le français est menacé par des mouvements séparatistes qui prennent prétexte de la défense des langues régionales (lesquelles peuvent jouer un rôle, à côté du français, pour résister à l’uniformisation culturelle) pour promouvoir « l’Europe des régions » au détriment de la République une et indivisible.
Cette menace n’est pas seulement linguistique : elle est idéologique et politique puisqu’elle sape ces valeurs progressistes que sont la souveraineté des peuples, la liberté de pensée, la pluralité des cultures, l’attachement au progrès social, la coopération pacifique entre peuples égaux : ainsi, laisser assassiner le français, et avec lui la littérature, le théâtre, la philosophie, la chanson, le cinéma et la science d’expression française, c’est capituler devant l’idéologie insidieusement totalitaire de la mondialisation néo-libérale qui règne encore plus « naturellement » quand elle est portée « spontanément » par la prétendue « langue de l’avenir ».
Quand demain tous les jeunes Français ne baragouineront plus que le basic english à l’entreprise, quand ils ne répondront plus dans nos rues qu’en globish aux étrangers européens (auxquels on n’enseignera plus dans leurs pays que cet idiome en guise de langue étrangère), le français sera réduit au rôle de langue domestique ; l’heure aura sonné de son extinction ou de sa momification sous la forme d’une langue morte, dite « de culture », réservée à cette même « élite»… qui l’aura assassinée ! Que restera-t-il alors de la France et de l’idéal républicain qui l’inspire depuis deux siècles ? Quelle déchéance, quelles humiliations subira alors, cette majorité de Français et d’immigrés qui continueront à parler français en France, soit par choix, soit parce que leur situation sociale les exclura de tout accès au nouveau code mondialisé de la domination?
Mais ce n’est pas seulement pour défendre le peuple de France et la francophonie, gravement menacée en Wallonie, en Suisse romande, au Québec, etc., qu’il faut que se développe un mouvement populaire de défense du français. Si le français, l’une des langues les plus « reconnues » au monde, est attaqué en France même, quelle autre langue n’est-elle pas en péril de mort, notamment dans le tiers-monde ? A travers le français, c’est le droit à la différence culturelle, politique et idéologique que met en cause mondialement une entreprise totalitaire qui menace l’humanité d’un appauvrissement sans précédent. D’ailleurs, la langue anglaise et ses prolongements américains périraient à leur tour si le français finissait par sombrer ; car le globish est moins une langue, porteuse d’histoire, de poésie, de sentiments, de pensée, d’expérience humaine en un mot, qu’un code commercial idéologiquement chargé dont le rôle insidieux est de normaliser le marché des idées.
C’est pourquoi nous appelons notre peuple et sa jeunesse à la résistance linguistique.
Cet appel s’adresse d’abord au monde du travail, car l’éviction programmée du français de la sphère économique prépare et accompagne le démontage de l’industrie nationale, des entreprises nationalisées et des conquêtes sociales. Notre appel s’adresse donc aux travailleurs salariés, à leurs organisations politiques et syndicales, dont certaines mènent déjà l’action collective contre les tentatives d’évincer la langue française de la communication interne des entreprises.
Le présent appel interpelle les jeunes, « précaires », chômeurs, étudiants, lycéens, qui ont montré leur capacité de résistance sociale et idéologique, mais qui restent la cible privilégiée des ennemis de notre héritage linguistique.
Le manifeste s’adresse aux agriculteurs, artisans, petits commerçants et membres des professions libérales dont la responsabilité est d’obliger les marques à respecter la clientèle francophone et à travers elle, l’existence même d’un marché national et local dont dépend l’existence même de la petite et moyenne entreprise.
Le manifeste interpelle également les intellectuels, enseignants, chercheurs, ingénieurs, créateurs, écrivains, journalistes, producteurs d’émissions audiovisuelles, qui ont la charge de transmettre notre héritage en l’ouvrant sur l’avenir. En particulier, nous demandons aux chercheurs de publier et de communiquer en français, a fortiori s’ils exercent leur métier en France, quitte à exiger de l’Etat qu’il fournisse les moyens nécessaires pour traduire et de diffuser, si nécessaire, les articles scientifiques en anglais.
Nous interpellons aussi les travailleurs immigrés qui nous font l’honneur de vivre en France, de parler français ou d’apprendre cette langue. Pas plus que nous n’opposons la défense du français à la langue anglaise en tant que telle, nous n’opposons le français aux langues arabe, berbère, swahili, wolof, etc.: certes, le français est, ou a pu être utilisé comme une arme de ségrégation par les colonisateurs et certains Etats néo-coloniaux; par principe, nous soutenons donc tout effort visant à permettre aux peuples anciennement colonisés d’étudier, d’écrire et de créer dans leurs langues maternelles respectives ; nous ne sommes pas non plus hostiles aux efforts pour diffuser une langue internationale indépendante telle que l’espéranto. Mais d’abord, ce n’est pas la langue française qui est coupable de l’usage qu’en ont fait les colonisateurs ; et aujourd’hui, ce n’est pas le français, lui-même assiégé par l’anglo-américain, qui menace la diversité linguistique dans le tiers-monde ! Au contraire, il nous est insupportable que le « l’usage domestique » du français serve de critère au ministre de l’Intérieur pour chasser de France des familles africaines pauvres… alors que le pouvoir en place laisse les conseils d’administration de grandes sociétés françaises (et même de certains états-majors militaires !) se tenir en anglais sur notre sol !
Nous appelons aussi les citoyens étrangers épris d’humanisme à soutenir notre action ; cela concerne ceux qui pratiquent le français, ceux qui, sans parler français, veulent défendre une langue qui appartient au patrimoine de l’humanité, ceux qui voient dans la défense du français un rempart contre la langue mondiale unique.
Enfin, nous invitons les amoureux de l’Europe des échanges culturels à défendre le français sans confondre la « construction européenne », triste résultat des traités néo-libéraux et supranationaux, avec le projet universaliste initialement porté par l’« Europe des Lumières ».
Pour défendre le français, les signataires du présent manifeste constitueront un Collectif populaire de résistance linguistique ; il recensera, analysera et dénoncera les agressions politiques, économiques, publicitaires, médiatiques, contre la langue française (il ne s’agit pas de pointer les « fautes de français », la création verbale, les parlers régionaux ou argotiques… nous ne sommes pas des puristes !).
Il proposera et promouvra des expressions françaises là où la domination commerciale des Etats-Unis impose des expressions américaines.
A partir de son objet propre, ce Collectif interviendra auprès des travailleurs en lutte contre les délocalisations et les dénationalisations... De même, dans l’esprit unitaire du 29 mai 2005 (date du référendum qui permit au peuple français de refuser la constitution européenne), ce Collectif interviendra de manière non politicienne dans les débats sociaux, politiques, culturels et sociétaux. Il soutiendra toute action visant à empêcher l’anglo-américain de s’ériger en langue unique « des affaires et de l’entreprise ». Il interpellera et au besoin, dénoncera, les décideurs politiques, économiques, médiatiques, qui « accompagnent » le déclin planifié du français.
De même, ce comité militera-t-il pour que la francophonie, d’outil néo-colonial qu’elle fut (et reste pour une part ?), devienne un outil international de résistance en alliance avec tous les peuples qui veulent défendre leur langue sans opprimer d’autres groupes linguistiques.
Le comité dénoncera les publicités en anglais, exigera que les titres des films américains soient, sauf cas particuliers, traduits en français ainsi que la dénomination et le mode d’emploi de tout produit importé; il pourra appeler au boycott des marques et des magasins qui privilégient l’anglais dans leur intitulé ou leur communication en direction du public francophone.
Le comité exigera également que l’enseignement des langues étrangères, mais aussi, celui des langues régionales et des langues anciennes, soit élargi et diversifié à l’école, dans le Second degré et à l’Université.
Enfin, le comité militera pour que l’enseignement du français soit rétabli dans toute sa force, car la maîtrise par tous de la langue nationale est la clé de la citoyenneté.
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Je soutiens ce MANIFESTE – à renvoyer à Georges Gastaud, 10 rue Grignard, 62300 Lens
NOM/PRENOM
QUALITE
ADRESSE POSTALE ET INFORMATIQUE
SIGNATURE SOUSCRIPTION
Ecrit par : FGuichard | 14 janvier 2007
Robin,
J'étudie sans vergogne l'Avare en entier et scène après scène. Item pour le Malade Imaginaire. Ce serait scandaleux de présenter ces chefs-d'oeuvre absolus de notre littérature aux élèves dans une version abrégée. Je trouve d'ailleurs 'interprétation de Louis de Funès excellente.
Ecrit par : Jean | 14 janvier 2007
Guichard.....BONJOUR!!!!! Mais dites-moi, c'est du Proust votre manifafa d'Hurlubière.....interminable.....de quoi endormir le Congrès Bisannuel des Insomniques de Meurthe-et-Moselle!!! un truc mieux que Lexomil Ier (345-412).....
Non, blague à part, je signe...des trois mains....mais comment, foutre, comment????
Ecrit par : montaigneàcheval | 14 janvier 2007
Jean !
Vous imaginez je viens de réceptionner la version abrégée des Misérables de Victor Hugo : perso j'ai été outrée de constater que désormais pour soit disant inciter les jeunes à la lecture on réduise des chefs d'oeuvres pareils sous ce format :
350 pages au lieu des 1000 et quelques ! Démentiel décidément on ne cesse de revoir les exigences vers le bas !
Les jeunes doivent lire les Classiques et non des Classiques sous forme abrégée en leur ayant ôté toute la substantifique moëlle !
Bigre encore une fois je sens que je fulmine tranquillement dans mon coin devant tant de mépris face notre Culture !
Ecrit par : Sandra WAGNER | 14 janvier 2007
je précise, Jean, que j'ai renvoyé illico le bouquin avec un gentil petit mot d'accompagnement pour leur rétorquer qu'ils se foutent allègrement de ma poire !
SW
Ecrit par : Sandra WAGNER | 14 janvier 2007
AVec ta bite à Monteigne tout naturel le ment dans le con de La Boétie, c'est exclusivment masculin la file O sophie.
Un trou qui sent fera l'affaire qui bouge encore dans le Sac
Ecrit par : Danielle Ventresque | 14 janvier 2007
Je cite :
c’est que ainsi le Baron Seillière, l’ex-patron du MEDEF devenu président de l’UNICE (le syndicat patronal européen) a fait officiellement part à Bruxelles de sa décision de promouvoir l’anglais comme unique « langue des affaires et de l’entreprise »
Il se trouve que le baron Seillères est par sa filiale Editis propriétaire de Nathan et Bordas, maisons d'édition à la pointe du pédagogisme. Il serait judicieux que ce député s'attaque aussi au travail destructeur de certains syndicats de gauche qui de façon curieuse soutiennent ces deux maisons d'édition dans leur procès contre S.O.S Education (dont je ne reconnais d'ailleurs pas la légitimité la considérant plus comme une pompe à fric plutôt qu'autre chose mais qui en l'espèce n'a pas totalement tort).
Je ne vois en tout cas aucune référence à ces pédagogistes que nous combattons sur ce site et dont le travail de sape fut tout autant dévastateur que le soi-disant complot "globish" des multinationales.
Alors oui à la défense du français et non à ce snobisme marketing mais avons-nous bien identifié les destructeurs de la langue, messieurs Georges Hage et Georges Gastaud ? Rien n'est moins sûr.
Je ne signe pas.
Ecrit par : Guillaume | 14 janvier 2007
CLOAQUE Von Chi_raque !
Et ça va pas suffire.......
Ecrit par : Marie Johana Corolleur | 14 janvier 2007
IDE à Boubou_cicaut tempete sur paris, plus de Valmy !
Ecrit par : boiry | 14 janvier 2007
Cracher par Terre! Dans le bureau : « Si je mens je vais en...».
Ecrit par : Surveillante du D.E.Réanimation | 14 janvier 2007
Montaigne écrit : "Mais dites-moi, c'est du Proust votre manifafa d'Hurlubière.....interminable.....de quoi endormir le Congrès Bisannuel des Insomniques de Meurthe-et-Moselle!!! un truc mieux que Lexomil Ier (345-412).....
Non, blague à part, je signe...des trois mains....mais comment, foutre, comment????"
Certes, Montaigne, faut reconnaître qu'il y a plus léger comme prose. Mais observez qu'en ces temps où l'on recommande l'automédication, ce texte a l'avantage de ne rien coûter à la Sécu ;-)
Pour signer, il faut écrire à G. Gastaud, 10 rue Grignard, 62300 Lens. A ma connaissance, il n'y a pas encore de moyen pour signer sur le ouèbe.
Je soutiens le manifeste progressiste pour la défense de la langue fse
NOM/PRENOM
QUALITE
ADRESSE POSTALE ET INFORMATIQUE
SIGNATURE
Ecrit par : Fguichard | 14 janvier 2007
Pardonnez ce texte sans accent car je ne suis pas chez moi et ne sais pas les faire sur le clavier que j'utilise...
Milady de l'Est (que je salue comme une payse, je suis nee a Nancy et vote en Savoie....) a mis le doigt sur le coeur de la strategie des destructeurs de l'ecole comme ascenseur social. Ma recherche pour ce doctorat m'a conduite dans plusieurs directions, du Kremlin a San Francisco d'ou j'ecris au jourd'hui ...enfin presque car c'est la dive bouteille qui m'a conduite ce dimanche a Napa, mais ce n'est pas dans un delire ethylique que je confirme ici le teleguidage de la France depuis Moscou apres 1945, d'autres le firent avant moi notamment deux academiciens classes crypto fascistes JF Revel et Maurice Druon avec sa " France aux ordres" d'un cadavre".
Il est vite apparu comme une triste evidence au lendemain de la Liberation que la France refusait obstinement de croire dans le paradis sovietique et que la revolution ne se ferait pas dans la rue, mais on allait bien vite remedier a cette situation grace au ministre de la fonction publique de l'epoque qui etait aux ordres de Staline, c'etait Maurice Thorez, celui-la meme qui fit preuve d'une folle bravitude guerriere en allant se planquer sur la mer Noire dans une villa du petit pere des peuples, comme d'ailleurs cet autre grand resistant Georges Marchais qui a pousse la temerite a s'infiltrer chez MESSERSCHMITT )..
bref tout ce beau monde a vite compris que pour defendre la cause du peuple et amener Francais au Grand Soir, enfaisant leur bonheur, malgre eux il y avait d'autres moyens, notamment le droit de greve dans la fonction publique ( revoila le camarade Maurice) et la mise au pas de la population des la tendre enfance par l'ecole ( Voir le plan Langevin Wallon, deux compagnons du grand pere de Milady) .
I rest my case, comme on dit dans les pretoires US, et j'entends Uncle Joe glousser d'aise de la ou il contemple le succes de sa strategie.
Ecrit par : DanieleS | 14 janvier 2007
Pawutan, je partage vos interrogations. Je pense qu'il faudrait poser la question plus concrètement, à savoir, par exemple :
Sur 100 personnes nées en 1985, combien ont le bac ?
Les uns disent 80% (moyenne haute), les autres disent 50% (moyenne basse). La personne pouvant donc répondre à cette question aura la reconnaissance éternelle de plusieurs des participants à ce forum. Car tout de même, de cette réponse que personne n'a dépendent beaucoup de choix en matière d'éducation !
Ecrit par : Jeremy | 14 janvier 2007
Robin,
J'étudie sans vergogne l'Avare en entier et scène après scène. Item pour le Malade Imaginaire. Ce serait scandaleux de présenter ces chefs-d'oeuvre absolus de notre littérature aux élèves dans une version abrégée. Je trouve d'ailleurs 'interprétation de Louis de Funès excellente.
Ecrit par : Jean | 14 janvier 2007
Oui Jean, je suis d'accord c'est scandaleux et vous avez le courage de ne pas obéir aux consignes officielles qui nous étouffent depuis des années...Mais je pense aux jeunes collègues. Peut-être les inspecteurs n'ont-ils même plus besoin de faire de l'intimidation avec eux comme ils le faisaient avec nous, peut-être que c'est devenu une évidence (fausse évidemment) qu'il faut faire de l'allégé à tout crin...Puisque, n'est-ce pas (autre pseudo évidence)...Ils ne sont pas capables d'en absorber plus...Evidemment qu'ils n'en sont plus capables...A force de leur "formater" l'estomac !
Ecrit par : robin | 14 janvier 2007
Sur 100 personnes nées en 1985, combien ont le bac ?
La vraie question est plutôt celle-ci. Sur cent personnes nées en 1985, combien auraient eu le bac en 1969, Je précise 1969 car je l'ai passé cette-année-là et il fallait 12 de moyenne pour l'avoir du premier coup et les profs nous attendaient au tournant...Premier cours de l'année : "Messieurs, vous vous êtes bien amusés l'année dernière, eh bien cette année, fini de rire !"
Vos discussions sur les statistiques au bac ne manquent pas d'intérêt, mais ce qui serait intéressant de savoir, c'est ce que vaut le bac d'aujourd'hui.
Ecrit par : robin | 14 janvier 2007
J'avais promis de dire deux mots sur deux passages de la lettre de Philippe Meirieu à Luc Ferry, l'un concernant l'enseignement professionnel et l'autre les IUFM et tout à coup la lassitude me prend. Qu'y a-t-il à répondre à quelqu'un qui prétend que tous le le monde est capable de comprendre la physique des particules et que les gens qui préconisent un enseignement professionnel de qualité sont des hypocrites ? Que répondre à quelqu'un qui prétend que l'enseignement de la pédagogie en IUFM vous prépare mieux que l'expérience sur le terrain avec un tuteur. Ces gens-là sont décourageants...Et en plus ils ne se reposent jamais.
Ecrit par : robin | 14 janvier 2007
lire : tout le monde
Ecrit par : robin | 14 janvier 2007
Thalie et Dobolino abordent un problème brûlant et interdit par le politiquement correct (made in USA): l'inégalité des capacités intellectuelles chez les enfants. Certes après avoir usé leur patience à enseigner une notion à Kevin et Samantha qui n'ont toujours rien compris, les profs se soulagent à mi-voix d'un "mais qu'il est obtus, bouché, abruti, etc". Sur le bulletin, ça devient "niveau faible malgré des efforts, les difficultés restent importantes..." (ah, que j'envie parfois les entraineurs de sport qui peuvent dire "Mon petit Kevin, tu aimes jouer mais pour l'équipe du championnat, c'est pas possible.)
Pour les pédagogistes, chaque enfant EST intelligent, créatif, original, intuitif, et tout. je ne sais plus quel ponte a dit: "un mauvais élève est un élève dont l'école n'a pas su ou n'a pas voulu reconnaître les savoirs".
Les nouveaux programmes sont donc conçus pour des enfants vraiment intelligents qui peuvent faire des rapprochements, synthétiser des informations désordonnées, retenir du premier coup une notion à peine évoquée. Les élèves moyens ont du brouillard dans la tête, attrapent ce qu'ils peuvent, le rangent où ils peuvent et pire se persuadent d'être des idiots complets, vite dégoûtés de tout apprentissage; Ils partent dans la vie comme des escargots sans coquille, vulnérables, confus; avec un peu de chance, ils auront un boulot et ne se feront pas trop escroquer, ils suivront tous les jours le même chemin, le même rassurant métro, télé, dodo, pleins de peurs et d'ignorance;
Un enseignement structuré, organisé, un peu contraignant, c'est la coquille protectrice des enfants médiocres: ils ont des automatismes, des points d'appui, des acquis simples et carrés, ils sont contents de savoir des choses, de réussir des exercices. Rassurés, ils peuvent aller au maximum de leurs moyens. Il m'est souvent arrivé, lors de cours de grammaire archi-traditionnelle, de voir quelques élèves étiquetés nuls saisir une leçon (c'est pas difficile, la grammaire traditionnelle), obtenir un 16 et du bonheur, surtout de la réassurance. mais ça vient souvent trop tard. C'était ça, je crois, la force de l'école de Jules Ferry: armer, consolider, organiser TOUS les cerveaux dès le plus jeune âge. Libre ensuite aux intelligents de s'envoler, de créer, même de renier leurs acquis (ce que font ces renégats pédagogistes, bénéficiaires, eux, de bases solides, mais qui les refusent aux gamins d'aujourd'hui).
Il y a un Zidane pour 10000 petits footeux, et peu de futures grosses têtes dans nos écoles. mais il est criminel de leurrer les enfants, de leur faire miroiter le bac, la fac, les études faciles, moi je serai médecin, ingénieur, juge (ils y croient encore à 15 ans et on leur cache le mur contre lequel ils se casseront).Il est criminel aussi de leur faire croire qu'on peut apprendre en s'amusant, à sa façon: le réel n'est pas ludique ni facile; pourquoi leur mentir?
Une instruction riche, solide et surtout organisée ne tuera aucun Rimbaud et aucune Marie Curie mais elle n'enverra pas Kevin et Samantha au casse-pipe. Qu'en dites-vous?
Ecrit par : Cunégonde | 14 janvier 2007
Je viens de recevoir ce texte, extrêmement intéressant, et que l'on peut signer sans se déshonorer. Georges Hage est député PCF du Nord.
Manifeste progressiste
pour la défense
de la langue française
versus
"
Délire parano? non non. Histoire personnelle -je suis d'origine de l'Est. Lorsque mon grand-père est décédé, il y a peu, nous avons appris avec surprise qu'il était, en France, un membre actif du KGB. Lui s'occupait de la partie : noyautage des milieux catholiques, ( très précisément expansion des réseaux intégristes durs, type Opus Dei. ) Evidemment il n'était pas seul. Evidemment c'était fait foort intelligemment, et il est mort en jurant qu'il haissait les communistes. Sauf qu'il était directeur de la banque polonaise sise à Paris, banque coco of course, avec des gens 'sérieux' aux commandes.... Dites-moi donc quand les Charmeux Mérieu sont arrivés aux commandes, hum?
....
Allez, on dira que c'est du délire parano.
Ecrit par : Milady | 14 janvier
SANS se déshonorer... Bon, soit.
Ecrit par : dobolino | 14 janvier 2007
Cunégonde, il n'y a rien à ajouter à votre fine analyse!
Ecrit par : buntovchik | 14 janvier 2007
" Une instruction riche, solide et surtout organisée ne tuera aucun Rimbaud et aucune Marie Curie mais elle n'enverra pas Kevin et Samantha au casse-pipe. Qu'en dites-vous? "
Entièrement d'accord.
Ecrit par : catmano | 14 janvier 2007
Libre ensuite aux intelligents de s'envoler, de créer, même de renier leurs acquis (ce que font ces renégats pédagogistes, bénéficiaires, eux, de bases solides, mais qui les refusent aux gamins d'aujourd'hui).
Ecrit par : Cunégonde | 14 janvier 2007
A mon humble avis, les renégats pédagogistes sont plutôt ceux qui se sont écrasés lamentablement comme des crêpes dans le supérieur après avoir été, au lycée, les bûcheurs qui apprenaient par cœur le cours de philo et dont nous riions tant... D'où leur rancœur et leurs histoires d'enfants incompris par un système broyeur.
Ecrit par : dobolino | 14 janvier 2007
Catmano, celle qui interrompait votre prof de philo en lui disant: "Madame, et si on a ça au bac?", n'avait-elle pas le profil pour de venir pédagogo?
Ecrit par : dobolino | 14 janvier 2007
Qu'y a-t-il à répondre à quelqu'un qui prétend que tous le le monde est capable de comprendre la physique des particules et que les gens qui préconisent un enseignement professionnel de qualité sont des hypocrites ? Que répondre à quelqu'un qui prétend que l'enseignement de la pédagogie en IUFM vous prépare mieux que l'expérience sur le terrain avec un tuteur. Ces gens-là sont décourageants...Et en plus ils ne se reposent jamais.
Ecrit par : robin | 14 janvier 2007
Oui c'est décourageant, mais je crois qu'il s'agit justement d'une partie de leur tactique ( leur stratégie tout le monde la connaît sur ce site ) ... nous avoir à l'usure !
Quant aux jeunes collègues dont vous parlez Robin et dont je suis, eh bien oui, la plupart après un premier lavage de cerveau à l'iufm, et le chantage au licenciement ( vous ai-je dit que j'étais "dangereux pour les élèves" parceque j'avais ouvertement critiqué les théories de l'iufm en cours devant certains "formateurs" qui aiment la critique...tant qu'ils n'ont pas à se l'appliquer...et qui ont essayés de me virer) croyez-moi la plupart ont compris la leçon, ils ferment leur gueule. On les entendra lors des sempiternelles grêves uniquement sur la question des postes, et souvent pour se donner bonne conscience, mais le reste "c'est pas mon problème", "c'est n'importe quoi", "c'est des trucs de fachos", " le niveau monte les chiffres le prouvent", " tu dis ça parceque tu es de droite", " t'es fn ou quoi ?", " tu dis ça parssque t'as fait Histoire mais nous à notre niveau c'est pas ça le problème..".
Bref, comme on ne peut rien dire dans cette période de consensus mou sans être traité du plus vil des fascistes réactionnaires-salaud-rasciste-allié du patronnat-fou-méchant-frustré sexuel......beaucoup non seulement ne disent rien mais pire s'interdisent de penser.
Soit dit en passant si vous connaissiez le niveau de ma promo en culture générale...merde c'est flippant. Combien savent faire la différence entre la réaction et le conservatisme ? pas beaucoup. Combien savent qui est Trotsky ? guère plus.
Mais bon comme officiellement le nivo monte, les jeunes save ecrir franssai cent fére de fotes. Tout va bien. Dormez tranquilles. Confiez nous vos enfants.
Pas vraiment nouveau cette alliance entre une partie de la gauche et une partie de la droite qui n'aiment en vérité pas tellement le peuple et qui ne veulent pas que l'on puisse les rejoindre dans leur tour d'ivoire. Mais rassurez-moi, peut-être dis-je cela uniquement parceque je suis un dangereux fasciste populiste de type allemand ? ( combien savent faire le distingo fascisme/ nazisme ?).
Allez, promis je me calme, je prends un lexomil car demain je dois aller ne pas instruire les enfants dont j'ai la charge, il serait tellement dangereux qu'ils sachent et réfléchissent. Mieux vaut laisser nos bien-pensants nous gouverner. Le rêve d'un certains nombre de gens, eh oui, la dictature de gauche ou de droite, peut importe, c'est moins dur pour les neurones.
PS : peut-être suis-je juste un frustré sexuel ? certaines jeunes collègues peuvent-elles faire quelquechose pour moi ?
Ecrit par : Ronin | 14 janvier 2007
Et pour Erwan Redo...qu'est-ce qu'on fait?
Ecrit par : elgrieco | 14 janvier 2007
Cunégonde, il n'y a rien à ajouter à votre fine analyse!
idem
Ecrit par : Guillaume | 14 janvier 2007
" Catmano, celle qui interrompait votre prof de philo en lui disant: "Madame, et si on a ça au bac?", n'avait-elle pas le profil pour de venir pédagogo?
Ecrit par : dobolino | 14 janvier 2007 "
Oh que si ! Tout à fait ! (euh, ici, on se tutoie).
Ecrit par : catmano | 14 janvier 2007
PS : peut-être suis-je juste un frustré sexuel ? certaines jeunes collègues peuvent-elles faire quelquechose pour moi ?
Ecrit par : Ronin | 14 janvier 2007
Ronin, faites la révolution dans les IUFM, comme en 68, les filles adorent les rebelles !
Ecrit par : Robin | 14 janvier 2007
je prends note...
Ecrit par : Ronin | 14 janvier 2007
mais c'est un peu tard, je ne suis plus à l'ioufm, heureusement.
Ecrit par : Ronin | 14 janvier 2007
René Coty avait bien résumé la stratégie du PCF en disant que "le parti communiste n'est pas à gauche, il est à l'Est."
Pour la pétition, c'est toujours la même chose, on veut défendre la langue française, mais que cela ne soit pas au détriment des langues régionales - alors que les langues régionales furent interdites justement pour imposer le français - ni des langues des anciennes colonies... Mais juste après on est pour la république une et indivisible et la Nation...et patati… et patata... Et les bons sentiments... On est tous des frères sauf avec les méchants qui parlent l'anglo-américain... y'a à boire et à manger...
Et bien sûr rien sur les pédagogues et le désastre qu'ils ont organisé.
Qu'on enseigne d'abord aux enfants les règles et la grammaire de leur langue maternelle, il n'en acquerront que mieux la langue de Shakespeare. N’en déplaise aux bonnes âmes.
Philippe.
Ecrit par : Philippe Delarouzée | 14 janvier 2007
J'ai oublié de dire que je ne la signerai pas. Mais ça, tout le monde l'avait compris.
Ecrit par : Philippe Delarouzée | 14 janvier 2007
Cunégonde, excellente analyse.
Pour Robin et Ronin : comment osez-vous critiquer l'excellence de la formation IUFMesque?
"'Le matérialisme dialectique appliqué à la psychologie conduit Wallon à reconnaître dans les CONFLITS ou contradictions la force motrice des changements.
La thèse de l'interaction des phénomènes, du caractère déterminant des totalités se concrétise, dans la psychologie wallonienne, par le souci constant de situer l'histoire des activités et des fonctions mentales dans une histoire globale de la PERSONNALITE en rapport avec son milieu.
Wallon préconise une compréhension relationnelle, il met en garde contre l'erreur qui consiste à vouloir comprendre un phénomène isolément, en le détachant de son contexte.
Notant que dans l'évolution psychologique, il n'y a pas de
résultat qui puisse se transmettre tel quel d'un système au suivant, il déclare : 'Un résultat qui reparaît en liaison avec un nouveau mode d'activité n'existe plus de la même façon. Ce n'est pas la matérialité du geste qui importe, c'est le système auquel il appartient dans l'instant où il se manifeste."
(Evolution psychologique de l'enfant.)
CNED de Toulouse, Français, Lire, Jean-Michel Wavelet.
N'êtes-vous pas convaincus, par la beauté et les évidences de ce beau texte?
Anne-Marie.
Préparation au concours de l'IUFM.
Ecrit par : Anne-Marie Valette | 14 janvier 2007
Gu s'est évadé.
Ecrit par : Manouche | 14 janvier 2007
Mon humble cerveau transformé en bouillie - conscient de mes erreurs - reconnaît avoir conspiré intellectuellement - promet dorénavant de fermer ma gueule - voterai comme on me le dira - ne donnerai plus de devoirs à la maison - gloire aux grands pégogues - le progrès est en marche - irai dorénavant sur www.abrutis.com - nouvel âge d'or des enseignants arrivé .
Ecrit par : Ronin | 14 janvier 2007
Une instruction riche, solide et surtout organisée ne tuera aucun Rimbaud et aucune Marie Curie mais elle n'enverra pas Kevin et Samantha au casse-pipe. Qu'en dites-vous?
Ecrit par : Cunégonde | 14 janvier 2007
Oui Cunégonde, vous avez raison. Je ne suis pas élitiste et c'est ce que j'ai essayé de faire, leur donner à tous, les doués et les moins doués, les clés du trésor comme disait l'autre, sans les bercer d'illusions. Mais j'ai bien peur qu'au train où vont les choses ni Kévin, ni Samatha ne sachent bientôt plus qui étaient Arthur Rimbaud et Marie Curie.
Ecrit par : Robin | 14 janvier 2007
"C'est pas difficile, la grammaire traditionnelle". Tout à fait d'accord avec vous, Cunegonde, de même que quand vous écrivez: "Il est criminel de leur faire croire qu'on peut apprendre en s'amusant, à sa façon." Quelqu'un parlait sur ce blog de traîner Meirieu en justice pour crime de haute trahison...
Ecrit par : Jean | 14 janvier 2007
Tout ce que nous écrivons contre l'engeance maléfique des "pédagogistes" est intéressant et plein de détermination, mais en attendant, les Iufm se portent on ne peut mieux et ont fait main basse sur le Haut Conseil de l'Education, inspirant de très près ses recommandations pour la formation des maîtres. Il faudrait réussir à convaincre le petit Nicolas que c'est en nous écoutant attentivement sur la question de l'école et en s'engageant dans le sens de l'Appel pour la refondation de l'école qu'il a quelque chance de chiper à Madame Royal les quelques centaines de milliers de voix qui lui permettront de gagner. Je dis le petit Nicolas parce que je vois mal un duel Bayrou-Royal et que l'impératif absolu, c'est d'empêcher ladite la madone du Poitou d'arriver à ses fins pour la raison que ce serait définitivement mortel pour l'école ( Meirieu ministricule de l'Education et Frackowiak inspecteur général... comme disait quelqu'un sur ce blog).
Ecrit par : Jean | 14 janvier 2007
On a des biscuits !
Ecrit par : Le Monocle | 15 janvier 2007
Je suis un peu sidérée de lire les réactions pour le moins épidermiques de certain(e)s au "manifeste progressiste pour la défense de la langue française". A quoi tient la déroute actuelle de l'enseignement du français ? Ce ne sont pas seulement les pédagos qui sont à l'origine du mal, même s'ils en constituent la face la plus visible et la plus nuisible, mais leurs inspirateurs, ceux que dénoncent non seulement les promoteurs du manifeste, mais aussi des personnalités aussi pleines d'auctoritas que Claude Hagège ou Bernard Lecherbonnier. Des "cloportes aptères" (merci Montaigne, j'ai adoré votre formule) comme Meirieu, Frackowiack, Zakartchouk, Charmeux and co, ne sont, derrière leur verbiage de gôche, que les idiots utiles du néo-libéralisme mondialisé. Alors, au lieu de crier au goulag et de remonter au regrettable Staline à propos de ce pauvre Georges Hage, --polémique qui n'a pas lieu d'être à propos de ce texte -- , vous feriez mieux de lire "Pourquoi veulent-ils tuer le français ?" de B. Lecherbonnier, le même Lecherbonnier qui a préfacé "La Fabrique du crétin", justement, et qui n'est pas spécialement un "coco". Je rappelle par ailleurs aux plus jeunes d'entre vous que pendant longtemps, le "lobby" des langues anciennes à l'Assemblée Nationale a été organisé avec efficacité, pétulance et alacrité, par feu Virgile Barrel, député P.C.F. de Nice... Ben oui. Bref, il me semble que, vu la gravité de la situation du français et de la francophonie aujourd'hui, tout le monde a intérêt à s'unir contre l'hydre, au lieu de pousser des cris d'orfraie parce qu'il y a un malheureux "communiste" quelque part. A moins, évidemment, que vous -- enfin, certain(e)s -- ne comptiez sur le petit César, comme l'écrit "Marianne" cette semaine, pour nous nettoyer tout ça ? Mais là vous rêvez complètement... et ce sera sans moi. Ni Ségo ni Sarko !
Ecrit par : FGuichard | 15 janvier 2007
FGuichard
Je ne partage évidemment pas les conceptions politiques de tous les signataires de cette nouvelle "Défense et illustration de la langue française", mais je tiens à vous dire que je suis d'accord avec vous et avec eux sur le fond, au nom d'"une certaine idée de la France"...Tout cela ne me rajeunit pas. J'ai l'impression de revenir à de vieilles discussions de jeunesse dans le cadre de la "politique de la main tendue" des communistes aux catholiques et aux gaullistes sociaux des années 60-70, comme si nous en étions arrivés à un tournant crucial et que le passé revenait en force. Nostalgie, quand tu nous tiens !
Ecrit par : Robin | 15 janvier 2007
quand tu nous tient TIENT avec un T
Ecrit par : Robin | 15 janvier 2007
J'ai l'impression de revenir à de vieilles discussions de jeunesse dans le cadre de la "politique de la main tendue" des communistes aux catholiques et aux gaullistes sociaux des années 60-70, comme si nous en étions arrivés à un tournant crucial et que le passé revenait en force. Nostalgie, quand tu nous tiens !
Etant donné le contexte actuel, le danger de "se faire avoir" me paraît aussi faible que la reconstruction du mur de Berlin. Mais comme disait Musset "il ne faut jurer de rien !"
Ecrit par : Robin | 15 janvier 2007
Mon humble cerveau transformé en bouillie - conscient de mes erreurs - reconnaît avoir conspiré intellectuellement - promet dorénavant de fermer ma gueule - voterai comme on me le dira - ne donnerai plus de devoirs à la maison - gloire aux grands pégogues - le progrès est en marche - irai dorénavant sur www.abrutis.com - nouvel âge d'or des enseignants arrivé .
Ecrit par : Ronin | 14 janvier 2007
Allons Ronin, souriez, soyez dans la joie, prenez une pilule pour nager dans le bonheur parfait ou bien transformez-vous en "Huron"...Avec les pédagos, on n'est pas dans 1984, mais dans le Meilleur des mondes !
Ecrit par : Robin | 15 janvier 2007
"Les communistes ne sont pas à gauche, ils sont à l'est." c'est de Guy Mollet, pas de René Coty.
Ecrit par : Pat | 15 janvier 2007
Bijour Fouroum,
Bijour Cunégonde
"Les nouveaux programmes sont donc conçus pour des enfants vraiment intelligents qui peuvent faire des rapprochements, synthétiser des informations désordonnées, retenir du premier coup une notion à peine évoquée."
Les nouveaux programmes sont conçu par des fous (ref picbille2004/ribambelle). Seul ceux qui ont été 'correctement' suivi par leurs proches pourront réussir, rien à voir avec "l'intelligence" (amha)
"Il est criminel aussi de leur faire croire qu'on peut apprendre en s'amusant."
Tu es un chouïe trop dur (ref:criminel)... On peut apprendre en s'amusant ... (amha)
Si tu avais écris :
"Il est criminel aussi de leur faire croire qu'on peut apprendre QU'en s'amusant." j'aurions fermer ma bouche ;o)
@+
Ecrit par : toto | 15 janvier 2007
"Et pour Erwan Redo...qu'est-ce qu'on fait?"
Ecrit par : elgrieco | 14 janvier 2007
Je ne sais pas si vous avez frappé à la bonne porte, elgrieco! Hélas pour lui, Erwan n'a pas pris publiquement position pour la méthode syllabique pure, ni juré devant Dieu de pendre le dernier formateur d'IUFM avec les tripes de Meirieu ou de Frackowiack. Pas de soutien à apprendre ici, il va vous falloir chercher ailleurs. J'ai personnellement alerté le SNUI ici... Qui était déjà au courant du dossier.
Ecrit par : christophe sibille | 15 janvier 2007
J'ai l'impression de revenir à de vieilles discussions de jeunesse dans le cadre de la "politique de la main tendue" des communistes aux catholiques et aux gaullistes sociaux des années 60-70, comme si nous en étions arrivés à un tournant crucial et que le passé revenait en force. Nostalgie, quand tu nous tiens !
Ecrit par : Robin | 15 janvier 2007
Entièrement d'accord. Concernant le duel sego/sarko, les peuples ont les gouvernements qu'ils méritent...
Ecrit par : Ronin | 15 janvier 2007
" Les programmes actuels sont interminables, étouffants, écrits dans le jargon concocté dans les IUFM (instituts universitaires de formation des maîtres), ils noient l'essentiel
dans la routine."
Phrase extraite d'un article du Nouvel Observateur.
Je mets l'article complet. Vous y verrez, qu'heureusement, G. de Robien n'a pas que Meirieu et autres cloportes comme conseillers.
Anne-Marie.
Ecrit par : Anne-Marie Valette | 15 janvier 2007
"Pour Jean-François Copé, un professeur certifié en fin de carrière gagne 4100 Euros par mois. « Si, si, c’est vrai, si je vous le dis ! Et même que mon premier valet de chambre en a croisé un, il y a quelques mois ! »
Sur "En aparté", canal +, J.-F. a déclaré qu'il avait dit une connerie.
Ecrit par : Pendariès | 15 janvier 2007
"J'ai l'impression de revenir à de vieilles discussions de jeunesse dans le cadre de la "politique de la main tendue" des communistes aux catholiques et aux gaullistes sociaux des années 60-70, comme si nous en étions arrivés à un tournant crucial et que le passé revenait en force. Nostalgie, quand tu nous tiens !" , écrit Robin.
Ben oui. Nostalgie d'une vraie gauche avec des valeurs, au lieu du social-libéralisme ségolinant que l'on nous vend comme une lessive. Nostalgie d'une droite digne et fréquentable, avec des valeurs aussi -- parfois les mêmes, en particulier le sens de la République et du rôle de l'Etat -- , en place du néo-conservatisme à l'américaine du Césariot qui veut se faire aussi gros que le général de Gaulle, et qui ne sera au mieux que le général Boulanger -- mais soyons charitables, et ne lui souhaitons pas la même fin ;-)
Oui, Robin , "nous sommes arrivés à un tournant crucial", et il faudra peut-être aussi en revenir à l'union, finalement moins "contre nature" qu'elle ne le semble, en laissant sarkozystes et ségoliniens à leur politique néolibérale de renoncement, de désengagement de l'Etat, de casse des services publics, et de destruction de l'Ecole.
A ce propos, puisqu'on ne parle guère de littérature sur ce blog, alors que les profs de lettres y semblent assez représentés, un roman curieux, tout mal fichu, touffu mais très intéressant, autour de cette problématique : "Maos" de Morgan Sportès. La thèse du romancier est que les groupes maos étaient téléguidés par la CIA pour "couler" à la fois de Gaulle et le PCF, trop indépendants aux yeux de l'oncle Sam. ça vaut ce que ça vaut du point de vue historique, certes, mais ça se lit comme le bon roman que c'est, et ça fait réfléchir.
Ecrit par : FGuichard | 15 janvier 2007
PS : peut-être suis-je juste un frustré sexuel ? certaines jeunes collègues peuvent-elles faire quelquechose pour moi ?
Ecrit par : Ronin | 14 janvier 2007
Ronin, faites la révolution dans les IUFM, comme en 68, les filles adorent les rebelles !
Ecrit par : Robin | 14 janvier 2007
C'est excitant, un prof, même révolutionnaire? Ha... Et puis forniquer dans son milieu: ça manque d'air frais! Ces jeunes demoiselles de l'instruction en tailleur strict, avec attaché-case, cheveux chignonnés, et talons qui font clac clac clac dans les couloirs? Ou en pull à col roulé qui descend jusqu'aux fesses, pantalon noir, baskets... Ben pas pour moi.
Ecrit par : Pendariès | 15 janvier 2007
Voici l'article.
"Quelle littérature pour l'école? "
In Le Nouvel Observateur, 11-17 janvier 2007.
Dialogue entre l'académicien présidant la nouvelle commission de réflexion sur l'enseignement des humanités et l'historien qui publie « la Littérature en péril », par Marc Fumaroli et Tzvetan Todorov.
Le Nouvel Observateur.
- Réforme de la grammaire, lutte contre l'illettrisme, débats sur l'enseignement de la littérature...
La transmission des savoirs et des valeurs dans notre pays est en crise. Quel est votre diagnostic ?
- Marc Fumaroli. - J'ai été chargé par Gilles de Robien de présider une commission de réflexion sur le minimum de « culture humaniste » qu'il est souhaitable de rétablir dans l'enseignement primaire et au collège. Sur quelles oeuvres littéraires les maîtres peuvent-ils étayer l'enseignement du
bien-lire, du bien-dire, du bien-écrire ? Que doit connaître un élève de troisième de l'histoire littéraire et de l'histoire de l'art, mais encore du chant, du dessin, des sciences naturelles ? Les programmes actuels sont interminables, étouffants, écrits dans le jargon concocté dans les IUFM
(instituts universitaires de formation des maîtres), ils noient l'essentiel dans la routine. Notre tâche est de ramener les instructions à la clarté et à la simplicité - sans perdre de vue l'éducation du jugement. Chacun le sait, l'école n'a plus la même situation dans la société actuelle qu'il y a un demi-siècle.
Aujourd'hui enfants et adolescents sont d'avance « éduqués »
(ou « déséduqués » ?), en dehors de l'école, par les moyens de communication dont ils sont les consommateurs privilégiés.
L'école est tenue de refaire ce qui a été défait par ce bain d'images et de bruits. Elle doit relativiser les idoles, construire l'attention, la concentration, la mémoire, la considération d'autrui. Il faut doter l'élève de cette arrière-boutique - au sens de Montaigne - où il puisse prendre du recul à l'égard de la grande machine à émotions préfabriquées, tsunamis compassionnels et téléthons politiques ! "
N. O. - Tzvetan Todorov, dans votre dernier livre « la Littérature en péril », vous incriminez la conception «ascétique » de la littérature qui s'est imposée à partir des années 1970 dans les écoles et les universités.
- Tzvetan Todorov. - Dans les années 1970, l'enseignement littéraire a subi une mutation. Les intentions de départ étaient bonnes : on voulait enrichir l'approche purement biographique et historique qui avait dominé jusqu'alors
par une analyse des oeuvres elles-mêmes, conduite à l'aide de concepts clairement définis. Mais on n'a pas su maintenir cet équilibre. Au lieu de garder présent à l'esprit l'objectif ultime - comprendre le sens des textes pour enrichir sa propre vie intérieure -, on s'est concentré sur la seule étude des outils conceptuels. Or, en études littéraires, l'ignorant n'est pas celui qui ne sait pas distinguer entre métonymie et synecdoque mais celui qui ne connaît pas « les Fleurs du mal ».
Cette approche produit en conséquence une image appauvrie, étriquée de la littérature, qui apparaît aux yeux des élèves comme un simple jeu de procédés formels. Faut-il s'étonner, ensuite, que la filière littéraire au lycée soit délaissée ou que les jeunes lisent peu ?
- N. O. - Ainsi le moyen d'analyse est devenu un but d'examen... Mais quelles sont les causes de cette déviation ?
- T. Todorov. - La réponse superficielle à cette question serait de dire :
c'est la faute au structuralisme ! Mais elle est un peu courte : il faudrait alors expliquer les raisons du succès structuraliste - sans imaginer un complot ourdi dans les couloirs du ministère de l'Education nationale.
Il s'agit en réalité des effets d'un mouvement bien plus profond. Car cette même conception de la littérature comme pur jeu formel se retrouve bien au-delà des bancs de l'école : à l'université, dans les rédactions des journaux, à la direction des théâtres subventionnés et même chez les écrivains - ce qui, entre nous, pourrait expliquer le peu de vigueur de la
littérature hexagonale aujourd'hui.
Les jeunes écrivains français apprennent que le personnage est mort, que raconter des histoires est une naïveté impardonnable, que croire à la relation entre la littérature et le
monde relève de la niaiserie. Or la littérature n'est pas un simple jeu de mots, elle révèle le monde et nous révèle à nous-mêmes.
Situation d'autant plus dramatique que les seules exceptions admises à cette tyrannie de la forme conduisent à des impasses. Ainsi du nihilisme qui prétend que la violence est l'unique vérité de l'être humain et qui clame : « Vive la mort ! » Ou encore du solipsisme, nom savant du nombrilisme, qui amène l'auteur à raconter à longueur de pages ses petits soucis. Ce qu'on oublie, dans tous les cas, c'est que moi et les autres, le « réel » et l'"imaginaire »appartiennent à un monde commun.
- M. Fumaroli. - L'enseignement public français a beaucoup souffert des épigones de la linguistique dite "scientifique", du structuralisme, de la sémiologie et de la sociologie néomarxiste qui ont colonisé les instances de décision pédagogique. C'est devenu en trois générations un drame national, qui a retenti sur notre langue, sur le sérieux de notre presse et sur la tenue de notre littérature, au moment même où nous passions d'un enseignement pyramidal à un enseignement de masse. La linguistique chassant
la grammaire, plusieurs générations de jeunes Français ont été privés du plaisir de l'analyse des textes, de la joie de construire une phrase, un paragraphe, de distinguer un adverbe d'un adjectif...
Les grands textes, poèmes et prose, ont été rendus insipides par une prétendue science transcendante qui les met sur le même plan que des comptes de blanchisseuse.
Je vois tous les jours d'ex-étudiants qui ne connaissent que deux temps du verbe : le présent et l'imparfait !
- N. O. - Diriez-vous que cette conception étroite a pesé sur le destin de la littérature ?
- M. Fumaroli. - Evidemment. Les écrivains ont d'abord été fascinés par la lubie de la « textualité », puis ils l'ont "fuie dans le strip-tease" .
A suivre...
Ecrit par : Anne-Marie Valette | 15 janvier 2007
La thèse du romancier est que les groupes maos étaient téléguidés par la CIA pour "couler" à la fois de Gaulle et le PCF, trop indépendants aux yeux de l'oncle Sam. ça vaut ce que ça vaut du point de vue historique, certes, mais ça se lit comme le bon roman que c'est, et ça fait réfléchir.
Ecrit par : FGuichard | 15 janvier 2007
J'ai entendu cette thèse également. Elle n'est pas du tout invraisemblable.
Ecrit par : Robin | 15 janvier 2007
Après le dimanche, il y a beaucoup à lire sur ce blog et on y passe tout son lundi ! Ce serait bien que les rédacteurs de Manifeste fassent un peu de contraction de texte à destination des blogueurs.
Pour Cunégonde et ses lecteurs attentifs, je signale qu'une des idées les plus...risquées que nous ayons eu à formuler dans le cadre de notre formation sur la précocité intellectuelle est celle-ci: Si des cerveaux fonctionnent plus tôt et plus vite chez certains enfants c'est que chez d'autres......ça fonctionne moins vite. Il existe toute une littérature (le GFEN en particulier il y a 40 ans et les intellectuels marxistes comme Lucien Sève) qui avaient postulé que jamais la science ne pourrait le démontrer. "La Science" se l'est tenu pour dit pendant 30 ans. Mais maintenant qui pourrait soutenir sérieusement que les fonctonnements neurocognitifs (non ! non! je ne fais pas allégeance à Meirieu, j'ai été formé aux sciences dures pas aux molles) sont les mêmes pour tous les élèves?
Le risque qu'il a donc fallu assumer était de passer (au minimum) pour un vilain réac, au service des classes possédantes et de leurs..."héritiers". Mais même Duru-Bellat a écrit que Bourdieu avait eu tort d'accuser l'école de reproduire etc...etc....
Et puis mon Inspecteur d'Académie de l'époque m'ayant dit:"tâchez de ne pas me trouver que des enfants de bourgeois parmi vos précoces " fut très surpris mais surtout soulagé d'apprendre que les enfants primo arrivants peuvent ausi être précoces.(Ouf!)
Ajoutons pour faire bonne mesure que des parents du SNES ou de la FCPE en ayant bien "bavé" avec leur petit e.i.p. j'ai enfin pu sortir du tou de la "diabolisation"qui me cataloguait comme un épouventable élitiste. La leçon de l'histoire est qu'il faut tirer chacun le plus haut possible.
Bon j'ai été un peu long. J'le f'rai plus.
dj
Ecrit par : dj | 15 janvier 2007
A propos de la CIA en EUROPE :
En plein Milan le 17 février 2003, un Égyptien de 39 ans, Nasr Oussama Mustafa Hassan, alias Abou Omar est enlevé par une équipe d'agents de la CIA. Qualifié à tort d'imam du centre islamique du boulevard Jenner à Milan, il s'était simplement fait remarquer pour avoir parfois dirigé la prière dans un autre lieu de culte, situé rue Quaranta à Milan. Enlèvement suivi d'une «remise extraordinaire » («extraordinary rendition») aux services secrets égyptiens (Mabahith Amn Al Dawla, State Security Intelligence) au Caire.
http://quibla.net/alire/giudice3.htm
Ecrit par : Danielle | 15 janvier 2007
....suite.
"Le Nouveau Roman formaliste a tué l'intrigue, le personnage, l'émotion,l'auteur. Par contrecoup, on est tombé dans le nombrilisme dont vous parlez et l'inflation d'une écriture qui a coupé les ponts elle aussi avec l'humanisme littéraire.
La littérature est la forme la plus ouverte de la connaissance de l'homme par l'homme . Ce qu'elle découvre d'imprévu n'abolit pas ce qu'elle a déjà découvert. Genet n'abolit pas Balzac, ni Racine, ni Euripide. Il n'y a pas de table rase en littérature.
- T. Todorov. - C'est aussi un excellent moyen de rencontrer les autres.
- M. Fumaroli. - La littérature prend pour devise la phrase de Dostoïevski :
« La beauté sauvera le monde. » Un roman de Balzac inspire toujours une profonde pitié pour l'humanité. Primo Levi raconte qu'en arrivant dans un camp de la mort il a trouvé de la force dans le souvenir de deux vers de Dante qui décrivent l'exclusion des damnés du nombre des humains. Maintenant
Littell nous explique que Stendhal et Flaubert ont écrit pour qu'un bourreau nazi psychopathe trouve un répit dans leurs livres, entre deux massacres bien ordonnés. Je préfère l'interprétation de Levi.
- T. Todorov. - C'est bien pourquoi il faut insister sur l'existence d'un monde commun. La bonne connaissance des classiques chinois n'a pas empêché Mao de devenir l'un des plus grands meurtriers de l'histoire de l'humanité.
C'est que les deux activités restaient enfermées dans des compartiments étanches. Faire l'éloge de la littérature ne doit pas conduire à l'esthétisme, ou éviction de l'éthique par l'esthétique. La littérature n'est pas destinée à une tour d'ivoire, elle transforme de l'intérieur notre être et notre vie.
C'est grâce à un roman que je découvre comment
sentent et pensent des êtres autres que moi.
L'assassin de Dostoïevski me devient proche, ou les personnages du « Dit du Genji », roman japonais du
xie siècle. La vocation de l'homme, disait Kant, est d'apprendre à penser en se mettant à la place de tout autre être humain ; la littérature est la voie royale pour y accéder. Pour cette raison, elle est nécessaire à tous, et pas aux seuls professeurs de littérature.
- M. Fumaroli. - Je crains que très peu d'élèves de collège n'aient accès à Nietzsche ou à Tolstoï. On leur fait décortiquer des extraits de presse, des documents administratifs...
- T. Todorov. - Certaines réformes de l'enseignement sont faciles à imaginer, d'autant plus qu'elles rencontreraient, je crois, l'assentiment de la majorité des professeurs. Ainsi, ne jamais perdre de vue l'objectif ultime : le sens des textes et, à travers lui, la compréhension du monde humain. Cet objectif rejoint celui de l'histoire et de la philosophie, même
si les matières sont différentes, c'est pourquoi l'enseignement de ces trois disciplines, les bien-nommées « humanités », devrait être étroitement coordonné. Toutes, elles nous aident à mieux vivre.
Malheureusement, les réformes se heurtent, non pas tant à un mauvais vouloir qu'à l'inertie de cette immense institution, l'Education nationale. Et je ne suis pas sûr que
la volonté politique de la réformer soit bien présente.
- M. Fumaroli. - Le « château » Grenelle a professé un égalitarisme du plus petit commun dénominateur qui a provoqué un sauve-qui-peut vers l'enseignement privé des quartiers privilégiés.
Il s'agit aujourd'hui de trouver une formule plus généreuse, moins bureaucratique, conciliant un enseignement de qualité pour tous avec des enseignements de haute qualité pour les talents qui le méritent. Une goutte de bonne littérature ici, une dose plus forte, avec grec et latin, là où elle est désirée.
C'est une chance inouïe pour un jeune d'aujourd'hui de rencontrer les livres qui désenferment, qui font fleurir l'imagination et l'ingéniosité. "
Historien, essayiste, né à Marseille en 1932, *Marc Fumaroli* est professeur au Collège de France (1986), membre de l'Académie française (1995) et de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres (1998).
Dernier livre paru : «Exercices de lecture. De Rabelais à Paul Valéry » (Gallimard, 2006).
Historien, philosophe, Tzvetan Todorov , né en Bulgarie en 1939, vit en France depuis 1963. Directeur de recherche au CNRS, auteur de nombreux ouvrages sur la littérature et l'histoire des idées, notamment « Mémoire du mal. Tentation du bien » (2000). « La Littérature en péril » vient de
paraître chez Flammarion.
Anne-Marie.
Ecrit par : Anne-Marie Valette | 15 janvier 2007
Désolé de vous assener a coups de longues interviews la pensée de Pierre Legendre - en 2004 déjà il parlait de crétins -, mais je crois que celle-ci peut nous permettre de comprendre la lame de fond qui est en train de bouleverser le monde. Je ne pense pas que les thèses paranoïaques du complot peuvent tenir lieu de réponse, ni même que les pédagogues soient la cause de tous nos maux. Mais je ne pense pas non plus qu'une pétition - une de plus - viendra à bout de l'hydre.
La lecture de Pierre Legendre fut pour moi un acte fondateur - il y a eu un avant Pierre Legendre, puis un après Pierre Legendre. Marianne, que vous citez FGuichard - je ne donne aucun crédit au petit Nicolas et encore moins à Ségolène, tous deux n'ont pas pris la mesure des enjeux qui les attendent - a publié un article de Philippe Petit sur Pierre Legendre qui a suscité chez moi le désire d'écrire une lettre qui fut publiée dans le numéro 251 du 11 au 17 février de Marianne et que je joins à la suite des deux interviews.
Ma participation à ce blog ne cherche pas à diviser, mais plutôt à apporter une contradiction créatrice.
Philippe.
Propos recueillis par Antoine Spire
Le MONDE ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 23.10.01
"Vous avez consacré une grande part de votre énergie à rendre compte de la "construction anthropologique occidentale". Vous vous êtes interrogé, tout au long de votre œuvre, sur le sens des règles de droit et sur leur légitimité. Vous avez montré que l'Etat était jusqu'à présent le garant de la raison. Ce qui s'est passé le 11 septembre à New York signifie-t-il qu'il ne l'est plus ?
- On ne peut pas imposer par la force ce qui doit être conquis. La démocratie a été une conquête en Occident, jusqu'au moment où elle s'est retournée en devenant la caserne libertaire. De mon point de vue, il y a connivence de fait entre l'idéologie libertaire et l'ultralibéralisme. Figurez-vous qu'après la chute du mur de Berlin, Harvard Business Review a publié un article intitulé "La démocratie est inévitable". Désormais, on vous imposera la démocratie comme le business, y compris sur le mode de la menace. J'ai vu en Afrique les Etats potiches que nous avons fabriqués. Sans tradition administrative, ils ne pouvaient qu'être corrompus. Ainsi ai-je vu par exemple vendre des diplômes. La doxa de l'ONU et de l'Unesco affirmait péremptoirement que partout où le progrès technique s'installerait, la religion se folkloriserait ou disparaîtrait. J'ai pensé qu'il fallait, au contraire, travailler à faire coexister l'éducation traditionnelle, y compris l'école coranique, avec l'enseignement moderne et prendre le temps de ce métissage. Aussi ai-je dit à l'un de mes mandants qui professait ces thèses : "A mon avis, l'islam reviendra, le couteau à la main." Nous y sommes. Les institutions démocratiques ne s'imposent pas, elles doivent être conquises par les Etats et par les sujets.
- Mais justement, chez nous, les jeunes générations ont-elles les moyens de conquérir ces institutions démocratiques ?
- Non. La débâcle normative occidentale a pour effet la débâcle de nos jeunes : drogue, suicide, en un mot nihilisme. Notre société prétend réduire la demande humaine aux paramètres du développement, et notamment à la consommation. L'an dernier, le PDG du groupe Vivendi a dit : "Le temps politique classique est dépassé ; il faut que le consommateur et les industriels prennent le leadership." Voilà l'abolition des Etats programmée.
- Vous rapprochez donc le jeune Occidental qui ne sait plus donner du sens à sa vie et l'islamiste qui s'abandonne à son fantasme de mort ?
- La souveraineté du fantasme appelle le nihilisme. Dans Les Possédés de Dostoïevski, Kirilov se suicide pour prouver qu'il est à lui-même le principe de raison. En se tuant, il croit supprimer chez l'homme la souffrance et la peur, et prouver que l'humanité peut se surmonter elle-même, devenir Dieu. Nous assistons à une escalade de l'obscurantisme. Voyez, aux Etats-Unis, ce que certains technocrates et universitaires appellent le transhumanisme, la post-humanité qui comporte la résolution intégrale du problème de la mort (sic). Freud avait bien aperçu le creuset délirant de la raison que les religions prennent en charge en métabolisant le meurtre. Le meurtre habite l'esprit de l'homme. Dans l'entreprise, la concurrence est un meurtre transposé ; en politique, les élections le sont aussi : on renvoie son adversaire dans ses foyers. On ne rendra pas la vie supportable par des raisonnements scientifiques ou de bons sentiments, mais par des interprétations cohérentes qui peuvent exiger de chacun une part de sacrifice pour qu'on ne donne pas, par exemple, de leçons à autrui au nom de nos propres aveuglements.
- Comment le spécialiste du droit romain et du droit canonique que vous êtes a-t-il articulé son savoir avec la psychanalyse pour ouvrir le champ de cette "anthropologie dogmatique" qui structure votre travail ?
- Je me suis donné plusieurs formations.
L'une d'elles, le droit romain et l'histoire du droit, a fait de moi un professeur agrégé d'histoire du droit en 1957. Les droits romain et canonique sont le cœur méconnu des sciences juridiques, qui contiennent les éléments refoulés de la construction de l'Occident. La grande querelle de l'Occident romano-canonique chrétien avec la tradition juive est aux sources d'une conception religieuse et politique de l'Etat qui a retenu toute mon attention. Remarquez que l'étymologie du mot Etat implique en général un complément de nom (l'état de quelque chose) et évoque la station verticale. L'Etat est la construction normative, institutionnelle, qui fait tenir debout quelque chose d'essentiel à la vie sociale. Dans le même temps, je me suis donné une formation économique. J'y ai ajouté une formation littéraire qui incluait la philosophie, la sociologie et la morale. Etudiant, à la fin des années 1950, j'ai eu vent de l'existence de la psychanalyse. Bientôt, j'ai commencé à fréquenter un divan. La psychanalyse sentait le soufre et son usage était alors occulte. Enfin, la fréquentation des arts, et notamment de la poésie, m'était très chère.
- En quoi le droit romain nous concerne-t-il aujourd'hui ? Informe-t-il seulement notre corpus juridique ?
- Non, il explique aussi une grande part de la réalité sociale. Armature du christianisme, il est porteur de rituels, de liturgies, d'une certaine tolérance d'autres cultures, dont Justinien, au VIe siècle, précise remarquablement les limites : "Les juifs se livrent à des interprétations insensées."
- De votre point de vue, l'antijudaïsme chrétien qui a survécu jusqu'à nos jours, et a, en partie, fécondé l'antisémitisme raciste, tient-il sa puissance du droit romain ?
- La tragédie ultime du XXe siècle, la Shoah, suppose des siècles et des siècles de haine. Je suis un homme du passé et de l'avenir lointain. Je n'habite pas le présent, car j'ai compris la nécessité de combattre la mémoire courte. J'ai vécu avec des hommes du texte, ces médiévaux pour qui l'historique est une affaire géologique, sédimentée : le passé est toujours là, présent, et le futur est là, devant nous. Le mot antisémitisme est récent. Dans ma plongée dans les littératures latines de chancellerie, j'ai été frappé par la violence antijuive de certains textes pontificaux du XIIIe siècle. Le pontife romain se considère aussi comme le pape des juifs et stigmatise la circulation d'interprétations non conformes des textes sacrés par les rabbins. Le système romano-chrétien évacue la circoncision malgré la matrice biblique, mais le corps, refoulé par le christianisme, revient sous la forme du centralisme papal. On disait autrefois de l'empereur romain qu'il avait "tout le droit dans l'archive de sa poitrine": la corporéité de la lettre s'incarne dans l'empereur, puis dans le pape, interprète unique et souverain de la parole.
- Comment ne pas penser à la façon dont Ernst Kantorowicz a fait du souverain l'énonciateur de la loi, le corps du pouvoir. Est-ce dans la même perspective que vous montrez que le corps ne se réduit pas au biologique, que, chez l'homme, la vie de la représentation prime sur la vie animale et qu'il n'y a pas de corps sans fantasme du corps ?
- J'ai correspondu avec Kantorowicz. J'ai fait traduire ses articles aux Presses universitaires de France. L'anthropologie travaille à la fois l'image, le corps et le mot. Comme lui, je pense que la modernité commence au XIIe siècle avec le Moyen Age classique, quand le christianisme latin s'est approprié le legs historique du droit romain en sommeil depuis plus de 500 ans. Ce fut le début de l'Etat moderne, qui bat aujourd'hui en retraite sous les coups de l'affirmation de l'individu. Et les Etats contemporains se lavent les mains quant au noyau dur de la raison qui est la différence des sexes, l'enjeu œdipien. Ils renvoient aux divers réseaux féodalisés d'aujourd'hui l'aptitude à imposer législation et jurisprudence. Pensez aux initiatives prises par les homosexuels. Le petit épisode du pacs est révélateur de ce que l'Etat se dessaisit de ses fonctions de garant de la raison. Freud avait montré l'omniprésence du désir homosexuel comme effet de la bisexualité psychique. Un exemple de transposition culturelle : le rituel monastique qui chante Jésus en l'appelant "notre Mère". La position homosexuelle, qui comporte une part de transgression, est omniprésente. L'Occident a su conquérir la non-ségrégation, et la liberté a été chèrement conquise, mais de là à instituer l'homosexualité avec un statut familial, c'est mettre le principe démocratique au service du fantasme. C'est fatal, dans la mesure où le droit, fondé sur le principe généalogique, laisse la place à une logique hédoniste héritière du nazisme. En effet, Hitler, en s'emparant du pouvoir, du lieu totémique, des emblèmes, de la logique du garant, a produit des assassins innocents. Après Primo Levi et Robert Antelme, je dirai qu'il n'y a aucune différence entre le SS et moi, si ce n'est que pour le SS le fantasme est roi. Le fantasme, comme le rêve qui n'appartient à personne d'autre qu'au sujet (personne ne peut rêver à la place d'un autre), ne demande qu'à déborder. La logique hitlérienne a installé la logique hédoniste, qui refuse la dimension sacrificielle de la vie. Aujourd'hui, chacun peut se fabriquer sa raison dès lors que le fantasme prime et que le droit n'est plus qu'une machine à enregistrer des pratiques sociales.
- Votre passage par l'Afrique a joué un grand rôle dans votre conception du droit. Il vous a permis de relativiser nos valeurs occidentales et de lire, partout dans le monde, ce dessaisissement d'un Etat instituant. Vous y avez observé les édifices institutionnels par lesquels des sociétés comme la nôtre répondent à l'angoisse existentielle.
- J'ai travaillé au Gabon avec une entreprise qui vendait du développement, avec les Nations unies au Congo ex-belge, puis au Mali avec l'Unesco. J'ai compris que ma formation de juriste préoccupé des textes du Moyen Age m'était bien plus utile que les sciences économiques. Je voyais, en effet, dans les écoles coraniques des enfants réciter rituellement des versets dans la langue sacrée du Coran, qui n'était pas la leur, exactement comme les glossateurs médiévaux transmettaient en latin le droit romain disparu. Je découvrais l'égalité de tous devant la vie de la représentation : l'Etat occidental n'est qu'une forme transitoire de cette vie. Il reproduit du sujet institué, en garantissant le principe universel de non-contradiction : un homme n'est pas une femme, une femme n'est pas un homme ; ainsi se construisent les catégories de la filiation. La fonction anthropologique de l'Etat est de fonder la raison, donc de transmettre le principe de non-contradiction, donc de civiliser le fantasme. L'Etat, dans la rationalité occidentale, est l'équivalent du totem dans la société sans Etat. En Afrique, il y a aussi un au-delà de l'individu qui est peut être en train de se perdre chez nous."
Le point 22/07/04 - N°1662 - Page 62 - 3013 mots
Anthropologie - Entretien avec Pierre Legendre
Un philosophe contre l'imbécillité contemporaine
C'est l'un des grands penseurs du droit, et aussi un anthropologue et un psychanalyste de tout premier plan. Mais il parle peu. Et se confie encore moins. C'est pour cette raison que l'entretien que Pierre Legendre a donné en exclusivité au Point à l'occasion de la sortie de « Ce que l'Occident ne voit pas de l'Occident » est d'autant plus important
Propos recueillis par Elisabeth Lévy
Sa parole est rare, sans doute parce que sa pensée est précise - donc précieuse. Au XVIIIe siècle, on aurait dit de lui qu'il est un honnête homme : un esprit universel, épris de vérité, qui inlassablement interroge l'être humain tant dans son fonctionnement psychique que dans son rôle d'animal social. Autant dire que Pierre Legendre appartient à une espèce en voie de disparition.
Professeur émérite à Paris-I - département de droit -, agrégé de droit romain et de philosophie du droit, philosophe, anthropologue, psychanalyste et même cinéaste (voir encadré), le regard aussi bienveillant que la pensée est tranchante, ce sexagénaire pétillant récuserait peut-être le terme d'intellectuel. Nul ne songerait, en tout cas, à accoler le qualificatif de « médiatique » à ce passeur qui ne cherche jamais à séduire ou à gagner des parts sur le « marché des idées », mais fait preuve de la même exigence, qu'il s'adresse aux lecteurs du Point ou aux disciples qui, dans les universités du monde entier, questionnent et approfondissent ses recherches.
Son dernier ouvrage, qui rassemble des conférences prononcées au Japon, met à nu « Ce que l'Occident ne voit pas de l'Occident » (Mille et Une Nuits), « la menace qui pèse sur son rapport à la raison ». Car cet érudit mène un combat « contre le dépérissement de notre rapport à la parole » : autrement dit, un combat pour l'humain. Lorsqu'il analyse, dans l'entretien qu'il nous a accordé, « le conflit radical », les « guerres de la représentation » - ce que l'air du temps binaire appelle le choc des civilisations -, c'est pour aller encore plus loin dans son exploration de « La fabrique de l'homme occidental » (Mille et Une Nuits, 1996). « La tentative de pacifier le monde par la tolérance passe d'abord, nous enseigne-t-il, par la compréhension de nous-mêmes. » Sur ce chemin-là, qui organise une plongée dans l'« ailleurs » des autres cultures, tous ceux qui ne s'accommodent pas de « théories surgelées consommables n'importe où sur la planète » trouveront en Pierre Legendre un merveilleux éclaireur.
Le Point : Le droit, selon vous, est une pensée, pas une instrumentalité. Le juriste est un « travailleur à façon » qui élabore à partir de la matière première anthropologique. En quoi l'affrontement entre l'Amérique et le monde musulman est-il le produit d'un conflit entre deux pensées et deux pratiques normatives ?
Pierre Legendre : L'humanité avance aveuglément, confrontée à sa survie, à la question de l'identité et de la reproduction. On a beau s'enivrer de doctrines animalières comportementales, prétendre réduire les normes à une régulation sociale et le juriste à une sorte de spécialiste des feux de circulation, le noyau anthropologique demeure ; c'est pourquoi, même dévoyé, le système juridique est fondamentalement une affaire de pensée. Cela dit, tout comme l'idée occidentale de « religion » projetée sur la planète par le christianisme conquérant, puis par l'ethnosociologie, ce que nous appelons le droit résulte d'un montage dont nous oublions l'origine et la structure d'évolution. Moyennant quoi on aborde avec arrogance ou naïveté les systèmes qui n'entrent pas dans nos cases, notamment celui qui a regimbé avec une violence inattendue, cet islam promis lui aussi à la folklorisation des religions à la belle époque de la guerre froide.
A cela s'ajoute, dans la civilisation de l'efficiency, un enseignement du mépris des traditions, qui diffuse l'ignorance à grand renfort de slogans ludiques, censés amadouer les jeunes que nos propagandes de la casse traitent en vérité comme des crétins. Je pense à une formule de Marx, idole oubliée par les repentis de la foi totalitaire, la « production sociale de l'imbécillité ». Voilà donc le contexte général : une escalade dans l'obscurantisme. L'affrontement que vous évoquez dépasse l'Amérique et le monde musulman. Nous avons affaire à l'évolution des formes géo-historiques de la normativité, liées aux enjeux de base de la condition humaine, donc aux systèmes de référence qui se partagent la planète. La tentative de pacifier le monde par la tolérance passe d'abord par la compréhension de nous-mêmes. Tâchons pour commencer de saisir l'Occident aux prises avec lui-même ! Ou alors c'est la fuite en avant.
Au sein de l'Occident, que vous définissez comme la civilisation du droit civil romain, on assiste à un affrontement entre deux « cultures du façonnage », entre la common law de tradition anglaise et la construction de type étatique à la française. Pouvez-vous donner quelques indications sur ces deux conceptions et leur genèse ?
Deux façonnages, mais provenant du même creuset médiéval de la modernité, qui a ouvert la seconde vie du droit romain hérité de l'Antiquité et qui a refondé le christianisme à l'Ouest par la théocratie pontificale. Cet entrelacement politico-religieux porte aussi bien la common law que les droits continentaux. Sur cet entrelacement, étudié avec des pincettes, nous pratiquons l'omerta. Pour de multiples raisons, incompatibles avec le roman-feuilleton démocratique et laïque. Pourquoi la christianisation a-t-elle lié son destin à l'institutionnel romain ? En tant que secte juive renonçant aux règles contenues dans la Torah pour annoncer la Loi nouvelle incarnée par Jésus devenu le Livre vivant, le christianisme n'a pu que s'accrocher au cadre juridique de la Rome impériale, elle-même convertie à l'Evangile, et ainsi prospérer politiquement et socialement. Jusqu'à devenir la seule référence religieuse pensable en cette Europe qui, à partir de l'entrelacement dont je vous parle, a cuisiné nos plats favoris : l'Etat, le libre contrat, tout le bataclan des concepts qui ont soutenu le régime industriel des pouvoirs, et même l'idée de « société parfaite », société à laquelle rien ne manque, une idée dont feront leur profit les grandes inventions tyranniques nées en Europe, y compris le fatras contemporain libéral-libertaire. Je m'empresse d'ajouter, tout cela sans que pour autant soit liquidée la question fondamentale qui nous travaille : au nom de quoi vivons-nous ? Notre histoire d'Occidentaux a été et demeure une bataille autour de la légitimité. Rappelons-nous. Il y a eu l'opposition au mode de penser juif : le droit romain l'a jugé « insensé », l'Eglise romaine a revendiqué d'être « le vrai Israël ». Il y a eu le conflit, toujours actuel, avec l'Orient orthodoxe. Il y a eu, dans les sociétés chrétiennes de l'Ouest, la lutte à mort entre deux versions de l'Eglise, la catholique et la protestante. Et puis il y a eu l'avènement de l'incroyance et des substituts religieux ultramodernes, parmi lesquels a pris place la science divinisée...
Tout cela, ce sont les sédiments de la géologie historique. A la surface d'aujourd'hui, ça produit notre univers normatif fragmenté, avec des entrecroisements de traditions et de nouvelles contradictions, dont le principe de cohérence est le chaos individualiste, où, pour re- prendre une formule de Wenders, chacun est devenu un « mini-Etat » !
Dans ces conditions, la notion d'Occident a-t-elle encore un sens ?
Et comment donc ! Ce qui ne cesse de définir l'Occident tient en une formule médiévale, « redonner forme au monde entier ». Elle s'applique aussi bien à la Révolution qu'à la conquête de la planète par l'entreprise. La France, pays de cocagne des intellectuels spécialisés dans la dénonciation du Mal, chante son éternel Chant du départ pour la conversion universelle au Bien. Avec des variantes, l'Occident joue la même musique : prêcheurs des droits de l'homme, télé-évangélistes, théoriciens du management généralisé ; il s'agit d'inclure ou d'éliminer ce qui résiste. Mais il y faut autre chose que des parlotes ; il faut le savoir-faire normatif, un maniement savant du forçage, la capacité stratégique. Cette capacité ne date pas d'aujourd'hui, elle est avant tout l'effet, sur le long terme, d'une rente de situation. Le cas des Etats-Unis, qui fascine les esprits, nous enseigne beaucoup là-dessus.
Reprenons la question religieuse. La Constitution fédérale stipule la neutralité de l'Etat. Après deux siècles d'expérience, le système américain s'avère pratiquer une synthèse des traditions de l'Europe. La tradition protestante du libre examen dans l'interprétation de la Bible interdit d'imposer une position particulière. D'un autre côté, il faut protéger la tolérance généralisée, donc régler les conflits. Alors l'Etat fonctionne comme donneur de juges et juge suprême exerçant le droit du dernier mot ; c'est l'héritage romain impérial transmis par la papauté médiévale, malaxé par les Etats laïques. Aux Etats-Unis, cela donne la Cour suprême fédérale, qui chapeaute tout le montage. Au final, nous avons le libre-échange appliqué à la religion, laquelle relève du « marché des idées », selon une récente formule de la Cour suprême. La question des sectes ne se pose donc pas, le démarchage des croyances est libre, tout comme le financement. Mais le plus important politiquement, c'est que, derrière cette laïcité accomplie, il y a la transposition d'un pouvoir d'inclusion propre au christianisme, qui consiste, dans un style devenu démocratique, à confisquer le potentiel hégémonique des autres religions. Question efficacité politique, le protestantisme a fait ses preuves, et de façon voyante, en Amérique. Quant au catholicisme, lui aussi transcontinental et mondialisateur, il n'est pas en reste, et la théâtralisation de la nouvelle tolérance par le Saint-Siège l'illustre : voyez les représentants des autres religions réunis autour du pape, dans un lieu négocié mais choisi par lui, et selon un rituel entièrement maîtrisé par la Curie. Qui dit mieux ? Est-ce que le laïcisme produit par le christianisme occidental et proposé à la planète par le marché ou la propagande est une violence ou le contraire de la violence ? Voilà une question qu'il est interdit d'étudier, et même de poser. Parce que, finalement, tout cela est bien beau, mais l'Occident démocratique et laïque tient toujours en réserve l'argument ultime pour se faire comprendre : la puissance des armes.
En quoi la naissance de l'Etat occidental est-elle le résultat du reniement du judaïsme ? Y a-t-il continuité entre ce reniement et l'antisémitisme européen ?
Le reniement ici est une question historique et de théologie politique qui appartient autant aux juifs qu'aux chrétiens. Elle a pour figure prestigieuse l'apôtre Paul, juif converti, dont les Epîtres n'ont cessé d'alimenter la réflexion sur la légitimité du politique en Occident. Que la Loi juive ait été tenue pour désuète et néanmoins revendiquée comme son ancêtre par le christianisme, par ailleurs nourri de droit impérial romain, ce noeud a engendré la culture occidentale de l'Etat. Cet Etat ne peut être dit de facture judéo-chrétienne que par le tour de passe-passe d'un « vol d'ancêtre ». Cela, c'est le noyau du débat sur le scénario originaire de la civilisation européenne. Les « vols d'ancêtre » sont monnaie courante dans l'histoire de l'humanité aux prises avec l'identité. L'actualité de notre scénario originaire, dont il faut saisir la logique, toujours agissante, tient à la structuration du sujet moderne par les traditions juive et chrétienne. Ce scénario porte évidemment en germe l'antisémitisme européen. Mais, après le désastre hitlérien, les déclamations sur la reconnaissance de l'autre ne remplacent pas la mise au jour des enjeux les plus opaques. Etre juif, c'est avoir survécu à la destruction, s'affirmer en quelque sorte par opposition. En même temps, dans son équation propre, le christianisme se revendique, par rapport à son « ancêtre », comme prééminent, même si cela n'est exprimable désormais qu'à bas bruit. En réponse, le judaïsme ne peut se soutenir que comme résistant à la confiscation de son histoire. Ainsi, la revendication impériale du christianisme et la présence de la catégorie de l'antijudaïsme au sein de l'identité juive sont les deux faces d'une logique piégée. La fatalité politique est que toute contestation ne puisse être reçue par de nombreux juifs que comme manifestation d'antijudaïsme. Pour rompre le cercle, il faudrait envisager à la fois que l'esprit impérial disparaisse de la position chrétienne et que les juifs conquièrent de s'affirmer pour ce qu'ils sont, et pas contre ce qu'ils sont supposés être dans le regard des non-juifs. Tout cela déborde la question de l'Etat.
Vous avez découvert en Afrique « l'égalité de tous devant la représentation », ce qui vous a conduit, apparemment, à un relativisme culturel total. Une culture peut-elle se dispenser d'avoir une vision hiérarchisée du monde et des autres cultures ? « Notre » culture, progrès technique et libéralisme culturel, ne peut-elle revendiquer une supériorité dès lors qu'elle a garanti une certaine prospérité et une certaine autonomie de l'individu ?
Sans la psychanalyse, je n'aurais pas compris de l'intérieur cette égalité devant la représentation. Le « relativisme culturel » n'est pas dans mon vocabulaire ; votre formule renvoie à la solitude des cultures, écho de la solitude du rêveur : nul ne rêve à la place d'un autre. Et parler de « vision hiérarchisée », c'est dire en somme : chacun voit midi à sa porte. La communication humaine est difficile, elle suppose des médiations, les montages de l'identité, dont témoignent les cultures aussi. Cela comporte pour chacune d'elles une vision instituée du monde et de l'autre, donc une certaine vision de l'universel. Progrès technique et libéralisme culturel ne changent rien à cette logique de la différenciation. Le fond de ce turbin, c'est le jeu absolutiste des images, la vie de la représentation, consciente et inconsciente. Si ce jeu est civilisé, ça donne le meilleur, le rapport meurtrier est surmonté, l'univers de l'autre est apprivoisé. En surface, l'économie et la techno-science mènent le monde ; mais il y a plus profond : la question de la vérité, la raison de vivre, l'identité. L'humanité affronte le conflit radical, les guerres de la représentation. Si l'on prétend au monde indifférencié, soyons assurés que le pire nous attend. Raisonner en termes de culture supérieure, c'est construire le bunker que nous dénonçons chez les autres. Tout semble réussir aux Occidentaux, quel qu'en soit le prix. Mais nous devons regarder en face les rapports de forces et les nouvelles formes de l'incommunicabilité. Ayant appris la politique internationale sur le tas, je ne crois pas, par exemple, que l'appel à un tribunal pour juger des vaincus mène bien loin à terme ; c'est une arme, et ça soulage nos consciences. L'Europe, qui a inventé la dictature moderne et allumé deux guerres mondiales, ruisselle désormais d'amour universel, le regard tourné vers le Jupiter américain, qui n'est pas un papa-gâteau ! La pensée est en panne, elle est devenue, comme disait Musil, « l'utopie de l'exactitude », qui produit une bouillie intellectuelle bien incapable de saisir le monde où nous entrons. Avec nos concepts de série, tels que « religion » ou « Etat », nous avons l'illusion d'entrer dans la tête des autres. S'ils ne suivent pas ou font semblant, tous ces « tribaux » prennent statut d'attardés, à moins de devenir d'utiles fantoches. Mais nous sommes aveugles aux effets en chaîne de l'idéologie individualiste, à la reféodalisation du monde par des empires transversaux ; nous tenons pour une chimère qu'une entreprise puisse projeter, comme le suggère un consultant de Microsoft, d'acheter un jour un pays !
Mais alors la démocratie telle que nous la connaissons n'est-elle que l'une des modalités d'organisation des sociétés ou leur avenir programmé ?
La démocratie ? Je dirai que son avenir est une lettre cachetée. Il y a des échéances, des rythmes d'évolution des sociétés. Mais il n'y a pas d'avenir programmé, l'histoire continue. Nous profitons des bienfaits de la démocratie ; mais ne nous cachons pas qu'elle est le cri de guerre du management globalisé et, sous le règne de l'individu sans tabou, le fétiche qui préserve de penser. L'autonomie se retourne en déstructuration. On vole à l'enfant son enfance, à l'adolescent le droit de recevoir la limite par l'exigence éducative, pas par les policiers ou les gestionnaires de son malheur. Quant à la techno-science, où nous mène-t-elle ? L'expérimentalisme socio-biologique dévaste l'intelligence et discrédite l'idée occidentale de droit. A qui fera-t-on admettre, en dehors de nos montages, qu'un père de quatre enfants soit légitimement consacré femme par un tribunal ? Le transsexualisme institué, ça se conçoit dans les rituels, pas sur ce mode sauvage. Et les enfants de la nouvelle « femme » ? Motus et bouche cousue ; ça fait sans doute partie, selon le vocabulaire de la Cour européenne des droits de l'homme en 2002, des « inconvénients » assumés par la société. Je pense que, par le nazisme et les pratiques totalitaires, la raison a été touchée. Devant l'inconscience de ceux et celles qui mènent la danse, y compris de juristes suiveurs des quatre vents, je ne vois pas que ce fondamentalisme bien à nous soit à même de contrer les engrenages nouveaux de la violence.
Lettre à Marianne :
C’est avec beaucoup d’intérêt que j’ai lu votre article sur Pierre Legendre.
Qui a lu Pierre Legendre sait que cet exercice tient plus du parcourt du combattant que d’une simple promenade au milieu d’un chemin clair et balisé tant sa pensée est riche, dense et protéiforme. Loin des évidences et des propos convenus, Pierre Legendre nous entraîne au cœur de ce qui fait l’Homme - ce qu’il appelle « anthropologie dogmatique » - et nous donne, au bout de nombreux efforts de relecture, à comprendre le monde contemporain. Quelle jubilation, une fois la dernière page terminée et le livre refermé ! Chaque livre de Pierre Legendre est une bouée salutaire face à la déferlante « pensée unique » libérale-libertaire, consensuelle, médiatique et mâtinée de bons sentiments. A la suite de Freud, Pierre Legendre a montré que pour tenir debout l’Homme doit être « institué » et que loin d’être homo economicus l’Homme est avant tout homo totemus et qu’il ne peut s’en affranchir quand bien même il serait né au sein du très industriel et post-moderne Occident.
Pour conclure, j’aimerai faire une petite digression. Je ne sais pas si Pierre Legendre voit d’un mauvais œil cet obscurantisme moderne qu’est le multiculturalisme et l’ethnocentrisme. Je veux témoigner qu’il n’est pas vrai que les jeunes issus de l’immigration récente - d’Afrique essentiellement et donc musulmans pour la plupart - ne voudraient pas s’intégrer et qu’ils se révolteraient contre une société qui voudrait les dépouiller de leur foi et de leur identité. Un état laïc n’est pas un état où la foi serait éradiquée - Pierre Legendre nous le dit : quel qu’il soit, d’où qu’il vienne, l’homme est croyant par essence -, mais un état où l’on a tous à gagner à renvoyer celle-ci dans la sphère privée. J’enseigne dans un Lycée de banlieue où les lycéens sont représentés au conseil d’administration et au conseil de vie lycéenne par une majorité d’élèves français issus de l’immigration récente alors que la plupart des élèves ne l’est pas. J’y vois une soif de reconnaissance et un fort désir de s’intégrer. L’ethnocentrisme, vecteur de frustrations et de violences, impose, au nom de je ne sais quelle vérité, que leur horizon s’arrête là où commence l’autre et soit un miroir morbide qui ne les renvoie qu’à eux-mêmes. Chaque vague migratoire ne s’est pas intégrée à la République sans douleur, mais ce n’est pas en assignant la dernière à résidence pour citoyens de seconde zone en l’endiguant dans des frontières culturelles qu’elle y arrivera !
Philippe Delarouzée.
Ecrit par : Philippe Delarouzée | 15 janvier 2007
Cette compilation [livres sibyllins] fut publiée plusieurs fois avec d'amples commentaires, surchargés d'une érudition presque toujours étrangère au texte, que ces commentaires éclaircissent rarement,
VOLT. Dict. phil. art. Sibylle
Ecrit par : Déja à l'époque | 15 janvier 2007
Là où il y a arnaque avec Tzvetan Todorov, c'est qu'il fait partie du Conseil National des Programmes depuis un bon bout de temps ! Les erreurs dont il parle sont surtout les siennes, couplées à celles de Viala et consorts ! Et cela n'apparaît bien sûr pas dans l'article.
Ecrit par : Jérémy | 15 janvier 2007
Anne-Marie
Todorov a effectivement ecrit et continue a ecrire de bien belles pages en defense d'une litterature qu'avec sa femme de l'epoque Kristeva il a contribue a mettre a mal en adherant a la secte des semiologues. Il est d'ailleurs interessant que nombre de ceux qui de par le monde se sont embrigades dans ce mouvement venaient de l'Europe de l'Est:Tikhanov, Galin "Why Did Modern Literary Theory Originate in Central and Eastern Europe? (And Why Is It Now Dead?)"Common Knowledge' - Volume 10, Issue 1, Winter 2004, pp. 61-81 Duke University Press.
Malheureusement it is not dead au chateau Grenelle
Fumaroli, lui, denonce depuis leur apparition ces theories fumeuses et le funeste enthousiasme qu'elles ont suscite, et nous alerte quant a la destruction des apprentissages par le plaquage pur et simple de ces theories litteraires sur l'enseignement des lettres.
Si aujourd'hui Todorov a retrouve le chemin du bon sens, il a comme son successeur aupres de Kristeva, Sollers, et tant d'autres, participe a l'entreprise de demolition sans admettre s'y etre egare
Ecrit par : DanieleS | 15 janvier 2007
Allez voir dans La Croix du 11 janvier un Entretien de Todorov et de Bégaudeau, "Quel avenir pour la littérature"! On y voit Bégaudeau, qui s'est déjà illustré par un livre insane sur son expérience de professeur de collège ("Entre les murs", devenu un best-seller de la "littérature de jeunesse" chérie des IUFM, ce qui devrait suffire à le laisser sur les étagères des libraires...), nous expliquer avec la conviction du "pédagogiste" épanoui que grâce au schéma actantiel, des élèves qui auraient du mal à comprendre le texte de l'oeuvre pourront peut-être y entrer. Comme si le seul vrai enrichissement, pour un élève, ce n'était pas de s'approprier le texte même de l'oeuvre grâce aux explications patientes et détaillées du professeur! Mais, cela, l'explication détaillée d'une oeuvre, c'est, pour le "pédagogiste" interdit par le dogme! En face, il y a Todorov, lequel, habité subitement par une bouffée de résipiscence, se met à défendre de point de vue du bon sens et met en doute l'intérêt des acrobaties pédantes de Bégaudeau. On aura tout vu! Je précise que Bégaudeau apparaît régulièrement sur ce théâtre grotesque et sinistre qu'est le site de Meirieu (www.meirieu.com). C'est un des fidèles du gourou.
Ecrit par : Jean | 15 janvier 2007
On y accède par www.sauv.net, puis la rubrique "presse".
Ecrit par : Jean | 15 janvier 2007
J'adore les gens qui s'estiment désolés d'avance de nous assener à coups de longues interviews la pensée de Pierre Legendre ; alors que personne ne les y oblige en démocratie il me semble ...
Ecrit par : Danielle | 15 janvier 2007
Adresse à l'ami Pendariès.....le grand résistant Pendariès, du gropupe du Commandant Berthier/Jean-Pierre Vernant est-il de votre famille. Si oui, vous brillerez au firmament des justes.....
Ecrit par : montaigneàcheval | 15 janvier 2007
avez-vous lu les propos d'Evelyne Charmeux sur son site ?
Il est vrai que, devant quelques-uns des propos entendus ici ou là de la part de certaines sensibilités dites " de gauche ", on reste perplexe. On se dit alors qu'il conviendrait peut-être de poser la question en termes de cohérence entre la pratique de classe et le bulletin de vote…
Si l'on admet, en effet, qu'être un enseignant de " gauche ", (ou plutôt un enseignant tout court ? Disons, un enseignant républicain…) c'est être convaincu :
1) que la tâche première de l'école est d'apporter à tous les enfants la richesse de rencontres et d'expériences que la famille offre à quelques-uns ;
2) qu'il n'y a pas de fatalisme social et qu'aucune raison logique ne justifie que l'injustice
sociale n'entraîne automatiquement l'échec scolaire ;
3) qu'un enfant est un " sujet " et non un " produit " ;
4) que tous les élèves ont des savoirs, et qu'un " mauvais " élève n'est jamais un élève qui ne sait rien, mais un élève dont l'école méprise ou ignore les savoirs ;
5) qu'il importe donc de prendre en compte ces savoirs, si erronés et si éloignés du programme soient-ils, pour les mener vers les attentes institutionnelles ;
6) qu'il importe également pour cela donner aux enfants de " vraies graines et non du sable " (formule d'Alain), c'est-à-dire travailler sur du vrai, sur de l'ambitieux, et du valorisant ;
force est d'admettre que le discours, qui présente la méthode Boscher (ou la Planète des Alphas, ou les ouvrages de M.Bled) comme le modèle parfait de l'enseignement de la lecture, et de la langue, est un discours contraire aux valeurs républicaines, et ceux qui le tiennent, des schizophrènes graves, s'ils prétendent le contraire.
Explications.
Si l'on enseigne la lecture à partir des syllabes, alors que celles-ci n'existent pas dans le français écrit, quelle peut en être la conséquence ? Que les clés offertes ainsi aux élèves n'ouvriront que les portes déjà ouvertes (les rares mots où l'on peut en trouver, des syllabes !).
Qui deviendra alors capable d'ouvrir celles qui sont fermées ? Qui ? Sinon ceux qui vont trouver dans leur environnement familial les moyens de le faire ?
Si l'on enseigne les mouvements de la brasse sur un tabouret, il restera à l'élève à apprendre tout seul à nager dans l'eau, après s'être débarrassé du non-savoir acquis sur le tabouret.
De même, si l'on enseigne comment oraliser des syllabes et identifier les mots par le déchiffrage, il restera à l'élève à construire tout seul un vrai savoir-lire, celui qui maîtrise les opérations cognitives par lesquelles on comprend et qui permettent d'utiliser les écrits de la société, dont on sait qu'ils n'ont rien de commun avec la méthode de lecture.
Construire tout seul ? Bien sûr que non. Facile de deviner où sont ceux qui en auront les moyens ! Les autres, ils s'en passeront…
Un tel abandon, est-il bien conforme aux valeurs de la République ?.
Si l'on enseigne la lecture sur les phrases et les mots que l'on trouve dans la méthode Boscher ou dans " Léo et Léa ", comme : " je mène le cheval à la mare " (Léo et Léa, page 20) ou encore : " ma mère a ramené petite marie " (Méthode Boscher, page 11), phrases écrites sans majuscules donc sans orthographe (la majuscule en fait partie) et dans des formulations pour le moins douteuses grammaticalement, quelle conséquence peut-on attendre sur la maîtrise de la langue, priorité pourtant première en Haut Lieu ?
Si l'on enseigne systématiquement des règles toutes faites (du reste souvent fausses) à appliquer mécaniquement, alors que la maîtrise du langage n'est autre que la maîtrise des choix, (bien parler n'est point parler selon les règles, c'est savoir choisir, à l'oral comme à l'écrit, les formulations les plus efficaces, pour obtenir le résultat souhaité), qui va trouver les clés de la maîtrise langagière, et où ?
Cette option de sélection sociale est-elle conforme aux valeurs de la République ?
Evelyne charmeux mai 2006
Et après on ne doit pas parler de totalitarisme ?
Ecrit par : Ronin | 15 janvier 2007
Nager ne se conçoit que dans H2O....
Nager : Se soutenir et avancer sur l'eau par le mouvement de certaines parties du corps.
Ecrit par : Littré | 15 janvier 2007
Selon Evelyne Charlmeux, "un mauvais élève n'est jamais un élève qui ne sait rien, mais un élève dont l'école méprise ou ignore les savoirs"
Beau sujet de dissertation !
Ecrit par : Jeremy | 15 janvier 2007
JPB, d'ailleurs les derniers mots de Goethe furent "Mehr Licht", et non pas "encore un peu de lumière, ou alors c'est une traduction un peu éloignée de l'expression de départ.
Ecrit par : Jeremy | 15 janvier 2007
JPB, d'ailleurs les derniers mots de Goethe furent "Mehr Licht", et non pas "encore un peu de lumière, ou alors c'est une traduction un peu éloignée de l'expression de départ.
Ecrit par : Jeremy | 15 janvier 2007
Désolé de monopoliser mais... Todorov et Sollers ont conquis l'un après l'autre Kristeva ? C'est de l'histoire vraie ?
Ecrit par : Jérémy | 15 janvier 2007
Encore une info, et de taille :
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1- href="mailto:0@2">0@2-3226,36-855545@51-628860,0.html
Ecrit par : Jérémy | 15 janvier 2007
Je réessaie car ce n'est pas passé la première fois :
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1- href="mailto:0@2">0@2-3226,36-855545@51-628860,0.html
Ecrit par : Jeremy | 15 janvier 2007
Si l'on enseigne la lecture à partir des syllabes, alors que celles-ci n'existent pas dans le français écrit, quelle peut en être la conséquence ?
Cette phrase suffirait à elle seule à disqualifier son auteur si tant de gens ne parvenaient à monter en grade en disant et/ou en écrivant n'importe dans ce pauvre pays. Allez donc expliquer à un élève de 6ème après ça ce qu'est une pièce de théâtre en vers.
Ecrit par : robin | 15 janvier 2007
Bonsoir
On parle souvent de Goethe sur ce blog ... " Mehr licht "
Le F.°. Goethe disait que le symbole est le miroir de la pensée... Celui qui ne pense rien ne voit pas grand chose"
Il disait aussi :
"Qui possède la science et l'art a une religion ; qui ne possède ni l'un, ni l'autre, qu'il ait une religion."
"Ce n'est pas assez de faire des pas qui doivent un jour conduire au but, chaque pas doit être lui même être un but, en même temps qu'il vous porte en avant."
" La liberté et la vie ne sont gagnées que par ceux qui les reconquièrent chaque jour "
Et celle que je préfère :
"Comment l'homme peut-il se connaître ? Jamais par l'observation, mais bien par l'action. Essaie de faire ton devoir et tu sauras ce qu'il en est de toi. ce que chaque jour réclame."
Bonne nuit
Patrick
Ecrit par : Patrick(instit) | 15 janvier 2007
Si l'on enseigne les mouvements de la brasse sur un tabouret, il restera à l'élève à apprendre tout seul à nager dans l'eau, après s'être débarrassé du non-savoir acquis sur le tabouret.
Apprendre à nager sur un tabouret...N'est-ce pas exactement ce qui se passe dans les IUFM ?
Futurs profs., suivez le conseil de Madame Charmeux...Débarrassez-vous le plus rapidement possible du "non-savoir acquis sur les tabourets" des IUFM !
Ecrit par : Robin | 15 janvier 2007
Si l'on enseigne les mouvements de la brasse sur un tabouret, il restera à l'élève à apprendre tout seul à nager dans l'eau, après s'être débarrassé du non-savoir acquis sur le tabouret.
J''espère pour eux que Madame Charmeux n'a pas cherché à apprendre à nager à ses enfants et à ses petits enfants en les jetant à l'eau. Les miens ont appris à nager progressivement, dans une piscine avec un maître-nageur. Et ils n'ont pas appris à lire avec la méthode globale de Madame Charmeux. Ce qui leur permet aujourd'hui d'être de bons lecteurs et de bons nageurs. Entre jeter un enfant à l'eau et lui apprendre à nager sur un tabouret, il y a une solution intermédiaire. Mais Madame Charmeux est une révolutionnaire. Elle ignore superbement les solutions intermédiaires (celle par exemple expliquée sur ce blog par le vrai toto) et sa comparaison entre la lecture et la natation prend l'eau de toutes parts...Pauvres enfants ! On attendrait tout de même d'une grand-mère un peu plus de bon sens.
Ecrit par : Robin | 15 janvier 2007
On peut tomber dans l'eau, mais pas couler dans l'air....
Ecrit par : Danielle | 16 janvier 2007
...
Ecrit par : eneKo | 16 janvier 2007
Selon Evelyne Charmeux, "un mauvais élève n'est jamais un élève qui ne sait rien, mais un élève dont l'école méprise ou ignore les savoirs"
Beau sujet de dissertation !
Ecrit par : Jeremy | 15 janvier 2007
Oui, mais qui, j'en ai peur, ne mènera pas très loin l'élève en question.
Ecrit par : robin | 16 janvier 2007
Selon Evelyne Charmeux, "un mauvais élève n'est jamais un élève qui ne sait rien, mais un élève dont l'école méprise ou ignore les savoirs"
Certes, mais à quoi bon aller à l'école si c'est pour y apprendre ce qu'on sait déjà ?
Ecrit par : Robin | 16 janvier 2007
Désolé de monopoliser mais... Todorov et Sollers ont conquis l'un après l'autre Kristeva ? C'est de l'histoire vraie ?
Ecrit par : Jérémy | 15 janvier 2007
Désolé Jérémy, mais je ne suis pas un spécialiste des permutations structuralistes..Et en plus, c'était même pas dans Gala !
Ecrit par : Robin | 16 janvier 2007
Dans le Monde d'hier, sous la plume d'un Luc Cédelle qui n'en peut plus de bonheur, le triomphe absolu des IUFM! La toute-puissante Conférence des Directeurs d'IUFM va donc dicter sa loi, la loi du charabia pédant et des idées fausses sur la pédagogie, dans les Universités où ils ont été intégrés, ce qui veut dire , en clair, que lesdites n'auront d'autre ressource que de dérouler le tapis rouge devant les imbéciles archi-sous-diplômés qui peuplent ces officines inutiles et malfaisantes. Chers collègues, et futurs collègues, vous êtes attirés par l'enseignement, instruire les enfants vous passionne, vous souhaitez former leur esprit, les voir découvrir la connaissance, guidés par vous, vous souhaitez leur transmettre ce que vous même avez eu le bonheur d'apprendre, vous avez passé un concours difficile où un jury collégial a vérifié par des épreuves anonymes à la fois si vous dominiez la discipline que vous aviez choisie et si vous saviez vous exprimer devant un public, en un mot, vous sentez que vous êtes fait pour ce métier auquel vous entendez consacrer votre vie? Il vous suffirait donc de quelques séances de re-prise de contact avec des élèves réels dans un collège ou deux et dans un lycée sous la direction attentive d'un maître de stage pour être en mesure de débuter utilement dans votre carrière, l'entousiasme chevillé au corps et à l'âme. Ce serait trop simple! Lisez plutôt, dans le BO du 4 janvier, le petit programme de rééducation que l'IUFM vous réserve et qu'il a réussi à faire recommander par le Haut Conseil de l'Education, cet organe serve que Laurent Lafforgue avait fui avec une jubilation non feinte: l'IUFM vous fera "maîtriser", bandes d'incapables, dix "compétences" ( expression bizarre, "maîtriser une compétence", ça sent sa traduction de l'anglais, peut-être...). Je ne vous cite que la première: ""agir en fonctionnaire de l'Etat et de façon éthique et responsable" ( vous êtes tellement inconscients de vos responsabilités qu'il faut, voyez-vous, vous rééduquer; et cela, vous ne l'aviez pas deviné; à moins que la formule, sybilline, ne signifie que vous devrez courber l'échine devant la seule pédagogie possible et citoyenne, celle de l'IUFM, la prétention à transmettre des connaissances étant peut-être considérée par l'IUFM comme non-responsable); ajoutons encore la seconde: " maîtriser la langue française pour enseigner et communiquer" ( car il est évident que c'est à l'IUFM que vous allez enfin apprendre, en quelques mois, ce français que vous êtes censés ignorer; et comment pouviez-vous vous douter une seule seconde que vous auriez besoin de savoir le français pour enseigner et communiquer? Savez-vous, également, que lorsque vous vous rendrez à pied à l'IUFM, vous serez en train de pratiquer un exercice qui s'appelle la marche; je suppose que c'est un oubli, et l'IUFM se doit de vous donner des cours de marche). Bonne lecture de la suite!
Ecrit par : Jean | 16 janvier 2007
Jean,
Voilà un exemple de plus de la formule "Vous allez travailler moins mais plus".
Les jours des IUFM étaient comptés. Les hommes politiques au pouvoir avaient entendu (et peut-être même compris) les critiques exprimées contre le fonctionnement des IUFM. On allait enfin redonner à l'Université le rôle qui doit être le sien. Craignez pour vos postes messieurs les directeurs.
Le hic, c'est qu'on peut changer les structures et les appellations, on travaille avec les mêmes. Les ministres changent mais au ministère.....on fait carrière.
dj
Ecrit par : dj | 16 janvier 2007
Si l'on enseigne les mouvements de la brasse sur un tabouret, il restera à l'élève à apprendre tout seul à nager dans l'eau, après s'être débarrassé du non-savoir acquis sur le tabouret.
Commentaires intempestifs d'un spécialiste(?) de cette discipline sportive et de son enseignement en collège.
Nager c'est, de la part d'un sujet enfermé dans sa bipédie se déplacer dans un substrat et un espace radicalement différents. Déplacements qui exigent une neutralisation du programme moteur du bipéde, de son système d'équilibration, de respiration etc...et une reprogrammation des systèmes permettant une évolution adaptée dans le substrat aquatique. Le sujet confronté à l'apprentissage de la natation devra donc élaborer des systèmes spécifiques de représentation de l'espace (sensori-moteur et représenté), de respiration, d'équilibration et de propulsion. Cette construction d'une nouvelle motricité natatoire adaptée chez le jeune sujet est d'autant plus réussie qu'elle s'effectue sous la conduite d'un maître spécialisé.
(cet enseignement dans ma ville est désormais confié en primaire pour des raisons financières aux profs des écoles eux-mêmes qui, n'y connaissant rien recourent effectivement au tabouret pour initier leurs élèves. De plus en plus d'élèves entrent en sixième ne sachant pas nager.)
Envisageons à présent l'autre dimension non technique de cet enseignement.
En apprenant à nager sous la conduite experte d'un maître l'élève ne fait pas que construire un savoir et des compétences spécifiques. Il subit simultanément une frappe symbolique. La scène d'apprentissage de cet art dans un cadre institué (l'école) transforme le corps humain en texte aux multiples variantes. (il existe un grand nombre de techniques sportives et chorégraphiques aquatiques).
L'immense majorité des enseignants conçoit l'apprentissage et l'effectuation d'une technique corporelle (et l'écriture graphique en est une) comme une greffe plus ou moins réussie par conditionnement (stimulus-réponse) d'un savoir extérieur formalisé.
D'où par exemple l'apprentissage de la brasse (qui n'est pas de la natation, puisque cette technique renforce le comportement bipédique) sur le tabouret.
On s'interdit ce faisant de voir que le procès de transformation et de transfiguration du corps humain en texte auquel est soumis l'apprenti nageur est équivalent à celui de l'apprentissage et de l'utilisation de l'écriture: une procédure de l'identité par la voie d'un corps théâtralisé.
Un enfant au travail d'apprendre à nager ne fait pas qu'avaler une technique plus ou moins utile et gratifiante. Ce travail est le support cérémoniel d'une procédure d'identité: une occasion solennelle pour notre élève de se montrer en montrant ce qu'il a appris et qui le représente symboliquement. (Exactement de la même manière que le citoyen prouve son identité en montrant à l'autorité sa carte d'identité).
L'apprentissage scolaire de l'écriture graphique de la même manière est fondamentale en ce qu'il constitue dans notre culture et cela depuis plusieurs siècles une procédure-clé (mais pas clefs en mains) de construction de l'identité des élèves par ce jeu de miroir et de certification de l'identité.
Le cursus scolaire se présente donc à nous comme un long procès théâtralisé dans l'institution scolaire de construction progressive et inachevée de la relation d'identité de chaque sujet soumis à l'Obligation. En ce sens l'école fait oeuvre de justice en ce qu'elle constitue un cadre stricte où se joue la manoeuvre de dire à chacun ses compétences, ses limites. L'école est donc un des miroirs de la République au même titre que la justice judiciaire, une instance qui délègue son autorité aux maîtres pour attester rituellement et cérémoniellement l'identité toujours incertaine et en élaboration des passants que nous sommes.
Cette approche théorique de l'enseignement tourne le dos à la conception largement répandue parmi nous qui ne voit en lui qu'une simple transmission technique d'un produit extérieur formalisé et bon pour tous (le fameux bloc des connaissances). Conception qui oublie en passant l'essentiel: le rituel de la certification (aujourd'hui ravalé aux opérations techniques de l'évaluation quand ce n'est pas l'auto-évaluation) c'est à dire l'inscription par la parole autorisée de l'enseignant de la différenciation qu'a opéré chaque candidat en se reproduisant symboliquement dans ses oeuvres au cours des épreuves.
A ce propos je ne serais pas étonné que les prochains ministres de l'EN reviennent à la charge pour supprimer le bac une des rares occasions que rencontre dans sa vie le jeune citoyen de subir une épreuve officielle, de montrer solennellement les preuves , bref de faire face à un mirroir lui renvoyant effectivement une image de ce qu'il est et vaut.
Ecrit par : buntovchik | 16 janvier 2007
"Cette construction d'une nouvelle motricité natatoire adaptée chez le jeune sujet est d'autant plus réussie qu'elle s'effectue sous la conduite d'un maître spécialisé."
>> c'est trop fort! J'adooore! à moi la motricité natatoire!!!
"En apprenant à nager sous la conduite experte d'un maître l'élève ne fait pas que construire un savoir et des compétences spécifiques. Il subit simultanément une frappe symbolique. "
>> nom d'un chien ! une frappe symbolique! Et si on apprenait aussi la motricité boxatoire???? puis on verrait ce que donne alors la frappe symbolique dans le cadre intersidéral d'un ring déployé, l'appreneur déployant son poing sur l'extrémité nasale de l'apprenant-actant-de la réception du coup symbolique?
"La scène d'apprentissage de cet art dans un cadre institué (l'école) transforme le corps humain en texte aux multiples variantes. (il existe un grand nombre de techniques sportives et chorégraphiques aquatiques)."
>>Un corps transformé en texte aux multiples variantes ! Comment diable n'y avais-je pas pensé moi-même??? je ne dois pas avoir assez de variantes corporelles à la textualité de mes incarnations. Je me battrai symboliquement, tiens!
"L'immense majorité des enseignants conçoit l'apprentissage et l'effectuation d'une technique corporelle (et l'écriture graphique en est une) comme une greffe plus ou moins réussie par conditionnement (stimulus-réponse) d'un savoir extérieur formalisé."
Et de plus en plus fort : le corps est un texte greffé!
'tention les gars, les bourgeons vont bientôt pousser -prendre garde au dépotage aussi - humidifier correctement - ne pas oublier de mettre les élèves au soleil, les tourner avec régularité, pas qu'une branche textuelle aille pousser anarchiquitement ( oui, je sais, c'est à cause de natatoire et bravitude )
"D'où par exemple l'apprentissage de la brasse (qui n'est pas de la natation, puisque cette technique renforce le comportement bipédique) sur le tabouret."
Il est vrai que bipéder allongé sur un tabouret peut s'avèrer dangereux pour une planter en expansion lexicale, tout cela en conditionnement biotopique, culture hors-sol de préférence, sous serre exclusivement.
Décidément, j'adoooooooore ces nouveaux concepts.
C'était quoi ? La version remix d'jeunée des Précieuses?
Comment fait-on pour maintenir un comportement bipédique dans les commodités de la conversation????
Je m'interroge. M'interlocute. Me concentre. Me lambeauquette. Me reprends. Considère ma textualité assise en position volatoire, sinon aléatoire. Attends avec impatience l'éclosion des premiers surgeons graphèmiques à l'extrémité de mes orteils- que faire des rejets? les plonger dans une position coulatoire dans un verre, à l'ancienne mode ( où l'on plantait les choux avec le nez, ou le coude, selon les pays ! )
Me voilà partie en totale immersion botanique intertextuelle transversale et dialectique!
Que c'est beau le savoir !
Que c'est grand!
Que c'est libéralisateur ! libéralili.. lit baie râle Yse hâte heurts!
Crévindiu! dju !
Ecrit par : Milady | 16 janvier 2007
Vous êtes tous des mauvaises langues - regardez ce que disait monsieur le ministre aux professeurs de français :
"Enseignements élémentaire et secondaire
INSTRUCTIONS PÉDAGOGIQUES
L’enseignement du français au collège
NOR : MENE0402208C
RLR : 525-2a ; 514-5
CIRCULAIRE N°2004-168 DU 20-9-2004
MEN
DESCO A4 Texte adressé aux rectrices et recteurs d’académie ; aux inspectrices et inspecteurs d’académie, directrices et directeurs des services départementaux de l’éducation nationale ; aux inspectrices et inspecteurs pédagogiques régionaux ; aux principales et principaux de collège ; aux professeures et professeurs de lettres en collège
Développer la maîtrise du français à l’école primaire et au collège constitue un objectif central pour la réussite des jeunes. À la rentrée 2005, la première génération d’élèves ayant suivi le nouveau programme de l’école primaire pendant l’ensemble du cycle des approfondissements arrivera au collège.
Bien que les programmes de français du collège restent inchangés, les professeurs enseignant en classe de sixième doivent relire les instructions à la lumière de ces nouveaux programmes et en tenir compte dans leurs pratiques (1). Il me semble nécessaire d’attirer leur attention sur les points saillants des programmes de l’école primaire, dans le souci de faciliter la transition entre ces deux niveaux.
À la lumière des propositions du groupe d’experts présidé par le professeur René Rémond et chargé de la relecture des programmes des disciplines du pôle des humanités au collège, je souhaite formuler quelques recommandations sur la place des exercices fondamentaux, à l’écrit comme à l’oral, dans l’enseignement du français en classe de sixième.
1 - Tenir compte des connaissances et compétences acquises par les élèves à l’issue de l’école primaire
À l’école primaire, la maîtrise du langage et de la langue française apparaît comme une préoccupation constante dans toutes les activités mises en œuvre dans l’ensemble des domaines disciplinaires. Le langage et les écrits spécifiques à chacun de ces domaines (par exemple, la description en géographie, l’argumentation en sciences, etc.) participent à l’acquisition des compétences lexicales, syntaxiques et d’organisation des textes attendues à la fin de l’école primaire. Les élèves doivent apprendre à mieux s’exprimer, mieux lire et mieux écrire dans les domaines considérés.
Par ailleurs, au cycle des approfondissements, les élèves travaillent deux champs disciplinaires nouveaux : l’observation réfléchie de la langue et la littérature.
L’observation réfléchie de la langue
Au cycle des approfondissements, on conduit les élèves à une réflexion sur l’organisation de la langue et à une familiarisation avec ses structures. On leur permet, à partir de l’analyse de textes, de dégager des régularités, de formuler et de mémoriser des règles ; on renforce ainsi leur capacité à comprendre ce qu’ils lisent et à mettre en mots leur pensée et leur sensibilité.
Les programmes font porter ce travail sur la phrase : organisation, structure du groupe nominal, structure du groupe verbal, accords dans le groupe nominal, accord sujet verbe, accord du participe passé employé avec l’auxiliaire être. Quelques faits de langue concernant le texte sont rencontrés sans pour autant faire l’objet d’une étude trop systématique : ponctuation, reprises, valeur des temps verbaux...
La littérature
À l’école primaire, le programme de littérature vise à nourrir l’esprit des élèves de textes littéraires de bonne qualité, choisis dans une liste nationale illustrant la richesse de notre patrimoine en ce domaine. Le travail porte essentiellement sur la compréhension de textes appartenant à des genres différents (romans, nouvelles, poésie, théâtre). On est attentif à faire découvrir les trames narratives, à identifier les personnages, à mettre en relation des textes différents. On entraîne les élèves à raconter leur lecture, à en discuter, à réciter les passages dont la qualité de langue justifie qu’ils s’en souviennent. Ils apprennent également à produire des textes des différents genres découverts en lecture par des pastiches, en écrivant des suites de textes, etc.
Dans ces différentes activités, on ne met jamais en œuvre les techniques de la lecture littéraire qui seront utilisées au collège. On fait l’hypothèse que les élèves ainsi formés auront acquis une culture et une pratique des textes suffisantes pour aborder un enseignement de littérature au collège.
L’articulation de l’école primaire aux objectifs spécifiques de la classe de sixième
Les objectifs d’enseignement du français au collège s’inscrivent dans la continuité des enseignements à l’école primaire. Il convient cependant d’être attentif aux points suivants.
- Parler, lire et écrire sont des apprentissages qui doivent se poursuivre tout au long de la scolarité. Les élèves, à l’issue de l’école primaire, disposent des bases, mais ils doivent être encore entraînés avec détermination.
- En lecture : la plupart des élèves sont capables de comprendre des textes qui ne contiennent pas d’informations inattendues ou trop étrangères à leurs connaissances et qui sont écrits dans une langue accessible. Au collège, ils devront apprendre à lire des textes pour acquérir des connaissances nouvelles, à explorer une langue plus éloignée de celle qu’ils maîtrisent.
- En production de textes : les élèves de l’école primaire ont appris à écrire des textes courts, de genres variés, mais toujours dans des situations où ils sont accompagnés par le maître. Ils doivent pouvoir copier des textes sans erreur, ils doivent pouvoir réviser l’orthographe d’un texte avec l’aide d’instruments et l’appui de l’enseignant.
- L’oral est central à l’école primaire. Tous les apprentissages passent par l’oral. En revanche, les élèves ne maîtrisent pas une prise de parole longue. Le respect des normes propres à un genre (exposé, etc.) est en cours d’acquisition.
2 - Multiplier les exercices écrits et oraux au collège
Je demande que soit renforcée, dans l’organisation des séquences, la place d’exercices fondamentaux, à l’écrit comme à l’oral, qui favorisent un effort personnel et répété des élèves ; leur importance et leur caractère formateur doivent être fortement réaffirmés.
Lire
- L’objectif est de donner le goût de lire aux élèves et de les entraîner à toutes les formes de lecture. Ainsi la lecture cursive, la lecture en réseau et la lecture documentaire doivent trouver effectivement dans les classes la place qui leur est ménagée dans les programmes.
- Cette exigence suppose une augmentation significative du nombre de textes et d’œuvres lus et leur diversification. Les livres lus de façon personnelle, essentiellement en dehors de la classe, par les élèves doivent être aussi nombreux que possible. L’on peut se référer à l’objectif affiché pour le primaire et le collège, soit une dizaine par an.
Écrire
Bien au-delà de la seule production écrite de fin de séquence, diverses formes d’écriture sont demandées en permanence aux élèves et chaque séance de français doit comporter un temps d’écriture : rédaction de textes qui développent l’autonomie, l’imagination et la créativité des élèves dans le respect des règles de l’expression, mais aussi initiation à la rédaction de textes pour soi (notes, brouillons...), qui permettent à l’élève de fixer ce qui doit être compris et retenu. L’écriture fait ainsi l’objet d’un entraînement régulier, en dehors de toute perspective d’évaluation immédiate. On limite par ailleurs le recours à des exercices réalisés de façon mécanique à partir de fiches photocopiées.
Écouter, parler
- La récitation (textes en prose, extraits de théâtre, poésies, dans tous les cas étudiés préalablement en classe) conduit les élèves à faire travailler leur mémoire et à améliorer leur expression orale. Elle leur permet également de prendre conscience du sens que l’on peut donner au texte par la manière dont on le dit. Ainsi que le suggèrent les programmes, on les encourage aussi à se constituer une anthologie de textes qui les accompagne tout au long de leur scolarité.
- Les échanges oraux entre les élèves doivent être stimulés, par exemple à l’occasion de comptes rendus critiques de lecture ou d’un travail sur l’image...
Étudier la langue pour lire, écrire, écouter et parler
- Il est impératif de consacrer du temps, c’est-à-dire des séances complètes de travail systématique, à l’étude (observation, analyse, mémorisation) de la langue et de son fonctionnement (grammaire, orthographe, vocabulaire).
- Les différentes formes de dictée (entraînement, contrôle) sont conjuguées avec des exercices conduisant les élèves à orthographier correctement leurs propres productions (2). Une grande vigilance orthographique est demandée, constamment et pour l’ensemble de leurs productions écrites, aux élèves. L’usage des manuels (dictionnaire, manuel de grammaire) et de l’outil informatique (correcteur automatique) permet à l’élève de trouver les informations qu’il recherche.
- L’apprentissage systématique du lexique est nécessaire et doit être organisé. La structuration progressive des apprentissages dans ce domaine passe non seulement par la lecture de textes mais aussi par la recherche de mots, que l’on fera regrouper autour d’un thème ou que l’on classera les uns par rapport aux autres. L’étude - simple - des familles de mots et des principales règles de composition (préfixe, suffixe, radical) est également à développer. On veillera enfin à la mémorisation de ces mots et à leur réemploi effectif dans les activités d’écriture.
E n pratique, dès le collège, l’enseignement du français doit pouvoir illustrer la grande richesse de notre langue et faire acquérir aux élèves une culture littéraire commune. Il doit les amener, avec l’appui de toutes les disciplines enseignées, à s’exprimer clairement, à l’écrit comme à l’oral. Cette orientation doit être comprise comme une nécessité dans une perspective aussi bien personnelle que professionnelle.
Le ministre de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche
François FILLON"
Alors , hmmm? convaincus????
Ils disposent des bases en sortant du primaire. C'est marqué.
Ils sont capables de copier sans erreur.
Capables avec un dictionnaire de trouver leurs erreurs...
Alors, alors????
Ecrit par : Milady | 16 janvier 2007
" - L’objectif est de donner le goût de lire aux élèves et de les entraîner à toutes les formes de lecture. Ainsi la lecture cursive, la lecture en réseau et la lecture documentaire doivent trouver effectivement dans les classes la place qui leur est ménagée dans les programmes. "
La lecture cursive, je connais, mais la lecture en réseau, quid est ??? C'est vraiment branché, le langage des néo-précieux !
Ecrit par : Jérémy | 16 janvier 2007
"Crévindiu! dju !"
J'adôôôôre ce post :o)))) il faudrait l'encadrer ;)
Ecrit par : toto | 16 janvier 2007
Alors , hmmm? convaincus????
Ils disposent des bases en sortant du primaire. C'est marqué.
Ils sont capables de copier sans erreur.
Capables avec un dictionnaire de trouver leurs erreurs...
Alors, alors????
Ecrit par : Milady | 16 janvier 2007
Comme vous le savez, Milady, je n'enseigne plus actuellement et la retraite (de Russie) approche à grand pas.
"Vieil homme, recru d'épreuves
détaché des entreprises, sentant venir le froid éternel
mais jamais las de guetter dans l'ombre
la lueur de l'espérance !" ....
..."Puisque tout recommence toujours,
ce que j'ai fait sera, tôt ou tard, une source d'ardeurs
nouvelles après que j'aurai disparu."
Alors expliquez-moi si ce programme, globalement positif, est en vigueur actuellement...Que voulez-vous dire par "Alors , alors?????" Vous qui êtes encore sur le terrain...Où est le hic ?
Impatient de vous lire, je baise vos belles mains blanches avec la plus respectueuse dévotionitude.
Athos
Ecrit par : Robin | 16 janvier 2007
Todorov a écrit des choses intelligentes, y compris dans sa pleine période structuraliste. Qu'il se soit compromis au CNP n'est pas à son honneur, encore faudrait-il savoir de quoi il est responsable exactement.
Il n'en reste pas moins que ses écrits sont très intéressants et ont souvent été pitoyablement déformés par des pédagos incultes. Et quand tout cela est arrivé mal digéré dans des manuels scolaires et que des professeurs ignards-comme il en traîne tant dans les établissements - ont redonné le tout à leurs élèves, cela a fini par être une infâme bouillie totalement caricaturale qui n'a plus grand-chose à voir avec la pensée initiale. Pour utiliser les concepts de Genette, de Todorov et d'autres théoriciens, il ne faut pas les découvrir pour la première fois dans un manuel scolaire, il faut avoir travaillé dessus d'un point de vue théorique. Et là, on ne peut nier l'intérêt de ces études critiques.
Je crois que le procès majeur qui doit être fait est celui de l'insuffisance de la formation des professeurs du secondaire qui pour une bonne partie d'entre eux n'ouvrent pas souvent un livre. Au collège, c'est criant. Alors, rendons à Todorov ce qu'on lui doit.
Ecrit par : Thalie | 16 janvier 2007
Je crois que le procès majeur qui doit être fait est celui de l'insuffisance de la formation des professeurs du secondaire qui pour une bonne partie d'entre eux n'ouvrent pas souvent un livre.
Oui, c'est vrai. On dirait qu'ils se croient obligés de se mettre au diapason des élèves. Vous avez remarqué aussi qu'un professeur homme n'a pratiquement plus le droit de porter une cravate et que la mode est de s'habiller comme les élèves. C'est peut-être un détail, peut-être pas. Un jour, il y a pas mal de temps de cela une principale, croyant sans doute me faire plaisir me fit remarquer que j'étais "cultivé"...Comme si ce n'était pas la moindre des choses, pour un professeur, d'être cultivé, de lire, de se perfectionner sans cesse...
Les professeurs de collège ont des excuses pour "en être là", beaucoup d'excuses, mais il faudrait que certains d'entre eux retrouvent un peu de dignité, ils en seraient plus combattifs et plus solidaires. Je suis désolé d'avoir à le dire, mais il y a un peu trop de lâcheté dans l'air des salles des profs.
Ecrit par : Robin | 16 janvier 2007
Il me semble que le CNP valide les programmes qui lui sont soumis, et donne également les grandes orientations de ceux qui remplaceront ceux qu'il vient de valider (vous voyez déjà l'absurde de la chose), Todorov peut donc avoir dit plein de choses extraordinaires sur Bakhtine, le fantastique et l'altérité, ca ne lève pas son appartenance au CNP, qui n'apparaît franchement pas souvent ! (il faut aller sur le ministère pour le voir membre à part entière de ce Conseil National des Programmes).
Sinon j'ai cru comprendre que Todorov était le compagnon de Nancy Huston, comme quoi on en apprend tous les jours, et sans prendre tout ça trop au sérieux, on parle bien des relations Sand/Musset, Sartre/Beauvoir, on peut bien parler de Todorov/Kristeva (autrefois) ou Todorov/Huston (aujourd'hui) si c'a été réellement le cas.
Ecrit par : Jeremy | 16 janvier 2007
Pour l'ignaritude (allons-y gaiement) des professeurs de collège, qui sont recrutés de la meme façon que les profs de lycée, il faut admettre qu'après 18 heures devant des gamins qui rigolent et ne savent pas mettre de "s" au pluriel, après 2 heures de route en RER ou en voiture, et avant de corriger deux paquets de copies avec 5 fautes par ligne, on a parfois du mal à se replonger dans les aventures de Calixte et Mélibée, même si c'est très beau, Fernando de Rojas. Combien de jeunes collègues se plantent devant la télé, parent au plus pressé en épluchant les relevés de compte ou en allant faire réparer la voiture car ils n'ont pas les moyens d'en changer, ou profitent de leur peu de temps libre pour rejoindre leur ami(e) loin de leur établissement d'affectation (depuis leur mut' à perpet') ou pour préparer leurs cours.
Le boulot de prof se prolétarise, dans les salaires comme dans les conditions de travail.
Et vu les programmes de fac, on peut faire tout son cursus de lettres sans avoir JAMAIS entendu parler de Todorov, comme on peut faire tout son cursus d'allemand sans JAMAIS avoir étudié une page de Goethe, Schiller, Eichendorff, Trakl, Zweig ET Grass - c'est du vécu.
Tous les programmes ont été cassés depuis bien longtemps, sauf peut-être ceux de prépa, mais ça m'étonnerait que ça dure.
Ecrit par : Jeremy | 16 janvier 2007
Tous les programmes ont été cassés depuis bien longtemps, sauf peut-être ceux de prépa, mais ça m'étonnerait que ça dure.
Ecrit par : Jeremy | 16 janvier 2007
Je le sais bien, Jérémy...Et je trouve ça bien triste. Un prof aujourd'hui, c'est le poète lynché dans les cuisines de Trimalcion. L'Empire romain l'a payé au prix de sa disparition...Et disparaître, c'est ce qu'il méritait de mieux...Quant à nous...
Ecrit par : Robin | 16 janvier 2007
Pour constater le bouleversement du travail de l’enseignant et le mépris dans lequel il est tenu par ceux qui l’ont fui, je ne peux résister au plaisir (et à l’honneur, bien sûr) de vous faire partager mon éblouissement à la lecture des vœux des IPR aux professeurs (sans doute enfermés dans leur bipédie !). Les inspecteurs font penser de plus en plus aux généraux de 14-18…
La vision qu’ont ces braves gens des professeurs et de leur métier est plutôt spéciale… Où l’on retrouve le fameux SENS cher au social christianisme.
UNE ASTUCE, si vous avez le courage de lire : cherchez le mot ENSEIGNER.
« Chers collègues,
L’inspection pédagogique régionale vous souhaite une excellente année 2007, qu’elle vous apporte de multiples satisfactions tant professionnelles que personnelles.
Au seuil de cette nouvelle année civile mais presqu’au milieu de cette année scolaire, de nombreux chantiers sont en cours ‑ poursuite ou mise en place de la réforme des séries technologiques au lycée (STG et ST2S), ‑ poursuite de l’intégration du socle commun dans les enseignements et de la mise en ouvre des PPRE au collège, ‑ installation des Conseils Pédagogiques dans l’ensemble des établissements. Par ailleurs, certains d’entre‑vous sont impliqués ou pilotent localement des expérimentations sur les Environnement Numériques de Travail, des projets innovants, des projets d’éducation au développement durable, des projets culturels, des projets TIC, et poursuivent le travail engagé dans l’accompagnement et le travail des élèves dans les Travaux Personnels Encadrés et les itinéraires de découverte, l’option de découverte professionnelle en classe de troisième, etc. Votre implication est forte, elle est aussi essentielle et nous vous en remercions. Le découragement vous gagne parfois face à l’ampleur et à la diversité des tâches engagées, à la complexité de certaines d’entre‑elles, aux sollicitations qui vous sont faites.
Toutes ces réformes ont un sens et sont en synergie les unes avec les autres : elles visent à favoriser la réussite des élèves, leur intégration sociale et professionnelle et la préparation à leur vie de citoyen. Ce sens se dilue parfois lorsque les réunions s’éternisent, dérivent quelque peu, et que la fatigue prend le dessus. II est alors essentiel de se le remémorer: le socle commun fixe des objectifs et une échéance pour chaque élève, les PPRE offrent un outil de soutien à ceux qui peinent à acquérir les compétences fondamentales, le conseil pédagogique est un espace de réflexion transdisciplinaire à l’intérieur de l’établissement afin de concevoir les modalités de fonctionnement de l’ensemble des dispositifs. Comme pour toute évolution de structure, la mise en route est consommatrice d’énergie et de temps jusqu’à ce que la vitesse de croisière soit atteinte : il faut assimiler les réformes, intégrer leurs implications, trouver des modalités de mise en œuvre qui soient à la fois fonctionnelles, efficaces, efficientes, et durables.
Pour l’ensemble de ces chantiers, les IA‑IPR sont à vos côtés pour favoriser et partager la réflexion, préparer la mise en œuvre, les actions de formation ou d’accompagnement qui permettront de faciliter les adaptations et les mutations. Vous êtes, avec les chefs d’établissements, en première ligne. Nous tenons donc à vous assurer de notre soutien dans cette entreprise ambitieuse qui est l’affaire de tous. Nous vous souhaitons d’y trouver un enrichissement intellectuel personnel, des objets de motivation, et surtout de conserver vif, le plaisir d’enseigner, de transmettre, d’éduquer. »
(Les coquilles sont d’origine)
L’avenir est rose !
Ecrit par : Lariba | 16 janvier 2007
Lariba, vous êtes généréuse : je dirais plutôt que ca ressemble à un message des généraux français de 39-40. Le tout est de savoir si l'on se situe plutôt en septembre 1939 ou en avril 1940, même si ce n'est finalement qu'une question de temps et d'échéance.
Ecrit par : Jeremy | 16 janvier 2007
Lariba écrit: L'avenir est rose!
Chez nous, en Allemagne, les industriels, les ministres et leurs valets les pédagocrates tenus en laisse par des think tanks comme Bertelsmann tiennent le même discours, nous envoient les mêmes bulles. Mais ils sont plutôt de droite. D'ailleurs, Sarkozy est l'idole des jeunes chrétiens démocrates.
L'avenir est aussi noir.
Wolfgang
Ecrit par : wolfgang walkiewicz | 16 janvier 2007
L'éducation va aussi mal en Allemagne qu'en France, je ne crois pas qu'il y ait grand chose à trouver là-bas. On a beau lire Alphonse Rabbe au Gymnasium, on y connaît mieux Junimond et die toten Hosen que Schiller et Nelly Sachs.
Ecrit par : Jeremy | 16 janvier 2007
Jérémy, tous les professeurs de collèges de France et de Navarre ne sont pas dans les conditions que vous décrivez ou du moins n'y restent pas pendant toute leur carrière. Et ceux dont je dis qu'ils ne font rien, ne lisent rien, ne se tiennent au courant de rien ne sont pas dans le cas de figure que vous décrivez. Quand vous dites qu'on peut faire une licence sans avoir abordé ces théories, je veux bien vous croire, d'où l'intérêt qu'il y aurait eu à ne recruter les professeurs qu'avec un capes non "didactisé" et une agrégation. Mais le mal est fait. Ce n'est pas une raison pour tout mélanger. Il a existé , il n'y a pas si longtemps, une aristocratie ouvrière qui lisait après ses 40 heures de travail et qui trouvait cela bien.
Ecrit par : Thalie | 16 janvier 2007
A l'adresse de Messieurs les IG, IA-IPR et IGEN :
Proposition de sujet pour les EAF, session de juin 2007 (Série L) :
Après avoir lu attentivement l'ensemble des documents du sujet, vous ferez le commentaire composé des deux textes ci-dessous :
Texte A - Déclaration d'IA-IPR au seuil de l'année 2007
" Votre implication est forte, elle est aussi essentielle et nous vous en remercions. Le découragement vous gagne parfois face à l’ampleur et à la diversité des tâches engagées, à la complexité de certaines d’entre‑elles, aux sollicitations qui vous sont faites. Toutes ces réformes ont un sens et sont en synergie les unes avec les autres : elles visent à favoriser la réussite des élèves, leur intégration sociale et professionnelle et la préparation à leur vie de citoyen. Ce sens se dilue parfois lorsque les réunions s’éternisent, dérivent quelque peu, et que la fatigue prend le dessus. II est alors essentiel de se le remémorer: le socle commun fixe des objectifs et une échéance pour chaque élève, les PPRE offrent un outil de soutien à ceux qui peinent à acquérir les compétences fondamentales, le conseil pédagogique est un espace de réflexion transdisciplinaire à l’intérieur de l’établissement afin de concevoir les modalités de fonctionnement de l’ensemble des dispositifs. Comme pour toute évolution de structure, la mise en route est consommatrice d’énergie et de temps jusqu’à ce que la vitesse de croisière soit atteinte : il faut assimiler les réformes, intégrer leurs implications, trouver des modalités de mise en œuvre qui soient à la fois fonctionnelles, efficaces, efficientes, et durables."
Texte B - Déclaration d'un mineur du Donbass (31 août 1935)
"Le Komsomol avait organisé un concours, il fallait extraire le plus de charbon par homme en une journée. Ce travail était long et épuisant, la poussière nous faisait suffoquer, les masses de charbon nous démolissaient le dos, nous devions être résistants physiquement mais aussi moralement pour ne pas succomber à la fatigue. Mais ce jour-là, l'incroyable se produisit: un homme, un dénommé Stakhanov, parvint à extraire quatorze fois plus de charbon que la normale. Il venait d'accomplir un exploit surhumain. Nous n'arrivions pas à comprendre comment un seul homme était capable de faire preuve d'une telle force, car certains d'entre nous étaient morts en essayant de travailler deux fois plus vite et en portant de trop lourdes charges. Nous avions désormais un modèle, un guide auquel nous pouvions nous identifier."
Corrigé :
On attendra que soient répérés les procédés communs aux deux textes : mise en valeur de la fatigue, évocation de la difficulté de la tâche, exhortation à l'effort inutile, recherche effrénée de l'efficacité, poursuite d'un but illusoire, observation d'un silence religieux sur la différence entre les buts recherchés et les résultats atteints, mensonge adroitement effectué.
Ecrit par : Jeremy | 16 janvier 2007
Thalie, reprenons dans l'ordre :
- les jeunes profs sont dans les conditions décrites, et les TZR également sorte de bizutage de quelquse années imposé par l'administration)
- Les profs qui ont de la bouteille et qui ne lisent rien, j'en connais un tas, dont une partie est même à l'IUFM, l'un d'eux est passé inspecteur, il recommandait à outrance la littérature de jeunesse au lycée et était un afficionado du Goncourt des Lycéens, je ne me plains pas de ne pas pouvoir le voir sévir.
- J'affirme clairement qu'on peut avoir un master d'allemand sans avoir jamais vu figurer à son programme Goethe, Schiller, Eichendorff, Trakl, Grass, etc. de même qu'on peut avoir un master de lettres sans avoir JAMAIS étudié Mauriac, Marivaux ou Montesquieu (j'ai pris les auteurs en M, j'aurais pu dire Eco, Valéry et Rabelais, sans parler de la littérature étrangère!)
- Quant à l'aristocratie ouvrière dont vous parlez, je ne dis pas qu'on ne peut pas lire en ayant des conditions de vie difficiles, je dis que les conditions peuvent obliger à faire autre chose que lire, mais ca ne concerne qu'une petite partie des profs, ceux qui ne sont pas privilégiés par le système.
Ecrit par : Jeremy | 16 janvier 2007
"Alors expliquez-moi si ce programme, globalement positif, est en vigueur actuellement...Que voulez-vous dire par "Alors , alors?????" Vous qui êtes encore sur le terrain...Où est le hic ?
Impatient de vous lire, je baise vos belles mains blanches avec la plus respectueuse dévotionitude.
Athos"
C'est avec une extrême gratitude que je reçois votre dévotionitude, Athos, soyez-en remerciavé.
( - au moins la petite mère des peuples nous aura permis de jouer sans retenue avant de partir dépérir dans les rizières creusées à mains nues qui seront instaurées dans le Poitou ! )
Le programme Athos, est tout à fait respecté, que pensez-vous donc? Fi! Nous respectons, à la lettre, les divines instructions.
Le seul problème, léger j'en conviens, se trouve exactement ici : "On fait l’hypothèse que les élèves ainsi formés auront acquis une culture et une pratique des textes suffisantes pour aborder un enseignement de littérature au collège."
Or... dans les faits... l'hypothèse est infirmée par la réalité.
S'ensuivent donc d'acrobatiques exercices de voltige aéronautique textuelle, qui consistent à faire le programme à des élèves qui ne peuvent pas le comprendre - du tout.
Et du coup, l'air de rien et sans y toucher, l'appreneur reprend des leçons primaires, histoire de rendre son propos vaguement compréhensible aux masses laborieuses qui sont sous son nez!
Là où cela devient périlleux, voire risqué, c'est lorsqu'on aborde des notions extrêmement intelligentes et fines - comme celle de la valeur de sens des temps et des modes. Et que l'on s'aperçoit ( enfin, on ne peut plus l'ignorer ) que pas un apprenant ne sait ce que c'est qu'un temps, encore moins un mode et par voie de conséquence logique ne peut construire ( seul ou pas ! ) de sens à ces temps et modes ignorés.
Reprendre cela en deux ou trois heures pour passer la notion ensuite ( ce que nous faisons ) est de la plus rare hypocrisie et tout le monde sait bien que tout ce fatras-là sera oublié avec ferveur!
Et au lieu de consacrer le temps nécessaire à l'apprentissage, et de veiller à ce que cela au moins soit acquis et sauvé des périls du temps, non non, nous nous ruons bravement à l'assaut d'une nouvelle notion tout aussi complexe, et requérant tout autant de savoirs-déjà-là comme dirait la Charmeuse de Boas, savoirs-déjà-là qui-ne-sont-pas-là et donc, nous allons tous voir là-bas s'ils n'y seraient pas déjà, ces savoirs-déjà-là! Parce qu'en plus, les programmes sont énormes. ....
Quant à la situation du lycée, elle est proportionnellitellement amplifiée : là, nous voguons dans les grandes eaux de l'interprétation, des axes de lecture, que vous trouverez seuls, enfants! ; nous parcourons le coeur vaillant les plus grands textes littéraires et ... nous essayons de ne pas trop trop nous offusquer des résultats amusants, bouffons, dramatiques, étranges, de cette traversée!
Par exemple, saviez-vous que René Char aimait une femme grande, sèche, qui sentait le poisson? .... interprétation d'un élève de STI au poème : Mon amour à la robe de phare bleu... et oui! Char quand même! Cela s'appelle en langage ioumfesque (> adjectif tiré lestement de "iufm" ) : une hypothèse de sens - c'est joli, non?
En conclusion, tout ceci est d'une sublime hypocrisie. Sur le papier, tout est parfait.
Dans la réalité, d'après ce que j'ai pu lire des pédagogues, toutes les errances, tous les ravins, tous les échecs, ne sont dus qu'aux professeurs, ces incapables fieffés!
Mais les résultats sont excellents et en hausse - disent-ils itou.
Pour ramener une petite note de joie et d'espérance : pour les élèves brillants, on ne fait pas mieux comme programmes. J'ai quand même eu la chance et le bonheur de lire des copies excellentes qui tirent le meilleur parti de cette infernale somme d'outils dont nous les abreuvons et qui parviennent à des résultats de commentaire et de dissertation que franchement nous n'étions pas capables de faire 'dans le temps' ( parce que nous ne disposions pas du tout de ces outils - ) Il y a du bon, du très bon. Mais pour très bons élèves exclusivement.
Les autres...
Ecrit par : Milady | 16 janvier 2007
Milady, puis-je vous indiquer que selon des élèves de Seconde, en devoir, Leopold Sedar Senghor était raciste "car il n'aimait pas les Noirs".
Eh oui, des élèves de Seconde, qui avaient passé 5 heures de cours sur Senghor et qui avaient ses textes sous les yeux... Ca aussi, à l'IUFM, c'est une hypothèse de sens, ou mieux, c'est la faute du prof qui n'a pas su guider se élèves.
Bon ces cinq élèves sont en BEP aujourd'hui... ah non, pardon, il y en a deux qui ont redoublé, et deux qui sont en première (SMS et ES)
Ecrit par : Jeremy | 16 janvier 2007
UNE ASTUCE, si vous avez le courage de lire : cherchez le mot ENSEIGNER.
Nous vous souhaitons d’y trouver un enrichissement intellectuel personnel, des objets de motivation, et surtout de conserver vif, le plaisir d’enseigner, de transmettre, d’éduquer. »
(Les coquilles sont d’origine)
L’avenir est rose !
Ecrit par : Lariba | 16 janvier 2007
On était obligé, en effet d'avoir le courage de tout lire, Lariba, puisque le mot "enseigner" ne figurait qu'à la toute dernière ligne de cet indigeste fatras...J'ai pensé à un moment déceler une lueur d'ironie, mais même pas, c'était sans doute involontaire ! Comment qu'ils disaient déjà dans l'Internationale ? ..."Les balles seront pour nos propre généraux !"
Il y a vraiment des balles (ou des baffes) qui se perdent !
A moins qu'on ne soit en effet en 39 et pas en 17 et qu'ils s'amusent à nous faire construire la ligne Maginot...
"- Mort aux cons, mon général ! "
-"Vaste programme !"
(Charles de Gaulle)
Ecrit par : Robin | 16 janvier 2007
"A l'adresse de Messieurs les IG, IA-IPR et IGEN :
Proposition de sujet pour les EAF, session de juin 2007 (Série L) :
Après avoir lu attentivement l'ensemble des documents du sujet, vous ferez le commentaire composé des deux textes ci-dessous :
Texte A - Déclaration d'IA-IPR au seuil de l'année 2007
"(..) Le découragement vous gagne parfois face à l’ampleur et à la diversité des tâches engagées, à la complexité de certaines d’entre‑elles, aux sollicitations qui vous sont faites.
( ... ) Comme pour toute évolution de structure, la mise en route est consommatrice d’énergie et de temps (...) "
Texte B - Déclaration d'un mineur du Donbass (31 août 1935)
"Le Komsomol avait organisé un concours, il fallait extraire le plus de charbon par homme en une journée. (.. ) Nous avions désormais un modèle, un guide auquel nous pouvions nous identifier."
Corrigé :
On attendra que soient répérés les procédés communs aux deux textes : mise en valeur de la fatigue, évocation de la difficulté de la tâche, exhortation à l'effort inutile, recherche effrénée de l'efficacité, poursuite d'un but illusoire, observation d'un silence religieux sur la différence entre les buts recherchés et les résultats atteints, mensonge adroitement effectué. "
Ecrit par : Jeremy | 16 janvier 2007
Bravo!!!! Merci! C'est excellent !
Ecrit par : Milady | 16 janvier 2007
"Milady, puis-je vous indiquer que selon des élèves de Seconde, en devoir, Leopold Sedar Senghor était raciste "car il n'aimait pas les Noirs".
>> je n'ai jamais dit que c'était bien pour tout le monde! :)
Pour deux ou trois tous les dix ans. C'est bien. C'est déjà ça.
Vous me faites penser à Mohammed, d'origine sénégalaise évidente, qui collait des affiches pour Le Pen, parce qu'il en avait marre de tous ces noirs qui viennent profiter de la France! lui, il était français, il avait le papier...
Ecrit par : Milady | 16 janvier 2007
"Si l'on enseigne les mouvements de la brasse sur un tabouret, il restera à l'élève à apprendre tout seul à nager dans l'eau, après s'être débarrassé du non-savoir acquis sur le tabouret.
Apprendre à nager sur un tabouret...N'est-ce pas exactement ce qui se passe dans les IUFM ?"
Ecrit par : Robin | 15 janvier 2007
Si j'apprends uniquement les syllabes, en décontextualisant, ou plutôt, comme c'est martelé ici, en "détextualisant" complètement, j'apprends à nager sur un tabouret. Par contre, si j'inclus rationnellement l'étude de textes à mon apprentissage de syllabes, je me mets "dans le bain" (des textes), et les mouvements que je fais prennent tout leur sens, puisque je suis obligé de les faire correctement pour arriver à ne pas couler et à nager. Mettre les élèves directement dans le bain ressemble furieusement à de la méthode globale.
Ecrit par : christophe sibille | 16 janvier 2007
Milady, ah non non, je donnais cet exemple pour confirmer ce que vous disiez et donner un exemple en plus de celui sur René Char !
Je suis par ailleurs d'accord sur l'idée que des élèves doués et intéressés peuvent tirer parti de nos programmes ; j'ai entendu des choses très bien sur Rabelais, sur Vigny, sur Proust...
Senghor raciste, c'était pour corroborer Char et le poisson...
Ecrit par : Jeremy | 16 janvier 2007
Si j'apprends uniquement les syllabes, en décontextualisant, ou plutôt, comme c'est martelé ici, en "détextualisant" complètement, j'apprends à nager sur un tabouret. Par contre, si j'inclus rationnellement l'étude de textes à mon apprentissage de syllabes, je me mets "dans le bain" (des textes), et les mouvements que je fais prennent tout leur sens, puisque je suis obligé de les faire correctement pour arriver à ne pas couler et à nager. Mettre les élèves directement dans le bain ressemble furieusement à de la méthode globale.
Ecrit par : christophe sibille | 16 janvier 2007
Christophe, je parlais de la formation des enseignants, pas des méthodes de lecture. Mais en ce qui concerne la méthode de lecture, j'ai bien retenu la leçon de toto (le vrai) : apprendre systématiquement et progressivement le relation graphème/phonème (toto ne parlait pas de "syllabes") en allant de la lettre au mot, du mot à la phrase et de la phrase au paragraphe et ainsi de suite.
"Diviser chacune des difficultés en autant de parcelles qu'il se pourra pour les mieux résoudre" René Descartes, Discours de la Méthode
Ecrit par : Robin | 16 janvier 2007
Je confirme aussi ce qui a été dit plus haut : dire que le français ne comporte pas de syllabes comme le fait Charmeux, alors que toute la versification française, ancienne et contemporaine, repose sur le jeu des syllabes, c'est une indignité sans nom !!!
Ecrit par : Jeremy | 16 janvier 2007
« Chers collègues,
L’inspection pédagogique régionale vous souhaite une excellente année 2007, qu’elle vous apporte de multiples satisfactions tant professionnelles que personnelles.
Ils auraient dû s'arrêter là. Ca ne mange pas de pain et ça économise du papier...Mais à Cuba et en Corée du nord aussi, il faut se farcir les interminables discours optimistes qui annoncent aux auditeurs entraînés au double langage le manque prévisible de satisfactions.
Ecrit par : Robin | 16 janvier 2007
Je confirme aussi ce qui a été dit plus haut : dire que le français ne comporte pas de syllabes comme le fait Charmeux, alors que toute la versification française, ancienne et contemporaine, repose sur le jeu des syllabes, c'est une indignité sans nom !!!
Ecrit par : Jeremy | 16 janvier 2007
Oui Jeremy, c'est même ce qui différencie la prosodie française de la prosodie grecque et latine qui se caractérisent toutes deux par l'alternance des syllabes brèves et longues, mais non par leur nombre...Raison pour laquelle il faut parler de "pieds" et non de syllabes, le mot "syllabe" étant réservé à la prosodie française. Nos vieux maîtres étaient intraitables sur ce point. Pensez qu'un poète comme Arthur Rimbaud maîtrisait à 15 ans les deux systèmes. Madame Charmeux ne comprend pas non plus que le poème est fait pour être "vu". Par exemple l'Invitation au voyage de Baudelaire ressemble à une colonne grecque au bord de la mer...Mais peut-être ne comprend-elle pas non plus pourquoi "on va à la ligne".
Ecrit par : Robin | 16 janvier 2007
Les remarques précédentes s'appliquent aussi au vers dit "libre"; Exemple pris au hasard dans Fureur et mystère de René Char :
"Dis ce que le feu hésite à dire
Soleil de l'air, clarté qui ose
Et meurs de l'avoir dit pour tous."
Ou bien encore celui-ci, tiré du même recueil et qui aurait pu avantageusement remplacer les voeux insanes des IPR mentionnés ci-dessus et que je vous adresse à tous :
Redonnez-leur
"Redonnez-leur ce qui n'est plus présent en eux,
Ils reverront le grain de la moisson s'enfermer dans l'épi
et s'agiter sur l'herbe.
Apprenez-leur, de la chute à l'essor, les douze mois de leur visage,
Ils chériront le vide de leur coeur jusqu'au désir suivant ;
Car rien ne fait naufrage ou ne se plaît aux cendres ;
Et qui sait voir la terre aboutir à des fruits,
Point ne l'émeut l'échec quoiqu'il ait tout perdu."
Ecrit par : Robin | 16 janvier 2007
Hypothèse de sens (suite), trouvée il y a qq années dans un commentaire composé de "A une passante" (copie de 1ere L) : "Baudelaire est un pervers, car il a le coup de foudre pour une femme borgne, unijambiste et manchote". Je m'estranglouille (comme on dit chez moi), forcément. Justification : "d'UNE main fastueuse", "avec SA jambe de statue", et "dans SON oeil". Imparable. C'est ce qui s'appelle effectuer des relevés et les commenter. De toutes façons, avec tous ces poètes qui consomment du vin et du haschich, n'est-ce pas ...
Hypothèse de sens, fin : il y a qq jours, une explication linéaire absolument incroyable de "L'Orange" de F. Ponge, (écrit en 1942, rappelons-le pour la bonne bouche), et où celui qui presse l'éponge et le fruit -- fruit qui, rappelons-le, "réjoui(t) son bourreau "-- a été interprété comme le gestapiste ou le collabo, l'orange étant, bien sûr, le peuple patriote et la Résistance, "l'épreuve de l'expression" symbolisant quant à elle les interrogatoires à la Klaus Barbie. Et gnagnagna et gnagnagna. On fait un métier difficile, décidément : on devrait vraiment les toucher, ces 4000 € ! On ne les aurait certes pas volés ;-)
Ecrit par : FGuichard | 16 janvier 2007
Si vous passez outre aux injonctions de Madame Charmeux et que vous comptez les syllabes, vous remarquerez que les trois derniers "vers libres" du poème de Char sont des alexandrins, tout ce qu'il y a de réguliers. René Char écrivait des alexandrins ? Pas possible !
Ecrit par : Robin | 16 janvier 2007
...Mais peut-être ne l'a-t-il pas "fait exprès".
Ecrit par : Robin | 16 janvier 2007
Charmeux in extenso, je ne résiste pas, voici sa dernière ponte -
C'est long, certes, mais là, toute seule, elle trouve le bâton pour se faire battre.
Regardez ses distingos subtils sur la science et la valeur des preuves!!!!
Trop beau! Cent fois trop beau! De la crème pour les chats!
Voyez plutôt:
"Les Recherches fondamentales peuvent-elles avoir valeur de preuve pour l’action pédagogique ?
En haut lieu, et à longueur de lignes dans les blogs et les forums, est posé comme une évidence le fait que les conclusions des recherches fondamentales seraient des preuves auxquelles il faudrait se rendre et dont il faudrait appliquer les conséquences dans le travail de classe.
Par exemple, la supériorité d’une approche syllabique dans l’enseignement de la lecture serait prouvée par les 13 pages de références théoriques citées par le Ministre, et brandies par ses défenseurs comme des sésames.
C’est oublier un certain nombre de choses :
1- qu’en matière de sciences humaines, la notion de preuve n’a aucun sens. Ce qui est observé, quelle que soit la rigueur de l’observation, n’a de valeur que relativement à ce qui a été observé, sans qu’aucune généralisation ne soit possible ;
2- que la pédagogie, contrairement aux inepties proférées sur blogs et forums, est bien une science, et humaine par-dessus le marché ;
3- qu’elle ne peut donc être le lieu de preuves quelconques sur la supériorité de telle ou telle pratique de classe. L’enseignement étant en effet, selon la forte formule d’Y.Chevallard, « un jeu à deux », où le partenaire, l’élève, est un sujet, qui peut toujours refuser de jouer, aucun constat, si rigoureuse que soit l’observation qui l’a produit, ne peut être érigé en règle à appliquer.
Seule, la cohérence des présupposés théoriques qui sous-tendent une pratique peut être un critère de jugement d’une pratique de classe.
Si bien que les recherches fondamentales dont la pédagogie se nourrit, incontestablement nécessaires, ne sauraient cependant déboucher de facto sur des pratiques d’enseignement à imposer.
Précisons, en outre, que certains usages contribuent encore à minimiser leur valeur pédagogique.
Il est d’usage, par exemple, dans l’élaboration d’une recherche sur le comportement des enfants en classe, — et ce, afin de faciliter le travail d’interprétation des observations — de considérer comme négligeables les données de l’environnement pédagogique et éducatif des enfants observés.
Le problème, c’est que cette variable semble bien essentielle pour l’analyse des comportements d’enfants, et son éviction a pour effet d’affaiblir considérablement le pouvoir démonstratif des observations effectuées : comment être sûr que ce comportement est bien celui de l’enfant et qu’il n’a pas été induit par les représentations du milieu où il a vécu, et par ce qu’on lui a enseigné dans ses premières années ? Difficile à mesurer, soit, mais indispensable tout de même !
Autre usage très gênant, celui d’éviter fréquemment de préciser la conception choisie de ce qu’on traite, comme s’il n’y en avait qu’une et qu’elle soit objet de consensus : en lecture, par exemple, il n’est quasiment jamais précisé ce qu’on met exactement sous ce mot. Les « compétence en lecture », objets d’études et de comparaisons, savamment quantifiées, ne sont jamais définies en termes de comportements observables. Si bien qu’on ne peut savoir de quoi on parle, ni ce qui est comparé.
Je connais ainsi des recherches qui se présentent comme portant sur la lecture, exactement « sur les processus cognitifs en jeu dans la lecture, son apprentissage et ses dysfonctionnements ». et qui étudient en fait la capacité à reconnaître des mots dans des listes.
Fort inquiétant, et peu convaincant, car ce type de capacité n’a strictement rien à voir avec la lecture qui est, comme on sait, compréhension, non de mots, mais de messages.
Or, un message n’est pas une suite de mots, c’est une situation de communication dont la compréhension consiste, non à dire oralement les mots qui la constituent, mais à trouver les réponses aux questions relatives à cette situation de communication : qui parlait, à qui, pour dire quoi, et pour obtenir quel résultat ?
On voit mal les indications précises, que de telles recherches pourraient apporter sur la manière de faire la classe, quand les présupposés qui les fondent sont aussi flous.
Faire la classe, c’est aider les enfants à surmonter les obstacles, qu’on appelle « épistémologiques », que les apprentissages prévus opposent à leurs représentations spontanées.
Cela implique que l’on connaisse ces représentations spontanées, les obstacles qui vont surgir (qui ne sont des difficultés que pour l’enseignant, pas pour l’élève !), et que l’on ait des hypothèses sur les moyens d’aider les enfants à modifier des savoirs déjà-là, pour construire les savoirs attendus par l’Institution.
C’est donc un métier, et un métier qui n’a rien d’un don ou d’un art, mais qui doit s’apprendre, et dont les présupposés théoriques appartiennent à d’innombrables sciences, psychologie, psychologie de l’entant, psychologie de l’apprentissage, linguistique, sociologie, psychosociologie, neurosciences, (bien sûr aussi, mais surtout pas seulement), et beaucoup d’autres.
Pour aller plus loin ici, on peut (on doit ?) se reporter au site de Philippe Meirieu, site, d’une richesse incroyable, qui propose tout ce qu’on peut désirer pour comprendre et apprendre le métier d’enseignant, (à voir, notamment le dictionnaire de pédagogie, le cours de pédagogie et le cours de philosophie de l’éducation, mais aussi toutes les autres rubriques, toutes plus passionnantes les unes que les autres).
http://www.meirieu.com/
Ce métier s’effectue à partir d’hypothèses d’action pédagogique, construites, à la fois sur les conclusions des travaux de toutes les recherches citées, mais aussi en observant ce qui se passe quand on expérimente sur le terrain ces hypothèses d’action. L’observation du terrain (in situ, dans la complexité de la réalité scolaire, pas en laboratoire !!) est essentielle.
Enseigner, ce n’est point transmettre des savoirs tout faits (ils sont eux aussi en constante évolution), c’est réunir les conditions pour que les élèves apprennent, (c’est-à-dire, construisent les savoirs requis par l’Institution).
Oui, mais ces élèves, qui constituent ce terrain à observer, ne sont jamais les mêmes, différents à la fois selon les endroits et les époques. Tout enseignant sait bien que ce qui a « marché » une année, comme approche d’une notion ou d’un savoir, peut très bien ne pas marcher du tout l’année suivante.
Cela signifie que la pédagogie n’est autre qu’un lieu de variations, et que la pratique scolaire quotidienne est constamment à remettre en question, constamment à réajuster aux élèves du moment et du quartier.
Cela signifie donc aussi que la formation est capitale, et que son objectif n’est point d’enseigner comment il faut faire, mais d’enseigner comment, à partir des savoirs-déjà-là des élèves, on doit construire et réajuster constamment le travail d’enseignement.
La pédagogie ne peut exister qu’en constante recherche.
C’est dire enfin qu’une formation continuée est tout aussi indispensable.
Mais entendons-nous bien : il ne peut s’agir alors de recevoir de nouvelles recommandations d’en haut. Rien de tel n’est à prévoir.
Ce que le ministre devrait recommander, et dont il devrait prévoir tous les moyens, financiers et autres, c’est un nécessaire travail d’équipes, régulièrement et périodiquement mis en place, d’équipes pluridisciplinaires et pluri-statutaires, réunissant spécialistes de diverses disciplines, enseignants du terrain, sans oublier les supérieurs hiérarchiques, et, — pourquoi pas ? — des représentants de parents, pour analyser ce qui se passe et définir des directions de travail plus efficaces encore, en utilisant les travaux des chercheurs, toujours précieux, mais sans être jamais soumis aux conclusions d’aucun d’entre eux .
.
Où l’on voit à quel point les certitudes, martelées quotidiennement dans les médias et sur les forums, sont à fois contradictoires (elles osent se réclamer de la liberté.. ) et lourdes de dangers pour l’avenir de l’école et celui de nos enfants.
E. Charmeux"
... où l'on voit la mauvaise foi conjuguée à la stupidité. Une perle.
On voit aussi comment s'articule un hors-sujet ...
Etonnante Evelyne!
Ecrit par : Milady | 16 janvier 2007
Eveline a dû faire le désespoir de son prof de philo. Outre le hors sujet, la copie est un tissu de contradictions. Le noyau central de l'argumentation consiste à dire :
1°) Que la neuro-biologie n'est pas une science parce qu'elle ne comporte pas de "constantes" fiables.
2°) Qu'un exemple n'a pas valeur de Loi
3°) Que la pédagogie est une science, COMME LE PROUVE le site "passionnant" de Monsieur Philippe Meirieu
4°) Que la pédagogie ne comporte pas de constantes.
Allez donc vous y retrouver. On en retient surtout que Madame Charmeux est un puits de science et que ce puits de science qui ne comporte pas de "constantes" est en même temps un insondable puits d'ignorance.
Ecrit par : Robin | 16 janvier 2007
Eveline a dû faire le désespoir de son prof de philo. Outre le hors sujet, la copie est un tissu de contradictions. Le noyau central de l'argumentation consiste à dire :
1°) Que la neuro-biologie n'est pas une science parce qu'elle ne comporte pas de "constantes" fiables.
2°) Qu'un exemple n'a pas valeur de Loi
3°) Que la pédagogie est une science, COMME LE PROUVE le site "passionnant" de Monsieur Philippe Meirieu
4°) Que la pédagogie ne comporte pas de constantes.
Allez donc vous y retrouver. On en retient surtout que Madame Charmeux est un puits de science et que ce puits de science qui ne comporte pas de "constantes" est en même temps un insondable puits d'ignorance.
Ecrit par : Robin | 16 janvier 2007
Le site de Meirieu, ou le Geai paré des plumes du Paon...
Ecrit par : Jean | 16 janvier 2007
Milady
Est-il possible de poursuivre en privé l'échange (quelque peu sarcastique!) que nous avons initié ce matin? Laissez-moi votre adresse à celle-ci
[email protected]
Ecrit par : buntovchik | 16 janvier 2007
DOCTEUR Ghislaine WETTSTEIN-BADOUR
Médecin, travaille depuis plus de 25 ans auprès d’enfants, d’adolescents ou d’adultes pour dépister notamment les difficultés d’apprentissage du langage écrit (lecture, écriture, orthographe).
a publié :
- En 1992 " LECTURE :LA RECHERCHE MEDICALE AU SECOURS DE LA PEDAGOGIE " (1)
Cet ouvrage est destiné à faire comprendre aux enseignants et aux parents comment un cerveau lit et apprend à lire et pourquoi les méthodes de type global et semi-global conduisent à l’échec un très grand nombre d’enfants. Ce livre tire ses conclusions à la fois des connaissances de l’époque issues des neuro-sciences . et d’une recherche personnelle basée sur plus de 500 cas d’élèves en difficulté. Il définit en outre implicitement le " cahier des charges " auquel doit obéir toute méthode d’apprentissage de la lecture, de l’écriture et de l’orthographe pour être efficace..
- En 1996 , parce qu’il n’existe pas sur le marché d’ouvrages répondant complètement à ce " cahier des charges ", création des méthodes " FRANSYA "
" POUR BIEN APPRENDRE A LIRE AUX ENFANTS "(1)
et
" POUR BIEN APPRENDRE L’ORTHOGRAPHE "(1)
Leur efficacité vient du fait qu’elles sont conformes, l’une comme l’autre, aux exigences du fonctionnement cérébral.
La vérité, c'est que Madame Charmeux ne sait pas quoi faire pour réfuter les conclusions extrêmement claires du docteur Wettstein-Badour. Vous remarquerez en lisant et en relisant son texte qu'elle n'avance, de son côté, aucun argument sérieux. Lorque des expériences répétées vérifient la validité d'une hypothèse, tous les scientifiques dignes de ce nom appellent cela une preuve, sauf Madame Charmeux, et y compris Gaston Bachelard auquel elle emprunte le concept "d'obstacle épistémologique". Son obstacle épistémologique à elle, ce sont ses présupposés pédagogistes.
Ecrit par : Robin | 16 janvier 2007
" Si bien que les recherches fondamentales dont la pédagogie se nourrit, incontestablement nécessaires, ne sauraient cependant déboucher de facto sur des pratiques d’enseignement à imposer. "
Eh bien alors qu'on nous laisse tranquilles, et qu'on arrête de nous imposer des pratiques d'enseignement !
Ecrit par : Jeremy | 16 janvier 2007
Milady
Est-il possible de poursuivre en privé l'échange (quelque peu sarcastique!) que nous avons initié ce matin? Laissez-moi votre adresse à celle-ci
[email protected]
Ecrit par : buntovchik | 16 janvier 2007
A six heures sur le pré, Monsieur, derrière Saint-Eustache. Je vous envoie mes témoins !
Athos
Ecrit par : Robin | 17 janvier 2007
Blague à part buntovchik, chapeau pour votre commentaire "natatoire". La convocation électronique de Milady, c'est pour lui apprendre à nager ?
Ecrit par : Robin | 17 janvier 2007
Pour signer directement le "manifeste progressiste pour la défense de la langue française", vous pouvez mailer à Georges Gastaud, en indiquant vos nom prénom, qualité, adresse postale et internet.
[email protected]
P.S. Parmi les derniers signataires, Arsène Tchakarian, du groupe Manouchian FTP-MOI. Que voulez-vous, moi qui suis ringarde en plein, ça me bouleverse.
Ecrit par : FGuichard | 17 janvier 2007
"La formation professionnelle initiale, dispensée en institut universitaire de formation des maîtres, doit permettre d'assurer une maîtrise suffisante de chacune des dix compétences suivantes:
- agir en fonctionnaire de l'Etat et de façon éthique et responsable;
- maîtriser la langue française pour enseigner et communiquer;
- maîtriser les disciplines et avoir une bonne culture générale;
- concevoir en mettre en oeuvre son enseignement;
- organiser le travail de la classe;
- prendre en compte la diversité des élèves;
- évaluer les élèves;
- maîtriser les technologies de l'information et de la communication;
- travailler en équipe et coopérer avec les parents et les partenaires de lécole;
- se former et innover."
(arrêté du 19 décembre 200, BO du 4 janvier 2007)
Chers collègues, ce texte marque le triomphe éclatant du lobby IUFM, qui s'est donc révélé le plus puissant au sein d'un ministère de l'Education déchiré par des tensions aiguës. C'est le triomphe de Meirieu et de sa bande. Nous pouvons remballer nos fléchettes et aller faire autre chose - du jazz, du patchwork, de l'élevage de canaris - et bien sûr continuer à transmettre aux élèves les connaissances que nous avons nous-mêmes reçues avec bonheur, jusqu'à ce que le "conseil pédagogique" de notre établissement nous l'interdise.
Ecrit par : Jean | 17 janvier 2007
Pour Anne- Marie,
Je cherche toujours le texte de la bûche de Noël , reproduit intégralement sur le site ABC langue française sans nom d'auteur avec le conseil de chercher du côté Henri Poulaille. Or, Henri Poulaille était ami de Jean Rictus, auteur dont certains textes viennent illustrer nos concerts de Noël à la chorale. Il se peut donc que le chef de choeur puisse nous éclairer.
J'espère que le maître de maison ne m'en voudra pas pour ce message personnel. Poulaille et Rictus sont des représentants de la littérature prolétarienne et ce blog se préoccupe de l'instruction du peuple. Bonne journée.
Ecrit par : CHARPENTIER Hélène | 17 janvier 2007
Blague à part buntovchik, chapeau pour votre commentaire "natatoire". La convocation électronique de Milady, c'est pour lui apprendre à nager ?
Robin, savez-vous qu'en grèce antique l'expression "il ne sait ni lire ni nager " frappait de mépris celui qui la recevait en pleine figure!
Que l'expression "motricité natatoire" ait fait sourire ici et là m'amuse beaucoup car cela révèle la présence et le fonctionnement en nous d'une fonction de censure, de surveillance étroite et de condamnation sans appel au moindre écart de langage. (Comme par exemple à propos du mot bravitude).
A l'échelle de l'école cette fonction de dire et de faire respecter le droit de cette institution qu'est l'idiome national n'incombe-t'elle pas à vous les professeurs de français?
Ceci dit l'expression "motricité natatoire" désigne bien un ensemble concret de mécanismes neuro-moteurs de la même manière que la "motricité spatiale", qui fait l'objet d'une science spécifique.
Certaines connaissances ainsi acquises par cette science ont permis d'affiner les méthodes d'enseignement et d'entraînement des gymnastes et des nageurs.
Bien entendu le profane n'y voit là que matière à ricaner ou railler. Notre culture a poussé très loin la coupure du corps et de l'âme et tient encore les activités corporelles et leurs apprentissages dans un profond mépris.
La censure sociale et les gardiens du temple sont bien une réalité.
Autre réalité plus scandaleuse , la reconduite à la frontière par l'Etat français dans les jours qui suivent d'enfants russophones de mes amis scolarisés en collège. Signe positif, les enseignants semblent vouloir s'organiser et empêcher cette nouvelle et indigne transportation.
A propos, de quelle nationalité était Manouchian?
Ecrit par : buntovchik | 17 janvier 2007
Arménien, Buntovchik, arménien......
Ecrit par : montaigneàcheval | 17 janvier 2007
Montaigneà...On ne va pas pleurer; elle était quand même en devoir de s'auto-censurer la brave dame. Quand on se déplace à l'étranger et qu'on prétend représenter son pays, certes, on n'est pas tout-à- fait comme à la maison: vautré sur un canapé devant le feu de cheminée... Il faut savoir; on est "public" ou on ne l'est pas. Et si on choisit de l'être, on accepte les contraintes qui vont avec.
Ecrit par : Thalie | 17 janvier 2007
Thalie j'ignore de quoi vous parlez
mais l'autocensure est souvent de la langue de bois
et s'il n'y a pas eu autocensure il s'agit peut-être d'un lâcher de ballon pour sonder les réactions ou en avoir une idée
Ecrit par : jima | 17 janvier 2007
"Eh bien alors qu'on nous laisse tranquilles, et qu'on arrête de nous imposer des pratiques d'enseignement !"
Ecrit par : Jeremy | 16 janvier 2007
Puisque vous êtes pour la liberté pédagogique, Jeremy, vous allez certainement prendre fait et cause pour Erwan, suscité par elgrieco, pour brimades de la part de son IEN?
Bonne journée à tous. Et oui, Jean, continuez à faire du jazz! C'est une noble activité, qui aide à évacuer la haine.
Ecrit par : christophe sibille | 17 janvier 2007
Bijour fouroum,
c'est toujours aussi 'suant' de lire la Charmeuse.....
"Où l’on voit à quel point les certitudes, martelées quotidiennement dans les médias et sur les forums, sont à fois contradictoires (elles osent se réclamer de la liberté.. ) et lourdes de dangers pour l’avenir de l’école et celui de nos enfants."
Elle a oublié un chtit "sidorémifasol" qq part ;)
Rin d'bien méchant ... cela se corrige très bien avec L&L; ;)
Bon, pour le Fond ... il y a du taff .... Mais on peut l'excuser, puisque la pauvre dame a eu la "syllabique pure&dure..;
Me fait penser à un post:
duronquarre
16/01/2007 22:05:18
Un enseignant qui a 'mouillé le maillot' correctement pendant sa vie active doit profiter de sa retraite bien méritée...
Mais c'est vrai que nous sommes sur le forum des indispensables...
(fouroum lire&écrire ;) )
à ciao
Ecrit par : toto | 17 janvier 2007
La censure sociale et les gardiens du temple sont bien une réalité.
buntovchik | 17 janvier 2007
Cher Buntovchik,
Arrivant après la bataille, je vois que tout a été dit!
Et que votre position sur votre texte et sur mon commentaire est publique et publiée, ce qui est fort bien.
J'admets être tout à fait sensible au langage utilisé par les uns et les autres et être assez habituée à chercher la dimension implicite que révèle l'utilisation d'un langage particulier.
Ce que j'ai fait en ce qui concerne votre post. Je l'ai lu en entier avant de m'amuser à le commenter de façon bouffonne, je vous le concède, - si je n'avais trouvé que 'motricité natatoire', je me serais abstenue, évidemment.
Mais comme j'ai lu un texte où l'emploi de l'hermétisme était systématique, je me suis permis de le brocarder.
Je vous rejoints sur un point : "La censure sociale et les gardiens du temple sont bien une réalité.". En effet, chaque 'science' est bien gardée par ses fidèles - et le meilleur chien de garde a toujours été l'emploi d'un vocabulaire hermétique.
Cette pratique de l'hermétisme le plus absolu ne date pas d'hier, comme vous le savez. La création d'un jargon approprié, qui ne sera compris que par les initiés, permet d'effectuer un tri de fait - permet aussi de parler sans être troublé par les vils profanes, que vous citez vous-même d'ailleurs : "le profane n'y voit là que matière à ricaner ou railler. "
C'est de ce point de vue là que je m'arrêterai toujours sur des textes présentés à tous, et présentés de la façon la plus hermétique qui soit. Car, ce que j'y lis, avant un propos savant, c'est l'affirmation nette que 'tout autre que moi est un profane' . Et le refus de la discussion, l'interlocuteur étant d'entrée disqualifié, incompétent -
Comme quoi, voyez-vous, il est assez facile de détecter le mépris de l'autre.
L'idée, selon laquelle une science ne peut se passer d'expressions hermétiques, n'est valable que si ce que ce que l'on énonce est en soi complexe et impossible à formuler simplement. Ce qui n'était pas le cas de l'essentiel du texte que vous aviez posté.
Ce qui autorise alors tout à fait, sinon le sarcasme, du moins une pointe de moquerie.
Pour la censure, je ne vous ferai pas l'insulte de vous rappeler qu'il y a une différence fondamentale entre s'amuser de propos et les faire censurer.
Quant au droit au néologisme, nul ne le conteste. Et sûrement pas des professeurs de français, qui ont assisté à assez de cours sur la formation et l'évolution de la langue pour être sûrs que cet outil est fondamental pour l'évolution d'une langue. Ce qui ne signifie pas qu'il soit neutre au point de vue du sens - et ce qui ne signifie donc pas qu'on doive s'empêcher d'aller chercher la raison qui justifie la création de ce néologisme.
Cela peut être ludique - parce que la langue est aussi une pratique ludique.
Cela peut être pour conforter un hermétisme élitiste.
Cela peut être pour combler un manque dans la langue
Cela peut être pour 'avoir l'air' détendu.
Cela peut être par erreur - la bravitude de Madame Royal semble relever de ce cas-là, n'étant pas une femme fort ludique d'apparence.
Voilà sur le sujet.
Ecrit par : Milady | 17 janvier 2007
Devinette ;)
La deuxième difficulté est orthographique : à l’époque de *** celle-ci est encore hésitante, et un même mot peut être écrit de diverses manières , plus ou moins proche de son étymologie grec ou latine. C’est d’autant plus vrai pour un auteur aussi inventif, et qui voulait vraisemblablement EVITER D’ÊTRE LU TROP VITE : IMPOSSIBLE DE LE SURVOLER, DE LE LIRE « EN DIAGONALE », IL FAUT AU CONTRAIRE PASSER DU TEMPS SUR CHAQUE PHRASE, SE PENETRER LENTEMENT DE TOUT SON SENS, SEULE CONDITION POUR EN ATTEINDRE LA FAMEUSE SUBSTANTIFIQUE MOELLE.
Marrrant, non?
Ecrit par : toto | 17 janvier 2007
buntovchik et milady
Je vous suggère de le signaler discrètement quand vous faites ou quand vous ne faites pas de l'ironie. L'humour des uns n'est pas forcément celui des autres et puis il faut rester modeste ; on n'est pas toujours aussi "intelligent" qu'on voudrait l'être. C'est Proust, je crois qui suggérait de rajouter aux signes de ponctuation le point d'ironie. Nous ne sommes plus au XVIIIème siècle du temps de la censure royale quand il fallait absolument que les deux interprétations soient possibles, l'un pour les initiés, l'autre pour les censeurs. Comme le dit très justement toto, sur un blog, il est impossible d'y mettre le ton. Pardonnez-moi cette intervention un peu "lourde".
Ecrit par : Robin | 17 janvier 2007
Alors, pour ma dernière intervention, aucune ironie.
Une pointe de sérieux tout au plus. Un zest. Un rien. Un grain.
Pour ma première: bouffonnerie, oui, je l'assume et le revendique !
- que je me suis autorisée avec d'autant plus de facilité que le texte était présenté avec cette note :
"Commentaires intempestifs d'un spécialiste(?) de cette discipline sportive et de son enseignement en collège."
Entre 'intempestifs' et l'interrogation sur spécialiste, il semblait que ce texte anonyme n'avait pas de très fort crédit scientifique.... ?
Et ici, là maintenant : légèreté
Voilu.
Tout pardon à vous accordé, Athos. Si je ne m'abuse, ce serait plutôt du côté "buntovchik et milady" qu'il s'agirait de solliciter des excuses.
Aussi, je m'exécuterai de bonne grâce et vous prierai tous de bien vouloir excuser cette passe.
( je dois dire que le sujet de l'hermétisme m'intéresse beaucoup, et que je me laisse facilement emporter. L'âge, sans doute ... )
Ecrit par : Milady | 17 janvier 2007
Pour Jérémy qui ne connaît pas la lecture en réseau :
« la mise en réseau
les ouvrages sont placés sur le même plan et reliés les uns aux autres soit par un thème "évident " (histoires de loups, de sorcières…) soit par l' auteur ou l' illustrateur, soit par un thème mis en évidence (par exemple le thème de l'amitié, des relations frères sœurs…).
Le thème "auteur" ou "illustrateur" permet de comparer et caractériser une production...Les élèves aiment bien reconnaître un auteur et dire pourquoi "ils savent" que c'est bien du Boujon ou un album de Nadja...
A noter : une approche qui chercherait toutes les histoires d'ours ou de loup peut voir placés sur le même plan des ouvrages qui de fait n'auront que peu de rapport entre eux. On risque alors une lecture "pretexte" et aléatoire.
En revanche, découvrir qu'un même thème (l'amitié, la séparation...) peut de façon transversale se retrouver aussi bien dans des albums, des romans, des histoires d'animaux, des contes etc. sera beaucoup plus enrichissant.
Un autre travail particulièrement porteur concerne les différentes versions d'un même récit (en général conte traditionnel).
http://pedagogie.ac-toulouse.fr/ien12-rodez/pgs/documents_pdf/lecture_reseau.pdf »
La lecture en réseau, c’est la réinvention de l’eau chaude « améliorée » à la sauce actuelle – 30 ans d’actualité quand même.
Les plus anciens d’entre nous doivent sans doute se souvenir de leurs livres de lecture de l’école primaire. Après le manuel d’apprentissage de la lecture (syllabaire ou méthode mixte), le plus souvent au cours du deuxième trimestre, l’instituteur nous fournissait notre « premier livre de lecture courante », puis, chaque année, à la rentrée, nous recevions le « livre de lecture ». C’étaient des ouvrages tous conçus sur le même type (du moins dans les trois écoles primaires que j’ai fréquentées en tant qu’élève et celles où j’ai exercé en début de carrière). Je me souviens de « Lisons de beaux textes », du « Sudel » et de quelques autres livres uniques qui regroupaient lecture et grammaire, conjugaison, orthographe, vocabulaire et « préparation à la composition française ».
Ces ouvrages se présentaient généralement par chapitres conçus pour le travail d’une quinzaine. Chaque chapitre contenait une dizaine de textes tous en rapport avec le thème de la quinzaine : la rentrée des classes, les vendanges, la chasse, l’automne, la famille, etc. C’étaient le plus souvent des textes d’auteur (qui pourra me dire de qui était ce texte que j’ai adoré à 8 ans sur un petit garçon qui traversait le jardin du « Lustembourg » pour aller à l’école, sa serviette sur le dos ? Je ne l’ai jamais retrouvé.)
Il fallait bien sûr changer tout cela, d’où la disparition des livres de lecture de notre enfance. Quelques années plus tard, l’époque des modes d’emploi, des affiches publicitaires et autres notices de montage ayant montré ses limites, et le besoin de re-travailler sur l’écrit « littéraire » s’étant fait sentir, on repartit sur la « littérature ». Et c’est là qu’on entendit parler de la « lecture en réseau » comme d’une panacée universelle : les enfants allaient découvrir plusieurs textes traitant du même thème, extraits du même auteur, ... (voir texte ci-dessus). On ne reviendra pas sur les défauts habituels : la grande majorité des livres font partie de la littérature de jeunesse plutôt que de privilégier les « grands auteurs » sous prétexte de « renouveler » (en oubliant que les enfants eux-mêmes se « renouvelant », il y a peu de risques de tomber sur des textes qu’ils connaissent) ou pour « accrocher les nouveaux publics » qui du coup sont interdits de culture commune ; l’élève étudie autant ou plus l’illustration que le texte, l’objet-livre est plus important que le contenu ; le maître fait survoler une dizaine d’ouvrages entiers et ne peut donc traiter qu’un thème par trimestre et ainsi de suite.
J’ai eu l’occasion récemment de côtoyer une collègue adepte de la lecture en réseau. Elle exerce en maternelle (section de petits et de moyens) et m’a fait part avec enthousiasme de son « projet ». Elle allait « travailler sur » le Petit Chaperon Rouge vu par quatre ou cinq illustrateurs différents. Les élèves allaient comparer les choix de chacun d’entre eux, leur mode d’expression (dessin au trait, collages, aquarelle, il y en avait même un qui avait choisi de représenter chaque personnage par des pièces différentes d’un jeu de construction danois très connu...). Selon elle, des enfants qui ne savaient pas encore dessiner eux-mêmes étaient capables de réflexions très intéressantes sur ces techniques et de formulations d’hypothèses sur le pourquoi et le comment du choix de chacun. C’est tout juste s’ils n’étaient pas capables de faire coïncider la date de parution de l’ouvrage avec les modes et les goûts de l’époque... Cette année, certains de ses élèves étant dans ma classe, j’ai voulu m’appuyer sur leurs « connaissances » dans ce domaine pour étudier la fabrication d’un livre ; le résultat fut fort décevant, les élèves m’affirmant que la maîtresse ne leur avait montré qu’un seul livre du Petit Chaperon Rouge et aucun n’a su me dire de quelle manière il était illustré. Je dois même avouer que deux ou trois d’entre eux ne se souvenaient absolument pas de ce conte qu’ils avaient pourtant « étudié » deux fois par semaine pendant presque un trimestre... Quand le fruit n’est pas mûr...
Ecrit par : catmano | 17 janvier 2007
Pour F.Guichard :
"Hypothèse de sens (suite), trouvée il y a qq années dans un commentaire composé de "A une passante" (copie de 1ere L) :
"Baudelaire est un pervers, car il a le coup de foudre pour une femme borgne, unijambiste et manchote". Je m'estranglouille (comme on dit chez moi), forcément.
Justification : "d'UNE main fastueuse", "avec SA jambe de statue", et "dans SON oeil". Imparable. C'est ce qui s'appelle effectuer des relevés et les commenter. De toutes façons, avec tous ces poètes qui consomment du vin et du haschich, n'est-ce pas ..."
Cette "hypothèse de sens" m'a fait pleurer de rire tant elle montre à quel point d'absurdité on arrive. J'en avais bien besoin :
ayant eu mes petits-enfants à garder, j'ai pu constater une fois de plus comment on crétinise nos enfants.
Pour Hélène.
"On a soupé des comédies,
Des moral's, des phizolofies,
L'Homm' doit pus fair' que son plaisir
Et la beauté de ses désirs.
On s'en fout des Idéalisses
Qui su' not' râb' se chamaillaient,
Et des z'avocats socialisses
Poilus, gueulards et marseillais !
On marche pus pour êt' martyrs
Ou d' la confitur' d'insurgés,
Comm' ceuss dont les z'oss'ments doiv'nt dire :
- Malheur ! Quand c'est qu'on s'ra vengés ?
On croit s'battr' pour l'Humanité,
J't'en fous...c'est pour qu'les Forts s'engraissent
Et c'est pour que l'Commerce y r'naisse
Avec bien pus d'sécurité.
............................................................
A part quéqu's-uns qu'ont d'la bonté,
Les aut's sont pas trop sûrs d'eux-mêmes;
Laissons les flemmards à leur flemme
Et les salauds dans leur sal'té !
Voui, qu'y z'y pionc'nt dans leur purin
Fait d'or, d'laideurs et d'arrogance;
Vrai, y manqu'nt par trop d'élégance.
Y m' dégoût'nt, mes Contemporains."
(Les Soliloques du Pauvre, Jehan Rictus, Espoir.)
Anne-Marie.
Ecrit par : Anne-Marie Valette | 17 janvier 2007
Milady, lecteur pourtant assidu de vos posts, je n'avais pas saisi de prime abord votre humour quelque peu hermétique... Hermès m'a joué encore un de ses tours!
Je n'aurais donc pas à vous enseigner la lecture et les activités natatoires...
Ecrit par : buntovchik | 17 janvier 2007
Robin a écrit : "Nous ne sommes plus au XVIIIème siècle du temps de la censure royale " : on en reparlera dans qq mois (sourire crispé). En attendant, essayez donc de poser des questions qui fâchent sur "désir d'avenir", juste comme ça, pour voir...
Ecrit par : Dulcamara | 17 janvier 2007
Merci Catmano, c'est euh.... très clair... Ne comptez pas sur moi pour dire que c'est simple par contre, mais ça je pense que tout le monde sera d'accord.
Ecrit par : Jeremy | 17 janvier 2007
"On s'en fout des Idéalisses
Qui su' not' râb' se chamaillaient,
Et des z'avocats socialisses
Poilus, gueulards et marseillais !"
Merci pour le beau poème de Jehan Rictus, Anne-Marie
A mon habitude, je passe du coq au bonnet d'âne...Il y a en ce moment une très intéressante exposition à la médiathèque de ma bonne ville sur la naissance de l'alphabet...exposition sur laquelle j'ai fait un article à paraître samedi prochain dans le journal local. J'ai eu la suprise d'apprendre à cette occasion que la méthode d'apprentissage dite (à tort) syllabique en vogue dans tous les établissements de France et de Navarre jusqu'à l'arrivée de la superwoman Charmeux et de sa méthode globale ou semi globale, ce qui revient au même, avait été mise au point par les Messieurs de Port-Royal au XVIIème siècle et avait soulevé à l'époque une vive polémique avec les Frères des écoles chrétiennes qui utlisaient une méthode basée sur l'épellation alphabétique. J'en tire plusieurs enseignements :
1°) Il s'agit très exactement de la méthode évoquée par Toto d'association phonème/ graphème.
2°) Cette méthode était révolutionnaire à l'époque car, tout en lui disant le nom de la lettre, on proposait à l'enfant de prononcer le son de la lettre (et non de la syllabe),
3°) Elle a fini par supplanter la laborieuse méthode d'apprentissage par épellation du nom des lettres.
4°) Je comprends maintenant mieux pourquoi Madame Charmeux s'en prend à Port-Royal, Ce n'est pas seulement à cause de la grammaire de Nicole, mais aussi à cause de la méthode de lecture avec laquelle le petit Jean Racine, entre autres, a appris à lire.
Ecrit par : Robin | 17 janvier 2007
3°) Elle a fini par supplanter la laborieuse méthode d'apprentissage par épellation du nom des lettres.
Laborieuse car "analytique" mais pas dangereusement inefficace et faussement rapide comme la méthode globale.
Ecrit par : Robin | 17 janvier 2007
Né en nonante-deux nom de dieu mon nom est Père Duchesne
Marat fut généreux nom de dieu à qui lui porta haine sans dieux
Je veux parler sans gène nom de dieu
Coquin filou peureux nom de dieu vous m’appeler canaille
Dès que j’ouvre les yeux nom de dieu jusqu’au soir je travaille sans dieux
Et je couche sur la paille nom de dieu
On nous promet les cieux nom de dieu pour toute récompense
Tandis que ces messieurs nom de dieu s’arrondissent la panse sans dieux
Nous crevons d’abstinence nom de dieu
Pour mériter les cieux nom de dieu voyez vous ces bougresses
Au vicaire le moins vieux nom de dieu s’en aller à confesse sans dieux
Se faire peloter les fesses nom de dieu
Si tu veux être heureux nom de dieu pends ton propriétaire
Coupes les curés en deux nom de dieu fous les églises par terre sans dieux
Et le bon Dieu dans la merde nom de dieu
Peuples trop oublieux nom de dieu si jamais tu te lève
Ne soit pas généreux nom de dieu patrons bourgeois et prêtres sans dieux
Méritent la lanterne nom de dieu !
Quelle superbe époque (1893)!!!! Couillue et politiquement incorrecte...de quoi faire exploser en vol la Ségolène......
Ecrit par : montaigneàcheval | 17 janvier 2007
Coupe, sans s...of course
Ecrit par : montaigneàcheval | 17 janvier 2007
Pour les amoureux de la politique:
" Mais, la gauche, ce n'est pas seulement le bien. C'est aussi, et même d'abord, le mouvement, vérité ânonnée de l'école primaire à l'université. (...) Il ne manquait plus qu'un tour de passe-passe pour qu'elle devienne le bras armé de la mondialisation marchande. (...) La gauche historique devait donc se débarrasser de son passé. Elle avait justifié le Goulag et aimé la classe ouvrière. Elle fut contrainte d'abandonner celle-ci afin de convaincre qu'elle avait abjuré celui-là. Pour se réconcilier avec ces "classes moyennes dont l'optimisme et la bonne conscience sont directement proportionnels à la masse suiveuse des ex-révolutionnaires convertis en moines-soldats de la modernité. Ils pouvaient frissonner de leur propre radicalité tout en renouant avec le frère de papa-celui qui a vendu ses usines pour investir dans le multimédia."
Elisabeth Lévy - Les maîtres censeurs pp 37-38.
Tiens tiens, ça ressemble aussi étrangement aux justifications d'un certain nombre de "pédagogues" et de pédagogies.
Ecrit par : Ronin | 17 janvier 2007
des ex-révolutionnaires convertis en moines-soldats de la modernité.
.....eh, Serge July, pourquoi tu tousses????
Ecrit par : montaigneàcheval | 17 janvier 2007
A Ronin, je recommande chaudement, bien que je n'aime pas jouer au crâneur et recommander quoique ce qoit à quelqu'un, de lire "LINGUA TERTII IMPERII" de Viktor Klemperer, le cousin d'Otto....qui est une anlyse terrifiante sur la manière dont un état totalitaire peut violer une langue, une grammaire, un vocabulaire. Les Poubelles Meirieu, sans le savoir, ou plutôt, si, en la sachant parfaitement, ont dévoyé jusqu'à la substance même de la langue, tout comme les merdes brunes le firent de l'allemand. On ne dira jamais assez que les IUFM et toute la sanie pédagomaniaque par laquelle notre école est présentement exsangue, sont des calamités absolument TOTALITAIRES, fascisantes. C'est tout bonnement terrifiant et ce que vous citez d'Elisabeth lévy s'emboîte parfaitement avec cette perversion sociale qu'est la pédagogie "moderne"....
Ecrit par : montaigneàcheval | 17 janvier 2007
Ah Montaigne ! en seconde notre professeur de français chercha à nous parler un peu de ce bon monsieur, mais je n'en avais rien à foutre, je pensai belote et nanas. Du coup voilà encore un auteur qu'il va falloir que je découvre seul !ce que l'on peut-être con à 15 ans !
LINGUA TERTII IMPERII" de Viktor Klemperer, le cousin d'Otto
qu'est-ce dont ? ( pour rappel, je suis jeune, et j'ai fait 2 ans d'ioufm alors ayez pitié de mon ignorance, je travaille à me faire un minimum culturel...y a du boulot ).
Ecrit par : Ronin | 17 janvier 2007
TODOROV et alii sur FRANCE CULTURE.
Demain 18/01, à 17h, débat sur France Culture. Le sujet sera l'enseignement de la littérature en France. On y retrouvera justement... Tzvetan Todorov, dont on saura (peut-être?) s'il a bien été l'amant de Julia Kristeva et s'il est bien l'époux de Nancy Huston. Il y aura également Hélène Merlin-Kajman, dont on n'a d'ailleurs jamais parlé sur ce vénérable blog : ce sera le moment de l'écouter et de parler de son livre, qui prend le contre-pied de Barthes (ah, pour une fois...).
Bonne écoute, moi je ne pourrai pas, boulot oblige :-(
Ecrit par : Jeremy | 17 janvier 2007
Un chtit moment de détente ?
http://rogerfelts.blog.lemonde.fr/2007/01/17/un-petit-retour-sur-les-pompiers/#comments
Ecrit par : FGuichard | 17 janvier 2007
Pour les retardataires et/ou ceux qui n'étaient pas au courant : on peut réécouter sur France Culture les émissions [www.radiofrance.fr] diffusées en hommage à Jean-Pierre Vernant dimanche dernier 14 janvier.
On trouve sur la même page une bibliographie et des liens qui permettent d'écouter, et de faire écouter, par exemple, la conférence sur " La Grèce antique et nous"
[www.canal-u.education.fr].
Ecrit par : FGuichard | 17 janvier 2007
Bonjour Mr Brighelli,
Vous mettiez sans cesse en cause dans votre fabrique du crétin le libéralisme.
J'ai bien peur que vous ignoriez complètement ce qu'est en réalité le libéralisme.
Pour vous éduquez je vous conseille de suivre mes cours de rattrapage, et sagement :
Le Champ Libre - http://cvincent.club.fr
Ecrit par : ALbert LI | 17 janvier 2007
Pour Ronin : Otto Klemperer fut un grand chef d'orchestre allemand de la première moitié du XXème siècle.
"Pour aller plus loin ici, on peut (on doit ?) se reporter au site de Philippe Meirieu, site, d’une richesse incroyable, qui propose tout ce qu’on peut désirer pour comprendre et apprendre le métier d’enseignant".
Mercy, Milady, de cette citation d'Eveline, qui m'a bien fait rire.
Quant au site de Meirieu "d'une richesse incroyable", vous pouvez le vérifier en consultant le meirieutron de notre ami Pierre Azimont.
Anne-Marie.
Ecrit par : Anne-Marie Valette | 17 janvier 2007
merci pour l'info
Ecrit par : Ronin | 17 janvier 2007
La litteratur à sauté par cerles concentriques....
Ecrit par : the bees | 18 janvier 2007
Catmano,
Merci pour cette éclairante description de la lecture en réseau. Je n'avais jamais bien compris en quoi cela différait de ce que nous appelons des thèmes. On peut ajouter les champs lexicaux et toute la kyrielle d'emprunts au sabir pontifiant des pseudo-sciences éducatives. Ces innovations dites pédagogiques sont sensées être la panacée (tout court, le grec pan- lui conférant déjà sa portée universelle) pour guérir les maux de nos sociétés, qu'elles doivent rendre plus égalitaires, plus démocratiques, etc... Elles sont avant tout liberticides car égalitaristes. (cf. Condorcet sur la "funeste passion des Français pour l'égalité")
Nos pédagogos (pas péda-gogols car avec ou sans majuscule le rapprochement est insultant) réinventent la machine à courber les bananes. Hélas, leurs divagations sont infiniment moins utiles et plus nocives que le fil à couper le beurre.
Ceux qui n'ont d'autre outil "analytique" que la diabolisation, l'invective et la reductio ad hitlerum, pourrait méditer avec profit cet aphorisme de Renan: "Le moyen d’avoir raison dans l’avenir est, à certaines heures, de savoir se résigner à être démodé" . ("Qu'est-ce qu'une nation?" )
Ecrit par : Danièle | 18 janvier 2007
Et ça, ce n'est pas une preuve supplémentaire que la lecture en réseau est une panacée "intergalactique" ?
"Développer un comportement culturel
La mise en réseau est un travail de confrontation et de comparaison, d'élucidation des convergences et des divergences, des incidences qu'elles peuvent avoir sur la réception de l'œuvre par le lecteur. Elle aide à comprendre, à interpréter, à trouver des liens de sens entre les livres, à les inscrire dans une histoire littéraire ou graphique. Elle conduit le jeune lecteur à donner du liant à ses lectures personnelles en établissant peu à peu lui-même les connexions d'un album à l'autre. Elle est le fondement d'une lecture distanciée d'appréciation, donc d'un comportement culturel autonome. Edith WEBER
Article paru dans JDI n°2 , octobre 2003"
Ecrit par : catmano | 18 janvier 2007
"J'ai bien peur que vous ignoriez complètement ce qu'est en réalité le libéralisme.
Pour vous éduquez je vous conseille de suivre mes cours de rattrapage..."
Et pour rééduqueR l'orthographe, on va où ?
Ecrit par : FGuichard | 18 janvier 2007
Pour Ronin,
N'ayez, mon bon, le cuer endouloury....moi aussi, du temps cde ma jeunesse folle, j'en avais rien à cirer de ce que me racontait Monsieur Charbonnier professeur de Français en Hypokhâgne. J'étais très attiré -c'était les seventies, par la mini-jupe d'une de nos copines qui, la vache, ne soupçonnait pas les émeutes dans les calbars qu'elle provoquait...alors, j'ai, moi aussi, connement, loupé Stendhal et La Bruyère...excusez du peu. Puis, je les ai redécouvert plus tard, lorsque je constatai que gaudriole et littérature vont de pair.... (avec un e ou sans e????)
Viktor Klemperer, cousin, donc du grand musicien Otto Klemperer était philosophe et philologue. Il faisait partie de cette bourgeoisie juive totalement germanisée depuis des lustres que les Supporters du PSG-Parti Nazi vinrent faire chier dans les années 30. Son livre "Lingua Tertii Imperii" montre quelques exemples faemux du dévoiement de la langue comme première étape de l'avilissement des hommes.
Si vous pratiquez l'allemand, étant donné que j'en ai deux exemplaires, je me ferai un plaisir de vous l'adresser...
Bien à vous. MàC
Ecrit par : montaigneàcheval | 18 janvier 2007
Ronin....Au fait, votre sublaze, est-ce une allusion aux samouraïs désoeuvrés qui écumaient les campagnes Japonaises au XVIème siècle????
Ecrit par : montaigneàcheval | 18 janvier 2007
J'espère bien que non. Si vous avez vu le film de Mizoguchi, vous savez ce qu'il ;en reste des 47 ronins, à la fin ?
À moins que ce ne soit une allusion délicate au fait que notre ami soit TZR — enseignant errant à l'image des samouraïs du XVIIe siècle…
JPB
Ecrit par : brighelli | 18 janvier 2007
Pour être exact je suis plutôt professeur des écoles, j'enseigne donc les écoles. Donc, tout va bien madame la marquise. Pour mon pseudo, et bien disons que j'aime les arts martiaux et que tel le ronin qui cherche un maître auprès duquel il servirait, je recherche un homme politique qui aurait ce que nous avons/avions dans le calebar pendant certains cours de littérature pour avoir le courage de dire et de faire ce qu'il faut. Me voici donc sur les routes pour un bon bout de temps.
En ce qui concerne l'ouvrage de Kemplerer je cherchais...et je me souviens l'avoir lu et l'avoir tout court, en français s'il vous plaît chez Agora. Effectivement très bon ouvrage.
Ne payant pas l'isf je crois que je ne devrait plus m'intéresser à la politique ( ouarf )
Ecrit par : Ronin | 18 janvier 2007
Pour tous les rônins qui rejoignent le blog dojo de JPB, on peut lire en plus des indispensables “Crétins”, comme premiers antidotes à une dose trop forte d’IUFM, le “Petit vocabulaire de la déroute scolaire” et “L’horreur pédagogique” de Guy Morel et Daniel Tual-Loizeau. Ça soigne bien, pas d’effets indésirables !
Rappel : bibliographie sur l’École sur le site excellent de B. Appy :
http://appy.ecole.free.fr/bibliographie.htm
Pour les amateurs d’arts martiaux, sortie en DVD de la “Trilogie samouraï” sur Musashi Miyamoto avec T. Mifune.
Ecrit par : Lariba | 18 janvier 2007
Peut-être est-ce déjà un doublon, mais je signale cette pétition pour la défense des études littéraires:
http://www.maulpoix.net/etudes.htm
Ecrit par : anne moussier | 18 janvier 2007
références du livre recensé :
Victor Klemperer, LTI, la langue du Troisième Reich. Carnets d'un philologue, Paris, Albin Michel, coll. Bibliothèque Idées, [1947] 1996, 375 p. Traduit et annoté par Elisabeth Guillot. Présenté par Sonia Combe et Alain Brossat.
& compte rendu signé Alice Krieg paru dans Mots. Les langages du politique, Paris, Presses de Sciences Po, n°50, mars 1997, pp. 162-165 :
Voici la conclusion du recensement :
"On se rappelle que le journal de Klemperer est un des multiples matériaux à partir desquels Jean-Pierre Faye a élaboré la notion de langage totalitaire (Langages totalitaires, Paris, Hermann, 1972). En retour, l'oeuvre de Faye vient éclairer le texte de Klemperer, et occupe une bonne place dans l'appareil critique d'Elisabeth Guillot. Les écrits de Faye et de Klemperer nous mènent l'un et l'autre à cette conclusion : il existe un pouvoir des mots (plutôt, un pouvoir des hommes en tant qu'ils utilisent les mots) à vicier le politique, à travestir, mentir, tromper, à faire le malheur des gens.
LTI est admirablement écrit et traduit. C'est un document remarquable. Il donne aussi un espoir. Victor Klemperer montre qu'il est possible de décrypter, au moment même où ils opèrent, les mécanismes des discours qui font l'injustice. Comprendre ces mécanismes est une condition nécessaire à l'action. S'il est possible d'analyser les discours de malheur qui se font sous nos yeux, alors nous avons un moyen d'en désamorcer les pouvoirs redoutables.
Ecrit par : Robin | 18 janvier 2007
S'il est possible d'analyser les discours de malheur qui se font sous nos yeux, alors nous avons un moyen d'en désamorcer les pouvoirs redoutables.
N'est-ce pas ce que nous essayons de faire à propos de l'école ?
Ecrit par : Robin | 18 janvier 2007
A la recherche d'un "fil conducteur" aux récentes interventions sur ce blog, je constate une certaine lassitude dans la critique des pédagogues et une demande de solutions concrètes et de réfléxion polique (dixit JPB). Par ailleurs, en lisant la biographie de Victor Klemperer, j'ai appris que ce fin connaisseur de la littérature française du XVIIIème siècle, en particulier de Montesquieu et de Voltaire détestait Jean-Jacques Rousseau et était un partisan du libéralisme. Quelqu'un se proposait sur ce même blog de remédier à l'ignorance de certains d'entre en nous expliquant ce qu'était justement le libéralisme. Bien qu'ayant un peu lu Adam Smith et Tocqueville, je ne demande, en ce qui me concerne, qu'à profiter de ses lumières (ou de ses "Lumières")...Qu'il prenne donc la parole !
Ecrit par : Robin | 18 janvier 2007
La "certaine lassitude" est due probablement au fait que nous avons tout simplement perdu la partie, maintenant que les IUFM, intégrés aux universités, triomphent et que les minables archi-sous -diplômés qui s'y sont réfugiés pour fuir les élèves font se prévaloir du titre d'"universitaires". Par ailleurs, nous avons même perdu sur la méthode de lecture, puisque chacun sait bien que la plupart des instituteurs, dûment cornaqués par leurs syndicats gauchisants, continuent à pratiquer la méthode globale et à saccager l'intelligence de leur élèves, alimentant les officines de soutien privé et les cabinets d'orthophonistes, lesquels reprennent tout à la base avec une méthode ... alphabétique. L'échec de l'Appel pour la refondation de l'école donne à penser lui aussi. La Fabrique du Crétin a de beaux jours devant elle. La Bêtise au front de taureau s'épanouit. Meirieu jubile.
Ecrit par : Jean | 18 janvier 2007
Jean
Même si le lecteur occasionnel de Cioran (et de Shopenhauer) que je suis ne peut qu'admettre la réalité de cette "éternelle victoire de la sottise", je ne veux pas du monde que nous préparent ces gens-là. Je sais bien qu'il me serait aussi impossible d'y vivre que Victor Klemperer dans la "Weltanschauung" nationale-socialiste...Et c'est pourquoi je ne veux pas de la madonne du Poitou (la touche finale du dispositif).
Ecrit par : Robin | 18 janvier 2007
...Et comme le "camarade" (si j'ose dire) blogueur n'a pas l'air pressé de nous dire ce que les" libéraux" pensent de l'Ecole...
Il ne me reste plus qu'à relire les Mémoires de Guerre du général de Gaulle.
Ecrit par : Robin | 18 janvier 2007
Jean, vous ne semblez pas très en forme. Et pour tout dire, moi non plus. Je viens de "m'achever" avec la lecture d'un bouquin de Louis Chauvel "Les classes moyennes à la dérive" au Seuil, La république des Idées, où il raconte comment et pourquoi, lorsqu'on appartient aux classes moyennes, on n'a plus vraiment de chance d'échapper à la déroute et comment, encore moins drôle, nos enfants tout cultivés et bosseurs qu'ils puissent être, sont appelés à un "déclassement générationnel" qu'il qualifie d'inévitable.
Je ne connais rien en économie, j'essaie de comprendre un peu mieux ce qui nous arrive et plus je lis des bouquins sur la question, plus je déprime.
Car globalement, à la lecture de cette prose, j'en viens à me dire que notre combat pour l'école est bien joli mais qu'il ne sert plus franchement à grand-chose puisque ces braves économistes passent leur temps à nous démontrer que la "réussite" passe par des voies autres que celles de la méritocratie. Et qu'avec le système économique actuel, quand bien même on rétablirait le mérite et l'école tels que nous les souhaitons, dans la mesure où ce n'est plus le travail qui est "récompensé", ( les salariés sont les mal-traités du système capitaliste actuel, on a bien cru remarqué!) , quand bien même on aurait une école digne de ce nom, cela ne changerait rien au fait que nos chers élèves n'auraient aucune chance de s'en sortir.
L'avant-dernier bouquin que j'ai lu: "Trois leçons sur la société-post industrielle" de Daniel Cohen me laisse dans le même embarras grâce à une conclusion, on ne peut plus vague: il va falloir imaginer autre chose pour s'en sortir. Mais quoi? L'économiste constate et s'arrête là. Je referme mon bouquin, pas très à l'aise, en me disant que je vais retourner à ma chère littérature pour ne pas sombrer totalement dans la mélancolie.
Bref, si certains sur ce blog ont des" lumières économistes "plus réjouissantes, cela me ferait plaisir de les entendre, vraiment.
Ecrit par : Thalie | 18 janvier 2007
Saine et revigorante lecture, en effet. Mongénéral doit bien rigoler, en particulier de ses héritiers auto-proclamés qui ne sont en fait qu'un ramassis malpropre d'incultes. Et on frémit à la pensée que les Meirieu et autres poubelles eussent pu vivre dans les années 40.....Croyez-vous qu'ils eusent rallié la France Libre. Que non pas, braves gens. ils eussent fait comme Sartre et Beauvoir, comme tout le pissat intellectuel et collabo du dernier siècle : léché les bottes de l'occupant.
Puisque vous parlez des "mémoires" de Mongénéral, i l ya un passage, où installé de frais à Londres, à St Stephen's House, soutenu à bout de bras par l'immense Churchill, De Gaulle vit défiler tout ce que la France comptait d'illustre- ou presque. Il raconte que de Maurois à Alexis Léger(St John-Perse) TOUS avaeint une "bonne" raison de se carapater. Courage, fuyons. Et, dans ce désert des savants, il y eu Pleven. René Pléven, breton jusqu'au bout des ongles, intellectuel, qui raconte, que, se trouvant, par un beau jour de Juin 1940, dans le burlingue surchauffé de Mongénéral, qui fumait comme un pompier, il se torturait ,en se disant j'yvais-j'y vais pas-j'y vais-j'y vais pas...De Gaulle le congédia, lui suggérant de réfléchir. Et Pléven raconte qu'il se retrouva dans chaleur torride de la rue. Des bus passaient, indifférents, au malheur des hommes, et, de loin ,venant vers lui, il voit un groupe d'hommes se diriger à vive allure, le pas décidé, vers St-Stephen's House. Lorsqu'il fut à leur hauteur, Pleven sursauta: c'étaient des marins bretons, les fameux types d'Ouessant et de Sein, qui avaient entendu, comme ils l'expliquèrent à Pleven, avec leur accent rocailleux, l'appel du 18 juin, avaient pris les bateaux et étaient venus....
Et Pleven continue: il s'arrêta, frissonna et se dit "Comment, voici des gens de ma province, ils n'ont pas mon niveau de culture et EUX ne se sont pas posés de questions. Ils sont là.
Alors, il fit demi-tour et se mit au service de De Gaulle.
Meirieu et se sbires scientologues eût , sans nul doute, poursuivi sa route, non sans conseiller aux marins bretons d'améliorer leur "sstématique des phonèmes".
Pourritures d'intellectuels de second choix.....
Ecrit par : montaigneàcheval | 18 janvier 2007
montaigneàcheval
Deux citations du général :
"Quand Soustelle entre dans mon bureau, j'ai envie de lui prêter ma colonne vertébrale."
Remplacez Soustelle par des noms d'aujourd'hui qui viennent imédiatement à l'esprit.
"J'ai tenté de dresser la France contre la fin d'un monde...La France et le monde sont dans une situation où il n'y a plus rien à faire et, en face des appétits, des aspirations, en face du fait que toutes les sociétés se contestent elles-mêmes, rien ne peut être fait, pas plus qu'on ne pouvait faire quelque chose contre la barrage de Fréjus...Je n'ai plus rien à faire là-dedans, donc, il faut que je m'en aille."
A propos des marins d'Ouessant, Victor Klemperer témoigne du fait que les moins infectés par la propagande nazie étaient les ouvriers et il parle d'une jeune femme qui lui serrait chaleureusement la main en le regardant avec amitié dans l'usine où il travaillait, sachant ce qu'elle risquait de serrer la main à un Juif...
Il parle aussi de la culture de "l'inhumanité" chez les nazis. Une inhumanité qui prend d'autres formes aujourd'hui dans ce monde "compassionnel" où la charité est devenu un "business" et qui ignore la compassion véritable. C'est une des choses qui m'ont le plus frappé dans les collèges où j'ai exercé : ce manque d'humanité.
Thalie
La bourgeoisie"libérale" actuelle se moque bien de l'Ecole et de la culture...Il n'y a plus que l'argent qui compte...Le travail, il s'en fichent (les nazis aussi se fichaient du travail) Si vous saviez ce qu'ils lisent ! Et je n'ai aucune confiance dans la classe moyenne qui va voter massivement pour Ségolène...Et comme il n'y a plus de classe ouvrière...Que nous reste-t-il d'autre que la nostalgie ?
Ecrit par : Robin | 18 janvier 2007
De toutes façon, Lénine (un petit malin celui-là), l'a déjà dit : "les sociétés sont comme les poissons, elles pourrissent par la tête."
Ecrit par : Robin | 18 janvier 2007
Mais Robin, la compassion, la vraie, a-t-elle jamais existé ailleurs que dans notre imagination ou nos lectures?
Pas sûr que les classes moyennes aillent voter massivement S.Royal.
Et pourquoi dites-vous " Et comme il n'y a plus de classe ouvrière"? Quelle confiance supplémentaire auriez-vous accorder à cette classe qui n'existe plus effectivement?
La bourgeoisie libérale s'est toujours moquée de l'école et de la culture, ce n'est pas une nouveauté. Ce n'est pas dans ces termes là que je remettais en cause nos discussions sur l'école dans mon dernier post .
Et puis la nostalgie est un luxe qu'on ne peut se payer que si l'on n'a pas d'enfant scolarisé, vous ne trouvez pas?
Ecrit par : Thalie | 18 janvier 2007
Les pédagogistes parlent de "conservatisme" et de "corporatisme" des enseignants, de leur refus de toute "réforme" quand ils refusent leurs méthodes de crétinisation des élèves : on reconnaît là encore la parenté avec la phraséologie ultralibérale. Le texte d'un des inspecteurs les plus doctrinaires, Frackowiak, qui sévit à l'Académie de Lille, La liberté pédagogique des enseignants, alibi des conservateurs, obstacle à la construction de l'Ecole du 21ème siècle, illustre cette dérive qui vise à dépouiller les professeurs de leur latitude à décider eux-mêmes de leurs choix pédagogiques - comme on a dépouillé les médecins et les vétérinaires de leurs prérogatives en matière de prescription et de mise au point d'extemporanés ; le monde de l'enseignement n'est donc pas le seul en cause : nous assistons à une une mise au pas, à une subalternisation et à une déresponsabilisation de nombreux métiers.
Les pédagogistes sont donc l'équivalent de ces vétérinaires administratifs qui n'ont pas touché une vache depuis 30 ans et ordonnent l'abattage de troupeaux entiers pour un cas bénin de fièvre aphteuse.
Rodolphe dumouch
Moi aussi j'ai lu le très bon "trois leçons sur la société post-industrielle" l'auteur y décrit d'ailleurs comment la plupart des emplois, y compris cadres se croyant protégés, baissent dans la hiérarchie réelle, font des tâches auparavant réservées à des subalternes.
Je pense que le rêve pour tous les gouvernants est de supprimer les profs, trop cultivés, trop libres-penseurs, trop mouches du coche, pour les remplacer par des techniciens dévoués en sciences de l'éducation.
En gros, et même au niveau des lycées, le travail des agrégés sera fait par des techniciens de l'éducatif bac + 2 qui se contenteront de lire les livrets du ministère, avant que les répétiteurs électroniques ne les remplacent à leur tour.
Ecrit par : Ronin | 18 janvier 2007
Excusez-moi Thalie, je ne dois pas être très en forme moi non plus...Je ne dois pas voir bien compris. Je ne suis pas du genre à dire que tout était mieux "de mon temps", mais enfin je n'ai pas le souvenir d'avoir jamais assisté quand j'étais élève moi-même au tiers du quart des insultes, voies de fait, agressions verbales et physiques dont j'ai été témoin par la suite en tant qu'enseignant...entre élèves ou à l'encontre d'enseignants (J'ai attendu l'âge de 53 ans pour m'entendre traiter de "connard" par quelqu'un ("Ta gueule connard"!)...une gamine de 15 ans à laquelle je demandais courtoisement de se retourner et de cesser sa conversation afin que je puisse commencer mon cours)..Et il était vraiment temps que je m'arrête parce qu'on a beau être patient...
Je parlais de la classe ouvrière parce que mon grand-père en faisait partie, qu'il lisait beaucoup après son travail (Les Falaises de marbre d'Ersnt Jünger en 1939 par exemple) et qu'il avait une conscience politique (membre de la SFIO en 1922, grèviste et leader syndical en 36). Et il n'était pas le seul. Il avait été formé par des instituteurs de l'école de Jules Ferry. Je suis en colère parce que c'est une certaine "idée de la France" à laquelle je tiens qui a été trahie. ce sont des gens come lui qui ont été trahis.
Thalie, je suis très en colère et très désespéré en même temps par ce qui se passe. Ca explique les maladresses.
Moi aussi j'ai un enfant scolarisé actuellement (mon dernier fils) et je me fais du souci pour lui.
La nostalgie est peut-être un luxe, mais on a vu à l'oeuvre le slogan "du passé faisons table rase". C'était celui des communistes (et des nazis) et c'est également celui de la secte pédagogiste.
Ecrit par : Robin | 18 janvier 2007
Hauts les coeurs et sabre au clair!
La culture ne s'abandonne pas, ne se marchande pas, elle se transmet, pédagogues!
Résistez! l'économie n'a rien à y faire!
Ecrit par : Milady | 18 janvier 2007
Haut.....
Non, chacun a sa hauteur, cela fait des montagnes de hauteurs!
Eduquer des enfants, c'est leur donner accès au pouvoir - tout le monde sait cela si bien que l'entreprise commence par vouloir leur en refuser l'accès.
Si l'avenir est sombre, ne l'assombrissons pas encore en renonçant, un pédagogue est celui qui transmet, envers et contre tout, c'est ce besoin-là que d'aucuns appellent la vocation, c'est cette force-là que beaucoup s'emploient à abattre!
Résistez!
Ecrit par : Milady | 18 janvier 2007
Pourritures d'intellectuels de second choix.....
Ecrit par : montaigneàcheval | 18 janvier 2007
Up!
je suis heureuse de voir que vous êtes nombreux à avoir, comme moi, le moral au beau fixe!
En attendant le printemps qui ne saurait tarder, "de l'audace, encore de l'audace, toujours de l'audace!"
Ecrit par : dobolino | 18 janvier 2007
comme on a dépouillé les médecins et les vétérinaires de leurs prérogatives en matière de prescription et de mise au point d'extemporanés ;
Ecrit par : Ronin | 18 janvier 2007
C'est pas ça qui va me gêner, dis donc. Qu'ils y viennent: je prescris ce que je juge bon à qui doit le recevoir. Et basta!
Qu'yzyviennent me chercher des poux: ils savent le bordel ke je peux semer. Et je les emmerde grave paske j'ai la haine et que je ne crains plus rien: je suis reconnue timbrée et bonne à enfermer. Faites de même...
L'idéal est d'être le fou du Roi. J'en ai tâté un temps et ça rend réellement fou.
Ecrit par : dobolino | 18 janvier 2007
Ben, merci bien Milady et Robin et Ronin et Montaigneà... et Dobolino. Cela fait du bien, parfois, de ne pas se sentir trop seule.
Ecrit par : Thalie | 18 janvier 2007



