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26 novembre 2006

Socle sans statue

Socle sans statue


Voilà déjà cinq ans (1) que l’on tente de définir ce « socle commun » de connaissances qui sauvera l’Education nationale — et le pays tout entier. La commission Thélot s’en était préoccupée, avec une pseudo-consultation du corps enseignant dont les résultats furent, de l’aveu même de certains membres de ladite commission, singulièrement déformés, afin de s’inscrire dans le projet pré-établi. On sait que les sondages les plus sérieux ne fonctionnent pas différemment : ils corroborent l’attente du client.
Puis le Haut Comité à l’Education a fini par pondre quelques suggestions, tout aussi indépendantes, qui ont été reprises et formulées par le gouvernement en sept points (conseil des ministres du 12 avril 2006) :
- maîtrise de la langue française ;
- pratique d'une langue vivante étrangère ;
- principaux éléments de mathématiques et la culture scientifique et technologique ;
- maîtrise des techniques usuelles de l'information et de la communication ;
- culture humaniste ;
- compétences sociales et civiques ;
- autonomie et l'esprit d'initiative.

C’est ce que j’appelle, comme bien d’autres, un SMIG culturel. Le fourre-tout « culture humaniste » intègre probablement tous les laissés-pour-compte, la Philosophie, l’Histoire et la Géographie (cette dernière est actuellement une denrée fort rare à l’école), les Arts plastiques, la Musique — et même le Sport : mais quand on voit le corps des participants, passés ou présents, du HCE, dont l’appellation de « membre actif » est certainement exagérée, on comprend mieux cet oubli…

Quant aux Pédagogues (2), ils ne se montrent pas absolument hostiles au projet — forcément, puisqu’on est dans cette logique du « a minima » qui leur est si chère. Ainsi, l’inénarrable Zakhartchouk, qui déclarait dès 2004, dans un colloque convoqué par le SGEN (forcément !), qu’« à la fin de la scolarité obligatoire, tout élève devrait être capable de faire un bref exposé devant un auditoire, lire et comprendre toutes les pages de son journal régional ou trouver des informations sur internet en sachant trier celles-ci et en se posant la question de leur validation » : c’est ce qu’il appelle les « compétences » souhaitables — souhaitables pour être plus facilement exploité, sans doute… Et d’ajouter qu’il ne faut pas en rester aux « compétences disciplinaires » (éclatons les disciplines, faisons de la transversalité…), mais enseigner avec une pédagogie « différenciée » qui ne sera pas « différenciatrice » (dois-je rappeler que cette haine de la "culture bourgeoise" a produit, en vingt ans, plus d'inégalités que jamais l'élitisme le plus forcené n'en engendra ?). Précisant au passage que la Culture « n’est pas un supplément d’âme, une cerise sur le gâteau. Il faut développer les activités culturelles, mais plus intégrer la dimension culturelle dans les savoirs, en les reliant à ce qui est familier et parlant pour les élèves… »

Soyons clairs, et si possible pratiques. Ce que l’on doit apprendre à l’école, c’est l’ensemble de ce qui permet de communiquer avec l'ensemble de nos contemporains — et, par exemple, un patron instruit, celui-là même qui pourrait bien vous recruter. Or, que sait-il, cet individu-là ? Il sait parler un bon français (c’est-à-dire qu’il est tout à fait capable de s’exprimer comme un charretier, mais en faisant la distinction entre tous les niveaux de langue), il saisit les allusions littéraires, picturales, musicales, il écoute toutes sortes de musiques, mais rarement du rap, son niveau en mathématiques lui permet de tenir une comptabilité complexe (et même, parfois, de la fausser), il ne se laisse pas aller physiquement, sinon les repas d’affaires l’auraient tué depuis longtemps — bref, il recrute sur des critères qui sont, au fond, narcissiques : il espère que le jeune homme ou la jeune fille en face de lui lors de l’entretien d’embauche sera performant, professionnellement parlant, mais il veut surtout être assuré qu’ils se ressemblent et se comprendront.

Morale utilitaire ? Pas même. L’éducation « libérale » de Montaigne (cela s’appelait déjà comme ça, et il faudrait peut-être restituer au mot son sens originel) lui permettait de parler aussi bien au roi qu’à ses « gens », comme on disait alors. De fréquenter Cicéron aussi bien que La Boétie ou Ronsard vieillissant. De se rendre en Italie (on apprenait l’italien comme on apprend aujourd’hui l’anglais) sans souci majeur, et d’y apprécier à leur juste valeur les sculpteurs romains et les peintres de la Renaissance. C’est-à-dire maîtriser le passé et le présent — et c'est de cette maîtrise que naîtront les Essais.
Sans compter qu’il s’était forgé un corps capable de résister à des journées entières passées à cheval, alors même qu’il n’avait guère de dispositions naturelles que pour le confort douillet et les oreillers moelleux.
C’est très exactement ce que je voudrais aujourd’hui pour tous : pas un « socle » au rabais, mais un monument entier. L’élève formé(e) par le système scolaire devrait ressortir du lycée avec la maison France sur le dos — comme un escargot, comme disait Philippe Chatel.
Et quand je dis « France », j’y inclus naturellement les cultures régionales, grandes absentes des options « éducatives » et « citoyennes » d’aujourd’hui, et une teinture sérieuse de culture internationale, qui permettrait à tout élève français de savoir qu’un Américain connaît parfois mieux John Irving qu’Eminem.
Plutôt qu’égalité des chances, tarte à la crème de tous les régimes, peut-être faudrait-il envisager sérieusement l’égalité de bagage — et après, le talent personnel, les capacités individuelles trieront dans ce bagage, et l’exploiteront on non. Donner leur chance aux élèves (leur donner une chance d’inverser le « principe de Peter », et d’amener chacun à son plus haut niveau de compétence), c’est leur apprendre une langue commune, une culture commune (qui est ou n’est pas celle de la sphère privée où ils évoluent — et si elle ne l’est pas, raison de plus pour la leur apprendre), qui leur permettront, l’une et l’autre, de s’insérer dans un tissu social et professionnel. L’ascenseur social fonctionne à la culture, et pas à autre chose. Et il s’est mis en panne, depuis qu’on a commencé à mépriser les savoirs.
Et particulièrement les savoirs "annexes". La "pédagogie", c'est, tous les jours, Mozart qu'on assassine. Qui ne voit, qui ne sait qu’on n’apprécie un individu qu’en fonction de ce qu’il sait « à la marge » ? Savoir que « la corneille sur la racine de la bruyère boit l’eau de la fontaine Molière » est un présupposé — ou devrait l’être. C’est sur la connaissance — annexe — de Théophile de Viau ou de Cyrano de Bergerac que l’on cimente une culture.
D’où mon ire face aux déclarations récentes de Nicolas Sarkozy — et je le lui dirai, si j’en ai l’occasion : « «L'autre jour, je m'amusais, on s'amuse comme on peut, à regarder le programme du concours d'attaché d'administration. Un sadique ou un imbécile, choisissez, avait mis dans le programme d'interroger les concurrents sur la Princesse de Clèves. Je ne sais pas si cela vous est souvent arrivé de demander à la guichetière ce qu'elle pensait de la Princesse de Clèves... » (3)
J’adorerais une Poste où la guichetière saurait parler de Mme de Lafayette — même si elle n’en a l’occasion qu’une fois dans sa vie. J’adorerais un service public — ou privé — où l’on saurait, une fois de temps en temps, perdre son temps à débattre, avec tous ceux qui font la queue, du dur problème de l’aveu à monsieur de Clèves — comme au plus beau temps du Mercure françois… J’adorerais aussi bien qu’on puisse, n’importe où, papoter indifféremment de Josquin des Prés, de Wagner ou de Bénabar — tous troubadours dans des genres différents…
Mais je rêve, sans doute — et nous aurons un socle sans fondations, sans statue, et sans devenir.

Jean-Paul Brighelli


(1) Et même davantage, si l’on remonte au rapport Bourdieu-Gros de 1990.
(2)Excepté Philippe Meirieu, qui malgré ses conceptions erronées et ses excès langagiers, n’a jamais méprisé le vrai savoir, et qui se désolidarise de plus en plus, en privé et en public, des crétins patentés qu’il a contribué à nommer à tous les échelons du pouvoir, et qui pérorent aujourd’hui si volontiers en son nom, et en proférant de si grosses bêtises.
(3) http://www.liberation.fr/rebonds/218279.FR.php

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Commentaires

Voila qui me rappelle un rapport d'inspection daté de 2003; j'avais eu (et j'ai toujours) l'outrecuidance de proposer à des 3° des oeuvres un peu difficiles mais pas inaccessibles, en l'occurrence Dom Juan, étudié aussi en musique via Don Giovanni. "Le programme de travail en musique... doit être essentiellement de la responsabilité du professeur de musique" décrète Madame Tartempion, balayant quand ça l'arrange la sacro-sainte interdisciplinarité.
"Bien guidés par le professeur, les élèves qui restent attentifs, témoignent également de leur compréhension. Leurs remarques et réponses sont judicieuses". Zut alors, ils suivent, pense l'inspectrice qui n'en démord pas:"on peut s'interroger sur ce qu'ils auront compris de la pièce de Molière dont l'enjeu profond correspond davantage à une classe de lycée." Donc pas de Princesse de Clèves pour la guichetière et pas de Dom Juan pour les collégiens, margaritas ante porcos!
L'organisation du cours ne peut passer que par les Fourches caudines des instructions officielles, car un prof qui a 30 ans d'expérience (dont 18 en ZEP) ne sait pas s'y prendre, le pauvre: "Quant à l'organisation en séquences (que j'ai refusée tout net), elle n'est pas un simple habillage à la mode: elle correspond à une réflexion, un projet sur toute l'année et contraint à envisager avec rigueur le pourquoi des textes choisis... Faute de quoi...on peut s'attarder indéfiniment sur un oeuvre". Il est sûr, chère Madame, que cette pure merveille de Dom Juan ne mérite pas qu'on s'y attarde!!!
"Madame C s'attache surtout, en grammaire, à la remédiation. les élèves revoient donc des notions grammaticales et orthographiques élémentaires; sans doute en ont-ils besoin, mais en conséquence rien du programme de l'étude des outils de la langue n'a été abordé". Bon, Kevin patauge dans les conjugaisons courantes, j'ais, tu est, vous avait, mais il est temps d'aborder le schéma actanciel, que diable.
"Madame C enseigne avec conviction et a un goût évident et pour la musique et pour la littérature. Son expérience professionnelle lui a fait connaître des publics scolaires différents et elle constate les difficultés de celui qu'elle a devant elle. On ne peut que regretter qu'un professeur se refuse à imaginer une autre organisation de son enseignement, plus conforme aux instructions officielles"
Et toc: un prof compétent, diplômé, efficace, cultivé et expérimenté n'a pas le droit de partager sa culture et de gérer sa classe comme il l'entend, même s'il le fait avec succès.
Et il y a encore des gens sur ce blog qui nient qu'il existe un terrorisme des méthodes malgré tant de témoignages comme le mien!
L'inspectrice en question, à qui j'ai dit mes sympathies pour "Sauver les Lettres" et autres mouvements dissidents, s'est bien gardée de me noter. Je vis donc sur une vieille note donnée par un chargé de mission plus stalinien encore (un projet pédagogique sur 5 semaines est obligatoire). Cela me vaut de faire partie des 7 avis défavorables attribués par l'Inspection régionale sur 1600 postulants à la hors-classe. Ce qui se chiffre en milliers d'euros perdus parce que je m'obstine à transmettre une langue et une culture.
(Cunégonde, agrégée de lettres modernes, certifiée de Lettres classiques, licenciée d'anglais et Premier Prix de Conservatoire national de musique, autant dire pas grand chose. Et merde !!!)

Ecrit par : Cunégonde | 26 novembre 2006

Encore !
Et prenez un autre surnom, "Cunégonde" est d'une telle auto-dérision qu'elle confine au narcissisme…
JPB, agrégé, normalien, à peu près bilingue, et qui fait un peu de blues chaque matin, vers 4-5 heures, histoire de se mettre in the mood for teaching…

Ecrit par : brighelli | 26 novembre 2006

Etonnant,non?

Ecrit par : combemale | 26 novembre 2006

Alors je réitère.(ter)...Comment s'y prendre pour faire bouger ce système décadent?
En chantant du blues? En jouant avec la hiérarchie en cachant ses actions dissidentes (je ne fais pas d'informatique, ni de séquence etc...)? En continuant à pérorer sur les blogs?
Je geins m'a-t-on dit. Nous geignons!
Je cultive mon jardin mais l'autre en face, il est dépassé par le système. Je cultive mais autour, ça marche sur la tête. Et bientôt je ne pourrai plus cultiver puisque je serai à l'école jusqu'à ma mort et 40h par semaine pendant 45 ans.
J'ai rencontré des gens intelligents et mille fois plus cultivés que moi (c'est pas dur) chez mon syndicat. J'en suis ressorti moins âne. Et j'y retournerai. Parce qu'en restant le cul sur ma chaise devant le blog, rien ne bougera. Et non de dieu, j'ai encore 40 ans à vivre avec les barbares. Et ils entrent de partout, plus virulents les uns que les autres. Ca deviendra très dur d'ici 10 ans dans ce métier. Voire intenable.
Alors comment convaincre les moins convaincus?

Ecrit par : combemale | 26 novembre 2006

Il n'y a pas moyen de convaincre les moins convaincus, parce que ça ne se passe ps au niveau du rationnel, mais du passionnel : ce n'est pas manque de raison, mais excès de trouille. Ils nous rejoindrons après le débarquement, si j'ose dire — résistants de la onzième heure, tondeurs de femmes et assassins de harkis…
C'est incroyable, la lâcheté — dans ce métier comme dans toute l'espèce humaine.
Je crois que c'est parce que nous sommes une espèce grégaire — donc trouillarde, comme toutes les bêtes qui se rassemblent pour trembler les unes contre les autres. Je vous rappelle pour mémoire qu'"individualiste" est un reproche, sinon une injure.
Même à Sauver les lettres…
JPB

Ecrit par : brighelli | 26 novembre 2006

L'inénarrable Zakhartchouk me fait toujours penser à cette anecdote qui courait en URSS du temps de Brejnev: un délégué Tchoukche rend compte des travaux du congrès du PCUS à Moscou.
-J'ai beaucoup énormément appris dit'il. Et le plus important, c'est que dans notre pays, tout est fait pour l'homme, tout pour l'amour de l'homme et au nom de l'homme! Et figurez-vous, cet homme je l'ai vu!

Remplaçons le mot tchelovek par utchenik (élève) et nous avons l'exacte conception infantilisante et sucrée de notre système d'éducation par notre inestimable pédagogue. Qu'il reçoive ici aussi un blame! (zakhayat signifie en russe blâmer)

Ecrit par : buntovchik | 26 novembre 2006

C'est vrai que ça geint beaucoup dans l'EN. Mais faites autre chose si vous en êtes capables, et cessez de geindre ! Si vous valez mieux que ce que vous faites, et je sais que c'est le cas de beaucoup de mes ex-collègues (j'ai quitté l'enseignement pour expérimenter cette idée), alors tirez-en les conséquences et vivez votre vie comme vous l'entendez.
Malgré la dureté de leur métier, je trouve que trop d'enseignants sont quand même bien confortables dans leur statut, c'est cela et pas leur prétendu amour d'un métier qui les ennuie qui les fait tenir. Bel exemple, chacun a finalement l'enseignement et les classes qu'il mérite.
Je me désolidarise petit à petit d'un métier que j'avais pourtant choisi, mais dont les représentants me semblent de plus en plus petits dans leurs actes, quand leurs idées et leurs capacités leur permettraient de faire bien mieux.

Ecrit par : zero | 26 novembre 2006

Bonjour à tous,
Quel blues jouez-vous, Jean-Paul? Et le jouez-vous à la guitare?
Cunégonde, sans vous faire de procès d'intention, le fait-d'être sympathisante de "sauver les lettres" est-il la première chose dont vous ayez parlé d'un ton un peu vengeur à votre inspecteur? C'est quelquefois susceptible, ces petites bêtes, vous savez!
zero, vous avez parfaitement raison! Si j'ai bien compris votre message, vous recommandez de s'affranchir des textes officiels ou, du moins, de s'accorder des libertés qu'ils nous donnent quand on les lit un peu "entre les lignes"? Si c'est cela, j'adhère à 150%. Ils sont, à mon sens, fait pour ça. On aura, quoiqu'il arrive, les libertés qu'on se donne, et je persiste à penser que si on le fait de manière un peu habile, aucun inspecteur ne pourra nous reprocher d'avoir raté des cours réussis.
Bonne fin de week-end.

Ecrit par : christophe sibille | 26 novembre 2006

Bonjour à tous!
Je viens juste de découvrir ce blog, oui, bon, il n'est jamais trop tard pour bien faire??
J'enseigne l'allemand dans un de ces "grands et bons" lycée parisien peuplé de jeunes soi disant sans aucune difficulté...Je suis entrain de terminer "a bonne école" apres avoir lu "la fabrique" ..
Je tenais à dire que je n'ai pas tellement aimé votre analyse sur nos magnifiques ecoles ou nous n'avons apparement pas beaucoup de mérites à enseigner...Ce serait donc là quelquechose de tellement plus facile! J'ai quand même envie de dire que 1) un ado reste un ado
2) que nous devons ici aussi parler LEUR langage , et j'ai vu un certain nombre de mes collegues partir, car ils ne supportaient plus...
3) nous sommes exigents avec nos élèves, mais ils le sont également avec nous... Ils sont en devoir tous les samedis matins pendant 3h ou 4h( dépend de la matière) et ce dès la 2nd. Il faut bien trouver les sujets et ensuite....corriger tout ça! Je passe le plus clair de mon temps de vacances à préparer mes cours , à me renouveller, et ah oui, nous avons des nouveaux programmes en langue, donc il faut bien s'y plier. Ils sont dailleurs très réducteurs ces programmes (alors qu'ils ont l'air très ambitieux)

Tout ça pour dire que il y a certes des avantages à 'enseigner dans un lycée "prestigieux" (qui n'est dailleurs jamais mentionné dans vos livres, nous nous sommes demandés pourquoi ;-))) ) mais il y a aussi des inconvenients .

mais il est vrai que nous pouvons encore APPRENDRE des choses à nos élèves , nous avons encore le droit de les coller, de les mettre à la porte du cours , il y a encore des conseils de discipline et aucun élève ne sèche des cours ( pas possible).
Merci pour vos livres très interressants , @bientôt

Ecrit par : nathalie | 26 novembre 2006

Bonsoir, Nathalie…
Je ne parle que de ce que je connais — Henri IV un peu, Louis-le-Grand où j'ai passé quelques mois de stage en maths sup (avant d'enchaîner sur 7 années de collège rural…), Turgot où j'ai des amis, Hélène Boucher parfois, pour des raisons familiales… Le reste est une nébuleuse de "bons lycées" (parfois pas tous très bons : j'ai une expérience directe de Paul Valéry qui aurait mérité de figurer dans mes livres, chapitre "difficile"), que le provincial que je suis désormais ne fréquente pas directement.
Ce qui serait intéressant, ce serait que vous nous expliquiez comment on enseigne l'allemand, désormais : langue de Goethe, ou de la presse moderne ?
JPB

Ecrit par : brighelli | 26 novembre 2006

Rebonsoir!
Comment on enseigne l'allemand..
Gute Frage!
Les nouveaux livres (mais la tendance n'est pas toute récente récente non plus) axent tout sur l'allemand comme "outil de communication". Voilà,le mot est dit, nous devons COMMUNIQUER. Le problème, c'est que c'est très réducteur de vouloir simplement communiquer! et l'allemand n'est pas une langue qui s'y prête tellement (avant de pouvoir "baragouiner" il y a du chemin!!). Donc, le moins de grammaire possible, ou alors seulement en situation (tiens, je tombe sur une adjectif décliné, hasard, et les élèves devraient en déduire la règle tous seuls, comme par magie) !Dans mes nouveaux livres (j'ai deux quatrièmes, une 2nd, une 1ère , deux Term.) c'est un véritable puzzle, chap 1 on apprend à conjuguer des verbes au singulier, 2 chapitres plus loin au pluriel. J'ai pris quelques libertés bien sûr face à ça,je ne pense pas que l'on rende service à morceler comme ça.
Au lycée, les nouveaux livres proposent des nouveaux textes en fonction des programmes en vigueur. (nouveaux programmes). Je regrette que les textes soient tous trop actuels.Jje n'ai rien CONTRE un texte actuel, rien contre la presse, rien contre Natascha kampusch (juste un exemple!!!), mais Kafka et Goethe rentrent difficilement dans ces nouveaux programmes (il faut que j'arrive à caser Kafka, car c'est ma spécialité)
J''ai travaillé avec mes Term. sur le film récent "Sophie Scholl" et ils ont beaucoup aimé. Beaucoup de vocabulaire et de choses à savoir, mais ils sont contents en fait quand ils ont des choses à apprendre, faut pas croire qu'ils sont tous paresseux dans l'âme!(lol)
J'essaye de passer du temps sur tout, sur des textes plus difficiles, sur des activités qui les poussent à parler ,ils passent aussi des oraux (dans toutes les matières) dès la 2nde en vue de les entrainer pour après, et pour cela faut leur donner de quoi parler.
Nous avons encore de la chance d'avoir des élèves en 1ere et 2eme langue (deux classes en 6èmeLV1 et en 4ème en LV2) et nous faisons tout pour les garder ,pas toujours facile..

Voilou une petite réponse à une grande question! ;-))

Ecrit par : nathalie | 26 novembre 2006

Je voudrais juste revenir sur Sarko et "La Princesse de Clèves". Le propos est d'autant plus lamentable que le mm Sarko, loin d'être un beauf ignare, est capable de parler, et fort bien ,de "Belle du seigneur" chez F.O.G. ! Moralité : la grande littérature c'est bon pour certains, pas pour d'autres. c'est exactement la leçon du "socle commun". Quod erat demonstrandum...

Ecrit par : FGuichard | 26 novembre 2006

Gute Nacht NATHALIE

Ich bin für die ..... SMIG scolaire :

SAVOIR
MAXIMUM
d' INSTRUCTION
GENEREUSE


SAVOIR :

Entre le savoir- faire, le savoir-être ...je préfère le savoir-savoir.

J'ai près de 50 balais.... On ne m'a jamais inculqué le savoir -être , le savoir -faire... et je n'ai pas trop le sentiment d'être lésé pour autant . Mes instits m'avaient enseigné le savoir tout court . On pourrait dire aujourd'hui le savoir-savoir :-)

MAXIMAL :

Et pourquoi minimum, ? Je n'entends que ça autour de moi !
Je veux du MAXIMUM. Tout enseignant entrant dans sa classe se doit d’obtenir le maximum de ses élèves grands ou petits. Et il faut élever chaque enfant au maximum de ses possibilités sans léser son proche !

INSTRUCTION

L’école est le lieu d'instruction ...et non d'éducation !

GENEREUSE

Comme se devrait être la REPUBLIQUE .

... ça doit être le pastis :-)

Aufwiedersehen meine Freunde :-)

Ecrit par : Patrick (Instit) | 26 novembre 2006

Bravo Patrick!
Gut gesagt!
Dir auch, eine schöne Nacht;-)

Ecrit par : nathalie | 26 novembre 2006

Bonsoir

Je viens de vous quitter et un copain m'envoie un mail.

Nous avions dans l'après-midi converser sur Pierre DAC, humoriste et ancien compagnon de la Libération (de l'école sans aucun doute )

Voici un propos très circonstanciel que BONNET d'ÂNE devrait porter en effigie

" Pour que l'école dure, Amis donnons ! "

Cordialement

Ecrit par : Patrick (Instit) | 26 novembre 2006

Oh ! Grosse Katastrophe !

con... versé ..... ce pastis sur la nappe !

Entschuldigungen

Ecrit par : Patrick (Instit) | 26 novembre 2006

;-))) c'est pô grave ça, lol

Ecrit par : nathalie | 26 novembre 2006

Cher Monsieur Brighelli

J'ai apprécié vos deux premiers livres : La fabrique du crétin et A bonne école mais le troisième m'a surpris et choqué et je comprends que Monsieur Laurent Lafforgue, le préfacier d'A bonne école en ait été blessé (il a raison de vous rappeler qu'il y a des mots qui tuent, même un siècle plus tard). Vous vous laissez entraîner par une certaine facilité de plume et une pure ivresse verbale et vous perdez de vue les limites de la saine raison que vous défendez par ailleurs, et à juste titre. Il y a des gens intelligents en dehors de vous, y compris parmi les juifs et les musulmans et Les chrétiens ne sont pas tous forcément des crétins ! Voilà, j'ai vidé mon sac sur ce sujet et je vous propose une traduction du vers admirable de Dylan Thomas que vous citez dans un de vos livres : "Once below a time, I was a child" :" Jadis, avant l'invasion du temps, je fus un enfant.". Au milieu de nos débats d'adultes, de professeurs, de parents, essayons de nous souvenir qu'un jour, nous aussi, "avant l'invasion du temps", nous fûmes des enfants.

Ecrit par : Robin Guilloux | 26 novembre 2006

Bonjour,

êtes-vous au courant du nouveau décret qui permet la mise en place de la bivalence pour tous les enseignants du second degré ? Voilà encore un moyen de détruire l'école : un prof de lettres pourra devenir un prof d'histoire ou de philo ou de langue, au bon vouloir de la "nouvelle" EN ... C'est sans doute ce qu'on appelle un enseignement de qualité chez nos ministres ...

Bien à vous,

Marie

Ecrit par : Marie | 27 novembre 2006

La bivalence se fait selon le schéma majeure / mineure. Par exemple, majeure en Lettres, mineure en Histoire.
Ou majeure en Sport, mineure en maths — mais le contraire n'est pas possible : c'est que sport, voilà une spécialité, mais maths, n'importe quel pékin peut s'y coller…

J'avoue que j'ai beaucoup de mal à comprendre comment on peut encore être croyant — parce que ça ne me paraît plus correspondre à aucune réalité contemporaine. Que Néandertal ait été animiste, ça se comprend. Que la Grèce archaïque ait été polythéiste, aussi (je dis "archaïque", parce qu'il semble bien qu'un homme comme Euripide avait déjà renvoyé les dieux au rayon des mythes). Que l'empereur Constantin ait trouvé son intérêt à imposer le monothéisme, soit. Dans tous les cas, la religion est un produit historique.
Mais en 2006, à moins d'être George Bush… Mais peut-être y a-t-il des paramètres (historiques et contemporains) que je n'entre pas dans mon raisonnement.
Et quant à être croyant et fanatique, alors là ! Et c'est uniquement cela que j'attaque dans Une école sous influence — le moment où la sphère privée déborde sur la sphère publique — et prétend même la remplacer.
JPB

Ecrit par : brighelli | 27 novembre 2006

Rappelez-vous, au moment de la mort de Jean-Paul deux. Pendant plusieurs jours, pas moyen d'ouvrir une télévision ou une radio sans entendre des discours à vomir, une insulte à tous les non-croyants. Et comment expliquez-vous, Robin, que les religieux, qui s'entretuent en permanence, finissent toujours par se réconcilier sur le dos des mécréants? Double peine permanente.

Ecrit par : christophe sibille | 27 novembre 2006

SAVOIR :

Entre le savoir- faire, le savoir-être ...je préfère le savoir-savoir.

J'ai près de 50 balais.... On ne m'a jamais inculqué le savoir -être , le savoir -faire... et je n'ai pas trop le sentiment d'être lésé pour autant . Mes instits m'avaient enseigné le savoir tout court . On pourrait dire aujourd'hui le savoir-savoir :-)

Je rebondis là-dessus pour tenter de dire ce que je cherche à exprimer concernant ce qu'est pour moi l'indispensable socle commun: un ensemble de connaissances soigneusement structurée et bâties de la maternelle à la terminale pour établir un maximum de connexions neuronales. Le but serait de pouvoir ensuite être capable de continuer seul à construire sur ce socle.
Donner les bases de raisonnement qui permettront d'être capable toute sa vie d'affiner son processus thèse-antithèse-synthèse, processus qui se met à peine en place à la fin de la scolarité obligatoire.
Ce qui m'ennuie le plus, c'est de constater que ce processus n'a pas été mis en place chez bon nombre d'adultes de moins de quarante ans avec bac et études supérieures. Ils ne sont capables parfois (souvent) que de se diriger dans un sens unique: pas très constructif. Je ne sais pas si je suis lisible et compréhensible sur ce coup!
En ce qui concerne le socle commun, petite mention vers un autre désastreux parent pauvre: la biologie.

Ecrit par : dobolino | 27 novembre 2006

JPB, il y à longtemps que votre catéchisme libertaire me fait sourire...

Pierre Legendre écrit ceci - dans la préface de son livre : "Le crime du caporal Lortie - Traité sur le Père" :

Fragile est la construction humaine, car la raison n'est pas une rente, mais une conquête, pour l'individu comme à l'échelle de la société.[...]
En rédigeant l'ouvrage, j'ai plus d'une fois médité le mot de Dostoïevski, expert s'il en est :"il est possible de traverser une rivière sur une poutre, non sur un copeau".[...]
En cette étude, il est question du radeau institutionnel qui permet à l'humain, dans toute culture, de traverser la vie. Prétendre en finir avec une telle exigence, c'est méconnaître l'entre-appartenance des règles de la construction subjective et des montages d'interdit que la société a pour fonction de soutenir par l'édifice symbolique des filiations. Politiquement, c'est ouvrir les vannes des arbitraires familiaux et sociaux, aujourd'hui sous l'étiquette de l'individu auto-fondé et des agglomérats d'individus libérés du tabou, dans l'assurance du bon droit que procurent la bonne conscience démocratique et le biologisme triomphant. A charge, bien sûr, pour les propagandes préposées à nourrir ce marché de dupes, de gérer l'impuissance, quand tout le monde se renvoie la balle face aux effets de la destructivité programmée[...]

Pierre Legendre, agrégé de droit romain, est l'un des plus grands penseurs de notre temps. Pour lui, si l'obscurantisme frappe bruyamment à notre porte en cette aube du XXIe siècle, c'est que dans nos sociétés postindustrielles on a cru pouvoir s'affranchir de la référence totemique et que malheureusement sans totem l'homme ne peut tenir debout...voir l'étymologie du mot Etat qui vient de status tenir debout. Et les états modernes occidentaux sont des totems laicisés qui ont leurs racines profondément ancrées dans Rome...

Mettez un livre de Pierre Legendre dans votre bibliothèque... Lisez le avant !

Philippe Delarouzée.

Ecrit par : Philippe Delarouzée | 27 novembre 2006

Mais si, Philippe, il y a un totem! C'est l'argent! Et le vatican et l'arabie saoudite sont des états parmi les plus riches, non? Et les agences postales de dieu sur terre, (ben laden, benoît XVI, castro) sont surtout des agences bancaires. Mais cela n'empêche absolument pas de réfléchir au fait, (pas de croire; nuance! Toute croyance se nourrit d'un lit de cadavres) qu'une volonté dont le sens nous échappe a organisé l'univers dans lequel nous évoluons! Et, comme le disait dobolino, d'être saisi quand on pénètre dans une abbaye cistercienne. Cela n'a aucun rapport avec la présumée existence de dieu.

Ecrit par : christophe sibille | 27 novembre 2006

"Toute croyance se nourrit d'un lit de cadavres". Donc croire en soi, en son métier, en ses méthodes d'enseignement, c'est déjà être Torquemada? Je vous le disais bien, que c'est l'humanité qu'est dingue! Bon j'arrête mon mauvais esprit.

Ecrit par : Pendariès | 27 novembre 2006

Tres inspirée note, JPB ! ;)

Les préposés de caisse et guichetières diverses ont néanmoins plus de répartie aujourd'hui sur tous sujets qu'hier, ce qui implique deux choses.

L'employeur privilégie l'architecture à égalité de socle.

Le client est mieux servi.
(Corollaire, son moral fluctue d'un extrême à l'autre : libération par la parole lorsqu'il discute le bout de gras, atterissage douloureux quand il considère qu'il pourrait être en face.

Earl, ours d'Irving, à moi compte deux mots, cycle long, essorage permanent.

Ecrit par : D'Enguell | 27 novembre 2006

"Toute croyance se nourrit d'un lit de cadavres". Donc croire en soi, en son métier, en ses méthodes d'enseignement, c'est déjà être Torquemada? Je vous le disais bien, que c'est l'humanité qu'est dingue! Bon j'arrête mon mauvais esprit.

Ecrit par : Pendariès | 27 novembre 2006

Pendariès, je parlais de croyance, pas de conviction.

Ecrit par : christophe sibille | 27 novembre 2006

Toute croyance se nourrit d'un lit de cadavres". Donc croire en soi, en son métier, en ses méthodes d'enseignement, c'est déjà être Torquemada? Je vous le disais bien, que c'est l'humanité qu'est dingue! Bon j'arrête mon mauvais esprit.

Ecrit par : Pendariès | 27 novembre 2006
Et ça y est, le voilà qui recommence à me fracasser le moral dès potron-minet, de préférence le lundi. Pendariès, je vais porter plainte pour harcèlement moral!

bon, en bossant j'ai un peu réfléchi à mes brumeux propos du matin:je crois qu'à l'âge tendre, créer des connexions, ce n'est pas tant faire des explications de texte ou des dissert. qui seront forcément plus ou moins médiocres (mais en faire quand même!) que de se soumettre à une gymnastique telle que peuvent en offrir la pratique intensive de la grammaire (analyses logique et grammaticale; versions et thèmes) où rien n'empêche de piocher dans les grands auteurs et des mathématiques. En maths, les programmes réduits à outrance ne permettent pas à un bachelier même S d'avoir découvert la jouissance de la résolution élégante de problèmes et c'est bien triste. Le travail mathématique ou grammairien crée des connexions qui sont, à mon avis, indéboulonnables et excellentes. Il enseigne la méthode: i.e. le fameux apprendre à apprendre: pas de résultat sans rigueur et étude sérieuse de toutes les facettes du problème offert en pâture au cerveau qui frémit alors de joie. N'est-il pas?
ce qui manque le plus à l'école d'aujourd'hui , c'est ce plaisir: à vouloir faire du consommable ludique, on a abandonné la jouissance. Un thème bien résolu n'est-il pas une sorte d'orgasme cérébral?
Remarquez que c'est partout pareil: Les Bronzés vs Le Septième Sceau.. L'audimat donnera le verdict.
Un pot au feu vs une barquette micro-ondable
etc...

Ecrit par : dobolino | 27 novembre 2006

"Pendariès, je parlais de croyance, pas de conviction."

where is the difference????

Ecrit par : Pendariès | 27 novembre 2006

si vous n'êtes pas convaincu quant à ce que vous croyez, ça ne mène nulle part!

Dobolino, j'ai le nihilisme et la misanthropie matitudinaux. ;-)

Ecrit par : Pendariès | 27 novembre 2006

Je crois que la terre tourne autour du soleil, mais je n'en suis pas convaincu.

Je crois que je suis le fils de mes parents, mais je n'en suis pas convaincu.

Je crois que les politiques ont encore un pouvoir de décision, mais je n'en suis pas convaincu.

Je crois que mon vote aux présidentielles va les choses, mais je n'en suis pas convaincu.

Je crois qu'instruire c'est prolonger le passé au travers du tamis des jours que je vis pour qu'il devienne un futur viable, mais je n'en suis pas convaincu.

Je crois que mes élèves auront du boulot, mais je n'en suis pas convaincu.

Je crois que mes élèves, devenus adultes, vont professionnellement en baver, mais je n'en suis pas convaincu.

Je crois que je vais manger des lasagnes à midi, mais je n'en suis pas convaincu.

Je crois que je vis, mais je n'en suis pas convaincu.

Je crois que je rêve que je rêve que je vis, mais je n'en suis pas convaincu.

Je crois que l'eau ça mouille, que le feu ça brûle, que j'ai mauvaise haleine au réveil, mais je n'en suis pas convaincu.

etc. ad libidum.

Christophe, avec votre proposition, nous sommes en plein baroque; et j'aime! Ne prenez pas cela pour une pique: je suis réellement fou de l'esthétique du fuyant, de l'instable, du sable qui file entre les doigts, des chimères...

Je ne suis plus convaincu que mon énergie, toutes mes heures passer à cultiver mon jardin, à mettre ma confiance dans la culture (qui ne peut être qu'une révolution permanente, qu'une mise en accusation des jours, qu'une indignation active) mes efforts, en tant que prof, rejoignent ma croyance dans l'enseignement, lorsque j'avais 14-15 ans, quand j'étais en 3eme, et que j'eus madame Nesme, ma prof de Français.

Maintenant, j'attends avec gourmandise le premier parent qui va porter plainte contre l'Etat, puisque le socle commun et ses objectifs de réussite s'inscrivent dans la loi. J'aime les balles que l'on se tire dans le pied!

Allez zou, un peu de "Pensées à moi-même" avant de me remplir l'estomac!

Ecrit par : Pendariès | 27 novembre 2006

"toutes mes heures qui sont passées à..."

Ecrit par : Pendariès | 27 novembre 2006

"J’adorerais une Poste où la guichetière saurait parler de Mme de Lafayette — "
J'avions écrit grosso modo la même chose il y a qq mois sur Lire & écrire, mais le boulot c'était 'vendeur de chaussure' et le sujet ce devait être 'Proust' (lol mdr)

;)

(2)Excepté Philippe Meirieu,

et qui se désolidarise de plus en plus, en privé et en public,
des crétins patentés qu’il a contribué à nommer à tous les échelons du pouvoir,


Coooooooooooool Super bonne nouvelle ;)
à+

Ecrit par : toto | 27 novembre 2006

"… si l'obscurantisme frappe bruyamment à notre porte en cette aube du XXIe siècle, c'est que dans nos sociétés postindustrielles on a cru pouvoir s'affranchir de la référence totémique et que malheureusement sans totem l'homme ne peut tenir debout..."

Je sais bien qu'"Etat" vient du même étymon qu'"insitituteur" — celui qui vous fait tenir debout. Mais totem, non — sinon à supposer que les sociétés amérindiennes ont emprunté des mots à souche latine…
Alors, disons-le tout net : pour moi, tout totem est tabou.
Et pour être sérieux deux secondes (et puisque nous en sommes à échanger nos références bibliographiques), je vous renvoie à Leo Strauss, "La critique de la religion chez Hobbes" (PUF, 2005), qui montre largement que la religion n'est qu'un à-peu-près dans la construction du totalitarisme d'Etat — et que, ce faisant, elle exhibe sa vraie nature, qui est de contrôler tous les appareils d'Etat.
Mais justement, le Léviathan se suffit à lui-même.
Alors, de deux choses l'une — en ce qui me concerne.
Les bons jours, je suis suffisamment indépendant pour contester tout processus d'Etat (ou de groupe, ou de secte).
Les mauvais jours, je redeviens jacobin intransigeant, et alors le "contrat social", comme dit l'autre Genevois, suffit amplement à combler les désirs de béquille de l'humanité débile — au sens pur du terme.
J'imagine que je suis à la fois ce libertaire épicurien qui se sent assez fort pour se passer de tuteur-tumeur—tu leurres, et ce républicain féroce qui trouve en l'Etat une superstructure suffisante pour combler tous les besoins d'infini. Pas de place pour une quelconque superstition, qui contrarierait mon individualisme, et ne serait que la pâle esquisse d'un Etat véritablement dominateur — bref, une méta-fort (pardon, je ne le ferai plus : c'était un clin d'œil aux oulipiens du blog et autres sectateurs de Pierre Dac).
JPB

Ecrit par : brighelli | 27 novembre 2006

Malheureusement non, la bivalence ne va plus se faire selon un système majeure/mineure. C'est pourquoi je vous en alertais. Voici le texte :

"2° L’enseignant du second degré qui ne peut compléter son
service selon les modalités prévues au premier alinéa, peut
être tenu, si les besoins du service l’exigent, de dispenser
un enseignement dans une autre discipline dans son
établissement d’affectation. Ces heures d’enseignement
doivent lui être attribuées de la manière la plus conforme à
ses compétences.
Si l’enseignant régi par le décret n° 99-823 du 17 septembre
1999 susvisé ne peut se voir confier l’intégralité de son
service dans les conditions prévues par ce même décret, il
peut être tenu, si les besoins du service l’exigent, d’effectuer
tout ou partie de son service dans une autre discipline. Ce
service doit lui être attribué de la manière la plus conforme
à ses compétences."

"tout ou partie de son service" : c'est clair.

Et cela ne concerne plus les nouveaux recrutés du capes qui ont accepté la mention complémentaire, mais tous les enseignants du secondaire.

Mais ce n'est plus le sujet du débat ... vous préférez parler religion. Le socle commun, pourtant, qui est déjà critiquable, va devenir une piètre chose si les enseignants qui en ont la charge ne sont même plus désignés selon leur compétence première. Quelle égalité devant l'enseignement et les examens (quoiqu'on pense de leur validité) si certains élèves reçoivent des cours de philo d'un prof certifié ou agrégé dans cette matière, et d'autres d'un prof de français ? De la même façon un prof de physique n'est pas un prof de maths, etc.

Visiblement peu d'enseignants sont avertis de ce changement. Les parents d'élèves encore moins. J'espère me tromper en y voyant une sérieuse atteinte à notre métier, et à la formation de nos élèves et enfants.

Bien à vous,

Marie

Ecrit par : Marie | 27 novembre 2006

Jean-Paul, 'tention, l'individualisme mène au scepticisme qui dirige rapidement vers le nihilisme.
Individualiste, républicain, sensualiste matérialiste et jacobin intransigeant? Nous sommes tous des paradoxes sur pattes! HEUREUSEMENT.

Et c'est cette complexité-ci qui me fait dire, tous les jours, de plus en plus, qu'être en rapport quasi quotidien avec des ados qui sont des corps souriant, tirant la gueule, calme ou agité, indifférent, vehiculant un fantôme, individualiste et crevant à la fois de rester seul face à lui-même 10 secondes, et qui n'a pas les moyens pour s'enivrer du monde, contrarie ce beau tourbillon de la complexité, renforce le fait d'être désabusé. Il n'y a pas de dialogue, d'aides possibles. Autre que jeter un peu de ciment sur les lésions les moins importantes. Et espérer que cela tienne. Et se rendre compte, un peu plus tard dans la semaine, que les gosses s'en foutent de vos conseils, de ce que vous tentez de leur transmettre, de vos matières. Ils vous ont donné un sourire, pensent vous faire plaisir en travaillant pour vous; mais ils n'entendaient rien. Sincèrement, travailler dans un lep, et j'en ai connu en 4 ans, comme TZR, six, conduit à passer par toutes les formes de la déliquessence, de l'espoir et de la déception et du "à quoi sers-tu vraiment?", pour se dire "tu as un salaire à la fin du mois". Bref, met à mal une vocation, un désir, et donne l'envie de passer son temps sur la plage à chercher les plus jolis coquillages. Est-ce que c'est comme cela que commence le chemin vers le divorce? J'ai épousé la carrière professorale m'imaginant y trouver assez de plaisir, assez de gratification intellectuelle et émotionnelle pour persévérer. J'avais le sentiment de pouvoir aider comme avait pu me soulager les cours de madame Nesme, - mais je me dis qu'en face ils ne veulent rien: sauf fuir la salle de classe. Même si elle était emplie d'or.

Il faut faire comme JPB et quelques autres: donner des cours; et bien vivre à fond quand on n'y est pas. Le monde ne s'arrêtera pas de tourner de toute manière.

Désolé Dobolino.

Ecrit par : Pendariès | 27 novembre 2006

Bonjour
Je ne vois sincèrement pas quelle autre matière je pourrais enseigner intelligement en dehors de celle pour laquelle j'ai été formée , c'est à dire l'allemand...Ceci étant, en Allemagne justement, chaque prof enseigne 2 matières et ils sont très surpris que nous en enseignons qu'une seule!! Ils ont dès le départ une formation universitaire plus généraliste qu'en France, il faut dire que les programmes des concours sont fait non pas pour selectionner les meilleures mais pour éliminer le plus de candidats possibles sur des critères parfois obscurs..bref, pas de programme bien interéssant en concours (d'allemand en tout cas!)
En ce qui concerne la religion, je trouve que certains propos ici sont assez déplacés , pour ma part j'enseigne dans un lycée privé sous contrat, jésuite, et j'ai fait ce choix dès le début (CAFEP et pas CAPES). J'y retrouve certaines valeurs très chères a Monsieur Brighelli, et si il y a une ruée vers le privé il faut peut être aussi se demander pourquoi....
Et se poser les BONNES questions. En fait, n'oublions pas qu'à présent ce sont souvent dans nos écoles que l'on défend le mieux des valeurs "républicaines"...
Bonne journée à tous!

Ecrit par : nathalie | 27 novembre 2006

Marie, vous avez tout à fait raison. Ce projet de décret est catastrophique (il devrait passer en décembre ou janvier). Il faut le penser dans un ensemble, le mettre en rapport avec la LOLF, les remplacements, le conseil pédagogique et puis les projets de professionnalisation" - comme ils disent - de la formation : à terme la disparition du concours ! Cette information est à diffuser. Dans ce projet De Robien, il est indiqué qu'après trois années d'expérience d'enseignement dans une autre discipline (en ce cas d'ailleurs récompensé par une prime) l'enseignant peut faire valider son expérience et obtenir un certificat.

Ecrit par : Laurent | 27 novembre 2006

Je suis d'accord. La "papolâtrie" m'irrite moi aussi, mais les images et les commentaires viennent plutôt des journalistes, non ? La religion catholique n'est pas une secte. On peut plaisanter. Mais tout cela ne me semble pas très important. Je suis d'accord avec Jean-Paul Brighelli pour dire que le problème de fond est celui de la violence, mais il a tendance à tout metre dans le même sac. Il ne vous aura cependant pas échappé que les chrétiens (pas seulement les catholiques) ont plutôt tendance à être des victimes de la violence que ses propagateurs: Jean-Paul II, victime d'une tentative d'assassinat qui faillit lui coûter la vie, le frère Roger de Taizé, assassiné dans la chapelle de la Réconciliation (ça ne s'invente pas!) l'année dernière...Jean-Paul Brighelli parle lui-même de cette religieuse, infirmière très apprécié de la population musulmane, assassinée par des fanatiques mécontents des propos tenus par Benoît XVI sur la nécessité d'arrimer la Foi à la raison pour la déconnecter de la violence. Je pense aussi aux frères de Tibérine, témoins silencieux et aimants en terre d'Algérie, égorgés par des intégristes... Jean-Paul Brighelli voit dans ces phénomènes une caractéristique essentiel du fait religieux (victimes et assassins confondus?) et prétend d'autre part que les religions ne sont plus adaptées à la réalité d'aujourd'hui. Je pense, pour ma part, qu'il faut pousser l'analyse plus loin. Nos ancêtres (y compris les hommes "préhistoriques") n'étaient pas plus "bêtes" (aux deux sens du terme) que nous. Peut-être même en savaient-il plus long que nous sur certains phénomènes...la violence par exemple. Je vais vous faire bondir, mais je pense que l'athéisme est un luxe que les civilisations païennes étrangères au judéo-christianisme ne pouvaient se permettre.Ni Démocrite, ni Lucrèce, ni Euripide n'étaient "athées", au sens du XVIIIème siècle.René Girard a montré de façon, à mon avis, convaincante que le processus d'hominisation "détraque" les mécanismes instinctifs de régulation de la violence qui domine dans le monde animal. Je vous renvoie à ses analyses, impossibles à développer ici, sur le rôle du religieux, sur la violence sacrificielle et sur la spécificité de la Révélation judéo-chrétienne.

Ecrit par : Robin Guilloux | 27 novembre 2006

Impossible d'envoyer mon commentaire. Déjà deux heures de perdues. Tant pis, j'arrête.

Ecrit par : Robin Guilloux | 27 novembre 2006

Je suis d'accord. La "papolâtrie" m'irrite moi aussi, mais les images et les commentaires viennent plutôt des journalistes, non ? La religion catholique n'est pas une secte. On peut plaisanter. Mais tout cela ne me semble pas très important. Je suis d'accord avec Jean-Paul Brighelli pour dire que le problème de fond est celui de la violence, mais il a tendance à tout metre dans le même sac. Il ne vous aura cependant pas échappé que les chrétiens (pas seulement les catholiques) ont plutôt tendance à être des victimes de la violence que ses propagateurs: Jean-Paul II, victime d'une tentative d'assassinat qui faillit lui coûter la vie, le frère Roger de Taizé, assassiné dans la chapelle de la Réconciliation (ça ne s'invente pas!) l'année dernière...Jean-Paul Brighelli parle lui-même de cette religieuse, infirmière très apprécié de la population musulmane, assassinée par des fanatiques mécontents des propos tenus par Benoît XVI sur la nécessité d'arrimer la Foi à la raison pour la déconnecter de la violence. Je pense aussi aux frères de Tibérine, témoins silencieux et aimants en terre d'Algérie, égorgés par des intégristes... Jean-Paul Brighelli voit dans ces phénomènes une caractéristique essentiel du fait religieux (victimes et assassins confondus?) et prétend d'autre part que les religions ne sont plus adaptées à la réalité d'aujourd'hui. Je pense, pour ma part, qu'il faut pousser l'analyse plus loin. Nos ancêtres (y compris les hommes "préhistoriques") n'étaient pas plus "bêtes" (aux deux sens du terme) que nous. Peut-être même en savaient-il plus long que nous sur certains phénomènes...la violence par exemple. Je vais vous faire bondir, mais je pense que l'athéisme est un luxe que les civilisations païennes étrangères au judéo-christianisme ne pouvaient se permettre.Ni Démocrite, ni Lucrèce, ni Euripide n'étaient "athées", au sens du XVIIIème siècle.René Girard a montré de façon, à mon avis, convaincante que le processus d'hominisation "détraque" les mécanismes instinctifs de régulation de la violence qui domine dans le monde animal. Je vous renvoie à ses analyses, impossibles à développer ici, sur le rôle du religieux, sur la violence sacrificielle et sur la spécificité de la Révélation judéo-chrétienne.

Ecrit par : Robin Guilloux | 27 novembre 2006

Encore un petit mot. Je préfère les mécréants à certains bigots, surtout quand ils chantent L'Auvergnat ou la prière de Francis Jammes, comme Georges Brassens. J'aime bien les gens passionnées et parfois excessifs, mais attention aux oeillères !

Le violence n'est malheureusement le propre de personne, ni des musulmans, ni des chrétiens, ni des juifs, ni des athées...Elle est en chacun d'entre nous : "Qu'as-tu à vouloir enlever la paille qui est dans l'oeil de ton frère. Commence par enlever la poutre qui est dans le tien ! (je dis ça pour moi aussi)

"Once below a time, I was a child" : on pourrait dire aussi : "Jadis, avant l'érosion du temps, je fus un enfant", mais le mot érosion évoque un phénomène extérieur...invasion va mieux; il faudrait un mot qui traduise une prise de conscience amère...Je ne trouve pas...invasion à cause de "vase". Je continue à chercher ! "Jadis" est l'équivalent de "once upon a time" : "il était une fois" (dans le royaume des fées, je fus un enfant, mais le livre s'est refermé; j'ai perdu la grâce....j'étais "below", intouché par l'aile du corbeau et maintenant je sais...quoi ? Le temps, et tout le reste...amer savoir.

Décidément ce vers recèle des trésors.

Jadis, avant le commencement du temps (?), je fus un enfant.

Ecrit par : Robin Guilloux | 27 novembre 2006

Camaraaaaaaaaades! prenez connaissance de ce qui se fait en LEP, c'est ce qui vous attend.

Ecrit par : Pendariès | 27 novembre 2006

Alors peut être pourrait on m'éclairer sur ce qui se passe en LEP, pour savoir ce qui m'attend ;-) mici
J'ai trouvé ton commentaire interessant, Robin, merci bien.

Ecrit par : nathalie | 27 novembre 2006

Marie, je sais bien que nier un décret, c'est la politique de l'autruche, mais j'ai tendance à croire que celui-là est inapplicable — parce que bien peu de profs ont des compétences extérieures à leur spécialité, et que même dans leur spécialité…
Par ailleurs, combien accepteront ?

Là, j'étais en phase optimiste. Envisageons l'autre face.

Peu importe la compétence de l'enseignant : l'essentiel, c'est qu'il occupe les élèves 35 heures par semaine — et peu importe aussi la couleur du gouvernement qui appliquera ledit décret, les uns et les autres s'accordent sur ce même point, les uns pour faire des économies de postes, les autres par excès de pédagogisme — et je crois très fort qu'en l'espèce, les deux se rejoignent dans un commun mépris des élèves, rebaptisé pour l'occasion "égalité des chances".

Et nombre de profs, alléchés par une promesse de prime ou d'avancement, iront enseigner des disciplines qui sont proches — moins proches — carrément éloignées de la leur, l'opportunisme et la lâcheté étant fort fréquentes dans ce milieu, comme dans l'humanité en général (et hop, je me réfugie à nouveau au sommet de ma colline, avec les autres disciples d'Epicure — et de Bacchus réunis).
JPB
PS. Pendariès, réexpliquez donc aux petits nouveaux de la liste ce qui se passe en LEP.
PPS. Allez donc voir sur http://www.etatdedroit.fr/E/educa.htm
il y a quelques propositions concernant l'éducation qui ne manquent pas de pertinence…

Ecrit par : brighelli | 27 novembre 2006

Après tant d'incohérence pédagogique, on se livre à l'ivresse de son choix...voir le nombres d'enseignants alcoolos!
Quant à la religion, il me semble aussi qu'elle est en grand décalage avec la société actuelle, et pour ne pas avoir jeté un coup d'oeil sur l'histoire, il demeure quelques esprits aveugles. Pourquoi ne pas s'en référer pour agir en bonne conscience à l'humanisme?
Je me permets de vous rappeler qu'il était écrit au-dessus de l'entrée des camps de concentration: " Gott mit uns".
Alors, croit qui veut, mais qu'il ne se prétende pas détenteur de LA VERITE.

Ecrit par : Alice | 27 novembre 2006

Il y a des choses très intéressantes sur le site mentionné par JPB (etatdedroit.fr).
En particulier la revendication que les professeurs soient traités par les élèves en respectant la hiérarchie comme on le recommande chaudement aux professeurs à propos des inspecteurs.

C’est vrai que le « citoyennisme » ne marche que dans un sens ! L’enseignant, qui est souvent le seul vrai citoyen dans le secteur, est plutôt celui qui, selon le dogme pédagogiste, doit abandonner cette fameuse citoyenneté dès qu’il est face à un élève ou face au chef d’établissement.

Alice, à mon avis vous vous trompez : « Gott mit uns » c’est la devise sur les boucles de ceinturons de l’armée allemande.

Ecrit par : Lariba | 27 novembre 2006

Ah! Non, je suis sûre de moi. J'ai compulsé de nombreux documents durant mon adolescence et plus tard, et mon père n'a cessé de me le répéter.Dommage que je n'aie pas de lien documentaire. Regardez , peut-être dans "Nuits et Brouillard" de Resnais, en forme de voute, à l'entrée d'Auschwitz et d'autres camps, il était bien écrit:"Gott mit uns".Je suis étonnée que cela soit méconnu. C'est vrai que certains détails n'effleurent plus les bien-pensants.

Ecrit par : Alice | 27 novembre 2006

Ah! Non, je suis sûre de moi. J'ai compulsé de nombreux documents durant mon adolescence et plus tard, et mon père n'a cessé de me le répéter.Dommage que je n'aie pas de lien documentaire. Regardez , peut-être dans "Nuits et Brouillard" de Resnais, en forme de voute, à l'entrée d'Auschwitz et d'autres camps, il était bien écrit:"Gott mit uns".Je suis étonnée que cela soit méconnu. C'est vrai que certains détails n'effleurent plus les bien-pensants.

Ecrit par : Alice | 27 novembre 2006

Ah! Non, je suis sûre de moi. J'ai compulsé de nombreux documents durant mon adolescence et plus tard, et mon père n'a cessé de me le répéter. Dommage que je n'aie pas de lien documentaire. Regardez , peut-être dans "Nuits et Brouillard" de Resnais, en forme de voûte, à l'entrée d'Auschwitz et d'autres camps, il était bien écrit:"Gott mit uns".Je suis étonnée que cela soit méconnu. C'est vrai que certains détails n'effleurent plus les bien-pensants.

Ecrit par : Alice | 27 novembre 2006

Alice, je vous écrit là en tant que prof d'allemand, oui,mais aussi en tant qu'Allemande, et je trouve vos propos déplacés et choquants...Quel amalgame!!! Quel rapport entre l'horreur du 3ème Reich et ce en quoi chacun est libre de croire? de plus, oui, j'ai vu sur les camps "Arbeit macht frei" ainsi que "Jedem das seine" , mais pas "Gott mit uns"...
Que pourrions nous dire alors de la poltique de Bush et in god we trust? C'est aussi un amalgame et du nimportequoi? oui...sans doute....
Dailleurs je n'ai entendu aucun croyant me dire qu'il détenait LA VERITE .... Avoir des convictions, oui, et en cela on peut croire qu'on détient une part de vérité, et je trouve ça bien!! (d'avoir des convictions)
Donc bon, un peu facile de tout mélanger, franchement, sans rancune...

Ecrit par : nathalie | 27 novembre 2006

Ou alors, mon père, effectivement, a fait l'amalgame avec : "Arbeit macht frei!", formule qui de toute façon est aussi faux-cul dans ce cas précis. Veuillez m'excuser de ce manque total de nuance,l'affectif l'ayant emporté sur la connaissance.
Et désolée si le contrôle informatique ne fonctionne pas très bien.

Ecrit par : Alice | 27 novembre 2006

J'avais posté le correctif avant la réponse de Nathalie. Dommage qu'il soit arrivé après.

Ecrit par : Alice | 27 novembre 2006

"Jean-Paul Brighelli parle lui-même de cette religieuse, infirmière très apprécié de la population musulmane, assassinée par des fanatiques mécontents des propos tenus par Benoît XVI sur la nécessité d'arrimer la Foi à la raison pour la déconnecter de la violence."

Ecrit par : Robin Guilloux | 27 novembre 2006

Quand il renvoie dos à dos islam et christianisme, benoît XVI oublie surtout de balayer devant sa porte, et de rappeler que l'obscurantisme le plus abject a été le fait du christianisme comme il a tendance à le redevenir pour l'islam aujourd'hui. Par ailleurs, peut-on rappeler quand l'église catholique a reconnu que Galilée avait raison, celui-ci confirmant d'ailleurs ce qui avait été pressenti par d'autres astronomes bien avant? (la croyance en quoi la terre était plate a fini par faire place à la conviction qu'elle était ronde, et tournait autour du soleil).

Ecrit par : christophe sibille | 27 novembre 2006

Ca c'est évident! Jamais ils ne le disent, simplement ils pratiquent...au nom de ...l'hypocrisie surtout, la frustration, la rigidité,le jugement gratuit à l'égard d'autrui et autres turpitudes. En bref, vraiment, la religion est un modèle difficile à suivre quand on voit les dégâts qu'elle a engendrés.
Alors, les païens qui n'en peuvent plus se rebellent.
Et actuellement, ils n'ont pas tellement la parole.
Donc, je me la boucle sinon, ça va déplaire sur ce blog où les provocateurs se reposent.

Ecrit par : Alice | 27 novembre 2006

Ca c'est évident! Jamais ils ne le disent, simplement ils pratiquent...au nom de ...l'hypocrisie surtout, la frustration, la rigidité,le jugement gratuit à l'égard d'autrui et autres turpitudes. En bref, vraiment, la religion est un modèle difficile à suivre quand on voit les dégâts qu'elle a engendrés.
Alors, les païens qui n'en peuvent plus se rebellent.
Et actuellement, ils n'ont pas tellement la parole.
Donc, je me la boucle sinon, ça va déplaire sur ce blog où les provocateurs se reposent.

Ecrit par : Alice | 27 novembre 2006

Ca c'est évident! Jamais ils ne le disent, simplement ils pratiquent...au nom de ...l'hypocrisie surtout, la frustration, la rigidité,le jugement gratuit à l'égard d'autrui et autres turpitudes. En bref, vraiment, la religion est un modèle difficile à suivre quand on voit les dégâts qu'elle a engendrés.
Alors, les païens qui n'en peuvent plus se rebellent.
Et actuellement, ils n'ont pas tellement la parole.
Donc, je me la boucle sinon, ça va déplaire sur ce blog où les provocateurs se reposent.

Ecrit par : Alice | 27 novembre 2006

Ca c'est évident! Jamais ils ne le disent, simplement ils pratiquent...au nom de ...l'hypocrisie surtout, la frustration, la rigidité,le jugement gratuit à l'égard d'autrui et autres turpitudes. En bref, vraiment, la religion est un modèle difficile à suivre quand on voit les dégâts qu'elle a engendrés.
Alors, les païens qui n'en peuvent plus se rebellent.
Et actuellement, ils n'ont pas tellement la parole.
Donc, je me la boucle sinon, ça va déplaire sur ce blog où les provocateurs se reposent.

Ecrit par : Alice | 27 novembre 2006

Ca c'est évident! Jamais ils ne le disent, simplement ils pratiquent...au nom de ...l'hypocrisie surtout, la frustration, la rigidité,le jugement gratuit à l'égard d'autrui et autres turpitudes. En bref, vraiment, la religion est un modèle difficile à suivre quand on voit les dégâts qu'elle a engendrés.
Alors, les païens qui n'en peuvent plus se rebellent.
Et actuellement, ils n'ont pas tellement la parole.
Donc, je me la boucle sinon, ça va déplaire sur ce blog où les provocateurs se reposent.

Ecrit par : Alice | 27 novembre 2006

Ca c'est évident! Jamais ils ne le disent, simplement ils pratiquent...au nom de ...l'hypocrisie surtout, la frustration, la rigidité,le jugement gratuit à l'égard d'autrui et autres turpitudes. En bref, vraiment, la religion est un modèle difficile à suivre quand on voit les dégâts qu'elle a engendrés.
Alors, les païens qui n'en peuvent plus se rebellent.
Et actuellement, ils n'ont pas tellement la parole.
Donc, je me la boucle sinon, ça va déplaire sur ce blog où les provocateurs se reposent.

Ecrit par : Alice | 27 novembre 2006

Ca c'est évident! Jamais ils ne le disent, simplement ils pratiquent...au nom de ...l'hypocrisie surtout, la frustration, la rigidité,le jugement gratuit à l'égard d'autrui et autres turpitudes. En bref, vraiment, la religion est un modèle difficile à suivre quand on voit les dégâts qu'elle a engendrés.
Alors, les païens qui n'en peuvent plus se rebellent.
Et actuellement, ils n'ont pas tellement la parole.
Donc, je me la boucle sinon, ça va déplaire sur ce blog où les provocateurs se reposent.

Ecrit par : Alice | 27 novembre 2006

Ca c'est évident! Jamais ils ne le disent, simplement ils pratiquent...au nom de ...l'hypocrisie surtout, la frustration, la rigidité,le jugement gratuit à l'égard d'autrui et autres turpitudes. En bref, vraiment, la religion est un modèle difficile à suivre quand on voit les dégâts qu'elle a engendrés.
Alors, les païens qui n'en peuvent plus se rebellent.
Et actuellement, ils n'ont pas tellement la parole.
Donc, je me la boucle sinon, ça va déplaire sur ce blog où les provocateurs se reposent.

Ecrit par : Alice | 27 novembre 2006

Cher Monsieur Brighelli,

Pardonnez-moi de vous ennuyer à nouveau, mais je comprends que le vers de Dylan Thomas ait pu vous obséder pendant trente ans. Il m'obsède moi aussi. Je crois qu'il résume à lui seul toute la condition humaine. je n'ai pas le génie de Picasso, je ne trouve pas, je cherche..."Once below a time, I was a child" Je garde le passé simple, l'accompli..."le nevermore", le "jamais plus" d'E.A. Poe... : "je fus". En aurais-je passé du temps à expliquer ça aux élèves en m'appuyant sur ce bon vieux Weinrich (un linguiste allemand qui nous explique, à nous français en près de mille pages pourquoi on a de la chance d'avoir le passé simple). J'enlève le mot temps qui fait double emploi avec "Jadis" et je garde l'idée d'amoindrissement "below". Pour Dylan, l'état d'adulte est "below", "sous", en-deça, une chute, un amoindrissement...un "trou dans l'Etre" aurait dit J.P. Sartre (il parlait de la mort), une déchirure... Et je pense à Dylan Thomas, aux circonstances de sa mort...A cet alcool dont il s'imbibait en vain pour guérir de cette souffrance-là... l'enfance perdue, la perte de l'état de grâce (comme nous et semblable à personne, singulier et universel)..."Un poète disait Ezra Pound est un homme qui souffre au-delà de tout ce que l'on peut imaginer du manque de tendresse dans le monde."...La sensibilité un gros mot presque obscène..pour les "crétins" (j'ai bien compris que pour vous ce mot ne désigne pas seulement les élèves.) qui m'ont mis en congé maladie depuis trois ans pour dépression grave, après 25 ans de bons et loyaux services et quelques diplômes assez difficiles à obtenir. Alors, j'arrête ma plainte et je propose une dernière traduction

- "Jadis, avant la déchirure, je fus un enfant."

"Jadis, avant la déchéance, je fus un enfant."

- C'est votre dernier mot ?

- Oui, c'est mon dernier mot Jean-Paul"

Continuez à parler pour les profs comme moi, ceux qui sont sur le bas côté de la route, à la casse...ceux qui ont eu le courage, mais pas l'endurance et qui parfois écoutent le chant des sirènes. Mais de grâce, allez y mollo avec la foi, ou "l'adhérence" (pour parler comme Chouraqui) des gens qui ne font de mal à personne !

Ecrit par : Robin Guilloux | 27 novembre 2006

Pour vous détendre et vous ramener au présent et aux bienfaits d'autres castes. Qui sont les bobos?

http://www.marianne2007.info/index.php?action=article№=293&preaction;=nl&id;=2935994&idnl;=16634&

Ecrit par : Alice | 27 novembre 2006

Je ne pense pas que vous êtes sur le bas coté, sinon vous ne seriez même pas ici, à vous interesser à tout ça...a la casse...vous êtes trop dur avec vous même là! je sais, ces quelques mots n'y changeront rien, mais, je vous envoie quand même tout plein d'amitié.
Oui, en effet, allez y mollo avec la foi, c'est tellement facile certains propos...pourquoi tant de haine? si vous n'êtes pas d'accord, c'est votre droit, mais à quoi sert cette haine qui me semble non justifiée? vous a t on fait personnellement le moindre mal au nom de la religion?(peu importe laquelle)??
Alice, pas de problème :-)

Ecrit par : nathalie | 27 novembre 2006

Oui, l'on m'a fait énormément de mal au nom de la religion.
De ma prime enfance (les cathos) à aujourd'hui (les musulmans).Alors permettez-moi de ne pas avoir vu LE BIEN et l'allégeance apportés par la foi.
La haine ne sert à rien car les émotions n'ont jamais été source de progrès, sinon de création.
Il se trouve que...

Ecrit par : Alice | 27 novembre 2006

Et si ce n'était que moi, cela ne signifierait rien. J'ai aussi beaucoup lu (particulièrement dans le domaine de la psychologie) et circulé dans tous les milieux. Mais tant d'autres qui ne sont pas conformes à la morale religieuse souffrent et sont encore et toujours perturbés par les dictats de la loi. Les homos, les divorcés,les métissés de toute origine, les femmes libres, enfin, pourquoi faire une liste car les religions réprouvent tant de réalités que l'on pourrait se demander comment elles tiennent . De même que statistiquement, les couples les plus solides et durables sont ceux qui entretiennent des relations sado-masos, j'ai l'impression que la relation à la religion est du même ordre.
"Beati sunt pauperi spiritu".

Ecrit par : Alice | 27 novembre 2006

ils vous ont fait du mal? peut être, mais là vous affirmez, vous n'expliquez pas en quoi..
Ne croyez surtout pas que je veuille défendre à tout prix les catholiques sous pretexte que je travaille dans un lycée catholique! les positions très extremes me font souvent peur, car je trouve que aucune discussion b'est alors possible, mais cela ne doit pas être le cas ici je pense.

Ecrit par : nathalie | 27 novembre 2006

Ce n'est pas parcequ'ils ne sont pas conformes à la morale religieuse que certaines des personnes que vous citez souffrent!!!ohlalal, je n'y crois pas...
Pas mariée, je vis donc dans le péché avec mon homme tout en enseignant dans un lycée bien catho, croyez moi, ça ne gêne personne, ni les collegues homos et il y en a et tout le monde le sait et tout le monde s'en moque.....

Ecrit par : nathalie | 27 novembre 2006

C'est votre impression . Ayant cotoyé de près des homos chrétiens, j'ai pu voir dans quelle état d'esprit ils tentaient d'assumer leur tendance.
...et personne n'en parle, car c'est tabou.Quant à faire des arrangements avec la religion, il est évident que personne ne se gêne puisque l'hypocrisie y règne.Les musulmans picolent parce que c'est plus drôle et les cathos baisent hors mariage car c'est plus excitant.L'on en revient alors aux transgressions enfantines.Et pourtant le nombre des mariages remonte dans les milieux bien pensants.
Je ne suis pas dans l'extrême, je me situe juste dans la troisième génération familiale de païens emmerdés par les culs bénits.
Alors, c'est certain, nous n'avons pas les mêmes valeurs et ne parlons pas des mêmes réalités.
Au fait, ça me dérange que les établissements cathos bouffent les subventions de l'état. Je croyais qu'il y avait eu une séparation à une certaine époque.Bonjour la laïcité!
Alors maintenant je vais me coucher avant de devenir trop franche avec les profiteurs du système.

Ecrit par : Alice | 27 novembre 2006

Les profiteurs du système?????????????,vous parlez de qui là???sérieusement?
Permettez moi de vous dire que vos arguments anti religieux sont aussi simplistes que ceux des partisans de la peine de mort quand ils disent "mais si c'etait quelqu'un de ta famille, tu dirais la même chose?" (ben oui, je dirais la même chose, mais c'est TOUJOURS le même argument qui revient) et celui contre la religion aussi, du style, oui ça arrange de baiser hors mariage!!comme si c'était là la question de la foi!! mais c'est complètement ridicule et réducteur de ramener la religion à cela!!
En ce qui concerne les écoles catholiques, nous sommes sous contrat avec l'etat et arrêtez de vous offusquer pour rien, car du moins à Paris et en banlieue (excusez, je ne sais pas trop pour ailleurs) les familles se ruent vers ces etablissements , on se demande pourquoi....Oh, par hypocrisie? certes, beaucoup ne sont sans doute pas là car leur foi le demande...
mais pour des raisons que vous connaissez aussi bien que moi.
il y a encore une dizaine d'année (mais je commencais tout juste mon métier) , on ne demandait pas aux professeurs du privé de corriger les copies de bac, ils n'étaient pas "dignes" faut croire!! Pas assez bons pour corriger les copies des élèves du public!! Sachez qu'à présent, le plus grand nombre de convocations partent dans les lycées privés, car là au moins ils sont sûrs que les profs viendront corriger les copies...Si ce n'est pas triste d'entendre ça.. Et oui, je corrige bien sûr des copies provenant de lycées publics..tiens, là ils veulent de nous?? Quand ça les arrange??
Sachez aussi que je n'ai RIEN contre le public, rien de rien, je constate juste qu'à présent, les valeurs défendues fut un temps par l'enseignement public sont aujourd'hui dans le privé, et les parents d'élèves le savent bien ..Et ceux qui ont le coeur bien à gauche(politiciens par ex)...envoient leurs enfants chez nous ou dans le lycée privé deux rues plus loin..cherchez l'erreur.
Bonne soirée, j'éspère sans rancune...

Ecrit par : nathalie | 27 novembre 2006

De tous les griefs à adresser aux religions diverses et variées, il est clair que ceux qui concernent la condition des femmes sont les principaux. Les progrès de cette dernière ont été réalisé pouce après pouce contre les calotins de toutes sortes. A commencer par la maîtrise de la fécondité, que tous les "leaders" religieux, (tous des hommes, entre parenthèses) ont voulu s'approprier au nom de leur dieu. Au nom du fait qu'ils ne baisent pas, (officiellement, en tous cas), ils supportent difficilement que les autres le fassent, encore moins les femmes, et si c'est pour en retirer du plaisir sans procréer... Horreur! Jalousie vis-à-vis du sexe dit faible? Probablement. Et arguer du fait que Royal soit une femme pour en faire un argument électoral en sa faveur est peut-être un des pires services qu'on puisse rendre au progrès par ailleurs inéluctable, (je l'espère, en tous cas) de la condition féminine.

Ecrit par : christophe sibille | 27 novembre 2006

Entièrement d'accord avec toi, Nathalie. J'étais professeur certifié de Lettres dans le public. Je suis en congé maladie depuis trois ans, pas par manque de courage, mais parce que je n'en pouvais plus des insultes, de la mauvaise éducation, du refus de travailler, de la lâcheté des principaux, de la démission des parents, les dictats des idéologues ignares : pas de dictées, pas de grammaire, pas de littérature. les séquences de saupoudrage un peu d'orthographe par ci, un peu de grammaire par là, un peu de rien du tout partout. Vous n'avez pas le droit de leur faire étudier une pièce de Molière en entier etc. etc....etc....Bref, tout ce que dit Brighelli. J'oubliais l'attitude écoeurante de certains collègues "de gauche". Une petite anecdote...Je ne pense pas que les dictées soient la panacée, mais si on les prépare avec les élèves en les combinant avec d'autres formes d'exercices, on peut les aider à s'améliorer l. Réflexion donc de la collègue : "Tu fais encore des dictées ?" -Oui, pas toi? - Non, ça va pas, je note l'orthographe sur les rédactions faites à la maison. Je jure que c'est vrai! Résultat, comme dit JCBrighelli, on favorise les enfants des milieux favorisés, par exemple sa propre fille qu'elle avait exigé d'avoir dans sa classe. Jai fait mes études dans l'enseignement public de la troisième à la terminale + deux ans de préparation à l'ENS (La Bruyère Versailles et Henri IV Paris) et j'avais confiance dans l'enseignement public..."ascenseur social", lieu de culture, etc. et puis j'ai connu les collèges lambda, les ZEP (en tant que principal adjoint). Je sais bien que tous les établissements ne peuvent pas ressembler à Henri IV, mais enfin, jusqu'où va-t-on aller dans le laisser-faire, l'abandon de toute exigence, l'assassinat des humanités (le grec, c'est déjà fait, le latin, c'est en cours). Comment peut-on faire, par exemple, un cours d'instruction civique sur la démocratie à des élèves qui n'ont aucune notion de grec et à qui on n'explique pas que la démocratie, comme le disait Montesquieu est liée à l'exercice de la "vertu" (au sens grec du terme) (l'aristocratie à l'honneur et le despotisme à la servilié) ? C'est élitiste de dire ça ? Oui, bon, alors je suis élitiste, mais moi je ne méprise pas les enfants en leur donnant de la bouillie pour les chats, sous prétexte qu'ils ne seraient pas capable d'absorber autre chose...Alors mon fils, je l'ai mis dans le privé en attendant de me refaire une santé (j'ai une activité professionnelle mais pas devant les élèves) pour retrourner dans la cage aux fauves. ce n'est pas vrai qu'il y a de l'endoctrinement dans le privé; les élèves sont libres. On leur propose quelque chose et ils peuvent refuser. Les enseignants sont plus attentifs aux problèmes des parents et plus humains et le climat est beaucoup moins stressé et violent, malgré un certain "brassage social". Alors, moi je ne suis pas d'accord avec certains idéologues qui voudraient intégrer le privé dans la carte scolaire ou que l'Etat ne paie plus les enseignants. C'est la politique du pire. Ces gens-là disent : "C'est un scandale que le privé marche mieux, il faut aligner le privé sur le public pour que tout marche mal.

Ecrit par : Robin Guilloux | 27 novembre 2006

Merci pour ce témoignage Robin.
Aucun endoctrinement de toute façon dans mon lycée, on fait ce qu'on peut, avec des élèves qui (en gros) savent qu'ils sont là pour ça.
Parfois j'ai l'impression que je devrais quasi "m"excuser de pouvoir faire mon métier " à peu près normalement; alors que c'est l'inverse qui n'est pas normal!!! Je m'entends dire parfois, ah!!tu es à "telle lycée", tu as de la chance!! Non, je n'ai pas envie de dire ça, c'est certains de mes collègues qui n'ont pas de chance d'être là où ils sont, ce n'est pas la même façon de ragrder les choses..enfin bon, je ne sais pas si je suis très claire..il est tard, je vais me coucher! bonne nuit

Ecrit par : nathalie | 28 novembre 2006

Je n'ai pas parlé d'allégeance, Alice, mais d'adhérence. Ce n'est pas tout à fait la même chose; c'est le mot qu'André Chouraqui emploi pour traduire le mot hébreu qui correspond au mot "foi" (fides en latin) dans la traduction latine de saint Jérôme qu'on appelle la Vulgate. Il dit que le texte latin déforme, gauchit le texte hébreu et traduit le mot hébreu par "adhérence". Ainsi l'expression "hommes de peu de foi!" devient dans sa traduction : "Nains de l'adhérence" (c'est curieux, non?) Le mot "Dieu" ne se trouve pas dans la Bible hébraïque (Dieu vient du latin "Deus") et désigne la divinité suprême du panthéon gréco-romain Zeus (Jupiter). Chouraqui n'est pas d'accord. Il dit que c'est une trahison de traduire "le Nom" par Deus (La Vulgate) ou par Théos.

Ecrit par : Robin Guilloux | 28 novembre 2006

Les discussions théologiques ont ceci de pervers, qu'elles entraînent toujours plus loin de la réalité.
Revenons donc à nos moutons.

Bien sûr, dans l'idéal, une école réellement privée — privée de fonds d'Etat, en particulier —, ça ne me dérangerait pas. Et l'application de la loi de 1905 — l'article 2 en particulier, qui inerdit à l'Etat de financer tout culte — dans tout l'Hexagone me dérangerait moins encore — l'Alsace-Moselle y échappe encore, faut-il le rappeler.
Mais force est de constater qu'un certain privé a finalement gardé, parce qu'il persiste à enseigner des savoirs, un contact avec la laïcité des origines que le public, à force de se plier aux idéologues, a perdu.
C'est l'un des paradoxes de la situation actuelle. Une certaine bourgeoisie musulmane montante, qui se détache justement des diktats islamistes, inscrit ses enfants dans l'enseignement catholique, meilleur rempart contre l'absolutisme religieux des cours de récréation et des grands frères de toutes farines que l'école publique, qui laisse se développer, au nom de la "liberté d'expression", des fanatismes divers et assez peu variés. Bref, nous marchons sur la tête.

J'aime beaucoup la traduction de Chouraqui, qui est souvent très drôle dans son respect de la "lettre" du texte. Mais franchement, je me fiche pas mal de la "lettre" : ce qui compte, c'est ce que les hommes y ont lu. En clair, les Anglais s'appuient sur la bible de St James (la traduction de la fin XVI- début XVIIe), les Français ont beaucoup fréquenté celle des jansénistes, fin XVIIe — ou la Vulgate de St Jérôme, qui est déjà pleine de contresens (la "pomme", par exemple), que n'ont pas manqué de souligner les humanistes du XVIe. Ce qui fait l'actualité d'un texte religieux, c'est la version en cours — pas la "lettre" d'un texte que les fidèles ignorent. Bref, la vérité d'un texte saint, ce sont, justement, aussi ses contresens.
C'est pour ça que le Coran ne doit se lire qu'en arabe littéraire, afin de ne pas altérer la parole du Très-Haut… Ce qui signifie, en clair, qu'un texte écrit au VIIe siècle est, dans l'esprit des Musulmans fanatiques, toujours d'actualité, parce que le temps s'est arrêté avec la Révélation : c'est en ce sens que les religieux absolutistes croient détenir la Vérité majuscule, parce que ce qui était vrai hier l'est encore aujourd'hui.
Et moi, ma vérité d'hier 27 novembre n'est pas même la même que celle d'aujourd'hui 28…
JPB

Ecrit par : brighelli | 28 novembre 2006

Ne dit-on pas que la religion catholique est une secte qui a réussi? A ce propos, Dylan n'est pas mort (Bob), son dernier disque est excellent. Pour l'autre (Thomas), cet autre vers (verre?) : " Show me the way to the next whisky bar). En fait ce qu'aimait Dylan Thomas, ce n'était pas les églises, mais les lumières tamisées. D'Enguell, je ne vous lis plus, mon diagnostic de dépression post-hivernale s'avèverait-il exact, à mon plus grand désespoir?

Ecrit par : nestor | 28 novembre 2006

post-automnal ou pré hivernal, ou les deux!

Ecrit par : nestor | 28 novembre 2006

Camarades !!!!!!!

A vos claviers ....

..... et balancez sur tout ce qui chatte (Forums étudiants, Forums Education , Forums Parents , Forum famille, Forum Partis Politiques, Forums Blogs de politiques, Forums IUFM, Forums chaines TV , Forums Radio, Forum Ripostes ....etc)

La lettre de synthèse de " l'appel pour une réforme de l'école"

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NOUS, SIGNATAIRES, appelons le futur Président de la République à une refondation de l’Ecole, tout particulièrement de l'Ecole primaire. Cette cause dépasse les clivages de la vie politique.

LE CONSTAT •
Depuis des années, l’Ecole est malade. Ses performances s’effondrent. • 25 à 30% des élèves ne maîtrisent pas les bases de la lecture, de l’écriture et du calcul en entrant en 6ème. Selon les évaluations 2005 à l’entrée en 6ème, 60% des élèves ne savent pas diviser mentalement 60 par 4. Les deux tiers ne savent pas faire une règle de trois, 70% ne savent pas calculer 27 x 23,5 par écrit. A l’autre bout du système, les « QCM » font leur apparition aux épreuves du Bac S. • Partout, l’effondrement de la syntaxe, du vocabulaire et des conjugaisons rend la formation de la pensée de plus en plus difficile. • Dans ces conditions, on assiste à un renforcement drastique de la sélection par la naissance et par l'argent. Une école peu exigeante ruine la promotion sociale.

LES CAUSES •
Depuis trente ans, les programmes de l’Ecole primaire se sont beaucoup appauvris sur l’essentiel, tout en affichant des ambitions démesurées sur l'accessoire. Le nombre d’heures consacrées aux apprentissages fondamentaux s’est littéralement effondré (de 15 à 9 par semaine en français au CP, par exemple). • On a imposé, contre l'expérience des instituteurs, de nouvelles méthodes pédagogiques, fondées sur la «construction du savoir par l’élève», qui interdisent tout enseignement explicite, structuré et progressif. La séquence leçon/exercice a été dénigrée au profit de séquences de découvertes et d’observation, qui ne permettent pas l’acquisition certaine et durable des règles essentielles. • On a dramatiquement baissé le niveau des exigences. Ainsi, au lieu de décider du passage ou non d’un élève dans la classe supérieure en fonction de son intérêt bien compris et de ses capacités à suivre, on pratique une politique de « flux ».

LES REMÈDES
Il faut réaffirmer que la mission première de l'Ecole est l'instruction, la transmission des connaissances et l’apprentissage du raisonnement. Pour le traduire dans les faits, il faut : •

EN PRIORITÉ, CONCEVOIR DE NOUVEAUX PROGRAMMES pour l’Ecole primaire : courts, explicites, compréhensibles par tous, ils devront fixer la liste des connaissances à enseigner obligatoirement, selon une progression régulière et méthodique. En français, mathématiques, histoire, géographie et leçons de choses, cette liste ne saurait être inférieure, par ses exigences et les horaires prévus, aux ambitions des fondateurs de l’Instruction publique. Les programmes doivent énumérer des contenus, pas imposer des méthodes. •

Ecrit par : Patrick (Instit) | 28 novembre 2006

P.S.

Ne pas oublier l'URL de la fondation


www.refondation-ecole.net
.....

RENDRE AU MAÎTRE SA LIBERTÉ PÉDAGOGIQUE. Les instituteurs et les professeurs doivent pouvoir procéder comme ils l’entendent, selon les particularités de leurs classes et les leçons de leur expérience. Les inspecteurs doivent les noter uniquement sur leurs résultats, pas sur leur adhésion aux dogmes de l’IUFM. •

Ecrit par : Patrick (Instit) | 28 novembre 2006

Je suis absolument d'accord avec tout ce qui est écrit ci-dessus : le constat, les causes et les remèdes. Et je suis très heureux de me rendre compte que je ne suis pas seul. Vous ne pouvez pas savoir ce que ça peut représenter pour quelqu'un qui est dans ma situation (qui est littéralement tombé malade de tout ça) parce qu'il voyait bien que c'est à l'esprit des enfants et même (excusez-moi, je sais que vous n'aimez pas ce mot qui doit sentir pour vous la sacristie, mais je l'emploi quand même)...à leur âme. Et si vous n'aimez pas ce mot, j'en emploi un autre...à leur humanité. l'humanité, les "Humanités", l'humanisme : il faut être le dernier des imbeciles ou des pervers pour ne pas voir le lien. Montaigne, Rabelais, Erasme le savaient bien. Ce qu'il faut, c'est faire tout ce que vous dites, mais dans l'esprit d'une "nouvelle Renaissance", pas seulement appliquer des recettes et des techniques, mais aider les enfants à se mettre debout (c'est la racine du mot instituer, insituteur), à des devenir des êtres humains, à revêtir la plénitude de leur humanité.

Ecrit par : Robin Guilloux | 28 novembre 2006

Sens de l'entreprise de nivelage de l'école à laquelle nous assistons depuis, mettons la mort du général de Gaulle, de la réforme Haby jusqu'à la Loi d'orientation de 89 : il tient en quatre mots : "effacement de la mémoire".

Ecrit par : Robin Guilloux | 28 novembre 2006

Après la méthode de lecture, Gilles de Robien a ouvert le chapitre de la grammaire. C'est le premier des ministres de l'Education nationale à avoir eu cette trempe face aux rangs serrés et hurleurs des Trissotins et des Diafoirus de la didactique. Mais après la méthode de lecture, après la grammaire, il devra ouvrir, que dis-je? il ouvrira sûrement le chapitre de la "séquence didactique".
Déjà, la "séquence didactique" n'est plus en odeur de sainteté auprès de l'Inspection générale des Lettres.
Chers collègues, c'est bientôt la fin de la "séquence", et le retour du bon sens en pédagogie après cette vague de folie pédago qui aura tué tout intérêt pour le français chez des centaines de milliers d'élèves!
Si les professeurs avaient tous refusé d'appliquer cette méthode inventée par des givrés, le ménage aurait été fait plus vite!
D'ailleurs, vous voulez que les élèves s'intéressent - de nouveau - au français? Faites sur tous les points le contraire des consignes officielles. Et cela commence au CP.

Ecrit par : Jean | 28 novembre 2006

Excusez-moi, je ne suis pas très familier des blogs et je continue à alimenter cette rubrique peut-être à la place d'une autre. Je voudrais demander aux plus de 40 ans ce qu'ils pensent des 4 èmes CPPN, des classes de préparatoires aux CAP après la 5ème et des 4ème et 3ème technologiques...Toutes ces classes ont été supprimées les unes après les autres au nom de la démocratie et du dogme du "collège unique". Je peux témoigner pour avoir enseigné dans ces classes (sauf en 4ème CPPN) avant l'obtention du CAPES, en tant que maître auxiliaire que l'on arrivait à remettre en selle des élèves en grande difficulté scolaire et même à leur apporter un peu de culture (je me souviens avoir traité en 1989 un texte de Paul Valéry avec des 4ème prépa. CAP ETC, ils étaient une quinzaine dans la classe et on arrivait à faire quelque chose et en même temps ils apprenaient un métier.) L'année suivante, la rue de Grenelle a décidé qu'il fallait remplacer les CAP ETC par des BEP "bioservices". Je suis parti à la fin de l'année après la réussite du CAPES et mes anciens collègues m'ont dit que c'était complètement irréaliste et que les élèves se décourageaient complètement. Maintenant, il n'y a plus d'orientation après la 5ème, mais on reparle d'apprentissage à 14 ans (je ne suis pas d'accord, c'est trop jeune, ou alors avec un très bon "ancrage" scolaire) car on s'est aperçu que le problème s'était aggravé. Je n'ai entendu personne demander des explications sur la suppression de ces classes qui sont, à mon avis, à l'origine des dits problèmes: les élèves jadis orientés après la 5ème montent désormais automatiquement jusqu'en 3ème générale de collège avec toutes leurs lacunes et leurs difficultés...et leurs aigreurs légitimes.

Ecrit par : Robin Guilloux | 28 novembre 2006

Bonjour toutes et tous,

Moi je me souviens, au collège, les profs, je ne sais si c'était sous une directive d'EN, voulaient faire interagir les différentes matières autant que possible, par moment le succès était obtenu avec l'Histoire-Géo, le Français (toujours de la partie forcément), les maths (via des exercices dont les thèmes étaient adaptés), et la musique(via l'histoire).
Et je me souviens que c'était agréable en tant qu'élève de pouvoir se rappeler d'un cours à l'aide d'un autre cours, vive la fainéantise :)
N'empêche, ces profs ils étaient bien, fermes, intransigeants mais tolérants, et ils menaient ce combat terrible qui est de faire entrer de la culture, des connaissances, des bagages, dans la tête de mômes qui n'étaient pour la plupart pas dutout convaincus du bien fondé de la vie scolaire, enfin surtout cette vie entre quatre murs.

E nce qui concerne le français, je suis arrivé au collège sachant disséquer une phrase en passant par l'article élidé, le verbe intransitif (je ne sais plus ce que c'est), les coi, cc, les attributs, de verbe ou de nom, ou encore le nom de l'opération consistant à encadrer sujet par "c'est que", bref c'était jouissif pour une petite tête blonde de 10 ans de comprendre le français aussi bien que les maths. Et je n'étais pas seul.
Ah mais par contre en effet cela m'a largement suffit jusqu'à aujourd'hui encore pour donner l'impression d'une culture étoffée, c'est triste quand même, se sachant borgne, d'être pris si souvent pour un roi, je pense même que c'est grave, et dire que ça c'est encore dégradé....

Ecrit par : DeuxPaysages | 28 novembre 2006

Jean, bonjour!
Vous n'avez tout de même pas la naiveté de penser que l'efficacité d'un système d'enseignement dépend des méthodes pégagogiques qu'un ministre futil (?) de droite ou de gauche préconise en période électorale permanente?
Si ça pouvait être ausi simple, on le saurait déjà!
A ce sujet j'ai maintes fois noté ici les dégats du pédagogisme militant ou insu.
L'idée largement partagée que l'enseignement consiste à transmettre seulement des connaissances ou des savoirs indépendamment de l'effet de cette transmision dans la construction du sujet est au principe du désastre actuel de l'école.
Si les maîtres parvenaient à comprendre un peu mieux le mécanisme à l'oeuvre dans la mise en scène scolaire (laquelle convoque l'élève, le maître et le savoir comme fiction et idéal) ils comprendraient sans doute mieux la nature de leur fonction, aujourd'hui éclatée en missions...
Le maître tire son pouvoir (imaginaire) d'être dans le regard des acteurs en tout cas de celui des enfants en position de signifier l'interdit, la limite, la justice en un mot. Mais bon, le maître d'école lors de la révolution managériale a été défroqué et d'instituteur est devenu professeur des écoles missionnaire.
L'instituteur est celui qui institue au nom de l'Etat la limite, qui sépare l'enfant de lui même dans un jeu de rôle théâtralisé et qui doit très peu aux méthodes utilisées pour lui faire entendre la raison, la ratio, la nécessité d'habiter le vide pour vivre.
J'enseigne l'EPS et je n'en ai pas honte à toutes sortes de classes. J'ai noté que les meilleurs élèves venaient des milieux dans lesquels le tiers (exclu et instruit , du titre du livre de Michel Serres) existe non seulement en paroles mais aussi en actes , en pratiques, en techniques culturelles de célébration. Je pense aux classes de musique et de danse de mon collège qui placent les professeur y compris de sport très haut sur le socle. Le respect qu'ils nous témoignent est lié à la mise en respect, la mise à distance de leur propre sujet, de leurs propres revendications pulsionnelles.
Les bons élèves sont des enfants qui ont été initié de bonne heure aux pratiques rituelles de symbolisation se soi dans des oeuvres exposées, offertes à l'écoute des adultes. Je trouve ces mêmes qualités chez les jeunes gymnastes que j'initie à l'art gymnique qui est l'art de n'être rien.
Notre école ultra-moderne qui tourne agressivement le dos au passé et aux techniques ancestrales de la construction subjective présente la figure du Crétin à cloner en millions d'exemplaires: un sujet individu insécable imbu de soi, auto-formé, ignorant, indigent, violent parfois et négligent. (en forçant le trait bien sûr)
Sur ce je coure rejoindre mes petits barbares...

Ecrit par : buntovchik | 28 novembre 2006

Oui ça s'est dégradé. Votre message en témoigne "DeuxPaysages". Comme quoi on peut faire de la pédagogie intelligente sans négliger l'essentiel. L'interdisciplinarité, c'est très bien, mais savez-vous ce que les élèves bien "formatés" vous disent aujourd'hui si vous faites allusion, mettons à Claude Debussy à propos d'un poème de Verlaine ou à Duparc à propos de L'Invitation au voyage de Baudelaire : "M'sieur vous avez pas le droit de faire de la musique (ou de l'histoire, ou de l'anglais, etc. en cours de français !) Je me souviens d'une collègue qui avait été inspectée en classe de 5ème en 1990 ou 91 (un collège lambda de la région parisienne) et à laquelle l'inspecteur avait fait remarquer qu'elle n'avait pas à situer le Bourgeois Gentilhomme de Molière dans l'Histoire et à parler des "trois ordres" de l'Ancien Régime. Si ce n'est pas du terrorime intellectuel doublé d'une rare imbecillité, qu'est-ce que c'est ? Voilà comment on dégoûte les élèves du français. Si j'avais été votre professeur, je serais plutôt fier : des souvenirs précis de vrais cours de grammaire (un verbe intransitif est un verbe qui n'admet pas de complément d'objet comme "partir"; "c'est que" est un "présentatif"... c'est normal d'oublier les définitions). Vous parlez même de "plaisir" d'apprendre ! et vous arrivez à produire un texte qui se tient sans fautes d'orthographe. Que demander de plus ?

Ecrit par : robin-guilloux | 28 novembre 2006

Bonjour à tous,
l'interdisciplinarité (la transversalité) a été un dogme pédagogiste. Elle le reste d'ailleurs.
deuxpaysages nous dit qu'il a apprécié cette façon de faire. Dont acte...
Dans ce cas, toutefois, je vois mal des élèves "bien formatés" se plaindre de digressions extérieures à l'objet strict du cours. Ce serait plutôt des élèves "mal formatés" qui sont en cause. Toutefois, de façon générale, j'ai du mal à voir des élèves lancer au prof "vous n'avez pas le droit de parler d'une autre matière que la votre". Ca me paraît vraiment bizarre.
A bientôt.

Ecrit par : utile baron | 28 novembre 2006

Buntovchik,
L'inefficacité patente du système d'enseignement du français pour seule cause les méthodes pédago (méthode globale, proscription de la grammaire des natures et des fonctions, de la dictée, séqence didactique, etc.). Il ne faut pas s'étonner que les élèves soient dégoûtés du français si on leur applique des méthodes pareilles. Et c'est même paradoxal de les accuser ensuite, comme le font des professeurs adeptes de ces méthodes, de n'être "motivés pour rien".
Quant à Gilles de Robien, période électorale ou pas, ce qu'il a dit contre la méthode semi-globale et pour la grammaire était simplement de bon sens - ce bon sens qui a fui les pédago. Rien n'empêchait les ministres de gauche de dire la même chose quand ils étaient en poste. Mais voilà, ils auraient déplu à leurs amis pédagogistes! La prochaine cible du bon sens minstériel ce sera la "séquence", suprême défi au bon sens. Il ne peut en être autrement!

Ecrit par : Jean | 28 novembre 2006

A utilebaron
Je ne sais pas si la "transversalté" est un dogme pédagogiste. Peut-être. Je ne suis pas a priori hostile à la pédagogie, à condition qu'elle ne me soit pas, précisément imposée comme un dogme. En l'occurence la méthode dont parlait "Deux paysages" paraissait "payante" du point de vue de ses effets. La "transversalité" est, à mon avis, conforme à l'essence même de la culture et au fonctionnement de l'intelligence qui procède par connections, rapprochements, comparaisons...Il ne faut pas devenir "sectaires" à notre tour et nous cantonnner dans un enseignement strict de notre "matière"....(je ne parle pas ici du problème de la mono ou de la bi valence)...Si le mot 'formatés" vous choque, disons que certains élèves ont tendance à ériger certaines idées qui ne viennent pas forcément d'eux en dogmes. le dogmatisme absolu : "Je détiens la vérité" me paraît aussi dangereux (et stérile) que le scepticisme absolu: "Toutes les idées se valent".

Ecrit par : Robin Guilloux | 28 novembre 2006

J'ai beaucoup apprécié le commentaire de buntovchik...En particulier sa magnifique définition de l'humilité: "l'art gymnique qui est l'art de n'être rien." Faire la classe : un cérémonial proche du théâtre japonais, de l'art floral, des paradoxes de la pensée zen...un art du respect, de la relation, de la distance juste, pas une science, un art de la transparence...Disparaître pour laisser éclore quelque chose qui est de l'ordre d'une vérité palpable, aimable, savoureuse...Très belle idée. On devrait écrire au-dessus des salles de classes : "Vous êtes priés de laisser votre moi à la porte. Qui en sortant voudrait encore de cette défroque ? Ce n'est pas une utopie, c'est la condition de tout cheminement intellectuel, artistique, spirituel...se désemplir de soi-même. Socrate et Montaigne savaient cela. Nos meilleurs maîtres le savaient aussi. Mais comme dit le renard de Saint-Exupéry : "C'est une chose hélàs bien oubliée."

Ecrit par : Robin Guilloux | 28 novembre 2006

J'ai beaucoup apprécié le commentaire de buntovchik...En particulier sa magnifique définition de l'humilité: "l'art gymnique qui est l'art de n'être rien." Faire la classe : un cérémonial proche du théâtre japonais, de l'art floral, des paradoxes de la pensée zen...un art du respect, de la relation, de la distance juste, pas une science, un art de la transparence...Disparaître pour laisser éclore quelque chose qui est de l'ordre d'une vérité palpable, aimable, savoureuse...Très belle idée. On devrait écrire au-dessus des salles de classes : "Vous êtes priés de laisser votre moi à la porte. Qui en sortant voudrait encore de cette défroque ? Ce n'est pas une utopie, c'est la condition de tout cheminement intellectuel, artistique, spirituel...se désemplir de soi-même. Socrate et Montaigne savaient cela. Nos meilleurs maîtres le savaient aussi. Mais comme dit le renard de Saint-Exupéry : "C'est une chose hélàs bien oubliée."

Ecrit par : Robin Guilloux | 28 novembre 2006

Nous sommes bien d'accord qu'il faut se méfier de tout dogmatisme.
Mais j'insiste justement sur le fait que la transversalité est un dogme du pédagogisme. Pour autant, comme la prose de M. JOURDAIN, nous en faisons tous sans le théoriser et c'est haureux !

Ecrit par : utile baron | 28 novembre 2006

Un petit mot a buntovchick. J'ai beaucoup aimé ton idée de l'enseignement comme un art... L'importance du respect, de la relation, de la justesse...de la transparence de celui qui enseigne par rapport à ce qu'il enseigne, de celui qui apprend par rapport à ce qu'il apprend. Un chemin, une écoute. cette phrase surtout, magnifique définition de" l'humilité de grand style": "Je les initie à l'art gymnique qui est l'art de n'être rien." Tu n'as pas écris "Je leur apprends", mais "je les initie", c'est-à-dire, je les conduis... vers quoi ?...vers eux-mêmes, vers leur vérité propre, je les approprie à leur vérité, à leur vrai visage, en me désappropriant des miennes. Apprendre à n'être rien, à laisser son "moi" au vestiaire, ce misérable petit tas de secrets", comme disait André Malraux pour s'ouvrir à la Connaissance. Socrate savait cela, Montaigne aussi, les meilleurs de nos vieux maîtres également. On devrait écrire au-dessus des salles de classes :"Vous qui entrez ici, laissez votre moi à la porte" (vos souci, votre famille, votre mère, votre père, votre copine ..), ouvrez-vous à l'universel.Qui voudrait récuperer en sortant une si misérable défroque ? On va dire: "mais c'est complètement articiel, utopique, impossible..." C'est justement, tu le dis avec raison la définition même de l'enseignement. La grande erreur des" pédagogues", c'est de vouloir anéantir ce théâtre magique au milieu de nulle part.

Ecrit par : Robin Guilloux | 28 novembre 2006

Un petit mot a buntovchick. J'ai beaucoup aimé ton idée de l'enseignement comme un art... L'importance du respect, de la relation, de la justesse...de la transparence de celui qui enseigne par rapport à ce qu'il enseigne, de celui qui apprend par rapport à ce qu'il apprend. Un chemin, une écoute. cette phrase surtout, magnifique définition de" l'humilité de grand style": "Je les initie à l'art gymnique qui est l'art de n'être rien." Tu n'as pas écris "Je leur apprends", mais "je les initie", c'est-à-dire, je les conduis... vers quoi ?...vers eux-mêmes, vers leur vérité propre, je les approprie à leur vérité, à leur vrai visage, en me désappropriant des miennes. Apprendre à n'être rien, à laisser son "moi" au vestiaire, ce misérable petit tas de secrets", comme disait André Malraux pour s'ouvrir à la Connaissance. Socrate savait cela, Montaigne aussi, les meilleurs de nos vieux maîtres également. On devrait écrire au-dessus des salles de classes :"Vous qui entrez ici, laissez votre moi à la porte" (vos souci, votre famille, votre mère, votre père, votre copine ..), ouvrez-vous à l'universel.Qui voudrait récuperer en sortant une si misérable défroque ? On va dire: "mais c'est complètement articiel, utopique, impossible..." C'est justement, tu le dis avec raison la définition même de l'enseignement. La grande erreur des" pédagogues", c'est de vouloir anéantir ce théâtre magique au milieu de nulle part.

Ecrit par : Robin Guilloux | 28 novembre 2006

Un petit mot a buntovchick. J'ai beaucoup aimé ton idée de l'enseignement comme un art... L'importance du respect, de la relation, de la justesse...de la transparence de celui qui enseigne par rapport à ce qu'il enseigne, de celui qui apprend par rapport à ce qu'il apprend. Un chemin, une écoute. cette phrase surtout, magnifique définition de" l'humilité de grand style": "Je les initie à l'art gymnique qui est l'art de n'être rien." Tu n'as pas écris "Je leur apprends", mais "je les initie", c'est-à-dire, je les conduis... vers quoi ?...vers eux-mêmes, vers leur vérité propre, je les approprie à leur vérité, à leur vrai visage, en me désappropriant des miennes. Apprendre à n'être rien, à laisser son "moi" au vestiaire, ce misérable petit tas de secrets", comme disait André Malraux pour s'ouvrir à la Connaissance. Socrate savait cela, Montaigne aussi, les meilleurs de nos vieux maîtres également. On devrait écrire au-dessus des salles de classes :"Vous qui entrez ici, laissez votre moi à la porte" (vos souci, votre famille, votre mère, votre père, votre copine ..), ouvrez-vous à l'universel.Qui voudrait récuperer en sortant une si misérable défroque ? On va dire: "mais c'est complètement articiel, utopique, impossible..." C'est justement, tu le dis avec raison la définition même de l'enseignement. La grande erreur des" pédagogues", c'est de vouloir anéantir ce théâtre magique au milieu de nulle part.

Ecrit par : Robin Guilloux | 28 novembre 2006

Un petit mot a buntovchick. J'ai beaucoup aimé ton idée de l'enseignement comme un art... L'importance du respect, de la relation, de la justesse...de la transparence de celui qui enseigne par rapport à ce qu'il enseigne, de celui qui apprend par rapport à ce qu'il apprend. Un chemin, une écoute. cette phrase surtout, magnifique définition de" l'humilité de grand style": "Je les initie à l'art gymnique qui est l'art de n'être rien." Tu n'as pas écris "Je leur apprends", mais "je les initie", c'est-à-dire, je les conduis... vers quoi ?...vers eux-mêmes, vers leur vérité propre, je les approprie à leur vérité, à leur vrai visage, en me désappropriant des miennes. Apprendre à n'être rien, à laisser son "moi" au vestiaire, ce misérable petit tas de secrets", comme disait André Malraux pour s'ouvrir à la Connaissance. Socrate savait cela, Montaigne aussi, les meilleurs de nos vieux maîtres également. On devrait écrire au-dessus des salles de classes :"Vous qui entrez ici, laissez votre moi à la porte" (vos souci, votre famille, votre mère, votre père, votre copine ..), ouvrez-vous à l'universel.Qui voudrait récuperer en sortant une si misérable défroque ? On va dire: "mais c'est complètement articiel, utopique, impossible..." C'est justement, tu le dis avec raison la définition même de l'enseignement. La grande erreur des" pédagogues", c'est de vouloir anéantir ce théâtre magique au milieu de nulle part.

Ecrit par : Robin Guilloux | 28 novembre 2006

Un petit mot a buntovchick. J'ai beaucoup aimé ton idée de l'enseignement comme un art... L'importance du respect, de la relation, de la justesse...de la transparence de celui qui enseigne par rapport à ce qu'il enseigne, de celui qui apprend par rapport à ce qu'il apprend. Un chemin, une écoute. cette phrase surtout, magnifique définition de" l'humilité de grand style": "Je les initie à l'art gymnique qui est l'art de n'être rien." Tu n'as pas écris "Je leur apprends", mais "je les initie", c'est-à-dire, je les conduis... vers quoi ?...vers eux-mêmes, vers leur vérité propre, je les approprie à leur vérité, à leur vrai visage, en me désappropriant des miennes. Apprendre à n'être rien, à laisser son "moi" au vestiaire, ce misérable petit tas de secrets", comme disait André Malraux pour s'ouvrir à la Connaissance. Socrate savait cela, Montaigne aussi, les meilleurs de nos vieux maîtres également. On devrait écrire au-dessus des salles de classes :"Vous qui entrez ici, laissez votre moi à la porte" (vos souci, votre famille, votre mère, votre père, votre copine ..), ouvrez-vous à l'universel.Qui voudrait récuperer en sortant une si misérable défroque ? On va dire: "mais c'est complètement articiel, utopique, impossible..." C'est justement, tu le dis avec raison la définition même de l'enseignement. La grande erreur des" pédagogues", c'est de vouloir anéantir ce théâtre magique au milieu de nulle part.

Ecrit par : Robin Guilloux | 28 novembre 2006

Un petit mot a buntovchick. J'ai beaucoup aimé ton idée de l'enseignement comme un art... L'importance du respect, de la relation, de la justesse...de la transparence de celui qui enseigne par rapport à ce qu'il enseigne, de celui qui apprend par rapport à ce qu'il apprend. Un chemin, une écoute. cette phrase surtout, magnifique définition de" l'humilité de grand style": "Je les initie à l'art gymnique qui est l'art de n'être rien." Tu n'as pas écris "Je leur apprends", mais "je les initie", c'est-à-dire, je les conduis... vers quoi ?...vers eux-mêmes, vers leur vérité propre, je les approprie à leur vérité, à leur vrai visage, en me désappropriant des miennes. Apprendre à n'être rien, à laisser son "moi" au vestiaire, ce misérable petit tas de secrets", comme disait André Malraux pour s'ouvrir à la Connaissance. Socrate savait cela, Montaigne aussi, les meilleurs de nos vieux maîtres également. On devrait écrire au-dessus des salles de classes :"Vous qui entrez ici, laissez votre moi à la porte" (vos souci, votre famille, votre mère, votre père, votre copine ..), ouvrez-vous à l'universel.Qui voudrait récuperer en sortant une si misérable défroque ? On va dire: "mais c'est complètement articiel, utopique, impossible..." C'est justement, tu le dis avec raison la définition même de l'enseignement. La grande erreur des" pédagogues", c'est de vouloir anéantir ce théâtre magique au milieu de nulle part.

Ecrit par : Robin Guilloux | 28 novembre 2006

Un petit mot a buntovchick. J'ai beaucoup aimé ton idée de l'enseignement comme un art... L'importance du respect, de la relation, de la justesse...de la transparence de celui qui enseigne par rapport à ce qu'il enseigne, de celui qui apprend par rapport à ce qu'il apprend. Un chemin, une écoute. cette phrase surtout, magnifique définition de" l'humilité de grand style": "Je les initie à l'art gymnique qui est l'art de n'être rien." Tu n'as pas écris "Je leur apprends", mais "je les initie", c'est-à-dire, je les conduis... vers quoi ?...vers eux-mêmes, vers leur vérité propre, je les approprie à leur vérité, à leur vrai visage, en me désappropriant des miennes. Apprendre à n'être rien, à laisser son "moi" au vestiaire, ce misérable petit tas de secrets", comme disait André Malraux pour s'ouvrir à la Connaissance. Socrate savait cela, Montaigne aussi, les meilleurs de nos vieux maîtres également. On devrait écrire au-dessus des salles de classes :"Vous qui entrez ici, laissez votre moi à la porte" (vos souci, votre famille, votre mère, votre père, votre copine ..), ouvrez-vous à l'universel.Qui voudrait récuperer en sortant une si misérable défroque ? On va dire: "mais c'est complètement articiel, utopique, impossible..." C'est justement, tu le dis avec raison la définition même de l'enseignement.

Ecrit par : Robin Guilloux | 28 novembre 2006

Un petit mot a buntovchick. J'ai beaucoup aimé ton idée de l'enseignement comme un art... L'importance du respect, de la relation, de la justesse...de la transparence de celui qui enseigne par rapport à ce qu'il enseigne, de celui qui apprend par rapport à ce qu'il apprend. Un chemin, une écoute. cette phrase surtout, magnifique définition de" l'humilité de grand style": "Je les initie à l'art gymnique qui est l'art de n'être rien." Tu n'as pas écris "Je leur apprends", mais "je les initie", c'est-à-dire, je les conduis... vers quoi ?...vers eux-mêmes, vers leur vérité propre, je les approprie à leur vérité, à leur vrai visage, en me désappropriant des miennes. Apprendre à n'être rien, à laisser son "moi" au vestiaire, ce misérable petit tas de secrets", comme disait André Malraux pour s'ouvrir à la Connaissance. Socrate savait cela, Montaigne aussi, les meilleurs de nos vieux maîtres également. On devrait écrire au-dessus des salles de classes :"Vous qui entrez ici, laissez votre moi à la porte" (vos souci, votre famille, votre mère, votre père, votre copine ..), ouvrez-vous à l'universel.Qui voudrait récuperer en sortant une si misérable défroque ? On va dire: "mais c'est complètement articiel, utopique, impossible..." C'est justement, tu le dis avec raison la définition même de l'enseignement...un théâtre magique au milieu de nulle part.

Ecrit par : Robin Guilloux | 28 novembre 2006

impossible d'envoyer mon commentaire...saturation ?

Ecrit par : Robin Guilloux | 28 novembre 2006

Mais si, c'est possible, Robin! Vous l'avez envoyé à cinq exemplaires!

Ecrit par : christophe sibille | 28 novembre 2006

Excusez-moi! Pas cinq, huit. J'avais mal compté.

Ecrit par : christophe sibille | 28 novembre 2006

votre commentaire a été envoyé huit fois et figure huit fois dans le fil.
Laissez le temps au temps, Robin Guilloux et attendez quelques minutes que votre message arrive. Vous pouvez aussi par le menu contextuel (souris droite) cliquer sur actualiser pour voir les nouveaux messages sans sortir du blog de JPB.

Ecrit par : utile baron | 28 novembre 2006

A propos de statues et de socles, c'est Robert Musil, je crois, dans Considérations désobligeantes qui parle des monuments publics de nos grandes villes qui sont faits pour être remarqués et qui sont si peu remarquables que personne ne les remarque plus. Il en est de même du "socle commun"...On ne se souvient pas de ce qui est commun, on ne se souvient que de ce qui est "hors du commun".

Ecrit par : Robin Guilloux | 28 novembre 2006

Robin Guilloux, cessez de bégayer, vous me ferez 100 lignes et n'y prenez pas du plaisir!

Ecrit par : nestor | 28 novembre 2006

D'Enguell, je ne vous lis plus, mon diagnostic de dépression post-hivernale s'avèverait-il exact, à mon plus grand désespoir?

Ecrit par : nestor | 28 novembre 2006

Il s'amuse à semer la pagaille sur le forum éducation de france2. Il a choisi la guerilla et peut parfois y être héroïque

Ecrit par : dobolino | 28 novembre 2006

Dobolino, pitié, vous remuez le couteau dans la plaie en étalant au grand jour mon jargonnage :" s'avéverait-il", mais ou vais-je chercher un tel vocabulaire?

Ecrit par : nestor | 28 novembre 2006

Bon! je n'avais même pas vu la faute de frappe tellement je lis globalement.
Je viens de recevoir pour mon anniversaire un joli petit texte dont , généreuse de nature, je m'empresse de venir avec vous partager le plaisir:
"Tous discours sur certaine matière me paraissent inutiles; le peuple ne les entend point, la jeunesse ne s'en soucie guère, les gens d'esprit n'en ont pas besoin, et peut-on se soucier d'éclairer les sots?
Que chacun pense et vive à sa guise, et laissons chacun voir par ses lunettes. Ne nous flattons jamais d'établir la tolérance; les persécutés la prêcheront toujours, et s'ils cessaient de l'être, ils ne l'exerceraient jamais. Quelque opinion qu'aient les hommes, ils veulent y soumettre tout le monde."
Marie de Vichy-Chamond, marquise de Deffand, lettre à Voltaire, 28 décembre 1795.
Y'a pas à dire, à l'époque, on causait bien!
En langage XX° siècle, nous avons cette phrase d'un dialogue de Michel Audiard: "j'parle pas aux cons, ça pourrait les instruire"

Voilà, j'espère que vous goûterez mon petit texte après vos démélées religieuses de ces dernières 24 heures. On est mal barré pour le socle commun...
Et encore une faute Nestor: où avec accent! car comme dirait ma fille on ne peut pas le remplacer par "ou bien"...

Ecrit par : dobolino | 28 novembre 2006

Bon, doit y avoir un hic sur la date parce que 1795... il devait être dans un triste état le Voltaire. Lisez 1775, merci!

Ecrit par : dobolino | 28 novembre 2006

Interview, peu aimable pour le parti de la future sainte Ségolène, d'Emmanuel Todd dans Libé :

http://www.liberation.fr/actualite/politiques/elections2007/219111.FR.php

Ecrit par : Lariba | 28 novembre 2006

Un petit mot pout buntovtchik
J'ai beaucoup apprécié votre réflexion sur l'enseignement comme art et mise à distance de soi-même, comme rutuel et théâtralisation, en aucun cas science ou pure et simple transmission de savoir...Un théâtre magique, utopique et universel au milieu de nulle part. Très beau aussi cette phrase sur l'humilité (que l'on trouve chez les grands artistes, intellectuels, savants, sportifs...) : "Je les initie à l'art gymnique qui est l'art de n'être rien". Vous dites "je les initie" et non pas "je leur apprends"...Je les mets sur le chemin d'eux-mêmes, de leur visage d'éternité qui est dépouillement des tuniques de peau et je me dépouille moi-même pour laisser passer la lumière à travers moi. Socrate, Montaigne, les meilleurs de nos vieux maîtres n'ont pas fait autrement. On devrait écrire au-dessus des salles de classe : "Vous qui entrez ici, laissez votre moi à la porte."...Votre moi, papa, maman, le copain, la copine, votre petit tas de secrets...ouvrez-vous à l'universel, laissez Shakespeare, Dante et tous les autres vous parler. Et vous ne voudrez plus en sortant de la vieille défroque que vous avez laissée à la porte.

Ecrit par : Robin Guilloux | 28 novembre 2006

Un petit mot pout buntovtchik
J'ai beaucoup apprécié votre réflexion sur l'enseignement comme art et mise à distance de soi-même, comme rutuel et théâtralisation, en aucun cas science ou pure et simple transmission de savoir...Un théâtre magique, utopique et universel au milieu de nulle part. Très beau aussi cette phrase sur l'humilité (que l'on trouve chez les grands artistes, intellectuels, savants, sportifs...) : "Je les initie à l'art gymnique qui est l'art de n'être rien". Vous dites "je les initie" et non pas "je leur apprends"...Je les mets sur le chemin d'eux-mêmes, de leur visage d'éternité qui est dépouillement des tuniques de peau et je me dépouille moi-même pour laisser passer la lumière à travers moi. Socrate, Montaigne, les meilleurs de nos vieux maîtres n'ont pas fait autrement. On devrait écrire au-dessus des salles de classe : "Vous qui entrez ici, laissez votre moi à la porte."...Votre moi, papa, maman, le copain, la copine, votre petit tas de secrets...ouvrez-vous à l'universel, laissez Shakespeare, Dante et tous les autres vous parler. Et vous ne voudrez plus en sortant de la vieille défroque que vous avez laissée à la porte.

Ecrit par : Robin Guilloux | 28 novembre 2006

Un petit mot pout buntovtchik
J'ai beaucoup apprécié votre réflexion sur l'enseignement comme art et mise à distance de soi-même, comme rituel et théâtralisation, en aucun cas science ou pure et simple transmission de savoirs...Un théâtre magique, utopique, universel au milieu de nulle part. Très beau aussi cette phrase sur l'humilité (que l'on trouve chez les grands artistes, intellectuels, savants, sportifs...) : "Je les initie à l'art gymnique qui est l'art de n'être rien". Vous dites "je les initie" et non pas "je leur apprends"...Je les mets sur le chemin d'eux-mêmes, de leur visage d'éternité qui est dépouillement des tuniques de peau et je me dépouille moi-même pour laisser passer la lumière à travers moi. Socrate, Montaigne, les meilleurs de nos vieux maîtres n'ont pas fait autrement. On devrait écrire au-dessus des salles de classe : "Vous qui entrez ici, laissez votre moi à la porte."...Votre moi, papa, maman, le copain, la copine, votre petit tas de secrets...ouvrez-vous à l'universel, laissez Shakespeare, Dante et tous les autres vous parler. Et vous ne voudrez plus en sortant de la vieille défroque que vous avez laissée à la porte.

Ecrit par : Robin Guilloux | 28 novembre 2006

Un petit mot pout buntovtchik
J'ai beaucoup apprécié votre réflexion sur l'enseignement comme art et mise à distance de soi-même, comme rituel et théâtralisation, en aucun cas science ou pure et simple transmission de savoirs...Un théâtre magique, utopique, universel au milieu de nulle part. Très beau aussi cette phrase sur l'humilité (que l'on trouve chez les grands artistes, intellectuels, savants, sportifs...) : "Je les initie à l'art gymnique qui est l'art de n'être rien". Vous dites "je les initie" et non pas "je leur apprends"...Je les mets sur le chemin d'eux-mêmes, de leur visage d'éternité qui est dépouillement des tuniques de peau et je me dépouille moi-même pour laisser passer la lumière à travers moi. Socrate, Montaigne, les meilleurs de nos vieux maîtres n'ont pas fait autrement. On devrait écrire au-dessus des salles de classe : "Vous qui entrez ici, laissez votre moi à la porte."...Votre moi, papa, maman, le copain, la copine, votre petit tas de secrets...ouvrez-vous à l'universel, laissez Shakespeare, Dante et tous les autres vous parler. Et vous ne voudrez plus en sortant de la vieille défroque que vous avez laissée à la porte.

Ecrit par : Robin Guilloux | 28 novembre 2006

Pour le ou avec accent de Marseille ou pas, je plaide non-coupable. Le "à" il est tout fait sur mon clavier, mais pour le "ou", je sais pas faire, alors je fais pas. C'est mon coté immature que j'assume sans culpabilisation. Il y a tellement de choses à la con pour lesquelles je culpabilise que ça compense (en partie).

Ecrit par : nestor | 28 novembre 2006

Pour Robin Guilloux: ce bégaiement devient insupportable, je demande votre internement immédiat.

Ecrit par : nestor | 28 novembre 2006

impossible d'accéder

Ecrit par : Robin Guilloux | 28 novembre 2006

Alors ça, c'est gratuitement vache!

Ecrit par : Alice | 28 novembre 2006

Bonsoir

Peu d'instits sur ce blog ... L'Education "d'en bas" est peu présente :-)

Grammaire de nouveau au goût du jour ! Enfin !

En 93 à l'IUFM , c'était proposé entre 2 pauses café ....

Ce qui ne m'a pas empêché d'en user et abuser en classe.

Désobéïssance civique !

Que croyez vous ! Mais vous le savez déjà ..vu que vous fréquentez ce blog....

Quand des mômes de CP sont capables d'apprendre à jouer aux échecs, d'anticiper plusieurs coups à l'avance etc .. alors qu'on ne me dise pas que c'est trop conceptualiser que de leur évoquer quelques éléments de grammaire de phrase.

J'adore cette activité . très structurante .

Structuration de l'esprit pour nos zappeurs .... Et liberté d'esprit, de création.


Tiens , cet après -midi j'étais de surveillance en récré. Une conseillère pédagogique (IUFM) se pointe pour visiter une stagiaire PE2 de l'école.

Je le "branche " faussement naïf , sur les réformes actuelles de l'IUFM

Conclusion de sa conversation : " Les formateurs de l'IUFM "sonrt de plus en plus coupés de la réalité du terrain!

Ah, bon!

Les instits et les Stagiaires , j'aimerais vous lire :-(

Cordialement

Ecrit par : Patrick (Instit) | 28 novembre 2006

De retour sur ce blog où l'on débloque moins, ce qui n'est pas plus mal.

Il ya tellement de choses à dire. Parlons socle commun, non pas sur le plan des disciplines mais de la discipline! J'aimerais dire sur le plan éthique quitte à "faire genre"...
Savoir se tenir,garder une posture qui signifie l'attention et la disponibilité, être à l'écoute, ne pas s'avachir, ne pas rester habillé en classe comme dehors, ne pas parler sans permission, garder en mémoire les consignes données plus de 2 minutes, -oui, j'ai dit 2 mn., c'est beaucoup vous savez pour certains-, ne pas chercher tous les moyens de se distraire à bon compte - ce n'est pas de la faute de l'élève si l'ennui ronge son mental en charpie, incapable de concentration sur l'essentiel.... Et ce, dès le primaire! n'est-ce pas Ségotarte?!
Bref, me voici avec tous les griefs immémoriaux qu'adressent les maîtres aux disciples indociles. Oui mais! JAMAIS l'on n'a autant constaté et , à juste titre, déploré une telle débandade! Désir du tout tout - toutou, oui!- de suite et Plaisir d'abord: causes principales dans un contexte variable mais qui confirme ou atténue un peu. Effort, motivation, mots creux!
Pas d'enseignement sans plaisir? Si, je veux bien, mais l'effort, l'ascèse de la peine récompensée - bien récompensée- priment! Pour intéresser plaire et pour plaire intéresser: à cette devise j'adhère. Mais il ne suffit pas d'intéresser ni de plaire. Une classe écoute, bien. On plait, bien. L'égo narcissique est un piège. Une évaluation et PAFFFF! des notes lamentables: pas de révision des leçons pas de mémorisation, rien! Il vaut mieux parler de Msn, de string, de Prison break....de jeux en ligne. Génération de limaces vautrées, scotchée aux manettes: PC, Gameboy, Xbox, TV,... SOS!
Notion du temps disparue: durée de plaisir et oubli de la temporalité qui structure la mémoire de l' acquis. Perte dans l'écoulement, on flotte sur le dos , halluciné par les nuages du ciel virtuel.
Les parents se laissent déborder: des enfants qui jouent , des enfants heureux! Plaisir primo! effort secundo!


Pour clore provisoirement: ça y est ! on commence à mettre la note de vie scolaire pour le premier trimestre. Robien, tu m'entends? CONNERIE!!!!!! Pas mieux que Ségonouille Allègraisse et Langdebois! Quelle honte! La FCPE elle est contente? Les parents ils sont contents? Elle compte dans la moyenne au même titre que les notes de travail: ça il fallait le pondre! Qui est la poule ? Bonne à flinguer: la chasse est ouverte!
Et le socle? en bois de langue vermoulue et de langue de p...

A la prochaine.

Ecrit par : balthasar | 28 novembre 2006

Je suis absolument désolé pour le bégaiement. Donnez-moi ce que vous voulez comme pénitence...Non, pas la lecture de Mérieux , pas Mérieux, je vous en supplie Je ne le ferai plus Nooooooon!!!!!!! (hurlement d'horreur qui va en décroissant...) Je vous promets que je ne le ferai plus!!!!!!

Ecrit par : Robin Guilloux | 28 novembre 2006

vie scolaire? on en fait comment la moyenne;-))
cest quoi exactement?
il y a quoi comme "mentions" au fait dans vos differents lycées sur les bulletins?
bonne soirée

Ecrit par : nathalie | 28 novembre 2006

Robin, votre humour vous absout.

Ecrit par : nestor | 28 novembre 2006

Mon cher Nestor, hélàs, au train où va l'école
Qui saura dans dix ans qui vous fûtes, sauf Eole ?

Ecrit par : Robin Guilloux | 28 novembre 2006

Pour le ou avec accent de Marseille ou pas, je plaide non-coupable. Le "à" il est tout fait sur mon clavier, mais pour le "ou", je sais pas faire, alors je fais pas. C'est mon coté immature que j'assume sans culpabilisation. Il y a tellement de choses à la con pour lesquelles je culpabilise que ça compense (en partie).

Ecrit par : nestor | 28 novembre 2006

vous trouverez le ù juste à côté du M, à sa droite,... ou votre clavier est obsolète: ù est sur la même touche que %.
recontactez moi en cas de problème car je crains d'avoir donné du lard à des cochons...
Ma naïveté parfois me désespère.

Ecrit par : dobolino | 28 novembre 2006

"Et moi, ma vérité d'hier 27 novembre n'est pas même la même que celle d'aujourd'hui 28…
JPB"

;)

Ecrit par : toto | 28 novembre 2006

La note de vie scolaire? Vous allez voir, c'est simplissime. La CPE attribue 14 points: 4 pour les absences (moins un par absence non justifiée, mais les parents justifient tout) 4 pour les retards (à peu près inexistants), 2 pour les remarques sur le carnet, 2 pour les avertissements, 2 pour les retenues: si Kevin collectionne 3 retenues et 3 avertissements avec tous les mots d'excuse de sa mère dépassée, il a déjà 10.
Le prof principal (on me suit, siouplait!!!) a 6 points à donner; il a été décidé que le total plafonnerait à 16 sauf cas exceptionnel, donc PP hésite entre 0, 1 et 2, to be or not to be.
Cela permet à Vanessa qui, en 3°, ne comprend rien à rien et somnole en paix, de ramasser 14 ou 16 facilement; quelques bonnes notes en sport et en dessin et la voilà prête pour le lycée!
Cette vaste conn... nous met tous en furie; que de temps perdu, de paperasse, de calculs...Ecole citoyenne et plus que jamais école du mensonge où l'on est bien noté si on est là. Pourquoi se décarcasser pour décrocher 14 en français, hein? Les petits enfants-rois devront dépasser l'âge de 20 ans pour découvrir enfin qu'ils sont tout nus, sans culture, sans logique, sans mémoire, sans techniques de travail, sans attention aux messages extérieurs... Oui mais, à l'école de la République, c'est comme chez Carrefour, on po-si-ti-ve.

Ecrit par : Cunégonde | 28 novembre 2006

"Non, pas la lecture de Mérieux , pas Mérieux, je vous en supplie Je ne le ferai plus Nooooooon!!!!!!! (hurlement d'horreur qui va en décroissant...) Je vous promets que je ne le ferai plus!!!!!!"

Ecrit par : Robin Guilloux | 28 novembre 2006

C'est vrai que la prose de labo pharmaceutique, c'est moyennement intéressant...
Méthode globale d'orthographe des noms propres? Je crois que vous vouliez parler de: "Meirieu"?
Cordialement.

Ecrit par : christophe sibille | 28 novembre 2006

bonsoir cunégonde
merci pour ces explications. Je suis consternée....il n'y a pas ça dans mon lycée.(pas encore?)
Ca me fait penser aux délibératons du bac cet été, des élèves de la section S , qui ont eu leur bac avec mention assez bien en ayant ni la moyenne en maths ,ni en bio, ni en physiques, mdrr, moi en allemand, je corrigeais la LV1, donc petit coef, et quand il s'agissait de remonter un élève pour ne surtout pas le faire passer au second tour ,les profs à fort coef (maths physiques bio) étaient ok pour leur rajouter un point ou deux,idem quand les élèves étaient près de la mention. Moi je ne disais trop rien,sauf quand on me demandait de rajouter deux points( c'est non, surtout de 08 à 10), mais à un moment j'ai demandé aux profs de sciences si cela ne les dérangait pas qu'un élève en section S puisse avoir son bac en ayant la moyenne dans aucune de ces matières!!!! bon, là, en effet, cela n'a pas plu aux collègues! ben oui quoi!! faut pas pousser quand même, être présent aux épreuves ne signifie pas obtenir son bac quand même!!
je vais me coucher, bonne nuit

Ecrit par : nathalie | 28 novembre 2006

Bon, d'accord Christophe...MEIRIEU Je vais le copier cent fois...en copier/coller...

Il sévissait déjà celui-là à Lyon quand j'ai passé le CAPES. Il n'y avait pas encore d'IUFM à l'époque et tout le monde s'en portait très bien, On nous mettait dans le bain tout de suite avec un "tuteur" chevronnée (ou une tutrice) et vogue la galère ! mais ils y travaillaient les bougres, lui et ses comparses.Ils ont horreur des choses qui marchent bien...sans eux.

A propos de Meirieu...Comment disait-elle déjà Simone Weil ? (pas l'ancienne présidente du Parlement européen, l'auteur de La pesanteur et la Grâce) Ah oui ! : "je préférerais être complètement stupide que d'être intelligente et de penser de travers."

Ecrit par : Robin Guilloux | 28 novembre 2006

Je vais vous dire moi, ce qu’est un socle commun.

- Quatre ans : apprentissage de la lecture.

- Cinq ans : maîtrise de la lecture.
Commencement de l’apprentissage grammatical. C'est-à-dire des règles qui régissent les huit temps de l’indicatif, du subjonctif présent, des temps, de l’impératif, du conditionnel, du subjonctif présent et passé, de la voie passive. Apprentissage des notions de sujet, de verbe, du complément d’objet direct et indirect, de l’adjectif de l’adverbe, et de la grande classe des déterminants.
Enseignement de l’addition, de la soustraction, de la division, et de la multiplication.

- Six ans : maîtrise parfaite des notions mathématiques précédentes.
Introduction à la géométrie plane et spatiale (théorème de Pythagore, Thales, médiane, médiatrice, hauteur, bissectrice, et compréhension des notions de centre de gravité, cercle circonscrit, orthocentre et cercle inscrit).

- Sept ans : maîtrise et approfondissement des notions grammaticales vu les années précédentes. Liste de vocabulaires à apprendre.
Introduction à la trigonométrie et à l’algèbre. Résolution des équations à une inconnue, inéquations.

- Huit ans : liste de vocabulaires. Lecture des auteurs classiques. Apprentissage des grands mouvements littéraire.
Résolution des équations à deux inconnues. Approfondissement de trigonométrie et introduction à l’analyse (dérivée, suite).

- Neuf ans : lecture et introduction du commentaire de texte. Apprentissage des figures de styles principales, liste de vocabulaires.
Complément d’analyse (Intégrale de Reimann, calcul différentiel), complément de géométrie et enseignement de la logique formelle.

- Dix ans : Introduction à la « philosophie ». Lecture d’extraits de texte des auteurs classique (Platon, Descartes, etc). Liste de vocabulaires, etc.
Introduction à l’algèbre linéaire, et complément d’analyse.
Début de l’enseignement d’Histoire-Géographie. – J’entends par là un véritable enseignement historique, qui se veut objectif et qui ne supporte pas toutes les thèses communistes actuelles tel que le soit disant massacre des tirailleurs sénégalais ou qui osent affirmer que la colonisation n’a eu que de mauvaises conséquences et que les générations actuelles sont responsables des faits historiques passés il y’a de ça cinq générations.

Bref, je n’ai pas envie de continuer ce « socle commun » jusqu'à 14 ans, mais je pense que vous aurez compris le principe.
Pas de biologie, pas de sciences physiques, ni de première ou deuxième langue.
Elles ne sont que perte de temps et créées des lacunes car elles nécessitent des notions que l’élève n’a pas encore acquis.
L’élève se doit d’avoir une connaissance parfaite de sa langue maternelle pour envisager la compréhension des mathématiques.
Celles-ci lui permettant de comprendre des notions abstraites et souvent beaucoup plus justes que tout ce qu’il pourra côtoyer dans sa vie. Par ailleurs, la maîtrise de sa langue maternelle et des concepts mathématiques primordiaux tels que la logique formelle ou l’algèbre linéaire devrait être un minimum avant même d’envisager l’attaque des matières « subjectives ».

Enfin, la musique et les arts plastiques n’ont pas à être enseignés. L’école ne se veut pas créatrice de petits soldats communistes, car comme tout un chacun le sait, un artiste est forcement de gauche !
Je ne parlerai même pas de cette « culture humaniste », c’est d’un pathétique.

Ecrit par : Estil | 29 novembre 2006

À propos de la note de vie scolaire, Nathalie, ça ne sévit pour le moment que dans les collèges — pas en lycée. Et chaque collège est autorisé / incité à élaborer ses propres critères, le ministre a refusé de définir des critères nationaux, arguant du fait que les attentes seraient différentes selon les zones : en clair, quand on est en ZEP, on est bien content quand ils ne vous crachent pas à la gueule, mais à Jeanson-de-Sailly, on exigera les injures à l'imparfait du subjonctif ("Vous plairait-il que je vous poostillonnasse au visage ?").
Ce qui me paraît de la discrimination pas du tout positive… Pourquoi diable tolèrerait-on plus d'incivilités ici que là ?
J'avais une note de "discipline" quand j'étais à l'école primaire, une note globale qui n'était pas calculée en points ajoutés, mais en points retranchés (convoqué au bureau trois fois dans le mois pour recevoir des coups de règle sur les doigts = 0).
J'ai un peu tendance à penser que l'ordre ne peut jamais être imposé de l'extérieur. Comme le disent certains, plus haut, l'école doit d'abord imposer une discipline de travail — le reste suivra.
Reprenez l'éducation de Gargantua : "En tel train d'études le mit qu'il ne perdait heure quelconque du jour, mais tout son temps consommait en lettres et honnête savoir" (chapitre 21). Ça me rappelle parfois ce roman américain assez drôle qui s'intitule, je crois, Treize à la douzaine, où un père de douze enfants utilise chaque seconde du temps de ses rejetons (il a par exemple installé un pupitre dans la salle de bains pour qu'ils révisent leurs leçons tout en se brossant les dents). Il faut concevoir des emplois du temps scolaire (et le scolaire s'emporte aussi à la maison sous forme de devoirs) qui ne les laissent pas avoir le temps de déjanter.
JPB

Ecrit par : brighelli | 29 novembre 2006

Merci pour ces informations complémentaires sur cette note.Je ne savais pas que cela existait, même dans notre collège. (on va du primaire aux prépas), mais est ce obligatoire?Hmm, je vais aller mon enquête aujourd'hui chez nous. bonne journée.

Ecrit par : nathalie | 29 novembre 2006

où,où, où, où.......ça marche et c'est grisant. C'est un petit pas pour moi, mais un grand pas pour la grammaire( faut-il prononcer "grandmère?). Dobolino, vous ètes d'une efficacité redoutable. Il faudra aussi m'indiquer pour l'accent circonflexe et m'envoyer la note pour les leçons de grammaire. Bonne journée à tous.

Ecrit par : nestor | 29 novembre 2006

"Enfin, la musique et les arts plastiques n’ont pas à être enseignés. L’école ne se veut pas créatrice de petits soldats communistes, car comme tout un chacun le sait, un artiste est forcement de gauche !
Je ne parlerai même pas de cette « culture humaniste », c’est d’un pathétique."

Ecrit par : Estil | 29 novembre 2006

Pauvre con.

Ecrit par : christophe sibille | 29 novembre 2006

"Les instits et les Stagiaires , j'aimerais vous lire :-(

Cordialement"

Ecrit par : Patrick (Instit) | 28 novembre 2006

Les quelques-uns qui sont venus tenter de défendre tant soit peu leur formation se sont fait sauter dessus et méchamment renvoyer dans les cordes! A ce compte, ce n'est pas très compliqué de n'en garder ici que les détracteurs.

Ecrit par : christophe sibille | 29 novembre 2006

A Estil : "Tout ce qui est exagéré est insignifiant." Paul Valéry

Ecrit par : Robin Guilloux | 29 novembre 2006

Prof principal d'une classe de quatrième je m'apprête à transmettre la note de "vie scolaire" des 28 élèves.
Cette note résulte de l'application toute simple de la formule:
PP(/10)+ CPE (/10) + PP (/10)
-----------------------
2
Les notes sont établies à partir de 10 critères objectifs.
Voici les résultats obtenus par la classe: 18,23/20
La note la plus faible est de13.5.
Des collègues m'ont dit que dans leurs classes des élèves quasi déscolarisés obtiennent là leur meilleure note.
Ainsi un élève qui a obtenu 07/20 en maths et 06/20 en français mais 17/20 (voire 18/20 si le PP l'a vu aider une vieille dame à traverser la rue...on peut attribuer des points de bonification) en note de "vie scolaire" atteindra la moyenne au brevet et passera en seconde.
En conclusion: cette note de conduite n'est rien d'autre qu'un truc de plus pour fonder le "Collège de la Réussite Totale" tremplin vers la Société Parfaite sans entrave où chacun pourra satisfaire son désir d'Avenir...radieux.
Le slogan de marketing de l' Académie est "l'Académie de Reims: Créatrice d'Avenir". Je n'invente rien!

Ecrit par : buntovchik | 29 novembre 2006

Tiens, Christophe commence à admettre que Meirieu (avec sa "prose de labo phamaceutique") ne pèse pas autant que Brighelli! Le problème chez Meirieu, c'est qu'il cultive le cliquetis de mots, la complaisance à s'écouter, mais qu'on y cherche une pensée.
Mais , Christophe, Estil était ironique...
Chers Collègues, y en a-t-il parmi vous qui refusent, comme moi, d'enseigner en "séquences didactiques"?
J'ai eu hier matin des témoignages sur ce que les élèves pensent des "séquences": ils n'y comprennnent rien et donc détestent!

Ecrit par : Jean | 29 novembre 2006

Pauvre con.

Ecrit par : christophe sibille | 29 novembre 2006

C’est si gentil de votre part de prendre en considération mes propos.
Vous savez, je suis probablement plus qualifié que vous ne le serez jamais en musique, et je ne suis pas là à défendre ce qui n’a pas à être enseigné dans un lieu de connaissances et de justesse.
L’art n’est rien d’autre que de la merde subjective, il n’a donc pas sa place à l’école.
Par ailleurs, ce n’est pas le piteux enseignement de ce que vous avez l’air d’adorer qui permettra à l’élève de « s’épanouir » – un si joli mot.

Les livres « artistiques » quant à eux, aident l’élève à comprendre la langue française et à la maîtriser. On peut apprécier la maîtrise et l’aisance qu’à un auteur à écrire dans sa langue maternelle sans pour autant être extasié devant la médiocrité de son œuvre.
L’appréciation d’une compétence est quelque chose d’impossible dans l’art pour la simple et bonne raison qu’il n’y a aucunes règles à respecter et que vous ne pouvez donc pas juger le niveau d’un « artiste » – forcement de gauche soit dit en passant – objectivement, si ce n’est dans la musique classique.
Seulement, et vous vous en persuaderez facilement, prôner le subjectif à l’école, c’est prendre en considération l’avis d’un élève qui n’est pas encore aptes à construire un raisonnement logique et à décider de ce qui est juste ou de ce qui ne l’est pas.
Bien qu’il s’agisse de notions subjectives, tous les avis ne se valent pas.

Ecrit par : Estil | 29 novembre 2006

Excusez-moi, Estil, mais êtes-vous réellement sérieux avec votre "socle" ? J'ai suffisamment fréquenté les enfants de 4 ans dans ma carrière (eh, oui, Patrick, une instit qui vous a salué lors de votre arrivée dans ce blog) pour avoir eu le temps de me rendre compte qu'à part les 3 à 4 % d'enfants dits précoces (je ne suis pas sûre des chiffres), même avec la meilleure volonté du monde et des méthodes absolument "béton", un enfant de 4 ans n'a pas la maturité intellectuelle, psychologique, motrice et affective pour être capable d'aàpprendre à lire.
A 5 ans, si je me base sur mes souvenirs d'institutrice de Grande Section, Cours Préparatoire et Cours Elémentaire 1° année, ils sont environ de 25 % à 55 % à maîtriser le déchiffrage quand on ne leur présente pas cet apprentissage comme obligatoire, donc il est possible que l'on puisse l'obtenir de tous...
Mais 4 ans, c'est de 48 mois à 60 mois après la naissance, or l'enfant d'humain naît avant terme pour des raisons de circonférence de la tête si mes souvenirs de Biologie sont bons. Ce n'est pas parce que le poulain tient debout quelques heures après sa naissance qu'on le harnache et qu'on commence le dressage. Laissons du temps au temps, redonnons aux enseignants de maternelle une formation correcte sur le développement du nourrisson et du jeune enfant, revenons à des programmes cohérents avec ce développement et nous aurons à nouveau des élèves qui entrent à 6 ans à l'école élémentaire en sachant se tenir correctement en société, fournir un effort, concentrer leur attention, tenir un crayon pour écrire, employer un vocabulaire riche, comprendre une histoire lue par l'adulte, s'intéressant au fonctionnement de leur langue orale et écrit et au monde qui les entoure.
Nous pourrons alors commencer votre "socle" à un rythme sans doute moins rapide que celui que vous proposez, toujours cette fichue maturation du système nerveux (l'enfant n'est pas un adulte en miniature) , maturation qui peut, toujours si mes souvenirs sont bons, être accélérée par les exercices corporels et la pratique des arts : musique, dessin, peinture, compositions en volume ou toute pratique permettant à l'être humain de développer les cinq sens dont la nature l'a doté.

PS : Je profite de cet envoi pour signaler que j'avais posé une question d'ordre grammatical sur "Tous les parents tous les enfants" et qu'elle est restée sans réponse. Les instits veulent bien intervenir sur ce fil mais de temps en temps ils (enfin moi) se sentent un peu mis de côté...

Ecrit par : catmano | 29 novembre 2006

L'ironie était pourtant évidente...
Par ailleurs, que ceux qui sont allergiques aux séquences veuillent bien se manifester! Merci! Si les professeurs de français décidaient tous de ne plus non-enseigner en "séquences", l'Inspection régionale serait bien obligée de suivre.
Rappel: l'étoile de la "séquence" est en train de pâlir plus que sérieusement à l'Inspection générale de Lettres.

Ecrit par : Jean | 29 novembre 2006

Bien évidement que je suis sérieux avec mon socle.
Alors soit, retardons tout d’un an pour s’assurer d’une réussite exemplaire.
Arrêtons de prendre l’enfant pour plus stupide qu’il n’est et de le confiner dans une ignorance totale.
Je ne suis pas de ceux qui croient à l’existence d’enfants précoces. Il ne tient qu’à nous de les faire devenir « précoces ». Tout n’est qu’une histoire d’éducation (au sens large).

Maintenant, il est certain que chaque individu peut être prédisposé à pratiquer une discipline plutôt qu’une autre, mais ceci ne se manifeste que lorsque l’on arrive à la limite des capacités intellectuelles ou sportives de la moyenne. C'est-à-dire bien plus tard, lorsque l’on a déjà atteint le niveau maximum d’un humain dit « normal ». Autrement-dit, certainement pas dès l’âge de quatre, cinq voir quinze ans. Entre nous, je doute qu’il fut un jour atteint.
Par ailleurs, vous ne devriez pas négliger tous les apports d’une instruction (je dirais même éducation) aussi poussée pour le futur de nos enfants.

Ecrit par : Estil | 29 novembre 2006

J'essaierai de ne rien négliger, promis. Pour une fois qu'on me répond, j'apprécie.

Ecrit par : catmano | 29 novembre 2006

Estil : "L’art n’est rien d’autre que de la merde subjective, il n’a donc pas sa place à l’école". Schiller: " ...dans le premier de ses états, l'état physique, l'homme accueille en lui passivement l'univers sensible et ne fait que sentir, se confond avec cette univers. Et parce qu'il n'est encore que monde, le monde n'existe pas encore pour lui. C'est seulement où , dans l'état esthétique il le pose en dehors de lui, le contemple, que sa personnalité se distingue de l'univers, et le monde lui apparaît parce qu'il a cessé de faire un avec lui. La contemplation est le premier rapport de liberté qui s'établisse entre l'homme et l'univers qui l'entoure". (lettres sur l'éducation esthétique de l'homme) Une fois que la République aura chassé de son école les poètes (c'est déjà fait) les musiciens, les artistes, les danseurs etc... quel barrage contre l'anéantissement de soi restera-t'il aux futures générations? Des escadrons de CRS à la sortie des stades, des urnes, des écoles.

Ecrit par : buntovchik | 29 novembre 2006

Euh, Estil, si vous êtes sérieux, en parlant de merde subjective qu'est l'art puisque sans règle, eh bien oO (le double o, ça signifie "je suis interloqué").
En fait c'est tellement absurde comme propos que j'ai du mal à y voir un sérieux.
A moins que je n'aie pas compris ce que vous souhaitiez exprimer.
Parce que l'art, c'est l'art de faire oublier que l'oeuvre se construit sur des règles très strictes, tout comme ces contorsionnistes qui ploient si facilement, camouflent bien tous les efforts qui leur ont été nécessaire.

Ecrit par : DesPassagers | 29 novembre 2006

Bien sûr oui, bien sûr.
Vous confondez l’usage de techniques évoluées qui respectent des codes spécifiques pour arriver à un but précis avec des règles strictes explicitent.
Donnez moi donc les règles de la peinture, ou de la musique (je ne vous parle pas de la musique classique qui est la seule à en détenir).
Quelles sont les règles de l’esthétique ? Dîtes moi donc ce qu’un objet doit respecter pour être considéré comme beau ou non.
D’ailleurs, quelles sont les règles de l’art ?
Bonne chance.

Ecrit par : Estil | 29 novembre 2006

bonjour,
un nouveau socle aussi pour les enseignants :

G. de Robien a présenté avant-hier son projet de réforme de la formation des enseignants.
Premier point : plus d'IUFM, plus longtemps avec quatre semaines supplémentaires de stage en iufm pendant la deuxième année post-diplôme et deux semaines la troisième année.
Deuxième point : stage obligatoire en entreprise pendant la formation.
Troisième point : généralisation de la bivalence "déjà plébiscitée par 17% des futurs professeurs" dit le ministre qui n'a certainement pas bien compris le sens du mot plébiscite.
Le projet est actuellement à l'étude au Haut Conseil de l'Education.
Rien de nouveau sur une question que je trouve pourtant essentielle : la formation permanente déjà totalement négligée par les instances de l'E.N.
Bon appétit, messieurs ! (et mesdames)...

Ecrit par : utile baron | 29 novembre 2006

Désolé de vous contredire, Estil, mais il existe en art ancien, et spécialement en sculpture, des règles très précises et contraignantes (qu'on appelle des canons, le plus connu étant de Polyclète d'Argos) que les artistes ont scrupuleusement suivies. Non seulement il existait des oeuvres de référence, considérées comme esthétiquement parfaites (le Doryphore de Polyclète en sculpture, ou le temple de Zeus à Olympie en architecture), mais on connait l'existence de traités théoriques (de Xénophane ou Douris, cités par Pline l'Ancien) où ces règles étaient énoncées et discutées, en vue d'arriver à une définition valide du Beau.
Que l'art se soit émancipé de ces contraintes est une bonne chose, mais ne change rien au fond du problème.

Ecrit par : Jean-François Croz | 29 novembre 2006

A Patrick

Tu devrais avoir le droit d'exprimer ta pensée sur ce blog sans avoir peur "d'être renvoyé dans les cordes". Mais je n'ai pas compris ce que tu voulais dire : Qu'il y a des aspects positifs dans la formation des IUFM...ou autre chose ?

Ecrit par : Robin Guilloux | 29 novembre 2006

Un IUFM débarrassé des dogmes pédagogistes, oui, cela pourrait être intéressant.
Mais quand on constate la facilité avec laquelle nos collègues ploient docilement l'échine devant les absurdités qu'on leur impose, quand on voit l'écho misérable (6000 signatures en deux mois c'est ridicule!) qu'a suscité l'Appel pour la refondation de l'école dans le monde enseignant, on peut se dire que les pédagogistes ont encore de beaux jours devant eux dans les IUFM. Après tout, les professeurs ont les "pédagogues" qu'ils méritent.

Ecrit par : Jean | 29 novembre 2006

L’art classique avait des règles, et c’est pour cela qu’il avait de la valeur.
L’art moderne qu’on nous impose actuellement ne vaut rien car il ne respecte rien, et c’est d’ailleurs cette liberté extrême qui le caractérise.
Par contre Jean-François Croz, vous confondez également l’aspect technique à l’aspect artistique.
Je n’ai jamais dit que certains artistes étaient incompétents, bien au contraire, ils peuvent être très bon dans la maîtrise de certaines techniques. Seulement, les techniques n’ont de valeurs que prisent séparément mais ne valent rien lorsqu’on parle de la notion d’art, car celle-ci ne respecte aucunes règles explicitées.
Il n’est donc stipulé nulle part qu’un « bon » artiste est quelqu’un qui maîtrise des techniques évolués. Il n’est en conséquence pas nécessaire de maîtriser ces techniques pour être un « bon » artiste, et d’ailleurs c’est encore plus fort que cela. Un bon artiste n’existe pas car il n’y a aucune base explicitée sur laquelle nous pouvons nous baser et ainsi affirmer que tel artiste est bon, et tel autre est mauvais.
L’art ne vaut donc rien et ne peut exister que par la subjectivité.

PS : J’attends que vous me donniez les règles d’un objet esthétiquement parfait avant d’affirmer qu’il en existe.

Ecrit par : Estil | 29 novembre 2006

Estil
Donnez moi donc les règles de la peinture, ou de la musique (je ne vous parle pas de la musique classique qui est la seule à en détenir).
Je peux vous parlez de la danse, de ce mode le plus archaique et normatif de la pensée à partir duquel se sont générés les autres arts, l'écriture, les codes et normes sociaux etc...
Mais à quoi bon? Je sens esthétiquement (l'esthétique est le mode de connaissance par les sens et il n'y rien dans l'intelligence qui n'ait été dans les sens) dans vos propos comme de la provocation à nous faire réfléchir!

Ecrit par : buntovchik | 29 novembre 2006

Et moi, ma vérité d'hier 27 novembre n'est pas même la même que celle d'aujourd'hui 28…
JPB"

;)

Ecrit par : toto | 28 novembre 2006

Ben, tu vois, toto, c'st la maladie du siècle. Complètement TDAH à force de bidouiller. Incapable de fixer son attention plus de deux minutes sur une consigne. Tout ce que j'espère c'est que ça ne contamine pas les chirurgiens sinon, à nous le tourisme chirurgical!!!!!!!!!!!!!!!!!

Ecrit par : dobolino | 29 novembre 2006

Estil...L’art ne vaut donc rien et ne peut exister que par la subjectivité.
Mais vous précisément à quel rite hyper-codifié vous soumettez-vous en venant ici exhiber comme nous tous votre subjectivité? J'entends par là votre manière toute stylisée de poser sur la scène publique et théâtrale de ce blog et dans les règles de l'art de la rhétorique votre questionnement, voire vos certitudes?

Ecrit par : buntovchik | 29 novembre 2006

Merci Cunégonde, il faut bien considérer ce que la Note de vie scolaire implique. Il s'agit de faire monter les moyennes pour donner l'illusion du retour à la morale et donner l'illusion que le niveau monte!
La morale n'est pas la même chose que l'éducation civique! les vieux confondent.
Le socle commun des connaissances au sujet duquel il y a matière à débat - entre nous, ce sont les professeurs qui devraient être consultés... mais comme on a des IGEN super savants compétents et tout et tout, y pas besoin.- devrait comporter une part de références au comportement qu'il faut acquérir et maîtriser pour assimiler les connaissances. On ne peut pas forcer à manger ceux qui n'ont pas faim, vu qu'ils ont la tête farcie d'informations de plus en plus nébuleuses via le quotidien, les jeux, la tv, les chats etc... On ne peut que constater l'inadéquation entre les générations qui arrivent et le contenu de l'enseignement. Argument en faveur des démagos et des pédagogistes? Non, mais constat qui implique une sacrée remontée de manches! On doit se battre à la fois contre (avec) les facteurs de l'ignorance moderne, contre (avec) les gamins qui n'ont rien compris au sens de l'effort, contre les parents ou plutôt certaines associations qui suivent les fiches éducation dans des mensuels entre les recettes de cuisine et le courrier des lecteurs ou l'horoscope, contre des "scientifiques de l'éducation" charlatans bien palcés dans les facs et les IUFM. Quel boulot!

La note de vie scolaire doit être boycottée! Quand je vois des professeurs principaux, dont je suis, qui se prostituent en faisant des fiches avec des critères à la con et qui les soumettent à leurs collègues, c'est pitoyable! Et j'en connais qui répondent: " je suis un bon petit soldat, je fais ce que l'on me demande" Vive les Idiots utiles.! Ah ça oui, tant qu'il yaura des profs!...
SOS Ecole en péril! Les vers sont dans le fruit.
Je ne suis pas gentil? Heureusement. Autrement j'aurai honte.

Ecrit par : Balthazar | 29 novembre 2006

"À propos de la note de vie scolaire, Nathalie, ça ne sévit pour le moment que dans les collèges — pas en lycée. Et chaque collège est autorisé / incité à élaborer ses propres critères, le ministre a refusé de définir des critères nationaux, arguant du fait que les attentes seraient différentes selon les zones "
ayant lu ceci, je demande à ma fille, élève de cinquième, conseil de classe le 12/12: "Et la note de vie scolaire?"
Réponse:"c'est quoi ça? Jamais entendu parler!"
Y'a des collèges où apparemment, ça n'a traumatisé personne, ni les enseignants ni les élèves. Attendons le bulletin... Pas de circulaire aux parents non plus: je n'ai rien contre-signé.

Ecrit par : dobolino | 29 novembre 2006

Il existe malgré tout un point de vue spécifique, qui s'appelle l'histoire de l'art, et qui permet de surmonter certaines contradictions. Le tout est de savoir s'il est utile et souhaitable d'en enseigner les rudiments dès le second cycle.
Ce blog laisse parfois une impression bien déprimante .

Ecrit par : Jean-François Croz | 29 novembre 2006

Dobolino, il y a , paraît-il , des collèges qui ne mettent pas en place cette note. A confirmer, c'est intéressant.
D'autre part, si dans certains collèges cela ne traumatise personne, c'est bien la confirmation que l'on a affaire à des manchots: bras ballants et claquements de becs sur la banquise à la dérive.
C'est la guerre froide... je pense qu'il faut livrer une guerre chaude!

Ecrit par : Balthazar | 29 novembre 2006

Balthazar!
Ne pensez-vous pas au contraire qu'il vaut mieux pousser la logique auto-destructive de ce système plutôt que d'essayer d'en freiner les inconséquences?
Les 4/5 des parents et des collègues voient encore l'école à l'image de celle qu'ils ont fréquentée.
Même les lecteurs des ouvrages de JPB que je connais ne parviennent pas à admettre la triste réalité.
Et voilà que maintenant le pouvoir politique simulant l'innocence nous annonce une nouvelle réforme à la hauteur des lois de Jules Ferry...
On croit rêver!!!
Sur ce je me sauve au collège.

Ecrit par : buntovchik | 29 novembre 2006

où,où, où, où.......ça marche et c'est grisant. C'est un petit pas pour moi, mais un grand pas pour la grammaire( faut-il prononcer "grandmère?). Dobolino, vous ètes d'une efficacité redoutable. Il faudra aussi m'indiquer pour l'accent circonflexe et m'envoyer la note pour les leçons de grammaire. Bonne journée à tous.

Ecrit par : nestor | 29 novembre 2006

Excusez moi d'encombrer ce fil de discussion, je ne peux faire autrement puisqu'il n'y a pas moyen de passer des messages privés. L'accent circonflexe se trouve à droite de P: vous le frappez, rien n'apparait puis vous taper sur le clavier la lettre qui doit porter l'accent: â; ê; î et ça marche...
pour le tréma même technique sauf qu'il faut faire majuscule (flèche vers le haut) tenu puis tréma (au-dessus de circonflexe sur la même touche) puis la lettre:ï; ë;

Ecrit par : dobolino | 29 novembre 2006

Vous tapeZ bien sûr: mille excuses

Ecrit par : dobolino | 29 novembre 2006

OK Buntovchik! Laissons pourrir... Je trouve que c'est trop lent. Il faut secouer la statue pour qu'elle tombe. Refondons l'école. Et mettons quand même le nez dans leur cac à tous les membres de la société des "groupistes à oeillères".
Vous vous sauvez AU collège? C'est bien , il y en a qui se sauvent DU collège.

Ecrit par : Balthazar | 29 novembre 2006

"pour avoir eu le temps de me rendre compte qu'à part les 3 à 4 % d'enfants dits précoces (je ne suis pas sûre des chiffres)"
Au dessus de 130= 2% d'une classe d'âge. Pour 145 équilibré entre QIV et QIP; c'est infinitésimal
Ceci dit, le post d'Estil est rigolo et provocateur! Il aurait fait les délices de mon fils à QIV 155 mais la première urgence était plutôt de remonter le QIP 108 de toute urgence à 120 minimum pour équilibrer le cerveau à pattes (maladroites) pour en faire un humain équilibré. Si ton aîné avait été testé, ce fait aurait certainement été souligné...

Ecrit par : dobolino | 29 novembre 2006

ô,ô,ô......î,î,î.......ê,ê,ê......c'est l'orgasme du clavier, encore, encore......Merci à Dobolino et vive la Drôme provençale!

Ecrit par : nestor | 29 novembre 2006

Désolé rin à voir.....

Mais JP a raison lisez/relisez Démosthène "les philippiques" c'est méga top drôle ;) ET on est en plein dedans .
Ce mec était un grand gestionnaire ;))))))

Ecrit par : toto | 29 novembre 2006

n’est donc stipulé nulle part qu’un « bon » artiste est quelqu’un qui maîtrise des techniques évolués. Il n’est en conséquence pas nécessaire de maîtriser ces techniques pour être un « bon » artiste, et d’ailleurs c’est encore plus fort que cela. Un bon artiste n’existe pas car il n’y a aucune base explicitée sur laquelle nous pouvons nous baser et ainsi affirmer que tel artiste est bon, et tel autre est mauvais.
L’art ne vaut donc rien et ne peut exister que par la subjectivité Par Estil
J'ai l'immense chance et honneur d'avoir comme connaissances proches deux artistes peintres dont un, Dragan Dragic, coté au marché international (peu ici, voire aucun, n'aurait les moyens d'en acheter le moindre cm carré!) et vous faites erreur: la maîtrise des règles techniques de base est, ils me l'ont tous deux clairement énoncé, indispensable à leurs créations! Du subjectif, certes car sinon toutes les œuvres artistiques seraient les mêmes mais beaucoup, énormément!, d'études et de techniques.
Je corresponds aussi avec un écrivain et, sur l'un de ses courriers, il avait, par inadvertance, pris l'envers d'une feuille de brouillon où était noté: abonder.. voir sens puis une série de définitions... Alors, techniques?????
Tout le monde n'écrit pas, comme Lamartine (qui fit tant de médiocre), au galop sur le pommeau de la selle de son cheval.

Ecrit par : dobolino | 29 novembre 2006

Ne déprimez pas, certes il y a beaucoup de profs, mais quand je lis les commentaires de Christophe Sibille ou de JPB ça m'enchante.
Le propos d'Estil me semble-t'il est de dire que l'expression sans limite de la subjectivité des élèves produit à la longue un relativisme délétère qui nous revient à la figure

Ecrit par : frederique | 29 novembre 2006

Bon, puisque le sujet "colle" et que personne ne répond à ma question, je remets mon post de dimanche ici :
A propos de l'enseignement des arts plastiques, lu dans "Passagère du silence - dix ans d'initiation en Chine" de Fabienne Verdier (Albin Michel2003), une étudiante des Beaux-Arts qui est allée "chercher seule, au fin fond de la Chine communiste, les secrets oubliés de l'art antique chinois" :
"L'enseignement à l'Ecole des beaux-arts [de Toulouse] m'a déçue. On n'étudiait plus les maîtres, il n'existait plus de modèles sur lesquels s'appuyer, les élèves n'avaient plus le droit de pénétrer dans l'atelier de Léonard de Vinci ; on n'apprenait plus la pratique des techniques, ni aucune expression picturale. "Enfermez-vous dans une pièce et exprimez-vous !" nous répétaient les professeurs. La psychanalyse avait fait des ravages au sein de l'Education nationale. Le problème de savoir s'exprimer quand on n'a pas appris diverses sortes de langage pour y parvenir me rendait folle. A quoi servaient donc les enseignants ?"

Ensuite au sujet de l'enseignement de la grammaire, une petite question qui me tracasse.:
Quand j'étais élève à l'école élémentaire, nous apprenions de la façon suivante : dans la phrase "Le petit garçon de la voisine joue dans la cour de l'immeuble." (Excusez-moi, c'est un peu longuet, mais je n'ai pas le langage approprié, je suis obligée de passer par l'exemple).
Le : article défini, masc sing, accompagne le nom garçon.
petit : adjectif qualificatif, masc, sing, épithète du nom garçon.
garçon, nom commun, masc sing, sujet du verbe jouer.
de : préposition, introduit le nom voisine.
la : article défini, fém plur, accompagne le nom voisine.
voisine : nom commun, fém sing, complément du nom garçon.
Lorsque j'ai commencé à enseigner (1975), on nous a appris à considérer et à faire considérer aux élèves que, dans cette phrase, le sujet du verbe jouer était "Le petit garçon de la voisine", ce qui me semble correct au point de vue sens... Mais voilà, cela fait à peu près 30 ans maintenant que je me "bagarre" avec les élèves de 7 à 10 ans pour obtenir ce genre de réponse, car pour eux spontanément "celui qui joue dans la cour de l'immeuble c'est "le garçon" " et je suis obligée ensuite de poser des questions pour obtenir qu'il soit petit et fils de la voisine... Pour dès le CE2, être obligée de "redémonter tout ça" afin qu'ils perçoivent le rôle de l'épithète ou du complément de nom (qui portent d'ailleurs dans leur livre un "nom à coucher dehors avec un billet de logement", comme aurait dit ma grand-mère).
Quelle objection y aurait-il à considérer que, dans cette phrase, seul le nom garçon est sujet du verbe jouer (puisque c'est lui qui "donne sa loi au verbe") et que les mots qui l'environnent "l'accompagnent" ou le complètent ? N'est-ce pas possible de démarrer par là avec des petits CP/CE1 de 6 ou 7 ans et d'élargir peu à peu la perception des élèves vers des groupes structuraux plus large ? Pour quelles raisons ?

Ecrit par : catmano | 26 novembre 2006

Ecrit par : catmano | 29 novembre 2006

Dobolino, il y a , paraît-il , des collèges qui ne mettent pas en place cette note. A confirmer, c'est intéressant.
D'autre part, si dans certains collèges cela ne traumatise personne, c'est bien la confirmation que l'on a affaire à des manchots: bras ballants et claquements de becs sur la banquise à la dérive.
C'est la guerre froide... je pense qu'il faut livrer une guerre chaude!

Ecrit par : Balthazar | 29 novembre 2006

En tant que parent d'élève en retrait et laissant aux professeurs et au corps disciplinaire le soin de faire leur travail, charge à nous, parents, de faire le nôtre, je ne sais quelles démêlées entre associations de parents d'élèves et collège ont eu lieu ni si le choix de ce collège est clairement motivé ou juste lâchement obtempéré. Pas de jugement hâtif!

Ecrit par : dobolino | 29 novembre 2006

“Excepté Philippe Meirieu, qui malgré ses conceptions erronées et ses excès langagiers, n’a jamais méprisé le vrai savoir, et qui se désolidarise de plus en plus, en privé et en public, des crétins patentés qu’il a contribué à nommer à tous les échelons du pouvoir, et qui pérorent aujourd’hui si volontiers en son nom, et en proférant de si grosses bêtises.”

“Pour tuer le serpent pédagogiste, il vaut mieux lui écraser la tête que de lui couper la queue” (Lao Tseu Felts)
En deux ou trois occasions, j’ai surpris J.P.B. en péché de complaisance “admirative” à l’égard du ci-devant Meirieu… Certes celui-ci est une belle mécanique intellectuelle, ce qui en soit n’est pas une denrée trop rare et rien ne permet de trouver ce critère suffisant pour lui reconnaître quelque mérite. Au service de qui et de quoi la belle mécanique fonctionne, là est le critère décisif. Entre le phantasme de détruire l’école de la bourgeoisie et la réalité de l’œuvre exterminatrice des psycho-pédagogues depuis une trentaine d’années, le bilan est claire : Meirieu a bien du mérite, la bourgeoisie est toujours là et l’école est en crise, voir en ruine.
Meirieu est un opportuniste de la plus belle eau. Il pressent que le courant dont il a été le principal animateur se lézarde et risque de s’effondrer (pour l’instant, sur la confusion d’un combat droite-gauche, il résiste bien encore). Son œuvre de destruction commençant à être reconnue comme telle, il lui reste à sauvegarder son pouvoir (de nuisance !) intellectuelle au prix de quelques reniements… Dans les débats divers où Meirieu et J.P.B. se sont affrontés médiatiquement, une relation de proximité courtoise peut évoluer en une espèce de “complicité” où des jeux de séduction peuvent opérer. Quelle meilleure manière de mettre son adversaire dans sa poche que de dire du mal de ses propres amis ?… L’adversaire ne peut qu’approuver et de l’approbation ponctuelle, on passe facilement à la reconnaissance de mérites divers, et pour Meirieu cela ne peut être que des mérites intellectuels… C’est ce dont Meirieu a besoin en cette période de vaches maigres pour les psycho-décacogues.
J.P.B. ne lui fournissait pas sa dose d’oxygène. Continuez, comme vous l’avez fait dans vos ouvrages, à produire du gaz carbonique anti pédagogiste, et sans traitement de faveur pour Meirieu. Il ne le mérite pas si l’on considère l’ensemble de son œuvre plutôt que quelques propos de circonstance adaptés au public du moment (cela, il sait faire).
Au lieu de lui accorder quelque mérite, il serait plus utile de décrypter ses propos, pour voir et comprendre pourquoi cela a marché pendant tant de temps. Le discours de Meirieu est pervers, mystificateur et manipulatoire :
- De la fausse évidence démonstrative par l’ANALOGIE
- en passant par le brio du PARADOXE, plus éblouissant qu’éclairant ;
- de la recherche systématique d’un PROCESSUS D’IDENTIFICATION chez son (ses) public (s) par l’utilisation habile d’éléments objectifs, entrelardés de considérations révolutionnaires, réformistes, humanistes ou compassionnelles (il n’en faut pour tous les goûts)
- en passant par un discours qui présente toutes les apparences de la cohérence si on néglige les prémisses partiellement ou totalement fausses, appelé en psychiatrie RATIONALISME MORBIDE…
j’avais, dans le temps, consacré une note “SUR LES DISCOURS MYSTIFICATEURS ET MANIPULATOIRES ”http://rogerfelts.blog.lemonde.fr/rogerfelts/2006/01/sur_les_discour.html … Cela pourrait inspirer des vocations pour faire quelques études de texte critiques sur quelques “bonnes feuilles” de Meirieu.

Ecrit par : Roger FELTS | 29 novembre 2006

Petite info...

http://hautdebit.tf1.fr/hautdebit/newsjt/

Aller sur le journal de mardi soir et cliquer sur le sujet consacré à la grammaire.

Gilles de Robien lance le débat autour de la grammaire, voulant la transformer en discipline à part entière.
A noter la deuxième enseignante est SLECC.

Ecrit par : Guillaume | 29 novembre 2006

Pour CATMANO:
juste quelques références à propos d'enseignement de l'art. Avec F. Verdier, on entre dans la quête de l'art comme révélateur de ce qu'il ya de plus haut ou de plus profond en l'homme: ce que le dépasse! Il existe en Chine, malgré le règne monstrueux de Mao, des héritiers dignent de la culture Traditionnelle, animée par l'esprit et non par des pulsions, des affects et autres phantasmes. La culture traditionnelle demeure encore en Occident mais elle est submergée depuis longtemps par des strates d'ignorance moderne, progressiste, etc...Le socle culturel a ses fondements dans le Ciel! Sans transcendance, l'art est un passe-temps pour satisfaire l'égo.Point. On se trémousse avec l'art pour l'art ou l'art au service de l'idéologie... Déformations anciennes de ce qui est précieux et qui fait l'homme.
Parler ainsi est susceptible de faire grincer les dents, voire d'être inaudible.
Quelques lectures pour ne pas crever et résister:

-Burckhardt Titus, Principes et méthodes de l'art sacré, Paris, Dervy, 1976.
- Coomaraswamy Ananda K. La transformation de la nature en art. Les théoriesde l'art en Inde, en Chine et dans l'Europe médiévale..., Lausanne, l'Age d'Homme,1994

Ily aurait bien d'autres titres à donner mais ce n'est pas le lieu ici.
On peut cependant en reparler .
Ave!

Ecrit par : Balthazar | 29 novembre 2006

Merci.
Et pour ma question de grammaire à l'école élémentaire (niveau CE1, classe où selon les programmes de 2002 on ne doit plus enseigner la grammaire mais d'où les élèves doivent sortir en maîtrisant les accords dans le groupe nominal et les accords sujet-verbe dans toutes les phrases où le groupe-sujet est avant le verbe... Et ne dites pas que ce n'est pas faisable.) ?

Ecrit par : catmano | 29 novembre 2006

Je profite de l'occasion pour saluer Roger Felts dont j'apprécie beaucoup le blog. Très vrai ce commentaire sur Meirieu, à force de le cotoyer on en en arrive parfois à une complaisance malsaine, voyez Darcos (qui a tapé sur les pédagos et nous pond un entretien avec Meirieu 6 mois après ) : les pédagogistes sont des anguilles comme Bentolila qui quitte subrepticement le marigot.

Ecrit par : Guillaume | 29 novembre 2006

Désolé Catmano, j'ai des CM.

Ecrit par : Guillaume | 29 novembre 2006

Jean a écrit :

« Un IUFM débarrassé des dogmes pédagogistes, oui, cela pourrait être intéressant.
Mais quand on constate la facilité avec laquelle nos collègues ploient docilement l'échine devant les absurdités qu'on leur impose, quand on voit l'écho misérable (6000 signatures en deux mois c'est ridicule!) qu'a suscité l'Appel pour la refondation de l'école dans le monde enseignant, on peut se dire que les pédagogistes ont encore de beaux jours devant eux dans les IUFM. Après tout, les professeurs ont les "pédagogues" qu'ils méritent. »

Je trouve ça tellement juste que ça mérite d'être remis en avant, puisque tout le monde semble s'en tamponner le coquillard. Merci Jean !

Ecrit par : zero | 29 novembre 2006

A propos de pédagogie : 1°) ce n'est pas une science, mais un art entre théâtre et bricolage 2°) Ca ne s'enseigne pas, ça s'échange, comme une recette de cuisine 3°) Ca ne marche pas, ni tout le temps, ni avec tout le monde 4°) Ca doit rester au service des savoirs. 5°) Ca doit s'inscrire dans une vraie relation humaine, naturelle et authentiquement valorisante

A ce propos, je voudrais rendre hommage à quelqu'un qui m'a beaucoup apporté en tant qu'élève et plus tard quand j'ai enseigné..., un professeur de mathématiques d'origine corse, comme Jean-Paul Brighelli. Il s'appelait Monsieur Bonnelli. C'était un méridional plein de faconde et merveilleusement anticonformiste. Sa méthode à lui c'était la valorisation systématique de ses élèves, l'effet Pygmalion. Il nous disait par exemple : "Vous avez compris en dix miniutes ce je n'arrive pas à faire entrer dans la tête de vos camarades de terminale depuis trois mois (à cette époque-là, les établissements scolaires allaient de la 6ème à la terminale, il n'y avait pas cette coupure entre la 3ème et la 2nd comme aujourd'hui et je crois que c'était mieux). On ne se posait pas la question de savoir si c'était vrai et j'ai tendance à penser aujourd'hui que ça ne l'était pas, mais quelle importance ? Grâce à lui, on était presque tous devenus des cracks en mathématiques. C'est ça la pédagogie. Merci Monsieur Bonnelli. Je n'ai pas fait math élem., mais ce n'est pas de votre faute. Où que vous soyez, je vous fais part de ma gratitude et de ma respectueuse sympathie.

Ecrit par : Robin Guilloux | 29 novembre 2006

Pour ZERO

" quand on voit l'écho misérable (6000 signatures en deux mois c'est ridicule!) "


Certes ! Mais si chaque personne sur ce blog balançait la synthèse de l'appel , plus quelques liens à divers sites politiques , associatifs, educatifs, forum TV etc....

cordialement

Ecrit par : Patrick (Instit) | 29 novembre 2006

Bon , je me suis renseignée, chez nous, au collège (on fait lycée et collège, et primaire et prépa), bref, cette note ne figure nulle part, elle n'existe pas.Les conseils arrivent, je vais voir ce qui se dit( s'il se dit qqchose à ce sujet)

Ecrit par : nathalie | 29 novembre 2006

Bonjour,
Voilà plusieurs semaines que je ne prends plus le temps de lire les témoignages du blog. J'étais absorbée par diverses occupations et obligations dont la plus importante fut de chanter le REQUIEM de Mozart avec les copains choristes et les amis de l'orchestre. Pas de secret pour attirer et émouvoir 800 personnes dans une petite ville de province : répéter et travailler le moindre détail en tenat$nt compte des autres et en suivant le chef. Il faut croire que dans les IUFM il existe des passionnés sérieux qui travaillent d'arrache pied en dehors du blabla. Ainsi, quand un professeur de lettres, chef de choeur, sympathise avec un professeur de musique, chef d'orchestre et qu'ils ont l'idée en dehors de leur service de rassembler choristes et musiciens, ce qui n'est pas un mince affaire, cela donne une merveilleuse aventure que l'on ne peut oublier. Maintenant nous préparons quelques concerts, accompagnés au piano ou a capella selon les chants, pour fêter Noël dans les villages et les maisons de retraite aussi. L'étude des scénarios et dialogues de François Boyer m'occupe toujours. Je viens juste dire un bonjour en passant;

Ecrit par : CHARPENTIER Hélène | 29 novembre 2006

A Patrick
"Si..." Tout le problème est là!
A Catmano
Enseignez la grammaire que vous jugez utile à vos élèves compte-tenu de leur âge, et s'il existe ni programmes raisonnables ni livres adaptés, inventez votre cours de grammaire vous-même. C'est ce que je fais en 4ème et en 3ème! Les natures et les fonctions, la conjugaison, l'analyse logique, et quelques règles d'accord.
A Roger Felts
Bravo pour votre démontage de l'arnaque permanente chez Meirieu. Le principal sujet de l'oeuvre de Meirieu, c'est Meirieu lui-même. Sorti de là, pas grand-chose à en tirer.

Ecrit par : Jean | 29 novembre 2006

Que chacun aille lire le rapport qu'Alain BENTOLILA vient de rendre au ministre sur l'enseignement de la grammaire :
http://media.education.gouv.fr/file/68/3/3683.pdf

Ecrit par : dk | 29 novembre 2006

A Elstil (provocateur ou pas, vous êtes drôlement fort pour provoquer le débat. Au moins vous, on vous répond!)

Un critère de la beauté ?

Vous vous souvenez de ce que disait le Père Tanguy, le marchand de couleurs de Van Gogh : "Le pauvre Vincent, c'en est y des chefs d'oeuvres oui ou non ? Et il en a ! Et c'est si beau, voyez-vous, que quand je les regarde, ça me donne un coup dans la poitrine." Que dire de plus ?

Ecrit par : Robin Guilloux | 29 novembre 2006

Le rapport de M.Bentolila marque une volonté évidente d'en revenir à une grammaire qui soit utile aux élèves. On se félicitera par exemple que le complément d'objet second soit passé à la trappe. Mais on regrettera que les dénominations traditionnelles d'adjectifs démonstratifs, possessifs, etc. aient disparu au profit d'une classe unique de déterminants assez composite. Le mot "séquence", qui apparaît une fois, écorne, par d'inopportunes réminiscences, ce qui eût pu être un plaisir sans mélange, celui de deviner les moues aigrelettes des pédagos. Et on se serait bien passé de toute la première partie, qui s'applique à justifier - comme s'il en était besoin! - l'existence de la grammaire, mais qui n'est qu'une perte de temps. Il eût suffi de dire que pour traduire en allemand "le livre de l'élève", il faut connaître le complément du nom! Petite faute d'orthographe sur "Faîtes donc du sens." Depuis quand "faîtes" s'écrit-il avec un accent circonflexe?

Ecrit par : Jean | 29 novembre 2006

On trouve une "réponse" détaillée à la note de Brighelli sur AutreMonde (www.ednat.canalblog.com).
Mais schématiquement :
(1) le procés fait au HCE me semble assez largement un procés d'opinion
(2) le problème des contenus d'enseignement est quasiment second devant le problème premier qu'est l'inadaptation des structures en place à toute forme de réinvention de la formation. Quand on aura repensé les modes possibles de fonctionnement, on verra se dégager un espace pour redéfinir les formations et leurs contenus
(3) le couple infernal Princesse de Clèves-Guichetière, dans la version interprétée "Brighelli", avec extension à Théophile de Viau comme ciment culturel, me semble, nous parlons de socle commun, osciller entre la provocation et le surréalisme.

Mais enfin, comme le dire et s'élever contre est un exercice roboratif, je ne me plaindrai même pas ....

Ecrit par : Sejan | 29 novembre 2006

Le problème n'est pas du tout dans les structures, comme vous le prétendez, mais dans l'absence de contenu qui marque, par exemple et entre autres, l'enseignement du français. Restaurez le fond, les problèmes de structures deviendront secondaires. Vous avez bien du mérite, ou beaucoup d'aveuglement, à trouver le moindre mérite à la pensée parfaitement creuse, et pontifiante en proportion, de Meirieu.

Ecrit par : Jean | 29 novembre 2006

DK Merci pour le conseil au sujet du rapport d'Alain Bantolila sur l'enseignement de la grammaire. Parmi tant de raisons de désespérer, il y a parfois, de temps en temps, un miracle qui nous redonne un peu d'espoir.Quelque chose est en train de se passer. Les cuistres et les idéologue avec leur "novlangue" et le vide abyssal de leur jargon prétentieux n'accaparent plus le champ de la parole. Pourvu que ca dure.

Ecrit par : Robin Guilloux | 29 novembre 2006

D'abord, une réponse à Catmano question grammaire.

Analyser séparément dans la phrase susdite "le" et "garçon" revient à mélanger des éléments de morphologie (article) et de syntaxe (sujet). "Garçon" tout seul est un nom, pas un sujet. L'article le "réalise" — l'actualise — en tant qu'élément de phrase (son absence serait d'autant plus remarquable…).
En fait, il faut bien faire comprendre la différence entre la nature des mots et leur fonction. Imaginons la phrase au pluriel : ["les" garçons] est indissociable, puisque la présence de l'article (nature) pluriel (fonction) génère la marque du pluriel sur le nom (nature) sujet ( et, par ricochet, sur le verbe. Suis-je clair ?

Commentaire rapide à Séjan.
Le commentaire complet de ma note sur votre site, mon cher, est très drôle et, en fait, très pertinent : j'adorerais une société où l'employé(e) des Postes provoquerait un attroupement en demandant à la cantonade (une cantonade bien élevée) s'il faut ou on suivre Boileau dans sa condamnation sans appel des deux vers fameux du Pyrame et Thisbé de Théophile :
"Le voilà, ce poignard qui du sang de son maître
S'est souillé lâchement : il en rougit, le traître !"

parodiés dans le Cyrano (celui de Rostand, cette fois) :
"Enfin, parodiant Pyrame en un sanglot :
Le voila donc ce nez qui des traits de son maître
A détruit l'harmonie : il en rougit, le traître…"

Transformer un bureau de Postes (il y a eu dans les années 60 une série de tiimbres avec de grands tableaux reproduits, pourquoi pas un Pyrame & Thisbé quelconque ?) en salon de la marquise de Rambouillet serait une bonne chose pour le moral général — et je ne me fais pas d'idées sur le niveau des patrons : une conversation rapide avec Pébereau m'a éclairci les idées reçues…

Au passage, vous auriez pu remarquer que mes références étaient, pour l'essentiel, des écrivains libertins — et cette fois, c'est mon dernier livre que je défends, dont je ne sais pas s'il est le meilleur ou le pire, mais qui au fond, en cet état présent de la France (c'est-à-dire à deux doigts de Ségolène et de la guerre civile), était le plus urgent… Qu'on n'étudie plus les libertins (ni ceux du XVIIe, ni ceux du XVIIIe — ma spécialité : mais quand et où avez-vous vu un cours sur Crébillon fils ou Andréa de Nerciat ?) me paraît très significatif d'un certain contrôle de la pensée.

Enfin, je ne suis pas sûr qu'il y ait une "pensée Meirieu" : c'est un garçon plus ondoyant que ses thuriféraires.

Pour Roger F.
C'est vrai que le combat rapproché développe souvent une forme de respect pour l'adversaire. Mais cela n'empêche pas Achille de plonger son arme dans le cou fragile d'Hector… Je tue assez bien ce(ux) que j'aime — alors, quand je me contente d'estimer — et superficiellement, encore…
JPB

Ecrit par : brighelli | 29 novembre 2006

Pour en revenir à la grammaire, avec un papa grammairien qui a écrit pas mal de grammaires( pour l'allemand) et moi même enseignant l'allemand, il est ckair que je ne passe pas à coté de ce savoir magnifique et sans lequel je ne peux pas (ou mal) enseigner ma langue. Donc toujours de l'analyse logique, même tard (ils oublient vite...) et des explications claires et précises a ma classe de collège . Je ne fais pas "deviner " à mes élèves la règle, car aux jeux de devinette on perd un temps fou( vu le petit nombre d'heures que nous avons..) et il n'en sort...rien. Mais en fait ça les rassure complètement de connaitre des règles et de savoir ce qu'ils doivent faire, je ne comprends pas pourquoi on veut leur enlever cela...

Ecrit par : nathalie | 29 novembre 2006

dk
merci pour le rapport.

"Et on se serait bien passé de toute la première partie, qui s'applique à justifier - comme s'il en était besoin! - l'existence de la grammaire, mais qui n'est qu'une perte de temps." Jean

La première partie ne s'emploie pas à justifier l'existence de la grammaire mais vise à réhabiliter sa fonction essentielle: capacité d’articuler les pensées et les mots avec précision. "Mettre les mots ensemble afin que cette réunion ordonnée, cette solidarité organisée transcendent la successivité des mots égrenés et permettent à chaque lecteur, à chaque auditeur de construire une représentation globale cohérente, telle est la mission essentielle de la grammaire" écrit Bentolila.

Qu'une telle réhabilitation soit nécessaire à l'E.N. peut surprendre l'homme de bon sens mais il est un fait extraordinaire : de très nombreux collègues ne saisissent plus la haute fonction de la grammaire ou l'instrumentalise dans un rapport utilitaire très réducteur.

Que la grammaire existe, personne n'en doute, que son existence soit nécessaire, personne n'en doute non plus, mais qu'elle soit au coeur de la pensée et du sens et de soi (et in fine au coeur de la société ajoute Bentolila) voilà qui ne rencontre plus l'assentiment de tous les instituteurs et les professeurs, loin de là ! Il est urgent de redonner tout son sens à la "fonction grammaticale".
Philippe

PS: Nestor, arrête de jouer; toi aussi Robin. Et c'est Bentolila qui le dit : une suite désorganisée de mots nuit gravement à l'unité et au fil de la pensée, et du blog !! ;-)

Ecrit par : Philippe | 29 novembre 2006

Mon cher Jean, Je ne pense pas que le préambule de Bentolila sur la grammaire soit une perte de temps. Dans le contexte actuel, on a besoin de ce genre de "refondation philosophique" . Le combat se joue, comme toujours, autour de la question du sens ! JPB cite quelque part cette phrase saisissante d'Adolphe Hitler à sa secrétaire sur le langage "qui jette des ponts vers des horizons insoupconnés" .Les nazis (pas seulement eux) savaient très bien qu'il ne suffit pas de mettre les gens dans des camps,qu'il faut s'attaquer aussi aux possibilités de la parole en apprenant aux enfants une nouvelle langue( la "novlangue de George Orwell (Kirkegaard parle quelque part de "l'oxygène de la possibilité"), ce qui est tout à fait autre chose que "d'empêcher les gens de parler". Bentolila en reste au plan épistémologique avec ses deux petites filles et l'ombre portée de leur camarade sur sur le sol de la cour de récréation: celle qui dit "c'est une fleur" et celle qui dit "l'ombre a tourné". Il ne pouvait pas aller plus loin,. mais c'est déjà beaucoup. A nous d'extrapoler.

Ecrit par : Robin Guilloux | 29 novembre 2006

"Mettre les mots ensemble afin que cette réunion ordonnée, cette solidarité organisée transcendent la successivité des mots égrenés et permettent à chaque lecteur, à chaque auditeur de construire une représentation globale cohérente, telle est la mission essentielle de la grammaire."
Ouais... C'est bien compliqué! Mais enfin, quand on est un intellectuel, il faut tenir son rang! On enfonce des portes ouvertes, mais on le fait "scientifiquement"! Diafoirus n'est quand même pas très loin!

Ecrit par : Jean | 29 novembre 2006

Encore le "sens"!
On commençait à l'oublier, celui-là!

Ecrit par : Jean | 29 novembre 2006

Robin
La dimension philosophique est présente, je pense l'avoir un peu soulignée.
Et je veux bien extrapoler, je n'oublie pas que parmi les dignitaires nazis qui décidèrent autour d'une table la nature et la mise en oeuvre de la solution finale, il y avait plusieurs juristes de haut vol, grands manipulateurs de grammaire eux aussi, et jeteurs de ponts sur des horizons insoupçonnés. La grammaire ne comblera pas tous nos espoirs... Heureusement !!!!
Philippe

Ecrit par : Philippe | 29 novembre 2006

Question à J.-P. B.: sur quoi vous fondez-vous pour affirmer que la France est à "deux doigts de Ségolène et de la guerre civile" ?
Voyez-vous un rapport de cause à effet dans le cas où Ségo serait élue et une "guerre civile". Cette dernière, entre qui et qui? Quels enjeux?
Il semble que nous soyons dans un pays au bord de la crise de nerfs. Pourquoi nous?
Et si c'est Sarko? Guerre civile aussi?

Au plaisir de vous lire cher collègue et ami des libertins.

Ecrit par : Balthazar | 29 novembre 2006

Merci pour ces précisions. Pour moi, c'est clair ; pour mes élèves, moins... Le garçon, d'accord, le petit garçon, ça peut encore aller ; là où ça ne va plus, c'est lorsque c'est le petit garçon de la voisine qui porte un chapeau à plumes qui joue dans la cour. Peut-être simplement parce que les livres d' "observation réfléchie de la langue" ont un peu trop tendance à choisir dès le début des phrases "vraies" tirées de la "littérature de jeunesse"... Dans le "Berthou" (édité en 1950), on ne propose aux élèves de CE1 que des groupes sujets composés soit d'un nom propre, soit d'un article et d'un nom commun. En revanche, dans l'exercice d'analyse de ces "sujets", ce sont les noms seuls qu'on leur demande d'analyser. Et dans la leçon intitulée "L'article", on donne comme "fonction de l'article" : se rapporte au nom.

Ecrit par : catmano | 29 novembre 2006

Je lis des mots, des mots, des mots, des mots de profs, de pas profs, de très profs, de moins profs - et mon constat: mes élèves de LEP, ils s'en foutent de la grammaire, de l'orthographe, de l'histoire, de la géo, de votre énergie, de vos colères, de vos encouragements, de l'histoire littéraire, des anecdotes, d'écrire, de lire, de conjuguer, de comprendre, de ne pas comprendre, de bosser, de ne pas bosser, d'apprendre, de ne pas apprendre, de se concentrer, etc. etc.

Pardon: je pisse dans une contrebasse presque tous les jours.
Et mes collègues aussi.

Je me demande vraiment quel merdier absolu pour les matières générales sont devenus les Lycées professionnels. Remarquez, de plus en plus de profs d'atelier se plaignent. (Et les patrons qui prennent les ados en stage, je ne vous raconte pas!) Ces profs d'atelier, la plupart, qui passent honteusement par choix et grands choix dans leur carrière, parce que leurs inspecteurs sont des potes, des gars du métier, quoi, alors que les enseignants de matières générales, et, encore plus, les TZR comme moi, on peut suer sang et eau, ça ne fait rien: coincé par l'inculture, l'aboulie des élèves, une hiérarchie d'inspection qui vous presse, votre travail et votre présence qui sont quasiment niés, et voilà un extrait de la vie d'un gars bossant en LEP.

C'est une machine à désespérer les élèves et les profs qui ont un brin de jugeotte et d'attention aux premiers, qui vient après la machine à ne rien faire qu'est le collège (du moins quand le travail de mes "apprenants", qui n'en sont pas, réflechit tout ce qu'ils n'ont pas fait au collège, ou qu'ils ont raté); juste avant la machine à broyer qui est la vie professionnelle.

Non, vraiment, c'est une très mauvaise fin d'octobre pour moi. Jean-Paul, j'en parlerai plus tard de l'enseignement en LEP, là, je baisse un tantinet le rideau...

Ecrit par : Pendariès | 29 novembre 2006

Ségo et Le Pen, cela me semble criant.

Ecrit par : Alice | 29 novembre 2006

Non Alice ce n'est pas criant. Rien n'est joué.
Le monde tourne vite, la nef des fous erre...
Il ya de quoi se faire peur et cela va servir.
J'aimerais lire le commentaire du propos par son propre auteur.

Ecrit par : Balthazar | 29 novembre 2006

Sauvons la grammaire !

Sauvons la grammaire par Jacques Julliard, directeur délégué de la rédaction du Nouvel Observateur

Un rapport courageux s’attaque enfin aux linguistes en folie qui ont semé la panique dans le petit monde du sujet-verbe-complément.

ENFIN ! Il fallait bien qu’éclate une fois en pleine lumière le grand divorce qui, depuis plus de trente ans, oppose les Français à l’enseignement officiel de la grammaire.Il fallait bien qu’à la fin, on s’attaque à l’improbable galimatias qui, au pays de Molière et de Descartes, nous en tient lieu depuis qu’une bande de linguistes en folie et de cuistres de collège ont semé la plus inutile des révolutions dans le petit monde bien ordonné sujet-verbe-complément. Les inventeurs sont avant tout des nommeurs, dit Nietzsche, et l’on ne voit pas très bien en quoi la substitution des "déterminants" à l’article, de "groupes propositionnels obligatoires ou non" au classique complément circonstanciel, etc. ajoute à la connaissance de la langue.
En outre, ces nomenclatures, variant d’un linguiste à l’autre, d’un manuel à l’autre, introduisent le désordre dans les esprits et le désespoir dans les familles.
Si encore il ne s’était agi que de terminologie ! Mais le mal est plus profond. En substituant à une étude analytique, progressive et systématique des formes d’organisation du langage ce que les instructions officielles appellent une "séquence d’observation réfléchie de la langue", on a pris le risque de la plus absurde des anarchies. La grammaire est à la langue ce que la logique est à la pensée.Mettez dans un sac les mots dompteur, lion, mange et tirez-les plusieurs fois de suite au hasard. Le résultat sera fort différent, nul ne peut l’ignorer. C’est pourquoi le rapport qu’a remis mercredi au ministre de l’Education nationale Alain Bentolila, connu comme l’un des meilleurs spécialistes de la lecture alliant la rigueur scientifique et le bon sens politique, assisté de Dominique Desmarchelier, directeur du département de linguistique à Paris V, et d’Erik Orsenna, notre académicien navigateur - dont le livre jubilatoire "la Grammaire est un jeu d’enfant" a fait naguère un tabac dans le grand public -, ce rapport n’est pas seulement une bonne action, c’est une délivrance.

Sans s’attarder longuement sur les ravages de la grammaire textuelle, cette entreprise arbitraire qui prétend faire découvrir aux enfants la grammaire au gré de lectures aléatoires, Bentolila et ses collaborateurs, dans un exorde solennel et poétique, montrent bien comment la solidarité organisée des mots commande l’exercice de l’intelligence par les enfants et le progrès de la vérité dans les esprits. Ils comparent la grammaire à un exercice de mise en scène dans lequel on assigne des rôles à chacun des mots-acteurs.
Il en résulte la nécessité d’une progressivité méthodique dans l’apprentissage de la grammaire, allant du plus simple au plus complexe, du plus fréquent au plus rare.
Les initiateurs de la grammaire textuelle ont commis, comme ceux de la lecture globale, un péché d’orgueil : imposer à l’apprenti une méthode qui présuppose, pour être efficace, une connaissance de mécanismes élémentaires qui n’appartient qu’à l’initié.
Héritiers de la pensée classique française qui ne connaît pas d’enfants mais seulement des adultes en modèle réduit, ils conjuguent l’empirisme le plus échevelé - la découverte de la grammaire par l’enfant au hasard des textes – avec le formalisme le plus pédant et le plus contraignant des nomenclatures nouvelles. Imposé par les IUFM (Instituts universitaires de Formation des Maîtres), qui sont les bastions du pédagogisme et du formalisme, relayé par le corps de l’Inspection, qui en est le corps disciplinaire, la nouvelle doxa a envahi l’enseignement français, créant un fossé générationnel entre enfants et parents, dégoûtant les élèves de leur propre langue.
Bentolila, Desmarchelier et Orsenna proposent donc de réinventer la leçon de grammaire, qui seule permet d’introduire progressivement, de la maternelle et du cours élémentaire au collège, les bases de l’organisation grammaticale. Il faut souhaiter que ce rapport courageux soit suivi d’effets. Ce sera long et dur. Comme tout lobby, le lobby pédagogiste n’a qu’un objet : persévérer dans l’être. Mais les désastres mentaux provoqués par le scientisme naïf sont tels que la grammaire n’est pas seulement un jeu d’enfant. C’est aujourd’hui une cause nationale. J.J

Ecrit par : Guillaume | 29 novembre 2006

"Tiens, Christophe commence à admettre que Meirieu (avec sa "prose de labo phamaceutique") ne pèse pas autant que Brighelli! Le problème chez Meirieu, c'est qu'il cultive le cliquetis de mots, la complaisance à s'écouter, mais qu'on y cherche une pensée."

Ecrit par : Jean | 29 novembre 2006

Jean, c'est plutôt vous qui auriez mal lu Jean-Paul, à la fin de son message de présentation! J'ai, en plus, longuement dit depuis longtemps ici les points sur lesquels j'étais d'accord avec lui, et ceux sur lesquels je l'étais moins... Et les pensées de Philippe Meirieu n'ont jamais été une bible, en ce qui me concerne! Je l'ai dit plusieurs fois aussi. J'ai simplement dit qu'il était intelligent.

Ecrit par : christophe sibille | 29 novembre 2006

Quand je parlais de la prose de labo pharmaceutique, c'était de l'humour, en référence à la faute d'orthographe de Robin concernant son nom!

Ecrit par : christophe sibille | 29 novembre 2006

"Vous savez, je suis probablement plus qualifié que vous ne le serez jamais en musique,"

Ecrit par : Estil | 29 novembre 2006

Vous aviez raison, Jean. Estil est un grand humoriste, (qui s'ignore?). J'ai fait une erreur d'appréciation concernant son sens de l'ironie. Pour me faire pardonner, et aussi pour tenter d'absoudre l'injure que j'ai fait l'erreur de prononcer à son égard, je fais amende honorable et m'engage, pour ma pénitence, à inviter Marc Le Bris à boire une des meilleures bouteilles de ma cave s'il passe dans ma région.

Ecrit par : christophe sibille | 29 novembre 2006

"Donnez moi donc les règles de la peinture, ou de la musique (je ne vous parle pas de la musique classique qui est la seule à en détenir)."

Ecrit par : Estil | 29 novembre 2006

Ceci-dit, pardonnez-moi, mais vous êtes ignare! Je vous fais un cours quand vous voulez sur les règles d'improvisation en jazz.

Ecrit par : christophe sibille | 29 novembre 2006

"Les "pensées" de Philippe Meirieu..."! Abus de langage!
"Intelligent"... A partir de ce que j'ai lu de lui, je n'en suis toujours pas convaincu.
Quant à l'"amende honorable", ajoutez-y donc la signature de l'Appel pour la refondation de l'école. Vu la chance que cette action a d'aboutir, vous ne prenez pas grand risque!

Ecrit par : Jean | 29 novembre 2006

Merci Guillaume pour l'article de Juillard.
Celui-ci a l'air de faire un virage à 180° : il découvre le pédagogisme ! et emploie même le mot ! Le vent tourne ?
Les rats abandonnent le navire, quant aux anguilles, voir Bentolila.

Ecrit par : Lariba | 29 novembre 2006

Jean, je trouve qu'il y a des choses assez sensées dans l'appel dont vous parlez. Ceci-dit, si beaucoup de gens, (dont moi) ne le signent pas, c'est peut-être parce qu'il sent un peu la poussière, non?
Cordialement.

Ecrit par : christophe sibille | 29 novembre 2006

Les « règles d’improvisation en jazz », quel magnifique oxymore.

A force de rabaisser plus « fort » que vous à ce point mon cher Christophe, vous vous êtes mis à l’abri des injures. En effet, veuillez m’excusez de ne pas trouver de mots français assez juste pour vous qualifier.

Le pire dans tout ça, c’est que vous êtes enseignant. C’est à croire que l’incompétence généralisée n’était pas seulement la norme de mon collège-lycée.
Amicalement.

Ecrit par : Estil | 29 novembre 2006

APPEL POUR LA REFONDATION DE L’ECOLE

VIVE L' ECOLE DE LA REPUBLIQUE
UNE ET INDIVISIBLE !

NOUS, parents d’élèves, enseignants, tous SIGNATAIRES de la pétition lisible sur :

http://www.refondation-ecole.net/

Nous appelons le futur Président de la République à une refondation de l’Ecole, tout particulièrement de l'Ecole primaire. Cette cause dépasse les clivages de la vie politique.

LE CONSTAT
• Depuis des années, l’Ecole est malade. Chacun peut le constater. Ses performances s’effondrent. • 25 à 30% des élèves ne maîtrisent pas les bases de la lecture, de l’écriture et du calcul en entrant en 6ème. …. lire la suite sur : http://www.refondation-ecole.net/

LES CAUSES
• Depuis trente ans, les programmes de l’Ecole primaire se sont beaucoup appauvris sur l’essentiel, tout en affichant des ambitions démesurées sur l'accessoire. Le nombre d’heures consacrées aux apprentissages fondamentaux s’est littéralement effondré (de 15 à 9 par semaine en français au CP, par exemple). On a dramatiquement baissé le niveau des exigences. …lire la suite sur :
http://www.refondation-ecole.net/

LES REMÈDES
Il faut réaffirmer que la mission première de l'Ecole est l'instruction, la transmission des connaissances et l’apprentissage du raisonnement. Pour le traduire dans les faits, il faut :

•EN PRIORITÉ, CONCEVOIR DE NOUVEAUX PROGRAMMES pour l’Ecole primaire : courts, explicites, compréhensibles par tous.

• RENDRE AU MAÎTRE SA LIBERTÉ PÉDAGOGIQUE. Les enseignants doivent pouvoir procéder comme ils l’entendent, selon les particularités de leurs classes et les leçons de leur expérience. Les inspecteurs doivent les noter uniquement sur leurs résultats, pas sur leur adhésion aux dogmes de l’IUFM.

• RÉTABLIR UN BON NIVEAU D’EXIGENCE, en respectant le principe selon lequel un élève passe en classe supérieure seulement s'il est en état de suivre le cours avec profit (ce dont les maîtres doivent pouvoir juger sans pression d'aucune sorte).

Liens utiles : http://www.re2.freesurf.fr/krono.html

FAITES CIRCULER CET APPEL POUR UNE REFONDATION DE L’ECOLE DE LA REPUBLIQUE

VIVE LA REPUBLIQUE UNE ET INDIVISIBLE !


Copier- coller et balancer !

Ecrit par : Patrick (Instit) | 29 novembre 2006

"Les « règles d’improvisation en jazz », quel magnifique oxymore.

A force de rabaisser plus « fort » que vous à ce point mon cher Christophe, vous vous êtes mis à l’abri des injures. En effet, veuillez m’excusez de ne pas trouver de mots français assez juste pour vous qualifier.

Le pire dans tout ça, c’est que vous êtes enseignant. C’est à croire que l’incompétence généralisée n’était pas seulement la norme de mon collège-lycée.
Amicalement."

Ecrit par : Estil | 29 novembre 2006

Vous ne me connaissez pas. Ni moi, ni mon parcours. Et je m'en flatte. Ne me provoquez plus, je n'enverrai pas de curriculum vitae ici, ce n'est vraiment pas l'endroit! Et restez avec vos certitudes. Si vous pensez que c'est la première vertu pour un enseignant, ne changez surtout rien, et continuez donc vos fadaises.

Ecrit par : christophe sibille | 29 novembre 2006

Radical et terminaison.
Nous chantions.

-chant: radical; il s’agit de l’action de chanter, et non pas de celle de jouer ou de courir.
-ions: terminaison: -ons indique que le verbe est à la 1ère personne du pluriel,
i indique que le verbe est à l’imparfait de l’indicatif.

Il a chant é.
désinence radical désinence

chant est le radical; la désinence a... é se trouve de part et d’autre du radical: elle indique la 3ème personne du singulier (a) et le temps (é, passé composé).


Accords du verbe avec des sujets désignant le même objet ou la même personne.

Si les sujets sont de sens absolument distinct, mais désignent le même objet ou la même personne, l’accord se fait au singulier:

Le Premier Ministre et le Président du Conseil peut être le même homme.
sujet sujet singulier

C’est l’année où mourut mon oncle et (mon) tuteur.
singulier sujet sujet

(Dans le deuxième exemple, il est possible de ne pas répéter le déterminant devant le second
sujet :....mon oncle et tuteur)

Si les sujets sont de sens apparenté, et s’appliquent à la même réalité, l’accord au singulier
est le plus fréquent.

La joie et l’allégresse s’empara de lui. (synonymie)

L’irritation, le courroux, la rage avait envahi son coeur. (gradation)


Sujet d’un verbe à l’impératif.

A l’impératif, le sujet n’est pas exprimé, il est contenu dans le verbe.

Philippe lance la balle.
Lance la balle!

Remarque: en fait, c’est parce que l’on interprète lance non plus comme un indicatif mais comme un impératif, que la deuxième phrase est possible. Il se trouve que beaucoup de verbes, ayant la même prononciation et la même orthographe à l’indicatif présent et à l’impératif, entretiennent l’illusion d’une suppression possible du sujet. Il suffit, pour s’en convaincre, d’utiliser un autre temps que le présent de l’indicatif:

Pierre lancera la balle. -Lancera la balle!


C'est pas beau, cela ? (petits extraits de la grammaire pour tous de Bescherelle)

La cuistrerie de ces "linguistes" qui ne connaissent même pas le français est abyssale, digne de ceux qui en font la promotion. (voir plus haut, je ne nomme personne, suivez mon regard.)

Amitiés.
Anne-Marie.

Ecrit par : Anne-Marie Valette | 29 novembre 2006

Vu ce soir sur France2 un reportage sur l'apprentissage de la grammaire avec Antoine Desjardins de Sauver les lettres.
Il se termine par une petite bouffée de nostalgie : l'école d'Edouard Bled en passe d'être détruite.
Le Bled, utilisé intelligemment, quel bel outil quand même ! Et puis pratique (peu encombrant).
Boscher, Bescherelle, Bled il y aurait bien un petit bouquin passionnant à écrire sur ces hommes.
Mathurin Boscher dont on traite les utilisateurs actuels de fachos se retournerait sans doute dans sa tombe quand on connait son parcours politique : franc-maçon, premier maire socialiste des Côtes-du-Nord (d'Armor).

Ecrit par : Guillaume | 29 novembre 2006

Juste et parfait ce que dit Guillaume !

une petite bibliographie de Mr Boscher :

Bien qu'elle n'ait jamais été vraiment en odeur de sainteté dans l'Education nationale, "les gens ont conservé une relation affective avec cette méthode", assure Stéphanie Sérandour qui a consacré un mémoire de maîtrise à son créateur, Mathurin Boscher, un homme au parcours surprenant.

Né en 1875 dans une famille de paysans de la région de Lamballe, il échappe au destin familial car, à 10 ans, il perd une main dans une broyeuse à jonc. Handicapé, il se tourne alors vers l'éducation.

Entré à 17 ans à l'Ecole normale de Saint-Brieuc, il obtient son CAP en 1897. Six ans plus tard, il est nommé à Saint-Barnabé, une commune rurale du centre-Bretagne, avec son épouse, elle aussi institutrice.

"Jusque-là, on apprenait à lire avec des abécédaires et des syllabaires. Mais il était difficile d'enseigner dans une classe à plusieurs niveaux. C'est alors qu'il a trouvé des techniques pour faciliter l'apprentissage et en a fait une méthode", retrace Mme Sérandour.

La première édition de la "Méthode Boscher" date de juillet 1906. Sous-titrée "la journée des tout petits", elle aborde, outre la lecture, l'orthographe et l'écriture, le "calcul" et la "leçon de choses" et déroule un programme quotidien pour l'enseignement. En 1907, un nouveau tirage de 5.000 exemplaires est effectué.

Avec divers aménagements, dont le passage à la couleur en 1939, le succès ne se démentira plus malgré l'organisation artisanale, jusqu'à la reprise par Belin en 1984.

Pédagogue et militant, Boscher était un "esprit indépendant", "un rebelle permanent" autant qu'un "innovateur", affirme Alain Prigent, historien. Issu d'un monde rural et catholique, c'était "un laïc convaincu" dans une période troublée.

Franc-maçon, syndicaliste "de premier plan", il devient en 1912 le premier maire socialiste des "Côtes du Nord". "Il a oeuvré à contre-courant toute sa vie", résume M. Prigent.

Mathurin Boscher meurt en 1915 d'urémie. Il n'avait pas encore fêté ses

Ecrit par : Patrick (Instit) | 29 novembre 2006

Encore à propos du rapport d'Alain Bentolila...Je viens de le lire en entier et je m'aperçois (mea culpa) qu'il dépasse la seule mise en évidence de l'utilité "épistémologique" de la grammaire comme dépassement des pseudo évidences du donné empirique. Il écrit par exemple ceci : "Elle permet à la langue d'évoquer contre le conservatisme ce qui n'est pas encore, mais sera sans doute un jour." Il souligne également le fait "quelle ouvre les portes de l'imagination poétique" (il cite Eluard et Michaux) et il va même jusqu'à parler de "dimension éthique": "la grammaire sert donc les meilleurs ambitions de l'intelligence humaine et lui donne une dimension collective. Cependant (tout est dans le cependant)...cet outil si puissant peut servir avec la même efficacité et les mêmes moyens les aspirations les plus respectables et les plus hautes comme les allégations les plus infâmes et les affirmations les plus intolérables." Evidemment, on en reste ici à la mise en garde platonicienne contre la sophistique, l'auteur du rapport ne va pas jusqu'à évoquer le problème de la disparition pure et simple du langage que Platon ne pouvait pas envisager (et pour cause, l'enseignement de la grammaire faisait partie des trois disciplines fondamentales de la paideia et on la retrouve aussi bien dans le trivium que dans le quadrivium chez les Romains)...phénomène auquel nous assistons actuellement dans le "langage jeune" qui amuse tant les inconscients et les imbéciles. Platon, encore lui, a montré que la disparition du langage est toujours lié au déchaînement de la violence (cf. Callisthène)...Bentolila ne pouvait pas aller jusque là. L'audace a ses limites et le politiquement correct l'a emporté. C'est dommage, mais enfin, c'est beaucoup, beaucoup mieux que rien.

Enfin, last, but not least...Bentolila parle en termes non voilés de l'éventualité de la disparition de la sacro sainte séquence : "l'étude réfléchie de la grammaire ne saurait être annexée à la fréquentation occasionnelle d'un texte de lecture." et encore ceci,plus explicite encore, qui en donne les raisons: "En remplaçant la leçon de grammaire par la séquence d'observation réfléchie de la langue, sorte de parenthèse dans la lecture d'un texte, on a introduit deux conséquences aussi fâcheuses l'une que l'autre : d'une part rupture du fil de la connaissance sensible du texte par une inopportune distanciation, d'autre part l'émergence inopinée d'un fait grammatical isolé qui ne s'inscrit dans aucune programmation cohérente."

On croit rêver, mais pour une fois, ce n'est pas un cauchemar! Comme quoi, il ne faut jamais désespérer. Maintenant, il reste à attendre l'application du rapport.

Ecrit par : Robin Guilloux | 29 novembre 2006

Bonjour,

Ce commentaire est arrivé sur mon blog, à la suite d'un message relatif à l'éviction de Jean-Paul Brighelli du jury de Capes.

Salutations.

Michel Renard

http://ecoledelaculture.canalblog.com/archives/2006/
05/17/1890027.html#c4423006


Dylan Thomas

Cher Monsieur Brighelli

Professeur certifié de Lettres, titulaire d'une maîtrise d'enseignement en philosophie, je suis actuellement en 3ème année de "réadaptation"... pour dépression nerveuse grave. J'ai peut-être du courage, mais je n'ai pas votre force et les "crétins" ont fini par avoir ma peau. Après y avoir réfléchi quelques heures, en tant qu'anglciste et poète à mes heures,je vous propose une traduction du beau vers de Dylan Thomas que vous citez dans un de vos livres (rien que de penser à ce qu'il faut de souffrances, de candeur et de génie pour écrire une phrase comme celle que vous citez, j'en ai les larmes aux yeux.) Voilà : "Once below a time. I was a child." : "Il était une fois, avant le commencement du temps, je fus un enfant." Il y a là la matière de plusieurs heures de cours, notamment sur l'emploi du passé simple dans la langue française...à condition qu'il y ait encore des professeurs, et surtout, qu'il y ait encore des enfants. Amicalement, Robin Guilloux
Posté par rguilloux, 21 novembre 2006 à 14:18

Ecrit par : Michel Renard | 30 novembre 2006

Bonjour, Catmano (j'ai de gros doigts, et je tape régulièrement "bonjouir", qui est tout un programme…)

La grammaire a été engloutie sous un amas de termes jargonnants qui, la plupart du temps, ne servent à rien ("situation d'énonciation" !). Mais encore faut-il appeler les choses par leur nom, et on ne peut pas s'épargner l'usage de quelques mots techniques…
Un article est un déterminant du nom — qu'il vienne de l'ancien numéral latin (un / une), ou de l'ex-démonstratif de troisième personne (il, de "ille"), dont le sens ancien se retrouve dans les formules du style "la Callas" (ou en publicité : "the" voiture), mais dont le sens sous-jacent est toujours présent ("le" garçon,, c'est bien celui-là, et aucun autre).
Dans les années 60-70, la linguistique transformationnelle s'est efforcée de ramener toute langue à quelques schémas de base — et elle n'y est pas arivé : il y a toujours quelques énoncés aberrants, irréductibles à un système pré-établi. Mais en gros, à partir de combinaisons simples (sujet / verbe / complément — et les variations introduites par la forme interrogative, par exemple), on doit pouvoir expliquer tous les systèmes générés par concaténation. Ou, si vous préférez, toute phrase, aussi proustienne soit-elle, n'est jamais qu'un système d'expansion d'un schéma très simple : je m'amusais jadis, en collège, à faire réfléchir les élèves sur l'identification du "sujet" de la célèbre phrase de Proust sur la madeleine — "dès que j'eus reconnu le goût du morceau de madeleine trempée dans le tilleul que me donnait ma tante, quoique je ne susse pas encore et dusse remettre à bien plus tard…" etc. — et ils finissaient par y arriver, par élimination des éléments annexes — et Proust a le génie des éléments annexes, que ce soit au niveau de la phrase ou au niveau des paragraphes entiers, voir l'utilisation des "paperolles" dans le manuscrit. Bref, on peut partir d'énoncés simplissimes ("la souris a mangé le chat"), et procéder par expansions successives (couleur de la souris : verte ? action de la souris : qui courait dans l'herbe ? détermination du chat : "le chat d'la voisine, / Qui aime la bonne cuisine / et fait de beaux ronrons / sur un bel édredon-don-don" — mais qui se souvient de cette chanson d'Yves Montand ?).

À propos de musique : je conseille à tous les amateurs de jazz, qui sont en train de se déchirer bien inutilement sur le rôle de l'improvisation dans cette musique, de lire l'extraordinaire roman de Rafi Zabor, Un ours dans Manhattan (indispensable !).

Le ministère vient de sortir enfin ses propositions sur les IUFM : j'en parlerai dans deux jours…

Quant au rapport de Bentolila, il me fait penser vraiment à ces sondages qui se conforment aux désirs de ceui qui les a commandés — en l'occurrence, le ministre. Et il sera suivi d'effets, très vite, parce qu'il était impensable de continuer à partir des éléments codés (le texte) en suggérant aux élèves, qui n'en ont pas les moyens, de retrouver le code général sous les traits particuliers. C'était leur soumettre la lettre du Scarabée d'or à chaque heure de cours, et leur suggérer d'être de petits Edgar Poe en herbe — celle où court a souris. Mais j'ai déjà dit tout ça…
JPB

Ecrit par : brighelli | 30 novembre 2006

"Improvisation et composition musicale

Cadres et règles de l’improvisation.
Les musiques improvisées reposent généralement sur des cadres musicaux plus ou moins établis à l’avance. Il en est ainsi pour la musique classique et contemporaine, le jazz, le blues ou les musiques traditionnelles. Le free jazz et certaines musiques contemporaines, exprimant le désir de couper les ponts avec toute contrainte, échappent toutefois à cette nécessité grâce l’improvisation totale. En effet, dans ce type d’improvisation rien n’est établi à l’avance. La musique se crée dans l’instant et sans aucune concertation au préalable des musiciens ce qui leur demande en contrepartie une écoute particulièrement attentive des autres membres du groupe ou de l’ensemble musical.
Hormis pour ces deux exceptions, les cadres prédéfinis restent nécessaires pour toutes les musiques collectives. Ces cadres sont traditionnels et concernent généralement le plan formel de la pièce, son langage musical ou par exemple le rôle de chaque instrumentiste.
La forme musicale
Qu’elles soient classique ou jazz improvisées ou nom, nombre de pièces reprennent le plan formel type bien connu Exposition/développement/réexposition. Une musique de jazz commence souvent par l’exposition du thème. Sa partie centrale consiste en improvisations basées sur la mélodie et l’harmonie du thème. C’est la plus libre car elle est consacrée aux soli des instrumentistes. La fin de la pièce reprend la plupart du temps le thème, réarrangé ou non.
Des musiques comme le blues ou le rock [1] ont également des cadres bien définis, souvent proches de la chanson.
Les musiciens classiques avaient également une tradition d’improvisation basée sur des plans formels bien définis. Certains à l’instar de la fugue étaient particulièrement complexes mais d’autres comme la fantaisie ou la passacaille étaient plus simples et laissaient un espace de liberté plus grand au musicien.
En musique contemporaine, la forme des musiques improvisées correspond rarement à ce plan type. Les compositeurs inventent même souvent un plan formel différent pour chaque pièce. La « forme ouverte » est une structure musicale proche de l’improvisation par laquelle la musique varie selon les choix des instrumentistes. Ainsi à chaque concert, peut être créée une pièce différente. Des règles, des codes ou canevas plus ou moins précis sont proposés par le compositeur à l’interprète qui lui laissent une relative liberté d’intervention sur la musique.
Le langage musical
Chaque musique a son langage musical propre. Si l’on improvise, il faut tenir compte de règles harmoniques, mélodiques ou rythmiques propre à ces musiques. Les musiciens qui improvisent se doivent de les connaître parfaitement. En effet, un musicien classique n’ayant aucune connaissance de l’harmonie jazz, de l’emploi des modes ou des rythmiques propres à cette musique s’avérerait incapable d’improviser dans ce style même s’il possède une technique instrumentale de virtuose. L’inverse est vrai. Un musicien de jazz n’ayant pas une formation de composition suffisamment poussée ne pourrait pas improviser de fugue.
Outre l’harmonie, une bonne connaissance des différents modes de la tonalité est nécessaire auxquels on peut ajouter pour le blues ou le rock, les modes pentatoniques.
Les styles rythmiques différent beaucoup d’un genre musical à l’autre. Le jazz par exemple est une musique en partie d’origine africaine, ne l’oublions pas. Une bonne culture musicale est donc toujours nécessaire dans tous les styles de musique.
Rôle des instruments
Dans une musique improvisée collectivement, les rôles des musiciens sont naturellement répartis à l’avance. En jazz, il s’agit généralement de l’accompagnement, des solistes ou de la section rythmique. Toutefois, ces fonctions au sein de l’ensemble musical ne sont pas nécessairement cloisonnées, un musicien pouvant très bien passer de l’une à l’autre.
Improvisation et analyse
Savoir écouter, analyser et comprendre tout en étant parfaitement à l’aise avec son instrument sont les qualités nécessaire à l’improvisation. Lorsque nous posons nos mains sur l’instrument, celles ci trouvent automatiquement leurs positions habituelles. Dans un premier temps, la musique qui en découle consiste généralement en une reproduction d’idées ou de phrases types déjà entendues, sauf bien sûr lorsque l’inspiration suprême est au rendez-vous. L’écoute simultanée va guider la musique vers un ailleurs musical, et amener peut être des idées musicales différentes. La « fausse-note » due à une erreur de doigté peut s’avérer source d’enrichissement [2] mélodique, harmonique ou rythmique si elle est exploitée avec suffisamment d’inspiration.
Une bonne analyse ou compréhension des idées musicales qui surviennent est un atout lorsque l’on improvise. Elle évite de retomber dans des « clichés » musicaux ou de reproduire des idées musicales toutes faites. Elle n’empêche nullement de jouer de manière intuitive selon l’inspiration du moment.
Savoir écrire ou composer est aussi un atout supplémentaire. Ils n’est pas surprenant que des grands musiciens de jazz comme Miles Davis ou Chick Corea, aient fréquenté des cours d’écriture notamment à la fameuse Juilliard School de New York. Un grand guitariste comme Jimmy Hendrix songeait également à prendre des cours de contrepoint peu de temps avant que sa mort ne survienne brutalement.
Et si l’on s’y essayait...
L’improvisation vous tente. Pour vous mettre en situation, vous pouvez essayer des petits exercices d’improvisation à partir des techniques d’écriture de notre formation. Vous connaissez les cadres, ils sont définis à l’avance. Ce peut être un cheminement mélodique, un exercice d’harmonie ou de contrepoint. Pour les étudiants des cours de composition, ce peut être l’improvisation d’une pièce comme un menuet dont la structure est relativement simple. Nous laisserons de côté pour l’instant la fugue :-).
L’improvisation en jazz ou en blues nécessite comme nous l’avons plus haut une connaissance des règles propres à ces musiques, comme son harmonie spécifique pour le jazz ou les modes pentatoniques pour le blues. Elles ne sont pas particulièrement complexes mais demandent un travail intense sur l’instrument ainsi qu’une bonne culture musicale.
On peut aussi improviser dans le but de chercher des idées musicales. Ce peut être en effet une première étape vers la composition ou un travail préparatoire à une improvisation plus structurée.
Pour finir, un dernier mot sur l’improvisation libre. Pour l’avoir pratiquée dans ma jeunesse, j’estime que cette expérience est très enrichissante, surtout collectivement. De plus, elle n’a pas besoin de cadres prédéfinis et l’on peut improviser dans le langage musical que l’on possède le mieux.
[1] Toutefois avec leur pratique de l’improvisation libre, certains groupes de rock progressif des années 70 avaient une démarche très proche de celles du free jazz ou de la musique contemporaine.
[2] C’est probablement de cette manière qu’ont été découvertes et réutilisées à des fins expressives les dissonances, notamment celles que l’on place au posé."

Mes excuses pour cet article, peut-être hors-sujet. Mais il est des malentendus qu'on ne peut pas ne pas dissiper.

Se déchirer inutilement... Voire... Jean-Paul, je lirai avec gourmandise le roman dont vous parlez. Mais, à mon tour, j'interviens pour que vous disiez à certains cuistres, dont le QI, certes surdimensionné, ne parvient pourtant pas à la cheville de l' ego, de se calmer un peu et d'arrêter d'écrire des énormités. On a fait fuir d'ici Pentocrator et Montaigneàcheval, qui étaient pourtant beaucoup moins dangereux et que, j'en suis sûr, certains regrettent. Dont moi, malgré le fait qu'ils m'aient parfois agoni.

Ecrit par : christophe sibille | 30 novembre 2006

A JPB. Merci pour cette remise à plat de nos connaissances d'adultes. Conclusion : Il n'est pas ridicule de s'en tenir aux capacités des enfants et de construire des exercices de grammaire CE1 où les élèves n'auront à repérer que des groupes sujets composés soit d'un nom propre, soit d'un groupe nominal déterminant + nom commun et en fin d'année déterminant + nom commun + un adjectif qualificatif ; à la charge des collègues de cycle 3 d'élargir à des groupes plus "longs" et plus difficiles à repérer.
On a cru qu'en simplifiant pour les plus jeunes, ils restaient bloqués à cette représentation à vie (voir les propos de Charmeux et de Foucambert sur les alphabétisés qui ne deviendraient jamais des "lecturisés"), en fait on a tout embrouillé et les élèves, aidés en cela par une société de la compréhension et de la réalisation immédiate, en ont conclu que "ce truc, c'était pas pour eux".

Ecrit par : catmano | 30 novembre 2006

Je me suis peut-être un peu trop avancé en prétendant que la fin du préambule du rapport Bentolila/Orsena/Desmarchelier au ministre de l'E.N. annonçait la fin des "séquences", puisque ce rapport ne concerne que l'enseignement de la grammaire à l'école primaire. C'est faire beaucoup d'honneur à L'Education Nationale que de la comparer à un(e) mamouth; elle ferait plutôt penser à ces dinosaures dont la masse était si grande qu'ils avaient besoin d'un "cerveau-relai" au niveau de la queue. D'ici que la liaison se fasse entre les deux cerveaux...et que quelqu'un comprenne que le rapport Bentolila s'applique AUSSI au collège où les gens de terrain ont compris, eux, depuis longtemps que l'enseignement en séquences est incompatible avec un enseignement efficace et cohérent de la grammaire, on n'est pas sortis de l'auberge, et on n'est pas sortis non plus de la préhistoire.

Ecrit par : Robin Guilloux | 30 novembre 2006

Sur la grammaire, je me souviens surtout du CM2, où finalement chaque mot savait trouvé ses définitions, indépendamment et en tant que partie du groupe, soit verbal ou nominal, groupe qui tout comme le mot trouvait sa description.
On comprenait "le" tout seul, et "le" avec "garçon", aussi bien que "le garçon". Il y avait un accord clair et précis entre la définition du groupe et de ses composants, l'un indiquait l'autre.
Et on ne nous laissait pas deviner les règles, on les aprenait, et les comprenait.
Aujourd'hui ça me permet d'éviter les confusions que je ne comprends pas : entre un verbe et une conjonction.
Je me demande aussi comment la sonorité même ne puisse permettre la différanciation : il s'agit bien sûr de "et" et "est", qui se prononcent "é" et "è".
Comment lorsque les indices sont de différentes sortent aucun ne puisse être utilisé ?
Enfin quoi ! Comment tout cela n'est pas appris aux élèves ?!
Enfin bon on sait on sait mais ça me choque toujours autant, moi qui ait eu la chance de passer au travers d'enseignements approximatifs tout au long de ma scolarité, dans le publique, enfin presque tout le temps.
Je me souviens au collège de la prof de français qui après avoir corrigé certaines copies avait expliqué pourquoi le langage familier dans nos rédacs ne nous était pas encore accessible, exemples à l'appui.

Quant à l'art, qu'en Estil :) ?
Je m'interroge sur la volonté d'une personne de vouloir se qualifier pointilleusement dans un domaine qu'elle considère comme merdique. Je recite Estil, qui définit ainsi l'art, et pourtant se juge bien plus expert qu'un autre en musique.
La question est donc de savoir si l'art est malgré sa subjectivité utile, et aussi de statuer sur le fait de considérer ce qui n'est pas outil pragmatique comme une défection, spirituelle ou usuelle.
Déjà je dirais comme il a déjà été démontrer que chier est vital. Que les excréments permettent la vie. Ceci au cas où l'art serait effectivement de la merde. Ainsi par l'absurde on voit que la merde est utile. Et ce qui est utile ne vaut pas rien, autrement dit on ne peut pas dire que l'art est à la fois rien et de la merde.
Et ce n'est pas que de la rhétorique.
Ensuite dire que le subjectif ne vaut rien, étant donné que dans le réel tout point de vue est indéniablement subjectif, puisque l'objectivité ne s'obtient qu'en connaissance de tous les paramètres d'un sujet, et que cette connaissance là est inaccessible à la matière et l'esprit, qui est fini, au moins dans le temps pour chaque personne, signifie qu'il faille considérer toute production, pensée, théorie, pratique, usage, etc, comme ne valant rien puisque nécessairement subjectifs, ne serait-ce que par les motivations.
Donc là on vient de voir que l'art tout comme le reste est sur le même plan, celui de la subjectivité.
On revient à cette maxime amusante : Tout est rien.
Enfin l'oeuvre parfaite est celle qui s'adresse à la subjectivité puisque c'est son rôle avoué, et son objectif implicite.
Ainsi toute oeuvre qui parvient à s'adresser à une pensée, ne serait-ce qu'une seule, devient parfaite.
Nulle-part il est dit que l'art se doit d'être universel.
De plus l'art est culturel, forcément. Et donc trouvera toujours son publique.
A moins de trouver une oeuvre aculturelle, mais j'ai du mal à croire que ça puisse exister. D'ailleurs une production qui ne nous touche pas, on n'ose l'appeler preuve d'art....

Enfin je trouve qu'Estil maitrise bien l'art trollesque :p

A Catmano :
"c'est le petit garçon de la voisine qui porte un chapeau à plumes qui joue dans la cour"
Pour moi on peut considérer que celui qui dans peut aussi bien être le garçon que le chapeau, grammaticalement parlant. La phrase toute seule laisse le doute.
Dans un texte de Boris Vian, on choisirait le chapeau, et sinon pour la plupart d'autres auteurs bien évidemment le garçon.
Je crois qu'un enfant est capable de comprendre ce choix.

Sinon j'ai un Bescherelle chez moi, comme c'est bien expliqué :), c'est très clair, très précis, pourquoi on ne donne pas ça aux enfants ?

Ecrit par : DesParages | 30 novembre 2006

bonjou.r fousd'rhum,

"(voir plus haut, je ne nomme personne, suivez mon regard.)
Amitiés.
Anne-Marie."

:))))))))))))))))))))))))))))))))

Ecrit par : toto | 30 novembre 2006

A propos de Philippe Mérieu, je signale la réflexion particulièrement fouillée de Bernard Berthelot intitulée L'imposture pédagogique (le pédagogisme constructiviste) sur le site Sauver les Lettres.

Ecrit par : robin guilloux | 30 novembre 2006

Décidément, je n'y arriverai jamais... "MEIRIEU" pas "Mérieu"...Excusez-moi Christophe !

Ecrit par : Robin Guilloux | 30 novembre 2006

Je m’excuse par avance du hors-sujet, mais je me dois de répondre à tant d’inepties.

Cher Christophe,
Ne vous rendez-vous donc pas compte que tout votre charabia inutile ne fait que confirmer mes dires ? Dois-je compter les « plus ou moins », les « souvent », les « généralement » ou les « parfois » ?
Ce n’est pas parce que vous arrivez à nommer des techniques que ces mêmes techniques caractérisent la musique jouée. Les règles implicites ne sont pas des règles. Le manque de fairplay n’enfreint pas les règles de nombreux sports, et c’est pour cela qu’il ne sera jamais sanctionné.

Ce que vous ne semblez pas comprendre, c’est qu’une activité sans aucun cadre stricte ne vaut rien car elle n’est pas définie et n’existe tout simplement pas.
Imaginez donc un sport qui ne respecterait aucunes règles strictes, et qui n’existerait que par des règles implicites et un désire de rangement et d’identification bien maladroits.
Comment feriez-vous pour l’arbitrer ? Le juger ? Comparer ceux qui le pratiquent ? Vous en serez bien incapable. Par ailleurs, quiconque décidera de se proclamer « joueur » de ce sport en aura parfaitement le droit étant donné qu’il suffit de se dire joueur de ce sport pour le devenir, vous n’avez pas besoin de respecter des règles inexistantes.
Evidemment, certains seront plus doués que d’autre dans la maîtrise de techniques spécifiques, mais ils n’en seront pas pour autant « meilleur » dans ce sport, étant donné qu’il n’existe pas.

Voyez-vous, il en est de même pour la majorité des pratiques dîtes artistiques.
Sans compter qu’en plus de ce manque de définition, elles se voudraient purement subjective.


Pour DesParages, sachez que le raisonnement logique n’est qu’une condition nécessaire mais non suffisante pour qu’une thèse aie la possibilité d’être juste. Vous oubliez de rajouter un critère important, celui du bon sens. Cessez donc vos syllogismes, et réfléchissez. A moins que vous préfériez le suicide à la vie, vous savez, la vie ne vaut rien dans l’absolue.

J’oubliais, l’utilité est une notion relative. Une entité n’est utile pour un but déterminé par avance que lorsqu’elle permet de s’en approcher. L’art est inutile dans l’instruction, à moins que vous soyez de ceux qui se sentent profondément « humaniste dans l’âme » et qui sont intimement convaincus que la beauté et le sentiment pseudo-dramatique doit être inculqué à nos enfants. Malheureusement je crois que c’est pire, je vous sens épicurien.

PS : Les mathématiques ne sont en rien subjectives, elles sont justes. De même, certaines théories ou thèses, bien qu’elles se rattachent à la subjectivité de l’auteur, ont la possibilité de l’être.

Ecrit par : Estil | 30 novembre 2006

Desparages "je trouve que Estil maîtrise bien l'art trollesque".

Même pas...juste pénible comme tous trolls de bas étage.

Ecrit par : utile baron | 30 novembre 2006

"Pour moi on peut considérer que celui qui dans peut aussi bien être le garçon que le chapeau, grammaticalement parlant. "

Que celui qui a compris se lève ...

On se lève tous pour da.nnette da.nnette

"La phrase toute seule laisse le doute." la tienne c'est sûr ;)

Ecrit par : toto | 30 novembre 2006

"Je m’excuse par avance du hors-sujet, mais je me dois de répondre à tant d’inepties."

Ecrit par : Estil | 30 novembre 2006

Ne vous excusez-pas, continuer plutôt à vous enfoncer! Cela fait plaisir à voir. A moi, en tous cas.

"Ce n’est pas parce que vous arrivez à nommer des techniques que ces mêmes techniques caractérisent la musique jouée."

Ah bon? Et la technique du "stride", qui caractérise le jazz "swing", joué au piano à partir des années 1920, (Fats Waller en est l'exemple le plus représentatif). Et la technique des "block-chords", qui représente le jazz d'a partir d"Erroll Garner, et qu'on trouve souvent dans le be-bop? Et les enchaînements d'accords altérés avec leur corollaire, l'improvisation en gamme ton-demi-ton, ou demi-ton-ton, (deux fameux modes à transposition limitée), dont Bill Evans se rendra maître absolu, et à partir desquels le jazz ne sera plus jamais le même! J'arrête là, pour ne pas assommer les bloggers qui, je le pressens, en ont un peu assez de ces querelles d'école, mais on peut multiplier ces exemples. (Je suis d'ailleurs prêt à continuer cette conversation ailleurs quand vous voulez, et vous laisse même mon e-mail; [email protected]). Evidemment, le jazz ne sera jamais une science exacte, et heureusement! Les règles en sont assez élastiques... Tous comme en musique classique, dans laquelle les compositeurs nouveaux ont, à quelques exceptions près, (je pense à Sait-Saëns, par exemple) envoyé promener les règles de composition précises apprises dans les conservatoires pour laisser s'éclore leur génie.

Estil, je vous plains. Ou, plutôt, je plains de tout mon coeur les personnes qui vous côtoient. Et vos élèves, en premier chef. Je vous sens un peu psycho-rigide!

Ecrit par : christophe sibille | 30 novembre 2006

ah voui, "celui qui dansE" voulais-je dire, et en fait c'est "celui qui joue", et d'ailleurs on peut rajouter la voisine. C'est vrai que le doute de ma phrase ne permettait probablement qu'à moi-même le lever :)

Pour les mathématiciens, la discipline les garde de toute certitude objective, ils savent que leurs démonstrations s'appuient sur des postulats, qui peuvent un jour être remis en cause, ce qui est arrivé régulièrement, c'est le fait de vouloir croire en ces postulats que la subjectivité intervient. Heureusement ils en ont conscience. Et puis au fait http://www.futura-sciences.com/news-mathematiques-beaute_4852.php

Quant au bon sens, définissez-le moi s'il vous plait, parce que mon bon sens m'indique d'autres conclussions que les votre, vous qui j'en suis certain êtes persuadés de votre bon sens. Vous mettez donc du subjectif dans vos réflexions ?
On se rejoint sur le rapport de la vie à l'absolu, mais nous ne sommes pas absolus, donc...

L'art est une expression naturelle de la pensée, mais vous voulez le restreindre tout en voulant l'ignorer...
Regardez ou souvenez vous des scènes de la cour d'école, le drame et la comédie se jouent, se jouent, se jouent tous les jours, chez les enfants, comme chez les adultes.
Donc je ne vois pas en quoi il est dérangeant de leur montrer qu'on peut faire la même chose avec différents styles.
En fait j'en conclue que vous êtes contre la notion de culture générale.
Et l'art permet de voir autrement les choses, d'apprendre à se créer des points de vue variés, et donc d'augmenter la capacité à résoudre un problème.
Que serait-ce que la beauté : http://www.techno-science.net/?onglet=news&news;=3315

Enfin vous en terme de syllogisme, le votre qui tourne en rond entre ce qui ne vaut rien, ce qui n'existe pas et ce qui n'a pas de règle....

Enfin voilà, je crois qu'une discussion n'est pas réellement possible, faute aux objectives certitudes qui découlent du bon sens commun..................

Ecrit par : Dérapage | 30 novembre 2006

Une fois de plus, vous confondez techniques et règles.
Au football par exemple, les règles sont bien définies. La taille du terrain, du ballon, le nombre de joueurs, de remplaçants, la possibilité de jouer ou non avec les mains, les fautes, les touches, et encore plein d’autres choses sont imposées.
C’est d’ailleurs justement grâce à ces règles que l’on peut parler de football, discipline à part entière du rugby ou du tennis.
Il suffirait de ne changer qu’une seule et unique règle, et ce ne serait plus du tout le même football.
De plus, c’est un sport de compétition, donc l’objectif principal (en compétition) est de gagner. Comment gagner ? En inventant des techniques qui respectent parfaitement les règles établies. Ces techniques ne sont en rien spécifiques au football, elles ne le caractérisent pas, et ce n’est pas parce que vous les utilisez que vous faîtes du football.

Pour le « jazz », c’est la même chose. Pour vous, ce sont avant tout les techniques qui caractérisent cette musique. Seulement, vous omettez de préciser que toutes ces techniques peuvent être employées n’importe où, y comprit même dans des « styles » de musique que vous ne caractériseriez pas comme « jazz ».
Le « jazz » n’a pas de règles, et même en supposant qu’il en ait, elles sont tellement élastiques (pour reprendre votre terme) que tout et n’importe quoi pourrait être qualifié de jazz. Il n’existe pas.
Ce n’est pas parce que Bill Evans fut un grand technicien qu’il fut un grand jazziste.

J’ai passé environ neuf ans au conservatoire régional de Lyon (jusqu'à l’obtention de mon diplôme de fin d’étude), et s’il y’a bien une chose que j’ai appris là bas, c’est que les « artistes » sont les premiers à se masturber sur un statu autoproclamé. Vous prenez-vous pour un artiste Christophe ?

PS : Je ne suis pas prof, rassurez-vous. Juste un simple étudiant en sciences physiques

Ecrit par : Estil | 30 novembre 2006

Quand "le Point" fait de l'humour, voilà ce que ça donne :

http://www.lepoint.fr/societe/document.html?did=186532

Très drôle !

Philippe.

Ecrit par : Philippe Delarouzée | 30 novembre 2006

Je confirme pour " Un ours dans Manhattan " de Rafi Zabor, qui ravira à la fois les arctophiles et les jazzeux. Featuring Ornette Coleman himself. C'est chez Denoel

Ecrit par : FGuichard | 30 novembre 2006

J'ai un petit problème ce soit pour lire les dernières interventions sur mon ordi. , alors que j'y arrivais ce matin sur un autre. Est-ce normal docteur ?

Ecrit par : Robin Guilloux | 30 novembre 2006

Quelqu'un peut-il répondre à la question du journal Le Point à la fin de l'article signalé par Philippe : Qui évalue le niveau des inspecteurs généraux ?

Ecrit par : Robin Guilloux | 30 novembre 2006

Tiens JPB est sur France 2 ce soir, dans "A vous de juger".

Ecrit par : Pendariès | 30 novembre 2006

Viva Bentolila !??

J'ai probablement un bon train de retard (peut-être le fait de n'avoir pas été très assidu à ce blog depuis quelques mois), mais j'imagine qu'on va éclairer ma lanterne (et non pas ma vessie, sinon ça brûle, comme le disait Pierre Dac, cité un peu plus haut).

Bentolila était l'invité de la session matinale d'information de France-Inter hier (son interview, ainsi que ses réponses aux auditeurs sont probablement encore audibles sur le site de Radio-France), et j'ai écouté avec beaucoup de satisfaction ses propos, particulièrment heureux de constater qu'on redescendait enfin sur terre sur la question de la grammaire, après celle de la lecture. À côté de nombreuses (et dangereuses) bévues, Robien aura au moins ça à son actif.

Mais voilatipas qu'alléché par cette info - et par quelques conversations de salle de profs ces derniers jours - et plaqué à la maison par le caprice de quelque viscère m'obligeant à différer d'une semaine mes retrouvailles avec des élèves capables, à 14 ans, de s'émerveiller d'une modulation à la sous-dominante chez Schumann (si, ça existe encore ! ) voilatipadonc que je retrouve le chemin de ce blog où je crois percevoir dans certaines contributions l'idée que ce Bentolila-là (lalère) ne serait pas si net de la cravate (ou franc du collier) que ça… Il est question d'anguille ondoyante, de docilité suspecte… Ce Bentolila-ci (darem la mano) serait-il un repenti pantois et piteux du pédagogisme ? Un ex-trouducologue de la linguistique ? Ferait-il partie de ces résistants de la onzième heure dont parlait JPB ? Aurait-il deux visages ? (… après tout, entre Janus et un collabo, il n'y a jamais qu'un "J" d'écart…)

Je l'avais trouvé pourtant plutôt convaincant - parce que convaincu - hier sur France Inter… Outre quelques idées fortes, déjà citées ici, et quelques réflexions très inspirées d' Orsenna (dont je viens juste - simple coïncidence - d'entamer la "chanson douce" ) il a insisté à plusieurs reprises sur la question du "rapport à l'autre" - tellement mis à mal par la pédagogie constructiviste, nombrilisante et pédocentripète qui sévit au point que des autobus brûlent avec des gens dedans - et sur le lien de cause à effet entre l'incapacité d'articuler un langage structuré (et donc compris par cet "autre" ) et le recours à la violence. Le présentateur a d'ailleurs signalé la parution prochaine d'un ouvrage, signé Bentolila, et intitulé "Le verbe contre la barbarie" - on pense aussitôt à cet article, reproduit ici l'an dernier, "Barbarie et barbarisme" - à moins que ce ne soit l'inverse…

Bon, c'est vrai, il n'a pu s'empêcher de citer Meirieu… Alors quoi ? Les rats quittent le navire, c'est ça ? Ma foi (oh, pardon ! ) si quelques uns s'emploient au passage à nettoyer la mer des conséquences de leurs dégazages répétés, doit-on s'en plaindre ou s'en réjouir ?




PS : Il y a quelques années, en entretien avec le jury pour le CA de Formation Musicale, suite à une question sur le langage de Schumann, j'évoquais, entre autres choses, l' "intégration" des tonalités voisines dans la tonalité principale. Le jeune président du jury, à la flamboyante et très romantique tignasse, m'avait alors regardé avec condescendance, et répondu en soupirant d'un air las : "Vous croyez vraiment que ça peut intéresser les élèves ? " Plus que jamais, je persiste, signe et confirme : OUI !!

Ecrit par : Argo | 30 novembre 2006

"Ce Bentolila-ci (darem la mano)"

Ecrit par : Argo | 30 novembre 2006

Excellent! J'adore.PS :

"Il y a quelques années, en entretien avec le jury pour le CA de Formation Musicale, suite à une question sur le langage de Schumann, j'évoquais, entre autres choses, l' "intégration" des tonalités voisines dans la tonalité principale. Le jeune président du jury, à la flamboyante et très romantique tignasse, m'avait alors regardé avec condescendance, et répondu en soupirant d'un air las : "Vous croyez vraiment que ça peut intéresser les élèves ? " Plus que jamais, je persiste, signe et confirme : OUI !!"

Ecrit par : Argo | 30 novembre 2006

Evidemment, que ça peut intéresser les élèves! Le tout est de trouver la manière de le formuler et de le présenter! Mais ça fait quand même un sacré bien de lire des messages comme celui-là en fin de soirée!

"Pour le « jazz », c’est la même chose. Pour vous, ce sont avant tout les techniques qui caractérisent cette musique. Seulement, vous omettez de préciser que toutes ces techniques peuvent être employées n’importe où, y comprit même dans des « styles » de musique que vous ne caractériseriez pas comme « jazz ».
Le « jazz » n’a pas de règles, et même en supposant qu’il en ait, elles sont tellement élastiques (pour reprendre votre terme) que tout et n’importe quoi pourrait être qualifié de jazz. Il n’existe pas.
Ce n’est pas parce que Bill Evans fut un grand technicien qu’il fut un grand jazziste."

Ecrit par : Estil | 30 novembre 2006

On dit :"jazzman", d'abord. Ensuite, en grec ancien, le mot: "tekne" signifie: "art". Bill Evans, comme Bach, ou Beethoven, était un grand musicien avant tout parce qu'il était un grand technicien. Ce n'est pas suffisant, mais nécessaire. Au sens "large" du terme. Comme beaucoup d'autres, également!

"J’ai passé environ neuf ans au conservatoire régional de Lyon (jusqu'à l’obtention de mon diplôme de fin d’étude),"

Ecrit par : Estil | 30 novembre 2006

C'est ça que vous appelez "un niveau exceptionnel en musique"? C'est une blague? Je commence à comprendre...

Tiens, Jean-Paul parle... Je vous laisse.

Ecrit par : christophe sibille | 30 novembre 2006

Exceptionnel ? Qui a parlé d’un niveau exceptionnel ? Je ne faisais que comparer mon niveau au votre. Si en plus vous ne savez pas faire la différence entre quelqu’un de meilleur et quelqu’un de bon…

Oh, j’oubliais, le mot art en grec ancien n’a pas du tout la même signification que celui d’aujourd’hui. Je vous laisse chercher sa signification. Bonne chance !

Ecrit par : Estil | 30 novembre 2006

Vous avez quand même dit que votre niveau était largement en dessus du mien... Je ne suis pas un "monstre" de technique, mais quand même, vous vous êtes un peu couvert de ridicule, sur ce "coup".
Vous êtes de la famille d'Elisabeth Teissier?

"Vous prenez-vous pour un artiste Christophe ?"

Ecrit par : Estil | 30 novembre 2006

Non... Qu'est-ce qui vous permet de penser cela?

Ecrit par : christophe sibille | 30 novembre 2006

Vous n’avez donc pas compris l’allusion…
C’est dommage.

Ecrit par : Estil | 30 novembre 2006

Argo,
Citer Meirieu, c'est très mauvais signe! C'est se discréditer.

Ecrit par : Jean | 01 décembre 2006

Pour Jean

Je n'avais jamais entendu parler de (ou plutôt devrais-je dire jamais prêté attention à) Bentolila auparavant. J'ignore tout de son parcours, et surtout de ses prises de position passées sur la question de l'école. Aussi ai-je posé ma question sans fausse candeur.

Sa citation de Meirieu est assez anodine, d'ailleurs. Avez-vous entendu l'émission dont je parlais ? Sinon, j'espère qu'elle est encore en ligne, il vaudrait mieux qu'on en discute en connaissance de cause plutôt que sur des préjugés ou procès d'intention. J'ajoute que je viens de lire le fameux rapport, et qu'il me paraît fort sensé.

Je constate en revanche que vous semblez avoir une dent particulièrement dure contre ce personnage dont j'ignore tout. Vous avez sans doute vos raisons, et j'aimerais les connaître.


PS : il y avait voici trois semaines une émission sur l'école sur France Culture avec trois invités dont Meirieu. Les deux autres, dont un sociologue, étaient de la même eau, et l'animateur du débat en totale connivence avec leurs discours, hésitant entre la langue de bois et le noyage caractérisé de poissons par bancs entiers. C'était particulièrement pitoyable, et foncièrement malhonnête d'appeler du nom de débat une conversation entre quatre personnes d'accord entre elles (dont un censé être arbitre…). Bref, comme dirait certainement JPB : France Culture, encore un nom qui commence mal !



_____________________

Pour Estil :

Il n'y a pas de règles en musique, sauf en musique classique, dites-vous.

Soit.

Je prendrai donc le débat par le bout opposé de celui qu'a choisi Christophe, en vous posant les questions suivantes :

1/ Qu'appelez-vous exactement "musique classique" ?

2/ Quelles en sont donc, pour vous, les règles ?

3/ Question subsidiaire. Neuf ans d'études en CNR à Lyon, et un DEM au bout… Dans quelle discipline dominante ? Avec quelles options ?

Ecrit par : Argo | 01 décembre 2006

Puisque Estil insiste...
Trois prix de conservatoire régional, (à Saint-Maur des fossés); médaille de solfège, prix de piano, (classe de Catherine Collard), et prix de musique de chambre, (classe de Jeanne Loriod).
Préparation de la classe de solfège spécialisé au CNSM de Paris, (classe de Raymond Weber). Un peu jeune c... à l'époque, et, de plus, il faut avouer que ce n'est pas très rigolo pour un môme de 15 ans. Je n'ai pas donné suite).
En charge d'une classe, (piano, formation musicale, musique de chambre), pendant 13 ans, au conservatoire de Champigny sur marne, dans le val de marne. J'ai eu des élèves jusqu'en cours moyen 2. J'aurais presque pu vous y avoir comme élève, Estil. Mais j'aurais sans doute démissionné à la suite d'une catastrophe de ce genre.
J'ai également travaillé dans le milieu du spectacle pendant quinze ans environ, (Font et Val, Idir, entre autres, au piano et claviers divers).
J'ai passé mon CAPES, enseigné à l'école normale, puis à l'IUFM Orléans-Tours. Ce qui m'amuse beaucoup plus, en fait, que l'enseignement en école de musique. Ne pouvant pas, évidemment, continuer à faire les deux, (et même les trois, avec les spectacles, pendant un an, ce qui était assez délicat concernant l'organisation, avec tous les trajets que ça impliquait), j'ai arrêté l'enseignement en conservatoire. Sauf là où j'habite. Je m'occupe d'un ensemble vocal, à l'école nationale de musique.
J'ai aussi, ici, un trio de jazz, et m'occupe de plusieurs autres chorales, dans le cadre de mon métier à l'IUFM et autres.
Bonne journée.

Ecrit par : christophe sibille | 01 décembre 2006

Argo,
Quand on a un tant soit peu de jugement, il suffit, vous verrez, de lire une page de Meirieu - absolument n'importe laquelle, puisque la chanson est toujours la même et que tout écrit de Meirieu revient toujours "in fine" à l'autoglorification de Meirieu - pour s'en faire une opinion. Que dis-je une page? Quelques lignes! Par exemple celle-ci: "En France on a encore tendance à considérer que la qualité d'un enseignant se mesure au nombre d'élèves qu'il a fait trébucher." Et il y en a quinze mille pages de cette farine!
Christophe,
Oh! mais ce que vous nous racontez là devient très intéressant! Figurez-vous que j'ai fait, pour ma part, six ans d'orgue dans un grand conservatoire régional de l'Est de la France, et que je savais par coeur les grands préludes et fugues de notre Saint-Père le Bach, et ses sonates en trio comme disait Widor. Depuis une douzaine d'années, je me suis mis à la variété et au jazz . En ce moment, je fais du piano-bar. Votre trio de jazz m'intéresse beaucoup. M'en enverriez-vous une cassette si je vous donne mon mail?

Ecrit par : Jean | 01 décembre 2006

"C'est le petit garçon de la voisine qui porte un chapeau à plumes qui joue dans la cour."

Cette phrase d'élève exprime à elle seul les limites du "constructivisme"; l'enfant ne peut pas passer "par lui-même" à la formulation "libératrice" (pour employer le jargon des "pédagogues") :

"Le chapeau à plumes du petit garçon de la voisine joue dans la cour."

qu'en passant par la formulation contraignante : "Le petit garçon qui joue dans la cour, c'est celui de la voisine, celle qui porte un chapeau à plumes."

Je ne sais plus qui accusait un jour André Breton de ne pas avoir touché à la grammaire et à la syntaxe. Réponse : parce qu'il savait bien que la vraie liberté ne consiste pas à détruire les règles, mais à jouer avec elles.

Ecrit par : Robin Guilloux | 01 décembre 2006

"Notre Saint Père le Bach, comme disait Widor", évidemment.

Ecrit par : Jean | 01 décembre 2006

Bonjour, Jean,
Je ne connaissais pas cette appellation donnée par Charles-Marie, mais Debussy appelait Jean-Sébastien: "notre père à tous". Dans les deux cas, appellation totalement juste, notamment grâce, notamment, aux préludes et fugues des deux volumes du clavier bien tempéré, qui sont une des plus grandes charnières dans l'histoire de notre musique classique ... Mais à tellement d'autres oeuvres également.
Le trio est un peu "en panne" en ce moment, (bassiste intermittent et "courant un peu le cachet", et batteur pris dans son travail, vie familiale, et autres groupes). Je dispose seulement, je crois, d'une video de concert qu'on a faite il y a quelques années, mais la qualité technique en est moins que moyenne! Je peux, éventuellement, vous en faire une copie. Ceci-dit, j'espère qu'on va s'y remettre bientôt, et enregistrer avec des moyens plus actuels!
Quel répertoire jouez-vous, en piano bar?

Ecrit par : christophe sibille | 01 décembre 2006

Bonjour,
Ca bouge dans la Marne. Voici la réaction d'un instituteur -directeur d'école retraité. Son coup de coup de geule a été envoyé à environ 70 personnes ( parlementaires, journalistes, connaissances diverses)

Merci à vous les actifs de répondre à cette démagogie. Je suis en retraite depuis pas mal d'années et ne me résouds pas à accepter l'idée que non seulement " grâce à notre âge" nous sommes dépassés et "invités" à nous taire, mais qu'aussi nous avons raté notre carrière et appris à nos élèves à être des ignorants, voire des illettrés. Moi qui qui ai terminé mon temps d'instit, content, heureux d'avoir fait de mon mieux en faisant une lecture positive des " Instructions de l'Education Nationale" en y cherchant ce qu'elles nous permettaient de faire plutôt que ce qu'elles nous interdisaient, devrais-je revenir sur mon jugement et faire un constat d'échec ? Monsieur de Robien, je me faisais une autre idée de vous ...avant !
Manu Thiébault.

Affaire à suivre car j'ai reçu un autre billet d'humeur d'un instituteur-directeur d'école en activité, Conseiller Général de la Marne mais que je n'ai pas le temps de transmettre maintenant. Il n'est pas content non plus...

Ecrit par : CHARPENTIER Hélène | 01 décembre 2006

je corrige : gueule.

Ecrit par : CHARPENTIER Hélène | 01 décembre 2006

Aura-t-on un message de JPB sur sa participation hier à l'émission d'Arlette Chabot ? Il y aurait tellement à dire sur la façon dont s'est déroulée l'émission, sur la manière dont Arlette Chabot gère le temps de parole, sur les réponses qu'a apportées Nicolas Sarkozy, sur l'impression que donnait JPB au long de l'émission (franchement, JPB, vous vous ennuyiez fort, non ?). Ce sera sûrement un billet délicat à écrire, mais ce serait tellement instructif ! Allez JPB, on vous a vu hier, comment avez-vous jugé tout ça ? (c'est le titre de l'émission, après tout)

Ecrit par : Jérémy | 01 décembre 2006

Cher Monsieur Brighelli,
j'ai regardé avec attention "A vous de juger" hier soir, dont vous étiez l'invité principal.
J'ai trouvé dommage que durant la quasi-totalité de l'émission, un importun, qui s'était assis devant vous, par erreur ou plus probablement par malveillance, réponde systématiquement à votre place à toutes les questions qui vous étaient adressées par Mme Chabot. J'ai d'ailleurs trouvé votre patience exemplaire devant un tel sans-gêne.

Plus sérieusement, même si j'imagine que vous pensiez pouvoir poser plus d'une question et demie à M. Sarkozy, j'ai trouvé étrange que vous rameniez la question de la répartition des moyens à celle des méthodes de lecture (alors que M. Sarkozy venait très explicitement de se prononcer pour la liberté des méthodes d'enseignement) et que vous ne parliez pas du problème de la bivalence, qui me semble capital aujourd'hui (les TZR ne pourront bientôt plus refuser des remplacements "hors-discipline" et on verra alors des profs qui apprendront la veille au soir dans le manuel de leurs élèves ce qu'ils vont leur enseigner le lendemain !).
Vous me direz peut-être que c'est le fait que je sois candidat au Capes et à l'Agreg de Philo qui fait que je suis plus sensible à la bivalence qu'aux méthodes de lecture...
En tout cas, merci, et continuez !

Ecrit par : Pat | 01 décembre 2006

"C'est le fils de la voisine qui porte un chapeau à plume qui joue dans la cour."

"Lorsque j'étais malade, ce qui m'arrivait, hélàs, bien souvent, et que maman, dont le souci de préserver ma santé s'exerçait au dépens de mon endurance, m'obligait à garder le lit et bien qu'il me fut interdit de me "découvrir", j'allais, de temps à autre, sans faire de bruit, regarder par la fenêtre, dans l'espoir fou d'apercevoir, en contrebas, dans la cour que l'interdiction "d'y aller seul" revêtait du mystère désirable des choses défendues, le panache blanc d' un chapeau de mousquetaire, celui du fils de notre voisine, un garçon de mon âge, dont la vitalité native, effrayante et inépuisable, enviée par moi depuis toujours, se manifestait par de grands coups d'épée sur quelque camarade plus timide, plus gracile ou moins entrainé, peinant peu à peu à se défendre, jusqu'à la défaite inéluctable, saluée par le vainqueur d'un formidale cri de victoire, ou bien, par un hasard tout aussi inattendu et à peine moins heureux,celui, noir et gracieux, plus moderne et plus réservé de sa mère..."

Ecrit par : Robin Guilloux | 01 décembre 2006

Lire "et bien qu'il me fût interdit" (fût avec l'accent circonflexe du subjonctif)..."formidable".

Ecrit par : Robin Guilloux | 01 décembre 2006

Jean

Vous éludez ma question, en ne me répondant qu'au sujet de Meirieu - une réponse avec laquelle je suis bien évidemment en accord.

Vous ne me dites toujours rien à propos de Bentolila et des raison qui vous amènent à le trouver, disons, suspect.

Vous ne me dites pas non plus si vous avez écouté l'objet du délit, aussi je vous en indique le lien, au cas où… :

http://www.radiofrance.fr/franceinter/em/septneuftrente/index.php?id=49843

(une fois sur la page, voir en haut à droite : " (ré)écouter en un clic… 1/ l'invité d'inter (pour l'interview) et 2/ Inter Active (pour les réponses aux auditeurs) )

On en reparle après ?


__________________

Pat,

En effet, j'ai regardé l'émission… c'était qui, le type en costard et talonettes, à côté de JPB ?

Ecrit par : Argo | 01 décembre 2006

Sur l'émission de France-Inter:
On entend là toute l'intelligence de Bento qui fait preuve d'une grande capacité d'adaptation, l'un des critères essentiels de l'intelligence si l'on en revient à la défintion du Grand Robert de la langue française. Ce monsieur a toujours fait preuve d'une adéquation intégrale au mouvement pédagogiste et il sait admirablement contourner sa veste pour faire peau avec les exigences du ministre actuel. Cela dit , je fais partie des personnes qui pensent que seuls les imbéciles ne changent pas d'avis. Seulement, étant donné son implication dans les strates du pouvoir, l'on peut se poser la question des limites de sa sincérité. Mais l'on ne peut affirmer qu'il ne dise que des absurdités.C'est là que le bât blesse.
Pour les artistes et les plus poètes, un autre point de vue sur la grammaire...
http://www.vousnousils.fr/page.php?P=data/autour_de_nous/l_actualite_du_jour/depeches_de_l_educat/&key;=20061201&key2;=061201064947.ev2thssp.xml

Ecrit par : Alice | 01 décembre 2006

Merci du conseil, Alice. Voilà quelqu'un qui fait avancer les choses, avec des moyens très simples et apparemment efficaces. Sa méthode des couleurs n'est pas nouvelle. Le Père Touzery, qu'on appelait "Toutouze", notre professeur de français, latin, grec au collège St Jean de Béthune à Versailles, l'utilisait déjà en étude dirigée quand j'étais en 4ème (Ca ne me rejeunit pas, c'était en 1964 si mes souvenirs sont bons !) pour nous aider à faire nos versions latines. Il avait un caractère de cochon et il était terriblement exigeant, mais lui, au moins, il ne nous prenait pas pour des imbéciles. En ce qui me concerne, je n'ai rien contre la pédagogie si la pédagogie demeure au service des disciplines, et à condition de rester modeste et de ne pas en faire tout un plat.

Ecrit par : Robin Guilloux | 01 décembre 2006

Excellent Pat !!

Mais oui JPB, 2h1/2 à l'antenne : vos yeux souvent, vos moustaches de temps en temps mais quelle maîtrise de l'expression du visage. Peut être juste un mouvement de sourcil à la prononciation du mot Laïcité....On ne peut en dire autant du nain de jardin devant vous : on lui sert la soupe toute la soirée - l'émission est tellement préparée qu'il faut être sourd et aveugle pour ne pas réaliser que toutes les questions sont connues d'avance- les plans larges de la salle ne montrent que jeunes filles souriantes et cependant que de messages au travers de ces doigts crispés et serrés, de cette jambe systématiquement croisée à l'angle droit. Défensive, peur, protection....Remarque un nain qui se retrouve avec un d'Artagnan dans le dos pendant 2h1/2, c'est vrai, allez on peut comprendre.

Moi je ne note une chose : une émission de 2h1/2 et +, le thème de l'éducation positionné à la fin et on accélère tout à coup le ryhme et on empêche tous les intervenants de répondre voire de finir leur phrase....Normal ? Logique ?
La bataille n'est pas finie...Austerlitz c'est le 2 !

With Love
Colomba

Ecrit par : Colomba | 02 décembre 2006

INVITATION à découvrir la pensée de Pierre LEGENDRE sur l'éducation. Extraits de son récent Livre Nomenclator (recueil d'articles chez Fayard)
" Est-ce que nos sociétés, qui éclatent de savoirs, n'éclatent pas aussi de cette sorte de faiblesse que les Anciens appelaient imbécilité, à la fois faiblesse d'esprit et manque de caractère? La transmission des connaissances aujourd'hui ne serait-elle pas hypothéquée par cette faiblesse-là?
.../...Le vocabulaire mis à la mode depuis 30-40 ans dit le fond des choses: il y a la relation enseignant/enseigné, comme il y a la relation soignant/soigné, etc. ; et moi j'ajoute mon interprétation ironique: derrière tout ça il y a la relation crétinisant/crétinisé.../...
La transmisions des connaissances, sur fond de relation duelle, soustrait l'élément d'idéalisation nécessaire à l'appropriation subjective du savoir par les élèves; elle inocule ainsi une conception barbare, purement technique, du savoir lui même, lequel devient assemblage cumulatif d'éléments "objectifs" mis en circulation par la pédagogie de la "transparence", quelque chose dans l'ordre de l'objet jetable et renouvelable par une production de série. Plus tard, au stade universitaire, la même comédie continue et devient inappétence et peur de penser: au mieux on fabrique des experts spécialisés, sauf l'exception des transgresseurs qui, sous tous les obscurantismes, se débrouillent pour échapper à la prison mentale de la non-pensée. Dans cette perspective, le ludique et le consensuel s'emparent des méthodes, la peur d'être normatif soutient le pire conformisme, le jeune à tout âge est traité comme un adulte déjà construit, sommé de se "prendre en charge".
La culture d'Occident, après les désastres totalitaires, a débouché sur ce que nous vivons: la perte de crédit de la parole. La relation duelle, avec la haine qu'elle véhicule et la violence qu'elle induit, c'est cette impasse là. On commence à comprendre que pour sortir d'une impasse, il faut reculer; on commence à comprendre que la nouvelle institution de l'école s'est bornée à retourner la vieille médaille: l'école a troqué son ancienne rigidité contre l'inconsistance. (pages 190-191).

Philippe Delarouzée est bien inspiré quand il nous suggère d'aller à la découverte de cette pensée profonde, difficile mais ö combien décapante de Pierre Legendre.

Ecrit par : buntovchik | 02 décembre 2006

Ce blog étant le seul endroit où l'on puisse développer ce que Robert Musil appelait des "Considérations désobligeantes", je pose une question qui me trotte dans la tête depuis les manifestations contre le CPE : Que s'est-il passé entre mai 1968 et octobre 2006 pour que les étudiants de la Sorbonne, à la place des bons vieux pavés, se soient mis à jeter des livres sur les CRS ? L'espoir fou qu'ils pourraient les ramasser pour les lire répondrait peut-être l'angélique Philippe Meireu. Est-ce que j'ai une autre interprétation ? Oui, hélàs et j'aimerais bien me tromper. Parce qu'ils n'ont pas encore tout à fait le courage de les brûler.

Ecrit par : Robin Guilloux | 02 décembre 2006

Dans leur for intérieur je n'irai pas jusqu'à dire qu'ils les brûleraient...
Vous avez entendu Sarkozy? Il dénonce l'école moderne qui sous couvert d'égalité des chances n'apprend plus rien...

Ecrit par : combemale | 02 décembre 2006

Pour ceux qui sont dubitatifs sur la sincérité d'Alain Bentolila, vous pouvez écouter ce qu'il dit ainsi que Madame Viviane Ioux (présidente de l'Association française des enseignants du français, qui me rappelle par sa rigidité et sa mauvaise foi Eveline Charmeux ) sur :
Europe 1 jeudi 30 novembre Pierre-Marie Christain.
Anne-Marie Valette.

Ecrit par : Anne-Marie Valette | 02 décembre 2006

Voici quelques notes prises lors de l'émission du matin sur Europe1.

" Entretien de Mr Bentolila, professeur de linguistique à la
Sorbonne, membre de l'Observatoire de la lecture, auteur de "Tout sur l'école",
avec Jacques Pradel, sur Europe 1, le 13-10-2004.

- Absurdité de donner certains textes "exigés" par les
programmes à des enfants incapables de les comprendre; exemple cité :
extraits de la Chartreuse de Parme à des élèves de lycée professionnel.
- Une jeune institutrice sortie de l' I.U.F.M. où elle n'a rien appris (sic) (désolée, Christophe) place le mot "exquis" dans une phrase, en C.P. Le petit caïd de la classe lui dit : "Maîtresse, ce mot-là, c'est pour les filles". La préciosité est refusée par les enfants. Les mots "grave", "trop", qui
signifient soit "dégueulasse" (sic) soit "merveilleux" sont, eux, utilisés.
Ils se cantonnent contre la précision. Les enfants de la classe moyenne épousent cette façon d'agir.
Il faut lutter contre cette tendance.
- Incapacité d'entrer dans l'écriture car leurs mots sont insuffisants. Il y a une "tribalisation" de l'échec. (Terme emprunté à Daniel Pennac). Ils revendiquent le refus de ce qu'on veut leur donner.

- Quand les mots manquent, les coups arrivent. Histoire d'un jeune "black" (sic), voleur de C.D., pris sur le fait. Au tribunal, incapable d'expliquer son geste, et donc de se défendre, il s'est précipité sur le juge et l'a frappé. Il a été condamné à quelques temps de prison ferme, alors que Mademoiselle Bentolila, qui comparaissait devant le même
tribunal pour une faute non précisée par son papa, a eu "une petite peine au vu de sa bonne mine et de sa facilité à s'exprimer". (Sic)

- Milliers de débats médiocres du Grand Débat.
- Apprendre à se débrouiller dans la vie en sachant lire le nom des stations de métro, les modes d'emploi des machines, ( comme Mr Meirieu l'avait préconisé un moment pour les enfants défavorisés, signé A.M.Valette) ne suffit pas. Cela implique une très grande pauvreté de vocabulaire.
- Les filles sont tenues en laisse par les garçons, alors qu'elles réussissent beaucoup mieux qu'eux. Exemple : une jeune fille beur lit "L'étranger", de Camus, dans un coin de la cour de récréation. Trois jeunes beurs arrivent, lui arrachent son livre, le saccagent. Elle se tient tranquille, très effrayée, et ramasse les débris de son livre, en disant :
"Putain, c'est çà, l'école ?"
- Mirages dangereux que représentent Zidane, Internet. Ils se disent : "L'école, à quoi ça sert ?"
- Lire, écrire, compter, c'est un peu court.
- Grand projet : prolonger le cycle de l'école par la 6 ème.
- La formation des enseignants est-elle bonne ? L' I.U.F.M., c'est du grand Guignol. Face à des élèves, il faut mettre des profs.
DES GENERATIONS SERONT SACRIFIEES, 20% DES ENFANTS SONT EN ECHEC, ON TRAVAILLE POUR LEURS ENFANTS.
Les I.U.F.M. sont autonomes et font ce qu'ils veulent. CERTAINS CONSACRENT 15 OU 20 H A L'APPRENTISSAGE DE LA LECTURE, 1 OU 2 H POUR D'AUTRES.
- La suppression des livres est paniquante pour le professeur et pour les élèves.
- La télévision est très néfaste.
- On revient en arrière, mais il ne faut pas se leurrer : il n'y aura pas de coup de baguette magique.
- Primauté de la famille pour la maîtrise de la langue orale.
- Collège unique, collège inique. (sic)
- Il n'y a pas de honte à redoubler, si cela peut être utile à l'enfant.
- La "différenciation maîtrisée " ( la discrimination positive) a des effets pervers considérables.
- Le métier est un métier de pro, et on ne peut pas remplacer un professeur par n'importe qui."
Anne-Marie Valette.

Ecrit par : Anne-Marie Valette | 02 décembre 2006

"Le métier est un métier de pro, et on ne peut pas remplacer un professeur par n'importe qui."
Anne-Marie Valette.

Ecrit par : Anne-Marie Valette | 02 décembre 2006

On pourrait presque appeler ça une tautologie! Nul doute que tous ici, (et ailleurs), soient d'accord avec ça!

Ecrit par : christophe sibille | 02 décembre 2006

"Face à des élèves, il faut mettre des profs."

Ecrit par : Anne-Marie Valette | 02 décembre 2006

Anne-Marie, décidément, vous vous surpassez!

Ecrit par : christophe sibille | 02 décembre 2006

Voici quelques autres élucubrations de notre cher Bentolila.

"> L'île aux mots.Maîtrise de la langue.sous la direction d'Alain Bentolila.Voici ce que ma petite-fille a comme exercice de français, en CM2.
> En Mamouchie, un pays bizarre.
> Les mamouchiens mangent les choufnais.Les choufnais croquent seulement les zigouliens car les zigouliens sont très tendres.
> L'été, les mamouchiens ne paupinent jamais; ils gloupent des petits oiseaux. Le soir, les choufnais houhourlent.
>
> Je m'exerce.
> Dans les phrases suivantes, indique si les mots en gras
> appartiennent à la catégorie QUI ? ou FAIT QUOI?
>
> a ) Pierre mange des tracks le matin.
> b ) Les trouches courent dans les champs.
> c ) Les enfants tratochent des noix.
> d ) La sorcière crotille les animaux.
> e ) Olivier observe les crols dans la forêt.
> f ) Dans les bois, les grunches sentent bon.
> g ) Mon amie peint des chapouilles rouges et de jolis cloinges verts.
>
> Recopie le texte et choisis le mot qui convient.
> Les (septentriens/paupinent) ne mangent jamais les
> (djoks/gloupent). En effet, ils ne croquent que des
> (frignes/houhourlent) car, quand la (broule/chirpent) revient, les (djoks/gloupent) piaillent très fort.
> L'hiver, les marmottes (chlurpent/septentriens) et les écureuils (mamouchiens/gratchounent).
> Le reste du livre contient de bonnes choses, avec de temps en temps des textes de mots "tordus" si à la mode dont je ne
> comprends pas l'intérêt.
> Ex : La princess Dézécolle rentra très fatiguée de sa ournée de travail. Elle se traîna et se mit au riz sans manger.
> "J"en ai plein le dos de ces sales bosses". etc
>
> Voici les noms de camps romains visités par Astérix.
> Tartopum, Chouingum, Oncletum, Hum, Babaorum.
> A toi de trouver la bonne façon de les écrire.
Anne-Marie.

Ecrit par : Anne-Marie Valette | 02 décembre 2006

Enfin, voici ce qu'écrit sur Bentolila dans son excellent livre"l'école des illusionnistes" Madame Elisabeth Nuyts.

Bentolila : "il dit tout et son contraire".
"Ce pédagogue à l'imagination débridée.
- (Il a introduit )le chronomètre comme mesure de capacité de lecture de l'enfant.
"Donner le top de départ du début de lecture (silencieuse bien sûr) , puis toutes les 30 secondes un top avertit les élèves de marquer sur leur texte l'endroit où ils sont arrivés. On continue à annoncer les tops jusqu'à ce que le dernier élève ait terminé. Il suffit alors de compter le nombre de
mots lus jusqu'à la dernière barre, de la diviser par le nombre de barres (= nombre de fois 30 secondes) et de multiplier le résultat par 2 pour obtenir la vitesse en nombre de mots lus à la minute." (Quel est l'âge de Bentolila? A.M.V.)
Le but étant d'arriver à la moyenne de 450 mots par minute, vitesse préconisée par un autre spécialiste de la lecture rapide, lui aussi à la tête de l'Observatoire National de la Lecture.
- Désolidarisation de la lecture et de la recherche du sens. ( "La classe", mensuel pratique des instituteurs.)
On va demander à l'enfant d'effleurer le texte des yeux à la recherche de mots épars choisis pour leur place ou leur longueur, de parcourir le texte en tous sens, en diagonale, en haut, en bas, en arrière, en avant.
Toutes ces techniques devraient, nous dit-on, apprendre à nos enfants à lire. " (Fin de citation.)
Quand je dis que ce sont des malades mentaux qui cherchent à expérimenter toutes leurs idées les plus farfelues sur nos enfants. On devrait mettre Bentolila quelques années en ZEP, pour y expérimenter ses méthodes.
Je ne pense pas que le chronomètre ait eu beaucoup de succès, mais la lecture silencieuse, des "consignes" en particulier, et la reconnaissance des mots par leur longueur, leur forme, dès que l'enfant a pu déchiffrer une syllabe ou parfois une lettre , continue à sévir.
Anne-Marie.

Ecrit par : Anne-Marie Valette | 02 décembre 2006

Considérations désobligeantes. Suite...

Je vais de temps à autre sur le site de Philippe Meirieu...pour essayer de comprendre.

Je pose une question. Quel rapport y a -t-il entre le "collège unique boîte à chaussures" + la Loi d'Orientation de 1989 et Pestalozzi (ou des gens aussi admirables, chacun dans son genre et aussi différents que le philosophe Alain, Dom Bosco, Oberlin, Célestin Frenet, Janusz Korcziak et même ce vieux farceur d'Alexander Neel (Vous vous souvenez, les gens de ma génération de "LIbres enfants de Sumerhill", quand on sortait de chez les Frères ou d'un lycée public de ces temps-là, ça faisait rêver...)

Réponse : absolument aucun.

Autre question : Vous êtes responsable d'un supermarché (ou d'une supérette, ou d'une épicerie...) et vous vous trouvez devant le dilemme suivant : jeter des produits avariés ou changer l'étiquette avec la date de fraîcheur. Quelle solution adoptez vous ?

Question : Quelle rapport y a-t-il entre cette question et les deux précédentes ?

Réponse : Le même rapport qu'entre Célestin Frenet et une boîte à chaussures.

Ecrit par : Robin Guilloux | 02 décembre 2006

"Le métier est un métier de pro, et on ne peut pas remplacer un professeur par n'importe qui."
Anne-Marie Valette.

Ecrit par : Anne-Marie Valette | 02 décembre 2006

On pourrait presque appeler ça une tautologie! Nul doute que tous ici, (et ailleurs), soient d'accord avec ça!

Ecrit par : christophe sibille | 02 décembre 2006

"Face à des élèves, il faut mettre des profs."

Ecrit par : Anne-Marie Valette | 02 décembre 2006

Anne-Marie, décidément, vous vous surpassez!

Ecrit par : christophe sibille | 02 décembre 2006


Cher Christophe, quand je dis "Delenda sunt IUFM", je crois ne pas me tromper. Auriez-vous besoin d'un "cerveau-relais" (hum, je n'irai pas plus loin dans la citation !! ) pour vous rendre compte que ces "tautologies" ne sont pas de MOI, mais du génial BENTOLILA ??

Bien cordialement.
Anne-Marie.

Ecrit par : Anne-Marie Valette | 02 décembre 2006

Ce qu’il est frappant de voir ici, c’est que tous les participants à ce blog (ceux qui ont des enfants) sont vraisemblablement des modèles pour éduquer leur progéniture. Qu’ils soient profs ou pas. (Certains, d’ailleurs, ont un peu trop tendance à mettre cette même progéniture en avant ici, à mon goût. Mais c’est un autre débat). Ils raisonnent donc en fonction d’une école idéale, qui accueillerait des enfants semblables aux leurs, n’ayant pas de carences affectives importantes, ni de gros problèmes éducatifs. Prenons, si vous voulez bien , les problèmes dans l’ordre, (puisque c’est ce qu’on pense juste concernant l’apprentissage de la lecture). Avant de mettre un pied à l’école, l’enfant passe trois ans dans son milieu familial. Si, au moment d’arriver à l’école maternelle, il a souffert de graves carences affectives, ou d’une démission des parents,( pour des raisons qui ne leur sont pas toujours imputables, d’ailleurs, loin s’en faut), il sera hors d’état d’apprendre quoi que ce soit, (c’est le sens de la phrase de Meirieu que vous citez souvent, Jean ; « nul ne peut contraindre un enfant à apprendre »), phrase que vous avez placé dans un contexte de collège, et d’enfant refusant d’apprendre.
Evidemment, dans une école idéale, dans laquelle tous les enfants arriveraient à trois ans sans avoir subi ni de coups, ni d’attouchements, qu’on n’a pas considéré comme enfants rois, à qui on a donné un cadre assez strict et de l’amour à revendre, le métier de prof serait assez simple à exercer. Il suffirait de bien connaître sa discipline, (ou ses disciplines), et d’instruire. Ce n’est, hélas, pas le cas.
D’ailleurs, Jean, le sens d’une autre phrase de Meirieu que vous vous plaisez visiblement à citer, (de mémoire, « si les profs s’occupaient de leurs élèves comme de leurs enfants, l’école n’aurait pas ces problèmes ») doit, à mon sens, être comprise dans le sens : « la plus grande partie des profs a des notions assez précise d’éducation ; donc, dans leur majorité, les enfants d’enseignants s’adaptent plutôt mieux à l’école primaire que la moyenne des autres enfants, et quand le pli est pris en primaire.
Anne-Marie, votre haine et votre partialité sont décidément suspectes !

Ecrit par : christophe sibille | 02 décembre 2006

sibille,c'est Votre haine et partialité à l'endroit d'Anne-marie qui relève de la pathologie!

Ecrit par : frederic | 02 décembre 2006

frederic, merci de répondre sur l'ensemble de mon message.

Ecrit par : christophe sibille | 02 décembre 2006

des notions assez précises d'éducation.
quand le pli est pris en primaire... ...
Mille excuses.

Ecrit par : christophe sibille | 02 décembre 2006

sibille, nous ne sommes pas vos élèves (heureusement!); alors cessez ce ton de roquet.merci.

Ecrit par : frederic | 02 décembre 2006

Ce matin, séance de reformatage avec l'IEN sur les objectifs de fin de maternelle en ZEP. Quelques non-réponses aux questionnements des collègues.
-Il faut afficher toutes les comptines et tous les textes narratifs sur les murs afin que l'enfant lecteur puisse les relire. Tiens, je ne savais pas que les enfants de GS étaient lecteurs!
-C'est parce qu'il sera imprégné de la recette de la compote qu'il aura construit son savoir en lecture...changer de recettes au cour de la vie de la classe et ne pas oublier de lire tout ce qui tombe sous la main dans les situations naturelles que le maître saura créer.
- En numération, pour ceux qui ne sont pas encore mûrs, faire manipuler au moins quatre fois par jour. Comme l'enseignant doit être présent, les autres se débrouillent tout seuls car il est instauré de fait qu'ils n'ont pas besoin de nous.
-D'ailleurs, ces derniers serviront à faire travailler leurs pairs, ce qui demande de grandes compétences:faire apprendre à apprendre et ne pas faire à la place de...
-Les instructions officielles sont très claires, tout est précis...allusions des auditeurs sur toutes les interprétations possibles...pas de réponse.
-Il faut se concerter sur les progressions, programmations et répartitions entre niveaux de classe...ou l'art et la manière de faire entrer n'importe quoi dans des cases. Aux questions sur les progressions en langage oral, pas un seul exemple concret.
-Sur la pauvreté du vocabulaire et l'absence d'organisation syntaxique: créer des situations et faire verbaliser l'enfant afin de voir s'il donne du sens à ce qu'il est en train de faire.(individuellement ou en petit groupe).
Déjà qu'ils savent à peine demander: "Est-ce que je peux y'aller aux toilettes?", je voudrais bien voir faire "cognitiver" ces élèves sur le sens qu'ils donnent à ce qu'ils font.
-Profiter de l'unique ordinateur pour utiliser le tableau à double entrée. L'élève s'y inscrira d'une façon autonome. C'est sûr, comme il ne rêve que d'y retourner, il ne va pas oublier de s'inscrire! J'ai essayé pendant 3 ans, je ne suis jamais parvenue à faire fonctionner ce système d'inscription à l'atelier informatique.
-Pour les enfants qui ont de graves problèmes familiaux, leur conseiller de les laisser à la porte et simplement leur dire:"Tu es là pour apprendre". S'ils ont un grand manque de sommeil, faire cinq minutes de temps de détente avant de commencer la classe.
-Une couche de transversalité par-dessus afin de mixer le tout et de construire sur des bases plus larges...
Je passe le reste du résumé, mais j'en déduis encore une fois que nous devrions en repasser directement par les 45h de présence à l'école afin d'avoir le temps d'individualiser.
J'espère que ce monsieur ne fréquente pas "Bonnet d'Ane", car il risquerait de se (et de me) reconnaître. A moins qu'ils aient tous avalé la même disquette...

Ecrit par : Alice | 02 décembre 2006

Mon épouse, qui est professeur d'éducation musicale en collège
(elle a eu aussi la chance d'avoir travaillé avec le grand Raymond Weber, comme l'un des nos deux amis qui nous font les Chevalier et Laspalès tout au long de ce blog), me fait part d'une réflexion d'une de ses collègues, professeur principale d'une classe de 4ème à propos d'un élève dont nos psycho- pédagogues diraient qu'il est en souffrance, que ses parents ne s'entendent pas, qu'il faut être à son écoute...que sais-je encore et dont l'absence de scrupules, une intelligence un peu en dessous de la moyenne mais particulièrement sournoise et malveillante et le plaisir de casser du prof avec le soutien de ses parents apparenterait plutôt à la catégorie banale, mais difficile "à aider" des pervers :

"Nous sous sommes réunis en conseil pédagogique, avec les collègues ET NOUS AVONS FINALEMENT DECIDE QU'IL N'Y AVAIT PAS DE PROBLEME AVEC CET ELEVE.

Je ne résiste pas à la tentation de décliner cette phrase qui en dit long sur le climat actuel,

"Nous nous sommes réunis, M. Neville Chamberlain, M. Anthony Eden et et moi-même et nous avons décidé qu'il n'y avait pas de problème..."

"Nous nous sommes réunis, mes collègues et moi-même, et nous pensons qu'il y a neuf risques sur dix pour que l'éruption de ce volcan fasse au moins cent mille morts, mais nous avons décidé qu'il n'y avait pas de problème."

"Nous nous sommes réunis pour examiner si le fait de brûler un autobus avec des passagers à l'intérieur pouvait encore relever d'une analyse compassionnelle des maux de notre société et nous avons finalement décidé qu'il n'y avait pas de problème."

"Nous nous sommes réunis pour constater la faillite du système éducatif actuel, mais nous avons décidé qu'il n'y avait pas de problème."

Ecrit par : Robin Guilloux | 02 décembre 2006

"sibille, nous ne sommes pas vos élèves (heureusement!); alors cessez ce ton de roquet.merci."

Ecrit par : frederic | 02 décembre 2006
Je crois être resté poli avec vous. Même si cela vous agace.
Je vous demande de faire de même. Merci.
Je voulais simplement dire que l'attitude d'Anne-Marie Valette vis-à-vis des IUFM me semble aussi constructive que celle du taureau vis-à-vis du chiffon rouge. A ceci près que je ne pense pas que le taureau prétende que le chiffon ourdisse un complot contre lui.

Ecrit par : christophe sibille | 02 décembre 2006

Cette comparaison avec un taureau devant le chiffon rouge ne me déplait pas, et mon ami Pedro, lui non plus, ne serait pas vexé, je peux vous envoyer sa lettre ouverte à Gérard Gonfroy. De la bonne agitation de la muletta sous le nez du toro (simplifions l'ortografe comme le demande la présidente de l'Association française des enseignants du français) dépend d'ailleurs toute la beauté de la corrida.
(Rassurez-vous, je déteste la corrida, mais j'ai lu le superbe livre de Ernest Hemingway si mes souvenirs sont exacts, "Mort dans l'après-midi" . Ainsi que "Tu porteras mon deuil", de D.Lapierre et L. Collins. Lisez-les.)
Très cordialement.
Anne-Marie.

Ecrit par : Anne-Marie Valette | 02 décembre 2006

Ah, justement, cher Christophe, puisque je vous ai sous la main (si j'ose dire ) je cherche depuis longtemps un traducteur .
Il s'agit d'un texte en "novlangue" (référence "1984" d'Orwell) à me traduire. Je vous laisse le choix : soit en "langage soutenu "(c'est celui que je préfère vu mon excellente éducation et mes diplômes ), soit en "langage courant", (c'est celui qui est le plus communément utilisé) , soit en "langage vulgaire". Je déteste ce dernier, mais je pense qu'avant la disparition totale de la langue française, c'est celui qui va prédominer puisque pour être bien sûr que les élèves l'utilisent et le connaissent, on leur en fait des cours au collège . (Traduisez en langage soutenu : "J'avais l'air con la bouche ouverte". Extraits d'Emile Ajar, alias Romain Gary "la vie devant soi") Avec thèmes et versions. On leur fait aussi l'étude du verlan. (Laisse béton.) Je pourrais à la rigueur comprendre un texte en contrepéteries, maniant assez bien l'art du contrepet. (Mon excellente éducation a quelques failles.)
Mais la novlangue, c'est trop fort pour moi.
Venons en au fait.

recherche en écriture à l'IUFM de Créteil

Equipe 3

Les dispositifs d'écriture dans la formation des enseignants

Responsable : Jacques CRINON MCF
Equipe IUFM
Projet européen TNTERE

Résumé des recherches développées :

L'écriture réflexive en formation s'inscrit dans des dispositifs dont les effets, en matière de construction de connaissances et de métaconnaissances chez les enseignants novices, sont à interroger. Après avoir centré notre réflexion, dans une recherche précédente, sur le mémoire professionnel, nous élargissons à présent notre champ à d'autres dispositifs d'écriture, en particulier les dossiers. Nous procédons en outre à une comparaison internationale entre mémoires professionnels et portfolios, et interrogeons, à cette occasion, le rapport entre logique d'évaluation et logique de formation. Un troisième volet de cette recherche concerne enfin l'écriture collaborative à distance ; il emprunte
son cadre théorique à la «situated literacy» et étudie conjointement les interactions entre partenaires, les connaissances construites et les écrits produits.

Mots clés : Formation professionnelle des enseignants, TIC, Formation réflexive, Écriture,
Mémoires professionnels.

Enseignants chercheurs :
CRINON Jacques - MCF - HDR -section 7 -IUFM de Créteil
GUIGUE Michèle - MCF - section 70 - Université Lille III
LEGROS Denis - PR - section 16 -IUFM de Créteil
SILLAM Maguy - MCF - section 7 -IUFM de Créteil

Enseignants docteurs :
ESTERLE Michel - PRAG -IUFM de Créteil
LE FRANÇOIS Christophe - PRCE -IUFM de Créteil

Autres enseignants :
BIRGLIN-DUBANT Marie-José - PRCE
BONICOLI Jean-Marc - PRCE
FÉRONE Georges - instituteur - doctorantGÉDON Robert - PRCE
RICARD-FERSING Éliane -PRCE

Autres :
PUDELKO Béatrice - doctorante
Bien cordialement.
Je retourne à mon plum-pudding.
Anne-Marie.
Au fait, avez-vous lu le livre de François Vermorel ?

PS. Merci Frédéric.

Ecrit par : Anne-Marie Valette | 02 décembre 2006

Pour Alice : Qui inspecte les IEN ?? Bonne question, non ??
Les "formateurs" sont-ils inspectés ?? Par qui ??
Anne-Marie.

Ecrit par : Anne-Marie Valette | 02 décembre 2006

"Au fait, avez-vous lu le livre de François Vermorel ? "

Ecrit par : Anne-Marie Valette | 02 décembre 2006

Non, sincèrement, cela ne m'intéresse pas plus que le texte que vous avez copié-collé ici. (Je me suis déjà "farci" le premier livre de Boutonnet).
Cette prose est moins incompréhensible, (sauf l'anglicisme, pour moi), qu'ennuyeux à lire. Pas plus, en tous cas, que certains documents administratifs. Ceci-dit, certains termes m'y hérissent autant que vous. Et je voulais vous dire que votre courage à continuer à explorer ces fonds de poubelle force l'admiration! Je lire préfère Balzac, San Antonio, Charlie hebdo et le Canard Enchaîné, entre autres.

Petit P.S.: Les profs qui enseignent en IUFM, comme moi, ne sont inspectés que par leur chef d'établissement. Cela implique un avancement systématique à l'ancienneté, avec perte de salaire que je n'ai même pas calculée, pour tout vous dire, mais assez conséquente. On est loin, en tous cas, de l'esprit de prébende dont parlent certains.

"(elle a eu aussi la chance d'avoir travaillé avec le grand Raymond Weber, comme l'un des nos deux amis qui nous font les Chevalier et Laspalès tout au long de ce blog), "

Ecrit par : Robin Guilloux | 02 décembre 2006 "

Si elle y était en 1971, nous avons peut-être eu la chance de nous y croiser... Mais, concernant la fin de votre phrase, n'étant pas extrêmement familiarisé avec l'oeuvre des duettistes dont vous parlez, je n'ai pas saisi toute la finesse de votre allusion.

Ecrit par : christophe sibille | 02 décembre 2006

"- Absurdité de donner certains textes "exigés" par les
programmes à des enfants incapables de les comprendre; exemple cité :
extraits de la Chartreuse de Parme à des élèves de lycée professionnel."

L'imbécile!

Ecrit par : Pendariès | 02 décembre 2006

Pour Alice : Qui inspecte les IEN ?? Bonne question, non ??
Les "formateurs" sont-ils inspectés ?? Par qui ??
Anne-Marie.

Ecrit par : Anne-Marie Valette | 02 décembre 2006

Je dirais que les IEN sont "contrôlés" par les IA en fonction de leurs rapports sur leur organisation pour faire passer l'intox. J'ai pu constater, en écoutant aux portes de certains bureaux de l'Académie, que certains étaient bien vus et d'autres considérs comme très déficients (comme celle qui m'a sacquée.) A l'IUFM, leur réputation se fait au fil des couloirs et j'ai eu la confirmation de ce que j'avais ouï à l'Académie. Maintenant, à part une interpellation personnelle, je ne sais pas vraiment comment sont notés les IEN. Suivant le principe hiérarchique, ils doivent aussi recevoir des rapports. J'ai tout de même l'impression que leur statut et leur "liberté pédagogique"ne se sont pas non plus améliorés avec les années. Ils ne sont qu'un maillon de la chaîne et l'on sent bien une totale disparition du dialogue avec les pros du terrain qui existait encore il y a plus de 15 ans.

Ecrit par : Alice | 02 décembre 2006

Que pensez-vous du discour de Nicolas Sarkozy, à Angers, sur le thème de l'éducation. Est-il possible de trouver son discours sur internet ?

Ecrit par : Nicolas | 02 décembre 2006

Je viens de trouver le lien : http://www.u-m-p.org/site/index.php/ump/s_informer/discours/reunion_publique_angers_vendredi_1er_decembre
Que pensez-vous de ce discours ? Un petit extrait :

"Je vous propose de dénoncer les faux-semblants, les mensonges, la pensée unique, l’hypocrisie.

L’hypocrisie du bac qu’on brade peu à peu, pour mieux sélectionner à l’université dans le secret des examens de fin de deuxième année.

L’hypocrisie des grandes écoles qui accueillent moins d’enfants d’ouvriers et d’employés aujourd’hui que dans les années 50.

L’hypocrisie des zones d’éducation prioritaire où l’on met les enseignants les plus jeunes et les moins expérimentés, en croyant pouvoir taire leur colère par une prime de 80 euros par mois.

L’hypocrisie de la carte scolaire qui ne pèse que sur ceux qui n’ont pas les moyens ou pas les relations pour la contourner.

L’hypocrisie de l’école à deux vitesses, celle des beaux quartiers où l’on enseigne les grands auteurs et le raisonnement scientifique, et celle des quartiers populaires où l’on demande aux enseignants de remplacer Les Fleurs du mal par des chansons de rap, les chefs d’œuvres de la littérature par les films qu’ils ont inspirés, les livres entiers par des morceaux choisis, et l’exercice de rédaction par celui du QCM.

Je veux m’adresser ce soir à nos centaines de milliers d’enseignants, qui chaque jour ont entre leurs mains l’avenir de nos enfants, et qui s’interrogent de plus en plus sur ce que la République attend d’eux.

Je veux m’adresser ce soir à nos penseurs, à nos écrivains, à nos grands scientifiques, de Jacqueline de Romilly à Erik Orsenna, de Françoise Chandernagor à Luc Ferry, qui inlassablement, avec des mots qui leur ressemblent, et qui sont souvent ceux de la force douce, interpellent la Nation sur ce qu’elle fait de son école.

Je veux m’adresser ce soir aux hussards noirs de la République. Ils existent encore, et plus nombreux qu’on ne croit : enseignants des quartiers difficiles, enseignants des zones d’éducation prioritaire, ils résistent à la facilité et à la démagogie des instructions de l’Education nationale et des consignes reçues dans les IUFM.

Ils refusent de changer leurs cours sous prétexte qu’ils sont en ZEP et pas à Henri IV, car ils savent que c’est en choisissant les lectures faciles et les lectures courtes qu’on humilie les enfants des milieux populaires.

Ils vont chercher les lectures les plus difficiles, les auteurs les plus exigeants, les théories scientifiques les plus ardues, pour les enfants les plus défavorisés et les plus désavantagés, car ils savent que ce sont les grands auteurs et les grandes découvertes qui font rêver, qui libèrent de la culture du chômage, de la culture des bandes, de la culture de la drogue, de la culture du repli sur soi, de l’exclusion et des mariages forcés.

Je vous propose que l’on cesse de payer l’école avec des mots, et qu’on lui donne les moyens d’avoir des résultats.

En faisant de l’élève l’auteur de son propre savoir, une idéologie folle a mis l’élève à la place du maître. Je vous propose que nous rappelions qu’enseigner, c’est créer une relation entre le maître et l’élève, c’est permettre au premier de transmettre son savoir, et au second de dépasser le maître."

Ecrit par : Nicolas | 02 décembre 2006

Je vous propose que l’on cesse de payer l’école avec des mots, et qu’on lui donne les moyens d’avoir des résultats.

Qui est-ce qui en ce moment est en train de nous payer de mots. Serait-ce le petit Nicolas?

Ecrit par : buntovchik | 02 décembre 2006

Eh bien, une fois de plus, les beaux discours n'engagent que ceux qui les écoutent... Vous pouvez croire Sarkozy comme d'autres ont cru Chirac... Quoique certains pensent, (ou, plutôt, croient ou, pour d'autres, feignent de croire), ces deux là sont exactement le même.
Merci en tous cas à Nicolas. Effectivement, là aussi, au niveau démagogie, l'élève a dépassé le maître.

Ecrit par : christophe sibille | 02 décembre 2006

Notre inlassable Christophe Sibille évoque ci-dessus les enfants d'enseignants et autres privilégiés:

" tous les participants à ce blog (ceux qui ont des enfants) sont vraisemblablement des modèles pour éduquer leur progéniture. Qu’ils soient profs ou pas. (...). Ils raisonnent donc en fonction d’une école idéale, qui accueillerait des enfants semblables aux leurs, n’ayant pas de carences affectives importantes, ni de gros problèmes éducatifs. "

C'est exactement ce qu'accueille l'école d'application, à la pointe du progrès pédagogique pur IUFM, qui fournit le gros des élèves de mon collège. Pour les enfants de profs, j'exagère un peu: leurs parents se sont appliqués dès le début à compenser par du travail à la maison les carences de cette école où l'on jardine, danse, fait du théâtre, des dazibaos et beaucoup de sorties, mais peu de ces cours de grammaire et d'orthographe si obsolètes et marqués à droite. Nous recevons une majorité d'élèves "n’ayant pas de carences affectives importantes, ni de gros problèmes éducatifs" mignons, de bonne volonté et disant bonjour, enfants de gendarmes, de fonctionnaires, d'infirmières, de commerçants...
Et voilà ce que ça donne en 4° (donc après remise à niveau, sinon ce serait pire!) : " je vois la même voiture claxonner elle est en retard sur le troitoir les voisins sortent les poubelles les chat attaque les oiseaux et se prennent le mur de la maison les gens afflue les voisins passent il y a même des motos deux mec se dispute dans la rue".
Le drame est que l'école moderne endommage à présent des enfants intelligents et normaux en ne leur enseignant rien, en ne leur disant jamais "non, c'est mal écrit, il y a des fautes, tu dois travailler, il faut des points, des virgules, des majuscules..." Sornettes de droite, place à la spontanéité et à la créativité de l'enfant (l'auteur de cette oeuvrette était désolé qu'il soit interdit par moi de faire figurer dans la rédaction des armes et des cadavres: voilà ce qu'il en reste, de leur créativité!)
Certains s'en tirent grâce à l'énergique reprise en main de leurs profs de collège, pour d'autres, les parents mal informés croient que c'est LEUR enfant qui a du mal, qui n'est pas doué en français et l'enfant le croit aussi; pourtant, il est éveillé et intelligent mais il traînera de longues années le boulet que l'école primaire a attaché à son poignet.
Voilà ce qu'il faut crier fort: sortis des mains de beaucoup de maîtres "modernes", des enfants normaux sont incapables d'écrire un texte qui ne soit pas invertébré, bourré de fautes, sale et d'une écriture abominable ("mais Madame, vous n'y pensez pas! Faire de l'écriture? On n'est pas en 1920!)
Moi, prof de collège, je suis excédée d'avoir à faire le travail des autres, qui se sont bien amusés à courir les musées et à préparer la fête; ils se gargarisent de leur modernité, nous, nous trimons à coup d'exercices et vous savez quoi, au bout de 3 mois, on voit déjà les progrès et c'est ça qui nous fait tenir, quand Cindy embrasse sa copie parce qu'elle n'a fait que 5 fautes.

Ecrit par : Cunégonde | 02 décembre 2006

Non, pas inlassable. Je m'en vais. J'en ai marre d'entendre les mêmes discours formatés, idéologiques, et totalement manichéens. De toutes façons, vous vous passerez parfaitement de mes contributions, et je serai beaucoup mieux à ne plus mettre les pieds ici. Bon vent, et... ... ...

Votez Sarko;
"avec Sarko, l'école qu'il vous faut."

Ecrit par : christophe sibille | 02 décembre 2006

bon vent!

Ecrit par : frederic | 02 décembre 2006

Un petit signe encourageant du reflux...

Ecrit par : Guillaume | 02 décembre 2006

Christophe,

Je trouve dommage que vous quittiez ce site. Même si je n'étais pas toujours d'accord avec vous, je vous lisais avec intérêt (un peu moins quand vous discutiez avec estil).

Tout le monde doit s'interroger. Que s'est-il passé pour que les idées d'un homme intègre en apparence comme Philippe Mérieux soient devenues aussi suspectes aujourd'hui aux yeux de beaucoup ?

Ma réponse : le collège unique et la loi d'orientaion de 1989

Que s'est-il passé pour qu'un homme de droite un peu suspect comme Nicolas Sarkozy dise ce que vous auriez peut-être bien voulu entendre dans la bouche d'un homme de gauche ?

Ma réponse : la décomposition de l'école de la République sous le gouvernement de la gauche.

Ecrit par : Robin Guilloux | 02 décembre 2006

Je suis allé voir le site UMP: j'y lis ceci:

"Mais laissons à chaque maître le choix de sa méthode. C’est parce qu’on a cru pouvoir remplacer, par des circulaires administratives, l’expérience de toute une vie d’institutrice qu’on a mis des milliers d’enfants sur la voie d’une lecture hésitante.

Je vous propose que nous évaluions plus souvent les enseignants, mais sur la base des progrès et des résultats de leurs élèves, pas sur celle des pédagogies qu’ils utilisent."

Sans prosélytisme de ma part. Juste que la plainte des profs ici de gauche ou de droite se retrouve dans le discours du méchant Nicolas.

Anecdote: d'un de mes collègues (30 ans comme moi)s'adressant à une amie et moi qui ne savons pas pour qui voter et si nous ne voterons pas blanc :"J'imagine que vous ne vous ne votez pas à droite. C'est une chose impossible pour un prof". No comment.

Bien sûr qu'il y a des mots et des mots et des mots. Surtout en politique. D'où mes hésitations et mon ras-le-bol. Mais comme disait une parente janséniste de Max Rouquette quand il était enfant: "Dieu punit les paroles inutiles". Et lui de devenir écrivain. On se marre bien.

Ecrit par : Pendariès | 03 décembre 2006

«Que s'est-il passé pour qu'un homme de droite un peu suspect comme Nicolas Sarkozy dise ce que vous auriez peut-être bien voulu entendre dans la bouche d'un homme de gauche ?»

Robin, vous avez bien résumé les choses, et je trouve, en fin de compte et vu sous cet angle, le constat vraiment terrifiant.

Ecrit par : Argo | 03 décembre 2006

Adieu, adieu. Seul contre tous, tel Roland de Roncevaux, vous ferraillâtes vaillamment. Robin a bien essayé de vous retenir, tel Olivier disant à Roland : "J'ai ma soeur, la belle Aude aux beaux gros gras bras blancs (ou quelque chose comme cela), épouse-la".
Mais il me semble que vous êtes marié et que vous avez un petit garçon dont vous vous occupez pour pallier les manques de l'EN, et éviter qu'il ne soit crétinisé par une méthode "intégrative".
Vous partez donc, en nous disant : "Et moi, je suis semblable à la feuille flétrie, emportez-moi comme elle, orageux aquilons".
Ou bien : "Et je m'en vais
Au vent mauvais
Qui m'emporte
Pareil à la
Feuille morte".

Reviens, reviens, ton absence...
Vous regretterez ce blog cher Christophe. J'aurais aimé y discuter avec vous de tout ce que j'ai chanté avec J.M.Hassler.
En écoutant la "Symphonie des Adieux", ce que vous ne manquerez pas de faire, vous aurez une pensée pour ceux de ce blog, et vous y reviendrez peut-être ...quand vous aurez ouvert les yeux.
Amicalement et sans rancune.
Anne-Marie.

Ecrit par : Anne-Marie Valette | 03 décembre 2006

Anne-Marie, si vous avez l'occasion de voir Jean-Michel Hasler et Annette Petit, faites leur toutes mes amitiés. Ma signature électronique n'est pas un pseudonyme (je sais que je prends des risques, mais je suis proche de la retraite et j'en ai tellement vu, "Ils" ne peuvent pas me faire plus de mal qu'ils ne m'en ont déjà fait...)

Nous avions travaillé deux oeuvres avec lui : le Requiem de Fauré et l'Enfance du Christ de Berlioz, que nous avions ensuite données en concert à l'abbaye de Sylvanès et à la cathédrale de Quimper. Un souvenir inoubliable. Le Père abbé de Sylvanès avait éclaté en sanglots au moment du "In Paradisium" et nous avait dit ensuite : "Je voudrais que vous chantiez ça au moment de mes obsèques, je me releverai pour vous écouter !"

Amicalement

Ecrit par : Robin Guilloux | 03 décembre 2006

Je reprends un thème évoqué plus haut : "Pas de Chartreuse pour les élèves de L.P.?

Les élèves de L.P sont parfaitement capables de comprendre La Chartreuse de Parme, surtout le passage où Fabrice del Dongo se retrouve au milieu de la bataille et se demande ce qu'il fait là.

Et pourquoi un inspecteur leur interdirait-il en les jugeant incapables d'entrer dans une oeuvre "trop difficile" de se poser à leur tour cette question si simple, si légitime et si humaine ? Parce que ce sont des" sous hommes", parce que c'est réservé aux élèves des grandes écoles ? Parce qu'il a peur que ça les entraîne "à aller trop loin"...ou bien tout simplement parce qu'il n'a pas lu La Chartreuse de Parme ?

Ecrit par : Robin Guilloux | 03 décembre 2006

Cher Robin, j'ai chanté plus de dix ans avec Jean-Michel, et ai pris des cours de chant pendant quatre ans avec Annette. C'est vous dire si je les connais bien ! Annette a une voix superbe qui en a fait pleurer plus d'un : par exemple dans le "Alles ist vollbracht", de la passion selon Saint-Jean. Ou "L'invitation au voyage ", poème de Baudelaire mis en musique par Henri Duparc (Mon enfant, ma soeur, songe à la douceur"), ou encore le"Stabat Mater" de Francis Poulenc. Je suis une de ses "groupies" et accours chaque fois que je le peux. La Camerata de Brive a donné des concerts magnifiques.
Quant à Jean-Michel Hasler, ce fut un bonheur de plus de dix ans , tant il était exigeant sur la justesse; ses connaissances encyclopédiques et la grande variété des oeuvres abordées (du chant grec le plus ancien aux vêpres de Montserrat, "le concert dans l'oeuf", nous avons abordé tous les grands compositeurs.)Ma fille l'a eu comme "formateur" à l'IUFM, et l'a beaucoup apprécié.
En évoquant ces bonnes années, je suis très émue.
Bien amicalement. Je note votre nom.
Anne-Marie Valette.

Ecrit par : Anne-Marie Valette | 03 décembre 2006

Pour Nicolas : ma fille en ZEP, CP-CE1, utilise "Lire avec Léo et Léa", et est enthousiasmée par la grammaire Berthou (rééditée)que je lui ai offerte mercredi. Elle a fait déjà deux cours : les enfants sont passionnés par les exercices, les mots "ringards" passent très bien, ils sont ravis d'avoir à apprendre par coeur les "règles de grammaire " à la maison.
De plus ces enfants assez agités sont beaucoup plus calmes . Elle perd beaucoup moins de temps à faire la police.
"Instruire, c'est éduquer", mais pas l'inverse !
Respecter les enfants, c'est donner des bases aussi solides aux petits pauvres qu'aux enfants favorisés. C'est là où Meirieu est coupable. Et ceux qui s'en font les complices.
Anne-Marie.
Anne-Marie.

Ecrit par : Anne-Marie Valette | 03 décembre 2006

Considérations désobligeantes (suite) :

Jean-Jacques Rousseau, génie sentimental et larmoyant avait au moins deux excuses pour ne pas voir en face la vérité du mal et pour sacrifier des enfants réels à des systèmes imaginaires : la candeur et la pauvreté. Peut-on en dire autant de ses émules ?

N.B. : Comme chacun sait, l'auteur de l'Emile ou de l'Education abandonna tous ses enfants à l'Assistance publique.

Ecrit par : Robin Guilloux | 05 décembre 2006