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20 novembre 2006
Tous les parents tous les enfants
Tous les parents tous les enfants
Dix ans au lycée des Tarterêts, quatre à cinq classes par an, deux à trois conseils de classe par an — et, en tout et pour tout, quatre à cinq parents entrevus rapidement pendant cette période. Moins que ce que j’ai rencontré en un an au lycée La Bruyère, à Versailles. Lycées chics, lycées chocs, les différences sont patentes aussi dans la relation des enseignants aux parents.
Les parents les plus déshérités, que ce soit au niveau économique ou culturel, hésitent à franchir les portes de l’école. Non qu’ils y soient hostiles, bien au contraire : mais une sorte de pudeur, de timidité les retient. Ou, parfois, des barrières linguistiques. Et ce sont eux, souvent, que l’on aimerait voir… En revanche, que de rencontres avec les géniteurs d’enfants sans problèmes, dont on ne sait trop ce qu’ils viennent faire là — peut-être voir le fauve qui dispense des cours de français à leur enfant…
À ce fait s’ajoute un paramètre politique : à partir de la fin des années 80, certains partis politiques ont donné à leurs adhérents des consignes d’entrisme : il fallait occuper l’institution scolaire. On était loin, là, de l’intérêt bien compris des enfants. Le « parentdélève » n’était jamais qu’un levier de propagande. Ce fut vrai de l’extrême-droite, ça l’est encore, via la FCPE, de parents proches de la gauche officielle. Et les promesses de la Sainte Vierge, dans ce domaine, ne sont guère rassurantes.
Du coup, l’attitude des enseignants vis-à-vis des parents est largement ambivalente. Nous ne demandons pas mieux que de rencontrer les parents intéressés, afin d’échanger nos observations sur leurs rejeton(ne)s, suggérer une hygiène de vie (pas de télévision dans les chambres d’enfants, par exemple) et quelques aides intellectuelles…
Mais trop souvent, les parents rencontrés dans les conseils de classe ne sont là que pour défendre (?) leurs propres enfants. Trop souvent, ils arrivent à l’école bardés de certitudes qu’il faut bien appeler idéologiques.
Trop souvent aussi, les enseignants, à quelque niveau que ce soit, tolèrent mal qu’on mette en doute leur compétence — ou leur incompétence.
C’est que le point délicat est l’interpénétration de deux mondes — de deux sphères. Le parent appartient globalement à la sphère éducative — ou devrait au moins en arriver. Or, sa demande est de plus en plus une demande éducative — manque de temps, familles redécomposées, si je puis dire, manque d’autorité, etc. Mais cette demande ne s’exprime jamais sous une forme directe : elle s’exprime via une demande d’instruction — et l’enseignant n’entend pas la même chose que le parent sous ce vocable. Il aimerait bien ne pas avoir à faire la police avec des enfants que leurs parents ont oublié de policer, justement. Il préfèrerait, de loin, se contenter d’apprendre — il est là pour ça.
Est-il clairement là pour ça ? Les pédagogues ont entonné le grand air de la « citoyenneté », depuis quelques années. Mais on ne devient pas citoyen sur commande, en visitant son environnement ou en incitant chacun à retrouver ses racines : Gaston Kelman a fait bon marché de ces ambitions pleines de bons sentiments et qu’il faut bien, pourtant, appeler racistes (voir « Je suis noir et je n’aime pas le manioc »). La citoyenneté, elle se dégagera plus facilement d’une étude de la Grèce antique que d’un débat en Instruction civique sur un thème à la mode. Les révolutionnaires de 1792, qui ont mis la citoyenneté pour la première fois à la mode, ont couru sus aux Austro-Prussiens, à Valmy, parce qu’on leur avait raconté cent fois les Spartiates aux Thermopyles — mais j’ai un peu peur que nos élèves, élevés au lait pédagogique, croient que Léonidas n’est qu’une marque de chocolats belges.
Au lieu de demander des entrées institutionnelles toujours plus nombreuses dans les établissements (que des parents siègent dans un conseil de discipline me paraît d’un haut pittoresque et d’une efficacité douteuse, dois-je le dire ?), les parents ne doivent plus hésiter à pratiquer la démocratie directe, et à aller voir les enseignants — ou à les contacter. Peut-être l’Education Nationale pourrait-elle ouvrir un mail à tout prof, pour traiter en direct électronique avec les parents les problèmes en cours — cela permettrait de ne pas avoir à jongler avec les emplois du temps des uns et des autres qui ne permettent jamais que de dégager cinq minutes, dans un couloir venté, entre les obligations des uns et les heures de trajet des autres.
Et cela permettrait de communiquer directement des notes ou des observations, en temps réel, qu’une maîtrise de la boîte à lettres diffère parfois des semaine sou des mois durant — et le parent apprend un jour que son rejeton n’est plus venu en cours depuis vilaine lurette, ou n’y entre que pour faire le pitre.
Last but not least, le « parentdélève-enseignant » — la plaie du métier, tous les enseignants vous le diront. Soit il n’ose pas dire ce qu’il pense, par respect pour un collègue dont il ne pense pas moins, soit il piétine la sacro-sainte solidarité et va dire son fait à l’incapable — ou supposé tel — chargé de son héritier(e).
Un point encore. Sauf exception, l’élève doit être présent lors d’un entretien entre son enseignant et son père ou sa mère. Il est partie prenante — on n’a pas à passer d’accords derrière son dos. Surtout, il saura ainsi directement ce qui s’est dit, sans risquer ces déformations du message qu’implique presque toujours une communication différée.
À vous désormais, parents et enseignants, de vous exprimer sur ce sujet . Autant je suis très favorable au contact entre parents et enseignants, autant l’entrisme institutionnel des fédérations de parents en tant que telles dans le vaisseau-école me paraît déjà disproportionné — et source potentielle d’incompréhension, voire de conflits.
Jean-Paul Brighelli
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Commentaires
Merci à JPB pour cette analyse bien balancée de la place et du rôle des parents.
Je reste néanmoins réservé sur l'efficacité du mail professionnel qui ne permettra pas, sans doute, de joindre plus facilement les parents silencieux mais qui ouvrira un boulevard aux interventionnistes trop heureux de mettre leur grain de sel à tout bout de champ.
Sur les fédérations de parents d'élèves, mon expérience personnelle a été plutôt positive. Je crois qu'aux échelons locaux, du moins, ses adhérents sont sensibles aux thèses défendues ici. Encore faut-il abattre les premières préventions par le dialogue, voire le débat et non, par un certain dédain qui m'a souvent mis mal à l'aise.
A bientôt.
Ecrit par : utile baron | 20 novembre 2006
j'ai reussi cette année a monter et a presenter une liste de parents d'élèves sans étiquette, une première pour lodève.
Ecrit par : pierrot le zygo | 20 novembre 2006
"Peut-être l’Education Nationale pourrait-elle ouvrir un mail à tout prof, pour traiter en direct électronique avec les parents les problèmes en cours "
Une idée plutôt bonne mais ce seront toujours les mêmes qui en useront et abuseront et le problème soulevé plus haut reste entier:
"Les parents les plus déshérités, que ce soit au niveau économique ou culturel, hésitent à franchir les portes de l’école. Non qu’ils y soient hostiles, bien au contraire : mais une sorte de pudeur, de timidité les retient. Ou, parfois, des barrières linguistiques. Et ce sont eux, souvent, que l’on aimerait voir…"
Peut-être, l'enfer étant pavé de bonnes intentions, l'idée défendue par la gauche d'ouvrir le collège sur l'extérieur était-elle proposée (imposée?) dans l'espoir de le rendre un peu moins impossible à aborder pour les gens simples. Les écoles maternelles et primaires intimident moins les gens qui n'ont pas étudié. Je travaille avec une femme de 42 ans, mère de trois enfants qui est terrorisée à l'idée de rencontrer un professeur de collège, lieu dont elle garde un souvenir d'échec total. Pas d'obstacle linguistique mais un immense fossé infranchissable pour elle. A treize ans, ils la jugeaient nulle et ne se gênaient pas pour le lui dire! Elle ne voit pas en vertu de quoi la situation aurait bien pu changer.
A l'inverse, j'évite aussi au maximum les rencontres sans qu'il soit nécessaire d'en expliquer la raison...J'ai de la peine à savoir à l'avance si je vais tomber sur un professeur épanoui dans son métier ou sur un être persuadé que la société entière (moi en premier vu mon statut!) le méprise et le prend pour un parasite ce qui fausse d'entrée le dialogue.
Ecrit par : dobolino | 20 novembre 2006
L'EN a déjà ouvert une boîte mail à tout prof ! (La mienne est Léonidas@ac-dijon.fr, sauf que ce n'est pas Léonidas, Léonidas, c'est des chocolats belges).
En revanche, du côté des parents, le mel voire l'ordi... C'est encore rare chez nous...
Ecrit par : Léonidas | 20 novembre 2006
le dialogue Parents-enseignants est vraiment le coeur du problème! L'enseignant aujourd'hui soit a en face de lui des parents absents car bien souvent ces derniers sont handicapés par la barrière de la langue où par la timidité face à l'image d'érudit qu'à l'enseignant dans leurs esprits,soit il fait face à des parents parfois d'un niveau d'études supérieur où égal au sien et ça se passe souvent très mal(ah l'ingérence!) , il y a aussi les parents démissionnaires car dépassés par les aléas de la vie et beaucoup plus par le chomage que par la décompo-recomposition de la cellule familiale.....les fédérations de parents sont le vers dans le fruit( déjà très mûr!) à vouloir générer le dialogue on a semé la zizanie et ouvert un dialogue de sourds sans langage des signes!
il faudrait que les parents qui s'investissent arrêtent de vouloir survaloriser leur "porcelaine de saxe" (terme que j'emprunte à Dobolino) et que les enseignants, eux s'investissent ,dans le dialogue avec les parents "absentéïstes". L'idée serait peut-être de générer une association de parents d'élèves" tournée vers ces parents là , un réseau d'entre-aide parentale au niveau des écoles voire des collèges avec le concours d'enseignants.cela peut paraître idéologiquement naïf mais l'individualisme c'est une peste moderne et on n'y prend pas assez garde.
un dialogue dans l'intérêts de tous , où les parents ne pensent plus qu'à leurs enfants mais aussi à ceux qui les cotoient dans les classes.
quant à l'idée du mail prof , j'ai tendance à rejoindre l'avis d'utile Baron sur le sujet" mais néanmoins avec quelques aménagement d'un système de filtre et pare-feu pour l'enseignant car sinon il pourrait crouler sous les mails d'insultes en tout genre... Du moins c'est à cause de ce risque encouru que le CNED , centre national d'enseignement à DISTANCE( je mets volontairement ce terme en majuscule vous en déduirez les remarques que cela suggère) n'a pas mis en place la possibilité pour les élèves et leurs parents(du moins pour ceux inscrits en classe complète) de communiquer via le mail avec les enseignants correcteurs .c'est très frustrant pour les élèves de n'avoir qu'un contact papier avec eux et de devoir téléphoniquement passer par un conseiller pédagogique ou un prof "référent" en relais avec le professeur correcteur...
l'école d'aujourd'hui n'est plus du tout celle d'hier et les parents y ont leur rôle mais pas n'importe lequel car il ne doit pas être un frein mais au contraire des soupapes supplémentaires pour l'enseignant.
Ce blog a le mérite d'instaurer un dialogue même si parfois il prend des airs de fin de repas de famille le dimanche midi quand tout le monde à bien mangé et bien bu et qu'on aborde les sujets qui fachent... il est dommage que beaucouop passent lire sans y laisser un petit post plus nous serons nombreux plus nous pourrons peut-être dégager des idées fécondes pour l'avenir de l'École.
bonne soirée à tous
Ecrit par : Patricia Mesnigé | 20 novembre 2006
bien entendu, je vous prie de m'excuser des fauters que j'ai du laisser dans mon post...
et coucou aux habitués...Dobolino et Catmano....toto, et même Pendariès et Sieur Sibille...il pleut alors un sourire ne fait pas de mal. bonne soirée à tous
Ecrit par : Patricia.Mesnigé | 20 novembre 2006
Anniversaire de Midiblogs à Sérignan:
http://michelpelamourgue.midiblogs.com/
Ecrit par : Tisseur | 20 novembre 2006
Comment sont les rapports parents-enseignants en maternelle de ville? Est-ce que déjà là, certains parents se sentent incapables d'entrer en contact avec l'institution? Dans nos petites écoles rurales, entre le loto et la fête de fin d'année nous avons déjà deux occasions d'approcher de près le corps enseignant ( de boire ensemble Pastis ou vin chaud ce qui décoince tout le monde)... mais, peut-être, Catmano nous le dira, même dans des structures aussi familiales (on connait les professeurs, le conseil municipal, le président du SIVOS quand SIVOS il y a, l'ATSEM est notre voisine) il y a déjà des parents qui restent à l'écart, qui n'osent s'avancer et qu'il faut apprivoiser comme Le Petit Prince doit faire avec le renard?
A qui, le rôle de les apprivoiser? Aux assoces de parents d'élèves où vibrionnent des mégères à qui ne manque que les bigoudis, aux enseignants, à la municipalité?
Ecrit par : dobolino | 20 novembre 2006
"Les parents les plus déshérités, que ce soit au niveau économique ou culturel, hésitent à franchir les portes de l’école" JPB
Leur offrir des structures associatives, des sortes d'écrivains ou orateurs publics qui soient médiateurs entre la famille et l'école. Les chinois du 9-3 ne sont pas génés par l'obstacle de la langue: ils ont un ami, voisin, cousin qui maîtrise le français et vient discuter le bout de gras avec l'instit pour être sûr que le petit travaille sérieusement et ne fait pas le c...
N.B.: je n'invente pas , c'est un jeune professeur des écoles du 93 dont la classe maternelle est à plus de 30% d'origine chinoise qui me l'a dit. Une classe de chinois, ça ne rigole pas et les parents sont très stricts d'après ce jeune homme et son épouse qui a, si je ne me trompe pas, des CM
Soyons honnêtes, ils font quand même des pieds et des mains pour fuir la Seine-Saint-Denis dès que possible.
Ecrit par : dobolino | 20 novembre 2006
Merci JP pour ce juste résumé de la situation.
Malgré la plus grande proximité relationnelle en maternelle, je constate que les parents de EP (je vous précise que le terme Zone a été retiré du langage officiel, c'est plus mignon EP!)
Quant au mails, ils ne pratiquent pas . Internet sert à acheter et à jouer, non à communiquer. L'usage du net dans ces milieux se rapproche de celui de la télé, des DVD et des Games Boxes.
Tout-à-fait!Tentant de ne pas faire de passéisme systématique, j'ai constaté une nette dégradation des relations parents -élèves à partir du moment où elles ont été institutionnalisées dans les conseils d'école. L'attente nétait plus la même et la relation devenait commerciale. Ensuite, les plus intelligents (mais peu!) ont réalisé qu'ils n'avaient aucun pouvoir concret. Il nous reste donc les autres. Je retrouve en EP, ce que je n'ai pas vu depuis longtemps, quelques parents réellement indépendants et actifs. Si l'on arrive à se débrouiller pour faire des choses avec eux malgré les contraintes administratives(projets, objectifs, références), l'on peut construire (au sens traditionnel) et travailler avec ces personnes, autant sur le plan pédagogique que sur le plan relationnel avec des familles plus réticentes à entrer dans l'école.
Je pense à priori qu'il est bénéfique de favoriser la communication et l'interaction avec les familles. Maintenant , il faut parvenir à se débrouiller avec "les semeurs de troubles" et, effectivement savoir gérer les parents-collègues dont on peut attendre le meilleur comme le pire, surtout s'ils ont un enfant "en difficulté" qui reflète une mauvaise image du géniteur.
Je vous sens sur la voie Jean-Paul pour vous demander un prochain fil de discussion qui semble ne pas concerner encore les collègues du secondaire. Sujet: intégration des enfants "porteurs de handicap", terme autorisé. Traduction: intégration illusoire d'autistes, psychotiques et divers malades mentaux. Je mâche mes mots car on vient de m'envoyer à la tête mon manque de respect pour les d..., f...
Et les mal comprenants qui ont pondu les textes, on les nomme comment? Pour le coup, c'est la droite (Chirac, Fillon). Alors...
Ecrit par : Alice | 20 novembre 2006
Oublié:m'abonner au fil
Ecrit par : Alice | 20 novembre 2006
Je cherche à promouvoir les échanges internet depuis 3 ans maintenant et ce avec les parents comme avec les élèves (en évitant comme la peste le site institutionnel du lycée où il faut faire une demande en trois exemplaires avant toute chose). Résultat : aucun parent ne me contacte en direct (ils savent pourtant puisque je les informe en réunion de rentrée). Quant aux élèves, ce sont toujours les mêmes qui me contactent : les "quienveulentetquisontdéjàtoutcompris". Mais bien sûr, les "TICE" vont permettre de résorber : il se trouve pas mal de tartuffes pour essayer de le faire croire en profitant de la manne (assez conséquente) que nos politiques (eux mêmes largués) sont prêts à y mettre.
Ecrit par : dk | 20 novembre 2006
"Dix ans au lycée des Tarterêts, quatre à cinq classes par an, deux à trois conseils de classe par an"
2 à 3 conseils de classe par an, pour un prof de français en lycée, ce n'est pas du boulot sérieux.
Mais j'ai peut-être mal compris la phrase.
Ecrit par : Un prof | 20 novembre 2006
Deux à trois conseils par an par classe, bien entendu (deux ou trois, parce que les BTS n'en ont que deux…). En général, sauf impossible ubiquité (et ça arrive), j'y vais.
JPB
Ecrit par : brighelli | 20 novembre 2006
Traduction: intégration illusoire d'autistes, psychotiques et divers malades mentaux. Je mâche mes mots car on vient de m'envoyer à la tête mon manque de respect pour les d..., f...
Et les mal comprenants qui ont pondu les textes, on les nomme comment? Pour le coup, c'est la droite (Chirac, Fillon). Alors...
Ecrit par : Alice | 20 novembre 2006
Si vous saviez, Alice, à quel point les initiateurs de cette idée bizarre avient des objectifs naïfs... Si Catmano le voulait bien, elle vous l'expliquerait. C'est désarmant de naïveté et dégoulinant de bons sentiments. Je ne maîtrise pour ma part pas ce sujet, je suis plus à l'aise avec les American Staff et autres sans pédigrée... Tous les American Staffordshire Terriers sans pédigrée de ma clientèle sont de braves hommes de chien qui remuent la queue et qui me lèchent les mains! Y'a une loi et je n'ai qu'à obtempérer et leur couper les ... cacahuètes ( à présent que MàC est parti).
Ecrit par : dobolino | 20 novembre 2006
Donc j'avais pas compris, au temps pour moi. Mais la phrase est ambigue.
Ecrit par : Un prof | 20 novembre 2006
Les relations avec les parents sont en effet ambigus.
Mais tout dépend de l'établissement comme le signale monsieur JPB.
J'ai officié en tant que CPE une année et la majorité des élèves qui causaient des problèmes étaient munis de parents fantômes ou démissionnnaires (pas tous non plus). Ces élèves, en lycée pro, lorsqu'ils avaient décroché leur BEP ou CAP se faisaient mener dans mon bureau avec des parents ou un oncle, un cousin, parfaitement inconnus de tous, et vous demande "ce qu'ils vont faire de lui et pourquoi on ne le garde pas".
Voici la plus grande hantise des profs lorsque les parents ne viennent pas alors qu'un élève est en difficulté, pénible, remuant, insultant... Prendre l'institution pour une garderie, un lieu de vie, un "endroit gratuit d'où mon enfant ne bouge pas", une confusion des genres.
Parce que tout le monde a été au primaire et au secondaire (enfin, presque) et que les profs sont au contact de l'ensemble de la population d'un pays au travers des enfants, il y a forcément des idées reçues, des histoires personnelles à régler avec l'école. De plus, l'institution scolaire une sorte de zone tampon entre le pivé et le public.
Les profs font entrer progressivement dans le monde extérieur les élèves et les parents sont, bien plus qu'ils ne le croient, d'un précieux renfort. Encore faut-il qu'ils soient réalistes sur les capacités de l'enfant en question.
Je ne suis pas pour le mail transmis aux parents et élèves. J'ai communiqué mes coordonées une année, cela a peu changé la donne, on ne voyait toujours pas les parents d'élèves en difficulté.
C'est aussi beaucoup trop virtuel, pas assez consistant. Et puis, la grosse machinerie de l'EN cafouille souvent.
Je n'ai trouvé qu'une seule solution, lorsque toutes les options ont été épuisées: je vais les visiter moi-même, en général avec un gâteau fait maison dans une main. Il est assez rare que ce soit mal pris et cela permet de remettre les opinions à plat.
Ecrit par : Ordrade | 21 novembre 2006
Bonjour,
Difficile de voir les parents. Quand c'est pour dire des choses souvent pas très agréables sur leur enfant.....
En 13 ans de carrière comme instit, j'ai toujours rencontré ceux que je souhaitais voir. Parfois de façon inhabituelle comme tout simplement accompagner l'enfant dans son quartier pour rencontrer ses parents après un mot écrit au préalable.
Les conseils d'école me semblent sans aucun intérêt. Quand je n'enseignais pas, j'étais responsablede FCPE. Rien d'intéressant. J'ai vite compris .
On peut s'intéresser sur la REPRESENTATIVITE de ces fédérations de parents d'élèves.
Un mail pour communiquer, non il faut écrire et comme dit un intervenant on aurait toujours les mêmes.
.... Moi je préfèrerais une web cam dans la classe (Papa , maman pourraient ainsi voir leur petit(e) en action ou .... au repos ! C'est à la mode !
Cordialement
Ah ! pour pendariès , j'ai fait une confusion, je leur lis certes Omar Khayyam mais ma poésie dont je vous parlais est de Mowlavi aussi poète persan du XIII
Ils l'ont pour cer jour
Un grammairien avait pris place en un vaisseau
Orgueilleux, se tournant vers le pilote , il dit :
"Appris-tu la grammaire ? Oh , non, "répondit l'autre
Il reprit "la moitié de ta vie est perdue"
Le pilote eut le coeur tout navré de tristesse;
pourtant à ce moment,il ne répondit point,
Mais dans un tourbillon le vent jeta la nef.
Alors au grammairien, le pilote cria :
"Est-ce que vous savez nager ? dites moi !
Ne me demande rien en fait de natation.
Eh bien , grammairien votre vie est finie
parce que la nef sombre au sein des tourbillons"......
Rochkeleman!
Ecrit par : Patrick (Instit) | 21 novembre 2006
Dans pas longtemps vont avoir lieu les rencontres parents-profs: je vais en voir 4 ou 5. Comme les années passées. Sur une soixantaine d'élèves. Vive les LEP, je prendrai ma play-station portable. Pour patienter.
Ecrit par : Pendariès | 21 novembre 2006
Une question, Patrick, que veut dire: "Rochkeleman"? Mici.
Ecrit par : Pendariès | 21 novembre 2006
Pour Pendaries
C'est le seul mot persan que je connaisse . Des amis de Téhéran en vacances chez nous l'utilisaient souvent avec mes enfants . C'est un terme affectif !
Ecrit par : Patrick (Instit) | 21 novembre 2006
Ce que je préconise, en analyse de pratiques professionnelles, (APP) avec les PE2, dès leur première rentrée; juste avant cette rentrée, une réunion avec tous les parents. Sur un mode un peu convivial, autour d'un verre. Cela peut sembler "cucul la praline, mais le fait que tout le monde se rencontre avec, peut-être, une dimension un peu moins formelle, (et le fait que les parents d'élèves se connaissent également entre eux me semble primordial), peut désamorcer un certains nombre de conflits potentiels. Et cela permettra que les parents se défassent de leurs a-priori, et montrera que les enseignants sont, a priori également, prêts à recevoir les parents et à discuter avec eux. Mais, évidemment, si nous n'avions pas des ministres successifs qui cherchent à monter les parents contre les enseignants, tout cela serait un peu plus simple.
Ecrit par : christophe sibille | 21 novembre 2006
Bonjour Chistophe Sibille, pour une fois je vous rejoins...décidément j'ai du prendre un coup de soleil sous la pluie;))
je suis ravie de lire que les enseignants sont, a priori prêts à recevoir les parents mais à posteriori?
Quant au fait que les parents puissent ce connaître c'est ce que je suggérais dans mon post d'hier et réunir les parents et profs dans un contexte plus convivial peut se faire très facilement
un exemple, au Prytanée de La Flèche les parents sont conviés à un repas dans le cadre d'une journée portes ouvertes /rencontre ,durant laquelle ils peuvent rencontrer tous les profs...
j'ai ouï dire que dans des collèges étaient organisés des barbecues de fin d'année pourquoi pas en début d'année en septembre quand il fait encore parfois très beau:))?
c'est juste une question de volonté et c'est là que les associations de parents d'élèves pourraient intervenir car une rencontre en début d'année ne suffit pas pourquoi ne pas organiser deux où trois après midi goûter géant dans l'année où parents enseignants se retrouveraient? c'est peut-êre cucul la prâline comme vous le dîtes mais cela permettrait peut-être de tisser des liens sociaux entre les parents et enseignants ...
quant à la qualité de l'enseignement c'est un autre débat dans lequel les parents ne devraient pas avoir un rôle aussi direct que celui qu'ils prennent au sein des fédérations mais on devrait leur proposer une boite à idée et qu'il en découle étude sérieuse de remise en question soit faite dans le corps enseignant.Pas une tartufferie comme ce fameux débat national sur l'école de septembre 2003 à l'initiative de Luc Ferry pour lequel la consultation des parents et même semble-t-il des enseignants a été plutôt occulté.
et il est certains que les propos de Ségo sur les 17h des enseignants qu'il faut augmenter à 35h ne font que jeter de l'huile sur le feu surtout vis à vis de ceux qui se lèvent parfois à 5h du mat parce qu'ils ont des temps de transports qui parfois permettent en avion de faire un Paris-Marseille et ne rentre chez eux que vers 19/20h et en plus n'ont que 5 semaines de congés payés par an et ne bénéficient pas de RTT(et il y en a beaucoup!) alors ,oui, les politiques n'arrangent rien! ils divisent pour "mieux" où plutôt mal régner. Et Sarko ne fait pas mieux!!!
qu'est ce que va proposer Bové pour l'éducation, quelques heures de garde de troupeau en paturages?
vous voudrez bien excuser mon sarcasme
PS: à l'argument de la préparation des cours je crois que les enseignants devraient plutôt y substituer qu'1h de cours à une classe de trentre gamins est aussi stressante et demande une aussi grande attention qu'1h de pilotage car pour notre sécurité on ne conteste pas le fait que les pilotes où les conducteurs de Tgv ne fassent pas 35h mais ce qu'ils font les vaut et les enseignants qui ont 17h de cours les font rien quand présence , car même si je ne suis pas enseignante pour mais l'avoir été très sporadiquement je sais combien une heure de cours peut être épuisante devant certaines classes...
bonne journée
Ecrit par : Patricia Mesnigé | 21 novembre 2006
ChRistophe excusez moi mais mon clavier a de gros bugs et zappent des lettres !
Ecrit par : Patricia Mesnigé | 21 novembre 2006
Dans pas longtemps vont avoir lieu les rencontres parents-profs: je vais en voir 4 ou 5. Comme les années passées. Sur une soixantaine d'élèves. Vive les LEP, je prendrai ma play-station portable. Pour patienter.
Ecrit par : Pendariès | 21 novembre 2006
Au lycée où mon fils étudie, les rencontres avec les professeurs sont organisées de telle manière que nous sommes reçus sur rendez-vous pris la semaine précédente: celà évite aux enseignants d'attendre des heures ainsi qu'aux parents comme dans le collège où est ma fille.: une demi-heure à une heure d'attente par professeur! On rentre avec son petit sixième à onze heures du soir à la maison, il faut encore le faire manger et le lendemain matin il y a classe. La nuit est courte. Quant aux professeurs d'arts plastiques et de musique, ils passent une soirée entière au collège à se tourner les pouces sans pouvoir rentrer chez eux alors qu'ils vont chacun rencontrer trois à quatre parents dans la soirée.
Ce que j'apprécierai déjà comme communication, c'est un bulletin mensuel (sans conseil de classe) avec les notes détaillées et non une moyenne et une éventuelle appréciation si nécessaire: communication par mail ou par courrier. Pourquoi ne pas avoir accès à l'aide d'une clé individuelle à un serveur où seraient consignées les notes de l'élève et la moyenne de sa classe, la plupart de nos potaches ayant la fâcheuse habitude d'"oublier" de nous communiquer les mauvaises notes.
Ecrit par : dobolino | 21 novembre 2006
Il y a beaucoup de vrai dans tout ce que dit JPB. On voit toujours les mêmes parents, ceux à qui on n'a rien à dire, si ce n'est que tout va bien. On ne voit jamais, ou presque, les parents des élèves qui posent problème. Posé autrement : les élèves qui ont des parents intéressés par ce qu'ils font à l'école, quelque soit par ailleurs leur statut socio-culturel, réussissent mieux que les autres.
La question est : comment faire pour que les parents qui ne s'investissent pas dans la scolarité de leurs enfants - en restant à leur place de parents, bien sûr - aient envie de le faire ? Si on examine les causes de ce "désintérêt", on trouve en trouve de toutes sortes :
- le parent qui a un lourd passif scolaire, qui n'attend rien de l'école pour ses enfants puisque l'école ne lui a pas apporté grand chose, si ce n'est l'échec et l'humiliation. Pas évident de changer sa vision des choses, particulièrement s'il ne met pas les pieds à l'école, s'il ne porte pas d'attention au travail de ses enfants, ... Quelle porte d'entrée ?
- le parent qui ne maîtrise ni la langue, ni le système, qui se trouve donc en situation d'infériorité par rapport au prof. Certains, malgré cela, investissent beaucoup dans l'instruction, et relaient la parole du prof. C'est tout de même loin d'être a majorité, notamment parce que dans une telle situation, on a bien d'autres problèmes à régler ; quant à l'élève, il a alors, lui aussi, d'autres soucis que ses études. Pas gagné.
- le parent pour qui le prof est un raté, un minable ... Pensez : pour accepter de se taper ses gosses et leurs copains toute la journée pour un traitement de misère, il faut être con ! Parents têtes à claques de gosses têtes à claques, qu'il est de fait inutile de rencontrer, si toutefois ils acceptent de sacrifier un peu de leur précieux temps pour parler de la scolarité de leurs rejetons. Solution : revaloriser le métier, financièrement d'abord (après tout, il n'y a que ça qui compte). Les enseignants français sont 19èmes sur 30 en termes de rémunération dans l'ensemble OCDE, il n'y a pas de honte à demander à être payé convenablement.
Il y a encore d'autres cas de figures (familles en état de décomposition, ...) , je ne les énumérerai pas tous.
Pour ce qui concerne les représentants de parents d'élèves, maintenant ... il faut que je l'avoue : je suis prof et parent d'élève élue, je suis donc la plaie du métier ! Cela dit, j'ai des représentants de parents une image différente de la vôtre, cher JPB, quoique je pense le plus grand mal des fédérations de parents d'élèves par ailleurs. Mais, tant dans mon rôle de prof que dans mon rôle de parent d'élève, je dois avouer que j'ai rencontré peu de mal comprenants ou de semeurs de zizanie dans leurs (nos) rangs. Il y en a , mais ils ne sont pas majoritaires, et pas nécessairement suivis. Ils ont en général le respect des enseignants, veulent travailler avec eux pour le bien des élèves (et pas seulement de leurs enfants), et savent sortir de l'idéologie face à un problème concret. Que les fédérations agissent en haut lieu, pas toujours (loin de là) pour le bien des élèves et de la nation, cela va sans dire. Que les parents d'élèves, à la base, reprennent leurs slogans, c'est loin d'être évident (il suffit de voir comment se font les recrutements dans ces associations, au niveau des écoles : plus par affinités amicales que par choix idéologique). C'est tout du moins ce que j'ai pu observer personnellement. Reste la question de la représentativité, et là, effectivement, il y a un problème, car les parents actifs au sein des associations ont souvent bien du mal à impliquer les autres, qui ne les contactent qu'en cas de problème. Ce n'est pas faute d'essayer ...
Juste une petite remarque sur ce petit passage qui m'a fait sourire : "Last but not least, le « parentdélève-enseignant » — la plaie du métier, tous les enseignants vous le diront. Soit il n’ose pas dire ce qu’il pense, par respect pour un collègue dont il ne pense pas moins, soit il piétine la sacro-sainte solidarité et va dire son fait à l’incapable — ou supposé tel — chargé de son héritier(e)." Il est heureux qu'un enseignant ait une conception claire de son métier, et qu'un parent souhaite que son enfant reçoive une bonne instruction. Or, l'enseignant qui est par ailleurs un parent d'élève attentif à ce qu'apprend son enfant à l'école, a forcément une opinion sur lesdits apprentissages et les méthodes du collègue en charge de sa précieuse progéniture. Effectivement, il se trouve face à une alternative : soit il respecte la liberté pédagogique du collègue (quoi qu'il en pense par ailleurs, en bien comme en mal) et donc se tait sur ce sujet, soit il fait part au collègue de ses conceptions pédagogiques personnelles. Je ne vois pas d'autre comportement possible, si ce n'est disparaître de la circulation en tant que parent d'élève, mais ça ne me semble pas souhaitable.
Enfin, l'idée du mail. Oui, nous en avons tous un. Le communiquer aux élèves et aux parents d'élèves ? Je suis dubitative. D'abord, comme l'expliquent d'autres collègues plus haut, parce qu'on risquerait d'être submergés de courriels désagréables des parents têtes à claques, et d'autant de mails concernant des futilités ("je ne comprends pas que vous n'ayez pas mis accepté la réponse de mon fils à la question 3 ... il a pourtant répondu "1 maitamorfose" ...). Parce que cela alourdirait certainement encore notre charge de travail. Parfois cependant un tel dispositif pourrait être utile, pour assurer le suivi conjoint d'un élève difficile / en difficulté par exemple.
Il existe cependant des solutions techniques intéressantes : la possibilité pour les profs d'entrer leurs notes et pour les parents de les consulter par internet, pour les CPE d'enregistrer les absences, et pour les parents d'être informés des absences de leurs enfants ... cf. http://www.triade-educ.com/accueil/doctech.php
Cela suppose que toutes les familles soient équipées d'un ordinateur connecté à la toile et que les dinosaures de l'EN acceptent d'utiliser un clavier (pour certains, le passage au bulletin informatisé a été une épreuve longue et douloureuse).
Le cahier de texte disponible sur le net est également une bonne idée, mais il faut savoir que l'inspection n'hésitera pas y jeter un oeil à l'occasion (comme pour les blogs, d'ailleurs). Cela peut en refroidir certains.
Je dosi m'arrêter là. A bientôt
Ecrit par : Julie | 21 novembre 2006
C'est quand même un peu fort de reprocher aux parents d'élèves qui se débrouillent bien de venir voir les profs!
C'est tout simplement le signe que ces parents là s'intéressent à ce que font leurs enfants, ce qui peut expliquer à la fois les bons résultats scolaires et les visites aux profs.
Et puis il y a ceux qui s'en foutent, les plus nombreux.
Ma femme est déléguée de parent d'élève, et quand une réunion préparatoire est organisée, il n'y a personne, alors qu'il n'y a pas de profs, juste des parents qui sont là pour récolter des remarques ou questions à transmettre.
Je ne relis pas donc il doit y avoir des fautes ...@+
Ecrit par : Nouch | 21 novembre 2006
Je suis prof en CPGE (lettres sup). Ce qui me frappe depuis quelques années, c'est que les parents de nos étudiants majeurs nous demandent des rendez-vous, chose inimaginable naguère. Il y a chez ces parents, pénibles ou pas, casse-pieds ou non, une véritable angoisse quant à l'avenir de leurs gamins, même si ce sont les premiers de la classe et susceptibles "d'intégrer" au concours. J'observe que la plupart du temps il me suffit de les écouter avec une "neutralité bienveillante" pour que leurs tensions s'apaisent : bref je leur sers de psy - et en plus je ne fais pas payer la consult'. Moi je veux bien, certes, mais comme l'écrit justement JPB, mon vrai métier, c'est d'enseigner, càd de transmettre...
Ecrit par : FGuichard | 21 novembre 2006
Cher Jean-Paul Brighelli
Je suis professeur Cetifié de Lettres, titulaire d'une maîtrise d'enseignement en philosophie et en "rédaptation" depuis trois ans pour dépression grave. Eh oui! le "crétin", comme vous dites, a eu ma peau...J'ai du courage, mais pas votre endurance. Merci de parler pour des gens comme moi. Mais assez parlé de moi.Parlons de Dylan Thomas, ce génial oète gallois mort prématurémént d'une crise d'éthylisme pendant un cycle de conférences aux Etats-Unis. Vous citez ce vers merveilleux dans un de vos livres:" Once below a time. I was a child". J'ai beaucoup réfléchi, en tant qu'angliciste et poète à mes heures et je vous propose la traduction suivante : "Jadis, avant que le temps ne m'agrippe, je fus un enfant." ou bien "Jadis, avant le commencement du temps, je fus un enfant.". Il y a là matière à plusieurs séances de cours 'anglais, français, philosophie..." A condition qu'il y ait encore des professeur, des poètes...et des enfants.
Ecrit par : Robin Guilloux | 21 novembre 2006
Robin, vous avez beaucoup réféchi, c'est ça le problème. Car une fois formaté, l'on n'a plus à réfléchir, seulement à exécuter.
J'ai déjà subi une mise au placard et ai résisté à une seconde, car si les élèves ne doivent pas être stygmatisés, les enseignants n'ont eux droit à aucune faiblesse. Confrontés aux pires démences de certains élèves, c'est leur boulot de demeurer invulnérables.
Vous pourrez remarquer que sur ce blog comme sur d'autres forums, c'est un sujet qui ne fait jamais débat.
C'est bien connu, un enseignant qui craque est une personne qui avait déjà des problèmes. Cela ne peut pas arriver à n'importe qui. D'où la solidité des éléments entrés sans souci dans la secte pédago-constructiviste. Suivre un dogme rassure et peut aider à diminuer la perméabilité humaine.
Ecrit par : Alice | 21 novembre 2006
Bonsoir,
Intéressant dévelopement sur la différence entre la "place attendue" des parents dans l'école et la "place concédée".
Si la place concédée aux parents institutionnels (les fédérations) vous semble trop importante, ne serait-ce pas parce que cette place n'est que "concédée" et que les parents élus s'évertuent alors maladroitement de faire valoir "leurs droits" au lieu d'être des partenaires constructifs et écoutés de cette communauté ?
Quant aux parents de vos élèves (ceux que vous souhaitez rencontrer), comme l'a bien dit Julie, ce n'est pas un hasard si l'enfant du parent qui se déplace ne vous pose que peu de difficulté :
"les élèves qui ont des parents intéressés par ce qu'ils font à l'école, quelque soit par ailleurs leur statut socio-culturel, réussissent mieux que les autres".
Les difficultés sociales peuvent certes être un frein aux rencontres mais ne négligez pas un facteur : un parent a rarement envie de se faire engueuler (à son tour) ou même seulement qu'on lui confirme les faiblesses de sa fille ou de son fils.
Certains ont évoqué les "rencontres-confessionnal" qui se déroulent dans les collèges et les lycées. Pas sûr qu'il s'agisse de la forme de rencontre la plus aboutie et pas sûr non plus que, en dehors de deux matières principales (Français, Maths), le parent choisisse l'entretien dans les matières faibles de son enfant.
Ce vieux sujet de la "rencontre parents-professeurs" reste d'actualité : non qu'il faille remettre en cause son maintien, mais comme le propose Christophe Sybille (par exemple) parce qu'il convient de faire preuve d'un peu d'imagination pour trouver des formules plus efficaces.
La formule qui m'avait paru la plus efficace : une seule réunion en début d'année [début octobre] où chaque enseignant explique à tous les parents d'une même classe comment il fonctionne et ce qu'il attend des élèves et des familles. A cette date, pas d'appartés individuels plus ou moins critiques. Ce qui n'empêche pas en cas de problème (en cours d'année) de convoquer individuellement les familles concernées.
Ecrit par : PeutMieuxFaire | 22 novembre 2006
Je suis aussi d'accord avec Ch Sibille, une réunion parents-profs, de façon informelle, en début d'année, est une bonne idée.
Cela serait même l'idéal, cependant, dans de bros établissement, c'est un peu difficile à mettre en place (mon lycée comptabilise 1200 élèves, sans BTS).
doblino a écrit:
"Ce que j'apprécierai déjà comme communication, c'est un bulletin mensuel (sans conseil de classe) avec les notes détaillées et non une moyenne et une éventuelle appréciation si nécessaire: communication par mail ou par courrier."
Mon collège le faisait, mes oreilles sifflent encore en me remémorant la réaction de mon père devant mes notes en dessous de la moyenne. J'avais eu 9 dans certaines disciplines. C'est très efficace en effet. Du côté des profs, en lycée, cela peut paraître lourd, une moyenne de 5 notes par trimestre, car les devoirs sont plus conséquents, pourrait induire les parents en erreur sur le fait que les élèves travaillent (=notes).
Les deux interventions me font dire qu'un peu "d'humanité", même de la part de l'institution, c'est souvent ce que les parents cherchent. Je suis tout à fait d'accord qu'une autre catégorie, minime, cherche un autre type de relation: psy ou de force. Dans ce cas, la machinierie administrative peut prendre le relais.
Il y a une réunion au début d'année dans mon lycée où tout est exposé aux parents. J'enlève le jargon lors de mon intervention. J'ai rarement des questions. Il est rare aussi que les parents de la classe entière se manifestent. Quoique, cette année, ils furent légion pour une de mes secondes... qui est d'ailleurs la meilleure du lycée, toutes matières confondues.
Ecrit par : Ordrade | 22 novembre 2006
Dont acte, Patricia. Et ces propositions sont faites aux PE2 dans le cadre des formations dispensées à l'IUFM. Du concret.
"D'où la solidité des éléments entrés sans souci dans la secte pédago-constructiviste."
Ecrit par : Alice | 21 novembre 2006
Et si, en plus, cela peut aider certains à arrêter de dire des âneries...
Ecrit par : christophe sibille | 22 novembre 2006
Pardon Christophe!
Comment nommez-vous une institution dans laquelle les exécutants sont sommés de se mettre au pas sous peine de sanctions, voire d'élimination pour les débutants?
Une église? Une armée? Ou peut-être un espace de liberté, d'échanges et de créativité?
Comment expliquez-vous alors que les dissidents du dogme constructiviste soient contraints à se cacher et que les récents formatés ne se posent pas de questions car on leur demande d'appliquer des programmes qui n'ont jamais prouvé leur efficacité?
Si vous ne l'avez pas remarqué, c'est d'abord parce que vous avez éliminé de votre esprit ce que vous avez lu sur ce blog, et aussi parce que devant les formateurs, presque tout le monde se la boucle afin de conserver un minimum de tranquillité nécessaire pour assurer avec ces charmant bambins au centre de la déliquescence de l'instruction.
Veuillez comprendre mon conflit psycho-cognitif, je vous en remercie.
Quant aux conseils donnés aux PE2 sur les relations parents- profs, en plus des festivités gustatives, il serait utile de leur montrer comment expliquer aux parents la logique et la limpidité des méthodes fondées sur la construction des savoirs. Il se trouve que j'ai souvent été amenée à le faire auprès de parents qui auraient souhaité soutenir leurs enfants et ne comprenaient rien à ce qu'ils voyaient dans les cahiers. Et ils n'étaient pas tous des personnes sans bagage culturel.Nous en arrivons là à l'emploi d'un jargon qui isole et sépare les tenants du "savoir pédagogiste" et les non-initiés. Donc, merci encore pour l'aide que nous apportent les IUFM. Peut-être envisagent-ils la formation des parents à la compréhension des programmes?
Ecrit par : Alice | 22 novembre 2006
Ca devient vraiment fatigant.
Ecrit par : christophe sibille | 22 novembre 2006
Ca devient vraiment fatigant.
Ecrit par : christophe sibille | 22 novembre 2006
Et pourtant si vrai !
Ma compagne a vu sa note pédagogique bloquée après son inspection.
Motif : demande trop aux élèves, pas assez "d'animations".
Cette inspection s'était déroulé dans le calme (exceptionel) et même les élèves étaient satisfaits du cours...
De plus, elle note les élèves en foction du travail qu'ils fournissent... Les moyennes de classe se situent donc entre 5 et 10 ! Inadmissible pour le principal... et la plupart de ses collègues.
Oui, l'EN est devenu une secte et les "vrais" profs ne devraient pas tarder à en sortir.
Ecrit par : marideprof | 22 novembre 2006
Oui, l'EN est devenu une secte et les "vrais" profs ne devraient pas tarder à en sortir.
Ecrit par : marideprof
Eh oui vous avez raisons. Dans les sectes l'on ne veut pas de chèvres seulement des moutons.
bon courgage
mabiche
Ecrit par : mabiche | 22 novembre 2006
Allez me mettre, svp, cinq étoiles à:
http://www.desirsdavenir.org/debats/read.php?93,45175,66693#msg-66693
Merci par avance: plus ce message sera approuvé, plus il ressortira en surbrillance.
Allez, mémé, du courage
Ecrit par : pertubateur | 22 novembre 2006
Il se trouve que j'ai souvent été amenée à le faire auprès de parents qui auraient souhaité soutenir leurs enfants et ne comprenaient rien à ce qu'ils voyaient dans les cahiers. Et ils n'étaient pas tous des personnes sans bagage culturel.Nous en arrivons là à l'emploi d'un jargon qui isole et sépare les tenants du "savoir pédagogiste" et les non-initiés. Donc, merci encore pour l'aide que nous apportent les IUFM. Peut-être envisagent-ils la formation des parents à la compréhension des programmes?
Ecrit par : Alice | 22 novembre 2006
Et encore, si j'avais eu un cahier digne de ce nom sur lequel m'appuyer quand ma fille était à l'école primaire, j'aurais peut-être pu l'aider... Tu parles... Cinq ans à sodomiser des diptères! Heureusement que nos professeurs du collège font trois ans en un! Mais quel calvaire pour ces enfants d'apprendre à lire écrire et compter plus histoire, géo, techno, anglais, arts plastiques, musique, j'en passe et des meilleures, en deux ans soit sixième, cinquième. La jeune fille, pas bête, en pleine crise de pré-puberté, doit s'avaler 7 ans en deux. Ils sont souples ces minots, et, ils ont de la ressource!
Ecrit par : dobolino | 22 novembre 2006
"passe inévitablement par savoir lire, écrire, compter et calculer"
"passe inévitablement par savoir PARLER lire, écrire, compter et calculer" :) il faut être très précis qd on est un pro :)
Ecrit par : toto | 22 novembre 2006
a voté :)
Ecrit par : toto | 22 novembre 2006
a voté! :-)
A lire...
La recette du jour
http://motstocsin.autonomie.org/html/billets/page1.htm
Ecrit par : Eric | 22 novembre 2006
a voté! :-)
A lire...
La recette du jour
http://motstocsin.autonomie.org/html/billets/page1.htm
Ecrit par : Eric | 22 novembre 2006
a voté aussi.
Ecrit par : catmano | 22 novembre 2006
Désolé pour le bégaiement involontaire!
J'en profite pour dire un mot sur les relations parents-enseignants. Directeur d'une école en ZEP, c'est vrai qu'on voit toujours les mêmes et difficilement ceux qu'on voudrait voir. Malgré tout, on peut , si on le veut, et c'est sans doute plus facile en primaire, imaginer pour ceux qui, pour des raisons multiples, empruntent rarement le chemin de l'école, des moments où ils peuvent participer, d'une manière ou d'une autre, à la scolarité de leur(s) enfant(s). Sans sombrer dans "l'animation" permanente, nous arrivons dans notre école à faire participer (donc à rencontrer) ces parents inconnus. Ils sont souvent prêts à partager leurs souvenirs, les plats de leurs pays (nous avons plus de vingt nationalités) et des tas d'autres choses. Il suffit parfois de tendre la main...
Ecrit par : Eric | 22 novembre 2006
Réunions parents/professeurs...
"On voit toujours les mêmes parents, ceux à qui on n'a rien à dire, si ce n'est que tout va bien." Julie
"C'est quand même un peu fort de reprocher aux parents d'élèves qui se débrouillent bien de venir voir les profs! " Nouch
Nouch voit plus loin et plus profond.
Que les parents des bons élèves viennent toujours nous voir, nous les professeurs; il y a toujours quelque chose à transmettre, pour que leurs enfants progressent encore, se forment encore ; par exemple un nouveau livre ; ou alors une petite remarque (légitimante, encourageante) qui paraît anodine mais peut-être essentielle, sur telle ou telle démarche de pensée, de travail ou en projet ; et, au fond, un implicite encouragement (le mot n'est pas juste, ajusté à ma pensée, mais bon, laissons parler l'intuition ou le coeur !) aux parents (pour les avoir fait lire, réfléchir et intéresser à autre chose qu'à...) et, évidemment, à leurs enfants !
" le « parentdélève-enseignant » — la plaie du métier, tous les enseignants vous le diront ... soit il piétine la sacro-sainte solidarité et va dire son fait à l’incapable — ou supposé tel — chargé de son héritier(e)" JPB.
Mr Brighelli, vous avez ici le dent dure avec quelques amis! Or n'est-ce pas un manque de cohérence, après toutes vos légitimes et pertinentes réflexions, courageuses dénonciations ?
Les petits ruisseaux aiment, d'une manière ou d'une autre, rejoindre le grand fleuve...
Donc:
Que les bons parents (profs ou pas) d'élèves (faibles ou pas) viennent toujours les voir, eux les professeurs-animateurs-bien-vus-des-inspecteurs, de plus en plus versés dans l'abêtissement du convivial-concitoyen, mais en ligne et en images, à tout niveau et à tout âge; pour les titiller, les faire vasciller, les désorienter; les faire reculer, même un peu, dans chaque école, collège ou lycée, sans attendre un retournement de l'Institution; qui ne viendra peut-être jamais, mais qui pourrait un jour, bien sûr, prendre le relais. Et notamment, Mr Brighelli, faire reculer les méfaits de tous ces professeurs de français qui, dès le CE et jusqu'au..., n'enseignent plus vraiment ni la langue française, ni la littérature, ni orthographe, ni grammaire, ni sens ; ni langue commune ni culture commune (n'en déplaise à Patrick... qui s'est trompé de bateau!). Concitoyens conviviaux... ? Cons, sûrement ! Disons crétins.
Philippe
Ecrit par : Philippe | 22 novembre 2006
bonjour,
je voulais seulement signaler à vous JPB et à vos lecteurs un commentaire d'ancien élève sur le Bondy Blog, au sujet des divers traitements réservés aux profs: bondyblog, posts par thème "éducation", le commentaire s'intitule "chronique de la vie scolaire".
Ecrit par : frederique evrard | 23 novembre 2006
bijour
http://yahoo.bondyblog.fr/news/601.shtml
c'est plus simple comme ça ;)
Ecrit par : toto | 23 novembre 2006
merci Toto, bijour aussi; si vous avez été lire cette chronique sauvage, vous pouvez nous donner votre avis.
Ecrit par : frederique | 23 novembre 2006
Bondyblog
Mr Evrard, vous n'avez visiblement pas lu Mr Brighelli. Lui et beaucoup de ses lecteurs estiment en effet que les divers traitements réservés aux élèves depuis une trentaine d'années participent à la propagation des "divers traitements réservés aux profs", traitements auxquels vous renvoyez via bondyblog. Participent, et non déterminent. Et puis la réalité particulièrement dramatique de ces collèges (à Bondy ou ailleurs) n'est pas non plus représentative de l'état général. Loin de là! Pas encore!
Et puis substituez CP à CE et sciez le s de vasciller.
Philippe
Ecrit par : Philippe | 23 novembre 2006
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1- href="mailto:0@2">0@2-3226,36-837774@51-834864,0.html
Un article du Monde sur la réhabilitation de la grammaire en primaire et au collège. Un pavé dans la mare des pédagos!
Ecrit par : buntovchik | 23 novembre 2006
bijour
http://yahoo.bondyblog.fr/news/601.shtml
c'est plus simple comme ça ;)
Ecrit par : toto | 23 novembre 2006
Eh ben il était temps, j'ai passé l'après midi à chercher avec un serveur qui se déconnectait toutes les trois minutes! j'avais la bave au lèvres. Merci.
Ci-jointe la réponse du Monde à mon clic sur le lien:
La page que vous avez demandée n'existe plus à cette adresse.
Si vous avez tapé directement une adresse, utilisé vos favoris ou cliqué sur un lien depuis un autre site, la page demandée n'est malheureusement plus disponible. Son adresse a pu changer au cours du passage à la nouvelle édition. Retrouvez-la à partir de la page d'accueil du site ou à partir de la recherche d'archives.
Ecrit par : dobolino | 23 novembre 2006
"si vous avez été lire cette chronique sauvage, vous pouvez nous donner votre avis"
Bô tu sais moi c'est ou je chiale ou je gueule ... là c'est les deux.....
JPB ... 2 mots ... Iliam je le connaissais ... de vue ... je le croisais dans l'escalier ....
Comme toi je plains toute sa famille... mais aussi la famille à fofana... ainsi que fofana... comme Primo je suis d'accord il y a des choses qu'il est interdit de comprendre .... Mais le cas fofana c'est pas encore un cas de "masse" .... Si on "essaye" de "comprendre" ce qu'il s'est passé... peut être éviteratons le pire ????????????????? bô
par exemple moi je veux savoir si ce gars sait parler lire écrire compter 'correctement' (j'en doute)
je veux savoir tout de sa scolarité juste pour voir comment il en ai arrivé là ... je délire ??? bô
Je pense qu'on est au bord de la rupture dans certain coin ...
Ecrit par : toto | 23 novembre 2006
f...k
"il en est"
Ecrit par : toto | 23 novembre 2006
J'avais juste envie de dire quelques mots sur ces reunions de parents/ profs si vous me permettez.
J' ai toujours été angoisée par ces reunions , non pas parce que j'etais une mauvaise eleve ( quoi que, je me demande combien de 6 sur 20 JPB a pu me mettre!) mais plutot à l'idée d'imaginer mon pere, qui sait a peine lire et ecrire, en face d un professeur. Durant toute ma scolarité, jamais mes parents ne se sont presentés à ces reunions, à partir du lycée, je leur ai simplement dit que ces reunions n existaient plus, pour eux c etait un soulagement.
Desolé si c est plein de fautes d ortographe, mais je fais partie de ces imbeciles à qui on a donné tous ses diplomes!
Ecrit par : Corinne | 23 novembre 2006
Ce que j'apprécierai déjà comme communication, c'est un bulletin mensuel (sans conseil de classe) avec les notes détaillées et non une moyenne et une éventuelle appréciation si nécessaire: communication par mail ou par courrier. Pourquoi ne pas avoir accès à l'aide d'une clé individuelle à un serveur où seraient consignées les notes de l'élève et la moyenne de sa classe, la plupart de nos potaches ayant la fâcheuse habitude d'"oublier" de nous communiquer les mauvaises notes.
Ecrit par : dobolino | 21 novembre 2006
Demandez, vous serez exaucés! Ma fille m'annonce ce soir que ce système est en cours de mise en place dans son collège. D'après ce qu'elle m'a expliqué, ce serait encore plus perfectionné: par exempl, savoir où le minot a des problèmes précis de compréhension et où il faut, en tant que parents, appuyer.
Ecrit par : dobolino | 23 novembre 2006
J'avais juste envie de dire quelques mots sur ces reunions de parents/ profs si vous me permettez.
J' ai toujours été angoisée par ces reunions , non pas parce que j'etais une mauvaise eleve ( quoi que, je me demande combien de 6 sur 20 JPB a pu me mettre!) mais plutot à l'idée d'imaginer mon pere, qui sait a peine lire et ecrire, en face d un professeur. Durant toute ma scolarité, jamais mes parents ne se sont presentés à ces reunions, à partir du lycée, je leur ai simplement dit que ces reunions n existaient plus, pour eux c etait un soulagement.
Desolé si c est plein de fautes d ortographe, mais je fais partie de ces imbeciles à qui on a donné tous ses diplomes!
Ecrit par : Corinne | 23 novembre 2006
Juste pour vous dire qu'il n'y a pas de fautes d'orthographe dans votre post, juste quelques apostrophes et accents qui manquent, franchement, il n'y a rien à dire. Vous avez vu les fautes de frappe dans les textes de M. Brighelli?
Ecrit par : dobolino | 23 novembre 2006
Quel est le sujet ?
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1- href="mailto:0@2">0@2-3226,36-837774@51-834864,0.html
Ecrit par : bernard | 24 novembre 2006
désolé le lien n'est pas passé (trop long )
"Des insultes racistes à l'origine de la mort d'un supporteur du PSG"
test autre lien :
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1- href="mailto:0@2">0@2-3242,36-838488@51-838105,0.html
Ecrit par : toto | 24 novembre 2006
eviteraton ... j'étions bien à l'ouest ça m'avait fait tiquer mais bon...
évitera-t-on
Ecrit par : toto | 24 novembre 2006
J'ai calculé ce qu'apportait le grand choix par rapport à l'ancienneté chez les PE: 50 000€ soit 106€ par mois sur une carrière...C'est cher la passe... Une collègue au G.choix m'a dit sans pouffer que faire des fautes au tableau n'était pas si grave.
Je suis parti voir mon syndicat de près (SUD). Nous étions 10 et 4 jeunes, l'espoir existe.
Je suis ZIL et un directeur de maternelle a fait appel à mes services cette demaine pour pouvoir faire son boulot administratif. Ce qui est illégal, il n'a qu'à demander une décharge en plus. Les inspections n'hésitent pas à outrepasser leur droit...
Enfin un petit site à lire très intéressant mais qui ne traite pas que de l'école. J'espère que vous arriverez à le lire, c'est long:
http://www.syti.net/Topics2.html
Ecrit par : combemale | 24 novembre 2006
Sur le pédagogisme : http://www.sauv.net/meuro.php
Ecrit par : Pli | 24 novembre 2006
Combemale, cela fait plus de deux décennies que le politique a baissé les bras devant l'économique!
Tiens, il n'y a rien sur l'éducation artistique, dans la pétition? Etonnant, pour une demande qui se réfère aussi explicitement aux "lumières"! Se contenterait-on, là aussi, du socle commun, tout en parlant de culture? Double langage!
Ecrit par : christophe sibille | 25 novembre 2006
Bonjour
Et une vidéo de plus !
Les perspectives possibles dans le domaine de l'Education Nationale ne sont pas réjouissantes
Un peu de patience en la visionnant. Celle-ci a une durée de 7 mn et notre Reine médiatique (que je verrais bien en formatice formatée d'IUFM .... ( à côté, tout de même, de quelques formateurs intéressants ...) nous distille sans doute sa vision future :
"Apprendre à entreprendre" . Le nouveau slogan
Sinon pour l'enseignante débutante en ZEP. Je souhaiterais connaître son avis dans quelques années.
Bonne participation !
A quand les débats participatifs en CP pour départager nos futurs petits lecteurs sur leurs méthodes d'apprentissage.
http://www.dailymotion.com/video/xmgih_segosphere-debat-participatif
Apprendre à entreprendre !
Cordialement
Ecrit par : Patrick (Instit) | 25 novembre 2006
Désespérants de vide et de ressassement, les propos de la Ségo...
Je note aussi une grande tendance chez les politocards et les journaleux à l'emploi du terme "pédagogie". D'après son éthymologie et sa définition, la pédagogie s'adresse aux enfants. Non contents d'avoir été des veaux puis des moutons, les français sont enfin passés à l'espèce humaine, sans toutefois être parvenus à l'âge adulte. A moins que les pédagos n'aient envahi la sphère politique et fait propager leur jargon. C'est bien dans cette vidéo l'impression que donne la Reine. On y retrouve les phrases, toujours les mêmes, de l'idéologie constructiviste. L'on n'est pas près d'en sortir.
Ecrit par : Alice | 25 novembre 2006
Lu dans La République et l'Ecole de Philippe Barret (ancien élève de l'Ecole normale supérieure, inspecteur général de l'E.N et ancien collaborateur dans cabinets ministériels de J.P Chevènement (dont celui de l'E.N)
Quant aux activités artistiques - musique et arts plastiques-, on est là dans un cas caractérisé par l'échec de l'Education nationale.
A-t-on jamais vu quiconque qui ait pris goût à la musique, soit pour l'écouter comme simple mélomane, soit pour la pratiquer en amateur -ne parlons pas des professionnels!-, qu'il s'agisse du piano ou du violon classique, grâce à l'enseignement musical de l'Education nationale ?
Personne ne l'a jamais vu. Tous les enfants, tous les adolescents qui découvrent le plaisir de la musique le font par d'autres voies : la famille, les amis, un conservatoire musical, non pas dans des cours de musique au collège !
Il en est de même du dessin. Au demeurant, les enfants qui aiment dessiner ne se contentent pas de dessiner une heure par semaine. Ils dessinent tous les jours. De même est-il stupide de vouloir imposer cette culture. Il y a, dans les arts, un irréductible élément de plaisir, contradictoire avec toute contrainte. On peut contraindre un enfant à apprendre la grammaire du français, les quatre opérations arithmétiques ou quelques éléments de géographie. On ne contraint personne à aimer Le Clavier bien tempéré.
Il faut donc réformer profondément cette initiation artistique en faisant appel à des praticiens, à des professionnels plutôt qu'à des professeurs.
Un honnête flûtiste, un pianiste moyen est mieux à même de faire partager sa passion qu'un brillant agrégé de musique. Confier cette responsabilité aux collectivités locales, c'est avoir l'assurance qu'on mobilisera plus de moyens, plus de compétences, plus de forces adéquates à la tâche. Ce sera pour le plus grand progrès culturel de nos enfants. Et, de surcroît, cela coûtera moins cher ou, à coût égal, fournira un encadrement plus nombreux et plus étendu.
Ecrit par : Guillaume | 25 novembre 2006
Cher collègue,
Je suis professeur de Physique et de Chimie en lycée et je suis vos aventures depuis presque un an déjà. Même si vous êtes parfois excessif, je suis très souvent en accord total avec votre pensée, étant moi même fréquemment excessif dans mes propos. Le consensus mou propre à notre époque provoque en effet chez moi des fièvres et des spasmes très inconfortables.
Je vous envoie aujourd'hui ce petit mot pour apporter quelques millilitres d'eau à votre moulin. En effet, je fais partie de la lie de notre profession puique lors de ma dernière (et première d'ailleurs) inspection en janvier dernier, j'ai vu ma note pédagogique baisser d'un point. Cette sanction jadis réservée aux incompétents notoires et aux cas relevant de la psychiatrie est donc aujourd'hui appliquée sans vergogne aux professeurs qui ont encore à coeur de "transmettre" et non "d'animer".
L'entretien d'inspection a mis au jour un certain nombre de désaccords quand à la manière de faire un cours entre mon inspectrice et moi. Il m'était reproché, pour faire vite, de -je cite-"donner mon savoir aux élèves" et de ne pas "suffisamment susciter de débats entre les élèves" et même pire de "signifier trop souvent son erreur à un élève qui répondait mal à mes questions" au lieu de partir "de leurs propres représentations". Je précise que le cours concernait la charge du condensateur en terminale S.
Le rapport d'inspection, sans être particulièrement élogieux parlait tout de même de mon "sérieux", de ma "compétence" etc. Il m'y était surtout reproché d'aborder parfois des notions hors programme en plus des griefs relatés dans le paragraphe précédent. J'ai donc été surpris de voir ma note ainsi rabaissée... mais pas tant que ça en fait. Je pense avoir été victime d'un délit d'opinion pédagogique voire d'anti-intelleuctalisme.
Je suis bien désolé de poster ce commentaire à la mauvaise place mais je voulais être sûr qu'il vous parviendrait.
Bon courage pour la suite de votre carrière, quelle qu'elle soit. Ne me souhaitez bon courage pour la mienne, elle est déjà bonne à jeter aux orties...
Bien cordialement, Thomas.
Ecrit par : Nuwanda | 25 novembre 2006
Il m'était reproché, pour faire vite, de -je cite-"donner mon savoir aux élèves" et de ne pas "suffisamment susciter de débats entre les élèves" et même pire de "signifier trop souvent son erreur à un élève qui répondait mal à mes questions" au lieu de partir "de leurs propres représentations". Je précise que le cours concernait la charge du condensateur en terminale S.
Et les élèves, sont-ils satisfaits et progressent-ils? Ont-ils confiance en vous pour les préparer au bac? Arrivent-ils à vos cours pleins d'énergie?
C'est quand même plus important que de satisfaire l'inspecteur? Vous a-t-on, de ce fait, réduit votre rémunération? Etes-vous menacé de licenciement pour faute lourde?
Ecrit par : dobolino | 25 novembre 2006
reponse à guillaume
MOI, il y longtemps grace à un prof de musique au lycée
plus recemment je peux certifier que les deux profs de musique du collége ou j'ai travaille ont donné le gout de la musique à plein d'élèvés : chorale, ensemble instrumental
je peux aussi temoigner de deux profs d'arts plastiques du même collège et du collègue du lycée voisin
les prof permettende faire connaitre l'art que les gosses ne verraient jamais chez eux ou à la tele
il faudrait arreter de prendre les profs pour des .......
a+ gros coup de colère
Ecrit par : beethoven | 25 novembre 2006
Bienvenue au club Thomas !
Ecrit par : marideprof | 25 novembre 2006
Ecrit par : dobolino | 25 novembre 2006
Vous a-t-on, de ce fait, réduit votre rémunération?
Indirectement et durablement : OUI
Ecrit par : dobolino | 25 novembre 2006
Etes-vous menacé de licenciement pour faute lourde?
Ca viendra peut être !
Ecrit par : marideprof | 25 novembre 2006
D'abord, je salue tous les nouveaux intervenants.
J'étais absent ces deux j reprends le blog en marche. Et je vois que l'on peut s'y dire des choses intelligentes sur un ton discrètement passionné — et j'en suis fort aise…
Pour Thomas ou Nuwanda, je ne sais : les profs restent, les inspecteurs passent.
À propos d'inspecteurs… Je relaie un message qui m'a été adressé par l'une d'eux — ne cherchez pas, la France est grande… —, qui a très exactement cette ironie "politesse du désespoir" dont parlait jadis Vian :
"J'assistais, il y a deux ans, dans un lycée, à une séance, dûment insérée dans une séquence bon teint (sur le "monologue"), qui entreprenait de commenter le monologue de Figaro. Le professeur avait pris soin de dactylographier la quasi-totalité du texte. "Quasi", car y manquait la longue et belle période qui commence par "[...] auteur espagnol,je crois pouvoir y fronder Mahomet sans scrupule...". A ma question sur cet oubli, le professeur répond, fier de sa prudence : "J'ai des élèves qui risqueraient d'être heurtés dans leur sensibilité".
"Par ailleurs, je coordonne l'épreuve de français du CPRE [le concours Régional de Profeseur des Ecoles ] dans l'académie depuis quelques années. Feuilletez les annales de ce concours, vous y verrez que, malgré la toute récente réforme de l'épreuve, rien ne permet d'y vérifier la maîtrise du moindre savoir (orthographe, grammaire, compréhension d'un texte, culture littéraire). Les candidats sont invités, dans le jargon convenu, à rédiger la synthèse de textes portant obligatoirement sur de sujets de didactique. S'ils sont vraiment illettrés, ils perdront au maximum 3 points sur 20, ce qui ne leur interdira peut-être pas d'ailleurs d'enseigner l'orthographe plus tard.
Cette épreuve est une escroquerie du côté des contenus ; c'en est une aussi du côté des correcteurs : aucun d'eux ne sait ce qu'est une synthèse de documents. Ce sont des enseignants du 1er degré et de collège qui, du fait de leur parcours antérieur et de leur fonction actuelle, ignorent tout de l'exercice. Mieux vaut que les candidats ne le sachent pas. En mathématiques, au moins, ce sont de vrais professeurs de mathématiques qui corrigent de vrais problèmes de mathématiques (la partie didactique de l'épreuve, qui n'en constitue donc pas l'intégralité, est laissée aux personnels du 1er degré)
L'escroquerie continue à l'épreuve orale d'admission : en plus d'un "entretien professionnel" aux contenus in(dé)finis, les heureux admissibles peuvent, depuis la dernière session, choisir l'option "littérature de jeunesse". Les deux tiers ont choisi cette option, moins risquée que les "arts visuels" ou l'éducation musicale, qui exigent, eux, un minimum de savoir et de technicité. Mais, dans les commissions d'oral, personne n'a de compétence vérifiée en "littérature de jeunesse" (en est-il une d'ailleurs qui soit vérifiable en cette matière ?). Au mieux, elle est auto-proclamée. Bref, j'admire ces candidats qui réussissent un concours où échouerait à coup sûr la quasi-totalité des membres du jury (moi le premier !).
Et voilà pourquoi votre fille est muette."
No comment, en ce qui me concerne — trop à dire. Mais d'aucuns, qui ne sont pas à l'intérieur du système, comprendront mieux, désormais, cette immense gabegie qu'on appelle Education Nationale, et cette mirifique invention qu'est la pédagogie mise à toutes les sauces.
JPB
Ecrit par : brighelli | 25 novembre 2006
beethoven, vous savez, je ne suis pas sûr que le message de Guillaume vaille le coup qu'on lui réponde! Il s'agit d'une provocation de plus, et d'affirmations totalement gratuites. Qu'il n'oublie pas en plus, (mais le sait-il seulement?) que beaucoup de profs de musique sont d'excellents praticiens. Mais, évidemment, si la seule logique qu'il veut voir appliquer est uniquement d'ordre commercial...
Ecrit par : christophe sibille | 25 novembre 2006
Je ne suis pas sûr que telle était bien la pensée de Guillaume
Ecrit par : Jean-François Croz | 25 novembre 2006
Ce soir j'entendais sur France Inter une émission sur Nougaro . " Depuis 30 ans je me crois toujours à mes débuts." disait-il !
Eh bien moi c'est un peu pareil pour moi ...depuis 13 ans . Rassurez vous, pas en termes de professionalisation, je l'espère, car chaque jour apporte son expérience .
Mais en bonheur d'être en classe....malgré les lourdeurs du mammouth
Et pour répondre à Philippe qui écrit :
" Et notamment, Mr Brighelli, faire reculer les méfaits de tous ces professeurs de français qui, dès le CE et jusqu'au..., n'enseignent plus vraiment ni la langue française, ni la littérature, ni orthographe, ni grammaire, ni sens ; ni langue commune ni culture commune (n'en déplaise à Patrick... qui s'est trompé de bateau!)"
Peut être que ce Patrick c'est bibi . Alors si c'est le cas , permettez-moi PHILIPPE, de vous répondre.
Comme capitaine de bateau , seul maître à bord , ayant pour seule boussole, ma conscience, j'essaie de travailler en mettant un peu de bon sens et en valorisant ce qui fait la richesse de notre langue tant sur le plan culturel que structurel, contournant les récifs du pédagogisme.
J'ai la faiblesse de penser que nous sommes plus nombreux que l'on ne croit dans ce cas.
Bien cordialement
et vive la grammaire !
Quand on nous disait à l'IUFM que c'était une matière trop conceptuelle ... etc
Lors de mon premier stage de 3 semaines en Grandes Sections de maternelle, j'ai appris à jouer aux échecs à des mômes de ZEP( une classe entière ) qui pour certains pouvaient anticiper à 2 coups !
Ecrit par : Patrick (Instit) | 25 novembre 2006
Ce soir j'entendais sur France Inter une émission sur Nougaro . " Depuis 30 ans je me crois toujours à mes débuts." disait-il !
Eh bien moi c'est un peu pareil pour moi ...depuis 13 ans . Rassurez vous, pas en termes de professionalisation, je l'espère, car chaque jour apporte son expérience .
Mais en bonheur d'être en classe....malgré les lourdeurs du mammouth
Et pour répondre à Philippe qui écrit :
" Et notamment, Mr Brighelli, faire reculer les méfaits de tous ces professeurs de français qui, dès le CE et jusqu'au..., n'enseignent plus vraiment ni la langue française, ni la littérature, ni orthographe, ni grammaire, ni sens ; ni langue commune ni culture commune (n'en déplaise à Patrick... qui s'est trompé de bateau!)"
Peut être que ce Patrick c'est bibi . Alors si c'est le cas , permettez-moi PHILIPPE, de vous répondre.
Comme capitaine de bateau , seul maître à bord , ayant pour seule boussole, ma conscience, j'essaie de travailler en mettant un peu de bon sens et en valorisant ce qui fait la richesse de notre langue tant sur le plan culturel que structurel, contournant les récifs du pédagogisme.
J'ai la faiblesse de penser que nous sommes plus nombreux que l'on ne croit dans ce cas.
Bien cordialement
et vive la grammaire !
Quand on nous disait à l'IUFM que c'était une matière trop conceptuelle ... etc
Lors de mon premier stage de 3 semaines en Grandes Sections de maternelle, j'ai appris à jouer aux échecs à des mômes de ZEP( une classe entière ) qui pour certains pouvaient anticiper à 2 coups !
Ecrit par : Patrick (Instit) | 25 novembre 2006
comment, en ce qui me concerne — trop à dire. Mais d'aucuns, qui ne sont pas à l'intérieur du système, comprendront mieux, désormais, cette immense gabegie qu'on appelle Education Nationale, et cette mirifique invention qu'est la pédagogie mise à toutes les sauces.
JPB
Ecrit par : brighelli | 25 novembre 2006
Ceux qui sont à l'extérieur du système, comme vous le dîtes si bien,n'ont, est-il nécessaire de le re-prouver, pas leur mot à dire sans se faire traiter de parents d'élèves qui prennent leur vulgaire piaf pour un aigle...
D'ailleurs, accueillez vous ceux qui sont à l'extérieur du système avec plaisir?
Ecrit par : dobolino | 25 novembre 2006
"D'ailleurs, accueillez vous ceux qui sont à l'extérieur du système avec plaisir?"
Dobolino, vous savez que vous êtes un peu parano ? Ce blog n'aurait aucun sens s'il n'accueillait que les enseignants — même s'il est logique qu'ils soient ici majoritaires. Ce qui donne sens, à un blog, un texte, ou un tableau, c'est le coefficient, aussi mince soit-il, d'inattendu(s).
À propos de langue française… Bentolila (qui a tout prêché et son contraire, c'est un homme qui sait prendre le vent (1)) remet cette semaine un rapport sur l'enseignement de la grammaire, dont les conclusions, largement divulguées par la presse, visent à :
- enseigner la grammaire aux futurs maîtres — parce que comme l'affirmait mon dernier post, s'ils ne la possèdent pas en passant les concours de recrutement (qui ne les testent pas sur ce plan, comme sur beaucoup d'autres), ce n'est pas après qu'ils l'apprendront. Je faisais déjà ces recommandations dans À bonne école — on finit toujours par être entendu ;
- rétablir une progression logique des apprentissages, du simple au complexe — en commençant par le sujet, et pas par le complément d'objet ;
- ce qui suppose que l'on aille de la règle à l'illustration, et non le contraire, qui se pratique aujourd'hui. En clair, revenir à la grammaire de phrase, comme on dit — c'est-à-dire l'ensemble des règles qui structurent la langue, et pas "l'observation réfléchie de la langue", vulgate officielle qui suppose que les élèves soient des petits génies de la grammaire, susceptibles de recomposer le Bon usage à partir de trois bouts de textes ;
- rétablir une terminologie unique et pratique (choisir une bonne fois pour toutes entre "complément d'attribution" et "complément d'objet second", par exemple).
Bonne journée à tous — ici, apparemment pluvieuse, à cette heure.
JPB
(1) Pour la petite histoire, et parce que je n'oublie jamais les injures, Bentolila, rencontré sur un plateau de la Cinq, m'avait invité aux "Entretiens Nathan", qui se tiennent en octobre chaque année. Mais divers pédagogues complotèrent et échafaudèrent une stratégie de boycott — avec promesse de manifester bruyamment leur désaccord si jamais j'étais effectivement présent. Un ami bien intentionné m'a transmis les courriels de ces machiavels d'IUFM — et Bentolila, qui doit avoir horreur du vacarme, m'envoya une lettre me suggérant de ne pas venir… Ah, le courage des enseignants, sur lequel Maurice Maschino est en train d'achever un livre… (vous pouvez lui envoyer vos témoignages directement sur [email protected]).
Ecrit par : brighelli | 26 novembre 2006
Il s'agit d'une provocation de plus, et d'affirmations totalement gratuites.
Christophe Sibille
Ne la ramenez pas trop, vous n'êtes pas mauvais dans ce registre. (lire vos allusions nauséabondes du mois d'octobre)
Il s'agissait tout d'abord de l'extrait d'un livre d'un homme supposé être de gauche. Il semble que libéralisation et décentralisation à tout crin deviennent aussi des leitmotiv pour les proches de Chevènement. Homme de droite, permettez que je m'en amuse tout d'abord.
Il n'en demeure pas moins vrai que l'enseignement artistitique est bien mal en point en France comme en témoignait d'ailleurs le livre d'Evelyne Tschirhart (L'école à la dérive) professeur d'arts plastiques.
Certains ont pu rencontré d'excellents profs de musique et d'arts plastiques, j'en ai aussi rencontré de moins bons. Le formateur que vous êtes devrait pourtant s'étonner du fort mauvais niveau des aspirants-professeurs des écoles dans ces domaines.
Insuffisance d'horaire allez-vous me rétorquer car vous êtes comme vos amis souvent partisan de la politique du toujours plus, sans doute...mais il est un point sur lequel Philippe Barret a raison me semble-t-il c'est qu'il est vain de contraindre un enfant à apprécier une discipline artistique. Ainsi, j'aurais apprécié de faire deux fois plus de dessin et deux fois moins de musique. (au niveau du collège)
D'autre part, je constate comme d'autres l'abandon de l'apprentissage des bases dans ces domaines. Je ne parlerai pas de musique n'étant pas féru de ce domaine mais d'arts plastiques.
Je crois pourtant que c'est plus grâce à l'excellence des enseignements prodigués* dans les conservatoires qu'aux cours de flûtes à bec que nous devons d'avoir conserver quelques honnêtes musiciens.
*(de façon "traditionnelle" mais j'ai lu hélas que même dans ces lieux le pédagogisme commençait à faire ses premiers dégâts).
Donc, notre formatrice d'arts plastiques sympathique au demeurant a principalement axé son enseignement sur l'étude des techniques utilisées en art contemporain. Il me semblerait plus judicieux d'apprendre avant des collages savants et autres trouvailles post-Pollockiennes le dessin, tout simplement. Ce que l'on fait parfois dans des cours privés. Simple en moyens, il développe le sens de l'observation ce qui peut être précieux dans d'autres disciplines (biologie par exemple,...voilà que je suis en pleine crise de transversalité aigüe).
De même, on n'apprendra pas à nager aux enfants de primaire la brasse ou le crawl (mais le savoir pas couler ou le bien-être aquatique) ce qui contraint leurs parents à payer des leçons prodiguées par les mêmes maîtres-nageurs.
Je n'ai pas forcément de solution mais le passage de ce livre me semblait suffisamment intéressant pour évoquer la question des disciplines artistiques. Je m'étonne qu'un formateur de musique ne se saisisse pas de l'opportunité pour évoquer son domaine préférant comme à son habitude régler ses petits comptes.
Beethoven, je reste aussi attaché que vous au principe de faire découvrir à tous les élèves ces domaines. On peut néanmoins s'interroger sur la réalité de l'enseignement artistique dans un pays qui n'est plus depuis bien des années une référence mondiale.
Ecrit par : Guillaume | 26 novembre 2006
- rétablir une terminologie unique et pratique (choisir une bonne fois pour toutes entre "complément d'attribution" et "complément d'objet second", par exemple).
Après maintes conversations avec Anne-Marie Valette sur ce sujet il faudrait effectivement rétablir le complément d'attribution.
On reste souvent confondu par les trouvailles de petits grammairiens en mal de reconnaissance comme le groupe prépositionnel à la place du complément du nom. Groupe prépositionnnel, bonjour le sens !
Rétablir aussi le complément d'adjectif ... passé aux oubliettes.
Ecrit par : Guillaume | 26 novembre 2006
Pour rire...un peu ce dimance pluvieux.
http://www.youtube.com/watch?v=h3x2W3afxgw&mode;=related&search;=
Ecrit par : Guillaume | 26 novembre 2006
La cause des enseignements artistiques me paraît presque perdue — je sens que je vais faire une note spécifique sur le sujet. Un peu de musique, un peu d'arts plastiques, c'est tout ce qui reste des anciens enseignements bourgeois (et aristocratiques). ET, ma foi, je ne serais pas contre l'idée d'enseigner dans les ZEP les plus sombres ce qui était au programme des petits nobles il y a encore un siècle — ou deux.
Quant à l'idée de choisir entre ceci et cela, c'est de la pure provocation, hein, Guillaume… Il y en a qui se sentent plus "maths" que "lettres" — faut-il leur donner le choix précocement ? Ce qui fait la beauté d'un cursus républicain au sens où je l'entends, c'est que l'on soit initié à parts égales à tout ce qui constitue une culture — la spécialisation vient après, sauf si vous êtes Mozart ou Raphaël — fréquence rare…
JPB
Ecrit par : brighelli | 26 novembre 2006
A propos de l'enseignement des arts plastiques, lu dans "Passagère du silence - dix ans d'initiation en Chine" de Fabienne Verdier (Albin Michel2003), une étudiante des Beaux-Arts qui est allée "chercher seule, au fin fond de la Chine communiste, les secrets oubliés de l'art antique chinois" :
"L'enseignement à l'Ecole des beaux-arts [de Toulouse] m'a déçue. On n'étudiait plus les maîtres, il n'existait plus de modèles sur lesquels s'appuyer, les élèves n'avaient plus le droit de pénétrer dans l'atelier de Léonard de Vinci ; on n'apprenait plus la pratique des techniques, ni aucune expression picturale. "Enfermez-vous dans une pièce et exprimez-vous !" nous répétaient les professeurs. La psychanalyse avait fait des ravages au sein de l'Education nationale. Le problème de savoir s'exprimer quand on n'a pas appris diverses sortes de langage pour y parvenir me rendait folle. A quoi servaient donc les enseignants ?"
Ensuite au sujet de l'enseignement de la grammaire, une petite question qui me tracasse.:
Quand j'étais élève à l'école élémentaire, nous apprenions de la façon suivante : dans la phrase "Le petit garçon de la voisine joue dans la cour de l'immeuble." (Excusez-moi, c'est un peu longuet, mais je n'ai pas le langage approprié, je suis obligée de passer par l'exemple).
Le : article défini, masc sing, accompagne le nom garçon.
petit : adjectif qualificatif, masc, sing, épithète du nom garçon.
garçon, nom commun, masc sing, sujet du verbe jouer.
de : préposition, introduit le nom voisine.
la : article défini, fém plur, accompagne le nom voisine.
voisine : nom commun, fém sing, complément du nom garçon.
Lorsque j'ai commencé à enseigner (1975), on nous a appris à considérer et à faire considérer aux élèves que, dans cette phrase, le sujet du verbe jouer était "Le petit garçon de la voisine", ce qui me semble correct au point de vue sens... Mais voilà, cela fait à peu près 30 ans maintenant que je me "bagarre" avec les élèves de 7 à 10 ans pour obtenir ce genre de réponse, car pour eux spontanément "celui qui joue dans la cour de l'immeuble c'est "le garçon" " et je suis obligée ensuite de poser des questions pour obtenir qu'il soit petit et fils de la voisine... Pour dès le CE2, être obligée de "redémonter tout ça" afin qu'ils perçoivent le rôle de l'épithète ou du complément de nom (qui portent d'ailleurs dans leur livre un "nom à coucher dehors avec un billet de logement", comme aurait dit ma grand-mère).
Quelle objection y aurait-il à considérer que, dans cette phrase, seul le nom garçon est sujet du verbe jouer (puisque c'est lui qui "donne sa loi au verbe") et que les mots qui l'environnent "l'accompagnent" ou le complètent ? N'est-ce pas possible de démarrer par là avec des petits CP/CE1 de 6 ou 7 ans et d'élargir peu à peu la perception des élèves vers des groupes structuraux plus large ? Pour quelles raisons ?
Ecrit par : catmano | 26 novembre 2006
"Christophe Sibille
Ne la ramenez pas trop, vous n'êtes pas mauvais dans ce registre. (lire vos allusions nauséabondes du mois d'octobre)"
Ecrit par : Guillaume | 26 novembre 2006
Restez correct, Guillaume, s'il vous plaît. Je l'ai toujours été.
"Le formateur que vous êtes devrait pourtant s'étonner du fort mauvais niveau des aspirants-professeurs des écoles dans ces domaines."
Ecrit par : Guillaume | 26 novembre 2006
Je ne "rétorquerai" pas, comme vous dites, (restez correct! Mais c'est plus fort que vous, ou quoi?) que c'est une question de moyens qu'il faudrait gonfler et gonfler encore, mais vous répondrai effectivement que, pour lutter contre les charges unilatérales des émissions "musicales" dans les media, une heure hebdomadaire me semble un peu courte. Et je vais peut-être vous faire plaisir en répondant que je déplore que certains collègues fasse, en classe, chanter Diam's ou Goldmann. Ceci-dit, ils ne sont pas la majorité. Et je suis plutôt contre la pratique de la flûte à bec en classe!
"Je m'étonne qu'un formateur de musique ne se saisisse pas de l'opportunité pour évoquer son domaine préférant comme à son habitude régler ses petits comptes."
Ecrit par : Guillaume | 26 novembre 2006
Guillaume, plutôt que vous regarder écrire, (et régler vos comptes à vous... contre quoi, d'ailleurs? Mes réactions légitimes aux attaques et agressions un peu honteuses dont j'ai été l'objet sur: "lire-écrire?), passez un peu plus de temps à lire les messages envoyés par les autres! (Un nombre assez conséquent, de ma part, pour défendre la pratique de ma discipline et la manière de (tenter de) la transmettre). Je vous en saurai gré.
Ecrit par : christophe sibille | 26 novembre 2006
Horreur et damnation! Que certains collègues fassent.
Ecrit par : christophe sibille | 26 novembre 2006
Zut, je me suis dévoilé, dans ma colère, j'ai signé par mon prénom, tant pis, je reprends mon pseudo.
Mon inspectrice risque malheureusement de rester accrochée longtemps, elle vient juste de prendre son poste et elle est jeune (et séduisante aussi, le diable est toujours séduisant), je crois que je vais me la colleter un bon moment. Ses deux collègues sont de toutes façons dans la même veine pédagogo.
Je sais que je ne risque pas de baisse de rémunération ni de licenciement (pour l'instant) mais le manque à gagner sur toute une carrière est quand même important. Mais ce n'est pas assez cher pour acheter mon intégrité et je resterai sur la même ligne. Le statut de martyr n'est pas si inconfortable que ça. Je n'écrivais pas ça pour me plaindre mais simplement pour témoigner.
Sur 21 élèves, 19 ont eu le bac alors qu'il s'agissait d'une classe très faible. Je connais la valeur du bac d'aujourd'hui mais si j'étais si nul que l'inspectrice le pense, j'aurais dû réussir à planter plus que deux élèves (dont une a démissionné du lycée en janvier d'ailleurs).
Pouvoir me regarder dans un miroir sans honte est l'une des seules satisfactions que je trouve encore dans l'exercice de mon métier et même si ça me coùte cher, je ne leur laisserai pas ça.
Ecrit par : Nuwanda | 29 novembre 2006
Sur l'enseignement artistique.
Je reste encore et toujours extrêmement perplexe là-dessus. Et s'il est bien une chose dont je suis certain, c'est qu'au sortir de la fac de musicologie, j'étais prêt à tout faire pour ne jamais me retrouver prof de musique dans un collège.
Certains de mes anciens condisciples le sont ou l'ont été, avec des expériences diverses : certains sont partis en courant dès que possible pour intégrer la filière des conservatoires, d'autres au contraire sont toujours "dans la place" (Yo ! ) et semblent y avoir trouvé sinon leur bonheur du moins leur compte.
Ma question face à cela, celle qui m'a conduit à refuser cette orientation professionnelle, est la suivante : quel sont, en fin de compte, les objectifs d'un enseignement artistique au collège ? Les a-t-on déjà véritablement définis ? Que peut-on, que doit-on espérer d'une heure hebdomadaire s'adressant par définition à tous les élèves, c'est à dire aussi bien à ceux qui ont des aptitudes et à ceux qui n'en ont pas, aussi bien à ceux qui pratiquent ailleurs qu'aux autres ?
Mes propres souvenirs d'élève ne sont pas plus éclairants là-dessus, bien au contraire. Élève de conservatoire par ailleurs, je n'ai rien appris dans ces cours de musique où tout ce qui se disait, tout ce qui se faisait, était déjà largement connu de moi depuis plusieurs années. Pour la pluspart de mes camarades, en revanche, il s'agissait le plus souvent de choses qui les dépassaient, ou qui les mettaient devant des murs infranchissables, ou plus généralement les plongeaient dans un ennui profond, et ce quelqu'aient pu être les diverses options choisies par les professeurs successifs que j'ai eu.
J'entends cependant, de la bouche de mes propres élèves, des choses intéressantes, parfois, à propos de ce qu'ils ont fait, ou vu, dans leurs cours de musique au collège ; j'en entends aussi d'autres qui font plutôt lever les yeux au plafond.
Alors ma question reste entière : quel est le but de ces cours ?
La pratique ? Oui, mais laquelle ? Est-on sûr que celle qu'on y vise est adaptée aux conditions ? (temps hebdomadaire, public indifférencié) - et cette pratique, elle-même, débouche sur quoi ? Doit-elle, d'ailleurs, forcément déboucher sur quelque chose ?
La connaissance de l'art, son histoire, son évolution ? Très bien… Avec quelques minutes par semaine pour trente élèves, que peut-on légitimement ambitionner dans ce domaine ?
L'esthétique ? Le rapport à l'œuvre artistique ? Une réflexion sur la sociologie de ce rapport ? Il n'est certes pas inutile de faire prendre conscience à la majorité des élèves que les raisons pour lesquelles ils aiment la musique qu'ils aiment sont en général tout sauf musicales… Mais ensuite ?
Mettre en contact l'élève avec le beau, en espérant l'étincelle miracle qui les conduira à la transfiguration, et se trouver satisfait que cette étincelle ait jailli chez un d'entre eux sur cent ? Pourqui pas… Les quatre-vingt-dix-neuf autres apprécieront.
En conclusion, les objectifs possibles sont si vastes et les conditions pour les atteindres si étroites et limitées qu'on en est, me semble-t-il, réduit au saupoudrage si on ne se décide pas à faire des choix - avec ce que ça comporte de renoncements - et des choix clairs, réalistes et appropriés.
Le champ de réflexion est vaste, et j'ai le sentiment qu'on l'a encore bien peu défriché.
PS : que les plasticiens me pardonnent de n'avoir étayé mon message que par des exemples liés à l'enseignement musical : je ne peux parler que de ce que je connais. Mais j'imagine que mes questionnements peuvent - à quelques détails près, peut-être - s'appliquer aussi aux arts de l'œil qu'à celui de l'oreille…
Ecrit par : Argo | 02 décembre 2006
1/ (…) les professeurs successifs que j'ai euS.
2/ pluspart, plupart… je ne m'y ferai jamais ! (Mais le TLFI me rassure cependant en m'apprenant que le "s" n'a disparu officiellement qu'en 1835… Excusez-moi, Prince, si je — suis foutrement moyennâgeux)
Ecrit par : Argo | 02 décembre 2006



