« Littératures enfantines | Page d'accueil | Harcelement »
25 janvier 2007
Politiquement correct
Politiquement correct
Le politiquement correct que semblent craindre certain(e)s ne date pas d'hier.
Petite plongée dans les souvenirs des anciens et des plus anciens…
Dans la première édition de leur XVIe siècle, à l'aube des années 60, les deux compères Lagarde & Michard citaient un texte de Rabelais (chapitre III de Pantagruel) qui était le suivant : "Ha ! Babedec, ma migonne, m'amie, jamais je ne te verrai…"
Peu après 68, ils modifièrent subrepticement le texte : "Ha ! Babedec, ma migonne, m'amie, ma savate, ma pantoufle, jamais je ne te verrai…"
Dans la dernière édition (2004 — mais les deux auteurs sont morts), Bordas a modifié encore : "Ha ! Babedec, ma migonne, m'amie, (…) ma tendrette, ma braguette, ma savate, ma pantoufle, jamais je ne te verrai…" On notera le signe diacritique (…), qui suggère aux âmes bien nées et attentives qu'il y a peut-être une coupe… Mais il y a aussi une note, sur "pantoufle" : "Que penser de cette énumération ?" — le genre de question un peu creuse qu'adoraient poser les deux Inspecteurs généraux prescripteurs et… receveurs…
Quelle énumération ?
Le texte de Rabelais est le suivant : "Ha ! Babedec, ma migonne, m'amie, mon petit con (toutefois elle en avait bien trois arpents et deux sexterées), ma tendrette, ma braguette, ma savate, ma pantoufle, jamais je ne te verrai…" Et je reprends la question, cette fois : Que penser d'une telle énumération — et de la parenthèse ci-incluse ? Qu'il ne faut s'étonner d'un sexe couvrant un hectare et demi (à peu près), puisque ce sont des géants — que cela laisse savamment augurer de la taille du vit, comme on disait alors, de Gargantua (après tout, à Beaumont le vicomte, comme dit Rabelais lui-même), et que ce n'est pas par hasard si l'on dit "enfiler sa pantoufle". (1)
Ça me rappelle une phrase de Henry Miller, je crois dans Jours tranquilles à Clichy : "Elle avait un petit con juteux qui m'allait comme un gant" — une phrase que condamnait déjà en son temps Kate Millett, la grande prêtresse du Women's lib américain — car un puritanisme de gauche émergeait déjà dans ces années 68, particulièrement chez les féministes qui, comme on sait, ne s'envoyaient jamais en l'air…
Mais le politiquement correct d'aujourd'hui a une autre tournure. Il tolère, il encourage même les grossièretés les plus écœurantes, qui n'ont même pas, comme Rabelais, l'excuse de la verve et de la démesure. Il vise à éviter de heurter les sensibilités communautaires, les "gens de petite taille" comme les "African-American" — un joli mot-valise pour dire Black - puisqu'il est désormais entendu qu'il est malséant de remarquer la couleur de peau de l'un ou la jupe de l'autre…
Je me suis fait rudement enguirlander un jour par une collègue allemande, sous prétexte que je lui avais proposé de remplir à sa place le réservoir de son véhicule qui nous co-voiturait — une bonne intention née de son tailleur blanc pré-ségolénien. C'était donc que j'avais remarqué qu'elle était une femme (sexisme !), et elle était sûre que je me laissais même aller à tenir la porte aux dames au lieu de la leur claquer dans la poire, geste obligé du politiquement correct outre-Rhin — déjà en 1998.
Et avec l'élection de Sainte Ségo, nous aurons droit aux deux censures en même temps. Les un(e)s couperont tout ce qui dépasse, tout ce qui sera susceptible de heurter la sensibilité des enfants (qui, comme on le sait, ne mentent jamais - voir l'Ecole du soupçon, de Marie-Monique Robin, sur les dérives de la "circulaire Royal" en 1997), les autres couperont tout ce qui pourrait heurter l'une ou l'autre des communautés ou des superstitions qui tentent aujourd'hui de lever la tête… Et que restera-t-il ? Nos yeux pour pleurer ? Il y a des jours où, devant les menaces qui pèsent sur les libertés, je me sens devenir furieusement… libéral. Mais je me soigne…
JPB
(1) Salut à Irène Théry, dont la maîtrise de Lettres (avant qu'elle ne devienne l'un des gourous du droit familial) portait sur les manuels scolaires — nous avions un peu travaillé ensemble, vers 1973…
Un mot encore. La censure signalée ici du Lagarde n'était pas la seule. Dans le XVIIIe siècle, un extrait de Voltaire était caviardé pour éviter le mot "cul". J'avais demandé à Pierre Bordas, en 82, au moment où avec deux amis nous lancins chez Magnard une série concurrente et un peu moins coincée, pourquoi il avait ainsi malmené la littérature : "Nous cherchions à nous concilier le marché des écoles libres belges", répondit-il — un segment étroit, très étroit, mais qui existe, certes… Mais, au moins, un motif avouable — commercial. Les "raisons" idéologiques ou "morales" qui s'imposent aujourd'hui font froid dans le dos. Il n'est plus loin, le temps où le puritanisme s'associera à Big Brother pour surveiller nos lectures.
18:30 Lien permanent | Commentaires (138) | Envoyer cette note
Commentaires
Une anecdote qui montre que ce ne sont pas toujours ceux que l'on croit qui apprécient ces caviardages de bienséance... Dans les années 80, alors quel notre Lagarde & Michard présentait le poème de Baudelaire "Les Phares" amputé de cette strophe :
Goya, cauchemar plein de choses inconnues,
De fœtus qu’on fait cuire au milieu des sabbats,
De vieilles au miroir et d’enfants toutes nues,
Pour tenter les démons ajustant bien leurs bas ;
Notre professeur de français de première S, prêtre près de la retraite d'enseignant, tout sauf "moderne", partisan d'un enseignement parfaitement rigoriste, par ailleurs professeur de latin, nous avait rétabli le texte entier et, plein de fureur, nous avait demandé de coller sur la page la partie manquante.
Ecrit par : YBM | 25 janvier 2007
Cela me rappelle un cours de français, en seconde je crois. Nous étudiions Candide, et la fameuse phrase dite par l'eunuque:"Ma che sciagura d'essere senza coglioni", suivant les éditions, soit devenait: "ma che sciagura d'essere senza cogl.", "ma che sciagura d'essere senza c...", ou disparaissait complètement. Evidemment, ceux qui avaient dans leur recueil la phrase ou, le c... seul figuraient n'avaient qu'une seule envie; savoir de quoi il retournait! Comme quoi, la prohibition est toujours très efficace pour arriver à des desseins contraires à ceux prévus initialement.
Ecrit par : Christophe Sibille | 25 janvier 2007
"où le "c" seul figurait". Damned, fausse manoeuvre, c'est parti avant la relecture. Je vais encore avoir droit à une histoire de toto.
Ecrit par : Christophe Sibille | 25 janvier 2007
Le problème étant que les élèves ne se contrôlent pas bien non plus : je me souviens avoir eu du mal à rétablir le calme apres lecture en Seconde de l'horloge de Baudelaire... Et pourtant l'horloge n'est pas particulièrement érotique, comparé à d'autres plus explicites.
Ecrit par : Jeremy | 25 janvier 2007
Le politiquement correct pédago-socialiste-sic ne manque pas d'incohérence : et c'est là que l'Ecole nage dans le n'importe quoi : d'un côté on surprotège les gamins, on ne les note plus parce que ça traumatise, on ne les classe plus parce que ça humilie, on ne donne pas de devoirs le soir parce que ça fatigue, ni de leçons parce qu'apprendre c'est bête, on prend systématiquement leur parti dès qu'ils font une bêtise, au nom d'une culture de l'excuse qui devient positivement exaspérante, on ne leur met plus de zéro parce que c'est une brimade. Quant aux coups de règles sur les doigts, seuls des dinosaures comme Marc Le Bris ou Rachel Boutonnet doivent les dispenser, et encore :-) Bref on tient les "apprenants" dans du coton. Et parallèlement, on les jette devant des textes (cf. post précédent) qui sont bien en-dessous du pornographique (parce que le pornographe, LUI, n'écrit pas pour des enfants), sans souci de leurs réactions ni de leur sensibilité, comme s'il s'agissait déjà d'adultes avertis, (pour utiliser l'expression consacrée), comme s'ils étaient capables de gérer leur sexualité -- quand tant d'adultes ne le savent pas eux-mêmes... Bel apprentissage de l'érotisme, du plaisir, du don de soi et de la sensualité. Décidément, quels enfants allons-nous laisser à notre planète ? Des apprentis violeurs, des filles "paillassons" ? Des petits macs, des grosses pouffes ? Et "on" vient nous parler de "fonction citoyenne" de l'enseignement ... Je persévère dans le ricanement désabusé.
Ecrit par : FGuichard | 25 janvier 2007
""où le "c" seul figurait". Damned, fausse manoeuvre, c'est parti avant la relecture. Je vais encore avoir droit à une histoire de toto.
Ecrit par : Christophe Sibille | 25 janvier 2007 "
C'est bien ce que je pensais...
Ca t'arracherai les poils du cul de t'excuser, hein CONNARD !
Ecrit par : toto | 25 janvier 2007
surtout ne vous soignez pas.
amicalement.
Ecrit par : sacmo | 25 janvier 2007
Je n'ai rien dit d'autre en évoquant le cas de cette pièce de théâtre pleine de violences , sévices et autres turpitudes diverses, jetée en pâture à des CM2 et des 6è, non préparés et qui ont manifesté leur grande surprise à la vue de certaines scènes -et c'est un euphémisme. Personne n'a réagi sur ce post (voir plus haut) et le jugement du prof-journaliste qui demandait ce que ces choses-là pouvaient bien apporter de positif aux enfants. Des lignes qui m'ont valu- ce prof-journaliste qui aurait pu être FGuichard ou l'un(e) des interlocuteurs(trices) dans ce sujet- les accusations venimeuses de "fascisme" de la part de la bien-pensance de gauche( pas toute, car certains sont venus me dire que de telles réactions tenaient du "stalinisme", chose à laquelle je n'aurais jamais osé songer....)
Ecrit par : pierrot | 25 janvier 2007
Désolé JP c'est l'ôt gland qui me pompe ... Avec son ânerie de petit homme...
Il vient se la péter ici ... Cela fait un moment que je lui dit qu'il ne sait NI parler NI écrire .... Rin à faire .... pôve 'cibile' ... Si encore il avait des 'trucs' intréressant à dire ... trappe à con ... je ne te lis plus...
Moi j'aimions bien le côté Absurde de Rabi ;)
Ecrit par : toto | 25 janvier 2007
Le politiquement correct pédago-socialiste-sic ne manque pas d'incohérence
Fguichard, au cas où vous ne liriez pas les journaux, c'est un gouvernement où siège en numéro 2 un certain Sarkosi (le frère d'un des patrons du CNPF) qui gouverne le paquebot France, depuis quelques années et non la clique hollandaise qui ne vaut pas mieux, je vous le concède.
Pour le reste, je suis d'accord avec vous à cent pour cent!
Ecrit par : buntovchik | 25 janvier 2007
Il faut tout de même dire que le "politiquement correct", s'il existe partout, est plus répandu dans le milieu enseignant que partout ailleurs. On commence à peine à parler de sujets qui sont restés "tabous" pendant des décennies comme la violence dans les collèges et un autre que personne n'a abordé sur ce blog (et on comprend pourquoi ) à savoir le comportement de certains chefs d'établissement.
Il est très significatif de remarquer également que malgré les coups très durs portés par les socialistes contre l'école et contre les enseignants, notamment du temps de Claude Allègre, les "victimes" insultées et sous-payées restent majoritairement de gauche.
Je me suis moi-même fait remettre à ma place parce que j'avais osé écrire sur ce blog que Nicolas Sarkozy m'avait paru "sympathique" au cours de l'émission littéraire de Franz Olivier Gisbert...Ce n'était pas "politiquement correct".
Le seul mot "libéral" qui fait s'agiter certains comme des diables aspergés d'eau bénite vient pourtant de libre et de liberté et n'est pas plus correct à leurs oreilles que le "braquemart" de François Rabelais ne l'était à celles de Lagarde et Michard.
En tant que sympathisant, puis membre du SNALC dans les années 90, je suis bien placé pour savoir ce que signifie "être politiquement correct". Dans une salle des professeurs, ça se mesure en centimètres disponibles sur un panneau d'affichage et en insinuations de toutes sortes, le mot "fasciste" dans un pays où l'on résiste de père en fils et de droite à gauche de la génération Pétain à la génération Mitterrand n'étant pas le moindre des qualificatifs dont on pouvait se retrouver affublé à l'époque. Quand on a un grand-père Juif et un père résistant (il avait bien des défauts, le cher homme, mais ne lui ôtons pas ses qualités), c'est dur à avaler !
Alors, pour paraphraser le marquis de Sade , qui n'était pas correct du tout : "Professeurs, encore effort pour devenir des hommes libres !"
Ecrit par : Robin | 25 janvier 2007
Il faut que je me grouille de finir ma thèse ( et passer moins de temps sur bonnetdane, mais c'est ma récré et merci le copié-collé) pour mettre les pendules à l'heure et buntovchlk ( à vos souhaits) au parfum.
Enfin, c'est un peu lassant car c'est toujours les mêmes...
La dégradation de l'EN a commencé à l'époque ou les frères Sarkozy étaient en culotte courtes, et le règne des Khmers rouges de Grenelle quand ils passaient leur bac.
Lisez donc Jean Zay, buntov, et le projet Langevin-Wallon, je suis sûre quevous aimerez.
Ah! désinformation idéologique, mammelle du terrorisme intellectuel, quand tu nous tiens...
Ecrit par : Danièle | 25 janvier 2007
Cher JPB,
N’y a-t-il pas quelque incohérence à s’en prendre à la vulgarité du Gône du Chaâba le lundi et au politiquement correct le jeudi ?
Si votre but était de prouver que le roman de Begag était de la mauvaise littérature, n’importe quel autre passage aurait dû suffire, nous dispensant ainsi des commentaires pudibonds de certain(e)s.
Si c’est sa vulgarité qui vous choque, vous donnez vous-même dans le politiquement correct que vous dénoncez trois jour plus tard.
A force de contorsion intellectuelle, ne risque-t-on pas de finir, tel un Ouroboros, par se mordre la queue ?
Ecrit par : Candide | 25 janvier 2007
Danièle,
Comment se fait-il que les néo-libéraux voient de l'idéologie partout, sauf dans le néo-libéralisme ?
Commentaire précédent : lire "trois jours plus tard...", désolé.
Ecrit par : Candide | 25 janvier 2007
" politiquement correct "...Suite
Quizz du soir
Voici une petite histoire que raconte Michel Tournier - je ne vous dis pas où, vous seriez bien capable de tricher et ce n'est pas " moralement correct " :
Deux miroirs se retrouvent face à face sur un chemin (fine allusion à la définition que Stendhal donnait du roman...dialogue :
" Tu vois quelque chose ?
- Non, rien du tout
Un instant de silence.
- Alors je me demande vraiment pourquoi les femmes passent leur temps à nous regarder."
Tournier raconte qu'il a raconté cette histoire pour détendre un peu l'atmosphère dans une classe de français, en Estonie, avant la chute du mur de Berlin et que les élèves ont réagi par un silence glacial.
Pourquoi à votre avis ?
Ecrit par : Robin | 25 janvier 2007
Ca t'arracherai les poils du cul de t'excuser, hein CONNARD !
Ecrit par : toto | 25 janvier 2007
C'est un truc qu'ils ne savent pas faire! mais par contre, j'aurais écrit: ça t'arracherai-t les poils du cul etc.. 3° personne du singulier du présent du conditionnel
je m'arracherais les poils du cul
Tu t'arracherais "" "" ""
Il s'arracherait "" "" ""
Ecrit par : dobolino | 25 janvier 2007
Danièle, la seule chose que les néo-libéraux au pouvoir rue de Grenelle depuis 2002 ont réalisé, outre de fédérer contre eux tous les syndicats d'enseignants, y compris le SNALC, c'est de poursuivre en l'accentuant la désinstitution et la privatisation (voire la dénationalisation) de l'EN initiée par un certain Giscard d'Estaing.
Ah! désinformation idéologique, mammelle du terrorisme intellectuel, quand tu nous tiens...
Ecrit par : buntovchik | 25 janvier 2007
La dégradation de l'EN a commencé à l'époque ou les frères Sarkozy étaient en culotte courtes, et le règne des Khmers rouges de Grenelle quand ils passaient leur bac.
Lisez donc Jean Zay, buntov, et le projet Langevin-Wallon, je suis sûre quevous aimerez.
Ah! désinformation idéologique, mammelle du terrorisme intellectuel, quand tu nous tiens...
Ecrit par : Danièle | 25 janvier 2007
Certes, mais: à une époque où la droite était au pouvoir pour encore pas loin de quinze ans. Quand même!
C'est nouveau et de cette année que la droite politique se pique de méthode syllabique, de grammaire et de calcul mental... Ils ont reniflé le vent et les voix à ramasser. Depuis le temps que ça dure, je doute que ce soit autre chose que de l'opportunisme?
Ils ne cherchent qu'à récupérer le vote de parents démissionnaires qui trouvent bien pratique de rejeter sur le corps enseignant le fruit de leur refus d'éduquer. De là à donner une chance autre que ponctuelle et exemplaire aux gamins des ZEP, permettez moi de douter!
Si S. Royal mit ses gosses à l'Ecole Alsacienne, c'est qu'elle était largement consciente aussi... Elle ne draine pas le même électorat, c'est tout!
Je viens de passer une semaine à lire les élucubrations sur Désirs d'Avenir.
Vous connaissez la pièce de théâtre intitulée "Brèves de comptoir" ?
Ecrit par : dobolino | 25 janvier 2007
Buntovchik, je crains que la "libéralisation", enfin privatisation de l'enseignement soit inéluctable. On nous y prépare dans nos journaux professionels vétérinaires. Et, comme chez vous, on fait passer les vieux pour des cons qui ne saisissent pas les lois du marché... très discrètement et habilement, à cause du Conseil de l'Ordre. Les labos sont chez nous depuis longtemps pour abreuver les étudiants d'alcool et de sponsoring, prêts à la course.
Ecrit par : dobolino | 25 janvier 2007
Le principal candidat de la droite à l'élection présidentielle a revendiqué l'influence sur sa pensée politique des grandes figures de la gauche que sont Jean Jaurès et Léon Blum (Le Monde)
...et pourquoi pas tant qu'il y était...Jean Zay?
Ecrit par : buntovchik | 25 janvier 2007
Bon, on retrousse ses manches et on recommence, 20 x sur le métier... donc, vous disiez, cher Candide,
""néo-libéraux voient de l'idéologie partout, sauf dans le néo-libéralisme"
Désolée mais je ne connais que le libéralisme, dont vous semblez tout ignorer, et c'est normal car il est toujours à l'index à l'EN, à cause, notoirement, de l'illibéralisme des Pangloss de Grenelle, mais pour l'identifier, faut savoir d'abord ce qu'est le libéralisme...donc, retour à la case départ, mais sans toucher la prime.
Vu que c'est une approche de la liberté qui a évolué, bien sûr, mais dont les principes fondateurs n'ont pas changé d'un iota depuis plus de deux siècles, il ne peut pas plus se décliner en ultra, néo- ou archéo que la femme qui attend des quintuplés ne sera ultra-enceinte ou celle qui en est au 4eme mois et demi- ... à moitié enceinte.
Et si, après tout ce qui s'écrit ici, quelqu'un ne sait toujours pas ce qu'est une idéologie, c'est qu'il a appris à lire avec la méthode globale, et mérite toute notre compassion.
Et si l'idéologie n'est pas "l'excuse" des pédagogos, c'est quoi, selon vous?
Pi, sâcrifice! j'chu tannée de m'répéter, asst'heure!
z'êtes ben achalants et épais, vouzaut', pas vrai, toto?
Mais, faut vous dire, qu'au Québec on a les mêmes... et parfois en pire, si, si c'est possible.
Oui, j'ai plusieurs passeports, et je suis Canadienne, donc, par définition autant que par conviction, je ne vote pas pour le cocaïnomane homosexuel qui a charmé la poitevine en charentaises.
Mesurez les dégats de Ségo avec un seul passeport,alors, moi, avec trois, je deviens un tsunami?
Ecrit par : Danièle | 25 janvier 2007
Le principal candidat de la droite à l'élection présidentielle a revendiqué l'influence sur sa pensée politique des grandes figures de la gauche que sont Jean Jaurès et Léon Blum (Le Monde)
...et pourquoi pas tant qu'il y était...Jean Zay?
Ecrit par : buntovchik | 25 janvier 2007
Cette science s'appelle la pipologie. Nous sommes des veaux votants et on nous considère comme tels. Raison pour laquelle je m'engage dans les directions régionale, départementale et cantonale, là où nous sommes des individus respectables. Il faut, JPB, se rendre à l'évidence! Cette République qui nous a servi entre autres à apprendre le R majuscule, moulé en pleins et déliés à la plume dans notre cahier du jour, avec le N de Nation et le P de Patrie, est agonisante et ne survivra pas à la tempête mondiale. Les régions, oui! Alors, c'est au petit échelon de la région ou du département qu'on peut encore agir. Ou bien...
Si on en a les moyens et l'ambition, sus à l'Europe!
Ecrit par : dobolino | 25 janvier 2007
"apprendre le R majuscule, moulé en pleins et déliés à la plume dans notre cahier du jour..."
J'en connais qui étaient dispensés de pleins et de déliés parce qu'ils avaient un pansement au pouce et même que ça les arrangeait bien parce que le moulage du plein et du délié, ça n'avait jamais été leur tasse de thé. Ce qui ne les empêche pas quelques années plus tard d'être bons en points de suture.
Ecrit par : catmano | 25 janvier 2007
D'accord avec Candide : que reprochait-on alors au roman d'Azouz Begag ? Les termes populaires et vulgaires ? On en trouve aussi chez Céline et San Antonio. Le machisme ? Il y en a autant chez Rabelais et Henry Miller, et c'est tomber d'accord avec la collègue allemande et sa portière. De heurter ? Mais alors c'est défendre le politiquement correct, dénoncé ici.
J'ai l'impression de me retrouver dans mes disserts de philo en khâgne, au moment où le raisonnement coince, et où, fatigué, on se dit : "allons voir dans les Propos d'Alain, il a bien dû traiter la question et avoir fait semblant de la résoudre."
Sauf que là, JPB, 1) Je n'ai pas les Propos sous la main 2) Jai l'impression comme Candide que vous vous contredisez : soit le roman de Begag a des défauts, soit le Lagarde a tort de censurer Rabelais, mais ce qui est défendu chez l'un ne peut pas être attaqué chez l'autre. 3) Je ne vois pas comment traiter le passage du con chez Rabelais face à une classe de Seconde, et même devant des Premières, mais s'ils écoutent sans broncher ou s'ils gardent leur sérieux, c'est qu'on peut tout faire avec eux, et c'est un public plutôt rare.
Ecrit par : Jeremy | 25 janvier 2007
La tempête mondiale c'est comme la canicule, mais à l'envers.
Je m'explique.
La canicule a fait plus de morts que les avions du 11 septembre, mais en France seulement, donc elle a dû s'arrêter aux frontières de l'héxagone, dont on savait justement déjà qu'elles étaient tellement étanches qu'elles avaient stoppé le nuage de Tchernobyl.
Alors si j'ai bien compris dobolino, la tempête mondial-iste sous la forme d'une invasion de sauterelles neo-ultra-libérales, s'est abattue sur cette pauvre France. C'est donc que, et cela nous le savions aussi, que lesdites sauterelles ont un sytème de guidage très pointu, et la mondialisation une tête chercheuse tout aussi performante, mais ça c'est quand même moins sûr, sauf pour Viviane Forrester. Tout cela nous donne une armada d'avions renifleurs...qui s'acharne en priorité, sur cette pauvre France, dont je croyais justement les frontières si étanches...
On reprend?
Ecrit par : Danièle | 25 janvier 2007
Une idée géniale qui va sauver l'éducation nationale et faire faire des économies. Voici : chaque année, on choisit un professeur qui assume le rôle de chef d'établissement. Comme ça, chaque année, un prof peut faire un break de son métier (que l'on sait bien hard), et apporter ses connaissances (toute fraîches) des problèmes de terrain pour en tirer parti à grande échelle. A mon avis, tout ce mic-mac donnerait beaucoup de pouvoir à nos chères et ditinguées secrétaires... au détriment des inspecteurs... A suivre !
Ecrit par : sensei returns | 25 janvier 2007
correction, "a fait cinq fois plus de morts que le 11 septembre" ,,,soyons précis.
Ecrit par : Danièle | 25 janvier 2007
"apprendre le R majuscule, moulé en pleins et déliés à la plume dans notre cahier du jour..."
J'en connais qui étaient dispensés de pleins et de déliés parce qu'ils avaient un pansement au pouce et même que ça les arrangeait bien parce que le moulage du plein et du délié, ça n'avait jamais été leur tasse de thé. Ce qui ne les empêche pas quelques années plus tard d'être bons en points de suture.
Ecrit par : catmano | 25 janvier 2007
Débarrasse la table! Tu vas voir si j'te les fais pas les pleins et les déliés avec ma plume Sergent-Major! C'est comme le vélo, ça ne s'oublie pas... Si tu crois que la mère Luizard me dispensait de plume et de ce p... d'encrier toujours dégueu, plein de craie et de plumes rouillées.
Un mois en CM1 que j'ai eu un pansement au pouce droit. Après vogue la galère, et avant aussi, encore que j'ai eu le pot de sauter le CE1. Puis y'a eu mai 68 et, grande innovation, l'autorisation d'écrire au stylo à bille. Sauf que les petites portugaises du bidonville nous les piquaient... Enfin, elles avaient le dos large, les pauvres gosses!
Et l'année suivante, le collège avec obligation de stylo-plume. Pas mal non plus ce truc dont la plume tordue ne pouvait se changer... et qui coûtait la peau des fesses.
Ce qui fait plaisir à voir, c'est que notre progéniture se tache d'encre autant que nous malgré les progrès technologique du scripteur traçant. Ils n'ont plus les doigts bleus mais multicolores, c'est plus gai, plus ludique.
Ecrit par : dobolino | 25 janvier 2007
Danièle, je crains que vous n'ayez rien compris du tout à mes propos ou bien vous faites la niaise! Je dis que nous ne pouvons pas grand chose, petits Français tout faibles, contre la mondialisation et la libéralisation et que les seules actions politiques ayant chance d'aboutir doivent se faire au niveau loco-régional: une Europe des Régions. Au Canada ou aux Etats-Unis, que je sache, le pouvoir n'est pas totalement centralisé?
Pour votre gouverne, je vous signale à tout hasard que je ne suis pas enseignante mais profession libérale. Je gère mon entreprise et ai une salariée. J'ai un frère ingénieur aux Etats-Unis depuis bientôt vingt ans, un oncle qui vient de prendre sa retraite d'ingénieur après quinze ans d'expatriation au Brésil et dont l'épouse est québecoise. Merci, ça va pour moi, je ne vis pas enfermée dans une bulle.
Ah, j'oubliais le frère haut-fonctionnaire de l'Europe à Bruxelles.
Je ne me sens pas française mais européenne à fond. Les frontières de la France, il y a beau temps qu'elles n'existent plus vraiment. Enfin, j'étais trop jeune quand elles existaient encore et n'ai pas le culte du "Général". Comme voilà bientôt six mois que j'interviens ici, les anciens le savent. Mon petit texte s'adressait d'ailleurs à JPB .
Autre détail qui va vous plaire, j'en suis certaine: je suis adhérente au PS.
Ecrit par : dobolino | 26 janvier 2007
Ah, chère Danielle, j'avais oublié de vous dire que j'ai eu à me frotter salement à Novartis et Pfizer. Pas beau à voir, le combat du pot de terre contre le pot de fer! J'ai bientôt fini de recoller les morceaux que j'ai pu retrouver. Pourtant, je n'étais qu'une toute petite miette dérisoire (pas même un nano-mètre dix puissance moins 1000).Alors, vous savez, les pantalonnades de quelques candidats à la présidentielle française face à ce genre de requin, ça me fait doucement marrer, enfin je ris jaune. La France est une petite brindille. L'Europe serait une branche un peu plus épaisse.
Ecrit par : dobolino | 26 janvier 2007
« Autre détail qui va vous plaire, j'en suis certaine: je suis adhérente au PS. Ecrit dobolino » Soyons claires : Il faudrait que je sois vraiment la niaiseuse que vous croyez pour n'avoir pas vu cette évidence grosse comme un Airbus A420. Bravo cependant pour votre cohérence avec la position du PS pur et dur, celui qui a si longtemps pris Blair pour un socialiste.
Aucun de mes amis encore encartés (et je salue au passage leur abnégation) n'oserait plus écrire, en 2007, cependant, "Nous ne pouvons pas grand chose, petits Français tout faibles, contre la mondialisation et la libéralisation et que les seules actions politiques ayant chance d'aboutir doivent se faire au niveau loco-régional: une Europe des Régions »
Je quitte donc ma casquette d’étudiante en philosophie et histoire de l’éducation pour remettre celle de constitutionnaliste, quittée il y près de trente ans, quand je suis partie pantoufler à l’Aérospatiale, ( à chacun ses charentaises) mais c’est comme la bicyclette.
1)personne (et encore moins un pays surendetté) ne peut rien faire contre la mondialisation, pas plus que contre les phases de la lune et les marées, (sauf barrer la Rance, et à quel coût pour faire tourner quelques turbines) et penser le contraire c'est lui mettre sur le dos,( la mondialisation pas la Rance) les dysfonctionnements sociaux dont elle n'est pas plus responsable que des phases de la lune.
2) ditto pour la libéralisation ( son partner in crime selon vous) que vous considérez, en bonne Française socialiste, comme une autre plaie d'Égypte. La profession libérale que vous exercez ne comporte pas l'entrepreneuship dans sa job description, (seul l’anglais traduit cela, c’est comme pour leadership…) .
3) Sinon, vous comprendriez que l’Europe des Régions est la fin des états-nations, ce qui ne serait que moindre mal, mais uniquement si elle pouvait les remplacer par une structure plus performante, ce qui n’est pas le cas, en tout cas pour la France. Pour les raisons suivantes… et que si Ségolène les comprenait elle serait DSK, ou Fabius mais il est bien trop hypocrite pour admettre qu’il sait tout cela.
Parler d’Europe des Régions, tout en s'aggrippant avec l'énergie du désespoir à une France jacobine et colbertiste ( décentralisation= pipeau sans autonomie fiscale, voir plus bas) donc un régime opposé au fédéralisme (mot qui donne autant de boutons au PS que « libéral » qui en est le corollaire) est un non sens constitutionnel, économique, fiscal, etc…
L’autonomie régionale (ou provinciale) va dans le sens de l’histoire et tous nos partenaires européens l’ont compris. Notre village gaulois devient Jurassic parc quand votre Europe des Régions, faisant fi de l’État-nation, supprime cet écran entre l’entité supra nationale ( UE) et les régions. Survient alors un effet pervers : les régions riches et autonomes, ( Catalogne, Bavière, Ecosse, ) prennent un poids surdimensionné et acculent à la paupérisation les régions pauvres, comme nos pauvres petites régions françaises, pales ersatz de Länder sur les plans financier, économique et fiscal. Madison et Jefferson ont montré, il y a 200 ans ( Federalist Papers) d’où la pertinence constante du libéralisme, que le niveau national ( state level) a un devoir, et les pouvoirs conséquents, d’INTERPOSITION entre le centre et la périphérie.
Socialisme=jacobinisme
=> socialisme et fédéralisme =oxymore.
Un état supra national ou fédéral repose à la fois sur la notion de gouvernement partagé ( subsidiarité) et de gouvernement concurrentiel. Donc l'harmonisation fiscale au niveau européen est un autre nonsens.
Aux US, chaque state a sa fiscalité propre et de leur concurrence fiscale viennent dynamisme et prospérité individuels. Les états qui n’ont pas d’impôt (ou faible) sur le RPP caracolent en tête de classement. C’est le cas du New Hampshire, mon voisin, de la Floride, du Texas, de l’état de Washington ou du Wyoming.
L’Europe des Régions est encore une de ces fausses bonnes idées dont la gauche a le secret, et elle est suicidaire pour une France jacobine, car il y a une corrélation directe entre fiscalité non confiscatoire et croissance, entre réduction massive des dépenses publiques et plein emploi.
Un pays ignare en économie, comme la France, et bientôt ignare tout court, les deux sujets convergent ici, dont les richesses ne sont pas inépuisables et dont les cerveaux comme les capitaux continuent à fuir, avec un aller-simple, n’est pas en mesure de comprendre le discours d’une Laurence Parisot. Dire qu'elle avait ce soir des accents thatcheriens, c'est donner des verges pour me faire fouetter.
En attendant la prochaine débacle, ( après 1940, 1870, ou 1789), il faudra bientôt faire une nouvelle ligne Maginot à l’envers, un mur de la honte…mais il faudra aussi nous expliquer pourquoi donc aux US parle-t-on d’en faire un pour empêcher les Mexicains d’enter dans cet enfer libéral ???
Ecrit par : Tatie Danièle | 26 janvier 2007
" politiquement correct "...Suite
Quizz du soir
"Voici une petite histoire que raconte Michel Tournier - je ne vous dis pas où, vous seriez bien capable de tricher et ce n'est pas " moralement correct " :
Deux miroirs se retrouvent face à face sur un chemin (fine allusion à la définition que Stendhal donnait du roman...dialogue :
" Tu vois quelque chose ?
- Non, rien du tout
Un instant de silence.
- Alors je me demande vraiment pourquoi les femmes passent leur temps à nous regarder."
Tournier raconte qu'il a raconté cette histoire pour détendre un peu l'atmosphère dans une classe de français, en Estonie, avant la chute du mur de Berlin et que les élèves ont réagi par un silence glacial.
Pourquoi à votre avis ?
Ecrit par : Robin | 25 janvier 2007
Evidemment, il y avait un piège, mais comme personne n'a répondu, personne n'est tombé dedans, celui de l'interprétation "féministe"...
Réponse : (je recopie Tournier) : " Le professeur crut devoir s'excuser : " C'est que, voyez-vous, me dit-il, en Union soviétique, les femmes ne sont pas coquettes. Elles n'ont pas le temps de se regarder dans les miroirs."
Ecrit par : Robin | 26 janvier 2007
Considérations désobligeantes et politiquement incorrectes...
Il paraît que Jacques Chirac traite en privé le premier ministre anglais Tony Blair de "pompeux imbécile". Quitte à choisir entre deux imbéciles, je préfère, en ce qui me concerne, un imbécile qui réussit à un imbécile qui échoue.
Et dire que malgré le bilan imprésentable de la dette publique, du déficit du commerce extérieur et de la fiscalité, il était question qu'il se représente.
N'oublions pas que Jacques Chirac a été élu en grande partie en 2002 avec les voix de la gauche.
Une autre expression politiquement incorrecte :"prospérité économique".
Moi aussi j'aime bien Coluche et l'abbé Pierre, mais je préfèrerais qu'il y ait moins de "dégats".
Ecrit par : Robin | 26 janvier 2007
De plus en plus intéressants, vos posts, toto! Je vous suggère cependant la formule: "ça vous arracherait, (avec un t") les poils du cul de vous excuser, monsieur connard". Quoique je ne voie pas en quoi le fait de demander pardon puisse avoir un impact quelconque sur l'auto-destruction de ma pilosité à cet endroit.
Au fait, m'excuser, d'accord, mais... ... ... De quoi?
Ecrit par : Christophe Sibille | 26 janvier 2007
"mais il faudra aussi nous expliquer pourquoi donc aux US parle-t-on d’en faire un pour empêcher les Mexicains d’enter dans cet enfer libéral ???"
Parce que votre néo-libéralisme made in US préfère nettement la libre circulation des capitaux et des marchandises à celle des êtres humains, peut-être ? C'est une intéressante "approche de la liberté"...
Ecrit par : Candide | 26 janvier 2007
Le politiquement correct ne se trouve pas uniquement dans le choix et la censure des textes; j'ai fait la super motivante expérience du tapage sur les doigts de la part de mon proviseur à cause du défaut qui est le mien d'après lui: l'usage de l'ironie et de l'humour en classe, dans les bulletins semestriels et trimestriels: bref, j'agresse le bon parent dans sa conviction qu'on ne peut "se moquer" de son enfant même si celui-ci ne bosse pas, n'est pas attentif en classe, pète ou rôte durant le cours. Cela ne se fait pas. Je ne suis pas un bon communicant, quoi (Je ne voterai jamais pour une Ségolène qui a instauré le "Prof,ferme-ta-gueule"). Et dire qu'un surveillant s'est permis de juger une punition donnée à des élèves (dont l'un dernièrement a laché: "J'aime pas les Juifs"), car elle devait les faire réfléchir sur leur éducation, et que cela a choqué ces chers esprits. Fliqué partout (par les inspecteurs, par l'administration, par les parents, par les élèves, par les surveillants...); comme Danièle, vivement que je termine ma thèse et que je me tire d'un milieu où quand on ne ressemble pas à une page blanche on est mal vu. Et où l'enfant est roi et ses parents des demi-dieux. La politique du Recteur est de ne pas renvoyer les élèves des établissements définitivement, même si tout prouve qu'ils sont en classe pour faire ch... leur monde; alors les bons chien-chiens suivent les règles et c'est mal vu pour un professeur d'avoir des classes bruyantes (oui, car on écoute aux portes dans mon établissement... Est-ce leur faute quand la tête de l'établissement manque de couilles et que les élèves se disent qu'ils ne risquent rien de définitif?). La plupart de mes élèves ne savent pas à quoi ressemblent leur proviseur (j'ai eu droit à cette question quand celui-ci est hasardeusement passé dans les couloirs, un jour: "Monsieur, qui c'est??"): c'est dire qu'il reste surtout dans son bureau.
L'EN du secondaire me dégoûte. Il en faut du courage, de l'inconscience, de la lacheté peut-être aussi, la peur du chomage, etc. pour rester dans un tel univers de courbe-l'échine cassant celles et ceux qui veulent foutre le politiquement correct hors de leur salle.
Ecrit par : Pendariès | 26 janvier 2007
Tatie Danièle, vous n'avez toujours rien compris! Vous partez d'une étiquette que vous me collez pour énoncer, au sein d'un fouttoir, quelques évidences auquelles vous me croyez absolument opposée et bêtement résistante, contre toute évidence planétaire...
Je savais déclencher votre diatribe en vous annonçant mon appartenance au PS. Ceci dit, je ne discuterai plus: vous avez raison, mille fois raison, merci de me ranger dans la petite boîte médiocre qui me sied et de continuer à vous mirer dans vos brillants savoirs. Si ça peut vous faire plaisir, y'a pas de mal!
Ecrit par : dobolino | 26 janvier 2007
Charité bien ordonnée commence par soi-même et j'habite en Rhône-Alpes. Bon plan! Gros bisous, Danièle!
Ecrit par : dobolino | 26 janvier 2007
" C'est que, voyez-vous, me dit-il, en Union soviétique, les femmes ne sont pas coquettes. Elles n'ont pas le temps de se regarder dans les miroirs."
Robin, je viens de raconter à ma femme (elle est actuellement dans sa famille en Russie) cette "anecdote" de M Tournier. Elle l'a connaissait et la juge offensante. Voici ce qu'elle m'a répondu: potchemu frantsuzi predpatchitayut russkie zenchini? Potomu chto oni takim obrazom mogut sotsertsat ix pupok...traduction: "pourquoi les français préférent-ils les femmes russes? Parce qu'ils peuvent ainsi contempler leur nombril". Pas très drôle non plus?
A propos de Michel Tournier, une amie professeur de Français à Toula l'a invité il y a quelques années à faire une conférence à ses élèves. J'ai pu voir la vidéo tournée à cette occasion et vous seriez surpris d'entendre la pertinence des questions posées en français à l'auteur par une foule de jeunes élèves. Michel Tournier lui-même n'en revenait pas. Ceci pour répondre indirectement à votre question restée sans réponse sur l'initiation des langues étrangères à l'école primaire.
Ecrit par : buntovchik | 26 janvier 2007
Mon commentaire n'apparaît pas ; j'ai dû faire une fausse manoeuvre.
Considérations politiquement incorrectes :
Il paraît que Chirac traite en privé Tony Blair, le premier ministre britannique de "pompeux imbécile". Tony Blair est peut être pompeux, mais je crois qu'il est loin d'être un imbécile. Et puis, à tout prendre, je préfère, en ce qui me concerne, un imbécile qui réussit.
Le déficit record du commerce extérieur, l'accroissement exponentiel de la dette public, le système fiscal le plus dissuasif d'Europe...et dire qu'avec un bilan aussi peu présentable, il parlait de se représenter !
Une autre expression politiquement incorrecte dans ce pays avec "libéral" et "libéralisme" : prospérité économique.
J'aime beaucoup Coluche et l'abbé Pierre, mais je préférerais un système qui fasse moins de "dégâts".
Ecrit par : Robin | 26 janvier 2007
Laurent Lafforgue toujours sur la brèche!
Voyez la préface qu'il vient de rédiger pour le livre à paraître de Jean Riocreux, "L'Ecole du désastre", dans lequel cet ancien inspecteur d'Académie montre que le redressement du système éducatif n'est pas impossible et serait même assez rapide à partir du moment où les professeurs recommenceraient , tout simplement , à "transmettre des connaissances", donc feraient le contraire de ce qu'a toujours recommandé et imposé la Nomenklatura "pédagogiste" soutenue par de grands syndicats de gauche et la principale fédération de parents. J'ajoute qu'il y a encore en France, aujourd'hui, des classes qui tournent bien: ce sont celles où le professeur est le "professeur" et où les élèves sont des "élèves". Chacun à sa place! Il faut, bien sûr, que la direction de l'établissement ne soit pas atteinte par le virus "pédago" et ait su garder son bon sens.
Le texte est accessible sur www.ihes.fr/%7ellaforgue .
Cela dit, 500 000 signatures pour le "Pacte écologique", et seulement 6933 pour l'Appel pour la refondation de l'école ( www.refondation-ecole.net), ça laisse songeur. Indifférence de nos collègues à un sujet qui pourtant les touche directement? Immobilisme? Lassitude? Au surplus, et pour faire bonne mesure, Sauver les Lettres a refusé de s'associer à l'Appel, FO, après avoir laissé entendre qu'il le signerait, s'est prudemment défilé, de nombreux membres du SNALC ont refusé de signer alors que la direction nationale les y encourageait... Sur les 11000 membres de la Société des agrégés, il faut le dire, combien (1500? 2000?) ont soutenu l'engagement de leur propre bureau national? Même Défense de la Langue Française, qui pourtant possède une puissante logistique de communication, fait, apparemment, la moue... Pourtant, comment ne pas être d'accord avec ce texte, qui, s'il n'est pas parfait, a au moins le mérite d'exister, et qui peut constituer l'amorce d'une réflexion commune?
Ecrit par : Jean | 26 janvier 2007
Est-ce leur faute quand la tête de l'établissement manque de couilles et que les élèves se disent qu'ils ne risquent rien de définitif?). La plupart de mes élèves ne savent pas à quoi ressemblent leur proviseur (j'ai eu droit à cette question quand celui-ci est hasardeusement passé dans les couloirs, un jour: "Monsieur, qui c'est??"): c'est dire qu'il reste surtout dans son bureau.
En tout cas vous, Pendariès, vous vous n'en manquez pas. Je retire ce que j'ai dit l'autre jour (pas sur vous, sur le fait qu'il y avait des sujets bien plus "tabous" sur ce blog que le braquemart de Rabelais)...Nous y voilà : le problème des chefs d'établissement démissionnaires qui préfèrent se réfugier dans leurs paperasses plutôt que d'affronter la réalité du terrain et qui donnent dans la complaisance compassionnelle pendant que les enseignants dégustent et que les élèves jubilent.
Ecrit par : Robin | 26 janvier 2007
Essayant d'apprendre à ma petite-fille en CM1 la multiplication et la division, je poste quand même ce message, à l'intention de Christophe qui n'a cessé de nous dire qu'il ne connaissait pas de cas où des inspecteurs se montrent défavorables aux enseignant.
Message désespéré de Lily. (Sur LIRAS.)
Bonjour,
jusqu' ici je me contentais de lire vos petits messages en me disant que heureusement pour moi, jusqu ici, je n avais pas eu de problèmes pour utiliser la methode LetL dans ma classe. Hier j ai eu ma premiere inspection. J avais inventé un texte du style Léo et Léa pour que tous mes élèves puissent prendre part à la lecture.
Je suis dans le 18e et dans un quartier plutot difficile. Beaucoup délèves ne peuvent être aidés par leurs parents et n'ont aucun bagage culturel ou de vocabulaire. Grâce à Let L j avais reussi à rattrapper les élèves en perdition: j avais commencé l'année avec la méthode Ribambelle. Rapidement je me suis rendue compte que j'envoyais droit dans le mur un bon tiers de ma classe. Seuls 5 ou 6 élèves suivaient.
Lors de l entretien qui a suivi on m a reproché la pauvreté de mon texte et le manque de difficultés!! De plus on m a dit de reflechir a la reaction des parents en lisant un texte aussi simple !!! Ce qui préoccupe les parents avant tout c'est que leur enfant sache lire à la fin de l année. J ai donc été jugée plutot sévèrement à cause de mon choix de methode.
Finalement l'inspectrice est partie mais pas avant d avoir demandé à mon directeur d avoir une petite conversation avec moi pour que je revois ma commande de manuels Leo et Lea!!!!!! J étais indignée. On me faisait comprendre que cette methode n avait pas la faveur de madame et que je devrais peut etre envisager d en choisir une autre!!!! Enfin on m a demandé si je comptais rester l an prochain dans l ecole, car si je partais ce manuel ne serait pas commandé!! J ai répondu que je n avais pas encore pris de décision et que je voulais bien examiner tout manue, du moment qu il s'agissait d une methode syllabique sans départ globale! je savais qu il allait avoir du mal à me proposer autre chose! j ai vraiment l impression qu on veut remettre en question ma liberté pédagogique au détriment des enfants! Grâce à Léo et Léa seuls 2 enfants de ma classe n'ont pas compris la combiantoire, ce sont deux élèves non franco phones!!!! même les élèves présentant des difficultés d'apprentissage font des progrès et commencent à déchiffrer.
Aujourd hui je ne sais plus que penser, à part que l année prochaine je ne ferai pas de cp!
Lily
Ecrit par : Anne-Marie Valette | 26 janvier 2007
Laurent Lafforgue toujours sur la brèche!
Voyez la préface qu'il vient de rédiger pour le livre à paraître de Jean Riocreux, "L'Ecole du désastre"...
Oui en voilà un qui n'est pas " politiquement correct "...Triple coup de chapeau Monsieur Laurent Lafforgue !
Ecrit par : Robin | 26 janvier 2007
Bonjour, à tous,
J'ai découvert ce blog hier, quel bonheur ! Par un lien sur la page du monde, ce qui me laisse un peu perplexe quant à l’orientation politique de ce journal que j’avais classé plus à gauche et pas toujours d’une grande impartialité dans les informations qu’il communique. J'ai lu « La fabrique du crétin », qui m'a passionné par son jugement équilibré. J’en parle parfois autour de moi « comme d’un bouquin qui critique le système éducatif mais écrit par un type de gauche, ce qui n’est pas banal. » Je n'ai toujours pas lu le bouquin de l'enseignante de droite qui planquait sa méthode syllabique sous une fausse couverture. J'ai malheureusement tant de livres en souffrance.
Mais revenons à vos moutons.
Moi qui suis d'inspiration libérale et profondément pessimiste quant à la véritable nature de l'homme, je crois, cependant, qu'il est possible d'interpréter certaines expressions "politiquement correctes" comme une manifestation d'irréductible espoir. Mieux vaut être "mal-entendant" que définitivement "sourd" et "en voie de développement" que "sous développé", non ?
Tout ne peut pas relever de l'hypocrisie systématisée et de la volonté d'anesthésier le plus grand nombre de nos concitoyens.
Enfin, je l'espère, sinon cela voudrait dire que la situation est encore plus grave que je ne le pensais.
Permettez moi, je ne sais pas si c'est la manière de procéder, c'est la première fois que j'interviens sur un blog, de revenir sur d'autres sujets abordés ces dernières semaines.
mon profil : 40 ans, néphrologue, boursier pendant ses études de médecine, fils d’employé et de mère au foyer, ayant pleinement bénéficié de l’ascenseur social du système scolaire de la République des années 70-80.
Je partage votre désespoir quant au niveau actuel de l’enseignement primaire (qui est le crétin préfabriqué qui a inventé ce poison de méthode globale ?) et de l’enseignement secondaire. Je crois que nos élites ont trouvé le moyen pour que des gens comme moi soient désormais cantonnés dans leur ZUP, à tenir les murs. J’y vois la volonté de se créer un réservoir de voix, sensible à un seul argument : plus d’assistanat, et également formaté pour penser et parler politiquement correct. Et puis ne dit on pas qu’il existe une corrélation directe entre le nombre de mot de son vocabulaire et sa capacité à exprimer son mécontentement autrement que par la violence ? Maintenir une certaine classe dans l’ignorance les conduira à exprimer leur mécontentement en brûlant des voitures et en caillassant les forces de l’ordre, certainement pas en leur faisant créer un parti politique ou un quelconque autre levier de mécontentement qui pourrait avoir des effets désagréables sur la classe politique actuelle. Malheureusement on aboutit à des situations de prénazification de la population qui n’est plus capable de critique devant certains arguments démagogiques (Quand j’entend le mot culture, je sors mon revolver). Ce dont certains ont profité en 2002 et profiteront encore cette fois ci. C’est pourquoi la rénovation du système scolaire doit effectivement être placé au centre du débat, même si les mesures de votre ministre de tutelle apparaissent un peu trop tardivement pour ne pas donner le sentiment d’être purement electoralistes. L’école de la République pour moi, c’est le moyen de rebattre les cartes à chaque génération et de donner à chacun les moyens de faire ce qu’il désire, s’il s’en donne la peine (quelque soit le rêve d’ailleurs : j’ai le souvenir d’un camarade de classe, dont le rêve depuis le CM1 était d’être boulanger, j’espère qu’il l’est devenu).
Ma fille, lors de l’entrée en sixième avait le choix (en l’absence de contrainte financière significative) entre un établissement privé et un établissement public situé dans la même ville et à égale distance de notre domicile. Elle a suivi « sa copine » issue d’une famille catholique très pratiquante. Trois ans plus tard, en mesurant le fossé qui sépare ces deux établissements (pas de grève, pas d’absentéisme, classe de niveau), je me dis que le hasard fait bien les choses. La tolérance est également une des valeurs de cet établissement qui accueille également des non catholiques (dont ma fille d’ailleurs).
Etant en effet issu du public, qui m’a permis de me réaliser pleinement, je crois que spontanément c’est là que ma fille aurait dû suivre sa scolarité. Mais la comparaison avec les enfants de mes collègues, scolarisés dans le public me conforte dans le choix de ma fille. Je préfère payer sa scolarité que payer Acadomia, ce qui doit revenir au même au bout du compte en termes de charge financière. Pourquoi : et bien parce que dans l’école de ma fille, il y a des enfants d’ouvriers, des enfants non catholiques de basse extraction. Tout ça grâce à un barême de frais de scolarité calqué sur le revenu parental qui fait que j’assume une partie des frais de scolarité de gamins d’origine plus modeste que mes enfants, mais je n’ai pas oublié d’où je viens. Et là, je sais que mon argent sera dépensé pour le bien de tous, c’est plutôt réconfortant.
Mais je pense surtout à ce qu’il serait advenu de moi si j’étais né 20 ans plus tard. Pour la fac de médecine, c’était probablement cuit, car mes parents n’auraient pas pu compléter le bagage insuffisant fourni par l’enseignement scolaire actuel alors qu’à l’époque, l’école et la bibliothèque municipale, dont j’étais un des piliers, était largement suffisant pour acquérir le savoir. Et dans la région où j’habitais à l’époque, il n’y avait pas d’établissement privé à portée géographique et financière. Actuellement les gamins ont tellement de mal à acquérir la lecture, qu’ils sont définitivement dégoûtés des livres pour la plupart. Cela représente un tel effort de leur part pour déchiffrer cinq lignes ! Et je trouve que le problème est pratiquement le même en mathématique, bien que moins prononcé.
Par contre je suis atterré par le contenu des livres d’histoires et leur orientation politique clairement identifiables au bout de quelques pages. Et également par les thèmes récurrents et « politiquement conforme » qui reviennent année après année : le racisme, la colonisation et tout le reste du même acabit. Pourquoi passer autant de temps sur le monde moderne et ses pathologies et ne pas suivre une chronologie plus extensive ? Je me rappelle que la première guerre mondiale, dans les années 80, c’était un thème de troisième, pas de cinquième. Comment comprendre le paysage qui nous entoure si vous n’avez pas passé quelques semaines à étudier l’architecture de nos églises et le Moyen Age ? Je me rappelle, 25 ans plus tard, d’un cours d'histoire de quatrième sur le dôme de Florence qui m’avait passionné. Il y a peu je suis allé à Florence pour la première fois de ma vie et j’ai compris l’enthousiasme de mon professeur.
Merci d’exister, cher blog, et merci à tous de vos contributions, même si vos références littéraires sont souvent au-delà de mes connaissances. En tout cas vous m’avez donné l’envie de lire la poésie de Victor Hugo, dont je ne me souviens que de « demain dès l’aube, à l'heure où » (et encore, je ne suis même pas certain que ce soit le début)
PS : mon français est probablement davantage soumis à critique que le vôtre, mais ce n’est pas mon métier. ;-) Essayez de rester modérés dans vos critiques de la forme, s’il vous plait, surtout vous, monsieur toto, avec votre épilateur. [email protected] si quelqu’un veut corriger ma copie des plus grosses fautes.
Ecrit par : jiem | 26 janvier 2007
Oui en voilà un qui n'est pas " politiquement correct "...Triple coup de chapeau Monsieur Laurent Lafforgue !
La sortie sur les " khmers rouges de la rue de Grenelle ". Il n'a eu que le tort de dire la vérité. C'est comme Lily, Anne-Marie (on dirait l'héroïne d'une chanson un peu triste) ; que lui reproche-t-on au fond, sinon d'utiliser une méthode non globale et donc idéologiquement incorrecte, bien qu'efficace. Si elle ne veut pas avoir d'ennuis, elle doit utiliser Ribambelle, quitte à envoyer ses élèves dans le mur...
Maintenant le ministre actuel a été très clair, il me semble. Ne serait-ce pas l'occasion de vérifier aussi qu'il était sincère ?
Tous avec Lily et ses petits élèves !!!!!
Ecrit par : Robin | 26 janvier 2007
Je suis un peu surpris par le petit nombre de commentaires concernant l’incohérence (pour une fois) de JPB : on ne peut pas dénoncer à la fois l’apologie de la sodomie par Begag et la censure du bon Rabelais par les dinosauriens du manuel scolaire.
Dans l’esprit des deux censeurs, Lagardeetmichard et JPB, la même préoccupation : pas de mots obscènes, pas de mots explicites dans de tendres oreilles.
Mais c’est sur la qualité du style, du propos qu’il eût fallu argumenter. L’extrait du livre de Begag reproduit plus haut ne met pas particulièrement en évidence un style si épouvantable, que les célinolâtres me pardonnent, votre dieu vivant a fait bien pire. Je n’ai pas lu « le gone etc. », mais comme çà, çà fait un peu « guerre des boutons » 40 ans après, alors, pourquoi pas ?
Il aurait été préférable de citer des passages franchement nuls, pour critiquer l’usage d’un tel livre en classe. Et à partir de là, quitte à faire lire des mots crus aux enfants, proposer l’étude de Gargantua et de Pantagruel. Qu’à une époque reculée, on ait supprimé de ci de là quelques mots un peu lestes ne me choque pas plus que çà.
Et peut-être Lagarde et Michard, sur ce coup-là, n’étaient-ils pas si prudes, mais plutôt prudents : qui connaissait, et connaît encore le vrai sens du mot « con ». Et qui aurait compris le « mon petit con » de Rabelais ? Comme le chantait Brassens :
Honte à celui-là qui par dépit par gageure
Dota de même terme en son fiel venimeux
Ce grand ami de l'homme et la cinglante injure
Celui-là c'est probable en était un fameux.
Et puisque j’en suis aux citations, permettez moi de soumettre à la sagacité des commentateurs politiques nombreux par ici (les échéances approchent, il faut dire) mon proverbe préféré (c’est aussi celui de ma fille de 14 ans, soit dit en passant), issu du livre premier de Rabelais . Il concerne les nombreux conseillers et vassaux de nos principaux candidats, les gravures de mode et les histrions royalistes et les chanteurs de rock et champions de motos (Christian Estrosi, dit Bac – 12) sarkozystes :
« A cul foireux, toujours merde abonde ».
Vous me ferez un commentaire de mille mots là dessus ;-))
Ecrit par : yann | 26 janvier 2007
oups ... : "champions de moto"
Une seule à la fois, çà suffit
Ecrit par : yann | 26 janvier 2007
A Lilly...
On la trouvait plutôt jolie, Lilly,
...
Elle croyait qu'on était égaux, Lilly,
...
Elle aimait tant la liberté, Lilly...
Pierre Perret avait déjà chanté pour une petite Lilly qui avait perdu ses illusions...
Courage, force et caractère...
Ramer à contre-courant n'est pas facile, mais l'avenir des enfants en dépend.
Il est urgent de revendiquer le droit à la liberté pédagogique, ou plus timidement faire sa "petite cuisine" dans son coin modestement et discrètement.
Pas facile tout ça.
Ecrit par : Maminou | 26 janvier 2007
« A cul foireux, toujours merde abonde ».
Le clou c'était le petit tour de Dieudonné du côté de Le Pen, mais le clin d'oeil de Sarkozy à Johnny au sujet de ses impôts, ça n'était pas mal non plus. Pauvre France !
Ecrit par : Robin | 26 janvier 2007
Con, ce mot ne vient-il pas de conil? Plutôt mignon conil...
Mercredi, je prononce devant mon abruti de quinze ans le mot hymen et je vois son regard bas et vicieux. Je l'ai prié d'aller me chercher le dictionnaire et de nous lire à haute voix toutes les définitions d'hymen.
Ecrit par : dobolino | 26 janvier 2007
A Yann
Pour poursuivre sur le thème du politiquement correct, et puisque vous citez justement Rabelais, je me demande si la solution amusante n’est pas de proposer le plus sérieusement du monde des textes « politiquement incorrects ».
Prenons par exemple ce fameux chapitre de l’invention du torchecul, dans le Gargantua : il faut convenir que certains passages ont de quoi choquer. Mais si l’on se propose doctement de montrer que ce texte expose une nouvelle conception de l’acquisition du savoir (par « longue et curieuse expérience » : un manuel récent compare d’ailleurs cette conception à celle d’Ambroise Paré !) ; si l’on montre également qu’à l’inventivité du jeune géant répond l’inventivité verbale de Rabelais (foisonnement lexical, parodie de la poésie marotique pour coller avec l’objet d’étude « les réécritures », etc. : ), on peut très bien le faire lire à des lycéens, sans « débordement » particulier.
Et l’on peut même se permettre de conclure, avec une impertinente pertinence, que si l’acte de chier, quoiqu’obligatoire, devient finalement source de plaisir, « volupté mirificque », pour Gargantua, il peut bien en être de même des cours de français pour les lycéens !
Ecrit par : Candide | 26 janvier 2007
Quel que soit le cas de figure dans les mois qui viennent, Johnny n'a pas trop de souci à se faire pour son avenir et " celui des siens " comme il dit. Et peu importe qu'il n'ait pas lu une ligne de Tenessee Williams et qu'il ne sache même pas qui il était. Il a longtemps confondu avec l'Etat du Tenessee et personne n'osait l'éclairer sur ce point. " On a tous quelque chose de Sarkozy."
...Oui, mais certains plus que d'autres.
Ecrit par : Robin | 26 janvier 2007
Tennessee avec deux n deux s et deux e...Ca doit être un Etat riche !
Ecrit par : Robin | 26 janvier 2007
Mais si, Anne-Marie, j'ai pris position concernant le cas où un inspecteur se montre défavorable à un enseignant, au point de lui créer les pires ennuis! Il s'agissait d'Erwan, vous vous rappelez? Cas exposé par "elgrieco", sur le post précédent de Jean-Paul. Mais il est vrai qu'Erwan est un pratiquant de la méthode Freinet, (Freinet, un des "crétins préfabriqués inventeurs de la méthode globale", selon un message du dénommé jihem), et qui avait peu de chances d'être ici défendu au nom de la sacro-sainte liberté pédagogique.
Ecrit par : Christophe Sibille | 26 janvier 2007
...Ceux en revanche qui se sont cassé le c...( je mets des points de suspension, c'est mon côté Lagarde et Michard ) à faire cinq à huit ans d'études après le bac et qui n'ont pas les moyens de déménager en Suisse, oui, ceux-là, ils ont du souci à se faire " pour les leurs " !
Ecrit par : Robin | 26 janvier 2007
Mais si, Anne-Marie, j'ai pris position concernant le cas où un inspecteur se montre défavorable à un enseignant, au point de lui créer les pires ennuis! Il s'agissait d'Erwan, vous vous rappelez? Cas exposé par "elgrieco", sur le post précédent de Jean-Paul. Mais il est vrai qu'Erwan est un pratiquant de la méthode Freinet, (Freinet, un des "crétins préfabriqués inventeurs de la méthode globale", selon un message du dénommé jihem), et qui avait peu de chances d'être ici défendu au nom de la sacro-sainte liberté pédagogique.
Ecrit par : Christophe Sibille | 26 janvier 2007
Christophe, je suis moi aussi pour la liberté pédagogique, mais il faut être conséquent avec soi-même. Comment pouvez-vous nous demander de défendre quelqu'un qui applique une méthode d'apprentissage de la lecture dont nous dénonçons à longueur de temps les ravages amplement constatés. Nous ne serions pas crédibles. La personne dont vous parlez n'a pas besoin de nous ; il peut certainement compter sur des appuis autrement plus puissants et solidement implantés dans les IUFM. Vous devez bien avoir les coordonnées électroniques de Monsier Meirieu, de Madame Charmeux ou de Monsieur Frakowiack, non ?
Ecrit par : Robin | 26 janvier 2007
Mouarf!!!!!!
Le cul en littérature fait parler de lui! Nom de nom! Déjà une cinquantaine de réponses.
Les versions expurgées titillent l'imagination, pour peu qu'on enfasse la remarque. La curiosité et la bibliothèque fait le reste.
Mister B, êtes-vous pour les versions de nu intégral?
Personnellement, pas avant un certain âge et à condition que les sciences naturelles, pardon, la biologie, naaaan, la SVT (pfffu, faut que j'actualise mon disque mou moué) ai(en)t rempli correctement son office.
Soit la sixième ou alors le lycée, c'est bien pour ces trucs-là. Entre temps, les gamins s'enfonce dans la puberté stupide et aveugle, pour la grande majorité.
(quoi je suis vieux jeu?)
explication de con en 6°= pipi de femme (bah quoi?)
Explication d'eunuque en 2° (madââââââme, c'est quoi un "eunuque"?) = coupage de cacahUètes pour gardiens de divines demoiselles; tout ce beau monde, au service du roi.
En fait, JPB, vous êtes un farceur, hein. Vous voulez qu'on se demande comment aborder l'intime puisque la littérature s'adresse à tous.
Quand au Lagmich, j'adoooooore les questions désuètes, surtout celles avec le mot "pittoresque". Il y a des fois où cela relève de la parapsychologie.
Cependant, tout reste praticable, pour peu que le prof fasse son boulot.
Ecrit par : Ordrade | 26 janvier 2007
s'enfoncENT
Ecrit par : Ordrade | 26 janvier 2007
Trois citations de Tenessee Williams pour consoler Johnny de ses misères...ou de sa misère (ah que coucou...suisse !) :
« Ah, vous autres, hommes faibles et merveilleux qui mettez tant de grâce à vous retirer du jeu ! Il faut qu'une main, posée sur votre épaule, vous pousse vers la vie...»
« Si le Créateur n'avait pas tout ordonné pour le mieux, du moins avait-il accordé un don inestimable aux animaux, en les privant de la faculté inquiétante de réfléchir sur l'avenir.»
Le boxeur manchot
« La haine est un sentiment qui ne peut exister que dans l'absence de toute intelligence. »
Extrait d'une Interview (1964)
Ecrit par : Robin | 26 janvier 2007
En effet, la troisième citation de Tennesse Williams est bien intéressante. Il faut cependant préciser. La haine, comme l'amour n'existe que relativement à un objet, une personne, une idée. On hait ou on aime quelqu'un, quelque chose.
Appliquons cela, à une idée :
La haine du pédagogisme est un sentiment qui ne peut exister que dans l'absence de toute intelligence.
A une personne :
La haine de Philippe Meirieu est un sentiment qui ne peut exister que dans l'absence de toute intelligence.
Ah oui, ça marche bien.
Merci Mr Williams.
Ecrit par : Tenessee | 26 janvier 2007
Magnifique témoignage, jiem.
Merci à vous!
Si toute l'élite républicaine, c'est-à-dire celle du mérite (et pas celle de la cooptation entre médiocres comme dans les IUFM -"Asinus asinum fricat", Meirieu encensant Bégaudeau!) nous soutenait, comme vous le faites, y compris en signant l'Appel pour la refondation de l'école (www.refondation-ecole.net), les candidats à la présidence de la République seraient bien obligés de tenir compte de nos exigences, qui seraient du reste celles de la majorité des parents si on leur donnait, comme en Suisse, la parole (sur la méthode globale, par exemple - dont je rappelle qu'elle fut imposée dans les années 70 par un certain Foucambert, cacique du PS comme Frackowiak, et qu'elle continue d'être appliquée partout, au grand dam des parents).
Quant à Christophe, ce serait intéressant qu'il prenne aussi position pour Marc Le Bris, dont la liberté pédagogique est gravement remise en cause par son petit capo local, un émule sans aucun doute de Frackowiak, l'illustrissime auteur de "La liberté pédagogique, alibi des conservateurs, obstacle à la construction de l'école du XXIème siècle".
Ecrit par : Jean | 26 janvier 2007
Robin, vous êtes pour la liberté pédagogique, ou pas? Moi, oui. Et il n'y a qu'une liberté, ce n'est pas à un philosophe que je vais l'apprendre! Encore une fois, l'essentiel n'est pas la méthode, mais l'enseignant; (à ce sujet, j'aime bien la dernière phrase du message d'Ordrade: "tout reste praticable, pourvu que le prof fasse son boulot"; polysémie?)
Ecrit par : Christophe Sibille | 26 janvier 2007
"La haine du pédagogisme": celle que le pédagogisme éprouve pour tout ce qui n'est pas lui, "génitif subjectif"!
"La haine de Philippe Meirieu": celle que Meirieu éprouve pour ses collègues qui sont, eux, de vrais professeurs du secondaire, des "certifiés", des "agrégés", et qui ont quelque chose à transmettre à leurs élèves. "Génitif subjectif"!
Vous voulez une preuve de cette haine? Chiche! "En France, écrit Meirieu, on a encore tendance à considérer que la qualité d'un enseignant se mesure au nombre d'élèves qu'il a fait trébucher." Sympa pour ses collègues, n'est-ce pas?
Ecrit par : Jean | 26 janvier 2007
"L'essentiel n'est pas la méthode, mais l'enseignant."
Ben voyons! Si l'enfant en CP n'en peut plus d'apprendre par coeur des paquets de "mots" qu'il est incapable de déchiffrer parce qu'il ne connaît même pas les lettres qui les composent, s'il pleure tous les soirs, s'il ne veut plus retourner dans cette école, si en avril il ne sait toujours pas lire, si ses parents sont invités à "consulter" un orthophoniste, ou même un psy pour eux-mêmes, car si leur enfant a des problèmes en lecture, c'est peut-être à cause de conflits relationnels cachés dans la famille apparemment la plus unie, si, comme l'affirme haut et fort Christophe, ce n'est pas par la faute de la méthode globale, mais de l'enseignant, alors ça doit faire une sacré tapée de médiocres et d'incapables lâchés dans les CP... Hypothèse absurde!
Ecrit par : Jean | 26 janvier 2007
Buntovchik, je crains que la "libéralisation", enfin privatisation de l'enseignement soit inéluctable. On nous y prépare dans nos journaux professionels vétérinaires. Et, comme chez vous, on fait passer les vieux pour des cons qui ne saisissent pas les lois du marché... très discrètement et habilement, à cause du Conseil de l'Ordre. Les labos sont chez nous depuis longtemps pour abreuver les étudiants d'alcool et de sponsoring, prêts à la course.
Ecrit par : dobolino | 25 janvier 2007
Chère Dobolino, c’est trop tard. La privatisation de l’enseignement supérieur est déjà faite depuis longtemps.
Il y a 25 ans (un quart de siècle, oh la la !), commençaient à sévir dans les écoles vétérinaires françaises de pompeux cuistres, praticiens libéraux auréolés de leur « Expérience Professionnelle » et de leur bagout de camelot de foire, qui dispensaient les cours de base, directement inspirés par les notices des médicaments des labos qui les sponsorisaient, à la place des professeurs titulaires (et incompétents notoires), trop occupés à monnayer leur titre dans quelque jury ou à intriguer pour devenir calife à la place du calife.
On les admiraient, ils portaient des nœuds papillon, des vestes en tweed, et la modernité. Cà n’est que plus tard qu’on se rendait compte de leur implacable « creusitude » (désolé, çà m’a échappé).
Aujourd’hui, ils envahissent tout, les amphis bien sûr, ceux des écoles, mal chauffés et décrépits, et ceux des conférences à 3000 €, les colonnes des revues spécialisées (au niveau toujours aussi indigent en comparaison des productions anglo-saxonnes), les salles d’exposition des concessionnaires BMW et Range Rover et les rangs du personnel enseignant, comme « chargé de cours », « interne », « ancien interne », au point qu’il devient difficile de trouver un jeune véto désireux d’aller mettre son bras dans le cul d’une vache. Les étudiants, forts de cet exemple, envahissent, eux, une fois leur diplôme acquis, les bancs des écoles de commerce ou de journaliste, et deviennent explorateurs, véliplanchistes ou écrivains, tout, sauf ce pourquoi ils sont censés avoir été formés (aux frais de la princesse).
Elle est déjà là, la privatisation de l’enseignement, en tous cas dans cette belle profession qui fait rêver tant de blondinet(te)s prépubères . Un scanner pour toutous dans chaque ville moyenne, des territoires entiers de nos campagnes sans véto, et Maisons Alfort qui s’écroulent en attendant les promoteurs.
Et quand on voit l’état de Jussieu (le même qu’il y a 25 ans, ou plutôt pire), on se dit qu’il en va de même pour tout l’enseignement supérieur public.
Ecrit par : yann | 26 janvier 2007
Pour Jean :
Il n'est pire sot que celui qui ne veut entendre.
Ce n'est pas de Tennessee.
Ecrit par : Tennessee | 26 janvier 2007
Je crois me reconnaître parmi les personnes ayant vraisemblablement réagi de manière pudibonde à la découverte de l'extrait du" Gone de Chaâba" dont j'ignorais l'existence . Donc je ne suis pas dans le coup, ce qui ne me dérange pas trop. C'est pas d'ma faute. Quand j'étais gamine je me posais des questions pour savoir comment on faisait les enfants et comment ils sortaient du ventre de la maman parce que j'avais bien remarqué qu'ils venaient de là ,même si on me racontait que c'était pas vrai et que je me mêlais de ce qui n'était pas de mon âge. J'avais beau regarger dans le petit Larousse du grand frère,mais les planches du corps humain cachaient l'essentiel. C'était angoissant tout de même. Je me disais que moi aussi un jour j'aurais un bébé dans mon ventre puique j'étais une fille : mais où et comment rentrerait-il et surtout comment sortirait-il ? Est-ce qu'il faudrait me couper le ventre ? Cela devait faire mal, très mal . Comment savoir ? Les parents. Ben non. Quand une personne de connaissance attendait un enfant ils disaient qu'elle était "en attendant" pour que je ne comprenne pas. Tu parles. Le maître ? Il savait tout lui qui expliquait le squelette, l'appareil digestif, respiratoire, circulatoire et tout ça. J'avais peur de me faire remettre en place comme à la maison. Alors j'attendais, j'observais, j'écoutais . J'avais remarqué qu'un grand de dernière année préparant le fameux "certif" ne se moquait jamais des autres. j'ai commencé par lui poser des questions sur des sujets divers et comme il me répondait volontiers je me suis lancée. Il m'expliqua la première partie de" l'origine du monde" assez clairement mais pour l'accouchement il ne savait pas trop; Il demanderait à sa mère. Le complément d'information arriva rapidement et l'histoire du trou élastique qui s'ouvre lentement puis se referme apaisa mes angoisses. Toute fière j'allai faire état de mon savoir à ma mère pour vérification. Elle confirma d'un air soulagé parce qu'elle remettait toujours " à plus tard". Elle ajouta que mon père avait assisté à tous les accouchements ( à la maison à l'époque et on s'arrangeait pour caser les grands ailleurs à ce moment là ) parce que c'était très important pour eux deux.
Des années plus tard j'ai étudié Rabelais avec mes élèves sa conception et sa naissance et le fameux passage du torche cul sans être particulièrement gênée, tout au moins je ne pense pas.
Ce qui me dérange avec" Le Gone du Chaâba " c'est qu 'il soit donné en exemple, recommandé et bla bla bla. N'est -ce pas confondre succès commercial et médiatique avec qualité littéraire et respect de la personne ? Tout est bon pourvu qu'on en parle et qu'on fasse un gros coup. Je me souviens de courrier ( non envoyé je suppose ) publié dans notre défunte revue littéraire des Mots du Nau.
" Monsieur calmann-Lévy,
je voulais vous envoyer le manuscrit de mon dernier roman, mais j'hésite. Bien que mes amis pensent que je suis le plus grand écrivain de Blesme, je ne pense pas que vous serez intéressé. En effet, je n'ai pas tué d'enfant, pas fait vingt-cinq ans de prison, je ne pense pas acheter dix kilos de drogue avec mes droits d'auteur...
Mais si c'est le seul moyen de me faire éditer par votre maison, je veux bien faire un effort... AG
( Blesme petit village de la Marne.)
Ecrit par : CHARPENTIER Hélène | 26 janvier 2007
Vous trouvez sans doute normal qu'un soi-disant "pédagogue" ( "Le Pédagogue que Je suis...", un peu comme Alain Delon: "Alain Delon pense qu'Alain Delon est intelligent, et si Alain Delon le dit, c'est que c'est vrai.") ait passé sa carrière à briser les reins des vrais professeurs - pas lui, en tout cas! - à expliquer qu'ils s'y prenaient mal, qu'ils ne savaient pas "faire la classe", qu'ils transmettaient des connaissances "fossilisées" (merci pour eux, et quelle intelligence supérieure!), que connaissant les rouages du système, ils se débrouillaient, les salauds!, pour faire choisir à leurs enfants les filières les plus prestigieuses (évidemment, s'ils avaient gagné 400 000 francs par mois (60 000 euros) comme le couple Royal-Hollande - calcul fait par un visiteur d'un blog sur rtl preuves à l'appui, ils auraient pu leur payer l'Ecole Alsacienne!). C'est tout à fait votre droit, bien sûr.
Ce qui me fait penser que la "haine de Meirieu" est un "génitif subjectif", c'est précisément qu'on peut se poser de sérieuses questions sur l'"intelligence" dudit. Le seul à ne pas en douter ici, c'est Christophe.
Ecrit par : Jean | 26 janvier 2007
Merci Anne-Marie ... j'avais pas vu lily... ça me donne envie de chialer ...
Keep cool Jiem , je ne suis affreux qu'avec les ânes .... ;)
Ecrit par : toto | 26 janvier 2007
Jean a un peu de mal à comprendre. Si nous disions :
La haine de Jean pour Philippe est un sentiment qui ne peut exister que dans l'absence de toute intelligence
Est-ce plus clair ?
Ecrit par : Tennessee | 26 janvier 2007
Bonjour !
Hmmm, je suis Allemande, et ce que vous avez écrit sur votre collègue d'outre rhin est purement anecdotique, croyez moi....Il ne faut surtout pas en faire une généralisation!
Ecrit par : Nath | 26 janvier 2007
Ce message s'adressait à M. Brighelli, pardon, je ne l'avais pas précisé!
Ecrit par : Nath | 26 janvier 2007
Ha, le politiquement correct.....une des plus grandes ordures que l'humanité, qui n'en est pourtant pas avare, a produit. Le SIDA de la démocratie.....un boulevard, une avenue triomphale vers le fascisme.
Ouù je me marre, c'est en me remémorant les tombereaux d'avanies et de saloperies fienteuses que j'ai entendue dans le cadre de l' EDUC NAT. Des propos feutrés, toujours MESURES, MODERES. Des paroles sucrées, hypocrites, infâmes, un jésuitisme à vomir....
LOrsque j'étais jeune maître-aux, à Meaux, au Collège Henri Dunant, l'Abbé Pierre hélvétique, en 1984, un samedi matin ,en cours de géo, une élève de Troisième s'écroula en cours, victime d'une crise d'épilepsie. Ayant lu la biographie de César et étant quand même pas trop con, je sus ce qu'il me fallait faire....heureusement pour elle et pour moi, sinon , je vous écrirai de zonzon....mais PERSONNE de tous ces cloportes lâches de l'administration, de la principale à l'assistante asociale, ne nous avait dit quoi que ce soit. Et lorsque, furibard, j'entrai, quasiment en défonçant la lourde du burlingue de mâme la Principale, on me tapota sur l'épaule et d'un ton qui susurre, on me dit "Oh, mais Monsiuer Goldschmidt, on n'a pas le droit ,comme ça d'étaler la vie privée des élèves en public..."
Ignominie fascisante. Relisons tous LINGUA TERTII IMPERII de Klemperer, encore une fois. Il a tout dit sur l'infâmie de la perversion langagière. Et les post-soixante-huitards attardés, les Bouchardesques et autres Meirieuxistes sont les ignobles préparateurs du futur totalitaire qui se dessine déjà.
Alors, vive l'imprécation, la grossièreté, le franc-parler, et merde aux langues fryttes......
Ecrit par : montaigneàcheval | 26 janvier 2007
Le jésuitisme doctrine de l'E.N., c'est très bien vu !
La machine totalitaire de l'E.N. a besoin d'hypocrisie, de dissimulation et d'autocensure, je confirme la vision de l'E.N. comme forteresse du néo-jésuitisme.
Ecrit par : Jeremy | 26 janvier 2007
"On ne peut pas dénoncer à la fois l’apologie de la sodomie par Begag et la censure du bon Rabelais par les dinosauriens du manuel scolaire. Dans l’esprit des deux censeurs, Lagardeetmichard et JPB, la même préoccupation : pas de mots obscènes, pas de mots explicites dans de tendres oreilles".
Je crois, sans vouloir répondre à la place de JPB, que vous posez mal le débat. L'érotisme gaillard du brave Alcofribas Nasier, roboratif et gai, ne choque quasiment personne : "à Beaumont le Vicomte" ou "femme molle à la fesse" a fait hurler de rire des générations d'élèves, parce que, si j'ose dire, il n'y a pas de quoi fouetter un chat ;-))))) Le problème n'est même pas le texte de Beggag en soi, qui, je suppose, fait la part du vécu (poil au nez), mais le fait de le recommander pour les collèges, alors qu'il ne semble pas avoir été écrit spécialement pour des "petits". La question n'est pas de savoir non plus si c'est vraiment mauvais -- c'est simplement médiocre, et le comparer avec ce génial salopard de LF Céline me semble bien rapide... -- mais celle de la "réception", comme disent les khuistres, qu'un pré-ado peut faire de ce machin, forcément malsaine à cet âge-là. Car ce n'est plus le rire rabelaisien, qui rénove dans la joie (je renvoie à la thèse de Bakhtine, qui écrit des choses décisives là-dessus, mm si je sens que Danièle va encore hurler au bolchevisme... tant pis, il faut vivre dangereusement ! ) mais le ricanement malsain du gamin tourmenté par sa testostérone et son acné, et qui zyeute en cachette le porno de Canal +.
Bref, quand j'enseignais dans le secondaire, il ne me serait jamais venu à l'idée de faire étudier Céline NON PLUS, quel que soit (selon moi) le talent de ce romancier. Il faut s'adapter à son public, sans prendre les gosses pour des débiles ni pour des neuneus, certes, mais sans les mettre non plus en face de ce genre de prose. Circonstance aggravante : ce type d'extrait cautionne chez l'élève l'idée que le cracra c'est bien, puisque c'est étudié en classe. Quant à celui dont la famille vote au F.N., j'imagine volontiers à quel point il est conforté dans ses préjugés sur la sexualité malsaine des gens pas d'cheu nous. Bref : qu'a-t-on gagné en faisant étudier ce "roman" ? Rien. Mais sans doute est-ce l'objectif...
Ecrit par : FGuichard | 26 janvier 2007
La haine de Philippe Meirieu est un sentiment qui ne peut exister que dans l'absence de toute intelligence.
Ah oui, ça marche bien.
Merci Mr Williams.
Ecrit par : Tenessee | 26 janvier 2007
Tennessee
Je n'éprouve, en ce qui me concerne, aucune haine envers Monsieur Philippe Meirieu. J'irais volontiers, si je n'avais pas si mal au dos, après trente ans d'enseignement, faire comme l'a dit quelqu'un sur ce blob (peut-être Jean) une partie de tennis avec lui...Mais je n'accepte pas qu'il m'explique comment je dois (ou comment j'aurais dû) enseigner.
D'autre part, ayant eu la chance inouïe, je m'en rends compte aujourd'hui, de côtoyer dans ma vie de vrais philosophes (Emmanuel Lévinas, Vladimir Jankélévitch, Paul Ricoeur, Maurice de Gandillac...), je ne prends pas Monsieur Meirieu pour un penseur et encore moins pour un oracle.
Pour moi, Philippe Meirieu n'est rien de plus et rien de moins qu'un imposteur qui s'est fait passer pour un grand penseur et un arriviste comme le héros du roman du regretté Jean-François Deniau se fait passer pour un résistant.
Je n'ai pas de haine envers les imposteurs et les arrivistes, rien qu'un léger mépris, surtout quand je pense aux conditions dans lesquelles j'ai passé mes examens de licence et ma maîtrise, puis mon CAPES en travaillant la nuit. Je trouve que Monsieur Meirieu " a su, de son côte, y faire " comme on dit.
J'éprouve (et d'autres sur ce blog) le même sentiment que les poilus de 14-18 devaient éprouver envers leurs généraux qui sablaient le champagne pendant qu'ils se faisaient tuer. C'est vrai que ça peut mener à la haine (cf. le fameux couplet de l'Internationale)....L'important c'est de ne pas céder à ce sentiment qui, je suis d'accord avec Tennessee Williams peut aveugler l'intelligence.
Maintenant, envers Monsieur Frakowiack et Madame Charmeux, qui vivent au moins un étage plus bas que Monsieur Meirieu, c'est surtout de la colère que j'éprouve.
Tennessee, vous faites comme si les gens comme nous étaient majoritaires et triomphants alors que c'est exactement le contraire...Ce sont eux qui ont "gagné" jusqu'à présent la bataille contre l'école...Ce n'est pas une querelle de personnes et c'est plus qu'une querelle d'idées. Ce dont il s'agit est vital, mais qui comprend cela ?
Ecrit par : Robin | 26 janvier 2007
Ouais ouais Yann. Ta caricature est réaliste mais lorsque je suis sortie de Lyon il y a à présent 26 ans, les seuls qui nous avaient envahis étaient les cadres du Crédit Agricole qui nous faisaient le cours d'économie rurale. Et allez, petits vétos ruraux, faites plonger les éleveurs dans l'emprunt à taux bonifié, vive les plans de développement. Je m'en veux encore de mon manque de lucidité. Jusqu'à ma sœur et mon beau-frère que j'ai incité à plonger. Quant au reste, j'ai assez donné pour savoir qu'il y a des cadavres pleins les placards à l'AFVAC!
Signé: un cadavre qui exerce à mille milles de toute terre habitée.
Ecrit par : dobolino | 26 janvier 2007
Mais si Robin, c'est de la haine.
Quel autre sentiment peut-on éprouver envers ceux qui, comme vous ne cessez de le dire ici, ont détruit l'école et continuent de le faire ? Vos dénégations n'y changent rien.
Ecrit par : Tennessee | 26 janvier 2007
Bonsoir et bon week-end,
juste pour faire part d'une lecture lapsusiale :
à "un joli mot-valise" j'ai en premier lieu vu "un joli mot-vaseline".
Mais je ne doute toujours pas après-coup du sens bien vrai de ma première interprétation.
C'était juste pour partager.
Au revoir
Ecrit par : DesRapesAgées | 26 janvier 2007
Mais si Robin, c'est de la haine.
Quel autre sentiment peut-on éprouver envers ceux qui, comme vous ne cessez de le dire ici, ont détruit l'école et continuent de le faire ? Vos dénégations n'y changent rien.
Ecrit par : Tennessee | 26 janvier 2007 Tennessee
Je ne comprends pas bien ce que vous voulez dire.
Pensez-vous ou ne pensez pas qu'ils ont une responsabilité dans la situation actuelle ou pensez-vous que finalement " tout ne va pas si mal " ?
Quoi qu'il en soit, rassurez-vous, je n'ai pas l'intention de retourner mon fusil contre le "général Meirieu" .
Ecrit par : Robin | 26 janvier 2007
...Ou peut-être ne connaissez-vous pas la biographie de Monsieur Philippe Meirieu et ignorez-vous comment il est devenu général ?...Car enfin, tout de même, entre les tranchées des collèges en ZEP et les lambris de la rue de Grenelle...
Ecrit par : Robin | 26 janvier 2007
Pour une partie de tennis avec Meirieu, oui, Robin, c'était moi.
Nous ne "haïssons" pas, Tennessee, nous "protestons". Enorme nuance! Nous revendiquons le droit de refuser d'être endoctrinés. Nous estimons que les conceptions pédagogiques de Meirieu sont fausses et contre-productives, que ce sont celles d'une chapelle ( c'est le cas de le dire!) dont les adeptes ont réalisé un hold-up sur la pédagogie officielle de l'Education nationale. Marc Le Bris a bien rappelé à Haguenau , jeudi dernier, que François Fillon avait parfaitement compris le problème et que c'était lui qui avait tellement tenu, pour cette raison précise, à ce que la "liberté pédagogique" figurât dans la loi. Ce qui semble énerver beaucoup Frackowiak, le responsable de la commission Education du PS, si l'on en juge par l'article dont il s'est fendu ("La liberté pédagogique, alibi des conservateurs, obstacle à la construction de l'école du XXIème siècle")!
Ce qui vous étonne, Tennessee, c'est que nous osions désormais "l'ouvrir", que nous osions dire qu'un professeur, une fois en charge de la mission d'enseigner qui lui a été confiée aux termes de la Constitution ( "Enseigner est un devoir de l'Etat"), est le seul "inventeur" de sa pédagogie et qu'à ce titre il lui est parfaitement permis de rejeter toute allégeance à quelque gourou que ce soit (si je dénie à M.Meirieu le droit de m'imposer ses conceptions particulières, je n'irai pas pour autant me ranger sous la bannière de M.Clermont-Gautier!). Vous prenez cela pour de la haine. Vous êtes dans l'erreur.
Ecrit par : Jean | 26 janvier 2007
En tout cas vous, Pendariès, vous vous n'en manquez pas. Je retire ce que j'ai dit l'autre jour (pas sur vous, sur le fait qu'il y avait des sujets bien plus "tabous" sur ce blog que le braquemart de Rabelais)...Nous y voilà : le problème des chefs d'établissement démissionnaires qui préfèrent se réfugier dans leurs paperasses plutôt que d'affronter la réalité du terrain et qui donnent dans la complaisance compassionnelle pendant que les enseignants dégustent et que les élèves jubilent.
Ecrit par : Robin | 26 janvier 2007
Les chefs d'établissement démissionnaires; pas si démissionnaires que ça: puisqu'ils obéissent aux ordres du Rectorat - ils demeurent dans les clous. C'est une question de tempérament et de relations au petit pouvoir qu'ils ont et qu'ils vont avoir de plus en plus: depuis cette année, chez nous, c'est un sentiment fort de flicage en ce qui concerne les professeurs de matières générales; du côté des ateliers, l'administration ne dit rien: ils peuvent laisser leurs élèves seuls devant leur travail, les insulter, boire le café pendant les cours, exiger un emploi du temps sur 2 jours, et le proviseur ne leur tombe pas dessus. C'est un peu le privilège des enseignants aux ateliers: ce sont des grandes gueules très syndiquées. Alors moi, simple TZR, qui en plus tente de se préparer un avenir à l'université, je suis une cible facile. Cette année, il a fallu se battre pour que des élèves soient renvoyés un jour parce qu'ils avaient bousculé un collègue. On a demandé une réunion pour parler des problèmes qui s'installent dans notre LEP, une réunion promise par l'administration qui n'est jamais venue. Et cela s'annonce de plus en plus contraignant la vie d'enseignant: le Rectorat donne des consignes de flicage... Envie de vomir moi; qu'en penserait de tout cela ce professeur de Français, en 3eme, qui m'a fait rêver le métier d'enseignant? Oui, envie de vomir.
Ecrit par : Pendariès | 26 janvier 2007
Pendariès,dans des bahuts comme ça, il faut passer, ne faire que passer, garder un petit bouquin à soi dans son cartable, se dire qu'il est là et bien là, et puis repartir vite, vite, tant qu'on ne nous oblige pas à "étouffer" complètement dans ces lieux de "mort".
Courage!
Ecrit par : Thalie | 26 janvier 2007
J'ai connu des proviseurs très mesquins, qui suivaient les consignes du rectorat, et qui se donnaient des airs anti-pédagogistes auprès des professeurs. L'administration flique beaucoup plus les profs que les élèves, forcement : c'est plus facile.
Ecrit par : Jeremy | 26 janvier 2007
Pendariès
Mon dernier principal passait son temps dans son bureau et n'était presque jamais sur le terrain là où il fallait. Le collège n'avait ni CPE ni adjoint et il avait une trouille bleue des parents.
Les élèves sont très malins et ils savent très bien de quel côté penche le rapport de force (il faut vivre sur l'Olympe ou donner dans l'angélisme comme Meirieu pour ne pas se rendre compte de ce genre d'évidences) et évidemment le climat de l'établissement s'en ressentait.
Vous avez vu le reportage sur la 2 où l'on montrait un jeune principal qui faisait son boulot...C'était pourtant dans un collège ZEP où il y avait eu des incidents gravissimes il y a 4 ou 5 ans et le collège était presque devenu un collège d'excellence.
Contrairement à ce que pensent des sociologues comme Bourdieu, les stuctures ne sont pas tout. Ce sont les hommes qui font la différence.
Ecrit par : Robin | 26 janvier 2007
A l'intention de Tennessee, je précise que c'est la Loi d'orientation de juillet 1989 (vous pigez le symbole de la date), inspirée en partie par Philippe Meirieu et les membres de sa secte qui a posé le cadre juridique du "collège unique".
Des élèves-roi au centre du système éducatif font à peu près ce qu'ils veulent avec le soutien des parents (pas tous, mais il faut avouer que le bon sens se perd de plus en plus), à la faveur de la passivité des chefs d'établissement (pas tous, heureusement, comme le montrait le reportage)...
Le professeur n'est plus censé transmettre des connaissances, mais aider l'élève à construire un savoir de plus en plus maigre, quand on ne lui demande pas de se cantonner dans le rôle d'animateur dans ces tristes garderies (si au moins on y faisait vraiment la fête) que sont devenus au fil des années les établissements scolaires.
Je suis désole Tennessee, mais Meirieu ne peut pas dire aujourd'hui qu'il n'y est pour rien ou comme le Keiser en 1917 "qu'il n'a pas voulu cela".
Ecrit par : Robin | 26 janvier 2007
Ouais ouais Yann. Ta caricature est réaliste
Ecrit par : dobolino | 26 janvier 2007
Pas si caricatural que çà , hélas !
Qui a vu sévir l’ineffable D-N.C., supplétif du pâle professeur L., à l’ENV de Nantes, sait ce que signifient esbroufe et fumisterie.
Quant à nos jeunes diplômés, je ne veux pas jouer au vieux con (dans l’acception moderne du terme ;o)) ), mais ils ont un peu perdu de vue le goût de l’effort, et veulent, comme on dit, le beurre, l’argent du beurre et le cul de la crémière. Ils ne comprennent pas que le client ne veut pas payer 1000 piastres pour 3 points de suture réalisés « en atmosphère contrôlée » (sic : une VMC branchée à l’envers et une lampe à UV dans un coin : authentique).
Pour revenir au thème du blog, n’est-ce pas à l’école de leur inculquer ce goût de l’effort, de l’étude et du travail bien fait ?
Ecrit par : yann | 26 janvier 2007
"Bonsoir et bon week-end,
juste pour faire part d'une lecture lapsusiale :
à "un joli mot-valise" j'ai en premier lieu vu "un joli mot-vaseline"."
Un grand classique... Là ça te choque ... Mais attention, ce n'est pas toujours le cas.
Tu as eu quoi au CP .
Arrête la picole et au dodo ;)
Ecrit par : toto | 26 janvier 2007
Et cela s'annonce de plus en plus contraignant la vie d'enseignant: le Rectorat donne des consignes de flicage... Envie de vomir moi; qu'en penserait de tout cela ce professeur de Français, en 3eme, qui m'a fait rêver le métier d'enseignant? Oui, envie de vomir.
Ecrit par : Pendariès | 26 janvier 2007
Je comprends que ça vous donne envie de vomir, Pendariès. Moi aussi j'avais la vocation quand j'ai commencé. Vous ne pouvez pas savoir jusqu'où je suis allé pour essayer de comprendre...jusqu'à participer pendant trois ans à des stages d'établissement avec un ami de Meirieu qui n'enseignait plus depuis longtemps, au cas où il y aurait quelque chose à glaner de ce côté-là.
Je n'ai rien trouvé et je ne citerai pas son nom, mais je me souviens de la marque de sa voiture, une BMW blanc ivoire haut de gamme comme on n'en voit pratiquement qu'en Allemagne et qu'il s'était payée en rédigeant des bouquins de "méthodologie" pour apprendre aux élèves à faire leur cartable.
Mais tenez bon Pendariès. Ce que vous faites a un sens ; ce sont les gens comme vous qui sauvent la situation, c'est vrai aussi qu'ils faussent les statistiques et que le niveau serait encore plus bas bas s'ils n'étaient pas là.
Ecrit par : Robin | 26 janvier 2007
un seul "bas", ça suffira
Ecrit par : Robin | 26 janvier 2007
À propos des chefs d’établissement, un des pires côtés de la pensée pédagogiste, c’est d’avoir légitimé ce type de comportement laxiste et démissionnaire (envers les élèves évidemment !).
Un peu comme ceux qui condamnaient l’intervention américaine aux Vietnam et qui refusaient de parler des crimes commis par les communistes : ça risquait de compromettre la CAUSE !
Les professeurs sont de plus en plus fliqués et sommés de se soumettre à des délires administratifs et pédagogiques et en même temps on les bassine avec la « citoyenneté » et « l’autonomie ». Dans cette langue orwellienne, cela signifie bien sûr le contraire : citoyenneté et autonomie, ils doivent les abandonner en entrant dans leur bahut, ça c’est politiquement correct !
Ecrit par : Lariba | 26 janvier 2007
Pas si caricatural que çà , hélas !
Qui a vu sévir l’ineffable D-N.C., supplétif du pâle professeur L., à l’ENV de Nantes, sait ce que signifient esbroufe et fumisterie.
Quant à nos jeunes diplômés, je ne veux pas jouer au vieux con (dans l’acception moderne du terme ;o)) ), mais ils ont un peu perdu de vue le goût de l’effort, et veulent, comme on dit, le beurre, l’argent du beurre et le cul de la crémière. Ils ne comprennent pas que le client ne veut pas payer 1000 piastres pour 3 points de suture réalisés « en atmosphère contrôlée » (sic : une VMC branchée à l’envers et une lampe à UV dans un coin : authentique).
Pour revenir au thème du blog, n’est-ce pas à l’école de leur inculquer ce goût de l’effort, de l’étude et du travail bien fait ?
Ecrit par : yann | 26 janvier 2007
Lol! Yann! Excusez-nous, mais chez nous on peut pas causer because les labos et l'Ordre. Mais, vous allez voir qu'on y revient.
Si les jeunes sont ce qu'ils sont, ce n'est pas justement parce que ces école primaire et secondaire ont formatés et sélectionnés les cerveaux pour que la nouvelle "élite" de seconde zone, dont les vétos, ne soit plus capable de penser par elle-même? Consommation: mais oui, c'est normal de dire à un RMiste qu'on ne peut soigner son chien sans un scanner préalable, c'est ce que les profs(ou conférenciers?) ont enseigné et le sens clinique est ésotérique.
Les jeunes vétos, c'est:
"Chez l'épicier pas d'argent pas d'épices
Chez la belle Suzon, pas d'argent, pas de cuisse!"
La faute aux écoles vétos????????? Non! Enfin, pas plus que ça.
Le mal est déjà fait avant, on n'enseigne plus les humanités aux futures élites et on sélectionne des veaux qui récitent bien les apprentissages par cœur pendant que les esprits brillants se réfugient dans les paradis artificiels.
Aucune chance d'avoir des gars qui ont du sens clinique et qui sniffent que ce chien ou ce taurillon n'ont pas un iota de chance de s'en sortir! Tout le monde au scanner, aux examens complémentaires, à la perf, à l'hospit...
Un pays qui sélectionne les brebis bêlantes!
Métaphore, comparaison, hyperbole... Génial, si tu connais les définitions, pas la peine d'avoir lu quoique ce soit!
Nos jeunes confrères trouvent normaux les discours des labos, avalent tout tout rond, y compris le prix exorbitant du Convenia ND et ça ne va pas s'arrêter si on persiste à sélectionner l'obéissance et le manque d'originalité, à ne pas ouvrir l'esprit de nos enfants avec une culture générale digne de ce nom.
Pour le goût de l'effort, on est mal barré: ils préfèrent l'ovario et le centre hospitalier régional 'et les Relais et Châteux ou club med) et tant pis pour la chèvre en gésine en dehors des heures ouvrables; D'ailleurs, tant pis pour la chèvre en gésine tout court! Pas rentable, dégage biquette!
Là, c'est fichu, ce n'est plus l'école qui est en cause mais notre société toute entière.
De toute façon, la campagne, c'est pour le tourisme, pas pour l'agriculture qui pollue. Vous vous rendez compte que ces salopes de vaches polluent? Plus qu' 4*4 diesel. En Chine, les vaches!
Ecrit par : dobolino | 26 janvier 2007
Pendariès,dans des bahuts comme ça, il faut passer, ne faire que passer, garder un petit bouquin à soi dans son cartable, se dire qu'il est là et bien là, et puis repartir vite, vite, tant qu'on ne nous oblige pas à "étouffer" complètement dans ces lieux de "mort".
Courage!
Ecrit par : Thalie | 26 janvier 2007
Oh, non, Thalie! Par pitié...
Ecrit par : dobolino | 26 janvier 2007
L'administration flique beaucoup plus les profs que les élèves, forcement : c'est plus facile.
Ecrit par : Jeremy | 26 janvier 2007
Voilà Jérémy, vous avez tout compris. Le système, comme tous les sytèmes pourris à tendance totalitaire fonctionne "au bouc émissaire"...et les "boucs émissaire", les chiens galeux, les baudets parmi les animaux malades de la peste, ce sont les profs.
Pensez donc, ils persistent à vouloir transmettre des connaissances, ils parlent de "faire des efforts", ils mettent des notes ! Mais quelle horreur !
Il faut se débarrasser de ces gens-là, ls pousser à la dépression ou au suicide...ou mieux, changer la fonction, ce que Meirieu appelle pudiquement "enseigner autrement".
Vous savez ce que répondit un jour le chancelier à moustaches à un interlocuteur qui lui disait qu'il n'était pas si facile de changer la nature humaine ? "Oui, je le sais bien, mais ce ne sont pas les gens de votre âge qui m'intéressent."
Ecrit par : Robin | 26 janvier 2007
Vous savez ce que répondit un jour le chancelier à moustaches à un interlocuteur qui lui disait qu'il n'était pas si facile de changer la nature humaine ? "Oui, je le sais bien, mais ce ne sont pas les gens de votre âge qui m'intéressent."
Ecrit par : Robin | 26 janvier 2007
On est tous des vieux cons! Alors, soyons heureux et lavons-nous les mains. "Après moi, le déluge!" Encore quinze ou vingt ans et nous accèderons à le penser comme nos pères avant nous. "Courage! Le bout du tunnel n'est peut-être pas si loin."
Ecrit par : dobolino | 26 janvier 2007
"Mais le politiquement correct d'aujourd'hui a une autre tournure. Il tolère, il encourage même les grossièretés les plus écœurantes, qui n'ont même pas, comme Rabelais, l'excuse de la verve et de la démesure. Il vise à éviter de heurter les sensibilités communautaires, les "gens de petite taille" comme les "African-American" — un joli mot-valise pour dire Black - puisqu'il est désormais entendu qu'il est malséant de remarquer la couleur de peau de l'un ou la jupe de l'autre…"
JPB
Mais c'est plutôt cohérent-cohésif (comme on dit parfois dans les laboratoires de "traitement de l'énonciation") avec la note précédente, me semble-t-il !
Ce n'est sans doute pas un hasard si Philip Roth avait choisi l'université pour théâtre de "the human stain", où une remarque à propos d'étudiants absents et donc spectraux (spooks), valut au professeur une destitution pour propos racistes, les dits étudiants se trouvant être "africains-américains", tandis que "spook" se devait d'avoir là le sens insultant qu'on lui prête parfois...
Quant à la dérive libérale, saillies diverses et traitement de cheval à la clé, elle est préférable à celle qui consiste à ne jamais tourner l'étalon, enferré dans son dogme. ;)
Ecrit par : D'Enguell | 27 janvier 2007
Je salue bien bas jiem dont le témoignage, hier, recoupait dans tous ses détails tout ce qui s'écrit ici, et le courrier que je reçois par ailleurs. Pratiquement, le pédagogisme aura plus fait pour l'enseignement privé que le pire des projets "libéraux". Le privé n'avait qu'une légitimité de façade, au début du règne de Mitterrand. Il l'a conforté des reculs (programmés, sans doute) du PS (rappelez-vous cette manif à Versailles, en 1984 je crois, après laquelle les Socialistes se sont repliés sur des positions préparées à l'avance), et renforcé en faisant croire définitivement qu'il enseignait mieux que l'école publique. Mieux est sans doute beaucoup dire. Mais au moins, il écoute les parents, et c'est déjà beaucoup.
Dobolino, je reviens brièvement sur Apollinaire.
"Tandis que sous le pont de nos bras passe
Des éternels regards l'onde si lasse…"
Ce qui s'établit, c'est un système de miroirs (la Seine, le pont Mirabeau et sa métaphore en reflet), la trouvaille d'une qualification (lasse) là où l'on aurait pu attendre une description (lente). La référence à Héraclite est probable. Mais surtout, tout tient dans un défi que s'est lancé le poète : comment redire mieux que tant d'autres que les amours finissent… Quand vous y réfléchissez, 90% de la plus haute poésie est un art nouveau de répéter des poncifs : il ne faut pas de génie pour avoir des idées nouvelles, mais un talent fou pour réactiver les plus éculées. Voyez Ronsard et les roses.
Si j'avais à faire un commentaire, je lierais ce poème à un texte peu connu de La Rochefoucauld sur la difficulté qu'il y a à finir des amours que l'on sait déjà mortes (une comparaison entre l'amour et la mer, non la mer des tempêtes, mais ces longues "bonaces", comme il dit, ces calmes plats où l'on aspire au port sans y parvenir).
JPB
PS. Si quelqu'un est dans la région, je suis au salon du livre de Nîmes cet après-midi à partir de 14h30 (au Carré d'art, à deux pas de la Maison carrée).
Ecrit par : brighelli | 27 janvier 2007
Désolé, c'est encore moi…
Je voudrais répondre à une critique exprimée plus haut (comment peut-on à la fois déplorer le sexisme d'Azouz Begag et la censure du Lagarde…).
Je renvoie déjà à ce qu'écrivaitt FG hier : "Ce type d'extrait cautionne chez l'élève l'idée que le cracra c'est bien, puisque c'est étudié en classe. Quant à celui dont la famille vote au F.N., j'imagine volontiers à quel point il est conforté dans ses préjugés sur la sexualité malsaine des gens pas d'cheu nous. Bref : qu'a-t-on gagné en faisant étudier ce "roman" ? Rien. Mais sans doute est-ce l'objectif..."
Ce qu'il faut répéter, c'est que censurer "con" en 1960 — Anastasie sévissait durement, à l'époque, demandez donc à Jean-Jacques Pauvert ou à Régines Deforges, traînés en justice tous les trois mois pour des livres qui nous paraîtrianet bien innocents aujourd'hui — mais Tante Yvonne veillait à l'Elysée — n'était pas anormal (et pourquoi diable aussi vouloir à toute force choisir dans une anthologie un texte que l'on sera obligé de censure — je rappelle à tous que le Monde, honnête journal du soir, ne s'est autorisé le mot "con" — métaphorique — que vers la fin des années 70).
Non : le plus grave, c'est qu'aujourd'hui le graveleux sans talent sert d'excuse libertaire à la répression sans fin des idées réellement révolutionnaires (et Rabelais est bien plus révolutionnaire que Begag, voir justement Bakhtine…). Nous sommes dans un temps de conformisme accablant, dont jamais les révolutionnaires de 68, les orgiaques des années 70, qui furent chaudes, auraient soupçonné… Et demain la répression du graveleux servira de prétexte à la répression sans limites de toute littérature quelque peu déviante, quel que soit son niveau. Allez donc faire un vrai éloge de la sodomie, comme Jacques Serguine fait, ouvrage après ouvrage, celui de la fessée (essayez donc Cruelle Zélande, Eloge de la fessée ou l'Attendrisseur — l'essayer, c'est l'adopter…) — et vous verrez les foudres ségolénistes s'abattre sur vous : à propos, ces quatre enfants, elle les a conçus par l'opération du saint esprit, ou par les bonnes œuvres de François (c'est curieux et c'est bien pratique, hein, tous ces premiers secrétaires du PS qui portent le même prénom, à des années de distance, et apprécient diversement ou pareillement les plus ou moins jeunes ambitieuses qui montent dans le parti…)…
Bref, la vulgarité et la gaillardise, ça n'a rien à voir. J'applaudis l'indécence qui fait sens — ce n'est pas pour rien que Jean Paulhan parlait, à propos d'Histoire d'O, de "décence". Mais je proteste devant la crudité gratuite.
Et je veille à laisser hors de portée de mes enfants — pour l'instant : il est un temps pour tout — les œuvres complètes de Sade ou de Florence Dugas.
JPB
Ecrit par : brighelli | 27 janvier 2007
Merci pour vos messages, Pendariès en avait gros sur la patate.
Ce qui est reproché, c'est donc l'esprit, puisque l'humour ou l'ironie sont bannis de la relation professeur-élève/parent. Les générations de nouveaux professeurs qui vont monter satisferont la société: ils auront juste assez de mots (parfois mal orthographiés) pour faire leurs cours et répondre avec neutralité aux "c'est bon / ça suffit / c'est nul / à quoi ça sert? etc." des zapprenants.
Ce n'est pas une histoire du "après-moi le déluge" ou "ça va passer", c'est juste que le droit-de-l'hommisme (ou droits de l'humain) ou devoir-de-silence, ça suffit. 5 ans de boulot et déjà le ras-la-casquette.
Je ne sais pas qui "d'important" pouvant prendre des décisions un jour ou l'autre lit votre blog, monsieur Brighelli, mais la tentation de Venise est très grande pour de plus en plus d'enseignants: les rapports de force vont devenir de plus en plus crispés entre nous et eux des bureaux du rectorat, de l'inspection, des établissements, des familles. Comme l'écrit Alan Moore dans les Watchmen (excellent roman graphique): qui surveille ceux qui veillent sur nous / ou nous surveillent?
Je vais passer quelques jours dans mes Cévennes reprendre source au register huguenot.
Ecrit par : Pendariès | 27 janvier 2007
Et je veille à laisser hors de portée de mes enfants — pour l'instant : il est un temps pour tout — les œuvres complètes de Sade ou de Florence Dugas.
Cette sage précaution paternelle devrait être érigée et généralisée en "principe éducatif". Elle pose aux enseignants la question la plus difficile et la plus refoulée d'entre toutes: celle du "traitement pédagogique" de la sexualité des élèves.
Catherine Millot a commis sur ce sujet vers 1980 un ouvrage intéressant au titre évocateur: "Freud anti-pédagogue".
Qu'on me permette deux remarques.
La première est un souvenir personnel qui remonte à une époque pas très lointaine où les pédagogues furent soupçonnés par leur ministre délégué de pédophilie potentielle. Ma quatrième fille alors scolarisée en grande section de maternelle d'une école publique m'a fait le récit détaillé d'une conférence tenue le jour même par un adulte extérieur à l'école sur les moyens de reconnaître chez son papa ou son maître les pulsions incestueuses et les éventuelles tendances pédérastiques. S'est-on inquiété en haut lieu des effets sur le psychisme à peine formé des enfants (aujourd'hui en sixième ou en CM2) d'un tel discours moral tenu ex- officio?
Ma seconde remarque est la suivante. Nous scolarisons dans nos classes un nombre croissant d'élèves entiers, je veux dire non divisés, bien incapables dès lors d'entendre la loi, de se plier aux règles, de se soumettre à un autre principe que celui narcissique et du plaisir immédiat. Ces élèves nous pourrissent l'existence et découragent nombre de nos collègues. Pis, ils sont à l'origine de la transformation profonde de l'école désormais gérée en priorité pour "secourir les âmes en perdition".
Quelle est la part de responsabilité dans cet état de choses gravissime de la levée brutale des interdits et du refoulement portant en premier lieu sur la sexualité? Levée permise par l'accès facilité des enfants à la pornographie, c'est à dire au sexe sans mots, sans métaphorisation et poétique de "la chose", sans civilisation de la question la plus humaine.
Ecrit par : buntovchik | 27 janvier 2007
Merci à ceux qui m'ont répondu sur les vers litigieux. J'ai un peu avancé.
Quand je dis "après moi le déluge", je ne souhaite pas vraiment en arriver là un jour mais on se sent parfois tellement impuissant, ignorant, obsolète. Surtout quand certains arrivent comme des tornades blanches pour vous prouver que votre bêtise est telle qu'on devrait vous priver de vos droits civiques.
Ecrit par : dobolino | 27 janvier 2007
J'ai souvent évoqué ici le site de mes amis Françoise et Bernard Appy (http://appy.ecole.free.fr/), inlassables relayeurs, en France, de cette "troisième voie" qui est née Outre-Atlantique de débauches pédagogistes mad(e) in USA, si je puis ainsi calembourer…
Que j'adhère ou non au détail de ces propositions, est encore une autre histoire. Mais toutes les solutions, en ces temps de crise, sont bonnes à étudier. C'est de l'accord des diverses résistances à l'institution que naîtront des solutions concrètes.
Pour un résumé en anglais de ces positions, voir
http://www.coreknowledge.org/CK/about/CommonKnowledge/v20I_2007/v20_I_2007_France.htm
JPB
Ecrit par : brighelli | 27 janvier 2007
buntovchik
Vous mettez le doigt sur une contradiction majeure de notre société "post moderne", contradiction qui, a mon avis, n'a jamais été réellement "pensée" alors que les enjeux sont considérables.
Faute de médiations souples et de "synthèses en profondeur", on en arrive à une dychotomie schizophrénique entre un discours relevant de l'ordre moral et d'une culture du soupçon universel qui a abouti, entre autres, à l'affaire d'Outreau et une culture ambiante de la levée généralisée des interdits.
C'est exactement la définition que donnent Ronald Lang et l'Ecole de Palo Alto de l'étiologie de la shizophrénie : une injonction contradictoire à laquelle il est impossible de répondre : "Jouis mais ne jouis pas !"
Puisque ce blog est propice aux confidences, je ne suis pas un "réactionnaire de naissance"... Lecteur dans les années 60 de Wilhem Reich et d'Herbert Marcuse, j'ai moi-même donné un temps dans cette illusion de la "libération sexuelle" et il m'a fallu parcourir un long chemin intellectuel (et surtout humain) pour comprendre qu'on ne joue pas impunément avec de la dynamite.
Freud avait raison d'expliquer dans Malaise dans la Civilisation les enjeux vitaux du contrôle des pulsions. Il avait bien compris qu'il en allait de la survie de l'espèce humaine.
Il est dommage également qu'un certain conformisme intellectuel nous interdise de faire la jonction entre l'anthropologie et l'ethologie animale. C'est évidemment se priver d'une ressource importante.
Mais, n'est-ce pas depuis que Heidegger a décrété qu'il ne fallait "penser l'homme qu'en direction de l'humain" !
Seul René Girard, à ma connaissance, dans " Des choses cachées " a eu le courage de commencer à penser l'homme à partir de l'animal...Et évidemment les résultats sont passionnants, comme toujours quand on lève un tabou intellectuel.
Ecrit par : Robin | 27 janvier 2007
Même un texte comme celui d'Azouz Begad met en évidence le caractère "imitatif" de la sexualité humaine : les deux garçons "font comme les grands", (la fillette aussi), ils s'imitent l'un l'autre, ils emploient des expressions qu'ils ont entendues, ils ressentent le besoin de publier leurs exploits, etc.
Cette dimension est difficile à percevoir parce que nous croyons à la "spontanéité" des désirs, à commencer par les nôtres.
J'ai remarqué que certains élèves avaient l'esprit littéralement farcie de fantasmes pornographiques, à croire qu'ils regardent des cassettes tous les soirs. Il est très difficile de lire maintenant un texte à haute voix dans certaines classes de collège sans qu'ils ne voient des allusions obscènes à chaque phrase. C'est évidemment difficile à "gérer".
Il y aurait ausi beaucoup de choses à dire sur les effets pervers de l'introduction de la "mixité".
Mais je m'arrête là, je vais me faire traiter de " vieux réac " et je l'aurai bien mérité.
Ecrit par : Robin | 27 janvier 2007
farcie sans e. Où avais-je la tête ?
Ecrit par : Robin | 27 janvier 2007
schizophrénie avec un "c"
Ecrit par : Robin | 27 janvier 2007
Pour en revenir à la Maldonne du Poitou, qui a dit :
"Ségolène, c'est une inculture de taille encyclopédique, une sorte de trou noir de la science, une ignorance crasse" ?
Jean-Marie Le Pen ? Sarkozy ?
Vous n'y êtes pas, c'est Louis Mexandeau, ancien ministre socialiste.
Anne-Marie.
Ecrit par : Anne-Marie Valette | 27 janvier 2007
Seul René Girard, à ma connaissance, dans " Des choses cachées " a eu le courage de commencer à penser l'homme à partir de l'animal...Et évidemment les résultats sont passionnants, comme toujours quand on lève un tabou intellectuel.
Ecrit par : Robin | 27 janvier 2007
Konrad Lorenz; Boris Cyrulnik ... et pas mal de vétérinaires dans leurs pratiques éducatives
Ecrit par : dobolino | 27 janvier 2007
dobolino
Don't acte ! J'avais oublié Lorenz, Cyrulnik et mon chat !
Ecrit par : Robin | 27 janvier 2007
De Robin :
"J'ai remarqué que certains élèves avaient l'esprit littéralement farcie de fantasmes pornographiques, à croire qu'ils regardent des cassettes tous les soirs."
............................................................
Pour certains, c'est le cas : porno tous les soirs, et même au collège, grâce aux portables-usines à gaz qui existent désormais. Un élève de 5e de mon collège a cette semaine été pris sur le fait dans le couloir par l'une de mes collègues : il regardait un porno sur son protable pendant une pause et en faisait profiter deux de ses petits camarades. D'après ce que j'ai cru comprendre, le principal n'a pris aucune mesure disciplinaire. Aucune sanction : l'élève n'a pas même eu droit à une engueulade. La logique de mon cher chef d'établissement : vu que l'élève est déjà archi sanctionné et que son comportement ne change pas d'un iota, pourquoi le sanctionner encore ?
Voilà où on en est.
Ecrit par : Kap | 27 janvier 2007
vu que l'élève est déjà archi sanctionné et que son comportement ne change pas d'un iota, pourquoi le sanctionner encore ?
Voilà où on en est.
Ecrit par : Kap | 27 janvier 2007
C'est comme pour les redoublements et les exigences que l'on serait en droit d'avoir...L'application du Réglement intérieur est surtout soumise au " principe de lassitude ".
- Mais tout va bien...Le niveau monte !
-Oui surtout le niveau de lassitude.
Ecrit par : Robin | 27 janvier 2007
Un élève de 5e de mon collège a cette semaine été pris sur le fait dans le couloir par l'une de mes collègues : il regardait un porno sur son protable pendant une pause et en faisait profiter deux de ses petits camarades.
Mais enfin Kap, depuis le temps que Monsieur Meirieu et ses amis nous expliquent que l'école doit devenir un "lieu de vie" et cesser de transmettre des "savoirs fossilisés" !
Ecrit par : Robin | 27 janvier 2007
"Il y a des jours où, devant les menaces qui pèsent sur les libertés, je me sens devenir furieusement… libéral. Mais je me soigne…"
Mais non, mais non, JPB, ne vous soignez pas... Le remède que vous vous êtes administré à vous-même fait lentement son effet, c'est normal... Tout se passe comme prévu quand les patients sont intelligents et honnêtes...
Et d'ici quelques semaines, quelques mois tout au plus, vous allez vous retrouver tout naturellement libéral, bien dans vos pompes, réconcilié avec vous-même et avec vos convictions.
Et vous vous apercevrez que, libéral, vous l'avez toujours été, que tout votre combat depuis le début menait dans cette direction.
Et ce sera très bien.
Ecrit par : Robert Marchenoir | 27 janvier 2007
allez, Robert, on vous redirige sur le post: "harcèlement", où le relais est pris concernant le libéralisme.
Ecrit par : Christophe Sibille | 27 janvier 2007
Pour Kap et Robin: si vous vous indignez que le personnel éducatif ne sanctionne pas les élèves qui regardent des vidéos pornos à l'école, vous n'avez encore rien vu.
Attendez-vous à ce qu'elles deviennent bientôt obligatoires.
C'est en tous cas ce que demande le Planning familial anglais, qui réclame l'enseignement de la masturbation à l'école à l'aide de vidéos pornographiques, dans le cadre des cours d'éducation sexuelle:
"Pupils 'should see explicit sex videos'
Last Updated: 2:04am GMT 27/01/2007
Children should be shown explicit videos of masturbation as part of sex education, campaigners said yesterday.
Many pupils form impressions of sexual activity from internet pornography and need better lessons at school, said Rebecca Findlay of the Family Planning Association.
Sex was still seen as too "embarrassing" to be discussed. "We need to be able to look at someone masturbating and see it not as pornography but as instructional."
Using such images in schools might help lift taboos around sex, she told the Times Educational Supplement.
"What is masturbation? How do you do it? What does it feel like? These are conversations people should be having in sex education classes. But in British culture, sex is something embarrassing."
Dr David Limond, a lecturer from Trinity College Dublin, called for a more open approach to sex education that would provide a "better transition" between school, where sex was "veiled and mysterious", and the adult world where "anything goes"."
C'est comme je vous le dis. Je n'invente rien.
http://www.6url.com/142D
Ecrit par : Robert Marchenoir | 27 janvier 2007
Ca me rappelle furieusement L.Ron Hubbard, qui dénonçait cela il y a déjà plus de 20 ans.
Oui, oui, je sais c'était aussi le père de la scientologie. Mais hé ! On ne devient pas gourou de la 4° plus grande secte du monde en racontant que des conneries
Ecrit par : fred | 27 janvier 2007
Oui, oui, je sais c'était aussi le père de la scientologie. Mais hé ! On ne devient pas gourou de la 4° plus grande secte du monde en racontant que des conneries
Ecrit par : fred | 27 janvier 2007
Je n'ai rien à voir avec la scientologie, mais je sais qu'il y a un rapport entre Ron Hubbard et un excellent auteur de romans de science fiction américain, Van Vogt, l'auteur du " Monde des non A ".
Ecrit par : Robin | 28 janvier 2007
Le dernier paragraphe où se trouve la justification de la démarche me paraît particulièrement significatif :
Dr David Limond, a lecturer from Trinity College Dublin, called for a more open approach to sex education that would provide a "better transition" between school, where sex was "veiled and mysterious", and the adult world where "anything goes".
Il ne s'agit pas en fait de ménager une " transition ", mais de susciter une "irruption" qui ressemble fort à une "violation".
...Comme si la sexualité n'était pas aussi " veiled and mysterious " pour les adultes que pour les enfants.
" where anything goes ": Voilà maintenant que les Anglais s'y mettent aussi !
Ecrit par : Robin | 28 janvier 2007
Bonjour à vous. Suis plutôt sidéré d'entendre que de telles choses se disent à Trinity College à Dublin, dans cette Irlande où une grande partie des gens se signent en passant devant une église, une croix ou autre symbole du catholicisme. Du moins c'est ce que j'ai vécu dans les années 70. Se mettrait-on aussi à lire "le Gone..." là-bas aussi? Quelle révolution alors!!!!!
Ecrit par : pierrot | 28 janvier 2007
Je quitte ce blog avec la satisfaction du devoir accompli.
J'ai pu observer qu'en un rien de temps certains, et
malgré une dysorthographie hélas irrémédiable, ont fait des progrès miraculeux dans la détection des fautes d'autrui. Pareille illustration de la parabole de la paille et de la poutre ne doit pas masquer ce progrès indéniable, mais dont je devrais me garder de me glorifier puisque ... modesty is my strongest quality.
Cet adage se vérifie: Auch von den dümsten, kann man was lernen.
Servus!
Vale et me ama.
Ecrit par : tatie Danièle | 30 janvier 2007
Je quitte ce blog avec la satisfaction du devoir accompli.
J'ai pu observer qu'en un rien de temps certains, et
malgré une dysorthographie hélas irrémédiable, ont fait des progrès miraculeux dans la détection des fautes d'autrui. Pareille illustration de la parabole de la paille et de la poutre ne doit pas masquer ce progrès indéniable, mais dont je devrais me garder de me glorifier puisque ... modesty is my strongest quality.
Cet adage se vérifie: Auch von den dümsten, kann man was lernen.
Servus!
Vale et me ama.
Ecrit par : tatie Danièle | 30 janvier 2007
Majuscule à Dümsten, Tatie Danièle.
Anne-Marie.
Ecrit par : Anne-Marie Valette | 30 janvier 2007
Je quitte ce blog avec la satisfaction du devoir accompli.
J'ai pu observer qu'en un rien de temps certains, et
malgré une dysorthographie hélas irrémédiable, ont fait des progrès miraculeux dans la détection des fautes d'autrui. Pareille illustration de la parabole de la paille et de la poutre ne doit pas masquer ce progrès indéniable, mais dont je devrais me garder de me glorifier puisque ... modesty is my strongest quality.
Cet adage se vérifie: Auch von den dümsten, kann man was lernen.
Servus!
Vale et me ama.
Ecrit par : tatie Danièle | 30 janvier 2007
ses bien domaje, je comanssé a fér des prograi... Merci tout de même pour vos tentatives d'éclairer nos esprits obtus. Vous avez semé vos graines avec tant de patience et de douceur qu'elle ne saurait oublier de germer au mois d'avril.
La mauvaise herbe est aussi difficile à juguler que les plants de maïs OGM. Mais, courage, je suis bien convaincue que vous y arriverez.
Ecrit par : dobolino | 30 janvier 2007
désolée, j'avais écrit votre graine que j'ai a posteriori transformé en vos graines donc qu'elles ne sauraient, évidemment.
Ecrit par : dobolino | 30 janvier 2007
Je reviens quand même pour vous dire, Danièle, ou d'autres, qu'il ne faut point se draper pour si peu dans sa dignité. Nous sommes plusieurs à avoir à un moment ou l'autre réagi ainsi. En fait, ici règne une totale liberté personnelle d'expression, pas de censure, une verdeur de propos etc... On y ressent souvent l'impression soit d'être dédaigné, soit de ne pas avoir été lu. Mais, en réalité, c'est le seul blog vraiment libre que j'ai pu trouvé.
Les lecteurs lisent tout ce qui s'y publie et on voit certains avis se modifier et se polir au fil du temps, même ceux de JPB... mêmes les miens.
Pour ma part, il m'agréerait que vous continuiez à écrire, sans chercher à vous passer la brosse à reluire.
D'ailleurs, il est plus fréquent de se faire passser un savon qu'un coup de brosse dans le sens du poil.
Ecrit par : dobolino | 30 janvier 2007
Allez je m'y mets : "Mais, en réalité, c'est le seul blog vraiment libre que j'ai pu trouvé." Trouver serait approprié, chère Dobolino, mais vous savez que je suis sous-poli autant que soupe au lait... A consommer donc avec modération ! :)
Ecrit par : D'Enguell | 30 janvier 2007
vi reste Tatie,
j'aime bien comment K't'envoies 'suer' CS ;)
Ecrit par : toto | 30 janvier 2007
C'est vrai que je commence à faire des fautes vraiment épouvantables. Mais j'écris "à la va vite" entre deux consult... et ne suis pas douée au clavier.
Ecrit par : dobolino | 30 janvier 2007
" where anything goes ": Voilà maintenant que les Anglais s'y mettent aussi !
Trinity collège, Dublin, en Angleterre, n'importe quoi ! Toutes mes excuses à la verte Erin ! En espérant que la patrie de James Joyce ne laissera pas Eros se faire empoisonner par les hygiénistes.
Ecrit par : Robin | 30 janvier 2007
Allons toto, ne soyez pas aigri!
Ecrit par : Christophe Sibille | 30 janvier 2007
Je vous le mets là pour pas que ça dérange mais je crois que c'est indispensable à votre culture générale.
Lorsqu'ils sont au repos, les bovins peuvent ruminer l'herbe qu'ils ont avalée plusieurs heures auparavant. Pour ruminer ainsi, ils ont un estomac très compliqué : il est divisé en quatre parties.
Ils avalent la nourriture sans la mastiquer et elle se rend directement dans la première poche : la panse(le rumen). La nourriture passe ensuite dans la seconde poche qui s'appelle le bonnet (le réseau).
C'est dans cette partie que les aliments sont transformés en petites boules.
Plus tard, la vache ramène ces boules de l'estomac à la bouche et c'est à ce moment qu'elle mâche tranquillement sa nourriture: elle rumine.
Ensuite, elle avale de nouveau.
C'est à ce moment que la nourriture descend dans la troisième et la quatrième poche, le feuillet(l'omasum) et la caillette(l'abomasum). La nourriture est maintenant définitivement digérée.
On dit merci à qui?
Ecrit par : dobolino | 04 février 2007
Le curé de Camaret a les couilles qui pendent, et quand il s'asseoit dessus, elles lui rentrent dans le cul, et il bande.
Variante : les filles de Camaret. Voir Wikipedia :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Camaret
Enseignants, vous serez bientôt largués. Les mômes accéderont à la culture grâce à Wikipedia, seuls, sans vous !!!
Ecrit par : le curé de Camaret | 04 février 2007
Le curé de Camaret a-t-il été censuré ???
Ecrit par : 59 Lille | 04 février 2007
Apparemment j'ai été censuré ; ce blog serait-il politiquement correct ???
Ecrit par : le curé de Camaret | 04 février 2007
Apparemment j'ai été censuré ; ce blog serait-il politiquement correct ???
Ecrit par : le curé de Camaret | 04 février 2007
Le curé de Camaret, c'est pas toi, pt'it gars. Et tu vas voir la torgnole que tu vas te recevoir, espèce de malappris !
Ecrit par : Robin | 04 février 2007
Il y a beau temps qu'il n'y a plus de curé à Camaret!
Quant à la culture de Wikipedia, c'est un peu lège.
Ecrit par : dobolino | 04 février 2007



