02.05.2008

ça sent le réchauffé!

« La politique n'est pas une affaire de sentiments, c'est un rapport froid. »Georges Frêche, président de Région Languedoc-Roussillon et président de l’Agglomération de Montpellier a raison quand il déclare cela à la presse (Voir Midi Libre du 2 mai). Même si j’estime à titre personnel qu’il faut aussi y mettre du sentiment et de l’humain. Mais je ne doute pas qu’il en mette aussi parfois quand même.
Mais si l’on veut rester dans le « rapport froid », il faut toujours donc prendre des décisions en fonction des éléments tangibles d’un dossier. Comme par exemple sur le projet de fusion cher à Georges Frêche entre son Agglo et celle de Sète-Bassin de Thau.

«« Pourquoi je veux faire cette grande agglo ? Simplement pour continuer à ne pas augmenter les impôts et j'ai besoin d'argent pour développer le port de Sète, réaliser l'assainissement de l'étang de Thau et de l'Or et financer la 3e ligne de tramway à Montpellier. Si j'arrive à dépasser la barre des 500 000 habitants et à passer en communauté urbaine, j'ai 60 % de recettes en plus.» Mais désormais, Georges Frêche veut également rassurer. En cas de réussite du projet, il promet « sur l'honneur, de prendre immédiatement une délibération excluant la compétence du droit du sol. Je ne tiens pas à mettre la main sur le plan local d'urbanisme des communes. Je m'en fous. L'urbanisme, c'est le rôle du maire. » (Extrait de Midi Libre du 2 mai)

Voilà donc, avec cette nouvelle déclaration une certitude : alors que certains pendant la dernière campagne municipale nous assuraient qu’il n’était pas question de Communauté Urbaine mais d’une Super-Agglo…et que le droit du sol ne pouvait être supprimé aux maires, Georges Frêche lui-même confirme ce que nous annoncions : Oui le but visé à terme est une Communauté Urbaine. Oui dans ce cas le droit du sol est perdu pour les maires. Sauf si il y a discussion d’égal à égal et accord écrit avant. Noir sur blanc.
Restons encore dans les rapports froids : ainsi donc la « grande agglo » aurait besoin d’argent pour…le port de Sète ?! Mais ce port n’est-il pas géré par…la Région Languedoc-Roussillon ?! Quel rapport donc entre les rentrées financières de l’Agglo et…les investissements de la Région ?
Il est vraiment nécessaire messieurs les décideurs d’avoir quelques éclaircissements et assurances avant de signer un blanc-seing. Monsieur Frêche, merci donc de présenter un carnet de route de ces investissements de la Grande Agglo...sur notre port.
Je terminerai par les « menaces politiques » exprimées par Georges Frêche sur l’avenir de Pierre Bouldoire, mais aussi les projets sur sa commune frontignanaise susceptibles d’être financés par la Région. Maniant Carotte (élection à la députation et vice-présidence puis présidence du Conseil Général promises à Bouldoire) et bâton.
Ainsi donc Georges Frêche menacerait avec une institution qu’il préside (la Région)…pour faire avancer les projets d’une autre qu’il préside aussi (l’Agglo de Montpellier) ? Et l’intérêt général dans tout ça ? Et le dialogue démocratique ? Et le combat d’idées pour convaincre ?
Il est navrant que certains politiques en viennent à des méthodes qu’ils dénonçaient lorsqu’elles étaient pratiquées par d’autres. Et en oublient les fondements de la démocratie.

29.04.2008

Les ans…vieux

C’est une certitude : nous sommes destinés tous à vieillir. C’est inéluctable. Tant que la médecine n’aura pas trouvé la solution miracle pour nous faire rester jeune à vie. Et bien sûr, en espérant que la mort ne nous fauche pas en route…
Autre certitude : en règle générale, on vit aussi plus vieux, comprenez plus longtemps, et mieux. Nous sommes (ou nous serons, pour celles et ceux qui sont encore jeunes…comme moi) de vieux beaux. Enfin je veux dire des vieux alertes plus longtemps, et donc plus aptes à profiter de notre retraite.
Et c’est là que le bât blesse ! Ou plutôt le bas de laine. Car devant le déséquilibre croissant entre actifs, inactifs et retraités il faut bien rentrer des cotisations pour assurer nos vieux jours. Le débat qui fait actuellement rage me rend cependant perplexes sur l’état d’esprit des français. Alors que l’on vit plus vieux et mieux côté santé (en règle générale), la plupart des français partent à la retraite avant soixante ans. Grâce aux préretraites, aux avantages de certaines fonctions…Tout cela a un coût. Un déficit croissant des rentrées de cotisations. Et à terme soit une baisse des retraites, soit un relèvement important des cotisations sur le dos des travailleurs.

Dans la plupart des autres pays européens au contraire, la durée du travail retrouve les normes du passé (60 à 68 ans). Un passé où quand on partait à la retraite vers 65-70 ans, il restait trois à quatre fois moins de temps qu’aujourd’hui pour profiter enfin de temps libres.

Mais voilà, l’état d’esprit de beaucoup aujourd’hui est de travailler moins et moins longtemps pour gagner plus. Nos grands-parents, aux métiers bien plus pénibles physiquement avouons-le, n’auraient jamais imaginé le mot de « RTT ». Nos parents se contentaient de leurs cinq semaines de congés payés annuelles. Et nous, nous voulons toujours plus. Quel scandale quand certains jours fériés (issus rappelons-le quand même de fêtes au départ religieuses…malgré la séparation de l’Eglise et de l’Etat !) tombent un dimanche et sacrifient les sacro-saints ponts !
Sans penser à celles et ceux qui n’ont pas eux de travail, de couverture sociale…ou de retraites décentes. C’est se scier la branche de la société sur laquelle certains sont confortablement assis. C’est aussi carrément couper les racines vitales de nos enfants. Non seulement c’est les condamner à être surchargés de retenus et cotisations pour payer nos propres retraites, mais aussi devoir se contenter eux à leur tour de retraites insuffisantes.
Nos ans vieux feront bientôt des envieux. Nos propres enfants. Quel monde sommes-nous en train de leur laisser ?

22.04.2008

Ensemble et compétents avant tout

Le nouveau de la Communauté d’Agglomération Sète-Bassin de Thau est donc Pierre Bouldoire, le maire socialiste de Frontignan, récemment élu conseiller général de Frontignan.

Et certains sétois de s’indigner : comment, le maire de Sète ne s’est pas présenté à sa propre succession alors que sa ville est la principale en nombre d’habitants (43.300) au sein de cette structure intercommunale de 92.000 ?!

C’est oublier un peu vite d’abord que le maire UMP de Sète n’était pas en position de l’emporter après la reconfiguration géopolitique de la Communauté d’Agglomération (plutôt centre gauche) d’après municipales. Il ne l’aurait d’ailleurs peut-être pas été plus même en cas de reconduite de certains maires dans leurs villes. N’oublions pas que la majorité des maires et élus d’avant ou d’après ce scrutin municipal (y compris ceux de Droite) était opposée à la fusion avec l’Agglomération de Montpellier, projet porté par François Commeinhes. Il a donc tenté, en coulisse…mais a préféré éviter une défaite annoncée. Préférant dés lors un accord.

Pour ma part, la présidence de Pierre Bouldoire ne me choque pas.

Que diable, sortons des principes stériles qui veulent figer à jamais les rênes du pouvoir à des prédominances territoriales ou démographiques ! Le facteur important n’est-il pas d’abord la compétence ? La vision politique au sens noble du terme, celui de l’intérêt général de la cité, ici élargi à l’agglomération de cités ? J’avais d’ailleurs défendu lors de notre projet de campagne municipale l’éventuel principe d’une présidence tournante de la Communauté d’Agglomération entre au moins les trois principales villes (Sète, Frontignan, Balaruc-les-Bains).