08.06.2007
Matthieu Lauffray a pris la Comédie à l'abordage
Sur la Comédie du Livre à Montpellier, où il a été par Azimuts, Matthieu Lauffray savoure « d'avoir pu, sur une idée de Dorison, retrouver une époque où le monde déjà commençait à se donner un cadre rigide. Les pirates étaient avides de liberté. Avec Long John Silver, nous apportons bien sûr une suite à l' Île au trésor mais Long John, le roublard qui a quand même changé, va avoir en face de lui une femme qui sera son égale tout au long de cette aventure ».
Une lady anglaise à la vie un brin dissolue dont le mari, au fin fond de l'Amazonie, aurait trouvé un trésor mythique. C'est elle qui ira chercher Long John et sa bande pour conquérir sa part du butin. « Elle n'a plus rien à perdre et ces pirates sont presque des dinosaures qui savaient réfuter toute autorité. Avec Dorison, on avait le choix entre une version soit plus historique, soit de donner notre vision de cette époque, un peu comme des gosses qui ont joué aux pirates tout en conservant, ajoute Lauffray, la crédibilité nécessaire. Chacun peut y apporter ses propres souvenirs. » Long John est désormais reparti à la chasse au trésor mais, plus que l'or, Lauffray avoue que « c'est avant tout une chasse au rêve » qu'il scande d'un dessin flamboyant, comme son héros. Pas vraiment un vrai méchant ce Long John mais « un héros picaresque » , comme le classe son dessinateur pour une fresque dans laquelle on plonge, bercé par le grondement des canons et les vapeurs du rhum dans les tavernes de la Tortue.
Lauffray a donc en mains un duo où la femme et le pirate feront jeu égal en brisant les convenances. « Un vrai plaisir que je m'offre avec cette série », n'hésite pas à affirmer Lauffray. Son dessin semble fait pour le visage de Long John et de sa bande.
Quatre albums en tout vont raconter la saga de Long John Silver. Si le premier est donc parti à la conquête d'un public ravi - on pouvait en juger devant la longuer de la file devant l'auteur - le deuxième devrait sortir en mai 2008.
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01.12.2006
"Le chant des Malpas" , Bara s'affirme
C'est sur un scénario de Pierre Boisserie, désormais reconnu non plus comme le kiné qu'il était mais comme le scénariste de La croix de Cazenac, dessinée par Éric Stalner, que Bara a bâti son travail. On trouve donc dans cet album une douce enfant, Eiledon, sur laquelle tombe la foudre. Pas banal, certes, mais ce qui l'est encore moins, c'est qu'elle se met désormais à guérir tout le monde dès qu'elle ouvre la bouche.![]()
Comme dans le royaume où elle vit se déroule une guerre de succession entre le prince héritier, triste à en mourir, et un cardinal flanqué d'une milady pas tendre de rouge vêtue, la jeune Eiledon devient enjeu de tous les combats. Si on sent dans le dessin de Bara une légère influence de Loisel, en particulier dans les visages, son trait a de la forme et ne demande qu'à s'émanciper. Ses décors et son découpage sont de qualité. Cette histoire a un côté roman de cape et d'épée très sympathique qui fonctionne bien. A découvrir.
11:45 Publié dans Auteurs | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Griffo a abandonné Venise et Giacomo pour rêver avec Ellis
Venu des Canaries où il réside, Griffo était de passage pour le lancement de Ellis. Avec élégance et humour il avoue que « c'est le décor de Venise dans lequel Giacomo évoluait qui me manquera le plus ». Dix-huit ans de Giacomo, aventurier joueur et coureur, habile à l'épée comme en politique, Griffo n'aime pas s'ennuyer. Il l'affirme d'une voix douce mais ferme et Giacomo, cela commençait apparemment à bien faire.
« Quand Sébastien Latour m'a proposé Ellis, un monde où le quotidien se heurte au féerique, j'ai été enthousiasmé par son approche très pure, très vécue du scénario ». Et Griffo sait de quoi y parle. Hormis Giacomo C., il a signé Vlad, un thriller dans une Russie moderne où règne le chaos, SOS Bonheur avec Van Hamme, Beatifica Blues avec Dufaux encore ou La Pension du Docteur Eon avec Cothias.
Un éclectique, Griffo, qui a débuté à Spirou et à Tintin, un dessinateur capable de s'investir dans tous les genres. D'où ce plongeon dans le monde des rêves, ces rêves dont il a toujours essayé de se souvenir. « Avec Ellis je devais adopter le rythme des comics pour un polar urbain sur fond de fantastique. Le premier tome fait 54 pages. Au départ c'était trop dense. On a retravaillé l'histoire dans le ton des séries US. » Chaque album aura son histoire complète. Griffo a utilisé la couleur directe avec l'aide parfois de son ordinateur. Alors, avec Ellis, on pourrait croire que s'est formé un lot de héros à la SOS Fantômes voire à la Men in Black. Jugement trop réducteur. Griffo qui va peut-être travailler sur Sambre d'Yslaire adore fantasmer sur la réalité et la dualité des deux mondes en parallèles d'Ellis. Lequel est le vrai ? Question à méditer.
11:35 Publié dans Auteurs | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
27.07.2006
Des dessinateurs d'aviation en août à Perpignan
La BD s’offre un week-end au Mas Palegry. En 30 ans le Mas Palegry près de Perpignan a su imposer son Conservatoire du Patrimoine Aéronautique. Marc Noetinger pris le relais de son père aujourd’hui disparu, ancien, pilote de chasse et fondateur du centre du Mas Palegry reconnu aujourd’hui au niveau national.
Des collections enrichies, des avions en statique, un site Internet, le Mas qui a voulu fêter en beauté son anniversaire recevra samedi 12 et dimanche 13 août un festival BD dont les auteurs sont bien sûr des spécialistes de tout ce qui vole. Des pluies de bulles et de dédicaces vont pleuvoir sur le Mas avec une escadrille de "moustachus" de la BD aéronautique. Parmi eux l’héraultais Christophe Gibelin qui signe chez Delcourt Les Ailes de Plomb dont le tome 4 vient de sortir. Des avions bien sûr mais aussi une sombre histoire de barbouzes sur toile de fond des années cinquante. « C’est la série qui m’a le plus amusé ».
Une évidence pour Gibelin qui en a repris seul le scénario et le dessin car Barral son précédent dessinateur en avait assez du dessin réaliste. Trop de contraintes pour cet inconditionnel du dessin d’humour. « Moi, je ne voulais pas que Les Ailes de Plomb s’arrête et j’en ai gardé au moins dans cet album le côté un brin caricatural avec des dialogues qui louchent gentiment sur ceux du cinéma de ces années là, à la Audiard. Le prochain album sera plus sérieux dans un contexte d’espionnage classique » confie Gibelin.
Et quand on demande à ce spécialiste comment lui est venu sa passion de l’aviation on tombe sur un os.« C’est vrai qu’enfant à Saint-Martin-de-Londres les planeurs passaient au dessus de ma tête mais sincèrement il n’y a pas eu de déclic ».
En un mot Gibelin ne s’est jamais pris pour Guynemer ou Saint-Ex. Idem pour la BD car Gibelin n’en lisait que très peu dans sa jeunesse. Tout juste Hergé et Franquin. Cela ne l’empêchera pas, une fois pris pas la passion des objets volants toujours identifiés de passer son brevet de pilote de planeur ou d’illustrer la Une du mensuel Le Fana de l’Aviation. Pointilleux quand on lui parle de découpage « peaufiné à l’extrême » Gibelin qui pourtant à un dessin superbe est persuadé que « la satisfaction du dessinateur par rapport au dessin est du court terme ». L’informatique lui apporte toute sa souplesse. Pas de papier hormis pour le story-board.« C’est beaucoup plus pratique. La reproduction seule compte, l’impression. Je n’ai pas d’attrait pour l’original ».Ce qui ne l’empêche pas d’écumer les bouquinistes ou le net pour compléter sa documentation : « mes personnages vivent à travers la justesse des objets qui les entourent ». Et on lui souhaite que cela dure.
A ses côtés Azara signera son Takatakata, Jean Barbaud ses Gueules de Zinc, Eric Loutte sa reprise de Biggles, Félix Molinari dédicacera Les Tigres Volants, Francis Nicole sera là pour Missions Kimono, Manuel Perales rappellera le souvenir de Clostermann avec Le Grand Cirque sans oublier le talentueux et sympathique Francis Bergèse avec Buck Danny et la première adaptation de Biggles.
Pour tout renseignement, Mas Palegry tél. : 06 18 92 64 14
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25.07.2006
Des scénaristes qui sont aussi des romanciers
Ils sont scénaristes de BD. Pourtant ce sont des romans ou des recueils de portraits qu’ils nous offrent cet été. Le premier est Pierre Christin qui signe aussi en bulles de qualité Valérian ou l’Agence Hardy dont la dessinatrice Annie Goetzinger sera la présidente du festival de Fabrègues en septembre. Christin a aussi formé quelques générations de brillants journalistes, on en connaît, à l’école qu’il fonda à Bordeaux.

Cette fois il s’offre des Petits Crîmes contre l’humanité (Editions Métailié, 10 E), un polar savoureux qui a pour cadre le monde feutré mais en délabrement chronique des universités françaises.
Son héros, Simon, est un demi-solde de ces facs où se font et se défont nos élites. On en rit mais jaune car Christin manie avec humour mais précision le bistouri sans pitié de la satire. Ces mails anonymes et cette mort suspecte qui lance son roman ont un joyeux parfum de vérité. Et puis Christin le romancier écrit avec bonheur et justesse. Son roman est bien ficelé, écrit avec brio. Le ton est juste. On adhère à cette intrigue où les comptes se règlent à grande allure.
Le second du genre est tout autant connu. François Rivière est le scénariste de la Trilogie anglaise dont les héros Olivia Sturgess et Francis Albany ont vu le jour sous le crayon de Floc’h.
Avec ses Chroniques d’Oliver Orban (Robert Laffont, 19 E), Rivière s’offre un élégant exercice de style qui va à merveille à ce spécialiste de la littérature anglaise.
Il signe trente-neuf portraits de Kipling à Natalie Wood ou Diana Rigg, Marguerite Yourcenar tous bien sûr illustrés par son complice Floc’h. De l'après guerre aux années soixante-dix Rivière fait écrire cet Olivier Orban qui n'est rien d'autre que le pseudonyme de Sturgess et Albany. Rivière a toujours aimé la mystification. Il a cette saveur des mots employés à bon escient, cette pointe d’humour ironique qui font de chaque chronique un bijou qu’il faut savourer en prenant son temps. Ce à quoi l’été se prête à merveille. A noter que ce dernier ouvrage ne sera disponible que vers le 20 août.
18:15 Publié dans Auteurs | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Bande-dessinée
12.07.2006
Christophe Bec, créateur d’univers : Une bio alléchante… mais réservée à un public limité
Une biographie quand on a l’age de Christophe Bec, cela pourrait paraître prétentieux. Mais celle qui vient de sortir en tirage réservé est d’avantage un menu alléchant des talents de Bec auteur sublime de Sanctuaire. On va donc découvrir que le petit Bec pompait des BD depuis son enfance mais qu’il est aussi un talent multiple qui prépare entre autres un Temps des loups pas mal du tout au dessin et au scénario la suite de Carême, une nouveauté Pandémonium et Carthago. Un garçon pressé, Bec, et dans cette bio ses nouvelles séries sont partiellement pré publiées. Toutes les facettes de son art peuvent ainsi s’exprimer, séduire ou pas. On reste convaincu qu’auteur complet, Bec a le dessin avant tout dans la peau. (Humanoïdes Associés, réservé à la presse et aux libraires)
☺☺☺
15:59 Publié dans Auteurs , Collectors | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Bande-dessinée
10.07.2006
Duo : Larcenet et Sfar philosophent
Ils font partie de cette nouvelle BD qui n’a de neuf que le nom. Ce qui importe est leur talent, pas les appellations ou les étiquettes branchées. Ils sont complices. En vrac on citera dans la bande Blain, David B., Trondheim bien sûr, d’autres et ceux qui nous occupent aujourd’hui, Larcenet et Sfar. Pas vraiment le même registre hormis des affinités évidentes dans la structure de leurs œuvres.
Et bien, ce qui nous donne une transition facile pour parler de Joann Sfar qui lui philosophe toujours. Normal, c’est sa formation. On passe à sa Vallée des merveilles dans un monde improbable et familial dans lequel il s’est dessiné. Sûr, c’est lui on l’a reconnu. Pot de miel et les siens vivent dans une île merveilleuse. C’est la préhistoire dont le calme. Avec un copain ils partent à la chasse et ramènent des graines de courgette. C’est pour faire court car en fait il se passe plein de choses passionnantes aved des dauphins, des dinosaures dans ce premier album d’une nouvelle série signée Sfar qui commence par une centaine de belles pages à bien décortiquer. Au fait, Sfar il écrit vachement bien.Le Fléau de Dieu (Dargaud) – 9,80 €. Larcenet et Daniel Casanave
La Vallée des Merveilles (Dargaud) – 15 €. Joann Sfar
19:40 Publié dans Auteurs , Parutions BD , Loisirs/Culture | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note



