09.06.2008
Mara fille spirituelle de Conan Doyle
Elle est sincère Mara qui revendique aussi clairement son attachement à Disney et à son monde animé avec ses personnages secondaires décapants. « Mais si j'avais à choisir l'auteur qui m'importe le plus c'est George Bernard Shaw avec Pygmalion. L'inspecteur Hawkins sera celui de la jeune Emily, son professeur en criminologie ». Ce sont finalement les premiers pas de la police scientifique que Mara met en scène. Hawkins comme Holmes étudie la scène du crime, collecte les indices, fait appel au microscope. Le tout se double de la propre enquête d'Emily sur la mort de sa mère dont on sait dès le début qu'elle était une criminelle. Mara joue volontiers sur l'ambiguïté de ses héros. Quelles relations finiront par nouer ou pas Hawkins et Emily ? « Il y aura trois tomes. Si le premier, Les Traces du passé, était masculin, dans le second Emily occupera le devant de la scène ». Amoureuse de cinéma Mara se voit aussi un destin derrière la caméra. Mais après avoir fini Clues.
Mission suicide
Sept cavaliers sortent d'une forteresse déserte. A la demande du Margrave leur empereur ils ont pour mission de retrouver la vie où qu'elle se trouve depuis qu'elle a abandonné leur cité, volée par les enfants devenus ennemis mortels des adultes. Adapté du roman de Jean Raspail par Jacques Terpant, les "Sept cavaliers" sont à la fois un conte philosophique et un roman d'aventures. Le premier tome assoit l'histoire et lance l'action très réaliste en dessin et bien menée. La quête est celle du bonheur perdu, une mission suicide dont on attend la suite. "Sept cavaliers", Robert Laffont, 12,95 €
Confessions
Edmond Baudoin présidait le dernier festival de Sérignan dans l'Hérault. Personnage attachant à l'intelligence pétillante il est l'un des rares vrais maîtres de la BD, exigeant. Avec "L'Arleri", son dernier roman graphique dans lequel il utilise chose rare la couleur, Baudoin trace le portrait d'un amoureux fou de l'amour, un hymne inconditionnel à la femme. Dialogue entre le peintre vieillard et son jeune modèle, les rôles s'échangent , les corps rajeunissent. On aurait tendance à penser que Baudoin signe une autobiographie de ses amours en finesse mais avec passion. Superbe. L'Arleri, Bamboo, 16 €.
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08.06.2008
Le choc des cultures
Eté 1940. La Suisse qui a réussi à rester neutre en plein conflit mondial est devenu un paradis inaccessible pour tous ceux qui en Europe essayent de fuir les nazis. Et pour ces derniers un coffre-fort inviolable où ils entassent les fortunes volées à leurs victimes.
Pilote privé, Richard Stoltz a un petit bimoteur qui lui permet de faire vivoter sa compagnie aérienne. Quand le secrétaire de sa banque lui propose de faire passer la frontière à des officiers nazis qui d’Allemagne transfèrent en Suisse bijoux, lingots et objets précieux dérobés le plus souvent à des familles juives Stolz n’a pas d’états d’âme. Au moins en apparence. Jusqu’au jour où au retour ce sont des enfants juifs que Stolz va se mettre à ramener vers les rives du Lac Léman grâce à l’aide d’un officier allemand et de sa femme.
Stolz est le narrateur de cette aventure dont le premier tome campe l’environnement historique et met en place les personnages qui sont tous relativement manichéens. Le pilote qui a un bon fond, le secrétaire de banque résistant, le couple allemand courageux, et la Suisse dont le rôle pendant la guerre a été pour le moins ambigu.
Cela fait cependant une histoire qui tient la route, bien menée avec ce qu’il faut d’action, de péripéties romanesques, d’aventures aéronautiques dont l’éditeur Paquet se fait une spécialité. Le dessin mériterait un peu plus de précision, de rigueur afin de faire disparaître une légère impression de laisser-aller. On reste cependant pris par l’histoire et en attente d’une suite bien cadrée que l’on sait par avance mouvementée. «Le Passeur, T1, Les Orphelins du Reich » / Pierre-Paul Verelst / Brice Bingono / Paquet
Histoire d'hommes
C’est une histoire d’hommes, d’amitié improbable au temps des Croisades entre un chevalier chrétien un brin déjanté et un prince musulman idéaliste. Guido qui fuit les siens se retrouve prisonnier du calife Abdu Al Khayr. Au lieu de le faire décapiter Abdu veut s’en faire un copain envers et contre tout. Flanqué de la jolie sœur du calife qui a un faible pour Guido les deux hommes s’embarquent pour un voyage initiatique qui doit les mener à Jérusalem sur le tombeau du Christ puis à La Mecque.
En chemin ils vont affronter une série d’épreuves initiatiques à la tonalité assez bibliques dans lesquelles chacun réagira en fonction de son éducation. Abdu est de loin le plus sophistiqué, ouvert sur le monde par rapport à un Guido qui en tient une sacrée couche – moine défroqué et hérétique. Il a juré après avoir trahi celle qu’il aimait d’aller se repentir sur les lieux saints.
Abdu sera son confesseur et son maître à penser. Les deux hommes vont se reconnaître en amitié. Guido fera repentance et sera touché par la grâce divine. Le texte de Marazano n’est pas convenu et ne fait pas dans la facilité. On sent les tensions, le débat et la confrontation entre deux cultures qui ont des connotations très contemporaines. Respect, humilité, reconnaissance, il y a beaucoup d’authenticité dans cette histoire dont Pion assure le dessin avec efficacité et fougue. « Jérusalem » / Richard Marazano / Patrick Pion / Glénat
20:32 Publié dans Parutions BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note



