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17.05.2008
Mai 68 : sous les pavés les bulles d'un 40e anniversaire
L’occasion était trop belle. Un 40e anniversaire, encore plus celui de ce mois de mai de 1968 qui avait l’espace d’un printemps fait croire à une génération que rien ne serait plus pareil, cela se devait de générer à posteriori quelques bulles de plus dans l’univers en surproduction de la bande dessinée. Et même si on n’a pas croulé sous le nombre il y a dans le lot de ces spéciaux 68 une poignée de beaux albums qu’il aurait été dommage de passer sous silence.
A Tardi la première place car sa mise en images des chansons de Dominique Grange vaut tous les rétrospectives du monde. 1968-2008, N’effacez pas nos traces (Casterman) est l’association non seulement de deux cœurs généreux mais aussi de deux talents subtils. Dans un format qui rappelle celui de nos « vieux » disques 45 T Tardi capte les phrases de Grange qui chantaient Grève illimitée, Chacun de vous est concerné, reprenait Le Temps des cerises ou La Commune est en lutte, chante de nouveaux titres pour l’occasion. Il y avait de l’utopie dans la démarche et de la générosité, une certaine absence de réalisme qui avait le sourire des jolies filles. C’est l’un des vrais et rares legs de cette époque. Un CD audio est joint à l’album.
Un collectif ensuite est à signaler chez Soleil, Mai 68, Le Pavé de bande dessinée (19,68 €). Des auteurs de tous âges ont fait un panorama assez subtil et sincère de ce que 68 pouvait représenter pour eux aujourd’hui. Et on comprend que 68 c’est « avant » et très loin pour ceux qui n’avaient pas entre 16 et 30 ans à l’époque. Des frères Bramanti au montpelliérain Gaston, Chabouté, Rossi, Vatine, Lidwine ou Herenguel ils signent des planches, des histoires courtes sérieuse ou drôles, un peu tristes mais qui rendent justice à l’envie de liberté de l’époque. L’ensemble suit une logique chronologique des évènements.
Enfin Mai 68, Histoire d’un printemps (Berg International, 19,68 €) a été préfacé par Daniel Cohn-Bendit. Cette fois encore on suit sur un dessin très sobre bien cadré la chronologie. L’album de Alexandre Franc et Arnaud Bureau raconte avec clarté et objectivité les faits, fait parler les principaux témoins, présentent les controverses en donnant à l’ensemble une vraie dimension historique. Avec pour conclusion : Mai 68, une mutation et sûrement pas une révolution.
14:00 Publié dans Coup de coeur/Coup de griffe | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : mai 68, Dargaud, Soleil, Casterman, Pilote spécial



