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09.05.2008
La série très noire de Casterman
C'est une association, celle de Payot / Rivages et de Casterman pour nous servir, bien serrés et noir à souhait, une collection de polars en images à raison d'une demi-douzaine de titres par an. Des polars encore ? Certes, mais avec ces albums signés par quelques-uns des plus grands noms de la littérature policière et crayons du moment, il y a de la rumba dans l'air, les malfaisants sont de retour. Chacun d'eux nous montre des talents cachés, inattendus et innovants dans un format ramassé et une pagination qui flirte avec les 120 pages (16,95 € le titre).
Quatre titres ouvrent ce bal des maudits. Dans le sordide campagnard, Pelot et Baru font forts avec Pauvre zhéros, une somme de méchanceté primaire et de connerie ordinaire. Un orphelinat où il ne fait pas bon vivre, un ancien d'Algérie taquin, un manouche sentimental, des chats voraces et une belle explosion finale, c'est sacrement bien tourné. On passe ensuite à une Nuit de fureur par Matz et Thompson au scénario, sur le dessin de Hyman. Un bled US des années quarante, une "balance" à trucider, un tueur aux airs de premier communiant et deux femmes qui ont du caractère, trop même. Le tout ne peut que mal finir et en couleur en plus. Bel exercice de style qui prend aux tripes. Pierre qui roule, de Donald Westlake et Lax, apporte une jolie touche d'humour, noir certes, mais qui détend. Une poignée de lascars finira par doubler l'escroc qui les emploie. Enfin Sur les quais, on ne présente plus. La version de Rodolphe et Van Linthout a le vrai parfum du cinéma des années cinquante. J
Parfum de thym
Autant rester noir et corsé avec ce Garrigue et son parfum de thym qui cache celui, moins agréable, des embrouilles mortelles d'une bande de copains dans un petit village du Sud. Martial, un gendarme à la retraite, se penche sur le passé de son ami Rémi avec lequel il montait des affaires pas nettes. Et il va vite découvrir que personne autour de lui n'a vraiment la conscience tranquille. Étude de milieu, polar, manipulations, suspense, tout y est dans ce premier tome. Corbeyran maîtrise une histoire subtile que Berlion, comme à son habitude, met en musique et cadre avec brio. Garrigue, éditions Dargaud, 13 €. Depralon en balade
Il a quitté sa retraite d'Uzès pour parcourir les Boutières près des monts d'Ardèche. Dessinateur, plasticien, Gérard Depralon est l'un de ces rares artistes qui ont la magie de l'émotion au bout des doigts. En accomplissant ce reportage dessiné, Depralon a rendu compte, témoigné à partir des centaines de photos prises par lui sur le vif dans ces petits villages qui parsèment les Boutières, au nord de Privas. C'est dans son atelier qu'il a ensuite, à partir des photos réalisées, créé un superbe album en noir et blanc qui se feuillette comme un merveilleux voyage au pays de l'authentique. On vit le pays qu'on voit, Fabrique du Pont d'Aleyrac.
Mai 68, une belle histoire
Véro a dix ans en Mai 68, un grand frère qui écoute du rock et a un portrait du Che dans sa chambre. Véro regarde Bonne nuit les petits et lit Mademoiselle Age Tendre. C'est elle qui est le guide et le témoin de cet album illustré signé par Yvan Pommaux et Pascale Bouchié, Véro en mai, paru à l'Ecole des Loisirs. On est littéralement plongé dans la vie quotidienne d'une famille française de l'époque. Tout colle dans le moindre détail. Un album souvenir pour les uns et découverte pour les autres.
Labiano était dérnièrement à mla Fnac de Montpellier. Avec le tome 4 de sa série Black Op (Dargaud), le Toulousain surfe sur un genre qui a le goût savoureux du thriller et de la politique-fiction. Sur un scénario de Desberg, Hugues Labiano a mis son dessin au service de son héros, Floyd Whitman, un agent qui s'est engagé dans la CIA après la mort de son père tué par les Soviétiques. Et pour se venger, le jeune Floyd va devenir l'un des plus actifs espions, dont la mission sera de déstabiliser l'Union Soviétique en aidant la mafia russe à noyauter le système.
En réussissant au-delà de toutes espérances, Floyd et son équipe vont en fait se retrouver avec un sacré problème sur les bras quand implose l'URSS. La mafia toute puissante va s'expatrier et devenir un ennemi redoutable sur le sol même des États-Unis. Dernier témoin des manigances de ses supérieurs, Floyd devient l'homme à abattre. Avec une maîtrise excellente du découpage et du cadrage, qui donne à sa BD un ton sûr et prenant, Labiano, dont on avait aimé dès ses débuts Matador ou, avec Dufaux, Dixie Road, sans oublier l'inquiétant Mister George, affirme avec Black Op sa capacité à traiter tous les genres. Il a, en prime, des ambitions d'auteur complet dont le Sahara pourrait être l'inspiration. Quand il aura terminé le tome six de Black Op.
16:30 Publié dans Parutions BD | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
Commentaires
Bonjour, je viens de lire votre article sur Gérard Depralon, je voudrais savoir , svp, où peut on se procurer ses livres et si à votre connaissance il a fait des carnets sur Uzes.
merci de votre réponse. Cordialement
Ecrit par : BALDY | 13.05.2008
Voici l'adresse mail de Gérard Depralon [email protected]
il vous répondra avec plaisir
Ecrit par : jltruc | 13.05.2008



