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19.04.2008

Calamity Jane, libre et insoumise

 

C’est une vraie légende de l’Ouest, de cette conquête qui vers les trois quarts du XIXe siècle restera à jamais dans la mémoire universelle, verra une nation devenir adulte, les Etats-Unis, et sera mise en vedette par le cinéma, la littérature et la BD. Histoire d’hommes, à la John Wayne ou à la Eastwood , à la Blueberry ou à la Cartland , à la Jerry Spring mais aussi de femmes.

 

0de2032c5cf270daa6a27b9d5d2b6ab4.jpgMartha Jane Cannary était l’une d’entre-elles. Calamity Jane sera son surnom. On la connaît tous mais pas vraiment. En signant sa biographie sous la forme d’un premier album en noir et blanc qui retracent les années 1852 à 1869 Matthieu Blanchin au dessin et Christian Perrissin au scénario en dédicace dernièrement à Montpellier ont voulu aborder des thèmes autres et ne pas se limiter au seul portrait d’une femme d’exception, certes, mais qui contrairement à ce que l’on peut croire est un exemple parmi d’autres dans ce monde violent et sans pitié.

 

« C’est vrai que Morris dans un Lucky Luke en avait fait un personnage de garçon manqué mais en découvrant les lettres que Martha Jana avait écrit à sa fille c’est la femme qui transparaît, un caractère fort mais qui a du se battre pour pouvoir survivre que ce soit dans une nature impitoyable que dans une société faite avant tout pour les hommes ». Christian Perrissin a pris fait et cause pour Martha. « J’ai écrit le chemin de fer de sa vie sans être en fait toujours sûr de tous les épisodes qu’elle raconte en enjolivant souvent ».

 

Au dessin Blanchin a réussit à cadrer l’environnement évidemment réaliste du décor sans tomber dans le piège de l’excès. Son dessin que l’on avait aimé dans Le Val des Anes allie finesse, légèreté et humour. Il s’est totalement plongé dans cette aventure qui devrait en finale comporter trois albums. « Calamity est ma priorité. Je travaille comme si l’album devait être pré publié. J’ai tenté la couleur mais finalement c’est l’encre de chine et le lavis qui l’ont emporté. Je suis moins à l’aise avec la couleur. Et il nous aura fallu près de six ans pour concrétiser ce projet » enchaîne Blanchin.

 

De petits boulots en place de cantinière ou de blanchisseuse Martha Jane coupera ses cheveux, s’habillera en homme et Winchester à la main mènera en selle les convois vers l’Ouest ou sera guide dans la Cavalerie. Elle qui pourtant adorait par-dessus tout les belles robes restera à jamais une fille de l’Ouest amoureuse du célèbre pistolero Wild Bill Hickok qui sera, on le pense, le père de sa seule fille. Hickok sera abattu par derrière dans un saloon. Marthy Jane mourra à 52 ans.

 

Avec ce roman graphique de sa vie on se rapproche grâce à Blanchin et Perrissin d’une femme authentique, libre, insoumise. Avec émotion et tendresse. (Martha Jane Cannary, les années 1852-1869, Futuropolis, 22 €)