15.12.2006
Trondheim et Angoulême
A quelques semaines de l'édition 2007 d'un festival qui a fait plus ou moins d'Angoulême La Mecque de la BD, Lewis Trondheim s'est exprimé sans détours sur les limites d'un festival alors « qu'il y a encore un mois, on ne savait pas s'il aurait lieu. 2007 sera une année décisive ».
« Problème de budget, de lieu, car le festival contraint et forcé abandonne le centre-ville, une municipalité qui ne comprend pas qu'Angoulême n'est finalement reconnue que par la BD, la Région qui soutient du bout des lèvres une manifestation qui a lieu dans une ville de couleur politique différente, les éditeurs qui voulaient à tout prix être ensemble sous le même chapiteau et ne pas être répartis dans la ville » : Trondheim égrène les écueils qui ont failli faire couler définitivement le paquebot festival et qui pourraient bien le faire s'échouer sous les remparts de La Rochelle. Et d'ajouter : « les auteurs sont exclus des prises de décision. Ils sont pris en otage entre les financiers et les organisateurs. Ce n'est pas pour rien qu'un syndicat d'auteurs toutes tendances confondues va voir le jour ». Lewis Trondheim, grand prix 2006, est un président qui a toutefois totalement joué le jeu et a apporté ses idées. Côté exposition ou manifestations, il avoue « avoir privilégié le spectacle comme les 24 h de la BD pendant lesquelles des auteurs dessineront en public, ou la réalisation d'une planche en direct par des Davodeau, Sapin ou Sattouf. Il y aura aussi dans des endroits divers de la ville les 7 Merveilles de la BD, une autre vision de l'exposition, un match d'improvisations, un concert de BD ». Mine de rien, Lewis Trondheim a accroché. Comme il a aussi dans l'idée « qu'il n'y a pas de raison que la BD soit exclue de La Comédie du Livre de Montpellier, boiteuse sans elle. On va en discuter tous ensemble car la fascination pour le dessin est inaliénable, magique. On sait dessiner enfant avant d'écrire ».
Pour l'heure, Trondheim se prépare à la sortie chez Delcourt de son dernier ouvrage, une saga sur l'Ile Bourbon au XVIIIe siècle. Mais c'est une autre histoire.
Une sélection atypique
Au total, cinquante albums sont nominés cette année dont six pour le prix du patrimoine, rééditions de classiques introuvables. On sent la patte du président sur les choix qui donnent la part belle à une majorité d’éditeurs indépendants et à des albums peu connus auxquels un prix apporterait notoriété et impact. Cette sélection limite les albums grand public. Éternel dilemme d’Angoulême pour qui le succès est un défaut. On retrouve pourtant Loustal avec "Le Sang des Voyous" (Casterman), Loisel et Tripp avec "Magasin général" (Casterman), "Le Photographe" (Dupuis), l’excellent "Marquis d’Anaon" de Bonhomme et Vehlmann (Dargaud), le bouleversant "Pourquoi j’ai tué Pierre" d’Alfred et Ka (Delcourt) sur lequel on reviendra.
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