vendredi, 14 mars 2008
Ouverture : une noire vaut bien dix blanches
Y’a pas eu de miracle samedi : les eaux étaient aussi tristement basses qu’en ce jeudi de repérage. Aussi, il ne restait plus qu’à être parmi les premiers au « trou des Marseillais », au moins les truites y ont assez d’eau pour ne pas boucher le Dourdou.
Le président nous l’avait confirmé dans la semaine : là-haut, dans le sud Aveyron, ils persistent à gérer leurs cours d’eau en "gestion patrimoniale" ; le biotope est assez riche pour que la truite s’y reproduise et s’y développe naturellement. D’ailleurs, la maille y est à 23 cm depuis des années. Certes, ça a mis un coup de frein aux captures, les habitués n’y retrouvaient pas leur panier depuis qu’ils ont décidé de ne plus déverser de farios de pisciculture.
Les seuls "enrichissements" de la rivière, ce sont les truites des réserves régulièrement pêchées à l’électricité et relâchées un peu partout à l’aval du village. Mais plus rien en amont, dans les gorges. Du coup, la pression de pêche s’y est singulièrement relâchée et ces dernières années, la rivière s’est remise à pulluler de jolies truitelles.
« Les permis ? On fait un peu moins de complets, mais il y a un peu plus de cartes vacances, ça compense ».
Pour faire plaisir à ceux qui n’ont plus l’âge ou la sanquette pour aller crapahuter dans les gorges, la société lâche quand même quelques arc-en-ciel à l’aval du village. « Entre le pont de Viales et Cusse, sur ce parcours, de toute façon, comme la température y est élevée en été, la truite de souche est en régression. Et ça ne perturbe pas le reste de la rivière »
Le "trou des Marseillais" y est en plein, dans ce parcours. Un petit rapide et derrière une longue coulée, bien large, suivie par un grand radier. De quoi "pêcher" à 4 ou 5 sans se gêner.
Après un peu plus d’une heure de route, avec le brouillard et la pluie qui ont succédé aux reliquats de neige du début de semaine, il est 5h du matin et déjà deux voitures de garées. On s’apprête à repartir mais Didier veut quand même discuter le bout de gras. Sous son béret, ce patriarche toulousain, cheveux et barbe de neige, est plus vrai que nature. « Vous inquiétez pas, je suis tout seul, con. Le fils et ses amis sont descendus un peu plus bas. Son coin, c’est son coin, millediou ».
On descend prendre les places. Didier et le Papé restent côte à côte sur la plagette. Je monte un peu plus haut. Une année, elles sont en bout de courant, une autre en plein dedans.
On était venus ici même jeudi, pour voir la rivière. Même en fin de matinée, on s’était gelés avec le GéGé. Froid et vent. Du coup, il n’est même pas monté avec nous ce samedi. Il nous rejoindra tout à l’heure. Il a eu tort : ce matin, il fait relativement bon et le vent se fait moyennement sentir sans trop arrondir les bannières.
L’heure légale n’était pas vieille d’une minute que le Papet et sa canne à anneaux ouvraient le bal. Une arc-en-ciel de 23-25 cm reconnaissable, même dans la semi pénombre, au splash-splash caractéristique des "blanches".
Didier s’y met aussi, avec sa bonne vieille Kevline, une grande fil intérieur télé réglable de 6 mètres. Et les voilà à toi, à moi.
Et moi, que tchi dans le courant. Elles ne sont pas là !
Alors que les deux autres étaient bien dans le rythme, les voilà qu’ils relèvent, lignes accrochées. Trop pour être démêlées. « C’est moi, je m’excuse » dit le Papet au Didier. « Je vais couper ». Le Didier ne dit rien, peste bien intérieurement, mais attend patiemment. Patience mal récompensée. Il voit le Papet qui reprend sa canne et se remet à pêcher… Et le Didier réalise que le vieux lui a coupé sa ligne. Au ras du scion. Et bien sûr, le fil s’est dépêché de rentrer à l’intérieur. Vous avez déjà tiré un 12 centièmes en fil intérieur au petit matin d’un jour d’ouverture. Uand les doigts sont gourds, que les truites ont commencé à mordre ? Et que celui qui vous a fait ça vous les pêche sous le nez ?
« Hé, mais vous avez coupé mon fil ! s’exclame le Didier.
- J’ai bien vu, macarel, je me suis trompé, excusez-moi, c’est pas de chance, cong.
- Ca, c’est sûr » bougonnait l’autre.
Ah ! une touche enfin. Hé, mais ça tire ! C’est qu’on perd la main d’une année sur l’autre. Mais enfin, elle va pas me prendre le courant quand même. Côté sensations, je suis verni, j’ai pris la 3.90, une Garbo fil intérieur, un vrai roseau poids plume avec son petit Ritma. Bon, on va pas la monter en force, laissons la s’épuiser gentiment.
Didier la voit donner ses coups de tête, chercher le fond, le large. Moi, je m’imagine la sienne et je l’entends ramoustéguer après l’autre, qui continue son festival comme si de rien n’était. Alors que lui se bat toujours avec ce p…n de fil intérieur qui ne veut pas passer.
Enfin, elle vient, je l’amène à la plagette, aux pieds du Didier. Une fario, une belle mouchetée. Trente-cinq bon poids.
Le temps de la décrocher et je file à la voiture pour ramener au Didier ma doublure, la même fil intérieur que la sienne, mais en 4 brins au lieu de 3. Plus lourde donc. Mais Didier n’a pas fait la fine bouche. Je le connais, on est passé à deux doigts qu’il nous plante tous là… Déjà que s’il croise plus de deux gars sur son parcours, rageur, il plie les gaules…
Le jour est bien levé. Les arc-en-ciel sont maintenant en queue de pool et ondulent doucement en fin de courant à moins de 10 m du bord. Pas farouches. Didier se paie le luxe d’en pêcher une à vue. Toc-toc !
Comme un fait exprès ( ?) le GéGé arrive pile à l’heure du casse-croûte. Voyant que ça a mordu, il délaisse sauciflard et côtes-du-rhône pour balancer vite un ver. Peine perdue, ça ne mord plus, l’heure est passée pour le toc. Pas pour le "ferrailleur", sur sa gauche, qui lui en a sorti un sous le nez ; ni pour le "vaironneux", à sa droite, qui est allé lui en chercher une presque sous le scion.
GéGé aura quand même pris sa revanche, l’après-midi, en sortant une jolie fario en amont du village. Quant à moi, je resterai avec ma belle prise et une arc-en-ciel en complément.
Une ouverture sympathique dont on gardera le souvenir des retrouvailles à midi, au petit pont, avec quelques anciens autour de quelques verres de muscadet. Hélas, la traditionnelle halte au café de saint-Gervais, tenu par un jeune et émérite pêcheur, restera aussi dans nos souvenirs comme celle qui aura écarté pour trois semaines Didier de sa rivière. Après des décennies de crapahutage dans les rochers, de traversées sur des cailloux glissants sans une égratignure, se faire une entorse en descendant d’un tabouret au retour de la pêche, c’est d’un rageant…
Et le soir, malgré tout, comme d’hab’, tout se termine par une grande tablée à laquelle les truites étaient conviées. Tout comme les magrets, à la plancha. Dehors, à 10 h du soir, il ne faisait pas finalement plus frais que le matin... Et avec un petit blanc en main…
19:35 Publié dans Chasse/Pêche | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Pêche, truite, Aveyron, Dourdou, toc
vendredi, 07 mars 2008
Repérage avant l'ouverture à la truite
Jeudi 6 mars 2008
6 mars 2008 : l'état des rivières à deux jours de l'ouverture de la truite dans les Hauts Cantons héraultais et le sud Aveyron.
Hélas, les eaux sont basses, on se croirait déjà en avril-mai. Et il faisait jeudi un froid de canard avec un vent a décorner les bœufs.
14:01 Publié dans Chasse/Pêche | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : Truite, peche, Orb, Brusque, Aveyron

