10.02.2008

LE LOFT

Un immense loft de 1000 m2 pour moi toute seule. C’est étrange, mais pas désagréable. Je ne vois même pas l’heure à la pendule de la cuisine quand je suis assise sur mon canapé. Même si je perds la vue, je vous assure que ça fait loin. Je respire bien. Je peux fumer sans m’oppresser. Je ne sais pas où va la fumée mais elle s’échappe. Elle a de la place ici. Elle s’étire à l’infini, enfin dans 2500 m3 d’air. Elle n’est plus rien. Elle disparaît, ou presque. Alors, je fume sans m’arrêter. Des paquets et des paquets. Pour essayer de remplir l’espace. Je ne fais que ça. Fumer et me déplacer avec les nuages qui sortent de ma bouche, de mes narines. Je danse avec eux car nous avons une salle de spectacle rien qu’à nous. Ils sont mes partenaires au milieu de tout ce vide. Je me délecte de nos moments passés ensemble à se ruer l’un dans l’autre. La musique à fond, je tourbillonne, les yeux fermés. Ils m’enveloppent et je me laisse tomber sur le parquet à bout de souffle. Je peux rester au sol, comme ça, pendant des heures, à regarder les volutes de fumée se déformer, à y voir des visages, se déformer à leur tour, sans fin, sans fin. (La solitude n’existe plus.)
Dans cet appartement irraisonnablement grand, nous avons aussi une piscine intérieure. Mes cigarettes et moi y sommes très souvent en flottaison. Quel bonheur de fumer dans l’eau. On ne s’imagine pas la liberté que cela puisse procurer. Fumer dans l’eau en faisant la planche. C’est la dernière porte ouverte vers la sérénité.
À force de fumer, nous gagnons du terrain sur l’air respirable et je trouve que l’appartement devient plus chaleureux. Alors quand je sors pour aller au tabac du village acheter d’autres amis, je n’oublie pas de refermer rapidement derrière moi pour qu’aucune fuite ne soit possible. C’est vrai, je les tiens prisonniers mes nuages. Après tout, c’est moi qui les aie fait naître de mes poumons. J’ai bien le droit d’en profiter un peu.
Avant de retourner les voir, je passe par le parc où se trouve un terrain de tennis. Je pense à ces parties mémorables où mon père me faisait courir, courir et où je m’arrachais la gorge. Je ne peux plus maintenant.
Je ne sais pas combien de temps il me reste, mais plus très longtemps, je crois. On m’a dit deux mois. Deux mois environ. J’ai acheté ce loft et je m’y suis installée depuis quinze jours. Je n’ai pas trop toussé. Je ne sais pas quand est-ce qu’elle va arriver. J’espère qu’il y aura assez de fumée pour que je ne la voie pas me prendre.

24.01.2008

TOUT LUI RENDRE

Ça n’a pas tenu longtemps avec lui. Pas tenu le coup. Un mauvais coup. Un coup de poing. Dans le bide. Un express dans le ventre.
On s’est rué. L’un dans l’autre. On s’est tout bouffé. Tout vomi après. Trop bouffé. Trop vomi. Trop longtemps.
Le temps, il s’enfout des coups et des vomis. De mon ventre en général, il s’enfout. Le temps passe, mate ce qui se passe, et se tire. À fond la caisse, il se tire. Comme un express. Un coup de poing dans le bide.
La baise, elle, elle s’endort. Elle te donne à bouffer et elle s’endort. « C’est pas ma faute si tu vomis », elle dit, avant de s’endormir. Alors ça me donne encore plus envie de vomir. Vomir du foutre. Celui du mauvais coup dans le bide. Tout vomir, tout lui rendre à la baise et merci au revoir.

13.01.2008

UNE VACHE

Quand j’ai envie, j’ai envie. Mais vraiment envie. Envie-envie. Une envie perturbante qui ne me quitte pas si je ne fais pas la chose. Je ne peux rien faire d’autre que de penser à faire la chose. Je suis une vache. Une vache qui brille. Une vache étincelante. Je sens l’air entrer dans mes narines. Sauvage. Je sens que la chose va être belle parce que c’est une envie-envie et que je ne peux plus rien faire d’autre que de faire la chose.

10.12.2007

IL N'Y AVAIT RIEN A DIRE

Il n’y avait rien à dire, il m’empoignait merveilleusement. Hagarde ou égarée, je laissais toujours échapper un rire de contentement, à un moment donné. Sa tige était une œuvre d’art et mieux encore, même sale, elle sentait bon. Les épices ou quelque chose comme ça. Une odeur soutenue en tout cas, qu’il me plaisait de humer en toute occasion. Pour me hérisser les poils, irriguer mon anus, lisser mon animal. Je n’étais pas à la hauteur de sa classe sexuelle toute en technique apprivoisée, mais ma chaleur équatoriale semblait plaire au professionnel. J’écartais sans détour le moindre de mes orifices (et quand je dis « écartais », je pèse mes mots), lui proposant toujours un embarras du choix avec lequel il jonglait sans faille. Il me plaisait, il n’y avait rien à dire. Le moment venu pour lui d’expulser, j’aimais voir son sourire ironique, qui le plaçait loin du partage et le rendait si beau. Sa supériorité écrasait ma colère. Je recevais le foutre comme une récompense que je m’appliquais à répandre sur chaque parcelle de ma peau. Mais je ne disais rien, il n’y avait rien à dire.

09.12.2007

MA FLEUR

J'ai ecrit ce texte dans le but de le slamer pour un collectif qui s'appelle Attentat Floral ( voir leur page sur myspace ). Ils sont dans "Sauvons la planète" et m'ont demandé un texte revendicatif, ce qui n'est pas dans mes habitudes d'écriture alors le voila ( le texte à slamer ).

MA FLEUR

Ma fleur s’étale, elle veut se montrer à tous. Elle me fait honte mais je la laisse faire, sinon elle se met en colère, car pour ma fleur, afficher la couleur, mettre les mains dedans, s’en foutre de partout, c’est le bonheur. Elle le crie, elle le hurle. Sortez vos fleurs ! Plaquez les contre les murs, elles ne demandent que ça. Être là, désirées, au grand jour. Sur les parkings, dans le metro, ou dans les champs, les terrains vagues, les zones improbables. Sortez vos fleurs ! Qu’elles respirent et diffusent leur parfum de gloire, se fendent d’un sourire à la vue des regards et déversent leurs sucs sur les visages éteints. Sortez vos fleurs ! N’ayez crainte, ils attendent. Au fond de leur cerveau, les graines se répandent pour que jaillisse l’envie. Les fleurs sauveront tous les hommes. La tête la première, les narines ouvertes, ils sauront être à la hauteur.
Elle a raison, ma fleur. Elle est belle. Elle sent bon.

27.11.2007

OBEIR

Ça me lance. Ça me lance comme une plaie. Je sens ma vulve s’imbiber, se noyer dans son mouillis. Je croise les jambes et mes yeux se révulsent. La dictature du corps. C’est bien elle qui me lance. Obéir. Une douleur certaine embrasse mon cerveau, obéir, le prend en otage et l’inonde d’images obscènes. Ça y est. Je suis complice. Obéir. Je souris, comme chaque fois. Je prends place. Obéir. Un superbe diaporama défile alors sous mes paupières, ce qui m’oblige à frotter ma culotte suppliant que cela vienne vite car j’ai peu de temps aujourd’hui.

LE SPECTACLE

Ils sont venus à deux. C’était la première fois. La première fois pour moi que je m’offrais à deux. J’en ai révé souvent, ne pensant pas le faire. Pas pour l’instant. Je pensais que je serais mal à l’aise, que je regretterais. Je n’ai rien eu à faire. Ils étaient généreux, devaient bien se connaître. J’ai pu les observer, les confondre, et puis fermer les yeux. Tant de pieds, tant de mains, tous ces doigts emmêlés ! Mais le plus surprenant fut le son de leurs voix. À deux, c’est un dialogue. À trois, c’est un spectacle.

15.11.2007

SINON

Nous n’avions pas envie. Nos mains cherchaient nos sexes vaguement. L’amour débordait. Il endormait nos sens. Mais le corps résiste à l’accoutumance et réclame malgré lui. Un processus à déclencher et il devient le maître. À force de caresses, ma vulve s’est dépliée, défroissée plutôt. Elle a pris conscience d’elle-même et s’est mise à hurler. Elle me fait honte parfois à faire sa demandeuse. Elle transpire vite et se joue de moi. Je n’ai plus qu’à me raccorder à ses bénignes volontés. M’assurer qu’elle sera bien lapée puis prendre dans mon ventre ce membre qu’elle appelle, qu’elle supplie de frotter mes parois intérieures. Être d’accord aussi. Sinon, c’est raté. Sinon elle m’en voudra. Sinon je serais de mauvaise humeur.

13.11.2007

LA DERNIÈRE FOIS

J’ai trop peur de la mort pour ne faire l’amour qu’une seule fois par semaine. Et si la dernière fois, c’était la dernière fois de ma vie ? Quand j’y pense, j’ai envie de le faire tout de suite. Vite ! Vite ! Avant qu’il ne soit trop tard. Et de le refaire. En m’appliquant. De le faire « le mieux possible ». Il faut que ce soit beau et grand une dernière fois, comme un bouquet final de feu d’artifice. Un émerveillement. Qui dure. Avec l’odeur qui reste sous les ongles même si on se lave les mains. Qu’il y est une résonance jusqu’à la prochaine fois pour rester en permanence dans une humeur érotique. Plus j’y pense et plus je me dis qu’il y aura une dernière fois. Peut-être en serais-je consciente. Peut-être pas. Il faudrait toujours se dire que c’est la dernière fois. C’est vrai, un jour, ce sera la dernière fois. Je me demande jusqu’à quel âge fait-on l’amour. 70, 80, 90 ? Jusqu’à la fin ? Il faut absolument que je me renseigne. Il doit y avoir des études faites à ce sujet. Mais, tout de même, je suis persuadée que je l’ai déjà plus fait que je ne le ferais encore. Au mieux, je suis pile au milieu. Et ça me fait peur. Très peur.

21.10.2007

LES MOTS

Nous avions huit et dix ans. Tu me disais souvent « Vien, je vais t’enculer ! ». Tu ne connaissais pas le sens de ce mot, mais il te semblait bien que ton zizi, lui, en avait une certaine idée ( puisqu’il était tout dur quand tu le disais ). Tu ne m’as jamais enculé. Tu ignorais totalement comment il fallait s’y prendre, ou était l’entrée et quel intérêt il y avait à le faire. C’était de dire « Je vais t’enculer » qui te plaisait. Cela te conduisait inévitablement à mouiller ton pantalon et à découvrir que les mots, parfois, suffisent.
Je vais t’enculer.
Je vais t’enculer.
Je vais t’enculer…

18.10.2007

C'EST REPARTI !!!!

AUTOPSIE

J’ai des petits bourrelets en haut des cuisses, nichés dans l’aine, un petit peu plus flasques que le reste de la jambe, qui se balancent quand je marche et se collent lorsque je mouille de trop.
J’ai un sein mieux développé que l’autre en matière de réaction au plaisir. Il suffit d’effleurer l’un quand l’autre nécessite un titillement plus intensif, voire une succion.
J’ai des lèvres foncées, plutôt marrons que roses, ce qui me gênait beaucoup plus jeune et je trouve d’ailleurs qu’elles continuent à s’assombrir avec l’age.
J’ai un anus capricieux qui aime la salive en abondance et ne me donne pas toujours satisfaction. Sa connection cérébrale est très hasardeuse. Je m’en plains souvent.
Voici quelques détails. Je fonctionne comme toutes les femmes. Avec beaucoup d’amour, on obtient tout de moi.

20.09.2007

Avec La Bouche !

Je vous fais Les Gens avec La Bouche !les_gens_MP3.mp3

18.09.2007

Une pause.

Je n'écris plus sur mon sujet favori. Il va falloir changer le titre du blog si je veux poursuivre l'aventure. Je vous fais part de mes nouvelles écritures...

LES GENS

Il était une fois les gens. Ça ne se voit pas les gens. C’est là. Genre humain. Espèce unique. Les gens disent bonjour quand ils se lèvent et bonne nuit quand ils se couchent. Entre les deux, ils passent leur temps à faire toutes sortes de choses. Mais ça ne se voit pas les gens. C’est là. Tellement présent qu’on ne les voit pas. Ils prennent toute la place. Tout autour de moi et dedans (aussi). Dedans moi, je les entends. Ils s’expriment forcément, n’arrêtent pas de me parler, me bousculent, m’empêchent d’aller. Je slalome entre des piquets de gens. Tchi Tchi. Tchi. Tchi. Bonne neige. Je dévale. Piquet de gens. Bonjour. Je me recentre. Je repars. Tchi Tchi. Tchi. Tchi. Bonne neige. Je dévale. Piquet de gens. Bonne nuit. Et je souffle. Et j’en pleure des gens car ils ont des certitudes et je suis si influençable. Un cours d’eau ne le serait pas plus…Rien ne m’oblige à. Qui sait vraiment ? Les gens m’obligent avec leurs certitudes et toutes ces choses qu’ils font entre bonjour et bonne nuit. Ils me poussent. Alors j’avance, en slalommant. Tchi Tchi. Tchi. Tchi. Tanpis si j’oublie mon sac, si j’oublie de mettre une culotte, si j’oublie ma mère à la gare. C’est toujours trop tard. Revenir en arrière. Toujours trop tard. Après je mets des gants, pour me protéger. Mais les gens sont aussi dans mes gants. Mes gants dégoûtants. Avec mes gants dégoûtants, je ne fais pas les choses proprement, purement, clairement. C’est sale d’eux. Alors je jette les gants, mais je secrète les gens. Constamment. J’en fais des foules. Des publics hystériques. Qui m’aiment et me détestent, me scrutent et me crochepattent. Tchi Tchi. Tchi. Tchi. Je slalome tout le temps. Je ne m’en sors pas bien avec les gens. Même avec ma mère (qui est à la gare et qui m’attend).

17.08.2007

En transit

Il me prend. Il m’active. Dans ma cage, captive, j’ignore tout encore. Je questionne, mais il n’en est pas là. L’heure est au bouillonnement, mare aux contemplations où flottent nos souillures. Mon ventre le réclame, je ne peux le faire taire. Je me propose, je quémande. Je ne tiens plus en place. Un bâton, une audace, tout peut me satisfaire. Qu’il me prive me torture et je crie mon désir. Enfonce tout de toi et calme ma débâcle. Si je perds connaissance, tu en seras coupable. Et je perds connaissance quand il entre et dévaste, puisque rien n’a plus d’importance à présent.

18.07.2007

JE VOUDRAIS

Je voudrais que tu me limes
Que tu me limes
Que tu me limes
Que tu m’abîmes
Que tu m’élimines.

16.07.2007

MON PARFUM

J’ai trouvé mon parfum. C’est celui de ma vulve. Comment n’y ai-je pas pensé plus tôt ? Il me correspond si bien.
Chaque matin, avant de sortir, j’humecte un de mes doigts en effleurant mes lèvres et, comme les bourgeoises, je dépose, derrière chacune de mes oreilles, quelques gouttes de mes sucs.
L’effet est saisissant. Toute bise amicale soulève le soupçon, la honte ou bien l’envie. Personne n’ose, tout le monde imagine. J’attise, complice de moi-même, les ventres en manque et les esprits capitonnés.
Ma langue essuyant mes commissures suffira pour conclure.

04.05.2007

L'ORAGE

J’ai pris l’orage.
J’ai pris l’orage comme amant.
L’orage grondait dans mon cou et léchait mon visage.
L’orage bavait sur mon corps et j’acquiesçais.
Les fesses tendues vers le ciel, j’implorais l’orage.
Qu’il m’attrape et me gronde encore.
Les gouttes d’eau de l’orage frappaient ma vulve, c’était délicieux.
Mes seins durcissaient sous les rafales du souffle de l’orage.
L’orage m’éclairait sans cesse pour me voir onduler.
Alors je pris la tige d’une fleur, m’en servie d’instrument et sur ma terrasse inondée, j’ai joué et joui tout en grelottant sous l’orage.

24.04.2007

Il ne fallait plus attendre.

J’ai répondu présente à ses yeux carnassiers. Ses commissures, qu’il avait charnues, vibraient d’inquiétude. Son haleine m’envoûtait. La peur de ne pas maîtriser une voracité évidente nous rapprochait déjà. Il cachait mal son diable, je tenais le mien par la main persuadée de mon appétit. Le combat promettait d’être égal, le profit partagé. Quelques perles de salive glissèrent sur mon menton. La rage. Une rage souhaitable. Il ne fallait plus attendre.

18.04.2007

Quand tout me glace.

J’ai trop rêvé de toi, de ton sexe majordome.
La nuit quand tout me glace, j’appelle au réconfort
Des images salasses qui me ramènent à nous
Quand on se baise fort et que nos corps se plaignent.
La nuit quand tout me glace, je cherche les dernières traces
Répandues sur les draps et je renifle en vain
Chaque auréole de foutre qui ne ressuscite pas.

16.04.2007

Un jour, en jouissant

Un jour, en jouissant, j’étais si en colère (je ne dirais pas pourquoi), j’ai frappé ma tête contre le mur jusqu’à ce qu’elle saigne. Je n’ai pas aimé cette fois. Lui a fuit et il a eu raison.

15.04.2007

Un jour, en jouissant

Un jour, en jouissant j’ai entendu un air de piano venant de l’extérieur. J’ai chanté à tue tête au lieu de crier comme à mon habitude. J’ai juste pensé que cette musique était entrée dans mes fesses et ressortie par ma bouche empruntant le tunnel du plaisir.

14.04.2007

Un jour, en jouissant

Un jour, en jouissant, je me suis regardée ou plutôt aperçue. Ce n’était pas moi. Le visage en souffrance, je ne me suis pas trouvée belle, à peine abandonnée, je dirais presque austère. Chacun a son visage de chair.

13.04.2007

un jour, en jouissant

Un jour, en jouissant, j’ai prié Dieu. Moi qui ne crois en rien, j’y ai cru un instant. Je lui ai demandé d’étirer le moment. Puis Jésus apparut, bien évidemment nu et j’ai joui encore.

12.04.2007

Un jour, en jouissant

Un jour, en jouissant, j’ai appelé ma mère. Une vraie régression. Elle n’a pas répondu. Je ne sais pas pourquoi des larmes sont venues et le plaisir aussi.

11.04.2007

Un jour, en jouissant

Un jour, en jouissant, j'ai perdu connaissance. J'ai mis quelques minutes avant de revenir à nous. Mon amant était fier, ma vulve abasourdie et mes paupières lourdes.

11.03.2007

LE CHAGRIN

On s’est plaint, ce matin, à l’entrée de mon antre. Des larmes ruisselaient tout au long de mes jambes. Une flaque s’est formée à mes pieds, a envahi la chambre, inondé l’escalier, puis très indépendante, est allé se perdre et se répandre dans la ville. J’ai déversé ainsi pendant des heures. Il fallait bien me décider à calmer cette peine. Je me suis enfoncé un modèle très sophistiqué de Dieu à douze vitesses et en quelques minutes, la fontaine était sèche, le chagrin consolé.

j'AI DIT OUI

J’ai dis oui. J’ai dit non. J’ai pris son donjon dans mon ventre. J’ai mis sa colère en boule pour la faire rouler dans ma fente. J’ai menti pour avoir ma dose. J’ai été dépendante. J’ai lustré pendant des heures pour que sa grue étincelle. J’ai donné chaque cm2 de mon épiderme jusque dessous mes ongles. J’ai bu, j’ai mangé tout ce que son corps fabriquait. J’ai volé, j’ai mendié ses mains sur moi. J’ai été chienne. J’ai hurlé. J’ai fait des listes de mes désirs. Des listes interminables pour finir en lambeaux de chair.

08.03.2007

une page myspace

Oui, je fais des infidélités. Des infidélités à midiblogs car j'entretiens bien plus ma page sur myspace que ce blog ci en ce moment. J'ai mis mes textes en musique, si cela vous tente d'y faire un tour voici le lien :
http://www.myspace.com/slamerotique
A bientot ici ou là...

06.03.2007

NATYOT AU PRINTEMPS DES POETES

08.12.2006

La GICLéE

La giclée m’obsède. D’une certaine manière, c’est un instant défini que je prends pour but, je l’étire, je m’enroule dedans et me retrouve prisonnière, capturée par la ritournelle, ficelée, prête à étouffer. La giclée m’obsède. La mémoire toujours active d’un bout de chair vomissant sa vertu en une seconde, ou deux, ou trois, ou quatre, ou cinq. J’aurais voulu être un homme. Pour ça. Pour sentir le parcours de la sève. Comme quand on pleure et qu’on le sent venir. La giclée m’obsède. Sans raison. Je perds mon temps dans cette obsession. Il y a peut-être une raison, mais je ne la connais pas. La vie promise, offerte, jaillissante. Le don des glands franc et glorieux. Si intime et si universel. La giclée m’obsède....

26.11.2006

CONDUIRE UN AMANT

Conduire un amant. Conduire son amant. Conduire l’amant en faisant des détours. Sans détour. Conduire toute la nuit. L’emmener ou il ne veut pas. Conduire sans un doute. Ne pas lâcher le volant. Conduire à perdre haleine. Conduire pour être la reine. Tenir les rennes. Le volant. Éviter l ‘accident. Éviter les flaques. Conduire son amant. Conduire d’une main. Conduire des deux mains. Conduire avec audace. Ne pas fermer les yeux. Surtout pas. Conduire en parlant. Sans parler. Supporter le silence. Et le reste. Accélérer. Freiner. Accélérer. Freiner. Conduire son amant. Faire plusieurs fois le tour. Demi-tour. Foncer dans le vide. Se griser. Allumer la lumière. Y voir plus clair. Parfaitement clair. Conduire paisiblement. Chercher sa route. Se perdre. Trouver une issu. Un tunnel. Une issu. Conduire en descente. Lacher le volant. Lui donner. Le reprendre. Dépasser les limites. Ou sont les limites quand on conduit son amant ? Froler l’imprudence. Rencontrer la pudeur. Partir dans le décor. Sans dommage. S’arrêter cinq minutes pour se dégourdir les jambes. Prendre l’air. Se désaltérer. Reprendre la route. Reprendre le volant. Reprendre son amant. conduire plus calmement. Sagement. Conduire à bon port. Se garer. Couper le moteur et se dire qu’on est arrivé.

lecture jeudi dernier

Mes bloggeurs,
Je ne vous ai rien donné à manger depuis un petit moment mais ce n'est pas une péride faste pour l'inspiration et je me suis concentrée sur quelques lectures dont je vous livre certains photos signées Gerard Preget. Je trouve celle " des males" aux regards lubriques terrifiante, mais ils ont l'air de se régaler et c'est le but du jeu alors je ne vais pas me plaindre....div>

21.10.2006

JE REVE D'UN JARDIN

Je rêve d’un jardin de verges, toutes plus belles les unes que les autres, ou je cultiverais avec délicatesse ces fleurs odorantes et célestes. Je rêve de m’y allongée nue, tel un fakir sur du verre, le visage caressé par la chair et le corps frôlant l’overdose. Il y en aurait partout, dans mon cou, dans mes cheveux, certaines auraient trouvé leur place au creux de mes aisselles ou sous la plante de mes pieds, d’autres, les plus chanceuses, seraient blotties entre mes seins, entre mes cuisses, aux commissures de mes lèvres tremblantes de satisfaction. Je pourrais toutes les essayer, leur donner des petits noms selon leur forme, selon leur effet. J’aurais mes préférées vers lesquelles indéniablement je retournerais, sans pour autant délaisser les autres que je satisferais de manière peut-être un peu moins passionnée, mais tout de même. Parfois je m’y laisserais choir, transpercer par surprise, j’essaierais de battre des records à m’en écoeurer (combien au maximum, combien dans un seul trou). Je serais égoïste, possessive, jamais je ne partagerais. Propriété privée. Ce serait merveilleux. Je les aimerais toutes et je le leur dirais. Mon jardin merveilleux. Mon jardin merveilleux.

19.10.2006

J'AIME

J’aime quand il se caresse devant moi à grands coups de poignet. C’est une offrande qu’il me fait. Son sexe semble dire « Tu es belle ! ». Et mon pubis, d’admiration, perle à outrance. Il crache les battements de mon cœur, laisse fleurir mes lèvres prune, alors s’échappe cette forte odeur de l’envie. Je me retiens d’être à genoux. La soumission m’obsède. Je rejoins mon amant à la guerre, glissant ma main dans ma complice. Nos yeux s’occupent du reste.

10.10.2006

JE LAISSE DES TRACES

Je laisse des traces. C’est inévitable. Il y en a partout. Comme une signature involontaire. Une faute de goût suprême. Une entrave à ma dignité. Comme si un long fil sortait de ma chatte et que, ou que j’aille on puisse me retrouver.

DEBOUT

Lorsqu’il passe de mon iris à mon crocus par des lapées séquentielles, je peux affirmer que ma prairie généreuse irradie l’épiderme alentour jusqu’à me couper les jambes. Pour cette raison, j’ai du mal à me faire lécher debout car je finis toujours par m’écrouler.

J'AIMAIS BIEN LE MATIN ( avec lui )

J’aimais bien le matin, encore à moitié dans ma nuit, m’accouder à la fenêtre de la chambre et sourire aux passants. Ce réveil chaleureux se couplait de l’arrivée de mon amant à quatre patte glissant sa tête entre mes jambes à l’abri des regards. Mes sourires s’amplifiaient et mes seins juste couverts se gonflaient à vue.
Tout changeait. Ma respiration. Mon rythme cardiaque. Mon œil se teintait de lubricité. Ma bouche s’ouvrait tout autant que mes cuisses et je déversais mes sucs sur le visage de mon amant. Il se sentait chanceux que je fusse véhémente et récompensait ma fente par l’introduction de toutes sortes d’objets humains ou bien humanisé.
Les passants me saluaient comme à leur habitude. Certains me voyaient m’effondrer.

IL Y A

Dans ma chatte, il y a tous les sourires du monde. Jaune, rouge, idiot, béat, magnifique, blême, radieux, moqueur, vorace, maléfique et ce sourire en coin avec tant d’ironie.
Dans ma chatte, il y a aussi des caprices et de la mauvaise foi, de l’herbe en toutes saisons, des rivières joyeuses et des fleurs odorantes, des somnifères, l’ombre d’un doute, la soumission, l’abandon, un chat noir qui ronronne, toi par exemple et les autres aussi.
Dans ma chatte, il y a la peur du vide et l’obsession parfois, du velours, du satin, le piège et l’impatience, un chanteur d’opéra, de l’art contemporain, les larmes de ma mère, des nuits blanches cramées en une seconde, la fièvre et la douleur, des repères, tous mes repères.
Dans ma chatte, il n’y a plus l’innocence. Il y a juste moi, lucide, toi, parfois et de l’amour jusqu’à ma mort.

05.10.2006

LA NUIT

Le décor paraissait adéquat
Un train au loin, nous rendait si furtifs
Je me couchais sans talent sur tes pointillés
Tu descendais la braguette de ton pantalon
Pale lueur de nos chairs en demande
Imbibées d’une abstraite voracité
Nous n’avions pas hésité une seconde
A nous vautrer dans nos absences
Toute salive dehors
Tu parlais à mes fesses
Et la nuit déversait sa rage
Sur nos corps bientôt accomplis

16.09.2006

UNE PHOTO DE VITRY

J'ai l'air dedans !!!!medium_DSC00208.JPG

08.09.2006

L'ÉPHÉMÈRE

J’acquiesce à ce sourire farceur.
Mes joues rougissent et je ne voulais pas.
Il sait maintenant que je suis d’accord.
Qu’il pourra faire courir ses doigts.
Les sentir et il me sentira.
Propice.
On entre dans l’immédiat sanguinaire.
On se réjouit du trépas.
L’éphémère,
Tout vient de là.

SUR LE TAPIS

Nous avions atterri sur le tapis du salon. Mon visage aplati sur la laine synthétique s’échauffait. Alors que mon amant enfilait ma corolle tantôt avec son doigt, tantôt avec sa queue, j’observais les miettes du repas de midi, les poussières innombrables parsemées dans les fibres de ce tapis si accueillant. Il y avait aussi des cendres, de la confiture séchée, des taches sans visage et des gouttes de sueur fraîche qui dégoulinaient de nos corps. J’étais bien plus concentrée sur le décor que sur l’action et je succombais au délice de l’introspection. J’étais une fourmi, rien de plus. Minuscule, avec un monstre dans le dos. Mais je ne me retournais pas.

04.09.2006

Il est 4 heure

Il est 4 heure et je m’étends
Prise d’un désir abyssal
J’écarte, je te laisse faire
Tout est normal
Lorsque ton pouce m’oblitère
Je couine précipitamment
En pensant au conducteur de tramway
Qui me regardait tout à l’heure
Le vice a la couleur des draps
Et nos odeurs se reconnaissent
Mes cuisses capricieuses suintent
L’anatomie est un mystère
Je serais bientôt une épave
Mon clitoris est sur l’échafaud
J’ai déjà les mains dans le dos
Et ton glaive qui me lacère

La nuit est douce et je m’effondre.

17.06.2006

LA SATISFACTION

Je sirotais, tranquille, son pénis en saillie
Je tétais sereinement sa queue
A l’écoute de ses rales, je tenais la cadence
Ma tendresse déployait ses ailes.
Mon doigt allait venait dans l’orifice merdeux
Quelques mots m’echappaient :
L’admiration charnelle
Je ne voulais rien d’autre
Que sucer et me perdre
Dans les odeurs primaires et la satisfaction.

16.06.2006

AU MILIEU

Je vois au coin des rues des agonies futiles
Des regards d’hommes heureux d’être célibataire
Qui reniflent à la moindre occasion
Le sang et la chaleur des vulves solitaires.
Je vois aux alentours des déhanchements fiers
D’avoir pris un orgasme en fin d’après-midi
Dans leurs yeux dégouline l’impudeur de l’acquis
On dirait qu’ils bandent encore.
Je vois qu’il n’y a rien, au milieu, dans l’allée
L’appel du vide aidant, je me garde d’aimer.

15.06.2006

HUMEURS D'ATTENTE

Je rumine. Je ne sais quoi.
Mes globules font l’amour sans me prévenir.
Je sens bien que çà copule dans mes veines.
Sans hésiter. A longueur de journée.
Et moi ? Je fais quoi ?
Ma fente se lamente.
Qu’il fait chaud !
Pas de pluie depuis plusieurs jours.
On a soif.
Ou sont les arrosoirs ?
Je veux raviver le teint de ma prune
Evanouie
Ensevelie
Recroquevillée dans les dunes
Salir un peu la couverture
Reveiller ces connards de voisins
Me faire rosir les joues
Et mourir à genoux
Je ne demande rien.

08.06.2006

LE CHAOS

La lumière s’était refermée sur nous
Ça sentait l’envie de se cramer
L’audace incessante
Des mains, des pieds, des cheveux collés
Comme une abrupte solution
Viens par là, mangeons nous
Et le reste !
Nos membres agglutinés s’affairaient dans l’ivresse
Nos muqueuses incontrôlables prenaient l’apparence humaine et volontaire du chaos
L’inévitable pulsion (généreuse)
Que ferais je de mieux demain ?
Demain, je scintille.

31.05.2006

LA RETENUE

Je perds dans mes offrandes un peu de dignité
Je sais qu’il serait noble de retenir mon souffle
Me divulguer en somme avec parcimonie
Donner à mes entrées une forme labyrinthique
À cela je ne pourrais pas me résigner
Le goût de la décence est absent de mes actes
Les salissures scintillent, je me pâme dans un râle
Éclaboussant alors l’insipide retenue
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13.05.2006

LES MURS SONT EN PRÉFABRIQUÉ

On entend le bruit du dehors
Mais eux ne nous entendent pas
Nos cris de plaisir se dissipent
Dans cet air que nous respirons

Seuls nos voisins pourraient etre fiers
D’accéder à nos déraisons
Quand je te suce, tu exagères
Les murs sont en préfabriqué

Les immeubles vibrent sous nos cris
Et tout le monde fait semblant
Se dit bonjour dans le couloir
Baigné dans son odeur de baise.

08.05.2006

GLOU, GLOU

Je bois le cul. Glou, glou.
Ce n’est pas dangereux.
On y vient tous
À cette source.
Cela semble nous rendre heureux.
Glou, glou et reglou.
Je bois le cul à la fontaine salvatrice
Délectation animale de nos particules déshydratées
C’est presque la vie
Ou bien ça l’est vraiment
Boire pour vivre
Vivre dedans
Glou, glou
Mon ventre se remplit.