18 mai 2008
Quelques données sur les PME..
La Banque de France a publié une étude intéressante sur le financement des PME (bulletin de la Banque de France n°165, pages 31 à 48) qui montre :
* une réduction depuis 1996 de la part des PME indépendantes dans le total des PME (de 79 % à 51 %) au profit des PME membres de groupes ;
* que le Besoin en Fonds de Roulement (BFR) des PME indépendantes est beaucoup plus important que celui des grands groupes : 12 % au total du bilan contre 4 %. Ce niveau élevé est en partie dû à la longueur des délais de paiement : 67 jours en moyenne. Par exemple, pour une PME qui réalise 3 millions d’€ de chiffre d’affaires, 67 jours de délais de règlement induisent un besoin de financement de près de 668000 €…De quoi fragiliser rapidement la trésorerie en cas de retard de paiement ou d’aléas divers.
* que depuis 1996 la structure financière des PME s’est renforcée : la part des capitaux propres passant de 22 % à 26 % du total de bilan. Cette progression est particulièrement forte pour les PME indépendantes depuis 2001 grâce à une progression de la rentabilité financière, mesurée ici par le rapport capacité d’autofinancement / capitaux propres, qui passe de 8 % en 1995 à13 % en 2006. De la même façon, le ratio dettes bancaires financières sur capitaux propres est passé de 102 % en 1995 à 71 % en 2006 et la capacité d’endettement sur l’endettement bancaire et financier est passée de 28 à 38 %.
Ceci est un peu rassurant dans un contexte économique qui va vraisemblablement (encore) se dégrader, mais où les entreprises petites ou grandes n’ont jamais réalisé des marges et des rentabilités aussi élevées, le tout avec un niveau d’endettement faible…
Pour autant, le problème du pouvoir d’achat reste entier…
PP
09:50 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : PME, France
13 mai 2008
Petit tour d'horizon de l'économie US
Pour quiconque s’intéresse aux Etats-Unis et plus particulièrement à l’économie de ce pays, il est relativement aisé de trouver un grand nombre de données chiffrées. En effet, il existe deux organismes, le Bureau of Economic Analysis (BEA – www.bea.gov ) et le Congressional Budget Office (CBO – www.cbo.gov ), dont la vocation est de fournir chiffres et analyses sur la première économie du monde (pour quelque temps encore !). Les sites Internet sont vraiment faciles d’utilisation et permettent de télécharger les données voulues sous de multiples formats. L’Insee a encore des progrès à faire pour rivaliser !
(Pour télécharger les tableaux et graphiques de cette note, cliquez ici : 1, 2.)
Je me suis intéressé à l’évolution de l’emploi, des rémunérations et des profits dans diverses branches d’activités entre 1998 et 2006.
Entre 1998 et 2006, le nombre d’emplois (à temps plein et à temps partiel) est passé de 133,2 à 143,5 millions soit une hausse d’environ 8%, ce qui n’est pas mieux que la…France !
Cette hausse globale masque des disparités importantes entre les différents secteurs d’activité. Ainsi, dans la construction, dans la santé et le social, la hausse est de 25%. Elle est de 18% dans la restauration. En revanche, dans l’industrie la baisse est de 18,5% ce qui correspond à la destruction de plus de 3 millions d’emploi. Il est bon de noter que le salaire annuel moyen dans l’industrie est de 67 545 $ contre …19 725 $. En forçant un peu le trait, on pourrait dire que l’on détruit des « bons » emplois pour les remplacer par des « mauvais ». Nous, français, aurions tort de nous gausser car le même processus est en marche en France (entre 1989 et 2007, l’emploi industriel a chuté de 21%) !
En ce qui concerne la durée moyenne du travail par an et par salarié, j’ai été un peu déçu ! En effet, je croyais que les Américains étaient de vrais bourreaux de travail. En moyenne, ils travaillent 1679 heures par an (1719 dans le privé et 1482 dans la fonction publique). Si l’on considère qu’ils travaillent 48 semaines par an, cela fait…35 heures par semaine ! Ce chiffre est vraisemblablement le résultat de la multiplication des emplois à temps très partiel.
Pour consulter des chiffres vraiment optimiste, il faut s’intéresser aux…profits des entreprises, bien sûr ! Entre 1998 et 2006, les profits ont augmenté de 152% contre 47% pour les salaires. En moyenne, les profits ont augmenté de 12% par an contre 5% pour les salaires.
Le bond entre 1998 et 2006 est de 219 % dans la finance, et même de 277% pour la santé et le social. Toutefois, il est probable que les performances du secteur financier se dégradent dans les prochaines années (crise des subprimes oblige).
On constate un important redressement des profits industriels depuis 2002 (+550 % !!). Ce phénomène est majoritairement dû au secteur pétrolier (hausse des cours).
Le corollaire à cette hausse des profits est la baisse de la part des salaires dans la valeur ajoutée. Les prévisions du CBO tablent même sur une baisse continue jusqu’en 2018 !
Pour terminer ce bref tour d’horizon, parlons de la fonction publique. Eh oui, même aux Etats-Unis, il y a des fonctionnaires et même beaucoup. Si l’on prend en compte la fonction publique fédérale et la fonction publique de chaque Etat, on obtient un total de 24,3 millions d’emplois soit 17% du total. A titre de comparaison les quelque 5 millions de fonctionnaires français représentent environ 20% du total des emplois. Il est probable que la différence provienne de la fonction publique hospitalière, plus développée en France.
Quoiqu’il en soit, le nombre de fonctionnaires n’a pas cessé d’augmenter depuis 1929 (sauf après la 2ème guerre mondiale, mais la baisse correspondait à baisse des effectifs de l’armée !).
La courbe rose représente le nombre de fonctionnaires. La courbe bleue représente la part dans le total des emplois (axe de droite) et la courbe rouge représente la même information mais pour la France.
Finalement, les Etats-Unis ne sont pas si différents de la France !!
PP
18:00 Publié dans Economie , Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : emploi, inégalités, Etats-Unis, France
26 mai 2007
Innovation...où es-tu ?
Le site internet d’Eurostat (l’institut européen de statistique, l’équivalent de notre INSEE) est une véritable mine d’informations ! Récemment je suis tombé un peu par hasard sur un tableau indiquant la part des produits innovants dans l’industrie.
L'indicateur est défini comme le ratio chiffre d'affaires des produits nouveaux à l'entreprise et nouveaux au marché en pourcentage du chiffre d'affaires total. Il est basé sur la troisième enquête communautaire sur l'innovation (CIS3) et couvre toutes les entreprises de 10 employés et plus. Une innovation est un produit nouveau ou sensiblement amélioré (bien ou service) introduit sur le marché, ou l'introduction au sein d'une entreprise d'un processus nouveau ou sensiblement amélioré. Les données font référence à 2000.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes :
* Allemagne : 35.2 %
* Espagne : 31.0 %
* Finlande : 24.1 %
* Danemark : 21.9 %
* Italie : 19.1 %
* Portugal : 18.2 %
* Pays-Bas : 18.1 %
* France : 12.2 %
* Grèce : 7.5 %
La France est un pays qui n’innove plus…avec tout ce que cela implique en terme de perte de croissance économique et donc d’emplois.
La lecture de ces chiffres donne une saveur particulière au commentaire de Jean-François Roubaud (président du syndicat des patrons de PME) sortant d'une entrevue avec Nicolas Sarkozy. Il a en effet jugé que "la Formule 1 est une méthode qui nous plaît parce que dans les entreprises la vitesse est maximum. Ce gouvernement a l'air de vouloir accélérer, de prendre la même vitesse de fonctionnement que les entreprises ; on attend ça depuis très longtemps". Ca va peut-être vite, mais pas forcément dans la bonne direction !!
La question n’est pas de baisser le coût du travail ou de « travailler plus », il s’agit de redéfinir notre offre de produits. La France n’est quasiment pas présente dans le domaine « high tech » et en perte de vitesse en matière d’industrie.
La vraie priorité est donc de bâtir d’urgence une politique industrielle cohérente, au-delà des actuels « pôles de compétitivité » rendus inefficaces par leur multiplicité, le manque de moyens financiers et l’organisation trop centralisée.
PP
14:36 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Industrie, France, Innovation, PME, Roubaud


