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07 juillet 2007

Sujets de Fançais

Sujets de l'EAF…


Dans le Figaro du 6 juillet, Marie-Christine Bellosta tirait sans sommations (et pourquoi en faire ?) sur les sujets de l’Epreuve Anticipée de Français (EAF en jargon EN…). Comme un internaute diligent a pris soin de scanner la totalité de l’article à la suite de ma note « Langues anciennes » (voir http://bonnetdane.midiblogs.com/archive/2007/07/04/langues-anciennes.html), je ne doublonnerai pas.
Je rappelle toutefois à ceux qui ont la flemme de chercher dans les commentaires à la date susdite que M-C. Bellosta, avec un sens de la polémique que je lui envie, moi qui en suis tout à fait dépourvu, notait sans acrimonie pour commencer que « Clemenceau jugeait la guerre trop sérieuse pour la laisser conduire par des maréchaux, [et que] l'enseignement du français est, semble-t-il, une chose trop grave pour qu'on l'abandonne à la hiérarchie de l'Éducation nationale. » Après avoir rappelé les bonnes intentions de la loi Fillon, qui en avril 2005 — il y a mille ans — fit du Français le socle du socle, si je puis ainsi m’exprimer, elle constatait que « les nouveaux programmes de français de l'école élémentaire, rédigés sous l'égide de l'Inspection générale (4 avril 2007), ne tiennent compte ni de l'esprit de la loi, ni de la lettre de son décret d'application, ni des recommandations formulées par le ministre à la lumière des rapports d'Alain Bentolila. Les exigences fixées pour la fin du primaire sont plus basses que jamais, alors qu'il aurait fallu en revenir au moins au programme de grammaire et de conjugaison signé par Jean-Pierre Chevènement (1985). Et il serait vain d'espérer que les programmes du collège, en chantier, compenseront cette indigence : il faut que l'école instruise davantage si l'on veut qu'ensuite quatre ans de collège suffisent pour conduire les élèves à la maîtrise de la langue française. »

C’est une évidence. L’Inspection générale travaille depuis de longs mois à pondre de nouveaux programmes de collège (peut-être faudrait-il laisser cela à des profs de collège ? J'en ai quelques-uns, réellement compétents, à présenter au ministre, à la première réquisition), dont on se demande s’ils changeront l’approche purement techniciste qui est aujourd’hui celle de la plupart des enseignants — les plus conformes au moins, si je puis dire.
« La hiérarchie de l'Éducation nationale, ajoute Mme Bellosta, soutient que si ces programmes conduisent au mépris du sens, c'est parce qu'ils sont mal enseignés. Reconnaissons plutôt qu'ils ne sont pas enseignables. La preuve en est que les plus hautes autorités s'avèrent souvent incapables de fournir des sujets de bac qui respectent le sens des textes. »

Et pour illustrer son propos, voici ce que Mme Bellosta raconte du tout récent sujet d'EAF :
« Le sujet 2007 des séries ES et S en offre un exemple. Son corpus rassemble trois textes hétéroclites : le portrait de Gnathon par La Bruyère (Les Caractères), un fragment de 1846 où Victor Hugo consigne une « chose vue » (publication posthume) ; le poème « La grasse matinée » de Prévert (Paroles). Le candidat doit d'abord « montrer que les textes du corpus ont une visée commune ». Ce qui est absolument faux. Car si Prévert et Hugo évoquent la question sociale, La Bruyère n'en a cure : son portrait de Gnathon dénonce l'« amour de soi » (notion clef du moralisme classique) en énumérant les comportements haïssables qui en découlent. D'autre part, Prévert et Hugo ne disent pas la même chose de la question sociale. Prévert donne à ressentir au lecteur les émotions violentes d'un homme torturé par la faim. Hugo exprime par-devers lui un diagnostic politique : l'opulence côtoie l'extrême misère, et cette disproportion des fortunes, alliée au changement des mentalités né de 1789, va provoquer une révolution.
« Non content d'encourager ainsi au contresens ceux des candidats qui choisissent de commenter La Bruyère (sujet 1), l'État-Examinateur trahit la pensée d'Hugo dans l'énoncé du sujet 3 : « À son arrivée à la Chambre des pairs [Hugo], sous le coup de l'émotion, prend la parole à la tribune pour faire part de son indignation et plaider pour plus de justice sociale. Vous rédigerez ce discours. » Il s'agit ici d'écrire avec la plume d'Hugo (!) un discours qu'il ne risquait pas de prononcer étant donné que la notion de « justice sociale », chère à notre Examinateur, n'entrait pas dans ses catégories de pensée, ni en 1846, ni plus tard. De fait, dans son discours sur « La Misère » de 1849, qui est son premier pas vers la gauche (1), Hugo propose d'« étouffer les chimères d'un certain socialisme » en créant un « code chrétien de la prévoyance et de l'assistance publique » car « l'abolition de la misère » doit permettre, dit-il, la « Réconciliation » des classes. »

Ce que Marie-Christine Bellosta ne dit pas — peut-être ne le sait-elle pas —, c’est que les sujets de français ne tombent pas du ciel. Derrière tout contresens, il y a toujours un responsable.
Depuis quelques temps, pour ne léser personne (?) et faire semblant d’aller dans le sens du régional, les sujets sont choisis chaque année par une Académie différente. Cette année, les sujets de S / ES ont été choisis par l’Académie de Nice. Et le choix des sujets est de la responsabilité de l’IPR locale (en l’occurrence Marie-Lucile Milhaud, apparemment moins à l’aise sur La Bruyère que sur Yves Bonnefoy…), sous couvert de l’IG locale — Catherine Bizot. Et derrière elles, grand manitou du constructivisme pédagogiste tel qu’il s’est déployé de si nombreuses années, plane l’ombre de Katherine Weinland, ex-doyenne de l’Inspection générale — celle qui affirmait dans l’Express en 2002 : « 13% des élèves sont illettrés en 6e, ce n'est pas grave, ils n'ont pas fini leurs études » (voir l’analyse de cette méthode Zen / Coué sur http://www.r-lecole.freesurf.fr/collok/flashfr.htm. (2).
Et derrière ces trois sommités de la pensée littéraire, quelques enseignants triés sur le volet pour leur souplesse idéologique…

Alors, franchement, confier la rédaction de sujets du Bac à des enseignants qui, trop souvent, ont trouvé leurs diplômes dans des pochettes-surprise, est-ce bien sérieux ? On voudrait dégrader définitivement le Bac que l’on ne s’y prendrait pas autrement. D’ailleurs, est-il besoin de le dégrader ? Il y a deux ans, en septembre 2005, Fanny Capel (http://www.sauv.net/capelcop.php) constatait déjà que le Bac n’était plus, grâce aux efforts conjugués de ceux qui ont vidé les programmes de tout contenu (Viala and Co.) et de ceux qui veillent à ce que les sujets soient dépourvus de sens (donc intraitables, donc in-notables, donc sur-notés), qu’un vague examen de fin d’études.
Soit nous refaisons d’urgence les programmes, de la Maternelle au Bac (et dans cet ordre !), et nous redonnons au plus vieil examen français ses lettres de noblesse ; soit nous entérinons la situation actuelle, en expliquant aux parents que « pour cent balles et pour un Bac, t’as plus rien ». Et alors les universités seront libres d’imposer, à l’entrée, la sélection qui leur plaira — à commencer par la plus stupide, la sélection par l’argent.

Jean-Paul Brighelli


(1) Voir sur ce point le tout petit livre très stimulant de Paul Lafargue (oui, le gendre de Marx, l’homme du « Droit à la paresse »), la Légende de Victor Hugo (Mille et une nuits).

(2) C’est à cette même Katherine Weinland que Sauver les Lettres expédiait une lettre pouverte de protestation devant la vacuité des nouvelles épreuves du Bac Français, en cette même année 2002 (http://www.sauv.net/lettreinspec02.php). Avec le succès d’autisme que l’on imagine.

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Commentaires

je ne fais que passer, petit post-it pour récupérer les commentaires dans ma boite mail...

Bonne fin de journée

Ecrit par : Patricia Mesnigé | 07 juillet 2007

Pas un commentaire, juste un peu de "matériau orthographique vivant", le mail d'un élève qui vient d'être reçu à son BTS dans une section artistique où la sélection est de l'ordre de 300 dossiers pour 15 places, si je ne m'abuse.

----- Original Message -----

> Sent: Thursday, July 05, 2007 8:28 PM
> Subject: des nouvelle des etudient ***
>
>
> Vous devez surement le savoir mais au cas où je vous écris quand même ce
> mail, voila toute la classe d'**** a eu leurs BTS, même moi.
> J'ais eu 6.50 en **** ce n'est pas très glorieux mais sa reflète les
> notes que j'ai d'habitudes dans votre matière.
> Sinon nous continuons quasiment tous nos études et moi je vais m'orienter
> dans la 3D la création de site web et le multimédia, je suis accepter a
> l'école **** alors je suis très content.
> J'espère que vous aller bien.
> Bonne continuation.

Ecrit par : kyrielle et y sonne | 07 juillet 2007

un peu de temps pour lire plus attentivement cette dernière notes qui ne semble pas avoir attiré l'attention des blogueurs!
Beau pavé dans la mare! Jean-Paul tu devrais écrire un livre sur l'art et la manière de se faire des amis! blague à part , je suis estomaquée...J'avoue ne mettre jamais vraiment penchée sur les sujets du bac français depuis que je l'ai passé il y a belle lurette et celui de mon aînée sera dans 4 ans...mince dans pas si longtemps finalement!
Peut-être qu'en écrivant un nouveau tome sur cette apparente escroquerie du bac français en analysant les sujets de ce bac comme tu viens de le faire ,cela contribuerait à oter la m....que beaucoup continuent à avoir dans les yeux...
j'attends avec impatience les commentaires des éminents profs de lettres qui hantent ce blog. Qu'ils viennent appuyer tes dires avant que tes détracteurs ne te tombent dessus et t'accuse d'exagérer et de la ramener juste histoire d'étaler ta superbe...
brrrrrrr, j'ai froid dans le dos...

Ecrit par : Patricia Mesnigé | 07 juillet 2007

« Ce que Marie-Christine Bellosta ne dit pas [...], c’est que les sujets de français ne tombent pas du ciel. Derrière tout contresens, il y a toujours un responsable », écrivez-vous, Brighelli. Et vous citez trois noms.
En vérité, je n’avais pas cherché à savoir quelle équipe pédagogique, et donc quel IPR, et donc quel IGEN, étaient responsables.
D’une part parce que l’idée que mes objections savantes allaient mettre des collègues en difficulté me perturbait plutôt (je suis un caïman au cœur tendre — si, si).
D’autre part parce qu’en bonne administration, tous les actes d’un ministère sont imputables à son ministre. Si un policier en service, pris de folie, tuait vingt personne, ce serait au ministre de l’Intérieur d’en répondre. Quand l’Etat-Examinateur du bac pose un sujet absurde à 200.000 élèves et distribue des consignes de corrections saugrenues à des milliers de correcteurs, c’est, me semble-t-il, au ministre de l’Éducation nationale d’en répondre. Cela ne signifie pas, dans mon esprit, qu’il en soit personnellement comptable, mais qu’il se doit d’enquêter dans sa propre administration, et de prononcer des sanctions en conséquence. Biensûr j’entends d’ici les lambris dorés de Grenelle me murmurer, goguenards, que « ça ne marche pas comme ça » et qu’« il ne se passera rien du tout »... On verra bien. Je n’ai pas voté Sarkozy pour qu’il « ne se passe rien du tout », mais parce que j’espérais que son idéologie du « résultat » et de la « responsabilité » serait inculquée, en priorité, aux fonctionnaires d’autorité. Pas aux lampistes. Aux fonctionnaires d’autorité.
Enfin, si je ne criais pas haro sur les responsables du sujet, c’est que les premiers responsables sont à mes yeux 1) le programme de français des lycées, 2) la maquette de l’épreuve anticipée du baccalauréat. Tant que ce programme sera organisé par centres d’intérêt et que « Convaincre, persuader, délibérer » fera partie des centres d’intérêt, tous les ans l’un ou l’autre sujet invitera à faire dire X à une page de littérature qui signifie Y. Tant que la maquette de l’épreuve obligera les candidats à envisager ensemble trois textes, les faiseurs de sujets continueront d’apparier la carpe et le lapin en d’improbables attelages.
*
Encore cette question des sujets de bac (que je n’évoquais qu’à titre d’exemple) n’est-elle pas le plus grave.
Je vous accorde qu’elle est grave, bien entendu, car très mal vécue au niveaux individuel et institutionnel.
1) Grave pour les bons élèves qui n’auront pas su répondre à la question portant sur les « visées communes » des textes de La Bruyère et d’Hugo (qui n’en avaient effectivement aucune) ou qui, à bon droit, n’auront pas parlé de critique sociale lors de leur commentaire du texte de La Bruyère (qui, effectivement, n’en contenait pas).
2) Grave pour les milliers de professeurs instruits qui corrigent le bac, qui se sont arrachés les cheveux devant le sujet de cette année et ses « pages roses », et qui s’arrachent tous les ans quelques cheveux — c’est l’un d’entre eux qui m’a signalé le problème.
3) Grave pour l’université parce que c’est ce bac-là que les universitaires sont censés considérer comme le sésame de leurs DEUG. Et on s’étonne, ensuite, du taux d’échec en L1, ou du désir des universitaires que soit instaurée une sélection d’entrée dont ils soient seuls responsables.
4) Grave pour les corps d’inspection car pareil sujet signifie qu’il s’y trouve des gens (quels qu’ils soient, peu importe) qui ne travaillent pas. (Le problème, en effet, ne me paraît pas que les certificateurs de ce sujet ne soient pas familiers des œuvres de La Bruyère et d’Hugo — on ne peut pas tout savoir. C’est qu’ils aient été ignorants au point de ne même pas soupçonner qu’il y avait des choses à savoir sur La Bruyère et Hugo, qu’ils devaient travailler dans une bibliothèque(1) ou sur la Toile(2), avant de poser n’importe quelle question aux candidats.)
5) Grave pour la cohérence générale du système éducatif parce que le fossé se creuse entre la « culture » de l’enseignement secondaire et la « culture » de l’enseignement supérieur. Au niveau secondaire, l’IGEN laisse imprimer des consignes de correction du bac où le portrait de « Gnathon », dans La Bruyère, « dénonce une structure sociale inégalitaire » ; en DEUG de Lettres, pareille analyse serait mal notée. Au niveau secondaire, les consignes de correction du bac escomptent que le candidat inventera un discours de Victor-Marie vicomte Hugo devant la Chambre des Pairs où Hugo parlera en tant que « représentant » des « populations pauvres » ; en DEUG d’histoire, un étudiant qui imaginerait la Chambre des Pairs de Louis-Philippe comme une chambre des « représentants » (avec « représentant » des « pauvres », par-dessus le marché !) serait mal noté. Au niveau secondaire, des consignes de corrections du bac parlent de « solipsisme » pour évoquer l’égocentrisme incivil de « Gnathon » ; en DEUG de philosophie, l’emploi indu de ce terme serait mal noté. Etc. Etc. Cette fracture culturelle de plus de plus béante entre enseignement supérieur et enseignement secondaire finira par rendre schizophrènes les lieux d’enseignement ressortissant aux deux domaines (classes prépas, préparation aux concours de recrutement des enseignants).
*
Oui, tout ça est bien gênant. Mais cependant, au plan de l’avenir culturel de la nation, la question de tel ou tel mauvais sujet du bac, ce n’est pas le pire. Le pire, pour notre pays, c’est que les programmes de français des lycées tuent l’intérêt des élèves pour la littérature avec leur sale manie de se focaliser sur l’apprentissage des termes techniques (par exemple, dans les consignes de correction sur La Bruyère, l’Etat-examinateur attend que l’élève parle de progression à thème constant, d’asyndète, d’hyperbole, de métaphore animalière, d’antithèse, de focalisation externe, d’implicite). Nos pauvres lycéens sont ainsi conduits à s’imaginer que s’intéresser à la littérature, c’est s’intéresser au « comment c’est dit ». Non, « depuis plus de sept mille ans qu’il y a des hommes, et qui pensent », comme disait La Bruyère, on lit parce que les textes disent quelque chose d’intéressant, d’intéressant pour penser, pour comprendre, pour se comprendre, pour vivre. Avec leurs mômeries scolastiques en lieu et place de promotion du sens, ces programmes de lycée dissuadent les jeunes d’ouvrir un livre. Et encouragent tout élève qui le peut à fuir les filières littéraires.
Et par conséquent, l’inculture galope. Ce que les futurs et anciens élèves d’HEC appellent la « culture générale » brille par son absence, chez nos jeunes adultes diplômés à bac+N, avec un redoutable éclat.
Alors, vous savez quoi ? L’inspection générale a trouvé un remède ! Lequel ne consiste pas à réparer ses erreurs, évidemment, mais à empiler une nouvelle erreur sur l’ancienne. Vous ne devinez pas ? Lisez, sur le site du Ministère, le Rapport n°2006-044 intitulé « Évaluation des mesures prises pour revaloriser la série littéraire au lycée ». Ce rapport prononce l’oraison funèbre de l’enseignement de la littérature française. Maintenant que l’IG des Lettres a scié la branche de la littérature en la vidant de tout contenu de culture générale pour la focaliser sur des cuistreries décourageantes, eh bien, il n’y a qu’à l’abandonner définitivement aux cuistres... et faire de la « culture générale » une discipline à part, enseignée dès la seconde. C’est tout simple, il suffisait d’y penser, or rien n’est plus ingénieux qu’un corps d’inspection qui refuse de reconnaître les erreurs commises en amont, lui régnant. Le seul signe d’espoir, dans tout ce cauchemar, c’est que la « feuille de route » de M. Darcos contient (dixit l’AEF) le rétablissement de l’enseignement de la littérature. Si MM. Sarkozy, Fillon et Darcos courent vite, peut-être que les fossoyeurs de la littérature n’auront pas le temps de refermer la tombe ?
Mais je vous laisse. Plus cette lettre avance, et plus je donne dans le genre « France exaspérée » : je risquerais de devenir « polémique ». À plus, cordialement.
-------
NOTES
(1) Exemple de travail en bibliothèque. Retrouver le texte de Hugo qu’on se propose comme sujet dans le volume de « Choses vues » (« Œuvres complètes », Laffont/Bouquins, t. « Histoire », pp. 881-882). Lire les pages environnantes et se demander si elles transpirent la « dénonciation d’une structure sociale inégalitaire ». Se demander si Hugo n’aurait pas, par hasard, écrit un discours politique sur la misère vers 1846, et donc ouvrir « Actes et paroles » (« Œuvres complètes », t. « Politique »), lire le discours sur « La Misère » (p. 199 et suiv.) et se demander s’il y est question de « structure sociale inégalitaire » et de « justice sociale ». Si l’on craint de manquer de culture pour comprendre ce discours : se reporter à des commentateurs connus, par exemple, Jean-Marc Hovasse (« Victor Hugo I. Avant l'exil », Fayard, 2001, pp. 1069-1070) ou Jean-François Kahn (« L'extraordinaire métamorphose ou 5 ans de la vie de Victor Hugo. 1847-1851 », Seuil, 1984, pp. 610-616).
Autre exemple de travail en bibliothèque : regarder les notes de toutes les éditions savantes de La Bruyère pour voir si « Gnathon » a déjà été lu comme une critique sociale. Résultat : jamais ; tous les éditeurs se bornent à voir dans « Gnathon » « l’égoïste ». Chercher si des ouvrages de référence en ont parlé. Oui : Louis Van Delft dans « La Bruyère moraliste » (Genève, Librairie Droz, 1971, p. 74), lequel renvoie vers René Jasinski dans « Influences sur La Bruyère » (Revue d’Histoire de la Philosophie, 1942, n° 32, pp. 297-299), lequel Jasinski, s’occupant d’« intertextualité » avant la lettre, rapproche « Gnathon » du grand manuel de savoir vivre du XVIIe siècle et conclut : « le portrait se développe tout entier sur cette trame, en quelque sorte retournée. [...] il codifie en les illustrant les laideurs de l’« incivilité » ».
(2) Exemple de travail sur la Toile. Avant de demander au candidat d’écrire un discours de Hugo plaidant pour la « justice sociale » : se demander si ce mot se trouve dans son oeuvre, intégralement numérisée. Donc utiliser la base de données Frantext. Résultat : un seul emploi de cette expression dans toute son oeuvre, et c’est pour distinguer « justice sociale » et « justice divine » à propos de la peine de mort.

Ecrit par : Marie-Christine Bellosta | 08 juillet 2007

Merci à Marie-Christine Bellosta pour cette belle analyse… Je n'en demandais pas tant — après tout, c'est le résumé de ce qui se dit sur ce blog depuis des mois.
JPB

Ecrit par : brighelli | 08 juillet 2007

Concernant les "mômeries scolastiques" et les "termes techniques" en Français, pour les classes de LP: les élèves sont souvent fainéants/découragés (devinent l'inanité de la chose?) - donc: ils ne les apprennent même pas. Leur cerveau est sauvé...

Vive la paresse, alors (?)...

Ah! la rigueur de l'esprit universitaire (tout faire pour avancer comme une forteresse intellectuelle imprenable); ça m'épate toujours (positivement), même si - pour les colloques - le dialogue ne peut, à cause de cela, s'établir. A moins de vouloir démolir la réflexion du collègue. Ou alors en imposer.

"4) Grave pour les corps d’inspection car pareil sujet signifie qu’il s’y trouve des gens (quels qu’ils soient, peu importe) qui ne travaillent pas. (Le problème, en effet, ne me paraît pas que les certificateurs de ce sujet ne soient pas familiers des œuvres de La Bruyère et d’Hugo — on ne peut pas tout savoir. C’est qu’ils aient été ignorants au point de ne même pas soupçonner qu’il y avait des choses à savoir sur La Bruyère et Hugo, qu’ils devaient travailler dans une bibliothèque(1) ou sur la Toile(2), avant de poser n’importe quelle question aux candidats.)"

Ce que révèle ce passage et ses notes montre bien la somme de travail nécessaire en amont pour "dominer" son sujet. Sans cesse lire, analyser, mettre en perspective, comparer, etc. Pense-t-on que le quidam, ayant eu son concours, va vouloir poursuivre, chez lui, ses habitudes acquises (?) durant ses années en enseignement supérieur?... Il faut une volonté de fer - et s'être donné pour objectif (de vie -?-) cela. Un professeur (quelle que soit sa place) bosse (ou le devrait en tout cas) - mais est-ce qu'il cherche à semer... ne lui paraît pas, au moins immédiatement après son cours, devoir se dessécher? Le "àquoibonnisme" guette souvent.


Je ne connaissais pas Frantext - merci!

Ecrit par : Pendariès | 08 juillet 2007

Deux ou trois choses à dire à propos du texte de Madame Bellosta.
1) D'abord la remercier. Qu'une voix supplémentaire se fasse entendre pour dénoncer la déroute de la littérature dans notre enseignement nous aide un peu plus à ne pas nous conformer aux dogmes des instructions officielles.
2) Il est inutile de répéter les éléments d'une analyse aussi bien menée et j'ajouterai simplement qu' on peut s'étonner qu'un texte comme " La grasse matinée" soit un texte choisi pour le bac de français.
3) Les sujets sont choisis par des collègues "souples de l'échine" comme le dit JPB. J'en ai deux dans mon établissement qui font cours à l'iufm, qui sont au mieux avec l'inspection régionale, qui ont fait partie de la commission de choix des sujets de brevets, il y a quelques années. L'un use de la télévision et du magnétoscope à tous les cours, tous; l'autre, ne fait pas de grammaire en latin. "C'est barbant" (sic)
C'est cela la réalité des établissements. Ce sont ces gens-là qui ont le pouvoir. Et si Darcos n' a pas le courage de faire tomber tous les cadres de l'EN, cette coterie continuera de lui faire la nique et de ne pas appliquer toutes les meilleures lois qu'il pourra nous proposer.
Si les têtes tombent, le reste suivra. Les enseignants dans leur grande majorité ont suffisamment montré à quel point ils sont lâches.

Ecrit par : Thalie | 08 juillet 2007

Si les têtes tombent, le reste suivra. Les enseignants dans leur grande majorité ont suffisamment montré à quel point ils sont lâches.

Ecrit par : Thalie | 08 juillet 2007

Lâcheté, je ne sais pas... "Aquoibonnisme", j'en suis un peu plus certain - à force que rien ne change; plus localement, je vois quand même mes collègues rouspéter contre le laxisme du proviseur, aller dans son bureau - et se faire engueuler comme du poisson pourri lors des CA; j'entends les inspecteurs taper bêtement, dire que nos cours sont nuls, etc. Voir que l'ambiance au bahut est fragile - on fait frémir un levier et c'est la catastrophe (je l'ai assez dit sur ce blog, en donnant des exemples). Lassitude, peut-être... "L'eau monte, et alors? puisque ceux qui ont le pouvoir s'en foutent"

Ecrit par : Pendariès | 08 juillet 2007

Un ensemble de textes, une grille de choses à y trouver par le candidat « anotonomi » puis finis en exprimant ta citoyenneté ami apprenant... manque plus que le travail en groupe pour avoir la panoplie constructiviste complète.

A quand le bac offert à des groupes de candidats ?

Concernant la fabrication des sujets, il semblerait en effet que beaucoup d'inspecteurs censés superviser sont soit des incompétents soit des branleurs, et pas qu’en les lettres...

Ecrit par : Lariba | 08 juillet 2007

Le sujet 2007 des séries ES et S en offre un exemple. Son corpus rassemble trois textes hétéroclites : le portrait de Gnathon par La Bruyère (Les Caractères), un fragment de 1846 où Victor Hugo consigne une « chose vue » (publication posthume) ; le poème « La grasse matinée » de Prévert (Paroles). Le candidat doit d'abord « montrer que les textes du corpus ont une visée commune ». Ce qui est absolument faux. Car si Prévert et Hugo évoquent la question sociale, La Bruyère n'en a cure : son portrait de Gnathon dénonce l'« amour de soi » (notion clef du moralisme classique) en énumérant les comportements haïssables qui en découlent. D'autre part, Prévert et Hugo ne disent pas la même chose de la question sociale. Prévert donne à ressentir au lecteur les émotions violentes d'un homme torturé par la faim. Hugo exprime par-devers lui un diagnostic politique : l'opulence côtoie l'extrême misère, et cette disproportion des fortunes, alliée au changement des mentalités né de 1789, va provoquer une révolution.

Jean-Paul Brighelli

Supposons qu'un élève lambda, un peu moins endoctriné que ses camarades, mais encore balbutiant, tente de démontrer vos propos.
Sera-t-il descendu et planté? Car, si tel est le cas, et il l'est parfois, ça devient encore plus grave.
Je connais une jeune fille qui, c'est son choix, a démonté aussi proprement qu'on peut le faire à 18 ans et des brouettes, Hannah Arendt à un concours d'entrée en Grande Ecole. Autant vous dire qu'elle n'a pas intégré grâce à sa note de Français: on a jugé ses idées et non sa maîtrise de la dissertation...

Ecrit par : dobolino | 08 juillet 2007

Non il s'agit bien de lâcheté d'un grand nombre de nos collègues (chose vécue), se fondre dans la masse et surtout pas de vague, ça fait tache. Vive la collabo et la soumission à l'autorité dansun politiquement correct sécurisant qui ne fasse pas trop mal dans la remise en question.

Ecrit par : agna | 08 juillet 2007

Non il s'agit bien de lâcheté d'un grand nombre de nos collègues (chose vécue), se fondre dans la masse et surtout pas de vague, ça fait tache. Vive la collabo et la soumission à l'autorité dansun politiquement correct sécurisant qui ne fasse pas trop mal dans la remise en question.

Ecrit par : agna | 08 juillet 2007
Depuis que mon fils l'a pigé, ça va mieux! Il lui a fallu treize ans d'école et quinze ans d'âge pour piger que faire des vagues secoue le navire. Il a un profil très bas, un peu trop... Manque de pot, sa prof d'italien est venu le voir au théâtre... et m'a avoué que, le trouvant bizarre, elle est allée enquêter sur ses lectures au CDI. Dès l'an prochain, bonhomme s'appliquera à n'y lire que le bulletin de l'OM. C'est de la prudence...
Vaut mieux être con, riche et en bonne santé qu'intelligent, pauvre et malade.

Ecrit par : dobolino | 08 juillet 2007

AH merci Agna.....merci....inutile de vous dire combien je partage votre point de vue.... On ne saurait dire à quel point ce que vous dites est exact sur la couardise, la pusillanimité, le conformisme de pas mal de nos collégues. Le monde pourrait bien crouler autour d'eux, les pires turpitudes politiques se dérouler sous leurs fenêtres que ces connards continueraient, avec l'imperturbabilité des larves à parler de la 5ème 8, de la progression d'Albert Delafoune 4ème 3, de faire leurs petites fifiches pour la rentrétrée. Et pire, on pourrait veir arrêter un de leurs élèves ou de leurs collègues que je vous parie les oeuvres complètes de Nicolae Ceaucescu en 345 volumes reliés skivertex ,q'uis NE BRONCHERAIENT PAS. Au passage si notre statut social est si affligeant, c'est à notre couardise que nous en sommes là
Bien à vous....

JPB v'zavez écrit fançais vous êtes donc un inc'oyable mon che'. Nous sommes 'evenus au temps du Di'ectoi'e......

Petit f'ipon.

Ecrit par : montaigneàcheval | 08 juillet 2007

Bravo à Marie-Christine Bellosta pour son formidable réquisitoire contre l'inndable bêtise qui a présidé à la confection des épreuves du bac anticipé de français.

Mais c'est depuis 2001 que cette cette cuistrerie phraseuse et auto-satisfaite triomphe!
J'ai eu l'honneur; en 2001-2002, d'essuyer les plâtres, dans deux classes de première d'un grand lycée , c'est le moins qu'on puisse dire, et ils auraient été ravis ( à l'insu de leur plein gré!) d'apprendre quelque chose de précis et de solide, de faire de bonnes vieilles explications de texte, par exemple. Peu mais bien. J'avoue que je n'avais rien compris à toute cette quincailleire de registres, de genres, d'objets d'étude. Et comme, en plus, avec cette nouvelle formule de l'EAF, les objectifs affichés sont à des années-lumière du niveau réel des élèves de première au point que plus personne ne sait ce qu'il faut faire en classe, je me suis rabattu sur la seule chose que je savais faire: des explications de textes, à gogo! L'année suivante, je me suis retrouvé dans un lycée classique, en première S. Même chose: des explications de textes traditionnelles. Pas canonique, mais efficace. Au moins, ces élèves auront lu de près quelques grands textes... Mais à chaque conseil de classe , je me faisais allumer par le crétin de service de la Fcpe (oui, je sais, c'est un pléonasme et il y en a autant à la Peep!) parce que je ne faisais pas de "séquences"! "Les parents étaient, disait-il, inquiets pour le bac"...
Depuis 6 ans, c'est (semble-t-il, car je suis retourné dans mon petit collège) la même ambiance autour de ce bac anticipé: j'ai l'exemple d'un lycéen de première S qui , cette année, a passé son temps à prendre en notes sans rien comprendre ce que disait Madame N.., qui servait à ses élèves des lectures analytiques. Que des lectures analytiques! Niveau CAPES de Lettres modernes. D'explications de texte, point. La dame vient d'être proposée à la hors-classe! Ses élèves n'avaient rien compris à son cours.
J'ai dû faire avec lui l'explication de tous les textes de son "descriptif": il a commencé à entrevoir ce que c'est que le plaisir des grands textes, et il eu 12 à l'oral - une victoire, pour lui - sur un sonnet de Ronsard qui lui était resté complètement opaque malgré la très belle lecture analytique de Madame N... , mais que nous avions expliqué ensemble.

Question naïve: Marie-Christine Bellosta n'est-elle pas relativement en vue à l'UMP? Donc, son excellent article du Figaro devrait, en bonne logique, être déjà sur le bureau de Nicolas Sarkozy?
Est-ce que le Président de la République est au courant que les malheurs actuels de l'Education nationale ne viennent pas d'un manque de moyens - il y en a largement assez, je suis d'accord avec JPB - mais de la façon dont ces moyens sont rendus inefficaces à cause de l'idéologie pédagogique régnante, la "pédagogie par objectifs" et sa traduction concrète dans les classes, la "séquence didactique"?
Abattre la "pédagogie par objectifs" et la "séquence didactique", c'est restaurer à moyens constants tout le système éducatif.

Ecrit par : Jean | 08 juillet 2007

"deux classes de première d'un grand lycée tecnhique. Ces élèves ne savaient pas grand-chose en français,..."

Ecrit par : Jean | 08 juillet 2007

Eh oui, Jean. Mais cela fait combien de temps que nous passons notre temps à redire sans arrêt la même chose les uns comme les autres, sans que rien ne change. Nous sommes une toute petite minorité. Toute petite.
La suppression du corps des inspecteurs pourrait être un début de solution. Le ménage dans les iufm sera-t-il fait un jour? Les politiques se sont-ils déjà "couchés "devant Julliard?
Quelle est la volonté exacte de notre ministre?

Ecrit par : Thalie | 08 juillet 2007

Il y a plusieurs mois que je lis quotidiennement ce blog, par simple curiosité, et puis, rien de ce qui touche à l'enseignement du français ne m'est étranger.

Je ne ferai qu'une seule incursion sur ce blog.

Incursion rendue à mes yeux nécessaire en raison de deux passages:

1/ J.P.Brighelli affirme que la rédaction des sujets de l'EAF est confiée "trop souvent à des enseignants qui ont trouvé leurs diplômes dans des pochettes-surpises". C'est infamant. Des preuves... J'ai effectivement participé à une telle commission, et j'affirme avoir conquis les titres de certifié et d'agrégé, par concours, depuis longtemps, et qu'il en était de même pour mes collègues. Cela dit, le diplôme ne garantit pas l'honnêteté intellectuelle, ni le savoir faire pédagogique (ai-je employé un gros mot?). Il garantit à mes yeux une réelle motivation, une motivation objective pour être autorisé par l'Etat à enseigner telle ou telle matière. Ce n'est déjà pas si mal.
Je passerai sous silence l'allusion à la "souplesse idologique" des participants à ces commissions: vous est-il jamais venu à l'esprit que ces enseignants adeptes, selon beaucoup de participants à ce blog, de la reptation en vue d'une quelconque hors-classe, étaient en fait en accord (pour le moins en partie) avec cette forme d'enseignement?
2/ Mme Bellosta. Je ne comprends pas vraiment ce que vous énoncez: selon vous, notre enseignement souffre d'une approche "techniciste"? Mais enfin, quel rîole a donc joué mon estimable professeur de Lettres, en classe de 1e, à la fin des années 60, quand il nous apprenait que l'on ne sépare pas le fond de la forme? Que le sens était induit par CETTE forme, propre à CE texte? Certes, La Bruyère ouvre ses Charactères avec une phrase à la fois défaitiste (tout est déjà dit) mais résolument optimiste quant à l'avenir de l'écrit: cette formule contient en germe celle-ci: si tout est plus ou moins déjà dit, écrit, à quoi bon superposer un discours de plus? Ce à quoi L.B. répond qques lignes plus loin: "c'est un métier que de faire un livre". Un métier. C'est à dire un savoir faire, avec du travail, un style, une ECRITURE.
Alors, et pour en finir avec mon unique contribution à ce blog, comme on me l'a enseigné il y a bientôt 40 ans, comme on le demande pour les explications de texte du CAPES et de l'Agrégation, je pars de ce qui fait sens dans la forme du texte pour comprendre ou faire comprendre dans quel sens il se dirige (sans évidemment exclure l'apport historique, esthétique, culturel, quand c'est nécessaire). Effectivement, il y a pas mal de collègues qui en restent à la simple énumération de procédés d'écriture (les inénarrables champs lexicaux). Est-ce moins bien que ceux qui nous infligeaient une paraphrase du type: on voit bien, là, que l'auteur est en colère...?
Rien d'autre.
Bien à vous.

Ecrit par : Claude Charbonnel | 09 juillet 2007

"Ces enseignants adeptes étaient en fait d'accord avec cette forme d'enseignement".

On le sait bien, Claude Charbonnel! C'est bien pour cela que les bacheliers ne savent pour ainsi dire plus rien en français, et en plusils ont l'esprit barbouillé de toutes ces "situations d'énonciation ancrées ou pas", de ces "types de discours", de ce "narratif", de cet "argumentatif", de ces "registres", de ces "objets d'étude",de cette "focalisation" "interne , "externe", dont personne n'a rien à faire, de ces "actants", de ces "adjuvants", de ces "connecteurs logiques", j'en passe et des meilleures. Même les "séquences", c'est insupportable au bon sens! C'est ce charabia, ce formalisme inutile et creux qui écoeure les élèves du français!
Croyez-moi, il vaut mille fois mieux que l'élève ait appris d'abord à dire avec ses mots tout simples: "Je vois que l'auteur est en colère."!
Mettez un bachelier actuel devant n'importe quel texte littéraire: il en sera incapable. Ou bien il n'osera pas, parce que des pédants et des cuistres lui auront fait croire que la littérature n'est qu'un prétexte à bavardage savant et opaque. La nouvelle formule de l'EAF a renforcé le "psittacisme" qu'elle prétendait combattre!

Quant aux "pochettes-surprises", comment pouvez-vous les nier? Ce n'est pas "infamant", c'est une réalité. Vous savez très bien que l'agrégation est donnée à "certains" par simple nomination, sans passer aucun concours. C'est ce qu'on appelle la "promotion interne". L'allégeance aux dogmes peut aider... Il serait instructif d'éplucher à cet égard le CV de certains "inspecteurs".
Pourtant, depuis la création d' un concours d'agrégation dit "interne", qui est spécialement aménagé pour que des professeurs en poste à temps complet puissent le passer, on aurait dû supprimer le scandaleux accès au titre d'agrégé par simple nomination.

Ecrit par : Jean | 09 juillet 2007

Il n'est pire sourd que celui qui ne veut pas entendre.
Mes allusions aux diplômes au piston ne concernaient que certaines des personnes visées dans ma note. Comme quoi on peut appartenir à la plus haute hiérarchie de l'Education Nationale, passer son temps à sacquer les enseignants, et ne devoir ses titres qu'à sa… technique de léchage, si je puis ainsi dire.

À propos justement de technique… Ne faites pas l'âne pour avoir du son, cher collègue. La forme et le fond, c'est ce que nous devrions tous faire — reste à savoir ce qu'on entend par là. Plaquer des concepts XXe siècle sur des textes du XVIIe, est-ce vraiment respecter le fond ? Réduire une explication à une approche techniciste (pas même la rhétorique de Dumarsais ou de Fontanier, pas même celle de Bernard Dupriez — encore qu'au sens strict, aucune des trois ne puisse convenir à un texte antérieur à 1760…), c'est plaquer à la va-vite quelques notions héritées du structuralisme (disons, pour aller vite, de Todorov ou Propp à Greimas) et mal digérées sur des textes parfaitement étrangers à la notion d'actant ou de focalisation — ou même de discours, surtout au sens où l'entendent les communicants modernes. Expliquer un texte, c'est se poser des problèmes d'écrivain, c'est tenter de résoudre la chimie (ou l'alchimie) de l'acte créateur. C'est, en un mot, apprendre à lire — et à écrire.
Où avez-vous vu que les élèves d'aujourd'hui, qui ne font plus que très opccasionnellement des rédactions, presque jamais des dissertations, et n'ont de la prise de parole que la pratique du beuglement monosyllabique, connaissent quelque chose à la rhétorique telle que pouvait la concevoir Gorgias — ou, à un autre niveau, telle qu'elle se joue parfois encore dans les écoles de la magidtrature, en procès simulés ?
Tout ça pour dire que le Bac (lEAF) tel qu'il est aujourd'hui conçu ne mesure rien — rien d'autre que le laxisme dont nous sommes supposés faire preuve — et notre veulerie face à des pédagogues auxquels il suffit de dire non pour les renverser. En tout cas, pas de savoirs réels. Renonçons à la stériulisation par la "séquence", faisons-leur étudier de vrais textes littéraires, et pas les œuvres complètes d'Hervé Vilard (voir http://bonnetdane.midiblogs.com/archive/2006/05/25/l-ecole-est-finie.html), et nous reparlerons tranquillement, vous et moi, du fond et de la forme.
JPB

Ecrit par : brighelli | 09 juillet 2007

Nous avons déjà eu cette discussion sur le blog. L'appareil "techniciste" pour l'étude des textes littéraires est mal maîtrisé par nombre de collègues( en collège en tout cas) pour lesquels il finit par faire un en-soi détaché de toute théorie linguistique véritable. Il en devient caricatural à fortiori lorsqu'il est transmis comme tel aux élèves.
Il y a moyen de leur donner des outils d'analyse des textes même au collège à condition de les maîtriser soi-même, de les choisir ( et il y a du tri à faire effectivement)et de leur montrer qu'ils ne sont que des outils , pas des buts en tant que tels.
On ne peut pas envoyer des 3èmes au brevet actuellement en français en faisant l'impasse sur un certain nombre de termes et de notions "à la mode" dans les instructions officielles. Ce n'est pas honnête et c'est les envoyer au casse-pipe.
Mais on peut le faire malicieusement, en leur montrant ce qui relève d'une certaine forme de cuistrerie de bas étage et ce qui est nécessaire pour comprendre et analyser un texte. Et on y arrive très bien même avec des 3èmes en difficulté.
Après, il nous manque au collège l'exercice de la dissertation, du moins le travail préparatoire et modeste que nous y faisions mais qui permettait aux élèves de commencer à organiser leur pensée. Et le travail de "résumé de texte", excellent pour la concision et le travail d'écriture. Et là, mes 3èmes de l'an prochain vont y avoir droit. Je trouverai bien un terme à la mode pour faire passer la chose à l'intérieur de mes fausses séquences qui n'ont de séquences que le nom. Cela me fait toujours beaucoup rire de remplir le cahier de texte en jouant avec la terminologie des instructions officielles...

Ecrit par : Thalie | 09 juillet 2007

En ce qui concerne le bac et le français au lycée, on est bien sûr au-delà du simple problème de l'emploi d'un technicisme inopportun; c'est toute une idéologie qui est en place et qui est à remettre en cause; et il y a des tas de gens qui ont déjà bien démontré cela.

Ecrit par : Thalie | 09 juillet 2007

Je comprends bien, Thalia, Muse de la comédie, votre plaisir à berner les cuistres qui nous ont fourgué les "séquences".
Mais ne croyez-vous pas que si tout le monde refusait jusqu'au terme de "séquences", l'Inspection générale, qui semble y tenir comme à la prunelle de ses yeux, serait bien obligée d'en prendre acte - à moins d'envoyer tout le monde à Cayenne ou ramer sur les galères du Roy?
La raison pour laquelle je refuse absolument d'employer ce terme, c'est que la "séquence" est le mode de mise en place de la "pédagogie par objectifs", laquelle a pour but d'exploser la pédagogie traditionnelle des "programmes".
Or moi, les "objectifs", ça me brouille aussitôt l'esprit, je ne comprends plus rien à ce qu'il faut faire, je nage, je ne sais plus où donner de la tête.
Les "programmes", au moins, c'est clair. Et que la connaissance d'un programme donne des compétences, cela, c'est clair aussi. Trop clair sans doute pour un certain nombre de Trissotins.

Ecrit par : Jean | 09 juillet 2007

"Thalie"... Lapsus!

Ecrit par : Jean | 09 juillet 2007

D('ailleurs même pas un lapsus, Thalie, puisque "Thalia', c'est du grec.
Au fait, je ne m'en souviens plus, avez-vous du grec dans votre collège?

Ecrit par : Jean | 09 juillet 2007

Victor Hugo n'a pas toujours été républicain. Son Hôtel particulier de la place des Vosges fut saccagé par les émeutiers en 1848. Il était alors légitimiste et pair de France.

En regardant l'iconographie quarante-huitarde, on constate combien l'esprit révolutionnaire se basait sur la morale chrétienne.

Même si Proudhon se tient éloigné de la religion et tente d'élaborer une "morale laïque", il y a une poussée du christianisme social avec des hommes comme Lacordaire et Lamennais. Le socle de conviction républicain était l'idée d'une application du christianisme aux conditions modernes de la production industrielle." George Sand qui écrivit à son ami Barbès en lui promettant la victoire ne s'y était pas trompée : "Vous êtes le Christ de notre temps, vous vivez en martyr mon pauvre ami. Mais comme les premiers chrétiens, vous serez récompensé, votre foi triomphera."

Pour Marx, l'auteur des Luttes des classes en France en 48 et du 18 Brumaire de Louis-Napoléon Bonaparte, cette révolution sur une base de justice sociale était un leurre puisqu'elle ne prenait pas en compte l'affrontement sans merci, impitoyable, irréductible, des classes sociales.

Le "républicanisme" de Victor Hugo date du coup d'Etat de Louis Napoléon Bonaparte. Hugo n'a pas vraiment soutenu la seconde république et il parle des ateliers nationaux en termes très péjoratifs ("la République des bras croisés").

Il faut souligner l'importance de cette Révolution méconnue qui coïncide avec l'émergence sur la scène de l'Histoire d'une nouvelle classe sociale et qui a jeté les bases politiques de la France moderne : abolition de l'esclavage, abolition de la monarchie, liberté de la presse, droit au travail...

J'avais rendu compte il y a quelques années de l'ouvrage d'un "concitoyen" professeur agrégé d'Histoire sur la Révolution de 48 et les écrivains (Michelet, Flaubert, Sand, Lamartine, Hugo, Tocqueville...).

En dehors de George Sand (et de Lamartine) aucun de ceux-là n'a pris fait et cause pour la Révolution de 48, y compris Michelet.

Il est déjà excessif de faire de Hugo un tenant de la "justice sociale", mais le rapprochement avec La Bruyère et Prévert ne peut que conforter les élèves dans une vision anachronique et bêtement idéologique de la littérature et de l'engagement des écrivains...

Ce qui ne veut pas dire qu'ils ne se sont pas "engagés", encore faut-il y regarder de près et expliquer cas par cas.

Ecrit par : Robin | 09 juillet 2007

Il faut souligner l'importance de cette Révolution méconnue qui coïncide avec l'émergence sur la scène de l'Histoire d'une nouvelle classe sociale : le prolétariat

Ecrit par : Robin | 09 juillet 2007

"Et le travail de "résumé de texte", excellent pour la concision et le travail d'écriture. Et là, mes 3èmes de l'an prochain vont y avoir droit. Je trouverai bien un terme à la mode pour faire passer la chose à l'intérieur de mes fausses séquences qui n'ont de séquences que le nom."

Pour Thalie, trouvé dans "La maîtrise de la langue au collège", ouvrage du CNDP :

"la nécessité d'agir sur l'activité résumante protéiforme", considérée comme un des "savoir-faire transversaux".

Ecrit par : OGM | 09 juillet 2007

Jean, vous savez pourquoi je continue de remplir ainsi mon cahier de textes? Parce que c'est le dernier moyen de leur montrer que je me paie leur tête puisqu'ils se paient la nôtre et celle des élèves.
La dernière fois que je me suis fait inspecter, il y a eu une réunion plénière des enseignants de français avant mon inspection. L'IPR nous avait réunis pour nous expliquer les bienfaits de la LOLF et deux ou trois broutilles pédagos. J'ai dit tout le bien que je pensais des sciences de l'éducation et des méthodes imposées. J'étais la seule. Les chers collègues ne me regardaient même plus tant ils étaient gênés.
L'inspecteur m'a reproché le choix de la pièce, c'était une pièce de Shakespeare que les élèves ont aimé étudier par ailleurs. Il m' a reproché le fait que j'ai recherché avec avec eux, l'ossature du texte, son mouvement ( cela eût été mieux en fin de cours) alors que c'est le seul moyen logique pour que les élèves s'y retrouvent un peu; et puis in fine l'explication menée avec eux. Lorsqu'il a découvert que j'avais photocopié le texte en anglais et que je leur promettais une découverte comparée pour le cours suivant, cela a été les hauts cris. Trop compliqué, trop directif, trop, trop... Je lui ai fait remarquer que les élèves avaient parlé, et beaucoup, et il m'a répondu qu'il aurait fallu que je n'intervienne pratiquement pas, que les élèves auraient dû "construire leur cours par eux-mêmes"... Bref, on connaît la musique.
Quand on en est arrivé au cahier de textes, il s'est tortillé... Et là, j'ai souri intérieurement. Séquences, et objectifs y étaient, mais quelle déconstruction de leurs objectifs! Il a refermé le cahier d'un air gêné... Et là, Jean, je pense que si tout le monde leur renvoyait leur connerie à la figure....
On m' a expliqué pour faire bonne mesure que je serais beaucoup mieux ailleurs, dans un lycée par exemple. Et après un rapport fustigeant mon anti-pédagogisme bon teint, le bon fonctionnaire a fait mention du fait que je serais aussi bien ailleurs sans pour autant lever le petit doigt pour mettre en application ses conclusions.
Bref, le parfait cadre- fonctionnaire: j'applique la doxa et surtout je ne fais pas de vague. Ma carrière, ma carrière, ma carrière.
Alors ,quand on a encore la possibilité de se moquer un tout petit peu de ces gens-là, je ne vois pas pourquoi l'on s'en priverait.
Mon non respect des méthodes pédagos m'a valu une non augmentation de ma note... Je n'aurai jamais la hors-classe. Et je crois que deux de mes autres collègues "iufmisés "vont la" fêter" sous peu...
Du grec dans ce collège? Mais non, je vous ai déjà dit que ma collègue de LC ne fait pas de grammaire en latin, elle trouve cela "barbant".
Je viens de commencer un roman de VS Naipaul, pas dur à lire en anglais. Rien lu de lui encore. Humm! j'aime ces vacances...
Bon après-midi, Jean.

Ecrit par : Thalie | 09 juillet 2007

Merci ,OGM, je note tout de suite. C'est sympa parce que c'est tellement pénible d'aller mettre le nez dans leur phraséologie!

Ecrit par : Thalie | 09 juillet 2007

"Je viens de commencer un roman de VS Naipaul, pas dur à lire en anglais. Rien lu de lui encore…"

écrit Thalie.

J'avais tellement aimé "À la curbe du fleuve" que j'en aais cité un texte dans une anthologie XXème siècle, chez Magnard — c'était en 1985, c'était il y a un siècle : on ne prenait pas encore les élèves pour des canards sauvages, à cette époque. Je présumais alors que Naipaul aurait le Nobel un de ces jours — et ce fut chose faite en 2001.
Bonne lecture…
JPB

Ecrit par : brighelli | 09 juillet 2007

Je viens de commencer un roman de VS Naipaul, pas dur à lire en anglais. Rien lu de lui encore. Humm! j'aime ces vacances...
Ecrit par : Thalie | 09 juillet 2007

Cette phrase révèle-t'elle que vous n'aimez pas toujours vos vacances ?
Bonne lecture

Ecrit par : Japhet | 09 juillet 2007

Alors là, Thalie, en effet, vous avez fait très fort!
Je suis admiratif!

Toutefois, puisque le "bon fonctionnaire" ne vous a pas augmenté votre note alors que vous faisiez tout bien com' qué-c' qu'i fô fèr et que votre cahier de textes était celui d'un pédagogiste modèle, vous pouver désormais cesser de perdre votre temps à donner le change. De toute façon, le prochain passage dudit "fonctionnaire" est pour dans dix ans, et d'ici là, la doxa aura peut-être changé.

Je vous suggère d'organiser une petite fête pour le passage à la hors-classe de vos deux collègues et de vous proposer pour un discours en leur honneur, avec comme fil conducteur les bienfaits du sport, de ce sport qui permet de garder l'échine assez souple pour se plier aux modes pédagogiques dont dépend une carrière, de sauter pour tenter d'attraper les distinctions méritées comme le pompon dans les manèges, de ramper pour n'être pas remarqué dans un troupeau de dociles dont aucune tête ne doit dépasser comme c'est normal, de s'enfuir en courant de la salle des professeurs en se bouchant les oreilles comme Ulysse lorsque de mauvais professeurs hostiles à Meirieu tentent de vous séduire par leurs propos subversifs ou de courir au bureau du principal rapporter aussi sec lesdits propos, de bander tous ses muscles pour tenir ferme contre la tentation qui pourrait vous prendre de faire de cette grammaire honnie et "barbante", etc. etc.. Cela pourrait être drôle...

Ecrit par : Jean | 09 juillet 2007

Alors là, Thalie, en effet, vous avez fait très fort!
Je suis admiratif!

Moi aussi Thalie.

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J'ai retrouvé l'article et le titre du livre : "La rose plébéienne, 1848 : les écrivains dans la Révolution" aux éditions La Bruyère par Michel Jacquet.

Professeur agrégé d'Histoire, Michel Jacquet est enseignant à Bourges. Il est également l'auteur d'"Une occupation très romanesque", paru aux éditions La Bruyère.

Voici un extrait de mon article :

"Défenseur de l'ordre et de la propriété, propagateur de la légende napoléonienne, Victor Hugo est un légitimiste partisan de la régence de la duchesse d'Orléans. Il dénonce la "République des bras croisés" (allusion aux ateliers nationaux qu'il réprouvait), voit sa maison de la place des Vosges envahie et saccagée par le peuple et court derrière un train qui est parti sans lui. Ce n'est qu'en 1851, après le coup d'Etat de Louis-Napoléon Bonaparte, qu'il deviendra la grande figure républicaine que l'on connaît.

Michelet, effrayé, se garde bien de participer et continue d'écrire son histoire de la Révolution de 89, tandis que celle de 48 se déroule sous ses fenêtres. Il n'est pas loin de penser, comme Gustave Flaubert que la Révolution de 48 n'est "qu'une imitation de celle de 89 jouée par de mauvais acteurs."

Le témoignage le plus distancié et le plus critique est celui de Gustave Flaubert dans l'"Education sentimentale". A travers les descriptions sarcastiques des journées d'émeute et des soirées dans les clubs, se fait jour une vision désabusée d'une Histoire shakespearienne "pleine de bruit et de fureur et qui ne signifie rien."

George Sand préfigure la "gauche caviar" et incarne le côté loufoque, versatile et velléitaire de cette révolution avortée (...) Piqué au vif par la verve iconoclaste et volontiers provocatrice du conférencier, une personne dans la salle (Georges Buisson), se fondant sur une lecture approfondie des "Bulletins de la République" auxquels collabora George Sand, défendra avec une belle vigueur, au cours du débat, la mémoire intellectuelle et politique de la "bonne dame de Nohant"

Contrairement à celle de 89, foncièrement antireligieuse, la Révolution de 48 se réfère constamment à la mystique chrétienne. Des prêtres comme Lamennais s'engagent dans le combat social et se réclament du "prolétaire de Nazareth". Certains y perdirent la vie en essayant de s'interposer entre la troupe et les émeutiers...

C'est peut être Alexis de Tocqueville dans ses "Souvenirs" qui nous fournit sur cette période le témoignage le plus intéressant et le plus objectif : aristocrate de naissance, Tocqueville appréhende le pouvoir de la rue mais pense que la démocratie est inévitable et se prononce en faveur d'un système parlementaire (...)

Ecrit par : Robin | 09 juillet 2007

Les philosophes et les écrivains des Lumières (Voltaire, Rousseau, les Encyclopédistes...) avaient préparé la Révolution de 89 mais n'y avaient pas participé.

Avec le Révolution de 48, on assiste à un phénomène nouveau : l'engagement direct des "intellectuels" (le mot ne verra le jour qu'au moment de l'affaire Dreyfus) : Lamartine, Hugo, Lamennais, Tocqueville, Baudelaire, George Sand, Leconte de Lisle, Renan, Louis Ménard...y participent, chacun à sa manière : mystique, objective, passionnée, brouillonne ou distante. En quête d'un peuple idéalisé et insaisissable, tous courtisent, sans prendre garde à ses épines, la "rose plébéienne".

Ecrit par : Robin | 09 juillet 2007

La lutte des classes en France (1848-1850) signalé par JPB a été publié dans la collection 10/18 avec "Le manifeste du parti communiste". J'ignore si le livre a été réédité. La plupart des gens de ma génération doivent l'avoir dans leur bibliothèque.

Ecrit par : Robin | 09 juillet 2007

Je signalais en note dans ma Note (si, si, j'ose !) le petit grand livre de Lafargue, la Légende de Victor Hugo, qui montre amplement le caractère systématiquement "suiviste" du grand homme. Les écrivains n'ont jamais été très entreprenants, dans les révolutions. Pour un Alexandre Dumas qui se bat avec enthousiasme en 1830, pour un Rimbaud qui a (peut-être) fait le coup de feu en 1871, combien de réfractaires à 1848, et combien d'adversaires acharnés des Communards : voir le livre remarquable de Paul Lidsky, les Ecrivains contre la Commune, Maspéro 1970 — mais Google me dit qu'il a été réédité par la Découverte il y a quelques années : indispensable ! Des appels au meurtre de Flaubert (entre autres) qui valent leur pesant de plomb.
Même Sade — à vrai dire, il passe l'essentiel de la Terreur en prison, ce qui peut lui valoir d'excuse, mais il n'écrit son "Français, encore un effort si vous voulez être républicain" (inséré dans la Philosophie dans le boudoir indispensable à tous els pédagogues !) qu'en 1795, quand il n'y a plus beaucoup de risques — il en prend néanmoins en se déclarant farouche adversaire de la peine de mort, selon un raisonnement qui ne pouvait appartenir qu'à lui…
JPB

Ecrit par : brighelli | 09 juillet 2007

Le Manifeste se termine par la phrase célèbre : "Prolétaires de tous les pays unissez-vous", phrase que la grand-mère paternelle d'un de mes amis, d'origine russe avait lu sur un mur de Saint-Petersbourg en 1917 et qu'elle traduisait en français sans aucune malice : "Prolétaires de tous les pays, ramassez-vous !

" Buntovtchik s'il revenait sur ce blog nous expliquerait sans doute pourquoi.

Ecrit par : Robin | 09 juillet 2007

Honte à moi:-) je n'avais pas lu vos notes en bas de page! ce Lafargue-là, c'est donc le Léon-Paul Lafargue ou Paul-Léon, je ne me souviens plus très bien. Je me souviens de ce "Droit à la paresse" que je lisais à 16 ans en me prenant pour une anar. et en écoutant Moustaki!!!! Vous allez pouvoir vous moquer de moi!!!
Je vais essayer de regarder cela, sur Hugo! Cela m'épate!

Ecrit par : Thalie | 09 juillet 2007

Eh bien, moi, Thalie, je ne moquerai pas de vous. Quoi! Avoir écouté Moustaki avecmagueuledemétèquedejuiferrantdepâtregrecetmescheveuzauxquatrevents,
ce n'est non seulement pas ni un sujet de honte ni un pêché mortel. Nous sommes beaucoup à être passés par là, sans parler par le petit détour par le Zim et le Marley. Peut-être cela nous a-il-aidé à approcher de loin ce que Teilhard appelle quelque part "l'etrange Symphonie de la Vie"????
BâV
En fait, il y aura un bol pour vous.

Ecrit par : montaigneàcheval | 09 juillet 2007

пролетарии бсех стран, соединяйтесъ!
C'est Le Monde Désert, ici, aujourd'hui. Seriez vous tous dans les embouteillages?

Ecrit par : dobolino | 09 juillet 2007

Je me souviens de ce "Droit à la paresse" que je lisais à 16 ans en me prenant pour une anar. et en écoutant Moustaki!!!! Vous allez pouvoir vous moquer de moi!!!


Ecrit par : Thalie | 09 juillet 2007

Bah! Je continue à écouter Ferré... moquez-vous de moi si vous voulez!
Vous n'aimez plus les chansons de Moustaki, ni celles de Ferré, ni "fallait déjà se lever tot pour trouver un brin d'herbe..."?
Voyez-vous, MàC, mon pauvre, nous filons droit vers l'interdiction formelle de "quatre mois etc..." au moins de dix-huit ans et la lapidation des jeunes filles non vierges au mariage et des femmes adultères.

Ecrit par : dobolino | 09 juillet 2007

Peut-être cela nous a-il-aidé à approcher de loin ce que Teilhard appelle quelque part "l'étrange Symphonie de la Vie"????
BâV
En fait, il y aura un bol pour vous.


Hugo délaisse la monarchie pour la République, Lafargue commet "Le Droit à la paresse pendant que son beau-père écrit "Le Manifeste du Parti communiste"..., Thalie écoute Moustaky en lisant Lafargue pendant que Montaigne lui prépare un bol et cite Teilhard de Chardin (!)...C'est ce qu'on appelle "l'étrange symphonie de la vie".

Ecrit par : Robin | 09 juillet 2007

C'est ce qu'on appelle "l'étrange symphonie de la vie".

Ecrit par : Robin | 09 juillet 2007


Par pur esprit de contradiction, je vais donc regarder "Le Silence", de Bergman...

Ecrit par : OGM | 09 juillet 2007

"Ne jetez pas la pierre à la femme adultère
Je suis derrière……"
Vous n'écoutiez pas Brassens, en alternance, avec Moustaki et Ferré ?
Et nous ne faisions pas que lire Lafargue, pendant ce temps. Il arrivait que l'on s'emmêle voluptueusement. Le Droit à la paresse mène tout droit au droit à l'horizontalité perpétuée. Tout ça nous menait assez loin de Teilhard de Chardin…

Tiens, j'étais venu vous souhaiter le bonsoir, je retourne aux Invasions barbares, sur la Deux, l'un des rares films qui me fasse pleurer.
Et juste après, le premier volet, le Déclin de l'empire américain, l'un des rares films qui me fasse rire. Tout à fait dans l'ambiance 70 — alors que l'autre est en plein dans les années 90-2000.
Il faut être bête comme un programmateur pour passer Thanatos avant Eros.
JPB

Ecrit par : brighelli | 09 juillet 2007

J'écoute aussi Thiéfaine "Acide, Nembutal, Yoghourt, Tranxène..." ambiance années 80. ecoutez, ça vous fera comprendre les parents de vos élèves, bercés par ses chansons dans leur enfance.
Moral dans les chaussettes, paradis artificiels pour l'absence. c'étaient mes copains qui ont inaugué le RMI (1985/84?) qui me l'ont fait connaitre. Mon doctorat me parut alors fade et confortable comme un R16.

Ecrit par : dobolino | 09 juillet 2007

Les mêmes ont aussi inauguré le SIDA et l'hépatite C. Certains sont encore en vie, leurs momes sont peut-être dans vos classes.
Il y a des fois où, en vous lisant, je me demande qui, ici, le sait au fond de ses tripes?
Vous savez qui vous me rappelez? Mon papa...
Surprotégés vous êtes.
L'école était tellement bien à l'époque, les feignes qui n'ont pas réussi, c'est pas de la faute de l'école.

Ecrit par : dobolino | 09 juillet 2007

J'ai corrigé ce sujet de bac.
Je trouve l'analyse de Mme Bellosta pertinente - mais je me dois quand même de faire remarquer qu'on ne trouvera ceci nulle part dans les consignes d'évaluation du commentaire :
"5) Grave pour la cohérence générale du système éducatif parce que le fossé se creuse entre la « culture » de l’enseignement secondaire et la « culture » de l’enseignement supérieur. Au niveau secondaire, l’IGEN laisse imprimer des consignes de correction du bac où le portrait de « Gnathon », dans La Bruyère, « dénonce une structure sociale inégalitaire » ;" : il n'y a cela nulle part dans les consignes, et c'est encore heureux.

Les consignes parlent de : la composition du portrait ; la caricature du goinfre ( en supposant que les élèves soient capables de trouver Asyndète, hyperboles et animalisations - ); le comble de l'égoïsme.

On ajoute : ces pistes n'excluent pas d'autres possibilités dont il appartient au correcteur d'évaluer la pertinence.

Quant à la question, les consignes de correction étaient absolument floues - mais il ne pouvait pas en être autrement.

Ecrit par : Mialdy | 09 juillet 2007

Le silence de Bergman, très beau film...les invasions barbares et le déclin de l'empire américain aussi, JPB ne vaut-il pas mieux les pleurs avant le rire?...Par temps pluvieux rien de tel que de bons films... mais au rythme où la pluie tombe je vais bientôt plus rien avoir à visionner:(...
C'est vrai que le blog est désert et maussade à l'image de cet été "pourri"...
heureusement Màc nous divertit avec ses cartes postales aux embruns normands et aux relents de moules et camembert...merci à lui j'attends la suite...
Coucou particulier à Dobolino, vous avez raison il doit y avoir un certains nombre de blogueurs bloqués dans les embouteillages... mais le peu que nous sommes est peut-être suffisant pour une partie de cartes...poker?bridge?
bonne nuit

Ecrit par : Patricia Mesnigé | 10 juillet 2007

Il faut être bête comme un programmateur pour passer Thanatos avant Eros.
JPB
(rappel:Invasions barbares avant Déclin de l'empire américain)
Ne jetons pas la pierre à celui qui n'a aucun sens de la chronologie ou de la plus élémentaire logique: Il est
la victime de la catastrophe humanitaire qui a mutilé à vie les
millions d'élèves, ces nouveaux barbares justement qui nous ont envahis: ils ont commencé à ne pas apprendre à lire grace à la méthode globale, puis à ne pas compter, ni penser, comme l'a magistralement expliqué M-C. Bellosta
dont la lecture fut music to my ears et vue leur taille j'étais à la fete (pardon,de retour en France sur clavier azerty je ne sais plus faire les accents circonflexes... )

La lecture de son article et de la suite qu'elle a bien voulu nous donner ici m'a rappelé l'épisode similaire de la chanson de Perret, la p'tite Lili, donnée à commenter dans des conditions me semble-t-l aussi insultantes pour l'intelligence de nos enfants.

Ecrit par : Cadichon | 10 juillet 2007

Comme il me plaît de retrouver ici le vrai Brighelli, celui que j'appréciais il y a quelques mois pour sa défense d'une école de la culture et son indépendance vis-à-vis des pouvoirs !

Espérons que vous repreniez définitivement ce chemin, M. Brighelli. Le léchage des pouvoirs, laissons cela à Dubet et à Frackowiak, que nous avons vu s'écraser comme une merde dans une émission devant Robien lui donnant une fessée.

Ecrit par : Rodolphe Dumouch | 10 juillet 2007

Aciiiiiiiiiiiddddeeeeee


"L'école était tellement bien à l'époque, les feignes qui n'ont pas réussi, c'est pas de la faute de l'école.
Ecrit par : dobolino | 09 juillet 2007 "

La "SyllGlobMixtvitevitemalfait" et "du complexe vers le mur" existaient d'jà à l'époque.... Tu n'es pas passée qu'à côté...
àmha :)

Sinon tu n'aurais pas voté Ségo. lol :))))))
J'l'ai encore vu récemment... Pathétique.
Le p'tit Nicolas, lui, est trop fort avec sa main tendu aux bons de gauche, que les ânes s'empresseront de traiter de "fachosetc" (ref l'âne lubinowski)

Ecrit par : toto | 10 juillet 2007

"je ne sais plus faire les accents circonflexes... "

1) tu appuies sur la touche à la droite de ma mettre "p", une fois .
2) tu choisis la 'voyelle' sur laquelle tu veux mettre un acccent

ex: â ê û î ô

Ecrit par : toto | 10 juillet 2007

Vous parliez de "divertissement" pascalien ou cinématographique en cet été pourri? qui d'ailleur rappelle 1816, la fameuse "année sans été" suit à l'explosion volcanique du Zambora en Indonésie, la plus violente de toute l'histoire depuis Santorin.
Comme il pleut comme benouasèze qui pisse et que ça commence me gonfler, je me suis posé telle une bouse en mon canapé et je me repasse Barry Lyndon, mon film-culte, Les Sentiers de la Gloire, 2001 l'Odyssée de l'espace, Starship Troopers, Alien....bref des classiques. Plus "la Règle du Jeu". Et "Casque d'Or" que je viens de me graver. Puis je me ferai aussi "La Traversée de Paris" etc etc....

Dans trois jours, je me natchave dans la patrie de Pendariès. Là au moins, fera beau.

J'l'ai encore vu récemment... Pathétique.
Le p'tit Nicolas, lui, est trop fort avec sa main tendu aux bons de gauche, que les ânes s'empresseront de traiter de "fachosetc" (ref l'âne lubinowski)

Ecrit par : toto | 10 juillet 2007

et puis c'est distrayant. On lit des conneries. "les bons de gauche".......ah que Nicolas!!! ouuuh trop de la balle!!!!! trop fort!!!!! 12 ans d'âge mental. Et encore.

Cela dit Sarkozy se débrouille bien pour encalaminer le PS. Bientôt ce ne sera plus un , mais dix, vingt pontages coronariens qu'il faudra lui faire, au PS. La survie de la gauche passe sur le cadavre du PS aurait dit, à peu près Toukhatchevski. Maintenant, faire dans le côté préado people à propos de Badinguet...faut quand même pas pousser.

Autre raison de rigoler: la fiolefiente de ce pauvre naze d'Aschieri -quelle burne, celui-là- on a envie de le surnommer "balai de chiottes" ou "bidet" tellement il est con, apprenant les 17000 suppressions d'emploi dans l'EN à la rentrée....."oh bâ ch'est pas bien, alors, le minisse nous a menti, ouh lalala...attention, hein, hein, on va êt' méchants...."

Enfin, dernière chose, BENOUASEZE qui autorise la Messe de Saint Pie V...en latin...Saloperies de ratichons!!!!!.Ce sont les Etrons Kaszcinski qui seront contents. Comme je l'avais écrit quelque par la prenthèse de la liberté s'est presque refermée.

Ecrit par : montaigneàcheval | 10 juillet 2007

écrit quelque part, la parenthèse.....

avec l'aéropage de gens instruits, je vais me faire saucetomatiser

Ecrit par : montaigneàcheval | 10 juillet 2007

quelque part, la parenthèse

Ecrit par : montaigneàcheval | 10 juillet 2007

"avec l'aéropage de gens instruits…"

Aréopage, MàC !

Ecrit par : Abraxas | 10 juillet 2007

Dans trois jours, je me natchave dans la patrie de Pendariès. Là au moins, fera beau.

MàC

N'en soyez pas si sûr mon ami! J'ai regardé météo France, sur le net, il pleut, il vente aussi dans mon pays... Sur Narbonne - il caille (moins de 20 degres), c'est nuageux, ça sent la pluie même!

Vous connaissez bien Anduze, ou avez-vous besoin de quelques conseils??? (Starship troopers!!!! à fond oui!!!!)

Ecrit par : Pendariès | 10 juillet 2007

Sur Marx et Hugo
Comme «Le XVIII Brumaire de Louis Bonaparte» de Marx est au programme des prépas scientifiques à la rentrée prochaine (dans un volume collectif intitulé « La lutte des classes en France », trad. M. Rubel, « Folio Histoire », riche appareil critique repris de la Pléiade), et que le cas particulier d’Hugo est très significatif (non pas du tout de son « suivisme », mais plutôt de la complexité idéologico-politique et du happening incontrôlable que fut 48 et dont Marx rend brillamment compte), j’apporte mon grain de sel bibliographique...
D’accord avec Robin sur un point important: on peut considérer qu’Hugo fait partie, en 48, des orléanistes du «parti de l’ordre»: le 24 février, il a tenté en vain de faire proclamer la Régence, il assiste régulièrement au réunion des «burgraves» de la rue de Poitiers (pour employer le mot d’époque que Marx emploie). Cependant, au fil de la Seconde république, il devient républicain: il parle contre l’oppression cléricale des États romains (19 oct. 49), défend le suffrage universel (20 mai 1850), refuse la révision de la Constitution (17 juill. 1851)... Selon lui, c’est l’affaire de Rome (commentée par Marx) qui provoque sa métamorphose politique (préface d’«Actes et paroles I», «Le droit et la loi», VI). Il est vraiment républicain dur comme fer quand survient le coup d’État du 2 déc. 1851 (il est un des sept membres du Comité de résistance nommé par la Montagne de l’Assemblée, il est sur les barricades au péril de sa vie).
C’est vrai qu’au départ le «peuple» se méfie de ce Pair de France familier du chateau: en mars 48, la «Société du Peuple du 8e arrondissement» lui demande de ne pas accepter d’être nommé maire du 8e («Nous connaissons depuis longtemps vos allures dédaigneuses, hautaines et aristocrates»). Mais son domicile n’a pas été saccagé par les émeutiers en juin 48 : ils l’ont investi («Choses vues», Laffont/Bouquins, t. «Histoire», pp.1054-1055), mais ils n’ont rien touché (préface d’«Actes et Paroles III», «Paris et Rome», IV).
En juin 1848, Hugo était un des 60 commissaires nommés par la Constituante pour rétablir l’ordre, c’est-à-dire affronter et démanteler les barricades («Choses vues» ; et, sur un mode «philosophique», «Les Misérables», Partie V, Livre I, chap. 1).
Le plus intéressant, selon moi, dans la perspective du «XVIII Brumaire», c’est qu’Hugo a aidé à faire lever l’inéligibilité de LN Bonaparte, et que son journal, «L’Événement», a fait campagne pour l’élection de Bonaparte à la Présidence de la République (10 décembre 48). Comme quoi tout le monde peut se tromper. Même si Marx ne le dit pas (mais peut-être ne le sait-il pas, n’ayant été à Paris qu’en avril 48, puis en juin-août 49), Hugo a donc fait partie de la «farce», parmi ses innombrables dindons.
Une chronologie jour à jour du XIXe siècle (et pas exclusivement hugolienne): http://groupugo.div.jussieu.fr/Groupugo/ChronoHugo.htm

Ecrit par : MC Bellosta | 10 juillet 2007

Mille mercis pour les coordonnées du site, et l'analyse. Ce que c'est que d'être spécialiste…
JPB

Ecrit par : brighelli | 10 juillet 2007

On lit des conneries. "les bons de gauche".......!!!!! 12 ans d'âge mental. Et encore.

Cela dit Sarkozy se débrouille bien pour encalaminer le PS. Bientôt ce ne sera plus un , mais dix, vingt pontages coronariens qu'il faudra lui faire, au PS.
La survie de la gauche passe sur le cadavre du PS aurait dit, à peu près Toukhatchevski. Maintenant, faire dans le côté préado people à propos de Badinguet...faut quand même pas pousser.

:) lé véner le Mac.Ouille :))))

Ecrit par : toto | 10 juillet 2007

Le Macouille, Toto, il aime bien la polémique avec des gens de qualité, dont vous êtes. Pour le reste, dans "Choses VUes", le génialissime "reportage" de Hugo, dans le volume qui concerne 1848, le "Grand Crocodile" relate l'Affaire Teste-Cubières, une sombre histoire de concussion, de prébendes et de général véreux. La force de son récit et cette expression inimitable de la force de la justice est, à mon sens, la prémisse du Hugo de 1873, se battant pour l'amnistie des communards. Lorsque Hugo fait campagne pour Badinguet, ce n'est pas de l'aveuglement, mais du désespoir devant l'effroyable nullité des autres candidats, Lamartine y compris. Je pense qu'il pressent ce qui va advenir. Il le dit d'ailleurs dans Choses Vues en 1849. Et puis son admiration partagée d'aillerus par d'innombrables contempoains pour l'épopée napoléonienne n'y est pas pour rien.
Je vais relire "Choses Vues", tiens, merci MC Bellosta pour votrr souffle inspirateur!!!!
Cela dit, le coup d'état de 1851 fit, rappelons -le infiniment moins de victimes que la répression versaillaise, 20 ans plus tard. On oublie souvent que la République n'y va pas de main morte quand il s'agit de réprimer.
la brillantissime analyse de Marx sur le "18 Brumaire" montre qu'au fond, un consensus bonapartiste existait dans le pays, intact depuis 1799. Le régime de Badinguet fut sans doute l'un des plus modernes et les plus en avance sur son temps. Comparons avec l'Allemagne pré-bismarckienne, par exemple ou l'Angleterre de l'époque. Au fond, Badinguet, c'est Peron, un curieux mélange d'autoritarisme primitif et de fabuleux progrès sociaux. C'est sous le second empire que fut accordé le droit de grève, en 1864. Hugo, c'est De Gaulle. Perché sur son île, il "incarnait la France". Un aigle, sans doute trop enclin à ne voir que des dindes. Quant à comparer Badinguet à Pétain, c'est aller sans doute un peu vite en besogne. Les racines du pétainisme sont postérieures. Elles sont à chercher dans les premières décennies de la IIIème république.
Et quelle floraison artistique, Flaubert en tête, pendant cett période!!!!

Pendariès, Anduze, et toute la région, pensez si je connais. Une partie de ma famille frnaçaise est parpaillotte (comme on dit à Nouméa!!) . Ils s'appellent Van Der Beken. Et depuis que je suis gosse, je vais régulièrement à Mandajors voir mon cousin, ancien pasteur, et un autre, un cinglé, qui a relevé une ruine aux Puechs de Mialet et est convaincu quesa famille descend d'une lignée d'hidalgos espagnols émigrés en Flandres. Van Der Beken, traduction de DelRio ou un truc dans ce genre......FOUTRAQUE à mort. Mais quelle région!!!! Un midi étrange, comme abâtardi par le souffle rauque, grantique et celte du Massif Central.
Je serai là-bas le 20. Et mille sabords ,s'il y pleut aussi, c'est à se la cuire en beignet!!!!! On pourra s'en boire un ou deux à la santé de JPB...

Ecrit par : montaigneàcheval | 10 juillet 2007

J'avais posté et puis psssschhiiit.....zorrrrrgggggg

Ecrit par : montaigneàcheval | 10 juillet 2007

Réponse à Mialdy
N’aurions-nous pas, madame, les mêmes consignes de corrections entre les mains ?
En haut de la page 1/3, on lit, je cite in extenso les consignes données pour la correction de la question (4/20) :
« Éléments de correction
« Séries ES-S
« QUESTION
« Quelques pistes :
« • Les trois textes ont pour visée commune de susciter l’indignation : il s’agit de dénoncer une structure sociale inégalitaire, qui favorise l’injustice et l’exclusion. Cette visée s’inscrit dans un registre polémique (et partiellement pathétique pour Hugo et Prévert). On notera la volonté des auteurs de ne pas s’enfermer dans un cadre anecdotique : la dénonciation prend une dimension allégorique qui s’affranchit d’un cadre spatio-temporel restreint. Noter par ailleurs le recours systématique à des jeux d’opposition pour souligner les inégalités et accroître le sentiment d’injustice.
« • Les différences sont d’ordre générique : La Bruyère recourt au portrait satirique ; la description relève de la caricature et accumule en une seule figure indéterminée les marques superlatives de la goinfrerie et de l’égoïsme. Le texte de Hugo s’inscrit dans un cadre autobiographique (Choses vues), le texte de Prévert recourt à une forme poétique dont la dimension narrative et la rupture finale à valeur consécutive ne sont pas sans rappeler la construction des fables.
« • les différence se situent également sur le plan de l’implication : distanciation pour La Bruyère ; implication directe chez Hugo, qui intensifie l’effet de réel en se donnant comme témoin ; focalisation interne dans un premier temps chez Prévert, suivi d’une « morale » énoncée sous la forme neutre du fait divers. »

Si la première phrase de ces «Éléments de correction» ne signifie pas que le portrait de Gnathon a «pour visée de susciter l’indignation : il s’agit de dénoncer une structure sociale inégalitaire, qui favorise l’injustice et l’exclusion», je veux bien être pendue.
Au reste le texte de Hugo n’a pas pour visée, lui non plus, «de susciter l’indignation», ni de «dénoncer une structure sociale inégalitaire, qui favorise l’injustice et l’exclusion». C’est là un contre-sens comme on en commet par ignorance de la situation du texte («situation» au sens large, sartrien) et par anachronisme de pensée («ségolinisme» militant projeté sur un pair de France louis-philippard). Si on suppose, pour ce texte sans destinataire prévu, un lecteur destinataire, alors il a pour objet de le rendre «pensif» (c’est écrit noir sur blanc dans le texte) devant le «spectre de la misère», et de faire réfléchir ce lecteur sur le risque que cet écart disproportionné de niveau de vie n’entraîne une révolution (perçue par Hugo comme horrible : «difforme, lugubre», venue des «ténèbres», «catastrophe») maintenant que 89 et 93 ont appris à ce genre de misérable à s’aviser de l’existence de ce genre de duchesse. Pour simplifier en deux mots, ce texte exprime l’inquiétude d’un bien-pensant (qui a toujours eu des antennes pour percevoir l'état des esprits). Hugo est encore très loin d’écrire les «Misérables» et d’excuser par la misère «l’énigme» que lui posent les soulèvements populaires, les «Charybde et Scylla» d’une violence révolutionnaire désespérée (Partie V, Livre I, chap. 1) ; avant de voir la barricade du faubourg Saint-Antoine de juin 48 comme «la collaboration du pavé, du moellon, de la poutre, de la barre de fer [...] de la loque, de la guenille et de la malédiction», «acropole des va-nu-pieds», il les écrasera, ces barricades, au côté des soldats de Cavaignac.

Je me demande, madame, si votre courrier ne cherchait pas à sauver l’honneur de l'État-examinateur et de l’EAF ES-S de cette année, mais il y a des causes perdues.
Il faudrait d’ailleurs faire lire aussi à l’Etat-correcteur du bac le «Pacte autobiographique» de Lejeune pour qu’il n’emploie pas «autobiographique» pour désigner les notes personnelles de «Temps présent» (manuscrit de publication posthume, appelé «Choses vues» par ses premiers éditeurs), et leur rappeler que la «morale» d’une fable est un énoncé gnomique, et non pas narratif. Il y en a vraiment assez de cette prétention savante qui n’en finit pas de tomber faux. QUE L’ÉTAT-EXAMINATEUR SOIT PLUS MODESTE DANS SES AMBITIONS, ET IL DIRA MOINS DE SOTTISES. Et les enseignants de CPGE et de DEUG auront moins d'erreurs à redresser dans la tête des étudiants.

Ecrit par : MC Bellosta | 10 juillet 2007

Hugo aime prendre des poses — a posteriori. De même qu'il pressent souvent — le lendemain (1). Je ne lui en veux pas, chacun se consteruit son monument comme il l'entend.
JPB

(1) C'est tout le sens de "demain" dans "Demain dès l'aube…" Le poème se ^prétend écrit la veille de l'anniversaire de la mort de L"opoldine, alors qu'il a été rédigé un mois plus tard — le temps de rassembler tous les éléments techniques pouvant faire croire à de la spontanéité.
C'est la même chose en photoi — voyez ce spoortraits quelque peu posés de Hugo à Guernesay, seul face à la mer, bla-bla-bla. Il avait compris parmi les premiers l'usage que l'on pouvait faire de l'iconographie en général, et de la photographie en particulier. Et le temps de pose des daguerrotypes (jusqu'à une minute, vers 1850) donne aussi la mesure de la "spontanéité" de ces images qui glissent savamment de l'Exilé Suprême vers le Grand-Père de tous les Français — c'est tout un art… MàC n'a pas tort de le comparer sur ce point à De Gaulle, qui a suivi la même trajectoire — à cei près que le grand Charles a vraiment pressenti le déroulement de la guerre, et pesé sur sa fin, ce qui ne fut pas le cas de tout le monde… Et je pense qu'il a démissionné (il s'est acculé lui-même à la démission, en se mettant en balance dans un référendum non indispensable à l'issue douteuse) lorsqu'il a perdu la main sur le futur — et sur le présent (et je rappelle qu'en 1969, le présent — du référendum — ce n'était pas les gauchistes qui défilaient dans la rue, c'était Giscard qui se tricotait une révolution de palais).

Ecrit par : brighelli | 10 juillet 2007

La "visée qui s'inscrit dans un registre polémique", quelle métaphore bancale!
Quel insupportable charabia!

"Registre pathétique", "s'enfermer dans un cadre", "s'affranchir d'un cadre", "le recours systématique à des jeux d'opposition", "des différences d'ordre générique", "accumule en une seule figure indéterminée les marques superlatives de la caricature" ( quelle enflure verbale!), "s'inscrit dans un cadre autobiographique" ( encore! Ils l'aiment bien, celle-là!), "recourt à une forme poétique" (celle-là aussi!), "la dimension narrative", "la rupture finale à valeur consécutive" (Ouah!!! Murmure admiratif! Que c'est beau!), "ne sont pas sans rappeler" (un essai de faire du style - raté!), "les différences se situent" (quelle horreur! Expression typique des IUFM!), "sur le plan de l'implication" (de pire en pire, comme dit l'autre!!), "distanciation", "implication directe","focalisation interne" (évvidemment, on n'y coupe pas!).

C'est avec ce jargon inepte, qui vide les textes de leur âme, que l'on détourne à coup sûr les élèves du français! Et ils ont bien raison, les pauvres! C'est de la légitime défense! C'est la preuve que notre jeunesse a l'esprit naturellement clair et que le redressement du système éducatif est possible à condition de le débarrasser des pédants qui y plastronnent.

Ce qui me rend réellement admiratif,c'est que certains de nos collègues - ceux qui ont confectionné des sujets aussi manifestement prétextes à récitation du dogme et rédigé d'aussi indigestes "consignes de correction" - aient assimilé eux-mêmes toute cette quincaillerie verbeuse qui représente une insulte permanente au bon sens et aux grands auteurs.
Je suppose que les nécessités d'une carrière doivent être bien fortes pour que l'on en vienne à s'infliger à soi-même un tel pensum et à faire taire en soi la petite voix obstinée qui vous dit: "Laisse tomber de telles inepties! Redeviens toi-même! Pense à tes élèves!"!

Ecrit par : Jean | 10 juillet 2007

"Au fond, Badinguet, c'est Peron, un curieux mélange d'autoritarisme primitif et de fabuleux progrès sociaux. "

MàC, je suis content de lire ça sous votre plume. Mais vous qui êtes l'expert, en matière de politique étrangère, Badinguet a un triste bilan, non ? Beaucoup plus triste que son bilan franco-français, en tout cas.

Ecrit par : Japhet | 10 juillet 2007

Je cherche simplement à être juste - il se trouve que ce que vous citez ne se trouve pas du tout dans mes consignes de correction, et c'est tout.
Je vous donne l'intégralité de mes consignes pour la question, - qui sont particulièrement sommaires :
A la suite des principes généraux de notation ( qu'on pouvait aussi utiliser pour montrer que l'évaluation du baccalauréat était volontairement faite pour obtenir de bonnes notes ) -
Question - 4 points.
L'objectif du correcteur est d'évaluer le fond de la réponse du candidat. On accordera la note maximale à une réponse qui sans être parfaite ni exhaustive se signale par sa clarté et sa pertinence.
La question exige deux éléments de réponse :
La visée ( 1 point ) : les trois textes visent à susciter l'indignation ( ou à faire réagir, à dénoncer ... )
Les voies différentes ( 3 points ) : on attend que le candidat mette en lumière la spécificité de chaque texte.

Et c'est absolument tout ce que j'ai obtenu comme consigne. Sur le commentaire, j'ai noté ici ce que j'ai trouvé.
Mes camarades d'harmonisation n'avaient rien d'autre.

Mon but en intervenant se bornait à préciser ce point- ne vous frappez pas, je ne suis pas l'auteur(e) de ce sujet, que j'ai trouvé lamentable, parce qu'il l'était.

Ceci dit, autant j'ai pu lire des copies pathétiques, où certains élèves me parlèrent de Gnathon 'éleveur de vers à 'soi' ' - autant j'ai lu un bon nombre de copies excellentes, sans une faute d'orthographe sur dix pages de texte, des travaux pertinents, intelligents et fournis, d'autant plus remarquables qu'il fallait être particulièrment intelligent pour se sortir d'un groupement aussi incohérent.
On peut le dire, quand même, non ?
Je signale que ces copies viennent du fin fond de la campagne, d'un lycée absolument anonyme et classé nulle part. Et il était évident que nombre des élèves que j'ai corrigés avaient eu d'excellents professeurs, et c'est tant mieux !

Ecrit par : Milady | 10 juillet 2007

"Du fin fond de la campagne, un lycée absolument anonyme..."
Sans doute trop éloigné pour que les inspecteurs s'y hasardent. Un village d'irréductibles Gaulois, en quelque sorte!
Ces élèves ont bien de la chance!
Leurs professeurs méritent un bonnetdane d'honneur.

Ecrit par : Jean | 10 juillet 2007

Question comme un cheveu sur la soupe:
Un élève qui choisit de faire hypokhagne et khagne peut-il avoir des équivalences en fac et si oui, lesquelles?

Ecrit par : dobolino | 10 juillet 2007

Japhet, là encore, quand on lit le superbe essai de Philippe Roth sur "La Guerre de 1870-1871", épisode encore TRES mal connu de notre histoire, on est quand même sidéré par quelque chose: outre la nullité absolue du personnel militaire de l'époque, mis à part Faidherbe, à la rigueur et Bourbaki, plus d'autres moins célèbres, on est frappé de constater que le simple fait bonapartiste a suffit à faire renaître la coalition contre le Premier Empire. La politique extérieure de Badinguet n'est pas si nulle qu'on le croit; Deux faits, si vous me le permettez:
-Napoléon III fut, on l'oublie, le premier homme d'état à tenter de changer le cours de l'infamie coloniale. Il préconisa un "Royaume Arabe", vision extraordinaire, reprise plus tard par Clémenceau, dans sa fameuse diatribe cotnre Ferry-Tonkin. Badinguet avait, de par sa jeunesse de proscrit compris que la coercition n'avait de sens que quand les "ventres étaient pleins". Or, l'Algérie de 1855-1870 était en pleine ébullition. La caste des "pieds-noirs " qui se formait, et dont les chefs militaires diligentés par Paris n'étaient pas sans valeur, était en train de se glisser dans une sorte d'apartheid "allant de soi", suite aux écrits du sinistre Gobineau, quelques 15 ans auparavant. Les chose allèrent assez loin ,puisqu'en 1861, Badinguet reçut en grande pompe les autorités musulmanes d'Algérie et préconisa une sorte de Royaume Arabe dans lequel les droits des européens auraient été préservés. La défaite de 70 et l'afflux des Alsaciens en Algérie fit tout capoter. Mais là encore, Napoléon III était un visionnaire.
Pour l'affaire du Mexique, ce sont les manoeuvres conjointes des Etats-Unis et de l'Espagne, attisée par Eugénie de Montijo, qui firent échouer le projet d'un Mexique dirigé par les habsbourg, ce qui eut changé radicalement le destin du monde. Et de l'Europe. Donc pas si nul que ça, le pépère. Et puis, 1867, le Canal de Suez, excusez du peu!!!! Et Sébastopol, en esquissant un rapprochement avec la Porte.
Donc, je crois que Badinguet est de loin le plus brillant chef d'état du XIXème siècle en France. "L'extinction du Paupérisme" est un livre fondamental, une sorte de geste du progrès, qui contient, quand on le lit attentitvmeent tout ce que le Front Populaire mettra en oeuvre. Evidemment, il ne s'est pas encombré de scrupules, mais qui s'en est encombré. Et Hugo avait beau jeu de faire le matamore de Guernesey drapé dans la moire de son génie.On imagine ce qu'il fût advenu de brillantissime de ce pays si Hugo avait rejoint l'empire en 1861. D'autant que vers la fin, en Mai 1870, Badinguet adopta......la Vème République: l'Empire Constitutionnel. Dont la guerre ne laissa pas le temps de voir les effets.
Période de cons a-t-on l'habitude de seriner. Mais au fond, en 20 ans , la France passa de l'arriération économique et intellectuelle à une sorte de modernité pragmatique. Ce fut l'Allemagne, toute jeuen et victorieuse qui reprit trait pour trait la politique du Second Empire, avec le succès qu'on sait.
Et puis Haussmann...le Paris de Caillebotte le montre bien. Quelle ville!!!! Quelle métamorphose!!!!
Et n'oublions pas que de 1870 à 1877, la majorité de l'Assemblée était.....royaliste et pas vraiment constitutionnelle. Donc, la Commune était le dernier sursaut d'un gaullo-bonapartisme, d'une sorte de péronisme, oui, à la française, contre l'ignominie de la réaction royalarde.

Ecrit par : montaigneàcheval | 10 juillet 2007

Japhet, là encore, quand on lit le superbe essai de Philippe Roth sur "La Guerre de 1870-1871", épisode encore TRES mal connu de notre histoire, on est quand même sidéré par quelque chose: outre la nullité absolue du personnel militaire de l'époque, mis à part Faidherbe, à la rigueur et Bourbaki, plus d'autres moins célèbres, on est frappé de constater que le simple fait bonapartiste a suffit à faire renaître la coalition contre le Premier Empire. La politique extérieure de Badinguet n'est pas si nulle qu'on le croit; Deux faits, si vous me le permettez:
-Napoléon III fut, on l'oublie, le premier homme d'état à tenter de changer le cours de l'infamie coloniale. Il préconisa un "Royaume Arabe", vision extraordinaire, reprise plus tard par Clémenceau, dans sa fameuse diatribe cotnre Ferry-Tonkin. Badinguet avait, de par sa jeunesse de proscrit compris que la coercition n'avait de sens que quand les "ventres étaient pleins". Or, l'Algérie de 1855-1870 était en pleine ébullition. La caste des "pieds-noirs " qui se formait, et dont les chefs militaires diligentés par Paris n'étaient pas sans valeur, était en train de se glisser dans une sorte d'apartheid "allant de soi", suite aux écrits du sinistre Gobineau, quelques 15 ans auparavant. Les chose allèrent assez loin ,puisqu'en 1861, Badinguet reçut en grande pompe les autorités musulmanes d'Algérie et préconisa une sorte de Royaume Arabe dans lequel les droits des européens auraient été préservés. La défaite de 70 et l'afflux des Alsaciens en Algérie fit tout capoter. Mais là encore, Napoléon III était un visionnaire.
Pour l'affaire du Mexique, ce sont les manoeuvres conjointes des Etats-Unis et de l'Espagne, attisée par Eugénie de Montijo, qui firent échouer le projet d'un Mexique dirigé par les habsbourg, ce qui eut changé radicalement le destin du monde. Et de l'Europe. Donc pas si nul que ça, le pépère. Et puis, 1867, le Canal de Suez, excusez du peu!!!! Et Sébastopol, en esquissant un rapprochement avec la Porte.
Donc, je crois que Badinguet est de loin le plus brillant chef d'état du XIXème siècle en France. "L'extinction du Paupérisme" est un livre fondamental, une sorte de geste du progrès, qui contient, quand on le lit attentitvmeent tout ce que le Front Populaire mettra en oeuvre. Evidemment, il ne s'est pas encombré de scrupules, mais qui s'en est encombré. Et Hugo avait beau jeu de faire le matamore de Guernesey drapé dans la moire de son génie.On imagine ce qu'il fût advenu de brillantissime de ce pays si Hugo avait rejoint l'empire en 1861. D'autant que vers la fin, en Mai 1870, Badinguet adopta......la Vème République: l'Empire Constitutionnel. Dont la guerre ne laissa pas le temps de voir les effets.
Période de cons a-t-on l'habitude de seriner. Mais au fond, en 20 ans , la France passa de l'arriération économique et intellectuelle à une sorte de modernité pragmatique. Ce fut l'Allemagne, toute jeuen et victorieuse qui reprit trait pour trait la politique du Second Empire, avec le succès qu'on sait.
Et puis Haussmann...le Paris de Caillebotte le montre bien. Quelle ville!!!! Quelle métamorphose!!!!
Et n'oublions pas que de 1870 à 1877, la majorité de l'Assemblée était.....royaliste et pas vraiment constitutionnelle. Donc, la Commune était le dernier sursaut d'un gaullo-bonapartisme, d'une sorte de péronisme, oui, à la française, contre l'ignominie de la réaction royalarde.

Ecrit par : montaigneàcheval | 10 juillet 2007

Que l'on se rassure,l'épreuve de français est peut-étre intraitable par l'éléve moyen mais cela ne l'empéchera pas d'avoir son bac l'an prochain.Les résultats de cette année sont tombés:nouveau record affirme t-on;en effet 87,6% de reçus dans les séries générales.On n'arréte pas le progrès.Le discours politiquement correct se continue avec le nouveau ministre Darcos;ce dernier ayant déclaré récemment que le bac reste un vrai examen,que tout le monde ne l'a pas , qu'il est le fruit d'une longue préparation etc...Pourtant un certain candidat à la présidence devenu entre temps chef d'état s'interrogeait dans ses meetings sur la valeur d'un examen que tout le monde obtient.Là est un des noeuds du probléme éducatif contemporain;le bac est encore entretenu comme mythe,un des derniers mythes de la république mais il a été vidé année aprés année de sa substance.Il est devenu un nouveau droit de l'homme enfin du "jeunss" nouvelle idole de l'époque,celui devant lequel tous les gouvernements ont du tot ou tard "baisser le pantalon" depuis bientot 40 ans. Le bac:quelle mascarade!Ah Monsieur Darcos vous entreriez dans l'histoire si vous lachiez ce cri d'indignation.Bien sur les belles ames mérieutisées,les parents fcpeistes,les profs de goooche s'etrangleraient;vous auriez d'ailleurs devant ce spectacle une autre raison de dévoiler une vérité que mème l'homme de la rue reconnait comme telle.Il n'y a qu'une seule alternative:soit on supprime le bac(on peut au moins le rebaptiser:certificat de fin d'études secondaires et le donner à tout éléve qui aurait suivi des études jusqu'à la Terminale) ou alors le restaurer dans sa dignité ;cela voudrait dire par exemple éliminer tout candidat qui n'aurait pas 5 lors d'une épreuve.Dans tous les cas nous n'avons plus le choix car quel est désormais le sens du travail des enseignants qui officiellement préparent à cet examen alors que tout éléve un peu avisé sait dès le mois de septembre qu'en Juin il sera bachelier quoiqu'il fasse ou plutot quoiqu'il ne fasse pas?

Ecrit par : defer | 10 juillet 2007

Question comme un cheveu sur la soupe:
Un élève qui choisit de faire hypokhagne et khagne peut-il avoir des équivalences en fac et si oui, lesquelles?

Ecrit par : dobolino | 10 juillet 2007

L'étudiant qui s'inscrit en classe préparatoire doit s'inscrire administrativement en faculté dans une matière. S'il quitte la prépa après l'hypkhâgne, il passe en 2e année, dans la filière qu'il a choisie. Bien sûr, cette filière doit figurer parmi les matières enseignées en prépa : Lettres, Histoire, Langue vivante, Philosophie. Au bout des deux années de prépa, en cas d'échec au concours, l'étudiant obtient une équivalence qui lui permet d'entrer en 3e année.

Ecrit par : Carabas | 10 juillet 2007

Pour l'affaire du Mexique, ce sont les manoeuvres conjointes des Etats-Unis et de l'Espagne, attisée par Eugénie de Montijo, qui firent échouer le projet d'un Mexique dirigé par les habsbourg, ce qui eut changé radicalement le destin du monde. Et de l'Europe. Donc pas si nul que ça, le pépère.

MàC, vous pouvez développer ? Là-dessus, j'ai du mal à suivre. Je vous corrige sur un point : le livre que vous citez est de François Roth.
Comme personnage historique, j'ai toujours préféré le neveu à l'oncle : trop de guerres, de sang, etc...

Ecrit par : Japhet | 10 juillet 2007

Au sujet du baccalauréat, ce qui peut, à mon sens, le mieux frapper les foules, serait de faire connaître les conditions d'examen en mathématiques -
Il faut dire qu'on peut obtenir un baccalauréat avec, sous les yeux, une petite feuille jaune très officielle, qui contient les formules nécessaires à la résolution des problèmes - et dire qu'on fournit maintenant, par exemple, aux élèves, les formules des produits remarquables ( a + b )² .... avec, en plus, au cas où ça ne suffirait pas, la mention de l'exercice pour lequel il s'agit d'utiliser telle ou telle formule.
La feuille jaune faisait 4 pages cette année - 4 pages de formules et schémas...
Là, le masque tombe vraiment - même ceux qui ont fait A ont eu ces formules à apprendre en seconde...

Ecrit par : Milady | 10 juillet 2007

Je m'excuse, Milady, de vous avoir blessée par ignorance. J'imaginais que, pour un examen national, les consignes de correction étaient nationales, et je me trompais. Croyez-vous que ces consignes soient locales ? Savez-vous qui les rédige ? Et vous, JP Brighelli, vous savez comment ça se passe ?
Le fonctionnaire qui a donné consigne à Milady est nettement plus avisé que celui qui a donné consigne à mes informateurs... Sans doute a-t-il vu la bourde et choisi de limiter les dégâts. Comme quoi il ne faut jamais désespérer des personnels d'inspection. Et comme quoi on peut imaginer que l'incohérence de ce sujet n'a sans doute pas attendu le Figaro du 6 juillet pour provoquer l'embarras en interne. Tant mieux.
Et tant mieux si Milady a corrigé de bonnes copies. Je la crois volontiers : il y a des irréductibles gaulois un peu partout, et partout de bons profs qui arrivent à transmettre les bons réflexes. Tant mieux. Mais je trouve que la cavalerie tarde un peu à venir prêter main-forte aux irréductibles, ils se sentent un peu seuls.

Ecrit par : MC Bellosta | 10 juillet 2007

La "cavalerie", empêtrée dans ses contradictions, a du mal à marcher. Il y a une histoire du même genre dans Zadig, non?

Ecrit par : Jean | 10 juillet 2007

Oui, pardon pour François Roth.....ce que je voulais dire c'est qu'au tout début de son règne, Napoléon III eut la même vision que son oncle d'une politique internationale qui plaçât -ou replaçât la France au rang qu'elle avait avant le Congrès de Vienne. L'aventure mexicaine sont liées à un désir de rapprochement avec les Habsbourg. Le choix d'un des frères de François-Joseph fut sans aucun doute une tentative pour barrer la route à l'hégémonie prussienne. Nous sommes en 1863 et la Prusse menace la puissance autrichienne. Qui se rapprocha de la France.
Les ambitions impérialistes de Napoléon III l'amenèrent à intervenir tragiquement dans la politique mexicaine. Le Mexique était une sorte de "revanche américaine "sur l'évincement de laFrance au XVIIIème siècle. Maximilien, croyant compter sur l'appui du peuple, accepta le trône du Mexique que lui offrirent les conservateurs parmi lesquels se trouvait le général Juan Nepomuceno Almonte fils du général José Maria Morelos y Pavon. Durant les premiers jours de mars 1864, à Paris, Maximilien accepta les compromis stipulés dans la Convention de Miramar. Entre autres, il renonçait à ses droits à la couronne d'Autriche. Également pour compter sur l'appui français, il contracta avec Napoléon III une obligation de 500 millions de pesos mexicains. À l'unanimité, l'ensemble des Notables ou la Regencia de Mexico avait offert la couronne à Maximilien lui assurant l'appui du peuple.


Maximilien arriva au Mexique le 28 mai 1864 par le port de Veracruz (suite à l'Expédition du Mexique (1861-1867)). Maximilien et Charlotte s'installèrent dans le palais de Chapultepec sur une colline dans la banlieue de Mexico. Ce palais était autrefois utilisé par les Aztèques avant d'être transformé en académie militaire. Maximilien demanda que l'on trace une avenue du Château de Chapultepec jusqu'au centre de la capitale. Il commença à gouverner le 12 juin. Maximilien gouvernait pour les intérêts français oscillant entre les libéraux et les républicains. Il n'arriva jamais à exercer vraiment une domination sur le Mexique. Son gouvernement fonctionnait seulement où il y avait des garnisons françaises. Ses difficultés avec le maréchal français Bazaine qui, avant d'être le fameux "capitulard" de Metz avait pris langue avec Eugénie de Montijo, opposée farouchement à toute libéralisation de l'empire, eurent pour conséquences que les troupes de Napoléon se retirèrent avant le temps prévu dans la Convention de Miramar. Les libéraux et républicains menés par Benito Juárez s'opposèrent à Maximilien.

Maximilien voulut conjurer le sort et envoya en Europe son épouse, l'impératrice Carlota, pour demander l'aide aux monarques. Napoléon III refusa tout type d'aide et elle se dirigea vers l'Italie, où se déclarèrent les premiers symptômes de folie, dans laquelle elle vécut submergée pendant de longues années jusqu'à sa mort. Pendant ce temps, les libéraux s'étaient monté une armée, laissant, uniquement comme villes impériales la capitale, Veracruz, Puebla et Querétaro. Le 4 mars 1867, commença l'état de siège de cette ville par les forces commandées par le général libéral Mariano Escobedo. Le 15 mai suivant, la ville fut prise et l'empereur Maximilien fut appréhendé avec les généraux Miguel Miramon et Tomas Mejia.
Ce qui est très révélateur du danger que représentait la puissance prussienne, c'est que François-Joseph, malgré l'exécution de son frère, continua à pratiquer une politique francophile, que le désastre de Sadowa en 1866 avait contribué à renforcer.
Quant au rôle d'Eugénie de Montijo dans l'affaire du Mexique, il aura été celui de s'appuyer sur Bazaine pour battre en brêche les velléités de réformes de Badinguet. Espagnole, mais très probablement fille illégitime d'un politicien anglais, elle fut élevée à la fois dans le culte de la gloire impériale et dans la suspicion vis-à-vis de la France.
Dernière chose, mais qui n'a rien à voir, savez vous que ce fut Eugénie de Montijo, qui, à 93 ans, en 1919? fournit à Clémenceau une lettre de Guillaueme 1er qui fit céder les Américains, hostiles au départ à la restitutio nde l'Alsace-Lorraine à la France, et qui donc influerait sur le destin du XXème siècle. Sacrée bonne femme!!!!

Excusez-moi d'avoir été long, mais cette période me passionne et comme vous j'incline à préférer le neveu à l'oncle.
BâV

Ecrit par : montaigneàcheval | 10 juillet 2007

Oui, pardon pour François Roth.....ce que je voulais dire c'est qu'au tout début de son règne, Napoléon III eut la même vision que son oncle d'une politique internationale qui plaçât -ou replaçât la France au rang qu'elle avait avant le Congrès de Vienne. L'aventure mexicaine sont liées à un désir de rapprochement avec les Habsbourg. Le choix d'un des frères de François-Joseph fut sans aucun doute une tentative pour barrer la route à l'hégémonie prussienne. Nous sommes en 1863 et la Prusse menace la puissance autrichienne. Qui se rapprocha de la France.
Les ambitions impérialistes de Napoléon III l'amenèrent à intervenir tragiquement dans la politique mexicaine. Le Mexique était une sorte de "revanche américaine "sur l'évincement de laFrance au XVIIIème siècle. Maximilien, croyant compter sur l'appui du peuple, accepta le trône du Mexique que lui offrirent les conservateurs parmi lesquels se trouvait le général Juan Nepomuceno Almonte fils du général José Maria Morelos y Pavon. Durant les premiers jours de mars 1864, à Paris, Maximilien accepta les compromis stipulés dans la Convention de Miramar. Entre autres, il renonçait à ses droits à la couronne d'Autriche. Également pour compter sur l'appui français, il contracta avec Napoléon III une obligation de 500 millions de pesos mexicains. À l'unanimité, l'ensemble des Notables ou la Regencia de Mexico avait offert la couronne à Maximilien lui assurant l'appui du peuple.


Maximilien arriva au Mexique le 28 mai 1864 par le port de Veracruz (suite à l'Expédition du Mexique (1861-1867)). Maximilien et Charlotte s'installèrent dans le palais de Chapultepec sur une colline dans la banlieue de Mexico. Ce palais était autrefois utilisé par les Aztèques avant d'être transformé en académie militaire. Maximilien demanda que l'on trace une avenue du Château de Chapultepec jusqu'au centre de la capitale. Il commença à gouverner le 12 juin. Maximilien gouvernait pour les intérêts français oscillant entre les libéraux et les républicains. Il n'arriva jamais à exercer vraiment une domination sur le Mexique. Son gouvernement fonctionnait seulement où il y avait des garnisons françaises. Ses difficultés avec le maréchal français Bazaine qui, avant d'être le fameux "capitulard" de Metz avait pris langue avec Eugénie de Montijo, opposée farouchement à toute libéralisation de l'empire, eurent pour conséquences que les troupes de Napoléon se retirèrent avant le temps prévu dans la Convention de Miramar. Les libéraux et républicains menés par Benito Juárez s'opposèrent à Maximilien.

Maximilien voulut conjurer le sort et envoya en Europe son épouse, l'impératrice Carlota, pour demander l'aide aux monarques. Napoléon III refusa tout type d'aide et elle se dirigea vers l'Italie, où se déclarèrent les premiers symptômes de folie, dans laquelle elle vécut submergée pendant de longues années jusqu'à sa mort. Pendant ce temps, les libéraux s'étaient monté une armée, laissant, uniquement comme villes impériales la capitale, Veracruz, Puebla et Querétaro. Le 4 mars 1867, commença l'état de siège de cette ville par les forces commandées par le général libéral Mariano Escobedo. Le 15 mai suivant, la ville fut prise et l'empereur Maximilien fut appréhendé avec les généraux Miguel Miramon et Tomas Mejia.
Ce qui est très révélateur du danger que représentait la puissance prussienne, c'est que François-Joseph, malgré l'exécution de son frère, continua à pratiquer une politique francophile, que le désastre de Sadowa en 1866 avait contribué à renforcer.
Quant au rôle d'Eugénie de Montijo dans l'affaire du Mexique, il aura été celui de s'appuyer sur Bazaine pour battre en brêche les velléités de réformes de Badinguet. Espagnole, mais très probablement fille illégitime d'un politicien anglais, elle fut élevée à la fois dans le culte de la gloire impériale et dans la suspicion vis-à-vis de la France.
Dernière chose, mais qui n'a rien à voir, savez vous que ce fut Eugénie de Montijo, qui, à 93 ans, en 1919? fournit à Clémenceau une lettre de Guillaueme 1er qui fit céder les Américains, hostiles au départ à la restitutio nde l'Alsace-Lorraine à la France, et qui donc influerait sur le destin du XXème siècle. Sacrée bonne femme!!!!

Excusez-moi d'avoir été long, mais cette période me passionne et comme vous j'incline à préférer le neveu à l'oncle.
BâV

Ecrit par : montaigneàcheval | 10 juillet 2007

Pensez-vous, MC Bellosta, que votre article aura atterri sur le bureau de Nicolas Sarkozy?
Celui-ci répondait il ay a trois mois à un questionnaire de la Société des agrégés que la question n'était pas de fermer les IUFM, mais de les réformer.
Dans un discours, avant les élections, il dénonçait l'"idéologie folle" qui s'est emparée du système éducatif.
A-t-on idée de ce qu'il compte faire, concrètement, des IUFM? Peut-être avez-vous quelques lumières là-dessus et accepteriez-vous de nous en faire part?

Ecrit par : Jean | 10 juillet 2007

Marie-Christine ( puis-je ? :) ) , vous ne m'avez en rien froissée, je vous remercie d'y avoir songé ! Je peux comprendre, vu le contexte général, qu'il y ait eu contre-sens sur mes intentions.
De fait, je n'aime guère les guerres, et celle qui sévit dans l'Education Nationale me consterne au plus haut point.

J'ai vérifié - mes consignes portent effectivement l'en-tête de mon académie. Cela semble donc vouloir indiquer qu'elles diffèrent d'académie en académie, ce que j'ignorais.
A l'oral, nous subissons les remontrances habituelles pour 'coller' aux normes nationales ( dépasser 11 de moyenne pour les oraux ) - pendant les réunions d'harmonisation des écrits, nous faisons, dans l'ensemble, preuve d'une sottise sans nom, vu que nous considérons qu'une copie qui présente d'entrée : une faute à 'baccalauréat', une faute de conjugaison, une faute d'accord, ceci avant même d'aborder la phrase n°2 est ' totalement incompréhensible' , et se voit donc attribuer la fabuleuse note de 0/5 pour la qualité d'expression.
Je crains de venir d'une académie de vieux ronchons - nos résultats sont dans les plus mauvais de France.
Maintenant, je commence aussi à me dire qu'il faudrait signaler cela aux recruteurs - les plus mauvaises académies semblent bien être celles qui s'accrochent à une 'certaine idée du baccalauréat'....

Je voulais aussi signaler que les Inspecteurs ne sont pas tous 'aux ordres' - j'ai eu la chance de voir une Inspectrice dans une de mes classes ( certes, il y a quelques années, quand je sévissais dans un collège de Zep ) , qui a parfaitement compris ma démarche - démarche tout à fait hors la loi.
En effet, en février, nous en étions péniblement à la "séquence 4", sans aucun espoir de dépasser la "séquence 5" en juin. Par contre, tous mes cours étaient orientés sur la maîtrise minimale du français - et mes petits 5° n'ont cessé de travailler leur français, puis leur français et encore leur français - pour varier, nous travaillions le vocabulaire, et pour jouer, la dictée.
Il faut dire que peu savaient lire dans cette classe, ils écrivaient donc aussi fort mal - et je n'ai pas pu entreprendre de travailler 'la description' et autres joies du programme, en omettant de voir quelles étaient les difficultés réelles de mes élèves.
Je me suis retrouvée à faire un programme de primaire, selon mes souvenirs - lecture en début d'heure, travaux de langue, lecture pour ceux qui avaient terminé, et ceci à toutes les heures.
Et, évidemment, ce fut l'Année de mon inspection - qui se passa admirablement, à ma grande surprise, j'eus un rapport à m'empailler sur place. Comme quoi, les positions ne sont pas absolument tranchées, et il reste de l'espoir !

Bon. Il faut, pour être juste, dire aussi que mon autre inspection se passa beaucoup moins aimablement et que je me pris le bec avec la dame, qui me reprochait de ne pas relever les classeurs de mes élèves, qui avaient 19 ans au moins et qui étaient en 1 STI Adaptation, soit des élèves tout à fait motivés par la matière et pour lesquels je considère que je réussis lorsqu'ils amènent au moins les feuillets en cours. Il est plus qu'illusoire d'espérer d'eux un comportement scolaire ... mais la dame ne connaissait pas ces élèves...

Ecrit par : Milady | 10 juillet 2007

Pour Jean
Non, je ne pense pas que mon article aura "atterri sur le bureau de Nicolas Sarkozy". Je ne suis qu'une électrice comme des millions d'autres, même si j'ai écrit une étude de fond, documentée et sévère, sur le système éducatif qui a un peu circulé parmi les politiques et peut-être traîné sur le bureau de quelques-uns (http://www.fondapol.org/v2/pdf/Etude_diplomation_emploi.pdf). Si toutes les bonnes idées de l'électorat UMP atterrissait dans le bureau du Président, il serait plein à craquer, du sol au plafond et d'un mur à l'autre... Il y a des filtres et l'idée à laquelle je tenais le plus, moi, l'apprentissage du français à l'école primaire (pour moi, la clef de tout, mon obsession personnelle — je viens d'un milieu modeste à moitié immigré — et un des thèmes insistants de mes publications) n'y a apparemment pas trouvé de relai : ce point est absent de la feuille de route de X. Darcos, alors que la formule "vous veillerez à la transmission du patrimoine littéraire de notre pays" y figure.
Pour le reste, je n'en sais pas plus que les autres français. Mon sentiment personnel d'électrice est que ce Président va faire ce qu'il a dit, jusques et y compris dans les recoins des discours de campagne publiés sur son site (il a commencé). De même, il me paraît certain que X. Darcos tiendra sa feuille de route et fera quelque chose pour le programme de français des lycées (cf. "transmission du patrimoine littéraire de notre pays"), mais quoi, je n'en sais rien. Quand ? je n'en sais rien non plus, mais je vois bien, et c'est un truislme, qu'il n'a pas commencé par là, et qu'il le fera donc, au plus tôt, quand il aura fini ce qu'il a commencé... Personnellement je lui fais confiance. Ne serait-ce que parce que, logiquement, un ancien prof de khâgne libre de ses mouvements (ce qu'il n'était pas sous L. Ferry) ne peut pas laisser continuer ce naufrage et ce cauchemar. Vous pouvez m'écrire en trouvant mon adrese par le site de l'ENS. J'ai décidé de continuer à la rentrée sur le thème de mon article au Figaro, et je vais avoir besoin de consulter le plus de profs possibles.
PS. C'est où, dans "Zadig" ?

Ecrit par : mc bellosta | 10 juillet 2007

Merci de votre réponse.
Ok pour le rapprochement avec l'Autriche, MàC, mais je n'ai jamais compris pourquoi les Français ont envoyé un corps expéditionnaire au Mexique. Badinguet voulait-il recoloniser l'Amérique du Sud ? Voulait-il profiter de l'engluement des Etats-Unis dans la guerre de Sécession ? Escomptait-il une séparation définitive du Nord et du Sud ?
Pouvez-vous éclairer ma lanterne à ce sujet ?

Ecrit par : Japhet | 10 juillet 2007

Merci MC Bellosta pour la belle confiance que vous accordez à X. Darcos et qui du même coup nous redonne un peu confiance dans l'avenir...

Ecrit par : Thalie | 10 juillet 2007

Question comme un cheveu sur la soupe:
Un élève qui choisit de faire hypokhagne et khagne peut-il avoir des équivalences en fac et si oui, lesquelles?

Ecrit par : dobolino | 10 juillet 2007

L'étudiant qui s'inscrit en classe préparatoire doit s'inscrire administrativement en faculté dans une matière. S'il quitte la prépa après l'hypkhâgne, il passe en 2e année, dans la filière qu'il a choisie. Bien sûr, cette filière doit figurer parmi les matières enseignées en prépa : Lettres, Histoire, Langue vivante, Philosophie. Au bout des deux années de prépa, en cas d'échec au concours, l'étudiant obtient une équivalence qui lui permet d'entrer en 3e année.

Ecrit par : Carabas | 10 juillet 2007

Y'aurait-il d'autres réponses plus précises? Ce n'est pas une demande égoïste... C'est pour une gamine mal entourée.
Cette réponse n'est pas très claire puisqu'elle ne me dit pas si l'élève doit s'inscrire et passer les exams ou juste s'inscrire en fac... Pas clair, quoi! Ne laissez pas le Saint Bernard que je suis avec un tonnelet vide.

Ecrit par : dobolino | 10 juillet 2007

Merci de votre réponse.
Ok pour le rapprochement avec l'Autriche, MàC, mais je n'ai jamais compris pourquoi les Français ont envoyé un corps expéditionnaire au Mexique. ?

Ecrit par : Japhet | 10 juillet 2007

Ce n'étit pas tout bonnement pour arranger nos bidons avec les Habsbourg?

Ecrit par : dobolino | 10 juillet 2007

"Mon sentiment personnel d'électrice est que ce Président va faire ce qu'il a dit..."
Ecrit par : mc bellosta | 10 juillet 2007

Le mien est qu'il va surtout faire ce qu'il n'a pas dit et il a d'ailleurs commencé avec la suppression des 17000 postes. Comment après tant de preuves de collusion UMP-PS (Barcelone, Lisbonne et autres) pouvez-vous croire un instant que les quelques miettes de campagne distribuées à la "fraction incohérente de la droite" étaient un apéritif ? Le pédagogisme si utile au libéralisme et à ses "réformes" a encore de beaux jours devant lui !

Ecrit par : victor | 10 juillet 2007

Question comme un cheveu sur la soupe:
Un élève qui choisit de faire hypokhagne et khagne peut-il avoir des équivalences en fac et si oui, lesquelles?

Ecrit par : dobolino | 10 juillet 2007

Hypokhâgne : équivalence de la première année de DEUG, Khâgne, de la deuxième en faculté de Lettres, en Lettres ou en Philo...Dans les années 70...

Je ne pense pas que ça ait changé.

Ecrit par : Robin | 10 juillet 2007

Hypokhâgne : équivalence de la première année de DEUG, Khâgne, de la deuxième en faculté de Lettres, en Lettres ou en Philo...Dans les années 70...

Je ne pense pas que ça ait changé.

Ecrit par : Robin | 10 juillet 2007

Je me rends compte du caractère imprécis et "anachronique" de ma réponse qui ne peut en rien lever les inquiétudes de votre jeune protégée. Je me renseigne demain auprès d'une inspectrice IIO.

Ecrit par : Robin | 11 juillet 2007

ma réponse à dobolino cet a-m semble s'etre perdue; je la fais simple: sous-admissible en khâgne donne une équivalence de licence. HK donne 2ans

Et à propos du neveu de l'oncle, une fois n'est pas coutume, je suis d'accord avec Màc. Le premier est sans doute le Président français le plus mal rhabillé par l'histoire, du moins celle de la France car les historiens étrangers notamment américains ne sont pas tombés dans ce travers.. Mais aussi ce n'est pas à eux que Bismarck a piqué l'Alsace-Moselle

La visite du petit musée du fort de Camerone à quelques kms de Puebla est particulièrement poignante car les Mexicains y rendent un hommage appuyé à nos légionnaires. On comprend à cet endroit-là non pas seulement l'inanité de cette expédition mais surtout pourquoi la Légion commémore chaque année le 30 avril 1863: ce fait d'armes hors du commun est un des exemples de bravoure les plus éclatants de notre histoire militaire . Le rehausse encore sans doute la parfaite inutilité du sacrifice de cette poignée d'hommes, morts pour et par le neveu, et qui avaient la trempe des grognards de l'oncle . On meurt mais on ne se rend pas.

Au fait, elle est au programme de quelle classe cette expédition mexicaine?

Ecrit par : Cadichon | 11 juillet 2007

Les géniales "Choses vues" de Victor Hugo relèvent davantage du grand journalisme que de l'autobiographie : passages hallucinants comme l'anecdote de la cervelle de Talleyrand, la description de l'intérieur du cercueil de Napoléon, la visite à Madame de Chateaubiand après la mort de l'écrivain...Et toujours la formule frappante, l'"angle d'attaque"

...Et le pire c'est je suis en plein déménagement et que j'ai commencé par les livres et que celui-là est en caisse...Bon sang dans laquelle ?...et que vous m'avez donné envie de le rererelire...Et puis zut !

Ecrit par : Robin | 11 juillet 2007

Dobolino, les prépas étant désormais rattachées à l'enseignement supérieur, il y a des accords de gré à gré entre les lycées et les facs, moyennant quoi les conseils de classe sont souverains pour proposer soit le passage, soit l'équivalence — qu'accordent systématiquement les facs, en Lettres comme en Sciences, sur recommandation des conseils. Cela suppose que l'on soit inscrit (c'est obligatoire), et que l'on travaille un minimum, bien sûr. Sinon, ce serait trop simple. Mais il n'y a pas d'exemple qu'un élève ayant raisonnablement bossé et échoué aux divers concours (après tout, il y a beaucoup d'appelés et peu d'élus, même avec l'ouverture des khâgnes aux concours des IEP) n'ait pas obtenu l'équivalence de la première année (HKH) ou de la seconde (KH). D'autant que le niveau atteint même par un élève qui n'intègre pas (et la différence netre celui qui intègre et celui qui échoue est souvent en dixièmes de points) et un étudiant de fac est telle que l'éqivalence est mille fois méritée.
Si par ailleurs on cube (vous vous rappelez ce jargon, ma chère ?), on en reste à l'équivalence deuxième année, œuf corse.
Et quand on intègre une ENS, on est à nouveau inscrit en fac, où l'on passe la Licence - et éventuellement une Maîtrise, en attendant l'agrèg. J'ai des souvenirs très vifs de ma Licence passée à nanterre (dont dépendait l'ENS Saint-Cloud), où nous survolions littéralement nos petits camarades — tant l'entraînement à l'écrit et la masse accumulée de savoir en HKH et KH font la différence : c'est sur ce modèle que devraient s'aligner les facs, du moins celles qui prétendent préparer sérieusement aux concours de recrutement.
JPB

Ecrit par : brighelli | 11 juillet 2007

"Nous en étions péniblement à la séquence 4"...

Non, décidément, j'ai beau faire tous mes
efforts, "séquences" ne passe pas! Il n'y a pas de mot qui soit davantage connoté "pédago", car l'objectif de ceux qui l'ont lancé - et je me désole que des professeurs aient accepté si nombreux de se plier - est clairement de faire disparaître l'idée même de "cours". Derrière le mot "séquences" il y a "pédagogie par objectifs", "construction de son savoir par l'élève", "élève au centre", "révolution copernicienne de la pédagogie", haine des "programmes" et de la transmission des connaissances, en un mot "haine du professeur". Si donc l'on accepte de se couler dans ce moule, même en se faisant cinquante mille restrictions de conscience et en se persuadant que ce n'est qu'une forme creuse "dans laquelle on met ce qu'on veut", est-ce qu'on ne se rend pas complice de facto de la destruction de l'enseignement, si grande est la force de certains mots, qui trimballent avec eux tout un univers? Ainsi, chaque fois qu'il est employé, le mot "séquences" sert les sombres desseins du pédagogisme, lequel parasite toutes les disciplines.
C'est ainsi qu'en faisant un tour sur le site de la CNARELA, association nationale de professeurs de langues anciennes, j'ai découvert que deux aimables collègues proposaient des activités pédagogiques pour les classes de 5ème et de 4ème. Evidemment, c'était en "séquences", faute de quoi elles n'auraient pas été crédibles, du moins le croyaient-elles. On sentait toute l'application qu'elles avaient mise à être à la mode, dans le vent, "conformes". Le mot, tarte à la crème de la pédagogie innovante, vous sautait au visage. ce que la CNARELA, qui a donné tête baissée dans les "séquences", ne se demande pas, c'est pourquoi il y a une telle évaporation des effectifs de latinistes après la classe de troisième, c'est-à-dire après trois années d'une pareille non-méthode!

Merci, Marie-Christine, pour votre réponse. Je crois aussi que Darcos a des projets qui pourraient rejoindre les nôtres. Mais peut-être doit-il procéder avec prudence, car en face de lui il y a un certain Aschiéri, qui peut mettre ses troupes dans la rue d'un simple froncement de sourcils...

Ecrit par : Jean | 11 juillet 2007

Je sais bien que vous êtes littéraire, Jean, mais vous vous heurtez à des détails - en l'occurrence, se battre sur le mot séquence n'amène pas à grand'chose -
Pour moi cela signifie 'chapitre' - série de cours sur un sujet.
Quand on joue à la bête, ce qui est imparable souvent, ça donnera concrètement : Séquence 1 : Utiliser les temps verbaux >> toute une série de cours de grammaire.
Séquence 2 : La Chanson de Roland, extraits - >> toute une série de cours sur le sujet

etc etc...
Titrer permet de re-cloisonner, l'air de rien.
Quant aux abruti(e)s agrégé(e)s de grammaire, qui exigent qu'on massacre un texte pour en tirer les 'faits de langue' et uniquement cela ( c'est ça, le décloisonnement ), la plupart des professeurs littéraires les ignorent superbement et c'est tant mieux.
Ceci dit, en ce qui concerne le français, le fait est que les batailles furent gagnées par ces pauvres grammairiennes qui ne sont capables de trouver dans un texte que ses hauts faits langagiers. Pauvres, parce que traumatisées sans doute par leurs années d'apprentissage, et prétendant que cela rend stupide, elles se sont attaquées à la façon d'apprendre, pour la révoquer absolument ( venant d'elles, qui sont stupides, l'argument, vu de Sirius, est assez savoureux. Vu de près, il est exaspérant. )

Ecrit par : Milady | 11 juillet 2007

Je ne dis pas, Milady, qu'il faut "se battre sur le mot séquence", mais qu'il faut tout simplement et sans bruit l'éliminer de son vocabulaire et de ses pratiques, que c'est un acte de résistance. Vous reconnaissez vous même qu'il faut quand même se se contorsionner quelque peu pour enseigner de façon traditionnelle à l'intérieur des "séquences". Alors pourquoi ne pas s'en débarrasser tout simplement et envoyer valser pour de bon cette contrainte purement formelle et inutile? Pour une raison qui me paraît majeure et suffisante et que j'ai essayé d'expliquer ci-dessus: le mot est la bannière même du "pédagogisme" militant! Son application dans les classes sa grande victoire!

Quant aux agrégées de grammaire, êtes-vous sûre que ce soient de telles enragées de la "forme"? Ne confondez-vous pas avec les stylisticiens? Car il me semblait au contraire que l'agrégation de grammaire était une agrégation de lettres classiques (avec latin et grec), donc très traditionnelle dans sa conception, à laquelle on avait seulement rajouté quelques chapitres de grammaire historique, ce qui n'a jamais dévoyé l'esprit de qui que ce soit.

Ecrit par : Jean | 11 juillet 2007

"en l'occurrence, se battre sur le mot séquence n'amène pas à grand'chose "
tout comme se battre sur les mots syllabique ou global...

Mieux vaut se battre sur la progression, là, "ils" ne peuvent pas te b**** :) .
D'ailleurs il suffirait d'un simple petit programme.

ex:
Sait-il/elle parler ? oui, on passe à la suite. Non on retorne dans la boucle d'attente .
ex:
Flag Ilsaitparler = NON;
For (i=0an; i > 6ans ; i++)
{
if (toto == Il sait parler)
{
Flag Ilsaitparler = OUI;
break;
}
}

if ((i == 2) && (Ilsaitparler == OUI))
toutestok = OUI;
if ((i == 6) && (Ilsaitparler == NON))
toutestok = NON;


Ce n'est qu'un exemple, un switch aurait était mieux ;)
je fais vite je dois bouger ;)

Ecrit par : toto | 11 juillet 2007

Il ne faut pas "se battre", toto, car de toute façon on ne convainc pas des fanatiques.
Il faut ne pas faire, c'est tout!
Et à l'occasion, dire clairement qu'on ne fait pas!

Ecrit par : Jean | 11 juillet 2007

Et la visite à Balzac mourant, Robin. Quand Hugo décrit, sans en faire trop, le nez noirci, qui est tombé sur la joue de Balzac à peine mort. L'odeur de charogne. Du solide.....comme la description de Paris sous la Commune.....de l'Albert Londres.

"Choses Vues", c'est une oeuvre incomparable. Incomparble. je ne crois pas qu'on ait atteint à ce point le firmament de la chronique ou du reportage. Ce que je sais, c'est qu'on mo'ffrit les 4 volumes de "Choses Vues" dans Folio, quand j'eus 15 ans, que je les ai encore t qu'ayant par la suite lu l'intégrale, je suis irrésistiblement poussé à rouvrir ces quatre Folios sentant la poussnif. Et c'est peu dire que "Choses Vues" a été déterminant pour la conduite de ma vie. Je "vis" au XIXème siècle grâce à ce livre que je recommande vivement à tous les galopins qui ne l'auraient pas encore lu....quoiqu'ici ce soit fort improbable.

Japhet, je pense que cette Expédition du Mexique a en effet à voir avec l'affaiblissement américain pendant la Guerre de Sécession qui est EXACTEMENT contemporaine. Mais il y a autre chose: Badinguet était quand même totalement habité par son oncle. Et rêvait de conquêtes....Disons que le Mexique, comme toute l'Amérique Latine, profondément francophile (il n y'a qu'à voir le drapeau mexicain) depuis Bolivar et San-Martin, lui semblait un terrain favorable. Fatale erreur!! Surtout pour Maximilien......

Ecrit par : montaigneàcheval | 11 juillet 2007

A propos des séquences, Jean, je suis assez d'accord avec Milady; il y a moyen de travailler sérieusement en donnant aux inspecteurs un "os à ronger" : en gardant le terme, mais sans le contenu ou plutôt avec un contenu substantiel.

Ce qui est à mon avis une véritable escroquerie vis-à-vis des élèves, et là-dessus je suis entièrement d'accord avec vous, c'est le "texte prétexte" à faire un peu de tout superficiellement : un peu de grammaire, un peu de stylistique, un peu d'orthographe...en fermant les yeux sur les lacunes.

Ceci dit, j'ai constaté également que les élèves avaient un grand besoin de "repères" et la réorganisation du classeur en fonction des séquences (1,2, 3...) abolit les approches traditionnelles : grammaire, orthographe, vocabulaire, lecture expliquée...et ça les égare.

Ecrit par : Robin | 11 juillet 2007

Je ne vois pas, Robin, pourquoi on donnerait aux inspecteurs "un os à ronger" et pourquoi on ne leur dirait pas clairement qu'on ne fait pas de "séquences". Si plus personne n'en fait, ils seront bien obligés d'en prendre acte! Franchement, s'obliger à passer sous les Fourches Caudines, ça me dépasse. Mais chacun est libre de faire comme il le sent, évidemment.

Ecrit par : Jean | 11 juillet 2007

For (i=0an; i < 6ans ; i++)

été

ouppps ;)

Ecrit par : toto | 11 juillet 2007

"s'obliger à passer sous les Fourches Caudines,"
Tant que les zânes ont le pouvoir, je ne vois pas comment faire autrement. Doivent bien bouffer, non ? ;)

Ecrit par : toto | 11 juillet 2007

Jean - pour les agrégé(e)s de grammaire, je pensais surtout à Madame Charmeux, qui se donne pour 'agrégée de grammaire' , il me semble, et à une de ses comparses dont j'ai oublié le nom, moins virulente, sans doute.

Je reconnais que Séquence est une bannière pédagogiste(?) - est-ce mon côté féminin qui m'incite à pousser l'arme jusqu'au bout ? - mes séquences sont de magnifiques chapitres monochromes - littérature/langue/littérature/langue....
Je triche avec les classeurs -enfin, je triche???? - nous répartissons les cours ! ( et comme je suis sans doute un rien perverse, j'avais noté cela en : apprendre à apprendre > trier les documents en fonction de leurs champs de ré-investissement ) - leurs armes sont stupides et facilement contournables, je me fais une joie de les utiliser ' en contre' . ...

Ecrit par : Milady | 11 juillet 2007

Vite, en passant, bon courage à Robin pour les cartons... Toujours durs les déménagements!
Dobolino, dites bien à votre protégée qu'elle rende bien tous les devoirs écrits en HK et qu'elle ne pratique pas l'absentéisme, sinon les équivalences peuvent ne pas être données par le conseil de classe. C'est rare mais cela arrive.
Petit parfum d'abricot pour Patricia; 5kg d'abricots dénoyautés, 4 kg de confiture... Vous avouerez que l'information est d'importance:-) Un peu de Naipaul, et je "touille" la confiture, un peu de Naipaul et ...

Ecrit par : Thalie | 11 juillet 2007

Sur le site "Sauver les lettres", on peut télécharger les consignes de correction de l'épreuve de français S/ES : http://www.sauv.net/eafrosesESS2007.pdf

Il s'agit de celles citées par Marie-Christine Bellosta.

Ecrit par : Pat | 11 juillet 2007

Voulez-vous que je vous envoie les miennes? Ce sont celles de l'Académie de Rouen.

Ecrit par : Milady | 11 juillet 2007

Ce qu 'il y a de merveilleux, ici, c'est quà lire certains posts, ceux de Milady et de Toto, par exemple, on mesure à quel point les discussions pédago sans le moindre intérêt ont encore de beaux jours devant eux. Dame, les IUFM ont bien fait leur travail de sape. Le summum est atteint avec ce lui qui nous dit "faut bien leur donner un os à ronger" ou "faut bien que ces gens bouffent", s'agissant, si j'ai bien compris, des IPR ou assimilés.


"s'obliger à passer sous les Fourches Caudines,"
Tant que les zânes ont le pouvoir, je ne vois pas comment faire autrement. Doivent bien bouffer, non ? ;)

Ecrit par : toto | 11 juillet 2007



Ben non, qu'ils crèvent!!! Ou pas d'ailleurs. Leur sort m'intéresse à peu près autant que l'avenir de la messe en latin!!!
Mais cette espèce d'obéïssance de laquais, de courbure d'échine, de soumission de réemploi des termes pour se faire bien voir dès fois que m'sieur l'inspecteur y vienne sur Brighelli, faire son p'tit tour.....
Affligeant. Mais on les imagine bien, tous, les profs sérieux.... (moi je suis un prof-branleur)en vacances en VVF, chez mémée ou tante Morgane à Plestin-les Grèves parce qu'on n'a pas de sou...ou alors à Antalya all inclusive....
en train de Préparer leur petite rentrée.....de faire leurs petites lilistes, de peaufiner leur petites synthèthèses....Pas capables de parler d'AUTRE CHOSE......je sais pas moi, de ce que vous voulez.....de la métamorphose des Dytiques....de la recette du boeuf à la ficelle....du dernier épisode des aventures de Simsolo.....de la Cantate BWV 31 "Ich hatte viel Bekümmernis"......
Bref, de s'aérer les badigouinces...... de boire, de manger plus, de bouger, d'éliminer, du Vittel du vélo, Vittel et pédalo....boire Vittel et remuer...non je plaisante....

En tous cas, mon cartable, le 2 juillet, je l'ai traîtreusement glissé entre mon bureau et ma méridienne et je l'ai entendu pleurer "snif!!!snif!!! tu m'emmènes pas??? tu me laisses là??? tu m'ouvre même pas??? Et M'sieur Mont-Blanc, y pleure aussi...et Clairefontaine Cahier de Bord????? Tu nous laisses tous???
Allez vous faire foutre....

Ecrit par : montaigneàcheval | 11 juillet 2007

Bon, tant pis. Je n'écris rien alors.
Je m'en vais lire de ce pas le catalogue de la CAMIF que nous avons reçu hier...
Ça va me déprimer encore plus, mais, que voulez-vous, j'ai toujours ce foutu problème de bélier mal embouché qui refuse qu'on lui impose un mode de vie tout aussi camifeux que le sien...
Après je lirai Brigitte maman en mangeant un plat tout prêt et en buvant du sous-Coca tiède dans la canette. Ça sera ma petite révolution à moi ! Ah, j'ai oublié les gouzi-gouzi à ma petite fille et les infos de la 2.
C'est bon, là, je me suis grillée en plein ou il faut en plus que je raconte comment je contourne les IO en découverte du monde ?

Ecrit par : catmano | 11 juillet 2007

Voulez-vous que je vous envoie les miennes? Ce sont celles de l'Académie de Rouen.

Ecrit par : Milady | 11 juillet 2007

Je donnais l'adresse à titre informatif, d'autant que dans le document en lien, figurent également les consignes de correction du commentaire, de la dissertation et de l'invention.
Quant aux vôtres, vous pouvez peut-être aussi les envoyer à "Sauver les lettres" (http://www.sauv.net/eaf2007.php) qui tente de collecter les diverses consignes de correction.

Ecrit par : Pat | 11 juillet 2007

En colère, Màc? C'est à cause des moules, c'est sûr ça, quand elles ne sont pas frrrrrraîches, cela fait toujours ça. Pauv' Màc!
Vivement que vous soyez au régime italien: pâtes, pesto, San Daniele, et olives de Lucques...
Je fais partie des "galopins" qui n'ont pas encore lu les "Choses vues" de Hugo; je les accompagne de quelle confiture? Vous me conseillez quoi?

Ecrit par : Thalie | 11 juillet 2007

Vous êtes gentil Montaigne - vos leçons de révolution sous pseudo sont amusantes aussi - que vous vous foutiez du sujet, c'est très bien - que vous imaginiez pouvoir changer les choses sans mettre les mains dans les saletés, c'est amusant. Maintenant, si un jour vous envisagez qu'il est possible de revenir à des choses sensées et réalisables dans l'EN, vous devrez en priorité considérer que les têtes coupées sont passées de mode et qu'il s'agira de faire avancer tout le monde - c'est à dire, surtout, ceux qui ne sont pas d'accord avec vous. Et une des façons de le faire, c'est prendre ces gens aux mots. Le faites-vous? J'en doute. Que vous vous en foutiez, je n'en doute pas. Et que je me moque de vos avis sur moi, n'en doutez pas non plus. Bonnes vacances, professeur.

Ecrit par : Milady | 11 juillet 2007

Coings.....ou groseilles à maquereaux, ça fait très XIXème siècle. Mais non Thalie, pas en colère, je me marre, c'est tout. Quant au régime italien, hmmmm.....tant que ce n'est pas Mussolini....
BâV

Ecrit par : montaigneàcheval | 11 juillet 2007

Pour Dobolino
Je viens ici confirmer ou moduler ce que l'un ou l'autre vous a déjà répondu.
1) Depuis la réforme LMD (Licence Master Doctorat — cherchez LMD par Google), l'obtention des diplômes est une obtention d'"ECTS" (European Credit Transfert System), ou "points ECTS". La licence vaut 180 ECTS (arrêté du 23 avril 2002) soit 60 ECTS par an.
2) Dès le ministère d'Allegre fut entreprit un travail de romain : des négociations administratives pour que toutes les classes supérieures des lycées, toutes les écoles et tous les instituts se rallient à ce System. Les classes préparatoires aux grandes écoles sont donc entrées dans le système ECTS.
3) Aujourd'hui, les classes prépas sont donc DIRECTEMENT donatrices des ECTS. (Ce qui pose, à mon sens, un léger problème, puisque les conseils de classes de prépas comprennent rarement des docteurs de l'université, théoriquement seuls habilités en Europe à conférer des grades universitaires, et puisque les profs de prépas sont inféodés à une hiérarchie qui est rarement docteur aussi —et, comme dirait JPB, elle n'est même pas forcément agrégée—, mais ce n'est pas le problème qui vous intéresse.) Concrètement, votre gamine, le conseil de classe décidera en fin d'année, au vu de son travail de l'année, si son hypokhagne mérite 60 ECTS (idem, en fin de Khâgne 1, le conseil de classe statuera sur le fait de lui donner ou non 60 ECTS de plus), et munie de ses ECTS elle pourra entrer en université au niveau équivalent (en L2 si elle a 60 ECTS, en L3 si elle a 120 ECTS), évidemment dans une des disciplines enseignées dans sa prépa. Donc cette enfant, si elle est sérieuse (comme dit JPB), ne doit nourrir AUCUNE inquiétude. La même chose vaudrait, évidemment, si votre gamine entrait en hypotaupe.
4) Ce que je ne sais pas, c'est si, aujourd'hui comme hier, il faut que cette jeune fille prenne une inscription administrative en fac en même temps que son inscription en prépa. JPB a l'air d'en être sûr, mais je n'en sais rien. J'imagine que oui (ce vieil usage ramassait trois sous pour les facs, en faisant payer des gens qui n'y mettent jamais les pieds : tout bénef). Votre gamine n'a qu'à poser cette question technique par téléphone au secrétariat du directeur du lycée où elle s'inscrit.
5) Il y a eu aussi tout un travail administratif qui a consisté à faire signer des accords , à faire converger des programmes d'enseignement de prépa, et même à élaborer des "banques d'épreuves communes" de concours (ça, pour moi, c'est aussi susceptible de poser quelques problèmes, mais ce n'est pas non plus ce qui vous intéresse), pour que les khâgnes cessent de ne mener qu'aux ENS. Aujourd'hui elles ouvrent sur les HEC, les IEP, les ENS. Adoncques une enfant qui entre en khâgne ne se voue plus ipso facto aux carrières de l'enseignement : c'est une excellente filière si elle veut entrer dans l'enseignement (les premiers reçus au CAPES et à l'agrégation externes sont les anciens khâgneux), mais d'autres portes lui demeurent tout autant ouvertes.

Ecrit par : mc bellosta | 11 juillet 2007

Je n'ai jamais vraiment enseigné en séquences. Certains inspecteurs étaient d'accord avec moi, d'autres non (ceux qui ont le pouvoir) ; ils me l'ont reproché et je l'ai payé.

Je ne peux donc pas dire que j'aie courbé l'échine ou accepté de passer sous les "fourches caudines".

Je n'aurai jamais la hors classe et l'agrégation sans passer le concours, mais je peux me regarder dans la glace sans trop rougir.

Ne jugez pas trop vite, sauf si vous êtes sur le terrain en collège ; vous n'imaginez pas les pressions que nous pouvons avoir au sujet des séquences (les instituteurs sur la méthode globale, ça doit être pareil).

Ils sont partout, à commencer par l'étage juste au dessous de celui du ministre et rien pour l'instant n'a changé. Les émules de Meirieu, de Frackoviak et de Charmeux sont toujours au pouvoir.

J'aurais aussi des choses à dire sur la nouvelle ministre de la Justice, Rachida Dati, à laquelle une amie vient de faire appel en vain dans une lettre qui aurait tiré les larmes à un monstre d'indifférence.

J'ai bien peur que nous soyions fait avoir, moi le premier, je l'avoue.

Le monde continue à tourner, exactement comme avant, les menteurs et les truqueurs tiennent le haut du pavé, les parvenus roulent en carrosse et les princes vont à pied...

Et je ne suis même pas sûr qu'il y a ait un Bon Dieu pour voir tout le mal qui se fait.

Excusez mon amertume.

Montaigne, cognez un peu moins fort SVP ! On fait ce qu'on peut en matière de "résistance".

Ecrit par : Robin | 11 juillet 2007

"Tant que les zânes auront le pouvoir..."

Quel pouvoir, toto? Celui de vous laisser telle quelle votre note pédagogique? La belle affaire! Vous progresserez à l'ancienneté? Et alors!
Celui de vous barrer l'accès à la hors-classe? Mais est-ce si infâmant de ne pas faire partie de la cohorte des courtisans à l'échine arrondie par d'incessantes courbettes?

Pour en terminer avec les "séquences"...
Il faut être cohérent avec soi-même: si on les désapprouve, eh bien on ne les pratique pas. C'est aussi simple que cela!

Ecrit par : Jean | 11 juillet 2007

Oui, oui, OUI. Envoyez tous vos consignes de correction de bac à Sauver les lettres http://www.sauv.net/eaf2007.php, comme Pat vous le demande.
Je n'en suis pas membre, et ma demande est TRÈS intéressée : je ne peux mener mes petites cogitations que si je trouve sur les sites numériques de la documentation de première main. Vive les banques de données !
Remarque pour encourager les troupes : la civilisation de la Toile sera fatale aux imbécilités de l'institution. Du temps que n'importe quel inspecteur défaillant donnait des instructions papier aux professeurs placés sous son autorité, et que ça restait entre les quatre murs de l'institution, on ne pouvait rien faire. Mais maintenant l'huis clos de l'imbécilité publique est ter-mi-né; comme disait Rivarol, "donnez-moi une ligne de sa main, et je le ferai pendre". Je signale à toutes fins utiles qu'un scanner rudimentaire ne coûte presque rien, et que la conversion PDF est une des fonctions courantes des valises de logiciel.
APPEL. J'ai reçu en PDF un sujet de français de CRPE (concours de recrutement de professeur d'école) session 2007 particulièrement gratiné. Envoyez-moi tous les sujets CRPE effarants qui vous tombent sous la main, et leurs consignes de correction. Les sujets CRPE des années écoulées sont sur le site du ministère, mais les consignes de correction n'y sont pas (ou pas encore ?). Or c'est dans ces consignes que les "pierres précieuses" brillent de leur plus bel éclat ("pierres précieuses" est une sous-rubrique de "Choses vues" où Hugo stockait les imbécilités dites à la Chambre — on n'en sort pas).

Ecrit par : MC Bellosta | 11 juillet 2007

Comme celui qui permet à des zânes de faire le salut nazi à machine (pasl'nom là komm ça) .
Comme celui de faire virer JP d'une commission (idem)

il y en a d'autres des bassesses ...
Du style se faire traiter de "païzan" (parce que tu cherches à comprendre ce qui se passe) par un nâne qui mériterait plus des baffes qu'un salaire de cadre ! :)))))


etc etc etc
Pour l'instant encore (mais de moins en moins àmha) mieux vaut résister (dans certaine partie de la France), que de prendre des coups pour rien, mieux vaut un bon qui résiste et courbe l'échine, qu'un mauvais ..etc..

La séquence, tu la fais pendant l'inspection ;) C'est juste un mauvais moment à passer :)

Toi tu as peut être la carrure pour leur rentrer dedans, mais une Rachel... Regarde comment certains zânes ont essayé de la casser .. etc etc :)

Ecrit par : toto | 11 juillet 2007

Avec votre culture et votre style, Robin, car aujourd'hui, car aujourd'hui ces deux atouts vous propulsent ipso facto en tête de peloton, vous seriez reçu haut la main et sans trop vous fatiguer au concours, même en Lettres classiques, si vous avez déjà fait un peu de grec. Il y a quelques bons auteurs à étudier, quelques versions à faire, quelques thèmes, ce qui n'est pas inintéressant du tout. Vous faites toutes les versions et tous les thèmes proposés par le CNED - style rouleau compresseur! - pendant quelques mois, et hop! c'est fait!

A propos des "séquences" (encore!)...
Si je comprends bien, toute une profession accepte de scier la branche sur laquelle elle est assise.
Car enseigner en "séquences" n'est conforme ni à l'éthique ni à la déontologie: à l'éthique parce qu'il n'est pas bien de tromper les élèves en leur faisant croire qu'on les instruit alors qu'on les rend aussi ignorants qu'on les a reçus; à la déontologie parce que c'est le devoir de notre charge d'instruire nos élèves et non de les amuser, d'éclairer leurs cervelles et non de les brouiller.
Certes, il est difficile parfois, de résister seul. Mais déjà que tous ceux qui ne fonctionnent pas en "séquences" le disent sur ce blog. Ce sera une ébauche de front du refus et cela fortifiera les autres.

Ecrit par : Jean | 11 juillet 2007

Jean,

L'agreg. : je vais peut-être m'y remettre, mais c'est plus facile à 25 qu'à 50 passés !

Les séquences. ce que je faisais, ce que nous faisons tous mais peut-on appeler cela des "séquences", c'est de regrouper à chaque fois le travail autour d'une notion : la description, le récit, le dialogue...lecture expliquée, expression écrite, grammaire, orthographe, vocabulaire de façon approfondie et en fonction des besoins des élèves et non des lubies des inspecteurs et des préconisations des pédagos.

Exemple : la description : la morphologie et l'emploi de l'imparfait - la nature et la fonction de l'adjectif - étude de textes descriptifs de grands auteurs classiques et de bons auteurs contemporains - dictées préparées (reprendre éventuellement un texte étudié en classe) - faire rédiger une description aux élèves en l'intégrant à un court récit (notion précédemment étudiée) - et évidemment du vocabulaire, beaucoup de vocabulaire !

Ecrit par : Robin | 11 juillet 2007

A mon humble avis, à 50 ans passés, avec les bases que vous avez, vous aurez beaucoup moins de mal à triompher de l'épreuve que des jouvenceaux. ce sera même une formalité. Jetez donc un oeil sur le programme pour vous mettre l'eau à la bouche...

Quant aux "séquences", est-ce vraiment "ce que nous faisons tous"? Je ne crois pas, car pour leurs concepteurs, c'est le seul moyen proposé aux élèves pour acquérir des connaissances (pardon! des compétences"). Or pour nous, ces connaissances, les élèves ne peuvent les acquérir que par un enseignement "cloisonné", très structuré, très progressif (grammaire, orthographe, vocabulaire, explication de textes, etc) pour la raison simple que l'esprit aime par nature distinguer les domaines, afin de s'y retrouver. ce qu'il y a de dramatique avec les "séquences", c'est que les élèves ne s'y retrouvent plus, mélangent tout, s'y perdent et au bout du compte, restent ignorants. Voyez l'état d'un bachelier qui sort de dix ans de "séquences": c'est gratiné comme ignoraznce et comme confusion mentale!
La "séquence" se veut un procédé pédagogique "heuristique", si je puis dire. Alors que vous, quand vous faites faire une description, vous mettez en oeuvre , en bouquet, toute une gamme de connaissances qui ont été DEJA solidement acquises dans le cadre de leçons archi-cloisonnées, donc "après coup". Ce n'est pas du tout pareil. Enfin, à mon avis.
Je trouve donc la conception même de la "séquence" gravement erronée, et le nom même m'insupporte.

Ecrit par : Jean | 11 juillet 2007

Mais déjà que tous ceux qui ne fonctionnent pas en "séquences" le disent sur ce blog. Ce sera une ébauche de front du refus et cela fortifiera les autres.

Ecrit par : Jean | 11 juillet 2007

J'ai une bonne méthode pour ne pas fonctionner en séquences; c'est que je n'y pense même pas le matin en me levant, le midi en mangeant, et le soir en me couchant. Tout comme BàV aka MàC, je suis un prof fainéant - j'ai la paresse des anti-idéologues...

Ecrit par : Pendariès | 11 juillet 2007

Al facto, MàC, comment puis-je vous contacter pour prendre avec vous un verre du côté d'Anduze (si j'y suis à ce moment-là, et si vous le voulez bien)?

Mon adresse mèl: [email protected]

Ecrit par : Pendariès | 11 juillet 2007

Le temple d'Anduze porte-t-il toujours le repère de l'inondation du siècle? Peut-on toujours se baigner sous le pont de chemin de fer? Fait-il toujours aussi frais sur l'Aigoual?

Ecrit par : Jean | 11 juillet 2007

Moi aussi, vous pouvez venir me voir, je n'habite pas très loin... On parlera pédagogie et mon compagnon, viticulteur, vous ouvrira une bonne bouteille pendant que je boirai mon coca tiède...
En plus des catalogues de la CAMIF, je vous garderai pour l'occasion la collection complète de "L'outilleur auvergnat". Je la demanderai à Antho, un ancien élève, qui l'avait soigneusement collectée afin de répondre à son prof de sciences éco, celui qui disait à sa femme, ma collègue de primaire, que nous emmerdions les mômes à leur apprendre tout un tas de trucs inutiles et que nous étions vraiment débiles d'avoir besoin de préparer quelque chose pour des gamins aussi petits alors qu'il aurait suffi qu'on leur foute la paix avant qu'ils arrivent dans SA classe où là, enfin, ils allaient pouvoir s'épanouir grâce à sa pédagogie.

Ecrit par : catmano | 11 juillet 2007

Connaissez-vous les catoblépas. Ces bestioles et vous tous m'inspirez.
Le catoblépas tourne autour de l'Olympe, plus ou moins proche du sommet qu'il ne peut atteindre car, ses pattes d'amont étant plus courtes que ses pattes d'aval, la gamelle est inéluctable dès qu'il veut prendre la pente, que ce soit pour monter ou pour descendre.
Par dérive génétique et appauvrissement du sang, le descendant du catoblépas est le dahut.
Le dahut est morphologiquement semblable au catoblépas. Peut-être son pelage est-il un brin moins lustré? Son désir irréalisable d'ascension un peu émoussé?
La différence entre dahut et catoblépas, c'est le biotope.
Le dahut peut vivre sur n'importe quelle petite colline, voire même sur une taupinière dont il fera SA montagne, en aucun cas sur les pentes du mont Olympe. Sa situation est similaire à celle du catoblépas: il tourne en rond autour du sommet qu'il convoite sans avoir aucune chance de jamais y atteindre.
Quand un catoblépas voit son descendant être un dahut, il s'en désespère.
C'est idiot! On peut aussi bien tourner en rond autour de Chamouse de la Lance ou des Buttes Chaumont qu'autour de la montagne Sainte Geneviève. Quand on essaie de prendre la pente, on se fait vachement mal!
Ceci dit, je me demande comment font les dahuts de Lure parce que, à l'ubac, les pattes gauches et droites doivent avoir une différence de longueur plus importante qu'à l'adret. Ploient-ils les genoux quand ils sont à l'ubac?
L'hypothèse n'est pas à écarter. A l'ubac, on est souvent plus humble qu'à l'adret...
Vous me direz que je devrais le savoir, aussi bien d'ailleurs que les dahuts du Ventoux, de la Lance ou des Buttes Chaumont.
Savez-vous que les femelles et les mâles tournent en sens inverse les uns des autres? Ça facilite les rencontres mais n'améliore pas la compréhension mutuelle. On peut aussi en tirer la conclusion que les dahuts, comme les dauphins d'ailleurs, font l'amour face à face, ce qui prouve que l'espèce est évoluée.
Quand nait un catoblépas chez les dahuts, ce n'est pas simple non plus... Enfin, je le suppose.
La zoologie est une matière passionnante. Je vais continuer mes études et vous ferai part de mes avancées.
Bien à vous.

Ecrit par : dobolino | 11 juillet 2007

Merci pour vos renseignements que je transmets. Mention spéciale du jury à MC Bellosta. Bises à tous.
Je pars voir quelques catoblépas et dahuts très particuliers.

Ecrit par : dobolino | 11 juillet 2007

Dobolino, je vais faire avancer vos connaissances zoologiques — et littéraires en même temps.

Le catoblépas a d'autres particularités. Il est si gros, si peu doué pour la progression (pédagogique, œuf course) qu'il en est réduit, pour ne pas mourir de faim, à se brouter les pattes — qui, magie de la Nature, repoussent sans cesse, comme le cul des concombres de mer.
Flaubert, dans la Tentation de Saint Antoine, en fait l'un des monstres familiers de l'anachorète — et on a pu y voir sans trop forcer une métaphore de la création littéraire.
Encore que Valéry ait développé de façon plus dynamique, mais tout aussi zoologique, ladite création : "Rien de plus soi que de se nourrir d'autrui. Le lion est fait de mouton assimilé".
Le catoblépas serait donc la création stérile — le Texte qui se mord la queue (le Texte qui se mord le Sexe, aurait peut-être dit Lacan) — par opposition à une création dynamique, faite de parodies, imitations, etc (voir, pour les spécialistes, le très beau "Palimpsestes" de Gérard Genette). Faite de violence : "Le loup l'emporte et le mange sans autre forme de procès" — et voilà ma fable écrite.
Fin du cours improvisé. Je repars refaire mes murets de pierre sèche — un travail analogue au tonneau des Danaïdes, celui-là…
JPB

Ecrit par : brighelli | 11 juillet 2007

Si vous avez besoin de conseils, le viticulteur est un passionné du muret de pierre sèche... Et son fils aussi.

Ecrit par : catmano | 11 juillet 2007

Encore! encore des histoires!

J'ai un espace qui s'appelle un jardin (70m2 avec une cabanette - en centre-ville; plaisir des nouveaux propriétaires? Mettre à son goût...) que j'ai commencé à bêcher. Je m'y lance le soir. J'ai arraché les herbes qui titillaient mes mollets quand j'écris ou lit à ma table, en bas. C'est très agréable et ça délasse. A l'ombre d'un tilleul. Les martinets noirs viennent chasser dans mon bout de ciel, au couchant et au matin... J'aime.

Alors Jean-Paul, vos criminels où en sont-ils de leur crime?

Ecrit par : Pendariès | 11 juillet 2007

Je vois que Jean s’inquiète des rapports de force entre X. Darcos et G. Aschiéri. Alors, je vous coupe-colle ici une analyse personnelle, parce que ces rapports ne me semblent pas être ce que pense le grand public. Pour moi, la politique scolaire et universitaire se joue à au moins 9 joueurs :
1. l’électorat, qui change le ministre en changeant de majorité;
2. le ministre;
3. son cabinet;
4. l’administration du ministère, grande et petite;
5. ce que j’appellerai les «notables» (syndicat des chefs d’établissement, Conférences des présidents d’université, des directeurs d’IUFM, des grandes écoles...);
6. les syndicats;
7. la base, relayée ou non par des associations et des blogs;
8. les médias;
9. les parlementaires.
Le problème qui se pose à un politique est d’identifier correctement les rapports de force, afin de choisir les bons alliés pour remporter la victoire. Victoire elle-même double: machiavélienne (conforme à l’intérêt général), et machiavélique (conforme aux intérêts personnels de ce politique lui-même). Quatre remarques.

1. Les syndicats. Les politiques de tous bords et leurs médias les plus avisés savent fort bien que les syndicats ne pèsent pas lourd dès qu’on aborde les CONTENUS ou l’IUFM. Car le faible taux de participation aux élections professionnelles n’a échappé à personne, et le fort taux de syndicalisation est connu pour être une simple conséquence technique des procédures paritaires de nomination (mutation, promotion). Tout le monde sait que la FSU ferait un flop si elle appelait à manifester sur les questions de contenus (en 2000, c’est la base qui a viré Allègre sur le «lycée light», la FSU courait derrière) ou pour la défense des IUFM (dont l’image est généralement négative chez ceux qui y sont passés).

2. Les «notables». A chaque milieu politique sa culture, et la droite, qui a surtout la culture d’entreprise, croit dur comme fer que le haut d’une hiérarchie est plus capable que la base. La gauche, elle, a tendance à croire que les syndicats figurent l’élite de la base. Comme quoi personne n’est parfait. La loi sur les universités vient de donner un exemple, selon moi, de cette illusion d’optique de la droite. Elle donne tout pouvoir aux présidents, comme s’ils étaient nécessairement les meilleurs serviteurs de l’intérêt général: tous les droits, y compris ceux de détruire l’université française, et d’être élus par des majorités syndicales de gauche.

3. Le ministre, son cabinet et son administration (forces 2 à 4)
Selon moi, la cause principale de la paralysie de l’EN est dans les anomalies qui frappent habituellement leurs relations. Prenons l’exemple des programme de français du primaire que je dénonce dans le Figaro.
Les syndicats (force 6) ont compté pour du beurre (votes vains au CSE), et les parlementaires (force 8) étaient structurellement hors-jeu (j’y reviendrai). Quant à l’électorat (force 1), il n’a rien vu passer, puisque les médias (force 9), occupés par Ségolène et Nicolas, n’ont parlé de rien; pire, grâce à eux, en amont, le ministre avait diffusé la nouvelle auprès de l’électorat qu’on allait à nouveau enseigner le français à l’école; l’électorat a donc cru que c’était comme si c’était fait.
Sauf le respect dû à un ancien ministre, M. de Robien s’est fait rouler dans la farine (lui et l’électorat avec) par son cabinet et son administration en signant les programmes du 4 avril 2007. Car évidemment, comme tout ministre (c’est une conséquence directe de la démocratie élective), il a signé un arrêté qu’il n’était pas formé pour analyser, et qui aurait dû être signé «Nembrini» (membre du cabinet alors en charge de la «Pédagogie», entendez les programmes), ou «Saffra» (IGEN rédactrice nommée par le «ministre»). Rien de secret là-dedans: ces noms furent révélés au fur et à mesure par les dépêches AEF.
Les amateurs de promesses présidentielles ont peut-être remarqué que N. Sarkozy a promis des ministres responsables, qui appliqueraient en personne leur politique. Il parlait du sujet que j’évoque ici: d’un mode de gouvernement inédit où le ministère (forces 3+4) serait enfin contraint de faire pour de vrai ce que le ministre a dit qu’il ferait. J’imagine qu’il y faudra, chez les ministres, une volonté de fer, un flicage permanent et des yeux derrière la tête. Parce que la volonté d’un ministre EN, par exemple, peut être désobéie à tous les niveaux d’exécution:
— par les irréductible gaulois de la base;
— par sa petite administration, quand, par exemple, elle pose un sujet de CRPE constructiviste sur l’orthographe;
— par sa haute administration, quand une IGEN écrit des programmes du primaire sans considération de la volonté exprimée par un décret d’application, un ministre et ses circulaires;
— par son cabinet, lieu de l’interface. Quand il ne brille pas par son héroïsme, un conseiller préfère prendre le risque (faible) de se faire engueuler par son ministre plutôt que de tout faire pour gagner son bras de fer contre son administration. Il est d’autant plus difficile de composer un cabinet prédisposé à l’héroïsme qu’il faut qu’il s’y connaisse techniquement ; il est donc souvent issu de l’administration; or c’est courageux de s’opposer à l’administration quand on en sort et qu’on y reviendra. D’où, me semble-t-il, l’intérêt « inhabituel » (dixit la presse) manifesté par Sarkozy à la composition des cabinets.

4. Programmes scolaires. Un rapport parlementaire (Rapport Périssol) demandait qu’ils soient votés par l’Assemblée. Au départ, je trouvais cette idée saugrenue. Je suis contre, évidemment, car la doxa et les lobbies peuvent régner en maîtres dans en assemblée. Mais je suis pour, aussi, si le ministre de l’EN est impuissant à faire obéir son administration. Pour les programmes du primaire, par exemple, Périssol et les siens n’auraient peut-être pas voté le programme Robien-Nembrini-Saffra de l’école primaire.
MC Bellosta

Ecrit par : MC Bellosta | 11 juillet 2007

Brighelli, le catoblépas a une autre particularité: il a la tête tellement lourde qu'il regarde vers l'arrière entre ses pattes avant d'où le fait qu'il se les broute! S'il avait un cou de girafe, on comprendrait sa stérilité car ce ne serait plus les pattes avant qu'il se brouterait mais les parties.
Heureusement que le catoblépas a la tête très lourde car il ne peut, en règle générale, la relever pour vous regarder. Il parait que son regard, sous ses lourdes paupières tombantes, est venimeux, mortel. Ça me rappelle le regard d'Hervé Mariton l'autre jour, d'ailleurs...
Par opposition, on pourrait quasi appeller Epano-blépas une grande majorité des dahuts. Leur tête est tellement légère qu'ils regardent souvent vers le ciel, d'où le fait que les dahuts des collines parisiennes mettent souvent les pattes dans les merdes de chien. Ceux de la Lance ou de Lure se prennent les pieds dans toutes les racines affleurant du sol et s'étalent de tout leur long. Quelques dahuts ont dans leur gènes le regard venimeux mais ça ne va jamais aussi loin qu'avec un catoblépas.

Ecrit par : dobolino | 11 juillet 2007

J'ai un espace qui s'appelle un jardin (70m2 avec une cabanette - en centre-ville; plaisir des nouveaux propriétaires? Mettre à son goût...) que j'ai commencé à bêcher.

Ecrit par : Pendariès | 11 juillet 2007

Moi, j'ai 80 hectares, nananère! et tout ce qu'il faut sur ces 80 hectares pour faire des kilomètres de murets de pierre sèche. Y'a même quasi que les cailloux qui y poussent. Il ne nous reste qu'à nous bouffer les pattes en espérant qu'elles repoussent.

Ecrit par : dobolino | 11 juillet 2007

Saint Jacques du Catoblépas.....un souvenir d'enfance.En fait, on louait un Gîte de France spécial moche-prof vers 1970 avec mes parents près d'un bled du cantal, pas Lussaud, je vosu rassure, mais guère mieux, avec une église romane en lave et avec un narthex sponsorisé par Narta, une laideur brunâtre en forme de brownie industrielle devant laquelle se pâmaient les pédophiles-éditeurs de La Pierre Qui Vire, éditeurs de ZODIAQUE...ce vliiage c'était Saint-Jacques des Blats...qui vous foutait le cafard...Et que mon père comme scie pluriannuelle appelait pour rigoler Saint Jacques du Catoblépas....En grec ça veut dire quoi???? Siouplaît hellenistes?????

Ecrit par : montaigneàcheval | 11 juillet 2007

Le nom vient de deux mots grecs : κάτω (vers le bas) et βλέπω (verbe regarder).

Ecrit par : dobolino | 11 juillet 2007

Le catoblépas figure à deux reprises dans La Tentation de saint Antoine de Flaubert (version de 1874, source Wikipedia) :

- Première citation (c’est le Catoblepas qui parle)

Gras, mélancolique, farouche, je reste continuellement à sentir sous mon ventre la chaleur de la boue. Mon crâne est tellement lourd qu'il m'est impossible de le porter. Je le roule autour de moi, lentement ; et la mâchoire entr'ouverte, j'arrache avec ma langue les herbes vénéneuses arrosées de mon haleine. Une fois, je me suis dévoré les pattes sans m'en apercevoir. Personne, Antoine, n'a jamais vu mes yeux, ou ceux qui les ont vus sont morts. Si je relevais mes paupières, - mes paupières roses et gonflées, - tout de suite, tu mourrais.

Ecrit par : dobolino | 11 juillet 2007

Il n’y en a plus qu’un d’entre vous auquel je n’ai pas encore répondu, c’est M. Charbonnel. Je le fais très vite et je salue la compagnie (j’ai un travail en retard).

Mon article du Figaro contient déjà, en vérité, ma réponse à votre question. J’y écris que les programmes de français du lycée « ne sont pas enseignables ». N’est-ce pas assez clair ?
C’est-à-dire que je refuse tout net d’entrer dans la question de savoir si ces programmes sont utiles ou inutiles pour rendre compte des rapports « de la forme et du fond » dans une page de littérature. Cette question me paraît secondaire. Je me pose uniquement la question de savoir si ces programmes sont propres à l’enseignement. Réponse : NON. Trois raisons, essentiellement.
1) Est enseignable ce que les enseignants sont capables d’enseigner. Or la boite à outils théorique requise par ces programmes est beaucoup trop lourde pour la moyenne des enseignants ; la plupart ne savent pas s’en servir, ou s’ils le savent, ils ne parviennent pas à tenir ensemble les deux exigences : celle d’utiliser les outils de la boite pour expliquer un texte, et celle de rendre compte du sens du texte envisagé. C’est ce qui est arrivé aux faiseurs du sujet ES-S 2007 et aux rédacteurs des consignes de correction que j’ai eues entre les mains ; tellement obsédés par leur boite à outils qu’ils en deviennent impuissants à comprendre le sens des textes. Si vous fréquentiez les oraux de concours, vous sauriez que 3/5 des candidats reçus sont dans le même cas : on écoute à longueur de journée des jeunes gens qui aplatissent le sens des textes sous les marteaux-pilons de la technicité et auxquels, même, on n’a jamais dit qu’une explication de texte consiste à expliquer le sens d’un texte et non point à briller doctement en parvenant à faire dire à ce pauvre texte, à l’aide de la boite à outils, ce que ce texte n’a jamais dit.
2) Est enseignable ce qui correspond aux besoins psychiques de la moyenne des enseignés. Ceux-ci ne sont pas de futurs professeurs de lettres, comme nous fûmes vous et moi, vers la même époque, en Première (puisque vous rappelez ici votre jeunesse). Nous nous passionnions vous et moi pour « l’écriture », mais l’humanité normale (si j’ose dire) de 15 ou 16 ans s’intéresse aux textes pour ce qu’ils disent sur l’homme, la femme, le temps, l’histoire, les passions, les lieux, etc. Prendre les adolescents à rebrousse-cerveaux en leur infligeant du technique quand ils sont en attente de culturel, c’est totalement contre-productif : ils fuient la littérature à toutes jambes, ils en concluent qu’elle « ne sert à rien ». A cet égard, nos doctes mériteraient qu’on leur fasse copier dix fois le « A propos d’Horace » de Victor Hugo (« Contemplations »).
3) Est enseignable ce qui correspond aux capacités cognitives de la moyenne des enseignés. L’abstraction des notions techniques à mettre en en oeuvre est trop grande. Excusez-moi, mais puisque vous vous référez à votre Première : depuis, il est passé de l’eau sous les ponts, et les notions de la stylistique, de la linguistique générale, de la narratologie, de l’argumentation, de la sémantique, de la pragmatique... ont déboulé dans le vocabulaire scolaire. Elles sont trop difficiles pour être dominées par les élèves, pour des raisons multiples. D’abord, tout simplement, elles excèdent les capacités d’abstraction de beaucoup ; et puis, c’est difficile de comprendre clairement ce qu’on vous explique avec une clarté limitée (voir mon point 1) ; et puis elles ressortissent à des champs de la recherche universitaire disjoints et composent une sorte de manteau d’arlequin intellectuel que les jeunes ne peuvent que trouver baroque (je m’excuse mais Genette, lui, ne fait pas de la narratologie, de la pragmatique et de la stylistique dans la même demi-heure) ; ensuite on ne voit l’intérêt de ces notions que quand on a beaucoup lu de littérature, quand elles mettent beaucoup de textes en série dans notre cerveau (il est idiot de faire apprendre « didascalie » à la première réplique de Molière qu’on voit ; il y a plus urgent ; le mot « didascalie » intéresse celui qui a déjà lu trois pièces de théâtre), or un enfant de première d’aujourd’hui a encore moins lu qu’un enfant de première des années 60. On lui fait autopsier un cadavre de texte avant de lui insuffler le plaisir d’en jouir vivant.

Ma posture intellectuelle consiste donc à faire passer l’intérêt du plus grand nombre avant les intérêts particuliers de la philologie moderne, de la corporation des professeurs de français formateurs d’IUFM et interrogateurs de « l’épreuve sur dossier » du CAPES.
L’intérêt général c’est : l’intérêt des enfants, pour qu’ils retrouvent la curiosité de lire et soient à nouveau avisés que l’essentiel dans tout discours, c’est son sens ; l’intérêt de la littérature pour que sa transmission ne s’interrompe pas à tout jamais ; l’intérêt de la nation pour qu’elle conserve sa culture littéraire nationale ; l’intérêt de l’éducation nationale, car en dégoûtant ainsi les jeunes des études littéraires, on a vidé les DEUG littéraires, ils ne contiennent même plus des cohortes suffisantes pour que les recrutements d’instits et de profs du secondaire demeurent à très court terme des recrutements de qualité. Bref Constantinople brûle, les barbares de la téléréalité-pour-tous battent ses murs, la pompe à incendie va se désamorcer... alors franchement, les discussions théologiques sur le sexe des anges, la forme et le fond, sur l’intérêt du thème, du rhème, de la focalisation zéro, de l’épanorthose et de l’implicite...
Cordialement à vous, mon cher collègue.

Ecrit par : MC Bellosta | 11 juillet 2007

Il n'y a pas que les littéraires qui se plaignent.

Article de Luc Cédelle dans le Monde aujourd'hui, à propos du Bac S et du niveau en maths en général…

"SCIENCES LES GRANDES ÉCOLES D'INGÉNIEURS S'INQUIÈTENT
Mathématiques : le bon niveau des élèves est un trompe-l'oeil.

ÉLÈVES EN PLEURS, professeurs choqués, familles indignées : en 2003, l'épreuve de mathématiques au bac S (scientifique) avait fait scandale en raison de sa difficulté, obligeant le ministère de l'éducation à réviser en catastrophe les barèmes de correction. En 2006, c'est au contraire la présence d'un questionnaire de type "
vrai/faux ", comptant pour 4 points sur 20 dans l'épreuve, qui avait soulevé un tollé : répondre au hasard permettait d'engranger des points. L'épreuve 2007 comportait toujours un QCM (questionnaire à choix multiples), mais conçu de manière à éviter cet écueil.

Quoi qu'il en soit, la tendance est nette : malgré une légère
baisse (0,7 %) en 2007, le taux de réussite au bac S a augmenté de 10 points entre 2001 et 2006, ce qui ne manque pas de raviver, à chaque session, les polémiques sur la valeur des épreuves et le niveau des élèves.

DIMINUTION DU NOMBRE D'HEURES

Depuis quelques années, certains tirent la sonnette d'alarme sur le niveau en mathématiques. Les alertes les plus troublantes sont venues de responsables de grandes écoles d'ingénieurs, qui dressent le constat d'une diminution des compétences de leurs étudiants, pourtant issus des classes préparatoires scientifiques. Ce phénomène est également constaté par les entreprises qui recrutent leurs diplômés dans ces établissements.

Pour Laurent Decreusefond, professeur de mathématiques à l'Ecole nationale supérieure des télécommunications (ENST), non seulement la baisse est " vérifiée ", mais " on a encore passé un cap cette année ". " Les élèves ne voient plus aujourd'hui en classes préparatoires certaines notions, pourtant utiles dans pratiquement tous les domaines scientifiques. Le niveau des ingénieurs français est traditionnellement basé sur une formation robuste en maths-
physique. C'est un avantage que nous risquons désormais de perdre. "

Mettant en cause l'hétérogénéité des classes préparatoires
scientifiques, divisées depuis 1997 en trois filières, M. Decreusefond rappelle que le nombre d'heures de mathématiques y a diminué de 20 %, " alors que les objectifs des programmes sont les mêmes ". Ce professeur regrette qu'une majorité d'étudiants en reste au stade de " l'application de méthodes dans une multitude de domaines pointus et rapidement obsolètes ", quand la recherche et
l'innovation " reposent de plus en plus sur les dernières avancées théoriques ". Selon lui, un redressement ne serait possible que " si la situation au lycée et en classes préparatoires cesse de se détériorer, en recréant, par exemple, une réelle filière mathématico-physique en terminale ".

Les professeurs de lycée et de collège ne sont pas très éloignés de ces conceptions, même si, dans le secondaire, c'est justement " l'application de méthodes " qui semble faire défaut. " Les horaires ont constamment diminué, explique Bruno Descroix, agrégé de mathématiques exerçant au lycée Louise-Michel de Bobigny et auteur
de Demain les profs (Bourin, 2004). Du coup, les élèves ont
forcément un niveau moins élevé. Et leurs faibles compétences en calcul les handicapent. C'est un peu comme vouloir réparer une voiture sans avoir les outils. Le problème de fond est que le bac S ne sert pas à faire des scientifiques, mais d'abord à sélectionner.
Dans ces conditions, les professeurs rament et, pour les élèves, la souffrance est la règle. "

Je passe sur le faéit que Cédelle, ancien du Monde d el'Education, interroge un enseignant proche de "Sauver les maths", mais fibnit en donnant la parole à un pédagogue pur jus (ah, la souffrance des élèves…) après avoir commencé sur le s"pleurs de 2003 (année où le barème final de l'épreuve de maths fut… 26).

Mon ami Guy Morel (co-auteur chez Ramsay de "l'Horreur pédagogique", et du "Dictionnaire de la déroute scolaire", et l'n des plus notables animateurs du GRIP — tapez ce sigle !) commente l'article en quelques mots : "Il est tout à fait inexact de dire que les horaires ont diminué. J'ai pris le peine de consulter les horaires de 1960-65 et j'ai pu vérifier que nous avions de la 6e à 1ere en section M moins d'heures que les élèves aujourd'hui. Par ailleurs ce n'est pas au collège ou au lycée que l'on acquiert, non pas des "compétences" - ah ce jargon ! - mais de l'agilité en calcul. Quant à la "souffrance" des élèves, l'expression est une de ces figures obligées du discours doloriste si prisé actuellement ; ils souffrent de quoi ces élèves ? De l'ignorance dans laquelle les ont laissés des milliers de profs en suivant des programmes ineptes."

Je crois bien que je suis tout à fait d'accord avec lui…
JPB

Ecrit par : brighelli | 11 juillet 2007

« C'est énorme !... » ce cri, qu'accompagnaient une agitation des bras et une convulsion de la face, trahissait chez le créateur d'Homais et de Bournisien une exaltation extraordinaire en présence de quelque colossale preuve d'inintelligence. Il semblait qu'il y eût en lui quelque chose de ce qu'éprouve le saint Antoine de La Tentation, lorsqu'il aperçoit le Catoblépas, cet animal si parfaitement abruti qu'il s'est dévoré les pattes sans s'en apercevoir. « Sa stupidité m'attire... » s'écrie l'ermite. Aussi Flaubert, que la seule rencontre de la médiocrité imbécile ou satisfaite mettait au supplice, se complaisait-il à inventorier minutieusement toutes les ignorances et les misères morales des créatures manquées, dont il subissait, dont il recherchait la bêtise ; et ces créatures pullulent sur le tard de la civilisation, par cela seul que la culture s'essayant sur un grand nombre de cerveaux, la quantité de déchets est formidable.
http://perso.orange.fr/jb.guinot/pages/Bourgetpsy.html

Je me demande si je ne serais pas un déchet... Comme d'autres ici?

Ecrit par : dobolino | 11 juillet 2007

"alors franchement, les discussions théologiques "

C'est important aussi :o)
Surtout k'nous ça fait bien un an & half k'on s'fout sur la cheutron :o))))

MC, tu fais du rap ? (j'déconne, hein! C'est pour rire :o) )

J'imagine le Mur du JP, tiendro po, y picole trop :o))))))))
wwwwww@@@@@@rrrrrrrrrrffffffffff

Ecrit par : toto | 11 juillet 2007

2) Est enseignable ce qui correspond aux besoins psychiques de la moyenne des enseignés. Ceux-ci ne sont pas de futurs professeurs de lettres, comme nous fûmes vous et moi, vers la même époque, en Première (puisque vous rappelez ici votre jeunesse). Nous nous passionnions vous et moi pour « l’écriture », mais l’humanité normale (si j’ose dire) de 15 ou 16 ans s’intéresse aux textes pour ce qu’ils disent sur l’homme, la femme, le temps, l’histoire, les passions, les lieux, etc. Prendre les adolescents à rebrousse-cerveaux en leur infligeant du technique quand ils sont en attente de culturel, c’est totalement contre-productif : ils fuient la littérature à toutes jambes, ils en concluent qu’elle « ne sert à rien ». A cet égard, nos doctes mériteraient qu’on leur fasse copier dix fois le « A propos d’Horace » de Victor Hugo (« Contemplations »).


Ecrit par : MC Bellosta | 11 juillet 2007

En vous lisant tous depuis quelques jours sur ce sujet de sujet de français, j'en viens à me dire qu'à force d'à force de dégoûter les élèves de ces études en les rendant indigestes, on va finir par faire de la section L une filière d'excellence où n'irons plus que des passionnés qui en veulent. Ne serait-ce pas l'occasion de relever subrepticement le niveau?
Au Lycée où étudie mon fils, 400 élèves environ, ils ne sont que 17 à 18 en première et terminale L!

Ecrit par : dobolino | 11 juillet 2007

Bouvard et Pécuchet regagnaient leur domicile, quand, à cent pas devant eux, ils distinguèrent Pacquevent ; et Zéphyrin, près de lui, levant le coude en manière de bouclier pour se garantir des gifles.

"- Confiez-nous donc cet enfant, Monsieur, dit Bouvard, nous en ferons quelque chose.

Pacquevent se retourna, fort surpris.

"- Monsieur, mon fils est un vaurien et vous n'en viendrez jamais à bout !

- Laissez-nous donc essayer, si nous échouons, vous n'y perdez rien.

- Je vous le laisse quinze jours.."

Et Zéphyrin repartit entre Bouvard et Pécuchet, le nez en l'air, l'air ravi, heureux d'avoir échappé à la râclée paternelle...

Le soir même, dans la cuisine, ils échaffaudèrent leur plan de bataille pour la conquête de l'esprit de Zéphyrin.

"J'ai lu dans ouvrage de pédagogie de Monsieur Meirieu, dit Bouvard, qu'il fallait laisser les enfants construire leur propre savoir.

- Et moi, dit Pécuchet, qu'il ne fallait plus donner de devoirs, de leçons et de punitions.

-Mais allez savoir comment cet enfant a été éduqué jusqu'à présent. Sans doute lui aura-t-on gâté l'esprit avec le méthode syllabique, répondit Bouvard.

-Il ne faut pas dire syllabique, le coupa Pécuchet mais d'association de la phonétique et du graphisme ou quelque chose comme cela...De toutes façons cette méthode est mauvaise : Madame Charmeux en dit le plus grand mal et cette femme est une lumière.

-Il ne sait pas grand chose, dit Bouvard, mais au moins il sait lire et écrire.

-La belle affaire que de savoir lire et écrire, si on a appris de la mauvaise manière ! s'exclama Pécuchet.

Le lendemain matin, ils attendaient leur élève de pied ferme, mais fidèles aux principes de liberté édictés par un pédagogue anglais, ils n'avaient pas osé le réveiller.

"Monsieur Neel affirme que les enfants sont naturellement attirés par les Lumières, dit Bouvard, laissons-le décider lui-même du moment.

Mais le troisième jour, ils durent se rendre à l'évidence. Zéphyrin faisait sans doute partie des rares enfants qui n'étaient point naturellement attirés par les Lumières.Il est vrai qu'il n'était pas Anglais.

-Ah ! Si nous vivions en Angleterre s'écria Bouvard, les choses iraient mieux. Zéphyrin se lèverait de bon coeur et nous n'aurions pas besoin d'aller le réveiller.

etc, etc.

C'est vous qui m'avez donné l'idée. Et bravo pour le catoplébas, on dirait du Michaux.

Ecrit par : Robin | 11 juillet 2007

C'est vous qui m'avez donné l'idée. Et bravo pour le catoplébas, on dirait du Michaux.

Ecrit par : Robin | 11 juillet 2007

C'te blague! Je serais tentée, vu mon mauvais caractère, de vous dire que "caresse de chien donne des puces" et que Michaux, je ne l'aime pas car il accomplit, entre autres crimes, la démystification de la tomate. Une abominable prof de français en première m'en a dégoûté à vie. Mes camarades et moi avons essuyé sa crise soixante-huitarde alors qu'elle était juste agrégée. Je serais curieuse de savoir où en est à présent cette personne qui doit approcher la retraite? Son époux d'alors était metteur en scène (ou directeur?) du théâtre de l'Aquarium.
Je n'ai néanmoins pas fini mes études sur le catoblépas qui, ici, prolifère, accompagné de sautillants et naïfs dahu(t)-s.
Ne le prenez pas en mauvaise part, Robin! C'est manière de dire...

Ecrit par : dobolino | 11 juillet 2007

:)

Ecrit par : toto | 11 juillet 2007

vous avez vues les vidéos qui trainent sur youtube ? (cherchez à "classe" par exemple (ou à "cour" ( sans "s" svp!))??

Ecrit par : tomodachi | 11 juillet 2007

"- Avant de réveiller Zéphyrin, dit Bouvard, mettons-nous d'accord sur la théorie, la pratique en découle. Puisqu'il nous faut décidément abandonner les principes de Monsieur Neel, lesquels adopterons-nous ?

- Pestalozzi ?

- Impossible, répondit Bouvard, ce grand homme n'a rien prévu pour un seul élève...A moins de recueillir chez nous d'autres enfants...

- Jean-Jacques Rousseau ! s'exclama Pécuchet."

En prononçant ce nom sa tête versa en arrière, sa bouche s'ouvrit largement et il ferma les yeux tandis que son visage osseux prenait une expression de profond extase.

Ecrit par : Robin | 12 juillet 2007

Dobolino, les grands espaces, c'est mon truc... Ca me repose l'esprit (mais j'imagine qu'il faut l'entretenir tout ce terrain; je vois, rien que pour mes 70 m2, le bazar que ça exige!). Encore faut-il que l'eau soit présente, sous forme de sources, de ruisseaux, de lacs, etc.

Sinon, j'ai fait un drôle de rêve - je suis attaqué de la tête je pense...

Je me trouvais dans ma voiture (que j'ai vendue à un élève il y a quelques semaines) en compagnie, allez savoir par quel mystère de l'inconscient, de mon inspecteur en Histoire et Géographie. Qui me dit: "Tout à l'heure je viens à votre cours.
- Mais, répondis-je, c'est le jour de la rentrée!
- Et alors? Je veux que votre leçon porte sur la géographie des Etats-Unis"...

Tout en conduisant, je revois le programme (oui, je suis dangereux!), choisis mes docs, etc.

En classe: les élèves, garçons et filles, rentrent - je sens déjà qu'ils sont difficiles (il y a quelques Missy Eliott blondes, des rouleurs de mécanique, et des grandes gueules... et oh! un timide!). Ca parle. Ca fait du bordel. L'inspecteur est dans son coin est prend des notes (enfin, vous connaissez à peu près tous ici l'histoire). Je gueule. No effects. Je quitte la pièce en lançant: "Cette année, je ne peux enseigner!"

Brrrrrrrrrrr; toutes les conneries à ne pas faire, je les ai accomplies dans mon songe.... Help, I need a schrink! hu hu hu

Bonne journée!

Ecrit par : Pendariès | 12 juillet 2007

Ouh là ! Là, c'est grave... Moi, je verrais bien deux ordonnances complètement contradictoires pour vous réparer la tête :
- soit vous écrivez, vous écrivez, vous écrivez tout ce qui vous passe par la tête au point de vue pédagogique sur ce blog ou un autre,

- soit vous arrêtez immédiatement d'écrire, vous faites des grandes randonnées à pied , du jardinage, toutes les fêtes foraines de votre région, tous les toro-piscines, toutes les soirées paëllas/couscous/chili con carne/moules frites proposées par les comités des fêtes de tous les petits bleds du coin, enfin tout ce qui ne peut en aucun cas vous rappeler votre mission de transmetteur de culture.

Ecrit par : catmano | 12 juillet 2007

Hors sujet, mais quand même: L'Empire contre-attaque:

Tiré de "Le Monde":

Vatican : seule l'Eglise catholique possède la vérité du christianisme

En septembre 2000, le cardinal Joseph Ratzinger, alors préfet de la doctrine romaine, avait provoqué l'une des plus belles tempêtes de la fin du pontificat de Jean Paul II. Dans un document intitulé Dominus Jesus, il avait affirmé que l'Eglise catholique était la seule à pouvoir se prévaloir de la qualité d'Eglise. Les Eglises protestantes et le Conseil oecuménique des Eglises (Genève) s'étaient élevés contre cet exclusivisme catholique. L'affaire avait largement contribué à la réputation d'intransigeance du futur pape et son élection avait été accueillie avec beaucoup de réserves dans les milieux oecuméniques.

Son successeur, le cardinal américain William Levada, publie, mardi 10 juillet, un document qui reprend intégralement cette thèse, comme si la Curie n'avait tiré aucune leçon de la polémique. Pour lui, "l'Eglise du Christ subsiste" (en latin, subsistit in), historiquement et pleinement, dans la seule Eglise catholique : "Elle n'a cessé d'exister au cours de l'Histoire, et toujours elle existera, et c'est en elle seule que demeurent à jamais tous les éléments institués par le Christ lui-même."

C'est aussi la reprise, presque mot pour mot, de la constitution sur l'Eglise (Lumen Gentium) du concile Vatican II, adoptée en 1964. En faisant ce rappel, l'auteur de ce document romain entend lutter contre les "interprétations erronées" venues de la pratique depuis quarante ans d'un "oecuménisme" mal compris et de "visions inacceptables, encore répandues dans le monde catholique", selon lesquelles l'unité des Eglises ayant éclaté, plus aucune ne peut se considérer comme détentrice de la seule vérité

Autrement dit, une seule Eglise possède la vérité intégrale du christianisme. Les autres - orientales (orthodoxes) ou protestantes - ne sont pas dépourvues d'"éléments de vérité et de sanctification", mais n'ayant pas été fidèles à la foi catholique des origines, elles n'ont pas la "plénitude" des voies du salut, qui ne peuvent être trouvées qu'à Rome.

Les orthodoxes méritent un sort à part. Ils sont les plus proches des catholiques : ils n'ont pas rompu avec le principe de la "succession apostolique" (les évêques descendent des apôtres) et ils ont une conception "valide" du sacrement de l'Eucharistie. Mais ils divergent avec l'un des "principes constitutifs" de la foi catholique : la primauté du pape, évêque de Rome. Pour les orthodoxes, tous les évêques sont successeurs des apôtres et leurs pouvoirs sont identiques. C'est une "déficience", juge le texte romain. Aussi les Eglises orthodoxes ne peuvent être considérées au mieux que comme des "Eglises particulières ou locales".

ENTORSE AU DIALOGUE


Quant aux Eglises protestantes, nées de la Réforme du XVIe siècle (anglicanisme, luthéranisme, calvinisme, méthodisme), elles ne sont même pas des Eglises authentiques au sens propre. Elles ne sont que des "communautés ecclésiales". Impossible de les qualifier autrement, écrit le cardinal Levada, malgré la "blessure" que ce mot peut provoquer. Car il manque aux protestants les "éléments essentiels" de la foi catholique. Ils croient au "sacerdoce universel" des fidèles : il n'y a pas de différence entre eux, sinon de fonction. Etre "pasteur" est une fonction, non un ministère sacré. Ils ont rompu avec la "succession apostolique" : leur épiscopat, leur sacerdoce ne sont pas "valides". Leur conception de l'Eucharistie (la "Sainte-Cène") n'est "ni authentique, ni intégrale".

Ces points de doctrine ne sont pas nouveaux. Mais les acteurs du dialogue - y compris catholiques - peineront à comprendre les raisons et l'utilité d'un tel rappel de divergences aujourd'hui. Le cardinal Levada n'entend pas contrarier, assure-t-il, le dialogue oecuménique, mais il veut le mener à ses conditions : la fidélité "à l'identité de la foi catholique".

Les réactions risquent d'être vives. Les protestants, en particulier, n'acceptent pas que leur qualité d'Eglise soit ainsi contestée. Cette manière d'affirmer que l'Eglise catholique est seule à posséder la vérité ne pourra que satisfaire son aile la plus identitaire et dogmatique. Derrière un argumentaire technique et une apparente fidélité à la lettre du concile Vatican II, c'est l'esprit du dialogue ouvert depuis quarante ans entre les confessions chrétiennes qui subit une nouvelle entorse.

Henri Tincq

Ecrit par : Pendariès | 12 juillet 2007

Mici Catmano pour vos conseils!!!

Etes-vous Gardoise??

Ecrit par : Pendariès | 12 juillet 2007

Non, Drômoise.

Ecrit par : catmano | 12 juillet 2007

De toutes façons, demain il ya "Saint-Germain ou la négociation" avec Jean Rochefort et Rufus. Sublimissime.

Ecrit par : montaigneàcheval | 12 juillet 2007

Derrière un argumentaire technique et une apparente fidélité à la lettre du concile Vatican II, c'est l'esprit du dialogue ouvert depuis quarante ans entre les confessions chrétiennes qui subit une nouvelle entorse.

A Maminou et à quelques autres sur ce blog : ne faites pas attention aux propos du cardinal Lavada. Il y a de nombreux catholiques qui ne voient pas les choses dans ces termes.

Ecrit par : Robin | 12 juillet 2007

Je n'ai néanmoins pas fini mes études sur le catoblépas qui, ici, prolifère, accompagné de sautillants et naïfs dahu(t)-s.
Ne le prenez pas en mauvaise part, Robin! C'est manière de dire...

Ecrit par : dobolino | 11 juillet 2007

Je préfère être un "catho blépas" ou un "naïf et sautillant dahu" qu'un "rusé pégagoblépas", inspecteur agrégé hors classse ou Torquémada laïc dopé à l'ingénierie stylistique, aux séquences didactiques et à la méthode globale.

Ecrit par : Robin | 12 juillet 2007

"rusé pégagoblépas"

"pédagoblépas" : il est difficile à prononcer et à orthographier le nom de cet animal-là.

Ecrit par : Robin | 12 juillet 2007

Si vous rencontrez - on ne sait jamais - Xavier Darcos un de ces jours, Jean-Paul, essayez donc d'avoir la peau des "séquences didactiques". Je suis convaincu que tout le redressement de l'enseignement du français ( et du latin et du grec) est accroché à cette seule mesure. Pas seulement du français, du latin et du grec, d'ailleurs: l'anglais, l'allemand, l'histoire sont contaminés aussi. La "séquence didzctique", c'est "l'art d'apprendre à ignorer."
Ce serait la première mesure à prendre de toute urgence. Merci à vous. Toutes nos pensées vous accompagnent.

Ecrit par : Jean | 12 juillet 2007

Dobolino, les grands espaces, c'est mon truc... Ca me repose l'esprit (mais j'imagine qu'il faut l'entretenir tout ce terrain; je vois, rien que pour mes 70 m2, le bazar que ça exige!). Encore faut-il que l'eau soit présente, sous forme de sources, de ruisseaux, de lacs, etc.



Ecrit par : Pendariès | 12 juillet 2007
Ne comptez pas sur moi pour vous donner celles que je connais.
Au fait, Henri Michaux, c'est trop bien. J'ai une adapatation théâtrale de Plume par un comédien venu porter la bonne parole au fond de nos vallées. Trop bien.

Ecrit par : dobolino | 12 juillet 2007

Au fait, Henri Michaux, c'est trop bien. J'ai une adapatation théâtrale de Plume par un comédien venu porter la bonne parole au fond de nos vallées. Trop bien.

Ecrit par : dobolino | 12 juillet 2007

Votre professeur agrégée de Lettres vous aura fait détester, mais découvrir Michaux et maintenant vous l'aimez. C'est la "symphonie de la vie" ! dirait MàC. D'accord avec vous "Plume", c'est "trop bien". Je suis sûr que çà devrait plaire à vos "petits nains" : le vrai génie demeure toujours à hauteur d'enfance.

Ecrit par : Robin | 12 juillet 2007

Pour rester dans le hors-sujet, ma confiture d'abricots n'est pas mal. Qui en veut?
A quand un grand pique-nique au jardin du Luxembourg pour défendre les idées Brighelliennes avec affiches, pancartes, petites" scènettes" théâtrales inventées entre autres par Dobolino et son fils?
Non, cela ne vous semble pas assez sérieux? Comme cela, on sortirait du blog et nos idées avec? Vous en pensez quoi, Brighelliennes, Brighelliens?

Ecrit par : Thalie | 12 juillet 2007

Et puis on verrait enfin à quoi on ressemble!:-)

Ecrit par : Thalie | 12 juillet 2007

A Maminou et à quelques autres sur ce blog : ne faites pas attention aux propos du cardinal Lavada. Il y a de nombreux catholiques qui ne voient pas les choses dans ces termes.
Ecrit par : Robin | 12 juillet 2007

C'est très humain cette façon de chacun de considérer qu'il possède La Vérité.

Les religions sont des inventions humaines, seule la foi en Dieu et en Jésus Christ compte.

Ecrit par : Maminou | 12 juillet 2007

Pour rester dans le hors-sujet, ma confiture d'abricots n'est pas mal. Qui en veut?
Thalie

Chez nous on cueille déjà les mirabelles alors qu'il reste encore des griottes très sucrées dans les cerisiers...
Y'a plus de saison, ma pauv'dame...

Qui en veut?

Ecrit par : Maminou | 12 juillet 2007

Thalie, ce serait amusant, mais combien serions-nous?
Je me souviens de "manifestations" pour les langues anciennes où nous nous étions retrouvés rue de Bellechâsse à quarante clampins en face de quelques CRS débonnaires et sceptiques.
Par précaution, il serait peut-être prudent de lancer d'abord sur la toile un référendum en faveur de nos idées, afin de tisser d'abord un rassemblement virtuel. Après quoi seulement nous pourrions songer à des agapes publiques, auxquelles il faudrait inviter Darco,bien entendu, l'agrégé des Lettres et l'écrivain (son dernier livre est sur Tacite).

Ecrit par : Jean | 12 juillet 2007

Cette année, je ne fais pas de confiture d'abricots, il en reste trop de l'année dernière. Alors, nous avons fait faire du nectar, il devrait être pas trop mal.
Pour la confiture, j'attends les figues. Il y en a plein et la confiture de figues, il n'en reste jamais.
Pour le pique-nique, Moulins serait plus central ou alors, Romorantin... Il paraît qu'il y a une belle gare de triage... Quelqu'un connaît Romorantin ?

Ecrit par : catmano | 12 juillet 2007

Allez Jean, il faut y croire!
"Sous ( JPB) donc cette troupe s'avance,
Et porte sur le front une mâle assurance.
Nous partîmes ( cinquante!); mais par un prompt renfort
Nous nous vîmes trois mille en arrivant au port.
Tant, à nous voir marcher avec un tel visage,
Les plus épouvantés reprenaient de courage!

Ecrit par : Thalie | 12 juillet 2007

Veinarde, Catmano! ici en Bretagne, les figues ne mûrissent jamais et elles sont très chères alors je les utilise parcimonieusement...

Ecrit par : Thalie | 12 juillet 2007

Pour le pique-nique, Moulins serait plus central ou alors, Romorantin... Il paraît qu'il y a une belle gare de triage... Quelqu'un connaît Romorantin ?
Catmano

Et La Souterraine, dans La Creuse, ça ne vous dit rien?

Un journaliste de ma connaissance raconte que dans les rédactions des médias il se dit volontiers que si on envoie un des leurs en reportage là-bas, il est sûr d'être à jamais oublié...

Ecrit par : Maminou | 12 juillet 2007

Votre professeur agrégée de Lettres vous aura fait détester, mais découvrir Michaux et maintenant vous l'aimez. C'est la "symphonie de la vie" ! dirait MàC. D'accord avec vous "Plume", c'est "trop bien". Je suis sûr que çà devrait plaire à vos "petits nains" : le vrai génie demeure toujours à hauteur d'enfance.

Ecrit par : Robin | 12 juillet 2007

A aussi réussi à me faire gerber Nathalie Sarraute et Francis Ponge, enfin tous ceux que j'ai découvert avec elle, sauf Supervielle car la rencontre fut inoubliable et le fondement de ma connaissance de soi. Heureusement j'en connaissais d'avant et j'en ai connu d'autres après. Nous autres, élèves de C étions souvent en butte au profond mépris des profs de lettres qui nous trouvaient obtus et pas assez créatifs. J'ai ainsi appris que j'étais incapable de rédiger un texte digne de ce nom, juste bonne à annoner les notions apprises.Mon futur compagnon, en Terminale C 1971, passionné de littérature, avait choisi de continuer à suivre l'enseignement de Français optionnel. L'ambiance fut catastrophique. le professeur s'évertuait à les humilier et les dégoûter.
Est-ce toujours ainsi où la baisse du niveau en maths/physique s'accompagne-t-elle d'une meilleure tolérance de la part des profs de français?
NB: ambiance jamais rencontrée avec les profs de philo, les profs de langue, d'histoire-géo, latin, grec et les profs de français de prépa.

Ecrit par : dobolino | 12 juillet 2007

Pour le pique-nique, Moulins serait plus central ou alors, Romorantin... Il paraît qu'il y a une belle gare de triage... Quelqu'un connaît Romorantin ?

Ecrit par : catmano | 12 juillet 2007

Et Beaune-la-Rolande, einh? MàC, Robin et nous-même nous y sentirions en pays conquis.
Bon, je ne peux pas me déplacer mais on peut se faire une rave à la Trappe, on dérangera personne et le proprio adore faire la fête. Encore qu'il a arrêté la picole car il commence à décoller en peinture et faut fournir pour les expos.

http://www.louluneau.com/

Ecrit par : dobolino | 12 juillet 2007

Ne me parlez pas de rave, Dobolino, je deviens verte. C'est un problème endémique ici et il y aurait trop à dire. Non, non, un pique-nique pour se voir, pour partager nos confitures et déconfire le pédago en lui faisant la nique!

Ecrit par : Thalie | 12 juillet 2007

Et, comme boisson, il n'y aura que du coca tiède?

Ecrit par : dobolino | 12 juillet 2007

Bonjour à tous...
des griottes très sucrées? Maminou seriez vous épargné par le temps pourri qui règne sur la presque totalité de la France? La confiture Thalie, ici on est amateur... avec 7 bouches à nourrir c'est minimum un pot par jour quand ce n'est pas deux! alors calculez par an! Par contre un pique nique au "Lucos", ça me paraît conpromis pas sûr que la garde du Sénat voit ça d'un très bon oeil...on trouverait peut-être un petit coin tranquille sur les 80 hectares de Dobolino ;):) et au moins on aurait peut-être la chance d'avoir du soleil...ou sous les oliviers de JPB...

Ecrit par : Patricia Mesnigé | 12 juillet 2007

épargnée...je vous prie de m'excuser...

Ecrit par : Patricia Mesnigé | 12 juillet 2007

Je rentre un peu déprimé de la FNAC de ma bonne ville. Ils ont tout réorganisé : bandes dessinées et best sellers en exergue, philo en berne, Le rayon poésie a disparu.

Du Michel Onfray en veux-tu en voilà. Du Jerphagnon, point.

J'en ai fait la remarque à la vendeuse qui m'a regardé comme si je débarquais de la planète mars...avait l'air de s'en f...comme de l'an 40...m'a signalé vaguement l'existence d'une "boîte à suggestions".

Peut-être pourrais-je suggérer au fondateur qui a bien dû fréquenter les mêmes barricades en mai 68 et écouter Vladimir Jankélévitch au piano dans la cour de Sorbonne de se souvenir qu'il lisait Gramsci et qu'il voulait changer le monde.

Je comprends qu'en vieillissant on mette de l'eau dans son vin, mais de là à supprimer le vin...

Ecrit par : Robin | 12 juillet 2007

Bon, j'ai quand même trouvé "Maîtres et disciples" de George Steiner Et "Le diable et Daniel Silverman" de Théodore Roszak, l'auteur de "La conspiration des ténèbres", un polar dont le héros est un écrivain juif homosexuel qui se rend dans une petite ville perdue du Minnesota pour y faire une conférence à l'invitation d'un "collège évangélique".Il découvre que les membres de ce collège sont des fondamentalistes...Alors pourquoi l'ont-ils invité, lui ?

Il paraît que c'est drôle et palpitant...On verra bien !

Ecrit par : Robin | 12 juillet 2007

De quoi mettre un peu de baume au coeur des résistants de ce blog...
http://www.la-croix.com/afp.static/pages/070712115950.9d8kr0ev.htm

Ecrit par : myriam | 12 juillet 2007

Cette note de JPB m'a tout de suite fait penser à une autre note que j'ai lue récemment sur Internet et qui vilipendait le "laisser-aller moderne". Personnellement, il me semble que le laisser-aller est plutôt contemporain. Il paraît - c'est ce que nous dit JPB - que l'école se délite et que les entreprises méprisent les cancres qui ont été surnotés à leurs examens. Fariboles ! les entreprises d'aujourd'hui ne connaissent même pas le degré de rigueur (lamentablement bas) de l'Educ' nat' ! Dans l'édition, on ne s'embarasse même plus avec les règles typographiques élémentaires, on commet des fautes de fançais dignes de lycéens attardés. Dans d'autres secteurs, on veut du travail "vite-fait, mal-fait", et la frontière entre la compétence et l'icompétence devient floue. On me demandea des exemples pour illuster ce propos ; je les livrerai peut-être quand j'aurai plus de temps, mais sachez déjà que je pense à l'imprimerie, les services prépresse, le secteur médical, l'édition, l'artisanat...

L'auteur de la note dont j'ai parlé plus haut n'a pas tout à fait tort, notre époque connaît une mode du laisser-aller incroyable. Se congratuler pour des travaux bâclés est devenu très tendance, les professionnels exigeants qui aiment le travail soigné sont honnis, pris pour de prétentieux pinailleurs. J'exagère à peine en écrivant tout cela, l'idée d'après laquelle le monde professionnel actuel serait à la recherche d'individus cultivés et consciencieux me semble assez éloignée de la réalité.

Lutter contre ce laisser-aller, contre ce manque de rigueur qui caractérise la France de ce début de siècle, c'est aussi lutter contre la déliquescence de l'enseignement public. En tout cas, c'est ce que je crois, ce dont je suis convaincu.

Il fut un temps où de tels sujets à l'épreuve du Bac auraient navré même des folliculaires !

Ecrit par : Nabu | 12 juillet 2007

"Selon le ministre, cela exige de "réfléchir à nouveau sur le fonctionnement de l'école maternelle". "

i'veut pas demander à Cat/Huguenin/Cuche/Sommer/Dubois/Venot..etc plutôt...
On gagnerait du temps. :sol:

Ecrit par : toto | 12 juillet 2007

"Le diable et Daniel Silverman" deThéodore Roszak...Le roman porte en exergue une belle citation de Max Born : "La conviction qu'il y a une vérité seule et unique et qu'on la détient me paraît être la racine la plus profonde de tout le mal qui existe dans le monde."

N.B. : Max Born (1882-1970) : grand physicien allemand, prix Nobel de physique en 1954,ami d'Albert Einstein avec lequel il aimait faire de la musique. Lui au piano et Einstein au violon.

Ecrit par : Robin | 12 juillet 2007

Nabu, il me semble que vous confondez-sciemment- deux choses:
-l'avachissement des lois de la République et de la démocratie sous le travail de sape conjoint des gauchistes et du capital, et qu ia conduit, effectivement là où nous en sommes, à cette espèce de pantalonnade lâche qui est notre quotidien

-le formidable esprit de liberté et de tolérance qui anima une grande partie du monde depuis la fin du XVIIIème siècle. Citez-moi donc, dans l'histoire, une seule période, une seule, qui fit faire à l'humainté de tels progrès???

Donc, oui il faut remettre de l'ordre dans les écuries d'Augias et d'abord montrer à un Villepin quelconque que la justice est la même pour lui que pour la petite "racaille" de Chanteloup-Les-Vignes. Une Justice et pas Des justices, et les trois quarts du boulot serait fait.

Bref la déculturation dont à laquelle vous causez (je plaisante, non faut préciser ici, v'savez, passque sinon) et dont vous parlez de façon fort intéressante à propos du monde de l'imprimerie et du traitement de texte (vu hier à la gare de Cherbourg une annonce d'un retard de train ainsi libellée "MM les voyageurs sont informer (sic) que le train 23783 en provenance de Paris arrivera avec un retard de 20 mn env. Nous vous prions de bien vouloir nous excusés (resic)) cette déculturation donc n'est en aucun cas fortuite . Elle correspond à l'un des aspects du "grand renfermement social" auquel nous assistons. Quand un ministre (vous me direz c'est Darcos, un prof, ça explique tout) français en vient à porposer qu'on suspende la projection de ce film roumain (2mois etc) sur l'avortement, que, parallèlement la vieille fiotte germaon-vaticane, en loucedé, réautorise la catholaille à faire un bond 70 ans en arrière, on a de quoi se faire du mouron pour Voltaire et ses petis copains.
Même en allant voir sur ce que Myriam nous indique, on a de quoi se dire que les carottes sont bien, très bien cuites.

Maintenant....Beaune-La Rolande... Comme disait Pierre Dac, Beaune-la-Rolande, j'aime, mais séparées.MAis un pique-nique?????Ouais, bof.....

Et Thalie, j'en veux moi de votre confiture d'abricots, morguienne!!!!! en échange, je serai gentil avec les agrégées.Na.


Robin, du Jerpahgnon à la FNAC???? chez les branchouilles??? vous n'y pensez pas. Du Onfray, par contre, ce BHL de l'Athéïsme, cet Auchan de la patrologie, ça, on s'en doute. Vous avez envie d'aller à Beaune-La-Rolande, vous???? Pourquoi pas à Vichy? Ou au Vel d'Hiv???? Remarquez bien qu'à Auschwitz, vous vous souvenez des bonnes soeurs polaques avaient eu le culot de vouloir y foutre un carmel. ALors à quand un Buffalo Grill à Treblinka????

Ecrit par : montaigneàcheval | 12 juillet 2007

Robin, merci pour la citation de Born. J'avais posté trop tôt.

BâV

Ecrit par : montaigneàcheval | 12 juillet 2007

zyva Thalie, file lui sa marmelade. lol ;)

Ecrit par : toto | 12 juillet 2007

De quoi mettre un peu de baume au coeur des résistants de ce blog...
http://www.la-croix.com/afp.static/pages/070712115950.9d8kr0ev.htm

Ecrit par : myriam | 12 juillet 2007

Il a précisé faire "confiance aux professeurs pour choisir les systèmes les plus efficaces de sorte que les élèves qui n'ont pas un environnement familial qui les aiderait à s'en sortir de toute façon ne soient pas abandonnés en cours de route".

Ca va dans le bon sens, mais il faudrait aussi les conditions pour que germe la "Bonne Parole".

Des decennies de pédagogisme échevelé (méthode globale et ORL) ont tellement ravagé le terrain.

...Et le ministre (de droite !) a raison de rappeler contre tous les ministres de gauche (à l'exception de JP Chevènement) que ces méthodes défavorisent les défavorisés.

Votre "touche" JPB ?

Ecrit par : Robin | 12 juillet 2007

Je me pose moi aussi des questions MàC sur l'évolution actuelle de l'Eglise catholique.

Je fais partie d'une association qui s'appelle "Foi et Culture" et qui s'efforce de rester libérale et ouverte.

Ce qui me choque le plus chez les intégristes, ce n'est pas la messe en latin, c'est l'attitude vis-à-vis du judaïsme. Comment peut-on regretter que Vatican II ait supprimé la prière du Vendredi Saint pour la conversion des "juifs pervers" ? A chaque fois que l'entendais, je pensais à mon grand-père et ça me faisait mal.

Il faut au contraire retrouver les racines intellectuelles et spirituelles du judaîsme et sortit de la coupure Ancien/Nouveau Testament instauré par Augustin, ce jour-là mal inspiré par son manichéisme...faire "à l'envers" ce qu'a fait Chouraki : aller du Nouveau Testament à l'Ancien et en vivre la continuité.

Je retiens la parole d'un grand pape, Pie X, je crois : "Nous sommes spirutuellement des Sémites".

Le carmel d'Auschwitz, j'étais contre. C'était une idée des Polonais, à cause sans doute du souvenir du père Maximilien Kolbe, un prêtre polonais qui prit la place d'un père de famille dans le tristement célèbre "cachot de la faim".

Mais ce lieu est pour le silence.

J'y suis allé en 88 avec des élèves de seconde, première et terminale et j'ai assisté à une "prise de conscience" d'un élève de seconde, un gros dur qui avait salement tourmenté un de ses camarades.

C'est aussi la vertu d'un lieu comme celui-là de nous interrroger sur ce que faisons de nos frères.

Ecrit par : Robin | 12 juillet 2007

Maintenant....Beaune-La Rolande... Comme disait Pierre Dac, Beaune-la-Rolande, j'aime, mais séparées.MAis un pique-nique?????Ouais, bof.....

ALors à quand un Buffalo Grill à Treblinka????

Ecrit par : montaigneàcheval | 12 juillet 2007

On pourrait aller à Gurs. Je n'ai jamais visité...
C'est là que mon arrière-grand-mère a eu l'opportunité de mourir de malnutrition et dysenterie avant le grand voyage vers Buffalo Grill.
Maintenant, vous pouvez préférer Rivesaltes ou Les Milles (le Lubéron de la déportation!).
Toutes ces charmantes bourgades sont dans le sud et, ma foi, le temps semble être au beau.

Ecrit par : dobolino | 12 juillet 2007

Robin, mon grand-père a accepté, avec désir de pacification définitive, de participer à la cérémonie de béatification d'Edith Stein en tant que plus agé représentant de la communauté juive de la région d'Offenburg.
Le bouquin de Roszak, c'est dans quelle édition? Il m'a alléchée.

Ecrit par : dobolino | 12 juillet 2007

Je fais partie d'une association qui s'appelle "Foi et Culture" et qui s'efforce de rester libérale et ouverte.
Robin

Association très active dans notre région aussi, les conférences organisées par catholiques et protestants font régulièrement salle comble dans une toute petite ville (ou gros village) proche d'ici.

Ecrit par : Maminou | 12 juillet 2007

"Le Diable et Daniel Silverman" de Théodore Roszak : je l'ai trouvé en édition Livre de Poche, thriller. Il existe aussi aux éditions du Cherche Midi.

Le début du livre évoque le monde de l'édition aux Etats-Unis. C'est très drôle (pour le lecteur, pas pour le héros !)

Ecrit par : Robin | 12 juillet 2007

Merci à Myriam d'être passée mettre un mot qu'auront pu voir tous les passants. Je suis ravie par ce que dit X. Darcos dans cet article de La Croix que vous nous signalez http://www.la-croix.com/afp.static/pages/070712115950.9d8kr0ev.htm
Je ne sais pas si c'est la "touche" de JPB (comme se demande Robin), ou de Sauver les lettres (qui trépigne sur le thème des horaires primaires depuis bien longtemps), ou de la Fondation pour l'innovation politique en mon humble personne (qui trépigne depuis novembre 2004 sur le thème), ou du GRIP, ou de SLECC, ou du HCE, ou de... ou de..., ou si M. Darcos et ses conseillers sont assez attentifs pour remarquer tout seuls l'aberration des horaires consacrés aux fondamentaux (c'est l'hypothèse la plus probable!), mais on s'en fiche, les grands esprits se rencontrent et l'espoir renaît. Vive le Pr. Darcos!
Pour l'instant, les horaires consacrés à la langue française dans le programme primaire signé par Robien, en plus d'être hyper bas, sont laissés à la discrétion du professeur d'école. La "maîtrise du langage et de la langue française" doit être enseignée entre 9h et 11h au CP, 9h ou 10h au CE1; "l’étude de la langue" se voit consacrer de 2h30 à 3h30 au Cycle III (BOEN, 12 avril 2007, p. 100). Pour ce Cycle, la grille ne fixe fermement que des enveloppes horaires de "domaine" (un domaine scientifique, un domaine littéraire) où "l’histoire" peut compenser "l’étude de la langue", et la "technologie" les "mathématiques", selon la logique inaugurée par L. Jospin (arrêté du 1-8-1990) et reprise par J. Lang (arrêté du 25-1-2002). X. Darcos ne pouvait manquer de remarquer que, pour une "maîtrise" du "socle" que l'État s'engage à faire acquérir à tous les enfants, soutien à l'appui, des horaires étroits et fluctuants, c'est vraiment se moquer du monde.

Ecrit par : MC Bellosta | 12 juillet 2007

Ça fait au moins 20 ans que nos bons ministres disent aux journalistes qu'ils vont remettre le "lire, écrire, compter" au cœur des programmes de l'école primaire...
Et qu'on nous explique ensuite à grand renfort de fadaises que l'important, c'est la motivation, la fréquentation de la BCD, les situations-problèmes, la production d'écrits, le langage oral, la citoyenneté, l'autoconstruction des savoirs, la mise en situation de chercheur, la Main à la Pâte, la littérature de jeunesse, les écrits sociaux...

Bon là, il est très tard. Si j'ai le courage, je continue demain.

Ah si ! Encore un petit truc. Sur les conseils de Perceval (bonjour Perceval si vous passez encore lire de temps en temps), je zone un peu sur EDP (forum enseignants du primaire sur tout bon moteur de recherche). Eh ben, il n'est pas encore dans l'air du temps, notre pique-nique, nous pouvons sans problème le faire au Luxembourg, jamais les gardiens du Sénat ne s'affoleront de notre toute petite troupe ! Faites chauffer la confiture (mais n'achetez pas les abricots trop cher, l'expéditeur les paie 0,07 € le kg au producteur), j'apporte le Côtes du Rhône Villages ( et le sous-coca tiède) !

Ecrit par : catmano | 13 juillet 2007

Association très active dans notre région aussi, les conférences organisées par catholiques et protestants font régulièrement salle comble dans une toute petite ville (ou gros village) proche d'ici.

Ecrit par : Maminou | 12 juillet 2007

Alors vous comprenez pourquoi la déclaration de Mgr.Lavada m'a particulièrement irrité.

On passe sa vie à tisser des liens et un beau jour un cardinal vous explique qu'il faut faire attention parce que "les autres" ne détiennent pas la vérité. Je trouve ça lourd.

Nous avons reçu le pasteur Jean-Arnold de Clermond, président de la fédération protestante de France et de la conférence européenne des Eglise dans le cadre de "Foi et Culture". le 4 novembre dernier ; il a notamment parlé des valeurs de la laïcité.

Ecrit par : Robin | 13 juillet 2007

Robin, qu'allez vous faire à la FNAC ?
Vous habitez Lyon, non ? Alors allez chez Decitre, ce sont de vrais libraires, eux ! Et c'est chez eux que je me suis procuré Jerphagnon, suivant vos conseils.

Si je viens au pique-nique, j'apporte du Bourgogne.
Et aussi de la bière (restons nordiste !).

Ecrit par : Japhet | 13 juillet 2007

Très bien, l'article de La Croix!
Mais je ne respirerai que quand Xavier Darcos aura pris des décisions semblables pour le collège, où la première mesure à prendre de toute urgence est l'interdiction des "séquences didactiques". A quoi bon une école primaire qui forme correctement ses élèves si au collège et au lycée ils désapprennent tout?

Ecrit par : Jean | 13 juillet 2007

Et Beaune-la-Rolande, einh? MàC, Robin et nous-même nous y
sentirions en pays conquis.

"en pays conquis", c'est la cas de le dire !

Il y a aussi Meillant, Baranthaume, Pellevoisin, Montgivray, Douanic, Saint-Hilaire du Benaize, Le Poinçonnet, Bagneux, Pouligny-Notre Dame, La Lande, Lamotte-Beuvron, Pithiviers...Rien que dans la région centre qui détient le record de France...sans doute en raison de la douceur du climat.

200 camps de détention, d'internement et de transfert ouverts en France entre 1939 et 1945.

Les belles colonies de vacances du "maréchal nous voilà" !

Ecrit par : Robin | 13 juillet 2007

Robin, qu'allez vous faire à la FNAC ?
Vous habitez Lyon, non ? Alors allez chez Decitre, ce sont de vrais libraires, eux ! Et c'est chez eux que je me suis procuré Jerphagnon, suivant vos conseils.

Bien fait pour moi, mais c'est instructif de voir comment on vend aujourd'hui la culture ou ce qui en tient lieu.

Decitre à Lyon, place Belcourt ? Oui je connais bien ; j'y allais quand j'habitais Lyon (et pas à la FNAC !), mais hélàs je n'habite plus Lyon et il n'y a pas l'équivalent ici.

Jerphagnon, c'est "trop bien" non ? Un philosophe qui a de l'humour, qui fait passer les idées les plus complexes et qui écrit comme Voltaire, c'est rare, non ? Le "Gai savoir" en somme !

Je viens de dévorer "Augustin et la sagesse" (DDB) et j'ai encore faim !

Ecrit par : Robin | 13 juillet 2007

Je compatis si vous n'avez pas de meilleure librairie que la Fnac. A défaut, sur Amazon, on trouve énormément de choses.
J'ai lu "Les dieux ne sont jamais loin" et je le prescris à tous ceux qui ont été offensés ou enthousiasmés par le "Traité d'athéologie".
Jerphagnon et Onfray ne jouent pas dans la même division !
Onfray paraît après coup superficiel et besogneux en comparaison de son ancien maître.

Ecrit par : Japhet | 13 juillet 2007

Chers amis blogueurs et blogueuses,

Je pars demain matin aux aurores pour une semaine de vacances dans le sud-ouest du côté de Lannemezan, avant de déménager (trois déménagement = un incendie, disent les Anglais qui s'y connaissent en incendies, surtout les Londoniens !)

Je vous fais toutes mes amitiés !

Ecrit par : Robin | 13 juillet 2007

Moi itou pour une semaine... Amicalement...

Ecrit par : Thalie | 13 juillet 2007

On se croirait à Paris au mois d'août sur ce blog... Quand arrivent les cars de japonais?

Ecrit par : dobolino | 13 juillet 2007

Eh, moi aussi, je pars demain pour la Corrèze... Faut'y pas être bête. La chaleur arrive enfin et moi, je m'en vais.

Ecrit par : catmano | 13 juillet 2007

Ben si vous voulez, je peux garder la boutique. Parler tout seul. Remarquez que ça me changera pas beaucoup. Mon Mac ronronne. Safari safarise. Le temps s'est amélioré. Je peux passer un coup de chiffon, nettoyer les tables et ranger vos casiers, si vous voulez. Même celui de Cadichon. Ha!!!!

Mais des cars de Japs....brighelli, kouavouar? klikklak??fujikolor???kouavouar??kouavouar???? Je doute qu'ils restent longtemps ici. On a du sushi à se faire....

Ecrit par : montaigneàcheval | 13 juillet 2007

Allez une petite dernière et je m'éclipse: Vous savez ce que dit Onfray à son amie la Baleine????

"Tu gères, fanion???"

Ecrit par : montaigneàcheval | 13 juillet 2007

ben, moi, je rentre de vacances !
Le temps de lire les deux cents pages de commentaires en retard, et je viens taper la causette avec MàC.
A +

Ecrit par : yann | 13 juillet 2007

"Même celui de Cadichon. Ha!!!!

Ben voiiiiillllllàààààààà, tu voiiiiiis c'est po difficile :)

Wam j'va continuer à faire 'suer' çà et là .

A propos j'avions un truc à dire sur le dernier livre d'Erik, rapport aux "notes".
Ca ne sert pas à grand chose de "corriger" les devoirs, dans le sens : Pour les élèves. Les fautes (tous types) doivent guider l'enseignant sur ce qu'il doit faire pour que l'élève ne les fasse plus.
Je m'explique (enfin i try):
si j'écris:
"aprés tu et parti"
Ca ne sert à 'rin' d'entourer en rouge et de donner une 'sale' note. Beaucoup mieux serait de revoir qq petits leçons (bon, là, un peu plus que "qq") avec "Lire avec Léo & Léa" édition BELIN 18€ PO CHIR

:o))))))))))))))))))))))))))))))))))))))))))))

j'me répéte ? M'en fous !
;o))))

Ecrit par : toto | 13 juillet 2007

Ohé!Il, y a même pas d'écho... Dobolino , je peux peut-être aller sur la Place d'Armes détourner un car de russes ou de chinois, aujourd'hui, soleil oblige enfin , ça se bouscule au château, on peut peut-être essayer de leur vendre le site brighellien comme un monument en péril...
MàC, j'espère que vous allez encore nous gâter et nous envoyer quelques cartes postales gourmandes, merci à vous de penser à ceux qui ne partent pas:)

Ecrit par : Patricia Mesnigé | 13 juillet 2007

@ Montaigne à cheval :

Je partage votre analyse sur quelques points, mais il y en a d'autres où ne ne pourrons probablement pas nous rejoindre :

1/ je ne crois pas au progrès, pas une seconde. D'après moi, l'amélioration d'une technique ou de plusieurs n'en est pas un gage certain.

2/ je me navre de l'évolution actuelle de l'Eglise, pour d'autres raisons que les vôtres. Ratzinger est le pire pape que nous ayions eu depuis longtemps. Mais je ne sais pas si les "calotins" ont une responsabilité quelconque dans le délabrement actuel et, à vrai dire, je ne le crois pas ; il me semble que leur situation fait elle aussi partie des symptômes plutôt que des causes de la maladie. Quoi qu'il en soit, j'avoue ne pas être sûr de vous avoir bien compris sur ce dernier point, il faudra que je vous relise avec plus d'attention.

J'ignore d'où vient le mal, je tente de le découvrir mais mes réflexions demeurent jusqu'à présent infructueuses.

J'ai reçu il y a quelques mois un courriel de réponse à un message que j'avais envoyé à une université. Ledit courriel était bourré de fautes d'orthographe. Non pas de ces fautes qu'il arrive à tout le monde de commettre parce qu'on est pressé ou parce qu'on hésite sur l'orthographe d'un mot, mais de ces fautes qui sont un manque de respect intolérable à l'égard de leur destinataire ("C'est vous qui décidaient en féinitif", "il vous ait possible". Il se trouve que l'auteur de ces lignes est tout à fait capable d'éviter ce genre de fautes sans consulter un Béscherelle ou un dictionnaire, et pourtant la personne concernée a très mal reçu mes remarques). Dans le même genre, l'auteur d'une note d'information placardée sur la porte de mon local à ordures ménagères est apparamment tout à fait en mesure d'écrire un texte dans un français correct, mais il n'a pas daigné le faire (ponctuation inexistante, infinitifs à la place de participes passés, et j'en passe... ).

J'avoue avoir été séduit, dans un premier temps, par les théories de Laurence J. Peter, le père du fameux principe éponyme. Mais il y a autre chose, me semble t-il aujourd'hui. Une sorte de "jemenfoutisme" qui m'aurait valu des heures de colle et d'innombrables lignes de pensums quand j'usais mes jeans trop larges sur les bancs de l'école mais qui est devenu la norme actuelle. Dans un service prépresse où j'ai travaillé quelques temps, les clients "chiants" étaient ceux qui osaient réclamer le respect des règles élémentaires de la typographie (pas plus de trois coupures de mots dans un paragraphe justifié, et que ces coupures respectent les conventions en vigueur, entre autres exemples). J'ai également vu une table dont les pieds étaient vissés, non pas sur la largeur du cadre comme c'est la règle, mais verticalement, ce qui rend le meuble peu solide.

Je ne crois pas qu'il s'agisse de morale. De nos jours, on se moque de ceux qui osent critiquer quelque oeuvre que ce soit, et on les conspue lorsqu'ils osent insister. L'à peu près est désormais suffisant et ceux qui ne savent pas s'en contenter sont regardés comme de prétentieux pinailleurs.

Ecrit par : Nabu | 14 juillet 2007

Une dernière histoire avant la route pour tout le monde et spécialement pour dobolino :

C'est un petit garçon juif qui rentre de sa première journée à la grande école :

La mère : " - Qu'est-ce que tu as appris aujourd'hui à l'école bubelé ?

-J 'ai appris que je m'appelais Samuel."

Ecrit par : Robin | 14 juillet 2007

bubelé : mon petit chéri ou mon trésor en yiddish (on appelle ça un "hypocoristique")

un hypo quoi ?????????????? Viens me l'dire ici si t'es un homme !

hypocoristique toi-même !

Ecrit par : Robin | 14 juillet 2007

Salut à toutes et à tous… J'avais une course à faire, j'ai été absent deux jours.
L'idée de réunir les blogueurs n'est pas mauvaise, Je vais y penser.
En attendant, retrouvons-nous ici… C'est assez convivial, ce me semble…

Jean, pouvez-vous me rappeler lundi matin ?

JPB

Ecrit par : brighelli | 14 juillet 2007

ben, moi, je rentre de vacances !
Le temps de lire les deux cents pages de commentaires en retard, et je viens taper la causette avec MàC.
A +

Ecrit par : yann | 13 juillet 2007

Ben dis donc, t'es pas parti bien longtemps! Ton yacht est tombé en panne?

Ecrit par : dobolino | 14 juillet 2007

Ben dis donc, t'es pas parti bien longtemps! Ton yacht est tombé en panne?

Ecrit par : dobolino | 14 juillet 2007

Non, j'ai perdu une rame. Mais je la remplacerai, si tu veux que je te le prête pour tes six semaines de congés payés ...

Ecrit par : yann | 14 juillet 2007

Non, j'ai perdu une rame. Mais je la remplacerai, si tu veux que je te le prête pour tes six semaines de congés payés ...

Ecrit par : yann | 14 juillet 2007

Non, si tu me prêtes ta galère gratos, je t'offre la rame qui manque. Embauches-tu tes galériens selon la Convention Collective en vigueur?

Ecrit par : dobolino | 14 juillet 2007

Tu sais, c'est un tout petit yacht. Modèle gonflable, 4 places. On fait çà en famille .

Ecrit par : yann | 14 juillet 2007

Ah! Conjoint collaborateur?

Ecrit par : dobolino | 14 juillet 2007

Eh bien, une semaine de vacances m'a fait prendre un retard considérable dans le suivi de ce blog !

Je suis très heureux de retrouver ici la plume de Marie-Christine Bellosta, dont j'utilise par ailleurs, entre autres ouvrages, le livre paru chez Belin pour faire étudier Les Misérables à mes élèves (ce qui, je l'espère, m'amène à dire moins d'âneries sur Victor Hugo que les sujets d'EAF).

La confiture d'abricots a retenu mon attention : je serais tenté par cette réunion des blogueurs (et voir enfin, entre autres, à quoi ressemble notre Robin-Abbé Sieyès)

Je file chercher le dossier où j'ai compilé les consignes nationales ET académiques sur les sujets de bac que j'ai déjà corrigés, j'ai toujours pensé que ça pourrait servir !

Ecrit par : Jérémy | 14 juillet 2007