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24 juin 2007

Repenser l'Histoire

Repenser l’Histoire

Au programme de Lettres des classes prépas scientifiques cette année (2007-2008) : penser l’Histoire. Avec, comme textes d’appui, l’Horace de Corneille, les livres IX à XII des Mémoires d’outre-tombe — consacrés aux aventures du vicomte pendant la Révolution —, et le 18 Brumaire de Louis-Bonaparte, où Marx analyse avec férocité le coup d’Etat par lequel le premier président élu de la Seconde République renversa icelle, et se proclama Napoléon III.

J’avais cette année des élèves de Première année, qui auront donc ledit programme aux concours l’année prochaine. Et juste avant les grandes vacances, j’ai commencé à débroussailler la question — et à leur donner une bibliographie aussi démesurée que possible, parce que s’il ne faut pas désespérer Billancourt, comme disait Sartre, il n’est pas interdit de déprimer un peu des prépas — ils n’en rebondiront que plus haut.
Et de leur conseiller de lire Tite-Live, la Révolution française de Michelet (pour commencer…), et l’ensemble des écrits de Marx consacrés au 2 décembre 1851 — ça tombe bien, tout est rassemblé dans un gros volume chez Folio sous le titre les Luttes de classe en France.

Je leur ai aussi transmis quelques cadres de réflexion, afin qu’ils aillent tout de suite, dès la première lecture, au plus efficace — et surtout qu’ils mesurent l’abîme de leur ignorance, un jeu que l’on pratique ad nauseam dans ces classes.
(« Comment ? Ils n’ont pas encore construit eux-mêmes leur propre savoir ? » « Eh non ! mon bon monsieur Lionel… »).
Nous commençâmes donc par Horace.
Présupposés de lecture : l’élève doit connaître Tite-Live et les légendes romaines (éventuellement, Denys d’Halicarnasse en sus, mais ne soyons pas trop chien…), le livre que Dumézil a consacré au mythe spécifique d’Horace et des Curiace (introuvable, sauf en bibliothèque — et encore, pas toutes, je me demande comment feront les « prépas rurales », selon le mot d’un ancien directeur de l’ENS, c’est-à-dire celles qui végètent hors Paris). Et il doit avoir lu parallèlement deux ou trois brimborions sur Corneille, l’édition-Pléiade du théâtre, due à Georges Couton, ou le livre de Doubrovsky (Corneille et la dialectique du héros, opportunément réédité en collection Tel-Gallimard).
Entre autres…

Et à propos de héros, justement…
La thèse de Couton est que Horace peut être lu comme une attestation d’allégeance de Corneille à Richelieu (à qui est dédiée la pièce) et à cette nouvelle conception de l’Etat qui émerge dans cette première moitié du XVIIème siècle (1), qui est à la morale ce que le poisson est à la bicyclette. Ce qui suppose que les élèves connaissent :
- l’histoire romaine
- l’histoire du XVIIe siècle (c’est tout l’intérêt d’un tel programme : toute lecture de l’Histoire est en soi aussi de l’histoire — construction d’une fiction seconde à partir d’une fiction première).
- Et, éventuellement, l’histoire du néo-classicisme, afin de percevoir au mieux le discours d’escorte d’une toile comme le Serment des Horace — qu’ils ne manqueront pas d’aller contempler au Louvre pendant les vacances.

Inutile de dire que les programmes d’Histoire (et de Lettres) des collèges et lycées sont ainsi faits qu’ils ignorent tout de ces trois points. C’est dire que la métaphore de Camille, assassinée par son frère, non sans raison disent Corneille et l’Histoire, comme illustration des rapports compliqués de Richelieu et d’Anne d’Autriche via Louis XIII et le chancelier Séguier (voir les Trois mousquetaires, chapitre XVI) dans la construction d’une raison d’Etat indépendante des bonnes manières, leur passe très largement au-dessus de la tête.
La faute à des institutionnels qui ont assassiné l’Histoire événementielle au profit d’une « réflexion » sur l’Histoire d’une prétention inouïe, concernant des gosses de 12 à 16 ans… Une Histoire qui a annihilé, pour des raisons idéologiques évidentes, la notion même de héros (2).
La génération qui a autour de vingt ans aujourd’hui est la première à avoir vécu intégralement dans un monde sans héros. La première à laquelle on n’a pas fourni d’« exemples » (au sens classique du terme), en prétendant que chacun se construirait en modèle. Louis XIV enfant lisait Quinte-Curce racontant Alexandre — et il en est sorti le Roi-Soleil. Les révolutionnaires de 1789 avaient la tête farcie d’exemples latins (3). Et les défenseurs d’Alamo se sont sacrifiés à l’exemple de Léonidas — mais allez donc suggérer aux jeunes d’aujourd’hui de mourir pour la patrie — ou, plus abstraitement encore, pour l’Etat.
Mais quand on leur explique que John Wayne, nationaliste s’il en fut, se met en scène crucifié d’un coup de baïonnette sur la porte de la poudrière d’Alamo, ils en frémissent d’horreur : les fictions auxquelles on les a habitués montrent des héros gagnants — et vivants, ce qui est quelque peu contradictoire avec le statut même de héros.
La génération du baby-boom a été la dernière à être abreuvée, via la Résistance, encore toute proche (on baptisait des rues à tour de bras dans les années 50-60) de modèles héroïques. Et une bonne part du décalage avec les générations actuelles tient peut-être à la distorsion de valeurs née d’un regard qui se prétend moderne sur l’Histoire, et qui n’est jamais que stérilisant.

JPB

(1) Voir Etienne Thuau, Raison d’Etat et pensée politique à l’époque de Richelieu, Albin Michel (disponible sur Amazon, http://www.amazon.fr/gp/offer-listing/2226116656/ref=dp_olp_2/171-1821406-5011405)
(2) Disons qu’en gros, l’Histoire a mis quelques siècles à se dégager des mythes, quelques millénaires à s’extirper des légendes, et qu’elle a tenté de substituer à la geste des héros des lois fondamentales — la lutte des classes, par exemple, ou le glissement progressif du plaisir vers le libéralisme… Que ce mouvement soit un progrès dans notre conception de l’Histoire n’est pas forcément une évidence… « On veut des légendes », chantent en ce moment les deux plus vieux rockers français en activité. Ils n’ont pas tort.
(3) Je me suis amusé à fournir à mes élèves, sachant qu’ils omettraient, malgré mes conseils, de monter au Louvre pendant les vacances, les diverses versions de l’Enlèvement des Sabines par Poussin, Sebastiano Ricci et David — en confrontant le Léonidas de ce dernier avec une image des « 300 » de Frank Miller et Lynn Varley (4). Parce que penser l’Histoire, c’est aussi la donner à voir, et que toute image reconstruit une fiction sur une fiction sur une fiction — ad libitum…
(4) Je vais m'offrir le ridicule de mettre une note dans la note. Les "300", le film tiré de la BD de Miller, a été interprété quasi unanimement par les critiques américains comme une fable transparente sur les rapports entre un pays héroïque et démocratique (les Etats-Unis) luttant jusqu'à la mort contre un axe du Mal qui est probablement l'Iran. À quoi s'ajoute, ce qui n'a pas manqué de faire réagir les dirigeants iraniens, toujours à la pointe de l'humour, des sous-entendus sexuels — la lutte de vrais guerriers virils contre des barbares ambigus percés du nez au nombril et ttoués comme des arbres de Noël. Rien que du soft… Quelqu'un oserait-il prétendre que l'Histoire n'est pas, comme le susurrait Valéry, "le produit le plus dangereux que la chimie de l'intellect ait élaboré" ? Tiens, ça va leur plaire, en prépas TPC…

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Commentaires

Mais si, ils ont des héros, Jean-Paul! Zinédine Zidane, Diam's, et le dernier (ou la dernière) gagnant(e) de la star-ac, dont je me flatte de ne pas même connaître le nom!
Je suis d'accord avec vous sur le fait de proposer un programme le plus riche possible, et avec une vraie mise en perspective des différentes périodes (qui implique une compréhension de l'histoire de l'homme, et de celle des hommes), mais, dans votre message, on sent une pointe de satisfaction à en mettre "plein la tronche" à vos classes de prépa... Pour des raisons d'efficacité à long terme, semblez-vous sous-entendre? Je suis assez sceptique sur ce plan!

Ecrit par : christophe sibille | 24 juin 2007

Pas "qui implique", mais "qui entraînent"... Gasp!

Ecrit par : christophe sibille | 24 juin 2007

Je suis de bonne humeur et je veux bien expliquer…
Pascal explique quelque part que plus on en sait, mieux on mesure l'étendue de son ignorance. Je ne me permettrais pas d'en mettre "plein la tête", comme vous dites, à de pauvres mômes tout à fait incompétents — que ce soit ou non de leur faute. Mais dès que vous avez face à vous des petits cracks (ou supposés tels) auxquels on serine depuis l'enfance qu'ils sont extraordinaires, la moindre des politesses pédagogiques est d'utiliser justement ce qu'ils ont de savoir pour leur faire toucher l'immense sphère connexe du non-savoir. Ils s'y prêtent en général de bonne grâce — ils sont en fait assez disposés à se faire traiter de cancres, pourvu qu'ils aient le sentiment d'en retirer quelque chose. Pour rester dans la musique, que disait à votre avis Amphion (capable d'élever au seul son de sa lyre les murs de Thèbes, parce que les blocs charmés se rangeaient tout seuls) à ses éventuels élèves ? Bande de nuls — ou de nullos, restons en Grèce… Quant à ce que ses élèves pensaient d'eux-mêmes…
Et quitte à prendre des héros grecs, je préfère Amphion à la rappeuse chypriote dodue sus-mentionnée…
JPB

Ecrit par : brighelli | 24 juin 2007

"...Bravo,Jean-Paul,je vous ai vu à la télé et je salue l'effort considérable que vous faites pour l'Educ.Nat...je suis tout-de-go avec vous ,et la "fabrique du crétin" restera un monument incontournable en la matière...Gràce à vous,heureusement qu'il existe cet autre "son-de-cloche!..c'est avec sensibilité et non avec des "théories"que vous avez abordé le problème de la déculturation et votre humilité vous fait hommage...Cet hiver,je me suis "permis" un essai pamphlétaire intitulé LES PARADIGMES ARTIFICIELS,ou j'aborde également,en partie,des thématiques identiques.j'aimerai avoir votre avis là-dessus.Vous pouvez le télécharger gratuitement sur mon blog,ne vous en privez pas!...ne vous inquiétez pas pour vos détracteurs,laissez-les croupir dans le jus noirâtre de leur ignorance...REMBRANDT disait:"Je dégorge patiemment une source de lumière...".Bon courage et bonnes continuations.Vous n'êtes plus tout seul,et nous sommes à un tournant de l'histoire où l'obscurantisme reprend le dessus.A bientôt,total respect pour votre acharnement.

Ecrit par : michel REYES | 24 juin 2007

Bonjour JPB,

Totalement en phase avec votre propos (et je ne parle pas seulement de cette note).
C'est bien l'exigence qui devrait être la règle ! D'ailleurs, au final, les élèves ne s'y trompent pas.

Une petite nuance pour ma part sur votre jugement concernant l'enseignement de l'histoire. Je trouve que les programmes ne sont pas si nuls que ça, que l'événementiel n'est pas mort (pas totalement en tout cas).
La manière dont ces programmes sont compris par les différents acteurs de la formation des futurs collègues, c'est autre chose. Je me souviens avoir intitulé une leçon d'histoire "la Grande guerre : 1914-1918" et m'être fait critiqué sur ce point par ma formatrice...
Peu de temps après, j'avais- avec un collègue-dit tout le bien que je pensais des IUFM dans une tribune au Monde qui avait suscité une belle polémique en 2003 ! Vous imaginez donc tout le plaisir que j'ai à vous lire !
Cordialement

Ecrit par : Thalamos | 24 juin 2007

"m'être fait critiquer", faute de frappe, sans doute.

"Les acteurs de la formation"? J'ai de la peine à me faire à cet emploi (importé?) du mot "acteur"!
Les différents "acteurs" du système éducatif... Non, vraiment, rien à faire! Et pourtant c'est étymologique!

Ecrit par : Jean | 24 juin 2007

Vous savez comment on me procède au primaire ? en gros on demande aux gamins de faire l'analyse des documents qui leur sont soumis comme je devais le faire en DEUG. Puis bien sûr les élèves doivent construire la trace écrite et le maître ne doit que les guider.
Je crois que c'est parlant.

Ecrit par : Ronin | 24 juin 2007

on procède

Ecrit par : Ronin | 24 juin 2007

"C'est parlant".
C'est en effet déraisonnable. J'ai l'exemple d'une petite fille de CM2 qui a dû faire un exposé fort détaillé sur l'arrestation du Roi à Varennes. Trois mois après, quand on lui demande ce que représente la date de 1789, rien!

Ecrit par : Jean | 24 juin 2007

"Pascal explique quelque part que plus on en sait, mieux on mesure l'étendue de son ignorance."
JPB

Ecrit par : brighelli | 24 juin 2007

Oui, Socrate a dit ça également, ou à peu près. Je suis assez d'accord avec vous, sur le fait de cadrer un peu des "mômes rois" qui croient tout savoir, (j'ai été confronté à ce problème avec la préparation à l'option musique du bac), et j'ai éprouvé un plaisir malsain à en mettre un ou deux "minables", (ce n'a pas été très difficile, point n'est besoin d'être Jean-François Zygel!) Mais, au milieu de ces "profils", il y en a vraisemblablement qui sont fragiles, sympas, et non prétentieux... Sans pousser dans la "pédagogie différenciée", leur renvoyer de manière assez abrupte leur ignorance ne risque t-il pas d'avoir sur eux l'effet inverse de celui escompté?

Ecrit par : christophe sibille | 24 juin 2007

"Pascal explique quelque part que plus on en sait, mieux on mesure l'étendue de son ignorance."
JPB

Ecrit par : brighelli | 24 juin 2007

Oui, Socrate a dit ça également, ou à peu près. Je suis assez d'accord avec vous, sur le fait de cadrer un peu des "mômes rois" qui croient tout savoir, (j'ai été confronté à ce problème avec la préparation à l'option musique du bac), et j'ai éprouvé un plaisir malsain à en mettre un ou deux "minables", (ce n'a pas été très difficile, point n'est besoin d'être Jean-François Zygel!) Mais, au milieu de ces "profils", il y en a vraisemblablement qui sont fragiles, sympas, et non prétentieux... Sans pousser dans la "pédagogie différenciée", leur renvoyer de manière assez abrupte leur ignorance ne risque t-il pas d'avoir sur eux l'effet inverse de celui escompté?

Ecrit par : christophe sibille | 24 juin 2007

post-it

Ecrit par : Patricia Mesnigé | 24 juin 2007

Pour Robin qui aime les romans policiers, et sans quitter le domaine de l'Histoire: la précieuse collection 10 18 offre quelques merveilles du genre: le célèbre Juge Ti de Robert van Gulik, et Sir John Fielding, de Bruce Alexander. Au premier la Chine médiévale et ses meurtres fort subtils, au second (frère supposé de Henry Fielding) le Londres du XVIII°, où l'on croise Samuel Johnson, Haendel et force catins... Je ne garantis pas qu'il n'y ait point quelques tripes sur le pavé, mais raisonnablement , et le dépaysement est garanti.

Ecrit par : Cunégonde | 24 juin 2007

Cher JPB,
Je vous félicite pour votre combat qui sera long mais qui est grand parce qu'il est difficile et peut-être perdu d'avance... Je suis quant à moi très pessimiste. Je viens d'enseigner trois ans dans des collèges de France après avoir passé trois années à enseigner dans un lycée français, au Koweit. Le constat est accablant. Les seuls enfants qui ne connaissaient pas leur langue étaient les Français ayant effectué leur scolarité primaire en métropole. Les meilleurs venaient du Sénégal (pour le primaire, chez les soeurs) ou du Liban (pour le secondaire, chez les frères). Heureusement, l'année prochaine, je serai muté dans un lycée. Je vais ainsi pouvoir respirer un peu et sinon sortir du chaos abyssal de crétinisme et de fanatisme démagogiques et pédagogiques, du moins rencontrer quelques élèves sachant lire et écouter. C'est terrifiant, le collège. Il faut être d'une force psychologique incroyable pour résister à tant de violences, tant de désordres, tant de barbarie. C’est un problème de société, d’époque et plus encore, de civilisation. Et je suis étonné qu'il y ait tant de profs à tenir le coup...
Pour finir, une petite coquille, sans doute mille fois signalée par vos nombreux lecteurs. Dans la fabrique du crétin, p. 143, la citation de Cyrano, ce n'est pas "lorsque c'est difficile", mais "lorsque c'est inutile".
Amitiés,
Ch. Carrère

Ecrit par : Christophe Carrère | 24 juin 2007

Si je comprends bien, JPB, vous faites de "l'interdisciplinarité" comme Monsieur Jourdain faisait de la prose.

Il y a deux idées distintes dans votre post : l'enseignement de l'Histoire proprement dit et l'enseignement du français en rapport avec l'Histoire.

En ce qui concene la liaison Français/Histoire, entièrement d'accord avec vous, c'est fondamental, surtout avec des élèves même brillants auxquels on n'a pas suffisamment donné de repères chronologiques.

Je me souviens par exemple d'avoir modestement essayé de le faire avec une classe de 4ème au moment de la sortie du film "Le colonel Chabert" avec l'incontournale Gérard Depardieu dans le rôle titre, Fanny Ardant dans le rôle de la comtesse Feraud et Fabrice Luchini dans celui du notaire.

Le roman est absolument incompréhensible si on n'explique pas le contexte historique, L'Empire, la bataille d'Elau, le passage de l'Empire à la Restauration...

Nous avions passé une séance de deux heures à le faire après avoir vu le film et avant d'étudier le roman. Une collègue avait entrepris de faire la même chose pour son inspection, mais plus succintement, avec "Le Bourgeois Gentilhomme" en évoquant le contexte social de la pièce (les trois ordres de l'Ancien Régime)...

Mal lui en avait pris. L'inspecteur le lui avait reproché en lui disant qu'il ne fallait pas "mélanger le Français et l'Histoire", ce qui est, à mon avis, complètement stupide.

En ce qui concerne l'enseignement de l'Histoire proprement dit et pour avoir essayé d'aider cette année mon plus jeune fils dans un devoir de préparation au brevet, je trouve les programmes trop difficiles et trop ambitieux ; on demande à un élève de 3ème ou de 4ème un niveau de réflexion qui est au-dessus de son âge et j'ai bien peur qu'il n'en reste pas grand chose.

Ecrit par : Robin | 24 juin 2007

C'est terrifiant, le collège. Il faut être d'une force psychologique incroyable pour résister à tant de violences, tant de désordres, tant de barbarie. C’est un problème de société, d’époque et plus encore, de civilisation. Et je suis étonné qu'il y ait tant de profs à tenir le coup... (Christophe Carrère)

Ca ne résoud pas les problèmes, mais ça fait du bien de ne pas se sentir tout seul.

Ecrit par : Robin | 24 juin 2007

Pour Robin qui aime les romans policiers, et sans quitter le domaine de l'Histoire: la précieuse collection 10 18 offre quelques merveilles du genre: le célèbre Juge Ti de Robert van Gulik, et Sir John Fielding, de Bruce Alexander. Au premier la Chine médiévale et ses meurtres fort subtils, au second (frère supposé de Henry Fielding) le Londres du XVIII°, où l'on croise Samuel Johnson, Haendel et force catins... Je ne garantis pas qu'il n'y ait point quelques tripes sur le pavé, mais raisonnablement , et le dépaysement est garanti.

Ecrit par : Cunégonde | 24 juin 2007

J'aime bien les romans policiers "historiques".

Je recommande les romans d'Eliette Abécassis, professeur agrégée de philosophie, parus aux éditions Livres de poche : "L'or et la cendre", "Qumran", "La répudiée", "La dernière tribu"...

Les romans "victoriens" d'Anne Perry dans la collection "grands détectives" (10/18)

...Et un excellent auteur français : Guillaume Prévot : "Le mystère de la chambre obscure" qui se déroule au XIXème et où l'inspecteur est un certain Jules Verne et "L'assassin et le prophète" qui se déroule à Jérusalem, du temps du Christ (l'inspecteur s'appelle Philon d'Alexandrie).

Ecrit par : Robin | 24 juin 2007

Oui, faute de frappe. Maudits claviers, petits caractères, myopie prononcée. Mea maxima culpa.

Sur le fond, encore une fois, votre propos me conduit à quelques remarques :

D’abord, je vous trouve injuste : l’histoire événementielle est bien présente dans les programmes et les enseignements de nos lycées. L’analyse des événements aussi. L’une ne va pas sans l’autre.
Une liste d’événements ânonnés n’a pas beaucoup d’intérêt. Pour combien de gens (hier comme aujourd’hui) « 1515 – Marignan » signifie vraiment quelque chose ? D’un autre côté, maîtriser sa chronologie et les événements est un support indispensable à une bonne étude historique.
Je viens de corriger des copies sur « La Véme République garantit-elle la stabilité politique ? ». Deux types de réponses, en gros : les candidats récitant une chronique des présidents et de leurs actions principales ; et ceux qui tentent de répondre au sujet, suivant les règles de l’art de la composition. Ces derniers s’appuient bien sûr sur les mêmes matériaux. Mais ils les utilisent pour servir une pensée.

Les programmes, et la liberté pédagogique, permettent réellement de travailler l’événement. L’histoire savante s’est remise du structuralisme, fort heureusement. Les enseignements scolaires aussi.
Pour n’évoquer que les classes de Terminales, l’enseignant sera amené à traiter par exemple le 13 mai 1958, la Toussaint rouge de 1954, la chute de Dien Bien Phu, la crise des missiles de Cuba, la chute du mur de Berlin, l’élection présidentielle de 1965 ou celle de 1981, l’exposition coloniale de 1931, la guerre du Rif, la crise de Suez, etc.

Quant à fabriquer des héros… Le projet me semble fort dangereux. (je songe à vous dénoncer auprès du Comité de Vigilance sur les Usages Publics de l’Histoire…).
Utiliser un personnage du passé relativement lointain pour servir un discours était, il est vrai, l’usage pratique de l’histoire pendant fort longtemps. Notre chère République ne s’en est pas privée non plus : Etienne Marcel ou même Philippe Auguste en ont fait les frais. Créer des modèles n’est sans doute pas une mauvaise idée. Mais l’on joue alors tout de même un peu aux apprentis sorciers. Je ne suis pas totalement opposé à l’idée par principe, mais je m’en méfie beaucoup, car elle recoupe finalement le bon vieux débat entre l’histoire et la mémoire (cf. par exemple les très bonnes pages d’Antoine Prost sur ce sujet dans la Revue XXe siècle). La fureur commémorative existe toujours. Est-ce à l’école de la relayer ?
D’ailleurs, votre façon de commenter et de comparer les différentes figures de Léonidas me donne à penser que vous aussi, vous préférez déconstruire le héros, mettre en contexte les différentes utilisations de la figure, plutôt que de raconter une belle légende sans broncher.

Sur les héros plus proches de nous : c’est vrai, notre génération, post Baby Boom, n’a pas de héros. Mais le héros ne surgit-il pas en période de catastrophe ? Le héros n’est-il pas le sauveur ? Autrement dit, ne faut-il pas s’en prendre à une époque qui est, pour ce qui est de la France, pour le moins apaisée depuis un demi siècle ? En ce sens, pour une société, ne plus produire de héros serait finalement le signe d’une bonne santé.


A mon sens, l’événement est présent dans l’enseignement de l’histoire. Les héros un peu moins, mais leur usage pose problème.
Ce qui manque dans l’histoire, ce que vous semblez regretter, c’est l’érudition. Je ne puis qu’approuver, mais n’est-ce pas, pour reprendre votre formule, d’une prétention inouïe concernant des gosses de 12 à 16 ans ?

Toujours cordialement

Ecrit par : Thalamos | 24 juin 2007

"il y en a vraisemblablement qui sont fragiles, sympas, et non prétentieux..."


oui, il y en a !!

Quel est le programme de 1ère année pour 2007/2008 ?

Ecrit par : Marielle L. | 24 juin 2007

arrêtez tout !! faites comme si je n'avais rien dit :o)

Ecrit par : Marielle L. | 24 juin 2007

Il y a, Christophe Carrère, collège et collège. Un petit nombre d'entre eux, surtout en zone rurale, sont vivables.

Je ne voudrais pas émousser votre enthousiasme, mais les lycéens que vous allez rencontrer sortent d'un collège où, dans la majorité des cas, ils n'ont rien appris. "C'est une chance, me direz-vous, je vais pouvoir me rendre utile." L'ennui, c'est que, si vous enseignez le français, vous serez tenu d'appliquer les consignes officielles qui, précisément, interdisent - EAF oblige - d'enseigner d'une manière raisonnable et efficace. En effet, vous allez devoir composer avec les genres", les "registres", les "séquences", les "objets d'étude", toute une usine à gaz qui livre des bacheliers incultes et, ce qui est plus grave, l'esprit déformé par le recrachage de lectures analytiques auxquelles ils n'ont rien compris. Vous verrez, c'est jouissif.

Mais c'est vrai qu'il vaut encore mieux ça qu'un collège-foutoir où l'on passe trois quarts d'heure à faire de la discipline - en vain, d'ailleurs.

Ecrit par : Jean | 25 juin 2007

Christophe Carrere, ne vous faites pas trop d'illusions sur le lycée !

Vos secondes ne seront que les troisièmes qui étaient au college l'an dernier ! Quant à la crétinerie pédagogique, elle sévit aussi en lycée. D'ailleurs on va rigoler car je serai vraisemblablement inspecté cette année, ça va être quelque chose.

Pour JPB : il y a "repenser l'Histoire" en CPGE TPC, mais il y a aussi "L'action" en CPGE ECE ! Dites, vous mettriez quoi comme grands textes littéraires sur l'action ? Evidemment, j'ai deja fait mon anthologie personnelle sur le thème (car je m'y colle l'année prochaine avec les élèves), mais j'aimerais bien savoir les oeuvres et références qui vous viennent spontanément à l'esprit (j'ai sans doute mis un bon nombre de vos grands textes favoris dans ma liste !).

Ecrit par : Jeremy | 25 juin 2007

Jean, s'il est vrai que les épreuves de l'EAF sont stupides, rien ne vous empêche de vous affranchir du cadre du programme de lycée pour enseigner façon 70's. Tous les grands auteurs y ont leur place, y compris dans l'ordre chronologique, et leur étude ne gêne en rien la préparation aux écrits, qui, si j'ai bien compris les sujets des deux dernières années, se résument à réciter qu'une-thèse-se-défend-mieux-quand-elle-est-présentée-sous-forme-d'histoire-parce-que-sinon-zyva-on-comprend-rien.

Ecrit par : Christophe | 25 juin 2007

Rires, Christophe, très bien résumé.
Deux ans de suite le meme sujet pour les S-ES, qui était déjà tombé en 2002. En gros, la littérature permet-elle d'argumenter ? Et pourquoi, et comment ?
C'est vraiment désespérant.

Ecrit par : Jeremy | 25 juin 2007

Merci chers collègues, tous plus illustres et plus expérimentés que moi, pour vos commentaires qui font plaisir à voir. Oui, malheureusement, j'enseigne le français, du moins j'essaie, c'est-à-dire que je n'y arrive pas, bien sûr. Et les collèges où j'ai sévi étaient tous des collèges ruraux, évidemment. Ailleurs, il ne s'agit plus de barbarie. On est carrément dans l'indicible... Et il vaut mieux alors, de beaucoup, passer le concours de la RATP : primes, vacances, billets d'avion et de train gratuits, 13eme mois, retraite à 50 ans, pas d'élèves, pas de parents, pas d'inspecteur, pas de copies, pas de conseils, pas de CA... et un simple brevet des collèges suffit pour devenir formateur.

Ecrit par : Christophe Carrère | 25 juin 2007

Merci chers collègues, tous plus illustres et plus expérimentés que moi, pour vos commentaires qui font plaisir à voir. Oui, malheureusement, j'enseigne le français, du moins j'essaie, c'est-à-dire que je n'y arrive pas, bien sûr. Et les collèges où j'ai sévi étaient tous des collèges ruraux,

Bingo. Décidément, Christophe, je sens avec vous un compagnonnage de vieux guerrier.

Ce que vous dites des collèges ruraux est parfaitement exact. Encore une fois la réalité "rugueuse à étreindre" comme disait Rimbaud fait exploser les idéologies vagues.

Mais les mythes ont la vie dure...sur la campagne par exemple, ses joies et ses bienfaits. Ah ! Jean-Jacques, quand tu nous tiens !

C'est oublier qu'en face de nous, il n'y plus aucun(e) fils (fille) de "paysans" et presque aucun d'agriculteur. Les campagnes françaises sont bien souvent des régions sinistrées, désertifiées...avec toutes les conséquences morales (alcoolisme, violence, désagrégation du lien social...).

Le sympathique et lucide (mais oui) candidat néo trotskyste Gérard Schivardi a très bien parlé de tout cela.

La culture rurale, celle des enfants et des jeunes, c'est exactement la même que celle des banlieues, mesdames et messieurs les partisans du "retour à la terre" : rap, langage jeune, bierre, shit, tournantes et la détresse.

Je n'exagère pas et je parle d'expérience, comme vous Christophe, mais comme chantait l'autre "le premier qui dit la vérité..."

Ecrit par : Robin | 25 juin 2007

Dont acte, messieurs, pour les collèges ruraux. Mais j'avais quand même dit "un petit nombre d'entre eux", ce qui ne fait pas beaucoup!
En tout cas , le mien est vivable. Semi-rural, à vrai dire. J'ai bien conscience que c'est une exception. On y a même eu du grec pendant une vingtaine d'années, jusqu'à l'arrivée d'une principale spectaculairement inculte.

Quant à contourner, Christophe, les instructions officielles en lycée, je m'y suis escrimé, croyez-moi. L'ennui, c'est que j'avais dans mon conseil de classe de Première S un abruti de la FCPE qui a ameuté tout le lycée quand il s'est aperçu que je ne faisais pas de "séquences". Le proviseur, qui avait dû recevoir cinquante coup de fil des parents, m'a fait la tête dès ce moment-là. J'étais "mauvais", voyons! Et quand je pesais ( en grammes!) les trois manuels de français qu'avaient mes élèves (860 pages en tout!), je défaillais pour eux. Le dénommé Jordy, IG, s'est brillamment illustré dans la confection de ce genre de pensums pédants et... lacunaires.

Autre chose.
Sur RTL, ce matin, les parents demandent à Xavier Darcos la suppression du brevet des collèges. Excellente idée, car le brevet ne sert à rien et ne vérifie rien, pour la raison qu'il n'y a rien à vérifier (bon, je sais, la logique est un peu bizarre). Je veux dire que les élèves ne sachant rien en sortant de 3ème, on peut supprimer cet examen. "Examen" est d'ailleurs ici un abus de langage.
Voilà en tout cas de quoi faire des économies substantielles.

Ecrit par : Jean | 25 juin 2007

Zut, je viens de relire votre post, Christophe, et je découvre que le brevet des collèges sert à devenir formateur à la RATP.
Donc il ne sert pas à rien...

Ecrit par : Jean | 25 juin 2007

Dont acte, messieurs, pour les collèges ruraux. Mais j'avais quand même dit "un petit nombre d'entre eux", ce qui ne fait pas beaucoup!

Il doit bien, en effet il y en avoir quelques uns, Jean, du moins je l'espère, mais ceux que je connais dans ma région ont de gros problèmes ; le collège le plus agréable que j'aie connu n'était ni vraiment rural, ni vraiment urbain. Il n'était pas non plus particulièrement "huppé". C'était dans la région parisienne dans les Yvelines dans les années 90 ; les enfants étaient généralement agréables et on pouvait travailler. Six années consécutives dont je garde un assez bon souvenir. Je ne savais pas alors que je mangeais mon pain blanc.

"Dans un mois, dans un an, comment souffrirons-nous?"

Ecrit par : Robin | 25 juin 2007

En ce qui concerne la possibilité de "penser l'Histoire", il est évident également que les deux années de CPGE Lettres, la favorisent particulièrement, que le professeur ait le souci, comme JPB de "faire le lien" entre sa discipline et les autres, l'Histoire en particulier, ou que l'élève (je dis bien l'élève, pas "l'étudiant" ou "l'apprenant"!) le fasse lui-même, mais tout le contexte dans lequel il est plongé l'invite à le faire.

Une spécialisation trop hâtive, immédiatement après le bac en université ne permet pas cette approche, autrement dit (je vais peut-être en faire bondir certains), je ne pense pas, pour avoir connu les deux systèmes CPGE et université, que le système universitaire français favorise l'acquisition d'une "culture historique" et même, hélàs, d'une culture tout court.

Conclusion : battons-nous en toute connaissance de cause, pour sauvegarder nos classes préparatoires aux grandes écoles.

Ecrit par : Robin | 25 juin 2007

Voici un exemple de la culture IUFMesque.

Que peut-on espérer des élèves qui ont eu un tel "professeur des écoles" ?

Je suppose qu'il n'est pas le seul, bien qu'il en soit la caricature absolue.

"Au sujet de la production de l'écrit ,enseignants et apprenants doivent s'atteler à un véritable taureau pour réussir le pari.

Ce qu'on constate dans les classes c'est que les activités de l'écrit sont enclavées du fait qu'elles n'ont pas de points d'ancrage sur le quotidien des élèves,ce qui les prive de toute saveur ou motivations pour nos malheureux apprenants qui subissent un véritable calvaire.

Partons de là, le processus de l'écrit doir se concevoir et se construire comme étant un projet négocié,partant de la lecture,de l'oral en embrayant sur le lexique,l'orthographe,la conjugaison et autres.Tous ces domaines d'apprentissage doivent intéragir constamment pour une consolidation véritable des acquis.

C'est ainsi qu'on outille les élèves en tablant sur différents aspects de l'écrit,car l'entrée ds l'écrit commence dés les premiers jours de prise de contact avec la lecture.Donc plus les élèves progressent et avancent dans leur cursus plus les outils deviennent plus consistants et s'adaptent aux exigences et contraintes de nouvelles situations d'écrits. "

Il parle "d'embrayage" : il est peut-être un fidèle disciple de Charmeux, qui prétend que les enfants comprennent très bien qu'on remplace les pronoms personnels sujets par "embrayeurs de conjugaison".

Anne-Marie.

Ecrit par : Anne-Marie Valette | 25 juin 2007

Au sujet de la production de l'écrit ,enseignants et apprenants doivent s'atteler à un véritable taureau pour réussir le pari


Je croyais qu'il convenait plutôt de le prendre par les cornes... S'atteler à lui... Hmmm, ça va mal finir, je sens.

Ecrit par : Christophe | 25 juin 2007

Jean,
d'abord, on ne dit pas "un crétin de la FCPE", car 1°) c'est un pléonasme, 2°) il y a aussi plein de crétins à la PEEP ; on dit "un représentant des parents".
Ensuite, voir le dossier du SNALC cette quinzaine, qui rappelle de salutaires textes officiels : le conseil de classe n'est pas le lieu pour parler de la démarche des enseignants ; il y a des IPR pour cela, et le proviseur doit faire respecter l'ordre du jour.
Enfin, faire des séquences, c'est un petit exercice tout bête, qui consiste seulement à remplir le cahier de textes. Dans votre séquence, vous fourguez ce que vous voulez fourguer, seul compte l'habillage pour la galerie. Les IO disent bien qu'une séquence ne doit pas se limiter à un seul objet d'étude (ah ! cette terminologie !!). Vous pouvez donc faire ce que vous voulez, dans l'ordre que vous voulez.
Je m'aperçois en vous écrivant que sur ma liste de Bac (que je me refuse à appeler "descriptif"), j'ai écrit "1ère partie", "2ème partie", et non "séquence" !! Acte manqué !

Ecrit par : Christophe | 25 juin 2007

« Et je suis étonné qu'il y ait tant de profs de collège à tenir le coup... » Christophe Carrère

C’est parce que les profs sont, dans leur grande majorité, cons (ils participent joyeusement), lâches, (ils font participer les élèves, surtout pas leur progéniture) ou plus rarement invisibles, dans une résistance individuelle très discrète et fataliste, ayant renoncé à tout espoir que le système s’améliore un jour.
Ils m’écœurent.
Quant à ceux qui ne tiennent pas le coup, ils me font pitié.

Ecrit par : georges | 25 juin 2007

Cher JPB,
Je vous remercie vivement pour ce post d’actualité. Je sais que vous savez que je suis le seul intervenant ici à revendiquer la paternité d’une petite taupe, et si vous avez un peu pensé à moi en écrivant, je vous en remercie chaleureusement. ( Sinon, je ne vous en remercie pas moins).
Bon, assez remercié !
Je comprends bien votre souci de montrer à vos élèves la profondeur abyssale de leur ignorance, mais croyez vous vraiment qu’ils liront tout çà ? En plus de la lecture des trois œuvres au programme, ils vont devoir revoir tout leur programme de maths, physique, chimie, sans compter la sortie du dernier Harry Potter le 21 juillet !
( J’en profite pour prendre la défense du malheureux garçon, il a tiré ma seconde fille de son aversion pour la lecture, et la lecture des trois derniers tomes en anglais, outre le plaisir de connaître la fin avant les autres, leur a fait faire des progrès considérables en anglais).
Bref, comme je ne vais pas pouvoir lui faire ingurgiter vos conseils en intégralité, plus, pendant que j’y suis, La révolution de Furet, L’histoire de l’empire romain de Mommsen et Das Kapital, que conseilleriez-vous de pratique à quelqu’un dont les journées n’ont que 24 heures ? Qui a sauté la sixième, donc qui n’a pas la moindre idée de l’histoire de Rome ? Et qui a subi, bon an, mal an, les programmes bordéliques de notre belle et moderne école, donc qui mélange allègrement Robespierre et l’abbé Pierre, Marignan et Verdun, De Gaulle et Vercingétorix ? (j’exagère un peu, mais vous devez avoir l’habitude maintenant).
Merci d’avance. Ce n’est pas que pour moi. Je suis sûr qu’avec le titre de votre post, grâce à Google, des hordes de préparationnaires vont être à l’affût de vos précieux conseils.

Ecrit par : yann | 25 juin 2007

Merci, Christophe Carrère pour vos remarques de bon sens sur le collège.
Je pense comme vous qu'on respire globalement mieux dans les lycées puisque les élèves les plus en difficulté en 3ème n'arrivent jamais au lycée et que les projets pédagos y sont moins pesants.
Pour avoir enseigné hors-métropole, j'ai fait le même constat que vous sur la qualité du primaire hors hexagone.
Je suis aussi pessimiste que vous pour l'école. Il y a quelques bonnes volontés qui se sont émues et qui ont tenté de faire quelque chose. Mais la masse des enseignants est inerte et maintenant souvent inepte avec les formations nouvelles qu'elle connait et les quelques velléités de résistance viennent de la partie vieillissante du corps enseignant.
Je crois qu'au delà de cela , l'éducation des parents n'est pas de nature a aidé nos résistances. Il y a quelques mois sur RE un instit disait très justement qu'on pourrait bien remettre sur pieds une école d'excellence, tant que les familles ne changeraient pas fondamentalement d'attitude vis-à-vis du savoir, de l'apprentissage et des devoirs de leurs enfants, on ne s'en sortirait pas. Et je crois qu'il avait bien raison.

Ecrit par : Thalie | 25 juin 2007

Il parle "d'embrayage" : il est peut-être un fidèle disciple de Charmeux, qui prétend que les enfants comprennent très bien qu'on remplace les pronoms personnels sujets par "embrayeurs de conjugaison".

Anne-Marie.

Elle n'en rate pas une celle-là ; allez, après cela, expliquer aux élèves que le pro - nom s'appelle tout bêtement ainsi parce qu'il peut remplacer un nom.

Eveline Charmeux s'en prend à la grammaire. Elle (pronom personnel de rappel ou anaphorique) nous fait braire avec ses embrayeurs.

Quant à l'histoire du taureau, je n'y ai strictement rien compris. Je sais bien que nous ne vivons plus dans une civilisation rurale, mais enfin on pourrait se souvenir que nos ancêtres attelaient la charrue à des boeufs, d'où l'expression "il ne faut pas mettre la charrue avant les boeufs" et non à des taureaux.

Les taureaux sont destinés à un autre usage.

J'imagine que le formateur IUFMesque a voulu dire "Il faut prendre le taureau par les cornes", expression populaire très courante qui signifie : "aborder un problème de front et sans atermoiements".

...De plus en plus jobastres !

Ecrit par : Robin | 25 juin 2007

« Et je suis étonné qu'il y ait tant de profs de collège à tenir le coup... » Christophe Carrère

C’est parce que les profs sont, dans leur grande majorité, cons (ils participent joyeusement), lâches, (ils font participer les élèves, surtout pas leur progéniture) ou plus rarement invisibles, dans une résistance individuelle très discrète et fataliste, ayant renoncé à tout espoir que le système s’améliore un jour.
Ils m’écœurent.
Quant à ceux qui ne tiennent pas le coup, ils me font pitié.

Ecrit par : georges | 25 juin 2007

Je n'aurais pas formulé les choses tout à fait ainsi, mais je dois avouer que vous avez globalement raison Georges.

Je fais partie cependant des gens qui n'ont pas tenu le coup, comme vous dites, mais je n'ai nul besoin de votre pitié.

Ecrit par : Robin | 25 juin 2007

Oui, Georges, votre analyse des profs de collèges est parfaite, absolument. Mais chutttt... il est interdit de le dire haut et fort sur ce blog car sinon vous allez vous retrouver en deux temps trois mouvements, par les 2 ou 3 terroristes dudit blog, étiqueté de" méprisant, de connard" et autres joyeusetés du genre, déclinées sur le mode scatologique de préférence et approuvées par le silence complice des uns et les gloussements d'une partie du public féminin vaguement bovarysé. Alors méfiance.... Il est de bon ton de dire ici que tout peut se dire. C'est vrai , si et seulement si l'on est apte à supporter la violence ouverte et l'acharnement de 2 ou 3 cinglés et la violence larvée des autres qui ressortent leur tête au bout d'un moment pour donner les bons points aux maîtres -ès violence du coin.

Ecrit par : Thalie | 25 juin 2007

C'est vrai, Christophe, "crétin de la FCPE" ou" de la PEEP", c'est un pléonasme. Où avais-je la tête?
Il y a des textes officiels sur le conseil de classe, je le veux bien, mais quand le "représentant des parents d'élèves" vous a dénoncé devant tout le monde, le mal est fait.
"Pour la galerie", disiez-vous? Je ne me sens même, pas cette force-là, tellement le terme de "séquence" me donne la nausée par tout l'arrière-plan "pédago" qu'il sous-entend. C'est un vrai blocage! Je suis allergique à la pensée unique!

Le texte qui nous est rapporté par Anne-Marie est de la plus pure veine "pédago". Il est très drôle, en vérité. Surtout l'histoire du taureau auquel il faut s'atteler. Une métaphore hardie! Comment "s'atteler à un taureau" peut-il faire "gagner un pari"?

Ecrit par : Jean | 25 juin 2007

Je comprends bien votre souci de montrer à vos élèves la profondeur abyssale de leur ignorance, mais croyez vous vraiment qu’ils liront tout çà ? En plus de la lecture des trois œuvres au programme, ils vont devoir revoir tout leur programme de maths, physique, chimie,


Ecrit par : yann | 25 juin 2007

Oui...
Que penseriez-vous, Brighelli, d'un enseignement complet de mécanique ondulatoire ou de chimie organique en Khâgne ou même, pour être moins hors sujet, de géologie, de climatologie et de statistiques, puisque nos futurs géographes peuvent (ont intérêt à?) passer par ces CPGE?
Nous sortions de TC avec un niveau maths/physique/chimie largement supérieur à celui du bac S actuel et nos nuits et nos jours étaient bien remplis.

Ecrit par : dobolino | 25 juin 2007

Comment "s'atteler à un taureau" peut-il faire "gagner un pari"?

Ecrit par : Jean | 25 juin 2007

Peut-être d'égaler, dans une autre catégorie, le record du juge dans la chanson de Brassens : "Gare au gorille".

Ecrit par : Robin | 25 juin 2007

Comment "s'atteler à un taureau" peut-il faire "gagner un pari"?

Ecrit par : Jean | 25 juin 2007


Sûrement le sujet d'un prochain mémoire de fin de stage IUFM...

Ecrit par : Christophe | 25 juin 2007

Mais là, nous sommes en pleine mythologie et le minotaure n'est pas loin !

Ecrit par : Robin | 25 juin 2007

Mémoire de fin de stage de l'IUFM de Maison-Alfort :

"s'atteler à un taureau"

Après avoir formulé des hypothèses herméneutiques à propos de cette métaphore inusitée, vous essayerez, dans une perpective résolument constructiviste, d'en montrer la fécondité pédagogique en vue de la socialisation des apprenants.

Ecrit par : Robin | 25 juin 2007

Merci à Robin, le Jusiticier, et à Thalie, la Muse.
Pour commenter la chronique de M. Brighelli "repenser l'Histoire", à mon modeste niveau car je ne suis ni normalien, ni même agrégé (j'ai donc des chances de devenir un jour président de la république), je crois (et suis même assez certain, les profs d'histoire développeront) que nous vivons l'aboutissement nauséabond mais stimulant d'un conflit idéologique vieux de plusieurs siècles. Or l'Histoire et les Lettres sont les deux disciplines les plus fortement marquées par les idéologies, voilà pourquoi elles sont le champ de bataille des empoignades les plus velues. La crise nauséeuse que nous traversons est essentiellement, Malraux l'a dit avant moi, et d'autres avant lui, comme le grand Castillan Ortega Y Gasset (étrangement ses oeuvres sont quasiment introuvables en français), une crise spirituelle, pour ne pas dire, osons le mot, morale. Et la destruction de l'enseignement, à tous ses niveaux, du primaire à l'université, où nous sommes allés très loin, n'est qu'une conséquence parmi d'autres de cet anéantissement, de cet abêtissement, de cette pesanteur, comme dirait Simone (Weil). Nous ne devrions pas passer notre temps à dire des évidences et à répéter de tels topoï (quelle pédanterie). Oui, on doit apprendre à lire syllabiquement (d'autres méthodes peuvent fonctionner, mais après tout, on peut survivre à la peste, au choléra et au typhus) ; oui, il faut pratiquer des exercices systématiques ; oui, il faut aller du plus simple au plus complexe ; oui, il faut pratiquer la chronologie ; oui, l'enseignement ne se résume pas à la pédagogie : ce métier n'en est pas un, c'est encore une grave erreur que commettent volontiers les parents d'élèves, nous ne sommes pas des fonctionnaires, c'est une vocation, une mission, un devoir sacré de transmission et d'élévation humaine... Incline-toi devant l'enseignant, disent les Musulmans, car il a failli être prophète. Nous ne devrions même pas avoir à dire et à répéter cela. Nous devrions réfléchir à autre chose, être ailleurs, qui sait, peut-être ensemble...
Amitiés à tous,
Ch. Carrère

Ecrit par : Christophe Carrère | 25 juin 2007

Trouver Schivardi sympathique risque de vous attirer quelque pitié,Robin.A part ça,vos pastiches sont épatants.

Ecrit par : rocardo | 25 juin 2007

La dernière qui se soit attelée à un taureau, c'est la bienheureuse Pasiphaé, avec les causes que l'on connaît (la vengeance de Vénus), et les conséquences que l'on sait — le Minotaure et une dilatation permanente que certains manuels d'anatomie décrivent dans la rubrique "phénomènes" ou "catastrophes"… Tout cela procède d'une fantasmatique intéressante — la construction d'une chimère, puisque le Minotaure en est bien une, que je sache…

Dobolino, je déplore le manque de formation scientifique des prétendus "littéraires". Je me suis abonné des années durant à "Pour la recherche", afin de compenser des manques flagrants dans ma formation. C'est même ainsi que j'ai découvert Hervé This, qui dirigeait cette honorable publication (léditon française de Scientific American, pour ceux qui ne savent pas), et qui a commis depuis, avec les Secrets de la casserole et autres titres alléchants, les livres de chimie culinaire dont rêvait le littéraire que je suis, capable désormais de disserter sur la réaction de Maillard et autres injections d'ananas frais dans le rôti de porc…

Je voyais plus haut Robin recommander divers polars "historiques", et m'étonne de ne pas avoir lu le nom de Jean-François Parot, dont je ne saurais trop recommander toute la série (en 10/18) des aventures du commissaire Le Floc'h, dans le Paris de grenouille et de Diderot.
JPB

Ecrit par : brighelli | 25 juin 2007

Ce que je voulais souligner, c'est que les journées ne sont pas extensibles à l'infini et que, quand on prépare des concours, on a l'oeil plus sur les coef des différentes matières que sur sa culture générale. D'autant plus que la vie ne s'arrête pas à l'année de prépa dont le but est d'intégrer et non de s'épanouir.
Maintenant, si vous leur donner des pistes de recherches et d'approfondissements, c'est un bien pour ceux d'entre eux qui en profiteront. De là à les inonder d'informations et à leur enfoncer la tête sous l'eau, c'est un peu crade!

Ecrit par : dobolino | 25 juin 2007

JPB,les livres de Parot sont il est vrai très divertissant et assure une bonne lecture en cet été, mais les aventures de Nicolas Le Floch, finissent par être un peu trop délayées et épaissies avec de la farine comme les mauvaises sauces, le dernier tome le "sang des farines" est très loin d'être de la qualité du premier tome mais le fond historique est particulièrement enrichissant et le style n'est pas égal au fil des tomes au point que je me suis demandé s'il s'agissait du même auteur...

Ecrit par : Patricia Mesnigé | 25 juin 2007

divertissantS assurENT...toujours aussi fatiguée veuillez m'en excuser... ceci dit mes deux plus grandes filles me les ont empruntés les trouvent très intéressants et plein de suspens

Ecrit par : Patricia Mesnigé | 25 juin 2007

Merci, Dobolino, d'abonder dans mon sens, et de souligner le côté parfois sadique des profs de prépas ...

Ecrit par : yann | 25 juin 2007

Merci, Dobolino, d'abonder dans mon sens, et de souligner le côté parfois sadique des profs de prépas ...

Ecrit par : yann | 25 juin 2007

Oui, mais c'est ça qu'on aime en eux trente ans après...

Ecrit par : Christophe | 25 juin 2007

"Cet heureux temps n'est plus, tout a changé de face
Depuis que sur ces bords les dieux ont envoyé
La fille de Minos et de Pasiphaé "

(Phèdre de Racine, Acte I, scène 1)

Ecrit par : Robin | 25 juin 2007

Oui, mais c'est ça qu'on aime en eux trente ans après...

Ecrit par : Christophe | 25 juin 2007

Ou même, à la fin de l'année, quand ils vous disent un mot d'encouragement après vous avoir traité comme une m.. toute l'année !
C'est une race à part, voyez-vous ...

Ecrit par : yann | 25 juin 2007

Vous êtes sûr que tout va bien , Robin ?

Ecrit par : yann | 25 juin 2007

Trouver Schivardi sympathique risque de vous attirer quelque pitié,Robin.A part ça,vos pastiches sont épatants.

Ecrit par : rocardo | 25 juin 2007

J'ai employé le mot "sympathique" (sun pathein) dans le sens étymologique, présumant que le camarade Gérard ressentait sincèrement la "souffrance des campagnes".

J'accepte donc en rougissant les compliments,mais pas la pitié, d'autant que - nous avons été quelques uns à le faire remarquer - ses positions sur l'école étaient étonnamment proches des nôtres.

Ecrit par : Robin | 25 juin 2007

Vous êtes sûr que tout va bien , Robin ?

Ecrit par : yann | 25 juin 2007

Yann, vous ne suivez pas. Vous allez vous faire punir par Monsieur Brighelli au tarif habituel : reproduire très exactement à la gouache, en format 21/27 "Le serment des Horaces" et recopier l'intégralité de la pièce de Corneille à la plume sergent major en pleins et en déliés.

Nous sommes partis de la pédagogie par objectifs ( s'ateler à un taureau) pour aboutir à Phèdre en passant par le Minotaure.

...Rien que de très classique en somme.

Ecrit par : Robin | 25 juin 2007

"Je pense comme vous qu'on respire globalement mieux dans les lycées puisque les élèves les plus en difficulté en 3ème n'arrivent jamais au lycée et que les projets pédagos y sont moins pesants."

Thalie, sincèrement, c'est parce que vous vous sentez incapable de les aider, ces "élèves les plus en difficulté", ou bien parce que vous vous dites "ils ne me méritent pas" (votre talent se dissipant avec la médiocrité du collège) que vous désirez les fuir?...

Je devine très bien le sentiment d'un enseignant qui se dit: Merde, dans quel piège suis-je tombé(e)?...

Tant que vous ne serez pas mutée, il va bien falloir que vous (re)donniez, malgré l'ambiance, malgré vos réticences, le meilleur de ce que l'université, vos enseignants (qui se sont dit peut-être aussi quand vous étiez au collège: mais qu'ils sont nuls...) vous ont transmis. Sinon, c'est plus que la galère qui vous attend... A un moment, il faut assumer ce que l'on a (même si l'on pense que, etc.).

Ecrit par : Pendariès | 25 juin 2007

Thalie, maso? Vous prenez des coups et revenez??? ;-)

Ecrit par : Pendariès | 25 juin 2007

Vous souvenez-vous Patricia?

6) En attendant, mon cher ami, je prépare mes vacances à Vienne et en Toscane et le reste je m'en fiche totalement.
Vivent les concours nationaux, les ENS, l'agrégation, l'élite, la hiérarchie, les dossiers brillants, la reconnaissance du MERITE PERSONNEL!!!!
Ecrit par : Thalie | 22 juin 2007 s, Patricia?

Ecrit par : Maminou | 25 juin 2007

Vous souvenez-vous aussi de votre réponse?


"Parce que l'école n'assure plus son rôle j'ai fait le choix il y a 8 ans renoncer à ma carrière professionnelle aux dépends de certains conforts matériels pour ma famille et aux dépends des vacances...8 ans que je n'ai pas pu m'évader ne serait -ce qu'une journée et voilà de nouveau l'été et la sensation d'étouffement qui revient alors Mà C une journée à Rome ou même à trifouillis les oies me comblerait car franchement j'ai envie de respirer et j'en serais ressourcée pour entamer une nouvelle année scolaire."

Ecrit par : Maminou | 25 juin 2007

Aviez-vous vu passer mpon message?
Je vous le remets...

"Chère Patricia,
Notre petit coin de paradis à nous, ce n'est pas Rome, ni la Toscane.....
ça s'apparenterait plutôt à Trifouillis les oies, et encore c'est à 3 km de Trifouillis les Oies....
Il y a de la place, un endroit indépendant pour loger, une nature généreuse pour se ressourcer...
Si ça vous dit, nous vous invitons à venir pour le temps qu'il vous plaira de rester.
Demandez mon adresse e-mail à Catmano ou Dobolino.
Ecrit par : Maminou | 23 juin 2007"

Ecrit par : Maminou | 25 juin 2007

Acheté ce matin un Th. de Quincey, "Le Vengeur" au Seuil (collec. Baleine Noire); la 1ere fiction écrite avec un "céréales killer" dedans. Bon, c'est Monsieur-je-fais-des-fiches-sur-tous-les-salauds-qui-sont-des-fascistes-à-mes-yeux Didier Daeninckx qui fait la présentation de l'opuscule 108 pages (très petit format), mais de Quincey, j'adore.hez

Et, autre hasard, un Odön von Horvath (j'ai pas les accents pour le "a"): "Jeunesse sans dieu" (1938) qui "vise directement le régime nazi [...]. Un professeur de lycée se voit soudain confronté, dans sa classe, à l'idéologie nazie montante et se décide de se ranger de ce côté-là, pour voir. Pour conserver son gagne-pain aussi. L'un des élèves est tué au cours d'un camp pascal d'entraînement militaire... Un meurtre qui sera le révélateur implacable d'une société tout entière. Il ne trouve qu'une seule issue: accepter un poste dans uen mission catholique en Afrique, aller chez les "nègres", lui que ses élèves surnomment justement 'le nègre' ".

Christian Bourgeois éditeur.

Si ça ça ne pose pas question! ah ah!

Bon je vais lire!

Ecrit par : Pendariès | 25 juin 2007

Thalie, dites-vous que, peut-être, il y a dans votre classe une / un Thalie en devenir, et votre boulot c'est pour elle / lui.

Ecrit par : Pendariès | 25 juin 2007

Nous sommes partis de la pédagogie par objectifs ( s'ateler à un taureau) pour aboutir à Phèdre en passant par le Minotaure.

...Rien que de très classique en somme.

Ecrit par : Robin | 25 juin 2007

OK. S'atteler au taureau. Je remarque que j'ai zappé un message.
Ma punition : bistourner un taureau sauvage sans anesthésie.
Bien fait !

Ecrit par : yann | 25 juin 2007

Bonjour Maminou,
je vous prie de m'excusez mais je n'avais pas vu votre post car j'ai un peu zappé le blog ce we et n'ai pas pris le temps encore de lire toutes les interventions. Votre proposition me touche très sincèrement et démontre ce que Christophe Sibille écrivait il y a peu et disait que des personnes de qualité et digne de toute confiance fréquentent ce blog...Je vous remercie du fond du cœur mais je n'oserai jamais accepter dans la mesure où je vis avec ce complexe terrible d'avoir le sentiment de toujours déranger et à mon age le plis est pris... mais nous pouvons communiquer via mail privé avec grand plaisir car je sais par expérience qu'on rencontre ici des personnes charmantes avec lesquelles c'est un plaisir d'échanger des mails, je recevrai avec joie des bouffées d'air de votre campagne qui je n'en doute pas doit être un petit coin de bonheur dans le pré car en effet le rêve d'horizons lointains et exotiques nous fait parfois oublier ce que nous avons parfois à quelques kilomètres de chez nous.Dobolino à mon adresse vous pouvez la lui demander.
Petit coucou en passant à ceux qui sont au delà du blog de relations très agréables et amicales:)

Ecrit par : Patricia Mesnigé | 25 juin 2007

Christian Bourgeois éditeur.

Si ça ça ne pose pas question! ah ah!

Bon je vais lire!

Ecrit par : Pendariès | 25 juin 2007

permettez -moi juste de de rectifier, c'est Christian Bourgois sans e...

Ecrit par : Patricia Mesnigé | 25 juin 2007

Merci, Dobolino, d'abonder dans mon sens, et de souligner le côté parfois sadique des profs de prépas ...

Ecrit par : yann | 25 juin 2007

Oui, mais c'est ça qu'on aime en eux trente ans après...

Ecrit par : Christophe | 25 juin 2007
Tout le monde n'a pas vos mœurs, Christophe!

Ecrit par : dobolino | 25 juin 2007

Ce que je suis geourde!! Merci Patricia!

Ecrit par : Pendariès | 25 juin 2007

Patricia,
Ici ce sont les oiseaux qui dérangent les gens...
Enfin, c'était le reproche de jeunes qui avaient été réveillés à 6 heures du matin par leurs chants...

Si vous n'avez pas peur des chants d' oiseaux et du silence...

Et je vous assure que vous, vous ne pouvez absolument déranger personne, même en y mettant beaucoup de bonne volonté...

Ecrit par : Maminou | 25 juin 2007

Pendariès, vous vous méprenez totalement. C'est si compliqué ces communications par internet qui faussent tout. Cela fait un certain temps que je "donne" pour le collège. Pour des raisons d'ordre personnel, j'ai dû bouger beaucoup et dans l'EN ceux qui ont ce qui veulent en terme de mutation sont ceux qui restent dans le même endroit, dans le même établissement des années durant. Quand on bouge dans l'EN, on vous le fait payer. La gestion des ressources humaines est inexistante et ringarde.
J'ai des amis dans la ville où je suis revenue qui ont fait leurs études dans un lycée et qui ont passé leur carrière entière de prof dans ce lycée exception faite de quelques années de stage et de quelques années hors de leur région "en début de carrière. Je vous laisse imaginer l'ouverture d'esprit à certains problèmes...
Quant au collège dans lequel je suis, il y a une certaine forme de reconnaissance émanant des élèves. Et j'ai toujours connu cela sauf dans mon expérience pure ZEP où ils étaient tous déjantés.
J'ai eu cette année une classe à 90 pour cent black/ beur/ largués, signalés à la police et tout ce que vous vous voulez, quasi-primo arrivants...
Ils sont arrivés avec un plat de gâteaux marocains faits par leurs mères pour me remercier. Une autre classe a pris un tee-shirt blanc et tous ont signé et m'ont demandé de le porter le dernier jour. Je n'aime pas raconter ce genre de choses. Je n'ai pas besoin de crier comme d'aucuns le font que "j'aime" mes élèves. Evidemment. Mais je le fais là puisqu'on semble me prendre pour un prof qui ne supporte pas ses élèves.
Ce que j'ai voulu dire, Pendariès, c'est qu'on pourrait regarder les services rendus dans la carrière d'un prof. Et gérer les mutations en fonction de cela et des diplômes obtenus. Il vient un moment où en ayant l'agreg et 47 ans, avec des années de service rendus en collège et ailleurs, on pourrait être en droit de " décrocher" un peu et d'obtenir un lycée. Non?
Vous voyez, je ne renonce pas à donner le meilleur de ce que je peux à mes élèves et je continuerai de le faire encore quelque temps, même avec des élèves durs. Mais je vais quand même essayer une porte de sortie, car l'absence de reconnaissance, la pesanteur administrative dans ce métier et la bêtise de certains collègues finit par user.

Ecrit par : Thalie | 25 juin 2007

Thalie, c'est triste à dire mais le but de l'Educnat n'est pas de nous proposer une quelconque évolution de carrière, c'est de gérer les flux et les stocks.
Un adulte devant les élèves et la garderie est assurée, point.

Bientôt, comme à l'époque de Courteline, un administratif entrera dans la salle des profs en criant "y a quelqu'un qui a fait de l'anglais ?" et le couillon qui répondra se verra attribuer une classe pour le reste de la journée...

Ecrit par : Lariba | 25 juin 2007

Pendariès

Votre procès d’intention à Thalie me fait penser au jugement de Stéphane Beaud -80 % et après ?- sur Mara Goyet -Collèges de France- dans les Inrocks (Beaurk !).
Article intitulé
- Une prof "d’en haut" dans un collège "d’en bas"-
Ce sociologue estimable malgré tout est moins intelligent que le “jeune de cité“ avec lequel il s’est entretenu dans -Pays de malheur !- où le jeune de cité en question a compris que le problème vient en grande partie des socialistes et sera réglé principalement par une reconstruction de l’Ecole.
Jugement que l’enseignant chercheur ne peut s’empêcher de recueillir avec honnêteté mais condescendance…
Il évoque dans le même livre son épouse, prof dans le secondaire, qui aime bien les “projets“.

Ecrit par : georges | 25 juin 2007

OK. S'atteler au taureau. Je remarque que j'ai zappé un message.
Ma punition : bistourner un taureau sauvage sans anesthésie.
Bien fait !

Ecrit par : yann | 25 juin 2007

Je devine ce que ça que ça veut dire, yann, mais à votre place, je me contenterais de recopier Horace. On vous aime bien, vous savez et vous nous manqueriez. Laissez les "bistournages" sans anesthésie aux formateurs.

Ecrit par : Robin | 25 juin 2007

Quand même, ces "pédagos", ils sont gonflés! "S'atteler à un véritable taureau"!
Pas à un faux taureau, à un taureau de carton-pâte, à un simulacre de taureau, à un "véritable" taureau!
Pour le vaincre ( la bêtise à front de taureau...) ou pour s'en servir pour piétiner ce qui restait debout dans l'école?
Meirieu en Mithra...

Ecrit par : Jean | 25 juin 2007

Désolée si j'arrive comme un cheveu sur la soupe, je change de sujet mais je vous invite à écouter ce morceau musical de Beethoven, d'une pure beauté :

http://www.yousendit.com/transfer.php?action=download&ufid;=959E0994687E452A

Ecrit par : Sandra WAGNER | 25 juin 2007

Et il n'avait que trente ans quand il a composé cette musique extraordinaire!
Hé oui, Lariba, vous avez (tristement) raison... Nous sommes des pions.

Ecrit par : christophe sibille | 25 juin 2007

Merci, Sandra, des "changements de sujet" comme celui-là font beaucoup de bien... C'est quand vous voulez!

Ecrit par : christophe sibille | 25 juin 2007

"Bientôt, comme à l'époque de Courteline, un administratif entrera dans la salle des profs en criant "y a quelqu'un qui a fait de l'anglais ?" et le couillon qui répondra se verra attribuer une classe pour le reste de la journée..."

C'est déjà comme ça dans le primaire, sauf que le couillon en prend pour un an minimum.

Ecrit par : Perceval | 25 juin 2007

"Nous sommes des pions"... si nous le voulons bien.
Car si tous les professeurs de français, par exemple, refusaient de faire des "séquences",ou enseignaient les natures et les fonctions, il faudrait bien changer les instructions officielles, à moins d'envoyer tout le monde au bagne.

Ecrit par : Jean | 26 juin 2007

Je parlais sur le plan administratif, Jean, pas sur le plan pédagogique! Et vous le savez très bien.

Ecrit par : christophe sibille | 26 juin 2007

Merci Sandra pour le morceau musical.
Que ceux qui n'ont pas été convaincus par le post de JPB regardent un peu le sujet d'Histoire-Géographie du brevet donné hier. Je pense qu'un bon élève de CM2, sans connaissances historiques particulières mais sachant lire, pourrait avoir la moyenne.
C'est affligeant et conforte les élèves dans l'idée qu'il ne faut surtout pas travailler pour avoir le brevet!

Ecrit par : Ilana-Davita | 26 juin 2007

Enseigner, penser et vivre l'Histoire et la Géographie que les Français pour une fois bien inspirés, ont fait quasiment fusionner dans l'esprit des élèves, c'est atteindre, bien souvent , quelque chose de sublime. L'Histoire, en effet , porte en elle à la fois la subversion, puisqu'elle met au grand jour ce que les pouvoirs auraient tant aimé cacher, et l'émerveillement.
Cela fait 26 ans que j'enseigne les "Sciences Humaines", belle expression, au demeurant, et jamais, au grand jamais , je n'ai éprouvé la moindre lassitude. Qui saura dire la fascination des élèves devant un récit?

Braudel, lui, le savait. Et ,n'en déplaise à je ne sais plus quel cloporte cy-deffus, il a magnifiquement défini l'acte d'enseignement de l'histoire: comment faire partager quelque chose qui appartient à tous mais n'est discernable par personne??? Comment, au fond, à l'instar de Pascal, faire comprendre que l'Histoire est à la fois un hasard, une accumulation prodigieuse de hasards et de secousses imprévisibles et une longue construction rationnelle, un mécanisme, presque métaphysique d'une organisation du temps.
Bref, en terminant mon croissant au beurre, je suis en train de m'apercevoir que je vous emmerde sec. L'Histoire, celel de Braudel ,de Ferro, de Paxton , de Vernant , de la regrettée Nicole Loraux, etc....vit en nous, avec nous, de nous ,pour nous.
Et puis, l'acte d'enseigner l'Histoire-Géographie est fondamentalement politique: ce qui me fait me tordre de rire, c'est ce fameux "devoir de réserve". Ainsi, à entendre nos crânes de piaf ministériels, un professeur d'HG devrait parler , comme Chamberlain (le si bien nommé!!) de "Herr Hitler"???On devrait rester EVASIFS à propos de l'Algérie, ne pas parler d'Alleg ou de Audin??? Ne pas évoquer le Front Populaire pour ne pas donner des idées antithatchériennes aux mômes ce qui ferait exploser les hémorroïdes de Guillaume!?? Ne pas parler de la Saint-Barthélémy , parce que, comem chacun sait, seul l'Islam commet des massacres religieux.Etc....
Et puis chanter avec les élèves "Gloire aux soldats du 17ème", "La Chanson de Craonne" "Le Chant des Marais"....Je le fais tous les ans et ça marche. A fond. Monter sur le bureau et gueuler un discours de Jaurès contre la guerre, de Clémenceau contre Ferry à propos de la colonsiation, que sais-je????
Mouiller sa chemise et avoir la satisfaction que les mômes, entendant la sonnerie, vous disent "Déjà??" Pauvres profs de maths, ça doit pas leur arriver souvent......Allez je suis sûr qui Stella Baruch venait dans un collège, ça aurait l'effet Sainte Thérèse (celle qui , bon bref...) des conversions massives.
Je pars corriger le Brevet( la chute du communisme, eh Cadichon et Guillaume, ne bavez pas, couchés!!!, la papatte!!! là , c'st bien!!!) , à Maurice Utrillo, Porte de Clignancourt (Les parents Delaporte sont convoqués par La Principale.Motif; leur fils Delaporte cligne en cours...ahahahahah). C'est marrant . Je suis Prof à Georges Rouault. J'ai été faire passer un Capes pratique ou pas à Sonia Delaunay et je vais corriger à Maurice Utrillo...la peinture à l'huile, c'est bien difficile
et c'est bien plus beau que les croûtes d'Utrillo....

Jean, moi les instructions officielles, je les coupe format A6 et je m'en sers comme faf à train.
Bonne journée.

Ecrit par : montaigneàcheval | 26 juin 2007

Acheté ce matin un Th. de Quincey, "Le Vengeur" au Seuil (collec. Baleine Noire); la 1ere fiction écrite avec un "céréales killer" dedans. Bon, c'est Monsieur-je-fais-des-fiches-sur-tous-les-salauds-qui-sont-des-fascistes-à-mes-yeux Didier Daeninckx qui fait la présentation de l'opuscule 108 pages (très petit format), mais de Quincey, j'adore.hez

S'agit-il du Thomas de Quincey que Charles Baudelaire admirait presque autant qu'Edgar Poe, et qu'il également a fait connaître en France, l'auteur des "Confessions d'un mangeur d'opium" ?

Ecrit par : Robin | 26 juin 2007

Ce que j'ai voulu dire, Pendariès, c'est qu'on pourrait regarder les services rendus dans la carrière d'un prof. Et gérer les mutations en fonction de cela et des diplômes obtenus. Il vient un moment où en ayant l'agreg et 47 ans, avec des années de service rendus en collège et ailleurs, on pourrait être en droit de " décrocher" un peu et d'obtenir un lycée. Non?

Thalie

Dis comme cela OUI je suis d'accord avec vous, Thalie. Façon de remettre une médaille pour bons et loyaux services. De reconnaître le boulot bien fait. Sans aucun doute. La question est: comment l'EN peut-elle assouvir les desiderata des enseignants en fin de carrière?
Pour ma part, j'ai commencé ma "carrière" à 26/27 ans, je sais que j'en aurai jusqu'à 69/70 ans. Ma génération (et la suivante) est celle pour qui tous les beaux jouets des baby boomers, des quadras, quinquas, ont été enlevés derrière la vitrine. Sans être remplacés par autre chose. Pour dire que: nous nous attendons à tout, et à avoir de moins en moins surtout (avec le discours ambiant surinnant: il ne reste plus rien de toute façon, les enfants - cir-cu-lez).

Habitués à ne plus demander? à savoir seulement que même les plus gros efforts (les concours, les chemins tracés au stabilo, l'université...) peuvent (généralement?) ne mener à rien, certainement pas à ce que / dont nous rêvions? etc. Je suis certain qu'il y en aura de moins en moins qui vont pouvoir respirer et atteindre effectivement leurs objectifs (moi-même, et, pour la raison de mon agacement envers un de vos messages, je paradai: le poste à la fac, gniagniagnia; mais bon, hein, il ne faut pas se leurrer non plus: le fric manque, les places sont chères, etc.): nous répondrons aux exigences et aux calculs de l'Etat, parce que nous sommes cons.

Ecrit par : Pendariès | 26 juin 2007

Acheté ce matin un Th. de Quincey, "Le Vengeur" au Seuil (collec. Baleine Noire); la 1ere fiction écrite avec un "céréales killer" dedans. Bon, c'est Monsieur-je-fais-des-fiches-sur-tous-les-salauds-qui-sont-des-fascistes-à-mes-yeux Didier Daeninckx qui fait la présentation de l'opuscule 108 pages (très petit format), mais de Quincey, j'adore.hez

S'agit-il du Thomas de Quincey que Charles Baudelaire admirait presque autant qu'Edgar Poe, et qu'il également a fait connaître en France, l'auteur des "Confessions d'un mangeur d'opium" ?

Ecrit par : Robin | 26 juin 2007

Oui Monsieur!!!!

Ecrit par : Pendariès | 26 juin 2007

Chère Thalie (réaction au post du 25 juin 2007)
Je compatis largement à votre souffrance et suis tout à fait sur la même longueur d'onde que vous. 47 ans, une agreg et toujours en collège... voilà qui me fait arrêter tout net de me plaindre pour la prochaine décennie. Pourquoi n'essayez-vous pas de faire un petit tour à l'étranger, dans une civilisation qui n'est pas encore tout à fait morte, comme la nôtre, c'est évident, où les élèves respectent leurs professeurs, où les parents vous font des cadeaux quand les élèves se sont mal comportés avec vous, où le savoir est encore estimé, reconnu, envié, où la France est un trésor universel et non la poubelle d'élle-même, une ombre, un vestige antique ? Postulez à l'AEFE (http://www.aefe.diplomatie.fr/) ou à la mission laïque (http://www.mission-laique.asso.fr/) en constituant un dossier expat. Faites des demandes de postes spontanées auprès des chefs d'établissements en consultant les sites et en envoyant des dossiers que vous y aurez préalablement téléchargés, passez des entretiens si on vous sollicite, n'hésitez pas non plus, selon l'urgence, à accepter un poste en contrat local. Certains pays payent très bien et le bénéfice humain que vous en retirerez n'aura lui pas de prix. L'Inde, l'Afrique, l'Amérique du Sud sont des terres bien plus riches qu'on ne pense, et un voyage guérit bien des blessures. Un voyage, un vrai, pas un déplacement de vacances. Vivre ailleurs, aimer ailleurs, souffrir ailleurs, parler ailleurs, autrement, loin, longtemps, pour survivre ici.

Ecrit par : Christophe Carrère | 26 juin 2007

christophe sibille, votre distinction entre le plan administratif et le plan pédagogique me paraît artificielle ou malhonnête. Les 2 plans sont intimement liés. Et vous le savez très bien.

Si le système se donnait comme objectif d’ ‘’Instruire’’ et non de ‘’Gérer les stocks’’, les conséquences seraient différentes, aussi bien dans les méthodes pédagogiques prônées par les inspecteurs, que dans la façon de gérer le personnel, pour ajuster au mieux le niveau des enseignants aux postes où les élèves sont le plus à même d’en tirer pleinement profit. Comme on se fout de ce que les élèves auront pu retenir à la fin d’une année, on se fout de mettre tel prof plutôt qu’un autre devant eux
A chaque prof de différencier sa pédagogie, et à chaque élève de comprendre l'année suivante si on a pas respcecté son rythme.
Où est le problème ?

Ecrit par : georges | 26 juin 2007

Enseigner, penser et vivre l'Histoire et la Géographie que les Français pour une fois bien inspirés, ont fait quasiment fusionner dans l'esprit des élèves, c'est atteindre, bien souvent , quelque chose de sublime.

I made a dream :

J'ai 14 ans, je n'ai pas encore mal au dos, j'ai encore toute ma tignasse, le printemps est rempli d'oiseaux qui chantent à tue-tête, (j'avais écrit puis biffé "d'oiseaux et de feuilles qui chantent à tue-tête"...mais les feuilles, ça chante !), je découvre Rimbaud : "On n'est pas sérieux(proncer sé-ri-eux) quand on a dix-sept ans...", je n'ai pas encore avalé ma première arête, je suis follement amoureux (et payé de retour !)

...Et j'écoute, fasciné, " Montaigne à cheval " (c'est comme ça qu'on le surnomme), mon professeur d'Histoire, grimpé sur son bureau, déclamer la diatribe de Clemenceau contre Jules Ferry.

Retrouver le cercle des poètes disparus ?

"Il suffit, pour ça...d'un peu d'imagination"

Ecrit par : Robin | 26 juin 2007

Je n'arrive pas à "romantiser", sentimentaliser mon taff moi! (sentimentaliser son éducation, dans son sens Flaubertien - il faut voir comme cela donne des eunuques...) :-)

Ecrit par : Pendariès | 26 juin 2007

Pourquoi n'essayez-vous pas de faire un petit tour à l'étranger, dans une civilisation qui n'est pas encore tout à fait morte, comme la nôtre, c'est évident, où les élèves respectent leurs professeurs, où les parents vous font des cadeaux quand les élèves se sont mal comportés avec vous, où le savoir est encore estimé, reconnu, envié, où la France est un trésor universel et non la poubelle d'élle-même, une ombre, un vestige antique ?

Christophe a raison Thalie, même s'il faut faire la part des choses et "raison garder".

Nous sommes très sérieusement en train de préparer notre expatriation pour finir en beauté les quelques années d'enseignement qui nous restent.

C'est vrai que l'on tourne en rond ici et qu'il y a des moments où il faut changer d'air.

Il ne faut pas persévérer dans une situation intenable.

Il y a un très beau texte là-dessus de René Char qui commence par "Tu as eu raison de partir Arthur Rimbaud", texte que j'avais étudié avec des élèves de seconde il y a bien longtemps (en complément du célèbre texte de Michel de Montaigne sur le voyage)

J'aurais dû en prendre de la graine !

Ecrit par : Robin | 26 juin 2007

Tu as bien fait de partir, Arthur Rimbaud!

Fureur et mystère, 1962


Tes dix-huit ans réfractaires à l'amitié, à la malveillance, à la sottise des poètes de Paris ainsi qu'au ronronnement d'abeille stérile de ta famille ardennaise un peu folle, tu as bien fait de les éparpiller aux vents du large, de les jeter sous le couteau de leur précoce guillotine. Tu as eu raison d'abandonner le boulevard des paresseux, les estaminets des pisse-lyres, pour l'enfer des bêtes, pour le commerce des rusés et le bonjour des simples.


Cet élan absurde du corps et de l'âme, ce boulet de canon qui atteint sa cible en la faisant éclater, oui, c'est bien là la vie d'un homme! On ne peut pas, au sortir de l'enfance, indéfiniment étrangler son prochain. Si les volcans changent peu de place, leur lave parcourt le grand vide du monde et lui apporte des vertus qui chantent dans ses plaies.


Tu as bien fait de partir, Arthur Rimbaud! Nous sommes quelques-uns à croire sans preuve le bonheur possible avec toi.


René Char

Ecrit par : Christophe Carrère | 26 juin 2007

Un conseil: baisez plus, baisez mieux...

Ecrit par : Pendariès | 26 juin 2007

soyez amoureux-se avant tout

Ecrit par : Pendariès | 26 juin 2007

Un conseil: baisez plus, baisez mieux...

Ecrit par : Pendariès | 26 juin 2007

L'un n'empêche pas l'autre, mais il y a des lieux où plus agréables que d'autres...Me trompé-je ou m'illusionné-je ?

Ecrit par : Robin | 26 juin 2007

Tu as bien fait de partir, Arthur Rimbaud! Nous sommes quelques-uns à croire sans preuve le bonheur possible avec toi.


René Char

Ecrit par : Christophe Carrère

Merci Christophe pour ce texte magnifique que je me prends dans la tronche (ou le plexus solaire) comme un boulet de canon, exactement comme la première fois.

Ecrit par : Robin | 26 juin 2007

'un n'empêche pas l'autre, mais il y a des lieux où plus agréables que d'autres...Me trompé-je ou m'illusionné-je ?

Bonjour la "sainte axe" ; le où est en trop !

Ecrit par : Robin | 26 juin 2007

Il n'est pas bien difficile de rabaisser, voire d'écraser par ses connaissances et des bibliographies impressionnantes des élèves de lycée ou de classe préparatoire. Il n'y a aucun mérité à cela, surtout quand on a 50 ans, une agrégation, que l'on est un ancien élève de l'ENS et que de nombreux livres savants portent notre saint seing. Où est la gloire ? Où est la grandeur ? Nulle part. Et ce n'est justement pas sur ce plan que se place M. Grighelli me semble-t-il. Il se situe, et en ceci nous retrouvons mon analyse faite plus haut et à laquelle étrangement personne n'a réagi..., dans le registre de la morale. Il cherche à rabaisser l'orgueil, à faire taire la superbe indécente et ridicule de ces jeunes loups qui se croient les rois du monde pour avoir décroché une mention TB au baccalauréat et trôné pendant plusieurs années en tête des classes de bons lycées du centre-ville. Parce que le maître doit être respecté pour son savoir, l'élève doit comprendre qu'il a encore à comprendre, c'est-à-dire réaliser qu'il ne sait pas tout, qu'il ne saura jamais tout et qu'il ne pourra jamais comprendre qu'une partie infime de l'univers et de la vie. M. Brughelli rappelle à ses élèves que le monde est infiniment plus vaste et plus complexe qu'eux-mêmes, qu'ils n'en feront jamais le tour et qu'ils doivent donc en respecter la nature profonde. Parce que derrière l'idéologie de "l'élève au centre du système", il y a l'erreur spirituelle de "l'homme au centre du monde", dont nous mourons à petits feux, noyés dans le flot sans cesse recommencé de notre insupportable vanité et de notre incommensurable inanité.

Ecrit par : Christophe Carrère | 26 juin 2007

Merci Christophe Carrère pour vos remarques chaleureuses. Je songe, entre autres choses, à l'étranger mais cela ne s'improvise pas et il n'y a pas que moi, ici. Merci de votre gentillesse.
Et puis, il est temps de passer à autre chose. Non? Je crois que le problème des collègues qui sont dans la même situation que moi a été suffisamment exposé... Il faut donc passer à l'Histoire. Je viens seulement de lire le fil de JPB. Un beau programme. Ambitieux. Tiens, j'aimerais bien aller écouter vos cours, sur Horace surtout. Et vous allez leur demander de lire Forestier qui n'a pas encore "délogé" Couton dans La Pléiade pour l'oeuvre de Corneille?

Ecrit par : Thalie | 26 juin 2007

Cela fait plaisir d'être compris, M'sieur Carrère…
Au pasage, c'est Brighelli — et non les barbarismes incongrus dont vous aprsemez votre message. C'est un joli nom, fort rare, hérité de la Commedia dell'arte (1), et j'y tiens.
JPB
(1) Il y a un personnage du nom de Brighella (le "i" est le pluriel des noms de famille), valet fripon, larron, blasphémateur, grand buveur des vins de ses maîtres, et insatiable trousseur de donzelles. Donc, ce n'est pas par ressemblance que nous en avons hérité — et je me perds en conjectures : par antiphrase peut-être, moi qui ne bois que de l'eau — et le reste à lavement, comme disait Béru…

Ecrit par : brighelli | 26 juin 2007

Forestier fut mon collègue à Paris-III, dans une autre galaxie, et quelle que fût sion érudition, je ne suis jamais parvenu à comprendre un spécialiste de théâtre qui clamait très haut qu'il n'y allait jamais, et que la représentation en soi ne l'intéressait pas…
JPB

Ecrit par : brighelli | 26 juin 2007

Forestier fut mon collègue à Paris-III, dans une autre galaxie, et quelle que fût son érudition, je ne suis jamais parvenu à comprendre un spécialiste de théâtre qui clamait très haut qu'il n'y allait jamais, et que la représentation en soi ne l'intéressait pas…
JPB

Ecrit par : brighelli | 26 juin 2007

"s'atteler à un taureau"

Après avoir formulé des hypothèses heuristiques sur cette métaphore inusitée, vous en montrerez dans une perspective résolument constructiviste, la fécondité pédagogique au bénéfice de la socialisation des apprenants.

Mémoire de fin de stage de l'IUFM de Maison-Alfort par Marcel Le Fol, futur professeur des Ecoles :

"S'atteler à un taureau".

Avec mes chaleureux remerciements pour la partie pratique au professeur Le Boeuf, directeur de l'Ecole vétérinaire de Maison-Alfort (plainte déposée le 26/06/07 pour tentative d'assassinat avec préméditation)

"S'atteler à un taureau" :

Il est indispensable pour un apprenant, futur formateur d'apprenants, de renoncer provisoirement aux innombrables bénéfices de la théorisation des processus socio-cognitifs en faveur de ceux de la praxis, dont Karl Marx et Friedrich Engels, disaient qu'elle était destinée à détrôner la philosophie : "Jusqu'à présent les philosophes se sont contentés de penser le monde, il s'agit à présent de le changer." (cités par Monsieur Philippe Meirieu, page 2009, Introduction au court Traité des sciences pédagogiques)

La suite au prochain numéro...

Ecrit par : Robin | 26 juin 2007

Ne pas parler de la Saint-Barthélémy , parce que, comem chacun sait, seul l'Islam commet des massacres religieux.Etc....

Guerres de religion ou guerre féodale (avec des nobles qui abjurent selon les circonstances ? ou dégâts collatéraux du siècle d'or (Coligny qui baisse son froc pour recouvrer la liberté après sa piteuse à Cateau-Cambrésis alors que le brave François reprenait Calais?
Guerres de religion ? Vision simpliste du simplet.

Et puis, à côté du bilan des colonnes infernales de Turreau ou des méthodes expéditives d'un Westerman, la Saint Barth c'était plutôt gentillet (c'est simplement une Nuit des longs couteaux qui a foiré suite à un attentat perpétré sans doute par l'Espagne because touche pas mes Provinces Unies).

Ecrit par : Guillaume | 26 juin 2007

"christophe sibille, votre distinction entre le plan administratif et le plan pédagogique me paraît artificielle ou malhonnête. Les 2 plans sont intimement liés. Et vous le savez très bien."


Ecrit par : georges | 26 juin 2007

Que vous vous décarcassiez ou pas, que vous soyez un prof(esseur) efficace ou un gros naze, que vous soyez un prof(esseur) intéressé par votre job ou que vous n'en ayez pas grand chose à faire, la reconnaissance que vous pourrez en avoir de la part de l'administration ne sera, au bout du compte, pas très différente. Et vous le savez parfaitement également. Soyez donc honnête vous-même!

Ecrit par : christophe sibille | 26 juin 2007

Pardon cher Monsieur Brighelli d'avoir écorché votre joli petit nom italien sonore et poétique. Je me suis pourtant relu... Carrère est un nom beaucoup plus modeste et fréquent parce qu'il signifie la rue en catalan. Cette rue peut-être sur laquelle roulèrent les fiacres de vadé et les charriots de Thespis, emportant avec eux, valse mélancolique et langoureux vertige, les farces des Arlecchino et les rires des Brighella.

Ecrit par : Christophe Carrère | 26 juin 2007

oups ! pas Provinces Unies mais bien Pays Bas espagnols

Ecrit par : Guillaume | 26 juin 2007

Chariot (un r) , Vadé (majuscule). Là encore je m'étais relu...

Ecrit par : Christophe Carrère | 26 juin 2007

@ Thalie : Pourquoi ne tenteriez-vous pas d'obtenir un poste en classe prépa ? Vous êtes agrégée et vous avez 47 ans, ça devrait être faisable. Ces postes sont des postes spécifiques et sont hors mouvement, si je ne m'abuse. Je crois que ce sont les IG qui se chargent du recrutement (JPB, pouvez-vous confirmer?).

Au fait, Thalie : vous êtes bien agrégée d'anglais, ou je me trompe ?

Ecrit par : Kap | 26 juin 2007

"Je comprends bien votre souci de montrer à vos élèves la profondeur abyssale de leur ignorance, mais croyez vous vraiment qu’ils liront tout çà ? En plus de la lecture des trois œuvres au programme, ils vont devoir revoir tout leur programme de maths, physique, chimie, sans compter la sortie du dernier Harry Potter le 21 juillet ! "

Ecrit par : yann | 25 juin 2007

Même si les étudiants ne lisent pas tout, ou si la liste des ouvrages est éloignée du programme de l'année suivante, on prend peu le temps de lire en prépa scientifique, et bouquiner pendant les vacances est une aération de l'esprit nécessaire avant d'attaquer l'année suivante. Cela dépoussière les recoins du cerveau que les équations et les théorèmes ont tendance à envahir.
Je me souviens pour ma part avoir découvert avec bonheur et sur les conseils de nos profs de lettres, pendant les vacances entre sup et spé, Dostoïevski, Faulkner, Henry James, Gracq...

Ecrit par : Japhet | 26 juin 2007

D'autant plus que la vie ne s'arrête pas à l'année de prépa dont le but est d'intégrer et non de s'épanouir.
Ecrit par : dobolino | 25 juin 2007

Chère Dobolino, il me semble que de nos jours, toutes les prépas se font en deux ans, les dernières à être passées sous ce régime étant les HEC et les Vétos (qui sont confondues avec les prépas bios maintenant).

Ecrit par : Japhet | 26 juin 2007

JPB, mon allusion à Forestier était juste pour voir ce que vous pensiez de lui. Je m'attendais un peu à votre réaction. Vous savez évidemment qu'il a été le must "incontournable" sur Corneille, il y a quelques années et j'ai des amis qui passant un certain concours m'ont dit avoir sué sur ses écrits; sué parce que les candidats n'étaient plus autorisés à penser en dehors de ses écrits et à citer les autres critiques. J'ai vu par ailleurs qu'il "investissait" toutes les comédies et tragédies du 17ème via les étudiants qu'il a en master et en doctorat.
J'ai toujours trouvé bizarre dans nos études de lettres à l'université ces "effets de mode critique" qui plongent les étudiants dans une doxa temporaire, due à la recherche ponctuelle d'un prof ou d'un groupe de chercheurs. Des lectures nouvelles, c'est bien mais quand elles prennent l'allure d'une "obligation", c'est étrange. Enfin, ce n'est pas le cas sur tous les auteurs, c'est vrai.
Quand je disais que j'aimerais bien entendre vos cours sur le programme de prépas, je pensais aussi qu'on ferait peut-être "respirer" les collègues du secondaire si on leur permettait d'avoir une vraie formation continue. Celle qui nous permettrait d'aller écouter les universitaires et voir où ils en sont dans notre propre matière. Car peu de collègues le font par eux-mêmes.

Ecrit par : Thalie | 26 juin 2007

Moi j'étais en prépa bio à Lakanal en 1990. J'y ai découvert Ronsard et Pascal en autodidacte, pour m'aérer les méninges, comme on dit. Depuis, je suis prof de lettres... Et malgré l'état de délabrement extrêmement avancé de l'enseignement en France, et de celui des humanités tout particulièrement, je ne le regrette ABSOLUMENT pas. L'année prochaine je publierai même une biographie de Leconte de Lisle chez fayard, dans la grosse collection des universitaires qui en jettent. Parfois, ce qui semble accessoire devient essentiel, et lycée de Versailles. (de Sceaux, en ce qui me concerne, mais c'est moins drôle.)

Ecrit par : Christophe Carrère | 26 juin 2007

J'ai toujours trouvé bizarre dans nos études de lettres à l'université ces "effets de mode critique" qui plongent les étudiants dans une doxa temporaire, due à la recherche ponctuelle d'un prof ou d'un groupe de chercheurs. Des lectures nouvelles, c'est bien mais quand elles prennent l'allure d'une "obligation", c'est étrange. Enfin, ce n'est pas le cas sur tous les auteurs, c'est vrai.
Quand je disais que j'aimerais bien entendre vos cours sur le programme de prépas, je pensais aussi qu'on ferait peut-être "respirer" les collègues du secondaire si on leur permettait d'avoir une vraie formation continue. Celle qui nous permettrait d'aller écouter les universitaires et voir où ils en sont dans notre propre matière. Car peu de collègues le font par eux-mêmes.

Ecrit par : Thalie | 26 juin 2007


Les effets de modes universitaires me semblaient justement tempérés par la scolarité en prépa. J'ai passé ma licence et ma maîtrise en "candidat libre", sans aller à la fac, mais en continuant à fréquenter les cours de mes profs de khâgne, justement parce qu'ils était plus éclectiques.

Ecrit par : Christophe | 26 juin 2007

Kap, non de lettres modernes. Et dans la ville où je suis qui n'est pas si loin de Paris , les prépas sont très courues. Et il y a des jeunots beaucoup plus doués que moi,normaliens, bardés de thèse achevée et d'articles en tous genres à qui on donne ce genre de postes et c'est tout-à- fait justifié, normal et souhaitable. Dans une prépa archi-"rurale" comme dirait notre hôte, ce serait peut-être jouable et encore...Vous savez il n'y a aps beaucoup de postes de ce type qui se libèrent; quand les collègues en ont un...On ferait bien pareil.
Merci quand même, Kap.

Ecrit par : Thalie | 26 juin 2007

"Vous savez il n'y a pas beaucoup de postes de ce type qui se libèrent; quand les collègues en ont un...On ferait bien pareil."
Je le sais, mais si vous saviez ce qui est en train d'arriver au poste de ma mère, enseignante en classes préparatoires, vous ne seriez peut-être pas si pessimiste quant à vos chances d'obtenir un poste.

Quant aux normaliens : j'ai beaucoup d'amis normaliens. Ils fuient le secondaire comme la peste. Aucun de mes copains de prépa entrés à Normale n'enseigne au lycée (impossible donc pour eux de postuler en prépa - normalement). Ils ont tous préféré partir à l'étranger, pour bosser à la fac, plutôt que d'entrer dans le secondaire. Certains, désespérés parce que cela fait bientôt 6/7 ans qu'ils espèrent un poste à la fac (poste qui ne vient jamais), ont décidé de quitter l'enseignement. Je serais curieuse de savoir quel est le pourcentage de membres des promos de Normale d'il y a 5/10 ans qui enseignent dans le secondaire. Je pense que c'est minime. Je me souviens avoir tuyauté une connaissance normalienne sur un poste de prépa qui se libérait dans le lycée de mes parents (il ne trouvait rien à la fac). Il n'était que vaguement intéressé et, surtout, ça l'emmerdait de se retrouver dans le secondaire. Il a finalement renoncer au dernier moment pour un poste d'ATER dans la toute petite fac qui se trouvait à coté du lycée en question.

Ecrit par : Kap | 26 juin 2007

"Merci quand même, Kap."

Mais de rien, Thalie. :)

Ecrit par : Kap | 26 juin 2007

"il a renoncé", bien sur.

Ecrit par : Kap | 26 juin 2007

"sûr"

C'est pas vrai...

Ecrit par : Kap | 26 juin 2007

Chère Thalie, il existe aussi le ministère des affaires étrangères : conseiller culturel ou attaché d'ambassade... On voyage, on est très bien payés, et pour peu que vous teniez le brandy, le reste ne vous posera aucun problème. Mais là, comme pour certains postes en prépas (je suppose, mais je me trompe sûrement), le copinage, les relations, les loges en tous genres et un bon coup de piston peuvent aider, voire carrément suffire... Pierre R., un agrégé d'anglais franc-maçon (je n'ai rien contre les maçons, moi-même je suis très franc), le mari d'une ministre sous Mitterrand, ex-maire de Lisieux, sans doute pour de pieuses raisons, était prof en Khâgne à Louis le Grand. Je l'ai rencontré, je le connais (et même le déteste), et je puis vous assurer qu'il n'est certainement pas meilleur que vous. Seulement, il naviguait dans une certaine sphère, un univers, un microcosme où vous ne naviguez pas et connaissais des gens que vous ne connaissez pas... Amitiés.

Ecrit par : Christophe Carrère | 26 juin 2007

Chère Dobolino, il me semble que de nos jours, toutes les prépas se font en deux ans, les dernières à être passées sous ce régime étant les HEC et les Vétos (qui sont confondues avec les prépas bios maintenant).

Ecrit par : Japhet | 26 juin 2007
Oui... prépa véto LLK 1976/77, intégrée en bizuth car c'est un plat dont on évite de demander du rab quand on a pour objectif de mettre la main au cul de la vache et de tirer sur le veau. trente après, on a parfois la bêtise de regretter cette époque "bénie". Il est toujours joli le temps passé... Fruit de l'endoctrinement d'une famille d'universitaires pour qui le monde s'arrête à l'obtention d'un diplome de grande école comme si c'était une fin en soi et non un moyen.

Ecrit par : dobolino | 26 juin 2007

Les examens et concours tiennent en France, comme dans la Chine des mandarins, une place exorbitante. Le temps de cuire un oeuf se jouent des vies entières. Beaucoup d'oraux de concours consistent en une question tirée au sort. - " Le concours, stipulait un règlement en forme de canular, sera passé sur des sujets tirés au sort " -, suivie d'une conversation d'une longueur et d'un intérêt très variables. La légende prétendait qu'au concours de l'ENA, parmi les thèmes jetés en vrac à une candidate qui devait plus tard faire une grande carrière, figurait cette question qui relevait sans doute du droit fiscal : " Quelle est la différence entre un mari et un amant ? - Oh Monsieur, répond la candidate, c'est le jour et la nuit. " Jean d'Ormesson, Le rapport Gabriel, éd. Gallimard, 1995, p. 120.

Ecrit par : Christophe Carrère | 26 juin 2007

Un exemple dans l'histoire récente pour montrer que les règles administratives ne sont pas toujours rigides.

C'était quand Jospin s'était parachuté dans la Haute-Garonne. Il y avait les “mutations Jospin” : certain(e)s au sortir de leur concours (donc barème zéro), ne partaient pas de la région et miraculeusement des postes étaient libres pour ces pistonné(e)s. Pour les autres : Pétaouchnoque-les-bains et le purgatoire.

Je n’ai pas la naïveté de croire que la droite a des pratiques différentes.

Ecrit par : Lariba | 26 juin 2007

Je reviens de correction de Brevet.....Affligeant, pas les copies. La fabrication même des sujets:
En histoire, un connard quelconque (un prof, forcément) a mis, pour illustrer la Chute du Mur de Berlin, une photo où l'on voit, l'été suivant, le 13 Juin 1990 (pourquoi 13 et pas 14 ,ça seul Adenauer le sait) des bulls démolir le mur. Du coup, boum les trois quart des mômes nous racontent que la chute du mur de Berlin c'est le 13 Juin 1990.....
Et puis, on nous fait mariner à 20 profs dans une salle, en attendant mystérieusement un "harmonisateur". Comme je fus déçu quand je vis arriver une belle plante, style Corinne D'Epeautre De Croissy, et pas un lapin en peluche bleu et blanc arrivant avec un énorme diapason en gueulant "la la la harmonica............".
Et cette Corinne d'Epeautre De Croissy qui doit s'appeler en fait Nathalie Bouchetroux, arrive, jambes en dedans, un peu piteuse, la pauvre...elle nosu annonce tout de go qu'elel a été désigné par je ne sais plus quel cloporte rectal pour être harmonisatrice....laaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa
Elle se met à nous débiter les connerie habituels des meurtriers des IUFM, sur la souplesse qui gnagnagni doit caractériser l'appréciation gnagnagnon des barèmes...
Elle se fait copieusement engueuler de façon injuste, par moi aussi, d'ailleurs. Comme le rectorat est trop couard pour envoyer un des ses Roussanov, un de ses Freisler au feu, il biaise en confiant la patate chaude à des profs, un peu niais, d'ailleurs d'accepter ce job, dont en plus la pauvre nous dit qu'elle ne touche pas un fifrelin.

Bref, personne n'écoute, ne tient compte de ce qu'elle dit, elle non plus.L'ambiance habituelle. Survient l'inévitable proviseur adjoint, sorte de Renaud Dutreil un peu trop pâteux qui nous apporte des thermos de caoua et des madeleines en sachet Guillou, la marque des commissariats, des hostos, des zonzons, de l'ENat. Le café......Même des porcs n'en eussent pas voulu...une honte. Une insulte au Brésil. Un affront à Mocambo. Une claque dans la tronche à Clooney...hein, les filles ,what else????
Voilà, une tranche de vie de prof, agrégé ou certifiés, même café, même mépris, même désinvolture, même tarif (0, 34euros par copie). Alors Thalie, heureuse????
Quand je lie (pardon ma plume a fourché mais était-ce vraiment un fourchage de langue) ce qui a été écrit ici depuis ce matin , y a de quoi faire une pièce.....Le fantasme du Lycée parisien..à se rouler en boule de rire....Pas mieux payés, considérés comme des merdes par des parents qui gegnent cinq à dix fois plus que nous, et des mômes qui jaugent nos fringues, des copies meumeu pour des bons petits ouikandes à écouter Pendereki, Ligety ou Jeanseb à fond la caisse pour faire cultivé, montrer qu'on est agrégés,NOUS, qu'on est sérieux, NOUS ,qu'on est profs à Jonquieres D'ORIOLA, NOUS, qu'on a 800 copies par ouikande, NOUS, que notre femme dé ménache ptouguèche elle dit qué la madame elle travaille dans lencheignement.......et puis la retraite venant doucement, che dire que ma foi, ces gros nuls de chertigfiés en collèges cornet de frites, ils en sont au même point que nous et n'ont pas branlé grand chose. En plus, l'administrachion nous traite pas mieux qu'eux NOUS.

Ecrit par : montaigneàcheval | 26 juin 2007

conneries habituelles..... THalie vzavez raison, me fréquentez pas....

Ecrit par : montaigneàcheval | 26 juin 2007

Mac, une réflexion de proviseur qui vous fera plaisir :
« Les secondes seront de bons élèves cette année, ils ont tous le brevet. »

Ecrit par : Lariba | 26 juin 2007

wwwwwaaaaaazzzzzzaaaaaa les fadas ,



juste de passage pour dire une chtite ânerie sur "Repenser l’Histoire", rapport à tous ce que tu leur as donné à lire .

J'espère que tu leur as parlé de la "4ème de couverture", passque si ils ne savent pas ce que c'est, ils sont dans la 'doune' ;)

Ecrit par : toto | 26 juin 2007

Même si les étudiants ne lisent pas tout, ou si la liste des ouvrages est éloignée du programme de l'année suivante, on prend peu le temps de lire en prépa scientifique, et bouquiner pendant les vacances est une aération de l'esprit nécessaire avant d'attaquer l'année suivante. Cela dépoussière les recoins du cerveau que les équations et les théorèmes ont tendance à envahir.
Je me souviens pour ma part avoir découvert avec bonheur et sur les conseils de nos profs de lettres, pendant les vacances entre sup et spé, Dostoïevski, Faulkner, Henry James, Gracq...

Ecrit par : Japhet | 26 juin 2007

Faire les foins aussi, ça dépoussière le cerveau... Je me souviens d'avoir appris à monter un voyage de ballots judicieusement sur une remorque. J'ai aussi bien profité de l'enseignement de botanique pour réaliser pendant l'été un herbier régional du Nyonsais. Ça dépoussière bien aussi...

Ecrit par : dobolino | 26 juin 2007

"Quand je disais que j'aimerais bien entendre vos cours sur le programme de prépas, je pensais aussi qu'on ferait peut-être "respirer" les collègues du secondaire si on leur permettait d'avoir une vraie formation continue. Celle qui nous permettrait d'aller écouter les universitaires et voir où ils en sont dans notre propre matière. Car peu de collègues le font par eux-mêmes."
Ecrit par : Thalie | 26 juin 2007
Ma chère Thalie, ce qu'il vous faut ce sont des livres, de l'argent, du temps et de volonté, de la passion, du désir, de la ferveur, de la fougue, de la curiosité, de la pugnacité. Tous les profs de fac et de prépas du monde ne seront jamais aussi bons que Shakespeare, Dumézil (pour reprendre un auteur cher à M. Brighelli), J.-P. Vernant ou Hannah Arendt. On ne peut être, passé un certain cap, qu'autodidacte, c'est-à-dire la fusion d'un professeur exigeant et d'un élève insatisfait, par un va-et-vient continu qui voyage de soi-même aux autres et des autres à soi-même, délimitant ses connaissances, reconnaissant ses failles, aspirant à les combler et ayant depuis longtemps reconnu les limites (et les hypocrisies surtout) de cet enseignement traditionnel qui veut faire croire qu'il vous faut être assis devant un tableau noir pour être en situation d'apprendre quelque chose de neuf, de vrai, de beau et de bien. Que de temps y avons-nous tous perdu pourtant ! Que d'années ! Car les bons professeurs sont encore plus rares que les bons élèves. Le tout, pour nous qui désirons encore apprendre, comprenons-le bien, prenons-en conscience, c'est de ne plus trop continuer à le perdre, une fois sortis des classes.

Ecrit par : Christophe Carrère | 26 juin 2007

"J'ai vu par ailleurs qu'il [Forestier] "investissait" toutes les comédies et tragédies du 17ème via les étudiants qu'il a en master et en doctorat",
écrit Thalie…

Il y en a d'autres, heureusement — même s'ils se tiennent tous les coudes. Essayez Christian Biet, à Nanterre. Il a pondu sur le théâtre deux ou trois bouquins très honorables, et très utiles — la combinaison des deux n'étant pas si fréquente dans l'université.
Et en plus, c'est un ami — même s'il vote Ségolène…
JPB

Ecrit par : brighelli | 26 juin 2007

Pour des raisons techniques, il ne nous est pas possible de reproduire l'intégralité du Mémoire de stage de Monsieur Marcel Le Fol (IUFM de Montfort-Lamaury).

On pourra en lire l'intégralité sur le site de Monsieur Philippe Meirieu.

Nous en donnons les premières pages (problématique d'ensemble) :


"s'atteler à un taureau"

Après avoir formulé des hypothèses heuristiques sur cette métaphore inusitée, vous en montrerez dans une perspective résolument constructiviste, la fécondité pédagogique au bénéfice de la socialisation des apprenants.

Mémoire de fin de stage de l'IUFM de Maison-Alfort de M. Marcel Le Fol, futur professeur des Ecoles :

"S'atteler à un taureau".

Avec mes chaleureux remerciements pour la partie pratique au professeur Le Boeuf, directeur de l'Ecole vétérinaire de Maison-Alfort (plainte déposée le 26/06/07 pour non assistance à personne en danger)

"S'atteler à un taureau" :

A l'aube du IIIème millénaire, considérant la nécessité d'adopter une logique nouvelle d'innovation et persuadé que le jeune est un apprenti potentiel semblable à un représentant mâle non castré de l'espèce des bovidés, ruminants à sabots fendus, vulgairement appelés "taureaux", et dans la logique obligée des handicaps socio-culturels, il faut, dans l'intérêt des nouveaux publics intérioriser la position des acteurs des problématiqes les plus innovantes, en d'autres termes, en usant d'une métaphore aussi hardie qu'inusitée : "s'atteler à un taureau"

Il est indispensable pour un apprenant, futur formateur d'apprenants, de renoncer provisoirement aux bénéfices de la théorisation des processus socio-cognitifs en faveur de la praxis, dont Karl Marx et Friedrich Engels, disaient qu'elle était destinée à détrôner la philosophie : "Jusqu'à présent les philosophes se sont contentés de penser le monde, il s'agit à présent de le changer." (cités par Monsieur Philippe Meirieu, page 2009, Introduction au court Traité des sciences pédagogiques)

Après avoir émis plusieurs hypothèses euristiques sur l'expression révolutionnaire "s'atteler à un taureau", le taureau pouvant symboliser tantôt l'apprenant au centre du système éducatif, le contenu dudit enseignement, l'administration de l'Education natiole, le contexte socio-culturel, la violence symbolique de l'Etat, voire la totalité hégelienne, synthèse des contradictoires et réalisation de l'esprit absolu, au terme de son Odyssée, nous démontrerons dans ce Mémoire l'urgente nécessité et la fécondité du changement épistémologique et praxique suggéré par cette métaphore.

Dans une troisième partie, nous évoquerons les différentes phases du protocole expérimental mis en place avec le Professeur Le Boeuf, directeur de l'Ecole véterinaire de Maison-Alfort.

Enfin, nous décrirons les expériences réalisées avant d'en déduire les conclusions qui s'imposent.

Marcel Le Fol, hôpital du Val de Grâce, le 26/06/2007
apprenant en formation de facilitateur d'apprentissages à l'IUFM de Maison-Alfort, actuellement en reconversion (CAP de boucherie)

Ecrit par : Robin | 26 juin 2007

Christophe Carrère et JPB, vous me redonnez courage et je vous en remercie.
JPB, Christian Biet , est-il quelqu'un d'ouvert ou le style universitaire sur-booké qui n'a pas le temps de s'occuper de ses étudiants à fortiori quand ils sont de "vieux" étudiants qui ne serviront plus à grand-chose?
Voilà, j'ai fait mon DEA, il y a quelques années sur une comparaison entre le divertissement dans la tragédie lyrique de Quinault (et Lully) et le récit dans la tragédie cheez Racine. Et puis les hasards de la vie ont fait que je me suis retrouvée orpheline de mon directeur de recherche. J'ai été dirigée sur Forestier à Paris IV qui m' a reçue fort aimablement mais qui m'a un peu paralysée. ( Il en faut peu, vous me direz). Et puis, le côté rouleau compresseur dans la méthode m'a laissée perplexe.
Voili, voilà. C'est vrai , dans le fond, je pourrais peut-être retenter la chose auprès de quelqu'un d'autre...

Ecrit par : Thalie | 26 juin 2007

Ma chère Thalie, ce qu'il vous faut ce sont des livres, de l'argent, du temps et de volonté, de la passion, du désir, de la ferveur, de la fougue, de la curiosité, de la pugnacité. Tous les profs de fac et de prépas du monde ne seront jamais aussi bons que Shakespeare, Dumézil (pour reprendre un auteur cher à M. Brighelli), J.-P. Vernant ou Hannah Arendt.

Ecrit par : Christophe Carrère | 26 juin 2007

Je dirais que Thalie a "plus raison" que vous pour les motifs suivants: suivre un EPU, avec des bons enseignants ou conférenciers, est très stimulant. Par ailleurs, pendant les pauses comme on n'y est pas seule mais entre professionnels intéressés par les mêmes sujets ou désireux de ne pas s'encroûter, les échanges peuvent être fructueux. Ce sont quelques jours qui sortent de la routine et qui donnent de l'élan et il me semble que les enseignants devraient être les premiers à bénéficier d'EPU obligatoires, si possible payants, et hors périodes scolaires, ce qui motive car à cheval donné on ne regarde point les dents.

Ecrit par : dobolino | 26 juin 2007

MàC, quand vous "n'engueulez" plus personne avec la violence dont vous êtes capable, je vous trouve très drôle. Le tableau que vous nous avez planté sur la réunion des corrections de brevet au rectorat m'a fait bien rire. Et mes aspirations à autre chose qu'au collège sont peut-être ridicules. Peut-être avez-vous raison, en fait...

Ecrit par : Thalie | 26 juin 2007

Dans une troisième partie, nous évoquerons les différentes phases du protocole expérimental mis en place avec le Professeur Le Boeuf, directeur de l'Ecole véterinaire de Maison-Alfort.

Enfin, nous décrirons les expériences réalisées avant d'en déduire les conclusions qui s'imposent.

Marcel Le Fol, hôpital du Val de Grâce, le 26/06/2007
apprenant en formation de facilitateur d'apprentissages à l'IUFM de Maison-Alfort, actuellement en reconversion (CAP de boucherie)

Ecrit par : Robin | 26 juin 2007

J'ai effectué pour vous quelques recherches bibliographiques:





Le Bistournage
Le terme bistournage est à traduire littéralement par « déformation par torsion ».
Si l’opération de castration est maintenant réalisée au moyen d’une pince écrasant les cordons testiculaires, il n’en a pas toujours été ainsi.

Traditionnellement, cette opération effectuée par un hongreur se passait en deux temps.

Dans un premier temps, les animaux à castrer étaient réunis dans le bouvau *, ou devant la jasse *, dont l’entrée était fermée par une charette.
Une corde, passant à travers les rayons de la roue d’une charette, servait à attacher le taù. Cette longe été passée autour des cornes du taù et ramenée jusqu’à la charette. Ainsi maintenu, il restait à le coucher à terre. Pour ce faire, le manadier passait la sabatière * autour des pattes arrière, faisant un noeud coulant. Quelques hommes renversaient alors le taureau.
Une fois immobilisé, le hongreur pratiquait le bistournage *.
Il faisait tourner chaque testicule sur lui même, puis faisait pivoter celui-ci à l’intérieur du sac testiculaire, coupant la circulation. Enfin, une corde venait enserrer le scrotum dans le but de maintenir les testicules en position contrainte. L’animal était ensuite relaché.
Dans un second temps, les bêtes étaient à nouveau capturées, mais simplement maintenues debout, le temps pour le manadier de couper la corde posée une semaine plus tôt.

Ecrit par : dobolino | 26 juin 2007

Cher MàC, Je vais corriger les brevets jeudi matin. J'aurai donc une pensée émue pour vous et pour votre femme de ménage portugaise... Je vous dirai comment était le café ! Amitiés à tous, même Dobolino, qui ose affirmer que quelqu'un ici, c'est pourtant difficile à croire, puisse avoir "plus raison" que moi...

Ecrit par : Christophe Carrère | 26 juin 2007

car à cheval donné on ne regarde point les dents.

Ecrit par : dobolino | 26 juin 2007

Beau sujet de Mémoire de fin de stage...Et moins dangereux que celui sur les taureaux...Même si les chevaux mordent !

Ecrit par : Robin | 26 juin 2007

Thalie, Biet est forcément surbooké — en ce moment, les oraux de l'ENS, probablement un cycle de cours aux USA comme chaque année, et c'est évident que les directeurs de recherche s'intéressent davantage aux jeunots qu'ils peuvent suivre et fidéliser (voir, pour tout le monde, un article fort intéressant dans le Monde sur le tout petit monde de la sélection universitaire, et encore l'auteur a des pudeurs qui lui font omettre — mais signaler tout de même — le plus croustillant : http://www.lemonde.fr/web/article/0,1- href="mailto:0@2">0@2-3232,36-927983,0.html
Mais vous pouvez essayer quand même : biet@u-paris10.fr
C'est curieux votre histoire, ma seule tentative de thèse, dans les années 70, s'est arrêtée parce que mon directeur de recherche s'était fait très vilainement amocher par deux voyous qu'il avait eu la sotte concupiscence d'inviter chez lui — il a failli y rester.
JPB

Ecrit par : brighelli | 26 juin 2007

" Les enfants dans les pays pauvre. ne peux pas se defendre contre les homme qui sont inconsiant. qui bate les enfants, qui les font travailler des le plus jeune ages qui les prostitue et les envaille a la guerre leur dit a manger et vous alle tuer set homme la les enfants ne peuvent rien dire a sella car il ne save pas ferre la diference entre le Bien et le Mal.
les adult inconsient batte est tue les enfants dans des atras saufrans, ou allar leur donne tres peux à manges un Bau de pains et de la Margarine et les Mange comme ça et le landemain il se leve de Bonheur et alla a leur travau farcet.
et les enfants ont des droits inaliénable, universe comme tous les hommes et il faut les respecter : les handicapé, les faible les Malades les vieux les pauvre... Tous sella faut les respecter Malgres leur andicape Tous les homme sont egaux et faut les respecter comme Tous les autre.
L'enfant est Tout particulierement aimé de Dieu
"Tous petit denteux set fait par la Bible"
L'enfant est innocent et incapable de reconnaitre le Bien et le Mal
l'enfants et faible fragile set pour sella que faut les respecter et les aimé."

Sébastien, 15 ans, élève de troisième.

Ecrit par : Christophe Carrère | 26 juin 2007

M'sieur Carrière, j'espère que vous avez valorisé cette copie de Sébastien. Il a bien assimilé ce qu'il faut dire pour être un bon citoyen. Quelques petites erreurs de graphie mais un bon fond. C'est ça le plus important : un bon feeling, de bonnes vibrations.

Ne faites pas dans la constante macabre comme les réactionnaires de ce blog.

Ecrit par : Lariba | 26 juin 2007

Un de mes collègues pédagogo, prof d'HG, comme souvent, pardon les profs d'HG qui n'en sont pas, m'avait dit très sérieusement à son sujet (car enfin il reconnaissait qu'il y avait là un élève en difficultés) et sans aucun cynisme : "A l'écrit, apprends-lui donc simplement à remplir un chèque." Comme s'il n'y avait pas des machines pour les remplir à sa place, des banquiers pour l'empêcher d'avoir chéquier et des patrons pour l'empêcher d'avoir une place...

Ecrit par : Christophe Carrère | 26 juin 2007

Ne faites pas dans la constante macabre comme les réactionnaires de ce blog.

Ecrit par : Lariba | 26 juin 2007

C'est bien mignon ce que vous écrit votre petit "veau" Christophe...Et Il est trop tard pour prendre le problème par les cornes et de vous atteler au taureau !

Allez 18/20 (pour le fond)

(C'est le le réactionnaire qui sommeille en moi qui a enlèvé les 2 points)

Ecrit par : Robin | 26 juin 2007

enlevé sans accent grave (moi aussi j'en fais !)

Ecrit par : Robin | 26 juin 2007

Pauvre France !

Ecrit par : Robin | 26 juin 2007

Merci, Dobolino pour toutes ces précisions. Vous devriez faire "conseillère pédagogique".

Ecrit par : Robin | 26 juin 2007

C'est les profs de Sébastien 15 ans élève de 3ème qu'il faut révoquer! une bande d'ânes bâtés qui n'ont rien su lui apprendre, qui ont suivi aveuglément les recommandations mérieuticoles des Iufm (institut universel de fumisterie merdoyante). Des pédagogos qui n'ont pas eu le courage de s'asseoir sur les directives suicidaires de leurs IA. Et en plus, ils ne risquent rien, ces fonctionnaires planqués, zélés, et trouillards.
C'est à gerber.
Dans le genre de pratique tiers-mondistes, dignes d'une république bananière, à la réunion d'entente pour l'écrit du français au bac, on s'est entendu dire qu'on n'était pas propriétaire de la note, et qu 'elle serait tambouillé s'il le faut.

Ecrit par : Zadig | 26 juin 2007

que la note serait tambouilléE. D'indignation, j'en oublie l'accord. Sorry.

Ecrit par : Zadig | 26 juin 2007

"Sébastien, 15 ans, élève de troisième"

Léo&L;éa CP, 3 semaines de rééducation et on en parle plus... des fautes.
:)

Ecrit par : toto | 26 juin 2007

Le peu que j'ai vu de Forestier ne me fait en dire que du bien. Il a un côté people agaçant, mais ses cours étaient bien faits et instructifs. J'aimais beaucoup Escola aussi. Le 17eme est bien représenté à Paris-IV ! (je ne m'étends pas sur les autres facs car je n'ai pas envie de passer au crible toutes les facs de Paris et de province ; d'ailleurs j'en ai connu un paquet à force de déménager...)

Bon, JPB, l'"action", ça ne vous inspire pas comme thème littéraire. Dommage :-(

Ecrit par : Jeremy | 26 juin 2007

D'ailleurs, il y a un autre dix-septiémiste dont on devrait parler, dans le secondaire, c'est Alain Viala...
9/10eme des profs de lycée ne connaissent meme pas son nom...

Ecrit par : Jeremy | 26 juin 2007

Jérémy, arrêtz vos plaintes, comme on dit dans la Bible, et rappelz- moi de quoi il est question.
Viala était aussi à Paris-III (il y est toujours, en alternance avec Oxford…). Et on lui doit la destruction systématique des études de Lettres. C'est un fait — même si ce n'était aps dans le sintentions, mais dans la réalisation, ça ne pouvait conduire qu'à ça.
JPB

Ecrit par : brighelli | 27 juin 2007

A Oxford, comme Tariq Ramadan...

Ecrit par : Christophe Carrère | 27 juin 2007

"S'atteler à un taureau"... Beau programme.
Mais qui s'attelle à qui? Est-ce qu'on tire le taureau ou est-ce qu'on se fait tirer? ce point n'a toujours pas été éclairci malgré la mobilisation des vingt exégètes les plus affûtés de ce blog.

Ecrit par : Jean | 27 juin 2007

Pour moi, c'est parfaitement clair.
Si on s'attelle à un taureau, c'est lui qui tire.
On lui passe gentiment le harnachement, on se met derrière lui, un peu loin quand même, peut-être que ça rue, ces bêtes-là, et il nous tire.
"Pas plus, c'est le mieux !", comme disait mon ex-beau-père.

Ecrit par : catmano | 27 juin 2007

C'est vrai, Jeremy, les professeurs de français de lycée devraient connaître le nom de celui qui a saboté leur travail.

Grâce à M.Viala (au fait, comment va votre compte en banque, M.Viala?), il est devenu interdit aux professeurs de français de lycée d'enseigner le français.
Avec un programme aussi dénué d'âme, aussi profondément rébarbatif, vous détournez les élèves des Belles-Lettres, M.Viala.

Au fait, personne n'a évoqué l'ambiance qui règne dans les classes de Première. Avec un programme que l'on verrait bien au CAPES de Lettres modernes et qui donc vole à mille lieues au-dessus de leur tête inculte de potaches, les élèves sont-ils sages comme des images? Aucun problème de discipline? J'ai peine à le croire.

Ecrit par : Jean | 27 juin 2007

Oui, mais, catmano, quand on dit "atteler le boeuf à la charrue", c'est lui qui la tire...
Donc "s'atteler au taureau" peut se comprendre "s'attacher au taureau pour le tirer".
Enfin, il me semble (bien).
Je me demande même si ce n'était pas cela que voulait dire le brillantissime "pédago" auteur de cette formule.

Sur l'urgence et la manière de neutraliser les programmes Viala, voir la très intéressante réforme du français proposée par Sauver les lettres (sur www.sauv.net).

Ecrit par : Jean | 27 juin 2007

Sébastien, 15 ans, élève de troisième"

Léo&L;éa CP, 3 semaines de rééducation et on en parle plus... des fautes.
:)

Ecrit par : toto | 26 juin 2007

J'aime bien le..."des fautes".

Ecrit par : Robin | 27 juin 2007

L'enfant est Tout particulierement aimé de Dieu
"Tous petit denteux set fait par la Bible"
L'enfant est innocent et incapable de reconnaitre le Bien et le Mal
l'enfants et faible fragile set pour sella que faut les respecter et les aimé."

Sébastien, 15 ans, élève de troisième.

Ecrit par : Christophe Carrère | 26 juin 2007

Les fautes, c'est rien, à la limite, mais la merde qu'il a dans la tête, ce gamin !!
C'est un témoin de jéhovah, ou quoi ?
Quelqu'un peut me traduire le "petit denteux" ?

Ecrit par : yann | 27 juin 2007

A Oxford, comme Tariq Ramadan...

Ecrit par : Christophe Carrère | 27 juin 2007

Ouf ! Georges Steiner est à Cambridge !

Je crois qu'ils vont se débarrasser de Viala et de Ramadan...Il paraît qu'ils font perdre les autres aux avirons (Oxford manquait de bras).

Ecrit par : Robin | 27 juin 2007

Pétard ! Je viens de bistourner un foutu chat sauvage qui m'a labouré les avant-bras !!
Qu'on m'apporte un taureau, finalement !

Concernant l'attelage, je pense que l'expression est valable dans les deux sens, et il est plus sûr d'être derrière le taureau que devant ...

Ecrit par : yann | 27 juin 2007

Pour moi, c'est parfaitement clair.
Si on s'attelle à un taureau, c'est lui qui tire.
On lui passe gentiment le harnachement, on se met derrière lui, un peu loin quand même, peut-être que ça rue, ces bêtes-là, et il nous tire.
"Pas plus, c'est le mieux !", comme disait mon ex-beau-père.

Ecrit par : catmano | 27 juin 2007

Catmano,

Vous devriez postuler pour l'IUFM la plus proche. Vous seriez prise tout de suite. Ils ont besoin de gens qui ont des idées neuves et qui ont parfaitement confiance en eux.

Ecrit par : Robin | 27 juin 2007

Donc "s'atteler au taureau" peut se comprendre "s'attacher au taureau pour le tirer".

Avant ou après l'estocade ?

Ecrit par : Robin | 27 juin 2007

"Vous devriez postuler pour l'IUFM la plus proche. Vous seriez prise tout de suite. Ils ont besoin de gens qui ont des idées neuves et qui ont parfaitement confiance en eux."

Ecrit par : Robin | 27 juin 2007
"le" plus proche, Robin; le "I" veut dire: "institut".

Ecrit par : christophe sibille | 27 juin 2007

Concernant l'attelage, je pense que l'expression est valable dans les deux sens, et il est plus sûr d'être derrière le taureau que devant ...

Ecrit par : yann | 27 juin 2007

Vous avez trop de bon sens, yann, pas assez d'imagination...Vos idées ne sont pas assez "innovantes". Vous risquez de redoubler le stage.

Ecrit par : Robin | 27 juin 2007

"Catmano,

Vous devriez postuler pour l'IUFM la plus proche. Vous seriez prise tout de suite. Ils ont besoin de gens qui ont des idées neuves et qui ont parfaitement confiance en eux.

Ecrit par : Robin | 27 juin 2007 "

Ah ben non, hein. Moi, ce que j'en dis, c'est pour relancer le débat.
Ceux qui veulent le faire, pour de vrai, ils n'ont qu'à essayer. Surtout que le harnachement, il faut le fabriquer soi-même, celui d'un boeuf n'ira pas, l'encolure du taureau est trop large ! Je ne suis pas manuelle pour deux sous, moi. Et puis, l'alène, le fil poissé, le cuir, ça s'achète où, tout ça ?

Et puis, moi, je sais parler aux chèvres, aux chats, aux élèves, mais aux taureaux, je ne sais pas. Alors, le "gentiment", il faut que je m'entraîne d'abord et dans ma région, il n'y a pas de taureau et en plus, l'IUFM le plus proche est très, très loin. Même l'IEN est loin et ce n'est pas moi qui m'en plaindrais.

Ecrit par : catmano | 27 juin 2007

Ecrit par : Robin | 27 juin 2007
"le" plus proche, Robin; le "I" veut dire: "institut".

Ecrit par : christophe sibille | 27 juin 2007

Exact, c'est la brute qui sommeille en moi ; je tape plus vite que je ne réfléchis.

Ecrit par : Robin | 27 juin 2007

"Non, en fait, je peux le dire maintenant, je suis une taupe de "bonnet d'âne" qui a infiltré l'IUFM! "
avoue Christophe S.

Ne le dites pas trop haut, mon cher, il se trouvera tujours des crétins pour le croire (je rappelle à chacun que les deux mots ont la même étymologie — non sans raison). Le malheureux Luc Cédelle, jadis au Monde d el'Education et désormais au monde tout court, s'est fait traiter de "brillophile" par Brigitte Perucca, son ex-rédactrice en chef, sous prétexte que nous avions dîné ensemble… Et qu'apparemment nous avions sympathisé… Qui sait ? De part et d'autre d'un Faugères Léon Barral (l'essayer, c'est l'adopter), nous serions capables de nous trouver réciproquement buvables…
JPB

Ecrit par : brighelli | 27 juin 2007

"brighellophile", plutôt ?

Malgré les apparences (qui sont souvent trompeuses, c'est bien connu), votre nom n'est pas "Brillant" ?

Ecrit par : yann | 27 juin 2007

Vous voyez, Christophe (S.), on ne peut rien dire, le Maître est là qui surveille tout.

Mea culpa, JPB, c'est moi qui ait lancé les premières vannes à Christophe, croyant que plus personne ne lisait le fil précédent.

Profitez en pour rebondir sur le sport ...

Ecrit par : yann | 27 juin 2007

Epreuve de français du brevet des collèges.

Sujet: "Imaginez la suite du texte [l'aubergiste Jacquin Labarre a refusé séchement d'héberger Jean Valjean qui vient de sortir de prison]! L'aubergiste raconte la scène à sa femme qui cherche à ui montrer qu'il a eu tort, etc."

Rédaction d'un élève.

"Le voyageur s'en alla. Quand il était partit depuis dèja cinq minutes, l'aubergiste monta au premier étage, il aperçut et vase et tapa de toute ses force, le vase se pisa en morço'. La femme l'aperçu et lui demanda se qu'il ses passé.
- Sa va pas? qu'est-ce qui t'arrive
avant de répondre, le mari commença à s'excusé devant elle
- excusemoi j'ai fais quelque chose en même tant qui ménerve et que je ne devait pas faire
- mais quoi?
- je me suis enerver avec un cliant
- pourquoi?
- car il ma demander une chambre, puis un manger je lui est dit que je n'ai plus rien, j'ai honte
- pourquoi honte?
- car quand il est entrait dans l'auberge, j'ai eu l'impression que c'était un sans abri, ou un méchant ou je ne sais quoi.
- honte, tu peut avoir honte alors la merçi, et mainte nant et pourquoi tu ne lui as pas denait un mangait on a encore plein de chose a vendre et des chambre il y a plein de chambre
- j'ai eu peur
- A l'heure qui l'est, tout le village et déjà au courant de cette histoire
- je te prix de bien vouloir me pardonner
- alors la tu peut toujour courir, tout le village est au curant, déjà qu'on n'a pas beaucoup de cliant demain il y aura plus personne, et ne pas donné un mangé à une personne c'est grave, on n 'aura une salle réputation dans le village et dans un ou deux ou 3 semaine on parra fermait le magasin
- la femme est reparti en lui métant une bonne gifle.
Le lendemain, le mari et allé s'excuser au près du voyageur et tout est rentré de l'audre "

Ce qui nous a paru étrange, à nous autres correcteurs, ce n'est pas que ce genre de copie existe, car il y en a heureusement aussi de bonnes quoique elles présentent toutes un nombre préoccupant de fautes d'orthographe. C'est le fait que cette copie, commentée en commission d'harmonisation dirigée par l'inpection pédagogique régionale, ait été jugée mériter la note de 12/20 au prétexte que son contenu était intéressant.

A l'observation faite par un participant que ce genre d'élève était visiblement incapable de passer en seconde, il a été répondu que ce passage n'avait rien de choquant, car nous n'avions pas à former des spécialistes, et de toute façon, les entreprises se chargeraient elles-mêmes du recyclage en orthographe-grammaire après le bac si elles le jugeaient nécessaire.
Propos qui rappellent à ceux qui ont bonne mémoire ceux de Madame Weiland, ex-doyenne de l'Inspection générale de Lettres, qui répondait à quelqu'un qui lui faisait remarquer que trop d' élèves entraient en 6ème sans savoir ni lire ni écrire: "Ce n'est pas grave, car de toute façon, ils n'ont pas fini leurs études."

Ce qui ressort de cet échange de points de vue, c'est qu'un fossé inquiétant se creuse de plus en plus entre les professeurs de français de terrain, qui entendent qu'on les laisse avoir de l'ambition pour leurs élèves et ne se résignent pas à un simple rôle de gardiennage vaguement culturel, et l'Inspection pédagogique générale et régionale. L'incompréhension devient même abyssale.

Question que doivent se poser un certain nombre de professeurs de français: pourquoi l'Inspection générale donne-t-elle l'impression d'avoir renoncé à relever le niveau des élèves en orthographe-grammaire? Ce serait tellement difficile d'imposer dès la classe de 6ème (et même avant), des exigences beaucoup plus strictes en orthographe-grammaire? Les élèves d'aujourd'hui n'étant ni plus bêtes que ceux d'autrefois, ni moins curieux d'esprit ni moins capables d'efforts, pourquoi seraient-ils incapables d'écrire un français correct?

Ecrit par : Jean | 27 juin 2007

"Un fossé inquiétant de creuse de plus en plus"... Pléonasme!

"Quoiqu'elles". Elision!

"Des exigences beaucoup plus strictes". Point!

Excuses.

Ecrit par : Jean | 27 juin 2007

Pour comparer, le texte d'une de mes deux élèves de CE1 ("pas terrible", selon moi) :
[Il s'agissait de raconter l'histoire d'un petit garçon, Léo, qui vient d'emménager dans un quartier et qui va tous les jours dans un jardin public et n'ose pas jouer avec les autres enfants.]

Or, un jour qu'il jouait dans son coin, il entendit crier... [invente la suite]
Eh Léo vien jouer avec mois Léo ! Léo ésita bon dacord pour une fois con me le demande. A quoi jouton a présent demanda Léo. Je ne c'est pas répondit sont amis, il y a plein de jeu au loup, la chandel, tomate et quetchop...
Léo proposa nous pouvons jouer a un de chaque dabord au loup puis a la chandel et enfin a tomate et quetchop et plein dautre jeu dacord disa l'amie de Léo. Combien de copain atu ? 2 tu as de la chance, et toi Léo combien tu en a ? Je n'est que toi mon pauvre. Léo je parie que mes amis te pléron, peut-être répondie Léo.

Ecrit par : catmano | 27 juin 2007

Catmano, en CE1, il y a de tout. À l'école de mon village (pas gros, comme vous savez), sept élèves de CE1 sur 13 redoublent — ils portent la croix de l'apprentissage de la lecture en méthode Foucambert intégrale l'année dernière (pour la petite histoire, j'avais tenté de mobiliser les parents, contre une instit stagiaire qui manifestement ne connaissait rien à la lecture — ni à l'écriture, vu le nombre de fautes qu'elle faisait — et elle avait été défendue bec et ongles d'abord par sa formatrice IUFM, venue tout exprès pour me rencontrer, puis par les parents des malheureux gosses qu'ele bousillait à vue d'œil, persuadés qu'ils étaient que leurs rejetons apprenait effectivement à reconnaître des mots…).

En revanche, Jean, 12 / 20 pour ça, c'est à peine croyable. J'ai eu longtemps des classes de collèges (mais pas depuis 20 ans), et j'ai une mémoire très exacte de ce qu'ils savaient faire, dans ce gros bourg normand qu'était Le Neubourg, dans l'Eure — pas exactement un centre-ville bobo…
JPB

PS : Effectivement, Yann, Big Brother is watching you…

Ecrit par : brighelli | 27 juin 2007

Catmano, ce texte est absolument terrifiant.
Aucune base solide et méthodique n'a été posée. L'enfant semble en pleine détresse intellectuelle, toutes les connexions sont brouillées. Manifestement, c'est le produit de ces méthodes qui mettent la charrue avant les boeufs ( avant les taureaux) et croient pouvoir faire l'économie des patients apprentissages de base et des modestes exercices répétitifs (réputés ennuyeux par les "pédagos").
Quel a été son parcours scolaire, à cette pauvre enfant?

Ecrit par : Jean | 27 juin 2007

"Pourquoi l'Inspection générale donne-t-elle l'impression d'avoir renoncé à relever le niveau des élèves en orthographe-grammaire?"
Jean, je me pose une autre question (peut-être absurde) : y aurait-il une volonté délibérée de laisser tomber l'orthographe pour ensuite faire accepter l'idée que la seule solution est la simplification de la langue française (comme le préconise un rapport de l'OCDE je crois) ?
Je ne sais pas si vous connaissez ce livre "Ort(h)ographe à qui la faute ?" de Danièle Manesse, Danièle Cogis, et André Chervel. Je l'ai parcouru l'autre jour en librairie. La présentation de l'éditeur se termine par : "Ils découvriront surtout dans cet essai passionnant, qu'au-delà des constats, des solutions existent dont, pourquoi pas, la simplification de l'orthographe ?"
Danièle Manesse est professeur en sciences du langage. Danièle Cogis est maître de conférences en sciences du langage : sont-ils nombreux dans leur domaine à défendre cette idée de simplification de l'orthographe ?

Ecrit par : lucile | 27 juin 2007

En voici une autre (très bon CP, 5 juin). Consigne : Imaginer la suite de "L'enfant d'éléphant" après l'épisode où le crocodile lui a allongé le nez."

L'enfant d'éléphant sortie son nez de l'eau. Et Et il se tronpa et pendant son voyage il rencontra un camion de cirque. Et il le prena. Et il samusè bien avec les autres animaux. Mais un jour quand il était tros vieux il relachaire l'enfant d'éléphant. Et il se retrompa de route et il u de plus en plus froid. Puis il redéssendit vère le sud. Mais aulieu de retourner sur ses pas, il ne retournait pas sur ses pas. Et il se retrouva en Amérique.

Ecrit par : catmano | 27 juin 2007

J'ai retrouvé le rapport de l'OCDE :
"Shallow vs Non-shallow Orthographies and Learning to Read Workshop - 28-29 September 2005"
dont la conclusion est :
"Shallow vs non-shallow?
The studies so far undertaken in individual countries are building evidence for the hypothesis that shallow orthographies are a real advantage in terms of acquiring reading proficiency for both normal and dyslexic children. Countries with deep orthographies might possibly begin to consider the political and societal feasibility of implementing orthographic reforms."
Le français étant considéré comme ayant une "deep orthography".
Voici le lien :
http://www.oecd.org/dataoecd/54/39/35562310.pdf
Désolée, je ne sais pas comment créer le lien hypertexte.
Je ne sais pas si il a été traduit en français.

Ecrit par : lucile | 27 juin 2007

Ah mais si le lien existe ! Mystère de l'informatique !

Ecrit par : lucile | 27 juin 2007

C'est tel que je vous le dis, Jean-Paul, et ça date d'hier, jour de correction des épreuves de français.

La note proposée par la commission d'harmonisation (et l'inspection, à moins que ce ne soit l'inverse...) était de 9 /15, ce qui fait bien 12/20.

Voilà comment on y arrive:
en rédaction , on appliquera le barème suivant:
1. Narration: 3 points
2. Argumentation: 4 points
3. Expression des sentiments et réactions: 2 points
4. Maîtrise des paroles rapportées: 2 points
5. Maîtrise de la langue (+ lisibilité et présentation de la copie): 4 points.
Total: 15 points/15.

Si l'on applique ce barème à la copie en question, on lui attribue la note de 9/15.
Il est piquant de constater que, 4 points seulement étant dévolus à la correction de la langue, une copie criblée de fautes mais "intéressante" peut obtenir 11/15, c'est -à-dire 14,5/20.
Et voilà pourquoi votre fille est muette.

Je ne vous raconte pas la bronca dans l'assistance. La collègue qui avait ouvert la journée de correction et nous rendait compte des décisions prises en commission d'harmonisation a bien pris soin de nous dire, en nous commentant la copie et la note qui lui avait été attribuée: "Ecoutez-moi d'abord jusqu'au bout, et vous pourrez crier après!".

Pour les professeurs de français qui étaient là, cette copie méritait 5 ou 6/20.
C'est pour cela que je parlais de grave désaccord entre l'Inspection et les professeurs.

Ecrit par : Jean | 27 juin 2007

A propos de l'épreuve de brevet, aucune question de grammaire de phrase et des questions absurdes mais à un point! Donc, on voit, pour abonder dans le sens de ce que disait Jean, que le ministère peut bien réformer ce qu'il veut, cela n'est pas appliqué puisque les instances de pouvoir sont aux mains des pédagos et des inspecteurs pédagogisés. D'ici peu, on aura des élèves de 3ème qui nous demanderont gentiment pourquoi on leur fait de la grammaire de phrase puisqu'il n'y en a pas au brevet et pas au lycée!
Il se doute le ministre que tout le monde ( ou presque) se moque éperdument des réformes qu'il croit mettre en place???
Mes chers collègues iufmisés n'ont pas manqué de me faire remarquer avec beaucoup de satisfaction qu'ils continueraient à faire sans grammaire de phrase puisque le brevet etc....

Ecrit par : Thalie | 27 juin 2007

Jean, en effet, cette élève n'est pas terrible... Je vous l'avais signalé dès le début. Voici donc son parcours : deux années de maternelle très "attentiste" (petite fille très gâtée à la maison qui jouait la comédie de la pauvre petite chose fragile, à qui les maîtresses ne demandaient jamais aucun effort de peur de déclencher pleurs ou visage buté), un an de CP puis un de CE1 dans ma classe.
Bien que ce texte ne soit pas du tout conforme aux normes d'écriture (orthographe, ponctuation et tout particulièrement celle du dialogue), je trouvais qu'il n'y avait pas tant de différence que cela entre l'expression écrite de cette petite fille de 7 ans et demi et celle du gaillard de 3°, et mon questionnement, complètement tombé à plat, je le reconnais, était de me demander quels "enrichissements", ce jeune homme de 15 ans avait-il pu trouver entre la fin du cycle des apprentissages fondamentaux et la fin du collège pour avoir si peu progressé...
J'ai beaucoup de mal à faire comprendre à des bambins de 6 ou 7 ans, grands consommateurs de télévision et de vidéos qu'ils pourraient ne pas utiliser le dialogue dont ils maîtrisent fort mal les règles d'écriture dans leurs écrits. Pour eux, une histoire se résume souvent aux échanges verbaux qu'elle contient.
La question serait plutôt, et là, je vous rejoins : "Est-il vraiment nécessaire de "faire produire de l'écrit de manière autonome" à des enfants dont les références grammaticales ne sont pas encore stables ? N'est-ce pas décider d'atteler la charrue devant le taureau, avec tous les risques que cela comporte ?"

Ecrit par : catmano | 27 juin 2007

Catmano, les copies que vous montrez restent quasiment inchangées après au collège. Elles sont plus longues, c'est tout. Je regrette de ne pas en avoir gardé quelques exemplaires mais dans le collège où je suis, la copie dont parle Jean et qui a été notée 12/2O au brevet est notée à 10 /11 à peu près dans une mauvaise classe. Dans une "meilleure", elle tombe à 8/9.
Et nous sommes bien forcés d'en arriver là. Vous faites quoi toute l'année avec des élèves de ce type? Vous les mettez à zéro et moins 15 ou moins 20???

Ecrit par : Thalie | 27 juin 2007

Ce deuxième texte est nettement plus encourageant. On sent que tout n'a pas été gâché et que quelques connaissances ont été solidement mises en place.

Mais on voit aussi qu'un enfant ne peut pas savoir ce qu'il n'a pas appris et faire son profit de ce qu'il ne connaît pas, en l'occurrence les verbes un peu compliqués.

Je me demande si ce n'est pas un peu tôt, en CP, pour leur faire faire des rédactions écrites. Ne serait-il pas préférable, pour ne pas avoir ensuite à montrer à l'enfant qu'il s'est trompé sur plein de verbes - le pauvre, ce n'est pas de sa faute et ça va le décevoir -, de s'en tenir soit à lui faire rédiger de petites phrases simples dont les verbes auront été étudiés auparavant, soit à lui faire raconter une histoire , oralement, ce qui met provisoirement entre parenthèses la question épineuse des formes verbales non encore apprises, et évite à la fois le sentiment d'injustice d'être pénalisé pour ce qu'en aucun cas il ne peut encore connaître et la mauvaise habitude d'écrire un mot qu'on ignore n'importe comment comme on croit l'entendre?

Ecrit par : Jean | 27 juin 2007

Mes chers collègues iufmisés n'ont pas manqué de me faire remarquer avec beaucoup de satisfaction qu'ils continueraient à faire sans grammaire de phrase puisque le brevet etc....

Ecrit par : Thalie | 27 juin 2007

Thalie, vous êtes-vous déjà amusée à poser la question suivante aux collègues : et si on enseignait de la sorte à vos enfants ? Et si vos gosses avaient ce niveau ?
Ma femme et moi sommes en contact avec une instit ex-pédagogo, ex car ses enfants sont maintenant à l'école et elle est en train de jeter aux orties toutes les conneries qu'elle avait retenues de l'IUFM et de la mouvance pédagogo
(ex : ne pas donner de devoirs pour ne pas créer d'inégalités entre les enfants de bourges, bien suivis à la maison, et les enfants de prolos, qui le sont beaucoup moins). Elle se rend maintenant compte que pour progresser, ce n'est pas terrible... et que si un enfant de prolo est bon élève, c'est à elle de le tirer, quelle que soit la façon dont il est suivi à la maison.

Ecrit par : Japhet | 27 juin 2007

"Et les défenseurs d’Alamo se sont sacrifiés à l’exemple de Léonidas"
L'héroïsme de tous ceux qui, ici et sur d'autres "îlots de résistance", ne désespèrent pas de transmettre des enseignements solides, est magnifique. Merci à tous de ne pas baisser les bras et je souhaite que votre combat pour nos enfants se termine mieux pour vous que le siège de Fort Alamo et que vous ne succombiez pas sous les coups de boutoir des ennemis du savoir.

Ecrit par : lucile | 27 juin 2007

"Ne serait-il pas préférable, pour ne pas avoir ensuite à montrer à l'enfant qu'il s'est trompé sur plein de verbes - le pauvre, ce n'est pas de sa faute et ça va le décevoir -, de s'en tenir soit à lui faire rédiger de petites phrases simples dont les verbes auront été étudiés auparavant, soit à lui faire raconter une histoire , oralement, ce qui met provisoirement entre parenthèses la question épineuse des formes verbales non encore apprises, et évite à la fois le sentiment d'injustice d'être pénalisé pour ce qu'en aucun cas il ne peut encore connaître et la mauvaise habitude d'écrire un mot qu'on ignore n'importe comment comme on croit l'entendre?"

C'est ce que je fais, la plupart du temps. Nous rédigeons collectivement de petits textes au tableau, chacun donnant "sa" phrase, les élèves étant interrogés sur ce qui a été appris en orthographe, grammaire, conjugaison.

Mais, je suis censée faire de la "Production d'Ecrits" autonome, dès la grande section (et même avant, paraît-il). Alors, j'en fais. Quand je vois les résultats de L (CE1) et ceux de M (CP), j'ai bien conscience que je ne favorise que les "bons" et j'avoue que cela ne me satisfait pas. D'autant plus que, l'année dernière, L avait écrit en fin de CP une fin de "La chèvre de Monsieur Seguin" très bien tournée et que je me rends compte qu'un an plus tard, ça n'a pas progressé. Il faut dire que le "déclencheur d'écrit" (que j'ai pompé dans les évaluations nationales CE2) faisait vraiment tout pour engager la gamine sur la piste du dialogue.
J'ai une collègue qui travaille un jour par semaine dans un CP et qui est chargée de l' "Atelier de Production d'écrits". J'ai essayé plusieurs fois d'avoir des renseignements sur ce qu'elle leur demandait en début de CP, je n'ai jamais eu que des réponses très vagues du style : "Oh, tu sais, en début d'année, on demande des choses très simples, ça ne peut pas aller bien loin." Avec ça, on n'est pas très renseigné...

Ecrit par : catmano | 27 juin 2007

Vous avez bien raison, Thalie, les questions sur le texte étaient absurdes, c'est le mot.
Et que dire des titres qui ponctuent les trois parties du questionnaire (I.Un aubergiste singulier II. Un voyageur indésirable III. Le face à face.)? Car nos collègues ignorent peut-être que les questions sur le texte (une vingtaine) sont réparties ou regroupées de manière anarchique sous trois rubriques. Très peu de questions de grammaire: trois, à vrai dire: la première portant sur la valeur de l'imparfait et du passé simple, l'autre demandant l'infinitif, le mode et le temps de "Allez-vous en", la dernière demandant d'identifier la relation logique exprimée par "et" dans "le suis à l'auberge, j'ai faim, et je reste.". C'est tout.
Donc le méli-mélo (le "décloisonnement", évidemment!)! Autrefois, on avait des questions de vocabulaire, de grammaire, de compréhension du texte, bien séparées. c'était clair, cela rendait compte de vraies connaissances.

Ce qui m'amuse, dans tout cela, c'est l'immense naïveté de ceux qui ont conçu cette nouvelle formule, et qui s'imaginent qu'il y a un seul élève, en France pour lire les beaux sous-tittres qu'ils se sont donné bien du mal à inventer. Tout le monde s'en contrefout, de ces sous-titres, absolument personne ne les lit.
On voit bien, quel était leur idée, à ces super-pédagogues: donner en même temps aux élèves les éléments d'un commentaire de texte, c'est-à-dire faire en sorte que les élèves ne répondent pas "bêtement" aux questions mais retiennent du texte, grâce à ces sous-titres, ce qui en fait selon eux l'intérêt. Toujours la même obsession du "sens"... Il faut donner du sens à cette épreuve.

Paradoxalement, c'est infiniment plus dirigiste que le questionnaire d'autrefois, qui laissait au moins l'élève s'imprégner librement et spontanément de la richesse du texte sans la réduire à deux ou trois points décrétés les plus importants par le concepteur du sujet. Bref, c'est bien "pédago": pensez librement, mais comme je vous le dis.

Heureusement, personne ne lit ces sous-titres. Ouf!

Ecrit par : Jean | 27 juin 2007

Danièle Manesse est professeur en sciences du langage. Danièle Cogis est maître de conférences en sciences du langage : sont-ils nombreux dans leur domaine à défendre cette idée de simplification de l'orthographe ?

Ecrit par : lucile | 27 juin 2007

"Optimi corruptio pessima."

Ecrit par : Robin | 27 juin 2007

Rien que l'expression "Production d'Ecrits", catmano, me paraît pompeuse et ridicule.
Renseignez-moi sur un point: je croyais que les enfants n'apprenaient à lire et à écrire qu'en CP. Alors comment peut-on, logiquement, leur demander d'écrire des textes en maternelle?
Votre collègue de CP me paraît dire les choses avec bon sens lorqu'elle dit qu'en début d'année de CP ça ne peut pas aller bien loin. J'ajouterais "En fin d'année non plus, ne brûlons pas les étapes."

Ecrit par : Jean | 27 juin 2007

Des "élèves de ce type", Thalie, on ne les met pas à 0/20, encore moins à -15 ou -30, mais simplement à 5/20, en leur conseillant , selon leurs ambitions, soit de prendre des cours de rattrapage, soit de choisir une orientation qui valorise leurs autres qualités. L'apprentissage junior a été pour certains une vraie planche de salut et l'occasion de sortir de la spirale de l'échec. Le ministère va certes refondre la formule en en faisant un des parcours "scolaires" possibles à l'intérieur de l'institution, mais il ne peut en aucun cas renoncer au principe même d'une orientation possible, pour certains élèves, vers plus de concret.

Ecrit par : Jean | 27 juin 2007

"Renseignez-moi sur un point: je croyais que les enfants n'apprenaient à lire et à écrire qu'en CP. Alors comment peut-on, logiquement, leur demander d'écrire des textes en maternelle?"

En écrivant "production d'écrits en maternelle" sur un moteur de recherche, vous trouvez plein de judicieux conseils dans le genre de ceux-là :
http://ien.chalons2.free.fr/article.php3?id_article=50

A part ça, je vous reparlerai sans doute un jour du "bon sens" de ma collègue de CP...

Ecrit par : catmano | 27 juin 2007

L'enfant est Tout particulièrement aimé de Dieu
"Tous petit denteux set fait par la Bible"

"Se faire les dents sur la Bible"...Vieille coutume sépharade attestée dès le XIIème siècle : Au moment de la poussée des dents de laits, le père donne une Bible à mâcher à l'enfant pour calmer ses élancements (attestée dès le XIIème siècle).

Cette touchante coutume persiste encore de nos jours :

Dialogue enregistré au Sentier le 12 juin 2005 (France Culture) :

"Oïe, Oïe, mon fils, je m'en vais te chercher une Bible pour te faire les dents, mais arrête de pleurer comme ça, ça rend ta mère malade !"

Rabbi Moshé ben Siméon de Cordoue (1136-1236) : commentaire du Talmud, page 1056 :"La Bible guérit tous les maux et Il vaut mieux s'y faire les dents que de désespérer sa mère."


"Alors je redevins un tout petit enfant et l'ange du Seigneur s'approcha de moi et me dit : "Fils d'Homme, fais-toi donc les dents sur ce livre au lieu d'énerver ta mère !" (Ezéchiel, chapitre 8)

On appelle ça la "manducation de la Parole;"

Ecrit par : Robin | 27 juin 2007

Jean, j'ai trouvé ça, "la valorisation de l'erreur", je suis sûre que ça va beaucoup vous plaire. Cela concerne bien sûr des "non-lecteurs", élèves de maternelle :

"L'ECRITURE AUTONOME : DES PREMIERES TRACES A L'ECRITURE NORMEE

=> Elle renseigne le maître sur les représentations mentales des enfants à propos des écrits. C'est en les voyant écrire que l'on peut voir si les enfants ont conscience de l'organisation de l'espace, de la séparation du discours en mots (unités spécifiques de l'écrit), de l'importance de l'ordre des mots, de la présence de tous les mots... On pourra se rendre compte également de leurs compétences et de leurs difficultés à former les lettres. Le maître pourra ainsi proposer une réflexion sur la "mise en texte" notamment en organisant des moments de comparaison avec les écrits des autres enfants et avec des écrits sociaux du même type.

=> Elle permet aux enfants d'oser essayer, se tromper, recommencer... Là, le climat de classe et le rôle du maître sont déterminants : mise en confiance, valorisation de l'erreur, encouragement, aide à l'utilisation des référents, mise en place de bons comportements...

=> Elle s'articule autour de :
- l'activité libre au "coin-écrit"
- la conduite d'ateliers dirigés centrés sur un projet de communication "

Ecrit par : catmano | 27 juin 2007

C'est évidemment comme, ça qu'il faut faire, Catmano, cela va de soi. Vive les sciences de l'éducation!

Ecrit par : Jean | 27 juin 2007

Ah, il me semblait que ça allait vous plaire ! Quand vous déciderezvous à faire la même chose en collège ?
Un petit coin "production d'écrits" avec plein de posters "référents" affichés sur les murs, des tables, tout un tas d'outils scripteurs dans de jolis petits pots colorés, du papier, beaucoup de papier, ce n'est quand même pas très compliqué.
Quelques séances d'ateliers dirigés sur un "projet de communication" commun, quelques réflexions sur la mise en texte et les bons comportements, et le tour est joué.
Il ne vous reste plus qu'à cocher les petites cases. Rien à corriger puisque chacun progresse à son rythme, quelle économie de temps !

Ecrit par : catmano | 27 juin 2007

Si on n'aime pas Michelet, on peut lire Gaxotte ?

Ecrit par : Un passant | 27 juin 2007

Passant,va dire au monde que ceux qui écrivent dans ce blog se sont usé les yeux pour obéir aux lois du (Gai?) Savoir.

Ecrit par : rocardo | 27 juin 2007

Si on n'aime pas Michelet, on peut lire Gaxotte ?

Oups le malheureux! Vous n'avez plus qu'à espérer que Montaigneàcheval ne vous tombe pas dessus après pareil crime de lèse-république...
Tous aux abris !

P.S Gaxotte,Furet, Sédillot,Secher ou le très bon Alain Gérard (Par principe d'humanité)...

Ecrit par : Guillaume | 27 juin 2007

QUESTION A LA MULTITUDE : "Que faire alors pour éviter à ses propres enfants de telles calamités ? Le CNED ? Le privé ?? Quel privé ???"

Ecrit par : Christophe Carrère | 27 juin 2007

L'enfant est Tout particulièrement aimé de Dieu
"Tous petit denteux set fait par la Bible"

Le Rabbi Moshé ben Siméon de Cordoue proposait trois-cent soixante cinq explications différentes de cette parole.

La trois-cent soixante-cinquième n'est point connue. On dit qu'il fut transporté au septième ciel et que Le Saint-Bénit soit-il, d'autres disent un ange de la suprême hiérarchie (Mickaël, qui est comme Dieu ?) lui posa un sceau sur la bouche et lui intima l'ordre de ne la révéler à personne sous peine de redevenir un petit enfant qui fait ses dents.

La tradition a retenu quatre interprétations parmi les trois-cent soixante quatre :

1°) La lecture de la Thora guérit de tous les maux.

2°) Il vaut mieux se faire les dents sur la Thora que de
désespérer sa mère.

2°) Il n'y a pas d'âge pour se mettre à l'étude de la Thora.

4°) Il n'y a pas d'âge pour désespérer sa mère.

La quatrième interprétation est la plus commentée dans les milieux sépharades (et sur les divans des psychanalystes)

Ecrit par : Robin | 27 juin 2007

QUESTION A LA MULTITUDE : "Que faire alors pour éviter à ses propres enfants de telles calamités ? Le CNED ? Le privé ?? Quel privé ???"

Ecrit par : Christophe Carrère | 27 juin 2007

Priez le Seigneur de vous faire atterrir dans un coin où la main du pédagogo n'a pas encore mis le pied, ou alors un coin où les instituteurs sont d'ex-pédagogos revenus de leurs erreurs.

Ecrit par : Japhet | 27 juin 2007

C'est prodigieux en effet!
Cela me plaît beaucoup!
Et surtout cela permet de mettre en pratique l' un des principes pédagogiques majeurs de Meirieu selon lequel corriger des copies est inutile.
Vivat le pédagogisme, cent fois vivat!
Mille, mille annis et manget et bibat [subventiones et honores reipublicae],
Et seignet et tuat ['écolam]!

Ecrit par : Jean | 27 juin 2007

QUESTION A LA MULTITUDE: "Que faire...?"

Ecrire en masse à Xavier Darcos et à Nicolas Sarkozy pour protester contre la destruction de l'enseignement du français par les "pédagos".
Les politiques s'efforcent toujours de donner satisfaction à la "majorité" de leurs administrés. Si donc personne ne proteste, cela voudra dire aux yeux des politiques que les Français en sont satisfaits et les "pédagos" ne sont pas près d'être virés.

Ecrit par : Jean | 27 juin 2007

Et surtout cela permet de mettre en pratique l' un des principes pédagogiques majeurs de Meirieu selon lequel corriger des copies est inutile.
Vivat le pédagogisme, cent fois vivat!


Je savais bien que vous y viendriez, Jean. Il faut dire qu'Ils ont des arguments en béton (enfin au moins un).

Plus de copies à corriger ! BIgre !

Ecrit par : Robin | 27 juin 2007

Passant, j'espère que vous ne faites que passer, mais Gaxotte avec Montaigne, ça ne passera pas ! (No passaran!). Passez en courant avant la charge (et il en vaut mille commandés par Murat)

Ecrit par : Robin | 27 juin 2007

"Non, en fait, je peux le dire maintenant, je suis une taupe de "bonnet d'âne" qui a infiltré l'IUFM! "
avoue Christophe S.

"Ne le dites pas trop haut, mon cher, il se trouvera tujours des crétins pour le croire (je rappelle à chacun que les deux mots ont la même étymologie — non sans raison). Le malheureux Luc Cédelle, jadis au Monde d el'Education et désormais au monde tout court, s'est fait traiter de "brillophile" par Brigitte Perucca, son ex-rédactrice en chef, sous prétexte que nous avions dîné ensemble… Et qu'apparemment nous avions sympathisé… Qui sait ? De part et d'autre d'un Faugères Léon Barral (l'essayer, c'est l'adopter), nous serions capables de nous trouver réciproquement buvables…
JPB"

Ecrit par : brighelli | 27 juin 2007
Hé oui, je suis un naïf! Mais j'étais déjà prof à l'IUFM bien avant que ce blog existe et ça, c'est facile à vérifier! Ceci-dit, j'adore le Faugères, et j'en ai même dans ma cave... Et je ne pense pas être votre ennemi!

Ecrit par : christophe sibille | 27 juin 2007

Certes les rédactions du brevet sont des calamités orthographiques et syntaxiques. Mais ce qui me frappe encore davantage, c'est l'irréalisme, l'invraisemblance, l'hystérie de ces histoires écrites par des apprenants de 14 ans minimum. L'influence de la télé crève les yeux mais il me semble que des profs pourraient s'y opposer et c'est ce que je fais: les coups, les armes, les cadavres sont interdits dans mes rédactions, obligatoirement situées dans le quartier avec des gens quasi ordinaires.
Apparemment les candidats d'hier n'ont guère écrit de rédactions ou ont eu des enseignants téléphages. L'anachronisme sévit (Labarre en veut à Valjean qui autrefois écrasa son chien Sweety avec son vélo!!!); Valjean est obligatoirement une racaille célèbre (vous savez "Wanted"), on le recherche pour meurtre (qui a appris aux gamins à lire une introduction?). La femme Labarre est une chienne de garde hystérique qui sanglote sur cet inconnu qu'elle n'a même pas vu, ce "vagabong"; alors elle plaque son mari et lui va se pendre (j'vous jure, c'est vrai et le paquet n'était pas mauvais) en écrivant "j'ai du m'en aller de ta vie et aller aux cieux car se n'est pas digne d'un bon aubergiste".
D'autres candidats ont rédigé le dialogue de Valjean avec SA femme (qui l'attendait sur une meule de foin, sans doute) et pour clore le devoir, Valjean dit: "et maintenant, est-ce que je pourrais profiter de ma femme?"
Les pédagogistes se moquent des zintellos, des gros lecteurs qui vivent dans la fiction, dans les vieux romans; ils prétendent que notre nouveau public est en phase avec le monde réel, a des connaissances pratiques.
Moi je dis que ces pauvres mômes sont aussi loin du monde que des Schtroumpfs et que, comme dit Jean, des profs motivés pourraient et devraient les remettre sur la voie du bon sens, de la vraisemblance, de la crédibilité.
L'école prépare par fournées les gogos, les paumés, les surendettés de demain. Sans Culture, ils seront sans défense.

Ecrit par : Cunégonde | 27 juin 2007

Que faire quand on n'a plus de copies à corriger?
Inventer un nouveau "Livret de compétences" (1500 pages au lieu de 50)? Devenir le nègre de Meirieu? Préparer une édition complète de ses oeuvres en en ôtant tous les "é" - comme "école" - et tous les "p", comme "professeur"?

Ecrit par : Jean | 27 juin 2007

Je n'ai pas eu, dans mon paquet de copies, de semblables invraisemblances. J'ai trouvé pas mal de dialogues bien menés. J'ai constaté dans mes classes que les élèves aiment bien un sujet de rédaction qui leur demande d'écrire une petite pièce de théâtre et que cela marche assez bien.
Ce qui me frappe, c'est la quasi-absence de l'épreuve de l'orthographe et de la grammaire. Pas ou peu de questions de grammaire, presque pas de sanction des fautes dans la rédaction, une dictée qui compte ridiculement peu (6 points sur 40) et qui bénéficie d'un barème archi-favorable (0,5 point par faute de grammaire).

Ecrit par : Jean | 27 juin 2007

"Si on n'aime pas Michelet, on peut lire Gaxotte ?"

s'interroge un Passant qui se pense spirituel…

Evidemment que la Révolution a été pensée par toutes sortes de gens — y compris les pires… L'intérêt de Michelet, en ce qui concerne ce programme spécifique de prépas, c'est qu'il est le chaînon intermédiaire, chronologiquement parlant, entre Châteaubriand, qu'il a pu rencontrer, et Marx, qu'il aurait pu croiser. Bref, que sa conception de l'Histoire met les "grands hommes" sous la coupe d'un héros collectif ("le Peuple" magnifié et magnifique), en attendant que Marx mette le peuple sous la coupe d'un autre héros collectif mais dynamique — la classe sociale dominante — je rappelle au passage qu'il n'existe pas chez Marx quelque chose qui serait la culture du prolétariat, pas tant que celui-ci n'est pas au pouvoir : la culture, en tant que superstructure, ne peut être le fait que de la classe au pouvoir — et la langue que nous devons enseigner ne peut être que celle de la République.
JPB

Ecrit par : brighelli | 27 juin 2007

Passant, j'espère que vous ne faites que passer, mais Gaxotte avec Montaigne, ça ne passera pas ! (No passaran!). Passez en courant avant la charge (et il en vaut mille commandés par Murat)

Même si Murat est loin d'être un modèle d'élégance, le modèle Empire de MàC serait plutôt le montpelliérain ....Lepic
"Haut les têtes...la mitraille c'est pas... (la suite est du pur MàC)

Ecrit par : Guillaume | 27 juin 2007

D'autres candidats ont rédigé le dialogue de Valjean avec SA femme (qui l'attendait sur une meule de foin, sans doute) et pour clore le devoir, Valjean dit: "et maintenant, est-ce que je pourrais profiter de ma femme?"

Ecrit par : Cunégonde | 27 juin 2007

Zyva, Jean Valjean, il é restai en cabane pendan deu zans, il a tonbé pour avoi dealé du shit, kan ti sor, i fau ki profite de ca meuf, comme sa, il é pas oblijé de redevenir une caillera en alan dan les tournante.

Ecrit par : yann | 27 juin 2007

Moi je dis que ces pauvres mômes sont aussi loin du monde que des Schtroumpfs et que, comme dit Jean, des profs motivés pourraient et devraient les remettre sur la voie du bon sens, de la vraisemblance, de la crédibilité.
L'école prépare par fournées les gogos, les paumés, les surendettés de demain. Sans Culture, ils seront sans défense.

Ecrit par : Cunégonde | 27 juin 2007

Bien vu et bien dit.

Ecrit par : Robin | 27 juin 2007

Propos qui rappellent à ceux qui ont bonne mémoire ceux de Monsieur Shpountz, lointain successeur de Madame Weiland, ex-doyenne de l'Inspection générale de Lettres, qui répondait à quelqu'un, en 2050, qui lui faisait remarquer que trop d' élèves entraient en première année de licence sans savoir ni lire ni écrire: "Ce n'est pas grave, car de toute façon, ils n'ont pas fini leurs études."

Ecrit par : Robin | 27 juin 2007

Vous êtes sûr, Robin, que ce n'est pas "Trop d'élèves entraient en première année de licence en sachant lire et écrire"?

Ecrit par : Jean | 27 juin 2007

Christophe Carrère, j'aimerais bien pouvoir répondre à votre question posée à la multitude mais il faudrait déjà savoir quel âge ont vos "petits"?

Ecrit par : Thalie | 27 juin 2007

Que faire quand on n'a plus de copies à corriger?
Inventer un nouveau "Livret de compétences" (1500 pages au lieu de 50)? Devenir le nègre de Meirieu? Préparer une édition complète de ses oeuvres en en ôtant tous les "é" - comme "école" - et tous les "p", comme "professeur"?

Ecrit par : Jean | 27 juin 2007

Il vaut mieux faire disparaître une lettre dans une fiction, comme Georges Perec dans "La Disparition" que l'école et les professeur dans la réalité, comme le font Meirieu et ses émules. Dommage qu'on ne puisse les faire disparaître aussi..de la réalité.

Ecrit par : Robin | 27 juin 2007

Ce que je trouve pathétique c'est que ce sujet de brevet soit national et non-conforme aux consignes ministérielles... National, très bien pourquoi pas, c'est une nouveauté ou je me trompe? Mais national et non conforme... Ils sont relus ces sujets, non? La gangrène pédago est donc partout, partout? Il n'y a même pas un quidam au ministère pour s'enquérir du respect des textes aux examens?
Ca s'attaque en justice un sujet d'examen?

Ecrit par : Thalie | 27 juin 2007

Vous êtes sûr, Robin, que ce n'est pas "Trop d'élèves entraient en première année de licence en sachant lire et écrire"?

Ecrit par : Jean | 27 juin 2007

J'ai pris l'hypothèse la plus optimiste.

Ecrit par : Robin | 27 juin 2007

Des "consignes ministérielles", Thalie? Pourriez-vous préciser?

Ecrit par : Jean | 27 juin 2007

Cher Thalie, mon petit a quatre mois. Il passera donc, si Dieu le veut, par tous les âges... Amitiés.

Ecrit par : Christophe Carrère | 27 juin 2007

Ce que je trouve pathétique c'est que ce sujet de brevet soit national et non-conforme aux consignes ministérielles...
Ecrit par : Thalie | 27 juin 2007
C'est bein la preuve qu'il faut s'en moquer, puisque même le ministère s'en moque.

Ecrit par : Christophe Carrère | 27 juin 2007

On dirait que beaucoup des participants de ce blog sont masos, ou se forcent à lire ces livres pour le plaisir d'en dire du mal! Pour moi, la vie est trop courte! Je n'ai, personnellement, jamais lu une ligne ni de Frackowiack, ni de Charmeux, ni même de Meirieu... Mais n'en dégoûtez pas ceux qui y trouvent quelque vertu! Faut-il que ceux qui cognent sur les pré-cités soient peu sûrs d'eux et de leurs convictions, pour le faire avec autant de violence!

Ecrit par : christophe sibille | 27 juin 2007

Ouh! 4 mois, Christophe. Ouh! vous avez le temps! D'ici-là, les choses se seront arrangées ou du moins le système ne sera plus" entre deux eaux" comme maintenant. Les parents y verront sûrement plus clair. Alors qu'il grandisse bien ce petit! Amicalement.

Ecrit par : Thalie | 27 juin 2007

Jean, je parlais de " consignes ministérielles" dans le sens où l'on doit faire de la grammaire de phrase depuis quelque temps. Donc, on serait en droit d'attendre que les sujets d'examens soient en accord avec les instructions. Vous ne trouvez pas?

Ecrit par : Thalie | 27 juin 2007

Je n'ai, personnellement, jamais lu une ligne ni de Frackowiack, ni de Charmeux, ni même de Meirieu...

« Projet : dans le registre de la didactique, ce terme désigne d' abord l'attitude du sujet apprenant par laquelle il se trouve en situation active de recueil et d'intégration d'informations ; les informations ainsi intégrées et mentalisées peuvent être considérées comme des connaissances. Par extension, ce terme peut désigner la tâche qui finalise les activités les activités de recueil d'informations du sujet. »
Tiré de Apprendre... oui mais comment ?, par Philippe Meirieu (ESF, 1987) :


Alors ? Quel effet ?

Ecrit par : Guillaume | 27 juin 2007

Bon, eh bien moi, on m'a mal compris : je disais du bien de Forestier et d'Escola, mais si je regrettais que Viala ne soit pas plus connu, c'est justement parce que c'est lui le responsable des programmes actuels.
Et je trouve grave que 9 profs de lycée sur 10 ne connaissent meme pas le nom de celui qui a fait leur programme.
Mais ne me tombez pas dessus comme si j'avais fait l'apologie de Viala ! J'ai assez de mal comme ça à faire tant bien que mal des choses cohérentes (progression chronologique, étude des grands auteurs par siècles, etc.) avec le programme qu'il nous a pondu (ridicule en Seconde, démesuré en Première), pour ne pas en plus me faire accuser d'être l'un de ses thuriféraires !

Bref, je regrette qu'Aain Viala ne soit pas plus connu dans le Secondaire, mais pour les memes raisons que vous.

D'ailleurs, avez-vous remarqué qu'on peut faire TOUT le programme de lycée Viala en étudiant uniquement Voltaire et Hugo, voire en se contentant de Hugo ? C'est dire l'absurdité de ces programmes.

Ecrit par : Jeremy | 27 juin 2007

Merci, Guillaume! Grâce à vous, j'en aurai lu sept lignes et demie!

Ecrit par : christophe sibille | 27 juin 2007

Pourrebondir que ce que dit Thalie :

Sait-on qui CHOISIT les sujets de brevet ?
Et qui CHOISIT les sujets de bac ?
Car on sait qui les écrit (des profs), on sait qui les teste (des profs), mais qui les choisit ? Qui décide que ce sera le sujet de France métropolitaine, celui de Nouvelle Calédonie, celui de tel centre étranger, etc. ?

Ecrit par : Jeremy | 27 juin 2007

JPB, faites leur lire l'Evangile eternel de Guehenno.

Tres belle étude sur Michelet.

Ecrit par : Jeremy | 27 juin 2007

Donc, quelques lignes de plus pour l'insatisfait...

« Répertoire cognitif : Mémoire de travail constituée d'indicateurs de réussite corrélés à des types de tâche, d'indicateurs de structures de classes de problèmes corrélés à des programmes de traitement et d'indicateurs de correspondance corrélés à des stratégies personnelles efficaces. »

Ecrit par : Guillaume | 27 juin 2007

Et puis voilà encore, c'est plus gratiné mais ce n'est que du Frackowiack :


Aujourd'hui, chacun le sait, ce qui est important pour améliorer le fonctionnement du système éducatif et la réussite scolaire, c'est :

la transformation des pratiques pédagogiques pour intéresser les élèves, leur permettre de comprendre, prendre en compte leurs propres savoirs, leur donner le plaisir et l'envie d'apprendre, leur permettre de produire du savoir et de communiquer

la continuité pédagogique de la maternelle à la troisième, l'école fondamentale, plutôt que ce collège dont on n'a pas osé faire autre chose que le "petit lycée" fortement protégé par des groupes de pression corporatistes

la transversalité et la prise en charge par tous les éducateurs des questions de développement de l'intelligence, des questions de citoyenneté et des questions de maîtrise de la langue

la nécessité de donner du sens aux activités scolaires

la nécessité de prendre réellement en compte l'hétérogénéité des élèves plutôt que de regretter l'élève moyen type, formaté par son milieu pour répondre aux attentes des professeurs.

le travail d'équipe avec des projets d'établissement qui soient des réalités et non des écrits formels que personne ne prend en compte dans sa pratique quotidienne

l'inscription de l'Ecole dans une conception globale de l'éducation et dans la construction d'une société de la connaissance, articulée avec la notion d'éducation tout au long de la vie

Ecrit par : Guillaume | 27 juin 2007

Pour Charmeux, vous m'étonnez: vous êtes de mauvaise foi. Anne-Marie Valette n'a pas manqué de vous faire partager sa prose au moins une fois.

Ecrit par : Guillaume | 27 juin 2007

Si nous cognons sur les pré-cités, c'est parce qu'ils exercent sur une partie des enseignants et sur le grand public une fascination et un pouvoir de nuisance inversement proportionnels à la justesse de leurs points de vue et que les ânes qui seraient tentés de leur faire confiance n'ont pas, hélas, les moyens intellectuels de détecter la supercherie. Par exemple, il paraît que la mère Charmeux se répand en incessantes conférences pédagogiques auprès des instituteurs, auxquels elle explique, par exemple, qu'on ne doit plus appeler un pronom "pronom" mais "embrayeur de conjugaison", et mille autres mystères pédagogistes de nature à bien les déstabiliser et à leur faire perdre le sens inné de leur mission. Aux applaudissements de la salle, c'est ça le drame. Nous essayons de mettre en garde nos braves collègues.
Nous sommes sûrs, au contraire, de ce que doit être l'école, et sûrs aussi qu'elle ne doit surtout pas rester ce que les Meirieu, Frackowiak et autres Charmeux en ont fait, et que nous voyons: des écoles d'où peu d'enfants sortent en sachant correctement lire et écrire, et surtout ces collèges-garderies où il est interdit d'interdire et où des CPE IUFMisés jusqu'au coude encouragent discrètement les élèves à contester l'autorité "ringarde" des professeurs, quand cette contestation ne vient pas de certains collègues eux-mêmes...

Ecrit par : Jean | 27 juin 2007

Donc, quelques lignes de plus pour l'insatisfait...

« Répertoire cognitif : Mémoire de travail constituée d'indicateurs de réussite corrélés à des types de tâche, d'indicateurs de structures de classes de problèmes corrélés à des programmes de traitement et d'indicateurs de correspondance corrélés à des stratégies personnelles efficaces. »

Ecrit par : Guillaume | 27 juin 2007

Pitié Guillaume, on fera tout ce que vous voulez ...Le tour du monde à cloche pieds, l'ascension de l'Everest à mains nues par la face Nord...et jusqu'à "nous atteler à un taureau"... mais arrêtez, c'est trop dur !

Ecrit par : Robin | 27 juin 2007

L'extrait de Frackowiak cité par Guillaume.
Donnez du pouvoir à un demi-intelligent sectaire (pléonasme!), et vous aurez ça!

Ecrit par : Jean | 27 juin 2007

...Et dire que je viens sur ce blog pour essayer de me détendre !

Ecrit par : Robin | 27 juin 2007

Ce qui est dur c'est surtout de ne pas rire !

Ecrit par : Jeremy | 27 juin 2007

Ezéchiel, Chapitre 8, verset 12. Il faut toujours donner la citation complète. On écrit "Séfarade" et non "Sépharade" (ça ne vient pas du grec). Orthographe : Faites ce que je dis, pas ce que je fais.

Ecrit par : Robin | 27 juin 2007

Livre : Impostures intellectuelles de A.Sokal
Extraits de « Impostures intellectuelles » publié par Alan Sokal et Jean Bricmont, deux professeurs de physique qui dénoncent l’utilisation abusive de la terminologie scientifique pour étayer des théories douteuses en sciences humaines.


[…] C'est ainsi que l'organe érectile vient à symboliser la place de la jouissance, non pas en tant que lui-même, ni même en tant qu'image, mais en tant que partie manquante à l'image désirée : c'est pourquoi il est égalable au √(-1) de la signification plus haute produite, de la jouissance qu'il restitue par le coefficient de son énoncé à la fonction de manque de signifiant : (-1). »
(Lacan 1971a, p. 183-185)

« Ayant admis que le langage poétique est un système formel dont la théorisation peut relever de la théorie des ensembles, nous pouvons constater, en même temps, que le fonctionnement de la signification poétique obéit aux principes désignés par l'axiome du choix. Celui-ci stipule qu'il existe une correspondance univoque, représentée par une classe, qui associe à chacun des ensembles non vides de la théorie (du système) un de ses éléments.
(EA) {Un(A) . (x)[~Em(x) . > . (Ey)[y e x . e A]]}
[Un (A) – « A est univoque » ; Em(x) – « la classe x est vide ».]
(Kristeva 1969, p. 189)


« En premier lieu, les singularités-événements correspondent à des séries hétérogènes qui s'organisent en un système ni stable ni instable, mais « métastable », pourvu d'une énergie potentielle où se distribuent les différences entre séries. (L'énergie potentielle est l'énergie de l'événement pur, tandis que les formes d'actualisation correspondent aux effectuations de l'événement.) En second lieu, les singularités jouissent d'un processus d'auto-unification, toujours mobile et déplacé dans la mesure où un élément paradoxal parcourt et fait résonner les séries, enveloppant les points singuliers correspondants dans un même point aléatoire et toutes les émissions, tous les coups, dans un même lancer. En troisième lieu, les singularités ou potentiels hantent la surface. Tout se passe à la surface dans un cristal qui ne se développe que sur les bords. Sans doute n'en est-il pas de même d'un organisme ; celui-ci ne cesse de se recueillir dans un espace intérieur, comme de s'épandre dans l'espace extérieur, d'assimiler et d'extérioriser. Mais les membranes n'y sont pas moins importantes : elles portent les potentiels et régénèrent les polarités, elles mettent précisément en contact l'espace intérieur et l'espace extérieur indépendamment de la distance. L'intérieur et l'extérieur, le profond et le haut n'ont de valeur biologique que par cette surface topologique de contact. C'est donc même biologiquement qu'il faut comprendre que « le plus profond, c'est la peau ». La peau dispose d'une énergie potentielle vitale proprement superficielle. Et, de même que les événements n'occupent pas la surface, mais la hantent, l'énergie superficielle n'est pas localisée à la surface, mais liée à sa formation et reformation. »
(Deleuze 1969, p. 125-126)

« On voit bien ici qu'il n'existe aucune correspondance bi-univoque entre des chaînons linéaires signifiants ou d'arché-écriture, selon les auteurs, et cette catalyse machinique multidimensionelle, multiréférentielle. La symétrie d'échelle, la transversalité, le caractère pathique non discursif de leur expansion : toutes ces dimensions nous font sortir de la logique du tiers exclu et nous confortent à renoncer au binarisme ontologique que nous avons précédemment dénoncé. Un agencement machinique, à travers ses diverses composantes, arrache sa consistance en franchissant des seuils ontologiques, des seuils d'irréversibilité non linéaires, des seuils ontogénétiques et phylogénétiques, des seuils d'hétérogenèse et d'autopoïèse créatives. C'est la notion d'échelle qu'il conviendrait ici d'élargir, afin de penser les symétries fractales en terme ontologique. Ce que traversent les machines fractales, ce sont des échelles substantielles. Elles les traversent en les engendrant. Mais — il faut le reconnaître — ces ordonnées existentielles qu'elles « inventent » étaient déjà là depuis toujours. Comment soutenir un tel paradoxe ? C'est que tout devient possible (y compris le lissage récessif du temps, évoqué par René Thom) dès lors qu'on admet une échappée de l'agencement hors des coordonnées énergético-spatio-temporelles. Et, là encore, il nous appartient de redécouvrir une façon d'être de l'Être — avant, après, ici et partout ailleurs —, sans être cependant identique à lui-même ; un Être processuel, polyphonique, singularisable aux textures infiniment complexifiables, au gré des vitesses infinies qui animent ses compositions virtuelles. (Guattari 1992, p. 76-79)

« L'énoncé du « secret » des malheurs collectifs, c'est-à-dire de la condition a priori de toute histoire politique passée, présente et à venir, tient en quelques mots simples et enfantins. Si l'on veut bien observer que les définitions du surtravail et de l'inconscient tiennent chacune en une phrase (et, dans les sciences physiques, l'équation de la relativité générale en trois lettres), on se gardera de confondre simplicité avec simplisme. Ce secret a la forme d'une loi logique, généralisation du théorème de Gödel : il n'y a pas de système organisé sans clôture, et aucun système ne peut se clore à l'aide des seuls éléments intérieurs au système. » (Baudrillard p. 256, italiques dans l'original)

Vous voyez bien chers amis que ce Meirieu, même dans son registre, le comique, est un petit rigolo... et qu'il lui reste beaucoup à apprendre.

Ecrit par : Christophe Carrère | 27 juin 2007

mais arrêtez, c'est trop dur !

Etant sensible à la détresse humaine, j'arrête là.
P.S chez moi c'est l'effet soporifique qui l'emporte.

Ecrit par : Guillaume | 27 juin 2007

Le passage de Kristeva est excellent !

Ecrit par : Jeremy | 27 juin 2007

Troubler la surface des eaux pour faire croire qu'elles sont profondes... C'est un vieux truc que Nietzsche a démasqué depuis longtemps.

Friedrich NIETZSCHE / Le Gai Savoir. (1882-1887) / OEuvres II / Robert Laffont - Bouquins 1990

« Être profond et sembler profond. - Celui qui se sait profond s'efforce d'être clair ; celui qui voudrait sembler profond à la foule s'efforce d'être obscur. Car la foule tient pour profond tout ce dont elle ne peut pas voir le fond : elle est si craintive, elle a si peur de se noyer ! »

Ecrit par : Christophe Carrère | 27 juin 2007

Mais — il faut le reconnaître — ces ordonnées existentielles qu'elles « inventent » étaient déjà là depuis toujours.

Depuis le temps qie Je me tuais à lui expliquer. Il a enfin fini par l'admettre !

Ecrit par : Robin | 27 juin 2007

Le passage de Kristeva est excellent !

Ecrit par : Jeremy | 27 juin 2007

Les autres ne sont pas mal non plus, mais soyons galants !

Ecrit par : Robin | 27 juin 2007

Pas mal vos citations, mais elles proviennent d'ouvrages qui ne sont pas destinés à être lus (et ce fut, j'espère, le cas). Il y a donc triche.

Je propose :
"À cet effet, pour définir une frontière pertinente à l’agencement technique, support des investigations, une étude préalable, à caractère systémique, doit être conduite. Il s’agit de proposer une approche concrète et expérimentale de l'association « usage / procédés utilisés / énergie nécessaire » présentée par le système matériel et d’en élargir l’étude à l’impact environnemental et à l’évaluation de la « non qualité » dans l’ensemble du cycle de vie"

Extrait du programme du bac STI Energie et environnement qui remplacera en sept 2008 le bac STI électrotechnique.
Je n'ai malheureusement pas accès à l'auteur de ce morceau de bravoure ...

Ecrit par : Zorglub | 27 juin 2007

"Celui qui voudrait sembler profond à la foule s'efforce d'être obscur."
Magnifique!
Christophe Carrère, l'extrait de Nietzsche que vous citez s'applique superbement bien à Meirieu!
Quand même, ce Nietzsche, quelle intelligence dévastatrice!

Ecrit par : Jean | 27 juin 2007

Très drôles vos citations, Christophe.

Ecrit par : Thalie | 27 juin 2007

A la différence près que Meirieu pas besoin de "s'efforcer" pour être obscur. Il l'est naturellement.

Ecrit par : Jean | 27 juin 2007

Je crois qu'en matière d'amphigouri il va y avoir du sport... Mais on peut se mettre d'accord pour décerner les palmes académiques à Jean-Claude Van Dam, dont les perles, entre Confucius et Pierre Dac, traînent un peu partout sur le ouaibe. C'est très refraîchissant. A consommer sans modération. J'ai une tendresse particulière pour :
"Si tu travailles avec un marteau-piqueur pendant un tremblement de terre, désynchronise-toi, sinon tu travailles pour rien."
ou bien encore
"Si tu dors et que tu rêves que tu dors, il faut que tu te réveilles deux fois pour te lever."
qui rappelle un peu Schopenhauer, pardon, Schopen-Aware :
« La vie de tous les hommes, ma propre vie, sont seulement les rêves, bons ou mauvais, d’un esprit éternel, dont chaque mort est un réveil »...

Ecrit par : Christophe Carrère | 27 juin 2007

Quand même, ce Nietzsche, quelle intelligence dévastatrice!

Ecrit par : Jean | 27 juin 2007

Surtout dans le"Gai Savoir" et "Aurore";..Moins dans "Ainsi parlait Zarathoustra" et "La Généalogie de la Morale".

Nietzsche est un maitre de l'aphorisme. L'influence de La Rochefoucault est indéniable.

Ecrit par : Robin | 27 juin 2007

"Le suicide comme mode de culture : allemand ; l'utilisation du savon : anglais." (Nietzsche)

Ecrit par : Robin | 27 juin 2007

J'ai vu que vous parliez de Michelet : j'ai lu son livre "Le peuple" et c'est un pur chef-d'oeuvre tout comme l'oeuvre de Renan "Qu'est-ce qu'une Nation ?" ou celle d'André Siegfried "L'âme des peuples"...

Trois magnifiques bouquins....Il y a des livres que l'on n'oublie pas...

Tout comm celui que je lis en ce moment "Charles de Gaulle : Mémoires"

Absolument sublime, un grand homme et surtout un visionnaire comme il en existe peu actuellement...

Ecrit par : Sandra WAGNER | 27 juin 2007

http://www.ina.fr/archivespourtous/index.php?vue=notice&from;=fulltext&cs;_page=2&cs;_order=0&mc;=résistance#_notice=16&total;_notices=420

Le fameux discours de Malraux lorsque Jean Moulin entre au Panthéon

Ecrit par : Sandra WAGNER | 27 juin 2007

Renan, chère Sandra, ce génie absolu est un pur produit de l'enseignement de l'école de l'évêché de Tréguier, de celui de Monseigneur Dupanloup, du séminaire d'Issy et de celui de Saint-Sulpice. Il faut lire sa correspondance parue chez Champion (2 volumes sur les 7 prévus initialement) avec sa mère et sa soeur Henriette. Il aime y parler longuement de ses professeurs et de son emploi du temps réglé comme au monastère. Pas de grands hommes sans grandes écoles. Voltaire avait les Jésuites ; Pascal, Racine les Jansénistes. Ceci expliquant peut-être cela...

Ecrit par : Christophe Carrère | 27 juin 2007

Renan, Voilà quelqu'un qui avait le sens de l'Histoire :

"Contrairement à Victor Hugo pour qui le XXème siècle verrait l'avènement de la paix mondiale, Renan, devant le monolithisme culturel de la Prusse, prévoit que cette attitude ne pourra « mener qu'à des guerres d'extermination, analogues à celles que les diverses espèces de rongeurs ou de carnassiers se livrent pour la vie. Ce serait la fin de ce mélange fécond, composé d'élements nombreux et tous nécessaires, qui s'appelle l'humanité »

Il faut lire aussi ce que Renan dit de l'islam. Là encore, il voyait juste.

Ecrit par : Robin | 27 juin 2007

QU'EST-CE QU'UNE NATION ? Conférence faite à la Sorbonne le 11 mars 1882

De nos jours, on commet une erreur plus grave : on confond la race avec la nation, et l'on attribue à des groupes ethnographiques ou plutôt linguistiques une souveraineté analogue à celle des peuples réellement existants. Tâchons d'arriver à quelque précision en ces questions difficiles, où la moindre confusion sur le sens des mots, à l'origine du raisonnement, peut produire à la fin les plus funestes erreurs. Ce que nous allons faire est délicat ; c'est presque de la vivisection ; nous allons traîter les vivants comme d'ordinaire on traite les morts. Nous y mettrons la froideur, l'impartialité la plus absolue.

Ecrit par : Robin | 27 juin 2007

Renan pensait que l'appartenance d'un individu à une nation - il pensait surtout à la France - relève de l'assentiment (de la volonté), non de la langue ou de la race,

Une idée qui prévaut encore aujourd'hui...avec toutes les difficulté que nous connaissons en ce qui concerne la notion "d'assentiment".

Ecrit par : Robin | 27 juin 2007

Un autre qui avait le sens de l'Histoire : Churchill !!!

Son discours à Fulton :

http://mjp.univ-perp.fr/textes/churchill05031946.htm

Ecrit par : Sandra WAGNER | 27 juin 2007

"On dirait que beaucoup des participants de ce blog sont masos, ou se forcent à lire ces livres pour le plaisir d'en dire du mal! Pour moi, la vie est trop courte! Je n'ai, personnellement, jamais lu une ligne ni de Frackowiack, ni de Charmeux, ni même de Meirieu... Mais n'en dégoûtez pas ceux qui y trouvent quelque vertu! Faut-il que ceux qui cognent sur les pré-cités soient peu sûrs d'eux et de leurs convictions, pour le faire avec autant de violence!

Ecrit par : christophe sibille | 27 juin 2007 "

Peut être que justement, eux ont lu .
Peut être que si il lit il comprendras ?
Encore faut-il qu'il sache ? Sait-il ?

"Merci, Guillaume! Grâce à vous, j'en aurai lu sept lignes et demie!
Ecrit par : christophe sibille | 27 juin 2007 "

Apparemment il n'a pas trop réagis

sol

Ecrit par : toto | 27 juin 2007

Apparemment il n'a pas trop réagi...

Faut lui laisser le temps de digérer, c'est toujours comme cela la première fois. Après, on ne s'habitue pas mais on reste sur ses pieds.

Ecrit par : Guillaume | 27 juin 2007

En surfant sur internet, je passe de Michelet à Anatole France que j'ai lu et aimé à l'adolecence ("Le crime de Sylvestre Bonnard" et "Les dieux ont soif")...Malgré le pamphlet assassin des surréalistes ("Avez-vous déjà giflé un mort ?")

Deux talents opposés et deux positions antagonistes sur un même personnage : Jeanne d'Arc, instrument d'un complot clérical pour France, cristallisation et symbole de la patrie pour Michelet.

Il y a l'Histoire vécue, le devenir historique (Geschichte) et l'Histoire pensée et repensée, la "science" historique (Historie), pour autant qu'il s'agisse d'une science...Un seul mot en français, deux en allemand.

Mais peut-on séparer les deux quand on voit "l'Histoire pensée" influencer le devenir historique ?

Par exemple le mythe "Jehanne la bonne Lorraine qui bouta les Anglois hors de France" de 1870 à 1918

Ecrit par : Robin | 27 juin 2007

Catmano, voici ce que donne "la production d'écrit" fin janvier en CP (Une de mes petites-filles.)

Suite du texte "Le Noël du vieux sapin". (Pas de faute car copié au tableau.)

Je vai te dire quélque-chose : Laba il y a plin de cachéte va te cachet et éfase tes pas. la meilleur cachéte et dans les buisson. Et ne bouge surtou pa si-non il pouron te trouvé. Vasi vite. Et fai dautre pas ver la fause piste. mersie sapin . pan pan.

Ce n'est pas si mal, mais c'est le début de la dysorthographie.

Voici un devoir fait par la même en sixième, devant utiliser tous les "homophones" de "temps"

Aujourd'hui, il fait beau temps
pour écrire une montagne de poésie.
J'ai tant attendu ce moment
Que je tends les bras au ciel.
Je t'en ferai autant que tu veux
Car cela me plait tant
Allons tends aussi tes bras au ciel
Tout le monde n'attend plus que toi.

Je trouve cela pas si mal. Elle n'aime pas beaucoup le français, bien qu'étant bonne élève. (Livre unique de français Hatier, c'est nul !)

Anne-Marie.

Ecrit par : Anne-Marie Valette | 27 juin 2007

Sandra.

Il est très significatif que Winston Churchill commence son discours en évoquant avec gratitude l'éducation qu'il a reçue, une éducation qui, apparemment, doit beaucoup à la culture classique :

"Le nom de « Westminster » m'est quelque peu familier. Il me semble l'avoir déjà entendu. En effet, c'est à Westminster que j'ai reçu une très grande partie de mon éducation en politique, en dialectique, en rhétorique et dans une ou deux autres matières encore. En fait, en matière d'éducation, ce sont deux institutions identiques, ou similaires, ou du moins analogues..."

Ecrit par : Robin | 27 juin 2007

Jeanne d'Arc, instrument d'un complot clérical pour France, cristallisation et symbole de la patrie pour Michelet.

Cela me fait penser au discours de Sarko à Rouen qui est parti sur une envolée lyrique sur la pucelle, très habile.

Trop fort ce Henri Guaino !

Ecrit par : Guillaume | 27 juin 2007

"Il est indispensable pour un apprenant, futur formateur d'apprenants, de renoncer provisoirement aux innombrables bénéfices de la théorisation des processus socio-cognitifs en faveur de ceux de la praxis, dont Karl Marx et Friedrich Engels, disaient qu'elle était destinée à détrôner la philosophie : "Jusqu'à présent les philosophes se sont contentés de penser le monde, il s'agit à présent de le changer." (cités par Monsieur Philippe Meirieu, page 2009, Introduction au court Traité des sciences pédagogiques)"


Robin, après une journée assez tristounette, vos post m'ont bien fait rire. A force de vous moquer des pédagos, faites attention, vous finissez par parler comme eux !
Toutes les supputations sur l'attelage avec un taureau sont très drôles.

A propos du court traité de Meirieu, dont vous citez la page 2009 (avez-vous vraiment tout lu, ce qui expliquerait votre aisance à l'imiter) : il doit se dire "Mon talent est un fardeau très lourd à porter. Il faut savoir le maîtriser et ne pas se laisser griser". (Citation prononcée par Solienytsine dans son dernier livre)

Hélas, trois fois hélas, Meirieu ne sait pas maîtriser son talent, et se laisse griser ! N'est-ce pas Jean qui dit qu'il a pondu 15.000 pages illisibles, mais que ses thuriféraires achètent ...pour les mettre dans leur bibliothèque sans l'avoir lu.

Anne-Marie.

Ecrit par : Anne-Marie Valette | 27 juin 2007

L'allusion de Churchill à son éducation me fait penser à cet aphorisme du général de Gaulle :

" La véritable école du commandement est la culture générale...Au fond des victoires d'Alexandre, on retrouve toujours Aristote"...

En voici un autre qui montre que le général avait lu Renan : "Que faire dans un pays où la gauche n'a pas le sens de l'Etat ni la droite celui de la Nation ?"

Ecrit par : Robin | 27 juin 2007

je passe de Michelet à Anatole France que j'ai lu et aimé à l'adolecence

faute de frappe : adolescence avec un s devant le c

Ecrit par : Robin | 27 juin 2007

Robin, après une journée assez tristounette, vos post m'ont bien fait rire. A force de vous moquer des pédagos, faites attention, vous finissez par parler comme eux !
Toutes les supputations sur l'attelage avec un taureau sont très drôles.

Merci Anne-Marie...Mais rassurez-vous, je ne suis pas en train de virer ma cutie. Je suis vacciné depuis longtemps contre le pédagogisme, mais c'est vrai que je connais bien leur jargon et leur idéologie. J'ai déjà expliqué pourquoi et comment.

Ecrit par : Robin | 27 juin 2007

...Et puis, pour ne rien vous cacher, je me suis un peu servi du "Meirieutron"

Ecrit par : Robin | 27 juin 2007

oh! le tricheur.

Ecrit par : Guillaume | 27 juin 2007

Oui, mais même avec le Mérieutron, ce n'est pas si facile à faire. Il faut que ça ait l'air compréhensible sans l'être vraiment... Juste assez pour que les gens se disent :"Attends, je suis en train de devenir débile ou quoi ? Je comprends tout et pourtant je ne comprends rien !" Tout un art.

Ecrit par : catmano | 27 juin 2007

Oui, bien sûr, car tous ces gens-là ont du talent, et même du génie. C'est pour cela qu'ils sont néfastes, nuisibles, suprêmement dangereux, et qu'il nous faut les combattre avec toutes les forces de notre esprit.

Ecrit par : Christophe Carrère | 28 juin 2007

La légende prétendait qu'au concours de l'ENA, parmi les thèmes jetés en vrac à une candidate qui devait plus tard faire une grande carrière, figurait cette question qui relevait sans doute du droit fiscal : " Quelle est la différence entre un mari et un amant ?

"Qu'est-ce que l'Amour ?
- La frontière naturelle entre la Chine et la Russie."

Ecrit par : Robin | 28 juin 2007

Oui, bien sûr, car tous ces gens-là ont du talent, et même du génie. C'est pour cela qu'ils sont néfastes, nuisibles
suprêmement dangereux, et qu'il nous faut les combattre avec toutes les forces de notre esprit

Ecrit par : Christophe Carrère

Christophe,

Vous avez raison de dire qu'ils sont dangereux, mais il faut bien comprendre en quoi consiste ce danger car leurs idées ne sont pas toutes mauvaises ou ineptes (ce serait trop simple)

Hannah Arendt a défini le pédagogisme comme "un mélange inextricable d'idées justes et d'absurdités" (je cite de mémoire). C'est ce "mélange" qui est dangereux.

Le pédagogisme ce n'est pas seulement des livres et des réflexions, c'est aussi des réseaux, des inspecteurs gagnés à ces idées-là, des centres de formation, des relais politiques (notamment le Parti socialiste).

Le point culminant du pouvoir des pédagogistes fut atteint dans les années 90 avec la Loi d'orientation (14 juillet 89...La date n'a pas été choisie par hasard) fortement influencée par Philippe Meirieu, feuille de route du collège unique à la française.

Le ministre de l'éducation nationale de l'époque n'était autre qu'un certain Lionel Jospin.

Il faut se souvenir aussi que Philippe Meirieu a été le conseiller de Claude Allègre (qui a pris, depuis, quelques distances) et de Ségolène Royal.

Vous parlez de "génie", je n'irais pas jusque là. Je me contenterais de parler d'intelligence (relative) et de talent, de culot aussi, d'ambition, de flair politique...

Les uns sont des teigneux et des aigris (je ne cite pas de nom), les autres savent susciter la sympathie, comme Philippe Meirieu.

Philippe Meirieu n'est certainement pas un "génie"; sa pensée fonctionne essentiellement sur le mode du "ressentiment", c'est-à-dire qu'elle plus réactionnelle que créative (cf. Nietzsche et surtout Max Sheler) sur cette notion.

Meirieu se sert de ce qu'il appris en philosophie auprès de gens qui, eux sont des "génies" (Onfray a fait la même chose avec Lucien Jerphagnon) pour éblouir et se faire valoir.

J'ai eu la chance (je ne m'en rendais peut-être pas suffisamment compte à l'époque) d'avoir de vrais maîtres comme Vladimir Jankélévitch, Maurice de Gandillac, Paul Ricoeur, Mickaël Dufresne, Emmanuel (sur Kant) et je sais ce que c'est qu'un vrai maître (les musiciens vous diront la même chose) : simplicité, modestie, humour, ouverture aux autres...

C'est la raison pour laquelle je n'ai jamais adhéré au pédagogisme et, lorsque je faisais mon CPR à Lyon et que l'étoile montante de Meirieu y luisait déjà de ses feux incertains, j'étais déjà réticent, mais j'observais avec étonnement l'attitude des collègues plus jeunes dont le rapport à Meirieu était quasiment celui de disciples à "gourou".

Les véritables "éveilleurs" ne "fascinent" pas, ils éclairent !

Plus tard, j'ai effectué un stage d'établissement pendant trois ans avec un proche de Meirieu, expérience qui explique aussi bien ma connaissance des idées pédagogistes (j'étais souvent chargé de rédiger les synthèses) que ma distance critique vis-à-vis de ces mêmes idées.

la fascination pour le pédagogisme est du même ordre que celui pour le marxisme, le maoïsme, tout ce qui est "nouveau" "révolutionnaire"

...Nous sommes dans le "millénarisme", c'est-à-dire dans l'établissement ici et maintenant du royaume de Dieu sur la terre. Il ya un fond de religiosité dans le pédagogisme.

C'est la raison pour laquelle la raison a peu de prise. Et c'est évidemment cela qui est "dangereux".

Ecrit par : Robin | 28 juin 2007

"Pour Charmeux, vous m'étonnez: vous êtes de mauvaise foi. Anne-Marie Valette n'a pas manqué de vous faire partager sa prose au moins une fois."

Ecrit par : Guillaume | 27 juin 2007

Raté! Depuis très longtemps, je zappe systématiquement les messages d'Anne-Marie Valette.

Ecrit par : christophe sibille | 28 juin 2007

...J'oubliais Marcel Conche qui faisait exploser les "évidences" en nous expliquant Hegel (la notion de "totalité concrète") avec les platanes du boulevard Saint-Michel...

Le platane pour Hegel est tout ce qu'il y a de plus "abstrait" (on répondait évidemment le contraire, enfermés que nous étions encore dans la caverne).

Ecrit par : Robin | 28 juin 2007

Meirieu se sert de ce qu'il appris en philosophie auprès de gens qui, eux sont des "génies" (Onfray a fait la même chose avec Lucien Jerphagnon) pour éblouir et se faire valoir.

Voyez par exemple sur son site, si elle encore consultable, la conférence de Philippe Meirieu où il évoque le mythe de la caverne ( Platon, République, Livre VII), où l'on voit bien ce mélange d'approximations, de vérités, d'ingéniosité dans les rapprochements (pensée essentiellement associative et rhapsodique) et d'erreurs d'interprétation (confusion entre l'image ("eidos") et l'opinion ("doxa"), voire de divagations ahurissantes (quand il parle du statut "théologique" des cartes de géographie qu'il faudrait regarder en se mettant la tête en bas et du fait que le nord représenterait le paradis et le sud l'enfer)

Ecrit par : Robin | 28 juin 2007

"La pensée de Meirieu fonctionne sur le mode du ressentiment, elle est plus réactionnelle que créative." (Robin)

C'est magnifiquement dit, Robin.

D'ailleurs, parler de "pensée de Meirieu" est un abus de langage!

C'est quelqu'un qui a bâti toute sa carrière (de faux-semblants et de carton-pâte) sur la haine des professeurs (génitif objectif!).

Ecrit par : Jean | 28 juin 2007

Sait-on qui CHOISIT les sujets de brevet ?
Et qui CHOISIT les sujets de bac ?
Car on sait qui les écrit (des profs), on sait qui les teste (des profs), mais qui les choisit ? Qui décide que ce sera le sujet de France métropolitaine, celui de Nouvelle Calédonie, celui de tel centre étranger, etc. ?

Ecrit par : Jeremy | 27 juin 2007

D'après "Sauver les lettres", il y a du recyclage.

"Stupéfaction et sentiment de malaise chez les professeurs de lycée qui prenaient connaissance du « corpus » de textes du sujet de baccalauréat de la série littéraire portant sur « l’objet d’étude » biographique : tous les textes étaient bien connus, soit pour figurer dans les manuels, soit pour avoir été déjà donnés récemment à l’examen.

Qu’on en juge :
- Le texte de Cohen figure dans le Nathan Textes 2001 de Première, p. 305.
- Celui de Colette a été donné en 2002, ES/S, Amérique du Nord
- Celui de Simone de Beauvoir a été donné en 2004, séries technologiques"

La suite : http://www.sauv.net/ctrc.php?id=846

Ecrit par : lucile | 28 juin 2007

Deux figures du bestaire de la Fontaine correspondent bien à Meirieu:

-la Mouche du Coche, qui s'imagine que sans elle rien ne marche, avec cette différence pourtant que la Mouche du Coche n'empêche pas le Coche d'avancer;

- le Geai paré des plumes du Paon: Meirieu sue sang et eau à se donner une stature d'intellectuel en parsemant ses phrases de citations de grands philosophes, du reste la plupart du temps incongrues ou comprises de travers. Son site internet (www.meirieu.com) montre qu'il déploie des efforts gigantesques pour s'inscrire de son propre chef dans la lignée des grands pédagogues

Ecrit par : Jean | 28 juin 2007

C'est sûrement la DESCO, devenue DGESCO, qui choisit les sujets. Un nid de "pédagos"!

Ecrit par : Jean | 28 juin 2007

Oui, mais qui ?
Ils ont bien un nom, ces gens-là... Et une carrière, des travaux, des recherches, de l'expérience...
Et ils doivent bien obéïr à des principes précis... dont on ne sait meme pas lesquels !

Ecrit par : Jeremy | 28 juin 2007

Oui, mais qui ?
Ils ont bien un nom, ces gens-là... Et une carrière, des travaux, des recherches, de l'expérience...
Et ils doivent bien obéïr à des principes précis... dont on ne sait meme pas lesquels !

Ecrit par : Jeremy | 28 juin 2007

C'est exact, Jeremy, au Ministère de l'Education les décisions sont prises et les textes sont rédigés par des anonymes. On ne sait jamais l'identité de celui qui a rédigé les circulaires et les textes officiels, notamment de celui qui a voulu que le terme de "séquences" y figure.
Vous avez parfaitement raison de dire que les présupposés théoriques et idéologiques de ces hauts fonctionnaires ne sont jamais explicités. Bref, on ne sait pas "d'où" ils parlent.

Ecrit par : Jean | 28 juin 2007

Emmanuel (sur Kant) n'importe quoi !

Emmanuel Lévinas sur un autre Emmanuel...Kant, à l'invitation de Mickaël Dufresne, à Nanterre Paris X ! Je tape trop vite.

Ecrit par : Robin | 28 juin 2007

Merci beaucoup Robin pour vos brillantes explications. Je vois que je suis à la bonne adresse et toutes vos intelligences et vos compétences respectives sont les meilleur espoir que l'on puisse trouver d'un avenir meilleur. Comment lutter concrètement contre cette idéologie dévastatrice. Je suis heureux que vous rapprochiez Onfray de Meirieu. Onfray est lui aussi un esprit malin. Que pensez-vous d'Attali ?

Ecrit par : Christophe Carrère | 28 juin 2007

Que pensez-vous d'Attali ?

Ecrit par : Christophe Carrère

Attali est trop "oriental" pour être un idéologue...Subtil, très subtil...Si subtil que l'on s'y perd, mais on ne le sent pas dangereux...Toujours "ailleurs".

Un gros chat sans griffes...mais tout de même persan.

Ambiteux, mais pas de la même manière que Meirieu et tout de même intellectuellement plus consistant, sans parler d'Onfray qui écrit souvent à la hache, car Attali est tout sauf un rustre (voir son roman sur Cordoue)

Disraëli sans le pouvoir, en plus "gourmet", en moins pointu, en plus prudent. Toujours dans l'ombre, toujours conseiller sans être éminent... organisateur des agendas de Mitterrand qui ne l'écoutait pas, Un honnête sténographe ("Verbatim")

Tout sauf "socialiste".

Vous souvenez -vous de la bande dessinée "Le songe d'Attali" dans les années 80 ?...On y montrait un Attali complètement dépassé par la "réalisation" de ses rêves.

Ecrit par : Robin | 28 juin 2007

Jacques Attali a également commis des livres qui n'ont à envier aux textes absconds que vous citiez (Kristeva, Deleuze, Lacan, Guattari...) ...

Des livres plus compliquées que profonds (qui n'ont que l'apparence de la profondeur) et que l'on abandonne au bour de deux pages (un livre sur la musique intitulé "Bruits" ou quelque chose comme ça qui faisait bien rire les musiciens)

Je ferais une exception pour Gilles Deleuze, original dans le meilleur sens du terme, très attachant...ennuyeux à l'écrit, éblouissant à l'oral.

Ecrit par : Robin | 28 juin 2007

...Deleuze, complètement égaré dans la vie moderne, clochard sublime incapable de distinguer un cartable d'un filet à provision, un clown très merveilleux, expert en "connnivences"...Parfaitement respecté sans rien de "respectable". Aucun sens pratique et pourtant malin comme un singe : peut-être faisait-il semblant de ne pas savoir puisqu'on se pliait en quatre.

Ecrit par : Robin | 28 juin 2007

Je suis obligé d'intervenir.
Deleuze a écrit des livres absolument passionnants : voir par exemple sa Présentation de Sacher-Masoch (chez Minuit), où pour la première fois il analyse l'absurdité de l'appellation courante "sado-masochisme". Et même si tout Lacan n'est pas forcément bien clair, essayez son étude sur "Kant et Sade".
Et parmi cette mouvance issue des années 60, une place à part pour Michel Foucault, dont les Mots et les choses et surtout (pour moi) Surveiller et punir forment des blocs inégalés de finesse intellectuelle.
On ne peut pas massacrer sans distinction — comme disait quelqu'un plus haut, autant parler dee livres que l"on a aimés : ainsi, pour répondre à Robin, j'ai déserté la chaise-longue où je me délectais de l'Art de jouir, de La Mettrie — avec une très jolie préface d'Onfray. Tiens, ça lui aurait plu, à La Mettrie, de savoir qu'on le lirait à poil au bord d'une piscine… Au grand soleil…
À propos, Robin : La Rochefoucauld avec un "d".
JPB

Ecrit par : brighelli | 28 juin 2007

On massacrera par contre avec distinction l'oeuvre de Marjane Satrapi, Persépolis, véritable attrape-gogos pour gauche intellectuelle et artistique à paillettes qui n'a jamais vu de lapidation de sa vie et qui ne veut pas en entendre parler par respect pour la "culture de l'Autre".

Bien lire les liens offerts par le site en direction d'Iran Resist

http://grouik-grouik.blogspot.com/2007/06/missives-contre-la-barbarie-missives.html

Ecrit par : IGG | 28 juin 2007

Bonjour M. Brighelli,
De quels auteurs nous héritons après ce terrible Malebranche!
Quitte à parler du programme, merci pour ces pistes de lectures, (non non je ne fais pas la prépa buissionnière, en spé il n'y a pas de brighelli 'oeuf corse'..)
Et sinon, à part le serment des Horaces, sur quelle pièce du Louvre nous conseillerez-vous d'allez aiguiser nos yeux M. mon ancien professeur (brigel l'ancien pour être exact..)?
Le louvre est bien grand, et à moins d'une dizaine de référence ce serait du bruguel le jeune qu'on vous donnerait, un brighel d'enfer en somme..
Toujours en taupe, au moins les 5/2 ne sont pas des demies-portions! Mais vous savez bien que lorsqu'on aime on ne compte pas...
Bien à vous.

JPG

Ecrit par : l'albatros | 28 juin 2007

Le maître des lieux est sans doute aussi un chat... mais contrairement à Jacques Attali, il a des griffes et le regard persan (pardon perçant).

"Quand le chat n'est pas là, les souris dansent"...Jusqu'à ce qu'il revienne !

Et en plus il nous fait bisquer avec sa chaise longue, son string (?) et sa piscine, quand il fait ici à peine quinze degrés sous les parapluies !

Enfin, on a au moins réussi à le réveiller avec Deleuze, Lacan et La Rochefoucauld (auld, j'ai du mal avec les noms propres )....En faisant un peu de provoc.

Sinon IGG, majestueusement vautré au bord du Nil (un alligator ?) à entrouvert un oeil et étouffé un baillement après mon allusion à Renan et à l'Islam...Mais toujours pas de Montaigne à cheval après l'incroyable imprudence du passant à citer G...(chut!)

On commence à s'ennuyer !

Montaigne, reviens, y'a Gaxotte à la maison !

Ecrit par : Robin | 28 juin 2007

Non, je suis venu vous présenter Persépolis parce que Jack Lang veut maintenant que le film soit présenté dans toutes les écoles. Couché le Jack, pas d'ouverture pour toi !

Ecrit par : IGG | 28 juin 2007

Un lien spécialement pour Robin, pour lui rappeler des bons souvenirs : http://www.abbayeecoledesoreze.com/index.php.

Bonne balade !

Ecrit par : yann | 28 juin 2007

La Mettrie avec une préface d'Onfray. Quelle horreur ! En fait, cher JPB, vous êtes un moraliste matérialiste. Voilà pourquoi Sade vous va si bien. La violence qu'il jetait dans la sexualité de ses écrits, vous la jetez dans la fougue d'une profession que vous exercez passionnément, avec gourmandise et âpreté. C'est ce que je trouve charmant chez vous. Vous êtes un réactionnaire untramontain. C'est très curieux. Mais est-ce bien tous les jours confortable ?
Je connais bien Jacques Attali, Robin. Je l'ai rencontré de nombreuses fois. Je pourrais vous en parler longuement, de lui, de sa psychologie, de son oeuvre. Je ne le trouve pas si "ailleurs" que ça, et on pourrait lui adresser des critiques bien plus nombreuses et acerbes que celles que vous lui adressez. C'est avant tout un Juif. Et ne comprends rien à sa personne si on ne commence pas par là. Il a rencontré Onfray sur un plateau de télévision. Il m'a dit que c'était un homme qui disait des atrocités avec un air charmant, et qu'il ne connaisait rien au Judaïsme.
Ce qu'il faut surtout chercher à imiter chez Attali c'est la puissance de travail. Voilà quelqu'un qui n'arrête jamais, qui ne se laisse pas porter par le courant. C'est une chose rare.
Amitiés.
Ch. Carrère
PS : Attali devrait préfacer mon livre sur Leconte de Lisle qui paraîtra l'an prochain. Leconte de Lisle, ça va vous plaire M'sieur Brighelli, c'est une sorte de prêtre sans dieu, un nouveau curé Meslier...

Ecrit par : Christophe Carrère | 28 juin 2007

Figurez-vous que j'étais présentement en pleine lecture du volume d'OMNIBUS "Tout Simenon"......et que, revenant sur ce Blog après avoir très longtemps lu, voilà-t-y pas que devenant le taureau dont il fut question plus haut, Robin, que j'apprécie moultement, me blance le mot "Gaxotte". 'fectivement, je hais ce naze de Gaxotte, sorte de sous-sous-sous ineptie, cy-devanst coqueluche de la droite latourmaubourg. Mais n'ayant vraiment pas l'esprit à me faire un carton sur cet ersatz frauduleux de Rebatet, ce Guy des Cars pour vicomtesses ménopausées, je préfère m'en retourner, plein d'usage et de rayson, lire Simenon le reste de la semayne....
Simenon, dans Omnibus, on y découvre des romans insensés. “Le Bourgmestre de Furnes” a de loin ma préférence. Atmosphère glauquissime de Novembre catholique et rance, en 1950, pavés ronds luisants d’une place d’une petite ville flamande….une Celta 4 passe et fait vibrer les vitres. Un estaminet. La maison du bourgmestre et l’ombre du beffroi. Brouillasse. Quelques passants, col relevés et chapeaux enfonçés qui se hâtent. Le clicclic des talons aiguilles des bourgeoises qui rentrent…..le goût métallique et la sensation poisseuse du sang. Quelque chose de visqueux….un chef-d’oeuvre….de cruauté et de vacharderie. De désespoir aussi. “Simenon, c’est un peu Carné”(J.Haulle)
Surtout c’est une bite à pattes. A-t-on jamais vu pareil engin, bec de cafetière 24 heures sur 24??? Un obsédé du tafanard. “C’est la queue qui mène le monde” disait je ne sais plus qui, Léautaud, peut-être….Sitôt qu’il reniflait de la progéstérone ou des oestrogènes, ç’aurait pu tout aussi bien être un bec de gaz, une pizza ou un violoncelle qu’une dame, hop, voici Georges en faction…sentinelle, sentinelle, qu’as-tu fait, qu’as-tu fait de ton fusil…j’l'ai changé, j’l ai changé contre un zizi….
Simenon chez Pivot, ça vaut le détour, je vous assure, j’ai la flemme de vous filer les références, mais c’est un truc avec www. Ina quelque chose…
Affreux, Simenon… et Pivot, la grosse pelote de laine Phildar à lunettes, gêné aux entournures. Plus qu’avec Bukovski, quand Georges lui dit “un jupon???? je vais direct au pouffe…” L’autre soudain trouve que le Beaujolpif, cette année a un fameux goût de framboise…
O tempura!!!O mauresque!!! comme on dit dans un Sushi d’Oran,
On imagine mal Simenon, lunettes d’écailles, pipe au bec, bite au vent à “Vivement Dimanche” ou à ” Travaux publics” du pudique Lebrun. De toutes façons, frrrrrt, aurait pas passé le filtradler…
Simenon, incarnation mortelle de Priape. Sorte de Terminabitor. L'antithèse d'Hergé. Les Belges sont quand même très très très forts. Ils ont produit entre autres l'écrivain le plus obsédé du radada de toute la littérature mondiale et qui , cependant n'en laisse rien voir dans ses romans....le sex-appeal de la Mère Maigret, c'est à peu près celui de la Castafiore, d'Irma ou de Roselyne Bachelot.....
Roselyne Bachelot, tiens, un personnage pour Simenon. On la voit entraîneuse de marins à Zeebrugge, dans la poisseuse nuit belge. Lèvres rose fuschia qui sont prêtes à ce que votre bouche ne saurait dire....dans une sorte de boîte en verre ,dans une vitrine, éclairée par de pâles caluyots. Et les gabiers de misaine, de misère, d'artimon et d'Aramon, rôdant, agglutinés devant la vitrine, les yeux torves, tordus de désirs inassouvissables, lubriques, éjaculateurs, sordides, ne sachant évidemment pas que cette grosse femme aux lèvres pas sauvages pour un sou, cache un secret....un petit enfant mort. Et quand elle pleure, seule, incommensurable et inconsolable, ses larmes font de la buée sur la vitrine....frèle protection contre la sauvagerie des hommes....qui peut-être mourront le lendemain , happés par un cabestan, dans l'aube qui blémit sur les peupliers de la route de Bruges ou dans le naufrage de leur rafiot parti pêcher la raie pour les brasseries d'Ostende.....
Alors Gaxotte, ce Kazcinski de la littérature, pensez si je m'en tamponne....
Merci Robin (j'avais tapé Robien, honte à moi!!!) de m'avoir inspiré....
Quand j'aurais les dents je répondrais à Imam Khalouf-Khalouf sur Satrapi......
Buenas Noches, paesanos!!!!

Ecrit par : montaigneàcheval | 28 juin 2007

Il n'est pas impossible d'ailleurs que nous nous rencontrions un jour... Je n'habite pas très loin de Paris et suis absolument certain, je n'en doute pas une seconde, d'apprendre infiniment plus à votre contact Robin, Monsieur Brighelli, que vous au bien modeste mien... Amitiés.
Ch. Carrère

Ecrit par : Christophe Carrère | 28 juin 2007

montaigneàcheval, vous êtes décidément brillantissime! Chapeau bas!

Ecrit par : christophe sibille | 28 juin 2007

Le sommet des livres abscons (sans d ce coup-ci) d'Attali revient sans conteste aux Trois mondes. Livre d'économie et de jeunesse. (zeugme) Mais MàC dirait sûrement "imbitable".

Ecrit par : Christophe Carrère | 28 juin 2007

Après vos jolis petits textes de Brevet des Collèges, je vous offre une rédaction de Seconde, en deux heures, ayant obtenu 13/14. Aucune correction de la part du professeur si ce n'est cette mention manuscrite au crayon à papier "tu m'as bien fait rire et c'est rare". Pourquoi voulez-vous que l'élève se fatigue? Qui, à quinze ans, se crèverait à donner plus que ce qu'on lui demande, au risque de se faire traiter de pédant?

Sujet: Utopie

Voici le texte recopié sans correction:

Quand on se sent bien, c'est signe de mort


Egon (c'est pas un nom, c'est une vengeance) humait l'air de la ville, comme c'était agréable! il y a 20 ans de cela,le simple fait de respirer était douloureux tant l'air était chargé de substances douteuses relachées en fortes quantités par les usines. Egon se rappelait encore le quartier insalubre dans lequel il avait vécu jusqu'ici entre les cafards et des dizaines d'autres comme lui qui tentaient de noyer leur existence sinistre dans l'alcool ou de la bruler dans une pipe de crack; il y avait aussi ceux qui trouvaient leur raison de vivre dans la violence ce qui entrainait les descentes des forces de l'ordre qui ne faisait que rajouter à la violence créant ainsi un cercle vicieux. Mais ce qui, en ce temps-là avait le plus meurtri Egon était la décision du gouvernement de censurer Tino Rossi, après avoir analysé le caractère hautement violent et subversif des textes du dangereux indépendantiste corse susnommé car Egon adorait Tino Rossi.Mais maintenant ce long cauchemard était fini. Heureux, Egon se remémora la prise de pouvoir par le nouveau gouvernement, la sensation qu'il eut alors de bonheur et de liberté fut incommensurable et le fut encore plus lorsque passant devant une fenêtre il entendit le discours du chef du nouveau gouvernement. Ce dernier expliquait son désir de reconstruire les quartiers délabrés afin que chacun ait une maison décente, de faire interdire et détruire toutes formes de drogues et d'augmenter l'argent consacré à la recherche médicale de plus il avait décicé de développer l'agriculture afin de pouvoir nourrir la population. Mais ce qui fit le plus plaisir à Egon ce fut la décision de faire de Marinella l'hymne national. En 20 ans ces directives avaient eu le temps d'agir dans toute leur ampleur et la société avait été lavée de la violence, l'agriculture réclamait tellement d'employés que tout le monde trouvait du travail, et les avancées médicales et scientifiques étaient considérables: elles avaient par exemple permis de créer des véhicules motorisés qui polluaient beaucoup moins et on annonçait pour bientôt le moteur électrique. Egon s'émerveillait chaque jour de cette civilisation merveilleuse, il n'avait jamais vu que des immeubles délabrés et mangé de la nourriture avariée et il pouvait à présent contempler de superbes maisons et manger des plats différents chaque jour. Voyant cette perfection, il s'immaginait avec bonheur les enfants de cette civilisation porter le savoir auprès des populations ignardes, marchant sous le soleil chantant tous en cœur "Marinellaaaaaa...". Empli de félicité, il décida d'aller se promener et admira des enfants s'amusant avec insouciance dans les parcs, alors qu'il y a 20 ans, il n'y avait tout bonnement pas de parc. Egon traversa la rue et y mourut fauché par une voiture car dans sa félicité absolue, cet étourdi n'avait pas vérifié si le feu était rouge. Si il était mort 5 ans plus tard il aurait pu bénéficier des nouvelles avancées de la médecine.


Rien que la ponctuation défaillante, non acquise en seconde, me met en rogne, en tant que parent d'élève.

Ecrit par : dobolino | 28 juin 2007

Ouh! 4 mois, Christophe. Ouh! vous avez le temps! D'ici-là, les choses se seront arrangées ou du moins le système ne sera plus" entre deux eaux" comme maintenant. Les parents y verront sûrement plus clair. Alors qu'il grandisse bien ce petit! Amicalement.

Ecrit par : Thalie | 27 juin 2007
Y'en a qui ont de l'espoir, c'est beau!

Ecrit par : dobolino | 28 juin 2007

Merci Robin d'avoir fait revenir MàC au triple galop! Le blog commençait à devenir soporifique...
bon je vais aller faire un tour sur google earth , il parait que dans le ud il y a des mecs qui lisent à poil près de leur piscine, des fois qu'ils seraient familier du fait , avec un peu de chance le satellite est passé au bon moment ...:)
bonne soirée à tous , je n'ai pas le temps de m'attarder mais je reviendrai car j'ai quelques questions à poser aux professionnnels de l'enseignement...

Ecrit par : Patricia Mesnigé | 28 juin 2007

Je vous rassure Dobolino, je partage votre pessimisme. Thalie a voulu être gentille, mais je reste très inquiet.
J'ai juste noté cet extrait de rédaction de brevet ce matin :
"UN CLIANT QUI A L'ARGEN POUR PAYé DEVAI ETRE SERVI MEME SI LE CLIART A L'AIR DOUTEU MAIS IL SINFORME POUR SA PROPRE SECURITE SE QUI SE COMPENT SACHAN ENSUIT A QUELLE INDIVIDU IL A A FAIR IL PEU NE PAS LUI LESSE MANGé ICI" qui m'a paru suffisamment parlant.

Ecrit par : Christophe Carrère | 28 juin 2007

Merci Robin d'avoir fait revenir MàC au triple galop! Le blog commençait à devenir soporifique...
bon je vais aller faire un tour sur google earth , il parait que dans le ud il y a des mecs qui lisent à poil près de leur piscine, des fois qu'ils seraient familier du fait , avec un peu de chance le satellite est passé au bon moment ...:)
bonne soirée à tous , je n'ai pas le temps de m'attarder mais je reviendrai car j'ai quelques questions à poser aux professionnnels de l'enseignement...

Ecrit par : Patricia Mesnigé | 28 juin 2007
C'est vrai qu'il est un peu soporifique ce blog...

Ecrit par : Christophe Carrère | 28 juin 2007

Si nous obtenons que les professeurs (...) acceptent d'être moins nombreux, mais d'avoir un temps de travail différent, volontaire évidemment, grâce à des volants d'heures supplémentaires importants, nous pouvons trouver des ajustements", a souligné Xavier Darcos.

Ecrit par : buntovchik | 28 juin 2007

Je vous rassure Dobolino, je partage votre pessimisme. Thalie a voulu être gentille, mais je reste très inquiet.
J'ai juste noté cet extrait de rédaction de brevet ce matin :
"UN CLIANT QUI A L'ARGEN POUR PAYé DEVAI ETRE SERVI MEME SI LE CLIART A L'AIR DOUTEU MAIS IL SINFORME POUR SA PROPRE SECURITE SE QUI SE COMPENT SACHAN ENSUIT A QUELLE INDIVIDU IL A A FAIR IL PEU NE PAS LUI LESSE MANGé ICI" qui m'a paru suffisamment parlant.

Ecrit par : Christophe Carrère | 28 juin 2007

C'était quoi le sujet de la rédaction? J'espère que vous avez eu le courage de mettre zéro...

Ecrit par : Patricia Mesnigé | 28 juin 2007

Je ne le trouve pas si "ailleurs" que ça, et on pourrait lui adresser des critiques bien plus nombreuses et acerbes que celles que vous lui adressez.

Non, non Christophe, je vous assure que j'aime bien Jacques Attali. je n'ai pas envie d'en dire du mal (juste un peu, mais c'est la règle dans ce genre d'exercice)

Je n'ai pas osé parler de son judaïsme, autrement que par allusion, c'est difficile de le faire dans ce pays, on risque toujours l'équivoque.

Ce que j'apprécie le plus chez lui, c'est ce respect de la connaissance qui caractérise en effet le "Peuple du Livre".

Pardonnez-moi de citer pour la troisième fois peut-être cette phrase sublime que l'on peut trouver sur le blog de notre ami patrick (patrickinstit) : "Le monde ne se maintient que par le souffle (ruah en hébreu) des enfants qui étudient."

Et malheur à ceux qui cherchent à les "asphyxier" !

Ecrit par : Robin | 28 juin 2007

Non, malheureusement, j'ai dû mettre 2 ou 3, sur 15... C'est que je suis contaminé moi aussi... J'ai dû disserter sur Meirieu, subir des stages, on m'a appris la culpabilisé, on m'a appris à trembler devant l'Inspecteur... Et quand je vois le programme de l'agrégation (interne) : encore une épreuve coeff 8 (presqu'autant que le dissertation coeff 12 où il faudra bien sûr avoir un discours très politiquement correct et sacrifier aux bonnes divinités de littérature française) sur la composition d'une séquence... Ca n'en finira donc jamais ! Ils sont partout. Des fois j'ai l'impression d'être David Vincent, au milieu des Envahisseurs : musique étrange, lumière clignotante, petits doigts relevés...
Allez je m'en vais, je deviens complètement accroc à ces blogs... Baille !

Ecrit par : Christophe Carrère | 28 juin 2007

J'adore les Juifs. Le malheur c'est que je n'en connais qu'un !

Ecrit par : Christophe Carrère | 28 juin 2007

Montaigne,

J'ai un peu honte d'avoir usé d'un subterfuge aussi grossier pour vous faire revenir sur ce blog. Mais je suis soulagé de voir que vous le prenez avec humour !

C'est tout simplement magique ce vous écrivez sur Simenon.

Ecrit par : Robin | 28 juin 2007

Le magazine Lire rapporte que Pagnol est trop compliqué pour les élèves et que les enseignants ne l'utilisent plus.

Daudet, Colette ou Marcel Aymé c'est pareil.

Il reste Bégaudeau sans doute... Zyva, c'est trop puissant.

Ecrit par : Lariba | 28 juin 2007

Le magazine Lire rapporte que Pagnol est trop compliqué pour les élèves et que les enseignants ne l'utilisent plus.

Daudet, Colette ou Marcel Aymé c'est pareil.

Il reste Bégaudeau sans doute... Zyva, c'est trop puissant.

Ecrit par : Lariba | 28 juin 2007

Quand mes deux aînées vont lire ça elles vont s'empresser d'écrire au magazine surtout celle qui a 10 ans et adore Pagnol elle le recommande à toutes ses copines et leur en lit les passages qu'elle trouve drôle à haute voix quand on organise une "soirée pyjamas", elle a même réussi à en convertir certaines à la lecture de Nothomb et je l'ai entendu éclaté de rire en lisant "le petit Chose"...On marche vraiment sur la tête dans ce pays! le vrai problème est que les enfants lisent moins et trouve ça compliqué parce qu'ils n'ont pas appris à lire correctement!
Je ne ferai pas la chasse aux sorcières car je crois que les responsabilités sont partagées et ceux qui appliquent ces méthodes qu'ils réfutent et demandent qu'on coupent les têtes qui ont éructé ces méthodes sont tout aussi responsables...
Christophe Carrère à l'impression d'être David Vincent en ce qui me concerne je me demande si on est pas dans la "quatrième dimension" dîtes-moi que je vais me réveiller!

"Non, malheureusement, j'ai dû mettre 2 ou 3, sur 15..."
Ecrit par : Christophe Carrère | 28 juin 2007

c'est un peu cher payé mais comme "le client "a fait un effort...
Mais le sujet de la rédaction c'était quoi ? car sans le sujet, il est difficile d'estimer la pertinence de la rédaction de cet élève pour qu'il mérite 2 ou 3...

Ecrit par : Patricia Mesnigé | 28 juin 2007

MàC, une requête : j'aimerais tant lire votre commentaire de Sternenfall ...

Ce fut pour moi une expérience forte, intellectuelle autant qu'émotionnelle. Je n'ai hélas pas votre talent de scholiaste, ni votre faconde ...

Ecrit par : Zorglub | 28 juin 2007

J'adore les Juifs. Le malheur c'est que je n'en connais qu'un !

Ecrit par : Christophe Carrère | 28 juin 2007

Ici, y'en a un nid! C'est quasi de la génération spontanée. Donc, vous en connaissez plein maintenant. Ça grouille comme les rats, pas vrai Robin?

Ecrit par : dobolino | 28 juin 2007

Le magazine Lire rapporte que Pagnol est trop compliqué pour les élèves et que les enseignants ne l'utilisent plus.

Daudet, Colette ou Marcel Aymé c'est pareil.
Lariba

Je connais un endroit du monde où on lit avec bonheur ces auteurs-là...
C'est dans les pays francophones d'Afrique....

Ecrit par : Maminou | 28 juin 2007

Pagnol trop compliqué, ca me semble malheureusement le cas, mais je pense que vous, Patricia, vous avez fait en sorte de prévenir cet état de fait, et de l'empêcher.
Il n'empêche que les deux tiers de ma classe de seconde ne comprendrait pas Pagnol. Je me bats cependant pour faire passer Jules Verne, Alexandre Dumas, Molière et Victor Hugo, en me disant que ce n'est pas peine perdue.
Pagnol, peut-être, je pourrais esayer... Il faudra que j'y réfléchisse.
Mais enfin à leur âge, je faisais Montaigne. Je l'ai refait deux ans de suite avec mes classes, mais ca leur semble vraiment inaccessible.

Ecrit par : Jeremy | 28 juin 2007

Un petit article pour réflexion:


Le supérieur malade de l'école, par Alain Bentolila
LE MONDE | 26.06.07 | 13h52 • Mis à jour le 26.06.07 | 13h52

Oui, nos universités sont pour la plupart dans un état pitoyable. Oui, le recrutement des enseignants néglige les capacités d'innovation, les qualités pédagogiques et la notoriété internationale. Oui, les filières proposées sont à des années-lumière des besoins économiques et sociaux. Oui, Nos universités ronronnent et se sclérosent dans une triste collusion entre une offre médiocre et des ambitions limitées.

Il paraît donc important et urgent de tenter, à travers l'octroi d'une véritable autonomie, de les inciter à choisir avec plus de pertinence leurs orientations et à recruter avec plus de lucidité et d'objectivité leurs enseignants. Mais que vaudra cette responsabilité accrue si certains des étudiants qui entrent dans l'enseignement supérieur restent de médiocres lecteurs, de piètres scripteurs et se révèlent d'une navrante maladresse lorsqu'ils auront à expliquer et argumenter ? Or aujourd'hui, mes étudiants de licence de linguistique sont pour un tiers environ incapables de mettre en mots oraux ou écrits leur pensée au plus juste de leurs intentions.

Une université plus autonome sera plus exigeante et il faut qu'il en soit ainsi ! Mais si ce principe d'exigence n'est pas appliqué dès l'école maternelle, si la complaisance et l'aveuglement sont de règle jusqu'au baccalauréat, l'autonomie accrue des universités engendrera nécessairement une sélection féroce et d'autant plus cruelle qu'elle aura été inconsidérément différée.

C'est en effet à l'école maternelle de veiller à une réelle maîtrise du langage (et notamment du vocabulaire) ; c'est à l'école élémentaire de livrer au collège des élèves lisant et écrivant avec pertinence ; c'est au lycée de former des jeunes étudiants capables de mettre en mots leur pensée avec précision - et pourquoi pas élégance.


EXCELLENCE ET JUSTICE SOCIALE


C'est sur ces engagements affichés dans leur solidarité que pourra s'appuyer la refondation nécessaire d'une université française visant l'excellence, l'efficacité et la justice sociale. Dans le cas contraire, nous aurons à côté de quelques pôles d'excellence des universités poubelles (comme nous avons des écoles poubelles et des collèges poubelles), dans lesquelles seront maintenus artificiellement en vie universitaire des étudiants sans aucun avenir culturel ni professionnel.

Peut-on tolérer qu'un système éducatif ne fasse le constat - alors sans appel - des insuffisances fondamentales qu'au seuil de la quatrième année d'université ? Peut-on tolérer que cette complaisance, ce mensonge institutionnel transforment toute orientation en voie honteuse de relégation, rendant ainsi méprisables les filières techniques et professionnelles où échouent ceux dont l'insécurité linguistique, jamais identifiée, confine à l'illettrisme.

Il y a sans doute urgence à réformer en profondeur nos universités. Mais nous risquons de commettre une fois de plus la même erreur : imaginer que l'on peut transformer une seule des composantes du système - la plus haute - sans se préoccuper des autres qui la soutiennent et l'alimentent, c'est ignorer que nos étudiants ont été enfants de maternelle, élèves du primaire et du secondaire et que la qualité de la formation intellectuelle et linguistique qu'ils y ont acquise conditionnera la hauteur des ambitions de l'université qui les accueillera.

En bref, nous sommes placés devant un choix simple : ou bien nous nous battons pour qu'école, collège et lycée construisent un socle ambitieux et dûment vérifié de savoirs et de savoir-faire indispensables à la poursuite d'études supérieures, ou bien nous interdisons à un tiers de nos bacheliers l'entrée dans une université qu'une autonomie bien utilisée aura rendue digne du nom qu'elle porte.

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Ecrit par : Thalie | 28 juin 2007

Connaissez-vous :
http://www.leschauffeursdelimousinepensentaussi.blogspot.com/
Tout n’y est pas d'une grande finesse, mais quelques formules sont particulièrement enlevées ...

Ecrit par : Zorglub | 28 juin 2007

Ici, y'en a un nid! C'est quasi de la génération spontanée. Donc, vous en connaissez plein maintenant. Ça grouille comme les rats, pas vrai Robin?

Ecrit par : dobolino | 28 juin 2007

Hum, du côté maternel, Dobolino, seulement du côté maternel !

" Qu'est-ce que tu dis, mon chéri ?

- Rien maman !"

Ecrit par : Robin | 28 juin 2007

Dobolino

La copie, c'était le vôtre...de fils ?

En tout cas, sa maman peut être fière de lui !

Ecrit par : Robin | 28 juin 2007

J'adore les Juifs. Le malheur c'est que je n'en connais qu'un !

Ecrit par : Christophe Carrère | 28 juin 2007

C'est comme moi, je ne vois jamais personne.

Ecrit par : Robin | 28 juin 2007

Alors JPB, vous vous la jouez très" bobo", sous le soleil, au bord de votre piscine ? Mais vous n'êtes pas dans le Lubéron! Berk! Même pas dans le Lubéron??? Alors! :-) Mais comment peut-on habiter ailleurs qu'à Paris ou dans le Lubéron?
Ici, aujourd'hui c'était sans la pluie, ouf! mais les pieds dans l'eau, ( avec un gros pull marin, d'accord!) mais face à François-René, quand même:-)

Ecrit par : Thalie | 28 juin 2007

Alors JPB, vous vous la jouez très" bobo", sous le soleil, au bord de votre piscine ? Mais vous n'êtes pas dans le Lubéron! Berk! Même pas dans le Lubéron??? Alors! :-) Mais comment peut-on habiter ailleurs qu'à Paris ou dans le Lubéron?
Ici, aujourd'hui c'était sans la pluie, ouf! mais les pieds dans l'eau, ( avec un gros pull marin, d'accord!) mais face à François-René, quand même:-)

Ecrit par : Thalie | 28 juin 2007

Ça se voit qu'il est dans le sud du Sud, parce que chez nous, avec le mistral, pas question d'emmener les élèves à la piscine , 16 ° dans les Baronnies à 8 heures du matin ! Mais du soleil quand même.
Pas lisible Pagnol ? Bon, s'ils le disent. Si je dis ça à mon fils qui a gardé du CM2 à la 4° la photocopie des premières phrases de "La gloire de mon père" affichée sur sa porte de chambre, il va m'en faire une jaunisse...
Déjà qu'il a écrit à Télé Z qu'il trouvait que les programmes pour enfants de la télé étaient devenus totalement débiles et qu'il fallait absolument qu'ils remettent des dessins animés de qualité (il paraît que même le nouveau Scoubidou est nettement au-dessous de l'ancien).

Ecrit par : catmano | 28 juin 2007

Entrefilet lu dans Le Point (28/06/07) :

"Le philosophe Michel Onfray s'est rendu le 20 juin à la convocation d'un juge du tribunal de Chalon-sur-Saône, qui l'a mis en examen pour "injure publique envers un particulier". Le particulier en question est Claude Vorilhon, alias Raël. L'an dernier, le chef de secte avait intronisé le philosophe "prêtre honoraire" à son corps défendant. Furieux, Onfray l'avait publiquement qualifié en novembre 2006 "d'abruti local". D'où la plainte du gourou ami des extraterrestres."

Soutien total à Michel Onfray contre "l'abruti local" !

Ecrit par : Robin | 28 juin 2007

Un lien spécialement pour Robin, pour lui rappeler des bons souvenirs : http://www.abbayeecoledesoreze.com/index.php.

Bonne balade !

Ecrit par : yann | 28 juin 2007

Merci Yann. Je la préfère comme ça, "l'école militaire" !

Ecrit par : Robin | 28 juin 2007

Dobolino,
remerciez pour moi l'auteur de la rédaction que vous citez car franchement, j'ai éclaté de rire et ça m'a fait un bien fou, surtout en ce moment!
si j'en juge par ce qui s'est dit ces derniers temps sur le blog, il y a beaucoup d'enseignants qui aimeraient avoir à corriger de telles copies! le problème de ponctuation , il saura bien le corriger sous peu.

Ecrit par : Patricia Mesnigé | 28 juin 2007

Quelques notes prises lors de ma correction du bac pro de Français au long de la "compétence d'écriture"...:

- Le livre est un ami avec lequel nous pouvons partager du plaisir.

- Il faut aussi chercher son intention de communication, savoir de de quoi il [le livre] veut nous parler.

- Dans une première partie, je vous ferai part de mon activité favorite et de ce qu'elle me procure. Puis en seconde partie nous verrons le bienfaits de ces pratiques et l'intérêt que j'y prends.

- Même si les sentiments que j'éprouve sont d'ordinaire (dans la vie) désagréables, je prends du plaisir à suivre un film.

La question était: Lire des livres, voir des films... Vous répondez à une enquête sur les pratiques socio-culturelles. Vous exposez le plaisir que vous procurent ces "histoires", l'intérêt que vous y prenez en vous appuyant sur deux ou trois exemples de votre choix (une quarantaine de lignes).

Alors "pratique socio-culturelles", ça ça a plu aux élèves!

Ecrit par : Pendariès | 28 juin 2007

Dobolino

La copie, c'était le vôtre...de fils ?

En tout cas, sa maman peut être fière de lui !

Ecrit par : Robin | 28 juin 2007

...et/ou sa tante! (je m'y perds un peu, excusez-moi !)

Ecrit par : Robin | 28 juin 2007

ainsi, pour répondre à Robin, j'ai déserté la chaise-longue où je me délectais de l'Art de jouir, de La Mettrie — avec une très jolie préface d'Onfray. Tiens, ça lui aurait plu, à La Mettrie, de savoir qu'on le lirait à poil au bord d'une piscine… Au grand soleil…
À propos, Robin : La Rochefoucauld avec un "d".
JPB

Ecrit par : brighelli | 28 juin 2007

De quel moyen technique disposez-vous pour être averti du contenu d'un post au bord d'une piscine JPB ? Vous êtes chez Bill Gates ? Sinon, ne parlez pas trop, il y a peut-être des inspecteurs des impôts qui viennent sur ce site. D'ici à ce qu'on vous oblige à prêter votre yacht !

Ecrit par : Robin | 28 juin 2007

http://bab.chiwalou.org/...
Il est vrai qu'il ne ménage pas vraiment Sarko...

Ecrit par : christophe sibille | 28 juin 2007

Il n'est pas impossible d'ailleurs que nous nous rencontrions un jour... Je n'habite pas très loin de Paris et suis absolument certain, je n'en doute pas une seconde, d'apprendre infiniment plus à votre contact Robin, Monsieur Brighelli, que vous au bien modeste mien... Amitiés.
Ch. Carrère

Ecrit par : Christophe Carrère | 28 juin 2007

Je remets mon adresse e-mail (courriel pour nos amis québecois), Christophe. Je sais qu'il y a un moyen plus confidentiel, mais je n'y ai rien compris et puis l'anonymat, c'est la barbe :

robin-guilloux@club-internet.fr

Ecrit par : Robin | 28 juin 2007

Mince, je risque de voir débarquer "l'abruti local" et les extraterrestres !

Ecrit par : Robin | 28 juin 2007

Aujourd'hui, j'ai essayé "les carottes coupées en fines lanières"...
C'est épatant...

Ecrit par : Maminou | 28 juin 2007

Aujourd'hui, j'ai essayé "les carottes coupées en fines lanières"...
C'est épatant...

Ecrit par : Maminou | 28 juin 2007


Alors là, Maminou, vous me comblez ! Ca compenserait presque la tristesse d'apprendre que les collègues ne font plus étudier PagnoL

Ecrit par : Robin | 28 juin 2007

Robin, on ne peut pas tout faire non plus !

Et en seconde ou en premiere, ça m'embete quand meme de faire du Pagnol...

Ecrit par : Jeremy | 29 juin 2007

Bien contente que ça vous fasse rire. Les profs de fac de ma famille disent qu'il faut le mettre en apprentissage. Même qu'à c't'heure (01H05), ils dorment, les profs de fac, pendant que grâce à ma CPGE et à mon beau diplome, j'ai la chance de pouvoir passer la nuit auprès d'un abruti de klebs qui a jugé bon de bouffer de la crimidine à 20H00.
Au fait, message pour Thalie et les autres agrégés qui marnent en collège ou lycée: "tant pis pour vous, vous n'aviez qu'à séduire le président du jury d'agreg!".
J'en connais qui, ainsi, ont sauté totalement l'enseignement en bahut. Fastoche, non? Paris IV, c'est plus zen. Faut savoir jouer des coudes dans la vie. Et du cul...

Ecrit par : dobolino | 29 juin 2007

Ça se voit qu'il est dans le sud du Sud, parce que chez nous, avec le mistral, pas question d'emmener les élèves à la piscine , 16 ° dans les Baronnies à 8 heures du matin ! Mais du soleil quand même.

Ecrit par : catmano | 28 juin 2007

Pas 16°C! 6°C... Question d'altitude.

Ecrit par : dobolino | 29 juin 2007

Dites, Dobolino, zavez des noms à Paris IV ?

Moi j'ai essayé de séduire la médiéviste de ma commission d'agreg pendant la leçon sur Charles d'Orléans, eh bien je me suis aperçu à la fin de l'exposé que ce n'était même pas elle qui m'évaluait, mais un obscur seiziémiste planqué dans un coin, auquel je n'avais pas jeté un seul coup d'oeil, et qui m'a ensuite harcelé de questions.

Alors je veux bien séduire, mais uniquement les bonnes personnes (l'IA-IPR du coin, c'est peut-être rentable...)

Par contre j'ai connu une prof qui draguait tout l'amphi quand elle faisait cours à Paris IV, les garçons étaient au premier rang, ou tout en haut, là où on avait une vue plongeante.

Ecrit par : Jeremy | 29 juin 2007

De quel moyen technique disposez-vous pour être averti du contenu d'un post au bord d'une piscine JPB ? Vous êtes chez Bill Gates ?
Ecrit par : Robin | 28 juin 2007

Blackberry, Robin. Blackberry...

"Le philosophe Michel Onfray s'est rendu le 20 juin à la convocation d'un juge du tribunal de Chalon-sur-Saône, qui l'a mis en examen pour "injure publique envers un particulier". Le particulier en question est Claude Vorilhon, alias Raël. L'an dernier, le chef de secte avait intronisé le philosophe "prêtre honoraire" à son corps défendant. Furieux, Onfray l'avait publiquement qualifié en novembre 2006 "d'abruti local". D'où la plainte du gourou ami des extraterrestres."
Ecrit par : Robin | 28 juin 2007

Quand les grands esprits se rencontrent...
Qui sème le vent récolte le tempo. (MCSolar)

Mais le sujet de la rédaction c'était quoi ?
Ecrit par : Patricia Mesnigé | 28 juin 2007

L'aubergiste raconte à son épouse sa rencontre avec Valjean, ancien bagnard dont il connaît l'identité et qu'il a refusé d'héberger pour cela. On attendait des arguments de défense du voyageur de la part de la dame. (je cite de mémoire parce que j'ai tout jeté et oublié en sortant de la salle de correction, bon dernier...)

Ecrit par : Christophe Carrère | 29 juin 2007

Sur le vrai visage d'Onfray, voir :
http://1001nights.free.fr/article.php3?id_article=790

Ecrit par : Christophe Carrère | 29 juin 2007

A Christophe Carrère
Un site visiblement islamiste pour cibler les impostures ou erreurs d'Onfray....

Ecrit par : Philippe C | 29 juin 2007

TIens Zorglub, bien l'bonjour... Cette histoire rigolote d'Onfray, cet Arno Klarsfeld de la philosophie , alpagué par les extra-terrestres, me fait pesner à "Chute d'étoiles", "Sternenfall" l'exposition d'Anselm Kieffer.
D'ordinaire, je déteste profondément les avanies contemporaines et les vessies commerciales qu'on nous fait passer pour des lanterness artistiques (voir les "Salons" de Baudelaire et en particulier le "Salon de 1859), mais là on est dans un véritable enchantement des sens. Il y a , d'abord ce tableau de ciel d'étoiles gris métallique surmontant une sorte de muraille ocre claire, un peu sourde, les deux se rejoignant en perspective. Je ne sais pourquoi, j'ai pensé au tableau d'Hubet Robert représetnant la Grande Galerie du Louvre;
Non, Allez-y, c'est jusqu'au 7 Juillet, vous verrez que vous ressrotez plein d'une sorte de grâce un peu aérienne. Ce qui n'est pas si fréquent au vue des rapins popotames qu'on nous donne à ingurgiter.....
BâV

Ecrit par : montaigneàcheval | 29 juin 2007

Salut,bon week-end!

Ecrit par : michel REYES | 29 juin 2007

...Hey mec,t'aurais du marquer : " ...repanser l'histoire...",c'est plus classe.

Ecrit par : michel REYES | 29 juin 2007

"...tant qu'il y aura des profs comme toi,nous serons fiers d'amener nos gosses à l'école..."

Ecrit par : michel REYES | 29 juin 2007

Cà existe encore, la crimidine ?

Elle est pas mal, la copie de ton nain, Dobolino (à part la ponctuation, certes). Moi aussi, elle m'a bien fait rire. Bien sûr, on sent les influences, mais, à 15 ans, le contraire aurait été bizarre.
(J'ai bon, pour les ponctuations ?)

Ecrit par : yann | 29 juin 2007

salut à toi,l'ami-MONTAIGNES...L'art de KIEFFER n'a pas l'air de kiffer sa race...Et çà schlingue autant que le cul d'un éléphant!(j'ai pu approcher,dernièrement...).C'est du faisan,mec..Les cons,çà osent tout...d'ailleurs,c'est à çà qu'on les r'connait!(AUDIARD)

Ecrit par : michel REYES | 29 juin 2007

Cà existe encore, la crimidine ?


Ecrit par : yann | 29 juin 2007

Ouais: poison canadien, tue rat violent et expéditif. Si un jour t'as rien sous la main pour calmer les convulsions, le Doléthal fait très bien, à dose homéopathique.
Je ne sais si la copie de fiston est très bien, en l'état actuel des données scolaires mais, outre l'absence de ponctuation et les majuscules aléatoires, elle est excessivement courte: le syndrome de la côte en long soigneusement entretenu.
Reconnaissez que 13/14 est franchement excessif. Ça, c'est de la vrai constante macabre, non? A lire ce texte, amusant certes, on voit bien que l'auteur pourrait faire bien mieux si on l'y poussait un peu. La correction a du prendre maximum dix minutes, pas le moindre commentaire, certaines fautes ne sont pas corrigées et, autant qu'il me semble, un sujet d'invention sur l'utopie aurait du aussi développer des idées.
Je suis tombée par hasard il y a deux ans sur des textes "érotiques" écrits par l'auteur de ce petit texte, alors agé d'à peine quatorze ans, et franchement, il y avait là matière à exploiter.
S'il était mieux enseigné et corrigé, il est probable qu'il utiliserait mieux son humour balbutiant et améliorerait sa maîtrise de la langue.
En deux années de seconde, l'élève a travaillé cinq dissert si on compte ce petit texte...

Ecrit par : dobolino | 29 juin 2007

A Christophe Carrère
Un site visiblement islamiste pour cibler les impostures ou erreurs d'Onfray....

Ecrit par : Philippe C | 29 juin 2007
Je n'en sais rien, peut-être... Je ne l'ai pas lu !

Ecrit par : Christophe C. | 29 juin 2007

Cela ne me surprend pas, dobolino, que des professeurs de seconde laissent filer, car vu l'état d'ignorance et d'indifférence au français où la plupart des élèves arrivent en sortant de l'école et du collège, il faudrait être Hercule pour essayer de changer leur mentalité. Personne n'a évoqué les problèmes de discipline qui peuvent s'ajouter à la démotivation générale et l'aggraver - car le lycée n'est pas à l'abri de ces problèmes-là, contrairement à ce qu'on s'imagine, et ils y sont même bien plus âpres qu'au collège.

Une nouvelle intéressante: Mark Sherringham, ancien directeur de l'IUFM de Strasbourg, "pédagogiste" zélé, a été nommé conseiller au Cabinet de Darcos pour les questions pédagogiques! Ainsi, M.Sherringham a réussi à sauver son poste, car il était déjà conseiller des ministres précédents. Autrement dit la CDIUFM est présente, et à un poste-clé, au Cabinet du ministre.
C'est curieux, car je croyais que Darcos voulait nettoyer les couloirs de la rue de Grenelle "au karcher s'il le fallait"!
Ce n'est donc pas demain que les calamiteuses "séquences" seront remisées au musée de l'échec scolaire et des idéologies dépasses.

Ecrit par : Jean | 29 juin 2007

et le 18 Brumaire de Louis-Bonaparte, où Marx analyse avec férocité le coup d’Etat par lequel le premier président élu de la Seconde République renversa icelle, et se proclama Napoléon III.

Aux frontières de l'Histoire, de la culture et de l'éducation, je signale une "lecture théâtralisée" qui aura lieu à Bourges, au Palais Jacques Coeur les 14/15 et 16 septembre sur des événements en rapport avec la période (passionnante et fort méconnue) évoquée par JPB...

Il est étrange que l'on parle aux élèves de Victor Hugo et de George Sand et que l'on oublie d'étudier de façon un peu approfondie la révolution de 48 et ses idéaux brisés.

Il s'agit d'une "lecture théâtralisée" qui se fonde sur le procès devant la Haute Cour de Justice au palais Jacques Coeur,transformé pour l'occasion en tribunal, de plusieurs dirigeants de la seconde République qui eut lieu en 1849 :

"En mars 1849, à Bourges, au Palais Jacques Coeur (et non à Paris, par peur des émeutes), dans une ville quasiment en était de siège, eut lieu un événement d'envergure nationale qui fit courir le Tout Paris : le procès de plusieurs dirigeants de la seconde République devant une Haute cour de Justice, tribunal d'exception, sans cassation ni appel. Blanqui, Raspail, Barbès sont accusés, tandis que viennent témoigner tous ceux dont le nom a compté dans les événements révolutionnaires qui viennent de s'achever : Lamartine, Arago, Vidocq (!), pour ne citer que les plus connus.

C'est dans le grand bouleversement de 1848 qu'ont été obtenus, rappelons-le le départ définitif de la monarchie, l'abolition de l'esclavage (Victor Shoelcher), la liberté de la presse, le droit au travail...

En 49, avec l'élection de Louis-Napoléon Bonaparte, le rêve de 48 est déjà bien loin.

Un procès passionnant donc, mais surtout un moment crucial, un point nodal, où l'Histoire de France oscille entre l'idéal républicain et un second Empire qui se profile déjà à l'horizon.

Le XIXème siècle est la martrice de notre imaginaire politique et social, ce sont ces enjeux, cette bataille de l'imaginaire, quis ont mis en lumière dans cette pièce..."

La pièce a été écrite par Evelyne Loew à partir de documents d'archives et fera l'objet d'une publication.

Ecrit par : Robin | 29 juin 2007

Bon, en effet, 13/14, çà parait un peu surnoté. J'avais pas fait gaffe. Un petit 8, peut-être ?
Doléthal contre les convulsions ? Intéressant. Hors AMM, I presume ??

Ecrit par : yann | 29 juin 2007

Enfin, vous savez, Jean, Strasbourg c'est Strasbourg. Le pédagogisme y est peut-être adapté "couleur locale" (c'est-à-dire le bleu en général), ce qui serait à souhaiter.

Ecrit par : Jeremy | 29 juin 2007

Robin, on ne peut pas tout faire non plus !

Et en seconde ou en premiere, ça m'embete quand meme de faire du Pagnol...

Ecrit par : Jeremy | 29 juin 2007

Bon d'accord pas en lycée mais en en collège, Jeremy, ça devrait être faisable? Ca marchait encore très bien dans les années 90 au moment de la sortie du film d'Yves Robert.

J'ai l'impression d'être un extraterrestre. Je vais finir par m'enrôler chez Raël !

Ecrit par : Robin | 29 juin 2007

Ce n'est pas, Jeremy, ce que j'avais entendu dire de Sherringham!

Quant à Pagnol, j'y avais renoncé en 5ème, parce qu'il est souvent un peu bavard et longuet pour les élèves. Il a une espèce de sempiternel humour un peu désenchanté qui finit par lasser et qui ne les amuse guère, de fait.
La Trilogie se lit peut-être mieux avec des élèves parce que c'est du théâtre. J'essaierai.

Ecrit par : Jean | 29 juin 2007

Robin, n'allez pas toute de suite chez Raël !
Je trouve qu'il serait tout à fait bon de faire Pagnol en collège (ça doit se faire en troisième plus qu'on ne le pense, en plus ca rentre dans le programme).
En lycée je disais pourquoi pas, d'autant que les docs d'accompagnement recommandent son théâtre pour la seconde, et peut-être meme La gloire de mon père en première.
Pour Sherringham, ne le connaissant pas, j'essayais juste d'imaginer.
A Strasbourg, par exemple, figurez-vous que les agrégés sont mieux valorisés que dans d'autres académies, la région a toujours des règles un peu particulières (et n'y voyez rien de méprisant, au contraire). Mais enfin tout ça depend du recteur, pas de Sherringham.

Ecrit par : Jeremy | 29 juin 2007

En quoi les agrégés sont-ils mieux valorisés à Strasbourg qu'ailleurs, Jeremy? Pourriez-vous préciser?

Ecrit par : Jean | 29 juin 2007

Ils ont 100 points pour les mutations, au lieu de 90 dans le reste de la France.
Ce n'est pas grand chose, mais c'est deja ça.

Ecrit par : Jeremy | 29 juin 2007

Merci, Jeremy.

Ecrit par : Jean | 29 juin 2007

En quoi les agrégés sont-ils mieux valorisés à Strasbourg qu'ailleurs, Jeremy? Pourriez-vous préciser?

Ecrit par : Jean | 29 juin 2007
Simple...

Parce que
Mini mini Mama het a Bombomstand,
A Bombomstand, a Bombomstand.
Mine mine Pabbe het a kochleffel in d’r Hand
Un schlaujt min’ra Mama uff d’r Bombomstand.
Un I wett, un I wett, un I wett met dir,
In Strossburi gett’s ke Jumpfra meh (bis).
Bawela Bawela jetzt gett’s los.
S’Marigel kommt ge fahre
Mit sine krumme Wade
Zim zam zum, in a Latte Zün a nie
Un direkt mit d’r Fratz in a Mischthüfa nie.

ou encore parce que

Dr Hàns im Schnockeloch
Hett àlles wàs er will
Un wàs er hett,
Dàs will er nitt,
Un wàs er will,
Dàs hett er nitt.
Dr Hàns im Schnockeloch
Hett àlles wàs er will.

Ecrit par : montaigneàcheval | 29 juin 2007

Cela ne me surprend pas, dobolino, que des professeurs de seconde laissent filer, car vu l'état d'ignorance et d'indifférence au français où la plupart des élèves arrivent en sortant de l'école et du collège, il faudrait être Hercule pour essayer de changer leur mentalité. Personne n'a évoqué les problèmes de discipline qui peuvent s'ajouter à la démotivation générale et l'aggraver - car le lycée n'est pas à l'abri de ces problèmes-là, contrairement à ce qu'on s'imagine, et ils y sont même bien plus âpres qu'au collège.



Ecrit par : Jean | 29 juin 2007

Pas de gros problèmes de discipline dans ce lycée rural, Jean. Un peu de deal, un peu de séchage de cours, la colline plantée d'oliviers jouxtant le bahut n'a pas disparu à la mort de René Barjavel. Si je conçois à peu près qu'un prof blanchi sous le harnois "laisse filer" (n'ai-je pas moi-même laisser filer ou sorti à coup de pied au cul quelque infâme cocker hargneux, puant, entartré ou quelque éleveur surpâturant des landes asséchées, avec une charge à l'hectare dépassant les limites de la décence), il s'agit là d'un texte corrigé par un jeune professeur dynamique, qui y croit encore au point d'offrir une à deux heures supplémentaires de cours par semaine à ses futures première L. Donc, le problème est plus grave: le jeune professeur qui, en deux à trois ans d'expérience, n'a corrigé que des copies de caisse à savons trouve que celle-ci mérite 13/14.
Quoique, Brighelli nous ayant annoncé que des candidats au CAPES de Français prenaient "désir" pour un verbe du deuxième groupe...

Ecrit par : dobolino | 29 juin 2007

laissé filer, mille excuses.

Ecrit par : dobolino | 29 juin 2007

Me voilà de retour , après une semaine d’EAF. J’ai eu l’occasion d’interroger des élèves de 1986 et d’autres qui, sur « le dormeur du val », ignoraient la signification du mot « val ». Que du bonheur . A côté de ça, évidemment, de très bons élèves avec des connaissances et du bagou. Je remarque au passage que ceux qui ont de solides connaissances en histoire littéraire et en histoire tout court s’en sortent généralement mieux que ceux qui ressassent genres, registres et visée argumentative.

Ecrit par : b. | 30 juin 2007

Mon cher Philippe C,

Vous pourriez utiliser le terme "islamiste" si vous saviez ce que cela signifie. Mais comme vous ne comprenez pas le terme "islam", comme malheureusement beaucoup de vos concitoyens, vous parlez sans comprendre, sans savoir.

Espérons qu'un jour, vous ouvrirez une encyclopédie.

Sinon, cher JPB,

Penser l'histoire, je suis certes d'accord. Encore faut-il éviter des écueils certains :
- la penser avec la mentalité de son temps alors qu'il faudrait la penser avec la mentalité du temps jadis,
- éviter de projeter dans cette histoire ses propres rêves, fantasmes et interprétations,
- être insensible aux médias et donc avoir le temps de la penser,
- pouvoir se placer dans un contexte qui n'existe plus aujourd'hui et donc qui est souvent complexe à restaurer en termes de représentations mentales.

C'est amusant, mais les manuels scolaires français datant de quelques décénies parlaient de "la lutte des classes dans les campagnes au Moyen Age". On pourrait en rire, mais je ne crois pas que la moyenne des historiens ait beaucoup évolué sur ces égarements.

Tiens récemment, un historien très réputé dans les cercles qui s'autorisent à penser (et que je ne nommerai pas) disait : "je tente de penser le Moyen Age sans le paramètre religieux". Joli travail en perspective. Le pire, c'est qu'il en fasse un dogme conscient et revendiqué. Mais le ridicule ne tue pas, surtout quant la mode est la confusion de l'islam et des islamistes. Je plains néanmoins ses étudiants et lecteurs.

GNU

Ecrit par : Gaston-Norbert Ubrab | 30 juin 2007

agrégé, normalien, prof de SI (sciences de l'ingénieur), presque nul en orthographe et pour finir de droite.

Ce qui m'énerve Cher JPB c'est que suis presque toujours d'accord avec vous (ou toi), mais il me semble que comme tous les profs tu as tendance à trop défendre ta discipline et à croire qu'elle la seule à être fondamentale, ce que je crois volontiers pour le français, mais quand tu écris 'Combien d'enseignements à vocation technique sont obsoletes au moment même ou ils sont dispensés', là tu pousses le bouchon un peu loin, d'une part j'aurais écrit obsolets, (mais peut être que je me plante), en effet, mine de rien tu affirmes l'inutilité de l'enseignement technique et là je ne suis pas suis pas d'accord, c'est vrai en si (sciences de l'ingenieur), les connaissances évoluent trés vites, tous les cinq ans on se remet en cause, mais les méthodes, le savoir faire forme une culture technologique au même titre que la culture littéraire. Je suis d'accord que pour les grands décideurs, barons de l'industrie le français est une discipline fondamentale et dans les classes prepas , à l'X ou aux mines, le français est égalité avec une épreuve de maths, ce n'est pas le cas à l'ENS de Cachan, ce qui laisse une chance aux ignares de mon type, mais pour former un bon technicien ou un ingénieur d'application, ou un prof de SI, à mon avis il est bon, trés tôt d'acquérir une culture technique dés la seconde et que même si les technologies deviennent désuètes, le raisonnement lui perdure, l'attitude face à un un problème technique est une valeur constante.
Salut et continue ton combat contre les pédagogos qui nous enmerdent.

Ecrit par : piot bernard | 30 juin 2007

Gaston-Norbert Ubrab souligne ci-dessus qu'il faudrait penser l'Histoire en s'immergeant dan l'époque considérée.
C'est vrai, mais c'est très difficile. Les romanciers y parviennent parfois mieux que les historiens — regardez Süsskind et le Parfum. Très rarement les cinéates : Tavernier est l'un des très rares — je pense en particulier à un film que je n'ai jamais eu l'occasion de revoir depuis sa sortie au début des années 80, la Passion Béatrice, qui se passait dans un Moyen Age famélique, figé dans la foi et le froid — et la violence, avec un Bernard-Pierre Donnadieu remarquable (et, me semble-t-il, un très grand historien embauché comme consultant).
D'où mon conseil aux élèves de prépas : lisez la Révolution française de Michelet, parce qu'il a vécu dans le demi-siècle qui a suivi les faits, et qu'il est un très grand écrivain — ce qui signifie que même les erreurs de Michelet sont productrices d'images réelles.

Pour Bernard Piot…
J'ai dû mal m'exprimer. J'ai des PCSI, et je sais parfaitement ce que sont les Sciences d el'Ingénieur — je sais aussi, comme vous le dites, que les enseignants de la discipline sont en formation permanente toute leur carrière. Je m'insurgeais seulement contre ces heures perdues, dès le Primaire, à enfoncer des portes ouvertes ou à comprendre pourquoi il ne faut pas mettre les doigts dans la prise… Il y a dans les programmes trop de choses qui sont faites trop tôt — et j'appelle de mes vœux une meilleure répartition de l'effort, c'est tout ce que je voulais dire. En tout cs, merci pour les compliments, j'y suis ridiculement sensible…
JPB

Ecrit par : brighelli | 30 juin 2007

Cher JPB,

Le "Moyen Age famélique, figé dans la foi et le froid — et la violence" est justement probablement en partie une projection de la violence moderne sur cette époque. Car, même si la vie du Moyen Age devait être dure et courte, même si elle était parsemée des guerres entre seigneurs, il faut noter que la vie n'était peut être pas si laide que ces tableaux apocalyptiques.

Quand on lit les auteurs du Moyen Age, on découvre un autre monde qui avait ses propres règles mais qui avait aussi un certain contact au monde que nos sociétés modernes ont perdu. Ainsi, par exemple, pour ce qui est de la foi, tout ce qu'on peut dire est qu'elle ne fige pas, ou alors on confond vision anti-religieuse d'aujourd'hui et vision religieuse d'hier. Encore une projection de l'homme moderne.

Pourquoi d'ailleurs avons-nous une si mauvaise image du Moyen Age ? A cause de la représentation très socialement correcte que nous avons des Lumières, période de rupture de la France avec elle-même, qui est similaire à une grande période de refoulement : on oublie des siècles passés pour se jeter avidement dans la réécriture des tragédies grecques. Cela ressemble à une perte d'identité volontaire, similaire à celle que sera la Révolution Française quelques siècles plus tard. On fait du refoulement du passé un dogme. Et l'on arrive à l'homme moderne, qui caricature au jugé de ses "connaissances", un passé qu'il méprise sans chercher à le connaître.

C'est pourquoi je conseillais à ceux qui voient des islamistes partout de lire des encyclopédies. Le passé est riche en enseignements et en beautés et certains livres d'histoire du XIXème de la Biliothèque Nationale (en ligne) le prouvent très largement.

Il faut parfois savoir prendre un peu de recul. Malheureusement, l'enseignement de l'histoire a toujours collé aux poncifs de l'époque, car les historiens ont toujours collé aux poncifs de l'époque. L'histoire est une matière si complexe qu'il est simple de la voir par le petit bout de la lorgnette. Un travail universitaire de type bibliographique encourage cette déformation. Quand on est un historien célèbre, on peut désinformer en usant de son crédit, quand on ne l'est pas, il est tabou de contester la vision officielle à une certaine époque de la vie de la société.

GNU

Ecrit par : Gaston-Norbert Ubrab | 02 juillet 2007

Mon cher Ubrab, je parlais plus haut de la capacité des romanciers à en dire plus et mieux que les historiens.
Essayez donc Prisonniers du temps, de Michaël Crichton (oui, oui, celui de Jurassic Park !). Sa description du Moyen Age des années 1350-53, en pleine guerre de cent ans jumelée avec la Peste noire, donne une idée assez juste, ce me semble, de ce que pouvait être la viue — et la mort, par ailleurs — dans ces temps héroïques… Franchement, sur le sujet de rédaction (que l'on ne donne plus, et pour cause…) "À quelle époque auriez-vous aimé vivre ?", j'ai pas mal de choix, mais pas d'être contemporain de Joinville ou de Du Guesclin.
JPB

Ecrit par : brighelli | 02 juillet 2007

"Louis XIV enfant lisait Quinte-Curce racontant Alexandre — et il en est sorti le Roi-Soleil".

N'exagerons pas, a vous ecouter il faudrait avoir lu tous les livres, vous tendez a repeter votre exemple personnel a l'infini: il vaut mieux aujourd'hui passer une heure a etudier la biologie, la physique ou l'informatique que lire Quinte-Curce ! On ne construit pas une societe avec 60 millions de profs de lettres !

Dernierement j'ai lu la chronique de la Guerre des Gaules de Jules Cesar, j'ai apprecie cette lecture mais ca ne me dit pas comment faire fonctionner une centrale electrique ou trouver un medicament contre le cancer...

Ecrit par : Romain | 03 juillet 2007