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16 décembre 2006

Vrais et faux pedagogues

Vrais et faux pédagogues


Je n’ai pas la prétention d’avoir la pédagogie innée — ni acquise. Etre pédagogue est un long cheminement, et bien malin qui en voit la fin avant la retraite. Sans doute se dit-on plus tard, beaucoup plus tard : « Tiens, ce cours-là, j’aurais dû le faire comme ci… Tiens, cet élève-ci, j’aurais pu le récupérer comme ça. » « La route est longue qui mène à la pédagogie », note Frank McCourt (Teacher Man, Belfond, 2006).

D’où mon ébahissement quand j’ai appris, vers la fin des années 90, avec le grand déferlement des « sciences de l’éducation », qu’apprendre, cela s’enseignait — et que les « formateurs de formateurs », les « apprenants d’apprenants d’apprenants », savaient, eux, ce qu’était la pédagogie.
Stupéfaction et bientôt colère, quand j’ai réalisé que les Diafoirus qui régentaient les IUFM en connaissaient bien peu, très peu, en fait de pédagogie. Je me serais sans doute incliné devant des maîtres — j’en ai évoqué un, ici même, il y a quelques mois (http://bonnetdane.midiblogs.com/archive/2006/08/index.html), et je pourrais en nommer deux ou trois autres : Robert-Léon Wagner, l’un des meilleurs grammairiens du dernier demi-siècle, ou Roland Barthes — c’était un plaisir absolu que de suivre ses cours sur les figures du discours amoureux — et c’était le discours du Maître lui-même qui était la meilleure démonstration que tout discours parle d’amour — quand bien même il parlerait… de pédagogie, parmi tant d’autres sujets invraisemblables.
Mais cette prétention à régenter l’enseignement, venant de surcroît de gens qui trop souvent ont trouvé dans les « sciences de l’éducation » une porte de sortie et une ligne de fuite devant un métier qui les épouvantait, était — est — insupportable.

J’ai donc appris qu’il existait une « pédagogie par objectifs » (belle trouvaille : quelle pédagogie n’a pas d’objectifs ? C’est un peu comme la stratégie de « l’élève au centre » : où diable voudriez-vous qu’il soit ?), et qu’elle s’opposait à la « pédagogie frontale » — dans la bouche des pédagogistes, qui se sont annexé la gauche et ont contribué à en faire la nouvelle droite, sans doute faut-il entendre « pédagogie frontiste ». Et de me brocarder parce que je suis cité, parfois, chez tel ou tel nationaliste déclaré, ce qui me laisse assez froid, je dois dire : comme dirait les croyants, si l’on ne s’adresse jamais qu’à des gens convaincus, où est le mérite ? Et les pédagogols ont ceci de remarquable, qu’ils ne se lisent jamais qu’entre eux — d’où leurs faibles tirages. Et que les médias les sollicitent peu — d'où leur hargne : se croire propriétaire de la Vérité, et être privé d'image…

Pédagogie, donc… C’est l’art simultané de ne laisser personne en route, tout en permettant à chacun d’aller au plus haut de ses capacités. C’est aussi mettre en scène, et en spectacle, l’objet du cours et l’enseignant lui-même — et l’élève, aussi bien. Pourquoi croyez-vous, vous qui pratiquez d’autres arts ou d’autres professions, que l’on sort d’un cours éreinté, laminé ? Pourquoi croyez-vous que 18 heures de cours (imaginez un acteur qui jouerait neuf fois la même longue pièce chaque semaine) sont effectivement un maximum ?
J’ai dit « art », et je le maintiens. Pour intéresser de bons élèves, il ne faut pas être un génie. Pour aller à la pêche de ce qu’un élève totalement rétif au système a de meilleur en lui, c’est une autre affaire.
Quinze heures pour tout le monde !
Pour ramener au savoir les nouveaux barbares que l’on nous transmet, de classe en classe et d’année en année, on peut passer par l’extérieur (ainsi une enseignante nommée dans une ZEP sauvage, dans un BEP féroce, réacclimata ses élèves à l’effort, au devoir et finalement à la littérature en les faisant trimer, chaque jour, avec l’aval muet de son administration, pour les restos du cœur, pendant deux mois…), ou par l’affrontement direct, le corps à corps — tout est question d’occasion et de caractère. Il n’y a ni recettes, ni règles. "Que le gascon y arrive, si le français n'y peut aller", disait Montaigne.

Marie-Sandrine Sgherri, journaliste spécialisée en questions d’éducation au magazine Le Point, est venue en septembre 2005 suivre un de mes cours au lycée Mermoz, à Montpellier, en Première STG. L’élite — de surcroît une classe « sport-études » plus motivée par le tatami ou le stade que par Corneille (j’avais décidé d’étudier le Cid, et, un peu plus tard, le Comte de Monte-Cristo).
Elle a bien voulu faire un petit compte-rendu privé de cette expérience — et je le livre tel quel, sans y rien retoucher. Je ne dis pas que tous mes cours ressemblent à cela — et l'un des participants de ce blog, invité cette année au lycée Joffre pour suivre un cours sur Proust, a vécu une expérience quelque peu différente, il pourra en témoigner — parce qu'à élèves différents, stratégies différenciées. Je dis simplement que mon boulot est d’enseigner la littérature, et que je fais de mon mieux avec mes moyens.

« Brighelli ne fait pas cours, il donne un « son et lumière ». En 1ère STG, ce jour, une simple question introduit l’étude du Cid : « Que connaissez-vous du XVIIème siècle ? » « Le siècle des Lumières » hasarde un courageux. Alors le spectacle peut commencer. Ce spécialiste de Dumas convoque D’Artagnan et pendant deux heures, sans notes, déroule le Grand Siècle devant ces élèves qui se souviennent à peine qu’ils ont déjà étudié Molière. Les épées se croisent, le sang gicle, les plaies s‘infectent, les têtes volent, arrachées par des boulets, les cœurs battent, les mains se cherchent, des billets s’échangent au nez et la barbe des duègnes. Que retiendront les élèves ? Qui peut le savoir ? À ce genre de cours, on ne prend pas de notes. Brighelli jure qu’il expliquera plus tard. Là il montre, il provoque, il frappe les esprits. « C’est un maître à l’ancienne » se souvient une ancienne élève. De ces profs exigeants qu’on veut impressionner. Certains le détestaient. D’autres cravachaient dur pour qu’il les remarque. » Les 1ère STG sont prévenus : cette année, ils ne leur faudra pas seulement se taire et écouter, mais aussi travailler, et surtout lire. À commencer par les 2000 pages du Comte de Monte Cristo. La nouvelle déclenche des cris de protestations. La moustache inflexible, Brighelli savoure son effet. »

Ils ont étudié le Cid, et lu Dumas - et étudié Dumas — puis Baudelaire. Ils ont fini par « participer » — au fur et à mesure qu’ils accumulaient des connaissances, parce qu’on ne participe pas « en l’air », sans biscuit ni références — quoi qu’en disent les pédagogues qui n’ont rien à apprendre aux gosses qu’on leur confie — et n’en attendent rien, quoi qu’ils disent. Mes élèves n’ont pas eu, au Bac de Français, de notes trop basses à l’écrit (malgré des handicaps accumulés depuis le Primaire), et souvent décroché des félicitations à l’oral. Et nous nous disons encore bonjour quand nous nous croisons, parce qu’ils gardent, je crois, une petite reconnaissance pour l’histrion qui leur a fait partager certains de ses goûts, et leur a transmis ce qu'il pouvait de son savoir.

Jean-Paul Brighelli

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Commentaires

je pense que des gens ont un talent pour la pédagogie et d'autres beaucoup moins .
le "relationel "?

Ecrit par : un chouka | 16 décembre 2006

ΟΙΚΟΥΜΕΝΙΚΗ ΔΙΑΚΗΡΥΞΗ ΓΙΑ ΤΑ ΑΝΘΡΩΠΙΝΑ ΔΙΚΑΙΩΜΑΤΑ
10 ΔΕΚΕΜΒΡΙΟΥ 1948

ΠΡΟΟΙΜΙΟ
Επειδή η αναγνώριση της αξιοπρέπειας, που είναι σύμφυτη σε όλα τα μέλη της ανθρώπινης οικογένειας, καθώς και των ίσων και αναπαλλοτρίωτων δικαιωμάτων τους αποτελεί το θεμέλιο της ελευθερίας, της δικαιοσύνης και της ειρήνης στον κόσμο.

Επειδή η παραγνώριση και η περιφρόνηση των δικαιωμάτων του ανθρώπου οδήγησαν σε πράξεις βαρβαρότητας, που εξεγείρουν την ανθρώπινη συνείδηση, και η προοπτική ενός κόσμου όπου οι άνθρωποι θα είναι ελεύθεροι να μιλούν και να πιστεύουν, λυτρωμένοι από τον τρόμο και την αθλιότητα, έχει διακηρυχθεί ως η πιο υψηλή επιδίωξη του ανθρώπου.

Επειδή έχει ουσιαστική σημασία να προστατεύονται τα ανθρώπινα δικαιώματα από ένα καθεστώς δικαίου, ώστε ο άνθρωπος να μην αναγκάζεται να προσφεύγει, ως έσχατο καταφύγιο, στην εξέγερση κατά της τυραννίας και της καταπίεσης.

Επειδή έχει ουσιαστική σημασία να ενθαρρύνεται η ανάπτυξη φιλικών σχέσεων ανάμεσα στα έθνη.

Επειδή, με τον καταστατικό Χάρτη, οι λαοί των Ηνωμένων Εθνών διακήρυξαν και πάλι την πίστη τους στα θεμελιακά δικαιώματα του ανθρώπου, στην αξιοπρέπεια και την αξία της ανθρώπινης προσωπικότητας, στην ισότητα δικαιωμάτων ανδρών και γυναικών, και διακήρυξαν πως είναι αποφασισμένοι να συντελέσουν στην κοινωνική πρόοδο και να δημιουργήσουν καλύτερες συνθήκες ζωής στα πλαίσια μιας ευρύτερης ελευθερίας.

Επειδή τα κράτη μέλη ανέλαβαν την υποχρέωση να εξασφαλίσουν, σε συνεργασία με τον Οργανισμό των Ηνωμένων Εθνών, τον αποτελεσματικό σεβασμό των δικαιωμάτων του ανθρώπου και των θεμελιακών ελευθεριών σε όλο τον κόσμο.

Επειδή η ταυτότητα αντιλήψεων ως προς τα δικαιώματα και τις ελευθερίες αυτές έχει εξαιρετική σημασία για να εκπληρωθεί πέρα ως πέρα αυτή η υποχρέωση,

Η ΓΕΝΙΚΗ ΣΥΝΕΛΕΥΣΗ

Διακηρύσσει ότι η παρούσα Οικουμενική Διακήρυξη των Δικαιωμάτων του Ανθρώπου αποτελεί το κοινό ιδανικό στο οποίο πρέπει να κατατείνουν όλοι οι λαοί και όλα τα έθνη, έτσι ώστε κάθε άτομο και κάθε όργανο της κοινωνίας, με τη Διακήρυξη αυτή διαρκώς στη σκέψη, να καταβάλλει, με τη διδασκαλία και την παιδεία, κάθε προσπάθεια για να αναπτυχθεί ο σεβασμός των δικαιωμάτων και των ελευθεριών αυτών, και να εξασφαλιστεί προοδευτικά, με εσωτερικά και διεθνή μέσα, η παγκόσμια και αποτελεσματική εφαρμογή τους, τόσο ανάμεσα στους λαούς των ίδιων των κρατών μελών όσο και ανάμεσα στους πληθυσμούς χωρών που βρίσκονται στη δικαιοδοσία τους.

ΑΡΘΡΟ 1
'Ολοι οι άνθρωποι γεννιούνται ελεύθεροι και ίσοι στην αξιοπρέπεια και τα δικαιώματα. Είναι προικισμένοι με λογική και συνείδηση, και οφείλουν να συμπεριφέρονται μεταξύ τους με πνεύμα αδελφοσύνης.

ΑΡΘΡΟ 2
Κάθε άνθρωπος δικαιούται να επικαλείται όλα τα δικαιώματα και όλες τις ελευθερίες που προκηρύσσει η παρούσα Διακήρυξη, χωρίς καμία απολύτως διάκριση, ειδικότερα ως προς τη φυλή, το χρώμα, το φύλο, τη γλώσσα, τις θρησκείες, τις πολιτικές ή οποιεσδήποτε άλλες πεποιθήσεις, την εθνική ή κοινωνική καταγωγή, την περιουσία, τη γέννηση ή οποιαδήποτε άλλη κατάσταση.

Δεν θα μπορεί ακόμα να γίνεται καμία διάκριση εξαιτίας του πολιτικού, νομικού ή διεθνούς καθεστώτος της χώρας από την οποία προέρχεται κανείς, είτε πρόκειται για χώρα ή εδαφική περιοχή ανεξάρτητη, υπό κηδεμονία ή υπεξουσία, ή που βρίσκεται υπό οποιονδήποτε άλλον περιορισμό κυριαρχίας.

ΑΡΘΡΟ 3
Κάθε άτομο έχει δικαίωμα στη ζωή, την ελευθερία και την προσωπική του ασφάλεια.

ΑΡΘΡΟ 4
Κανείς δεν επιτρέπεται να ζει υπό καθεστώς δουλείας, ολικής ή μερικής. Η δουλεία και το δουλεμπόριο υπό οποιαδήποτε μορφή απαγορεύονται.

ΑΡΘΡΟ 5
Κανείς δεν επιτρέπεται να υποβάλλεται σε βασανιστήρια ούτε σε ποινή ή μεταχείριση σκληρή, απάνθρωπη ή ταπεινωτική.

ΑΡΘΡΟ 6
Καθένας, όπου και αν βρίσκεται, έχει δικαίωμα στην αναγνώριση της νομικής του προσωπικότητας.

ΑΡΘΡΟ 7
'Ολοι είναι ίσοι απέναντι στον νόμο και έχουν δικαίωμα σε ίση προστασία του νόμου, χωρίς καμία απολύτως διάκριση. 'Ολοι έχουν δικαίωμα σε ίση προστασία από κάθε διάκριση που θα παραβίαζε την παρούσα Διακήρυξη και από κάθε πρόκληση για μια τέτοια δυσμενή διάκριση.

ΑΡΘΡΟ 8
Καθένας έχει δικαίωμα να ασκεί αποτελεσματικά ένδικα μέσα στα αρμόδια εθνικά δικαστήρια κατά των πράξεων που παραβιάζουν τα θεμελιακά δικαιώματα τα οποία του αναγνωρίζουν το Σύνταγμα και ο νόμος.

ΑΡΘΡΟ 9
Κανείς δεν μπορεί να συλλαμβάνεται, να κρατείται ή να εξορίζεται αυθαίρετα.

ΑΡΘΡΟ 10
Καθένας έχει δικαίωμα, με πλήρη ισότητα, να εκδικάζεται η υπόθεσή του δίκαια και δημόσια, από δικαστήριο ανεξάρτητο και αμερόληπτο, που θα αποφασίσει είτε για τα δικαιώματα και τις υποχρεώσεις του είτε, σε περίπτωση ποινικής διαδικασίας, για το βάσιμο της κατηγορίας που στρέφεται εναντίον του.

ΑΡΘΡΟ 11
Κάθε κατηγορούμενος για ποινικό αδίκημα πρέπει να θεωρείται αθώος, ωσότου διαπιστωθεί η ενοχή του σύμφωνα με τον νόμο, σε ποινική δίκη, κατά την οποία θα του έχουν εξασφαλιστεί όλες οι απαραίτητες για την υπεράσπισή του εγγυήσεις.
Κανείς δεν θα καταδικάζεται για πράξεις ή παραλείψεις που, κατά τον χρόνο που τελέστηκαν, δεν συνιστούσαν αξιόποινο αδίκημα κατά το εσωτερικό ή το διεθνές δίκαιο. Επίσης, δεν επιβάλλεται ποινή βαρύτερη από εκείνη που ίσχυε κατά τον χρόνο που τελέστηκε η αξιόποινη πράξη.
ΑΡΘΡΟ 12
Κανείς δεν επιτρέπεται να υποστεί αυθαίρετες επεμβάσεις στην ιδιωτική του ζωή, την οικογένεια, την κατοικία ή την αλληλογραφία του, ούτε προσβολές της τιμής και της υπόληψης του. Καθένας έχει το δικαίωμα να τον προστατεύουν οι νόμοι από επεμβάσεις και προσβολές αυτού του είδους.

ΑΡΘΡΟ 13
Καθένας έχει το δικαίωμα να κυκλοφορεί ελεύθερα και να εκλέγει τον τόπο της διαμονής του στο εσωτερικό ενός κράτους.
Καθένας έχει το δικαίωμα να εγκαταλείπει οποιαδήποτε χώρα, ακόμα και τη δική του, και να επιστρέφει σε αυτήν.
ΑΡΘΡΟ 14
Κάθε άτομο που καταδιώκεται έχει το δικαίωμα να ζητά άσυλο και του παρέχεται άσυλο σε άλλες χώρες.
Το δικαίωμα αυτό δεν μπορεί κανείς να το επικαλεστεί, σε περίπτωση δίωξης για πραγματικό αδίκημα του κοινού ποινικού δικαίου ή για ενέργειες αντίθετες προς τους σκοπούς και τις αρχές του ΟΗΕ.
ΑΡΘΡΟ 15
Καθένας έχει το δικαίωμα μιας ιθαγένειας.
Κανείς δεν μπορεί να στερηθεί αυθαίρετα την ιθαγένειά του ούτε το δικαίωμα να αλλάξει ιθαγένεια.
ΑΡΘΡΟ 16
Από τη στιγμή που θα φθάσουν σε ηλικία γάμου, ο άνδρας και η γυναίκα, χωρίς κανένα περιορισμό εξαιτίας της φυλής, της εθνικότητας ή της θρησκείας, έχουν το δικαίωμα να παντρεύονται και να ιδρύουν οικογένεια. Και οι δύο έχουν ίσα δικαιώματα ως προς τον γάμο, κατά τη διάρκεια του γάμου και κατά τη διάλυσή του.
Γάμος δεν μπορεί να συναφθεί παρά μόνο με ελεύθερη και πλήρη συναίνεση των μελλονύμφων.
Η οικογένεια είναι το φυσικό και το βασικό στοιχείο της κοινωνίας και έχει το δικαίωμα προστασίας από την κοινωνία και το κράτος.
ΑΡΘΡΟ 17
Κάθε άτομο, μόνο του ή με άλλους μαζί, έχει το δικαίωμα της ιδιοκτησίας.
Κανείς δεν μπορεί να στερηθεί αυθαίρετα την ιδιοκτησία του.
ΑΡΘΡΟ 18
Κάθε άτομο έχει το δικαίωμα της ελευθερίας της σκέψης, της συνείδησης και της θρησκείας. Στο δικαίωμα αυτό περιλαμβάνεται η ελευθερία για την αλλαγή της θρησκείας ή πεποιθήσεων, όπως και η ελευθερία να εκδηλώνει κανείς τη θρησκεία του ή τις θρησκευτικές του πεποιθήσεις, μόνος ή μαζί με άλλους, δημόσια ή ιδιωτικά, με τη διδασκαλία, την άσκηση, τη λατρεία και με την τέλεση θρησκευτικών τελετών.

ΑΡΘΡΟ 19
Καθένας έχει το δικαίωμα της ελευθερίας της γνώμης και της έκφρασης, που σημαίνει το δικαίωμα να μην υφίσταται δυσμενείς συνέπειες για τις γνώμες του, και το δικαίωμα να αναζητεί, να παίρνει και να διαδίδει πληροφορίες και ιδέες, με οποιοδήποτε μέσο έκφρασης, και από όλο τον κόσμο.

ΑΡΘΡΟ 20
Καθένας έχει το δικαίωμα να συνέρχεται και να συνεταιρίζεται ελεύθερα και για ειρηνικούς σκοπούς.
Κανείς δεν μπορεί να υποχρεωθεί να συμμετέχει σε ορισμένο σωματείο.
ΑΡΘΡΟ 21
Καθένας έχει το δικαίωμα να συμμετέχει στη διακυβέρνηση της χώρας του, άμεσα ή έμμεσα, με αντιπροσώπους ελεύθερα εκλεγμένους.
Καθένας έχει το δικαίωμα να γίνεται δεκτός, υπό ίσους όρους, στις δημόσιες υπηρεσίες της χώρας του.
Η λαϊκή θέληση είναι το θεμέλιο της κρατικής εξουσίας. Η θέληση αυτή πρέπει να εκφράζεται με τίμιες εκλογές, οι οποίες πρέπει να διεξάγονται περιοδικά, με καθολική, ίση και μυστική ψηφοφορία, ή με αντίστοιχη διαδικασία που να εξασφαλίζει την ελευθερία της εκλογής.
ΑΡΘΡΟ 22
Κάθε άτομο, ως μέλος του κοινωνικού συνόλου, έχει δικαίωμα κοινωνικής προστασίας. Η κοινωνία, με την εθνική πρωτοβουλία και τη διεθνή συνεργασία, ανάλογα πάντα με την οργάνωση και τις οικονομικές δυνατότητες κάθε κράτους, έχει χρέος να του εξασφαλίσει την ικανοποίηση των οικονομικών, κοινωνικών και πολιτιστικών δικαιωμάτων που είναι απαραίτητα για την αξιοπρέπεια και την ελεύθερη ανάπτυξη της προσωπικότητάς του.

ΑΡΘΡΟ 23
Καθένας έχει το δικαίωμα να εργάζεται και να επιλέγει ελεύθερα το επάγγελμά του, να έχει δίκαιες και ικανοποιητικές συνθήκες δουλειάς και να προστατεύεται από την ανεργεία.
'Ολοι, χωρίς καμία διάκριση, έχουν το δικαίωμα ίσης αμοιβής για ίση εργασία.
Κάθε εργαζόμενος έχει δικαίωμα δίκαιης και ικανοποιητικής αμοιβής, που να εξασφαλίζει σε αυτόν και την οικογένειά του συνθήκες ζωής άξιες στην ανθρώπινη αξιοπρέπεια. Η αμοιβή της εργασίας, αν υπάρχει, πρέπει να συμπληρώνεται με άλλα μέσα κοινωνικής προστασίας.
Καθένας έχει το δικαίωμα να ιδρύει μαζί με άλλους συνδικάτα και να συμμετέχει σε συνδικάτα για την προάσπιση των συμφερόντων του.
ΑΡΘΡΟ 24
Καθένας έχει το δικαίωμα στην ανάπαυση, σε ελεύθερο χρόνο, και ιδιαίτερα, σε λογικό περιορισμό του χρόνου εργασίας και σε περιοδικές άδειες με πλήρεις αποδοχές.

ΑΡΘΡΟ 25
Καθένας έχει δικαίωμα σε ένα βιοτικό επίπεδο ικανό να εξασφαλίσει στον ίδιο και στην οικογένεια του υγεία και ευημερία, και ειδικότερα τροφή, ρουχισμό, κατοικία, ιατρική περίθαλψη όπως και τις απαραίτητες κοινωνικές υπηρεσίες. 'Εχει ακόμα δικαίωμα σε ασφάλιση για την ανεργία, την αρρώστια, την αναπηρία, τη χηρεία, τη γεροντική ηλικία, όπως και για όλες τις άλλες περιπτώσεις που στερείται τα μέσα της συντήρησής του, εξαιτίας περιστάσεων ανεξαρτήτων της θέλησης του.
Η μητρότητα και η παιδική ηλικία έχουν δικαίωμα ειδικής μέριμνας και περίθαλψης. 'Ολα τα παιδιά, ανεξάρτητα αν είναι νόμιμα ή εξώγαμα, απολαμβάνουν την ίδια κοινωνική προστασία.
ΑΡΘΡΟ 26
Καθένας έχει δικαίωμα στην εκπαίδευση. Η εκπαίδευση πρέπει να παρέχεται δωρεάν, τουλάχιστον στη στοιχειώδη και βασική βαθμίδα της. Η στοιχειώδης εκπαίδευση είναι υποχρεωτική. Η τεχνική και επαγγελματική εκπαίδευση πρέπει να εξασφαλίζεται για όλους. Η πρόσβαση στην ανώτατη παιδεία πρέπει να είναι ανοικτή σε όλους, υπό ίσους όρους, ανάλογα με τις ικανότητες τους.
Η εκπαίδευση πρέπει να αποβλέπει στην πλήρη ανάπτυξη της ανθρώπινης προσωπικότητας και στην ενίσχυση του σεβασμού των ανθρωπίνων δικαιωμάτων και των θεμελιακών ελευθεριών. Πρέπει να προάγει την κατανόηση, την ανεκτικότητα και τη φιλία ανάμεσα σε όλα τα έθνη και σε όλες τις φυλές και τις θρησκευτικές ομάδες, και να ευνοεί την ανάπτυξη των δραστηριοτήτων των Ηνωμένων Εθνών για τη διατήρηση της ειρήνης.
Οι γονείς έχουν, κατά προτεραιότητα, το δικαίωμα να επιλέγουν το είδος της παιδείας που θα δοθεί στα παιδιά τους.
ΑΡΘΡΟ 27
Καθένας έχει το δικαίωμα να συμμετέχει ελεύθερα στην πνευματική ζωή της κοινότητας, να χαίρεται τις καλές τέχνες και να μετέχει στην επιστημονική πρόοδο και στα αγαθά της.
Καθένας έχει το δικαίωμα να προστατεύονται τα ηθικά και υλικά συμφέροντά του που απορρέουν από κάθε είδους επιστημονική, λογοτεχνική ή καλλιτεχνική παραγωγή του.
ΑΡΘΡΟ 28
Καθένας έχει το δικαίωμα να επικρατεί μια κοινωνική και διεθνής τάξη, μέσα στην οποία τα δικαιώματα και οι ελευθερίες που προκηρύσσει η παρούσα Διακήρυξη να μπορούν να πραγματώνονται σε όλη τους την έκταση.

ΑΡΘΡΟ 29
Το άτομο έχει καθήκοντα απέναντι στην κοινότητα, μέσα στα πλαίσια της οποίας και μόνο είναι δυνατή η ελεύθερη και ολοκληρωμένη ανάπτυξη της προσωπικότητάς του.
Στην άσκηση των δικαιωμάτων του και στην απόλαυση των ελευθεριών του κανείς δεν υπόκειται παρά μόνο στους περιορισμούς που ορίζονται από τους νόμους, με αποκλειστικό σκοπό να εξασφαλίζεται η αναγνώριση και ο σεβασμός των δικαιωμάτων και των ελευθεριών των άλλων, και να ικανοποιούνται οι δίκαιες απαιτήσεις της ηθικής, της δημόσιας τάξης και του γενικού καλού, σε μια δημοκρατική κοινωνία.
Τα δικαιώματα αυτά και οι ελευθερίες δεν μπορούν, σε καμία περίπτωση, να ασκούνται αντίθετα προς τους σκοπούς και τις αρχές των Ηνωμένων Εθνών.
ΑΡΘΡΟ 30
Καμιά διάταξη της παρούσας Διακήρυξης δεν μπορεί να ερμηνευθεί ότι παρέχει σε ένα κράτος, σε μια ομάδα ή σε ένα άτομο οποιοδήποτε δικαίωμα να επιδίδεται σε ενέργειες ή να εκτελεί πράξεις που αποβλέπουν στην άρνηση των δικαιωμάτων και των ελευθεριών που εξαγγέλλονται σε αυτήν.

Ecrit par : toto | 16 décembre 2006

DISKLERIADUR HOLLVEDEL GWIRIOU MAB-DEN
Embannet gant ar Broadou-Unanet d'an 10 a viz Kerzu 1948

Rakger
--O vezañ ma'z eo war anaout an dellezegezh enstag ouzh holl izili an denelezh hag o gwirioù par ha diwerzhus eo diazezet ar frankiz, ar reizhded hag ar peoc'h,

_ o vezañ ma'z eo war dizanaout ha dismegañsiñ gwirioù mab-den eo bet ganet an aktoù a varbariezh a sav koustiañs mab-den en o enep, ha ma'z eo bet embannet eo donedigezh ur bed a vo ennañ gant an dud frankiz da gomz ha da grediñ, dieubet ma vint diouzh ar spont hag an dienez, a zo mennad uhelañ mab-den,

--o vezañ ma'z eo ret-holl diwall gwirioù mabden gant reolenn al lezenn evit na vefe ket rediet an dud d'en em sevel ouzh an tirantegezh hag ar gwaskerezh da rekour diwezhañ,

--o vezañ ma'z eo ret-holl kas war-raok an darempredoù a vignoniezh etre ar broadoù,

--o vezañ ma'z eo bet embannet adarre er Garta gant pobloù ar Broadoù-Unanet o feiz e gwirioù diazez mab-den, e dellezegezh ha talvoudegezh mab-den, e parded ar baotred hag ar merc'hed en o gwirioù, ha ma'z eo bet disklêriet ganto e oant mennet da gas war-raok an diorroadur kevredigezhel ha da wellaat an aozioù-buhez en ur frankiz vrasoc'h,

--o vezañ ma'z eo bet gouestlet gant ar Stadoù-Ezel diogeliñ, gant kenlabour Aozadur ar Broadoù-Unanet, an doujañs hollvedel ha gwirion ouzh gwirioù mab-den hag ar frankizioù pennan,

--hago vezañ ma'z eo a bouez bras kengompren ar gwirioù hag ar frankizioù-mañ a-benn seveniñ ar gouestl,

EZ EMBANN
AR VODADEG-VEUR
DISKLERIADUR HOLLVEDEL GWIRIOÙ MABDEN
evel uhelvennad boutin da vezañ diraezet gant an holl bobloù hag an holl vroadoù, d'an holl dud hag ensavadurioù, gant an Disklêriadur-mañ atav en o freder, da lakaat kreskiñ dre ar c'helenn hag an deskadurezh, an doujans ouzh ar gwirioù ha frankizioù-mañ, d'o lakaat da vezañ anavezet ha sevenet tamm-ha-tamm da vat hag e pep lec'h, dre ziarbennoù broadel hag etrevroadel, koulz e-touez pobloù ar Stadoù-Ezel hag e-touez ar re zo war zouaroù dindan o lezennoù.

Mellad unan (1)
Dieub ha par en o dellezegezh hag o gwirioù eo ganet an holl dud. Poell ha skiant zo dezho ha dleout a reont bevañ an eil gant egile en ur spered a genvreudeuriezh.

Mellad daou (2)
Da bep hini eo an holl wirioù ha frankizioù embannet en disklêriadur-mañ, hep ket a ziforc'h, a ouenn, a liv, a reizh, a yezh, a veno politikel pe a veno all, a orin broadel pe gevredigezhel, a leve, a c'hanedigezh pe a natur all.

Ouzhpenn-se ne vo graet diforc'h ebet hervez statud politikel, lezennel pe etrevroadel, arvro pe an dachenn-vro emañ an den dindan he lezenn, pe dizalc'h pe dindan verezeh e ve, diemren pe bevennet hec'h aotrouniezh en ur stumm bennak.

Mellad tri (3)
Gwir a zo gant pep hini d'ar vuhez, d'ar frankiz, ha d'an diogelroez evitañ.

Mellad peuar (4)
Ne vo dalc'het den er sklaverezh nag er sujidigezh; berzet e vo kement stumm a sklaverezh hag a werzhañ-sklaved.

Mellad pemp (5)
Ne vo lakaet den da c'houzañv ar jahinerezh, na doareoù pe kastizoù kriz ha didruez.

Mellad c'hwec'h (6)
Gwir pep hini eo e vefe anavezet e bersonelezh lezennel e pep lec'h.

Mellad seizh (7)
Par eo an holl dirak al lezenn ha gwir o deus da vezañ diwallet ganti. Holl o deus gwir da vezañ diwallet heñvel diouzh kement gwallziforc'h a dorrfe an Disklêriadur-mañ ha diouzh kement tra a zegasfe seurt diforc'hioù.

Mellad eizh (8)
Pep hini en deus gwir da gaout digoll gwirion dirak lezioù-barn broadel kenveliek evit oberoù o dije torret ar gwirioù diazez anavezet dezhañ gant ar Vonreizh pa al lezenn.

Mellad nav (9)
Den ebet ne vo harzet, bac'het pe harluet diouzh c'hoant.

Mellad dek (10)
Ur gwir par da hini ar re all a zo gant pep hini da vezañ klevet dirak an holl ha gant reizhded gant ul lez-varn dizalc'h ha neptu, dezhi da dermenañ e wirioù ha dleadoù hag an tamalloù graet dezhañ.

Mellad unnek (11)
Digablus eo kement den a zo tamallet dezhañ ur felladenn ken na vo prouet eo kablus hervez al lezenn en ur prosez digor d'an holl ma vo bet diogelet dezhañ an holl wareziou ret d'en em zifenn.
Ne vo kondaonet den ebet en abeg da oberoù pe da nannoberoù ha ne oant ket felladennoù hervez ar gwir broadel pe etrevroadel d'ar mare ma oant c'hoarvezet. Den kennebeut ne vo barnet d'ur c'hastiz kreñvoc'h eget an hini a oa hervez al lezenn d'ar mare ma oa bet graet ar felladenn.
Mellad daouzek (12)
Den ebet ne vo emellet diouzh c'hoant en e vuhez prevez, e diegezh, e annez pe e lizhiri, ha ne vo ket stoket ouzh e enor nag ouzh e vrud. Pep hini en deus gwir da gaout gwarez digant al lezenn diouzh emelladennoù ha tagadennoù a seurt-se.

Mellad trizek (13)
Pep den en deus gwir da vont ha dont en e frankiz ha da zibab e annez e diabarzh ur Stad.
Pep den en deus gwir da guitaat ne vern pe vro, da guitaat e vro-eñ zoken ha da zont en-dro dezhi.
Mellad pevarzek (14)
Pep den en deus gwir da glask repu ha da gavout bod e broioù all pa vez heskinerezh.
Ar gwir-mañ n'haller ket daveiñ dezhañ pa vez klask war un den gant gwir abeg evit torfedoù a genwir pe evit oberoù kontrol da balioù ha pennaennoù ar Broadoù-Unanet.
Mellad pemzek (15)
Pep den en deus gwir da gaout ur vroadelezh.
Den ebet ne vo tennet e vroadelezh digantañ nag ar gwir da gemmañ e vroadelezh diouzh c'hoant.
Mellad c'hwezek (16)
Gwir o deus ar wazed hag ar merc'hed adalek an oad da zimeziñ, ne vern o gouenn, o broadelezh, pe o relijion, da zimeziñ ha da sevel tiegezh. Gwirioù par zo dezho e-keñver an dimeziñ, e-pad ar briedelezh hag e-keñver an dibriediñ.
Ne c'hell bezañ dimeziñ ebet hep asant gwir ha dieub an danvez-priedoù.
An tiegezh eo maen diazez naturel ar gevredigezh, ha gwir en deus da gaout gwarez ar gevredigezh hag ar Stad.
Mellad seitek (17)
Pep den en deus gwir da vezañ perc'henn e-unan pe a-gevret gant tud all.
Den ebet ne vo tennet e berc'hentiezh digantañ diouzh c'hoant.
Mellad triwec'h (18)
Pep den en deus gwir da gaout frankiz ar soñj, ar goustiañs hag ar relijion; er gwir-mañ emañ ivez ar frankiz da gemmañ e relijion pe e gredenn, hag ivez ar frankiz da ziskuliañ e relijion pe e gredenn, eunan pe a-stroll, dirak an holl pe en-prevez, dre ar c'helenn, an oberoù, an azeulerezh pe al liderezh.

Mellad naontek (19)
Pep hini en deus gwir d'ar frankiz d'ober e veno ha d'en disklêriañ, da lavarout eo gwir da chom hep bezañ trubuilhet en abeg d'e vennozhioù, gwir da glask, da resev ha da skignañ keleier ha mennozhioù, dre n'eus forzh pe zoare disklêriañ, hep teurel pled ouzh an harzoù.

Mellad ugent (20)
Pep den en deus gwir d'ar frankiz d'en em vodañ ha d'en em gevreañ e peoc'h.
Den ne c'hell bezañ rediet da vezañ ezel eus ur gevredigezh.
Mellad unan warn-ugent (21)
Pep hini en deus gwir da gemer perzh e gouarnerezh e vro, war-eeun pe dre hantererezh dileuridi dibabet hep gwaskerezh.
Pep hini, par d'ar re al, en deus gwir da gaout kargoù publik en e vro.
Youl ar bobl eo diazez aotrouniezh ar galloud publik; disklêriet e vo ar youl-se e dilennadegoù onest ha mareadek gant mouezhierezh an holl, dre baperennoù kuzh pe dre zoareoù mouezhiañ kevatal o tiogeliñ frankiz ar vouezhiadeg.
Mellad daou warn-ugent (22)
Pep den, evel ezel eus ar gevredigezh, en deus gwir d'ar c'hedskor ha da gaout e walc'h eus ar gwirioù armerzhel, kevredigezhel ha sevenadurel en deus ezhomm evit e zellezegezh ha diorroadur dinask e bersonelezh a-drugarez d'ar strivadeg vroadel ha d'ar c'henlabour etrevroadel, en ur zerc'hel kont eus aozadur ha pinvidigezh ar vro.

Mellad tri warn-ugent (23)
Pep den en deus gwir da labourat, da zibab al labour a gar, da gaout aozioù labour reizh ha dereat, ha da vezañ gwarezet diouzh an dilabour.
Pep den en deus gwir, hep gwallziforc'h ebet, da gaout an hevelep gopr evit an hevelep labour.
An neb a labour en deus gwir da vezañ paeet reizh ha mat evit ma c'hellfe, eñ hag e diegezh, bevañ en un doare a zere ouzh dellezegezh mab-den, ha mar deo ret ouzhpenn, da gaout gwarez kevredigezhel dre hentoù all.
Pep den en deus gwir da sevel sindikadoù pe da emezelañ enno evit difenn e lazioù.
Mellad pevar warn-ugent (24)
Pep hini en deus gwir da ziskuizhañ ha da gaout lezir, da gaout un amzer-labour bevennet poellek ha vakañsoù mareadek paeet.

Mellad pemp warn-ugent (25)
Pep den en deus gwir da gaout ul live-bevañ dereat evit e yec'hed, e aezamant ha hini e diegezh da lavarout eo: boued, dilhad, lojeiz, skoazell ar vezegiezh hag ar servijoù kevredigezhel zo ezhomm; gwir en deus ivez d'an diogelroez ma c'hoarvez dezhañ bezañ dilabour, klañv, mac'hagnet, instañvet, kozh, pe koll an tu da gaout peadra da vevañ en desped dezhañ.
Ar mammoù hag ar vugale o deus gwir da gaout harp ha skoazell dreist an holl. An hol vugale, ganet eus tud dimezet pe dizimez, o devo ar emmes gwares kevredigezhel.
Mellad c'hwec'h warn-ugent (26)
Pep den en deus gwir da gaout deskadurezh. Digoust e tle bezañ an deskadurezh, da vihanañ an deskadurezh kentañ ha diazez. Ret ha dleet eo ar gelennadurezh kentañ. D'an holl e tle bezañ kinniget ar gelennadurezh teknikel ha micherel, d'an holl e vo roet tu d'ober studioù uhel hervez o dellid.
Pal an deskadurezh eo diorren personelezh mab-den ha lakaat doujañ muioc'h gwirioù mab-den hag ar frankizioù diazez. Drezi e klaskor kreskiñ ar c'hengompren, an habaskted hag ar vignoniezh etre an holl vroadoù hag an holl strolladoù a ouenn pe a relijion disheñvel, hag ivez kas war-raok obererezh ar Broadoù-Unanet evit derc'hel ar peoc'h.
An tadoù ha mammoù, da gentañ, o deus gwir da zibab an doare deskadurezh a vo roet d'o bugale.
Mellad seizh warn-ugent (27)
Pep hini en deus gwir da gemer perzh evel a gar e buhez sevenadurel ar gumuniezh, da gaout dudi gant an arzoù, da gemer perzh en araokadeg ar skiantoù ha da gaout e lod eus ar madoù degaset ganti.
Pep den en deus gwir da gaout e lazioù speredel ha danvezel deuet diwar an oberennoù skiantel, lennegel pe arzel savet gantañ.
Mellad eizh warn-ugent (28)
Pep hini en deus gwir e renfe un urzh kevredigezhel hag etrevroadel a c'hellfe bezañ peursevenet enni ar gwirioù ha frankizioù embannet en Disklêriadur-mañ.

Mellad nav warn-ugent (29)
Pep den en deus dleadoù e-keñver ar gevredigezh, al lec'h nemetañ ma c'hell peurziorren e bersonelezh en he frankiz.
En e wirioù hagen e frankiz ne c'hell pep hini bezañ bevennet nemet gant al lezenn ha nemet evit diogeliñ ma vo anavezet ha doujet gwirioù ha frankizioù ar re all hag evit klotañ gant ezhommoù reizh ar vuhezegezh, an urzh publik, hag aezamant an holl en ur gevredigezh demokratel.
Ar gwirioù ha frankizioù-mañ ne c'hellor, war zigarez ebet, ober ganto a-enep da balioù ha pennaennoù ar Broadoù-Unanet.
Mellad tregont (30)
Pennad ebet eus an Disklêriadur-mañ ne c'hello bezañ komprenet evel pa rofe gwir d'ur Stad, d'ur strollad pe d'un den, da ober pe klask ober traoù abenn distrujañ ar gwirioù hag ar frankizioù embannet amañ.

Ecrit par : toto | 16 décembre 2006

U DZA'ABAL K'AJÓOLTBIL U NOJ A'ALMAJ T'AANIL U NAJMAL WÍINIKO'OB
[Preamble]
Tumeen u kuxtal wíinik x-ma'a palitzilil, u chíimpolta'al yetel u cha'abal u kuxtal yóok'ol kaab ich jedz óolal, ti' ku taal tu chíimpolta'al u no'oja'anil kuxtal sijnal yetel wíinik bey je'ex xan sijnal u najmalmajil keet kuxtal, mixmáak unaj u lu'sik ti' tuláakal u wíinikil yóok'ol kaabe',

Tumeen yóo'lal ma' ojelta'an ku beetik u mixba'alkuunsa'al u najmalil u kuxtal wíinik, dzo'ok u beetik u yúuchul seen k'aak'as ba'alo'ob tu táan u no'aja'anil u tuukul wíinik; yetel tumeen dzo'ok u ya'ala'al u jach nojochil ba'ax ku dzíiboltik wíinike', u kajtal yóok'ol kaab tu'ux ka'a kuxlak luk'a'an u sajakil yetel x-ma'a óotzilil, ka'a béeyak u ya'alik ba'ax ku tukultik yetel u kili'ichkuunsik je'e máakalmáak Yumtzilil u k'áate',

Tumeen tun le najmal sijnal yetel wíinik jach k'a'abet u bo'oybesa'al tu yáanal jump'éel Noj A'almaj T'aan, u ti'al ma' u beeta'al u líik'il wíinik ba'ate'el tumeen u talamil kuxtal yetel u nuunsa'al,

Tumeen ku tukulta'al xan jach k'a'abet u kaxanta'al bix uchak u bisikuba ma'alob tuláakal u kaajilo'ob yóok'ol kaab,

Tumeen k-k'a'ajsik tuláakal u kaajilo'ob Naciones Unidas, dzo'ok u dzíibtiko'ob u mokt'aanil u chíimpoltiko'ob le Najmal sijnal yetel wíinik, ichil u no'oja'anil yetel u beelal bey wíinike', beytun wa ko'olel wa xiib; yetel tumeen dzo'ok ya'aliko'ob yaan u chúukpajal yóolo'ob u kaxanto'ob u ma'alobtal u kuxtal wíinik yetel u jóok'so'ob ichil óotzilil ka'alikil u chíimpoltiko'ob u kuxtal,

Tumeen le kaajo'ob táaka'an dzo'ok u beetiko'on u Mok T'aanil yetel Organización ti' Naciones Unidas, ti'al u cíimpola'al bey je'e unaj tuláakal yóok'ol kaab le Najmal Sijnal yetel wíiniko', bey je'ex u kuxtal x-ma'a palitzilil, yetel

Tumeen u k'ajóolta'al le Najmal Sijnal yetel wíinik yetel bix uchak u kuxtal x-ma'a palitzilil jach táanil yaan ti'al ka'a béeyak u dzo'okbesa'al le Mok T'aana',

Le NOJ MOLA'AYA' ku ya'alik

LE U NOJ A'ALMAJ T'AANIL le Najmal Sijnal yetel wíinika', jump'éel ba'al jach k'a'abet u yila'al u dzo'okbesa'al tumeen tuláakal u kaajilo'ob yóok'ol kaab, tu'ux ka'a táaakpajak wíinik yetle u mola'ayilo'ob, ti'al u ch'a'ak ti' leti' u noj tuukulil yetel u ka'ansiko'ob u chíimpolta'al u kuxtal wíinik x-ma'a palitzilil yetel xan u beetiko'ob tuláakal ba'ax ka'abéet tu kaajalo'ob yetel tuláakal yóok'ol kaab tu'ux ka'a ila'ak u chíimpolta'al yetel u dzo'okbesa'al ichil le kaajo'ob beetmajil u Mokt'aanilo' yetel xan ichil u méek'tan kaajilo'ob.

Artículo 1
Tuláakal wíinik ku síijil jáalk'ab yetel keet u tsiikul yetel Najmal Sijnalil, beytun xan na'ata'an sijnalil yetel no'oja'anil u tuukulo', k'a'abet u bisikuba bey láaktzilil yetel tuláakal u baatzile'.

Artículo 2
Tuláakal wíinike' sijnal yetel le Najmalo'oba' beeyxan yetel u siibalil u kuxtal x-ma'a palitzilil bey je'ex u ch'a'achi'ita'al ti' le A'almaj T'aana', kex tumeen jela'an u ch'i'ibal, u boonlil u yoot'el, xiib wa ko'olel, wa jela'an u t'aan, u kili'ichkuunaj, u tuukul wa u láak' je'e ba'alake', tu'ux u taal, u kaajal wa máax yetel ku much'ikubáa, beyka'aj u ayik'alil, tu'ux síijnal wa je'e ba'alak u láak' ba'alile'.

Yetele', ma'atan u páaykunta'al wíinik chen tumeen jela'an u tuukul, u Najmal Sijnalil wa u A'almaj T'aanil u kaajal, wa u Méek'tan kaajil tu'ux u taal, mix tumeen táanxelil tu'ux yaan u kaajal, wa yaan u jala'acho'ob wa táaka'an ichil u láak' kaaj.

Artículo 3
Tuláakal wíinike' Sijnal u Najmalmajil u kuxtal, ma' u palitzilta'al beeyxan ma' u lo'obol u wíinklal yetel u kaalanta'al u kuxtal.

Artículo 4
Mimáak unaj u palitzilta'al mix u meyajtik u ba'al u láak' máak; palitzilil yetel u ko'onol wíinik ti'al meyaje' ti' u láak' máak x-ma'a bo'olile' wet'a'an.

Artículo 5
Mixmáak ti' unaj u beeta'al loob, mix u nuumsa'al, u k'o'olol, wa u beeta'al u bo'otik u si'ipil bey ba'alche'e mix u t'onkiinta'al.

Artículo 6
Tuláakal máan sijnal u najmalmajil u chíimpolta'al u kuxtal yetel u dzo'zkbesa'al le Najmal Sijnal yanil ti' ku ya'ala'al te'ej Noj A'almaj T'aano'obo'.

Artículo 7
Mixmáak jela'an wa nojba'al tu táan le A'almaj T'aano'bo', beytuno' tuláakal máak uchak u bo'oybesjuba tu yáanal. Tuláakal máak u najmalmaj u tokbesa'al tu táan je'e ba'alak nuumsajil ka'a si'ipik tu táan le Tzol T'aana', wa ti' je'e máaxak ka'a líik'ik yóol u beet le nuumsajo'.

Artículo 8
Tuláakal máak sijnal u najmalmajil u tokbesa'al tu kúuchil ti'ibilkunah tu kaajal, tu'ux ka'a ila'ak u chíimpolta'al le Najmal Sijnal yetelo' yetel u dzo'okbesa'al le ba'ax ku ya'ala'al te'ej A'almaj T'aano'obo'.

Artículo 9
Mixmáak unaj u k'a'alal wa ma'a u káant yetel u k'am u si'ipili', mix u tojolch'inta'al tu kaajal.

Artículo 10
Tuláakal máak u najmalmaj, keet yetel je'e máaxake', u yu'ubal'al u t'aan tumeen tuláakal máak, wa ich ti'ibilile' ma' u makik u xikin máax jo'olbesik ti' ba'ax ku ya'alik, ti'al ka'a je'edzek yetel utz u najmal máak yetel ba'ax k'a'abet u beetik, beeytun xan ti'al u ch'óoch'a'al je'e ba'alak takpoolil yaan tu yóok'ole'.

Artículo 11
Tuláákal máak ku ta'akal u poole' unaj u yáax tukulta'al mina'an u si'ipil ka'alikil ma'a e'esa'ak yetel wa ma' u káant, bey je'ex u ya'ala'al te'ej A'alamaj T'aano'obo', yetel unaj u xa'ak'alta'al u tzikbe'enil tu táan kaaj ti'al yila'al wa yaan u si'ipil yetel xan u yila'al u tokbesa'al tumeen máaxo'ob leti' u meyaj.
Mixmáak unaj u dza'abal u kuuch yetel u k'a'alal tu yóo'lal ba'ax ku beetik, wa ba'a ma'atan u beetik, wa tu k'iinil u beetik wa u p'atik u beetike' ma'a wet'a'an wa dza'an bey yaan u si'ipilil tumeen u A'almaj T'aanil u kaajal wa je'e ba'alak kaajile'.
Artículo 12
Mixmáak yaan u páajtalil ti' u yokbesikuba tu kuxtal mix,áak, yetel u ch'i'ibalo'ob, ichil yotoch wa u wach'ik ju'un ku túuxta'alti', mix u nuumsik u k'aaba' yetel tsikbe'enil. Tuláakal máak sijnal u najmatmajil u bo'oybesa'al tumeen A'almaj T'aan ti'al ma' yokbesikubá mixmáak tu kuxtal yetel ma' u nuumsa'al.

Artículo 13
Tuláakal máak yaanti' u páajtalil u bin je'e tu'uxak u k'áate', beeyxan u jéedzel kajtal je'e tu'uxak kaajil ichil u boj méek'tankaajale'.
Tuláakal máak yaanti' u páajtalil u jóok'ol tu kaajal ti'al u bin je'e ba'alak kaajile', beeyan u suut tu kaajal.
Artículo 14
Wa táan u ch'a'apachta'al wa u máan u chu'ukile', tuláakal máak sijnal u najmatmajil u k'a'amal je'e tu'uxak u láak' kaajile' yetel ma'a u jóok'sa'ali'.
Ba'ale' ma'atan u béeytal u bo'oybesik máak wa tumeen jach tu jaajil yaan u si'ipil tu kaajal, beeyxan wa wet'a'an tumeen u A'almaj T'aan Naciones Unidas.
Artículo 15
Tuláakal máak sijnal u najmatmajil u kajtal ti' jump'éel kaaj.
Ti' mixmáak uchak u luk'sa'al u kaajal, mix u luk'sa'alti' u páajtalil u k'exik u kaajal.
Artículo 16
Xiibo'ob yetel ko'olelo'ob, le ken u chuk u ja'abil u dzo'okol u beelo'obe', u najmatmajo'ob, je'e ba'alak u ch'i'ibalo'obe', je'e tu'uxak u kaajalo'obe', je'e máakalmáak k'ujil ku kili'ichkuunsiko'obe', u dzo'okol u beelo'ob ti'al ka'a yanak u kúuchkabalo'ob; yetel keet u najmalo'ob tu yóo'lal u dzo'okol u beelo'ob, ka'alikil dzoka'an u beelo'ob wa le ken u p'atuba'ob.
Chen yetel ka'a u dzáa u t'aan tu ka'atúulal le máax u k'áat dzo'okol u beelo', uchak u yúuchul le dzo'okol beelo'.
Kúuchkabale' leti' u chuun yetel yáax bix u much'ikuba wíinik kajtal beytuno' k'a'ana'an u kalaanta'al tumeen tuláakal kaaj yetel tumeen jala'acho'ob.
Artículo 17
Tuláakal máak sijnal u najmatmajil u yantal ba'al u ti'alinte, tu juunal wa múuch'kab.
Mixmáak uchak u luk'sik ba'al u ti'al máak.
Artículo 18
Tuláakal máak yaan u páajtalil u tukultik je'e ba'alak u k'áate', je'e bixak u k'áate' yetel u kili'ichkuunsik je'e máakaláak K'ujil u k'áate'; bey xan u k'exik u kili'ichkuunaj wa u tuukul je'e ba'alak k'iin u k'áate', beytun xan u dzáak ojeltbil u kili'ichkuunaj yetel ba'ax ku tukultik, tu juunal wa múuch'kab, beytun tu táan kaaj wa tu juunal, ti'al u kanik, u táakpajal wa u dzo'okbesik.

Artículo 19
Tuláakal máak yaanti' u páajtalil u tukultik yetel u ya'alik le ba'ax u k'áate'; le najmala' ku ya'alik ma' u chi'ichnak-kuunsa'al máak chen tu yóo'lal bix u tuukul, beytun u xak'al kaxantik ba'ax k'a'abet u yojeltik, u k'amik nu'uktaj yetel u dzáak k'ajóoltbil ti' tuláakal yóok'ol kaab yetel je'e ba'alak wa je'e bixak ku páajtale'.

Artículo 20
Tuláakal máak sijnal yetel u páajtalil u much'ikuba yetel u nupikuba yetel je'e máaxak ka'alikil ma'atan u beetik k'aas ti' mixmáak yetele'.
Mixmáak unaj u beeta'al u táakpajal ti' mixba'al yetel u nuch'ikuba yetel mixmáak wa ma' u k'áati'.
Artículo 21
Ti' tuláakal máak yaan u páajtalil u táakpajal ichil u jala'achil u kaajal, wa leti' ka'a u beet u jala'achil wa ka'a táakpajak ti'al páaykunsa'al u jala'chil.
Tuláakal máak sijnal u najmatmajil u táakpajal, bey je'e máaxak, ichil u mayej jala'ach.
U nij jala'achil jump'éel kaaje' u kajnáalilo'ob; beytuno' leti'ob k'a'abet u páaybesik u jala'acho'ob le ken k'uchuk tu k'iinil, tu'ux tuláakal máak unaj u tukultik tu juunal máax u k'áat u dzáa jala'achil.
Artículo 22
Tuláakal máak, tumeen táaka'an ichil jump'éel kaaje', sijnal u najmatmajil u kaalanta'al, yetel u dza'aba'alti', tumeen u kaajal yetel u yáantiaj u láak' kaajo'ob tu yóok'ol kaabe', le ba'ax k'a'abetti' ti'al u kuxtale', ti'al u béeytal u kuxtal ti' jump'éel kkaj yetel u ye'esik u chíikul u kuxtal, bey je'ex ku k'a'abetkuunsik u tsikbe'enil yetel u no'oja'anil u kuxtale'.

Artículo 23
tuláakal máak sijnal u najmatmajil u dza'abal meyajti', u téetik ba'a meyajil u k'áat u beet bey je'e máaxake', ka'a kuxlak yetel u meyajm yetel u kaalaanta'al ma' u luk'sa'al meyajiti'.
Tuláakal máak sijnal u najmatmajil u náajal bey je'ex u náajal je'e máaxak ku beetik jump'éel meyaj bey je'ex le ku beetiko'.
Tuláakal máak ku neyaje' sijnal u najmatmajil u bo'ota'al le beyka'aj ku bo'ota'al u láak' máaxo'ob beetik le mayaj ku beetiko', uchak u náajaltik nonoj u ti'al u kuxtal ma'alob yetel kúuchkabal, ka'a dza'abakti' le beyka'aj k'a'abet ti'al u ma'alob kuxtal bey je'ex k'a'ana'an ti' u tzikbe'enil wíinike', yetel wa ma'atan u náajaltik tu p'iise', unaj u chúukbesa'al ti' tumeen jala'ach.
Ti' tuláakal máak yaan u páajtalil u much'ikubáa wa u táakpajal ichil múuch'kabalo'ob ti'al u tokbesa'al u najmal.
Artículo 24
Tuláakal máak u najmatmajil u cha'abal u je'elel, ma' u meyaj wa jayp'éel k'iin, ma' u máan ti' bulk'iin u meyaj yetel u bo'ota'al u je'elel wa jayp'éel k'iin kex ma'atan u meyaj.

Artículo 25
Tuláakal máak sijnal u najmatmajil u kuxtal ma'alob pa'te' yetel u kúuchkabal, beeyxan ka'an yanak u toj óolal, ka'a kuxlako'ob tu'ux ka'a táanilkuunsa'ak u yantal u janalo'ob, u nook'o'ob, u yotocho'ob, dzáak yetel tuláakal ba'ax k'a'abet ti'al jump'éel ma'alob kuxtal; sijnal xan u najmatmil wa ku p'áatal mina'an meyaj ti', wa ku k'oja'antal, ku yúuchul loob ti', ku kíimil yíicham, ku ch'íijil wa je'e ba'alak láak ka'a luk'esti' kex ma' u káat ba'ax tu'ux ku kaxtik u kuxtale'.
X-yo'om ko'olel yetel mejen paalale' sijnal u najmatmajil u kalaanta'alo'ob ma'alob. Tuláakal mejen paalal síijil ti' ko'olel dzoka'an wa ma' dzoka'an u beele', u najmalamj u kalaanta'al tumeen kaaj yetel u yáanta'al líik'il ma'alob tumeen jala'ach.
Artículo 26
Tuláalak máak sijnal u najmatmajil u kaambal. Le yáax kaambalo'obo' k'ana'an ma' u tojoltik. Le yáax kaambalo'obo' tuláakal máak tzaaj u k'amik. U kaambalil jump'éel meyaje' tuláakal máak xan unaj u k'amik; ba'ale' te'ela' uchak u táakpajal le máax yaan u muuk'ile'.
Le kaambalo' uchak u kaxtik u mu'uk'a'ankuunsik u tsikbe'enil máak yetel u beetik u chíimpolta'al tumeen tuláakal máak le najmal sijnal yetel wíiniko' bey je'ex le a'almaj t'aano'obo'; unaj u yáantaj ti'al u na'atikuba wíinik, u bisikuba ma'alob méek'tan kaajo'ob, kaajo'ob, múuch' kili'ichkuunsajo'ob; yetel unaj u yáantaj ti' u meyaj Naciones Unidas ti'al u kuxtal kaajo'ob yetel jedz óolal.
Táatatzilo'obe' uchak u téetiko'ob ba'ax u k'áato'ob ka u kan u paalo'ob.
Artículo 27
Tuláakal máak sijnal u najmatmajil u táakpajal tu t'aan yóolaj ichil u chíikul u kuxtal u kaajal, u náaysik yóol yetel jadzutz meyajo'ob, u táakpajal yetel u k'amik yutzil le xak'al na'ato'obo'.
Tuláakal máak sijnal u najmatmajil u bo'oybesa'al u no'oja'anil u kuxtal, ba'al u ti'al, u meyaj ti' xak'al na'at, u ik'il dzíib wa je'e ba'alak ka'a u meyajte'.
Artículo 28
Tuláakal máak sijnal u najmatmajil u yantal u nu'ukbesajil tu kaajal wa tuláakal yóok'ol kaab ti'al u dza'abal k'ajóoltbil yetel u dzo'okbesa'al le Nu'uktaj t'aana'.

Artículo 29
Tuláakal máak yaan u kuch uchil u kaajal tumeen chen ja'ali ichil u kaajal uchak u béeytal u dzo'okbesik u tsikbe'enile'.
Ikil u dzo'okbesik u najmal yetel u kuxtal ichil le nu'uktajo'oba', tuláakal máake' chen uchak u chíimpoltik yetel ma' u xaak'abtik u xuul u t'aan le A'almaj T'aano'ob tu yóo'lal u láak' máako'obo', yetel u dzo'okbesa'al u no'oja'anil kuxtal, u chíimpolta'al wíinik yetel u keet yantal u toj óolal kaaj.
Le Najmalo'ob yetel u no'oja'anil kuxtala' ma'atan u béeytal u dzo'okbesa'al wa ma'atan u chíimpolta'al u Nu'uktaj yetel u A'almaj T'aan Naciones Unidas.
Artículo 30
Mixbaíal ti' le Nu'uktaj uchak u ch'a'abal tumeen jala'ach, junmúuch' máak wa juntúul máak ti'al u beetik mixba'al ti'al u we'et'el wa ma' u dzo'okbesa'al le Nu'uktajo'ob yetel A'almaj T'aanno'ob ku dza'abal k'ajóoltbil ti' le Nu'uktaja'.

Ecrit par : toto | 16 décembre 2006

FA'IRA'A HA'ATI I TE MAU Tl'AMANARA'A O TE TA'ATA-TUPU
PARAU FA'AARA
I te fa'ari'i i te fa'ati'amā o te ihomana tumu o te mau mero tā'āto'a o te nuna'a ta'ata e i to ratou ato'a ti'amanara'a 'aifaito e te tūtu'u-mana-'ore 'ei papa no te orara'ati'amā, no te orara'a-'aifaro e no te hau i roto i teie nei ao, e ti'a ai,

I te fa'ari'i e no te ha'apa'o'ore, e no te fa'afaufa'a'ore i te mau ti'amanara'a o te ta'ata, i tupu ai te mau peu 'oviri i fa'ati'arepu i te manava o te tā'āto'ara'a o te ao; i te fa'ari'i i te ti'aoroara'ahia 'ei a'e nui no te ta'ata te hitira'a mai o te hō'ē ao iti i reira te mau ta'ata, i ora mai mai roto mai i te taiā e te veve, e 'aparaparau noa ai ma te ti'aturi fa'ahou, e ti'a ai,

I te fa'afaufa'a i te paruru i te ti'amanara'a o te ta'ata ma te hō'ē fa'aterera'a-ture, ia 'ore 'oia te ta'ata ia hepohia, i te hope'a, i te hepo-'orure-hau i te fa'atītīra'a e te fa'afaora'a a te taehae, e tia ai,

I te fa'afaufa'a i te fa'aitoitora'a i te rito o te here i rotopū i te mau va'a'ai'a, e ti'a ai,

I te fa'ari'i, i roto i teie Parau-Fa'aau, e ua ti'aoro fa'ahou te mau nuna'a ta'ata o te mau Va'a'ai'a-'Amuitahia i to ratou ti'aturi pāpū i te mau ti'amanara'a tumu o te ta'ata, i te ihomana e i te faufa'a o te ihota'ata i te 'aifaitora'a o te ti'amanara'a o te mau tane e o te mau vahine. I te fa'ari'i e ua fa'i ato'a i to ratou hina'aro mau i te tauturu i te 'e'era'a o te 'avirira'ata'ata, e i te ha'apunaho i te hō'ē orara'a hau roa a'e i te maita'i na roto ia i te hō'ē ti'amara'a hau a'e, e ti'a ai,

I te fa'ari'i i te 'opuara'a'amui a te mau Hau Mero e a te Fa'anahora'a a te mau Va'a'ai'a-'Amuitahia no te ha'amau pāpū i te fa'atura hā'āti-pāpū-mau i te mau ti'amanara'a o te ta'ata e i te ti'ama tumu, e ti'a ai,

I te fa'ari'i 'ei faufa'a nui no te ha'apāpū i teie parau-fa'aau, te hō'ē rahura'a 'amui i teie mau ti'amanara'a e teie mau ti'amāra'a, e ti'a ai,

Te poro nei te 'Apo'ora'a Rahi i teie Fa'ira'a Hā'āti i te mau Ti'amanara'a o te Ta'ata 'ei moea titaura'a 'amui na te mau nuna'a ta'ata e te mau va'a'ai'a ato'a, ia tutava 'oia te mau ta'ata tupu e te mau mero o te 'avirira'a ta'ata, ma te raupe'a -mana'o noa i teie Fa'ira'a, na roto i te ha'api'ira'a-'ite e te ha'api'ira'a-peu, no te ha'aparare i te fa'aturara'a o teie mau ti'amanara'a, e no te ha'amau pāpū, na roto i te hō'ē mau fa'auera'a ri'iri'i a to na iho va'a'ai'a e a te mau va'a'ai'a tā'āto'a. Te poro nei i te fa'ati'amā ra'a e i te ha'apāpūra'a, mai rotopū i te huira'atira o te mau Hau Mero iho e tae roa atu i te huira'atira o te mau fenua i raro a'e i to ratou mana.

'IRAVA MATAMUA
E fanauhia te tā'āto'ara'a o te ta'ata-tupu ma te ti'amā e te ti'amanara'a 'aifaito. Ua 'ī te mana'o pa'ari e i te manava e ma te 'a'au taea'e 'oia ta ratou ha'a i rotopū ia ratou iho, e ti'a ai;

'IRAVA PITI
E ti'a ta te ta'ata tata'itahi i te fa'ariro 'ei ti'ara'a no na, teie mau ti'amanara'a e te mau ti'amāra'a i ha'apararea i roto i teie Fa'ira'a, ma te hō'ē mā'itira'a'orehia 'oia na ni'a i te taura ta'ata, na ni'a i te rava 'iri, i te tānē e te vahine, i te reo, i te fa'aro'o, te mana'o poritita 'aore ra na ni'a i te tahi atu a mau mana'o no roto mai i te va'a'ai'a 'aore ra i te 'avirira'ata'ata; ma te ma'iti-'ore-ato'a-hia 'oia na ni'a i te faufa'a, i te papafanaura'a 'aore ra na ni'a i te tahi atu a mau huru ti'ara'a.

Teie atu a, 'aore 'e mā'itira'a e ravehia na ni'a i te papara'a poritita, i te manara'a-ture 'aore ra na ni'a i te papara'a i rotopū i te mau va'a'ai'a o te fenua 'aore ra o te hau-fenua o te hō'ē ta'ata a'amau, noa atu teie 'e fenua 'aore 'e hau-fenua mana ta'a'ē, 'e fenua fa'aterehia, i 'o'oti-pito-'ore 'aore ra 'e fenua ti'amāra'a fa'aitihia.

'IRAVA TORU
'E ti'amanara'a to te ta'ata-tupu ato'a i te ora, i te ti'amāra'a e i te orara'a pano'ono'o 'ore.

'IRAVA MAHA
'Eiaha roa te ta'ata ia mau i te fa'aterera'a fa'atītī e i te fa'afaora'a; e 'opani 'eta'eta-roa-hia te fa'aterera'a-fa'atītī e te tapiho'ora'a i te mau tītī

'IRAVA PAE,
'Eiaha roa te ta'ata ia ha'avīhia ma te taparahihia, ia fa'autu'ahia ma te ha'amauiuihia e te fa'afaufa'a'orehia 'aore ra ma te ha'ave'uve'uhia.

'IRAVA ONO
'E ti'amanara'a to te ta'ata tata'itahi i te manara'a o to na ti'ara'a-mana-ture i te mau vāhi ato'a.

'IRAVA HITU
'E ti'ara'a 'aifaito to te tā'āto'ara'a i mua i te ture e 'e ti'amanara'a, ma te mā'iti'orehia, i te hō'ē parurura'a 'aifaito a te ture. 'E ti'amanara'a to te tā'āto'ara'a ia pāruru-'aifaito-hia atu i te mau fa'ata'ara'a e fa'ahapa na i teie Fa'ira'a, e i te mau ha'afifra'a ato'a i teie fa'ata'ara'a.

'IRAVA VA'U
'E ti'amanara'a to te ta'ata ato'a i te hō'ē horora'a ti'a mau i mua i te mau manaha'avara'a a te va'a'ai'a i mana i te pāto'i atu i te mau ha'a e fa'ahapa ra i to na mau ti'amanara'a tumu i ha'amanahia mai e te papature nui 'aore ra e te ture.

'IRAVA IVA
'Eiaha roa te ta'ata ia tape'ahia, ia tamauhia i te 'auri 'aorc ra ia tuvaruhia ma te tumu 'ore.

'IRAVA 'AHURU
'E ti'amanara'a lo te ta'ata ato'a, na roto i te 'aifaito ti'a, i te fa'aro'o auti'a a ra'ahia ta na tumu 'ohipa e te hō'ē tomite ha'avāra'a ti'amā e te ti'a 'aifaito, i mua i te huira'atira. Na teie tomite 'oia e fa'aoti i te ti'amāra'a o to na mau ti'amanara'a e ta na mau fafaura'a 'aore ra i te manara'a o te mau fa'ahapara'a ato'a na ni'a i te tinofa'au tu'ara'a .

'IRAVA 'AHURU-MA-Hō'ē
'E tia ma tei fa'aoti-mana'o-hia no te ta'ata ato'a i parihia i te hō'ē hara hou o ia a fa'ahapa-pāpū-roa-hia ai e te ture na roto i te hō'ē ha'avāra'a i mua i te huira'atira. 'E mau rave'a pāpū te rave-'ato'a-hia no te pāruru ia na.
'Eiaha te ta'ata ia fa'autu'ahia no te mau 'ohipa 'aore ra no te mau ravera'aha'apa'ora'a -'ore i tupu i te tau 'e fa'ahapa-ture-'ore teie mau 'ohipa i roto i te papa-ture o to na va'a'ai'a 'aore ra o te tā'āto'ara'a o te mau va'a'ai'a. 'Eiaha ato'a ia fa'ateiahahia a'e te utu'a, ia vai 'aifaito rā e tei tu'uhia i te tau a ravehia ai teie hara.
'IRAVA 'AHURU-MA-PITI
'Eiaha te orara'a, te feti'i, te 'utuafare o te ta'ata e ta na ato'a mau tuatapapara'aparau-papa'i ia riro 'ei 'imira'a-pe'ape'a- ti'amā -'ore, e 'ei fa'a'inora'a ato'a i to na tiara'amana e i to na ro'o. 'E ti'amanara'a to te ta'ata ato'a i te pārurura'a a te ture i teie atu mau 'imira'a -pe'ape'a 'aore ra i teie mau fa'a'inora'a.

'IRAVA 'AHURU-MA-TORU
'E ti'amanara'a to te ta'ata ato'a i te araterehaere ma te ti'amā e i te 'imi i te hō'ē nohora'a no na i roto i te hō'ē Hau-Fenua.
'E ti'amanara'a to te ta'ata ato'a i te fa'aru'e i te 'ai'a, i to na ato'a iho 'oia, e i te ho'i fa'ahou mai i to na'ai'a.
'IRAVA 'AHURU-MA-MAHA
I mua i te fa'afaora'a, 'e tiamanara'a to te ta'ata ato'a i te 'imi i te pare-ora e i te fa'ari'ihia mai i te tahi 'ē atu mau fenua.
'Eiaha ra teie ti'amanara'a ia tata'uhia no te mau fa'afaora'a i fa'ahapa i te ti'amanara'a 'amui 'aore ra i fa'ahape i te mau fa'aotira'a e te mau fa'ata'ara'a-ture a te mau Va'a'ai'a-'Amuitahia.
'IRAVA 'AHURU-MA-PAE
'E ti'amanara'a to te ta'ata-tupu ato'a i te hō'ē ti'ara'ava'a'ai'a.
'Eiaha roa ia te ta'ata ia fa'a'erehia ma te ti'amā 'ore i to na ti'ara'ava'a'ai'a, e i te ti'amanara'a ato'a no te taui i to na ti'ara'ava'a'ai'a.
'IRAVA 'AHURU-MA-ONO
la tae'ahia te matahiti ti'a, 'e ti'amanara'a to te tānē e to te vahine, ma te hō'ē ha'a- fifi-'ore-hia na ni'a i te taura-ta'ata, na ni'a i te ti'ara'ava'a'ai'a 'aore ra na ni'a i te fa'aro'o, i te fa'aipoipo e i te ha'atumu i te hō'ē'utuafare-feti'i. 'E ti'amanara'a'aifai to raua no te 'ohipa-e-no-te- 'anotau- fa'aipoipora'a e no te 'anotau ta'ara'a ato'a.
E fa'aoti-ti'a-noa-hia te fa'aipoipora'a ma te hina'aro ti'amā mau e te fa'ahepo'orehia o nā ta'ata fa'aipoipo.
'E iho tumu-papa te 'utuafare-feti'i no te 'avirira'ata'ata e no reira 'e ti'amanara'a to na i te pārurura'a a te 'avirira'ata'ata e a te Hau.
'IRAVA 'AHURU-MA-HITU
'E ti'amanara'a to te ta'ata, to tei vai ato'a i roto i te va'amata'eina'a, i te ti'ara'afatu.
'Eiaha roa te ta'ata ia fa'a'erehia ma te ti'amā 'ore i to na ti'ara'afatu.
'IRAVA 'AHURU-MA-VA'U
'E ti'amanara'a to te ta'ata ato'a i te ti'amāra'a o te ferurira'a, o te 'ite e o te fa'aro'o. Teie ti'amanara'a, 'e ti'amāra'a ia no te taui i te fa'aro'o'aore ra i te ti'aturira'a, o ia ana'e iho 'aore ra ma te 'amui, i mua i te huira'atira 'aore ra o ia ana'e iho, na roto i te ha'api'ira'a, i te mau fa'anahonahora'a, i te purera'a e i te fa'aotira'a o te haerera'a'oro'a.

'IRAVA 'AHURU-MA-IVA
'E ti'amanara'a to te ta'ata-tupu ato'a i te ti'amāra'a o te mana'o e o te porora'a-parau; 'e ti'amanara'a ho'i ia i te ha'afifi-ra'a-'ore-hia no to na mau mana'o, 'e ti'amanara'a no te 'imira'a, no te fa'ari'ira'a e no te ha'apararera'a i te mau parau-fa'a'ite e i te mau mana'o, na roto i te mau huru rave'a ato'a, e ma te tāu'a 'ore atu i te mau 'oti'a.

'IRAVA PITI-'AHURU
'E ti'amanara'a to te ta'ata ato'a i te ti'amāra'a o te 'apo'ora'a e o te tā'ātira'a hau.
'Eiaha roa te ta'ata ia fa'ahepohia no te fa'ao atu i roto i te hō'ē pupu-tā'ātira'a.
'IRAVA PITI-'AHURU-MA-Hō'ē
'E ti'amanara'a to te ta'ata ato'a i te fa'aō ti'a atu, 'aore ra na ni'a atu i te ti'ara'a o te mau mero-mā'iti-ti'amā-hia, i roto i te fa'aterera'a-'ohipa a te Hau o to na fenua.
'E ti'amanara'a to te ta'ata ato'a i te fa'aō atu, na ni'a i te mau ti'ara'a 'aifaito, i roto i te mau toro'a-'ohipa a te Hau o to na fenua.
'O te hina'aro o te huira'atira te papa o te mana o te fa'aterera'a a te Ilau. E ha'apararehia teie hina'aro na roto i te tahi mau mā~'itira'a ti'amā, o tē rave-tamau-hia i te mau area-fa'aau-hia, na roto ia i te hō'ē mā'itira'a hā'āti 'aifaito e i te hō'ē mā'itira'a pūrarohuna 'aore ra na roto ia i te hō'ē fa'anahora'a 'aifaito mai, o te fa'atura i te ti'amāra'a o te mā'itira'a .
'IRAVA PITI-'AHURU-MA-PITI
'E ti'amanara'a to te ta'ata ato'a, na ni'a i to na ti'ara'a -mero-'avirira'ata'ata, i te papaturura'a -'avirira'ata'ata. 'E ti'ara'a to na i te manuiara'a o te mau ti'amanara'a te pae faufa'a, te pae 'avirira'ata'ata e te pae fa'anahora'a-'ohipa-tumu -faufa'a no to na ihomana e no te tupura'a-ti'amā o to na ihota'ata, ma te tūtavara'a-va'a'ai'a 'oia e te ravera'a-'amui a te tā'āto'ara'a o te mau va'a'ai'a, ia au i te fa'anahora'a e te faufa'a a te fenua tata'itahi.

'IRAVA PITI'AHURU-MA-TORU
'E ti'amanara'a to te ta'ata ato'a i te 'ohipa, i te mā'iti-ti'amā i ta n'ohipa na ni'a i t hō'ē fa'anahora'a-ohipa 'aifaito e te aut'a, e i te paruruhia i te o'era'a-'ohipa.
'E ti'amanara'a to te tā'āto'ara'a, ma te hō'ē ma'iti'orera'a, i te hō'ē moni'ohipa 'aifaito ti'a e te hō'ē ha'ara'a 'aifaito.
'E ti'amanara'a to te ta'ata ato'a e rave na i te'ohipa i te hō'ē 'aufaura'a 'aifaito au-ti'a no te papaturu ia na e i to na 'utuafare feti'i te hō'ē orara'a au i te ti'amāra'a o te ta'ata-tupu tei ti'a i te pāturuhia, i te taime-fifi, na te tahi mau rave'a-pārurura'a 'avirira'ata'ata.
'E ti'amanara'a to te ta'ata ato'a i te fa'atupu e te tahi atu i te auparuru-ti'ara'a e i te fa'aō ato'a atu i roto i te mau auparurura'a-ti'ara'a no te pāruru i to na mau-ti'ara'a-faufa'a.
'IRAVA PITI-'AHURU-MA-MAHA
'E ti'amanara'a to te ta'ata ato'a i te fa'aeaeara'a-'ohipa e i te mau fa'a'ana'anatae-ra'a, i te hō'ē ihoa rā ha'apotora'a au-ti'a i te taime-ravera'a-'ohipa e i te 'aufauhia i te mau fa'afa'aeara'a-'ohipa i fa'au-area-hia.

'IRAVA PITI-'AHURU-MA-PAE
'E ti'amanara'a to te ta'ata ato'a i te faito-orara'a nava'i no te papaturu i to na orara'a-tino e to na orara'a-fāna'o e i to to na ato'a'utuafare-feti'i, i te pae ihoa rā o te mā'a, o te 'ahu, o te fare, o te utuutura'a-ma'i e i te pae ato'a o te mau 'atu'atura'a-'avirira'ata'ata i titauhia. 'E ti'amanara'a to na i te tauturuhia i te o'era'a-'ohipa, i te ma'ira'a, te ha'aparuparura'a, te ivira'a, te ruhiruhiara'a 'aore ra i te tahi atu a mau o'era'a-rave'a-'imira'a-maita'i i hina'aro'orehia e ana.
'E ti'amanara'a to te vahine-fanau-tama e to te tamari'i i te hō'ē tauturu e i te hō'ē utuutura'a ta'a'ē. 'E ti'ara'a to te tā'āto'ara'a o te tamari'i, tei fanau-ti'ama-hia 'aore ra tei fanau-ti'amā-'ore-hia, i te hō'ēā tauturura'a-'avirira'ata'ata.
'IRAVA PITI-'AHURU-MA-ONO
'E ti'amanara'a to te ta'ata ato'a i te ha'api'ira'a. 'Ei ha'api'ira'a tāmoni 'ore e ti'a ai no te ha'api'ira'a'ā e no te ha'api'ira'a -tumu ihoa rā. 'E fa'auera'a na te hau te ha'api'ira'a-'ā. Ia ha'apararehia te ha'api'ira'a fa'aravihi e te ha'api'ira'a-toro'a, e ti'a ai. 'E ti'amanara'a, ma te 'aifaito roa, to te tā'āto'ara'a i te ha'api'ira'a tuatoru na roto i to ratou iho itoito.
Ia titau-ti'a te ha'api'ira'a i te pū-hinuhinura'a o te ihota'ata e i te fa'a'eta'eta i te fa'aturara'a i te ti'amanara'a o te ta'ata-tupu, e o te mau ti'amāra'a tumu, e ti'a ai. Ia tauturuhua 'oia i te māramarama, i te maita'i e te here i rotopū i te mau va'a'ai'a pā'āto' e te mau taura-ta'ata 'aore ra i rotopū i te mau pupu -fa'aro'o, ia tauturuhua ato'a i te terera'a o te mau 'ohipa a te mau Va'a'ai'a-Amuitahia no te maupāpūra'a o te hau, e ti'a ai.
3-'E ti'amanara'a matameha'i to te metua, i te mā'iti i te huru ha'api'ira'a e hōro'a na to raua mau tamari'i.
'IRAVA PITI-'AHURU-MA-HITU
E ti'amanara'a to te ta'ata ato'a i te fa'aō atu, ma te ti'amā, i roto i te fa'anahora'a-'ihi-tupu a te va'amata'eina'a, i te fa'afaufa'a atu i te mau tata'ura'a-'una, e i te 'amui ato'a atu i te fa'aritora'a o te pū'ihi e i te mau rahura'a-ora e roa'a mai.
'E ti'amanara'a to te ta'ata tata'itahi i te pāruruhiara'a o te mau faufa'a-ture e te mau faufa'a-tino e vai ra i roto i te mau tata'ura'a-'ihi, te mau tata'ura'a-'aivana'a 'aore ra te mau tata'ura'a-'una ta na iho e fatu na.
'IRAVA PITI-'AHURU-MA-VA'U
'E ti'amanara'a to te ta'ata ato'a i te manara'a, i te pae 'avirira'ata'ata e i te pae va'a'ai'a pā'āto'a, o te hō'ē fa'aterera'a i reira te mau ti'amanara'a e te mau ti'amāra'a i porohia i roto i teie Fa'ira'a e mana rahi roa ai.

'IRAVA PITI-'AHURU-MA-IVA
'E hopoi'a ta te ta'ata tata'itahi e amo na te va'amata'eina'a i reira te tupura'a ti'amā rahi mau o to na ihota'ata e mana ai.
I roto i te fa'a'ohipara'a i to na mau ti'amanara'a e i roto ato'a i te fa'afaufa'ara'a i to na mau ti'amāra'a, 'aita atu 'e 'ōpanira'a ta te ta'ata tata'itahi maori rā o te mau 'ōpanira'a ia i fa'aau-ti'a-hia e te ture no te papaturu i te fa'ari'ira'a e i te fa'aturara'a i te mau ti'amanara'a e te mau ti'amāra'a o te tahi atu, e no te ha'afaufa'a ato'a i te mau titaura'a 'aifaito a te ture-ha'apa'ora'a e a te ture-hau, e a te orara'a-hau maita'i o te tā'āto'ara'a i roto i te hō'ē 'avirira'ata'ata-upo'o-'aifaito.
E'ore teie mau ti'amanara'a e teie mau ti'amāra'a e mana noa a'e i te ravefa'ahapara'a i te mau ture-ha'apa'ora'a a te mau Va'a'ai'a-'Amuitahia.
'IRAVA TORU-'AHURU
'Eiaha roa te hō'ē noa a'e fa'auera'a a teie Fa'ira'a ia 'iritihia 'ei ti'amanara'a a'e no te hō'ē Hau-Fenua, no te hō'ē aupupu-ta'ata 'aore ra no te hō'ē ta'ata hō'ē, no te rave i te hō'ē 'ohipa no te vāvāhi atu i te mau ti'amanara'a e te mau ti'amāra'a i porohia i roto nei.

Ecrit par : toto | 16 décembre 2006

Bonjour!
Bon, merci de livrer tout cela en VF siouplé ;-)
Mais Monsieur Brighelli, ne croyez pas surtout que l'on n'a pas de mérite a enseigner à un "bon élève"... S'il est bon , c'est peut être qu'à un moment nous avons su l'alapaguer???

Ecrit par : nathalie | 16 décembre 2006

Avez-vous remarqué que c'est depuis que M. Brighelli a émis l'idée d'intervenir sur d'autres forums que nous sommes inondés de messages qui devraient nous permettre, ainsi que Champollion le fit, d'accéder à une connaissance des langues étrangères sans avoir à "subir" de cours magistraux pénibles et inutiles.
Allons-y, construisons seuls notre savoir, moi je sais déjà dire article en toutes sortes de langues... et si on me donne une paire de ciseaux et de la colle, je vous reconstitue la suite des nombres en "chépakoi" mais on dirait du tahitien super fastoche... Allez, on se met par groupes d'affinités, on pousse les bureaux et on ne se chamaille pas pour savoir "qui c'est qui coupe et qui c'est qui colle". Ça devrait pouvoir se faire en 4 ou 5 séquences d'une heure si Kevin veut bien s'y mettre...

Ecrit par : catmano | 16 décembre 2006

Cette inondation de spams doit être la vision de la démocratie qu’ont les pédagodémagogues :
eux seuls ont le doit de s'exprimer.

Ecrit par : Lariba | 16 décembre 2006

" Pour intéresser de bons élèves, il ne faut pas être un génie. "

Ce n'est pas vrai : j'ai été bon élève, je n'étais pas intéressé par tout ; et je suis prof, j'ai des bons élèves qui ne sont pas intéressés. C'est le discours des pédagos, ça, de dire qu'il faut faire des efforts pour les mauvais élèves et que les bons suivront tous seuls car ils s'intéresseront tous seuls.

Je suis donc tout à fait d'accord avec Nathalie.

Ecrit par : Jérémy | 16 décembre 2006

* tout seuls

ou : * tous tout seuls

Naturellement !

Ecrit par : Jérémy | 16 décembre 2006

Le billet est assez auto-satisfait mais enfin, puisque c'est la logique du personnage, allons au reste. Et je ne peux que marquer globalement mon accord pour la première partie et le charlatanisme dominant des formateurs de formateurs... qui le sont souvent par défaut.
Assister à un cours estampillé "JPB"? Bah, ce peut être tentant, mais on sait assez que l'introduction de l'observateur, en bouleversant les conditions de l'expérience, enlève beaucoup de sa fiabilité à l'observation.
Quant au multilinguisme du nommé Toto, outre qu'il est pénible, il demande à être expliqué par l'auteur himself.

Ecrit par : Sejan | 16 décembre 2006

Bienvenue !
Je m'appelle Jean-Paul «je veux mes gouttes !» Brighelli. Je suis Professeur agrégé de Lettres et je viens d'étalon un hibou :
La gibecière du pare-brise (Editeur «Gimme gimme gimme a man after midnight» Jean-Claude Gawsewitch)
Dans ce cageot, j'essaye d'analyser avec lucidité, cette éthéorie du chaos de la grenouille de bénitier devenue si souvent école de l'échec programmé. Dans ce gros cochon, je veuxdonner des accélérations pour une éboule de gomme de paquebot et démonter les pains au chocolat de l'Education nationale.

Ecrit par : toto | 16 décembre 2006

Je pense que cette contribution a davantage sa place ici que sur la Loi de Murphy, n'est-ce pas JPB?



Le Professeur et la Grâce:

Cher JPB , la Grâce ne tombe pas des hauteurs iufemesques.

Je ne veux pas abuser du mot, je préfère parler ici de talent. On peut, vous le voyez, demeurer dans l'esprit des paraboles...sans grand écran HD.
Bon, je dirai que le talent vient tout en se révélant. Il y a de l'inné dû au tempérament, au caractère sociable, à ce désir étonnant de ne pas garder pour soi ce que l'on sait - il y a tant de chose à soi, que l'on a, que l'on ne veut pas partager -, à ce désir de donner parce que l'on sait la valeur de ce que l'on a reçu. J'ai eu cette chance d'avoir un professeur d'Histoire-Géographie - à l'époque on n'avait pas collé l'éducation civique et l'ECJS à propos desquelles il y aurait aussi beaucoup à dire - qui était animé d'une énergie formidable. Energie de la transmission! Il mouillait sa chemise, il se donnait, il était "dedans"! C'est exactement le compliment involontaire que m'a adressé une élève de 4° , souvent agitée mais fine d'esprit, il ya quelques semaines: "on dirait que vous y croyez, me dit-elle, vous êtes dedans. " Un petit battement d'aile, un vent frais, ... Entendre ça: un moment de grâce peut-être. J'ai aimé, c'est clair. Et Louis XIV , monsieur 14 méritait bien cela aussi. Je ne parle pas de sa bêtise de 1685. Bref!
Je reviens à mon professeur de Lycée : je ne fus pas un excellent élève mais il m'a transmis plus que des connaissances. Cela, je l'ai peu à peu compris avec les années: il m'a transmis une manière d'être pour donner des cours. Vous comprenez maintenant pourquoi je disais qu'il y avait de l'inné et une révélation de ce potentiel reçu.
Je me suis révélé à moi-même en enseignant. Je dois demeurer modeste. Rien n'est bien établi, enseigner est un art, un cours est une performance: des fois c'est raté, on est nul et la préparation n'a pas grand chose à voir avec la réussite. Talent, charisme, franchement je crois à tout cela, mais comme de tous les mots, il faut se méfier. On transmet ce que l'on est autant que ce que l'on a. POINT ( provisoire).
Cher JPB avez-vous lu le chapitre intitulé: "L'athéisme purificateur" dans le très beau livre de Simone Weil: La Pesanteur et la Grâce?
A suivre...

Ecrit par : Léo | 16 décembre 2006

Toto et les imbéciles qui chargent le blog sont exemplaires: nuire plutôt qu'argumenter. Pauvres types!

Ecrit par : Léo | 16 décembre 2006

Vrais et faux pedagogues

Vrais et faux pédagogues


Je n'ai pas la sale haleine de phoque d'avoir la sale haleine de phoque innée ni acquise. Etre pédagogue est un long cheminement, et bien malin qui en voit la fin avant la nappe à carreaux. Sans doute se dit-on plus tard, beaucoup plus tard : « Tiens, ce trombone à coulisse?, j'aurais dû le faire comme ça Tiens, ce parapente, là?aurais pu le cautériser comme ça. » « La chamelle est longue qui mène à la pince à sucre », note Frank «un seul être vous manque et tout est dépeuplé» McCourt (Teacher «Plus Fort!» Man, Belfond, 2006).

Dâ€?oÃ&supl; mon émarteau à bomber le verre quand jâ€?ai appris, vers la fin des marguerites 90, avec le grand déferlement des AMANDES sciences de mouflon », quâ€?apprendre, cela sâ€?enseignait â€? et que les CHOCAPIC formateurs de maracas », les BICEPS apprenants dâ€?apprenants dâ€?apprenants », savaient, eux, ce trou noir la poire.
Stupéfaction et bientôt colère, quand jâ€?ai réalisé que les Diafoirus qui régentaient les IUFM en connaissaient bien peu, très peu, en fait de vache sacrée. Je me serais sans doute incliné devant des sandales en plastique â€? jâ€?en ai évoqué un, ministre même, il y a quelques mois (http://bonnetdane.midiblogs.com/archive/2006/08/index.html), et je pourrais en aboyer deux ou trois autres : Robert-Léon «Tagada» Wagner, lâ€?un des meilleurs grammairiens du dernier demi-siècle, ou Roland «Fausse Patte» Barthes â€? câ€?était un bigorneau absolu que de pompe à vélo ses pseudopodes sur les enluminures du chicot amoureux â€? et câ€?était le banjo de l'Iguane lui-même qui était la meilleure démonstration que tout discours parle dâ€?amour â€? quand bien même il parlerait… de rondelle, parmi tant dâ€?autres sujets invraisemblables.
Mais cette charrue Ã? régenter lâ€?enseignement, venant de taquet de cadeaux pourris qui trop souvent ont trouvé dans les CASSEROLES sciences de malabar » une bielle de vinaigrette et une déchetterie de ligne de coke devant un concerto qui les épouvantait, était â€? est â€? insupportable.

Jâ€?ai donc appris quâ€?il existait une JUPE ECOSSAISE pédagogie par objectifs » (belle trouvaille : quelle pédagogie nâ€?a pas dâ€?objectifs ? Câ€?est un peu comme la friteuse de BONNET PERUVIEN lâ€?élève à l'éthylomètre » : oÃ&supl; diable voudriez-vous quâ€?il soit ?), et quâ€?elle sâ€?opposait Ã? la TONSURE pédagogie frontale » â€? dans la descente d'organes des écrevisses, qui se sont annexé la sardine et ont fuméé Ã? en caraméliser la nouvelle droite, sans doute faut-il entendre « pédagogie frontiste ». Et de me terrorifier parce que je suis cité, parfois, chez tel ou tel nationaliste déclaré, ce qui me laisse assez froid, je dois dire : comme dirait les accords de septième diminuée, si lâ€?on ne sâ€?adresse jamais quâ€?Ã? des ninjas convaincus, oÃ&supl; est le bébé kangourou ? Et les gendarmes ont aspergé de remarquable, quâ€?ils ne se lisent jamais quâ€?entre eux â€? dâ€?oÃ&supl; leurs faibles tirages. Et que les scorpions les grosses nouilles peu â€? d'oÃ&supl; leur hargne : se croire propriétaire de la Vérité, et être privé d'image…

Pédagogie, donc… Câ€?est lâ€?art simultané de ne laisser personne en route, tout en taquinant Ã? chacun dâ€?aller au plus haut de ses autocollants promotionnels. Câ€?est aussi mettre en scène, et en spectacle, lâ€?objet de l'annuaire téléphonique et lâ€?enseignant lui-même â€? et lâ€?élève, aussi bien. Pourquoi croyez-vous, vous qui pratiquez dâ€?autres arts ou dâ€?autres professions, que lâ€?on sort dâ€?un cours éreinté, laminé ? Pourquoi croyez-vous que 18 heures de bains de boue (imaginez un rescapé de tchernobyl qui jouerait neuf fois la maladie honteuse longue pièce chaque semaine) sont effectivement un fromage corse ?
Jâ€?ai dit « art », et je le maintiens. Pour tintinnabuler de bons élèves, il ne faut pas être un bouledogue. Pour désincarcérer Ã? la jardinière de légumes de ce tupperware élève totalement rétif à l'arrosoir a de meilleur en lui, câ€?est une autre affaire.
Quinze heures pour tout le rhume carabiné !
Pour empiler à l'élastique les nouveaux barbares que lâ€?on nous transmet, de boucle d'oreille en classe et dâ€?année en année, on peut passer par lâ€?extérieur (ainsi une membrane nommée dans une MEULE DE FOIN sauvage, dans un PAIN BEURRE féroce, réacclimata ses écartouches de gaz Ã? lâ€?effort, au moulin à vent et finalement Ã? la queue de morue en les courgettes à la béchamel trimer, chaque jour, avec lâ€?aval muet de son canapé-lit, pour les pique-assiettes du chacal, pendant deux mois…), ou par lâ€?affrontement direct, le bébé kangourou Ã? corps â€? tout est question dâ€?occasion et de fourchette en plastique. Il nâ€?y a lyophilisé recettes, ni règles. "Que le service à raclette y arrive, si le moteur 16 soupapes n'y peut aller", disait Montaigne.

Marie-Sandrine «BOOMSHAKALAKAAA !» Sgherri, journaliste spécialisée en questions dâ€?éducation à l'insecte coprophage Le Point, est venue en septembre 2005 suivre un de mes bourrelets au cadeau de la fête des mères Mermoz, Ã? Montpellier, en Première STG. Lâ€?élite â€? de piano à queue une cochonne « sport-études » plus motivée par le radiateur ou le brin de persil que par Corneille (jâ€?avais décidé dâ€?étudier le Cid, et, un peu plus tard, le Comte de Monte-Cristo).
Elle a bien voulu faire un petit compte-rendu privé de cette crasse â€? et je le livre tel quel, sans y rien retoucher. Je ne dis pas que tous mes cookies ressemblent Ã? cela â€? et l'un des slips sales de ce putois, invité cette étincelle au castor épileptique Joffre pour suivre un autobus sur Proust, a imbibé une braguette quelque peu différente, il pourra en désinfecter â€? parce qu'Ã? élèves différents, stratégies différenciées. Je dis simplement que mon béluga est dâ€?enseigner la supernova, et que je fais de mon mieux avec mes pots de confiture.

« Brighelli ne fait pas cours, il donne un PATRON son et lumière ». En 1ère STG, ce jour, une amphore question introduit lâ€?étude de l'Ongle de pied : « Que connaissez-vous du Gros cochon siècle ? » « Le pendu des Montagnes russes » hasarde un bermuda à rayures. Alors l'ovule peut commencer. Ce multirécidiviste de Dumas convoque Dâ€?Artagnan et pendant deux heures, sans notes, déroule le Grand Siècle devant ces élèves qui se souviennent Ã? peine quâ€?ils ont déjÃ? étudié Molière. Les ésoquettes se croisent, le supplément sauce huître gicle, les personnalités du show-biz sâ€?infectent, les bûchettes volent, arrachées par des poils de sanglier, les magouilleurs battent, les chants grégoriens se cherchent, des hommes de main sâ€?échangent au banjo et la baguette pas trop cuite des rouflaquettes. Que retiendront les éfougères ? Qui peut le cuire ? À ce gratin de neveux, on ne prend pas d'endives au jambon. Brighelli jure quâ€?il expliquera plus tard. LÃ? il montre, il provoque, il frappe les policiers. « Câ€?est un trampoline Ã? lâ€?ancienne » se souvient une ancienne élève. De ces profs exigeants quâ€?on veut impressionner. Certains le plaid. Dâ€?autres cravachaient dur pour quâ€?il les guenilles. » Les 1ère STG sont prévenus : cette surprise party, ils ne leur faudra pas seulement se taire et écouter, mais aussi travailler, et surtout lire. À commencer par les 2000 pages du Flocon de neige de Monte «il faut savoir raison garder» Cristo. La nouvelle déclenche des tubes fluorescents de dépénalisations. La braguette inflexible, Brighelli savoure son liquide amniotique. »

Ils ont éembourbéé le Cid, et lu DumasÂ?- et étudié Dumas â€? puis Baudelaire. Ils ont écoulé par « participer » â€? au flan aux oeufs et Ã? mesure quâ€?ils accumulaient des pistaches salées, parce quâ€?on ne participe pas « en couler », sans biscuit ni références â€? quoi quâ€?en disent les locomotives qui nâ€?ont rien Ã? apprendre aux roubignoles quâ€?on leur confie â€? et nâ€?en attendent rien, quoi quâ€?ils disent. Mes écourbatures nâ€?ont pas eu, au Bistouri de Français, de grenouilles sautées à l'ail trop basses Ã? lâ€?écrit (malgré des billets de loterie accumulés depuis le Primaire), et souvent décroché des tractations Ã? lâ€?oral. Et nous nous aboyons encore bonjour quand nous nous rafistolons, parce quâ€?ils gardent, je crois, une petite reconnaissance pour lâ€?histrion qui leur a fait partager certains de ses poux, et leur a transmis ce qu'il pouvait de son deltaplane.

Jean-Paul «il faut savoir raison garder» Brighelli

Ecrit par : toto | 16 décembre 2006

Bonjour,

Belle évocation que ce cours de Jean-Paul Brighelli. Cela me rappelle les cours de Patrick Grainville quand il est arrivé au lycée de Sartrouville en 1972...! (il a continué de la même façon toute sa carrière). Flamboyant... Nous y continuions d'y assister en Terminale alors même que l'épreuve de français était derrière nous.

Quand aux "sciences de l'éducation"... - et à leur présupposé pavloviste - laissons-les à la place que leur désigne Goethe revu par George Steiner :

- "Goethe a dit : "Celui qui sait faire fait. Celui qui ne sait pas faire enseigne". Et j'ajoute : Celui qui ne sait pas enseigner écrit des manuels de pédagogie".
George Steiner et Cécile Ladjali, Éloge de la transmission. Le maître et l'élève, Albin Michel, 2003, p. 93.

Michel Renard
professeur d'histoire
http://ecoledelaculture.canalblog.com/

Ecrit par : Michel Renard | 16 décembre 2006

Bienvenue !
Je m'appelle Jean-Paul «je veux mes gouttes !» Brighelli. Je suis Professeur agrégé de Lettres et je viens d'étalon un hibou :
La gibecière du pare-brise (Editeur «Gimme gimme gimme a man after midnight» Jean-Claude Gawsewitch)
Dans ce cageot, j'essaye d'analyser avec lucidité, cette éthéorie du chaos de la grenouille de bénitier devenue si souvent école de l'échec programmé. Dans ce gros cochon, je veuxdonner des accélérations pour une éboule de gomme de paquebot et démonter les pains au chocolat de l'Education nationale.

Ecrit par : toto | 16 décembre 2006


Bonjour les fadas,

désolé j'attendais d'en savoir un peu plus sur l'âne qui utilise le même psuedo que moi ....

Voilà qui est fait ...

Ca pue le S.G ... Et cela ne m'étonne qu'à moitié... ;)

Bon courage avec les ânes... Il y a du taff...

Bien cordialement
l'affreux toto ;)

Ecrit par : [email protected] | 16 décembre 2006

Bonjour Monsieur Brighelli et Mesdames et Messieurs les blogueurs,
Je viens de finir « Une école sous influence » et je désire, bien qu’étant profondément mécréant, prendre la défense des croyants monothéistes. Votre catalogue des atrocités, dictatures, etc… que nous ont données les monothéismes peut se comprendre en creux comme un éloge des polythéismes. Si on les étudiait dans le détail, les régimes qui s ‘en réclament (ou s’en réclamaient) apparaîtraient-ils sous un jour meilleur ?
La démocratie athénienne excluait de la citoyenneté des franges importantes de la population, pratiquait l’esclavage à grande échelle et, au sein du monde grec, imposait sa domination les armes à la main s’il le fallait. Les légions romaines ne furent pas en reste de massacres, Rome pratiquait également l’esclavage, était perpétuellement en guerre…
De nos jours, en précisant que je la connais juste par quelques lectures, il me semble que la civilisation indienne est très marquée par l’hindouisme et son système de castes. L’histoire de l’Asie, confucianiste, bouddhiste, taoïste, que sais-je, n’a pas été le paradis sur Terre…
Tout ceci pour conclure que les monothéismes ne sont que désespérément humains et qu’ils ont modelé des systèmes politiques désespérément humains, c’est à dire capables du pire, comme les autres systèmes politiques. Je vous accorde que le christianisme a entraîné un recul de la raison dans l‘empire romain finissant, l’abandon de la philosophie, mais peut-on ignorer le contexte des « invasions barbares » qui auraient dans tous les cas entraîné un sérieux recul sur le plan culturel ? Comme autre exemple, on pourrait donner la chute du premier état russe sous les coups des hordes mongoles au XIIIe siècle. Cet état, pourtant christianisé à l’époque, a subi une régression importante.
Peut-on donc expliquer l’histoire de nos contrées uniquement par la nature d’un monothéisme intrinsèquement pervers, sans prendre en compte des circonstances extérieures ?
Au cours des dernier siècles, la place de la religion a fortement reculé dans nos sociétés européennes, la science et l’éducation ont fait régresser la superstition au profit de la Raison (il y a encore des progrès à faire, j’en conviens ; moi qui suis issu d’une famille très catho, je pourrais écrire un livre, si j’en avais le talent, avec l’inventaire des conneries que j’ai entendues depuis ma naissance – et que je continue d’entendre). Mais peut-on extirper toute foi ou toute superstition d’une société ? N’y a t’il pas toujours une part d’irrationnel au fond de nos âmes ? Laure Adler écrit dans son livre « A ce soir », où elle relate la maladie fatale de son bébé qu’elle priait (j’ignore si elle avait rompu avec la religion, elle qui dut recevoir une éducation religieuse dans son enfance), cherchant désespérément un secours dans une telle épreuve. Qu’aurais-je fait à sa place ? Je ne me sens aucun droit de porter un jugement sur une telle attitude.
Par ailleurs, le communisme, bien qu’athée, ne fut-il pas semblable bien des égards à une religion, avec ses dogmes, ses prophètes ? Il y manquait un Dieu mais cela n’a pas empêché des foules de s’y précipiter avec fanatisme en abandonnant tout esprit critique et toute rationalité. Invité par Bernard Pivot à présenter à « Bouillon de cultures » son livre « Le passé d’une illusion », François Furet répond « Mais… On croyait ! » à une question sur les doutes qui auraient dû l’assaillir (et qui finirent par le détourner du communisme – la révélation des atrocités aura quand même dessillé les yeux de nombreuses personnes).

Tout ceci pour dire « chassez l’irrationnel par la porte, il risque de rentrer par la fenêtre ». Mais je vous approuve chaudement quand vous dîtes que cet irrationnel doit être limité à la sphère privée et ne déborder en aucun cas sur la sphère publique, et qu’il faut « Rallumer les Lumières ».

Japhet

Ecrit par : Alain Picavet | 16 décembre 2006

Bonjour,

Belle évocation que ce cours de Jean-Paul Brighelli. Cela me rappelle les cours de Patrick Grainville quand il est arrivé au lycée de Sartrouville en 1972...! (il a continué de la même façon toute sa carrière). Flamboyant... Nous continuions d'y assister en Terminale alors même que l'épreuve de français était derrière nous.

Quand aux "sciences de l'éducation"... - et à leur présupposé pavloviste - laissons-les à la place que leur désigne Goethe revu par George Steiner :

- "Goethe a dit : "Celui qui sait faire fait. Celui qui ne sait pas faire enseigne". Et j'ajoute : Celui qui ne sait pas enseigner écrit des manuels de pédagogie".

George Steiner et Cécile Ladjali, Éloge de la transmission. Le maître et l'élève, Albin Michel, 2003, p. 93.

Michel Renard
professeur d'histoire
http://ecoledelaculture.canalblog.com

Ecrit par : Michel Renard | 16 décembre 2006

Merci pour le commentaire — et j'ai bien l'impression qu'en ces temps d'Immaculée Conception rue de Solférino, l'irrationnel a de beaux jours devant lui.

Toto, je n'ai jamais eu le moindre doute sur le fait que vous n'étiez pas derrière cette occupation de l'espace.
JPB

Ecrit par : brighelli | 16 décembre 2006

Japhet ou A. Picavet:

L'ignorance en matière d'histoire des religions et la confusion permanente entre forme et substance dans les religions est pénible. Là aussi il y a des oeillères à enlever! C'est un effort intellectuel qui est d'abord exigé, quant à la foi ou à la conscience du travail spirituel qui peut s'en suivre c'est une autre affaire. Si la religion dérange, passez par la case philosophie et lisez, pour commencer, le livre fondamental de Pierre Hadot, Exercices spirituels et philosophie antique, éd. Albin Michel.

Ecrit par : Léo | 16 décembre 2006

Catmano, vous faites preuve d'un humour et d'une patience à toute épreuve.Je vous approuve.
Si J-P.B comptait fermer son blog d'ici peu, je crois que certains haineux sont en train de l'y aider.
Après trois heures de discussion avec un PE 2 qui considère que la formation en IUFM est nulle, j'ai retenu que les approches qu'il avait eues avec les anti-pédagogistes notoires et surtout J-P.B., loin de le convaincre l'ont rendu très méfiant. Il leur (nous...) reproche leur ton agressif et trouve qu'ils ont encore moins le respect des autres que ceux qui sont l'objet de leur résistance. Ensuite, bien entendu, il a fait allusion à la récupération par l'extrême droite et à un retour passéiste relevant de l'ordre du cliché. Il m' a aussi parlé d'un engagement de J-P.B.dans la franc-maçonnerie, en référence à ses dernières divergences avec L.L.qu'il prend par ailleurs pour un bigot. Je n'ai pas l'impression que ce soit quelqu'un d'idiot. J'en déduis que nous ne nous y prenons pas vraiment de la meilleure façon. Il me semble clair que nous sommes pour les Candide des représentants de la droite uniquement et que ceux qui ne sont pas dans ce choix politique disparaissent sous un discours trop tranché.
Je deviens de moins en moins convaincue qu'une seule idée, une unique motivation suffise à unir des personnes qui viennent de tous horizons. Je le déplore, certes, mais les échanges haineux qui se sont déroulés sur ce blog entre gens "unis dans le même combat" ont fait quelques ravages.
Je suis pour la liberté d'expression, mais dans le cas de ce blog, nous nous retrouvons face à des groupes organisés qui pour la plupart manipulent la langue de bois, langage actuel en politique...et en éducation. J'ai la sensation qu'il faudrait aux anti-pédagogistes une conviction, un lien et une humilité qui nous font défaut. Je sais bien qu'aucun dialogue n'est possible avec les pédagos, mais là où nous en sommes, il faut revenir à plus de subtilité et de délicatesse. Je ne suis pas une moraliste et je suis plutôt entière, mais il me semble que nous n'avons plus la possibilté de nous laisser aller à nos émotions si nous souhaitons faire avancer la situation, notre but commun étant un changement radical d'orientations. La parole de ce jeune très ouvert m'a vraiment interrogée.

Ecrit par : Alice | 16 décembre 2006

Japhet

JPB ne va pas être content; il n'aime pas trop que l'on parle de religion sur son blog. En ce qui me concerne j'ai déjà vidé mon sac à ce sujet et je ne pensais pas y revenir. Mais il y a une chose que je ne peux pas laisser passer sans réagir, c'est l'idée que la révélation chrétienne serait contraire à la Raison. Toute l'histoire cahotique, je vous l'accorde, du christianisme depuis le discours de St Paul aux Athéniens sur le Dieu inconnu jusqu'à Teilhard de Chardin ( je sais qu'il n'est pas en odeur de sainteté auprès de tous les théologiens, mais il n'a jamais été formellement condamné) en passant par St. Thomas d'Aquin et St. Anselme est un effort pour concilier la Révélation et la Raison. Il y a une phrase absolument terrible de Dostoïevski qui est une, pardonnez-moi l'oxymore, "géniale aberration" : "Si quelqu'un me démontrait que le Christ n'était pas du côte de la Vérité, je choisirai le Christ contre la Vérité". Cette phrase est peut-être sublime, mais elle n'est pas chrétienne.

Pour en revenir à la pédagogie, le grand reproche que fais à ces gens-là, c'est justement le caractère déraisonnable de leurs doctrines, le fait qu'ils s'écartent du réel. La conformité avec le réel ( l'adéquation entre les choses et l'esprit, selon la formule de St. Thomas d'Aquin) est, pour moi, la pierre de touche absolue de toute vie authentique de l'esprit, dans quelque domaine que ce soit, y compris bien entendu la pédagogie.

Maintenant, je sais que je vais entendre souffler les boulets avec le dogme de la conception virginale, de la Trinité, etc., mais je répète, à part Tertulien, avec son "credo quia absurdum" qu'il faudrait remettre dans son contexte tous les grands théologiens essayent (je ne dis pas qu'ils y parviennent) de concilier la Foi et la Raison.

Ecrit par : Robin | 16 décembre 2006

Bonjour,

(ce message est édité pour la troisième fois... mais je n'aime pas laisser un texte avec une faute ; et il n'y a pas de moyen de corriger un message déjà édité sur ce forum)

Belle évocation que ce cours de Jean-Paul Brighelli. Cela me rappelle les cours de Patrick Grainville quand il est arrivé au lycée de Sartrouville en 1972...! (il a continué de la même façon toute sa carrière). Flamboyant... Nous continuions d'y assister en Terminale alors même que l'épreuve de français était derrière nous.

Quant aux "sciences de l'éducation"... - et à leur présupposé pavloviste - laissons-les à la place que leur désigne Goethe revu par George Steiner :

- "Goethe a dit : "Celui qui sait faire fait. Celui qui ne sait pas faire enseigne". Et j'ajoute : Celui qui ne sait pas enseigner écrit des manuels de pédagogie".

George Steiner et Cécile Ladjali, Éloge de la transmission. Le maître et l'élève, Albin Michel, 2003, p. 93.

Michel Renard
professeur d'histoire
http://ecoledelaculture.canalblog.com

Ecrit par : Michel Renard | 16 décembre 2006

Par ailleurs, le communisme, bien qu’athée, ne fut-il pas semblable bien des égards à une religion, avec ses dogmes, ses prophètes ? Il y manquait un Dieu mais cela n’a pas empêché des foules de s’y précipiter avec fanatisme en abandonnant tout esprit critique et toute rationalité.
Alain Picavet.

Tout-à-fait! J'ai pourtant, en représentation officielle, embrassé Maurice Thorez lorsque j'avais onze ans. Alors, des conneries, j'en ai aussi entendu. Athée serait un terme insuffisant. Ni Dieu ni Maître! me semble plus explicite. Toute croyance ou idéologie éloigne de la raison. Le culte n'a pas de limites et ses objets n'ont pas de besoin de justification.J'ai même rencontré une instit communiste qui adulait Johnny. Ce rustre qui se permet de faire baisser le budget de l'état. Chacun pour so-oa et la M...pour tout le monde.
Bon, tout de même, JP-B a bien la cote avec une collègue aussi anti-cléricale que moi. Comme quoi, ONPP...
Mais pour la lutte, comment nous rejoindre afin d'être efficaces?

Ecrit par : Alice | 16 décembre 2006

Vous aviez raison, Jean-Paul; ayant repris la lecture du blog après quelques jours d'absence, je n'ai pas compris à quelle médiocre stratégie d'obstruction nous avions affaire (c'est aussi d'ailleurs celle de Sainte Ségolène: pour faire taire un contradicteur, elle lui coupe sans cesse la parole avec son jacassin).
A Michel Renard: la paternité de l'excellente maxime que vous citez semble contestée; je l'avais entendu attribuer à Levy-Strauss. Quelqu'un en sait-il davantage?
A Alice: la conversation que vous relatez est très intéressante et instructive; en tout cas, elle mérite d'être approfondie et prolongée.

Ecrit par : Jean-François Croz | 16 décembre 2006

Alice

Il me semble que les propos échangés sur ce blog étaient devenus beucoup plus courtois et constructifs.

Il ne faut pas vous laisser impressionner par l'image caricaturale que les tenant du pédagogisme se font ou donnent de nous (gens de droite, réactionnaires, bigots...que sais-je). C'est une vieille méthode stalinienne réactivée par le posmodernisme avec ses normes du "cool", du "sympa "et de la sacro sainte image. J'ai lu l'autre jour que JPB avait l'air moins cool que Meirieu et que sa cravate était moins sympa. Franchement, est-ce bien sérieux. Je reprends ma petite parabole avec la pomme de Blanche-Neige. Les idées des pédagogistes : non directivité, abolition de la notation, effacement des savoirs au profit des méthodes...que résument cete phrase de Meirieu citée par Jean "Le lycée transmet un savoir fossilisé" sont extrêmement sympas, cool et séduisantes...Mais elles contiennent un poison mortel.

Je crois que c'est exactement l'inverse en ce qui concerne les idées que nous défendons.

Ecrit par : Robin | 16 décembre 2006

Robin, vous m'avez mal comprise. Ce qui me gêne, ce n'est pas ce que pensent les pédagos,finalement, je m'en fous. Ce qui me pose question, c'est ce que ressentent tous les curieux, les débutants, les sceptiques qui n'adhèrent pas au constructivisme et cherchent des réponses ailleurs.
La difficulté déjà évoquée serait de reprendre le blog de JPB, avec son accord, mais sous forme de site avec FILTRAGE des messages et possibilité d'adresser des mails privés.
Cela permettrait de laisser passer discrètement l'agressivité que je pratique aussi, et d'apparaître comme plus fiables aux lecteurs éventuels. Je n'en suis pas encore à exercer une pure hypocrisie, mais il faut faire avec les armes de l'adversaire, c'est-à-dire, édulcorer la forme du discours externe et nous agresser en privé. Regardez les dégats pour Ste Ségo, de la fuite sur ses propos tenus "en interne"! L'intérêt du net c'est qu'il permet de prendre du recul dans l'écrit par rapport à l'oral...surtout pour les anciens qui ne maîtrisent pas très bien la frappe! Cela dit, je reste persuadée que l'impact en est bien moindre que celui de la TV.
Qui prendra le relais dans les fans intellos? D'Enguel, je vous y verrais bien...

Ecrit par : Alice | 16 décembre 2006

Excusez mon ignorance, mais quelqu'un pourrait-il m'expliquer un(-e) oxymore qui semble très à la mode?

Ecrit par : dobolino | 16 décembre 2006

vous attirez des commentaires qui me dépassent.
amicalement.

Ecrit par : sachmo | 16 décembre 2006

dobolino

"Cette obscure clarté qui tombe des étoiles" (V. Hugo)

Ecrit par : Robin | 16 décembre 2006

Argh ! "l'Obscure clarté", c'est dans le Cid !
JPB
PS. En y repensant, c'est compréhensible, cette erreur. Hugo n'est-il pas l'homme qui serait mort après avoir dit : "Voici venu le combat du jour et de la nuit" ? Mais justement, l'oxymore (en grec : aigu / rond) est la résolution de tous les manichéismes : obscure clarté, nuit blanche, femme intelligente (bon, bon, je blague, mais c'est un truc très efficace, en classe, pour que les élèves mémorisent, les uns en riant et les autres en protestant, une figure de style qui ne se rencontre tout de même pas tous les jours).

Ecrit par : brighelli | 16 décembre 2006

C'est incroyable se retour de discussion autour des religions et du monothéisme en particulier.
Est-ce le lieu ici?
Qui connaît ici l'oeuvre de René Guénon?
Je laisse passer. Histoire de voir.

JPB : et la grâce de l'enseignant?...

Ecrit par : Léo | 16 décembre 2006

Incroyable CE retour. Pan dans le bec! comme on dit dans le Canard.

Ecrit par : Léo | 16 décembre 2006

"On n'enseigne pas ce que l'on sait. On n'enseigne pas ce que l'on veut. On enseigne ce que l'on est".

Devinez qui a dit ça!

Ecrit par : Pendariès | 16 décembre 2006

Jean Jaurès!

Ecrit par : Pendariès | 16 décembre 2006

E vero ?
Très bien : je vais donc prendre le risque de vous demander ce que je suis, mon cher, puisque vous m'avez vu opérer.
JPB

Ecrit par : brighelli | 16 décembre 2006

C'est idiot, j'ai confondu avec la fin de Booz endormi dans la Légende des siècles :

"Cette faucille d'or dans le champ des étoiles" qui n'est pas une oxymore, mais une métaphore.

Deux fois pan sur le bec !

René Guénon, l'auteur du "Règne de la quantité et les signes des temps"...C'était un "initié", un "gnostique", qui s'est converti à la fin de sa vie au soufisme (une branche mystique de l'Islam) Non ?

Ecrit par : Robin | 16 décembre 2006

Ce livre, Le règne de la quantité, est la suite d'un autre ouvrage qui s'appelle la Crise du Monde moderne.

Ecrit par : Robin | 16 décembre 2006

Papotez bien, bonne nuit et bon courage pour la pollution matutinale! N'y manquait-il point le chinois?

Ecrit par : Alice | 16 décembre 2006

Argh ! "l'Obscure clarté", c'est dans le Cid !
JPB
PS. En y repensant, c'est compréhensible, cette erreur. Hugo n'est-il pas l'homme qui serait mort après avoir dit : "Voici venu le combat du jour et de la nuit" ? Mais justement, l'oxymore (en grec : aigu / rond) est la résolution de tous les manichéismes : obscure clarté, nuit blanche, femme intelligente (bon, bon, je blague, mais c'est un truc très efficace, en classe, pour que les élèves mémorisent, les uns en riant et les autres en protestant, une figure de style qui ne se rencontre tout de même pas tous les jours).

Ecrit par : brighelli | 16 décembre 2006

Ouah!!! Je suis un (ou une???) oxymore! Youpi! Noire comme la Lumière...
"Je vois une lumière noire"
Ce soir je me coucherai moins c... Féminin ou masculin, l'oxymore? Merci pour tout!

Ecrit par : dobolino | 16 décembre 2006

C'est idiot, j'ai confondu avec la fin de Booz endormi dans la Légende des siècles :

"Cette faucille d'or dans le champ des étoiles" qui n'est pas une oxymore, mais une métaphore.

Deux fois pan sur le bec !

René Guénon, l'auteur du "Règne de la quantité et les signes des temps"...C'était un "initié", un "gnostique", qui s'est converti à la fin de sa vie au soufisme (une branche mystique de l'Islam) Non ?

Ecrit par : Robin | 16 décembre 2006

Avec ma fille en classe de cinquième, nous avons révisé (! appris pour moi...)mercredi dernier les figures de style suivantes: comparaison, métaphore, métonymie, hyperbole, accumulation et énumération, périphrase, personnification...
ceci dit, elle ne sait toujours pas ce que peut bien être une proposition subordonnée relative et peine parfois à trouver le sujet... Voilà, voilà! Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles.

Ecrit par : dobolino | 16 décembre 2006

Au fait! Pas de note de vie scolaire sur le bulletin de ma fille de cinquième. Alors?

Ecrit par : dobolino | 16 décembre 2006

"Si nos contemporains dans leur ensemble, pouvaient voir ce qui les dirige et vers quoi ils tendent réellement, le monde moderne cesserait d'exister comme tel, car le "redressement" auquel nous avons souvent fait allusion ne pourait manquer de s'opérer par là même; mais, comme ce "redressement" suppose d'autre part l'arrivée au point d'arrêt où la "descente" est entièrement accomplie et où la "roue cesse de tourner", du moins pour l'instant qui marque le passage d'un cycle à l'autre, il faut en conclure que, jusqu'à ce que ce point d'arrêt soit atteint effectivement, ces choses ne pourront pas être comprises dans leur généralité, mais seulement par le petit nombre de ceux qui seront destinés à préparer, dans une mesure ou dans une autre, les germes du cycle futur. Il est à peine besoin de dire que, dans tout ce que nous exposons, c'est à ces derniers que nous avons entendu nous adresser exclusivement, sans nous préoccuper de l'inévitable incompréhension des autres; il est vrai que ces autres sont et doivent être, pour un certain temps encore, l'immense majorité, mais, précisément, ce n'est que dans le "règne de la quantité" que l'opinion de la majorité peut prétendre à être prise en considération..."

René Guénon, Le règne de la quantité et les signes des temps, (Gallimard, coll. idées, avant-propos)

Ecrit par : Robin | 16 décembre 2006

Hello Alice, j'avais craint un moment que vous m'eussiez rangé chez les bobos que vous décriviez officiant chez JPB...

Puisque je vois qu'il n'en est rien, je me permets dès alors, amicalement, de décliner votre suggestion, n'étant pas plus groupie qu'intello, et encore moins hypocrite que la moyenne.

Que les PE2 s'inquiètent du discours anti-pédagogique "droitisant" est bien normal, puis qu'il est établi dans le dogme bien-pensant que les gens de bien, de réflexion et de progrès sont de gauche.

Ce clivage borné depuis 25 ans sert bien entendu les ultras pédagos, qui n'ont de cesse de "traiter" de libéraux, vendus au privé et délateurs notoires, tout ce qui touche (afin de la briser) de près ou de loin à leur sacro-sainte trinité : socio-constructivisme, appropriation de son propre savoir et orthographe-grammaire négociées...

Votre PE2 s'affole pour un rien ; Cavanna et ses prises de position récentes, comme d'autre avant et après lui, sont des arguments-clés pour ceux qui redoutent la colère et l'agressivité de gens de tout bord qui refusent le miel de la discussion sereine !

Pour la nuit, petit aphorisme Wildoscarien :
"La moralité moderne veut que l'on accepte les normes de son époque. Qu'un homme cultivé puisse accepter les normes de son époque me semble la pire des immoralités."

Happy sunday morning, blue velvet underground...

Ecrit par : D'Enguell | 16 décembre 2006

Robin:
Oui, ce sont les deux titres les plus connus de Guénon mais c'est agréable de constater que vous les connaissez. L'oeuvre de René Guénon est hors normes du point de vue du monde moderne , elle est une manifestation de la métaphysique traditionnelle et peut aider, moyennant un effort intellectuel, à comprendre ce que les religions comportent de libérateur au sens le plus profond. Cela échappe à nombre de personnes, on ne peut que leur souhaiter de rencontrer l'oeuvre et de faire leur chemin. On se place alors dans une perspective qui ouvre....
Encore une fois, je pense que ce n'est pas le lieu ici de débattre de ces choses mais votre témoignage, Robin, est important à mes yeux.
Bonne nuit! Nuit lumineuse pour tous, comme le disait si bien Claude Hopil (c. 1585 - c. 1633) : "Dans l'obscurité claire où loge le silence..."
JPB ? C'est aussi pour vous!

Ecrit par : Léo | 16 décembre 2006

Genèse
AU COMMENCEMENT


1—11
Dieu crée l'univers et l'humanité

1 1 Au commencement Dieu créa le ciel et la terre a .

2 La terre était sans forme et vide, et l'obscurité couvrait l'océan primitif. Le souffle de Dieu se déplaçait à la surface de l'eau b . 3 Alors Dieu dit : « Que la lumière paraisse ! » et la lumière parut c . 4 Dieu constata que la lumière était une bonne chose, et il sépara la lumière de l'obscurité. 5 Dieu nomma la lumière jour et l'obscurité nuit. Le soir vint, puis le matin ; ce fut la première journée.

6 Dieu dit encore : « Qu'il y ait une voûte, pour séparer les eaux en deux masses ! » 7 Et cela se réalisa. Dieu fit ainsi la voûte qui sépare les eaux d'en bas de celles d'en haut. 8 Il nomma cette voûte ciel. Le soir vint, puis le matin ; ce fut la seconde journée.

9 Dieu dit encore : « Que les eaux qui sont au-dessous du ciel se rassemblent en un lieu unique pour que le continent paraisse ! » Et cela se réalisa. 10 Dieu nomma le continent terre et la masse des eaux mer, et il constata que c'était une bonne chose. 11 Dieu dit alors : « Que la terre produise de la végétation : des herbes produisant leur semence, et des arbres fruitiers dont chaque espèce porte ses propres graines ! » Et cela se réalisa. 12 La terre fit pousser de la végétation : des herbes produisant leur semence espèce par espèce, et des arbres dont chaque variété porte des fruits avec pépins ou noyaux. Dieu constata que c'était une bonne chose. 13 Le soir vint, puis le matin ; ce fut la troisième journée.

14 Dieu dit encore : « Qu'il y ait des lumières dans le ciel pour séparer le jour de la nuit ; qu'elles servent à déterminer les fêtes, ainsi que les jours et les années du calendrier ; 15 et que du haut du ciel elles éclairent la terre ! » Et cela se réalisa. 16 Dieu fit ainsi les deux principales sources de lumière : la grande, le soleil, pour présider au jour, et la petite, la lune, pour présider à la nuit ; et il ajouta les étoiles d . 17 Il les plaça dans le ciel pour éclairer la terre, 18 pour présider au jour et à la nuit, et pour séparer la lumière de l'obscurité. Dieu constata que c'était une bonne chose. 19 Le soir vint, puis le matin ; ce fut la quatrième journée.

20 Dieu dit encore : « Que les eaux grouillent d'une foule d'êtres vivants, et que les oiseaux s'envolent dans le ciel au-dessus de la terre ! » 21 Dieu créa les grands monstres marins et toutes les espèces d'animaux qui se faufilent et grouillent dans l'eau, de même que toutes les espèces d'oiseaux. Et il constata que c'était une bonne chose. 22 Dieu les bénit en disant : « Que tout ce qui vit dans l'eau se multiplie et peuple les mers ; et que les oiseaux se multiplient sur la terre ! » 23 Le soir vint, puis le matin ; ce fut la cinquième journée.

24 Dieu dit encore : « Que la terre produise toutes les espèces de bêtes : animaux domestiques, petites bêtes et animaux sauvages de chaque espèce ! » Et cela se réalisa. 25 Dieu fit ainsi les diverses espèces d'animaux sauvages, d'animaux domestiques et de petites bêtes. Et il constata que c'était une bonne chose. 26 Dieu dit enfin : « Faisons les êtres humains ; qu'ils soient comme une image de nous, une image vraiment ressemblante ! Qu'ils soient les maîtres des poissons dans la mer, des oiseaux dans le ciel et sur la terre, des gros animaux et des petites bêtes qui se meuvent au ras du sol ! »

27 Dieu créa les êtres humains
comme une image de lui-même ;
il les créa homme et femme e .

28 Puis il les bénit en leur disant : « Ayez des enfants, devenez nombreux, peuplez toute la terre et dominez-la ; soyez les maîtres des poissons dans la mer, des oiseaux dans le ciel et de tous les animaux qui se meuvent sur la terre. » 29 Et il ajouta : « Sur toute la surface de la terre, je vous donne les plantes produisant des graines et les arbres qui portent des fruits avec pépins ou noyaux. Leurs graines ou leurs fruits vous serviront de nourriture. 30 De même, je donne l'herbe verte comme nourriture à tous les animaux terrestres, à tous les oiseaux, à toutes les bêtes qui se meuvent au ras du sol, bref à tout ce qui vit. » Et cela se réalisa. 31 Dieu constata que tout ce qu'il avait fait était une très bonne chose. Le soir vint, puis le matin ; ce fut la sixième journée.

2 1 Ainsi furent achevés le ciel, la terre et tout ce qu'ils contiennent. 2 Dieu, après avoir achevé son oeuvre, se reposa le septième jour de tout son travail. 3 Il fit de ce septième jour un jour béni, un jour qui lui est réservé, car il s'y reposa de tout son travail de Créateur f .
2 4 Voilà l'histoire de la création du ciel et de la terre.

Le jardin d'Éden
Quand le Seigneur Dieu fit la terre et le ciel, 5 il n'y avait encore aucun buisson sur la terre, et aucune herbe n'avait encore germé, car le Seigneur Dieu n'avait pas encore envoyé de pluie sur la terre, et il n'y avait pas d'êtres humains pour cultiver le sol. 6 Seule une sorte de source jaillissait de la terre et arrosait la surface du sol.

7 Le Seigneur Dieu prit de la poussière du sol et en façonna un être humain. Puis il lui insuffla dans les narines le souffle de vie, et cet être humain devint vivant g . 8 Ensuite le Seigneur Dieu planta un jardin au pays d'Éden, là-bas vers l'est, pour y mettre l'être humain qu'il avait façonné. 9 Il fit pousser du sol toutes sortes d'arbres à l'aspect agréable et aux fruits délicieux. Il mit au centre du jardin l'arbre de la vie, et l'arbre qui donne la connaissance de ce qui est bon ou mauvais h .

10 Un fleuve prenait sa source au pays d'Éden et irriguait le jardin. De là, il se divisait en quatre bras. 11 Le premier était le Pichon ; il fait le tour du pays de Havila. Dans ce pays, on trouve de l'or, 12 un or de qualité, ainsi que la résine parfumée de bdellium et la pierre précieuse de cornaline. 13 Le second bras du fleuve était le Guihon, qui fait le tour du pays de Kouch i . 14 Le troisième était le Tigre, qui coule à l'est de la ville d'Assour. Enfin le quatrième était l'Euphrate.

15 Le Seigneur Dieu prit l'homme et l'établit dans le jardin d'Éden pour le cultiver et le garder. 16 Il lui fit cette recommandation : « Tu peux manger les fruits de n'importe quel arbre du jardin, 17 sauf de l'arbre qui donne la connaissance de ce qui est bon ou mauvais. Le jour où tu en mangeras, tu mourras. »

18 Le Seigneur Dieu se dit : « Il n'est pas bon que l'être humain soit seul. Je vais le secourir en lui faisant une sorte de partenaire. » 19 Avec de la terre, le Seigneur façonna quantité d'animaux sauvages et d'oiseaux, et les conduisit à l'être humain pour voir comment celui-ci les nommerait. Chacun de ces animaux devait porter le nom que l'être humain lui donnerait. 20 Celui-ci donna donc un nom aux animaux domestiques, aux animaux sauvages et aux oiseaux. Mais il ne trouva pas de partenaire capable de le secourir. 21 Alors le Seigneur Dieu fit tomber l'homme j dans un profond sommeil. Il lui prit une côte et referma la chair à sa place. 22 Avec cette côte, le Seigneur fit une femme et la conduisit à l'homme. 23 En la voyant celui-ci s'écria :

« Ah ! Cette fois, voici quelqu'un
qui est plus que tout autre du même sang que moi !
On la nommera compagne de l'homme,
car c'est de son compagnon qu'elle fut tirée k . »

24 C'est pourquoi l'homme quittera père et mère pour s'attacher à sa femme, et ils deviendront tous deux un seul être l .

25 L'homme et sa femme étaient tous deux nus, mais sans éprouver aucune gêne l'un devant l'autre.
L'homme et la femme chassés du jardin d'Éden

3 1 Le serpent était le plus rusé de tous les animaux sauvages que le Seigneur avait faits. Il demanda à la femme : « Est-ce vrai que Dieu vous a dit : «Vous ne devez manger aucun fruit du jardin m » ? » 2 La femme répondit au serpent : « Nous pouvons manger les fruits du jardin. 3 Mais quant aux fruits de l'arbre qui est au centre du jardin, Dieu nous a dit : «Vous ne devez pas en manger, pas même y toucher, de peur d'en mourir.» » 4 Le serpent répliqua : « Pas du tout, vous ne mourrez pas. 5 Mais Dieu le sait bien : dès que vous en aurez mangé, vous verrez les choses telles qu'elles sont, vous serez comme lui, capables de savoir ce qui est bon ou mauvais. »

6 La femme vit que les fruits de l'arbre étaient agréables à regarder, qu'ils devaient être bons et qu'ils donnaient envie d'en manger pour acquérir un savoir plus étendu. Elle en prit un et en mangea. Puis elle en donna à son mari, qui était avec elle, et il en mangea, lui aussi. 7 Alors ils se virent tous deux tels qu'ils étaient, ils se rendirent compte qu'ils étaient nus. Ils attachèrent ensemble des feuilles de figuier, et ils s'en firent chacun une sorte de pagne.

8 Le soir, quand souffle la brise, l'homme et la femme entendirent le Seigneur se promener dans le jardin. Ils se cachèrent de lui parmi les arbres. 9 Le Seigneur Dieu appela l'homme et lui demanda : « Où es-tu ? » 10 L'homme répondit : « Je t'ai entendu dans le jardin. J'ai eu peur, car je suis nu, et je me suis caché. » — 11 « Qui t'a appris que tu étais nu, demanda le Seigneur Dieu ; aurais-tu goûté au fruit que je t'avais défendu de manger ? » 12 L'homme répliqua : « C'est la femme que tu m'as donnée pour compagne ; c'est elle qui m'a donné ce fruit, et j'en ai mangé. »

13 Le Seigneur Dieu dit alors à la femme : « Pourquoi as-tu fait cela ? » Elle répondit : « Le serpent m'a trompée, et j'ai mangé du fruit n . »

14 Alors le Seigneur Dieu dit au serpent :

« Puisque tu as fait cela, je te maudis.
Seul de tous les animaux
tu devras ramper sur ton ventre
et manger de la poussière
tous les jours de ta vie. 15 Je mettrai l'hostilité entre la femme et toi,
entre sa descendance et la tienne.
La sienne t'écrasera la tête,
tandis que tu la mordras au talon o . »

16 Le Seigneur dit ensuite à la femme :

« Je rendrai tes grossesses pénibles,
tu souffriras pour mettre au monde tes enfants.
Tu te sentiras attirée par ton mari,
mais il dominera sur toi. »

17 Il dit enfin à l'homme : « Tu as écouté la suggestion de ta femme et tu as mangé le fruit que je t'avais défendu.

Eh bien, par ta faute,
le sol est maintenant maudit.
Tu auras beaucoup de peine
à en tirer ta nourriture
pendant toute ta vie ; 18 il produira pour toi
épines et chardons.
Tu devras manger
ce qui pousse dans les champs p ; 19 tu gagneras ton pain
à la sueur de ton front,
jusqu'à ce que tu retournes à la terre
dont tu as été tiré.
Car tu es fait de poussière,
et tu retourneras à la poussière. »

20 L'homme, Adam, nomma sa femme Ève, c'est-à-dire Vie, car elle est la mère de tous les vivants. 21 Le Seigneur fit à l'homme et à sa femme des vêtements de peaux de bête et les en habilla. 22 Puis il se dit : « Voilà que l'homme est devenu comme un dieu, pour ce qui est de savoir ce qui est bon ou mauvais. Il faut l'empêcher maintenant d'atteindre aussi l'arbre de la vie ; s'il en mangeait les fruits, il vivrait indéfiniment q . » 23 Le Seigneur Dieu renvoya donc l'homme du jardin d'Éden, pour qu'il aille cultiver le sol dont il avait été tiré. 24 Puis, après l'en avoir expulsé, le Seigneur plaça des chérubins en sentinelle devant le jardin d'Éden. Ceux-ci, armés de l'épée flamboyante et tourbillonnante, devaient garder l'accès de l'arbre de la vie.
Caïn et Abel

4 1 De son union avec Adam, son mari, Ève devint enceinte. Elle mit au monde Caïn et dit alors : « J'ai fait un homme grâce au Seigneur r . » 2 Elle donna aussi le jour au frère de Caïn, Abel.

Abel fut berger, et Caïn cultivateur.

3 Au bout d'un certain temps, Caïn apporta des produits de la terre en offrande pour le Seigneur. 4 Abel, de son côté, apporta en sacrifice des agneaux premiers-nés de son troupeau, dont il offrit au Seigneur les meilleurs morceaux. Le Seigneur accueillit favorablement Abel et son offrande s , 5 mais non pas Caïn et son offrande. Caïn en éprouva un profond dépit ; il faisait triste mine. 6 Le Seigneur lui dit : « A quoi bon te fâcher et faire si triste mine ? 7 Si tu réagis comme il faut, tu reprendras le dessus ; sinon, le péché est comme un monstre tapi à ta porte. Il désire te dominer, mais c'est à toi d'en être le maître. »

8 Cependant Caïn dit à son frère : « Sortons. » Quand ils furent dehors, Caïn se jeta sur son frère Abel et le tua t .

9 Le Seigneur demanda à Caïn : « Où est ton frère Abel ? » Caïn répondit : « Je n'en sais rien. Est-ce à moi de surveiller mon frère ? » 10 Le Seigneur répliqua : « Pourquoi as-tu fait cela ? J'entends le sang de ton frère u dans le sol me réclamer vengeance. 11 Tu es désormais un maudit, chassé du sol qui s'est ouvert pour recueillir le sang de ton frère, ta victime. 12 C'est pourquoi, tu auras beau le cultiver, il ne te donnera plus ses richesses. Tu seras un déraciné, toujours vagabond sur la terre. »

13 Caïn dit au Seigneur : « Ma peine est trop lourde à porter. 14 Tu me chasses aujourd'hui du sol cultivable, et je vais devoir me cacher loin de toi ; je serai un déraciné, toujours vagabond sur la terre. Quiconque me trouvera pourra me tuer. » 15 Mais le Seigneur lui répondit : « Non, car si quelqu'un te tue, il faudra sept meurtres pour que tu sois vengé. »

Le Seigneur mit alors sur Caïn un signe distinctif, pour empêcher qu'il soit tué par quiconque le rencontrerait.

16 Alors Caïn partit habiter au pays de Nod v , loin de la présence du Seigneur, à l'est d'Éden.
Les descendants de Caïn

4 17 De son union avec son mari, la femme de Caïn devint enceinte. Elle mit au monde Hénok. Caïn se mit à construire une ville, qu'il appela du nom de son fils, Hénok. 18 Hénok fut le père d'Irad, Irad le père de Mehouyaël, Mehouyaël le père de Metouchaël, Metouchaël le père de Lémek.

19 Lémek épousa deux femmes, la première nommée Ada et la seconde Silla. 20 Ada mit au monde Yabal, l'ancêtre de ceux qui habitent sous des tentes et élèvent des troupeaux. 21 Yabal eut un frère, Youbal, l'ancêtre de tous ceux qui jouent de la guitare et de la flûte. 22 Silla, elle aussi, eut un fils, Toubal-Caïn, le forgeron qui fabriquait tous les outils tranchants de bronze ou de fer w . La soeur de Toubal-Caïn était Naama.

23 Lémek dit à ses femmes :

« Ada et Silla, écoutez-moi,
femmes de Lémek, soyez attentives :
Si on me frappe, je tue un homme,
si on me blesse, je tue un enfant. 24 S'il faut tuer sept hommes
pour venger Caïn,
on en tuera soixante-dix-sept
pour que je sois vengé. »

25 Adam et sa femme eurent encore un fils. Ève l'appela Seth ; elle disait en effet : « Dieu m'a accordé un autre fils pour remplacer Abel, que Caïn a tué x . »

26 Seth à son tour eut un fils ; il l'appela Énos. C'est alors que les hommes commencèrent à prier Dieu en l'appelant Seigneur.
Liste des patriarches d'Adam à Noé

5 1 Voici la liste des descendants d'Adam :

Le jour où Dieu créa les êtres humains, il les fit à sa ressemblance. 2 Il les créa homme et femme, il les bénit et leur donna le nom d'êtres humains au jour même de leur création y .

3 A l'âge de 130 ans, Adam eut un fils qui lui ressemblait tout à fait. Il l'appela Seth. 4 Après la naissance de Seth, Adam vécut encore 800 ans. Il eut d'autres fils et des filles. 5 Après avoir vécu en tout 930 ans, il mourut.

6 A l'âge de 105 ans, Seth eut un fils, Énos. 7 Après la naissance d'Énos, Seth vécut encore 807 ans. Il eut d'autres fils et des filles. 8 Après avoir vécu en tout 912 ans, il mourut.

9 A l'âge de 90 ans, Énos eut un fils, Quénan. 10 Après la naissance de Quénan, Énos vécut encore 815 ans. Il eut d'autres fils et des filles. 11 Après avoir vécu en tout 905 ans, il mourut.

12 A l'âge de 70 ans, Quénan eut un fils, Malaléel. 13 Après la naissance de Malaléel, Quénan vécut encore 840 ans. Il eut d'autres fils et des filles. 14 Après avoir vécu en tout 910 ans, il mourut.

15 A l'âge de 65 ans, Malaléel eut un fils, Yéred. 16 Après la naissance de Yéred, Malaléel vécut encore 830 ans. Il eut d'autres fils et des filles. 17 Après avoir vécu en tout 895 ans, il mourut.

18 A l'âge de 162 ans, Yéred eut un fils, Hénok. 19 Après la naissance d'Hénok, Yéred vécut encore 800 ans. Il eut d'autres fils et des filles. 20 Après avoir vécu en tout 962 ans, il mourut.

21 A l'âge de 65 ans, Hénok eut un fils, Matusalem. 22 Après la naissance de Matusalem, Hénok vécut 300 ans, en communion avec Dieu. Il eut d'autres fils et des filles. 23 Sa vie dura 365 ans. 24 Il vécut en communion avec Dieu, puis il disparut, car Dieu l'enleva auprès de lui z .

25 A l'âge de 187 ans, Matusalem eut un fils, Lémek. 26 Après la naissance de Lémek, Matusalem vécut encore 782 ans. Il eut d'autres fils et des filles. 27 Après avoir vécu en tout 969 ans, il mourut.

28 A l'âge de 182 ans, Lémek eut un fils. 29 Il l'appela Noé. Il disait en effet : « Celui-ci nous consolera a de nos travaux, de la peine que nous devons prendre parce que le Seigneur a maudit le sol. » 30 Après la naissance de Noé, Lémek vécut encore 595 ans. Il eut d'autres fils et des filles. 31 Après avoir vécu en tout 777 ans, il mourut.

32 Noé avait atteint l'âge de 500 ans quand il eut trois fils, Sem, Cham et Japhet.
Dieu décide d'en finir avec les hommes

6 1 Quand les hommes commencèrent à se multiplier sur la terre et que des filles leur naquirent, 2 les habitants du ciel constatèrent que ces filles étaient bien jolies, et ils en choisirent pour les épouser. 3 Alors le Seigneur se dit : « Je ne peux pas laisser les hommes profiter indéfiniment du souffle de vie que je leur ai donné ; ils ne sont après tout que des êtres mortels. Désormais ils ne vivront pas plus de cent vingt ans. » 4 C'était l'époque où il y avait des géants sur la terre — il en resta même plus tard b —. Ceux-ci étaient les héros de l'Antiquité, aux noms célèbres ; ils étaient nés de l'union des habitants du ciel avec les filles des hommes.

5 Le Seigneur vit que les hommes étaient de plus en plus malfaisants dans le monde, et que les penchants de leur coeur les portaient de façon constante et radicale vers le mal. 6 Il en fut attristé et regretta d'avoir fait des hommes sur la terre. 7 Il se dit : « Il faut que je balaye de la terre les hommes que j'ai créés, et même les animaux, grands ou petits, et les oiseaux. Je regrette vraiment de les avoir faits. » 8 Mais Noé bénéficiait de la bienveillance du Seigneur c .

Ecrit par : toto | 16 décembre 2006

"Das Licht der Herrlichkeit scheint mitten in der Nacht
Wer kann es sehn ? ein Herz, das Augen hat und wacht."

" L'éclat de la splendeur apparaît dans la nuit.
Qui peut le voir ? Un coeur qui a des yeux et veille."

Angelus Silesius

Bonne nuit à tous.

Ecrit par : Robin | 17 décembre 2006

M'sieur Brighelli, laissez-moi quelques jours, et je vous écris ce portrait. Et je n'oublie pas pour un autre rdv (en ce moment, je suis occupé par moul(t)es occupations - j'aime bien ces redondances).

Ecrit par : Pendariès | 17 décembre 2006

Puisqu'on reparle de l'article de Cavanna sur la grammaire, qu'avez-vous pensé, Jean-Paul, du pladoyer de Philippe Val pour le bac "L" dans le même organe de presse, (Charlie-Hebdo", daté du mercredi 13 décembre?) Très intéressant... Et les vraies cibles y sont pointées, à mon sens!
Bon dimanche à tous.

Ecrit par : christophe sibille | 17 décembre 2006

"Les vraies cibles", c'est-à-dire surtout pas "les pédagos"! Je n'en sais rien, je n'ai pas lu l'article, mais connaissant notre excellent Christophe et ses préjugés pro-Meirieu, je crains le pire.

Ecrit par : Jean | 17 décembre 2006

Il se trouve que j'ai lu l'article — un hasard.
Le sort des bacs L est lié à cette montée apparemment inexorable des bacs scientifiques et techniques — montée d'autant plus irrationnelle qu'un bac technique n'a pas forcément une valeur marchande bien établie, et qu'un mauvais bac S n'ouvre rien.
Divers patrons côtoyés ces derniers temps affirment recruter des gens sortant des filières littéraires, pour des raisons de communicatin et de culture. Par ailleurs, les meilleurs L ont, comme les meilleurs S, des filières évidentes via les Classes prépas, ou les formations aux grandes écoles du type Sciences-Po ou les écoles de journalisme.
Le problème, c'est qu'on oriente depuis quelques années en série Littéraire des gosses qui n'ont rien à y faire — c'est de la sélection par l'échec, comme dans tout le système.
Et quand je vois que le Petit Nicolas plaisante sur les concours de fonctionnaires qui mettent la Princesse de Clèves au programme…
Pour un peu, je finirais par penser que la littérature fait peur, et que l'on préfère des techniciens tranquilles à des poètes agités.
JPB

Ecrit par : brighelli | 17 décembre 2006

Oui, il est extrêmement clair que la subversion n'est, en général, pas le fait des sections scientifiques. Et il me semble me souvenir que, du temps où je faisais mes études secondaires, les "barbus-chevelus" contestataires se comptaient plus dans les rangs de ce qu'on appelait à l'époque: "les A", par opposition aux "C"."Les vraies cibles", c'est-à-dire surtout pas "les pédagos"!

"Je n'en sais rien, je n'ai pas lu l'article, mais connaissant notre excellent Christophe et ses préjugés pro-Meirieu, je crains le pire."

Ecrit par : Jean | 17 décembre 2006
Jean, ne vous faites pas plus méchant que vous l'êtes en réalité, et lisez donc l'article susnommé! Je n'ai aucun préjugé pro-Meirieu... ... Et évitez le possessif, je vous en supplie! Je n'appartiens à personne.

Ecrit par : christophe sibille | 17 décembre 2006

Toto

Je sais qu'il y a des gens qui se servent de votre pseudo. Que ce soit ou non le cas, je voudrai préciser que l'Eglise catholique a abandonné depuis longtemps l'idée du caractère historique de ce qui est relaté dans ce texte, en particulier Adam et Eve et le paradis terrestre (voir les récentes mises au point de l'archevêque de Vienne sur le fondamentalisme). La plupart des théologiens admettent aujourd'hui sans réticence la réalité de l'Evolution (je ne parle pas de la théorie de Darwin qui reste évidemment controversée). Ce texte relève d'une "herméneutique", selon l'expression de Paul Ricoeur, c'est à dire qu'il demande à être interprété.

Ecrit par : Robin | 17 décembre 2006

JPB...Ce n'est peut-être ni la littérature, ni la poésie, ni la philosophie en tant que tels qui font peur, ni "l'agitation" des poètes, c'est tout simplement la distance qu'apporte toute activité de l'esprit digne de ce nom, y compris bien entendu la recherche scientifique. Les serviteurs du vide spirituel, du règne de la quantité et de la marchandise ne récusent pas la violence, ce sont eux qui l'engendrent ; d'autre part comme l'ont montré Debord et les situationnistes, la contestation est immédiatement neutralisée et récupérée. Mais ils ont peur de cette énigme insupportable que représente pour eux la distance. Ils ne la comprennent pas ; la seule chose qu'ils comprennent c'est qu'il s'agit d'une "force qui résiste".

Ecrit par : Robin | 17 décembre 2006

Hello Alice, j'avais craint un moment que vous m'eussiez rangé chez les bobos que vous décriviez officiant chez JPB...
D'Enguell.

Je ne vous avais rangé dans aucune catégorie. J'ai d'abord un tempérament désordonné. Ensuite, certains pédagos(Syvie Cèbe & Cie) m'ont appris que les catégories peuvent être fluctuantes et s'interpénétrer. Alors profitons et enrichissons-nous de l'éclectisme de ce blog!

Votre PE2 s'affole pour un rien ; Cavanna et ses prises de position récentes, comme d'autre avant et après lui, sont des arguments-clés pour ceux qui redoutent la colère et l'agressivité de gens de tout bord qui refusent le miel de la discussion sereine !


L'ennui, c'est qu'il est le seul rencontré depuis septembre qui s'interroge. Les autres(anciens comme nouveaux) n'en ayant rien à foutre.

Ecrit par : Alice | 17 décembre 2006

ces choses ne pourront pas être comprises dans leur généralité, mais seulement par le petit nombre de ceux qui seront destinés à préparer, dans une mesure ou dans une autre, les germes du cycle futur. Il est à peine besoin de dire que, dans tout ce que nous exposons, c'est à ces derniers que nous avons entendu nous adresser exclusivement, sans nous préoccuper de l'inévitable incompréhension des autres; il est vrai que ces autres sont et doivent être, pour un certain temps encore, l'immense majorité, mais, précisément, ce n'est que dans le "règne de la quantité" que l'opinion de la majorité peut prétendre à être prise en considération..."

René Guénon, Le règne de la quantité et les signes des temps, (Gallimard, coll. idées, avant-propos)

Ecrit par : Robin | 16 décembre 2006
Ouaip! le nœud du problème étant que tous ceux qui s'impliquent sont persuadés de faire partie du "petit nombre" et qu'ils y sont contraints ou deviennent nihilistes...
Ceci dit, le texte me botte mais je suis une majorité ou minorité mais pas le bâtisseur d'une nouvelle cathédrale. Et vous, où vous situez-vous?

Ecrit par : dobolino | 17 décembre 2006

M'sieur Brighelli, laissez-moi quelques jours, et je vous écris ce portrait. Et je n'oublie pas pour un autre rdv (en ce moment, je suis occupé par moul(t)es occupations - j'aime bien ces redondances).

Ecrit par : Pendariès | 17 décembre 2006

En Occitan! SVP

Ecrit par : dobolino | 17 décembre 2006

Robin notre proximité est évidente. Votre ton guénonien est bien plaisant ce matin! Oui, il est bon de citer P. Ricoeur, mais à propos de la Genèse, il faut citer l'oeuvre phare d'un auteur représentant de la métaphysique authentiquement traditionnelle et non pas de ses déformations:

SCHAYA Léo, La Création en Dieu à la lumière du judaïsme, du christianisme et de l'islam, Paris, Dervy, 1983, 561p.


Sans citer les Pères de l'Eglise et les plus profonds théologiens de l'Antiquité au Moyen Age, il est temps d'en finir avec les clichés d'ignorance. Non, les gens de la quête spirituelle ne sont pas des abrutis hallucinés ni des malades bons pour Freud, ni des camés à l'opium du Peuple! Mais ces types existent aussi, c'est incontestable. Et humain.

Je précise, au cas où, que le prénom de l'auteur cité et mon pseudo sont bien distincts.

JPB , le blog théologicopédagogique est en route! N'ayez pas peur!...

Ecrit par : Léo | 17 décembre 2006

Pendant que certains cherchent, d'autres quêtent...Après les programmes de télé du dimanche matin, le blog de JPB.
L'essentiel étant d'arriver quelque part.
Rendez-vous six pieds sous terre, seul lieu de rencontre universel.
Mon "ignorance" va déplaire.

Ecrit par : Alice | 17 décembre 2006

La conclusion de l'édito de Philippe Val me ravit:
" De même, il n'est pas de manifestation d'une vérité scientifique sans que l'on ne brise le tabou de contredire ce qui, précédemment, passait pour la vérité. Or, il est inimaginable qu'Einstein, par exemple, ait pu bouleverser la physique de son temps sans être physicien, c'est-à-dire sans avoir intégré les connaissances accumulées jusqu'à lui dans ce domaine précis. Si l'on admet que l'exercice de la pensée est indispensable à la vie humaine, et que l'acte de penser consiste toujours à subvertir -au moins à modifier - quelque chose de la pensée qui précède, alors il faut bien admettre que l'apprentissage littéraire est aussi indispensable à la société démocratique que l'air au mouvement des poumons.
Que le réchauffement climatique devienne un enjeu du débat présidentiel mais que la disparition programmée de la classe de philo et le discrédit des études littéraires passent inaperçus prouve précisément qu'est déjà à l'œuvre cette inculture qui consiste à ne s'intéresser qu'aux conséquences tout en ignorant superbement les causes."
Vous voyez ainsi, Jean, que nous sommes à mille lieues de Meirieu. Après, faites-en ce que vous voulez dans vos propos, à mon goût trop acerbes, à l'égard de Christophe...

Ecrit par : dobolino | 17 décembre 2006

Alice: memento mori, oui! Vanitas.... etc, oui!

Ne soyez pas "modeste", approfondissez cela et après on verra si l'Ange de la Mort couvert d'yeux vous en donnera quelques uns au cas où il serait venu trop tôt vous chercher...(Léon Chestov, Les révélations de la mort, Paris, Plon, 1958)
Je vous laisse, il y a matière à penser sur la matière qui se pense , qui sécréterait de la pensée... Comme si le moins pouvait le plus!
Ave Alice!

Ecrit par : Léo | 17 décembre 2006

Vous savez, Dobolino, je pense que Jean trouvera un retournement sémantique bien senti pour nous prouver que l'edito de Philippe Val est, en fait, une diatribe anti-Meirieu! Mais je crois que ce que Jean n'a pas bien compris, c'est que je ne suis pas un thuriféraire du même Meirieu! Et, encore une fois, je suis convaincu qu'il ne suffit pas de bien posséder la discipline qu'on est chargé d'enseigner pour dispenser un enseignement de qualité. Et qu'on peut s'améliorer en ce domaine par bien d'autres moyens que ceux qui obéissent au principe de modélisation qui, s'il est certes très économique pour nos dirigeants, est également très insuffisant.

Ecrit par : christophe sibille | 17 décembre 2006

dobolino
Et vous, où vous situez-vous?

J'ai envie de répondre : "Un modeste bâtisseur d'humanité que l'on aurait poussé de l'échaffaudage".

Ce que l'on oublie un peu vite dans tout cela, ce sont les victimes de ce système...Pas seulement les professeurs mais aussi les enfants.

Il y a quelque chose qui m'a particulièrement touché dans un des livres de JPB, c'est son témoignage concernant l'enseignante de ZEP qui l'avait précédé à son poste.

Les "idées" des pédagogistes, l'inhumanité ambiante, le refus de rappeler la Loi, les collèges livrés aux petits caïds, l'impossibilité de transmettre des connaissances dignes de ce nom, c'est-à-dire d'exercer notre métier...Nous savons où cela mène. Moi aussi, j'ai eu une collègue qui n'a pas eu la force de continuer. Il ne se passe pas une journée sans que je ne pense à elle.

Je persiste et signe :"Si vous voulez savoir ce qu'est l'enfer sur la terre, venez voir ce qui se passe dans certains collèges."

Ecrit par : Robin | 17 décembre 2006

Christophe, viole de gambe mise à part, on ne peut pas prétendre que seule la connaissance d'une discipline fonde sa bonne transmission, mais de là à prétendre que l'enseignement est une science.... il y a un pas dangereux que certains ont fait et l'on en voit les fruits.
Un enseignant digne de ce nom est forcément soucieux de transmettre ou bien qu'il garde ses connaissances pour lui-même!
C'est la prétention à la scientificité de l'enseignement qui est une scholastique stérile voire destructrice que l'on refuse ici.

Ecrit par : Léo | 17 décembre 2006

Un morceau de matière à penser.
Extraits d'un entretien avec Georges Steiner:

Cette défaite de l'Europe civilisée, c'est pour vous la défaite de la culture.

Oui. L'éducation, la culture philosophique, littéraire, musicale, n'ont pas empêché l'horreur. Buchenwald est situé à quelques kilomètres du jardin de Goethe. Il paraît qu'à Munich, pendant la Seconde Guerre mondiale, de l'entrée de la salle de concert où l'on donnait un superbe cycle Debussy, on pouvait entendre les cris des déportés hurlant dans les trains qui les conduisaient à Dachau, situé tout près de là. On n'a pas vu un seul artiste se lever et dire: «Je ne peux pas jouer, je porterais outrage à moi-même, à Debussy, et à la musique.» Et pas un instant cela n'a diminué le génie du jeu. La musique n'a pas dit non!

Non seulement la belle idée de culture issue des Lumières faillirait à son rôle d'humaniser le monde, mais elle le détournerait de cette tâche?

Exactement. A la fin de ma vie, je fais le cauchemar d'un tel détournement. Humaniser l'homme par la culture, c'était la grande promesse des Lumières. «Au fur et à mesure que déclineraient les croyances religieuses, affirmait Voltaire, les haines se dissiperaient.» La fin de la croyance se révèle un processus beaucoup plus dangereux que ne l'avaient prévu les philosophes. En quête d'un enfer, nous avons appris à l'édifier et à le faire fonctionner sur terre. Nous connaissons non seulement une crise de la culture, mais aussi un renoncement à la raison. La promesse des Lumières n'a pas été tenue. Les bibliothèques, musées, théâtres, universités peuvent très bien prospérer à l'ombre des camps de concentration. Nous le comprenons maintenant: la culture ne rend pas plus humain. Elle peut même rendre insensible à la misère de l'homme.

La croyance serait-elle ce qui reste à ceux qui ont tout perdu? Cependant, chez mes ascendants sémites, très peu ont "tenu" grâce à leur foi. Le désir de vivre n'a pas la même source pour tous les humains. L'ignorance préserve même quelquefois de la douleur:"Beati sunt pauperi spiritu".
Ce qui est agréable, dans la culture, c'est que l'on peut tout y trouver et son contraire. L'argumentation revient pour moi à une forme de jouissance, à un match intellectuel. Pourquoi est-elle tant prônée par les constructivistes?

Ecrit par : Alice | 17 décembre 2006

L'argumentation est prônée par les constructivistes parce qu'ils chassent sur les mêmes terres que les sophistes.

Ce que dit Georges Steiner est parfaitement terrifiant et absolument vrai...Mais si vous comparez la philosophie de Descartes à celles de Rousseau et de ses contemporains, vous constaterez que la question du Bien (la morale ou l'éthique), qui était encore chez Descartes l'une des trois branches de la philosophie (avec la mécanique et la médecine) se transforme en recherche du Bonheur, de la Liberté...

C'est la séparation des paradigmes platoniciens, l'autonomie du Bien par rapport au Beau et au Vrai qui est mortifère. Cette autonomie que dénonce Georges Steiner est la caractéristique des temps modernes...

J'ai connu les cours de morale à l'école primaire laïque...Il paraît que c'est dépassé, que c'est traumatisant et qu'il ne faut rien imposer à personne. A chacun sa vérité, à chacun ses valeurs...

Georges Steiner est bien placé pour savoir où mène ce relativisme. Mais bien entendu, les événements dont il parle ne risquent absolument pas de se reproduire. Nous sommes devenus tellement plus intelligents et tellement plus "progressistes"!

Ecrit par : Robin | 17 décembre 2006

"Et Ruth se demandait, immobile,
L'oeil ouvert à demi sous son voile,
Quel dieu, quel moissonneur de l'éternel été
Avait en s'en allant négligemment jeté
Cette faucille d'or dans le champ des étoiles."

On en apprenait de belles choses, quand même ! Ce Booz, vêtu de probité candide et de lin blanc ! En fait de Victor Hugo, je ne sais pas si on en parle encore, on n'en apprend en tout cas plus de poèmes. (Mes élèves de quatrième en soutien de français n'apprenaient pas de récitations.)
Anne-Marie.

Ecrit par : Anne-Marie Valette | 17 décembre 2006

Non Anne-Marie, on ne parle plus guère de Victor Hugo. Les élèves doivent partir de leur vécu et construire leurs propres savoirs. "Cette faucille d'or dans le champ des étoiles." Vous n'allez pas vous mettre à leur demander la lune ?

Ecrit par : Robin | 17 décembre 2006

Rassurez-vous chère Anne-Marie
Certains élèves de primaire apprennent encore du Hugo (Demain dès l'aube et Océano nox depuis le début de l'année) , mais aussi de Hérédia (les Conquérants), Du Bellay (Heureux qui ...), Lamartine (Le lac), Corneille (extrait du Cid) et d'autres...

Mais il est vrai que certains de mes élèves en sixième n'en apprenaient plus que deux durant toute l'année.

Ecrit par : Guillaume | 17 décembre 2006

Anne-Marie

reparlons un peu de pédagogie

"Cette faucille d'or dans le champ des étoiles"

Ce vers de Victor Hugo contient une figure de style particulièrement intéressante, une variété de métaphore qu'on appelle "in absentia", autrement dit, la lune est comparée à une faucille d'or et les étoiles à un champ de blé, mais le mot lune (le comparé) ne figure pas...(Le poète l'a fait disparaître dans les replis d'une figure où elle n'en luit que plus mystérieusement)...

On est en face d'une petite énigme, comme dans un roman policier - les élèves adorent ça - (adoraient ?) Evidemment, il ne faut pas leur donner la solution, mais la leur faire trouver. Ce n'est possible que si l'enseignant a fait la moitié du chemin en expliquant ce qu'est une"comparaison", une "métaphore" et accessoirement ce qu'est une faucille...avec de la pédagogie frontale.

Ecrit par : Robin | 17 décembre 2006

Georges Steiner est bien placé pour savoir où mène ce relativisme. Mais bien entendu, les événements dont il parle ne risquent absolument pas de se reproduire. Nous sommes devenus tellement plus intelligents et tellement plus "progressistes"!

Ecrit par : Robin | 17 décembre 2006

Il me semble qu'il fait ensuite allusion à Pol Pot, puis au Rwanda...D'où ses tendances de plus en plus désespérées.

Ecrit par : Alice | 17 décembre 2006

Oui, Alice.

Ecrit par : Robin | 17 décembre 2006

Cékoaça, le "principe de modélisation"? C'est estampillé IUFM?
Quant au texte de Philippe Val, est-on en effet tellement loin de Meirieu - désolé, Christophe! - , car l'inculture des élèves et donc leur soumission actuelle et future à la société "abrutie" sont bien un effet des théories constructivistes prônées depuis vingt ans par le même Meirieu et mises en application par ses amis politiques. En vidant l'enseignement de toute substance dans les matières dites "de base" (français, calcul, histoire) sans parler du reste, on a condamné l'élève à ne plus avoir d'esprit critique et on lui a interdit cet accès à l'autonomie par l'usage de sa raison qui constituait le programme de l'école jusqu'à ce que Meirieu décide qu'elle devait au contraire formater le citoyen idéal d'une société idéale définie par ses seuls soins. Il me semble donc impossible d'exonérer Meirieu de sa responsabilité, qui me paraît écrasante, dans la déculturation de la jeunesse d'aujourd'hui. On ne peut pas ignorer que ledit Meirieu, s'il semble s'être calmé un peu - l'âge venant et la carrière étant faite -, n'a cessé, pendant vingt ans, d'attaquer avec une détermination hargneuse et tapageuse les professeurs qui prétendaient "transmettre des connaissances" ("fossilisées...). C'est à lui et à ses comparses que l'on doit le sale esprit qui règne depuis vingt ans dans l'Education nationale, où l'on voit des professeurs qui remplissent leur mission, transmettre des connaissances, désavoués par leur hiérarchie.

Ecrit par : Jean | 17 décembre 2006

Dire que la culture qui ne protège pas de la barbarie, on le sait, engendre le scepticisme du fait de la diversité des approches, c'est confondre le paresseux relativisme avec la recherche de l'unité transcendante. D'autre part de quelles cultures parlons-nous? Les cultures sont depuis longtemps nivelées, on parle plus volontiers d'horizon que de sommet.
La confusion entre ce qui est de nature psychologique ( les passions l'emportent sur l'apatheia, condition de la libération de l'intellect et non du mental ) et ce qui est de nature intellectuelle ou spirituelle est flagrante en Occident depuis au moins le XIII°s.
Pour ne pas donner l'impression que l'on oublie la pédagogie, revenons-y via l'éthique . Cette dernière est , je pense, la base de la pédagogie et de l'éducation en général. Elle conditionne l'élévation - à tous les points de vues - de la personne. La question est : quels fondements?
Un point de vue laïque mais non "laïciste" peut trouver de quoi poser des fondations à partir de la philosophie entendue comme manière de vivre et non simple spéculation sans considération transcendante.
Tout cela appelle bien des commentaires et des développements , j'en ai conscience, mais ce n'est pas si mal de dialoguer en ces termes sur un blog qui ne semblait pas y prédisposer.

Ecrit par : Léo | 17 décembre 2006

Essai, dimanche 17, 15h35.
JPB

Ecrit par : brighelli | 17 décembre 2006

Robin, Jean, on forme un club? une société initiatique? A trois... Quel trio de choc! Et avec de la viole de gambe pour christophe sibille.


Je plaisante, bien sûr.

Ecrit par : Léo | 17 décembre 2006

Leo, histoire de savoir d'où nous parlons, quelle distinction faites-vous exactement entre "laïque" et "laïciste" ?
La laïcité a été définie en France par la loi de 1905 — et il est significatif de voir que d'aucuns, parmi les prétendants à la couronne, prétendent la "toiletter" — afin sans doute de laisser y entrer les chiens.
JPB

Ecrit par : brighelli | 17 décembre 2006

Robin:
Oui, ce sont les deux titres les plus connus de Guénon mais c'est agréable de constater que vous les connaissez. L'oeuvre de René Guénon est hors normes du point de vue du monde moderne , elle est une manifestation de la métaphysique traditionnelle et peut aider, moyennant un effort intellectuel, à comprendre ce que les religions comportent de libérateur au sens le plus profond. Cela échappe à nombre de personnes, on ne peut que leur souhaiter de rencontrer l'oeuvre et de faire leur chemin. On se place alors dans une perspective qui ouvre....
Encore une fois, je pense que ce n'est pas le lieu ici de débattre de ces choses mais votre témoignage, Robin, est important à mes yeux.
Bonne nuit! Nuit lumineuse pour tous, comme le disait si bien Claude Hopil (c. 1585 - c. 1633) : "Dans l'obscurité claire où loge le silence..."
JPB ? C'est aussi pour vous!

Ecrit par : Léo | 16 décembre 2006


Un immense plaisir de voir sur ce blog des "guenoniens" !

Je l'ai découvert vers 20 ans et ses livres ont profondément changé ma vie bien que j'ai "décroché" sur certains où il aborde la pure métaphysique... Mais j'y reviens quand même régulièrement.
Lire et relire le règne de la quantité et la crise du monde moderne donne d'excellents repères pour comprendre le monde actuel.

Ecrit par : marideprof | 17 décembre 2006

Pour Mr Brighelli,

Je viens de voir la liste des invités à l'émission "Ripostes", vous n'y êtes pas, c'est bien dommage,
Anne"

Ecrit par : Anne | 17 décembre 2006

Ce n'est pas faute d'avoir suggéré à mon attachée de presse de les contacter. J'imagine que la liste était close depuis vilaine lurette, la Dame blanche ayant horreur des surprises. Mais le suspense reste entier sur qui interrogera la Sainte Vierge sur les questions d'éducation… Surtout qund on sait que la commission Education du PS est dirigée en fait par Pierre Frackowiack — Claude Roiron pense un peu trop mal, en ce moment…
JPB

Ecrit par : brighelli | 17 décembre 2006

JPB,
La réponse est complexe. Disons que dans notre société qui , en l'absence de référence transcendante, s'en tient à la souveraineté de la nation, et à des principes "libres" de toute ingérence ecclésiastique pour ne pas dire religieuse - il y aurait tant à dire sur l 'empreinte catholique, facile à caricaturer, mais dont l'héritage n'est pas aussi ras la moquette que l'on voudrait le croire - , le principe de laïcité doit être respectueux de toutes les cultures spirituelles marquées du sceau de la tradition et non de l'élucubration individuelle et profane - chaque mot mériterait une définition pour éviter les méprises - . Certains représentants de la laïcité se montrent très intolérants envers les croyances pour mériter, selon moi, le qualificatif de "laïcistes".
L'athéisme est respectable au même titre que le théisme: je parle en terme laïque et non pas militant ou prosélyte. Du côté des défenseurs de la laïcité on lit ou entend des discours méprisants et prétendument libérateurs qui ne valent pas mieux que ceux dont ils dénoncent, non sans de bonnes raisons, les errances.
Voltaire fut, dans un certain sens un excellent théologien, bien supérieur au petit Onfray! Le laïcisme est le versant intégriste de l'esprit laïque qui est, dans nos sociétés modernes, un avatar de l'humanisme. Tant que l'humanisme ne réduit pas l'homme, ne l'uniformise pas, ne lui impose pas la doctrine du "sabre de Didi", qu'il respecte la diversité des cultures -le monothéisme n'est pas incompatible avec la considération des différences: en ce sens , je ne suis pas d'accord avec Alainde Benoît... -, mais qu'il préserve la possibilité pour chacun - dans une société où l'individualité prime - de suivre son chemin en ne détruisant pas ceux qui ne sont pas les siens. Laïque dans le monde tel qu'il est et dans l'éducation nationale, oui je le suis. J'ignore qui sont les "chiens" susceptibles d'y entrer -dans la laïcité: une niche?...- ou bien j'en imagine certains qui, sous des dehors d'agneaux, sont des sectaires masqués. Face à ceux là il faut être vigilants. Ce sont ces "chiens " qu'il faut toiletter, c'est -à-dire les démasquer et les obliger à dire quelles sont leurs intentions. Une religion canine: le cabotinisme?le clébardisme? Entre nous, je préfère la philosophie cynique.

Ecrit par : Léo | 17 décembre 2006

Leo,

Ca fait plaisir de voir qu'il y a des gens qui savent le grec et qui connaissent l'étymologie du mot "cynisme". Ca me rappelle mon vieux maître Vladimir Jankélévitch. J'ai passé ma maîtrise de philo l'année où il donnait son cours (éblouisant) sur les Cyniques (en 1978). Titre du mémoire : Le sage et le lien social chez les Cyniques et les matérialistes anciens (Cyniques, Epicuriens, Stoïciens)

"Pour ne pas donner l'impression que l'on oublie la pédagogie, revenons-y via l'éthique".

Je savais bien qu'à un moment oiu à un autre, on finirait par en venir à cette question...et je m'en réjouis.

Vous avez raison au sujet de la confusion entre l'éthique et la psychologie dans l'histoire de la pensée occidentale; je l'ai bien vu en relisant Le Traité des passions de Descartes pour y découvrir le secret de la "mansuétude" supposée de notre ami JPB envers un certain pédagogue... (mais face à ces gens-là, j'ai vu d'Artagnan se transformer en maréchal Murat).

Alors, de quel côté se tourner...Vers Lévinas peut-être et son souci de l'autre. Le visage du prochain comme impératif catégorique..."Tu ne tueras point".

Catmano a fait une très intéressante remarque sur ses bambins de maternelle et le galvaudage actuel de la notion de pardon...Comme si la simple demande excusait l'offense. Il faudrait réfléchir à partir de témoignages comme celui-là.

La morale et l'école....Quelle morale pour l'école?...Pour ou contre la morale à l'école...Les fondements éthiques du réglement intérieur...

Ecrit par : Robin | 17 décembre 2006

Voilà bien ce que l'on appelle une réponse de jésuite.
Car si, suivant leurs définitions, le laïcisme est une doctrine et la laïcité une conception politique, nous pouvons repartir pour des heures à jouer sur les mots et à tergiverser sur les subtilités de la langue. C'est pénible de lire que ceux qui ne passent pas par la théologie sont ignorants, simplistes, voire trop cons pour comprendre ce haut niveau de pensée.
C'est vrai que les pays dans lesquels les représentants de la religion gouvernent ne cessent de démontrer leurs progrès et leur transcendance.
L.L. n'a-t-il pas encore ouvert un forum pour remplacer celui de Brighelli?
Car ici, l'ennui naît de l'uniformité. Il y en a qui doivent se marrer derrière leur PC, ceux qui faisaient le sel et le piquant de ce blog.

Ecrit par : Alice | 17 décembre 2006

Je ne voudrais pas donner l'impression de court circuiter le débat sur la laïcité, mais il me semble que le terrain d'entente est plus favorable avec l'éthique qui dépasse (ou devrait dépasser) les clivages religieux, confessionnels...

Ecrit par : Robin | 17 décembre 2006

Robin:
L'oeuvre de Jankélévitch est très nourrissante, sa réflexion sur la mort, ses incursions dans la pensée emblèmatique,...

A propos d'éthique: une chose est patente, à l'école primaire plus encore qu'au collège, c'est le règne de tout et n'importe quoi. Chaque professeur impose ses règles, il y en a des sévères et d'autres complètement "moumou".
Le relativisme dissolvant est tel que c'est la foire d'empoigne dans des écoles!

A plus tard.

Ecrit par : Léo | 17 décembre 2006

Au duo-trio:
Puisque vous séparez la nature (déjà, ce mot à lui seul a mérité des milliers de pages et me semble fortement connoté))psychologique et la nature intellectuelle et philosophique, puis faites allusion à Lévinas, savez -vous que la phénoménologie et l'herméneutique servent de références et de terrain de recherches dans les tentatives de traitement de la schizophrénie? Si cela vous intéresse, histoire de sortir du champ pur de la métaphysique, je vous renvoie à la revue: "L'Art du comprendre" dirigée par Philippe Forget.Je pense que cela va vous plaire...à moins que vous ne connaissiez dèjà. Les travaux de ce philosophe sont réalisés en étroite collaboration avec des psychiatres.Alors, "séparer les différentes natures" de l'homme me semble limite. Morceler afin de ne plus com-prendre le tout humain. Comme en médecine, à force de spécialisation, oublier le reste du corps et ses interactions avec l'esprit, la psyché.
Comme en pédagogie, à force de chercher et de ne rien trouver...Les gamins n'ont pas à pâtir des tortures mentales ressenties par certains profs déstabilisés par une mode qui dure un peu trop.

Ecrit par : Alice | 17 décembre 2006

Léo

Si c'est encore pire en primaire, qu'est-ce que ça doit être !

Alice, nous n'arrivons pas à nous comprendre. Je vous assure que je ne méprise personne. Vous pensez peut-être à la théocratie iranienne; ce genre de régime me fait profondément horreur....Faurisson, l'antisémitisme...un cauchemar ! Je suis pour une laïcité ouverte et tolérante. Je ne veux pas parler de théologie, mais de morale à l'école.

Ecrit par : Robin | 17 décembre 2006

Je ne pense pas du tout à du mépris, mais à une différence de milieu d'origine socio-culturelle qui conditionne, malgré tout ce qu'on peut s'imaginer, nos façons de voir et de penser.
Quant à la morale à l'école, elle revient en force avec ce qu'on appelle le vivre ensemble et l'éducation à la citoyenneté. Ensuite, à chacun d'y mettre ce qu'il considère comme primordial.
Et l'utilisation de la pensée de Lévinas ou Husserl en psychiatrie, ne trouvez-vous pas cela intéressant?

Ecrit par : Alice | 17 décembre 2006

Mais Alice, vous parlez de diffrence de milieu socio-culturel, alors que c'est vous qui m'apprenez quelque chose. ce n'est pas intéressant, c'est passionnant.

Il y a beaucoup de choses que j'ignore. Par exemple, en parlant de Husserl pourquoi à propos de l'ntuition des essences dit-il que c'est une sorte de récit ? Je n'ai jamais réussi à comprendre. J'ai bien une idée, mais j'ai peur qu'elle ne soit fausse.

Ecrit par : Robin | 17 décembre 2006

"principe de modélisation ".
Christophe, pouvez-vous expliciter ce terme savant ?
Anne-Marie.

Ecrit par : Anne-Marie Valette | 17 décembre 2006

Renouons tous les fils :
"Je n'y comprends plus rien, c'est donc de la métaphysique." (attribué à Voltaire)
"Ah, je ne suis pas métaphysique, moi" (de René-Guy Cadou)
Pour ce qui concerne l'oxymoron -- qui est un garçon, comme l'oxymore --, il y en a deux que j'aime beaucoup, "patron social", et "patriotisme économique"...
Enfin, pour ceux qui ont envie d'achever de finir de se désespérer, je signale dans "Science humaines" du mois de janvier 07, un dossier "la guerre des idées" avec un papier intitulé "instruire et éduquer", entièrement vendu aux pédagogistes et qui n'a d'autre argument, comme d'habitude, que l'évocation du fascisme de JPB et Marc Le Bris, et des relents "nauséabonds" du débat. Plus facile que de répondre sur le fond et d'argumenter vraiment, chose dont ces gens-là et leurs zélateurs semblent incapables parce qu'ils sont dans la croyance et non dans le rationnel.

Ecrit par : FGuichard | 17 décembre 2006

"Ils sont dans la croyance et non dans le rationnel", certes, mais ils sont aussi solidement dans le "réel" et ils tiennent la place, et les espèces sonnantes et trébuchantes, bien réelles, tombent dans leur escarcelle pendant que nous, nous sommes incapables d'unir nos forces et nous devons continuer ( sortis de nos classes, où nous "résistons") à contempler la destruction du système, qui se poursuit, par leurs bataillons serrés.

Ecrit par : Jean | 17 décembre 2006

Merci à Françoise Guichard pour cette référence à Sciences humaines.
Cette revue a une rubrique Éducation tenue par des pédagogistes qui présentent aux profanes des idées très orientées dans le style du Monde de l’Éducation en faisant croire qu’ils sont des journalistes objectifs. Eux qui font dans l’idéologie à bloc : cherchez une référence au grand sociologue de l’enseignement Raymond Boudon dans tous ces torchons…

Il y a à Sciences humaines un autre “inénarrable” : le dénommé Vincent Troger. Cet ancien PLP (devenu maître de conf’ en sciences de l’éduc, il a dû pour cela faire le tour d’un bureau à cloche-pied) a écrit un jour un article où il dit que si les professeurs trouvent que le niveau des élèves baisse c’est parce que les professeurs vieillissent. Donc ils savent plus de choses qu’à leurs débuts : on admire et on ne rigole pas bêtement ! On devrait le graver dans le bronze.

Ça peut être l’amorce d’un bêtisier des pédagogos. Ça ferait un livre joyeux à offrir !

Ecrit par : Lariba | 17 décembre 2006

Rassurez-nous, Françoise, dans ce N° de Sciences Humaines, y a-t-il un autre article prenant le contrepied de ce papier pro-pédagos?
Car jusqu'alors, j'avais trouvé dans ce magazine un éventail de points de vue. Du moins en psychologie.
La presse serait donc entièrement vendue aux mêmes tendances? Cela est difficile à croire et à accepter.

Robin, je ne suis pas qualifiée en philosophie et si je l'ai approchée, c'est uniquement par le biais de ce groupe dirigé par Philippe Forget et j'ai eu bien des difficultés. C'est la question "du visage de l'autre" de Lévinas qui m'avait le plus interrogée. J'ai aussi connu quelque dingues qui manipulaient très bien le discours philosophique. Je vois très bien une nuance entre spiritualité et théologie, mais il me semble que c'est léo qui ironise sur le "blog constructivo-théologiste", et là, ça m'agace.
Chaque période où j'ai tenté de me remettre à la philo, certains concepts sont restés pour moi obscurs. Je remarque aussi que ma fille agrégée en lettres classiques a le même blocage, alors qu'elle a passé sept ans avec un jeune agrégé de philo. J'ai alors pu constater qu'il était de plus en plus hors du monde et qu'il ne vivait que dans les abstractions de la pensée philosophique. In fine, je me demande où réside la sagesse.

Ecrit par : Alice | 17 décembre 2006

Merci pour le sexe d'oxymore et du petit oxymoron.
Plus ça va, plus je me demande... si je suis inculte et ignare. Vous causez drôlement bien, vous autres!

Ecrit par : dobolino | 17 décembre 2006

Merci Lariba.
Quels sont donc les titres de la presse "non vendus" aux pédagos?
Je me suis déjà ramassée avec le Monde et Télérama.
Donc, on y ajoute Sciences Humaines.
Ne parlons pas des revues spécialisées en pédagogie?
Alors, avez-vous des titres?
Après, l'on va dire que je suis pessimiste...

Ecrit par : Alice | 17 décembre 2006

JPB, j'en reviens à un détail de l'article... Comment faites-vous pour faire lire à vos Premières STG un roman de Dumas, surtout Le comte de Monte-Cristo, alors que ça ne rentre pas du tout dans le programme ??!!
Vous préparez déjà celui de l'an prochain, ou vous n'appliquez pas du tout les IO ?! C'est une question honnête, j'y ai pensé ce matin en y réveillant, et j'aimerais vraiment savoir la réponse ! (je pense d'ailleurs que vous allez faire des émules, et que Monte-Cristo va connaître un regain d'attention en première à partir de l'année prochaine !)

Ecrit par : Jérémy | 17 décembre 2006

JPB, j'en reviens à un détail de l'article... Comment faites-vous pour faire lire à vos Premières STG un roman de Dumas, surtout Le comte de Monte-Cristo, alors que ça ne rentre pas du tout dans le programme ??!!
Vous préparez déjà celui de l'an prochain, ou vous n'appliquez pas du tout les IO ?! C'est une question honnête, j'y ai pensé ce matin en me réveillant, et j'aimerais vraiment savoir la réponse ! (je pense d'ailleurs que vous allez faire des émules, et que Monte-Cristo va connaître un regain d'attention en première à partir de l'année prochaine !)

Ecrit par : Jérémy | 17 décembre 2006

Cher JPB,
un petit message pour vous signaler que Madame Royal choisit ses contradicteurs mais également le sujet de l'émission (faites un tour sur le net via google). C 'est ca la démocratie participative. Il y a fort a parier qu'elle vous aurait écarté de la liste de ses opposants. Ceci dit le débat de l'émission Ripostes a été lamentable, Ségolène Royal n'a aucune idée... Que l'on soit de sensibilité de gauche ou de droite, le constat est clair : la copie de Ségolène ne vaut rien, peut être deux sur vingt= elle a mis son nom sur la copie et elle est venue, faut encourager les attitudes positives de l'apprenant.

Ecrit par : sapiens | 17 décembre 2006

Sans vouloir trop vous interrompre, vous vous souvenez qu'il y a grève demain et que notre ministre est en train de faire de l'intox en disant que les profs vont manifester uniquement à cause des heures de décharge qui ne touchent que quelques enseignants...
Vous en pensez quoi de cette réécriture des décrets, Monsieur Brighelli et les brighelliens? Et de la grève? Un détail, sans doute?

Ecrit par : Thalie | 17 décembre 2006

FGuichard
Il y en a un autre oxymoron que j'aime bien. C'est "Projet d'Etablissement". Lors d'une inspection je me suis permis de faire remarquer à l'inspectrice cette incompatibilité des termes. Mais la dialectique n'a pas prise sur les esprits obtus.
Il n'y a pire sourd qui ne veut pas entendre!
Et comme vous dites les zélateurs sont dans la croyance en la toute puissance des mots qu'ils forgent à coups de marteau!

Ecrit par : buntovchik | 17 décembre 2006

Thalie
Personnellement je ferai pratiquement grève demain bien que je sois opposé théoriquement à cette forme d'action symbolique.
J'ai pour principe de me ranger toujours du côté de ceux qui résistent et dénoncent les manigances du pouvoir. En pure perte faut-il l'ajouter!

Ecrit par : buntovchik | 17 décembre 2006

Lariba et F.Guichard:
je viens d'aller consulter le sommaire du N° de Janvier de Sc.Humaines . Je retire ce que j'ai précédemment écrit. Trois articles sur l'Oedipe, dont un à l'intitulé faux-cul. Culte de la psychanalyse. La france serait-elle devenue le pays le plus rétrograde d'Europe, voire du monde? Quand je pense que ce pays était il y a peu une référence culturelle, j'ai du mal à comprendre ces freins à l'évolution, cette absence de remise en cause.
Vous écoutez encore la mère Royal? Vous attendez des nouveautés? Un programme? Des promesses?
Le vide apparaît à l'horizon.
Ne sachant plus à quel Saint me vouer, je me demande si ce soir, je ne vais pas me replonger dans l'oeuvre de Cioran dont les ventes vont bientôt être en hausse., bien après les "consoles" de jeux.

Ecrit par : Alice | 17 décembre 2006

Pour Anne-Marie,
La modélisation, c'est tout bête! C'est, tout simplement, mettre les profs stagiaires au fond d'une classe où officierait un enseignant chevronné, et lui demander de calquer son enseignement sur celui du maître. C'est une donnée qui a son intérêt, mais totalement insuffisante. Si je prends l'exemple des disciplines artistiques ou de l'EPS, pour ne citer qu'elles, je n'ai pas très souvent pu observer de séances de travail totalement convaincantes, en tous cas dignes d'être présentées comme modèle absolu aux yeux des profs d'école en formation. Ceci malgré le respect que je dois aux instits en poste. Tous simplement parce qu'elles reposent rarement sur une vraie connaissance de ces disciplines. Mais je pense que je rejoindrai la logique de la plupart des participants à ce blog en affirmant qu'il faut une formation la plus complète possible dans un champ disciplinaire avant de l'enseigner! Mais, évidemment, la modélisation est un mode de formation relativement économique!
Bonne fin de week-end.

Ecrit par : christophe sibille | 17 décembre 2006

Non Thalie, ce n'est pas un détail. J'ai reproduit sur ce blog l'appel à la grève du SNALC.

Alice...C'est pas moi m'dame, c'est JPB qu'a commencé avec René Guénon. J'sais même pas pourquoi il a parlé de ca.

Au fait JPB, quelle idée aviez-vous derrière la tête en évoquant René Guénon, à part nous faire passer pour des fadas et des mystico-gazeux aux yeux d'Alice ?

Ecrit par : Robin | 17 décembre 2006

Tiens, on recause la France?
Pas de grève pour le primaire. Les 35 h dans l'établissement, pour la majorité, nous les faisons déjà! A part quelques glandus.
C'est logique, nous sommes la base du système.
Déjà qu'on y recrute de plus en plus d'ignares, comment voulez-vous qu'il leur reste du temps pour réfléchir?

Ecrit par : Alice | 17 décembre 2006

Alice...C'est pas moi m'dame, c'est JPB qu'a commencé avec René Guénon. J'sais même pas pourquoi il a parlé de ca.
Robin.

Désolée, ce n'est pas JPB (tout de même!) qui a lancé le sujet, mais Léo, le missionnaire de ce blog. Je pense qu'ensuite JPB s'en est amusé.
Au bord du désespoir, on s'amuse comme on peut.

Ecrit par : Alice | 17 décembre 2006

"Cest tout bête", mais c'est tout pédant!
"La formation la plus complète possible dans un champ disciplinaire", je suppose que c'est la" connaissance approfondie de sa discipline"? Alors pourquoi ne pas le dire en termes accessibles au commun des mortels? Ce que disent les participants à ce blog, c'est que la connaissance approfondie de sa discipline est une donnée majeure, la façon dont les connaissances sont ensuite transmises relevant de la personnalité de chacun. Je me demande bien quel âne voudrait que le stagiaire qui observe un cours "calque son enseignement sur celui du maître", parce que c'est impossible pour la raison que je viens de dire; en enseignant, on apporte ce que l'on est... et il n'y a pas deux personnalités identiques, que je sache. En revanche il y a d'une part des programmes définis par la nation et d'aute part quelques petits conseils pratiques que l'on peut donner aux stagiaires pour leur éviter de se planter : par exemple dire tout de suite clairement dès la première minute de l'année que l'on ne tolérera aucun bavardage et punir aussitôt l'étourdi qui aura mal écouté la consigne ( ça surprend beaucoup les élèves, car ça les change du b... qui régnait dans la classe l'année d'avant!) et après tout se passe bien... Ou bien, ne jamais crier quand une classe entière fait du bruit dans le couloir, mais sortir du rang un élève. Les autres vont se taire et observer son sort - comme les moutons... Autre conseil: vouvoyer les élèves, mais les appeler par leur prénom. Cela passe très bien, ils aiment assez. Quelques règles simples de fonctionnement d'une classe, en fait.

Ecrit par : Jean | 17 décembre 2006

Alice, si vous allez à nouveau derrière le miroir, faites attention à vous. Il y a un personnage qui coupe la tête de ceux qui la contredisent et qui n'a pas l'air d'aimer les gens qui réfléchissent. Elle me fait penser à quelqu'un dont j'ai oublié le nom...C'est dans le champ sémantique de "reine"....Bon ça me reviendra.

Lewis

Ecrit par : Robin | 17 décembre 2006

Robin, vous vous moquez de la Reine de Coeur! Mais nous sommes entourés de reines de coeur. Aujourd'hui, les reines ne menacent plus, elles exécutent. Lewis Caroll était fou, amoureux des enfants.Il serait mort ou derrière les barreaux. Fausse protection et illusion sécuritaire.
J'aime bien votre côté poète...et j'aime aussi la poésie de Brassens et de Léo Ferré, de Verlaine ou de Duras (dans ses textes courts). Références peu classiques. Franchiront-elles les siècles?

Ecrit par : Alice | 17 décembre 2006

Références peu classiques. Franchiront-elles les siècles?

Brassens, Verlaine et Ferré, j'en suis sûr...Marguerite Duras un peu moins, mais après tout, je ne suis pas l'interprète de la postérité. Oui, Lewis Caroll était amoureux des enfants, mais il ne les prenait pas pour des imbéciles.

Comment parler avec un fou ? Comment éviter de se faire couper la tête ? Comment ne pas obéir à des consignes absurdes ? Quel merveilleux manuel pour affronter les situations les plus courantes de la vie qu'Alice au pays des merveilles ? Lewis Caroll est le précurseur de la "pédagogie par objectifs"...Et dire que Meirieu n'en parle jamais. Quel ingratitude !

Ecrit par : Robin | 17 décembre 2006

Robin, ce n'est pas JPB qui a fait allusion à R. Guénon mais bien moi. Et cela nous ferait passer pour fadas et mystico-gazeux? Il n'y a aucune commune mesure entre l'oeuvre de Guénon et les niaiseries d'une telle engeance.
JPB s'en amuse-t-il? Je ne crois pas.
Avant de ricaner il vaut mieux savoir de qui ou de quoi.
Alice croit à l'efficacité de" l'éducation à la citoyenneté"? Belle naïveté! Elle est planquée dans un collège de chatounets ou quoi? Que signifie préférer citoyenneté à morale? Qu'est ce qui est le plus réducteur?
C'est vrai, morale fait vieux jeu, alors pourquoi pas cours d'éthique? Oui, mais ça fait élitiste, trop intello, voire gazeux.... Allez, citoyen. Ok ça marche! Aux armes... etc!
Pour revenir au relativisme dont on crève:
Ce n'est pas nouveau, certes, mais j'ai l'impression que rien ne bouge ou bien dès que l'on parle de "principes" on passe pour un dingue réac facho old fashion libéral sarkozy de droite tendance Front nat blabla....
Il y a un moment où débattre doit déboucher quelque chose ou sur quelque chose! Nous en sommes encore à l'occlusion! Quand ça va péter, il va falloir se garer dare-dare!

Ce blog est intéressant à suivre de ce point de vue mais il demeure très limité en nombre d'intervenants. Parfois le silence gronde...

Ecrit par : Léo | 17 décembre 2006

Mais, Jean, je suis parfaitement d'accord avec vous! C'est l'expression: "champ disciplinaire" qui vous gêne? Vous faites du foin pour pas grand-chose, il me semble!

Ecrit par : christophe sibille | 17 décembre 2006

Après lecture plus haut sur le blog, je reviens vers vous Alice. Vous croyez que j'ironise sur le "blog constructivo-théologiste"? Je n'ai jamais ironisé ni employé cette expression qui sort de je ne sais où. Si vous êtes sceptique en ce qui concerne la Sagesse, je vous comprends mais tant que l'on n'est pas brulé par le Désir de connaissance libératrice on n'avance guère. Cherchez! Cherchez encore... une vie pour trouver. Une folie? Oui, aux yeux du monde.
Je ne suis qu'un chercheur si cela peut vous rassurer... et à ce titre, il ne m'est pas permis d'être intolérant envers ceux qui doutent. Moi aussi je ne vois souvent que la nuit et la boue. Mais...

Demain je fais grève. Il sera possible de venir causer un peu plus.
Bonne nuit.

Ecrit par : Léo | 17 décembre 2006

J’avais demandé il y a quelques jours :

Qui a écrit :

"Qu'est-ce qu'un ministère socialiste ? Nous le savons aujourd'hui : c'est un ministère qui exécute les besognes que le pays ne souffrirait pas d'un gouvernement de droite.../..." ?

Il s’agit de François Mauriac à propos de « l’opération de police » en Algérie. Il avait décidé de « jeter le prix Nobel dans la bataille » de la décolonisation, un peu comme aujourd’hui, Laurent Lafforgue jette la médaille Fields dans la bataille de l’éducation. Tous deux auraient pu, de la hauteur acquise, envoyer quelques décrétales à la plèbe. Mais, n’étant pas de ceux « entrés dans la carrière en 1945 » - Mauriac toujours, à propos du Pape du Flore et de ses disciples -, c’est à mains nues, dans des combats au corps à corps, qu’ils ont décidé de s’engager.

C’est la foi qui anime ces deux là.

C’est la mauvaise foi qui anime les pédagogues qui ont fait leur cette maxime : « qu’importe que je sois de mauvaise foi puisque c’est pour la bonne cause, qu’importe que je sois pour la mauvaise cause puisque je suis de bonne foi. » Et c’est cette pensée molle qui les fait préférer avoir tort avec Meirieu que raison avec Brighelli.

Qu’importe les convictions religieuses ou politiques - le temps d’une bataille les ennemis de mes ennemis sont mes amis. Malheureusement Babel est toujours d’actualité, et Léo, je déplore l’ego parfois démesuré du compagnon de lutte JPB qui nous a fait perdre quelques fantassins.

Galilée expert en cour inquisitoriale - les scientifiques ne sont pas tous de pleutres – a dit :
« Celui qui ne connaît pas la vérité, celui-là est un imbécile. Mais celui qui la connaît et la qualifie de mensonge, celui-là est un criminel. »

Philippe Delarouzée.

PS : j’ajoute à la liste quelques oxymores contemporains, « discrimination positive » et « tolérance zéro ». Ah ! Ah ! Ah !
Je fais grève aussi !

Ecrit par : Philippe Delarouzée | 17 décembre 2006

Certes je n'aime pas le "champ disciplinaire", comme je déteste le "champ sémantique " et le "champ lexical"! Avec leurs "champs", ils nous gonflent sérieusement! Ils ne peuvent pas dire tout simplement "l'ensemble des sens d'un mot" et "le vocabulaire"? D'ailleurs, c'est sûrement la traduction de quelque chose, mais de quoi? Mais ce qui me dérange la plus, en fait, c'est la "formation"! Car le mot est tellement connoté "pédago" que je n'ose plus l'employer et que, quand je le vois quelque part, je prends la tangente. Et qui dit "formation" aujourd'hui laisse entendre qu'on pourrait apprendre la pédagogie comme on apprend la mécanique automobile, ce qui est le mensonge institutionnalisé le plus insupportable qui soit. Depuis son annexion par les IUFM et son application à la pédagoqie, le terme de "formation" est devenu franchement antipathique, tellement il fait penser à "formatage". Et depuis que l'on sait comment certains deviennent "formateurs en IUFM", c'est-à-dire avec des qualifications très souvent aléatoires et des états de service sujets à caution, et comment ils adoptent aussitôt le charabia qui est le sésame obligé, dans ce milieu, pour paraître intelligent ( je ne parle pas, Christophe, des matières artistiques, qui, elles, exigent une qualification réelle attestée par des diplômes), c'est le terme lui-même de "formateur" qui en a pris un coup et qui a perdu tout crédit.

Ecrit par : Jean | 17 décembre 2006

Effectivement, je ne suis en rien responsable de l'apparition de Guénon — que je n'ai jamais pratiqué : mes goûts me portent bien plus sur la fiction que sur la prose d'idées. Mais je vais m'y mettre, promis…

Eh oui, il m'arrive de ne pas respecter à la lettre les programmes (en l'occurrence, il s'agissait juste d'une anticipation, l'Inspection générale ayant annoncé que le roman "revenait" en Première — je vous laisse penser ce que vous voulez de programmes qui sucrent le genre littéraire le plus riche des programmes du Bac de Fançais…).

Sinon, c'est vrai que nous tournons à (relativement) peu d'intervenants. Mais primo, la qualité remplace la quantité… Secundo, ce blog est consulté, bon mois mauvais mois, par environ 25 000 personnes (ce n'est pas une estimation, c'est le chiffre du serveur). Alors, d'aucuns pourraient y laisser des pensées fortes, et ensuite, ceux qui y écrivent peuvent se glorifier d'être lus par tant de gens de bonne (ou de mauvaise) volonté.

JPB, gréviste, bien entendu. Quoique je n'aime guère les grèves de 24 heures — je remarque au passage que seul le SNALC, sauf erreur, avait proposé à l'inter-syndicale une grève de plus longue durée : ces gens de droite (supposée !), quand ils s'y mettent, on ne les arrête plus…

PS. Prestation éclairante hier soir de la Sainte Vierge chez Moati — ceux qui voteront pour elle savent désormais qu'ils le feront par masochisme — il s'agit bien sûr d'une métaphore qui n'accable en rien les vrai(e)s masochistes, qui savent bien, eux, pourquoi ils aiment souffrir — et qui ne voteront pas forcément Ségo…

Ecrit par : brighelli | 18 décembre 2006

A la bonne heure, Mesdames et Messieurs, vos dernières interventions "crèvent le plafond". Vous éclaircissez ma journée.

JPB, ce que vous avez dit sur François Mauriac...Je ne sais pas quoi dire...Allez, vous êtes un grand coeur, JPB, oui, un grand coeur. Je ne pensais pas que vous pouviez vous élever à ces pensées-là (excusez-moi, je ne vous connaissais pas, ne le prenez pas mal !)...Mais maintenant, oui.

Oui, j'ai cédé, l'espace d'un instant à la faiblesse de Pierre dans la cour du sanhédrin...Comprenne qui voudra !

J'ai des problèmes avec l'Espérance.

Ecrit par : Robin | 18 décembre 2006

Pardon, Philippe, j'ai attribué vos propos à JPB. je dois avoir la vue qui baisse et c'est écrit trop petit pour moi...Mais je maintiens ce que j'ai écrit sur JPB

Ecrit par : Robin | 18 décembre 2006

Philippe

A propos de Sartre. Je l'ai un peu connu vers la fin de sa vie. Il était devenu presque aveugle et il fallait le guider pour sortir d'une pièce ou dans un couloir un peu obscur. On avait l'impression d'être avec le vieil Oedipe. C'était émouvant, un peu triste; on sentait qu'il y avait là aussi quelque chose de profondément symbolique. C'est qu'à mesure qu'il perdait la vue, il devenait plus lucide...C'était un peu avant la grande époque de Sartre...les boat people et la réconciliation avec Raymond Aron. Une intelligence aiguë, mais toujours légèrement "faussée" et un côté comédien, charmeur, parfois gouailleur que Denis Podalydès a bien saisi. Il pensait que son oeuvre philosophique ne lui survivrait pas mais que son théâtre, lui, resterait ; je pense qu'il avait raison...Le Diable et le bon Dieu avec François Perrier et le mistral dans le rôle de Goetz de Berlichingen dans la cour du Palais des Papes..J'en frissonne encore !

Mais je suis d'accord avec vous, les vrais risques, c'est François Mauriac qui les a pris.

Ecrit par : Robin | 18 décembre 2006

Quand je parlais d'éthique à l'école, je ne pensais pas à
l'élaboration d'un système philosophique, mais à ensemble de règles découlant d'une certaine vision de l'homme. Je pensais à l'intuition très simple de Lévinas quand il parle du visage d'autrui...Pas une table de pierre, pas des impératifs catégoriques façon Kant, un visage. Il faut se demander : Qu'y a-t-il de plus important ? Quel est l'acquis le plus précieux de la civilisation ? Quelque chose qui n'a pas surgi de but en blanc mais qui a émergé progressivement, à travers de multiples vicissitudes ? réponse : le visage d'autrui. L'idée (mais à vrai dire, il s'agit de quelque chose de plus qu'une idée) qu'autrui est un autre moi-même. L'idée de "respect" qui est très à la mode ces derniers temps dans les collèges me paraît trop faible et, de plus employé à tort et à travers.

Je suis d'accord, Philippe, "l'éducation à la citoyenneté" n'est pas la morale.

Il y a une nouvelle de Kafka (la colonie pénitentaire si mes souvenirs sont bons) dans laquelle il explique que chaque caractère de la Loi doit se graver dans les profondeurs de la chair. Max Brod raconte que les femmes de la bourgeoisie de de Vienne s'évanouissaient quand il leur lisait cette nouvelle.

Vous voyez que je ne pense à rien d'angélique quand je parle de morale : le souci d'autrui gravé dans la chair...Mais j'ai peur d'être mal compris par nos rousseauistes.

Mais il faut savoir ce que l'on veut. Tant qu'on n'aura pas compris la banalité du mal et le caractère libératoire de la Loi, on continuera à s'étonner que des gamins de treize ans filment des viols avec des téléphones portables.

Ecrit par : Robin | 18 décembre 2006

Robin,

c'est l'année dernière, en lisant d'un bloc-notes à l'autre - compilation de chroniques écrites de 1952 à 1969 dans un style flamboyant - que j'ai compris que l'engagement n'était pas exclusivement de gauche, et même que celui-ci, à droite, était empreint d'une sincérité désintéressée alors qu'à gauche il est souvent teinté d'opportunisme - les gesticulations des pédagogues autour de la cause des enfant, alors qu'il ne s'agit que d'un jeu de "chaires musicales" en sont un sont un pitoyable exemple.

Philippe.

Ecrit par : Philippe Delarouzée | 18 décembre 2006

Et si nous revenions à Meirieu!
"Les connaissances fossilisées que l'Ecole leur enseigne"... Cette formule qui résume parfaitement les quinze mille pages de bavardage venimeux et destructeur du personnage se trouve dans une communication faite par lui le 15 décembre 2004 et citée par Anne-Marie Valette le 20 novembre dernier sur La Reine est nue.
Quelque chose qui n'a rien à voir et qui s'adresse à Christophe: qui est l'auteur de la chanson "Je suis seule ce soir". J'aimerais bien en trouver la grille. Merci, par avance

Ecrit par : Jean | 18 décembre 2006

Robin, vous avez du mal avec les intervenants sur ce blog: l'éducation à la citoyenneté qui n'est pas la morale...c'est moi qui l'ai signalé et j'ai souligné le problème. Enseigner la morale serait-ce plus réducteur? C'est Alice qui semble croire que l'apprentissage de la citoyenneté vaut pour la morale.
Qu'est-ce qu'un vrai pédagogue qui éduque à la citoyenneté? D'abord, il obéit aux consignes du programme officiel de sa discipline et , de fait, montre qu'il est un bon citoyen.... Ensuite, il fait des cours qui amènent les élèves à prendre conscience des enjeux: être un citoyen, c'est mériter sa place parmi ses égaux dans la société.

Comment évaluer ça? L'éducation civique comme l'ECJS sont distinctes de l'Histoire- géographie: il faut à chaque trimestre une moyenne. Pourquoi pas une moyenne de géographie et une moyenne d'histoire? Cela ferait trois disciplines... Hypocrisie supplémentaire: au Brevet, l'éducation civique est confondue avec l'Histoire-Géographie.
Bon, comment on évalue? on fait faire des exercices concons qui permettent de vérifier que le discours "citoyen" passe, on fait des interro de vocabulaire: nation, parlement, discrimination, suffrage universel...
Mais la plus belle évaluation- somative ou formative? -commence dans le couloir puis dans la cour et dehors. Là il vaut mieux ne plus se bercer d'illusion. Le citoyen ne se forme pas au collège ni au Lycée: c'est la vie dans la société avec diverses influences positives ou non, celle des parents - premiers éducateurs, oui ou non?! -, des copains, de la rue.... et des professeurs. Ensuite il ya la loi et la police pour que la peur de la sanction soit le début de la sagesse... Sagesse, être sage... quel nivellement! Je pense que certains trouvent cette sagesse très convenable en regard de ce qu'ils appellent la "sagesse gazeuse" d'un Socrate par exemple.

"Je ne nie pas que la civilité ne soit la plus humble section de la philosophie mais -tels sont les jugements des mortels- elle suffit aujourd'hui à concilier la bienveillance et à faire valoir des qualités plus sérieuses. Il convient donc que l'homme règle son maintien, ses gestes, son vêtement aussi bien que son intelligence." Erasme.


Si l'on commençait par s'accorder sur ce programme, au primaire au moins, sans faire de la sociologie et sans couper les cheveux en quatre pour montrer que l'on réfléchit assez pour , au final inhiber toute action, alors on pourrait espérer... "Sauvons la morale.net"?
Des crétins de gauche trouvent que la référence salvatrice témoigne de la pensée la plus réactionnaire. Je leur propose, pour ne pas les effaroucher:" Morale en progrès.net." Moins coincés les camarades?

Ecrit par : Léo | 18 décembre 2006

Vous avez raison Léo, c'est vous qui avez parlé de la différence entre l'éthique (ou la morale) et l'éducation à la citoyenneté. Il faudrait comprendre comment on en est arrivé là. Pourquoi le mot "morale" est-il devenu presque tabou ? J'aime assez le mot "civilité". Quel homme agréable devait être Erasme si on en juge par la phrase que vous citez, comme c'est bien dit ! Mais la civilité n'est pas tout à fait la morale. La civilité n'exclut pas nécessairement, par exemple, l'hypocrisie.

Ecrit par : Robin | 18 décembre 2006

Très juste, Robin. C'est pourquoi Erasme que j'aime beaucoup ne suufit plus. Les siècles sont passés et les moralistes du XVII°s ont jeté un regard plus sombre sur le microcosmos. Et il y a, à propos d'hypocrisie dans les rapports humains, le formidable B. Gracian.
En plus sombre, carrément janséniste et inspirateur de La Rochefoucauld, on peut lire "La fausseté des vertus humaines" de J. Esprit.
Après de telles lectures et un peu de lucidité sur soi-même, on peut se faire une morale...et une raison. Cruelle et libératrice lucidité! Tout ce qui manque aux idéologues. Ou bien, parce qu'ils ont vu le monstre, eux aussi, tout ce qui justifie la volonté de le dompter sinon de le nier. Les idéologies sont souvent un déni du réel. Le Goulag veut éduquer le monstre au moyen de méthodes monstrueuses.
L'EN n'est pas le Goulag. Ouf!on respire. Pour combien de temps?

Ecrit par : Léo | 18 décembre 2006

A propos d'opportunisme

Pour distinguer un homme sincère dont les convictions ont "réussi" d'un opportuniste, il faut scruter "l'itinéraire".

Ecrit par : Robin | 18 décembre 2006

Pour distinguer un homme sincère dont les convictions ont réussi d'un opportuniste, il faut scruter "l'itinéraire".

Ecrit par : Robin | 18 décembre 2006

"Le problème, c'est qu'on oriente depuis quelques années en série Littéraire des gosses qui n'ont rien à y faire" JPB cf. supra...

Désolé mais je ne comprends toujours rien à ces commentaires d' intellos, moi, néophyte du savoir savant!
Le prof est souvent un élève qui n'a rarement connu l'échec, comment interprétez-vous ce constat?Peut on attribuer les craquages de profs à cette remarque?
Comment comprendre un enfant dont l'expérience n'a jamais été partagée? J'ai du mal à saisir comment un enseignant peut décider pour un élève sans plonger dans la reproduction de stéréotype: féminin/masculin, souche/pas souche, nul en maths/nul en français???....
Ainsi, le comportement d'un enseignant n'est il pas conditionné seulement par ces stéréotypes?
c'est la faute à la formation non, j'vous dit ça parce que c'est nous qu'on paye!
a+
F

Ecrit par : Kam | 18 décembre 2006

Bonjour,
La lecture du blog est plus enrichissante que celle de mon quotidien régional qui donne un compte -rendu détaillé et illustré du retour en grande pompe de Miss France dans sa ville de Saint-Quentin. Cette élection ouvre de nombreuses portes dont celle de la politique affirme le journal ,citant les propos de Xavier Betrand. Elodie Gossoin , encouragée par notre ministre, l'a compris. D'une élection à l'autre, quelle est la différence après tout ? Les gogos que nous sommes se laissent aisément "divertir".
. Je sais bien que je suis jalouse, moi qui qui n'ai pas su me conformer aux mensurations idéales, dut porter des lunettes dès l'âge de 13 ans et finalement pensa à autre chose quand la maladie me rappela à la réalité. Penser à autre chose : tiens je vais relire Voltaire :"Dictionnaire philosophique " article "Beau, Beauté" pour me consoler.
Quant à la réalité,à Saint-Quentin comme ailleurs, elle n'est pas réjouissante, là où les bonnes volontés s'accrochent déses pérément - dans les hôptaux ,les établissements scolaires et autres lieux de travail - à la devise " comme je peux et de mon mieux" en y laissant leur santé et parfois leur vie. Ma voisine de gauche à la chorale est infirmière et va devoir, à son grand regret , nous quitter pour raison d'épuisement physique se lisant sur son visage. "Mais ça va encore " selon elle, car l'une de ses collègue, victime d'un malaise dû au surmenage, est tombée sur le rebord d'un lavabo et s'est fracturé la machoire".
Veuillez m'excuser si je suis hors-sujet, mais c'est à l'école que l'on m'a ouvert les yeux , les oreilles, le raisonnement et le coeur aussi. Depuis, les paillettes et les sirènes me sont apparues comme des impostures. Il paraît que cette école là ne valait rien. Je n'arrive pas à y croire et je chante avec Gilbert Lafaille :
J'aimais bien mon maître d'école,
Il nous disait des poésies;
Mais aujourd'hui la terre est folle
Et les enfants ont des fusils.

Ecrit par : CHARPENTIER Hélène | 18 décembre 2006

Il n'est pas simple de scruter l'itinéraire d'un individu. Savoir discriminer entre le vrai et le faux est un exercicce subtil. Il me suffit de savoir que l'ego "est légion" et que la complexité des êtres est telle que l'on se frotte parfois à Prothée.
Le jeu des masques est une composante du réel que nous percevons et qui est, en réalité, une illusion.
Le savoir soutient l'art de vivre avec les autres. Il faut revenir à la connaissance de soi: l'éducation civique pourrait commencer par une réflexion et des exercices sur ce thème, non? Quelle révolution!

Ecrit par : Léo | 18 décembre 2006

A l'intention de Jean: La chanson, "je suis seul ce soir", interprétée par André Claveau, (entre autres) a été écrite par Paul Durand, et composée par Rose Noël et Jean Casanova, en 1941.

Ecrit par : christophe sibille | 18 décembre 2006

"Le prof est souvent un élève qui n'a rarement connu l'échec, comment interprétez-vous ce constat? (…)
Comment comprendre un enfant dont l'expérience n'a jamais été partagée? J'ai du mal à saisir comment un enseignant peut décider pour un élève sans plonger dans la reproduction de stéréotype: féminin/masculin, souche/pas souche, nul en maths/nul en français???...."

écrit Kam…

Je crois que ce n'est pas tout à fait vrai. Nombre de profs furent des élèves moyens, des bachoteurs acharnés, des laborieux méritants. Peu d'élèves "doués" (si tant est que ce mot ait un sens) se font profs — ils ont d'autres chats à fouetter.
C'est une vérité d'évidence lorsqu'on interroge dans les concours de recrutement. Et en prépas scientifiques, où j'enseigne partiellement aujourd'hui, très peu d'élèves visent une carrière professorale — via l'ENS et la recherche, à la rigueur.
Quant à juger — par exemple dans un conseil de classe…
J'ai quelques souvenirs (pas beaucoup) d'erreurs de conseils de classe. Rares, parce que ce sont des décisions collégiales, et que l'opinion de l'un infirme souvent celle d'un autre : on ne tranche pas, on fait la moyenne. Croyez-moi, ce ne sont pas les aptitudes en ceci ou cela qui priment (je crois fermement que "doué en maths" ou "doué en français" ne signifie pas grand chose), mais la capacité à se concentrer, à travailler — à faire l'effort de travailler —, et, en définitive, la capacité tout court. Nous sommes entre nous, ici — bien que le blog soit public, par définition. Eh bien, nombre de profs vous diront que le langage des salles de profs est beaucoup moins châtié, lorsqu'on y parle des élèves, que celui des conseils de classe. Il y des gosses qui, pour une foultitude de raisons, ne feront pas de très longues études, c'est évident. D'autres qui ont du goût — affiché — pour l'aspect manuel de telle ou telle discipline (bien trop peu exploité ou suscité, à mon goût). D'autres qui n'ont pas envie pour le moment, mais dont on sent, dont on sait qu'ils reprendront des études plus tard — et ce devrait être infiniment plus facile que ça l'est aujourd'hui. Aucun enfant n'est perdu, mais tous ne sont pas sauvables…

Tout à fait autre chose. Mauriac est majeur non seulement parce qu'il a fait des romans époustouflants de méchanceté — et j'ai un peu tendance, quand je lis, à accorder une prime à la méchanceté ("on ne fait pas de la littérature avec de bons sentiments", disait l'homme à la porte étroite), mais parce que le Bloc-notes est un pur chef d'œuvre d'analyse spontanée, visant souvent juste — peut-être parce que ce moraliste ne s'encombrait pas d'idéologie(s) — pas même celle de la charité, qui n'a aucune fonction en politique.

Tenez, la vraie formation en Education civique, ce pourrait être la lecture commentée du Bloc-notes de François Mauriac — en alternance avec deux ou trois Grecs et autant de Romains : les révolutionnaires de 1789 avaient pris leurs cours de "citoyenneté" du côté de la guerre du Péloponnèse et de la révolte des Gracques. Bref, ce n'est peut-être pas du ressort des profs d'Histoire-Géo — et je ne dis rien de l'état de la géographie des programmes, dont il ne reste que des bribes de "géographie humaine" qui permettront aux élèves de situer toute leur vie le bassin de la Loire entre Vosges et Jura.
JPB

Ecrit par : brighelli | 18 décembre 2006

Ha ! Mon Dieu ! Christophe donne une réponse ! Une réponse directe et explicite ! Christophe Sibille est un professeur castrasteur, petit bourgeois, qui bride la créativité de ses apprenants en leur apprenant quelque chose ! Un hitléro-facho-lepéno-poujado-réactionnaire parmi nous ! Horreur ! Malheur !

Vous auriez dû faire cela sauce pédago-IUFM.

1) distribuer un questionnaire avec 156 items, répartis en 87 catégories et sous-catégories, dans un volume de 56 pages, publiées par ESF éditions pour une somme modique excédant à peine le budget d'une ville moyenne.

2) Par une habile théâtralisation de l'acte de centration éducative, mettre en place les conditions psychologiques du conflit socio-cognitif. Par exemple, nous demander de bondir en de hurler en nous tenant la main, à la recherche collective de notre cri primitif.

3) Dans un dialogue socratique, nous amener au Sens par des questions savamment dosées et réfléchies.
"qui est seul ?", "Pourquoi est-il seul ?", "Pourquoi le soir ?".

4) vérifier notre progression, point par point, à l'aide d'une évaluation sommative. Par exemple, écriture d'invention : "Vous êtes seul ce soir. Dites en quoi, par son refus de l'altérité, la droite xénophobe et réactionnaire est responsable de votre solitude."

5) mettre en place un parcours de transversalité intégrée avec le formateur d'histoire. Autant partager les aubaines, ça fait toujours deux salaires facturés au lieu d'un.

6) à la fin, de guerre lasse, nous demander de trouver la réponse sur Google, dans le cadre d'un TPE interactif qui comptera pour la note du B2I.


Grâce à tout ça, la recherche du Sens mobilise plusieurs personnes à temps plein pendant de nombreuses heures, justifie l'achat d'équipements informatiques coûteux et la production de nombreux documents administratifs.

Et au lieu de ça, vous donnez la réponse en quatre lignes ! Mais c'est la mort du petit commerce pédagogiste que vous cherchez, ma parole !

Ecrit par : Pierre-Henri | 18 décembre 2006

Léo

"Connais-toi toi-même" (gnoti seotôn). Cette devise était inscrite sur le fronton du temple d'Apollon à Delphes. Elle n'a rien d'une invitation à l'introspection, à l'auto analyse...Elle signifie très exactement : "Sache que tu es un homme (un mortel) et pas un dieu (un immortel). C'est une phrase qui pose des limites. Ca n'a sans doute l'air de rien, mais c'est fondamental. Fondement absolu de la morale : "Gnoti séautôn" : "apprends tes limites".

Ecrit par : Robin | 18 décembre 2006

Nietzsche dit quelque part que ce sens des limites est le grand apport des Hébreux à la Civilisation (dans Aurore, si je me souviens bien) et que les Allemands feraient bien d'en prendre de la graine, mais on le trouve aussi chez les Grecs, bien que sous une autre forme. Dommage que Niezsche n'ait pas suivi le conseil et qu'il ait préféré batiffoler avec Dionysos et ses Bacchantes. N'importe quel Grec de base, le moindre savetier d'Athènes aurait pu prédire au génie qu'il courait à sa perte.

Ecrit par : Robin | 18 décembre 2006

Tout à fait accord avec vous JPB, le génie n’a pas grand chose à voir avec la réussite scolaire. Ce n’est qu’avec un travail acharné et beaucoup de temps sacrifié que l’on parvient à franchir avec succès les concours. Je peux en témoigner.
D’ailleurs, j’obtiens toujours le même effet, en début d’année scolaire, quand, face à un parterre de parents d’élèves, pour expliquer que sans travail point de salut, je cite le bon mot, attribué à d’Albert Einstein - lui-même n’était pas dupe, seuls les dilettantes, pour se justifier, se ventent de n’être pas doué –: « le génie c’est 95 % de travail et 5% d’inspiration.»
Les parents convaincus qu’ils ont mis au monde un pur génie – et ils sont de plus en plus nombreux – s’offusquent de tant d’impertinence…

Philippe.

Ecrit par : Philippe Delarouzée | 18 décembre 2006

Pierre-Henri, de nouveau parmis nous. Justement votre impertinence et finesse d'analyse nous manquaient...

Ecrit par : Philippe Delarouzée | 18 décembre 2006

Christophe sibille a écrit :
"Si je prends l'exemple des disciplines artistiques ou de l'EPS, je n'ai pas très souvent pu observer de séances de travail convaincantes.Ceci malgré le respect que je dois aux instits en poste.Tous simplement parce qu'elles reposent rarement sur une vraie connaissance de ces disciplines."

Le problème posé n'est pas : faut il ameliorer la formation des PE en musique?,
le problème est plutot : est ce au professeur des écoles d'enseigner la musique à une classe?
Autant je comprends la vocation généraliste d'un professeur des écoles,(le français est la langue maternelle dans laquelle on baigne, les mathssont notre concret quotidien,etc..) autant 99% des enseignants ne maitrisent ni, la grammaire( solfege), ni le concret (pratique d'un instrument) de la musique.
Il y a donc a mon sens une contadiction de l'institution qui continue a demander l'impossible a ses enseignants.
Aussi performante que soit leur formation à l'IUFM, on n'apprendra personne a parler une langue etrangère ( la musique ) en si peiut de temps, et encore moins à l'enseigner!!

Ecrit par : Jean Bernard | 18 décembre 2006

Jean-Bernard, il y a quelques années, les instits en formation avaient 150 heures de cours, sur trois ans. Il y a moyen, avec un léger "réinvestissement", (j'espère que le mot n'est pas trop pédant pour Jean ou Pierre-Henri, qui semble apprécier tout ce qui est basique), d'en apprendre suffisamment en ce qui concerne les techniques de placement de voix et d'acquérir une base de connaissances en culture musicale permettant de donner le goût de la musique et d'apprendre même certaines vraies notions à des élèves de primaire. Evidemment que plus on en sait, mieux c'est. Comme pour toutes les autres disciplines! Ceci-dit, parmi les étudiants et les stagiaires que j'ai eu le bonheur d'avoir en formation, ceux qui en savaient le plus et qui étaient les plus intéressants n'étaient obligatoirement ni ceux qui avaient fait des études de musicologie, ni ceux qui avaient plusieurs années de conservatoire! Et on peut parfaitement apprendre des choses aux enfants sans être un caïd en technique. Même, encore une fois, si plus on en sait, mieux c'est. A priori.

"Ha ! Mon Dieu ! Christophe donne une réponse ! Une réponse directe et explicite ! Christophe Sibille est un professeur castrasteur, petit bourgeois, qui bride la créativité de ses apprenants en leur apprenant quelque chose ! Un hitléro-facho-lepéno-poujado-réactionnaire parmi nous ! Horreur ! Malheur !"

Ecrit par : Pierre-Henri | 18 décembre 2006

"Pierre-Henri, de nouveau parmis nous. Justement votre impertinence et finesse d'analyse nous manquaient..."

Ecrit par : Philippe Delarouzée | 18 décembre 2006

Et vous, Philippe, nous pourrions dorénavant difficilement nous passer de votre humour pince-sans-rire!

Ecrit par : christophe sibille | 18 décembre 2006

Christophe , votre réponse est en contradiction avec votre propre citation :
"Si je prends l'exemple des disciplines artistiques ou de l'EPS, je n'ai pas très souvent pu observer de séances de travail convaincantes.Ceci malgré le respect que je dois aux instits en poste.Tous simplement parce qu'elles reposent rarement sur une vraie connaissance de ces disciplines."
D'autre part je ne comprends rien a la suite de votre message.

Ecrit par : Jean Bernard | 18 décembre 2006

JPB

Une collègue m'a appris ce matin comment on surnommait jadis les instituteurs dans le Berry : "les débêteux" ! Un demi siècle d'Histoire en deux expressions : des "débêteux" à la "fabrique du crétin" ?

Ecrit par : Robin | 18 décembre 2006

Pourquoi nombre de professeurs des écoles permettent-ils aux élèves de les tutoyer?
Pourquoi n'exisite-t-il pas de conseils de discipline dans le primaire?
Que signifient les témoignages de professeurs des écoles qui se mesurent physiquement à des sales mioches, chose impossible ou beaucoup plus difficile au collège surtout en 4° -3°?
D'où vient cette permissivité gnangnan mêlée de force physique?
Pourquoi attend-on le collège pour remédier?
Maturité du collégien?


Pas d'enseignement sans discipline, sans connaissance de la limite!
L'hybris bridée en cultivant la maîtrise de soi: encore un contenu pour une éducation civique plus fructueuse.

Débêteux: se dépouiller de la bête, quel programme! Pédagogues, à vos marques!...

Ecrit par : Léo | 18 décembre 2006

bonjour,
Léo, je ne comprends pas votre dernier message et en particulier vos questions : permissivité gnangnan mêlée de force physique, kesaco ? attendre le collège pour remédier, ah bon ? se mesurer physiquement avec les élèves (sales mioches), là ça m"intéresse d'avoir des preuves...
Par ailleurs, je ne pense pas que l'éducation civique doive être l'étude des moyens pour faire tenir tranquille les élèves en classe. C'est le boulot de chaque enseignant dans sa classe et des administratifs dans l'établissement.
J'aimerai plutôt que l'éducation civique, comme son nom l'indique, soit à une initiation -neutre et impartiale - au droit, aux institutions, aux libertés publiques et privées, aux devoirs des citoyens appuyée pourquoi pas sur des oeuvres de grands auteurs si on veut y ajouter une dimansion "culturelle" adaptée aux âges des élèves.
A bientôt.

Ecrit par : utile baron | 18 décembre 2006

A propos du travail et du sens de l'effort : on voit danser le funambule sans penser aux gadins qu'il a pris.

Léo : en parlant des "opportunistes", je ne pensais pas aux gens qui changent d'avis comme de chemise,,.ni même à ceux qui n'ont aucune conviction, je pensais à des gens comme Bernard Tapie.

Quelle rapport avec la morale et la pédagogie ? Les gens qui ont enseigné dans les années 80, lorsque Tapie était au sommet de sa gloire savent l'influence que le personnage a exercé sur toute une génération de jeunes de cette époque-là. Quand je parle de morale, je ne pense pas seulement au cours de morale avec la belle maxime kantienne calligraphiée au tableau noir, je pense aussi à " l'exemple" que certains personnages publics donnent aux jeunes.

Les jeunes n'aiment pas la morale "fossilisée" et ils ont raison. ils ont besoin qu'on leur donne l'exemple...

Le problème, c'est que Ecole n'a pas voulu, alors ils se sont choisis des "héros" : Tapie...Maryline Manson...

Ecrit par : Robin | 18 décembre 2006

Eh bien, dans ma minuscule école de campagne, dont je n'ai pas toujours dit du bien, c'est une vraie prof de musique et musicienne qui vient former les petits.
Le risonnement par ailleurs est vicieux. Si l'on quémande systématiquement, pour chaque matière, les services d'un spécialiste à l'école primaire, cela s'appelle un collège…
JPB

Ecrit par : brighelli | 18 décembre 2006

Robin, sur les influences que se choississent les jeunes, je reste sceptique.
Pour Tapie, je n'ai pas le souvenir que ce soit surtout auprès des jeunes qu'il a marché. Il a réussi à avoir une popularité qui dépassatt les catégories d'âge mais aussi de diplômes et que l'on retrouvait à peu près partout identique. C'était d'ailleurs sa force principale.
Sur Marylin Manson..ça fait cibnquante ans que la musique est une influence majeure de l'adolescence et de la jeunesse. et je vois mal comment on pourrait incriminer l'école actuelle dans l'explosion que constituèren tpar exemple Presley ou les Beatles, voire les yéyés en France.
A bientôt.

Ecrit par : utile baron | 18 décembre 2006

à/s Brighelli du 18/12 : "Si l'on quémande (...) cela s'appelle un collège"
Cela pourrait surtout s'appeler une Ecole de la Scolarité Obligatoire, souhaitable structure unifiée par fusion du Primaire et du Collège où l'on trouverait :
Le matin, des activités en classe hétérogène (classe d'âge) destinées à enseigner des "fondamentaux socialisants" (expression écrite et orale, outils mathématiques, culture générale "de socle commun",...). Un (ou deux) professeurs "généralistes" par classe ( extension de l'Instituteur primaire) en seraient chargé(s)
L'après-midi, des enseignements obligatoires mais optionnels (grille de possibilités; choix des élèves) permettant à chacun et chacun à son rythme d'aller vers son profil d'excellence. Enseignement en petits groupes de niveau, homogènes (sans critère d'âge). Des spécialistes en seraient chargés.
Qui sait ... ?

Ecrit par : Sejan | 18 décembre 2006

Je cite : "Les épées se croisent, le sang gicle, les plaies s‘infectent, les têtes volent, arrachées par des boulets, les cœurs battent, les mains se cherchent, des billets s’échangent au nez et la barbe des duègnes. Que retiendront les élèves ? Qui peut le savoir ? À ce genre de cours, on ne prend pas de notes. "
Apparemment les banlieues ont retenu. Pour l'instant elles se contentent de brûler les bagnoles et de cagasser les flics. Mais je ne désespère pas de les voir un jour profiter pleinement de tous nos enseignements. Il faut bien savoir comment s'est fait la France !

Ecrit par : djeissi | 18 décembre 2006

"Quant à la réalité,à Saint-Quentin comme ailleurs, elle n'est pas réjouissante, là où les bonnes volontés s'accrochent déses pérément - dans les hôptaux ,les établissements scolaires et autres lieux de travail - à la devise " comme je peux et de mon mieux" en y laissant leur santé et parfois leur vie. Ma voisine de gauche à la chorale est infirmière et va devoir, à son grand regret , nous quitter pour raison d'épuisement physique se lisant sur son visage"

...Aucun de ces visages ne sera confondu. Les Invisibles qui filtrent l'effroi des gisants dans la tendresse cachée du sourire de l'aube, qui s'abreuvent à la scintillation ardente des sources du silence, qui versent l'ivresse des noces, qui dessinent en dansant dans la jubilation des abîmes le visage ineffable du futur, qui intercèdent et consolent sans répit et qui connaissent tous les trésors scellés, corrigent dans un Livre de Feu les injustices des hommes.

Ecrit par : Robin | 18 décembre 2006

"Quant à la réalité,à Saint-Quentin comme ailleurs, elle n'est pas réjouissante, là où les bonnes volontés s'accrochent déses pérément - dans les hôptaux ,les établissements scolaires et autres lieux de travail - à la devise " comme je peux et de mon mieux" en y laissant leur santé et parfois leur vie. Ma voisine de gauche à la chorale est infirmière et va devoir, à son grand regret , nous quitter pour raison d'épuisement physique se lisant sur son visage"

Mais son visage ne sera pas confondu. Les Invisibles qui intercèdent et consolent s'abreuvent à la scintillation ardente des sources du Silence. Ils connaissent les trésors cachés et corrigent dans un Livre de Feu les injustices des hommes.

Ecrit par : Robin | 18 décembre 2006

Toto -> Robin et la suite.
Sûr qu'il en faut, de l'herméneutique !
Alors, ma question :
Pourquoi les rédacteurs de ce texte, La genèse, l'ont-il conçu ?

Ecrit par : djeissi | 18 décembre 2006

utilebaron

Il y a une différence de degré (pas de nature, je vous le concède) entre les années 60 et la "culture jeune" du troisième millénaire...Je peux vous assurer que nous glissons lentement, mais sûrement vers l'abîme.

Ecrit par : Robin | 18 décembre 2006

"Ce n'est pas faute d'avoir suggéré à mon attachée de presse de les contacter. J'imagine que la liste était close depuis vilaine lurette, la Dame blanche ayant horreur des surprises. Mais le suspense reste entier sur qui interrogera la Sainte Vierge sur les questions d'éducation… Surtout qund on sait que la commission Education du PS est dirigée en fait par Pierre Frackowiack — Claude Roiron pense un peu trop mal, en ce moment…
JPB
Ecrit par : brighelli | 17 décembre 2006"

Ah, voilà ! Je me demandais aussi, pourquoi ce blog !...

Ecrit par : djeissi | 18 décembre 2006

djeissi

C'étaient des hommes comme vous et moi, même si on considère qu'ils étaient "inspirés". Ils pensaient dans les limites des connaissances de leur époque. Il faut partir de l'idée qu'il y a des "trésors cachés" dans ce texte. Des générations et des générations d'hommes se sont penchés dessus, sur chaque mot, sur chaque lettre pour comprendre, c'est à dire pour interpréter. Prenez l'exemple de Caïn et Abel...Ils n'ont pas vraiment existé. Ce sont les symboles d'une réalité méta-historique : le conflit des doubles, les guerres fratricides. Si vous comparez cette histoire avec celle de la fondation de Rome avec Romulus et Rémus, vous constaterez que c'est exactement la même chose...sauf que dans la Bible, on dit que Caïn est un assassin, pas un héros. Vous ne trouvez pas ca intéressant ?

Ecrit par : Robin | 18 décembre 2006

Sur Caïn et Abel, j'ai une interprétation quelque peu différente — qui m'a été fournie par l'abbé du Mont Saint-Michel pendant une interview. Caïn est cultivateur (un homme du Néolithique, quoi), sédentarisé, et Abel berger (voir leurs dons, une moisson pour l'un, un agneau pour l'autre). Et Dieu n'aime que les errants : il accepte le don d'Abel, et refuse celui de Caïn — qui symbolise évidemment l'homme de progrès, par opposition au vagabondage sans but d'homo sapiens. Bref, provocation pure — je comprends assez la hargne de Caïn.

Quant à l'histoire de l'œil dans la tombe, typique de civilisations qui consommaient du qat et autres delicatessen made in Arabia… Et de poètes français portés sur le manichéisme littéraire…
JPB, décidément irrécupérable.

Ecrit par : brighelli | 18 décembre 2006

Il semblerait que les inquiétudes sur la jeunesse soient loin d'être nouvelles. Platon tremblait déjà et chacun y voit la cause à abattre.

Proposé par :
Éric Tremblay, Montréal

Son appréciation :
L'Allégorie de la caverne de Platon critique avec virulence l'ignorance des hommes entrenue par leur soumission aux fausses représentations de la réalité, propagées par les différentes institutions possédant des pouvoirs sur leur devenir individuel et collectif, ainsi que par leur formidable capacité d'aveuglement volontaire les baignant dans un certain état de confort et d'indifférence. Cette histoire, écrite à l'époque de la Grèce antique, s'avère d'autant plus pertinente de nos jours, que les humains se soumettent à une pléiade de pouvoirs influents, tels les médias de masses, plutôt que de développer leurs capacités de réflexion et d'analyse critique d'un monde en constante évolution. À l'aube du XXIe siècle, alors que nous vivons une époque turbulente et critique, le retour du religieux, la soumission volontaire ou non à la puissance états-unienne et le conformisme planétaire, une réflexion profonde, ainsi qu'une critique développée, constructive et porteuse de changements positifs pour l'ensemble de l'Humanité, se veulent plus nécessaire que jamais. Nous sommes tous concernés. Nous devons prendre conscience des problèmes actuels, surmonter notre sentiment d'impuissance et nous révolter contre la barbarie et la destruction de notre environnement.

A Léo,
Mes "chatounets" sont en maternelle ZEP et la morale de Kant me semble légèrement complexe à leur niveau. Nous sommes déjà le seul pays à enseigner la philo à des élèves de 18 ans, alors, n'abusons pas. Vous semblez être une mine de connaissance, mais l'humour fait-il partie de votre fonctionnement? Quand je parlais d'éducation à la citoyenneté et de vivre ensemblisme, c'était bien entendu pour en considérer les limites. Ma journée de non-grêve (car plus de 35 h/sem, étant à la base du système) ne vous évoquait-elle pas le fait que je puisse travailler ailleurs que dans le secondaire? Donc, chez nous, on essaie déjà d'apprendre aux élèves à PARLER en construisant une phrase, en prononçant correctement les mots et en enrichissant son vocabulaire. Alors, si vous avez des conseils sur ce sujet , ne vous gênez pas, ça m'intéresse.

Ecrit par : Alice | 18 décembre 2006

"Ma voisine de gauche à la chorale est infirmière et va devoir, à son grand regret , nous quitter pour raison d'épuisement physique se lisant sur son visage"
Robin note : Mais son visage ne sera pas confondu. Les Invisibles qui intercèdent et consolent s'abreuvent à la scintillation ardente des sources du Silence. Ils connaissent les trésors cachés et corrigent dans un Livre de Feu les injustices des hommes".
C'est très beau , Robin, littérairement parlant veux-je dire ; toutefois cette image consolante me déplaît. J'aimerais qu'ici et maintenant, pour cette femme et pour tant d'autres éprouvés par la misère des temps, une eau de délivrance vienne laver leurs peines, une eau qui ne vienne pas d'un royaume plus qu'hypothétique et qui n'est pas de ce monde -- j'essaie de ménager les sensibilités de tous, notez-le. Nous n'aurons que ce pour quoi nous nous serons battus, et c'est par là que nous retrouverons un visage : en creusant nous-mêmes la source, à mains nues s'il le faut. Et si nous n'avons rien, il nous restera la gloire de nous être battus, qui vaut largement les béatitudes éternelles à la droite du Père. Ne comptons que sur notre propre courage, tant qu'il nous en reste, et la lumière viendra -- peut-être -- de surcroît, pour ceux qui y croiront principalement. Il restera aux autres, aux irrécupérables mécréant-e-s dans mon genre, les mains calleuses et les doigts en sang : de beaux stigmates après tout, non ?

Ecrit par : FGuichard | 18 décembre 2006

À propos d’Éducation civique…
On appelle ça Éducation civique juridique et sociale. Invention des dames patronnesses, plus exactement du “pape”, de Meirieu lui-même et de ses évêques. Une vraie non-discipline ! Créée à partir de la diminution des horaires des autres matières et servant à supprimer des postes, œuf corse !

Je crois que la plupart des gens n’ont pas du tout idée de ce qu’est ce “machin”, alors voici des extraits des textes officiels où l’on voit à l’œuvre la pensée zéro des pédagogistes qui fait fi de la logique élémentaire. Mélange d’intentions contradictoires, de projets démesurés et finalement d’impossibilité pratique. Après la philo en “brouillard allemand” voici la citoyenneté en brouillard pédagogo :

« Lorsqu’une pratique éducative consiste à transmettre un savoir sous forme d’une succession d’évidences sanctionnées par les autres, l’élève apprend en outre autre chose que ces contenus : il apprend que le savoir est détenu par des autorités, il a la tentation de ne le recevoir que passivement, il commence par admettre qu’il peut être délégué à “ceux qui savent”. Appliquée à l’ECJS, une telle pratique formerait des citoyens passifs, percevant le savoir comme déconnecté de ses enjeux sociaux, économiques et politiques. Certes, on ne crée pas le savoir, on le reçoit ; il est énoncé et validé par quelqu’un qui fait autorité. Mais le savoir n’est pas seulement quelque chose de transmis ; on doit aussi se l’approprier. L’élève pourra exercer sa citoyenneté grâce au savoir, mais un savoir reconstruit par lui, dans une recherche à la fois personnelle et collective…
L’éducation civique, juridique et sociale n’est donc pas, parmi d’autres enseignements, une discipline nouvelle…
L’ECJS n’a pas à ajouter de savoirs aux connaissances acquises dans les principales disciplines…
l’ECJS doit satisfaire la demande exprimée par les lycéens lors de la consultation de 1998…
Le débat argumenté apparaît donc comme le support pédagogique naturel de ce projet…
En fin d’année, les acquis des élèves sur les notions constitutives du programme de cette classe pourront être mesurés. »

Sic.
Non, vous ne rêvez pas, il y a des types qui se réunissent pour rédiger des conneries pareilles et qui seront promus en conséquence ! Le plus triste c’est qu’il se trouve des collègues qui font montre d’un dévouement canin pour appliquer ça dans des lycées...

Ecrit par : Lariba | 18 décembre 2006

Sur Caïn et Abel, j'ai une interprétation quelque peu différente — qui m'a été fournie par l'abbé du Mont Saint-Michel pendant une interview

Vous voyez djeissi, ce qui fait l'intérêt de ce texte, c'est sa richesse inépuisable ; on y découvre sans cesse des choses nouvelles et les "interprétations "diffèrent les unes des autres. Paul Ricoeur appelle ça "le conflit des interprétations". René Girard en propose encore une autre : Caïn tue Abel parce qu'ils ne dispose pas comme son frère de "ressources sacrificielles" (il ne peut pas sacrifier de brebis à Dieu parce qu'il est cultivateur, pas éleveur). Mais il y a quand même un signifiant absolu à partir duquel le texte prend son sens, c'est l'interdiction de tuer un être humain.

Ecrit par : Robin | 18 décembre 2006

Fguichard

Je suis comme vous, moi aussi je connais périodes de doute et de découragement. J'ai écrit ca parce que le témoignage d'Hélène m'a touché et m'a fait mal. Je ne veux pas croire que tout ça se perde dans le néant...Que toutes ces souffrances, cette grandeur invisible qui est la seule véritable n'ait aucun sens, que ce soient toujours les mêmes qui gagnent, qui festoient et qui se réjouissent... "Bienheureux ceux qui pleurent car ils seront consolés!" Moi aussi je voudrais bien que le verbe "être" ne reste pas éternellement au futur.

Ecrit par : Robin | 18 décembre 2006

l’ECJS doit satisfaire la demande exprimée par les lycéens lors de la consultation de 1998…

Ca n'existait pas l'ECJS dans les années 60. Il n'y avait pas encore de pédagos et la pédagogie était tout ce qu'il y a de plus frontale. Ca ne nous a pas empêchés de faire mai 68...je sais, ce n'est pas ce que nous avons fait de mieux. Mais ça prouve au moins une chose, c'est que l'école telle qu'elle fonctionnait à cette époque-là n'empêchait ni l'exercice de l'esprit critique, ni la révolte...J'irai même jusqu'à dire qu'elle en fournissait les armes intellectuelles. Je ne suis pas certain qu'il en soit de même aujourd'hui, même avec l'ECJS.

Ecrit par : Robin | 18 décembre 2006

Candidature Chevènement, la pantalonnade finale
Retour sur une campagne avortée et sur ses précédents. Où l’on voit que le militant de base est loin d’être le mieux informé...



Fin du suspense dimanche 10 décembre, pour le candidat républicain et citoyen qui a annoncé le retrait de sa candidature à la présidentielle ainsi que son ralliement à Ségolène Royal. Il est vrai que loin du démarrage prometteur qui s’était produit en 2001-2002 (le Che tutoyait les 15% d’intentions de vote en janvier 2002), cette campagne avortée a eu un début plus que chaotique.


Après avoir déclaré sa préférence pour le candidat Fabius qui avait courageusement défendu le non au sein du Parti socialiste, Jean-Pierre Chevènement, officiellement, s’interrogeait sur la probabilité de sa candidature en septembre-octobre... alors que le site www.chevenement2007.com était déjà lancé sur la Toile. Finalement, au vu du "manque de clarté" du projet socialiste, il décidait de se lancer dans la course le 6 novembre, non sans évoquer la possibilité d’un "désistement républicain" dès avant le premier tour, au profit du candidat le mieux placé, s’il s’avérait au cours des mois qui allaient suivre que Le Pen risque d’éliminer le candidat de gauche dès le début. Une manière bien étrange d’entrer en campagne en "remuant le couteau dans la plaie", pour le seul candidat promu bouc émissaire de l’éviction de Lionel Jospin du second tour en 2002. Après tout, comme le film de Patrick Rotman l’a rappelé[1], en 1981 Jacques Chirac a bien fait battre Valéry Giscard d’Estaing, pourtant un homme "de son camp", sans aucun état d’âme...


Loin de 2001-2002, cette campagne ne se voulait d’ailleurs plus "au-dessus de la gauche et de la droite" mais résolument à gauche, fidèle en cela à la ligne fixée très arbitrairement par l’ex-candidat dès 2002. Faisant fort peu de cas de l’avis de "la base", Jean-Pierre Chevènement se prononçait, par voie de presse, à la veille des législatives de juin, pour un "ancrage à gauche" du Pôle républicain, la formation provisoire qui a fait le lien entre le MDC[2] et le MRC[3]. Ces gages de bonne volonté ne suffirent de toute façon pas pour sauver les députés MDC/Pôle républicain sortants, dont Chevènement lui-même, que le PS concurrença rageusement dans les circonscriptions.


Démentant avec indignation les rumeurs de retrait imminent et de négociations avec le PS, poursuivant sa campagne sur le terrain (recherche de parrainages, visites...) l’ex-candidat déclarait toutefois lors de son premier meeting de campagne[4] qu’il "ne se présent[ait] pas contre Ségolène Royal". D’abord "parce qu’elle n’était pas encore désignée lorsqu’[il s’était] déclaré". Ensuite parce que la priorité était de battre Sarkozy. Et enfin parce qu’il y avait tout de même certaines convergences entre eux deux, en matière d’ordre, de sécurité notamment. Une entrée en campagne toujours à reculons, comme on le voit.


Cette série de "convergences", dont le dernier acte a été la critique de l’indépendance de la Banque centrale européenne par la candidate socialiste samedi dernier, a donc été entérinée par des accords, où Ségolène Royal et le PS abandonnent entre autres toute velléité d’imposer à la France une nouvelle Constitution européenne[5]. La candidate souhaitant pour sa part "faire une synthèse entre la gauche du oui et celle du non". Incidemment, dix circonscriptions, dont celle de Jean-Pierre Chevènement (Belfort-2) seront privées de candidats PS au profit du MRC.


Alors, évolution réelle, promesses sans lendemain, ou ruse stratégique visant à couper l’herbe sous le pied des partisans du "non de gauche" en ratissant le plus large possible ? À voir.


Pour terminer sur une note d’humour, on peut se demander ce que vont devenir les affiches "Chevènement 2007" qui étaient fin prêtes pour être collées par les militants. Voilà en tout cas une idée de cadeau "série limitée" pour les fêtes de fin d’année. Avis aux amateurs !

Ecrit par : toto | 18 décembre 2006

Je viens d'apprendre que le grand modèle des pédagogistes, Evelyne Charmeux, turbine pour une boîte de cours privés : ADONIS INPEC. Preuve :

http://www.prepaconcours.com/34/index.php?page=crpe&page2;=2

Qui dira à quel point ces tristes personnages sont des vendus ? Et il y a encore des gens pour croire un seul mot qui sort de leur bouche ! Ils n'ont saccagé l'éducation nationale que pour une seule raison : se remplir les poches en montant leurs propres boîtes à fric.

Vengeance ! Vengeance ! Vengeance !

Ecrit par : Pierre-Henri | 18 décembre 2006

Qui dira à quel point ces tristes personnages sont des vendus ? Et il y a encore des gens pour croire un seul mot qui sort de leur bouche ! Ils n'ont saccagé l'éducation nationale que pour une seule raison : se remplir les poches en montant leurs propres boîtes à fric.


la réalité dépasse l'affliction.

Ecrit par : Robin | 18 décembre 2006

Qui dira à quel point ces tristes personnages sont des vendus ? Et il y a encore des gens pour croire un seul mot qui sort de leur bouche ! Ils n'ont saccagé l'éducation nationale que pour une seule raison : se remplir les poches en montant leurs propres boîtes à fric.

On dit que le ridicule ne tue pas. Apparemment la honte non plus. Tout ça est parfaitement logique. Après avoir contribué à démolir l'école de la République, les pédagos se reconvertissent dans le privé...Je parie que Madame Charmeux va soudain redécouvrir les vertus de la méthode syllabique. Quand on pense que Monsieur Tchouk parle de la "noblesse" de leurs intentions progressistes.

Je suis d'accord, Pierre-Henri, j'essaye de rester pacifique, mais c'est à suffoquer de rage.

Ecrit par : Robin | 18 décembre 2006

Alice, j'adore rire et je ne m'en prive pas en salle des profs, je suis même adepte de la franche décon... Si ça peut vous rassurer.
Le blog est parfois un médium qui impose une forme trop pointue et, de fait , agressive. La briéveté n'est pas vertueuse ici , il faut mettre plus de formes. Pas envie d'arrondir les angles et boum! le choc en retour.


Utile baron: des preuves? Je ne vais tout de même pas vous donner l'adresse... En ZEP il s'en passe de belles! La réalité est consternante. Il n' y a pas que du négatif, heureusement!
Le tutoiement en primaire vous ne constatez pas cela près de chez vous? Bon, je dois être sur une autre galaxie.

L'éducation civique c'est très bien mais l'éducation tout simplement , quand papa maman ne la donnent pas, il faut bien commencer par là, non? Droits devoirs: concepts désincarnés: je voudrais que dès l'école soient donnés des repères forts. Discours sans actes = rien! Quand les professeurs ne croi(v)ent pas à la morale et que seule la référence sociale semble la justifier, on voit à quoi l'on en arrive!
Je pose donc la question :pourquoi la discipline ( ne pas se lever quand on veut sans permission, ne pas rester habillé en classe, ne pas garder sa casquette ou son bonnet ou sa capuche sur le crâne devant un adulte, ne pas contester systématiquement une sanction....) n'est-elle pas plus nette dans le primaire? et au collège et au lycée. Mais on commence bien par l'école, oui ou non?

ECJS: Lariba, merci! Une bonne citation à en pleurer.

A propos de Caïn et Abel et de la Genèse : lisez les livres d'Annick de Souzenelle. Je n'ai rien d'autre à dire.

Ecrit par : Léo | 18 décembre 2006

Merci, Christophe,
C'est une mélodie absolument superbe, très jazz. Mais n'est-ce pas une adaptation d'un standard américain? J'ai essayé de l'écouter sur internet, mais rien à faire. Si vous avez une idée... En fait, il me faudrait la mélodie et la grille.

Ecrit par : Jean | 18 décembre 2006

Pour Philippe. J'ai bien aimé votre citation de Galilée : "celui qui ne connaît pas la vérité est un imbécile, celui qui la connaît et et la qualifie de mensonge, celui-là est criminel. " Je pense que cela permet de classer nos pédagos en deux classes : je mettrais d'instinct Grandserre dans la première, Meirieu, Fracko , Charmeux dans la seconde. Encore que quand on voit l'air obtus de Fracko, on soit tenté de le mettre en première classe.
Anne-Marie.

Ecrit par : Anne-Marie Valette | 19 décembre 2006

Bonjour,

"En pédagogie, on a tout dit mais rien démontré"


« L'ancienne pédagogie est comme une carriole démodée: elle grince mais elle peut encore rendre service ... la pédagogie nouvelle a l'aspect d'une machine de précision; mais les pièces semblent ne pas tenir les unes aux autres et la machine a un défaut: elle ne marche pas.»

Alfred Binet

Ecrit par : Patrick(instit) | 19 décembre 2006

La "morale", le "vivre ensemble", l' "éducation à la citoyenneté" vus au travers des programmes 2002 pour l'Ecole Maternelle :
1) Objectifs :
A l’école maternelle, l’enfant doit :
• apprendre à trouver ses repères et sa place,
• se confronter aux règles qu’il doit respecter,
• constater que l’on peut s’aider, coopérer.

2) Méthodes :
(Les programmes) On utilisera :
• la communication et particulièrement le langage différé,
• un accueil approprié et sans cesse renouvelé,
• un esprit de coéducation avec la famille.

(Mes commentaires) Ouf, rien de très révolutionnaire !

1) Objectifs :

a) apprendre à trouver ses repères et sa place :
Les « bulldozers » doivent apprendre à se poser, à éviter de marcher sur le copain qui enfile ses pantoufles ou de se projeter violemment sur la pile de cerceaux ou la caisse de ballons...
Les autres doivent apprendre à élargir leur périmètre d’action afin de trouver leur place dans les locaux et leur travail.
Donc, la maîtresse doit le leur enseigner !

b) se confronter aux règles qu’il doit respecter :
Quelles règles ? Une petite liste, s’il vous plaît ! Pour parer à tout : les trop sévères comme les trop laxistes, celles qui les tiennent assis, immobiles pendant 45 minutes à deux ans comme celles qui laissent trois enfants de cinq ans martyriser une petite fille de trois ans...
Et puis, s’il vous plaît, arrêtons de mettre la notion de respect à toutes les sauces, remplaçons la par autre chose, la sympathie, l’amour, l’empathie, la compassion, l’ouverture, ce que vous voulez...
Chez les enfants à problèmes, cette notion de respect est à sens unique : « TU dois ME respecter ! ». Ce sont des enfants-rois, des Personnages les Plus Puissants du Monde, comme dans le conte de la petite souris, à qui tous (même la maîtresse, papa et maman s’y emploient activement) doivent le respect, alors les règles qu’ils doivent « respecter », oui, sans problème, ils s’y confrontent ! Et c’est frontal, extrêmement frontal, comme confrontation ! Et c’est la règle qui perdra, c’est moi qui vous le dis, non mais !

Alors, si vous le voulez bien, on change la phrase : « A l’école maternelle, l’enfant doit apprendre les règles de la vie en société, basées sur l’empathie que tout être humain doit obligatoirement acquérir face à ses congénères. »
Ces règles, qui se perdent dans la nuit des temps, teintées sous nos latitudes d’une forte dose de morale judéo-chrétienne récupérée par la morale républicaine depuis 1905, méritent sans doute quand même d’être rappelées, surtout en cette période de « concurrence libre et non faussée » :
• Tu aimeras ton prochain comme toi-même.
• Tu ne convoiteras pas le bien d’autrui.
• Tu ne tueras point, tu ne souhaiteras pas la mort de ton prochain.
• Ta liberté s’arrête là où commence celle de l’autre.
• Les hommes naissent libres et égaux en droits et en devoirs.
• Plus de liberté, c’est plus de responsabilités.
• L’union fait la force.
• Si tu donnes un poisson à quelqu’un, tu le sauves de la faim pour un jour, si tu lui apprends à pêcher, tu le sauves de la faim pour toujours.
• La Terre ne nous appartient pas, ce sont nos enfants qui nous la prêtent.
• Patience et longueur de temps font mieux que force ni que rage.
(On pourrait en trouver encore beaucoup, mais ça suffit peut-être...)

c) constater que l’on peut s’aider, coopérer :
Pas facile à établir pour certains enseignants, même en maternelle : « J’ai grondé X parce qu’il copiait sur Y... » ; « Je préfère habiller tous les petits toute seule parce que, tu comprends, si les grands sont au milieu, c’est plus lent et on perd du temps pour les ateliers. » ; « Oh non, c’est l’ATSEM qui prépare les ateliers et qui range, moi, j’ai la lecture d’albums... Si les enfants l’aident, je perds du temps... »
Et oui, on perd du temps ! Mais c’est au programme... Alors, il y a suffisamment peu de choses au programme pour qu’on ait le temps de tout faire...

2) Méthodes :

a) communication et particulièrement langage différé :
Des cours magistraux ? Pourquoi pas, ils n’ont pas écrit que c’était interdit... Bien sûr, très brefs, accompagnés d’images, de petites histoires « morales »...

b) accueil approprié et sans cesse renouvelé :
X est un « bulldozer », il bouscule, renverse, hurle, s’oppose... Y est une « chipie » de première catégorie, elle harcèle moralement les petites copines, les fait pleurer, boude, dénonce les copains qui se vengent de ses mauvais traitements... Z est un « zombi », il parasite sa grande sœur, oppose un visage buté à tout ce qu’on lui propose, hurle si on essaie de le contraindre à agir...
Conclusion : X, Y et Z ont besoin d’un « accueil approprié et sans cesse renouvelé »... Accueil empathique, cela va sans dire. Un « suivi spécial » qui garde présent à l’esprit qu’un jour X, Y et Z nous gouverneront, nous soigneront, voteront les lois qui garantiront notre bien-être et notre sécurité, nous nourriront... Pour nous assurer de cela, nous devons les faire changer, et changer en mieux. A nous, à vous, les maîtresses de maternelle, les ATSEM, de les entourer, d’anticiper leurs actes, d’user et d’abuser de la communication et du langage différé, en vous mettant à leur place, en essayant de ressentir ce qu’ils ressentent et de trouver la clé qui leur permettra de ressentir ce que les autres ressentent... Souvent, le simple fait de prendre en compte leur personne, de leur donner un peu d’attention à des moments clés de la journée (l’accueil, l’entrée et la sortie en récréation, un petit moment passé près d’eux pendant qu’ils dessinent) et quelques petites phrases bien senties sur les « gentils petits enfants qui font plaisir aux maîtresses » suffisent à cet âge-là pour que la conduite s’améliore, plus tard, il est trop tard, l’enfant a trouvé d’autres façons pour se « valoriser » auprès de la société...

c) esprit de coéducation avec la famille :
Première option : Parler avec les parents. Ecouter ce qu’ils disent et comprendre ce que cela sous-entend. Puis compléter l’ « action éducative » (parfois avec de très gros guillemets) de la famille...
C’est du boulot, tout en finesse souvent...

Seconde option : Faire sans « eux ». Avoir un but : « Tous les Paul et toutes les Paulette doivent recevoir un enseignement, une instruction, une éducation qui leur permettront d’être tout ce qu’ils peuvent être. » et ne rien faire, ne rien dire qui puisse « choquer un honnête père de famille » (J. Ferry)
Et si c’était plus payant ?

Ecrit par : catmano | 19 décembre 2006

"Je ne veux pas croire que tout ça se perde dans le néant... Que toutes ces souffrances, cette grandeur invisible qui est la seule véritable n'ait aucun sens", écrit Robin.
Robin, la souffrance n'a pas de sens, jamais, que ce soit la souffrance sociale ou celle de la maladie ! Pour avoir bien fréquenté les hôpitaux, je peux vous dire que la souffrance est laide, qu'elle ne grandit pas l'humain et qu'elle gaspille en lui des sources d'héroïsme qu'il pourrait utilement consacrer à construire, à créer ou à aimer. Et le monde est injuste parce qu'il n'y a rien, aucune instance supérieure pour faire en sorte que le Bon, le Juste, l'Aimant, soient récompensés par autre chose que le témoignage de leur conscience, ce qui ne les conduit pas bien loin -- tandis que la crapule, le cynique, l'indifférent, le magouilleur, l'usurpateur, l'ingrat, l'habile, continuent à triompher et à chanter "cocorico". Je ne suis pas découragée,(rarement, et pour des moments très brefs), mais je suis en colère, et plus encore rétive à toute consolation : la vraie grandeur n'est pas dans la souffrance mais dans l'élan qui fait qu'il y a encore, malgré tout, des gens pour se lever, intervenir et rester debout au milieu de la lâcheté générale, avec l'esquive et l'abstention érigées en système de comportement.

Ecrit par : FGuichard | 19 décembre 2006

La morale à l'école...

Rétablir des "rituels", une "liturgie laïque"...Le vieux cours de morale avec la belle maxime calligraphiée au tableau noir en était un...La dictée en était un autre...Rester debout quelques instants, enlever sa casquette...On raconte que dans sa classe de khâgne à Henri IV le philosophe Alain laissait ses élèves écrire une phrase au tableau...puis il faisait un commentaire laconique : "petite pensée"..."pensée peu petite". Il faut inventer des rituels adaptés à chaque étape. Vous connaissez la blague : "la cloche ici, c'est moi"...moi ça ne me fait pas rire, ce réflexe conditionné à la Pavlov qui consiste à se précipiter vers la porte sans attendre que le professeur vous y autorise dès qu'on entend la sonnerie. Il faut réparer la "carriole démodée", comme dit Patrick citant Alfred Binet, ou en contruire une autre, comme on l'a fait avec la "coccinelle", mais en conservant l'archétype. Au lieu de cela, on a jeté l'eau du bain et le bébé avec.

Ecrit par : Robin | 19 décembre 2006

"L'air obtus de Fracko", Anne-Marie, c'est exactement ça! Des demi-intelligents, qui n'ont pu faire carrière que parce les fausses sciences de l'éducation existaient!

Ecrit par : Jean | 19 décembre 2006

D'ailleurs je trouve que Meirieu a un petit air illuminé qui n'est pas plus rassurant que la mine obtuse de Fracko!

Ecrit par : Jean | 19 décembre 2006

Catmano
J'aime bien la manière dont vous faites fleurir la langue de bois. Qu'entendent les Instructions officielles par "communication, langage différé" ?

Ecrit par : Robin | 19 décembre 2006

FGuichard
je vais peut-être encore vous mettre en colère, mais j'aime bien votre colère.
"Les tièdes, je les vomirai de ma bouche!"

Ecrit par : Robin | 19 décembre 2006

Catmano, merci pour cette belle contribution.
C'est vrai que la notion de respect à toutes les sauces devient écoeurante. J'aime empathie, compassion, considération... Amour: là il faut se méfier: entre le lait fraise et celle à qui je déclare ma flamme mais que je désire plus que je ne l'aime...
Amour serait-il passé dans la devise avec Fraternité? Que signifie le glissement vers Solidarité? Peu importent les mots si les actes sont posés (?).
L'Amour -Agapè- , c'est bien au-dessus de la sentimentalité égotique. Je passe...


FGuichard: je ne veux pas faire le libraire de service mais à propos de la souffrance, il serait bon que vous lisiez: Max Scheller, le sens de la souffrance, Paris , Aubier, et Bertrand Vergely, La souffrance, Paris, Gallimard, Folio Essais.
Vergely a travaillé avec les "anges" spécialisés dans les soins paliatifs.


Je vous accorde que la soufrance est une épreuve terrible, tant pour celui qui la vit dans sa chair que pour celui qui la constate , là, pauvre si pauvre, démuni. Le masque grimaçant de la souffrance est même effrayant: et pourtant, il y a encore de l'humanité devant nous, mais à un niveau qui nous échappe. C'est ce qui explique notre société mensongère où ne se croisent que des gens "sains": voir un handicapé, un vieux, nous jette à la figure notre extrême fragilité.
Etre bien portant... quand on souffre, on en arrive à plaindre ceux qui ne savent pas leur fragilité et qui se trémoussent avec une certaine arrogance.

A plus tard.

Ecrit par : Léo | 19 décembre 2006

bonjour,
pour continuer la discussion, Léo, dans le précédent fil, j'avais insisté sur l'importance des questions de violence et de comportement à l'école donc je ne nie absolument pas ce problème que je considère comme primordial. A ce titre, je maintiens que c'est au collège que les difficultés les plus grandes résident, en ZEP ou ailleurs.
Sur le tutoiement, navré, je suis plutôt contre mais à titre personnel j'ai eu des instits tutoyés par leurs élèves et je ne suis pas devenu un sauvage acculturé pour autant !.
Enfin, je réponds bien sûr positivement à votre dernière question qui revient à ce que j'avais noté sur la discipline affaire de chaque adulte dans un établissement. Toutefois, si "ça commence par l'école", bien sûr, je pense que nous avons tous en tête des cas d'élèves sans histoires au primaire, qui deviennent des petits durs au collège.
Comme vous l'avez dit "il n'est pas simple de scruter l'itinéraire d'un individu" et il est encore plus difficile de le prévoir lorqu'il s'agit d'un enfant.
A bientôt.

Ecrit par : utile baron | 19 décembre 2006

A propos de la souffrance...
Le témoignage de Léon Burdin aumônier pendant 15 ans à l'institut Gustave Roussy de Villejuif : Parler la mort (et non "Parler DE la mort") : des mots pour la vivre aux éditions DDB (1998). A aucun moment il ne justifie la souffrance et la mort, il essaye "d'accompagner" et il montre l'importance de la parole.

Ecrit par : Robin | 19 décembre 2006

Personnellement, je serais plutôt pour le voussoiement à l'école. Mais, encore une fois, il existe bien des instits faisant autorité avec le tutoiement, et d'autres se faisant bordéliser et voussoyer. Ce qu'il faut, c'est que les cadres soient clairement posés. Mais ils peuvent être relativement différents en fonction des personnalités des différents enseignants.! Et Léo a raison, le défaut d'éducation fréquent à la maison oblige l'instit à être éducateur. Même si son vrai rôle est d'instruire. On ne peut pas éduquer uniquement par le biais de l'instruction, de manière générale je pense, et en tous cas pas dans les années de scolarité en maternelle.

Ecrit par : christophe sibille | 19 décembre 2006

Moi, je crois au contraire que dès qu'on instruit l'élève, c'est-à-dire dès qu'on s'adresse résolument à son esprit en le mobilisant sur des objets qui ne sont pas directement utiles, on "l'élève" par ce fait même et donc on a déjà fait l'essentiel du travail d'éducation. Mais à quel âge peut-on parler d'élève et non plus d'enfant?

Ecrit par : Jean | 19 décembre 2006

Catmano

La morale laïque et la morale "judéo-chrétienne" : quand je suis passé de la 7ème à la Laïque (on ne disait pas CM2 à l'époque) à la 6ème chez les Frères, jai ressenti une continuité. Au fond, c'étaient les mêmes valeurs : être généreux, aider les autres, ne pas tricher, faire preuve de courage...Je n'ai jamais eu l'impression d'être endoctriné. Je ne comprends pas la hargne de gens comme Michel Onfray, je veux dire je comprends au moment de l'adolescence bien sûr, c'est normal de tout remettre en question, mais passé l'âge de 20 ans...Encore une fois, je ne parle pas de croyance, je parle de morale (la question du "souverain bien", comme disaient les Anciens, l'art de conduire sa vie, de se conduire dans la vie).

L'absence de Loi me paraît bien plus "traumatisante" qu'une Loi qui fixe des limites. Il me semble que les gens "amoraux" ont tendance à inventer des Lois bien plus oppressantes que celles auxquelles ils ont renoncé. C'est Max Scheller, je crois, qui écrit en exergue de son livre sur le ressentiment que tous les hommes croient en quelque chose, que ce soit en un Dieu ou en une idole.

Ecrit par : Robin | 19 décembre 2006

Je ne fais pas une fixation sur "vous"; en effet, même le vous ne protège pas contre l'agressivité, l'impolitesse, etc. Mais il faut poser des signes de distance, de limite: l'adulte-professeur doit être considéré dans sa fonction. A tout vouloir relativiser avec des exceptions -qui confirment la règle- on n'avance pas. C'est cela qui me fait râler.
Ou bien chacun fait ce qu'il veut dans son coin et là les enfants peuvent chercher ce que signifie la cohérence!

Oui Robin, comme vous je n'ai pas eu l'impression de faire un saut en passant du primaire au secondaire: les principes étaient posés. Il y a toujours eu des turbulents des hargneux et des violents: la sanction tombait sans se contorsionner pour savoir si et si et si...Il y avait des injustices? Oui. Plus qu'aujourd'hui? Non! Déjà, on ne laissait pas une classe être bousillée par un dur de dur!
J'estime que ce n'est pas au collège que l'on doit découvrir la discipline! Je ne jette pas la pierre systématiquement sur les collègues du primaire, je dénonce le manque de règles et de moyens de coercition pour les aider à obtenir la paix sans laquelle on ne fait pas du travail sérieux.

Ecrit par : Léo | 19 décembre 2006

Je recopie ici un message que j'ai envoyé à l'un des disciples d'Eveline Charmeux. Nous avons été trop gentils avec ces gens.
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Vous avez un sacré culot de parler de "plate-forme commune". Depuis des années, Madame Charmeux nous traite de lepénistes vendus au libéralisme. Je vous rappelle que le programme FN-SOS education tient en une mesure : la privatisation complète de l'éducation nationale, remplacée par des officines privées.... le genre même d'officines pour lesquelles travaille Madame Charmeux. Elle nous traite de lepénistes et, en acte, applique elle-même le programme éducatif du FN.

Parler de l'indigence des pédagogistes relève du mensonge le plus honteux. Quelques chiffres, les budgets annuels par étudiant (et oui, la vérité vous gêne, mais c'est comme ça) :

- Universités : 6820€ (c'est une moyenne, les littéraires sont bien moins lotis que les scientifiques et juristes)
- IUT : 9320 €
- BTS : 11 990 €
- Prépas : 13 170 €
- IUFM : entre 15 000 € et 17 000 €, salaires des stagiaires non compris.
- J'ajoute que l'INRP, l'ancien employeur de madame Charmeux, a un budget annuel de 19 millions d'euros.

Le pédagogisme est l'une des pires pompes à fric de la République, et cela ne vous suffit pas : il faut encore faire des "ménages" dans le privé à but lucratif. On a donné le maximum d'argent aux plus médiocres, mais il en faut toujours plus aux pédagogistes, toujours plus de pognon, toujours plus de postes, toujours plus de titres et de pouvoir.

Comme tous les chercheurs, j'ai connu, je connais la précarité. Je ne sais rien de BGT, mais je suppose qu'il doit être, à peu de choses près, dans la même situation que moi. Je suis un vrai précaire, un vrai RMIste, qui a vraiment vécu sous le seuil de pauvreté, qui craint vraiment pour son avenir. Tous les jeunes chercheurs français sont dans la même situation que moi : rmistes, sous-smicards en CDD, travailleurs au noir, etc.

Comme tous les pauvres, ma plus grand richesse est ma fierté. Fierté d'avoir atteint le plus haut niveau possible, fierté de n'avoir jamais collaboré ni avec les pédagogistes, ni avec les officines privées. Comprenez, par conséquent, que les larmes sur la situation financière de Madame Charmeux ne me touchent pas.

Enfin, madame Charmeux daube les "prétendus chercheurs". Qui vise-t-elle ? Bentolila, Cordoba, Demailly, Lafforgue ? Comment ose-t-elle faire preuve d'un tel culot, d'une telle arrogance ? Je commence à croire que les pédagogistes sont réellement ce qu'ils paraissent être : des minables interdits de carrière par leur nullité, qui ont décidé de s'en prendre à meilleurs qu'eux par pure jalousie, par haine malsaine de la culture et de l'intelligence. Ils ont cette mentalité de petits adjudants aigris qui fait le fond de commerce de tous les régimes totalitaires. Que le PS leur ait donné les moyens d'accomplir leurs basses oeuvres est un crime contre la France que je ne pardonnerai jamais aux socialistes.

Comme BGT, j'accepte de parler avec des gens qui ont des opinions différentes de la mienne. En revanche, je refuse de discuter avec des gens sans vérité et sans honneur.

Permettez-moi, de même, de ne pas vous saluer.

Ecrit par : Pierre-Henri | 19 décembre 2006

Ce qui est agréable, dans la culture, c'est que l'on peut tout y trouver et son contraire. L'argumentation revient pour moi à une forme de jouissance, à un match intellectuel. Pourquoi est-elle tant prônée par les constructivistes?

JPB évoque cette question page 133 de la Fabrique du crétin, en citant les instructions officielles : "Il paraît important de faire comprendre aux élèves que parler à autrui c'est exercer sur lui une forme d'action, qui peut être adaptée ou non à la situation de communication, et entraîner des malentendus (vebaux ou physiques) si elle est inadaptée.

Suit une analyse des trois dimensions de l'acte de parole : la dimension locutoire (ce que l'on dit), illocutoire (l'effet que l'on cherche à produire) et la dimension perlocutoire (l'effet produit sur le destinataire du message)

"L'analyse des actes de paroles, écrits ou oraux,oblige donc à prendre en compte une dimension sociale et à s'interroger sur les conditions d'une communication réussie entre les individus. On peut considérer qu'il y a là un moyen de désarmer une violence verbale souvent liée à des formes de communication maladroites et inadaptées."

Et JPB conclut " En clair, l'étude du discours est supposée résoudre les conflits...C'est typique d'une pédagogie basée sur la croyance en la bonté naturelle de l'enfant..."

Sans nier l'intérêt de se donner les outils d'une communication réussie, on peut s'interroger :

1°) Certains universitaires affirment que tous les énoncés sans exception (y compris par exemple les énoncés poétiques) relèvent de cette analyse. N'est-ce pas un peu abusif ?

2°) Cette conception du langage comme instrument de communication était déjà connue chez les Grecs sous le nom de "sophistique" et elle peut générer le meilleur comme le pire.

3°) En effet, il est parfaitement possible de dissocier l'illocutoire et le perlocutoire (l'effet voulu et l'effet produit) du locutoire, c'est à dire du contenu du discours.

4°) Il n'est pas certains que l'évitement des conflits soit un impératif absolu. Les conflits sont parfois nécessaires et féconds.

5°) La violence n'est pas obligatoirement liée à une méconnaissance des techniques du discours. Et inversement, une bonne connaissance de ces techniques et de la psychologie des foules peut se mettre au service d'une violence raisonnée (je n'ai pas besoin, je pense de donner d'exemples).

Ce schéma est sans doute très intéressant pour comprendre le théâtre de Marivaux (pourquoi les maîtres réussissent et pourquoi les valets échouent), mais on ne voit pas bien en quoi consiste sa dimension proprement éthique.

Ecrit par : Robin | 19 décembre 2006

Bravo Pierre-Henri; c'est bien envoyé !

Moi aussi, j'étais comme vous, j'essayais de comprendre, je mettais leurs idées sur le compte d'un idéalisme naïf.

Mais maintenant j'ai compris que la seule chose qui compte pour eux c'est l'argent, leur petit ego, les honneurs et le pouvoir sans les responsabilités du pouvoir. Les enfants et l'avenir de l'école, ils n'en ont rien à faire.

Ecrit par : Robin | 19 décembre 2006

"Max Scheler", Robin!

Ecrit par : Jean | 19 décembre 2006

Merci de cette rectification Jean ; j'avais donc mis un l de trop à Max Scheler. Je n'étais pas chez moi quand j'ai écrit le message et je n'ai pu vérifier l'orthographe ; décidément, j'ai un problème avec les noms propres.

J'ai le livre sous les yeux. Il s'agit de L'homme du ressentiment ( Vom Ressentiment im Aufbau der Moralen, (NRF Gallimard, coll. Idées), trad. M. de Gandillac (?)...C'est une analyse phénoménologique et axiomatique de la fameuse notion nietzschéenne. Mais curieusement, je ne retrouve pas la phrase en exergue : "L'homme adore ou bien un Dieu ou bien une idole."...Je ne l'ai pas inventée ; Peut-être l'ai-je lue dans une autre édition. Ma gratitude à celui ou à celle qui m'ôtera de ce doute.

Tiens, je me demande si Max Scheler ne pourrait pas éclairer quelque peu notre lanterne sur le comportement de nos "chers" pédagogues ! Le ressentiment serait-il la clé de leur conduite ? A bientôt, mais j'ai besoin d'un peu de temps !

Ecrit par : Robin | 19 décembre 2006

Pour Jean, concernant la chanson sus-évoquée,
Je me mets en quête du disque, (que je n'ai pas!) et vous en extrait la grille et la partition de la mélodie dès que j'ai cinq minutes.
Bonne soirée à tous.

Ecrit par : christophe sibille | 19 décembre 2006

"Toutes les fois que l'on acquiert une conviction non par un commerce direct avec le monde et les choses, mais en se formant une opinion à partir de la critique des opinions des autres, de telle sorte que la démarche primordiale fondamentale de l'esprit ne soit plus qu'une recherche de soi-disant "critères" d'opinion, c'est que la pensée se meut dans une atmosphère de ressentiment, où les jugements de valeur apparemment positifs ne sont guère que des négations et des dévalorisations déguisées. Au contraire, la critique vraiment féconde mesure à tout moment les opinions des autres à la réalité même : alors que la critique du ressentiment se contente de tenir pour "réalité" ce qui résiste à cette critique.

Max Sheler, L'Homme du ressentiment, page 48 (Gallimard coll. idées)

Cette phrase ne résume-t-elle pas magistralement l'idéologie des pédagogues :

1°) Des convictions fondées sur la critique de l'opinion des autres et non sur le réel.

2°) Des jugements de valeurs qui ne sont que des négations et des dévalorisations déguisés.

Il faudrait montrer également que le pédagogisme se fonde sur un amour abstrait de l'humanité en général, (l'humanitarisme) une exacerbations du sentiment de pitié, des valeurs chrétiennes défigurées et dévoyées.

Il y aurait toute une analyse à faire dans ce sens de la Lettre à un jeune Maghrébin que Philippe Meirieu a récemment envoyé à la rédaction du journal Libération, lettre dont le destinataire apparent n'est évidemment pas le destinataire réel.

Ecrit par : Robin | 19 décembre 2006

rectificatif : des négations et des dévalorisations déguisées

Ecrit par : Robin | 19 décembre 2006

Robin,

J'ai retrouvé votre commentaire sur "L'école sous influence" et j'abonde dans votre sens. Comme je l'ai écrit dans mon commentaire, je ne pense pas que les monothéismes et leurs croyants puissent être accusés de tous les maux, ni que les fidèles sont tous affreux, sales, bêtes et méchants. Concernant l'irrationnel, je vous accorde que des penseurs ont essayé de concilier foi et raison mais il y a une part d'irrationnel dans toute religion. J'ai pour ma part abandonné le christianisme car je n'arrive pas à croire qu'un homme, né d'une vierge, a pu ressusciter après avoir été crucifié et être réellement le fils de Dieu ou Dieu fait homme. C'est ce que j'entendais par irrationnel, même si je trouve le message sublime par certains côtés.
Je faisais référence au livre de Laure Adler car j'ai constaté aussi, dans mon entourage, que des gens étaient retournés vers la religion en traversant des épreuves, la maladie notamment et ils cherchent un réconfort, ils ne sont pas dans une démarche mystico-intellectuelle visant à réconcilier foi et raison.

Japhet

Ecrit par : Japhet | 19 décembre 2006

AAAAAAAA au secours ( bon faut pas en demander trop )
Ma prof de cette année est une catastrophe ( de français ) et le hic, a la fin de l'année o magique le bac de français ( un truc inutile qui fais plus ou moins de point pour quelque chose d'autre d'inutiles ) ... M Brighelli ou es ce que l'on peut trovuer de super conseille pour bien mal louper son bac de français .
( hormis de me dire d'apprendre à écrire sans fautes ).

Ecrit par : Ells | 19 décembre 2006

"Le destinataire apparent n'est évidemment pas le destinataire réel." C'est tout à fait clair. Dans cette lettre, Meirieu ne parle en réalité que de lui-même - comme dans les quinze mille pages qu'il a déjà commises. C'est, je crois, ce qu'on appelle un plaidoyer "pro domo".
Ells, c'est la conception même du bac de français qui est une "catastrophe", avec ce formalisme pédant et creux (les "genres"... les registres"... les "objets d'étude"...les "corpus"..., toute cette terminologie qui est littéralement à gerber!) qui ternit le rayonnement des oeuvres au lieu de le glorifier. A la décharge de votre professeur de français, Ells, je vous dirai que préparer les élèves à ce bac-là est strictement impossible pour la simple raison que personne ne sait exactement ce qui est demandé derrière ce fatras. Et pour une autre raison aussi, c'est que le professeur qui est attaché à l'étude de la littérature pour elle-même - et pas comme un entomologiste qui remplit des petites boîtes de "genres", de "registres", d"objets d'étude", de "corpus" - aura du mal à se couler dans le rôle absurde qu'on lui demande de jouer. Le grand bonheur du professeur de français, c'est d'expliquer une oeuvre ou un extrait d'oeuvre pour eux-mêmes, afin d'en montrer aux élèves l'originalité, la valeur intrinsèque, la portée. Le professeur de français a pour mission de les rendre sensibles à l'intérêt du "fond" et à la "beauté" de la forme. Ce faisant, il leur permet de se constituer une "culture". Mais ce n'est pas ce qui est demandé au bac actuel de français.

Ecrit par : Jean | 19 décembre 2006

Allez voir le site de ELLS, comme dirait ceux de sa génération MDR (Mort De Rire).

On peut y trouver ceci :

Lire des journaux intelligents

Se rendre compte qu’on ne les comprend pas

En tout cas entre cette jeunesse et moi, il y a un saut - quantique -, enfin bref j'ai dû - mal ? - viellir !!

Philippe Delarouzée

Ecrit par : Philippe Delarouzée | 19 décembre 2006

Juste une précision, Ells. Je voulais vous montrer que peut-être votre professeur de français n'est pas aussi nul que vous le supposez, mais que c'est sa tâche qui n'est pas facile. Cela dit, la meilleure façon de vous préparer, c'est de bien connaître les textes et les oeuvres complètes qu'il vous a quand même, je suppose, fait lire. Et puis achetez-vous les Annales corrigées du bac et étudiez-les à fond.

Ecrit par : Jean | 19 décembre 2006

Léo, vous avez raison, j'enlève "amour"... D'ailleurs celui que j'ai finalement choisi c'est "empathie".

Robin, je ne suis pas sûre de savoir ce que l'Ed Nat entend par "communication, langage différé", là réside toute l'habileté... Personne n'est vraiment sûr qu'il a réellement compris ce que l'on attend de lui ou, au contraire, tout le monde est parfaitement sûr de faire exactement ce qu'il a lu dans les IO; D'un autre côté, me direz-vous, c'est assez pratique : cela permet de faire ce que l'on veut dans sa classe sans se dire que l'on n'applique pas vraiment les programmes en vigueur.

Qu'en pense Christophe Sibille ? Peut-être pourrait-il nous aider ?

Ecrit par : catmano | 19 décembre 2006

catmano :

"communication, langage différé"

Peut-être veulent-ils dirent comme ce poète :

"le moment où je parle est déjà loin de moi"

bien que je suis certain qu'ils n'ont jamais eu connaissance de ce vers.

Philippe.

Ecrit par : Philippe Delarouzée | 19 décembre 2006

Ells

C'est affreux qu'on en soit arrivé là. Que personne ne vous ai jamais dit que la lecture était de l'ordre de la passion amoureuse.

Les grandes oeuvres n'ont pas été écrites pour servir de sujets pour le baccalauréat et pour être découpées en tranches ; elles ont été écrites pour nous aider à vive.

Commencez par Les Trois Mousquetaires d'Alexandre Dumas ou par les Illusions perdues d'Honoré de Balzac. essayez de rentrer dans l'histoire, de vous identifier aux personnages, de partager leurs espoirs, leurs craintes, leurs victoires et leurs déconvenues...de vivre avec eux leurs aventures...

Il n'est jamais trop tard pour se mettre à vivre. Il sera toujours temps après de faire de l'analyse stylistique.

Ecrit par : Robin | 19 décembre 2006

Google est notre ami. En y cherchant "Langage différé", j'ai trouvé que cela veut seulement dire... qu'on en parle après. On se donne un chtit délai entre l'action et la prise de parole. On réfléchit peinard, on laisse mûrir, quoi. Mais avouez que ça a une autre allure, "langage différé", ça vous classe tout de suite l'instituteur, pardon le pédagogue.
Dans ma recherche sur "langage différé", j'ai aussi trouvé ça :
http://pedagogie.ac-toulouse.fr/lotec/eps46/pdf_htm/02/2_01PedEquiLangageMot.htm
Et je dois dire que je m'en suis étouffée de rire et de rage ; s'ils essayaient bêtement de faire cours, non, au lieu de théoriser n'importe quoi à partir de leurs pratiques, à grand renfort de schémas, d'items et de tableaux ? C'est censé impressionner les gogos, je suppose, cette pseudo-scientificité. Mais je sens que je suis réac, sur ce coup-là ;-)
Que quelqu'un m'explique posément, sans esprit polémique (sourire), à quoi cela rime : moi je suis de bonne foi, je suis juste une poor lonesome prof de lettres classiques, et je demande seulement, humblement, basiquement, quel est l'intérêt de ce genre de démarche -- à part de se faire mousser (dans la piscine, bien sûr) quand on en est l'instigateur.

Ecrit par : FGuichard | 19 décembre 2006

Robin, je ne suis pas sûre de savoir ce que l'Ed Nat entend par "communication, langage différé", là réside toute l'habileté

Ce qui se conçoit mal s'énonce obscurément...Communication, langage différé, aboli bibelot d'inanité sonore.

Ecrit par : Robin | 19 décembre 2006

Ce que j'en pense? C'est tout simple, et je l'ai déjà dit! Lire entre les lignes des textes officiels, qui nous laissent la liberté que l'on veut bien prendre!

Ecrit par : christophe sibille | 19 décembre 2006

FGuichard

J'ai été voir sur le site que vous indiquez et j'ai eu immédiatement envie d'appeler au secours. On est partagé entre le fou rire (nerveux) et la consternation.

Mille grâces pour l'exégèse de "communication, langage différé." On sent que ces gens-là ont fait des études et qu'ils réfléchissent très longtemps avant d'écrire.

Ecrit par : Robin | 19 décembre 2006

Max Scheler oui, mais aussi, enfin publié en Français: Helmut Schoeck, L'Envie, une Histoire du Mal, Paris, Les Belles Lettres, 2006!
A lire pour se reconnaître et mieux connaître les mobiles incompréhensibles des autres.

Pour changer, une petite histoire vraie: (pas drôle)

Une jeune certifiée de Lettres classique s'emmerde depuis des années à enseigner au collège, elle est très cultivée mais un peu folette. Elle tente même une sortie de l'EN pour aller voir si c'est mieux dans certains commerces. Dépressive comme il y en a un paquet assez lourd pour la MGEN (on est solidaire ou on ne l'est pas, hein?), elle s'arrêtait souvent pour un pet de travers. Et puis, l'envie lui en a pris de passer l'Agreg. Tout de même, le jeu en valait la chandelle: moins d'heures d'enfer et plus de tunes. Motivation quand tu nous tiens!
Après trois tentatives...- Oui, elle sait s'accrocher, on ne peut lui enlever cela- elle décroche la timbale. Bravo!( je suis sincère) et il faut admettre qu'elle avait des munitions.
J'ai oublié de préciser qu'elle avait obtenu une année de formation- préparation pour le concours. Etre payé pour ça c'est formidable! Petit privilège, non? Il y a bien des salariés du privé qui aimeraient avoir un peu d'air pour passer des concours .
Bref, elle est reclassée, travaille moins, gagne plus et croit être une bonne enseignante en ayant toujours des pets de travers et les nerfs fragiles.

Je vous laisse méditer et ruminer.

Non , je ne suis pas envieux. Mais cette histoire pourrait animer l'envie chez beaucoup de monde. Envie contre paresse dorée: quel est le pire des deux?

Ecrit par : Léo | 19 décembre 2006

Christophe

Savez-vous où je pourrais trouver les programmes officiels d'Education musicale en collège les plus récents ?

Ecrit par : Robin | 19 décembre 2006

"Ce que j'en pense? C'est tout simple, et je l'ai déjà dit! Lire entre les lignes des textes officiels, qui nous laissent la liberté que l'on veut bien prendre!"

Eh ben, c'est qu'est-ce que j'dis. Bien pratique, parfois, les formules bien creuses.
Quand je dis à K : "Tu sais, ce n'est pas gentil, ce que tu as fait tout à l'heure, il ne faut plus le refaire...", je pratique le langage différé tout autant que le collègue qui réunit tous ses élèves de trois ans sur les petits bancs du coin langage pour leur faire rédiger les "règles de vie de la classe".

Ecrit par : catmano | 19 décembre 2006

Lu sur le site d'une académie.
"Une nouvelle façon d'enseigner. Les nouvelles tecnologies semblent être l'occasion d'adopter une nouvelle pédgogie auprès des élèves. C'est en tous cas le constat du collège de *** qui opte de plus en plus pour les cours avec vidéo-projecteurs: grâce à des documents word, à des présentations powerpoint ou du logiciel Flash, le rapport des élèves au cours évolue. Les adolescents se montrent moins passifs, plus participatifs, et les enseignants peuvent accentuer certains aspects de leurs cours. Tous les enseignants n'ont pas encore adhéré à cette nouvelle façon d'enseigner s'ils ne maîtrisent pas totalement l'outil informatique, mais le principal est confiant quant à leurs capacités d'adaptation."
Quelle niaiserie irradiante! Et qu'il est rassurant de constater que quelques têtes de bois refusent de donner dans la bêtise au front de taureau qui s'est abattue sur ce pauvre collège! "Une nouvelle façon d'enseigner! Une nouvelle pédagogie"... Carrément! Ils ne se mouchent pas du pied, là-dedans! Ridicule! Grotesque! Accablant!

Ecrit par : Jean | 19 décembre 2006

Jean, concernant les nouvelles technologies et l'abus qui en est fait aujourd'hui, (outre le scandale du marché ouvert de l'éducation nationale à Bill Gates), je crois que je vous suis à 150%. Sans compter les logiciels qui vont permettre, sous peu, la généralisation des cours en ligne... Eh oui, vous allez pouvoir apprendre à chanter en ligne, à dessiner en ligne, à travailler votre attitude devant une classe en ligne, etc, etc... ...

Ecrit par : christophe sibille | 20 décembre 2006

Japhet

Je faisais référence au livre de Laure Adler car j'ai constaté aussi, dans mon entourage, que des gens étaient retournés vers la religion en traversant des épreuves, la maladie notamment et ils cherchent un réconfort, ils ne sont pas dans une démarche mystico-intellectuelle visant à réconcilier foi et raison.

Ce que vous dites là est parfaitement clair et honnête. Je suis bien évidemment d'accord.

Quand je parlais de la Raison, je n'entendais pas ce mot au sens strict. Pour le dire rapidement, la théorie de la relativité est à première vue irrationnelle et paradoxale, mais les scientifiques affirment qu'elle rend mieux compte du "Réel".

Il en est peut être (je dis bien peut-être) de même pour les vérités de la Foi.

Ecrit par : Robin | 20 décembre 2006

Christophe

Ma demande était tout à fait sérieuse. C'est pour une collègue prof de musique.

Ecrit par : Robin | 20 décembre 2006

Jean, "le medium, c'est le message", depuis Mc Luhan c'est connu ;-)
Sérieusement : ce qui est accablant, c'est cette course folle au gadget technologique susceptible de provoquer chez les "apprenants" plus de cinq minutes d'attention et de concentration. Car le fond du pb est souvent là : l'enseignant est face à des adolescents zappeurs, incapables de se concentrer plus d'un quart d'heure d'affilée. C'est du reste pourquoi les formateurs de la défunte MAFPEN (souvenirs de jeunesse... aaaah, les "stages à public désigné"...nostalgie...) vous expliquaient jadis -- mais je ne pense pas que ce discours ait fondamentalement évolué depuis -- qu'il faut changer de mise en activité toutes les dix minutes.
L'autre solution, la brighellienne (et la mienne aussi, soit dit en passant), c'est le théâtre, le show érudit. On en fait des tonnes, on "joue" le cours, on s'impose, y compris physiquement, on fait passer les étudiants par toutes les palettes de l'émotion, on les "accroche", on les séduit. A côté de la séduction et de l'érudition, la clarté : on EXPLIQUE tout, tout le temps, méthodiquement, lentement s'il le faut. On n'hésite pas devant l'excursus et la digression si besoin s'en fait sentir... et c'est pour cela que la séquence didactique calibrée à la minute près n'a aucun sens : il faut s'adapter au fur et à mesure des réactions et des demandes des étudiants, y compris lorsqu'elles sont déroutantes. Par exemple, en plein milieu d'un topo sur la "période" cicéronienne, on me demande de rappeler la différence entre une indépendante, une principale et une subordonnée : ce métier donne sans arrêt des leçons d'humilité ;-) Dernier ingrédient, la terreur, devant laquelle il ne faut pas hésiter : remettre à leur place les prétentieux, les ramenards et les égos montgolfiérés, en leur rappelant qu'ils sont là pour apprendre et pas pour s'exprimer ni pour faire de la mousse avec leurs états d'âme. Bref, les remettre en position d'étudiants, et se tenir soi en position d'enseignant, seul moyen d'être à la bonne distance, humainement et pédagogiquement parlant. Plus efficace que le vidéo-projecteur !

Ecrit par : FGuichard | 20 décembre 2006

J'ai connu, Françoise, des professeurs qui étaient d'une impassibilité olympienne, qui faisaient leur cours sur un ton monocorde, et qui pourtant nous tenaient en haleine par la seule force de leur pensée. Mais quel que soit son style propre, il n'y a que la parole vivante du maître pour donner, par sa souplesse et sa présence humaine, vie à un cours.
Quant à l'impossibilité où seraient les élèves d'aujourd'hui de se concentrer de cinq minutes, je tiens que c'est un mythe créé de toutes pièces par ceux qui ont intérêt à réputer le "cours" impossible afin de transformer l'école en kermesse de patronage (suivez mon regard: le grand inspirateur de ce projet irénique s'appelle Ph... M...). Ils s'appuient pour cela sur un raisonnement vicieux qu'on appelle une pétition de principe: les élèves d'aujourd'hui sont incapables de se concentrer plus de cinq minutes, "donc" ils sont incapables de se concentrer plus de cinq minutes. Même chose pour la séquence: elle est bonne , "donc" elle est bonne; pour la méthode globale, etc. Tout le "pédagogisme" repose sur ce type de raisonnement faux, puisqu'il commence par admettre comme vrai ce qu'il faudrait démontrer! Ce que je vois dans mes classes de collège, ce sont au contraire des élèves qui sont capables d'une attention soutenue pendant deux heures de suite, et cela sans interruption entre les deux heures. Et pourtant, je leur fais des choses archi-classiques (c'est peut-être pour cela, d'ailleurs!): la grammaire la plus traditionnelle qui soit (l'"analyse", c'est-à-dire les natures et les fonctions...), des explications détaillées de grandes fables de la Fontaine (l'Ours et les deux Compagnons, les Animaux malades de la peste), le Malade imaginaire scène après scène ( et en les expliquant à fond)... Surtout pas de "séquences"! Je me demande si les élèves , en fin de compte, ne sont pas ravis d'avoir un cours un peu "directif", ce qui ne l'empêche pas d'être vivant et de faire souvent appel à leur participation. Peut-être même qu'en ZEP, encore plus qu'ailleurs, la solution serait de réinstaurer une certaine forme de cours "magistral". Question.

Ecrit par : Jean | 20 décembre 2006

Ce qui m'affole, c'est de lire que dans certains collèges, les élèves ne sont pas plus capables que mes "5 ans" de tenir assis, de ranger leur petit ego,dans ce qu'il a de plus instinctif, dans le fond de leur poche en entrant en classe, de lâcher leur principe de plaisir immédiat au profit d'un principe de réalité qui, au moins, commence à se raisonner, d'accepter une tâche un peu longue et un peu ardue...
Ce qui me rassure, c'est qu'il ne s'agit pas d'une mutation génétique puisque, dans certaines classes, certains élèves sont comme mes "6 - 7ans" capables de fournir ces efforts et qu'il semble même qu'ils sont devenus pour eux une seconde nature...
Je persiste donc et dis que c'est lors des premières années d'école (maternelle, CP, CE1) qu'il faudrait installer ces comportements.
Comment faire ? Quels "messages" faire passer aux parents pour qu'ils acceptent de jouer cette "co éducation"-là puisqu'eux-mêmes sont persuadés "qu'il faut changer de mise en activité toutes les dix minutes" et qu'il est normal que leurs gamins hurlent, se bousculent, truquent la réalité à leur sauce (hier, j'ai dû me justifier auprès d'une maman qui avait cru sur parole son bambin lorsqu'il lui avait dit que la maîtresse l'avait grondé parce qu'il toussait... ).

Ecrit par : catmano | 20 décembre 2006

Les problèmes de concentration des élèves ne sont hélas pas une invention des pédagogistes -- mais peut-être un produit du système qu'ils ont contribué à mettre en place. Je constate hélas à chaque début d'année que nombre de mes étudiants, des "grands" pourtant très sélectionnés, n'ont manifestement ni l'habitude de "suivre" un fil plus de dix minutes ni celle d'entrer dans leur concentration, parce qu'ils ont subi des cours qui ne ressemblent en rien à ceux de Jean, mais où la dispersion des tâches et l'émiettement des activités étaient à coup sûr le nec plus ultra. Jusqu'à la Toussaint, il faut à certains un temps infini pour sortir leurs affaires -- quand ils ne les ont pas oubliées -- et arriver à "s'y mettre", à "entrer dans" la séance : d'où l'intérêt du "théâtre", du show qui les "cueille" à froid et les oblige, nolentes volentes, à entrer dans le vif du sujet, puisque le professeur va en qq sorte les chercher. Certains demeurent néanmoins largués-perdus et "inorgas" jusqu'à Noël. Cela donne parfois lieu à des gags réjouissants, par exemple lorsqu'ils en arrivent à se tromper sur les dates du concours blanc, alors qu'on leur a remis un calendrier détaillé avec le numéro des salles où ils devront composer : c'est ainsi que lundi dernier (épreuve de français), je me suis retrouvée devant un clampin, au demeurant adorable garçon, totalement affolé, qui croyait que ce jour-là c'était géographie ... ce qui ne l'avait pas empêché d'oublier ses crayons, ce qui eût été ennuyeux pour la carte. Bref, la prépa, c'est aussi pour beaucoup une "remise au pli" avec la (ré)acquisition de réflexes et de méthodes de travail qu'ils n'ont manifestement fort peu voire jamais acquis. On va encore m'accuser d'être réac, là, sur le coup...Ben tant pis.

Ecrit par : Fguichard | 20 décembre 2006

"Ce qui caractérise les "pédagogistes", (les "pédagogues" , comme l'écrit Frackowiak avec l'infâme toupet, et la volonté de désinformer le public , de laisser entendre qu'il n'y a de "pédagogues" que ceux de sa secte)." (Jean)

Ce qui caractérise le "donjuanisme", c'est l'incapacité à être un don Juan, voire être totalement impuissant, (rires)le "volontarisme " : être totalement dépourvu de volonté. (Entendu à la radio).
d'où je déduis : être "pédagogiste", c'est être dans l'incapacité d'être pédagogue.

Ecrit par : Anne-Marie Valette | 18 décembre 2006

Oui, mais à partir du moment où c'est vous qui les traitez de pédagogisteset où, dans votre bouche, il s'agit déjà d'une injure ou presque, l'argument perd une partie de sa valeur, Anne-Marie! Sans vouloir rabaisser la puissance de votre raisonnement, bien sûr!

Ecrit par : christophe sibille | 19 décembre 2006

Je le reconnais humblement, pédagogiste, c'est dans ma bouche une injure totale, et je ne vois pas en quoi l'argument, du fait qu'il sort de ma bouche, perd de la valeur.
J'avais l'impression que Jean, JPB, Fguichard, Robin, et tant d'autres avaient eux aussi le plus profond mépris pour les "pédagogistes", qui ont conduit l'instruction et la culture où elle en est.

Ecoutant justement une émission, sur la culture, "la culture générale pour les nuls", j'ose quelques phrases, qu'on pourrait attribuer à certains de nos pédagogistes.

"Quand j'entends le mot culture, je sors mon revolver", signé P. M., ou E. C., ou R.G., ou P.F. Mais non, c'est signé Baldur von Schirach. Même combat.

"Trop de culture nuit". Les mêmes.

Ou encore, et là, on est dans le vif du sujet, "l'inculture coûte cher, essayez l'ignorance".

La curiosité, grand principe de Léonard de Vinci, "le désir de savoir est naturel aux bons", déserte le cerveau de nos enfants, qui n'apprennent même plus à lire correctement, et sont dégoûtés du français et de l'école dès la petite enfance. l'ORL, cette invention de cuistres, en est en gande partie responsable.
Anne-Marie.

Ecrit par : Anne-Marie Valette | 20 décembre 2006

Catmano,
Il y a manière et manière de tousser! Il arrive que je punisse sur-le-champ certaines façons d'éternuer. L'impétrant ne bronche pas, et il sait très bien pourquoi! Je crois que dans les collèges, tout se décide dans les premières heures de l'année en expliquant clairement aux élèves ce qu'on attend d'eux en matière de comportement et de travail. A l'école maternelle et à l'école, il me semble qu'il faut rétablir la "pédagogie frontale", en commençant par disposer les tables d'une manière traditionnelle plutôt qu'en cercle ou en carré afin que les enfants prennent l'habitude de faire attention à la parole de la maîtresse plutôt que de se regarder les uns les autres en faisant les pitres. Il faut donner aux enfants le sentiment que le temps de l'"école" est un temps particulier, qui n'a rien à voir avec le reste de la journée, et que la qualité d'écolier implique une certaine façon de se conduire en classe. Là aussi, est-ce que cela ne se décide pas dans les premières heures de l'année?
Françoise, ce n'est pas être "réac", c'est être de bon sens! Se faire traiter de "réac" par les "pédagogistes", c'est un hommage!

Ecrit par : Jean | 20 décembre 2006

Jean,

Vous avez raison, le manque d'attention des élèves relève de la pétition de principe : ils sont de moins en moins attentifs, donc il faut faire de moins en moins appel à leur attention. C'est comme si un médecin disait à un malade alcoolique : "Vous avez du mal à vous empêcher de boire; c'est très bien, continuez comme ça !"

C'est toujours cette idée que l'école est un "lieu de vie", la pure et simple continuation de la société de masse aux valeurs de laquelle il faut à tout prix s'adapter. A quoi les élèves y sont-ils attentifs ? (en fait ils ne sont pas attentifs, ils sont hypnotisés, ce qui n'est pas du tout la même chose) Réponse : à la télévision. Donc les professeurs doivent devenir des animateurs de télévision, les distraire, les amuser...

Toutes les sagesse du monde, depuis l'initiation orphique, jusqu'aux exercices spirituels de St Ignace de Loyola, en passant par la posture assise dans le bouddhisme zen n'ont qu'un seul et unique but : l'éveil, le développement de l'attention. La prière juive ne commence-t-elle pas par
"Shéma Israël !"...c'est -à-dire : "Ecoute Israël", "Sois attentif (-ve)".

Il n'y a aucun progrès possible, ni sur le plan intellectuel, ni sur le plan moral, ni sur le plan spirituel qui englobe les deux précédents sans l'exercice de la faculté d'attention.

C'est un point absolument fondamental. Ce n'est pas la peine d'aller plus loin s'il n'est pas acquis...C'est le roc sur lequel est construite (ou n'est pas construite) la maison.

Vous avez bien raison de le rappeler.

J'avais envie de le dire à l'élève de terminale qui s'est invité sue le blog et qui demandait désespérément des conseils pour le bac de français, même s'il se fichait un peu de nous : Prenez un livre (même un humble roman d'Agatha Christie, si vous n'arrivez pas çà lire autre chose, ce n'est pas si mal) et lisez une seul page en essayant d'être entièrement concentré dans ce que vous faites, de lire chaque syllabe, chaque mot, de réfléchir à ce qu'il vous évoque, en cherchant dans le dictionnaire les mots que vous ne comprenez pas.

C'est tout bête, ça n'a rien d'extraordinaire, mais c'est le début de tout. Il n'est pas trop tard...Et peut-être qu'un jour vous arriverez à lire un journal sérieux, un journal qui expliquait par exemple à vos aînés avant mai 2002 qu'il est important d'aller voter.

Ecrit par : Robin | 20 décembre 2006

Bonjour,
Anne-Marie Valette, vous dites : "l'ORL, cette invention de cuistres...".
De quoi s'agit-il ? Dans min ignorance, je ne pense pas que vous voulez parler de l'oto-rhino-laryngologie ?
A bientôt.

Ecrit par : utile baron | 20 décembre 2006

Il n'ya aucun "mépris" de ma part, Anne-Marie, à l'égard des "pédagogistes" (ni , je pense, de la part de Robin, de JPB ou de FGuichard). J'estime simplement qu'ils se trompent et qu'ils trompent les Français et je leur en veux pour cela. Je n'ai rien contre Philippe Meirieu - avec qui je jouerais volontiers au tennis - mis à part le fait que je voudrais qu'il cesse de se mêler de régenter la pédagogie officielle. De même que je préférerais que Goigoux se mêle d'autre chose que du problème de la lecture en CP (il peut écrire, par exemple, une biographie de Champollion!), que Frackowiak redevienne un simple instituteur, qu'Evelyne Charmeux, normalienne et agrégée, retourne enseigner dans la classe préparatoire d'où elle n'aurait jamais dû sortir. Je vais même vous étonner, Anne-Marie: je reconnais à Sylvain Grandserre le mérite insigne d'être resté un instituteur de terrain. L'ébauche d'échange que nous avions eue sur ce blog, lui et moi, il y a quelques mois, à propos de sa présentation réussie de Maupassant à ses élèves m'a convaincu que nous partagions la même passion d'enseigner. Ce que je reproche surtout aux "pédagogistes", outre leur manie de prendre en permanence la pose du Pédagogue Inspiré, c'est leur conception restrictive de la liberté pédagogique. Ce n'est pas sans raison que François Fillon, qui avait lu Marc Le Bris et d'autres livres récents sur l'école et qui avait bien conscience du problème, a fait inscrire la liberté pédagogique dans la loi d'orientation.

Ecrit par : Jean | 20 décembre 2006

" Catmano,
Il y a manière et manière de tousser! Il arrive que je punisse sur-le-champ certaines façons d'éternuer. "
Je sais, je sais, merci. On ne traverse pas 32 ans d'école maternelle ou élémentaire sans apprendre ce principe de base.
Ce n'est pas à moi qu'il faut dire cela, c'est à la maman de T. qui croit sur parole son petit garçon, fatigué par 8 semaines d'école et énervé par un Papa Noël qui n'en finit pas de se faire attendre et qui du coup met son "mal-être" sur le compte des agissements de la maîtresse qui lui a, aimablement qui plus est, signalé que se forcer à tousser juste au moment où elle venait d'expliquer que ce n'était pas parce que Truc et Bidule toussaient à fendre l'âme qu'il fallait obligatoirement les imiter n'était pas très malin...
Comme il faudrait dire à la maman de L. que ce n'est pas parce que celui-ci pleurniche au moment de se coucher (sans doute très tard d'ailleurs) que c'est forcément parce que sa journée de classe s'est mal passée et que, s'il lui dit que la maîtresse lui a fait recommencer sa fiche de graphisme, c'est très certainement parce qu'elle le croyait capable d'un petit effort supplémentaire.
Sans doute que dans les collèges, tout se décide dans les premières heures de l'année, les élèves ayant déjà une expérience suffisamment longue de la vie en milieu scolaire. En revanche, lorsque les enfants arrivent en Grande Section ou en CP dans une classe où, tout à coup, après deux à trois ans d'école maternelle, l'enseignant exige qu'ils apprennent et commencent à appliquer les règles nécessaires à un bon déroulement des apprentissages (y compris les apprentissages du "Vivre ensemble"), cela peut être plus long. Nous sommes obligés de tenir compte des "pré requis familiaux", pour certains, c'est vraiment très proche du zéro, et des "pré requis scolaires" antérieurs, et là aussi, il arrive qu'il n'y en ait aucun.
Une petite anecdote datant d'il y a à peu près 3 semaines. Nous partageons le vestiaire avec les élèves de la classe maternelle. Il est vrai que celui-ci est très étroit, il s'agit en fait de l'ancien couloir - vestiaire de l'époque où notre village ne possédait qu'une classe élémentaire. Les patères attribuées à ma classe sont sur le mur de gauche et celles attribuées à la classe maternelle sur le mur de droite. Ce jour-là, l'un de mes élèves avait bloqué sa fermeture à glissière et avait donc besoin de mon aide, je me tenais à genoux face à lui et nous obstruions donc un peu le passage... il devait rester 50 à 60 cm derrrière moi, côté patères des "petits". Arrive J, 3 ans et demi, qui essaie de passer entre mon prisonnier de son blouson et moi, voyant que "cela" résistait, J pousse sur mes bras... Son enseignante était juste derrière lui. Je l'interpelle : "Oh, J, ne pousse pas, tu vois bien que j'aide A à détacher son blouson !". J me regarde puis, les deux mains en avant, pousse à nouveau. Je m'interpose, lui saisissant les deux mains et le regarde droit dans les yeux : "J, j'aimerais que tu m'écoutes quand je parle, je viens de te dire que .... (langage différé, communication...)." Pendant ce petit discours, J se débattait, pleurant et cherchant à ce que je le lâche puisqu'il voulait "aller là" et qu'il savait déjà que "le plus court chemin d'un point à un autre est la ligne droite"... Son enseignante, présente, n'a pas bronché, n'est pas intervenue.
J'ai su plus tard qu'elle me trouvait trop dure et pensait que ses élèves étaient beaucoup trop jeunes pour comprendre ce genre de subtilités et que, par ailleurs, le problème ne venait que du couloir trop étroit et qu'en conséquence, il était totalement inévitable que ce genre d'incident se produise.
C'est ainsi qu'en début d'année, j'ai dû intervenir plusieurs fois auprès de ses "ressortissants" qui écrasaient sans aucun regret les mains ou les pieds de leurs camarades assis par terre pour enfiler leurs chaussons et que j'ai encore actuellement à l'issue du premier trimestre beaucoup de travail à faire sur les "mots magiques" (pardon, essentiellement) qui, toujours selon ses "ressortissants", permettent de faire subir n'importe quoi à leurs petits camarades qui n'ont aucune excuse de se plaindre puisqu' "ils leur ont dit pardon"...

Ecrit par : catmano | 20 décembre 2006

Catmano,
Bien qu'enseignant en maternelle, je suis toujours d'accord avec vous sur les constats que vous faites. Il paraît que je suis moi aussi trop dure avec ces angelots. Il se trouve que je leur parle "normalement",et que j'ai vraiment l'air fâchée quand je réprimande. Or, je remarque que chez certaines collègues, le ton mielleux et l'articulation verbale utilisée avec les sourds sont de mises. Je constate que les enfants les plus agressifs, qui n'ont pas que des parents affectant un ton doucereux, n'ont pas l'air de saisir le rapport entre le fond du discours qui leur est adressé et la forme qu'il arbore. J'ai même l'impression que certains rient sous cape!
Maintenant, certains ont déjà atteint un tel degré de violence que cela relèverait d'une rééducation individuelle. Et là, à quel personnel compétent s'adresser? Sans oublier que toute prise en charge particulière nécessite la caution des parents, ce qui revient à laisser les familles violentes ou carencées reproduire le modèle qu'elles donnent.

Ecrit par : Alice | 20 décembre 2006

J'ai su plus tard qu'elle me trouvait trop dure et pensait que ses élèves étaient beaucoup trop jeunes pour comprendre ce genre de subtilités et que, par ailleurs, le problème ne venait que du couloir trop étroit et qu'en conséquence, il était totalement inévitable que ce genre d'incident se produise.

Votre collègue est très représentative de l'idéologie que nous n'arrêtons pas de dénoncer ici :

1°) Kevin a un comportement dangereux
2°) Mais le professeur a tort de chercher à lui expliquer
3°) Parce que Kevin n'est pas capable de comprendre
4°) Du reste le problèmes est essentiellement d'ordre matériel : le couloir est trop étroit.

Donc pour éviter que le petit Kevin écrase son camarade contre le mur, il ne faut pas lui expliquer que c'est mal, il faut élargir le couloir !

Kevin a un comportement dangereux donc il faut élargir le couloir.

Kévin n'aime pas l'école donc il faut supprimer l'école.

Ecrit par : Robin | 20 décembre 2006

Il y a manière et manière de tousser! Il arrive que je punisse sur-le-champ certaines façons d'éternuer. "
Je sais, je sais, merci. On ne traverse pas 32 ans d'école maternelle ou élémentaire sans apprendre ce principe de base.
Ce n'est pas à moi qu'il faut dire cela, c'est à la maman de T. qui croit sur parole son petit garçon, fatigué par 8 semaines d'école et énervé par un Papa Noël qui n'en finit pas de se faire attendre et qui du coup met son "mal-être" sur le compte des agissements de la maîtresse qui lui a, aimablement qui plus est, signalé que se forcer à tousser juste au moment où elle venait d'expliquer que ce n'était pas parce que Truc et Bidule toussaient à fendre l'âme qu'il fallait obligatoirement les imiter n'était pas très malin...
Comme il faudrait dire à la maman de L. que ce n'est pas parce que celui-ci pleurniche au moment de se coucher (sans doute très tard d'ailleurs) que c'est forcément parce que sa journée de classe s'est mal passée et que, s'il lui dit que la maîtresse lui a fait recommencer sa fiche de graphisme, c'est très certainement parce qu'elle le croyait capable d'un petit effort supplémentaire.
Sans doute que dans les collèges, tout se décide dans les premières heures de l'année, les élèves ayant déjà une expérience suffisamment longue de la vie en milieu scolaire. En revanche, lorsque les enfants arrivent en Grande Section ou en CP dans une classe où, tout à coup, après deux à trois ans d'école maternelle, l'enseignant exige qu'ils apprennent et commencent à appliquer les règles nécessaires à un bon déroulement des apprentissages (y compris les apprentissages du "Vivre ensemble"), cela peut être plus long. Nous sommes obligés de tenir compte des "pré requis familiaux", pour certains, c'est vraiment très proche du zéro, et des "pré requis scolaires" antérieurs, et là aussi, il arrive qu'il n'y en ait aucun.
Une petite anecdote datant d'il y a à peu près 3 semaines. Nous partageons le vestiaire avec les élèves de la classe maternelle. Il est vrai que celui-ci est très étroit, il s'agit en fait de l'ancien couloir - vestiaire de l'époque où notre village ne possédait qu'une classe élémentaire. Les patères attribuées à ma classe sont sur le mur de gauche et celles attribuées à la classe maternelle sur le mur de droite. Ce jour-là, l'un de mes élèves avait bloqué sa fermeture à glissière et avait donc besoin de mon aide, je me tenais à genoux face à lui et nous obstruions donc un peu le passage... il devait rester 50 à 60 cm derrrière moi, côté patères des "petits". Arrive J, 3 ans et demi, qui essaie de passer entre mon prisonnier de son blouson et moi, voyant que "cela" résistait, J pousse sur mes bras... Son enseignante était juste derrière lui. Je l'interpelle : "Oh, J, ne pousse pas, tu vois bien que j'aide A à détacher son blouson !". J me regarde puis, les deux mains en avant, pousse à nouveau. Je m'interpose, lui saisissant les deux mains et le regarde droit dans les yeux : "J, j'aimerais que tu m'écoutes quand je parle, je viens de te dire que .... (langage différé, communication...)." Pendant ce petit discours, J se débattait, pleurant et cherchant à ce que je le lâche puisqu'il voulait "aller là" et qu'il savait déjà que "le plus court chemin d'un point à un autre est la ligne droite"... Son enseignante, présente, n'a pas bronché, n'est pas intervenue.
J'ai su plus tard qu'elle me trouvait trop dure et pensait que ses élèves étaient beaucoup trop jeunes pour comprendre ce genre de subtilités et que, par ailleurs, le problème ne venait que du couloir trop étroit et qu'en conséquence, il était totalement inévitable que ce genre d'incident se produise.
C'est ainsi qu'en début d'année, j'ai dû intervenir plusieurs fois auprès de ses "ressortissants" qui écrasaient sans aucun regret les mains ou les pieds de leurs camarades assis par terre pour enfiler leurs chaussons et que j'ai encore actuellement à l'issue du premier trimestre beaucoup de travail à faire sur les "mots magiques" (pardon, essentiellement) qui, toujours selon ses "ressortissants", permettent de faire subir n'importe quoi à leurs petits camarades qui n'ont aucune excuse de se plaindre puisqu' "ils leur ont dit pardon"...

Ecrit par : catmano | 20 décembre 2006

Je vous lis tous et suis toujours là mais je déplore l'absence d'un petit "smiley" en train de pleurer pour souligner ce texte. Joyeuses Fêtes à tous!

Ecrit par : dobolino | 20 décembre 2006

" Kevin a un comportement dangereux donc il faut élargir le couloir.
Kévin n'aime pas l'école donc il faut supprimer l'école."

Même pas pour le petit J. dont je parlais ce matin. C'est un petit garçon très tranquille, même peut-être un peu trop placide pour ce que j'en ai vu à la cantine ou dans la cour... Un fils unique, sortant de trois ans de crèche, papa et maman bien dans la norme qui, s'ils savaient cela, seraient tout honteux de savoir que leur petit garçon bouscule une maîtresse dans le couloir, même trop étroit. D'ailleurs, la maman a fréquenté ce couloir, il y a une vingtaine d'années et le papy, trente ans plus tôt... L'arrière-grand-père, je n'en suis pas sûre mais c'est plus que probable...
Le problème de J. ne vient donc pas de la famille mais bien exclusivement du personnel de l'école qui n'arrive pas à comprendre qu' "accompagner un enfant dans les premiers apprentissages" consiste à anticiper des comportements qui ne sont pas "déviants" au départ et à procurer aux enfants une norme de conduite qui peut être souple tout en étant respectueuse (ah zut, j'emploie encore ce mot-valise) du bien-être de tous.
D'autre part, pour en revenir aux "parents de maintenant", n'oubliez pas qu'à quelques exceptions près, en maternelle, nous recrutons maintenant des personnes nées entre 1975 et 1980/85, donc des parents ayant bénéficié pendant tout ou partie de leur scolarité obligatoire de la loi d'orientation 1989... Ceci pourrait peut-être expliquer cela.

Ecrit par : catmano | 20 décembre 2006

Un petit lien qui m'a bien plu : http:// href="mailto:[email protected]" target="_blank">[email protected]">[email protected]

Ecrit par : catmano | 20 décembre 2006

Zut, l'ordi a compris n'importe quoi, je recommence :
http://www.sauv.net/sarkosy.php
en espérant que cette fois, ça va fonctionner correctement.

Ecrit par : catmano | 20 décembre 2006

D'autre part, pour en revenir aux "parents de maintenant", n'oubliez pas qu'à quelques exceptions près, en maternelle, nous recrutons maintenant des personnes nées entre 1975 et 1980/85, donc des parents ayant bénéficié pendant tout ou partie de leur scolarité obligatoire de la loi d'orientation 1989... Ceci pourrait peut-être expliquer cela

Bon catmano, d'accord. Alors voilà ce que je vous propose :

1°) On ne parle plus de Kevin
2°) On donne un bonbon au petit J.
3°) On serre la main de ses parents
4°) On garde l'école
5°) On élargit le couloir de l'école
6°) Mais on supprime la Loi d'Orientation de 1989

Ecrit par : Robin | 20 décembre 2006

Bon programme, mais un peu tard pour le petit J et ses petits copains... Il manque un p'tit truc pour aider leurs parents à réaliser qu'il ne peut y avoir qu'un seul centre et qu'ils n'y sont pas forcément.

Ecrit par : catmano | 20 décembre 2006

Eh bien, je vais attendre que Sauver les Lettres commente le "programme" de la Sainte Vierge…
JPB

Ecrit par : brighelli | 20 décembre 2006

Encore faudrait-il qu'elle dise clairement ce qu'elle propose pour l'éducation nationale ! A part les 35 h au collège, en version plus ou moins contournée, je n'ai pas l'impression qu'elle a avancé grand-chose, pour la bonne raison qu'elle ne doit pas avoir davantage d'idées là-dessus que sur le reste. Je me demande avec amusement et intérêt comment elle va faire la synthèse entre son staff de pédagogistes endiablés et les républicains chevènementistes, elle qui semble toujours de l'avis du dernier qui a parlé...

Ecrit par : FGuichard | 20 décembre 2006

vive la pédagogie ... blabla blabla bon là je vous lit et me dit que ... franchement qu'es ce que vous en savez en pédagogie sinon autant que les " mauvais " pédagogues ...

Pour l'utilisation des nouvelles technologies, cela dépend seulement de comment le prof fais ça ...
Je m'explique, je suis en premiére S ( option Si et latin c'est a dire pour ceux qui n'y connaisse rien que j'ai plein d'heure de science de l'ingénieurs à la place de quelques heures de svt mais sinon c'est pareil ) . Certains prof utilise des nouvelles technologies, bons les profs de Si ( cours sur internet, forum etc ) et aussi en physique chimie, es ce que c'est utile on niveau de la pédagogie, je veux pas dire es ce qu'on aime plus nos profs ou les cours sont plus agréables ? non .
Cela permet juste une facilité dans la communication, par exemple pour nous prévenir qu'on doit bosser ça ou ça .
mais aussi parce que les profs peuvent légérement nous aider dans notre incompréhension par rapport à ...

bon j'arret je sais pas m'expliquer .

Je voulais surtout répondre par rapport au réponse de mes questions sur le bac de français .
Au Lieu de blablater de l'utilité de celui ci et de ce qu'il devrait contenir et ce que devrait nous apprendre les profs de français, je voulais savoir comment mieux le réussir ( ne dite pas de réviser comme un con puisque cela serait faux ).
bon les annals ...

sinon un je sais plus qui est allé sur mon bleug, ( truc de jeune qui sert limite à rien qu'a raconter sa vie que personne lit, j'avais oublier ici on est sur un bleug aussi ... ) Donc ce cher M a dit je cite
"Allez voir le site de ELLS, comme dirait ceux de sa génération MDR (Mort De Rire).

On peut y trouver ceci :

Lire des journaux intelligents

Se rendre compte qu’on ne les comprend pas

En tout cas entre cette jeunesse et moi, il y a un saut - quantique -, enfin bref j'ai dû - mal ? - viellir !!

Philippe Delarouzée "
voila l'enssemble pour le rappel . Soit j'ai un probléme de compréhension ( oui j'ai un peu de mal à comprendre ce que ce cher M a voulut dire ) puisque le passage qu'il commente est tiré d'un TEXTE ( écrit dont la réalité et plus ou moins fictive et qui permet de s'évader, d'etre une maniére de classer les gens selon leur faculté à en faire ou encore une source de revenu ) que j'ai écrit ... Donc ce que philippe pour moi revient à dire que puisque hugo (victor) écrit les misérables, c'est un misérable ...

Je me rend compte que dans mon blabla ( ne chercher pas dans le dictionnaire il n'y est pas ) je m'embrouille, je vous laisse réagir . par rapport à ce que j'ai dit et ce que j'ai pas réussit à dire .

Ecrit par : Ells | 20 décembre 2006

Ells, vous écrivez VRAIMENT comme ça dans vos copies AUSSI, ou c'est un genre que vous vous donnez pour faire réagir les vieux schmocks (avec un M, c'est du yiddish) que nous sommes censés être ?
Allez, j'ai décidé d'être sympa et de vous répondre.
La première chose pour réussir l'écrit de français, c'est de vous expliquer clairement, avec une expression correcte et une orthographe du même métal. Allez à l'essentiel sans noyer le poisson. Un "truc" : des phrases courtes, reliées entre elles par des conjonctions de coordination ou des adverbes (des "connecteurs logiques", si vous préférez) susceptibles de mettre en valeur la progression de votre raisonnement, quel qu'il soit. Utilisez des exemples pris dans vos lectures et votre culture générale, et n'affirmez jamais rien sans preuve (dans ce sens, la démarche a aussi qq ch de scientifique, si vous voyez ce que je veux dire).
Vous allez raisonner avec ce qu'on vous a appris au lycée (no comment), mais aussi avec votre culture personnelle : lisez des oeuvres en rapport avec le programme. Par ex, si vous avez vu en classe, au hasard disons une comédie de Molière, lisez-en une autre, et une tragédie de Racine et/ou de Corneille avec, pour avoir une meilleure idée de ce qu'est le théâtre classique. Vous pouvez ensuite charger la barque avec un Shakespeare bien sanglant et un drame romantique idem, pour dégager a contrario les caractéristiques du classicisme. OK ? Et en plus, vous vous ferez plaisir !
Toujours pour vous faire une culture perso : allez au musée, au théâtre, au cinéma pour voir autre chose que les blockbusters, au concert pour entendre autre chose que le tout-venant : bref, nourrissez-vous pour proposer dans vos devoirs un "plus" par rapport aux petits copains qui se seront contentés des genréregistres officiels. C'est par là, et par la qualité de votre expression écrite, que vous ferez la différence. Bon courage, en tout cas.

Ecrit par : Fguichard | 20 décembre 2006

Philippe Tale* nous invite à écouter cette excellente émission.
*http://www.alaintale.com/

Je transmets :

http://www.canalacademie.com/index.php3?useFrame=1&nop;=1166355866201&r;=/mot248.html

15/12/06 : Une émission de Canalacadémie, avec un discours clair, modéré et humaniste de Bernard Bourgeois, un philosophe qui avait entrevu la dérive de l'éducation dès les années 80 . Positif, lucide et sans pessimisme excessif . Intéressant, pas passéiste, et fort intelligent. Un bon philosophe défenseur de la relation maître-disciple. Il vaut la peine de l'écouter 3/4 d'heure!

Ecrit par : Guillaume | 20 décembre 2006

Bonjour, Danièle…
Je me doute que mon "langage corporel" était éloquent — entre ennui et amusement. Une émission frustrante : il devait y avoir 20-25 minutes sur l'éducation, et pour cause de dépassement horaire, il n'est resté que 5 misérables minutes — autant dire rien. Mon seul objectif présent est de faire échec à la Sainte Vierge (parce que l'idée d'un Pétain en jupons à la tête du pays m'est insupportable : il fallait l'entendre dimanche dernier sur "Ripostes", face à un Serge Moati qui lui servait la soupe, ressortir des slogans sur la famille, la vertu et la patrie — les pornographes vont passer un mauvais quart d'heure avec elle…). Mais je crois que c'est un combat perdu d'avance — sauf imprévu, parce que cinq mois de campagne, c'est long et il peut s'en passer, des choses… Mais je ne pense pas que Sainte Ségo se laisse aller à un faux pas : elle surfe sur un petit nuage d'irrationnalité — et quand on en est là, seul le pire est sûr (loi de Murphy…). De surcroît, j'ai parié (assez cher, à vrai dire : je suis joueur) que le second tour opposerait l'Immaculée Conception et le Borgne breton. Et je voterai blanc — il y aura bien assez de gens pour voter Ségolène… La droite, partie comme elle est, avec Bayrou qui va se faire un gentil 12-13% (pas plus, il n'est pas très bon à l'image), se tire des balles dans les pieds (pour reprendre un anglicisme, afin de parler votre langage) avec conviction. Le seul choix qui reste à un démocrate qui voudrait un second tour à peu près représentatif, ce serait de voter Sarkozy au premier tour, c'est évident. Mais vous savez bien que les votes vont s'éparpiller largement, comme en 2002. Je ne vois pas Sarkozy dépasser 18% — vous voyez, là, je m'engage… Je vous ai répondu par respect pour Retz, que vous citez et sur lequel j'ai écrit (voir la revue Méthodes n°9, une revue d'agrégation, Retz était au programme de l'agrég de Lettres de l'année dernière…), et en souvenir d'Edgar Faure, que j'ai connu et à qui j'ai pris un peu de fric aux cartes — il y a longtemps (1). Bien à vous…
JPB
(1) A propos… Pour Faure, c'est Edgar, et non Edgard : l'ancien président du conseil avait publié deux romans policiers sous le pseudonyme transparent de Edgar Sanday — afin de se démarquer une bonne fois pour toutes de son ami Edgard Pisani…

Ecrit par : brighelli | 20 décembre 2006

Ells
Bonjour, certes , je ne suis pas prof de français, mais d'allemand, mais en ce qui concerne votre épreuve de français j'ai quand même envie de rajouter quelquechose qui ne m'a pas paru assez explicite dans ce que vous disait FGuichard plus haut (même si je trouvais cela très juste!!).. Quand on vous dit de prendre des exemples dans vos lectures et dans vos connaissances personnelles, évitez absolument des exemples de séries télé, de superman, de la ferme ou de la starac. Dans les copies de devoir type bac de mes élèves , pourtant soit disant triés sur le volet (sic), et le bac tout court que je corrige tous les ans, je me demande si les élèves ont d'autres exemples que ceux de la télé ou de star wars ou les 4 fantastiques.. vous regardez ce que vous voulez, mais sachez que l'on ne peut pas tout écrire...
Voilà un conseil qui ne compte pas que pour le français mais pour toutes les épreuves, ne vous discréditez pas vous même.
Et si...faut travailler quand même ;-))

Ecrit par : nathalie | 20 décembre 2006

"L'autre solution, la brighellienne (et la mienne aussi, soit dit en passant), c'est le théâtre, le show érudit. On en fait des tonnes, on "joue" le cours, on s'impose, y compris physiquement, on fait passer les étudiants par toutes les palettes de l'émotion, on les "accroche", on les séduit. A côté de la séduction et de l'érudition, la clarté : on EXPLIQUE tout, tout le temps, méthodiquement, lentement s'il le faut. On n'hésite pas devant l'excursus et la digression si besoin s'en fait sentir... "

Ecrit par : FGuichard | 19 décembre 2006

Je dois dire que je souscris totalement à cette manière d'enseigner ... Et c'est ce que j'essaie humblement de faire en face de "mes" PE1 et PE2...

Excusez-moi, Robin, je ne sais plus ce que vous m'aviez demandé, et je vous prie de m'en excuser!

Ecrit par : christophe sibille | 20 décembre 2006

Christophe

Savez-vous où je pourrais trouver les programmes officiels d'Education musicale en collège les plus récents ?

Ecrit par : Robin | 20 décembre 2006

J'ai une collègue professeur de musique, pianiste, chanteuse, 1er prix régional de chant, vous ne pouvez pas vous imaginer ce qu'elle s'en voit sur le terrain. Il y des moments où je me demande si, dans les conditions actuelles, il ne faudrait pas carrément supprimer l'enseignement de la musique dans les collèges. Est-ce qu'ils savent dans les IUFM ce qui se passe sur le terrain. Qu'est-ce qu'ils donnent comme conseils ? Je vous demande cela sans agressivité. J'ai énormément de peine pour cette personne qui est une véritable artiste et qui est bafouée dans son enseignement et dans sa personne. elle ne mérite pas ce qui est arrivé aujourd'hui. En cette fin de trimeste, elle avait apporté des bonbons et leur avait permis, avec l'accord du principal de faire une démonstration de hip hop. Ils ont été tellement odieux qu'elle a ajourné la démonstration et qu'elle est partie. J'ai peur qu'elle ne craque.

Ecrit par : Robin | 20 décembre 2006

Mon message, j'ai oublié de le préciser, était destiné à Christophe

Ecrit par : Robin | 20 décembre 2006

A Robin,
Du côté des profs de musique, le problème est très ancien. Dans les annnées 60, j'étais dans un lycée plutôt huppé, et une prof de musique adorable craquait sans cesse. Le seul qui était respecté était une terreur que j'ai eu la chance de connaître en participant à la chorale formée de volontaires et qui me permettait de chanter en ténor ou baryton, situation exceptionnelle à l'époque! J'ai par la suite rencontré sa fille devenue instit et j'ai pu constater les ravages d'une éducation psycho-rigide. La difficulté chez les enseignants, c'est de savoir moduler entre le laxisme et la rigidité terrifiante. Ce qui devient crucial face à des adolescents.

Ecrit par : Alice | 20 décembre 2006

"D'autre part, pour en revenir aux "parents de maintenant", n'oubliez pas qu'à quelques exceptions près, en maternelle, nous recrutons maintenant des personnes nées entre 1975 et 1980/85, donc des parents ayant bénéficié pendant tout ou partie de leur scolarité obligatoire de la loi d'orientation 1989... Ceci pourrait peut-être expliquer cela."


Pour une personne née en 1976, comme moi, quel rôle a bien pu jouer la loi d'orientation 1989 ?
J'étais en classe de 5ème - me semble t-il - lorsque j'ai entendu parler pour la première fois, de certaines réformes telles que l'"interdiction" de redoublement, la mise en place des cycles à l'école primaire. Cela pourra étonner mais ces changements ne m'avaient pas laissée indifférente : on me molestait mon école à moi !
A part ça, bac A1 en 94, le dernier avant l'arrivée des L, ES, ...

Ecrit par : Lisbeth | 20 décembre 2006

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Le 3 Février [1832 г. Петербургъ].

Mon bon ami, je viens de Vous envoyer une lettre, que je voudrais n’avoir pas même écrite; c’était dans un de mes mauvais moments, — ces moments m’arrivent encore; je deviens triste, je pleure, je suis au désespoir, car alors je pense à tout ce que j’ai souffert, je crois être trompée par Vous et n’avoir jamais été aimée de Vous; je Vous vois insensible à mes larmes, à mes reproches, ennuyé, mais non affligé de mes peines. Mais un moment après, quant je songe à Votre douceur, aux soins que Vous me prodigiez durant ma maladie, je m’accuse d’injustice à Votre égard, je suis prête à tomber à Vos genoux pour Vous l’avouer, Vous en demander pardon. Ah! mon bon ami, arrachez-moi à ces pensées pénibles, à ce doute, à cette incertitude d’être aimée de Vous! C’est un abcès qui me ronge le coeur, qui m’empêche de jouir, ne serait-ce qu’un peu, de la vie. Le dirai-je? — en recevant Votre dernière lettre j’ai cru voir d’abord non Votre contentement d’avoir une place, comme Vous le désiriez et d’en être redevable à Vous même, ce qui peut-être, — par parenthèse, — tout ce qu’il y a de plus heureux pour Vous, — mais j’ai cru que Votre joie ne provenait en grande partie que d’avoir un pretexte pour ne pas me réjoindre, d’être encore éloigné de moi et peut-être pour jamais. Si Vous saviez ce que cela m’a fait éprouver! J’en ai pleuré toute la nuit, j’en fus malade le lendemain, — et puis ce qui ne contribuait pas à dissiper ces idées, — c’était la certitude de ce que Vous aviez déjà ma lettre, dans laquelle je Vous déclarais qu’il ne m’est pas possible d’entreprendre seule ce voyage et que j’étais décidée de ne pas quitter mes parens, tant que je n’aurai pas d’autres proeuves de Votre affection que Vos belles phrases. — Cette occasion encore de partir avec M-lle Pogodine, — j’ai cru aussi un moment

115
que Vous étiez sûr qu’elle me manquerait! Entrez un peu dans mon état, mon bon ami, et je ne doute pas que Vous excuserez mes idées noires et mon injustice. Prouvez moi que je me trompe et je serai heureuse. Mon parti est donc pris: je reste ici jusqu’au printemps, à présent il ne m’est pas possible de songer à bouger d’ici: non seulement que l’argent me manque et l’occasion, mais le temps qui est détestable et ma santé quoique bien améliorée n’est pas tout à fait assez bonne pour que je l’expose à l’intempérance de l’air, aux fatigues d’un trajet par un chemin qui n’est ni celui d’été, ni d’hiver. Si je n’avais pas de parens encore ici, peut être n’y aurais-je pas songé, mais ils craignent si fort de me voir partir même le printemps, que je ne sais à quoi me résoudre, si l’occasion de ne pas voyager seule me manque encore une fois. Je Vous parlais de cette dame qui va à Kieff, mais c’est un détour terrible et puis Dieu sait si ses affaires le lui permettront.

Adieu, mon cher, écrivez moi vite, de grâce. Je suis fâchée que Vous parlez d’Enguel un peu crûment, car j’aurais envie de montrer Votre lettre à mes parens. Отецъ разсердится: онъ Енгеля обожаетъ.

Mon bon ami, au nom de tous les saints, informez-vous dans la rue Обозна, maison Kozlowski № 2766, près de l’Université, si Mr Séwruk, т. е. Севрукъ у loge encore et s’il n’y loge plus, tâchez de vous en procurer quelques renseignements: Vous obligerez beaucoup Md Harlinska, une personne qui m’a prise en grande amitié et qui me plait infiniment aussi. Faites ça de grâce, si Vous pouvez, avant de me répondre, pour j’aie une réponse à lui donner le plutôt possible. Отецъ тебѣ писалъ, что онъ тебѣ поетъ? Пожалуйста, отвѣчай ему еще разъ.

Пришли твой адресъ.

Ecrit par : toto | 20 décembre 2006

Новости ФЭБ

7.12.2006: В разделе «Русская литература XIX века» ФЭБ открыто новое ЭНИ «Чехов», в котором представлены наиболее авторитетные собрания сочинений Антона Павловича Чехова, научные издания отдельных его произведений и писем, мемуарная литература, прижизненная критика, биографические и филологические исследования о Чехове, справочные и библиографические пособия.

24.11.2006: 1. В ЭНИ «Былины» опубликованы три тома сборников Архангельские былины и исторические песни, собранные А. Д. Григорьевым в 1899—1901 гг. с напевами, записанными посредством фонографа: В 3 т. — СПб.: Тропа Троянова, 2002—2003 (Полное собрание русских былин) — всего около 2000 с., более 200 илл.
2. В ЭНИ «Сказки» опубликованы издания: Русская сказка. Избранные мастера: В 2 т. (Ред. и коммент. М. К. Азадовского. — [М.; Л.]: Academia, 1932); Сказки и легенды пушкинских мест (М.; Л.: Изд-во АН СССР, 1950, Серия "Литературные памятники"); Старая погудка на новый лад: Русская сказка в изданиях конца XVIII века — СПб.: Тропа Троянова, 2003 (Полное собрание русских сказок; Т. 8. Ранние собрания) — всего около 1600 с.
17.11.2006: 1. Опубликована версия 2.6 каталога сетевых ресурсов по русской филологии и фольклору. В каталоге обновлено 87, аннулировано 16, добавлено 85 ссылок. Общее количество учтенных ресурсов — 816.
2. В раздел «Пушкин в музыке» ЭНИ «Пушкин» добавлены 15 музыкальных произведений и 23 фонограммы их исполнений.
3. В ЭНИ «Шолохов» опубликована работа Г. Ермолаева «Тихий Дон» и политическая цензура. 1928—1991 (М.: ИМЛИ РАН, 2005) — всего 225 с.
4. В ЭНИ «Известия АН» опубликованы тома 34, 35 и 37 периодического издания «Известия Академии наук СССР. Серия литературы и языка» — всего более 1700 с.

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Ecrit par : toto | 20 décembre 2006

Ecrit par Leo :

" Une jeune certifiée de Lettres classique s'emmerde depuis des années à enseigner au collège, elle est très cultivée mais un peu folette. Elle tente même une sortie de l'EN pour aller voir si c'est mieux dans certains commerces. Dépressive comme il y en a un paquet assez lourd pour la MGEN (on est solidaire ou on ne l'est pas, hein?), elle s'arrêtait souvent pour un pet de travers. Et puis, l'envie lui en a pris de passer l'Agreg. Tout de même, le jeu en valait la chandelle: moins d'heures d'enfer et plus de tunes. Motivation quand tu nous tiens!
Après trois tentatives...- Oui, elle sait s'accrocher, on ne peut lui enlever cela- elle décroche la timbale. Bravo!( je suis sincère) et il faut admettre qu'elle avait des munitions.
J'ai oublié de préciser qu'elle avait obtenu une année de formation- préparation pour le concours. Etre payé pour ça c'est formidable! Petit privilège, non? Il y a bien des salariés du privé qui aimeraient avoir un peu d'air pour passer des concours .
Bref, elle est reclassée, travaille moins, gagne plus et croit être une bonne enseignante en ayant toujours des pets de travers et les nerfs fragiles.

Je vous laisse méditer et ruminer.

Non , je ne suis pas envieux. Mais cette histoire pourrait animer l'envie chez beaucoup de monde. Envie contre paresse dorée: quel est le pire des deux?

Ecrit par : Léo | 19 décembre 2006 "

Mais, Léo, c'est scandaleux d'écrire des conneries pareilles !!! Une certifiée passe l'agreg, elle a des élèves chiants, et tout ce que vous trouvez à faire c'est de rigoler dans son dos en crachant votre bile sur ce qu'elle a fait et sur sa dépression !!! Si les salariés du privé veulent un an pour préparer des concours comme l'agreg de lettres classiques, ils n'ont qu'à changer de métier, ou user du crédit de formation ! La fille se casse le c** à apprendre par coeur des oeuvres grecques, des oeuvres latines, des poésies médiévales, des romans, du théâtre, des autobios de tous les siècles du XVIème à nos jours, elle réussit ce que 40 personnes seulement réussissent chaque année, et vous ironisez sur ses "pets de travers" ! C'est lamentable, et je regrette pour elle qu'elle ne vous connaisse - vous, apparemment, ne la connaissez pas suffisamment, ni elle, ni ce qu'elle a vécu. Et vous apprendrez que quelqu'un qui passe et réussit l'agreg est rarement une fainéante, quelles que soient ses motivations. Votre message est révoltant.

Ecrit par : Jérémy | 20 décembre 2006

Deux solutions, pour les profs de musique non doués d'un "charisme Brighellien"; soit aller complètement dans le sens de ce que sont présumés vouloir les élèves, (faire chanter Diam's et écouter la star'ac) et être méprisés par eux; la pire des solutions! Soit tenter de faire écouter et chanter ce qu'on aime, et s'exposer à recevoir en pleine tête des réflexions extrêmement dures à entendre, (musique de vieux, et j'en passe). Mais, comme dit Alice, le problème ne date pas d'hier, et n'est pas forcément moins aigu dans les classes dites "favorisées". J'ai eu en charge, pendant huit ans, l'option facultative au bac dans le lycée "bourgeois" de la ville où j'habite; des élèves ayant presque tous huit ou neuf ans de conservatoire. Prétentieux, croyant tout savoir alors que certains n'entendaient même pas une quinte, ou ne savaient même pas quand était né Mozart. Pires, par certains côtés, que des mômes considérés comme difficiles. Mais certains collègues se dépêtrent admirablement dans des collèges dits défavorisés! Je leur tire mon chapeau.
Ce que vous dites aurait tendance à prouver, (et je le sais déjà) qu'il ne suffit pas d'être très compétent dans la discipline. Quelquefois, l'être "trop" peut même constituer une sorte de handicap. En tous cas, ne pas resté fermé sur un type de musique, (classique, en l'occurrence), et ne surtout pas aller au devant des désirs des enfants uniquement pour leur faire plaisir! Ils sentent très bien ce manque de sincérité, et vous le font payer très cher!

Ecrit par : christophe sibille | 20 décembre 2006

Mais Christophe, il n'est plus possible à présent de ne pas aller dans leur sens comme vous dites. Ce n'est pas une question d'insincérité. Beaucoup d'élèves refusent d'écouter autre chose, de s'intéresser à autre chose...Ils sont enfermés dans leurs "culture" et ils ne veulent même pas entendre parler du reste (Mozart, Bach...). D'après ce que je comprends (je ne suis pas professeur de musique), les professeurs de musique sont obligés de partir de leurs goûts pour leur apporter un tout petit peu d'autre chose (quelques petites notions de solfège, un tout petit peu de Mozart et de Ravel...). Vous conaissez les analyses des psychologues de Palo Alto sur la schizophrénie, le "double bind", la double contrainte ("Je t'ordonne de ne pas m'obéir!"). On a l'impression que, quoi que l'on fasse, on vous le reproche.

Ecrit par : Robin | 21 décembre 2006

Certains s'en sortent. Avez-vous entendu parler de cette "expérience", il y a quelques années qui a consisté à monter un opéra chanté en latin, et joué plusieurs fois, dans le fin fond de la Seine Saint Denis? Une réalité équivalant à peu près à celle de la demi-fiction fort bien racontée dans le film: "l'Esquive"? Pour que ça marche, (et ça peut marcher), il faut prendre le contrepied radical de ce que la télé propose (et impose) à nos chères têtes pas toujours blondes. Ce n'est pas simple. Il faut du charisme. Quand je vois, déjà, la tête que me font "mes PE", pourtant assez policés, quand j'ose prétendre que la musique de Yann Tiersen ne vaut pas grand-chose comparée à celle de Strawinsky...

Ecrit par : christophe sibille | 21 décembre 2006

Oui, je sais bien , j'ai vu L'Esquive et je suis au courant de cet opéra chanté en latin en ZEP. Je sais que ça marche, mais avec les élèves, on ne peut jamais savoir à l'avance. Ils sont très versatiles. Je me souviens une année j'avais travaillé sur le Cid en 4ème. On nous fichait encore un peu la paix et on pouvait encore étudier une oeuvre en entier (il n'y avait pas encore les sacro-saintes "séquences"). Ca avait bien marché. Mais je n'ai pas pu recommencer avec une autre classe l'année suivante. Je me suis contenté de faire "les stances de Rodrigue".

Je n'arrive pas très bien à distinguer la cause de l'effet : est-ce que "le niveau baisse" parce qu'on leur en demande de moins en moins ou est-ce qu'on leur en demande de moins en moins parce que....

J'ai l'impression que ce qui ne va pas en éducation musicale c'est le fait le traiter la musique comme une discipline purement "intellectuelle" et de ne pas tenir compte de la dimension corporelle (se tenir debout, apprendre à respirer, apprendre à se tenir à côté d'un piano...). En français, c'est le même problème quand on étudie une pièce de théâtre. On a tendance à oublier que le texte n'est pas seulement écrit pour être "lu".

Ecrit par : Robin | 21 décembre 2006

je suis en train de m'aviser qu'en matière d'apprentissage il y a quelque chose d'encore plus fondamental que l'attention, c'est la "bonne volonté".

Ecrit par : Robin | 21 décembre 2006

Toto

Peux-tu nous dire d'où tu as extrait cette lettre (qu'est-ce qu'elle cause bien c'te meuf !)...Tolstoï; Dostoïevski...?

"Quand les hommes vivront d'amour, chantait Félix Leclerc, il n'y aura plus de misère..."

Oui, mais encore faudra-t-il qu'ils aient encore les mots pour le vivre !

Ecrit par : Robin | 21 décembre 2006

Robin : ce n'est pas Toto qui nous balance tout cela !
Il s'agit d'un pédagogo qui joue au troll (un fâcheux en langage informatique). C'est une variété paradoxale de troll (voir l'école de Palo Alto;-) : ça fait dans la coolitude citoyenne et ça veut interdire aux autres de parler.

Faites comme la reine d'Angleterre : “One is not amused”, zappez, passez au message suivant.

Ecrit par : Lariba | 21 décembre 2006

Bonjour,
Le pseudo-toto a encore frappé. Comme "les saintes écritures" le blog de JPB entraîne dans son sillage des apocryphes qui n'ont guère jusqu'à présent démontré leur talent.
On peut aussi appeller ça plus simplement des trolls.
Toujours personne pour me donner le sens d'ORL...?

Ecrit par : utile baron | 21 décembre 2006

Je croyais jusqu'à présent qu'ils manquaient de bons sens, mais je me rends compte que c'est plus grave...Il s'agit tout simplement d'un idiot...Et ce n'est pas celui de Dostoïevski !

Ecrit par : Robin | 21 décembre 2006

Ne serait-ce pas plutôt une nouvelle de Stephan Zweig, du genre "Lettre d'une inconnue" ?

Pour Jean, si vous aviez un petit-fils chéri "bousillé"par les méthodes "intégratives" (Goigoux) pour la troisième année consécutive, et si vous étiez conscient que notre culture est en train de disparaître, du fait de ces malfrats qui régentent tout à l'EN depuis des dizaines d'années, je doute que vous aimeriez les approcher amicalement. Avez-vous lu ce torchon ordurier de Sylvain Grandserre, les hussards bleus ?
Pour Utile Baron.
L'ORL, c'est la façon nouvelle d'enseigner le français : l'observation raisonnée de la langue, qui fait appel ainsi à "la transversalité" (Si j'ai bien compris cette notion) Si par exemple, en cours d'histoire, vous trouvez un passé simple, vous pouvez faire remarquer aux élèves qu'il y a un passé simple dans la phrase. (Jack Lang a dit que le subjonctif et le passé simple n'étaient pas indispensables, ils ont donc été évacués de l'enseignement dans le primaire, donc jamais appris, puisqu'au collège, ils sont considérés comme acquis.)
En français, on n'étudie plus un texte, on fait du "métatexte", on "tourne autour du pot", ce qui permet à ma petite fille de dire : "Je déteste le français, heureusement, demain il y a aussi EPS."
Anne-Marie.

Ecrit par : Anne-Marie Valette | 21 décembre 2006

Jack Lang a dit que le subjonctif et le passé simple n'étaient pas indispensables,

C'est surtout Monsieur Jack Lang qui n'est pas indispensable.

Ecrit par : Robin | 21 décembre 2006

Jack Lang a dit que le subjonctif et le passé simple n'étaient pas indispensables,

C'est surtout Monsieur Jack Lang qui n'est pas indispensable.

...Sauf à Ségolène Royal, bien entendu...Mais il semble être le seul à ne pas s'en être encore rendu compte.

Ecrit par : Robin | 21 décembre 2006

Robin,

Suite de notre échange : vous faites le parallèle entre relativité et foi. J'ai entendu, lors d'une émission de radio sur la physique quantique, que de nombreux scientifiques ayant travaillé sur ce sujet s'étaient convertis au Bouddhisme.
Un très bon livre permet par ailleurs d'aborder la mécanique quantique sans avoir de formation scientifique poussée : "Le cantique des quantiques" (on reste proche de la Bible) de MM. Ortoli et Pharabod.
Concernant les pédagogos, je consulte ce blog depuis que j'ai lu "La fabrique du crétin" et je comprends que des gourous ont fondé une secte. J'avais cru le percevoir lorsque des gens de mon entourage sont allés à l'IUFM il y a quelques années. Je voudrais me faire une idée plus précise de ce qui a été pondu par les gourous et j'aimerais savoir si certains livres sortent du lot (il est un peu difficile, quand on n'est pas dans le milieu enseignant, d'imaginer que ces gourous, je pense à Meirieu notamment, aient réussi à acquérir une telle influence et à faire tant de dégâts). Quelles sont donc les belles théories qui ont mené au "référentiel bondissant", à la "construction du savoir" ? Ayant des enfants en maternelle, ces bêtises ne me font plus rire et je commence à être un peu inquiet.

Japhet

Ecrit par : Japhet | 21 décembre 2006

Pour Utile Baron
ORL = Observation Réfléchie de la Langue, cher ami... C'est un truc pour ne pas étudier la grammaire tout en donnant à croire que l'on en fait . En clair, je regarde ma phrase et, à force d'observer avec mes petits neurones, je redécouvre tout seul comment elle fonctionne, un peu comme Pascal avec les propositions d'Euclide. J'exagère à peine, hélas.

Ecrit par : FGuichard | 21 décembre 2006

Japhet,
Vous avez bien raison d'être inquiet, car quand le bon sens fuit les "pédagogues", c'est le début de la barbarie.
Vous pouvez lire l'étude de Bernard Berthelot, "L'imposture pédagogique", à laquelle vous accédez par la page d'accueil du site www.sauv.net. Vous verrez, le titre est indiqué au milieu de la page, dans la rubrique "Qui sommes-nous?". Sinon, il y a aussi le site d'Alain Talé, "le Cercle bis des poètes disparus", auquel vous accédez par www.sauv.net, puis par le 2ème lien qui vous amène sur Reconstruire l'Ecole, puis encore le 2ème lien.
Robin,
Il ne tient qu'à vous de considérer ou non les "séquences " comme "sacro-saintes". Personnellement, je n'en ai jamais fait et ce n'est pas demain la veille. Un des responsables de Sauver les lettres m'a avoué un jour qu'il avait été inspecté et qu'il ne pratiquait pas les "séquences", et que l'inspecteur ne lui avait fait aucune observation à ce sujet. D'ailleurs, avec l'article de la loi d'orientation qui affirme la liberté pédagogique du professeur, et auquel, curieusement, on n'est guère attentif ici, vous pouvez tous arrêter immédiatement d'arrêter d'enseigner en séquences. Ceux qui continuent doivent ou aimer ça ou y trouver un plaisir masochiste!
Anne-Marie,
Je suis bien conscient de tout ce que vous me dites, mais je vous rappelle encore une fois que c'est entre les pédagogistes et nous un débat d'idées, pas du pugilat. S'ils nous insultent, c'est leur problème, et répondre par des insultes ne règle rien. Ce qu'il faut, c'est démolir leur argumentation aux yeux des décideurs (voyez comme ce travail a déjà payé puisque les décisions de Gilles de Robien à propos de la lecture et de la grammaire en sont l'effet). Plutôt que de vous répandre en invectives sur les blogs, écrivez au ministre pour le féliciter et pour le soutenir, faites écrire vos amis, et suggérez-lui de supprimer des programmes de français de collège et de lycée tous les passages qui présentent la "séquence" comme la seule méthode possible. Car si Gilles de Robien nous écoute sur ce point, c'est tout l'enseignement du français qui va revivre sur-le-champ. Je suis absolument d'accord avec vous: le français tel qu'on le présente aux enfants en ce moment aussi bien dans les collèges que dans les lycées, c'est quelque chose qui fait gerber les élèves, c'est d'un ennui total, et on comprend qu'ils détestent ça. C'est l'invention des didacticiens, qui sont des disciples de Meirieu et qui sont des demi-intelligents comme lui, des pédants majeurs. Il est important de dire et de répéter sur ce blog que les élèves recommenceront à aimer le français quand celui-ci sera redevenu le français. Actuellement, c'est n'importe quoi sauf du français. Mais les professeurs ne sont pas innocents dans cette affaire, car combien ont donné tête baissée dans les gadgets à la mode les plus stupides! Et combien sont prêts à arrêter sur-le-champ d'enseigner en "séquences"? "Ah! oui, mais vous comprenez, on ne peut pas revenir en arrière, et patati et patata"... Vous pouvez relire, si vous voulez, quelques posts que j'ai signés ci-dessus, et où j'évoque le contenu de mes cours. Vous verrez qu'il y a moyen de faire autre chose dans un cours de français que de servir aux élèves l'infâme et ennuyeux brouet de la didactique inventée par des cuistres patentés.
Qaunt à Sylvain Grandserre, il a en effet deux visages: d'abord l'activiste "pédago" n'a évidemment aucun intérêt, mais après tout, s'il veut passer pour un fanatique, c'est son problème. C'est vrai que quand on le lit, on a parfois le sentiment qu'il est manipulé par une secte, mais ce n'est pas pour autant, Anne-Marie, que je le méprise. Je déplore son aveuglement. L'autre versant du personnage, c'est l'instituteur de terrain, et celui-là est beaucoup plus intéressant, comme c'est normal. Et il y a une ébauche de contact possible. J'ai bien dit une "ébauche"!

Ecrit par : Jean | 21 décembre 2006

Japhet
Vous avez raison de chercher à vous renseigner sur "la secte"... Et de vous inquiéter. Ces gens-là sont d'autant plus dangereux qu'ils avancent masqués (pour parler comme Descartes). Tapez "MEIRIEU" sur le moteur de recherche GOOGLE, vous tombez sur le site de ce "pauvre homme" (là c'est une référence au Tartuffe). Lisez sa conférence sur l'image dans laquelle il explique que sur les cartes de géographie sont des documents théologiques car le nord représente le paradis et le sud l'enfer...Ca vaut son pesant de cacahouettes et tout le reste est l'avenant. Il y a des tartines de bibliographies. Maintenant si vous vous intéressez à des gens qui ont vraiment mouillé leur chemise et payé de leur personne comme Pestalozzi, Célestin Freinet ou ce Pédagogue et médecin polonais dont je n'arrive jamais à orthographier correctement le nom, il y a des choses intéressantes...Mais ca n'a rien à voir. C'est "la secte" qui fait croire le contraire.

Ecrit par : Robin | 21 décembre 2006

A propos de Tartuffe -- qui n'a pas de féminin, ou alors Arsinoé ? -- on m'apprend que la Castafiore des pédagogistes, la diva Evelyne Charmeux, qui pourfend la grammaire de phrase et la méthode syllabique (jugées "de droite") cachetonne pour une boîte de cours privés : ADONIS INPEC. Preuve par le lien :
http://www.prepaconcours.com/34/index.php?page=crpe&page2;=2
Pffff.... ça marque mal.
Et tout ça vient nous donner des leçons d'intégrité, de pureté, de gauche ! On cafte à Ségolène, puisque le pétainisme a le vent en poupe en ce moment ?

Ecrit par : Dulcamara | 21 décembre 2006

Le site tapageur et à seule visée d'autoglorification de Meirieu est constellé d'images représentant des pédagogues célèbres ( des vrais, eux!) assorties de citations édifiantes de ces mêmes "vrais pédagogues". L'illusion de Meirieu, et son insondable naïveté, c'est que parce qu'il fait depuis vingt ans tous ses efforts, des efforts gigantesques, pour s'inscrire dans cette lignée, il croit qu'il en fait réellement partie. Jean de La Fontaine a excellement évoqué la psychologie de ce type d'individu dans Le Geai paré des Plumes du Paon.

Ecrit par : Jean | 21 décembre 2006

"J'ai l'impression que ce qui ne va pas en éducation musicale c'est le fait le traiter la musique comme une discipline purement "intellectuelle" et de ne pas tenir compte de la dimension corporelle (se tenir debout, apprendre à respirer, apprendre à se tenir à côté d'un piano...). En français, c'est le même problème quand on étudie une pièce de théâtre. On a tendance à oublier que le texte n'est pas seulement écrit pour être "lu"."

Ecrit par : Robin | 21 décembre 2006
Je ne souscris pas à votre analyse! Beaucoup de collègues ne considèrent pas la musique comme une discipline purement intellectuelle, (je dirais plutôt: "cérébrale"). Et la pratique du chant (choral, souvent) est abordée par la plupart d'entre eux. Mais lutter contre la star académie, (et consorts) avec la différence de moyens dont nous disposons par rapport aux media, n'est pas chose simple!

Ecrit par : christophe sibille | 21 décembre 2006

A Japhet,
Si la lecture dans le texte de Meirieu ou Charmeux vous est vite indigeste, je vous propose un site officiel de mise en place du pédagogime en lecture.
http://www.bienlire.education.fr/02-atelier/
Il m'a été rapporté par un des participants que les consignes du ministre interdisaient d'y faire figurer ce qui concernait le global...Sauf, bien entendu ce qui y est déjà engrangé. A la relecture, je ne vois pas de changement. En allant dans "pratiques pédagogiques", je pense que vous pourrez vous faire une idée des "conseils" donnée par les pédagos pour l'apprentissage de la lecture. Vous saurez ainsi pourquoi vous avez de bonnes raisons de vous inquiéter.
Bon courage!

Ecrit par : Alice | 21 décembre 2006

PS: vous remarquerez que les propositions n'offrent aucune garantie! Ce n'est pas nous qui l'écrivons!

Ecrit par : Alice | 21 décembre 2006

Je ne souscris pas à votre analyse! Beaucoup de collègues ne considèrent pas la musique comme une discipline purement intellectuelle, (je dirais plutôt: "cérébrale")

Non, non Christophe, je ne parlais pas des collègues, mais des élèves. Tout le monde sait bien que ca n'est pas facile à leur âge (et même au nôtre) de rester assis, de se taire, etc.
Je pense que le cours de musique (idem pour les arts plastiques et l'EPS) pourraient constituer une "antidote"...Mais les élèves ne comprennent pas toujours. Alexander Neel (un pédague, un vrai celui-là) disait qu'il ne faut pas confondre la liberté avec la licence. Ils pensent qu'être libres, c'est "flanquer le bazar".

Le chant est un formidable exutoire (rôle du chant grégorien dans les monastères), mais pas un défouloir...nuance !

J'ai visité une école maîtrisienne en Allemagne il y a deux ans, à Cologne. Là, on respire vraiment la liberté. Si le "libéralisme" c'est le droit d'ouvrir des écoles comme ca sur le budget de l'Etat à la place des "boîtes à chaussures" qui nous servent aujourd'hui de collèges, alors vive le libéralisme!

Ecrit par : Robin | 21 décembre 2006

(un pédague, un vrai celui-là) Lire "pédagogue" bien sûr

Ecrit par : Robin | 21 décembre 2006

Je sais qu'il y a une section maîtrisienne comme ça à Suresnes (Hauts de Seine) dans l'enseignement public, au collège Henri Seillier. Elle a même été implantée en ZEP ! Je m'y m'étais interessé juste avant l'ouverture; j'avais même participé à la réflexion en tant que personnel de direction stagiaire. Qu'est-ce que vous pensez de ce genre d'expérience ? Ne pensez-vous pas que ça serait une bonne façon de casser le "ghetto" ?...Ou est-ce idéologiquement impossible aux yeux de ceux qui disent: "Si tout le monde ne peut pas avoir de Mercédès, alors plutôt des Trabans pour tout le monde!" ?

Ecrit par : Robin | 21 décembre 2006

"Trabans" ou "Trabants" ? avec un "t" ça fait plus riche.

Ecrit par : Robin | 21 décembre 2006

"Sire marchez devant trabans marchez derrière", c'est dans "Salomé" d'Apollinaire, et cet alexandrin nous a valu quelques chouettes contresens de lecture au moment de la chute du mur de Berlin. Les trabans sont des gardes... et les trabants des autos, mais je ne crois pas qu'elles en étaient plus riches ni plus solides avec un T à la fin (contamination inconsciente de la Ford-T ?). Il me semble me souvenir qu'elles étaient réputées extrêmement polluantes.

Ecrit par : FGuichard | 21 décembre 2006

Vu sur le blog de l'ami Roger Felts, un psy chevènementiste (nobody's perfect) ardent défenseur de l'école et des humanités :
http://rogerfelts.blog.lemonde.fr/2006/12/21/et-l%e2%80%99appel-pour-la-refondation-de-l%e2%80%99ecole/
L'histoire ne dit pas comment la madone picto-charentaise aurait trouvé le texte si, comme le souligne ma copine Dulcamara, "désirs d'avenir" ne le censurait pas systématiquement.

Ecrit par : FGuichard | 21 décembre 2006

Les classes maîtrisiennes sont effectivement extrêmement convaincantes. Mais, comme ce type d'enseignement assez pointu, elles impliquent une structure d'enseignement spécialisé qui implique un investissement important de la part des collectivités locales! Nous avons failli en monter une, ici, il y a une vingtaine d'années, mais le projet avait capoté, faute de volonté politique.

Ecrit par : christophe sibille | 21 décembre 2006

Roger Felts a mille fois raison. Si nous nous démenions un peu plus pour l'Appel pour la refondation de l'école (www.refondation-ecole.net), nous aurions rapidement les 100 000 signatures nécessaires pour que la pétition démarre vraiment, et alors cela ferait boule de neige, car le texte est juste et opportun.

Ecrit par : Jean | 21 décembre 2006

Lu dans Le Figaro.fr (Sans commentaires

"Un garçon de 12 ans , scolarisé en classe de 6ème a été mortellement blessé jeudi en fin de matinée par plusieurs élèves du collège Albert-Camus de Meaux (Seine-et-Marne). Transporté par les pompiers au Centre hospitalier de Meaux, il est décédé en fin d'après-midi. Le décès a été confirmé au Figaro par une source policière.

Selon les premiers éléments de l'enquête, il n'était pas tout à fait 12 h.30, ce matin, lorsque la victime a été prise à partie dans l'enceinte de l'établissement à la fin du cours d'éducation physique. Au cours de cette dispute, un élève l'aurait fait chuter au sol en lui donnant un coup de poing avant que d'autres enfants le rouent de coups. rapidement, il aurait sombré dans le coma et n'a pas pu être réanimé. Une autopsie est en cours.

Selon l'AFP, un des agresseurs, âgé de 11 ans, a été aussitôt entendu par la police judiciaire. Un autre collégien est en cours d'audition.

Selon le ministère de l'Education, la petite victime était le fils d'un membre du personnel non enseignant de l'établissement.

Ecrit par : Robin | 21 décembre 2006

Réflexion entendu en salle des profs ces jours-ci

"- Ils sont odieux en ce moment !
- C'est normal, c'est bientôt les vacances ! "

Ecrit par : Robin | 21 décembre 2006

Le niveau monte, la preuve :

http://www.lemonde.fr/web/imprimer_element/0,40- href="mailto:0@2">0@2-3226,50-847248,0.html

Quant au décès de l'enfant de douze ans dans un collège de Meaux, plusieurs appels au secours à l'échelon supérieur sont restés sans réponse. Quand va-t-on ouvrir les yeux sur l'ensauvagement de nos établissements ?

Si le niveau monte, c'est que l'on sombre inexorablement.

Philippe

Ecrit par : Philippe Delarouzée | 21 décembre 2006

Le lien ci-dessus :

http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0,36-847248,0.html

J'espère qu'il marche cette fois-ci.

Ecrit par : Philippe Delarouzée | 21 décembre 2006

Selon le ministère de l'Education, la petite victime était le fils d'un membre du personnel non enseignant de l'établissement.
---

Et selon le président de la FCPE, qui n'a bien sûr pas besoin de connaitre les résultats de l'enquête en cours, c'est évidemment la faute du prof d'EPS.

Un flic derrière chaque prof, une caméra derrière chaque gosse, on va finir par en arriver là, et de façon très démocratique.

Ecrit par : Hautlecoeur | 21 décembre 2006

J'ai glané ceci sur le site de 20minutes :
Réactions
Le ministre de l'Education nationale, Gilles de Robien, s'est dit «très choqué», exprimant sa «compassion à la famille et à la communauté éducative». Le président de la FCPE, principale fédération de parents d'élèves, a estimé que ce décès témoignait d'«un gros problème de vigilance et d'encadrement». «Le professeur aurait dû intervenir pour séparer les élèves et protéger les enfants, surtout qu'un gamin de 12 ans par rapport à un adulte, ça n'a rien à voir», a déclaré à l'AFP M. Hamana, en qualifiant l'événement de «dramatique». Selon le proviseur adjoint contacté par 20 Minutes, les coups auraient été portés tellement vite que le professeur n'a pas eu le temps d'intervenir.
Selon le Snes, les enseignants du collège alertaient «depuis deux mois» leur hiérarchie à propos des problèmes de violence et du manque de personnels dans l'établissement.

Pour monsieur Hamana, qui est le président de la FCPE, Le responsable est le professeur d'EPS, qui aurait dû séparer les élèves.
Cette année, dans ma classe de seconde, un élève a branché un fil électrique, servant à relier des composants élestriques entre eux sur une platine de démonstration, dans la prise de 220 volts. Il a fait sauter le différentiel et ruiné le travail en cours de ses camardes. L'élève en question est toujours en vie ! Qu'aurait dit Monsieur Hamana dans le cas contriaire ?
Je signale que j'ai supprimé un TP de chimie qui figure dans les instructions de programme de seconde, car celui-ci nécessite la manipulation d'espèces chimiques très dangereuses.
Que dirait monsieur Hamana, si un élève jetais à la figure d'un autre élève les dits produit dangereux pour s'assurer que les mises en garde du professeur étaient justifiées ?
Métier impossible ? Freud l'a dit.
Philippe

Ecrit par : Philippe Delarouzée | 21 décembre 2006

Collectif pour la Liberté d’Instruction
Rapport de la commission parlementaire sur les sectes mardi 19 décembre 2006

Le Collectif pour la Liberté d’Instruction (CLI), composé d’associations et de parents favorables à l’instruction à domicile, s’indigne de certaines des propositions du rapport de la commission d’enquête parlementaire relative à l’influence des mouvements à caractère sectaire et aux conséquences de leurs pratiques sur la santé physique et mentale des mineurs qui vient d’être rendu le 19 décembre 2006.

S’appuyant sur le seul cas particulier de l’« école de fait », de la communauté de Tabitha’s Place, la commission propose des mesures qui portent atteinte à la liberté de choix et à la liberté pédagogique de toutes les familles qui instruisent leurs enfants à domicile.

La commission propose de soumettre le choix de l'instruction en famille à l’autorisation de l’inspecteur d’académie, les raisons de ce choix pouvant se justifier « dans l’hypothèse de la maladie, d’un handicap de l’enfant, d’un déplacement de la famille et de tout autre motif réel et sérieux des parents » (p. 160 du rapport). La commission préconise en outre d’imposer aux familles une inscription dans un établissement à distance public ou privé reconnu par l'état.

Ces deux mesures ne sont nullement indispensables pour lutter contre les écoles de fait qui sont déjà interdites en France depuis plus d’un siècle. Elles auraient pour effet de restreindre le droit à l’instruction en famille. Elles bafouent le droit constitutionnel à la liberté d’enseignement et le droit des parents d’éduquer leurs enfants selon leurs convictions philosophiques prévu par la Convention Européenne de sauvegarde des droits de l’homme. Quelles raisons « réelles et sérieuses » donneront lieu à une autorisation ? L’inspecteur d’académie, représentant de l’Éducation Nationale, sera seul juge. Saura-t-il rester impartial ? Quelle sera la liberté pédagogique des familles à qui sera imposé le recours à un enseignement à distance ? Beaucoup de parents ont des méthodes pédagogiques différentes de celles proposées par les cours par correspondance et la législation actuelle autorise cette diversité.

Nous relevons enfin que la commission d’enquête n’a pu citer aucun chiffre témoignant de dérives sectaires dans l’instruction en famille pour justifier de telles restrictions.

Les associations qui réunissent les familles qui font ce choix n'ont pas été entendues par les membres de cette commission avant que ce rapport soit rendu, alors que des rendez-vous avaient été sollicités.

Elles s’opposeront à tout projet de loi comportant de telles mesures liberticides.


Collectif pour la Liberté d’Instruction

Les Enfants D’Abord, LED’A
http://www.lesenfantsdabord.org/
Communiqué du 28 novembre 2006 : http://www.lesenfantsdabord.org/file/Comm_presse_sanscontacts281106.pdf

Libres d’Apprendre et d’Instruire Autrement, LAIA.
http://laia.asso.free.fr/
Communiqué du 25 novembre 2006 :
http://laia.asso.free.fr/comm.html

Ecrit par : crhrouz | 21 décembre 2006

Le maire de Meaux et porte-parole du gouvernement Jean-François Copé se dit "bouleversé" par le drame qui a coûté la vie à un collégien de sa ville et a "fait part de toute sa compassion à la famille de la jeune victime". Il s'est "entretenu avec la principale du collège pour l'assurer de son soutien et de celui de l'ensemble de son équipe municipale".

Selon le principal adjoint, les coups auraient été portés tellement vite que le professeur n'a pas eu le temps d'intervenir.

Selon le Snes, les enseignants du collège alertaient «depuis deux mois» leur hiérarchie à propos des problèmes de violence et du manque de personnels dans l'établissement.

M. Jean-François Coppé s'est entretenu avec la principale pour l'assurer de son soutien, ainsi que de l'ensemble de l'équipe municipale.

Et selon M. Hamana, porte-parole de la FCPE, qui n'attend même pas les conclusions de l'enquête, c'est évidemment de la faute du professeur.

Alors que les faits se sont déroulés tellement vite que le professeur n'a pas eu le temps d'intervenir

Et que les enseignants du collège alertaient leur hiérarchie depuis deux mois.

Mais demain vendredi 22, la principale a décidé que les cours auraient lieu comme d'habitude (entendu aux informations).

Bien entendu des psychologues scolaires viendront s'entretenir avec les enfants (entendu aux informations)

(Le coup des psychologues, ils nous l'avaient fait à l'occasion du suicide de la collègue d'anglais que j'ai évoqué sur ce
blog.)

Comme disent les américains : "The show must go on !"

Ecrit par : Robin | 21 décembre 2006

La mort d'un enfant au collège de Meaux : Les médias banalisent en présentant les choses comme un simple fait divers.

Il n'y aucune réflexion sur les causes profondes de ce qui vient de se passer. On fait comme s'il s'agissait d'un épiphénomène sans précédent et sans lendemain.

Ecrit par : Robin | 21 décembre 2006

Excellent, le lien montrant la participation d'Evelyne Charmeux à l'Institut Adonis ( dont le site contient plein de fautes !) :

" L'encadrement et le suivi rigoureux des apprenants est renforcé par le sérieux et l'expérience de nos intervenants formateurs. Nous appliquons strictement les méthodes les plus récentes en terme de préparation.

Nos formateurs sont des professeurs IUFM, des conseillers pédagogiques, des enseignants, mais aussi des auteurs d’ouvrages scolaires publiés :

Eveline CHARMEUX : Professeur IUFM. Chercheur à l’INRP, auteur de nombreux ouvrages sur l’apprentissage en lecture, l’oral et l’écrit.

Laurent CHAIX :Conseiller pédagogique. Membre de Jury pour le CRPE.

Marc PELLETIER : Professeur IUFM, auteur d'ouvrage didactique.

Jean TILLIAC : Maître formateur. "

Ecrit par : Jeremy | 21 décembre 2006

Le Collectif pour la Liberté d’Instruction (CLI), composé d’associations et de parents favorables à l’instruction à domicile, s’indigne de certaines des propositions du rapport de la commission d’enquête parlementaire relative à l’influence des mouvements à caractère sectaire et aux conséquences de leurs pratiques sur la santé physique et mentale des mineurs qui vient d’être rendu le 19 décembre 2006.

Et l'influence du collège unique sur la santé physique et mentale, la commission parlementaire s'y est penchée ? On comprend les parents qui scolarisent leurs enfants à domicile. C'est l'école qu'il faut changer, pas la réaction des parents.

Ecrit par : Robin | 22 décembre 2006

On ne saurait trop recommander aux "responsables" politiques dignes de ce nom, à ceux de l'Education nationale et à tous ceux qui voudraient réfléchir un peu plus loin que le bout de leur nez le roman de Robert Musil intitulé Les Désarrois de l'élève Toërless, roman rédigé dans les années 30 et dans lequel Musil met en relation la question de l'éducation, les phénomènes de violence et de persécution entre enfants et adolescents, la banalisation du mal, l'aveuglement du monde adulte et la montée du nazisme.

Ecrit par : Robin | 22 décembre 2006

Il faudrait surtout leur présenter, à ces responsables politiques, l'Appel pour la refondation de l'école signé par deux millions de personnes!

Ecrit par : Jean | 22 décembre 2006

oui Jean, entièrement d'accord, mais je pense à tous ceux, et ils sont, hélàs, encore nombreux qui pensent que, finalement, tout ne va pas si mal et qui demandent pourquoi l'école a besoin d'être refondée.

Ecrit par : Robin | 22 décembre 2006

Vérification faite, Les désarrois de l'élève Toërless datent plutôt des années 1910, ce qui n'en rend le caractère prophétique que plus étonnant.

Ecrit par : Robin | 22 décembre 2006

je n'arrive plus à lire le blog...plus rien de nouveau n'apparait chez moi..Ca beugue!! Suis je la seule à qui cela arrive ?

Ecrit par : nathalie | 22 décembre 2006

Je n'arrive plus à lire le blog, tout beugue chez moi, suis je la seule?au secours! je suis exclue!!

Ecrit par : cléopatre | 22 décembre 2006

C'est pareil pour moi nathalie

Ecrit par : Robin | 22 décembre 2006

Bonjour, je n'arrive plus à lire ce blog, tout beugue chez moi, comment est ce possible? Je reviens toujours au même dernier message, alors qu'il y en a plein d'autres qui arrivent...

Ecrit par : Nath | 22 décembre 2006

Y-a-t-il un pilote sur le blog ?

Ecrit par : Robin | 22 décembre 2006

Chez moi aussi tout beugue et je ne peux rien lire... J'envoie ce message un peu au hasard. A force d'y envoyer la déclaration des droits de l'homme dans toutes les langues possibles, "d'aucuns" auront fini par vous le détraquer, ce malheureux blog -- je trouve, entre parenthèses, un peu fort de café que des gens qui sont manifestement fort peu adeptes de la liberté d'expression pour les autres viennent saboter le blog d'un adversaire en utilisant la déclaration des droits. Cela promet pour les temps, j'espère assez lointains, où leurs petis copains seront aux manettes. Nooon, je ne suis pas parano, juste lucide. Allez, joyeuses fêtes à tous quand même, et mollo sur les chocolats...

Ecrit par : FGuichard | 22 décembre 2006

C'est la trêve des confiseurs.
Tout le monde fait ses courses. Allez ! Moi aussi.
Bonnes fêtes et joyeux Noël.
Philippe.

Ecrit par : Philippe Delarouzée | 22 décembre 2006

FGuichard

"Il n'y a pas de liberté pour les ennemis de la liberté" (les ennemis de la liberté étant tous ceux qui ne sont pas d'accord avec eux)

"Vous avez juridiquement tort parce que vous êtes politiquement minoritaires." Phrase prononcée à la tribune de l'assemblée nationale par un député socialiste dans les années 80.

Deux phrases "démocratiques" qui expliquent au nom de quelle logique ces gens-là sont capables bousiller un blog au nom de la liberté d'expression et des droits de l'Homme.

C'est la même logique qui a présidé au bousillage de l'Ecole

Courage camarades, le monde ancien est derrière vous. Voici l'école nouvelle de l'ignorance et du lynchage!

CQFD

Ecrit par : Robin | 22 décembre 2006

Je trouve bizarre qu'il y ait si peu de contributions sur ce blog aujourd'hui. Pourtant, ce n'est pas la matière qui manque. Proximité de Noël ?

Bon, je fais comme s'il n'y avait pas de problème...On verra bien.

Lu le commentaire d'un professeur de Littérature à l'université de Toulouse sur le discours de Nicolas sarkozy sur l'école, discours qu'il trouve "bien écrit", dont il trouve les analysés assez pertinentes, mais les propositions trop libérales. Il fait à son tour trois propositions pour sortir l'école de l'ornière :

1°) Un chef d'Etablissement élu par ses "pairs": Est-ce la proximité de l'Espagne qui a suggéré cette idée où ce système existe depuis longtemps (l'école lieu de vie aussi...Il paraît que les élèves n'apprennent pas grand chose, mais qu'ils "'épanouissent" c'est du moins ce que me dit un collègue hispanisant. Quelqu'un peut-il confirmer ?

2°) La constitution d'équipes pédagogiques stables avec des heures et un budget...Mais il ne dit pas pour quoi faire.

3°) Des étudiants répétiteurs...Des "emplois jeunes" en somme, mais en plus "savants". Ca, c'est plutôt une bonne idée.

Sinon, on ne change rien et on continue comme ca. En somme on remplace l'enfer par un "purgatoire démocratique".

Ecrit par : Robin | 22 décembre 2006

A cette avant -veille de nuit de Noël,j'ai été très émue par une petite fille (5 ans et demi) d'origine africaine. E. est une élève attentive, intelligente, courageuse, intéressée et motivée. Lorsque , ce soir, je distribuais les restes de fiches d'exercices (anti consignes pédagos) afin que les enfants n'oublient pas de travailler durant les vacances, elle était la seule (avec le "psychiatriquement malade") à ne pas prendre une seule page offerte alors que tous se ruaient sur le papier comme sur des billets de banque. Devant mon étonnement sur son manque de précipitation, E. m'a répondu qu'elle ne pouvait RIEN faire chez elle car elle n'avait ni crayons, ni ciseaux, ni colle. Cinq minutes avant la sortie, je n'ai pu que lui, proposer de prendre les textes de chansons afin de s'entraîner. Le matin-même, cette adorable petite fille m'avait spontanément dit vouloir être médecin quand elle serait grande.
Oui, oui, Dieu est parmi nous.
En l'attendant, je crois que le père Noël va passer chez moi apporter le matériel minimal.

Ecrit par : Alice | 22 décembre 2006

"Paix et Joie sur la Terre aux hommes et aux femmes de bonne volonté."

Ecrit par : Robin | 22 décembre 2006

Nous croyons tous encore au père Noël.... La preuve ! on continue notre boulot !

Ecrit par : Patrick(instit) | 22 décembre 2006

Allez ! Jusqu'à demain, on cesse de médire…
Cela dit, que fêtons-nous ? Certainement pas la naissance d'un obscur fils de charpentier (dont il semble bien qu'il est né en octobre), ni le Père Noël — infâme production de la maison Coca and Co —, ni Saint Nicolas — un type qui vous rafistole des enfants heureusement découpés par la main experte d'un boucher-charcutier (les Parisiens, avez-vous essayé celui qui est installé au 6 de la rue Dauphine ?) ne mérite aucune considération… Disons que nous fêtons le solstice d'hiver — ce diable de soleil va-t-il consentir à réapparaître au terme de la nuit la plus longue de l'année ?

Tenez, une petite notice pour égayer les valétudinaires…

Il y a approximativement deux milliards d'enfants (de
- de 18 ans) sur Terre. Cependant, comme le Père Noël
ne visite pas les enfants musulmans, hindous, juifs ou
bouddhistes (sauf peut-être au Japon), ceci réduit la
charge de travail pour la nuit de Noël a 15% du total,
soit 378 millions.

En comptant une moyenne de 3,5 enfants par foyer, cela
revient à 108 millions de maisons, en présumant que
chacune comprenne au moins un enfant sage.

Le Père Noël dispose d'environ, 31 heures de labeur
dans la nuit de Noël, grâce aux différents fuseaux
horaires et a la rotation de la Terre, dans
l'hypothèse qu'il voyage d'Est en Ouest, ce qui parait
d'ailleurs logique.

Ceci revient à 967,7 visites par seconde. Cela
signifie que pour chaque foyer chrétien contenant au
moins un enfant sage, le Père Noël dispose d'environ
un millième de seconde pour garer le traîneau, en
sortir, dégringoler dans la cheminée, remplir les
chaussettes, distribuer le reste des cadeaux au pied
du sapin, déguster les quelques friandises laissées à
son intention, remonter la cheminée, enfourcher le
traîneau et passer à la maison suivante.

En supposant que chacun de ces 108 millions d'arrêts
sont repartis uniformément sur Terre (hypothèse que
nous savons fausse, bien sûr, mais que nous
accepterons en première approximation), nous devrons
compter sur environ 1,4 kilomètres par trajet.

Cela signifie un voyage total de plus de 150 millions
de kilomètres sans compter les détours pour le
ravitaillement ou les pauses pipi.

Le traîneau du Père Noël se déplace donc à 1170 km/sec
(3000 fois la vitesse du son). A titre de comparaison,
le véhicule le plus rapide fabrique par l'Homme, la
sonde spatiale Ulysse, se traîne a 49 km/sec et un
renne moyen peut courir au mieux de sa forme à 27
km/h.

La charge utile du traîneau constitue également un
élément intéressant. En supposant que chaque enfant ne
reçoive rien de plus qu'une boite de lego moyenne (1
kg), le traîneau supporte plus de 500 000 tonnes, sans
compter le Père Noël lui-même.

Sur Terre, un renne conventionnel ne peut tirer plus
de 150 kg. Même en supposant que le fameux " renne
volant " soit 10 fois plus performant, le boulot du
Père Noël ne pourrait jamais s'accomplir avec 8 ou 9
bestiaux, il lui en alourdit la charge utile,
abstraction faite du poids du traîneau, de 54 000
tonnes supplémentaires, nous conduisant tout bonnement
à 7 fois le poids du Prince Albert (le bateau, bien
sur, pas le monarque).

600 000 tonnes voyageant a 1170 km/sec créent une
énorme résistance a l'air. Celle-ci ferait chauffer
les rennes, au même titre qu'un engin spatial rentrant
dans l'atmosphère terrestre. Les deux rennes en tête
du convoi absorberaient chacun une énergie calorifique
de 14300 millions de Joules/sec.

En bref, ils flamberaient quasi-instantanément,
exposant dangereusement les deux rennes suivants. La
meute entière de rennes serait complètement vaporisée
en 4,26 millièmes de seconde, soit juste le temps pour
le Père Noël d'atteindre la cinquième maison de sa
tournée.

Pas de quoi s'en faire de toute façon, puisque le Père
Noël, en passant de manière fulgurante de 0 a 1170
km/sec en un millième de seconde, serait sujet à des
accélérations allant jusqu'a 17 500 G's.

Un Père Noël de 125 kg (ce qui semble ridiculement
mince) se retrouverait plaqué au fond du traîneau par
une force de 2 157 507 kg (2 157 tonnes),
écrabouillant instantanément ses os et ses organes et
le réduisant a un petit tas de chair rose et
tremblotante.

C'est pourquoi, si le Père Noël a existé, eh bien
maintenant il est mort.

JPB

Ecrit par : brighelli | 23 décembre 2006

Il n'y a pas que le père Noël !
"Vénus s'est faite femme, et le grand Pan est mort", comme on le chante du côté de Sète. Mais est-ce forcément un bien que de voir disparaître le paganisme et sa magie poétique ?
J'hésite toujours face au Père Noël (qui est très loin d'être un symbole chrétien, puisque le "brave" chanoine Kir le fit brûler en effigie devant l'évêché de Dijon dans les années 1950, ce qui montre que la bêtise n'est pas le monopole de nos contemporains), parce qu'un peu de merveilleux dans ce monde de brutes où les enfants se tuent à coups de tatane, ce n'est peut-être parfois pas si mal...
Pour rester dans la note Xmas macabre, je ne saurais trop conseiller à ceux qui sont en panne de bons livres en cette "bienveillante" fin d'année (gloups), un excellent vieux roman de Pierre Véry, "L'Assassinat du père Noël" -- et son adaptation par Christian-Jacques ou Jacques Becker, je ne sais plus, avec les "pointures" du cinéma français d'entre deux guerres, Harry Baur, Fernand Ledoux, Robert Le Vigan, Raymond Rouleau. Avec un peu de chance, ça doit exister en dvd
P.S. pour Robin : peu de contributions hier because big bug et blog illisible.

Ecrit par : FGuichard | 23 décembre 2006

"le Père Noël dispose d'environ
un millième de seconde pour garer le traîneau, en
sortir, dégringoler dans la cheminée, remplir les
chaussettes, distribuer le reste des cadeaux au pied
du sapin, déguster les quelques friandises laissées à
son intention, remonter la cheminée, enfourcher le
traîneau et passer à la maison suivante."

Ecrit par : brighelli | 23 décembre 2006

Et encore, Jean-Paul, dans votre énumération, vous semblez oublier que ce vieux paillard de père Noël n'enfourche pas que son traîneau!
Bonnes fêtes de fin d'année à tous.

Ecrit par : christophe sibille | 23 décembre 2006

Chant de Noël
(sur l’air de Jésus reviens)

Quand il reviendra, il fera grand jour (il fera grand jour)
Pour fêter celui qui inventa l’amour (qui inventa l’amour)
Au fond d’un IUFM, né de l’impéritie
Personne n’avait voulu de lui

(Refrain)
Meirieu reviens, Meirieu revient
Meirieu reviens parmi les tiens
Du haut de « La Croix » indique-nous le chemin
Toi qui le connais si bien

Toute sa vie, il prêchait le bonheur, la paix (le bonheur, la paix)
La bonté et la justice étaient sa loi (étaient sa loi)
Quand il reviendra, il nous pardonnera
Comme il l’avait fait pour Judas

(Au refrain)

Et quand il reviendra sur notre terre (sur notre terre)
Il donnera à manger à tous nos frères (à tous nos frères)
Car comme à Lyon, il multipliera
Le pain et le vin sur la terre

Meirieu reviens, Meirieu revient
Meirieu reviens parmi les tiens
du haut de « La Croix » nous suivrons le chemin
pour à jamais faire le bien

Dans une grande clarté il apparaitra (il apparaitra)
Comme il le fit pour Marie Duru-Bellat (Marie Duru-Bellat)
Le monde entier laissera éclater sa joie
En chantant : Meirieu est là !

(Au refrain)

(Ad lib.)

Bonnes fêtes à tous, laïcards comme avaleurs de Gaspard !

Ecrit par : Azimont | 23 décembre 2006

Une bonne nouvelle (transmise par Guillaume)

LE MONDE | 19.12.06 |

La dictée fait un retour dans les amphis. L'institut universitaire de technologie de Grenoble, département gestion des entreprises et des administrations, a fait sensation à la rentrée en accueillant ses étudiants par cet exercice, qui disparaît normalement après le collège.

'Un nombre significatif de grandes écoles' s'attaque à ce problème, assure Pierre Aliphat, directeur de l'Ecole supérieure d'informatique électronique automatique et président de la commission formation de la Conférence des grandes écoles. Le phénomène concerne en premier lieu les écoles d'ingénieurs, le Chapitre des écoles de management précisant qu''il n'y a pas eu de remontées', et que 'le niveau n'est pas inquiétant'.

A l'Institut supérieur du management public et politique (Ismapp), qui recrute à bac + 2 ou + 3, la conjugaison de la phrase ''Nous avons (déguster) la galette que grand-mère nous avait (apporter)'' amène son lot de surprises. 'Les règles du participe passé ont volé en éclats', assure la directrice pédagogique, Laurence Lemouzy.

De tels exercices sont jugés inévitables. 'Un quart des élèves ont des problèmes dans l'utilisation de la langue', évalue M. Aliphat. Il a même identifié un objet verbal non identifié (qu'il surnomme le 'pluriel renforcé' ) dans les écrits de ses étudiants : 'Ils pensents.'

Ceux-ci auraient aussi tendance à mélanger écrit et oral : 'Quand ils ne font pas attention, ils écrivent comme ils parlent, ou de la même manière qu'ils écrivent des SMS', déplore Bruno Raibon, directeur des études de l'IUT de Grenoble. Pourtant, deux tiers de ses étudiants ont obtenu une mention au bac, avant de surmonter 'une sélection assez féroce', rappelle Marie-Jo Saillen, professeur d'expression-communication à l'IUT.


ECRIT DÉCRÉDIBILISÉ

M. Aliphat estime que l''on paye les quinze, vingt ans d'errance dans la manière d'enseigner l'orthographe et la grammaire en primaire et dans le secondaire'. Pour Mme Saillen, le problème réside dans l'attitude des étudiants. Les nouveaux modes de communication (chats, textos, courriels...) 'décrédibilisent l'écrit plus formel', les étudiants lisent peu et manifestent une certaine 'désinvolture' vis-à-vis de l'écrit : 'Ce n'est pas important pour eux.'

Pour certaines entreprises, ça l'est... Et leurs plaintes ont contribué à faire réagir ces établissements. 'L'écrit sera au coeur de leur métier', relève Mme Lemouzy. L'Ismapp a mis au point un module 'Protocoles de l'écriture', censé aider à réapprendre les règles de base pour savoir 'exprimer un raisonnement construit et mature'...

L'école de M. Aliphat propose, le cas échéant, un soutien individualisé. A l'Ecole spéciale des travaux publics, ou à l'INSA-Lyon, toute occasion (demande écrite à l'administration, rapport de stage...) est saisie pour souligner l'importance de la maîtrise des règles. Et l'Ecole polytechnique féminine a introduit dans ses épreuves 'une réelle épreuve de français' d'une heure et demie à la place d'un QCM de vingt minutes.

Benoît Floc'h

Bon Noël à tous. Bises à Alice. Salut amical à Pierre Azimont, auteur du Meirieutron, qui est fort distrayant. A tous les hommes et femmes de bonne volonté de ce blog.
Anne-Marie.

Ecrit par : Anne-Marie Valette | 23 décembre 2006

Tenez, une petite notice pour égayer les valétudinaires…
(Brighelli du 23/12)

La blague pose en fait un problème sérieux et renvoie aux discussions qu'on peut avoir sur le contenu d'un socle commun raisonnable "pour tous".
Pour sortir satisfait de la lecture de la brighellienne notice, il faut certes en avoir accepté l'explicite mais, comme à contempler les icebergs, et , pour ne pas "contempler idiot", suffisamment compris l'implicite, la partie cachée, le substrat allusif, les fondements en quelque sorte.

Si cette blague est susceptible de distraire, c'est qu'elle s'adosse à un fond "commun" de connaissances que partagent les lecteurs, ce qui peut être une façon de découvrir que dans ce "socle" partagé nous sommes supposés disposer - parce qu'on nous les a antérieurement enseignées - d'informations stables et claires (dans l'ordre de leur apparition) sur :

1. Les croyances autour de la nativité
2. L'impérialisme américain et Coca-Cola
3. La légende de Saint-Nicolas
4. La durée des jours, les solstices
5. La statistique élémentaire, les calculs de pourcentage (et donc antérieurement le sens et la pratique des quatre opérations)
6. La rotation de la Terre, les fuseaux horaires, le paradoxe de Philéas Fogg
7. La notion de répartition uniforme d'une famille de points sur une sphère (et le principe de calcul retenu pour en déduire leurs distances réciproques; justification des 1,4 km ici ?)
8. La notion de vitesse, son mode de calcul; la notion de vitesse du son
9. Des notions sur les sondes spatiales (ici Ulysse)
10. La notion de charge utile
11. Des notions sur la résistance de l'air, les phénomènes de frottement et d'échauffement
12. La notion d'énergie calorifique (ou calorique), ses unités, ses modes de calcul
13. Des notions sur les états de la matière (phénomène de vaporisation), les modes de calcul associés aux changements d'état (justification des 4,25/1000 s?)
14. Des notions élémentaires de mécanique newtonienne: force et accélération; principe de d'Alembert (force=massexaccélération); quelle justification des nombres avancés ici (17500 ? 2 157 507?)

Faut-il dire au lecteur- auditeur-élève (car cette petite histoire peut ressembler à un fabliau iconoclaste pour dernière heure de classe un jour de sortie....), "Croyez ce que je vous dis" ou bien, "Examinons ensemble la démythification qui découle ce que vous avez appris", ou plutôt, en remontée pédagogique, "Mais d'où viennent ces nombres? Voilà ce que nous pourrions, et vous d'abord, avoir envie de comprendre, d'apprendre...."

Oui, la pochade du 23/12 est plus sérieuse qu'il n'y paraît et elle pose une question de fond: Que mettre dans un socle commun, Comment l'aborder, Jusqu'où ne pas aller trop loin, Que faut-il vraiment savoir pour comprendre le monde, Et qu'est-ce donc qu'un savoir minimum: un savoir de socialisation (?), de survie (?)....

A suivre, non?

Ecrit par : Sejan | 23 décembre 2006

Au sujet du Père Noël...
Jean-Paul, vous êtes d'un pragmatisme! Ne savez-vous point que le Père Noël a des aides? D'abord la Mère Noël a laquelle Christophe fait allusion, puis les petits lutins. Certaines années de débordement, il convoque même les Pères Noël bleus qui ne sont pas de vrais Pères Noël.
De plus, le traîneau ne stationne plus car il n'y a plus de place pour lui, ce qui oblige Papa Noël à lancer les cadeaux par la cheminée. Cela lui permet de gagner du temps, mais laisse flotter une certaine imprécision sur le rapport avec la commande. Il a toujours l'excuse de ne pas avoir reçu certaines lettres par la Poste, elle aussi sans cesse en recherche d'efficacité. Il ne pénètre plus dans les foyers pour déguster d'éventuelles friandises car cette coutume conviviale est aujourd'hui oubliée.
A vos 378 millions d'enfants, vous pouvez ajouter les petits musulmans de la zone française, car , eux , attendent tous le Père Noël. C'est ça l'intégration réussie. Maintenant que les représentants politiques de tous bords se bousculent pour baffrer le jour de l'Aïd, il nous faut bien partager la farce aux légumes de la dinde.

Ecrit par : Alice | 23 décembre 2006

A Child of the Snows

There is heard a hymn when the panes are dim,
And never before or again,
When the nights are strong with a darkness long,
And the dark is alive with rain.

Never we know but in sleet and in snow,
The place where the great fires are,
That the midst of the earth is a raging mirth
And the heart of the earth a star.

And at night we win to the ancient inn
Where the child in the frost is furled,
We follow the feet where all souls meet
At the inn at the end of the world.

The gods lie dead where the leaves lie red,
For the flame of the sun is flown,
The gods lie cold where the leaves lie gold,
And a Child comes forth alone.

- G.K. Chesterton

Ecrit par : Robin | 23 décembre 2006

Je n'en reviens pas d'avoir été si bien compris (par Séjan, aujourd'hui).
Allons plus loin. Ce qui ressort du discours critique de Séjan, c'est que la notion même de "socle" est caduque : où voulez-vous arrêter les connaissances ? Si pour une simple blague il faut mobiliser Jules Verne, Newton et D'Alembert, quel socle permettrait de combiner ces connaissances — sinon un socle avec statue ?
Allez, bon Noël à toutes et à tous… J'ai des problèmes bien plus sérieux que le socle à résoudre : que boire avec un foie gras ? Un Sauternes — la tradition — ou un Gewurtz de vendanges tardives — qui aurait a priori ma préférence ? Et qui a une meilleure idée ?
JPB

Ecrit par : brighelli | 23 décembre 2006

JPB
Par ici, on a le Sancerre, le Châteaumeillant et le Quincy...Et n'oubliez pas que ce sont les moines qui ont inventé toutes ces merveilles, mécréant !

Ecrit par : Robin | 23 décembre 2006

"Si vous rencontrez un philosophe austère qui vous dit que rien n'est parfait sur la terre, soyez bien assurés que s'il vous parle ainsi, c'est qu'il n'a jamais bu du vin blanc de Quicy."

Monsieur le chanoine Montigny

(Lu et approuvé !)

Ecrit par : Robin | 23 décembre 2006

Pour Robin :
"There is no rose of such vertu
As is the rose that bare Jesu,
For in this rose contained was
Heaven and earth in little space"
(Christmas carols, de Benjamin Britten)
Anne-Marie.

Ecrit par : Anne-Marie Valette | 23 décembre 2006

".Et n'oubliez pas que ce sont les moines qui ont inventé toutes ces merveilles, mécréant !"
dit Robin…

Oui… Et depuis, ils brûlent en enfer, où je les saluerai bien bas lorsque je m'y rendrai — en touriste…
JPB

Ecrit par : brighelli | 23 décembre 2006

Pour le foie gras, un quart de chaume ou un vin de paille peuvent faire l'affaire. Mais malheureusement, tous les vins qui suivront feront pâle figure - les papilles seront surchargées en sucre et beurrées de gras. Moi, sur les conseils d'un ami, je vais servir un seul vin - mais unique évidemment ! - du début à la fin. Ce pourrait être un champagne. Mais, le fil rouge (!) du repas sera un Chambolle-Musigny - qui accompagnera le canard - autre fil rouge du repas - du foie gras aux confits pour finir sur le fromage et les desserts.
Allez ! Bon réveillon. Buvez et mangez immodérément.

Ecrit par : Philippe Delarouzée | 23 décembre 2006

Merveilleuses régions de France et leurs caves!
Personnellement, avec un foie gras, j'aurais un faible pour le Beaumes de Venise. Cela doit être affectif, et comme La Provence ne regorge pas de grands crus...

Ecrit par : Alice | 23 décembre 2006

Alice, vous vivez dangereusement !

Ca me rappelle cette histoire de ce député du Gard qui croyait être " hors micro" : "Ils commencent à nous emm... ces c...-là avec leur piquette dégueulasse... !"

Malheureusement, le propos fut enregistré et passa à l'entenne...Et le député dépité fut obligé de démissionner.

Comme le chantait Guy Béart :"Le premier qui dit la vérité..."

Ecrit par : Robin | 23 décembre 2006

Avec le foie gras du Gers un pacherenc du Vic-Bilh entre 10 et 12°C s'impose ! Pas cher et meilleur que bien d’autres. Encore des références qui ne sont pas dans le socle.

Quant au “Socle”, cela devrait pour certains évoquer Piero Manzoni...

Ecrit par : Lariba | 23 décembre 2006

Anne-Marie

Merci pour votre jolie carte de Noël. Les Anglais ne produisent pas de vin, mais ils ont quelques bons compositeurs comme Benjamin Britten et une superbe tradition maîtrisienne.

Ecrit par : Robin | 23 décembre 2006

Выступление Председателя Государственной Думы ФС РФ Б.В. Грызлова «Об итогах осенней (2006 года) сессии Государственной Думы Федерального Собрания Российской Федерации» 22 декабря 2006 года


Уважаемые депутаты!

В ходе осенней сессии мы рассмотрели 321 законопроект. Принято 134 федеральных закона, одобрено 5 федеральных конституционных законов.

Одним из ключевых вопросов осенней сессии было принятие федерального бюджета на следующий год. Начиная работу над законопроектом Правительства, мы заявили о том, что для реализации задач развития страны в 2007 году России нужен бюджет стратегических проектов. Принятый нами бюджет, в том числе благодаря поправкам депутатов, приобрел именно такое качество.

Инвестиционный фонд увеличен до 110 миллиардов рублей. Выделено 15 миллиардов рублей на Российскую венчурную компанию. Финансирование приоритетных национальных проектов увеличено в полтора раза, предусмотрены средства, необходимые для реализации демографических инициатив Послания Президента.

Бюджет был принят нами в ноябре, и Правительство имеет время на подготовку к новому финансовому году. Вопрос – за качеством исполнения. Должен напомнить, что бюджет 2006 года, особенно в первом полугодии, исполнялся не всегда эффективно, в том числе по приоритетным национальным проектам, и в следующем году парламентский контроль в этом направлении, безусловно, должен быть усилен.

Тем более, что работу над следующим трехлетним бюджетом мы начнем уже в весеннюю сессию. Важно подчеркнуть, что новый формат бюджетного процесса в большей степени отвечает задачам долгосрочного планирования развития страны, позволяет более эффективно применять и расширять проектный подход во всех сферах социальной и экономической жизни.

Говоря о системообразующих законодательных актах, вышедших в этом году из стен Государственной Думы, нужно упомянуть два новых кодекса – Водный и Лесной. Первый из них был принят Государственной Думой в апреле, второй – в ноябре. Для нашей страны, обладающей стратегическими запасами и леса, и воды, эти документы имеют первостепенную значимость. В результате долгой и тщательной работы, консультаций и согласований с экспертным сообществом, с профильными государственными органами, нам удалось создать юридические механизмы, которые обеспечат развитие соответствующих секторов экономики, рачительное использование природных богатств, безусловное сохранение прав граждан на свободный доступ к лесным и водным ресурсам.

В ходе этой сессии мы приняли ряд важных социальных законов об увеличении адресной материальной поддержки отдельных категорий граждан.

Значительно повышены ежемесячные «детские» пособия. Причем право на эти деньги теперь получили и те матери, которые не работали до рождения ребенка. Мы также ввели новый вид выплат – единовременное пособие при передаче ребенка на воспитание в семью.

Реальным вкладом Государственной Думы в преодоление демографического кризиса стало повышение размера пособий в зависимости от количества детей, законы о материнском капитале и об освобождении его от налогообложения.

Мы приняли решения о предоставлении права на получение двух пенсий гражданам, награжденным знаком «Жителю блокадного Ленинграда», а также о кратном увеличении надбавок для кандидатов и докторов наук. И если первый из этих законов – это признательность и особое уважение общества к старшему поколению, выстоявшему в великой войне, то второй ориентирован на поддержку тех, кто в настоящее время своими знаниями и опытом обеспечивает завтрашний день России.

Знаковыми для уходящего года стали законы, направленные на защиту интересов работающих граждан. Весной были приняты комплексные поправки в Трудовой кодекс, серьезно обновившие трудовое законодательство. В эту сессию мы определились с повышением минимального размера оплаты труда, который в следующем году вырастет до двух тысяч рублей в месяц. Общая позиция депутатов Государственной Думы заключается в том, что достойная оплата труда, рост покупательной способности населения – это базовые условия увеличения производительности труда, эффективного развития экономики.

Весной мы приняли федеральный закон «О защите конкуренции», ввели новый вид особых экономических зон – туристско-рекреационного типа. В осеннюю сессию работа над экономическим законодательством была продолжена.

В том числе, мы рассматривали законопроект об игорном бизнесе. Мы обязаны защитить тех, кто не может устоять перед соблазном и фактически попал в психологическую зависимость от игры. Среди них немало пенсионеров, среди них есть дети, есть рабочие, которые «просаживают» всю зарплату по дороге домой, а не несут ее в семью. Считаю этот закон одним из важнейших достижений в работе Государственной Думы четвертого созыва.

Путь законопроекта о развитии сельского хозяйства был очень долгим, а переговоры с Правительством напряженными. Именно благодаря депутатам важнейший для развития села закон не ограничивается декларативными обещаниями, а содержит перечень реальных мер и механизмов государственной поддержки. Также в осеннюю сессию были приняты другие решения в данной области, в частности, сельскохозяйственным потребительским кооперативам предоставлено право переходить на единый сельхозналог.

Реагируя на обострение проблемы экстремизма в российском обществе, летом Государственная Дума внесла поправки в федеральный закон, расширив понятие экстремистской деятельности. 6 декабря на встрече с лидерами политических партий Президент России обратил внимание на необходимость обеспечить соответствие тяжести наказания опасности экстремистских проявлений. Мы значительно усилили уголовную ответственность за акты вандализма по экстремистским мотивам, а также административную ответственность за изготовление, сбыт и приобретение в целях сбыта нацистской символики.

В этом году мы значительно укрепили законодательную базу в области борьбы с терроризмом. Приняв в начале года базовый федеральный закон «О противодействии терроризму», мы продолжили эту работу ратификацией Международной конвенции о борьбе с актами ядерного терроризма.

Среди других ратифицированных документов хочу отметить Договор с Республикой Беларусь о сотрудничестве в области социального обеспечения. Строительство Союзного государства продолжается, и граждане России и Беларуси получают дополнительные гарантии равенства социальных прав. В частности, Договор сокращает сроки назначения пенсий пенсионерам, переселившимся в Россию из Белоруссии и из Белоруссии в Россию. Теперь до назначения пенсии по новому месту жительства выплату пенсии продолжает та Сторона, откуда пенсионер прибыл.

В течение года Государственная Дума была центром нескольких крупнейших международных событий, которые вызвали резонанс и повышенное внимание как российской, так и мировой общественности.

В их числе – столетие Государственной Думы. Изучен опыт наших предшественников, намечены направления дальнейшего развития парламентаризма в России.

В год председательства России в «Группе восьми» в сентябре в Санкт-Петербурге состоялась встреча руководителей парламентов «восьмерки», посвященная двум основным вопросам: энергетической безопасности и противодействию глобальным вызовам и угрозам. Подводя итоги общения со своими коллегами, могу подчеркнуть следующее. Российская сторона инициировала принятие ряда практических решений, которые касались, в частности, обмена опытом разработки антитеррористического законодательства и создания консультативного совета по энергоэффективности и энергосбережению. Такие практические решения были приняты впервые в результате встреч руководителей парламентов «Группы восьми». Кроме того, впервые наша встреча была открыта для прессы – во многом благодаря этому объективный интерес общества к вопросам межпарламентского сотрудничества в рамках авторитетного клуба стран «восьмерки» был удовлетворен.

Месяц назад создана Парламентская Ассамблея Организации Договора о коллективной безопасности, в этом году впервые проведена встреча руководителей парламентов стран Шанхайской организации сотрудничества.

Позиция депутатов, парламентская дипломатия играют все большую роль во внешней политике. Это, безусловно, налагает на нас повышенную ответственность. Россия возвращает себе достойное место в системе международных отношений. История показывает, что без сильной России общемировая стабильность оказывается под угрозой. И мы можем считать, что миссия нашей страны, миссия российской нации – обеспечение согласия и сбалансированности в развитии мира.

Укрепляя Россию, мы повышаем международный авторитет и возможности страны по отстаиванию своих интересов. С этой точки зрения все без исключения законы, проходящие обсуждение в Государственной Думе, каждый сделанный нами законодательный шаг приобретают особую значимость.

Следующий год – последний для нашего созыва. Он завершится очередными выборами в Государственную Думу. Это означает, что в предстоящие две сессии мы с вами, уважаемые коллеги, должны сохранить высокий темп и качество работы, реализовать все наши законодательные планы.

Граждане России ждут именно от нас – своих избранников – взвешенных и ответственных шагов:


- по сокращению социально-экономического разрыва между различными группами населения и между различными территориями,


- по преодолению демографических проблем, особенно за счет снижения смертности в трудоспособном возрасте,


- по повышению эффективности государства, в том числе через усиление борьбы с коррупцией,


- по переходу к инновационной экономике,


- по созданию в России реального общества равных возможностей.


2007 год наверняка станет для депутатов самым напряженным. Но я убежден, что Государственная Дума четвертого созыва пройдет этот важнейший завершающий этап достойно, обеспечит принятие тех решений, которые в полной мере соответствуют интересам граждан, общества, задачам эффективного развития великой российской державы!

Поздравляю вас с наступающим Новым годом, благодарю за активную, конструктивную работу в период осенней сессии.

Осеннюю сессию 2006 года Государственной Думы Федерального Собрания Российской Федерации объявляю закрытой.

Управление по связям с общественностью и взаимодействию со СМИ

Ecrit par : Kartveli | 23 décembre 2006

На заседании председательствовали Борис Грызлов, Олег Морозов.

Приняты в третьем чтении следующие законы:

- "О внесении изменений в отдельные законодательные акты Российской Федерации в связи с принятием Федерального закона "О порядке формирования и использования целевого капитала некоммерческих организаций" ("за" - 343);

- "О внесении изменений в статьи 5036 и 5039 Федерального закона "О несостоятельности (банкротстве) кредитных организаций" и статью 72 Федерального закона "О Центральном банке Российской Федерации (Банке России)" (о порядке и условиях включения субординированных кредитов в состав источников собственных средств кредитной организации) ("за" - 370).

Принят федеральный закон "О ратификации Соглашения между Правительством Российской Федерации и Правительством Французской Республики о сотрудничестве в уничтожении запасов химического оружия в Российской Федерации" ("за" - 402).

Заместитель председателя Комитета по безопасности Виктор Войтенко представил во втором чтении законопроект "О внесении изменений в отдельные законодательные акты Российской Федерации в связи с совершенствованием государственного контроля в пунктах пропуска через Государственную границу Российской Федерации".

Принят в 1 чтении 07.09.06 с названием "О внесении изменений в некоторые законодательные акты Российской Федерации в связи с совершенствованием государственного контроля в пунктах пропуска через Государственную границу Российской Федерации".

Приняты таблицы поправок, рекомендованных Комитетом к принятию и к отклонению.

Законопроект принят во втором ("за" - 415) и третьем чтении ("за" - 424).

Председатель Комитета по экономической политике, предпринимательству и туризму Евгений Федоров представил во втором чтении законопроект "О розничных рынках и о внесении изменений в Трудовой кодекс Российской Федерации".

Принят в 1 чтении 06.12.06 с названием "Об организации деятельности розничных рынков".

Приняты таблицы поправок, рекомендованных Комитетом к принятию и к отклонению.

Законопроект принят во втором ("за" - 408) и третьем чтении ("за" - 415).

Первый заместитель председателя Комитета по экономической политике, предпринимательству и туризму Юрий Медведев представил во втором чтении законопроект "О внесении изменений в Федеральный закон "О государственном регулировании производства и оборота этилового спирта, алкогольной и спиртосодержащей продукции" (в части уточнения правового режима оборота некоторой спиртосодержащей непищевой продукции).

Принят в 1 чтении 08.11.06 с названием "О внесении изменений в статью 1 Федерального закона "О государственном регулировании производства и оборота этилового спирта, алкогольной и спиртосодержащей продукции".

Принята таблица поправок, рекомендованных Комитетом к принятию, за исключением поправок, вынесенных на отдельное голосование Сергеем Штогриным и Юрием Медведевым.

Принята таблица поправок, рекомендованных Комитетом к отклонению, за исключением поправки, вынесенной на отдельное голосование Виктором Колесниковым.

Законопроект принят во втором ("за" - 395) и третьем чтении ("за" - 423).

Председатель Комитета по аграрным вопросам Геннадий Кулик представил в третьем чтении законопроект "О развитии сельского хозяйства".

По мотивам высказались Николай Кондратенко, Владимир (Петрович) Никитин, Олег Малышкин.

Закон принят ("за" - 360)

Председатель Комитета по гражданскому, уголовному, арбитражному и процессуальному законодательству Павел Крашенинников представил во втором чтении законопроект "О внесении изменений в статьи 214 и 244 Уголовного кодекса Российской Федерации и статью 20.3 Кодекса Российской Федерации об административных правонарушениях" (по вопросу совершенствования уголовного законодательства и законодательства об административных правонарушениях в части противодействия экстремизму).

Принят в 1 чтении 20.10.06 с названием "О внесении изменений в статью 214 Уголовного кодекса Российской Федерации и статью 20.3 Кодекса Российской Федерации об административных правонарушениях".

Законопроект принят во втором чтении ("за" - 342).

Председатель Комитета по кредитным организациям и финансовым рынкам Владислав Резник представил во втором чтении законопроект "О специальных экономических мерах" (в части создания правовых основ для применения специальных экономических мер в случае возникновения международной чрезвычайной ситуации).

Принят в 1 чтении 06.12.06 с названием "О специальных экономических мерах в условиях международной чрезвычайной ситуации".

Приняты таблицы поправок, рекомендованных Комитетом к принятию и к отклонению.

Законопроект принят во втором ("за" - 367) и третьем чтении ("за" - 375).

Первый заместитель председателя Комитета по охране здоровья Александр Чухраев представил во втором чтении законопроект "О внесении изменений в Федеральный закон "О бюджете Федерального фонда обязательного медицинского страхования на 2006 год" (в части увеличения ассигнований федерального бюджета, направляемых в бюджет Фонда на выполнение территориальных программ обязательного медицинского страхования и денежные выплаты медицинским работникам первичного звена).

Принята таблица поправок, рекомендованных Комитетом к принятию.

Законопроект принят во втором ("за" - 419) и третьем чтении ("за" - 417).

Председатель Комитета по собственности Виктор Плескачевский представил во втором чтении законопроект "О признании утратившими силу отдельных положений законодательных актов Российской Федерации" (о продлении лицензирования аудиторской деятельности и строительных видов деятельности).

Принята таблица поправок, рекомендованных Комитетом к отклонению, за исключением двух поправок, вынесенных на отдельное голосование Александром Коганом.

Законопроект принят во втором ("за" - 420) и третьем чтении ("за" - 419).

Приняты постановления Государственной Думы:

- "Об изменениях в составе Комиссии Государственной Думы Федерального Собрания Российской Федерации по противодействию коррупции" ("за" – 356), внесенное Игорем Лебедевым;

- "Об изменениях в составе Комиссии Государственной Думы Федерального Собрания Российской Федерации по вопросам практики применения избирательного законодательства Российской Федерации" ("за" – 362), внесенное Игорем Лебедевым;

- "Об изменениях в составе Комиссии Государственной Думы Федерального Собрания Российской Федерации по техническому регулированию" ("за" – 361), внесенное Игорем Лебедевым;

- "Об изменениях в составе Комиссии Государственной Думы Федерального Собрания Российской Федерации по проблемам Северного Кавказа" ("за" – 357), внесенное Игорем Лебедевым;

- "О докладе Парламентской комиссии по расследованию причин и обстоятельств совершения террористического акта в городе Беслане Республики Северная Осетия - Алания 1-3 сентября 2004 года по итогам ее деятельности" ("за" - 333), внесенное Александром Москальцом.

В обсуждении вопроса приняли участие Владимир Жириновский, Арсен Фадзаев.

Вопросы докладчику задали Сергей (Алексеевич) Попов, Арсен Фадзаев, Руслан Гостев, Юрий Савельев.

По ведению высказался Аркадий Баскаев.

Свое мнение высказали Юрий Иванов, Владимир Жириновский, Юрий Савельев, Сергей (Алексеевич) Попов, Виктор Клюс.

Отклонены постановления Государственной Думы:

- "О парламентском запросе Государственной Думы Федерального Собрания Российской Федерации Председателю Правительства Российской Федерации М.Е.Фрадкову "О ходе выполнения сводного плана мероприятий по реализации основных положений Послания Президента Российской Федерации Федеральному Собранию Российской Федерации 2006 года" ("за" - 119).

Документ представил Сергей Глотов.

Первый заместитель председателя Комитета по конституционному законодательству и государственному строительству Александр Москалец рекомендовал отклонить проект постановления.

Вопросы докладчикам задали Виктор Кузнецов, Руслан Гостев, Юрий Савельев.

Свое мнение высказал Николай Кондратенко.

- "О заявлении Государственной Думы Федерального Собрания Российской Федерации "О необходимости комплексной оценки последствий для современной России Соглашения о создании Содружества Независимых Государств и выработке мер по их преодолению" ("за"- 47).

Документ представлен Владимиром Жириновским.

Владимир Плигин выступил за отклонение проекта постановления.

Вопросы задали Сергей Иванов, Руслан Гостев.

Свое мнение высказали Владимир Овсянников, Юрий Иванов, Николай Кондратенко, Виктор Алкснис.

- "О заявлении Государственной Думы Федерального Собрания Российской Федерации "О 15-летии Гайдаровских реформ" ("за"- 77).

Проект представил Владимир Жириновский.

Член Комитета по экономической политике, предпринимательству и туризму Георгий Лазарев рекомендовал отклонить проект постановления.

Свое мнение высказали Николай Кондратенко, Александр Фоменко.

Евгений Федоров представил в первом чтении законопроект "О внесении изменений в Кодекс Российской Федерации об административных правонарушениях" (в части установления ответственности за нарушение правил организации деятельности по продаже товаров, выполнению работ, оказанию услуг потребителям).

Заместитель председателя Комитета по конституционному законодательству и государственному строительству Александр Харитонов рекомендовал принять законопроект.

Законопроект принят в первом чтении ("за" - 412).

Член Совета Федерации Татьяна Попова представила в первом чтении законопроект "О внесении изменений в главы 21, 26.1, 26.2 и 26.3 части второй Налогового кодекса Российской Федерации" (в части изменений, связанных с практикой применения упрощенной системы налогообложения, системы налогообложения в виде единого налога на вмененный доход для отдельных видов деятельности и налога на добавленную стоимость).

Член Комитета по бюджету и налогам Александр Коган выступил в поддержку закононопроекта.

Законопроект принят в первом чтении ("за" - 378).

Владислав Резник представил в первом чтении законопроект "О внесении изменений в статью 7 Федерального закона "О противодействии легализации (отмыванию) доходов, полученных преступным путем, и финансированию терроризма" (в части установления единого подхода к нормативно-правовому регулированию деятельности организаций, осуществляющих операции с денежными средствами или иным имуществом).

Член Комитета по кредитным организациям и финансовым рынкам Людмила Пирожникова рекомендовала принять законопроект в первом чтении.

Законопроект принят в первом чтении ("за" - 424).

Александр Москалец по доверенности Законодательного Собрания Ростовской области представил в первом чтении законопроект "О создании и об упразднении некоторых районных (городских) судов Ростовской области" и рекомендовал принять законопроект.

Законопроект принят в первом чтении ("за" - 422).

Станислав Елисейкин представил в первом чтении законопроект "О внесении изменений в статью 5 Федерального закона "Об особой экономической зоне в Магаданской области" (о продлении срока действия особого налогового режима).

Первый заместитель председателя Комитета по экономической политике, предпринимательству и туризму Юрий Медведев выступил за принятие законопроекта.

Вопрос докладчику задал Борис Кибирев.

Свое мнение высказали Николай Курьянович, представитель Правительства Андрей Логинов.

Законопроект принят в первом чтении ("за" - ).

С докладом об итогах осенней (2006 года) сессии Государственной Думы Федерального Собрания Российской Федерации выступил Председатель Государственной Думы Борис Грызлов.


Управление по связям с общественностью и взаимодействию со СМИ

Ecrit par : Kartveli | 23 décembre 2006

На утреннем заседании Государственной Думы председательствовал Борис Грызлов.

В обсуждении повестки дня приняли участие Олег Малышкин, Анатолий Иванов, Владимир Жириновский, Алексей Митрофанов, Сергей Глотов, Валерий Гребенников, Игорь Лебедев, Олег Смолин, Евгений Федоров, Сергей Бабурин, Алексей Островский, Александр Москалец, Олег Шеин, Геннадий Кулик, Алевтина Апарина, Алексей Чернышов, Владимир Никитин, Эдуард Хамитов, Николай Курьянович, Анатолий Иванов, Сергей Решульский, Олег Ковалев.

По предложению Бориса Грызлова депутаты минутой молчания почтили память Президента Туркменистана Сапармурата Ниязова.

По предложению Игоря Лебедева в повестку дня пленарного заседания включены четыре проекта постановлений Государственной Думы, касающихся кадровых вопросов.

Александр Москалец предложил включить в повестку дня пленарного заседания доклад парламентской Комиссии по расследованию теракта в Беслане. Депутаты поддержали предложение.

Депутаты одобрили представленный от Комитета по Регламенту и организации работы Государственной Думы Олегом Ковалевым проект постановления Государственной Думы «О плане проведения «правительственного часа» на весеннюю сессию Государственной Думы 2007 года», «за» - 406.

От Комитета по конституционному законодательству и государственному строительству Владимир Плигин представил в третьем чтении проект федерального конституционного закона «О внесении изменений в статьи 48 и 52 Федерального конституционного закона «О референдуме Российской Федерации» (об установлении ограничений на осуществление некоммерческими организациями пожертвований в фонд референдума Российской Федерации) и рекомендовал принять его.

От фракции КПРФ по данному вопросу выступил Олег Смолин, от ЛДПР – Владимир Жириновский.

Закон принят, «за» - 369.

От Комитета по делам общественных объединений и религиозных организаций Сергей Попов представил в третьем чтении проект федерального закона «О внесении изменений в отдельные законодательные акты Российской Федерации в части установления ограничений на осуществление некоммерческими организациями пожертвований политическим партиям, их региональным отделениям, а также в избирательные фонды, фонды референдума» и рекомендовал принять его.

Закон принят, «за» - 369.

От Комитета по делам женщин, семьи и детей Тамара Фральцова представила в третьем чтении проект федерального закона «О дополнительных мерах государственной поддержки семей, имеющих детей» и рекомендовала принять законопроект.

По мотивам выступил Владимир Жириновский.

Закон принят, «за» - 432.

От Комитета по образованию и науке Эдуард Хамитов представил в третьем чтении проект федерального закона «О внесении изменений в отдельные законодательные акты Российской Федерации по вопросам обеспечения доступности среднего профессионального образования и высшего профессионального образования для военнослужащих (граждан), проходящих (проходивших) военную службу по контракту» и рекомендовал принять его.

Закон принят, «за» - 435.

От Комитета по энергетике, транспорту и связи Владимир Горбачев представил в третьем чтении проект федерального закона «О внесении изменений в статьи 59 и 60 Федерального закона «О связи» (в части формирования резерва универсального обслуживания) и рекомендовал принять его.

Закон принят, «за» - 431.

От Комитета по бюджету и налогам Андрей Макаров представил в третьем чтении проект федерального закона «Об упрощенном порядке декларирования доходов физическими лицами» и рекомендовал принять его.

По мотивам голосования выступили Сергей Штогрин, Владимир Рыжков, Владимир Жириновский, Владимир Никитин.

Закон принят, «за» - 338.

От Комитета по бюджету и налогам Андрей Макаров представил в третьем чтении проект федерального закона «О внесении изменений в статьи 45 и 80 части первой Налогового кодекса Российской Федерации и статью 57 Бюджетного кодекса Российской Федерации» и рекомендовал принять его.

Закон принят, «за» - 336.

От Комитета по бюджету и налогам Раиса Кармазина представила в третьем чтении проект федерального закона «О внесении изменений в статьи 217 и 238 части второй Налогового кодекса Российской Федерации» (об освобождении от обложения налогом на доходы физических лиц суммы единовременной материальной помощи, оказываемой работодателями работнику в связи с рождением ребенка) и рекомендовала принять его.

Закон принят, «за» - 427.

От Комитета по бюджету и налогам Наталья Бурыкина представила в третьем чтении проект федерального закона «О внесении изменений в часть первую и часть вторую Налогового кодекса Российской Федерации и в отдельные законодательные акты Российской Федерации» (о порядке признания расходов, связанных с приобретением права на земельные участки, а также о порядке определения прибыли (убытка) в случае дальнейшей реализации земельного участка) и рекомендовала принять его.

Закон принят, «за» - 404.

От Комитета по бюджету и налогам Александр Бездольный представил в третьем чтении проект федерального закона «О внесении изменений в Федеральный закон «О валютном регулировании и валютном контроле» (в части совершенствования вопросов валютного регулирования в процессе осуществления расчетов в области международных перевозок транспортными компаниями) и рекомендовал принять его.

Закон принят, «за» - 429.

От Комитета по конституционному законодательству и государственному строительству Александр Москалец представил в третьем чтении проект федерального закона «О внесении изменения в статью 15.14 Кодекса Российской Федерации об административных правонарушениях» (об установлении ответственности за нецелевое расходование средств государственных внебюджетных фондов) и рекомендовал принять его.

По мотивам голосования выступил Владимир Жириновский.

Закон принят, «за» - 434.

От Комитета по конституционному законодательству и государственному строительству Александр Москалец представил в третьем чтении проект федерального закона «О внесении изменений в статью 7 Федерального закона «О статусе члена Совета Федерации и статусе депутата Государственной Думы Федерального Собрания Российской Федерации» и статью 6 Федерального закона «О парламентском расследовании Федерального Собрания Российской Федерации» (по вопросу приведения положений указанных федеральных законов в соответствие с иными нормами действующего законодательства) и рекомендовал принять его.

Закон принят, «за» - 423.

От Комитета по конституционному законодательству и государственному строительству Александр Москалец представил в третьем чтении «О проекте федерального закона «О внесении изменений в Федеральный закон «О внесении изменений в Федеральный закон «О правовом положении иностранных граждан в Российской Федерации» и о признании утратившими силу отдельных положений Федерального закона «О внесении изменений и дополнений в некоторые законодательные акты Российской Федерации» (об уточнении оснований для выдачи иностранным гражданам и лицам без гражданства разрешений на временное проживание в Российской Федерации и разрешений на работу в Российской Федерации) и рекомендовал принять его.

Закон принят, «за» - 402.

От Комитета по гражданскому, уголовному, арбитражному и процессуальному законодательству Валерий Гребенников представил в третьем чтении проект федерального закона «О внесении изменений в Жилищный кодекс Российской Федерации» (об уточнении порядка определения категорий граждан, признанных нуждающимися в жилых помещениях) и рекомендовал принять его.

Закон принят, «за» - 375.

От Комитета по гражданскому, уголовному, арбитражному и процессуальному законодательству Валерий Гребенников представил в третьем чтении проект федерального закона «О внесении изменения в статью 18 Федерального закона «О введении в действие Жилищного кодекса Российской Федерации» (по вопросу о переносе срока, предоставленного гражданам для выбора способа управления многоквартирным домом) и рекомендовал принять его.

По мотивам выступили Николай Гончар, Олег Шеин.

Закон принят, «за» - 345.

От Комитета по гражданскому, уголовному, арбитражному и процессуальному законодательству Валерий Гребенников представил в третьем чтении проект федерального закона «О порядке формирования и использования целевого капитала некоммерческих организаций» и рекомендовал принять его.

Закон принят, «за» - 357.

От Комитета по аграрным вопросам Геннадий Кулик предложил вернуть к процедуре второго чтения проект федерального закона «О развитии сельского хозяйства». Депутаты поддержали предложение Комитета. После внесения поправок законопроект был принят во втором чтении, «за» - 372.


Управление по связям с общественностью и взаимодействию со СМИ

Ecrit par : toto | 23 décembre 2006

Россия: взгляд со стороны

Обзор зарубежной прессы и радио
№ 45 (618) По итогам осенней сессии 2006 года


ОСНОВНЫЕ СТАТИСТИЧЕСКИЕ ИТОГИ
О РАБОТЕ НАД БЮДЖЕТОМ-2007
ПРИНЯТИЕ ЛЕСНОГО КОДЕКСА
НОВЫЕ ПРАВИЛА ИГРЫ
ИЗБИРАТЕЛЬНАЯ РЕФОРМА
С ДУМОЙ О ДЕТЯХ
ЗАЩИТА ИНТЕЛЛЕКТУАЛЬНОЙ СОБСТВЕННОСТИ
ДЕПУТАТЫ УЖЕСТОЧАЮТ КОНТРОЛЬ ЗА МИГРАЦИЕЙ
ПРЕССА О ВНЕШНЕПОЛИТИЧЕСКОЙ ДЕЯТЕЛЬНОСТИ ГОСУДАРСТВЕННОЙ ДУМЫ
СМИ О ВЫБОРАХ
ПАРТИИ, ФРАКЦИИ И ПАРЛАМЕНТАРИИ В МАТЕРИАЛАХ СМИ




Основные статистические итоги. В период осенней сессии Государственная Дума уделила основное внимание бюджетному процессу, рассмотрению ряда актуальных законопроектов, проведению выборов в регионах и налаживанию взаимодействия с европейскими парламентариями. Это вызвало немалый интерес со стороны средств массовой информации. Думская тематика нашла отражение в 16580 публикациях и телесюжетах, из них 9556 (57,6%) посвящены проблемам законотворчества, остальные 7024 (42,4%) - общественно-политическим и иным аспектам деятельности палаты.

Следует отметить, что в сравнении с аналогичным периодом прошлого года наблюдается заметный рост общего числа публикаций прессы и телесюжетов, посвященных парламентской проблематике, вызванный, в основном, увеличением интенсивности освещения законотворчества депутатов.

Интенсивность отражения в СМИ парламентской проблематики поступательно нарастала и к концу сессии заметно увеличилась. По мнению наблюдателей, это связано с повышением эффективности работы парламентариев и растущей актуальностью рассматриваемых ими законопроектов. Некоторое снижение показателей, характеризующих освещение законотворческой работы в октябре, объясняется повышенным интересом журналистов к деятельности палаты в общественно-политической сфере, связанной с выборами в региональные законодательные собрания ряда субъектов Федерации и урегулированием российско-грузинских отношений.


О работе над бюджетом-2007. В течение сессии под особым вниманием российских СМИ находился процесс рассмотрения Государственной Думой бюджета на будущий год. Эту тему освещали все центральные печатные издания и ведущие телеканалы. В их материалах указывались основные параметры главного финансового закона, подчеркивались его значительный профицит, а также направленность на решение приоритетных национальных проектов, укрепление обороноспособности и улучшение жизни большинства населения России. Обозреватели отметили, что в процессе работы депутатами было предложено значительное количество поправок к законопроекту и свыше трёхсот из них принято. Большинство корректив, отметили "Парламентская газета" , "Российская газета" , "Единая Россия" , телеканалы "Россия" , "Первый канал" , НТВ и ТВЦ , связано с сокращением расходов на содержание госаппарата. Парламентарии посчитали более целесообразным перераспределить сэкономленные деньги на социальные и иные нужды: рост зарплаты работников бюджетной сферы, обеспечение жильём детей-сирот и военнослужащих, поддержку авиации и безопасности полётов, строительство метро в разных регионах.

В публикациях СМИ по бюджетному процессу часто приводились суждения и оценки самих депутатов. Так, еженедельник "Единая Россия" отметил, что Председатель Государственной Думы Б.Грызлов назвал основной финансовый закон "бюджетом стратегических проектов", в котором заложены серьёзные денежные средства на решение первоочередных задач, стоящих перед страной. При этом важно добиться, подчеркнул он, чтобы серьёзное количественное увеличение государственных расходов по всем ключевым статьям сочеталось с их эффективным использованием. В дальнейшем, сообщил руководитель палаты, такой документ будет приниматься сразу на три года, что является свидетельством "стратегического подхода к бюджетному планированию, ориентированному на конечный результат" ( "Единая Россия" , "Российская газета" , "Известия" , "Независимая газета" , "Новые Известия" , "Парламентская газета" , "Родная газета" и другие издания, телеканалы "Россия" , "Первый канал" , НТВ и ТВЦ ) .

В поддержку основного финансового плана высказались на страницах печати и в телеэфире его первые заместители О.Морозов и Л.Слиска , заместители В.Володин , В.Катренко и В.Пехтин , председатели комитетов: по бюджету и налогам - Ю.Васильев , по труду и социальной политике А.Исаев , по аграрным вопросам - Г.Кулик , по делам женщин, семьи и детей - Е.Лахова , первый заместитель председателя Комитета по энергетике, транспорту и связи В.Горбачев , заместитель председателя Комитета по экономической политике, предпринимательству и туризму Ю.Медведев , депутаты В.Волковский , А.Воробьев , В.Семенов , И.Руденский , А.Косариков , В.Чайка и некоторые другие представители фракции "Единая Россия" . По их мнению, бюджет стал более социальным и эффективным, приоритет в нём отдаётся финансированию мероприятий в сферах здравоохранения, демографии, образования, агропромышленного комплекса, жилищного и дорожного строительства, а также развитию инвестиционной деятельности и межбюджетных отношений с регионами. При этом планируется внедрение новых подходов к формированию федеральных инвестиционных адресных программ, которые не позволят "размазывать" средства по многочисленным объектам и превращать их в долгострой. Одобрительно отозвался о бюджете и заместитель Председателя Государственной Думы от фракции ЛДПР В.Жириновский ( "Российская газета" , "Известия" , "Коммерсантъ" , "Время новостей" , "Газета" , "Новые Известия", "Парламентская газета" , "Единая Россия" , "Итоги" , "Росс i я" , "Сельская жизнь" и другие издания, телеканалы "Россия" , "Первый канал" , НТВ и ТВЦ ) .

Впрочем, по сообщениям СМИ, не все парламентарии согласны с такими оценками главного финансового документа – 91 депутат проголосовал против его принятия в окончательной редакции. Как заявил в программе "Первого канала" лидер фракции КПРФ Г.Зюганов , в бюджете 2007 года "нет ни одного серьёзного проекта, который мог бы обеспечить будущее страны". Схожие точки зрения высказали его коллеги С.Штогрин , Б.Кибирев и В.Кашин ( "Правда" , "Знания – ваш капитал" и "Советская Россия" ). По мнению руководителя фракции "Родина" А.Бабакова , нынешний экономический блок правительства не в состоянии предложить нормальную программу развития страны ( "Первый канал" ). На взгляд депутата того же объединения С.Глазьева , приоритеты бюджетной политики государства "далеки от интересов граждан и задач социально-экономического развития России" ( "Коммерсантъ" , "Парламентская газета" , "Вечерняя Москва" , "Газета" и "Росс i я" , телеканал ТВЦ ). Н.Безбородов (фракция Народно-Патриотический Союз "Родина" (Народная Воля-СЕПР) в числе основных претензий к разделу бюджета "Национальная оборона" указал на недофинансирование статей по продовольственному и вещевому обеспечению военнослужащих, строительству жилья, закупке ГСМ и "даже по главной армейской тематике - боевой подготовке" ( "Красная звезда" ). Депутат Г.Семигин посчитал "ошибочным и несправедливым" намеченное проектом "замораживание" огромных общенациональных ресурсов при нерешённости самых неотложных проблем страны и её граждан ( "Новая газета" , "Комсомольская правда" , "Родная газета" и "Политический журнал" ). На неоправданно завышенную секретность значительной части финансового плана государства и фактическую "отстранённость Думы" в связи с этим от бюджетного процесса указал В.Рыжков ( "Независимая газета" ). Замечания к проекту высказали также О.Дмитриева и ряд других депутатов ( "Коммерсантъ" , "Газета" , "Время новостей" , "Советская Россия" , "Труд" , "Экономическая и философская газета" , телеканал ТВЦ ).

Неоднозначными были и комментарии обозревателей СМИ по поводу бюджета на будущий год. Большинство из них дали ему позитивные оценки, отметив направленность на решение первоочередных задач страны: укрепление обороноспособности, поступательное развитие экономики и улучшение социального положения большинства граждан. Повышенный интерес и одобрение журналистов вызвали инициативы депутатов о перераспределении части денег из раздела "Общегосударственные вопросы" в пользу социальной сферы, а также об отмене финансирования из федерального бюджета строительства парламентского центра. Отмечено также выделение дополнительных сумм для региональных бюджетов, поддержки "Российской газеты" и приобретения жилья работникам прокуратуры ( "Парламентская газета" , "Новые Известия" , "Российская газета" , "Трибуна" , "Газета" , "Российские вести" , "Росс i я" и другие издания, телеканалы "Россия" , "Первый канал" и НТВ ).

Вместе с тем сомнения в эффективности использования выделяемых бюджетом средств для финансирования национальных проектов высказала "Независимая газета" . На взгляд её обозревателя, без радикального реформирования сфер образования и здравоохранения нет никакой уверенности в том, что рост государственных расходов будет сопровождаться увеличением их отдачи: "львиная часть выделенных миллиардов просто уйдёт в песок". Критические оценки некоторым положениям главного финансового документа дали "Правда" , "Новые Известия" , "Ведомости" , "Твой день" , "РБК daily " , "Московская правда" , "Советская Россия" , "Завтра" , "Сельская жизнь" , "Газета" , "Труд" , "Коммерсантъ" , "Новая газета" , "Эксперт" , "Политический журнал" и ряд других изданий. В основном их замечания сводились к упрёкам в сырьевом характере бюджета, нерациональном использовании Стабилизационного фонда, некачественности макроэкономического прогнозирования, излишней финансовой зависимости регионов от Центра и повышенных расходах на содержание бюрократического аппарата. На предвыборный характер "рекордного роста расходов" бюджета-2007 указали "Новые Известия" , "Время новостей" , "Новая газета" и другие издания.

Характеризуя в целом динамику освещения данной темы в СМИ, следует отметить, что после первого чтения законопроекта число публикаций прессы по бюджетной проблематике заметно уменьшилось. По мнению наблюдателей, это объясняется снижением накала дискуссий между депутатами о главном финансовом плане страны, предсказуемостью исхода дальнейшего голосования и, как следствие, понижением интереса к нему журналистов. Бюджет стал одним из рядовых вопросов в повестке заседаний Государственной Думы, констатировали "Время новостей" , "Независимая газета" и другие издания.

Принятие Лесного кодекса. Государственная Дума утвердила в окончательной редакции Лесной кодекс. Он вводит обновлённую классификацию лесов в зависимости от их экономического, экологического и социального значения, определяет состав земель лесного фонда, их группы и категории защищённости, правила перевода лесных земель в земли иных категорий, порядок заготовки древесины, охраны и воспроизводства лесов. У этого закона, отмечали обозреватели, "трудная судьба": его первое чтение прошло ещё в апреле прошлого года и вызвало бурные дебаты о содержании ключевых положений правового акта. Многие издания констатировали, что имевшаяся разноголосица в позициях как парламентариев, так и экспертов сохранилась до настоящего времени.

С точки зрения представителей парламентского большинства, одобривших документ (руководитель палаты Б.Грызлов , председатель Комитета по природным ресурсам и природопользованию Н.Комарова , глава Комитета по промышленности, строительству и наукоёмким технологиям М.Шаккум и другие), принятие Лесного кодекса является "большим плюсом" и отвечает интересам населения страны. По их мнению, правовой акт направлен на сбережение лесных ресурсов и пресечение их "варварского расхищения", улучшение глубины переработки древесины и развитие лесной промышленности. В соответствии с кодексом, лесные участки сохраняются в собственности Российской Федерации и могут передаваться в аренду на срок до 49 лет; регионы получают больше полномочий в деле лесопользования. Закрепляется право граждан РФ свободно и бесплатно пребывать в лесах, осуществлять для собственных нужд заготовку дикорастущих плодов, ягод, орехов, грибов, других пищевых и недревесных ресурсов, за исключением лесов на особо охраняемых территориях ( "Российская газета" , "Коммерсантъ" , "Время новостей" , "Парламентская газета" , "Новые Известия" , "Газета" , "Итоги" , телеканалы "Россия" , "Первый канал" , НТВ и ТВЦ ). Положительную оценку документу дал лидер фракции "Родина" А.Бабаков (телеканал "Россия" ).

Высказывались и иные мнения по поводу Лесного кодекса. Представители левой оппозиции и некоторых природоохранных организаций, отметили "Трибуна" и "Правда" , опасаются ликвидации в процессе лесопользования на базе нового закона экологических ограничений и экспертиз, перевода лесных земель в категорию нелесных с их последующей застройкой, а также роста нелегальной вырубки. Заместитель председателя Комитета по природным ресурсам и природопользованию В.Кашин (фракция КПРФ) утверждал, что кодекс "в завуалированной форме создаёт правовые механизмы передачи лесных земель в частную собственность, в том числе иностранным гражданам и компаниям" ( "Парламентская газета" , "Экономическая и философская газета" , телеканал "Россия" ). О возможных негативных последствиях реализации некоторых положений закона писали "Ведомости" , "Газета" , "Известия" , "Коммерсантъ" , "Московская правда" , "Новые Известия" , "Правда" и "Советская Россия" .

Новые правила игры. Громкий резонанс в средствах массовой информации вызвала полемика вокруг законодательного регулирования игорного бизнеса. Как отметили обозреватели, парламентарии и ранее предпринимали неоднократные попытки поставить под государственный контроль организацию и проведение азартных игр, однако всякий раз их усилия заканчивались неудачей из-за ожесточённого сопротивления "игрового лобби". В начале октября Президентом в Государственную Думу внесён проект закона, кардинально меняющий подход к государственному регулированию организации и проведения азартных игр. По мнению "Коммерсанта" , "Парламентской газеты" , "Вечерней Москвы" , "Эксперта" , "Росс i и" , "Коммерсанта-Власти" , "Итогов" и других изданий, документ носит "революционный характер" и предусматривает двухэтапную реформу этой сферы предпринимательства. До июля 2007 года планируется во всех населённых пунктах прекратить работу одиночных игровых автоматов и мелких салонов, запретить деятельность игорных заведений вблизи образовательно-культурных объектов и их посещение несовершеннолетними, а также принять другие жёсткие меры по реорганизации игорного бизнеса. К июлю 2009 года вся российская игровая индустрия должна переместиться в четыре специальные зоны, расположенные на территории Алтайского и Приморского краев, в Калининградской области, а также на границе Краснодарского края и Ростовской области.

Абсолютное большинство представителей различных фракций (Председатель Госдумы Б.Грызлов , его заместитель В.Жириновский (фракция ЛДПР), депутаты А.Макаров , Ю.Медведев , В.Мединский и А.Лебедев из "Единой России", А.Кравец из КПРФ, А.Митрофанов из ЛДПР, Н.Курьянович и другие) считает, отметили комментаторы СМИ, что выведение игорных заведений в специальные зоны принесёт значительную пользу. К положительным последствиям они отнесли, в первую очередь, сокращение числа игроков, особенно среди пенсионеров и молодёжи, благодаря снижению доступности азартных игр. В числе других преимуществ нововведения парламентарии называли усиление контроля над игорной отраслью, улучшение экономической ситуации и оживление туристической деятельности в регионах, где будут располагаться игровые зоны, а также повышение безопасности в населённых пунктах, освобождённых от "игромании" ( "Ведомости , "Парламентская газета" , "Известия" , "Независимая газета" , "Комсомольская правда" , "Российская газета" , "Наше время" , "Московские новости" , "Коммерсантъ-Власть" , "Аргументы и факты" , телеканалы "Россия" , "Первый канал" , НТВ и ТВЦ ).

Не столь единодушны в оценке новаций были комментаторы прессы. "Российская газета" , "Парламентская газета" , "Аргументы и факты" , другие издания поместили отклики в поддержку законопроекта. Они подчеркнули, что, по данным опросов общественного мнения, инициатива "сверху" по ужесточению государственного контроля над пресловутым игорным бизнесом с воодушевлением воспринята не только большинством депутатов, но и многими российскими гражданами. В то же время некоторые СМИ указали на возможные минусы закона. К их числу обозреватели "Ведомостей" , "Коммерсанта" , "Известий" , "Газеты" , "Московского комсомольца" , "Московской правды" и "Профиля" отнесли снижение доходной базы бюджетов многих регионов, возможный уход игорного бизнеса в "подполье", а также рост числа безработных в связи с ликвидацией сети таких заведений. Ряд комментаторов не исключил, что в городах и поселениях, расположенных по соседству с выделенными игровыми зонами, существенно возрастёт уровень преступности. "Итоги" подметили закономерность, в соответствии с которой ранее интерес к теме обуздания игорного бизнеса "вспыхивал под выборы и затухал после них". Автор публикации не исключил, что аналогичная судьба ожидает и этот весьма нашумевший закон.

Избирательная реформа. В течение осенней сессии Государственная Дума активно занималась реформированием выборного законодательства. Особый интерес у общественности и СМИ вызвали внесённые группой депутатов из фракций "Единая Россия", "Родина" и ЛДПР изменения в закон "Об основных гарантиях избирательных прав и права на участие в референдуме граждан РФ" и другие законодательные акты, предусматривающие отмену минимального порога явки на выборах всех уровней, отказ от досрочного голосования, ужесточение условий для предвыборной агитации и усиление мер по борьбе с экстремизмом. "Газета" , "Коммерсантъ" , "Независимая газета" , "Московский комсомолец" , "Время новостей" , "Российская газета" , "Известия" , "Комсомольская правда" , "Парламентская газета" , "Версия" и другие издания, телеканалы "Россия" , "Первый канал" , НТВ и ТВЦ весьма подробно комментировали развернувшуюся в процессе рассмотрения проекта оживлённую полемику между депутатами.

Как отметили обозреватели, высокую оценку новым избирательным правилам дали представители фракции "Единая Россия": Председатель Государственной Думы Б.Грызлов , заместители руководителя палаты В.Володин и В.Катренко , глава Комитета по конституционному законодательству и государственному строительству В.Плигин и его первый заместитель А.Москалец . По их мнению, нововведения не противоречат принципам демократии, будут способствовать повышению активности как участников выборной гонки, так и избирателей, а также позволят сэкономить немалые бюджетные средства за счёт исключения повторных выборов. Депутат М.Емельянов напомнил о том, что в большинстве стран никакого порога явки нет, поскольку "люди, которые не ходят голосовать, не могут аннулировать голоса тех, кто пришёл на выборы". С принятием этих поправок "устанавливается твердое универсальное законодательство, работающее в любой политической ситуации", заявил парламентарий ( "Российская газета" и "Парламентская газета" ). Как "шаги в правильном направлении" расценили избирательные новации заместитель Председателя Госдумы В.Жириновский (фракция ЛДПР) и его коллега по объединению А.Митрофанов ( "Ведомости" , "Комсомольская правда" и "Российская газета" , телеканалы НТВ и "Россия" ).

В то же время депутаты из фракций КПРФ и Народно-Патриотический Союз "Родина" (Народная Воля-СЕПР) восприняли новшества негативно, усмотрев в них покушение на права избирателей. Лидер коммунистов Г.Зюганов расценил поправки как свидетельство "политического банкротства "Единой России", превратившей выборы "в борьбу политтехнологий, а не идей, программ и людей" (телеканалы НТВ и ТВЦ ). Это путь к "кладбищенской демократии", резюмировал его коллега заместитель руководителя палаты В.Купцов ( "Коммерсантъ" , "РБК daily " , "Московский комсомолец" и "Правда" ).

На взгляд И.Мельникова , О.Куликова , Н.Харитонова и В.Тюлькин а (все - фракция КПРФ), независимого депутата В.Рыжкова , принятые думским большинством поправки "вредны" по своей сути, игнорируют общественное мнение, направлены на борьбу с оппозицией и "подстройку" избирательных правил под "цель получения нужного "партии власти" результата на выборах" ( "Коммерсантъ" , "Независимая газета" , "Правда" , "Трибуна" , "Российская газета" , "Время новостей" , "Советская Россия" , "Парламентская газета" , "Версия" , "Новая газета" , "Экономическая и философская газета" , телеканал "Россия" ). Отрицательную оценку отдельным новациям дал заместитель Председателя палаты С.Бабурин (фракция Народно-Патриотический Союз "Родина" (Народная Воля-СЕПР). Он предположил, что предусмотренные ограничения критики "партии власти" в случае даже незначительных нарушений могут стать поводом для снятия оппонентов с выборов ( "Парламентская газета" и телеканал "Россия" ). Критические замечания по законопроекту высказали депутаты А.Савельев (фракция "Родина"), Г.Селезнев , С.Попов и В.Похмелкин ( "Коммерсантъ" , "Московский комсомолец" и "П арламентская газета" , телеканалы ТВЦ и НТВ ).

Не было единогласия по поводу избирательных новаций и среди журналистов. Некоторые СМИ поместили материалы информационно-нейтрального характера об основных положениях законопроекта и ходе его рассмотрения в Госдуме. Ряд изданий ( "Парламентская газета" , "Российская газета" и другие, телеканалы "Россия" и "Первый канал" ) высказали уверенность в том, что принятые изменения поставят заслон политическим радикалам, исключат практику бойкота выборов, будут способствовать их большей "чистоте" и демократичности. На важность перехода к мировым стандартам, где отмена порога явки является "общепризнанной нормой", указали "Комсомольская правда" , "Росс i я" и "Ведомости" . "Единороссы" хотят сделать избирательное законодательство более цивилизованным", - сделали вывод "Известия" .

Однако многие печатные СМИ критически отнеслись к принятым выборным новшествам. На взгляд "Коммерсанта" , "Ведомостей" , "Новых Известий" , "Коммерсанта-Власти" , "Аргументов и фактов" , "России" и других изданий, одобренные парламентским большинством законодательные инициативы направлены на решение проблемы сохранения "Единой России" в качестве "партии власти". О возможности "отчуждения избирателей от власти и выборов" предупредила "Российская газета" . Нелестные отзывы о законопроекте поместили "Газета" , "Итоги" , "Кворум" , "Литературная газета" , "Мир новостей" , "Новая газета" , "Профиль" , "Российские вести" , "Советская Россия" , "Твой день" и "Трибуна" .





С думой о детях. В период осенней сессии Государственная Дума уделила большое внимание повышению материального благосостояния семей, имеющих детей, и одобрила законодательные инициативы о дополнительных мерах их государственной поддержки. Особый интерес общества и СМИ вызвало предложение о предоставлении так называемого "материнского капитала" женщинам, родившим (усыновившим) второго или последующего ребёнка с 1 января 2007 года. Эти средства в начальной сумме 250 тысяч рублей, ежегодно индексируемой с учётом инфляции, из федерального бюджета зачисляются на индивидуальный счет матери в Пенсионном фонде и могут быть израсходованы не ранее чем через три года после рождения или усыновления ребёнка на приобретение жилья, образование детей и формирование накопительной части трудовой пенсии женщины. Палатой одобрены также поправки в Налоговый кодекс, освобождающие "материнский капитал" от налогов.

Пресса и телевидение отметили, что президентская идея материально поддержать семью, решившуюся на рождение второго ребёнка, получила одобрение парламентариев всех фракций. Депутаты, по сообщениям "Парламентской газеты" , "Известий" , "Российской газеты" , "Коммерсанта" и других изданий, телеканалов "Россия" , "Первый канал" , НТВ и ТВЦ , выражали надежду на то, что намеченные меры стимулируют рождаемость и приведут к улучшению демографической ситуации в стране. Заместитель Председателя Государственной Думы В.Катренко (фракция "Единая Россия") отметил, что российский парламент ещё никогда в своей истории не принимал столь важных законопроектов в этом направлении. "Если наши соотечественники почувствуют, что "сбережение народа" – это не политическая кампания, а государственная политика навсегда, то одно это ощущение стабильности и перспективы уже обеспечит и рост рождаемости в стране, и её устойчивое развитие, и привычное чувство безопасной и счастливой жизни", - резюмировал он в "Парламентской газете" . "Наша цель, - заявила председатель Комитета по делам женщин, семьи и детей Е.Лахова (фракция "Единая Россия"), - поддержать женщину, родившую или усыновившую второго ребёнка, и такая материальная помощь способна повлиять на её решение в этом плане".

Положительные отзывы на эти инициативы высказали первый заместитель Председателя Государственной Думы О.Морозов, заместитель руководителя палаты В.Пехтин , председатели Комитетов: по бюджету и налогам - Ю.Васильев , по труду и социальной политике - А.Исаев , по аграрным вопросам - Г.Кулик , по охране здоровья - Т.Яковлева , депутаты В.Рязанский , Ф.Клинцевич и А.Воробьев (все - фракция "Единая Россия"), заместители Председателя Госдумы В.Жириновский (фракция ЛДПР) и С.Бабурин (фракция Народно-Патриотический Союз "Родина" (Народная Воля-СЕПР), Н.Останина , Т.Плетнева , А.Локоть и В.Кузнецов (все - фракция КПРФ), Г.Селезнев ( "Парламентская газета" , "Правда" , "Российская газета" , "Комсомольская правда" и "Единая Россия" , другие издания, телеканалы "Россия" , "Первый канал" , НТВ и ТВЦ ).

Кроме этого, Государственная Дума увеличила размеры пособий по уходу за ребёнком до достижения им полутора лет. Неработающие матери будут получать ежемесячно 1500 рублей за первенца и по три тысячи рублей – по уходу за вторым и последующими детьми. Размер выплат работавшим матерям, в том числе проходящим военную службу по контракту, может составить 40 процентов их среднего заработка. Устанавливается также новый вид социальных выплат – единовременное пособие в размере 8 тысяч рублей при передаче ребёнка на воспитание в приёмную семью. В комментарии по данному поводу Председатель Госдумы Б.Грызлов отметил актуальность таких изменений с точки зрения демографии и их соответствие в этой части Посланию Президента ( "Парламентская газета" , "Российская газета" , "Единая Россия" и иные издания).

Характеризуя в целом освещение в СМИ темы законодательного обеспечения господдержки семей с детьми, следует отметить, что, как депутаты, так и журналисты с редкостным единодушием одобрили указанные законодательные инициативы. Вместе с тем некоторые из обозревателей ( "Твой день" , "Время новостей" , "Труд" и ряд других) посчитали выделяемые суммы не столь значительными с учётом высоких цен на жильё, детские и другие жизненно необходимые товары, и выразили сомнения в том, что подобные решения законодателей позволят кардинально изменить демографическую проблему в стране.


Защита интеллектуальной собственности. Немало откликов в СМИ получило принятие Государственной Думой IV части Гражданского кодекса, в которой прописаны ключевые положения защиты прав интеллектуальной собственности, урегулированы вопросы её оборота и упорядочено действующее законодательство в данной области. Комментарии по этой проблеме дали все центральные печатные издания и ведущие телеканалы. Обозреватели отметили, что в основу законопроекта заложено соблюдение баланса интересов авторов, потребителей и инвесторов, отражено право автора на неприкосновенность своего произведения, предусматриваются права наследников. Вводится полный перечень видов интеллектуальной деятельности, результаты которой подлежат охране, а также объектов интеллектуальной собственности. Предусматривается конфискация контрафактной продукции и средств её производства, лишение лицензии и даже ликвидация юридического лица, зарабатывающего на подделках.

Госдума приняла и поправки в Уголовный кодекс, усиливающие ответственность за нарушение авторских и смежных прав, за использование товарного знака, знака обслуживания и наименования места происхождения товара. Кроме того, отметили обозреватели, эти преступления переводятся из сферы средней тяжести в сферу тяжких, что, в свою очередь, вызовет изменение процедуры рассмотрения подобных дел, стимулирует интерес к ним со стороны правоохранительных органов и повысит эффективность уголовного преследования.

Как отметили "Российская газета" , "Время новостей" , "Коммерсантъ" , "Парламентская газета" и другие издания, телеканалы "Россия" и "Первый канал" , новые нормы существенно расширяют способы защиты интеллектуальной собственности и наказания нарушителей. Немаловажно и то, констатировали издания, что они гармонизируют законодательство в данной сфере с международными стандартами и их принятие "должно закрыть ряд вопросов на переговорах по вступлению России в ВТО".

СМИ отметили положительное отношение к новациям в сфере защиты интеллектуальной собственности парламентариев всех фракций. Похвальные оценки прозвучали в комментариях представителей фракции "Единая Россия" – Председателя Госдумы Б.Грызлова , его заместителя В.Катренко , председателя Комитета по гражданскому, уголовному, арбитражному и процессуальному законодательству П.Крашенинникова , заместителя председателя Комитета по экономической политике, предпринимательству и туризму А.Лихачева и других депутатов ( "Парламентская газета" , "Время новостей" , "Российская газета" , "Единая Россия" и иные издания, телеканалы "Россия" , НТВ и "Первый канал" ). О поддержке правовых актов заявил в беседе с корреспондентом "Первого канала" лидер фракции КПРФ Г.Зюганов . Его коллега по объединению, заместитель председателя Комитета по конституционному законодательству и государственному строительству Ю.Иванов подчеркнул, что авторами документов проведена "действительно нужная, важная и полезная работа" (телеканал ТВЦ ). Принципиальным является то, отметил руководитель фракции "Родина" А.Бабаков , что удалось отстоять защиту интеллектуальной собственности не в административном, а в судебном порядке. Заместитель председателя Комитета по Регламенту и организации работы Госдумы С.Глотов (фракция Народно-Патриотический Союз "Родина" (Народная Воля-СЕПР) высказал надежду на то, что принятие IV части Гражданского кодекса даст возможность вести достойную жизнь многим писателям, художникам и другим правообладателям интеллектуальной собственности ( "Парламентская газета" ).

Позитивные оценки нововведений прозвучали и в большинстве СМИ. Так, "Известия" и "Вечерняя Москва" отметили, что предусмотренные новации многие эксперты называют "революционными" и отождествляют их с "экономической Конституцией". "Важным шагом в борьбе с интеллектуальным пиратством" назвал принятие законопроектов корреспондент телеканала НТВ . Сходные оценки нововведениям дали "Российская газета" , "Время новостей" , "Парламентская газета" и другие издания, а также телеканалы "Россия" , "Первый канал" и ТВЦ .


Депутаты ужесточают контроль за миграцией. Немало откликов в прессе получила законотворческая деятельность Государственной Думы в сфере трудовой миграции. Как отметили издания, ещё весной этого года палата одобрила закон "О миграционном учете иностранных граждан и лиц без гражданства в РФ" и поправки к действующему закону "О правовом положении иностранных граждан в РФ". Их суть заключается во введении принципиально новой системы регистрации и учёта иностранных граждан и лиц без гражданства по месту жительства, а также существенном облегчении процесса получения ими разрешений на пребывание и трудовую деятельность в России.

Наряду с упрощением режима регистрации мигрантов, в период осенней сессии депутаты приняли ряд поправок в Кодекс об административных правонарушениях, которые существенно усиливают ответственность за несоблюдение установленных правил миграционного учёта и привлечения мигрантов к трудовой деятельности в России, предусматривают высокие денежные штрафы и даже приостановку работы провинившихся фирм. При этом штрафы будут накладываться не только на компании, рынки или торговые комплексы, привлекающие к работе нелегальных мигрантов, но и на физических лиц, нанимающих их в частном порядке. По мнению большинства обозревателей, своеобразным катализатором для ужесточения подходов законодателей к решению миграционных проблем послужили массовые беспорядки "с присутствием ярко выраженного межнационального подтекста" в карельском городе Кондопоге, а также обострение российско-грузинских отношений в связи с необоснованным арестом четырёх российских военнослужащих властями Грузии.

За меры по наведению порядка в сфере миграции проголосовало большинство парламентариев из всех думских фракций. Как подчеркнули председатель Комитета по конституционному законодательству и государственному строительству В.Плигин и его первый заместитель А.Москалец (оба - фракция "Единая Россия"), изменения не направлены на закрытие миграционного пространства, а стали реакцией "на те безобразия, которые царили в нашем обществе", были связаны с условиями проживания людей, приехавших на работу в Россию, и настроениями местного населения ( "Парламентская газета" , "Твой день" , "Трибуна" , "Время новостей" и "Единая Россия" , телеканалы "Россия" , "Первый канал" , НТВ и ТВЦ ).

В том же ряду стоит и одобренный депутатами законопроект "Об организации деятельности розничных рынков". Как отметили со ссылкой на пояснения Председателя Государственной Думы Б.Грызлова обозреватели "Новых Известий" , "Парламентской газеты" , "Коммерсанта" , "Известий" , "Времени новостей" и других изданий, телеканалов "Россия" , "Первый канал" , НТВ и ТВЦ , документ разработан в соответствии с поручением Президента и направлен на обеспечение российских граждан качественными товарами, а также на создание условий для реализации на розничных рынках российской продукции. Правовым актом определяются различные виды рынков, вводятся управляющие ими компании и устанавливаются их обязанности по оборудованию рынка, формированию и ведению реестра продавцов. Законопроектом предусмотрено и квотирование торговых мест для отечественных производителей: не менее 20% мест должны предоставляться им на вещевых рынках и не менее 50% - на сельскохозяйственных. Главные проблемы, которые закон призван решить, - это освобождение рынков от криминала и иностранных торговцев, в первую очередь, из числа нелегальных мигрантов, а также появление на рынках единого и ответственного хозяина.

Мониторинг публикаций и телесюжетов на темы, касающиеся миграции и связанных с нею проблем, показал, что в поддержку обновления Государственной Думой миграционного законодательства высказались многие издания. Большинство обозревателей отметило, что вызванная ухудшением демографической ситуации необходимость привлечения мигрантов к трудовой деятельности на территории России должна быть тесно увязана с упорядочением процессов в данной области, чему и служат принятые палатой нововведения. Создаются абсолютно чёткие и понятные правила игры на рынке труда, констатировал "Профиль" . При этом, по мнению журнала "Эксперт" , целесообразно, в первую очередь, создавать условия для тех людей, которые наиболее полезны России: это касается их образования, возраста, близости культуры.





Пресса о внешнеполитической деятельности Государственной Думы. Не обошли вниманием средства массовой информации и международные аспекты работы палаты. Особый интерес прессы привлекла сессия Парламентской Ассамблеи Совета Европы, которая стала завершающей в рамках председательства России в Комитете министров СЕ. Издания отметили, что форум европейских парламентариев прошёл относительно спокойно, несмотря на попытки представителей некоторых стран вынести на обсуждение сессии такие острые проблемы, как вопрос о статусе Косово и российско-грузинский конфликт ( "

Ecrit par : toto | 23 décembre 2006

Le "pseudo-toto" a encore frappé !

Eh ! "Le Ravi" de la crèche, retourne à l'étable du petit Meirieu pour y faire l'âne.

Ecrit par : Robin | 23 décembre 2006

n'oubliez pas que certains qui passent lire ce blog n'ont pas les moyens de s'offrir un foie gras avec un gewurtz vendanges tardives ( sans doute le meilleur choix de vin a associer à la finesse d'un foie gras)...même à Noël on est, pour certains, obligés de compter nos piécettes dans le porte-monnaie et on ne mettra pas autre chose dans les assiettes que des pâtes mais avec un peu de beurre...
Joyeux Noël à tous!

Ecrit par : jeun par contrainte | 23 décembre 2006

Je n'oublie, rien, "jeun par contrainte" ! Et quand j'étais jeune, je buvais de l'eau claire avec mes nouilles. Tout comme le génie, la gourmandise est une longue patience…
À bien y penser, les excès les plus délectables s'apprennent — comme le reste. Voyez la luxure — comme dit mon ami Laurent Lafforgue : on ne sait vraiment que lorsqu'on ne peut plus — mais savoir, n'est-ce pas pouvoir ?
Encore un principe pédagogique qui ne s'apprend pas dans les IUFM, tiens !
JPB
PS. "Un pacherenc du Vic-Bilh" ! J'avoue mon ignorance. Et j'en profite pour rappeler à l'un des administrateurs des blogs du Midi-Libre que la nécessité d'un blog œnologique se fait chaque jour davantage sentir… Et que je lui ai suggéré un expert…
PPS. C'est vrai que certains vins sont si riches qu'ils risquent de tuer ce qui suit.
Je me décerne rarement des satisfecit, contrairement à ce que croiuent els imbéciles… Mis j'avoue être très content que viennent sur ce blog des fines gueules en grand nombre… Et tout pour la tripe ! comme disait maître Alcofribas Nasier — cum commento.

Ecrit par : brighelli | 23 décembre 2006

Eh bien j'en profite aussi, tant qu'à faire, pour vous souhaiter à toutes et à tous d'excellentes fêtes de fin d'année en espéranr que 2007 sera une année porteuse pour chacun d'entre vous..

En janvier je me mets au piano. J'adore cet instrument et d'ailleurs j'écoute sans cesse en ce moment le concert pour piano 1 en mi mineur de Chopin, c'est tout simplement un enchantement..

Depuis longtemps je rêvais d'en faire et désormais je me lance. Je suis absolument novice en la matière et ne possède aucune pratique musicale. Pour l'instant je ne suis qu'une modeste auditrice mais inconditionnelle fan de musique classique....

Sinon je me remets à la peinture : mon patron m'a un petit peu "secouée" : parait-il que j'ai des dons cachés....Il est vrai que je ne m'y suis plus remise depuis un sacré bout de temps par manque de disponibilité ou d'inspiration...

Joyeux Noël à tous et surtout mangez bien et buvez certes mais avec modération s'il vous plaît...

SW

Ecrit par : Sandra WAGNER | 23 décembre 2006

voilà voilà: je vous souhaite à tous un Joyeux Noël.

Ecrit par : dobolino | 23 décembre 2006

Le pacherenc est un vin de Gascogne que je connais par tradition familale. Il vient d’un vignoble des Hautes-Pyrénées, appellation encore insuffisamment reconnue. (Vic-Bilh vient du gascon = village ancien). Produit sur la même aire que le Madiran, cette appellation, entre le jurançon et le bordeaux, produit des vins blancs secs, moelleux, voire liquoreux (vendanges tardives : arrière-saison très ensoleillée).

« Pour le bien apprécier, on le dégustera à l’apéritif, sur foie gras frais ou au naturel (mi-cuit) ou encore escalopé avec des raisins. Avec des fromages (des Pyrénées, bleu). Des desserts (brioche, crème brûlée, glace à la vanille au coulis de framboises). Ce vin passion doux séduira par son aspect point trop sucré et si fin. ».

Boun Nadau a toutis.

Ecrit par : Lariba | 23 décembre 2006

Tentative de traduction du poème de Chesterton (C'est bien parce que c'est vous !)

Un chant s'élève quand les vitres sont sombres
Et jamais avant ni depuis
Quand les nuits sont longues et que persiste l'ombre
et qu'elle se conjugue à la pluie

Nous ne saurions jamais sans le givre et la neige
Où brûlent les vastes feux
Et que la Terre jubile et que la Terre chahute
Et qu'elle porte en son coeur une étoile

Et la nuit venue nous gagnons le lieu
Où l'enfant est couché dans la neige
Et nous suivons les pas où les âmes se rejoignent
A l'auberge du bout du monde

Les dieux morts sont couchés où les feuilles sont pourpres
Car la flamme du soleil n'est plus
Les dieux froids sont couchés où les feuilles sont d'or
Et un Enfant s'avance seul.

Ecrit par : Robin | 23 décembre 2006

Plutôt :

"Que le coeur de la Terre est un chahut joyeux
Un chahut où palpite une étoile"

Ecrit par : Robin | 23 décembre 2006

"Cantique" plutôt que "chant"

Ecrit par : Robin | 23 décembre 2006

Le nombrilisme de ce blog est de plus en plus affirmé. "Que je m'aime que je m'aime que je m'aime"!!!
Ah! si Robin a quand même remarqué qu'un gamin s'est fait tuer dans un collège...
Pour le foie gras, un Jurançon vendanges tardives, domaine de Cauhapé par exemple. Avec un sauternes, c'est d'un banal...

Ecrit par : Thalie | 23 décembre 2006

Tous les vins qui ont été conseillés avec le foie gras "tiennent la route", (à mon sens... A part les vins blancs secs susnommés! Le Pacherenc me semble un peu léger, mais je n'en ai peut-être pas goûté qui convenaient vraiment! Le Sauternes, évidemment, mais pour en trouver un bon, il faut vraiment casser la tirelire! Pour ceux qui ne le connaissent pas, je conseillerais personnellement un Sainte-croix du mont, (pardon pour la Sainte-croix, Jean-Paul!) Celui de Camille Brun, le château des coulinats, (dont parle souvent Frédéric Dard dans un de ses romans "San Antonio". Par contre, je ne suis personnellement pas convaincu par le repas au champagne.
Quelque chose de peut-être un peu moins connu; le seul vin, qui, à mon sens toujours, va avec le chocolat! Il s'agit du Maury, un vin renforcé du sud de la France. A essayer, vous m'en direz des nouvelles!
Bonnes fêtes à tous.

Ecrit par : christophe sibille | 23 décembre 2006

A tous un Joyeux Noël, au diable les enfers, au diable le toto qui nous fit du Pouchkine en natif le 21 décembre... (J'ai bien peur, comme le cerf-volant de Franklin, d'avoir ici attiré ce foutriquet de guerre, que je ne "donnerai" pas, et que JPB me pardonne.)

Et du cerf-volant puissé-je emprunter les bois et me fondre en renne fusible pour tous les petits enfants ! (Et éviter ainsi un drôle de brâme...)

Ecrit par : D'Enguell | 23 décembre 2006

Joyeux Noël à tous aussi! Et -si je puis me permettre- un bon vieux Pineau des Charentes avec le foie gras, ça n'est pa mal non plus...

Ecrit par : Meles | 23 décembre 2006

Les dieux gisent morts où les feuilles gisent pourpres
Car la flamme du soleil n'est plus
Les dieux gisent froid où les feuilles gisent d'or
Et un Enfant s'avance seul.

Ecrit par : Robin | 23 décembre 2006

Et surtout, n'oubliez pas les excellentes eaux de source si douces au foie et à l'estomac.
Je pense néanmoins lourdement aux parents endeuillés qui ne fêteront pas Noël.

Ecrit par : dobolino | 23 décembre 2006

Dernière mouture (et après, c'est promis, je ne vous embête plus)

Un enfant des neiges (d'après G.K. Chesterton)

"Un hymne s'élève quand les vitres deviennent sombres
Et jamais avant ni depuis,
Quand les nuits s'allongent et que persiste l'ombre,
Et que l'ombre vit avec la pluie

Nous ne saurions jamais sans le givre et la neige,
Le lieu où brûlent les vastes feux,
Que le coeur de la Terre est un chahut joyeux,
Un coeur où palpite une étoile.

Et la nuit venue nous gagnons le lieu
Où l'enfant est couché dans la neige,
Et nous suivons les pas où les âmes se rencontrent
A l'auberge du bout du monde.

Les dieux gisent morts où les feuilles gisent pourpres,
Car la flamme du soleil n'est plus,
Les dieux gisent froids où les feuilles gisent d'or
Et un Enfant s'avance seul."

Ecrit par : Robin | 23 décembre 2006

Le Maury pousse à l'ombre du château de Quéribus — une pure merveille, l'un des plus spectaculaires des châteaux cathares — lesquels cathares n'avaient malheureusement pas les coutumes perverses dont les accusaient leurs adversaires… Encore une croisade qui a mal fini… Mais bon, je vais donner vingt-quatre heures de grâce aux croyants de tout poil — je me remettrai à l'exaltation de la loi de 1905 quand j'aurai digéré : ma trêve n'est pas religieuse, elle est gastronomique.
Quan même… Quand je pense que ces gens-là condamnent la gourmandise et la luxure…
JPB

Ecrit par : brighelli | 24 décembre 2006

Alors que, de tous temps, ils ont été les premiers à se remplir la panse avec l'argent des indulgences de toutes sorte extorqué aux plus crédules, et à "exorciser" leurs femmes...
Maintenant, ils en sont réduits à se faire un peu de pub sur le dos d'une association de collecte de fonds contre les maladies génétiques...

Ecrit par : christophe sibille | 24 décembre 2006

Croisade, croisade...
Franchement, il s'agissait plutôt pour le roi de France de bouffer le comté de Toulouse même si un Montfort mettait du coeur à l'ouvrage. Le spectacle pyrotechnique de Montségur, c'était pour la galerie.

Ecrit par : Guillaume | 24 décembre 2006

"Le spectacle pyrotechnique de Montségur, c'était pour la galerie", dit Guillaume.
Hum… allez dire ça à tous ceux qui ont flambé vifs — et je suis bien d'accord : ni les comtes, ni les barons, qui ont toujours trouvé à se rallier au roi de France, mais tous les pauvres gens qui ont fait les frais des appétits des uns et des convictions des autres.
Les choses ont-elles telement changé aujourd'hui ? Ce n'était pas Ben Laden qui était dans les avions-suicides du 11 septembre. Et ceux qui tiennent de si beaux discours en faeur des déshérités de toutes natures (économique ou scolaire) ne sont pas non plus aux premiers rangs de la désespérance… Et ils se rallieront aux uns ou aux autres comme de vulgaires Chevènement.
JPB

Ecrit par : brighelli | 24 décembre 2006

"Mais à qui vais-je comparer cette génération? Elle ressemble à des gamins qui, assis sur les places, en interpellent d'autres, en disant :
"Nous avons joué de la flûte,
et vous n'avez pas dansé!
Nous avons entonné un chant funèbre,
et vous ne vous êtes pas frappé la poitrine!"
Jean vient en effet, ne mangeant ni ne buvant et l'on dit : "Il est possédé!" Vient le Fils de l'Homme, mangeant et buvant, et l'on dit : "Voilà un glouton et un ivrogne, un ami des publicains et des pécheurs!

"Et justice a été rendue à la Sagesse par ses oeuvres."

Matthieu, 11,18

Ecrit par : Robin | 24 décembre 2006

JPB et Christophe...Je croyais vous aviez décrété la "trève des confiseurs" . Le problème avec vous, c'est qu'on ne sait jamais si vous êtes sérieux et si ce que vous dites appelle une réponse sérieuse.

Les Cathares ? C'étaient des gens tout ce qu'il a de plus "ascétiques" (les "parfaits" en tout cas). Vous auriez envie vous, d'être "parfait" ? Pas moi ! Ce n'était pas une raison...Je suis bien d'accord, mais les raisons de la croisade contre les Albigeois étaient essentiellement politiques et économiques (économique au sens le plus primitif du terme : piquer des territoires)

JPB ....Qu'est-ce que je vous ai dit sur les moines ? Non seulement vous êtes un mécréant, mais en plus vous êtes un ingrat !

Christophe : Vous avez vu récemment que l'Eglise émettait certaines réserves sur le Téléthon, non ? Mais vous mettez le doigt sur quelques chose d'essentiel : la différence entre la charité chrétienne et l'humanitaire...Je ne dis pas que ca ne puisse pas se recouper, mais ca ne se confond pas. J'ai déjà parlé de ce problème au sujet de Meirieu.

Tout à fait d'accord au sujet des indulgences. c'est un scandale (pas au sens de Marchais, mais au sens de l'Evangile)...Mais n'oubliez pas saint François d'Assise.

Ecrit par : Robin | 24 décembre 2006

Robin, soyons sérieux! Les arguments anti-téléthon de certaines associations catholiques ne visaient pas à stigmatiser l'humanitaire, mais bien la recherche génétique! Les catholiques veulent le bien de l'humanité; d'un côté, on y est (souvent) pour la peine de mort et contre la liberté de procréer mais, de l'autre, contre le progrès lié à l'utilisation de cellules souches pour lutter contre certaines maladies!
Encore une fois, je n'ai absolument rien contre dieu, qui ne m'a rien fait, ni en bien, ni en mal! Simplement, certaines de ses agences ici-bas sont plutôt dangereuses! Et, si vous me dites que ce n'est pas lié à dieu, mais à la nature humaine, je vous répondrai, en toute bonne foi, que c'est l'homme qui a créé dieu à son (ses) images!
Allez en paix, cette fois! Je vous la fiche pour de bon pour (au moins) une semaine, étant en partance pour la région parisienne, où internet n'a pas encore été importé, du moins chez ma mère, où je passe les fêtes!

Ecrit par : christophe sibille | 24 décembre 2006

Le Maury pousse à l'ombre du château de Quéribus — une pure merveille, l'un des plus spectaculaires des châteaux cathares — lesquels cathares n'avaient malheureusement pas les coutumes perverses dont les accusaient leurs adversaires… Encore une croisade qui a mal fini… Mais bon, je vais donner vingt-quatre heures de grâce aux croyants de tout poil — je me remettrai à l'exaltation de la loi de 1905 quand j'aurai digéré : ma trêve n'est pas religieuse, elle est gastronomique.
Quan même… Quand je pense que ces gens-là condamnent la gourmandise et la luxure…
JPB

Ecrit par : brighelli | 24 décembre 2006

Et si vous relisiez, en guise de devoir de vacances, cet après-midi, Les Trois Messes Basses d'a. Daudet?

Ecrit par : dobolino | 24 décembre 2006

Hum… allez dire ça à tous ceux qui ont flambé vifs

Certains l'ont choisi de leur plein gré si je crois bien me souvenir, et j'admets bien volontiers que cela ne grandit pas l'Eglise de toute façon mais qu'il est curieux de voir l'auteur d'"Une école sous influence" prendre pitié des "fous de Dieu" cathares...Solidarité toulousaine ?

Ecrit par : Guillaume | 24 décembre 2006

Et si vous relisiez, en guise de devoir de vacances, cet après-midi, Les Trois Messes Basses d'a. Daudet?

JPB

Je rajoute en écoutant Berlioz "La Damnation de Faust" cela vous tente-t-il ??? J'écoute en ce moment l'un des morceaux : La Marche Hongroise...

Mon frère pour me charrier me surnomme Madame La Duchesse puisqu'apparemment la musique classique c'est un loisir de "bourgeois", perso certains ne savent pas ce qu'ils râtent !

Entre le classique et le Heavy Metal j'ai rapidement choisi !

Ecrit par : Sandra WAGNER | 24 décembre 2006

Jean Paul Brighelli

Vous parliez de Champagne je crois , il y a quelques temps sur votre blog .... Il se trouve qu'en cette soirée de Noël, je suis dans la Marne crayeuse , loin de mon pont d'Avignon ... dans la famille franco-italo judéo - persane ! et que nous célèbrons Allègre...ment mais non Royal...ement le créateur de cette boisson divine (ne vous en déplaise :-) A savoir Don Perignon !

Sur ces propos quelque peu embullés , Veuillez cher Maître Recevoir de ma coupe fraternelle ma plus haute haute et amicale salutation.

Sachez que cet après midi j'étais, butinant dans la plus grande librairie de Reims (ville des sacres :-) ) .

Votre "Stand" était particulièrement fourni . Les lecteurs potentiels y étaient nombreux ! Ne desespérez pas... Votre message prend écho!

Je vous souhaite une bonne et heureuse soirée de Noël ainsi qu'à tous vos blagueurs, pardon blogueurs !

Ecrit par : patrick(instit) | 24 décembre 2006

Jean paul brighelli

Une suggestion ... pour votre prochain livre , mettez en dédicace l'Appel pour la refondation de l'ecole avec adresse ....et appel à signatures

Bonne nuit

Ecrit par : Patrick(instit) | 25 décembre 2006

Mon cher, il n'y aura pas de prochain livre — pas sur l'école, en tout cas. Je passe la main — à vous de vous lancer…
Et bonne journée à toutes et à tous…
JPB
PS. C'est le Commandement des forces aériennes de l'Atlantique Nord (connu sous son acronyme NORAD) qui suit le trajet du Père Noël dont je parlais hier. Voir http://www.airforce.forces.gc.ca/news/2004/12/16_f.asp

Ecrit par : brighelli | 25 décembre 2006

Sandra,


Certes, Berlioz qui est un voisin de la Côte Saint André, fut assez excessif en son époque, mais bien mal connu de nos jours y compris pour l'excellent "Harold en Italie". Souffrez qu'en matière de "Hongroiseries", je vous suggère les Danses Hongroises de Brahms, qui, comme toujours parmi les belles musiques, sont tirées du folklore local. Mais le meilleur est "Divertissements à la Hongroise" op 54 D818, pièce de piano à 4 mains de Schubert, écrit dit-on par ce génie musical (aussi doué que Mozart: oreille absolue, précocité, écrivant la musique, comme le Maître de Salzbourg, sans rature), après avoir entendu une servante hongroise fredonner un chant local de Hongrie (ça ne vous rappelle pas une autre prouesse de Mozart à Venise?)

En tous cas, désigner la musique sous le nom de bourgeoise ou populaire est une imbécilité de plus: la musique, si elle exige, pour en faire, beaucoup de travail ou d'efforts, est avant tout un plaisir. Comme une bonne cuisine pour laquelle, ce qui est bon est bon dans l'absolu, dans la musique, ce qui est beau est beau également dans l'absolu. Par contre, c'est une affaire de goût, mais comparer "Hot Metal" avec ces petites merveilles pianistiques de Mendelssohnn, artiste dégénéré et honni du 3° Reich pour les raisons que l'on connaît, l'affaire est vite entendue.

Joyeux Noël à tout le monde, et en musique, car pour la plupart, le musique adoucit les moeurs.

AT

Ecrit par : at | 25 décembre 2006

Cher At c'est Chopin et ses concerts pour piano numéro 1 et 2 qui m'ont définitivement donné envie de me lancer dans la pratique du piano.

Je ne peux décidément pas m'en passer, ces oeuvres sont d'une beauté au point que les mots me manquent....J'avouerais aussi que lorsque vous ne possédez pas de formation musicale il est un peu difficile de savoir apprécier et évaluer l'interprétation des musiciens lors d'un concert, raison pour laquelle je me lance aussi.

L'individu Lambda ne possèdera cette oreille si fine justement et ne se rendra même pas compte du travail que cela représente de savoir déchiffrer une partition et du nombres d'heures passées à répéter....

Mais il est vrai que je suis une mélomane inconditionnelle : la musique classique c'est mon dada. Je peux aussi écouter de la chanson française ou de la variété internationale mais ma préférence s'oirente avant tout pour la musique classique et il m'est impossible de me séparer de toutes ces oeuvres splendides et conçues durant les siècles passés. Les donner comme si elles ne représentaient qu'une babiole quelconque, cela reviendra à jeter le génie de ces compositeurs aux orties !

C'est pareil pour mes livres et en l'occurence en ce qui concerne les oeuvres classiques, impossible à vendre, à donner, ou à jeter (alors là ce serait un comble !)

Ma mère continuera de râler car elle ne sait plus où les ranger tellement j'en ai mais soit c'est ainsi et ça ne bougera pas d'une once de poil !

Ecrit par : Sandra WAGNER | 25 décembre 2006

Chère Sandra,

Chez Chopin, presque tout est bon, comme le cochon.
J'en dirai autant de Schubert (en plus avec les lieds: + de 600 au total dont certains sont de pures merveilles, le piano d'accompagnement compris). Quant à Schumann, ce n'est pas parcequ'il était schizophrène qu'il était un génie, mais parcequ'il l'était point; d'ailleurs ses phases d'intense production correspondaient à une atténuation de sa maladie. A part toutes le pièces pour piano (jeux d'enfants, Kreisleriana etc..), j'ai un faible pour le quatuor en mib majeur de l'opus 47.

Mais dans le monde immense de la musique, c'est affaire de goût et de résonance, on peut adorer le chant choral, l'Opéra ou même certaines grandes envolées lyriques de ce cabotin de....Richard Wagner. Un nom prédestiné puisque, étant étudiant, j'étais ténor dans une chorale dirigée par un certain Christian Wagner.

Pour ma part, je suis autodidacte en musique (j'ai joué de la flûte et du hautbois), mes goûts sont éclectiques, cependant j'ai un faible pour les grands auteurs, et ils sont grands, sans doute pas par hasard
Pour le reste, je suis moins attiré par la littérature car je suis un scientifique des sciences dures, c'est moins romantique, mais bien souvent aussi passionnant


Bon, je vais partir car d'autres tables nous attendent, bonne journée à vous, Noël est malgré tout autre chose qu'une grande bouffe et un certain Père Machin, sans attrait pour moi

AT

Ecrit par : at | 25 décembre 2006

"Pour ce faire, le Maj Martin a expliqué que des CF-18 sont dépêchés de la 4e Escadre Cold Lake et de la 3e Escadre Bagotville."

L'armée de l'air canadienne envoie des avions partir à la rencontre du Père Noël ? Ces Canadiens sont décidément des gens formidables.

Ecrit par : Pierre-Henri | 25 décembre 2006

Je suis en train de relire un petit livre de Lewis (et non Christmas) Carroll intitulé Logique sans peine avec de magnifiques illustrations de Max Ernst...Une sorte de cadeau de Noël qui me ferait presque croire en l'existence du Père Noël puisque, merveille, la personne à laquelle je l'avais prêté me l'a rendu...Une petite question de logique. Pourquoi dit-on IUFM (Institut de Formation des Maîtres) alors qu'on ne parle plus que de "professeurs" ?

Je trouve page 55 quelque chose d'intéressant qui me semble avoir un rapport avec Les IUFM : "Une classe qui se compose de deux ou plusieurs membres est parfois considérée comme unique. En ce cas, elle peut posséder une qualité qui ne soit pas possédée par chacun de ses membres pris individuellement. Ainsi, la classe "les soldats du 10ème régiment d'infanterie" considérée comme une chose unique, peut posséder l'attribut "formés en carré", que ne possède aucun de ses membres pris individuellement."

Ecrit par : robin-guilloux | 25 décembre 2006

Bonsoir,

Citez les pensées des autres, c'est souvent regretter de ne pas les avoir eues soi-même et c'est un peu en prendre la responsabilité.

Ce mot de Sacha Guitry, je le fais mien par faiblesse intellectuelle .

Si je comprends Robin Guilloux ... on nous parle d'égrégore!

Voici un propos de Primo Levi qui réjouira les "pédagogues" que nous prétendons être :

"S’il est juste de s’élever contre une sélection scolaire imposée, fondée sur la fortune,l’état social et contre un système scolaire basé exclusivement sur la sélection, celà me paraît une erreur de réclamer une école qui n’habitue pas à être jugé. Ce serait peut être une institution de charité ou d’assistance, mais seulement à court terme : Je ne crois pas qu’il en sortirait des citoyens véritablement libres et responsables. "

Dans un registre similaire voici une réflexion de Jean Mourgues que je vous soumets :

"Une éducation ne vaut que par la liberté qu’elle découvre et non par celle dont elle se prévaut ."

Sinon pour notre ami Jean Paul Brighelli, Libre Penseur (Je vois ses moustaches frétiller ! ) voici un propos de Goethe rapporté par le responsable actuel du Grand Orient de France dans une causerie maçonnique:

"Si grand que soit ce mystère éternel, remplis-en ton âme, et si, par ce sentiment tu es heureux , nomme - le comme tu voudras : Bonheur, Coeur, Amour, Dieu (ou Père Noël !). Moi, je n'ai pour cela aucun nom. le sentiment est tout, le nom n'est que le bruit et fumée qui voile le feu du ciel. "

Mozart de Salz Bourg : Ville du sel ! Sel de l'esprit.

Cordialement

Ecrit par : patrick(instit) | 25 décembre 2006

بِسْمِ اللهِ الرَّحْمنِ الرَّحِيمِ

الْحَمْدُ للّهِ رَبِّ الْعَالَمِينَ

الرَّحْمـنِ الرَّحِيمِ

مَالِكِ يَوْمِ الدِّينِ

إِيَّاكَ نَعْبُدُ وإِيَّاكَ نَسْتَعِينُ

اهدِنَــــا الصِّرَاطَ المُستَقِيمَ

صِرَاطَ الَّذِينَ أَنعَمتَ عَلَيهِمْ غَيرِ المَغضُوبِ عَلَيهِمْ وَلاَ الضَّالِّينَ


ذَلِكَ الْكِتَابُ لاَ رَيْبَ فِيهِ هُدًى لِّلْمُتَّقِينَ

الَّذِينَ يُؤْمِنُونَ بِالْغَيْبِ وَيُقِيمُونَ الصَّلاةَ وَمِمَّا رَزَقْنَاهُمْ يُنفِقُونَ

والَّذِينَ يُؤْمِنُونَ بِمَا أُنزِلَ إِلَيْكَ وَمَا أُنزِلَ مِن قَبْلِكَ وَبِالآخِرَةِ هُمْ يُوقِنُونَ

أُوْلَـئِكَ عَلَى هُدًى مِّن رَّبِّهِمْ وَأُوْلَـئِكَ هُمُ الْمُفْلِحُونَ

إِنَّ الَّذِينَ كَفَرُواْ سَوَاءٌ عَلَيْهِمْ أَأَنذَرْتَهُمْ أَمْ لَمْ تُنذِرْهُمْ لاَ يُؤْمِنُونَ

خَتَمَ اللّهُ عَلَى قُلُوبِهمْ وَعَلَى سَمْعِهِمْ وَعَلَى أَبْصَارِهِمْ غِشَاوَةٌ وَلَهُمْ عَذَابٌ عظِيمٌ

وَمِنَ النَّاسِ مَن يَقُولُ آمَنَّا بِاللّهِ وَبِالْيَوْمِ الآخِرِ وَمَا هُم بِمُؤْمِنِينَ

يُخَادِعُونَ اللّهَ وَالَّذِينَ آمَنُوا وَمَا يَخْدَعُونَ إِلاَّ أَنفُسَهُم وَمَا يَشْعُرُونَ

فِي قُلُوبِهِم مَّرَضٌ فَزَادَهُمُ اللّهُ مَرَضاً وَلَهُم عَذَابٌ أَلِيمٌ بِمَا كَانُوا يَكْذِبُونَ


وَإِذَا قِيلَ لَهُمْ لاَ تُفْسِدُواْ فِي الأَرْضِ قَالُواْ إِنَّمَا نَحْنُ مُصْلِحُونَ

أَلا إِنَّهُمْ هُمُ الْمُفْسِدُونَ وَلَـكِن لاَّ يَشْعُرُونَ

وَإِذَا قِيلَ لَهُمْ آمِنُواْ كَمَا آمَنَ النَّاسُ قَالُواْ أَنُؤْمِنُ كَمَا آمَنَ السُّفَهَاء أَلا إِنَّهُمْ هُمُ السُّفَهَاء وَلَـكِن لاَّ يَعْلَمُونَ

وَإِذَا لَقُواْ الَّذِينَ آمَنُواْ قَالُواْ آمَنَّا وَإِذَا خَلَوْاْ إِلَى شَيَاطِينِهِمْ قَالُواْ إِنَّا مَعَكْمْ إِنَّمَا نَحْنُ مُسْتَهْزِئُونَ

اللّهُ يَسْتَهْزِئُ بِهِمْ وَيَمُدُّهُمْ فِي طُغْيَانِهِمْ يَعْمَهُونَ

أُوْلَـئِكَ الَّذِينَ اشْتَرُوُاْ الضَّلاَلَةَ بِالْهُدَى فَمَا رَبِحَت تِّجَارَتُهُمْ وَمَا كَانُواْ مُهْتَدِينَ

مَثَلُهُمْ كَمَثَلِ الَّذِي اسْتَوْقَدَ نَاراً فَلَمَّا أَضَاءتْ مَا حَوْلَهُ ذَهَبَ اللّهُ بِنُورِهِمْ وَتَرَكَهُمْ فِي ظُلُمَاتٍ لاَّ يُبْصِرُونَ

صُمٌّ بُكْمٌ عُمْيٌ فَهُمْ لاَ يَرْجِعُونَ

أَوْ كَصَيِّبٍ مِّنَ السَّمَاءِ فِيهِ ظُلُمَاتٌ وَرَعْدٌ وَبَرْقٌ يَجْعَلُونَ أَصْابِعَهُمْ فِي آذَانِهِم مِّنَ الصَّوَاعِقِ حَذَرَ الْمَوْتِ واللّهُ مُحِيطٌ بِالْكافِرِينَ

يَكَادُ الْبَرْقُ يَخْطَفُ أَبْصَارَهُمْ كُلَّمَا أَضَاء لَهُم مَّشَوْاْ فِيهِ وَإِذَا أَظْلَمَ عَلَيْهِمْ قَامُواْ وَلَوْ شَاء اللّهُ لَذَهَبَ بِسَمْعِهِمْ وَأَبْصَارِهِمْ إِنَّ اللَّه عَلَى كُلِّ شَيْءٍ قَدِيرٌ
يَا أَيُّهَا النَّاسُ اعْبُدُواْ رَبَّكُمُ الَّذِي خَلَقَكُمْ وَالَّذِينَ مِن قَبْلِكُمْ لَعَلَّكُمْ تَتَّقُونَ

الَّذِي جَعَلَ لَكُمُ الأَرْضَ فِرَاشاً وَالسَّمَاء بِنَاء وَأَنزَلَ مِنَ السَّمَاءِ مَاءً فَأَخْرَجَ بِهِ مِنَ الثَّمَرَاتِ رِزْقاً لَّكُمْ فَلاَ تَجْعَلُواْ لِلّهِ أَندَاداً وَأَنتُمْ تَعْلَمُونَ

وَإِن كُنتُمْ فِي رَيْبٍ مِّمَّا نَزَّلْنَا عَلَى عَبْدِنَا فَأْتُواْ بِسُورَةٍ مِّن مِّثْلِهِ وَادْعُواْ شُهَدَاءكُم مِّن دُونِ اللّهِ إِنْ كُنْتُمْ صَادِقِينَ

فَإِن لَّمْ تَفْعَلُواْ وَلَن تَفْعَلُواْ فَاتَّقُواْ النَّارَ الَّتِي وَقُودُهَا النَّاسُ وَالْحِجَارَةُ أُعِدَّتْ لِلْكَافِرِينَ

وَبَشِّرِ الَّذِين آمَنُواْ وَعَمِلُواْ الصَّالِحَاتِ أَنَّ لَهُمْ جَنَّاتٍ تَجْرِي مِن تَحْتِهَا الأَنْهَارُ كُلَّمَا رُزِقُواْ مِنْهَا مِن ثَمَرَةٍ رِّزْقاً قَالُواْ هَـذَا الَّذِي رُزِقْنَا مِن قَبْلُ وَأُتُواْ بِهِ مُتَشَابِهاً وَلَهُمْ فِيهَا أَزْوَاجٌ مُّطَهَّرَةٌ وَهُمْ فِيهَا خَالِدُونَ

إِنَّ اللَّهَ لاَ يَسْتَحْيِي أَن يَضْرِبَ مَثَلاً مَّا بَعُوضَةً فَمَا فَوْقَهَا فَأَمَّا الَّذِينَ آمَنُواْ فَيَعْلَمُونَ أَنَّهُ الْحَقُّ مِن رَّبِّهِمْ وَأَمَّا الَّذِينَ كَفَرُواْ فَيَقُولُونَ مَاذَا أَرَادَ اللَّهُ بِهَـذَا مَثَلاً يُضِلُّ بِهِ كَثِيراً وَيَهْدِي بِهِ كَثِيراً وَمَا يُضِلُّ بِهِ إِلاَّ الْفَاسِقِينَ

الَّذِينَ يَنقُضُونَ عَهْدَ اللَّهِ مِن بَعْدِ مِيثَاقِهِ وَيَقْطَعُونَ مَا أَمَرَ اللَّهُ بِهِ أَن يُوصَلَ وَيُفْسِدُونَ فِي الأَرْضِ أُولَـئِكَ هُمُ الْخَاسِرُونَ

كَيْفَ تَكْفُرُونَ بِاللَّهِ وَكُنتُمْ أَمْوَاتاً فَأَحْيَاكُمْ ثُمَّ يُمِيتُكُمْ ثُمَّ يُحْيِيكُمْ ثُمَّ إِلَيْهِ تُرْجَعُونَ

هُوَ الَّذِي خَلَقَ لَكُم مَّا فِي الأَرْضِ جَمِيعاً ثُمَّ اسْتَوَى إِلَى السَّمَاء فَسَوَّاهُنَّ سَبْعَ سَمَاوَاتٍ وَهُوَ بِكُلِّ شَيْءٍ عَلِيمٌ

وَإِذْ قَالَ رَبُّكَ لِلْمَلاَئِكَةِ إِنِّي جَاعِلٌ فِي الأَرْضِ خَلِيفَةً قَالُواْ أَتَجْعَلُ فِيهَا مَن يُفْسِدُ فِيهَا وَيَسْفِكُ الدِّمَاء وَنَحْنُ نُسَبِّحُ بِحَمْدِكَ وَنُقَدِّسُ لَكَ قَالَ إِنِّي أَعْلَمُ مَا لاَ تَعْلَمُونَ


وَعَلَّمَ آدَمَ الأَسْمَاء كُلَّهَا ثُمَّ عَرَضَهُمْ عَلَى الْمَلاَئِكَةِ فَقَالَ أَنبِئُونِي بِأَسْمَاء هَـؤُلاء إِن كُنتُمْ صَادِقِينَ

قَالُواْ سُبْحَانَكَ لاَ عِلْمَ لَنَا إِلاَّ مَا عَلَّمْتَنَا إِنَّكَ أَنتَ الْعَلِيمُ الْحَكِيمُ

قَالَ يَا آدَمُ أَنبِئْهُم بِأَسْمَآئِهِمْ فَلَمَّا أَنبَأَهُمْ بِأَسْمَآئِهِمْ قَالَ أَلَمْ أَقُل لَّكُمْ إِنِّي أَعْلَمُ غَيْبَ السَّمَاوَاتِ وَالأَرْضِ وَأَعْلَمُ مَا تُبْدُونَ وَمَا كُنتُمْ تَكْتُمُونَ

وَإِذْ قُلْنَا لِلْمَلاَئِكَةِ اسْجُدُواْ لآدَمَ فَسَجَدُواْ إِلاَّ إِبْلِيسَ أَبَى وَاسْتَكْبَرَ وَكَانَ مِنَ الْكَافِرِينَ

وَقُلْنَا يَا آدَمُ اسْكُنْ أَنتَ وَزَوْجُكَ الْجَنَّةَ وَكُلاَ مِنْهَا رَغَداً حَيْثُ شِئْتُمَا وَلاَ تَقْرَبَا هَـذِهِ الشَّجَرَةَ فَتَكُونَا مِنَ الْظَّالِمِينَ

فَأَزَلَّهُمَا الشَّيْطَانُ عَنْهَا فَأَخْرَجَهُمَا مِمَّا كَانَا فِيهِ وَقُلْنَا اهْبِطُواْ بَعْضُكُمْ لِبَعْضٍ عَدُوٌّ وَلَكُمْ فِي الأَرْضِ مُسْتَقَرٌّ وَمَتَاعٌ إِلَى حِينٍ

فَتَلَقَّى آدَمُ مِن رَّبِّهِ كَلِمَاتٍ فَتَابَ عَلَيْهِ إِنَّهُ هُوَ التَّوَّابُ الرَّحِيمُ

قُلْنَا اهْبِطُواْ مِنْهَا جَمِيعاً فَإِمَّا يَأْتِيَنَّكُم مِّنِّي هُدًى فَمَن تَبِعَ هُدَايَ فَلاَ خَوْفٌ عَلَيْهِمْ وَلاَ هُمْ يَحْزَنُونَ

وَالَّذِينَ كَفَرواْ وَكَذَّبُواْ بِآيَاتِنَا أُولَـئِكَ أَصْحَابُ النَّارِ هُمْ فِيهَا خَالِدُونَ

يَا بَنِي إِسْرَائِيلَ اذْكُرُواْ نِعْمَتِيَ الَّتِي أَنْعَمْتُ عَلَيْكُمْ وَأَوْفُواْ بِعَهْدِي أُوفِ بِعَهْدِكُمْ وَإِيَّايَ فَارْهَبُونِ


وَآمِنُواْ بِمَا أَنزَلْتُ مُصَدِّقاً لِّمَا مَعَكُمْ وَلاَ تَكُونُواْ أَوَّلَ كَافِرٍ بِهِ وَلاَ تَشْتَرُواْ بِآيَاتِي ثَمَناً قَلِيلاً وَإِيَّايَ فَاتَّقُونِ

وَلاَ تَلْبِسُواْ الْحَقَّ بِالْبَاطِلِ وَتَكْتُمُواْ الْحَقَّ وَأَنتُمْ تَعْلَمُونَ

وَأَقِيمُواْ الصَّلاَةَ وَآتُواْ الزَّكَاةَ وَارْكَعُواْ مَعَ الرَّاكِعِينَ

أَتَأْمُرُونَ النَّاسَ بِالْبِرِّ وَتَنسَوْنَ أَنفُسَكُمْ وَأَنتُمْ تَتْلُونَ الْكِتَابَ أَفَلاَ تَعْقِلُونَ

وَاسْتَعِينُواْ بِالصَّبْرِ وَالصَّلاَةِ وَإِنَّهَا لَكَبِيرَةٌ إِلاَّ عَلَى الْخَاشِعِينَ

الَّذِينَ يَظُنُّونَ أَنَّهُم مُّلاَقُوا رَبِّهِمْ وَأَنَّهُمْ إِلَيْهِ رَاجِعُونَ

يَا بَنِي إِسْرَائِيلَ اذْكُرُواْ نِعْمَتِيَ الَّتِي أَنْعَمْتُ عَلَيْكُمْ وَأَنِّي فَضَّلْتُكُمْ عَلَى الْعَالَمِينَ

وَاتَّقُواْ يَوْماً لاَّ تَجْزِي نَفْسٌ عَن نَّفْسٍ شَيْئاً وَلاَ يُقْبَلُ مِنْهَا شَفَاعَةٌ وَلاَ يُؤْخَذُ مِنْهَا عَدْلٌ وَلاَ هُمْ يُنصَرُونَ

وَإِذْ نَجَّيْنَاكُم مِّنْ آلِ فِرْعَوْنَ يَسُومُونَكُمْ سُوَءَ الْعَذَابِ يُذَبِّحُونَ أَبْنَاءكُمْ وَيَسْتَحْيُونَ نِسَاءكُمْ وَفِي ذَلِكُم بَلاءٌ مِّن رَّبِّكُمْ عَظِيمٌ

وَإِذْ فَرَقْنَا بِكُمُ الْبَحْرَ فَأَنجَيْنَاكُمْ وَأَغْرَقْنَا آلَ فِرْعَوْنَ وَأَنتُمْ تَنظُرُونَ

Ecrit par : toto | 25 décembre 2006

patrick(instit)

Un "égrégore" : Ca fait plaisir d'être compris. Le pédagogisme, on se fatigue à en discuter alors que ça relève peut-être de l'exorcisme.

Ecrit par : robin | 25 décembre 2006

patrick(instit)

L'idéologie pédagogiste, Un "égrégore" : Eh bien ! Ca fait plaisir d'être compris. Pour les exorcistes, c'est le contraire du "corps mystique".

Ecrit par : robin | 25 décembre 2006

Sinon pour notre ami Jean Paul Brighelli, Libre Penseur (Je vois ses moustaches frétiller ! ) voici un propos de Goethe rapporté par le responsable actuel du Grand Orient de France dans une causerie maçonnique:

"Si grand que soit ce mystère éternel, remplis-en ton âme, et si, par ce sentiment tu es heureux , nomme - le comme tu voudras : Bonheur, Coeur, Amour, Dieu (ou Père Noël !). Moi, je n'ai pour cela aucun nom. le sentiment est tout, le nom n'est que le bruit et fumée qui voile le feu du ciel. "

Si vous voulez devenir franc-maçon, vous avez le choix, ceux de la Grande Loge ne croient plus au Père Noël.

Ecrit par : robin | 25 décembre 2006

Ecrit en 1977 :

Comme cela s'est souvent produit au cours de l'histoire, nous sommes dans une époque vide, dans un creux, et l'on ne voit aucun homme à l'horizon capable de prendre solidement en main la défense de notre civilisation et du monde libre.

La bourgeoisie qui, en 1789, avait pris la relève de la noblesse, fit preuve d'un dynamisme et d'un sens étonnant des réalités. Elle est usée. Ses fils sont au stade des « rois fainéants ». Ils ont perdu les qualités de leurs pères mais bénéficient toujours,sans les mériter, des privilèges de leurs anciens.

Le produit le plus pur de cette classe sociale est notre président de la république. A sa naissance, les meilleures des fées se sont penchées sur son berceau. D’une rare intelligence, il s’est avancé sur une voie toute tracée, sur laquelle les épines et les ronces avaient été soigneusement écartées. Bourré de diplômes, il est parvenu sans difficulté au sommet de la pyramide. Il s’est présenté, comme à un autre examen, à l’examen d’entrée de la présidence de la République et il a été reçu.

Jusqu’alors, tout lui ayant été facile, il a cru son nouveau diplôme sous le bras, que sa présence à la tête de l’Etat suffirait pour résoudre tous nos problèmes. Bien élevé, ayant bon cœur, rempli de bonne volonté, il a voulu être un président populaire, employant pour cela des procédés enfantins : refusant de porter le grand cordon de la Légion d’honneur le jour de son intronisation, arpentant comme un jeune premier en veston, tête nue et à pied les Champs-Elysées pour se donner une allure sportive, allant déjeuner chez l’habitant comme le faisait Henri IV, changeant le rythme de notre vieille Marseillaise, ou encore, pour s’attirer la sympathie de ses adversaires, faisant voter, au moins en partie, leur programme politique.

Mais la popularité est une grâce, un don de Dieu. Il ne suffit pas de la désirer pour l’obtenir. On y parvient parfois après une longue carrière, après avoir surmonté bien des obstacles et rendu d’éminents services à la société. Vouloir y parvenir à bon marché donne toujours les résultats contraires.

Nous sommes dans une période pré-révolutionnaire. Une révolution arrive toujours lorsque la classe dirigeante d’un pays n’est plus capable de gérer sainement les affaires et de tenir en main les rênes du pouvoir. Elle est alors balayée par une classe plus dynamique. Cette classe est en voie de formation ; d’année en année, elle montre sa puissance et ses intentions : arriver le plus rapidement possible et par tous les moyens au pouvoir. C’est la classe des intellectuels que notre système a fabriqués.

Généralement peu fortunés, intelligents, ambitieux, dotés de diplômes obtenus par leur travail et leur succès à des examens difficiles, ils ont acquis de sérieuses connaissances dans les branches particulières des sciences humaines qu’ils ont étudiées. Dépourvus d’expérience pratique, de contact humain ; ils croient détenir la plénitude du savoir et se désignent volontiers eux-mêmes comme l’élite de la nation.

Ils estiment que leurs mérites ne sont pas récompensés ; ils nourrissent une sourde rancœur, voisine de la haine contre tous les possédants petits ou grands, qui n’ont souvent obtenu une certaine aisance qu’après des années de travail et de privations. Ils détestent notre société qu’ils qualifient d’injuste, nient en bloc tout ce qu’elle nous a apporté, et aspirent à en créer une nouvelle qui récompensera comme ils l’espèrent leurs mérites.

Ils ne recherchent pas la fortune qui est illusoire, mais le pouvoir qui donne la disposition des vraies richesses : les palais, les honneurs, l’autorité, la puissance. (…). Ils sapent ainsi facilement les bases du pouvoir et préparent en toute quiétude l’avènement d’une société nouvelle, collectiviste, dont ils seront les maîtres.

Ecrit par : Guillaume | 26 décembre 2006

Et qui est l'auteur ?
JPB

Ecrit par : brighelli | 26 décembre 2006

Roger Trinquier, ancien officier parachutiste dans son livre "Le temps perdu".

Ecrit par : Guillaume | 26 décembre 2006

Ca nous mène où ce genre d'idée abstraites? Il y a de bien meilleures flèches à décocher contre les pédagogols. Serait-ce le colonel Trinquier, que l'on voit dans certaines archives, justifier l'emploi de la torture en Algérie (vu dans un documentaire sur le Gal de Bollardière)? Pour mémoire, on trouve de l'anti intellectualisme dans les deux extrêmes. Je me rappelle avoir lu "Le socialisme des intellectuels" de Makaïski, qui fit grosse impression (mais éphémère) sur l'ado que j'étais, et dont les idées connurent leur vogue chez les révolutionnaires russes exilés en Extrême-orient avant 1917. Ce bouquin, paru en Points -Seuil dans les années 70, avance aussi l'idée d'une nouvelle classe intellectuelle aux intérêts distincts de ceux de prolétariat, mais ce n'est pas de la politique - la seule qui vaille vise à régler des problèmes réels, mais du bavardage pour bobos ;)

Ecrit par : Dom | 26 décembre 2006

Tout à fait d'accord avec Dom…
J'ajouterai que le capitalisme ne va pas si mal que ça : en trente ans, il est parvenu à s'annexer la gauche, à marginaliser le PC (qui n'a aujourd'hui qu'une seule ambition évidente, celle de préserver ses sièges, au prix d'une alliance avec l'un des deux partis les plus ostensiblement bourgeois, le PS — ils pourraient tout aussi bien s'allier avec l'UMP, ça ne changerait rien aux options des uns et des autres), et à décrédibiliser, sous l'appellation "bobos" (faut-il rappeler que la première syllabe de cette duplication enfantine régressive signifie tout de même "bourgeois" ?) ce que nous avions encore d'intellectuels (dois-je appeler Bernard-Henri Lévy un intellectuel ? Je ne crois pas…). Bref, le capitalisme a effectivement triomphé, bien avant l'effondrement du mur de Berlin, et il s'invente en même temps le système scolaire qui correspond à l'air du temps et à son souci présent : duplication des "élites" dirigeantes (on prend les enfants des mêmes et on recommence), abaissement du niveau de conscience du prolétariat, via l'abaissement du niveau de culture — école et télévision, même combat. pourquoi croyez-vous que Zidane se décarcasse ?
Le seul espoir, et c'est ce qui me fait bouger depuis bientôt deux ans, c'est que le système s'aperçoive que les élites qu'il reproduit ne lui conviennent pas — et encore, la machine est tellement automatisée qu'il y a des jours où je me dis que n'importe quel connard aux commandes peut faire illusion pendant une quarantaine d'années… Bref, c'est à mon sens uniquement sur la production des élites (de vraies élites, pas des "fils et filles de") que l'on peut jouer.
Et c'est là qu'interviennent les pédagogues. En mettant en avant "l'égalité des chances", c'est-à-dire de l'égalitarisme, comme un mantra insensé, ils produisent de l'inégalité en masse — en fait, ils confortent et reproduisent à leur tour leur situation relativement privilégiée dans un système bloqué. Le peu qu'ils ont leur suffit — et ils le conservent sur le dos des classes laborieuses (de moins en moins souvent laborieuses, ce qui les rend plus malléables) que les bobos persistent à penser dangereuses — et qui le sont effectivement, mais pas dans le sens révolutionnaire, simplement dans un activisme de la racaille tel que le décrivaient Marx et Engels — le lumpen fait le jeu de la réaction la plus immonde, faut-il le rappeler…
Alors oui, la nouvelle classe "intellectuelle" a des intérêts distincts de ceux du prolétariat — elle a les intérêts de ses maîtres, qui s'amusent à la voir évoluer avec ses belles chemises échancrées.
Bref, scolairement prlant, le seul slogan actuellement viable, c'est "élitisme pour tous" — le slogan même des pays émergeants, comme la Chine, qui se soucie assez peu de conforter ses capitalistes puisqu'elle est en train de les inventer. Si on veut tenir contre ces gens-là, il faut adopter leur point de vue — une formation impitoyable pour tous, c'est-à-ire la plus élevée, la plus exigeante possible. Pensez-y : il y a pas mal de temps déjà que le souhait "que le meilleur gagne" n'est plus en usage chez nous, et ça paraît faire les affaires de tout le monde.
JPB

Ecrit par : brighelli | 26 décembre 2006

Bonjour,
Voilà bien une dizaine de jours que je n'ai pas consulté ce blog . Nous étions en tournée de...trois concerts; ben oui, la gloire c'est relatif mais ça prend du temps : préparer le programme composé de chants populaires en huit langues différentes, s'entendre avec la comédienne qui lit des textes ( "Les trois messes basses","L'arbre de Noël" de Rückert, "A,b,c,d..." de Paulo Coelo ou" La nuit où les hotels affichaient complet" de Scliar pour ne citer que ceux là) louer le bus pour aller chanter dans les Ardennes, se remettre d'une station debout prolongée ( une heure pour l'échauffement et le raccord, puis deux heures pour le concert proprement dit ) et recommencer le lendemain. C'est un choix, un intermède entre Mozart que nous venons de quitter et la musique vocale romantique qui nous attend ,et le même bonheur à chaque fois, du folklore à la variété en passant par le classique ou le sacré.
J'ai noté au fil des messages qu'il était question de champagne. Il n'est pas produit dans la Champagne crayeuse autour le la ville de Châlons en Champagne , mais dans des zones un peu plus éloignées : la Montagne de Reims qui n'a de montagne que le nom , la Côte des Blancs, la Vallée de la Marne se prolongeant jusque dans l'Aisne, le Sézannais, une zone autour de vitry le François, sans oublier le vignoble de l'Aube dont la révolte de 1911 cruellement réprimée est plus ou moins à l'origine d'une législation qui a favorisé la croissance économique spectaculaire qui s'affiche aujourd'hui. Pour ma part, je ne vends pas de champagne et je n'en bois pratiquement pas( raison médicale) mais j'ai grandi dans une famille de petits vignerons - pratiquant aussi la polyculture et l'élevage pour vivre en autarcie - qui tirait le diable par la queue tout en évoquant les années noires qu'il convenait de ne pas oublier: le phylloxéra, la tuberculose, la première guerre, la seconde, puis celle d'Algérie privant la petite exploitation des bras de la relève.
Il paraît que Dom Pérignon, moine bénédictin de l'abbaye d' Hautvillers n'aurait fait que répandre et commercialiser le procédé déjà connu de la maîtrise de la fermentation en bouteille , procédé mis au point par le frère convert Frère Oudart vivant à Pierry. Dom Pérignon aurait perfectionné le travail de vinification et d'assemblage. La "querelle "de la paternité se prolonge aaujourd'hui par une" querelle" entre deux grandes marques, l'une entretenant le souvenir de Dom Pérignon et l'autre celui de frère Oudart.
Veuillez m'excuser si je vous ennuie par mes explications succintes . Je vous souhaite à tous une heureuse année 2007 avec une énergie sans faille pour continuer l'entreprise.

Ecrit par : CHARPENTIER Hélène | 26 décembre 2006

abaissement du niveau de conscience du prolétariat, via l'abaissement du niveau de culture — école et télévision, même combat. pourquoi croyez-vous que Zidane se décarcasse ?

Effectivement, le système actuel n'a aucun intérêt à développer le niveau de conscience des classes moyennes, puisqu'il n'y a plus de classe ouvrière, mais seulement une "élite" dirigeante, une classe moyenne et ce que Marx appelait le "lumpen proletariat", qui fait effectivement le jeu de "la réaction la plus immonde"...Il est significatif que l'Etat ait commencé à se bouger un peu lorsque les brûleurs de voitures commençaient à changer de territoire (Champs Elysées, VIIème arrondissement)

Effectivement, il me semble que la raison principale des difficultés que nous rencontrons, c'est que nous essayons les uns et les autres de faire le contraire de ce qu'on nous demande, c'est-à-dire d'élever le niveau en transmettant des connaissances sérieuses qui permettent à la jeune génération de se distancier du système de consommation passive.

Je ne comprends pas exactement le sens de ce combat, ni pourquoi des gens aussi différents s'y retrouvent et s'y reconnaissent, je ne fais que le pressentir...

Ecrit par : robin | 26 décembre 2006

Il y a de bien meilleures flèches à décocher contre les pédagogols.

C'était plutôt une réflexion sur le profil de nos candidats à la présidentielle (quand on sait par ailleurs que les 9 membres du comité central du P.C chinois sont tous ingénieurs).
Quant à se servir du texte de Trinquier, je savais bien qu'il n'attirerait qu'au mieux, des moues de dégoût (c'est bien pourquoi je n'avais pas donné son nom dans un premier temps).

Ecrit par : Guillaume | 26 décembre 2006

Bnojour à tous,
Désolé, Guillaume, mais tout le monde ne connaît pas Trinquier et son nom au mieux ne risque d'attirer qu'une moue polie d'ignorance.
De plus, je ne comprends pas trop bien l'intérêt ce genre de pièges enfantins : donner un texte sans nom d'auteur. Surtout, lorsque, pardonnez-moi, l'extrait donné ne brille pas par une originalité ou une force particulière.
Enfin, je ne comprends pas le lien avec le P.C de la Chine. Neuf ingénieurs, ça n'a jamais fait neuf intellectuels mais bien neuf technocrates...
A bientôt.

Ecrit par : utile baron | 26 décembre 2006

Effectivement, il me semble que la raison principale des difficultés que nous rencontrons, c'est que nous essayons les uns et les autres de faire le contraire de ce qu'on nous demande, c'est-à-dire d'élever le niveau en transmettant des connaissances sérieuses qui permettent à la jeune génération de se distancier du système de consommation passive.

Je ne comprends pas exactement le sens de ce combat, ni pourquoi des gens aussi différents s'y retrouvent et s'y reconnaissent, je ne fais que le pressentir...

Ecrit par : robin | 26 décembre 2006

La nostalgie d'un passé révolu ou un idéalisme aveugle (ne sommes nous pas des "croyants")? En tout cas, j'en connais qui doivent bien se marrer à nous voir tenter de scier la branche sur laquelle nous devrions percher nos enfants.
De toute façon, les pays émergents qui forgent leurs élites sont dans une période transitoire qui ne durera pas plus de deux-trois générations avant de suivre notre exemple après nous avoir colonisé, ce qui ne sera guère difficile au vu de notre médiocrité... Et tout repartira progressivement dans l'autre sens car un peuple vivant est un peuple écrasé. Vous voyez que je n'oublie pas Cioran. La leçon s'est inscrite.
Alors, sommes-nous les derniers patriotes obsolètes refusant d'être envahis par le modernisme? Des réactionnaires, ça pour sûr!

Ecrit par : dobolino | 26 décembre 2006

Nous aurons cette année soit un avocat, soit une énarque à la présidence, après avoir eu depuis 81... un avocat et un énarque.
Je rappelais simplement ce fait à mettre en perspective avec le recrutement des dirigeants chinois qui n'est pas pour rien dans la croissance asiatique. On préfère ici se focaliser sur les bas salaires quand là-bas on investit aussi sur la recherche et la matière grise.
Vous avez raison, cela n'a jamais fait neuf intellectuels et c'est ce qui explique peut-être leur relative prospérité.

P.S Je ne tendais de piège à personne sur ce blog et j'ai donné le nom de l'auteur très rapidement devant l'intérêt suscité. Point.

Ecrit par : Guillaume | 26 décembre 2006

mais tout le monde ne connaît pas Trinquier et son nom au mieux ne risque d'attirer qu'une moue polie d'ignorance.

Au fait, savez-vous que nous sommes passés à l'ère Google ?

Ecrit par : Guillaume | 26 décembre 2006

Neuf ingénieurs, ça n'a jamais fait neuf intellectuels mais bien neuf technocrates...
A bientôt.

Ecrit par : utile baron | 26 décembre 2006

Tout dépend de la sélection à l'entrée dans l'école d'ingénieur et de la formation dispensée au sein de cette école. Je me souviens que quand je préparais un concours d'entrée en grande école, l'épreuve de français avait grosse importance et qu'on nous soulignait qu'elle faisait la différence et le dixième de point entre le dernier admis et le premier recalé. Comme cette épreuve de français était plutôt une épreuve de philosophie des Sciences, la sélection peut se faire dans le sens ad hoc... reste à déterminer le ad hoc.

Ecrit par : dobolino | 26 décembre 2006

Google n'est pas mon mentor.
Merci pour votre précision sur la Chine : j'avais effectivement mal compris votre intention. Mais curieusement, voyez-vous, cette référence ne me donne pas du tout envie de confier le pouvoir à une caste d'ingénieurs. D'autres pays privilègient la recherche et le développement avec des méthodes moins totalitaires et un personnel politique plus engageant.
Quant aux dirigeants français, cette situation ne date pas de 1981 mais de 1871. Avocats, professeurs, journalistes, hauts fonctionnaires...des intellectuels, oui. Et pas de quoi en avoir spécialement honte.

Ecrit par : utile baron | 26 décembre 2006

Dobolino,
Je serai le dernier à nier que l'obtention d'un diplôme et l'exercice de la fonction d'ingénieur exigent de solides qualités intellectuelles. Comme vous le soulignez, il est amusant de constater comment la sélection aux concours se fait au final par les épreuves de francais, culture générale...le niveau en sciences des candidats sensiblement égal rendant impossible le choix par ces seules matières.
J'ai eu l'occasion dans une autre vie de participer à des jurys d'entrée de certaines écoles d'ingé. C'est un bon moyen de faire tomber quelques préjugés sur ces étudiants, souvent cultivés et ouverts. Je me suis hélas, aussi rendu compte que la formation ultérieure ne mettait pas toujours ces qualités en avant (c'est un euphémisme).
En définitive, avec le recul de l' expérience, je suis de plus en plus persuadé que la curiosité intellectuelle est une vertu rare indépendante des professions et peut-être même, des niveaux d'études.

Ecrit par : utile baron | 26 décembre 2006

Bonjour à toutes et à tous !

J'ai deux questions à poser :

En fait j'écoute en ce moment l'opéra de Bizet "Les pêcheurs de perles", absolument somptueux. Savez vous si Bizet s'est reposé sur une oeuvre littéraire et si oui laquelle ??

J'aimerais beaucoup la lire....

Deuxième question : l'opéra Othello est-il inspiré de l'oeuvre de Shakespeare ?? Je n'ai pas lu ce livre raison pour laquelle je pose la question...

Ecrit par : Sandra WAGNER | 26 décembre 2006

A jeter un coup d'oeil aux commentaires d'une exigente vertu de ce 26/12, il me vient qu'en termes de formation nécessaire des élites, l'exhaustivité de l'information quant à l'origine des sources utilisées peut aider à l'exemplarité des démarche de raisonnement.
C'est pourquoi je me suis étonné, feulletant le numéro du week-end de Libération, d'y trouver in extenso la "Notice" sur l'impossible existence du Père Noël dont JP Brighelli nous avait - et moi le premier - amusés le 23/12. Diable! Libé suit ce blog? Commentaires inclus?
Et bien non. Ce que j'avais pris pour être, comme on dit au Canard Enchaîné, "Tout de son cru", n'était que repiquage brighellien à la lettre de la source - elle-même recopiée, mais là en le disant, par Libé- que l'on trouve sur le Net à l'adresse http://humour.developpez.com/bestof/index.php?cat=35&aff;=1
Décevant.
Le site en question est un Club privé de développeurs (informaticiens) et l'auteur de la note un certain Alacazam, dont certes je n'ai pas percé le pseudo mais dont je doute qu'il s'agisse de Brighelli lui-même.
Je reconnais très volontiers que nous passons notre temps, tous, à piller des dictionnaires et les travaux de nos prédécesseurs ou collègues pour nous forger des connaissances et nous fournir en citations, mais enfin, là, c'est gros, et puisque recopie stricte il y avait, elle aurait dû être dite.
Cela ne change rien au commentaire que j'en avais fait, mais modifie mon regard. D'autant que - indépendamment du fond de la question, l'existence du Père Noël n'en étant pas vraiment une - puisqu'il y a du coup appropriation d'énoncé, comme nos "mauvais" élèves qui regardent sur la copie des "bons", c'est à dire acceptent sans barguigner des résultats dont la justification leur échappe, il y a là une absence totale d'esprit critique peu encourageante chez un formateur.
Les questions que j'avais posées demeurent et plusieurs des résultats avancés me semblent douteux.
Une explication de textes serrée de la notice litigieuse, où M. le professeur de lettres se ferait aider de ses collègues de mathématiques et de sciences physiques, serait un excellent exercice, très instructif, avec une classe disons - vu le niveau des questions soulevées - de première, où l'on démonterait les procédés rhétoriques, l'intox para-scientifique et finalement le principe de discours propagandiste structuré qui prévaut ici, qui a triomphé en Union Soviétique (et ailleurs..), et préside, souvent avec succès, à la transformation des vessies en lanternes.

Ecrit par : Sejan | 26 décembre 2006

...... dont (au moins), ci-dessus, une faute d'orthographe: exigente pour exigeante. Shit!

Ecrit par : sejan | 26 décembre 2006

.... Décidément! des démarches (et non "des démarche"!!). J'arrête de relire!

Ecrit par : Sejan | 26 décembre 2006

Pour répondre à Utile baron, entre autres: avez-vous déjà examiné de près le programme des études à l'Ecole Polytechnique? C'est à faire regretter à tout être complet de ne pas s'être battu pour y intégrer. Ce fut ma réaction à la lecture du programme d'études. C'est impressionnant la somme de connaissances enseignée dans cette école en deux ans, sans parler de la grande notoriété des enseignants. Et pourtant, il y a des polytechniciens stupides que je n'aimerais pas subir comme coiffeur, personne dont on doit régulièrement supporter la "causette".N.B. Je préfère aller chez mon dentiste que chez mon coiffeur car chez le dentiste on peut s'abstenir de répondre sans passer pour un être associal.

Ecrit par : dobolino | 26 décembre 2006

ce qui frappe sur ce blog comme dans le personnage que vous vous êtes créé ( un peu le Céline docteur des pauvres à Courbevoie, mais vous n'aurez pas l'occasion de collaborer suite à la fin de l'Histoire ) c'est la suffisance : nulle part vous n'imaginez que vous soyez un crétin pour quelqu'un ; vous avez gardé du gauchisme ( ce qui tiend lieu de fil conducteur de l'extrême : l'anti démocratie et l'anti social-démocratie ) le goût de l'invective déplaisante ( l'immaculée conception : est-ce que cela fait de vous un Lénine ou un De Maistre ? ) de l'attaque minable ( généralement ad hominem : si vous étiez en IUFM il y aurait un mauvais prof de plus là bas...) et de l'outrecuidance de l'adolescence ( se vanter, parler de soi, être au dessus, avoir raison ...) et aussi la flagornerie envers les grands ( Sarkozy aurait parlé de littérature de façon intelligente ? Il aurait une culture ? En dehors du coté drôle où une fois de plus vous vous attribuez le pouvoir d'évaluation et de correcteur de copie de l'Agrégé , le pensez-vous ? cEla ne colle pas ) ... Non, vraiment, vous avez un coté Sartre terriblement daté et le Sartre le moins intelligent: le prof, le normalien, le sel de la terre
sur la littérature, ce que vous dites est souvent pire que convenu, c'est écrit pour les beaux quartiers, ceux qui ne lisent pas car c'est de la perte de temps ( l'argent )
pour le reste, évitez de parler de géomètrie ou de mathématiques, vous y êtes ignare et ridicule : restez l'agrégé de lettres , au moins, ce n'est pas un rôle de composition , du moins dans l'amertume

Ecrit par : Guitard | 26 décembre 2006

Pour Sandra Wagner...
... à qui, prolongeant ses questions, on pourrait demander si elle est apparentée à Richard. Passons.
Sandra, vous êtes sans doute tout entière ralliée au principe: "Plutôt un qui sait que dix qui cherchent". Car franchement, faites un tour par Google et ...
Mais bon. je vous réponds.

Les pêcheurs de perles : le livret est d'Eugène Cormon et Michel Carré. A ma connaissance, original. Cormon est co-auteur avec Adolphe d'Ennery d'un must du théâtre, puis du roman de mélodrame "XIX° siècle" : "Les deux orphelines". On doit à Michel Carré (dans le livret de la Galatée de Victor Massé) ce qui sera des décennies plus loin le titre d'une émission célèbre de José Artur ...): "Ah! Qu'il est doux de ne rien faire quand tout s'agite autour de vous".

Othello (Otello : Verdi): Le livret est bien inspiré de Shakespeare, mais seulement inspiré. Il est d'Arrigo Boito (1842-1918), compositeur et librettiste ....

Satisfaite? Mais cela vous prenait - m'a pris - allez, cinq minutes d'internet ... Ne recommencez pas!

Ecrit par : Sejan | 26 décembre 2006

Et tout repartira progressivement dans l'autre sens car un peuple vivant est un peuple écrasé. Vous voyez que je n'oublie pas Cioran. La leçon s'est inscrite.

J'ai un peu connu la Roumanie du temps du "conducatore"...Je peux vous dire qu'un Peuple écrasé n'est pas un peuple vivant, mais un peuple mort. Quant à Cioran, grand spécialiste de l'humour noir, comme son compatriote Ionesco, il ne vivait pas à Bucarest, mais à Paris.

Ecrit par : robin | 26 décembre 2006

Sejan vous n'étiez pas obligé de répondre et je vous trouve bien méprisant et désobligeant : je posais simplement une question et je n'ai de réflexions à recevoir de vous ni de personne !

Alors de grâce plutôt que de me balancer ce type de remarques débiles à lextrême, balayez devant votre porte !

Figurez vous que j'ai effectué des recherches sur Google mais voyez-vous je n'étais pas sur le bon site !

Merci quand même pour la réponse....

Ecrit par : Sandra WAGNER | 26 décembre 2006

J'oubliais, Séjan, je recommencerai autant de fois que je le souhaiterai que cela vous convienne ou non !!!

Ecrit par : Sandra WAGNER | 26 décembre 2006

Il me semble que c'est à mon tour d'être ennuyée par les fauteurs de troubles qui viennent balancer des textes sous le pseudo de toto. Je reçois 10 fois les mêmes posts.
Eh, bien, nous allons aussi nous reposer pendant ces vacances.

Ecrit par : Alice | 26 décembre 2006

J'adore les invectives du dit Guitard… Tiens, il devrait nous faire un cours de littérature, pour voir. Et peu m'importe d'être jugé adolescent (forcément attardé), je connais tellement de petits vieux précoces…
Ce sont de tels étalages de connerie humaine qui me donnent envie d'abandonner ce blog — autant laisser le champ aux moins aptes, ils en rêvent. D'ailleurs, je ne le leur dispute pas — Epicure a écrit de jolies choses sur le sujet.
M'étonne pas qu'il vote pour Blanche Epiphanie, tiens(1).

Je n'ai jamais prétendu que l'analyse des performances du Père Noël était de moi (pour tout dire, je l'avais reçu le matin même par mail). Libé se fournit sur le web — ça, c'est du journalisme d'investigation. Comme nous tous, mais nous ne nous prétendons pas journalistes.
Et je ne lis pas Libé — pas très souvent, en tout cas.

Sur la formation générale des grandes écoles — et particulièrement de Polytechnique… Je voudrais apporter un témoignage. Un mien ami (je ne vous donne pas son nom, il est vilipendé par une bonne partie de la gauche, on m'accuserait d'être chiraquien, après m'avoir traité de sarkozyste) vient de mourir. Polytechnicien des années 70, fort cultivé — nous sommes devenus amis en nous récitant en alternance le Cimetière marin —, il a fait fortune dans le pétrole — très loin de sa formation initiale (encore que… il était aussi diplômé de l'INSEAD), mais il était doué en communication, il s'est fait "trader" pétrolier et il a été longtemps l'interface auprès des producteurs arabes de compagnies à capitaux "juifs" avec lesquelles les pays producteurs veulent bien faire des affaires, pourvu qu'ils serrent la main à un goy — sainte hypocrisie… Tout cela avant de créer sa propre compagnie. Bref, ce type avait non seulement une culture française vaste, mais il maîtrisait cinq ou six langues, et était expert dans chacune des cultures associées. Grande puissance de travail, sportif, expert en arts, gourmand et luxurieux — toutes les qualités que l'on apprend à développer dans les grandes écoles — enfin, que l'on apprenait : je trouve nombre de mes élèves actuels extrêmement sérieux.
À part ça, Dobolino, c'est vrai que ces concours d'ingénieur se jouent sur les sciences humaines — il y a bien plus de surdoués en maths/physique/chimie que de postes aux concours. C'est là qu'une appartenance de classe est la plus sensible, et la plus payante. Pas mal d'élèves de prépas sont nés dans une bibliothèque, si je puis dire, et ont passé intelligemment leurs vacances en Angleterre ou en Australie à apprendre l'anglais — et le reste.
Et c'est bien cet écart originel que l'on voudrait gommer — alors qu'il s'agit de le répandre, de donner à tous ce qu'ont eu certains.
JPB
(1) J'ai entendu Sarkozy parler avec pertinence de Belle du seigneur — le roman d'Albert Cohen n'est pas forcément le livre de monsieur-tout-le monde. Mais je lui dois un concept sublime : le "mépris d'avance". Salut à Guitard.

Ecrit par : brighelli | 26 décembre 2006

JPB, entre nous, certains me font penser à la chanson de Brel "les bourgeois":

Les bourgeois c'est comme les cochons
Plus ça devient vieux plus ça devient bête
Les bourgeois c'est comme les cochons
Plus ça devient vieux plus ça devient c...

Désolée pour le langage trivial mais franchement les insultes déplacées de certains me laissent pantoises...

Ecrit par : Sandra WAGNER | 26 décembre 2006

"la curiosité intellectuelle est une vertu rare, indépendante des professions et peut-être même du niveau d'études." observe Robin, sauf erreur.
J'en suis persuadée. De 2000 à 2006, j'ai participé à la revue littéraire des" Mots du Nau" ce qui m'a donné l'occasion de rencontrer environ 80 personnes écrivant régulièrement ou ponctuellement sur des sujets divers et obéissant à différentes motivations. A chaque rencontre j'ai constaté la volonté d'en savoir plus, de comprendre et de bien faire, et parfois chez des gens qui avaient dû interrompre leur scolarité pour telle ou telle raison. Ma pratique du chant choral m'a fait rencontrer également des mélomanes exerçant une profession sans lien apparent avec le chant : un carreleur, un employé des postes, une vendeuse de fromages, un assureur, des infirmières, un cultivateur, un vigneron des enseignants c'est vrai, mais bon il n'y a pas que les enseignants qui sifflent et chantent en travaillant... Oh la la ,qu'est-ce que je raconte ?
La revue des" Mots du Nau" n'existe plus depuis quinze jours : aucune aide matérielle. Nous avons publié 18 numéros d'une quarantaine de pages à chaque fois. On nous a pris pour des originaux un peu fous...Quelle importance. Ce fut une belle aventure.

Ecrit par : CHARPENTIER Hélène | 26 décembre 2006

Et tout repartira progressivement dans l'autre sens car un peuple vivant est un peuple écrasé. Vous voyez que je n'oublie pas Cioran. La leçon s'est inscrite.

J'ai un peu connu la Roumanie du temps du "conducatore"...Je peux vous dire qu'un Peuple écrasé n'est pas un peuple vivant, mais un peuple mort. Quant à Cioran, grand spécialiste de l'humour noir, comme son compatriote Ionesco, il ne vivait pas à Bucarest, mais à Paris.

Ecrit par : robin | 26 décembre 2006

Ah! vous! ne m'invectivez pas sans savoir... C'est une allusion à un texte cité par Pendariès il y a deux bons mois et qui fut à l'origine de mon recul ici où les gens passent puis prennent un peu leurs distances et se contentent de lire sans plus intervenir ou rarement quand ils ont pris conscience d'un certain manque de liberté verbale. Ce que vous dites, je le sais. Alors, ne ramenez pas votre fraise comme si vous étiez Le Seul...

Ecrit par : dobolino | 26 décembre 2006

À part ça, Dobolino, c'est vrai que ces concours d'ingénieur se jouent sur les sciences humaines — il y a bien plus de surdoués en maths/physique/chimie que de postes aux concours. C'est là qu'une appartenance de classe est la plus sensible, et la plus payante. Pas mal d'élèves de prépas sont nés dans une bibliothèque, si je puis dire, et ont passé intelligemment leurs vacances en Angleterre ou en Australie à apprendre l'anglais — et le reste.
Et c'est bien cet écart originel que l'on voudrait gommer — alors qu'il s'agit de le répandre, de donner à tous ce qu'ont eu certains.
JPB

Ecrit par : brighelli | 26 décembre 2006

Oui! Vous retombez sur les propos de Bourdieu dans les années soixante-dix soulignant la sélection par la "race" de naissance à l'entrée à la Rue d'Ulm. Ce qui s'en est suivi, vous en parlez tous les jours... Même l'ENS Saint Cloud (ou Fontenay), enfin les débris qui survivent, n'est plus accessible au peuple alors qu'elle était encore abordable. Mon pôpa, ma môman et vous en êtes de vivants exemples.
Si on savait à l'avance ce qu'on peut faire de nos diagnostics, on se tairait plus souvent. N'êtes-vous vraiment pas inquiet de la dérive réactionnaire sensu stricto qui s'accroche à vos propos? Je suis un peu sur la défensive... Faï meffi!

Ecrit par : dobolino | 26 décembre 2006

N'êtes-vous vraiment pas inquiet de la dérive réactionnaire sensu stricto qui s'accroche à vos propos? Je suis un peu sur la défensive... Faï meffi!

Ecrit par : dobolino | 26 décembre 2006

Moite aussi...

Ecrit par : Alice | 26 décembre 2006

ouf, ça y est, Robin, je l'ai retrouvé! Dans Pour Solde de tout compte...


Vues sur la tolérance

Signes de vie: la cruauté, le fanatisme, l'intolérance; signe de décadence: l'aménité, la compréhension, l'indulgence... Tant qu'une institution s'appuie sur des instincts forts, elle n'admet ni ennemis, ni hérétiques: elle les massacre, les brûle ou les enferme. Bûchers, échafauds, prisons! ce n'est pas la méchanceté qui les inventa, c'est la conviction, n'importe quelle conviction totale. Une croyance s'instaure-t-elle? tôt ou tard la police en garantira la "vérité". Jésus - du moment qu'il voulut triompher parmi les hommes - eût dû prévoir Torquemada, - conséquence inéluctable du christianisme "traduit dans l'histoire" (1). Et si l'Agneau n'a pas prévu le tortionnaire de la croix, son futur défenseur, il mérite alors son sobriquet. Par l'Inquiition, l'Eglise prouva qu'elle disposait encore d'une grande vitalité; de même les rois par leur bon plaisir. Toutes les autorités ont leur Bastille: plus une institution est puissante, moins elle est humaine. L'énergie d'une époque se mesure aux êtres qui y souffrent, et c'est par les victimes qu'elle sucite, qu'une croyance religieuse ou politique s'affirme, la bestialité étant le caractère primordial de toute réussite dans le temps. Des têtes tombent là où une idée l'emporte; elle ne peut l'emporter qu'aux dépends des autres idées et des têtes qui les conçurent ou les défendirent.
L'Histoire confirme le scepticisme; cependant elle n'"est" (1) et ne "vit" (1) qu'en le piétinant; aucun événement ne surgit du doute, mais toutes les considérations sur les événements y conduisent et le justifient. C'est dire que la tolérance - bien suprême de la terre - en est en même temps le mal. Admettre tous les points de vue, les croyances les plus disparates, les opinions les plus ocntradictoires, présuppose un état général de lassitude et de stérilité. On en arrive à ce miracle: les adversaires coexistent, - mais précisément parce qu'ils ne peuvent plus l'être; les doctrines opposées se reconnaissent des mérites les unes aux autres parce qu'aucune n'a de vigueur pour s'affirmer. Une religion s'éteint lorsqu'elle tolère des vérités qui l'excluent; et il est bien mort le dieu au nom duquel on ne tue plus. Un absolu s'évanouit: une vague lueur de paradis terrestre se dessine..., lueur fugitive, car l'intolérance constitue la loi des choses humaines. Les collectivités ne s'affirment que sous les tyrannies, et se désagrègent dans un régime de clémence; - alors, dans un sursaut d'énergie, elles se mettent à étrangler leurs libertés, et à adorer leurs geôliers roturiers ou couronnés.
Les époques d'effroi prédominent sur celles de calme; l'homme s'irrite beaucoup plus de l'absence que de la profusion d'événements; aussi l'Histoire est-elle le produit sanglant de son refus de l'ennui.

E.-M. CIORAN, Précis de décomposition, in OEuvres, coll. Quarto, Gallimard, Paris, 1997, p.728-729.
(Première édition en 1949)

(1) En italiques dans le texte.

Ecrit par : Pendariès | 24 octobre 2006

Ecrit par : dobolino | 26 décembre 2006

Pas de trêve pour les confiseurs... Quelques sucreries...

A lire, Frackowiak, inspecteur, membre du PS et le l'UNSA (un extrait, ci-dessous), à lire aussi ces réflexions que l'on trouve sur le site de Meirieu et qui ont été répercutées sur celui du Café Pédagogique : "La place de la pédagogie, de la Finlande à la France et ailleurs...", par Pierre Frackowiak, Laurent Carle..., ici : http://www.meirieu.com/FORUM/laplacedelapedagogie.pdf (Frakowiack y puise largement son inspiration : "Les professeurs de l'école fondamentale à construire, de 3 à 16 ans, ne peuvent plus être essentiellement des transmetteurs de savoirs."), à lire enfin ce nouvel audit sur "La grille horaire des enseignements au collège : mission d'audit de modernisation" ( http://www.ladocumentationfrancaise.fr/rapports-publics/064000774/index.shtml : lisez bien les propositions, la page 33 en particulier et les "Proposition de référentiel horaire national" ... ), l'avenir est sombre, très sombre!

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Lisez attentivement Frackowiak ( http://www.liberation.fr/rebonds/225369.FR.php ) ! Recyclez-vous vite!


"Si on te touche pas aux programmes, aux missions des enseignants, à la place de l'école et du collège dans la cité, si l'on se contente de ravaler, d'ajuster, de corriger, d'ajouter des évaluations, du soutien, de la remédiation, on se dirige inéluctablement vers de nouvelles déceptions et vers des crises. Pourquoi conserver à toutes fins les disciplines actuelles? Pourquoi pas de la philosophie, du droit, de l'écologie, du développement de l'intelligence dès l'école maternelle? Qui a décidé que la juxtaposition des disciplines actuelles était immuable? Une véritable réforme des programmes prendrait nécessairement en compte l'exigence de donner du sens aux savoirs scolaires, de rendre lisible leur articulation avec les savoirs sociaux, de garantir les transversalités. L'absence de ce sens est un des facteurs majeurs du désintérêt et de la démobilisation des élèves. Les professeurs de l'école fondamentale à construire, de 3 à 16 ans, ne peuvent plus être essentiellement des transmetteurs de savoirs. Ils devront devenir quels que soient leur discipline et leur niveau d'intervention, en même temps, des professeurs d'intelligence, de maîtrise de la langue et de citoyenneté, engagés dans un véritable projet d'établissement qui ne soit pas qu'un formulaire rangé dans un tiroir. Une telle évolution exigera une formation pédagogique nouvelle, à inventer et à mettre en œuvre sans tarder. Tant que l'on n'osera pas transcender les savoirs disciplinaires et les didactiques en se mobilisant sur la pédagogie, il sera vain d'espérer un renouveau. De même, il faudra enfin, absolument, intégrer les écoles et les collèges dans le tissu social en en faisant les lieux privilégiés, ouverts, de la société de la connaissance et du partage des savoirs, transformant par la même, fondamentalement, les rapports entre la famille et l'école."

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Un site plein d'avenir : http://motstocsin.autonomie.org/html/actions/profbi.htm

Ecrit par : Eric | 27 décembre 2006

Dobolino, vous exagérez ! S'il est bien un site sur lequel rien n'est censuré (et il m'est arrivé de me le reprocher, vu l'invasion du blog par des stratèges d el'occupation d'espace…), c'est celui-ci.
JPB

Ecrit par : brighelli | 27 décembre 2006

Un beau discours pour ajouter de l'eau à un moulin qui n'en manque pas sur ce site !


Article imprimé sur le site de « Sauvons la Recherche » - http://recherche-en-danger.apinc.org
DES LETTRES, DES ARTS ET DES SCIENCES INTERVENTION DE VICTOR HUGO A L’ASSEMBLEE NATIONALE EN 1848
« Personne plus que moi, messieurs, n’est pénétré de la nécessité, de l’urgente nécessité d’alléger le budget ; seulement à mon avis, le remède de l’embarras de nos finances n’est pas dans quelques économies chétives et détestables ; ce remède serait, selon moi, plus haut et ailleurs ; il serait dans une politique intelligente et rassurante, qui donnerait confiance à la France, qui ferait renaître l’ordre, le travail et le crédit et qui permettrait de diminuer, de supprimer même les énormes dépenses spéciales qui résultent des embarras de la situation.

C’est là, messieurs, la véritable surcharge du budget, surcharge qui, si elle se prolongeait et s’aggravait encore, et si vous n’y preniez garde, pourrait, dans un temps donné, faire crouler l’édifice social. J’ai déjà voté et continuerai de voter la plupart des réductions proposées, à l’exception de celles qui me paraîtraient tarir les sources même de la vie publique et de celles qui, à côté d’une amélioration financière douteuse, me présenteraient une faute politique certaine.

C’est dans cette dernière catégorie que je range les réductions proposées par le comité des finances sur ce que j’appellerai le budget spécial des lettres, des sciences et des arts. Je dis, messieurs, que les réductions proposées sur le budget spécial des sciences, des lettres et des arts, sont mauvaises doublement. Elles sont insignifiantes au point de vue financier et nuisibles à tous les autres points de vue. Insignifiantes au point de vue financier, cela est d’une telle évidence, que c’est à peine si j’ose mettre sous les yeux de l’assemblée le résultat d’un calcul de proportion que j’ai fait.

Je ne voudrais pas éveiller le rire de l’assemblée dans une question sérieuse ; cependant, il m’est impossible de ne pas lui soumettre une comparaison bien triviale, bien vulgaire, mais qui a le mérite d’éclairer la question et de la rendre pour ainsi dire visible et palpable.

Que penseriez-vous, messieurs, d’un particulier qui aurait 1500 francs de revenus, qui consacrerait tous les ans à sa culture intellectuelle, pour les sciences, les lettres et les arts, une somme bien modeste : 5 francs, et qui, dans un jour de réforme, voudrait économiser sur son intelligence six sous ? Voilà, messieurs, la mesure exacte de l’économie proposée. Eh bien ! ce que vous ne conseilleriez pas à un particulier, au dernier des habitants d’un pays civilisé, on ose le conseiller à la France !

Je viens de vous montrer à quel point l’économie serait petite ; je vais vous montrer maintenant combien le ravage serait grand. Ce système d’économies ébranle d’un seul coup tout net cet ensemble d’institutions civilisatrices qui est, pour ainsi dire, la base du développement de la pensée française. Et quel moment choisit-on ? C’est ici, à mon sens, la faute politique grave que je vous signalais en commençant : quel moment choisit-on pour mettre en question toutes les institutions à la fois ? le moment où elles sont plus nécessaires que jamais, le moment où, loin de les restreindre, il faudrait les étendre et les élargir. Eh ! quel est, en effet, j’en appelle à vos consciences, j’en appelle à vos sentiments à tous, quel est le grand péril de la situation actuelle ? L’ignorance. L’ignorance encore plus que la misère.

L’ignorance qui nous déborde, qui nous assiège, qui nous investit de toutes parts. C’est à la faveur de l’ignorance que certaines doctrines fatales passent de l’esprit impitoyable des théoriciens dans le cerveau des multitudes. Et c’est dans un pareil moment, devant un pareil danger, qu’on songerait à attaquer, à mutiler, à ébranler toutes ces institutions qui ont pour but spécial de poursuivre, de combattre, de détruire l’ignorance ! sur ce point j’en appelle, et je le répète, aux sentiments de l’assemblée. Quoi ! d’un côté la barbarie dans la rue, et de l’autre, le vandalisme dans le gouvernement ! Messieurs, il n’y a pas que la prudence matérielle au monde, il y a autre chose que ce que j’appellerai la prudence brutale. Les précautions grossières, les moyens de police ne sont pas, Dieu merci, le dernier mot des sociétés civilisées. On pourvoit à l’éclairage des villes, on allume tous les soirs, et on fait très bien, des réverbères dans les carrefours, dans les places publiques ; quand donc comprendra-t-on que la nuit peut se faire aussi dans le monde moral et qu’il faut allumer des flambeaux dans les esprits ?

Oui, messieurs, j’y insiste. Un mal moral, un mal moral profond nous travaille et nous tourmente. Ce mal moral, cela est étrange à dire, n’est autre chose que l’excès des tendances matérielles. Eh bien, comment combattre le développement des tendances matérielles ? par le développement des tendances intellectuelles ; il faut ôter au corps et donner à l’âme. Quand je dis : il faut ôter au corps et donner à l’âme, vous ne vous méprenez pas sur mon sentiment. Vous me comprenez tous ; je souhaite passionnément, comme chacun de vous, l’amélioration du sort matériel des classes souffrantes ; c’est là selon moi, le grand, l’excellent progrès auquel nous devons tous tendre de tous nos voeux comme hommes et de tous nos efforts comme législateurs.

Eh bien, la grande erreur de notre temps, ça a été de pencher, je dis plus, de courber l’esprit des hommes vers la recherche du bien être matériel. Il importe, messieurs, de remédier au mal ; il faut redresser pour ainsi dire l’esprit de l’homme ; il faut, et c’est la grande mission, la mission spéciale du ministère de l’instruction publique, il faut relever l’esprit de l’homme, le tourner vers la conscience, vers le beau, le juste et le vrai, le désintéressé et le grand. C’est là, et seulement là, que vous trouverez la paix de l’homme avec lui-même et par conséquent la paix de l’homme avec la société. Pour arriver à ce but, messieurs, que faudrait-il faire ? Il faudrait multiplier les écoles, les chaires, les bibliothèques, les musées, les théâtres, les librairies. Il faudrait multiplier les maisons d’études pour les enfants, les maisons de lecture pour les hommes, tous les établissements, tous les asiles où l’on médite, où l’on s’instruit, où l’on se recueille, où l’on apprend quelque chose, où l’on devient meilleur ; en un mot, il faudrait faire pénétrer de toutes parts la lumière dans l’esprit du peuple ; car c’est par les ténèbres qu’on le perd. Ce résultat, vous l’aurez quand vous voudrez. Quand vous le voudrez, vous aurez en France un magnifique mouvement intellectuel ; ce mouvement, vous l’avez déjà ; il ne s’agit pas de l’utiliser et de le diriger ; il ne s’agit que de bien cultiver le sol.

L’époque où vous êtes est une époque riche et féconde ; ce ne sont pas les intelligences qui manquent, ce ne sont pas les talents, ce ne sont pas les grandes aptitudes ; ce qui manque, c’est l’impulsion sympathique, c’est l’encouragement enthousiaste d’un grand gouvernement.

Je voterai contre toutes les réductions que je viens de vous signaler et qui amoindriraient l’éclat utile des lettres, des arts et des sciences. Je ne dirai plus qu’un mot aux honorables auteurs du rapport. Vous êtes tombés dans une méprise regrettable ; vous avez cru faire une économie d’argent, c’est une économie de gloire que vous faites. Je la repousse pour la dignité de la France, et je la repousse pour l’honneur de la République. »

Ecrit par : Marie-Antoinette | 27 décembre 2006

Dobolino, vous exagérez ! S'il est bien un site sur lequel rien n'est censuré (et il m'est arrivé de me le reprocher, vu l'invasion du blog par des stratèges d el'occupation d'espace…), c'est celui-ci.
JPB

Ecrit par : brighelli | 27 décembre 2006

J'exagère toujours, ce n'est quand même pas vous qui allez me le reprocher! Dans vos délires laïques, vous vous posez là!
En admettant que j'ai changé de nom de famille (il était fort lourd à porter avec mes jeunes profs de lettres françaises ou étrangères...), je suis certaine que nous nous serions fort bien entendus si je vous avais eu pour prof quand vous avez débuté, mais c'est un peu limite au niveau différence d'âge. En quelle année avez vous commencé à enseigner?
Ceci dit, ma vraie question, que vous avez shuntée, était là:


Oui! Vous retombez sur les propos de Bourdieu dans les années soixante-dix soulignant la sélection par la "race" de naissance à l'entrée à la Rue d'Ulm. Ce qui s'en est suivi, vous en parlez tous les jours... Même l'ENS Saint Cloud (ou Fontenay), enfin les débris qui survivent, n'est plus accessible au peuple alors qu'elle était encore abordable, voire prévue pour. Mon pôpa, ma môman et vous en êtes de vivants exemples.
Si on savait à l'avance ce qu'on peut faire de nos diagnostics, on se tairait plus souvent. N'êtes-vous vraiment pas inquiet de la dérive réactionnaire sensu stricto qui s'accroche à vos propos? Je suis un peu sur la défensive... Faï meffi!

Ecrit par : dobolino | 26 décembre 2006

Au fait, pourquoi, dans A Bonne Ecole p 66, laissez-vous planer un doute sur l'ENS dont vous êtes issu? Vous n'êtes quand même pas aussi frimeur que Mazarine Pingeot qui se fit prendre en photo devant l'Ecole de la rue d'Ulm?
Je cite: "A ceci près que Bourdieu, fils de petit employé, petit-fils de paysan, a sauté d'une classe à l'autre via l'ENS de la rue d'Ulm, comme tant d'autres-y compris l'auteur de ces lignes." Pour moi, c'était un peu aussi comme si vous insultiez mes médiocres parents!

Ecrit par : dobolino | 27 décembre 2006

De même, il faudra enfin, absolument, intégrer les écoles et les collèges dans le tissu social en en faisant les lieux privilégiés, ouverts, de la société de la connaissance et du partage des savoirs, transformant par la même, fondamentalement, les rapports entre la famille et l'école."

Frackowiak a trouvé un endroit idéal pour héberger les SDF en hiver...

Ecrit par : dobolino | 27 décembre 2006

Fracko dit aussi, parlant de ceux qu'il appelle "les "initiés" étalant par leur ignorance, leur fermeture d'esprit, leur arrogance de classe, leur hétérophobie (là, je me contenterai du fameux adage qui hante les cours de récréation : "Celui qui l'dit, il l'est !") : "...pour les voir tous, on se tord le cou à regarder à droite, à gauche et aux extrémités..."
Si je comprends bien, il a l'air de dire qu'il est cerné et qu'il admet enfin qu'on peut être de gauche et réfuter ses thèses.

Ecrit par : catmano | 27 décembre 2006

Dobolino, bien sûr que je retombe sur les positions de Bourdieu : c'est même pire qau début des années 60, où l'idée d'héritiers était limitée à une culture. Maintenant, elle s'est élargie aux postes et aux titres… Nous en sommes revenus à l'Ancien Régime — en trente ans, dont vingt de mitterrandisme. Quand je vous dis que "égalité des chances", dégénéré en "égalitarisme", fabrique des inégalités… Bourdieu stigmatisait la Droite gaulliste au pouvoir. S'il avait su que la Gauche ferait pire (d'autant qu'il y a toujours eu une connotation populaire dans le gaullisme originel que la Gauche au fond n'a jamais eue).

J'ai toujours précisé que je sortais de Saint-Cloud. Mais entre ""A ceci près que Bourdieu, fils de petit employé, petit-fils de paysan, a sauté d'une classe à l'autre via l'ENS de la rue d'Ulm, comme tant d'autres-y compris l'auteur de ces lignes"
et
"A ceci près que Bourdieu, fils de petit employé, petit-fils de paysan, a sauté d'une classe à l'autre via l'ENS, comme tant d'autres — y compris l'auteur de ces lignes, mais tandis que Bourdieu avait passé la rue d'Ulm, moi-même j'ai passé Saint-Cloud…"
ou encore :
"A ceci près que Bourdieu, fils de petit employé, petit-fils de paysan, a sauté d'une classe à l'autre via l'ENS de la rue d'Ulm, comme tant d'autres — y compris l'auteur de ces lignes qui lui a passé Saint-Cloud…"

eh bien, vous sentez bien que ma phrase initiale était meilleure. C'est une question d'euphonie — et il m'est arrivé de gauchir singulièrement ma pensée parce que j'avais besoin d'un mot de deux syllabes et non de trois — ou le contraire… Espèce d'esthète de l'art que je suis !
JPB

Ecrit par : brighelli | 27 décembre 2006

Up, Brighelli!
Ceci dit, je vous avais absous pour une toute autre raison: il est bien entendu entre nous que Saint-Cloud et Fontenay sont honorables pour les Clodoaldiens et les Fontenaisiennes mais que pas grand monde ne connaît ces deux Ecoles qui ont mal déféndu leur notoriété face à la prédominance de Ulm et Sèvres. Donc, vous n'aviez guère le choix si vous vouliez faire passer le message qu'il fut une époque pas si lointaine où un gars du peuple pouvait entrer à Normale Sup.
J'aime bien Saint-Cloud car je garde de bons souvenirs de ma vie avenue Pozzo di Borgo de 1962 à 1965 et d'une soirée clé de ma vie que j'y ai passé la veille de l'oral du concours véto en juin 1977.

Ecrit par : dobolino | 27 décembre 2006

Fracko dit aussi, parlant de ceux qu'il appelle "les "initiés" étalant par leur ignorance, leur fermeture d'esprit, leur arrogance de classe, leur hétérophobie (là, je me contenterai du fameux adage qui hante les cours de récréation : "Celui qui l'dit, il l'est !") : "...pour les voir tous, on se tord le cou à regarder à droite, à gauche et aux extrémités..."
Si je comprends bien, il a l'air de dire qu'il est cerné et qu'il admet enfin qu'on peut être de gauche et réfuter ses thèses.

Ecrit par : catmano | 27 décembre 2006

Celle-là, je la recolle rien que pour le plaisir! Trop bien...

Ecrit par : dobolino | 27 décembre 2006

absout? y'a des chances... Ce français, quelle plaie!

Ecrit par : dobolino | 27 décembre 2006

Eh non, absous (féminin absoute)...

Ecrit par : catmano | 27 décembre 2006

Rappelons ici que les ENS de Fontenay et de Saint-Cloud n'existent plus en tant que telles, puisqu'elles ont fusionné et ont été délocalisées à Lyon pour devenir l'actuelle ENS-LSH qui n'a pas l'air de se porter trop mal.

Ecrit par : Meles | 27 décembre 2006

Bonjour à tous,
Je reviens, JPB, sur l'objet de votre message initial - la pédagogie vraie et fausse - pour m'étonner que dans les analyses critiques nombreuses lançées sur la doctrine IUFM, je n'ai jamais trouvé évoqué l'influence que je crois importante des méthodes de management nées aux Etats-Unis à la fin des années 50.
Je veux parler principalement de l'analyse transactionnelle et de la programmation neuro-linguistique (PNL) deux systèmes de persuasion et de motivation qui ont connus un bon succès en France après avoir traversé l'Atlantique dès les sixties et qui continuent à faire les beaux jours des organismes de formation professionnelle, en particulier dans les domaines commerciaux et de gestion des personnels.qui ont tout de suite été friands de ces deux méthodes au parfum de modernité et de scientificité.
A l'IUFM, j'ai retrouvé légèrement modifiés ou édulcotés, beaucoup de principes élaborés par l'A.T et la P.N.L, que j'avais déjç ingurgités dans des formations antérieures et que je retrouve encore aujourd'hui sous diverses appellations dans le milieu de la formation pour adultes.
Il serait d'ailleurs salutaire qu'une "fabrique des crétins" bis sorte sur le thème de la formation professionnelle en france, totalement désorganisée, pompe à fric reconnue dans certains secteurs économiques, gérée de façon opaque sous forme associative...etc.
A bientôt.

Ecrit par : utile baron | 27 décembre 2006

C'est vrai, de l'analyse transactionnelle ? Je n'en avais plus entendu parler depuis un stage Communication de chez Rank Xerox il y a 25 ans…
Faites-le donc, ce livre… C'est une bonne idée
(Editions Jean-Claude Gawsewitch, 17 rue de Buci, 75006 Paris…)
JPB

Ecrit par : brighelli | 27 décembre 2006

Rappelons ici que les ENS de Fontenay et de Saint-Cloud n'existent plus en tant que telles, puisqu'elles ont fusionné et ont été délocalisées à Lyon pour devenir l'actuelle ENS-LSH qui n'a pas l'air de se porter trop mal.

Ecrit par : Meles | 27 décembre 2006

Ouais, Meles meles ! C'est une délocalisation dont il ne fut pas question pour Ulm...
Avouez que votre vrai nom c'est Teysson!
N.B.: Le teissoun, c'est Meles meles.

Ecrit par : dobolino | 27 décembre 2006

Mes voeux pour l'année 2007 :

- L'amendement ou la suppression de la Loi d'orientation de juillet 1989

- La disparition de la phrase "L'élève est au centre du système éducatif"

- La disparition des "collèges ghettos"

- L'assouplissement de la carte scolaire

- la liberté pédagogique (possibilité de ne plus enseigner en séquences, de ne plus utiliser la méthode globale ou semi-globale) Des formateurs formés à la méthode syllabique, des manuels, etc.

- Fin de la mainmise de la secte pédagogiste sur les IUFM.

- Un ministre de l'éducation nationale qui combinerait les qualités de trois de ses prédécesseurs : Le retour aux fondamentaux" (Chevènement), l'humanisation des établissements scolaires (François Bayrou) et le courage de s'attaquer à des questions concrètes comme la nocivité de la méthode globale, le retour à un enseignement systématique de la grammaire et de l'orthographe (Gilles de Robien).

Ecrit par : Robin | 28 décembre 2006

P.S. (c'est le cas de le dire)

Je n'ai pas été juste pour la pauvre Lionel Jospin, j'ai oublié la...

-revalorisation de nos salaires !

Ecrit par : Robin | 28 décembre 2006

Et bien sûr que l'Appel pour la refondation de l'école dépasse un million de de signatures.

- ...et La victoire de nos amis de "Sauver les Lettres".

Ecrit par : Robin | 28 décembre 2006

errata : "le pauvre Lionel Jospin"

Ecrit par : Robin | 28 décembre 2006

Robin

M'autorisez-vous à copier-coller vos voeux 2007 ?

Ecrit par : patrick(instit) | 28 décembre 2006

Bien sûr patrick

Ecrit par : Robin | 28 décembre 2006

Eh non, absous (féminin absoute)...

Ecrit par : catmano | 27 décembre 2006

Y'a des fois où je me demande si une réforme de l'orthographe... vous trouvez ça logique absous/ absoute ?

Ecrit par : dobolino | 28 décembre 2006

"Absoute" de absolvo, solvi, solutum, ere : dégager, délier, laisser libre, libérer qq. d'un souci, acquiter, absoudre...

Non, ça n'est pas logique, ça doit être une question d'euphonie, pour ne pas dire "absouse", ils ont sans doute formé le féminin sur le participe passé du verbe latin (solutum).

C'est pareil pour "nénuphar"...Il n'y a aucune raison d'écrire "ph" comme dans "pharmacie"...Ca ne vient pas du grec. On devrait écrire "nénufar".

Ecrit par : Robin | 28 décembre 2006

Robin

Merci . Copier-coller et publier .

Je penserai aux ROYALties !

Ecrit par : Patrick(instit) | 28 décembre 2006

J'ai oublié de vous demander sur quel site vous comptiez publier mes voeux. Et maintenant, c'est trop tard. Pour les ROYALties, ce n'est pas la peine. Ce n'est pas que "je ne mange pas de ce pain-là", mais je complète très confortablement mon salaire en travaillant pour "Acadomia"...J'envisage d'ailleurs de m'acheter un yacht ...Comme la plupart de mes collègues d'ailleurs, comme chacun sait...Ou du moins comme ROYAL sait. Si vous publiez mes voeux sur son site, ajoutez-en un. Aux présidentielles : ni Le Pen, ni Royal !

Ecrit par : Robin | 28 décembre 2006

Ce n'est pas que "je ne mange pas de ce pain-là", mais je complète très confortablement mon salaire en travaillant pour "Acadomia".
Robin

Je suis étonnée que vous n'en ayez point parlé sur ce blog, mais justement, E.Charmeux se fait fort d'arrondir ses fins de mois en participant à la formation des enseignants dans une boîte privée. Quand les IUFM sont insuffisants, La Charmeuse en remet une couche... D'autant plus qu'étant à la retraite, elle pourrait laisser la place à ceux qui en ont besoin. Alors, de gauche cette dame?

http://www.prepaconcours.com/34/index.php?page=crpe&page2;=2

Ecrit par : Alice | 28 décembre 2006

Si vous publiez mes voeux sur son site, ajoutez-en un. Aux présidentielles : ni Le Pen, ni Royal !

Ecrit par : Robin | 28 décembre 2006

Et Sarko?

Ecrit par : Alice | 28 décembre 2006

http://www.meirieu.com/FORUM/laplacedelapedagogie.pdf

J'ai lu ce pathos, en particulier le texte de Frackowiak. Tant que des malades mentaux comme celui-là auront droit à la parole, nous pouvons ramer. La Finlande et la France sont difficilement comparables. Nous avons encore de temps en temps un prix Fields ou un prix Nobel, et la Finlande?? C'est idiot de tomber dans le panneau d'une telle comparaison.

Et que dire de Charmeux, qui réserve le terme de "pronom personnel" pour "il", "elle", "ils","elles", et le remplace avantageusement par "embrayeur de conjugaison ", pour "je", "tu", "nous", "vous". Les enfants comme les parents("pas si idiots que le rapport veut le laisser croire" sic) acceptent très facilement ce terme de linguiste.
Dans ce pays, on est vraiment tombé sur la tête.
Anne-Marie.

Ecrit par : Anne-Marie Valette | 28 décembre 2006

Robin

C'est très modestement sur mon blog, car cela m'a plu

http://parolesdinstit.blog.lemonde.fr/

cordialement

Ecrit par : Patrick(instit) | 28 décembre 2006

Et Sarko?

Alice, vous m'entraînez sur une terrain glissant...Je sais que les profs sont généralement de gauche, y compris les "anti-pédagos". Je ne roule pas spécialement pour le petit Nicolas, mais j'ai trouvé que son discours sur l'Ecole avait une certaine allure. Bon vous allez me dire que ce n'est pas lui qui l'a écrit.

Ecrit par : Robin | 28 décembre 2006

Et que dire de Charmeux, qui réserve le terme de "pronom personnel" pour "il", "elle", "ils","elles", et le remplace avantageusement par "embrayeur de conjugaison"

On comprend qu'avec son embrayage le moteur ait des ratés.

Ecrit par : Robin | 28 décembre 2006

Et que dire de Charmeux, qui réserve le terme de "pronom personnel" pour "il", "elle", "ils","elles", et le remplace avantageusement par "embrayeur de conjugaison"

On comprend qu'avec son embrayage le moteur ait des ratés.

Je viens de vérifier dans le Robert, le mot "embrayeur" n'existe pas...Eveline nous fait braire!

Ecrit par : Robin | 28 décembre 2006

patrick, vous êtes très bien sur la photo...Bon, si je continue comme ça, on va me dire que je me suis trompé de blog...Je dis ça pour aiguiser la curiosité des dames.

Ecrit par : Robin | 28 décembre 2006

patrick

Blague à part, votre blog est "top", comme disent les élèves.

Ecrit par : Robin | 28 décembre 2006

Anne-Marie, le discours des pédagogues est toujours le même :
- nous sommes rejetés, méprisés, etc. (alors qu'ils sont au pouvoir depuis un quart de siècle) ;
- ailleurs (sous-entendu : là où l'on applique nos diktats), l'herbe est plus verte.
Nous avons parlé de la Finlande ici même il y a plusieurs mois, pour souligner ce que le projet finlandais avait d'intéressant, et ce qu'il avait d'inapplicable en France (peu d'habitants, énorme encadrement scolaire, taux d'étrangers en Finlande : aux alentours de 2%, et ce sont pour l'essentiels des Suédois…).
Quant au succès d el'éducation à la finlandaise, je suggère à tous ceux qui se font des idées à ce sujet de lire "la Douce empoisonneuse", d'Arto Paasilina (entre autres chefs d'œuvre du même, que je fais entrer cette année dans le Petit Larousse). Il semblerait que les Finlandais aient tout ce qui leur faut de voyous alcooliques — purs produits d'un système "à la carte".
SI on prend le second du classement PISA (la Corée du Sud, sauf erreur de ma part, pendant que la France est dans les 14-15ème), arrive-t-on aux mêmes conclusions ? Non : c'est un système scolaire ultra-dirigiste et ultra-sélectif.
Les conclusions auxquelles j'arrivais, dès la Fabrique du crétin, c'est que Finlandais et Coréens ont des systèmes scolaires qui coïncident avec leur génie national — et que nous refusons depuis une vingtaine d'années de suivre notre pente, ce qui nous conduit droit au précipice (la métaphore est osée, mais je l'ose…).
Au passage, trois points :
- les débats "pédagogiques" de ces jobards se font en vase clos ;
- le ton de ces gens-là est incroyablement agressif (et je m'y connais) — et plein d'auto-congratulations, ce que je pratique peu, y compris avec les plus fidèles des blogueurs ici présents ;
- et la méthode de Charmeux / Frackowiack pour apprendre l'orthographe ne donne pas toujours de bons résultats : "Nombre de progressistes se laissent eux-même piégés" — sic. Quand je pense que l'on apprend aux élèves, qui le retiennent assez bien, que dans 95% des cas, lorsque deux verbes se suivent, le second est à l'infinitif… Ou qu'en cas d'inquiétude, on peut toujours tenter un verbe du deuxième groupe…
Mais Frackowiack a quitté l'enseignement actif il y a si longtemps…
JPB
PS. Spécial Dobolino. Je suis né en 53, j'ai passé l'ENS en 72, et l'agrèg en 75 (comme ça a paru dans la presse, je peux en faire état). Suis-je dans vos âges, ou suis-je un pépé flingueur ?

Ecrit par : brighelli | 28 décembre 2006

et que nous refusons depuis une vingtaine d'années de suivre notre pente, ce qui nous conduit droit au précipice (la métaphore est osée, mais je l'ose…).

"Il faut suivre sa pente, pourvu que ce soit en montant." (André Gide)

Nous, nous l'avons descendue. Voilà pourquoi nous allons vers le précipice.

Ecrit par : Robin | 28 décembre 2006

" À commencer par les 2000 pages du Comte de Monte Cristo. La nouvelle déclenche des cris de protestations. La moustache inflexible, Brighelli savoure son effet. »

Je vous trouve quand même un peu fort de café... les 1ères STG ne sont pas en khagne !

Il ne faut pas oublier que les élèves ont 8 matières, pas une ou deux ou trois (si on compte pour vous le latin et le grec).

C'est d'abord au profsesseur de lire in extenso, et de réaliser des synthèses présentées (sous forme magistrale...).

Certes, il faut faire travailler les élèves... mais le problème de la fabrique du crétin, c'est d'abord celui du travail des professeurs, le scandale des ces sous-profs de lettres qui ne lisent plus depuis 10 ans, de ces sous-profs de sciences naturelles qui, en vacances dans le Vercors, ne se posent même pas la question des rapports tectonique-érosion.

Comme ces sous-profs ne foutent plus rien, la mère royal de propose de leur faire faire 23h00 de garderie pour boucher le trou.

Si je partage vos idées, mais je ne pense pas que'il fasse faire payer aux élèves l'état lamentable de l'éducation ; il me faut 8h00 pour lire 100 pages sérieusement en prenant des notes. C'est mon boulot, c'est bien pour cela que je n'ai que 15 heures de cours. Les élèves, eux, en ont 32. 2000 pages, c'est 160h00 (un mois de travail, peut-être suis-je un lambinard ?)

Faites-les bénéficier de vos excellentes synthèses, vous n'êtes pas obligé de les surcharger. C'est aussi cela votre boulot !

Mon prof de français de 1ère - M R. Le Pen, ça ne s'invente pas en Bretagne, m'a donné le goût de lire. Mais je n'ai lu certaines de ses recommandations que 3 ans après, quand j'étais à l'université !!!

Notre travail se fait aussi sur le long terme.

Ecrit par : DUMOUCH Rodolphe | 28 décembre 2006

Les conclusions auxquelles j'arrivais, dès la Fabrique du crétin, c'est que Finlandais et Coréens ont des systèmes scolaires qui coïncident avec leur génie national

Ce que vous dites sur le "génie national", auto-congratulation mise à part, est très juste. L'imitation traduit toujours un déficit de l'être et une fascination pour le paraître. Et puis, avant de vouloir prendre les autres...la Chine, les pays scandinaves... pour modèles, il faudrait aller y regarder de plus près, nous avons déjà commis l'erreur avec le système scolaire américain.

Ecrit par : Robin | 28 décembre 2006

Je réponds à Rodolphe Dumouch dont j'ai la contribution alors qu'elle n'apparaît pas ici — mystères du web.
J'ai donc "fait", l'année dernière, le comte de Monte-Cristo avec l'une de mes deux Premières STG, et les Trois mousquetaires avec l'autre.
J'ai lu l'un et l'autre romans entre 8 et 10 ans — que dis-je lire ! Vous me donnez une phrase, je vous dis la suivante — en tout cas, pour les Trois mousquetaires.
C'est du feuilleton — tout comme les Misérables, que je ferais tout aussi vaillamment. Ça e lit comme on lit le journal.
Sinon, vous avez un peu raison, question lecture des profs. Si nous avons ici (ils l'ont prouvé cet été, quand les conseils de lecture fusaient de tous côtés) des lecteurs avides, combien de nos collègues appellent "lire" le décryptage du Monde — ou de Libé, plus facile, y'a des images… Et plus beaucoup de feulleton.
Et le rapport de nombre d'enseignants de Lettres aux "Classiques" me paraît bien étrange. Un scientifique qui ne se tiendrait pas au courant penserait toujours, sans doute, que l'épiphyse (la fameuse glande pinéale de Descartes) héberge l'âme — alors que tout le monde sait qu'elle est réfugiée dans l'hypothalamus… :-)
Forcément : une glande qui fait tomber amoureux est forcément d'essence (des sens ?) divine…
JPB
PS. Je viens de finir de rédiger un cours complet sur Un amour de Swann (la synthèse de mes cours du premier trimestre, en fait). Vous voyez, les vacances servent à quelque chose, et les classiques sont encore lus…
Mais le rapprochement que j'y fais entre Proust et Krafft-Ebing, ça, c'est du Brighelli pur porc.

Ecrit par : brighelli | 28 décembre 2006

JPB

A propos de Proust et de Krafft-Ebing qui introduisit en psychanalyse les notions de sadisme et de masochisme, connaissez-vous les analyses de René Girard ? Dans Mensonge romantique et vérité romansque et Des choses cachées depuis le commencement du monde, page 420, dont j'extrais cette citation : "Le dernier Proust sait que le narcissisme pour soi n'existe pas, il sait que pour représenter le désir de façon convaincante, il faut le représenter en dehors de la loge des Guermantes et incapable d'y pénétrer. Le désir ne doit pas essayer de nous faire croire qu'il domine la situation. Seules l'intéressent les situations dans lesquelles il est dominé..."

Ecrit par : Robin | 28 décembre 2006

Je ne connais pas très bien Krafft-Ebing, un peu mieux Freud. Girard prétend que le Proust de La Recherche (pas celui de Jean Santeuil) en sait plus loin que Freud sur le désir, que Freud reste prisonnnier d'une conception "narcissique" du désir. Et Krafft-Ebing ? J'imagine que vous vous êtes particulièrement intéressé au personnage Charlus.

Ecrit par : Robin | 28 décembre 2006

PS. Spécial Dobolino. Je suis né en 53, j'ai passé l'ENS en 72, et l'agrèg en 75 (comme ça a paru dans la presse, je peux en faire état). Suis-je dans vos âges, ou suis-je un pépé flingueur ?

Ecrit par : brighelli | 28 décembre 2006

Bon, voyons voir:
-vous avez le même âge que le père de mes enfants
-vous auriez pu être nommé en premier poste dans mon bahut de banlieue mais j'étais alors en TC et n'avais pas pris l'option français donc je n'aurais pu vous avoir
-l'année suivante j'ai eu un vieux barbon à LLK en prépa, plutôt sympa: ça collait entre nous parce que j'avais obstinément refusé de faire une contraction de texte sur un Petit Poème en Prose de Baudelaire quitte à me ramasser un zéro... Nous avions cette année-là au programme prépa scientifique Lorenzacio et Baudelaire et j'avais pris le pari(soutenue par mes géniteurs) qu'aucun jury de Français n'aurait la grossièreté de nous faire "contracter" Baudelaire ou Musset... Pari gagné: ce fut bien sûr le Discours sur l'Encyclopédie de d'Alembert qui tomba.
Il aurait donc fallu que votre deuxième année d'enseignement fut en prépa scientifique de banlieue parisienne.... Un peu ardu!
Agrèg en 1975, vous avez échappé à pôpa comme directeur (intérimaire, il y tient...)de Saint Cloud.

Ecrit par : dobolino | 28 décembre 2006

Je suis né en 53, j'ai passé l'ENS en 72, et l'agrèg en 75 (comme ça a paru dans la presse, je peux en faire état). Suis-je dans vos âges, ou suis-je un pépé flingueur ?

Ecrit par : brighelli | 28 décembre 2006

De l'efficacité redoutable des classe préparatoires: bac+5 comme ils disent, pour une agrèg... 22 ans et agrégé! Faut jouer le jeu et en avoir les capacités mais le premier qui me dit qu'une prépa coûte cher, je l'étrangle.
Moi, Bac+5 et un diplôme de véto; des ingénieurs éventuellement polytechniciens bac+5!
Qui peut nous trouver moins cher et plus efficace? Ce n'est qu'une question de mordant.

Ecrit par : dobolino | 28 décembre 2006

Et Le Meunier Hurlant d'Arto Paasilinna, vous avez lu??
Super, la Finlande!

Ecrit par : dobolino | 28 décembre 2006

Allez donc faire un tour sur le blog de Patrick ; c'est vraiment intéressant et bien fait et d'une grande honnêteté intellectuelle, qualité aussi rare que précieuse.

Ecrit par : Robin | 28 décembre 2006

" À commencer par les 2000 pages du Comte de Monte Cristo. La nouvelle déclenche des cris de protestations. La moustache inflexible, Brighelli savoure son effet. »



Ecrit par : DUMOUCH Rodolphe | 28 décembre 2006

BÔÔh, je me suis avalé Le Père Goriot, Germinal et des textes choisis en troisième et ça va, je suis toujours en vie... et j'ai lu tout Zola dans les trois ans qui ont suivi (une foucade d'ado!)... Bon, pas tout Balzac, je vous le concède!

Ecrit par : dobolino | 28 décembre 2006

"Et le rapport de nombre d'enseignants de Lettres aux "Classiques" me paraît bien étrange. Un scientifique qui ne se tiendrait pas au courant penserait toujours, sans doute, que l'épiphyse (la fameuse glande pinéale de Descartes) héberge l'âme — alors que tout le monde sait qu'elle est réfugiée dans l'hypothalamus… :-)"
Pas l'épiphyse, l'hypophyse! L'epiphyse, c'est dans les nonos! Chacun son truc, mais là, je grimpe au plafond...c

Ecrit par : dobolino | 28 décembre 2006

Le Comte de Monte Cristo, Les Trois Mousquetaires... C'est des trucs pour les gars! Vous n'avez rien trouvé de croustillant pour les filles en quête de belles amours? Je ne sais pas, moi...
Les Mystères de Paris? avec Fleur de Marie et Rodolphe
Au Bonheur des Dames? Ah! Denise mettant à genoux Octave Mouret, ah! mes quinze ans.

Ecrit par : dobolino | 28 décembre 2006

Le BO vient d'annoncer la nouvelle : les laureats du CAPES et de l'agreg enseigneront maintenant 8 heures par semaine (contre 4 à 6 jusque là). Mieux encore, leur temps de formation ne s'arrêtera pas à l'année de stage, ils devront subir PLUSIEURS semaines de formation OBLIGATOIRE durant leurs deux premières années de titularisation. Cette formation sera bien sûr assurée par les IUFM.
JPB, vous n'êtes - malheureusement - pas lu par le ministre, qui renforce le poids des IUFM auprès des stagiaires ET des titulaires. Mais personne ne parle de ces formations dorénavant imposées, qui n'ont JAMAIS rien apporté à personne.

Ecrit par : Jeremy | 28 décembre 2006

Dobolino, pour les filles il y a la princesse de Clèves et Une vie...

Ecrit par : Jeremy | 28 décembre 2006

...Et Marguerite Duras : Barrage contre le Pacifique...étudié avec une classe de Première au lycée Récamier à Lyon dans les années 90...Rien que des filles et des "littéraires" comme on n'en fait plus (j'espère qu'on en fait encore); mais elles aimaient bien aussi le Misanthrope de Molière et les Poèmes en prose de Baudelaire...Simone de Beauvoir (la "Sartreuse" de Parme)...

Ecrit par : Robin | 29 décembre 2006

"Et le rapport de nombre d'enseignants de Lettres aux "Classiques" me paraît bien étrange. Un scientifique qui ne se tiendrait pas au courant penserait toujours, sans doute, que l'épiphyse (la fameuse glande pinéale de Descartes) héberge l'âme — alors que tout le monde sait qu'elle est réfugiée dans l'hypothalamus… :-)"
Pas l'épiphyse, l'hypophyse! L'epiphyse, c'est dans les nonos! Chacun son truc, mais là, je grimpe au plafond...c

Ecrit par : dobolino | 28 décembre 2006

Impossible d'effacer! Faites comme si je n'avais rien dit. C'est une histoires de strates successives dans ma mémoire. C'est remonté cette nuit à la surface. je n'ai pas eu le courage de me relever...

Ecrit par : dobolino | 29 décembre 2006

Bonjour à tous,
Entièrement d'accord avec le message de Jeremy sur les nouvelles modalités de formation initiale. D'un côté, on gratte quelques heures (et donc quelques postes) pendant l'année de stage alors que les conditions matérielles de cette année sont souvent très dures. De l'autre, on prolonge la formation obligatoire pendant deux années supplémentaires suivant des modalités plus que floues au seul bénéfice des IUFM dont le rôle est renforcé et au seul détriment des enseignants qui vont devoir se taper ces nouvelles contraintes. Je pense en particulier aux 80 % de nouveaux titulaires nommés T.Z.R.

Il faut bien constater, année après année, ministre après ministre, que le système IUFM s'installe durablement et solidement. L'intégration dans l'Université décidée l'année dernière et cette réforme constituent deux étapes majeures vers l'omnipotence de l'IUFM sur la formation et la carrière des profs.
A bientôt.

Ecrit par : utile baron | 29 décembre 2006

Ce n'est rien, Dobolino, ça nous arrive à tous, et je n'irai pas en déduire que vous pensez sincèrement que c'est l'hypophyse qui produit la mélatonine des rythmes circadiens…
D'autant que ma science est toute neuve, toute fraîche — forcément, j'ai Malebranche au programme des prépas scientifiques — un cadeau ! —, et comme son maître Descartes, il situe l'âme dans la "glande pinéale" — le troisième œil des occultistes. Cherchez sur Google, il y a quelque chose comme sites ésotériques traitant de la glande en question !

Pour Utile Baron.
Le risque, que le ministère commence à peine à mesurer, c'est que les IUFM, qui ont commencé par hurler, négocient leur rattachement à l'université en réclamant l'intégration des intervenants comme maîtres de conférence. Il y aurait très vite des facs de sciences humaines où les pseudo-sciences de l'Education plastronneraient, et tiendraient la majorité — et tout ce qui s'ensuit. Ce n'est pas faute d'avoir averti les universitaires — mais ils se croient à l'abri.
Personne n'est à l'abri.
JPB

Ecrit par : brighelli | 29 décembre 2006

Patrick

L'expérience que vous relatez sur l'utilisation du jeu d'échecs avec des classes difficiles m'a beaucoup intéressé. Je suis , en ce qui me concerne, un joueur très moyen. Je me suis aperçu que ce jeu mobilise la manière dont nous nous comportons dans la vie...Il aide à développer des capacités, mais en même temps, il nous renvoie à nos limites (étourderie, précipitation....). Je relis régulièrement la magnifique nouvelle de Stéphane Zweig, intitulée, précisément, Le Joueur d'échecs, le dernier livre qu'il ait écrit, avant sa mort tragique, en 1942, alors qu'il était réfugié au Brésil, à Pétropolis. Il y a une scène fascinante sur le pont du transatlantique dans laquelle le champion international dispute une "partie multiple" avec les passagers, dont le héros. Ce livre est une magnifique méditation sur la valeur...de l'échec...Et sur le fait que, finalement, si le jeu d'échecs est un symbole de la vie, ce n'est pas seulement parce que toute vie se termine inévitablement par un échec, même si l'on croit à la résurrection du roi, mais aussi parce que nous pensons que ce que faisons a du sens, sans pour autant comprendre jamais vraiment le sens de ce que nous faisons.

Evidemment, en écrivant ces lignes je pense au combat que nous menons pour sauver les Lettres ou pour sauver l'école.

Ecrit par : Robin | 29 décembre 2006

Maman d'un élève de 5ème, j'ai fait confiance aux enseignants. Cependant à la fin du cycle de maternelle, l'enseignante m'a dit qu'il faudrait voir un spécialiste car mon fils à des problèmes de graphisme. donc depuis le CP on va une fois par semaine voir l'ortophoniste en plus nous avons consulté une psychomotrice, un orthoptiste, un ophtalmologue.......bref tous les bilans imaginable et en rendre compte aux instituteurs qui non jamais pris en compte les difficultés ou non jamais donné l'envie à mon Fils d'apprendre, il s'est laissé envahir tout au long du primaire (même école depuis le CP) par les problèmes qui se sont accumulés. J'ai demandé de l'aide par le RASED qui ne s'est jamais manifesté car "il a pire ailleurs" on m'a plutôt demandé comment vivait mon fil dans l'environnement familial ? bien sur c'est important mais nous sommes des parents unis, modestes, travailleurs donc on m'a répondu que l'on devait attendre le déclic. récemment je reçois son bulletin du 1er trimestre en 5ème et je peux dire que le déclic ne s'est pas encore présenté donc je vais attendre combien de temps encore, je redoute le moment où on va mettre mon enfant de côté en disant on n'a rien pu faire pour lui maintenant il doit partir en apprentissage parcequ'à 16 ans et il en a 12 il n'est plus obligé d'être scolarisé ? son professeur de français depuis la rentrée a été souvent absent pour une raison ou une autre ça m'est égal mais pourquoi aucun professeur dans le collège n'a pu le remplacer ? ce professeur de français a été vu par les élèves au café du village, l'an passé il a été inspecté et mis en congé maladie, l'inspecteur est au courant de son cas et pour autant rien n'est fait et parallèlement on demande aux élèves d'être sérieux, consciencieux, on rappelle aux parents leurs rôles....alors l'exemple doit venir aussi des enseignants, pourquoi j'apprends par le bulletin en fin de trimestre les notes de mon fils, avertissement de travail et de conduite. je suis désolé, je n'ai pas les moyens mais à la prochaine rentrée scolaire je vais l'inscrire dans le privé. Attention, je discute avec des parents qui pensent la même chose. Il faut dialoguer j'essaye j'ai demandé a être avertie par son professeur principal, mon fils par à l'école avec mille recommandation mais dès qu'il monte dans le bus il est différent pourquoi je ne sais pas. Nous n'avons pas toutes les réponses. Comment les interresser ? comment leur donner l'envie d'apprendre ?

Ecrit par : cabane corinne | 29 décembre 2006

corinne

Ce que vous écrivez concernant votre fils me touche d'autant plus que notre plus jeune fils qui est en 4ème et va sur ses 14 ans a aussi des problèmes à l'école. Nous l'avons mis dans un collège privé et l'autre jour, nous lui avons proposé de le remettre dans un établissement public. Il nous a répondu textuellement qu'il ne voulait pas, qu'il se connaissait et qu'il avait peur de se laisser entraîner. Il y a un suivi éducatif dans l'école qu'il fréquente, une psychologue scolaire attitrée, des exigences scolaires fortes, mais parallèlement une écoute, même si tout n'est pas parfait. Je sais qu'il y aussi dans l'enseignement public, des enseignants qui font bien leur travail, mais, du moins en collège, le contexte est très difficile et il manque quelque chose d'essentiel (je ne parle pas d'enseignement religieux). J'ai entendu sur son site un discours de François Bayrou à Lyon où il témoignait du fait que des mamans musulmanes d'un collège de la périphérie de Lyon lui avaient fait part de leur intention de retirer leurs enfants pour les mettre dans un collège privé catholique. Il expliquait que des journalistes étaient venus faire un reportage et qu'ils avaient été frappés par le fait que la cour était recouverte de crachats. Je ne me réjouis pas du tout de la montée du privé au détriment du public et de la situation actuelle de l'enseignement public où j'ai fait une grande partie de mes études. Je suis pour un enseignement public de qualité et cette situation m'attriste.

Ecrit par : Robin | 29 décembre 2006

Bonjour, Corinne…
"Attendre le déclic", c'est ce que l'on dit (souvent) à propos de l'apprentissage de la lecture. Trop souvent cela camoufle une mauvaise réception à la mauvaise méthode (entendons-nous : il n'y a pas de "bonnes" méthodes — sauf les méthodes qui marchent. Mais vouloir à toute force obliger tous les gamins à passer par la même méthode, c'est là que ça déraisonne sec…).
De vous à moi, je ne saisis pas que vous ayez attendu si longtemps pour le changer de système. Quand un enfant ne s'épanouit pas dans un environnement donné, au lieu de le médicaliser (c'est la réponse donnée la plupart du temps à l'incompétence — et j'admets pourtant que quelques enfants ont effectivement besoin d'une aide psychologique — mais si peu !), on le change d'environnement.
Quant à incriminer tel ou tel enseignant… Vous avez raison, c'est à l'administration de placer un remplaçant compétent devant des élèves abandonnés — quelle que soit la raison, valable ou non, de l'abandon, je n'ai pas à me prononcer là-dessus.
Pourquoi ne pas le changer d'établissement en cours d'année — en janvier, par exemple ? Ça se fait, je l'ai vu…
Bon courage. Sortir un gosse à seize ans du système scolaire sans qu'il ait quoi que ce soit, c'est le pousser à trouver des expédients inavouables. Il faut au moins leur donner un cadre d'activités qui leur plaisent, et des compétences générales qui leur permettent d'évoluer — pas seulement de se débrouiller.
Vous nous tenez au courant ?
JPB

Ecrit par : brighelli | 29 décembre 2006

l'arrêté réformant la formation des enseignants dans les IUFM est paru jeudi au journal officiel. La formation se fera désormais en alternance pendant 3 ans et sera "ouverte sur l'extérieur" avec, notamment, un stage obligatoire ne entreprise. Les enseignants seront incités à s'engager dans des parcours de formation universitaire qui ouvrent sur des "mentions complémentaires offertes dans certains concours de recrutement et permettant la bivalence des professeurs dans les collèges".
La formation post-titularisation sera de quatre semaines la première année et deux semaines la deuxième année.
Les candidats à l'enseignement effectueront un stage en milieu scolaire de deux semaines avant de passer les concours. Ainsio qu'un stage en entreprise et des sessions de formation à l'IUFM pendant les deux années suivant leur titularisation. un jury d'examen vérifiera, lors d'un entretien iondividuel et en analysant le dossier- que toutes les compétences sont bien maîtrisées.
La réussite aux concours devient totalement secondaire, la titularisation perd toute signification puisque la validation réelle du professorat ne sera effective qu'au bout de trois ans : belle période d'essai à côté de laquelle les conditions du CPE étaient un paradis social.
Bonne année !

Ecrit par : utile baron | 29 décembre 2006

La réussite aux concours devient totalement secondaire, la titularisation perd toute signification puisque la validation réelle du professorat ne sera effective qu'au bout de trois ans : belle période d'essai à côté de laquelle les conditions du CPE étaient un paradis social.
Bonne année !

Je ne suis plus très loin de la retraite. J'ai connu l'âge d'or d'un système qui avait ses défauts mais qui nous permettait de respirer et qui nous faisait encore confiance, le CPR, à Lyon où j'ai passé le CAPES théorique, puis pratique.

Je pense avec compassion aux jeunes collègues qui s'engagent dans la profession avec cette formation qui ressemble à une usine à gaz, des conditions de travail qui se sont dégradées de plus en plus au fil des années, des salaires plafonnés et l'âge de la retraite qui sera peut-être encore repoussée, sans parler de la bi-valence et des 35 heures.

Derrière tout cela, on sent une volonté de mainmise, un manque de confiance dans les personnes...Et pour dire le fond de ma pensée... une ambiance pré-totalitaire.

Jusqu'à quand oublierons-nous que nous sommes le pays des Révolutions ?

Ecrit par : Robin | 29 décembre 2006

JPB

vous écrivez :

(entendons-nous : il n'y a pas de "bonnes" méthodes — sauf les méthodes qui marchent. Mais vouloir à toute force obliger tous les gamins à passer par la même méthode, c'est là que ça déraisonne sec…).

Je vous remercie de ce propos tolérant et de bon sens. Je relate ce choix de méthode à laquelle je fus confronté dans un CP issu d'un quartier à majorité d'origine étrangère.


http://parolesdinstit.blog.lemonde.fr/2006/11/07/formation-en-iufm-programmes-en-primaire/

L'essentiel est de ne pas s'enfermer dans une démarche quand l'enfant n'y est pas sensible.

Cordialement

Ecrit par : Patrick(instit) | 29 décembre 2006

La réussite aux concours devient totalement secondaire, la titularisation perd toute signification puisque la validation réelle du professorat ne sera effective qu'au bout de trois ans : belle période d'essai à côté de laquelle les conditions du CPE étaient un paradis social.
Bonne année !

Comment ne pas voir dans cette formation l'influence conjointe de l'idéologie pédagogiste (la multiplication des stages en IUFM qui ressemble à un conditionnement, plutôt qu'à une formation, le caractère secondaire de la réussite au concours, c'est-à-dire de la validation de connaissances précises et du néo-libéralisme économique (le stage en Entreprise que j'ai moi-même effectué, mais pas dans ce cadre-là, et qui ne sert qu'à une seule chose : se rendre compte qu'une école n'est pas une Entreprise.)

Ecrit par : Robin | 29 décembre 2006

Comment, Le Comte de Monte-Christo pas pour les filles ? Et les trois Mousquetaires, et Vingt Ans Après, et Le vicomte de Bragelone, qui se fit rafler sa fiancée Mademoiselle de La Valière on sait par qui...ce malheureux fils d'Athos, alias comte de La Fère, qui fit marquer au fer rouge Milady de Winter. Et le pendant du Comte de Monte Christo, Mathias Sandorf, alias docteur Antekirt, de Jules Verne, tous ces romans ont fait les délices de ma jeunesse, à une époque où les enfants apprenaient à lire avec des méthodes alphabétiques, et en CE2 toute la grammaire.
La résurgence de gens comme Charmeux, et même Foucambert, augure mal de l'avenir de l'amour de la lecture chez nos enfants.
Anne-Marie.
Anne-Marie.

Ecrit par : Anne-Marie Valette | 29 décembre 2006

Robin

C'est vrai que l'homme peut être comparé à un joueur d'échecs. Il chemine sur ce pavé mosaïque selon son pas. Il construit une partie idéale, se modelant constamment face à l'adversité. Ce qui paraît ainsi au bout du compte une trajectoire maîtrisée n'est qu'une succession d'élans, de retraites où la liberté personnelle, fil conducteur fragile et presque inexistant, semble aussi difficile à percevoir que la frontière entre la case noire et la case blanche.

Cette liberté individuelle n'est en somme que la modeste et relative conscience des contraintes , des obligations dans ce cheminement initiatique qu'est la vie : unique chance de se réaliser pour toujours et jusqu'aux siècles des siècles. !

Sur cet échiquier, des hommes se prétendent Rois mais ils ne sont que les pions de leur ambition, de leur fanatisme. D'autres hommes se considèrent modestement comme des pions mais ils sont les véritables Rois car détenteurs des plus belles valeurs humaines , eux seuls savent où est leur place sur cet échiquier . Ainsi comme disait Lessing , Ils connaissent le Secret , le seul, c'est à dire le point de Connaissance où un individu est parvenu et lui seul sait où il en est.

"Soyez des rois en vous -mêmes " écrivait Henry Tort Nougues

Cordialement

Ecrit par : Patrick(instit) | 29 décembre 2006

J’étais occupé quelques jours. Je reviens survoler les commentaires de ce blog … J’achoppe sur deux réponses de Brighelli à deux attaques ad hominem.

L’une de « Dobolino », relative à l’ambiguité d’une référence autobiographique, soupçonnable de vouloir faire prendre Saint-Cloud pour Ulm.
Réponse de l’accusé : J'ai toujours précisé que je sortais de Saint-Cloud. Mais entre "A ceci près que Bourdieu, fils de petit employé, petit-fils de paysan, a sauté d'une classe à l'autre via l'ENS de la rue d'Ulm, comme tant d'autres - y compris l'auteur de ces lignes"
(…) et :
"A ceci près que Bourdieu, fils de petit employé, petit-fils de paysan, a sauté d'une classe à l'autre via l'ENS de la rue d'Ulm, comme tant d'autres — y compris l'auteur de ces lignes qui lui a passé Saint-Cloud…"
…eh bien, vous sentez bien que ma phrase initiale était meilleure.

Commentaire : Meilleure … pour qui ? La défense est des plus faibles, qui parle d’euphonie de la phrase. De qui se moque-t-on ? Dobolino l’accepte. Je regimbe. Le succès ou l’insuccès à un concours prestigieux ne signe pas la réussite ou l’échec d’une vie et ne signale que ceci : à l’instant « t », on a été meilleur ou moins bon que ses concurrents sur un type particulier d’épreuves. Sartre reprochait petitement à Camus de n’avoir pas l’agrégation de philosophie (tuberculeux , il ne pouvait pas se présenter aux concours de l’enseignement), il était sur ce coup là un imbécile et le Nobel a distingué Camus avant lui. Mais il eût été malhonnête que Camus – de toute façon au dessus de ça - envisageât de se prévaloir d’une agrégation qu’il n’avait pas. De même, ici. Ulm, c’est Ulm et Saint-Cloud, c’est … autre chose. Ce qui n’interdit à nul «cloutier» de développer ensuite une culture et une largeur de réflexion supérieures à celles de nombre de ceux qui, au jour J, à 19 ou 20 ans, ont mieux « torché » que lui quelques exercices étroitement codifiés.

Seconde attaque, que j’avais elle signée, relative à l’anlayse des exploits du Père Noël, dont je dénonçais qu’elle n’ait pas été rendue à César et, privée d’origine, soit hypothétiquement attribuable à celui qui nous la présentait.

Réponse : Je n'ai jamais prétendu que l'analyse des performances du Père Noël était de moi (pour tout dire, je l'avais reçue le matin même par mail). Libé se fournit sur le web — ça, c'est du journalisme d'investigation. Comme nous tous, mais nous ne nous prétendons pas journalistes.
Et je ne lis pas Libé — pas très souvent, en tout cas.

Commentaire : Il y a prétendre et prétendre… On peut prétendre explicitement et prétendre par omission, laisser penser que ... Bon, je ne crois pas, là, qu’il y ait eu volonté de se parer des plumes du paon, mais enfin, tout le monde en conviendra, et JPB, ce qui va sans dire… va encore mieux en le disant.

Epiphénomènes ? Sans doute. Mais tant qu’à faire, autant éviter les scories pour mieux se concentrer, quand il vous tient à cœur, au débat d’idées, aux idées justement sur lesquelles on juge un homme plus que sur ses peaux d’âne. Pour moquer ce travers trop français, une blague a peut-être encore cours à l’Ecole Polytechnique : Jésus-Christ …. Hum… Jésus-Christ ? Quelle promotion ?
Je doute, par parenthèse, qu’elle fasse beaucoup rire Laurent Lafforgue … qui est passé par Ulm.

Ecrit par : Sejan | 29 décembre 2006

Corinne et Robin, ayant fait du soutien scolaire en français en quatrième dans un collège d'enseignement catholique privé sous contrat, je connais hélas bien le problème de ces enfants en difficulté.
Savent-ils vraiment lire, en comprenant ce qu'ils lisent? Ont-ils appris à écrire? Font-ils de la VRAIE grammaire ? Quand je vois la pauvreté de ce que fait une de mes petites-filles en sixième, je suis consternée.
Le cours d'un de mes amis instit de CE1 est tellement bon que le père d'un de ses élèves utilise les fiches de son fils ...pour ses élèves de sixième.
Je faisais une dictée par semaine à mes élèves de quatrième, et je leur faisais apprendre des règles à partir de la grammaire Berthou, cours élémentaire et moyen, rééditée depuis peu.
Tout serait à reprendre. Le calcul, c'est la même chose. Savent-ils les tables de multiplication? Savent-ils faire de petits problèmes qui apprennent à raisonner?
J'ai un petit-fils de sept ans qui a eu "la totale" : globale bien sûr en GS, c'est la règle, en CP, il a pataugé avec "Justine et compagnie", avec "le moins de syllabique possible, puisqu'on ne peut pas y échapper", a déclaré la maîtresse lors de la réunion de rentrée avec les parents.
En CE1, il a "Le Faunographe", génial petit livre qui m'a permis d'enrichir ma gamme d'insultes, empruntées jusqu'ici au Capitaine Haddock.
C'est ainsi que je traite Frackowiak d'"euclomontitrope", de "lastakouère", d'"aspicoclic", de "guilicolodon", d'"itroglion".
Quant à Charmeux, je la traite de "zormitte", de "socesse", de "ramuole", de "boulicrapote", de "vroumette".
Quant à Meirieu, il n'est qu'un ignoble "jubulustère", un ninnocrate" (à transformer en "nullocrate" ), un "ksyliton", un "foutraloche" (oh, pardon, c'est "fétraloche").
Et Foucambert, qui revient avec sa méthode globale pure et dure, un "chantouillet", un "pulipatte", un "imperlimpinpin", un "déambulidaire".
A part cela, c'est génial, il apprend l'API. (Alphabet phonétique international).

Sur la PNL : ma fille a eu une séance de recyclage à l'IUFM où il fallait faire de l'autocritique, et une espèce de lavage de cerveau (un de plus) où les jeunes maîtres se sont sentis tellement mal à l'aise qu'ils ont refusé de continuer !
Elle-Même en me racontant cette formation m'a parlé de la fameuse PLN.
Anne-Marie.

Ecrit par : Anne-Marie Valette | 29 décembre 2006

Lors d'un stage dans une Entreprise de restauration collective dans les Hauts-de Seine (pas en tant qu'enseignant), j'ai eu de longues conversations avec le PDG et le DRH, conversations dont j'ai retenu ceci :

1°) Les Entreprises ne savent plus quoi faire des élèves de 4ème qui viennent faire des stages.

2°) Elles demandent à l'Ecole de donner aux élèves des bases générales solides.

3°) Elles lui demandent aussi de former des gens qui sachent lire, écrire, compter, comprendre ce qu'on leur demande, accepter de recevoir une formation, arriver à l'heure, se présenter correctement et éviter d'insulter les gens ou d'envoyer valser le matériel quand on leur fait moindre remarque.

4°) Je n'ai jamais entendu ni le DRH, ni le PDG, ni les commerciaux dire qu'il fallait préparer directement les élèves de collège au monde de l'Entreprise ou de faire faire des stages en Entreprise aux enseignants. J'ai plutôt entendu les phrases suivantes : "A chacun son boulot !" Envoyez-nous des gens mûrs, motivés, bien élevés qui aient une bonne culture générale et on fera le reste.

Ecrit par : Robin | 29 décembre 2006

"A chacun son boulot !" Envoyez-nous des gens mûrs, motivés, bien élevés qui aient une bonne culture générale et on fera le reste."

Bien sûr !
JPB

Ecrit par : brighelli | 29 décembre 2006

Au sujet de la PNL, il ne faudrait pas généraliser. Cette technique employée en psychothérapie, en complément de l'hypnose éricksonienne, peut permettre aussi d'utiliser les ressources qui sont en soi. A condition, bien sûr, d'être soi-même le moteur de ses choix et de ses objectifs. Pour subir une manipulation, il faut déjà l'accepter au départ. Dans les IUFM, toutes les théories psy circulent et toutes les pratiques sont utilisées.C'est d'ailleurs le seul lieu où je n'ai pas vu de conflits entre les tenants des unes ou des autres! Les dernières que j'ai pu y tester étant issues des méthodes de relaxation active. J'ai aussi remarqué une grande intoxication psychanalytique freudienne avec un détour sur ce qu'ils nomment:"Groupes d'analyse de pratique", récupéré de M.Balint qui a créé le concept pour les médecins généralistes.Tous les moyens sont bons à qui veut parvenir à ses fins. Il ne faut pas confondre les deux. Quant à "l'analyse transactionnelle", c'est la seule que je n'ai pas subie. Elle n'a pas dû faire ses preuves!
Ensuite, quant à débattre de leur efficacité, c'est un sujet fort intéressant qui ne semble pas intéresser les acteurs de ce blog. Il est certain, comme me disait une psychanalyste qui m'a suivie sans jamais me rattraper, que l'intellectualisation des phénomènes et des troubles permet bien de compenser une névrose. Ce qui expliquerait le peu d'intérêt des intellectuels pour la psychologie .

Ecrit par : Alice | 29 décembre 2006

A vous professeurs de Lettres

Mon école actuelle est abonnée à la revue JDI (Journal des instituteurs)

C'est une revue fortement appréciée des étudiants en IUFM et consultée par les jeunes PE car au delà des considérations théoriques, didactiques... idéologiques ... elle contient des fiches pratiques "clé en main " et surtout des idées ...

En fait tout ce qu'on oublie de vous dire en IUFM :-)

Dans ce JDI Spécial ORL vous avez :

une interview de Charmeux
Un éditorial où nous sommes qualifiés de ringards, nostalgiques...etc
Une synthèse du colloque des entretiens Nathan avec ..mr Bentolila
Des articles d'une conseillère Pédagogique (sommité marnaise :-) Tiens ...je la croyais en retraite...


Dans ce même dossier figure aussi une séquence ORL faite par une jeune PE de CE1 . Photos et commentaires à l'appui:

On joue , on manipule..On s'éclate!

Il se trouve que par un hasard extraordinaire j'ai, durant mon IUFM à Reims fait " des séquences " de sport ( en prévision d'une initiation à la baignade ) dans cette école dite ... d'application (école en étroite relation pédagogique avec l'IUFM du coin)

Petit souvenir...Moi qui nageait le 100 m crawl en moins de 1mn 05 s et qui avaient encadré comme surveillant de baignade, pendant plusieurs vacances d'été, des centaines de colons à Boyardville sur l'Ile d'Oléron , il fallut que je me reprenne à plusieurs fois car la séquence d'initiation à la baignade ne convenait pas à Mr le Conseiller "pédagogique" assez bedonnant d'ailleurs qui n'avait pas dû mettre les orteils dans l'eau depuis bien longtemps. Mais bon ! Passons....

Revenons à cette école d'application. Vous savez ce type d'école où où vous rencontrez des élèves presque ...idéaux très au fait des lubbies IUFM .

Je n'ose imaginer cette même séquence ORL au CE1 dans le quartier de Reims : les épinettes (ZEP) où j'ai travaillé en CP. On joue , on manipule..On s'éclate ... puissance 10


Donc revenons à ce JDI dont le THEME de décembre 2006 est l'ORL (Observation Réfléchie de la Langue )

Dernière remarque avant de vous livrer la substantifique moëlle .

Il faut reconnaître au jeune PE, qui pourrait avoir un peu d'esprit critique une extraordinaire capacité pour opérer une mue salvatrice


Voici l'interview de la papesse : Eveline Charmeux

****************************************

La grammaire est science d’observation

Apparu en 2002, l’acronyme ORL montre une volonté de modifier l’enseignement de la grammaire.Les élèves sont
aujourd’hui encouragés à observer la langue
et pas seulement à appliquer des règles.


JDI :

Depuis 2002, les activités de “grammaire, conjugaison, orthographe, vocabulaire” sont désignées par l’expression ORL. Est-ce une simple question de vocabulaire ?

Éveline Charmeux :

Bien sûr que non! La distinction “grammaire, conjugaison, orthographe, vocabulaire” est complètement artificielle : il ne s’agit pas de disciplines différentes mais d’angles d’approche et de niveaux d’étudedifférents d’une même réalité que
sont les textes. De plus, ces disciplines différentes ont chacune un horaire dans la semaine qui finit par occuper tout l’horaire de français. Les activités de manipulation réelle de la langue c’est-àdire la lecture, la production d’écrits ou bien encore l’oral, disparaissent presque totalement.

L’expression ORL rappelle qu’il s’agit d’étudier le fonctionnement de la langue, et qu’on peut se placer pour cette étude à différents points de vue (syntaxe, orthographe, vocabulaire) et aussi à différents niveaux (texte, phrase, constituants de la phrase, orthographe). En fait, il s’agit de chercher à répondre à la question “Comment ça marche?” L’ORL, c’est une étude technologique de la langue.


JDI :

Qu’est-ce que l’ORL change au niveau des contenus à enseigner en grammaire ?

E. Charmeux :

Les règles sont le résultat de l’usage, et donc, elles ne peuvent être que le résultat d’une observation
de cet usage. La grammaire est une science d’observation et non une science d’application de quoi que ce soit. Enseigner les règles, cela pourrait se défendre si
celles-ci préexistaient à la langue, comme c’est le cas avec les axiomes en mathématiques: je pose un axiome et je m’en sers pour voir ce que cela donne.

Mais ce n’est pas le cas de la langue. Son fonctionnement ne
peut être que découvert à partird’observations menées scientifiquement. Ce qui implique des corpus ou des échantillons aussi copieux que possible.


JDI :

L’ORL impliquerait donc un changement total des pratiques en grammaire ?

E. Charmeux:

Dans cette perspective, l’ORL devient le prolongement
de l’activité de lecture. Il n’est plus question de travailler sur des petits textes inventés ou des extraits
pris je ne sais où, et réécrits pour que les élèves y trouvent les règles qu’ils ont à apprendre, comme
c’est le cas dans la plupart des manuels. Le travail doit au contraire porter sur des textes longs, déjà lus, dont la signification a été bien éclairée par le travail de lecture antérieur. C’est en effet le seul moyen d’avoir des corpus suffisamment importants pour qu’on puisse faire réellement des observations qui aient valeur de règles,
au moins provisoires.
La différence avec le travail en lecture apparaît clairement: en lecture, on apprend à comprendre les textes, en ORL, on observe et on réfléchit pour appréhender
comment les mots qui constituent le texte nous ont permis
de le comprendre. Ensuite,ces constats, effectués sur les textes lus, vont pouvoir être réinvestis dans les situations de production d’écrits.


JDI:

Les enseignants disentqu’une heure trente par semaine
d’ORL c’est trop peu ?

E. Charmeux :
C’est à mon avis largement suffisant. Inutile de faire, chaque semaine, et de la grammaire, de la conjugaison, de l’orthographe et du vocabulaire.
L’essentiel, c’est que les enfants lisent, écrivent et parlent. Quand on a une voiture, on passe plus de temps à se promener avec, qu’à étudier comment fonctionne le
moteur ! C’est vrai qu’il est important de savoir comment il
fonctionne, ce moteur, et qu’il faut y passer du temps, mais en aucun cas, ce temps ne doit dépasser
le temps d’utilisation. On peut faire deux fois trois
quarts d’heure dans la semaine : une fois orientée sur la grammaire textuelle, pour étudier le fonctionnement des textes en tant que tels, et une autre fois sur ce qu’on appelle la grammaire de phrase (vocabulaire et syntaxe) et l’orthographe.


JDI : Pourquoi faut-il enseigner la grammaire ?

E. Charmeux :

On a pu dire que la grammaireest l’enseignement le plus
révolutionnaire de tous. Conçucomme nous l’avons défini, c’est effectivement un enseignement libérateur parexcellence, puisqu’ilpermet de comprendre comment
fonctionne l’outil dont on se sert.Un ouvrier qui connait la théorie de ses outils est un ouvrier libre. Il pourra progresser dans son art, car on ne progresse que par la
théorie.
C’est pourquoi il est légitime d’affirmer que la grammaire est
l’un des enseignements les plus importants pour la maîtrise de la langue, à condition qu’elle soit ce moment de découverte que nous avons décrit. Avant la Révolution,
la grammaire était interdite au peuple, seuls les nobles qui
faisaient du latin avaient droit à un petit peu de grammaire. L’un des premiers actes de la Révolution a été de mettre la grammaire à la disposition de tous, en ouvrant un concours pour un manuel de grammaire.
Malheureusement, ce fut le vieux manuel de Lhomond qui l’emporta, largement hérité de la grammaire de Port Royal, et composé de règles à apprendre, reposant sur
une conception religieuse des rapports entre la langue et la pensée.
Ce n’est pas un hasard innocent si l’intention généreuse et démocratique, qui était celle de Condorcet, Grégoire et d’autres, a été perverti ainsi, pour devenir depuis, comme
Célestin Freinet l’a dit avec force, un moment d’ennui, incompréhensible pour la majorité des élèves, un apprentissage de règles fausses, ou au moins incomplètes
et qui sans lien avec la réalité des textes ne permettent ni de mieux lire ni de mieux écrire, comme tout enseignant a pu le constater dans sa classe. •

« La grammaire est un enseignement libérateur par excellence, puisqu’il permet de comprendre comment fonctionnel’outil dont on se sert. »


Cordialement

Ecrit par : Patrick(instit) | 29 décembre 2006

J'ai plutôt entendu les phrases suivantes : "A chacun son boulot !" Envoyez-nous des gens mûrs, motivés, bien élevés qui aient une bonne culture générale et on fera le reste.

Ecrit par : Robin | 29 décembre 2006

C'est aussi ce que j'ai entendu à la Grande Consultation sur l'école réservée aux "huiles" du canton (maires, conseillers généraux et chefs d'entreprise) à laquelle les enseignants s'étaient invités (le moins qu'on puisse dire, c'est que nous n'étions pas du tout désirés par les "rapporteurs" qui ne voulaient pas nous laisser entrer).
Les "rapporteurs" étaient bien embêtés et essayaient d'orienter dans le bons sens leurs propos, mais ces messieurs-dames semblaient très convaincus de ce qu'ils soutenaient...

Ecrit par : catmano | 29 décembre 2006

Catmano

Je ne comprends pas très bien. C'est bien dommage qu'il n'y ait pas eu de dialogue constructif. Quel était le point de vue des "huiles"...et quel était celui des enseignants ?

Ecrit par : Robin | 29 décembre 2006

Les enseignants n'avaient pas leur mot à dire, ils avaient boycotté leur consultation à eux quelques jours avant et "on" leur avait clairement fait comprendre que s'ils intervenaient, ils seraient sortis manu militari, ou presque. Les "huiles" disaient : "A chacun son boulot ! Envoyez-nous des gens mûrs, motivés, bien élevés qui aient une bonne culture générale et on fera le reste."
Les "rapporteurs" ne trouvaient pas sur leur petit listing des réponses des trucs aussi ringards que "Apprenez-leur à lire et à écrire sans trop de fautes d'orthographe et nous, nous nous chargerons de la formation professionnelle." ou que "Qu'ils sachent au moins compter, nous, sur les chantiers, les calculettes ça ne tient pas le coup..." Il faut que dire que dans notre région, les chefs d'entreprise, ce sont surtout de petits artisans et qu'ils ont besoin de types un peu basiques...
Voilà, c'est tout, excusez-moi, je ne suis pas toujours très claire...

Ecrit par : catmano | 29 décembre 2006

PSY ET FORMATION IUFM

Au sujet de la PNL, il ne faudrait pas tout confondre. Cette technique utilisée en psychothérapie, en complément de l’hypnose éricksonienne, se révèle fort efficace dans la mesure où l’utilisateur est maître de son choix.
Bien entendu, ce n’est pas le but des décideurs des IUFM. J’ai par ailleurs constaté qu’en ces lieux, toute théorie et toute pratique sont récupérées si elles servent la cause. Le Freudisme est considéré comme science universelle. Le cognitivo-comportementalisme est utilisé à fond la caisse en pratiques pédagogistes alors qu’il en est à ses balbutiements dans le domaine de la psy. La relaxation active, qui a fait ses preuves, aussi. La pratique d’ateliers de réflexion et d’analyse de pratique plaît beaucoup. Issue des formations de M.Balint pour les médecins généralistes, elle permet aux enseignants qui le souhaitent de se masturber la conscience au-delà de toute considération et sans attendre de réponse. Les effets que j’ai pu noter variaient entre le désintérêt, le malaise et l’angoisse totale. L’on peut remarquer que tout est utilisable par les pédagogistes. La fin justifiant les moyens, l’on y va allègrement. Or, il ne faut pas confondre l’objectif et les méthodes.
J’ai l’impression que la psychologie n’est pas tellement prisée par les acteurs de ce blog.
Comme disait une psychanalyste qui m’a suivie sans jamais me rattraper : « Intellectualiser permet de compenser les névroses. » J’en déduis que la psychologie devient alors inutile aux intellectuels. Dommage, car les pédagogistes ne se gênent point pour en envahir la formation.
Sans se poser de problèmes de guerre d’écoles qui sont pourtant prégnants au sein des professions de la psychologie.

Ecrit par : Alice | 29 décembre 2006

patrick

Je relis pour la dixième fois peut-être le texte de Madame Charmeux (en particulier le passage où elle compare la langue à une automobile) ; je suis atterré. Je pensais jusqu'à présent qu'il y a avait des savants, des demi-savants et des ignorants. J'ignorais qu'il y avait des gens qui combinaient la cuistrerie et l'ignorance...Ce qu'elle dit aussi sur la grammaire de Lhomond et de Port-Royal, c'est à se tordre ou à pleurer. Cette femme est un danger public.

Surtout la conclusion est estomacante, quand on sait où a conduit l'application des "idées" de Madame Charmeux. De quel droit se permet-elle de parler au nom de ses collègues dont la plupart, justement constatent tous les jours, ainsi que les parents, le contraire de ce qu'elle affirme : la difficulté à lire, à comprendre ce qu'on lit et à "produire de l'écrit" (je reprends intentionnellement son affreuse formule)...Et que vient faire, une fois encore Célestin Freinet dans cette galère ? C'est bien commmode, il n'est plus là pour se défendre.

Tout cela n'aurait strictement aucune importance si les idées de cette dame ne dominaient depuis des années l'enseignement des Lettres, non seulement à l'école primaire, mais aussi au collège avec l'enseignement en séquences qui correspond mot pour mot à ce qu'elle dit de l'ORL. Et par quelle aberration s'est-il trouvé des membres du corps d'inspection pour relayer ces idées délirantes et pour obliger les enseignants à les appliquer ?

« La grammaire est un enseignement libérateur par excellence, puisqu’il permet de comprendre comment fonctionne l’outil dont on se sert. »

Comment la grammaire pourrait-elle être un "outil libérateur" si on en fait de moins en moins ?

La langue...Un outil ? Ca ne m'étonne pas maintenant ce que disait Meirieu sur les notices de machines à laver. Il y a des gens qui ont passé leur vie entière à essayer de comprendre ce qu'était le langage humain, Antonin Artaud et Hölderlin en sont devenus fous. Mais Madame Charmeux nous déclare tranquillement que c'est un outil comparable à une autombile et qu'une telle conception "révolutionnnaire" va libérer les enfants du peuple.

"La parole soulève plus de terre que le fossoyeur ne le peut." disait René Char

Oui, mais en attendant, les fossoyeurs se démènent !

Ecrit par : Robin | 29 décembre 2006

Malheureusement, ce fut le vieux manuel de Lhomond qui l’emporta, largement hérité de la grammaire de Port Royal, et composé de règles à apprendre, reposant sur
une conception religieuse des rapports entre la langue et la pensée.

Madame Charmeux confond la grammaire et la logique. Les Messieurs de Port Royal ne pouvaient être, selon elle, que de vieux imbéciles, malgré Racine et Pascal. Si les des gens comme Condorcet et l'abbé Grégoire ont choisi le manuel de Lhomond, hérité de la logique (et non de la grammaire) de Port Royal, c'est qu'ils n'avaient rien trouvé de mieux.

Madame Charmeux a une conception purement instrumentale du rapport entre la langue et la pensée et dissocie la grammaire de la logique, ce que Lhomond, justement s'est bien gardé de faire.

Ecrit par : Robin | 29 décembre 2006

La grammaire latine de Lhomond est de 1779, la grammaire française un peu antérieure. L'ouvrage est donc presque contemporain de la Révolution. On ne voit pas ce qu'il avait de "vieux" à l'époque.

Ecrit par : Robin | 29 décembre 2006

En 1660, les grammariens de Port Royal, Antoine Arnauld et Claude Lancelot, tous deux jansénistes, conçurent une grammaire fondée non sur la conformité à l’usage jugé le meilleur, mais sur la raison. Cet ouvrage prit le nom de Grammaire générale et raisonnée, générale parce qu'elle va s’occuper de toutes les langues, et raisonnée parce qu’elle explique le fonctionnementt de la langue à travers la raison. Elle peut être considérée comme l’antithèse du bon usage de Vaugelas.

Croyant à l’existence de mécanismes logiques universels que chaque langue exprime dans son propre système, elle marqua profondément la naissance de la linguistique moderne.

Cet ouvrage en grammaire et linguistique s'inscrivit dans un cadre beaucoup plus large de travaux sur la logique générale.

« La logique de Port-Royal » a été publiée pour la première fois en 1662, à Paris et sans nom d’auteur. Elle est l'œuvre d'Antoine Arnauld et Pierre Nicole. A la fois grammaire intellectuelle et compendium de l’épistémologie de la philosophie de Descartes et de Pascal, cet ouvrage est structuré selon les quatre aspects de la pensée rationnelle : comprendre, juger, déduire, ordonner.

Ecrit par : Robin | 29 décembre 2006

Toutes nos connaissances ont lieu à travers des idées qui reflètent les choses, et le jugement porté sur ces choses s’exprime dans des propositions constituées par un sujet et un prédicat. La justesse des propositions est examinée, lors de la déduction, sur la base du syllogisme. Enfin, l’ordonnancement des jugements et conclusions conduit à la science par le biais de la méthode (analyse et synthèse).

Cette logique a voulu s’appuyer exclusivement sur les mathématiques dont elle pensait pouvoir transposer le modèle dans tous les autres domaines du savoir et de l’exercice de la raison, par conséquent aussi sur le terrain de la formation syntaxique et grammaticale de tous les énoncés du langage, proposant ainsi un idéal de langage rationnel qui voulait concilier l’esprit de finesse et l’esprit de géométrie : le discours classique par excellence.

Voilà ce que prétend remplacer Madame Charmeux avec son ORL. Ce n'est plus la grenouille qui veut se faire plus grosse que le boeuf, mais la puce.

Ecrit par : Robin | 29 décembre 2006

A propos d'IUFM et de grammaire, un professeur stagiaire IUFM d'O..............(je ne cite pas la ville pour ne pas lui porter plus préjudice), s'est vu gratifié d'un "avertissement disciplinaire" (dont beaucoup d'autres stagiaires ont découvert avec surprise l'existence!!!) pour avoir osé dire à haute voix que l'enseignement de la grammaire était très important et ne devait pas être négligé comme il était actuellement. Le malheureux n'a pas pu se retenir plus de trois mois!
Gageons qu'il va certainement bénéficier d'une année supplémentaire de rééducation et de "bourrage de crâne"pour lui apprendre "le bien penser et le bien enseigner"de l'IUFM comme au "bon vieux temps" de l'ère Mao.

Ecrit par : frederique | 30 décembre 2006

"Commentaire : Meilleure … pour qui ? La défense est des plus faibles, qui parle d’euphonie de la phrase. De qui se moque-t-on ? Dobolino l’accepte. Je regimbe. Le succès ou l’insuccès à un concours prestigieux ne signe pas la réussite ou l’échec d’une vie et ne signale que ceci : à l’instant « t », on a été meilleur ou moins bon que ses concurrents sur un type particulier d’épreuves. Sartre reprochait petitement à Camus de n’avoir pas l’agrégation de philosophie (tuberculeux , il ne pouvait pas se présenter aux concours de l’enseignement), il était sur ce coup là un imbécile et le Nobel a distingué Camus avant lui. Mais il eût été malhonnête que Camus – de toute façon au dessus de ça - envisageât de se prévaloir d’une agrégation qu’il n’avait pas. De même, ici. Ulm, c’est Ulm et Saint-Cloud, c’est … autre chose. Ce qui n’interdit à nul «cloutier» de développer ensuite une culture et une largeur de réflexion supérieures à celles de nombre de ceux qui, au jour J, à 19 ou 20 ans, ont mieux « torché » que lui quelques exercices étroitement codifiés.

Par Sejan"
Je ne répondrai pas pour Brighelli. Mais votre phrase laisse sous-entendre qu'un élève de Saint Cloud serait obligatoirement quelqu'un qui aurait par ailleurs échoué à Ulm. Ce qui est une grosse connerie.
Quand on demandait à mon père pourquoi il avait présenté Saint Cloud et non la Rue d'Ulm, sa réponse était simplissime. Etant fils d'ouvrier, il ne pouvait demander à son père de lui payer une année d'études supplémentaire. Il a donc choisi de présenter Saint Cloud qu'il était certain d'intégrer sans coup férir plutôt que la rue d'Ulm où il n'était pas impossible qu'il échoue. Son père n'aurait d'ailleurs pas compris qu'il échoue et l'aurait alors prié d'entrer dans le monde du travail. Il s'est donc concentré sur la préparation du concours d'entrée à Saint Cloud et n'a pas présenté Ulm. Tout bête...
J'admets et accepte les explications de Brighelli qui ne me censure pas et qui me répond clairement. Il aurait pu sauter à pieds joints par dessus ma question espérant qu'elle se fonde dans la masse, n'étant pas soulignée. S'il ne m'avait pas répondu, vous n'auriez peut-être même pas lu mon commentaire.

Ecrit par : dobolino | 30 décembre 2006

DATGANIAD CYFFREDINOL O HAWLIAU DYNOL
Rhagair
Gan mai cydnabod urddas cynhenid a hawliau cydradd a phriod holl aelodau’r teulu dynol yw sylfaen rhyddid, cyfiawnder a heddwch yn y byd,
Gan i anwybyddu a dirmygu hawliau dynol arwain at weithredoedd barbaraidd a dreisiodd gydwybod dynolryw, a bod dyfodiad byd lle y gall pob unigolyn fwynhau rhyddid i siarad a chredu a rhyddid rhag ofn ac angau wedi ei gyhoeddi yn ddyhead uchaf y bobl gyffredin,

Gan fod yn rhaid amddiffyn hawliau dynol a rheolaeth cyfraith, os nad yw pob unigolyn dan orfod yn y pendraw i wrthryfela yn erbyn gormes a thrais,

Gan fod yn rhaid hyrwyddo cysylltiadau cyfeillgar rhwng Cenhedloedd,

Gan fod pobloedd y Cenhedloedd Unedig yn y Siarter wedi ail ddatgan ffydd mewn hawliau sylfaenol yr unigolyn, mewn urddas a gwerth y person dynol ac mewn hawliau cydradd

gwr a gwragedd, ac wedi penderfynu hyrwyddo cynnydd cymdeithasol a safonau byw gwell mewn rhyddid helaethach,

Gan fod y Gwladwriaethau sy'n Aelodau wedi ymrwymo, mewn cydweithrediad â'r Cenhedloedd Unedig, i sicrhau hyrwyddo parch cyffredinol i hawliau dynol a'r rhyddfreintiau sylfaenol, a'u cadw,

Gan fod deall yr hawliau a'r rhyddfreintiau hyn gan bawb o'r pwys mwyaf i lwyr sylweddoli'r ymrwymiad hwn,

Felly, y mae'r

Cynulliad Cyffredinol

yn awr yn cyhoeddi'r

Datganiad Cyffredinol hwn o Hawliau Dynol

yn ddelfryd cyffredin i'r holl bobloedd a'r holl genhedloedd ymgyrraedd ato, fel y bo i bob person ac i bob offeryn cymdeithasol, gan ddal y Datganiad hwn mewn cof yn wastad, ymdrechu trwy ddysgu a hyfforddi i sicrhau parch i'r hawliau a'r rhyddfreintiau hyn, a thrwy ffyrdd blaengar, cenedlaethol a chydgenedlaethol, i sicrhau eu cydnabod a'u cadw yn gyffredinol ac yn effeithiol, ymysg pobloedd y Gwladwriaethau sy'n Aelodau eu hunain yn ogystal ag ymysg pobloedd y tiriogaethau sydd dan eu rheolaeth.

Erthygl 1
Genir pawb yn rhydd ac yn gydradd â'i gilydd mewn urddas a hawliau. Fe'u cynysgaeddir â rheswm a chydwybod, a dylai pawb ymddwyn y naill at y llall mewn ysbryd cymodlon.

Erthygl 2
Y mae gan bawb hawl i'r holl hawliau a'r rhyddfreintiau a nodir yn y Datganiad hwn, heb unrhyw wahaniaeth o gwbl, yn arbennig unrhyw wahaniaeth hil, lliw, rhyw, iaith, crefydd, barn boliticaidd neu unrhyw farn arall, tarddiad cenedlaethol neu gymdeithasol, eiddo, geni neu safle arall.

Ymhellach, ni ddylid gwahaniaethu ar sail safle politicaidd, gyfreithiol na chydwladol unrhyw wlad neu diriogaeth y mae pawb yn perthyn iddi, p’un ai yw honno’n annibynnol, dan nawdd, heb hunanlywodraeth, neu dan unrhyw gyfyngiad arall ar ei sofraniaeth.

Erthygl 3
Y mae gan bawb hawl i fywyd, rhyddid a diogelwch.

Erthygl 4
Ni ddylid dal neb yn gaethwas nac mewn caethiwed; dylid gwahardd caethwasiaeth a'r fasnach gaethweision ym mhob un o’u hagweddau.

Erthygl 5
Ni ddylid poenydio neb, na thrin na chosbi neb yn greulon, annynol na’n ddiraddiol.

Erthygl 6
Y mae gan bawb hawl i gael cydnabyddiaeth ym mhobman fel person yng ngydd y gyfraith.

Erthygl 7
Y mae pawb yn gydradd yng ngolwg y gyfraith gyda’r hawl yn ddiwahân i'r un amddiffyniad gan y gyfraith. Y mae gan bawb hawl i'r un amddiffyniad yn erbyn unrhyw wahaniaethu sy’n groes i’r datganiad hwn neu unrhyw anogaeth i wahaniaethu.

Erthygl 8
Y mae gan bawb hawl i ymwared effeithiol gan y llysoedd cenedlaethol cymwys rhag gweithredoedd sy’n troseddu'r hawliau sylfaenol a roddwyd iddynt gan y cyfansoddiad neu gan y gyfraith.

Erthygl 9
Ni ddylai neb gael eu dwyn i ddalfa, na'u caethiwo na'u halltudio yn fympwyol.

Erthygl 10
Y mae gan bawb hawl, mewn cydraddoldeb llawn, i gael gwrandawiad teg a chyhoeddus gan lys annibynnol a diduedd, wrth benderfynu eu hawliau a’u rhwymedigaethau ac unrhyw gyhuddiad troseddol yn eu herbyn.

Erthygl 11
Y mae gan bawb a gyhuddir o drosedd gosbadwy hawl i gael eu hystyried yn ddieuog tan y profir hwynt yn euog yn ôl y gyfraith mewn prawf cyhoeddus lle y byddant wedi cael pob gwarant angenrheidiol at eu hamddiffyniad.
Ni ddylid dyfarnu neb yn euog o drosedd gosbadwy oherwydd unrhyw weithred neu wall nad oedd yn drosedd, yn ôl cyfraith genedlaethol neu ryngwladol, pan gyflawnwyd hi. Ni ddylid ychwaith osod cosb drymach na’r un a oedd yn gymwys ar yr adeg y cyflawnwyd y drosedd gosbadwy.
Erthygl 12
Ni ddylid ymyrryd yn fympwyol â bywyd preifat neb, na'u teulu, na'u cartref, na'u gohebiaeth, nac ymosod ar eu hanrhydedd na'u henw da. Y mae gan bawb hawl i amddiffyniad gan y gyfraith rhag y fath ymyrraeth ac ymosod.

Erthygl 13
Y mae gan bawb hawl i symud fel y mynnant ac i breswylio lle y mynnant o fewn terfynau'r Wladwriaeth.
Y mae gan bawb hawl i adael unrhyw wlad, gan gynnwys eu gwlad eu hunain, a hawl i ddychwelyd iddi.
Erthygl 14
Y mae gan bawb hawl i geisio ac i gael mewn gwledydd eraill noddfa rhag erledigaeth.
Ni ellir hawlio hyn mewn achosion o erledigaeth sy'n gwir ddilyn troseddau anwleidyddol neu weithredoedd croes i amcanion ac egwyddorion y Cenhedloedd Unedig.
Erthygl 15
Y mae gan bawb hawl i genedligrwydd.
Ni ddylid amddifadu neb yn fympwyol o'u cenedligrwydd na gwrthod iddynt yr hawl i newid eu cenedligrwydd.
Erthygl 16
Y mae gan bawb mewn oed, yn wryw a benyw, heb unrhyw gyfyngiadau o ran hil, cenedligrwydd na chrefydd, hawl i briodi a sefydlu teulu. Y mae ganddynt hefyd hawliau cyfartal yngln â phriodas, yn ystod priodas ac wrth ei diddymu.
Ni ddylid priodi ond o lwyr fodd y ddau sy'n golygu gwneud hynny.
Y teulu yw uned naturiol a sylfaenol cymdeithas a chanddo’r hawl i amddiffyniad gan gymdeithas a’r Wladwriaeth.
Erthygl 17
Y mae gan bawb hawl i feddu eiddo unigol yn ogystal â chydag eraill.
Ni ddylid amddifadu neb o'u heiddo yn fympwyol.
Erthygl 18
Y mae gan bawb hawl i ryddid meddwl, cydwybod a chrefydd; fe gynnwys hyn ryddid iddynt newid eu crefydd neu eu cred, a rhyddid hefyd, naill ai ar eu pen eu hunain neu gydag eraill, yn gyhoeddus neu'n breifat, i amlygu eu crefydd neu ei gred trwy addysgu, arddel, addoli a chadw defodau.

Erthygl 19
Y mae gan bawb ryddid barn a mynegiant; fe gynnwys hyn yr hawl i ryddid barn, heb ymyrraeth gan neb, a rhyddid i geisio, derbyn a chyfrannu gwybodaeth a syniadau trwy unrhyw gyfryngau, heb ystyried ffiniau gwlad.

Erthygl 20
Y mae gan bawb hawl i ryddid ymgynnull a chymdeithasu heddychlon.
Ni ellir gorfodi neb i berthyn i unrhyw gymdeithas.
Erthygl 21
Y mae gan bawb hawl i gymryd rhan yn llywodraeth eu gwlad, yn uniongyrchol neu drwy gynrychiolwyr wedi eu dewis yn agored.
Y mae gan bawb hawl gyfartal i wasanaeth cyhoeddus yn eu gwlad.
Ewyllys y bobl fydd sail awdurdod llywodraeth; mynegir yr ewyllys hon drwy etholiadau dilys o bryd i'w gilydd, drwy bleidleisio cyffredinol a chyfartal, a thrwy bleidlais ddirgel neu ddull pleidleisio rhydd tebyg.
Erthygl 22
Y mae gan bawb, fel aelod o gymdeithas, hawl i ddiogelwch cymdeithasol, i allu mwynhau hawliau economaidd, cymdeithasol a diwylliannol sy'n anhepgorol i'w hurddas ac i ddatblygiad rhydd eu personoliaeth, trwy ymdrech genedlaethol a chydweithrediad rhyngwladol ac yn unol â threfniadaeth ac adnoddau pob Gwladwriaeth.

Erthygl 23
Y mae gan bawb hawl i waith, i ddewis eu gyrfa yn rhydd, i amodau gwaith cyfiawn a boddhaol, ac i amddiffyniad rhag diweithdra.
Y mae gan bawb, yn ddiwahân, hawl i dâl cyfartal am waith cyfartal.
Y mae gan bawb sy'n gweithio hawl i dâl teg a boddhaol gan sicrhau iddo'u hunain ac i'w teulu fodolaeth deilwng o urddas dynol, ac ychwanegu at hynny, os bydd rhaid, drwy ffyrdd eraill o nawdd cymdeithasol.
Y mae gan bawb hawl i ffurfio undebau llafur ac i ymuno â hwy i amddiffyn eu buddiannau.
Erthygl 24
Y mae gan bawb hawl i orffwys a hamdden gan gynnwys cyfyngiad rhesymol ar oriau gwaith, ac i wyliau cyfnodol gyda thâl.

Erthygl 25
Y mae gan bawb hawl i safon byw digonol i'w hiechyd a'u ffyniant eu hunain a'u teulu, gan gynnwys bwyd, dillad, annedd a gofal meddygol ac i wasanaethau cymdeithasol angenrheidiol; a hawl i sicrwydd cynhaliaeth os digwydd diweithdra, afiechyd, anabledd, gweddwdod, henaint neu unrhyw fethiant bywoliaeth arall pan fo’r amgylchiadau tu hwnt i’w rheolaeth.
Y mae gan famolaeth a phlentyndod hawl i ofal a chymorth arbennig. Dylai pob plentyn, p’un ai wedi eu geni o fewn neu du allan i briodas, fwynhau'r un diogelwch cymdeithasol.
Erthygl 26
Y mae gan bawb hawl i addysg. Dylai addysg fod yn rhydd, o leiaf addysg elfennol a sylfaenol. Dylai addysg elfennol fod yn orfodol. Dylid gwneud addysg dechnegol a phroffesiynol yn agored i bawb, a dylai fod mynediad llawn a chydradd i bawb i addysg uwchradd ar sail teilyngdod.
Dylai addysg amcanu datblygu personoliaeth llawn yr unigolyn a chryfhau parch i hawliau dynol a'r rhyddfreintiau sylfaenol. Dylai hyrwyddo dealltwriaeth, goddefgarwch a chyfeillgarwch ymysg yr holl genhedloedd ac ymysg grwpiau hiliol neu grefyddol, a dylai hefyd hyrwyddo gwaith y Cenhedloedd Unedig dros heddwch.
Gan rieni y mae'r hawl cyntaf i ddewis y math o addysg a roddir i'w plant.
Erthygl 27
Y mae gan bawb yr hawl i gymryd rhan ym mywyd diwylliannol eu cymdeithas, i fwynhau'r celfyddydau ac i gyfranogi o gynnydd gwyddonol a’i fuddiannau.
Y mae gan bawb yr hawl i fynnu diogelwch i'r buddiannau moesol a materol sy'n deillio o unrhyw gynnyrch gwyddonol, llenyddol neu artistig y maent yn awdur iddo.
Erthygl 28
Y mae gan bawb hawl i drefn gymdeithasol a rhyngwladol lle y gellir llawn sylweddoli'r hawliau a'r rhyddfreintiau a nodir yn y Datganiad hwn.

Erthygl 29
Y mae gan bawb eu dyletswyddau i gymdeithas, lle yn unig y mae datblygiad rhydd a llawn eu personoliaeth yn bosibl.
Ni ddylid cyfyngu ar neb, wrth iddynt arfer eu hawliau a'u rhyddfreintiau, ond pan bennir hynny gan gyfraith gyda'r unig amcan o sicrhau cydnabod a pharchu hawliau a rhyddfreintiau pobl eraill, ac i gyfarfod â gofynion cyfiawn moesoldeb, trefn gyhoeddus a ffyniant cyffredinol mewn cymdeithas ddemocrataidd.
Ni ellir arfer yr hawliau a'r rhyddfreintiau hyn mewn unrhyw achos yn groes i amcanion ac egwyddorion y Cenhedloedd Unedig.
Erthygl 30
Ni ellir dehongli dim yn y Datganiad hwn i olygu bod gan Wladwriaeth, grp neu berson unrhyw hawl i ymroddi i unrhyw weithgarwch neu i gyflawni unrhyw weithred gyda'r bwriad o ddistrywio unrhyw un o'r hawliau a'r rhyddfreintiau a nodir yma.

Ecrit par : toto | 30 décembre 2006

Masturbation féminine : tabou ou secret ?

La masturbation concernerait près de 85 % de femmes et serait le meilleur moyen d'atteindre l'orgasme. Mais la plupart d'entre elles la considèrent encore comme une pratique honteuse.




Je devais avoir 8 ans, et quand je n'avais pas été sage, mon père m'enfermait dans le placard à balais, raconte Maryse, 58 ans. Accroupie dans ce sombre réduit, je m'étais aperçue qu'en frottant mes cuisses serrées l'une contre l'autre, j'éprouvais des sensations très agréables. Je jubilais que la punition du placard se soit ainsi transformée en plaisir, comme un pied de nez à l'autorité de mon père, pour qui les femmes n'avaient pas voix au chapitre. Cela dit, j'avais très peur qu'il me découvre. Ç'aurait été l'horreur ! » Cette première association du plaisir et de la honte a-t-elle marqué Maryse ? Durant des années, elle a entretenu avec les hommes des relations où elle ne trouvait son plaisir que dans la soumission et, comme elle dit, « la honte d'être vicieuse ».

Très peu de femmes ont accepté de nous parler de leur pratique solitaire. Certaines en la niant : « Je n'en ai pas besoin, j'ai ce qu'il me faut à la maison ! » D'autres en refusant tout net : « Je raconterais plus facilement comment je fais l'amour que comment je me caresse. » « Leur refus ou leur réticence signifie que le tabou subsiste, estime Serge Tisseron, psychanalyste. Bien sûr, elles ne disent plus que c'est une pratique “honteuse”. La honte est un sentiment si dou-loureux qu'on la dissimule sous des expressions impersonnelles – “C'est la honte”, disent les ados, plutôt que “J'ai honte” – ou on la minore, sous forme de réticence ou de refus de répondre. »

Vingt siècles de culture judéo-chrétienne n'y sont certainement pas étrangers. Au printemps de cette année, le Vatican, comme en écho à une étude d'un prêtre espagnol concluant que rien dans les textes sacrés ne prouvait que la masturbation était immorale, a déclaré que « la masturbation est mauvaise » et a demandé aux catholiques de ne plus se masturber.

Si, pour les hommes, le tabou repose sur le "gaspillage" de leur précieuse semence, l'interdit relève davantage, pour les femmes, du refoulement : « Bien que critiquée, la masturbation des hommes est admise en cas d'urgence, de pulsions irrésistibles, explique Serge Tisseron. L'admettre pour les femmes, ce serait accepter qu'elles aussi ont des pulsions sexuelles irrésistibles, ce que les hommes refusent, tout simplement parce qu'ils ne peuvent pas répondre à ces pulsions s'ils ne bandent pas. La peur de ne pas “assurer” face à une femme désirante sous-tend toute la morale sexuelle édictée par les hommes. Imaginer qu'elles peuvent satisfaire sans eux leurs désirs est extrêmement douloureux. D'où le tabou posé sur la masturbation féminine. »

Au XIXe siècle et au début du XXe, le corps médical se déchaînait contre cette pratique, responsable, selon lui, de surdité précoce, de vertiges, voire d'arriération mentale chez les hommes, et conduisant à l'hystérie chez les femmes. Une hystérie que l'on soignait par l'emprisonnement avec camisole de force, l'excision chirurgicale, la cautérisation du clitoris au nitrate d'argent, méthode préconisée en 1886 par l'Académie de médecine elle-même.

Aujourd'hui, le discours s'est quelque peu adouci, mais la masturbation reste le signe « d'un manque affectif ou, du moins, d'un manque de satisfactions sexuelles plus normales », selon l'avis médical relevé sur le site www.medecine-et-sante.com, avec des contradictions qui illustrent bien l'embarras des médecins : « Le nouveau rapport Hite montre que, pour les femmes, la masturbation est le meilleur moyen d'atteindre l'orgasme, et elle en concernerait 85 %. La pénétration par l'homme, elle, ne marche qu'une fois sur trois… »

85 % de succès contre 33 %, n'est-ce pas suffisant pour la conseiller à toutes les femmes anorgasmiques ? Eh bien non, affirme le même avis médical : « Dans l'immense majorité des cas, la masturbation est normale et sans danger, sans qu'elle soit recommandable, car elle reste un plaisir solitaire et narcissique, piètre et triste substitut à une relation amoureuse sincère. » L'idée que relation amoureuse épanouie et masturbation puissent coexister semble impensable au corps médical. Comme d'ailleurs à beaucoup de femmes… « Mes patientes éprouvent de la gêne à aborder le sujet, confirme Gérard Leleu, médecin généraliste et thérapeute de couple. “Je n'ai pas besoin de ça, docteur, je suis mariée”, disent-elles. Elles ne jurent que par le bonheur à deux, la masturbation devenant une sous-sexualité réservée aux solitaires ou aux veuves. »


Aucune caresse n'est honteuse

Jusqu'à l'âge de 5-6 ans, tous les enfants explorent leur corps de la tête aux orteils, en passant par le sexe, avec le plaisir d'expérimenter toutes sortes de sensations. C'est le moment de leur donner les repères qu'ils intégreront pour la vie : le plaisir est une bonne chose et leur corps est à eux. Ce qui implique de ne pas s'offusquer, de ne pas gronder l'enfant qui se touche, et, surtout, de lui expliquer que personne, ni un adulte ni même un copain ou une copine, n'a le droit de toucher son corps s'il (ou elle) n'en a pas envie. La difficulté est de faire comprendre qu'aucune caresse n'est honteuse, sauf si elle est imposée.

Il faut également faire passer le message que la pudeur et l'intimité sont indispensables. Pas question de laisser l'enfant se caresser devant tout le monde, pas plus qu'il n'a à apporter son pot au milieu du salon. « Les adultes ne respectent pas suffisamment l'intimité de l'enfant, s'insurge Frédérique Gruyer, psychosexologue. Ils rentrent dans la salle de bains sans frapper, font des commentaires égrillards sur la poitrine naissante d'une fillette… Ce sont des agressions apparemment anodines, mais tout ce qui est grivois contribue à perpétuer l'idée que la sexualité est “honteuse”. »

Bref, si découvrir son corps en le caressant est un délicieux secret, on ne le partage pas avec n'importe qui, comme le confirment d'ailleurs les hommes : « Je sais que les femmes ont beaucoup de plaisir en se masturbant, mais je ne l'ai jamais vu. Ma copine a toujours refusé de le faire devant moi. » « Jouir, c'est s'abandonner, explique Serge Tisseron. Donner à voir son abandon est une marque de confiance absolue que bien des couples se refusent. Le mythe de l'orgasme simultané des deux partenaires, qui serait le nec plus ultra, permet surtout de ne rien donner à voir, puisque les deux partenaires sont trop concentrés sur leur propre plaisir pour voir celui de l'autre. »

Si l'on en juge par le nombre de films pornos ou de sites Internet dédiés au sexe qui s'ouvrent sur une scène frénétique de masturbation féminine, force est de constater que celle-ci tient une place de choix dans les fantasmes masculins. Les images sont pourtant bien peu conformes à ce qui se passe dans la réalité : « C'est parce que l'on retrouve ici la “mâle peur”, souligne Gérard Leleu. L'homme voudrait s'approprier le plaisir féminin, en être le seul initiateur, tout en ayant l'intuition que ce plaisir est extraordinairement puissant. Dans son imaginaire, la femme ne peut se caresser qu'avec violence, comme si elle était possédée. » Qui ne se souvient de la fameuse scène du film “L'Exorciste” où la jeune femme possédée par le démon se masturbe avec un crucifix, les yeux exorbités ? « Un fantasme du cinéaste ! rit le révérend père Belot. Après de nombreuses années d'exorcisme, je peux vous affirmer que je n'ai jamais vu une possédée se masturber devant moi. Tant mieux d'ailleurs, cela m'aurait beaucoup gêné. En revanche, qu'une femme se masturbe chez elle, je m'en fiche complètement… Mais je ne reflète certainement pas la position dominante de l'Eglise en vous disant cela. »


Un rendez-vous avec soi-même

Pour aimer, mieux vaut s'aimer soi-même, faute de quoi la relation risque de devenir une dépendance, une quête de réassurance, et non un échange. C'est ce que tente de faire comprendre Gérard Leleu, fort d'une trentaine d'années d'expérience clinique : « Il existe un lien évident entre la méconnaissance des femmes de leur corps et leur incapacité à jouir. Du coup, incapables de guider leur partenaire, elles en attendent passivement tout… et le rendent responsable quand le plaisir n'est pas au rendez-vous. Je leur conseille donc de se caresser seules, pour se découvrir tranquillement, puis de montrer à leur partenaire ce qu'elles aiment, en lui guidant la main. Pour les déculpabiliser, je leur explique que Dieu – ou la nature si elles ne sont pas croyantes – ne crée rien au hasard. Il n'aurait pas fabriqué le clitoris s'il ne souhaitait pas que l'on s'en serve. Je leur explique aussi qu'il est bon qu'elles explorent l'ensemble de leur corps, pour ne pas se limiter à la jouissance clitoridienne faute d'avoir osé se pénétrer avec les doigts. »

La masturbation donne un plaisir vif, rapide, presque à coup sûr. « On peut atteindre l'orgasme en même pas deux minutes, raconte Françoise, 43 ans. Il m'arrive parfois de le faire juste avant de m'endormir, et c'est fou ce que je passe une bonne nuit ! D'autres fois, je l'organise comme un rendez-vous avec moi : répondeur branché, musique sensuelle, livre érotique, rêveries… Je prends mon temps, je laisse le plaisir venir, s'éloigner, revenir, comme des vagues de plus en plus douces et chaudes, jusqu'au moment où tout m'échappe et où je jouis, à la fois tétanisée et tremblante. Quand je reviens à moi, je me sens neuve, détendue… Cela dit, c'est très différent de l'amour avec un partenaire. Ce n'est ni plus fort, ni moins fort, ni mieux, ni moins bien. C'est autre chose, et les deux peuvent – je dirais même doivent – coexister pour que l'on se sente totalement épanouie. »

Parfois, la masturbation permet aussi de mieux vivre les périodes difficiles dans un couple. « J'ai 66 ans, confie Geneviève. Mon mari est un peu plus âgé et a parfois du mal à répondre à mes désirs. Alors, plutôt que de lui en vouloir ou de lui demander de prendre des médicaments, il m'arrive de me caresser en lisant un livre érotique ou devant un film. Ça me rend ma bonne humeur et ça ne fait de mal à personne. Je vous le dis à vous, mais je n'irais pas en parler à mes voisines… »

Interviews réalisées par téléphone, demandes d'anonymat… : les quelques femmes qui ont accepté de parler l'ont fait avec beaucoup de pudeur. « Dire : “Je me masturbe, mais je n'ai pas envie de dire comment”, c'est affirmer, avec raison, le besoin d'intimité dans cette rencontre avec soi-même, reconnaît Serge Tisseron. Le secret préserve simplement le mystère. »

LA NEGATION DU CLITORIS :

La masturbation féminine se conclut majoritairement par une jouissance clitoridienne, sans pénétration vaginale. Pour l'homme, c'est une atteinte à la dignité de son pénétrant phallus. D'où l'idée de s'attaquer au clitoris. En Occident, passée la période barbare des excisions chirurgicales, on pratique une excision mentale. Les livres de sexologie – exceptés ceux écrits par les féministes – décrivent le plaisir clitoridien comme immature lorsqu'il est exclusif, ou comme préliminaire à la pénétration.

Persuadées, nombre de femmes consultent : « Docteur, je suis clitoridienne, est-ce normal ? » Les vibromasseurs adoptent à 90 % la forme d'un pénis géant, comme s'il fallait associer plaisir et membre viril. Dans de nombreux pays, sous l'influence de l'islam et des cultes animistes, les mutilations sexuelles – excision, infibulation – suppriment à jamais le plaisir clitoridien et sont parfois mortelles. Les femmes, conditionnées à croire qu'elles ne sont vraiment femmes qu'une fois excisées, font à leur tour exciser leurs filles. Longtemps, ces pratiques ont été considérées par les Occidentaux comme des « coutumes culturelles » impossibles à contester. Depuis peu, les tribunaux français les qualifient d'actes mutilatoires et condamnent à ce titre les coupables.


OBJETS DE PLAISIR :

Cet été, le magazine pour hommes “FHM” a concocté un “FHM madame”, avec un banc d'essai de vibromasseurs. Du jamais vu dans un magazine féminin français. Les modèles sélectionnés correspondent bien à la tendance du marché, selon un vendeur de la boutique Demonia (1), spécialisée dans ce secteur : « Les engins énormes ne font rêver que les hommes. Les femmes préfèrent les vibromasseurs de petite taille, faciles à glisser dans un sac, avec un toucher souple, un moteur silencieux permettant de s'en servir discrètement et, éventuellement, plusieurs modes ou rythmes vibratoires. Ce qui confirme qu'elles recherchent d'abord une jouissance clitoridienne. La plupart viennent en couple et disent qu'elles veulent pimenter leurs ébats conjugaux. Très peu avouent qu'elles s'en servent parfois seules. »

Ecrit par : toto | 30 décembre 2006

Ça, je parie pour du gaélique.

Ecrit par : catmano | 30 décembre 2006

Extraits et commentaires du livre de Philippe Meirieu





On lira ci-dessous des extraits d'un livre qui aurait dû paraître sous le titre Libre propos sur l'école. Ce livre reproduisait un dialogue entre le ministre délégué à l'enseignement scolaire, Xavier Darcos, et Philippe Meirieu, directeur de l'Institut universitaire de formation des maîtres (IUFM) de Lyon. (Ce livre va en définitive paraître début Décembre2003)

J'ai mis en gras ce qui avait eu un écho particulier en moi et mis sur le côté droit quelques remarques et renvois possibles dans le site.





Les thèmes
Les évènements du printemps 2003 - Le " malaise " enseignant - Le pédagogisme - L'institution scolaire - Le goût d'apprendre - La crise de l'autorité - Violences et incivilités - Une école sans projet ? - Les ghettos scolaires - Illettrisme - Ecrire - Illettrisme scientifique - La sixième - Le collège unique - L'hétérogénéité des classes - L'enseignement privé - L'orientation - Le lycée - Le baccalauréat - Une véritable qualification - Refonder le métier d'enseignant - Les IUFM - Les enseignants dans l'établissement - La décentralisation - La loi de 1989 - La nostalgie du " bon vieux temps " - L'Education Populaire - Le rôle des syndicats dans le service public - Un débat national sur l'école - Améliorer le service public -



Les événements du printemps 2003

La détermination, la dureté, la violence de ce mouvement m'ont surpris. Je ne m'y attendais pas. Et je suis très inquiet que nous n'ayons pas eu de véritable " sortie de crise " : pas de signe symbolique marquant que la crise était terminée et qu'on passait à une autre étape, à d'autres problèmes. Donc pas de catharsis possible pour les acteurs.

Mais je voudrais aussi insister sur le fait que des maladresses très graves ont été commises par le gouvernement. Maladresses dans la gestion même du conflit qui est apparue extrêmement chaotique : était-on dans la discussion, dans la concertation, dans la négociation ? Sur quoi exactement ? Avec quels interlocuteurs ? Tout cela a été très confus. Maladresses aussi dans les attitudes d'un pouvoir qui est apparu très arrogant, voire méprisant à l'égard des personnes qui, précisément, font le travail " en bas ", au quotidien et à qui l'on se contentait de dire : " Mais il n'y a pas de problème… C'est vous qui n'y comprenez rien et refusez toute réforme ! ". Or, le mépris engendre toujours la violence.(…)

En agissant comme il l'a fait, le gouvernement a, à mes yeux, pris une terrible responsabilité : il a fait le lit d'une gauche extrême - bien loin de l'extrême gauche des années 1970-1980 - qui fait de la surenchère et risque de nous conduire à la montée, en face, de l'extrême droite. Cette gauche extrême raisonne, d'ailleurs, d'une manière tout à fait comparable au capitalisme libéral qu'elle dénonce : " Je veux l'argent auquel j'ai droit. Je ne veux pas savoir où l'on va le trouver ni à qui l'on va le prendre. " C'est un vrai recul pour la démocratie et la solidarité sociale.

Il faut bien comprendre qu'après la faillite du marxisme et devant la difficulté des socialistes à définir un projet de société alternatif, les enseignants se sont, majoritairement, retrouvés orphelins, sans idéologie de référence. Ils sont alors devenus réceptifs à un discours anti-mondialiste sommaire… Un discours qu'on peut tenir tout en continuant soi-même à acheter ses produits de consommation au moindre coût et à entériner ainsi le système que l'on conteste… Un discours qui stigmatise comme libéral tout appel à la responsabilité individuelle ou collective… Mais un discours qui permet d'identifier un bouc émissaire et de se libérer ainsi de sa culpabilité professionnelle : " Si nous ne parvenons pas à faire fonctionner l'ascenseur social, si nous n'arrivons pas à faire réussir comme nous le voudrions les élèves des milieux défavorisés, c'est à cause de la mondialisation libérale ! " Entendez-moi bien : je ne dis pas qu'il n'existe pas de vrais et graves dangers dans la mondialisation, je ne dis pas qu'il faut déserter ce terrain-là ni renoncer à militer pour une juste répartition des richesses sur la planète. Mais je m'inquiète de la manière dont certains groupes et certaines organisations syndicales parviennent à habiller d'un discours généreux des attitudes d'égoïsme corporatiste et paralysent ainsi toute véritable réflexion, en particulier sur le système éducatif et les pratiques pédagogiques. (Haut de page)
Autrement dit ce qui arrive est à lire à plusieurs niveaux: celui des décisions prises par des personnes mais également celui des effets systémiques et des fantasmes collectifs.

systèmes
Il y a effectivement un risque important pour que le débat ne porte que sur les moyens et non sur les buts et méthodes




Le " malaise " enseignant

Les enseignants sont nombreux à avoir le sentiment de devoir ramer seuls, à contre courant. Ils sont nombreux à se demander comment incarner au quotidien les valeurs de l'école républicaine quand la société tout entière semble promouvoir les valeurs inverses : la séduction contre la réflexion, la violence contre l'intelligence, la facilité contre l'exigence, l'individualisme contre la solidarité, l'élimination du " maillon faible " contre le pari de l'éducabilité de tous. Les politiques ont, à cet égard, une responsabilité déterminante. Ils n'ont pas mesuré à quel point la télévision représente un des enjeux fondamentaux des années à venir. Ils ont abandonné ce secteur à la concurrence des marchés publicitaires, alors qu'il s'agit d'un domaine où l'État devrait avoir une forte présence, non pour censurer, mais pour impulser une vraie politique culturelle, non pour tout diriger mais pour favoriser une réflexion citoyenne sur cet outil qui est au cœur de la vie quotidienne de tous les Français. Je suis, d'ailleurs, très étonné de la timidité de l'Éducation nationale dans ce domaine… J'aimerais qu'elle s'inspire du courage qu'eut, jadis, Jules Ferry pour lutter, par l'école, contre l'obscurantisme religieux. Car, aux plus beaux moments de l'école laïque, les élèves n'ont jamais passé autant de temps au catéchisme qu'ils n'en passent aujourd'hui devant les âneries de la télévision ! (…) Nous sommes bien trop timorés : en classe, nous ignorons la télévision ou, au mieux, n'évoquons que les émissions culturelles. Je voudrais que nous retrouvions la passion pour l'intelligence et la liberté des grands laïcs du XIXe siècle. Et je suis certain, d'ailleurs, que cela donnerait aux enseignants une perspective susceptible de leur rendre leur dignité.(…)

Les enseignants ont le sentiment de ne plus pouvoir faire fonctionner l'ascenseur social, d'être devenus impuissants à combattre la fatalité sociale. Ils ont intériorisé l'échec d'une école républicaine qui ne parvient pas à faire émerger au moins quelques élus parmi les fils des exclus. Ils en ressentent une souffrance à la mesure de leur générosité : ce sont des hommes et femmes progressistes qui se vivent comme incapables collectivement de réaliser l'idéal auquel ils adhèrent. Je crois, pour ma part, qu'ils ont tort et que la pédagogie peut toujours permettre de lutter contre la fatalité… Mais je comprends leur souffrance. Je comprends qu'ils retournent celle-ci contre un système qu'ils rendent responsable de leur échec. (…)

Si les enseignants sont méfiants à l'égard d'une politique scolaire qui basculerait dans la loi du marché, c'est parce qu'il existe quand même des indices qui montrent que le danger existe : le développement des officines privées de soutien scolaire, l'arrivée des cours payants sur Internet, l'accroissement des écarts entre les établissements prestigieux de centre ville et les établissements de banlieue… Et j'ajouterai, pour ma part, la réduction des savoirs scolaires à des marchandises, de simples moyens de réussir des examens. C'est, d'ailleurs, ce qu'ont toujours dénoncé les pédagogues… (Haut de page)
C'est aussi la question de la reconnaissance qui leur manque, entre autres.







Je pense qu'il n'existe pas encore de réflexion suffisante sur le pouvoir des journalistes qui se cache derrière la croyance qu'ils ont de refléter la réalité, alors que souvent ils l'influencent dans une interaction avec elle.




Le pédagogisme

Je ne me définirai évidemment pas comme un " pédagogiste ". Je prétends simplement que, s'il est vrai que l'on enseigne toujours quelque chose, il est non moins vrai qu'on l'enseigne toujours à quelqu'un.

Sur les années 1970-1990, (…) on ne peut absolument pas parler d'une renonciation généralisée des enseignants à leur autorité. Après la récréation de 1968, l'ordre est vite revenu. Depuis, les sanctions dans l'école n'ont pas cessé d'augmenter. Et je refuse complètement d'assimiler la volonté d'impliquer l'élève dans ses apprentissages avec la généralisation du spontanéisme. C'est tout le contraire : cette implication demande un travail pédagogique considérable !

Bien sûr, je reconnais qu'il existe une forme de " pédagogie active " - libérale en quelque sorte - qui profite aux enfants ayant trouvé leur costume d'écolier au pied de leur berceau, ceux qui font les exposés spontanément, qui fréquentent les maisons des jeunes et de la culture, les associations ou les organisations culturelles. Mais vous semblez ignorer qu'il faut surtout mobiliser les autres sur les savoirs scolaires et que cela passe, évidemment, par le fait de les rendre actifs. Car, les enseignants sont confrontés aujourd'hui à la nécessité de transmettre des savoirs à des élèves qui ne veulent pas toujours apprendre et ne voient pas bien ce qu'ils font à l'école… et cela est bien affaire de pédagogie. C'est même la grande affaire de la pédagogie !

En réalité, trop d'enseignants, légitimement sensibles à l'amour de leur discipline, vivent son refus ou son rejet par leurs élèves comme une blessure personnelle. Ils ont alors tendance à se durcir, voire à croire que l'autoritarisme et les sanctions sont les seuls remèdes. En les y encourageant, le gouvernement actuel les mène à l'échec. Il faudrait, au contraire, leur faire entendre quelles sont les exigences spécifiques de l'école.(Haut de page)
C'est toute la question de l'opposition fausse entre instruire et éduquer mais derrière se joue le modèle de la personne :

l'élève est il une personne globale dont l'intelligence est tributaire de l'affectif etc...

ou est-ce un individu morcelé qui n'intéresse que par son intelligence?




L'institution scolaire

L'école n'est pas une juxtaposition d'enseignements disciplinaires. C'est une institution particulière qui a ses principes et ses règles. Ce n'est ni la rue ni la famille. À l'école, celui qui a raison n'est pas celui qui crie le plus fort, mais celui qui démontre le mieux. L'école est un lieu où comprendre est plus important que réussir, où l'exigence de rigueur, de justesse et de vérité doit constamment s'incarner : on ne peut pas faire dire n'importe quoi à un texte, ni cacher une partie des données recueillies lors d'une expérience. De plus, l'école est un lieu où, non seulement l'erreur est tolérée, mais utilisée pour progresser. Felix culpa, disaient les Jésuites : " Heureux sois-tu qui te trompes, car tu pourras analyser ton erreur et ne plus te tromper. ".

Or, ce qui me paraît caractériser la situation vécue par beaucoup d'enseignants aujourd'hui, c'est que ces principes ne vont plus de soi. Chaque professeur doit en quelque sorte " reconstruire l'école " s'il veut " faire l'école ". La tâche est ardue : l'école, bien souvent, va à contre-courant de l'idéologie dominante. Elle prétend que chacun peut et doit apprendre, quand la télévision explique qu'il vaut mieux éliminer " le maillon faible ". Elle exige effort, attention et patience, quand la publicité vante le " tout-tout-de-suite ". Plus que jamais, dans ces conditions, l'enseignant a besoin de pédagogie.(…)

Je crois, pour ma part, que l'acquisition des savoirs est inséparable de celle des règles du " vivre ensemble " : apprendre à respecter celui qui raisonne juste et convainc sans violence relève bien de la mission première de l'école.

C'est donc à l'occasion de la transmission des savoirs, en réfléchissant à la manière d'organiser les apprentissages que se construit le " vivre ensemble ". Cela se fait en travaillant sur des textes littéraires ou des expériences scientifiques. Je n'ai jamais été partisan de la cohésion de l'établissement et la paix sociale à tout prix. L'école n'est pas d'abord faite pour être bien ensemble, mais pour apprendre… et apprendre ensemble.(Haut de page)
La gestion du temps pour le maître est fondamentale, l'apprentissage du "surseoir au plaisir" est la base de l'apprentissage comme de l'éducation et c'est effectivement à l'opposé du "zapping"! et cette gestion demande effectivement une bonne dose de pédagogie ou de savoir-faire que la formation peut apporter




Le goût d'apprendre

L'essentiel est de leur faire entendre que les savoirs ne leur sont pas imposés de manière arbitraire et dans une perspective purement scolaire, mais qu'il s'agit d'occasions d'entrevoir et d'obtenir des satisfactions intellectuelles plus importantes que les renoncements provisoires qu'on leur impose. L'enseignant doit pouvoir montrer que les apprentissages sont véritablement libérateurs et qu'on ne demande à personne de s'assujettir bêtement à l'autorité d'un maître ou d'une institution.

D'ailleurs, quand Jules Ferry explique, il y a plus d'un siècle, qu'il faut apprendre à lire, écrire et compter, la lecture est pour lui, dans la tradition protestante, l'occasion de se libérer de toutes les formes de cléricature, de tous ceux qui voudraient qu'on les croie sur parole. Il prône le libre examen, la possibilité d'aller vérifier dans le texte l'exactitude d'un propos, de le confronter avec d'autres textes… Le plus extravagant est qu'aujourd'hui la lecture, qui est un moyen extraordinaire d'échapper à toutes les formes d'emprise, est vécue par les élèves comme un assujettissement, une soumission au pouvoir d'adultes qui leur demandent de mettre en œuvre une technique sans leur en montrer le formidable pouvoir émancipateur. Apprendre à lire, ce devrait être se réjouir de pouvoir, enfin, choisir soi-même son programme de télévision, chercher l'information pour contredire ses parents et tenter d'accéder, à travers le livre, au secret des choses. C'est devenu échapper à une punition, réussir une évaluation ou faire plaisir à son enseignant !

Car nous ne parvenons plus à faire entendre le potentiel libérateur des savoirs. Et, faute de pouvoir exprimer son désir de grandir et d'être indépendant dans les apprentissages intellectuels ou dans la création artistique, le jeune s'affirme dans des transgressions qui mettent en péril son intégrité psychologique et physique : rouler à grande vitesse, prendre de la drogue, s'aliéner à des bandes en rupture… L'école, aujourd'hui, ne peut se contenter d'imposer des savoirs, il lui revient aussi d'en montrer " la saveur ".(Haut de page)
Ceci n'est pas si étonnant quand on sait "la peur d'apprendre" qui existe chez bien des jeunes.

Ceci montre également combien un enseignant doit être averti des processus imaginaires et des représentations des élèves




La crise de l'autorité

La crise de l'autorité dans notre société n'est pas simplement le fruit de la démission des adultes en général et des enseignants en particulier… elle est un phénomène plus général. C'est le corollaire de la fin de toute théocratie : il n'y a plus d'idéologie qui s'impose à tous, ni dans le Ciel ni dans le Parti. La démocratie permet qu'on discute librement de toutes les opinions ; elle valorise le débat comme un moyen d'identifier l'intérêt général. Les élèves vivent dans un environnement où tout est discutable. Ils ont du mal à comprendre qu'à l'école, la discussion doit être régulée par la recherche de la vérité, de la précision, de la justesse, recherche que, précisément, le maître incarne. Dès lors que les élèves ne sont pas formés à faire la différence entre le registre des convictions qui s'expriment légitimement dans un État démocratique et celui des vérités qui s'enseignent tout aussi légitimement à l'école, la confusion s'installe. Et, si le maître ne travaille pas à instituer cette distinction fondamentale, s'il cherche à passer en force dans tous les domaines, à imposer le savoir scolaire comme une opinion qui doit triompher des autres opinions, il va au-devant de durcissements et de rejets chez ses élèves.

Dans une classe de CM1 que je visitais, il y a quelques jours, le maître s'est fait interrompre par un élève qui lui a demandé : " D'où tiens-tu ce que tu dis ? " On voit bien que la contestation de l'autorité de l'enseignant tourne parfois au conflit d'opinions : l'enseignant a une opinion, l'élève également ; chacun des deux l'exprime et celui qui a le pouvoir l'impose. Pis, l'autorité est parfois vécue comme un affrontement entre deux caprices ou une soumission aux règles d'une autre tribu. C'est ce que renvoient certains jeunes de banlieue : " Tu me dis de faire cela… Mais pourquoi ta loi serait-elle meilleure que la mienne ? "

C'est pourquoi l'enseignant qui impose sa position par la force savonne la planche sur laquelle il devrait se tenir debout. Ce n'est pas le fait qu'il soit le plus fort qui lui donne sa stature d'enseignant… c'est parce qu'il parle plus juste, qu'il est le plus proche de la vérité et qu'il sait le faire entendre à ses élèves. En réalité, c'est parce qu'il autorise ses élèves à accéder à une vérité dont il n'est que le vecteur, qui existe en dehors de lui et d'eux, que chacun peut vérifier et qui résiste à leur imaginaire réciproque, qu'il peut sortir du conflit d'opinions. S'imposer par la contrainte, c'est se mettre dans une situation où l'autre risque de confronter sa propre force à celle qu'on lui impose. Cela donne lieu à des parties de bras de fer inutiles où les enseignants s'épuisent, alors qu'il conviendrait qu'ils consacrent plutôt leur énergie à inventer des situations qui rendent légitime la transmission des connaissances.(Haut de page)
Il y a effectivement à retrouver le sens du rapport à la Loi et aux lois dans l'école mais pas uniquement là!

L'autorité n'est effectivement plus la même qu'autrefois et ses conditions sont à repenser




Violences et incivilités

D'abord, je voudrais qu'on évite de stigmatiser systématiquement les comportements des enfants d'origine maghrébine. Il est vrai que certains d'entre eux - des garçons en grande majorité - commettent des excès indéfendables. Mais cela ne doit pas faire oublier les transgressions bien réelles, quoique plus " convenables ", des autres élèves : de ceux qui, par exemple, n'insultent pas l'enseignant mais le méprisent en silence royalement ! De ceux qui l'utilisent comme un valet et le traitent avec dédain ! Et puis, il y a autant d'obscurantisme et même de barbarie dans certaines formes de bizutage que dans les manifestations d'un communautarisme qui, bizarrement, ne concernerait que la communauté musulmane.

Ensuite, il est évident qu'il existe aujourd'hui des classes où les enfants se comportent de façon absolument inacceptable : certains se lèvent tout d'un coup, d'autres jettent leurs affaires, d'autres encore s'interpellent ou insultent l'enseignant... Mais, dans ces cas-là, il est inutile de tenter de crier plus fort que les élèves. Cela tourne trop souvent, en effet, aux jeux du cirque : " Tu n'as pas ton cahier, eh bien tu vas sortir ! ", déclare le professeur. " Non je ne sortirai pas ! ", répond l'élève. Ou bien : " Je reviendrai avec mon frère et tu verras… ". Ou encore : " Je vais sortir, mais je ne reviendrai plus ! Tant pis pour vous ! " Et le rapport de force s'engage. Les autres élèves, d'ailleurs, recréent mentalement l'arène : ils observent l'affrontement et se demandent qui va rester au tapis. Le professeur, de toutes façons, en sortira épuisé et, s'il réussit à résoudre le problème sur le moment, n'aura pas forcément, pour autant, contribué à la construction de la loi scolaire dans la classe.

Cette loi scolaire, en réalité, ne se construit pas seulement dans des situations de crise, mais dans le moindre exercice quotidien. Je me souviens avoir visité une de mes stagiaires, professeur des écoles. Elle avait mis les élèves par deux pour effectuer un travail de géométrie, en leur expliquant qu'ils devaient parler à voix basse. Un élève l'a interpellée du fond de la classe. Elle lui a répondu tout fort. Quelques instants plus tard, un autre l'a sollicitée en lui posant la même question. Elle a à nouveau obtempéré. En quelques minutes, cette jeune femme a donc fait passer trois messages à sa classe : le premier est que, contrairement à la consigne, on peut parler fort. Le second est qu'il n'est pas important d'écouter ce que disent ses camarades. Le troisième qu'on peut même se dispenser d'écouter ce qu'elle dit puisqu'elle le répète systématiquement.

Ici, comme ailleurs, les règles se travaillent et se construisent : elles s'imposent non pour faire plaisir au maître, mais parce qu'elles sont cohérentes avec le projet même de l'école : trop d'élèves croient qu'en classe, on leur ordonne le silence pour les brimer, alors qu'il s'agit de découvrir avec eux la concentration et l'intériorité nécessaires pour réfléchir. (…)

Enfin, le rôle des professeurs principaux a-t-il été trop négligé. Alors qu'ils devaient être le ciment d'une équipe enseignante, se trouver en liaison étroite avec le chef d'établissement et en mesure d'exprimer les exigences de l'institution auprès des élèves et des parents, ils ont été dévalorisés et considérés comme de simples courroies de transmission administratives. Cela n'aide pas à structurer l'univers scolaire. L'élève n'a pas toujours d'interlocuteur pédagogique identifié capable d'avoir une vision globale de son travail, de le suivre dans ses apprentissages, de faire avec lui les bilans nécessaires et de prendre les décisions qui s'imposent. C'est ce rôle pédagogique là qu'il faut renforcer en donnant au professeur principal les moyens d'exercer vraiment sa responsabilité. C'est comme cela qu'on retrouvera la véritable autorité des enseignants.(Haut de page)
Si les enseignants connaissaient mieux la culture du maghreb , peut-être que ces jeunes se sentiraient mieux reconnus...







La nécessité d'une,formation autre que celle de la discipline montre là sa nécessité. voir: dossier la violence













C'est la question de l'isomorphisme entre "le dire "et le "faire"; mais cet isomorphisme devrait déjà être à la base de la formation en IUFM!




Une école sans projet ?

Nous avons démocratisé l'accès à l'école, mais, faute d'un travail pédagogique suffisant, nous n'avons pas démocratisé la réussite dans l'école. D'où les frustrations et, parfois même, la rancœur des uns ou des autres. Mais je ne voudrais pas, pour autant, que nous laissions penser que rien de constructif ne s'est fait depuis vingt ans et que rien de positif ne se fait aujourd'hui. Il y a des enseignants qui font un travail extraordinaire avec une énergie et un enthousiasme considérables. Il y a de grandes réussites, y compris dans les zones les plus difficiles. Des élèves qui réussissent enfin quelque chose, des classes qui retrouvent le goût d'apprendre et passent du Loft à Marivaux .

S'il y a crise, en réalité, c'est parce que les enseignants manquent d'un projet social et politique clair. Ils ne savent plus très bien ce que l'on attend d'eux. Ce n'est pas seulement la faute des hommes politiques, c'est la responsabilité de la société tout entière qui est engagée ici.

À l'époque où j'ai travaillé avec Claude Allègre sur la réforme du lycée, j'ai constamment plaidé pour qu'un débat parlementaire soit organisé, pour que le Parlement tranche en dernier ressort sur les orientations fondamentales. Car, dès lors qu'il n'y a pas d'orientation forte clairement identifiée, les enseignants et les parents se sentent livrés à eux-mêmes et les conflits d'intérêts sont inévitables. Si rien ne vient arbitrer entre les demandes des uns et des autres, c'est la loi du plus fort qui s'installe derrière la façade réglementaire.

Paradoxalement, seule l'école catholique dispose aujourd'hui d'un projet pour faire face aux revendications consuméristes des familles. Elle peut au moins leur opposer les valeurs évangéliques dont elle se réclame, le souci du plus pauvre, par exemple, pour contrer la demande de classes d'élite ! (…)

Lorsque j'étais enfant, mes parents m'ont envoyé à l'école comme aujourd'hui on pénètre dans un avion : sans avoir la prétention d'aller expliquer au pilote comment il doit se comporter. Aujourd'hui, les enseignants expliquent qu'ils sont sans arrêt sollicités par des familles qui veulent savoir ce qu'ils font et pensent avoir leur mot à dire sur ce qui se passe dans la classe. Cela est dû, sans doute, à l'augmentation du niveau d'études des parents et au fait que le statut social des enseignants a été écorné, même si c'est loin d'être aussi vrai qu'ils l'imaginent. Mais c'est dû, surtout, au fait que les demandes individuelles de réussite ne sont plus contenues par un projet collectif : on poursuit son propre intérêt sans relâche et l'on n'a aucune raison d'y renoncer puisqu'on ne voit pas au profit de quel intérêt collectif !(Haut de page)
c'est là le point du futur débat qui me semble le plus important mais sera-t-il abordé ou évité?




Les ghettos scolaires

il faudrait peut-être leur donner les moyens de vivre. Il faudrait éviter de les laisser s'enfoncer dans le découragement ou la révolte. Il faudrait agir d'urgence pour ne pas pousser les parents à changer leurs enfants d'école et les enseignants à demander leur mutation.

Il existe, dans la banlieue lyonnaise, un collège qui perd des élèves chaque année. La totalité d'entre eux habite dans la même cité et tous les parents, ou presque, vivent de l'aide sociale. Dès que ces derniers trouvent du travail, leur premier réflexe est de déménager dans un quartier pavillonnaire où ils ont le sentiment qu'ils pourront trouver un établissement mieux adapté, où la violence sera moins grande. Il n'est pas question, pour moi, de stigmatiser ces parents en les traitant de mauvais républicains parce qu'ils veulent un bon collège pour leurs enfants, mais ces comportements, individuellement légitimes, provoquent des effets collectifs dévastateurs. Au bout de quelques années, ce genre de collège ne peut que se transformer en baril de nitroglycérine, et les enseignants, même avec des bonus, ne veulent plus aller y travailler. Là non plus, je ne jette la pierre à personne : on sait à quel point il est difficile de tenir dans la durée face à des situations trop difficiles. Mais, là encore, je constate un cercle vicieux : puisqu'on ne parvient pas à stabiliser dans ces établissements des professeurs chevronnés et des équipes stables, ils s'enfoncent dans les difficultés et sont fuis des familles qui le peuvent. Les autres y restent, mais nourrissent la rancœur inévitable de ceux qui se sentent assignés à résidence.

Qui pose clairement ces questions aujourd'hui ? Qui envisage des solutions concrètes, quitte à fâcher tel ou tel groupe de pression ? Qui affiche des choix clairs pour éviter la dérive des continents scolaires ? Qui a évoqué ce problème lors des dernières échéances électorales ?

Alain Savary avait fait, en 1981, le choix des Zones d'éducation prioritaires. C'était un choix essentiel et courageux : donner plus à ceux qui ont moins. Aujourd'hui il faut aller plus loin : donner mieux à ceux qui ont moins : les meilleures sections, les meilleurs équipements, les projets culturels les plus ambitieux, les meilleurs chefs d'établissement et les meilleurs enseignants. Inverser résolument la tendance qui consiste à donner toujours l'argent aux plus riches. Et faire des signes symboliques forts : je suis partisan de mettre des BEP de mécanique auto dans le cinquième arrondissement de Paris et des classes préparatoires aux grandes écoles dans le 93. Au début, il est possible que les élèves ne fassent qu'y passer, mais ce sera toujours ça… au moins, ils connaîtront " l'autre monde ". Et, petit à petit, on peut espérer renverser la fatalité. Car, tant que l'école ne renversera pas la fatalité sociale, elle ne retrouvera pas la confiance collective des Français.(Haut de page)
Les tensions systémiques ne peuvent être gérées que par la prise de conscience du plus grand nombre; sinon il ne sera question que de rapport de forces et de groupes de pression qui n'influenceront guère les résultats




Illettrisme…

ne faut pas s'étonner de la fragilisation du niveau en lecture et en écriture, dès lors que les horaires dévolus au français à l'école primaire ont diminué en vingt ans de 30 % environ. Il a fallu attendre les programmes publiés en 2002 pour qu'on commence à redresser la barre.

Il faut savoir, en effet, que l'école est soumise en permanence à de multiples pressions pour enseigner de nouvelles disciplines ou s'intéresser à de nombreux domaines. Tant que cela a été possible, on a pris sur l'instruction religieuse. C'est ainsi qu'on a pu développer l'éducation physique. Mais, lorsqu'il n'y a plus eu de discipline à bouter hors de l'école, on a empiété sur le français en disant qu'il était, de toutes façons, pratiqué dans toutes les matières. C'est parfaitement exact, mais pour que cela devienne opérationnel, il fallait un changement radical dans les pratiques pédagogiques qui n'a pas eu lieu.

Car la réforme des cycles imposée par la loi de 1989 n'a jamais vraiment été appliquée : il s'agissait de faire travailler les maîtres en équipe et d'individualiser les parcours au sein de chaque cycle afin d'éviter les pertes de temps et les redoublements. Il s'agissait aussi d'approcher les apprentissages de manière plus globale et rigoureuse à la fois, avec un meilleur suivi des élèves. Cela devait permettre un accès de tous à une meilleure maîtrise linguistique. Malgré de belles tentatives, la réforme s'est ensablée. Aujourd'hui, la rupture entre la maternelle et le primaire sur la question de l'acquisition du langage est encore trop forte. La place dévolue à l'écrit par l'école reste trop formelle, déconnectée des expériences des élèves, insuffisamment centrée sur la découverte progressive de soi et du monde. Par ailleurs, dans ces domaines, l'effort qui doit être fait par l'école n'est pas suffisamment relayé par l'ensemble de la société. Dès lors que plus personne n'écrit à ses amis ou à sa famille mais passe son temps à leur téléphoner, il devient vraiment difficile d'exiger des enfants qu'ils donnent un sens à l'apprentissage de l'écriture.

L'école primaire a également subi de plein fouet les effets pervers d'une décentralisation, sans doute nécessaire, mais qui a été mal maîtrisée. L'inégalité des dotations municipales prend aujourd'hui des proportions très inquiétantes et met en péril l'égalité des chances que la France offre à ses enfants dans tous les domaines (informatique, langues étrangères, pratiques artistiques et sportives). Je suis partisan d'une péréquation des dotations sur la base d'un cahier des charges national très précis. En tout état de cause, les droits et devoirs de l'État au regard des municipalités et des municipalités au regard de l'État devraient être mieux définis.

Il reste que l'école primaire française, contrairement à ce que l'on dit, résiste bien. Elle est plutôt efficace et n'a pas à rougir devant les systèmes éducatifs étrangers. Les enseignants du premier degré sont des professionnels compétents, dévoués à leur travail. Je suis, pour ma part, très choqué de la manière dont ils sont stigmatisés aujourd'hui comme responsables de l'illettrisme !(Haut de page)



On s'apercevra peut- être plus tard que nous avons traité nos enfants comme nos ancêtres traitaient les leurs dans les mines!

La suppression de certaines disciplines et la réduction des programmes, loin de baisser le niveau, permettraient assurément de l'élever. Ce qui baisserait c'est nos fantasmes sur des savoirs soit-disant connus!





C'est la question fondamentale: partir de soi pour aller vers les autres et non l'inverse, pour les élèves comme dans la formation des maîtres.





Ecrire

L'écrit doit être revalorisé de toutes les manières et par tous les moyens. À l'école, bien sûr, et dans toute la société.

Depuis que je suis jeune enseignant, j'ai toujours écrit à mes élèves. Des lettres pour évoquer leur comportement, leurs progrès... Lorsque j'étais professeur en lycée professionnel, j'écrivais à mes élèves chez eux. C'est d'ailleurs les seules lettres qu'ils recevaient en dehors de dépliants publicitaires. Certains m'ont répondu, mais tous ceux que je revois aujourd'hui me disent avoir précieusement gardé ces courriers.

Donner du sens à l'écrit comme outil d'accès à la réflexion par le sursis à l'acte, valoriser l'écriture en en faisant un outil de découverte de soi et des autres, travailler sur la réécriture pour permettre la mise en ordre des idées et l'expression la plus juste… tout cela est un travail de longue haleine. Et un effort dont l'école ne peut pas porter seule la responsabilité. L'engagement des parents, des médias, de toute la politique du gouvernement est nécessaire. Vous devriez décréter la revalorisation de l'écrit priorité nationale absolue ! (…)

En réalité, il est indispensable de travailler beaucoup plus en amont. L'apprentissage de la lecture et de l'écriture devrait pouvoir s'étaler sur l'ensemble de la scolarité primaire, dès l'école maternelle, en délestant un peu le CP de la charge intellectuelle et affective qu'il représente, en particulier auprès des parents et des enseignants. Il n'est pas acceptable d'exiger d'un élève qu'il sache totalement lire à la fin du CP, il est stupide d'évaluer son illettrisme éventuel à ce niveau. " L'important en éducation, expliquait Rousseau, est de savoir perdre du temps pour en gagner. "

Il faut aussi développer les structures de soutien. Des réseaux d'aide existent actuellement : ils comprennent des enseignants spécialisés qui viennent apporter leur aide aux professeurs d'école pour tel ou tel élève en situation très difficile : c'est une bonne formule car on soutient les enfants sans les exclure de la classe. Mais ces réseaux ne sont pas assez denses et je crains que nous n'allions pas vers leur renforcement. (Haut de page)
Voir: le témoignage d'un rééducateur et tout le travail important que font ces personnes




Illettrisme scientifique

En effet, même s'il semble moins intéresser les intellectuels, l'illettrisme scientifique existe aussi, avec son cortège de dérives vers la pensée magique. Il ne faut donc nullement sous-estimer la formation aux techniques opératoires et à la démarche expérimentale.

L'utilisation de la calculette pose, à cet égard, des problèmes spécifiques. Elle peut efficacement stimuler l'enfant, mais fait obstacle aussi à la formalisation nécessaire et à la construction des opérations mentales qui seront requises ensuite.

On ne peut se satisfaire de voir des enfants appuyer sur des boutons pour avoir des résultats. La formation scolaire, dans sa spécificité, exige l'inverse : il faut comprendre ce qui se passe dans la boîte. Plus généralement, apprendre, à l'école, ne signifie pas " trouver juste ", mais comprendre " comment faire juste ". C'est travailler sur la procédure pour obtenir un résultat et pas seulement se procurer le résultat par le moyen le plus rapide et le plus économique.

Ce qui fait problème, c'est que l'école est ici à contre-courant : nous sommes dans une société où réussir est toujours plus important que comprendre. Où l'on cherche à obtenir les résultats le plus vite possible, avec le moins d'apprentissages possibles. C'est légitime en matière de progrès technique - nous ne pouvons pas comprendre en détail tous les appareils que nous utilisons - mais, transposé dans l'école, cela aboutit ainsi à ces fêtes de fin d'année où, la veille, la maîtresse fait tous les dessins avec deux ou trois bons élèves pour que les parents pensent qu'il s'agit d'une bonne classe.(Haut de page)
Je ne suis pas sûr que la calculette y soit pour grand chose la dedans! C'est un reste des peurs des parents d'il y a 10 ans . Par contre c'est bien vrai qu'il y a une résurgence de la "pensée magique" et que la science n'est plus suffisamment mise en valeur




La sixième

En septembre, les élèves arrivent avec deux cartables pour être sûrs d'avoir tout ce dont ils ont besoin ; en juin, les enseignants peinent à obtenir qu'ils apportent un stylo. En début d'année, les enfants paniquent devant la masse de travail ; en fin d'année, ils ont compris qu'il n'en faut faire qu'une partie et se débrouiller, quand on ne sait pas, pour ne pas être interrogé. Disons les choses clairement : la 6e déstructure. Les élèves, en particulier les plus fragiles et ceux qui n'ont guère de soutien familial, désapprennent, qu'il s'agisse des méthodes de travail, de leur capacité à lire des consignes, voire à lire tout simplement. Certes, une fois encore, garçons et filles se comportent différemment, les premiers sont bien plus touchés que les secondes. Mais cette classe est ravageuse…

Aussi, ne suffit-t-il pas de créer quelques 6èmes particulières, c'est l'ensemble des classes de 6e qu'on doit repenser. En y installant d'abord une vraie période d'accueil assez longue pour être efficace, et assurée par l'ensemble des professeurs : la dernière réforme du collège a montré la voie dans ce domaine. En revalorisant, ensuite, de manière toute particulière ici, le professeur principal. Il devrait être déchargé d'une partie de ses enseignements pour assurer un suivi spécifique, avec une attention particulière sur la lecture, y compris d'ouvrages susceptibles de nourrir la réflexion des élèves : nous sommes à une période charnière où l'enfant doit entrer dans l'adolescence par la réflexion et non par la transgression.

Enfin, la 6e impose une concertation approfondie des enseignants, ne serait-ce que pour déterminer les exigences communes en matière de méthodes et d'organisation du travail des élèves. Très concrètement, il faut s'intéresser de près aux objets les plus triviaux qui sont souvent tout à fait déterminants : les classeurs sont une catastrophe pour l'organisation du travail individuel des élèves, car les fiches y sont mises n'importe comment et deviennent des boules de papier que l'on retrouve au fond des cartables à la fin de la semaine. Il faut arrêter l'inflation des photocopies, les exercices distribués n'importe comment... (Haut de page)
Tout à fait d'accord, l'accueil suffisamment long, l'importance du professeur principal, la concertation des enseignants, tout cela me paraît très important.




Le collège unique

Les questions autour du collège unique sont de fausses bonnes questions, car le collège unique n'a jamais vraiment été réalisé. Il existe, depuis toujours, des cursus spécifiques à côté des sections unifiées. En outre, nos concitoyens ne sont pas naïfs et savent bien que les collèges de centre ville et les collèges de banlieue sont parfois très différents.

À mes yeux, pourtant, la réalisation du collège unique est toujours d'actualité. Elle est liée à la revalorisation indispensable de l'instruction obligatoire et à sa fonction de creuset républicain. N'oublions pas, en effet, que la scolarité obligatoire entretient un rapport organique avec l'État puisqu'elle est inscrite dans la Constitution. À ce titre, ses objectifs devraient être beaucoup plus fermement identifiés et validés par la représentation nationale. Celle-ci doit définir le type de citoyen dont la France veut. Ensuite, que spécialistes et experts déclinent ces orientations par niveaux de classes et par disciplines est tout à fait légitime. Mais il leur faut une boussole.

La fin de la scolarité obligatoire correspond en effet, pour l'essentiel, à la fin des années collège. On devrait alors exiger de chaque élève qu'il ait acquis, à la sortie de 3e, un certain nombre de compétences et de savoirs qu'on juge indispensables pour comprendre et agir dans notre monde. Au niveau de la scolarité obligatoire, on ne peut accepter de sélection : sauf à se résigner à avoir des citoyens à deux vitesses ! (…)

René Haby avait pris la précaution, en installant le collège unique, de mettre en place un système de soutien, pour les élèves en difficulté, et d'approfondissement, pour ceux qui pouvaient aller plus loin. Mais nous n'avons jamais vraiment joué le jeu. Ces heures ont très vite été utilisées en classes complètes. C'est vraiment dommage, car ce système avait un avantage pédagogique très important. Il obligeait les enseignants à se poser, chaque semaine, une question très simple : quels sont ceux de mes élèves qui ont réussi à atteindre l'objectif que je poursuis, et qui peuvent donc aller plus loin, et ceux qui, au contraire, ont besoin d'une reprise ? Cette interrogation était exigeante pour les enseignants. Certes, elle ne pouvait pas fonctionner à 100 %, mais elle permettait de suivre de très près la façon dont chacun de leurs élèves avançait dans sa scolarité. Si nous avions appliqué cela rigoureusement, nombre de dérives constatées au collège actuellement auraient pu être évitées.

Pour réussir le collège, je suis partisan d'y réintroduire la polyvalence des enseignants, afin de diminuer progressivement le nombre de professeurs par élève, au moins en 6e et en 5e. La majorité d'entre eux y est aujourd'hui opposée, mais on pourrait proposer systématiquement aux volontaires de se former à une deuxième discipline. Et, progressivement, par un phénomène de tache d'huile, des professeurs enseigneraient, à un bon niveau d'exigence universitaire, plusieurs disciplines.

Il faut ensuite, impérativement, renforcer l'enseignement de la technologie. Aujourd'hui, l'orientation en cours ou en fin de collège se fait essentiellement de manière négative, à partir de l'échec en mathématiques, en français et en langue vivante. Il faudrait que les élèves puissent se déterminer pour des filières technologiques ou professionnelles non parce qu'ils échouent dans les enseignements généraux, mais parce qu'ils ont découvert dans l'enseignement technologique des centres d'intérêt. L'enseignement de la technologie est aujourd'hui beaucoup trop réduit ; il a été extrêmement chaotique et ses objectifs restent assez confus. Pour moi, la technologie devrait être une discipline enseignée à hauteur du français. Car, il faut bien avoir à l'esprit que la moitié des élèves se dirige vers l'enseignement technologique et professionnel. Cela ne peut continuer à se faire par défaut.

Le collège poursuit deux objectifs inséparables. Un objectif politique - au sens le plus noble du terme - qui vise à réunir l'ensemble des élèves d'une même classe d'âge, quelles que soient leurs origines, dans ce qui constitue un creuset républicain. Et un objectif social - au bon sens du terme - qui est de leur permettre d'accéder tous au niveau requis à la fin de la scolarité obligatoire.

Ces deux buts ne sont pas facilement compatibles. Le premier suppose des groupes hétérogènes que les enseignants disent avoir du mal à gérer. Le deuxième induit des groupes homogènes que les enseignants savent appréhender, mais qui sont générateurs de filières prématurées, souvent même à l'insu des familles. Ainsi, certaines d'entre elles n'apprennent-elles qu'au mois de mai que la 6e E est celle des élèves qui n'ont aucune chance d'aller en lycée dans la filière générale… Les critères de constitution des classes sont rarement rendus publics et l'opacité ne profite qu'aux initiés.(Haut de page)
Il y a là un choix de société.Voir:

http://www.collegeunique.org/











La solution proposée est intéressante. Reste à faire évoluer également les méthodes de travail!




L'hétérogénéité des classes

L'hétérogénéité des niveaux des élèves ne pose jamais vraiment problème aux enseignants. Il n'est pas très difficile de s'occuper de quelques élèves plus lents ou plus en difficulté, s'ils ne perturbent pas le fonctionnement de la classe. Les maîtres de classe unique rurale y font face aisément dans le primaire. Les problèmes les plus graves sont liés à l'hétérogénéité des comportements, quand deux ou trois élèves absorbent 80 % de l'énergie psychique et pédagogique de l'enseignant. Je comprends les difficultés de mes collègues face à ces situations, mais je me refuse à ce que les empêcheurs de tourner en rond soient progressivement écartés, par un système de déversoirs successifs, vers des classes qui les prennent en charge d'une manière définitive… sans aucune possibilité de rémission, sans droit au retour. C'est là la grande différence entre les classes-relais telles que nous les avions imaginées - avec un contact maintenu avec le collège et un professeur référent dans la perspective d'une réintégration - et celles que vous développez qui risquent de devenir des voies de relégation.

Et puis, ne soyons pas dupes : quand on enlève le dernier wagon, il y a toujours un dernier wagon… On commence par se débarrasser d'un gêneur et l'on finit par faire des classes triées sur le volet. Il serait bien plus profitable de conserver des classes hétérogènes, mais avec des temps particuliers réservés à des enseignants qui auraient choisi de travailler d'une manière spécifique avec les élèves ayant des problèmes soit de comportement, soit de niveau. (…)

Une publicité du métro parisien explique que " les mauvaises notes ne sont pas une fatalité ". Elle est malheureusement accolée au nom d'une institution privée particulièrement onéreuse. Ce devrait être au ministre de l'Éducation de signer une telle formule. De défendre l'idée qu'on peut toujours trouver, dans l'école, l'aide dont on a besoin.

Des expériences allant dans ce sens ont été menées depuis longtemps. Je pense à l'opération SOS maths : à l'heure du déjeuner ou le soir après les cours, des enseignants de mathématiques se mettent à disposition des élèves de toutes classes pour revoir, à la demande, un point qui n'a pas été compris ou reprendre une explication qui n'a pas été assimilée.

Une enquête récente montre qu'environ 35 % des élèves de 3e font relire leurs devoirs de français par leurs parents, avant de les remettre aux enseignants. Les parents soulignent les fautes d'orthographe, pointent les formulations approximatives... Que seuls 35 % des élèves bénéficient de ce soutien n'est pas juste. Les autres devraient pouvoir trouver ce recours gratuitement au collège auprès d'un enseignant disponible et compétent. Et je souhaite que cela soit un autre enseignant que celui qui le notera ensuite : on n'est pas facilement entraîneur et arbitre !(Haut de page)
La distinction entre hétérogénéité de niveaux et de comportements est riche . Cela montre une fois de plus que la formation des maîtres n'a pas de lacune au niveau des savoirs mais au niveau de la gestion des groupes.




L'enseignement privé

Je suis très à l'aise sur cette question car j'ai longuement collaboré avec un établissement privé sous contrat dont le projet pédagogique me semblait exemplaire... tandis que je rechignerais à travailler avec des établissements publics dont la politique sélective est contraire, à mes yeux, aux idéaux républicains.

La question centrale est celle de l'exigence que les établissements se donnent dans l'accueil des publics.

Quand on inscrit sur le fronton de l'école " Nul n'entre ici s'il n'est déjà bien élevé ", on n'a guère de mérite… et guère besoin de pédagogie ! On peut mettre en place quantité d'activités intéressantes sans problèmes ! En revanche, quand on prend le risque d'accueillir " le tout venant ", il faut une vraie mobilisation. C'est cela, pour moi, le sens du projet d'établissement : une équipe s'empare du défi républicain du collège unique et se demande comment le réaliser au mieux. À l'inverse, si l'autonomie des établissements permet de s'exonérer des exigences de la République pour se mettre au service d'un groupe de pression quelconque, alors il y a un vrai danger de démantèlement du service public.

Et ce danger est d'autant plus grand que nous n'avons pas de serment d'Hippocrate du professeur. Les avocats possèdent un code de déontologie tout comme les journalistes ou les médecins mais pas les enseignants, alors qu'ils ont l'avenir de la nation entre leurs mains. Sans doute n'était-ce pas nécessaire du temps des Hussards noirs de la République. Ils vivaient alors dans une sorte de surchauffe idéologique qui faisait qu'ils étaient parfaitement mobilisés autour de valeurs identifiées. Aujourd'hui où le recrutement des enseignants est beaucoup plus diversifié, il semblerait important de stabiliser les valeurs du métier. Et particulièrement celle-là : nul n'est irrécupérable, tout enfant est éducable.(Haut de page)




L'orientation

Sur l'orientation, de façon plus générale, il existe de multitudes pistes à approfondir. D'abord, la formation des professeurs principaux des classes de 3e qui sont souvent insuffisamment sensibilisés à ces questions. Il faut également aider les élèves à découvrir des métiers qu'ils ne connaissent pas ou dont ils ont une idée totalement fausse. Qu'est-ce qu'un élève de 3e connaît, par exemple, de la chaudronnerie ? Il pense parfois que c'est le métier de quelqu'un qui tape avec un marteau sur de la tôle, alors qu'il s'agit d'un salarié qui commande une machine numérique et qui fabrique les réservoirs de la fusée Ariane.

Il serait souhaitable aussi de redonner toute sa place à la seconde de détermination pour dégager partiellement le collège de la pression de l'orientation. Il faudrait qu'on puisse avoir, en seconde, une présentation un peu approfondie des différentes perspectives qui s'ouvrent afin de choisir en toute connaissance de cause. J'avais proposé, dans la réforme du lycée sur laquelle j'ai travaillé, de mettre en place des secondes de détermination dans l'enseignement technologique et professionnel : les élèves pourraient ainsi s'orienter progressivement et non brutalement à la fin du collège. Le grand paradoxe du système français, c'est que moins vous êtes préparé à décider de votre avenir, plus on vous demande de le choisir tôt ! Et de manière irréversible !

Enfin, dans la même perspective, il faut absolument développer les " classes passerelles ". Nous savons bien que certains élèves se réveillent un peu tard. Ils se découvrent alors des centres d'intérêt qu'ils n'ont pas eu la chance d'aborder assez tôt. Un élève qui a commencé en lycée professionnel doit bénéficier de la possibilité de réintégrer une première d'enseignement général ; à l'inverse, un jeune qui a commencé dans une classe d'enseignement général et qui se découvre une vocation pour un enseignement plus technologique doit pouvoir y aller sans déchoir. Dans le même état d'esprit, nous devons faire connaître et développer les textes existants sur la scolarité par récurrence. C'est la possibilité de reprendre des études après les avoir interrompues plus ou moins longtemps. Les jeunes qui arrêtent à 16 ans et qui ont des expériences professionnelles chaotiques peuvent avoir, deux ou trois ans plus tard, envie de retourner à l'école. Les textes le permettent, mais les établissements rechignent, arguant du fait qu'il est difficile de rassembler, dans une même classe, des élèves de vingt ans avec des élèves de quinze ans. Mais, au contraire, cela pourrait donner aux jeunes la possibilité d'en côtoyer d'autres qui peuvent témoigner de ce que veut dire décharger des camions aux halles tous les matins à 5 heures, et, a contrario, du plaisir qu'il peut y avoir à renouer avec les études comme de la chance que cela représente.

C'est la raison pour laquelle je suis partisan de développer des bassins de formation autour des collèges, avec des cités scolaires comportant l'ensemble des sections générales, technologiques et professionnelles. Cela favoriserait la mise en place des passerelles et pourrait également permettre aux professeurs qui le souhaitent de passer d'une filière à une autre. Un tel système, d'ailleurs, devrait être naturel dans une société où l'on explique que chaque individu va devoir changer de métier plusieurs fois dans sa vie professionnelle. Décloisonner l'école, assouplir les passages d'une filière à l'autre, tel devrait être l'un des objectifs à venir.(Haut de page)
Là encore un choix de société; une orientation couperet et définitive ou une orientation progressive, remodelable?




Le lycée

La hiérarchisation des lycées est scandaleuse. On ne cesse d'annoncer la nécessité de revaloriser le lycée professionnel et celui-ci est toujours vécu comme celui qu'il faut éviter. Ce n'est guère étonnant puisqu'en même temps qu'on prêche sa revalorisation, on explique qu'il faut y envoyer les élèves en difficulté. Heureusement, il y a des initiatives superbes : le meilleur journal lycéen de France est publié par un lycée professionnel de Saint-Amand Montrond, Le Mur. Pour les lycéens embarqués dans cette aventure, c'est une formidable réconciliation avec une possible réussite.

Il faudrait améliorer la lisibilité des formations en lycée professionnel en regroupant les métiers par grandes familles. Mais je crois aussi qu'il faut des gestes forts : introduire l'enseignement de la philosophie dont les lycéens sont très demandeurs, donner une véritable dimension culturelle aux métiers en s'intéressant à leur histoire, aux textes littéraires qui en parlent, à leurs enjeux économiques. On pourrait, à cet égard, regarder de près l'enseignement agricole qui a été très intelligemment rénové par une loi proposée par Michel Rocard lorsqu'il était ministre de l'Agriculture, et votée à l'unanimité.

Dans l'enseignement général, il faut absolument combattre la hiérarchie stupide des filières. La filière littéraire devrait redevenir une filière d'excellence, comporter des enseignements artistiques, insister sur les langues, y compris les langues anciennes. La filière économique et sociale où des méthodes pédagogiques particulièrement intéressantes ont été développées, doit être mieux articulée à l'enseignement supérieur. La filière scientifique doit faire une vraie place, de son côté, aux sciences expérimentales et éviter de se laisser phagocyter par la seule formalisation mathématique.

Beaucoup a été fait sur le plan pédagogique. Si les modules, qui devaient permettre des ouvertures culturelles, sont malheureusement en perdition, les TPE et les PPCP connaissent un vrai succès : les élèves, dans leur immense majorité, apprécient ce travail interdisciplinaire par dossier ; ils y font de remarquables réalisations. Le suivi individualisé, même s'il est réduit à deux disciplines (français et mathématiques) et à la classe de seconde permet de mettre en place un vrai recours pour les élèves en difficulté. L'ECJS permet une réflexion approfondie sur les réalités du monde contemporain.

Reste encore à lutter contre le bachotage. N'en déplaise aux éditeurs qui font des bénéfices colossaux sur les petits livres parascolaires spécialisés, il est extrêmement néfaste pour la formation de l'intelligence. Car le bachotage n'est pas - loin s'en faut - une préparation à l'enseignement supérieur ou à l'entrée dans la vie professionnelle : il ne développe ni la curiosité, ni la recherche documentaire, ni l'esprit d'initiative ou la gestion de l'imprévu. Il fait fonctionner la mémoire immédiate, favorise les procédures de divination… et, surtout, presque tout ce qui est acquis là est oublié bien vite. (Haut de page)
Les T.P.E. ne sont pas seulement un succès, ils sont surtout une véritable révolution dans les méthodes de travail et donc dans les objectifs de formation de l'école.




Le baccalauréat

Je crois au caractère formateur d'un travail intensif pour préparer un examen : cela permet de s'investir complètement dans un projet, avec les aspects obsessionnels inévitables de cet investissement ; on apprend là à s'organiser et à gérer son stress ; c'est, enfin, un rituel qui correspond à des périodes charnières dans la vie des élèves. Mais je trouve scandaleux de voir la lecture diminuer à ce point en 1e et en terminale, au profit de condensés et de résumés purement utilitaires. Je trouve grave que le type d'épreuves proposées rabattent tous les savoir-faire (y compris en physique et chimie) sur le " papier crayon ". Je trouve absurde que des élèves de terminale disent n'avoir aucun temps pour lire le journal et abandonnent tout engagement associatif. (…)

Il était sans doute légitime, en 1989, d'affirmer un objectif fort dont le but était d'augmenter le niveau général de qualification de la population. Mais cette barre un peu arbitraire de 80 % a un aspect un peu choquant pour les 20 % qui restent. Comme si la France pouvait se satisfaire de laisser un cinquième de la population au bord du chemin.

Parallèlement, ce slogan manquait de contenu. Qu'est-ce que cela signifie avoir le niveau du bac ? On ne l'a pas suffisamment défini. À mes yeux, ce devrait être deux choses : d'une part, détenir une culture générale suffisante pour comprendre le monde et lire, par exemple, un quotidien national en étant capable de décoder à la fois la rubrique économique, la rubrique de politique internationale ou la rubrique culture. C'est, d'autre part, avoir une spécialisation dans un domaine de compétence dont on peut dire, légitimement, qu'elle permet d'accéder à un niveau d'étude supérieure ou à un niveau d'entrée dans la vie professionnelle.

Nous en sommes très loin. Faute, d'abord, d'une meilleure définition du " niveau du bac " et des différentes modalités pour atteindre ce niveau. À cause, aussi, de la hiérarchisation des baccalauréats dont nous avons déjà parlé. Dire aujourd'hui aux jeunes et aux Français que tout le monde obtient le même baccalauréat est une imposture. Plus de 80 % des jeunes titulaires d'un baccalauréat professionnel et qui se lancent dans des études universitaires échouent. Il en va de même pour certains baccalauréats technologiques. Il ne faudrait pas que le mot, devenu totem, cache la diversité des diplômes réels qui sont délivrés.(Haut de page)
Là encore bien des tabous! Il y a la question abordée ici de la signification du bac mais il se pose également les questions de la responsabilité qu'acceptent les enseignants en introduisant ou non le contrôle continu; ainsi que la question liée à l'orientation d'un bac par unités capitalisables permettant des rattrapages tout au long de la vie.




Une véritable qualification

Si on veut qualifier 100 % des jeunes et leur permettre d'accéder à des métiers où ils puissent faire preuve d'initiative, il nous faut effectivement réfléchir sur la formation à la prise de décisions dans des situations complexes. Car, dans la vie professionnelle, comme dans la vie tout court, la réalité n'est pas découpée selon les disciplines scolaires et il faut être capable de prendre en compte des données hétérogènes. Il faut aussi, anticiper et faire des choix en pesant les conséquences… toutes choses qu'on apprend vraiment très peu à l'école, ou de manière beaucoup trop informelle.

Pourtant, cela commence à se faire un peu avec des logiciels informatiques de simulation. Dans certains lycées, les jeunes travaillent sur des logiciels de gestion de ville : ils font varier les impôts, les investissements, le nombre des entreprises et apprennent ainsi à anticiper les décisions en fonction des conséquences qu'elles sont susceptibles de produire. Il existe aussi de bons logiciels qui permettent de repérer les effets sur un texte de la variation d'un temps ou d'un point de vue. Voilà, je crois, de bonnes utilisations de l'informatique, car elles permettent de faire ce qu'on ne pourrait pas faire sans elle.

Sans en faire une discipline supplémentaire, cette question de l'apprentissage de la décision dans la complexité doit être prise en compte dans les classes… Car c'est là que se joue vraiment la qualification authentique. Une personne " qualifiée " ne réagit pas de manière automatique en appliquant une décision existante à un problème, mais en analysant la complexité et en prenant la décision correspondante. L'école a encore, dans ce domaine, de gros progrès à faire. (…)

Toutes les études montrent qu'il n'y a pas contradiction mais corrélation entre formation générale et spécialisation. Ceux et celles qui ont une bonne formation générale se spécialisent plus vite et les gens qui se sont spécialisés intelligemment ont acquis, par là, des capacités mentales qui leur permettent d'accéder à la culture générale.

Il est donc souhaitable que, dès le lycée, l'on articule, mi

Ecrit par : toto | 30 décembre 2006

De plus en plus original, le pourriel, ici... L'avant-dernière contribution de "toto", ça a tout l'air d'être du gallois, non?

Ecrit par : Meles | 30 décembre 2006

Il commence à me faire suer, le pseudo-Toto.
Et comme le vrai Toto nous a dit un jour qu'il avait une idée de qui usurpait son identité, il devrait nous le confier — il y a des baffes qui se perdent.

Je reviens très brièvement — pour la dernière fois j'espère — sur cette histoire Ulm / Saint-Cloud.
Ce n'est pas le même concours : Saint-Cloud (et Fontenay alors) a un programme, Ulm (et Sèvres, toujours à l'époque, puisque depuis tout cela a fusionné) n'en a pas (quant à savoir ce qui est le plus compliqué… J'étais dans une khâgne de préparation à Ulm, et je me suis tapé le programme seul — ou plus exactement, nous l'avons bossé à trois-quatre). Par ailleurs, quand je l'ai passé, il me fallait deux langues vivantes en Lettres modernes à Ulm — et des connaissances de stylistique à Saint-Cloud (les épreuves ne sont pas les mêmes non plus). Et, transfuge de Lettres Classiques, je n'avais à l'époque qu'une seule langue vivante disponible — mais des ressources de rhétorique — déjà…
JPB

Ecrit par : brighelli | 30 décembre 2006