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05 octobre 2006
Chez les oubliés du système
Un ancien élève du lycée des Tarterêts de Corbeil (Un BTS de compta-gestion qui ne comptait que des vedettes…) s'est rappelé récemment à mon bon souvenir. Son épouse, prof d'anglais en BEP-Bac Pro, a bien voulu témoigner de la situation où mijotent ses élèves — un état que connaissent bien certains des aventuriers de ce blog, qui pourront y joindre leur témoignage, pour confirmer ou infirmer ce qu'elle dit.
Je le livre brut de décoffrage — je m'en voudrais de tenter d'améliorer un texte qui n'est malheureusement que trop parlant, et qui se suffit parfaitement à lui-même. Que son auteur trouve ici l'expression de ma gratitude…
"Concernant les langues, je puis au moyen vous renseigner sur ce qu'il se passe en enseignement professionnel (BEP et Bac pro, je n'ai que peu d'information sur les CAP), puisque j'en suis chaque jour témoin.
Mais avant tout, je vais vous résumer la situation de côté-ci de la barrière, qui est bien pire que du côté de l'enseignement général, même si le niveau y a également beaucoup baissé en 10 ans.
Il est vrai que les élèves de BEP sont pour leur immense majorité en échec scolaire aggravé et pour certains dans des situations de misère sociale extrême. Ainsi, un élève — un réfugié des pays baltes (je ne saurais dire duquel en particulier) — a été témoin du massacre de sa famille dans sa "tendre" enfance... Nombre d'élèves de section professionnelle sont directement issus des SEGPA des environs. Ils sortent à peine d'un parcours "privilégié" (je mets le terme entre d'énormes guillemets, être en SEGPA est loin d'être un privilège, ce n'est pas à vous que je l'apprendrai) : deux voire trois professeurs seulement tout au long de l'année, effectifs très réduits (15 élèves maximum je crois) pour permettre un travail très individualisé avec chacun d'eux, et énorme travail de réintégration — d'intégration tout court dans certains cas — tant scolaire que sociale. Et arrivés au lycée, ils sont parachutés dans des classes de 25 élèves où ils deviennent pratiquement anonymes, et où les programmes et la façon d'enseigner sont en totale rupture avec ce à quoi ils étaient habitués. Bref, autant dire que les SEGPA, puisqu'elles ne vont pas jusqu'au bout, contribuent à détruire encore plus les élèves qui en sortent. Au mieux, ils maîtriseront quelques rudiments de français et de calcul, mais peu s'intégreront correctement dans le monde du travail. Et que dire de la violence que la rupture citée plus haut entraîne chez eux !
Les élèves venus de SEGPA ne représentent heureusement pas la majorité des élèves de BEP. Le reste du contingent est nourri en grande partie par les éjectés de l'enseignement général. Trop de lacunes, trop hyperactif, trop fainéant ? Hop ! direction BEP. Ils sont donc dans leur très grande majorité démotivés et souffrent de complexes d'infériorité intellectuelle évidents. Certains vont jusqu'à tout rater intentionnellement, afin de ne surtout pas être confrontés à un nouvel échec alors qu'ils auraient travaillé dur. On se rassure comme l'on peut...
Majoritairement, les élèves sont des enfants d'immigrés (Maghrebins ou Africains) : techniquement ils sont français mais ne se considèrent pas comme tels. Le sectarisme dont ils font preuve est très inquiétant. Certains refusent tout bonnement d'obéir. Vous pensez, une "céfran", une "meuf" qui plus est, leur donne des ordres ! Qui est-elle, cette "pute" (une poignée considère que ce qui est féminin et pubère et qui ne porte pas le voile est forcément une prostituée), pour leur dire ce qu'ils doivent faire ? Malgré tout, il faut parvenir à rester ferme et ne JAMAISrevenir sur une décision, — sauf erreur manifeste. Cela peut prendre ¼ d'heure pour qu'un élève change de place. Sur un cours, c'est énorme, mais sur le long terme, c'est la crédibilité de l'enseignant qui est en jeu. Finalement, il faut parvenir à se faire respecter en ne cédant pas à leurs caprices ou à leurs intimidations. Mais que d'énergie inutilement déployée ! Parfois, les cours ressemblent à de la garderie plutôt qu'autre chose... C'est à croire que depuis qu'ils sont nés, ces enfants n'ont jamais été confrontés à une quelconque autorité. Ils la refusent en bloc.
Dans le tas, il y en a bien un ou deux par an (toutes spécialités confondues : électrotechnique, comptabilité-gestion, vente, technique d'usinage) qui ont choisi la voie professionnelle, mais ils déchantent assez vite pour des raisons évidentes.
Il est nécessaire de préciser que les parents sont soit totalement transparents, soit pas du tout objectifs quant leur petit chéri qui n'a jamais rien à se reprocher...
Pour parler plus spécifiquement des langues, c'est un peu comme le français : les instructions officielles interdisent les cours de grammaire pure. Chaque texte doit faire l'objet d'un ou deux points survolés, noyés entre un rappel sur l'utilisation du "verbe +ing", du "s" à la troisième personne du singulier, et des nombreuses interruptions pour tenter de mettre un peu d'ordre dans le brouhaha presque incessant. La transversalité des savoirs est également une valeur-phare. Mais à côté de cela, il n'y a pas véritablement de programme. Ou plutôt, si, mais personne n'en a cure. Il suffit d'essayer de mettre la main dessus pour s'en persuader...
Ainsi, dans la pratique, il arrive de temps à autres que des cours entiers soient consacrés à la grammaire (ces cours sont d'ailleurs étonnamment calmes et studieux). La transversalité quant à elle reste très anecdotique, étant donné que "l'anglais utile", celui qui est supposé servir pour écrire un CV, déchiffrer un mode d'emploi ou passer un entretien d'embauche, n'est pas ce qui les intéresse le plus — même si c'est ça leur programme. Je préfère leur parler de sciences (clonage, astronomie, phénomènes météorologiques...), de faits de société souvent portés sur le couple tolérance / intolérance qui fait gravement défaut chez les élèves (Rosa Parks, Martin Luther King, Rodney King...), voire même leur proposer des images choc afin de les faire réfléchir (en particulier, l'image de cette petite fille nue lors d'un napalmage au Vietnam, détournée par un artiste qui lui fait tenir la main de Ronald Mc Donald et de Mickey Mouse. Tout un symbole). À côté de cela, je n'hésite pas à leur faire étudier des passages d'Oliver Twist (ça passe mieux avec le récent film de Roman Polanski), par exemple. En un sens, le désintérêt profond, tant des hautes instances que de la majorité des parents (quel comble !), à l'égard de l'enseignement professionnel, est une chance. Cela permet nombre d'expérimentations et une certaine liberté dans les contenus et le déroulement des cours. Ce qui ressort de mes trois petites années d'expérience, c'est que l'enseignement "traditionnel" donne de bien meilleurs résultats que le reste. Après un bon gros bourrage de crâne de grammaire pure, les notes sont bien meilleures qu'avec un enseignement frelaté.
Reste que quoi qu'il arrive, les résultats sont pipés. Lors des corrections du bac pro en juin dernier, voici les recommandations qui été transmises aux correcteurs :
- aucune annotation sur les copies. Seulement la note finale. Sans doute une manœuvre pour faciliter une fraude en cas de demande de recomptage, et permettre ainsi que la note de la copie et celle portée sur la feuille de résultat soient les mêmes. Il va de soi que la majorité des correcteurs ont "oublié" de ne pas annoter leurs copies.
- dans la mesure du possible, pas de note en-dessous de 5, voire 6/20, c'est trop humiliant pour les élèves. Et puis, autant éviter la double correction imposée (on perd du temps, donc de l'argent) en cas de note inférieur à 5...
- ne pas sanctionner les fautes, mais mettre en valeur ce qui est juste. Et quand rien n'est juste, récompenser l'effort.
Résultat des courses : une frange de ces gamins, qui sont totalement ignorants, complètement analphabètes et sans aucune qualification se retrouve tout de même diplômée et obtient par la suite le bac pro dans certains cas. Autant vous dire qu'avant de faire appel à un électricien ou un plombier, il vaut mieux se renseigner en profondeur, ou mieux, apprendre soi-même, c'est beaucoup moins risqué. Les autres, ceux qui ont (essayé de) travaillé(r), ont quelques chances d'intégrer un BTS ou une qualification dite supérieure."
No comment en ce qui me concerne, ce sont des classes que je n'ai jamaies eues. Mais ça confirme tellement tous les témoignages…
JPB
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Commentaires
et oui, japrés la 3e, e me suis retrouvé en BEP électrotechnique à mende, quand on fait le zygoto de bonne heure, c'est ce qui arrive.
Ma classe était composé à moitié de Lozériens et l'autre moitié d'Héraultés et Gardois refoulés par tout les lycées de leur département.
Au bout de 2 ans, j'ai obtene mon BEP et CAP d'éléctrotechnique avec la mention "allez voir ailleurs si vous voulez continuer en bac pro"
Ce BEP me sert régulièrement à changer les ampoules sans m'éléctrocuté.
Ecrit par : pierrot le zygo | 05 octobre 2006
Ce qui me plaît dans ce texte, c'est que MMe le professeur dit que ses élèves sont studieux quand elle leur fait un cours de grammaire: ce qui tend à prouver qu'un retour à des normes d'enseignement traditionnelles est bien le choix urgent à faire. J'ai constaté la même chose avec ma progéniture... Je suis sûre que tous ces élèves se sentent valorisés quand ils constatent qu'on cherche à leur enseigner quelque chose et qu'on ne les traitent pas comme des chiens sauvages à gardienner 8 heures par jour en les amusant.
Ecrit par : dobolino | 05 octobre 2006
oubliés ou sacrifiés? telle est la question...
« La bêtise insiste toujours. »
[ Albert Camus ]
franchement , il y a mieux à lire le matin pour se mettre en joie...
Bonne journée à tous
Ecrit par : Patricia Mesnigé | 05 octobre 2006
Texte qui me paraît très juste d’après ce que j’ai connu des LP !
Petit témoignage sur ce qu’on peut y rencontrer comme situations délirantes :
Une prof stagiaire devant observer des classes me demande un jour, sans m’avoir prévenu, si elle peut venir voir les 3e technologiques, classe où on regroupe des fainéants, des énervés mélangés à des en-retard sur tous les plans. De quoi ravir les fanatiques des “classes hétérogènes”. Je lui dis qu’il n’y a pas de problème, que de toute façon rien ne sera changé ni pour les zaprenans ni pour moi.
À la fin du cours, la stagiaire était hébétée : un aprenan avait passé presque toute l’heure à se taper la tête sur la table. Un autre avait consciencieusement badigeonné ses mains de colle et se précipita sur moi en réclamant d’aller se laver les mains immédiatement. Un autre encore se retournait sans cesse en sursautant comme si lui avait tapé sur l’épaule : le problème était qu’il était tout seul à la table du fond… Autant dire que le temps de cours effectif ne durait pas vraiment 50 minutes !
Inutile de dire que l’IUFM ne lui pas parlé de ce genre de choses.
Inutile de dire que les problèmes de certains jeunes relèvent parfois d’autre chose que de pédagogie frontale ou de la “découverte”. Que faisaient ces cas en 3e ? Seule réponse à nos interrogations : « Vous préféreriez qu’ils soient dans la rue ? », alors on les garde et on compte les corps présents.
Je rassure les belles âmes qui pratiquent le comptage des corps pour dire que tout va bien : ils ont eu presque tous leur brevet techno cette année-là. Un grand succès… statistique.
Ecrit par : LaRiba | 05 octobre 2006
M. Brighelli,
Merci pour cette note sur la situation en L.P. J'espère que la Fabrique III parlera de cette zone gravement sinistrée de notre système scolaire qu'est l'enseignement professionnel. Ceci dit, il reste aussi des LP vivables, où il n'est pas nécessaire de négocier un changement de place pendant un quart d'heures, où une vraie discipline de travail peut être imposée aux élèves, où la vie scolaire et l'administration jouent le rôle qu'elles doivent jouer. Cela doit être dit, aussi.
Même si vous n'avez pas été confronté à ces publics, l'ineptie des manuels de français, vous a sauté aux yeux. Voyez aussi des annales de BEP et Bac Pro. Quant aux nouvelles modalités de la validation du CAp, elles sont très discutables et ne prouvent rien quant à notre (nos !) matières.
Au sujet des programmes, par leur imprécision, il faut reconnaître qu'ils ouvrent des possibilités pour enseigner comme il faut. Le programme de français BEP prévoit qu'"un temps significatif" peut être consacré à combler des lacunes. Il n'est pas explicitement interdit de faire de la grammaire, de la conjugaison, à moins que j'aie mal lu. Il ne faut pas confondre le dogme iufèmèsque et du corps d'inspection avec le programme auquel nous devons nous conformer ( devoir de fonctionnaire, n'est ce pas ?). Ce qui manque le plus, pour bien faire, c'est un nombre d' heures suffisant pour enseigner convenablement. (J'ai déjà donné quelques chiffres parlants. Voir la fin du fil de discussion "cahier de doléances")
Dom
Ecrit par : Dom | 05 octobre 2006
Ahhh ne me chauffez pas sur l'enseignement du Français dans les LEP. Je ne dis plus enseignement de la littérature. Car je suis "soumis" à cet immonde objet d'analyse qui s'appelle la "lecture méthodique" et qui n'est méthodique que pour réjouir celles et ceux qui l'ont inventée et/ou qui veulent l'imposer comme étant le nec plus ultra de la science littéraire.
1) Donner un texte (si possible pas dur, car quand même ils sont un peu démunis ces petites et ces petits... Un truc récent, avec des phrases sujet-verbe-complément; ou du Maupassant),
2) Demander aux élèves ce qu'ils en comprennent,
3) A partir de leurs découvertes confirmer leurs hypothèses en relevant les mots, les adverbes, les locutions, etc. qui se rapportent à celles-là.
Le prof ne donne pas son avis bien entendu, puisque que grâce à la lecture méthodique, les élèves ne trouvent pas mieux que lui (bon bé je prépare pas mes cours alors!). Et c'est fini. Ah non, les élèves doivent écrire leur synthèse... La leçon... Voici ce que nous venons de voir: blablabla. Si possible en 5 lignes. Ita missa est.
Vient la réalité: qui peut analyser les textes? Celles et ceux qui les ont bien lus, bien compris. Qui sont un brin malin, ou un tout petit peu mieux aguerris pour l'affaire. Donc les 22 autres (sur 25) sont mis sur le carreau. Et puis, sinon, ils adorent parler autour du texte, sans jamais y mettre le nez dedans (quelle horreur lire! Je ne vous raconte pas les mesures de rétorsion que je dois poser pour que mes élèves achètent le livre à étudier par an et l'emmènent en classe!). Alors, les justifications tirés du document...
Les documents tombent du ciel: pas d'histoire littéraire, pas de "petites histoires" à raconter sur l'auteur (ha non: cours magistral! L'élève est passif!). Ha oui, la lecture devient une mécanique aussi lourde qu'un mauvais 4/4 breton. Un texte = une analyse en x questions. POINT BARRE. WHOUAOU, pardon, mais moi, ça ne me fait pas bander. En tant qu'élève, je me ferais caguer. Remarquez, en tant que prof, je ne m'éclate pas non plus. Vu que pour leur arracher un moment d'attention, il faut suer sang et eaux. Mais bon sang? Ces jeunes: ils ne tiennent pas en place. Ils sont stimulés par plein d'autres choses que le travail! La première des choses seraient de leur apprendre et de les obliger très tôt à rester assis, un stylo à la main, à se tenir concentrer.
Bon ça y est, je suis énervé. Et l'inspecteur qui a balancé dernièrement: "Tous les élèves sont intelligents de la même manière. Votre boulot de prof est de leur révéler leur intelligence" (heu, ils ont de 15 à 20 ans; ça devrait faire longtemps que le furet aurait dû être découvert...). Mozart, Picasso, Claude Simon, Rodin, Poincaré (le mathématicien), etc. sont dans mes classes. Bien. Mais ils ne le savent pas.
Ecrit par : Pendariès | 05 octobre 2006
"La première des choses seraient de leur apprendre et de les obliger très tôt à rester assis, un stylo à la main, à se tenir concentrés."
C'est ce fameux rôle des écoles maternelle et primaire qu'on a fait disparaître pour les épanouir dans des activités: c'est certainement là que vous devez mettre le premier accent de vos revendications.
Ecrit par : dobolino | 05 octobre 2006
"La première des choses seraient de leur apprendre et de les obliger très tôt à rester assis, un stylo à la main, à se tenir concentrés."
"C'est ce fameux rôle des écoles maternelle et primaire qu'on a fait disparaître pour les épanouir dans des activités:"
(je rajoute: démerde toi tout seul puisque le 'savoir' est en toi,,merci Charmeuse..)
eh oui on en revient toujours à la même histoire ....
LES BASES ....
les cutters ça fait des dégâts :( j'espère qu'il n'y en a pas eu de trop...
Ecrit par : toto | 05 octobre 2006
Ho pardon pour les fautes (je tape, je tape, je tape). J'ai honte. Je suis fatigué. Le rectorat me refuse un mi-temps pour écrire ma thèse parce que je n'ai pas de gosse. J'EN VEUX PAS!!!!!!!!!! ;-)
Ecrit par : Pendariès | 05 octobre 2006
Pendariès, et les postes d'ATER et autres solutions de ce type? Je ne sais plus très bien ce les facs proposent pour pouvoir continuer sa thèse avec des postes de ce genre; ça ne doit pas être facile;sinon, il y a la possibilité de demander un an de congé de formation mais c'est une seule année pour toute sa carrière. Et il faut faire la demande souvent longtemps à l'avance pour l'obtenir. C'est vrai que maintenant le temps partiel ds l'EN n'est plus accordé automatiquement. Pour des raisons de santé, il est donné à chaque fois. Mais on ne peut pas vous souhaiter ça. Oui, pas marrant, et ça n'inquiète pas grand-monde car peu de profs mènent une recherche en parallèle.
Je vous souhaite plein de courage et vous remercie pour votre dernier post sur l'autre fil.
La cutter story s'est terminée comment?
Ecrit par : elisabeth | 05 octobre 2006
Je confirme totalement ce témoignage sur les lps et je souhaiterai l'élargir aux autres matières. J'ai été durant 5 années plp lettres histoire en région parisienne avant d'en avoir assez et de passer le capes d'histoire géographie. J'ai été confronté à tout ce que décrit cette enseignante, des classes ingérables où le seul but de l'heure est garder assis les "élèves ", des cas sociaux graves (violences, misère familiale, drogue...) en rupture complète avec le sytème scolaire et intégrés dans des filières où ils n'ont aucune chance de réussite, des diplomes donnés n'ayant aucune valeur ni professionnelle ni scolaire (une année le sujet de français était une interview de lilian thuram ), des élèves agés de plus de 18 ans incapables de lire ou d'écrire quoi que ce soit. Je précise que mon lp était dans une banlieue plutôt chic ne connaissant aucun problème grave de type racket, violences en dehors de l'établissement...
En lp, Les élèves sont tirés vers le bas et le sytème les y encourage (un élève peut avoir facilement 15 ou 16 en histoire en ne sachant rien et ayant rien révisé ) .Il faut aussi savoir que avant l'examen final les dés sont pipés puisque les coefficients du contrôle continu des matières professionnelles sont très importants (note de stage + contrôle continu ). Il est fréquent que des élèves n'ayant eu la moyenne à aucune des 8 épreuves écrites du bac pro l'obtiennent. De plus l'organisation des enseignements est particulièrement complexe un élève de terminale bep fait par exemple avec le même professeur fait du français, de l'histoire, de l'ecjs, des modules et des ppcp (où les sujets sont chaque année plus drôles, j'ai personnellement travaillé sur des ppcp intitulés l'un "le cric rouleur " et l'autre "la porte du garage " sujets passionnants si il en est en français ). Les inspecteurs ne sont pas trop dirigistes en lep mais tiennent aux dernières innovations comme les ppcp. Il est bien sur interdit de faire de la grammaire de phrase pourtant après expérimentation en 3e pro c'est celle qui fonctionne le mieux et celle où les élèves progressent quelque peu. Les cas les plus problèmatiques se concentrent dans les filières délaissées (cap bioservices, certains bep industriels ...) et souvent l'école n'est plus qu'un lieu où l'on vient voir ses amis et s'amuser et pas un lieu d'apprentissage. On parle souvent des élèves sortant sans diplomes du sytème mais jamais de ceux qui en sortent avec un diplome qui ne représente rien sur le marché du travail.
Ecrit par : hyo | 05 octobre 2006
Le problème avec les postes ATER, c'est que ce sont des contrats renouvelables. Donc il me faudrait démissionner de mon boulot. Au risque de ne rien trouver ensuite à la fac; et d'être le bec dans l'eau...
Demander un congé formation, oui; l'avoir, il faut être en fin de carrière pour passer l'agreg interne et ainsi se préparer une bonne retraite. Et je compte achever mon doctorat dans deux ans.
J'en bave; mais bon. Je perds parfois patience. Je suis démotivé de temps en temps (quand je vois mes collègues 30 ans plus vieux que moi, parfois, j'angoisse... et la bêtise de certains élèves qui en définitive sont sortis de la maternelle pour passer au lycée...). Et je me ressaisis. Oui, l'EN ne soutient pas les profs qui ont l'idée de poursuivre une carrière ailleurs que dans le secondaire. C'est la vie.
De rien pour le post sur l'autre fil. Je sais reconnaitre l'envie de blesser du jeu de langage; pas vrai d'Enguell?
Ecrit par : Pendariès | 05 octobre 2006
Comme je ne suis pas né prof en LP, et que le suis devenu parce qu'autour de moi personne le l'était et un peu par hasard, j'attendais beaucoup de l'IUFM. Ne sachant rien de l'enseignement, j' attendais énormément, j'attendais tout de cet institut qui ne vaut pas tripette et qui ne m'a donné que roupie de sansonnet. Au début, ce n'a pas facile de comprendre la rouerie du système. D'échecs en mésaventures, j'ai fini par trouver son style, et je pense maintenant connaître et maîtriser mon métier. Ce que j'en sais en tout cas je l'ai appris seul et souvent à mes dépens.
Je pense l'introduction d'une heure hebdomadaire consacrée aux bases du français (en commencant par les conjugaisons...) a un effet roboratif. Je le fais, et sans me mettre en rebellion. Ce faisant j'estime appliquer le programme intelligemment. Dans une classe qui potentiellement deviendrait ingérable en se conformant aux idées délirantes de l'iuèfème. Les élèves, de loups se font vite agneaux, et s'il y a un départ de feu, je vous garanti que vous avez des munitions pour l'éteindre, et vite. J'ai connu des LP où la situation était ingérable, tels que ceux évoqués plus haut, celui où je travaille est un peu plus calme, mais i n'y a pas de LP de luxe, (L'école Boulle n'est pas un Lp! ) sinon les profs y enverraient massivement leurs enfants et ça se saurait.
Ecrit par : Dom | 05 octobre 2006
VOICI UNE LETTRE J' AI TROUVE SUR LE SITE www.aplettres.org/lettre.htm CONCERNANT L' ENSEIGNEMENT DU FRANCAIS EN LP. A méditer, voire à diffuser auprès des collègues....
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05/12/2003
Chers collègues,
Je suis professeur de lettres en Lycée Professionnel et je tiens à vous témoigner mon soutien dans le combat que vous conduisez. Je peux vous confirmer que les nouvelles réformes de l'enseignement des lettres au collège ont entraîné un véritable ravage dans les esprits de nos élèves qui, comme vous le savez, sont en grande difficulté. Lorsqu'ils entrent en classe de BEP et qu'ils découvrent que leur professeur consacre des progressions rigoureuses en étude de textes et en orthographe, ils m'en remercient. Ils ont enfin l'impression de « faire du français ».C'est étrange après quatre années passés en collège... Je dois reconnaître qu'ils sont incollables sur la typologie des textes, c'est d'ailleurs la seule chose qu'ils retiennent de leurs études au collège. Je remarque qu'ils sont fiers et rassurés d'avoir enfin dans leur classeur ¾ ce qui est formellement interdit par les inspecteurs évidemment ¾ des cours d'orthographe clairs, simples et à fréquence régulière. Ils se sentent valorisés lorsqu'on leur apprend à appliquer des règles et lorsqu'on les réinvestit dans des dictées par exemple. Beaucoup de mes élèves me disent : « Au moins avec vous, on comprend car au collège on avait des séquences et on n'avait pas de cours, tout était mélangé ! » Cela résume, je crois assez bien, l'état de déliquescence des lettres aujourd'hui. Étrange paradoxe, quand on nous dit que la séquence a été conçue pour aider les élèves en difficulté... et que ces mêmes élèves ne sont rassurés et ne progressent que lorsque l'enseignement est cloisonné, répétitif et clair sans technicisme. (...) Désormais, j'ai le choix entre deux options : soit faire plaisir à mes élèves en leur offrant un enseignement rigoureux de la langue tout en découvrant les plaisirs des textes, soit faire plaisir à l'inspecteur en faisant ronfler mon cahier de textes de séquences, compétences, énonciation, autres brimborions... mon choix est fait : faire plaisir à mes élèves. (...) Il faut redonner à l'enseignement de l'orthographe /grammaire ses lettres de noblesse dans l'intérêt des élèves ! Les ministres de l'éducation sont devenus des pompiers pyromanes ! Ils ont mutilé notre discipline, si riche et si intéressante pour nos élèves. Je dois vous avouer que je n'ai que 28 ans et ça fait six ans que j'enseigne et six ans que je refuse cette destruction organisée de l'enseignement des lettres. Je refuse l'enseignement en séquence, ce que j'appelle l'enseignement « zapping » qui ne donne absolument aucun sens aux élèves, surtout lorsqu'ils sont en difficultés et je continue à dispenser des cours d'orthographe et de grammaire pour le plus grand plaisir des élèves et des parents qui me font confiance.
Bien cordialement. Didier R
Ecrit par : Dom | 05 octobre 2006
Concernant les cutters: point de sang. Un renvoi de trois jours. Les élèves impliqués n'auraient dû jamais être pris dans notre lep. Mais il faut bourrer les filières; sinon elles meurent... Alors, dès la démission de certains, hop, tel un lapin blanc tiré du chapeau, un nouvel éléments apparaît sur la chaise du disparu. C'est la loi de l'offre et de la demande.
Ecrit par : Pendariès | 05 octobre 2006
Ami Pendariès, l'envie de blesser, je la laisse effectivement aux Fogiel (est-il toujours à la télé ?) et autres caractères bien trempés. Bien plus délassant est le jeu de langue, comme quand vous souhaitez "bourrer les filières pour ne pas qu'elles meurent".
"les cutters ça fait des dégâts :( j'espère qu'il n'y en a pas eu de trop..."
Toto
"parce que je n'ai pas de gosse. J'EN VEUX PAS!!!!!!!!!"
Pendariès
Heu, ne jouez tout de même pas avec le feu, il y a plus simple... ;)
Ecrit par : D'Enguell | 06 octobre 2006
Une chose, il y en a qui ne sont pas hors d'un certain système - parce qu'on a peur de les y enlever, la mauvaise bonne conscience. Quand le lep est une annexe de la CAF: Concernant l'argent des contribuables qui est utilisé pour les bourses des élèves de mon lep: Il y a la loi qui dit qu'au bout de 15 jours d'absence, l'administration doit signaler ce manquement à l'Inspection Acadélique (je crois que c'est à l'IA). Mon lep est tellement social et conciliant que cela n'est pas fait: il y a tellement de familles dans la misère, vous comprenez. Et des élèves et des parents qui se foutent de notre gueule aussi. 300 euros et quelques par mois par gosse, pour quasiment la moitié des effectifs de mon bahut (1400 têtes), et un absentéisme galopant, faites le calcul, ça en fait du fric. Oui, mais la France est riche, et généreuse. Les secrétaires de mon bahut sont hallucinées et blasées par ce qui s'y déroule.
Ecrit par : Pendariès | 06 octobre 2006
De toute façon, que Pendariès veuille ou non des enfants, il est préférable qu'il termine d'abord sa thèse parce que c'est fou comme les enfants nous dépistent dès que nous sommes concentrés sur un travail intellectuel, encore que la mère soit plus harcelée en ce cas.
Quand mon père tapait sa thèse, l'après-midi, je venais avec mon édredon faire la sieste sur ses genoux sous le tac-tac de la machine à écrire...
Ecrit par : dobolino | 06 octobre 2006
A lire : www.partiradical.net/pdf/Rapport_AR.pdf
Le rapport d'André Rossinot sur la laicité dans les services publics, remis le 20 septembre 2006.
Ecrit par : EP | 06 octobre 2006
Excellent lien, merci! J'imprime et diffuse...comme notre pays est triste avec sa manie des extrêmes où tout ce qui est centriste est considéré comme mou. Un peu de chou et un peu de chèvre peuvent pourtant garantir une bonne potée.
Ecrit par : dobolino | 06 octobre 2006
Cher Mr Brighelli,
Le nombre de post étant faramineux, et c'est tant mieux, il est trés difficile de naviguer dans votre blog, et c'est dommage.
Ne pourriez-vous pas leur affecter un numéro chronologique ou, au moins, l'heure de leur envoi (ou de leur réception).
Bonne continuation
Ecrit par : un égaré | 06 octobre 2006
Bonjour à vous tous,
Je partage le sentiment sur les SEGPA où j'enseigne dans le 91 en tant que ZIL. Oui les élèves sont complexés par la "générale". D'accord aussi sur leur manque total de discipline. Même en EPS. Ils parlent de Zidane mais ignorent tout du mot effort. Encore d'accord sur l'impact négatif de la religion dans ces quartiers ghettoïsés.
Cependant je tique sur "les SEGPA n'assument pas puisqu'elles ne vont pas jusqu'au bout". La loi leur a enlevé la formation d'antan qui doit être assurée désormais par les lycées pro. De plus, malgré l'effectif maxi à 16 ou 17 élèves, la différenciation nécessite le calme total dans la classe. Peut-être 1% des profs y parviennent. Et puis il y a trop souvent en classe de SEGPA l'élève qui relève plus de la psychiatrie que de l'enseignement... Et celui-là, impossible de le canaliser. J'avais à Montpellier un prof qui nous faisait remarquer que la société actuelle (1994) nous plongeait dans un univers toujours plus schizophrènique. Il avait raison.
Pour bien faire, sans doute faudrait-il cesser la secondarisation et l'introduire progressivement au-cours du cursus entre la 6è et la 3è. Le temps de leur redonner confiance en eux. Parce qu'ils ont besoin d'être remis en confiance avec un SEUL prof qui les connaîtrait bien. Entre temps, des cours très ciblés sur du transmissif redondant. Grammaire, orthographe, règles etc...Bref rattraper tout ce qui n'a pas pu se faire. Mais dans une classe de 16, il y a très souvent 3 ou 4 élèves impossibles à gérer. Ou alors sur 5 mois. Oui, sur 5 on peur arriver à les canaliser, à les rassurer. Mais l'année scolaire dure 9 mois. Ainsi, c'est infaisable. Et si vous pensez pouvoir résoudre tout ça, alors venez vite me le démontrer. Je ne demande qu'à savoir.
Je sors d'un remplacement exceptionnel en CP dans un quartier pavillonnaire du 91. Les gamins que j'ai eus savent encore moins de choses que les GS que j'eus en 2004! Ce sont des gamins qui n'ont aucune attention passées 10mn, qui savent se jouer de vous avec une belle intelligence. j'ai distribué une fessée aujourd'hui. C'est interdit!!! Les troubles du comportement sont en place de devenir la norme, la nouvelle. Je m'amuse toujours à demander aux élèves leur temps passé devant la TV. Eh bien c'est le matin au petit déjeuner, le midi (sic!) et le soir... (dans ce CP, 85%!!) . Prenez les notes, ceux qui passent le plus de temps sont les plus mauvais! Voilà la cause de tous les mots. Des parents irresponsables certes, mais des média dangereux, extrèmement dangereux.
Et l'implicite développé dans ces programmes TV passe comme une lettre à la poste dans le cerveau de ces enfants. Ca n'est pas un hasard si les publicitaires en ont fait leur cible privilégiée...Des millions d'euros sont débloqués pour toucher les bambins. Et c'est sous-estimé cet impact qui fait croire que l'école est responsable de tout ça.
Pour lutter contre cette idéologie-je pèse mon mot (idéologie)- il faudrait contester cette société de consommation qui s'attaque aux plus faibles. Les élèves modernes ont la durée d'attention du zapping. Mais ce serait une démarche politique. Et là, nous quittons la sainte pédagogie. Nous nous tirons sur la gueule et pendant ce temps, ça continue, y a toujours plus de pub, d'émissions débiles, de Harry Potter dont la symbolique puissante consiste à dire aux enfants que les parents ne sont pas indispensables voire néfastes.
Alors excellents pédagogues qui pensez que vous pouvez tout résoudre avec la pédagogie, vous n'avez pas fini d'être déçus! Vous pétez plus haut que votre popotin et surestimez votre pouvoir face à une armada de messages subliminaux étudiés dans les moindres détails. Et ce, avec des budgets colossaux, bien supérieurs à ceux de notre ministère qui, en plus nous méprise avec des réformes toujours plus cyniques et des salaires ridicules...Des Don Quichotte qui brassent du vent.
Ecrit par : combemale | 06 octobre 2006
Rien à rajouter, Combemale: vous maîtrisez le SUJET et je ne peux qu'approuver votre analyse, même le sacro-saint Harry Potter qui ne pourrait être livré qu'à des mômes rêveurs dont les parents tiennent la barre...
Ecrit par : dobolino | 06 octobre 2006
Combemale, bienvenue, ce n'est plus un club, une loge, une confrérie, nous serons cinq millions en arrivant au port...
J'ai déjà avoué regretter Peyrefitte à l'Information (quoique bien petit pour en avoir profité), quant à Elizabeth (Montgomery) de "Bewitched", mariée à un publicitaire (Jean-Paul ? euh non, Jean-Pierre), était-ce vraiment elle, l'apprentie sorcière de la série phare des sixties ?
Mea maxima culpa, j'ai œuvré un temps, en agence, pour/avec la décérébration accélérée des ces cerveaux malléables, en exploitant les théories (pas toutes fumeuses) des labos de psycho-physiologie, ou celles venant de la comportementalo-grenadine gredine, et je fauche maintenant autant que j'ai semé, pour replanter du traditionnel dans les classes. (Et pourtant que la montagne est belle et que Bové m'emm...).
J'ai parfois l'impression de n'être pas plus qu'un infirmier porteur de quelques sels antiques, aux portes d'une gigantesque rave-party sous ecstasy !
Et que la FCPE me mette en prison, et balaye devant sa porte une fois pour toutes.
Ecrit par : D'Enguell | 07 octobre 2006
En 4° AS (aide et soutien), j'avais réintroduit l'analyse de phrase. C'est vrai qu'ils étaient gentils et calmes, cependant, le grammaire les passionnait.
Le plus amusant dans ma situation de prof en ZEP se retrouvait avec mon autre 4° qui était une 6° déguisée, très faibles et souvent violents. J'avais des silences de mort lorsque je faisait des cours de grammaire (magistraux en plus) avec exercices. De plus, il adoraient la dictée alors que je les notais très sévèrement et leur faisait répéter des règles lors de la correction. J'ai donc fini par organiser mes cours axés autour de l'orthographe, la grammaire et compréhension de textes avec contrôle sytématique toutes les semaines. Et ho, miracle, la discipline arrivait d'elle-même.
J'ai procédé ainsi avec toutes mes classes, j'étais enfoncée jusqu'au cou avec les copies (110 par semaine). Mais j'ai regardé les programmes d'un autre oeil cette année-là. J'ai fait des affiches de grammaire et de conjugaison avec répétition en choeur des temps, donné des exercices du Bled qui devaient être signés par les parents.
___________________________________________________
Intermède: J'ai une pensée pour mes institutrices et instituteurs du primaire. Le bled, l'exigence, la sévérité, les concours d'écriture, les poésies apprises par coeur...Une pensée aussi pour mon prof PEGC de français-histoire, avec ses cours de grammaire, des dictées issues d'oeuvres littéraires du XVII et XIX° (ha....Flaubert, Maupassant, Dumas, Molière, Mme de Lafayette). Qu'ils en soient honorés.
__________________________________________________
Quasiment tous se sont retrouvés en lycée professionnel. Néanmoins, ils sont parmi les meilleurs. Je doutais beaucoup de mon enseignement, mais, cette année, j'ai su réellement que les programmes rendaient les élèves à leur propre déshérence.
Ecrit par : Ordrade | 07 octobre 2006
"Cher Mr Brighelli,
Le nombre de post étant faramineux, et c'est tant mieux, il est trés difficile de naviguer dans votre blog, et c'est dommage.
Ne pourriez-vous pas leur affecter un numéro chronologique ou, au moins, l'heure de leur envoi (ou de leur réception).
Bonne continuation"
Je partage l'avis de ce bloggeur et je me demande si, pour le bien de la "cause", il ne serait pas plus efficace de créer un forum dédié aux sujets de l'école.
Ca se range tout seul dans un forum comme ça.
Le forum " Bonnet d'Ane " ...http://www.phpbb-fr.com/
A part ça, j'adresse mes plus vifs remerciements aux nombreux valeureux professeurs qui postent sur ce blog.
Courage et ne cédez rien, il en va de la survie de notre bon pays.
Ecrit par : Olivier | 07 octobre 2006
Paroles d’évangile.
Voyant la foule, Jésus monta sur la montagne ; et, après qu'il se fut assis, ses disciples s'approchèrent de lui. Puis, ayant ouvert la bouche, il les enseigna, et dit :
« Heureux les pauvres en esprit, car le royaume des cieux est à eux !
Heureux les affligés, car ils seront consolés !
Heureux les débonnaires, car ils hériteront la terre !
Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice, car ils seront rassasiés !
Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde !
Heureux ceux qui ont le cœur pur, car ils verront Dieu !
Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice, car le royaume des cieux est à eux ! »
Alors Simon Pierre dit : « Est-ce qu’on doit apprendre tout ça ? »
Et André dit : « Est-ce qu’il fallait l’écrire ? »
Et Philippe dit : « J’ai pas de feuille ! »
Et Jean dit : « Les autres disciples n’ont pas eu à l’apprendre ! »
Et Thomas commença à faire des exercices de mathématiques.
Et Barthélémy dit : « Est-ce qu’on l’aura en devoir ? »
Et Jacques dit : « Est-ce qu’on sera interrogé sur tout ? »
Et Marc dit : « Ça sera noté ? »
Et Matthieu, quittant la montagne sans attendre, dit : « Je peux aller aux toilettes ? »
Et Simon le zélote dit : « Quand est-ce qu’on mange ?»
Alors un Pharisien, qui était présent, demanda à Jésus :
« Quelle était ta problématique ? Quels étaient tes objectifs de savoir-faire ? Pourquoi ne pas avoir mis les disciples en activité de groupe ? Pourquoi cette pédagogie frontale ?»
Et Jésus pleura.
Ecrit par : LaRiba | 07 octobre 2006
Génial ! Lariba
Encore, encore !
Ecrit par : marie-Antoinette | 07 octobre 2006
Et Judas dit : « Qu’est-ce tu as dit après “pauvres” ? »
Ecrit par : LaRiba | 07 octobre 2006
Lariba, c'était tellement bon que j'ai fait un copier-coller sur els deux listes de discussion (Sauver les Lettres et le Grip) auxquelles je participe de loin en loin… Bravo. Je regrette de ne pas l'avoir écrit, celui-là. Et imprimé.
JPB
Ecrit par : brighelli | 07 octobre 2006
Merci !
J’ai fait une adaptation d’un vieux truc en anglais que j’ai redécouvert des jours-ci dans les strates archéologiques de mon bureau.
Il m’est toujours difficile de jeter, après tout je suis historien de formation ;-)
Ecrit par : LaRiba | 07 octobre 2006
Très bien Lariba, c'est même bien écrit mais seriez vous capable de refaire le même en prenant le prophête Mahomet ?
Parce qu'aujourd'hui, critiquer et se moquer de la religion catholique est une preuve, nous le savons bien, d'un courage hors norme...
...et l'Islam ?
Faites attention parce que l'autre coté, ils nous croient TOUS chrétiens et vous serez traités à terme de la même façon que les catholiques, voir pires parce que athés...
Olivier
toujours faché lorsque l'on se moque de Jésus mon DIEU
Ecrit par : Olivier | 07 octobre 2006
Alors là, Olivier, je ne crois vraiment pas, après la sortie récente de Jack Straw, que LaRiba mérite une double fatwa, catho + pédago !
Les Anglais, bien que boutés hors de France, si pas arc-boutés sur leurs positions insulaires (homme sweet homme) ont un humour ravageur et le même "Lord" que certains Français.
Ecrit par : D'Enguell | 07 octobre 2006
Olivier,
n'avez-vous pas remarquer que Jésus votre DIEU n'est aucunement ridiculisé dans le texte de Lariba ?
Contrairement aux disciples, dont vous êtes, il me semble, vu la divergence exemplaire de votre réaction face aux enseignements de Jésus votre DIEU.
Enfin j'ai cru remaarqué que Jesus votre DIEU s'exprimait en paraboles, comparaisons et métaphores.
De ce que je lis ans le texte de Lariba, c'est la même méthodologie qui est utilisée....
Comme dirait Gaston : "M'enfin..."
Ecrit par : RePassage | 07 octobre 2006
Olivier, notre religion catholique a acquis la liberté suprême de tolérer les critiques, de les accepter et parfois d'en faire son miel. Plus personne, n'est contraint par la force d'embrasser la foi catholique ce qui garantit la sincérité des croyants.
Il n'y a pas de mal ici et cet humour n'a vraiment rien de blasphématoire.
Ecrit par : Benoit | 07 octobre 2006
Je ne vois en quoi j’insulte le christianisme avec ma déconnade.
Il me semble que Jésus n’est ni moqué ni insulté dans mon histoire : je me moque des pédagogos !
« C'est pourquoi je vous dis : Tout péché et tout blasphème sera pardonné aux hommes, mais le blasphème contre l’Esprit ne sera point pardonné. » Mt, 12, 31.
Ecrit par : LaRiba | 07 octobre 2006
Oh non, c’est vrai que le blasphème est illégal, mince.
J’espère que la prison n’aura pas raison de moi si par malheur il m’arrivait d’affirmer que l’église fasse de la discrimination à l’embauche.
Ce serait dommage.
Mon cher Olivier, sachez qu’utiliser pour personnage principal une personnalité religieuse n’est en rien blasphématoire. Ajouté à ceci une France en apparence laïque et une justice qui ne condamnera plus jamais – je l’espère du moins – le blasphème, votre remarque n’aura permis d’exposer que votre stupidité. Pourtant j’aurais moi aussi préféré avoir la chance d’admirer un certain Mahomed.
Une autre fois peut-être.
Ecrit par : Estil | 07 octobre 2006
"Ou alors sur 5 mois. Oui, sur 5 on peur arriver à les canaliser, à les rassurer. Mais l'année scolaire dure 9 mois. Ainsi, c'est infaisable. Et si vous pensez pouvoir résoudre tout ça, alors venez vite me le démontrer. Je ne demande qu'à savoir."
suis-je 'suant' ?
Tu as bien raison pour les cas les plus douloureux il faudra 5 mois..
Tu connais Léo&L;éa version 2004 ?
Tu utilises la méthode Orsenna, "la grammaire est une chanson douce" ?
Je t'ai vu le Hell's :)
Je t'ai copié/collé LaRiba :o))))))))))
Ecrit par : toto | 07 octobre 2006
J'ai vu Thôt, à peine arrivé, je me suis fait insulter.
Aucune tenue sur les chaînes publiques :)))))))))))
"J’espère que la prison n’aura pas raison de moi"
Estil
Vous aussi êtes menacé ? ;)
"Difficile de vivre dans la peur"
Leon, Nexus 6
Ecrit par : D'Enguell | 07 octobre 2006
Vu l'anathème d'Olivier (?), j'ai bien peur de déplaire quand sortira "Une école sous influence" — le 17 octobre normalement : le 18, je serai à la FNAC de Vélizy, et le 19 au matin, sur la Deux…
Il est presque paradoxal que Jack Straw (ancien ministre des Affaires étrangères de Blair, pour ceux qui ne se souviennent pas) parvienne à dire des choses simples sur le voile qu'aucun politicien français n'a les couilles de déclarer.
À propos, les universitaires, comment se fait-il qu'on accepte les filles voilées en fac ? C'est sous prétexte que les utilisateurs du lieu ne sont pas mineurs, et sont censés être non influençables ?
En vérité je vous le dis : tout voile me gêne. Et croiser tant de femmes libérées dans la rue me gêne de plus en plus. Ce qui fut il y a dix ans le cas de quelques illuminées devient le tandard musulman — même si tout Musulman n'est pas islamiste, il existe des presions occultes dont le voile est la manifestation la plus visible.
À ce sujet…
Tout frais paru, le dernier roman de Thierry Jonquet, auteur inlassable de polars remarquables (et qui a participé aux commentaires sur le rapport Obin rassemblés dans "L'Ecole face à l'obscurantisme religieux") : "Ils sont votre épouvante et vous êtes leur crainte" (au Seuil). Je recopie le résumé-analyse de la FNAC :
"Département du 9-3, septembre 2005. Anna Doblinsky, une jeune diplômée d'un IUFM, rejoint son premier poste au collège Pierre-de-Ronsard à Certigny. HLM, zone industrielle, trafics de drogue, bagarres entre bandes rivales et influence grandissante des salafistes, le décor n'est pas joyeux. Dès le premier jour, Anna est brutalement rappelée à sa judéité par des élèves mus par un antisémitisme banal et ordinaire. Lakdar Abdane, un jeune beur particulièrement doué, ne demanderait, lui, pas mieux que d'étudier, mais n'y arrive pas depuis qu'il a perdu l'usage d'une main. Tout serait-il écrit ? Certes non, mais une fois enclenchées, il est des dynamiques qui ne s'arrêtent pas aisément. Et la mort est au bout. Commencé bien avant les émeutes des banlieues et le meurtre d'Ilan Halimi, ce roman dit des territoires que la République se doit de reprendre au plus vite à la barbarie."
Bonne journée à tous…
JPB
Ecrit par : brighelli | 08 octobre 2006
"Vu l'anathème d'Olivier (?), "
Mince moi qui croyais que LaRiba se moquait des juifs :o))))))
" Et croiser tant de femmes libérées dans la rue me gêne de plus en plus."
Zyva fô rester cool JP sinon tu fais comme ceux qui jettent des "pierres" aux touristes sous prétexte qu'ils sont en maillot de bain ...
tu mets ton sens (ce n'est pas anormal) mais il suffit de les imaginer à poil dessous c'est qd même mieux/plus bandant que les filles qui nous montre leur string toute la journée, non ?
Ecrit par : toto | 08 octobre 2006
En fait, je ne crains pas les critiques concernant la religion catholique, elles sont tellement nombreuses qu'elles me glissent sur le peau.
Je pense même qu'elles sont indispensables pour la liberté.
Cependant, je ne pense que la critique seule et la dénonciation des abus de cette religion soient suffisantes pour défendre la laïcité en France.
Si vous attendez comme BHL qui, avant de sortir un papier critique sur l'Islam dans le Point, demande s'il pourra avoir une protection policière....pour critiquer les autres religions, c'est que nous sommes en perdition.
C'est ce que l'on appelle le courage graduel !!
Quand je pense qu'on appelle mon petit mot "anathème"
Pfff...
Ecrit par : Olivier | 08 octobre 2006
M. Brighelli, au lieu de passer votre temps à vous autoglorifier en vous croyant le seul vrai prophète de France et à faire votre one man show à la télé et dans les FNAC, cliquez sur le lien www.partiradical.net/pdf/Rapport_AR.pdf cité parEP le 06/10/06: vous verrez, si votre enflure n'a pas obstrué vos yeux, qu'en France, il n'y a pas que vous qui êtes conscient et qu'ailleurs il y en a qui luttent tout en ne cherchant pas à se faire courtiser.
Ecrit par : nell | 08 octobre 2006
Alors, on a ses nerfs, Nell ?
Deux ou trois points de votre message méritent une précision.
1. Je ne fais pas des one man show dans les FNAC. J'y ai été constamment confronté à des gens (Meirieu, Debarbieux, etc.) qui ne opensent pas franchement comme moi. Ça tient plus du pugilat que d el'exposé.
2. Venez donc faire votre show, bel anonyme… Ailleurs que sur un blog où l'on peut rester anonyme.
3. Le rapport Rossinot ne m'était pas inconnu — je débats bientôt avec un membre de la commission qui a préféré en partir, parce que les conclusions lui paraissaient trop… laïques.
4. Dans le genre, le rapport Obin (L'Ecole face à l'obscurantisme religieux, Max Gallo Ed.) est mille fois plus précis — et arrive aux mêmes conclusions.
Enfin, je n'apparais sur ce blog que pour donner la parole aux autres — et ces autres me sont témoins que je suis bien loin de la monopoliser.
JPB
Ecrit par : brighelli | 08 octobre 2006
Je confirme les propos de JPB. Les anonymes n'ont qu'à se taire. Les pseudos, c'est la trouille de l'inspecteur.
Tiens, à propos, dans l'ASH où j'exerce, l'inspecteur est un faisant fonction. Il semble très sympathique. Mais il va inspecter des enseignants sans avoir lui-même enseigné en SEGPA. Il n'est peut-être pas responsable de cela mais ça démontre le crétinisme de l'EN...Remarquez, un patron n'a bien souvent jamais été sur la chaîne et bien incapable il serait de finir le mois avec un smic...
Continuez M.Brighelli, vous êtes démago(?), tant mieux, vous dites des choses censées avec une construction que je vous envie. Vous vous aimez, vous avez raison, votre degré d'épanouissement est très élevé. votre culture, votre érudition sont un modèle qui semble énerver les crétins (nombreux) de tout poil. Le seul point que je ne vois pas bien chez vous, c'est juste cette non participation sur l'influence de la société ultralibérale.
Car enfin, si vous pensez qu'un patron emploiera des gens très bien formés, ces derniers seront aussi à même de revendiquer. Ca, aucun grand patron ne l'apprécie... il faudrait développer des emplois élitistes qu'aucun employé mal formé (pas formé du tout) ne saurait faire en Chine.
Le pays n'en prend pas le chemin...
Ecrit par : combemale | 08 octobre 2006
"dans l'ASH où j'exerce" du hash ? où ça, où ça ...?
"Le seul point que je ne vois pas bien chez vous"
Il est nul en math :o))))))) wwww@@@@@rrrrfffffff
désolé Jp can't help it ... pouf pouf pouf
Ecrit par : toto | 08 octobre 2006
Donc la question est :
Comment tu fais pour attaquer en terrain 'découvert' avec te chtite bite ? fais l'essai ... on verra dans quel état tu en sors...
On est pas assez solidaire face à tous ces ânes....
Il aurrait fallu faire un front commun ...
Mais chacun veut tirer son épingle du jeu ....
ET on est dans la merde ....
Ecrit par : toto | 08 octobre 2006
Les Jurys du baccalauréat sont souverains... dans le texte sûrement, dans la réalité beaucoup moins.
Voilà 4 ans que je suis régulièrement montré du doigt par l'inspection d'histoire-géographie pour des notes jugées trop basses par rapport à la très sainte moyenne académique. En effet, je me refuse à gratifier de la moyenne un élève qui fait de la «paraphrase intelligente», qui ne sait pas s’exprimer un tant soit peu dans sa langue maternelle (tant au niveau du style, digne d’un niveau de CM2 pour certain, et de l’orthographe) et qui ignore la position de la Chine ou encore met dans l’espace rhénan, sujet 2006, Barcelone, Venise, Florence, Nice, Marseille et bien sûr…Montpellier. Voilà trop de temps que je m’obstine à être rigoureux et que je corrige les épreuves dans l’esprit des directives officielles qui les définissent…alors que l’on peut tout accepter. Voilà trop de temps que je ne donne pas de points à ceux qui, à un examen national, ne savent rien et n’ont rien à dire…Bref voilà 10 ans que je refuse l’égalité par la médiocrité. Je suis un dinosaure, d’à peine 40 ans, pour qui le baccalauréat veut encore dire quelque chose.
Ce furent d'abord des coups de fils m'incitant à m'interroger sur cette anomalie, puis un fax, "confidentiel" transmis à haute voix par le chef de centre au président de mon jury devant des collègues dubitatifs. Finalement, cette année, une lettre très officielle, signée de mes inspecteurs, est arrivée par la voie hiérarchique à mon chef d'établissement. D'un ton sec et cassant, elle stigmatise mon attitude inadmissible et précise que le Recteur lui même a été mis au courant de mes errements… Pour terminer, tel un élève en faute, l’inspection me prévieny qu’elle veillera «désormais attentivement à la qualité de [mon] évaluation lors des prochaines sessions du baccalauréat».
Comme le système n’en est pas à une incohérence près, durant mes 4 années de «terrorisme » je fus, par deux fois, convoqué aux commissions académiques d’élaboration des sujets du bac et j’ai eu la charge d’une stagiaire. Tout cela au regard de mes compétences (cf. l’inspection).
J’ai donc le choix entre mettre les notes attendues, quitte à aller contre mes convictions (…ne suis-je pas souverain ?) ou continuer à faire mon travail en mon âme et conscience… au risque de devenir le souffre douleur de l’inspection.
Que l’on me fasse surveiller les épreuves, coller les étiquettes sur les tables, lécher les enveloppes…mais que l’on cesse donc de me parler de liberté des jurys !
Ecrit par : Je suis un dinausore | 08 octobre 2006
Bonjour à tous ou Re pour les habitués !
Je sors un peu du contexte religieux mais voyez-vous dernièrement un cadre supérieur m'a taxée de "précieuse" parce que soit disant n'étant pas issue de la hupper class, il trouvait franchement étonnant que je m'éclate à l'opéra ou au théâtre, que je lise l'Express ou autres bouquins, etc....
Bref, permettez moi cette fois de m'exprimer dans un langage quelque peu trivial mais bon dieu qu'ils sont desfois c.....ns, ces bourgeois !!! Je pense que je réécouterai prochainement la chanson de Brel histoire de ravaler mon venin...
Maintenant venons en au fait : oui j'adore l'opéra, je me suis régalée lors de la dernière représentation de la Traviata de Giuseppe Verdi à l'opéra théâtre de Metz. Mercredi je vais au Théâtre voir une pièce de Sacha Guitry puis par la suite j'admirerai le Glenn Miller Orchestra et en novembre je fais place à Aida, la Flûte enchantée et les Noces de Figaro !!!
Effectivement je préfère avoir du goût : soyons clair je préfèrerais de loin m'extasier dans un hôtel à 10 000 euros la nuit si j'en avais les moyens que dans un IBIS ou Formule 1 !!!
La musique, c'est pareil : je préfère de loin Maria Callas ou Verdi, Puccini, Beethoven et Mozart ou Haendel ou que sais je encore que la Star Ac ! Nous ne sommes dans le même registre.
Littérature même chose : Balzac, Stendhal, Hugo, Apollinaire (notamment la Lorelei) et Baudelaire ou Maupassant c'est nettement, infiniment plus exaltant qu'Amélie Nothomb....ou les mémoires de Villard.. Même pour le fun je ne me risquerai pas...
Bref, tout cela pour dire qu'il serait peut-être temps de placer la culture au 1er rang des priorités en terme d'instruction car les milieux défavorisés ne peuvent savoir ce qu'ils râtent si personne ne leur donne l'occasion de goûter à ce passé culturel si prestigieux et en même temps si raffiné et précieux...
La préciosité dans certains cas ne fait pas de mal...Hummm !
Luxe, calme et volupté...Calme surtout...
Bon dimanche à tous !
Ecrit par : Sandra WAGNER | 08 octobre 2006
"En effet, je me refuse à gratifier de la moyenne un élève qui fait de la «paraphrase intelligente», "
Facho :o)))))))))
"puis un fax, "confidentiel" transmis à haute voix par le chef de centre au président de mon jury devant des collègues dubitatifs"
zyva lache le morceau qu'on rigole .
"Finalement, cette année, une lettre très officielle, signée de mes inspecteurs"
Fais tourner stp :)
Moi j'aime bien ce genre de dinosaure là :)
Mais je les aime encore plus quand ils arrivent à remettre les gamins sur les rails...
c-a-d à leur réapprendre à lire 'correctement' ....
Bienvenue sur le fou d'rhum mon dino ...
Ecrit par : toto | 08 octobre 2006
D’abord, une petite compilation pour me prouver que je ne suis pas hors sujet :
«Ainsi, dans la pratique, il arrive de temps à autres que des cours entiers soient consacrés à la grammaire (ces cours sont d'ailleurs étonnamment calmes et studieux). »
« Ce qui ressort de mes trois petites années d'expérience, c'est que l'enseignement "traditionnel" donne de bien meilleurs résultats que le reste. Après un bon gros bourrage de crâne de grammaire pure, les notes sont bien meilleures qu'avec un enseignement frelaté. »
« Il est bien sur interdit de faire de la grammaire de phrase pourtant après expérimentation en 3e pro c'est celle qui fonctionne le mieux et celle où les élèves progressent quelque peu. »
« Je pense l'introduction d'une heure hebdomadaire consacrée aux bases du français (en commençant par les conjugaisons...) a un effet roboratif. Je le fais, et sans me mettre en rébellion. Ce faisant j'estime appliquer le programme intelligemment. Dans une classe qui potentiellement deviendrait ingérable en se conformant aux idées délirantes de l'iuèfème. Les élèves, de loups se font vite agneaux, et s'il y a un départ de feu, je vous garanti que vous avez des munitions pour l'éteindre, et vite. »
« Lorsqu'ils entrent en classe de BEP et qu'ils découvrent que leur professeur consacre des progressions rigoureuses en étude de textes et en orthographe, ils m'en remercient. Ils ont enfin l'impression de « faire du français ». »
« En 4° AS (aide et soutien), j'avais réintroduit l'analyse de phrase. C'est vrai qu'ils étaient gentils et calmes, cependant, le grammaire les passionnait... J'ai donc fini par organiser mes cours axés autour de l'orthographe, la grammaire et compréhension de textes avec contrôle systématique toutes les semaines. Et ho, miracle, la discipline arrivait d'elle-même. »
Dans ma classe aussi (GS/CP/CE1), les moments de grammaire /orthographe / conjugaison / vocabulaire pudiquement baptisés « langage oral » ou « étude de la langue » sur mon emploi du temps « marchent très fort »... Même avec les petits de Grande Section, une fois passées les deux ou trois premières semaines de l’année où le rôle du médiateur entre l’enfant et les apprentissages (en l’occurrence moi) se limite à obtenir des yeux qui regardent dans la direction de celui qui parle, des oreilles qui jouent leur rôle de transmetteurs des stimuli auditifs vers l’unité centrale appelée cerveau, des mains et des pieds qui ne font rien puisque les unités centrales sus citées leur ont demandé de ne rien faire*...
Donc, une fois passées ces deux ou trois semaines, l’ « Etude de la langue » passionne tout le monde, y compris les plus jeunes. Pour preuve ce petit moment de la semaine dernière :
Thème de la séquence : le nom, l’adjectif qualificatif.
Les deux CE1 de la classe relisent à voix haute les affiches de la classe, les CP qui le souhaitent les relisent aussi à voix haute, Machin, Truc et Bidule râlent parce que la maîtresse leur annonce que le temps passe et qu’elle n’a plus le temps de les laisser relire. Elle ferme le tableau et leur propose pour les consoler de réciter les affiches. Les Grandes Sections veulent aussi réciter, nous récitons donc en chœur.
Premier exercice collectif : La maîtresse copie un petit texte au tableau, réalise un petit dessin rapide en dessous (soi disant pour aider ceux qui ne savent pas lire, en fait dans le but de les aider à découvrir les noms communs d’objets du texte). Les élèves lèvent le doigt pour citer les noms communs puis les adjectifs qualificatifs. La maîtresse interroge en priorité des GS, puis des CP, les CE1 sont chargés de compléter la liste par le nom oublié (milieu) un peu plus difficile à repérer.
Deuxième exercice : la maîtresse écrit au tableau une dizaine de groupes nominaux (article + nom + adjectif qualificatif ou article + adjectif qualificatif + nom). Les CP et les CE1 sortent leur ardoise, les GS tirent l’un après l’autre au hasard une étiquette dans une boîte et la remettent à la maîtresse qui la lit et annonce : « Nom » ou « Adjectif qualificatif », les grands cherchent et recopient sur l’ardoise le mot qui convient pendant que la maîtresse demande aux GS à mi-voix de dire soit « de quel objet on parle, quel est son nom ? », soit « comment est-il cet objet, quel est l’adjectif qualificatif ? ». Puis les grands lèvent leur ardoise et nous vérifions. Les GS se glorifient d’avoir trouver eux aussi... H, CP, claironne à chaque réponse juste : « Ah ! Qu’est-ce qu’il est bien, maîtresse, cet exercice ! Et puis, ça nous apprend, hein ? »
* re citations : « La première des choses seraient de leur apprendre et de les obliger très tôt à rester assis, un stylo à la main, à se tenir concentrer ».
« Ce sont des gamins qui n'ont aucune attention passées 10mn, qui savent se jouer de vous avec une belle intelligence. »
Un autre jour, ou ce soir, j'aurai une petite question grammaticale pour les gens compétents, mais là, je n'ai pas le temps, je vais voir "Knock" joué à 50 bornes de chez moi, c'est ça vivre loin de tout. A bientôt.
Ecrit par : catmano | 08 octobre 2006
emisssion du mediateur sur france 2 du 07/10/06 : http://relations.france2.fr/mediateur_frames.htm
A voir de toute urgence afin d'apprécier à sa juste valeur les arguments des détracteurs du réseau SLECC. Un bon exemple de la reductio ad lepenum argument imparable, pitoyable. A noter, la vieille prof et le nouveau prof formateur preuve s'il en fallait que "le temps ne fait rien à l'affaire". A savourer donc mais avec beaucoup de cynisme...
Ecrit par : un professeur de français | 08 octobre 2006
Cher toto,
C'est mon patronyme et pas un pseudo. Il est très facile de savoir qui je suis et où j'exerce pour un James bond de l'EN à travers mes différents posts sur ce site. Dinosaure craint de devenir le souffre douleur de l'inspection...
Je fus titularisé en 2004. Mon premier poste fut une GS. Le jour de la rentrée, je vis le député maire de ma commune ainsi que mon inspectrice et une inspectrice stagiaire venir serrer la paluche des enseignants ainsi que des parents électeurs. Manque de bol, ma classe était une ouverture sans budget (officiellement, un problème de courrier (sic!). Les parents se mirent à juste titre en colère puisque je n'avais que 3 puzzles, que les chaises étaient en nombre insuffisant etc...Ca faisait désordre. Bref je pris ma classe et je fis avec non sans avoir dit au maire devant mon inspectrice qu'il était inadmissible que le service public propose une classe ainsi parée. Mais entre temps, les parent firent une pétition à la mairie.
Le lendemain, à ma surprise, je revis les mêmes personnes. Je fus convié à une réunion avec les parents et fus assis à côté du conseiller du maire. A la fin des interventions du personnel de mairie, on me demanda si j'avais quelque chose à rajouter. Quelque peu énervé de la langue de bois que j'entendis ce jour là, je dis maladroitement:"J'ai plutôt un caractère à la J.Bové qu'un politicien qui fait de la politique politicienne..." Les parents pliés de rire, le maire réagit logiquement et tout le monde sortit ensuite. C'est alors que mon inspectrice me dit entre quatre yeux que j'avais un devoir de réserve et patati et patata. Je lui répondis qu'en tant que citoyen, il était honteux que le service public ose proposer une classe aussi pauvre... aux pauvres (REP).
Je ne fus pas mis à pied, je n'eus pas de sanction disciplinaire. Cependant, je fus inspecté l'année suivante et l'inspectrice et moi eûmes une discussion sur ce fait antérieur.
Je crois qu'elle se régala de la discussion qui devait bien trancher avec les entretiens habituels des évalués qui font pipi sitôt un inspecteur dans les parages... Alors la note fut mauvaise, 11. Mais d'une part c'est l'inspecteur d'académie qui met la note (à distance donc et sans savoir qui je suis...) et d'autre part, comme le dit Michel Onfray chez Pivot il y a quelques années:" je suis mal noté mais c'est un honneur étant donné QUI me note..."
Entendons nous bien, ceci est un témoignage. Je n'ai aucune rancoeur envers cette inspectrice avec qui j'eus plaisir à discuter. Je veux juste signifier que les PE sont très consensuels sitôt la hiérarchie présente. Voire révérencieux. Ils s'autocensurent et font la part belle a une hiérarchie qui n'en espérait pas tant jadis... Et oui, c'est typique de la nouvelle génération d'analphabète qui garnit les rangs de l'EN.
Or du moment qu'on est poli, qu'on peut argumenter, alors on peut tout dire. Sinon c'est une dictature. Mais en cas de pression, il y a des syndicats, il y a la presse et en dernier recours la justice.
Je rappelle que les Madame l'inspectrice et autres Monsieur le maire ne sont nullement obligatoires. Par écrit, pourquoi pas, c'est d'usage. Mais face à face je ne vois rien de grossier à parler d'égal à égal. Les titres ont été abolis en 1789. C'est pas pour la forme.
Alors de grâce je n'ai pas les balloches comme un camion. Mais je me sers de ma tête et de mes droits acquis parfois par le sang de mes ancêtres. Droits attaqués de toute part aujourd'hui et bafoués par ces trouillards qui ne pensent que pognon et notation.
Ah, j'ajoute qu'il n'est nul besoin d'une fiche de prep pour enseigner et que ces denières ne sont nullement obligatoires, c'est la loi!
Ecrit par : combemale | 08 octobre 2006
C'est curieux comme les réseaux de résistance, France, années 40, sont oubliés, et avec eux les pseudos dont ils s'affublaient... Entre un kamikaze qui rejoint son paradis et fait rejaillir gloire et morceaux de viande sur sa famille, et une poignée d'anonymes peut-être plus fragiles que les signatures habituelles, j'ai choisi ma façon de faire.
Et c'est peut-être aussi de la coquetterie, Toto est un lézard d'outre-espace, et moi-même un Men In Black chargé de le dessouder !
Le terrain de jeux est assez grand pour ne bas nous buter entre nous, n'est-il pas, est-il ?
Ecrit par : D'Enguell | 08 octobre 2006
"Man" in black, D'Enguell ! One man, two men…
Ou seriez-vous plusieurs dans votre crâne — comme tant de gens, dont moi-même ?
Mais tous en noir…
JPB
Ecrit par : brighelli | 08 octobre 2006
1-0, je ne pensais pas que la balle mortelle viendrait de vous... :)))))))))
Ecrit par : D'Enguell | 08 octobre 2006
Voilà, on bosse tous le week-end et quand on revient y'en a une tartine infernale. M. Brighelli, Pendariès, ils sont tous vivants, même le pneumothorax ouvert! Mais faut dire que les gars m'ont appelé avant l'agonie bicôse y zont pas des oursins dans la poche et ils me font confiance. Ils savent qu'un véto c'est pas un curé: pour l'absolution ils se passent de moi i.e. la thérapeutique de la cartouche de douze. D'ailleurs un chien a aussi le droit de mourrir tranquille sans qu'on le déblaie comme une ordure dès qu'il souille un peu les regards de ses maîtres. Pour l'arthrose dégénérative on a fait de grands progrès ces dix dernières années autant chez les équidés que les canidés. Fallait que je le dise ... Pour le reste OK, rien à rajouter!
Ecrit par : dobolino | 08 octobre 2006
Par le tétin d'Héra, on dirait mamie Nova (pas la radio), madame Charmeux (ai cliqué sur le médiateur de France2). Ha "reduction ad hitlerum", j'aime quand on renvoie à Leo Strauss, que ces débiles de néo-cons américains pensent servir.
Ecrit par : Pendariès | 08 octobre 2006
Dans ces cas là, il faut rappeler que l'INRP, qui a longtemps financé les excellents travaux de Madame Charmeux, dispose d'un budget annuel de 19 millions d'euros. Vous manquez d'argent pour votre thèse, Pendariès ? Pas de chance. Pour les pédagos, le fric tombe du ciel en larges rouleaux de billets de banque.
Ecrit par : Pierre-Henri | 08 octobre 2006
Je réagis un peu tardivement au post de Combemale, qui visiblement mal perçu l'une des phrases du commentaire à l'origine de ce post.
Ce ne sont pas les SEGPA qui sont visées dans la phrase : "Bref, autant dire que les SEGPA, puisqu'elles ne vont pas jusqu'au bout, contribuent à détruire encore plus les élèves qui en sortent."
Les profs de SEGPA font un boulot incroyable, ils parviennent à remettre sur pieds des gamins que l'on croyait perdus. Mais le système scolaire est ainsi fait : une fois sortis de leur section, ces élèves sont balancés dans la fosse aux lions. Autant dire que les efforts déployés précédemment l'ont été en pure perte... A quoi bon mettre sur pieds un demi-processus ? Les élèves de SEGPA ne devraient intégrer un circuit d'enseignement "normal" (je hais ce mot) qu'une fois qu'ils sont prêts à l'affronter. Et c'est rarement le cas...
Ecrit par : Le mari de la prof | 09 octobre 2006
Merci Combemale pour ton témoignage .
"Et ho, miracle, la discipline arrivait d'elle-même."
Nous hier soir on a commencé la méthode Orsenna ...
C'est tip top ;)
à+ j'dois taffer grrrrrr :(
Ecrit par : toto | 09 octobre 2006
Pour le mari de la prof (des noms, des noms...),
Le demi processus est en place. Nous pouvons tout changer si nous faisons pression avec des personnalités d'une part et un vrai labeur autour d'un verre d'autre part. La hiérarchie sait qu'elle est critiquée de toutes parts.
A nous d'exiger une autre école. J'ai posté un mot recemment où je propose des rencontres comme les cafés repaires de D.Mermet. Il faudrait bien que ça comence un jour pare un petit groupe qui prendrait de la taille au fur et à mesure...Je n'eus aucune réponse.
Ecrit par : combemale | 09 octobre 2006
Voici un exemple désastreux de ce que je lis et dois corriger venant de mes « oubliés du système ». C’était une petite rédaction axée sur la nouvelle « Né de l’homme et de la femme » de R. Matheson (merci monsieur Brighelli pour le conseil de lecture). J’avais demandé une page d’écriture – le devoir a une longueur de 11 lignes :
« Je suis dans ma maison il fait sombre, il y a une petite lumiere des foi par un petit carré. Mai parents mon dit que jéte a l’abrie de tout menace, je né pas tous comprie, moi je pense qu’il me protège contre quelque chose. Avec moi 3 bras, 3 tête, et mais 6 jambes il vele pas que je sorte. il mont jamais jamais fai sortir. Si une fois, une personne ma planté 5 eguille, sa ma fai mal mai c’est mais parent de toute façon. j’en ai assez je ve sortir la-bas la ou c’est bleu, c’est jolie. si il veule pas que je sorte, je sortiré de force et il peront le consequence. »
C’est le travail d’un élève de 2de BEP comptabilité. Il m’en passe des dizaines et des dizaines de cet acabit entre les mains. Que puis-je faire avec des adolescent(e)s qui, dans deux ans minimum, vont entrer dans la vie active et pour qui la langue française est une langue étrangère qu’ils parlent tous les jours ? Que les tenants de la pédagogie viennent m’expliquer pourquoi selon eux ce gosse est épanoui.
Je file en cours. Pas démoralisé. Juste blasé.
Ecrit par : Pendariès | 10 octobre 2006
Combemale, je vous avais lu. Je travaille en pleine cambrousse, loin des grandes villes. En face de mon échope, il ya un café où je me rends pour parler, discuter calmement en repliant tous mes piquants de hérisson suceptible. Je viens ici pour polir mes arguments et les frotter aux votres comme je vais aux réunions du P.S. local sans rêver de convaincre les endoctrinés et dieu sait s'il y en a mais pour savoir ce qu'on peut dire sans choquer.
Toutes mes pratiques, un jour ou l'autre, parlent avec moi de leurs inquiétudes ou souvis sur l'enseignement et on bricole
Excusez- moi, sutout Olivier, je voulais écrire Dieu!
Ecrit par : dobolino | 10 octobre 2006
Pensez à la technique des militants communistes il y a quarante ans. Au quotidien, dans la rue, à l'usine partout... Dans la mesure où le public désemparé est en attente d'une solution et est parfaitement ouvert aux idées que vous allez développées, vous pouvez au quotidien faire un travail de fourmi redoutable. Après, il est sûr qu'un groupe de pression à l'Assemblée Nationale, c'est encore mieux! J'écoutais ce matin De Robien à France Inter et j'ai goûté son discours.
Ecrit par : dobolino | 10 octobre 2006
Pendariès, vous jouez double. Est-ce réellement la langue utilisée qui vous effraye, ou la pensée radioactive par contamination télévisuelle... ?
Et si vous n'attaquiez que les idées et pas les hommes qui les dé-fendent, vous vous placeriez dans la symptômatique de "La Grande Illusion", De Boëldieu-Von Stroheim, une manière de chevalerie presque fin de race, que vous haïssiez quand vous étiez "Petiot"... ;)
"Pensez à la technique des militants communistes il y a quarante ans."
dobolino
Je ne pense qu'à ça :)))))))))))
Ecrit par : D'Enguell | 10 octobre 2006
Voyez-vous Pendariès, ce texte, hormis l'abomination orthographique, je le trouve pas si mal fait que ça alors l'auteur n'étant pas complètement abruti, il pourrait peut-être améliorer son orthographe et sa syntaxe si on prenait la peine de de lui enseigner. Mon fils avait eu le même sujet en quatrième. Je trouve ça plutôt sympa dans le genre verbalisation de ses angoisses profondes...
D'Enguell je ne parlais que de technique pas d'objectif: ne pensez surtout pas qu'à ça... Pas bonpour le moral, pas bon du tout!
Ecrit par : dobolino | 10 octobre 2006
"une manière de chevalerie presque fin de race, que vous haïssiez quand vous étiez "Petiot"... ;)"? Ha non, je suis émoustillé par les fins de race.
D'Enguell et Dobolino, l'imagination même nourrie au sein électronique de la télé ne me gêne pas. Aucune source pour l'imagination d'ailleurs. C'est pour cela que je donne à mes classes l'opportunité d'avoir le champ libre en écriture. Le fond du texte de l'élève ne pose pas problème. Mais l'orthographe: dans moins de deux ans, il va tenter son BEP, puis se présenter devant un patron pour être comptable. Ce matin, il m'a révélé que l'an dernier il avait de bonnes notes en dictée. Ah le soleil de l'été... Ca en fait des dégâts. Il ne savait pas identifier un adjectif. J'ai cru comprendre, à ce qu'il m'a révélé, que ses profs l'avaient laissé tomber. Et que les strates de ses manques et de ses difficultés en Français se sont accumulées. Oui, le Français est une langue étrangère pour la plupart des adolescent(e)s de mes classes: ils l'ont dit. Ce matin. Alors on a fait de la grammaire. Pour la grammaire. Et c'était bien: adjectifs qualificatif attribut, apposé, épithète; COD; CDN; compléments circonstanciels. "Oh je m'en souviens, c'est vieux ça". Alors je conseille à l'élève qui a tant de problèmes de recopier chaque soir quelques lignes de texte (journal, magazine, livre..) sans faire de faute. On verra. Je le sens perdu; et malheureux.
Ecrit par : Pendariès | 10 octobre 2006
Dobolino, merci, j'avais bien compris... La technique utilisée, par nos temps médiatiques, permet bien mieux d'identifier l'objectif, que le discours langue de "tout bois" qui l'accompagne parfois (l'objectif).
Pendariès, pour le peu que j'en connais, les gamins perdus et malheureux dont j'ai eu la charge, sans me le dire, m'ont fait comprendre que quelques minutes de discussion avec un adulte bienveillant (prof ?), avec reprise -acceptée de leur part- de vocabulaire ou de temps verbaux, leur profitait bien plus que quelques heures de "perm".
Ils ont besoin de leurs bandes et de leur vocable à 5 mots, mais se rendent compte, pour la plupart, que le raisonnement "etayé" par les nuances de vocabulaire leur procure aussi de la force.
Ecrit par : D'Enguell | 10 octobre 2006
" Je le sens perdu; et malheureux."
Les bases non de diou, les bases .....
L&L; d'abord ... on récupère les soucis techniques de lecture ET après on fait la grammaire/conjugaison
Stp dans le bon sens sinon c'est du temps de perdu...
Ecrit par : toto | 10 octobre 2006
Aux chiottes les marxistes qui gangrènent l'éducation nationale. Voici le programme de Philippe de Villiers pour l'école. EXCELLENT.
http://www.pourlafrance.fr/
Prolongement de la famille, l’école est un rouage essentiel du redressement national. Après quarante ans d’expériences éducatives et pédagogiques excentriques, farfelues, voire idéologiques, il convient de la recentrer sur ses missions premières : transmission des savoirs, promotion du civisme, rayonnement de la culture nationale.
Recentrer l’école sur ses missions premières, c’est remettre en vigueur l’autorité des maîtres.
42 - Remettre en vigueur l’autorité des maîtres, c’est cesser de les considérer comme des animateurs sociaux.
• Supprimer les IUFM, qui ôtent toute autorité aux professeurs en les transformant en «gentils organisateurs», et les remplacer par des instituts de formation d’un haut niveau d’exigence.
43 - Remettre en vigueur l’autorité des maîtres, c’est engager l’école sur la voie du mérite et de l’effort.
• Instaurer un système de notation strict et sélectif.
• Promouvoir à l’école la sélection fondée sur le mérite et l’effort.
• Proscrire la sélection sur le «piston», les «passe-droits» et la discrimination positive, qui n’est autre qu’un piston encouragé, officialisé, légalisé.
• Supprimer le collège unique.
44 - Remettre en vigueur l’autorité des maîtres, c’est favoriser l’émulation.
• Supprimer la carte scolaire pour permettre aux familles de choisir l’établissement de leur(s) enfant(s).
• Instituer la liberté scolaire.
45 - Remettre en vigueur l’autorité des maîtres, c’est soutenir les professeurs dans l’exercice de leurs fonctions.
• Mettre l’administration et la hiérarchie de l’Éducation nationale au service des maîtres en exigeant d’elles un soutien sans faille aux professeurs qui sanctionnent un élève.
46 - Remettre en vigueur l’autorité des maîtres, c’est rétablir des pédagogies efficaces.
• Bannir des classes les pédagogies déstructurantes et décérébrantes qui dénaturent l’école en la résumant à un rapport entre l’enseignant et l’enseigné.
• Recentrer l’école sur ses missions premières, c’est rétablir l'autorité des savoirs et du savoir-vivre.
48 - Rétablir l’autorité des savoirs, c’est recentrer l’enseignement sur les disciplines essentielles.
• Réformer les programmes en supprimant les matières et les options superflues (350 matières enseignées dans le secondaire !) qui placent les disciplines sur un pied d’égalité et brouillent ainsi la mission de l’école.
49 - Rétablir l’autorité des savoirs, c’est valoriser leurs applications concrètes.
• Illustrer le caractère concret des matières enseignées en confrontant les élèves de collège et de lycée à la réalité économique par un cours trimestriel faisant intervenir un artisan, un commerçant ou un petit entrepreneur.
50 - Rétablir l’autorité des savoirs, c’est remplacer l’objectif de 80 % de bacheliers par celui de 100 % de qualifiés.
• Promouvoir l’apprentissage et les filières professionnelles en les développant en fonction des besoins économiques.
• Réhabiliter le travail manuel par un stage obligatoire d’un mois chez un artisan ou à l’usine en classe de 3e.
51 - Rétablir l’autorité du savoir-vivre, c’est imposer une discipline stricte à l’école.
• Rendre obligatoire le port de la blouse (en primaire) et de l’uniforme (dans le secondaire) afin d’effacer les différences sociales, de mettre fin aux excentricités vestimentaires ou communautaristes et de lutter contre le racket.
Recentrer l’école sur ses missions premières, c’est promouvoir les valeurs et la culture nationales.
52 - Promouvoir la culture nationale, c’est refuser un enseignement multiculturel.
• Supprimer l’enseignement intitulé «langues et cultures d’origine», qui favorise le communautarisme et s’oppose à la francisation.
53 - Promouvoir la culture nationale, c’est proscrire le multiculturalisme dans les programmes.
• Réformer les programmes d’instruction civique qui culpabilisent les jeunes Français et privilégient la repentance sur
la grandeur de la France et la nécessaire fierté nationale.
54 - Promouvoir la culture nationale, c’est transmettre l’amour de la France aux jeunes générations.
• Faire flotter le drapeau tricolore dans toutes les cours de récréation.
55 - Promouvoir la culture nationale, c’est transmettre les valeurs patriotiques à l’école.
• Imposer une heure hebdomadaire d’enseignement des valeurs patriotiques (comme Tony Blair vient de le faire avec
les valeurs britanniques en Grande-Bretagne), du primaire à la classe de terminale, quelle que soit la filière.
56 - Promouvoir la culture nationale, c’est donner la priorité à la culture et à l’art français et européens.
• Créer un enseignement obligatoire de l’art et de la culture français et européens dès l’école primaire en promouvant un art enraciné et libéré du culturellement correct. Introduire à l’école, à côté des disciplines de la connaissance, les disciplines de la sensibilité.
Ecrit par : Coralie Vankempen | 11 octobre 2006
Vu à Télématin ce jour.
Bravo pour la clarté de votre pensée et votre vigoureux franc-parler.
Oui, l'Ecole publique doit rester un lieu politiquement et religieusement neutre de transmission des savoirs et de vérification de leur aquisition.
La vacuité de cerveaux d'une génération de perroquets est navrante.
(65 ans, Aix-en-Provence; début de secondaire en "Cours Complémentaire" en Province; c'était du "solide".
Que pensez-vous de "courriel"? au lieu de "email".
Ecrit par : Michel PIOT | 19 octobre 2006
Bonjour à tous,
Merci à Michel Piot pour son témoignage : ancienne élève d'un cours complémentaire d'un bourg de campagne, je me sens moins seule. C'est vrai qu'on travaillait solidement. C'est là que j'ai appris à déchiffrer une partition et à découvrir les rudiments de l'histoire de la musique. C'est là que j'ai continué à travailler dans le même esprit qu'à l'école primaire. La plupart d'entre nous venaient de milieux modestes, fort modestes. Je n'ai pas envie d'employer le mot "défavorisés" dans la mesure où la volonté de s'instruire, de comprendre et de penser par soi-même était une valeur que pour ma part j'avais rencontrée à l'école primaire, à la maison et je la retrouvais tout naturellement au Cours Complémentaire.
Je n'ai jamais demandé à mes élèves la profession de leurs parents, certains vivant dans des foyers, d'autres affrontant un désarroi affectif visible malgré une relative aisance financière tout aussi visible. Je leur demandais de travailler, d'apprendre et de penser par eux-mêmes en consentant à un effort régulier tout en m'efforçant de mon côté de leur donner l'exemple pour être crédible. Rien de bien original.
La semaine dernière alors que je regardais la présentation de la récente adaptation cinématographique du Grand Meaulnes, j'ai entendu la voix du journaliste déclarer allègrement que les deux jeunes acteurs principaux n'avaient pas lu le livre. J'ai eu un pincement au coeur. Ce roman merveilleux que j'ai lu et relu, que je relis encore, je l'ai découvert au Cours Complémentaire, puis ce furent Chateaubriand, Giono, Chrétien de Troyes et tant d'autres !
Dis, mamie, c'est quoi la littérature ?
Ecrit par : CHARPENTIER Hélène | 19 octobre 2006
Le bras de fer continue
«Le torchon brûle entre Gilles de Robien, les professeurs, les parents et les inspecteurs autour de l’apprentissage des méthodes de lecture» note Le Figaro (18.10), alors que le ministre a ouvert une procédure disciplinaire contre un inspecteur qui a pris position contre la réforme, et que les inspecteurs, en réaction, annoncent une grève du zèle. Exaspérés par la détermination de leur ministre à imposer sa réforme sur l’utilisation de la méthode syllabique, les inspecteurs ont fait savoir qu’ils «suspendront désormais toute action de formation ou d’information dans le domaine de la lecture-écriture». En face, les parents sont inquiets et soutiennent fermement le ministre. SOS-Education a lancé un appel à dénoncer les profs refusant d’appliquer la circulaire : l’association reçoit 200 mails par jour de profs «déboussolés» et ne comprenant pas le fossé entre les directives du ministre et la réalité du terrain.
Accusé par les syndicats de tenir un discours «autoritariste», «simpliste», «démagogique», le ministre a également lancé une inspection pour vérifier l’application des directives.
Pour Philippe de Villiers, ces méthodes de lecture font partie des expériences éducatives et pédagogiques excentriques, farfelues, voire idéologiques imposées aux élèves depuis quarante ans. Il préconise leur suppression pour recentrer l’école sur ses missions premières : transmission des savoirs, promotion du civisme et rayonnement de la culture nationale.
http://www.pourlafrance.fr/actualites_detail.php?id_com=403
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Ecrit par : Coralie Vankempen | 19 octobre 2006



