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28 avril 2006
Réponses en vrac
Il commence à être si visité, ce site, et patr tant de gens passionnants, que je n'arrive plus à répondre à telle ou telle question précise…
Je vais tenter de préciser quelques points — et ceux qui n'y trouvent pas leur bonheur auront tout loisir de rouspéter.
I. Syndicalisme enseignant.
Les syndicats de l'Education Nationale sont et ne sont pas des obstacles au changement. D'un côté, c'est vrai qu'ils sont souvent inféodés à la pensée-pédagogiste-de-gauche (en un seul mot), ce qui les amène, au mieux, à ne pas se prononcer sur la question des programmes et la meilleure manière de transmettre les connaissances. Sans compter les syndicats purement corporatistes, comme celui des Inspecteurs, qui défend le point de vue… des Inspecteurs (à noter que la Société des Agrégés, qui ne brille pas toujours par son gauchisme, a finalement sur la question pédagogique des vues bien plus ouvertes que tel ou tel syndicat "de gôche" — c'est peut-être l'un des signes qui donnent à penser que la division droite / gauche n'est plus si opératoire que ça…).
Pas tous, cependant. Certains syndicats, minoritaires, sont très critiques, et depuis longtemps, face à ce qui se passe dans l'Education Nationale (je devrais recommencer à dire Instruction publique : cette idée d' "éduquer" une nation entière — sur un standard pré-établi — m'est un peu insupportable). Par ailleurs, dans certains syndicats majoritaires, il y a des tensions évidentes. Le SNES — que je connais bien… — est traversé de courants, d'opinions, de sensibilités très divers. Et ça gueule souvent, en réunion.
Le plus étonnant (est-ce bien étonnant ?), c'est que les syndicats les plus influencés par le pédagogisme sont ceux qui sont issus du courant syndicalo-chrétien. D'où mes attaques parfois sur l'aspect crypto-jésuite de certains pédagogues professionnels.
Je ne le ferai plus. Je ne vois pas pourquoi je médirais des Jsuites, qui ont tout de même formé Voltaire, et quelques autres.
Mais ceux qui arrivent du PC ou de l'extrême-gauche ne sont pas à l'abri des dérives les plus hasardeuses. Sous prétexte de se soucier des plus déshérités (souci louable qui est au cœur de tout ce que j'écris), ils appuient (consciemment ? inconsciemment ? Disons inconsciemment, je suis de bonne composition aujourd'hui) cette grande fabrique d'inégalités qu'est la pédagogie de l'élève au centre et la sectrisation — communément contournée par les enseignants, et tous les bobos qui se repaissent de Meirieu… qui a mis ses enfants dans le privé, à en croire Libé…
Et c'est vrai, comme dit l'un des honorables perturbateurs de ce blog, qu'il faudrait mettre l'intelligence au centre — celle des élèves comme celle des profs.
Vaste programme, comme aurait dit De Gaulle…
II. Bandes dessinées et baisse de niveau
J'écris en préambule de À bonne école que j'ai écrit ce livre en réaction à l'incompréhension dont faisaient preuve mes élèves face aux gags de Goscinny dans les Astérix de la grande époque. Pensez ! Une BD si élitiste que des enfants du village gaulois ont le culot de s'appeler "élèvedelix" ! Une BD où la racaille (les pirates) parle latin ! Et assez bien, même…
Je cite dans le même livre ces pages fabuleuses, qui paraissaient dans Spirou, — les belles histoires de l'Oncle Paul, figure tutélaire de l'instit au collier de barbe… Et c'est vrai que les mangas actuels n'offrent pas exactement la même culture.
Dans les années 60, il n'y avait pas un partage aussi net qu'aujourd'hui entre le pédagogique et le ludique. Les BD pouvaient véhiculer de la culture, les chansons pouvaient être écrites par Brel, Brassens, Ferré, Barbara ou Ferrat — j'en oublie. Il n'y avait pas que les yé-yé (et rappellerai-je qu'Antoine sortait d'une grande école — pas de l'école des fans ?).
Aujourd'hui, face à la déferlante de médiocrité et de vulgarité, l'école est seule — et encore, pas toute l'école : un petit groupe d'enseignants et de parents résiste encore et toujours à l'envahisseur médiocrate.
III. Privé / Public
J'aime l'enseignement public, et laïque, de toutes mes forces (mon prochain livre — le dernier, je le jure, du moins le dernier sur la pédagogie : ensuite, je reviendrai à mes premières et seules amours — la littérature — mon prochain livre donc, à paraître en octobre, montrera comment le pédagogisme a détruit la laïcité, et comment la montée des communautarismes les plus intolérants est le pur fruit de cette stratégie criminelle de "l'élève-roi"). Et je suis bien obligé de reconnaître que l'enseignement Privé séduit de plus en plus de parents.
Ne nous trompons pas de combat. La cible, ce n'est pas ce Privé qui prospère, c'est le Public qui dégénère. Il est plus que temps que l'école officielle de la République ait aussi le droit de s'appeler Ecole Libre. Le simple fait que le Privé confessionnel se nomme encore ainsi en dit long sur les chaînes qui pèsent sur l'école publique : au départ, peu après les lois Ferry, l'école catholique s'est dite "libre" pour signifier qu'elle refusait de suivre les recommandations de la République. À présent, elle l'est parce que tout en étant sous contrat, elle fait, pratiquement, ce qu'elle veut — ou plutôt, elle obéit à la loi de l'offre et de la demande, et fait ce que veulent les parents.
Du coup, on en est à se demander ce qu'il en est exactement de la nostalgie. Les parents qui ont, actuellement, des enfants à l'école primaire ont, tout au plus, en moyenne statistique, 35 à 40 ans (et souvent beaucoup moins, tant il est vrai que l'âge du premier enfant, stabilisé à 29 ans — pour les femmes — depuis plusieurs années, a récemment baissé, signe infaillible d'une paupérisation du pays). C'est-à-dire qu'ils n'ont connu, scolairement parlant, que les années Mitterrand. Que ce soient eux les demandeurs d'une éducation "à l'ancienne", comme la blanquette du même nom, a de quoi faire réfléchir, non ? À côté de ces parents-là, je suis un dinosaure, moi — et je suis très loin d'être dans la nostalgie, parce que, comme je l'ai écrit à maintes reprises sur ce blog et dans mes livres, l'école des années 50 ou 60 était tout, sauf rose.
Cela dit, j'ai des enfants à l'école primaire — publique ! Et certaines de mes réactions sont aussi fonction de ce qu'on leur y fait subir. Que celui qui n'a pas de sentiments me jette la première pierre.
III. Inspection
Il y a toutes sortes d'Inspecteurs. Certains croient, avec ce titre, tenir je ne sais quel bâton de maréchal que les protestataires de mon acabit menaceraient : je ne vois aucune autre raison à leur haine. Mais certains Inspecteurs se battent déjà, à leur manière, pour que les choses changent (pardon : évoluent — c'est un monde feutré que celui de l'Inspection…).
Par ailleurs, qu'est-ce qui empêche les plus jeunes des révoltés de se faire inspecteurs ? Il faut conquérir la haute fonction publique — ils sont vieux, là-haut, et proches de la retraite…
C'est ce que m'a lancé, il y a peu, un enseignant d'IUFM. "Vous autres baby-boomers, vous vous rapprochez de la retraite… Dans cinq-six ans, vous serez minoritaires… Et alors, nous ferons ce que nous voudrons !"
IV. ZEP
Quant aux ZEP…
C'est, globalement, un échec bouleversant. On a mis quelques moyens (rares, au fond) dans une expérience qui se révèle hautement génératrice d'inégalités, et, souvent, de violence (et maintenant, les barbares, quand ils ne torturent pas de jeunes Juifs dans les caves des immeubles de Bagneux, ne se contentent pas d'assommer leurs enseignantes : ils filment leurs exploits !). Les enseignants envoyés dans ces Zones d'Exclusion Programmée ne devraient jamais être des novices — c'est l'une des multiples propositions de À bonne école. De même, je suggère qu'on leur octroie une incitation administrative et financière réelle — et pas une aumône, comme aujourd'hui. Les gens que j'ai connus en ZEP, où je rappelle que j'ai enseigné plus d'une décennie, étaient pour la plupart des missionnaires remarqubles, qui constituaient des équipes pédagogiques — au bon sens du terme — étroitement soudées. En gros, 60% des personnels des ZEP étaient des permanents, à la fin des années 90 (au point qu'une inspectrice générale qui se croyait fine m'a demandé, au vu de mon parcours atypique d'ex-Normalien resté au service du peuple, si c'était par conviction militante que j'étais demeuré à Corbeil…). Qu'en est-il aujourd'hui ? Le "turn-over" des ZEP est-il plus important qu'il y a huit ans ?
J'espère avoir repris l'essentiel des questions, et contribué aux réponses. Quant à ceux qui me demandent des comptes sur mon enseignement, je pourrais leur demander, à mon tour, pour qui ils roulent. Je suis une cible facile pour tous les vengeurs masqués.
Jean-Paul Brighelli
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Commentaires
Bonjour,
Je viens de temps en temps prendre connaissance de vos commentaires aux uns et aux autres. Je ne suis ni enseignante ni même parent et cependant je fais le même constat que vous tous : notre école va mal.
J'ai lu les ouvrages de JPB. J'étais restée sur ma faim après le premier "tome", le second a le mérite de proposer un certain nombre de solutions. Le travail sera difficile et long avant d'obtenir des changements mais il ne faut pas baisser les bras.
Deux réactions tout de même à ce dernier commentaire, JPB. Vous dîtes : " les syndicats de l'EN sont et ne sont pas des obstacles au changement " . Une lecture - trop rapide – ne m'a fait retenir que la forme négative… Les syndicats sont, hélas, un frein au changement. J'ai dit frein et non pas obstacle…et pas seulement dans l'enseignement et pas seulement dans la sphère publique...
Ils ne sont, peut être, encore pas mûrs, ils n'ont, peut être, pas encore tous fait, votre constat.
Quand ils auront réalisé que "la tâche des enseignants d'un futur proche sera celle de gardiens de squares " (page 241 du tome II) et que le meilleur moyen de défendre leur "corps" sera d'accepter le changement, alors, me semble-t-il quelques verrous sauteront.
Quant à mon autre remarque, elle va dans votre sens. Et oui la France va connaître de nombreux départs à la retraite et il faudra aussi remplacer les inspecteurs. Alors, mesdames et messieurs les enseignants dont la volonté est de voir bouger les choses, devenez inspecteurs. Vos adversaires des IUFM l'ont compris eux, on ne prend le pouvoir que de l'intérieur.
Permettez moi un dernier commentaire :
J'ai lu, au moment de la sortie de "A bonne école" que l'un des objectifs de ce blog était de recueillir un certain nombre de propositions afin de nourrir le débat et de faire avancer les choses alors, sachez que mon propos sur les syndicats ne se veut pas polémique et continuez, tous, de faire des propositions afin d'obtenir de l'éditeur une version enrichie de ce tome II l'année prochaine…il pourrait faire encore plus de bruit qu'aujourd'hui.
With Love
Colomba
Ecrit par : Colomba | 28 avril 2006
Ti tingu cara, Colomba…
JPB
Ecrit par : brighelli | 28 avril 2006
Juste quelques remarques Colomba :
"prendre le pouvoir de l'intérieur", mais de quel pouvoir parlez vous ?
Du pouvoir des inspecteurs ? Encore un fois (je sais, je me répète, ça doit être l'âge), où avez vous lu ou vu que les inspecteurs avaient un quelconque pouvoir, du moins dans la sphère qui nous intéresse? A la vérité, un inspecteur (je laisse de côté les cas de fautes professionnelles graves) n'a aucun autre pouvoir que celui d'attribuer une promotion "au grand choix" à la place d'une promotion "au choix", rien de plus et ceci qu'il soit mérieutiste ou brighelliste.
Je n'ai pas dit que les inspecteurs ne jouaient aucun rôle dans "l'animation pédagogique" de leur circonscription (toujours dans le cadre du primaire, les autres je connais pas), il est sans doute vrai que sans Fracko, je n'aurais pas entendu parler de Meirieu, cela n'aurait pas changé fondamentalement ma façon de voir les choses et surtout de me coltiner avec la réalité, cela n'a fait que préciser un peu les notions, rien de plus.
Il faut tordre le cou à ces vérités toutes faites, un inspecteur qui vient vous voir une fois trois heures tous les quatre ou cinq ans, vous appelez ça un pouvoir vous ? Intermittent alors et bien illusoire, je vous l'assure.
J'en viens maintenant à l'autre question abordée, les syndicats, soyons clairs : le syndicat.
Dans quel métier a-t-on jamais vu un syndicat s'occuper des pratiques professionnelles de ses adhérents ?
Avez vous déjà entendu un délégué syndical cégétiste donner des conseils à ses mandants sur la façon dont il conviendrait qu'ils exercent leur métier ?
Le syndicat est là pour défendre les intérêts financiers et moraux des travailleurs, le SNUIPP n'est pas là pour enseigner je ne sais quel système pédagogique (de gauche ?).
Chacun à sa place et "les vaches seront bien gardées" disait ma grand mère.
En république, et jusqu'à nouvel ordre (ou ordre nouveau), le pouvoir est dans les mains des élus, les fonctionnaires "d'autorité" n'ont pas, et c'est valable aussi pour les "pédagogistes" (comme vous dites), à faire appliquer autre chose que les textes de loi et les programmes officiels, ils ont, c'est tout à fait démocratique, le droit d'exprimer librement leurs opinions, ils ne possèdent aucun droit ni pouvoir pour imposer à qui que ce soit ces mêmes opinions.
C'est du moins ce que je crois et si vous pensez que je me trompe, n'hésitez pas à me le faire savoir, d'avance, merci.
Cordialement
Ecrit par : makhno | 28 avril 2006
Désolé d'apporter un bémol à la démonstration (?) de Makhno.
Les inspecteurs n'ont pas que des tâches d'inspection (et sur le déroulement desdites inspections, il y aurait beaucoup à dire — et d'ailleurs, je le dis dans mon dernier livre).
Ils sont également chargés de réfléchir sur le système, ne serait-ce qu'à travers les rapports dont ils sont régulièrement chargés. Je ne confonds d'ailleurs pas tous les inspecteurs dans le même rejet. Il en est (j'en connais) qui sont de très honorables travailleurs, qui œuvrent de leur mieux, parfois, pour reprendre les excès de certains de leurs collègues (ainsi, un IG qui participait à un colloque sur l'Education, au Sénat, auquel j'étais convié également, s'est fait incendier par le sieur Fracowiack qui l'a sommé de ne pas s'y rendre — il a apparemment le diktat très facile, votre ami, et il devrait se demander plutôt ce qui nous unit, ledit et moi… Mais ça l'amènerait à des révisions déchirantes sur mes options politiques…). Ainsi une IG de philo qui participait avec une grande intelligence aux commentaires de l' "œuvre" de Christophe Nick dimanche dernier sur la Cinq. Je ne mets pas toute le monde dans le même bain. Mais pour avoir conservé les parodies de la méthode Boscher proposées par l'inspection primaire (je la tiens à votre disposition, contactez-moi directement), après avoir vu des attaques ad hominem contre Rachel Boutonnet émanant de cet aimable corporation, après avoir entendu un autre IG (de Lettres, celui-là) me dire : "Le poste que vous auriez pu obtenir, nous le donnerons à n'importe qui, sauf à vous…", après en avoir vu une autre, comme je le raconte par ailleurs, blaguer sur mon engagement en ZEP, après avoir eu des dizaines de témoignages sur les exactions de certains IPR ou IEN devant des collègues esseulé(e)s dans des campagnes hostiles, je suis en droit de dire que les inspecteurs, globalement, sont juges et parties. Cela au moins vous me l'accorderez.
Reste le ressort psychologique dont il me semble que vous tenez rarement compte : le goût du pouvoir, et le fait que le pouvoir, en soi, rend fou.
JPB
Ecrit par : brighelli | 28 avril 2006
Bien d'accord avec vous M.Brighelli, le pouvoir rend fou, je confirme, y compris ceux qui ne l'ont pas, mais rêveraient de le posséder, sans limites tant qu'à faire.
Sur le ressort psychologique, vous avez aussi raison, j'en tiens rarement compte et dois je vous l'avouer, je le fais tout à fait exprès.
Pour moi, un enseignant, c'est d'abord un adulte, quelqu'un qui prend ses responsabilités, qui a des opinions, qui peut certes les remettre en question (c'est pas pour rien que j'ai choisi ce pseudo, mais vous l'aviez compris), mais ne doit jamais les renier, même pour faire plaisir à monsieur l'inspecteur.
C'est ma conception des choses, je ne suis pas naïf au point de croire que tout le monde la partage.
En effet certains brighellistes ou meirieutistes "de terrain" ne le sont devenus que dans le seul espoir de "séduire le chef", je ne les méprise pas, chacun voit "midi à sa porte", peut être que pour eux, "louper" une promotion, c'est dramatique, c'est bien possible après tout et j'ai trop le souci des petits pour les condamner en quoi que ce soit, pour moi (et moi seul) j'ai choisi de ne jamais plier devant quel que "pseudo pouvoir" que ce soit.
A supposer que je vous aie un jour "eu" comme inspecteur, il y aurait sans doute eu quelques étincelles, je n'aurais sans doute pas obtenu ma promo au "grand choix" (je ne les ai d'ailleurs pas toutes eues) et alors ? La belle affaire, par contre vous auriez eu bien du mal à trouver une faille condamnable dans ma pratique et là souvent réside la cause de bien des renoncements.
C'est étrange ce personnage que vous me décrivez et que j'appelle Fracko. Ce Fracko là, je ne l'ai jamais rencontré, parole d'homme.
Celui que j'ai connu et avec lequel j'ai travaillé pendant quinze ans était un inspecteur exigeant mais en tout démocrate, au moins avec ses adjoints, tout le monde (loin de là) ne partageait pas ses convictions dans la circonscription, mais renseignez vous, jamais aucun "opposant" n'a jamais eu à souffrir d'un quelconque autoritarisme de sa part, ni d'aucune sanction imméritée.
Je l'ai souvent vu et surtout entendu défendre avec passion ce en quoi il croit profondément (encore une fois je ne suis pas d'accord avec tout), je ne l'ai jamais vu imposer quoi que ce soit qui ne soit strictement conforme à la loi.
J'ai connu au contraire un inspecteur profondément humain, attentif aux problèmes extra professionnels de ses adjoints, un peu "réactif" (ce n'est pas pour me déplaire) mais absolument pas le stalinien cassant et méprisant que vous décrivez, votre témoignage vaut sans doute le mien et je ne le remets pas en cause, le "cadre" y est sans doute pour beaucoup.
On ne peut condamner quelqu'un sans avoir écouté son avocat, c'est un principe de droit, j'ai aujourd'hui l'honneur d'être celui de Fracko auprès de vous et de vos lecteurs, je ne pousserai cependant pas cet avantage jusqu'à réclamer d'être le dernier à parler.
A vous donc.
Cordialement
Ecrit par : makhno | 28 avril 2006
Cher Makhno,
Ne revenons pas sur les IEN, nous ne serons de toutes les façons pas d’accord. L’intervention de JPB suffit. Nous n’avons pas tous le même angle d’observation pour définir où se trouve le pouvoir, c’est tout.
Quant au(x) syndicat(s), « il est là pour défendre les intérêts financiers et moraux des travailleurs » , je n’en suis pas si sûre où alors à très court terme…là c’est de mon expérience qu’il s’agit.
Je disais simplement : on dévalorise le métier d’enseignant et aucun syndicat ne bouge. Je ne vois pas en quoi les réformes qui diminuent le nombre d’heures d’enseignement du français sont un progrès pour ce métier. C’est un métier difficile, on ne s’invente pas enseignant. C’est un métier avec de multiples compétences – savoir oui, savoir faire bien sûr et surtout savoir être. Et c’est une savante combinaison des trois au quotidien. Vous voyez, j’ai un profond respect pour votre métier.
Pourquoi me répondez-vous sur les méthodes pédagogiques alors que je souhaite simplement que « le » syndicat fasse son boulot et défende le « métier » ?
Parce que « en république, et jusqu'à nouvel ordre (ou ordre nouveau), le pouvoir est dans les mains des élus » soit, si je comprends bien votre propos, les syndicats n’ont rien à voir avec les décisions ministérielles… ?
Je suis d’accord avec vous : le pouvoir appartient aux élus et c’est important que cela soit ainsi mais depuis quelques temps, moi je dirais plutôt que le pouvoir est dans la rue.
Quand les syndicats sont dans la rue, le pouvoir les entend... Est-ce là un mode de fonctionnement normal ? Le dialogue social doit avoir lieu entre les murs. Oui, les syndicats ont le pouvoir de faire infléchir les décisions gouvernementales, il faudrait juste qu’ils soient conscients comme vous tous, comme nous tous, que l’école va mal et que les solutions passent aussi par eux.
Pourquoi le CNE aujourd’hui existe et plus le CPE ? Juste parce que les jeunes concernés plus particulièrement par le CPE sont descendus dans la rue alors que pour le CNE les syndicats n’ont pas bougé ou si peu. Nous pourrions, ensemble, trouver encore de multiples exemples et hors Education.
Je vais m’arrêter là parce que je vais à l’encontre d’un des objectifs de ce blog : proposer des solutions, j’ai plutôt le sentiment de polémiquer. J’en suis navrée.
With Love
Colomba
Ecrit par : Colomba | 29 avril 2006
Chère Colomba.
Je ne vous reprocherai aucun ton polémique, je ne suis pas le mieux placé pour le faire, y ayant souvent recours.
Les échanges même un peu "vifs" font à mon sens partie du nécessaire débat démocratique, tant qu'on n'en vient pas à l'insulte et à l'invective stérile...
Adepte du matérialisme dialectique, je sais aussi qu'aucun discours valable ne peut se construire sans opposition, certains, pour l'avoir oublié en d'autres temps et autres lieux, l'ont payé fort cher (et nous aussi).
Soyons clairs, si je considérais, si je savais, que M.Brighelli n'était rien d'autre qu'un "facho" prosélyte, jamais je n'aurais perdu mon temps à essayer d'échanger avec lui, ni aucun de ses partisans.
Polémiquons donc, avec passion s'il le faut, en respectant les règles qu'imposent la politesse, la logique et la vérité, en plus nous somme en France et les "Gaulois" n'ont jamais su faire autrement que "s'engueuler" quand ils abordent un sujet sensible, l'intérêt d'un blog réside surtout dans le fait que des opinions différentes s'y expriment, ensuite à chacun de juger.
Si vous attendez de moi que je défende le syndicat (corporatiste à bien des égards) qui domine actuellement dans l'éducation nationale, vous allez être déçue mais je dois à la vérité de dire que les autres ne font pas mieux (voire pire).
D'après l'expérience que j'en ai, un délégué syndical d'aujourd'hui, dans notre métier, c'est plus un spécialiste (souvent compétent) des questions administratives qu'autre chose, c'est lui qui peut vous aider à remplir correctement votre fiche de voeux, lui qui vous annonce en premier les résultats de la commission paritaire, lui qui va parfois défendre le "bout de gras" auprès de l'inspecteur en cas de conflit, toutes choses utiles certes, mais aussi bien insuffisantes au regard de la conception que j'ai du syndicalisme.
On a (en gros) les syndicats que l'on mérite et si j'en juge par les résultats, nous méritons bien peu, c'est vrai dans d'autres domaines aussi.
Pour autant, il ne faut pas tout mélanger, laissons aux syndicats le syndicalisme et aux partis politiques le devoir de faire des propositions susceptibles d'améliorer ce qui peut l'être.
Pour l'instant, j'observe surtout, que les politiques (presque tous, à droite comme à gauche) sont plus préoccupés de problèmes d'image, de personnes, de souci de ne pas déplaire, sans rien expliquer sur le fond, que de Politique au sens noble du terme.
Dans le même temps que les politiques sombrent dans le n'importe quoi télévisuel et surtout "pas idéologique", le fameux "consensus mou" et centriste, on demande aux mêmes syndicats dont j'ai parlé plus haut, d'apporter des solutions à tous les problèmes de la société.
Je dénie aux syndicats le droit de faire la loi (aux inspecteurs aussi), j'exige des politiques qu'il fassent des propositions et qu'ensuite, pourvu que le suffrage leur en ait donné la légitimité, ils décident et agissent.
Le mélange des genres n'a jamais rien apporté de bon dans l'Histoire, quand les politiques font du syndicalisme et que les syndicats se mêlent de la chose publique, le monde va mal et le notre ne va pas bien du tout.
Qui ignore encore (ou fait semblant d'ignorer) que les fameuses filières du supérieur (que je ne nommerai pas pour ne faire de peine à personne) qui mènent invariablement des milliers d'étudiants au bout de cinq ans d'études directement vers la case ANPE, sans autre espoir de s'en sortir que de suivre une formation accélérée leur permettant de décrocher un CAP de fleuriste, que ces filières coûteuses et inutiles sont soutenues à bout de bras par les syndicats et se perpétuent avec la complicité coupable de nombreux élus pour sauver quelques emplois de profs qui trouveraient peut être à s'employer plus utilement ailleurs?
Voilà un exemple, il y en a bien d'autres, qui illustre mon propos, nous nous sommes un peu éloignés du sujet principal, j'espère que le professeur Brighelli nous pardonnera ce HS et ne le sanctionnera pas trop durement.
Cordialement
Ecrit par : makhno | 29 avril 2006
"Filières coûteuses et inutiles" ?. Faut-il rappeler, une fois encore, que la France est LE SEUL PAYS AU MONDE qui dépense plus pour un élève du secondaire que pour un étudiant du supérieur ?
Faut-il répéter que ces filières sont en difficulté principalement parce qu'on refile le bac à des jeunes infoutus d'écrire trois mots de suite sans faire de faute ou commettre de contresens ?
Faut-il répéter que ces "filières coûteuses et inutiles" permettent aux Etats-Unis de dominer la planète, à la Chine et à l'Inde de former les ingénieurs créatifs et compétents par dizaines de milliers (pendant qu'en France on se fait des psychodrames sur les larmes du petit Grégory) ?
Faut-il redire, et redire encore, que ces "filières coûteuses et inutiles" sont celles qui forment, en dépit de difficultés extrêmes, les chirurgiens, les avocats, les archéologues, les conservateurs de musées, les océanographes, les climatologues, les astrophysiciens, les mathématiciens... qui feront tourner la recherche française demain ?
"Sauver quelques emplois de profs ?". D'abord, le terme exact est : "enseignant-chercheur". Ensuite, vous ne semblez pas mesurer l'ordre des priorités. La France ne veut pas de nous ? Très bien. Il y a déjà 10 000 diplômés français de haut niveau en Amérique du Nord, beaucoup aussi au Royaume Uni et en Allemagne, quelques uns au Japon, en Chine, en Corée ou en Australie.
Dans dix ans, quand vous aurez besoin d'être opéré, quand vous aurez besoin d'un médicament inédit, quand vous voudrez une étude sur la flore locale ou que vous souhaiterez éclaircir un point de l'histoire de France, vous irez sonner à l'ambassade des Etats-Unis. Les connaissant, ils vous feront sans doute payer le prix fort.
Au fait, je ne suis pas surpris de voir un homme de gauche (et très à gauche apparemment) employer les mêmes arguments que la droite ultra-libérale : universitaires = bouches inutiles à nourrir. L'alliance libérale-libertaire a encore de beaux jours devant elle, semble-t-il.
Ecrit par : Pierre-Henri | 29 avril 2006
A Pierre-Henri
Je suis d'accord avec la tonalité générale de votre intervention. Toutefois, je me permets de rebondir sur le calcul de ce qui est dépensé pour les élèves du secondaire par rapport aux élèves du supérieur.
Monsieur Marseille qui a popularisé ce calcul et qui est repris énormément ces derniers temps, y compris par des esprits plus éclairés que le sien, omet de dire que ce calcul prend en compte les dépenses de reconstruction que les départements et les régions ont effectuées ces dernières années. Faut-il reprocher à ces collectivités de donner aux élèves des collèges et des lycées flambant neufs ?
Franchement, ils en avaient bien besoin. Après, que l'Etat n'assume pas son rôle auprès des universités, je le reconnais aisément. Mais les dépenses d'investissement pour le secondaire étaient nécessaires. Ce sont les contenus d'enseignement qui n'ont pas suivi. Et cela n'est pas la faute des collectivités locales...
Ecrit par : David | 29 avril 2006
Calmons nous Pierre Henri, quand je parle de filières "inutiles et coûteuses", je ne parle bien entendu pas de toutes celles qui conduisent aux différents métiers que vous avez évoqués et qui bien évidemment auraient besoin d'être confortées.
Moi, je vous parle de ces fameuses licences d'histoire de l'art, art plastique, et autres de Serbo Croate ancien, qui ne manquent certes pas d'intérêt, mais ne conduisent au final ceux qui les ont suivies, qu'à l'ANPE.
J'ai manqué de précision, soit, mon but était de ne blesser personne, mais puisque apparemment on ne comprend pas ce que j'ai voulu dire, je précise.
Cordialement
Ecrit par : makhno | 29 avril 2006
De façon évidente, je ne disais pas cela pour qu'on réduise les budgets du secondaire, mais pour mettre les choses en perspective. Ce n'était pas un reproche : que la France mette des moyens dans le secondaire est une bonne chose. Le faire au détriment du supérieur est d'une bêtise sans nom.
Je suis loin d'être un admirateur de Marseille, qui a lui aussi une vision purement utilitaire de la recherche et de l'enseignement supérieur. N'empêche que la stat reste valable. Le fait que l'argent vienne du niveau national ou local n'est pas le principal.
Ecrit par : Pierre-Henri | 29 avril 2006
A Makhno :
Ce que vous dites pourrait s'appliquer à la plupart des filières au niveau de la licence. La véritable mission de l'université française n'est plus l'enseignement supérieur ou la recherche ; sa véritable mission est de réduire mécaniquement le chiffre du chômage parmi les jeunes, en les occupant le plus longtemps possible. Les licences ne sont rien de plus que des voies de garages, et reçoivent leurs budgets en conséquence. Pourquoi mettre de l'argent dans une voie de garage ?
Mais vous êtes injuste lorsque vous rendez les enseignants-chercheurs responsables de la situation. Ils n'y peuvent rien, et n'en sont en aucun cas les bénéficiaires ! Les profs de facs ne sont pas des notables agrippés à leurs privilèges. Croyez-moi, à niveau d'étude équivalent, l'enseignement supérieur est la moins rémunératrice de toutes les carrières possibles.
Comme je disais, vous inversez l'ordre des priorités : la France a infiniment plus besoin de ses chercheurs que les chercheurs ont besoin d'elle. Si les Français et leurs représentants politiques sont trop couillons pour le comprendre... et bien : God bless America !
Ecrit par : Pierre-Henri | 29 avril 2006
Mon cher Pierre Henri, où ai je écrit que les profs du supérieur étaient responsables de cette situation ?
J'ai juste dit, et je confirme que les syndicats s'accrochaient bec et ongles à la survivance de ces filières inutiles et coûteuses pour la société, rien de plus.
Si certain, pour enrichir leur culture perso ont envie de suivre ce genre d'études qui ne débouche presque jamais sur un boulot, qu'ils le fassent... à leurs frais.
Quant au personnel, il n'est bien entendu pas question de le "liquider" sans autre forme de procès. Un enseignant chercheur comme vous dites, pourra facilement retrouver une autre fonction dans l'éducation nationale, que les syndicats s'occupent à ce moment de défendre ses intérêts matériels, cela je l'approuve entièrement, que l'on continue à mettre de l'argent dans ces filières qui au bout du compte fonctionnent comme des pièges pour ceux qui les ont empruntées et souvent sont issus de milieux modestes , là je ne suis pas d'accord.
Quant à vos allusions à une certaine "démocratie" occidentale, elle me laissent bien froid, allez y donc aux Amériques, quand vous en reviendrez, nous en reparlerons, en attendant je vous souhaite bon voyage.
Cordialement
Ecrit par : makhno | 29 avril 2006
Je ne sais pas si vous vous en rendez compte, mais votre discours est exactement le même que celui des pires ultra-libéraux : pas rentable ? on bazarde !
Pour ma part, je pense que les recherches en humanités ne sont pas un simple poste de fonctionnaire, qu'on peut muter d'un emploi à un autre. Je suis chercheur en littérature par obligation morale, parce que je considère qu'il est de mon devoir de garder vivantes les grandes oeuvres du passé. Je refuse de vivre dans un pays qui oublierait son histoire, sa culture, sa littérature, et qui ne se donnerait pas les moyens de transmettre sa plus grande richesse aux générations futures.
Un pays sans historiens est un pays qui se fiche de son histoire. Refuser de faire des recherches et d'enseigner la première guerre mondiale, par exemple, serait une façon indigne de trahir la mémoire de ceux qui ont souffert sur les champs de bataille. Vimy, Verdun, la Somme, l'Argonne, le Chemin des Dames... pas rentable, on bazarde ?
Louise Labé, Flaubert, Chateaubriand, Villon, Voltaire, Chrétien de Troyes, Apollinaire, Diderot, Supervielle, Montesquieu, l'église de Combray ou l'histoire de Mélusine... pas rentable, on bazarde ? On pourrait même brûler les bibliothèques pour faire de la place.
La Madeleine à la veilleuse de Georges de la Tour, tiens, quelle est son utilité, finalement, à part d'être follement belle ? Pas rentable, on bazarde !
En tous cas, Makhno, votre discours établit clairement la collusion entre les pédagogistes et les ultra-libéraux. Vous vous rejoignez sur l'essentiel, à savoir la haine de la culture. Vous partagez le même obscurantisme.
Ecrit par : Pierre-Henri | 29 avril 2006
Holà ! On se calme !
"Si certains, pour enrichir leur culture perso, ont envie de suivre ce genre d'études qui ne débouchent presque jamais sur un boulot, qu'ils le fassent... à leurs frais", écrit Makhno. ET Pierre-Henri a raison d elui rétorquer que voilà du beau raisonnement libéral / OCDE…
Soyons justes. On doit pouvoir s'instruire par plaisir — et pourquoi ne pas faire alors des Lettres, des Arts plastiques, ou même de la psycho ? Mais en même temps, il faut renoncer à réclamer à cor et à cri un boulot rémunéré correspondant à ces études : on s'est enrichi l'esprit, très bien, un peu comme els bourgeois fortunés du début du XIXe se lançaient dans le Grand Tour — ou comme Flaubert partait pour l'Egypte : par luxe intellectuel — et je me battrais toujours pour que subsiste le luxe intellectuel. Regardez les universités du Troisième Âge : ne correspondent-elles pas à une demande et à une fonction, indépendamment de tout espoir professionnel ou qualifiant ?
Maintenant, la question de la rentabilité professionnelle du diplôme, c'est tout autre chose. Bien des filières (depuis les BTS / IUT / Médecine / Droit parfois, et j'en passe, sans oublier les Grandes Ecoles) ont adopté de féroces numerus clausus. Pourquoi les facs en seraient-elles dispensées — en dehors d eleur fonction purement ornementale évoquée ci-dessus ? On pourrait donc imaginer toutes sortes de filières, certaines entretenues pour enrichir l'esprit (parce que c'est aussi un investissement pour la société, et inutile donc de faire payer davantage les dilettantes qui feront peut-être un jour des choses miraculeuses avec ce qu'ils auront appris), d'autres à objectif plus strictement professionnel.
JPB
Ecrit par : brighelli | 29 avril 2006
La sélection à l'entrée serait la meilleure des solutions, mais la faire passer au niveau politique me semble impensable aujourd'hui.
En plus, les chercheurs ont peur de la réaction (prévisible) du pouvoir politique : vous avez moins d'étudiants, donc diminution des budgets et des postes.
Sinon, on pourrait envisager de fondre les universités pour permettre les cursus mixtes. Un futur médecin pourrait s'intéresser à la philosophie et aux questionnements éthiques, un futur avocat choisir de s'inspirer de Cicéron, un futur journaliste acquérir une culture littéraire, etc.
Solution évidente, non ? Bien sûr : on ne le fait pas. Et si c'était proposé, les syndicats hurleraient à l'"américanisation", car les grandes universités américaines fonctionnent suivant ce principe (mineures / majeures).
Par exemple, à Stanford, par obligation testamentaire du fondateur, tous les étudiants, quel que soit leur cursus, sont obligés de suivre une formation en humanités. Par altruisme, et aussi parce que les élites américaines connaissent la valeur d'une bonne culture classique dans la formation de l'esprit.
D'une certaine façon, cela vassalise les humanités, qui deviennent de simples compléments, mais ça permet aussi de les faire vivre. Toujours mieux que la disparition pure et simple, en tout cas, et tout le monde finit par en bénéficier.
Solution simplissime, donc inapplicable en France.
Ecrit par : Pierre-Henri | 29 avril 2006
Histoire de me faire quelques amis de plus, j'ajouterai que je suis à peu près sur ces bases, quand je réfléchis à l'évolution nécessaire de l'enseignement supérieur.
J'en profite pour revenir sur une idée fort bien formulée : le fait que les élites américaines connaissent la valeur d'une bonne culture classique. C'était déjà le cas (et ça l'est toujours ) à Oxford , Eton ou Cambridge. C'est, de loin, la meilleure solution pour sauver monétairement, si je puis dire, les cursus de Sciences humaines…
Mais nous sommes plus intelligents, comme dit Pierre-Henri…
JPB
Ecrit par : brighelli | 29 avril 2006
Ce n'est pas grave. Avouons-le : vous et moi adorons nous faire des ennemis. Tiens, je vais citer Leland Stanford, le fondateur de l'université qui porte aujourd'hui son nom, à laquelle il a cédé sa fortune de méchant ploutocrate yankee bas de plafond :
--------------------
"I attach great importance to general literature for the enlargement of the mind and for giving business capacity. I think I have noticed that technically educated boys do not make the most successful businessmen. The imagination needs to be cultivated and developed to assure success in life. A man will never construct anything he cannot conceive."
----------------------
Un homme est incapable de construire ce qu'il ne peut imaginer...
Mais puisqu'on vous dit que c'est un peuple d'imbéciles !
Ecrit par : Pierre-Henri | 29 avril 2006
A Pierre Henri :
"Passer pour un idiot aux yeux d'un imbécile est une volupté de fin gourmet" G.Courteline
Pour le reste, dans quel monde vivez vous ?
Je ne demanderais pas mieux moi, que chacun puisse faire les études qui lui plaisent "à perte de vue" et passe sa vie à enrichir sa culture sans s'encombrer des contingences matérielles, mais à l'évidence et au cas où vous l'auriez oublié (ou jamais su) nous ne vivons pas dans une société qui permet à chacun de vivre selon ses besoins.
Voyez vous mon cher Pierre Henri, je ne suis pas né dans "la culotte d'un riche" moi, et je n'y vieillis toujours pas (d'ailleurs je m'en fiche), je ne tutoie pas non plus les hautes de sphères de l'intelligence et du savoir, fréquentation qui permet à certains de s'adresser aux autres avec cette "voix pour parler à mille couturières".
Je sais cependant le nombre de jeunes qui ne trouvent à la sortie des facultés aucun emploi, leur qualification ne correspondant à aucune demande sur le marché.
C'est ainsi, je n'y peux rien et vous non plus sans doute, pour vivre il faut travailler, à quelques exceptions, près c'est la loi commune.
L'économie de marché, j'y suis tout à fait opposé, mais, me croirez vous, elle s'en moque éperdument.
A ce qu'il me semble et compte tenu de l'admiration que vous semblez porter aux US, vous n'êtes pas un a
Ecrit par : makhno | 29 avril 2006
(erreur de manipulation, je continue ici)
Vous n'êtes pas un adversaire farouche du libéralisme, si c'était le cas, vous allez être bien déçu en arrivant là bas.
Vous en verrez bien peu de ces étudiants pauvres et souvent noirs hanter les bancs des universités américaines pour le simple plaisir d'enrichir leur culture, en vérité, vous n'en verrez pas du tout.
Mais cela ne vous dérangera sans doute pas plus que ça, vous, vous faites partie de l'élite, vous n'avez pas à vous soumettre à la loi commune, des éléments d'exception comme vous je comprends bien que mes pauvres petits arguments de vieil instit ça ne les atteint pas.
Bonsoir monsieur
Ecrit par : makhno | 29 avril 2006
1) je n'admire pas spécialement les USA de façon générale, seulement leurs universités. On peut imiter le meilleur et laisser de côté le pire.
2) Je connais parfaitement les contraintes matérielles. Je sais ce que signifie vivre sous le seuil de la pauvreté, je sais ce qu'est la précarité, le chômage et la peur du lendemain. Comme la majorité des diplômés de ce pays d'ailleurs. La sécurité de l'emploi, que VOUS avez connue, n'existe pas pour nous. C'est un peu l'hôpital qui se fout de la charité, là quand même.
3) les propositions que Jean-Paul et moi-même faisions visaient justement à donner de la valeur aux cursus en humanités. Dans l'extrait cité, Leland Stanford dit que les études classiques sont absolument nécessaires à toute activité humaine, quelle qu'elle soit. Ces filières ne sont pas inutiles, elles sont juste incroyablement mal mises en valeur dans le système français.
4) Comme le dit Jean-Paul dans son dernier bouquin, le système universitaire américain est A LA FOIS libéral et interventionniste : les pouvoirs publics investissent des sommes colossales dans la recherche et l'enseignement supérieur. Beaucoup de grandes universités américaines (Berkeley, UCLA, Ann Harbor, Madison, Urbana-Champaign...) sont bien des universités PUBLIQUES, financées majoritairement par le contribuable.
5) Je ne suis pas un idéologue : libéral ou pas, je m'en moque. Tout ce que je sais, comme je le disais plus haut, c'est que les Etats-Unis, dans tous les domaines qui requièrent de hautes qualifications, sont en train de nous anéantir. Soit on se bouge à très court terme, soit la France se résoud à devenir une zone de stockage pour produits fabriqués en Chine, sous franchise américaine. Ce n'est pas une question d'idéologie, mais de survie.
6) je le dirai une fois pour toutes : je ne m'excuserai pas d'avoir réussi mes études.
Ecrit par : Pierre-Henri | 29 avril 2006
"La France se résout" avec "t". Conjugaison du 3ème groupe, -2 points. Au piquet.
Ecrit par : Pierre-Henri | 29 avril 2006
J'aimerais bien voir ça, un docteur en Lettres au piquet...
Ecrit par : Claire | 06 mai 2006
Christophe Sibille y a très bien réussi sur l'autre forum. Tel que vous me voyez, je suis en pleine dépression, la tête cachée sous une couverture.
Loi n°1 de la vie universitaire : à chaque fois qu'on joue les donneurs de leçons sentencieux, on se plante. Ca ne rate jamais.
Ecrit par : Pierre-Henri | 06 mai 2006
Classes préparatoires : un énorme gâchis intellectuel et financier.
Monsieur,
Tout d'abord, je ne vous en voudrais pas trop si vous ne me répondez pas, car vous devez avoir tant de commentaires à lire. En revanche, merci de considérer avec attention ma remarque, car je sais qu'elle intéresse M. Allègre, M. Fillon, et M. De Robien, à qui j'ai envoyé la même remarque et qui m'ont tous les trois répondus...
J'approuve la majorité de vos remarques sur l'école. Cependant, il y a un seul point sur lequel vous vous êtes sans doute lourdement trompé, et que vous avez pourtant stigmatisé à la télé lors du débat sur le CPE avec M. De Robien : ce sont les classes préparatoires.
Vous avez affirmé que les CPGE sont le seul refuge de l'école qui marche encore et qui n'a pas divergé vers la facilité. Je ne sais pas si vous êtes passé par là, mais moi oui et la plupart de mes amis aussi (dans toutes les sections : scientifiques, économiques ou littéraires). Eh bien j'ai compris, en étant en CPGE, que c'était là que se trouvait la ruine de la France : un gigantesque gâchis financier et surtout intellectuel. Nous avons tous été traités comme de la merde par les profs (c'est un euphémisme), qui sont eux-mêmes des enfants aigris de la prépa. Les brimades et l'humiliation sont ostensiblement érigées en système de sélection, les étudiants sont infantilisés et ne sont pas traités comme des étudiants mais comme des élèves puisque ces classes se trouvent dans les lycées de ville : anachronisme qui oblige à des surcoûts immobiliers considérables et qui va à l'encontre des réglements européens pour les élèves majeurs (interdiction de sortir après minuit, interdiction des internats mixtes, etc...).
Mais le plus grave, c'est que 98% de ce que nous avons appris ne nous sert jamais durant nos études d'ingénieurs et dans notre vie professionnelle : ce n'est que du bachotage sur des choses totalement abstraites qui ne servent à rien ! Les profs de prépas eux-mêmes, sortant des ENS, ne connaissent strictement RIEN aux écoles d'ingénieurs et à ce qu'on y fait, et ne se posent même pas la question de savoir si ce qu'ils enseignent est utile. La preuve : je vous supplie d'étudier une statistique qui n'est malheureusement jamais regardée : le classement des étudiants dans les écoles d'ingénieurs en fonction de leur formation de premier cycle (je ne parle pas des écoles centrales ou polytechnique, mais des écoles qui font la majorité des étudiants : ENSI, agro, INSA, etc...) : vous vous apercevrez que, proportionnellement, les étudiants venant de BTS et de DUT sont, de loin, les meilleurs : tout simplement parce qu'ils ont déjà étudié les choses UTILES. Le résultat : c'est que nos élites sont sélectionnées et font toute leur carrière (j'en sais quelque chose : toutes mes relations et tout mon parcours, je l'ai eu grâce à mon entrée en école) à partir d'un seul concours dont les critères sont complètement déconnectés de la réalité, alors que d'autres échouent à ces concours tandis qu'ils seraient devenus de TRES BONS ingénieurs... En outre, ces classes "décapitent" l'université. Mais attention : je n'ai pas dit que l'université est meilleure : j'y enseigne dans plusieurs matières et à plusieurs niveaux : la déconnexion du marché du travail est également catastrophique, avec en outre un niveau moindre et une absence d'esprit d'équipe. Pour moi, seuls les BTS, les DUT et les écoles d'ingénieurs se distinguent.
Nous avons d'ailleurs commencé à créer une association (pour l'instant non-officielle en attendant qu'elle prenne de l'ampleur) pour la suppression des classes préparatoires ou, au moins, leur remplacement par des classes hors des lycées et dans lesquelles l'enseignement serait APPLIQUE ou APPLICATIF, et nous commençons à avoir énormément de personnes qui nous rejoignent.
D'avance merci pour la considération que vous accorderez à ce sujet.
Ecrit par : Limousin | 08 mai 2006
[D'après l'expérience que j'en ai, un délégué syndical d'aujourd'hui, dans notre métier, c'est plus un spécialiste (souvent compétent) des questions administratives qu'autre chose, c'est lui qui peut vous aider à remplir correctement votre fiche de voeux, lui qui vous annonce en premier les résultats de la commission paritaire, lui qui va parfois défendre le "bout de gras" auprès de l'inspecteur en cas de conflit, toutes choses utiles certes, mais aussi bien insuffisantes au regard de la conception que j'ai du syndicalisme.]
Sur ces points soulevés par le camarade Makhno, je réagis:
- oui, le délégué "aide à remplir les fiches de voeux": c'est hallucinant, mais on recrute maintenant des enseignants incapables de remplir des formulaires administratifs dont j'atteste qu'ils ne sont pas d'une complexité extraordinaire. Ce ne sont d'ailleurs que des victimes, eux mêmes furent élèves dans un passé récent... On conviendra aisément qu'ils ne sont pas les mieux placés pour enseigner de façon rigoureuse et structurée.
Je peux attester à cet égard que devant la dysorthographie manifeste et l'incapacité qu'elle avait de s'exprimer oralement - dès lors que l'on dépassait le stade de la phrase de base construite avec un vocabulaire des plus limités - on a expédié une candidate professeur des écoles (contractuelle) en maternelle (le programme du CM, il lui aurait fallu l'assimiler)... et sur un fleuve de Guyane.
Pas grave, elle ne travaillerait ps avec la progéniture de la bourgeoisie cayennaise ou kouroucienne, mais avec des petits "négrillons" dont les parents sont considérés comme ignares (j'emploie ce terme parce que ce ne sont pas des créoles, mais des bushinengués très ostracisés)
- oui, le délégué annonce "le premier les résultats des commissions paritaires", déchargeant ainsi l'administration d'une charge de travail qui lui incombe, et pris de facto dans le piège de la cogestion... ce qui ne le met pas en position facile pour râler quand il le faut.
- quant à la discussion avec les inspecteurs... On finit parfois par ne plus savoir qui décide, qui défend qui, et quel est le processus d'élaboration des décisions...
Que dire par exemple de ce responsable syndical, directeur d'école "chevronné" qui défendait bec et ongles une collègue manifestement incapable pour des motifs d'ordre médico-psychologiques, qui a imposé son maintien devant des élèves par l'emploi du rapport de force (elle ne voulait pas être placée en réadaptation) mais qui a hurlé quand, par un juste retour des choses, l'inspecteur concerné a voulu la placer... dans sa propre école?
L'Inspecteur d'académie, "qui ne voulait pas d'histoire avec le syndicat", a bien entendu cédé et la dame a été placée dans un village où les parents ne risquaient pas de roumer...
Ecrit par : Réac de Gauche | 08 mai 2006
Mon cher RdeG.
Juste quelques précisions afin d'éviter tout malentendu.
Parlant "du" syndicat, je faisais référence au SNUIPP, donc à son action syndicale dans le primaire, à noter que dans "l'autre", c'est souvent pire.
Quand je parle "d'aider à remplir les fiches de voeux", je ne fais pas du tout allusion à la capacité de la grande majorité des instits à lire ces fameuses fiches (avec des exceptions bien entendu) , mais à la faculté de : "lire entre les lignes", un syndiqué, bien informé, par exemple ne demandera pas un poste qui va "sauter" l'année suivante pour cause de fermeture, ou encore un poste particulièrement "pourri", dans ce domaine les délégués généralement bien informés peuvent (souvent ils le font) apporter une aide précieuse à ses ouailles, ce que je conteste, c'est que ce qui ne devrait constituer qu'une partie du travail de délégué soit devenu sa principale raison d'être et de fonctionner.
Même chose pour l'annonce des résultats des commissions paritaires, ils sont annoncés à l'avance, à titre provisoire et officieux par le syndicat, ils sont ensuite officialisés par l'administration, en gros, ça ne sert à rien, ça prouve juste que le délégué s'est bien souvenu de votre nom au moment de l'établissement des listes par l'ordinateur (en principe, car il y a des exceptions) en espérant que vous vous souviendrez du sien au moment des élections et bien entendu en reprenant votre "carte" l'année suivante.
Pour résumer, ce syndicat, dont les cadres sont souvent issus de l'ancienne tendance "unité action" (proche du PC) fonctionne surtout sur le mode "clientéliste". Je pourrais même ajouter, si je n'étais pas l'archéo prudent que vous savez, d'autres pratiques tout à fait condamnables au niveau des nominations, ce genre d'activités pratiquées souvent en accord avec les inspecteurs est difficilement prouvable (et pour cause), je m'abstiendrai donc d'y faire allusion (^^), je suis "persuadé" qu'elles existent.
Je reprends la conclusion de la contribution à laquelle vous vous référez, chacun à sa place, que le syndicat "syndique", agisse en tant que syndicat, que le gouvernement par l'intermédiaire de ses "fonctionnaires d'autorité" gouverne, fasse les choix qui s'imposent, vérifie leur bonne application effective.
A mes yeux, la pédagogie appliquée dans les écoles ne devrait pas dépendre des "opinions" syndicales et pas plus des lubies de certains inspecteurs. C'est pourtant bien ce qui se passe. Le mélange des genres, hors de toute légitimité démocratique, ne sert ni les intérêts des enseignants, ni l'efficacité du système.
On ne demande pas au syndicat CGT de chez Renault de fixer le cap politique de l'entreprise, en choisissant quelle gamme de produits sera produite sur les chaînes de fabrication, on lui demande juste de défendre les intérêts moraux et matériels des travailleurs de l'usine.
Les syndiqués sont en majorité aussi des citoyens qui ont le moyen de choisir leurs représentants politiques, je n'ignore pas l'état désastreux dans lequel se trouve actuellement ce système repr
Ecrit par : makhno | 08 mai 2006
Mon cher RdeG.
Juste quelques précisions afin d'éviter tout malentendu.
Parlant "du" syndicat, je faisais référence au SNUIPP, donc à son action syndicale dans le primaire, à noter que dans "l'autre", c'est souvent pire.
Quand je parle "d'aider à remplir les fiches de voeux", je ne fais pas du tout allusion à la capacité de la grande majorité des instits à lire ces fameuses fiches (avec des exceptions bien entendu) , mais à la faculté de : "lire entre les lignes", un syndiqué, bien informé, par exemple ne demandera pas un poste qui va "sauter" l'année suivante pour cause de fermeture, ou encore un poste particulièrement "pourri", dans ce domaine les délégués généralement bien informés peuvent (souvent ils le font) apporter une aide précieuse à ses ouailles, ce que je conteste, c'est que ce qui ne devrait constituer qu'une partie du travail de délégué soit devenu sa principale raison d'être et de fonctionner.
Même chose pour l'annonce des résultats des commissions paritaires, ils sont annoncés à l'avance, à titre provisoire et officieux par le syndicat, ils sont ensuite officialisés par l'administration, en gros, ça ne sert à rien, ça prouve juste que le délégué s'est bien souvenu de votre nom au moment de l'établissement des listes par l'ordinateur (en principe, car il y a des exceptions) en espérant que vous vous souviendrez du sien au moment des élections et bien entendu en reprenant votre "carte" l'année suivante.
Pour résumer, ce syndicat, dont les cadres sont souvent issus de l'ancienne tendance "unité action" (proche du PC) fonctionne surtout sur le mode "clientéliste". Je pourrais même ajouter, si je n'étais pas l'archéo prudent que vous savez, d'autres pratiques tout à fait condamnables au niveau des nominations, ce genre d'activités pratiquées souvent en accord avec les inspecteurs est difficilement prouvable (et pour cause), je m'abstiendrai donc d'y faire allusion (^^), je suis "persuadé" qu'elles existent.
Je reprends la conclusion de la contribution à laquelle vous vous référez, chacun à sa place, que le syndicat "syndique", agisse en tant que syndicat, que le gouvernement par l'intermédiaire de ses "fonctionnaires d'autorité" gouverne, fasse les choix qui s'imposent, vérifie leur bonne application effective.
A mes yeux, la pédagogie appliquée dans les écoles ne devrait pas dépendre des "opinions" syndicales et pas plus des lubies de certains inspecteurs. C'est pourtant bien ce qui se passe. Le mélange des genres, hors de toute légitimité démocratique, ne sert ni les intérêts des enseignants, ni l'efficacité du système.
On ne demande pas au syndicat CGT de chez Renault de fixer le cap politique de l'entreprise, en choisissant quelle gamme de produits sera produite sur les chaînes de fabrication, on lui demande juste de défendre les intérêts moraux et matériels des travailleurs de l'usine.
Les syndiqués sont en majorité aussi des citoyens qui ont le moyen de choisir leurs représentants politiques, je n'ignore pas l'état désastreux dans lequel se trouve actuellement ce système représentatif, c'est un autre problème et cela ne peut justifier en rien le fait que les syndicats fassent le boulot des politiques pendant que les députés passent leur temps sur les plateaux de télé à faire les clowns.
En 35 ans de métier, je n'ai JAMAIS vu une seule réforme s'appliquer entièrement dans les classes, c'est un détail que M.Brighelli passe sous silence, je ne suis pas certain qu'il en ait vraiment connaissance au niveau du primaire, c'est à mon avis une des causes du fameux "malaise".
Ce ne sont pas les "pédagogistes" qui dirigent l'éducation nationale (et personellement je le regrette), c'est la routine et la paresse qui y règnent en maître.
Croyez moi (ou pas d'ailleurs, m'en fous), il en faut de l'énergie, de l'imagination, de l'application et de l'intelligence pour individualiser son enseignement, élaborer un projet et le mener à bout avec des enfants de 7 ou 8 ans, sans perdre une minute de vue le but poursuivi. C'est bien autre chose que le "n'importe quoi" des laxistes qui se cachent sous un vernis de modernisme trompeur ou la routine si pratique de l'école de nos grands pères, en gros on bosse 5 ans pour avoir son stock de préparations et ensuite on végète tranquillement en appliquant aveuglément des recettes, à ce rythme là, en effet on peut bien travailer jusqu'à 60 ou 65 ans, sans problème.
Je le redirai encore à votre adresse, M.Brighelli le sait déjà, il ne faut pas se tromper de cible, il faut lire P.Meirieu dans le texte, il faut aussi dénoncer sans faiblesse ceux qui prétendent s'inspirer de lui pour faire ensuite n'importe quoi.
Le retour à "l'école de mon grand père", c'est une erreur, c'est aussi une impossibilité, sauf à réouvrir les bagnes d'enfants, à un "contre" 25 gaillards de 14 ou 15 ans, aucun enseignant ne peut espérer survivre très longtemps et encore moins enseigner.
Je ne pense pas que M.Brighelli soit favorable à la réouverture des maisons de correction, je n'en dirai d'ailleurs pas auta
Ecrit par : makhno | 08 mai 2006
Va falloir que je me fasse limer les doigts pour éviter certaines fausses manoeuvres , je continue...
pas autant de certains de ses partisans, sur le constat, en gros nous sommes assez d'accord, sur les critiques aussi, les solutions elles restent à établir, notamment à partir du travail de quelques uns de ceux que vous passez votre temps à éreinter, si ça vous amuse, au moins ils auront servi à ça, pour le reste...
"Quand un adversaire politique abonde dans mon sens, je sais que je viens d'écrire une connerie" disait RdeG, sur ce point aussi, je l'approuve.
Cordialement
Ecrit par : makhno | 08 mai 2006
[Quand je parle "d'aider à remplir les fiches de voeux", je ne fais pas du tout allusion à la capacité de la grande majorité des instits à lire ces fameuses fiches (avec des exceptions bien entendu)]
MOI SI, en ce qui concerne UNE MINORITE NON NEGLIGEABLE. (issue de l'école, du collège et du lycée de ces dernières années... plus de la fac, depuis "le professorat des écoles"
Ne tombe pas, Makhno, je te l'ai déjà dit, dans ce schéma binaire qui classe les gens en "pro Meirieu" d'une part (les bons) et en "dresseurs de gosses" plus ou moins sadiques d'autre part (les mauvais): tu vaux beaucoup mieux que ça.
Ecrit par : Réac de Gauche | 08 mai 2006
Mon cher RdeG, j'admets tout à fait que l'on puisse "faire" très bien l'école sans être pour autant meirieutiste, je ne suis pas moi même un fanatique, pas plus que je ne suis freinétique à l'excès (pas dit non plus que j'aie été un "bon").
Quand même, quelques remarques.
Quand on critique Meirieu, pour le moins on l'a lu, je ne doute pas que M.Brighelli l'ait fait, mais je suis bien certains que nombre de ses "partisans-résistants" n'en ont jamais lu une ligne et se permettent de juger sur des à priori ou en se référant à ce qu'ils en ont entendu dire, ou pour faire plaisir à Jean Paul.
Quand on critique Meirieu, on le cite dans le texte en respectant l'esprit, je suis bien d'accord que certaines expressions employées pas les pédagogistes relèvent souvent plus du "Bourgeois Gentilhomme" que d'autre chose (ça me fait d'ailleurs souvent sourire), il n'empêche, réduire tout le travail de Meirieu à ces excès ridicules, c'est bien entendu malhonnête et ça explique mal l'influence de ce monsieur, Ah ! mais non, j'oubliais, c'est parce que les inspecteurs sont pour et l'imposent...
Alors là, je ris franchement, le fameux pouvoir de l'inspecteur, au moins dans le primaire (je ne parle que de ce que je connais), c'est de la foutaise.
Et puis moi, j'aimerais bien qu'on me dise par quels moyens on compte la rétablir "l'école de grand papa", mais là, j'ai beau chercher, je ne trouve pas grand chose et moi je prétends, tout en attendant de mes contradicteurs qu'ils me prouvent au moins théoriquement le contraire, que c'est IMPOSSIBLE, sauf à employer des méthodes et des instruments que MA morale refuse.
Qui est binaire dans cette affaire RdeG ?
Prenez le temps de lire certaines contributions (je ne parle pas des écrits de M.Brighelli), vous y trouverez des argumentations bien inquiétantes.
J'aime, tu le sais, être précis, M.Brighelli n'est pas du tout pour moi un facho, sinon je ne perdrais pas mon temps sur ce blog, il y a tant d'autres endroits sur la toile où l'on peut cotoyer des démocrates de gauche et de droite (^^), j'affirme cependant que ce n'est pas le cas de tout le monde ici, cela n'aurait rien d'anormal à mes yeux, si M.Brighelli, qui est bien trop cultivé et intelligent pour l'ignorer, n'y répondait que par un silence tactique.
Cordialement
Ecrit par : makhno | 08 mai 2006
On pourrait aussi lire les propres livres de JP Brighelli qui, lui, a le mérite d'écrire en français compréhensible, comme d'ailleurs R. Boutonnet, bien d'autres et comme... moi même je l'espère, dans quelques mois. (j'ai noté avec satisfaction que l'édieur de JP Brighelli m'aurait en grande estime... cela peut servir; je plaisante)
Qu'est ce que c'est, encore, que cette formule toute faite "d'école de grand papa" pour qualifier une école de la rigueur* dans laquelle on mettra les savoirs et le respect des règles de la citoyenneté au centre du système, justement pour offrir une autre alternative aux plus défavorisés que d'être des individus sans clture dans le meilleur des cas, fauves asociaux dans d'autres situations voir la triste et récente actualité?
* Dois je préciser que "rigueur" n'est en aucun cas synonyme de fascisme d'une part, qu'autorité et autoritarisme sont deux substantifs qui recoupent des réalités différentes, pour ne pas dire antagonistes dautre part?
Oui, je le dois. Pas pour toi, Makhno, mais pour d'autres. JP Brighelli a bien été quasiment traité de nazi par les contempteurs du "niveau qui monte", récemment.
Ecrit par : Réac de Gauche | 08 mai 2006
Il manque, sur ce blog (ou alors je suis analphabète, ce qui n'est pas à exclure!) un lien permettant d'écrire en privé à l'auteur.
Ce n'est qu'une suggestion.
Ecrit par : Réac de Gauche | 09 mai 2006
Rachel Boutonnet sait écrire correctement? En voilà un scoop! Que le premier, ici, ayant tenté de lire un de ses livres sans qu'il lui tombe de lui-même des mains, se manifeste! L'abnégation a quand même des limites!
Ecrit par : christophe sibille | 10 mai 2006
C'est l'école qui pousse certains à être des fauves asociaux! Ben dis-donc! Il manque quand même un certain nombre de données dans cette fine analyse!
Ecrit par : christophe sibille | 10 mai 2006
Monsieur Sibille, nous sommes un certain nombre à ne point confondre le métalangage façon Meirieu et le français.
Donc à parcourir sans aucune difficulté les livres de Rachel Boutonnet... sans d'ailleurs pour autant adhérer à l'intégralité des idées qu'elle soutient.
D'autre part, personne ici n'a écrit que l'école était l'intitution qui pousait certains à "être des fauves asociaux". Mais qu'elle y contribue par son laxisme, de même que la démission de certains parents, de la justice (cas de cet adolescent "admonesté" 58 fois fois avant d'être... placé en prison pour 18 mois, sans aucune mesure transitoire), c'est une opinion tout à fait défendable même si vous ne la partagez pas.
Quelque chose me dit que nous n'enseignons pas dans le même genre de secteur... Continuons cette conversation en privé si vous le voulez bien, afin de ne pas encombrer le site de notre hôte.
Ecrit par : Réac de Gauche | 10 mai 2006
Je préciserai pour étayer ma pensée que ce monstre qui a brûlé vif une jeune fille et qui fut jugé récemment pour cela "ne dépassait pas les limites", selon un de ses professeurs principaux venus témoigner.
Ne "pas dépasser les limites", c'était (à le lecture des débats): 40% d'absentéisme; une absence totale de travail; une attitude impertinente de façon chronique, mais juste assez pour ne pas être exclu; et finalement un abandon des études, qu'il a pu dissimuler plusieurs mois à ses parents puisqu'ils n'en ont pas été avertis officiellement!
Résultat de ce laxisme dont je répète que l'école n'était qu'une facette parmi d'autres: une jeune fille morte dans des conditions atroces, un garçon en prison pour 25 ans, dont on peut penser que, sévèrement recadré quand il était encore temps, il aurait échappé à ce destin.
Il se trouve que je m'intéresse davantage à ce "public" qu'à la progéniture des bobos dégoulinants de bons sentiments dans le meilleur des cas, d'hypocrisie sordide dans les circonstances habituelles; et que je le fréquente assidument... Cela sans doute qui explique mon côté "affreux réac".
Ecrit par : Réac de Gauche | 10 mai 2006
Un immense soutien dans votre combat de la part de parents qui se battent quotidiennement contre l'ignorance dans laquelle sont plongés nos enfants.
Ecrit par : Hélène Barrière | 10 mai 2006
Un certain Christophe Sibille a écrit en deux endroits de ce blog - je n'ai malheureusement pas retrouvé ces messages, à quand une recherche par nom ? - un commentaire agressif au sujet de M. Vermorel et de son mémoire professionnel, avec une tournure de phrase presque administrative, cocasse...
Par correction (ou bien honnêteté intellectuelle ?), je me permets de copier-coller ici la réponse qu'il donne sur http://www.bloglafermeauxprofesseurs.com/dotclear/
"dimanche 30 avril 2006
De retour...
Par François Vermorel, dimanche 30 avril 2006 à 19:34 :: General
De retour de vacances je découvre à la fois le froid parisien et un article fort offensif de Luc Cedelle du Monde de l'Education contre "La ferme aux professeurs". Dieu merci, ni l'un ni l'autre n'ont gâché ma bonne humeur.
Luc Cedelle s'est procuré mon mémoire professionnel et remarque qu'un certain nombre d'expressions caricaturales que j'ai employées dans "La ferme aux professeurs" sont absentes du mémoire. C'est vrai : j'ai toujours dit que je me conservais une liberté littéraire dans un objectif comique...sans trahir la réalité des évènements. Et la réalité de ce mémoire est bien que je l'ai expédié en trois jours, au cours d'un marathon d'écriture automatique dont je garde un excellent souvenir, et qu'il s'agit d'un amoncellement de paraphrases de copies d'élèves mâtiné de langue de bois et de bons sentiments. Il paraît également que je fais désormais partie de l'arsenal anti-IUFM. Si c'est vrai, rien ne saurait me faire plus plaisir.
Le reste de l'article de Luc Cedelle est plutôt marrant : comme il s'agit en gros de pourfendre les affreux contempteurs de l'IUFM, place est faite à toute une série de success stories où jeunes et moins jeunes enseignants ne tarissent pas d'éloges à l'égard de l'institution. A le lire, j'ai presque envie de retourner à l'IUFM de Gravelines pour participer à l'intense pétillement intellectuel et culturel qui semble caractériser ces établissements. Et si, finalement, tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes ?"
Ecrit par : xy | 11 mai 2006
Instituteur de 1967 à 2001,tout un ensemble de "forces de gauche" m'a obligé à admirer la méthode globale ou semi globale,m'a obligé à ne plus faire d'histoire,de géographie ou de sciences,mais des disciplines d'éveil,m'a obligé à ne pas apprendre aux élèves à nager mais à être bien dans l'eau,m'a obligé à ne pas apprendre à chanter mais à être heureux de crier,m'a obligé à laisser l'élève écrire un u ou un o comme il le sentait,en dix coups de crayon s'il le pensait bon,à ne plus faire de vocabulaire pour différencier les mots,à compter "moderne",à remplacer Molière par une "bonne" recette de cuisine,etc etc etc etc .
Pendant ces 35 ans ,j'ai résisté comme j'ai pu ,mais j'ai résisté en cachette, et dans la circonscription que j'ai connue,je me sentais bien seul (mais peut-être étions nous nombreux mais ne le savions pas ).
Alors,quand je vous vois faire tomber les Mérieu et toute la clique pédagoche,dans ma retraite,je me sens vengé,et rassuré pour les petits enfants que je n'ai pas encore.
Ils vous chassent,mais ils ont déjà PERDU,les crétins !
Même LANG élu ne les sauverait pas (provocation gratuite )
Que d'années perdues !
Bon courage !
Ecrit par : bernard | 11 mai 2006
Cher monsieur Brighelli,
Je voudrais vous remercier d'avoir écrit vos deux livres sur l'école, deux gros pavés dans la mare... Sortant - presque, le supplice dure encore - d'une année de formation à l'IUFM, j'ai vu, entendu et subi la démagogie criminelle de la pédagogie dans toute sa splendeur, puisque, agrégée d'anglais, j'ai appris à mes dépens - et aux dépens de mes pauvres élèves - que l'anglais se réduisait à la COM-MU-NI-CA-TION. Les erreurs ne sont pas graves, tant que les élèves com-mu-ni-quent. Selon nos formateurs, nous sommes des 'prostituées' (sic!!!!) et devons 'nous vendre' pour que notre cours plaise, et surtout qu'à aucun moment nos élèves - pardon, nos apprenants - ne s'ennuient. Nous ne faisons presque que de l'oral. La phonologie prévaut entièrement sur la syntaxe. La grammaire? Un gros mot, un mot tabou. J'ai eu le malheur d'évoquer le problème avec une formatrice, elle m'a répondu que j'avais un point de vue normatif et formaliste. Le débat s'est achevé ainsi.
Je puis vous assurer que nous n'êtes pas minoritaire, comme le prétendait dans l'émission 'Arrêt sur images' le documentariste qui a réalisé cet infâme plaidoyer pour les nouvelles pédagogies. Nous sommes nombreux, ne serait-ce que dans ma promotion, à être en total accord avec vos thèses. J'espère que nous ne nous sentez pas seul.
Cordialement,
Vanessa Duclos.
Ecrit par : vanessa | 12 mai 2006
Bonjour à tous,
Une fois de plus, j'aimerais qu'on me montre dans quel ouvrage Meirieu aurait écrit que les savoirs ne sont pas importants, et qu'il suffit, pour un enseignant, de savoir enseigner, sans rien savoir d'autre! Je suis assez sidéré également de voir monter au créneau quelques enseignants stagiaires semblant avoir souffert le martyre pendant leur formation! S'il y a beaucoup de choses à revoir dans la formation des enseignants, ce que nul, y compris (et peut-être même surtout au sein de l'institution), ce n'est ni une prétendue "adhésion sans conditions" de la part des formateurs à une idéologie pédagogiste stalinienne, (je suis très loin d'adhérer à quelque doctrine que ce soit, et ma hiérarchie m'a toujours laissé travailler comme je l'entendais.
Par ailleurs, j'aimerais qu'on m'explique en termes dénués de toute arrogance en quoi les témoignages recueillis dans le monde de l'éducation du mois de mai auraient moins de valeur que ceux de Mr Vermorel et Madame Boutonnet. Parce qu'il n'ont pas écrit de livres? Parce qu'ils s'expriment en termes mesurés, et restent politiquement corrects? Ah, médiatisation, médiatisation...
Je maintiens, ayant lu les livres de Rachel Boutonnet, qu'au delà du propos, ils n'ont pas grande valeur sur le plan de l'écriture. Mais ce n'est que mon point de vue.
Ecrit par : christophe sibille | 12 mai 2006
P.S.: Je n'ai pas trouvé l'article du monde de l'éducation particulièrement agressif à l'égard de Monsieur Vermorel, et n'ai pas non plus l'impression de l'avoir été... Ce qui, j'ai l'impression, n'est pas toujours son cas. Mais il est facile, et très tendance, d'attribuer aux autres certains de ses propres comportements.
Ecrit par : christophe sibille | 12 mai 2006
il est dit:l'homme qui ne pense pas demeure une brute.
Etant donné que la ligue de l'enseignement est sous "protectorat"du G.O.D.F.,celle ci ne doit elle pas muer?.
En effet sa devise se rapporte à celle de son protecteur:si tu différes de moi, loin de me léser, tu m'enrichis.
N'y a t il pas inversement proportionnel avec la fabrique de crétins?
j'ai 64 ans et désespère de cet atavisme systèmatique d'une instruction,perpétuée avec des parents conditionnés à la méthode globale et avec des enseignants abrutis par l'I.U.F.M.
Les deux en action, produisent un cocktail létal aujourd'hui.
En maçonnerie l'apprenti est silencieux et à l'écoute des maitres.Pourquoi laisse t on l'enfant enseignait aux enseignants?
Jules férry maçon, doit se retourné dans sa tombe et maudire MAI 68 .
Ecrit par : camille | 12 mai 2006
mon blog:http//camille.rmcinfo.fr
courriel:[email protected]
Ecrit par : camille | 12 mai 2006
En ce qui concerne l'article de Cédelle, il est bon de se rappeler qu'il ne concerne que le cas du mémoire de stage, qui ne constitue qu'une partie de l'ensemble. L'intérêt de l'ouvrage de Fr. Vermorel est, à mon avis, ailleurs, et on ne peut nier qu'il exprime un sentiment de plus en plus répandu, et fortement ressenti.
C'est vrai, l'article n'est pas agressif, mais il me paraît marqué par cette onction venimeuse, ce style de chanoine qui est la marque de fabrique du Monde de l'éduc. Quant au tirage de "La ferme", il ne sied guère à un journal qui perd tous les jours des lecteurs s'ironiser là-dessus.
Dans ces conditions, les témoignages convoqués par l'auteur de l'article font plutôt pâle figure, si authentiques et sincères qu'ils puissent être: on y voit en effet deux ex-stagiaires (dont l'une a été depuis reçue au concours, si conspué quelques pages plus loin, de l'agrégation), dont les propos sont bienveillants, mais assez insignifiants; on ne voit nulle part en quoi l'actuelle formation leur fut indispensable, ni ce qu'elle leur a apporté, qu'elle n'auraient pu obtenir par d'autres voies, ni en quoi elle marque un progrès révolutionnaire dans la conception du métier.Et puis surtout, elles ne sont que deux, et on ne peut s'empêcher de se dire que si Le Monde, arbitre incontournable des élégances intellectuelle, et référence autoproclamée de la pensée d'avant-garde, n'a trouvé que deux témoignages pour contrer tous les autres, que l'on ne compte même plus, c'est que son affaire est bien mal engagée.
L'auteur s'en est bien rendu compte, qui titre un peu piteusement "Un autre discours sur les IUFM est possible". Bref, tout cela sent le contre-feu allumé à la hâte.
Il me semble pourtant que l'article en question ne prend son sens que par rapport au dossier du numéro, qui assène, avec
un aplomb d'énarque, que les enseignants n'ont jamais été si bien formés. Et c'est là que le bât blesse: on nous explique , en manière de preuve, que les postulants ont des qualifications universitaires de plus en plus élevées, argument usé jusqu'à la corde , que Jospin serinait déjà en 91-92; c'est faire bon marché des lacunes croissantes des post-bac, qui oblige les premiers cycles universitaires à d'interminables rafistolages préparatoires , avant qu'on puisse aborder des programmes précis. On cite par ailleurs le nombre croissant des candidats aux concours; d'abord c'est très variable selon les matières, ce qui causera à terme de graves déséquilibres; ensuite, l'explication me paraît se situer davantage vers le chômage des jeunes surqualifiés (les" intellos précaires") et la dévaluation des diplömes, que dans les vertus intrinsèques de la formation, en particulier didactique. Sur l'efficacité de cette dernière, rien de convaincant, uniquement des pétitions de principe, que les auteurs se gardent bien d'étayer. Le comble est qu'ils reconnaissent en fin d'article, sur le mode badin et comme une concession mineure, que les deux seules ombres à ce tableau mirobolant sont les lacunes en culture générale et en expression française. Mais c'est essentiel, au contraire, et c'est la meilleure preuve que quelque chose ne va pas. Ce serait donc une qualité accessoire pour un enseignant de primaire, de collège ou de lycée, que de savoir insérer des connaissances précises dans un réseau plus large (au-delà de sa discipline), et de les exprimer dans une langue claire, agréable et compréhensible?
Bref Christophe Sibille est un avocat des IUFM plus crédible que Le Monde.
Ecrit par : Jean-François Croz | 12 mai 2006
bravo meiux que vos correction doit persévérer il peut mieux faire S'agissant d'un hébergement bien à vous, plus de pub ni de pop-up. Il y a des liens rss et atom pour les notes et les commentaires. Les liens html en commentaire marchent. Les smileys aussi. Les notes longues seront tronquées pour éviter des pages trop longues.
Bref, que du bonheur. Enfin, les dernières mises au point sont encore en cours, mais l'essentiel marche.
Je transfère au fur et à mesure mes archives de ce blog, mais les commentaires ne seront pas transférés.
- ARRIVEE A DIEGO SUAREZ
http://bobi100.skyblog.com
-AUX COMORES visite du president comorien
-SEYCHELLES- DIEGO SUAREZ DU 21/!6 AU 11/ Bonjour
Je vous informe par la presente que je me suis deja apprete pour mon prochain voyage a madagascar. Il ne me reste que le billetd'avion que vus voudriez m'envoyer sos le couvert de l’amiral ratsiraka
Etre temps, j'avais recu votre mail du 26/06/03 mais je ne savais quoi repondre puisque vous avez mis dans la lettre ce qui suit.Le billet, que nous avons pu avoir a un prix tre attractif est non modifiable.
Amon arrivee nous allons en discuter.
Dans l'espoir que vous ferez diligence, je vous prie Madame de recevoir mes salutations distinguees.
Nb.Vous voudriez bien excuser la qualite de la lettre car j'ai utilise un ordinateur avec clavier anglais
Ecrit par : de la motte fablet | 15 mai 2006
Bonjour,
Vous avez bien résumé la situation, par contre je crois ( j'en suis même sûr ) , que les parents ont un rôle primordial dans l'éducation et on n'en parle jamais assez.
On dit toujours les enfants mais les parents ?
J'ai eu l'occasion de voir des enfants complétements perdus.
Et comme par hasard, leurs parents respectifs parler en des termes : N.... la France, ils viennent juste pour les "allocs".
Ne faudrait-il pas plus responsabiliser ces derniers avec sanctions à la clefs !! Pas par ce qu'il n'auraient pas "d'étude", mais parce qu'ils ne pronnent aucun civisme.
En outre, avez vous pensé à monter une association pour aller plus loin dans votre démarche ?
Ecrit par : B | 19 mai 2006
Un article de l'Express sur le bac : la foire aux indulgences !
http://www.lexpress.fr/info/france/dossier/educationnation/dossier.asp?ida=433729
Ecrit par : Sandra WAGNER | 01 juin 2006
On peut même parcourir un dossier complet sur l'Eduaction Nationale :
http://www.lexpress.fr/info/france/dossier/educationnation/dossier.asp?ida=420722
Bonne lecture à tous !
Ecrit par : Sandra WAGNER | 01 juin 2006
Comment peut-on rendre autrui responsable d’actes que l’on a exercés depuis des dizaines années ?
Comment ne pas faire l’analogie avec le festival de Cannes encore d’actualité récemment. Les meilleurs navets du cinéma ont été primés lors de ces festivals de frime et de fric. Cependant les producteurs vous diront que ce sont les plus beaux et les meilleurs. Comment peut-il en être autrement. C’est normal, on ne peut pas être objectifs lorsque l’on est immergé 24h/24 dans le milieu. On ne peut pas être juge et parti à la fois. Comme vous, ces gens là vous diront également que, si les films sont classés comme navets, ce n’est pas de leur faute mais la faute aux téléspectateurs, ceux qui ont décidé que.
Vous m’avez compris, je ne porte pas de jugement sur le festival de Cannes ni sur le fait que l’on fabrique des crétins mais bien sur votre pamphlet qui globalement prend les gens pour des imbéciles (sauf vous bien sûr). De mémoire je n’ai pas lu, depuis des lustres, de critique plus honteuse. On se doit d’être critique mais pas sans proposer de solutions et surtout pas en proférant des avanies à vos protagonistes. Que de bassesses, de nombrilisme et d’irresponsabilités.
Ecrit par : Alex POTIER | 02 juin 2006
Monsieur Potier pour votre gouverne, JPB a publié un second livre intitulé "A bonne école" dans lequel vous trouverez des propositions fort intéressantes et pertinentes...
Si vous êtes resté sur votre faim je vous suggère de le lire bien évidemment !
Bien à vous
Ecrit par : Sandra WAGNER | 02 juin 2006
Quel preuve de culture, encore une fois!
Alex, permettez-moi de vous faire remarquer que certaines suggestion sont abordées, concernant des réformes, dans "La fraque du chrétien". Je pense que vous avez dû lire ce livre en travers...
Par ailleurs, comme le souligne Sandra, il y a "A bonne école" qui reprend plus en détail les premières suggestions et développe des proposition beaucoup concrètes. Et comme il s'agit d'une "trilogie", sachez, mon cher Alex, qu'un troisième bouquin devrait paraître vers septembre.
Je vous invite également à méditer sur un point:
"Sous prétexte qu'on est impliqué dans un système faillitaire, doit-on systématiquement faire le "canard" et continuer à plonger comme si tout allait bien? Ou doit-on plutot relever la tête et montrer ce qui ne va pas et avançant des suggestions pour sortir de la crise (fûssent-elles par forcément du gout de tous, l'important étant d'en proposer!)
Je remarque aussi que vous n'acceptez pas que l'on critique sans apporter de propositions, et qu'étonnament, vous êtes le premier à le faire, car, qu'est-ce que votre intervention, si ce n'est une critique gratuite?
Si vous pensez, comme nous, que l'éducation va mal, soyez constructif et participez au débat, si vous n'êtes pas d'accord, argumentez-nous vos positions, car nous ne détenons pas la "science infuse" et nous sommes peut-être passé à coté de quelque chose. Mais si vous n'avez que des critiques gratuites et non argumentées, je pense que vous devriez vous remettre légèrement en question avant d'intervenir de nouveau.
Cordialement,
un parent d'élèves heureux que les enseignants et les parents débatent enfin de l'avenir des enfants du pays!
Ecrit par : Yvon GOUGIS | 02 juin 2006
Corrections:
"QuelLE preuve de culture, encore une fois!
Alex, permettez-moi de vous faire remarquer que certaines suggestionS sont abordées, concernant des réformes, dans "La FABRIQUE DU CRETIN".
"qui reprend plus en détailS les premières suggestions et développe des propositionS beaucoup concrètes (fûssent-elles PAS forcément du gout de tous, l'important étant d'en proposer!)"
"relever la tête et montrer ce qui ne va pas EN avançant des suggestions pour sortir de la crise"
Désolé pour les fautes... ...Fatigue, qu'en tu nous tiens!
Ecrit par : Yvon GOUGIS | 02 juin 2006
Votre enseignement n'a été qu'humiliation.
Vous avez cassé et découragé trop d''élèves au Lycée de corbeil Essonnes.
Un médecin me disait :
Quand j'étais son élève il m'a demandé que veux tu faire plus tard. Je lui ai répondu : Médecin
Il m'a répondu d'un air méprisant , c'est un métier de "crève misère" tu devrais changer de choix.
Maintenant, je suis médecin par passion et je gagne mieux ma vie qu'un prof de fac.
Voilà le genre de relations qu'il avait avec ses élèves.
De plus préparer un bac de Français avec lui en première C était mission impossible.....
Voilà tout n'est pas rose chez JPB
Ecrit par : francbourgeois | 07 juillet 2006
A propos des médecins (80% as usual), et des articles paru ces jours si dans la presse, sur leur "qualité" caligraphique (lol).
Votre avis, pourquoi écrivent-ils si mal ?
1° parce qu'ils ne savent pas
2° parce que si ils écrivaient 'proprement' on verrait qu'ils ont une écriture de 'bébé' et que ça fait pas professionnel ;).
3° parce qu'en maternelle on ne leur a pas appris à tenir un crayon
4° parce qu'ils sont bourré du soir au matin
5° parce qu'ils fument des gros oinjs
....
Vous avez le droit à plusieur réponses :o))))))
Bon donc ptêt ton chtit gars:
1) il savait pas écrire correctement
2) il a eu bien de la chance de s'en sortir, parce que maintenant il y en a plein qui rament ;)
Ecrit par : toto | 08 août 2006
Hi Thot Toto, t’as la super bougeotte (j’ai 8 mois de plus que toi, ou ton virtuel, je te tutoie, !
J’ai retrouvé, dans mes vieux dicos, que Thot était dieu du calcul, lecture et écriture, et en gros, chef des scribes.
(Chef des scribes au dessus du panier de scrabes.)
Mais j’ai bien l’impression que tu le savais...
Ecrit par : D'Enguell | 08 août 2006
"t’as la super bougeotte " lol
nan, je cherchais mon "dé-lire" sur la "séquence" Astérix/Meirdeux. Mais je ne l'ai pas trouvé bouhou... bon ce n'est pas grave...
"Mais j’ai bien l’impression que tu le savais..."
rigolo t'as parenthèse, moi je suis un âne... mais j'essaye de me soigner. Merci pour l'info...
Ecrit par : toto | 09 août 2006



