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28 avril 2006

le Dit du tailleur de pierres…

Patrick M*** est tailleur de pierres à Clermont l'Hérault — près de chez moi. Superbe artisan — encore qu'il travaille à son rythme… D'autant qu'il est surchargé de travail — comme tous les artisans capables de la région, et de France.

Il a depuis peu un apprenti : Bac L, Licence de Philo — finalement candidat à un CAP de tailleur de pierres. Exceptionnel ? Pas vraiment. Le Monde de l'Education d'avril 2006 nous emmène à l'école Grégoire-Ferrandi, — une école professionnelle préparant à divers CAP, dont les métiers du cuir et la restauration. Et l'honorable journal qui est le relais habituel de la pensée pédagogiste (mais qui évolue, doucement, parce qu'il a senti que le vent tournait) nous apprend que cette école financée par la Chambre des métiers de Paris reçoit de plus en plus de bacheliers, certains avec un Bac S ou ES en poche, qui, tout bien pensé, se lance dans l'acquisition d'un CAP…
Rien que cela devrait faire réfléchir les imbéciles qui proclament qu'il faut 100% de réussite au Bac… On forme des kyrielles de jeunes diplômés sans espérance professionnelle, et qui, lorsqu'ils ont enfin le loisir de réfléchir, réalisent que leur vocation ne passait pas par des études longues, mais par un apprentissage rigoureux…
Et le Monde de raconter l'histoire de Maguelone, bachelière, en CAP des métiers du cuir, en stage chez Hermès, en passe d'être embauchée sur un CDI… Tout ce que l'on peut en dire, c'est que sa formation généraliste lui aura donné une culture nécessaire… Mais pour quoi ne pas donner cette formation aux apprentis directement ?

D'ailleurs, Patrick M*** a mis du temps à trouver un apprenti. Pensez ! Un travail en plein air ! De la poussière sous les ongles ! Parfois, un tour de reins…

Dans mon minuscule village, un autre artisan (ferronnier d'art, celui-là) ne parvient pas à trouver un stagiaire. Pourtant, il est tout prêt à lui apprendre le métier — un bon métier, apparemment : il a un carnet de commandes plein sur deux ans, et gagne superbement sa vie. Avec ça, coquet, tiré à quatre épingles, les ongles faits, une épouse élégante — seules les mains, puissantes, trahissent l'homme de fer.
Huit kilomètres plus loin, un ami sellier, qui s'est formé à ses frais auprès d'un maître aux USA, dans la plus pure tradition du compagnonnage, ne parvient pas à trouver un apprenti. Cela sent bien bon, le cuir, pourtant… Et des selles de cheval, tout le monde en demande, apparemment, ces temps-ci…
Mais 75% des étudiants rêvent d'entrer dans la fonction publique…
Par quelle perversion ?

Donc, Patrick M*** se plaint. Non que le jeune philosophe ne travaille pas bien — il fait de son mieux, et même si Patrick trouve, comme moi, que c'est toujours un peu insuffisant que de faire de son mieux, il le complimente… "Mais, me dit-il, il a un vocabulaire et une culture d'une insigne pauvreté. En dehors des mots de la philosophie, il ne connaît rien — comme si ses années d'école ne lui avaient rien appris. Et en histoire" — particulièrement en histoire de l'art, un domaine quelque peu utile à un garçon qui fait autant de restauration que de création —, "c'est encore plus dramatique".
Qu'est-ce qui a foiré ? À quel moment ce jeune homme n'a-t-il pas reçu l'enseignement et les savoirs auxquels il avait droit ? Il en avait les moyens, son cursus le prouve — je ne suis pas de ceux qui disent qu'une Licence de philo ne prouve rien… Mais il confond roman et gothique, ignore des notions élémentaires de géométrie (c'est un peu important, figurez-vous, lorsqu'on taille des pierres selon des angles précis), et paraît incapable de communiquer avec une clientèle très particulière, faite de châtelains et de grands patrons, ou les simples amis du patron — intellectuels et artistes.
Pour savoir ce que l'on doit apprendre aux enfants, il faut regarder le bout de la route — tout au bout : qu'attend-on d'un individu à vingt ou vingt-cinq ans ? Veut-on vraiment en faire un inadapté social ? Un buveur de bière(s) téléphage sur canapé ? De la chair à canon et à TF 1 ?
La nouvelle pédagogie, celle que récite un Bégaudeau par exemple, est au service de Bouyghes TV.
Ces pédagogues qui se récitent Rousseau et ne l'ont jamais bien lu devraient savoir que la première chose que Jean-Jacques apprend à Emile, c'est un métier manuel. Le côté systématique est sans doute exagéré. Mais pourquoi en est-on arrivé à mépriser des professions respectables, très demandées, et très rémunératrices ? par quelle aberration ?

J'aimerais que les critiques qui s'expriment ici et ailleurs répondent à ces questions simples. Parce que derrière, il y a une question bien moins évidente, qui est celle du bonheur. Le bonheur ne consiste pas à faire ce que l'on veut à l'âge tendre, mais à parvenir à ses rêves à l'âge adulte. Le bonheur est moins dans le loisir que dans le travail. Et à ceux qui me disent que l'on peut travailler dans le joie, je répondrai que c'était la devise d'Auschwitz.

JP Brighelli

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Commentaires

Ma question est , pourquoi cherche t'on des stagiaires comme vous le dites plus haut , en lieu et place de salariés qualifiés , surtout quand on a une carnet de commande plein pour 2 ans ?

Ecrit par : dg | 30 avril 2006

Parce qu'on n'a pas les salariés qualifiés : mes artisans prennent des stagiaires pour les former — il leur faut environ six mois, à condition qu'ils aient des bases et de la bonne volonté.
C'est la seule justification des stages — et je suis bien d'accord, la plupart des entreprises en usent et en abusent sans donner la moindre formation.
Mais je suis assez partisan d'un système scolaire qui donnerait de bonnes bases polyvalentes, à charge aux entreprises de former professionnellement. Un apprenti-tailleur de pierres n'est pas exploité, même s'il est peu payé, parce que son travail n'est pas rentable — pas vite, en tout cas. On rate beaucoup, dans l'artisanat, avant d'arriver au chef d'œuvre compagnon. C'est tute la différence avec un stagiaire administratif qui est mis au courant an trois-quatre jours et que l'on exploite indûment pendant quelques mois, avvant de le remplacer par un autre. Là comme ailleurs, le smêmes mots ne recouvrent pas les mêmes réalités.
C'est sans doute dans le bâtiment que le système marche (assez bien) depuis le plus longtemps (en fait, depuis l'après-guerre). Les bons stagiaires sont très souvent embauchés, parce qu'on manque de gens compétents. Mais on n'est pas compétent a priori.
JPB

Ecrit par : brighelli | 30 avril 2006

Je rebondis sur vos propos jean-Paul c'est hors sujet mais je crois que cela agrandira malgré tout le champ de réflexion car au fond les réformes qui s'abattent depuis ces trentes dernières années en sont sans doute aussi responsables:
Mon père charpentier/menuisier à la retraite, il y a 4/5 ans, a eu un coup de fil de son ancien patron (alors qu'il était à la retraite depuis 5 ans), ce dernier lui demandait s'il ne voudrait pas revenir lui donner un coup de main sur certains chantiers car il n'était plus en mesure de respecter les délais donnés à ses clients et que son carnet de commande était saturé... alors pourquoi en sommes nous arrivés là ? soyons lucide et critique vis à vis de nous même et des ambitions que nous avons projetées sur nos enfants
Mon père a travaillé 42 ans et n'a "essuyé" qu'une période de chômage de 3 mois...aujourd'hui n'importe quel jeune dans une filière du batiment n'aurait même pas ces 3 mois de chômage au contraire il aurait 60 heure de travail par semaine tant la pénurie de main d'oeuvre est grande ....
Mais mon bon monsieur c'est trop dur ce travail et trop salissant! génération du moindre effort...civilisation du spectacle et du loisir...
que s'est-il passé? il serait temps que nous assumions nos responsabilités...là j'interpelle un peu les parents qui bien souvent ont confondu nombre d'années d'études( et entre nous soit dit ,si on avait maintenu le niveau, beaucoup aurait été à la "ramasse" soyons honnête!) avec niveau de connaissance... l'image sociale! voyez à quel prix nous la payons aujourd'hui...

Ecrit par : Patricia Mesnigé | 30 avril 2006

Il n'y a pas que le côté "dur et salissant" qui rebute bon nombre de candidats au bâtiment. Il y a aussi le salaire. Et force est de constater que si des efforts ont été faits, les organisations patronales du bâtiment préféreront toujours faire appel à l'immigration pour ne pas avoir à les augmenter trop (et à accepter le jeu libéral de l'offre et de la demande dans le marché du travail, qu'ils réclament pourtant à cors et à cris lorsqu'il faut remettre le SMIC en cause...).
Et il faut tout de même remarquer qu'en matière de sécurité par exemple, il s'agit d'un voire du secteur le plus verbalisé par l'inspection du travail. Ce n'est pas un hasard...

Ecrit par : David | 30 avril 2006

Je suis issue des métiers d'art , sculpteur sur bois, après avoir eu mon bac. Je trouve que c'est important d'avoir eu ce bac, car j'ai eu alors la chance de recevoir un peu de cette culture qui me permet de ne pas craindre de lire, d'écrire , parler pour alimenter ma tête, une éducation familliale avec des valeurs , qui valent toutes les ressources financières . Même si ce bac ne valait pas celui des années 60 (c'est un crû de 89...)je peux, grâce à lui, espérer m'ouvrir davantage aux disciplines pour lesquelles je n'ai pas reçu de savoirs spécifiques.(je n'ai pas peur d'aller au collège international de philosophie par curiosité) Sans prétendre avoir la maîtrise de ces disciplines , mais au moins pouvoir y accéder et construire une pensée raisonnée et propre , un tant soi peu de références qui ne me laissent pas le sentiment de devoir me taire devant les autres ou d'user de violence . Ainsi , grâce à ce bac, je sais que je peux continuer à m'instruire des questions intellectuelles et politiques qui traversent notre société. Défendre les savoirs à l'école me passionne d'autant que j'ai pour elle la reconnaissance de m'en avoir donné un petit bagage qui me laisse libre de former un jugement, sans croire en être la seule référence de manière définitive . Ce que j'espère voir se transmettre encore. L'aptitude à la curiosité, la satisfaction de découvrir et d'apprendre, peu importe le cursus . Curieusement, je n'ai pas eu la même chance de trouver le bonheur de l'exercice du métier , car je vois décliner certains savoirs faire à mesure que le marché impose ses lois. Et je ne peux m'empêcher de penser à travers les quelques connaissances dont j'ai reçu l'héritage, qu'on ne peut pas raisonnablement accepter que les savoirs ne soient d'une adaptation utilitariste
aux besoins économiques de la société. Car alors comment se penser maître de sa destinée, égal de ses pairs, libre de son jugement , sans ce bagage minimal ?
Un carnet de commande plein dans les ateliers et 60 heures de travail par semaine, j'ai connu. Ce n'est pas non plus une vie.

Oui les métiers manuels doivent être mis en avant. N'importe quel métier d'ailleurs. Tant qu'on nous laisse l'accés à cette culture essentielle qui fait de nous des sujets, et non une simple main d'oeuvre, corvéable à merci .

Ecrit par : dg | 01 mai 2006

Nous sommes des collègues de promotion. J'ai eu mon bac en aussi. Cela dit, cela veut peut-être aussi dire que vous avez passé le brevet de 1986.
Ce dernier a eu 49 p100 de réussite sur la France. Il fut abandonné dans cette formule (les épreuves sur table prédominaient le contrôle continu) par démagogie par M.Monory l'année suivante. Et ce brevet de 1986 valait bien (en français et histoire-géo au moins, peut-être pas en mathématiques) le bac de maintenant. Je parle sous le contrôle de M.Brighelli qui l'a peut-être corrigé et qui est plus apte à juger que moi qui l'ai passé...

Ecrit par : David | 01 mai 2006

EN réponse à David…
Pendant qu'on y est avec les modèles scandinaves… On nnous parle du modèle danois, du modèle suédois… Savez-vous que le SMIC local est exactement le double de notre SMIC national ? Quand je dis qu'il faudrait refaire des accords de Grenelle… C'est sûr, l'augmentation des salaires obtenue par Grenelle I en 1968 a finalement été mangée par l'inflation, comme disait Makhno hier. Mais ça a drôlement fait du bien, pendant un an ou deux.
Quant à savoir comment augmenter le SMIC… Il est certain que nombre d'entreprises sont écrasées de charges — pendant que d'autres, les plus grandes souvent, ne paient pas grand-chose, proportionnellement. Chaque fois qu'il y a eu une avancée sociale (les congés payés, la semaine de 40 heures — puis 38, puis 35 —, le SMIC, les entraves aux licenciements abusifs), le patronat a hurlé. Puis non seulement il a toujours fini par s'y faire, mais il en a profité. Que serait la productivité sans les congés payés ?
JPB

Ecrit par : brighelli | 01 mai 2006

Pour répondre à David,
certes le salaire est aussi la motivation première mais dans certains secteurs du batiment il est supérieur à celui de certaines fonctions administratives notamment celle de préposé de la poste (concours d'entrée où le nombre de candidats explose)...Je voudrais préciser suite à mon commentaire ci dessus que la main d'oeuvre issue de l'immigration n'est pas une solution qui satisfasse les patrons de PME du batiment car bien souvent , cette main d'oeuvre est loin d'avoir le savoir faire elle n'est qu'un pis-aller et cela a parfois des conséquences facheuses dans la confiance que les clients peuvent porter à leur travail dont le résultat conduit de plus en plus à des réclamations très justifiées...
si le patron de mon père l'a rappelé c'est pour lui demander de venir suppléer les apprentis qui se succèdent dans son entreprise et qui lachent leur apprentissage après la première semaine voire le premier jour de travail parce que c'est bien trop difficile de se lever tôt où d'être sur un chantiers par tous les temps et ce n'est malheureusement pas pour lui demander de transmettre son savoir faire car dans ce cas la demande pourrait être acceptable, les "anciens" sont prêts à former les plus jeunes, en fin de carrière c'est une belle valorisation de leur travail ...
c'est bien l'image de ces métiers qu'il faut revaloriser, c'est bien aussi la notion d'effort qu'il faut réintroduire dans l'école...

Ecrit par : Patricia Mesnigé | 01 mai 2006

En réponse à JPB,

Je suis assez d'accord avec vous mai je pense que le contexte mondialisé du capitalisme devrait nous inciter à mettre en oeuvre le concept de TVA sociale afin de moins asseoir notre protection sociale sur les salaires mais aussi sur nos importations. Mais nous nous écartons de l'Ecole...

Vous ne m'avez pas répondu sur la cuvée 1986 du Brevet...

Ecrit par : David | 01 mai 2006

Je n'ai pas fait passer le brevt 86 — je faisais passer le Bac, cette année-là. Ce que je peux vous dire, c'est que Sauver les Lettres, qui se bat pour remettre les programmes du collège et du lycée dans le bon sens, a repris la dictée du Brevet 85, il y a deux ans, et l'a fait passer à des 2500 collégiens actuels. Bref, si je me rappelle bien, 15 ou 20% des élèves de 85 avaient 0, et plus de 50% en 2004. Vous trouverez les détails sur
www.sauv.net
JPB

Ecrit par : brighelli | 01 mai 2006

http://www.sauv.net/dict0900ana.htm

En fait l'expérience de Sauver les lettres concernait 1988 et non 1985. J'étais sûr d'avoir passé le brevet "Chevènement" cuvée 86. Celui-ci donnait une prédominance aux épreuves écrites, lesquelles étaient donc rétablies cette année là. Devant le taux d'échec (51p100) dont une catastrophe en région parisienne, le père Monory, arrivé entretemps, a fait prédominer le contrôle continu sur les épreuves sur table.

Ecrit par : David | 01 mai 2006

Voilà ce que c'est que de ne pas vérifier… Ça, et l'Alzheimer précoce… Merci, David, de remettre de l'ordre dans le cataclysme lent qui a frappé l'Education…
JPB

Ecrit par : brighelli | 01 mai 2006

Bonsoir à tous,

J’avais eu envie, dès vendredi, de réagir à ce nouveau commentaire de JPB « le Dit du tailleur de pierres… » et puis j’ai choisi un autre débat…

Mais maintenant que les premiers échanges ont eu lieu, quelques remarques, précisions….apports au débat sur l’école.

Un des systèmes de formation des apprentis dans le bâtiment - 62000 jeunes en formation l’année dernière - a le souci d’accueillir des jeunes qui ont fait le choix de devenir des professionnels du bâtiment et pour cela il s’en donne les moyens :
- en informant les jeunes des collèges sur les différents métiers
- en rencontrant les jeunes avant leur signature de contrat d’apprentissage pour valider leur projet professionnel
- en assurant un suivi des jeunes tout au long de la formation
-et encore bien d’autres choses.
La formation comprend de l’enseignement général et de l’enseignement professionnel. Les formateurs vont voir les jeunes dans leur entreprise, les maîtres d’apprentissage sont reçus dans « l’école ». Les échanges sont constants pour que la pratique en entreprise arrive au bon moment avec l’enseignement de la « théorie » à l’école. Les mathématiques, tout à coup, prennent tout leur sens pour ces jeunes. Et oui quand l’exercice d’apprentissage du théorème est mis en perspective avec la construction d’un mur, d’une charpente, alors les maths, c’est sûr, on se force un peu. D’abord parce que l’on réalise que cela sera utile à l’obtention du diplôme (!) mais ensuite et surtout parce que cela sera indispensable dans l’exercice du métier.

Parmi ces jeunes, il y a ceux que l’EN a décidé d’exclure, ceux qui ont eu un bac…pour faire comme les copains ou pour faire plaisir aux parents et puis ceux qui aiment déjà un métier.
Ils sont motivés, ils en bavent mais s’accrochent. Ils ont 16 ans comme les copains restés au collège ou passés au Lycée mais eux se lèvent à 5 ou 6 heures du matin et sont sur les chantiers qu’il pleuve ou qu’il neige. Ils sont fiers parce qu’ils sont salariés et pourtant ils doutent et parfois craquent. (qu’est-ce que ce sera avec« l’apprentissage-junior » ….).

Les chefs d’entreprise qui les forment, souhaitent vraiment les voir rester dans leur entreprise et, en effet, nombreux sont les « anciens » qui aiment les « tutorer ». La profession a aussi été la première en Août 2005 à avoir relevé les salaires des apprentis pour les attirer certes mais aussi pour reconnaître cet engagement.
Alors bien sûr, il y aura toujours des jeunes qui lâcheront et décevront des chefs d’entreprise, mais, sachez, qu’il y a de plus en plus de jeunes qui veulent apprendre un métier du bâtiment.

Au delà de ces quelques informations sur un système de formation, mon objectif est plutôt de poser quelques questions.
Serait-il possible de cesser d’imaginer l’avenir de nos enfants qu’au travers de l’obtention du bac et serait-il possible aussi que le discours des profs en collège change ?

Pour nombre de ces derniers, les métiers manuels ne sont que des voies de garage. J’ai eu autour de moi, le cas de 2 frères. L’aîné a voulu absolument passé un bac scientifique, il ne l’a jamais eu. Il a réussi à retomber sur ses pieds - je dis « retomber sur ses pieds » parce que dans le domaine général sans le bac, ce n’est pas simple- et va de CDD en CDD depuis de nombreuses années et devrait, à 26 ans, signer un CDI. Le second a toujours voulu faire de l’horticulture. Au collège, il a eu du mal à suivre et c’est avec plaisir que l’EN lui a dit (demandé ?) de quitter la voie classique. Il est une de ces victimes d’une méthode de lecture que je ne citerai pas- il était incapable de réciter l’alphabet en 6ème…
Depuis la fin de ses études, ce jeune a toujours travaillé en CDI. Il est le plus jeune mais a déjà plus d’années de salariat que son frère et quand ces deux jeunes parlent du bac, devinez lequel se moque de l’autre ?

J’ai foi en notre jeunesse, ce n’est pas une génération du moindre effort. Des études auprès des jeunes diplômés de l’enseignement supérieur montrent également qu’ils sont prêt à beaucoup donner à l’entreprise. Ils sont prêt à travailler au delà des 35 heures légales, à se « donner » pour leur entreprise mais attendent en retour, aussi, reconnaissance de la part de l’entreprise. Mais si le « deal » n’est pas respecté alors ils partent ailleurs.

Nous nous éloignons du débat qui nous intéresse… pas tant que ça finalement.
Qu’avons-nous fait comme promesses à ces jeunes que nous n’avons pas su tenir ? Qu’attendaient-ils de l’école qu’ils n’ont pas trouvé ?

Cela ne sert à rien de laisser des jeunes s’engager dans des filières sans débouché professionnel. Le débat a eu déjà lieu sur ce blog ce week end, je ne veux pas le relancer.
JPB dit sur ce blog : « On doit pouvoir s'instruire par plaisir — et pourquoi ne pas faire alors des Lettres, des Arts plastiques, ou même de la psycho ? Mais en même temps, il faut renoncer à réclamer à cor et à cri un boulot rémunéré correspondant à ces études … »

Alors, donnons plutôt les moyens à nos jeunes de savoir, au plus tôt, quel métier ils veulent faire ou quelles sont les filières qui leur permettront de trouver un emploi.

Savez-vous qu’un milieu comme la Banque qui a peu recruté dans les années 90 a créé, il y a quelques années, sa propre filière Bac+2 ? Formation gratuite et permettant donc d’obtenir un BTS.
Les banques ont ainsi développé une formation en alternance sur mesure. Et croyez bien que la sélection est réelle. Tout d’abord, à l’entrée en formation : bac obligatoire, tests techniques et entretien de motivation. Puis tout au long de la formation, chaque jeune est suivi, évalué par un tuteur et enfin en fin de formation, la confirmation du jeune est décidée après avis des différents intervenants de la formation.

J’ai été bien longue mais encore un dernier mot pour revenir au bâtiment.
J’apprends beaucoup en vous lisant les uns et les autres, permettez moi de vous apprendre, peut être, à mon tour quelque chose : on ne dit plus plombier parce que les tuyaux ne sont plus en plomb…plus justifié que la disparition d’instituteur, non ?

With Love
Colomba

Ecrit par : Colomba | 01 mai 2006

Voilà ce qui arrive quand de vrai(e)s spécialistes prennent la parole : on a de vraies informations. Merci à Colomba, qui est du bâtiment, si je puis dire…
JPB

Ecrit par : brighelli | 02 mai 2006

With Pleasure, Cher Maître.

Ecrit par : Colomba | 02 mai 2006

Valoriser les métiers manuels, OUI. Mais l'école ne devrait-elle pas inciter les jeunes, qui ont des difficultés scolaire, à découvrir cette voie.
Je vis à l'étranger, dans un pays ou malheureusement, il y a beaucoup de pauvreté.
Eh bien, je suis admirative de toutes ces personnes qui sont sans diplôme et qui travaillent dans l'artisanat.
Le cordonnier : il y en a partout. Et ils ne réparent pas que les chaussures. Les valises, les sacs à main. Ils teignent les chaussures. Ils réparent n'importe quoi, et il n'y a jamais de "ce n'est pas possible".
La restauration, il n'y a pas d'école d'hôtellerie. Les serveurs ou autres sont formés dans les restaurants. Un accueil formidable, toujours le sourire. On laisse toujours 10% de la facture au serveur en liquide, c'est une coutume.
Il y a aussi ceux qui lavent les voitures dans les parking des grandes surfaces et dans la rue.
Il y a ceux qui vont garer votre voiture contre une petite pièce, ou qui vous la garde afin de ne pas avoir de PV.

Je pourrais citer des centaines d'exemple de petits travaux.
Et je tiens à souligner que toutes ces personnes travaillent toujours avec le sourire et dans des tenues irréprochables.
Et souvent ils vivent des des endroits ou jamais un francais (même dans les banlieues) ne voudrait vivre.
Ils sont fiers de leur travail, cela serait impensable chez nous, mais au moins eux, ils sont courageux et savent ce qu'est travailler pour vivre.
Ils n'y a pas d'ANPE, une sécurité sociale dérisoire, pas d'allocations logement ou familiales........ mais les gens travaillent et personne n'a honte de ces métiers manuels indispensables dans la vie d'un pays.
En France le travail manuel est devenu un luxe (orfévrerie, couturier, ébénisterie, tailleur de pierre, empaillage, restauration de meubles... et j'en passe. Ici, non, il y a tous ces métiers à tous les niveaux et à tous les prix.

Par ailleurs, je tiens à souligner, qu'au niveau de l'école francaise, je suis désespérée, c'est le même concept que dans les écoles francaises (hormis l'apprentissage des langues). Il faut reconnaître que l'immersion totale favorise l'apprentissage des langues.
Et de plus la scolarité est extrêmement onéreuse.
L'apprentissage de la lexture est la méthode globale, la conjugaison et grammaire sont survolés, et les maths n'en parlons pas. Et comme en France, les parents sont obligés de faire faire du soutien scolaire aux enfants avec tout ce qui s'en suit sur ce juteux marché développé par l'école.

Je m'offusque quand j'entends dire que l'école francaise à l'étranger est excellente. C'est une véritable utopie.

Ecrit par : Carole | 06 mai 2006

Votre témoignage est fort intéressant Carole. Toutefois, il l'aurait été davantage si vous nous aviez indiqué de quel pays il s'agissait.
Cordialement,

DD

Ecrit par : David | 06 mai 2006

David

Je suis expatriée au Mexique. très exactement à Mexico D.F.

Ecrit par : Carole | 06 mai 2006

Je vous remercie de cette précision, qui éclaire d'autant plus votre témoignage.

Ecrit par : David | 07 mai 2006

Petits travaux et sourire...j'en reste songeuse.
Du moment que l'on reste celui qui donne le pourboire....
Excusez moi, mais difficile de ne pas trouver cette contribution un rien provocante...

Ecrit par : DG | 07 mai 2006

DG

Cette contribution n'a rien de provocant.
Dans tous les pays, nombre de personnes n'ont pas la capacité ou les moyens de suivrent des études.

Cette contribution est tout simplement constatée sur le terrain.

C'est vraiment un cliché purement francais que de ne pas vouloir accepter que certains soient obligés de faire un travail manuel.

Actuellement en France, il y a 360 000 jeunes en apprentissage si mes souvenirs sont bons.
Ce n'est pas suffisant.
L'Allemagne, notre voisine, elle en a 1 million 600 000.

Et lorsque vous parlez de pourboire, les serveurs ou autres ne l'ont que rarement, puisqu'il est indexé sur la facture globale.
Alors qu'au Mexique, le pourboire est dû pour la personne qui rend service. Et cela dans tous les métiers manuels, même pour les pompistes.

Si vous réagissez comme cela "petits travaux et sourires", on peut très bien comprendre pourquoi la France vit d'inertie.
J'aime la France, mais j'avoue très sincèrement, que lorsque je rentre dans mon pays, il est triste, les gens sont tristes, pas de sourire sur les visages, et c'est le constat de beaucoup d'expatriés.
Alors, oui, on a vraiment hâte de retourner dans notre pays d'expatriation.

Ecrit par : Carole | 08 mai 2006

DG

Cette contribution n'a rien de provocant.
Dans tous les pays, nombre de personnes n'ont pas la capacité ou les moyens de suivrent des études.

Cette contribution est tout simplement constatée sur le terrain.

C'est vraiment un cliché purement francais que de ne pas vouloir accepter que certains soient obligés de faire un travail manuel.

Actuellement en France, il y a 360 000 jeunes en apprentissage si mes souvenirs sont bons.
Ce n'est pas suffisant.
L'Allemagne, notre voisine, elle en a 1 million 600 000.

Et lorsque vous parlez de pourboire, les serveurs ou autres ne l'ont que rarement, puisqu'il est indexé sur la facture globale.
Alors qu'au Mexique, le pourboire est dû pour la personne qui rend service. Et cela dans tous les métiers manuels, même pour les pompistes.

Si vous réagissez comme cela "petits travaux et sourires", on peut très bien comprendre pourquoi la France vit d'inertie.
J'aime la France, mais j'avoue très sincèrement, que lorsque je rentre dans mon pays, il est triste, les gens sont tristes, pas de sourire sur les visages, et c'est le constat de beaucoup d'expatriés.
Alors, oui, on a vraiment hâte de retourner dans notre pays d'expatriation.

Ecrit par : Carole | 08 mai 2006

À propos de l'enseignement dans les lycées français à l'étranger…

Les témoignages des Inspecteurs Gén&éraux qui y vont (et certains avouent en privé n'y aller au fond qu'en villégiature, ou à peu près) sont très contrastés. Autant certains pays, certaines villes sont très au dessus du panier (Rome, Athènes, Los Angeles, Sydney), autant d'autres suivent aveuglément les consignes, avec des moyens encore inférieurs à ceux des écoles françaises. Par ailleurs, les profs qui y enseignent avaient autrefois des qualifications de haut niveau : c'est de moins en moins le cas, simplement parce qu'un agrégé coûte plus cher qu'un certifié, qui coûte plus cher qu'un auxiliaire, etc. La logique du marché a durement frappé les établissements étrangers, parce qu'ils dépendent conjointement de deux ou trois ministères, qui s'écharpent pour faire des économies de budgets les uns sur le dos des autres. Enfin, les situations locales, et les recrutements locaux (en clair, la pression parentale), faussent encore le système.
JPB

Ecrit par : brighelli | 08 mai 2006

Carole,

Comparaison faussée et différence énorme , selon moi, entre une politique volontariste (possible en France) qui encourage les métiers manuels de pair avec une bonne culture générale (mon Gr Père avait le certificat d'étude, était sabotier, et savait gérer ses affaires) et les conditions de pauvreté qui pousse tout un chacun ( exclusion scolaire) à exercer n'importe quel petit boulot pour s'en sortir: laveur de vitres de voitures, cireur de chaussures, surveillant de voitures individuelles....voilà bien des caractéristiques de vie que je ne souhaite pas à mes compatriotes, contrairement à ce que peut laisser sous entendre votre comparaison .
D'ailleurs, ils ne doivent pas tous tant sourire que cela au Mexique, que d'être des millions à tenter la traversée de la frontière EU. Mais bon, si c'est ça le chemin pour ne pas rester inerte...après vous madame...
Non vraiment, je ne comprends pas ce que vous voulez démontrer que de comparer des conditions de vie pauvres, et ce qui se passe en France, pour les métiers
manuels.
Ce qui a défavorisé par exemple les métiers d'artisanat de proximité (bouchers, cordonniers, couturiers, patissiers, ...) c'est la consommation de masse (ce qui se passe aussi dans les métiers de l'agriculture) et le recrutement nécessaire dans les filières de grosse production comme l'industrie informatique, automobile, agroalimentaire.
Faut il s'en plaindre que d'avoir donné des postes à des millions de personnes ?
On ne peut pas dire d'un côté qu'il faut être l'Europe des connaissances(technologies informatiques) la plus compétitive du monde et de l'autre constater à regret la perte des métiers manuels. Ni faire ses courses en grande surface, ou commander à la redoute et se plaindre par la suite qu'il n'y a pas assez d'artisans boulanger, boucher, patissier, cordonniers, couturiers ...etc. Car ce n'est pas du tout la même logique politique d'approvisionnement , de production, de coût et de consommation. (Et d'ailleurs le droit favorise davantage le statut juridique des sociétés de capitaux que le statut des artisans )
Il n'y a pas de sot métier manuel. Il n'y a que des perspectives à donner pour suivre ces filières qui n'en fassent pas des voies par défaut, parce qu'on échoue ailleurs, ou pour sortir de la misère. On peut y penser bien en amont.

Ecrit par : DG | 08 mai 2006

Dg

"contrairement à ce que peut laisser sous entendre votre comparaison"

Il n'y a aucun sous-entendu. Je veux simplement dire que pour tous types de population, il y a toujours le moyen d'effectuer un job.
Si j'ai donné des détails simples sur des jobs simples,c'est uniquement pour soulever le problème qu'en France, il n'y a plus de service de tout ordre.

De plus, je n'ai jamais évoqué l'exemple du cireur de chaussures. J'aurai peut-être dû, car c'est une véritable industrie de rue. Et je vous ferai remarquer que tous les mexicains de tout niveau de classes sociales les utilisent.

Et de plus il n'y a rien de discriminatoire, uniquement dans la tête des francais.
J'ai parfois l'impression que travail manuel = honte..... et abus. Il ne faut tout de même pas exagérer.

Un détail : quand vous faites votre marché, les marchands de légumes ou autres vous parlent en anglais.
Eh, oui, l'anglais est étudié à l'école mexicaine publique et privée, dès l'école maternelle.

Immigration : vous parlez de ceux qui traversent la frontière.
Il n'y a pas que des illégaux. Il y en a beaucoup qui vont faire leurs études aux U.S. Et le dollar ayant plus de valeur que le peso, beaucoup rêvent des US. Et veulent y aller, non pas pour profiter des acquis sociaux comme en France, mais pour travailler. Vous connaissez, je pense les "acquis sociaux" des US.
Et vous savez les généralités de ce que vous entendez à la TV sont extrêmement orientés.

Il serait effectivement plus utile, d'engager un débat sur la baisse des charges des artisans, sur leur modèle d'imposition et le statut juridique global de l'artisanat.

Production de masse: Ici elle existe. Automobile, agro-alimentaire, vestimentaire, informatique, électronique, invasion des produits venant de Chine, et il y a en plus une concurrence énorme au niveau des grandes marques mexicaines, américaines et mondiales. Et bien, je puis vous certifier que l'artisanat vit et vit très bien.

Alors, je vous en prie, il faut savoir regarder autour de soi et ne pas faire d'analyse défaitiste. Il faut vraiment arrêter de faire l'autruche.

Ecrit par : Carole | 08 mai 2006

M Brighelli,

Ecoles francaises à l'étranger.

Les écoles à l'étranger sont gérées à la fois par l'A.E.F.E, le Minitère des Affaires Etrangères et l'Education Nationale.

Il est vrai que l'état francais contribue de moins en moins aux dépenses de l'éducation.

Mais, ne croyez pas que les locaux sont minables.
Les locaux sont corrects, équipés de caméras, ordinateurs à disposition des élèves, les bureaux de la direction sont parfaits (beaucoup d'écoles francaises aimeraient travailler dans ce type de conditions).

Ce qui pêche, effectivement, c'est le contenu des programmes.
C'est simple. Il y a d'excellents professeurs (rare) expatriés.
Il y a des enseignants résidents dont le salaire n'a rien à voir avec les expatriés.
Puis, il y a les enseignants locaux (formés sur le tas) aux dires du Directeur actuel.
La première guerre est la guerre intestine des salaires entre les différents enseignants et leur niveau de compétences.
Les enfants, pour beaucoup, passent au second plan.

Les moyens : exemple : scolarité pour 2 enfants (un dans le primaire et un au collège) = 120 000 pesos. Soit 10000 euros (y compris livres et fornitures scolaires) = pour parler en francs 65 000 francs.

Faites le calcul pour 3000 élèves (je dois dire que 600 enfants obtiennent les bourses) + les aides de l'état francais et les aides de l'état mexicain.

Vu le niveau, j'ai tout simplement dit au directeur qu'en France, je payais une école pour mes enfants, mais je ne me posais aucune question sur leurs apprentissages.

Réponse de ce monsieur : vos enfants étaient dans une école élytiste.

Je lui ai répondu : Cela vous appartiens de la juger ainsi, mais dans votre établissement, le résultat c'est que l'on paye pour que nos enfants portent un bonnet d'âne.

Et Monsieur Brighelli, c'était bien avant la sortie de votre livre, que j'ai d'ailleurs lu avec grand plaisir, tellement votre constat est réel.

Ecrit par : Carole | 08 mai 2006

Carole,

J'entends bien vos précisions et vous donne celle du cireur de chaussures. Je me doutais qu'elle existait forcément au Mexique. ( En France au lieu de conserver longtemps ses chaussures et les faire suffisement solide pour pouvoir les cirer longtemps, on les jette et on les rachète. De même chacun achète son kit de cirage et de brosse en grande surface)
Les petits boulots que vous décrivez ne me semblent possibles que parce qu'ils correspondent à un mode de vie pauvre et de consommation différent que celui que nous connaissons en France . Vous soulignez à juste titre que l'inondation de certains marchés n'empêche pas de recourir à des fabrications artisanales et manuelles au Mexique. Mais au Mexique il y a plus de 30% de familles en dessous du niveau de pauvreté . C'est donc certainement aussi de la débrouille.
Et est ce que la législation méxicaine est aussi sourcilleuse que la législation en France sur les activités ? Car vous ne pouvez vendre le fruit de votre travail que dans le cadre de règles bien établies.(regardez tout ces petits commerces sauvages appréhendés par la force publique) Alors pourquoi cette comparaison rapportée à la France ? En quoi est ce faire l'autruche que de considérer la comparaison faussée par les conditions de vie de deux pays, si différents par leur histoire, leur culture, certainement l'encadrement de leur législation ?
Il serait d'ailleurs intéressant de voir quelles réflexions et réactions ferait naître une législation en France autorisant les petits jobs que vous décrivez. Honnêtement, en France, qui voudrait vivre de ces petits services en lieu et place de l'obtention d'une véritable formation à un métier manuel et d'un statut social?

Ecrit par : dg | 08 mai 2006

La devise d'Auschwitz était "arbeit macht frei" ; un peu différent donc de la joie, donc (que le travail peut bel et bien procurer, ne vous déplaise).


Plus je lis ce blog, plus je me dis que j'ai eu une chance formidable de connaître l'école primaire des années 90, au lieu des poussiéreuses pédagogies dont M. Brighelli et ses acolytes se font les thuriféraires.

Ecrit par : Filochard | 08 mai 2006

Cher monsieur DG

Je ne sais pas si vous avez bien lu mon mail du 6 mai. Mais je parle aussi dans ce mail (ébéniste, couturier, orfèvre.... )métiers qui sont devenus un luxe au niveau de l'artisanat francais et qui existent au Mexique, mais qui existent aussi au Brésil, US, Argentine.....

Tout le paradoxe est : que se soit de l'artisanat reconnu ou de l'artisanat simple, en France, rien n'est possible.

Bien sûr, que le Mexique et la France ne sont pas comparables.
Bien sûr qu'il y a de la pauvreté
Bien sûr que la législation n'est pas comparable
Bien sûr que le mode de vie est différent

Mais, toutes ces personnes travaillent, et ne profitent pas des acquis sociaux puisqu'il n'y en a pas. La moyenne est de 50 heures par semaine. Une partie des francais devraient voir un psy pour faire face à cette contrainte.

Donc, je souligne à nouveau que je les admire, et qu'en France si au lieu d'entretenir beaucoup de personnes avec les aides sociales, cela nous aurait évité de perdre le courage de travailler , à savoir vivre et être reconnu socialement.

La législation, on croule sous la législation en France et elle bloque les créations d'entreprises, elle bloque tout d'ailleurs.
35h, les élèves et étudiants travaillent plus que les salariés.
Le goût de l'effort et du travail ont disparu pour beaucoup.

Je voulais faire une comparaison complétement aux antipodes de ce qui existe en France, et monsieur, vous ne retenez que ce qui vous convient.

C'est dommage, je voulais démontrer, que malgré la misère, il y en a qui ont le courage de se lever le matin.

Ecrit par : Carole | 09 mai 2006

à Carole,

Je ne retiens pas ce qui m'arrange, et je m'inscris en faux dans vos dernières affirmations pour le moins loins du monde du travail , sur ceux qui en France ne se lèveraient pas le matin. (Vous êtes finalement plus défaitiste que moi.) Figurez vous , (je suis une demoiselle, vous ne pouviez pas forcément le deviner)
que beaucoup de français travaillent bien plus que vous ne le
pensez. Vous choqueriez beaucoup de corps de métiers qui donnent sans compter de leur temps dans le travail (même certains profs que je connais sont trés fatigués et usés par le travail qu'ils fournissent). Je fais partie sans doute des personnes qui savent ce que travailler 200 heures dans le privé, mensuellement , signifie en moindre qualité de vie et de santé , les nuits et les dimanches dans des conditions dignes du 19ème. 48 heures de travail par semaine voire davantage suivant les commandes, j'ai connu et je ne le souhaite à personne. ( Mon employeur par contre lui se portait grassement au sens propre et figuré) . Vous n'imaginez pas le nombre de français que je cotoie qui ne comptent pas leurs heures supplémentaires dans leur travail et des conditions que sûrement vous ne connaitrez pas vous même si vous êtes enseignante. Le goût du travail et de l'effort n'ont de sens que s'ils s'incrivent dans la juste reconnaissance de ceux qui le produisent. Et la reconnaissance, c'est ce qui symboliquement nous permet de vivre, tout autant pour assumer une dignité (sociale)que des conditions matérielles suffisantes, rester en bonne santé. Il y a en France un esprit social, hérité de la révolution, inscrit dans notre constitution. De la à dire qu'il perde de son sens parce que Vous dites qu'il empêche les français de se lever le matin et d'avoir le goût de l'effort ... c'est loin de la réalité. Quelques cas sans doute. Et pour sûr, dans la misère on se lève quand même, car vivre est bien une necessité. Ce qu'il faut avant d'en arriver là surtout, c'est rétablir une justice: l'effort de sa tête et de son corps se paye aussi, beaucoup plus que de faire travailler l'argent sur un compte d'actions. Le gout de l'effort est important, je suis entièrement d'accord. Ce sont les familles et l' école qui en transmettent le sens.

Ecrit par : dg | 09 mai 2006

Chère mademoiselle DG

Mais non, je ne choquerais par plusieurs corps de métier.
Il ne faut pas se voiler la face.
Demandez a un patron de PME, s'il n'a pas de mal à trouver du personnel qui veuille travailler et qui soit correctement formé ?
Regardez les offres d'emploi du bâtiment, de l'hôtelllerie......elles existent et peu de monde s'y précipite.

De plus je ne suis pas enseignante, mais depuis que je suis à l'étranger, j'enseigne l'anglais, le latin, le francais (grammaire, conjugaison et syntaxe à mes enfants). Je leur fais découvrir Maupassant (inconnu à l'école publique..) Je n'ai pas le choix, je fais comme beaucoup de parents, je comble les lacunes de l'EN.

Je ne connais pas de profs usés par leur métier. Ce qui ne retire en rien le fait que beaucoup de profs sont excellents et beaucoup sont sans compétences. Sans compter les moyens.
Je suis très dure, effectivement. Mais c'est un constat.

Enfin, nous sommes d'accord sur un point, "le gout de l'effort est important".
Des familles le transmette.
D'autres pas,
L'école, il y a peut d'établissements qui transmettent cette qualité. La "qualité" transmise actuellement serait plutôt l'oisiveté, le manque d'approfondissement des fondamentaux et l'inculture.

Ecrit par : Carole | 09 mai 2006

Pour le bâtiment, je suis assez d'accord avec vous, nous n' avons pas assez de jeunes formés pour ces métiers et même une hausse sensible des salaires ne suffirait pas à combler les insuffisances.
En revanche, nous formons chaque année dans nos lycées hôteliers beaucoup de jeunes rompus aux métiers de bouche.
Et une question se pose tout de même. Pourquoi un nombre négligeable d'entre eux abandonnent vite ce secteur lui préférant parfois le travail à la chaîne à l'usine (j'en ai connu quelques uns) ou même le secteur de la grande distribution pas particulièrement connu pour avoir des conditions de travail formidables ?
Il faudrait que dans ce secteur, les employeurs fassent un peu d'autocritique dans la manière de traiter leurs personnels. Certains gagneraient même à traiter parfois un peu mieux leurs clients (et notamment ceux qui y amènent des enfants). La position de numéro un de la France au niveau du tourisme a gonflé la tête de bon nombre d'entre eux. Si avoir un client allemand, américain ou chinois servis par un philippin, un indien ou un mexicain constitue leur horizon, il ne faut pas qu'ils s'étonnent qu'on ne se batte pas tant que ça en haut lieu pour qu'ils obtiennent la pourtant nécessaire baisse de TVA qu'ils réclament.

Ecrit par : David | 10 mai 2006

A Carole,

Je trouve qu'il y a une différence de taille entre dire d'une part que le système social n'encourage pas les gens à travailler et de l'autre que les employeurs ne trouvent pas de personnel formé.
D'en faire la demonstration que vos pairs ne veulent pas travailler c'est un raccourci arbitraire... mais peut être cela vous suffit il et vous permet de retomber sur vos pieds.
Je pense que vous n'êtes pas objective et que vous vous contentez des affirmations entendues à droite ou à gauche.
Alors pour relativiser ces propos, je vous donne l'exemple connu de personnes voulant travailler dans un secteur qui a priori n'est pas le leur, et qui se voient refuser les places parce que les employeurs ne veulent pas les former.
On peut chacune ressortir des cas particuliers et en faire des généralités subjectives.
Je pense qu'il ne faut pas se voiler la face...

Ecrit par : dg | 10 mai 2006

Merci David.

Concernant l'hôtellerie, je sais qu'il y a des écoles qui forment des jeunes, et malgré ces jeunes ne restent pas.

Mais en France, le mot RESPECT, quoi que l'on puisse en dire n'existe que rarement. Savoir respecter celui qui vous sert devrait être une obligation. C'est un vaste débat.

Par ailleurs, le salaire ne changera rien.

De plus faire 35h en usine donne plus de temps libre, qu'en hôtellerie où il a plus de contraintes horaires.
Les 35h sont une forme d'incitation à de moins en moins travailler. Et ce qui est paradoxale, c'est que l'on veut gagner toujours plus.
C'est une utopie.

L'année passée, un hôtelier du Sud de la France me disait.

On peut cumuler des contrats partiels avec les assedics. Que croyiez-vous que fassent les gens. Si on leur propose un contrat CDD,CDI, ou contrat partiel, ils n'en veulent pas.
Ils perdraient les avantages donnés par l'état.
Au final, ils préfèrent faire 20 heures + assédic + allocations familiales + allocation logement et de plus, ils ne sont pas imposables.
Je pense que c'est tout un système à revoir.

Dans le cadre de ces métiers, il faudrait faire comme au Danemark.
On a une formation de base, on est au chômage, après 3 propositions de l'ANPE, stopper le système des allocations.
Et si l'on veut changer de métier, dû à une erreur de parcours, reprendre une formation qui débouche obligatoirement sur un emploi.

Mais en France, il n'y a aucun système de gestion centralisé et c'est "la débrouille" dans tous les sens du terme pour pouvoir bénéficier d'aides diverses et variées. Les initiés connaissent très bien le système.

Ce matin, je regardais une émission sur des jeunes apprentis en France. Des jeunes qui n'aiment pas l'école, pour diverses raisons.
L'un deux a attiré particulièrement mon attention.
Sa remarque était la suivante. "Ce n'est pas parce que l'on fait un travail manuel que l'on n'est pas intelligent. Faire un travail manuel est avant tout une intelligence manuelle."

Si en France, on n'avait pas dévalorisé tous ces métiers, il en serait autrement.

De plus, l'un des professeurs disait . Mes collègues de l'EN sont sectaires. Tout le monde doit avoir une formation générale. Quand cela n'est pas possible, comment faire?
Il est vrai que l'on parle que trop rarement de ces enseignants qui forment ces jeunes au travail manuel.

L'EN est coupable, au détriment de ces jeunes, de ne pas leur proposer une voie qui leur convienne sous le prétexe, que l'on doit aller automatiquement vers le bac général. Et après ?

Ecrit par : Carole | 10 mai 2006

Carole,
Il existe en France ce qui s'appelle le travail dissimulé, comme la non déclaration et le non paiement des heures supplémentaires par exemple . Il suffit dans le privé, d'avoir à son actif plusieurs expériences dans diverses entreprises de secteurs différents , d'avoir parlé avec divers collègues en leur demandant de décrire les conditions qu'ils ont pu connaître eux mêmes ailleurs , pour s'apercevoir que c'est une pratique qui est loin d'être minoritaire dans les petites et moyennes entreprises.

Ceci pour relativiser les propos que vous teniez plus haut sur la flemme supposée des travailleurs en France.
D'ailleurs j'ai une question. Pourquoi enseigner les matières que vous énumérez plus haut si par ailleurs il suffit de laver les vitres des voitures , garder les voitures des particuliers, réparer des chaussures, 60 heures par semaines pour être (ou paraître) si heureux ? Peut être que vos enfants seraient assez satisfaits d'exercer ces métiers là et que les savoirs que vous leur dispensez ne sont que le reflet du luxe que certains peuvent se permettre. Leur vocation se trouve peut être dans ces métiers là, allez savoir...

Ecrit par : DG | 13 mai 2006

royal amiral ratsiraka
Pleurnicheries dans les pays pétroliers et Kingdom etc.
comme la FEN

Intrusion de centaines d’églises
tels que : Mission Evangélique des Gagneurs d’Âme, Association Evangélique Universelle, Eglise Messianique Universelle, Eglise Evangélique Universelle, Eglise Africaine de Réveil, Association Evangélique du Dernier temps, Eglise de la Révélation des Apôtres, Eglise de Témoignage de l’Evangile du Christ, Eglise du Pentecôte de Réveil, Eglise des Apôtres du Christ, Eglise d’Evangélisation de la Parole du Christ au Monde, Eglise Céleste de Jérusalem, Mission Chrétienne pour l’Unité des Chrétiens, Eglise Biblique de la Vie Profonde, ″. Beaucoup parmi ces Eglises portent des noms très impressionnants tels que : Mission Evangélique des Gagneurs d’Âme, Association Evangélique Universelle, Eglise Messianique Universelle, Eglise Evangélique Universelle, Eglise Saint d’Israël, Eglise Pentecôte du Bénin, Eglise de Pentecôte de la Foi, Fraternité Evangélique de Pentecôte en Afrique, Eglise Biblique et Evangélique ″Association des Elus du Christ″, Eglise Evangélique Nouvelle Vie, Eglise Evangélique de la Rédemption, Eglise de Pentecôte LE SYNDICAT DES AGREGES DES PROVISEURS etc http://bobi100.skyblog.com

Ecrit par : de la motte fablet | 15 mai 2006

Institut International de la Pensée unique IIIT France



Cycle de Séminaires des agreges 2006 :
Statut de la personne VICTIME DE LA FATOUA DES AGREGES dans la pensée contemporaine
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Posted by hery
________________________________________
Action contre de la motte fablet yves earadmiral da vinci traduit du livre
Le code http://bobi100.skyblog.com
February 8th, 2006
UPDATE 21/3/2005
Il parait que tous les blogs de earadmiral sont bloqués
on verra la suite
Aux responsables de skyblog.com
Je voudrais vous signaler un blog qui me semble hors-la-loi.
http://bobi100.skyblog.com

Ce blog montre une photo nue d’une tres jolie mere superieure sainte qui est entrée en religion il y a plus de 20 ans au service de DIEU il poste (en malgache) des prières satiriques qui sont des propos immoraux
http://bobi100.skyblog.com
Nous sommes vraiment touchés par ces propos et c’est pour cela que nous vous écrivons.
Je fais référence au CGU sur les articles suivants
http://www.skyblog.com/include/cgu_popup.phtml
+ télécharger, envoyer, transmettre par e-mail ou de toute autre manière tout Contenu qui soit illégal, nuisible, menaçant, abusif, constitutif de harcèlement, diffamatoire, obscène, menaçant pour la vie privée d’autrui, haineux, raciste, ou autrement répréhensible ;
+ porter atteinte d’une quelconque manière aux Utilisateurs mineurs ;
+ transmettre tout Contenu qui pourrait être constitutif[…] de diffamation et injure ;
Merci pour votre compréhension.
Yves ou Yvon publie partout des propos honteux (qui ne sont pas digne du Fahendrena Malagasy) sur Une certaine Soeur Euphrasie
[email protected]
Eugene Heriniaina
Update
Nous transmettons ton message à l’équipe de modération afin qu’ils prennent, le cas échéant, l’ensemble des mesures qui s’imposeront.
Merci de ta vigilance.
Bon surf !
Cybercop SkyBlog
SkyCop m’a répondu
Url : http://bobi100.skyblog.com
E mail [email protected]

Description du blog : scandaleux
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Posted by hery

Ecrit par : de la motte fablet | 16 mai 2006

Chère mademoiselle DG,

Je reviens d'un petit voyage, et je m'amuse toujours autant de vous lire.
Chère mademoiselle, je vous trouve bien aigrie...... Hélas, oui, le monde n'est pas fait que d'intellectuels, mais je souligne encore le courage de toutes ces personnes qui font tous ces petits travaux manuels et qui n'ont pas eu la chance de poursuivre leurs études.
Et sachez que la culture en général, n'est pas réservée uniquement à ceux qui sont dans des bureaux ou autre.
Je vous trouve figée dans votre jugement, et sélective.
Il ne faut pas fonctionner que sur stéréotype, cher mademoiselle. Il faut savoir relativiser et remettre chaque chose dans son contexte.

Ecrit par : Carole | 19 mai 2006

Que les admirateurs bêlants de J-P B et lui-même se réjouissent de sa réintégration au jury du CAPES relèvent de l'hypocrisie bien significative du mouvement réac,aux antipodes d'une éducation moderne et démocratique.Mais...prononcer ces mots relève,bien entendu,d'un "crétinisme" inaudible aux tenants d'un conservatisme aussi puant qu'ultra dépassé.

Ecrit par : lesburgueres | 19 mai 2006

Tres Chère Carole,

C'est ce que je vous invite à faire vous aussi.
Comme par exemple , au lieu de formuler des généralités comme "les étudiants travaillent plus que les salariés", nuancer en disant que certains étudiants travaillent effectivement plus que certains salariés(qui pour beaucoup d'entre eux rentrent s'occuper de leur famille après quelques heures de transport) et d'autres étudiants tirent leur flemme quand des salariés se tuent à la tâche, ou font des heures supplémentaires en veux tu en voilà.
Voyez, vous n'êtes pas vous même exemptée de relativiser.

Je n'ai pas saisi votre allusion à la culture générale, car de fait, je sais qu'elle n'est pas accessible à tous. Ma mère ne m'a jamais donnée de cours de Latin par exemple, et il existe des personnes autour de moi , proches ou moins, dans nos métiers manuels, dans les services, dans l'administration, qui ont arrêté l'école en 3ème. Je corrige parfois les fautes d'orthographe de mes employeurs. L'un d'eux étant algérien, il ne maîtrise pas du tout le français écrit. Je le fais quand mes employeurs me le demandent , c'est la réalité de ma situation. Mais sans mépris aucun, car j'en fais aussi , mais moins qu'eux. Ou donc relèveriez vous alors dans mes propos que je n'accède pas à cette réalité que d'entre nous n'ont pas pas tous accés à une culture générale ? Croyez vous que la mienne soit un si lourd bagage ? Pourtant, d'après moi elle manque cruellement souvent. Et elle n'est jamais de trop, même pour des manuels.
Quand à vos qualificatifs à mon égard, ils ne regardent que vous.

Ecrit par : dg | 20 mai 2006

"Que les admirateurs bêlants de J-P B et lui-même se réjouissent de sa réintégration au jury du CAPES relèvent de l'hypocrisie bien significative du mouvement réac,aux antipodes d'une éducation moderne et démocratique.Mais...prononcer ces mots relève,bien entendu,d'un "crétinisme" inaudible aux tenants d'un conservatisme aussi puant qu'ultra dépassé."

Bêêêêêêêê
J'avions rien compris, tu peux me le refaire en plus simple svp
Merci d'avance.
Bêêêêêêêêment votre
http://freinet.org/icem/appel_lecture_liste.htm

Ecrit par : toto | 20 mai 2006

le môssieur "lesburgueres " a signé http://freinet.org/icem/appel_lecture_liste.htm

honte à vous lesburgueres, mouton de Charmeux&compagnie.;

Ecrit par : toto | 20 mai 2006

"Grandserre Sylvain Professeur des Ecoles Seine-Maritime (76)" le mouton grandserre Aussi.

Etonnant non ? :o) mort de rire .
bande de médiocre

Ecrit par : toto | 20 mai 2006

Pourqoi opposer BRIGHELLI et FREINET ? Si on lit attentivement l'un et l'autre, onpeut se rendre compte qu'ils veulent l'un et l'autre transmettre des connaissances solides, ouvrir l'esprit, stimuler l'observation , le raisonnement, l'imagination... rendre la vie plus intéressante et plus belle. Seulement , on n'y arrive pas en un jour et ce n'est pas toujours facile mais la joie de la difficulté surmontée qui aboutit à un réel épanouissement ils l'ont compris l'un et l'autre. Je viens d'un mileu très très modeste. Mes instituteurs avaient étudié Freinet et s'efforçaient d'en distiller la substantifique moëlle mais cela ne les empêchait pas pour autant de nous faire apprendre des "récitations " des dates, des résumés, des règles , des conjugaisons en plus des enquêtes, des expositions , des soirées théatrales dont les recettes permettaient d'acheter des livres et du matériel pédagogiques car la commune utilisait les crédits à d'autres "priorités" et nous n'avions qu'un dictionnaire pour toute la classe... J'ai aimé mon école et mes maîtres ceux du primaire puis ceux du Cours Complémetaire qui m'ont donné des devoirs qui m'intéressaient et des leçons à apprendre que mes aînés m'enviaient : alors nous en parlions ensemble. Nous n'avions pas la télé et pas d'argent pour voyager mais nous empruntions beaucoup de livres et nous écoutions la radio .
Des années plus tard, devenue professeur de lycée, j'ai constaté que mes élèves ne maîtrisaient pas les connaissances que j'avais apprises à l'école primaire et encore moins celles acquises au Cours Complémentaire.
Quelles conclusions tirer d'un tel constat ? Je n'appartiens pas à l'élite et ma culture n'est pas bourgeoise. Elle est l'aboutissement d'une vie de travail et de réflexion sur les valeurs essentielles de l'existence.
Je ne comprends pas les propos acerbes apparaissant sur ce blog . Il y a tant d'autres choses à réparer et à construire quand la folie des hommes s'acharne à tout détruire.

Ecrit par : CHARPENTIER Hélène | 31 mai 2006

Votre ami sellier devrait commencer à fabriquer des ronds de cuir : la demande est en augmentation !

Ecrit par : Christine | 15 juin 2006

Mon ami sellier est décédé. Il avait beaucoup de mal à s'asseoir car il souffrait d'une importante déformation physique et il était affligé d'une forte claudication.
En 1942 pour son premier poste on lui confia une classe de 54 élèves.
Il est resté grabataire un an avant de faire sa valise comme il disait.

Ecrit par : CHARPENTIER Hélène | 15 juin 2006

"La joie par le travail" telle était la devise du Col Saito, commandant du camp de travail chargé de bâtir un pont sur la rivière Kwai...

Ecrit par : Col Nicholson | 05 juillet 2006

j'arrive peut étre comme un chien dans un jeu de quilles, mais aprés vous avoir tous lu je voulais juste vous dire que : oui, nous n'avons pas énormément d'apprentis en France, mais si je puis me permettre d'exposer mon cas; cela faits maintenant 3 moi que je cherche un maitre d'apprentissage pour faire un CAP/BEP tailleur de pierres...et quoi...rien , je suis une jeune femme et sachez "que c'est un métier trop dur pour une jeunefemme" d'aprés les nombreux gens que j'ai contactée...ma réponse serait "chez moi on se sert d'un burrin et non d'une paire de c******* pour former la pierre...

n.b: si jamais un maitre tailleur de pierre recherche unE JEUNE FEMMEpour faire un apprentissage, sachez que je suis entiérement disponible ;-)

Ecrit par : leina | 17 août 2006

Juste pour réagir aux difficultées de trouver des apprenti(e)s dans le batiment et dans ce cas en taille de pierre, nous sommes tailleurs de pierre ma compagne et moi et j'ai été aussi extremement chocqué quand ma compagne a galéré pour trouver une boite!!!
Le CAP passé (et pour moi un BP en plus) nous avons cherchés du travaille en tourraine et là encore des problèmes pour ma compagne!!!
Nous travaillons maintenant ensemble dans la meme entreprise mais le salaire de ma compagne est ridiculement bas par rapport au mien.

Il faudrait que les patrons embauchent plus de femmes en taille de pierre car elles sont certe moins fortes physiquement mais tout aussi efficaces que les hommes.

Leina tu te trouve dans quel région car nous connaissons pas mal d'entreprises dans plusieurs regions.

Ecrit par : Adrien | 02 octobre 2006

Il y a une école alternative qui ouvre les enfants et ados sur les joies et satisfactions des métiers artisanaux, l'Ecole Steiner. Fortement implantée en Allemagne, elle explique peut-être le nombre d'apprentis dens ce pays. C'est une expérience très intéressante, non conventionnée

Ecrit par : dobolino | 03 octobre 2006

Salut,
La plupart du temps les entreprises utilisent les jeunes apprentis non pas pour leur formation, qui est inexistante, mais bel et bien pour de la main d'oeuvre à bon marché.
Si il existe et heureusement chere Carole, des aides pour les travailleurs, il en existe aussi pour les patrons qui "utilise" les apprentis.
Je suis professionnel dans le bâtiment, tailleur de pierre pour les M.H. et je le constate tout les jours, je pense que c'est l'idéal pour degouter un jeune au metier (sans parler des salaires, des conditions de travail tres difficiles...)
Je suppose, Carole, que vous devez avoir un job tres dur au Mexique (phisiquement, stress ou autre) pour faire de tel constats.
Que pensent les Mexicains en France?

Ecrit par : André | 13 décembre 2006

Les formations de taille de pierre en France sont excellentes et accueillent beaucoup de jeunes femmes! Voir par exemple les CAP, ou formation continue proposés à Paris http://erea-lp-jjaures.scola.ac-paris.fr/

Ecrit par : Sylvie | 08 mai 2007

Oui il y a de très bonnes formations, mais dans le cas de leina, qui est également le mien, il est effectivement souvent difficile de signer un contrat d'apprentissage de deux ans...parce qu'on est une fille.
J'ai quand meme un peu plus de chance que toi pour l'instant, je touche du bois.
Bonne chance.

et pour participer un minimum au débat, oui j'ai passé un bal L, et j'ai fait une année de plus en art appliqué...et j'ose espérer qu'en prenant la voie de l'apprentissage j'apprendrais enfin quelque chose d'utile...ou que j'apprendrais enfin quelquechose tout court.
J'étais suffisamment doué pour faire illusion devant mes profs et sur le bulletin, mais je sais aussi pertinament que cela ne vaux quasiment rien...

Ecrit par : Zyheid | 06 juillet 2007

EH Zyheid, si vous voulez qu'on vous lise et c'est très intéressant, allez donc sur "LANGUES ANCIENNES" Ici, c'est vieux, ça crève doucement entre les buddléïas, les carcasses rouillées et les orties. Amicalement. MàC

Ecrit par : montaigneàcheval | 06 juillet 2007

merci c'est gentil:o)
ceci dit il y a enormément de liens qui s'appellent "langues anciennes" sur google, donc si vous pouviez précisez votre lien, j'irai y faire un tour.
amicalement
Zy

Ecrit par : Zyheid | 10 juillet 2007

Bonjour à toutes et à tous.

Dans quel monde vit-on? Impérialiste, communiste ou capitaliste, ou autre?

Le tailleur de Pierre dans cette société, s'est trompé d'époque. Je voudrais et souhaiterais devenir tailleur de pierre, mais ce métier commence, au plus clair à me dégoûter. Je croyais pourtant rejoindre une corporation différente avec de belles histoires. Ma foi! Depuis Saint-Louis, on a l'impression d'être maudit. On m'a dit "rentre chez les Compagnons", je leur crâche à la vue car ils ont choisi Manon. Il faut voir l'état des chantiers, c'est à en vômir parfois. L'homme n'a plus sa place, à part son rendement. L'humilité n'est plus, et c'est quand même la première chose qu'on devrait rechercher dans ce métier. Je ne deviendrai jamais tailleur de Pierre, enfin, pas comme eux, eux, qui, pour la plupart détruisent sans se soucier du badaud qui se promènera sous leurs édifices qui tardent à s'écrouler. J'ai vu des choses abominables, et ce métier, me donne parfois honte. J'ai en vain essayer, me faire une raison, mais je ne suis pas comme eux, je ne veux point adorer mes oeuvres, les idôlatrer, à en devenir vaniteux, limite à se regarder dedans, à devenir orgueilleux et rabaisser ce qui peut être rabaissable. Le peu de Compagnons que j'ai rencontré, m'ont dégoûté du métier, et une chose est sûre, je ne deviendrais pas comme eux et ne chercherait pas à me faire un nom. Je voudrais être anonyme dans mes oeuvres, comme une mandorle, car je sais contrairement aux Compagnons, que sans la matière, je ne serai rien, sans connaissance et sans savoir. Je m'incline tandis que d'autres s'élèvent, mais s'élèvent où au juste? Vers un monde d'illusion. Certains oublient que le temps et Dame Nature ont été généreux avec eux, et séduisent d'autres à en mettre de la poudre aux yeux. Mais je ne serai jamais comme eux. Je suis innovateur, le plus grand des criminels comme me disait un des maîtres si je ne me mettais pas à la sculpture. Mais à quoi bon, pour le compte de qui? Tout est illusion. Beaucoup ont pris le monopole, et on demande à un apprenti parfois, d'avoir de l'expérience, de le rabaisser dans son estime et dans sa chair, car certains ont le prétexte de maîtriser la matière. Personne ne maîtrise la matière, encore moins le temps. J'ai le doute, on me dit que le doute construit, mais j'en doute encore. Je ne veux pas que cela devienne un métier, mais surtout ma passion, que je sois poême et que la pierre soit mon pupitre, mes mains en guise d'outils et mon âme, âme-soeur avec Dame Terre. Je suis libre et puis tant pis si je ne réussis pas, mais j'aimerai autant réussir où les hommes ont leurs places, et non de part leur conditions, leurs savoirs et leurs connaissances et qu'ils transmettent avec intelligence sans vanité et orgueil.

Ecrit par : Michalakis Sebastien | 12 septembre 2007

Bonjour à tous, combattants

Ravi de parcourir vos avis partagés au sujet de l'école d'hier et d'aujourd'hui, du monde du bâtiment, des cireurs de chaussures mexicains et des assistés français_dépressifs en plus_.
Alors après 2 fluoxétines je vous demande: pourquoi existe t il des petits métiers au mexique _ ou en argentine_ type cireur, gardien de parking contre le vol ou la contravention, etc... ?
Parce que le RMI n'existe pas. C'est pour ça que même si les mexicains ou les argentins ont du cirage dans les magazins _eux aussi au risque de surprendre un participant lu plus haut_ ils vont quand même accepter de se faire cirer les pompes, même deux fois par jour. Ils PARTICIPENT à la solidarité de leur plein gré.
Celà signifie t il qu'il faut laisser crever de faim les RMistes pour qu'ils nous cirent les pompes? Bien sûr que non. C'était juste pour vous faire rigoler.
Quand à l'école, je la trouve pas si mal. Et les pays étrangers non plus d'ailleurs. Croyez bien que les diplomés français, s'ils n'interessent pas la France, ils interessent les pays étrangers. Des étudiants formés, à Bac+5, voire Bac+8, dans des domaines aussi divers que les neurosciences, la psychologie, ou les langues appliquées, les USA le canada ou même l Angleterre les accueillent les bras ouverts.
Au regard du prix de la formation des étudiants en France, c'est une sacrée économie que font les pays étrangers.

Bonne journée

Dimitri

Ecrit par : Dimitri | 09 décembre 2007

"Des étudiants formés, à Bac+5, voire Bac+8, dans des domaines aussi divers que les neurosciences, la psychologie, ou les langues appliquées, les USA le canada ou même l Angleterre les accueillent les bras ouverts."

Les pays étrangers raffolent des Bacs +5 français en psycho ? Ca m'étonnerait ! Qu'est-ce qu'ils en feraient ?

Ecrit par : Jeremy | 09 décembre 2007

Bonjour Jean Paul,

Voila je me présente, je m'apelle Guillaume j'ai 25 ans et je suis au chomage.
Voila mon histoire qui pourais je l'éspère t'intérésé.
J'ai en poche un CAP BEP (2 diplomes) en Outillage mise en Forme des moules métallique ( Pour ce qui ne connaissent pas c'est la fabrication des moules pour l'injection plastique. Suite a ce Bep Cap je n'ai put poursuivre mes études dans ce milieux a cause d'un probléme médical à mes oreilles.
Je me suis orienté vers le dessin technique ce qui m'éloignais pas de mon secteur.
J'ai obtenue un Bac Pro EDPI (Etude et définition de Produits Industriels).
J'ai voulut faire un BTS CPI(Conception de Produits Industriels) mais cétait pas facile pour moi et j'ai péféré arrété.
A la suite de tout ca j'ai été vendeur en matériaux, j'ai vendue des maisons, des cuissines, j'ai travaillé sur des chantier en tant que macon .. j'ai fait pas mal de chose pour aboutir aujourd'huis a pas grand chose.
Cette année j'avais décidé d'y remédier afin de pas faire n'importe quoi de mes 50 prochaines années.
J'ai réalisé un Objectif projet avec L'anpe ( il fond des choses trés bien moi méme j'en était surpris) et je suis arrivé à déterminer mon projet.
J'aimerais reprendre des études (je suis trés motivé) dans le domaine du batient en tant que tailleur de pierre.
Mais m'on probléme et mon age!
25 ans trop vieux monsieur je ne peut pas vous embaucher car je devrais vous payer le smig chose qui m'est impossible.
De plus je cotise pour la formation c'esr pas possible le Contrat de Professionalisation ne vous correspond pas.

Voila mes questions (désolé il falait que je plante le décor).

Les gouvernement ont ils mit en place des formations qui correspondent aux peronnes désireuses de ce former?

Est ce que l'avenir des lycéens pourraient étre pris en considération avant l'age de 18 ans en faisant des stage mais de plus de 3 mois? ( Une semaine c'est pas assez).

Derniére question.

Pourait ton me dire aujourd'huit si le systéme de L'éducation national prévoit un plan de formation ou de reformation pour les gens dans mon cas?

Merci a toi

Guillaume

(Désolé si il y a des tonnes de fautes d'ortographes)


[email protected]

Ecrit par : Duchenes | 11 décembre 2007

salut guillaume
comme je l'ai dit un peu plus haut je suis maintenant en première année tdp en tant qu'apprentis chez les compagnons.

Tu es effectivement trop vieux pour intégrer une formation via l'éducation nationale, mais je vois que tu as déjà pas mal de connaissance en dessin technique (ça c'est super pour toi) et en maçonnerie.

Je pense que tu peux tenter de faire la formation de L'Afpa taille de pierre en huit mois.

Il y a quelques temps un gras d'une 40 d'année est venu faire un stage de Plusieurs semaines chez mon patron, il est actuellement en formation à l'afpa et les examens pour cette année sont très bientot (en janvier) commence à te renseigner ;)
tu es loin d'etre trop vieux, ce qui compte c'est la motivation, mais en huit mois faut bosser dur, mais tt le mopnde peut y arriver.

bien à toi


et je répondrais aussi à michalakis sébastien:
etre compagnon en soi, cela ne veut rien dire.
Celui qui veut devenir compagnon,un vrai, saura que ce n'est qu'une étape, certe un peu officielle, qui amène certain confort et reconnaissance, mais loin d'etre une fin en soi.

Mon maitre de stage est un compagnon, extrèmement reconnu dans le métier, et je ne connais pas de personne ayant autant d'humilité par rapport à son boulot que lui, de plus il pense exactement comme toi.

il serait dommage de te dégouter de ce métier pasque certain en on une approchaine qui ne te corresponds pas.
Tu es loin d'etre le seul à quitter les compagnons pour ses raisons là, mais si tu es aussi libre que ce que tu écris, je ne vois pas pourquoi cela t'affecte tant.
Apprends et vis ta vie, ton métier, comme tu l'entends, personne n'est parfait, qu'est ce qui t'empèche de faire mieux?
il y a des tas de cfa,et le monde est grand.

je ne sais pas si aucun de vous deux repassera par là un jour, dans tout les cas bonne route.

Ecrit par : Zyheid | 27 décembre 2007

je suis actuellement étudiante en taille de pierre je suis en plienne préparation des examins je suis 2 éme de ma classe jadore se métier il est magnifique je recherche des maitre de stage sur amiens (ou dans le 80)
mais j'atend toujours le même refrain qui devient agasant (notre entreprise n'est pa faite pour ressevoir des jeunes filles) il ne faut pa oublier que les filles sont attend capable que les hommes donc je recherche des maitre de stage qui accpete les jeune filles (je vait bintôt avoir 19 ans et le travail ne me fait pa peur
mon é-mail S-x-just-me-x-[email protected]

Ecrit par : sandy | 19 janvier 2008

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