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28 avril 2006
Finlande…
Je reçois une note d'une amie sur le système scolaire finlandais — le meilleur, dns le classement PISA, celui dont on nous rebat le soreilles.
En substance :
Les jeunes Finlandais passent le bac à 19 ans, la fin du collège coïncidant avec la fin de l'enseignement obligatoire — 16 ans. Ils restent dans le système primaire jusqu'à l'âge de 13 ans, — un peu comme si nous avions un cours supérieur chez nous.
Je parle d'ailleurs dans À bonne école de ces collèges qui ont créé des classes-passerelles entre le CM2 et la Sixième, pour amortir le choc…
La scolarité obligatoire débute à 7 ans.
(De même, dans le même ouvrage, je m'interroge sur la pertinance d'une école maternelle qui commence à deux ans…)
La méthode de lecture utilisée est alphabétique et l'association belge, dont j'ai lu le rapport et qui a visité des classes primaires, a pu constater que les élèves étaient toujours face au tableau dans les classes visitées. Apprendre à lire le finlandais semble assez simple. D'après ce que j'ai lu, c'est leur grammaire qui est difficile avec, entre autres, cinq infinitifs.
L'originalité du système finlandais, par rapport au système français porte sur les points suivants :
- la scolarité est décalée d'un an.
- il existe donc une sorte de CM3 ("cours supérieur"), l'entrée au collège n'ayant lieu qu'à 13 ans.
- l'école maternelle n'existe pas, seule une année pré-scolaire est proposée, à 6 ans (700 h de cours annuels).
- l'année scolaire est plus longue qu'en France, 180 jours (38 semaines).
- la journée d'école est moins longue, les leçons durent 45 minutes et sont suivies d'une récréation de 15 minutes. A partir du collège, les cours durent 1h30.
- au "cours élémentaire", les élèves ont 19h de cours par semaine.
- au "cours moyen", 23h.
- au "cours supérieur", 24h.
- à partir du collège, les élèves ont 30h de cours par semaine
- les élèves ont des cours de travaux manuels (couture et menuiserie) et des cours d'économie domestique (cours qui ont été totalement supprimés des programmes français, mais qui existaien encore à l'aube des années Mitterrand : mais nous sommes plus malins, nous faisons de l'informatique, nous. En attendant, Nokia est une entreprise finlandaise…)
- l'après-midi, les enseignants (qui ont moins d'heures hebdomadaires devant leur classe qu'en France) donnent des cours particuliers à leurs élèves en difficulté, cela fait partie de leurs obligations de service. Au cours de leur scolarité, c'est un petit Finlandais sur 6 qui bénéficie, à un moment ou à un autre de cette aide spécifique.
À bon entendeur…
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Commentaires
J'allais justement vous demander des informations sur ce fameux système finlandais dont on entend parler sans arrêt, et dont, à vrai dire, je ne savais à peu près rien. Les néo-pédagogues prétendent souvent que les finlandais poussent leurs méthodes à l'extrême, ce qui m'a, en réalité, plutôt conduit à penser que l'étude pisa serait un canular (mon aversion pour l'anticulture néo-pédagogique est sans limite). Mais il me semble y voir plus clair, maintenant, et je vous remercie.
Ecrit par : Matthieu Stepec | 29 avril 2006
Bonjour,
Je crois qu'il faudrait ajouter que la société finlandaise est relativement "traditionnelle". Ils ont, si je ne m'abuse, un respect de la parole, du savoir et des aînés. Au Japon, en tout cas, cela est sûr (avec des excès, certes).
Cela mène au fait que l'école marche aussi avec son environnement.
Et, bien qu'il faille rester ferme en tant qu'enseignant, même les parents sont parfois contre les profs. Et au lieu de régler cela entre adultes, ils le font devant les gamins ou dans notre dos avec les gamins....pfff.
En tout cas, ce système finlandais m'a l'air d'être bien sympathique, en mettant aussi en valeur le travail manuel.
Ecrit par : Ordrade | 01 mai 2006
Non seulement elle est traditionnelle, mais elle a sur nous plusieurs avantages. D'abord, ils sont moins de 5 millions d'habitants. Ensuite, leur taux de travailleurs immigrés est à 1,7% (c'est le même cas de figure en Corée : une population ethniquement homogène). Ensuite, ils sont obligés d'apprendre une autre langue (le suédois, et globalement l'anglais) parce que le finlandais ne se parle… qu'en Finlande. Enfin, c'est relativement un pays jeune, politiquement parlant, ence qu'il a toujours été occupé,jusqu'au XXe siècle, par les Russes ou les Suédois.
Tout cela nous amène à une conclusion évidente : il n'y a rien de comparable. Chaque pays doit développer son système de façon autonome (et c'est ce que nous avons fait durant deux siècles), en ayant un œil éventuellement sur ce qui se fait ailleurs, mais en étant conscient que nous ne pouvons développer réellement qu'un système national original. Les "modèles" ne servent, souvent, qu'à des articles savants dénués de tout rapport au réel.
JPB
Ecrit par : brighelli | 01 mai 2006
On peut en effet , s'intéresser au modèle finlandais mais effectivement il ne faut pas perdre de vue les spécificités culturelles de ces modèles que l'on voudrait nous donner comme étant celui à suivre...
La civilisation finno-ougrienne a des particularités qui lui sont propres et franchement parfois très éloignées et incompatibles avec les notres...Pour avoir connu le système finlandais je dois dire qu'à mon sens il serait très difficile de le copier ce serait se fourvoyer et il me semble qu'il nous appartient de d'abord considérer nos spécificités propres.
être européen ce n'est pas se fondre dans un modèle plus que dans un autre s'est s'harmoniser avec les cultures qui nous entourent et qui sont riches d'enseignements et nous avons la chance de vivre sur un continent qui nous offrent une très grande variété de cultures. tirons en profit intelligemment.
Ecrit par : Patricia Mesnigé | 01 mai 2006
Il me semble aussi qu'il y ait des ressemblances:
les élèves sont des enfants. Les enseignants des adultes.
Une des différences fondamentales c'est quen Finlande les adultes sont là pour apprendre des choses , un maximum de choses, aux enfants. En France les élèves sont là pour être évalués par les adultes.
Il est étonnant vu de France qu'un système éducatif qui se soucie si peu de l'évaluation des élèves puisse être aussi bien évalué par les chercheurs internationaux!
Sans doute que ld'aucuns pensent que le E du M.E.N. signifie éducation, alors qu'en réalité il faut lire "ministère de l'évaluation nationale"
Ecrit par : Bruno Martin | 05 mai 2006
Pourquoi faut-il éternellement faire des comparaisons avec des pays différents du notre ? Nous avons les moyens de réagir, mais aujourd'hui, c'est une guerre d'adultes, de soi-disant experts qui a lieu et l'enfant qui devrait être au centre du débat pour son avenir est totalement oublié.
Aujourd'hui, il y a un constat de carence dû à l'éducation.
Malheureusement une petite partie de la population en est convaincue.
Pourquoi : Nous sommes en 2006, beaucoup de parents actuellement travaillent et ne peuvent s'intéresser en profondeur au contenu des fondamentaux enseignés à l'école.
Quel parent connaît exactement les programmes qui devraient être enseignés ?
Le plus dramatique, c'est cette injustice sociale, les parents qui n'ont pas fait d'études, comment voulez-vous qu'ils aident leurs enfants ? Ont-ils les moyens de leur offrir du soutien ?
De plus, beaucoup ont cru en l'école les yeux fermés.
Depuis 30 ans, dans beaucoup d'établissements, c'est la dérive.
Pour ceux que cela inquiète, très souvent, que faire contre cette lourde machine qu'est l'EN, opaque et fermée.
J'ai souvent rencontré des parents qui préfèrent abdiquer devant un enseignant plutôt que de lutter.
Peur des conséquences sur l'enfant malheureusement.
Problème quelconque avec l'enfant les solutions proposées sont souvent les mêmes :
Il faut consulter le psy scolaire, puis prise en charge par le RASED.
Cours de soutien. (souvent par des enseignants eux-mêmes sans être déclarés).
Psychomotricien.
Graphothérapeute.
Et j'en passe.
Beaucoup de parents se reconnaîtront dans cette petite liste.
Donc, depuis 30 ans, l'école est sur une pente descendante.
On ne structure plus l'enfant grâce aux apprentissages, tous les repères se sont évanouis.
Mais peut-être que la fin de l'éducation nationale est programmée ?
Alors arrêtons cette guerre due au corporatisme de l'E.N et pensons enfin aux enfants, c'est un devoir primordial de tous les parents. Et eux, ils sont les innocents du laxisme des adultes.
Ecrit par : Carole | 06 mai 2006
[Tout cela nous amène à une conclusion évidente : il n'y a rien de comparable. Chaque pays doit développer son système de façon autonome (et c'est ce que nous avons fait durant deux siècles), en ayant un œil éventuellement sur ce qui se fait ailleurs, mais en étant conscient que nous ne pouvons développer réellement qu'un système national original. Les "modèles" ne servent, souvent, qu'à des articles savants dénués de tout rapport au réel.]
Que voilà des propos de simple bon sens! Comment peut-on dissocier un système éducatif d'une culture nationale - plus que millénaire chez nous !
On notera toutefois que les contempteurs du système finlandais - c'est forcément mieux ailleurs et il convient de montrer une franche et saine détestation des traditions de son pays ! - se garderont bien de s'imposer, en particulier sur le plan budgétaire, tout ce qu'il implique...
Ecrit par : Réac de Gauche | 08 mai 2006
Vous savez ce que veut dire "contempteur"? Semble pas. Ces choses là me feront toujours rire: un vieux réactionnaire vient pester contre la dérive inacceptable de l'école française, et voilà t'y pas qu'on apprend rien aux enfants, et d'mon temps c'était mieux, allez debout les mômes, au fouet au schlag au knout! qu'on va les dresser.
Mais l'ennui c'est que le même vieux réac parle français comme une vache espagnole (grippée du poulet). Paille, poutre, j'en passe: certains ont déjà glosé là dessus.
ps: je me considère comme un admirateur du système finlandais (du moins ce que j'en sais, et qui ne se limite pas dieu merci aux points spécifiques relevés par M. Brighelli), et je suis tout à fait prêt à imposer à mon pays ce qu'il implique, sur le plan budgétaire notamment... et beaucoup seront d'accord avec moi, je pense ;)
Ecrit par : Filochard | 09 mai 2006
Effectivement, j'ai commis un contresens, lequel m'a sauté aux yeux et m'a bien fait rire dès que j'ai lu votre remarque - et je m'en excuse bien volontiers auprès de tous ceux qui auront été choqués.
En cherchant bien, vous trouverez peut être une ou deux fautes de frappe pour compléter le tableau, et achever de faire de moi un illettré manifeste.
Cela dit, vous commettez de votre côté une scandaleuse extrapolation doublée d'un procès d'intention inacceptable en me soupçonnant de velléités - voire d'intentions affirmées - de "dresser la jeunesse à coup de knout". Je ne sais pas ce qui est le plus grave, de l'erreur due à une trop grande spontanéité ou de l'injure caractérisée (c'est comme ça que je le prends)...
A propos de mon pseudonyme, il semble que vous êtes quelque peu fâché avec le second degré. Désolé pour vous.
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Où, dans ma courte intervention, lisez vous que je condamne le système finlandais? Je relevais simplement qu'il est adapté à un modèle de société qui est fort loin du nôtre, ce que personne, je pense, ne niera... et qu'en conséquence, que "comparaison n'est pas raison".
Et je maintiens qu'un système éducatif, quelqu'il soit, est avant tout le reflet d'une civilisation, le produit d'une histoire. On est en droit de ne pas être d'accord avec ce point de vue, bien évidemment.
Content de savoir que vous êtes, comme d'autres, prêts à "imposer à votre pays" (je dirais plutôt: aux contribuables) les sacrifices nécessaires pour obtenir des résultats comparables. .. à commencer j'imagine par la récupération des 1.000 heures d'enseignement de la langue française qui ont été larronnés au fil du temps, depuis l'école jusqu'au lycée.
Nul doute qu'ainsi, à moyen terme, on n'emploiera plus le terme "contempteur" à contresens ; et croyez moi s'il n'y avait que de petits "accidents" de ce genre à déplorer dans l'expression de nos étudiants, le mal ne serait pas si grand qu'il n'est de nos jours.
Ecrit par : Réac de Gauche | 09 mai 2006
Bien qu'étant tout le contraire du prof autoritaire, même parfois beaucoup trop indulgent envers les élèves (Eh oui, il y en a à sauver les lettres !!! ), je ne peux qu'avoir de la sympathie pour un réac de gauche :
La mondanité et le snobisme, c'est d'être :
- néolibéral en économie ;
- "moderne" (comme ils disent) sur le plan "sociétal" (comme ils disent), c'est à dire pour le mariage des homos, contre la chasse, pour la disparition des coutumes rurales, pour les distributeurs de sucreries dans les écoles, etc. (Bref Tony Blair).
Cette soupe infâme de bobo se synthétise dans les foutaises de la "GRH", comme ils disent, mélange de démagogie, de flexibilité et d'autoritarisme.
Or un réac de gauche, c'est un
-antilibéral ;
- ringard sur le plan sociétal ;
Cela demande donc une super indépendance d'esprit ! C'est quelque chose d'admirable dans cette époque du creux et du vide !
Justement, le système finlandais, est-il vraiment un truc de "moderne" de gauche ?
J'en doute : il a été imposée en grande partie par l'électorat agrarien.
Si en France, on donnait voix au chapitre aux paysans, peut-être aboutirions-nous à une école ultraperformante.
Une bonne synthèse entre les idées des campagnes de droite (Mayenne, Est de la Bretagne, avec les écoles privées qui résistent au pédagogisme, Vendée... là où il y a les meilleurs résulats) et les régions rurales de gauche (Bretagne occidentale : encore les meilleurs résultats !, Nièvre, Thiérache, ariège... ), voilà un mélange détonnant à faire péter l'IUFM de Lyon !
Ecrit par : DUMOUCH Rodolphe | 09 mai 2006
Permettez à un Suédois connaissant quelque peu la Finlande et ayant bien connu l´École francaise, de faire la réflection suivante.
En toute chose humaine, il est certes malsain de vouloir trouver un modèle unique à imposer à tous, faisant en cela fi des traditions et autres particularités de chacun. Toutefois, il ne faut pas pour autant nier toute généralité.
Or, ce qui est frappant, en Finlande, c´est combien ce pays sous de nombreux aspects rappelle la Suède d´avant 68. Et je pense plus particulièrement, quoique non exclusivement, à l´École et à l´Université.
N´oublions pas que la Finlande fut très longtemps suédoise et que nombres d´institutions y sont tout simplement d´implentation suédoise. Même après son indépendance, la Finlande resta liée à la Suède, notamment du fait de son importante minorité suécophone. L´évolution des mentalités et moeurs y ayant, par après, été différente de ce qui s´est vu en Suède, nos deux pays scandinaves offrent quelque peu l´image d´un laboratoire où diverses réformes et changements de société opéreraient dans deux corps originellement semblables des résultats fort divers.
Aussi, l´étude de Pise est-elle d´un grand intérêt. La Suède, sujet à toutes sortes d´expériences pédagogiques et idéologiques, y tient une position plutôt embarassante. La Finlande, elle, ayant pour ainsi dire gardé l´école suédoise telle qu´elle était substantiellement avant l´introduction du réformisme et du pédagogisme scolaires (et ayant de ce fait sauvé bien des principes et idéaux qu´étant enfant je connus en France, à l´école) arrive en tête des nations européennes.
Ceci, je crois, est révélateur et mérite que l´on s´y arrête.
Ecrit par : Jon Kjölstad | 14 mai 2006
Cher Jon,
comme quoi, rien ne vaut l'avis ou le commentaire de quelqu'un qui sait.
J'aime assez l'idée d'une Suède d'avant 68 — quand c'était le modèle européen par excellence. Mais nous n'en savons pas assez : qu'est-ce qui s'est passé en Suède ? Selon quel processus ? Comment les pédagogies nouvelle sont-elles pris le pouvoir ? Et avec quel effet ?
Vous voici chargé d el'international… C'est une lourde tâche…
Bien à vous…
JPB
Ecrit par : brighelli | 14 mai 2006
Ah le Nord!
Et si on regardait un peu plus près ? Le Sud?
Il arrive souvent qu'un jeune Italien à Paris pour son Erasmus, sorte de son premier cours à la Sorbonne en disant : "ma quanto sono ignoranti 'sti francesi!". Aucun mépris, simple constat.
Un petit lien avec le programme que le jeune littéraire italien aborde en lycée (sur 5 ans):
http://www.edscuola.it/archivio/norme/programmi/classico.html
Bon c'est une autre vision de l'élève, une autre vision des lettres et des humanités. Une autre histoire. Mon petit "Paradis perdu", où il nous était interdit de dire "c’est nul !", mais personne ne pouvait nous empêcher de le penser tout bas (Le Tasse était notre cible préférée …avec l’âge on change d’avis) … On était quand-même dans l’obligation de connaître pour pouvoir critiquer . Un autre pays.
Il est vrai que nous ne sommes pas compétitifs sur le marché du travail avec notre Galilée et notre idéalisme qui nous fait appeler "esame di maturità" le bac.
Donc nous sommes prêt à tout détruire pour suivre l'exemple français. Sauvons les élèves italiens de cette calamité !
J'ai ici le tome II de mon livre de littérature (deuxième année de lycée, édité en 1991). Il compte 1400 pages. Nous étions censés tout savoir : de la crise de la Renaissance jusqu'à la critique littéraire de Francesco de Sanctis en passant par tous les grands auteurs de notre littérature et sans oublier les étrangers. Il arrivait souvent que le prof ne parvienne pas à nous faire tout étudier... Mais le livre était là pour nous rappeler nous "trous", nos ignorances et pour les combler si l'envie nous prenait.
Mes élèves français, avec leurs manuels hyper rationnels, n'ont même pas le droit de savoir de quoi est constituée une culture (par contre ils peuvent dire "c'est nul"...et ils n'ont peut-être pas tort).
Amicalement
Ecrit par : isa | 15 mai 2006
Avant l'exemple finlandais, les pédagogistes avaient pour modèle l'exemple québecois. Depuis il y a eu des dégâts et des réactions (voir les sites se créant).
Ainsi :
Page de présentation d'ouvrage québecois d'un collectif mené par Jean Larose (figure de pointe de l'anti-pédagogisme)
RÉSUMÉ / VERSO
« Main basse sur l'éducation »
Un livre choc qui pointe les véritables coupables de la dégradation de l'enseignement au Québec. Juste au moment où l'équité salariale dans le monde de l'éducation exigerait la dévaluation des ' formations supérieures ', au moment où une société québécoise déjà ' exportatrice ' de main-d'œuvre qualifiée devrait suivre un ministre sur la ' route de l'emploi ' pour y voler aux jeunes leur jeunesse, cet ouvrage s'adresse à tous ceux et celles, enseignants ou non, qui résistent jour après jour à la dégradation de l'idéal de culture, de savoir, de lucidité et d'autonomie où se trouvent les dernières réserves de sens de l'école. Il a fallu des siècles pour sortir les enfants de la manufacture et de la mine afin de les initier plutôt à une culture seconde qui ferait d'eux les juges et les porteurs d'une civilisation ; au rythme où vont les choses, il suffira de quelques décennies pour les y retourner, ' spirituellement ' cette fois, en leur enseignant qu'il n'y aura jamais d'autre finalité à ce qu'ils auront fait d'eux-mêmes que leur absorption dans l'économie. Il a fallu des siècles pour que tous les métiers utiles dont est faite la ' vie après l'école ' soient élevés à l'égale dignité d'une commune humanité et qu'ils soient appelés à se reconnaître réciproquement dans l'éclairage public de la vie collective ; il faudrait maintenant, avant qu'ils y arrivent, les vendre tous aux organisations. Cet ouvrage n'a pas de programme. Il se contente de montrer que le Ministère, les syndicats et les Facultés d'éducation en abandonnent d'anciens, sans raison et sans alternative. Cette triple alliance, qui a fait main basse sur l'éducation, ne repose sur aucun complot ; elle se contente d'aller, naturellement et systématiquement, dans le mauvais sens.
Ecrit par : Guillaume | 15 mai 2006
Au fond, les finlandais connaissent le même système primaire que celui que j'ai connu (j'ai passé le certificat d'études à 14 ans). Sans doute ne pouvons nous comparer les époques (la crise économique et maintenant la mondialisation, les délocalisations ont tout ravagé) mais j'ai la très nette impression que les gens de ma génération avaient des bases bien plus solides qu'aujourd'hui, et j'en ai rencontré un certain nombre qui, comme moi, ont entrepris des études tardives et donc beaucoup ont réussi.
Ce système, couplé avec le concours d'entrée en 6ème et les bourses m'a toujours semblé beaucoup plus juste que le "collège unique" qui a abouti aux fiascos que l'on sait...
J'ai découvert ce blog grâce à "Réac de Gauche"... je reviendrais
Ecrit par : kamizole | 23 mai 2006
Bonsoir,
Souvenirs, souvenirs, Kamizole ... !
Je ne sais plus qui a écrit :
"QUE LA REPUBLIQUE ETAIT BELLE SOUS L'EMPIRE !"
Ecrit par : PeutMieuxFaire | 24 mai 2006
bonjour. Il y a 3 ans je faisais une maitrise en sciences de l'éduc. J'avais prit comme sujet de mémoire le déni des enseignants face à l'échec scolaire. J'avais établi un questionnaire d'entretien et je n'avais plus qu'à trouver les profs en interroger. Sur tous les collèges de Toulouse et de ses environs, je n'ai trouvé que 3 profs pour me répondre. Et croyez moi, j'ai déployé des techniques inpensables pour en trouver d'autres. Les 3 qui ont bien voulu, enseignaient tous en zep. 2 enseignaient depuis moins de 2ans et le 3ème partait à la retraite à la fin de l'année scolaire. Ces 3 entretiens ont été très édifiant pour moi! Mon directeur de recherche lui pendant ce temps tentait de me faire changer de sujet. De ttes façons j'ai toujours eu l'impression de déranger pendant mes études. L'école doit produire de l'échec pour protéger l'élitisme qu'elle prône. Bref je n'ai jamais pu terminer mon mémoire et comme j'ai eu un bb j'ai du arréter pour bosser. Ce n'est que partie remise. Comme tt le monde j'ai mes idées sur l'école par contre je suis convaincue que pour que les choses changent réellement dans la société française, il faut obligatoirement passer par une grosse réforme de l'école. Un système éducatif c'est une société 20 plus tard. Je n'ai pas dis mon dernier mot et à mon petit niveau je compte bien finir ce que j'ai entrepris. Je vais bientôt reprendre mes études car j'ai malheureusement besoin de gros diplomes pour donner de la légitimité à mes idées et tenter de mener à bien mon projet. Les diplômes ne servent plus aujourd'hui qu'à donner une tte petite liberté d'expression sur un sujet bien précis, à éviter de se faire balayer d'un seul revers de main par les têtes bien pensante mais surtout bien pensées. J'espère que vous ne lacherez jamais votre combat.
Ecrit par : Céline | 24 mai 2006
Dans la série heureusement qu'il y a des enseignants de gauche qui réagissent, voici un édifiant témoignage en provenance du pays du chocolat :
Lu sur le site de l'Arle
http://www.arle.ch/
Des effets de la réforme constructiviste en Suisse...chez les enseignants.
Je voterai OUI à l'initiative de l'ARLE!
Camarades,
Je ne pourrai malheureusement pas assister à l'AG du 10 mai pour des raisons professionnelles: je dois être au côté de mes élèves ce jour-là pour un spectacle.
J'aurais voulu prendre la parole à cette AG pour souligner combien la fameuse rénovation du primaire, introduite par Mme Brunschwig- Graf, il y a plus de 12 ans, n'a pas
apporté suffisamment d'avantages pour être appuyée. Car cette votation du 24 septembre sera avant tout
un vote-sanction. Vous connaissez ma position: j'ai siégé une année à la commission de l'enseignement du parti et j'ai écrit à deux reprises à ce sujet dans le bulletin interne.
Pourquoi en est-on arrivé là? Parce qu'une pédagogie, la pédagogie de la découverte, le socio-constructivisme,
devait être appliqué à haute dose à l'école primaire. Un réseau tenace entre la faculté des sciences de l'éducation, les cadres du DIP, le syndicat des enseignants et le comité de l'association des parents s'est tissé de manière à réaliser à tout prix cette rénovation.
Mme Brunschwig-Graf a dû sentir que cet affaiblissement de la qualité de l'enseignement primaire ne pouvait que favoriser le développement des écoles privées. De plus, en renonçant à tout redoublement, elle pouvait faire des économies. Notre camarade Charles Beer a cru comprendre
que cette pédagogie donnait une meilleure chance aux élèves issus de milieux défavorisés.
Malheureusement, je constate, jour après jour, dans mon école de Geisendorf, que l'écart, au lieu de diminuer, augmente encore: les activités proposées à mes élèves de 8-9 ans sont trop complexes, seuls les bons arrivent à en tirer profit. Les élèves défavorisés, que nous sommes censés défendre, camarades, ne possèdent pas les outils nécessaires
pour profiter suffisamment de leurs apprentissages.
Or, comment freiner cette hérésie qu'est devenue la rénovation?
Quand la faculté de psychologie et des sciences de l'éducation balaie toute pensée critique à cette méthode, quand le dialogue dans le syndicat provoque tant de malaise
que les démissions s'enchaînent, il ne reste plus que l'initiative: celle-ci a été lancée par des professionnels de l'enseignement, issus de tous les milieux politiques ou apolitiques, et qui ont voulu tirer la sonnette d'alarme.
Le seul moyen, c'était de viser la clé de voûte de la rénovation, l'évaluation, les notes, qui ne sont que la pointe de l'iceberg, mais qui gênent tant le socio-constructivisme.
Car, on ne peut lancer une initiative pour dire que tel manuel de français ou de math est trop complexe, ou que certaines expériences pédagogiques sont gênantes.
Le électeurs ne s'y sont pas trompés: ils sont 28'000 à l'avoir signée.
Ne me dites pas que sur les 28'000, il n'y a pas de sympathisants socialistes! On a voulu culpabiliser les enseignants qui osaient encore mettre des notes et calculer des moyennes. On a ressassé depuis 30 ans qu'un élève
qui obtenait 2 au premier trimestre, puis 4 puis 6, ne méritait pas d'avoir le même résultat que celui qui obtenait
6 puis 4 puis 2. Mais ces exemples sont purement théoriques
et n'existent pas dans la réalité. Le redoublement reste une mesure exceptionnelle: on pèse le pour et le
contre avant de le décider. Dans mon école où 70% des élèves ont des parents dont le français n'est pas la langue maternelle, la note demeure un langage universel
et pratique. On a tellement voulu écouter les chercheurs et leurs expériences qu'on a oublié le simple bon sens. Les exercices répétitifs restent valables, même s'ils n'ont
pas toujours un aspect ludique. La transmission du savoir est quelque chose de sérieux, qui ne doit pas s'appuyer uniquement sur des théories teintées d'idéologie. Elle exige
une rigueur. Le Parti socialiste, parti gouvernemental, se doit de maintenir une école de qualité et ne doit pas laisser le monopole de la rigueur à la droite.
Je voterai OUI à l'initiative de
l'ARLE.
Bernard Lambelet
Ecrit par : Guillaume | 24 mai 2006
Je voterai OUI à l'initiative de l'ARLE!
par un militant du parti socialiste
Dans Post Scriptum, le Bulletin interne du Parti Socialiste Genevois, No 15, vendredi 5 mai 2006,
nous trouvons une lettre fort intéressante d'un militant socialiste, instituteur de son état.
Ouvrez ce lien (format pdf) et allez lire cette lettre à la page 6.
http://www.ps-ge.ch/IMG/pdf/PostScriptum_no_15_2006_05_05.pdf
Ecrit par : Guillaume | 24 mai 2006
L’ORDRE DU TEMPLE SCOLAIRE
Normand Baillargeon
Le Couac avril 2005
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À l’université, nos professeurs
essayaient de nous vendre de l’intelligence :
mais ils n’avaient pas un échantillon sur eux.
Coluche
On apprend ces jours-ci que les enseignantes et enseignants du secondaire demandent le report de cette réforme de l’éducation qui est en cours chez nous depuis quelques années. C’est très bien et il faut les féliciter et les appuyer.
Mais ce n’est pas assez. Cette réforme est en effet, d’un bout à l’autre, une triste aberration. En conséquence, elle ne doit pas seulement être reportée mais carrément annulée et tout ce qui avait été mis en oeuvre doit être défait.
Pour le montrer, arrêtons-nous un moment pour rappeler comment elle a été conçue et implantée.
À l’entrée, des idées confuses, produites et poussées par les mandarins de l’éducation au Québec : des « chercheurs » en «sciences» de l’éducation et de savants fonctionnaires du ministère. Le domaine est d’une faiblesse intellectuelle notoire et les concepts fondamentaux de la réforme en feront une fois de plus la preuve.
D’abord, d’inénarrables compétences, certaines d'entre elles «transversales» , auxquelles personne n’a jamais rien compris et pour cause.
Ensuite, une théorie du savoir et de la science boursouflée d’autant de prétention et de bêtise que de mépris du savoir et appelée constructivisme, un délirant bidule auquel aucun philosophe ou épistémologue sérieux n’a jamais accordé le moindre crédit.
Puis une psychologie de l’apprentissage qui est l’exacte négation de tout ce que la recherche sérieuse et la psychologie cognitive nous ont appris.
Finalement, inspirée de tout ça, une pédagogie de projets remontant à W.Kilpatrick et qui a produit de telles catastrophes que même John Dewey, chef de file de l’éducation progressiste, a senti le besoin de s’en distancer.
Cette immangeable poutine une fois produite et publiée dans des publications largement bidon et arbitrées par la coterie de petits amis, il a fallu convaincre la société qu’il était judicieux de l’adopter en pratique. Ce fut facile, puisque dans ces milieux, relativistes et irrationalistes à mort, l’idée même de recherche est honnie en même temps que celles de vérité, de savoir et de raison.
On évaluera donc la réforme en envoyant, c’est authentique, un des mandarins se promener dans quelques écoles où on l’implantait à l’essai. Il reviendra de son expédition en disant qu’il a été tellement attentif à tout ce qui se passait dans ces écoles que s’il eut été scout, on l’aurait appelé Oreille Tendue et Plume Alerte. Il assura aussi que tout allait très bien. Ce que je viens de dire est authentique. Juré craché. Et de toute façon, ça ne s’invente pas. La réforme, débile dans ses fondements, a donc été évaluée par Plume Alerte et Oreille Tendue! Une réforme qui représente des milliards de dollars et qui met en cause la formation de générations de gosses!
Fort de l’expertise de Plume Alerte, la mise en œuvre s’est donc enclenchée. Nous en sommes là.
Revenons à la décision des enseignantes et enseignants du secondaire de demander le report de la réforme. Je leur dis : vous devez absolument faire plus et montrer que vous avez quelques échantillons. Votre métier est d’enseigner des savoirs, d’outiller pour la réflexion critique et de transmettre de la culture : faites la preuve que vous possédez de ces précieux biens et que vous, au moins, les respectez. Prouvez-le en disant sans détours que cette réforme est de l’anti-savoir, de l’anti-réflexion, de l’anti-culture, bref :un tissu d’ignorance, de sottise et d’inculture. Et dites-le avec d’autant de force que ce sont les plus démunis qui pâtiront le plus de cette réforme : tous ces enfants des milieux pauvres qui n’ont pas, eux, ce luxe des familles culturellement et économiquement favorisées de pouvoir trouver hors de l’école ce que celle-ci a renoncé à dispenser.
Enseignants, il n’y a aucune gêne à dire que vous ne comprenez pas le concept de compétence transversale : il est incompréhensible. Pas de gêne non plus à dire qu’on doute du bien-fondé de l’approche par compétence : elle est mal fondée.
Aucun déshonneur à avouer ne rien entendre au constructivisme radical : aucun philosophe compétent ne prend ces âneries au sérieux. Seuls les savants chercheurs de facultés de sciences de l’éducation et du ministère comprennent ces choses.
Ce qui serait grave, par contre, et un déshonneur pour des transmetteurs de savoir, c’est d’avaler toutes ces mandarinades sans broncher et en donnant ainsi l’impression de comprendre et d’approuver.
Il reste que la facilité avec laquelle ces sottises se sont imposées est bien troublante. Je sais bien que des gens sur le terrain protestent, que d’autres n’appliquent tout simplement pas la réforme : c’est tout à leur honneur. Mais le fait reste que la réforme a été largement acceptée, sans trop de protestations et sans que massivement le milieu des enseignants ne se lève pour clamer haut et fort que le roi réforme est à poil.
Cela nous dit quelque chose d’important sur la vie de l’esprit dans ces milieux, à commencer par l’université où on forme pour enseigner des gens à qui on n’enseigne plus rien. Au total, on en vient carrément à abandonner l’idée que des maîtres, adéquatement formés à des savoirs fondamentaux, aient pour tâche d’en faire la présentation ordonnée et progressive à des non initiés et de s’assurer de ce qu’ils l’ont assimilée. Ce qui est une fort commode conception de l’éducation à avoir dans un milieu d’une infinie mollesse académique comme celui des sciences de l’éducation: on n’a pas à maîtriser de savoirs pour enseigner, pas à se préoccuper d’instruction et de design pédagogique, pas à faire de recherche systématique sur tout cela.
Parlez à de futurs maîtres, interrogez-les sur les cours qu’ils reçoivent à l’université en «sciences» de l’éducation : leurs réponses vous horrifieront, mais vous comprendrez bien mieux comment cette réforme a pu être conçue et imposée.
Et vous soupçonnerez que durant son bref passage à l’université, ce brave Coluche a étudié en sciences de l’éducation…
Ecrit par : Guillaume | 24 mai 2006
Le texte de l'enseignant suisse est évidemment à mettre en perspective avec cet extrait du bilan des journées du P.S consacrées à l'éducation qui se sont déroulées à Marseille la semaine dernière :
DISCOURS PASSÉISTE SUR L'ÉCOLE
Plusieurs intervenants pointent par ailleurs la montée d'un discours passéiste sur l'école. Patrick Gonthier, secrétaire général de l'UNSA-Éducation, constate ainsi que le milieu de l'éducation "est perméable aux thèses réactionnaires qui trouvent un appui à droite et parfois à gauche". Or, "ce n'est pas dans les solutions du passé que l'on peut imaginer l'avenir", clame-t-il.
N'était-ce pas Daladier de retour de Munich qui soupirait : " ah ! les c... ! " ?
Je peux témoigner à titre personnel pour avoir rencontré un certain nombre de leurs défenseurs que les thèses soi-disant réactionnaires (instruire le peuple c'est réac ?) sont défendues dans une très large majorité par des hommes et des femmes de gauche mais évidemment il y a gauche et "gauche".
A l'étranger, nous le voyons aussi des voix de gauche* s'élèvent contre le pédagogisme tout puissant devant les échecs niés malgré l'évidence par l'administration qui ne se préoccupe que de belles stats, les centres de formation pompes à finances et les syndicats inféodés.
(*traiter Baillargon de réactionnaire le ferait sans doute sourire)
Qui sont les passéistes ? les véritables réactionnaires ?
Ecrit par : Guillaume | 24 mai 2006
J'ai chanté La Marseillaise devant le monument aux morts de mon village dans les années 55, 56 et 57 jusqu'à mon entrée en sixième dans le Cours complémentaire venant d'ouvrir ses portes aux petits ruraux de condition modeste . Merci à mes instituteurs qui m'y avaient solidement préparée, merci à Monsieur le Ministre Berthoin qui avait souhaité qu'il y eût un établissement secondaire dans chaque canton.
J'ai chanté aussi Le chant des Girondins : mourir pour la Patri-i-e, c'est le so-ort le plus beau , le plus di-igne d'envi-i-e. Mes jambes flageolaient car derrière moi , gravé dans la pierre, le nom d'un oncle, frère aîné de mon père, se détachait d'une liste effrayante, d'autant plus effrayante que l'un de mes frères portait le nom et le prénom de cet oncle et je redoutais de voir s'inscrire ce nom une seconde fois. Il était en Al gérie. J'ai su bien plus tard qu'il n'avait pas torturé mais au contraire sauvé des enfants pris dans des rafles.
Si on arrive à faire croire à l'opinion que tous nos appelés ont été systématiquement des tortionnaires, c'est que le système de formatage des esprits est parfaitement au point.
Une information solide des faits ne pourrait-elle pas précéder l'opinion, aboutissement rationnel de l'observation et de l'esprit critique ? Ambition subversive. Continuons. Ces appelés dont bon nombre ne sont jamais revenus dont d'autres sont revenus éclopés à vie étaient partis défendre ^, sinon la Patrie, du moins des intérêts puissants qui n'étaient pas forcément les leurs puisque la plupart , n'avaient bénéficié d'aucune dérogation (paysans, ouvriers, modestes employés) pour rester à l'abri.
Conclusion : l'enseignement du passé ne doit pas être négligé.
Ecrit par : CHARPENTIER Hélène | 25 mai 2006
je suis professeur au lycée Louis le grand. Une de nos brillantes inspectrices est venue me dire l'année dernière: " Vous comprenez, il faut arreter d'enseigner la culture générale ". J'ai compris: les khmers rouges ont tous les pouvoirs dans la prétendue éducation nationale.
Ecrit par : POULHES | 26 mai 2006
Madame, Monsieur,
Le Centre d'analyse stratégique, institution qui vient d'être créée auprès
du Premier ministre français et dont la mission est notamment d'assurer une
meilleure interface entre les objectifs de long terme définis au plan
communautaire et les actions menées au plan national, organise le 25 avril
prochain au Sénat, une journée d'étude autour du thème de "l'intégration
sociale".
L'objectif de cette journée, qui sera ouverte par le Premier ministre
français, est de revenir sur les clivages économiques, sociaux, culturels
et identitaires qui traversent aujourd'hui notre société et de débattre des
réponses que peuvent apporter les politiques publiques à l'échelle
nationale et européenne.
L'invitation ci-jointe est mise en ligne sur le site www.strategie.gouv.fr
au lien suivant :
http://bobi100.skyblog.com
Elle comprend le programme de la journée et les modalités d'inscription.
Vous pouvez vous inscrire dès à présent par retour de mail, en spécifiant
si vous souhaitez participer :
Ecrit par : recteur ledoyen | 28 mai 2006
Je viens de lire « la fabrique du crétin » et j’adhère, avec quelques réserves sur des points très secondaires ; ainsi je ne suis pas certaine que l'école soit responsable (sinon très indirectement) du phénomène Tanguy, je préfère Vincent Delerm à son père et puis, mais j'ai peut-être mal compris, il me semble avoir perçu quelque ironie concernant la féminisation des titres et si c'est le cas je suis étonnée, que dis-je perplexe... non j'ai dû mal comprendre ;-)
Pour le reste, je suis convaincue depuis des lustres de votre démonstration, et je vais mieux depuis que j'ai découvert l'expression de mes indignations par des gens sensés dont j'ignorais l' existence il y a encore quelques années, depuis que je sais que la résistance existe (merci Sauver les lettres !). Mais je suis convaincue aussi que nous sommes en infime minorité à assumer ce discours (comment les jeunes enseignants qui n'ont pas connu d'autre école y adhèreraient-ils, pourquoi les anciens s’exposeraient-ils à se faire traiter de réacs… ?) et suis sans illusion même si j’essaie de croire que l’école va redevenir un lieu qui privilégie l’étude. On peut rêver…
Françoise
Ecrit par : Françoise | 02 juin 2006
Monsieur,
Depuis que j'ai tenté de faire un commentaire sur votre blog qui m'intéresse pour la raison que je voulais votre opinion sur un pamphlet que j'écris actuellement et dont le thème est la vulgarisation,pourquoi inonder ma boite mails de messages incompréensibles?Est-ce de vous ou d'un pirate?
Avec mon respect,
Mr bonneville JJacques
Ecrit par : Bonneville Jena-Jacques | 02 juin 2006
M. Bonneville,
Je suis intervenant sur ce blog depuis quelque temps, et je n'ai jamais été confronté à ce problème, ce qui sous-entend peut-être qu'il s'agisse effectivement d'un "piratage" par cookies ou par "espions" (spyware). Essayez un nettoyage avec le logiciel "Ad-aware" ou "Spybot", vous verrez bien si le problème persiste
Cordialement
Ecrit par : Yvon GOUGIS | 02 juin 2006
Me suspecter d'inonder votre mail… Franchement !
Quant au thème de votre pamphlet, je ne sais pas si je suis très bon juge. Mais essayez directement les petits éditeurs spécialisés, plutôt que les grands éditeurs qui ne jetteront qu'un coup d'œil sur votre texte.
Bien à vous…
JPB
Ecrit par : brighelli | 02 juin 2006
Monsieur Brighelli,
Même si cela n’a pas précisément de rapport avec les propos qui précèdent, je me permets de vous adresser trois pages tirées d’une brochure éditée en 1950 par le PCF, sous la direction du linguiste Marcel COHEN. Il s’agissait d’une protestation contre le projet de « français élémentaire », pendant français du « basic english » destiné aux populations des colonies. Le contexte historique a changé, certes, mais ces pages vieilles de plus d’un demi-siècle ne raisonnent-t-elles pas comme une lointaine annonce de « l’avènement du crétin »?
D.
***
Extraits de : Marcel COHEN et un groupe de linguistes : Français élémentaire ? NON ,éditions sociales, 1950 pp. 75- 78.
Enfin, ce qui semble le plus à redouter, dans le français élémentaire, c'est qu'on n'en fasse une matière d'enseignement en France même. On sait dans quel état de délabrement se trouve actuellement en France l'enseignement de la langue française. Les classes terminales du second cycle (2e et Ire des lycées et collèges) ignorent l'étude de sa constitution et de son histoire. Dans le supérieur, on sépare soigneusement l'étude de la littérature de l'étude de la grammaire et de la philologie.
Mais surtout, dans l'enseignement primaire et dans le premier cycle du secondaire, là où l'on a affaire à des enfants qui ont tout ou presque tout à apprendre sur le maniement de notre langue, on trouve depuis quelques décades une complète incohérence, dans les buts qu'on propose comme dans les méthodes qu'on recommande. S'il semble bien que l'enseignement primaire, avec ses anciennes méthodes d'apprentissage du vocabulaire et de la grammaire française, réussissait à donner à ses élèves une maîtrise suffisante de la langue française écrite, il apparaît que le premier cycle actuel du secondaire (de la 6e à la 3e incluse), non seulement se montre incapable de parfaire, d'assouplir et d'approfondir les connaissances acquises avant l'entrée en 6e, mais souvent réussit à les faire oublier par les élèves !
C'est un fait d'expérience que sur trente élèves d'une classe de 3ème. moderne moyenne, les deux tiers sont dans l'impossibilité d'analyser correctement une phrase complexe, d'en reconnaître les mots grammaticaux, d'expliquer la fonction des divers membres, etc. Certes, nous choisissons à dessein l'exemple d'une 38 moderne: ces élèves n'ont pas fait de latin, et sont moins entraînés que leurs camarades du cycle classique à la méditation des problèmes grammaticaux.
Mais voilà bien précisément qui met en évidence l'absurdité du système: en schématisant, on pourrait presque dire que la grammaire française n'est pratiquement étudiée et connue, dans le secondaire, que par ceux des élèves qui, pour l'aborder, passent par l'intermédiaire du latin! Sans nier la considérable importance formatrice de l'étude du latin, on est obligé de constater qu'il y a là une faiblesse de fait. Bien sûr, en principe, le cycle moderne comporte un nombre d'heures de français beaucoup plus grand que n'en comporte le cycle classique. Mais ici se pose la question du contenu de ces heures. Et il faut bien dire que ce contenu reflète exactement celui de l'enseignement du français dans son ensemble : l'étude de la langue française y est regardée en parente pauvre.
C'est une longue et fâcheuse tradition qui fait du grammairien un cousin germain du cuistre. On peut se demander du reste si le mépris avoué ou non de la grammaire, de l'étude exacte du fonctionnement de la langue nationale, aspect sous lequel se matérialise la pensée, ne constitue pas un des traits de la veine idéaliste dans la culture française. Un autre trait de la structure de l'enseignement bourgeois en France, est la séparation radicale entre « littéraires » et «scientifiques ».
Toujours est-il que, mis à part quelques maîtres spécialisés dans les études de grammaire (et encore, si peu! Il n'est que de voir quelle toute petite place est faite aux questions de langue à l'agrégation de grammaire), les professeurs de lettres n'ont que des connaissances très générales, souvent imprécises, sur l'histoire et les caractères de notre langue. A cause de l'anarchie qui règne dans l'édition française, ils ne disposent par ailleurs d'aucune série de manuels méthodiquement et progressivement adaptés à la fois aux résultats obtenus par la linguistique française contemporaine, aux exigences pédagogiques, et au but essentiel que l'on se propose en théorie : mettre les élèves, à la fin de leurs études, en possession d'un instrument d'expression et de communication dont ils connaissent à fond les lois et les ressources. Enfin, alors que dans le cadre des études de français, dans le secondaire, la part faite à la grammaire et au lexique est déjà très réduite, voici que de divers côtés se font jour des tentatives destinées à réduire encore les horaires de français dans les classes du premier cycle. Les professeurs de français ont dû se battre énergiquement, au cours des mois derniers, pour empêcher le ministère de l'Education nationale de réduire d'une demi heure par semaine l'horaire de français en 48 et en 38.
Il fallait d'ailleurs se battre en même temps contré une plus grande menace: l'enseignement secondaire tronqué de ses années terminales pour la plupart des élèves.
Une telle situation n'a rien d'accidentel.
Elle signifie que la bourgeoisie française juge inutile et même dangereuse pour la survie de son pouvoir l'étude approfondie de notre langue nationale. Dans la mesure où cette étude constitue une base solide pour la résistance aux tentatives d'asservissement de notre peuple à des intérêts impérialistes étrangers, .la bourgeoisie française, dont l'idéologie et la pratique politiques sont tout entières dirigées, pour des raisons de classe, contre l'indépendance nationale de la France; cherche tout naturellement à la restreindre et à la vider de tout contenu formateur.
Il s'agit à la limite, tout comme dans les pays colonisés, de réduire la connaissance du français au strict minimum indispensable pour un fonctionnement rentable du système économique capitaliste. La course au profit n'a besoin que d'esclaves et de cadres subalternes. Il y a trop d'intellectuels. Voilà pourquoi, d'une part, on diminue le temps qui est réservé au français dans les programmes, et d'autre part, on cherche à arracher de l'étude du français toute base rationnelle, méthodique, progressive, unissant le concret et le particulier au généraI et à l'abstrait. Voilà pourquoi, en bref, on médite, d'utiliser en France même le français élémentaire.
PS : Je me permets d’attirer votre attention sur la situation de l’enseignement du français dans les Lycées professionnels, qui, vous le savez (vos livres l’attestent) , est profondément sinistrée. Si le but ultime était d’avoir des ouvrierset des employés peu instruits, hé bien nous y sommes, et les nouvelles modalités de validation des CAP constituent un ultime avatar de toute une chaîne de renoncements.
Ecrit par : Dom | 02 juin 2006
Texte tout à fait remarquable. Déjà dans la Préface de la Fabrique du crétin, Bernard Lecherbonnier citait des instructions des années 1900 qui suggéraient (conformément là aussi au modèle anglais colonial, décidément notre référence) d'instaurer en Afrique du Nord une école à deux vitesses — une pour les maîtres, l'autre pour les valets.
Il est assez piquant, lorsqu'on y pense, de constater que le modèle "valet" envahit peu à peu l'ensemble du système scolaire, via les "bonnes intentions" des pédagogistes. Ce qui cache encore le délabrement intellectuel des lycées "bourgeois", c'est la prise en main par les parent les plus favorisés de la formation que l'école n'assure plus réellement. Mais le système se fabrique peu à peu l'école qu'il mérite, et dont il a besoin : une toute petite minorité de cadres, fils et filles de cadres — comme si les talents étaient héréditaires —, et une masse taillable et corvéable à merci. Non seulement nous aurons des ouvriers peu instruits (le PCF y rémédiait dans les années 50-60 avec sa propre structure scolaire, l'école des cadres du Parti, mais ne l'assure plus aujourd'hui, ce qui se ressent quelque peu sur ses résultats électoraux…), mais nous aurons des cadres intermédiaires hagards. C'est sans doute cela que l'on appelle le libéralisme, dans certains milieux.
Je ne me fais aucune illusion : le libéralisme est la doctrine dominante, et je ne vois pas bien émerger un modèle de rechange (chez la madame Royal, partisane du "blairisme" ? Chez DSK, grand argentier passé et à venir ?). Le seul espoir, et il est pour le moment assez mince, est de convaincre les libéraux que leur intérêt va dans le sens d'un renouveau de l'instruction. Certains — dans le grand patronat, en fait — l'ont déjà compris, et militent dans ce sens. Mais la grande masse des libéraux idéologues restent persuadés que des subalternes instruits sont forcément dangereux.
Ils le sont — mais ils sont aussi plus profitables. À vouloir supprimer la lutte des classes par extinction intellectuelle, le capitalisme se coupe l'herbe sous les pieds.
JPB
Ecrit par : brighelli | 03 juin 2006
Tout cela me fait penser à l'oeuvre d'Aimé Césaire, pour lequel les mots étaient les premiers instruments de libération et de décolonisation. Les mots sont à ses yeux des "armes miraculeuses", et la culture la première des révoltes à jeter au visage des oppresseurs. La culture, c'est la force. Tiens, le mieux est de le laisser parler :
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"[...] disons que si je nomme avec précision [...], c'est qu'en nommant avec précision, je crois que l'on restitue à l'objet sa valeur personnelle (comme quand on appelle quelqu'un par son nom) ; on le suscite dans sa valeur unique et singulière ; on salue sa valeur de force, sa valeur-force. Ici, c'est le vague qui dissout, qui anéantit, c'est la précision qui individualise. En nommant les objets, c'est un monde enchanté, un monde de monstres que je fais surgir sur la grisaille mal différenciée du monde, un monde de puissances que je somme, que j'invoque et que je convoque".
[Aimé Césaire, lettre à Lilyan Kesteloot]
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Ecrit par : Pierre-Henri | 03 juin 2006
Il manque une donnée importante à cette note : Les élèves d'une classe reste les même durant toute la scolarité obligatoire, et ils sont suivi par le même adulte (enfin, au moins un) pendant cette même scolarité ...
Ecrit par : Yukinaya | 03 juin 2006
Bonjour M Brighelli,
D'abord je m'excuse de vous écrire si tard et si tôt à la fois, même si le net me permet de vous poser une question à cette heure indue sans trop vous déranger.
De plus, ne vous en déplaise, c'est bien de votre seule faute que je suis éveillé jusqu'à cette heure-ci, à lire Cioran(extraordinaire, vraiment) que vous nous avez conseillés en classe.
C'est donc dans la même optique que je me suis permis d'utiliser votre blog (dans lequel on en entend des vertes et des..très croustillantes, paroles d'étudiant), à une note ancienne pour ne pas gener vos débats (j'espère que vous la trouverez.
En plus de toutes les références que vous avez donnés sur le thème de l'année écoulée, auriez-vous la sympathie de me joindre une liste d'auteurs ou de titres sur le thème de l'an prochain? Car ce n'est pas que Malebranche ne me refroidîsse un peu,.. mais quand même!
Veuillez ne pas hésiter à me donner toutes les références qui vous semble bonnes, l'été est encore long et en math spé ce ne sera guère la culture littéraire qui m'emploiera le plus clair de mon temps je le crains :-)
Mon adresse: [email protected]
Encore merci d'avance si le temps vous le permet, et merci derechef pour cette année, qui je l'espère vous aura été aussi profitable qu'à moi-même (vous y êtes pour quelque chose quand même!).
Jonatan Picard-Gobet.
Ecrit par : L'albatros | 28 juillet 2006
Ah Cioran... J'ai vu sa maison natale en Roumanie. Un gars d'extrême-droite (au début) fasciné par les cimes du néant. Il reste quelques perles du jeune Cioran pas encore traduites en Français, et c'est kèkechoz, je suis l'assure.
M'sieur Brigheli: je vous serre la main. On ne peut qu'apprécier un génie qui bouffe des fleurs à la fin de sa vie (et qui a écrit quelques considérations perverses, mais dans le bon sens du terme, sur la civilisation). On devrait tous faire ça, d'ailleurs. Je crois que c'est un des plus grands gestes de lucidité qu'il m'ait été donné de connaître. Bah, on bouffera les pissenlits par la racine aussi. Tôt ou tard.
Ecrit par : Pendariès | 28 juillet 2006
Pour mémoire, suite à la lettre du camarade socialiste genevois sur l'initiative de l'ARLE, le peuple genevois pense comme lui et a accepté l'initiative sur le maintien des notes à l'école primaire avec 76 % des voix. Un triomphe unique dans les annales pour une initiative populaire alors que les autorités lui opposait un autre texte ménageant la chèvre constructiviste avec le choux traditionnel.
Le voix a eu lieu le 24 septembre 2006. Ce fut un désaveu cinglant pour 10 ans de réforme socio-constructifiste dans la patrie de Piaget (qui était un vrai savant, à la différence de ses disciples genevois au comportement sectaire).
Ecrit par : genevois | 08 septembre 2007
Bonjour Mr Brighelli,
J'apprécie beaucoup vos interventions télévisées sur la l'etat déplorable de l'école française et je viens de terminer la lecture de votre livre : "À bonne école".
Vous écrivez dans cet ouvrage que les Arabes occupèrent pendant plusieurs siècles le Languedoc-Roussillon, l'ancienne Septimanie entre Pyrénées et Rhone. C'est faux, car les Sarrazins n'y demeurèrent en tout et pour tout que 40 années avant d'en être expulsés par les Francs (chanson du charroi de Nimes). Dans les années 60 on découvrit pas très loin du lycée Joffre un sarcophage arabe souvenir lointain de cette occupation.
Un peu plus tard mais en Provence dans le massif des Maures à Lagarde-freinet des pirates Sarrazins s'établirent et lancèrent de terribles raids à travers la vallée du Rhone jusque dans le Valais suisse. Leur présence dans le massif s'étala de 890 à 973 date à laquelle le comte de Provence Guillaume Ier les chassa après sa victoire à la bataille de Tourtour.
Voilà, je tenais à rectifier vos propos.
Continuez à défendre le savoir contre les idéologues, les apprentis sorciers du pedagogisme; nous sommes des millions derrière vous
Cordialement
Gérard Combes
Ecrit par : Gérard Combes | 01 avril 2008
Ceci, je crois, est révélateur et mérite que l´on s´y arrête.
Ecrit par : Jon Kjölstad | 14 mai 2006
Quelques réflexions un peu en vrac :
- J'aimerais bien parler (et écrire) le suédois comme Jon Kjölstad écrit le français !
- Pas de syndicats lycéens en Finlande !
- Le finlandais s'écrit comme il se parle (un peu comme l'italien et pas comme l'anglais et le français). C'est donc plus facile pour le petits Finlandais d'apprendre à écrire.
- Méthode d'apprentissage de la lecture et de l'écriture strictement "syllabique" (association graphème/phonème, prorité à l'apprentissage méthodique et "mécanique" du code). Méthode globale ou semi globale inconnue.
- Les écoles sont placées sous le responsabilités des maires qui ont le pouvoir d'embaucher et de révoquer les enseignants.
- Il fait très froid et il y a de la neige, les enfants portent des bottes, pas des Nike (d'où les chaussons en classe)
- L'école est considérée comme la prolongation de la maison et un soin particulier est apporté au confort et au décor (fleurs, jolis rideaux aux fenêtres...)
- Orientation vers la voie professionnelle et technologique avant la 6ème (ce point a déjà été évoqué et donne à réfléchir)
- Les enseignants sont plutôt bien payés et bien considérés.
- D'un point de vue politique, la Finlande, coincée depuis des siècles entre la Suède et la Russie, a beaucoup misé sur l'éducation qui est pour eux un ferment d'unité nationale, fonction de "l'école républicaine" que nous avons tendance à oublier en France.
- Important besoin de reconnaissance internationale, d'identité et d'ouverture culturelle et linguistique (les films diffusés à la télévision sont volontairement non sous-titrés)
- Evaluation beaucoup plus "cool" qu'en France (je me relâche !) Pas de notes à l'école primaire, mais seulement à partir du collège.
- "Il y a moins d'heures de cours, mais quand on travaille on travaille, quand on s'amuse, on s'amuse" (réflexion entendue sur France-Culture lors d'une émission consacrée au système éducatif finlandais)
- les Finlandais sont les plus grands "lecteurs" (pourcentage de livres achetés et empruntés) du monde, avec les Anglais.
Les remarques des uns et des autres recoupent ce que j'ai entendu par ailleurs.
La méthode de lecture la plus utilisée s'appelle "Leöj ô Leäj¨ ange !)))))))))))))
Ecrit par : Robin | 01 avril 2008



