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11 février 2006

Macabre

André Antibi a décidément l'oreille du ministre… Cela va faire plaisir à certains.
Antibi est ce mathématicien toulousain auteur, il y a deux ans, d'un livre intitulé la Constante macabre. Selon lui, l'école a besoin, pour légitimer le fait même de mettre des notes, d'un "volant" de mauvaises notes, dont l'effet le plus certain est de traumatiser les jeunes consciences.
Donc, désormais, apprêtons-nous à donner, la veille de tout exercice, les questions et les réponses aux élèves. Afin de ne plus choquer ces jeunes…
C'est cela, sans doute, la "positive attitude". Lorie est devenue ministre de l'Education sans même s'en douter.

Il fallait être mathématicien (et sous-doué) pour imaginer un pareil système. Les mathématiciens réels nous apprennent que la qualité de la copie ne tient pas au résultat, mais au raisonnement. Un prof de Lettres vous dira que tout tient à la rédaction.
Mais déjà, dans plusieurs concours (y compris, par exemple, celui qui recrute les futurs instituteurs — pardon : professeurs des écoles), tout se passe en QCM. Plus besoin de savoir aligner trois mots : il suffit de faire des croix.
Le rêve d'Antibi est de généraliser le processus.
Dès lors, nous ne serons plus une fabrique de crétins : le Crétin généralisé verra le jour.
Il faut être sérieusement minable pour imaginer ce rêve.

Je ne vais pas me donner le ridicule de "défendre" l'actuel système de notation. Les Suisses y avaient renoncé, et viennent de le remettre en fonction, ce qui vaut à la "conseillère pour l'éducation" du canton de Vaud un déluge de lettres d'encouragement de ses électeurs. Le ministre, qui oscille entre le rationnel (le retour à la méthode alphabétique) et l'irrationnel (le pédagogisme dans ce qu'il a de plus caricatural), devrait se dire que siffler la fin de la récréation serait vraiment populaire…

La note n'est qu'un symbole. Elle est une vision flash de ce que vaut l'élève sur une fraction de temps limitée. Jamais on n'a sous-entendu, en mettant une mauvise note, que l'élève était cette note. Avoir zéro, ce n'est pas être un zéro.
Et, à l'autre bout, avoir de bonnes notes ne signifie pas que l'on est… bon.
La note permet d'évaluer, et de s'évaluer. Par ailleurs, elle est éminemment sociale : elle permet de se situer. N'importe quel enseignant vous dira qu'il ne note pas du point de vue de Sirius, comme disait Voltaire : on note en fonction de la difficulté de l'exercice, du niveau de la classe, voire du niveau de l'établissement, et du seuil d'exigence de l'épreuve. Aucun prof ne noite en fonction de ce qu'il aurait fait, lui.
La note est une incitation à faire mieux.

Anecdote personnelle.
Quand j'enseignais en collège, je faisais des dictées, et je mettais même des notes négatives (pourquoi s'arrêter au zéro ?). Les élèves trouvaient cela très drôle — et ça l'était, et c'était bien l'objectif : dédramatiser, et en même temps donner une idée de son niveau réel.
On devrait, de même, noter au-dessus de 20 les copies exceptionnelles — et il s'en trouve. D'ailleurs, on a noté l'épreuve de maths du Bac S, il y a deux ans, pour "cause de grève" des enseignants, sur 26.
C'était démagogique, bien sûr, parce que c'était connecté à une cause irréelle (tous les enseignants grévistes que j'ai connus faisaient tous cours tout en faisant grève, parfois avec un macaron "gréviste" accroché au revers). Mais l'idée serait à conserver : plutôt que de supprimer les notes (et ça, ce n'est pas de la démagogie ?), autant étendre l'éventail des notes. Le 0 est une limite insupportable : certains fournissent un travail qui est moins que nul. Le 20 est une autre limite invraisemblable : pourquoi ne pas imaginer un critère de notation pour les meilleurs ?

Parce que le but ultime de l'école est bien ceui-là : sélectionner les meilleurs. En donnant à tous une instruction minimale, bien sûr. Mais tout en haut de l'échelle, il n'est question que d'élite.
Darwin et Nietzsche nous ont appris qu'on ne (sur)vit, qu'on ne progresse, que grâce à la faculté d'adaptaztion des meilleurs. Tous ceux qui prétendent le contraire sont des démagogues bêlants.

Au passage, je noterai que la suppression des notes est une idée très ancienne. Ferdinand Buisson, qui fut l'inspirateur des lois Ferry, se félicitait, vers 1890, que l'Ecole Alsacienne, à Paris, ait supprimé la note de son arsenal d'évaluation.
Mais savez-vous bienq qui va à l'Ecole Alsacienne ? C'est un réservoir à élites : les bons élèves peuvent, effectivement, se passer de notes. Le smeilleurs, même, s'en fichent complètement : ils sont, presque par naissance dans le système inégaitaire actuel, déjà au-dessus du lot.

Quant à ce que l'école sélectionne, en notant…
Une société a le système scolaire qu'elle mérite. L'école de la IIIe République correspondait à une France triomphante (Ferry, en dehors de l'école, fut un colonialiste enragé). L'école actuelle correspond à une France parfaitement décadente. Allez donc voir en Chine, en Corée, en Inde, partout où l'énergie est prisée, où la volonté de puissance est le critère, s'ils ont aboli le système de notation : ils noteront deux fois plutôt qu'une. Quitte à massacrer en chemin pas mal d'élèves.
Nous, dans notre souci de n'oublier personne en chemin, nous avons rabaissé le niveau de manière sensible. Saboter son école est un luxe de pays riches — et mourants.

À chacun désormais de savoir ce qu'il veut : l'abolition de la notation, dans notre système, équivaudrait à un renoncement à la qualification — ou plutôt, cela permettrait aux enfants des plus fortunés de s'entre-sélectionner, et aux enfants les plus déshérités de rester définitivement de l'autre côté du mur du ghetto. Qui ne voit que la note est le dernier facteur de promotion sociale ? Qui ne comprend que, si on supprime la sanction, on supprime aussi la récompense ?
Qui ne comprend que la caste au pouvoir (pas même la "bourgeoisie" dont Bourdieu décrivait le système de "reproduction" dans les Héritiers, mais une infime fraction, qui se perpétue par cooptation) a trouvé, avec l'abolition des notes, la dernière arme pour assurer sa mainmise sur les instances de pouvoir ?
Qui évaluera les gosses des quartiers sensibles, si on supprime l'instrument d'évaluation ? Eux-mêmes ? Allons donc !

La note est un facteur démocratique — et c'est une évidence : on note de manière égale des copies anonymes, dans les examens. C'est un couperet, peut-être, mais c'est un couperet égalitaire.
C'est même le dernier refuge de l'égalité. Supprimez les notes, et vous supprimerez ce qu'il reste (pas grand-chose !) de l'ascenseur social.

Un dernier point qui n'a rien à voir avec ce qui précède.
Le recteur de Montpellier, Christian Nique, vient de faire savoir, hier vendredi 10 février, par communiqué de presse, qu'il interdisait tout recours à la méthode globale.
Autant préciser : cela couvre aussi tous les exercices à esprit global des méthodes "mixtes". Qu'on se le dise, qu'on le répète : les parents ont désormais le droit d'exiger que les instituteurs de CP enseignent selon des méthodes alphabétiques.

Sur ce, bonne fin de semaine à tous.

JPB



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Commentaires

Monsieur, permettez-moi de vous dire que votre dernière intervention ne vous honore pas. Je ne vous parlerai même pas du fond, un tissu d’assertions péremptoires, (car ne reposant sur aucun fait précis, ou tout au moins vérifiable), voire mensongères (vous dénaturez totalement les propos d’André Antibi (on dirait de la prose « idéologique » ?!!! un retour au « bon vieux temps » ????).

Que dire d’affirmations telles que « Lorie est devenue ministre de l’Education » !!!!!???... chez un ancien élève de l’Ecole Normale Supérieure !!!!! sinon que c’est de la pure démagogie (on caresse son lectorat dans le sens du poil, Monsieur Brighelli?).

Quand à qualifier André Antibi (un de vos pairs non ???) de « sous-doué », c’est faire injure à tous les élèves qui l’ont comme professeur à l’Université ou à SupAéro !!!!!.... et être en totale contradiction avec les idées que vous prônez sur le système « qui sélectionne les meilleurs de la Nation » !!!!! (ce système aurait-il des ratés pour que des « sous-doués » parviennent à passer à travers les mailles ???? mais alors comment peut-on reconnaître l’élite,la vraie,celle dont vous faites évidemment partie ???? rassurez-moi Monsieur Brighelli vous n’êtes pas vous aussi un « sous-doué » infiltré !!!!???!).

Dernière remarque : (et autre contradiction, mais vous n’en êtes pas (ou plus) à une près) :concernant le statut de l’élève : pauvre victime d’un système qui a fait de lui un « CRETIN » pour reprendre votre terminologie d’un côté et de l’autre, un individu que l’on peut et même que l’on se doit (pour son bien !!!! et celui de la Nation) d’évaluer ; mais alors quand vous NOTEZ, Monsieur Brighelli, vous notez quoi au juste : le niveau de crétinisme atteint (ou non) ?????

Ecrit par : cécile | 11 février 2006

tu peux pas faire sur plus court tes notes, elles sont interessants mais parfois lourdes

Ecrit par : pierrot le zygo | 11 février 2006

A, B, C, D, F ... Woah comme dans les séries pour ados produites à Hollywood ! Cool !

Monsieur Antibi me fait penser à ces justiciables qui, malgré tous les avertissements, continuent d'appeler "Votre Honneur" les magistrats.

Dit autrement, il est atteint par cette étrange fascination, qui court depuis longtemps parmi les pédagogistes, et qui consiste à se répéter : "c'est américain, donc c'est bien !".

Tout ce qui a plombé l'éducation publique américaine depuis les années 50, tout ce qui a fait d'elle l'une des plus mauvaises parmi les pays industrialisés, il est devenu impératif de le copier. Constructivisme, psychologie à toutes les sauces, programmes sans contenus, QCM, notes adoucies ... puisque tout cela a prouvé son effroyable pouvoir destructeur outre-Atlantique, et bien ... faisons pareil !

Je dis bien "éducation publique", parce qu'il est évident que ces mesures ne concernent que les pauvres. Ces pauvres tellement fragiles et innocents qu'il faut absolument les protéger des rigueurs du monde. Comme ça, avec ces jolies notes qui ne sont jamais méchantes, ils seront contents, les pauvres, ils ne penseront plus à réclamer leurs droits ... et que pourraient-ils réclamer, d'ailleurs, puisqu'ils n'auront plus que des bonnes notes ?

Il y a quelques décennies, les riches et les puissants employaient la matraque pour calmer les foules. Aujourd'hui, ils frappent à grands coups de guimauve, ils ont compris que c'était beaucoup plus efficace.

Ecrit par : Pierre-Henri | 11 février 2006

Au fait, Jean-Paul, nous pourrions proposer à M. Antibi d'ouvrir les portes de Sup'aéro à TOUS les étudiants, quelles que soient leurs notes.

Qu'en pensez vous : Puisque cet homme est contre l'élitisme affreux de notre système de notation, il faudrait le sommer d'accepter dans sa grande école tous ceux qui veulent y entrer, indifféremment de leurs résultats.

Vous croyez qu'il sera vraiment d'accord, si ça le concerne personnellement ? A moins que, comme je le disais, c'est juste pour les pauvres. Puisque vous avez un accès aux médias, posez-lui la question : A quand supaéro ouverte aux derniers de la classe ? Chiche !

Faisons courir le bruit : désormais, plus de sélection à Sup'Aéro ! Tout le monde peut s'y incrire ; les cahiers de notes au feu ! Ouais !

Ecrit par : Pierre-Henri | 11 février 2006

Voyez Monsieur Brighelli quand on sème la co......ie, ce que l'on récolte!!!!

Ce monsieur n'a jamais lu les écrits d'André Antibi (qui entre autres n'a JAMAIS dit qu'il ne fallait pas noter), mais il se contente d'entériner vos propos démagogiques, sans exercer son propre sens critique : "Monsieur Brighelli affirme que .... c'est donc automatiqement vrai..... "...encore un échec de l'institution (un de plus) !!!!

Ecrit par : cécile | 12 février 2006

Vous jouez sur les mots. Le MCLCM (le Mouvement contre la constante macabre) a des positions dont la motivation est claire : sous prétexte de ne décourager / humilier / traumatiser personne (choisissez le terme qui vous plaira), il prône la divulgation systématique de l'exercice et de son corrigé avant chaque épreuve — qui, du coup, n'en est plus une. Bien sûr on ote : mais qu'est)ce qu'on note ? C'est un peu comme les dictées préparées. Une fois de temps en temps, pourquoi pas ? Mais tout le temps ?
Alors, entendons-nous : c'est un procédé que tous les profs utilisent — et moi le premier (cette semaine, en classe de Première). C'est une chose de varier les procédés pédagogiques, c'est autre chose d'en faire une règle. Je suis là pour tirer des élèves ce qu'ils ont de meilleur — par la persuasion, la gentillesse ou la terreur.
J'utilise des mots choquants ? Je peux faire pire.
L'instruction (j'ai horreur du terme d'Education, comme vous l'imaginez bien, parce que l'Education procède du Savoir, et non le contraire) a deux finalités. D'un côté, accroître le Savoir — et on n'a pas besoin de notes pour cela : les anciens précepteurs des aristocrates ne les notaient pas — même s'ils les fouettaient parfois : voir le Rouge et le Noir, et l'angoisse de Mme de Rênal après l'embauche de Julien Sorel. D'un autre côté, il faut préparer à des examens, des concours qui, autant que je sache, notent, et parfois même durement.
Certes, les examens, aujourd'hui, on les donne. 80% de réussite au Bac ! Autant le supprimer : mais on le remplacera par un examen d'entrée en Fac qui sera beaucoup plus saignant, ça se fait déjà ici et là.
Et je ne connais pas d'autre entraînement — au sens sportif du terme — à la compétition que cette prise de risque que l'on appelle l'épreuve notée (et le barème de notation peut varier, pour la même classe, d'un jour sur l'autre : et croyez-moi, je m'y entends pour déstabiliser). À un moment ou un autre vient le moment de vérité : comment croyez-vous que l'on y prépare les enfants ? En les félicitant dès qu'ils se trompent ? Avez-vous déjà entendu un entraîneur sportif ? Ils battraient leurs poulains, s'ils n'avaient pas peur de leur casser quelque chose.
Je ne les prépare pas tous à la même chose, parce qu'ils ne seront pas tous capables de passer les mêmes épreuves, mais je les prépare au pire. Si cela passe par un traumatisme — pauvres chéris si friables… — tant pis. Mais je sais une chose : c'est que lorsqu'ils me rencontrent, dix ou quinze ans après, la plupart (oh, pas tous, il y en a qui ont été heurtés dans leur sensibilité…), ils me remercient, en général.
Et je ne suis pas exclusivement formateur d'élites. J'essaie de tirer le meilleur de chacun. Qu'à son niveau, il soit le meilleur.
Ou si vous préférez, je suis un vrai formateur, pas comme ceux qui se prétendent tels et qui inondent les IUFM. Rien de macabre à cela — ou alors, c'est que toute compétition est macabre. Un formateur est un incitateur d'adaptation : il crée les conditions les plus stressantes afin de développer des réflexes de survie élémentaire. Parce que l'ensemble de la vie future (et c'est là que l'Instruction se fait Education) n'est que concurrence féroce, et struggle for life. L'école est toujours quelque part école de la jungle. Ceux qui prétendent le contraire sont au choix des illuminés, ou des hypocrites. Rien d'étonnant à ce qu'il y ait tant de crypto-cathos parmi les pédagogistes — Meirieu le premier.

Et tant pis pour les pandas : ils sont très mignons, mais ils n'ont pas su s'adapter.
JP Brighelli

Ecrit par : brighelli | 12 février 2006

À propos, "Cécile" : je signe en toutes lettres, moi, comme pas mal des intervenants de ce blog. C'est pratique, l'anonymat ?

Ecrit par : brighelli | 12 février 2006

"Un formateur est un incitateur d'adaptation : il crée les conditions les plus stressantes afin de développer des réflexes de survie élémentaire. Parce que l'ensemble de la vie future (et c'est là que l'Instruction se fait Education) n'est que concurrence féroce, et struggle for life. L'école est toujours quelque part école de la jungle. Ceux qui prétendent le contraire sont au choix des illuminés, ou des hypocrites. Rien d'étonnant à ce qu'il y ait tant de crypto-cathos parmi les pédagogistes — Meirieu le premier.

Et tant pis pour les pandas : ils sont très mignons, mais ils n'ont pas su s'adapter."

Là je m'insurge. L'économie n'est pas darwinienne, comme nous le fait croire la vulgate néolibérale. Elle est lamarckienne, puisqu'en économie il n'y a pas de mutation apparaissant au hasard et étant sélectionnée. Quand un nouveau besoin se fait sentir, on crée l'entreprise qui le remplit : dans ce domaine, la fonction crée l'organe. Et l'éducation aussi donne des outils pour s'adapter... (Bon c'est vrai, Darwin, en son temps, adhérait partiellement au lamarckisme).

Par ailleurs, l'espèce humaine, comme peu d'espèces le font (même si par exemple la fourmi américaine Myrmelachista schumanni pratique une véritable sylviculture), modifie son environnement. A l'échelle du continent européen, aucun paysage - si l'on excepte la forêt de Bialowiesa - n'est "naturel" et ne peut être expliqué sans connaître les conditions de la vaine pâture médiévale, l'usage des bois périphériques des finages, l'assolement, la préservation des forêts près des frontières, les effets des guerres modernes et contemporaines, les ordonnances de Colbert, la conversion des tallis-sous-futaie en futaies par les sylviculteurs...

La société est un outil permettant à l'homme de s'adapter. C'est donc à la société de s'adapter à l'homme et non le contraire. A quoi servirait une société qui crée encore plus de contraintes, au lieu de contribuer à les affronter ? Finalement, votre argumentation rejoint celle de Hayek ! Cela ne vous ressemble pas !

Quant au stress, à trop forte dose, il est destructeur pour l'organisme, favorise le vieillissement prématuré. Les jeux des jeunes animaux, qui préparent à l'adaptation à l'environnement ne sont pas en général générateurs d'un stress maximum.

Ecrit par : DUMOUCH Rodolphe | 12 février 2006

Je trouve que vous versez tous un peu trop dans l'extrême. Relisons Bourdieu, ça ne fait jamais de mal. Il serait effectivement criminel, et je pèse mes mots, de créer une sorte de société hors du monde au sein de nos classes, qui prônerait l'égalité, l'absence de compétitivité (et non seulement criminel, mais sans doute contre productif), et qui nierait les règles de fonctionnement. La où je ne rejoins pas M. Brighelli, c'est dans son acceptation de la société en tant qu'espace naturel. N'utilisez pas le nom de Darwin à toutes les sauces ! Sans vouloir verser dans l'apologie de Tort enves Darwin, il faut tout de même rappeler que notre bon pasteur était persuadé que justement, l'homme avait atteint un tel niveau d'évolution qu'il se devait de dépasser un état de nature où l'homme serait un loup pour l'homme.
Donc, c'est à l'inverse qu'il faut fonctionner, tout en donnant à nos élèves les codes de la société, il faut aussi leur donner les moyens de réfléchir sur elle, et l'ambition de trouver les moyens politiques de la modifier. C'est très utopique, mais je pense que cela ne peut fonctionner que dans ce sens. Ce n'est pas en privant nos jeunes têtes blondes des moyens de s'investir et de rentrer dans la cité, qu'ils pourront la changer. Relisons les émeutes par ce crible, et la raison du peu de poids après coup de celles-ci, tient sans doute dans le fait qu'elles n'aient rencontré aucun leader potentiel maîtrisant les codes de l'espace social, capable de transformer l'essai. Les émeutiers sont restés des "sauvages" (n'y voyez rien de péjoratifs) incapables de donner du sens à leur révolte, parce qu'ils ne maîtrisaient pas les clés de communication avec la société. Enfin, ce n'est que mon avis !

Ecrit par : luminoute en chef | 12 février 2006

Laisser Darwin hors du débat ne serait effectivement pas plus mal. Une classe n'est tout de même pas un troupeau d'antilopes, avec les plus "faibles" qu'on laisserait en pâture aux prédateurs. J'adhère le plus souvent à ce que vous dites, mais cette idée de darwinisme scolaire me fait beaucoup penser aux plus délirants parmi les néoconservateurs américains. D'une certaine façon, c'est du rousseauisme aussi : ramenons l'élève à l'état de nature, et que les plus forts survivent.

Avec cette comparaison pseudo-naturelle, vous commettez la même erreur que les pédagogistes, mais en négatif. Les pédagogistes veulent l'élève "naturel" parce qu'ils l'imaginent pur et innocent, dégagé des contraintes avilissantes de la société. Vous voulez l'élève "naturel" parce que vous semblez croire à la survie des plus forts.

Au sujet des pandas : ils ne sont pas victimes de la "sélection naturelle" telle que l'entendait Darwin, qui est un phénomène de long terme se déployant sur des générations. Les pandas ont été exterminés de la main de l'homme, sur un laps de temps très court. Imaginons que quelqu'un vous tire une balle dans la tête et que vous en mourriez. Suivant votre logique, cela signifierait que n'avez pas su vous "adapter" assez rapidement au plomb de la balle ?

Des notes véritablement rigoureuses sont nécessaires, mais pour pousser les élèves à prendre leurs responsabilités : si je travaille, je réussis ; si je fous rien, j'en paie le prix. C'est tout le contraire du darwinisme. Pas un retour à la nature mais, à l'opposé, une acceptation de la société et de ses règles.

De grâce, laissez tomber ce darwino-rousseauisme et redevenez voltairien, c'est là que vous êtes le meilleur.


A Cécile : je n'ai pas écrit que les notes allaient être supprimées, j'ai dit qu'elles n'auraient plus le moindre sens. Si on met des 20 à tout le monde, sur le mode "école des fans", le diplôme perd toute valeur. C'est déjà le cas aujourd'hui. Que vaut une licence universitaire, à votre avis, sur le marché du travail ? De plus, comme je suis quelqu'un de bonne volonté, je suis prêt à croire M. Antibi, mais à une seule condition : qu'il montre lui même l'exemple à Sup'aéro.

Ecrit par : Pierre-Henri | 12 février 2006

Juste une question à tous les intervenants de ce blog: avez vous au cours ce débat, songé à interroger les principaux intéressés c'est à dire les élèves? Quand ils ont les mots dont on les prive de plus en plus ,croyez moi, leur avis sur la question de l'école est éloquent.

en ce qui concerne la notation:
il y a trois ans, le cned section primaire[nos enfants y sont scolarisés car nous nous déplaçons beaucoup]a supprimé la note sur 20 et l'a remplacée par un système d'évaluation avec une cotation de 1(je ne sais pas si le 0 existe) à 3 (le cned primaire est à Toulouse, un rapport avec la présence en cette ville de Mr Antibi?)...
Nos deux aînées n'ont pas du tout apprécié et ont trouvé cela débile (je reprends leur termes et expressions),
"ils veulent nous ménager comme si on était des bébés et qu'on avait peur des mauvaises notes"
"c'est bien les notes !au moins on sait comment on se situe par rapport aux autres"
"ils pourraient quand même de temps en temps nous demander notre avis avant de tout changer!"
Supprimer les notes en primaire partait d'une bonne intention, nous n'en doutons pas,et en effet, ce système qui évalue leurs compétences ,acquises, non acquises ,en cours d'acquisition a le mérite de mettre en évidence les acquis où non acquis(ne soyons pas toujours contradicteurs)). Mais , l'enfant lui se retrouve isolé , seul par rapport au groupe auquel il est sensé appartenir dans l'école...
Mon aînée est passée cette année en 6ème et est ravie d'avoir retrouvé des notes sur ces copies. "quand j'ai une note qui me plait pas ça me donne envie d'en avoir une meilleure"
Biensur tous les enfants ne réagissent pas ainsi , mais c'est à nous, adultes de dédramatiser, l'enfant a besoin de repère n'importe quel parent le sait, c'est une question de bon sens!
Plusieurs amis parents et surtout plusieurs enfants amis de mes enfants ont eu les mêmes réactions... sans en faire l'apologie, la note est une forme de critique dont ils ont besoin
pour progresser...
Ce sont les enseignants qui ont peur de la note pas les élèves, pour preuve , combien viennent réagir sur ce blog sous couvert d'anonymat!
Les réformes quelqu'elles soient ne sont jamais faîtes en tenant compte des avis de ceux qu'elles concernent , permettez moi donc de supposer , primairement que c'est justement parce qu'elles sont faîtes contre eux.(c'est un peu facile je vous l'accorde...)

J'ai eu deux professeurs qui notaient en négatif et parfois au dessus de 20 , dans la classe nous étions tous stimulés car au delà de la dérision, on sentait la volonté de nos profs de nous voir progresser.

juste une remarque, légèrement en dehors du débat, pour les enseignants : j'ai souvent été interpellée par le fait qu'un enseignant oubli le parent qui est en lui quand il pénètre dans sa classe pourtant je ne crois pas qu'il y ait une antinomie entre le fait d'être parent et d'être enseignant... Je ne veux pas dire par là que les enseignants doivent se substituer aux parents de leurs élèves mais qu'au contraire ils puisent dans leur expériences de parents pour enrichir leur sens pédagogique.

pour finir:
j'ai pris le dictionnaire, ce cher vieux Robert,j'ai lu la définition , d'élite, élitisme puis d'élitistemais à aucun moment , la définition ne m'indique qu'il s'agit d'un mot grossier autrement dit d'un gros mot...

Ecrit par : Patricia Mesnigé-Marc | 12 février 2006

Monsieur Brighelli, excusez moi mes vos propos sont totalement déments, caricaturaux ; je n'arrive pas à croire que quelqu'un qui a fait Normale Sup ait une pensée aussi primaire !!!! à vous lire je ressens une profonde nausée.

dernière remarque grinçante et grimaçante : de votre école "loi de la jungle" ne sortent vainqueurs que les enfants dont les parents ont les moyens de les protéger.....de la férocité du monde!!!!! elle est pas belle la vie!!!!????

allez je vous laisse à votre délire.....barbare.

Ecrit par : cécile | 12 février 2006

à Cécile (c'est un peu hors sujet) : arrêtez donc d'écrire que Normale Sup' est une sorte de super-élite, c'est agaçant à la fin ! Ca fait au moins 10 ans que ce n'est plus le cas. A l'échelle mondiale, Normale Sup' n'est qu'une honnête boîte à former des profs, qui joue en deuxième division depuis pas mal de temps déjà.

Si vous cherchez les véritables élites françaises, vous les trouverez là :

http://collectif.des.expats.free.fr/phpwebgallery/category.php

Ecrit par : Pierre-Henri | 13 février 2006

Sur Darwin et Lamarck, les développements de la science ont depuis longtemps donné raison à Darwin. Etre "contre" Darwin est un non sens ; par contre, tenir compte de Darwin amène à craindre sincérement l'issue des réformes actuellement promues et à venir.

En linguistique, par exemple, les recherches de Chomsky (cf _Psychologie et pédagogie_, publié sous le nom de Piaget et transcrivant un débat avec ce dernier), supposant que la sélection naturelle a doté l'humain de la _capacité à apprendre le langage articulé_, ont abouti à des observations pertinentes sur les constantes du langage humain, alors qu'à l'inverse, aucun animal à ce jour, même éduqué par des humains, n'a pu maîtriser ce mode de communication. Sur les questions de langage, donc, la séparation entre espèces confirme les observations biologiques de Darwin.

A l'inverse, savoir parler ne transforme pas nos gènes et jamais un nouveau-né n'a pu articuler une phrase simple à son arrivée au monde.

Ce qui n'est pas confirmé, c'est si les performances de chaque individu dans cet apprentissage sont conditionnées par son hérédité ou par le milieu.

De même, au début du XXe siècle, les scientifiques ne pouvaient pas trancher sur les implications de l'hérédité dans les compétences individuelles.

Or notre pays, comme d'autre, avait besoin de sélectionner systématiquement les personnes les plus aptes pour certains métiers, et a mis en place un système d'enseignement et de sélection adéquat, mais coûteux.

L'égalité des chances au départ, les récompenses et punitions systématiques, une progression rigoureuse des savoirs, l'établissement d'échelles de connaissances suivant les critères les plus objectifs de cette époque, répondaient parfaitement à ces besoins et satisfaisaient l'espoir, le patriotisme, les sentiments de justice et d'injustice dont notre pays avait besoin.

De même, une sélection objective amenait à communiquer aux élèves des savoirs et des savoir-faire surdimensionnés par rapport à leur future condition sociale, puisqu'on évaluait justement leur capacité à s'élevé au dessus de leur condition présente.

Les conditions économiques actuelles rendent ce système inutile et dangereux.

L'enseignement coûte à l'Etat, c'est-à-dire qu'il se répercute sur le prix de vente des marchandises. Il coûte aux parents, c'est-à-dire qu'il durcit les négociations salariales.

Des savoirs "trop" étendus, et trop répandus, notamment sur le langage, l'histoire et la société, fabriquent des démagogues et des émeutiers et donnent aux pauvres des aspirations à l'égalité néfastes pour les riches.

Une échelle de notes scolaires, fondée sur les mêmes évaluations, et attribuée sous forme de _chiffres_, concurrence l'échelle des salaires dans l'idée favorable que nous nous faisons de l'intelligence d'une personne et génère une fois de plus, une révolte indésirable pour l'équilibre social.

Supprimer l'égalité de l'enseignement, alléger les programmes, abolir la progression des savoirs (et rendre le savoir odieux) c'est réduire les dépenses de l'Etat et consolider la paix sociale.

Rappelons que Durkheim, en son temps, considérait déjà que le (seul) but de l'éducation était d'adapter chaque individu à sa position sociale.

En l'absence d'un système aussi lourd, l'orientation professionnelle peut emprunter deux voies : le hasard et l'hérédité : le premier pour les tâches d'exécution, le second pour les tâches demandant des compétences. Dans ce domaine, les lois observées par Darwin, beaucoup plus anciennes que l'enseignement égalitaire, deviennent non plus le point de départ pour la recherche des plus aptes, mais le seul moyen de désigner ces derniers. Bon sang ne saurait mentir.

On aboutit donc logiquement un système de catégories sociales héréditaire, ou plutôt on lui accorde définitivement la suprématie, on le rend hermétique, on supprime les déclassés malheureux.

Je n'emploie pas le conditionnel, parce que cet héritage du métier est la plus ancienne orientation connue de l'humanité et qu'elle est restée dominante dans de nombreuses corporations. Regardez autour de vous, amis professeurs.

Ainsi, l'Eglise trouve aussi son compte, puisque Léon XIII, en matière de cohésion sociale, a défini le souverain bien social comme la cohabitation harmonieuse entre communautés au sein d'une nation. Comment concevoir celle-ci en dehors d'une juxtaposition de castes héréditaires ? Mussolini avait très bien compris cette leçon ; de même Claude Allègre, qui considère que l'enseignement public est comme la Sécurité sociale et doit n'offrir qu'un régime minimum, alors que les familles qui le souhaitent doivent s'offrir l'équivalent de la mutuelle.

Si nous projetons ce système dans l'avenir, les dépenses inutiles ainsi que la démagogie politique, le malaise que les déclassés ressentent et les troubles qu'ils causent sont définitivement abolis.

Il n'y a plus bientôt que des classes homogènes, aux mêmes goûts, aux mêmes aptitudes et aux mêmes usages ; nul doute d'ailleurs que les ethnies aussi se conforment à la règle génétique.

Le plus grand inconvénient, c'est Darwin qui nous le laisse attendre.

Si chaque classe est isolée, si la promotion de l'individu se fait au sein de sa catégorie sociale de naissance, alors la sélection n'aura pas pour critère principal les rapports entre catégories, mais la concurrence dans cette catégorie pour l'ascension.

Or, la réussite d'un homme d'affaires n'est pas déterminé par la qualité des produits qu'il vend, mais avec sa marge bénéficiaire.

La réussite d'un homme politique n'a rien à voir avec son intelligence de la vie de la cité, mais varie avec son télégénisme, son sens des alliances, et sa capacité à « brûler » ses concurrents.

Le succès d'un fonctionnaire est directement fonction de son carriérisme, c'est-à-dire sa capacité à déléguer son travail, dissimuler ses erreurs, complaire à ses supérieurs et anticiper sur les réformes à venir.

Supprimer les notes dans l'orientation scolaire, de même que substituer à un enseignement de qualité une transmission des compétences de lecture, d'écriture et d'oral et un socle des savoirs minimaux. C'est créer un pays de castes, à terme globalement décadentes, mais parfaitement en paix entre elles, unies face à la caste des chômeurs et journaliers, elle-même incapable d'action.

Supprimer la sélection scolaire, ainsi que la transmission des savoirs, c'est à terme un pays de Sarkozy en politique, de Crédits Lyonnais en banque, de Meirieu en enseignement, de professionnels de l'économie souterraine dans nos banlieues.

Selon Gould, contrairement à Darwin, l'évolution se fait par "sauts" brusques beaucoup plus souvent que par transformations progressives. Ce pays, nous l'avons déjà : voulons-nous seulement cela à l'avenir ?

Ecrit par : Prof Chômeur | 15 février 2006

Oui, depuis longtemps, EN BIOLOGIE, Darwin a vaincu les idées de Lamarck - du moins les idées des Darwinistes postérieurs à 1883, quand Auguste Weissman démontra l'impossibilité de la transmission des caractères acquis. Darwin lui-même était lamarckiste... Même dans la dernière édition de L'Origine, peu avant sa mort, les références lamarckistes restent légion.

En revanche, le darwinisme n'a rien à faire en sciences sociales & humaines. Comparer l'évolution du langage, des idées ou celle des technologies avec l'évoltion biologique est un non-sens absolu. Technologie et langage fonctionnent sur des bases lamarckiennes : on crée les mots et les outils dont on a besoin, il n'apparaissent pas spontanément comme des mutations.

Confondre la transmission culturelle ou, pire, l'héritage du fric avec la transmission chromosomique, c'est de la pseudoscience. C'est même faire de la sélection à rebours, comme Etienne Lantier l'exprime magnifiquement chez Zola.

Tous ceux qui usurpent darwin dans ces domaines (les économistes débiles comme Hayek et Friedman, par exemple) n'ont même pas été capables de s'en apercevoir !

Ce que vous décrivez, ce sont leurs théories, qui usurpent le darwinisme. Ce n'est pour eux qu'un faire valoir pour justifier le conformisme, les conventions sociales, la soumission à l'ordre établi, le maintien de la "paix sociale". Cela n'a strictement rien à faire avec la vraie science.

Alors de grâce, laissez Darwin de côté, ainsi que feu Gould, qui d'ailleurs était sur place, à Chicago, pour se taper les théories grotesques des Chicago boys, grenouilles verbeuses voulant se faire aussi grosses que le boeuf scientifique.

Le problème, c'est que ces rigolos-là sont à l'OMC, ils sont DRH dans nos entreprises. C'est plus facile d'apprendre des théories bidon sur le libre-échange, d'assimiler 3 mots d'anglais commercial, que de passer des années à suer sur des cours d'anatomie et de physiologie. Et comme on paie plus cher un guignol de gestionnaire ou un spécialiste en "communication" qu'un chirurgien, les vocations scientifiques manquent.

C'est comme le crétin qui a repeint le logo de la SNCF en rose bonbon bleu sac poubelle et l'autre gogol qui a refait le "L" du crédit lyonnais : tout ça, ça sort d'une école de "communication", avec le niveau accessible à un berger allemand bien dressé. Et c'est payé plus cher qu'un chercheur de CEA.

Ecrit par : DUMOUCH Rodolphe | 16 février 2006

Quelqu’un demandait ce qu’en pensaient les élèves eux-mêmes.
Mon fils aîné disait pendant ses premières années de collège : « L’école m’empêche d’apprendre. »
Quelques années plus tard, mon fils cadet en CM2 :
« Il y a pire que les baffes, pire que les coups, pire que le viol et le meurtre. Le pire qu’on puisse faire à un être humain, c’est lui assassiner sa manière de penser. »
… !

Monsieur Brighelli, moi aussi, je suis parfois très en colère ! Peut-être pas pour les mêmes raisons que vous: mon deuxième fils est autiste, maintenant en intégration individuelle au collège. Loin d’être "un crétin" mais loin des performances des meilleurs élèves : s’il était né il y a 50 ans, je n’ose même pas imaginer où nous en serions actuellement ! Je suis parfois en colère parce que les choses n’avancent pas assez vite et certainement pas parce que «c’était mieux avant ! »
Cette « différence-là » pourrait intéresser ceux qui se préoccupent du langage, de l'évolution, etc, mais elle ne vous intéresse peut-être pas.
Non, ce n'était pas mieux avant, et je me fais la même réflexion en tant qu’enseignante. Je suis institutrice.
Je vous ai entendu lors de votre conférence à l’UAG mercredi dernier. J’avoue que je vous ai trouvé rafraîchissant ! La pédagogie est un art ! Nous pourrions fonctionner comme si nous avions des classes uniques ! Parce que nous savons maintenant : les enfants sont tous différents.
...Il ne s’agit pas uniquement des origines, du milieu social, de la maturité… Il s’agit aussi et surtout des différentes manières d’apprendre. Quand on est enseignant et qu’on cherche l’efficacité pour chaque élève, on découvre tout cela en transpirant et on ne se préoccupe pas souvent de ce qui se dit en haut lieu ! Par exemple, avec certains de mes élèves en difficulté, j’utilise parfois des manuels avec méthode alphabétique de lecture. (j’ai offert un Bocher l’an dernier, mea culpa !) Avec d’autres, j’essaie tout ce qui est visuel (an maths, en français…) car, contrairement à ce qu’on apprend en psy cognitive, la mémoire à court terme n’est absolument pas obligatoirement d’ordre phonologique ! Alors: pourquoi pas le global d'abord? Je ne cherche pas du tout à être provocatrice. Si un ministre (brighelliste ou autre…) s’avisait de m’imposer la méthode ceci ou cela, je tenterais sans doute d’ignorer ces « nouvelles » directives. De même s’il lui venait à l’idée de remettre à l’ordre du jour le subjonctif passé à la place de l’heure d’anglais ou de l’utilisation de l’ordinateur et d’internet ! (juste en passant : votre idée de faire revenir les vieux instits pour qu’ils nous donnent « quelques trucs » : pourquoi pas ? Qu’ils soient les formateurs des enseignants de l’école d’aujourd’hui : quelle aberration ! Le monde a tellement changé !)
J’écoute les parents de mes élèves davantage que les ministres: je ne suis pas sûre que vous les interpelliez sur l’essentiel. Tout cela m’inquiète un peu.

Monsieur Brighelli, vous êtes en marche pour faire bouger les choses. Possible qu’on vous écoute (avant 2007 !): vous avez beaucoup d’atouts ! Bravo ! (Sincèrement!) Mais de grâce : pas trop de retour en arrière dans vos propositions ! Qu’on avance !!!
Marielle Cathenod

Ecrit par : marielle cathenod | 19 février 2006

Monsieur ANTIBI pratique l'EPCC à sup aéro et en licence de mathématiques. Les élèves sont avides d'explications et ont envie de tout comprendre. Tout le monde n'a pas 20. Et les élèves de licence qui sont arrivés dans la promo supérieure ont subjugués les profs : jamais ils n'avaient eu d'élèves qui avaient d'aussi bonnes connaissances, nombresuses et solides.

Ecrit par : marie | 20 février 2006

Je voulais dire à l'ENTREE en sup'aéro ! Comme c'est une grande école, sélective, une fois qu'on a sélectionné les tout meilleurs à l'entrée, après on peut noter comme on veut, ça change plus grand chose.

Un extrait du site de l'école, au sujet du concours d'entrée :

"Ce concours est présenté par les élèves ayant suivi les meilleures classes préparatoires scientifiques.
Le secrétariat général du Concours prononce les admissions en fonction du rang obtenu lors des épreuves. Les candidats classés sont susceptibles d'être admis dans les écoles en fonction de leur rang de classement, des préférences exprimées et des places disponibles."


Une fois qu'on a soigneusement choisi ses étudiants parmi les meilleurs, il est facile, ensuite, d'appliquer n'importe quelle pédagogie et de se proclamer grand génie.

M. Antibi est il prêt à employer ses méthodes pour tous ceux qui veulent ENTRER à sup'aéro ? Est-il prêt à prendre N'IMPORTE QUEL bachelier français et d'en faire un ingénieur en aéronautique grâce à l'EPCC ? c'est ça que je demande !

Ecrit par : Pierre-Henri | 20 février 2006

Je suis déçue parce que j'ai fait une première réponse qui n'a pas pu être envoyée. L'EPCC n'est pas une pédagogie mais une façon de vérifier que les acquis sont là.

Et je disais dans cette première réponse que monsieur ANTIBI n'est pas contre la sélection à l'entrée des écoles ou pour certains corps de métiers comme la médecine : tout le monde ne peut pas accéder à ces métiers qui n'offrent pas de la place pour tout le monde, et quand bien même il y aurait de la place pour tout le monde, tout le monde ne voudrait pas y accéder!

Il n'a jamais dit qu'il était contre la sélection, mais par contre, il est contre la sélection par la note qui n'est sensé ne rien faire d'autre que VALIDER DES ACQUIS.

Il n'a pas dit qu'il voulait que tout le monde ait 20, contrairement à ce que monsieur Brighelli pense et dit bien fort, monsieur Antibi n'est pas un candide des temps modernes. Il cherche à ce que les élèves qui travaillent soient récompensés, et non décontenancé face à un énoncé original "pour voir si les élèves savent s'adapter". Qu'on voit d'abord s'ils ont les moyens avant de voir s'ils savent les adapter!

De plus, je vous signalais également que cette méthode d'évaluation était celle utilisée pour les examens finaux de pilote de l'air, ceux de qui votre vie dépend quand vous prenez l'avion, ou bien encore en médecine : on ne leur demande rien d'autre que de savoir refaire, reproduire exactement les mêmes gestes, au milimètre et à la seconde près, dans des situations exactement semblables à celles étudiées. C'est exactement l'EPCC!

Si ce système ne vous semble pas valable, je prierai pour vous quand vous aurez l'appendicite...

Les notes n'augmentent que de deux points, mais surtout, si un élève a 5, il sait d'où ça vient : manque de travail ou de capacité, difficultés réelles ou fainéantise. Mais un élève ne conteste plus ses notes avec ce système. Alors, un élève qui a 8 de moyenne générale ne va pas faire appel pour passer : il sait qu'il n'a effectivement pas le niveau. Surtout, les élèves ont envie de suivre en classe parce qu'ils savent que tout peut leur être utile : ils ne savent (évidemment oserais-je dire) que quelques jours à l'avance les exercices qui risquent d'être au contrôle. S'il sont bien choisis, ces derniers permettent de balayer tout le programme et englobent des connaissances et des compétences qui ont été découvertes depuis le début de la séquence d'enseignement. Et n'en déplaise aux ronchons, oui, ça marche : la mission de l'enseignant est remplie. Pas la mission utopiste de faire de chaque élève un einstein. Mais chaque élève peut vraiment révéler ses capacités : ils s'intéressent, ils travaillent, ils sont moins stressés et mettent toute leur énergie au service de leurs compétences, et non plus à calmer la peur du chronomètre, ils veulent comprendre, et vraiment, il y a une confiance qui se rétablit, si elle n'était plus. Confiance n'est pas duperie : les élèves fournissent vraiment un travail. L'homme est fénéant par nature : entre comprendre un exercice et un mécanisme ou apprendre par coeur des pages et des pages comme une machine, le choix est vite fait! Surtout que pour le premier, il y a les heures de cours avec le prof pour aider, et que pour le deuxième, il y a 3 heures la veille du contrôle. C'est vite vu!

En ce qui concerne l'application réelle de la méthode, qui est caricaturée ici par monsieur Brighelli, elle est très bien détaillée sur le site http://mclcm.free.fr.

Marie

Ecrit par : Marie | 20 février 2006

Antibi, dernier commentaire.

Je ne vais pas en rajouter une couche. Je rappelle toutefois les faits suivants.
La suppression des notes ne date pas d'hier. Ferdinand Buisson, le grand inspirateur des lois Ferry, se délectait dans les années 1890 que l'Ecole Alsacienne, à Paris, qui venait d'être créée, n'utilisât pas de système de notation. Mais c'était déjà l'école de l'élite…
Alors, tâchons d'être clair.
Pierre-Henri (voir supra) a parfaitement raison de relever le fait que la suppression de la notation une fois que la sélection a été faite ne pose aucun problème — et pas plus à moi qu'à un autre. Un excellent élève n'a pas besoin d'une appréciation chiffrée : le commentaire lui suffit (au passage, je fais remarquer à tout le monde qu'un commentaire peut être bien plus sanglant et traumatisant qu'une note — mais passons).
En dehors même de la valeur pédagogique de la note avant sélection, je… note que ce sont les élèves eux-mêmes ("M'sieur, ce sera noté ?") et leurs parents qui réclament des notes. Il y a bien des jours où je mets une appréciation chiffrée simplement pour faire plaisir.
Dernier point, plus pratique. Il est plus simple, quand on fait le bilan d'un trimestre, de s'appuyer sur des notes, dont l'ensemble donne une vision immédiate de la courbe d'un élève, que sur des appréciations dont on a pour l'essentiel oublié la portée.
Quant à la notation par lettres, c'est une plaisanterie. A,B, C, etc., modifiés en + / -, cela ne fait jamais qu'une notation à base 10, au lieu d'être à base 20. Quitte à ne plus noter, il faut être rigoureux.
Salut à toutes et à tous.
JP Brighelli

Ecrit par : brighelli | 21 février 2006

Je ne vois pas l'utilité de cette remarque dans le contexte de l'EPCC puisque jamais dans ce système il n'a été question de supprimer les notes. Où donc l'avez vous donc lu?

Ecrit par : Marie | 21 février 2006

Il y a pire que les mauvaises notes ou les appréciations assassines: c'est l'indifférence, l'absence totale de réaction. Car l'élève a peut-être alors l'impression qu'il n'existe pas.
Et mon message était sans doute mal placé ou déplacé.

Mais ne disais-je pas déjà: "Cette différence -là ne vous intéresse peut-être pas."?

Ecrit par : Marielle Cathenod | 21 février 2006

Pour en finir avec l'élitisme !
par Jacques-Etienne Bovard, professeur et écrivain.
in Migros Magazine Nº 9, 28 février 2006 , rubrique : L'invité de la semaine



Nombreux sont les esprits infatigables qui travaillent à faire de l’école un biotope expérimental totalement coupé de la jungle extérieure. Ils se heurtent encore à d’opiniâtres résistances: les préjugés élitaires restent vivaces parmi la population, et contaminent même certains enseignants. N’entend-on pas ici et là que rien ne s’apprend sans «effort», qu’il faut faire preuve d’«endurance», passer des «examens», surmonter d’éventuels «échecs», «apprendre à se battre» et j’en passe?

Dieu merci, l’abolition de toute sélection avant l’âge de 16 ans, autrement dit la mise au même régime de tous les élèves de même âge indépendamment de leurs capacités, devrait accélérer le processus: classes pléthoriques, confusion des objectifs et des matières, ennui, indiscipline, exigences une fois de plus revues à la baisse, tout concourra au nivellement recherché. Notons qu’il sera facile dès lors pour le politique de dévaloriser au passage le statut des maîtres, dont la démotivation et l’épuisement feront merveille au pupitre. A n’en pas douter, le «tronc commun» offre le contrepoison idéal à l’appétit intellectuel, à la créativité, à l’esprit de compétition et autres dérives enfantines.

Je crains pourtant qu’il ne laisse émerger quelques fortes têtes: ces «bons», hélas, qui continuent à l’être désespérément, d’eux-mêmes, quoi qu’on leur fasse… Je formule donc une modeste proposition, dans la stricte logique de ce qui précède. Je m’étonne même qu’on n’y ait pas encore songé: la note, que les sociétés occidentales se refusent bêtement à supprimer, a jusqu’ici promu par et vers le haut. Il suffit d’inverser le principe: au-dessous de 4 sur 6, l’élève est promu. De 4,1 à 4,2, les maîtres pèsent d’éventuelles circonstances atténuantes, telles la manie de se surpasser, la mauvaise influence parentale, l’intelligence, etc. De 4,3 à 4,4, l’élève est pris en charge par un psychologue. Dès 4,5, il est recalé sans recours possible.

J’affirme qu’ainsi le grand but sera atteint en peu d’années, soit de laisser la jeunesse absolument dépourvue des moyens de faire face au monde qui les attend, dont la seule certitude est qu’il ne lui fera aucun cadeau.

Ecrit par : Guillaume | 01 mars 2006

Très drôle ! Presque aussi drôle que les commentaires sur les méthodes de lecture des pédagogistes de service : allez donc sur
http://bdemauge.free.fr/
puis rubrique "Humour" — histtoire de savoir de quoi ils sont capables.
Et donnez-moi donc votre avis.
JP Brighelli

Ecrit par : brighelli | 01 mars 2006

Merci, Jean-Paul, pour cette référence qui nous permettra de continuer le débat en nous appuyant sur des références académiques de la plus grande qualité. L'auteur possède une licence en sciences de l'éducation, et on constate d'emblée à quel niveau d'excellence on se situe. Il est bon que les jeunes insti.... je veux dire "professeurs des écoles" puissent éduquer leurs élèves en toute dignité, leur offrant un accès à la véritable culture. Nous sommes bien ici dans l'esprit de Célestin Freinet.

Il faut aussi féliciter l'auteur pour avoir le courage d'employer ses élèves comme cobayes, dans la section "idées reçues". Filmer les enfants comme instruments de propagande (en leur cachant le visage tout de même), voilà un pas qu'aucun de nous n'avait osé franchir. L'école du futur est en marche : pipi, caca, caméra.

Dormez tranquilles, parents de France, vos enfants sont entre de bonnes mains.

Ecrit par : Pierre-Henri | 01 mars 2006

Avez vous quelques références d'ouvrages de ces très grands et brillants génies des sciences de l'éducation? Cela sera sans doute plus soporifique que n'importe lequel des somnifères...

Une maman insomniaque.

Ecrit par : Patricia Mesnigé-Marc | 01 mars 2006

Bonjour, tout d'abord, je suis bien content davoir trouvé votre blog car la lecture de votre livre m'avait énormément plût et je suis heureux d'avoir accès à vos idées et aussi aux débats.
Je suis en IUFM 2ème année (grand formatage par les pédagogos, et surtout ne pas faire dépasser un cheveux sinon...) . C'est rassurant de voir qu'il y a des profs qui pensent encore cela et surtout ,et c'est pour Cécile, de voir des profs qui croient en leurs élèves ( une autre pour Cécile, désolé, mais c'est en prépa que j'ai rencontré les meilleurs profs toutes matières confondues et ce pour plusieurs raison mais une en particulier, ils ont cru en moi, en mes capacités et m'ont poussé! je leur dois tout, mes capacités, ma méthodes de travail qui fait que je suis arrivé à avoir le CAPES du 1er coup alors que des étudiants qui ont une maitrise mette 2 ans, et je ne sors pas d'une prépa prestigieuse mais d'une prépa toute simple dans un lycée difficile: Langevin Wallon à Champigny sur marne). N'en déplaisent à tout les formateurs et intervenants de l'IUFM (il y en a des biens 1 ou 2, mais il y en a!) l'école n'est pas un cirque, (je fais référence à un reportage vu hier sur France 3 sur un collège en ZEP: une 6ème cirque!!! texto!) c'est un lieu d'apprentissage, de savoir, d'ouverture de l'esprit. Les élèves attendent cela d'ailleurs, et les mauvaises notes sont loin de les traumatiser à vie (relisez Kant, on apprend à marcher en tombant et non en étant assisté).
L'école est devenue une créatrice d'illusion. On doit faire croire aux enfants, aux parents, à la société que leurs enfants savent faire, que tout va bien. Mais non, tout ne va pas bien! Mais si on se retrousse les manches et que l'on regarde le problème en face alors on pourra peut-être s'en sortir!

Encore merci à vous JP!

Ecrit par : Eric | 02 mars 2006

En cas d'insomnie, les oeuvres de Philippe Meirieu, dont beaucoup sont publiées par ESF (directeur de publication : Philippe Meirieu) sont à conseiller. Sinon, pour ne pas verser des droits d'auteurs, vous pouvez en téléchargez certaines sur le site www.meirieu.com, où vous pourrez également prendre connaissance des commentaires brillants que Philippe Meirieu adresse à ce grand penseur qu'est Philippe Meirieu. Il y a aussi une appréciation critique des réformes entreprises par Philippe Meirieu, ancien président de l'INRP, par Philippe Meirieu, directeur de l'IUFM de Lyon, ou encore par Philippe Meirieu, chercheur indépendant et pas carriériste du tout.

Si vous voulez passer à la drogue dure, il y a les travaux de Michel Fabre, dont un extrait a déjà été proposé dans ce blog.

http://www.acelf.ca/c/revue/revuehtml/30-1/03-Fabre.html

Attention, le Michel Fabre, c'est du costaud. Au bout de deux paragraphes, on a déjà les yeux qui piquent.

J'avoue, à titre personnel, avoir une petite affection pour Roland Goigoux, qui a eu le courage de se couvrir de ridicule en insultant publiquement sept parmi les meilleurs scientifiques de la planète.

http://www.cafepedagogique.net/dossiers/contribs/goigoux.php

J'attends avec impatience le moment où M. Goigoux, du haut de son petit bureau d'IUFM, s'en prendra à Michel Serres ou Yves Bonnefoy. Cela ne saurait tarder.

Ecrit par : Pierre-Henri Kalinarczyk | 02 mars 2006

"vous pouver en téléchargeR certaines", bien sûr. Maudit clavier. Serait-il possible de corriger la faute ? Merci, si c'est faisable.

Ecrit par : Pierre-Henri | 02 mars 2006

On apprend à marcher en tombant, pas en rampant.

Ecrit par : marie | 02 mars 2006

Splendide maxime. ELle est de vous ?
JP Brighelli

Ecrit par : brighelli | 03 mars 2006

C'est un beau détournement d'une phrase de Kant qu'il n'aurait peut-être pas renié.

Ecrit par : Eric | 03 mars 2006

Elle est en rapport avec le message d'Eric, et n'est que le fruit de la pensée logique et du bon sens

Ecrit par : Marie | 03 mars 2006

Voir situation au Québec
Théo, Fournier et la réforme
Anne-Marie Quesnel
Enseignante au secondaire

Envoyé le jeudi 16.02.2006 11:26

Parents, réveillons-nous et laissons là Théo et ses déboires : il y a plus urgent ! L’avenir de nos enfants est en péril. Nous assistons, passifs, abrutis, au sacrifice de toute une génération. Nous continuons de vaquer à nos multiples occupations, cellulaire en main, cerveau en ébullition, sans prendre le temps de nous arrêter pour constater l’ampleur du gâchis. Et quand, souvent malgré nous, on ouvre un œil pour prendre conscience de ce qui est en train de se produire, on se sent comme une fourmi minuscule qui tenterait d’arrêter un tsunami. Je parle bien sûr de la réforme qui est en train d’engouffrer nos écoles.

J’ai la chance (ou le malheur, c’est selon) d’assumer le double rôle de parent d’enfants au primaire et d’enseignante au secondaire. À mon école, nous avons eu la très grande chance de participer à de multiples formations depuis plusieurs années, déjà, pour nous préparer à la réforme, dans laquelle je (sur)vis depuis septembre 2005. Ces formations ont été montées à l’image de la réforme afin de nous mettre dans le bain. Grosso modo, la façon (si peu caricaturée) de procéder est la suivante : le formateur nous met sur une piste. En sous-groupe, il faut tenter de comprendre ce qu’il veut avec le bagage culturel et notionnel qu’on a. On revient en plénière. Les plus éloquents parlent, parlent, parlent et le formateur tente de nous remettre sur le droit chemin… qui lui échappe constamment. À tout le moins, son but nous échappe à nous : on comprend de moins en moins. On retourne en sous-groupe pour continuer à «construire notre savoir». Il y a toujours un membre de l’équipe qui ne comprend rien (c’est peut-être moi) et qui tente d’entraîner tout le monde dans le 4e champ gauche. On rame, on rame, on rame pour revenir au point de départ : dans deux minutes, il faut annoncer au reste de la classe ce qu’on a compris. En plénière, on babille, on pellette des nuages, on polit nos lunettes roses, mais on ne comprend pas plus. Et tout à coup, je saisis ce que le décrocheur éprouve. C’est un besoin incontrôlable de s’enfuir à la vitesse du TGV de cet endroit de fous où on refuse de lui dire clairement ce qu’il doit faire : il doit le découvrir par lui-même. Or, il n’a pas d’outils et il ne sait pas où les trouver…

Deuxième constat. Assoyons-nous derrière le bureau de l’enseignant et abordons franchement le plus gros monstre de cette folle entreprise : l’évaluation. Savez-vous, chers parents, à quel point cette façon d’évaluer est idéaliste, utopique, irréalisable et malhonnête ? Comprenez-vous que depuis environ 3 ou 4 ans que je cours assidûment toutes les formations offertes pour mieux faire mon travail, pas un seul formateur n’a réussi à m’expliquer clairement comment je peux appliquer cette méthode ? Pas plus tard que la semaine dernière, je suivais une nouvelle formation et le conférencier a perdu les pédales quand on l’a acculé (respectueusement) au pied du mur en demandant comment on allait faire, concrètement, pour produire ces bulletins ridicules d’ici juin ? On n’en peut plus de ne pas comprendre. Imaginez un moment construire une maison sans clous, ou avec un marteau dont on aurait remplacé la partie métallique par un pompom. Frustrant, peut-être ? J’enseigne le français, je ne suis pas une spécialiste des mathématiques, mais il me semble qu’avec un quart de cerveau, on est capable de comprendre que l’évaluation telle que proposée par notre cher MELS est inapplicable ! Allons-y avec les chiffres. 1 prof. 108 élèves (ce n’est vraiment pas beaucoup et ça ne représente pas la norme au secondaire, qui tourne plutôt autour des 200 élèves). 3 compétences disciplinaires avec de multiples composantes. Une échelle des compétences de 1 à 5, chacun décrit avec de nombreux critères expliqués dans un vocabulaire fort différent d’un échelon à l’autre. Y avez-vous déjà perdu votre latin ? Attendez. Avec toutes ces informations en tête, je dois observer chaque élève (non pas évaluer sur papier, mais observer, m’asseoir à côté de lui et le regarder faire en cochant oui, cochant non sur ma grille) plusieurs fois par année pour voir comment il procède, comment il apprend, comment il utilise ses ressources, comment il agit. Êtes-vous déjà allés dans une classe du secondaire, quelqu’un ? Dans la vraie vie, il n’y a pas que trois élèves par classes. Il y en a 36. Et pendant que je m’installe pour en observer un, plusieurs fois par année, il y a 35 autres adolescents dans mon dos ! J’ai beau être habile pour tenir ma classe, je ne suis pas omnipotente ! C’est très exigeant côté discipline. Cette année seulement, depuis septembre, six enseignants de la première secondaire sont tombés en congé de maladie dans mon école. Six ! Ça, on ne s’en vante pas dans les journaux, que le corps professoral de la première secondaire est en train de tomber, et pas seulement chez nous. Dans de nombreuses écoles, les professeurs d’expérience ont demandé de changer de tâche pour septembre 2005, de sorte qu’il y a beaucoup de jeunes enseignants dans ces postes. Quel sera leur taux de décrochage après cinq ans ?

Bref, je pourrais disserter ainsi pendant des heures, mais ça ne changerait rien. M. Fournier, y a-t-il quelqu’un qui a assez de pouvoir au MELS pour tuer ce monstre ? Je ne veux pas que mes enfants soient sacrifiés dans cette révolution. Votre constat au sujet de la complexité des bulletins du primaire est un pas dans la bonne direction. Vous commencez à changer l’orientation du bateau, mais il est lourd et ça prend du temps, je comprends. Peut-on tout de même y aller d’une mise en garde ? IL Y A UN ICEBERG, DROIT DEVANT ! Vous avez rebaptisé la réforme «renouveau pédagogique», et je suis bien d’accord avec vous, ça fait plus doux. Mais enlevons nos œillères, car il s’agit bel et bien d’une révolution. On pouvait changer l’eau du bain, mais il ne fallait pas jeter le bébé avec elle…

Ecrit par : Guillaume | 09 mars 2006

Merveilleusement écrit. Et combien vrai — combien international. Je crois que c'est du côté de l'OCDE qu'il faudrait aller voir pour comprendre comment des politiques mortifères se sont mises en place dans les pays occidentaux en même temps. Et mon hypothèse, à savoir que l'éducation suit l'économie et se charge d'adapter le marché ux besoins de ladite économie (en fournissant, par exemple depuis une quinzaine d'années, de plus en plus d'inadaptés taillables et corvéables à merci) me paraît de moins en moins improbable.
JPB
JPB

Ecrit par : brighelli | 10 mars 2006

M. Brighelli

Votre livre m'a beaucoup plu : le ton qui est le vôtre est rafraîchissant pour le milieu de l'EN (iufm, idées dominantes, pensée unique, langue de bois, couardise...) : je vous remercie de l'avoir écrit ainsi. Je l'ai lu à la suite de la démission de Lafforgue du HCE : il recommande quelques références parmi lesquelles votre livre.

Concernant le livre d'Antibi, il me semble que votre analyse de sa position est trop rapide, superficielle sinon caricaturale. Si l'on peut ne pas la partager totalement, certaines de ses remarques donnent à réfléchir :

- le rôle de l'évaluation (évaluer ou sélectionner ?) ;
- s'interdire de piéger les élèves lors des contrôles : ceci concerne sans doute davantage les matières scientifiques ;
- l'amplitude de notation : à quoi doit correspondre la note maximale ? ceci concerne peut-être davantage les disciplines littéraires ;
- explicitation aux élèves des critères d'évaluation.

En aucun cas il n'est question de nous appréter "à donner, la veille de tout exercice, les questions et les réponses aux élèves". C'est notamment ce en quoi je trouve que votre analyse est caricaturale.

Cordialement.
J'attends la sortie de votre second livre avec une certaine impatience.

Ecrit par : xyz | 11 mars 2006

Voici quelques idées pour vous aider dans votre croisade. Les adeptes de respect des méthodes d'évaluation sérieuses s'y retrouveront certainement:

- Quinze façons de déglinguer en évaluant -


- L’humiliation publique

1. Faire applaudir la classe à une faute grossière.
2. Remettre les copies par ordre de notes et ajouter des commentaires sur les personnes (« ce sourire niais il est à vous ou vous l’avez emprunté ? ») ou des gestes de mépris ostentatoires (jeter les copies par terre, déchirer la copie la plus faible).
Les humiliations privées
3. Souligner (en rouge) la nullité rédhibitoire de l’élève à l’occasion d’une erreur bénigne (« cette faute paraît presque intelligente au milieu de vos déluges d’inepties »).

- L’arbitraire

4. Laisser la copie totalement vierge de corrections à l’exception d’une note chiffrée
5. Accompagner la note d’un commentaire lapidaire, définitivement négatif (« charabia », « rien compris », etc.).
6. Expliquer que la note n’a de toute façon aucune valeur objective et donc refuser a priori toute explication et toute révision.

- Les corrections inutilisables

7. Écrire le commentaire de manière illisible,
8. Écrire, en guise de commentaire un discours abscons (« votre problématique a tendance à abandonner les oppositions de la pensée hypothético-déductive pour se réfugier dans un développement linéaire qui emprunte sa forme au schéma narratif. »)
9. Écrire un commentaire qui ne s’appuie sur aucun indicateur (« manque de rigueur », « ensemble confus », « les bases ne sont pas acquises »).

- Les pratiques excluantes

10. Choisir, pour l’interro, des questions hors programme pour repérer la tête de classe
11. Choisir des questions infaisables pour rappeler qui est le prof.

- L’abus de pouvoir

12. Punir l’échec par une sanction disciplinaire (« c’est nul, je vous donne un devoir supplémentaire et si vous protestez, ce sera une heure de colle »).
13. Punir l’inconduite par une mauvaise note au contrôle (« moins deux pour le bavardage »).
14. S’appliquer à adopter un système de notation différent des autres profs (noter à l’aide d’échelles variables, utiliser des critères qui mélangent les constats de connaissance, d’attitude, de discipline, etc.)
15. Démolir la notation des collègues (« et oui, on n’est plus dans la classe de monsieur machin, chez moi, il ne suffit pas de remplir deux pages pour avoir la moyenne »).
Etc.

En vous lisant, j'ai vu que vous en aviez inventé de nouvelles: comme mettre une note négative. Elle est bien, celle-là, dans la catégorie "humiliation".

Quant à votre référence à Nietsche, elle n'est pas nouvelle. Vous avez certainement croisé dans vos lectures des trucs du même genre qui ont été écrits en allemagne autour des années 1930.

Ah, j'oubliais: si vous pensez faire partie des éducateurs capables de dégager l'élite dont la france à besoin, n'hésitez pas à vous inscrire à un stage de perfectionnement pour votre orthographe, ou vos compétences en écriture, elles laissent à désirer, ce qui fait un peu désordre.

Mais je m'égare, je ne suis que prof de maths, comme André Antibi, sous-doué comme lui et je demande pardon d'oser mettre en doute les infinies certitudes que vous condescendez à nous révéler.

Ecrit par : Jacques Tenier | 23 mars 2006

J'adore les donneurs de leçons. Ils ont une chaire magistrale dans la tête.
Ce qui me frappe dans la note de Jacques Tenier, c'est l'aspect "rangé", "classifié" — pseudo-scientifique. Je dis pseudo, parce que c'est le classement (la forme) qui se veut garant du "fond". À bien y regarder, il y a là-dedans soit des évidences, soit une méconnaissance curieuse de la réalité des classes.

Je ne note jamais deux élèves de la même manière, parce que j'essaie (j'ai toujours essayé, avec des succès divers) d'adapter ma façon de noter / corriger à l'élève que j'ai en face — quand je sais précisément qui il est (d'où l'absence de notations marginales sur les copies d'examens). Il en est qui ont de l'humour, il en est qui en sont dépourvus. Il en est qui adorent retrouver leur copie constellée d'annotations, d'autres qui ne les lisent même pas. Je suis bien incapable de noter selon des "critères" fixes, et je défie tout enseignant de me prouver qu'il agit ainsi. Il y a une part d'humeur qui joue toujours dans un sens ou un autre — particulièrement dans des matières aussi volatiles que le français ou la philosophie, mais un assez bon mathématicien (Laurent Lafforgue) expliquera de son côté que l'appréciation du raisonnement, en maths, est lui aussi sujet à la subjectivité. Et à la férocité.

On peut toujours blaguer sur mes "certitudes". Je n'en ai guère, sinon celles qui sont des évidences : s'il y a aujourd'hui tant d'étudiants et de lycéens dans les rues, c'est moins contre une loi mal ficelée, morte sitôt que née, que pour exprimer une angoisse fondamentale : la certitude de ne pas être ou avoir été instruits pour répondre aux défis de l'économie du XXIe siècle — ou, tout bonnement, au marché de l'emploi.
Que disent les recruteurs ? Qu'ils souhaitent des candidats polyvalents, disposant d'une culture assez étendue pour s'adapter à des contraintes ou à des métiers qui aujourd'hui existent à peine — quand ils existent. Nous n'en sommes qu'au tout début d'une révolution industrielle — mais je reviendrai sur le sujet dans une note générale.
L'emploi est-il, ou non, un secteur hautement compétitif ? À quel monde utopique prétendent préparer tous ceux qui voudraient caresser sans cesse les élèves dans le sens du poil, et du ronronnement ?
Bien sûr que les profs existent pour transmettre de la culture ! Et bien sûr aussi qu'ils sont là pour faire de la sélection. Pour y participer, tout au moins.
Ce qui m'irrite au plus haut point, c'est de retrouver à tel niveau des élèves dont il est très vite évident qu'ils auraient dû s'orienter différemment. Soyons clair : il y a des "mauvais" élèves, mais au fond, il y en a très peu. Il y a surtout des élèves abominablement orientés.
Et je n'entends pas par là que tel élève propulsé vers le Bac aurait forcément dû entrer dans un CFA Bâtiment. Il est des élèves de classes préparatoires qui n'y ont pas leur place — soit par niveau, soit par tempérament. On fait des dégâts considérables, à vouloir à toute force orienter "le plus loin possible" des élèves qui demandaient, au fond, autre chose.
Et là aussi, pas de certitudes. Bien des élèves de classes préparatoires sont là parce que leurs parentsz, leurs profs, leur ont suggéré (fortement, soouvent) de s'y inscrire. Et dans bien des cas, parents et enseignants ont eu raison de le faire. Mais parfois, cela cause des dégâts irréparables. Comment savoir ?
Quitte à me faire insulter, je dirai que les dégâts font partie du système. Tout ce que nous pouvons faire, c'est tenter de les limiter. Mais il y a tant de paramètres personnels qui nous échappent…

Alors, parlons clair. Dans un système bien fait, nous ne nous poserions guère de problèmes sur la façon de noter, parce que nous aurions, quel que soit le niveau, des classes homogènes.
Que des gens "de gauche" défendent encore le "collège unique" instauré par ces deux grands gauchistes que furent René Haby et Valéry Giscard d'Estaing prouve assez que l'analyse indispensable du système éducatif n'a pas encore été faite par ses utilisateurs. Alors, instaurons tant que vous voudrez des passerelles qui permettront de récupérer tel ou tel niveau (cela existe — faiblement — à la fin du BEP), proposons à tous un enseignement diversifié de qualité (par exemple, j'ai toujours trouvé aberrant qu'on ne fasse pas de philo en Terminale Bac Pro), mais cessons de nous couvrir la tête de cendres chaque fois que nous mettons une "mauvaise" note.

Il m'est arrivé de ne mettre, dans une classe, que des mauvaises notes. À chaque fois, c'est moi que je remettais en cause — et je rectifiais si possible le tir à l'exercice suivant. J'avais en général raison — mais pas toujours. Parce que le problème, c'est que cela m'est arrivé en proposant à une classe de Première un exercice tombé au Bac trois ans auparavant — et que la seule réponse de l'institution, c'est de me suggérer d'abaisser mes critères de notation. Bref, de modifier le thermomètre.

Dernier point. Les éèves d'aujourd'hui ont le cuir moins épais que ceux d'il y a trente ans, c'est un fait. Un rien suffit à les désarçonner. À qui la faute ? N'est-ce pas à cette nuée d'éducateurs penchés sur les traumas enfantins, et qui prétendent les éviter — et instruire dans du coton ?
Premièrement, je défie qui que ce soit de définir à coup sûr ce qui est traumatisme de ce qui ne l'est pas. Tel événement énorme glissera sur les plumes de l'un, tel détail mineur prendra une importance démesurée pour un autre. La mauvaise note devient, pour les uns, objet d'amusement — dix jours ou dix ans plus tard. Pour un autre, une note médiocre — au simple sens étymologique — est un choc sans retour.
D'ailleurs, qui vous dit qu'il n'y a pas des traumatismes heureux ? J'ai sur ce blog un ancien élève qui me poursuit de sa vindicte — nous savons tous que nous ne plairons jamais à tout le monde. Apparemment, à l'en croire, il ou elle est aujourd'hui médecin. Ce n'est pas mal, et si ce n'est pas grâce à moi (au positif), c'est peut-être à cause de moi (au négatif).

Un dernier point. Il est assezf acile de reprocher son orthographe à qui écrit vite sur un blog — et je dois faire des fautes de frappe, en sus. Mais s'il vous plaît, mon cher monsieur, n'oubliez pas le Z de Nietzsche. Sans ce coup d'épée vengeur, le philosophe pourrait bien succomber aux contresens auxquels on le réduit trop souvent.

JPB

Ecrit par : brighelli | 24 mars 2006

"Bien sûr que les profs existent pour transmettre de la culture ! Et bien sûr aussi qu'ils sont là pour faire de la sélection. Pour y participer, tout au moins."

Je trouve que cela vous résume bien et illustre pourquoi toute conversation sur l'évaluation semble impossible : vous notez pour sélectionner, que ce soit sur des critères de compétences, de connaissances, (quoique... Bon ça c'est gratuit, mais ça soulage) de force morale, d'obstination, de résistance à l'humiliation et à l'échec,etc, etc!

Vous voulez former des jeunes capables de survivre dans notre société si imparfaite? Non, vous voulez former des jeunes capables de s'intégrer et surtout de perpétuer ce système, parce que si bien éduqués pour ça par l'école...

Je trouve que la société est pour l'instant assez nulle en certains points. Mais ce n'est pas en habituant les enfants puis les ados, les jeunes adultes à baser leur réussite sur ces critères de compétition et de sélection qui la rendent si mauvaise, qu'on changera quoi que ce soit.
Je ne dis pas qu'en changeant l'école on changera la société ( je ne connais malheureusement pas la croyance en l'utopie dont vous parlez ) mais ce qui est sûr, c'est qu'en la laissant comme elle est, et en écoutant des discours comme le vôtre, on risque de s'enliser, de ne rien changer, en plus de participer à votre fièrté, ce qui ne m'enthousiasme pas plus que le reste.
Monsieur Tenier, merci, ça fait du bien de vous lire.
Monsieur Brighelli, je ne peux pas en dire autant.

Ecrit par : Marie | 02 avril 2006

je voulais juste me joindre à Marie pour dire à quel point j'étais d'accord avec Jacques Tenier et toujours aussi consternée par la prose de Monsieur Brighelli...

Juste une remarque, Monsieur Brighelli : vous critiquez ces "jeunes" dont l'aspiration serait de trouver un emploi de fonctionnaire .... vous êtes employé par qui vous déjà ???? L'Education Nationale.... il me semble non????
comment osez vous d'autre part continuer à exercer ce métier quand on lit le peu de considération (voire le mépris) que vous affichez pour les jeunes (vos élèves). ???!!!! vous pourriez au moins avoir la reconnaissance ......du "porte feuille"! car si vous, vous ne leur servez à rien (puisque selon vous ils sont tous (entre autres) ignares, incultes, etc. etc......), eux par contre vous sont quand même très utiles puisqu'ils vous permettent de le remplir..!!!!

Cécile

Ecrit par : cécile | 03 avril 2006

Bonjour à tous!
Tout d'abord, je ne pense pas que Monsieur Brighelli considère les jeunes comme des ignares. Par contre c'est le système en lui qui en fait des incultes. Il est essentiellement basé sur le fait d'en demander le moins possible aux élèves. Il (le système)n'a même plus confiance aux capacités intellectuelles de nos élèves et on n'est presque arrivé à ce que les élèves se complaisent dans ce néant. C'est ça le plus dramatique.
Quand à demander si il faut séléctionner ou pas dans les notations arrêtez de penser que cela traumatise l'élève car ils sont aussi demandeurs d'un système comme celui là pour pouvoir se situer.
L'esentiel serait pour moi plutôt de se demander comment orienter au mieux les élèves en fonction de leur aspiration et ne pas se fixer des objectifs de 80% de réussite au bac pour allez grossir le rang des étudiants an Fac.
Faisons confiance à nos élèves et poussons les vers la Lumière courageusement au lieu de les garder dans une pénombre rassurante tout cela car, dans le noir il n'y a pas de différence, il n'y a pas de bons ou de mauvais, il n'y a qu'une rassurante uniformité!

Ecrit par : Eric | 04 avril 2006

Je constate que la démagogie, ça marche toujours. Dès que l'on propose aux élèves de les caresser dans le sens du poil, on est forcément populaire…
Education et instruction ne sont pas du tout la même chose. Apprendre aux autres (90% du métier) n'est pas susceptible de "sanctions" — et les notes, de ce point de vue, ne doivent permettre que de se situer.
Mais il faut être extrêmement naïf pour croire en la bonté naturelle de l'élève (ou de l'enfant, ou de l'homme — ou la sienne propre). Nous marchons parce qu'on nous fait marcher. Nous ne travaillons pas "naturellement".
Je le constate même à haut niveau. Combien d'enseignants — pour parler du milieu que je connais le mieux — se reposent sur leurs lauriers (?) et cessent presque tout approndissement dans leur propre matière… Combien de profs de maths ne font plus de maths ? Combien de scientifiques ne se tiennent même plus au courant des découvertes en cours ? Combien de profs de lettres ne lisent plus de livres, n'écrivent plus, et jugent les autres…
La paresse est une tendance naturelle, et le métier d'enseignant consiste à se battre contre cette tendance.
À partir de là, vous pouvez disserter tant que vous voulez, mais les procédés pour contrer cette apathie naturelle ne sont pas légion.

La seconde fonction, c'est l'éducation : et pour être tout à fait clair, il ne s'agit pas dans mon esprit d'une éducation à la "citoyenneté", terme proprement insupportable tant il a été dévoyé par les pédagogistes, mais à la vie en société, ce qui est tout à fait différent.
Et c'est quoi, la vie en société, sinon de la violence sublimée, transposée du domaine physique dans le domaine mental ? Y a-t-il ici quelqu'un qui se fait la moindre illusion sur le climat de concurrence qui règne dans le monde du travail — ou dans le monde de la séduction, c'est-à-dire dans les deux activités les plus fréquentes ? Relisez La Fontaine : chapitre séduction, c'est le Corbeau et le Renard : comment lui arracher son fromage, par tous les moyens que la lnguistique et la rouerie mettent à sa disposition. Chapitre concurrence, c'est le Loup et l'agneau : la raison du plus fort….
Et chapitre "droit", voyez Les Animaux malades de la peste. "Selon que vous serez puissant ou misérable…"
Alors, suffit, les bêlements… Tournez un peu les yeux vers le monde réel : ce ne sont que contraintes, violences, et tueries — au propre et au figuré. La technologie nous a juste permis de tuer en grand, au lieu d'y aller à la hache de pierre.
Comme toute la génération du baby-boom, j'ai grandi dans un monde qui sortait d'Auschwitz et d'Hiroshima, et qui a passé son enfance — je le raconte brièvement dans la Fabrique du crétin — entre la guerre d'Indochine, celle d'Algérie, juste avant le Viet-Nam. Et nous étions directement concernés. Chaque matin, entre la fin des années 50 et le début des années 60, nous plaisantions en nous demandant si la troisième guerre mondiale allait éclater aujourd'hui.
C'est même pour ça que nous avons tenté de faire la vie douce à nos propres enfants. Peut-être l'avons-nous faite trop douce : il y en a tant qui croient désormais que tout est acquis, et que tout leur est dû…

Quant à la notion d'humiliation…
Qu'en est-il, de l'athlète que son entraîneur traîne plus bas que terre — afin d'améliorer ses performances, afin d'aller puiser en lui cette rage qui, canalisée, lui permettra de se dépasser ? Demandez donc à un sportif de haut niveau qui vient d'effacer une barre à 2,35 ou de marquer un but si cela ne valait pas quelques suées sérieuses à l'entraînement ?
C'est une métaphore, bien sûr. "Nous ne formons pas que des athlètes de haut niveau !" clament les imbéciles. Bien sûr que si — à tous les niveaux. Mon seul slogan est d'amener chacun au plus haut niveau de ses capacités : je ne promets pas la lune (la "réussite pour tous" n'a de sens que si l'on admet que chacun réussit différemment), j'essaie seulement de titiller, tout au fond, ce qu'il y a de meilleur en chaque élève — dans son intérêt.
Et je me fiche pas mal d'être aimé — c'est une considération anecdotique.
JPB

Ecrit par : brighelli | 04 avril 2006

Pour répondre à Eric…
Bien sûr que le slogan (JP Chevènement, à l'origine) de 80% d'une classe d'âge au Bac (on en est à 65% aujourd'hui) est absurde — comme tout slogan. Mais c'est bien plus facile que de se demander, élève après élève, en quoi il pourrait être bon — ou au mieux. Propulser tout le monde, ou le plus grand monde possible, vers des études supérieures qui tournent trop souvent à vide est une insulte à l'intelligence des élèves. Combien de futurs étudiants se seraient épanouis dans les travaux manuels — si seulement on leur avait suggéré d'en faire ? Je suis entouré d'artisans fort à leur aise, dans divers domaines, qui ne parviennent pas à trouver des apprentis — parce qu'on a fait miroiter à des foules entières la perspective d'une carrière protégée, dans un bureau qui n'existera plus quand ils auront fini leurs études…
Sans compter que ce système absurde génère quand même 30% de jeunes qui sortent du système sans aucune qualification — parce qu'on ne les a testés que sur des considérations théoriques, sans autre perspective que des "études" dont ils ne voulaient pas, sans même leur donner des bases cohérentes. Mais en leur offrant quand même, via la télé, une vision factice de l'argent facile et des paillettes. Ce n'est plus l'industrie qui fabrique le Lumpen Proletariat, c'est l'Education. Et c'est terrifiant, quand on y pense sérieusement, parce que ces jeunes-là sont, comme tous les déclassés, des proies faciles pour tous les extrémismes.
JPB

Ecrit par : brighelli | 04 avril 2006

Un athlète trainé plus bas que terre progresse...vous méritez un prix nobel pour cette découverte!

J'ai fait de l'athlétisme à un certain niveau : mon entraineur ne m'humiliait jamais, je n'aurais jamais supporté. Mon entraineur me faisait par contre comprendre que les limites que je croyais être les miennes étaient bien plus loin que ce que j'imaginais. Si votre but est celui-ci, votre moyen, l'humiliation, ne vous permettra jamais de l'atteindre.

Trainer quelqu'un plus bas que terre pour le faire progresser... même par ironie je ne dirai pas bravo, je trouve ça absolument lamentable.

Une meilleure orientation d'accord : laissons les élèves savoir ce qu'ils valent réellement et alors ils s'orienteront de manière évidente :
Quand je ne suis pas doué pour quelque chose, je ne m'acharne pas.
Quand je ne sais pas si éventuellement je serais doué ou pas parce que les notes que j'ai sont relatives à la classe dans laquelle je me trouve, je persiste, parce que j'espère et que je n'ai pas de repères.

La démagogie aujourd'hui n'est pas de caresser les élèves dans le sens du poil. On entend plus souvent "j'ai une classe qui ne fait rien" que "les pauvres petits".
La démagogie aujourd'hui, c'est monsieur Brighelli! (petite rime au passage).

Je ne sais pas de quelle enquète on peut conclure que les jeunes d'aujourd'hui demandent un système avec compétition et sélection, où on ne peut jamais se reposer mais où on doit toujours se comparer, où la seule réussite est là où les autres ont échoué : si j'ai 15 à un contrôle où tout le monde a 15, je n'ai pas réussi, je suis comme les autres... et à la limite, "un contrôle où tout le monde a 15, ça ne vaut pas grand chose", n'est ce pas monsieur Brighelli?

La réussite basée sur l'échec des autres : voilà un comportement qui promet altruisme et empathie, respect et tolérance pour les années à venir des élèves, ambition personnelle vraiment personnelle...
"Je ne suis rien si je ne suis pas meilleur qu'un autre". Après tout, c'est peut être cet état d'esprit général que vous revendiquez. Et ressortez le couplet sur la société d'aujourd'hui, l'utopie d'un monde parfait etc, vous savez ce que j'en pense.

Cette façon de voir la réussite fait que nombre d'ingénieurs se détournent de leur métier pour faire autre chose : ils ont "la réussite", tout le monde ne peut pas faire ingénieur. Mais cette réussite n'est pas la leur.
Si vous voulez une meilleure orientation, essayez de vous battre pour que la réussite des élèves soit la leur, et qu'ils aiment à faire ce dont ils ont envie, et pas ce qui les fera être meilleur que les autres même si le domaine ne leur plait pas.

Je suis d'accord avec Cécile : Monsieur Brighelli, arrêtez de dire que vous plaignez les jeunes parce que vous les méprisez bien. Vous avez une sorte de rancoeur inconsolable envers l'éducation que vous rejetez sur les jeunes. Je ne trouve pas ça très constructif.

A moins que vous ne plaigniez pas les jeunes, mais j'ai cru le lire dans vos mots : "Et c'est terrifiant, quand on y pense sérieusement, parce que ces jeunes-là sont, comme tous les déclassés, des proies faciles pour tous les extrémismes."

Vous qui êtes professeur de lettres, ou l'étiez, ou en tout cas êtes a priori capable dans ce domaine, je vous invite à faire une étude de texte de ce que vous écrivez sur ce blog, sincèrement : vous verrez que le champ lexical, les formulations utilisées, les non-considérations des réactions que nous avons, montrent probablement un manque de cohérence entre vos revendications pour une école meilleure, et vos propos sur les jeunes, l'éducation et les professeurs.

Moi je ne l'ai pas faite, parce que je suis issue de l'école qui caresse les jeunes dans le sens du poil et que je n'ai plus gout à l'effort, et que je n'ai rien appris à l'école, alors
faire un commentaire de texte, vous imaginez!

Enfin bon, je sais déjà utiliser un ordinateur, je suis sauvée pour mes années à venir dans notre chère société matérialiste et inculte.

Mais peut être écrivez vous pour le plaisir de nous hérisser le poil et vous abrevez-vous des réactions en votre faveur... C'est courageux...ça me semble bien politique comme façon de faire.
Enfin, c'est une simple hypothèse, je n'ai pas la science infuse, quelle qu'elle soit, j'ai grandi en France : je suis donc ignarde.

Ecrit par : Marie | 04 avril 2006

Bonjour Marie,
Tout d'abord, étant donné que j'ai parlé aussi d'un sytème qui séléctionne, je tiens à expliciter. Pour moi, c'est juste un système qui met l'élève face à ses résultats comme un entraineur le ferait avec son athlète. Je ne pense pas, mais tu pourrais le préciser vu que tu as fais un peux de sport, qu'un entraineur préfère dire à un athlète qui ne s'est pas trop foulé: "c'est pas mal dis donc, tu es sur la bonne voie". Il lui dirait plutôt, "c'est pas terrible aujourd'hui tu peux faire beaucoup mieux!".
Et bien, ces phrases là sont assez peut prononcé dans le système scolaire car trop traumatisante pour l'enfant.
Comment voulez vous qu'il se situe face à lui-même si il ne sait pas réellement ce qu'il vaut. Ce n'est pas faire de l'élistisme ça. C'est croire en nos élèves, en leur potentiel, et ne pas les complaire dans une médiocrité. Je suis fier d'amme,er mes élèves à penser par eux-même, d'être critique et rigoureux dans leur raisonnement, mais on se bat contre un système qui préfère ne pas les ammener à penser: "La paresse et la lâcheté sont les causes qui expliquent qu’un si grand nombre d’hommes, après que la nature les a affranchi depuis longtemps d’une (de toute) direction étrangère, reste cependant volontiers, leur vie durant, mineurs, et qu’il soit facile à d’autres de se poser en tuteur des premiers. Il est si aisé d’être mineur ! Si j’ai un livre qui me tient lieu d’entendement, un directeur qui me tient lieu de conscience, un médecin qui décide pour moi de mon régime, etc., je n’ai vraiment pas besoin de me donner de peine moi-même. Je n’ai pas besoin de penser pourvu que je puisse payer ; d’autres se chargeront bien de ce travail ennuyeux. Que la grande majorité des hommes (y compris le sexe faible tout entier) tienne aussi pour très dangereux ce pas en avant vers leur majorité, outre que c’est une chose pénible, c’est ce à quoi s’emploient fort bien les tuteurs qui très aimablement (par bonté) ont pris sur eux d’exercer une haute direction sur l’humanité. Après avoir rendu bien sot leur bétail (domestique) et avoir soigneusement pris garde que ces paisibles créatures n’aient pas la permission d’oser faire le moindre pas, hors du parc ou ils les ont enfermé. Ils leur montrent les dangers qui les menace, si elles essayent de s’aventurer seules au dehors. Or, ce danger n’est vraiment pas si grand, car elles apprendraient bien enfin, après quelques chutes, à marcher ; mais un accident de cette sorte rend néanmoins timide, et la frayeur qui en résulte, détourne ordinairement d’en refaire l’essai." Ce n'est pas de moi, mais de Kant, et cela à 200 ans.
C'était juste pour expliciter. Quand a trainer plus bas que terre, j'émets de grande réserve, je préfère la franchise, les encouragements et la fermeté! Je crois en mes élèves et en leur potentiels!

Ecrit par : Eric | 04 avril 2006

Merci, Eric… Ça me dispense de répondre à Marie, et aux autres enfants de Marie — parce que qui veut noyer son chien l'accuse la rage, et il y a quelques enragés qui ont décidé de s'offrir ma peau — en service commandé, sans doute…
JPB

Ecrit par : brighelli | 04 avril 2006

Voilà quelques temps que je ne réagis plus aux commentaires de ce blog mais là trop c' est trop.je ne suispas une "Brighellienne" mais en tant qu'ancienne élève de ce professeur je ne peux pas vous laisser affirmer haut et fort que cet enseignant méprise ses élèves...Avez vous fréquenté sa classe, je ne le crois pas car vous sauriez lire entre ses lignes...il est certain que son ton ne peut pas plaire à tout le monde mais franchement je côtoie encore aujourd'hui d'autres anciens élèves qui comme moi ont bénéficié de ses cours dans notre lycée...Si certains n'approuvent pas ses prises de positions en tout cas ils reconnaissent tous unanimement avoir eu pendant une année du bonheur à assister à ses cours....les hasards de la vie sont parfois très curieux mais j'ai appris il y a peu que mon neveu qui a 23 ans, l'avait lui aussi eu comme professeur de lettres et il me disait que si il y avait quelqu'un qui lui avait fait aimer et découvrir la littérature c'était Mr Brighelli...Alors Marie et Cécile vous pouvez ne pas approuver ses propos mais n'affirmez pas aussi gratuitement qu'il méprise ses élèves car c'est nous offenser dans notre capacité de jugement et d'appréciation.Jamais je ne me suis sentie méprisée par ce professeur bien au contraire et si je n'adhère pas forcément à tous ses propos (je serai encore plus radicale dans les solutions à appliquer) je le remercie de m'avoir offert à l'époque la possibilité d'assister à ses cours car il avait compris mon amour pour la littérature (j'étais en T C et n'avait plus de cours de français), il m' a tout simplement invité à assiter à ses cours et mon seul regret aujourd'hui est de ne pas avoir suivi la plupart de ses conseils car malgré son arrogance et sa prétention il a une forme de modestie et ne viendra pas vous dire qu'il sait aussi aider ses élèves dans leur choix d'orientation ...il fallait que je le dise car j'avais des remerciements personnels à lui adresser... je souhaite à beaucoup d'élèves de croiser la route d'un tel professeur...et il y en a d'autre heureusement...Notre enseignement est malade et de plus en plus d'enseignants appellent au secours(je n'exagère qu'à moitié) voyons le mal là où il se cachevraiment...Enfin il ne me semble pas avoir encore lu une seule réaction négative d'un de ses anciens élèves, où alors je ne sais pas lire...le vrai débat n'est pas de juger Mr Brighelli mais d'analyser la situation catastrophique de notre système d'enseignement et de trouver des solutions car ne me dites pas qu'il se porte bien... Je croyais que les tribunaux d'inquisition et les chasses aux sorcières devaient être relégués dans le passé... Attention ne venez pas me répondre que je viens ici encenser, ce serait encore un jugement à l'emporte pièce... je crois qu'il est bon de rétablir certaines vérités et surtout de recentrer le débat.
Lisez entre les lignes c'est très instructifs et plus juste sur les véritables motivations de certains coup de gueule.mais là je vais être grinçante vous n'avez peut-être pas eu la chance d'avoir un prof de français qui vous ait appris à lire au delà des mots...
Cordialement

Ecrit par : Patricia Mesnigé-Marc | 04 avril 2006

Dans cette réponse que vous faites Eric, je ne peux pas dire que je sois contre dans le fond, mais c'est dans la réponse apportée que mon point de vue et celui de monsieur Brighelli divergent.

Je ne réponds sur ce blog qu'en mon âme et conscience, et je ne suis l'envoyée de personne.
Puisque c'est bien de lui dont il s'agit, monsieur Antibi ne se serait jamais permis d'envoyer qui que ce soit le défendre, lui ou le combat qu'il mène. A vrai dire, il n'en a pas besoin.
Mais je suis convaincue de l'intérêt de son combat, dans lequel je m'identifie complètement.

Je ne veux pas m'offrir votre peau, on fait mieux comme cadeau. Je suis déçue que vous n'ayez pas répondu à mes écrits. Mon père avait l'habitude de se cacher derrière des maximes pour jusifier des comportements pas toujours très cohérents ni légitimes, et montrer qu'il avait de la culture donc votre chien enragé qu'on veut noyer, si vous saviez comme il me passe à mille lieux.

Vous détournez la réponse. Quoi de plus surprenant.

Ecrit par : marie | 04 avril 2006

Bonjour Marie,

Pas trop d'accord avec vous.
Pour votre phrase:
"Quand je ne suis pas doué pour quelque chose, je ne m'acharne pas. "
Et bien je n'ai plus quà dire à mon patron: désolé, je ne veux pas travailler, cela me fait mal au cerveau. Je ne suis pas doué pour faire ce que vous me demandez. Si vous n'apprenez pas aux jeunes (car c'est tout jeune que s'apprend le goût du travail) qu'il faut se forcer pour progresser et bien nous n'avons plus qu'à devenir un pays centre de vacances. Pourquoi pas ?

Votre phrase aussi:
"vous voulez une meilleure orientation, essayez de vous battre pour que la réussite des élèves soit la leur, et qu'ils aiment à faire ce dont ils ont envie"
Oui d'accord, si l'éducation nationale crée une section Playstation.

Puisque vous avez été sportive:
Vous avez une quantité impressionnante de personnes qui veulent faire des études dans le domaine sportif, et de leur propre chef, sans être poussés, par curiosité, savez vous combien en sortent ? et que font les autres ?
Combien de jeunes rentrent dans des centres de formation de football ? Et après ? Ils ont bien peu d'options ensuite.

Ne faisons pas croire à nos enfants qu'ils vont faire ce qu'ils désirent SVP, ce serait déja miner leur avenir et ils n'auront pas fini de prendre des médicaments pour vivre dans ce monde.
Et ne leur faisons pas croire qu'ils ne seront pas en compétition avec les autres. Ou alors divisons les salaires de tous ceux qui ont la même idée ? Et regardez bien s'il n'y a pas de competition...

Ceci dit, sans agressivité !!!

Cordialement.

Ecrit par : stephane | 04 avril 2006

Eviter que l'école ne soit l'image de la société ne signifie pas qu'il faille leurrer les élèves sur la compétition qui les attend. Mais qui peut être fière de cette compétition qu'on subit au quotidien? Alors pourquoi la faire subir à ces élèves si jeunes?

Et je préfère qu'un élève persévère dans une voie qui lui plaise et dans laquelle il se battra pour y arriver et être le meilleur plutôt qu'un élève qui irait dans une voie parce qu'elle garantit "qu'il est le meilleur" puisque meilleur que les autres, et qui déchantera à cause de sa non motivation et son manque d'intérêt pour ce qu'il fait, et où la compétition le coulera.

Pour répondre à Patricia, vous avez trouvé les mots : ce sont bien l'arrogance et la prétention de monsieur Brighelli qui ne génèrent en moi des sentiments peu amicaux pour lui. Elles cultivent son ego et l'empêche, à mon avis, d'avancer ailleurs que là où il provoque et dérange. Et ce n'est pas toujours dans ces voies qu'on s'engouffre au meilleur escient : voyons les décisions politiques.

Je reconnais que j'ai peut être pris un peu trop au premier degré ses propos, et que par ci par là, certaines de ses paroles me semblaient presque ne pas lui appartenir parce que humaines et censées. Mais s'il faut le connaitre pour le comprendre, alors je suppose que beaucoup de personnes qui ont lu son livre, sans les juger, n'ont pas dû tout à fait comprendre ses écrits.
J'ai du mal à supporter les anti-codes nécessaires à la communication. Je crois que c'est volontairement que je refuse de lire entre les lignes.

Sincèrement.

Ecrit par : marie | 04 avril 2006

Chère "ignarde" Marie,
Je suis bien désolé que vous ne sachiez pas lire entre les lignes.
Puis-je hasarder une hypothèse ? La nouvelle pédagogie fait dans le dénotatif, pour reprendre un peu la terminologie linguistique. La culture que j'aime fait dans le connotatif : l'allusif, le second degré, la provocation différée, — le XVIIIe siècle en un mot. Peut-être, à vouloir le mieux pour l'école et pour les élèves (et c'est là apparemment que je me suis mal fait comprendre), ne suis-je pas de mon temps. Mais je plains ceux qui sont de ce XXIe siècle.

Il m'arrive d'être dur en classe. Il m'arrive d'être très doux. Un prof qui n'a qu'un registre est un prof médiocre — comme ces acteurs demi-habiles dont parle Diderot dans le Paradoxe, qui ne savent jouer qu'un rôle — Gabin ou Depardieu. Je ne note pas toujours de la même manière — parce qu'il y a un critère psycho-physiologique incontrôlable, et ceux qui prétendent le contraire sont des menteurs.
Je sais simplement que si la grande majorité de mes élèves est en dessous de la moyenne, c'est que je me suis planté (à l'exception peut-être des classes prépas, où la règle du jeu — choisie par les "apprenants" — est la schlague). Je sais aussi que si tous ont une note au-dessus de la moyenne, c'est que je me suis planté. Je sais que si tel élève a toujours la même note, c'est que je n'ai pas su trouver la réponse adéquate — et j'aimerais avoir le temps et l'espace d'affiner les devoirs que je lui donne, de les personnaliser (je l'ai un peu fait jadis en Collège, en instituant des groupes de niveau dans mes classes, n'en déplaise au collège unique).
Alors, je n'ai besoin de personne pour m'apprendre à noter. Ou à faire, ou ne pas faire, de la sélection. Bien sûr que je n'ai pas l'humilité facile, comme dit (presque) Patricia ! D'ailleurs, je n'ai à peu près aucune des qualités chrétiennes. Et je m'en tape. Je suis horriblement moi, si je puis dire. Egotiste, comme disait Stendhal. Egoïste, comme disent les imbéciles. Une incitation permanente pour mes élèves à l'être eux-mêmes — mais à l'être à travers la culture, parce que nous ne sommes que cela : des êtres de langage.
Alors, autant le maîtriser. Jusque dans ses finesses…
Et, au passage, sauf cas rarissimes, je ne crois guère aux dons. Il faut offrir le plus grand nombre de choses à un enfant avant de voir émerger une capacité.
JPB

Ecrit par : brighelli | 04 avril 2006

Oh là là. Le dénotatif et le connotatif dans votre bouche ? Je suis déçu.

En plus, vous oubliez le locutoire, l'illocutoire et le percolateur.

Ecrit par : PH | 04 avril 2006

Merci Monsieur Brighelli.

Ecrit par : marie | 04 avril 2006

Pour Patricia.

"Enfin il ne me semble pas avoir encore lu une seule réaction négative d'un de ses anciens élèves"

Sur la disucssion "réponse en vrac", vous trouverez des témoignages d'anciens élèves, pas toujours enthousiastes.

Ecrit par : marie | 05 avril 2006

A bonne école

Monsieur,

Je vous félicite pour votre coup de pied dans la fourmillière qu' est l' Education Nationale ; malheureusement, je pense qu'il ne sert à rien.
Je suis angoissée, quant à l'avenir et à la culture générale de mes petits enfants.

Amicalement à vous

Madame Sorabella

Ecrit par : sorabella | 18 avril 2006

Bonjour, je viens de perdre tout le texte que j'avais écrit pdt des dizaines de minute (!!) ; je vous en livre par conséquent une synthèse (trop tard pour tout réécrire !) :
1/ complètement d'accord avec l'intérêt d'être noté, évalué, sanctionné au sens sportif du terme, pour se dépasser par la suite et mesurer le chemin restant à parcourir
2/ il est frappant de voir à quel point on verse dans l'idéologie (cf textes de Meirieu...consternant de démagogie), tout comme les Verts à la Voirie à la Mairie de Paris pour les pistes cyclables...
3/ la vie active dans les entreprises est dure, même pour un profil préparé dans les lycées chics (j'ai été à Louis-le-Grand au lycée et en prépa HEC ensuite) : la compétition et la demande de dépassement et adaptabilité est constante : il est en effet difficile pour des profils n'ayant jamais eu à subir l'évaluation, la sanction, les notes d'y parvenir, sauf par qualité personnelle éclatante (envie dévorante de reconnaissance, de pouvoir, d'argent que sais-je, de n'importe quel moteur personnel...)
4/ le niveau des jeunes que je vois passer dans des stages est consternant aussi bien académiquement que relationnellement : je croise pas mal de jeunes gars et filles en stages et qui se caractérisent pas une non chalance, un effet "mou" (tous balladuriens on dirait, mais uniquement dans l'attitude, pas dans les idées !) : ils sont souvent chiants pour être direct et vulgaire à la fois.
5/ ma fille de 3 ans va intégrer le système scolaire l'année prochaine et j'angoisse déjà...connaissez vous une bonne école privée dans le 12è à Paris ? ;-)....
6/ recommandations pour le futur programme de reconstruction de l'école : revenir au par coeur, aux poésies, aux pièces de théâtres (dont j'ai personnellement manqué), aux tables de multiplication, aux interro orales / écrites devant tout le monde au tableau, à la lecture à voix haute devant tout le monde etc...
7/ je ferais cependant un ajout à votre thèse disant qu'il faut un enseignement transverse et généraliste de haut niveau : entièrement d'accord. J'y ajouterais 2 choses :
A/ au secondaire, une compréhension du monde de l'entreprise sous l'angle historique (d'où vient la notion d'entreprise ? qu'est-ce que c'est ? son objectif ? ses fonctions clés ? ses organisations classiques etc...) car aujourd'hui on débarque dans une entreprise comme ds une 4è dimension : c'est un monde peu engageant, peu noble et pas très doux pour ses acteurs...!! autant en avoir une vision non économique mais culturelle avant d'y baigner !
B/ pendant le cycle supérieur, ie juste avant d'aller travailler, ajouter une expertise "technique" transverse qui est la maîtrise des outils informatiques de base : pack office + internet + cours de frappe du genre sténo (vu les milliers de mails, notes, comptes rendus, supports de présentations que nous devons faire en entreprise...mieux vaut gagner en exécution) ; c'est à mon avis un ajout à faire dans les cycles d'études qui précèdent l'entrée dans la vie active.
Bon courage pour la suite, et peut être à bientôt si vous créez un collectif proposant un plan d'actions pour notre prochain Président de la République...!
Cordialement,
Mickaël

Ecrit par : Mickaël | 01 mai 2006

Merci pour votre témoignage et vos suggestions. Il est évident que rien ne pré&pare; aujourd'hui à la vie en entreprise — même si l'entreprise n'est pas en soi le seul modèle économique auquel il conviendrait d'être initié.
JPB

Ecrit par : brighelli | 01 mai 2006

Monsieur,

Je voudrais juste parler du CRPE...
Connaissez-vous vraiment les modalités de ce recrutement ?
J'en doute fort...
Nullement de QCM...comme vous l'évoquez...
"Mais déjà, dans plusieurs concours (y compris, par exemple, celui qui recrute les futurs instituteurs — pardon : professeurs des écoles), tout se passe en QCM. Plus besoin de savoir aligner trois mots : il suffit de faire des croix."

Enfin bref...

Ecrit par : Géraldine | 13 mai 2006

Bonjour à tous,

Je suis parent d'élèves (3) et je découvre votre blog, par ailleurs très intéressant par les différentes idées qui y sont développées...

Néanmoins, concernant l'évolution de l'enseignement, je suis assez inquiet sur le devenir de notre descendance:
En effet, tous les enfants ne partent pas sur un pied d'égalité suivant le cadre familial dans lequel ils évoluent (Un enfant de smicard ou de rmiste n'aura pas la même immersion dans la culture que celui d'un médecin, d'un professeur, etc...).

Moi-même, qui suis militaire (je vous rapelle, qu'à l'instar du millilitre qui est la plus petite unité de mesure usuelle de volume, ou du millimètre qui est celle de la longueur, le militaire est la plus petite unité de mesure usuelle de l'intelligence!), je ne suis donc pas dans la meilleure situation pour aider mes enfants au niveau scolaire. Pour autant, celà ne m'empêche pas d'essayer, et m'a permis de faire un constat assez regrettable:

1/ Le niveau demandé par l'Académie n'a fait que baisser, depuis plusieurs décennies, pour permettre aux enfants de mieux réussir et d'éviter les situations d'échec, ce qui représente, à mon avis, une belle fuite en avant, complétement improductive. De plus, l'effet risque fort d'être inverse, les enfants s'habituant à une certaine paresse intellectuelle (aidée par la télé et son niveau volontairement populiste aux heures de grande écoute)

2/ Même si certaines idées avancées dans ces réformes sont bonnes, elles se font systématiquement au détriment de l'apprentissage convenable des bases de notre langue, ce qui, du coup, ne devient valable que pour les enfants issus de milieux sociaux culturellement élevés, qui auront acquis ces bases dans le cadre familial, et non scolaire.

3/ La politique et le législatif prennent le pas sur l'éducation et les parents "cautionnent":
Un enfant manquant de respect à un instituteur, il y a 30 ans, se faisait sanctionné par l'instit et par ses parents dans la foulée, alors qu'aujourd'hui, c'est cet instit qui se fait insulter, voire molester par les élèves et qui finit au tribunal s'il bronche, car les familles portent plainte et les tribunaux leur donnent raison dans la plus part des cas. Il faut bien le reconnaitre, cette évolution ne pousse pas vraiment les élèves vers le respect de leurs professeurs.
Pour ma part, je reste persuadé qu'une continuité est nécessaire entre l'éducation dispensée à la maison par les parents et celle dispensée dans l'Education Nationale (qui porte bien son nom - et il n'a pas encore changé, son nom! - ). Il faut donc que l'institution est les moyens de faire respecter cette continuité en instaurant un minimum de rigueur et de fermeté sans avoir à craindre un "retour de manivelle"

4/ Avant, la majorité des enseignants aimaient leur travail et étaient persuadés (à juste titre!) avoir une connaissance à transmettre et un rôle important à jouer dans l'évolution des enfants. On constate aujourd'hui une démission du corps enseignant: Une majorité (même s'il y a toujours des gens qui font leur travail consciencieusement) de personnes a choisi cette branche pour le FONCTIONNARIAT et les VACANCES SCOLAIRES, l'intérêt des enfants passant bien après...

Des exemples frappants de vérité (que j'ai vécu!):
A/ Les enfants qui ne comprennent pas une leçon sont gentillement invités à demander l'explication à leurs parents car on "n'a pas le temps de revenir sur ce sujet, il fallait écouter!" - Après avoir essayer de leur expliquer avec nos méthodes, veilles de 15/20 ans, les enfants se font incendier car ils n'utilisent pas les méthodes "contemporaines", et nous, parents, avons droit à une leçon de morale car on destabilise nos chérubins, en leur apprenant une façon de travailler qui n'est pas la bonne; Et nous sommes ainsi prié de ne plus recommencer sous peine d'être la cause d'un évenutel échec scolaire!!!
Où est la solution pour que nos gamins puissent apprendre convenablement?

B/ Est-il normal, pour un collège, que des interrogations écrites puissent être rendues régulièrement 1 mois, voire 1 et demi, après la date du devoir sur table. Les professeurs ont-ils tant de travail en collège pour que ce soit aussi régulier!?!

C/ Que doit-on penser de l'institution "Education Nationale" et des instituteurs, profs, etc... lorsqu'on les interroge sur un éventuel redoublement après le constat de carences graves en français (notre langue maternelle!) ou/et en maths, et qu'on obtient une réponse de type:
"Mais si, ils ont le niveau! De toute façon, ils apprennent à utiliser un ordinateur, donc il n'ont plus besoin de savoir écrire parfaitement, car ils ont des correcteurs d'orthographes dans les traitements de texte!"
ou bien...
"Du calcul mental, à quoi ça sert, maintenant, ils ont tous des calculettes et elles sont autorisées pour les contrôles et dans la plupart des examens!"
... Peut-on vraiment encore considérer que ces gens ont une conscience professionnelle?!? Et pour qui sont-ils venus travailler dans l'Education Nationale?

5/ De plus en plus, on constate que les enfants n'abordent plus les bases assiduments, comme si les enseignants concidéraient ces bases aquises d'office sans que les enfants les aient travaillées sérieusement à l'école. D'ailleurs, on est confronté plus souvent aux enfants dont les devoirs à la maison, ou sur tables, correspondent à des exercices sur des leçons qui ont tout juste été survolées et pour lesquelles ont ne trouvent parfois aucune trace écrite dans les cahiers de cours!

De façon générale, je suis surpris que nos politiques s'entêtent à pondre des textes tranchés sur l'utilisation de telle ou telle méthode, interdisant les autres, alors qu'il me semblerais plus judicieux de les compiler de façon adaptée, en fonction du niveau de l'enfant que l'on à en face. Il me semble que ce genre de méthode ne peut qu'aggraver une situation déjà très alarmante.

Par ailleurs, arrêtons de donner raison aux élèves, et laissons les enseignants se faire respecter dans leurs classes, ceci leur permettra de travailler plus sereinement et peut-être de retrouver "la foi" professionnelle, pour peu qu'ils soutenus par l'Education Nationale et par les Parents d'élèves également. Si un gamin lui dit "Merde!", l'enseignant se doit de réagir, tout comme les parents, et ce, dans le même sens que l'enseignant, car il ne faut pas n'ont plus se voiler la face: nos chérubins ne sont pas des anges non plus!!

Encore un point, vous avez beaucoup aborder le sujet concernant les classes supérieures concernant le niveau de culture, ceci me semble être une erreur, car non représentatif de l'ensemble de la popullation: une bonne partie à déjà quitté le milieu scolaire en situation d'échec! l'analyse dans le primaire est sans doute plus judicieuse, la scolarité étant encore obligatoire jusqu'à 16 ans.

Quant aux notes, je pense qu'elles sont nécessaires pour permettre à l'enfant de se situer par rapport à l'ensemble des connaissances qu'il doit maitriser, mais aussi pour se situer par rapport à ses camarades de classe et créer une émulation, voire un esprit de compétiton pour essayer de se surpasser

Sur ce, Mesdames, Messieurs, je vous laisse réagir à ces quelques remarques!

Cordialement
Yvon

PS: désolé s'il reste des fautes, j'ai essayé d'y être attentif, mais j'ai beaucoup de mal avec la relecture écran.

Ecrit par : Yvon Gougis | 15 mai 2006

Juste un grand merci Yvon car en tant que maman je me sens de moins en moins seule à réagir sur ce blog où les parents sont encore trop absents! je salue votre humour, le militaire que vous êtes, fait preuve que la plus haute unité de mesure de bon sens ne se trouve pas forcément là où on penserait de prime abord la trouver...
merci pour tous ces commentaires plein de bon sens.
cordialement

Ecrit par : Patricia Mesnigé | 15 mai 2006

Pas de ma faute si les parents ne sont pas tous au rendez-vous !
À ceci près que nombre d'enseignants qui interviennent ici sont aussi parents — moi le tout premier. Et que nous nous exprimons sous une double casquette.

À Yvon : vous avez raison sur bien des points. Je reprendrai juste une affirmation qui me semble un peu rapide.
La capacité à aider ses enfants ne tient pas au statut social, mais à la culture — au sens global du terme. Nombre d'enseignants, d'énarques ou de médecins ont été aidés dans leurs études par des parents qui n'appartenaient pas à ces catégories plus ou moins prestigieuses — mais qui avaient la volonté d'user de l'école comme d'un ascenseur. Le fait est que c'est à la maison que l'on apprend le respect des maîtres, ou le goût de l'étude. On compte beaucoup sur l'école, mais ls parents, qui se sont invités depuis une trentaine d'années dans l'espace pédagogique, devraient aussi participer à cette élaboration de conscience qu'est l'éducation.
Plus exactement, à eux l'éducation, à nous enseignants l'instruction. Je me suis expliqué du mieux que j'ai pu dans À bonne école sur cette question. Le savoir porte en lui des germes d'éducation, et on espère qu'ils rencontreront les gènes éducatifs mis en place par la famille. C'est malheureusement de moins en moins le cas. Les familles se déchargent sur nous de la presque totalité de la fonction éducative — et protestent lorsque le résultat final leur paraît insuffisamment conforme à leurs attentes. Une vraie collaboration entre enseignants et parents suppose une réciprocité.
JPB

Ecrit par : brighelli | 15 mai 2006

Non ce n'est pas de votre faute Jean-Paul ! et je suis pleinement d'accord sur le fait que non seulement les parents ont leur part de responsabilité dans ce marasme mais aussi qu'ils oublient bien trop souvent que l'éducation leur incombe...Mais de plus en plus de parents , les jeunes parents qui ont subit ce "laxisme" en sont conscients il suffit de les écouter à la sortie des maternelles, alors il y a peut être de l'espoir...

Ecrit par : Patricia Mesnigé | 15 mai 2006

Je suis effectivement d'accord sur la remarque que vous apportez (il s'agissait d'une caricature volontaire de ma part!), en la modulant légèrement, dans le sens où même si les parents doivent participer à l'envie de découverte et la "soif de connaissances" des enfants, il n'en reste pas moins vrai que le niveau socio-culturelle de ces mêmes parents intervient forcément, rien que dans leur façon d'agir et l'effet de mimétisme généré auprès de l'enfant s'en ressent directement (même si encore une fois, il y a toujours des exceptions!).

Un exemple concret: Vous verrez plus facilement des familles d'un milieu socio-culturel élevé ouvrir régulièrement de la vrai littérature, et à contrario, dans les couches "populaires" (entre guillemets car je n'apprécie pas ce terme pour désigner des personnes, néanmoins, c'est celui qui me semble le plus approprié!) on aura beaucoup plus facilement tendance à allumer la télé (qui malheureusement ne brille pas par l'intelligence de la majorité de ses programmes!).

Du coup, même si ces parents tentent de faire passer un message, la réaction de l'enfant sera de l'assimiler régulièrement comme une corvée puisque ses parents ne le font pas eux-même. Et c'est bien en ce sens que ma remarque était faite, sur la différence du cadre familiale suivant les couches sociales.

Je vous accorde aussi qu'il est de leur propre responsabilité de se "botter les fesses" pour montrer l'exemple, au moins de temps en temps. Et vous n'êtes pas, en tant qu'enseignants, responsables de cet état de fait. Mais je pense que c'est une réalité que vous devriez prendre en compte dans les écoles, pour limiter une fracture qui me parait de plus en plus marquée.

Ce problème est directement lié au principe "consommer puis jeter!" de la société de consommation dans laquelle nous vivons, ainsi qu'aux médias d'information de masse (télé, radio, internet, etc...) qui consistuent l'introduction la plus conséquente de culture et d'information dans nos foyers aujourd'hui. Hors, on est tous plus ou moins d'accord pour dire que ces médias sont volontairement orientés pour nous transmettre une information détournée, prévue pour servir le Système, et non la réalité objective! Le tout, biensur, sous forme prédigérée afin qu'elle soit assimilée rapidement avec le moins de reflexion possible, pour nous conditionné dans le "bons sens" (celui de la Société, et ses intérets...), mais également pour entretenir une certaine paresse intellectuelle, qui, au final, finit par faire de nous des moutons.

Pour s'en rendre compte, il suffit de regarder autour de nous:
Avec l'euro, par exemple, les français se sont fait endormir de façon phénoménale: on aurait augmenter le gasoil de 50ct de franc en 3 mois, la france aurait été paralysée, il a été augmenté de 50ct d'euro (2,25 francs env.) en 6 mois avec Rafarin, et c'est passé comme une lettre à la poste. Tout celà avec les médias qui nous martelaient que le cout de la vie n'avait pas augmenté!

Cet exemple, hors propos, me sert juste a étayer ma remarque sur le fait que l'information et la culture diffusées par les médias, parce qu'elles sont faciles, prédigérées et souvent accompagnées d'images (qui sont le sunmum du "vrai" pour la personne lambda), font foi pour une majorité
de gens qui, du coup et par paresse, se détourne de la culture plus saine, mais demandant un effort intellectuel plus important. Par mimétisme, une partie des enfants de notre société s'en détourne donc de la même façon.

Là où votre intervention peut jouer un rôle important dans cette sinistre méthode, c'est qu'un enfant est plus facilement influençable par des personnes extérieures que par ses parents dont il défie l'autorité plus ou moins jeune, pour s'affirmer. Le rapport de proximité que vous entretenez avec les enfants (un enseignant, au primaire, est sans doute la personne qui passe le plus de temps avec l'enfant, avec les parents) peut vous permettre de pallier à ce refoulement de l'autorité parentale, et complèter l'action des parents pour un guidage vers la culture. C'est la raison pour laquelle je parlais de "continuité éducative" dans mon message précédent.

Rassurez-vous, Jean-Paul, je n'ai aucun grief contre vous, et je n'aspire qu'à une étroite collaboration entre parents et enseignant, un gigantesque remue-méninges, pour améliorer une situation que nos politiques semblent s'appliquer à détruire volontairement:
N'est-il pas une maxime qui préconise de "Diviser, pour mieux reigner!"
Et si, en plus, ils arrivaient à nous inhiber les neurones et nous transformer en moutons, je finis par croire qu'ils en auraient un orgasme foudroyant!

A plus tard

Ecrit par : Yvon Gougis | 16 mai 2006

Juste une remarque sur votre affirmation qui insinue que les professeurs des écoles sont actuellement recrutés par un QCM... Vous n'êtes sans doute pas sans ignorer que c'est simplement pour le test d'entrée à l'IUFM, qui ouvre sur l'année de préparation au concours. L'entrée à l'IUFM ne garantit pas la réussite au concours, puisque leur taux de réussite n'est que de 50%. Pour info, les épreuves du CRPE sont toutes entièrement rédigées... Erreur volontaire ou sincère? j'avoue avoir du mal à ne pas pencher pour une manipulation des esprits...

Ecrit par : Magali | 21 mai 2006

Première chose : Brighelli n'a pas lu le livre d'Antibi (qui n'a jamais dit qu'il ne fallait plus noter, ni qu'il ne fallait plus mettre de mauvaise note), ou alors il n'a pas compris, ce qui serait étonnant, ou alors il ment sciement. Dans tous les cas c'est lamentable et démontre la malhonnêteté de Brighelli.

Brighelli n'a pas non plus compris Darwin, ce qui est embêtant concernant une notion aussi importante. Ou alors il suit l'extrême-droite sur le chemin du darwinisme social.

Et puis le ton de ce billet : que de haine, que de mépris, que de prétention ! Brighelli fustige dans un commentaire les donneurs de leçon : il faudrait qu'il se relise.

Ecrit par : morgenes | 07 juin 2006

Les mauvaises notes à l'école décourage à vie...
voir :
http://perso.orange.fr/art-psy/livres/textes/text%20anc/notes.html

Ecrit par : art-psy | 21 mars 2007

J'aimerais m'adresser directement a Mr Brighelli pour lui relater les reactions qu'ont entraine chez moi ses methodes d'enseignement.J'ai 39 ans et je suis maman de 3 enfants de 21,17 et 14 ans qui ont echappe a un destin de cretin(du moins mon manque d'impartialite me pousse a le croire).
peut etre ont-ils profite des mecaniques crees par un enseignant genereux et intelligent?
Mr Brighelli, vous m'avez apporte une chose primordiale et essentielle qui est le respect de soi. Car quand on s'aime on se cultive et on transmet.
Je voudrais vous remercier . pour 2 mots que vous avez prononce haut et fort et qui ont change ma vie: TU PEUX!!!!
J'ai passe le relais avec un bonheur indicible a chacun de mes enfants et aujourd'hui je reste persuadee qu'une rencontre peut changer une destinee.MERCI,MERCI,MERCI.
CHAQUE ENSEIGNANT PEUT-IL ETRE CELUI-CI?
J'essaie d'etre ce grain de sable chaque jour,bousculer,gener,questionner et s'elever.CONTINUEZ A ETRE VOUS CAR VOUS ETES PRECIEUX.
AVEC TOUTE MON ADMIRATION.

Ecrit par : christine klinuski | 19 mai 2007

Bonjour, Christine Klinuski…
Mais honnêtement, je ne vais pas jouer à celui qui se souvient : ce "tu peux", c'était où et quand ?
Bien à vous…
JPB

Ecrit par : brighelli | 19 mai 2007

Au college du Neubourg en Normandie dans les annees 1980.
J'etais en 4 eme et un peu paumee et mon temoignage de ce jour est juste une petite piqure de rappel.
non pas dans l'espoir que vous me reconnaitrez mais juste pour vous dire que d'anciens eleves vous sont reconnaissants.

Ecrit par : christine klinuski | 19 mai 2007

Le Neubourg ! La patrie de Dupont-de-l'Eure (c'est écrit sur une plaque quelque part dans cette aimable cirté, du côté des abattoirs si je ne m'abuse)…
J'y étais depuis quelques mois quand une association de prantes d'élèves de gauche (eh ou! !) a adressé une lettre à la dirtectrice, une certaine madame Finot (c'est fou où la mémoire va se nicher…), pour se plaindre de ce que je faisais en troisième : on travaillait sur Paroles (Prévert), un recueil qu'ils estimaient contraire aux ontérêts de la famille et de la religion (si !), j'avais les cheveux longs (à vrai dire, j'avais des cheveux, à l'époque), j'étais toujours en forme, ce qui leur paraissait suspect, avais-je recours à des pratique spharmaceuques (tel que !), et je parlais aux enfants des spectacles que je voyais à Paris, où je demeurais (2h1/2 aller, autant pour le retour, trois ou quatre fois par semaine, sept ans durant), au lieu de leur parler des réalités locales (les abattoirs ? la culture des betteraves ?).
J'ai pris la lettre, j'ai corrigé les fautes, en rouge, j'ai signé et j'ai renvoyé. Ils ne m'ont plus jamais enquiquiné. Mais dans le mois qui a suivi, j'ai été inspecté…
Souvenir, que me veux-tu ?
Je vous salue bien, jeune fille qui doit friser la trente-cinquaine, à présen, et qui est peut-être mère de famille -—c'est comme si j'étais grand-père, dis…
JPB

Ecrit par : brighelli | 19 mai 2007

"et qui est peut-être mère de famille "
Encore les ravages de Foucambert... ou du rosé ?

Ecrit par : Perceval | 19 mai 2007

up

:)

Ecrit par : toto | 19 mai 2007

Cherche la Christine Klinuski, qui a écrit un article ici meme le 19 mai 2007 merci de votre aide

Ecrit par : Sajnoski | 13 juin 2007

je signalerai que j'ai laisse mon nom en tant qu'ancienne eleve de jpb et en aucune maniere pour que des renseignements confidentiels sur ma personne soient divulguées sur le net et encore moins par une personne derangée.je remercie d'avance les personnes quoi me connaissent de s'abstenir de repondre a la demande de sajnoski.
ck

Ecrit par : ck | 15 juin 2007

C'est ptê'te juste un ancien 'poto'

pas de parano avant d'avoir l'info ;)

Ecrit par : toto | 15 juin 2007

Je prends note, et m'excuse , car je ne savais pas que j avais mis autant de haine chez une personne que j apprecis enormement et que j essayer tout simplement de retrouver... Afin de prendre de c nouvelles.
Excusez moi d'avoir utilisé votre site pour des raisons personnelles, et bonne continuation.
Jonathan

Ecrit par : Sajnoski | 15 juin 2007

cette personne me harcele et j'entends bien pouvoir mener une vie normale pour autant.sa demarche n'est pas innocente et je refuse que quelqu'un qui n'y a pas ete invite vienne perturber ma vie,ma famille et mon entourage proche.
ceci n'est pas sa premiere demarche .pour autant,faut-il que je me prive d'emettre un avis personnel sur un blog qui ne le concerne pas?pour preuve aucun argument de sa part en rapport avec jpb.a bon entendeur!!!

Ecrit par : CK | 15 juin 2007

Maintenant que j ai ma reponse : je m efface...
je n 'harcele personne .... j'attendais une réponse.
adieux et bonne continuation.
Encore mille excuses pour ces messages personnelles.
Jonathan

Ecrit par : Sajnoski | 15 juin 2007

Je pense que l'incident est 'définitivement' clos .

(?)

Ecrit par : toto | 15 juin 2007

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