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07 février 2006
Réponses en vrac
Bravo d'abord à celles et ceux qui ont tenté de résister à l'IUFM — mais qu'ils sachent (ils s'en sont rendu compte, apparemment) qu'il vaut mieux dédoubler, pour le moment. Feindre. Feinter. L'IUFM, et toute la pédagogie moderne, sont des écoles de distorsion schizophrénique. Il faut emprunter les mots, et continuer à penser avec d'autres mots.
On peut le faire (parfois non sans dégâts) lorsqu'on est enseignant. On ne peut pas le faire impunément quand oin est élève.
Mais l'Infâme, comme disait Voltaire, sait qu'il vit ses derniers instants.
Même s'il est encore fécond, le ventre qui a enfanté la bête immonde — n'est-ce pas, monsieur Fracowiack ?
(voir le courrier délirant de cet inspecteur de la région lilloise à son ministre, sur www.fen.fe/~sien/acsien.htm…). Un focntionnaire d'autorité a-t-il le droit de s'opposer aux décisions de sa hiérarchie, et d'accuser son ministre d'incompétence et d elé"gèreté ?
Mais nous allons signaler ces écarts de langage audit ministre. Ça lui fera sûrement plaisir.
Que les Pédagogues le sachent : le vent a tourné.
Plus grave.
Bien sûr que la Finlande a développé un système très permissif, et avec succès.
Mais justement : c'est un système qui correspond à un petit pays de quelques millions d'habitants, et qui est inapplicable en France. De même le système coréen, qui est exactement l'inverse du modèle finlandais, et qui est totalement coercitif. Je prêche (dans le désert, apparemment) pour le retour à un modèle français : qu'avons-nous à faire des expériences anglo-saxonnes dont les Pédagogues nous font bruire les oreilles ? Sommes-nous américains ?
Nous avions un système qui fonctionnait au mieux — et quoi qu'on dise, les conditions d'enseignement, les publics, n'ont pas fondamentalement muté depuis les années 60 : dans mon école communale, nous étions tous fils d'immigrés (je dis "fils" parce que les écoles n'étaient pas mixtes, à l'époque) : corses, italiens, portugais, arméniens, espagnols — et j'en passe.
Ou alors, il fut dire — et écrire — que le problème actuel viendrait de l'origine ethnique de certains élèves. Allez, les Padagos, osez !
Un dernier détail sur la Finlande.
Avez-vous lu Paasilina, ce merveilleux auteur finlandais (le Lièvre de Vatanen, la Forêt des renards pendus — entre autres) ? Il a écrit aussi Petits suicides entre amis, où il révèle que la Finlande possède le plus fort taux de suicides au monde. Dois-je compter cette statistique parmi les succès du modèle finlandais ?
Bon courage à tous…
JPB
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Commentaires
L'OMBRE DES CHOSES
J'errais au bord de l'étang, mélancolique. L'automne était morne, la lune pleurait, le vent chantait dans le soir, monotone à mourir. Au loin s'élevaient les plaintes d'un âne, poignantes. Ainsi là-bas un être affligé semblait partager ma peine... Je marchais, résigné, au bord de l'onde. Solitude, accablement, ennui, dégoût : quatre murs oppressants, quatre raisons pour ne plus songer à rien d'autre qu'aux barreaux de mon âme en deuil.
L'âne dans le lointain se lamentait toujours. Etais-je-je seul à entendre sa détresse ? En moi, une nuit sans fin, un vide sombre, une vallée désolée. Les braiments de l'animal résonnaient comme un glas grotesque dans la campagne. L'écho pitoyable sous les étoiles de la créature déshéritée accentuait ma douleur. Le quadrupède adressait à qui voulait l'entendre son désespoir.
L'âne au-delà l'étang, hors de vue, oublié de tous, ne racontait-il pas à l'Univers entier son humble chagrin ? J'avais l'impression de récolter ce soir-là la plus secrète misère du monde, venue de l'horizon, tentant de monter jusqu'aux étoiles, pour finalement retomber sur mes épaules...
Les appels de la pauvre bête ressemblaient à une prière dans la nuit, j'en fus touché. Des cordes insoupçonnées vibrèrent chez moi. Je sentis mon humanité s'étendre jusqu'aux figures les plus modestes de la nature. En pensée je rejoignis l'équidé. Les yeux fermés je le caressai au cou. Puis je le chevauchai. Alors tout s'illumina. Des espaces radieux s'ouvrirent devant moi. Je me retrouvai au milieu d'une prairie éclatante de lumière, sur le dos de l'âne. Ses braiments sinistres s'étaient transformés en autant de rires. Des gens m'aimaient, qui m'appelaient tout autour de moi. Partout, des fleurs vives, de l'eau claire, une joie irréelle.
Je rouvris les yeux dans l'obscurité. La lune pleurait toujours au-dessus de ma tête. Le vent gémissait dans la plaine. L'étang me parut plus noir que jamais. L'automne était un véritable tombeau. Et ma solitude, une pierre dans la fosse.
Longtemps, l'âne manifesta son infinie détresse dans le lointain.
Raphaël Zacharie de Izarra
raphael.de-[email protected]
Ecrit par : Raphaël Zacharie de Izarra | 08 février 2006
Dédoubler, feinter, feindre et... et tenir un blog anonymement pour se libérer des toxiques accumulés pendant la journée. Merci ! merci Brighelli d'être la voix de la raison et des stagiaires qui résistent sans pouvoir le dire haut et fort !
Ecrit par : Le Rhéteur | 21 février 2006
Cher collègue,
Après trente-quatre ans de lutte ininterrompue contre une institution indigne, j'ai peu à peu fait ma religion : il n'y a rien à attendre d'un système où l'autocensure relaie la démagogie pour empêcher toute pensée réelle. Bossons donc comme nous l'entendons, sans souci aucun du discours officiel…
Votre livre m'a beaucoup plu, et sa verve roborative nous nettoie un peu des glaires de la bien-pensance.
Je voudrais ajouter quelques mots, et vous poser quelques questions (en vrac) :
- il m'a semblé que vous étiez attaché comme beaucoup de collègues à l'institution du baccalauréat (même si l'actuel machin vous apparaît comme dérisoire). Personnellement, je me bats depuis toujours avec acharnement contre cet examen… Ne croyez-vous pas qu'il est l'un des obstacles majeurs à toute évolution, puisqu'il amène à confondre la fin et les moyens – ou, si l'on veut : tant que l'on fera des études pour avoir le bac et non pour se cultiver, le système sera pervers.
-°vous paraissez choqué par le fait que chaque établissement puisse délivrer (ou non) un diplôme qui ne serait plus unique et commun. En quoi est-ce gênant ? Est-ce que les écoles en aval ne sauront pas rapidement reconnaître les pratiques vertueuses et les établissements démagogues ? N'est-il pas profondément moral que tel petit lycée où les pratiques pédagogiques sont efficaces se voie valorisé ? Si l'on donne au professeur toute liberté d'enseigner comme il l'entend (ce qui me semble la base), pourquoi ne pas aller jusqu'au bout ?
- ne faudrait-il pas commencer par poser un principe paradoxal : l'école obligatoire jusqu'à 16 (et même 18 ans, en fait) est une aberration. L'école est un moyen d'accéder à certains savoirs. Il en existe bien d'autres. Pourquoi s'acharner à dépenser le quart du budget national à maintenir sur les bancs des gens qui non seulement n'ont aucune envie d'y être, mais empêchent les autres d'y travailler ?
- je ne comprends pas votre défiance pour l'informatique : elle est ce que nous en faisons. Il se trouve que je suis come vous professeur de lettres classiques, mais les hasards de mon histoire personnelle ont fait que depuis vingt-cinq ans, j'enseigne l'informatique et la programmation dans divers cadres (Greta, fac, lycée…). J'ai même créé une filière (cf http://filierelangages.free.fr) qui associe la démarche des langues anciennes et la réflexion algorithmique… et ça marche bien – vous n'imaginez pas le nombre d'ados qui sont illuminés par la convergence du thème latin et de l'analyse procédurale, ou bien par la parenté entre les philosophies idéalistes et la programmation-objet ! Je crois que l'on peut enseigner à peu près n'importe quoi ; le hic est sans doute ce que l'on met derrière…
J'abrège : je vais être long…
Avec toute ma sympathie et mon soutien.
Bernard Jouët
Professeur de lettres classiques - Cholet
[email protected]
Ecrit par : Bernard JOUËT | 02 mars 2006
Nous avons vu Monsieur Jean-Paul Brighelli à l'oeuvre, il est passé comme professeur de Français en première ( classe de bac ) au lycée de Corbeil Essonnes, une véritable catastrophe, les parents d'élèves ont manifesté pour qu'il n'enseigne plus dans ces classes. Son enseignement était totalement hors de portée des élèves et ne préparait aucunement au bac. Les élèves ont tous été andicapés par la note de Français qu'ils ont eu ensuite pour présenter le bac en terminale. Son arrogance vis à vis du lycée des élèves et des parents était intolérables. Heureusement que tous les professeurs ne sont pas comme lui, parce qu'un tel enseignement ne peut que produire que des "crétins"
Ecrit par : francbourgeois | 16 mars 2006
Cher collègue,
Richard Strauss a connu une fin de vie un peu amère pour les raisons que vous connaissez peut-être. Après la chute du Reich et jusqu'à sa mort en 1949, il écrira encore trois opus dont les célèbres "Quatre Derniers Lieder" pour soprano et grand orchestre, sur des textes d'Eichendorff et Hesse. C'est le quatrième, "Im Abendrot", que j'ai proposé à ma classe de terminale L-musique dans le cadre de la préparation au Bac. Je suis un prof chanceux.
Plusieurs semaines ont passées. C'est alors que deux de mes élèves sont venus me voir : ils s'étaient procurés le disque de Strauss. C'est comme ça que nous nous sommes retrouvés tous les trois à écouter Karajan à la tête du Philarmoniker de Berlin dans la salle de musique, pendant que le lycée était en grêve, ce jeudi 16 mars 2006. Manifestement investi, l'un d'eux m'a confié qu'il ne comprenait pas pourquoi il avait detesté l'allemand jusqu'alors.
Aujourd'hui, cher Jean-Paul, fut un grand jour : sans la Star ac', sans Djamel Debbouze, sans Yannick Noah, sans le Da Vinci Code, sans les Bronzés 3 et sans Harry Potter ;
Aujourd'hui deux petits gars de 17 ans, fils de prolos comme moi, ont vibré avec Richard Strauss et sont parvenus à ouvrir une porte sur le romantisme allemand.
Aujourd'hui, une victoire a été remportée contre les menteurs et les cochons ;
Aujourd'hui, j'ai été un homme heureux.
Un grand merci, Jean-Paul, pour votre travail et pour votre combat contre les mépris. Avec toute ma sympathie.
Stéphane Dietrich, 28 ans,
(Sans doute un peu réac, mais tant mieux)
Professeur d'éducation musicale
Lycée Schweitzer, Le Raincy (93)
Ecrit par : Stéphane Dietrich | 17 mars 2006
Témoignage d'une ancienne élève et "victime" de JPB.
JPB, il y a environ 15ans j’étais une de vos élèves en première au lycée de Corbeil Essonnes en zone d’éducation prioritaire.
J’ai donc eu l’honneur avec mes collègues de classe de « subir » votre « enseignement » (enseignement par l’humiliation).
Oui c’est vrai, je m’en souviens, et je me souviens même du premier sujet de dissertation en début d’année : « Beau comme la rencontre fortuite sur une table de dissection d’une machine à coudre et d’un parapluie, commentez…. ». Le jour où vous avez rendu les copies, vous les aviez classées par ordre de note (de la plus mauvaise à la plus bonne) en commentant oralement devant toute la classe les prouesses de chacun…. Et oui ça existait encore des profs comme cela, vous n’aviez pas amené de bonnet d’âne mais presque…
L’humiliation était votre fil conducteur. Nous n’étions que des nuls, des ignorants, nous n’avions pas de « références », nous ne savions pas écrire, lire etc... Bien sûr, face à un agrégé, écrivain, nous n’étions que des sous-m…des.
J’étais plutôt bonne élève (je crois) mais je trouvais vos méthodes injustes et déloyales. Surtout je n'en voyait pas l'intérêt.
Je ne sais pas ce que sont devenus mes collègues de classe, mais en tout cas nous avons tous eu une mauvaise note au bac de Français. Merci Brighelli, le plus beau, le plus fort, le meilleur avec son ego exacerbé… grâce à vous on s’en sortira…, même avec une épine dans le pied et le moral à zéro (ou à moins 10).
Je suis issue d’un milieu modeste, j’ai fait tout mon cursus scolaire à l’école publique, je suis allée à la faculté et je suis maintenant médecin (Brighelli m’avait pourtant dit : « fais pas médecine, c’est nul, les médecins sont des crèves misères », j’ai bien fait de ne pas l’écouter….)
Pour moi l’école publique Française a peut-être des défauts, mais elle a aussi des qualités. Et sa principale qualité, c’est de permettre à des élèves de toutes les catégories sociales de tenter leur chance.
Comme vous le dites vous-même, je suis contente de vous avoir eu comme prof car ainsi, j’ai connu le pire (encore que…, peut-être aurais-je pu m’en passer).
Heureusement, j’ai eu beaucoup d’autres professeurs bien plus brillants que vous, qui n’étaient pas agrégés, et qui avaient la passion de l’enseignement.
J’espère que les professeurs à qui vous enseignez ne pratiquent pas vos méthodes arriérées.
J’espère que vous n’avez pas cassé et découragé trop d’élèves.
Je ne vous admire pas bien au contraire. 15 ans plus tard je dis ce que je pense (il est temps..)
Merci pour votre enseignement crétin. On s'est bien marré....
Ecrit par : Lesigne E | 17 mars 2006
@ E. LESIGNE,
L'élitisme est avec la démagogie (par ex. avoir son bac Sciences avec la moyenne dans AUCUNE des matières scientifiques) une des pires plaies, éternelles je dirais, de l'enseignement.
Pour certains profs il y a cette mentalité qui consiste à penser, de la part du prof soi même: "Si j'en ai bavé, vous aussi les élèves, les étudiants, à votre tour vous devez en baver."
Pour d'autres, au contraire, l'enseignement doit être un accompagnement.
C'est le violoncelliste hispano-catalan Pau CASALS qui avait cette réputation de prof extraordinaire, de prof "accompagnateur". Et ses élèves ne sont pas tous devenus des Pau CASALS mais lui ont su gré de ses conseils.
Le problème c'est qu'aujourd'hui les programmes sont devenus tellement démagos, les publics tellement hétéroclites et influencés par toutes les Star Ac et autres "çonneries" sans cédille que vous imaginez, que le prof a du mal entre les deux voies extrêmes dont je vous ai parlé. Et il est SEUL. SEUL. SEUL.
Même si JPB vous a laissé un très mauvais souvenir et, chacun de nous a connu un prof au moins dans sa vie qui l'a "bouzillé", vous avez compris ce que vous ne vouliez pas et ce qu'au contraire vous vouliez.
Je ne le connais pas, pas même vous, je ne porte aucun jugement sur ce que vous avez dit sur lui. Soyez peut-être, maintenant avec le recul de quelqu'un qui est adulte, qui semble avoir toujours eu ujne très forte personnalité, et qui semble avoir réussi, juste peut-être un peu plus indulgente. Les gens ne font pas tous ce qu'ils voudraient faire.
Bien cordialement.
Un prof agrégé qui est contre l'élitisme et contre la démagogie.
FreD, alias Le chauve.
Ecrit par : Frederic_le_chauve | 18 mars 2006
@ E. LESIGNE, toujours et encore,
Chère inconnue,
Juste quand même pour rajouter quelque chose: JPB ne vous a peut-être pas "traumatisée" autant que ça, car même si tout le monde a eu une mauvaise note de français au bac, dites, vous vous en êtes quand même brillamment sortie, non? Alors, franchement, à ce point "traumatisée"?
Dans ce blog comme dans les autres ce qui compte c'est que ça ne devienne pas un règlement de comptes. Sinon qu'on apporte plutôt un ring!
Bien à vous.
FreD, toujours prof, toujours agrégé, toujours contre l'élitisme (jeu dangereux s'il en est car on rencontre alors toujours plus élitiste que soi) et toujours contre les çonneries sans cédille de la démagogie pédagogiste.
Ecrit par : Frederic_le_chauve | 18 mars 2006
Réponse à FreD,
Ce n'était pas un règlement de compte mais surtout un témoignage. Pour avoir vécu les méthodes de Brighelli il me semble de mon devoir de donner mon avis.
Je n'ai peut-être pas été traumatisée mais nous étions une trentaine dans la classe, et je me souviens que les cours de Français n'étaient pas bien vécus par certains.
Et surtout j'insiste sur le fait que j'ai eu beaucoup d'autres profs extraordinaires. Je trouve injuste que Brighelli parle d'un "fabrique de Crétins", cela pour moi sous-entend que le travail fourni par ses collègues est sans valeur.
Bien cordialement.
E. Lesigne
Ecrit par : E.Lesigne | 19 mars 2006
Que les élèves et anciens élèves parlent.
N’avez vous pas honte de parler du lycée de Corbeil-Essonnes, comme vous en parlez.
Mes trois enfants ont poursuivi leurs études secondaires au lycée que vous appelez les « Tarterêts » . Pour votre information sachez que cet établissement portait le nom de Lycée Robert Doisneau quand vous y étiez.
Je constate que lors de vos interviews, vous méprisez le travail de qualité des professeurs qui enseignaient à la même époque que vous. Je vous ai rencontré et vu à l’œuvre, à ce titre je me permets de dire ce qui suit :
Comme il est dit plus haut, je confirme que vous étiez peu digne du poste que vous occupiez dans les classes à examens. J’ai réagi avec les parents d’élèves élus et les syndicats de l’enseignant secondaire et l’appui de l’administration pour que vous n’enseigniez plus dans les classes à examens comme professeur de Français au lycée ( classe de première par exemple ) .
J’apporte tout mon soutien à l’équipe d’enseignants de l’époque qui faisait en son temps déjà un travail excellent d’intégration, d’aide et de support dans l’intérêt de nos enfants. ( je sais que vous n’aimez pas ces termes, mais moi je les aime)
Votre arrogante distance vis à vis des intérêts des élèves ne pouvait qu’apporter découragement et humiliation . ( nous disions à cette époque que le professeur Brighelli avait la grosse tête et qu’il fallait qu’il se dirige vers un enseignement supérieur consacré aux l’élites sociales de notre pays, et encore…).
Mes trois enfants ont suivi leur scolarité et réussi leurs études certes, mais certainement pas grâce à des professeurs comme vous.
Il faut que des élèves soient solides pour ne pas subir sans échec des professeurs atypiques comme vous qui n’apportez aucune vérité dans votre livre, vous ne faites que polluer la vie des professeurs qui sont parfois en pleine la détresse par manque de moyens dans des classes surchargées.
Restez avec vos élites moins vulnérables à Montpellier en évitant de donner des leçons aux enseignants du primaire et de secondaire de notre pays. Je préfère les leçons de Phillipe Merieux sur l'IUFM de Lyon.
Il a des leçons à vous donner.
Ceci n’est en aucun cas un règlement de compte, mais je m’associe à ce qui à ce peuvent dire les gens qui vous ont rencontré comme professeur.
Les gens qui ont rencontré JPB à Corbeil-Essonnes ont le droit de témoigner pour restituer l’homme au regard de ce qu’il dégage, dit et écrit. Si tous les professeurs avaient été comme lui dans ce lycée de Corbeil, nous aurions connu une totale déroute dans l’établissement. Heureusement qu’il a y encore une très large majorité de bons professeurs qui ne suivent pas les méthodes d’enseignement de JPB donneur de leçon lorsqu’il dit que l’école est devenue celle des crétins et de l’échec programmé.
francbourgeois@club-internet.fr
Ecrit par : franbourgeois | 19 mars 2006
Cher M Brighelli.
J’’ai découvert ce week-end les propos que vous avez depuis le mois de Septembre concernant la situation de l’éducation nationale.
Je n’ai pas lu votre livre mais c’est sans doutes un de ceux que j’achèterai lors de mes prochaines vacances en France.
J’ai été beaucoup amusé de vos propos sur les sciences de l’éducation qui pour vous ne font pas parti « des sciences ».
Mais cela signifierait-il que les vraies sciences existent ?
J’ai fait mes études de biologie et de géologie à l’université, parcours sans fautes : capes en maîtrise obtenu sans préparation particulière, agrégation du premier coup.
Et pendant 5 années qui ont fait de moi ce qui est supposé la crème de l’éduction nationale, je n’ai jamais fait de science (j’exclue nécessairement l’année d’IUFM où mes seuls souvenirs sont des cours de chant et des jeté de poches plastiques pour modéliser la communication entre individus… ).
Je suis donc prof de science, je n’ai jamais fait de science dans ma formation et vais donc enseigner « la science » à des générations d’élèves.
Quelle connerie !
Soyons clairs pour reprendre votre expression, imaginez vous qui êtes littéraire que vous ayez passé vos études littéraires à apprendre et à réciter différents commentaires sur la littérature française sans jamais avoir lu un texte littéraire. C’est exactement ce qui se passe en « science » : les études menant au métier de prof se contentent d’une série d’apprentissages de résultats d’expériences qui tiennent lieu de dogme. Jamais ou presque jamais les expériences ayant menées à ces résultats ne sont abordées. Ou quand elles le sont cela n’a jamais été le cas pour moi de m’être présenté la publication originale ayant conduit à un résultat.
Pour résumer il ne faut pas être écrivain pour enseigner la littérature, ni scientifique pour enseigner de la science, mais je pense avoir au moins lu des ouvrages fondamentaux, ou des publications scientifiques pour au moins avoir une idée de ce que l’on croit enseigner.
Après la vacuité de l’IUFM, je me suis offert une année d’étude complémentaire (juste pour ma culture générale sans doute, car je plafonnais d’un point de vu diplôme pour être prof) et enfin après 6 années de bachotage, j’ai enfin découvert la Science lors d’un DEA. Cette année a été la plus fructueuse de toute ma scolarité, bien que très intense et extrêmement compétitive.
Actuellement en thèse à l’étranger (car après six années d’études c’était inenvisageable pour moi d’être payé an dessous du SMIG pour travailler non pas 15 mais 50 heures par semaines et en devant débourser plus de 200 euros par mois pour cotiser pour ma retraite).
Je pense donc avoir maintenant une idée précise de ce qu’est la science et je constate que mes collègues de SVT qui ont fait leurs études avec moi ne le savent pas : et même s’ils sont agrégés, cela ne change rien.
Comment donc améliorer l ‘apprentissage des sciences dans le secondaire, si les enseignants ne savent pas de quoi ils parlent ?
Ecrit par : yann | 20 mars 2006
Sans doute tout cela dépend-il de notre définition de "science" — très entachée de positivisme XIXe siècle. J'essaie d'analyser dans mon prochain livre la différence entre un instituteur, qui est là pour enseigner des certitudes, et un professeur, dont la fonction première est d'amener au doute. Parce que seul le doute permet de progresser — de chercher. Encore faut-il avoir acquis quelques certitudes, et c'est tout le travail du Primaire. Le collège est à mi-chemin, le lycée devrait démonter, pour donner envie d'aller plus loin.
Les concours de recrutement permettent-ils de créer un doute chez les candidats, afin de dépasser le stade de la "série d'apprentissages de résultats d'expériences", comme vous dites fort bien… ? J'en doute, pour le moment. D'ailleurs, il y a pour toutes les matières une part inaliénable d'expérience personnelle, de remise en question, de recherche permanente. Un agrégé qui en reste à son bâton de maréchal est un crétin — et il y en a nombre…
JPB
Ecrit par : brighelli | 20 mars 2006
C'est curieux (est-ce curieux ?). Il y a une série d'attaques concertées, toutes de la même main, qui arrivent sur ce blog et aussi sur le site de SLL. Quelqu'un pense-t-il vraiment m'atteindre en faisant référence à tel ou tel épisode d'un passé recomposé ?
Je n'ai de rancune que vis-à-vis du présent — et le présent, c'est la conjuration des imbéciles, comme disait John Kennedy Toole — un livre remarquable, au passage.
JPB
Ecrit par : brighelli | 20 mars 2006
JPB a dit:
"Un agrégé qui en reste à son bâton de maréchal est un crétin — et il y en a nombre…"
Euh, bâton de maréchal, moi je n'ai jamais pensé que j'en avais un, et les autres agrégés non plus. Il suffit de se trouver professeur agrégé détaché dans l'enseignement supérieur, PRAG quoi, pour se rendre compte qu'on est très mal vus par beaucoup d'universitaires.
Cela me fait penser à une gravure du XVII° où l'on voyait, à Versailles, les dames de la Cour assises sur un siège correspondant à leur rang: les duchesses et les princesses sur un fauteuil à bras, et les baronnes, là n'en parlons pas, un pouf suffisait. Pour les comtesses ça devait être la chaise, un "bon" intermédiaire quoi.
Bref, on n'est pas très loin de cette hiérarchisation très Ancien-Régime dans le monde de l'Education nationale. Et 68 n'a pas changé grand-chose. ou alors c'est la théorie du flux et du reflux...
Bâton de maréchal, expression à bannir s'il en est...
Pour ce qui a été dit sur les Sciences je ferais quand même remarquer que même au Lycée, voire à la fac, on est parfois obligés de faire des raccourcis saisissants où, en quelques minutes il faut parcourir quarante, cinquante ans de pensée: penser par exemple à la composition du noyau atomique en protons et neutrons. On a compris qu'il y avait des protons, ces particules chargées positivement, vers 1909, avec l'expérience de l'Anglais Rutherford. Pour le neutron, particule neutre, il a fallu attendre 1932, avec l'Anglais Chadwick, qui a raflé la découverte du neutron et le Prix Nobel de Physique sous le nez des époux Joliot-Curie. Si au lycée les élèves saisissent que ce qui leur est enseigné a mis autant de temps à se construire, suite parfois à des révisions déchirantes, eh bien on a gagné. Mais les programmes au lycée permettent-ils ce recul? Permettent-ils de laisser percer le fait que ce qui est appris au lycée est tout relatif et n'est pas forcément vérité vraie éternellement. En littérature c'est sans doute différent des Sciences mais je n'ai pas le recul nécessaire dans le domaine des Lettres.
Je dirais également que la formation continue des professeurs, notamment par des va-et-vient avec l'Université (euh, pas l'IUFM mais l'Université avec ses UFR, ses labos)n'existe pas. Et j'ajoute que même lorsqu'on est PRAG il n'y a aucune évaluation de ce à quoi a servi l'agrégation à son titulaire, si ce n'est l'accès à une échelle de rémunération.
Si vous saviez ce à quoi un agrégé du Supérieur est réduit à devoir enseigner à ses étudiants, vous en laisseriez tomber votre censé "bâton de maréchal".
Effets pervers d'une massification très mal gérée.
Mais y a-t-il un DRH au MEN?
FreD, alias le chauve, qui a perdu ses cheveux et pas mal de ses illusions, aussi et surtout je dirais.
Ecrit par : Frederic_le_chauve | 20 mars 2006
je ne donnerai même pas Fréderic une réponse complète et argumentée sur la situation de Prag à l'université.
Juste lui dire ce qu'avait dit une de mes ancienne prof à propos d'une Prag qui ne remplissait visiblement pas ses fonctions : "les incompétants au collège"...
je vais juste lui conseiller de fréquenter les laboratoires de recherche au mois de Juillet et d'Aout : il trouvera toujours un labo dans lequel il sera le bien venu en tant que stagiaire.
Plutôt de passer mon temps à critiquer et cela pourrait être long, j'aimerais être plus constructif.
Je voudrais faire une proposition qui me semble répondre à un problème actuel beaucoup plus important : à savoir l'orientaion.
Je propose de supprimer les TPE, pour le remplacer par de OPE. Ces OPE fonctionneraient sur le même principe en classe de première et autoriserait les élèves à amener chaque semaine une réflexion sur leur avenir imminent : quelle carrière, quel débouchés, quelles démarches à suivre.
Le tout serait aussi encadré que les TPE et se concluerait par un rapport écrit et exposé final en fin d'année.
Ce projet qui ne couterait pas un euro de plus me semble une solution à creuser.
Cette reflexion imposée se traduirait par une maturation personnelle, beaucoup plus rationnelle en classe de terminale où l'approche de l'examen ne permet plus une réflexion posée.
Ecrit par : yann | 21 mars 2006
Cher monsieur Brighelli, j'avoue bien modestement que je n'avais pas l'honneur de vous connaître et que je vous ai "découvert" ce dimanche 23 avril au cours de l'émission "Arrêts sur images".
Dire que j'ai été surpris par la brutalité et le simplisme de vos propos est bien en dessous de la réalité, vous répéter ici toutes les insultes qui me sont venues à l'esprit serait à coup sûr indécent et complètement inutile, quand même...
Né dans un coron du Nord Pas de Calais, petit fils d'un mineur communiste mort à Mauthausen en 1943, instit pendant 35 ans et maintenant en retraite, j'ai toujours eu à coeur la défense des "petits" et la haine de l'injustice, c'est pour cela que je me donne aujourd'hui la peine d'écrire sur ce blog ce que je pense de vos "réflexions".
A vous écouter, des "larmes d'enfant" ça n'a aucune importance, il ne s'agit somme toute que d'une stratégie, en réalité, et ça vous ne l'avez pas dit, mais c'est bien ce que vous avez laissé entendre, ce petit garçon qui refuse à l'évidence de répondre à cette question essentielle : "qu'est ce qu'un extrait ?", n'est qu'un petit vicieux borné, une graine de "sauvageon", peut être bien de "racaille", prêt à tout pour contrarier sa pauvre instit que vous avez le culot de défendre en plus, en la qualifiant "d'enseignante qui fait merveilleusement son travail" (on croit rêver).
Non monsieur, cette dame là, à mon sens, ne fait pas "merveilleusement son travail", elle n'éduque pas, elle impose son pouvoir, elle fait partie de ces merveilleux "enseigneurs de la race" qui continuent de sévir et de pratiquer leurs coupables activités de dressage dans notre chère EN.
Je n'appellerai contre elle aucune répression, je me contenterai de lui dire qu'elle a eu bien de la chance de ne pas me compter au nombre de ses collègues car elle en aurait probablement beaucoup souffert.
"C'est le sujet qui apprend et lui seul ; il apprend avec ce qu'il est, jamais quand on veut et comme on veut, il apprend toujours de sa propre initiative et l'éducateur qui ne reconnaît pas cette "évidence" sombre vite dans la violence du dressage."
Vous aurez reconnu sans soute P.Meirieu (je sais c'est agaçant), permettez moi de vous dire malgré tout que l'on peut désormais vous compter parmi ses plus grands défenseurs, après votre brillante démonstration devant les caméras de la 5 sur l'exemple précité, le doute n'est plus permis et la démonstration par l'absurde concluante.
Toujours au sujet de P.Meirieu, serait ce trop vous demander, quand vous caricaturez ses idées, que de le citer "dans le texte" au lieu de lui intenter des procès d'intention, au lieu de vous fonder sur quelques expériences malheureuses (et que je condamne) pratiquées par des "zozos" qui ne se réclament de lui que pour cacher leur incapacité, leur laxisme ou leur paresse.
Ne vous en déplaise, Meirieu continue le chemin qu'avait ouvert en son temps Célestin, ce chemin là va dans le sens de l'histoire et se moque bien de l'activisme de quelques sectes réactionnaires.
J'ai bien l'honneur.
Ecrit par : makhno | 24 avril 2006
Il faudrait encadrer ce message pour bien mesurer à quel niveau de délire verbal nous faisons face. L'éducation nationale est devenue une secte, il n'y a pas d'autres mots pour le dire.
Ecrit par : Pierre-Henri | 24 avril 2006
Réponse à Pierre-Henri
C'est tout ?
Votre argumentation ne va pas au delà de vos talents d'encadreur ?
Eh bien, encadrez, encadrez mon cher, si cela peut suffire à vous rassurer, pourquoi pas ?
Quant à moi je continue à croire qu'on ne peut enseigner "contre" mais bien "avec".
C'est d'ailleurs d'une logique implacable, un enseignant quel qu'il soit et en particulier dans le secondaire, à un "contre" 25 ou 30 que voulez vous qu'il fasse ?
Celle là aussi, vous pouvez l'encadrer.
Ecrit par : makhno | 24 avril 2006
Pour Mr makhno,
Je trouve que vous réagissez bien avec une certaine violence, et vous blâmez Mr Brighelli???
A mon sens, il y a bien quelque chose qui ne tourne pas bien rond dans votre intervention ?
Peut-être a t'il des raisons d'attaquer lui aussi, non ?
Si je ne suis pas d'accord avec le comportement de cette institutrice, votre comportement me laisse sans voix.
S'il y a des choses que j'ai apprises en travaillant dans le milieu de l'éducation nationale et en étant éducateur sportif ce sont bien la tolérance, le repect et le dialogue. Apparemment vous n'avez pas passé assez de temps avec nos enfants et leurs parents, et votre défense contre la haine et l'injustice me fait donc froid dans le dos. Elle me rappelle fortement d'ailleurs certaines sectes. Arrétons d'employer de bien grands mots.
Quand à votre phrase, apparemment de Mr Merieu, je l'explique sans le savoir à mes enfants (en plus simple quand même, je suis assez basique et n'ai pas fait de grandes études).
Et vous avez raison, que diable, buvons un verre de pastis en attendant que le sujet veuille bien daigner apprendre. Il ne parle pas de mes enfants au moins ???
Pour information, on peut sembler enseigner contre mais bien le faire avec. Il faut juste un brin d'intelligence, d'amour et de conviction.
Ceci dit sans animosité, je n'ai juste repris que votre ton.
Ecrit par : stephane | 24 avril 2006
"Je n'appellerai contre elle aucune répression, je me contenterai de lui dire qu'elle a eu bien de la chance de ne pas me compter au nombre de ses collègues car elle en aurait probablement beaucoup souffert."
Voilà une phrase d'intention conditionnelle qui laisse penser que le désir et la volonté de faire souffrir autrui ne vous sont pas étrangers. Peut être que les mots ont dépassé votre pensée ?
Ecrit par : DG | 24 avril 2006
Réponse à Stéphane.
Mon cher Stéphane, je reprends vos mots : "j'ai appris la tolérance, le respect et le dialogue".
Je ne me permettrai bien entendu pas de mettre en doute vos affirmations, il est une chose par contre dont je suis convaincu, c'est que vous n'avez pas été élève dans une classe où officiait le genre d'instit qu'on a pu admirer dans ses "oeuvres" au cours de l'émission qui nous occupe.
Où est le respect ? Où est la tolérance ?
Vous appelez dialogue le genre d'échange auquel nous avons pu assister entre une maîtresse toute puissante et un pauvre gamin complètement "bloqué" ?
Célestin Freinet a dit, "ce n'est pas avec des hommes à genoux que l'on construit une démocratie debout" et j'ai la faiblesse de partager ce point de vue.
Alors que mon ton soit parfois violent, je le concède, je le revendique même.
Parce que j'ai autrefois fait partie de ces "petits" que l'on écrase de mépris, que l'on force à se soumettre, parce que je ne l'ai pas oublié, je serai toujours et résolument contre les oppresseurs, les dresseurs bien à l'abri et bien au chaud dans leurs certitudes.
Je ne sais pas quel âge vous avez, mais si comme moi vous aviez été confronté à ces "enseigneurs de la race", nul doute que vous ne l'auriez pas non plus oublié et que vous essayeriez aujourd'hui de tout faire pour empêcher le retour (ou la perpétuation) de ces pratiques réactionnaires et condamnables.
Que l'éducation nationale rencontre des problèmes, ce n'est pas nouveau, ce n'est pas non plus contestable. Qu'il faille en revenir aux méthodes de "grand papa" pour essayer de trouver une solution à cette situation, voilà qui est non seulement faux mais aussi dangereux pour l'avenir de notre démocratie.
Meirieu, ce n'est évidemment pas la "bible", mais combien le critiquent sans même avoir lu une seule ligne de ce qu'il a écrit. Mettre les rieurs de son côté, c'est une technique bien connue, caricaturer à ce point les idées d'un homme, c'est de l'escroquerie et vous voudriez que je participe, que pour faire "moderne" je joigne mes ricanements à l'orchestre des ignorants fiers de l'être.
Non, mon cher Stéphane, jamais ! Je le répète, je ne suis plus directement concerné par "la chose" puisque je suis maintenant retraité, mais c'est pour moi une obligation morale de la première importance, jamais je ne serai du côté de ceux qui blessent et méprisent les "petits", en politique, comme en matière de pédagogie la vérité n'est jamais simple (simpliste ?).
Moi je suis du côté de ceux qui cherchent un "autre chemin", celui que nous propose Brighelli je l'ai trop connu, c'est le chemin de l'injustice, des idées toutes faites, au bout du compte c'est le reniement de toutes les valeurs démocratiques.
Pour finir, je laisserai la parole au cher Célestin Freinet : "On prépare la démocratie de demain par la démocratie à l'école. Un régime autoritaire à l'école ne saurait être formateurs de citoyens et de démocrates."
Si vous n'êtes pas d'accord, au moins sur ce point avec lui, je ne pense pas que nous ayons encore grand chose à échanger.
Cordialement
Ecrit par : makhno | 24 avril 2006
Réponse à DG.
Vous avez bien lu mon cher DG, je persiste et je signe, d'autant plus que cette situation je l'ai vécue "en vrai".
Je ne suis pas adepte de la délation ni du recours à l'inspecteur. Il s'est trouvé que, dans ma longue carrière, j'ai parfois été confronté au genre d'instit qu'on nous a présenté comme "faisant merveilleusement son travail" (ce n'est pas si rare en vérité) en tant que simple collègue, avec les conséquences que j'ai laissées entrevoir dans ma contribution.
"Leur faire du mal" dites vous, rien de tel dans mes intentions, (pédagogiquement cela aurait été contre productif), juste m'opposer fermement à leurs pratiques, dénoncer les dérives auxquelles cela les exposait et qui inévitablement se produisaient, les "coincer" dans leur logique bien illogique en vérité, cela "anima" parfois quelques réunions, rien de plus.
Cela en amena aussi parfois quelques uns à réfléchir. Je ne vous dirai pas qu'ils devinrent ensuite des "meirieutistes freinetiques" (je ne suis pas meirieutiste non plus), mais au moins à mettre un peu d'humanité, un peu plus d'intelligence et de compréhension dans leurs pratiques, il n'en fallait pas plus pour faire mon bonheur et aussi, j'en suis persuadé, celui des enfants qui leur étaient confiés.
Cordialement
Ecrit par : makhno | 24 avril 2006
Bien sûr que je suis d'accord avec vos idées, je serais bien stupide de ne pas l'être, ou inconscient.
Mais je pense qu'il serait nettement préférable de discuter et ne pas s'arréter à la simple manifestation de mécontentement de l'interlocuteur. Il y a bien souvent des raisons cachées. Et cela me rappelle justement les instituteurs auxquels vous faîtes référence qui étaient les dieux suprèmes et qu'il ne fallait pas contrarier. Je connais ne vous inquiètez pas.
Mais l'heure de l'apitoiement est finie, mélangeons les idées et sortons en quelque chose de valable. Pas des idées tirées du chapeau ce certains hommes politiques qui ne voient l'école qu'à travers des rapports en tous genres pour en sortir des phrases pitoyables, nous parlons de nos enfants, pas de bestiaux à élever. Mais peut-être n'y voit il pas la différence, à voir leurs commentaires et l'amour qu'ils mettent dans leurs propos je doute.
Je comprends tout à fait votre réaction vis à vis du reportage, mais dit autrement je pense que c'est plus constructif. J'ai encore l'innocence de croire à un meilleur monde (la jeunesse sans doute). Loin de moi l'idée de vous dénigrer c'est la manière qui m'a choqué, un peu comme ceux que vous critiquez et qui ont laissé bien des traces chez certains même par générations interposées.
Par contre, la vérité est très simple, mais c'est l'homme politique qui la masque qui la rend compliquée.
Nous passons d'extrèmes à l'autre, pas de juste milieu, car ils sont trop soucieux de marquer l'histoire avec leurs lois (ce n'est pas de moi, c'est un homme politique qui l'a dit et il en était fier).
Loin de moi l'idée d'être moralisateur, mais après avoir vu une génération s'imposer justement en criant au scandale pour ensuite en profiter et nous mettre encore plus dans la "pagaille". La pastille ne passe pas.
Quand au mécontentement de Mr Brighelli je le comprends aussi. Ce qui se passe est assez scandaleux du point de vue éducation nationale.
Merci de m'avoir répondu.
Cordialement.
Ecrit par : stephane | 24 avril 2006
Pour Makhno…
Beau pseudo révolutionnaire pour quelqu'un qui est à côté de la révolution, en croyant y avoir participé…
Reste à savoir de quel côté est la révolution.
Petit cours de marxisme rapide à un fils de communiste — et puis après, vous cesserez de voir le monde en noir et blanc, et de croire que le blanc est noir, et Brighelli odieux.
Si vous voulez que vos enfants changent la société injuste dans laquelle nous vivons, il faut les adapter à cette société. Cela semble paradoxal, mais c'est évident. Marx ou Lénine étaient des contempteurs de la morale bourgeoise, mais ils pratiquaient assidûment la culture bourgeoise (et pour Marx, il n'hésitait pas non plus à refuser à Lafargue la main de sa fille, parce qu'il n'avait aucun bien de fortune…). Le système dans lequel nous vivons fait violence, à chaque instant. Ce n'est que de l'intérieur de la violence qu'on peut lui répondre. Ghandi, ce n'est pas notre civilisation, et je ne tendrai jamais la joue gauche quand on me gifle sur la droite.
C'est de l'intérieur de la culture / de la syntaxe / de l'orthographe bourgeoises (ou traditionnelles, si vous préférez) que nous pouvons riposter. Les plus vaillants des soixante-huitards étaient pétris de culture. Et ils ont fait exploser le système, malgré la répression gaulliste, malgré l'incompréhension d'une gauche communiste qui faisait de son mieux pour ne pas prendre le pouvoir, et malgré Mitterrand venant faire le beau au stade Charléty (si vous ne vous rappelez pas, moi, je me souviens, et "je ne pratique pas le pardon des injures" — comme disait Eluard).
Je vous dis cela parce qu'il est évident qu'un discous pédagogique est toujours, d'une certaine manière, un discours politique. Même si, officiellement, l'Ecole devrait être à l'écart des systèmes.
Je suis sur un chemin très étroit, entre les sirènes de droite et la bêtise massive de la gauche "royaliste". Les discours victimisants, la "compréhension", la résilience et tout ce foutoir post-moderne me font gerber.
Et Philippe Meirieu, qui est compagnon de route de ce PS en forme de loukoum bouilli qui a si bien joué le jeu du système, joue encore le jeu de la collaboration de classe, et de l'éternité du capitalisme — c'est-à-dire de l'éternité de l'ultra-libéralisme, qu'il le veuille ou non.
Apprendre ne se fait pas forcément dans la joie. On ne cesse de donner en exemple aux enfants le modèle sportif : mais qu'est le sport dont on leur parle, et qu'ils admirent, sinon une guerre incessante ? Et vous voulez me faire croire qu'ils aspirent à la béatitude ? Mais dans la souffrance même, dans l'effort fait pour comprendre, il y a une joie manifeste. Bien sûr qu'on n'a pas à massacrer un enfant (encore que cela puisse donner des résultats, au fond, jetez un coup d'œil en amont dans cette discussion, j'y dis deux ou trois choses sur les instits de votre génération — ceux qui m'ont appris à écrire : vous verrez que je ne verse pas du tout dans la nostalgie). Mais on peut, on doit le faire transpirer.
Et vous n'avez jamais eu un enfant qui plairait en classe — simplement parce qu'il était fatigué, parce que ses parents le gonflaient, parce qu'il avait perdu au foot, ou qu'on devait lui poser un appareil dentaire ?
Et pas à cause de vous…
JPB
Ecrit par : brighelli | 24 avril 2006
Non, Monsieur Brighelli, jamais dans ma classe un enfant n'a pleuré de honte parce que je l'avais à ce point poussé dans ses derniers retranchements et ridiculisé qu'il ne lui restait plus que cette alternative avant de perdre définitivement la face.
Au sujet de Marx, qui n'est pas plus pour moi une idole philosophique incontournable que ne l'est Meirieu en matière de pédagogie, je vous rappelle qu'il a aussi écrit : "Les pensées de la classe dominante sont aussi, à toutes les époques, les pensées dominantes."
Votre discours est une brillante illustration de cette affirmation.
Là n'est pas l'essentiel, nous pourrons ainsi nous envoyer à la figure toutes sortes de citations prestigieuses sans faire "avancer le chmilblique" d'un pouce et pourtant il aurait bien besoin d'avancer le fameux "chmilblique".
Meirieu ou pas, il faudra bien qu'un jour on admette que l'envie d'apprendre doit toujours être antérieure à l'apprentissage lui même, je ne sais pas si c'est du Meirieu ça, mais c'est une réalité incontournable et pourtant si souvent niée.
Le fameux exemple du sport et de la compétition sportive que vous mettez à contribution dans votre "démonstration" n'est rien d'autre que l'application stricte (en cas de réussite) de ce que je viens de dire. Bien entendu qu'il faut faire des efforts pour réussir dans le sport, pour un jour pouvoir espérer gagner, il faut s'astreindre à l'entraînement, mais pour consentir à tous ces efforts, il faut d'abord être convaincu de leur nécessité et de leur utilité.
Savez vous qu'il existe des élèves par exemple qui tout simplement refusent d'apprendre à lire ? Avec ces enfants là qu'est ce que vous faites ? La règle ? La gégène ? La maison de correction ?
Avec ces enfants là vous pouvez toujours essayer vos méthodes de dressage, au mieux ils pleureront, au pire ils se vengeront, car le mépris et l'incompréhension engendrent la haine et n'allez pas chercher plus loin l'explication à quelques incendies d'écoles (que je condamne) cet hiver.
J'm'en fous de Meirieu, ce que je veux, ce que j'exige de TOUT ENSEIGNANT c'est le respect des élèves, le respect de l'intelligence et de la plus élémentaire morale républicaine, faire pleurer un enfant au seul motif qu'il refuse "d'avaler" une définition bien improbable, à mes yeux c'est "dégueulasse", c'est inutile et c'est idiot, de ça, je n'en démordrai jamais.
Cordialement
Ecrit par : makhno | 24 avril 2006
Un exemple parmi mille de ces enfants qui refusent d'apprendre à lire : Flaubert (voir la trilogie de Sartre sur l'Idiot de la famille).
Le déclic s'est fait vers 9 ou 10 ans. À 12, il écrivait déjà de la fiction.
Je prêche dans mon dernier livre pour une désuniformisation (pardonnez-moi le néologisme) de l'âge d'apprentissage de la lecture. Certains enfants apprennent à 4 ans, d'autres ne sont pas mûrs à 6. Il faut décloisonner l'enseignement. On a refusé à ma fille d'apprendre à lire en grande section de Maternelle parce qu'elle "n'abvait pas l'âge". j'ai fait confiance, et quand elle est arrivée en CP, elle a regardé froidement son instit, et lui a dit : "Je n'apprendrai pas, je n'ai pas l'âge…"
Il a fallu que nous y mettions sacrément du nôtre, sa mère et moi.
Aujourd'hui, mon fils est en CP, avec une institutrice qui fait une faute d'orthographe par ligne, et pratique, encore au mois d'avril, une méthode si globale que même Foucambert ne l'aurait pas rêvée.
Là encore, nous y avons mis du nôtre.
Et vous voudriez que je dise que l'école va bien ? Des exmples de ce type, y compris sur ce blog, il y en a tant que certains parents déscolarisent leurs enfants — en fait, près de 100 000 en 2005.
(Au passage, il n'y a aucune étude sur la manière dont un enfant apprend "tout seul" — si tant est que ce mot ait un sens à propos d'un enfant tout petit. Désir de "faire comme", sans doute).
Nous sommes des primates, et le premier désir est désir d'imitation.
95% des gosses qui déclarent ne pas lire ont des parents qui ne lisent pas. Contre ce fait, l'enseigant se débat souvent d'une façon terrible…
Je raconte ausi dans À bonne école comment certains élèves, dans des banlieues-ghettos comme les quarante dernières années nous le sont mitonnées, refusent carrément d'apprendre à aprler le français. Et là, on fait quoi ?
C'est l'ensemble du tissu qui se désagrège. J'ai jeté un ci de révolte — prenez-le comme tel. Mais c'est aussi un cri d'angoisse, parce que j'ai beau entrevoir des solutions partielles, je ne crois guère à la possibilité de nous ressaisir — pas à court terme.
La crise de l'école est aussi une crise de civilisation.
JPB
Ecrit par : brighelli | 24 avril 2006
Mon cher Brighelli, vous en voulez des exemples, je vais vous en donner, vous me ferez la grâce de bien vouloir ne pas mettre en doute leur véracité, je n'ai bien entendu aucun moyen d'étayer mes dires par des preuves tangibles étant tenu au secret professionnel.
Lorsque le petit Nicolas est arrivé dans mon CE1 en 2002, il avait 9 ans, ne savait pas lire (après avoir "suivi" 2 CP) et se faisait surtout remarquer par des accès de violence et une indiscutable tendance à se rebeller contre toute autorité d'où qu'elle vienne.
Petit dernier d'une fratrie déjà nombreuse, livré à lui même dans une famille qui n'avait de famille que le nom, Nicolas ne tarda pas à confirmer par son comportement tout le mal que les enseignants qui l'avaient eu avant moi pensaient et écrivaient de lui sur le fameux "livret scolaire".
Je vous passe les détails d'un début d'année scolaire très pénible (surtout pour moi) et j'en arrive tout de suite au moment essentiel de l'histoire.
Un beau jour et sans crier "gare", le petit Nicolas décida à l'occasion de chaque récréation de voler le goûter d'un de ses camarades. Plaintes des élèves, plaintes des parents, que faire ?
J'aurais pu, vous direz peut être, j'aurais dû, "voler dans les plumes du chapardeur", il n'y avait aucun risque à le faire, ses parents se désintéressant complètement de son sort.
Au lieu de cela et à sa grande surprise, j'ai préféré essayer de comprendre le pourquoi de la chose, ça n'a pas été facile, "l'animal" était retors mais finalement j'ai compris.
Pour le petit Nicolas, la plus grande injustice pouvant exister à ses yeux sur terre, c'était justement le fait de ne pas avoir de goûter, c'est bien entendu tout à fait idiot, je vous le concède, mais c'était comme ça, cette réalité, de toutes ses forces de petit Nicolas de 9 ans il la refusait sans discussion possible.
J'aurais peut être dû le soumettre à la "question ordinaire" et m'en remettre aux bonnes vieilles recettes de la rue Leriston pour le faire céder, j'ai préféré lui acheter de mes propres deniers un goûter quotidien (ça ne m'a pas coûté bien cher). Méthode de curé me direz vous, coupable paternalisme bien pensant, attendez la suite et vous jugerez.
En effet je ne me suis pas contenté de cette BA, juste pour avoir la paix, mon but était tout autre et je ne l'avais nullement perdu de vue.
Sur une belle page blanche j'ai raconté l'histoire du petit Nicolas, agrémentée de quelques images afin qu'il puisse comprendre au premier coup d'oeil de quoi il retournait, mais sans utiliser un vocabulaire "bébête", en allant assez loin dans l'analyse, sans toutefois prendre le risque de le blesser par des commentaires superflus sur sa famille, je lui ai parlé simplement de "son" injustice.
Pendant que je continuais avec les autres une leçon d'orthographe ou de grammaire à laquelle, selon son habitude, il ne prêtait aucune attention, j'ai pu observer (discrètement) qu'il semblait porter une certaine attention à mon texte.
Au moment de sortir en récré, Nicolas, comme chaque jour est venu chercher son gâteau et il m'a juste dit, c'est resté gravé dans ma mémoire : "quand même, t'es gentil".
Vous dirai je et me croirez vous, à partir de ce jour je n'ai plus jamais eu de conflit avec cet enfant, un mois plus tard il lisait tout à fait correctement.
Il m'arrive encore de croiser Nicolas, il a bien grandi, il me salue toujours avec un grand sourire, je n'ai jamais eu les fameuses "palmes académiques", je n'ai rien fait pour les avoir et les aurais sans doute refusées si on me les avait proposées, mais ce salut et ce sourire valent à mes yeux toutes les breloques de la terre, j'en suis très fier et je ne souhaite rien d'autre à tous ceux qui me suivront dans la "carrière" que de les rencontrer un jour.
Libre à eux de préférer les courbettes hypocrites des élèves soumis à leur férule, qu'ils sachent seulement à côté de quelles satisfactions leur ignorance et leur suffisance les fait passer.
"Ni Dieu, ni maître" et encore moins "d'enseigneurs de la race" et autres dresseurs de singes savants, des hommes simplement, capables d'empathie, soucieux de respect et de justice, voilà ce qui manque le plus dans ce merveilleux et si difficile métier. Vous voudrez bien excuser cette conception à vos yeux sans doute naïve et bien ridicule du "métier", mais c'est ainsi que j'ai toujours envisagé son exercice.
Je sais bien que je suis un incorrigible utopiste et même je m'en vante parfois, alors arrêtez de me casser les c....... avec Meirieu, au lieu de perdre votre temps et votre énergie à le combattre par des moyens pas toujours honnêtes et à prôner des méthodes d'adjudant de quartier, utilisez votre savoir, qui doit être bien plus grand que le mien, et votre intelligence, à essayer de trouver un autre chemin, mais pas ces ruelles sombres qui prétendent nous ramener à un soit disant "âge d'or" qui n'a jamais existé et conduisent en fait à l'obscurantisme.
Cordialement
Ecrit par : makhno | 24 avril 2006
Juste un dernier pour la route.
J'ai eu l'honneur et surtout le plaisir de travailler pendant 15 ans sous la direction bienveillante de Monsieur Pierre Frackowiak.
Je peux bien dire aujourd'hui, étant retraité, tout le bien que je pense de cet homme, sans risquer de passer pour un cireur de pompes.
En 35 ans de carrière, j'en ai connu des inspecteurs (des "bons" et des autres), aucun ne m'a apporté autant que lui.
Vous pouvez bien hurler avec les loups et désigner cet homme à la vindicte ministérielle (ce dont il se moque à mon avis éperdument), ça n'est pas si courant de voir un simple "instit" prendre la défense de celui qui fut son "chef". D'après les commentaires que j'ai pu lire, émanant de quelques uns de vos anciens élèves, c'est loin d'être votre cas monsieur Brighelli.
Pourtant au départ, Fracko (comme nous l'appelons entre nous) était inspecteur, il était de plus socialiste, il possédait donc le profil parfait à mes yeux pour être celui avec lequel il ne m'aurait pas déplu de m'affronter.
Il n'en fut rien du tout, Fracko m'a ouvert les yeux sur bien des abus que je ressentais confusément et qu'il a su nommer. Je n'ai pas l'admiration facile (surtout pour les chefs) mais celui là est d'une autre trempe, c'est un meneur d'hommes comme on dit, quelqu'un qui sait convaincre, pas un petit dictateur de circonscription qui impose ses vues ou ses lubies (ça existe aussi).
Les exemples pour appuyer son propos, il ne va pas les chercher dans je ne sais quel monde virtuel, il parle vrai et cela même un vieil anar comme moi y est sensible.
Si ça vous amuse vraiment, allez y, continuez de cracher votre venin contre lui, il en a l'habitude (s'il me lit il saura très bien à quoi je veux faire allusion), gardez vous quand même d'aller trop loin, cet homme là n'est pas seul et je vous fiche mon billet que l'immense majorité de ses adjoints et moi avec eux, nous prendrons sa défense si cela s'avérait nécessaire.
Continuez de déformer les propos de Meirieu et de fonder tout votre raisonnement sur l'étalage de quelques exemples bien choisis de quelques "zozos" qui prétendent "faire du Meirieu", alors qu'ils ne font pas paresse ou par bêtise que du "n'importe quoi".
"Ce n'est pas avec des hommes à genoux que l'on construit une démocratie debout" disait Célestin, s'il vous avait connu il aurait sans doute ajouté, pas non plus avec des menteurs et des délateurs.
Ecrit par : makhno | 24 avril 2006
Vous avez un talent indéniable pour inverser les rôles. Qui a le pouvoir dans l'Education Nationale si ce ne sont les disciples de Messieurs Rousseau, Freinet et Meirieu ?
Qui possède une puissance telle qu'elle arrive même à résister à un ministre de la République lorsque ce dernier demande qu'on privilégie la méthode alphabétique de lecture ?
Ce n'est pas Monsieur Brighelli.
Alors, vous poser en victime dans ce blog me paraît incongru.
Vous reprochez, sans le savoir, aux participants de ce blog ne pas avoir lu Meirieu. Mais, vous même, avez vous lu les deux ouvrages de JPB ?
Puisqu'on en est aux confidences de moments vécus, je vais m'y mettre aussi.
J'ai eu une mère très exigeante quant à mon comportement et mes résultats scolaires. Un jour, alors que j'avais 17 ans, un des mes oncles, très certainement disciple de votre cher Celestin, m'a fait une remarque qui m'a blessé profondément : selon lui, j'avais été dressé comme un berger allemand.
Blessé, je pouvais l'être. Car, il ne savait pas que, déjà, grâce à l'exigence de mes parents, et grâce aussi au fait que les IUFM n'avaient pas encore fait leur "oeuvre", j'avais, depuis un an, une activité militante dans un parti politique et que je leur avais imposée. J'étais devenu, avec la maturité qui arrive à des âges différents selon les adolescents, encore plus exigeant avec moi-même que ma mère avait pu l'être.
Alors, franchement, je peux vous dire qu'aujourd'hui, je remercie souvent ma mère de cela et je suis heureux, très heureux de ne point avoir eu Freinet pour parent.
Je ne parle évidemment pas de Rousseau qui a abandonné les siens.
DD
Ecrit par : David | 25 avril 2006
"Eh bien, la guerre !" (Liaisons dangereuses, Quatrième partie).
On ne me veut pas conciliant ? Je ne le serai pas.
Je n'ai aucune nostalgie d'un prétendu âge d'or, et si vous lisiez effectivement ce que j'écris, vous ne profèreriez pas de telles carabistouilles.
Les années 50, c'était la distribution de lait dans les écoles à des gosses mal nourris — dont moi-même.
Les années 60, c'était la menace nucléaire, la Baie des cochons, le Viet-nam et le reste.
Aucune nostalgie de cette époque — pas même celle de la jeunesse. Pas même celle de 68 — et pourtant, ce fut, comme toutes les périodes charnières, très intense.
Je dis simplement (et regardez autour de vous !) que l'on a institué les ghettos que les architectes nous avient concoctés, que la Gauche a failli, et prétend retourner aux affaires, que nous ne sommes toujours pas arrivés au XXIè siècle pendant que d'autres y prospèrent, et qu'il ne suffit pas de proférer des incantations pour parvenir à quelque chose.
Je n'ai aucune vénération pour Saint Meireu, parce que je n'ai de vénération pour aucun saint, d'aucune sorte.
Cela dit, vous avez raison sur un point : il a fondé une église dont émergent, prioritairement, les gourous malfaisants et les inquisiteurs.
Imaginons que dans un monde antérieur Pierre Fracowiack ait été un type bien. Actuellement, en ce qui me concerne, c'est un fasciste, qui a goûté au pouvoir, s'en repaît, et qui a un comportement et un langage fascistes.
Au passage, mais il doit le savoir, certains dans son propre corps le prennent pour tel. Il peut faire pression sur eux tant qu'il veut, il est déjà dans les poubelles de l'Histoire.
En outre, je ne suis pas bien sûr que les banlieues de Lille (et d'ailleurs) plaident en sa faveur. Si les vingt dernières années avaient été un succès, économiquement et éducativement, nous n'aurions pas ajouté le ghetto scolaire au ghetto tout court.
Je me bats pour les plus humbles, et pas particulièrement pour les "héritiers" — mais pas forcément contre eux. Je me bats pour que chacun, quelle que soit sa naissance, soit en mesure de développer ses talents, et d'accéder à l'élite — dans quelque domaine que ce soit, et ça ne passe pas forcément par des études très supérieures, je ne cultive pas le mythe du Bac + 10. Je me bats pour qu'on cesse d'appliquer des schémas tout faits à des enfants qui sont tous différents. Les hurlements de tel ou tel en faveur de telle ou telle méthode de lecture sont l'écume des vagues. Je ne plaide pour rien d'autre que la diversité pédagogique — que certains ont tuée, à force d'exclusives idéologiques.
Le pouvoir rend fou, on le sait tous. Certains Inspecteurs sont fous — et des témoignages sur PF, j'en ai quelques tonnes, à Lille… Mais je m'en tape : il est une quantité négligeable.
Tout ce que je demande, c'est que l'administration détermine des objectifs simples, et laisse les enseignants libres de leurs méthodes. De surcroît, ce qui a été raté par l'un peut, l'année suivante, être réussi par l'autre, si justement sa méthode est différente. L'uniformisation imposée par les IUFM est mortifère. Elle est contre le mouvement même de la vie.
Par exemple…
En cours, je peux être tout à fait excessif, parce que la seule chose qui m'ntéresse, c'est l'enseignement de la littérature. La maîtrise du savoir littéraire. Il y en a que ça défrise ? Très bien : ils auront, l'année prochaine, un prof plus méthodique, moins systématiquement "brillant", si je puis dire, moins hanté par le littéraire — savoir lire, ce que j'appelle lire, c'est-à-dire se pencher sur l'épaule de l'écrivain et comprendre, à chaque mot, pourquoi il a choisi ce mot. Savoir écrire — c'est-à-dire se demander, à chaque mot, s'il n'y en a pas un meilleur. En gros, Flaubert ou Mallarmé. Ou Laclos.
Qu'est-ce que Pierre F*** connaît à Laclos ? Imaginez-le au Procope vers 1750. Survivrait-il dix minutes ?
D'ailleurs, imaginez Ségolène Royal face à Mazarin ou au cardinal de Retz — ou à Machiavel. Survivrait-elle dix minutes ?
Nous vivons dans un monde de valeurs très dévaluées.
Au passage, je vous signale que je ne me réfugie pas dans les siècles passés. J'ai enseigné dix ans dans l'une des ZEP les plus sombres de France. J'ai survécu, et j'ai même quelques ancens élèves qui gardent de moi un bon souvenir. Que j'aie déplu à d'autres fait partie du jeu — parce que c'est aussi un jeu.
JPB
Ecrit par : brighelli | 25 avril 2006
En ce qui concerne La Finlande, cher Monsieur Brighelli, son taux de suicide est sans doute davantage dû à son rythme saisonnier lequel offre des nuits extrêmement longues pendant plusieurs mois.
Soyons justes.
Ecrit par : David | 25 avril 2006
Hum ! Ce n'est pas l'avis d'Arto Paasilinna — et de son très joli "Petits suicides entre amis", qui voit des causes beaucoup plus sutructurelles… Il faut lire tout paasilinna — j'ai particulièrement aimé la Forêt des renards pendus. Je crois que je vais militer pour le faire entrer dans le Larousse.
D'ailleurs, notre taux de suicide (ou de TS) est très élevé en France. La désespérance ne peut pas s'expliquer uniquement avec la théorie des climats.
JPB
Ecrit par : brighelli | 25 avril 2006
Cher Makhno
J'ai énormément apprécié vos interventions ; je peux vous dire que cela fait du bien d'entendre un enseignant parler des enfants comme vous le faites. C'est d'enseignants comme vous dont on a cruellement besoin....et que l'on a si peu.
Votre analyse de la séquence entre Grégory et sa maîtresse, tellement juste et hélas tellement vraie, est tout à fait emblématique de ce que subissent nombre d'élèves au cours de leur scolarité
C'est VOUS qui avez mille fois raison..... continuez à dénoncer ceux que vous appelez les "enseigneurs de la race"!! je pense sincèrement que si l'EN comptait davantage d'enseignants comme vous ..... il y aurait beaucoup moins de problèmes... mais hélas vous êtes fort peu nombreux....
Je pense qu'une des raisons tient au fait que beaucoup, si ce n'est la majorité, de ceux qui choisissent ce beau mais oh combien difficile métier le font pour des raisons qui n'ont RIEN A VOIR avec l'enseignement..... continuer à faire de l'histoire, des maths, de la littérature.... oui.... avoir du temps pour s'occuper de sa propre progéniture.... certes.... avoir la sécurité de l'emploi (surtout par les temps qui courent) assurément .... mais se retrouver devant une classe avec des élèves..????.. Je suis sûre qu'ils ne l'ont même pas envisagé (du moins au moment du choix) et du coup au premier problème, à la première difficulté..... qu'en plus ils ne peuvent même pas comprendre étant eux-mêmes pour la plupart d'anciens "bons élèves qui aimaient l'école"... fatalement le fautif c'est l'élève, c'est lui qui met de la mauvaise volonté, qui est intrinsèquement "paresseux".(Ah la prétendue paresse des élèves)... ou si ce n'est pas lui, ce sont ses parents, l'Education Nationale, la société, le manque de moyens...les pédagogistes !!!! enfin de toute façon cela ne peux pas être EUX, anciens élèves modèles ; cela fait penser à la fable de La Fontaine Le loup et l'agneau : "si ce n'est pas toi....c'est donc ton frère, si....)
Et en plus CELA NE FONCTIONNE PAS.....!!!! il n'y a qu'à lire les résultats de l'enquête de l'OCDE qui confirment absolument tout ce que vous dites ; voici l'interview paru dans le Nouvel Obs :
"C'EST EN FRANCE QUE LES ELEVES SOUFFRENT LE PLUS !
275 000 jeunes, 41 pays, plusieurs mois d’enquête, l’OCDE s’est livrée à un colossal audit de l’école à travers le monde, rendant enfin possibles des comparaisons internationales fiables et précises. Entretien avec son directeur adjoint de l’Education qui en détaille les leçons percutantes.
Le Nouvel Observateur. – Pour la troisième fois, l’OCDE a évalué les compétences en lecture, en mathématiques et en sciences des jeunes de 15 ans dans 41 pays. Qui sont les « premiers de la classe » ?
Bernard Hugonnier.– Nous avons mis cette fois l’accent sur les mathématiques. En tête du palmarès, la Finlande, la Corée, le Canada, les Pays-Bas et le Japon. Certains pays sont tombés des nues. « Mais alors, qu’est-ce que ça doit être ailleurs ! », nous ont-ils déclaré. La France, qui a une assez haute idée de son système éducatif – même si elle ne cesse de s’en plaindre –, n’obtient pourtant qu’une petite moyenne. En dépit d’une journée scolaire chargée et d’efforts financiers importants, elle figure au 13ème rang pour les sciences, et au 17ème rang pour la lecture et les mathématiques. L’école y est aussi plutôt MOINS JUSTE qu’ailleurs, les écarts entre les bons élèves et les élèves en difficulté étant particulièrement importants.
N. O. – Et quelles sont les recettes des pays où l’école marche bien ?
B. H. – On peut simplement observer que, dans les pays les plus performants, les élèves ont PLAISIR à apprendre, les relations avec les professeurs sont très bonnes, le climat est moins à la répression qu’à l’autodiscipline. Les enseignants se situent dans une optique d’ACCOMPAGNEMENT. Une chose est frappante : ces pays, Finlande, Japon, sont souvent des sociétés traditionnelles, avec des populations homogènes. Les textes, la hiérarchie, les maîtres y sont très respectés et leur autorité reconnue. C’est loin d’être toujours le cas en France.
Le rejet de l’autorité ou de l’école s’observe avant tout dans les pays où l’intégration des populations immigrées est mal faite. Ne se sentant pas acceptés, les jeunes issus de l’immigration rejettent la culture qui refuse de les intégrer. L’intégration des étrangers et de ces jeunes est d’ailleurs un point essentiel pour la bonne marche d’un système scolaire. C’est pourquoi, pour la première fois cette année, nous avons souhaité comparer dans chaque pays les performances scolaires de ces jeunes avec celles du reste de la population. Ainsi, au Canada, l’un des pays les mieux placés dans nos classements, ils réussissent très bien et même mieux que les Canadiens du cru.
N. O. – Mais le Canada est une exception, en général les jeunes immigrés ne sont-ils pas les moins bien lotis ?
B. H. – Certes, le Canada trie ses immigrés sur le volet. Il s’agit de personnes très qualifiées. Mais ce n’est pas la seule explication de leurs bonnes performances. D’une façon générale, les systèmes éducatifs les plus performants sont ceux qui FONT REUSSIR TOUS LES ELEVES, aussi bien les bons que ceux qui ont moins de facilités ou qui sont moins favorisés socialement. En éducation, on peut concilier qualité et équité, limiter efficacement l’influence du milieu social sur les résultats. Et en la matière, la France a fort à faire.
N. O. – Pourtant, beaucoup pensent qu’on ne peut pas enseigner la même chose à tout le monde. Certains peuvent réussir et d’autres non, du moins dans la voie générale.
B. H. – C’est vrai, d’où les critiques en France contre le collège unique. Pourtant, un tronc commun, parfois même jusqu’au bac, comme dans les pays nordiques, produit les meilleurs résultats. Pourquoi ? Croire qu’en « offrant » des voies différentes d’orientation, pour permettre à chaque élève de réussir selon ses moyens, est une illusion. De fait, ces systèmes de filières isolent les élèves faibles ou en difficulté. Résultat : les bons élèves progressent à peine plus, alors que les élèves moyens et les élèves plus faibles perdent beaucoup. Si bien qu’au final les performances de ces pays très sélectifs sont moyennes, et nettement moins bonnes que dans les pays où l’école est plus démocratique. Où l’on choisit de ne pas trier les élèves mais au contraire de favoriser au maximum la diversité dans les classes. C’est le cas par exemple en Finlande où, grâce à un suivi individualisé, l’hétérogénéité des classes est gérée au mieux.
A contrario, l’Allemagne, qui trie plus tôt que nous encore et, dès le début du collège, oriente une partie de ses élèves vers des enseignements techniques et professionnels, obtient de mauvais scores. D’ailleurs, alarmées par les résultats de nos enquêtes, les autorités allemandes ont remis en chantier leur système éducatif.
N. O. – La France s’est elle aussi lancée dans une réforme. Avec notamment un socle commun pour tous les collégiens. Est-ce une méthode qui marche dans d’autres pays ?
B. H. – Le principe du socle commun de connaissances, qui impose aux professeurs de transmettre à tous leurs élèves un minimum de compétences dans différentes disciplines, est plutôt une bonne chose. Nous constatons une corrélation entre la mise en place de «standards» minimums dans chaque matière et les bonnes performances globales des élèves. L’objectif étant alors pour chaque enseignant de s’assurer qu’à la fin de l’année chaque élève maîtrise ces standards. Ce qui n’interdit pas aux meilleurs d’aller au-delà. Il ne s’agit pas d’un nivellement par le bas des élèves, mais d’une exigence de résultat pour les professeurs.
N. O. – Ce qui rend inutile le principe du redoublement ?
B. H. – La France est aujourd’hui un des rares pays à se poser encore cette question existentielle. Chez nous, si un élève est en difficulté, on lui dit assez rapidement qu’il va redoubler, et les enseignants cessent leurs efforts. Les pays où s’appliquent ces standards, Canada, Suède, Finlande, etc., ont une autre philosophie: si un élève peine à suivre, LE PROFESSEUR SE SENT RESPONSABLE DE CET ECHEC, et met tout en œuvre pour trouver une solution. C’est toute la collectivité qui manifeste davantage de SOLIDARITE, de TOLERANCE. La COOPERATION et l’ENTRAIDE y sont plus développées. Autre particularité de ces pays qui marchent bien, on note peu de différences de niveau d’un établissement à l’autre. Même si, dans les classes les élèves sont, eux, de niveau très variable. Il n’y a pas de ghettos scolaires.
N. O. – Des milliers de lycéens sont descendus dans la rue pour signifier leur refus du « bac Henri IV » et du « bac Sarcelles ». A leurs yeux, cet examen reste l’ultime rempart de l’égalité républicaine dans l’Education nationale.
B. H. – Le système français doit évoluer car la situation actuelle est préoccupante. Entre ceux qui ont accès à une solide éducation et ceux qui, parce qu’ils habitent dans des quartiers en difficulté, n’ont pas les mêmes chances. Or nous constatons que l’égalité des chances passe par un vrai brassage social, y compris géographique. Le problème est comment l’organiser alors que les évolutions sociologiques poussent au contraire. Mais si on veut une éducation républicaine, on ne peut se satisfaire d’une situation où les résultats de nos enfants dépendent pour beaucoup de l’école où ils vont.
N. O. – Et s’il fallait retenir un seul critère pour caractériser une école qui marche ?
B. Hugonnier. – LE PLAISIR D'ETRE ELEVE. C’est un des points auquel nous avons accordé le plus d’importance cette année, avec toute une série de questions sur l’image de soi, le degré d’anxiété, le sentiment d’appartenance, autrement dit, l’impression d’être à sa place. Sur ce dernier point, la France détient le record du mal-être à l’école avec 45% seulement des élèves se sentant à leur place en classe, contre 81% en moyenne dans les pays de l’OCDE. Un score qui en dit long sur le chemin qui reste à parcourir pour rendre notre école efficace, performante et plus juste.
Le Nouvel Observateur - 12 05 05 - Caroline Brizard - Véronique Radier
J'ai copié l'intégralité de l'article pour tous ceux (et ils sont nombreux) qui refusent de regarder la réalité en face.....
Edifiant n'est ce pas ? La plupart des valeurs qui sont mis en avant dans cet article pour qualifier une "école qui fonctionne" sont totalement étrangères et même en contradiction avec celles qui prévalent encore aujourd'hui dans le système scolaire français et donc chez les enseignants !!!!
Ecrit par : cécile | 25 avril 2006
Je ne peux qu'inviter M. Hugonnier, qui pantoufle à l'OCDE, à venir faire de l'auto-discipline dans nombre de nos classes…
Comme il le dit lui-même, les immigrés canadiens sont triés : au moment de la rétrocession de Hong-Kong à la Chine, il fallait avoir au moins un million de dollars sur son compte pour immigrer au Canada. C'est cela, sans doute, la discrimination positive…
Par ailleurs, on parle sans cesse des Scandinaves. pourquoi ne pas parler du niveau de stress des petits Coréens, ou des Japonais ? Pourquoi ne pas dire ce qu'il en est du mélange ethnique dans ces deux pays, qui sont dans les tout ptemiers rangs des stats ?
Pourquoi ne pas dire aussi que le système scolaire qui a intégré Teravanessian, Gomez, Brighelli et Papadopoulos (je les avais tous dans ma classe en Seconde…) doit être capable d'intégrer Mohammed ? Il le faisait d'ailleurs sans peine, au cours de ces années 60 qui ont vu près de 2 millions de Maghrébins arriver en France — sans parler des PPieds-Noirs, à cheval entre trois ou quatre cultures. Et pourquoi avoir renoncé à ce modèle ? Pourquoi vouloir à toute force conforter les enfants dans l'illusion qu'ils sont les petits princes et qu'on leur doit tout ?
Et je ne caricature pas.
La vérité, c'est que chaque pays doit s'efforcer de se bricoler son propre système. Nous l'avons fait en France durant plus d'un siècle. Et nous l'acvons détruit pour de strictes raisons idéologiques, et en nous référant à des "études" étrangères sans validité ici. Quelqu'un veut-il comparer la littérature finlandaise (pour laquelle j'ai le plus grand respect — voir par ailleurs ce que je dis de Paasilinna) et la littérature française ? Nous sommes un pays âgé, avec un fond culturel gigantesque — et c'est cela que nous devons faire partager à nos élèves. La Finlande n'existait pas il y a un siècle. Et la Suède intelligente, il y a deux ou trois cents ans, parlait français.
JPB
Ecrit par : brighelli | 25 avril 2006
Il est tout de même curieux que des réalisateurs de documentaires, des intellectuels ou même des enseignants qui se classent tous "à gauche" prennent autant au sérieux les études de l'OCDE, l'un des organes les plus symboliques du néo-libéralisme triomphant.
Rappelons que Monsieur Madelin qui souhaitait en devenir le secrétaire général y a échoué. Trop libéral ? Non, pas assez !
Curieux ? Pas tant que cela, finalement, pour les observateurs les plus fins de la sociologie politique...
Ecrit par : David | 25 avril 2006
à Mr BRIGHELLI,
vous écrivez :
[Je me bats pour les plus humbles, et pas particulièrement pour les "héritiers" — mais pas forcément contre eux. Je me bats pour que chacun, quelle que soit sa naissance, soit en mesure de développer ses talents, et d'accéder à l'élite — dans quelque domaine que ce soit, et ça ne passe pas forcément par des études très supérieures, je ne cultive pas le mythe du Bac + 10...]
concernant votre expérience en ZEP :
[J'ai survécu, et j'ai même quelques ancens élèves qui gardent de moi un bon souvenir. Que j'aie déplu à d'autres fait partie du jeu — parce que c'est aussi un jeu.]
J'ai bien envie de partager avec vous une bone partie de la première affirmation, mais faut-il comprendre en la liant à la seconde que vous êtes foncièrement pour une école élitiste : l'enseignant délivre ses savoirs, une partie des élèves arrivent à suivre et à s'adapter au discours qui doit être de très bon niveau. Les autres quittent l'aire de jeu ou regardent se dérouler une partie où tout leur échappe ?
Je ne pense pas que ce soit la bonne lecture et en tous cas elle n'est pas compatible avec votre volonté de vous battre pour les plus humbles, les "héritiers", par des aides extérieures et par l'accès à la culture, étant plus à même d'accéder à la "maitrise des savoirs littéraires".
A moins que, partant de la constatation que, chomage aidant, l'asscenseur social ne fonctionne plus, alors rétablissons une sélection impitoyable. Seule une petite minorité, les meilleurs et parmi ceci quelques "humbles", accédera alors aux études supérieures et aux emplois correspondants.
Effectivement vous résolveriez ainsi plusieurs problèmes d'un coup : la surcharge de l'université, l'ascenseur social rétabli, les conflits avec les élèves non motivés (et même la violence) considérablement réduits.
Peut-être même trouveriez-vous, un jour, un gouvernement extrêmement libéral pour mettre en place cette politique.
Mais j'ai cru lire que vous êtiez plutôt de gauche, alors contradictions ou mauvaises interprétations de ma part ?
à Makhno,
Comme Cecile j'ai apprécié vos commentaires et surtout vos témoignages, tant celui sur "le petit Nicolas" que celui sur votre ancien inspecteur qui montre qu'à tous les étages du système il y a des hommes (et des femmes) compétants.
Vous semblez témoigner que l'on peut être à la fois exigeant et bienveillant.
Si n'avoir que la seconde vertu peut conduire au laxisme,
enseigner qu'avec la première risque d'exclure des enfants vivant un passage difficile.
Ecrit par : PeutMieuxFaire | 25 avril 2006
A Cécile.
Vous dire que je n'ai pas apprécié vos compliments serait du dernier "faux cul", ce que je ne suis pas bien évidemment, je voudrais cependant relativiser un peu et apporter un démenti à certaines de vos assertions.
Dans leur grande majorité, les instits, tout au moins ceux que j'ai pu côtoyer au long de ma carrière, ne sont ni des "zozos", ni des adeptes forcenés des méthodes rétrogrades que certains rêvent de voir revenir.
"On ne prête qu'aux riches", c'est bien connu et de ce point de vue au moins, les enseignants ne sont pas oubliés. Quand même, dans la vraie vie, j'en ai peu connu qui se soient pas leur comportement révélés tout à fait indignes de la confiance qu'on leur avait témoignée en leur confiant ce qui nous est le plus cher, à savoir, nos enfants.
On trouvera, là comme ailleurs, des contre exemples flagrants (et Mr Brighelli ne s'en prive pas), mais au total je reste assez fier et solidaire de l'immense majorité de mes ex collègues.
N'allez pas vous imaginer que je n'ai connu que des succès, j'aurais pu aussi vous raconter nombre d'échecs cuisants qui hantent encore parfois mon esprit. Il m'a fallu des années de pratique pour "posséder" vraiment ce métier et nombre de mes brouillons de jeunesse payèrent sans doute le prix de cet apprentissage. C'est à ce niveau que nous devrions essayer d'apporter des vraies solutions constructives au lieu de perdre tant d'énergie à nous déchirer dans des polémiques stériles.
Si mon humble témoignage pouvait éviter à d'autres et je pense à mes jeunes collègues en particulier, quelques erreurs grossières, si je pouvais en convaincre quelques un(e)s que la stratégie de l'affrontement est un leurre criminel qui ne leur apportera que désillusion et malheur dans l'exercice de ce difficile métier, j'aurais fait mon devoir, je n'aspire à rien d'autre.
Cordialement
Ecrit par : makhno | 25 avril 2006
Je rebondis sur une remarque incidente de Peut Mieux Faire pour affirmer que :
- être "de gauche" (franchement, au vu de la gauche actuelle, je me demande ce qu'est encore le sens de l'expression) n'empêche pas un tempérament élitiste (il serait sidérant que la gauche répudie toute élite). C'est Chevènement qui parlait d'élitisme républicain — c'est-à-dire, dans ma bouche, la capacité d'un système éducatif à amener chacun au plus haut de ses capacités (et pas de promettre Bac + 10 à tout le monde). C'est bien pour ça que "égalité des chances" me paraît un slogan tout à fait creux. Nous sommes inégaux dans les faits, l'égalité est un droit — ce qui est sacrément différent.
- Que je plaise ou non à mes élèves n'a rien à voir avec leur réussite. Il y a des élèves qui m'étaien franchement hostiles (ils me le disent parfois, quand je les rencontre, dix ans plus tard) que j'ai amenés à réussir — ils le reconnaissent aussi. Et des gosses qui buvaient mes paroles qui n'ont pas su quoi faire le jour de l'examen ou du concours.
Parce que si je prépare à être adulte, par mille réflexions incidentes, la finalité dernière de mon enseignement a toujours été de préparer à une épreuve - le Bac, le BTS, le CAPES, l'Agrèg, tel ou tel concours de grande école… C'est ce que je fais le mieux — je dois même dire que j'adore ça, comme j'adorais l'odeur de sang des concours, quand c'est moi qui les passais : c'était comme un jeu où il fallait être meilleur que les autres — est-ce de l'élitisme que de vouloir gagner quand on joue ? C'était le prolongement au fond de la cour de récréation, qui n'est jamais que la préfiguration de la vie, et qui fonctionne de la même manière - impitoyable.
Je crois au fond que c'est cela que j'essaie d'enseigner — la règle du jeu, comme aurait dit Renoir.
JPB
Un ajout.
Makhno écrit :
"Il m'a fallu des années de pratique pour "posséder" vraiment ce métier et nombre de mes brouillons de jeunesse payèrent sans doute le prix de cet apprentissage. C'est à ce niveau que nous devrions essayer d'apporter des vraies solutions constructives au lieu de perdre tant d'énergie à nous déchirer dans des polémiques stériles".
J'aurais pu signer. On ne saurait mieux dire que seule l'expérience apprend ce métier — pas la formation théorique des IUFM : l'observation, la pratique — en situation.
Ecrit par : brighelli | 25 avril 2006
A PMF.
Vous m'avez parfaitement compris et résumé efficacement ce que je crois profondément.
Ni laxisme, ni autoritarisme.
Pour mettre au point un vrai "projet pédagogique", il faut faire preuve d'une extrême rigueur, avec soi même d'abord, avec ses élèves ensuite.
Il faut, à l'avance, tout prévoir, tout préparer, il n'y a aucune place pour l'improvisation (du côté du maître).
C'est d'ailleurs sur ce plan là que je ne suis pas toujours d'accord avec P.Meirieu. Peut on exiger d'un débutant une telle somme de travail, qui vient s'ajouter à tout le reste ?
Est ce bien réaliste ? Est ce bien efficace ?
N'est ce pas le jeter au final, découragé et déçu de ses résultats, dans les bras de ceux qui l'attendent, au coin du bois, avec leurs "formules magiques" si simplistes et si fausses.
La solution à ce problème elle est dans le travail d'équipe.
C'est la seule solution démocratique efficace.
Je ne parle évidemment pas ici d'un consensus mou, dans lequel toutes les responsabilités se diluent, ouvrant ainsi la porte à tous les excès et toutes les paresses.
Le travail de l'équipe pédagogique devra être structuré, codifié, évalué objectivement, récompensé ou sanctionné ensuite sur des critères indiscutables.
Quand l'intérêt de chacun passera par la réussite de tous nous aurons fait enfin un grand pas "vers la mer" comme disait Jaurès.
Tolérance zéro pour les maîtres et maîtresses, il est inadmissible que des enfants sortent encore de l'école primaire sans savoir lire, c'est un scandale qui doit cesser définitivement.
Les moyens existent, ils sont juste très mal répartis, à ceux qui ont objectivement besoin de plus pour atteindre l'objectif fixé, on donnera plus, aux autres on enlèvera le superflu inutile et coûteux.
Je suis certes un utopiste, je ne suis pas un naïf pour autant. Croyez vous que j'ignore ce qui se passe sur le terrain dans certaines écoles d'application (pas toutes)?
Est ce bien normal, est ce juste et démocratique que certaines de ces écoles, situées en centre ville, près des IUFM, rarement fréquentées par des fils et filles d'immigrés (carte scolaire oblige) disposent de moyens considérables en personnels et en matériel, alors que le pauvre instit de l'école de banlieue se voit réduit à organiser des "lavages de voitures" ou autres "soirées dansantes" pour pouvoir s'acheter une photocopieuse, ou qu'il se débat tout seul avec le problème de Dylan dyslexique (ce qui laisse ses "parents" tout à fait indifférents) ou encore Laura qui aurait bien besoin de lunettes mais à la maison on n'a pas de sous et surtout pas envie de s'occuper du problème ?
La gauche a failli écrit M.Brighelli, sur ce point au moins je serai d'accord avec lui, faisons en sorte que cela ne puisse plus se reproduire et unissons nos forces dans ce but.
N'ajoutons pas à la faillite, la honte du renoncement à toutes les valeurs républicaines et démocratiques qui ont fait la richesse de notre héritage. N'imputons pas une fois de plus à des innocents (nos élèves) cet échec que nous pouvons tous partager, ne cédons pas à la facilité, au retour simpliste vers un improbable passé, regardons résolument vers l'avenir et inventons le (sans faire aucune référence au site de l'inénarrable Jack bien entendu).
Cordialement
Ecrit par : makhno | 25 avril 2006
Vous savez, Makhno, ça fait un peu stal de la grande époque. Tolérance zéro ! Improvisation interdite ! Comment faire ce métier sans improviser ? Combien de fois suis-je arrivé en cours avec un projet très précis, et l'ai-je modifié au dernier moment, parce que quelque chose dans l'air, une remarque d'un élève, un événement imprévisible, m'amenait à improviser ? Moi qui pense que des concours d'impro (au sens théâtral du terme) ne pourraient que faire du bien aux futurs enseignants…
Et je suis bien persuadé qu'une équipe pédagogique a des talents qu'un individu seul n'a pas toujours. Mais il en est des équipes comme des chaînes : elles ne valent que ce que vaut leur maillon le plus faible.
Content par ailleurs que notre diagnostic politique soit le même. Mais "faisons en sorte que cela ne puisse plus se reproduire" : quel pouvoir avez-vous sur le politique ? Soit ce sont les masses qui écrivent l'histoire — et nous sommes loin d'être les masses, parce que nous n'inbtervenons que partiellement dans les processus idéologiques / économiques. Soit ce sont les individus — une élite, plus ou moins auto-proclamée, et nous ferions bien de nous dépêcher de faire de la politique au sens strict, de la politique politicienne — a pulitichella, dit-on en Corse, qui s'y connaît en combines diverses…
Ça ne m'a jamais séduit, ça ne me séduit toujours pas, quoi que laissent entendre mes adversaires.
Quant à la pauvreté des écoles dans certains coins, face à l'opulence de certains autres, parfaitement d'accord. Quand je pense qu'un ex-ami me soutenait que les écoles parisiennes (il enseigne dans le Ve arrondissement) sont déshéritées…
JPB
Ecrit par : brighelli | 25 avril 2006
A M.Brighelli :
Un Stal ?? Makhno ???
Mais vous êtes un vil provocateur, une vipère lubrique au service des forces réactionnaires cosmopolites et titistes !!!
Je plaisante bien entendu, vous l'aurez compris, comme j'ai bien compris la fine allusion au "petit père des peuples".
Plus sérieusement, revenons à nos moutons, quand je parle de s'interdire toute improvisation, je me situe au niveau de la préparation, parce que quand même, ça se prépare ce genre de chose, au niveau de la réalisation nous sommes bien d'accord, il faudra pouvoir réagir au quart de tour et pour cela avoir prévu (autant que possible bien entendu) toutes les voies de traverse que les élèves ne manqueront pas de nous imposer par leurs remarques, leurs questions.
Il ne s'agit pas de "dirigisme déguisé", il s'agit d'être capable dans les plus brefs délais de répondre à la demande, nuance.
Au sujet du "maillon faible" vous avez tout à fait raison, parmi ces "maillons faibles" il faudra aussi (mais pas systématiquement), prévoir le cas des jeunes collègues, l'encadrement, le soutien et l'aide de toute l'équipe fera partie bien entendu des devoirs imposés aux "maillons forts" par la nécessité d'atteindre le minimum requis (aucun élève ne sachant pas lire à la fin du CM2) pour le maximum possible, je ne me fais pas trop de soucis.
Cordialement
Ecrit par : makhno | 25 avril 2006
Eh bien, si au bout de deux jours d'engueulades serrées, nous arrivons à un consensus minimal, à quoi n'arriverions-nous pas en faisant un pow-pow à l'iroquoise (on enferme les chefs de tribu dans une grande case, par exemple rue de Grenelle, on leur passe des vivres comme à de vulgaires cardinaux élisant un pape, et on ne les laisse sortir que quand ils arrivent à un accord général) ?
Bonne soirée à tous…
JPB
Ecrit par : brighelli | 25 avril 2006
L'éducation nationale part vraiment en sucette, moi qui ai appris que la corse était un département (ou deux ça dépend des gouvernements...) français. Dire que j'ai vécu 7 ans à l'étranger sans le savoir...
Ecrit par : JL | 18 mai 2006
Bonjour à tous,
Je viens de compulser brièvement les commentaires sur cette page et j'aimerais réagir sur quelques points.
Tout d'abord, je ne connais Monsieur JPB qu'à travers ses reactions sur ce blog, ce qui m'évite le travers du jugement... Mais je pense que l'intérêt d'un tel blog est de pouvoir s'exprimer pour faire évoluer les choses et non pour s'affronter à couteaux tirés.
D'autre part, je constate que beaucoup tombent malheureusement dans la complaisance infantile:
Certes, les temps ont évolués et l'éducation doit suivre! Mais la question est: "Comment ?"
Primo, il me semble avoir cotoyé à l'école, en tant qu'élève et en tant que parent d'élèves, nombre d'instits et de profs qui avaient tous des façons d'enseigner différentes, avec plus ou moins de sévérité, et il en ressort que ce n'était pas forcément les plus "tendres" qui avaient les meilleurs résultats, ni même les faveurs des élèves en ce qui concerne le respect. D'accord, on appréciait les "tendres" car on allait pouvoir flatter notre paresse sans stress, mais sorti de là!?! C'est le seul intérêt qu'on leur trouvait !!!
(arrêtons de nous voiler la face, on est plus à l'école aujourd'hui, on peut donc être sincére sur nos ressentis de l'époque! D'ailleurs, à surprendre des conversations de mes enfants entre-eux, ils fonctionnent pareil!!).
Secundo, j'aimerai que l'on arrête sur le concept du "pauvre petit chérubin stressé par le risque d'échec scolaire, qui sera forcément traumatisé s'il rate!". J'étais aussi à l'école il y a 25/15 ans, j'ai eu LA CHANCE (n'en déplaise à beaucoup, c'est une chance!) d'avoir une instruction primaire à l'ancienne avec alphabétisation, rigueur, sévérité, et engueulade comme motivation et je n'ai jamais considérer celà comme de l'humiliation.
Par ailleurs, même si je ne suis pas rétrograde, et que je considère que certaines choses apportées par les différentes réforme de l'éducation sont excellentes, je regrette néanmoins son évolution générale négative et démagogique. Je suis persuadé que la rigueur et les méthodes du passé sont meilleures que celles d'aujourd'hui dans l'apprentissage des BASES, néanmoins je ne rejette pas les "contemporaines" car je pense qu'elle sont tout simplement complémentaires:
Les enfants (vers 2-3 ans jusqu'à appredre à lire) assimilent d'eux-même certains mots (méthode global) dans la vie courante, sachant parfaitement ce qu'ils impliquent, mais ne sachant pas les lire. Il ne faut pas frustrer cette gymnastique intellectuelle de l'enfant sous peine de le bloquer, ou de réfreiner sa capacité d'apprentissage. Néanmoins, ce n'est pas apprendre à lire et s'obstiner à vouloir apprendre à lire de cette façon n'apportera rien de bon. La seule méthode convenable qui permette de lire n'importe quoi, dans n'importe quelle langue (tant que l'alphabet utilisé est le même...) est la méthode par alphabétisation. En plus, elle permet également de savoir ce qu'on écrit et de limiter les fautes...!!!
Concernant la "complaisance infantile" que je cite plus haut, j'ai la conviction profonde que certaines "gifles" (physiques, ou mentales, sans pour autant être des bourreaux par plaisir!) de temps en temps nous ont jamais fait de mal, tout au plus, elles ont froissé notre bon viel orgueil, cet orgueil, justement, qui nous a permis de réagir et de prouver que nous avions la possibilité de démentir ce que nous venions de "prendre" et que nous valions mieux que celà! Maintenant, nos gamins ont compris le filon:
"Putain, les copains, soyons paresseux! Ils cautionnent en baissant les niveaux parce qu'ils ont peur de nous stresser!!!
De toute façon, on s'en fout, plus on sera mauvais, plus ils baisseront le niveau!!!"
(Je suis volontairement caricatural !! Mais c'est la pente que l'on prend petit à petit).
D'ailleurs, il me semble que si nos enfants s'en étaient rammassés plus que celà, des "gifles", on ne serait peut-être pas aujourd'hui dans une société aussi laxiste, individualiste et égoïste. Nous avons voulu ne pas reproduire le "trop de rigueur" de nos aînés, dans l'intérêt de nos enfants en considérant que ce n'était pas nécessaire... On n'a pas maîtriser la relâche (elle a été trop importante, à mon avis), par méconnaissance, inexpérience et ignorance des conséquences de nos préceptes (qui comme tout précepte nouveau, pêche par ses défauts de jeunesse).
On est, quelque part, tous responsables de l'évolution de notre société telle qu'elle est aujourd'hui, et ceux qui affirment le contraire sont, à mon sens, inconscients et présomptueux. Le problème n'est pas tant le constat et/ou les responsabilités, que tout le monde peut malheureusement faire ou trouver, mais de chercher des solutions constructives pour en sortir.
Je trouve également dérangeant, cet aspect "pleurnichart" des générations 15-35 ans (dont je fais partie, dans sa tranche "vétérans") qui a un peu trop tendance à faire rentrer le"social" (sens péjoratif du terme) dans l'école, ce qui ronge et limite sacrément la part de l'instruction car tous les éléments du corps enseignant n'ont pas suivi des études de socio ou de psycho pour faire front. Et de toute façon, le "social" n'est pas le role de l'école.
On est à l'école pour apprendre, alors apprenons!! Comme JPB l'a fait précédemment, je reprendrais la métaphore du sportif de haut niveau:
A chaque contre performance, on ne lui dit pas:"mon pauvre chéri, t'es trop juste mais t'affole pas, on va demander aux autres de baisser leur niveau pour que tu aies une chance de les battre". On lui dit: "C'est quoi ce résultat de merde, c'est minable, si tu veux être au niveau, faut pas t'écouter, faut t'arracher les tripes et te battre. Donc tu as le choix: Soit tu fais ce qu'il faut et tu avances, soit tu restes nul et tu dégages!". Ce genre de comportement, quand les gens sont là par conviction, n'est pas perçu comme une humiliation, mais comme un électrochoc pour aller chercher la hargne, la motivation nécessaire et pouvoir se dépasser sans cesse!
Beaucoup considère, à tord, qu'il y a humiliation dès lors que l'orgueil est titillé, ce qui est assez significatif, me semble-t-il, d'un problème d'égo mal maitrisé! Comme quoi, on s'aperçoit que notre société est passée maîtresse dans l'art de critiquer les autres, mais a perdu celui de l'autocritique et de l'autodérision. Il peut, certes, y avoir humiliation, je ne dis pas le contraire, mais je pense que c'est une extrêmement petite minorité, et que le corps enseignant voit dans cette méthode, appliquée avec plus ou moins de tact, il est vrai, une façon de faire resurgir la volonté par l'amour-propre! et non pas une volonté d'humiliation.
Pour ma part, je me souviens avoir eu des profs de Français m'ayant fait adorer la Langue et que j'ai respectés et appréciés, alors qu'ils étaient référencés comme interdits de corrections au BEPC et au BAC car trop sévères. Quand on en a conscience, on ne vit pas mal les mauvaises notes, c'est faut! car il y a ce qu'on appelle une relativité!
Finalement, ça ne dérange que ceux qui recherchent la meilleure note absolue, l'élite, car ça fait baisser outrageusement leur moyenne qui sert de référence culturelle dans l'établissement et dont le nom rique de ne pas passer "à la postérité"!!! car plus facile à battre quand le méchant prof sera parti!
De plus, le fait de courrir après la moyenne avec ce type d'enseignant permet de prendre conscience du progrès que l'on n'a réalisé, dès lors qu'on est confronté à un autre correcteur, et ces progrès sont toujours importants.
Et pour conclure, je rejoins également JPB sur le fait qu'il est, à mon avis, complètement absurde de vouloir imposer des méthodes de travail par un échelon central, qui ne devrait se cantonner qu'à définir le programme de connaissances à acquerir et non la méthode pour y parvenir, laissant celà aux corps enseignant, qui l'adaptera localement au niveau des élèves qui sont en face.
La liberté et la créativité sont sources d'intéressement, la possibilité d'adaptabilité et et de créativité individuelle de chaque enseignant rendra son cours unique et dévellopera la volonté de découvrir chez les élèves (je sais, c'est uthopique, mais c'est tellement beau de rêver...)
Sur ces propos, je vous abondonne momentanément
A plus tard
Cordialement, Yvon
Ecrit par : Yvon GOUGIS | 20 mai 2006
Merci, Yvon. Il en faut, il en faudrait beaucoup, de témoignages de cette trempe…
Sinon, il est évident que demain n'est pas hier, et qu'il faut faire avec les publics que l'on nous envoie. Mais on peut encore infléchir le désastre.
Et pensez-y avec vos propres enfants, avec leurs enseignants. Soyez vigilant, sans pour autant être envahissant.
Parent d'élève, c'est aussi tout un art…
JPB
Ecrit par : brighelli | 20 mai 2006
Merci, Jean-Paul.
Pour confirmer vos dire, malheureusement, il semblerait que chaque chose soit Art:
Enseignant, Parent d'élèves, Parent (tout cours!), etc...
Et le problème est qu'il n'y a ni mode d'emploi, ni référence absolue, et que la singularité de chaque individu rend caduque toute tentative de schema générique ou de modèle commun!
Alors, nous aussi, apprenons à jouer notre rôle en toute humilité, en essayant d'apprendre de nos erreurs et de nous corriger en conséquence, en sachant que de toute façon, les personnalités étant évolutives, on aura continuellement quelque chose à apprendre.
Cordialement
Ecrit par : Yvon GOUGIS | 21 mai 2006
Votre enseignement n'a été qu'humiliation.
Vous avez cassé et découragé trop d''élèves au Lycée de corbeil Essonnes.
Un médecin me disait :
Quand j'étais son élève il m'a demandé que veux tu faire plus tard. Je lui ai répondu : Médecin
Il m'a répondu d'un air méprisant , c'est un métier de "créve misère" tu devrais changer de choix.
Maintenant, je suis médecin par passion et je gagne mieux ma vie qu'un prof de fac.
Voilà le genre de relations qu'il avait avec ses élèves.
De plus préparer un bac de Français avec lui en première C était mission impossible.....
Voilà tout n'est pas rose chez JPB
Ecrit par : francbourgeois | 06 juillet 2006
Yvon,
Vous êtes totalement uthopique.
Vous ne connaissez pas la réalité de notre société, ou vous fermez les yeux.
Le chômage des jeunes, la précarité, le monde très difficile dans lequel nous vivons.
Nous demandons aux professeurs de coller avec la réalité de notre société pour aider de trop nombreux élèves en difficulté.
Le rôle de l'école est fondamental dans ce domaine.
Ecrit par : francbourgeois | 06 juillet 2006
Yvon,
Vous êtes totalement uthopique.
Vous ne connaissez pas la réalité de notre société, ou vous fermez les yeux.
Le chômage des jeunes, la précarité, le monde très difficile dans lequel nous vivons.
Nous demandons aux professeurs de coller avec la réalité de notre société pour aider de trop nombreux élèves en difficulté.
Le rôle de l'école est fondamental dans ce domaine.
Ecrit par : francbourgeois | 06 juillet 2006
Yvon,
J'ai mis un h à utopique comme vous volontairement, puisque le professeur JPB ne vous a pas corrigé...en valorisant votre témoignage.
Ecrit par : francbourgeois | 06 juillet 2006
Yvon,
J'ai mis un h à utopique comme vous volontairement, puisque le professeur JPB ne vous a pas corrigé...en valorisant votre témoignage.
Par contre erreur mon post est passé deux fois.
Ecrit par : francbourgeois | 06 juillet 2006
Yvon,
J'ai mis un h à utopique comme vous volontairement, puisque le professeur JPB ne vous a pas corrigé...en valorisant votre témoignage.
Par contre erreur mon post est passé deux fois.
JPB à vous d'enlever le doublons.
Ecrit par : francbourgeois | 06 juillet 2006
LE BAISER DE LA LUNE
La lune me tira du lit.
Dans mon sommeil agité, je ne cessai de lui jeter des regards troubles. Il fallait bien que je succombe... C'était l'été, je fus bientôt sous les étoiles en pleine campagne, ahuri. Je m'égarai vers la sylve. Quelque volatile de nuit frôla ma tempe, mais je ne vis rien dans la nue. Rêveur, j'imaginais alors la caresse triste de Séléné sur mon front. Tout en songeant de la sorte, j'errais vers les bois. Autour de moi, un grand silence. Et moi, hagard, hanté par une présence astrale irradiante, douce et vénéneuse, je cheminais le regard divaguant entre sol et zénith, le pas traînant.
Étendant dans les airs son grand voile d'éther, le spectre semblait projeter sur le monde ses songes silencieux et blafards. Ensorcelé par l'astre, l'ordre cosmique s'ébranla dans ma raison légèrement chancelante, et je me demandai si je ne faisais pas partie des fantasmes sidéraux imaginés par ce globe luisant... Dans mon demi sommeil je le crus un instant. Tel une silhouette née des rêves de la lune, un pantin d'ombre et de de nuée issu de ce crâne argenté errant au firmament, j'eus l'impression d'appartenir à cette tête pâle glissant dans l'empyrée...
Puis, dans un grand vertige où je vis tournoyer les constellations, je perdis connaissance. Ou plutôt je m'endormis d'un sommeil brutal et étrange. Je me réveillai avant l'aube, frissonnant parmi les herbes imprégnées de rosée.
Machinalement je passai la main sur mon front engourdi. J'eus la sensation d'y essuyer un sang funeste ou quelque écume mystérieuse. Retournant ma main d'un geste fébrile, je vérifiai.
Une cendre dorée fit luire ma paume, furtivement, avant de se désagréger quasi instantanément en des milliers de particules étincelantes.
Raphaël Zacharie de Izarra
Ecrit par : Raphaël Zacharie de Izarra | 11 août 2007



