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22 novembre 2005

L'Ecole-chaos

medium_ecole.jpgLa France brûle, et les apothicaires politiques proposent leurs remèdes : reconstituer le tissu associatif, mis en pièces par les coupes budgétaires, remettre sur pied les polices de proximité, auxquelles on a reproché d’instaurer parfois le dialogue avec la supposée « racaille », envoyer les jeunes sauvageons en pré-apprentissage à 14 ans, ce qui remontera sûrement le niveau, et réhabiliter les grands ensemble — ou les dynamiter, ce qui paraît curieusement être la même chose dans l’esprit des professionnels de la rustine.
Et si l’on commençait par réformer l’école, cette école à deux vitesses, collèges-choc contre lycées-chic, ghetto perpétué contre promotion garantie ? Tout le monde s’accorde à dire que l’ascenseur social est en panne, et que cette école de l’échec fabrique les ilotes dont le système semble avoir besoin…
Tout le monde ? Non : une poignée d’irresponsables, formés à la « pensée-Meirieu » comme il y eut jadis une pensée Mao Tse Toung, affirme contre toute évidence que le niveau monte (où ? Au lycée Henri IV, peut-être…). Que jamais les élèves n’ont su autant de choses (quoi ? Le SMS-tel-qu’on-le-cause ?). Et si échec il y a, c’est que les réformes engagées en 1989, les programmes refondus dix ans plus tard, n’auraient pas été, ne sont toujours pas appliqués à fond…
Quand on aura cassé tous les thermomètres, aurons-nous encore la fièvre ?
medium_lunel.jpg Ces réformes sont l’une des causes majeures de la désespérance des banlieues. Les moutards qui harcèlent la police, brûlent les voitures de leurs voisins, de leurs parents, et pillent les grandes surfaces, sont le pur produit de vingt ans de pédagogie nouvelle. Il n’est pas indifférent que tant d’établissements scolaires aient été incendiés, à Grigny ou ailleurs. On brûle ce que l’on a cessé d’adorer.
Que l’on attaque des commissariats, à la bonne heure ! Ils sont, à tort ou à raison, les symboles du tout-répressif ; que l’on saccage les magasins, pourquoi pas ? Quelle idée, aussi, d’interposer une vitrine ou un rideau de fer entre le désir des déshérités et ces objets si merveilleusement inutiles dont la télévision fait l’inlassable promotion… Mais des écoles ?
Détruire, c’est encore appeler au secours. Les émeutiers s’en prennent à la cause la plus profonde de leur marginalisation.
En dévaluant le savoir au profit su « savoir-être », en jouant les gadgets existentiels contre la culture, en supprimant des centaines d’heures de français, alors même que les enfants ne le parlent pas, et ne le liront jamais, l’école a renoncé à donner une base solide à des gosses assis entre deux cultures. La vraie violence, elle est là, dans ce refus obstiné à intégrer, par l’école, par un travail obstiné, une exigence sans faille, les laissés-pour-compte de l’éducation. Des décennies durant, l’école a permis l’assimilation de tous ces étrangers si fiers aujourd’hui d’être Français — à commencer par les parents des jeunes émeutiers d’aujourd’hui. Des décennies durant, elle a autorisé les plus pauvres à croire en leurs capacités — et au petit Albert Camus, orphelin élevé par une mère analphabète dans le quartier le plus pauvre d’Alger, de devenir… ce qu’il était. Même si tous n’accédaient pas aux plus hauts postes, l’élitisme républicain menait chacun au plus haut de ses capacités. Et non tout le monde au Bac ou à la Licence, escroquerie majeure qui dévalue les examens, les formations techniques ou artisanales, et fabrique des générations de frustrés, puisque ces diplômes si facilement acquis ne débouchent sur rien.
Désormais, quand on est né dans la rue, on y reste. Comment des gamins déçus, déphasés et démotivés n’éprouveraient-ils pas de haine pour une institution si globalement inefficace ? Les enseignants se battent désormais contre leurs élèves — pour leur bien —, parfois contre leurs parents, toujours contre les consignes officielles, relayées, assénées par les zélotes des IUFM.
La sélection, la sélection rampante, impitoyable, qui privilégie les « fils et filles de » et renvoie les autres à leur néant et à leurs HLM, est le pur produit d’un système qui prétend justement donner à chacun sa chance. Avec de fausses bonnes intentions et des slogans si discrètement démagogiques (« l’élève au centre ! »), on a rabaissé les exigences au niveau des plus faibles. Sans parvenir à produire, à tous niveaux, les élites dont nous avons besoin, et que nous irons bientôt chercher en Inde, en Corée ou en Chine.
Nous sommes en 1788. Les émeutes actuelles sont des émeutes de la faim. Si, demain, nous ne voulons pas la Terreur, il est plus que temps de donner à manger et de penser pour l’école une vraie stratégie de rupture. Il faut rendre l’espoir et l’ambition à des jeunes qui, privés de repères, se retournent vers le premier prêt-à-penser disponible, le plus simple à comprendre pour des cervelles pré-formatées au vide. Il faut tuer en eux le Crétin qu’on y a implanté.

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Trackbacks

Blog Mezetulle (Catherine Kintzler)

Article intitulé "Qui a peur des humanités?" sur l'école et les ravages du pédagogisme. Susceptible de vous intéresser.

Trackback par : mezetulle | 21 janvier 2006

Commentaires

Un site qui peut intéresser les lecteurs (et l'auteur) de ce blog :
http://odep.net.

Julien Esquié

Ecrit par : Julien Esquié | 08 décembre 2005

Sur le sujet de l'école, j'ai lu l'article de Brighelli sur le Télérama 2918.

Le seul problème est que les élèves formés selon les voeux de Brighelli, comme j'ai eu la chance de l'être, sont rejetés du système de production sauf à jouer de chance ou de privilège. Les patrons ne veulent pas d'employés qui ont développé un sens critique et une indépendance d'esprit : le système a besoin de petits soldats non-pensants pour être rentable.
Comme chacun a besoin de vivre et d'en trouver les moyens financiers, il est nécessaire d'être rentable le plus jeune possible dans le système actuel. La seule solution pour laisser à chaque futur adulte le temps d'acquérir sa maturité est de le libérer de la contrainte financière en instituant le Revenu de Citoyenneté. Un homme libéré des contraintes bassement budgétaires se laisserait moins manipuler par la machine productiviste, raison pour laquelle ce système n'accordera jamais, sauf révolution, une telle indépendance, tout au plus la charité. Je défends depuis plus de trente ans les thèses de l'Économie Distributive de Jacques Duboin, (voir le site http://perso.wanadoo.fr/grande.releve/), incluant une autre forme de monnaie qui permettrait que la société ne soit pas que marchande et permettrait à l'homme d'exercer son esprit.
Mais tout le monde qualifie ces théories d'utopie. Monsieur Brighelli restera aussi un utopiste tant que l'on n'aura pas le courage de reconstruire la société sur d'autres bases que mercantiles.

Ecrit par : Dehousse | 14 décembre 2005

J'ai 19 ans. Je suis fils d'enseignant. Je m'apercois aujourd hui de la chance que j'ai. L'ecole que j'ai connu et que je continu a connaitre avec la fac ne m a jamais plus, ne m a jamais convenu. Je vois aujourd hui le developpement des "crétins" qui réussissent car ils sont capables de régurgiter un cours et donc de s'en sortir. La selection se fait si l'on est des bon soldats. Alors moi je suis obligé de faire un minimun comme cela, pas le choix.
Je vois tout les jours mes parents travaillé en zep et se confronter au probléme sociaux aux enfants en grande detresse. En voyant tout cela on compren pourquoi les jeune prenne l'ecole pour cible. Car il la juge résponsable de leur echec et ils ont raison...
Il faudrait envoyé tout les gens qui dise "il fo rétablir la responsabilité parentale" travaillé 1 mois dans une école en zep pour qu'il voye que le tiers monde existe aussi en france. Et que les parents sont démuni. Voila moi avis au vu de cet article.
On peu aussi ce dire avec maintenant un peu de recul que les emeutes malgrés leurs caractéres violentes furent bénéfique pour les banlieu. Des moyens sont débloqué et une ptite prise conscience ce fait. Mais pour combien de temps????

Ecrit par : did | 15 décembre 2005

Tout ce qui est nouveau n'est pas forcément un progrès.
Je salue tous les contestataires lucides qui ont eu le courage de dire non.
Louis BALLESTER

Ecrit par : Louis BALLESTER | 16 décembre 2005

http://www.liberation.com/page.php?Article=345607

Ecrit par : Julien | 16 décembre 2005

Réponse à DID

La plupart des gens, je te rassure certainement, qui sont issus des meilleurs écoles, sont de parfaits illétrés.

C'est à dire des personnes si convaincues, qu'elles enferment le 'savoir' dans un savoir plus étroit, le leur propre..

En fait, tes parents enseignent dans une ZEP, c'est à dire une Zone d'un Enseignement Particulier, celui de l'amour ?

Amour de son métier de prof ?
Amour du partage de la connaissance ?
Amour de l'autre ?

Qu'importe.. Ils sont restés.. Peut être pas que pour le job..

Un seul illétré sauvé et c'est l'humanité qui espère..

Remerciement.

Ecrit par : Cercalmon | 17 décembre 2005

Réponse à Cercalmon l'anonyme.

Je cite : "La plupart des gens, je te rassure certainement, qui sont issus des meilleurs écoles, sont de parfaits illétrés."

Voilà donc une bonne raison pour les enfants des classes populaires de ne pas chercher à s'instruire. "Restez dans vos ghettos culturels, les petits gars, il ne faut surtout pas chercher à maîtriser tous ces instruments intellectuels qui servent pourtant à vous dominer".
Merci Monsieur Cercamon...

A cela, il suffisait à Cercamon de rajouter une petite couche de poujadisme : "C'est à dire des personnes si convaincues, qu'elles enferment le 'savoir' dans un savoir plus étroit, le leur propre.. ". Bref, le savoir n'existe pas, c'est de la merde, il n'y a rien dans les livres qui vaille...

Mais, sans contradiction aucune, on nous parle ensuite d'amour du partage de la connaissance ? On se demande bien, alors, de quelle connaissance il s'agit... Allons Monsieur Cercamon, ne partageons pas trop, quand même, de peur qu'ils apprennent trop...
DID, qui s'exprime plus haut, qui est fils d'enseignant, en sait déjà trop, même s'il n'arrive pas à faire une phrase correcte (et je ne lui jette pas la pierre, s'il a eu des enseigants comme vous...).

Bien à vous, et vive l'obscurantisme,
BB

Ecrit par : Blaise Buscail | 17 décembre 2005

BB

Il y a méprise complète.
Mais peut êtes-vous de ceux comme ce Ballastier Louis, L'athé du Midiblogs..
Ca veut parler plus haut que les autres et ca ne sait pas même lire..

Relisez donc, BB, avec un tout petit peu plus de temps et vous saisirez toute la nature de mon message.

Quant à ne pas jeter la pierre à un fils d'enseignant dont vous vous permetez de critiquer les fôtes, ce que je ne me suis pas permis, heu, c'est quoi votre problème, d'être seul où d'être sourd ?

ENA fabrique des illétrés.
Sciences po de même.
St Cyr idem.
Ecole de la magistrature itou.

Sinon, BB, on en serait pas là..


Et je réitère mon compliment aux parents de ce jeune homme.

Ils ne sont peut être pas restés seulement pour le job, mais un peu pour partager..

BB connait-il partager ? BB relire..

Ecrit par : Cercalmon | 17 décembre 2005

Bonsoir Monsieur Cercalmon.

Oui c'est vrai, les écoles que vous citez sont elles aussi, pour une grande part, des nids de l'obscurantisme. On y pratique le pur formalisme, la scolastique, c'est à dire l'absence de pensée. En cela, elles sont en parfaite continuité avec le système scolaire, du moins pour les "élites" dans le dit système, car pour les autres, on ne leur donne même pas ce formalisme, ou plutôt ce formalisme creux ne se "fixe" pas sur eux, car il faut bien dire qu'il est l'essence de l'enseignement actuel, à tous les étages.

Et sachez que je trouve dégueulasse de mentir à la jeunesse, ne serait-ce que par omission. Ce n'est pas que je me sois permis de faire remarquer à DID son triste français écrit, c'est que c'est un devoir de le prévenir de combien il a été roulé. Quant à ses parents, enseignants, je dois dire qu'il doivent partager peu, et mal...

Bien à vous, cher ami de l'abrutissement des masses.

Ecrit par : Blaise Buscail | 17 décembre 2005

22 décembre 2005

Je n'avais pas lu ce blog là..

Je reprends à zéro..

Vous dites que les grandes écoles sont des nids d'obscurantisme.. Moi aussi..

Vous faites bien le lien, comme je le fais, avec une continuité que l'on peut, pour s'amuser, qualifier d'effet de cascades, de dégringolades.

Ensuite,je constate que vous n'aimez pas mentir à la jeunesse, quitte à utiliser la manière forte..

Et enfin, comme sur tous les autres blogs répondant aux miens, vous me traitez de cher ami.. De l'abrutissement.. Des Masses..

Je ne peux participer de cet abrutissement auquel, de toute évidence, ce n'est pas avec une règle de trois mais bien de fer que vous répondez..

Ha Oui.. Pour Rimbaud..

Puis-je me permettre, sans risquer le pilori, que de vous dire mieux ce que je sais, en tentant de résumer, faute de place et non d'inspiration, ce sujet immense.

Dans la France de Verlaine, Rimbaud aurait passé au mieux;
Pour un monstre de foire, un "sauvage" dangereux démentibulateur de 'l'ordonné' au pire ; pour un criminel à neutraliser en une cage aux barreaux neuroleptiques telle celle qui vit crever le désintégrateur de 'fondé', Antonin Arthaud..

Je n'ai rien dit d'autre que cela.. Non que je veuille, comme vous l'avez immédiatement supposer, transformer Rimbaud en idiot..

Je dis que sans Verlaine, sans la passion que suscita en lui l'extrême intelligence de Rimbaud, la poésie française aurait pu ne pas connaître cet alchimiste du Verbe qu'était Rimbaud..

Et en cela je ne commet aucun crime de lèse majesté.. Simplement il m'apparaît juste que de rendre à chacun sa part.. Comme je l’aurai fait s’il avait s’agit de parler de Miller et Anaïs, où de Vincent et Gauguin..

Fortezza é pacé é salud

Ecrit par : Cercalmon | 22 décembre 2005

Cercalmon s'en va..

Soyez heureux dans vos blogs prisons d'un Faire Savoir d'aucun Savoir Faire.

Ecrit par : Cercalmon | 23 décembre 2005

reste à savoir pour qui voter dans 18 mois, dans la perspective d'une rupture!
les policiers dans l'école, montons plutôt une pièce de théâtre Orwellienne!
Parlons avec les bons maux (mots) : prolétariat, capital, force de travail, classes sociales... comme JP Brighelli le fait à la fin de son ouvrage. (pour certains d'entre eux...)
Au xix° on stigmatisait le "parlé ouvrier" comme celui des "racailles" de nos jours! Pourtant aujourd'hui les prolos entrent à l'école,et sont alors désignés comme les responsables de leur échec! L'inégalité de réussite s'est substitué à celle de l'accès, d'où la baisse de valeur sociale des qualifications (inversement proportionnelle à leur multiplication)
Depuis Ferry (jules) c'est l'unique chose (Massification scolaire) qui ait changé, le reste n'est que poudre aux yeux qui n'est autre que la catharsis de tout soulèvement!

Ecrit par : nazareth | 03 janvier 2006

Je viens sur ce blog via un autre blog sur lequel je suis intervenue en tant qu'ancienne élève: http://actuality.tooblog.fr/?2005/10/03/51-la-fabrique-du-cretin-essai-de-jean-paul-brighelli

Où est le débat? Duel stérile entre messieurs BB et Cercalmon...

Le voile est levé sur l'analphabétisation galopante, pendémie au nom de virus barbare: "globulus versus b.a.ba"...
Où est le remède? Là est la question!
je reviendrai plus longuement ... à suivre.

Message plus personnel à l'attention de J.P Brighelli
Ce premier passage pour vous saluer cher Jean-Paul , en souhaitant reprendre contact, si vous avez accès à mon adresse e-mail vous pouvez m'écrire directement .
Celle qui assistait en pirate à vos cours au lycée La Bruyère , alias Lamiel.
Ps: quand on sait ce qu'était le bonnet d'âne à l'origine on peut sourire...

Ecrit par : Patricia Mesnigé-Marc | 05 janvier 2006

Je me rappelle très bien "Lamiel" — et je suis même en mesure de dire pourquoi diable ce surnom. Laissez-moi donc vos coordonnées via www.sauv.net
Amicalement vôtre…
JPB

Ecrit par : jean paul brighelli | 08 janvier 2006

Merci pour le lien vers www.sauv.net d'autant plus qu'il peut en intéresser plus d'un ! je vous ai envoyé un mail via l'adresse contact de SLL.
"Stendhalement votre"
PM...L.

Ecrit par : Patricia Mesnigé-Marc | 08 janvier 2006

Cher monsieur,

Au sujet de l'école-chaos, je vous suggère la lecture d'un article d'Edouard Glissant, paru dans "Ecrire la parole de nuit" (Folio-Essais). Il s'intitule le "chaos-monde" et peut se rapprocher de ce que vous dites, sauf que, à ses yeux, le "chaos" est une garantie de liberté et de création, qui s'oppose à la "transparence" de la société contemporaine. Extrait :

"Il faut se battre, poétiquement, pour affirmer le droit à l'opacité de tous les peuples ; c'est-à-dire que je n'ai pas besoin de comprendre un peuple, une culture, de la réduire à la transparence du modèle universel pour travailler avec, les aimer, les fréquenter, faire des choses avec".

Ce que les sciences de l'éducation retirent aux élèves, c'est justement ce "droit à l'opacité" : les psychologues veulent tout savoir, tout régenter, s'immiscer dans les musiques que les jeunes écoutent, dans les textes qu'ils écrivent, dans les BD qu'ils lisent. Au lieu d'être un lieu d'opacité (c'est-à-dire un lieu où j'apprends ce que je ne savais pas au départ, un lieu où je découvre la différence), l'école est devenue un lieu de "transparence" ; un lieu où tout est évident, facile, où tout est censé couler de source.

Un pas plus loin, il faudrait rappeller ce qu'Annah Harendt dit de la "transparence" nécessaire des sociétés totalitaires, nazies ou soviétiques. Ou encore la "transparence" ultra-libérale qui est en train de se propager, à mesure qu'on met l'humanité entière en fichiers sous le regard des caméras.

Evidemment, Edouard Glissant parle de la situation coloniale et du paternalisme des éducateurs missionnaires, eux aussi grands partisans de la transparence universelle (tant qu'elle restait à leur avantage, bien sûr). Je trouve très inquiétant qu'on puisse appliquer les même thématiques, et faire les mêmes reproches, à notre école du XXIème siècle.

Glissant encore :

"[...] il ne suffit pas de "comprendre" une culture pour la respecter vraiment. Pour cela, il faut accepter que cette culture vous oppose quelque chose d'irréductible et que vous intégriez cet irréductible dans votre relation à cette culture."

Les élèves, eux, n'ont droit qu'à la surface d'un miroir lisse et brilliant, qui leur répète jusqu'à la nausée : "tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil, et surtout restez à votre place".

Cordialement.

Ecrit par : Pierre-Henri Kalinarczyk | 11 janvier 2006

J'ai pour ma part écrit un essai sur l'éducation et j'aurais aimé vous l'envoyer.Pouvez vous me faire parvenir votre adresse ? Je suis professeur de sciences physiques à la retraite .
Mady Lalet

Ecrit par : Mady Lalet | 20 janvier 2006

Il y a peu j'écrivais, sur un autre site, que les sciences étaient encore épargnées par la débilisation générale. Je suis entrain de revenir de cette opinion.

Je sors d'une formation académique (en Sciences de la Vie et de la Terre). Les discussions que j'ai eues avec certains profs sont affligeantes.

Certains "professeurs" de SVT, quand ils se trouvent face à une plante inconnue, ne se posent aucune question et ne cherchent même pas à la déterminer. C'est tout juste s'ils l'écraseraient au cours de leurs "activités sportives". Jamais ils ne lisent un bouquin, ni un article d'actualité scientifique. Tout cela, ils ont osé le revendiquer tout haut à table. Oui, "jamais", depuis 10 ans qu'elle enseigne, l'une d'entre elle a dit, "je ne lis un seul livre". Et en plus sur un ton d'un naturel ! Imaginez la dégradation du niveau !

L'un d'entre eux a osé dire, c'est le pompon, "j'ai trop de vancances, je m'emmerde pendant les vacances". Logique : si pour lui les vacances, c'est se faire rotir le gigot avec tous les parisiens sur la Riviera... S'il n'a aucune curiosité pour la géologie de l'Estérel ou du Ventoux, et qu'il s'emmerde avec de tels paysages sous les yeux au bout de 2 jours, qu'il ne regarde même pas une pauvre carte, on se demande pourquoi (et comment ?? ) il est devenu enseignant en sciences naturelles.

Il a dit de surcroît "on est trop bien payé pour ce qu'on fait" : s'il parle pour lui, on s'en serait douté. Il m'enlève les mots de la bouche.

Il se développe de plus en plus une mentalité de sous-fifre, de subalterne exécutant, de rond-de-cuir chez les profs. La curiosité disparaît chez ceux pour qui elle devrait être la vocation. Ils font "leurs heures", et c'est tout. Est-il normal qu'une association d'étude de la flore et de la faune locale soit composée majoritairement d'INSTITUTEURS DU PRIMAIRE où je suis le seul prof du secondaire ? C'est LA HONTE !

Sans prendre du temps à lire et à explorer flore, faune et minéraux, on peut faire 25h/semaine et 4 mois de vacances pendant lesquelles on se sent désoeuvré (exactement comme les élèves illettrés : voyez la gravité).

Il ne faudra pas d'étonner si à ces gens-là on colle 30 heures de cours hebdomadaires avec un peu de pédagogisme débilisant en guise de contenu, et si on les fout 1 mois à faire des taches administratives pendant l'été, histoire qu'ils ne "s'emmerdent pas trop". Ce sera plus "rentable", aux yeux des gestionnaires néolibéraux lobotomisés, que ces vieux profs qui passaient leur été à lire La Recherche, à chercher des fossiles et publiaient dans l'APBG.

La fabrique du crétin était déjà une réalité d'hier ; maintenant, on recrute du crétin dans le vivier de ces élèves d'hier. La gangrène remonte donc vers la tête, inexorablement.

Ecrit par : DUMOUCH Rodolphe | 26 janvier 2006

Rodolphe et les autres,

Depuis quand vous êtes-vous aperçu que le monde marchait sur la tête ?

Que vos coreligionaires étaient des crétins qui avaient choisi leur profession en fonction du premier concours réussi.

Que tous ces tocards incapables d'intégrer une grande école avaient terminé en Fac puis dans l'enseignement faute de mieux à EDF ou à la RATP...

Aujourd'hui je m'étonne des commentaires sur ce blog, avez vous tous les yeux dans les poches ?

N'avez-vous pas, au cours de vos études, remarqué que celui qui n'allait pas en cours de philo était devenu prof de philo, que celui qui était trop CON pour pouvoir passer en troisième cycle avait la lourde tâche d'enseigner en Math ou en physique à nos enfants alors qu'il n'a lui même pas atteint le niveau pour imaginer ce qu'implique tel phénomene ou tel équation différentielle ?

Enseigner demande du carisme, du savoir et de la moelle alors que la majorité des enseignants recrutés depuis 20 ans sont là pour la gamelle et par peur du chômage !

Avant de débattre sur le niveau des élèves, débattons sur la mission de l'école, sur la motivation des maîtres car du niveau et de l'implication du maître dépendra le niveau de l'élève.

Le collège pour tous est une tartufferie, l'éducation de masse et l'égalité des chances ne peut exister que dans la pensée unique et stalinienne des démagogues de l'Education Nationale.

N'oublions mesdames messieurs les lettrés que nous sommes dans un pays où la forme est plus importante que le fond.

De ce fait, les plus habiles d'entre-vous en matière de tournures élégantes occultent leurs manquements et leurs responsabilités respectifs par des pirouettes dignes du Cirque Barnum.

Osons remettre à la fois le système et le bras séculier, ou du moins sa cheville ouvrière qu'est l'enseignant, en question et sans tabou.

Puis osons dire tout haut que tenter d'intégrer dans ce système en mutation permanente une population allophone d'analphabètes toujours plus nombreuse, demande de tels moyens financiers que tout le système est en train de s'écrouler.

Permettez moi en conclusion de vous rapeler le naufrage du Titanic et de ses vicitmes qui faute d'embarcations suffisantes perrirent. Vous ne pourrez pas les sauver tous, il faut faire un choix mais c'est maintenant qu'il faut le faire !

Ce que l'Education Nationale et les pédagogues auto-proclamés ou réels ont oublié de vous dire c'est que le choix vous incombera. C'est cela la solitude du Chef.

Ecrit par : Asharack | 31 janvier 2006

Permettez moi ici de place un éloge de l'enseignant. Il y a deux sortes d'enseignants qui s'investissent dans les équipes pédagogiques: ceux qui veulent leur avancement, et ceux qui veulent la réussite des élèves. Pour avoir fréquanté les deux et en général des pédagogues d'une grande rigueur, je ne peux laisser dire que tout enseignat non docteur est nul.
La pricipale critique que j'adreserais à la galaxie décliniste ét "Sauvez les Lettres" est que la grande majorité des enseignants en poste s'assoit sur les directives et pratique l'artisanat tant loué. C'est certes de moins en moins vrai? Mais on a le temps de se retourner. Ne pas faire de mémoire de doctorat n'est en aucun cas un handicap. Je connais des titulaires de certificats d'étude qui feraient aussi bien que des doctorants à l'orthographe aproximative et la rigueur à l'avenant. Les brebis galleuses existent dans l'EN commme PARTOUT ailleurs. La question est surtout de savoir si l'institution est du coté de ceux qui veulent transmettre ou de ceux qui en parlent le mieux.

Ecrit par : Frédéric Moreau | 31 janvier 2006

"Que l’on attaque des commissariats, à la bonne heure ! Ils sont, à tort ou à raison, les symboles du tout-répressif ; que l’on saccage les magasins, pourquoi pas ? Quelle idée, aussi, d’interposer une vitrine ou un rideau de fer entre le désir des déshérités et ces objets si merveilleusement inutiles dont la télévision fait l’inlassable promotion… Mais des écoles ?
Détruire, c’est encore appeler au secours. Les émeutiers s’en prennent à la cause la plus profonde de leur marginalisation.
En dévaluant le savoir au profit su « savoir-être », en jouant les gadgets existentiels contre la culture, en supprimant des centaines d’heures de français, alors même que les enfants ne le parlent pas, et ne le liront jamais, l’école a renoncé à donner une base solide à des gosses assis entre deux cultures. La vraie violence, elle est là, dans ce refus obstiné à intégrer, par l’école, par un travail obstiné, une exigence sans faille, les laissés-pour-compte de l’éducation."

Je suis assez choqué par les premières phrases, je vous l'avoue. Derrière ces commissariats, derrière ces magasins, il y a aussi des hommes et des femmes. A qui vous adressez-vous si l'on vous nuit ou nuit à quelqu'un de votre famille ? Où allez-vous donc faire vos courses lorsque vous devez vous vêtir, vous nourrir etc ? Même mon Leader Price a un rideau de fer... est-ce donc par hasard ?

Je ne pense pas qu'il y ait une seule cause, mais il y en a très certainement plusieurs à cet état de fait (pauvreté, absence d'un des parents, culture musulmane (plus violente de par les préceptes de la religion de référence que la culture judéo-chrétienne)...).

Pour le reste, d'accord avec vous : la responsabilité des pédagogistes est aussi très grande et l'école a failli sans sa mission.

Ecrit par : iufmstop | 28 avril 2006

Cher Monsieur Brighelli,

Votre livre "A bonne école" a fini par arriver sur les étals de ma modeste librairie localisée dans une ville fort modeste. N'ayant pas de télévision, je ne puis être au courant de tout ce qui se passe.
Outre mes doutes personnels qui ont surgit à la lecture de votre livre, je tiens tout de même à vous envoyer tous mes encouragements. Je me demandais s'il restait des hommes dans l'éducation nationale....Que cet homme soit un professeur de français me ravis.
Le dialogue "philosophique" entre le Vieux et le Jeune, le ton provocateur parfois, sans parler des questions vastes que cela soulève est courageux ainsi qu'honnête de votre part. Le côté "ours bourru fin lettré" (et donc sensible) ne laisse personne indifférent (on peut le voir sur ce blog). Le mélange est, de mon point de vue, plutôt, sympathique.
La Littérature et les Arts Martiaux m'ont appris à dépasser les apparences.

Bien à vous.

PS: j'aurais bien voulu, depuis le début mettre mon identité mais vous comprenez bien que mon séant fleurerait le cramé.

Ecrit par : Ordrade | 22 mai 2006

Mr Brighelli,

J'ai lu avec beaucoup d'attention votre livre La fabrique du crétin et avec plus d'attention et de bonheur A bonne école.

Je suis actuellement PLP Lettres-histoire en Martinique. Je voudrais particulièrement réagir aux propositions que vous exposez dans "A bonne école" sur la formation des futurs profs. Vous avez pu remarquer la différence entre la formation que dispensent les grandes écoles et les universités. Cette inégalité de formation se retrouve entre les universités. Si un bachelier n'intègre pas une grande école ou une université prestigieuse, ce n'est pas forcément parce qu'il est un crétin, mais simplement parce qu'il veut rester près de chez lui. De plus un étudiant qui préfère devenir prof plutôt que de faire une thèse de 3è cycle n'est pas forcément un inapte: en fait mes profs d'université m'ont conseillé de passer les concours PLP, CAPES, AGREGATION, avant de continuer mes études parce que selon eux "La France est remplie de docteurs en histoire au chômage". De plus, j'ai contacté l'école biblique de jérusalem parce que je voulais faire mon mémoire sur des civisations antiques hors la Grèce et Rome qui semblent être les seules connues dans l'éducation nationale. On m'a aussi répondu de passer d'abord le CAPES et l'AGREGATION.
Maintenant passons aux propositions:
Vous notez vous-même dans votre livre:"Lorsque la définition du "bon usage" était "la façon de parler de la plus saine partie de la cour, conformément à la façon d'écrire de la plus saine partie des auteurs du temps" les quelques nobles et bourgeois éduqués n'avaient pas de cours de français, puisqu'ils parlaient "naturellement" (c'est-à-dire par imitation pure) la langue de référence."
Mon souhait est que les étudiants soient comme ces jeunes nobles, qu'ils parlent naturellement le langage des meilleurs profs du supérieur, en lettres, en histoire et géographie, en langues, etc. C'est cela la véritable démocratie, le véritable élitisme républicain.
Voici ma proposition: créer une chaîne de télévision qui diffuserait des cours de niveaux DEUG, LICENCE, CAPES, AGREGATION des meilleurs profs des grandes écoles et universités en lettres, en langues, en histoire, etc.
Ainsi un élève détenteur d'un baccalauréat dévalué pourrait combler ses lacunes au cours des trois années de licence en "fréquentant par le biais de la télé les meilleurs profs... Ceci bien sûr en plus de suivre normalement ses cours à la fac ou à l'iufm.
Je me souviens encore d'un cours sur la population mondiale présenté sur France 5 dans l'émission "les amphis de France 5". Un souvenir impérissable ... qui n'a rien à voir avec ceux de l'université Antilles-Guyane. Néanmoins cette émission de France 5 est insuffisante. Il faudrait une vraie chaîne spécialisée dans l'enseignement du supérieur voire même plusieurs chaînes par matière. Plusieurs expériences ont déjà été tentées en France mais sans véritable volonté. Ce genre de chaîne permettrait aux étudiants de mieux se préparer pour le capes ou l'agrégation au lieu d'attendre un éventuel missionnaire. Bien sûr, il faudrait réfléchir à la façon de rémunérer une telle chaîne. Mais après tout le principe des cours payants existe déjà avec le CNED. Pourquoi ne pas l'étendre à la télévision. Avec le câble, le satellite et internet, il existe de nombreux moyens de faire exister cette chaine. Après votre réquisitoire pour réclamer un enseignement de qualité pour TOUS les élèves, vous ne pouvez que réclamer un enseignment de qualité pour tous les étudiants, vu qu'un bon nombre d' étudiants a été lésé par l'école actuelle. Cela rendrait les concours beaucoup plus intéressants.

PS: Mr JPB, je ne peux que vous remercier: j'ai une licence d'histoire aussi je ne suis pas spécialisé en lettres bien que j'ai toujours eu de bonnes notes en français à l'école. Je l'ai déjà dit: après vous avoir lu l'année dernière, j'ai étudié Bel Ami de Maupassant avec une classe infernale de BEP mécanique. Non seulement les élèves ont adoré mais en plus à la fin de la séquence, la majorité a déclaré que le livre n'était pas trop long. Songez il voulait en faire un autre en deuxième année. Cette année j'étudie "Les liaisons dangereuses" avec une bac pro et pour introduire le 18è siècle j'ai commencé par des textes de Rousseau, Bernardin de St Pierre, l'abbé Prévost et Crébillon: les élèves se régalent. Aussi je demande aux PLP de ne pas hésiter à faire des oeuvres intégrales. Les élèves ne sont pas plus idiots qu'ailleurs. Au contraire, je suis surpris du nombre de bons élèves de collège qui préfèrent aller en lep parce que selon eux le lycée général est trop dur: on y travaillerait trop.

Ecrit par : joan | 26 octobre 2006

"Que votre aveuglement produit leur cécité ! "

un autre alexandrin de ces quelques vers écrits en 1871.......no more comment.......

on les relit pour gagner un peu d'humilité, on voit les images, et on n'a plus le son...... Et ,celui qui les écrivit, a désormais les honneurs d'une place au Panthéon...On sourit ;)))

Ecrit par : Patricia Mesnigé | 30 octobre 2006

Comme le blog semble rencontrer un bug sur quelques fils de discussion, voilà j'en ai trouvé un encore ouvert où on peut encore virtuellement partager quelques oeufs de Pâques.
bon dimanche à tous.
Catmano, j'attends la suite avec impatience, à chaque fois je puisse dans vos commentaires des conseils qui me sont précieux avec mon fils en GS.

Ecrit par : Patricia Mesnigé | 08 avril 2007

je puise et non je puisse

Ecrit par : Patricia Mesnigé | 08 avril 2007

Ah ouf, il rest encore un fil où peut poster, merci Patricia de l'avoir trouvé !!!
Catmano, c'est Boileau qui a dit de remettre son ouvrage vingt fois sur le métier, pas la Fontaine, corrigez vite ! :-)

Ecrit par : Jeremy | 08 avril 2007

L'émotion m'étreint, j'en écris n'importe comment.

Ecrit par : Jeremy | 08 avril 2007

• que le répertoire de mots ne sert à quelque chose que s’il est composé de mots de tous les jours (prénoms ; famille ; mots-outils : articles, prépositions, conjonctions ; adjectifs de couleur, de taille, ... ; jours de la semaine... pas plots, balises, cerceaux qui ne resserviront jamais) ;

Catmano, disciple complètement acquise à Mesdames Cuche, Sommer, Ouzilou et Wettstein-Badour, je n'aime pas du tout que les enfants se construisent un répertoire de mots en MS et en GS.

D'après ces dames, qui se reportent aux travaux sur le cerveau en particulier de deux prix Nobel, le cerveau humain n'est pas du tout adapté à la lecture globale, qui est impliquée dans cette pratique. Mieux vaut leur apprendre le son des lettres, puis les syllabes : certains enfants sont d'ailleurs toutà fait aptes à apprendre à lire dès la GS, à condition que ce ne soit pas avec une méthode mixte.

Anne-Marie.

Ecrit par : Anne-Marie Valette | 08 avril 2007

"je n'aime pas du tout que les enfants se construisent un répertoire de mots en MS et en GS. "

Tant qu'ils ne sont pas obligés de les lire, je ne vois pas de problème . :)

Ecrit par : toto | 09 avril 2007

Anne-Marie, les mots que je propose dans ce répertoire sont essentiellement des mots d'une syllabe (articles, prépositions, conjonctions, pronoms,...) et des mots dont la résonnance affective est très forte pour l'enfant (prénoms, membres de la famille, héros de l'histoire), je tiens aussi énormément à proposer plusieurs mots ayant la première lettre commune afin d'éviter les enfants qui regardent uniquement cette première lettre et claironnent tout fiers : "c'est VVVendredi !", car c'est le seul mot commençant par un V proposé depuis la PS, à un âge où selon moi tout "exercice de lecture" devrait être banni (sauf cas exceptionnel, j'en connais au moins trois, mais ceux-là n'ont pas besoin de nous pour "entrer dans l'écrit").
Ce répertoire aidera comme je l'ai dit les enfants qui arrivent dans un CP où l'on "crée du sens" avant de créer du son à se repérer dans les phrases "J'ai rêvé que mon nounours était vivant. J'ai rêvé que j'étais le chef du monde."
D'autre part, certains enfants, dont le cerveau est sans doute le même que ceux des autres, et qui auront donc besoin pour "réellement lire" de passer par la lettre, puis la syllabe pour arriver au mot, ont encore en GS une immaturité intellectuelle qui ne les porte pas à s'intéresser à "ces petits bouibouis noirs" que les adultes appellent des lettres.
Ils ont donc besoin, selon moi, non pas pour apprendre à lire, mais pour comprendre l'intérêt de cette future activité de passer par du concret.
Ils reconnaissent Théo, Thomas car ce sont leurs prénoms, les prénoms de leurs copains et au bout de quelques semaines, si l'enseignant conduit de plus des exercices réguliers d'écoute, de conscience phonémique, ils disent: "Le T de Théo et Thomas... Ça, c'est ééé, comme dans Théééo et dans Léééa...".
C'est à ce moment-là que pourra démarrer les exercices sur le "fonctionnement alphabétique" qui passe surtout au début par l'apprentissage de l'écriture liée.
C'est du moins ce que je constate chaque année lorsque j'ai des GS dans ma classe.

Ecrit par : catmano | 09 avril 2007

Le drame, c'est qu'ils les apprennent par coeur, et peuvent faire longtemps illusion. C'est le cerveau droit qui est sollicité.

Ce sont les petits garçons qui sont touchés en majorité par la pseudo-dyslexie entièrement induite artificiellement, pourrait-on dire, par les méthodes mixtes, sur lesquelles se cramponnent hélas des conseillers du ministre, comme Bentolila, que j'ai entendu se vanter de l'avoir fait se dédire de l'interdiction des méthodes globales et apparentées.

(Evidemment, que serait devenue sa rente avec Gafi le Fantôme ?)
Bien sûr, certains apprennent ainsi à lire, ils devinent les mots d'après les premières syllabes, et arrivent à les rétablir pour donner du sens à la phrase, mais un grand nombre, les auditifs en particulier, n'y arrivent pas .
Relire mme Wettstein-Badour. La différence entre les capacités des cerveaux droit et gauche est heureusement de plus en plus reconnue.

Je place un grand espoir dans le "Neurospin", dont les immenses possibilités sur l'examen du cerveau par l'IRM f fera enfin tomber les bastions de ceux qui se cramponnent sur la méthode globale. (Frank Ramus malgré sa mauvaise foi commence à sentir le vent tourner et à retourner sa veste.)

Anne-Marie.

Ecrit par : Anne-Marie Valette | 09 avril 2007

Anne-Marie,
Je n'ai pas à faire de publicité sur ce blog dont le but est de confronter les témoignages et les avis les plus divers sur un sujet qui concerne notre dignité d'être humain . En dépit des règlements de compte et des digressions ,il est stimulant de lire les uns et les autres.
Tapez mon nom complet sur Google ( Hélène Charpentier- Glavier ) et vous en saurez un peu plus sur ce que j'ai essayé de faire : un travail de deuil essentiellement . Je l'ai dit et je le répète . Je le chante avec révolte et tendresse à la fois. Non, mille fois non, mes parents, mes maîtres d'école, mes professeurs de collège, tous ces braves gens pétris de bonne volonté et de ferveur et dont le souvenir m'aide encore à vivre dans les moments difficiles, jamais je ne les renierai. Les beaux parleurs condescendants et arrogants, les brasseurs de vent donneurs de conseils qui n'ont jamais été confrontés dans leur chair à la réalité du terrain ni aux cruautés évoquées ici à plusieurs reprises ne m'intéressent pas. Je lis toujours Catmano, Pendariès ( il m'a dit un jour qu'il m'aimait... ) Jean , Robin , Françoise ,le maître de maison et bien d'autres avec plaisir. Je reste dans le coup et j'ai envie de citer cette phrase de Freinet quand il reçoit un journal scolaire de Bretagne: " Mes enfants, nous ne sommes plus seuls! " Bonne journée . Il fait beau dans notre Champagne et les premiers bourgeons de la vigne pointent le bout du nez. Gare aux gelées matinales de fin avril et début mai.

Ecrit par : CHARPENTIER Hélène | 09 avril 2007

Chère Catmano, tout à fait d'accord avec vous, mais vous avez l'art et la manière.

Malheureusement, tout le monde ne fait pas comme vous.
Une de mes petites-filles ne comprenait rien quand elle devait apprendre tous les jours de la semaine, les prénoms de ses camarades et quantité de mots de plusieurs syllabes. Je l'ai initiée au B-A BA en février, en GS, en juin elle lisait parfaitement, en CP après un trimestre de difficulté où elle recommençait à essayer de deviner avec Crocolivre, elle est devenue excellente lectrice.

Son petit frère, en CE1, s'était arrêté ...au mardi dans la "reconnaissance" des jours de la semaine en GS, et n'a fait que s'enfoncer depuis. "Justine et compagnie" avec "le moins de syllabique possible, puisqu'on ne peut y échapper, a déclaré la maîtresse", puis en CE1 "Le faunographe", toujours pas d'apprentissage rigoureux et régulier de l'écriture, c'est lamentable.

Anne-Marie.

Ecrit par : Anne-Marie Valette | 09 avril 2007

Merci, chère Hélène. Je vais vous lire avec grand plaisir, moi aussi je suis redevable à des maîtresses extraordinaires de tout le bagage et de la curiosité intellectuelle qu'elles savaient transmettre à leurs élèves.

Anne-Marie.

Ecrit par : Anne-Marie Valette | 09 avril 2007

Puisque vous êtes là, la troisième partie de mon analyse des programmes 2002 de l'école maternelle et ce que l'on peut, selon moi, en tirer :

I) Programmes officiels :

III) FONCTIONNEMENT ALPHABETIQUE
(Eux, ils disent dès trois ans, moi je dis quatre ans révolus minimum, cinq ans pour des enfants issus d’un milieu peu ou pas lecteur, laissons le temps au temps : celui de construire autour de l’enfant ce milieu lecteur par des histoires, des communications écrites rédigées par l’enseignant devant les enfants, afin que ceux-ci puissent manifester en toute connaissance de cause leur « désir d’apprendre ».)
Méthodes :
1) Moyenne Section :
• utiliser l’intérêt pour l’écriture
• stimuler la curiosité

2) Grande Section :

structurer la découverte :
a) réalités sonores de la langue (comptines, chants, poésies)
• attirer l’attention sur rimes et rythmes
• découvrir la relation graphème / phonème
• créer des mots simples
b) réalités graphiques de la langue
• graphisme
• écriture
• dessin

-----------------------------------------------------------------------
II) Mes commentaires :

Ah ! Il me semblait qu’on n’était pas obligé d’emm... des gosses de deux ans pour obtenir un enfant ayant « les comportements et les attitudes qui lui permettront de construire les apprentissages fondamentaux » !
Bon, Foucambert n’a pas encore suffisamment fichu en l’air les établissements scolaires de la Villeneuve- lès -Grenoble (l’hiver dernier, ils ont été obligés de fermer temporairement un collège à cause des « incivilités ») pour qu’on fiche la paix aux petits écoliers de France jusqu’à cinq ans...
Surtout que franchement, pourquoi se presser ? Ils ont jusqu’à la fin du CE1 pour apprendre à écrire « au moins phonétiquement » et à l’entrée au CE2, l’enseignant est prié de lire à haute voix toutes les consignes et tous les textes du livret des Evaluations Nationales...

De par mon expérience, je peux vous assurer qu’en commençant la découverte de l’écrit au début ou au cours de la Grande Section, à condition de structurer cette découverte sur la durée, en ayant une vue globale du but à atteindre, non seulement chaque élève (même X qui n’est pas d’un bon milieu, même Y qui a des problèmes pour rentrer dans la logique scolaire, même Z qui a besoin d’un suivi spécialisé) entre au CP en sachant copier une phrase sur un cahier à lignes sans se tromper, dans le sens de l’écriture, en connaissant la plupart des mots outils cités plus haut, en reconnaissant à la mise en page une lettre, une recette, une notice, un récit, un poème en vers, en connaissant les lettres de l’alphabet, mais encore que la plupart déchiffre un mot simple et que certains sont capables de lire un texte d’une à deux pages à voix haute et en y mettant l’intonation appropriée.

Encore faut-il avoir les clés de cette structuration et une idée suffisamment claire du but à atteindre.

- Les clés :
• du simple au complexe : chaque geste de l’écriture liée doit être travaillé individuellement jusqu’à intégration (comme un athlète qui s’entraîne à repérer ses marques, à décortiquer chacun de ses gestes), chaque lettre apprise et associée à d'autres lettres pour former des syllabes, des mots que l'enfant saura déchiffrer et ceci tous les jours (pas de rien du tout puis Joyeux Noël et Bonne Année en cursive entre quatre lignes parce qu’on est le 15 décembre....) ;
• beaucoup de jeux oraux (comptines, bouts rimés, etc.) et de jeux rythmiques (frappés de syllabes, rythmes vocaux, etc.) ;
• un travail suivi et progressif de spatialisation (en EPS d’abord, puis à l’aide de petits objets, puis sur feuille) ;
• une utilisation raisonnée et raisonnable de l’écrit : la maîtresse lit des histoires, les écrit sous la dictée, propose des énigmes à déchiffrer ; les communications aux familles sont rédigées au tableau sous les yeux des enfants, leur attention est sollicitée (exigée), les plus faibles sont encouragés, les plus performants félicités.

- Le but :
• à la fin du CP, l’enfant doit être capable de déchiffrer à voix haute, au moins mot à mot, un texte d’une à deux pages racontant une histoire adaptée à son âge qu’il n’a jamais entendue et de la raconter ensuite ;
• il doit être capable d’écrire sans modèle, en respectant les normes de l’écriture liée (sens et taille des lettres) une cinquantaine de mots très courants, de copier un texte de deux ou trois lignes sans faute de copie, de réaliser un exercice simple d’orthographe (compléter des mots par –ge ou –gue par exemple), de grammaire (écrire au pluriel des noms proposés au singulier, accorder des adjectifs en genre par rapport aux noms proposés), de conjugaison (écrire nous chantons, vous écoutez, ils dessinent, tu parles, en s’aidant des affichages présents dans la classe). Certains peuvent déjà écrire des petits textes de deux ou trois phrases, seuls, en commençant à respecter quelques normes orthographiques...

Ecrit par : catmano | 09 avril 2007

"Malheureusement, tout le monde ne fait pas comme vous."

C'est le fameux problème du 'Bien fait' et du 'Mal fait'.

Du Freinet l2d2/abes/etcViteviteMalfait et de celui de Cat/Avril/etc tranquillemimilleBienfait .
Maintenant on sait les repérer :)
Méfiez-vous des ânes et de leurs âneries...

Ecrit par : toto | 09 avril 2007

Il fait beau dans notre Champagne et les premiers bourgeons de la vigne pointent le bout du nez. Gare aux gelées matinales de fin avril et début mai.

Ecrit par : CHARPENTIER Hélène | 09 avril 2007

Il fait beau, certes, mais quel vent sibérien qui gâche au cycliste le plaisir de revenir via Dormans vers la plaine de Reims.
Peut-on être redevable d'un maître ou d'une maîtresse de la curiosité dont on se sent encore habité longtemps après avoir quitté les bancs de l'école?
N'est-ce pas là une façon toute romanesque et maternelle d'imaginer les choses? Ne faut-il pas aller chercher bien plus profond dans les obscurs recoins du psychisme la source jaillissante et curative de la curiosité et du désir de l'étancher? Source qui à l'image de celles, aquifères, dont sont privés des milliards d'hommes se tarit d'en exiger toujours plus qu'il n'en faut.
Ma remarque vise ceci: dans quelle mesure notre système d'éducation de plus en plus précoce et exigeant (dès le berceau l'enfant se voit doté de jeux électroniques censés éveiller sa conscience et sa pensée) ne provoque-t'il pas cette sorte d'anorexie mentale que de nombreux enseignants observent au quotidien dans leurs classes?
"La passion de la bouche la plus passionnément gavée, c'est ce rien où, dans l'anorexie mentale, il réclame la privation où se reflète l'amour". Jacques Lacan.
Notre système scolaire n'est-il pas dans la position de cette mère nouricière pour ne pas dire gavante pour qui, l'élève, n'est pas un sujet du désir, désir subjectif de l'autre, qu'une bouche à nourir d'un savoir industriel et indigeste concocté et emballé par les ingénieurs de la didactique?
Simple question avant que d'aller chercher pour s'en gaver les oeufs et les chocolats tombés inopinément dans le jardinl

Ecrit par : buntovchik | 09 avril 2007

à l'intention d'Hélène CHARPENTIER

J'ai repensé plusieurs fois à votre question par vous posée et laissée depuis lors sans réponse. Et pour cause, c'est une des questions les plus difficiles et taboues, celle des enfants et des élèves handicapés.
Il se trouve que dans mon collège je me suis proposé de prendre dans certaines de mes classes des élèves souffrant de diverses pathologies. Vous savez tous que la Loi de 2005 oblige la scolarisation d'enfants sujets de diverses déficiences.
L'expérience aidant accompagnée d'une recherche personnelle sur ce thème difficile, j'en arrive à la conclusion provisoire que dans ce domaine précis de l'intégration des dits-élèves l'Etat faillit à sa fonction. En dépit du fait que des efforts sont réalisés et des mesures prises pour apporter des réponses institutionnelles.
Ce post simplement pour m'étonner que cette question très embarrassante et emblèmatique de la scolarisation des enfants souffrant officiellement de pathologies (névroses et psychoses) handicapantes ne soit pas plus souvent posée ici.
Et quand elle l'est, elle ne trouve pas d'échos. A croire que notre système scolaire est devenu vraiment narcissique...vous savez du nom de cet adolescent qui dans la fable d'Ovide était resté insensible à la beauté des nymphes Echo et n'avait pas donné suite à leur demande d'amour.

Ecrit par : buntovchik | 09 avril 2007

L'interview de Sarkosy par M Onfray
Je suis surpris du manque de réactions aux propos de Sarkosy : pour mémoire ou info:
Dans un entretien accordé au mensuel Philosophie Magazine, Nicolas Sarkozy se déclare enclin à penser qu'«on naît pédophile». Ce à quoi il ajoute : «Il y a 1200 ou 1300 jeunes qui se suicident en France chaque année»… c’est «parce que génétiquement ils avaient une fragilité».
Ce qui m'inquiète c'est l alenteur à dégainer. Je suis prêt à parier que si Royal avait tenu des propos d'une telle teneur vous auriez été déjà nombreux à crier au scandale et au crime.
Pourtant ce qu'a dit Mr Sarkosy, en pesant ses mots et sa réflexion est très grave, très dangereux. A quoi s'attendre s'il est élu? Si on y ajoute sa haine (et celle des se lieutenants tel Hortefeux) envers A Begag on atteint un niveau hyper élevé de haine, de mépris et de convictions malsaines.
J'ose espérer que de votre côté vous n'êtes pas disposés à concevoir de tels déterminismes quant à l'échec scolaire ou quant aux auteurs d'incivilités voire de violences scolaires.
J'attends vos réactions partagées je l'espère et surtout vos condamnations.
Tout ceci est à diffuser largement; Les médias pour des raisons d'équilibre du temps de parole ou de reportages sont un peu coincés depuis aujourd'hui d'où ce calcul de Sarko. . Ne laissons pas passer cette idéologie, ne nous laissons pas faire.

Ecrit par : Yves | 09 avril 2007

Sarko aimerait-il ce sujet à propos de l'inné et de l'acquis :
Naît-on cocu ?

Ecrit par : Lariba | 09 avril 2007

Yves, quelqu'un a déjà constaté que sur ce blog, plus c'est gros, moins ça passe, c'est-à-dire qu'un fait trop évidemment condamnable se trouve peu commenté parce que chacun se doute qu'il n'est pas besoin de longs discours pour en convaincre les interlocuteurs. D'autre part, tu devrais voir ça comme une nouvelle plutôt bonne, puisque Sarko risque d'y laisser des voix. Enfin, tu me contrains à un petit effort pour abonder dans ton sens, car en tant qu'adulte, je n'aime pas me trouver enjoint à des protestations de bonne foi, comme tu les appelles dans ton message. Ne doutons pas que les habitués de ce blog condamnent sans réserve les idées émises-là sans qu'il soit besoin qu'ils en fassent la preuve...

Ecrit par : Perceval | 09 avril 2007

Cela dit, ce n'est pas la première idée parfaitement dégueulasse que Sarko s'amuse à manier pour flatter ce que son électorat a de plus vil, et en ce qui me concerne, j'ai déjà dit que, faute de mieux, je voterai avant tout contre Sarko.

Ecrit par : Perceval | 09 avril 2007

Voter Royal, c'est voter Sarkozy, puisqu'elle perdra contre lui au second tour.
Voter Bayrou, c'est voter pour une politique aussi immobile que celle de Royal, et aussi injuste que Sarko.
Voter Le Pen c'est suicidaire.
Sarko a très bien joué son coup, et selon moi il a forcément gagné, quelle que soit l'évolution dans les 15 jours.

Ecrit par : Jeremy | 09 avril 2007

Yves, pouvez-vous me rappeler les déclarations de Ségolène Royal sur la pédophilie ? Il y en a bien plus à dire que sur Sarkozy, et il n'est pas étonnant que le PS ne parle pas trop de tout ça.

Ecrit par : Jeremy | 09 avril 2007

Les expats avaient déjà eu la bafouille de Bayrou et celle de Sarko, Je vous en fait grâce: Yaka-focon usuel, ça ne mange pas de pain.
Celle de Royal nous prend vraiment pour des c... et le contribuable français pour une moule:


"'Je m’engage donc pour renforcer le rayonnement de la France à l’étranger par une politique de partage, d’aide et de soutien. Comme l’éducation est au cœur de mon projet, c’est à l’éducation que je pense d’abord : je veux renforcer les établissements scolaires français à l’étranger, notamment en augmentant le nombre de bourses pour les enfants qui y sont scolarisés et en diminuant de moitié d’ici à 2012 les coûts de scolarité à la charge des familles.'''

"'Je veux aussi mettre en place une protection sociale minimale pour tous les Français de l’étranger »

Vive la CMU pour les expats...>>>Z'êtes vraiment trop bons, Français de France, de « partager » ainsi avec nous... On ne paie pas d'impôts chez vous mais c'est vous qui allez payer pour nous soigner quand on vient en vacances et on va se faire rembourser ce que ne paiera pas notre couverture locale??
Merci Père Noel!!!

"''Je veux enfin qu’une nouvelle impulsion soit donnée à notre politique culturelle à l’extérieur, car le rayonnement de notre pays passe par la valorisation de notre formidable création, dans toute sa diversité, et par la promotion de notre langue.""

Et si on commençait par apprendre à l'enseigner et à en respecter les règles élémentaires en France ? Ici, merci bien, Z'avons pas b'soin d'vos profs IUFMés.

Il n'y a plus que les étrangers à la parler correctement car ici on enseigne encore le passé simple ou l'accord des participes.


Nous on a déjà donné à Boston. On a eu une certifiée au lance-pierre, prof-light avec qui les enfants ont désappris le français et que notre école privée mais sous contrat ne pouvait pas virer car elle était protégée par les syndicats. Depuis que l'école s'est libérée de ce boulet contractuel, ça va mieux merci mais on a encore un ou deux profs de français inoculés au pédagogisme, et c’est vraiment pas le pied…

Donc pas besoin d’aggraver la situation

« « Enfin dans le cadre de la réforme des institutions et de l’instauration d’une 6e République, je m’engage pour que les Français à l’étranger soient représentés par des députés à l’Assemblée nationale » ».

Bravo! Et pourquoi pas aussi un ministre des expats?
On a déjà cette magnifique planque unique au monde d'assistantes sociales gonflées qui font le boulot que tous les autres pays confient à leurs services consulaires: 12 sénateurs des Français de l'étranger et une palanquée de conseillers au Conseil Supérieur des Fr. de l’étranger… véhiculés transcontinentalement en première classe grâce à la générosité du contribuable métropolitain.

Ne pas voter pour Royal devient maintenant pour un expat une preuve de civisme et de solidarité pour nos compatriotes.

Enfin pas tout à fait car vous savez où elle veut prendre le fric pour ces belles idées? Elle a annoncé il y a quelques semaines qu'elle imposerait l'ISF aux expats!


Ceux qui croient au père Noel et qui rêvent en couleur ont déjà applaudi à la Taxe Tobin. Ils ont maintenant le programme Royal !

Qu'elle continue comme cela et au second tour ce sera Sarko-Le Pen.

Comment restaurer la crédibilité du "modèle" français ?
Impossible, le mal français l'a définitivement détruit , mais rien n'interdit de repartir sur des bases saines.

Pas avec ROYAL!

Ecrit par : Cadichon | 09 avril 2007

un livre magnifique qui inspira à Dino Risi un film inoubliable dans lequel le talent de Vittorio Gasman est à l'apogée dans le rôle de Fausto Consolo , "Parfum de femme" de Giovanni ARPINO...

Ecrit par : Patricia Mesnigé | 13 juin 2007

J'allais oublié le film magnifique "scent of a woman" aussi inspiré par le livre d'Arpino qui valut l'oscar et un golden globe à l'interprétation splendide de Al Pacino qui incarne Lieutenant Colonel Frank Slade , le Fausto Consolo version américaine...Bien que le texte ait été réadapté pour une fois il l'a magistralement été par le scénariste Bo Goldman.
L'été est l'occasion de lire et relire mais on peut aussi en profiter pour voir et revoir des chefs d'oeuvre cinématographiques...

Ecrit par : Patricia Mesnigé | 13 juin 2007

Bonjour

Ce que je trouve de plus marrant dans tout ce spectacle?( voir les syndicats de nos jours)

- Comment donc ce bon petit sarko est-il arriver au pouvoir?
Ben oui, je dis cela car à en croire et entendre toutes les personnes autour de vous, les proches , etc etc, aucun n'a voté pour lui!!

Moralité: Les menteurs sont desormais légions

Ecrit par : Guignol | 15 janvier 2008

Moralité: Les menteurs sont desormais légions

Ecrit par : Guignol | 15 janvier 2008

L'explication est peut-être encore plus simpliste. Un grand nombre d'électeurs étaient animés d'un désir confus, voire insu de rompre sans trop de risques (slogan de la "rupture tranquille") avec la "politique de civilisation" du XX siècle. Et il est dans la nature d'un désir de réaliser son but à travers son échec à accomplir sa visée.
Les français me font penser à ces hommes fatigués de vivre à côté d'une épouse vieillissante dont ils connaissent tous les travers et qui, pour se donner une bon mobile de la quitter, succombent aux charmes de la première midinette venue tout en essayant de se convaincre qu'ils en sont tombés amoureux.

Ecrit par : marigot tique | 15 janvier 2008

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