01.03.2008
CANTONADE , AUTOBUS ET BARONNIES
Bon, les départements. Vénérable invention républicaine. Même si ce n’était pas encore la République, en 1790, mais la Constituante, la glorieuse constituante. Et puis l’Empire, qui continue la tradition républicaine, bien plus qu’on ne le croit. Par exemple, en Catalogne, avec 4 départements français. Dont deux nous touchent de si près, le Ter et le Sègre. Chefs-lieu, Gérone et Puigcerda. Sous-préfectures, entre autres, Figuères. Ce n’est pas – pas tout à fait – le sujet. Le sujet, ce sont les cantonales, ces élections entre communes et représentation nationale. Comme des élections de petits coins, en coulisses, presque, dans les angles de la République, tous les sens de la cantonade. Avec ses lutteurs de foire, ses tribuns de comices agricoles, ses napoléons de sous-préfectures, ses tyranneaux, ses Ubuscules, ses Périclès lilliputien, et ses vrais héros de la localité. Et vas-y que j ‘en remplis des pages du journal local, que je t’inonde la boîte à lettres de tracts, déclarations d’intention, programmes et professions de foi. Et puis je fais à moderne que veux-tu. Et dans ce rayon, on innove en jetant un œil dans la cour des grands. On se souvient – peut-être- qu’il n’y a guère, le Béarnais de la connectique, estampillé Modem, avait affrété un bus pour l’une de ses nombreuses campagnes ( perdues, comme d’habitude, mais que la rumeur, le talent, le bureau de propagande surent transformer en campagnes héroïques, donc en victoires, puisque l’on sait qu’en France on vénère presque autant les glorieuses défaites que les batailles un peu chiches à l’anglo-saxonne( et c’est toujours comme ça, dans la métaphore continuée de la Guerre de cent ans qu’est le tournoi des six nations)). Eh bien, un candidat, dans notre cher département frontalier, innove en copiant, puisque ne voilà-t-il pas qu’il vient de faire d’un bus son QG de campagne itinérant. Et vogue ainsi la navette umpéteuse. La gazette ne dit pas si l’autobus prend du monde à tous les arrêts, s’il y en a qui montent, d’autres qui descendent. Elle ne dit pas non plus si c’est un bus pour l’enfer, ou un autocar pour le paradis, comme le narrèrent de vieilles et belles légendes. Mais voilà. On fait du neuf avec du moins neuf, dans notre beau département d’extrême Sud. Et on sillonne la route des baronnies en autobus électoral. Le prix du gazole ? les émissions de CO2? les places de parking ? Foutre, comme disait Hébert, la belle affaire, pourvu qu’on roule. Alors, à quand la campagne en char à voile, ou en charrette à bœufs?Non, là, ça rappellerait trop les rois fainéants. Allez, rien n’est trop beau, pour notre belle France . Cher pays de nos enfances. Et vive la commune !
15:00 Publié dans DANS NOS DEPARTEMENTS | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : république, département, gazette, campagne, commune
29.02.2008
AUGUSTE QUADRAGEMISTE
Tiens, de retour de Cerdagne - et qui ne connaît pas la Cerdagne n'a pas idée du monde avant la faute( ouh la la, on sombre dans le mysticismeà trois centimes!)-, on tente un retour vers le poème, avec peut-être, qui sait? un peu d'obscurité ( d'obscurantisme?).
et Bon vent, bonnes gens!
Nous voici revenus
il n’y a pas de neige au paradis
et les corbeaux les grues les buses
se disputent le veau tombé
de grands avions dans le silence
un empereur et tant de chefs
à genoux à genoux sous les coups
est-ce que la terre tourne bien autour du soleil
et fallait-il mourir pour si peu
langue arrachée
sur le bûcher
pourquoi se cachent-ils dans les forêts
et tant et tant de femmes
le temps presse et la fumée des cigarettes
sur les écrans toujours
ces bavardages
et l’empereur muet
aux quatre coins
aux quatre points
le soleil
et le froid
dans un cercueil de glace
enfin
le silence
et les grands animaux blancs
dans la paix revenue
peut-être
avec les enfants
18:40 Publié dans POESIE PEUT-ÊTRE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
22.02.2008
LE COEUR PAR TERRE
LE CŒUR PAR TERRE
C’est étrange, ce qui se passe dans les blogs. Mais tant pis. Aujourd’hui, une espèce de poème. Comprenne qui voudra. Et la vie suit son cours. On reviendra peut-être. Ou non. En tout cas, voilà :
Le cœur par terre
Et quand Elizabeth se prosterne à genoux
Il peut sembler qu’à la maison entre
La Providence et le salut laissés dans la terre
Travail obscur personne ne regarde mais
Les sillons s’ouvrent au fil du labour la neige
N’est pas venue ni l’eau si longue patience
Jour après jour chemins de fer chemins de sable
On guette fatigué les impressions de l’aube
Et la femme endormie paisiblement dans la
Sueur des corps qui se sont enlacés dans la nuit
La nuit a remué les mauvais souvenirs
Les fantômes sont là et les regrets aussi
Caillou après caillou les mains usées la joie
Est difficile au milieu des tracteurs tous ces
Objets de la magie les écrans les claviers
Les pupitres noircis de Rita Mitsouko
Eclatée la grenade aux portes du printemps
Je sais lire dit-on et je sais même écrire
Et Sainte Elizabeth dépouillée et tondue
Franchit nue le fossé et marche sans pleurer
Dans son horizon bleu c’est le château des pauvres
Le vigneron le boulanger la couturière
Voilà. C’est dans Fausses Portes, et les poèmes, c’est une forme un peu hasardeuse, la calendère.
10:55 Publié dans POESIE PEUT-ÊTRE | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Poésie, printemps, vigneron


