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03.11.2006

La religion au sénégal


Le Sénégal est à 90 % de religion musulmane. C’est au XI° siècle que l’Islam est apparu au Nord du pays (région du fleuve) apporté par des guerriers berbères venus du Sahara. L’animisme est un sérieux obstacle à son expansion et, mis à part les Peulhs du nord, les peuplades ne deviendront pas à cette époque des adeptes de Mahomet
Son développement prend un essor considérable et rapide dans la seconde moitié du XIX° siècle comme force d’opposition à la colonisation française et à ses dérives, les populations se tournant vers les marabouts pour avoir leur protection face aux actions des nouveaux venus.
L’Islam sénégalais est caractérisé par sa tolérance et sa pratique est plus ou moins éloignée du dogme prêché par Mahomet. Les Confréries, organisations maraboutiques qui adaptent l’Islam aux modes de vie et lui assimilent certaines valeurs traditionnelles des populations, en sont une particularité. Créées par des religieux cultivés et pragmatiques qui font l’objet d’une grande vénération, elles sont dirigées par des cheiks ou des grands marabouts autour desquels se regroupent les musulmans partageant une même façon de pratiquer l’Islam. Elles jouent un rôle important dans tous les domaines, notamment sur les plans économique et politique et servent d’intermédiaire incontournable entre le peuple et le pouvoir politique (aucun parti ne peut ignorer leur influence). On recense quatre grandes confréries: les Mourides et les Tidjanes (les deux plus importantes avec respectivement 30% et 50% des musulmans, auxquelles est notamment du le développement de la culture et du commerce de l’arachide), les Layennes en pays lébou, les Quadrias (10%).
Les membres des Confréries sont tenus à l’observation des cinq piliers de l’Islam (la profession de foi, les prières quotidiennes, la zakat ou l’aumône, le jeûne, le pélerinage) et de récitations identitaires spécifiques à chaque mouvement une ou plusieurs fois par jour. Chaque année, ils se rassemblent dans leur ville sainte (Touba pour les Mourides, Tivaouane pour les Tidjanes, Yoff pour les Layennes, Ndrassane pour les Quadrias ).
Le Catholicisme, introduit par les missionnaires portugais et français mais jamais imposé par le pouvoir colonial, compte comme adeptes environ 8 % de la population du pays (notamment des Sérères). A noter que Léopold Sedar Senghor était catholique de même que la femme de son successeur à la Présidence du Sénégal, Abdou Diouf.
L’animisme est une croyance qui imprègne encore quelques populations des terres reculées, notamment en Casamance.

18:05 Publié dans Sénégal | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note

Commentaires

L'islam en terre saharienne a étéapporté depuis au moins 10 siècles où on compte les almoravides marocains.
Tous savent que les arabes et l'islam n'ont été freinés dans leur expansion que par la foret et ses miasmes dont la tripano qui décimaient leurs chevaux. Les pays de forets sont restés animistes heureusement. L'Ingénu note sans surprise que la culpabilisation et la repentance sont bien dans l'esprit des chretiens français car on se moque du monde en
prétendant c'est par retorsion contre eux que les senegalais se sont convertis a l'Islam. Accepter cet argument c'est une forme de masochisme, et on aime. L' INGENU QUI ROULA

Ecrit par : Henri Brilet | 06.11.2006

Pour répondre à Henri Brilet.
Dire que le développement au Sénégal de l'Islam, apparu au 11° sièle de notre ère au nord du pays apporté par des guerriers berbères venus du Sahara, a connu un essor considérable et rapide dans la seconde partie du 19° siècle comme force d'opposition à la colonisation française et à ses dérives n'est pas une erreur. Ce fait est une réalité.
La conquête coloniale française entraîna la fin de la monarchie wolof, un des freins, avec entre autres l'animisme, à l'expansion de l'Islam.
Prétendre que les arabes et l'Islam n'auraient été freinés que par la forêt et ses miasmes est abusif. N'oublions pas que le Sénégal a un climat tropical et que la forêt n'occupe qu'une faible partie de son territoire (à l'inverse par exemple du Gabon au climat équatorial dont la richesse en bois est bien connue). L'intérieur du pays est balayé par l'harmattan, ce vent sec et chaud qui fait souffrir la végétation.
Face aux troupes et à l'administration française qui ont quand même fait des erreurs, face à des colons pas toujours délicats à leur égard, les population se sont tournées vers les marabouts, chefs de communautés villageoises ou régionales, pour trouver conseil et protection. Il n'a pas été dit à Vudici que c'était par rétorsion contre les chrétiens français.

Ecrit par : JCG | 12.11.2006