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20.08.2006

L'éphéméride du jour complétée par Esjoch

Le 20 août 1955, peu avant midi, à la mine de pyrite d'El Halia, petit village à 15 km à l'est de Philippeville, où vivent 130 européens et 2 000 musulmans, quatre bandes d'émeutiers, encadrés par des hommes de l'ALN appelant à la djihad et excités par les 'you-you' histériques des femmes, passent à l'attaque avec des armes de fortune. La surprise est totale. Des familles entières d'européens sont égorgées, massacrées. Les tueurs n'épargnent ni les femmes ni les enfants. La tuerie, minutieusement préparée par Zighout Youssef, pour qui il ne peut y avoir ni quartier ni pitié pour les européens, fera 35 morts, 15 bléssés laissés pour morts et 2 disparus.
A midi, le 20 août 1955, des centaines de fellahs desccendus des douars voisins, encadrés et poussés par les combattants armés de Zighout Youssef, envahissent Philippeville par le Faubourg de l'Espérance brandissant machettes, faux, serpes, gourdins. Ils cassent, détruisent, incendient. Les européens rencontrés sont sauvagement massacrés. Alertés par les coups de feu et le tumulte, les parachutistes du 1° RCP et les légionnaires du 3° BEP sortent rapidement de la caserne Mangin les armes à la main. La riposte est terrible, le quartier européen est dégagé. La tuerie et la chasse à l'homme ont changé de sens
On dénombrera 71 morts chez les européens et une centaine de victimes de musulmans francophiles. Par contre près de 2 000 morts chez les algériens. Le FLN annonce même 12 000.
L'histoire associe plus facilement Philippeville aux massacres du 20 août 1955. En fait, Zighout Youssef, commandant la villaya 2 du Nord Constantinois, avait planifié des attaques dans le quadrilatère Collo - Philippeville - Guelma - Constantine et 39 localités étaient concernées (Ain Abid, Catinat, Condé Smendou, El Halia, El Arrouch, Jemmapes, Robertville, Saint-Charles, etc..). Son objectif était de tuer le maximum, sinon la totalité, de Français.
La tragédie d'El Halia et de Philippeville (massacres de civils européens, réactions de défense et la répression des militaires français et des pieds noirs) consacrent un tournant dans le conflit algérien. Le fossé s'est irrémédiablement creusé entre les deux communautés. La peur, la haine, la vengeance supplantent les autres sentiments.
C'est maintenant la guerre et le gouvernement va multiplier les rappels de réservistes et maintenir plus longtemps les appelés sous les drapeaux.

Esjoch

18:30 Publié dans Ephèmèride | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note

Commentaires

La chasse à l'européen du samedi 20 août 1955 organisée par Zighout Youssef dans le Nord Constantinois a coûté la vie à 171 civils. La sauvagerie avec laquelle ont été massacrés les pieds noirs, à El Halia, Philippeville et Aïn- Abid notamment, est difficilement imaginable: nourrisson tronçonné, bébés fracassés contre les murs, enfants et adolescents égorgés, adultes et vieillards massacrés à coups de gourdins, pelles, pioches, haches et serpes, amputés des bras et des jambes, femmes violées, éventrées ....On peut alors comprendre la réaction des Européens. frappés de désespoir, envahis par la peur, la haine et la rage. L'escalade du sang commence. Des commandos de Pieds-Noirs fouillent les villages et battent le bled à la recherche des tueurs du FLN. La terrible répression frappe tous les arabes, jusque dans les douars les plus innocents... de paisibles fellahs s'enfuient dans la montagne pour échapper à cette nouvelle tuerie et seront récupérés par les rebelles. Mais leurs femmes, leurs enfants, leurs parents ne seront pas épargnés....Les militaires français, plus préoccupés par la neutralisation des P.C. du FLN qui menaient les opérations mises au point par Zighout Youssef, ne s'opposent pas aux excités européens décidés à leur tour à ne pas faire de quartier. La France ne peut en être fière.... d'autant plus que nombre de musulmans arrétés seront sommairement exécutés... Le maire de Philippeville, M. Benquet-Crévaux en a même appelé à des ratonnades.
Le gouverneur général, Jacques Soustelle, qui s'est déplacé d'Alger à Constantine le 20 août et à Aïn Abid puis El Halia le dimanche matin 21 août est frappé d'horreur. Il comprend vite qu'il lui faudra désormais agir à la fois contre le FLN pour protéger les musulmans encore acquis à la France et contre les tout aussi dangereux meneurs pieds-noirs.
La tragédie du 20 août 1955 est un des évènements essentiels de la guerre d'Algérie. Zighout Youssef a atteint son objectif, mettre le conflit sous le signe de l'horreur et engendrer l'irréversible.
Quelques jours plus tard, le 30 août, l'état d'urgence sera étendu à toute l'Algérie.

Ecrit par : JCG | 21.08.2006

Il convient d'associer aussi aux évènements du 20 août 1955 dans le nord-constantinois, le 2° personnage de la villaya 2 après Zighout Youssef: Lakdar Ben Tobbal, dit "Si Abdallah", spécialiste des raids éclairs sur les villages. Son surnom de "Le Chinois" faisait référence à son faciès avec des yeux bridés et des pommettes saillantes. Ses ancètres appartenaient à une tribu d'origine yéménite qui s'était tournée vers l'Asie avant de venir en Afrique du Nord.

Ecrit par : Robert | 21.08.2006