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20.08.2006
Ca s'est pasé un 20 août
20 août 1988
Cessez le feu entre l'Iran et l'Irak. En application de la résolution 598 (1987) de l'O.N.U., les combats entre l'Irak et l'Iran prennent fin. L'heure est au bilan. Plus d'un million de morts jalonnent ces huit années de guerre, les pertes iraniennes ayant été trois fois supérieures à celles de l'Irak. Des centaines de milliers de blessés ou invalides, cinquante mille prisonniers de guerre irakiens, dix-neuf mille iraniens sont les autres victimes de ce conflit, au nombre desquelles il faut aussi compter des dizaines de milliers de civils déplacés ou expulsés de leurs terres.
20 août 1955
Soulèvement paysan en Algérie. Des milliers de paysans algériens se soulèvent et se lancent à l'assaut des villes du Nord-Constantinois. L'initiative de cette action de grande ampleur revient à Zighoud Youcef, successeur de Didouche Mourad (tué en janvier) à la tête du F.L.N. pour la région et à son adjoint, Lakhdar Ben Tobbal. Si, officiellement, on ne parlait en France jusque-là que d'événements, le conflit algérien prend désormais son vrai visage.
20 août 1969
Après l'intervention des B. Specials contre les catholiques à Londonderry et Belfast, la déclaration de Downing Street définit les axes principaux de la politique britannique : égalité de traitement pour tous les citoyens de la province. La police nord-irlandaise est reprise en main sur le modèle britannique, et les B. Specials dissous.
20 août 1968
Durant la nuit du 20 au 21 août, les armées du pacte de Varsovie envahissent la Tchécoslovaquie. Malgré la résistance passive de toute la population qui les obligera à passer un compromis avec Dubcek (accords de Moscou du 16 octobre), cette intervention marque la fin du Printemps de Prague.
08:18 Publié dans Ephèmèride | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
Commentaires
Le 20 août 1955, peu avant midi, à la mine de pyrite d'El Halia, petit village à 15 km à l'est de Philippeville, où vivent 130 européens et 2 000 musulmans, quatre bandes d'émeutiers, encadrés par des hommes de l'ALN appelant à la djihad et excités par les 'you-you' histériques des femmes, passent à l'attaque avec des armes de fortune. La surprise est totale. Des familles entières d'européens sont égorgées, massacrées. Les tueurs n'épargnent ni les femmes ni les enfants. La tuerie, minutieusement préparée par Zighout Youssef, pour qui il ne peut y avoir ni quartier ni pitié pour les européens, fera 35 morts, 15 bléssés laissés pour morts et 2 disparus.
A midi, le 20 août 1955, des centaines de fellahs desccendus des douars voisins, encadrés et poussés par les combattants armés de Zighout Youssef, envahissent Philippeville par le Faubourg de l'Espérance brandissant machettes, faux, serpes, gourdins. Ils cassent, détruisent, incendient. Les européens rencontrés sont sauvagement massacrés. Alertés par les coups de feu et le tumulte, les parachutistes du 1° RCP et les légionnaires du 3° BEP sortent rapidement de la caserne Mangin les armes à la main. La riposte est terrible, le quartier européen est dégagé. La tuerie et la chasse à l'homme ont changé de sens
On dénombrera 71 morts chez les européens et une centaine de victimes de musulmans francophiles. Par contre près de 2 000 morts chez les algériens. Le FLN annonce même 12 000.
L'histoire associe plus facilement Philippeville aux massacres du 20 août 1955. En fait, Zighout Youssef, commandant la villaya 2 du Nord Constantinois, avait planifié des attaques dans le quadrilatère Collo - Philippeville - Guelma - Constantine et 39 localités étaient concernées (Ain Abid, Catinat, Condé Smendou, El Halia, El Arrouch, Jemmapes, Robertville, Saint-Charles, etc..). Son objectif était de tuer le maximum, sinon la totalité, de Français.
La tragédie d'El Halia et de Philippeville (massacres de civils européens, réactions de défense et la répression des militaires français et des pieds noirs) consacrent un tournant dans le conflit algérien. Le fossé s'est irrémédiablement creusé entre les deux communautés. La peur, la haine, la vengeance supplantent les autres sentiments.
C'est maintenant la guerre et le gouvernement va multiplier les rappels de réservistes et maintenir plus longtemps les appelés sous les drapeaux.
Ecrit par : esjoch | 20.08.2006
Le massacre de la mine d'El Halia et de Philippeville le 20 août 1955, sera qualifié par Albert Camus d' "abominable provocation".
Ecrit par : JCG | 20.08.2006

