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11.08.2006
La femme sénégalaise
Contrairement à ce que beaucoup pensent, la femme sénégalaise d’aujourd’hui en milieu urbain n’est pas confinée à la maison avec pour seules missions les tâches ménagères et la reproduction. Son statut a beaucoup évolué, même s’il reste encore à faire selon nos critères occidentaux. Le mariage précoce ou forcé est formellement interdit par le Code de la famille, tandis que le Code Pénal réprime plus sévèrement qu’auparavant les violences faites aux femmes, y compris les violences conjugales et le harcèlement sexuel.
La femme sénégalaise ne se contente pas de gérer et d’organiser son habitat, mais jouit d’une indépendance et d’une autonomie certaines. En témoignent le boubou multicolore dont elle aime se parer, sa participation à la vie de la cité ou du village, ses prises de paroles en public.
Généralement extravertie, elle est très active sur tous les plans et, même si l’homme reste le chef de famille, elle est de tous les combats pour la marche vers la modernité, l’évolution de la condition féminine (rejet de la polygamie, accès à l’éducation, etc.), et pour s’imposer comme citoyenne à part entière. Elle n’est pas soumise comme certains le croient et ne se laisse pas marcher sur les pieds.
Elle joue un rôle important dans le domaine économique, notamment sur le plan agricole et commercial (monopole du commerce des fruits et légumes, par exemple; séchage et fumage du poisson). C’est ainsi qu’elle peut acquérir une autonomie financière. Elle est présente dans les administrations publiques et les collectivités locales.
Certes dans la brousse, où les activités sont réduites et les emplois salariés pratiquement inexistants, il est bien nécessaire que son statut s’améliore encore, mais il ne faut pas croire que la femme y soit réduite à moins que rien.
Malgré l’action d’associations et une législation sévère à son encontre, l’excision est encore pratiquée dans les campagnes, notamment chez les Peulhs et les Toucouleurs du Fouta et du Sénégal oriental. En milieu urbanisé, ce rituel d’un autre âge (par des femmes âgées sur les plus jeunes) a presque totalement disparu.
On ne saurait parler de la femme sénégalaise sans évoquer la tontine, un système de répartition des ressources à l’échelon du quartier ou du village. Cette institution est exclusivement gérée et utilisée par les femmes. Chaque semaine la mère de famille donne une somme fixée (500 ou 1 000 FCFA, soit 0,76 ou 1,52 €) et mensuellement une ou plusieurs familles se voient attribuer à tour de rôle une somme importante. Une famille momentanément dans le besoin peut aussi bénéficier d’une avance avant que son tour n’arrive.
La femme sénégalaise s’avère aujourd’hui l’élément moteur de la société et la base de l’organisation économique et sociale de demain dans le pays.
15:23 Publié dans Sénégal | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
Commentaires
Puissiez-vous dire vrai!!! La dame sur la photo est bien belle, en tout cas.
Ecrit par : marie | 11.08.2006
la petite fille elle aussi est bien mignone.
Ecrit par : christian | 11.08.2006
Eh oui, Marie, la femme sénégalaise joue un rôle de plus en plus conséquent dans son pays. Il lui arrive aujourd'hui d'occuper des postes à responsabilités, y compris dans la haute administration. Son statut a beaucoup évolué depuis depuis trente ans. L'homme n'est plus omnipotent.
L'idée que beaucoup s'en font encore est issue des images délivrées du temps de la colonisation ou de celles qui mettent en avant la société traditionnelle.
La pauvreté du pays n'empêche pas la dignité de cette femme. N'est ce pas là un point essentiel ?
Certes il y a encore à faire, mais la marche en avant ne pourra plus être stoppée.
Ecrit par : JCG | 11.08.2006

