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17.05.2006

Gorée, l'île aux esclaves.


Photos 1,2 et 3: Julie Martinelli
Ile d'une vingtaine d'hectares située à 3 km au large de Dakar.
Elle a été occupée depuis 1444 successivement par les Portugais, les Hollandais (1588), les Portugais à nouveau pour une courte période, les Anglais puis les Français (1677), qui sous le commandement du vice amiral d’ESTREES s’en empare au nom roi de France. Un moment reoccupée par les Anglais, elle est rendue à la France en 1817. Ce fut longtemps une escale fort disputée par les pays européens pour leurs navires se dirigeant vers les cotes sud de l’Afrique et les Indes ou les Amériques.
Longue de 900 m et mesurant 300 m dans sa plus grande largeur, c’est aujourd’hui une commune de l’arrondissement de Dakar qui a une population d’un millier d’habitants.
L’île présente deux parties bien distinctes: d’une part le Castel situé au sud sur une éminence basaltique, d’autre part, une partie basse où se trouvent le village, le petit port où accostent les bateaux qui font la liaison avec le continent et une petite plage où sont échouées les pirogues des pêcheurs. L’eau, en quantité limitée, est en partie fournie par une petite fontaine située à la pointe sud dont le débit s’arrête en période sèche
Elle vaut la visite tant du fait des musées et constructions qu’elle abrite que du fait de son calme, de son charme et de l’enchantement qu’elle procure quand on la parcourt à pied ou quand on s’y adonne à la réflexion assis face à l’océan.
Il est abusif de ne considérer cette envoûtante île que par ce qu’on appelle la maison des esclaves. Cette demeure construite vers 1780 par Nicolas PEPIN, frère d’Anne PEPIN, signare et maîtresse du Chevalier de BOUFFLERS, gouverneur du Sénégal (1786-1787), n’a jamais été une ‘esclaverie’.
C’était une maison commerciale de l’île où on achetait ivoire, or et gomme arabique. Au rez-de-chaussée se situaient les locaux des employés de maison et les réserves. A l’étage, où on accède par un double escalier en fer à cheval, se trouvaient les bureaux et les appartements. Elle aurait occasionnellement abrité des esclaves en transit comme la plupart des maisons commerciales de l’époque. Ce n’est malheureusement pas ce qu’il ressort des présentations et des explications que fournissent aux touristes le conservateur des lieux et les différents guides sénégalais sur l’île. La mise en scène et la décoration de manière à culpabiliser les visiteurs blancs sont choquantes et fortement contestées.
Accordons seulement à cette bâtisse une valeur symbolique tout en considérant que l’esclavage et la traite des noirs sont des crimes contre l’humanité. Et ces crimes ont été commis tant par les européens et les arabes que par les africains eux-mêmes puisque l’esclavage a été longtemps une pratique courante de ce continent.
Cela dit, les Portugais avaient bien construit au 16° siècle une esclaverie de transit sur l’île. Les Hollandais en firent autant au 17° siècle. Mais Gorée n’a pas eu l’importance que certains lui donnent dans ce domaine, puisque les historiens estiment qu’entre 1711 et 1810 l’embarquement local vers les Amériques naurait concerné que deux à trois cents esclaves par an.

12:30 Publié dans Sénégal | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note

Commentaires

on devrait remplacer l'histoire nationale par une histoire de l'humanité qui montrerait que tous les peuples ont été bourreaux et victimes...celà permettrait peut être d'apaiser les tensions et les conflits entre eux

Ecrit par : ulysse | 17.05.2006

2 ou 300 de trop, merci pour ces notes sur ce pays que j'aimerais visiter

Ecrit par : pierrot le zygo | 17.05.2006

En septembre, il y a une traversée à la nage de Dakar à l'île de Gorée. Il se peut qu'un jour j'aille la faire.

Ecrit par : waterplouf | 17.05.2006

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