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07.02.2006

Tri séléctif: l'alchimie des ordures

En jetant leurs ordures dans les containers multicolores ou dans les onze points de propreté Demeter de l'Agglo les montpelliérains gagnent la première étape du recyclage. Ensuite, le chemin est long pour transformer
Nos déchets en or. . .

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CHAQUE résident de l'Agglo., (où 90% des zones sont desservies par le tri sélectif) produit plus de 130kg de déchets par an, dont 46% renouvelables.
Les Montpelliérains restent de bons élèves en matière d'écologie, les trois quarts d'entre eux s'affairent à trier leurs déchets en accumulant des sacs poubelles multicolores dans un coin de leur cuisine.
Ce sont les services de l'Agglomération, qui depuis le 1er Janvier dernier sont chargés de collecter les ordures, qui sont ensuite livrées aux entreprises de triage.
La société «Delta Recyclage », par exemple, trie les déchets ménagers. Les divers emballages circulent sur un tapis roulant pour être séparés manuellement selon leur composition, avant d'être mis en balles. Ils sont ensuite livrés à d'autres entreprises spécialisées dans le papier, le verre ou le plastique.
Ce dernier est vendu à la société. « Valorplast », à Toulouse. Une sélection plus précise est réalisée, puis les matières sont broyées et brassées. Après un dernier tri suivant le principe de sédimentation; le plastique est recyclé de manière mécanique ou chimique. Les détails techniques restent réservés aux experts.
Bruno Romieu, ingénieur à « Valorplast », résume en quelques mots: « En fin de vie les plastiques deviennent soit matière, soit chimie, soit combustible ».
Grâce à ces méthodes"la société a recyclé plus de 4,72 milliards de bouteilles durant les 12 derniers mois. Certaines d'entre elles, par exemple, servent désormais à fabriquer des vêtements en polaire ou des sièges de voiture.

Coûts de transports importants
Les usines capables de donner une seconde vie à nos objets de consommation courante sont peu nombreuses en France. Partis de Montpellier nos déchets sont répartis dans tout l'hexagone, ce qui nécessite la mise en place d'un réseau de transport imposant. Et l'acheminement de nos ordures se fait le plus souvent par voie routière, l'une des principales causes de l'effet de serre.
Cela laisse planer le doute sur la véritable véracité écologique du système de tri sélectif. En effet, la plus value réalisée par les usines de recyclage s'avère intéressante.
En plein développement, ce secteur dégage d' importants bénéfices mais crée par la même de nombreux emplois.

L'écologie ça marche surtout lorsque c'est rentable !
Si tous nos déchets ne sont pas encore techniquement renouvelables, une partie de
ceux qui sont incinérés le sont pour des raisons économiques.
Bertrand Bohin" chargé de mission à
l'ADEME (Agence pour l'Environnement et la Maîtrise de l'Energie) explique que l'essor du recyclage dépend avant tout des apports économiques qui en résultent.
« Le traitement des pots de yaourt n'étant pas rentable, ils ne sont pas recyclés. S'il ne dégage pas suffisamment de bénéfices, le recyclage dépend des politiques qui peuvent l'imposer et verser des subventions ».C'est donc aux personnes de haut rang que revient la dimension écologique, puisqu'ils sont les seuls à pouvoir imposer et faciliter la création de nouveaux réseaux.
Bien entendu, aucun entrepreneur ne peut de lui même décider de recycler les pots de yaourt, mettant ainsi son entreprise en danger.
D'ailleurs, le fait qu'une entreprise profite du filon écologique dans le seul but de dégager d'importants bénéfices n'est pas forcément condamnable.
La préservation des ressources est devenue l'une des priorités à l' échelle planétaire.
Si le fait de préserver notre « mère nature» peut rapporter de l'argent et créer des emplois c'est encore mieux.
Et ce n'est pas parce que le recyclage est désormais l'affaire de professionnels que le premier geste ne revient plus à chacun de nous.
Eric GALLAND
Enquête réalisée en Mai 2004

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Commentaires

Bon reportage, bien documenté. Bravo.
Continuez ainsi.

Ecrit par : esjoch | 07.02.2006

C'était très intéressant!! Nous on est à Perpignan et on est dans un appart. On a pas la chace d'avoir un tri sélectif. Du coup, on doit faire le tri sélectif par nous même. On se trimbale nos poubelles jusqu'aux bornes collectives mais c'est chiant...

Ecrit par : julie | 08.02.2006

Le choix de ce sujet est très intéressant.

Le tri sélectif est une bonne chose mais j'aimerais également que l'on tarisse la source. En effet, aujourd'hui quand on se rend dans un hypermarché on constate un nombre d'emballages impressionnant. Le plus triste c'est que bien souvent ils ne servent à rien !

Afin de satisfaire une clientèle de plus en plus sédentaire, citadine et les foyers mono parentaux, nos chers industriels "emballent" leurs produits individuellement au lieu d'en mettre plusieurs dans le même pack. Ce qui est fort utile à certains mais qui engendre un nombre de déchets considérable.

De plus, ces emballages sont souvent inutiles. Je prends mon exemple. Il y a 15 jours j'ai acheté un paquet de Pépito ( je sais, je suis trop gourmand ! ). Et devinez ce que j'ai trouvé en ouvrant le paquet ? 2 sachets "fraîcheur" qu'il fallait encore ouvrir afin d'accéder aux gâteaux ! La question que l'on est en droit de se poser est la suivante : a-t-on besoin de sachets fraîcheur en plus de l'emballage classique ? Quand on ouvre un paquet de Pépito c'est pour le manger dans les minutes, les heures, voire les 2 ou 3 jours qui suivent sont ouverture. Il y a quelques années ces emballages n'existaient pas et les gâteaux étaient frais quand même.

Cet exemple peut prêter à sourire mais multipliez le par le nombre d'articles que contient un caddie moyen et vous verrez que le nombre de déchets inutiles est impressionnant ! Par ailleurs, il a bien fallu produire ces emballages et donc dépenser de l'énergie pour le faire, ce qui induit de la pollution supplémentaire, ...

Pourquoi, et c'est là une autre interrogation, faut-il tant de temps pour voir disparaître les sacs plastiques des caisses des hypermarchés ? Tout le monde ( clients, politiques, industriels, patrons de supermarchés, écologistes, ... ) s'accorde pour dire que ces sacs sont une menace pour la nature, car non recyclables dans l'immédiat, et personne ne fait rien... Ou presque car certains hypermarchés ont banni les sacs, sources de dépenses supplémentaires ( c'est donc l'intérêt économique qui l'a emporté et qui a permis à l'écologie de gagner une bataille ).

Je me suis intéressé il y a quelques mois au développement durable dans le cadre de mes études en D.E.S.S. et je publierai d'ailleurs peut-être un jour le dossier que j'avais remis à l'un de mes formateurs sur le sujet.

Je pense qu'il est donc important d'agir sur toute la chaîne et non uniquement sur le tri des déchets.

Ecrit par : Jérôme BERNARD | 08.02.2006

"les trois quarts des Montpelliérains s'affairent à trier leurs déchets en accumulant des sacs poubelles multicolores dans un coin de leur cuisine"
Les trois quarts ?! Ca me semble beaucoup quand je vois le local à ordures de mon immeuble de 80 logements où il n'y a qu'1 poubelle verte (pour les emballages recyclables) générallement vide pour 9 grises toujours pleines... D'où vient ce chiffre ?
Stéphanie

Ecrit par : Stéphanie | 09.02.2006

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