14 avril 2008

Un rien et des yeux. 4/6

Ils se répètent et enchaînent et se défont d’un coup d’œil, d’un coup de griffe, d’un coup de tranchant, le couteau est posé sur le bord du monde, ils pèsent lourd et enfoncent et demandent du jeu à tout, du jeu, du temps et des remarques, du chaud devant du rien, du tout, des airs fameux, des soins, des danses. Ils se posent, se posent, se défont et regagnent, les rois du jour, les princes aveugles, les bras tendus sur le jardin, sur le repos, sur la fin du monde.

12 Février 2008.

13 avril 2008

Un rien et des yeux. 3/6

Ils sont accrochés aux grilles, l’espoir balance le poids du monde sur la fin, sur le bruit des éraflures, sur le jour, sur le reflet, sur la fin du temps, sur tout et sur le mal, sur le soleil qui embrase et défait d’un cran, une ample brassée. Ils ont le regard court, les bras qui avancent, ils se saisissent et étalent et donnent au coin du jour une poussée pour se reprendre, pour balancer, pour y penser, pour y croire et recommencer, recommencer et répandre la gloire du clair moment, des ambitions, des certitudes, des revanches, la forme, la forme.

12 Février 2008.

12 avril 2008

Un rien et des yeux. 2/6

Les plus petits, leurs âmes attendent, ils sont accrochés, la grille porte un poids d’espérance, du trouble pour les yeux, du rouge pour les joues. Ils sont pendus et ils tirent de leur bras des effets de joie, du sang serré, des escalades, ils grimpent la grille et chantent et connaissent la vérité. Les plus beaux sur le bout du monde, ils chantent les rues, les saisons, la gloire, la liberté et les sanglots.

12 Février 2008.

11 avril 2008

Un rien et des yeux. 1/6

Ils se composent une apparence, un air tendre et reposé, sur la figure un effet, un rien de grâce et d’abandon, du fruit dans le nez, de la langueur sur la gencive, des raisons noires, des raisons fortes, des espérances, de l’orgueil, du désir, des cailloux dans la bouche, un accent parfait, une obscurité dans l’œil, de la timidité, de la chance, des brins de thym dans l’eau bouillante, et des yeux sous le sourire.

12 Février 2008.

10 avril 2008

Une pause.

Pensez,
à ces poètes,
pensez,
à leurs livres.

Corinne
http://cornec.canalblog.com/

JeanJacques
http://dorio.blog.lemonde.fr/

Colette
http://musiquedesmots.over-blog.com/

09 avril 2008

Ils étaient ils. 7/7

Le lit est posé, le toit est sur la tête, la raison est pure, dans les livres, sur les lèvres. Le champ est clos, les fleurs y poussent, les passants foulent le sable jaune, la confidence est sortie d’un cœur ému, les lèvres bougent et redisent le serment, la fureur, le retour et les spasmes. Ils hoquètent et pleurent leurs chaudes larmes, ils sont comblés et plein de sel et ils se figent sur le bord, sur le chemin, sur la serrure, sur les avances, sur la vérité, la liberté est en avance, ils étaient ils, ils étaient ils.

12 Février 2008.

08 avril 2008

Ils étaient ils. 6/7

Ils sont partis et recommencent et ils reviennent et ils sont contents et ils se mêlent et recommencent et se perdent dans les détails, dans le secret, dans l’échafaudage, ils sont en construction et chantent et perdent les batailles, un caillou suit l’autre et ils commencent et les plus perdus recommencent et les langues tournent sept fois. Ils sont contraints et ils se vantent, la lame est forte, le temps est beau, le couteau est posé au bord, la fenêtre est ouverte, le calme est plat dans le pays, les clés tournent dans la serrure et la main tremble et la porte frémit, ils se penchent sur le bord du monde, sur le temps passé et perdu et sans retour, et ils se serrent sur la tranche.

12 Février 2008.

07 avril 2008

Ils étaient ils. 5/7

Ils avancent et recommencent et ils se tournent et embrassent en passant une herbe sauvage, une pauvre fille de rien perdue, perdue et sans attaches. Ils se reprennent, ils sont contents, ils sont posés sur le parcours, la fête avance, le temps est clair, il est bordé de gens en transe. Ils avancent et cherchent l’âme, le corps, le perdu, le sans rien, ils sont carême, ils sont question, ils sont perdus, sur le sable, le couteau dans la poche, l’outil posé, la pierre sur la marge, les feuilles volent, le couteau tranche.

12 Février 2008.

Le Vigan (30120).

Aujourd'hui,
une flamme est en France,
le drapeau du Tibet flotte sur la mairie du Vigan.

06 avril 2008

Ils étaient ils. 4/7

Ils se perdent, ils sont enfuis, ils se séparent et recommencent et finissent sur la défense, dans l’air du jour, du soir, du rien dans le vent qui tourne et complique le sens des feuilles, en écorchures. Ils se tournent les uns, les autres, ils sont mêlés et sans parures et luisants, nus sous les feuilles noires, et en tremblant, ils se balancent sous les branches, ils se disent et recommencent et frémissent sur les chemins. Ils sont perdus et ils se noient et ils se content et enjambent le passé lourd, la mort des gens, les blessures. Ils ont des genoux et des entailles, et ils se penchent sur le temps, au bord du soir, au cri du vent.

12 Février 2008.

05 avril 2008

Ils étaient ils. 3/7

Ils ont les yeux bien hauts, et l’air malin et ils déroutent et chantent, sur le bord du temps, les chansons de pluie et de chevaux dans le pré. Ils achèvent, ils contemplent, ils énumèrent et envisagent, et ils fuient sous le ciel changeant, le tonnerre, la voie si pleine et sans entrave et alléchante. Sous le ciel, ils sont sans trembler. Ils cherchent l’issue, le pas si lent, la course calme, les effets de mains dans la boue, et ils se sèchent au vent tiède, sur les pierres du bord du temps, sur les averses, sur la rive, dans le grand œil présent au doux sourire.

12 Février 2008.

04 avril 2008

Ils étaient ils. 2/7

Le son est au loin et ils étranglent sans attendre les reflets bleus sur le chemin, sur le devant, dans l’espérance, dans le silence, dans le regret et l’escalade. Ils se défont et vont et viennent et connaissent en y songeant la peur d’arriver, de finir seuls, d’être si grands, si loin, si beaux, et si charmants. Ils se balancent sur le temps, sur le fil, sur les cathédrales, sur l’air pur, sur le souffle court, dans des mares de petites bulles.

12 Février 2008.

03 avril 2008

Ils étaient ils. 1/7

Ils sont en boules, sous les rayons, ils se serrent les uns aux autres, tout est brouillé, tout est bridé, les écorchures se reprennent, ils se dégrafent et tirent haut. Ils s’en vont loin sur la dérive, sur le rebord, sur les cahots, et ils se battent sans mot dire. Ils sont unis et pleins, et d’ardeur, et de reconnaissance, et ils se gonflent sur le dos, sur le sol, sur le pied qu’ils lancent.

12 Février 2008.

02 avril 2008

Ils remplissent, ils vident. 7/7

Les lèvres pincées écourtent le temps, ils pleurent en silence, sur le dos de la main, sur le pied qui souffre et marque le monde de sa déraison, ils sont pendus, ils sont tristes, ils sont aveugles et fermés sur l'oubli, et perdus dans le monde et chargés du rien qui pèse un poids de planches et de cailloux. Ils remplissent, ils vident, une outre de vent, ils gonflent et se suspendent et attendent des vertiges, des erreurs, des remords, du poids de l'eau dans l'air, du rire sur le sable.

31 Décembre 2007.

01 avril 2008

Ils remplissent, ils vident. 6/7

Les mots sont aveugles et sourds, les saisons sont perdues en espérance, la confiance est mortelle, les regrets sont incertains. Il pèse, lourd et bleu et bien pendu sur l'eau, le poids, des sacs de rien, des outres de vent raide. Des filets de sable coulent entre les doigts, sous les yeux, perdus dans le cœur et dans l'ombre.
Il fait froid, il fait du vent, ils cheminent dans l'ombre et comptent les mots sur les doigts, sur le cœur, le bien épanoui et gonflé de terreurs. Ils avancent vers l'ombre et pleurent en chemin, ô que tout est noir, ô que tout cela est lourd et sans rien et sans joie et fermé sur les dents.

31 Décembre 2007.

31 mars 2008

Ils remplissent, ils vident. 5/7

Ils se torturent et tournent dans la tête le poids des mots jaloux, des idées et des rites. La fraîcheur et le temps, ils pèsent d'un poids noir, d'une erreur de corail et de solitude. Il y a sur le sol, la paille et le marbre, et le souvenir lourd et le regret noirci, les fleurs fanées, les ébauches, les rires, les saisons ravagées, les heures sans sommeil, le poids bien lourd et bien noir des avancées vers l'ombre, vers la peur, vers la nuit, vers le courant perdu.

31 Décembre 2007.