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20 avril 2008

Addendum

Les bonnes nouvelles arrivant tous les jours, je me dois, pour être juste envers Mr Couderc le sénateur-maire de Béziers accroché hier sur son « déni de compétence envers les femmes » à l’Agglo de Béziers-Méditérranée, de souligner que Mr Bouldoire, le maire conseiller général de Frontignan n’a pas fait mieux à Thau Agglomération dont il vient d’emporter  la présidence : 8 communes dont la sienne et 7 vice-présidents. Et autrement dit, pas une femme !

            Pierre Bouldoire, pensez, c’est un socialiste, je le connais bien, il m’a beaucoup soutenu pendant ma campagne aux élections législatives, semble faire le contraire de ce qu’il dit.

            C’est bien décevant, pour la parité, la démocratie, le progressisme et le développement. Mais tout le monde ne peut être José Luis Zapatero.

19 avril 2008

Prier la madone

Je salue le travail de deux journalistes, Mr Boucomont et Mr Szewczyk, respectivement chef d’agence de Midi-Libre et de l’Hérault du Jour à Béziers. Dans le compte rendu qu’ils font de la mise en place du conseil d’agglomération, les deux soulignent la rareté des femmes  :  7  sur 49 sièges et pas l’ombre d’une parmi les 12  vice-présidents. Pour Michel Szewczyk, « il ne s’agit ni plus ni moins qu’un déni de compétence envers les femmes ».  

Si manifestement, la parité n’est pas la préoccupation de la communauté d’agglomération de Béziers –Méditerranée, c’est quand même un peu mieux à Montpellier, 7 vice-présidentes sur 27 et pour ce que j’en sais pour l’instant, 4 vice-présidentes sur 14 à Narbonne, où ni Frêche ni Bascou n’ont hésité à promouvoir de simples conseillères municipales dans leurs exécutifs. Vous me direz, normal, ils savent que je les ai à l’œil. Mais dans ce cas, cela signifierait qu'à Béziers,  Mr Szewczyk est en plein dans le vrai, et qu’à l’inverse, Mr Couderc, le sénateur maire qui je crois n’est pas corse, observerait quand même le conseil donné aux hommes dans l’île de beauté: « Prie la madone, vote au village et méfie toi des femmes » !

 

18 avril 2008

Les bretelles

Le sénateur Charasse, - « un électron libre cynique, machiavélique, machiste » selon l’un de ses collègues socialiste-, bien connu pour son goût des bretelles, vient en fait de se les faire remonter. Il a été suspendu par le Parti socialiste pour avoir permis le 20 mars la réélection de Mr Gouttebel à la présidence du conseil général du Puy de Dôme contre l’avis des instances fédérales qui avaient investi la vice-présidence (PS) du sénat,  Michèle André. Dans la foulée, 17  conjurés autres ont subis le même sort ; Mr Gouttebel quant à lui a été directement exclu.

            Je ne sais pas si Michel Charasse a été suspendu par ses bretelles. Mais ce qui est clair, c’est que sa suspension risque de se traduire  en pendaison s’il ne revient pas « dans un délai raisonnable », à de meilleurs sentiments.

            Ce qui compte en politique, ce n’est pas ce que les hommes et les femmes disent, mais ce qu’ils font. Mr Charasse ne s’est pas contenté d’une déclaration à l’emporte pièce. Il a bel et bien commis un acte d’indiscipline et de rébellion contre le Parti socialiste dont il détient pourtant son élection. Au Sénat et au conseil général.

            Je vous pose donc une question. Les bretelles ont-elles au PS une fonction immunitaire ? Parce que j’en connais qui n’en portent pas ; ils ont été lourdement condamnés. Pour des faits juridiquement non avérés.  

           

           

17 avril 2008

« Capitan, mande firmes »…

… un coup de clairon, « et maintenant, dites avec moi : Viva Espana ! Viva et Rey ! ».

La photo, historique en Espagne, d’une femme de 37 ans, Carme Chacon (veste noire sur casaque blanche rayée de noir façon Zara, le Monoprix chic espagnol de la mode), enceinte de 6 mois dans ses habits neufs de Ministre de la Défense commandant aux soldats de se mettre au garde à vous et de prononcer avec eux le traditionnel « Viva Espana ! Viva El Rey », a fait un tour d’Europe hier.

Mieux, souligne Miguel Gonzalez, journaliste de El Païs, « sa voix n’a pas tremblé quand elle a donné son premier ordre », même si en passant ses troupes en revue dans la cour du Ministère de la défense,  « elle a - dit-il encore - à un moment un peu perdu le pas ».

Quand je vous dis que ce n’est pas gagné !

 

Elpais.com – Vidéo : Chacon pasa revista a los tropas.

16 avril 2008

« Los barones »

Zapatero, je vous en parlais hier, a aussi pour la première fois en Espagne, nommé une Ministre de l’Egalité, et confié la Défense à Carme Chacon, une jeune femme enceinte de plusieurs mois. Le dilemme de cette « maternité publique » fait deux pages dans le quotidien « El Païs » (14 avril 2008).

            En effet, au moment où un ministère de plein exercice est chargé de trouver les solutions pour placer les hommes et les femmes sur un pied d’égalité dans la société espagnole, se pose un problème pratique : que peut faire une Ministre de la Défense enceinte à la naissance de son bébé ? Et lorsque cette dernière, dûment interrogée par TVE, la principale chaîne de télévision, répond, que sa « maternité est compatible avec ses nouvelles responsabilités », survient alors une autre question : « oui, mais comment » ?

            En Espagne, 18% des femmes qui exercent des responsabilités exécutives renoncent à leur congé de maternité. La ministre n’a pas dévoilé son plan, mais tout le landerneau  bruisse et spécule : si Carme Chacon veut être ministre de la Défense « comme un homme », le congé de paternité existe, mais il est beaucoup plus bref, elle se verra obligée d’abréger le sien.

            Sauf que si le congé de paternité est bien vu, les hommes y gagnent en image sociale,  les femmes sont pénalisées dans l’opinion quand elles renoncent au leur. Problème?

             A moins que le dilemme de cette maternité publique espagnole soit devenu celui de « los barones » bien obligés « d’accepter le maigre rôle » que leur a assigné Zapatero.  En français on aurait dit  les « éléphants ».

           

15 avril 2008

Marque de fabrique

L’Espagne rejoint la Finlande et la Norvège, à forte tradition d’égalité,  au club fermé des pays comptant plus de femmes que d’hommes dans leur gouvernement. Une décision de Zapatero, sans aucun doute de portée historique, considérée dans la plupart des pays européens comme un signe clair de progrès.

Dans un temps record -4 ans - l’Espagne a comblé la distance qui la séparait des autres pays en matière d’égalité hommes-femmes pour se situer aujourd’hui en position de leader : législation (Loi contre la Violence de Genre, Loi sur l’Egalité, Loi sur l’incorporation des femmes dans le marché du travail, Loi sur l’articulation de la vie familiale et professionnelle …), présence des femmes aux postes clefs de décision, volonté politique et pédagogie du Président Zapatero font de l’égalité un facteur puissant d’avancée de la société.

La parité dans la représentation publique n’est pas une fin en soi, ni l’application stricte de la règle des 50%.  L’équilibre de femmes et d’hommes au pouvoir est l’instrument qui permet, en valorisant des talents féminins  longtemps tenues en marge de l’exercice de la politique, d’améliorer la démocratie, de la conforter, de la rendre plus citoyenne, plus intelligente, plus ouverte, mieux adaptée au développement.

Les 9 femmes ministres du nouveau cabinet Zapatero cumulent un bagage impressionnant de connaissance, d’expériences politiques, de savoir-faire personnels. Il ne s’agit nullement de « femmes quotas », mais de personnalités qui ont fait leurs preuves et seront jugées sur leur travail et leurs résultats.

Mais leur présence au sein de la chose publique envoie  aussi un message d’espoir à toutes les femmes du monde et stigmatise, là où elle persiste encore, la culture machiste et rétrograde.

Zapatero a décidé d’imposer avec force des valeurs qui donnent de son pays une image de modernité, de développement et de progrès.  C’est la valeur d’égalité, en tant que marque de fabrique du nouveau gouvernement espagnol.

 

10 avril 2008

Tremblement de terre

Quand j’étais au Lycée, c’était avant Mai 68, la « surveillante générale » se plantait le matin sur le passage obligé des élèves pour épier la faute vestimentaire des « jeunes filles » et, pour tout manquement à la bienséance vous vous trouviez déférée devant une autre femme,  LE "censeur", dont je n’ai jamais rien compris au rôle, sauf que cela bardait, pensez, les parents derechef étaient informés !

            Je ne sais pas si ceux de Mme Nathalie Kosciusko-Morizet ont été saisis de l’audace de leur Secrétaire d’Etat de fille  pour avoir dit aux députés UMP, cette « bande de lâches », ses quatre vérités à propos du projet de loi sur les OGM sur lequel ils l’avaient carrément … lâchée. Ce qui est sûr c’est que la sanction du censeur  est tombée : privée de sortie… au Japon par le Premier ministre Mr Fillon.

            Ce n’est pas bien grave. Au Japon, l’Ambassadeur de France dort avec un casque posée sur sa table de nuit, et quand vous arrivez à l’hôtel vous trouvez en guise de bienvenue dans votre chambre, bien en vue, les « Consignes à adopter en cas de tremblement de terre ».

            Mais que Mme Kosciusko-Morizet se rassure. Ce ne sera certainement pas pour cette fois-ci !

09 avril 2008

Pub ?

Un membre du Barreau de Montpellier, avocat spécialisé dans le droit du travail, donne aux salariés sur la plate-forme Midiblogs, plusieurs motifs de saisir le Conseil des prud’hommes. Sans être une experte tout cela me paraît très sérieux, les articles de lois sont cités ; il est fait souvent référence aux principales jurisprudences. Des sujets sensibles et d’actualité comme le harcèlement au travail sont particulièrement développés.

Toutefois, ce qui me gêne un peu c’est le titre du blog « Conseil de Prud’hommes », un tantinet accrocheur,  et qui ne renvoie pas à la juridiction en question comme on pourrait s’y attendre, mais … au cabinet du dit auxiliaire de justice.

06 avril 2008

La leçon du Chili

Avec l’aide du centre –gauche au pouvoir, de l’Eglise catholique et des partis de droite, Michèle Bachelet, la présidente socialiste du Chili, s’est vu refuser un plan ambitieux de planification familiale dont l’objectif était – dans un pays ou l’interdiction de l’IVG n’empêche pas 160 000 avortements clandestins par an-, de distribuer gratuitement et sans autorisation préalable, la pilule du lendemain, aux adolescentes les plus démunies.

            Au Chili, dans les milieux défavorisés, une jeune fille sur cinq de moins de 20 ans a déjà un enfant, contre une sur trente dans les classes aisées, car, contrairement aux pauvres, les femmes aisées peuvent s’offrir des IVG dans des cliniques privées qui les déguisent en appendicite. C’est Le Monde de dimanche 6-lundi 7 avril qui le raconte.

            J’ajoute deux choses : la première c’est que je demande à celles qui se proclament « non-féministe » d’y réfléchir à deux fois, même si c’est de bon ton de se démarquer de cette philosophie. La seconde, c’est qu’en politique, certaines valeurs ne doivent pas être négociées. Même au prix d’un bon accord avec le centre.

            La leçon du Chili aujourd’hui est là pour nous le rappeler.

03 avril 2008

Eurobarometre

Au moment où quelques jugements à l’emporte pièce sont portés sur les euro- député(e)s, Eurobaromètre met sur le Parlement européen quelques pendules à l’heure. Ainsi, seuls 40% des personnes que Eurobaromètre a interrogées savent que leurs représentants à Bruxelles ou Strasbourg sont élus directement par les citoyens, et seulement 2% d’entre elles connaissent la date de leur réélection en juin 2009. Mais tous, à une très forte majorité placent l’égalité hommes-femmes au premier rang des politiques prioritaires de l’Union, dont, rappelons le, la base légale a été inscrite dans le traité fondateur de Rome il y a  plus de 50 ans.

            Je ne saurais donc que suggérer à mes amis socialistes d’intégrer sans tarder cette dimension dans la Déclaration de principe du Parti socialiste que la Convention prévue à la mi-juin 2008 se propose de modifier. Au motif, comme le dit François Hollande « qu’il y a des valeurs qui se sont imposées, des défis qui sont apparus  (…) et qu’il est important de dire ce qu’est qu’être socialiste aujourd’hui en France ». Clairement !

 

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