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29 mars 2008

"Scrutin de gladiateur" ou archaïsme?

Il y a depuis le 16 mars 2 femmes de plus à la direction des 186 cantons  que comptent les 5 départements du Languedoc-Roussillon. Elles sont 12 au lieu de 10 en 2004, et au palmarès régional, l’Aude caracole en tête (11, 42% de conseillères générales), suivi des Pyrénées –Orientales (9,68 %) et de la Lozère (8%). Et même si ces chiffres sont en dessous de moyenne nationale (estimée à ce jour autour de 14%), ils peuvent paraître satisfaisants en comparaison du Gard et de l’Hérault qui décrochent le zéro pointé : 1 conseillère générale sur 46 dans le Gard (2,17%), et 2 sur 49 (4,08%) dans l’Hérault.

 Les causes de ce déficit de féminisation ne  peuvent de manière simpliste relever que du pur machisme. La colère à cet égard de Mr Alary dans le Gard - à l'investiture, "on" lui retoque une candidate-  en atteste ; la réflexion engagée sein de la majorité départementale dans l’Aude milite dans le bon sens.

Alors, où sont les freins ? J’en vois trois.

-                           « l’égalité des chances » au niveau des candidatures n’est pas la même pour les hommes et pour les femmes. Les candidatures féminines au 1er tour du scrutin 2008 (21,10% au niveau régional) sont très loin de se traduire en sièges (5,7% d’élues).

-                            La progression des élues à pas de tortue découle, de la nature même du scrutin majoritaire, « Un scrutin de gladiateur » selon Edouard Herriot.

-                           enfin, l’effet « notabilière » joue à fond. Les élections cantonales sont encore en 2008,  pas mal caractérisées  par l’immobilisme. En  témoigne partout le poids considérable des sortants.

 Alors, pour 3 ans encore, les électeurs et électrices du Languedoc-Roussillon, pourtant clairement en attente d’une féminisation de leurs représentants devront se contenter dans 93% des cas de cantons dirigés par des hommes.

C’est bien dommage, car, en elles même ce ne sont pas tant les assemblées départementales qui, dans nos sociétés modernes font figure d’archaïsme, mais bel et bien leur mode de scrutin.

10:45 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

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