14.03.2008
Les Oligarques: Essai d'histoire partiale
Ancien " poilu " de 14, ce militant notoire du rapprochement franco-allemand entre les deux guerres est révoqué par Vichy. C'est en 1942 qu'il écrit cet " hymne à la divine liberté perdue " qu'est les Oligarques (petite minorité d'Athéniens bien-nés qui à deux reprises vers l'an 400 avant notre ère exercèrent un pouvoir despotique sur leurs concitoyens au nom d'une conception aristocratique de la société).
Destiné aux Editions de Minuit clandestine, le livre parut pour finir après la Libération : entre les lignes de ce brillant et offensif exercice d'histoire partiale se lit un parallèle troublant entre deux époques séparées par plus de deux mille années. Avec, pour le lecteur d'aujourd'hui, cette interrogation fondamentale : l'histoire n'est-elle qu'un recommencement ? Et ce doute qui le saisit : pourquoi donc les bons triompheraient-ils nécessairement des méchants ?
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09.03.2008
Nouvelle loi sur la discrimination positive !
18:15 Publié dans Actualités , Blog , Coup de coeur/Coup de griffe , Débat/Forum , Ecole éducation , Famille , Livre , Loisirs/Culture , Politique , Traditions | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : Nouvelle loi sur la discrimination positive !
18.02.2008
L'insoutenable légèreté de Monsieur Sarkozy
L'insoutenable légèreté de Monsieur Sarkozy, roi de la politique gadget ! Ses initiatives politiques, mélange d'improvisation et d'amateurisme, ont de plus en plus de mal à cacher son absence de projet politique. Combien de temps la politique marketing fera-t-elle illusion ?
La shoah expliquée à nos petits enfants. Ou comment un petit garçon de 6 ans, arraché à sa mère , déshabillé de force, mené dans une chambre confinée pour y être gazé au Zyclon B avant que son petit corps désarticulé ne finisse brulé dans un four crématoire, est devenu le correspondant de mon fils de 10 ans.
Quelle est cette nouvelle farce, grotesque et pathétique?
Rien ne nous sera donc épargné ?
Péricles
"A la seconde, mon sang s'est glacé." Simone Veil, présidente d'honneur de la Fondation pour la mémoire de la Shoah et ancienne déportée, était présente mercredi 13 février, au dîner du CRIF, quand Nicolas Sarkozy a proposé d'associer chaque élève de CM2 à un enfant victime des persécutions nazies.
UNE DÉMARCHE "NÉCESSAIRE", POUR M. SARKOZY
Un peu plus tôt, en déplacement à Périgueux pour annoncer un plan de réforme de l'école primaire, Nicolas Sarkozy avait défendu à nouveau sa proposition très critiquée : "On ne traumatise pas les enfants en leur faisant ce cadeau de la mémoire d'un pays, pour leur dire un jour, c'est vous qui écrirez l'histoire de ce pays. Nous, nous en sommes la mémoire, ne refaites pas les mêmes erreurs que les autres."
Et le chef de l'Etat de poursuivre : "Il s'agit d'une démarche contre tous les racismes, contre toutes les discriminations, contre toutes les barbaries, à partir de ce qui touche les enfants, c'est-à-dire une histoire d'enfants qui avaient leur âge." "C'est d'autant plus nécessaire que les survivants de cette époque tragique de notre histoire vont disparaître (...), ce sont nos propres enfants qui, de génération en génération, se transmettront ce souvenir", avait-il déclaré.
Article publié sur le Monde.fr (copié sur le site Le jeu de Gerri)
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25.01.2008
Sarkozy, l'anti-Périclès !
" Devant le peuple également, Périclès voulait éviter d'être constamment présent et de saturer les gens de sa vue. Il ne se montrait à ses concitoyens que de manière intermittente, pourrait-on dire; il ne s'adressait pas à eux à tout propos et ne se présentait pas sans cesse devant eux (...) Il se réservait pour les grandes occasions. Le reste du temps, il traitait les affaires par l'intermédiaire de ses amis et d'orateurs de son parti." (Vie de Périclès Plutarque Quarto p. 329)
Ou bien:
" Un jour, par exemple, un individu particulièrement vulgaire et grossier l'insulta et l'accabla d'outrages. Périclès le supporta en silence, toute la journée, en pleine agora, en continuant à régler les affaires urgentes. Le soir, il s'en alla tranquillement tandis que l'autre le suivait et lui lançait toutes les injures possibles. Avant d'entrer chez lui, comme il faisait déjà nuit, il ordonna à l'un de ses serviteurs de prendre une lampe pour raccompagner l'homme et le reconduire chez lui." (ibid.)
Tiré du site Les philosophes antiques à notre secours
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21.01.2008
A méditer !
“ La plus grande preuve d'estime, que l'on puisse donner aux gens que l'on a l'honneur de diriger, ce n'est pas de les flagorner, mais de leur parler gravement, en leur montrant les choses comme elles sont. “
Louis Hubert Gonzalve Lyautey
Une citation que nos dirigeants politiques devraient méditer.
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14.01.2008
Le cri d’alarme d’une iranienne.
Femme, intellectuelle et iranienne, Chahdortt Djavann réinvente la figure du “dissident” tel que feu l’Union soviétique en produisait avant la chute du mur de Berlin. Comme les Boukovski, Glouzman, Gorbanevskaya des années 1980, cette écrivaine combat l’islam politique avec les seules armes à sa disposition : les mots. A mon corps défendant, l’Occident s’ajoute aux conférences, articles et analyses que l’auteure a déjà produits - en sus de son travail d’écrivain - pour réveiller une opinion publique occidentale insouciante, naïve ou endormie face au danger islamiste en général, et atomique iranien en particulier.
Bien que la philosophie politique ne soit pas son métier, Chahdortt Djavann pense juste. Peu importe qu’elle bricole sa définition du totalitarisme islamique à l’aide du Petit Robert ou d’un article du Monde, ses cris viennent du coeur autant que de la raison : “Comment croire qu’une religion née il y a mille quatre cents ans en Arabie, et dont toute l’architecture repose sur le caractère immuable des lois qui la constituent, puisse être une religion progressiste ?” Quant à savoir si les dogmes islamiques sont, dans une société moderne, “compatible(s) avec la démocratie : la réponse est non ! (…)” D’ailleurs, affirme-t-elle, toute religion juive, chrétienne ou autre qui se mêlerait de prendre le pouvoir engendrerait un système totalitaire. Mais comme l’islam est son sujet, “la question qui se pose vraiment est de savoir si les musulmans ont la capacité de remettre l’islam à sa place, c’est-à-dire dans le domaine privé”.
Soucieuse de communiquer sur la menace que les mollahs iraniens font courir à la paix mondiale, elle consacre de longues pages à reconstituer la rancoeur du clergé iranien. Relégué dans les mosquées par la dynastie Pahlavi, jamais le clergé chiite d’Iran n’a accepté de voir son influence réduite à la sphère privée. Khomeyni, perçu en Occident comme un leader “sincère”, incarne en réalité un leader revanchard et frustré qui haïssait aussi “sincèrement” la démocratie, la liberté et l’Occident qu’”Hitler les Juifs”. Dans cette perspective, la volonté des mollahs de se doter d’un arsenal nucléaire terrifie tout simplement l’auteure. En 2006, quand le président iranien Ahmadinejad organise de vastes manoeuvres militaires, “savez-vous comment s’appelaient ces grandes manoeuvres avec leurs missiles Shahab, Zelzal et Fateh ? Je vous le donne en mille : elles s’appelaient Grand Prophète 2… Mahomet lui-même, associé à des tirs de missiles (…). Vous imaginez l’armée française organiser des manoeuvres intitulées Jésus 2 ?”
Comme les ex-dissidents soviétiques, Chahdortt Djavann ne comprend pas la “tolérance” occidentale - et française - vis-à-vis d’un Iran atomique. Elle comprend encore moins que l’Etat s’interroge sur un éventuel financement de mosquées sur le territoire national. Les mosquées ne sont pas “de simples lieux de culte, ils sont une institutionnalisation de l’islam en France”, menace-t-elle. Et cet “enracinement” lui apparaît porter en germe des conflits de pouvoir d’autant plus dangereux qu’il incite la majorité des musulmans, aujourd’hui non pratiquants, à rompre avec leurs habitudes et à se plier à un modèle dominant du musulman agenouillé et priant cinq fois par jour. Pour les croyants qui souhaitent prier et seulement prier, Chahdortt Djavann propose au clergé catholique d’ouvrir ses églises une ou deux fois par semaine. Tant pis si, ces jours-là, les églises accueillent un public plus nombreux que le dimanche.
L’écriture fougueuse, les propos résolus et surtout le titre de l’ouvrage masquent mal la peine ressentie par l’auteure face aux brutalités que les fanatiques religieux infligent à son pays. Chahdortt Djavann a choisi l’Occident, comme d’autres en leur temps choisissaient “la liberté”. A regret comme l’indique le titre. Mais les douleurs de l’exil, la chose est connue, ont toujours favorisé la création littéraire. [source]
Article de Yves Mamou, paru dans Le Monde du 10.11.07.
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04.01.2008
Dans quelle civilisation voulons-nous vivre ?
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03.01.2008
VOUS AVEZ DIT ANTIAMERICANISME ?
Ceux qui s’ enthousiasment aujourd’hui de la « rupture » intervenue dans la politique française au cours des derniers mois se félicitent que notre diplomatie soit enfin débarrassée de son « antiaméricanisme viscéral ».
Dès qu’il est question des relations de la France et des Etats-Unis, il est des bons apôtres aussi prompts à dénoncer l’antiaméricanisme que Georges Marchais l’était autrefois à couper la parole de ses interlocuteurs en disant: « ne tombons pas dans l’antisoviétisme primaire ! ».
Il est permis de se demander à ce sujet : de quoi parle-t-on ? Les Français sont-ils, furent-ils jamais antiaméricains ?
Des divergences…
Il est vrai que depuis les années cinquante, certaines divergences sont apparues à plusieurs reprises entre les positions de Paris et celles de Washington. Dès 1956, les Etats-Unis condamnèrent et firent cesser l’engagement militaire des Français et des Britanniques aux côtés d’Israël contre l’Egypte. Ils désapprouvèrent à la même époque l’aide discrète de la France à l’armement nucléaire israélien. Ils firent les yeux doux au FLN algérien.
Mais c’est à la grande époque de la diplomatie gaullienne, entre 1964 et 1969, qu’éclatèrent les désaccords les plus fragrants : projet de force multilatérale (visant à contrer l’armement nucléaire français qui irritait les Américains), reconnaissance de la Chine de Pékin, rôle du dollar, discours de Pnom-Penh contre l’intervention américaine au Vietnam, embargo sur les armes à destination d’Israël lors de la guerre des Six Jours.
Les points de friction ouverts furent par la suite bien moins nombreux Malgré les algarades de Michel Jobert, Pompidou et Giscard, puis Mitterrand prirent rarement l’Amérique de front, d’autant qu’entre 1970 et 1985, la guerre froide s’était durcie. Les frictions principales portèrent sur les négociations commerciales (agriculture et culture).
La France participa à la première guerre du Golfe, et participe encore aux côtés des Etats-Unis à la plus récente guerre d’Afghanistan. Même si les efforts des Français à l‘OTAN pour éviter les bombardements de civils serbes irritèrent les Américains (le genre d’irritation que veut désormais éviter Hervé Morin !), la participation de la France à la guerre de Yougoslavie (1999) marque un alignement sans précédent sur l’OTAN: on ne peut oublier le conformisme obtenu de l’opinion française pendant cette guerre par une pression médiatique sans égale. Approuvée au Congrès à une courte majorité, cette guerre le fut à la quasi-unanimité au Parlement français.
Dans la période récente, seul le désaccord du gouvernement Chirac vis-à-vis de la guerre d’Irak (2003) exprimé avec panache par Villepin à l’ONU marque une divergence comparable à celles des années soixante.
Tout se passe comme si cette divergence avait été d’autant plus mal ressentie qu’elle était devenue exceptionnelle.
Le plus remarquable est que, presque toujours, le gouvernement français ne faisait que partager l’opinion d’une partie substantielle de l’opinion américaine : sur la guerre d’Irak, une majorité des Américains considère aujourd’hui que la France avait raison. La dissidence serait-elle permise aux seuls citoyens des Etats-Unis mais pas aux Etats supposés vassaux, comme au temps de la guerre du Péloponnèse, les citoyens d’Athènes avaient voix au chapitre mais pas ceux de Délos ?
Il est également remarquable que tout au long de ces soixante années, les Etats-Unis n’ont pas eu dans les crises majeures d’allié plus solide que la France : ce fut le cas avec l’affaire des missiles de Cuba , ce le fut avec celle des euromissiles en Allemagne ( au moins après que Mitterrand ait succédé à Giscard) , ce le fut aussi après le 11 septembre (1) où la coopération policière de la France avec les Occidentaux ( la seule qui importe face à ce genre de menace) fut exemplaire. Au passage, on notera le contraste entre la solidarité sans faille des Français (opinion publique comprise) avec les Etats-Unis après les attentats de New York et la désinvolture avec laquelle le gouvernement américain laissait ouvert à Washington six ans plus tôt un bureau du FIS algérien au moment où ce dernier faisait sauter des bombes dans le métro parisien (2) !
Les Etats-Unis devraient avoir appris les leçons d’ Autant en emporte le vent. Dans les véritables épreuves, c’est la fille rebelle, Scarlett O’Hara qui est l’appui le plus solide du clan.
Mais pas d’hostilité de principe
Mais aux yeux d’un certain atlantisme débridé, même nos divergences passagères témoigneraient d’un antiaméricanisme viscéral.
Divergences on l’accordera, mais y eut-il, y a t-il en France un antiaméricanisme viscéral à quelque niveau que ce soit ?
Un antiaméricanisme comparable par exemple à la vague antifrançaise hystérique qui s’est déchaînée aux Etats-Unis, excitée par Fox news et autres média, durant la dernière guerre d’Irak – où l’on envisagea sérieusement de débaptiser les French fries en représailles de l’abstention française !
Nous savons qu’il ne faut pas confondre Anglais et Américains mais y a-t-il un seul éditeur Français qui accepterait de publier, à l’encontre du monde anglo-saxon, les tombereaux d’insanités antifrançaises à l’usage des touristes que l’on trouve à la librairie anglaise de la rue de Rivoli ?
Cet antiaméricanisme viscéral, haineux, irraisonné qu’on nous impute, on le cherche.
Rien en tous cas dans l’opinion française actuelle de comparable aux sentiments antianglais qui existaient sous Napoléon ou au temps de Fachoda. Rien non plus qui s’apparente à l’antigermanisme qui a prévalu chez nous durant un siècle.
On peut même penser que le sentiment antiaméricain était plus vif dans les années soixante. Même si les événements de mai soixante-huit ont coïncidé avec le souhait américain de déstabiliser le général de Gaulle (3), le sentiment dominant des étudiants était alors, beaucoup plus qu’aujourd’hui, l’hostilité à l’Amérique : le mouvement de mai avait été préparé, on l’oublie trop, par une vague de manifestions de grande ampleur contre l’intervention américaine au Vietnam. Le Nouvel Observateur évoqua une fois une femme qui ne pouvait regarder John Wayne au cinéma car, disait-elle, le grand acteur de western lui faisait penser au président Johnson et aux cris des enfants vietnamiens sous le napalm. Qui aujourd’hui refuserait de voir une série américaine pour pareil motif ?
Entre temps, il est vrai, au cours de la décennie soixante-dix, la gauche soixante-huitarde fit le pèlerinage Greyhound outre-atlantique et découvrit fascinée, l’Amérique underground. Cette fascination, vite étendue à l’Amérique officielle, a produit la « gauche américaine » de Libé à Bernard-Henri Lévy.
Il est vrai qu’il existe aujourd’hui une extrême gauche antiaméricaine et anti-Bush virulente. Mais nos altermondialistes n’ont jamais été aussi violents que ceux d’Angleterre ou d’Italie. L’Amérique qu’ils haïssent est une Amérique abstraite, tenue pour le symbole du capitalisme mondialisé (à tort car les Etats-Unis sont beaucoup moins mondialistes qu’on le croit dès que leurs intérêts en jeu), bien plus que l’Amérique concrète que généralement ils ignorent. Et le déclin du parti communiste a globalement affaibli cette mouvance.
Différent est sans doute le sentiment des pro-palestiniens virulents, violemment hostiles à Israël et à l’Amérique de Bush mais ces milieux débordent-ils de beaucoup la sphère de l’islam de France ?
L’antiaméricanisme d’extrême droite tel qu’il avait pu être cultivé par le régime de Vichy et la collaboration, n’existe pratiquement plus. Le Pen n’a, à notre connaissance, jamais joué de cette corde.
Il reste un nombre considérable de Français qui, tout en ne considérant pas les Américains comme des ennemis, n’approuvent pas telle ou telle de leur politique. Certains vont jusqu ’à se méfier, non sans quelques raisons, de leur ambition hégémonique, naturelle à toute grande puissance : dans la jungle internationale le petit animal ne regarde pas sans appréhension le gros, quel qu’il soit, même s’il est supposé bienveillant. Mais cela ne veut pas dire que ces Français aient aucune hostilité de principe vis-à-vis de ce qui vient des Etats-Unis. Certains aiment les westerns et la country. On peut tenir la guerre d’Irak pour une grave erreur et même pour une agression injustifiée et en même temps reconnaître que le cinéma américain est meilleur que le cinéma français. Cela n’empêche d’ailleurs pas non plus de soutenir l’exception culturelle qui permet à ce cinéma français d’exister encore.
La défense de la langue française, comme la défense de l’ensemble de nos intérêts essentiels, n’implique aucune haine de l’Amérique. Il ne s’agit d’ailleurs nullement d’un débat transatlantique mais un débat franco-français. L’adversaire, ce ne sont pas les Américains qui se moquent comme une guigne de la langue française (n’hésitant pas à emprunter sans complexes autant de mots français que nous d’anglais) mais une lutte contre la veulerie de certaines élites françaises qui se refusent aux obligations élémentaires qui furent celles de toute élite en tous temps et en tout lieu : défendre les intérêts et la culture de son pays. Quand le baron Seillière parle anglais dans une réunion européenne où figure Jacques Chirac, ce n’est pas l’Amérique qui se montre méprisable, c’est le baron Seillière.
Il est donc parfaitement légitime que des Français et même des dirigeants français (s’il s’en trouve encore d’assez courageux) formulent des divergences vis-à-vis de la politique américaine, ni plus ni moins que les citoyens américains ne le font.
Mais il convient de rejeter catégoriquement cette rhétorique perverse qui tendrait à culpabiliser les Français pour leur supposé antiaméricanisme viscéral ; c’est les culpabiliser de leur liberté. C’est le début de la servitude. Il y a là, qu’on le veuille ou non quelque chose de l’attitude de Big brother tendant à « purifier le cerveau des mauvaises pensées ». Ceux qui dénoncent le fantôme de l’antiaméricanisme cachent mal une volonté d’assujettissement total inacceptable pour une nation libre.
Article de Roland HUREAUX. Article publié sur son site le samedi 20 Octobre 2007
1. Et même avant s’il est vrai que les services secrets français ont prévenu les américains de la menace d’attentats.
2. Et ces attentats étaient tranquillement préparés à Londres dans l’impunité.
3. Au point que certains imaginent que ces évènements auraient été, sinon fomentés, du moins excités par les services américains.
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01.01.2008
BONNE ANNEE
et meilleurs voeux
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31.12.2007
Réflexions sur le discours de Mr Sarkozy au palais de Latran
Réflexions sur le discours de Mr Sarkozy au palais de Latran
Une fois n'est pas coutume, je suis d'accord avec notre Président.
Oui, la religion chrétienne est un des fondements de notre civilisation. Non, le rappeler n'est pas une entorse à la laïcité. Il a eu le courage de rappeler des vérités de bon sens, ce qui, à notre époque, relève de l'exploit pour un homme politique. Il a su faire une synthèse historique équilibrée entre l'héritage chrétien et l'héritage révolutionnaire.
Comme disait Marc Bloch : «Il est deux catégories de Français qui ne comprendront jamais l'histoire de France : ceux qui refusent de vibrer au souvenir du sacre de Reims ; ceux qui lisent sans émotion le récit de la fête de la Fédération. Peu importe l'orientation de leurs préférences. Leur imperméabilité aux plus beaux jaillissements de l'enthousiasme collectif suffit à les condamner».
Je partage également les doutes de Mr Sarkozy quant à la capacité de l'espèce humaine à vivre en société sans transcendance. Nous ne sommes plus en 1905 ; la poussière des grandes tragédies du XXème siècle commence à retomber, laissant entrevoir les charniers d'une Europe désenchantée.
Le fait que les chrétiens furent persécutés sous le régime soviétique ou qu'ils furent moins perméables aux idéologies nazi ou communiste (je précise : en Allemagne) démontre que la religion chrétienne est une "idéologie" à dimension humaine, et qu'elle a toujours permis de tempérer l'instinct auto-destructeur propre à l'espèce humaine (ce que Bernanos appelait "le péché originel). (1)
Et puis il y a eu Bernanos, ce grand chrétien, l'une des rares consciences humanistes et anti-totalitaires des années 50, alors que la majorité des athées et des agnostiques louait l'ogre communiste.
Arrêtons donc de faire comme si le XXème siècle n'avait jamais eu lieu.
Oui, le Président est le représentant de tous les français, des morts comme des vivants. Ce discours fut donc un émouvant hommage à celles et ceux qui nous ont précédés.
Je regrette hélas que ces belles paroles soient en contradiction avec les actes de Mr Sarkozy. En effet, pourquoi glorifier les valeurs chrétiennes lorsqu'on se fait le chantre de l'ouverture des magasins le dimanche (dies dominicus « jour du Seigneur » : jour sacré pour un chrétien) ; quand on fait l'apologie de l'argent et du business (Jésus chassant les marchands du temple) ou bien lorsqu'on s'affiche ostensiblement avec le milliardaire Bolloré ("Je vous le dis encore, il est plus facile à un chameau de passer par le trou d'une aiguille qu'à un riche d'entrer dans le royaume de Dieu").
On retrouve donc, aujourd'hui encore, la ligne de fracture qui a toujours divisé le monde chrétien : ce conflit entre la parole libératrice, émancipatrice et humaniste du Christ et celle des puissants, prompts à instrumentaliser son message afin de soumettre le peuple et en tirer profit.
Discours du Président de la République dans la salle de la Signature du Palais du Latran ou le discours chrétien d'un pharisien.
(1) ce qui n'empêcha pas les curés de bénir les fusils des pelotons d'exécution pendant la guerre d'Espagne.
20:10 Publié dans Actualités , Associations , Blog , Coup de coeur/Coup de griffe , Débat/Forum , Ecole éducation , Economie , Famille , HISTOIRE , Livre , Loisirs/Culture , Politique , Traditions | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : Réflexions sur le discours de Mr Sarkozy au palais de Latran




