22.04.2008

Vladimir Bukovsky dénonce la dérive totalitaire de l'Union européenne !

Voici plusieurs années que Vladimir Bukovsky, ancien dissident soviétique, dénonce la façon dont l'Union Européenne se construit en la comparant à une nouvelle "Union Soviétique". Dans une vidéo en ligne ici , il persiste et signe. Il avait prononcé un discours à Bruxelles en février 2006 dont nous avions publié l'essentiel ici . M. Bukovsky avait qualifié l'UE de « monstre » qui doit être "détruit le plus tôt possible, avant qu'il ne se transforme en un Etat totalitaire en pleine puissance". Né en 1942, cet ancien dissident soviétique qui a passé 12 ans de sa vie emprisonné (camp, prison, hôpital psychiatrique) est le premier à avoir dénoncé l'utilisation de l'emprisonnement psychiatrique contre les prisonniers politiques en Union soviétique.





Article publié le 15 04 2008 sur "L'Europe après le Non"

13.04.2008

L'avenir radieux de la mondialisation !

 

MONDIALISATION
Hénin-Beaumont : des reclassements au Brésil et en Turquie à 300 E par mois.

 

 Sept salariés de la teinturerie Staf à Hénin-Beaumont viennent de recevoir des propositions de reclassement au Brésil et en Turquie… aux conditions salariales en vigueur dans ces pays. Voilà qui laisse peu de place au rêve.
C’est le courrier qui fait mal. Un courrier qu’ont reçu samedi sept salariés de la teinturerie Staf à Hénin-Beaumont. En substance, il y est expliqué que la société doit faire face à des difficultés économiques importantes et qu’elle envisage, en conséquence, des suppressions de postes.
L’entretien préalable au licenciement est fixé au 15 avril.
Le même jour, les sept salariés ont aussi reçu une proposition de reclassement. Et quelle proposition ! Trois postes de teinturier en Turquie et quatre postes au Brésil.
Mais histoire de refroidir ceux qui étaient tentés de rêver, la suite du courrier était moins exotique : « Nous vous précisons que l’acceptation de cette proposition de reclassement entraînerait la modification de votre contrat de travail pour motif économique avec mutation dans le groupe, reprise de votre ancienneté. Par contre, votre salaire serait équivalent à celui des ouvriers occupant le même poste dans chacun des pays concernés.
 » Le salaire en question, c’est 315 E brut par mois pour le Brésil et 230E brut par mois en Turquie… « C’est inadmissible ! C’est plus qu’une provocation, c’est se moquer de la gueule des gens ! », vitupère Alain Leclercq, un des sept salariés concernés.
En Italie, du côté de la direction des ressources humaines de Sinterama dont dépend Staf, Renzo Raggio explique que son groupe n’a fait que respecter les lois françaises en vigueur en matière de propositions de reclassement.

« Pour sauver les autres postes » Invoquant des problèmes de réduction des marchés et une société Staf déficitaire, il se doute bien que les sept salariés n’accepteront pas les propositions : « Je le sais bien. C’est quelque chose que je n’aime pas faire mais c’est pour sauvegarder les autres postes de travail.
 » Lors de son arrivée à Hénin-Beaumont en 1998, la société Staf devait recevoir une aide à l’implantation du conseil régional s’élevant à 373 500 E pour la création de soixante-dix emplois. En 2004, comme l’entreprise ne comptait que trente-quatre salariés, le chiffre avait été revu à la baisse...
avec tout de même 170 743 E. Une aide qui, alors, n’était pas soumise à garantie.
Aujourd’hui, les sept salariés n’attendent plus que leur solde de tout compte. Et a priori, ce ne sera pas pour partir en voyage.
 

•  P.-L. F.  article publié le jeudi 3 avril sur la voix du nord.fr

 

Voici donc les premiers fruits de la mondialisation et de l'Europe libérale arrivés à maturité. Les Français n'ont, hélas, pas  compris (malgré la gifle du mini-traité) que la récolte n'était encore qu'à ses débuts, et ils s'apercevront tôt ou tard que ces fruits auront un goût amer pour nombre d'entre eux !

Les classes dominantes parachèvent leur oeuvre : supprimer tout ce qui faisait obstacle aux profits. Il suffisait pour cela de faire disparaître le sens du collectif dans notre société en favorisant  l'individualisme à outrance, en détruisant la Nation, la République, la famille, les syndicats..., bref en détruisant tous les liens de solidarité existant entre les individus.

Ce qui paraîtra incroyable, au regard de l'Histoire, c'est que ce démantèlement aura été exécuté avec la bénédiction du peuple français qui, pendant près de 30 ans, aura remis avec une extraordinaire constance son destin entre les mains de ses bourreaux.

Libre à vous de croire que ces changements étaient inévitables et que personne n'y pouvait rien.  De tout temps, les opinions dominantes ont toujours servi les intérêts des classes dominantes.

Après ses escapades du dix-huitième au vingtième-siècle dans les forêts de la liberté, le peuple français, aura été sagement remis dans son enclos. Qui lui expliquera qu'entre l'enclos et l'abattoir, il n'y a souvent qu'un pas ?

10.04.2008

Votez Balkany, votez UMP !

Voici une interview de Mr Balkany Maire UMP de Levallois-Perret qui s'exprime au sujet des pauvres en France (interview qui n'a suscité, à ce jour, aucun commentaire de l'UMP). Quand on connait le passé judiciaire de ce Monsieur, cela laisse rêveur ! On comprend pourquoi nos élites prennent les USA comme exemple.

09.04.2008

Quand l'Europe lutte contre l'inflation, les salariés trinquent.

L'Ecofin s'alarme de l'inflation et exige des salariés qu'ils se serrent la ceinture, soi disant pour défendre les travailleurs pauvres.



 
Les syndicats européens ont défilé samedi à Ljubljana (Slovénie) -majamarko - Flickr - cc
 
 
Le conseil économique et financier de l'Union européenne s'est tenu vendredi et samedi dans la capitale de la Slovénie Ljubljana. Croyez-vous qu'il ait pris des mesures sérieuses contre la crise financière ? Ou pour prévenir les effets de la récession américaine? Pour réguler la profession de banquier, toutes décisions qui apparaissent de plus en plus indispensables et urgentes ? Et bien non ! Les ministres des finances de la zone euro, ont entonné, avec Jean-Claude Trichet, le grand chœur de la hausse des prix. Et avec quel coffre, quel lyrisme ! L'hydre infâme de l'inflation est de retour ! Sonnez l'alarme des gouvernants! Tous les épargnants aux abris ! Mobilisation générale de la presse responsable ! «L'Europe s'alarme de la hausse des prix» titre aussitôt le Figaro samedi, précédé, cependant mardi par Le Monde qui avait barré sa une d'un impressionnant «L'inflation s'installe en Europe».

Les salariés se sont appauvris
Mais au fait, de quoi parle-t-on? La hausse des prix à la consommation atteint selon Eurostat, 3,5% par an. Il y aurait danger parce que l'inflation a augmenté d'un point. Bigre. Pour ceux qui sont assez chenus (il n'y a pas besoin d'être Mathusalem) pour se souvenir de l'inflation à plus de 10% et qui n'en sont pas morts, loin de là, il y a de quoi sourire. Au cours du «Club de la presse Internet» de la semaine passée, le professeur Fitoussi avait bien raison de rappeler qu'une hausse des prix à ce niveau n'est un problème que pour la Banque centrale européenne qui s'est fixée comme objectif une progression de 2% par an en moyenne. Un objectif qui ne s'est d'ailleurs quasiment pas réalisé depuis 8 années que l'euro existe.
Mais le consensus orthodoxe est tel que ce niveau de 2% qui n'était qu'un critère de la BCE (et qu'elle a défini seule), doit devenir la règle pour les 270 millions de citoyens de l'Europe. C'est ainsi qu'on a vu l'Eurogroupe appeler à la rigueur salariale afin d'éviter «l'inflation de second tour», c'est-à-dire une hausse générale des rémunérations afin de rattraper la hausse des prix. Explication : l'inflation, pour le moment, est principalement le résultat de la hausse des matières premières, le pétrole en particulier. Jusqu'à présent, les salaires sont restés très sages. Autant dire qu'ils ont encaissé l'inflation. Ils se sont donc appauvris. Les ministres des finances demandent donc aux salariés de continuer à respecter ce régime minceur. Ils visent en particulier les fonctionnaires allemands, qui viennent d'obtenir , en menaçant de faire grève, une augmentation de 8% en deux ans (ce qui n'est pas mirobolant, puisque en deux ans, l'inflation, si elle ne régresse pas, en aura absorbé les deux tiers)… alors que les fonctionnaires travailleront 39 heures contre 38,5 auparavant)
A qui profiterait cette politique de désinflation salariale ? Jean-Claude Juncker, président de l'Eurogroupe, prétend défendre «nos concitoyens les plus pauvres et les plus vulnérables», «ceux qui gagnent entre 300 et 700 euros par mois». En l'occurence, l'Union joue le pompier pyromane. Certes, les smicards sont très sensibles à la hausse des prix. Mais qui a généralisé le modèle du «travailleur à temps partiel», lequel est devenu un «travailleur pauvre» ? Le conseil des ministres de l'Union européenne, dans la stratégie de Lisbonne visant à rendre le travail toujours plus «flexible» !
En fait, la lutte contre l'inflation est le cache-sexe de la défense du taux de profit des grandes entreprises et des actionnaires, qui n'a jamais été aussi élevé dans les économies occidentales que depuis les politiques de désinflation imposées dans les années 1980 et 1990.

Jean-Claude Trichet, Président de la Banque centrale européenne - (World Economic Forum - Flickr - cc)

Vive l'inflation ?

Faut-il pour autant tenir pour négligeable le retour très relatif d'inflation, et même rêver que l'enchaînement prix-salaires nous ramène au temps béni des Trente Glorieuses, lorsque les rémunérations galopaient au rythme de la croissance ? Pas sûr.
D'abord parce que l'inflation actuelle est pour partie l'effet d'un mouvement général des épargnants pour garantir leurs avoirs. On sait par exemple que 20% de l'augmentation des prix du baril de pétrole est dû à la «spéculation». Ladite spéculation n'est autre que l'effet de la chute du dollar. Pour éviter une dépréciation de leurs actifs, les fonds d'épargne placent leur argent sur le pétrole. Qui monte. Et qui enclenche des mouvements spéculatifs sur les autres marchés de matières premières bien au-delà de ce qu'exigeraient les tensions entre l'offre et la demande réelles. L'or (à plus de 1000 dollars l'once), cela n'a aucune importance. Mais le fer, le nickel, le zinc, l'aluminium, etc. si ! Parce que cela s'inscrit dans les prix industriels. Pire encore, le pétrole entraîne les matières premières agricoles, le maïs, le blé, le colza, le soja, le sucre, le riz (plus 30% depuis janvier !) puisque désormais, avec ces produits, on fait des carburants. Ces hausses des prix, qui menacent des pays entiers de disette, sont donc un levier destiné à garantir, au moins momentanément, le rendement des dizaines de milliers de milliards de dollars de placements financiers au travers de la planète.
Ensuite parce que les Trente Glorieuses sont déjà loin derrière nous. Le dynamisme salarial de cette époque (en gros 1945-1975) était d'abord le fruit des considérables gains de productivité dans l'industrie, lorsque l'Europe a généralisé le productivisme américain. Depuis lors, l'Europe s'est désindustrialisée, quelquefois volontairement (comme la Grande-Bretagne). Le problème est qu'une fois les usines détruites ou déménagées, les gains de productivité se sont évanouis. Un exemple : la France a, l'an dernier, gagné 300 000 postes de travail. Formidable ! s'exclame le gouvernement. Mais les économistes tiquent : avec seulement 1,9% de croissance, la productivité du travail (par poste en moyenne) s'avère nulle. L'explication est à chercher dans l'explosion des services à la personne (merci Mr Borloo), dont la productivité est très faible, voire nulle.
Conclusion : 10 000 à 35 000 manifestants ont défilé dans les rues de Ljubljana à l'appel des syndicats européens contre la rigueur salariale et les orientations destructrices du conseil et de la commission européens. La banderole de tête proclamait : «Europe's workers need a pay rise» (Les travailleurs européens exigent une augmentation de salaire). Mais l'Europe du capital ne veut rien entendre. Il faudra crier plus fort, et être bien plus nombreux.

article publié le Lundi 07 Avril 2008 - 00:01 sur Marrianne.fr
par Hervé Nathan

02.04.2008

The War : subtil exercice de propagande ?



The War, documentaire américain retraçant l'engagement militaire des USA dans la seconde guerre mondiale, est diffusé tous les mercredi soir sur Arte. Je suis tombé dessus , par hasard, n'ayant pas suivi les précédents épisodes. L'épisode dont je vais parler (du mercredi 19 mars 2008)  relatait la campagne d'Italie de 1943/44. L'auteur semble avoir préféré endosser le costume de romancier à celui d'historien, privilégiant l'épopée à la description "objective" des faits historiques.

 

Ce qui est choquant n'est pas tant cette approche émotionnelle et subjective du conflit que cet écart entre la vision américaine et la vision française de leur histoire en général, et de leurs armées respectives en particulier.
L'une sait enjoliver, oublier les faits les plus dévalorisants, exalter les moments les plus héroïques. L'autre ne sait que dénigrer, ridiculiser, souligner les faits les plus sordides sous couvert d'objectivité historique.

 

Qui n'a pas appris à l'école que les généraux de 1914 (j'ai déjà évoqué le conflit de 1914/18 dans une précédente note) et de 1940 étaient des vieillards séniles et stupides, militairement incompétents et que seule la bienveillance et le génie américain nous aurait permis d'échapper aux désastres ?
Qui n'a pas appris à l'école que, contrairement aux USA et à l'Angleterre qui se sont comportés héroïquement, seule la France s'est lâchement agenouillée face aux nazis ?

 

Tous nos propagandistes oublient bien vite que l'Angleterre, si elle n'avait pas été protégée par la Manche, aurait subi le même sort , vu son impréparation militaire en mai 1940. Ils oublient également la lourde résponsabilité des USA et de l'Angleterre dans la défaite militaire française de mai-juin 1940.

 

Qu'en est-il du génie militaire américain durant la campagne d'Italie et des faits largement passés sous silence dans le documentaire "The War" ? Pendant la campagne d'Italie, les généraux américains (et anglais dans une moindre mesure), mais aussi les responsables politiques, commirent de lourdes fautes stratégiques et tactiques qui faillirent leur coûter un désastre.
Le commandement allié décida de l'invasion de l'Italie, à partir de la Sicile, en fonction de la couverture aérienne. Il orienta donc l'effort militaire principal sur l'orteil de la botte italienne, là où les allemands les attendaient le plus. Cette approche stratégique souligne l'académisme et le manque d'imagination des généraux alliés qui préféraient tabler sur la quantité de leurs moyens (tant pis pour la chair à canon) que sur leur génie tactique. Selon Sir Lidell hart : " Pour sêtre présenté là où  l'adversaire les attendait, les alliés subirent un échec coûteux , tant en vies humaines qu'en temps perdu ; et ils frisèrent un désastre qui ne fût évité que de peu".
Vu l'étroitesse du front, les allemands n'eurent pas de mal à stopper les alliés notamment devant Cassino. " ... l'attaque directe sur des fronts étroits n'amène généralement que des résultats négatifs. Même une grosse supériorité de moyens suffit rarement si elle ne dispose pas d'un espace de manoeuvre." Lidell Hart.

 

Sur la bataille d'Anzio évoquée dans le documentaire "The War", l'erreur tactique est encore plus évidente : face à l'absence de toute opposition, le commandement allié préféra attendre pour renforcer ses moyens plutôt que d'exploiter rapidement l'avantage (erreur classique chez les généraux médiocres, quelque soit leur nationalité).

 

Enfin, sur l'action de l'armée française dans cette bataille (sujet à peine évoqué dans le documentaire) : ce sont les troupes françaises du Général Juin, utilisant ses spécialistes des combats en montagne, qui permirent, par un effet de surprise, de désserrer l'étreinte allemande sur Cassino et mettre ainsi fin à 9 mois d'enlisement. Cette percée d'une dizaine de KM exécutée en trois jours fit l'effet d'un levier qui facilita l'action de la huitième armée britannique sur Cassino mais aussi l'action de l'armée US le long de la côte, creusant la brêche qui ouvrait la route des alliés sur Rome.

Les armées alliées ne brillèrent donc pas toujours par leur génie tactique et stratégique(contrairement aux armées allemandes) et la victoire ne fut obtenue qu'au prix d'une énorme supériorité de moyens (l'allemagne combattait sur une multitude de fronts avec des armées souvent dispersées : front Ouest, Est et Sud).

 

 Supériorité de moyens que la France n'avait pas en mai 1940.

18.03.2008

Une spéculation d’avenir : l’élevage du baudet du Poitou

C’est le printemps ! Les aubépines sont en fleurs, et les prunus aussi avec deux mois d’avance. On a même déjà vu des jacinthes des bois qui fleurissent d’habitude fin avril. Signes du réchauffement climatique ? Les gros nuages plombés apportent les dernières pluies d’hiver et bientôt les première giboulées. Les rayons du soleil éclairent obliquement les monuments publics, découpant sur les murs les ombres nettes des corniches sculptées. La pierre brille sous les ondées, resplendit sous la lumière dorée. C’est le moment de flâner en évoquant l’Histoire.

Le Salon de l’agriculture a fermé ses portes. On y vit des bœufs longs comme des semi-remorques, des percherons fessus à la queue taillée, peignée, tressée, enrubannée, et des truies qui mériteraient la médaille des familles nombreuses. Et une ravissante poule rousse. On s’y émerveilla de la puissance des désherbants et de l’ingéniosité des semenciers, prémisses certaines d’un retour à la Nature. On y entendit un malotru lancer des paroles malséantes, mais si plates que les charretiers en eussent eu honte. Les postillons ne s’abaissaient pas à s’insulter ainsi au temps des diligences. On y admira surtout, comme chaque année, les rois des fermes françaises, plus coquets que les coqs, plus valeureux que les veaux : les baudets du Poitou ! Les baudets du Poitou, orgueils de notre élevage national, qui paraissent formés d’énormes pelotes de laine noire enfilées sur de gigantesques aiguilles à tricoter, ou de bonnets de grenadiers embrochés sur des baïonnettes. Les baudets du Poitou, altiers, majestueux, olympiens, qui défilent en se déhanchant sur l’air de la marche des éclopés de la garde impériale. Spectacle qui élève l’âme et revigore l’esprit.

C’est le printemps, et sur les murs de nos villes fleurissent les affiches appelant aux urnes : « Ma voix aura le dernier mot ! ». Gloire aux institutions démocratiques ! Dans une urne transparente, une main décidée glisse une enveloppe bleue, symbole de l’égalité des citoyens, allégorie du pouvoir du Peuple.

Il y a un mois à peine, un ramassis de traîtres ratifia à Versailles l’abolition de la République, la déchéance de sa Constitution, le viol officiel de la volonté du peuple souverain.

L’Histoire fera justice de ces ganelons. Mais que devra être la justice des hommes au jour de la Libération ? Ferons-nous comme eux ? Voterons-nous des lois pénales rétroactives pour les punir de leurs basses trahisons ?

La tradition ancienne de la France était de châtier les criminels irrémissibles, ceux qui avaient attenté contre la souveraineté et mis en péril la paix civile, en les tirant à quatre chevaux. Encore Ravaillac et Damien n’attentèrent-ils qu’à une seule personne. La civilisation des mœurs a heureusement rendu caduc cet affreux châtiment. On fêtera la liberté sans fatiguer des centaines d’attelages de robustes chevaux de trait. Même le temps de la guillotine est révolu. Mais quel dommage ce serait de se priver d’un grand jour de fête ! Une joyeuse tradition politique devrait donc être remise en vigueur : promener ces lamentables félons par les rues, à travers les villes, en leur natureté, sur le dos de baudets du Poitou, leur laides trognes tournées vers les queues des nobles animaux.

Et une autre décision politique s’imposera : frapper ces traîtres d’indignité nationale à vie, les déchoir des droits civiques, et leur interdire à jamais de briguer le moindre mandat.

Élevez des baudets du Poitou, nous en aurons besoin le jour venu ! Vive la République !

 

Article de Christian Darlot (son site) publié sur Revue républicaine le 15 mars 2008

14.03.2008

Les Oligarques: Essai d'histoire partiale

 

Ancien " poilu " de 14, ce militant notoire du rapprochement franco-allemand entre les deux guerres est révoqué par Vichy. C'est en 1942 qu'il écrit cet " hymne à la divine liberté perdue " qu'est les Oligarques (petite minorité d'Athéniens bien-nés qui à deux reprises vers l'an 400 avant notre ère exercèrent un pouvoir despotique sur leurs concitoyens au nom d'une conception aristocratique de la société).
Destiné aux Editions de Minuit clandestine, le livre parut pour finir après la Libération : entre les lignes de ce brillant et offensif exercice d'histoire partiale se lit un parallèle troublant entre deux époques séparées par plus de deux mille années. Avec, pour le lecteur d'aujourd'hui, cette interrogation fondamentale : l'histoire n'est-elle qu'un recommencement ? Et ce doute qui le saisit : pourquoi donc les bons triompheraient-ils nécessairement des méchants ?

 Les Oligarques: Essai d'histoire partiale

09.03.2008

Nouvelle loi sur la discrimination positive !


le Quota
envoyé par brackmardcorp

La France n'est plus maîtresse d'elle-même !

C’est lui qui le dit :
« Tout le monde est maître de ce qui se passe en France »
et Sarkozy est « l’incarnation de cette dissolution »

Écoutons ce que déclare celui qui prétend détenir les clés du redressement de la France :

« Sur la fonction [de Président de la République] qui s’abîme, c’est évident. Elle s’abîme institutionnellement. Si vous regardez le président actuel, il a perdu au moins six des pouvoirs de François Mitterrand :

- Il n’y a plus la monnaie, donc la dévaluation ça n’existe plus.

-  Il n’y a plus les nationalisations, il n’y a plus la politique industrielle.

-  La globalisation fait que tout le monde est maître de ce qui se passe en France.

-  La décentralisation a fait perdre l’essentiel des pouvoirs de la France.

-  L’Union Soviétique ayant disparu, le grand pouvoir de thaumaturge du Président de la République qui était le droit de vie ou de mort [via la bombe atomique] a disparu,

-  et enfin la construction européenne.

Progressivement, l’État s’est dissous dans la réalité de la globalisation. Le Président n’est que l’incarnation de cette dissolution, quel qu’il soit. »

Voilà très exactement ce que déclarait à l’émission "Sous les pavés, La télé libre" le 3 mars 2008 M. Jacques Attali, génie professionnel. (il a écrit 85 livres, 110 propositions collectivistes pour Mitterrand, 316 propositions néo libérales pour Sarkozy)

Questions :

-  Pourquoi dans ces conditions, réunir une commission de 43 "experts", si c’est pour conseiller quelqu’un qui n’a plus aucun pouvoir ?

-  Pourquoi intimer à ce même Président - réduit à l’impuissance - de mettre en œuvre l’ensemble de ces "propositions" dont la ligne directrice consiste à faire disparaître les spécificités françaises pour en faire une société anglo-saxonne de plus ?

-  Comment prétendre que ces propositions pourraient avoir le moindre impact sur la croissance si celui qui devrait les mettre en œuvre ne serait qu’un ectoplasme " incarnation de cette dissolution", démuni de tout réel pouvoir ?

Réponse :

Pour duper les Français par la mise en scène du pouvoir factice et, parallèlement, contribuer - modestement ou non - à accélérer la dissolution précitée.

 

Article de  Jean-Yves Crevel publié le 8 mars 2008 sur DECAPACTU sous le titre :

C’est lui qui le dit :
« Tout le monde est maître de ce qui se passe en France »
et Sarkozy est « l’incarnation de cette dissolution »

 

 

01.03.2008

Les mots de trop d'un président sans piedestal

 

Un président qui se livre aux altercations de bas étages, bien loin de faire rire, est le signe inquiétant d'une démocratie sans grandeur.


Les mots de trop d'un président sans piedestal
Le diable se niche dans les détails et il n'y a pas de quoi rire.
Il y a eu l'altercation avec le jeune pêcheur qui a menacé, il y a quelques semaines, de venir « porter un coup de boule » au président de la République. Puis, hier, au Salon de l'agriculture, cet homme qui n'a pas voulu être « touché » et « sali » par Nicolas Sarkozy et dont ce dernier s'est débarrassé en le traitant ainsi : « Casse-toi, pauvre con ! ».
On aurait tort de ne percevoir ces incidents à répétition que comme l'inévitable et presque bienfaisante décontraction d'une société et d'un Etat qui cesseraient de se contempler sur le mode de l'intimidation et de la révérence. Les citoyens parleraient à armes et grossièreté égales avec le président de la République et celui-ci, mu par un élan démocratique qui le conduirait à un mimétisme de mauvais aloi, leur répliquerait sur le même registre.
Il ne me semble pas qu'une telle analyse puisse être admise. Au demeurant, elle ferait déjà apparaître l'existence d'un univers préoccupant où la décrispation de part et d'autre serait poussée si loin qu'elle en deviendrait indécente et scandaleuse.

Un monde sans formes, mais plein d'illusions
Ce qui surgit de ces épisodes où un président s'abaisse à user d'un langage commun, pour ne pas dire plus, c'est d'abord le fait que le citoyen de rencontre, quel que soit son statut ou son métier, n'accepte plus de se cantonner dans une neutralité silencieuse même teintée d'hostilité, mais qu'il a décidé de prendre le président de la République au mot. Puisque ce dernier ne cesse de vanter son agitation en la qualifiant de dévouement à la cause publique, que sa familiarité, voire sa vulgarité ne seraient que la manifestation moderne d'une personnalité politique qui aurait compris que les Français n'attendent plus de l'efficacité élégante mais une proximité active et sans mystère, force est de constater que la société a parfaitement compris le message et qu'elle s'engouffre avec une inquiétante délectation dans ce monde d'où l'on a désiré faire disparaître les formes pour donner, et se donner, l'illusion d'une simplicité industrieuse. Alors qu'il est facile de constater quotidiennement comme l'absence de formalisme n'est pas contradictoire avec la pompe impériale d'un président enivré de soi. Au lieu que les choses de l'Etat dégagent une majesté naturelle – elles ne le peuvent plus, vidées qu'elles sont de leur substance digne -, c'est le titulaire du Pouvoir qui tente, tant bien que mal, par un narcissisme qui prétend s'habiller de conscience professionnelle, de donner le change et de faire croire qu'on n'a pas changé de République dans le domaine de la tenue.

Une démocratie qui a oublié que les mots sont tout
Ainsi, Nicolas Sarkozy a libéré la parole, les paroles, celle du jeune pêcheur comme celle du visiteur dégoûté du Salon. La grossièreté de l'une et de l'autre n'est que la conséquence de la volonté théorisée et affichée de tourner en dérision l'apparat intime qui exige réserve, modération et contrôle de soi pour pouvoir tout permettre, et se permettre. Les répliques du président s'inscrivent dans un espace qu'il a « déconstruit » et qui lui ressemble. L'hostilité choquante du visiteur du Salon et le « pauvre con » de Nicolas Sarkozy révèlent, en dépit de leur contradiction apparente, la solidarité d'une société sans respect pour son chef et d'un chef sans considération pour ses concitoyens. Il y a là plus que l'amorce d'un processus qui risque de nous entraîner non plus vers la bienfaisante familiarité des pouvoirs scandinaves mais dans le cloaque d'une démocratie qui a oublié que les mots sont tout et d'abord le décor nécessaire à une relation républicaine, quoique antagoniste.
On aurait bien tort de rire de ces altercations dans la vie quotidienne et publique d'un chef d'Etat. C'est un peu de nous qui est insulté quand il est insulté. C'est un peu de nous qu'il insulte quand il insulte. On peut craindre le pire devant l'expression de ces tensions aujourd'hui encore minimes. Elles sont inquiétantes comme les signes glaçants de la colère ponctuelle d'un pays qui ne se contente plus de ses exutoires légitimes et réguliers.
La démocratie, aussi, se niche dans les détails.

Article de Frédéric Moreau publié le Mercredi 27 Février 2008 - 00:07 sur Marianne2fr

 

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