25.02.2008

Obama/Clinton/McCain ou la démocratie par procuration !

La France serait-elle devenue l'ombre d'elle-même ?

En effet, au moment précis où les députés français sabordent la Nation française, fondement même de notre démocratie, en capitulant à Versailles et mettant ainsi un terme à un peu plus de deux siècles de souveraineté populaire, on apprend que les français se passionnent pour les élections américaines (38% seraient pour Obama). Ces faits rappellent étrangement l'intérêt que portaient les peuples colonisés du XIXème siècle à l'égard des débats politiques secouant les Nations qui les assujettissaient!

Y eut-il une différence, sur le traitement des indigènes, entre le Second Empire et la troisième République ?

Les bombardements des villages vietnamiens furent-ils si différents entre le règne de Kennedy et celui de Nixon ?

Les Français ont donc troqué leur liberté pour gagner quelques années de confort, de bonheur et d'illusions. Illusion de croire qu'un monde sans conflits est possible (est-ce seulement souhaitable ?) ; illusion de croire qu'on peut confier son destin et ses intérêts à des mains étrangères, sans les voir un jour menacés.

 

Cette politique française de servitude volontaire n'est pas nouvelle (1). Elle fut même l'une des marques de fabrique de la quatrième République. Ces abandons de souveraineté n'empéchèrent hélas pas les conflits, loin s'en faut (guerre civile de 1940/44 liée aux renoncements de la troisième République, guerre civile de 1955/62).

Seul De Gaulle, pourtant monarchiste de conviction, défendit les valeurs de la république et l'honneur de son peuple.

Homme cultivé, il aimait citer les auteurs antiques comme cet aphorisme de Tite Live : "La servitude coûte plus cher que la guerre".

Formé aux humanités, ayant reçu une éducation classique, la rigueur, la précision mais aussi la profondeur de sa pensée avaient été acquises au contact des penseurs antiques. Ce qui peut, rétrospectivement, éclairer certaines de ses décisions.

Par exemple sa décision de doter la France de l'arme nucléaire contre la volonté farouche des USA s'éclaire d'un jour nouveau à la lumière de cette citation, tirée d'un ouvrage de Thucydide : "La jalousie ne refuse à personne de bien ménager ses intérêts lorsqu'il s'agit des plus grands risques".

L'antiquité devrait donc redevenir l'un des piliers  de la formation intellectuelle de nos élites. Car n'est-ce pas sa redécouverte qui, à partir du  XVème siecle, fut à l'origine du mouvement intellectuel des Lumières, aboutissant au renouveau démocratique en Occident ?

Car c'est bien l'inculture et la pauvreté intellectuelle (2), conduisant au dogmatisme (3), lui-même à l'origine d'une interprétation erronée et fanatique des théories de la guerre totale de Clausewitz (4), qui ont débouché sur les boucheries stériles de 14/18 et de 39/45 (5).

N'en déplaise à Monsieur Camille de Toledo (lire à ce sujet), la Nation n'y est pour rien.

Mais comme disait Paul Valéry, "les leçons de l'Histoire n'ont jamais servi à rien". 

 

(1) Cette volonté de perdre sa souveraineté est liée, selon moi, à une peur presque mystique du conflit (Entre sociétés mais aussi dans la société ). Cette peur serait, elle-même, liée au choc occasionné par le premier conflit mondial, selon certains  historiens. 

(2) ...et non pas le nationalisme ou le patriotisme comme le suggéra subtilement la propagande communiste dès 1917.  Cliché qui est, depuis, rentré dans les moeurs.

(3) De Gaulle attribuait déjà, en son temps, certains excès de la première guerre mondiale à la pauvreté intellectuelle de nombre d'officiers de l'armée française. Il n'était d'ailleurs pas le seul, Lyautey le déplorait également.

(4) lire à ce sujet le remarquable ouvrage de Sir Basil Liddell Hart : "Stratégie"

(5) Hitler reste l'incarnation par excellence de cette inculture.

01.01.2008

BONNE ANNEE



et meilleurs voeux

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