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20.04.2008

Vladimir Bukovsky dénonce la dérive totalitaire de l'Union européenne !

Voici plusieurs années que Vladimir Bukovsky, ancien dissident soviétique, dénonce la façon dont l'Union Européenne se construit en la comparant à une nouvelle "Union Soviétique". Dans une vidéo en ligne ici , il persiste et signe. Il avait prononcé un discours à Bruxelles en février 2006 dont nous avions publié l'essentiel ici . M. Bukovsky avait qualifié l'UE de « monstre » qui doit être "détruit le plus tôt possible, avant qu'il ne se transforme en un Etat totalitaire en pleine puissance". Né en 1942, cet ancien dissident soviétique qui a passé 12 ans de sa vie emprisonné (camp, prison, hôpital psychiatrique) est le premier à avoir dénoncé l'utilisation de l'emprisonnement psychiatrique contre les prisonniers politiques en Union soviétique.





Article publié le 15 04 2008 sur "L'Europe après le Non"

13.04.2008

L'avenir radieux de la mondialisation !

 

MONDIALISATION
Hénin-Beaumont : des reclassements au Brésil et en Turquie à 300 E par mois.

 

 Sept salariés de la teinturerie Staf à Hénin-Beaumont viennent de recevoir des propositions de reclassement au Brésil et en Turquie… aux conditions salariales en vigueur dans ces pays. Voilà qui laisse peu de place au rêve.
C’est le courrier qui fait mal. Un courrier qu’ont reçu samedi sept salariés de la teinturerie Staf à Hénin-Beaumont. En substance, il y est expliqué que la société doit faire face à des difficultés économiques importantes et qu’elle envisage, en conséquence, des suppressions de postes.
L’entretien préalable au licenciement est fixé au 15 avril.
Le même jour, les sept salariés ont aussi reçu une proposition de reclassement. Et quelle proposition ! Trois postes de teinturier en Turquie et quatre postes au Brésil.
Mais histoire de refroidir ceux qui étaient tentés de rêver, la suite du courrier était moins exotique : « Nous vous précisons que l’acceptation de cette proposition de reclassement entraînerait la modification de votre contrat de travail pour motif économique avec mutation dans le groupe, reprise de votre ancienneté. Par contre, votre salaire serait équivalent à celui des ouvriers occupant le même poste dans chacun des pays concernés.
 » Le salaire en question, c’est 315 E brut par mois pour le Brésil et 230E brut par mois en Turquie… « C’est inadmissible ! C’est plus qu’une provocation, c’est se moquer de la gueule des gens ! », vitupère Alain Leclercq, un des sept salariés concernés.
En Italie, du côté de la direction des ressources humaines de Sinterama dont dépend Staf, Renzo Raggio explique que son groupe n’a fait que respecter les lois françaises en vigueur en matière de propositions de reclassement.

« Pour sauver les autres postes » Invoquant des problèmes de réduction des marchés et une société Staf déficitaire, il se doute bien que les sept salariés n’accepteront pas les propositions : « Je le sais bien. C’est quelque chose que je n’aime pas faire mais c’est pour sauvegarder les autres postes de travail.
 » Lors de son arrivée à Hénin-Beaumont en 1998, la société Staf devait recevoir une aide à l’implantation du conseil régional s’élevant à 373 500 E pour la création de soixante-dix emplois. En 2004, comme l’entreprise ne comptait que trente-quatre salariés, le chiffre avait été revu à la baisse...
avec tout de même 170 743 E. Une aide qui, alors, n’était pas soumise à garantie.
Aujourd’hui, les sept salariés n’attendent plus que leur solde de tout compte. Et a priori, ce ne sera pas pour partir en voyage.
 

•  P.-L. F.  article publié le jeudi 3 avril sur la voix du nord.fr

 

Voici donc les premiers fruits de la mondialisation et de l'Europe libérale arrivés à maturité. Les Français n'ont, hélas, pas  compris (malgré la gifle du mini-traité) que la récolte n'était encore qu'à ses débuts, et ils s'apercevront tôt ou tard que ces fruits auront un goût amer pour nombre d'entre eux !

Les classes dominantes parachèvent leur oeuvre : supprimer tout ce qui faisait obstacle aux profits. Il suffisait pour cela de faire disparaître le sens du collectif dans notre société en favorisant  l'individualisme à outrance, en détruisant la Nation, la République, la famille, les syndicats..., bref en détruisant tous les liens de solidarité existant entre les individus.

Ce qui paraîtra incroyable, au regard de l'Histoire, c'est que ce démantèlement aura été exécuté avec la bénédiction du peuple français qui, pendant près de 30 ans, aura remis avec une extraordinaire constance son destin entre les mains de ses bourreaux.

Libre à vous de croire que ces changements étaient inévitables et que personne n'y pouvait rien.  De tout temps, les opinions dominantes ont toujours servi les intérêts des classes dominantes.

Après ses escapades du dix-huitième au vingtième-siècle dans les forêts de la liberté, le peuple français, aura été sagement remis dans son enclos. Qui lui expliquera qu'entre l'enclos et l'abattoir, il n'y a souvent qu'un pas ?

10.04.2008

Votez Balkany, votez UMP !

Voici une interview de Mr Balkany Maire UMP de Levallois-Perret qui s'exprime au sujet des pauvres en France (interview qui n'a suscité, à ce jour, aucun commentaire de l'UMP). Quand on connait le passé judiciaire de ce Monsieur, cela laisse rêveur ! On comprend pourquoi nos élites prennent les USA comme exemple.

09.04.2008

L'UMP, le Modem et le PS refusent par avance le résultat du référendum irlandais


...si la réponse était "non", bien entendu. Doit-on s'en étonner, puisqu'ils n'ont déjà pas respecté le résultat négatif du référendum français ? Au cours de la séance de vote qui s'est déroulée le 20 février 2008 à Strasbourg au Parlement européen sur le Rapport Corbett-Mendez de Vigo relatif au traité de Lisbonne, un amendement (n°32) était sobrement rédigé : le Parlement européen "s'engage à respecter le résultat du référendum irlandais". Qui oserait voter contre, franchement, l'affirmation du respect du résultat futur des urnes, donc de la démocratie ? Réponse, s'agissant des eurodéputés Français : 46, de l'UMP, des Socialistes et du Modem. Voici en effet dans le détail le résultat du vote par appel nominal sur cet amendement n°32 (source : Parlement européen) 
1. Ont voté contre l'amendement : 46 députés français
Libéraux (Modem et nouveau centre) : Beaupuy, Cornillet, Fourtou, Gibault, Griesbeck, Laperrouze, Lehideux, Morillon (Sarnez et Cavada absents) 
Démocrates Chrétiens (UMP & autres divers droite) : Audy, Daul, Descamps, Fontaine, Fouré, Gaubert, Gauzès, Grossetête, Lamassoure, Mathieu, Morin, Sudre, Toubon
PSE, (Socialistes) : Arif, Berès, Bourzai, Carlotti, Désir, Douay,Guy-Quint, Hazan, Le Foll, Lefrançois, Navarro, Neris, Patrie, Peillon, Poignant, Pribetich, Savary, Schapira, Vaugrenard, Vergnaud, Trautmann, Weber
Verts (Ecologistes) : Aubert, Bennahmias, Libietz
2. Se sont abstenus : 3 députés français
PPE : de Veyrac
Verts : Flautre, Onesta
3. Ont voté pour : 17 députés français 
Groupe IND/DEM (souverainistes) : Couteaux, Louis, de Villiers 
GUE (PCF) : Hénin, Jouye de Grandmaison, Wurtz
Non Inscrits (FN) : Golnisch, Lang, Le Pen, Marine Le Pen, Le Rachinel. 
PSE : Laignel
Gageons que si la réponse des Irlandais est un "oui" au traité de Lisbonne, UMP, Modem et PS seront les premiers à s'en féliciter et à célébrer la "démocratie"... Si c'est un "non", comme d'habitude on leur reposera la question jusqu'à ce qu'ils donnent la réponse qu'on attend d'eux, bis repetita placent...

 article publié le 02 04 2008 sur observatoire de l'Europ.com

Quand l'Europe lutte contre l'inflation, les salariés trinquent.

L'Ecofin s'alarme de l'inflation et exige des salariés qu'ils se serrent la ceinture, soi disant pour défendre les travailleurs pauvres.



 
Les syndicats européens ont défilé samedi à Ljubljana (Slovénie) -majamarko - Flickr - cc
 
 
Le conseil économique et financier de l'Union européenne s'est tenu vendredi et samedi dans la capitale de la Slovénie Ljubljana. Croyez-vous qu'il ait pris des mesures sérieuses contre la crise financière ? Ou pour prévenir les effets de la récession américaine? Pour réguler la profession de banquier, toutes décisions qui apparaissent de plus en plus indispensables et urgentes ? Et bien non ! Les ministres des finances de la zone euro, ont entonné, avec Jean-Claude Trichet, le grand chœur de la hausse des prix. Et avec quel coffre, quel lyrisme ! L'hydre infâme de l'inflation est de retour ! Sonnez l'alarme des gouvernants! Tous les épargnants aux abris ! Mobilisation générale de la presse responsable ! «L'Europe s'alarme de la hausse des prix» titre aussitôt le Figaro samedi, précédé, cependant mardi par Le Monde qui avait barré sa une d'un impressionnant «L'inflation s'installe en Europe».

Les salariés se sont appauvris
Mais au fait, de quoi parle-t-on? La hausse des prix à la consommation atteint selon Eurostat, 3,5% par an. Il y aurait danger parce que l'inflation a augmenté d'un point. Bigre. Pour ceux qui sont assez chenus (il n'y a pas besoin d'être Mathusalem) pour se souvenir de l'inflation à plus de 10% et qui n'en sont pas morts, loin de là, il y a de quoi sourire. Au cours du «Club de la presse Internet» de la semaine passée, le professeur Fitoussi avait bien raison de rappeler qu'une hausse des prix à ce niveau n'est un problème que pour la Banque centrale européenne qui s'est fixée comme objectif une progression de 2% par an en moyenne. Un objectif qui ne s'est d'ailleurs quasiment pas réalisé depuis 8 années que l'euro existe.
Mais le consensus orthodoxe est tel que ce niveau de 2% qui n'était qu'un critère de la BCE (et qu'elle a défini seule), doit devenir la règle pour les 270 millions de citoyens de l'Europe. C'est ainsi qu'on a vu l'Eurogroupe appeler à la rigueur salariale afin d'éviter «l'inflation de second tour», c'est-à-dire une hausse générale des rémunérations afin de rattraper la hausse des prix. Explication : l'inflation, pour le moment, est principalement le résultat de la hausse des matières premières, le pétrole en particulier. Jusqu'à présent, les salaires sont restés très sages. Autant dire qu'ils ont encaissé l'inflation. Ils se sont donc appauvris. Les ministres des finances demandent donc aux salariés de continuer à respecter ce régime minceur. Ils visent en particulier les fonctionnaires allemands, qui viennent d'obtenir , en menaçant de faire grève, une augmentation de 8% en deux ans (ce qui n'est pas mirobolant, puisque en deux ans, l'inflation, si elle ne régresse pas, en aura absorbé les deux tiers)… alors que les fonctionnaires travailleront 39 heures contre 38,5 auparavant)
A qui profiterait cette politique de désinflation salariale ? Jean-Claude Juncker, président de l'Eurogroupe, prétend défendre «nos concitoyens les plus pauvres et les plus vulnérables», «ceux qui gagnent entre 300 et 700 euros par mois». En l'occurence, l'Union joue le pompier pyromane. Certes, les smicards sont très sensibles à la hausse des prix. Mais qui a généralisé le modèle du «travailleur à temps partiel», lequel est devenu un «travailleur pauvre» ? Le conseil des ministres de l'Union européenne, dans la stratégie de Lisbonne visant à rendre le travail toujours plus «flexible» !
En fait, la lutte contre l'inflation est le cache-sexe de la défense du taux de profit des grandes entreprises et des actionnaires, qui n'a jamais été aussi élevé dans les économies occidentales que depuis les politiques de désinflation imposées dans les années 1980 et 1990.

Jean-Claude Trichet, Président de la Banque centrale européenne - (World Economic Forum - Flickr - cc)

Vive l'inflation ?

Faut-il pour autant tenir pour négligeable le retour très relatif d'inflation, et même rêver que l'enchaînement prix-salaires nous ramène au temps béni des Trente Glorieuses, lorsque les rémunérations galopaient au rythme de la croissance ? Pas sûr.
D'abord parce que l'inflation actuelle est pour partie l'effet d'un mouvement général des épargnants pour garantir leurs avoirs. On sait par exemple que 20% de l'augmentation des prix du baril de pétrole est dû à la «spéculation». Ladite spéculation n'est autre que l'effet de la chute du dollar. Pour éviter une dépréciation de leurs actifs, les fonds d'épargne placent leur argent sur le pétrole. Qui monte. Et qui enclenche des mouvements spéculatifs sur les autres marchés de matières premières bien au-delà de ce qu'exigeraient les tensions entre l'offre et la demande réelles. L'or (à plus de 1000 dollars l'once), cela n'a aucune importance. Mais le fer, le nickel, le zinc, l'aluminium, etc. si ! Parce que cela s'inscrit dans les prix industriels. Pire encore, le pétrole entraîne les matières premières agricoles, le maïs, le blé, le colza, le soja, le sucre, le riz (plus 30% depuis janvier !) puisque désormais, avec ces produits, on fait des carburants. Ces hausses des prix, qui menacent des pays entiers de disette, sont donc un levier destiné à garantir, au moins momentanément, le rendement des dizaines de milliers de milliards de dollars de placements financiers au travers de la planète.
Ensuite parce que les Trente Glorieuses sont déjà loin derrière nous. Le dynamisme salarial de cette époque (en gros 1945-1975) était d'abord le fruit des considérables gains de productivité dans l'industrie, lorsque l'Europe a généralisé le productivisme américain. Depuis lors, l'Europe s'est désindustrialisée, quelquefois volontairement (comme la Grande-Bretagne). Le problème est qu'une fois les usines détruites ou déménagées, les gains de productivité se sont évanouis. Un exemple : la France a, l'an dernier, gagné 300 000 postes de travail. Formidable ! s'exclame le gouvernement. Mais les économistes tiquent : avec seulement 1,9% de croissance, la productivité du travail (par poste en moyenne) s'avère nulle. L'explication est à chercher dans l'explosion des services à la personne (merci Mr Borloo), dont la productivité est très faible, voire nulle.
Conclusion : 10 000 à 35 000 manifestants ont défilé dans les rues de Ljubljana à l'appel des syndicats européens contre la rigueur salariale et les orientations destructrices du conseil et de la commission européens. La banderole de tête proclamait : «Europe's workers need a pay rise» (Les travailleurs européens exigent une augmentation de salaire). Mais l'Europe du capital ne veut rien entendre. Il faudra crier plus fort, et être bien plus nombreux.

article publié le Lundi 07 Avril 2008 - 00:01 sur Marrianne.fr
par Hervé Nathan

06.04.2008

Qui veut la peau des alter-européens ?

Dans son fonctionnement même, l'Europe institutionnelle rompt avec le fabuleux serment voltairien à la base du postulat démocratique : "Je ne suis pas d'accord avec un mot de ce que vous dites, mais je me battrai jusqu'à la mort pour votre droit de le dire." Voici les alter-européens eux-mêmes victimes de ce qu'ils dénonçaient en refusant la Constitution européenne en 2005, son recyclage dans le traité de Lisbonne en 2007 et en osant simultanément appeler à des référendums : la dissolution de la démocratie sous l'effet de l'intégration européenne.




"Non, il n'y pas de conspiration contre vous !" lance, moqueur, l'eurodéputé Richard Corbett, à ses collègues eurocritiques de la commission des affaires constitutionnelles, ce lundi 31 mars à Bruxelles. Il a raison : ce qui caractérise une conspiration, c'est le secret. Or, la machine de guerre lancée par les européistes contre tous ceux qui pensent autrement n'a rien de confidentiel. Elle oeuvre au grand jour, et M. Corbett en sait quelque chose puisque c'est lui qui est en charge de préparer une énième réforme du règlement intérieur du Parlement européen, dont l'effet sinon l'objet est la disparition pure et simple des "petits groupes" parlementaires.

Il faut aujourd'hui au moins 20 députés européens issus de 6 Etats-membres différents pour constituer un groupe politique au Parlement européen, de sorte que l'addition de ces parlementaires "représente" virtuellement plus de 13 millions d'habitants et 6 nations au minimum. Dans un parlement multinational (tel qu'il n'en existe nulle part ailleurs), il n'est pas surprenant en effet que le nombre de forces politiques et combinaisons possibles entre elles, augmente proportionnellement à celui des Etats-membres d'où elles proviennent. Jugeant qu'un tel ratio est encore insuffisant et que ledit Parlement, bien que conçu pour 495 millions d'habitants de 27 nations différentes, le projet de révision du règlement envisage de faire grimper le seuil de constitution des groupes à 30 députés issus de 7 pays différents. L'application de cette nouvelle règle à la configuration politique actuelle conduirait mécaniquement à l'exclusion de dizaines de députés européens de tout groupe, le nombre de "non-inscrits" ou "zone grise" (dans le jargon de la Commission des affaires constitutionnelle) s'étendant considérablement. En particulier, elle conduirait à la disparition pure et simple du groupe Indépendance et Démocratie, qui compte aujourd'hui 24 membres, ainsi qu'à l'extension Comme par hasard, ce groupe parlementaire est le seul groupe eurocritique du Parlement européen, c'est à dire hostile à toute Constitution européenne fût-elle rebaptisée "Traité de Lisbonne".

Cette réforme qui s'appliquerait au lendemain des élections européennes de 2009 est la dernière en date d'une série de charges menées à l'encontre des "eurosceptiques" et partisans de l'"autre Europe". En effet, il y a un mois, le Parlement européen modifiait déjà son règlement intérieur pour permettre à son président de refuser une demande de vote par appel nominal (le sens du vote de chaque député est enregistré et public) lorsqu'elle a manifestement pour but de faire "obstruction", notion extrêmement vague qui laisse à l'évidence libre cours à la subjectivité du Président. Au même moment, la Présidence du Parlement européen infligeait à plusieurs eurodéputés une sanction indemnitaire pour s'être exclamés et avoir brandi des panneaux "Référendum!" au cours de la séance de proclamation de la Charte des droits fondamentaux annexée au Traité de Lisbonne, le 12 décembre dernier. (Lire notre article ).

L'on pourrait ainsi poursuivre la liste, en rappelant également la réforme des modes de scrutin pour l'élection européenne de 2004.   Réalisée à la hâte en France par une loi du 9 avril 2003, cette révision du mode de scrutin a brisé l'effet proportionnel par un mode de calcul et un curieux découpage du territoire français en 8 circonscriptions électorales dont la pertinence est douteuse. A titre d'exemple, la liste Villiers-Pasqua avec 13,05% en 1999 obtenait 13 députés. Après cette dénationalisation du scrutin et de la campagne, les listes Villiers en 2004 totalisaient en moyenne nationale 6,83% et n'obtenaient que 3 députés. Si "la qualité démocratique d'un Parlement se mesure à la place qu'il fait à la minorité", alors il faut prendre conscience que la rare instance élue de l'Union européenne est bien décidé à réduire, dans tous les sens du terme - en nombre et en moyens - la minorité parlementaire qui a "l'indécence" de s'y faire élire sur la promesse de "changer l'Europe".

Force est de constater que dans son fonctionnement même l'Europe de 2008 rompt avec le fabuleux serment voltairien à la base du postulat démocratique : "Je ne suis pas d'accord avec un mot de ce que vous dites, mais je me battrai jusqu'à la mort pour votre droit de le dire."  Voici donc les alter-européens eux-mêmes victimes de ce qu'ils dénonçaient en refusant la Constitution européenne en 2005, son recyclage dans le traité de Lisbonne en 2007 et en osant simultanément appeler à des référendums : la dissolution de la démocratie sous l'effet de l'intégration européenne. A eux d'être capables de s'organiser intelligemment, par delà leurs nuances politiques qui apparaissent bien secondaires, pour aller défendre le plus grand bien qu'ils ont en commun et clairement menacé : la démocratie.

Article de Christophe Beaudouin paru sur observatoiredeleurope.com le Mardi 01 Avril 2008

02.04.2008

The War : subtil exercice de propagande ?



The War, documentaire américain retraçant l'engagement militaire des USA dans la seconde guerre mondiale, est diffusé tous les mercredi soir sur Arte. Je suis tombé dessus , par hasard, n'ayant pas suivi les précédents épisodes. L'épisode dont je vais parler (du mercredi 19 mars 2008)  relatait la campagne d'Italie de 1943/44. L'auteur semble avoir préféré endosser le costume de romancier à celui d'historien, privilégiant l'épopée à la description "objective" des faits historiques.

 

Ce qui est choquant n'est pas tant cette approche émotionnelle et subjective du conflit que cet écart entre la vision américaine et la vision française de leur histoire en général, et de leurs armées respectives en particulier.
L'une sait enjoliver, oublier les faits les plus dévalorisants, exalter les moments les plus héroïques. L'autre ne sait que dénigrer, ridiculiser, souligner les faits les plus sordides sous couvert d'objectivité historique.

 

Qui n'a pas appris à l'école que les généraux de 1914 (j'ai déjà évoqué le conflit de 1914/18 dans une précédente note) et de 1940 étaient des vieillards séniles et stupides, militairement incompétents et que seule la bienveillance et le génie américain nous aurait permis d'échapper aux désastres ?
Qui n'a pas appris à l'école que, contrairement aux USA et à l'Angleterre qui se sont comportés héroïquement, seule la France s'est lâchement agenouillée face aux nazis ?

 

Tous nos propagandistes oublient bien vite que l'Angleterre, si elle n'avait pas été protégée par la Manche, aurait subi le même sort , vu son impréparation militaire en mai 1940. Ils oublient également la lourde résponsabilité des USA et de l'Angleterre dans la défaite militaire française de mai-juin 1940.

 

Qu'en est-il du génie militaire américain durant la campagne d'Italie et des faits largement passés sous silence dans le documentaire "The War" ? Pendant la campagne d'Italie, les généraux américains (et anglais dans une moindre mesure), mais aussi les responsables politiques, commirent de lourdes fautes stratégiques et tactiques qui faillirent leur coûter un désastre.
Le commandement allié décida de l'invasion de l'Italie, à partir de la Sicile, en fonction de la couverture aérienne. Il orienta donc l'effort militaire principal sur l'orteil de la botte italienne, là où les allemands les attendaient le plus. Cette approche stratégique souligne l'académisme et le manque d'imagination des généraux alliés qui préféraient tabler sur la quantité de leurs moyens (tant pis pour la chair à canon) que sur leur génie tactique. Selon Sir Lidell hart : " Pour sêtre présenté là où  l'adversaire les attendait, les alliés subirent un échec coûteux , tant en vies humaines qu'en temps perdu ; et ils frisèrent un désastre qui ne fût évité que de peu".
Vu l'étroitesse du front, les allemands n'eurent pas de mal à stopper les alliés notamment devant Cassino. " ... l'attaque directe sur des fronts étroits n'amène généralement que des résultats négatifs. Même une grosse supériorité de moyens suffit rarement si elle ne dispose pas d'un espace de manoeuvre." Lidell Hart.

 

Sur la bataille d'Anzio évoquée dans le documentaire "The War", l'erreur tactique est encore plus évidente : face à l'absence de toute opposition, le commandement allié préféra attendre pour renforcer ses moyens plutôt que d'exploiter rapidement l'avantage (erreur classique chez les généraux médiocres, quelque soit leur nationalité).

 

Enfin, sur l'action de l'armée française dans cette bataille (sujet à peine évoqué dans le documentaire) : ce sont les troupes françaises du Général Juin, utilisant ses spécialistes des combats en montagne, qui permirent, par un effet de surprise, de désserrer l'étreinte allemande sur Cassino et mettre ainsi fin à 9 mois d'enlisement. Cette percée d'une dizaine de KM exécutée en trois jours fit l'effet d'un levier qui facilita l'action de la huitième armée britannique sur Cassino mais aussi l'action de l'armée US le long de la côte, creusant la brêche qui ouvrait la route des alliés sur Rome.

Les armées alliées ne brillèrent donc pas toujours par leur génie tactique et stratégique(contrairement aux armées allemandes) et la victoire ne fut obtenue qu'au prix d'une énorme supériorité de moyens (l'allemagne combattait sur une multitude de fronts avec des armées souvent dispersées : front Ouest, Est et Sud).

 

 Supériorité de moyens que la France n'avait pas en mai 1940.

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