09.04.2008

L'EAI NE VAUT PAS QUITTER MONTPELLIER

Hier 9 avril 2008 à 7h30, au lever des couleurs, le général deux étoiles Hervé Charpentier, commandant de l’EAI, a convoqué tout son monde à peine descendu du train qui le ramenait de Paris. «Nous vivons difficilement les rumeurs de départ. Mais notre mission doit continuer. L’EAI n’est pas menacé en tant que telle. Si on est amené à bouger ce sera un déchirement<.


De Paris, le général Charpentier n’a rien ramené de nouveau sous le soleil. Sauf une date. C’est le 19 juin 2008 que Nicolas Sarkozy annoncera le verdict. D’ici, là c’est l’attente. «Les informations diffusées émanent de documents de travail. Elles ont une validité ponctuelle. On ne sait pas à l’heure actuelle ce que le Chef des armées (NDLR<TH>: le Président de la République) veut pour l’armée». Ce qui est certain par contre, c’est la nécessité d’une réforme. «La réorganisation est indispensable. Cela mettra 6 ou 7 ans pour se mettre en place. Cela passera par des expérimentations mais en 2015 tout sera fait. La logique est de regrouper des écoles pour créer une base militaire. Il y en aura presque une centaine en France», poursuit le général Charpentier.
L’EAI est annoncé un peu partout mais une boutade circule entre les bâtiments. «Il y a une possibilité à Saumur, à Draguignan, de rester ici, et il y a toutes les autres». Une façon de dire que rien n’est encore bien défini. «On parle de l’installation d’un régiment. Ce qui est certain, c’est qu’une école et un régiment ne peuvent pas se retrouver dans ces murs ensemble», poursuit Hervé Charpentier.
Seule certitude à ce jour, l’appétit des promoteurs pour les 44 hectares appartenant à l’armée.
Et cela sans compter les terrains militaires disséminés autour de Montpellier avec par exemple les 1<TH>700 hectares de Viols-le-Fort. Beaucoup se sont déjà manifestés pour faire connaître leurs intentions.
Jean-Jacques Sarciat

08.04.2008

L'AVENIR DE L'ARMEE A MONTPELLIER ENTRE LES MAINS DE SARKOZY

C’est Nicolas Sarkozy en personne, tout seul dans son bureau de l’Élysée, et en tant que chef des armées, qui décidera en juin de fermer ou non les deux écoles militaires de Montpellier. L’information a été livrée hier soir par le directeur de cabinet d’Hervé Morin, ministre de l’Armée, lors d’un entretien avec Jacques Domergue, député UMP. D’ici là, la mobilisation devrait, peut-être, enfin prendre de l’ampleur. Près d’un millier d’emplois directs, en fait 900, sont sur la sellette à Montpellier.Pourtant, aucun élu ne bouge vraiment.


Du côté de la Ville, le conseil municipal a voté un vœu pour protester contre cette réorganisation. L’adjoint à l’urbanisme, Philippe Saurel, est monté en fantassin solitaire pour défendre l’EMSAM, sise aux Beaux-Arts. A la Région, la protestation a pris la forme d’un vote pour la forme. Des actes symboliques mais il est difficile de faire plus. Quand on est de gauche, on est condamné à regarder passer impuissant le train d’un Gouvernement de droite. Mais, localement, à droite c’est aussi calme. Ainsi, le député de Castelnau, Jean-Pierre Grand, qui compte l’EMSAM sur sa circonscription, préfère mener son combat en coulisses. «Il faut que Montpellier reste une ville de garnison. Si l’EAI part pourquoi ne pas installer un régiment à la place ? Pour l’EMSAM, pourquoi ne pas regrouper l’armée de terre, de l’air et la marine, sur le site. C’est ce que je vais défendre demain (NDLR : aujourd'hui) à 8h30 en réunion du groupe parlementaire. Mais j’ai déjà évoqué tout cela avec des généraux et des conseillers techniques du ministre de l’Armée. L’affaire est grave», explique Jean-Pierre Grand très échaudé par le précédent de la refonte de la carte judiciaire.
Jean-Jacques Sarciat