29.04.2008

LA REPRODUCTION DU VIADUC DE MILLAU DANS SON JARDIN

Depuis quelques jours, Maurice Largeron, habitant de Mauguio (Hérault), près de l’ancien cimetière, est la coqueluche de sa commune. La raison ? Ce retraité de 67 ans s'est lancé il y a quelques mois dans la folle aventure de la construction de la réplique du viaduc de Millau sur son portail. Pas une vague réplique, non, une véritable reproduction à l'échelle, au détail près. «C'est mon fils qui a calculé l'échelle, moi je ne savais pas faire. Une règle de trois, et j'avais mes mesures!», rigole le sémillant retraité, qui a récupéré tous les détails de l’ouvrage dans les hors séries édités par Midi Libre en 2004 et 2005. Et le résultat est impressionnant. Dix-neuf mètres de long, trente-huit mètres de cordage, six cents mètres de fils électriques, une installation électrique pour illuminer le pont la nuit et, depuis le 13 avril, la cerise sur le gâteau : «Je suis allé aux puces de Carnon et j'ai acheté des petites voitures, pour que ça soit encore plus réaliste». Plus fort encore, le sexagénaire a installé des feux clignotants, et a peint la vallée en contrebas. Imagine-t-on le temps et le travail nécessaire à cette œuvre titanesque ? «Il m'a fallu deux mois pour souder trente-huit mètres de fils, et un mois pour tracer et peindre les routes». Au total, Maurice Largeron a passé quatre mois et demi sur son viaduc. «Par contre, pour l'installer sur la clôture, mon fils et mon voisin n'ont mis que trois heures!», s'esclaffe-t-il. Au fait, pourquoi le viaduc de Millau ? «Ben parce qu’on y passe souvent. Et puis j’avais sept piliers sur ma clôture, comme le viaduc, explique Maurice.Quand j'ai commencé, beaucoup m'ont pris pour un fou, ou n'ont pas compris ce que je voulais faire exactement».
Même son épouse Madeleine, un souriant petit bout de femme originaire du Cantal, n'avait pas saisi l'ampleur du projet de son mari. «Je pensais qu'il voulait faire quelque chose dans les arbres, mais pas sur la clôture». Face à une telle réalisation, on devine des talents manuels chez ce monsieur. «J'étais menuisier dans le temps. Après, l'entreprise dans laquelle j'étais contremaître a brûlé, et je suis devenu magasinier. On prend ce qu'on peut, ce n'était pas évident de trouver du travail dans cette branche». Plus jeune, quand il vivait à Saint-Etienne, il réalisa plusieurs maquettes dont celle du paquebot France. Avec «pas moins de 1000 hublots à éclairer !», dit-il, pas peu fier. Même avec les années, la passion pour le travail artisanal ne l'a pas quitté; c'est lui qui a fabriqué tous les meubles en bois de la maison, du salon aux chambres en passant par la véranda, le tout rien qu'avec du bois de récupération. Mais son projet un peu fou de viaduc de Millau, ce défi, il le tient à tout autre chose. «Je suis malade, j'ai une tumeur aux poumons. Un cancer. Je pouvais me lamenter, ou me lancer dans quelque chose qui m'occupe et me fasse penser à autre chose», confesse-t-il. Sa femme acquiesce. «Ses journées alternaient entre séances de chimio et construction de la maquette. Ça lui a fait beaucoup de bien». Aujourd'hui, Maurice se porte mieux, et aux médecins ont succédé les curieux. «Ça n'arrête pas, les gens s'arrêtent pour prendre des photos ou toucher. Ça ne nous gêne pas, au contraire! Je me demande simplement comment ça n'a pas encore cassé», rigole-t-il, fier de son chef-d’oeuvre, si conforme à l’original. L’a-t-il d’ailleurs visité le "vrai" viaduc qui se trouve à 133 kilomètres de chez lui ? «On y passe, c’est tout».  Une lacune qui devrait être comblée : ayant eu vent de l’affaire, Fréderic Dune, le directeur de la société d’exploitation du viaduc de Millau, s’est proposé de faire visiter l’ouvrage dans ses moindres détails à ce "si original contrefacteur".
Chloé Woitier, avec Didier Thomas-Radux

16.04.2008

TU FUMES QUOI ? UNE ELECTRONIQUE

Son bout devient rouge quand on tire dessus. Elle lâche de la fumée dans de belles volutes et crépite. Elle est longue, fine, en main on croirait une vraie. Son goût est quasiment identique. Cette petite révolution est la cigarette électronique. Elle tente de remplacer la "vraie" cigarette. Avec un succès qui s’annonce prometteur. 5000 unités ont été vendues depuis qu’un jeune chef d’entreprise de Mauguio s’est lancé dans cette activité en mars dernier. Le concept de la vraie-fausse cigarette a été mis au point au Japon, il y a quelques années. Depuis deux mois, il inonde la France, via Mauguio. Olivier Artz a fait évoluer le produit japonais, et a créé sa marque de cigarette électronique, "Cybercig". Fabrication au Japon et importation en France, où il est le seul à proposer ce produit. La cybercig, cigarette électronique, est un inhalateur d'arômes avec ou sans nicotine, selon les recharges.
« Elle offre les réelles sensations d'une vraie cigarette », promet Olivier Artz. La fumée que l’on souffle, c’est de la vapeur d’eau. On peut alors fumer dans les lieux publics, et même au travail ! C’est autorisé. La "cybercig" se branche avec un chargeur, comme un téléphone portable et son autonomie est de huit heures. «Une taf par ci par là, on fume plus souvent mais moins. On peut aussi diminuer la dose de nicotine des recharges», poursuit Olivier Artz.
Bon, les fumeurs de "Gitanes" et de "Gauloises" ne retrouveront pas l’inégalable goût et odeur des cigarettes de naguère, mais «c’est une cigarette propre, sans mégots, sans fumée toxique et sans dépenses exorbitantes pour les fumeurs». Une recharge équivaut à un paquet de cigarettes classique. Mais elle coûte deux fois moins cher (2 euros). Seul investissement, la cigarette électronique et son chargeur qui coûtent 60 euros. Mais livré avec dix recharges, certes non remboursé par la Sécu. Et dès la fin du mois de nouvelles recharges, aromatisées et sans nicotine devraient faire leur apparition sur le marché.

Nicolas Guyonnet
En vente sur internet www.cybercig.com ou dans points de vente à Montpellier (Cuba Café, Café Molière…). Liste sur le site internet.