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14.05.2008

MAI 68 : LES PAVES NE FONT PAS RECETTE

Pour ses quarante ans, Mai 68 fait un retour en force dans l'espace public. Emissions spéciales, hors-séries de quotidiens de l'époque, témoignages,... la révolte populaire devient, comme beaucoup d'évènements historiques, un marché pouvant s'avérer lucratif. A Montpellier, les quatres grandes librairies de l'Ecusson (FNAC, Virgin, Sauramps et Gibert Joseph) consacrent leurs vitrines et leurs rayons à l'évènement. Plus d'une centaines d'ouvrages sont disponibles mais aussi des cd, dvd et produits dérivés en tout genre.

Qui achète Mai 68?

La tendance verse dans la nostalgie plutôt que dans la découverte. Pour Alain Monge, responsable de l'espace vente à Sauramps : « C'est globalement un public qui a connu Mai 68, même jeune. Pas mal étudiants n'apprécient pas que l'on compare tout le temps les mouvements étudiants actuels à ce qui s'est passé en Mai 68. » Au Virgin, même son de cloche de la part du responsable, Philippe Castelneau : « Les livres de nostalgie et de commémoration marchent mieux que les livres de fond. » A la Fnac, rares sont les têtes blondes qui s'arrêtent devant le rayon dédié. Pour Paul, 65 ans, hypnotisé par les images des barricades diffusées sur l'écran géant :  « Cela me fait une sensation bizarre de revoir tout ça. A part ceux qui, comme moi, y étaient, je ne vois pas qui cela peut intéresser. Et encore, je ne vais pas acheter ce que j'ai vécu en vrai. »

Quels sont les succès et les flops des rayons?

Les ouvrages « grand public » comme le Hors-série de Télérama (1) ou les recueils de photographies marchent très fort (2), au détriment du texte pur et des analyses du mouvement contestataire.Exception faite de l'ouvrage de Daniel Cohn-Bendit, Forget 68 (3). Le leader de l'époque se trouve en bonne place sur les rayons. Témoignage également et succès surprise pour Le Jour où mon père s'est tu, de Virginie Linhart (4). « Les gens cherchent davantage de témoignages, de souvenirs. Par exemple, les slogans de 68 (5) se vendent très bien, c'est petit et pas cher, on le place d'ailleurs en appel de caisse comme pour les chewing gum. », précise Alain Monge. Au rayon des bides, Les Années 68 (6), ouvrage très complet mais très épais, n'attire pas les foules. Le public étant en majorité grisonnant, les ouvrages destinés à ceux qui n'ont pas connu Mai 68 ne s'arrachent pas. Au Virgin, «les ouvrages clins d'oeil ne décollent pas, les gens restent attirés par ce qui est visuel ». Mai 68 expliqué à Nicolas Sarkozy illustre ces ouvrages qui tentent de surfer sur la notoriété de Mai 68. (7)

Beaucoup de bruit mais pour quoi ?

Entre les quatres « grands de Montpellier », le bilan apparaît comme mitigé. AGibert Joseph, qui consacre le plus petit espace à Mai 68, « Globalement, cela ne marche pas », explique la responsable qui a agencé le rayon suivant ses goûts pour les ouvrages. D'ailleurs, le rayon ne passera pas le mois de Mai. Sauramps a mis, quant à lui, les petits plats dans les grands. Le lieu consacre à Mai 68 toute sa vitrine de l'étage inférieur, en plus du rayon Actualités : « On a commencé il y a déjà deux semaines pour un résultat sa tisfaisant. L'évènement fait grimper les ventes de tout le rayon actualité politque et si la vitrine s'arrête fin mai, le rayon restera jusqu'à mi-juin ». En tout, une centaine d'ouvrages s'affichent à Sauramps, tout comme au Virgin ou un PLV (Publicité sur lieu de vente) est mis en place pour tout le mois de mai. Le choix des ouvrages sélectionnés résulte d'un rapport rentablilité/qualité. On parle alors de « choix judicieux » ou « pertinent » et on parle alors de « potentiel » de l'auteur à faire vendre. La Fnac ne s'embarasse pas de ce genre de questions et remporte la palme de l'offre. Un grand rayon au fond du magasin avec un large écran plat et plusieurs petits coins consacrés à tout ce qui peut ou a pu avoir un rapport avec Mai 68. Mais c'est une opération nationale et personne ne souhaite répondre aux questions sur la pertinence et la stratégie d'une telle opération. Le catalogue spécial Mai 68 ressemble d'ailleurs à à la liste de noël d'un soixante-huitard passionné : slogans, affiches, ouvrages de fond, de forme mais également tout ce qui a pu passer musicalement pendant l'année 68 (Georges Moustaki, la comédie musicale Hair, Michel Polnareff, The Grateful Dead,etc). La stratégie de la chaîne s'ouvre même sur le mouvement hippie et tout ce qui a découlé du mouvement de Mai 68 jusqu'à aujourd-hui, c'est dire que l'offre est large mais avec parfois, une pertinence mystérieuse.

Finalement, Mai 68 est à la France ce que 1907 a été à la région Languedoc Roussillon : la commémoration d'un événement marquant avec tous les points de vues et les produits disponibles sur la question. Alain Monge, de Sauramps, conclut sur ce phénomène : «Si on compare Mai 68 et 1907 dans les ventes : le premier bénéficie de beaucoup plus de titres disponibles mais pour le nombre d'exemplaires vendus par titre, 1907 arrive premier, ce qui n'empêchera pas l'anniversaire de Mai 68 de faire plus de chiffre que celui de 1907. » La déferlante Mai 68 arrive à Montpellier comme une vaguelette sur le Lez. A la question posée par le programme de Sauramps, que reste-t-il de nos révoltes?, il semble bien triste de répondre : la nostalgie de la forme et non du fond.

Quentin Clairembourg et Julien Ginoux

Notes :

  1. Télérama Hors-série, Mai 68 : l'héritage, N° 153, avril 2008, 8,50 €.

  2. 1968, Magnum dans le monde, Magnum Photos, Hazan, 2008, 35 €.

    Patrick Mahé, 68, Nos Années choc, Plon, 2008, 35 €.

  3. Daniel Cohn-Bendit, Forget 68, Ed. De l'Aube, 2008, collection Monde en Cours, 12,90 €.

  4. Virginie Linhart, Le jour où mon père s'est tu, Seuil, 2008, Collection Essais, 16 €.

  5. Enragés anonymes, Interdit d'interdire : slogans et affiches de la révolution, mai 68,

    L'Esprit Frappeur, 2005, 7 €.

    Julien Besançon, Journal mural: mai 68, Tchou, 2007, Collection les murs ont la parole,

    7,50 €.

  6. Patrick et Charlotte Rotman, Les Années 68, Seuil, 2008, Collection Beaux Livres, 59 €.

  7. André et Raphaël Glucksmann, Mai 68 expliqué à Nicolas Sarkozy, Denoël, 2008, 18 €.

 

LE CHAT DANS LA BAIGNOIRE D'ACIDE : 2 MOIS FERME

"J'ai tué ton chat, je me suis régalé". Un homme, âgé de 47 ans, père de deux enfants, était en bisbille depuis des années avec sa voisine dans le quartier de La Paillade à Montpellier. Pour se venger Le 14 octobre 2006, il avait attrapé le chat de celle-ci et l'avait tué en le plongeant dans sa baignoire remplie d'acide.

L'homme a été condamné à deux mois de prison ferme par la cour d'appel de Montpellier. La propriétaire du chat avait entendu hurler l'animal puis perçu le bruit du jet d'un sac poubelle dans le jardin de l'immeuble, où elle avait découvert l'animal mort.
A l'audience devant la cour d'appel, l'auteur des faits a reconnu la vengeance mais nié les actes de tortures. Les experts vétérinaires ont en revanche conclu à la cruauté envers animal.
La cour d'appel, rendant son délibéré mardi, a confirmé la peine du tribunal correctionnel de Montpellier de 2007, soit deux mois de prison ferme.
La Société protectrice des animaux s'était portée partie civile.
N.G. (avec AFP)

TER : UNE HALTE A CASTELNAU

« C’est un projet majeur pour le développement de Castelnau. C’est là que va se trouver le gérontopôle et c’est là que se croisent bus et tram» . Le député-maire UMP de Castelnau, Jean-Pierre Grand, est content après le vote hier mardi 13 mai 2008 en conseil régional de l’étude de faisabilité d’une halte TER à Sablassou.

«Ce secteur est stratégique. Il va donner une nouvelle dimension à Castelnau. On peut aussi envisager à terme une ligne bus en site propre jusqu’à Odysseum. Tout cela se trouve d’ailleurs dans le SCOT de la commune. Dans ce dossier, j’ai travaillé main dans la main avec Georges Frêche et ce dans le sens de l’intérêt général», poursuit Jean-Pierre Grand.

JJS

LE COURRIER DE LA POSTE COMEDIE EN FEU

 
La boîte aux lettres du bureau de Poste de Montpellier Comédie a flambé dans la nuit de mardi 13 à mercredi 14 mai. C'est plus précisément le courrier de la boite "Montpellier" qui a brûlé suite à un acte de vandalisme. Tout le courrier déposé à partir de mardi 16h a été détruit. L'acte de vandalisme a également visé les distributeurs automatiques de billets. La Poste a déposé plainte.
N.G. 

TENSION A LA BELLE JOURNEE

Les prochains jours s’annoncent plus radieux à la crèche associative La belle journée dans le quartier du Val de Croze à Montpellier. La situation sociale devrait s’y améliorer. Depuis le 21 avril 2008, sept de ses salariés sont en grève. C’est l’annonce d’un licenciement pour raisons économiques qui a mis le feu aux poudres.«La Caisse d’allocations familiales (Caf) avançait, début mai, un déficit de 90 000 euros», s’inquiètent les grévistes qui demandent la nomination d’un administrateur. La goutte d’eau qui fait déborder le vase.«Aucun dialogue social, des conditions de travail détestables avec la présidente : c’est un cauchemar. Les agressions se multiplient, nous sommes menacés» dénonce l’encadrement en grève. Et de s’étonner de pratiques « surprenantes : la présidente est salariée, nos bulletins de salaires refaits, l’agrément jeunes enfants a été retiré à la présidente, le contrôle des affaires est dominé par cette dernière». Une présidente pourtant sereine qui fait rouvrir la crèche dès aujourd’hui avec le personnel non gréviste (quatre personnes). Et qui assure «il n’y aura pas de licenciement économique». Concernant le déficit, son avocate explique le couac financier : «Le bilan de l’association a été clôturé en décembre et la subvention de la Caf a tardé, elle n’a été versée qu’en mars. D’où l’inquiétude des financeurs. Les bilans prévisionnels présentés sont déjà validés et pérennes».
Les grévistes réclament toutefois «des garanties, des explications sur la situation et un droit de regard sur la gestion de la crèche».Nicolas Guyonnet

DES PLANTES POUR GUERIR LA VILLE

Dix ans après la mode du tout palmier, la biodiversité semble reprendre ses droits dans certains quartiers de Montpellier. Dans le cadre de nouveaux aménagements paysagers du parc Euromédecine, dédié aux sciences du vivant, la communauté d’agglomération de Montpellier a en effet choisi de privilégier les plantations aux vertus curatives, en lien avec l'activité du parc. Ainsi, les alignements d'arbres et les massifs de plantes vivaces seront bientôt choisis parmi des essences médicinales : le tilleul remplacera les sophoras de la rue Louis-Pasteur et l'alisier blanc, aux vertus astringentes, les gleditsia triacanthos. Sur la rue de la Valsière, le frêne, dont l'écorce est fébrifuge et les feuilles ont des vertus diurétiques, remplacera les mélias. «Cet herbier vivant n’est pas destiné à la production de médicaments, explique Christophe Morales, délégué au développement durable. À travers ces plantations nous voulons renouer avec la tradition médicale montpelliéraine et donner une image forte à Euromédecine». Par ailleurs, l'Agglo va poursuivre ses aménagements paysagers sur le centre de stockage du Thôt à Lattes où la végétation bocagère de la plaine de Maurin sera recréée grâce à la plantation de près de 300 arbres d'ici septembre 2008 : chênes verts, féviers, peupliers, savonniers, frênes, mûriers, micocouliers, robiniers, pins d'Alep et pins pignon. A Garosud, des milliers de jeunes pieds d'une trentaine d'espèces différentes, dont des magnolias et des oliviers bicentenaires, serviront à camoufler l’usine de méthanisation qui sera inaugurée le 27 juin 2008. Une diversité destinée aussi à soigner les inquiétudes du quartier. Jean-Michel Servant

NACERI HOSPITALISE A MONTPELLIER

L’acteur Sami Naceri (Taxi) est entré vendredi matin 9 mai à Saint-Éloi. Il est ressorti de l’établissement hospitalier de Montpellier lundi soir, 12 mai. Son séjour est lié aux problèmes de santé que rencontre l’acteur, habitué des esclandres et des condamnations pénales, depuis plusieurs mois. A sa sortie de Saint-Éloi, il a pris la direction de la maison d’arrêt de Villeneuve-lès-Maguelone, où il purge la fin d’une peine de prison. Il devrait ressortir le 6 août prochain de l’établissement pénitentiaire.

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