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dimanche, 30 septembre 2007
Sur l'île de Sein, on maîtrise l'énergie
L'île de Sein, non raccordée au réseau électrique et seule commune de France à être alimentée en eau potable à partir de l'eau de mer.
Ampoules à basse consommation, réfrigérateurs basse consommation, économiseurs d'eau... : les îliens jouent le jeu à fond. Et ça marche.
Sur la facture d'EDF, l'électricité n'est pas plus chère sur l'île de Sein qu'ailleurs. Pourtant, le coût de production réel est bien supérieur au prix payé par l'abonné. Située à 8 km de la pointe du Raz, l'île bretonne (280 habitants l'hiver, 1 500 l'été), n'est pas raccordée au continent pour sa production électrique. Elle ne dispose pas, non plus, de source d'eau potable. L'électricité est fournie par trois imposants groupes électrogènes, alimentés par du fioul. Et l'eau potable, produite par l'usine de dessalement de l'eau de mer.
Cette double particularité s'avère particulièrement gloutonne en énergie fossile : en 2006, près de 400 000 litres de fioul, ont été consommés sur l'île, essentiellement pour produire l'électricité. Pour limiter l'impact sur l'environnement, et, aussi, pour réduire le coût de production, la Région, l'Ademe (Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie) et EDF ont mis en place un ambitieux programme d'économies d'énergie.
Cette opération, que les différents partenaires n'hésitent pas à qualifier d'« exemplaire », a débuté, en 2003, par une étude de la consommation énergétique de l'île. « Celle-ci a mis en évidence que la consommation électrique des ménages est liée, pour ses deux tiers, à la production d'eau chaude sanitaire, à l'électroménager de froid et à l'éclairage », précise Ferdinand Costes, en charge des questions énergétiques à la Région Bretagne. La décision a donc été prise de sensibiliser les habitants, permanents ou saisonniers, et de les soutenir dans l'achat d'équipements économes en énergie.
Selon le maire de l'île, Alain Le Roy, l'initiative « marche plutôt bien ». Depuis 2005, 750 lampes à basse consommation ont été livrées chez les habitants de l'île. « Cela représente une économie estimée à 30 000 kWh/an », souligne Nicolas Picou, de l'Ademe. 400 autres ampoules sont stockées à la mairie. « L'ampoule nous coûte 1 € au lieu de 8 € », se félicite le Sénan Joseph Fouquet.
Comme 65 autres îliens, il a profité de l'aubaine pour s'offrir également un nouveau congélateur « A ++ » (peu consommateur d'énergie), qu'il a payé moitié prix, grâce à la subvention d'EDF et de la Région. Résultat pour l'île : 17 000 kWh et 15 tonnes de CO 2 d'économie.
Sa maison, à l'instar de 77 autres habitations de l'île, a, aussi, été équipée de mousseurs et autres pommes de douche à turbulence visant à diminuer le débit de l'eau. « Ça m'a déjà permis d'économiser 6 m3 par rapport à l'an dernier », calcule Joseph Fouquet, radieux. Et l'équivalent de 365 m3 pour la commune, sur une année.
À l'échelle de l'île, c'est, peut-être, pour l'instant, une goutte d'eau dans l'océan. Mais si l'expérience s'avère concluante, si les dépenses d'énergie continuent de décroître, l'île de Sein pourrait constituer un exemple. Pas seulement pour Ouessant et Molène, les autres îles bretonnes non raccordées au réseau.
12:15 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : bretagne, energie, economie, edf, eau salée