07.04.2008

Message de Ségolène ROYAL

Chers amis

Je vous prie de trouver ci-joint l'initiative que nous prenons, en vue du Congrès du Parti socialiste, pour lancer un débat de qualité, utile aux Français. Le texte en a été publié aujourd'hui.

Je compte sur vous pour nous rejoindre et apporter vos idées sur le site qui sera spécialement créé pour vous accueillir. Elles nous permettront d'aboutir à une belle contribution dont nous seront toutes et tous coauteurs.

Amitiés

Ségolène Royal

Consultation participative : comment le Congrès du PS peut-il être utile aux Français ?

Dans un monde qui se transforme à vive allure et dans une France où même ceux qui se croyaient à l’abri sont en proie à l’inquiétude, les socialistes doivent répondre à de nouvelles questions.

Aujourd’hui la précarité envahit tout, l’initiative économique est en panne, les inégalités n’ont jamais été aussi insolentes, l’incertitude pèse sur le rôle de la France dans le monde. Nous devons apporter la preuve de l’efficacité de l’action politique et la mettre au service de notre idéal commun.

Nous lançons cette consultation participative dans la cohérence des valeurs bâties pendant la campagne présidentielle et dans la volonté de prolonger les voies tracées par les Forums de la rénovation du PS.

Sachant que les questions bien posées permettent les réponses pertinentes, nous pensons utiles de prendre un temps pour bien formuler les questions à trancher (3), en s’appuyant sur les sources d’inquiétudes des Français (1) et sur nos valeurs (2).

C’est pourquoi ce document propose, sur cette base, de lancer des discussions et de susciter des réactions : vous pouvez modifier ou compléter la formulation des thèmes qui vous sont proposés. Un site Internet sera spécialement ouvert pour cela.

Ce questionnaire est une étape très importante pour structurer le travail de fond qui, enrichi par ces échanges, aboutira à une proposition prenant la forme d’une contribution au Congrès du PS.

La consultation s’adresse aux militants du PS, en lien avec les sympathisants et les forces vives qui attendent beaucoup de nous face aux dégradations de toutes sortes commises par la droite.

L’une des questions majeures autour de laquelle s’organise notre réflexion est la suivante : définir les droits et les devoirs des responsables politiques, de la société et des personnes, de telle sorte que la liberté de réussir sa vie ne soit pas le privilège de quelques uns mais l’ambition garantie à tous.



1) Les dix sources d’inquiétude des Français

un capitalisme qui perd la tête ;
la dégradation du niveau de vie ;
les fragmentations et le descenseur social à l’intérieur ; la perte de compétitivité de la France à l’extérieur ;
l’affaiblissement de la valeur travail et l’exagération de la valeur du capital ;
le trouble qui pèse sur l’identité française, secouée par les peurs de l’autre ;
le doute sur l’efficacité de l’Etat ;
le scepticisme sur la réalité de l’égalité des chances par l’école ;
l’Europe perçue comme indifférente au sort des citoyens ;
les désordres du monde et les interrogations sur la fin de l’hégémonie occidentale ;
une planète menacée d’autodestruction.

2) Les sept valeurs et objectifs qui nous guident

Le monde a changé. Le socialisme doit changer pour rester fidèle à sa mission.
Le bien-être de tous exige que l’économie de marché et la concurrence ne dictent pas leur loi désordonnée au service d’intérêts particuliers.
La volonté publique et l’Etat organisent la conciliation de l’intérêt général et des préoccupations des gens, notamment à travers les services publics.
La lutte contre toutes les formes d’injustices et de discrimination est au cœur du droit de chacun à la réussite individuelle.
Les socialistes doivent participer à la construction d’un ordre économique, social et écologique juste, au niveau mondial comme au niveau national.
Au niveau national comme au niveau local, le socialisme défend la complémentarité qui unit la démocratie représentative, la démocratie participative et la démocratie sociale.
La laïcité est le fondement de la République et de l’identité française, enrichie par le métissage.

3) Les dix questions à trancher

Il faut sortir du fossé entre un discours pseudo révolutionnaire dans l’opposition et un conformisme économique au pouvoir : de quelle façon ?

Le socialisme ne peut pas se contenter d’aménager le capitalisme financier à la marge : comment produire et répartir autrement la richesse ?

Que reprendre des modèles progressistes des autres pays et que rejeter ?

Il faut pousser l’agilité des entreprises, le goût du risque et l’esprit d’entreprendre, tout en améliorant la situation des salariés et leurs sécurités sociales. Avec quel compromis ?

Il faut rééquilibrer le rapport de force entre le travail et le capital par une meilleure répartition du profit. Quels contre-pouvoirs dans l’entreprise ?

Comment rompre avec la redistribution passive et bureaucratique comme principal moyen de s’attaquer aux injustices sociales ?

Comment améliorer le projet européen pour ne pas oublier les intérêts des peuples et des pays ?

Les peuples du Nord doivent être protégés de la concurrence internationale sans que les peuples du Sud ne soient victimes du protectionnisme. Avec quelles nouvelles règles ?

Les Etats et le marché doivent assurer la sauvegarde écologique de la planète : quel nouveau modèle de développement ?

Le Parti socialiste doit intégrer toutes les nouvelles formes de militantisme et d’engagement citoyen, ainsi que les réussites du travail des élus locaux. Il doit aussi décider efficacement, avec le sens de la discipline collective. Quelles nouvelles règles communes pour y parvenir sereinement ?
--

Premiers coauteurs de ce document : les membres du conseil politique, qui se réunit le mardi autour de Ségolène Royal, les responsables des groupes de travail (par exemple sur la santé), des présidents de régions et élus qui suivent et participent aux réunions. Cette liste est ouverte à toutes celles et tous ceux qui voudraient participer à l'initiative que nous lançons.

Ségolène Royal
François Rebsamen
Vincent Peillon
Jean Louis Bianco
Manuel Valls
Gilles Pargneaux
Delphine Batho
David Assouline
Guillaume Garot
Aurélie Fillipetti
Michel Sapin
Jean-Pierre Mignard
Jean-Jack Queyranne
Jacques Auxiette
Nadjat Belkacem
Pascal Terrasse
Dominique Bertinotti
Michèle Delaunay
Jean Guerard

--

30.03.2008

Les médias sont-ils les valets du pouvoir en place ?

De l’utilité des nouveaux médias

Quand on parle d’information sur Internet, les sirènes hurlent souvent à l’intox ou la rumeur. Aujourd’hui, le web a démontré, grâce à sa réactivité, son rôle de vigie citoyenne, en dénonçant un titre totalement abusif du Figaro.
Dans son édition papier, le titre de la page 3, qui prétend que « pour 58 % des Français, le style Sarkozy a changé en bien » est une contre-vérité. En réalité, le sondage d’OpinionWay montre que 49 % des Français estiment que Nicolas Sarkozy exerce sa fonction de président de la République de manière différente. Une minorité donc. Parmi cette minorité, 58 % trouvent qu’il a changé plutôt en bien. Or, 58 % de 49 % font 28 % seulement de la totalité des Français, comme le souligne intelligemment le site internet Le Post

Alors que les médias traditionnels ont repris toute la journée le titre trompeur, les internautes ont été décortiquer eux-mêmes les résultats d’un sondage utilisé à des fins de propagande grossière.

Je rajouterai à leur analyse pertinente le commentaire suivant. En page 15, les sondeurs d’OpinonWay, demandent aux Français ce qu’ils pensent des alliances que le Parti socialiste pourrait privilégier à l’avenir. Trois solutions basiques sont offertes aux sondés. Mais OpinionWay n’examine à aucun moment l’hypothèse d'un rassemblement à gauche, suivi d'une alliance avec le MoDEM.

Je le répète : il faut d’abord construire un Parti socialiste fort. C’est ce parti qui sera ensuite capable de nouer des alliances à gauche et, chaque fois que cela est possible, au centre.

Citoyens électeurs, prenez garde aux sondages qui déforment la réalité !


Ségolène Royal

22.03.2008

La gazette d'@rrêt sur images, n° 12

Evidemment, chacun sympathise, à juste titre, avec la cause tibetaine, incarnée par le Dalai lama. Et l'équipe d'@rrêt sur images, comme tout le monde. Mais tout de même ! Nous nous sommes beaucoup intéressés au Tibet, cette semaine. Pour une raison simple, qui nous a intrigués : les journaux télévisés nous ont essentiellement parlé de la répression chinoise, tandis que les témoignages de touristes, sur place, faisaient état de lynchages, parfois très violents, de commerçants chinois par des manifestants tibetains déchainés.

Au delà des rares images que laisse filtrer la censure, que se passe-t-il vraiment au Tibet ? Le Dalai lama est-il débordé ? La sympathie que l'on éprouve pour la cause tibetaine doit-elle conduire les journalistes à filtrer les témoignages dont ils disposent ? Et au-delà, de quelle nature est vraiment l'occupation chinoise au Tibet ?

Vous devez voir notre plateau, cette semaine. Parce qu'il rassemble le fondateur d'un nouveau média (Pierre Haski, de Rue 89), et un journaliste d'un média traditionnel (Roland Nussbaum, de France 3). Et aussi, parce que vous y découvrirez aussi comment un simple touriste blogueur, en quelques lignes, peut informer plus efficacement que de puissantes chaines de télévision.

Daniel Schneidermann

19.01.2008

L’ayatollah Sarkozy ?

Les ayatollahs sont des chefs et des docteurs, ils sont considérés comme des experts dans les domaines de la jurisprudence, de l'éthique, de la philosophie ou du mysticisme…
Sarkozy agit comme un ayatollah, le peuple télé réalité l’acclame, les médias se prosterne en lui offrant leur Autel cathodique, Il n’a pu qu’a dire sa messe en l’argumentant tel un gourou pour nous dire mes enfants ! Priez pour moi, car tous les jours, je prie pour votre bien être, vos heures supplémentaires, votre retraite, votre pouvoir d’achat etc. etc. etc.
Soyez mes fidèles car Dieu ! M’inspire, me guide et dessine avec moi votre future civilisation.
Fidèles ! Levez-vous ! et marchons ensemble…
Ainsi va la vie…Ainsi vit notre époque…LA FAUTE A QUI ?

18.01.2008

PS : Royal au-dessus de la mêlée

Si l'on était moins aveugle, si les directions des médias étaient aussi moins anti Royal, on verrait, on entendrait ce phénomène que les sondages commencent à enregistrer. Le retour en grâce populaire de l'ex-candidate malheureuse à l'élection présidentielle. Ségolène est de retour quand le parti lui-même s'abîme dans ses querelles picrocholine. « Une fois de plus, le PS donne un spectacle affligeant », affirme même un expert de l'art, homme politique et de théâtre public confirmé, Henri Emmanuelli, ex-patron du PS, aujourd'hui député plus protestataire que jamais et qui s'insurge dans Libération contre « l'improvisation, les avancées, le recul, le manque de lucidité ». Et ça n'est pas seulement ce célèbre schtroumf grognon des Landes qui s'exprime ainsi mais la plupart des députés dirigeants du PS qui consonnent dans des plaintes semblables. A cause de l'Europe d'abord qui, comme on le sait, n'a cessé de les diviser encore et de les diviser toujours. Totale confusion.

Pour tenter de sortir de ses divisions entre pro et anti européens, le parti avait décidé lors d'un vote majoritaire au Bureau national de se prononcer en faveur du mini traité porté par Sarkozy. Mais voilà ses membres épars, disloqués sur les modalités. Car, comme vous le savez, il faut une ratification par la majorité des trois cinquièmes des parlementaires au Congrès de Versailles. Or les socialistes, souvenez-vous, étaient favorables à la procédure référendaire. Beaucoup sont prêts à y renoncer. Mais certains voudraient, au nom du respect de la démocratie, ce qui est une noble exigence, boycotter la grande réunion des élus du peuple, mais cela reviendrait à favoriser l'adoption de cette procédure. A l'arrivée, nous avons donc des nonistes Canal historique qui veulent se rendre à Versailles pour imposer le non au mini traité et des ouistes résolus qui veulent boycotter Versailles pour ratifier le oui. Vous n'y comprenez plus grand chose ? Nous non plus. Sinon que cette confusion fait le jeu de Nicolas Sarkozy qui avait ainsi prévenu un de ses interlocuteurs socialistes, André Vallini : « Je vais vous niquer ! ». Ce président est, comme l'a dit Tony Blair devant les troupes gauloises de l'UMP, « très énergétique en tout domaine ». Il « nique » les socialistes avec l'Europe, avec la suppression de la publicité sur France 2, avec la réforme de la Constitution, avec la politique de civilisation d'Edgar Morin, etc. Bref, il « nique tous azimuts » pour la plus grande rage des responsables socialistes qui confient, comme Julien Dray : « C'est un mauvais moment à passer ». Après les municipales, victorieuses bien sûr, ça irait mieux, beaucoup mieux.

A la vérité, ça va déjà mieux, beaucoup mieux pour Ségolène Royal qui réussit à émerger de cette confusion en s'imposant comme l'adversaire numéro 1 du président, appliquant ainsi le bon vieux principe de son maître Mitterrand, cogner, cogner encore, cogner toujours sur le chef du camp d'en face. C'est la « Dame Blanche » qui frappe le plus fort pendant que les dirigeants socialistes s'abîment dans leurs divisions.

La première elle a moqué, stigmatisé ce chef de l'Etat qui « faisait son Mickey à Disneyland », qui faisait du manège pendant que les Français se serraient la ceinture. La première, elle a senti que le style bling-bling du président, que l'affichage de son bonheur clinquant serait insupportable alors que les Français, eux, connaissaient des difficultés très prosaïques. Quand elle brocarde Nicolas Sarkozy « en Louis XIV qui offre aux manants le déjeuner du roi, le petit-déjeuner du roi, le coucher du roi, les maîtresses du roi », les Français applaudissent. Il s'est produit un basculement qu'elle avait pressenti. Depuis Noël, le petit monarque exaspère avec sa prétentieuse pavane quand les résultats promis ne sont pas au rendez-vous.

On regarde avec plaisir cette Ségolène Royal qui se lâche, qui a l'œil qui frise, qui s'est refait une santé, une beauté. Les stars ne meurent jamais mais elles peuvent avoir des éclipses ravageuses dont elles sortent abîmées, éteintes. Quand Ségolène Royal brille, on dirait qu'elle a rallumé la lumière de l'intérieur. Le désir de revanche sans doute. Mais quand on la suit sur le terrain comme à Saint Brieuc dimanche dernier, on voit ce miracle s'accomplir : elle rit, elle fait rire des gens qui accourent à nouveau pour la voir, la toucher, la photographier. Quel spectacle ! On a pu vérifier ainsi ce week-end que sa progression dans les sondages, plus forte que celle des autres personnalités de gauche (+ 7 % selon la Sofres, + 4 % selon Ipsos-Le Point à paraître) correspond vraiment à un regain de faveur sinon de ferveur. En dépit des manœuvres d'appareil pour la contrer, la Royal redevient… royale. Et la « royalite » sévit de nouveau. On vient lui faire quasiment bénir un handicapé, on lui confie les malheurs de sa vie qu'elle soulage d'un regard doux. C'est toujours Sœur Sourire. Bon, bien sûr, elle est aussi candidate à la direction du PS. Alors elle choisit ceux qu'elle soutient aux municipales : des ségolénistes mais aussi des non ségolénistes. Elle veut préempter la victoire qu'elle croit sûre. Elle est en marche. Elle évite les bourbiers partisans et elle lévite. Plus les socialistes s'enfoncent, plus elle s'élève.
Source Itélé

09.01.2008

Ségolène ROYAL : Sarkozy avait dit: J'augmenterai de 25% le minimum vieillesse (sic)

Chers Amis,

J'ai reçu la presse en réponse à la conférence de presse de Nicolas Sarkozy. À cette occasion, j'ai déploré le manque de propositions concrètes sur le pouvoir d'achat et j'ai avancé les propositions urgentes suivantes :

Revenir sur le paquet fiscal afin de doubler la prime pour l'emploi, pour revaloriser le travail de salariés modestes et d'augmenter leur pouvoir d'achat,
S'attaquer aux secteurs de la grande distribution en supprimant les ententes implicites entre les enseignes et les marges arrières,
Réformer l'indice des prix,
S'attaquer aux tarifications bancaires abusives (surendettement, crédit revolving, etc.)

J'ai montré à la presse le programme présidentiel de Nicolas Sarkozy et j'en ai relu les engagements dont on attend toujours la réalisation et notamment, je cite, page 9 : « J'augmenterai de 25% le minimum vieillesse et je revaloriserai les petites retraites ».

Compte-tenu de la situation de la France, nous attendions beaucoup de ces voeux. Le temps des illusions se termine, celui de l'inquiétude commence.

Le moral est au plus bas, les jeunes sont les plus pessimistes de l'ensemble des pays de l'OCDE, la désillusion fait place à l'inquiétude :


la vie chère,
les petites retraites,
le prix excessif de l'alimentation et de l'énergie.

Je me suis étonné de l'absence de bilan de ces huit derniers mois. Nicolas Sarkozy s'est pourtant toujours revendiqué d'être « en première ligne ».

On a donc un président « commentateur » de son inaction, de la « commissionnite aiguë » (plus de 100 commissions ont été créées depuis son élection, tous ministères confondus), un président du commentaire de l'exaspération.

En réponse aux questions des journalistes :


Sur la fin des 35 heures, en écho aux déclarations des organisations syndicales, j’y vois une “forme de provocation et une forme d'improvisation” : une forme de provocation parce que cela préfigure en fait la fin de la durée légale du travail, une forme d’improvisation parce que cela met par terre une de ses principales propositions
Sur la suppression des recettes publicitaires pour l'audiovisuel public, j'ai constaté, suite à cette annonce, la hausse de 12% de l'action de TF1 à la bourse de Paris (puisque cela constitue une manne publicitaire supplémentaire pour les chaînes privées). Tout cela est-il bien moral ?

Je serai jeudi et vendredi au contact de la population dans ma région, puis samedi à Saint-Brieuc pour soutenir Danielle Bousquet, candidate aux élections municipales, et enfin le 15 janvier à Strasbourg.

À très bientôt,
Amicalement,

02.01.2008

Voeux de Ségolène ROYAL

Ce soir j'ai d'abord une pensée particulière pour ceux qui souffrent, qui sont dans la solitude, dans l'abandon, ou qui ont connu au cours de l'année 2007, des drames ou des épreuves.

Je vous souhaite que l'année 2008 vous apporte de l'espoir et un nouveau départ dans la vie, et j'en suis sûre, cela va vous arriver.

Je souhaite à la France, c'est-à-dire à nous tous, une République plus
fraternelle ou chacun et chacune aura le sentiment, et même la certitude, qu'il doit pouvoir avancer, réussir, en comptant sur les autres, et d'abord en comptant sur l'Etat.

Et d'abord, l'Etat doit tenir sa parole et ceux qui ont parlé en son nom
doivent faire ce qu'ils ont dit. J'attends par conséquent que l'année 2008 apporte aux bas salaires une hausse conséquente, une revalorisation des petites retraites car je sais beaucoup de personnes âgées dans la difficulté, après avoir travaillé pourtant toute leur vie.

Je veux que l'année 2008 soit comme cela a été promis, l'année de lutte contre la vie chère. Et je souhaite pour la France, c'est-à-dire pour nous tous, que les garanties fondamentales soient renforcées et non pas fragilisées. Pouvoir se soigner, se loger, faire réussir ses enfants à l'école.
Recevoir un juste salaire de son travail, pouvoir préparer l'avenir, pouvoir accéder aussi à la culture, tout cela la France a les moyens de pouvoir l'apporter à chacun et à chacune.

Un État fort doit aussi garantir une égalité de développement sur
l'ensemble du territoire national et dans les outre-mers. Chacun a le droit d'accéder à la liberté de choix de sa vie, et en même temps aux conditions qui vont garantir cette liberté.

Le monde est devenu un village, rien de ce qui se passe à l'autre bout de la planète nous est étranger. Chaque événement a maintenant une incidence sur toutes les parties du globe. C'est pourquoi si nous voulons ensemble maîtriser les fanatismes, les terrorismes, les attaques insupportables à l'environnement, alors nous devons faire converger nos politiques diplomatiques pour que les valeurs de protection de la personne humaine l'emportent partout et toujours sur les valeurs financières ou sur l'obscurantisme. C'est cela aussi que je souhaite.

Le temps presse, la France mérite beaucoup mieux que cette juxtaposition entre des comportements ostentatoires et d'un luxe insolent d'un côté, et tant de précarité ou de fragilité pour le plus grand nombre de l'autre.

La France mérite mieux oui, parce que nous avons du potentiel, de
l'énergie, du talent dans nos laboratoires, nos entreprises, nos écoles.
Toute cette énergie-là, pendant l'année 2008, doit être mise au service d'une croissance enfin retrouvée.

Le temps presse, le potentiel est là, et c'est pourquoi je souhaite que
l'année 2008 soit l'année de la morale des comportements et des
résultats."

Ségolène Royal

31.12.2007

Bonne et Heureuse Année 2008 à tous les blogueurs

Bonne et Heureuse Année 2008 à tous les blogueurs
A toutes les Pies qui aiment ce qui brille... Merci de ne pas en rajouter en acceptant d'être trop souvent des Pies Frisonnes sans mot dire.

12.12.2007

Message de Ségolène Royal sur Kadhafi

Chères amies, chers amis,
Depuis ce matin, pour faire oublier le scandale de la visite de Kadhafi, s’est déclenché un tintamarre avec des annonces de 10 milliards d’euros de contrats : info ou intox ?
Qu’ils soient réels ou pas, rien ne justifie cette visite. Mais il ne faut pas que les français soient, en plus, abusés par la réalité de ces intérêts économiques.
Pourquoi y-a-t-il si peu de transparence, pourquoi si peu de vérification ? Qu’y-a-il de réel dans les 10 milliards de contrats annoncés bruyamment pour étouffer le débat sur les droits de l’homme ?

S’agit-il de contrats signés ou de déclarations d’intention ?
Quel est le contenu réel de ces contrats ?
Combien de délocalisations sont induites par ces contrats ?
Quelles sont les garanties en termes de développement d’emploi en France ?
La dangerosité de la dissémination du nucléaire a-t-elle été examinée ?
Pourquoi n’y a-t-il eu aucun débat à l’assemblée et aucune transparence ?

S’humilier devant Kadhafi, cautionner l’usage du terrorisme, du système de tortures et de disparitions n’est pas digne de la France.

Après les félicitations « chaleureuses » à Vladimir Poutine qui a organisé des élections en muselant toutes les oppositions, voici la réception, en grandes pompes et en satisfaisant les extravagances de l’intéressé, du dictateur libyen, le colonel Kadhafi. La France accueille un chef d’Etat qui non seulement a laissé emprisonner et torturer les infirmières bulgares et le médecin palestinien sous la fausse accusation d’avoir inoculé le sida à des enfants, mais qui a financé, pendant des années, le terrorisme international. Personne n’a oublié que les responsabilités des services secrets libyens ont été reconnues par la justice internationale dans l’attentat de Lockerbie en 1988 mais aussi dans celui du DC10 d’UTA en 1989 qui a tué de nombreux Français. C’était aussi le régime libyen qui avait organisé un attentat à Orly en 1983. Quant au peuple libyen, il est la première victime du régime : il n’y a jamais eu d’élections, le colonel Kadhafi est désigné comme dirigeant à vie, et ses opposants n’ont de choix qu’entre la mort et l’exil.

Nicolas Sarkozy, qui annonçait, durant la campagne électorale, une rupture avec la politique étrangère de son prédécesseur (« il vaut mieux serrer la main de Bush que celle de Poutine » avait-il déclaré), en accentue les pires traits jusqu’à la caricature et donne de la France une image à la fois détestable et ridicule. Même si chacun peut s’accorder sur le fait qu’une politique étrangère doit prendre en compte la défense de nos intérêts économiques, et que le monde instable et dangereux dans lequel nous vivons demande que nos dirigeants puissent parler aussi à des personnalités peu respectueuses de la démocratie, il y a des lignes rouges qu’il faut savoir ne pas franchir.

N. Sarkozy nous dit qu’il reçoit le chef d’état libyen parce que celui-ci a renoncé à fabriquer des armes de destruction massive et s’est engagé à lutter contre le terrorisme. Outre que le colonel Kadhafi lui a apporté un cruel démenti en défendant le principe du terrorisme avant de venir à Paris, on constate que seule la France accueille Kadhafi avec de tels honneurs. S’il s’agit de « récompenser » celui-ci d’être revenu à un semblant de respect de la légalité internationale, c’est déjà fait, avec la levée des sanctions qui avaient été prononcées contre la Libye après les deux attentats.

Quant aux fabuleux contrats annoncés par le gouvernement, il faudra en mesurer la réalité. Les entreprises britanniques et italiennes sont mieux placées en Libye que les sociétés françaises. Pourtant, le colonel Kadhafi n’a pas été reçu à Londres ou à Rome. En outre, on peut craindre que ces contrats, outre une hypothétique centrale nucléaire civile, ne portent sur des armements destinés à garantir la survie de la dictature. Personne ne menace la Libye qui n’a donc pas besoin de se défendre contre un agresseur extérieur. En revanche, des hélicoptères servent à mitrailler une foule de manifestants ou à surveiller des déplacements. On peut redouter aussi les risques de revente de toute cette panoplie d’armements à toutes les rébellions de la région en fonction des intérêts du régime libyen. Est-ce de cela dont l’Afrique a besoin ?

Le commerce extérieur français, structurellement déficitaire depuis des années, a lui aussi besoin d’autres mesures : stimulation de l’innovation pour une meilleure insertion dans la compétition internationale, aides adaptées aux PME qui exportent et créent des emplois…

N. Sarkozy est, quant à lui, dans une politique de « coups », qui isole la France de ses partenaires européens. C’est une politique étrangère dénuée de toute morale et de toute cohérence. On est dans le spectacle, un triste spectacle.

Le débat est ouvert.
Amicalement,

Ségolène Royal

06.12.2007

Message de Ségolène

L’actualité de ces derniers temps m’inspirent quelques réactions dont vous pouvez débattre sur le site.
Voyage de Nicolas Sarkozy en Chine : service minimum pour les droits de l’Homme.

Au delà de la communication sur les contrats industriels qui étaient pour la plupart déjà signés et des déclarations d’intention sur la nécessaire réévaluation du yuan, de nombreuses ONG, en particulier Reporter Sans Frontières, déplorent déjà la quasi-absence de déclarations tangibles sur les droits de l’Homme.

L’absence de la secrétaire d’Etat aux droits de l’homme Rama Yade est révélatrice. Mais de là à déclarer que la Chine avait effectué des « progrès depuis 30 ans » sur la question des droits de l’homme, il y avait une ligne rouge que la décence imposait de ne pas franchir.

A moins de huit mois des prochains Jeux olympiques, alors que monde a le regard tourné sur la Chine, la France avait la responsabilité historique de rappeler qu’elle n’oubliait ni le Tibet, ni Tien an Men, ni les exécutions continues – et croissantes – d’opposants politiques. Les contrats, surtout ceux déjà signés, ne permettent pas tout.

La France ne gagnera pas le respect des Chinois en mettant de côté ses valeurs fondamentales : les Allemands souvent très durs avec Pékin, se sont toujours mieux imposés que la France sur le marché chinois. Les parts de marché que les entreprises françaises doivent gagner dans ce pays ne sont pas incompatibles, loin s’en faut, avec un discours ferme et équilibré sur l’Etat de droit, la démocratie et les droits de l’homme. C’est cela une démocratie qui marche sur ses deux jambes. La France ne doit plus être arrogante avec les faibles et faible avec les forts. Elle doit être fidèle à elle-même, constante dans ses convictions pour mieux promouvoir ses intérêts.

Elections en Russie, visite du Colonel Kadhafi en France

Comme l’a dit François Loncle à l’Assemblée Nationale, au lendemain des élections législatives russes, les accusations de fraude massive, de pressions et de malhonnêteté se sont multipliées en Russie et dans le monde. Et Nicolas Sarkozy ne trouve rien de mieux à faire que de se précipiter au téléphone pour féliciter chaleureusement M. Poutine alors que les dirigeants de l’Espagne, de l’Italie, de la Grande-Bretagne et des Etats-Unis, ainsi que le gouvernement allemand, soulignent que ces élections n’étaient ni équitables, ni libres, ni démocratiques ! Pourquoi ce coup de téléphone pour le moins hâtif et imprudent, cette caution supplémentaire à un régime de plus en plus autoritaire ? Voila qui contredit totalement les engagements de M. Sarkozy, qui déclarait en mai dernier : « ce n’est pas parce que la Chine et la Russie sont de très grandes puissances que l’on doit s’interdire de dénoncer les violations des droits de l’homme ». Et de donner comme grand objectif à sa politique étrangère de promouvoir les droits de l’homme partout dans le monde.

La Realpolitik devient un cynisme difficilement supportable qui va culminer lors de l’accueil du colonel Kadhafi pour une visite d’Etat, contrairement à ce que font tous les pays de l’Union européenne, quelle appréciation portez-vous sur ces dérives ? Cette visite en France est intolérable alors que les tortures en prison sont désormais connues de tous.

Pouvoir d’achat

Parmi les annonces faites, je remarque que Nicolas Sarkozy a repris nombre de propositions que j’avais faites pendant la campagne :
la réforme de l’indice des prix,
le bouclier logement et les cautions,
la taxation des compagnies pétrolières pour baisser le coût de l’énergie (alors que jeudi dernier il affirmait que ce n’était pas possible à cause des risques de délocalisation !).
mais il reprend d’une main ce qu’il donne de l’autre : le doublement de l’aide à la cuve + 75 euros sera repris par la redevance télé à laquelle les personnes âgées vont être assujetties (+ 116,50 euros).

Quand Nicolas Sarkozy récupère le travail des entreprises françaises : l’imposture !

A chaque visite, ses soi-disant milliards de contrats. Comme si son seul déplacement était à l’origine de ces contrats alors même que la plupart de ces contrats étaient déjà signés. A ce compte là, il peut faire le tour du monde, partout où les entreprises sont présentes !

Mais pas un mot sur les délocalisations qui s’accélèrent. Depuis quelques jours, les grandes entreprises annoncent qu’elles envisagent des délocalisations :

Airbus qui a annoncé qu’il veut produire en zone dollar ;
Dassault qui lui emboîte le pas dimanche ;
Alstom aujourd’hui

Quelles actions et quelle riposte de Nicolas Sarkozy à ces délocalisations ? Peut-on sérieusement s’attribuer des contrats et pas les délocalisations qui sont d’ailleurs intégrées dans certains contrats ?


Il faut de la clarté et de la vérité.

Ségolène Royal