23.03.2008

Mieux qu'un journaliste!

Comme des dizaines (des centaines? des milliers???) d'auteurs, j'espère avoir l'honneur d'être lu de quelques journalistes. Mais j'ai eu mieux, puisque le texte suivant m'a été envoyé par le célèbre pédopsychiatre ALDO NAOURI qui vient de publier un livre sur l'éducation en petite enfance:

"Autopsie de l’école républicaine" est un ouvrage remarquable sur les effets catastrophiques de la manière dont on a extrait l'enfant de sa nature d'enfant pour l’éduquer et l’instruire comme s'il était le strict équivalent d'un adulte. À la verticalité rassurante et efficiente de la relation à lui, on a substitué une horizontalité qui obture son devenir en le maintenant dans le statut illusoire de sa toute-puissance.
Le matériel et l'extrême rigueur avec laquelle Michel Segal l'analyse, sans rien laisser dans l'ombre et encore moins au hasard, ne peuvent qu'emporter la conviction : une grave maladie a atteint l'école et l'a rendue moribonde. Accumulant les preuves, l'auteur expose une argumentation et une démonstration des plus brillantes. Dans mon livre "Eduquer les enfants. Une urgence aujourd'hui", je m'associe pleinement à ce réquisitoire en montrant les effets patents, sur les populations défavorisées, de la grave erreur qu’on a commise en croyant devoir penser l’enfant comme on l’a fait.
Souhaitons que cette réalité soit au plus vite connue du pouvoir politique car les enjeux de société, voire de civilisation, sont considérables.
Paris, le 19 Mars 2008, Aldo Naouri.

06.03.2008

SALON DU LIVRE

Le Salon du livre se tiendra à Paris porte de Versailles du 14 au 19 mars. Je serai sur le stand Autres Temps le dimanche 16 à partir de 14h et le mardi 18 à partir de 19h. J'espère vous y rencontrer.

26.02.2008

Augmenter la dose si le remède donne de mauvais résultats

Chaque semaine, on trouve dans les magazines (Nvel Obs, Point, Marianne, Express...) un papier, voire un dossier sur l'école, de la fac à la maternelle en passant par des résultats inquiétants ou la montée de la violence. Et chaque fois, on interroge les spécialistes, les experts, en général professeurs de sciences de l'éducation ou théoriciens du ministère. Mais on ne les interroge pas comme ce qu'ils sont, c'est-à-dire les vrais coupables, mais comme des justiciers. On ne leur demande pas: "Pourquoi, quand, comment et avec qui avez-vous fait ça ?", mais plutôt : "Que proposez-vous pour continuer aujurd'hui ?". Leur réponse est toujours la même : "Aller plus loin en augmentant la dose de réussite programmée et obligatoire, en donnant davantage la parole aux élèves, en allégeant les programmes, en exigeant moins de l'élève, en le poussant à exprimer plus fort sa nature innée". Leur demander les solutions, c'est comme confier la prévention anti-alcoolique aux syndicats de producteurs viticoles...

16.02.2008

Qui va prévenir le Président ?

Tout le monde a pu voir les images de Nicolas Sarkozy, jeudi, à Périgueux où il était venu soutenir Xavier Darcos. Il entre dans une salle de classe (CE2, je crois) où des élèves travaillent, enfin je ne sais pas, mais en tout cas sont assis à leur place. Au moment où le président entre, beaucoup sourient et le regardent, d'autres continuent à vaquer comme si de rien n'était et personne ne se lève. Pourtant, c'est, après lire la lettre de Guy Moquet, la deuxième chose qu'il a demandée pour l'école: que les élèves se lèvent à l'entrée d'un adulte. S'ils ne le font pas à l'entrée du président de la République, on ne voit plus très bien à quelle occasion ils seraient convaincus de le faire. Il y a bien une petite fille qui se met debout en interrogeant les autres du regard pour savoir si c'est bien ce qu'il fallait faire mais elle n'est suivie que par un ou deux, tout aussi hésitants qu'elle. Cette scène m'a amusé et elle est en fait assez parlante. C'est peut-être une bonne idée que de lire Guy Moquet ou de faire se lever les élèves, seulement voila, dans notre école ce n'est pas possible. C'est un peu comme proposer de poser des volets quand il n'y a pas de fenêtre. C'est bien cette distorsion entre la vision de l'école et sa réalité qui apparaît là. Notre ministre lui aurait-il caché l'état de l'école ? Pourtant, c'est à n'en pas douter un grand spécialiste puisqu'il y collabore depuis trente ans et avec tant de conviction qu'il a gravi tous les échelons, tellement il était apprécié de sa hiérarchie.

14.02.2008

Internet assigné en référé par un syndicat (plaisant, non?)

C'était prévisible: le SNES attaque note2be.com (site de notation des professeurs par les élèves) en référé. Le site étant maintenant d'accès facile parce que non embouteillé, on peut le consulter en détail et constater qu'en réalité il y a très, mais très très peu de professeurs notés et, de plus, notés par très peu d'élèves. Peut-être parce que l'information n'a pas encore circulé entre eux, mais peut-être aussi parce que cela ne les passionne pas autant que leurs professeurs. En tout cas, ce que je supposais dans ma précédente note est maintenant avéré: lorsque le site est resté bloqué par un excès de connexions, cela ne pouvait provenir que de professeurs inquiets ou trépignant pour consulter leurs notes et celles de leurs collègues (l'information s'était répandue comme une trainée de poudre par listings de mails, ce qui n'était évidemment pas le cas des parents).
Le SNES évoque des lynchages en place publique, ou des "jugements personnels et subjectifs" pour contrer note2be et demande au ministère de s'associer à sa plainte. De deux choses l'une: soit ce type de sites est promis au succès et l'action du SNES est symbolique, soit les chances de démarrage sont faibles, et le SNES lui donne un sérieux coup de pouce en attirant l'attention. Quant à notre cher ministre, par nature bien brave et incapable de quelle que décision que ce soit, il parviendra sans doute à imaginer une synthèse improbable du pour et du contre.