mercredi, 09 avril 2008

Concentration et intégration

Les médias ne parlent plus que des jeux olympiques, du transport de la flamme, du comportement à adopter par les politiques ou les sportifs, des droits de l’homme en Chine. Pourtant une fois les jeux partis, que restera-t-il de tout cela, sinon qu’un peuple à jamais colonisé par un autre, irrémédiablement absorbé par une culture et une politique venues d’ailleurs. Ici on ne parle pas d’intégration mais d’invasion ou de colonisation brutale.

Mais au fond, qu’est-ce qu’une intégration ?.

Selon la théorie ensembliste, c’est l’action de faire entrer une partie dans un tout. En termes ethniques, l’intégration est un processus durant lequel une personne initialement étrangère devient membre dans une communauté. J’ajouterai à celle-ci que devenir membre, c’est s’adapter au groupe, c’est en accepter les règles et les devoirs, en recevoir les attributs ne signifie pas, par le nombre, contraindre le groupe à s’adapter. Cette condition est indispensable à toute intégration, mais pour autant ne suffit pas car d’autres éléments sont nécessaires. La communauté d’accueil doit elle aussi s’adapter de manière spontanée à l’immigrant en acceptant ses différences et en l’autorisant à les vivre. En appliquant des mesures concrètes et cohérentes, le corps politique doit également donner au processus les chances de la réussite.

Une règle essentielle cependant doit être respectée, celle du seuil de concentration au delà duquel l’équilibre est rompu. Sans celui-ci, la frustration et l’incompréhension naissent et conduisent à des heurts entre les communautés. Il n’existe pas de données précises et quantifiées car trop dépendantes de facteurs divers et variés, tel que celui du degré d’adaptation et de tolérance mis en œuvre. Par ailleurs une intégration peut être considérée comme réussie sil les différences entre les communautés se sont estompées au point de ne former qu’un seul et même corps. Or c’est rarement le cas, puisqu’en réalité les communautés coexistent les unes à côté des autres sans trop se mélanger. Le temps réussit difficilement cette fusion, surtout lorsque les différences culturelles ou religieuses sont profondes. Du coup, les tensions ressurgissent à la moindre étincelle et renvoient les communautés dos à dos.

Un tel scénario est malheureusement et souvent d’actualité. Ce sont les tchétchènes et les russes, les palestiniens et les israéliens, la Chine et le Tibet, les kurdes et leurs opposants, les chiites et les sunnites, les protestants et les catholiques en Irlande du Nord, tant d’exemples qui démontrent de difficiles intégrations. En France, l’intégration musulmane à peine aboutie est remise en cause par un extrémisme de plus en plus présent, en particulier dans certaines banlieues où la misère et les difficultés sociales la ralentissent. La politique concentrationnaire est en partie responsable de la radicalisation de la pratique religieuse, la seule à paraître pouvoir répondre au désespoir des plus démunis ou des plus belliqueux. Même si ce phénomène est irréversible, ces erreurs ne doivent pas être à nouveau commises. Les politiques du logement, de l’emploi, les luttes contre le chômage et pour le pouvoir d’achat doivent être efficaces pour garantir une certaine stabilité.

Petit-fils d’immigrés hongrois, je sais qu’il ne suffit pas de se ressembler, je sais que l’intégration de mes aïeuls, comme celles des italiens ou des portugais, ne s’est pas faite sans heurts, et pourtant les pratiques culturelles et religieuses étaient proches. Le nombre d’immigrants après-guerre, probablement trop important, a contraint à la ghettoïsation et, par voie de conséquences, provoqué incompréhension, rejet et contre-rejet. Mais le niveau de vie de ces pays s’étant élevé vers celui des pays européens développés, il n’en fallait pas plus pour stopper l’immigration, voire même inverser le sens migratoire. Celle en provenance des pays du Maghreb n’est pas encore complètement arrêtée, celles d’Afrique ou d’Europe centrale non plus. Aujourd’hui la France n’a toujours pas réussi à éviter le piège de la concentration.

Chez nos voisins, à Bruxelles en particulier, la situation est parfois extrêmement préoccupante. La capitale européenne serait musulmane dans 20 ans selon une étude publiée par le quotidien local « La Libre Belgique ». A ce jour, près d’1/3 de la population est déjà musulmane, dont les ¾ pratiquante. Comme partout ailleurs, les jeunes se radicalisent, contrairement à leurs aînés désireux de bien s’intégrer. Des quartiers de la ville ressemblent désormais à ceux des villes du Maghreb : les musiques traditionnelles résonnent depuis les appartements, les boutiques ou de la rue, presque toutes les femmes sont voilées, les cantines de la ville ont introduit des menus Halal à la place des menus traditionnels européens, les mœurs occidentales font place désormais aux orientales, en fait la vie s’est organisée autour de la communauté musulmane. Plus préoccupant encore, le mot d’ordre est devenu : « C’est désormais à la Belgique de s’adapter ».

Poussée à son paroxysme, cette situation est le symbole d’un monde qui bouge et qui se côtoie sans se mélanger.

A force de ne pas se comprendre, à force de revendiquer leur spécificité, à force de vouloir imposer aux autres leurs morales ou leurs dogmes, les communautés se radicalisent, parfois se haïssent et se feront la guerre sans espoir de paix.







http://www.umpnet.org





Ecrire au Président de la République Française cliquez ici


Ecrire au Premier Ministre Français cliquez ici


http://www.elysee.fr


http://www.u-m-p.org