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  <title>Ma vie parmi les ombres</title>
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        <name>Camille Maurel</name>
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      <published>2008-07-13T15:45:00+02:00</published>
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          Ce jour-là, notre héros dut se rendre dans une zone commerciale proche de chez lui. Il n’avait qu’un achat à effectuer mais il y passa trois ou quatre heures . Il vivait seul et sans distraction, aussi était-ce presque une aventure. Vers 13  h il mangea un poulet frites à la cafétéria du centre commercial. Cela lui suffisait. Il n’avait aucune prétention à la gastronomie. En règle générale, sa préférence allait à ce qui était fonctionnel : cafétéria, Flunch, Hippopotamus, hôtels accor …On était vite servi et généralement sans surprise sur la prestation ou le prix. Avec les fast-food comme Mc Donald, il aimait beaucoup ce genre d’endroits. Cela lui était un réconfort. Ses contemporains, qui hantaient les supermarchés et les fast-food, lui servaient en somme de faire-valoir. Sa vie n’était pas extraordinaire mais elle était loin encore d’être la plus misérable.  Autour de lui, il ne voyait que vaincus, défaits par la vie, défaits par le temps : des hommes et des femmes mornes et abattus, à la mise modeste, au visage empâté, des femmes accompagnées d’enfants, à la taille lourde déjà, aux seins affaissées. Tout cela respirait l’amertume . Au royaume des aveugles…&lt;br /&gt; Il avait emporté avec lui un magazine, Lire, qu’il feuilletait distraitement pendant qu’il trempait ses frites dans la mayonnaise.  Ce magazine n’avait pas le même niveau intellectuel que le Magazine littéraire ou la Quinzaine . Il offrait des critiques simples, accessibles, insignifiantes. En somme, c’était davantage un guide d’achat. Il observait le visage des publiés. Ils semblaient graves. Les écrivains aimaient se faire photographier dans des endroits chics, des salons, des bibliothèques. Parfois, ils affectaient de préférer la nature, on les voyait devant une vieille maison, un voilier. Ils avaient des goûts recherchés. Ils aimaient les bons livres, les bons films, les bons vins, les villes anciennes. A nouveau, l’idée qu’il n’était pas un écrivain le frappa. Qui, à part M. Houllebecq, se ferait photographier dans un supermarché ? De toute façon, il ne pouvait rivaliser . Ces visages graves, un peu ridés,  semblaient dire « nous connaissons la vie », ils semblaient avoir atteint  une certaine forme de sagesse, ils semblaient  détenir un secret. Tel n’était pas son cas. D’autres visages, plus gais, semblaient pareillement avoir un savoir sur la vie. Apparemment plus frivole, ce savoir était au moins aussi profond : il fallait jouir, fréquenter de beaux endroits, s’entretenir avec des gens spirituels, partouzer. Là encore, il en était loin. &lt;br /&gt; Bien sûr, pour se consoler, on pouvait se dire que ces visages recouvraient le même vide et la même insignifiance. Ces visages, graves ou gais,  cachaient la même petite peur empressé, la même servilité, la même pusillanimité minutieuse . Il fallait publier, entretenir ses réseaux, ne se fâcher avec personne et flatter ceux qui devaient l’être.  C’était peut-être le seul secret, un peu misérable, qu’ils avaient réellement à offrir . A cet instant, abstraction faite même de son talent, se faire publier lui apparut comme une tâche fatigante et vaine. D’abord, il n’était pas à Paris. Ensuite, il n’appartenait pas à une classe supérieure d’un point de vue économique ou culturel. Enfin, il avait peu de goûts pour les fêtes. Que d’obstacles ! Il entrevoyait un plan. Pour lui qui n’avait ni parents ni amis, il lui faudrait s’installer à Paris ou dans les environs, hanter les lieux fréquentés par les auteurs et les éditeurs et s’y faire remarquer , se faire inviter à des fêtes et y faire la connaissance de quelques personnes. Comme il ne travaillait pas dans l’édition ou à la télévision, il lui faudrait également, peut-être avec d’autres amis, créer une revue et un blog et faire un peu de bruit si possible. Le nombre de lecteurs importe peu, il suffit qu’ils soient les bons. Cinquante suffisent s’ils occupent une quelconque fonction dans la machine . Il faudrait faire sans doute  un peu de scandale, critiquer les auteurs en place etc. Tout cela est connu. Au bout de dix ans, il pourrait se mettre à écrire. Mais alors il n’en aurait peut-être plus envie. &lt;br /&gt; Il n’était pas publié. Il était un auteur sans œuvre, la plus terrible des situations, les souffrances sans aucune compensation. Fallait-il s’en désoler ? Oui et non. Oui, car  sans publication son existence ne recevait aucune justification, non, car ils se souciaient peu de l’avis de ses contemporains. Il n’écrivait pas pour la postérité, pour être lu en 2080, il n’était pas non plus un artiste maudit ou un incompris, tout cela demandait un minimum d’énergie et de confiance en soi. Il songeait simplement avec tristesse que , comme toujours, les places allaient aux médiocres et aux incompétents. Seulement, les médiocres d’aujourd’hui étaient plus médiocres que ceux d’hier . On confiait des revues ou des collections littéraires à des gens qui n’auraient sans doute pas la moyenne au bac français et qui n’avaient pas lu plus de vingt bouquins antérieurs à 1940, on éditait des auteurs qui ne savaient pas écrire , on consacrait critique des normaliens qui , comme tous les normaliens, pouvaient débiter à la demande quelques platitudes rassurantes sur tous les sujets qui se présentaient. Comme on voit, tout allait pour le mieux. &lt;br /&gt; Il continua à feuilleter son magazine. Les visages défilaient, I. Alonso, laide et stupide, avec le sourire crispé de qui s’est pris quelque chose dans le cul, Y. Moix, l’air bouffi et suffisant, Beigbeider , un peu juif, Rey, un peu tapette…Tout cela était désespérant. Il songea « et ils veulent tous écrire, comme s’ils avaient quelque chose à dire » puis se souvint qu’il détournait sans le vouloir les paroles d’une chanson de rap.  Un temps , d’ailleurs, il avait songé à transposer le rap en littérature comme Kerouac l’avait fait pour le jazz. Cela aurait donné à la phrase un rythme et une sonorité différente . A sa connaissance, cela était inédit. Mais la tâche était fatigante et un peu trop expérimentale. D’ailleurs, il y avait déjà assez d’expérimentation en littérature . Enfin, pas vraiment de l’expérimentation, le réemploi de vieilles recettes qui dataient des années 60, au mieux des années 70. Fallait-il le regretter ? La littérature allait-elle en mourir ? Le débat était vain mais revenait fréquemment. Par définition, la littérature , depuis deux siècles , était expérimentale . Seulement, il n’y avait aujourd’hui ni Mallarmé, ni Proust, ni Zola, ni Flaubert. Le problème était plutôt la médiocrité de la production contemporaine, son insignifiance si l’on veut. Depuis les années 50, on était rentré dans le règne de l’insignifiance. L’œuvre n’avait plus de sens, ou les avait tous si l’on préfère. Les auteurs expérimentaient , mais leurs expérimentations étaient faibles et décolorées. Cela se comprenait, ils n’avaient rien à dire. Ils n’avaient rien à voir avec Proust ou Céline, autres « expérimentateurs », mais dont l’œuvre recelait quelques vérités humaines sur le monde et la vie. &lt;br /&gt; Pour cette raison, lui-même s’en tenait aux classiques. La littérature actuelle l’insupportait grandement et , à quelques exceptions près, lui tombait des mains. Cette fréquentation presque exclusive le coupait davantage de ses contemporains.
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        <name>Camille Maurel</name>
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      <title>brouillon</title>
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      <published>2008-07-06T15:45:00+02:00</published>
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          La veille, vers minuit, notre héros avait été frappé par la possibilité qu’il n’avait peut-être pas de talent. Cette révélation, survenant à un moment inopiné, aurait pu, légitimement , l’empêcher de trouver le sommeil. Après tout, il avait construit toute sa vie sur l’écriture. Ses folies, ses névroses, son échec social, sa volonté de se tenir à l’écart, son métier même dépendaient de ce choix. Délibérément, en choisissant, dès 6 ans, la lecture puis l’écriture , puis plus tard en cultivant le genre marginal et poète maudit, il avait choisi l’échec et la mort. Peu lui importait alors , car il croyait que c’était une condition nécessaire pour écrire et que la solitude , la folie, le malheur étaient le prix à payer pour l’immortalité poétique. Il était revenu de tout cela maintenant. L’écriture était une vanité de plus. Que valait , au fond , la « Nausée » en comparaison d’une chatte ? D’ailleurs, il se moquait bien désormais de laisser un souvenir parmi les hommes. Un souvenir, c’était vivre encore, et il était fatigué. Et puis, il détestait trop les autres pour vouloir avoir quelque chose à faire avec eux.  Notre héros, décidément, aurait pu être troublé . Mais , ayant absorbé un tranquillisant et quelques verres de vin et s’étant masturbé avant de mettre au lit , il  n’eut aucun mal à trouver le sommeil.
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        <name>Camille Maurel</name>
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      <title>brouillon d'incipit</title>
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              <summary> Notre héros  ne goûtait pas beaucoup le monde. A ce point, il aurait pu voir...</summary>
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          Notre héros  ne goûtait pas beaucoup le monde. A ce point, il aurait pu voir la terre disparaître sans hausser le sourcil. Dans ses bons jours , il n’avait pour le reste de l’humanité qu’indifférence, mais le plus souvent il éprouvait à son égard mépris et colère. Plus que tout, l’homme, ce produit de la chatte né entre la fiente et l’urine, l’ennuyait. &lt;br /&gt; Il vivait seul, depuis longtemps. Pour son enterrement, si sa mort survenait à cette heure, il comptait sur deux ou trois parents. De toute façon, il n’y aurait pas plus de 7 ou 8 personnes au courant de sa disparition et dans ce nombre il fallait inclure le personnel administratif. En somme , il existait peu.  &lt;br /&gt; Longtemps il s’était méfié de l’amitié et de l’estime des hommes, sachant trop sur quoi généralement il les fonde. A présent,tout cela lui était indifférent. Même , à certaines heures, cela ne l’aurait pas dérangé d’avoir un ami. Non pour passer des instants agréables, pour faire société, simplement pour le rattacher à la terre.  Lorsqu’on vit seul pendant longtemps, le monde perd de sa réalité. Très souvent, notre héros avait l’impression qu’il lui suffirait d’un seul appel du pied pour décoller , basculer dans la folie. Pour résumer, il lui fallait un garde fou. &lt;br /&gt; Encore jeune, il avait le sentiment d’une incroyable vieillesse. Il était fatigué, tout simplement fatigué. Rien en particulier ne l’attachait à la vie. Ni ami, ni passion, ni plaisir. Personne ne dépendait de lui. Sa disparition ne laisserait aucun vide ou si bref qu’on ne s’en apercevrait pas. Bref, il était dépressif.&lt;br /&gt; La dépression a quelques avantages. Elle nous permet de voir le monde sous un  jour assez sombre, celui de l’apocalypse. Parfois, elle prend le nom de pessimisme et permet de bâtir une œuvre philosophique. Elle permettait à notre héros de partager  le regard de Pascal et des anciens chrétiens. Un jour, notre héros avait parlé à son psychanalyste de la vanité de l’existence. Celui-ci avait répété l’expression en riant. Notre héros n’avait  pas apprécié et à partir de là les choses n’avaient plus été pareilles entre eux.  Jadis, un psychothérapeute l’en avait félicité de façon obséquieuse. Ce n’était pas mieux.  &lt;br /&gt; La frivolité des hommes l’amusait. La poursuite des femmes lui apparaissait comme une perte de temps, celle de l’argent, de la gloire, du pouvoir comme le signe d’une inexcusable puérilité. C’était étonnant. C’était à des enfants qu’on confiait le pouvoir, c’était des enfants qu’on honorait sous le nom de grands hommes.  Toutefois, sur ce point , il entrevoyait une position philosophique qui était de vivre, et même de poursuivre toutes ces choses, tout en en connaissant la vanité qui n’est, au fond, que celle de l’homme. Il devenait humaniste et aspirait à assumer l’humaine condition dans ses grandeurs et ses petitesses. Il ressemblait de plus en plus à un professeur de lettres de la IIIe république et se surprenait même parfois à condamner le pessimisme comme une puérilité encore plus grande que la poursuite des honneurs.   Il changeait. Mais l’habitude avait laissé en lui un fonds de pessimisme et c’est ce fonds de pessimisme qu’il faut expliquer.
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