PEKIN 2008 : Londres s'allume, Paris s'enfume, San Francisco s'embrume
Three people protesting China's human rights record and the impending arrival of the Olympic torch climbed up the Golden Gate Bridge in San Francisco, Monday, April 7,
Insert : "San Francisco s'embrume... C'est une maison bleue adossée à la colline, on y vient à pied, on y frappe pas, ceux qui vivent là ont jeté la clé..." La maison bleue, Maxime Le Forestier.
Le chemin de croix de la flamme olympique à Paris
Par JeanLuc Courthial
PARIS - Le relais de la flamme olympique à Paris a tourné au fiasco. C'est avec d'immenses difficultés que la torche, éteinte et mise à l'abri dans un autocar à plusieurs reprises lundi par les organisateurs, a finalement atteint le Stade Charléty, en bordure sud de la capitale, à l'issue d'un parcours émaillé de très nombreux incidents, et dont les dernières étapes ont tout simplement été annulées.
Selon un premier bilan livré par une source policière, 28 personnes ont été interpellées au long du parcours, où on a pu observer des heurts parfois très francs entre forces de l'ordre et manifestants, qui ont répondu nombreux aux appels des associations à protester contre la situation au Tibet et les atteintes aux droits de l'Homme en Chine.
Dans la soirée, le ministère de l'Intérieur a annoncé dans un communiqué un bilan de 18 interpellations, "essentiellement pour outrage et rebellions".
En raison des perturbations causées par les manifestants, la torche a dû être éteinte en tout au moins cinq fois, mise à l'abri dans un autocar qui transportait également la lampe olympique. Finalement, les organisateurs ont décidé de couper court au relais. Le dernier quart du parcours a été effectué en bus, et seulement les derniers mètres à pied, avant qu'Amélie Cazé, championne du monde de pentathlon et ultime relayeuse, puisse allumer la vasque vers 17h30 à Charléty.
"Je suis dégoûté...", a simplement commenté le président de la commission des athlètes du Comité national olympique et sportif français (CNOSF). "Je ne pense pas qu'on puisse faire avancer les choses sans communication, sans exposition, sans main tendue, sans comprendre l'autre", a déclaré pour sa part dans la matinée Jean-Claude Killy, multiple champion olympique de ski et membre français du CIO.
Mais des milliers de personnes se sont rassemblées dans les rues de la capitale lundi, dont plusieurs centaines étaient déjà présentes sur le parvis des droits de l'Homme au Trocadéro avant le début du relais, avec le champion du monde du 400m haies Stéphane Diagana parti du premier étage de la Tour Eiffel, juste en face, un peu avant 12h30.
Le premier incident est intervenu avant même que le coureur n'ait pu quitter l'édifice: l'élu Vert de Paris Sylvain Garel a tenté de bloquer sa progression en criant "liberté pour les Chinois". Il a été maintenu à l'écart par les forces de l'ordre.
Alors que la torche était éteinte pour la première fois et mise à l'abri dans l'autocar pas plus d'un kilomètre plus loin en raison de l'intervention de manifestants pro-tibétains, Reporters sans Frontières (RSF) trompait la vigilance des forces de sécurité pour la première fois en escaladant le pilier nord de la Tour Eiffel et en accrochant au premier étage une bannière arborant leur désormais célèbre logo aux anneaux olympiques en forme de menottes. Ils récidivaient dans l'après-midi avec une banderole semblable sur la façade de la cathédrale Notre-Dame.
Quelque 3.000 policiers étaient mobilisés pour escorter la flamme sur son parcours de 28 kilomètres qui devait être effectué par 80 athlètes relayeurs. Les porteurs de flamme devaient être protégés par plusieurs centaines de policiers, certains à bord de véhicules anti-émeutes et d'autres à moto ou à pied. Trois bateaux patrouillaient sur la Seine, tandis qu'un hélicoptère survolait Paris.
Cet important dispositif policier n'a pas empêché les manifestants, munis pour nombre d'entre eux de drapeaux tibétains ou de drapeaux du logo de RSF, de tenter de passer outre les cordons de sécurité et de bloquer le passage des relayeurs, traités parfois même d'"égoïstes" par les activistes, selon des journalistes de l'Associated Press présents sur le terrain. Ils ont fait l'objet d'interventions policières parfois musclées. Les policiers ont également usé de gaz lacrymogène au moins une fois, contre environ 300 manifestants qui s'étaient assis sur le parcours.
Au passage de la procession, des banderoles ont été déployées sur de nombreux immeubles. La mairie de Bertrand Delanoë avait orné sa façade d'un "Paris défend les droits de l'Homme partout dans le monde", alors que l'Assemblée nationale, où 35 députés ont même manifesté en chantant, entre autres, "La Marseillaise", a été plus loin en affichant une bannière frappée des mots "Respect des droits de l'Homme en Chine", alors que la séance avait été suspendue pendant une demi-heure.
Mais les députés n'ont pu apercevoir la flamme, déjà réfugiée, pour la cinquième fois, dans l'autocar sous lourde escorte. "On a l'impression que c'était un défilé militaire", a remarqué le président du groupe socialiste Jean-Marc Ayrault.
Après les derniers discours devant le siège du CNOSF, protégé des manifestants par les forces de l'ordre, la flamme devait s'envoler en soirée vers San Francisco, prochaine étape du relais mondial qui, décidément, à en juger des réactions à Paris et à Londres, a du mal à faire l'unanimité. AP
COMMUNIQUE : Profanation du cimetière de Notre Dame de Lorette.
COMMUNIQUE DE MARIE-NOËLLE LIENEMANN, Députée Européenne, Ancien Ministre, Vice-Présidente de la Région Nord Pas de Calais, première adjointe d’Hénin-Beaumont (62) sur la profanation du cimetière de Notre Dame de Lorette.
Marie-Noëlle LIENEMANN s’indigne de la nouvelle profanation des tombes musulmanes à Notre Dame de Lorette et assure tous les musulmans de France et de la région Nord Pas de Calais de sa sympathie comme de sa solidarité devant ces actes innommables. Elle souhaite que la justice fasse diligence et soit sans complaisance afin que de tels actes ne puissent se reproduire, ici à Notre dame de lorette et ailleurs. Marie-Noëlle Lienemann juge in admissible que de telles profanations aient pu se répéter. Elle demande aux pouvoirs publics de prendre des mesures renforcées pour les rendre impossibles à l’avenir. Marie-Noëlle Lienemann juge particulièrement alarmant que les soldats d’origine musulmane qui sont morts pour la France ne soient pas reconnus et honorés comme il se doit par tous nos concitoyens qui leur doivent leur liberté et ne devraient pas l’oublier ! La cérémonie organisée en hommage aux poilus, à l’occasion du dernier d’entre eux ne doit pas clôturer cette page historique mais assurer le souvenir de l’engagement si terrible d’hommes de toutes confessions, d’origines différentes pour l’indépendance de la France, la liberté l’égalité et la fraternité. Nous leur devons le respect et la détermination de faire vivre cet idéal républicain aujourd’hui. Honte à ceux qui le bafouent. M N lienemann juge urgente une relance de la mobilisation contre toutes les formes de racisme, de xénophobie et de mépris des autres.
JO PEKIN 2008 : "Sarko l'embrouille" (2 podcasts).
Pour un monde meilleur ?
Alors que Ramada Yade et Bernard Kouchner jouent "à la baballe" avec les mots de la déclaration officielle du Président Bling bling, qui n'excluait rien concernant sa participation ou non à la cérémonie d'ouverture, force est de constater comme le souligne, Robert Meynard, président de reporters sans frontières, que le passage lundi, de la flamme olympique à Paris, sera policièrement très fortement encadré.. Pas moins de cinq rangs de policiers sépareront le peuple, de l'accès et de la vue, du passage de la flamme olympique... C'est ça Paris ! C'est la France de Sarkozy !
Fin de non recevoir des Farc à la mission française sur Ingrid Betancourt
Par Jean-Luc PORTE AFP -
"Il faut déplorer que le président Sarkozy soit aussi ingénu et que le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) accompagne cette aventure dangereuse", a estimé ANNCOL.
BOGOTA (AFP) - La mission humanitaire mise en place par la France pour tenter d'accéder à l'otage des Farc Ingrid Betancourt s'est heurtée dès son arrivée jeudi à Bogota à une fin de non-recevoir des guérilleros des Farc qui n'acceptent pas de libérations unilatérales d'otages.
Un haut dirigeant des Farc, Rodrigo Granda, a affirmé jeudi qu'il n'aurait pas de libérations d'otages sans un échange avec des guérilleros emprisonnés, dans un communiqué diffusé sur internet par l'Agence bolivarienne de presse (ABP).
"C'est seulement comme conséquence d'un échange de prisonniers que ceux qui sont retenus dans nos camps pourront en sortir libres", a annoncé M. Granda.
Auparavant l'agence ANNCOL, proche des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc), a qualifié jeudi "d'ingénu" le président français Nicolas Sarkozy, en commentant sa décision d'envoyer une mission humanitaire sans avoir obtenu d'accord préalable avec la guérilla.
"Il faut déplorer que le président Sarkozy soit aussi ingénu et que le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) accompagne cette aventure dangereuse", a estimé ANNCOL.
Un avion français Falcon 50 est prêt à décoller pour se rendre à San Jose del Guaviare (sud-est), ville située dans la région où se trouverait Ingrid Betancourt, a rapporté jeudi la radio privée Caracol.
Depuis Bucarest pour le sommet de l'Otan, le président Sarkozy s'est refusé à livrer le moindre détail sur la mission, qui compte parmi ses membres un ancien consul de France à Bogota, Noël Saez, selon une source proche du dossier.
"J'ai des nouvelles mais, compte-tenu de la sensibilité de cette question je ne veux pas en dire davantage", s'est contenté de déclarer M. Sarkozy.
Les commentaires d'ANNCOL ne sont guère encourageants, laissant entendre que le succès de la mission, à laquelle sont également associées l'Espagne et la Suisse, paraît compromis.
"Nous ne devons pas oublier que la France est un pays capitaliste, que son président est de droite (......) et que nous ne savons pas quelles sont les limites de la sincérité de Sarkozy", poursuit ANNCOL.
L'absence de contact de l'ambassade de France avec les rebelles depuis l'élimination par l'armée colombienne le 1er mars du numéro deux des Farc Raul Reyes, a poussé mercredi soir l'ambassadeur Jean-Michel Marlaud à demander l'aide de la sénatrice colombienne de gauche Piedad Cordoba.
Mme Cordoba, qui a négocié avec les Farc aux côtés du président du Venezuela Hugo Chavez la libération récente de six otages colombiens, a annoncé à la presse avoir été informée par M. Marlaud qu'Ingrid Betancourt "était dans un état grave".
"L'ambassade de France a sûrement besoin d'une intervention de ma part et je vais m'en occuper", a-t-elle ajouté, précisant qu'elle ne pourrait parler avec les Farc "sans l'autorisation du président (colombien Alvaro) Uribe".
Les ambassadeurs de France, d'Espagne et de Suisse ont été reçus jeudi par le président Uribe et le Haut commissaire pour la paix Luis Carlos Restrepo pour "aborder les thèmes propres à la mission" humanitaire, a-t-on appris auprès de la présidence colombienne.
A Paris, la soeur de l'otage Astrid Betancourt a appelé à "ne pas délaisser" le canal de négociation que représente Hugo Chavez, soulignant qu'il a un contact direct le chef rebelle Ivan Marquez.
Le président Chavez est le seul jusqu'à présent à avoir obtenu des rebelles la libération d'otages colombiens.
La mission a été lancée au lendemain d'un nouvel appel solennel de Nicolas Sarkozy pour que la guérilla libère l'otage franco-colombienne que le chef de l'Etat a décrite comme en "danger de mort imminente".
L'ex-candidate à la présidentielle colombienne souffre notamment d'une hépatite B et son état serait alarmant, selon plusieurs témoignages indirects relayés par la famille et ses comités de soutien.
Ingrid Betancourt fait partie des 39 otages dits "politiques" que la guérilla des Farc, en lutte contre les autorités colombienne depuis 1964, dit vouloir échanger contre 500 guérilleros emprisonnés en Colombie.
Les enfants d'Ingrid Betancourt très inquiets pour leur mère
Par Jenny Barchfield AP -
PARIS - Les enfants d'Ingrid Betancourt très inquiets pour leur mère. Lorenzo Delloye-Betancourt a estimé mercredi que celle-ci avait besoin d'"une transmission sanguine dans les heures qui viennent, sous peine de perdre la vie", appelant à "agir vite".
"L'appel que je viens de lancer, ça va être mon dernier appel: il n'y a plus de temps. Soit on arrive à libérer maman et les autres otages, soit on les perd et ça c'est dans les prochaines heures", a-t-il prévenu lors d'une conférence de presse à Paris. "Ma mère est en péril de mort. Il faut agir, il faut agir très vite".
Revenant sur l'information selon laquelle sa mère serait en grève de la faim et de soins, il a avancé que "c'est pour ne pas se soumettre aux FARC et c'est pour mettre les FARC et le président colombien face à leurs responsabilités". "Elle ira jusqu'au bout, ce n'est pas étonnant pour ceux qui connaissent ma mère".
Le président Nicolas Sarkozy a annoncé mardi soir l'envoi "sans délai" d'une mission humanitaire en Colombie pour "prendre contact avec les FARC et obtenir accès" à Ingrid Betancourt, qui serait dans un état de santé extrêmement grave. Son homologue colombien Alvaro Uribe a déclaré de son côté qu'il avait accepté cette opération et qu'il suspendrait toutes les opérations militaires dans le secteur. La mission humanitaire pour secourir Ingrid Betancourt doit partir "le plus vite possible", avec la présence d'un médecin notamment, a précisé mercredi le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner à l'issue du conseil des ministres.
"La mission humanitaire a pour but d'essayer de s'approcher le plus possible de maman. D'après certaines informations, on sait que l'endroit de maman en Colombie, ça serait dans le sud-est de la Colombie", a-t-il indiqué. "Cette mission aurait pour but de lui apporter des soins, des soins dont elle aurait besoin pour tenir un peu plus".
"J'espère que les FARC se rendent compte que s'ils ne prennent pas une décision positive rapidement, maman va mourir entre leurs mains et ils devront porter cette responsabilité pour toujours", a martelé Mélanie Delloye-Betancourt.
La fille de l'ancienne candidate à la présidentielle, retenue depuis six ans dans la jungle, a qualifié sur France Info de "pas en avant très important" la décision du président colombien Alvaro Uribe de suspendre les opérations militaires. "Le président Uribe se rend bien compte que maman est dans un état de santé plus qu'alarmant", a-t-elle estimé. "C'est un geste important qui nous donne de l'espoir".
Nicolas Sarkozy a demandé à son homologue colombien "de suspendre toute forme d'opérations militaires pour assurer la sécurité et le succès de cette mission" qui doit "prendre contact avec les FARC et obtenir accès" à Ingrid Betancourt, qui serait dans un état de santé extrêmement grave.
A Bogota, le président colombien a déclaré qu'il avait accepté la demande de Paris, et précisé que l'objectif de cette mission internationale serait de "protéger l'état de santé empirant des otages" détenus par les FARC. AP
IL YA 3 SEMAINES : Appel de Lorenzo BETANCOURT à Ingrid, Uribe, Chavez, Sarkozy
VIDEO : Lorenzo Bétancourt, le fils d'Ingrid Bétancourt, s'adresse à sa mère, retenue depuis 2002 en otage dans la jungle par les Farc, ainsi qu'à Uribé, Chavez et Nicolas Sarkozy.
Durée : 04:24 Pris le : 06 mars 2008 Lieu : Paris, Île-de-France, France
Lazare Ponticelli*, le dernier "poilu" de la guerre 1914-1918, est décédé à l'âge de 110 ans, a annoncé mercredi l'Elysée.
La nouvelle de sa disparition a été annoncée mercredi par un communiqué de l'Elysée : Lazare Ponticelli, le dernier des 8,5 millions de poilus, s'est éteint à l'âge de 110 ans. La vie de ce Franco-Italien s'apparente à un roman. Celle d'un petit Italien parti tout seul de son village natal, près de Bettola (nord de l'Italie), à 9 ans et demi, pour fuir la misère et gagner le "paradis", la France. Il vivra alors avec sa mère et ses frères à Nogent-sur-Marne, où réside à l'époque une importante communauté italienne.
Chasseur alpin
Lazare Ponticelli n'a pas 17 ans quand il s'engage en 1914 dans les rangs du 1er Régiment de marche de Sidi-Bel-Abbès (Légion étrangère). Un mois de classes et le voilà au front, "à Soissons, en deuxième ligne", puis en Argonne. "A la première attaque, sur la cote 707/708, on a été décimé immédiatement car on n'avait pas de tranchées", se souvenait-il il y a quelques mois encore, lors d'une interview réalisée à l'occasion des commémorations du 11 novembre 2007. "Les Allemands en avaient, pas nous". C'est lui qui "fait le premier pansement" à son frère Céleste, blessé. Ceux qui n'étaient pas tombés ont été "ramassés et on nous a expédiés à Verdun".
C'est là, au fond des tranchées, au milieu "des rats qui se baladaient", qu'il sera rattrapé par l'Italie en 1915. "On me demandait au poste de commandement". Il y apprend que, comme tous les Italiens engagés dans l'armée française, il doit partir combattre sous le drapeau transalpin après l'entrée en guerre de l'Italie au côté de la France. C'est donc comme chasseur alpin, de l'autre côté de la frontière, qu'il poursuivra la guerre, se battant contre les Autrichiens.
"C'est complètement idiot la guerre"
De ce long conflit, dont il était sorti indemne excepté une blessure à la joue, il avait retenu une chose: "Vous tirez sur des pères de famille, c'est complètement idiot la guerre". Démobilisé en 1916, il rentre en France en 1921 et lance avec deux de ses frères une entreprise de montage et d'entretien de cheminées d'usine, dont les activités vont s'étendre au montage-levage, particulièrement dans le secteur du raffinage du pétrole. La société Ponticelli Frères existe toujours et compte 2 000 salariés.
Ce dernier légionnaire de la Guerre 14-18, naturalisé en 1939, avait dans un premier temps refusé l'idée d'avoir des obsèques nationales comme le proposait le gouvernement, mais avait finalement décidé d'accepter, "au nom de tous ceux qui sont morts, hommes et femmes" pendant la première Guerre mondiale.
* Crédit Photo : TF1/LCI Lazare Ponticelli lors d'une cérémonie du 11 novembre
Le ministre colombien de la Défense Juan Manuel Santos a précisé lors d'une conférence de presse que l'opération lancée contre un camp de guérilleros, où se trouvait Reyes, avait commencé par un bombardement aérien, suivi d'une attaque terrestre de soldats héliportés.
"C'est le coup le plus décisif jamais porté jusqu'à présent à ce groupe terroriste", a affirmé le ministre.
M. Santos a révélé que le camp attaqué se trouvait "du côté équatorien, à 1.800 mètres de la frontière" commune. Le président colombien Alvaro Uribe a eu un entretien téléphonique sur cette question territoriale délicate avec son homologue équatorien Rafael Correa, a ajouté le ministre sans dire si la conversation avait eu lieu avant ou après l'attaque.
A Quito, M. Correa a annoncé avoir déplacé une division de l'armée équatorienne sur la frontière afin "de vérifier" ce qui s'était passé.
L'opération commando contre les guérilleros du Front 48 des Farc a débuté par un bombardement de l'aviation samedi à 00H25 locales (vendredi 19H25 GMT).
Des unités héliportées se sont rendues sur les lieux du campement en territoire équatorien où des combats se sont produits, faisant au total un mort parmi les soldats colombiens et 17 dans les rangs de la guérilla.
Un idéologue des Farc, Guillermo Enrique Torres, alias Julian Conrado, a également été tué dans cette attaque.
Le corps de Raul Reyes a été rapatrié par l'armée en territoire colombien.
Un coup de téléphone satellitaire de Raul Reyes et un informateur de l'armée ont permis de localiser avec précision le camp où vivait en territoire équatorien le numéro deux des Farc, a révélé à l'AFP une source militaire.
"Deux facteurs ont été déterminants pour cette réussite: d'un coté, les écoutes permanentes des Farc qui nous ont permis grâce à une communication de Reyes sur son son satellitaire de le localiser approximativement. Et un informateur qui nous a fourni la localisation exacte du chef guérillero", a précisé l'informateur qui a requis l'anonymat.
Selon cette même source, "Reyes a été blessé à la cuisse droite lors des premiers bombardements aériens. Puis il a été tué par les commandos, alors que quatre rebelles de sa garde personnelle tentaient de l'évacuer".
Un correspondant de l'AFP, qui a rencontré Reyes dans cette même région, a indiqué que ce dernier était entouré d'un dispositif de sécurité très élaboré.
Agé de 59 ans, le No 2 des Farc, dont le vrai nom est Luis Edgar Devia, était au début de sa carrière un dirigeant syndical dans le département de Caqueta (sud) où il travaillait pour le groupe multinational Nestlé.
Membre de la guérilla depuis près de 30 ans, il a franchi tous les échelons de la hiérarchie pour devenir le porte-parole des Farc. Son nom était fréquemment cité pour la succession de Manuel Marulanda, le chef suprême des rebelles âgé de 77 ans.
Reyes était l'un des sept membres du secrétariat des Farc, l'organe dirigeant, et était présenté par ses compagnons comme l'un des représentants de la faction la plus dure du mouvement rebelle.
Ces derniers mois, l'armée avait annoncé avoir tué plusieurs chefs importants des Farc, dont Tomas Medina, alias Negro Acacio, et Martin Caballero.
Principal mouvement de guérilla colombien, les Farc comptent aujourd'hui 17.000 combattants, principalement des paysans, répartis sur 60 fronts et occupant une partie importante du pays.
Les Farc détiennent dans la jungle 39 otages dits "politiques", dont l'ex-candidate présidentielle franco-colombienne Ingrid Betancourt et trois Américains, qu'ils veulent échanger contre 500 guérilleros emprisonnés.
La mort de Raul Reyes intervient alors que la guérilla a relâché unilatéralement six otages depuis le début de l'année et que la pression internationale s'accentue pour obtenir la remise en liberté de Mme Betancourt en raison de son mauvais état de santé.
Polynésie française: l'indépendantiste Temaru élu au "perchoir" de l'assemblée
Par Par Mike LEYRAL
AFP - L'indépendantiste Oscar Temaru a été élu vendredi au "perchoir" de l'Assemblée de Polynésie, avec l'aide de son rival, l'autonomiste Gaston Flosse, qu'il avait lui même aidé à devenir quelques jours plus tôt Président de la Polynésie.
M. Temaru a été élu président de l'Assemblée vendredi, par 28 voix contre 27 à son adversaire Hiro Tefaarere, et deux bulletins blancs.
Oscar Temaru a bénéficié de l'alliance entre son propre groupe (20 sièges) et celui de l'autonomiste Flosse (10 sièges), deux élus n'ayant pas suivi les consignes de vote de cette alliance autonomistes/indépendantistes.
Oscar Temaru et Gaston Flosse, après une lutte politique acharnée pendant plus de trente ans, avaient choisi de s'allier après la large victoire de leur adversaire autonomiste Gaston Tong Sang dans les urnes (27 sièges sur 57), lors des élections territoriales du 10 février dernier. Contre toute attente, Gaston Flosse avait alors été élu Président de la Polynésie française, avec les voix d'Oscar Temaru, le 24 février.
Il lui a renvoyé l'ascenceur vendredi en lui permettant de diriger l'Assemblée. Mais en dépit de cette prise de pouvoir réussie d'une alliance incongrue Flosse-Temaru, l'instabilité politique qui mine la Polynésie depuis plus de trois ans ne devrait pas cesser. Avec une majorité relative de 28 voix, Gaston Flosse ne pourra pas gouverner les mains libres, estiment les analystes.
C'est aussi un échec pour le Secrétaire d'Etat chargé de l'Outre-mer, Christian Estrosi, qui avait fait modifier la loi électorale pour renforcer la stabilité, et qui avait ouvertement soutenu Gaston Tong Sang. L'UMP a d'ailleurs annoncé qu'elle rompait tout lien avec le parti de Gaston Flosse, le Tahoeraa Huiraatira.
Pour le politologue Sémir Al-Wardi, interrogé par l'AFP, "aujourd'hui, le Président de l'Assemblée est élu sans même avoir la majorité absolue des représentants, ce qui prouve que l'instabilité politique perdure".
Il estime également que les leaders poursuivent leurs tentatives de "débauchages" dans les groupes adverses. Pour Flosse et Temaru, il s'agit de renforcer leur majorité, selon lui. Gaston Tong Sang, de son côté, peut espérer faire voter une motion de défiance et renverser le gouvernement, s'il parvient à convaincre deux élus adverses.
Mais il a également déposé plusieurs recours pour contester l'élection de Gaston Flosse à la Présidence de la Polynésie, et invite la population à défiler devant l'Assemblée samedi.
Oscar Temaru n'a pas souhaité évoquer la question des deux bulletins blancs, qui l'ont empêché d'atteindre la majorité absolue. Interrogé par l'AFP, il s'est une nouvelle fois félicité de cette alliance, "pour la paix retrouvée". Ironie de l'actualité polynésienne, M. Flosse a été entendu vendredi par les juges, suite à une plainte déposée en 2004 par... Oscar Temaru.
Cette plainte concerne l'addition d'un fastueux dîner, que ni M. Flosse ni le ministre des finances polynésien d'alors, membre de l'UPLD (Union dirigée par Oscar Temaru) n'avaient accepté de régler.
URGENCE SOS ! Nouvelles alarmantes d'Ingrid Betancourt
URGENCE SOS ! INGRID BETANCOURT, 6 ans de captivité, c'est inhumain, LIBEREZ-LA! SOS FREEDOM FOR INGRID ! RESPECT HUMAN RIGHTS!
28/02/2008 - AFP, TSR, TeleSur, EuroNews
Un des otages relâchés mercredi par les FARC en Colombie a affirmé à la télévision vénézuélienne que la Franco-Colombienne était dans "une situation extrêmement difficile".
"Elle est très mal traitée par la guérilla. Cela il faut le dire au monde entier. La guérilla s'est acharnée contre Ingrid Betancourt et elle est dans des conditions inhumaines, entourée de gens qui n'ont rien fait pour lui rendre la vie agréable", a déclaré Luis Eladio Perez, peu après son transfert à l'aéroport vénézuélien de Maiquetia, près de Caracas (lire ci-contre).
Agé de 50 ans, cet ex-président de la Commission des relations internationales du Sénat avait été capturé par les FARC le 6 octobre 2001 à Ipiales, dans le département de Narino (sud). Il a indiqué avoir rencontré pour la dernière fois le 4 février dernier l'ex-candidate présidentielle franco-colombienne, enlevée le 23 février 2002. Il a entretenu en captivité une relation d'amitié avec Ingrid Betancourt qui le mentionnait dans son dernier message à sa famille comme son confident.
"Malade et proche de la fin"
"Ingrid est dans une situation extrêment difficile", a précisé Luis Eladio Perez. Selon lui, "il faut d'une manière ou d'une autre réussir à ce que cette situation s'améliore, au moins pendant les jours qu'elle doit encore passer en captivité". "Elle est très mal, très malade, physiquement épuisée", a-t-il ajouté.
Pour Gloria Polanco, autre otage à avoir été libérée mercredi par les rebelles colombiens,le traitement infligé à l'ancienne candidate à l'élection présidentielle colombienne est "sans pitié". "Elle est enchaînée (...), entourée de personnes qui ne lui ont pas rendu la vie facile", a déclaré l'ex-otage. "Elle est très malade. Elle souffre d'une hépatite B récurente et est proche de la fin", a-t-elle ajouté.
Gloria Polanco a exhorté le président Hugo Chavez à tout faire pour obtenir la libération de la Franco-Colombienne qui serait détenue dans un camp en pleine jungle. "En tant que femme et mère de famille, je vous demande du plus profond de mon coeur de vous battre pour libérer Ingrid le plus vite possible", a-t-elle dit.
Appel de Hugo Chavez
Le président vénézuélien a demandé mercredi au chef des Farc, Manuel Marulanda, alias "Tirofijo", de transférer de toute urgence en lieu sûr Ingrid Betancourt. "Marulanda, la première chose que je te demande de tout coeur est de la confier à un commando plus proche de toi (...) dans la perspective de sa libération définitive", a déclaré Hugo Chavez. "Je crois que c'est urgent", ajoute-t-il.
Le président vénézuélien a expliqué qu'il allait envoyer un message par les canaux dont il dispose pour tenter d'obtenir la libération de l'ancienne candidate à l'élection présidentielle colombienne parce qu'elle est "l'unique femme qui reste aux mains des Farc".
Gaston Flosse élu grâce aux voix indépendantistes en Polynésie
Par Daniel Pardon
PAPEETE, Polynésie française (Reuters) - Le sénateur UMP Gaston Flosse a créé la surprise, dimanche, en parvenant à se faire élire à la présidence de la Polynésie française grâce aux voix de son adversaire de toujours, l'indépendantiste Oscar Temaru.
"C'est un événement incroyable que nous venons de vivre en direct" a lâché un journaliste, commentant à la télévision la matinée d'élection au terme de laquelle Flosse a été élu alors qu'il avait été laminé aux dernières élections territoriales (son parti, le Tahoera'a Huiraatira, n'avait obtenu que 17 % de suffrages et 10 sièges sur 57).
Battu et marginalisé, "le vieux lion" a réussi le tour de force de s'allier avec ses pires ennemis, les indépendantistes. C'est déjà grâce à eux qu'en août 2007, il était parvenu à renverser son poulain, Gaston Tong Sang, pour remettre au pouvoir le leader indépendantiste Oscar Temaru.
Tong sang était accusé de trop s'écarter des directives de son aîné.
Selon de nombreux observateurs, Flosse a livré là son dernier combat. Il a dernièrement cristallisé les rancoeurs contre l'Etat et plus particulièrement contre Christian Estrosi, secrétaire d'Etat à l'outre-mer
Aux yeux de Flosse, Estrosi s'était trop directement immiscé dans la vie politique polynésienne, en manifestant ses préférences pour Tong Sang.
Flosse et Temaru ont donc réalisé l'union sacrée contre le pouvoir central de Paris et contre son candidat.
Au cours d'un bref discours devant les élus, avant leur vote ce matin, Flosse a expliqué que les circonstances (ndlr : le manque de temps) ne lui permettaient pas de présenter un programme de gouvernement.
Il a annoncé qu'il souhaitait mettre en place un gouvernement d'union entre toutes les composantes de l'échiquier politique polynésien, lui-même acceptant de ne pas faire état, pendant cinq ans, de ses convictions d'autonomistes et Temaru acceptant, pour sa part, de mettre de côté ses revendications indépendantistes "pour travailler dans l'intérêt général de la Polynésie française".
Flosse devrait faire connaître dans les jours prochains la composition de son gouvernement d'ouverture : les indépendantistes accepteront-ils de partager le pouvoir ou laisseront-ils le Tahoeraa Huiraatira gouverner seul (comme celui-ci l'a fait avec eux depuis le mois d'août 2007) ?
Une seule chose paraît sûre : les élus majoritaires du To Tatou Ai'A, qui parlent de vol et de hold-up, ont déjà annoncé qu'ils ne rejoindraient jamais les élus de Flosse.
OTAGES VRAIS : 6 ans de trop pour Ingrid Betancourt !
Aujourd'hui, samedi 23 février 2008, cela fait très exactement 6 ans qu'Ingrid Betancourt a été faite otage avec les FARC. Trop de temps passé, avec ce qu'il suppose d'usure pour Ingrid et les autres otages, comme pour leurs familles, otages d'une autre façon de cette privation de liberté de leur être cher.
En ce 23 février, le Comité de soutien à Ingrid et aux otages de Colombie vous exhorte à vous mobiliser partout : une liste des villes où des actions sont menées sont sur notre site. Ne doutez pas, n'hésitez pas : VENEZ ET PARTICIPEZ.
En ce 23 février, le Comité appelle tou-te-s les citoyen-ne-s à montrer leur engagement en signant et en faisant signer la pétition qui a déjà plus de 458.000 signataires. Nous vous invitons également à porter le badge, le t-shirt, de solidarité. Enfin, si cela vous est possible, le Comité vous invite à l'aider en réalisant un don pour qu'il continue à mener ses actions.
PAR Christine Tréguier, Politis.fr, Xavier Frison
mardi 12 février 2008 Les salariés de l’audiovisuel public manifestent le 13 février place de l’Alma, à Paris, au cours d’une mobilisation nationale pour exiger « la pérennité du financement de l’audiovisuel public, le maintien de son périmètre, de l’emploi et de nos garanties collectives ». Autres victimes collatérales de la suppression brutale de la publicité dans le secteur : les consommateurs, pressentis pour palier le gigantesque manque à gagner.
Avant d’annoncer, sans prévenir personne y compris les principaux intéressés, qu’il allait supprimer la publicité sur les télévisions publiques, Nicolas Sarkozy aurait peut-être dû tourner sa langue sept fois dans sa bouche. Depuis, ça cogite dur dans les ministères pour trouver le milliard d’euros assurant le fonctionnement des chaînes concernées. Après la taxe sur les recettes publicitaires des chaînes privées et la taxe « infinitésimale » sur les abonnements à internet que les fournisseurs d’accès ne semblent pas disposés à payer sans sourciller, on a parlé de ponctionner les équipements, téléviseur, ordinateurs, et téléphones portables. De manière « infinitésimale » promet Christine Albanel.
Mais le « 1% maximum » annoncé fait vivement réagir les syndicats de la profession. Pour le Syndicat des industries de matériels audiovisuels électroniques (Simavelec) cette taxe, s’ajoutant à celles pour l’environnement et pour la copie privée, est « inéquitable » et se répercutera fatalement sur le consommateur. Pour le Syndicat de l’industrie des technlogies de l’information (SFIB) elle ne va pas dans le sens de l’équipement des ménages français, qu’on dit moins bien équipés que leurs voisins européens. Leurs avertissements ont le mérite d’être clairs : au final, c’est le consommateur qui devra compenser le manque à gagner des uns et des autres. Les internautes qui s’expriment sur le forum de discussion ouvert par la ministre en charge du dossier semblent l’avoir bien compris. Une bonne partie d’entre eux n’y voient qu’impôts nouveaux et manière détournée d’augmenter la redevance télé, sans avoir l’air d’y toucher.
Dernière trouvaille en date, évoquée par Les Echos, et démentie par le Ministère, la taxation sur le chiffre d’affaires généré par les publicités sur internet. L’association des services internet communautaires (Asic) a déjà prévenu : « Si la France taxe trop ses entreprises internet, elles vont se délocaliser ». On peut s’attendre à un lobbying féroce dans les coulisses de l’Assemblée, dès que le projet de loi sera connu.
PRISTINA (AFP) - Les Albanais du Kosovo réalisent dimanche leur rêve d'indépendance après deux ans de guerre et huit ans d'administration de l'ONU, alors que la minorité serbe de cette province du sud de la Serbie pourrait faire sécession. Evènement
Le président américain George W. Bush a déclaré dimanche qu'il soutenait une indépendance du Kosovo sous supervision internationale, lors d'une conférence de presse à Dar es Salaam, où il est arrivé samedi dans le cadre d'une tournée en Afrique.
Après sa proclamation, les Etats-Unis et plusieurs grands pays de l'Union européenne devraient reconnaître rapidement l'indépendance du Kosovo dont les premiers pas seront encadrés par une mission de l'UE.
En revanche, Belgrade, fermement soutenu par la Russie, et les Serbes du Kosovo (un peu moins de 10% de la population) y sont opposés. "Je n'abandonnerai jamais la lutte pour notre Kosovo", a juré vendredi, en prêtant serment, le président serbe Boris Tadic, réélu le 3 février.
La Serbie a par avance "annulé" toute proclamation d'indépendance qu'elle juge "illégale", et prévu de s'y opposer par "toutes les mesures diplomatiques, politiques et économiques". A la veille de la proclamation de l'indépendance, l'ambiance était déjà euphorique à Pristina, la capitale du Kosovo. Sirènes, klaxons, cris de joie et pétards résonnaient dans la ville et des foules en liesse criant "Kosovo", "Indépendance" agitaient des drapeaux kosovars et américains.
Soucieux de voir l'indépendance reconnue par l'UE et les Américains, le Premier ministre kosovar Hashim Thaçi a indiqué que le processus y menant avait été géré par les responsables du Kosovo "en coordination" avec les Occidentaux.
Les pays de l'UE ont donné samedi leur feu vert formel à l'envoi d'une mission de quelque 2.000 policiers et juristes, baptisée, Eulex, chargée d'accompagner l'indépendance du Kosovo. L'UE est restée divisée sur la question de l'indépendance mais une large majorité de ses membres est prête à la reconnaître.
La reconnaissance se fera pays par pays.La tâche de l'UE tient du défi dans le Nord, où vivent 40.000 des 120.000 Serbes présents au Kosovo. Les Serbes du Kosovo ont indiqué qu'ils formeraient leur propre "Parlement du Kosovo" à l'occasion de municipales en Serbie en mai, augmentant ainsi le risque d'une sécession. Alors que des violences et provocations entre communautés sont redoutées, la Force de l'OTAN au Kosovo (KFOR) qui assure depuis 1999 la sécurité au Kosovo a prévenu qu'elle réagirait "avec une grande fermeté à toute provocation".
Shoah - Simone Veil juge la proposition de Sarkozy "inimaginable, insoutenable et injuste"
Le projet du président d'associer chaque élève de CM2 à un enfant victime des persécutions nazies sème le trouble. Enseignants, historiens et psychologues sont plus que perplexes.
"On ne peut pas infliger ça à des petits de dix ans". Simone Veil, déportée à 16 ans et demi à Auschwitz, juge "inimaginable, insoutenable et injuste" la proposition de Nicolas Sarkozy d'associer chaque élève de CM2 à un enfant victime des persécutions nazies. Le projet annoncé mercredi par le Chef de l'Etat continuait vendredi de semer trouble et perplexité.
"On ne peut pas demander à un enfant de s'identifier à un enfant mort. Cette mémoire est beaucoup trop lourde à porter", a expliqué Simone Veil l'ancien ministre sur le site de l'Express. Pour elle, la suggestion de Nicolas Sarkozy risque aussi d'attiser les antagonismes religieux : "Comment réagira une famille très catholique ou musulmane quand on demandera à leur fils ou à leur fille d'incarner le souvenir d'un petit juif ?", s'interroge-t-elle.
"Armer moralement les enfants contre les idéologies extrêmes"
"Il ne s'agit pas de s'identifier de façon morbide à un enfant mort en déportation, mais de faire acte de vigilance", estime pour sa part Serge Klarsfeld, président de l'Association des fils et filles des déportés juifs de France, qui soutient la proposition de Nicolas Sarkozy."Il s'agit d'armer moralement les enfants contre les idéologies extrêmes", dit l'historien et avocat dans Libération.
Après l'historien Henry Rousso, dénonçant un "marketing mémorial", Annette Wieviorka, spécialiste reconnue de l'histoire de la Shoah et petite-fille de déportés, s'élève elle aussi contre la proposition de Nicolas Sarkozy. "Je pense qu'il y a quelque chose de réellement monstrueux de vouloir faire porter par un enfant de neuf, dix, ou onze ans la mémoire d'un enfant mort à une autre période", a-t-elle dit sur France Info.
Parmi les enseignants, les premières réactions sont négatives. Le Snuipp-FSU, majoritaire dans le primaire, évoque les "risques de troubles psychologiques (...) de sentiment de culpabilité ou de responsabilité pour le destin d'un élève." Le syndicat des enseignants-Unsa se dit "particulièrement choqué de cette initiative du président, qui ignore tout de la façon dont un jeune se construit."
"Quelque chose de très lourd à porter"
L'Union des étudiants juifs de France (UEJF) a accueilli "de manière réservée" l'annonce de Nicolas Sarkozy, jugeant que la mémoire "ne se transmet pas par un processus d'identification." En revanche, selon Le Monde, un porte-parole du Mémorial Yad Vashem, à Jérusalem, estime que c'est "une approche très positive de se souvenir et de s'identifier avec des jeunes victimes de l'Holocauste."
Sur le plan politique, François Bayrou, président du MoDem a critiqué une décision prise "sans que l'on y ait réfléchi." L'ex Premier ministre Dominique de Villepin a jugé "étrange" la démarche du chef de l'Etat, estimant que la charge de la mémoire d'un enfant mort est "quelque chose de très lourd à porter". Mais tant le premier secrétaire du Parti socialiste, François Hollande, que Jean-François Copé, président du groupe UMP à l'Assemblée nationale, soutiennent ce projet.
Face à la polémique, le président a de nouveau défendu vendredi son idée de faire parrainer par des élèves de CM2 des enfants victimes de la Shoah par la nécessité d'avoir "des enfants aux yeux ouverts".
"Si vous ne leur parlez pas de ce drame-là, ne vous étonnez pas que ça se reproduise. C'est l'ignorance qui fait la reproduction de situations abominables, c'est pas la connaissance", a-t-il dit lors d'un discours à Périgueux, en Dordogne. "Faites de nos enfants des enfants aux yeux ouverts, sans complaisance", a-t-il ajouté, en réponse aux critiques qu'a suscitées le parrainage annoncé, à partir de la rentrée prochaine, des 11.000 enfants français victimes de la Shoah par des élèves de 10 ans.
Les socialistes rassemblés sur l’Europe, c’est possible
Tribune publiée dans le journal Libération par GUILLAUME BACHELAY membre du bureau national, LAURENT BAUMEL responsable national aux études, PASCALE BOISTARD membre du bureau national, DIDIER CUJIVES secrétaire national du MJS, ALEXIS DALEM corédacteur en chef de «la Revue socialiste», MARIETTA KARAMANLI députée, FRANÇOIS KALFON membre du conseil national, FLORA LABOURIER secrétaire national du MJS, SANDRINE MAZETIER députée, CLAUDE ROIRON membre du bureau national.
N’en déplaise aux commentateurs, les socialistes ne sont pas fondamentalement divisés sur le projet européen. Pour s’en rendre compte, encore faut-il s’abstraire des jeux d’appareils d’hier et regarder en face la réalité d’aujourd’hui. Socialistes, nous sommes tous des proeuropéens convaincus et nous ne nous satisfaisons pas de l’Europe telle qu’elle va. Notre projet est celui d’une Europe démocratique et solidaire.
C’est au nom de cet idéal, et même si nous mesurons le chemin parcouru, que nous critiquons ce que l’Europe tend à devenir : un marché sans horizon politique, sans réelle solidarité, où la concurrence sociale et fiscale est la principale politique de convergence. Si nous nous sommes opposés et parfois déchirés sur le traité constitutionnel, puis sur l’adoption du traité de Lisbonne, ce n’est pas au nom de conceptions divergentes de l’Europe, mais en raison d’une appréciation différente de la stratégie à adopter : le pari du compromis immédiat pour les uns, le pari du rapport de force pour les autres. Nous partagions un même but stratégique : approfondir l’unification européenne pour répondre à la mondialisation.
Les partisans du oui ont pensé préférable d’adopter un compromis insatisfaisant pour avancer tandis que ceux du non jugeaient indispensable d’exprimer leur désaccord pour rendre possible une réorientation de l’Europe. Dans les deux cas, il s’agissait d’un pari sur l’avenir, aucun camp ne peut prétendre avoir eu intégralement raison. La suite des événements a pu confirmer les uns et les autres dans leur approche. Si cette différence d’appréciation a débouché sur une incontestable fracture, c’est qu’elle a été exploitée tant par l’ultragauche que par certains dirigeants socialistes. Nous voulons éviter que le champ de bataille du passé ne vire au champ de ruine de l’avenir. Nous nous appuyons sur une certitude : jamais le débat, artificiellement gonflé par le contexte politique interne du Parti socialiste, n’a porté entre nous sur les objectifs de la construction européenne.
D’ici quelques semaines, la question du mini traité sera derrière nous. Il est peu probable que le dossier institutionnel - voire constitutionnel - soit rouvert à brève échéance. Jusqu’à présent, nous avons toujours envisagé notre projet européen dans la perspective de nouveaux traités débouchant en même temps sur un approfondissement institutionnel et politique. Dans l’Europe à 27, et pour plusieurs années, l’ère des grands traités fondateurs est close. Seules seront possibles des avancées sur des projets concrets. Nous le regrettons, mais c’est un fait. Alors que le nouveau traité ne changera rien aux politiques mises en œuvre, c’est sur celles-ci que nous devons désormais nous concentrer. L’essentiel est de convaincre nos partenaires, non par une attitude agressive et agitée - celle contre-productive de l’actuel président de la République -, mais par la constance et la cohérence. Alors que le spectre d’une récession mondiale se profile, concentrons-nous sur les enjeux économiques et sociaux. Plusieurs avancées sont à la fois urgentes et possibles.
Les socialistes français doivent être à la pointe du combat pour la réforme de la gouvernance de la zone euro. L’Eurogroupe - autorité politique - doit monter en puissance et s’investir dans un dialogue permanent avec la BCE, et il ne tient qu’à lui de le faire. Les objectifs d’inflation et de taux de change doivent être fixés dans ce cadre. Tout en respectant son indépendance imposée par les traités, l’action de la BCE peut et doit être mieux coordonnée avec l’autorité politique. Un marché unique sans politique de convergence sociale vers le haut est voué à une concurrence vers le bas, ce qui n’est pas tenable à long terme pour nos entreprises, nos emplois, nos territoires, sans oublier nos finances publiques. Les socialistes français doivent proposer une stratégie par étapes, moyennant des compensations. Cela implique une nouvelle ambition pour les politiques structurelles. Le budget de l’Union devrait être porté pour cela à son plafond légal, 1,24 % du PIB, alors qu’il n’est aujourd’hui qu’à 1 %. L’Union doit également s’investir dans la recherche et l’innovation, dont le pilotage serait beaucoup plus efficace à son niveau. Nous proposons de créer une coopération renforcée pour gérer un budget commun et créer un espace européen unifié pour les entreprises innovantes et les chercheurs. L’environnement, les biotechnologies et l’économie de l’immatériel pourraient être les priorités de cette politique. Ils donneraient à la construction européenne un élan comparable à celui que la Communauté du charbon et de l’acier avait donné aux premières heures de l’Union.
Des inflexions importantes doivent être apportées, enfin, à la politique commerciale de l’UE. Plus réactive, elle devrait se fixer pour objectif le juste échange plutôt que le libre-échange. Il ne s’agit en aucun cas de protectionnisme, mais d’une stratégie gagnante pour tout le monde : éviter les à-coups pour nos entreprises et conditionner l’ouverture à des progrès sociaux et environnementaux effectifs du côté des pays émergents. Ces quatre priorités, que tous les socialistes partagent, peuvent être mises en œuvre dans le cadre des traités existants. Tout est question de volonté politique et de force de conviction.
A nous de convaincre nos partenaires, à commencer par le PSE. Si ces mesures étaient mises en œuvre, elles changeraient le visage de l’Europe, qui deviendrait un espace de croissance et d’influence, d’avant-garde économique et de progrès social. Sur ces questions - comme sur les autres - le PS doit maintenant se mettre au travail pour préciser les propositions et engager le travail de reconquête intellectuelle. Jeunes responsables du Parti socialiste, nous sommes convaincus que la rénovation nécessaire de la gauche ne peut passer par la reproduction à l’infini et l’exacerbation des divergences qui se sont manifestées au cours des années précédentes. Après que le Congrès, réuni à Versailles, a voté, nous voulons surmonter le traumatisme de la division, nous rassembler pour reprendre le travail en commun, aller de l’avant. C’est ce que nous nous engageons à faire en appelant tous les socialistes de bonne volonté à nous rejoindre.
FATIGUE : "Sioupère tiousdé", demain on saura : OBAMA ?
(crédit photo LCI).
Près de la moitié des Etats américains votent pour le "super mardi"
Alain JEAN-ROBERT AFP-WASHINGTON - Près de la moitié des Etats américains devaient se prononcer mardi pour sélectionner les candidats républicain et démocrate à l'élection présidentielle de novembre, avec une principale inconnue: qui sortira vainqueur du duel démocrate Hillary Clinton-Barack Obama? Evénement
Dans le camp républicain, le sénateur de l'Arizona, John McCain, fort de ses victoires dans le New Hampshire, en Caroline du Sud et en Floride, fait figure de grand favori avec un seul rival sérieux: l'ancien gouverneur du Massachusetts Mitt Romney.
Le prochain président des Etats-Unis devrait être l'un de ces quatre candidats.
Mme Clinton pourrait devenir la première femme élue président des Etats-Unis, M. Obama le premier président noir. John McCain deviendrait, à 72 ans, le plus vieux président à prêter serment en janvier 2009. Mitt Romney serait le premier mormon à occuper la Maison Blanche.
Les premiers bureaux de vote ont ouvert à 11H00 GMT à New York, les derniers fermeront en Californie (ouest) à 04H00 GMT mercredi et l'on attend une participation record dans tout le pays.
"Je pense qu'Hillary a tellement de handicaps, je veux un président noir dont un des prénoms est Hussein et qui semble génial", s'enthousiasme Stuart Bernstein, 47 ans, agent littéraire new-yorkais qui confie avoir voté pour le sénateur de l'Illinois.
Faisant la tournée des talk-shows télévisés dès les premières heures de la matinée, les candidats ont reconnu que la lutte serait rude.
"Je ne pense pas qu'aujourd'hui sera décisif, mais je pense que cela nous donnera une bonne indication sur qui représente le mieux les préoccupations des électeurs" a déclaré Barack Obama sur la chaîne NBC.
L'ex-première Dame, qui a voté vers 8H00 locales, près de sa résidence de Chappaqua, dans l'Etat de New York, a estimé que "la course à la nomination du parti sera trés disputée". "Je pense que c'est une bonne chose, a-t-elle dit sur NBC car plus les gens participent, plus ils s'intéressent aux problèmes, mieux c'est pour les démocrates".
Les derniers sondages prévoient une lutte serrée entre Mme Clinton et M. Obama, notamment en Californie, Etat qui attribuera le plus de délégués à la convention démocrate, fin août à Denver (Colorado, ouest). Les dernières enquêtes donnent aussi un avantage à M. Obama pour triompher du sénateur McCain.
Pour remporter l'investiture de son parti, le candidat démocrate aura besoin du soutien d'au moins 2.025 des 4.049 délégués (dont 796 "super délégués" libres de leur choix) qui siégeront à la convention démocrate. Or, 2.084 délégués (dont 392 "super délégués") doivent être désignés mardi.
En raison du système complexe d'attribution des délégués, il n'est pas certain qu'un vainqueur démocrate apparaisse mardi.
Mme Clinton compte remporter la Californie, New York, Etat dont elle est sénatrice, le New Jersey voisin et l'Arkansas, dont son mari Bill Clinton fut gouverneur.
M. Obama vise l'Illinois, Etat dont il sénateur, la Géorgie et plusieurs des Etats où sont organisés des caucus (assemblées d'électeurs) comme le Minnesota.
Les deux candidats ont mené campagne à un rythme effréné aux quatre coins du pays jusqu'au dernier moment. En quête de crédibilité face à "l'expérimentée" Hillary Clinton, M. Obama s'est assuré le soutien d'une grande partie du clan Kennedy.
Chez les républicains, John McCain semble avoir les coudées plus franches face à ses rivaux. Outre M. Romney, il doit affronter l'ancien gouverneur de l'Arkansas Mike Huckabee et le représentant du Texas Ron Paul.
Les sondages donnent une nette avance à M. McCain en Californie mais aussi à New York et dans le New Jersey.
Pour l'emporter côté républicain, il faut le soutien de 1.191 délégués sur les 2.380 (dont 576 "super délégués") attendus à la convention. 1.081 délégués (dont 133 "super délégués") seront choisis mardi.
"Super Tuesday": 7 Etats ont voté avant; 19 voteront après
AP - Mardi 5 février. WASHINGTON - Alors que les électeurs de 24 Etats et un territoire vont désigner lors du "Super Tuesday" les délégués chargés d'investir les candidats démocrate et républicain qui s'affronteront pour la présidentielle de novembre, sept Etats ont déjà voté et 19 autres le feront après ce mardi
- Les Etats qui ont déjà voté:
Caroline du Sud, Floride, Iowa, Maine, Michigan, Nevada, New Hampshire.
Côté démocrate, après ces scrutins (primaires et caucuses), le sénateur de l'Illinois Barack Obama dispose de 196 délégués contre 261 à la sénatrice de New York Hillary Rodham Clinton, selon un décompte établi par l'Associated Press.
Chez les républicains, le sénateur de l'Arizona John McCain dispose avant le "Super Tuesday" de 102 délégués devant l'ancien gouverneur du Massachusetts Mitt Romney (93) et l'ancien gouverneur de l'Arkansas Mike Huckabee (43), toujours selon un décompte de l'Associated Press.
- Les Etats qui voteront après le "Super Tuesday":
Pour obtenir l'investiture démocrate, la sénatrice de New York Hillary Rodham Clinton ou le sénateur de l'Illinois Barack Obama ont besoin d'avoir le soutien d'au moins 2.025 des 4.049 délégués qui siègeront du 25 au 28 août prochain à la Convention démocrate de Denver (Colorado, ouest).
Lors de ce "Super Mardi", 2.084 délégués démocrates seront désignés dans 22 Etats ainsi que dans le Territoire des Samoa-américaines. Les démocrates résidant à l'étranger enverront 22 délégués à la Convention de Denver.
Pour obtenir l'investiture du parti républicain, les trois prétendants encore en lice devront compter sur le soutien d'au moins 1.191 des 2.380 délégués qui se réuniront à Minneapolis-Saint-Paul (Minnesota, nord) du 1er au 4 septembre. Côté républicain, 1.081 délégués (dont 133 "super délégués") seront choisis dans 21 Etats lors de ce "Super Mardi". AP
Mardi 25 décembre : Opération "La Flamme de l’Espoir"
Le Comité de soutien forme l’espoir ardent qu’Ingrid Betancourt sera libre au moment de Noël. En effet, le 25 décembre revêt une double importance pour elle : c’est également le jour de son anniversaire.
Toutefois, dans le cas où Ingrid n’était pas libre à ce moment-là, il nous semble fondamental de ne pas l’oublier. Pour elle comme pour tous les otages de Colombie, il est important que ce jour si célébré brille par sa solidarité et son espoir.
C’est pourquoi le Comité de soutien en appelle aux citoyen-ne-s du monde entier : tout au long du 25 décembre, nous vous invitons de placer à leur fenêtre, sur leur balcon ou sur le seuil de leur porte, une bougie. En ce jour où une grande partie d’entre nous sera réunie en famille, il nous semble essentiel d’avoir une pensée pour Ingrid et les otages, à travers ce geste simple mais fort de sens.
Nous comptons donc sur vous, une fois de plus, pour que la mobilisation soit impressionnante : faisons en sorte que le monde entier s’illumine d’un espoir vif et infaillible pour la libération d’Ingrid et de tous les otages.
Les députés belges votent la confiance au nouveau gouvernement
BRUXELLES (Reuters) - Après six mois de crise, les députés belges ont voté dimanche la confiance au nouveau gouvernement dirigé par Guy Verhofstadt, chargé de mener les affaires du pays jusqu'en mars prochain.
La nouvelle équipe, constituée autour du chef de gouvernement sortant, a été approuvée par 97 voix contre 46, avec une seule abstention.
La Belgique était sans gouvernement depuis 196 jours.
"Mon objectif maintenant est de favoriser la confiance et de permettre un dialogue entre les communautés", avait déclaré Verhofstadt en séance peu avant le vote.
Le gouvernement intérimaire, au sein duquel Didier Reynders conserve le portefeuille des Finances, est chargé de gérer le pays et de préparer la grande négociation à venir entre Flamands et Wallons sur l'avenir de la Belgique.
Verhofstadt restera en fonction jusqu'au 23 mars et s'emploiera à mettre au point le budget 2008, à prendre des mesures d'urgence pour lutter contre la hausse des prix des carburants et des denrées alimentaires.
Libéral flamand de 54 ans nommé "formateur" du gouvernement il y a une douzaine de jours par le roi, Verhofstadt, en revenant aux affaires, a réussi là où a échoué le démocrate-chrétien flamand Yves Leterme, grand vainqueur des élections législatives du 10 juin dernier.
Verhofstadt a déclaré qu'il fallait respecter les résultats des élections et que Leterme devrait lui succéder à la tête du gouvernement à la fin mars.
Leterme, interrogé dimanche à la télévision avant le vote sur son absence de popularité chez les Wallons, a reconnu qu'il lui restait beaucoup à faire pour améliorer son image auprès d'eux.
"Quand vous avez un poste et la chance de faire vos preuves, le reste suit (...) Tout le monde fait des erreurs tous les jours - j'en fais mais je suis toujours prêt à m'améliorer", a-t-il dit, en se prononçant pour "une meilleure distribution des responsabilités" entre francophones et Flamands.
L'accord de coalition, qui regroupe cinq partis, donne trois mois de répit à la Belgique mais ne résout pas pour autant la crise entre les partis flamands, qui réclament un plus grand contrôle sur le secteur économique, et les Wallons, qui ne veulent pas de tels changements.
Le roi Albert II, après l'échec de Leterme, s'était tourné vers Verhofstadt - au pouvoir depuis 1999 - en dernier recours, même si son Parti libéral flamand avait été l'un des plus grands perdants des législatives de juin.
La coalition comprend les démocrates-chrétiens flamands et les Libéraux flamands, leurs équivalents wallons de même que les socialistes wallons.
Mark John, version française Yves Clarisse, Eric Faye et Guy Kerivel
Betancourt appelle à l'aide dans sa lettre, disent ses enfants
Reuters La lettre d'Ingrid Betancourt à sa mère est celle d'une femme qui n'en peut plus et appelle au secours, ont déclaré vendredi soir les enfants de l'otage franco-colombienne.
"C'est une lettre d'une femme désespérée qui crie au secours", a déclaré Lorenzo Betancourt sur France 2. "C'est une lettre d'une mère aussi qui nous adore, qui pense à nous. C'est une lettre d'une femme qui n'en peut plus", a-t-il ajouté.
Sur la même chaîne, sa soeur, Mélanie, a insisté sur l'urgence qu'il y avait à obtenir la libération d'Ingrid Betancourt, détenue depuis près de six ans, et des otages des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc.)
De New York, elle a précisé que cette lettre lui avait été lue par sa grand-mère, à qui elle était destinée.
"Cette lettre nous montre que maman n'en peut plus, comme tous les autres, parce que ça fait six ans, presque, pour maman, pour d'autres aussi, qu'ils sont là au fond d'une jungle en train de mourir un peu plus tous les jours, a-t-elle dit.
"Il faut qu'on fasse tout pour qu'ils sortent de là le plus tôt possible, parce que si on ne les sort pas (...) on va les perdre dans cette jungle."
Cinq vidéos, dont certaines datent de fin octobre, et des lettres destinées aux familles d'otages ont été saisies lors de la capture à Bogota de trois membres présumés des milices urbaines des Farc, selon Luis Carlos Restrepo, haut commissaire colombien pour la paix.
Le gouvernement colombien a diffusé peu après des images vidéo récentes montrant Ingrid Betancourt en vie.
Ingrid BETANCOURT : Première preuve de vie, enfin !
(photo REUTEURS) Bogota présente des preuves de vie d'Ingrid Betancourt et de trois Américains AMéRIQUE ven 30 nov
Le gouvernement colombien a rendu publics vendredi des documents - vidéos, photos et lettres - démontrant que 16 otages de la guérilla colombienne, dont la Franco-Colombienne Ingrid Betancourt et trois Américains, étaient en vie.
Une vidéo qui a été retransmise sans la bande sonore par les télévisions colombiennes, montre Ingrid Betancourt dans un état d'extrême maigreur, les mains croisées et enchaînées, la tête baissée et apparemment très lasse.
Ingrid Betancourt qui est vêtue d'un pantalon et d'une chemise bleue, reste silencieuse. Elle a de très longs cheveux noués sur l'épaule. L'otage, enlevée le 23 février 2002 par les Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc - marxistes), semble se trouver dans la jungle, dans une région très chaude.
Le haut commissaire colombien pour la paix Luis Carlos Restrepo qui a annoncé depuis la présidence l'existence de ces preuves de vie, a également mentionné une lettre d'Ingrid Betancourt adressée à sa mère Yolanda Pulecio.
Il s'agit de la première preuve de vie de la Franco-Colombienne détenue depuis une vidéo d'août 2003.
Ingrid Betancourt a également écrit une lettre datée du 24 octobre 2007 à sa mère Yolanda Pulecio, a affirmé Luis Carlos Restrepo.
Thomas Howes, l'un des 3 Américains otages, a pour sa part envoyé une lettre pour modifier son testament, a-t-il également révélé.
De plus, a ajouté le haut fonctionnaire, la majorité des lettres trouvées lors de l'arrestation par la police de 3 guérilleros des Farc à Bogota, étaient également datées des 23 et 24 octobre 2007.
"Sept lettres ont été retrouvées entre les mains des rebelles, a-t-il poursuivi, dont celle concernant le testament de Howes datée du 26 novembre 2006 et une autre de (un autre otage américain) Mark Goncalves destinée au terroriste Jorge Briceno, alias "Mono Jojoy", datée du 23 octobre 2007".
Marc Gonsalves, Thomas Howe et Keith Stannsen, collaborateurs du département d'Etat, ont été capturés en février 2003 après que les Farc eurent abattu l'avion à bord duquel ils effectuaient une mission anti-drogue.
La datation identique de toutes ces lettres semble indiquer qu'elles ont été écrites après que le médiateur de l'époque, le président vénézuélien Hugo Chavez, eut demandé au chef des Farc Manuel Marulanda de lui remettre des preuves de vie des otages.
Les 3 Américains pris en otages paraissent en meilleure santé et on peut les voir tenir de longs discours.
Ces images des 4 otages ont été prises le 24 octobre, a affirmé M. Restrepo, sans préciser quels éléments permettaient de confirmer cette date.
Le haut commissaire colombien a assuré que les Américains adressaient dans leurs vidéos des messages à leurs familles. Il y a également, a précisé M. Restrepo, une lettre de l'un d'eux, Marc Gonsalves, adressée à l'un des chefs des FARC, "Mono Jojoy".
"Lors d' une opération militaire de l'armée colombienne contre les bases urbaines des Farc à Bogota, trois personnes qui étaient en possession des preuves de vie d'un groupe d'otages des Farc ont été capturées", a raconté le haut commisaire.
Des photos d'otages ont également été découvertes par la police avec les vidéos lors de l'arrestation des trois rebelles, a précisé M. Restrepo, indiquant qu'il était difficile de dater certaines d'entre elles qui pourraient avoir été prises il y a plus d'un an.
L'armée, a-t-il dit, détient aussi des preuves de vie de policiers, d'hommes politiques et de militaires colombiens détenus par les Farc.
Selon toute vraisemblance, les trois guérilleros capturés désiraient remettre ces preuves de vie à la sénatrice Piedad Cordoba dont la médiation a été brusquement interrompue la semaine dernière en même temps que celle du président du Venezuela Hugo Chavez par son homologue colombien Alvaro Uribe.
Selon les services de renseignements colombiens, les guérilleros des Farc avaient l'intention de remettre des preuves de vie de certains des 45 otages qu'ils détiennent pour les échanger contre 500 des leurs emprisonnés avant le référendum de dimanche au Venezuela.
M. Restrepo a annoncé que des copies des enregistrements seraient envoyées aux gouvernements français et américain.
Paris a immédiatement réagi, estimant que les preuves de vie d'Ingrid Betancourt constituaient une "grande nouvelle", dans une déclaration du porte-parole de la présidence.
Le chef de la diplomatie française Bernard Kouchner s'est "réjoui" vendredi des preuves de vie. "Il est aujourd'hui plus que jamais nécéssaire d'intensifier les efforts en vue d'une solution humanitaire permettant la libération de tous les otages" détenus en Colombie, a ajouté M. Kouchner.
De même la famille n'a pas caché son émotion. La mère d'Ingrid Betancourt, Yolanda Pulecio et sa soeur Astrid Betancourt, ont déclaré être "très émues" après avoir vu ces images.
Le Parti socialiste s'est prononcé en faveur du Traité de Lisbonne, lors du bureau national du 6 novembre. Avec 36 voix pour, 20 contre, 2 abstentions et 1 personne ne prenant pas par au vote, le traité a été adopté par une la majorité. Le Premier secrétaire, François Hollande, analyse cette décision.
Arche de Zoé: François Hollande veut une mission parlementaire
SAINT-MEDARD-EN-JALLES, Gironde (Reuters) - François Hollande s'est félicité dimanche de la libération des trois journalistes français détenus au Tchad et souhaité qu'une mission d'information parlementaire puisse faire la lumière sur l'affaire de "l'Arche de Zoé".
Le Premier secrétaire du Parti socialiste a également demandé que les membres de l'association soient rapatriés en France et y soient jugés "si nécessaire."
Il s'est également demandé si le rôle de Nicolas Sarkozy était d'aller chercher lui-même au Tchad les journalistes et les quatre hôtesses de l'air espagnoles libérées dans l'après-midi.
"Je crois que le mieux, c'est de faire le clair sur tout ce qui s'est passé et de faire en sorte que les sanctions puissent être prononcées en France", a-t-il dit en marge du congrès du Mouvement des jeunes socialistes (MJS) à Saint-Médard-en-Jalles, en Gironde.
Le déplacement au Tchad de Nicolas Sarkozy est "une méthode" qui consiste à "être toujours en mouvement, toujours présent sur tous les terrains pour saturer l'espace public", a expliqué le dirigeant socialiste. "Mais en même temps je ne vais pas ici déconsidérer la cause."
"Est-ce le rôle du président de la République de venir les chercher lui-même alors qu'il y a d'autres ressortissants français qui sont dans des procédures judiciaires ? Chacun se posera la question", a-t-il cependant demandé.
Le Premier secrétaire du PS a souhaité qu'une solution "soit trouvée pour l'ensemble des ressortissants français et notamment pour que cette association et ces responsables de 'l'Arche de Zoé' puissent être rapatriés en France et jugés si c'est nécessaire."
Il a dit attendre "clarté" et "transparence" de la part du chef de l'Etat et a souhaité la constitution d'une "mission d'information au Parlement" pour que "toutes les données de cette affaire soient connues."
"Je pense qu'il ne faut pas laisser nos ressortissants, quelle que soit leur responsabilité, être l'instrument d'une pression exercée par le régime tchadien", a-t-il souligné.
Touche pas à mon ADN ! 300.000 signatures très bientôt !
Vous êtes déjà 298379 à avoir signé !
Charlie Hebdo et SOS Racisme lancent la pétition contre les tests ADN.
En instaurant des tests ADN pour prouver une filiation dans le cadre d'un regroupement familial, l'amendement Mariani, adopté par l'Assemblée Nationale, fait entrer la génétique dans l'ère d'une utilisation non plus simplement médicale et judiciaire mais dorénavant dévolue au contrôle étatique.
Cette nouvelle donne pose trois séries de problèmes fondamentaux.
Tout d'abord, des problèmes d'ordre éthique. En effet, l'utilisation de tests ADN pour savoir si un enfant peut venir ou non rejoindre un parent en France pose d'emblée cette question : depuis quand la génétique va t'elle décider de qui a le droit ou non de s'établir sur un territoire ? Au-delà, depuis quand une famille devrait-elle se définir en termes génétiques ? Sont pères ou mères les personnes qui apportent amour, soin et éducation à ceux et celles qu'ils reconnaissent comme étant leurs enfants.
Ensuite, cet amendement fait voler en éclats le consensus précieux de la loi bioéthique qui éloignait les utilisations de la génétique contraires à notre idée de la civilisation et de la liberté.
Enfin, cet amendement s'inscrit dans un contexte de suspicion généralisée et récurrente envers les étrangers qui en vient désormais à menacer le vivre ensemble. Car tout le monde s'accorde à dire que la fraude au regroupement familial ne peut être que marginale au regard des chiffres d'enfants annuellement concernés et au regard de l'absence de raison substantielle qu'il y aurait à frauder dans ce domaine. En effet, quelle étrange raison pousserait les immigrés à faire venir massivement dans notre pays des enfants qu'ils sauraient ne pas être les leurs ? Autrement dit, l'amendement instaurant les tests ADN n'a pas pour fonction de lutter contre une fraude hypothétique mais bien de participer à cette vision des immigrés que nous récusons avec force.
Nous sommes donc face à un amendement qui, sur les plans éthique, scientifique et du vivre ensemble introduit des changements profondément négatifs. C'est pourquoi, nous, signataires de cette pétition, appelons le Président de la République et le Gouvernement à retirer cette disposition, sous peine de contribuer, en introduisant l'idée que l'on pourrait apporter une réponse biologique à une question politique, à briser durablement les conditions d'un débat démocratique, serein et constructif sur les questions liées à l'immigration.
Paul Quilès est intervenu au cours du colloque organisé par le club Démocraties sur "la France et le drame rwandais" le 20 octobre 2007 au Sénat.
Voici le texte de son intervention
Le génocide perpétré au Rwanda entre avril et juillet 1994 fait partie des grandes tragédies du 20ème siècle. A nouveau, le monde a connu une tentative d’extermination d’un groupe d’hommes en raison de leur naissance. Depuis cette date, on a assisté à un flot de récits, de témoignages -dans lesquelles il est parfois difficile de discerner la vérité des faits-, d’analyses parfois contradictoires, de polémiques, souvent violentes, avec des retombées inévitables sur la scène internationale. Force est de constater que peu d’intervenants ont réussi à faire abstraction de leur subjectivité, ce qui est regrettable, mais certainement explicable en raison de l’émotion considérable suscitée par l’énormité de la tragédie.
Considérant le mouvement d’opinion qui souhaitait des investigations sur l’attitude de la France avant et durant le génocide, j’ai pris l’initiative en 1998 , en tant que Président de la Commission de la défense de l’Assemblée Nationale, de proposer que soit constituée une mission parlementaire d’information. L’objectif était de “faire la lumière sur le rôle qu’ont pu jouer les différents pays qui sont intervenus, ainsi que l’ONU, dans la crise rwandaise entre 1990 et 1994”.
Notre mission a enquêté pendant neuf mois et a rendu un rapport de 1500 pages[1]. Voici quelques éléments qui vous permettront d’apprécier le sérieux et la profondeur du travail effectué./.
Réforme des institutions : Le comité Balladur va t-il copier les africains ?
CA SE DISCUTE ! FAUT EN PARLER...
Par Stéphane Bolle (Maître de conférences HDR en droit public).
Le présidentialisme bientôt inscrit dans le marbre de la Constitution ressemble-t-il à un système existant ? Pour une vue originale sur la question, vous pouvez consulter mon blog « La Constitution en Afrique »
Le comité Balladur va t-il copier les africains ?
Il est de bon ton de railler la propension des constituants africains à dupliquer la Constitution française du 4 octobre 1958. Mais imaginer que le constituant français puisse puiser dans les constitutions africaines pour adapter une V° République épuisée, apparaît comme une vue de l’esprit. Et pourtant…
Nul n’ignore que la France s’apprête à graver dans le marbre de sa Constitution le présidentialisme, c’est-à-dire à officialiser le gouvernement présidentiel, né de conventions de la Constitution, contraires à la lettre des articles 20 et 21 de la Constitution. C’est là la mission première que Nicolas Sarkozy a confiée au comité de réflexion et de proposition sur la modernisation et le rééquilibrage des institutions de la V° République. Le comité Balladur doit précisément « examiner dans quelle mesure les articles de la Constitution qui précisent l'articulation des pouvoirs du Président de la République et du Premier ministre devraient être clarifiés pour prendre acte de l'évolution qui a fait du Président de la République le chef de l'exécutif ».
Clarification rimera donc avec présidentialisation, au risque de faire perdre au texte constitutionnel une souplesse, toujours appréciée, souvent saluée ; au risque de rendre impraticable une nouvelle cohabitation, toujours possible, nonobstant le quinquennat et l’inversion du calendrier électoral. Le chambardement annoncé ne commande-t-il pas de porter son regard « ailleurs », de mettre au jour les modèles étrangers, dont le comité Balladur pourrait s’inspirer pour constitutionnaliser le présidentialisme ?
Dans l’affirmative, la Constitution russe de 1993 (art. 80.3) et, surtout, les constitutions africaines francophones méritent une attention particulière. Contrairement à une idée reçue, les textes africains contemporains ne sont pas :
– tout du moins dans leur intégralité –
de pâles copies de la Constitution du 4 octobre 1958. Nombre de lois fondamentales organisent un régime semi-présidentiel, avec un exécutif dualiste hiérarchisé : le Président de la République y est désigné comme le chef incontesté de l’exécutif ; la subordination du Gouvernement au Président de la République est plus ou moins accusée. Le comité Balladur serait bien inspiré de consulter les différentes variantes offertes par les constitutions africaines, avant de choisir la formule la plus adaptée au présidentialisme à la française, qui ne saurait avoir pour seul horizon le quinquennat de l’élu du 6 mai 2007. Les variantes en question dessinent un président plus ou moins gouvernant, flanqué d’un premier ministre, chef d’un gouvernement plus ou moins (in)existant. A titre d’exemples, on citera quelques textes :
- Selon la Constitution de la République Démocratique du Congo du 18 février 2006, « Le Gouvernement définit, en concertation avec le Président de la République, la politique de la nation et en assume la responsabilité. - Le Gouvernement conduit la politique de la nation » (art. 91).
- Aux termes la Constitution du Burkina Faso du 11 juin 1991, « Le Président du Faso est le chef de l’Etat. – Il veille au respect de la Constitution. Il fixe les grandes orientations de la politique de l’Etat » (art. 36) ; « Le Gouvernement est un organe de l’exécutif. – Il conduit la politique de la nation » (art. 61).
- Au Gabon, la Constitution du 26 mars 1991 dispose que le Président de la République « détermine, en concertation avec le Gouvernement, la politique de la nation. Il est le détenteur suprême du pouvoir exécutif qu’il partage avec le Premier ministre » (art. 8) ; « Le Gouvernement conduit la politique de la nation, sous l’autorité du Président de la République et en concertation avec lui » (art. 28).
- Selon la Constitution de la République de Madagascar du 18 septembre 1992, révisée en 1995, 1998 et 2007, « Le Président de la République : 6° détermine et arrête, en Conseil des ministres, la politique générale de l’Etat » (art. 54) ; « Le Premier ministre, chef du Gouvernement : 1° met en œuvre la politique générale de l’Etat » (art. 64).
Les textes précités solutionnent bien les problèmes pointés dans la lettre de mission du comité Balladur. Il se pourrait donc que le comité suggère prochainement – sans le savoir ? – de dupliquer des solutions, voire des formules, très voisines de celles qui figurent dans les constitutions africaines d’aujourd’hui.
Si cette intuition devenait réalité, le constitutionnaliste devrait en tirer les leçons, prendre enfin au sérieux des régimes constitutionnels « exotiques », que la France pourrait - à tort ou à raison - copier, … à la manière de Monsieur Jourdain.
Faire en sorte que la France, et sa classe politique, prenne mieux en compte la diversité de ses composantes, et donc la représentation des minorités de couleur, est un combat partagé par tous les socialistes, comme le montre le dossier de L'hebdo . Même si elle est encore insuffisamment traduite dans la réalité, cette prise de conscience se concrétise au PS non par des nominations faire-valoir mais par des parcours que le suffrage universel, lors des élections locales, permet de conforter. Nous en donnons de multiples exemples.
Cette semaine, la lutte contre les discriminations a aussi été l'objet d'un rendez-vous manqué : après le vote de la calamiteuse loi sur l'immigration, les plus hauts représentants de l'État ne se sont pas déplacés pour l'ouverture de la Cité nationale de l'histoire de l'immigration, projet qui fut pourtant soutenu par tous les gouvernements précédents.
Enfin, le processus de rénovation du Parti est illustré dans L'hebdo par un reportage sur la mission de responsables socialistes partis échanger interrogations et réflexions avec les sociaux-démocrates allemands, ainsi que par la « lettre ouverte aux socialistes » de Yannick Jadot, porte-parole de l'Alliance pour la planète.
Laurent Fabius : L’amendement ADN doit être mis à la poubelle
Intervention de Laurent Fabius au grand rassemblement "Touche pas à mon ADN" qui s’est tenu au Zénith de Paris.
Pourquoi le recours aux tests ADN pour contrôler l’immigration régulière est-il inacceptable ? Parce qu’il est au croisement de deux thèses elles-mêmes inacceptables.
La première, c’est la "génétisation" de la société. Par un usage perverti de la science, certains voudraient, contre la tradition philosophique et juridique de notre pays, faire dépendre le destin des individus de la génétique et les sélectionner sur cette base.
On dira : pourquoi cette émotion, c’est une affaire ponctuelle, sans passé ni lendemain. L’ennui, c’est que le précédent Ministre de l’Intérieur proposait, il y a peu, de dépister les comportements pré-délinquants chez les enfants à partir de 3 ans. L’ennui, c’est qu’un candidat à l’élection présidentielle affirmait dans un entretien avec
un philosophe que la pédophilie et le suicide sont inscrits dans les gènes. Et voilà qu’on voudrait maintenant fonder le regroupement familial sur l’inné. Ce biologisme heurte le principe d’égalité. Il est aussi contradictoire avec les odes à la liberté que les partisans du test ADN entonnent volontiers.
La génétisation de la société se croise avec une seconde thèse, également inacceptable, la stigmatisation des immigrés. Quatre lois en quatre ans sur les immigrés ou plutôt contre eux. Les préfets sommés de "faire du chiffre", quitte à organiser la "chasse" aux enfants de sans papiers. Et voilà qu’on nous parle maintenant -c’est la prochaine initiative -de "quotas d’immigrés régionaux" avec débat chaque année au Parlement. La proposition d’un test ADN, c’est laisser entendre qu’un étranger serait par nature un risque et même potentiellement un délinquant. Il est temps de porter un coup d’arrêt. Sinon, l’immigration servira de plus en plus comme bouc émissaire de tous les problèmes et comme un filon pour multiplier les clins d’oeil à l’extrême droite.
Un dernier point. Je ne pense pas que ce soit le seul Monsieur Mariani, auquel on doit cette offensive anti-égalité, anti-liberté, anti-immigré. Dans notre système institutionnel, il faut savoir que les textes de loi s’ils émanent du gouvernement subissent le contrôle du Conseil d’Etat alors que les amendements d’origine parlementaire, eux, en sont dispensés. Il est donc fort possible que les tests ADN ont été proposés par un député pour éviter que le Conseil d’Etat adresse un carton rouge. Ne considérons pas non plus que l’amendement que nous combattons cesserait d’être un scandale parce qu’il serait allégé d’une partie de sa substance puisque c’est précisément pour faire scandale et flatter une certaine opinion qu’il a été proposé et accepté. Ma conclusion est simple : l’amendement ADN doit être mis à la poubelle et, avec lui, les idées qu’il porte. C’est le sens de mon engagement et, je crois, aussi du vôtre.
Mercredi, lors du débat général sur le projet de budget 2008, Laurent Fabius sera l'orateur principal du groupe socialiste. Son intervention sera diffusée en direct sur La Chaîne Parlementaire à partir de 16h.
Dimanche 14 octobre au Zénith de Paris à partir de 18 h
De plus en plus de personnalités s'associent à ce concert / meeting organisé par SOS RACISME, CHARLIE HEBDO et LIBERATION.
En effet, Isabelle Adjani, Josiane Balasko, Bénabar, Emmanuelle Béart, Carla Bruni, Stomy Bugsy, Phil Darwin, Fellag, Julie Gayet, Claude Leroy, Mélissa, Michel Piccoli, Renaud, Sanseverino, Soprano, Niels Tavernier, Les têtes raides, Tiken Jah Fakolly, Philippe Torreton, Youssoupha ont d'ores et déjà répondu présents.
Se joindront eux Clémentine Autain, François Bayrou, Laurent Fabius, René Frydman, François Goulard, Bernard-Henri Lévy, François Hollande, Axel Khan, Valérie Lang, François Léotard, Corinne Lepage, Aurélie Philipetti.
L'événement sera présenté par Serge Moati avec les organisateurs : Dominique SOPO, SOS Racisme, Philippe VAL, Charlie Hebdo, Laurent JOFFRIN, Libération.
Par pur esprit de la loi républicaine, SOS RACISME en partenariat avec CHARLIE HEBDO et LIBERATION ira jusqu'au bout pour que l'amendement Mariani ne passe pas. Nous ne faiblirons pas jusqu'à son retrait.
L'objectif de ce concert / Meeting prévu ce dimanche est de fédérer les fervents défenseurs de l'égalité républicaine qui fait la fierté de notre pays autour de l'idée d'une nation soudée par une communauté de destin et non pas par une communauté génétique.
Nous ne laisserons pas la génétique entrer dans le domaine du contrôle étatique, contraire à notre idée de la civilisation et de la liberté.
Nous ne manquerons pas non plus de rappeler qu'en plus de faire partie d'une longue série de mesures et de déclarations qui jettent une suspicion généralisée et récurrente sur les étrangers, cet amendement introduit en plus des changements profondément négatifs sur les plans éthiques, scientifiques et du vivre ensemble.
"La terre appartient à celui qui la cultive et l'enfant à celui qui l'élève" Berthold Brecht.
Pourtant si l'on en croit un sondage (encore un), les français seraient 58 % à approuver les tests ADN spécialement réservés aux immigrés voulus par la Loi Hortefeux. Bientôt l'empreinte adn pour une carte de transport, une couverture sociale, une assurance... Ca vous rappelle quelque chose ?
Les lolo's 34.
Notre pétition rassemble ce jour plus de 120 000 signatures ! C'est une démonstration incroyable de notre résistance citoyenne face à un amendement qui, sur les plans éthique, scientifique et du vivre ensemble introduit des changements profondément négatifs.
Malgré tout, le gouvernement s'entête au delà de tout bon sens. Nous pouvons gagner ce combat, mais il faut passer à la vitesse supérieur : la mobilisation.
C'est pourquoi, nous appelons l'ensemble des citoyens opposés à ce dispositif, quelque soit leur horizon politique, à nous rejoindre pour un
GRAND MEETING CONCERT CONTRE LES TESTS ADN
Dimanche 14 octobre à 18h au Zénith de Paris (Métro porte de Pantin)
(Les invitations gratuites sont retirer dans les Fnac, dans la limite des places disponibles, ainsi qu'au siège de
SOS Racisme - 51 avenue de Flandre - 75019 Paris - 01 40 35 36 55)
en présence de Josiane Balasko, François Hollande, Bertrand Delanoë, Bernard Henri Levy,
Bénabar, Kery James, Tiken Jah Fakoly, Stomy Bugsy et bien d'autres...
Nous devons tous nous mobiliser, alors diffusez cette invitation au maximum de gens. La majorité parlementaire nous dit qu'elle agit conformément à ce que pense le peuple ? Eh bien montrons ce que le peuple en pense.
"Charlie" lance une pétition contre la loi sur les tests ADN :
Ils ont déjà signé :
Isabelle Adjani, Raymond Aubrac, François Bayrou, Laurent Fabius, Dan Franck, René Frydman, François Hollande, Axel Kahn, Bernard-Henri Lévy, Pierre Mauroy, Jean Claude Mailly, Jeanne Moreau, Patrick Pelloux, Ségolène Royal, Jorge Semprun, Dominique Sopo, Francis Spizner, Bernard Thibault, Lilian Thuram, Philippe Val, Dominique de Villepin.
Karel KOSTAL : Signez l'appel contre la militarisation de l'Europe !
LA PAIX N'A PAS BESOIN DE NOUVEAUX MISSILES !
Déclaration de KAREL KOSTAL
Socialiste franco-tchèque
SIGNEZ L’APPEL CONTRE LA MILITARISATION DE L’EUROPE !
J’en appelle à la conscience de tous les citoyens de la République Française. Une situation nouvelle est en train de se créer en Europe, avec la complicité explicite ou tacite de tous les gouvernements européens. Médias et puissants se taisent. De quoi s’agit-il ?
Les faits : l’administration américaine Bush installe actuellement un système de défense antimissile dans deux Etats de l’Union Européenne : la République Tchèque et la Pologne, avec l’accord de leurs gouvernements, malgré l’hostilité massive des opinions publiques nationales. Les autres gouvernements européens laissent faire ainsi que la Commission de Bruxelles.
Nous assistons donc au début de la militarisation américaine de l’Europe.
Cette opération s’inscrit dans la réorientation de la diplomatie européenne vers une plus grande soumission aux Etats-Unis. Le dernier discours du nouveau président français sur les questions internationales manifeste très clairement l’abandon d’une diplomatie indépendante vis à vis des Etats-Unis.
L’opinion publique européenne doit réagir avant qu’il ne soit trop tard. Les citoyens français, attachés aux valeurs des droits de l’homme et du citoyen, aux principes d’une République universaliste et indépendante, ont une place essentielle à tenir dans cette réaction.
Je vous appelle à contresigner et à faire contresigner l’appel ci joint adopté par la Conférence « contre la militarisation de l’Europe », qui a rassemblé à Prague le 5 mai 2007 des personnalités et des mouvements pluralistes, issus de 10 pays de l’Union Européenne.
L’avenir de l’Europe et de la paix dans le monde est en jeu !
Cette déclaration a été adoptée par la conférence ‘Contre la militarisation de l’Europe’, qui a eu lieu à Prague le 5 mai 2OO7, et à laquelle ont participé 15O participants de 15 mouvements issus de 10 pays. Tous ceux qui se sentent concernés des conséquences du projet d’installation du bouclier antimissile US, pour la paix et la stabilité en Europe, sont invités à signer ici.
DECLARATION DE PRAGUE
Élaborée par les participants de la Conférence contre la militarisation de l’Europe.
LA PAIX N’A PAS BESOIN DE NOUVEAUX MISSILES
Nous disons non au système de défense antimissile US en Europe
Confrontés aux nouveaux plans militaires des Etats-Unis, qui sont depuis le 1O mai 2OO7 en pourparlers officiels avec les gouvernements tchèque et polonais, les signataires de cet appel déclarent :
Nous condamnons les projets de l’administration Bush d’installer le « système de défense antimissile national » des Etats Unis sur le territoire de la République Tchèque et de la Pologne. La majorité des Tchèques et Polonais, ainsi que la majorité des hommes dans les autres pays de l’Europe, refusent ces projets. Nous rejetons les arguments officiels en faveur du dispositif NMD qui ne sont pour nous que des prétextes.
Ce projet, s’il devait se réaliser, ne renforce pas la sécurité, bien au contraire, il constitue une menace et des incertitudes nouvelles.
Bien que présenté comme « défensif », ce projet permet en réalité aux Etats -Unis d’attaquer d’autres pays sans risque de riposte. Il place également les pays « hôtes » sur la ligne de front des futures guerres des USA.
Les gouvernements de la Pologne et de la République Tchèque prennent bien à la légère le risque de la nouvelle course aux armements, en même temps qu’ils mettent en péril le traité international de non prolifération des armes nucléaires et de limitation des armes conventionnelles dans le monde, notamment en Europe.
C’est du désarmement dont nous avons besoin, en effet, condition de la paix et de la sécurité du genre humain.
Confrontés à la crise écologique qui s’annonce, nous avons besoin de coopération et de confiance, non de confrontation.
Mouvement pour la paix, mouvement pour la démocratie, mouvement d’émancipation politique, mouvement d’émancipation de la femme, mouvement écologique, mouvement syndical, doivent résister ensemble aux efforts destinés à dresser les pays européens les uns contre les autres. Nous concevons notre déclaration de protestation comme partie intégrante du mouvement global contre toutes les bases militaires étrangères, contre toutes les infrastructures nécessaires aux guerres d ‘agression. Nous voulons contribuer à bâtir la paix en Europe et dans le monde, pour que les communautés des pays puissent défendre ensemble leurs droits et prendre part à leurs affaires publiques.
Ni l’Union Européenne ni les Etats membres de l’OTAN ne doivent participer à cette nouvelle aventure militaire de l’administration Bush. La paix reste notre priorité absolue.
Nous demandons ceux qui ont des responsabilités dans l’Union Européenne, en premier lieu le président Klaus et le président Kaczynski, d’entendre la volonté du peuple de l’Union Européenne. Nous exigeons qu’ils se comportent en démocrates et qu’ils organisent un referendum sur le déploiement des éléments du NMD dans leurs pays.
Nous rejetons avec fermeté la tentative de légitimer les projets des USA par des moyens détournés, par l’intermédiaire des processus de décision de l’OTAN et de l’EU. Nous nous adressons à vous, à travers l’éventail des nationalités et de toutes conditions sociales : faisons tout pour que l’Europe ne devienne le théâtre d’une nouvelle course aux armements et d’une nouvelle politique de confrontation.
Nous demandons à tous les hommes de s’adresser oralement ou par écrit à leurs représentants élus. Dites leur que nous refusons une nouvelle politique de confrontation et nous nous en souviendrons le jour où nous serons devant les urnes.
Les participants de la Conférence internationale contre la militarisation de l’Europe.
Prague, le 5 mai 2OO7
(Premiers signataires : Helena Franke, Iniciativa Ne základnám, Czech Republic, Maciej Konieczny, Stop Bazom USA / Młodzi Socjalisci, Poland, éter Petak, Civilek a Mecsekért Mozgalom CMM, Hungary, Olol Jackson, Presidio Permanente No Dal Molin, Vicenza, Italy, Tobias Pflüger, MdEP, Germany, Hans Lammerant, Bombspotting – Vredesactie, Belgium, Roland Nivet, Mouvement de la Paix, France, Kate Hudson, Campaign for Nuclear Disarmament, United Kingdom, Athanasios Pafilis, World Peace Council, Greece, Elsa Rassbach, American Voices Abroad (AVA) Military Project, USA, …. )
Signataires : •
Helena Franke, Iniciativa Ne základnám, Czech Republic
• Thomas Franke, Iniciativa Ne základnám, Czech Republic
• Erazim Kohák, čestný člen Iniciativy Ne základnám, Czech Republic
• Rudolf Převrátil, Iniciativa Ne základnám, Czech Republic
• Ivona Novomestská, Iniciativa Ne základnám, Czech Republic
• Jan Májíček, Iniciativa Ne základnám, Czech Republic
• Karel Černík, Iniciativa Ne základnám, Czech Republic
• Jaroslava Richterová, Iniciativa Ne základnám, Czech Republic
• Oskar Krejčí, politologist, Czech Republic
• Zdenka Řeháková, Czech Republic
• Dagmar Wernerová, Iniciativa Ne základnám, Czech Republic
• Stanislav Holubec PhD., SOK, Lavka.info (network for left policy in CE Europe), Czech Republic
• Maciej Konieczny, Stop Bazom USA / Młodzi Socjalisci, Poland
• Bolesław Jaszczuk, Stowarzyszenie Stop Tarczy, Poland
• Andrzej Żębrowski, Inicjatywa Stop Wojne, Poland
• Grażyna Stawowska, Inicjatywa Stop Wojne, Poland
• Piotr Kawiorski, Lavka Info (network for left policy in CE Europe), Poland
• Szymon Martys, `Anti War Coalition` Lublin, Stop Bazom USA, Poland
• Péter Petak, Civilek a Mecsekért Mozgalom CMM, Hungary
• Alex Sólyom, Civilek a Mecsekért Mozgalom CMM, Hungary
• Kata Lenard, Civilek a Mecsekért Mozgalom CMM, Hungary
• Erzsébet Nagy, Civilek a Mecsekért Mozgalom CMM, Hungary
• Angela Thiesz, Civilek a Mecsekért Mozgalom CMM, Hungary
• Krisztián Pamuki, Civilek a Mecsekért Mozgalom CMM, Hungary
• Cinzia Della Porta, Disarmiamoli!, Italy
• Olol Jackson, Presidio Permanente No Dal Molin, Vicenza, Italy
• Donato Tagliapietra, Presidio Permanente No Dal Molin, Vicenza, Italy
• Tobias Pflüger, MdEP, Germany
• Torsten Schleip, AG Flughafen Natofrei, Germany
• Margit Janiel, AG Flughafen Natofrei, Germany
• Tanja Grobitzsch, AG Flughafen Natofrei, Germany
• Susan Anger, AG Flughafen Natofrei, Germany
• Hannelore Toelke, Deutscher Friedensrat , Germany
• Nicole Noel, Ansbacher Friedensbündnis (Ansbach Peace Coalition ), Germany
• Andreas Bockl, Ansbacher Friedensbündnis (Ansbach Peace Coalition ), Germany
• Boris-André Meyerl, Ansbacher Friedensbündnis (Ansbach Peace Coalition ), Germany
• Marko Forberger, Lavka.info (network for left policy in CE Europe), Germany
• Jule Nagel, Lavka.info, (network for left policy in CE Europe), Germany
• Thomas Kachel, Lavka. info, (network for left policy in CE Europe), Germany
• Hans Lammerant, Bombspotting – Vredesactie, Belgium
• Roland Nivet, Mouvement de la Paix, France
• Yves-Jean Gallas, Mouvement de la Paix, France
• Kate Hudson, Campaign for Nuclear Disarmament, United Kingdom
• Athanasios Pafilis, World Peace Council, Greece
• Elsa Rassbach, American Voices Abroad (AVA) Military Project, USA
The declaration displayed below was adopted by the conference 'Against the militarisation of Europe' which took place in Prague at the 5th of May 2007, and was attended by over 150 participants from 15 initiatives from 10 countries. All people who share our concerns about the consequences of the planned US missile shield for peace and stability in Europe are invitied to sign here.
PRAGUE DECLARATION
Made by participants in the International Conference against the Militarization of Europe
PEACE DOESN'T NEED NEW MISSILES -
We say no to the US missile defense system in Europe
Faced with new US military plans to begin official negotiations with the Czech and Polish governments on May 10th, the signatories of this paper declare:
We voice our protest against the plans of the Bush administration to install a "national missile defense system" for the US on the territory of the Czech Republic and Poland. Most people in the Czech Republic and Poland, as well as in the rest of Europe, reject plans to host this system. We reject the official reasons given for the NMD project as mere preprague-texts.
The realisation of the US plan will not lead to enhanced security. On the contrary - it will lead to new dangers and insecurities.
Although it is described as 'defensive', in reality it will allow the United States to attack other countries without fear of retaliation. It will also put 'host' countries on the front line in future US wars.
The governments of Poland and the Czech Republic recklessly risk unleashing a new arms race, jeopardising the present framework of international agreements on nuclear non-proliferation and conventional arms control throughout the world, but especially in Europe.
What we really need is disarmament as a precondition to peace and genuine human security.
To face the impending ecological crisis we need international cooperation and trust, not confrontation.
Peace initiatives, democratic and emancipatory political forces, women's and environmentalist movements, trade unions and faith activists must come together in their resistance to this attempt to play one European country off against the other. We see our protest as part of a global movement against all foreign military bases and other infrastructure used for wars of aggression. It is a contribution to building peace in Europe and the world, and to empowering local communities to act together and protect their rights and guarantee their public role.
European Union and Nato states must not participate in this new military adventure of the Bush administration. Peace remains our foremost task.
We demand of those responsible in the European Union, especially President Klaus and President Kaczynski, to listen to the will of the people of the European Union. We demand that they act democratically and hold binding referendums on the deployment of NMD components in their countries.
We emphatically reject the attempt to legitimise the US plans through the back-door of NATO and EU decision-making. Across a wide range of nationalities and walks of life, we call on you: Together let us do everything to prevent Europe from becoming the stage for a new arms race and a new politics of confrontation.
We call on all people to take part in demonstrations and to speak with and write to their elected representatives, members of government and heads of state, to tell them that they do not want a new politics of confrontation and that this will be remembered at the polls.
The participants of the International Conference against the Militarization of Europe.
On attendait avec une impatience non dissimulée la fermeture de l’anachronique ère chiraquienne. Nicolas Sarkozy les a déjà déçus.
Rupture il y aurait ! Promettait Nicolas Sarkozy pendant la campagne présidentielle.
En mai 2006, le candidat avait donné à Cotonou quelques gages prometteurs, en s’engageant à promouvoir « la bonne gouvernance», ou encore « la démocratie [qui], ne se résume pas à des élections, à « bâtir un état de droit, où l’administration est neutre, les circuits financiers transparents, où la presse est à la fois responsable et indépendante, où l’autorité judiciaire est libre de travailler sans influence extérieure ». On ne pouvait alors que se réjouir de l’engagement du candidat à refuser « de transiger sur ses valeurs. Ces valeurs de démocratie, de respect des droits de l’homme, de bonne gouvernance (…), ces principes [qui] ne s’arrêtent pas aux portes du continent ! »
On attendait avec une impatience non dissimulée la fermeture de l’anachronique ère chiraquienne. Nicolas Sarkozy les a déjà déçus. En dehors des avancées sur l’affaire Borrel, qu’il faut saluer, la présidence Sarkozy s’est pour l’essentiel inscrite dans la « droite ligne » de la présidence Chirac, parvenant même à régresser encore sur plusieurs aspects. D’abord, les 0,7% d’aide au développement promis par la majorité UMP sortante attendront 2015, a-t-on appris. Autant dire les calendes grecques. Pendant ce temps là, l’effort français de solidarité baisse ! Et puisqu’il faut bien faire diversion, le Président Sarkozy prolonge la méthode adoptée par son prédécesseur, en privilégiant les annulations de dette à d’autres formes d’aide au développement. Par générosité ? Pas si sûr. Cette technique permet surtout à la France de déclarer à l’OCDE des chiffres d’aide au développement supérieurs à leur coût budgétaire, par des jeux d’écriture comptables contestables. C’est la politique du « Annuler plus pour afficher plus ». Evidemment, on se réjouirait de la poursuite des annulations de dette si celles-ci étaient additionnelles à une hausse de l’aide. Mais dans la mesure où celle-ci régresse, c’est bien d’un écran de fumée qu’il s’agit là. Le Gabon, pays phare de la diplomatie sarkozienne, devrait être le premier à bénéficier des largesses de l’Elysée, à des conditions qui rendront jaloux bien des pays en développement.
Bref, les réseaux chiraquiens se portent bien. Omar Bongo Ondimba, Denis Sassou Nguesso, Idriss Déby Itno restent les interlocuteurs privilégiés de l’Elysée, au grand dam de ceux qui auraient aimé voir la France intensifier ses relations avec des Etats incarnant mieux lesdites valeurs de « transparence, de démocratie et de bonne gouvernance… » Nicolas Sarkozy avait pourtant donné un bref signal de modernisation en accordant à Ellen Johnson Sirleaf l’honneur d’être le premier chef d’Etat africain reçu à l’Elysée ! Le rappel à l’ordre des habitués de la Françafrique fut rapide, et fidèlement exécuté… Instamment prié de modifier sa tournée africaine pour s’arrêter au Gabon, notre Président se plia aux injonctions du doyen des chefs d’Etats. Il nous promettait des surprises, on ne peut pas dire qu’en s’arrêtant au Sénégal et au Gabon il nous ait retournés d’étonnement.
Puis vint le discours de Dakar, qui a tant heurté en Afrique. C’est d’abord cette insistance lourde sur la nature et la souffrance de l’homme noir. Invoqué six fois. Puis ces généralités, d’abord gênantes, choquantes ensuite, sur l’homme africain. Citons Sarkozy « le drame de l’Afrique, c’est que l’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire. (…) Le paysan africain, qui depuis des millénaires, (…) ne connaît que l’éternel recommencement du temps rythmé par la répétition sans fin des mêmes gestes et des mêmes paroles. » L’homme africain pas entré dans l’histoire ? Dire cela dans les murs de l’université Cheikh Anta Diop ne manque pas de sel. Surtout dans une déclaration qui fleure bon le XIXème siècle, semblant paraphraser Hugo, Hegel, voire Jules Ferry, pour leurs écrits les moins mémorables. Dans le même ordre de généralités avilissantes, on apprend aussi que « l’homme moderne qui éprouve le besoin de se réconcilier avec la nature a beaucoup à apprendre de l’homme africain qui vit en symbiose avec la nature depuis des millénaires». Faut-il aussi en conclure que l’homme africain n’est pas moderne ? C’est bien ce que laisse entendre le discours de Dakar. Puis, c’est le summum, avec ces mots qui gravent dans le marbre l’infantilisme ou l’irrationalité supposés de l’homme africain : «L’Afrique a réveillé (…) ce besoin, ce besoin auquel je crois moi-même tant, de croire plutôt que de comprendre, ce besoin de ressentir plutôt que de raisonner ». Pauvre Afrique, terre des sentiments, à défaut de raison.
Enfin, car cela aurait manqué, il fallait un couplet sur le colonisateur, dont le président Sarkozy nous dit que certes « il a pris » mais « qu’il a aussi donné. » Ainsi, « il y avait parmi [les colonisateurs] des hommes mauvais mais il y avait aussi des hommes de bonne volonté(…). Ils se trompaient mais certains étaient sincères. » Plus loin : « La civilisation musulmane, la chrétienté, la colonisation, au-delà des crimes et des fautes qui furent commises en leur nom et qui ne sont pas excusables, ont ouvert les cœurs et les mentalités africaines à l’universel et à l’histoire. » Pauvres hommes noirs vivant avant la colonisation et l’esclavage, ignorants et refermés sur eux-mêmes…
Le plus grave, c’est que le Président Sarkozy, s’égarant dans des considérations dégradantes, esquive les sujets prioritaires. Que pense-t-il des Accords de partenariat économique, qui redéfiniront les modalités de la coopération européenne avec les pays ACP ? La situation est grave : leur négociation à marche forcée provoque déjà la colère et l’incompréhension d’une majorité de pays africains, soutenus par nombre d’organisations de la société civile du Nord comme du Sud. Un effort budgétaire sera-t-il fait pour permettre à l’aide au développement française de ne pas chuter, dans un contexte de finances publiques dégradées par le coût inconsidéré du paquet fiscal ? Que compte faire le Président de la République des bases militaires françaises en Afrique, ou encore des accords de défense et de coopération militaire ? Il est pour le moins surprenant que, traversant deux pays dans lesquels la France possède des bases, cette question n’est même été évoquée. Attend-il la prochaine crise pour se poser cette question, que l’on ne peut pourtant traiter sérieusement que par temps calme ? Faut-il vraiment axer notre politique de coopération sur la gestion des migrations, en généralisant à grande échelle des programmes qui n’ont donné jusqu’ici que de très modestes résultats ? Est-il raisonnable d’envisager d’élever encore la prime de retour, qui s’élève déjà à sept mille euros par migrant candidat, pour parvenir à se débarrasser absolument d’Africains jugés encombrants ?
En matière de politique africaine, Nicolas Sarkozy a déjà commis un grave un faux départ. Deux, et c’est l’élimination dans la course à l’influence. Les diplomaties américaine, chinoise, britannique ou indienne n’ont jamais connu de tels dérapages. Les échéances sont désormais rapprochées. Le vote du budget en dira long sur la sincérité des fragments humanistes qui subsistent dans les discours présidentiels. La négociation des Accords de partenariat économiques aussi. Les pays en développement ont besoin d’un délai, d’équilibre et de concessions. L’idée d’une ouverture commerciale asymétrique doit être défendue, alors que les quelques acquis (accords « Tous sauf les armes », AGOA américain) sont menacés par l’érosion des préférences accordées aux pays ACP. On en attend aussi davantage sur l’accompagnement des processus électoraux : la France devra faire preuve de modestie et de doigté au Togo et en Côte d’Ivoire, pays où la diplomatie chiraquienne s’est déconsidérée, mettant en danger les ressortissants français dans ces pays. Enfin, on souhaiterait que la politique française en Afrique soit plus transparente, débattue à l’Assemblée nationale, offerte aux citoyens… Est-il normal que nombre de clauses des accords de défense et de coopération militaire soient encore inaccessibles mêmes aux membres des commissions des affaires étrangères et de la défense des assemblées? Les socialistes sont prêts à participer à leur examen et plus généralement à la normalisation de la politique africaine de la France. L’Afrique ne peut plus être le seul jouet du Président et de sa cellule rapprochée. On en a déjà mesuré les conséquences avec le discours de Dakar et cette situation devient de plus en plus difficile à tolérer.
par Thomas Mélonio
Délégué national du parti socialiste pour l’Afrique
La complexité des relations franco-africaines ne cesse de donner le tournis à bon nombre d'observateurs. S'intéressant au sinueux parcours africain de l'ancien président de la République française, en l'occurence François Mitterrand, Gaspard-Hubert Lonsi Koko, à travers la vie politique de cet illustre personnage, décortique avec minutie les réseaux mis en place par Jacques Foccart et entretenus par quelques africanistes de gauche ; il nage dans les eaux troubles de la Françafrique pour mieux expliquer la puissance des lobbies qui imposent la continuité dans les rapports entre la France et l'Afrique.
À l'heure où l'actualité africaine est entre autres dominée par les conflits, l'exode de nombreux jeunes, la lente "colonisation" de ce continent par la Chine, d'aucuns ne cessent de se demander si, après François Mitterrand et Jacques Chirac, la France du XXIe siècle sera encore africaine ou ne le sera plus.
Cet ouvrage donne quelques pistes très utiles à la compréhension des futures relations franco-africaines. On y évoque également un lien de près de quarante-cinq ans entre un homme - que d’aucuns qualifient de "mythe errant" - et tout un continent, des méandres et des écueils qui ont enseveli des tas de secrets dans des marigots africains...
Titre : Mitterrand l'Africain ?
Editeur : Les Editions de l'Egrégore (http://www.editions-egregore.com)
Parution : 9 octobre 2007
Pagination : 256 pages
ISBN : 978-2-916335-03-2
Format : 14x22,5 cm
Prix : 18 euros
L'auteur :
Membre du Bureau fédéral du Parti Socialiste de Paris et président du club de réflexion Enjeux Socialistes et Républicains, Gaspard-Hubert Lonsi Koko reste fidèle à ses engagements humanistes. Après Un nouvel élan socialiste et Le demandeur d’asile, il poursuit la réflexion sur les rapports Nord-Sud avec Mitterrand l’Africain ? Site personnel :http://www.lonsi-koko.net
Miguel Angel Moratinos, Ministre espagnol des Affaires étrangères, et Micheline Calmy-Rey, Présidente de la Confédération helvétique, viennent d’annoncer, après l’échec de l’initiative médiatique et solitaire prise par le Président de la République française Nicolas Sarkozy pour Ingrid Betancourt, une intensification des contacts entre les parties colombiennes en vue de trouver un compromis permettant la libération des otages politiques et militaires détenus par les FARC.
Le Parti socialiste se félicite de la décision prise de façon concertée par deux pays reconnus comme médiateurs par le gouvernement colombien comme par les FARC. Il espère que la France, membre également de ce groupe, acceptera de soutenir une initiative, certes peu spectaculaire, mais seule de nature à faire avancer la libération d’Ingrid Betancourt.
Le principal hebdomadaire colombien, Semana, a réalisé un portrait de Mélanie Delloye Betancourt, plus de cinq ans après l’enlèvement de sa maman. IngridBetancourt-idf.com vous en restitue l’intégralité, en français.
Mélanie Delloye Betancourt, la fille d’Ingrid Betancourt, est devenue le fer-de-lance en France des campagnes pour la libération des otages. SEMANA a parlé avec elle.
Les récentes critiques de Mélanie Delloye Betancourt contre le président colombien Alvaro Uribe, ont amené plus d’une personne à froncer les sourcils et désapprouver de la tête. Beaucoup de Colombiens faisaient la même chose quand, il y a des années, sa mère abordait les sujets qui fâchent au Sénat. La fille a hérité de sa détermination comme de sa capacité à parler sans faire de mystères, pour exprimer ce qu’elle pense avec le cœur. « Une chose que ma maman nous a transmis à mon frère et moi es le sens de la lutte, mais de la lutte quand on croit réellement en quelque chose », explique Mélanie.
A 21 ans, elle a consacré tous ses efforts et ses larmes à faire connaître à l’étranger, le fléau de la prise d’otage en Colombie, à travers l’histoire et l’image de sa mère. « Cela me fait toujours mal quand je vois certains articles qui disent que nous luttons uniquement pour ma maman et pour Clara (ndlr : Rojas, collaboratrice d’Ingrid, enlevée avec elle). Et cela me fait mal parce que depuis le début, nous avons réellement tout fait pour également parler des autres et faire comprendre que ma maman est un symbole mais qu’il y a 58 otages politiques et des milliers d’autres pour des raisons économiques ». C’est pourquoi sa voix n’a pas tremblé à l’heure de dénoncer ce qu’elle considère comme un manque de volonté du gouvernement colombien quant à négocier avec les FARC pour parvenir à un accord humanitaire. Un accord humanitaire qui permettrait de libérer les otages politiques, parmi lesquels certains sont privés de liberté depuis près de neuf ans.
Quand, le 23 février 2002, Ingrid a été amenée par la force dans les profondeurs de la jungle colombienne, Mélanie avait 16 ans, l’âge auquel une jeune a le plus besoin de sa maman. Elle a aujourd’hui 21 ans et a déjà eu sa licence de philosophie à l’Université de la Sorbonne. Elle a du grandir plus vite, comme tous les enfants qui affrontent la dure réalité d’avoir un parent séquestré. A son jeune âge, elle a déjà un agenda de rendez-vous avec des chefs d’Etat, des journalistes et des hommes politiques. Mais elle a grandi face aux circonstances. Les micros ne l’intimident pas et elle est une leader naturelle qui a réussi à mobiliser des milliers de personnes en France, pour générer la prise de conscience sur la tragédie que vivent les plus de 3.200 otages de Colombie.
Le 16 mai, la famille Delloye Betancourt a eu un sursaut de joie quand elle a entendu les déclarations du policier Jhon Frank Pinchao, qui avait récemment échappé aux FARC après huit ans de captivité. Il disait avoir été dans le même campement qu’Ingrid et racontait qu’elle était vivante et en bonne santé. Il a ajouté qu’elle écrivait beaucoup, faisait de l’exercice quand elle pouvait, essayait de lui apprendre le français et avait tenté de s’échapper à cinq reprises. « Qu’il nous apporte des nouvelles de ma maman a été très fort car nous ne savions plus rien d’elle depuis quatre ans. Je crois que nous avons tous été soulagés de savoir qu’elle était bien en vie, bien que cela soit une certitude que j’ai toujours eu en moi, malgré les rumeurs », a assuré Mélanie.
Le cas de Pinchao a amené Nicolas Sarkozy à réitérer sa demande au président colombien, de soutenir une négociation avec la guérilla, tel qu’il l’avait dit dans son discours de prise de fonction. Le nouveau président français a, de plus, reçu Mélanie, son frère Lorenzo (âgé de 18 ans) et son père, Fabrice Delloye, pour une réunion privée au Palais de l’Elysée. Mais quelques heures plus tard, Alvaro Uribe ordonnait : « Messieurs les généraux, nous allons porter secours à Ingrid Betancourt, je vous en prie ». Ce n’est pas un secret et Pinchao l’a redit : un raid a feu et à sang mettrait en péril la vie des otages. « Ces déclarations m’ont honnêtement parues complètement irresponsables » a expliqué Mélanie à Semana alors qu’elle traversait la Ville Lumière pour arriver à un autre de ses rendez-vous. « Car si ce que cherche réellement Uribe, est la libération de ma maman et des autres otages politique par la voie militaire, la moindre des choses qu’il doit faire est de traiter ce dossier avec discrétion et non pas faire des annonces au monde entier. Il me semble que ses paroles ont été un coup médiatique ».
La France est sa deuxième maison, mais la Colombie continue à être sa patrie, où elle a passé la plus grande partie de sa vie. Ses parents se sont séparés quand elle avait 4 ans, mais elle assure qu’ils ont su gérer intelligemment le divorce et que jusqu’à aujourd’hui, malgré la terrible distance, ce sont de grands amis. Avec l’époux d’Ingrid, Juan Carlos Lecompte, elle maintient également une relation proche et le remercie du profond amour qu’il ressent pour sa mère. A 11 ans, elle a été obligée, pour la première fois, de quitter le pays à cause des menaces qui planaient sur elle et son frère, quand sa mère était congressiste. A 14 ans, elle est revenue et a vécu à Bogota jusqu’à ce qu’Ingrid lance sa campagne présidentielle. Depuis lors, elle n’a pas pu revenir mais elle rêve de le faire, tous les jours.
Elle se souvient aussi des conversations franches et ouvertes qu’elle avait, chaque jour, avec sa maman. « Elle est quelqu’un d’extrêmement intelligent qui sait prendre un peu de distance avec les choses pour les analyser. Sa présence était infinie et c’est pourquoi son absence l’est aussi », dit Mélanie avec nostalgie, avant d’assurer qu’elle a été la meilleure maman du monde. Elle est également très reconnaissante vis-à-vis de la relation étroite qu’elle entretient avec son frère, Lorenzo, qu’elle a pu voir grandir et devenir un homme, à la différence de sa mère.
A présent, Mélanie est une femme indépendante qui vit seule à Paris. Il n’est pas rare de la rencontrer, un jour comme un autre, marchant au bord de la Seine, sur le Champ de Mars ou la Place de la Concorde avec une photo de sa mère, grandeur réelle. Suivie par des centaines de personnes de différentes nationalités qui portent des pancartes demandant la libération des otages en Colombie. Il n’est pas rare non plus de l’écouter faire des déclarations à la radio ou au Parlement européen. Peut-être que tous ne sont pas d’accord avec sa vision du monde et son opinion politique, mais personne ne peut nier qu’elle n’a pas connu de répit dans sa lutte, que sa volonté inébranlable comme son espoir ont inspiré des milliers de personnes. Des milliers de citoyens honnêtes qui, comme elle, attendent le retour prochain des otages parmi leurs proches.
Pour une nouvelle Europe sociale : Un avenir social commun !
Ségolène Royal s'est dite "prête à prendre le risque d'un nouveau référendum sur les institutions européennes.
A l'occasion de la présentation, à Paris, d'un rapport sur l'Europe sociale de Jacques Delors, ancien président de la Commission européenne, et Poul Nyrup Rasmussen, président du Parti socialiste européen, Ségolène Royal s'est exprimée sur l'organisation d'un nouveau référendum sur les institutions européennes.
C'est une "obligation démocratique", après le rejet du traité constitutionnel par les Français en mai 2005. Ségolène Royal s'est dite "prête à prendre ce risque politique".
Elle a précisé que "ce référendum interviendra en même temps que les élections au Parlement européen, le 14 juin 2009.
C'est très court, il faudra entre-temps faire la preuve que l'Europe avance", citant comme "preuves", la création d'un salaire minimum européen, la lutte contre le chômage et les délocalisations, l'investissement dans la recherche et "la préparation de l'après pétrole".
"Il faudra mettre en place un gouvernement économique (de la zone euro ndlr) et le faire correctement fonctionner. L'objectif de ce gouvernement économique, ce ne sera pas seulement la lutte contre l'inflation comme c'est le cas aujourd'hui mais également la croissance et l'emploi.
Pour cela, je souhaite que les compétences de la banque centrale soient élargies. C'est une idée qui n'est aujourd'hui en Europe pas consensuelle.
Si l'Europe se relève et devient efficace, les Français accepteront de lui donner des institutions pour fonctionner mais pas l'inverse".
Ségolène Royal a ensuite déclaré que "si la France est bien notre patrie, l'Europe est aussi notre nouvelle frontière".
Défendre en même temps la nation et l'Europe, "non seulement ce n'est pas incompatible mais les deux sont étroitement liées".
Le Parti socialiste (PS) exprime sa très vive préoccupation pour la situation de l’ex-sénatrice colombienne Ingrid Betancourt enlevée par les FARC le 23 février 2002.
Il rappelle que l’enlèvement de personnalités politiques en Colombie par les FARC est un crime contre la démocratie et contre les droits humains. Ce crime et ses auteurs doivent être condamnés de la façon la plus ferme. Les FARC doivent libérer sans condition Ingrid Betancourt et les 57 responsables politiques et militaires qu’elles détiennent.
Il s’alarme ensuite des solutions de force privilégiées par les autorités colombiennes, qui mettent en péril la vie des otages et doivent pour cela être écartées. En aucune manière Ingrid Betancourt et les 57 otages des FARC ne doivent être utilisés pour masquer les difficultés intérieures du Président Uribe et de sa majorité, soupçonnés de complicité avec les groupes paramilitaires d’extrême droite.
Le PS appelle enfin les plus hautes autorités de la République française à la raison. Il regrette la médiatisation du Président Nicolas Sarkozy dans un dossier délicat qui doit pour avoir quelque chance de succès être traité loin des préoccupations de politique intérieure, en concertation avec l’Espagne et la Suisse, pays acceptés comme intercesseurs. Le PS rappelle à ce propos que déjà en 2003, mélangeant la politique intérieure française au dossier d’Ingrid Betancourt, le président Jacques Chirac et son ministre des Affaires étrangères avaient été à l’origine d’un fiasco diplomatique et humanitaire dommageable à la France comme à Ingrid Betancourt.
2/2 Assassinat de Francisco Puerta en Colombie
Francisco Puerta, responsable de la communauté de paix de San José de Apartado, a été assassiné le 14 mai.
Une nouvelle fois, cette municipalité qui a rejeté la violence et ses acteurs au nom de la démocratie est la cible de tueurs.
Le Parti socialiste condamne le crime. Il espère que la justice colombienne, qui a mis en examen ces dernières semaines plusieurs élus et hauts fonctionnaires compromis avec les groupes paramilitaires, saura identifier et condamner ceux qui ont tué Francisco Puerta.
Uribe ''réceptif'' à la position française sur Ingrid Betancourt
BOGOTA (Reuters) - Le président colombien Alvaro Uribe a promis samedi de tenir compte de la position française sans renoncer à la lutte contre la guérilla marxiste, après avoir suscité l'inquiétude la veille, en ordonnant à l'armée de libérer Ingrid Betancourt des mains des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc).
"Je respecte le nouveau président français, le président (Nicolas) Sarkozy, dont nous avons fait la connaissance lorsqu'il était ministre. Nous sommes respectueux et réceptifs aux propositions qu'il pourrait formuler et nous devons réitérer notre volonté d'éradiquer les terroristes", a déclaré Uribe, à l'occasion d'une visite dans le sud du pays.
Le Quai d'Orsay a rappelé vendredi soir que la France était opposée "à toute action militaire qui pourrait mettre en danger la vie des otages". Quelques heures plus tôt, Sarkozy avait reçu les proches de la Franco-colombienne pour leur exprimer sa volonté d'obtenir sa libération.
Plus que jamais, le Comité de soutien à Ingrid Betancourt est mobilisé pour parvenir à la libération rapide de l’otage franco-colombienne et des 3000 autres séquestrés. C’est pourquoi nous avons besoin de votre soutien :
Estimations à 20h00 : Un homme, une femme, une femme, un homme ?
Nicolas Sarkozy élu président de la République avec un score proche de : 53,06 %
Ségolène Royal : 46,94 %
La France a choisi : A DROITE TOUTE !
Les résultats très certainement connus dès avant 18h00 ce dimanche, les communes qui ont dans la couronne parisienne, majoritairement votées pour la candidate socialiste (60%), se sont vues envahir cet après-midi par des compagnies de CRS, par crainte d'incidents selon France Info (18h40-19h30).
Vous en aviez rêvé, la France bleue CRS est enfin là !
En ce moment dialogue entre Ségolène ROYAL et François BAYROU. Pour l'Hérault sur la FM : RMC 104.3
"L'impossible" débat entre Ségolène Royal et François Bayrou aura bien lieu ce matin à 11 h00 et sera retransmis depuis un hôtel parisien par BFMTV et RMC infos.
Ségolène ROYAL : "J'incarne une autre méthode, je fais confiance. Je n'ai aucune soif du pouvoir, mais je veux l'exercer avec une autorité juste."
Ségolène Royal invitée de "A vous de juger".
Ségolène Royal expose tous les aspects de son programme, de l'économie à la justice. Elle souligne le "clivage très profond" entre son projet et celui de son adversaire de l'UMP.
"J'incarne une autre méthode, je fais confiance. Je n'ai aucune soif du pouvoir, mais je veux l'exercer avec une autorité juste, réformer sans brutaliser, en écoutant pour agir juste et ensuite exercer une autorité juste, pas aveugle, brutale".
Evoquant les difficultés des Français, elle s'engage à "changer le désordre" vécu par "ces femmes qui partent avec 600 euros" par mois de retraite, ces chômeurs qui "font semblant de partir travailler le matin", les caissières qui toute leur vie, sont cantonnées au smic.
Ségolène Royal souhaite "des salariés bien sécurisés dans leur travail", estimant que "le fléau auquel il faut répondre, c'est les millions de salariés qui n'ont pas du tout de travail".
La candidate socialiste reproche à Nicolas Sarkozy de s'en prendre aux chômeurs de façon "malsaine".
"Je ne suis pas pour dire qu'il y a des gens qui veulent se lever tôt et d'autres qui aiment se coucher tard, je ne suis pas pour dresser les Français les uns contre les autres", dit-elle, accusant son adversaire de "draguer les voix populistes".
Interrogée sur les moyens financiers nécessaires à son programme, elle répond: "Je relance la croissance". On dope la croissance "en remettant du dialogue social dans l'entreprise", et "il est possible de concilier le respect des salariés et la performance et la compétitivité de l'entreprise".
Sur la régularisation des sans papiers, Ségolène Royal répète qu'elle se fera "au cas par cas". Mais elle assure comprendre les difficultés de certaines familles.
"Si j'étais dans un pays où il n'y a rien, je prendrais mes enfants sous le bras et je les emmènerais dans un pays où ils pourraient manger et aller à l'école".
Elle réaffirme sa volonté de doubler le budget de la justice et s'est insurgée contre le fait que les indemnisations aux victimes du procès d'Outreau "n'ont toujours pas été versées."
A propos des jeunes multi-récidivistes, que Nicolas Sarkozy veut sanctionner comme des adultes, Ségolène Royal estime qu'il faut prévenir la récidive en sanctionnant "au premier acte de délinquance".
"Il faut s'occuper des petits, ceux qui ne sont pas encore des délinquants".
La candidate renouvelle sa proposition faite à François Bayrou d'un débat vendredi devant la PQR.
Elle s'est aussi réjouie que François Bayrou ait "compris un certain nombre de choses" au cours de la campagne électorale. "Il a bougé au cours de cette campagne".
Ségolène Royal veut rassembler l'ensemble des "républicains de progrès", en prenant "les bonnes idées, d'où qu'elles viennent".
Le débat d'entre-deux tours du 2 mai avec Nicolas Sarkozy sera "une épreuve, c'est un moment difficile et je m'y prépare au mieux", reconnaît la candidate socialiste sur France-2. "C'est une étape importante" mais pas "déterminante".
"Les Français nous connaissent, nous regardent, peuvent comparer deux visions de la France, deux tempéraments, deux personnalités très différentes. C'est un élément très important pour qu'ils affinent leur jugement".
Face au "génocide abominable" au Darfour, Ségolène Royal prend fermement position : "La communauté internationale est restée trop longtemps indifférente par rapport à ce drame et aujourd'hui il faut vraiment agir et pas seulement se plaindre dans des discours", exhorte la candidate socialiste, qui réclame des "corridors humanitaires".
"On sait que la Chine est un acteur important dans cette partie du monde. Je pense qu'il faut qu'il y ait des menaces de sanctions très fermes. Ce n'est pas parce qu'il y a du pétrole dans le sous-sol qu'il faut laisser faire ce génocide abominable."
Alors qu'on lui demande si elle pourrait aller jusqu'au boycott des Jeux Olympiques de Pékin, elle répond: "je ne l'exclus pas, parce qu'à un moment, lorsqu'il y a une telle inaction, une telle inertie, il faut que tous les moyens soient utilisés pour que ça bouge."
Vahiné aux cheveux de jais, more flamboyants ondulant avec frénésie, tane aux corps sculptés, mélodies veloutées, légères ou graves soutenues par un orchestre et une chorale en parfaite harmonie sont les principaux atouts des Grands Ballets de Tahiti, Tahiti.
Mais au-delà de la beauté, la qualité de travail de cette nouvelle formation artistique repose sur la sensibilité, la force et le talent de Tumata, Teiki et Lorenzo, artistes exceptionnels dont le souhait est de représenter et préserver l'image d'une Polynésie en tant que destination aux couleurs idylliques. Une démarche contemporaine qui passe par la communication et l'utilisation d'un outil essentiel pour le secteur touristique : la promotion. Contemporain dans sa conception, le nouveau spectacle des Grands Ballets de Tahiti, Tahiti compose avec les empreintes du passé et l'émotion du présent dans un ensemble parfaitement harmonieux. Tumata, Teiki et Lorenzo savent que seuls certains spectacles peuvent brûler parfois au point qu'on ne puisse en détacher les yeux et Varua, leur nouveau spectacle est tout simplement majestueux, les chorégraphies donnant un mouvement d'ensemble inhabituel d'où se dégage une joie de danser.
Le professionnalisme des artistes et le rayonnement des danseurs assurent un engagement, une détermination et de nouvelles motivations.
C'est dores et déjà le début d'une nouvelle aventure et d'un nouvel esprit !
Découvrez des extraits du spectacle Varua des Grands Ballets de Tahiti (DVD). Nous avons sélectionnés pour vous, 12 vidéos. Voir les vidéos
A une semaine des échéances et à un moment où beaucoup d’électeurs hésitent, il est nécessaire de rappeler clairement des éléments simples.
Le Parti Socialiste est un parti de gauche. Il agit dans le cadre du rassemblement de la gauche et des Verts pour changer profondément la politique économique, sociale et européenne actuelle.
Il n’est donc pas question que le PS s’allie avec l’UDF, formation de droite dont les choix politiques sont contraires aux nôtres.
La gauche peut et doit gagner. Pour cela, elle a besoin de clarté, pas de confusion ni de vieilles lunes.
Victorin LUREL, secrétaire national à l'outre-mer au Parti socialiste, a le plaisir de rendre publique une liste de personnalités des Outre mers appelant à la victoire de Ségolène ROYAL.
La qualité de cette liste d'artistes, d'intellectuels, de sportifs, d'élus témoigne de la confiance des ultra-marins en Ségolène ROYAL, candidate d'une République métissée et fière de sa diversité.
En effet, d'Aimé CESAIRE à Marie-Claude TJIBAOU, de Jacob DESVARIEUX à Jenny ALPHA en passant par Ronald POGNON, Corinne COMAN ou Ernest PEPIN, ce sont plus de 230 personnalités issues de l'ensemble des Outre mers qui s'engagent pour Ségolène ROYAL.
Communiqué de presse de Victorin LUREL,
Secrétaire national à l'outre-mer au Parti socialiste
CESAIRE Aimé (ancien député, maire honoraire de Fort-de-France - Martinique - Président du comité de soutien de Ségolène ROYAL) ; ABDALLAH Ali (vice-président du conseil général - Mayotte) ; ABOUBACAR Ibrahim (ancien conseiller économique et social - Mayotte) ; AHAMADA Fahardine (maire de Brandraboua - Mayotte) ; AHAMADI Said (maire de Koungou - Mayotte) ; ALGER Jean-Luc (musicien - Martinique) ; ALI Ismaël (conseiller général de Mtsamboro - Mayotte) ; ALIBO Michel (musicien - Guadeloupe) ; ALI BOTO Bacar (1er vice-président du conseil général - Mayotte) ; ALPHA Jenny (comédienne - Martinique) ; ANSELME Jacques (conseiller général de Trois-Rivières - Guadeloupe) ; ANTISTE Maurice (maire, conseiller général du François - Martinique) ; ANNETTE Gilbert (premier secrétaire fédéral de la fédération socialiste - Réunion) ; AURORE Georges (président de l'association métropolitaine des élus d'outre-mer, élu à Créteil - originaire de Martinique) ; AVRIL Manuelle (conseillère régionale - Guadeloupe) ; AZEROT Nestor (conseiller général de Sainte-Marie - Martinique) ; BACAR Ibrahim (président du mouvement populaire mahorais - Mayotte) ; BAMBUCK Roger (ancien secrétaire d'Etat chargé de la jeunesse et des sports - Guadeloupe) ; BANGOU Henri (maire de Pointe-à-Pitre - Guadeloupe) ; BANGOU Jacques (vice-président du conseil général - Guadeloupe) ; BAURAS Christiane (conseillère générale du François - Martinique) ; BAPTISTE Christian (conseiller régional, conseiller général de Sainte-Anne - Guadeloupe) ; BARDAIL Jean (conseiller général de Morne-à-l'Eau - Guadeloupe) ; BARDINOT Sonia (comédienne - Réunion) ; BEAUMONT Frédéric (secrétaire de la section socialiste - Saint-Pierre-et-Miquelon) ; BEN YOUSSOUF Chihaboudine (vice-président du conseil général - Mayotte) ; BERTHELOT Chantal (première vice-présidence du conseil régional - Guyane) ; BEYRONNEAU Patrick (vice-président du CESR - Réunion) ; BIG TOM (musicien - Martinique) ; BIRK-LEVY Sabrina (membre de l'assemblée territoriale - Polynésie française) ; BIROTA Belfort (conseiller général du Robert - Martinique) ; BOPP-DUPONT Tamara (membre de l'assemblée territoriale - Polynésie française) ; BOREL-LINCERTIN Josette (première vice-présidente du conseil régional - Guadeloupe) ; BOUQUETY Joachim (maire de Grand-Rivière - Martinique) ; BOURGEOIS Nérée (maire de Vieux-Fort, conseiller régional - Guadeloupe) ; BRASSELEUR Irma (conseillère régionale - Guadeloupe); BREDENT Georges (conseiller général de Pointe-à-Pitre - Guadeloupe) ; BROTHERSON Philippe (maire de Uturoa - Polynésie française) ; BRUDEY Hilaire (conseiller régional - Guadeloupe) ; BUVAL Frédéric (conseiller général de Trinité - Martinique) ; CALIFER Elie (maire de Saint Claude - Guadeloupe) ; CARACAS Frédérick (musicien - Guadeloupe) ; CAROTINE Dominique (secrétaire général de l'association métropolitaine des élus originaires d'outre-mer, élu de Savigny le Temple en Ile de France - originaire de la Martinique) ; CAYOL Claude (conseiller général de Fort-de-France - Martinique) ; CESTOR Octave (créateur de la maison des outre-mers à Nantes, conseiller municipal de Nantes - Martinique) ; CHANTEUR Geneviève (conseillère générale de Fort-de-France - Martinique) ; CHRONE Marie-Céline (chanteuse, choriste - Martinique) ; CIBRELUS Robert (conseiller régional - Guyane) ; CLAIRY Georges (maire de Vieux-Habitants - Guadeloupe) ; CLAIREAUX Karine (maire de Saint-Pierre - Saint-Pierre-et-Miquelon) ; CLEMENTE Luc-Louison (conseiller général de Schoelcher - Martinique) ; CLEON Georges (conseiller général du Vauclin - Martinique) ; CLINTON Mike (musicien - Guadeloupe) ; COMAN Corinne (miss France 2002 - Guadeloupe) ; CONCONNE Catherine (conseillère générale de Fort-de-France - Martinique) ; COUCHY Christian (conseiller général du Moule - Guadeloupe) ; CRUSOL Jean (ancien député européen - Martinique) ; CRUSOL Louis (maire de Sainte-Luce - Martinique) ; DALIN Daniel (secrétaire général du collectif DOM - Martinique) ; DAMBREVILLE Christian (ancien maire de Saint-Louis - Réunion) ; DAOUDOU Chararani (maire de Ouangani - Mayotte) ; DAYE Michel (maire de Poum - Nouvelle-Calédonie) ; DEAU-SURIAM Danièle (conseillère régionale - Martinique) ; DELBOIS Joséline (conseillère régionale - Martinique) ; DELUGE Maxence (maire, conseiller général de Bellefontaine - Martinique) ; DESIR Harlem (député européen - Martinique) ; DESIRE Rodolphe (maire, conseiller général du Marin - Martinique) ; DESPLAN Félix (maire de Pointe-Noire - Guadeloupe) ; DESVARIEUX Jacob (musicien, groupe Kassav - Guadeloupe) ; DOMINGO Dauphin (maire d'Hitiaa O Te Ra - Polynésie française) ; DRANE Igo (conteur - Guadeloupe) ; DROLLET Jacqui (président du Ia Mana Te Nunaa - Polynésie française) ; DUPOND Jean-Pierre (maire du Gosier, vice-président du conseil régional - Guadeloupe) ; DURVEL Jocelyn (comédien, metteur en scène - Martinique) ; DUVERGER Jean-Claude (comédien, conteur - Martinique) ; EDMOND-MARIETTE Philippe (député - Martinique) ; ELATRE Albert (secrétaire général du parti progressiste et démocratique guadeloupéen - Guadeloupe) ; EUSTACHE Gilbert (conseiller général du Diamant - Martinique) ; FALEME Alex (conseiller régional - Guadeloupe) ; FELICIE-DELLAN Jean-Claude (ex-champion du monde de boxe française et kick-boxing - Guadeloupe) ; FLERIAG Patrick (conseiller général de Fort-de-France - Martinique) ; FORTUNE Mécène (chef d'orchestre - Guyane) ; FOTSE-NJOMGANG Paul (conseiller régional - Réunion) ; FOY Ary (conseiller général de Saint-Claude - Guadeloupe) ; FRANCOIS-DORLEANS Christiane (conseillère régionale - Martinique) ; FRUTEAU Jean-Claude (député européen - Réunion) ; GALANTINE Louis (conseiller régional - Guadeloupe) ; GAMALEYA Cléclie (écrivaine, co-fondatrice du mouvement des femmes - Réunion) ; GAULIRIS Thierry (musicien, leader du groupe BASTER - Réunion) ; GIBON Marie-José (musicienne - Guadeloupe/Martinique) ; GILLOT Jacques (sénateur, président du conseil général - Guadeloupe) ; de GRANDMAISON Madeleine (conseillère régionale - Martinique) ;GUILLARD Reynols (élu de Dourdan en Ile de France - originaire de la Réunion) ; GUIZONNE-LACREOLE Germaine (conseillère régionale, conseillère générale du Moule - Guadeloupe) ; GUSTAVE René (conseiller régional - Guyane) ; HAJJAR Johnny (conseiller général de Fort-de-France - Martinique) ; HALIFA Ali (conseiller général de Chirongui - Mayotte) ; HAMADA Ali Hadhuri (maire de Boueni - Mayotte) ; HAMADA Ambdi (maire de Dembeni - Mayotte) ; HANDERSON Georges (président du Here Ai'a - Polynésie française) ; HERMIN Georges (conseiller général de Morne-à-l'Eau - Guadeloupe) ; HMEUN Gaston (syndicaliste, ancien membre du CES - Nouvelle-Calédonie) ; HNEPEUNE Neko (président de la province des Iles - Nouvelle-Calédonie) ; HONORE Daniel (écrivain - Réunion) ; HORY Jean-François (ancien député - Mayotte) ; JALTON Eric (député, conseiller général des Abymes - Guadeloupe) ; JALTON Jocelyn (Guadeloupe) ; JAVELLE Blance-Reine (conseillère régionale - Réunion) ; JEAN-CHARLES Christian (conseiller régional - Guadeloupe) ; JEAN-ELIE Barbara (journaliste - Martinique) ; JEAN-MARIE Alain (musicien - Guadeloupe) ; JEANNE-MERI Roberte (vice-présidente du conseil régional, conseillère générale du Gosier - Guadeloupe) ; JEANNE-ROSE Athanase (maire de Saint-Joseph - Martinique), JOSEPH Yves-André (conseiller général de Fort-de-France - Martinique) ; KACY-BAMBUCK Fély (vice-présidente du conseil régional - Guadeloupe) ; KAHIA Joseph (maire de Ua Pou - Polynésie française) ; KARAM Antoine (conseiller général de Cayenne, président du conseil régional de Guyane - Guyane) ; KATOA Alesio (conseiller territorial - Wallis et Futuna) ; KAUTAI Benoît (maire de Nuku Hiva - Polynésie française) ; de KERMADEC Keen (comédienne - Guadeloupe) ; LACAVE Alain (conseiller général de Capesterre-Belle-Eau - Guadeloupe) ; LANDE Jean-Paul (président de l'association polynésienne socialiste) ; LARCHER Eugène (maire, conseiller général des Anses d'Arlet - Martinique) ; LARCHER Serge (sénateur, maire du Diamant - Martinique) ; LAUHEA Siliako (président de l'union pour Wallis-et-Futuna) ; LAVENAIRE Ange (maire, conseiller général du Marigot - Martinique) ; LEBRETON Patrick (maire de Saint-Joseph, conseiller général - la Réunion) ; LECONSTANT Philippe (conseiller général de Sainte-Anne - Réunion) ; LESDEMA-TUNORFE Claire (conseillère générale du Lamentin - Martinique) ; LETCHIMY Serge (maire de Fort-de-France - Martinique); LE TOULLEC Maryvonne (conseillère régionale - Réunion) ; LICHTLE Léon (maire de Ua Huka - Polynésie française) ; LIKUVALU Apoleto (conseiller territorial - Wallis et Futuna) ; LISE Claude (sénateur, président du conseil général - Martinique) ; LOBEAU Jacqueline (conseillère régionale - Guadeloupe) ; LOBEAU Joël (président de la chambre de métiers et de l'artisanat - Guadeloupe) ; LORDINOT Fred (conseiller général de Sainte-Marie - Martinique) ; LOUISY Ferdy (conseiller général de Goyave - Guadeloupe) ; LOUVIERS Angèle (avocate au barreau de Paris, présidente de désirs d'avenir mosaïque - Guadeloupe) ; LUAKI Filipo (conseiller territorial - Wallis-et-Futuna) ; LUREL Victorin (député, président du conseil régional - Guadeloupe) ; MAILLOT Gérald (conseiller général de Sainte-Clotilde - Réunion) ; MALO Jean-Claude (vice-président du conseil régional - Guadeloupe) ; MANIN Josette (conseillère générale du Lamentin - Martinique) ; MANSCOUR Louis-Joseph (député, maire de la Trinité - Martinique) ; MARC Jeanny (maire de Deshaies, 1ère vice-présidente du conseil général - Guadeloupe) ; MARCEL Rodrigue (chanteur - Martinique) ; MARIANNE-PEPIN Thérèse (vice-présidente du conseil régional - Guadeloupe) ; MARTIAL Jean-Michel (comédien - Guadeloupe) ; MARTINE Raphaël (maire, conseiller général de Saint-Pierre - Martinique) ; MELISSE-MIROITE Marlène (vice-présidente du conseil régional - Guadeloupe) ; MENCE Charles-André (maire, conseiller général de Ducos - Martinique) ; MERCIER Donald (conseiller territorial - Wallis et Futuna) ; MEVALET-TAUPE Bernadette (conseillère régionale - Guadeloupe) ; MIRRE Jocelyn (conseiller régional - Guadeloupe) ; MICHELY Fabert (conseiller général des Abymes - Guadeloupe ) ; MIRACULEUX-BOURGEOIS Marlène (maire de Capesterre-de-Marie-Galante, vice-présidente du conseil général - Guadeloupe) ; MONPIERRE Mariette (réalisatrice - Guadeloupe) ; MONTHIEUX Alfred (maire, conseiller général du Robert - Martinique) ; MOURIESSE Alexandre (maire du Carbet - Martinique) ; MOUTOUSSAMY Ernest (maire de Saint-François, vice-président du conseil régional - Guadeloupe) ; MUSSINGTON Louis (conseiller régional - Guadeloupe) ; NAU Vetelino (conseiller territorial - Wallis et Futuna) ; NABAJOTH Alix (conseiller régional - Guadeloupe) ; NAISSELINE Nidoish (président du LKS - Nouvelle-Calédonie) ; NAOUNA Pascal (président de l'union calédonienne - Nouvelle-Calédonie) ; NAPRIX Paul (conseiller régional, conseiller général des Abymes - Guadeloupe) ; NEAOUTYNE Paul (président de la province Nord - Nouvelle-Calédonie) ; NEGRAU Leïla (musicienne - Réunion) ; NERIN Paul (conseiller régional - Guyane) ; NESTORET Maggy (ancienne championne du monde d'athlétisme - Martinique) ; NOEL René (maire, conseiller général de la Désirade - Guadeloupe) ; OCCOLIER Raymond (maire du Vauclin, conseiller régional - Martinique) ; ORPHE Monique (conseillère régionale - Réunion) ; OTTO Jules (1er secrétaire fédéral du parti socialiste - Guadeloupe) ; PAMPHILE Justin (conseiller général du Lorrain - Martinique) ; PAU-LANGEVIN George (candidate aux élections législatives dans la 21ème circonscription de Paris - Guadeloupe) ; PEDRO - LEAL Odile (metteur en scène - Guyane) ; PENNON Claudine (musicienne - Martinique) ; PENTOSCROPE José (président de la fédération des associations et organisations d'intérêt pour originaires des Antilles-Guyane - Guadeloupe) ; PEPIN Ernest (écrivain - Guadeloupe) ; PEU Titaua (écrivain - Polynésie française) ; PIERRE FANFAN José (footbaleur - Martinique) ; POGNON Ronald (athlète - Martinique) ; PONCHATEAU-THEOBALD Marie-Yveline (conseillère régionale, vice-présidente du conseil général, Baillif - Guadeloupe) ; PRINCE Odile (conseillère régionale - Guyane) ; RANGASSAMY Mauricia (conseillère régionale - Guadeloupe) ; RENE-CORAIL Arnaud (maire, conseiller général des Trois-Ilets - Martinique) ; RIANI Richard (artiste peintre - Réunion) ; RICHARD Firmine (comédienne - Guadeloupe) ; ROBIN Daniel (conseiller régional - Martinique) ; SAINT-PRIX Dédé (musicien - Martinique) ; SAKO Aloisio (président du rassemblement démocratique océanien - Nouvelle-Calédonie) ; SALZEDO Willy (musicien - Guadeloupe) ; SAMOT Pierre (maire du Lamentin, conseiller régional - Martinique) ; SIGISCAR Marcel (conseiller général de Pointe-à-Pitre - Guadeloupe) ; SINOSA Alfred (conseiller général du Lamentin - Martinique) ; SOUPRAMANIEN Christine (vice-présidente du conseil régional - Réunion) ; STANISLAS Jean-Luc (réalisateur - Guadeloupe) ; STEPHENSON Elie (écrivain - Guyane) ; SUEDILE Pierre (conseiller général de Fort-de-France - Martinique) ; TAGAME Topie (conseiller territorial - Wallis-et-Futuna) ; TAHIATA Chantal (maire de Tubuai - Polynésie française), TAMAYA Michel (conseiller régional - Réunion) ; TAMON Aline (conseillère régionale - Réunion) ; TARER Christian (élu de Montgeron en Ile de France - originaire de Martinique) ; TAUBIRA Christiane (députée - Guyane) ; TELEGONE Alain (conseiller général de Saint-Joseph - Réunion) ; TEMARU Oscar (président du Tavini - Polynésie française) ; TEURA Justine (maire de Tumaraa - Polynésie française) ; THAMAR Ralph (chanteur - Martinique) ; THEODORE-OPHELTES Gina (vice-présidente du conseil régional - Guadeloupe) ; THEOPHILE Dominique (conseiller général des Abymes, président de Guadeloupe unie, socialisme et réalité - Guadeloupe) ; TIALEGATI Atélémo (conseiller territorial - Wallis et Futuna) ; TIOUKA Félix (président d'honneur de la fédération des organisations amérindiennes de Guyane - Guyane) ; TIROLIEN Patrice (maire de Grand-Bourg-de-Marie-Galante, vice-président du conseil régional - Guadeloupe) ; TJIBAOU Marie-Claude (présidente du centre culturel Tjibaou - Nouvelle-Calédonie) ; TREBEAU Suzy (musicienne - Martinique) ; TUAHU Ismaël (maire de Tahaa - Polynésie française) ; TULLE Ronald (musicien - Martinique) ; TUTUGORO Victor (coordinateur de l'union progressiste mélanésienne - Nouvelle-Calédonie) ; VAMUR Claude (musicien - Martinique) ; VELAYOUDON Marie-Marthe (conseillère régionale - Martinique) ; VERGOZ Michel (conseiller régional - Réunion) ; VILLIERME Marie-Hélène (photographe d'art - Polynésie française) ; VIRGAL Eric (musicien - Martinique) ; VLODY Jean-Jacques (conseiller général du Tampon - Réunion) ; YA-LE VESSIER Tchia (conseillère régionale - Guyane) ; WASHETINE Charles (membre du gouvernement de Nouvelle-Calédonie).
"Nicolas Sarkozy n'a pas l'aversion viscérale que Jacque Chirac prétendait avoir pour moi"
(Le Pen, 11.04.07)
• Dans une première phase de la campagne, Le Pen a tenté de « recentrer » son image :
il s’est affirmé de « centre droit » et a mis en avant sa fille Marine Le Pen, censée incarner la « modernité » du Front National. Cette stratégie visait à gommer les outrances pour gagner de nouveaux électeurs.
• Mais, inquiet de la concurrence électorale que lui livre Sarkozy sur ses thèmes, Le Pen est revenu à ses fondamentaux en multipliant de nouveau les outrances et les provocations vis à vis par exemple des homosexuels ou des immigrés.
• Même s’il a essayé de se faire décerner un brevet de « respectabilité» démocratique à travers l’affaire des signatures, il reste donc clairement ce leader d’extrême droite, ultra nationaliste, populiste, négationniste et xénophobe, qui cherche à exploiter démagogiquement les peurs et les désarrois des couches populaires.
• Son discours reste marqué par ses obsessions habituelles : la défense des valeurs morales traditionnelles et la stigmatisation de la « décadence » soixante-huitarde, responsable de la « décomposition intellectuelle et morale de l’école », le rejet de «l’Europe de Bruxelles », le retour au protectionnisme économique, et, bien sûr, la dénonciation de l’immigration qui reste le leitmotiv obsessionnel et central du FN.
II) La préférence nationale est une escroquerie
• Dans le discours sur l’immigration et les immigrés, une légère inflexion tactique a été apportée :
– La présence remarquée d’une jeune fille d’origine maghrébine sur l’affiche de campagne, le soutien de Dieudonné, la présence de personnes d’origine étrangère dans les équipes constituent des clins d’?il symboliques à destination de certaines franges de l’électorat (y compris un électorat lui-même issu de l’immigration) que le racisme de Le Pen a jusqu’ici empêché de basculer en sa faveur. De même, le discours officiel se recentre sur la dénonciation de l’immigration clandestine (au nom même du malheureux immigré) et reconnaît au contraire comme français, et donc désormais comme objet potentiel de la « préférence nationale », les français issus de l’immigration.
– Mais, en réalité, Le Pen fait le pari que ces distinguo, destinés à élargir sa base électorale, ne lui vaudront aucune défection dans les fractions solides de son électorat qui ne font aucune distinction entre l’immigré avec une carte d’identité française et l’immigré en situation irrégulière. Du reste, lorsque le débat vient sur la question des discriminations à l’embauche subies par les jeunes français issus de l’immigration, Marine Le Pen (émission
d’Arlette Chabot) fait voler en éclat cette distinction en déplorant que ceux-ci ne soient pas plus « francisés », notamment dans leurs prénoms.
– En vérité, Le Pen continue de jouer sur le fantasme d’une invasion ou d’une « colonisation à l’envers » de la France par les étrangers. Il entretient l’idée que ces derniers capteraient les emplois, les logements sociaux, et les aides sociales au détriment des « français ».
– Tout ceci est évidemment faux. Même s’il faut résoudre le problème du travail clandestin et repréciser certaines règles, il n’y a pas d’immigration massive, a fortiori « d’invasion » de la France.
– Les immigrés ne prennent pas les emplois des français, leur taux de chômage est deux fois plus élevés que la moyenne et ils occupent souvent des emplois dans des secteurs en pénurie de candidats. Il y a en outre une hypocrisie majeure dans le slogan de la préférence nationale : celle-ci est censée s’appliquer à tous les français. Mais en réalité, en dénonçant l’attribution aux immigrés des aides sociales, Le Pen vise essentiellement les français issus de l’immigration qu’il veut opposer aux « français de souche ».
– Le Pen veut exploiter le mécontentement des plus pauvres en leur faisant croire que les personnes issues de l’immigration sont responsables de leurs difficultés. Il transforme la question sociale en une question raciale et élude les vrais problèmes : la lutte contre le chômage et la précarité, la répartition des richesses entre le capital et le travail, le pouvoir d’achat, la redistribution sociale,...
III) Le Pen n’est pas le candidat des « petits » et des « sans grades ».
• Depuis le 21 avril 2002, Le Pen essaie de se présenter comme le candidat du monde du travail et des plus modestes. Il a repris ce refrain lors de son récent discours à Lille, avec des envolées prétendument anti capitalistes.
• Mais en réalité, le programme économique et social concret du FN est profondément libéral : démantèlement de l’Etat, baisse de l’impôt sur le revenu et sur les successions,…
• Au service des plus riches dans les faits, le FN ne fait aucune proposition sur des mesures réelles en faveur des plus pauvres. Au-delà de ses gesticulations nationalistes et anti européennes, Le Pen ne propose aucune solution concrète et réaliste pour résoudre les grands problèmes du pays.
• Certes, les électeurs qui votent Le Pen veulent d’abord protester contre les partis de gouvernement qui n’ont pas toujours su résoudre leurs problèmes. Mais le vote Le Pen n’améliorera pas leur situation. La réponse aujourd’hui réside dans les solutions nouvelles et réalistes que Ségolène Royal, qui a écouté et pris en compte dans son programme les messages délivrés par les français, proposent de mettre en oeuvre si elle est élue.
La meilleure réponse au Front National, la réalisation du Pacte Présidentiel
A dix jours du premier tour de l'élection présidentielle, nous vous sollicitons afin que vous participiez à nos sondages électoraux.
Vous avez choisi votre candidat pour le premier tour de l'élection présidentielle? D'un clic, dites pour qui vous allez voter.
Nous vous proposons également six hypothèses de second tour, en fonction des sondages actuels. Comme vous le savez, quatre candidats y obtiennent des scores très supérieurs à ceux des huit autres candidats. C'est uniquement par rapport à cela que nous proposons ces sondages de second tour.
Rencontres culturelles à Nantes avec Ségolène Royal
Ségolène Royal organisait des rencontres culturelles ce 26 mars au Lieu Unique, ancienne biscuiterie nantaise reconvertie en centre culturel. À la suite des témoignages d’artistes, comédiens, écrivains et représentants du monde de la culture, la candidate a dit vouloir retrouver le souffle du 10 mai 1981 et a rappelé que la culture se trouve au coeur du Pacte présidentiel. Elle a notamment plaidé pour le renforcement de l’éducation artistique à l’école et rendu hommage au rôle des intermittents.
Retrouvez les réactions de Jean-Marc Ayrault, Jean Blaise, Najat Balkacem, Fabrice Bousteau, Catherine Corsini, Catherine Trautman, Catherine Tasca, Vincent Peillon, Aurélie Filippetti, Erik Orsenna et Daniel Mesguich à l’issue de ces rencontres.
Chat-vidéo avec Ségolène Royal aujourd'hui à 15 heures
Ségolène Royal a décidé de parler directement aux Français qui la soutiennent comme aux indécis qui n'ont pas encore fait leur choix : elle participera à un chat-vidéo en direct du vieux Port de Marseille ce jeudi 22 à partir de 15 heures.
Machos : Osez la femme, osez Ségo ! Car le 6 mai avec Sarko vous s'rez nigauds...
Qui sont les femmes qui gouvernent dans le Monde ? Douze femmes sont actuellement chefs d'Etats ou de gouvernement. Découvrez-les avec notre infographie animée. Fabrice AUBERT et Raphaël BOUSQUET-
Simone Veil critique le projet Sarkozy sur l'immigration
PARIS (AFP) - Simone Veil, qui a exprimé son soutien à Nicolas Sarkozy, critique le projet du candidat de l'UMP de créer un ministère de l'immigration et de l'identité nationale, dans une interview à l'hebdomadaire Marianne à paraître cette semaine.
"Je n'ai pas du tout aimé cette formule très ambiguë. J'aurais préféré parler d'un ministère de l'immigration et de l'intégration", explique Mme Veil à propos de ce projet très controversé, selon le texte diffusé par Marianne par courrier électronique.
Comme on lui demande si elle a fait part de son désaccord à M. Sarkozy, Mme Veil répond: "Il est très difficile à joindre en ce moment. Mais je compte bien lui en parler. Je lui ai toujours dit ce que j'en pensais".
"Nicolas Sarkozy, pour moi, est le plus qualifié pour devenir président de la République, même si je ne suis pas toujours d'accord avec certaines de ses positions ou de ses attitudes", ajoute Mme Veil.
"On doit prendre position, on ne peut pas se défausser", affirme-t-elle.
M. Sarkozy, interrogé sur cette réaction de Mme Veil vendredi en marge d'un déplacement, a estimé que "chacun avait le droit d'avoir sa propre opinion".
Mme Veil déclare en outre concernant la candidate socialiste: "Je ne suis pas socialiste (...) mais j'admire la force et le courage de Ségolène Royal de s'être engagée dans ce combat".
En revanche, Mme Veil réitère ses critiques contre François Bayrou, candidat UDF, affirmant qu'"il n'a pas la carrure d'un président". "Aujourd'hui, ses propositions me paraissent très peu démocratiques", précise-t-elle.
Lucie Aubrac, grande figure de la Résistance nous quitte à l'âge de 94 ans.
Lucie Aubrac, héroïne de la résistance et femme moderne de l'après guerre photo Manuel Meszarovits
Une authenthique héroïne vient de s'en aller. Sans jamais renoncer au combat pour la liberté, la paix, et pour la dignité dûe à chaque homme, elle s'était récemment encore engagée aux côtés du réseau éducation sans frontières pour défendre les droits des enfants scolarisés sans papiers que Nicolas Sarkozy continue d'expulser.
De très nombreux hommages devraient se succéder dans les prochaines heures et prochains jours. Un hommage national à la hauteur de son immense courage qui aida activement à la libération de notre pays est attendu.
"Madame conscience" partez en paix, nous résistons !
Réécouter l'engagement de Lucie Aubrac en faveur des enfants scolarisés sans papiers, le 2 juillet 2006 (France Inter) :
Je salue avec émotion et reconnaissance la mémoire et la vie de Lucie AUBRAC.
Depuis plus d’un demi-siècle, elle symbolisait, avec tant d’autres et d’abord avec Raymond AUBRAC son mari, le courage, l’amour de la liberté et la passion de la France qui animaient la résistance à l’occupant nazi.
Professeur et historienne, elle avait inlassablement consacré son énergie à la transmission de ces valeurs aux jeunes générations.
Oui, le message et le visage de Lucie AUBRAC resteront vivants.
Ce que les Français en retiendront, "je n'en sais rien", reconnaît le président à Pierre Péan, auteur d'un "Inconnu de l'Elysée" sorti mi-février.
"Ce que je souhaiterais qu'ils retiennent, c'est que, contrairement aux apparences qu'elle donne à certains moments et pour certains aspects de son histoire, la France est un pays - s'efforce d'être un pays - de tolérance", confie le chef de l'Etat.
Sous sa houlette, le service militaire obligatoire disparaît début 1997 et le quinquennat est institué en 2000. C'est aussi sous son autorité que sont votées les lois réformant les régimes de retraite et l'assurance-maladie, puis l'interdiction à l'école des signes ostensibles d'appartenance à une religion.
Sa présidence consacre également l'interdiction de la cigarette dans les lieux publics, instituée le 1er février dernier. Son deuxième mandat avait été placé sous le signe de "grands chantiers" comme la lutte contre le cancer, l'aide aux handicapés et la sécurité routière.
Mais c'est dans le domaine économique et social que les fruits peinent à être récoltés, les économistes évoquant au mieux un "bilan contrasté" des années Chirac.
Elu en 1995 sur le thème de la "fracture sociale", Jacques Chirac est reconduit à la tête de l'Etat sept ans plus tard après l'élimination surprise de son adversaire de gauche, Lionel Jospin, au profit de celui du Front national, Jean-Marie Le Pen, au terme d'une campagne dominée par les questions de sécurité.
Réélu avec plus de 82% des voix, il assiste impuissant à la remontée du chômage en 2002 et 2003 et tente de contrer la montée du communautarisme. Combinés, les deux facteurs débouchent sur les violences de l'automne 2005 dans les quartiers difficiles.
Douze années après son accession à la magistrature suprême, on compte toujours plus de deux millions de sans-emploi en France et la baisse amorcée en 2004 s'accompagne d'une hausse du nombre de RMIstes.
Alors qu'il prônait la "remise en ordre des finances publiques" - "un point obligé" - la dette française est passée de 496 milliards d'euros en 1995 à plus de 1.100 milliards.
Il avait fait de la baisse de 30% de l'impôt sur le revenu l'une de ses principales promesses de campagne en 2002. Selon le ministre du Budget Jean-François Copé, les impôts auront finalement baissé d'environ 20% en moyenne entre 2002 et 2007.
FRANCOPHONIE ET ECOLOGIE
Au chapitre international, les choses avaient mal commencé pour Jacques Chirac.
Un mois après son élection, il se met le monde à dos en décidant la reprise des essais nucléaires dans le Pacifique, en pleine commémoration du cinquantenaire d'Hiroshima. Il y mettra un point final en janvier suivant.
Le chef de l'Etat endosse par la suite tous les atours du militant écologiste, sa croisade culminant en septembre 2002 avec son appel de Johannesbourg. "Notre maison brûle et nous regardons ailleurs", avait-il tancé ses homologues.
Il n'a de cesse de mettre en garde une humanité qui "danse sur un volcan", fustigeant les pays n'ayant pas signé le protocole de Kyoto, militant pour la création d'une Organisation des Nations unies pour l'Environnement et prônant le développement du Sud.
Défenseur de la francophonie, avocat de l'Afrique - où il s'est rendu quasiment chaque année -, Jacques Chirac s'est aussi posé en chantre du multilatéralisme, tenant tête à des Américains qui l'agacent "à toujours vouloir imposer leur point de vue", avoue-t-il à Pierre Péan.
En septembre 2001, il est le premier chef d'Etat étranger à se rendre aux Etats-Unis après les attentats de New York et Washington. Dix-huit mois plus tard, contre l'avis de nombreux partenaires européens, il prend la tête des opposants à l'intervention américaine en Irak, ce qui s'avérera l'une de ses décisions les plus visionnaires.
"J'ai répété 36 fois à (George) Bush qu'il commettait une erreur monumentale", dit-il à propos du chef de la Maison blanche, aujourd'hui contraint de faire machine arrière dans un conflit qui a coûté la vie à plus de 3.000 Américains.
"MOUTON NOIR"
Mais pour ses détracteurs, le deuxième mandat de Jacques Chirac a pris fin le 29 mai 2005, jour du référendum sur la Constitution européenne en France.
Si elle dit "non", la France sera le "mouton noir" de l'Europe, avait prévenu le président lors d'une émission télévisée quelques semaines avant une consultation qu'il avait lui-même voulue. Le traité constitutionnel, fruit de longues années de négociations à 25, est pourtant repoussé par plus de 54% des Français, plongeant l'Europe dans un marasme dont elle tarde à sortir.
Vendredi à Bruxelles, lors de son probable dernier Conseil européen, il a esquissé un mea culpa. "Je suis désolé de, peut-être, ne pas avoir fait tout ce qu'il aurait fallu pour éviter ce qui a été une mauvaise chose pour l'Europe et pour la France", a-t-il déclaré devant la presse.
L'échec du référendum européen traduit un manque d'intuition de l'Elysée à l'égard de l'opinion française et en rappelle un autre: celui de la dissolution de 1997.
Conseillé par Dominique de Villepin, Jacques Chirac décide d'organiser de nouvelles législatives afin d'obtenir une majorité plus solide. Mauvais calcul: la "gauche plurielle" l'emporte, marquant le début de cinq ans de cohabitation avec Lionel Jospin.
Dernier président à avoir fait l'expérience de la guerre, révulsé par l'antisémitisme - "C'est physique", dit-il -, Jacques Chirac multiplie les gestes symboliques pour réconcilier les Français avec les pans sombres de leur histoire.
En juillet 1995 - il est à l'Elysée depuis deux mois - il est le premier chef d'Etat à dénoncer le rôle de Vichy dans la déportation des juifs pendant la Deuxième Guerre mondiale. "Ce qui s'est passé avec les juifs pendant la guerre est impardonnable, et il y a un moment où il faut le dire", explique-t-il simplement à Pierre Péan.
En janvier dernier, il préside à l'entrée des Justes au Panthéon, ces Français qui sauvèrent les juifs d'une mort quasi-certaine en déportation.
Pudique et secret sur sa vie privée, Jacques Chirac lève un coin de voile au cours de son second mandat en faisant partager son amour de l'art. Une passion qui se traduira par la construction du musée des Arts premiers du quai Branly, vaste paquebot coloré signé Jean Nouvel surnommé dès sa naissance, en juin 2006, "musée Chirac".
Ministère de "l'immigration et de l'identité nationale": tollé contre Sarkozy
PARIS (AFP) - Nicolas Sarkozy, en prônant la création d'un "ministère de l'immigration et de l'identité nationale", s'est attiré les vives critiques de ses adversaires politiques et des associations qui y ont vu un appel du pied à l'électorat FN, à six semaines du premier tour.
"Je veux un ministère de l'immigration et de l'identité nationale", a annoncé jeudi soir le candidat UMP lors de l'émission "A vous de juger" sur France 2.
La proposition a été dénoncée dès jeudi soir par le PS, pour qui le ministre de l'Intérieur "laisse entendre que l'immigration est une menace potentielle pour la culture française". Le PS a demandé vendredi à M. Sarkozy de "revenir sur cette proposition" et "reconnaître son dérapage".
Le numéro un PS François Hollande a enfoncé le clou: "Je crains vraiment que dans cette campagne Nicolas Sarkozy soit dans un flirt poussé avec les thèses du Front national".
Le candidat UDF, François Bayrou, a renchéri, estimant "qu'en enfermant dans la même phrase immigration et identité nationale", Nicolas Sarkozy a franchi "une frontière". En meeting à Perpignan vendredi soir, M. Bayrou a jugé que "l'identité nationale de la France, elle a un nom, c'est la République".
"On ne mélange pas dans le même ministère immigration et identité nationale. D'abord on ne fait pas un ministère de l'identité nationale. On ne fait pas un ministère de la France", a-t-il dit.
"Les masques tombent: Nicolas Sarkozy est dangereux pour la démocratie et pour les valeurs de la République", a estimé la candidate PCF Marie-George Buffet, pour qui "accoler immigration et identité nationale renvoie aux épisodes les plus sombres de notre histoire".
Face à ces critiques, la porte-parole du candidat UMP, Rachida Dati, a fait valoir que "il n'y a rien de choquant, ni aucune connotation à immigration et à identité nationale".
Vendredi, le candidat de l'UMP s'est lui-même défendu devant la presse contre ces "mauvaises polémiques" car l'identité française, ce n'est pas un gros mot".
"L'Histoire de France, la fierté d'être Français, l'identité française sont au coeur de la campagne électorale", a-t-il ensuite affirmé lors d'une réunion publique à Caen.
L'idée de ce nouveau ministère a été approuvée par Jean-Marie Le Pen qui voit là "une petite opération de racolage sur les terres du FN".
Elle a en revanche suscité l'indignation d'associations. La Ligue des droits de l'homme s'est déclarée "scandalisée" par cette proposition, qui "constitue un appel de pied supplémentaire à l'extrême droite".
SOS Racisme a regretté que "l'immigration serve à nouveau de lamentable épouvantail aux échecs et aux failles du passé" et affirmé que les candidats à la magistrature suprême "ne doivent pas divertir les citoyens en flattant les plus bas instincts d'une partie d'entre eux".
Dans la même veine, le Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (Mrap) affirme que Nicolas Sarkozy "n'a pas utilisé ces termes par hasard" et qu'en associant ces termes, "il libère la parole et l'idéologie raciste, il menace gravement la cohésion nationale".
"Visiblement, Nicolas Sarkozy entreprend la danse du ventre devant l'électorat de Le Pen", ironise le Réseau éducation sans frontières, voyant comme "ministre de l'Identité nationale" Johnny Hallyday, soutien de Nicolas Sarkozy qui s'est installé en Suisse tout en demandant la nationalité belge.
Samedi, Arnaud Montebourg, porte-parole de Ségolène Royal, a estimé que "la lepénisation du discours de Nicolas Sarkozy est en marche" et que "la question des contreparties politiques aux parrainages donnés à Jean-Marie Le Pen est désormais posée".
"Nicolas Sarkozy est manifestement un candidat à la dérive", a estimé le porte-parole de la candidate socialiste à la présidentielle dans une déclaration à l'AFP, suite à l'annonce du candidat UMP de son projet de créer s'il est élu "un ministère de l'immigration et de l'identité nationale".
Pour le député de Saône-et-Loire, "la question des contreparties politiques aux parrainages donnés à Jean-Marie Le Pen est désormais posée". Au début de la semaine, M. Sarkozy avait indiqué qu'il se "battrait" pour que M. Le Pen -et Olivier Besancenot (LCR)- puissent être candidats.
"A quand l'arrivée de la famille Le Pen au gouvernement et au pouvoir dans les wagons du sarkozysme ?", se demande M. Montebourg.
Darfour : "Il faut que la France tape du poing sur la table".
De retour du Darfour, Laurent Fabius revient sur la tragédie qui s’y déroule. "C’est le plus important massacre du début du XXIè siècle." Il demande que la France s’engage fortement.
24 février 2007
Laurent Fabius sur Europe1 entretien avec JP Elkabach
Laurent FABIUS : "La France, c’est la voix de ceux qui n’ont pas de voix, l’espoir de ceux qui n’ont pas d’espoir"
Laurent Fabius :
"Je comprends que l’on réponde aux préoccupations immédiates. Il faut le faire. Ce n’est pas une élection abstraite. Mais le débat doit aussi aborder les grands choix." Laurent Fabius est l’invité de Jean-Pierre Elkabbach sur Europe 1.
L'ancien premier ministre, qui revient du Darfour, appelle au micro de Jean-Pierre Elkabbach la France à se mobiliser rapidement sur le terrain. Il évoque la présidentielle et, en "quelqu'un de responsable", veut que la gauche gagne. L’interview :
De l'amphithéâtre en terre rouge et au toit de paille de riz où se tiennent les réunions plénières, on domine le lac de Sélingué. De l'eau à perte de vue, miroitante sous le blanc soleil de la fin du jour. On est à 140 km au sud de Bamako, tout près de la frontière guinéenne, où se tient depuis quatre jours le Forum pour la souveraineté alimentaire. Une rencontre mise sur pied par un collectif d'organisations paysannes, dont Via Campesina, le mouvement paysan international, et le Roppa (Réseau des organisations paysannes et de producteurs de l'Afrique de l'Ouest). Quelque 600 délégués, paysans, producteurs de semences et pêcheurs, venus d'une centaine de pays, sont réunis là pour cinq jours de travail. Avec la volonté, au fil de nombreux ateliers thématiques et de discussions compliquées par les traductions multiples, de définir et de bâtir un plan d'action pour faire reconnaître par les Nations unies la souveraineté agricole comme un droit.
Ressources. Lancé en 1996 par Via Campesina en marge d'un Sommet de l'alimentation de la FAO, le concept de souveraineté alimentaire désigne le droit des peuples à définir leurs politiques agricole et alimentaire indépendamment des opportunités des marchés mondiaux. L'objectif est de garantir des prix décents aux paysans afin qu'ils puissent continuer à vivre chez eux de la terre, mais aussi d'opter pour une agriculture durable qui préserve les ressources naturelles et la biodiversité domestique. «La sécurité alimentaire défendue par la FAO consiste à garantir une alimentation suffisante par le biais du commerce, explique Jean-Marc Desfilhes, coordinateur international du Forum et membre de Via Campesina. Mais ça ne marche pas, estime-t-il ; aujourd'hui, 850 millions de personnes souffrent de la faim, qui en très grande majorité sont des paysans. La souveraineté va plus loin, elle implique le droit de protéger la production et le marché agricole intérieurs des importations.»
Les organisateurs du Forum ont choisi l'Afrique parce que l'agriculture occupe la majorité des populations, le Mali parce que c'est le seul pays à avoir déjà intégré la souveraineté alimentaire dans sa loi d'orientation agricole et le village de Sélingué à cause de... José Bové. Le leader de Via Campesina, qui travaille sur le Forum depuis deux ans, est arrivé samedi à Sélingué pour la cérémonie officielle d'ouverture avec le président malien. «C'était une idée un peu cinglée, reconnaît-il, d'accueillir les délégués dans ce petit village, mais cela n'aurait eu aucun sens au palais des congrès de Bamako !» Il a donc fallu bâtir de toutes pièces ce nouveau village de cases blanches coiffées de paille de riz, amener l'eau et l'électricité, aménager des salles de réunion sous des abris de paille, construire des petites cabines pour les traducteurs en contreplaqué et en plastique épais... Début décembre, seule une case était construite. Mais, malgré les gros couacs du premier jour, le pari est tenu. Et Sélingué est désormais doté d'un équipement, entièrement construit par les maçons et les électriciens des villages avoisinants, pour devenir un centre de formation pour les mouvements sociaux de l'Afrique de l'Ouest.
Melting-pot. Voilà comment fonctionne ce Forum où l'on avance en marchant. Au-delà des discussions thématiques, parfois laborieuses, le Forum devient, de jour en jour, un melting-pot de témoignages, un générateur de synergies, un creuset de solidarités entre organisations paysannes pour mener ce combat. «Toute la bataille de la souveraineté alimentaire, insiste José Bové, c'est de faire comprendre qu'il n'y a pas de droit à l'alimentation s'il n'y a pas de droit à la production.» Ici, tous en sont intimement convaincus par leur expérience quotidienne. Mais comment bâtir un droit, défendre un concept qui n'existe pour l'instant que par défaut ? Mardi, lors de la clôture, chacun repartira avec un plan d'action et de nombreuses idées.
Clara ROJAS et 4000 autres otages sont toujours retenus par les FARC dans la jungle colombienne.
Assez de compassion politique, agissons !
Appel de Mélanie au futur ou à la future président(e) de la République française qui aura en charge le sort de tous les Français et par conséquent, celui d'Ingrid Betancourt.
En ce début d'année, le Comité de soutien à Ingrid Betancourt tient à vous présenter ses meilleurs voeux tout en espérant que le 7 de 2007 rendra cette année magique pour Ingrid Betancourt, Clara Rojas et tous les otages de Colombie.
Nous nous appelons Mélanie et Lorenzo Delloye Betancourt. Nous sommes les enfants d’Ingrid Betancourt. Cette année, ce sera pour nous le cinquième Noël que nous passons sans notre mère que vous avez prise en otage. Cela fait également déjà plus de trois ans et demi que nous n’avons aucune preuve de vie d’elle ni de son amie Clara Rojas qui a montré tant de courage en l’accompagnant.
Nous ne sommes pas la seule famille dans cette situation. Combien de fils, combien de mères et de pères, d’époux et d’épouses, attendent chaque jour une lettre, un vidéo, un signal qui leur démontre que leur être cher est encore en vie. Nous, les familles, avons lutté avec toute notre force et avec toute notre âme pour un accord humanitaire dans l’espoir de revoir ceux que nous aimons. Mais notre lutte, nous la menons dans la nuit, dans le silence...
Nous continuons à oeuvrer pour ceux que nous aimons, sans même savoir s’ils sont encore vivants. Parce que vous nous refusez depuis déjà trop longtemps une véritable preuve de vie. Pour ce Noël, nous vous demandons de nous donner une preuve de vie de notre mère, Ingrid Betancourt, de Clara Rojas et de tous les otages dont il n’y a pas eu de preuves de survie récentes.
Aux médias colombiens comme à ceux du reste du monde, nous vous demandons d’être attentifs et d’attendre avec nous qu’arrivent ces preuves de vie, pour que nous puissions poursuivre notre lutte pour la liberté.
Paris, le 20 décembre 2006
Contact presse : Hervé Marro (06.88.79.11.23.) et Fanny Hess (06.62.42.57.39.)
Nous saluons avec la plus grande admiration, l'immense courage de la jeune Mélanie qui oeuvre sans relâche avec son frère Lorenzo pour obtenir des preuves de vie et la libération de sa maman.
Ce matin, le financement des 100 mesures du Pacte présidentiel de Ségolène Royal a été présenté. Son coût net s'élève à 35 milliards d'euros (50 milliards de dépenses et 15 milliards d'économies).
Les cinq plus gros postes de dépenses concernent la recherche (5,3milliards d'euros d'ici à 2012), l'université (5 milliards), la création de 500 000 emplois-tremplins (4,5 milliards), la justice et la lutte contre les discriminations (4,5 milliards) et l'éducation nationale (3,4 milliards, avec le soutien scolaire et la réduction à 17 des élèves dans les classes en ZEP).
Nous proposons à ceux d'entre vous qui se sentent concernés par la question de se saisir de ce débat. Il est essentiel de souligner le juste équilibre de ces mesures et plus largement la solidité et la cohérence
du Pacte présidentiel.
"Je propose que nos accords de coopération soient examinés par le Parlement."
La candidate socialiste répond à la lettre ouverte de Jean-Marie Fardeau, secrétaire général du CCFD, publiée dans notre édition du 14 décembre. Elle propose des changements d’orientation.
L'Afrique, dans l'extrême diversité des situations qui la caractérise, est en pleine mutation. Le parallèle avec la politique africaine de la France, figée dans une coupable immobilité n'en est que plus cruel. Cela doit changer dès 2007. Depuis bientôt cinq ans, la droite française est en effet à l'origine de désordres sans précédent sur le continent africain. La conception de la Présidence de la République de Jacques Chirac y est pour beaucoup. En privilégiant systématiquement les amitiés personnelles au détriment de l'intérêt général, la pratique présidentielle a terni l'image de notre pays, qui se trouve associé dans l'esprit des Africaines et des Africains aux régimes les plus contestables du continent. La France doit à nouveau porter en Afrique un message de démocratie, de solidarité, de paix et de défense des droits de la personne humaine, sans qu'il soit possible d'opposer à cette ambition la réalité des interventions de notre pays. De ce point de vue, les récentes déclarations du candidat de l'UMP qui s'inscrivent sans retenue, dans les mêmes réseaux que le Président Jacques Chirac, ne sont pas de nature à rassurer nos concitoyens qui souhaitent que notre pays demeure fidèle à ses valeurs de solidarité internationale, de promotion de la démocratie et de consolidation de l'Etat de droit.
Les Africains sont malheureusement les premières victimes de cette politique de la « Françafrique ». La multiplication des interventions militaires improvisées au profit de régimes réputés amis au Tchad ou en Centrafrique, nous détourne des objectifs de développement qui devraient être prioritaires. Faute d'avoir incité les régimes les plus fermes à s'engager dans la voie de la démocratisation et du respect des droits humains, nous nous trouvons réduits à intervenir militairement dans la précipitation pour éviter des prises de pouvoir par la force. Mais c'est en amont que nous aurions dû agir pour favoriser le dialogue politique et la participation de l'opposition et de la société civile africaine au jeu démocratique. D'une part, les termes de nos accords de défense et de coopération militaire avec plusieurs pays africains devront être clarifiés et si besoin renégociés. Notre politique étrangère doit être conduite dans la transparence. Je propose donc que nos accords de coopération, et notamment nos accords de défense et de coopération militaire soient examinés par le Parlement. Il s'agit d'un engagement nouveau mais nécessaire. Les citoyens français ont le droit d'être informés des buts poursuivis par nos programmes de coopération et des raisons de l'engagement de nos forces armées sur le continent africain. Je propose qu'un débat à l'Assemblée nationale soit obligatoire en cas d'intervention armée dans un conflit sur le continent africain. Il faudra aller au-delà et je retiens votre proposition de mettre en place une délégation parlementaire aux négociations et à la coopération internationales. Cette délégation permettra non seulement de mettre en débat les grandes orientations de la politique de coopération, elle devra aussi contribuer à clarifier le rôle des différents acteurs engagés dans la coopération : services publics, collectivités locales, entreprises et ONG.
D'autre part, notre coopération devra faire des efforts particuliers pour consolider la société civile africaine et renforcer les mécanismes contribuant à l'émergence de la démocratie. À l'évidence, les ONG françaises et européennes ont un rôle particulier à jouer dans ce domaine. Je souhaite que nous développions une ligne de programme spécifique accessible aux ONG françaises et à la société civile africaine, en valorisant les enseignements du programme Démocratie et droits de l'Homme mis en œuvre par l'Union européenne, programme avec lequel nous gagnerions à développer des synergies. Cet aggiornamento politique me semble constituer la première étape de la rénovation de notre politique en direction de l’Afrique. Mais nous devons aussi innover pour accompagner le continent sur la voie d'un développement durable. La pauvreté reste endémique. L'espérance de vie régresse dans les pays frappés par le sida et le paludisme. La croissance urbaine crée de graves déséquilibres. La condition des femmes est trop souvent bafouée. Je voudrais suggérer ici plusieurs pistes d'action.
Nous devons veiller à préserver nos capacités des pays africains à vivre de l'exploitation durable des ressources dont ils bénéficient sur leur territoire. Il n'est pas acceptable que certaines entreprises. dont certaines ont leur siège en France, procèdent à un véritable pillage de ces ressources en privant les Africains des plus values qui permettraient le décollage économique. Il est encore plus préoccupant de constater que le pillage de ces ressources, en appauvrissant les populations, force certains à l'émigration vers l'Europe. Il serait plus intéressant d'éviter ces pillages et d'encourager l'économie locale au bénéfice de populations qui, dès lors, préféreraient vivre et prospérer dans leur propre pays.
Nous devons plus généralement encourager voire contraindre les entreprises à s'engager sur une éthique de responsabilité sociale et environnementale en veillant a minima qu'elles respectent les codes de conduites édictés par exemple par l'OCDE. A ce titre, je soutiens l'initiative « Publiez ce que vous payez » qui propose d'imposer aux industries extractives de rendre publiques les sommes versées aux Etats pour l`exploitation de leurs ressources naturelles. Les citoyens africains ont le droit de savoir ce que leurs gouvernements perçoivent des compagnies étrangères et les consommateurs français doivent pouvoir s'assurer que l'essence qu'ils achètent n'entretient pas un régime despotique. Nos pratiques doivent évoluer: la transparence, c'est la modernité, l'opacité actuelle l'archaïsme. La première condition du développement est de ne pas gâcher les atouts humains dont un pays dispose. Je constate que les pays qui investissent le plus dans l'éducation. en particulier celle des jeunes filles et qui respectent le plus les droits des femmes sont aussi ceux qui réussissent le mieux.
Pensons au rôle qu'ont pu jouer les femmes dans l'émergence de pays tels que le Cap Vert, la Tunisie ou l'Afrique du Sud… L'éducation joue aussi un rôle clé pour la prévention de la diffusion des pandémies. Enfin, l'amélioration de la condition des femmes africaines passe par le soutien aux mouvements qui luttent contre l'excision, pour le droit des femmes à maîtriser leur corps et leur fécondité, ainsi que par le renforcement de la participation des femmes à la représentation politique. Pour valoriser les atouts humains de l'Afrique il convient aussi de préserver la santé des populations africaines. Le sida entraîne de terribles régressions. Les exemples sont nombreux en Afrique australe: en Zambie, l'espérance de vie a ainsi régressé de dix ans dans les dix dernières années.
Les pays en développement ont obtenu à Doha le droit de copier ou d'importer des médicaments génériques pour leur politique de santé publique, mais, de facto, ils ne peuvent utiliser ce droit, en raison des mécanismes juridiques très contraignants qui ont été fixés sous la pression des laboratoires pharmaceutiques. Ces obstacles doivent être levés et la France doit s'engager à soutenir effectivement l'accès aux médicaments des pays pauvres. Mais les médicaments seuls ne peuvent suffire. Sans médecins pour les dispenser, sans réseaux de santé, ils n'atteindront pas les malades et l'on ne pourra endiguer l'épidémie de sida. De ce point de vue, comment ne pas être alarmé par l'extraordinaire proportion de médecins formés en Afrique qui exercent en Europe. Cette proportion atteint 30% dans certains pays. Le projet d'immigration choisie défendu par le candidat de l'UMP va aggraver cette tendance et, je le dis avec gravité, contribuer à affaiblir des systèmes de santé déjà fragiles.
Je propose pour ma part d'agir en responsabilité en ne pillant pas les ressources humaines qui sont vitales pour ces pays. Je propose, à l'inverse, de faciliter les allers et retours des médecins d'origine africaine afin qu'ils puissent exercer dans leur pays d'origine et participer à la formation de jeunes médecins tout en conservant des connections en France leur permettant de poursuivre l'approfondissement de leurs compétences. Plus largement, je proposerai de renforcer les moyens affectés à la santé en encourageant la constitution d'un fonds public mondial pour la santé de base.
Une deuxième condition au développement c'est de pouvoir valoriser ses atouts économiques. Cela suppose des moyens importants. Les budgets des États restent lourdement affectés par le remboursement de la dette accumulée dans les années 1980 malgré les premières vagues d'annulations. Il conviendra d'achever ce processus de désendettement.
S'il faut aider les Etats, il faut aussi soutenir les familles. Le micro-crédit est une voie pour permettre aux Africains de financer leurs projets de développement: l'extension des réseaux de micro-crédit dans les campagnes où ils sont encore peu présents doit permettre à de nombreuses familles de sortir de la pauvreté. L'Afrique possède de nombreuses richesses, mais celles-ci sont le plus souvent surexploitées par des groupes étrangers. Il s'agit donc de promouvoir en Afrique des filières d'excellence durable reposant davantage sur les populations. Je pense au coton dont l'Afrique est un producteur de qualité mais qui est déprécié sur les marchés internationaux en raison notamment des subventions américaines: il faudra porter cette question avec plus de force dans le cycle de négociations de l'OMC. Je pense aussi aux énergies renouvelables - et à l'énergie solaire en particulier - qui permettent notamment dans les zones rurales, d'apporter de l'énergie à des coûts raisonnables pour la fourniture de services essentiels. Je pense enfin à la promotion du commerce équitable dont nous devons valoriser les débouchés sur le marché français.
Pour financer ces nouvelles opérations de développement durable, il est avant toute chose nécessaire d'optimiser l'utilisation des moyens actuels disponibles, pour éviter les gaspillages et nous assurer que les ressources seront mises effectivement à disposition de ceux qui en ont le plus besoin. Comme je l'ai mentionné plus haut, cette optimisation de l'utilisation de l'aide publique passe par la clarification du rôle des différents acteurs et par la recherche de synergies avec les instruments européens.
Je souhaite que notre nouvelle politique de co-développement s'appuie plus directement sur les acteurs de terrains. Dans ce cadre, je propose de rénover nos méthodes de coopération notamment en valorisant davantage le travail des ONG en portant à 5% comme c'est le cas ailleurs en Europe le pourcentage de l’aide française qui sera mise en oeuvre par leur canal. Ne privatisons pas l'aide publique au développement, rationalisons le dispositif français de coopération encore trop éclaté ! Mobilisons davantage la coopération décentralisée, qui permet à des collectivités françaises de collaborer directement avec des collectivités africaines, car, au-delà des transferts d'argent, c'est aussi de capacités d’action autonomes dont les pays africains ont besoin. Mobilisons davantage les migrants et leurs compétences ! Mobilisons les jeunes qui souhaiteront effectuer un service civil à l'étranger ! Dans ce domaine de la coopération, comme dans bien d'autres secteurs, la France devra aussi contribuer à renforcer les politiques européennes pour une solidarité plus efficace et une contribution plus significative au développement durable du continent africain.
Enfin, au delà de cette optimisation des moyens et des politiques, je veux aussi que nous réfléchissions à une taxation des transactions financières pour accroître le financement du développement. Enfin, conformément au projet du PS, nous porterons progressivement le montant de l'aide publique à 0,7% du PlN, pour remplir les engagements internationaux qui ont été trop longtemps bafoués.
Je crois possible de mettre fin au désordre créé par des décennies de politique clientélistes en Afrique, des politiques bien peu responsables au regard des besoins des sociétés africaines et des volontés de solidarité des citoyennes et citoyens français. Pour cela, nous devons être fermes sur la défense des droits de la personne humaine, innovants en matière de développement. Nos objectifs doivent être explicités et nos méthodes transparentes. Ce sont les positions que je défendrai au cours de cette campagne pour rénover la politique de la France aux côtés de l’Afrique. Ce sont les orientations que je mettrai en oeuvre si je suis élue.
Le texte de Mme Royal répondait à un appel lancé, dans nos colonnes le 14 décembre dernier, par Jean-Marie Fardeau, Secrétaire général du CCFD (Comité catholique contre la Faim et our le Développement)..
Voici le commentaire de M. Fardeau au texte de Mme Royal
La réponse de Mme Royal à ma lettre ouverte sur la nécessité d’un changement radical de la politique de la France en Afrique est un signe encourageant d’engagement. Mme Royal se prononce en effet clairement sur plusieurs questions chères au CCFD, qui sont portées, en vue des élections, par la campagne « État d’urgence planétaire, votons pour une France solidaire » : examen par le Parlement des accords de défense liant la France et des pays africains, création d’une délégation parlementaire aux négociations et à la coopération internationales, engagement de faire transiter 5 % de l’aide publique au développement par les ONG, exigence, pour les entreprises exploitant des ressources en Afrique, de déclarer ce qu’elles versent aux autorités de ces pays… Je m’en réjouis bien entendu. Sur plusieurs questions - dette, taxation des transactions financières, règles commerciales mondiales… -, nous attendons des engagements plus précis. Le dialogue va donc se poursuivre, comme c’est le cas avec tous les candidats que nous avons interpellés. La France et tous ses citoyens sortiront grandis de ce débat démocratique sur ses relations avec l’Afrique.
Le Parti socialiste condamne avec la plus grande fermeté la répression sanglante des manifestations en Guinée par les forces de « l’ordre ». Le Parti socialiste dénonce également l’arrestation d’importants leaders syndicaux de la Confédération nationale des travailleurs de Guinée (CNTG) et de l’Union syndicale des travailleurs de Guinée (USTG).
Lors d’une rencontre avec la CNTG dans le cadre du Forum social de Nairobi, la délégation socialiste française conduite par Harlem Désir a fait part aux représentants de cette confédération de son soutien et de sa volonté d’interpeller le gouvernement français.
Le Parti socialiste demande à ce dernier de faire pression sur le régime de Lansana Conté pour mettre un terme aux dérives autoritaires qui ont marqué l’année 2006 et n’ont fait que s’amplifier depuis le début de l’année. Le Parti socialiste appelle au respect et au rétablissement des libertés individuelles et syndicales.
À plus long terme, conformément à l’exigence de dialogue et d’ouverture politique inscrite dans les accords de Cotonou, le Parti socialiste souhaite que l’Union européenne s’engage pour soutenir la nécessaire transition démocratique et la tenue d’élections libres dans un avenir proche.
Les candidats à la présidentielle interpellés à propos d'Ingrid Bétancourt
Un manifeste leur sera soumis • Les signataires s'engageront à agir pour obtenir la libération de l'ancienne candidate à la présidentielle colombienne, retenue en otage depuis près de cinq ans •Par S.K.(avec agences)
LIBERATION.FR : mardi 23 janvier 2007
Mardi, le collectif Ingrid Bétancourt s'est réuni à l’entrée du Jardin du Luxembourg pour présenter un manifeste en faveur de sa libération qui sera soumis à tous les candidats à l’élection présidentielle.
«Que les candidats s’engagent à faire libérer ma mère. Nous voulons des actions! Leur faire signer le manifeste, c’est obtenir des garanties», a déclaré sa fille, Mélanie Bétancourt. Cela fait presque cinq ans qu’Ingrid Betancourt et Clara Rojas sont retenues en otages en Colombie.
Selon le collectif, «à un mois de 5 ans de la prise d’otage d’Ingrid, il est nécessaire que les candidats prouvent à sa famille comme aux nombreux Français qui la soutiennent, que leur engagement à obtenir sa libération relèvera du concret et de l’action, non pas de la compassion, qu’ils feront tout ce qui est en leur pouvoir pour qu’elle ne vive pas un deuxième quinquennat en tant qu’otage».
Mais ce manifeste en 7 points, n’est pas une finalité, «nous proposons aux candidats une base mais c’est à la hauteur de leurs propositions concrètes que nous pourrons évaluer leur engagement personnel. Nous espérons de leur part de l’audace, du courage et une volonté de fer, dans les innovations qu’ils proposent pour apporter une solution.»
Mme Taubira rejoint l'équipe de campagne de Ségolène Royal
(AFP/BERTRAND GUAY)
"Déléguée à l'expression républicaine" : tel est le titre que Christiane Taubira voudrait se voir décerner par Ségolène Royal, mardi 23 janvier, lorsque sera officialisée son entrée dans l'équipe de campagne. Si elle a dû renoncer - en vertu de l'accord conclu en octobre 2006 entre le Parti radical de gauche et le PS - à être de nouveau candidate à l'élection présidentielle, la députée (app. PS) de Guyane n'entend pas perdre son honneur dans l'opération.
Nul ralliement, donc, mais l'"entrée en campagne" d'une personnalité certes désireuse "que la gauche l'emporte", mais également soucieuse de préserver son autonomie. A l'entendre, sa place dans le dispositif de campagne aurait fait l'objet, depuis plusieurs semaines, de nombreuses discussions avec la candidate socialiste.
"Elle pensait que le poste de porte-parole, qui est le plus exposé, me permettrait d'intervenir davantage. Mais j'ai refusé", indique au Monde Mme Taubira. "Je ne viens pas pour expliquer ce qu'elle dit - je ne saurais pas le faire -, mais pour amplifier sa campagne en y ajoutant mes combats", ajoute-t-elle.
L'ex-candidate à l'élection présidentielle de 2002, qui avait alors obtenu 2,3 % des voix, refuse par avance tout "enclavement". "Mon thème central sera l'offre de lien civique et de lien social : il faut subordonner toutes les politiques publiques - éducation, justice, logement, santé publique - à cet objectif", confie-t-elle. Un programme de candidate ? "On ne se refait pas !", sourit Mme Taubira. Persistant à penser que le PS a fait "une erreur" en cherchant à restreindre l'offre électorale de la gauche au premier tour, elle précise, pour ce qui la concerne, qu'elle n'a "pas envie d'être une force supplétive".
"DÉFAUTS DANS LA CUIRASSE"
La députée a déjà prévu tous les cas de figure. "Les désaccords devront être assumés en tant que tels. S'il y a une divergence de fond, je le dirai. Et j'en assumerai toutes les conséquences", prévient-elle. Le "trou d'air" de la candidate socialiste ? "Je préfère rejoindre son équipe quand elle est en vulnérabilité", indique Mme Taubira, qui estime que cela valorisera son arrivée.
Tout en précisant être "la moins bien placée" pour évaluer le dispositif mis en place autour de la candidate socialiste, il ne lui a pas échappé que sa campagne "bat de l'aile". "Quand on voit les loupés, on se rend bien compte qu'il y a des défauts dans la cuirasse", estime Mme Taubira, jugeant qu'il faudra "très vite évaluer cette campagne décoiffante".
"Il faut un peu plus de cohésion", ajoute-t-elle. Assurant qu'elle entend bien prendre sa part dans la poursuite de cet objectif : "Je n'ai pas le droit de regarder les choses se défaire", souligne-t-elle.
Jean-Baptiste de Montvalon
Article paru dans l'édition du 21.01.07. Elections 2007 : Le Monde chez vous pour 16€/mois
7ème édition du FSM : une autre Afrique est possible !
La septième édition du FSM se déroulera du 20 au 25 janvier 2007 à Nairobi au Kenya (http://www.wsf2007.org). Plusieurs dizaines de milliers de Kenyans y sont attendus, et plusieurs milliers de délégués d'organisations du monde entier. Un millier d'activité y sont enregistrées dans un cadre autogéré similaire à celui de Porto Alegre en 2005. Une délégation d'Attac France, composée d'une vingtaine de personnes, y participera autour de sujets comme les taxations internationales, l'annulation de la dette, les alternatives au libre-échange,la situation africaine, le défi écologique, l'exclusion,la question féministe, le renforcement du mouvement altermondialiste... Convoqué pour la première fois en 2001 dans la ville brésilienne de Porto Alegre par des organisations civiques locales, le FSM s’y est tenu à
trois reprises avant de se déplacer à Mumbai, en Inde, en 2004, revenir à Porto Alegre en 2005, et s'organiser en 2006 en trois endroits : à Bamako au Mali ; à Caracas au Venezuela ; et au sein de la capitale économique du Pakistan, Karachi. Cette année, le FSM est à nouveau concentré en un seul lieu et c'est le continent africain qui est mis à l'honneur. L'enjeu est important : il s'agit d'approfondir et d'élargir le processus des Forums sociaux à toute l'Afrique et ainsi de rendre visibles les acteurs de la transformation sociale et démocratique sur ce continent ; renforcer le processus de convergences des mouvements sociaux à l'échelle mondiale ; poursuivre le travail d'élaboratoin d'alternatives à partir de l'orientation stratégique qui s'est progressivement imposée à travers les Forums et que rappelle Gus Massiah dans ce numéro du Grain de Sable : "à l'organisation des sociétés et du monde par l'ajustement au marché mondial et la subordination au marché mondial des capitaux, nous opposons l'organisation des sociétés et du monde autour du principe de l'accès aux droits pour tous".
Dans ce numéro
1. UN NOUVEAU CYCLE DES FORUMS SOCIAUX MONDIAUX
Le mouvement altermondialiste n’est pas en panne. Il est de bon ton d’annoncer son essoufflement, et pourtant il ne cesse de s’élargir et de s’approfondir. Elargissement géographique d’abord comme en témoigne les Forums sociaux mondiaux de Porto Alegre, Mumbaï et demain Nairobi ; le forum polycentrique de Bamako, Caracas et Karachi ; les forums continentaux et les forums nationaux dont celui des Etats-Unis en juin 2006 à Atlanta ; la cascade ininterrompue des forums locaux. Elargissement social avec les mouvements paysans dont les mouvements de sans-terre, les syndicats ouvriers, les No-Vox dont les Dalits, les comités de quartiers dégradés et de bidonvilles, les forums de migrants, la marche mondiale des femmes, les camps de jeunes. Elargissement thématique avec les forums thématiques comme ceux de l’éducation, de l’eau et les forums associés des autorités locales, des parlementaires, des juges, etc. (…)
par Gustave MASSIAH
2. DYNAMISME ET DEFIS DES MOUVEMENTS SOCIAUX DANS LE SUD
Comprendre les mouvements sociaux du Sud - les conditions de leur émergence, leurs stratégies et leurs portées - demande avant tout de porter l’attention sur la spécificité des contextes sociopolitiques,
institutionnels et économiques dans lesquels ils s’enracinent. La diversité des situations s’impose à l’observateur –quoi de commun entre le Venezuela « bolivarien » et les monarchies du Golfe ? –, au point que la tenue d’un discours général sur « les mouvements sociaux du Sud » semble difficile à concevoir. Reconnaissons cependant un grand trait commun aux pays du Sud, qui n’est pas sans conséquences sur l’évolution de leurs sociétés civiles : aucun d’eux n’échappe à deux tendances qui correspondent à deux discours forts de la communauté internationale -l’impératif démocratique d’une part et la libéralisation des marchés de l’autre. Bien sûr, commetoutes les tendances, celles-ci se déclinent etse combinent différemment d’un pays ou d’une région à l’autre, et sont objet de résistances et d’instrumentalisations diverses par les acteurs sociaux et institutionnels, internes et externes. (…)
Par François POLET
3. UNE RAME DE MÉTRO EN MOUVEMENT
Selon les grands médias, adeptes, comme les marchés financiers, de la prédiction créatrice (la fameuse self-fulfilling prophecy), ce que l’on appelle le mouvement altermondialiste serait entré dans une période de basses eaux. Pour se faire une opinion raisonnée sur la question, encore faudrait-il être en mesure de définir ce mouvement, de mettre au jour ses objectifs proclamés et ceux qu’il a atteints, et surtout de
réfléchir à la place qu’il sera conduit à occuper dans des contextes politiques nouveaux. Des contextes qu’il a d’ailleurs lui-même contribué à façonner. (…)
Par Bernard CASSEN
4. L’ENVIRONNEMENT, UN ENJEU MAJEUR POUR LES FORUMS SOCIAUX MONDIAUXParmi les neuf espaces proposés pour les activités du Forum de Nairobi, les documents préparatoires indiquent « l’accès universel aux biens communs et à la nature ».
C’est une vraie question car les forces économiques qui dominent le monde s’acharnent à accaparer la nature et les biens communs de l’Humanité, pour les transformer en champs de profit ; Le résultat de cet accaparement, c’est précisément le refus du libre accès à ces ressources et richesses ; les premières victimes en sont les peuples du Sud qui en dépendent directement pour leur subsistance. (…)
Par Jean CHESNEAUX
5. MANIFESTE NON GOUVERNEMENTAL EURO-AFRICAIN SUR LES MIGRATIONS, LES DROITS FONDAMENTAUX ET LA LIBERTE DE CIRCULATION
Nous, acteurs des sociétés civiles d’Afrique subsaharienne, d’Afrique du Nord et d’Europe, réunis en Conférence non gouvernementale euro-africaine les 30 juin et 1er juillet 2006 à Rabat, indignés par la guerre aux migrants qui s’amplifie d’année en année le long des côtes méditerranéennes et atlantiques, refusons la division de l’humanité entre ceux qui peuvent circuler librement sur la planète et ceux à qui cela est interdit, refusons également de vivre dans un monde aux frontières de plus en plus militarisées qui segmentent nos continents et veulent transformer chaque groupe de pays en forteresse. (…)
http://www.migreurop.org/article926.html
6. LES AFRICAINES DANS LE PIEGE DE LA PAUVRETE ET DES MALADIES
Un des principaux avatars de la féminisation de la pauvreté est la vulnérabilité des femmes africaines face à des fléaux comme le VIH Sida, affirme Mouhamadou Tidiane Kassé. Peu d’argent est investi sur la recherche médicale des pandémies qui affectent plus les femmes et les stratégies néo-libérales dénient à ces innocentes victimes l’un de leurs droits les plus élémentaires, à savoir l’accès à des soins de santé. Malheureusement, le mouvement altermondialiste n’a pas encore pu infléchir cette dynamique dictée d’en haut. (…)
Par Mouhamadou Tidiane KASSE
7. LA LUTTE POUR L’ANNULATION DE LA DETTE DANS UNE PERSPECTIVE HISTORIQUE
A l’échelle historique, la lutte internationale pour l’annulation de la dette des pays du Tiers Monde est assez récente : elle a à peine plus de vingt ans. Elle rejoint de grands combats et de grandes campagnes
internationales comme celle en faveur de l’abolition de l’esclavage (18e-19e siècles), celle en faveur de la journée de huit heures (à la base de la fête du 1er mai dès la fin du 19e siècle), celle pour le suffrage universel, celle pour l’égalité homme-femme, et j’en passe de nombreuses, tout aussi importantes, qui ont marqué et marquent encore la lutte des opprimés pour leur émancipation. (…)
Par Eric TOUSSAINT
Le projet de Nicolas Sarkozy : un projet de "rupture inquiétante"
Nicolas Sarkozy aujourd’hui fait feu de tout bois. Les promesses pleuvent, « la fin des droits de succession », « plus d’égalité pour les retraites », « la liberté du choix dans le travail », « deux ans seulement pour accueillir ceux qui n’ont pas de toit », etc. Nicolas Sarkozy va jusqu’à utiliser les mêmes mots que Jacques Chirac en 1995 sur la fracture sociale. On en connaît depuis 12 ans la vacuité.
¦ Des promesses non tenues
• Le bilan de cinq années de gouvernement de droite, dont il est le numéro deux est suffisant pour voir qu’il y a un fossé entre les annonces verbales et les actes réels. Où est, par exemple, sa promesse devant l’Assemblée nationale de ne pas privatiser Gaz de France ? Foulée aux pieds quelques mois après !
¦ Un projet libéral
• C’est un projet profondément libéral. Il veut rompre avec le modèle social français qu’il dit archaïque. Il est un partisan du libéralisme économique à la mode anglo-saxonne. Il affaiblit les garanties collectives et la protection sociale. Il appelle au « chacun pour soi » contre toutes les solidarités qu’il assimile à de « l’assistance ».
¦ Un projet communautariste
• Loin de se reconnaître dans les principes de laïcité, Nicolas Sarkozy conçoit la citoyenneté à travers l’appartenance à une religion. Il cherche la paix sociale dans le dialogue avec les institutions religieuses ; il flatte les communautés et oublie les principes de la République.
¦ Un projet inquiétant
• Nicolas Sarkozy a dénoncé les patrons voyous mais son projet est celui du Medef qui lui demande de supprimer le contrat à durée indéterminée, de mettre fin aux 35 heures, de supprimer le droit de grève dans le secteur public et prévoit encore de nouveaux cadeaux fiscaux pour les plus privilégiés.
¦ Un projet atlantiste
• C’est un projet et profondément atlantiste.Proche de la droite américaine, il a franchi l’année dernière, un nouveaux pas. Parlant de l’opposition de la France à la guerre américaine en Irak, que tous aujourd’hui s’accordent à dire désastreuse, il a ridiculisé la « grandiloquence stérile de la France ». Une photo avec Georges Bush valait-elle cela !
¦ Un projet démagogique
• C’est un projet démagogique.Nicolas Sarkozy veut faire de sa politique de sécurité sa principale promesse. Son bilan ne répond pas pour lui. Surtout les mesures qu’il annonce, sans reconnaître son erreur sur le démantèlement de la police de proximité, son attitude de défiance vis-à-vis de la justice, ses provocations
fréquentes, montrent qu’il entretient la crise plutôt qu’il ne la combat.
Nicolas Sarkozy dit qu’il est l’homme de la « rupture tranquille ». On sait maintenant que sa première rupture, c’est avec la vérité ! Et que cette rupture sera inquiétante !
(photo Teva Sylvain : Raïatea et Tahaa) Quatre changements de majorité en deux ans et demi ! Les îles paradisiaques n’en ont pas fini avec l’instabilité politique et l’accusation de corruption.
par Noël Bouttier
La Polynésie française peut-elle trouver une stabilité politique ? La question se pose après le nouveau changement de Président de cet ensemble d’archipels, situé à 18 000 kilomètres de la métropole. Le 26 décembre, Gaston Tong Sang a succédé à Oscar Temaru qui lui-même avait remplacé à deux reprises, en 2004 puis en 2005, Gaston Flosse, « parrain » local depuis le début des années 80. Cette instabilité est liée à la présence d’élus de formations « centristes » ou « autonomistes », qui font basculer la majorité au gré des circonstances et/ou des promesses qui leur sont faites. La situation traduit également l’extrême complexité géographique : les 270 000 habitants sont répartis sur une centaine d’îles et d’atolls, gérés par cinq entités administratives. Ce nouvel épisode soulève au moins trois questions.
1. Pourquoi Temaru a-t-il échoué ?
La première est liée à l’absence de majorité claire au sein de l’Assemblée polynésienne : le parti de Temaru, Tavini Huiraatira (Servir le peuple) ne comptait que 26 des 57 sièges. D’autre part, Gaston Flosse a joué de tous ses – puissants – réseaux pour diviser une coalition de circonstance qui s’était constituée justement contre lui, notamment à la suite de nombreuses mises en cause dans des affaires de corruption de cet ami de Jacques Chirac. Il aurait été appuyé par « l’État UMP » – selon une expression de Temaru – qui n’avait jamais digéré l’arrivée aux affaires d’un homme engagé contre les essais nucléaires français à Mururoa et militant pour l’indépendance polynésienne. Mais Temaru porte également une responsabilité dans son échec pour avoir multiplié les dérapages verbaux anti-Français et fait preuve d’amateurisme dans certains dossiers.
2. Tong Sang peut-il tourner la page ?
C’est l’une des grandes habiletés de Tahoeraa Huiraatira, le parti de Flosse : avoir mis en avant un homme apparemment nouveau incarnant une troisième voie entre l’affairisme et « l’aventure » indépendantiste. La réalité semble plus compliquée. Issu d’un parti contestataire, Gaston Tong Sang s’était rapproché de l’autre Gaston, devenant même son ministre à plusieurs reprises. Depuis longtemps maire de Bora Bora, il est loin d’être vierge de toute accusation de corruption. Il a été mis en examen en 2005 pour avoir validé le rachat par le Territoire d’un atoll appartenant à un homme d’affaires proche de Gaston Flosse. Dans ses déclarations, le nouveau Président a indiqué qu’il voulait faire du neuf, en clair rompre avec le système Flosse. Mais aura-t-il les moyens et la volonté de couper les ponts avec son mentor, qui aimerait bien revenir aux affaires ? Il est permis d’en douter d’autant que face à l’opposant Temaru décidé à prendre sa revanche, la nouvelle majorité va devoir serrer les rangs.
3. Quel avenir pour la Polynésie ?
Depuis février 2004, l’archipel est un « pays d’outre-mer » qui doit « se gouverner démocratiquement et librement ». Cette réforme avait été votée presque en catimini par le Parlement français dans le cadre de l’urgence parlementaire. Un tel changement était demandé par Flosse, qui comptait ainsi renforcer son pouvoir à la faveur d’une dissolution de l’Assemblée. Ironie de l’Histoire : en mai 2004, les élections en Polynésie accordaient une courte victoire à Temaru, son opposant historique. Gouverner la Polynésie est devenu complexe en raison de la géographie, des extrêmes divisions entre îles et partis, sans oublier le clientélisme. Paradoxalement, l’affaiblissement de l’État français – qui reste responsable du maintien de l’ordre et du fonctionnement des institutions – renforce tous les conservatismes puisque les contre-pouvoirs, des communes notamment, sont faibles dans un tel système. La perspective d’une émancipation de l’île, voulue par Temaru, semble s’éloigner avec cet imbroglio politico-juridique. Le pourrissement pourrait être à l’ordre du jour et les conflits sociaux se multiplier d’autant que le mouvement syndical est proche de Temaru et que la situation économique s’est dégradée. Sans le vouloir, le débat sur l’avenir de la Polynésie pourrait bien s’inviter dans le débat présidentiel, à 18 000 kilomètres de là…
Recherche journaliste
Il ne faisait pas bon s’intéresser aux affaires troubles de la présidence du temps de Flosse. Jean-Pascal Couraud, un temps rédacteur en chef des Nouvelles de Tahiti, en a peut-être fait les frais. En tout cas, il a disparu en 1997 après avoir engagé des actions judiciaires contre Flosse. La famille du journaliste, soutenue par Reporters sans frontières, entend verser de nouvelles pièces au dossier alors que l’instruction semble suspendue à Papeete. À suivre.
Laurent Fabius : A gauche pour changer et pour gagner.
En ce début d´année, j´adresse à chacune et à chacun tous mes souhaits de bonheur et de réussite. Je formule aussi des voeux de paix pour la planète et de sagesse pour l´humanité : elles en ont tant besoin ! Pour la France, j´espère un grand débat démocratique, une mobilisation citoyenne pour un vrai changement à gauche.
Dans 4 mois, la possibilité de l´alternance : ce sera le grand enjeu politique de 2007 ! Si, comme je le souhaite et le crois possible, la gauche gagne les élections, elle aura devant elle une tâche exaltante mais rude. L´année qui vient de s´achever offre un condensé de ces difficultés.
2006 a notamment été l´année d´une crise sociale profonde, celle du CPE. Peu qualifiés ou diplômés, beaucoup de jeunes risquaient de se voir condamnés à la précarité, interdits de CDI. Il y avait danger. Il fallait agir. Ce fut une mobilisation d´avenir, mais la question de l´emploi des jeunes n´est pas réglée pour autant.
Les désordres institutionnels ont également été notoires, l´affaire Clearstream, le fiasco judiciaire d´Outreau, les incessantes querelles au sein de l´exécutif. La vérité est que nos institutions sont fourbues. Le temps d´une République nouvelle est venu.
Les crises internationales n´ont pas manqué non plus, avec l´échec dramatique de G. W. Bush en Irak, les provocations d´Ahmadinejad en Iran, la guerre du Liban et le scandale permanent du Darfour. Là aussi, il y a un besoin vital d´équilibre, de paix, d´Europe, de France.
Pour autant, des prises de conscience utiles ont progressé. Le documentaire d´Al Gore sur le dérèglement climatique a provoqué un choc salutaire. Les impasses du capitalisme financier dans les domaines énergétique, environnemental, culturel ou social ont été spectaculaires. Une prise de conscience s´est opérée concernant le besoin de frontières européennes claires, l´urgence d´une relance fondée sur une réforme de la Banque centrale, l´adoption de règles fiscales et sociales communes pour lutter contre les délocalisations. Ces demandes, qui furent celles des partisans du Non de gauche en 2005, sont aujourd´hui reprises, du moins en paroles, par presque tous les candidats à l´élection présidentielle. Reste à convaincre nos partenaires que l´approche française n´est pas étroitement nationale, mais d´intérêt général pour l´Europe. Ce ne sera pas facile, mais ni la politique, ni la construction européenne n´ont jamais été choses faciles.
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Dans ce contexte, notre candidate, Ségolène Royal, et une majorité de gauche auront à relever de nombreux défis et d´abord celui de l´emploi et de la croissance. Depuis 2002, la France a régulièrement fait moins bien que ses partenaires en la matière. Les chiffres du chômage ne s´améliorent aujourd´hui qu´à coup de radiations administratives massives et d´emplois précaires. Lutter vraiment contre la désindustrialisation, relancer la consommation par la hausse du pouvoir d´achat, donner priorité à l´éducation et à la recherche, soutenir les entrepreneurs, les créateurs, les PME, agir pour la compétitivité de nos entreprises, mettre en oeuvre une politique européenne plus favorable à la croissance : voilà notre obligation.
Notre deuxième défi sera celui de la démocratie. Au-delà des inscriptions nombreuses sur les listes électorales, dont nous nous réjouissons tous, redonner confiance en l´action publique est indispensable. La question du régime est posée. Elle n´a pas encore été vraiment abordée à ce stade de la campagne. Les institutions ne sont pas une clause périphérique du changement, mais sa clé de voûte : plus une démocratie est vivante, plus la société et l´économie le sont aussi. Si utile soit-elle, la démarche participative ne suffira pas à elle seule à rééquilibrer les pouvoirs. Comme l´a clairement posé le projet socialiste, une République parlementaire nouvelle devra voir le jour à travers une réforme constitutionnelle ratifiée par référendum. Cet engagement devra être prolongé par un renforcement de la démocratie sociale, par une consolidation de la démocratie territoriale, par une remise à plat de la démocratie culturelle et médiatique et par la mise en place d´une vraie sécurité publique, à proximité des citoyens, à l´écoute des victimes, à l´action contre toutes les délinquances, avec des forces de l´ordre soutenues dans leur mission républicaine et non pas transformées, pour des besoins électoraux, en police anti-jeunes ou anti-quartiers.
L´éducation sera, elle aussi, décisive. De nombreux élèves se trouvent dans une relation conflictuelle avec le « système scolaire ». Nos enseignants en viennent à douter parfois de leur mission et se sentent mal épaulés par leur hiérarchie. Nous avons besoin non d´une série de réformettes, mais d´une vraie volonté de changement, avec pour objectif de faire à nouveau de l´école publique le socle du vivre ensemble. Cela suppose de redonner confiance aux professeurs en respectant les spécificités de leur métier, de moderniser la carte scolaire, de créer un soutien éducatif gratuit après la classe, de mieux moduler l´allocation des moyens, de garantir aux meilleurs élèves de tous les établissements un accès aux filières d´excellence. Pour l´université, l´encadrement dans les premiers cycles devra être amélioré et les liens avec les grandes écoles et avec la recherche publique relancés. Quant à la laïcité, elle devra être promue, notamment par une charte pour les services publics adossée à la Constitution. Faire du prochain quinquennat celui de la laïcité renforcera la cohésion nationale contre les communautarismes et donnera à la France un rôle exemplaire face aux intégrismes.
Aujourd´hui, le pouvoir d´achat constitue la principale préoccupation des Français. Combien de nos concitoyens, à partir du 15 du mois, ne peuvent plus faire face ! J´ai souhaité une hausse rapide du SMIC couplée à une grande négociation sociale pour que cette hausse soit diffusée aux autres salaires. En matière de logement, la réalité, c´est la pénurie de logements sociaux et l´augmentation vertigineuse des prix. Depuis déjà longtemps, on sait qu´il faudra construire massivement, remédier à la ségrégation territoriale, freiner la hausse des loyers et assurer à tous un habitat décent. J´ai proposé à diverses reprises que le droit au logement opposable soit inscrit dans nos textes et effectivement mis en oeuvre. Je me réjouis qu´on avance en ce sens, même s´il faut rester vigilants car il y a loin de la proclamation à l´action. Pour assurer la solidarité indispensable, les services publics devront être défendus, à commencer par la santé - ce qui suppose un effort massif en faveur de l´hôpital. Il faudra également mieux prendre en compte la révolution du vieillissement, trouver les financements nécessaires pour nos retraites et pour une réelle prise en charge de la dépendance avec la création d´une cinquième branche de la sécurité sociale.
Nous devrons relancer la construction européenne. On le voit chaque jour davantage, l´Europe a besoin d´une vaste réforme institutionnelle et d´un contrat démocratique passé avec les peuples. En 2008, il reviendra à la présidence française de conclure les négociations pour un nouveau traité constitutionnel. Contrairement à ce que l´on entend ici ou là, ce texte devra être soumis à référendum. Révision du mandat de la Banque centrale européenne et du pacte de stabilité, politique commune en faveur de l´innovation et de la recherche, adaptation de la politique commerciale de l´Union (avec un vrai tarif extérieur commun), stratégie industrielle qui ne se réduise pas à une application dogmatique des règles de la concurrence, défense des services publics qu´il faut protéger, conditionnement de tout nouvel élargissement à ces avancées - voilà plusieurs évolutions à enclencher. Dans le domaine social, il nous faudra engager avec ceux qui le souhaitent une politique de convergence ayant vocation, à terme, à s´étendre à toute l´Union. Sur ces sujets comme sur d´autres - en particulier, dans la perspective de bâtir une armée commune cent ans après Verdun, -, je souhaite que nous prenions des initiatives avec l´Allemagne, qui doit rester notre premier partenaire pour faire avancer l´Europe.
Cette Europe devra jouer un rôle beaucoup plus actif en matière internationale. La dérive atlantiste que porte N. Sarkozy bloquerait l´Europe politique. Contribuer à la paix, à prévenir et à régler les conflits, faire contrepoids à la mondialisation financière, accélérer le développement des régions à l´écart, notamment l´Afrique : la liste des tâches est impressionnante. En cohérence avec ces engagements, nous devrons faire davantage entendre notre voix : refus de l´unilatéralisme, attachement au rôle des institutions internationales, promotion des droits de l´homme, du progrès social et de l´écologie planétaire. Nous devrons revoir notre stratégie d´immigration dans un sens plus solidaire et plus soucieux des intérêts à long terme de notre territoire.
Le dernier défi que nous aurons à relever est celui de la social-écologie. C´est le grand enjeu du 21ème siècle. La France et l´Europe devront peser de tout leur poids pour de nouveaux engagements concrets en faveur de la réduction des gaz à effet de serre. Nous devrons obtenir, à terme, la création d´une Organisation mondiale de l´environnement et l´Europe organiser en son sein une nouvelle solidarité écologique, en utilisant l´outil fiscal. Une politique énergétique commune devra sécuriser nos approvisionnements et coordonner nos efforts afin de réduire l´impact écologique négatif du mode actuel de développement. Sur le territoire métropolitain lui-même, l´habitat écologique, les transports en commun, le ferroutage, les nouvelles énergies propres devront être massivement développés.
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Tous ces défis montrent l´ampleur et la difficulté de la tâche. D´autant plus que, d´ici au 6 mai 2007, les obstacles politiques ne manqueront pas. La droite, laissez-fairiste dans son action, voudra faire oublier ses échecs par un flot de promesses virtuelles qu´elle présentera sous un jour social - à cet égard, N. Sarkozy n´incarne nullement la rupture avec les années Chirac. L´extrême droite cherchera à tirer un profit électoral de la pénétration de ses thèses et du populisme ambiant. Percer à jour les mensonges de l´UMP, combattre la menace FN, c´est le moins que l´on puisse attendre de la gauche républicaine qui aspire à l´alternance.
Désignée par les militants socialistes, Ségolène Royal bénéficie d´une conjoncture politique très favorable, qui doit lui permettre de remporter l´élection présidentielle et d´obtenir une majorité de gauche lors des législatives. A quatre mois du scrutin, les enjeux économiques et sociaux dominent en effet le débat public : c´est évidemment un atout pour la gauche que de pouvoir faire campagne sur ses propres thèmes. L´électorat socialiste commence à être mobilisé par le refus d´un nouveau 21 avril 2002. Des partenaires traditionnels - le PRG et le MRC - qui avaient présenté des candidatures concurrentes en 2002, seront cette fois-ci nos alliés. La situation au sein de « l´autre gauche » doit nous permettre d´enclencher une dynamique de rassemblement - qui sera d´autant plus forte qu´elle aura été d´abord pratiquée au sein du PS. Notre candidate a donc les atouts en main pour gagner. Dans ce combat, je l´aiderai et la soutiendrai sans ambiguïté, mais ne renierai pas les idées que je porte, celles du projet socialiste, de la République parlementaire nouvelle et de l´Europe sociale. Je serai fidèle à mes convictions et au choix des socialistes.
Pour convertir ce succès potentiel en victoire réelle, encore faut-il que plusieurs conditions soient remplies.
Nous devrons être ambitieux sur les objectifs que nous poursuivons. Dans le passé, nous nous sommes souvent laissés enfermer dans un choix impossible : rendre les armes en nous faisant taxer de « libéraux » ou résister en nous faisant accuser d´archaïsme. Entre 2007 et 2012, le Parti Socialiste et la gauche ne devront pas chercher à imiter tel ou tel exemple supposé, mais inventer leur propre voie dans la mondialisation libérale et forger la gauche de demain. Nous devrons conjuguer l´égalité et la liberté, montrer que la création et la redistribution des richesses ne sont pas séparables, relever le défi de la compétition mondiale et refuser d´abandonner l´humain et la planète au laisser-faire destructeur.
Nous devrons être précis sur les moyens que nous mobiliserons. Avec le quinquennat, le temps de l´action s´est contracté : par mandature, en général deux gouvernements d´environ 30 mois chacun. Raison de plus pour engager le changement dès les premiers jours. Concrètement, cela suppose de notre part un diagnostic partagé, des projets de loi bien préparés, des partenaires sensibilités - syndicats, élus locaux, associations -, ainsi que des décisions systématiquement assorties d´évaluation. Cela vaut aussi à l´échelon européen. Etre précis sur les outils, c´est dire en particulier comment financer. La dépense publique devra viser partout l´efficacité. La poursuite des déficits actuels, creusés depuis 2002, serait immorale et dangereuse : immorale car nos enfants ne sont pas des organismes de crédit illimité, mais les citoyens et les contribuables de demain ; dangereuse car lorsqu´un pays ne prépare plus le futur, à l´extérieur il recule et à l´intérieur seules quelques collectivités, sociétés, individus fortunés s´en sortent. Dans une politique financière ambitieuse et sérieuse, la fiscalité constitue un moyen et non une fin. Il n´est pas sérieux de promettre une baisse tous azimuts des ressources publiques, sans dire quelles actions publiques on supprimera alors qu´elles sont déjà souvent à court de moyens. Priorité devra aller au financement des dépenses d´avenir et à la maîtrise de la dette afin de garantir la compétitivité durable de notre économie et la prise en charge solidaire des grands choix de la Nation. Au cours des dernières années, la droite a distribué les cadeaux fiscaux aux plus riches tout en augmentant les prélèvements obligatoires : dès le collectif budgétaire de l´été 2007, des choix différents, plus justes et plus efficaces, devront être opérés.
Enfin, nous devrons être clairs sur nos alliances. Qui peut croire pour la France aux vertus enchanteresses des « grandes coalitions » ? Elles gomment les clivages démocratiques, règlent rarement les problèmes, risquent d´être suivies d´une poussée extrémiste ou abstentionniste - voire des deux ! Pour mener une politique de gauche, mieux vaut s´appuyer sur les formations de gauche et le dire clairement. Faire une croix sur le rassemblement de la gauche reviendrait à faire échouer l´alternance. Il revient donc au PS, sans hégémonisme, de conduire rapidement la discussion de fond avec nos partenaires afin d´élaborer un contrat de mandature et en y associant, s´ils le souhaitent, ceux qui à gauche sont prêts à troquer la contestation systématique pour la transformation. Il ne reste pas beaucoup de temps pour le faire.
Si nous assumons ainsi nos valeurs et notre histoire tout en sachant nous tourner vers l´avenir, si nous formulons des propositions précises adaptées aux défis qui nous attendent, si nous dessinons un prolongement politique aux mobilisations sociales et aux expressions électorales intervenues depuis 2002, je suis convaincu que nos concitoyens nous écouteront et que, sans nous signer un chèque en blanc, ils nous feront confiance. En revanche, si nous hésitons sur notre identité, si nous mollissons sur nos alliances à gauche et sur notre stratégie, en préférant l´accompagnement plutôt que le changement, alors le peuple risque de ne pas se retrouver durablement dans la gauche. Car dans 4 mois, ce n´est pas seulement une élection qui se joue : c´est la capacité de la gauche à proposer un espoir à la France et une boussole à tous ceux qui refusent que le marché et l´argent dominent tout, non seulement l´économie, mais la société et la pensée elle-même. Il n´y a pas de place pour de petites querelles lorsqu´on a face à soi une aussi grande cause. Gagner ensemble cette grande cause, tel est mon souhait ardent pour 2007.
Marine Le Pen se fécilite de la lepénisation des esprits.
Marine Le Pen
Députée européenne
Vice-Présidente du Front national
Directrice stratégique de la campagne présidentielle de Jean-Marie Le Pen.
Fin de la trêve des confisseurs : ce matin Marine le Pen était l'invitée de France Inter. Forte de ses 15% d'intentions de vote pour son parti d'extrême droite, elle s'est dite ravie de la lepénisation effective des esprits.
Les lolo's 34 constatent et déplorent une relative perméabilité aux idées de la famille le Pen d'une certaine frange de l'UMP et de certaines sections du PS dans l'Hérault.
Ségolène Royal : des voeux "musclés"; nuits de Chine, nuits calines ...
"Nous avons une responsabilité particulière, léguée par l’histoire, celle d’être ou de redevenir la patrie des droits humains. "
[04/01/07]
Ségolène Royal a présenté ses voeux aux Français et indiqué "les urgences auxquelles il faut s'attaquer" lors d'une conférence de presse au Parti Socialiste.
"Je vous souhaite du fond du cœur une bonne et heureuse année 2007, pour vos projets, vos espoirs et aussi beaucoup de bonheur avec vos proches. Mais aussi la capacité à surmonter les épreuves de la vie et à repartir du bon pied.
2007 est une année exceptionnelle car nous allons choisir, dans quelques mois, dans quelle France nous voulons vivre ensemble et avec quelles valeurs nous voulons porter un nouvel élan.
Une campagne présidentielle est un moment unique et précieux pour modifier l’image d’un pays et lui redonner de l’énergie, pour retrouver les bases qui nous font tenir et avancer ensemble.
Aujourd’hui, je veux affirmer devant vous, en ce début d’année, les urgences auxquelles il faut s’attaquer avec l’autorité que détient la puissance publique et qui doit toujours agir au nom du peuple français.
Mon premier combat sera pour les familles
Le logement est la condition première d'une vie de famille sécurisée. Les inégalités criantes dans ce domaine doivent se réduire, pour assurer à toutes les familles une sécurité logement tout au long de la vie".
Ségolène Royal a proposé "quatre mesures concrètes :
- La construction des 120.000 logements sociaux dont on a besoin et qui faute d'obéissance à la loi SRU par certaines communes ne sont pas construits. L'Etat se substituera à la carence de ceux qui s'enferment dans l'égoïsme territorial en y lançant lui-même les programmes de logements nécessaires. Deux Français sur trois réunissent aujourd'hui les conditions de revenus pour accéder à un logement social à loyer modéré et pensent que leurs enfants en auront impérativement besoin.
- La création d'un service public de la caution pour permettre d'assurer les impayés de loyers et d'éviter les expulsions.
- Il faudra faire la mise en location des nombreux logements vacants spéculatifs. Pour cela seront surtaxés les logements inoccupés depuis plus de deux ans et sera donnée aux communes la possibilité de procéder à des acquisitions réquisitions.
- l'accès à la propriété sera favorisé et encouragé par l'extension des prêts gratuits. Je veux que notamment ceux qui ont fait l'effort dans le logement social de payer leur loyer pendant 15 ans puissent accéder à la propriété dans des conditions dont nous discuterons avec les organismes concernés.
- Enfin, avec les régions l'Etat aidera à la mise en place d'un programme massif de logements pour les étudiants et pour les jeunes travailleurs.
Mon deuxième combat sera pour l'éducation et les jeunes.
Tout enfant, au-delà de trois ans, doit pouvoir accéder à l’école maternelle et tout élève doit pouvoir bénéficier d’un accompagnement scolaire gratuit.
Enfin, tout jeune doit pouvoir sortir du système scolaire et universitaire avec un diplôme.
Aucun jeune ne doit rester au chômage plus de six mois, sans qu’une formation ou un contrat ne lui soit proposé.
L’Etat ouvrira un nouveau droit : chaque jeune, à sa majorité, disposera d’un prêt gratuit de 10.000 euros, garanti par l’Etat, pour lui permettre de construire son premier projet de vie.
Mon troisième combat, c’est la réconciliation des Français avec les entreprises pour permettre la création de richesses, c'est-à-dire le développement économique, social, environnemental. Car dans une économie moderne, ces trois piliers se tiennent.
Nous sommes la 5e puissance industrielle et nous devons ce rang aux au travail des Français qui conquièrent des marchés, innovent et prennent des risques.
Nous avons la capacité à mobiliser les compétences, à motiver les salariés, à investir dans le capital humain, à créer un dialogue social qui reste en France encore très archaïque.
Rigidité d’une culture du conflit plutôt que du dialogue, faute, entre autres, d’un syndicalisme de masse et respecté que j’appelle à construire. Et du bon fonctionnement des services publics qui contribue à l’efficacité de la France. Je l’expliquerai à nos amis européens.
Je veux que toutes les politiques publiques prennent en compte l’impératif écologique. Le changement climatique structurera l’évolution de la société dans les années qui viennent. Il est de la responsabilité de chacun – élus et citoyens, collectivités locales et entreprises – de se mobiliser face à cette urgence. Je veux faire de cette menace une opportunité et même une chance de progrès, d’innovation, de transformation de nos pratiques de production et de consommation.
Mon quatrième combat : je veux une France qui revient à la table d’une Europe qui protège et prépare l’avenir.
Remettre la France d’aplomb, c’est aussi faire vivre cette Europe par la preuve qui, seule, regagnera la confiance de ses citoyens.
Quand viendra le moment de la Présidence française, je veux réussir la réforme des institutions européennes pour que nous ayons les outils d’un fonctionnement plus démocratique et plus efficace.
Cette société, j’y crois et je sais la France capable de la réaliser.
Je veux que la nation se ressaisisse.
Je veux que l’Etat soit un messager d’espoir et l’instrument efficace du redressement de la France.
Je veux que nous osions tenter ce qui ne l’a jamais été et que l’action publique se soumette à une obligation de résultats, par un exercice du pouvoir simple, direct et authentique.
Je ne veux pas seulement donner à la France de nouvelles chances, je veux lui donner toutes ses chances.
Nous pouvons changer la France en réconciliant l’ordre et la justice, car seule la justice est facteur d’ordre. C’est à dire en faisant le pari de la démocratie et de notre intelligence collective, en nous respectant tout simplement.
Nous avons pour cela des forces immenses qui n’attendent que d’être mobilisées dans l’éducation et la recherche, encore faut-il que la nation leur assigne une mission et des moyens à la hauteur de ses attentes.
Nos interlocuteurs étrangers que je rencontre, et pas seulement les européens, me disent beaucoup attendre de la France. Car nous avons une responsabilité particulière, léguée par l’histoire, celle d’être ou de redevenir la patrie des droits humains.
Chers concitoyens, je vous adresse tous mes vœux de bonheur pour l’année 2007".
4 cl de tequila
1 cl de crème de banane
3 cl de jus de fruit de la passion
2 cl de jus de mangue
1 trait de citron vert
glaçons
1. Préparer un shaker avec quelques glaçons.
2. Ajouter l'ensemble des ingrédients dans la shaker.
3. Frapper le tout.
4. Servir dans un verre tumbler.
Sex Machine : Lyrics
Fellas, I'm ready to get up and do my thing (yeah go ahead!)
I wanta get into it, man, you know (go ahead!)
Like a, like a sex machine, man, (yeah go ahead!)
Movin' and doin' it, you know
Can I count it off? (Go ahead)
One, two, three, four!
Get up, (get on up)
Get up, (get on up)
Stay on the scene, (get on up), like a sex machine, (get on up)
Get up, (get on up)
Get up, (get on up)
Stay on the scene, (get on up), like a sex machine, (get on up)
Get up, (get on up)
Stay on the scene, (get on up), like a sex machine, (get on up)
Wait a minute!
Shake your arm, then use your form
Stay on the scene like a sex machine
You got to have the feeling sure as you're born
Get it together, right on, right on.
Get up, (get on up)
Get up, (get on up)
Get up, (get on up)
Hah!
Get up, (get on up)
Get up, (get on up)
Get up, (get on up)
Get up, (get on up)
You said, you said you got the,
You said the feeling,
You said the feeling you got to get
You give me the fever 'n' a cold sweat.
The way i like, it is the way it is,
I got mine 'n' don't worry 'bout his
Get up, (get on up)
Stay on the scene, (get on up), like a sex machine, (get on up)
Get up, (get on up)
Get up, (get on up)
Bobby! Should I take 'em to the bridge?
(Go Ahead!)
Take 'em on to the bridge!
(Take em to the bridge!)
Should I take 'em to the bridge?
(Yeah!)
Take 'em to the bridge?
(Go Ahead!)
Hit me now!
Come on!
Stay on the scene, like a sex machine!
The way I like it is, is the way it is
I got mine, (dig it!), he got his
Stay on the scene, like a lovin' machine
Stay on the scene, like a lovin' machine
Stay on the scene
I wanna count it off one more time now
(Go ahead!)
You wanna hear it like it did on the top fellas?
(Yeah!)
Hear it like it did on the top?
(Yeah!)
Hit it now!
Get on up, (get on up)
Get up, (get on up)
Get up, (get on up)
Get on up, (get on up)
Stay on the scene, (get on up), like a lovin' machine, (get on up)
Get up, (get on up)
Taste, (get on up)
Bein', (get on up)
Taste, (get on up)
Bein', (get on up)
Get up, (get on up)
Get up, (get on up)
Stay on the scene, (get on up), like a sex machine, (get on up)
You gotta have the feelin, (get on up)
Sure as you're born, (get on up)
Get it together, right on, right on
right on, right on, (right on, right on)
right on, right on, (right on, right on)
right on, right on, (right on, right on)
Get up, (get on up)
Get up, (get on up)
And then, shake your money maker,
Shake your money maker,
Shake your money maker,
Shake your money maker,
Shake your money maker,
Shake your money maker,
Shake your money maker
Get up, (get on up)
Get up, (get on up)
Get up, (get on up)
Get up, (get on up)
Get up, (get on up)
Huh!
Get up, (get on up)
Get up, (get on up)
Get up, (get on up)
Can we hit it like we did one more time, from the top
Can we hit like that one more time
(One more time!)
One more time!
Let's hit it and quit! (Go ahead!)
Can we hit it and quit? (Yeah!)
Can we hit it and quit? (Yeah!)
Can we hit it and quit? (Yeah!)
Hit it!
James Brown Lyrics > Sex Machine Song Lyrics
Appel de l'APS : La Polynésie retournera-t-elle en arrière ?
La réduction drastique des transferts par Sarkozy conduirait à une confiscation des crédits par une
caste de plus en plus réduite de la population
Un travail de sape bien coordonné
La Polynésie vit des heures difficiles. Tous ceux qui ont souhaité le Taui (changement) en mai 2004 et février 2005 peuvent regretter qu’il n’ait pas été possible au gouvernement légitimement élu de mettre en œuvre l’essentiel de son programme, soit qu’il ait eu à se heurter à un travail de sape de l’ancienne équipe gouvernementale qui disposait toujours de solides leviers (par exemple la milice des GIP, des relais dans certains milieux syndicalistes et économiques qui ne devaient leur réussite qu’à une soumission à l’ancien pouvoir), soit à un travail de sape du gouvernement central qui a "coupé les robinets" financiers et fait pression sur la Justice pour protéger ceux qui auraient déjà dû être jugés.
Des propos regrettables différemment condamnés
Le gouvernement Temaru a aussi été victime du système électoral (il a toujours été minoritaire alors même que l’électorat s’était clairement prononcé en 2005) et contraint de passer des alliances avec des partenaires peu fiables qui ont contribué à donner de la politique une image désastreuse. Au sein de ce gouvernement – constamment sur la défensive – des erreurs ont pu être commises (insistance trop grande sur l’indépendance que par ailleurs il renvoyait à une vingtaine d’années, maladresses dans les rapports avec les responsables politiques nationaux…). Des propos regrettables ont sans doute été tenus qui semblaient indiquer une fermeture à l’égard des communautés non natives du pays, alors que nous sommes persuadés que tel n’est pas profondément ce qu’envisagent les élus de l’UPLD. Mais l’opposition – qui en a profité pour se mobiliser - n’a pas condamné les termes carrément xénophobes de l’ex-chef des ex-GIP ou de certains "patriotes".
L'ancien chef de la milice garant des libertés ?
Une motion de censure a donc renversé le gouvernement en place, votée notamment par des représentants qui, en 2004, avaient juré qu’il fallait détruire le système Flosse. Entre sanctionner une équipe et remettre en place l’équipe précédente, il y a un pas que l’on espère que les démocrates ne franchiront pas. Il est clair, pour tous ceux qui ont assisté aux débats, que Gaston Flosse est toujours le grand organisateur de la déstabilisation. Déjà Rere Puputahauki est omniprésent autour des deux Gaston.
Les Polynésiens souhaitent-ils le retour de Gaston Flosse par personne interposée ? Souhaitent-ils qu’une milice se remette à compromettre les libertés ? Va-t-on à nouveau créer une section de surveillance des opposants ? Va-t-on définitivement arrêter les affaires judiciaires en cours ? Va-t-on à nouveau gouverner pour une caste de privilégiés ? En effet, il est à craindre – en cas de victoire de la droite à la présidentielle - que la réduction drastique annoncée par Sarkozy des transferts en faveur de la Polynésie se traduise par une confiscation de ces crédits en faveur d’une caste de plus en plus réduite de la population.
Appel de l'Association Polynésienne Socialiste (APS)
L’Association polynésienne socialiste (APS) espère de tout cœur que telle n’est pas la pensée de tous les démocrates et en particulier des membres du Fetia Api dont on connaît l’intégrité. Elle espère aussi que les responsables politiques objets de la censure sauront mettre à profit ce triste épisode pour clarifier un projet politique qu’une communication défaillante n’a pas su présenter et défendre.
L’APS – comme le Parti socialiste auquel elle est affiliée - respectueuse des lois et valeurs de la République appelle de ses vœux un Etat impartial et une Justice qui fasse toute la lumière sur les affaires ténébreuses de ces dernières années. Elle souhaite que les électeurs sanctionnent les élus qui n’ont cessé de chercher des avantages particuliers. Elle souhaite enfin que la Polynésie retrouve l’harmonie que la fracture sociale engendrée par les vingt années de pratiques flossiennes a rendu impossible.
publié par APS
Motion de censure: Oscar Temaru s'explique à la télévision
(Tahitipresse) - Suite à la motion de censure votée ce jour à l'Assemblée, Oscar Temaru a convié à la Présidence les deux chaînes de télévision RFO et TNTV pour exprimer son point de vue sur la situation.
Oscar Temaru, comme lors de sa conférence de presse, a tenu d'abord à faire une rétrospective de ce qui s'est passé depuis deux ans. Notamment les élections de 2004 avec un nouveau mode de scrutin, liées au nouveau statut. Un mode de scrutin mis spécialement en place, selon lui, "pour que M. Gaston Flosse reprenne les affaires du pays". Les propos d'alors de l'ancienne ministre de l'Outre-mer, les dettes de l'Etat, des interventions en faveur d'élus en délicatesse avec la Justice... sont pour lui le signe que "tout cela est orchestré". Il faut que la population comprenne "à qui profite le crime", a-t-il encore voulu faire savoir en précisant que cela "était commandité de très très haut" et que ce n'était pas la première tentative pour renverser son gouvernement.
Aux critiques qui avaient pu être adressée à sa gouvernance, qu'il estime être des "prétextes", Oscar Temaru a voulu rappeler les différents blocages qui ont paralysé la vie économique du pays depuis 2004, des blocages "orchestrés par M. Flosse et le Tahoeraa" a-t-il encore tenu à préciser. De manière plus positive, il a rappelé que des institutions bancaires comme l'Agence française de développement et la BRED n'auraient pas injecté près de 10 milliards de Fcfp dans l'économie du Pays, via la Socredo, sans une confiance dans les perspectives de développement présentées par son gouvernement. Il leur a également opposé les réformes que son gouvernement a commencé de mettre en place, concernant notamment la revalorisation du SMIG à 137000 Fcfp au 1er janvier ou la réévaluation des petites retraites à partir du 1er trimestre à un minimum de 64 000 Fcfp/mois. "Savez-vous qu'il y a des gens, dans notre pays, qui touchent 5000 Fcfp/mois. Voilà l'héritage qui nous a été laissé".
"Que notre peuple soit toujours un peuple hospitalier et un peuple accueillant"
Concernant l'accession du pays à l'indépendance, Oscar Temaru a rappelé les propos du sénateur Millaud précisant que "le droit des peuples à l'autodétermination est un droit constitutionnel". Un droit qu'il veut rappeler à chaque fois qu'il le peut. Quant "à l'accession de notre pays à l'indépendance", il a encore reprécisé qu'il s'agissait d'un processus démocratique qui devait être librement choisi par la population, "dans dix ans, quinze ans... quand le pays serait économiquement prêt". Qu'il y avait "encore du travail à faire", mais que c'est un processus à mettre en place, notamment à travers des accords tels que ceux de "Tahiti Nui".
Répondant aux accusations de xénophobie et de racisme qui lui sont reprochées, il a simplement rappelé que "nous ne sommes pas racistes, nous somme accueillants" et a souhaité "que notre peuple soit toujours un peuple hospitalier et un peuple accueillant".
Interrogé sur d'éventuelles erreurs de son gouvernement, il a reconnu parfois une certaine "précipitation" comme dans l'affaire du festival du film romantique pour la mise en place duquel il aurait fallu mener une enquête plus poussée sur les capacités des organisateurs.
A la question de savoir s'il serait candidat à sa propre succession, Oscar Temaru a précisé que "nous sommes en discussion" tout en laissant entendre que ce sera probablement lui, "mais on verra bien !, a-t-il lancé, en assurant que le 21 décembre son groupe sera présent à l'Assemblée pour l'élection du président du pays.
« 143 jours de harcèlement démocratique » pour faire perdre Nicolas Sarkozy à l’élection présidentielle.
L’association RéSo et les comités AntiSarko qui regroupent plusieurs milliers de militants à travers toute la France autour du site antisarko.net, appellent la jeunesse à organiser « 143 jours de harcèlement démocratique » pour faire perdre Nicolas Sarkozy à l’élection présidentielle.
Dans l’entretien qu’il donne à la presse quotidienne régionale demain, Nicolas Sarkozy explique que « notre démocratie a besoin de franchise, d’honnêteté et de vérité ».
Cette exigence de vérité oblige à dénoncer le bilan désastreux de l’action de Nicolas Sarkozy au Ministère de l’Intérieur comme lorsqu’il était Ministre des Finances.
Cette exigence de vérité nécessite aussi de dire quel est le véritable projet de Nicolas Sarkozy pour la France à savoir une rupture républicaine fondée sur un triptyque ravageur : populisme, libéralisme et communautarisme.
Après avoir publié le livre Sarkozy dans le texte, l’association RéSo et les comités AntiSarko appellent donc à amplifier leur campagne contre Nicolas Sarkozy en menant, pendant les 143 jours qui nous séparent de l’élection présidentielle, des actions de harcèlement démocratique visant à faire tomber les masques et à démystifier le projet politique de l’UMP.
Dès demain, dans une quinzaine de villes de France, un tract appelant les jeunes à s’inscrire sur les listes électorales pour faire barrage à Nicolas Sarkozy sera diffusé devant les universités.
Dans les jours qui viennent, d’autres initiatives seront prises par les comités AntiSarko et autour du site http://www.antisarko.net.
Disparition mystérieuse du Journaliste JPK : les dernières infos du comité de soutien.
RAG 34, solidaire du comité de soutien à JPK pour que la vérité soit faite sur sa disparition publie avec retard (la campagne des primaires PS ayant absorbé tout notre temps et notre énergie et enfin achevée depuis le 17 novembre dernier), les dernières infos concernant l'enquête toujours en cours.
A tous nos amis membres et sympathisants du comité de soutien,
De nouvelles déclarations faites au juge d’instruction
Les deux frères de JPK, Philippe et Olivier Couraud, ont tous deux été entendus séparément le 5 octobre 2006 par le doyen des juges d’instruction du tribunal de Papeete, Monsieur Stelmbach. Dans un premier temps, des précisions et explications, ont été fournies quant à l’origine des déclarations du comité de soutien sur le fait que certains magistrats du parquet de Papeete étaient intervenus sciemment afin de perturber le bon déroulement de l’enquête.
Mais cet entretien a surtout été l’occasion de faire part des nouvelles déclarations reçues par la famille faisant état de manière plus précise et circonstanciée des faits déjà mentionnés par Vetea Guilloux, et citant l’identité de personnes qui auraient été des témoins directs de l’enlèvement de JPK et de son assassinat. La personne à l’origine de ces déclarations nous a indiqué par ailleurs les fortes pressions qu’elle avait subies dans le but de la dissuader de parler. Effectivement, si les propos qui nous sont tenus ne sont pas confirmés auprès de la justice, ceci constituera une difficulté certaine pour la progression de l’enquête.
L’enquête entre dans une nouvelle phase
Néanmoins, nous sommes incontestablement entrés depuis trois semaines environ dans une phase nouvelle avec la multiplication de divers témoignages allant tous dans le sens de la confirmation de l'assassinat de JPK. Il apparaît que la réalité de cet assassinat était connue de plusieurs personnes qui, par peur de représailles, étaient restées longtemps silencieuses. A l'évidence, les langues se délient aujourd'hui et nous nous attendons à d’autres déclarations au cours des prochaines semaines. Ceci ne fait que confirmer les certitudes que nous avions exprimées dans nos deux derniers communiqués des 4 mai et 2 octobre dernier.
Le suivi du fonctionnement de l'institution judiciaire
L’avancée de l’enquête et les conditions dans lesquelles elle est conduite face à ces témoignages que nous relatons au doyen des juges d'instruction du tribunal de Papeete au fur et à mesure qu'ils nous parviennent sont plus que jamais des préoccupations essentielles, d’autant plus que tous les observateurs ne cessent de nous dire que les retombées politiques de l’enquête seraient trop importantes pour que celle-ci aboutisse.
Néanmoins, avec vous tous, fort nombreux qui nous soutenez et nous encouragez à poursuivre notre action, nous voulons croire que nous pouvons encore aujourd’hui garder l’espoir que la justice aura la volonté et le courage de se donner les moyens appropriés pour faire aboutir cette enquête, alors même que les principaux auteurs de cet assassinat et leur meneur au moment des faits sont aujourd’hui identifiés avec de plus en plus de certitude.
Info et commentaires à la date du 2 octobre 2006
A tous nos amis membres et sympathisants du comité de soutien,
Notre dernier communiqué remonte à cinq mois environ. Nous y indiquions notre certitude quant à l’assassinat commis sur la personne de Jean-Pascal COURAUD, alias JPK, en décembre 1997 par des personnes salariées d’une structure administrative, très certainement à l’occasion d’un interrogatoire version commando, qui aurait mal tourné. Cette structure deviendra le GIP, groupement d’intervention de la Polynésie, quelques mois après.
Notre volonté de garder une certaine neutralité, Comité de soutien pour recherche de la vérité sur la nous avait décidé à ne pas vous signaler et à s’abstenir de commenter les évènements intervenus de mai à septembre 2006 concernant la reprise en main progressive de l’ex- GIP par le Ministère de l’équipement, son ministère de tutelle. Les faits nous ont semblé par ailleurs tout à fait significatifs en eux-mêmes (blocages du port, grèves illégales, occupations de locaux, agressions physiques, …). Nous notons aujourd’hui simplement qu’un petit groupe d’agents ont été licenciés pour fautes lourdes, et que les blocages et occupations des locaux administratifs ont cessé depuis une dizaine de jours, après plusieurs mois d’occupation. De l’avis de nombreux observateurs, ce retour à la normale ne pourra que faciliter la recherche de la vérité auprès des protagonistes supposés de l’affaire JPK. Par ailleurs, toutes les personnes impliquées par Vetea Guilloux figureraient parmi les agents licenciés.
Dans quelques jours, le 5 octobre, un nouveau rendez-vous avec le juge d’instruction Steimbach a été fixé à la partie civile. Il semblerait que le juge souhaite surtout entendre directement la partie civile suite à nos précédentes déclarations relatives aux dysfonctionnements de l’appareil judiciaire. Ces accusations s’appuient sur des éléments précis et incontestables qui ont déjà été ouvertement révélés lors de notre dernier entretien du mois de mai 2006 avec la juge Barruol qui n’avait pas jugé utile d’acter ces déclarations par un procès-verbal d’audition. Pourtant, trois membres du bureau du comité de soutien ont été ensuite entendus par la gendarmerie dans le courant du mois d’août 2006 simplement pour connaître l’origine de ces accusations qui mettent en cause l’objectivité et le rôle du parquet de Papeete dans ce dossier.
Aussi, nous nous permettons d’attirer l’attention de nos amis et sympathisants sur un article du Canard enchaîné du 27 septembre 2006 intitulé «Le procureur de Tahiti adore Chirac », épinglant le comportement du même procureur de la république, Jean Bianconi. Celui-ci, en octobre 2004, avait traité les révélations de Vetea Guilloux au mépris des règles de droit les plus élémentaires (voir nos précédents communiqués de la fin d’année 2004 sur le site du comité de soutien).
Mais au delà de dysfonctionnements, nous demanderons également l’audition de diverses personnes disposant d’informations extrêmement utiles pour l’enquête. Nous espérons enfin, plus d’un an et demi après notre deuxième dépôt de plainte, que le juge chargé de l’affaire aura enfin pris véritablement connaissance de l’ensemble des éléments du dossier afin d’être à même de mener une discussion constructive avec la partie civile, ce qui n’a malheureusement jamais été le cas jusqu’à présent. Un nouveau communiqué vous sera transmis ces prochains jours à l’issue de ce nouvel entretien avec le juge d’instruction.
- Réunis à la mairie de Faa'a, les membres du gouvernement et de la majorité ont annoncé, lundi, qu'ils allaient "déposer un référé devant le tribunal" afin d'obtenir l'envoi des forces de l'ordre pour déloger les grévistes qui occupent divers bâtiments institutionnels. Le vice-président, Jacqui Drollet, estime de son côté que l'opposition cherche, au travers du conflit, à faire croire que les institutions sont bloquées afin de justifier une dissolution de l'Assemblée de la Polynésie française et, de ce fait, des élections anticipées.
"Depuis le début, nous déclarons que ce mouvement est d'initiative politique (...) en collusion avec les représentants de l'État. Pour nous, l'objectif de ce mouvement est de renverser le gouvernement légalement élu", a expliqué Jacqui Drollet dans les locaux de la mairie de Faa'a dont le premier élu est également le président du Pays, Oscar Temaru.
Pour la majorité, il ne fait aucun doute que l'occupation de divers bâtiments institutionnels est fomentée par l'opposition qui, depuis l'accession d'Oscar Temaru à la tête du Pays, chercherait "tout le temps à renverser le gouvernement".
"Ils veulent aboutir au fait que les gens de l'extérieur disent que les institutions sont bloquées. Donc, si les institutions sont bloquées, il faut dissoudre l'assemblée de Polynésie. C'est leur objectif", a souligné Jacqui Drollet avant de marteler: "nous allons continuer à travailler pour démontrer que les institutions ne sont pas bloquées".
Le Conseil des ministres du mercredi, de même que les séances de la session budgétaire de l'Assemblée, qui ont lieu le jeudi, devraient donc se tenir, mais dans des lieux qu'il reste encore à déterminer.
"La réponse politique est (...) entre les mains de madame le haut-commissaire"
Quant aux occupations, le gouvernement et la majorité ont annoncé qu'ils allaient déposer un référé devant la justice, en début d'après-midi, pour obtenir l'envoi des forces de l'ordre afin de libérer les lieux.
"Si par bonheur le tribunal nous donnait raison, nous demanderons à madame Boquet de faire exécuter cette décision de justice", a ajouté le vice-président de la Polynésie française.
Celui-ci s'en est d'ailleurs vivement pris à l'attitude du haut-commissaire lançant que "quand on se permet d'embrasser des terroristes -NDLR: Anne Boquet avait salué les représentants grévistes de cette façon au haut-commissariat- on n'exerce pas ses attributions".
Quoi qu'il en soit, aucune négociation ne devrait avoir lieu avec les leaders du collectif tant que les grévistes occuperont les bâtiments publics.
"Négocieriez-vous quelque chose avec quelqu'un qui vous tient un couteau sous la gorge? (...) La réponse à ce combat politique est une réponse politique. Et la réponse politique elle est, à l'heure actuelle, entre les mains de madame le haut-commissaire. Et madame le haut-commissaire, pour des raisons que l'on ignore superficiellement, ne veut pas agir", a déclaré Jacqui Drollet.
Oscar Temaru, actuellement en déplacement aux îles Fidji où il assiste au 37e sommet du Forum des Iles du Pacifique ne devrait toutefois pas écourter son séjour, selon son service de communication.
"Il est en relation directe avec nous et il est tout à fait en harmonie avec la décision que nous avons prise", a expliqué, à ce propos, Jacqui Drollet.
Tahiti : Des barrages "politiques" et une remise en question de l'autonomie ?
Jean-Marc Regnault et la situation sociale: Des barrages "politiques" et une remise en question de l'autonomie, estime l'historien
Politique : 21/10/2006
(Tahitipresse) - Témoin de la vie politique et sociale en Polynésie française depuis plusieurs décennies, l'historien Jean-Marc Regnault s'est penché, à la demande de Tahiti Presse, sur les événements sociaux actuels. Sont-ils différents des précédents, de 1987, 1991 ou 1995? La présence d'un nouveau gouvernement change-t-elle la donne ? Le nouveau haut-commissaire a-t-il un comportement différent de ses prédécesseurs ?
"On peut dire que les événements actuels se situent dans le prolongement de l'histoire polynésienne depuis une cinquantaine d'années", juge d'emblée Jean-Marc Regnault. Pour en apporter la démonstration, il plante tout d'abord le décor en rappelant les deux éléments caractéristiques qui apparaissent en Polynésie lors des affrontements de ce type: d'une part des mouvements sociaux "dont on peut s'interroger sur le caractère vraiment social", d'autre part "la difficile position du représentant de l'Etat ainsi que la perception de ce que fait l'Etat en Polynésie".
Barrages actuels: 'Il y a eu pire"
"Les mouvements sociaux ne datent pas d'aujourd'hui", rappelle l'historien (retraité de l'université mais toujours actif), qui remonte jusqu'à 1947 pour trouver des exemples de barrages revendicatifs. Bien entendu, c'est dans l'histoire plus récente que l'on trouve les cas les plus parlants à la mémoire de la plupart des Polynésiens, avec l'incendie de Papeete en 1987 et celui de l'aéroport en 1995. "Entre les deux, en 1991, il y avait eu des barrages extrêmement importants et bien plus violents que ce que l'on a aujourd'hui. De même plus récemment, en 2002, nous avons eu une semaine de barrages qui étaient plus importants qu'aujourd'hui puisqu'ils bloquaient complètement la ville", rappelle J-M. Regnault qui se souvient qu'il devait faire le tour de l'île pour se rendre de son domicile de la côte Est à l'Université, à Punaauia.
"Amalgame" entre le social et le politique
Le regard de l'historien l'empêche donc de dramatiser sur barrages passés ou actuels, mais il s'interroge sur le qualificatif de "mouvements sociaux" utilisé pour les définir: "Il est très rare que les conflits de ce type en Polynésie aient été des conflits purement sociaux", estime J-M. Regnault qui rappelle: "Il y a un amalgame à peu près continu entre les mouvements sociaux et la politique. Ici, les partis politiques ont des courroies de transmission que sont les syndicats, et les syndicalistes finissent par se rattacher à la politique. On a des exemples multiples de responsables syndicaux qui sont devenus ministres. Il y a des exemples dans tous les gouvernements d'ailleurs."
La preuve que les syndicats sont très proches de la politique, Jean-Marc Regnault la voit encore dans le fait que lors des manifestations, ils ont souvent des mots d'ordre qui sont clairement politiques. Et de rappeler la volonté déclarée de Ronald Terorotua de "faire tomber le gouvernement".
"Défendre des positions plutôt privilégiées"
"D'autre part, remarque JMR, ces mouvements sociaux sont des actions de privilégiés, qui défendent des acquis. Par exemple, l'année dernière au mois de décembre, c'était pour s'opposer à une augmentation de la CST (Ndlr: contribution de solidarité territoriale), autrement dit pour s'opposer à un impôt qui aurait permis de mieux répartir les richesses. C'est un peu comme si, en France, on voyait les gens fortunés venir bloquer les rues, ce qu'on ne voit pas en général en Métropole où les mouvements sociaux sont plutôt le fait de gens défavorisés. Même si certains appellent ça prendre la défense des 'petites gens', on sait très bien qu'en fait il s'agit de défendre les intérêts de personnes qui sont dans des positions plutôt privilégiées."
Revendications contradictoires
A ce caractère pas forcément social des manifestations et des barrages, Jean-Marc Regnault ajoute le constat de "multiples contradictions: par exemple d'un côté vous avez un syndicat qui demande que le gouvernement fasse des économies, mais dans le collectif des grévistes, vous avez Rere Puputauki qui demande que l'on conserve les mille deux cents GIP dont le Pays n'a pas véritablement besoin en temps ordinaire. Il faut reconnaître que l'on a en Polynésie un nombre de fonctionnaire tout à fait pléthorique. Si les syndicats demandent que l'on fasse des économies, ils doivent accepter l'idée que les effectifs de la fonction publique ou du parapublic soient moins importants".
JMR relève aussi une contradiction dans le fait que les syndicats associent les intérêts de leurs adhérents salariés à ceux des patrons. "Par exemple, il y a une contradiction évidente de la part de Ronald Terorotua à exiger le Smig à 150.000 francs tout en demandant que l'on soulage les charges des entreprises. Tout cela montre bien qu'il n'y a pas à la base une démarche sociale, mais seulement la volonté de mettre à mal le gouvernement".
Autre contradiction dans la revendication au sujet des transporteurs: "Tout le monde sait que les transports en commun fonctionnent mal, que les travailleurs et les écoliers ont énormément de difficultés à cause de ces trucks, et l'on voit des syndicats de salariés défendre des patrons d'entreprises de transport."
"Marchepieds à des carrières politiques"
Le fait que l'on ait un gouvernement "Taui" composé de partis qui étaient autrefois dans l'opposition, plus proches des syndicats, a-t-il changé la donne?
"Cela peut paraître vrai, mais demande à être nuancé", estime Jean-Marc Regnault qui se souvient que "à l'époque où le Tavini était dans l'opposition, Il y avait Hiro Tefaarere qui était à la tête de A Tia I Mua, mais il y avait aussi des syndicats qui étaient beaucoup plus proches de Gaston Flosse. Par exemple le syndicat de Cyril Legayic. Par ailleurs, le syndicat A Tia I Mua a fait une mutation rapide avec Bruno Sandras. En fait on a toujours l'impression que les leaders syndicaux défendent plus leur projet personnel qu'un projet politique, puisqu'on les voit s'impliquer d'un côté ou de l'autre de manière à obtenir des postes intéressants. Finalement les syndicats servent de marchepieds à des carrières politiques."
"Crise sociale non, crise politique oui"
Y a-t-il, dans la situation actuelle "tous les ingrédients d'une crise majeure", comme l'écrivait Francis Stein au nom du Fetia Api en début de semaine?
"Oui et non", répond Jean-Marc Regnault qui distingue le social du politique: "Les ingrédients pour une crise politique oui, pour une crise sociale j'en suis moins sûr, parce que dans les manifestations auxquelles on assiste actuellement, non seulement il y a beaucoup de contradictions comme je viens de le souligner, mais en plus il n'y a pas de réelle défense des gens les plus défavorisés. Si les syndicats voulaient aller jusqu'au bout de la logique sociale, ils devraient demander, par exemple, de changer complètement le système fiscal et de passer à l'impôt sur le revenu. Or ils ne le font pas. Pourquoi? Parce qu'ils n'ont pas perdu l'espoir d'être rejoints par des gens beaucoup plus conservateurs, beaucoup plus nantis."
"Les plus défavorisés restent favorables au gouvernement"
L'historien remarque aussi que les syndicats qui mènent la fronde actuelle n'ont pas de véritable proposition contre la vie chère. Pour lui, la demande de réduction des dépenses du gouvernement n'est pas réaliste: "Christian Vernaudon avait calculé que même le gouvernement le plus vertueux ne pourrait arriver, en réduisant ses dépenses au minimum, à une baisse d'un demi-point de la TVA. Par contre, s'il y avait moins de fonctionnaires et plus d'activité privée, le budget du Pays serait sensiblement diminué et l'activité économique engendrerait des rentrées fiscales confortables".
Conclusion de JMR: "Les ingrédients d'une crise majeure ne sont pas tout à fait réunis, sauf si l'on imagine une conjonction entre les plus démunis et les plus favorisés, ce qui serait assez surprenant et déboucherait sur une impasse."
En tout état de cause, Jean-Marc Regnault estime que "les plus défavorisés restent favorables au gouvernement du Taui, et je vois mal les gens qui ont voté pour l'UPLD descendre dans la rue pour une sorte de mai 68 à la Polynésienne".
"Le rôle des représentants de l'Etat n'a jamais été facile"
Concernant l'attitude de l'Etat, l'historien rappelle: "Les hauts-commissaires n'ont jamais eu la tache facile, et qu'avant eux les gouverneurs ont longtemps été ceux qui ont tout fait pour empêcher le développement de l'autonomie. Depuis le statut d'autonomie interne, la situation est un peu plus complexe et difficile à saisir, même si l'on ressent bien un certain nombre de lignes de forces et que, manifestement, l'Etat choisi plus ou moins son camp."
Malgré tout, "il est évident que le rôle des représentants de l'Etat en Polynésie n'a jamais été facile", explique J-M Regnault qui cite ce témoignage de Jean Montpezat, haut-commissaire au début des années 90, déclarant: "Ici, il faut passer son temps à déminer les situations." Ou encore: "Il y a une tentation permanente des hommes politique de ce territoire à impliquer l'Etat de leur côté, ou à se servir de l'Etat comme d'un fronton sur lequel on tape pour se renvoyer la balle".
"Anne Boquet embrassant les bloqueurs, ça fait un peu étrange"
Quant à l'action de Mme le haut commissaire actuel, à qui certains reprochent de ne pas agir pour faire lever les barrages alors qu'elle avait déclaré haut et fort, à son arrivée en Polynésie, sa volonté de respecter la légalité, Jean-Marc Regnault y voit la preuve que "la position du représentant de l'Etat est toujours aussi difficile, car on a d'un côté ceux qui voudraient qu'il intervienne et l'on a de l'autre ceux qui ne veulent surtout pas qu'il intervienne. Et il est vrai que faire intervenir en Polynésie des forces métropolitaines contre des barrages dressés par des Polynésiens, cela ferait désordre, et je ne suis pas sûr que l'on puisse se le permettre aujourd'hui."
Toujours à la décharge de Mme Boquet, J-M. Regnault ajoute: "Maintenant, on ne sait pas ce que le haut commissaire a dit aux grévistes, quelle menace elle a éventuellement fait peser sur eux. Beaucoup auraient peut-être souhaité qu'elle prenne une position beaucoup plus ferme contre les barrages. Bien sûr que les photos dans la presse d'Anne Boquet embrassant les bloqueurs, c'est nouveau et ça fait un peu étrange. Maintenant, on jugera dans quelques jours si sa position a été habile et impartiale. Pour le moment, on n'a pas tous les éléments pour en juger."
Le problème fondamental de l'autonomie: les compétences
Enfin, pour l'historien, cette question des barrages met en lumière un problème plus fondamental qui est celui de la marge de manoeuvre accordée au gouvernement du Pays par le statut d'autonomie: "Ce statut est encadré par un certain nombre de compétences de l'Etat qui font que, dans certain cas, le gouvernement territorial n'a pas les moyens d'exercer réellement ses compétences. Exemple: en 1991, après le retour de Gaston Flosse au pouvoir, il y a eu des barrages d'une grande dureté. L'une des motivations de ces barrages était de s'opposer aux nouvelles taxes instaurée pas le président pour assainir le budget du Territoire qui, disait-il, avait été laissé en triste état par le gouvernement d'Alexandre Léontieff. Les syndicats ont fait une telle pression qu'une partie de la fiscalité a du être revue. Résultat, le budget a été mis en déséquilibre, ce qui a été reproché par la Cour des comptes à Gaston Flosse. Et celui-ci avait alors répondu en substance: 'Comprenez-moi, je décide avec mon gouvernement d'une politique, la rue s'y oppose, et comme l'Etat n'intervient pas, je suis obligé de revenir en arrière. Je n'ai donc pas les moyens de ma politique.' Il faut se souvenir, explique encore Jean-Marc Regnault, que le GIP (Ndlr: Groupement d'intervention de la Polynésie, dont la première appellation était Groupement d'intervention de la présidence) avait été créé notamment pour faire du maintien de l'ordre, parce que Gaston Flosse n'avait pas confiance en l'Etat."
"A l'encontre de l'objectif de l'Etat"
Conclusion de Jean-Marc Regnault: "Aujourd'hui, nous avons exactement le même problème, avec un gouvernement local qui, manifestement, est en mauvais termes avec le gouvernement central, lequel ne lui fournit pas les moyens d'assurer l'ordre. Ceux qui réfléchissent au statut de la Polynésie ont depuis longtemps mis ce point en lumière: une autonomie sans les moyens pour le gouvernement local d'assurer sa politique, c'est une autonomie très partielle. Et le pire, dans cette affaire, c'est que ça va finalement à l'encontre de l'objectif qui est apparemment celui de l'Etat, et que ça renforce le camp de ceux qui disent que, finalement, rien n'est possible avec l'Etat."
Un coup d'Etat sournois a eu lieu, jeudi 19 octobre
Un article du Monde signalé par un camarade du "Ia Mana Te Nunaa" à notre attention depuis Tahiti :
Sous les yeux de PPDA, qui n'a même pas pensé à appeler la police. Vous y avez assisté en direct si vous avez regardé le journal télévisé de 20 heures sur TF 1.
Un individu de petite taille, aux cheveux ondulés, vêtu d'un costume rayé, s'est emparé, à la faveur de l'obscurité, devant des millions de téléspectateurs, du ministère de l'éducation, dont les portes avaient été laissées malencontreusement ouvertes. Sous prétexte d'en finir avec les "orphelins de 16 heures", se faisant passer pour le ministre en exercice, il a décidé d'obliger les élèves à rester tous les jours à l'étude jusqu'à 18 heures. Pendant ce temps-là, ils feront leurs devoirs au lieu de traîner dans les rues. Leurs pauvres mères ne seront plus obligées de renoncer à travailler pour les accueillir à la maison.
Le même individu a également investi, sans coup férir, le ministère de la justice. Il a annoncé que les auteurs d'agression contre les policiers, les gendarmes et les pompiers seraient désormais passibles de la cour d'assise. Ils seront jugés par des jurys populaires, comme les criminels qu'ils sont.
En une seule soirée, le même individu a donc pris possession des ministères de l'éducation et de la justice. Il est facilement identifiable au fait qu'il est déjà ministre de l'intérieur et président de l'UMP. Vous l'aviez reconnu, bien sûr. On se moque ?
Nouvel accès de fébrilité de Nicolas Sarkozy
On est surtout perplexe devant ce nouvel accès de fébrilité de Nicolas Sarkozy. Il reste encore six mois avant l'élection présidentielle. S'il continue à ce rythme, il aura également la haute main, le moment venu, sur le tourisme, la pêche au gros et les anciens combattants. Il aura tout raflé ! Ce ne sera même pas la peine de tenir une élection. Il sera devenu titulaire de tous les portefeuilles et chef de toutes les institutions. On n'aura plus besoin de quelqu'un d'autre pour quoi que ce soit.
Ses collègues du gouvernement n'auront qu'à prendre de longues vacances ou, mieux encore, leur retraite. PPDA l'interrogeait justement sur le climat rendu délétère au gouvernement par l'affaire des faux listings bancaires de Clearstream dans lesquels son nom apparaissait à tort.
N'a-t-il pas ouvert la boîte de Pandore en se portant partie civile ? Déjà, prononcer le mot de Pandore devant le premier flic de France, c'était risqué. Mais PPDA aggravait son cas en détectant "de la haine" dans l'air. "Ce sont des mots que je ne prononce jamais, ce sont des sentiments que je n'éprouve pas", répondait l'intéressé. Facile ! Il ne polémique pas avec les autres ministres, et surtout pas le premier d'entre eux. Il prend leur place !
Ce même camarade nous informe de la difficulté de prendre contact avec la fédération du PS de la Polynésie Fra. Il semble que cette dernière soit inexistante ! En tout cas le blog de soutien de désir d'avenir : Tahitinui pour Ségolène ne s'embarrasse pas de ce détail... Jolies urnes en perspective ?
Laurent Fabius : “Candidat du projet socialiste pour faire gagner la gauche”
Voici le texte intégral de la profession de foi de Laurent Fabius publiée dans l’hebdo des socialistes du 14 octobre.
Chère camarade, cher camarade,
En 2007, la France va choisir son chemin.
Soit c’est la droite qui l’emporte et notre pays glissera sur le toboggan libéral. Les droits, les solidarités, beaucoup de libertés seront remis en cause. La précarité s’aggravera. Les privilèges aussi. A l’échelle européenne, l’élection d’un président et d’une majorité de droite serait perçue comme l’alignement de la France sur le modèle économique dominant. Une victoire de Sarkozy marquerait le succès de l’ultra-libéralisme, du communautarisme et du bushisme. L’Etat serait placé entre les mains d’un homme agité et dangereux.
Soit c’est la gauche, et le vrai changement sera possible : nous le souhaitons et nous y travaillons de toutes nos forces. Dans le prolongement des conquêtes obtenues de haute lutte, face à la droite et aux intérêts de l’argent, par les gouvernements de L. Blum, F. Mitterrand et L. Jospin, le Parti Socialiste et la gauche pourront alors contribuer à bâtir une France forte et solidaire. Une France forte parce que solidaire.
Le défi est donc considérable. Il ne sera pas facile à relever. Mais il est à notre portée. Les socialistes doivent mesurer le poids de leur responsabilité. L’élection présidentielle de 2007 ne ressemblera pas aux précédentes, le contexte est inédit : une droite plus dure, une extrême droite plus menaçante que jamais, l’Europe à relancer et à réorienter, la mondialisation à maîtriser, la planète à sauver du réchauffement climatique et de l’embrasement nucléaire.
Face à ces dangers et à ces chantiers, l’espérance ne peut venir que des socialistes et de la gauche rassemblée. Les 16 et 23 novembre prochains, en métropole et Outre-Mer, chaque militante, chaque militant, camarade de longue date ou qui nous a rejoints récemment, aura à faire un choix.
Le sens de ma candidature est clair.
1. Je veux être le candidat du projet socialiste. Après avoir contribué à inspirer ce projet, j’ai pris 7 engagements pour 2007 qui le respectent et l’enrichissent : l’augmentation du Smic de 100 € dès le retour de la gauche au pouvoir ; la fin des exonérations inefficaces de cotisations sociales dans les grandes entreprises afin de stimuler les emplois jeunes, l’investissement des PME et la recherche scientifique ; l’intervention de l’Etat pour obliger réellement les maires à construire au moins 20 % de logements sociaux ; une loi-programme fixant nos objectifs précis pour la protection de l’environnement et la nomination d’un vice-premier ministre chargé du développement durable ; la création d’une nouvelle branche de la sécurité sociale face à la dépendance des personnes âgées et des handicapés ; un référendum dès septembre 2007 pour l’établissement d’une République parlementaire nouvelle, avec une démocratie sociale et territoriale étendue ; le refus de tout nouvel élargissement de l’Europe avant l’approbation d’un traité social et l’adoption par référendum d’une nouvelle Constitution respectant le vote des Français. Si je suis investi puis élu, je mettrai au cœur de notre action, comme le propose notre projet, l’amélioration des conditions de vie de nos concitoyens, la lutte contre les inégalités et la construction du futur de notre pays. Mon projet sera celui du Parti socialiste, avant, pendant et après la campagne présidentielle.
2. Je veux être le candidat du rassemblement de la gauche et des Verts. J’ai travaillé aux côtés de F. Mitterrand et de L. Jospin. Nous savons tous que la gauche ne peut l’emporter que si elle est rassemblée. Ce rassemblement doit s’opérer autour du PS. Il n’est possible que si le PS défend des valeurs, des propositions et des alliances clairement de gauche. C’est mon engagement. Mes combats sont ceux de la gauche rassemblée : le pouvoir d’achat, l’éducation et la recherche, les services publics, la laïcité, la social-écologie, l’Europe sociale. Mon ambition est que sur la base d’un contrat nous gouvernions avec les forces de gauche qui le souhaitent.
3. Je veux tirer les leçons de notre expérience collective pour mieux servir la gauche, la France et l’Europe. On ne s’improvise pas chef de l’Etat. Je connais bien la France rurale et urbaine. J’ai été ministre à plusieurs reprises, Premier ministre, président de l’Assemblée nationale. Je sais ce que sont les épreuves du pouvoir. J’ai travaillé en équipe au service de la Nation et négocié au nom de la France dans les sommets européens et les enceintes internationales. Je suis l’élu de Grand-Quevilly et de la Seine-Maritime depuis plus de 25 ans, territoire ouvrier et populaire où les mots logement, chômage, délocalisations, besoin de services publics pour la santé et les transports ont tout leur sens. Ma candidature vise à donner un débouché politique aux attentes de nos concitoyens et une espérance à notre jeunesse.
Etre le candidat de notre projet socialiste, rassembler la gauche, tirer pleinement les leçons de l’expérience : ce sont pour moi 3 clefs de la victoire et de l’alternance, du succès aux élections puis aux responsabilités.
A l’inverse, nous devons éviter de commettre certaines erreurs.
La première consisterait à rechercher la victoire en oubliant notre identité et notre fierté socialistes. Notre identité, c’est le débat et la délibération collective. Notre identité, c’est notre projet. Evitons de le contredire ou de l’affadir ! Et débattons vraiment. Nous sommes socialistes. Nous l’emporterons si nous plaçons au cœur de la campagne nos thématiques, qui s’appellent le pouvoir d’achat, l’emploi, le logement, la santé ; la lutte contre la précarité, l’école, l’innovation, la culture ; la laïcité, la solidarité, le développement durable, la démocratie, l’Europe sociale. Plusieurs de ces priorités ont un coût : mais quel serait le coût pour la société et pour nous-mêmes si nous renoncions ? Nous traiterons également avec grand soin la sécurité ou l’immigration : faisons-le à partir de nos propositions et de nos convictions républicaines et humanistes. Ne courons pas après Sarkozy, qui lui-même court après Le Pen. Ne faisons pas le jeu des extrêmes en tenant un discours ambigu sur des sujets aussi décisifs que la carte scolaire, le regroupement familial ou la prévention de la délinquance. Si nos électeurs ne voient pas distinctement la différence entre gauche et droite, ils risquent de ne pas être au rendez-vous de 2007.
Une autre erreur à éviter serait de nous éloigner de nos partenaires de la gauche et des Verts pour lorgner vers le centre. Dans un monde où le profit à court terme domine, la volonté de peser sur le cours des choses est une exigence commune à toute la gauche et notre principale ligne de partage avec la droite. La tentation de tourner nos regards vers le centre plutôt que de considérer nos partenaires de la gauche et des Verts a été écartée par notre projet à la quasi unanimité : elle ne doit pas revenir sous une autre forme, de type blairiste.
La troisième erreur consisterait à nous fier aux sondages et non à l’expression profonde des citoyens depuis 2002. Les sondages ne font pas les suffrages. Aucun institut de sondage ne fera campagne à la place des militantes et des militants. Le renouveau souhaitable porte non pas sur les apparences, mais sur le fond. Nous avons à faire un choix de nature politique, en distinguant l’écume des vagues et la profondeur de l’océan. La profondeur de l’océan, ce sont les attentes que nos concitoyens ont exprimées avec force depuis quatre ans, soit dans les urnes, soit dans les mobilisations sociales. Depuis 2002 en particulier, mes combats sont en résonance avec ces aspirations profondes de notre peuple. Ils ont été ceux de la gauche mobilisée et victorieuse. Dans la bataille face à la droite, je ne flatterai pas l’opinion, je m’appuierai sur le Parti socialiste et sur ce mouvement de fond, pour l’emporter et préparer l’alternative.
Les socialistes doivent mesurer le poids de leur responsabilité. Je veux être digne de votre confiance et de votre volonté de gagner.
Le débat qui est devant nous n’est pas une « épreuve », mais une chance pour notre Parti. Réfléchir pour bien choisir, c’est cela, la démocratie. Les deux autres candidats qui se présentent aux suffrages des militants ont de grandes qualités, je partage avec eux beaucoup de convictions, nous avons aussi entre nous des différences et même sans doute des divergences. Alors, abordons-les avec franchise et fraternité pour nous rassembler ensuite. Si je suis désigné et élu, je souhaite m’entourer notamment de mes compétiteurs afin de constituer l’équipe de France pour le changement.
Chaque militante, chaque militant a dans ses mains une grande responsabilité. Au-delà des sensibilités et des débats passés, il s’agit de choisir, à travers une candidature, à la fois une ligne politique et une conception exigeante de la politique, une capacité à servir l’Etat. Il s’agit de désigner le candidat socialiste à l’élection présidentielle, donc potentiellement, le prochain président de la République. Je m’engage avec chacune et chacun de vous et je vous adresse mes très chaleureuses amitiés socialistes.