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23.04.2008

Alors, Claude IMBERT, redoublant émérite de Midi Libre : Les chômeurs sont-ils des assistés ? PODCAST



Candidat Claude Imbert "disciple de Arthur Pigou ?"
Dissertation économique : "Les chômeurs sont-ils des assistés?"
durée : 4h00; à votre copie !








Les chômeurs sont-ils des assistés ?

Le gouvernement va annoncer la suspension des indemnités chômage en cas de refus de deux offres valables d’emploi. Qu’est-ce qu’une offre valable d’emploi ?

Selon la définition proposée par le gouvernement, une offre valable est associée à un emploi dont le salaire peut être inférieur à 70% du salaire précédent, et accessible à moins de deux heures de déplacement.

Outre que son projet entretiendra une pression à la baisse sur les salaires, le gouvernement a indéniablement décidé de durcir les conditions d’indemnisation des chômeurs. Il considère que nombre d’entre eux profitent du système et entend, comme il dit, lutter contre l’assistanat. Thème très à la mode ! Tant on se souvient que Ségolène Royal en avait également fait son cheval de bataille.

Mais ce slogan n’a absolument rien de moderne ! Il y a plus de 70 ans, Keynes moquait déjà son ancien professeur, Arthur Pigou, le père de la théorie du chômeur fainéant et assisté. Pigou expliquait qu’une économie de concurrence parfaite converge vers le plein-emploi, c’est-à-dire une situation où personne ne veut travailler plus parce qu’il faudrait accepter des salaires trop bas. Dans le jargon des économistes, le chômage est alors qualifié de « volontaire » : les chômeurs choisissent de ne pas travailler. Ils préfèrent d’autant plus le loisir s’ils bénéficient d’allocations généreuses.

Et que disait Keynes ?

Dans la dépression des années 30, Keynes répondait au contraire que des millions de chômeurs accepteraient de travailler pour des salaires bien plus faibles que le salaire courant.

Si les entreprises ne les embauchent pas, c’est parce qu’elles n’investissent pas. Bref le chômage est « involontaire » !

Cette controverse est plus actuelle que jamais. L’Europe et les Etats-Unis souffrent d’une panne de croissance. On peut renforcer autant qu’on veut le contrôle des chômeurs. L’économie ne crée pas assez de postes à pourvoir à chaque demandeur d’emploi. Il y a aujourd’hui 1 800 000 chômeurs officiels et 5 millions de précaires, près à travailler. Mais il n’y a que 400 000 emplois vacants, essentiellement dans le bâtiment et la restauration. On découvre désormais qu’ils sont occupés par des sans-papiers, comme dans le film de Ken Loach « It’s a free world ». L’ANPE ne dénombrait quant à elle que 18 000 « fraudeurs » et chômeurs découragés radiés en 2007.

Alors pourquoi le chômage baisse-t-il ?

Le chômage baisse parce que la population active croît moins vite depuis le papy boom. C’est-à-dire le départ à la retraite des générations nées en 1945, dont il faut financer les retraites. Mais l’emploi n’augmente pas parce que les entreprises n’investissement pas et que la baisse du pouvoir d’achat réduit leurs carnets de commandes. Les seuls emplois créés sont des emplois à dix heures par semaine dans les services à la personne.

Conclusion. Lutter contre l’assistanat revient à lutter contre les chômeurs et non contre le chômage.

Le dicton du jour : « si le monde connaissait le bonheur et la paix, je n’essaierais pas de le changer. » (C’est de Confucius, puisque la Chine devait être à la mode cette année).

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Une chronique de Liêm Hoang-Ngoc, Maître de conférences à l’Université de Paris I, auteur chez Grasset d'un essai intitulé "Sarkonomics".

Lundi 21 avril.

Notre note précédente : Pierre POLARD : Assistés, ne parlez plus la bouche pleine...c'est très impoli!


RAG 34. Les lolo's 34

23:29 Publié dans 007 POSITIVE PRECARITE ! , Actualités , Associations , Economie , Famille , Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note

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Commentaires

Depuis un balcon et dans un slip en soie : ca pue la peur panique d'un "Claude Imbert" rotant ses banquets de gros beauf de bourgeois repus, re repus et tant et tant et maintenant coupable fiévreux, cauchemardant sur des hordes de pauvres qui vont bientôt fondre sur sa demeure pour venir le dépouiller... Remplacez le mot famine par le mot peste, le fond de son article ne sera pas changé...

Jusqu’à présent,leurs souffrances se cachent. Chez eux, pas de Tibet pour nourrir nos compassions de bien nourris. Pas d’Ingrid Betancourt, pas de figurepathétique pour le trémolo des télévisions. Ces pauvres-là n’ont pas, comme nos assistés, la bouche pleine pour crier dans les rues leur énième rouspétance. Ils sont, eux, lesmuets d’une multitude lointaine,éparse, anonyme. Une centaine,
bientôt peut-être plusieurscentaines de millions qu’écrase une fatalité inconnue de nos contrées. Celle de la faim.La faim, on la savait peu à peu réduite par le progrès humain à des confins désertiques.Elle resurgit non plus dans les sables mais dans l’entassementgéant des grandesmétropoles. Une saccade d’émeutes, celles des ventres creux, flambe dans les bidonvilles d’Égypte, de Bolivie, du Mexique, du Pakistan, des Philippines,d’Haïti, du Cameroun,de Côte d’Ivoire, du Sénégal, et j’en passe… Un crépitement de disettes d’un autre type. Elles étranglent des misérables incapables de se procurerle blé, le riz, le maïs de leurordinaire que leur arrache l’envolée des prix. Rechute imprévuedans un des enfers de l’humanité!
Dramatique raté de la globalisationdes échanges, de la crisefinancière, de la vertigineuse croissance démographique,de l’aspiration des peuples pauvres vers l’eldorado illusoire des villes, du déracinement de l’agriculture, que sais-je encore…Et qui fait une fois de plus rêver – mais en vain ! –d’une maîtrise enfin mondiale…de la mondialisation.Dans l’immédiat, on dénonce volontiersun effet collatéral de lacrise financière. La spéculation,ailleurs échaudée, se reporte sur du « solide » : des matières premières et les denrées
de base. Les cours du blé et du riz ont quasiment doublé
en une année. Mais la concordance d’une production agricole record et de cette flambée des cours donne à penser que les prix agricoles resteront durablement
élevés. Du coup, on réévalue les besoins de la population
mondiale et l’avidité de nouveaux mastodontes quine produisent plus chez eux de quoi nourrir leur propre population.
En fait, l’offre agricole,très performante, augmente
brillamment mais pourtant moins que la demande qu’attise
la spéculation sur les stocks céréaliers (1).C’est une épouvantable désillusion! La mondialisation
avait spectaculairement réduitdans le monde les zones de famine récurrente. La production agricole, en permanente
croissance, se faisait forte d’anticiper la croissance démographique.
Elle peut, d’ailleurs encore, dit-on, s’épanouir jusqu’à
nourrir les 9 milliards d’humains qu’on nous promet
pour 2050. L’humanité enregistraitainsi une victoire historique contre la pauvreté. De laperspective de famines inéluctables on était passé à l’état,encore peu satisfaisant mais moins tragique, de zones de« malnutrition ».
Dans cet étranglement imprévu, la nouveauté, c’est celle « de situations où il y a de lanourriture mais où les misérable n’ont pas de quoi lapayer ». Alors, dans l’angoisse,et un peu de panique, on recommence à douterqu’une production agricole globale suffise pour satisfaire les besoins mondiaux. Les uns s’alarment d’un détournement de céréales vers l’éthanol et autres biocarburants. Les autresd’une atrophie des cultures vivrières, en Afrique notamment,par le réchauffement climatique et l’exil des paysans vers les villes. D’autres, enfin, d’une évolution de la demande des peuples nouvellement développés et, par exemple, nouveaux consommateurs de viande,d’où un besoin accru de céréales destinées au bétail…
Pour finir tombe ce catastrophique pronostic onusien :
« Plus de 1 milliard d’humains pourraient avoir chroniquement faim d’ici à 2025,soit 600 millions de plus que précédemment anticipé… »Tous les pays victimes sont déjà ravagés par des révoltes de désespoir.
Et leur tissu social, lacéré par l’ensauvagement de
la misère : les crève-la-faim n’ont pas les moyens de la civilité publique : manger d’abord,la morale plus tard… Et, certes, le premier des droits del’homme est… de survivre !
Conséquence seconde : les pays pauvres vont se raidir
contre les riches de la planète.Dans la globalisation qui rapproche
– pour le meilleur et pour le pire ! – des nations et
civilisations aux niveaux de vie si éloignés, la pression politique et migratoire ne peut qu’enfler. Les grands « machins» internationaux commencentde se remuer. Il n’est que temps. Jamais autant de ventres creux n’auront salivé
sur nos banquets de riches ! L’Europe, sur ses balcons, entend,au loin, cette colère qui monte… 
Claude IMBERT
buzzcitywild

Ecrit par : buzzcitywild | 22.04.2008

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