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17.04.2008
Aimé Césaire est mort
Martinique- Aimé Césaire* s'est éteint jeudi matin à 94 ans au CHU de Fort-de-France, en Martinique, où il était hospitalisé depuis le 9 avril. Des obsèques nationales seront organisées (à une date qui n'est pas encore fixée), a indiqué le cabinet de la ministre de l'Intérieur et de l'Outre-mer Michèle Alliot-Marie, qui a salué la "voix d'un sage". Celle-ci assistera à cette cérémonie en Martinique, de même que Nicolas Sarkozy. Le secrétaire d'Etat à l'Outremer, Yves Jégo, est déjà parti sur place. En l'attente des obsèques, plusieurs jours de cérémonies seront organisés, dont notamment une journée de "veillée". En fin de discours sur les hôpitaux, à Neufchâteau, Nicolas Sarkozy a rendu hommage à "un homme universel", "éminemment respectable", "qui a fait honneur à la communauté internationale".
Au terme "nègre" qui appelle le rejet, véhicule l'image du Noir incapable, le poète substitue un honneur nouveau, la négritude, et souhaite rendre au peuple noir la fierté de ses racines africaines. Né le 26 juin 1913 en Basse-Pointe, en Martinique, Aimé Césaire fait partie d'une famille de sept enfants. Son père est enseignant et sa mère couturière. Sa terre natale est bordée par l'océan atlantique dont la "lèche hystérique" viendra plus tard rythmer ses poèmes. Elève brillant du lycée Schœlcher de Fort-de-France, il poursuit ses études secondaires en tant que boursier du gouvernement français au lycée Louis-le-Grand, à Paris.
C'est sur les bancs de cette école de renom qu'il rencontre un autre étudiant noir venu lui aussi dans la métropole pour parfaire ses études, un certain Léopold Sédar Senghor. Il trouve chez le Sénégalais un protecteur mais surtout un complice. Aimé Césaire découvre progressivement une part refoulée de son identité, la composante africaine, étouffée par la colonisation en Martinique et Guyane. Ce qui l'intéresse, c'est l'identité nègre. A l'instar des auteurs noirs américains Langston Hughes et Richard Wright, Aimé Césaire rêve de développer une littérature nègre.
La race des opprimés
En septembre 1934, Césaire fonde, sa petite cellule africaine composée d'étudiants antillo-guyanais et africains, le journal L'étudiant noir. C'est dans les pages de cette revue qu'apparaîtra pour la première fois le terme de "négritude". Ce concept, forgé par Aimé Césaire, vise à rejeter l'assimilation culturelle voulue par l'Etat français et à promouvoir l'Afrique et sa culture. Le projet se veut plus culturel que politique : il ne s'agit pas de défendre une race, mais de prôner un humanisme. Césaire déclare : "Je suis de la race de ceux qu'on opprime". En 1941, il fonde avec sa femme Suzanne et des camarades (René Ménil, Aristide Maugé) la revue Tropiques et plus tard, Présence africaine.
En 1936, à sa sortie de l'Ecole normale supérieure, il rejoint un ami en Croatie. Ce pays qu'il découvre lui rappelle étrangement la Martinique. Il commence alors la rédaction du Cahier d'un retour au pays natal, qu'il achèvera en 1939. Cette œuvre phare trouvera ses admirateurs jusque chez les surréalistes et notamment André Breton. D'autres intellectuels français tels que Jean-Paul Sartre, ont également salué son travail. La poésie d'Aimé Césaire est exigeante et captive par l'originalité de ses images, sans jamais tomber dans le régionalisme. Parmi ses textes les plus connus figurent : Cahier d'un retour au pays natal, (1939) ; Les Armes miraculeuses (1946) ; Soleil cou coupé (1948) ; Ferrements(1960) ; ou encore Cadastre (1961). Mais Césaire, c'est aussi le théâtre : La Tragédie du roi Christophe (1963) Une saison au Congo (1965) et Une Tempête (1969).
Parallèlement à ses activités artistiques, Aimé Césaire occupa des positions influentes dans la vie politique française. L'année 1958 marque un tournant dans son engagement politique. C'est à cette époque qu'il quitte le Parti communiste et fonde le Parti progressiste martiniquais (PPM), au sein duquel il va revendiquer l'autonomie de la Martinique. Il aura été pendant plus de cinquante ans maire honoraire de Fort-de-France et député de la Martinique. Plus qu'une occupation auxiliaire, la politique chez Aimé Césaire est complémentaire de son œuvre poétique. Pendant les conseils municipaux, il écrit en secret sur des petits bouts de papier. Le martiniquais le résume d'ailleurs très bien : « Ma poésie est née de mon action ».
*Crédit Photo : AFP/Eric Feferberg
LCI-TF1 d'après agence.
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18:33 Publié dans Actualités , Associations , Francophonie , Loisirs/Culture , Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
Laurent FABIUS "Mon rôle : aider à reconstruire la gauche et à proposer des solutions aux problèmes du pays"
Interview de Laurent Fabius parue dans Le Parisien.
Quel jugement portez-vous sur l’action du gouvernement ?
C’est le grand cafouillage. Après les zig-zags gouvernementaux sur la présence à la cérémonie d’inauguration des JO de Pékin, après Mme Kociusko-Morizet dénonçant « la lâcheté » de ses collègues, après le « candidat de la hausse du pouvoir d’achat » transformé en Président du tour de vis, voila l’embrouillamini sur la suppression de la carte familles nombreuses. M. Sarkozy exerce une omniprésidence mais une omniprésidence brouillonne et de courte vue. Avec une faute originelle, les 15 milliards d’euros du paquet fiscal - que j’appelle le « boulet fiscal ». Il y a un problème fondamental d’orientations initiales injustes et de compétence des dirigeants.
La rigueur ne s’imposerait-t-elle pas à n’importe quelle majorité ?
Le sérieux est une chose, la régression en est une autre ! Parmi les 166 propositions de la Révision générale des politiques publiques (RGPP), celles qui sont de bon sens sont d’ampleur limitée, d’autres sont absurdes comme la baisse des plafonds HLM alors que dans le secteur privé on ne trouve rien à des prix abordables ; ou encore la réduction aveuglément uniforme du nombre des fonctionnaires ; et au total, l’ensemble de ces mesures ne produira pas les résultats financiers escomptés.
Redoutez-vous une contre-offensive du gouvernement ?
Elle a commencé. Sa prochaine cible devrait être à la fois le social et les collectivités locales. Il essaiera d’alourdir les compétences des collectivités locales et d’assécher leurs ressources pour les accuser ensuite de tous les maux, d’autant plus que beaucoup sont dirigées par la gauche. Cette manoeuvre, nous ne devons pas l’accepter.
C’est aussi le sens des projets sur le Grand Paris ?
Pour l’instant, ces projets sont flous mais eux aussi probablement pas dénués d’arrières-pensées électorales. Je me rappelle ce que disait avec humour F. Mitterrand : « On peut tenter toutes les manipulations, on ne remplacera jamais le fait de ne pas avoir assez d’électeurs »...
Le prochain congrès du PS sera-t-il vraiment un congrès d’idées ?
Je l’espère, car il faudra trancher plusieurs sujets de fond. Doit-on, comme je le pense, maintenir la stratégie de rassemblement à gauche tout en l’élargissant, ou bien l’abandonner ? Comment adapter nos propositions en tenant compte du massif défi écologique, de la redistribution indispensable des richesses ou encore de l’allongement de la vie ? Les Français attendent de nous une solide critique du gouvernement mais surtout que nous montrions notre capacité à proposer et demain à gouverner. Le choix des nouveaux dirigeants socialistes se posera également. Ce serait une erreur de confondre l’échéance immédiate du Congrès avec l’échéance présidentielle de 2012.
Quel rôle entendez-vous jouer ?
Aider à reconstruire la gauche et à proposer des solutions aux problèmes du pays. Je ne suis pas candidat pour ce qui relève du superficiel et du bling-bling ; en revanche, si on veut une politique du sérieux et de la compétence, cela m’intéresse.
Y compris par rapport au PS ?
Je ne brigue rien et ne souhaite pas me mêler de la cuisine interne.
Vous ne signerez pas de motion ?
J’apporterai certainement des propositions. La réflexion engagée par le pôle des reconstructeurs me parait utile.
Vous ne perdez pas de vue 2012...
A condition, je le répète, que le besoin de compétence et de pondération soit vraiment ressenti. Actuellement, ce n’est pas la mode. Cela pourrait le redevenir.
Comment jugez-vous l’inflation de candidatures au poste de Premier secrétaire ?
Avec le sourire : je serais embarrassé tout de même qu’il y ait à la fin plus de candidats... que de militants !
Ségolène Royal a relancé sa méthode participative...
Ce que les Français attendent des socialistes, ce sont surtout des réponses convaincantes. Je souhaite que le PS se consacre à cela et pas à se regarder le nombril ni à se déchirer. Les Français ont besoin d’une gauche forte, imaginative et unie. C’est cela qui m’intéresse.
Propos recueillis par Philippe Martinat.
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18:15 Publié dans 002 RECONSTRUIRE LA GAUCHE : Devoir d'audace ! , 004 Laurent FABIUS 2008 , Actualités , Associations , Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
A propos des grèves de travailleurs sans papiers
Les présentes grèves de travailleurs sans papiers viennent démontrer un peu plus encore, s’il en était besoin, combien les clichés et caricatures trop souvent utilisés pour parler de l’immigration sont erronés, mensongers, et pour tout dire étrangers à la réalité économique et sociale de notre pays.
Acteurs actifs de notre économie, intervenant dans des secteurs manquant cruellement de main-d’oeuvre, ces travailleurs participent clairement au bon fonctionnement des entreprises françaises, comme en attestent les soutiens – inédits – exprimés aujourd’hui par nombre d’employeurs.
Le gouvernement ne peut pas plus longtemps prolonger cette politique de Tartuffe, consistant à expulser d’une main, et à jeter de l’autre un voile pudique sur l’emploi de travailleurs clandestins dans nos entreprises. Puisque l’actuelle majorité s’est placée sous le signe du pragmatisme et de l’efficience, nous demandons à Monsieur Fillon et à Monsieur Hortefeux de régulariser ces travailleurs qu’ils n’expulseront de toute façon pas, et d’ouvrir un débat honnête sur les flux migratoires, qui ne se limite pas à une fausse alternative entre politique d’expulsions massives, et ouverture totale des frontières.
Communiqué de Julien DRAY, Porte-parole
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17:58 Publié dans 007 POSITIVE PRECARITE ! , 01 Enfants Scolarisés Sans Papiers , Actualités , Associations , Economie , Famille | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
Réactions au projet de renforcement des sanctions contre les chômeurs
Le projet de renforcement des sanctions contre les chômeurs qui ne retrouvent pas d’emploi, élaboré sans la moindre concertation avec les organisations syndicales, est le dernier avatar de la politique de rigueur systématisée par la droite.La première conséquence d’une telle régression sera une nouvelle vague d’exclusion de demandeurs d’emploi de l’indemnisation chômage, c’est à dire une énième altération du pouvoir d’achat de nos concitoyens les plus durement frappés par la précarité.
Il est manifeste que cette majorité est prête à tout pour parvenir à afficher une baisse statistique des chiffres du chômage : après la multiplication des radiations administratives, l’encouragement au travail précaire et aux contrats à temps très partiel, notamment dans le secteur des services à domicile, voici venue l’obligation pour les chômeurs d’accepter des emplois au rabais, même loin de chez eux, sous peine d’exclusion de l’indemnisation chômage.
La politique qui consiste à faire des demandeurs d’emploi les responsables de leur sort a déjà fait maintes fois la preuve de sa nocivité et de son inefficacité.
La France est aujourd’hui confrontée à une explosion de la précarité, qui frappe durement les chômeurs mais aussi nombre de travailleurs. Seule une lutte renforcée contre le travail précaire et une meilleure prise en charge des demandeurs d’emploi, en termes d’indemnisation comme de suivi et de réinsertion professionnelle, serait de nature à répondre à cette urgence sociale.
Le gouvernement vient à nouveau de confirmer qu’il fait le choix opposé.
Communiqué du Bureau national
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